L'union médicale du Canada, 1 mars 1916, Mars
[" L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872.PARAISSANT LE PREMIER DE CHAQUE MOIS ll {>< Fm \u2014\u2014\u2014_\u2014_ PUBLIÉE PAR MM.R.BOULET, M.A.LeSAGE, MM.L.de L.HARWOOD, J.E.DUBE, A.MARIEN, Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à M.le Dr A.LeSAGKE, 46, Avenue Laval, Montréal.Rédacteur en chet mm Vol, XLV ler MARS 1916 No 3 LE LIEUTENANT-COLONEL RHEAUME, Professeur de médecine opératoire à Laval, Chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu et de l\u2019Hôpital Ste-Justine, Directeur de l\u2019Union Médicale, Chirurgien en chef de l'Hôpital militaire Laval no 6. MEMOIRES Le cœur chez les tousseurs (!) Par le Docteur J.E.DUBE, Professeur de Phthisiothérapie, Médecin de l'Hôtel-Dieu, Directeur de l\u2019Institut Bruchési.J\u2019ai eu l\u2019occasion d\u2019observer une série de malades atteint de troubles pulmonaires tels que bronchites répétées, avec, chez les uns, du catarrhe bronchique et chez les plus vieux de l\u2019emphysème avec asthme et sclérose pulmonaire.Beaucoup de malades toussent chez nous et il ne s\u2019agit pas toujours de tuberculose.J\u2019ai voulu attirer l\u2019attention sur ces tousseurs habituels et faire voir le retentissement sur le coeur que peuvent avoir la gêne apportée à la circulation pulmonaire.Raymond Tripier, dans son beau livre intitulé: Etudes anatomo- climques du coeur, des vaisseaux et du poumon, donne sur les rapports présentés par les lésions du poumon sur le coeur ou vice-versa, des renseignements si précis et si exacts que j'ai voulu les reproduire ici même.Cet auteur dit que \u201ctoutes les voies des poumons et du coeur \u201cassez importantes pour apporter un changement appréciable dans le \u201cfonctionnement de l\u2019un \u2018de ces organes doit occasionner sur l\u2019autre \u201cune modification dans son état physiologique et anatomique, donc \u201cdans les altérations et les troubles symptomatiques dont il peut être \u201cle siège.C\u2019est surtout dans les affections pleuro-pulmonaires pro- \u201clongées ou chroniques que le coeur peut être affecté.\u201d Les auteurs signalent surtout la myocardite chronique comme conséquence fréquente des lésions pleuro-pulmonaires et chroniques.Dans les lésions chroniques des poumons telles que scléroses pulmonaires, les résultats sur le coeur se font sentir d\u2019abord sur le coeur droit.Après un temps plus ou moins long le coeur gauche est atteint et augmente davantage la circulation pulmonaire pour en arriver à gêner la circulation générale.Les malades prennent à la longue l\u2019aspect cardiaque.\u201cToutes les lésions persistantes des poumons et des plèvres aboutissent à une entrave également persistante de la circulation pulmo- (1) Communication à la Société Médicale de Montréal, séance du 15 février 1916. LE COEUR CHEZ LES TOUSSEURS 97 naire dont le retentissement sur le coeur gêne de plus en plus son fonctionnement.Il en résulte une dilatation de ses cavités avec une tendance à l\u2019hypertrophie de leurs parois commençant et prédominant au niveau du coeur droit.\u201d \u2014 Tripier, Etat du coeur dans la sclérose pulmonaire avec emphyséme (bronchite ou catarrhe chronique des bronches avec emphyséme des auteurs).L'examen attentif des divers organes, surtout des poumons et des reins, permettra de reconnaître la cause réelle de l\u2019hypertrophie du coeur.La sclérose pulmonaire dont elle dépend le plus souvent est assez nettement caractérisée pour que l\u2019on n\u2019ait pas de difficulté à la reconnaître, tout en la distinguant des lésions ultimes des poumons qui sont consécutives à l\u2019hypertrophie du coeur chez les sujets âgés.\u2014 Tripier, Les malades atteints de sclérose pulmonaire avec emphysème consécutives à des bronchites répétées sont des tousseurs de vieille date.Plusieurs disent qu\u2019ils toussent depuis leur enfance.La plupart sont des malades qui font des bronchites répétées l\u2019automne et le printemps.Ces bronchites successives deviennent de plus en plus tenaces et apportent finalement de la gêne cardiaque.Ces malades s\u2019essoufflent au moindre effort.Après plusieurs années, ils voient survenir les crises de dyspnée arrivant toujours la nuit vers le matin.Ils sont devenus alors des asthmatiques.L\u2019examen de ces malades au cours d\u2019une bronchite révèle l\u2019existence de râles sibilants dans les deux poumons avec une gêne de l\u2019expiration.La sonorité est plutôt normale, et augmentée dans la région du coeur où le bord pulmonaire hypertrophié recouvre totalement cet organe difficile à délimiter par la percussion et le palper.A ce moment le malade est entré dans la phase cardio-pulmo- naire proprement dite, cär souvent apparaissent des oedèmes périphériques.\u201cLes malades arrivés à la dernière période se présentent alors dans leur lit le tronc relevé par des oreillers avec une oppression persistante, fortement exacerbée à l\u2019occasion des moindres mouvements, et jusqu\u2019à les empêcher de se coucher dans la position horizontale, les obligeant même à rester assis sur le bord du lit ou dans un fauteuil, le tronc incliné en avant pour avoir quelque soulagement.La respiration est plus ou moins augmentée de fréquence entrecoupée par une toux à répétition ou quinteuse avec expectoration - 98 DUBÉ difficile ou non de crachats muco-purulents glarreux qui peuvent devenir sanquinolants dans les fortes crises d\u2019oppression correspondant à la production d'infaretus, \u2014 Tripier.A ce tableau si bien fait par cet auteur, qu\u2019il faudrait continuer de citer, je me contenterai d\u2019ajouter que l\u2019examen des poumons révèle l'existence de nombreux râles sibilants de ronchus sonores sur toute la hauteur des deux poumons avec une gêne marquée de l\u2019expiration.La sonorité reste encore presque normale partout, ce n\u2019est que plus tard qu\u2019une stase pulmonaire d\u2019origine cardiaque peut être observée aux bases.DIAGNOSTIC Le diagnostic devient assez facile si on tient compte des accidents ou troubles fonctionnels pulmonaires qui se sont succédés depuis plusieurs années.Il ne faut pas oublier de se renseigner sur les maladies anciennes des poumons ainsi que des nombreuses bronchites dont le malade a eu à se plaindre d\u2019année en année.Tripier attache une grande importance au fait que les bronchitiques emphysémateux devenus cardiaques présentent toujours des symptômes pulmonaires se localisant sur toute la hauteur des poumons avec prédominance au début dans les sommets, alors que dans les troubles pulmonaires compliquant les affections cardiaques anciennes, les symptômes pulmonaires, tels que congestion, débutant toujours par les bases.L'absence d\u2019une lésion orificielle du coeur aidera également dans le diagnostic.L\u2019hypertrophie du coeur qui existe toujours chez les emphysémateux est difficile à diagnostiquer à cause du recouvrement de cet organe par le poumon dilaté.Cependant les battements épigastriques permettent souvent avec la dyspnée d\u2019effort de reconnaître une dilatation du coeur droit.Mais, les oedèmes périphériques, puis l\u2019anasarque ne tardent pas avec les lésions des bases pulmonaires à prouver l\u2019existence d\u2019une hypertrophie du coeur quand même les signes locaux manqueraient. LE COEUR CHEZ LES TOUSSEURS 99 OBSERVATIONS Observation I\u2014M.X., âgé de 25 ans, comptable.Entré à l\u2019Hôtel-Dieu pour fièvre, malaises généraux et forte toux.Il dit qu\u2019il prend froid 2 à 3 fois chaque hiver, avec attaques d'asthme la nuit, depuis 8 ans, à la suite d\u2019une première bronchite qu\u2019il contracta alors après refroidissement.A l\u2019examen on constate des râles dans les deux poumons avec matité au lobe moyen droit et souffle de congestion.Pression systolique: 116; pression diastolique: 90.Pouls: 100.Température: 103 F.Trois jours après: pression systolique: 120; pression diastolique: 80.Pouls: 88.Température: 101.Quatorze jours après: pression systolique: 120; pression diastolique: 80.Pouls: 84.Température: 98 T.Quelques jours plus tard la pression systolique était de 120, la pression diastolique de 70.Plus tard la pression diastolique descendit a 60.Voilà ce que le repos au lit avec strychnine amenérent du côté de son coeur.Le même malade, considérablement amélioré, sans fièvre ni toux, fit une nouvelle poussée de fièvre huit jours après accalmie complète et cette fois la plèvre interlobaire fut prise.Il put être opéré avec succès après ponction exploratrice heureuse et avant qu\u2019une vomique se soit produite.Observation II \u2014 Alfred B., âgé de 42 ans.13 janvier 1916.Mauvaise histôire de famille, beaucoup de tuberculose chez frères et soeurs; fume beaucoup ; prend alcool; gros mangeur de viande.À craché du sang il y a 20 ans alors qu\u2019il était maigre et faible.Au- jourd\u2019hui gros et de bonne apparence générale.Se plaint de toux et d\u2019attaque d\u2019asthme la nuit.Poids: 186 livres.Urines normales.P.S.: 18; P.D.: 10 au Pachon; P.S.: 125, P.D.: 95 au Faught.Pouls: 88.Coeur: bruits sourds, pas de souffle.Poumons: gros rales, surtout ale toux | dans les deux poumons du haut en bas avec emphysemes, the, ol Je conseille de diminuer le tabac, et je donne 5 routs ER digitaline matin et soir pendant 5 jours fro | 18 janvier 1916.Poids: 186.P.S.: 144 F.D.: 9m Pach.P.S.: 125, P.D.: 85 an Faught.Ponte: 60.Co) ct « 4 hh ISR Le AS } La oven \\ - I { { ; 100 DUBÉ Se sent mieux, tousse moins.Les battements du coeur sont plus forts.Encore quelques râles dans les poumons.Je conseille de prendre 1/50 grain de strychnine 3 fois par jour pendant 8 jours pour reprendre ensuite la digitaline qui a donné de bons effets.18 février 1916.Je revois ce malade qui se porte de mieux en mieux.N\u2019a pas eu d\u2019attaques d\u2019asthme depuis qu\u2019il prend de la digitaline et de la strychnine, en même temps qu\u2019il couche sa fenêtre ouverte et observe une hygiène convenable.Observation III.\u2014 Madame 'T., âgée de 38 ans.A été opérée il y a un an par le Dr Rhéaume pour fibrome utérin.Entrée à l\u2019Hôtel-Dieu pour bronchite et attaque d\u2019asthme.Elle a été traitée avec morphine depuis plusieurs semaines qu\u2019elle tousse.À l\u2019examen : râles dans les deux poumons avec gêne de l\u2019expiration, signes d\u2019emphysème.P.S.: 200; P.D.: 120 l2lle prend de la digitaline, 5 gouttes matin et soir.Le surlendemain : P.S.: 140; P.D.: 100 Trois jours après: P.S.: 140; P.D.: 85 L'état pulmonaire s\u2019améliore avec repos, ventouses et mixture expectorante.Dix jours après: P.S.: 120; P.D.: 90.L\u2019adrénaline en injection hypodermique a réussi admirablement à calmer son asthme nocturne.Elle partit bien mieux avec une pression artérielle presque normale, pesant 104 livres et bien décidée d\u2019éviter les refroidissements.Observation IV.\u2014J.P.F., âgé de 12 ans.9 décembre 1915.Histoire de famille excellente.Pneumonie à Ÿ ans, très malade pendant 6 semaines.Est resté faible depuis.Tousse tous les hivers.Maigre, pâle.\u2018S\u2019essouffle au moindre effort.Poids 71 livres.P.S.: 12; P.D.: 10 au Pachon, et P.S.: 105, RE 'R.:'90 au Faught.Température: 102 F.Pouls: 120.Respiration : 32.Urines.normales.Rien au coeur.Le Poumons: gros \u2018râles dans les deux poumons du haut en bas avec légère sub- matité, au sommet droit.J'ai craint la tuberculose mais l\u2019analyse des \u2018ctachats fut négatif, et la deuxième visite qu\u2019il fit LE COEUR CHEZ LES TOUSSEURS 101 à mon bureau le 13 janvier 1916, après un repos au lit et avoir pris un sirop calmant pour sa toux acheva de me convaincre qu\u2019il ne s'agissait que d\u2019une bronchite aiguë chez un jeune déjà vieux tousseur.Le poids était de 75 livres, la P.S.: 12, la P.D.: 10 au Pachon, et P.S.: 105, P.D.: 80 au Faught, la température 99 1/5 F., pouls 100, et très peu de râles aux poumons.La toux et l\u2019expectoration avaient cessé.Je conseille au père de ce petit malade de prendre les mesures ordinaires pour l\u2019empêcher de prendre de nouveaux rhumes et de le tonifier par les glycerophosphates et le sirop iodotanique en alternant.Observation V.\u2014Mme P.À, âgée de 37 ans.Entrée à l\u2019Hôtel- Dieu le 23 novembre 1915, pour des troubles respiratoires avec crises d\u2019asthme depuis longtemps.Mère morte à 89 de T B C probablement.Douleurs articulaires depuis l\u2019âge de 9 à 10 ans: temps humides.Mariée à 17 ans, 3 enfants, opérée grossesse extra uté.Travaille depuis l\u2019âge de 12 ans dans une buanderie.A toujours habité un logement humide.Surmenage habituel.Trois repas de viande par jour.Il y a 4 ans, a toussé et craché du sang.Pneumonie il y a 3 ans.Depuis l\u2019âge de 18 ans gêne respiratoire avec crises nocturnes, l'automne et l\u2019hiver durant 10 à 15 jours chaque fois.Rien pendant Pété.Généralement essoufflée au moindre effort.Poids: 84 livres.Pouls petit, régulier.P.S.: 105; P.D.: 90 au Faught.| Coeur: difficile à ausculter à cause des nombreux râles sibilants dans les poumons et signes d\u2019emphysème.Urines: troubles, pas d\u2019albumine ni sucre.Cette malade est sortie de l\u2019Hôpital avec son traitement qu\u2019elle devait observer chez elle.Je ne l\u2019ai pas revue depuis.Observation VI.\u2014Mad H., âgée de 52 ans.5 octobre 1914.Pneumonie à 48 ans; a toussé toute sa vie; s\u2019essouffle facilement ; faible, amaigrie.Poids: 90 livres.P.S.: 21; P.D.: 13.Pouls: 100.Temp.: 99.Coeur: Pas de souffle.Poumons: les deux sont malades, plus aux sommets, räles aux deux bases.Urines normales. 102 DUBÉ Théobromine, sirop caimant pour sa toux.Ce médicament la fatigue, je donne digitaline.16 octobre 1914.Poids: 94 1/2.P.S.: 18; P.D.: 11.Pouls: 94.Moins essoufflée avec digitaline.Moins de râles aux poumons.23 octobre 1914.Poids: 94 1/2.P.S.: 19; P.D.: 13 1/2.Pouls 90.Coryza et bronchite.Prendre digitaline qu\u2019elle avait - cessée.Ajouter strychnine lorsqu\u2019elle se repose de la digitaline.6 novembre 1914.Poids: 94 1/2.P.S.: 23; P.D.: 15.Pouls: 80.Se sent plus forte.Cesser strychnine, reprendre digitaline.18 novembre 1914.Poids: 94 1/4.P.S.: 21; P.D.: 11.Pouls: 80.Coeur régulier.Tousse le matin.Continuer digitaline.9 décembre 1914.Poids: 96 1/2.P.S.: 17; P.D.: 12.Pouls: 84.Encore râles aux deux poumons.4 février 1915.Poids: 103 1/2.TP.S.: 23; P.D.: 12.Bien mieux.Pouls: 80.Pas de râles aux poumons.Moins essoufflée.Elle prend de la digitaline.4 mars 1915.Poids: 103 1/2.P.S.: 21; P.D.: 12.Corryza.Continuer digitaline.1 juin 1915.Poids: 95.P.S.: 22; P! D.: 12.Pouls: 100.Temp.: 99.Râles dans les deux poumons.Essoufflée.Reprendre digitaline.9 décembre 1915.P.S.: 130; P.D.: 90.Point de pleurite côté droit.Février 1916.Cette malade continue à se bien porter.Plus forte, ne tousse plus ou très peu, moins essoufflée, elle prend de l\u2019embonpoint.Chez elle la pression artérielle reste toujours un peu élevée à cause de son âge et de l\u2019artério-sclérose qui entre en cause et contribue à gêner la circulation.N Observation VII.\u2014J.P.M., voyageur de commerce, âgé de 51 ans.15 avril 1915.Histoire de famille excellente.Habitude: tabac, 15 à 20 pipes par jour; bière et cognac: beaucoup de 20 à 35 ans; peu depuis 4 à 5 ans.Mange de la viande aux 3 repas; jamais malade en dehors de coryza et bronchite répétés depuis plusieurs années.Crises d\u2019asthme après les repas et surtout la nuit.Habite un logement humide avec cau dans la cave.Actuellement se plaint de bronchite, et d\u2019essoufflement au moindre effort. LE COEUR CHEZ LES TOUSSEURS 103 Poids: 158 livres.P.S.: 15; P.D.: 11.Le pouls est un peu irrégulier avec intermittence.Coeur: bruits sourds, pas de souffle.Un peu d\u2019oedème aux pieds de temps à autre.Poumons: un peu de gêne dans l\u2019expiration et quelques rares sibilants des deux côtés.Urines normales.J\u2019ai conclu ici à de la bronchite légère avec de la sclérose pulmonaire au début et emphysème léger.Le coeur fatigué donnait des signes d\u2019hyposystolie, comme le prouve la pression artérielle et l\u2019essoufflement.Je prescrivis 5 gouttes de digitaline le soir au coucher et le matin au lever pendant 5 jours.Je fis diminuer le tabac et l\u2019alcool.26 avril 1915.Poids: 158 livres.P.S.: 16; P.D.: 11.Pouls plus régulier.Tousse encore un peu.A eu quelques attaques d\u2019asthme le matin.Présente encore quelques petits râles aux deux poumons.Potion avec carbonate d\u2019ammoniaque et bromure de potasse.12 mai 1915.Poids: 158 livres.P.S.: 16; P.D.: 11.Toujours un peu de sibilance aux poumons.Oppression.Pointes de feu sur les deux poumons, strychnine 1/40 grain 4 fois par jour.28 mai 1915.Poids: 159 livres.P.S.: 16; P.D.: 11.Tousse moins.Râles à la toux seulement.Continuer la strychnine, 5 pilules de 1/40 grains par jour.7 juin 1915.Poids: 157 livres.P.S.: 16; P.D.: 10.Toujours des râles sibilants avec gêne de l\u2019expiration aux deux poumons.Dort mieux bien qu\u2019il ait une crise de toux chaque nuit.Continuer strychnine, a laquelle j\u2019ajoute une préparation iodée.7 juillet 1915.Se sent mieux.13 juillet 1915.P.S.: 15; P.D.: 10.Poumons: bien \u2018mieux.Continuer strychnine et préparation iodée.Pulvérisation de goménol en solution contre un coryza persistant.6 décembre 1915.Poids: 156 livres.P.S.: 15; P.D.: 10.Râles aux deux poumons, signes d\u2019emphysème.Corryza persistait depuis le mois d\u2019août.Je lui conseille de voir un rhinologiste qui constate la présence de polypes dans le nez ainsi qu\u2019une zône dont la seule irritation produisait une crise d\u2019asthme. 104 DUBÉ Le malade s\u2019est trouvé bien mieux après l\u2019ablation de ses polypes.Cette observation est intéressante à plusieurs point de vue.II s\u2019agit d\u2019un vieux tousseur avec troubles du nez depuis nombre d\u2019années.Les bronchites répétées ont entraîné de la sclérose légère des poumons avec emphyzème.Enfin le coeur a cédé.Les stimulants du coeur, digitaline et strychnine, les iodures ont amélioré le coeur et les poumons.Enfin l\u2019ahlation des polypes naso-pharyngiens a apporté un soulagement considérable à notre malade.J\u2019ai souvent eu l\u2019occasion de constater l\u2019influence des lésions du nez: polypes, queue de cornet, déviation de la cloison, etc., sur l\u2019origine des trachéo-bronchites, bronchites, ete., ete.Observation VIII.\u2014H, B., âgé de 43 ans, plâtrier.Entré à l\u2019Hôtel-Dieu le 14 octobre 1915.Sorti le 8 janvier 1916.Se présente pour faiblesse, dyspnée et anasarque.Rien de particulier dans ses antécédents héréditaires.Antécédents personnels: otite suppurée dans son jeune âge et une hernie inguinale et ombilicale.Insolation à 20 ans.Typhoïde à 24 ans.C\u2019est quelque temps après sa typhoïde qu\u2019il prit froid et commença à tousser.Son travail l\u2019exposait aux refroidissements et ses bronchites se répétèrent souvent.Pas buveur.A souvent habité des logements humides.Depuis 14 mois qu\u2019il présente des oedèmes : pieds, jambes jusqu\u2019à la ceinture ascite et oedèmes des bras.Toux fréquente avec quintes très fortes, et dyspnée plus fréquemment la nuit.Le malade est impotent au lit, prend peu d\u2019aliments, digère -mal, presque sans sommeil.À l'examen: oedème généralisé considérable, nombreux râles dans les deux poumons, gêne dans l\u2019expiration ; ces symptômes sont marqués aux sommets aussi bien qu\u2019aux bases qui présentent un peu d\u2019oedème en plus.Le coeur ne présente pas de bruits de souffle.Les bruits sont sourds mais réguliers.Pouls de 90 à 100.Nous avons eu de la difficulté à prendre sa pression artérielle à cause de l\u2019oedème des poignets.Il a fallu faire du massage pour chasser plus haut le liquide épanché.Nous avons trouvé P.S.: 24, LE COEUR CHEZ LES TOUSSEURS 105 P.D.: 14 au Pachon la première fois.Jusqu\u2019à ce moment nous avions cru avoir plutôt un brightique qu\u2019un cardiaque à traiter.L\u2019analyse des urines avait donné de l\u2019albumine et une rétention chlorurée très forte : 3.80 au litre d\u2019urine, et 1.52 en 24 heures; le malade ne passait que 500 grammes d\u2019urine par jour.Le dosage de l\u2019urée dans le sang n\u2019avait montré rien d\u2019anormal : 0.30 centigr.au litre de sang.Nous avions pensé à une néphrite hydropigène.La médication par les diurétiques ne donnait aucun résultat appréciable ; les oedèmes ne diminuaient pas et les symptômes cardio-pulmonaires restaient les mêmes.C\u2019est alors que nous décidâmes de traiter ce malade plutôt comme un cardiaque et la digitaline vint nous donner raison.Donnée à petites doses d\u2019abord, c\u2019est à dire à la dose de 5 gouttes le soir au coucher pendant dix jours, elle fut très bien tolérée mais resta presque sans effet.Comme nous voulions procéder très prudemment, nous augmentâmes la dose à 5 gouttes matin et soir pendant cinq jours.Il en résulta un peu de mieux, mais les urines n\u2019augmentèrent que légèrement.C\u2019est alors que nous avons prescrit les 50 gouttes de digijaline en deux jours de la façon suivante: 10 gouttes le matin et 15 gouttes le soir pendant deux jours.Immédiatement les urines augmentèrent jusqu\u2019à quatre et cinq litres par jour.Peu à peu les oedèmes disparurent et le malade ressentait en même temps du soulagement du côté des poumons.Son sommeil devint meilleur.Les urines ne présentaient plus que des traces d\u2019albumine et le dosage des chlorures dans les urines devint normal.Le coeur qui avait toujours été examiné avec difficulté à cause des nombreux râles pulmonaires et de l\u2019emphysème, fut trouvé sans lésions orificielles.La pointe battait en dehors de la ligne mamelon- naire et dans le sixième espace.C\u2019était bien là le coeur hypertrophié et dilaté des bronchitiques chroniques avec sclérose et emphysème pulmonaire.L\u2019examen de la pression artérielle fut intéressante à suivre chez ce malade qui resta à l\u2019Hôtel-Dieu plusieurs mois.La digitaline fut donnée aux doses indiquées ci-dessus tous les 5 à 6 jours, et dans les jours d\u2019intervalles nous lui avons donné de la strychnine.Le malade cst parti sans oedéme, mais toujours avec sa sclérose pulmonaire et son emphysème surchargeant son coeur toujours prêt à céder, ge = we 106 DUBÉ Dans les quelques observations que je viens de présenter, il s\u2019agit dans chaque cas de tousseurs habituels au cours d\u2019une crise nouvelle plus ou moins grave.Nombreux râles sibilants avec parfois des foyers de congestions, toujours avec des signes d\u2019emphysème et surtout un coeur affaibli.Ces malades se plaignaient d\u2019essoufflement au moindre effort non seulement pendant leurs bronchites mais même en temps d\u2019accalmie.Ils avouèrent tous que la marche et le travail les essoufflaient.Le sphygmomanomètre me donna des preuves évidentes de la faiblesse de contraction du coeur.La pression différentielle (le pulse pressure) était toujours trop faible.La digitaline et la strychnine avec le repos au lit améliorèrent chaque malade.L'insuffisance cardiaque survenant chez les tousseurs est plus difficile à traiter que l\u2019insuffisance cardiaque par lésions orificielles comme origine.Je suppose que nous ayons, en effet, des oedèmes périphériques dans les deux cas par fléchissement du coeur, avec mauvaise pression artérielle et pouls rapide.Utilisons, si vous le voulez bien, la digitaline chez l\u2019un et l\u2019autre malades avec des résultats égaux, c\u2019est-à- dire disparition des oedèmes et le rétablissement de la pression artérielle et du pouls.Qu\u2019arrivera-t-il à la suite ?Le cardiaque proprement dit, c\u2019est-à-dire le malade porteur d\u2019une lésion orificielle survenue au cours d\u2019un rhumatisme articulaire par exemple, ou de toute autre maladie infectieuse, ne présentant pas de trace de sclérose et emphysème pulmonaire, pourra se maintenir dans un assez bon état de santé par le traitement suivant: repos, régime alimentaire approprié et la digitaline prise régulièrement.Chez ce cardiaque le coeur seul est malade et il est le seul à ménager.Par contre, chez le tousseur chronique avec sclérose et emphysème pulmonaire, le coeur se fatigue et s\u2019épuise après plusieurs années de gêne apportée à la circulation pulmonaire.C\u2019est le coeur droit constamment à la tâche qui s\u2019hypertrophie d\u2019abord, puis se dilate et cède finalement, entraînant à sa suite le coeur gauche et les troubles de la grande circulation.Chez ce dernier malade, présentant comme le premier les oedèmes plus ou moins considérables, de l\u2019irrégularité du coeur, une pression artérielle défectueuse, ainsi que de la dyspnée, etc.ete, la situation est plus compliquée. LE COEUR CHEZ LES TOUSSEURS 107 Je l\u2019ai dit, chez le premier, le coeur seul est malade et aucun autre organe ne vient primitivement, par des troubles autotochnes, gêner son travail et provoquer sa déchéance.Dans le second cas c\u2019est le poumon malade qui a provoqué la lésion cardiaque avec asystolie et c\u2019est encore le poumon qui provoquera les nouvelles crises d\u2019asystolie chaque fois que la digitaline, le repos, etc., auront ramené momentanément les fonctions normales de la circulation.Le coeur dans la sclérose pulmonaire est donc dans une situation analogue a celle du coeur chez les brightiques.Dans les deux cas cet organe rencontre un obstacle: circulation pulmonaire gênée par la sclérose et l\u2019emphysème du poumon dans un cas; gêne de la grande circulation par les capillaires périphériques en état de contraction provoquée et entretenue par la présence des poisons urinaires retenus dans le sang au lieu de passer dans les urines.Chez les emphysémateux avec sclérose pulmonaire, c\u2019est le coeur droit qui est en souffrance, alors que chez les brightiques c\u2019est le coeur gauche qui est mis à contribution.Je suppose que les stimulants du coeur rétablissent une cireu- lation satisfaisante : les oedèmes sont disparues, la pression artérielle et le pouls sont revenus en meilleur état; qu\u2019arrivera-t-il ?Ce pulmonaire cardiaque devra éviter également les fatigues, le travail quelqu\u2019il soit comme on l\u2019a recommandé au premier malade, mais il restera toujours avec des poumons sclérosés, emphysémateux qui gêneront la petite circulation et déchaîneront encore une fois tous les accidents d\u2019asystolie généralisée ou premier paroxysme de toux avec dyspnée.Et il faut si peu pour réveiller ce paroxysme de toux chez les emphysémateux: le moindre refroidissement ! En résumé, si j'avais à choisir entre les formes d\u2019asystolie, j'aimerais mieux être porteur d\u2019une lésion orificielle, que bronchitique chronique avec sclérose pulmonaire, emphysème et hypertrophia du coeur consécutive.Il faut dans ce dernier cas que le traitement porte sur le coeur en asystolie et ensuite sur les poumons qui en sont la cause.Je ne veux pas décrire ici le traitement de la sclérose pulmonaire avec em physème, je veux tout simplement parler des moyens à prendre pour empêcher ces malades d\u2019avoir ce qu\u2019ils appellent \u201cleur bronchite\u201d ! Ce serait un très grand progrès si on pouvait enlever ce coup de fouet que donne chaque nouvelle bronchite à la sclérose pulmonaire.Le coeur ne s\u2019en porterait que mieux, cela va sans dire. 106 DUBÉ Dans les quelques observations que je viens de présenter, il s\u2019agit dans chaque cas de tousseurs habituels au cours d\u2019une crise nouvelle plus ou moins grave.Nombreux râles sibilants avec parfois des foyers de congestions, toujours avec des signes d\u2019emphysème et surtout un coeur affaibli.Ces malades se plaignaient d\u2019essoufflement au moindre effort non seulement pendant leurs bronchites mais même en temps d\u2019accalmie.Ils avouérent tous que la marche et le travail les essoufflaient.Le sphygmomanomètre me donna des preuves évidentes de la faiblesse de contraction du coeur.La pression différentielle (le pulse pressure) était toujours trop faible.La digitaline et la strychnine avec le repos au lit améliorèrent chaque malade.L\u2019insuffisance cardiaque survenant chez les tousseurs est plus difficile à traiter que l\u2019insuffisance cardiaque par lésions orificielles comme origine.Je suppose que nous ayons, en effet, des oedèmes périphériques dans les deux cas par fléchissement du coeur, avec mauvaise pression artérielle et pouls rapide.Utilisons, si vous le voulez bien, la digitaline chez l\u2019un et l\u2019autre malades avec des résultats égaux, c\u2019est-à- dire disparition des oedèmes et le rétablissement de la pression artérielle et du pouls.Qu\u2019arrivera-t-il à la suite ?Le cardiaque proprement dit, c\u2019est-à-dire le malade porteur d\u2019une lésion orificielle survenue au cours d\u2019un rhumatisme articulaire par exemple, ou de toute autre maladie infectieuse, ne présentant pas de trace de sclérose et emphysème pulmonaire, pourra se maintenir dans un assez bon état de santé par le traitement suivant: repos, régime alimentaire approprié et la digitaline prise régulièrement.Chez ce cardiaque le coeur seul est malade et il est le seul à ménager.Par contre, chez le tousseur chronique avec sclérose et emphysème pulmonaire, le coeur se fatigue et s\u2019épuise après plusieurs années de gêne apportée à la circulation pulmonaire.C\u2019est le coeur droit constamment à la tâche qui s\u2019hypertrophie d\u2019abord, puis se dilate et cède finalement, entraînant à sa suite le coeur gauche et les troubles de la grande circulation.Chez ce dernier malade, présentant comme le premier les oedèmes plus ou moins considérables, de l\u2019irrégularité du coeur, une pression artérielle défectueuse, ainsi que de la dyspnée, etc\u2026 etc, la situation est plus compliquée. LE COEUR CHEZ LES TOUSSEURS 107 Je Vai dit, chez le premier, le coeur seul est malade et aucun autre organe ne vient primitivement, par des troubles autotochnes, gêner son travail et provoquer sa déchéance.Dans le second cas c\u2019est le poumon malade qui a provoqué la lésion cardiaque avec asystolie et c\u2019est encore le poumon qui provoquera les nouvelles crises d\u2019asystolie chaque fois que la digitaline, le repos, etc, auront ramené momentanément les fonctions normales de la circulation.Le coeur dans la sclérose pulmonaire est donc dans une situation analogue à celle du coeur chez les brightiques.Dans les deux cas cet organe rencontre un obstacle: circulation puimonaire gênée par la sclérose et l\u2019emphysème du poumon dans un cas; gêne de la grande circulation par les capillaires périphériques en état de contraction provoquée et entretenue par la présence des poisons urinaires retenus dans le sang au lieu de passer dans les urines.Chez les emphysémateux avec sclérose pulmonaire, c\u2019est le coeur droit qui est en souffrance, alors que chez les brightiques c\u2019est le coeur gauche qui est mis à contribution.Je suppose que les stimulants du coeur rétablissent une cireu- lation satisfaisante : les oedèmes sont disparues, la pression artérielle et le pouls sont revenus en meilleur état; qu\u2019arrivera-t-il ?Ce pulmonaire cardiaque devra éviter également les fatigues, le travail quelqu\u2019il soit comme on l\u2019a recommandé au premier malade, mais il restera toujours avec des poumons sclérosés, emphysémateux qui gêneront la petite circulation et déchaîneront encore une fois tous les accidents d\u2019asystolie généralisée ou premier paroxysme de toux avec dyspnée.Et il faut si peu pour réveiller ce paroxysme de toux chez les emphysémateux: le moindre refroidissement ! En résumé, si j'avais à choisir entre les formes d\u2019asystolie, j'aimerais mieux être porteur d\u2019une lésion orificielle, que bronchitique chronique avec sclérose pulmonaire, emphysème et hypertrophia du coeur consécutive.Il faut dans ce dernier cas que le traitement porte sur le coeur en asystolie et ensuite sur les poumons qui en sont la cause.Je ne veux pas décrire ici le traitement de la sclérose pulmonaire avec ems physème, je veux tout simplement parler des moyens à prendre pour empêcher ces malades d\u2019avoir ce qu\u2019ils appellent \u201cleur bronchite\u201d ! Ce serait un très grand progrès si on pouvait enlever ce coup de fouet que donne chaque nouvelle bronchite à la sclérose pulmonaire.Le coeur ne s\u2019en porterait que mieux, cela va sans dire. 108 DUBÉ Dans notre beau pays les refroidissements sont fréquents l\u2019automne, pendant toute la durée de l\u2019hiver ct le printemps.Nos maisons sont trop souvent surchauffées ct les changements de température au dehors sont si brusques qu\u2019il faut constamment se tenir sur nos gardes pour ne pas prendre froid.Je conseille à mes malades d\u2019avoir un thermomètre dans chacune des pièces de leur habitation.Il leur sera facile alors de contrôler la température d\u2019un logement par un feu de fournaise en plus ou en moins ou encore en arrêtant la circulation de l\u2019eau chaude dans une pièce.J\u2019ai trop souvent vu des maisons chauffées à 80° F.pour ne pas insister auprès de mes malades sur l\u2019importance de surveiller leur système de chauffage de façon à obtenir une température constante de 65° à 68° F.par toute la maison.Lorsque je vols un \u201ctousseur\u201d dans les premières années de sa maladie, je lui conseille beaucoup l\u2019usage de l\u2019eau froide chaque matin en douche ou par le bain.Voilà un excellent stimulant de la circulation périphérique ou capillaire.Ces vaisseaux, qui se contractent sous l\u2019impression cutanée de l\u2019eau froide, ne tardent pas à se dilater au point de rendre la peau d\u2019un rouge écarlate.Ce double jeu de contraction ¢t de dilatation des capillaires sur toute l\u2019étendue de la peau entretiennent de la souplesse ou de l\u2019élasticité dans ce réseau sanguin qui a pour rôle de nous défendre contre le froid et la grande chaleur.Le bain froid ou la douche froide sont un exercice excellent pour nos capillaires périphériques, aussi bien que pour les capillaires des organes splanchniques.Coucher à l\u2019air pur, c'est-à-dire la fenêtre ourerte, voilà une chose que j\u2019exige de tous mes malades invariablement.Grande ouverte quand il fait chaud au dchors la fenêtre peut être à demi ou aux trois quarts fermée pendant les nuits très froides.L\u2019habitude de coucher la fenêtre ouverte fait des adeptes tous les jours, mais beaucoup trop s\u2019en privent encore par crainte de refroidissements qui est chimérique.C\u2019est une question de couvertures de lit et d\u2019édredon, voilà le secret du confort avec fenêtre ouverte la nuit.Je recommande la gymnastique respiratoire chez mes bronchitiques avec de bons résultats.Je voudrais enfin parler d\u2019une question troublante pour nous médecins: faut-il porter des sous-vêtements de laine ou de toile ?Je me préoceupe de ce détail important de notre costume depuis les premiers jours de ma clientèle. TUBERCULOSE CUTANÉE 109 J\u2019ai rencontré des gens qui portaient de la laine sur la peau pendant tous les mois de l\u2019année, d\u2019autres ne juraient que par la toile hiver et été.J\u2019ai remarqué que beaucoup transpiraient sous leur camisole de laine, d\u2019autres pas du tout sous le même vêtement, et j'ai constaté cet état de chose aussi bien chez des personnes maigres que chez des personnes grasses.Il y a des gens qui transpirent pour un rien alors que d\u2019autres n\u2019ont jamais de transpiration.Par contre ceux qui portent de la toile ou du coton ou de la soie ont tous la peau sèche.Ils semblent transpirer moins que ceux qui portent de la laine, ou plutôt s\u2019ils transpirent autant l\u2019évaporation cutanée se fait rapidement.La toile gêne moins l\u2019évaporation que la laine qui reste longtemps humide lorsqu\u2019elle est baignée de sueurs.C'est un fai! reconnu de tous que la laine garde mieux la chaleur du corps que la toile; les braves soldats dans les tranchées exposés au froid pourraient nous en dire quelque chose, Mais notre vie est plus compliquée que celle des tranchées.Nous sommes exposés, en hiver, à des températures élevées à l\u2019intérieur de nos maisons et à des températures très basses dès que nous sortons.Je crois donc que le problème du sous-vêtement doit se résoudre assez facilement si l\u2019on veut tenir compte de la vie que nous faisons.Je voudrais mettre tout le monde d\u2019accord en donnant raison à ceux qui prônent la laine aussi bien qu\u2019à ceux qui chantent les vertus de la toile.Pendant les chaleurs de l\u2019été je conseille la toile aussi bien sur le thorax que pour les membres inférieurs.Pendant les froids de l\u2019hiver nous vivons plus souvent à l\u2019intérieur de nos maisons qu\u2019au dehors, de là la nécessité de se vêtir de façon à ne pas souffrir de la chaleur et du froid.Les partisans de la laine ont trop chaud à la poitrine avec leurs sous-vêtements épais lorsqu\u2019ils sont dans leur maison bien chauffée, et les partisans de la toile ont sûrement des sensations de froid désagréables aux jambes que le paletot protège mal lorsqu\u2019ils sont exposés aux basses températures du dehors.De là m\u2019est venue l\u2019idée d\u2019adopter, pendant l\u2019hiver, la toile ou le coton pour le thorax et la laine pour les membres inférieurs.La chaleur de nos habitations ne cause pas de malaises à ceux qui ont la poitrine couverte de toile ou de coton, et lorsqu\u2019ils sortent au froid le paletot épais ou la pelisse fourrée les protègent contre les 110 DUBÉ refroidissements.Le caleçon de laine plus ou moins épais se tolère très bien dans la maison chauffée et constitue au froid une protection efficace à cette partie de notre individu qui n\u2019a pas l\u2019avantage d\u2019être bien protégée par le paletot.J\u2019ai confiance également aux chaussettes de laine pour l'hiver.(Ceux qui transpirent beaucoup des pieds se trouveront peut-être mieux avec des chaussettes de coton, mais ils devront, lorsqu\u2019ils iront au froid, ajouter des guêtres ou de longs bas de Jaïne par-dessus leurs chaussures.Voilà mon humble opinion sur une question qui me semble importante et qui ne doit pas être laissée aux caprices de la mode.Je causais dernièrement, sur ce sujet, avec M.Max.Beauvais le directeur des grands magasins de merceries \u201cFashion-Craft\u201d, rue Saint-Jacques, et il me disait que les clients ne savent pas quels sous-vêtements porter l'hiver.Il remarque cependant que les partisans de la toile augmentent chaque année.J'ajoute encore une fois que ce que je propose: toile, coton ou soie pour le thorax, et laine pour les membres inférieurs, offre l\u2019avantage d\u2019être bien toléré à l\u2019intérieur chauffé de nos habitations et de bien protéger contre les rigneurs de nos hivers chaque fois qu\u2019il nous faut sortir au dehors.Comme preuve que la question du sous-vêtement sera longtemps encore peut-être troublante pour nous médecins, laissez-moi vous raconter ce que me disait ces jours derniers un confrère âgé de plus de cinquante ans qui fut pendant des années victime des pires douleurs de rhumatisme.11 ne marchait qu\u2019avec deux cannes et très péniblement.Je suis totalement débarrassé de mes rhumatismes, me disait-il, depuis que je prends un bain froid chaque matin et que je ne porte pas de sous-vêtement du tout! II m\u2019assura qu\u2019il ne souffrait aucunement du froid. Tuberculose cutanée guérie par l\u2019Arseno- Benzol (1) Par M.E.P.BENOIT, Professeur de Clinique Médicale, Médecin de l'Hôpital Notre-Dame.Le malade que je vous présente est un homme de 44 ans, militaire, employé comme cuisinier au mess des officiers, à Valcartier.Au mois de juin 1915, cet homme, dont les poumons sont sains, et qui avait joui jusque là d\u2019une bonne santé, développe une tuberculose gommo-ulcéreuse de la peau dont il m\u2019a été impossible de déterminer le mode d\u2019inoculation.Je suppose qu\u2019une écorchure au bras et de la viande provenant d\u2019animaux tuberculeux ont été les facteurs déterminants de sa maladie, mais je n\u2019en sais rien.Les lésions apparurent au bras, à la main et aux jambes, et nécessitèrent son hospitalisation à l\u2019infirmerie du camp, puis son transport à l\u2019hôpital militaire de Québec, où il demeura jusqu\u2019en septembre.Comme, à ce moment, la maladie ne montrait pas de tendance à guérir, il fut réformé, et s\u2019en vint à Montréal où, après avoir suivi sans résultat différents traitements, il finit par entrer dans le service médical de l\u2019Hôpital Notre-Dame.Au moment de son entrée à l\u2019hôpital, le 28 octobre 1915, le malade présentait trois foyers tuberculeux de la peau dont un, sur le bras gauche, paraissait en régression, mais dont les deux autres, à la main gauche et sur la jambe droite, étaient en pleine activité.Les lésions étaient caractérisées par des ulcérations profondes, très douloureuses, purulentes, dont les bords festonnés et bleuâtres offraient un décollement assez grand mais pas d\u2019auréole cuivrée.Il n\u2019y avait pas de traînées de lymphangite ni de ganglions.La fièvre était modérée.Plus tard apparut sur le bras droit une infiltration intra-dermique qui prit l\u2019apparence d\u2019une gomme, et que le malade nous dit être absolument semblable aux lésions qui avaient précédé les ulcérations existantes.Cette gomme disparut avec le traitement à l\u2019arséno-benzol.Nous avions tout naturellement pensé d\u2019abord à la syphilis.C\u2019était aussi l\u2019opinion du dermatologiste qui avait vu le malade au (1) Communication à la Société Médicale, séance du 15 février 1916. 112 BENOIT dispensaire et l\u2019avait fait entrer dans le service.Le malade lui- même avouait une blennorrhagie guérie sans complications, mais niait positivement l\u2019existence antérieure d\u2019un chancre.Afin de fixer le diagnostic, et avant d\u2019appliquer aucun pansement antiseptique sur les plaies, je priai le Dr Wilfrid Derome de faire un examen du pus et du tissu sous jacent recueilli par grattage.Cet examen montra: 1° la présence de bacilles de Koch nombreux; 2° l\u2019absence de tréponèmes.La réaction de Wasserman, pratiquée quelques jours plus tard, demeura négative.Le diagnostic de tuberculose cutanée étant ainsi posé, je commençai un traitement local au chlorure de zinc et un traitement général anti-tuberculeux: hypophosphites, huile de foie de morue, créosote, etc.Le chlorure de zinc, ne donnant pas de résultat, fut remplacé après quelques semaines par l\u2019onguent de Reclus, puis par des pansements humides.Une séance de radiothérapie fut même essayée.Tout fut inutile.Les lésions peristaient, douloureuses, ainsi que la fièvre; le malade perdait des forces, se décourageait ; le temps passait, et nous n\u2019obtenions auçun résultat.Un jour, lisant le bel article que Manquat (1) a consacré au salvarsan dans la dernière édition de son Traité de Thérapeutique, je me demandai si, en effet, ce médicament antiseptique n\u2019est pas également, en sa qualité de préparation arsénicale très énergique, un puissant stimulant de la nutrition générale et un cicatrisant de premier ordre.Et je résolus d\u2019en faire immédiatement l\u2019expérience chez ce malade.Je lui administrai successivement, à huit jours d\u2019intervalle, en injection intra-veineuse 0.15, 0.30, 0.45, puis 0.90 centigrammes de néosalvarsan.Tout de suite après la première injection, les effets du traitemient se firent sentir.Le travail de réparation commença dans les plaies pour se poursuivre sans interruption et rapidement.On pouvait noter de jour en jour le changement qui s\u2019opérait.La guérison est aujourd\u2019hui presque complète.Il suffira, je l\u2019espère, d\u2019une injection ou deux pour la rendre définitive.Gaucher (1) nous dit trés explicitement que les gommes tuberculeuses de la peau peuvent être des manifestations isolées de la tuberculose.Il a soin, par contre, d\u2019ajouter, en parlant du pronostic, (1) Traité Flémentaire de Thérapeutique, 6e édit.(1914), L.IV, p.513 et suivantes, (1) Nouveau traité de Médecine ct de Thérapeutique.T.XIV: Maladies de la Peau, p830 et suivantes. TUBERCULOSE CUTANÉE 113 que, \u201cmême dans le cas où la gomme constitue la seule manifestation tuberculeuse actuelle, elle doit faire craindre l\u2019apparition ultérieure d\u2019une tuberculose viscérale, qui peut ne se montrer qu\u2019au bout d\u2019un temps plus ou moins long.\u201d Pour le dermatologiste de Saint-Louis, ces gommes, qui finissent par s\u2019ulcérer (tuberculose cutanée gommo- ulcéreuse), \u201cne sont pas produites par une inoculation cutanée directe,\u201d comme le lupus, et les ulcérations tuberculeuses secondaires, mais \u201crésultent d\u2019une infection générale de l\u2019organisme.\u201d Et après avoir énuméré les signes cliniques différentiels entre une ulcération tuberculeuse et une ulcération syphilitique, il ajoute: \u201cDans les cas douteux, l\u2019examen bactériologique décèlera la présence des bacilles dans les ulcérations tuberculeuses.\u201d Le salvarsan, évidemment, a une action spécifique évidente sur certains parasites du sang.Il agit non seulement sur le tréponème de Schaudinn, mais on l\u2019a également employé avec succès contre le spyrochète d\u2019Obermeyer de la fièvre récurrente et contre les trépa- nosomes de la maladie du sommeil.Son action, à ce point de vue, peut être comparée à celle de la quinine sur l\u2019hématozoaire de Lave- ran.Mais le salvarsan, comme la quinine, est un tonique; c\u2019est même la plus énergique de toutes les préparations arsénicales connues.C\u2019est à ce titre, je crois, que le salvarsan agit merveilleusement dans les manifestations gommo-ulcéreuses tertiaires de la syphilis.Il n\u2019y a pas de raison pour qu\u2019il ne cicatrise pas également les manifestations gommo-ulcéreuses de la tuberculose.Et l\u2019observation que j\u2019ai l'honneur de vous présenter ce soir me semble le démontrer. CORRESPONDANCE Cercle médical des étudiants en médecine Dans un article intitulé, les Sociétés de Médecine Canadiennes- françaises à Montréal, prononcé comme discours inaugural de la Présidence à l\u2019ouverture de la session 1916 de la Société Médicale, et publié dans l\u2019Union Médicale du mois de février, le Dr B.G.Bour- geols fait l'historique précis et très intéressant d\u2019ailleurs de la \u201cSociété Médicale de Montréal\u201d, de la \u201cSociété de Médecine pratique, de Montral\u201d, de l\u201cAssociation des Internes de l\u2019Hôpital Notre-Dame\u201d, du \u201cComité d\u2019Etudes Médicales\u201d et enfin de l\u2019\u201cInstitut Médical\u201d.En somme, c\u2019est l\u2019évolution de sociétés de noms différents ayant toutes le même but: \u201c1° de cimenter l\u2019union qui doit régner entre les membres de la profession médicale ; \u201c2° de fournir aux médecins un motif de réunion et l\u2019occasion de fraterniser et de se mieux connaître ; \u201c3° de s\u2019instruire mutuellement par des lectures, des discussions et des conférences scientifiques ; \u201c4° d\u2019engager tous ceux qui en feront partie à pratiquer mutuellement tout ce que l'honneur et la fraternité prescrivent aux membres d\u2019une même profession.\u201d (Union Médicale, janvier 1871).Je ne doute nullement de la véracité des citations que le docteur Bourgeois nous fait lire.S\u2019il n\u2019avait ouvert une parenthèse pour nous parler de l\u2019\u201cInstitut Médical\u201d qui fut fondé parmi les étudiants vers 1879 et dont les dernières traces d\u2019existence semblent être les élections du 23 octobre 1881, vous n\u2019auriez peut-être pas l\u2019obligation de me lire: je veux simplement rétablir les faits tels qu\u2019ils sont actuellement.L\u2019Institut Médical a certainement dû exister, puisque l\u2019auteur nous indique quelques titres de sujets présentés: éclampsie puerpérale, hémorragies passives et actives, le médecin et le charlatan, etc; il termine en disant : \u201cA nos élèves de 1916, je lègue en passant, ce souvenir de leurs anciens ! Puissent-ils y voir l\u2019avantage de marcher sur ces traces édifiantes !\u201d CERCLE MÉDICAL DES E.E.M.115 Cette conclusion termine d\u2019un ton par trop sarcastique, une parenthèse qui pour être complète aurait dû se continuer encore un peu.Certes, je l\u2019aurais trouvée fort à propos, s\u2019il n\u2019eût existé à l\u2019Université Laval, le Cercle Pasteur, composé uniquement d\u2019E.E.M.tout comme l\u2019Institut Médical, qu\u2019il remplace je crois dignement.Je suis sûr que le docteur Bourgeois ignorait totalement l\u2019existence de ce Cercle.Il ne faut pas prêter à ma plume de méchantes intentions, car cet article n\u2019a d\u2019autre but que celui de rétablir la vérité historique.\u201cS'il parle de l\u2019Institut Médical, me suis-je dit, pourquoi ne parle-t-il pas du Cercle Pasteur ?\u201d Ce fut le 19 décembre 1913, que le docteur G.-H.Baril, professeur de chimie et président de l\u2019A.C.J.C.réunissait au Salon de l\u2019Université, une quarantaine d\u2019élèves de primaires, pour leur faire part d\u2019un projet qu\u2019il voulait mettre à exécution depuis longtemps.En termes choisis, il nous exposa le but de sa réunion : fonder parmi les E.E.M.un Cercle d\u2019étude, affilié à l'A.C.J.C.Je ne discute pas ici, d\u2019ailleurs ce n\u2019en est pas la place, la valeur ou la non-valeur de l\u2019affiliation à l'A.C.J.C.Il existe un cercle d\u2019E.E.M., donc, il faut en parler lorsqu\u2019on fait l\u2019historiqte des Sociétés de Médecine Canadiennes-françaises de Montréal.Je tire des minutes de l\u2019assemblée du 19 décembre, le paragraphe suivant: \u201cLe cercle s\u2019occupera de questions médicales surtout, sans cependant laisser complètement de côté, les questions nationales et religieuses.Le médecin ayant un rôle social à remplir, le but de ce Cercle sera de nous donner la formation nécessaire pour nous faire comprendre ce rôle et nous le faire aimer afin que plus tard, on puisse le remplir avec fruits pour nous-mêmes et pour les autres.\u201d Dès cette première réunion, 24 étudiants sur les 40 qui étaient présents, se sont inscrits sur la liste des membres.Durant le reste de l\u2019année scolaire, janvier à mai 1914, le Cercle a tenu 6 assemblées régulières et l\u2019assiduité variait de 15 à 20 par séance.Après l\u2019exposé d\u2019un sujet, fait par un professeur ou un élève, la discussion était ouverte à tous.Un tel succès était encourageant et l\u2019on prévoyait une longue existence pour la nouvelle Société.La deuxième année, 1914-15, le Cercle a semblé souffrir de la guerre et, par le départ de son président avec une ambulance stationnaire, il s\u2019est vu tout désorienté, on a cru, pendant un temps, à sa fin prochaine.Clopin-clopan, comme toute grande oeuvre destinée à vivre, le début ayant été trbp bon, l\u2019enthousiasme et l\u2019ardeur de la 116 LAJOIE première année a faibli, et à peine a-t-on pu tenir 7 ou 8 assemblées avec quorum, durant la deuxième année.Malheureusement, les\u2018 procès-verbaux furent perdus dans l\u2019irrégualrité des séances; c\u2019est pourquoi je n\u2019en dis pas davantage.Au mois de novembre dernier, les ouvriers de la première heure, ceux qui étaient en deuxième et en première années, lors de la fondation du Cercle, prirent l\u2019oeuvre à coeur, et depuis le début de l\u2019année, 13 séances régulières eurent lieu.On traita de toutes sortes de questions, médico-religieuses \u2018pour la plupart: un m'embre préparait un travail de 20, 25 minutes et ensuite la discussion s\u2019engageait.Tous les membres y prenaient part et tous aimaient à y prendre part.C\u2019est ainsi qu\u2019on parla au point de vue médico-théologique et médico-légal de la question de \u2018l\u2019avortement\u201d, de \u201cl\u2019hypnotisme\u201d, de l\u2019\u201casphyxie chez les nouveaux-nés\u201d, du \u201cbaptême des monstres\u201d, de la fécondation artificielle, des signes de la mort apparente et réelle\u201d, de \u201cPonanisme en général\u201d, de la \u201cpollution nocturne et diurne\u201d, de l\u2019\u201cimpuissance\u201d\u2019, des \u201cpassions\u201d, de \u201cI\u2019alcoolisme\u201d, ete.Vers le milieu de l\u2019année, on eut le plaisir d\u2019entendre un de nos membres faire une digression a notre esprit médical, en nous remémorant une page d\u2019Histoire du Canada ; dans un sujet d\u2019une haute valeur littéraire et d\u2019une parfaite érudition avec preuves à l\u2019appui, il traita d\u2019une façon magistrale du projet d\u2019Union de 1822.L\u2019historique de cette époque très importante de notre histoire nationale sur laquelle on n\u2019appuie guère lors de notre passage au collège a valu à l\u2019auteur, l\u2019honneur de se voir inviter par d\u2019autres Cercles de l\u2019A.C.J.C.pour donner cette conférence à leurs camarades.Mon propre travail serait incomplet, si je ne vous disais que sur les 24 membres inscrits, la moyenne des présences a oscillé autour de 20 pour chaque séance.Voilà donc le Cercle Pasteur ressuscité pour vrai, complètement rétabli du choc qu\u2019il avait subi par la grande guerre et prêt à vivre encore de longues années, parce que ceux-là mêmes qui en font partie se recrutent tout autant, sinon plus, parmi les primaires.D\u2019ailleurs, l\u2019attrait des sujets traités, la liberté de parole, l\u2019importance des questions dont nous avons une idée, exacte quelquefois, le plus souvent fausse, tant au point de vue médical que religieux ou légal et dont nous n\u2019avons malheureusement aucun cours durant nos cinq années d\u2019études, tout en somme concourt à l\u2019entrée dans ce Cercle, de tous les jeunes étudiants, futurs disciples d\u2019Esculape, qui veulent êtro CERCLE MÉDICAL DES E.E.M.117 plus que de simples docteurs, qui visent plus haut que le parchemin au sceau de l\u2019Université et qui voient dans la profession qu\u2019ils embrassent, non plus un vulgaire terrain fertile pour la récolte pécuniaire, mais un champ d\u2019action immense pour le soulagement de l\u2019humanité souffrante, l\u2019idéalisation plus élevée du rôle de la société et le relèvement du niveau moral des individus ! Voilà donc, esquissé trés succinctement, le travail accompli par le Cercle Pasteur, travail dont il serait bon de parler dans la parenthèse du docteur Bourgeois, non pas à la suite de ses deux dernières phrases suivies de gros points d\u2019exclamations, mais après son avant- dernier paragraphe, où il fait mention de l\u2019élection des officiers de l\u2019Institut Médical pour 1881-82.La vérité historique serait rétablie et justice serait rendue aux élèves de 1916, qui deux ans avant qu\u2019on leur eût légué le souvenir de leurs anciens, ont vu l\u2019avantage de marcher sur leurs traces édifiantes.sans le savoir ! LEON GERIN-LAJOIE, E.E.M.Février 1916. SOCIÉTÉS Sociélé médicale de Montréal SEANCE DU 21 DECEMBRE 1915 Présidence de M.Asselin.M.Henri Larouche est admis membre.M.Lorenzo Jutras demande son admission.Présentation de pièces anatomiques - M.N.FOURNIER: Corps étranger urétro-vésicaux extraits par l\u2019urétroscope de Luys.(A paru dans l\u2019Union Médicale de janvier 1916).Le Secrétaire nous donne la lecture des travaux accomplis pendant le cours de l\u2019année qui vient de s\u2019écouler.Mémoires M, J.E.DUBE: Hypertension artérielle et régime.Observations cliniques.(A paru dans l\u2019Union Médicale de janvier 1916).M.LE PRESIDENT E.G.ASSELIN offre ses sincères remerciements aux rapporteurs des travaux qui ont ælimenté les séances de l\u2019année et qui ont assuré le succès de la Société Médicale.M.LeSAGE se fait l\u2019interprète de tous les membres de la Société en remerciant le président pour la manière digne et courtoise avec laquelle il a présidé les séances.Les professeurs paraissent abandonner la Société, dit-il.Pourtant noblesse oblige.Puis il ajoute quelques remarques piquantes sur l\u2019utilité du travail en commun, l\u2019effort d\u2019un trop petit nombre pour vulgariser notre belle science, la crainte futile des médecins plus jeunes qui ne devraient pas hésiter de venir nous faire part de leurs observations, enfin le devoir qui incombe aux professeurs et aux médecins des hôpitaux qui ont des avantages dont ils doivent faire bénéficier les médecins praticiens et les autres, et qui semblent 119 l'oublier.Puis il termine en disant que chaque médecin devrait se faire un devoir de produire un travail durant l\u2019année prochaine.La séance est levée.H.AUBRY, Secrétaire.SEANCE DU 18 JANVIER 1916 Présidence de M.B.G.Bourgeois.M.L.Jutras est admis membre de cette Société.Discours inaugural de la présidence.M.B.G.BOURGÈOIS: Les sociétés de médecine canadiennes- françaises à Montréal.(A paru dans l\u2019Union Médicale de février).Présentation de pièces anatomiques.M.T.PARIZEAU: Cholécystite calculeuse.Vésicule à paroi infiltrée de sels calcaires.Cholécystectomie et chlolhdocotomie.Chez une malade ayant souffert de troubles dyspeptiques vagues il y a une dizaine d\u2019années, brusquement, vers la mi-décembre 1915, apparaît une jaunisse intense accompagnée de crises douloureuses classiques.Le diagnostic de cholécystite calculeuse est posé par le docteur Arthur Derome, qui en demande confirmation radiographique au docteur Panneton.La radiographie démontre non seulement la présence de caleuls, mais encore l\u2019infiltration de la vésicule sous forme de plaques calcaires, vraisemblablement déposées dans les invaginations interstitielles de la muqueuse vésiculaire, désignées par les auteurs, sous le nom de canaux de Luschka.La nature calcaire de ces infiltrations et la mince couche de bilirubinate de chaux déposée à la surface de la cholestérine a seule permis le succès radiographique de l'expérience.En effet, les calculs de cholestérine pure sont facilement traversés par les rayons X et ne laissent aucune trace sur la plaque.La constante d\u2019Ambard et la pression artérielle normales, il fut procédé à l\u2019extirpation de la vésicule.Celle-ci, chose étrange dans 120 l\u2019espèce, était libre de toutes adhérences, mais sa paroi était dure, cartonisée, épaissie.Il fallut un effort du bistouri pour l\u2019ouvrir.I] en sortit une bouillie jaune claire, épaisse dans laquelle nageait une vingtaine de calculs.Après résection, il fut procédé à l'incision du cholédoque dont on sortit un assez volumineux calcul.Suture du cholédoque, drainage.Les suites opératoires ont été des plus heureuses.La plaie est guérie moins de trois semaines après l\u2019intervention.Les selles se sont recolorées dans les 48 heures, les urines par contre ont perdu en deux jours toute trace de bile.En un mot, c\u2019est un de ces cas heureux qui ferait croire aux débutants que l\u2019opération en pareille matière est un jeu d\u2019enfants.M.PANNETON a projecté à l\u2019écran les plaques, photographiées aux Rayons X, du malade du Dr Parizeau en les accompagnant des explications nécessaires.Ce fut une lecon de choses trés instructive.En discussion: M.DUBE s\u2019excuse de se lever à la place d\u2019un chirurgien.Cette affection est médico-chirurgicale, dit-il, et j'ai bien le droit d\u2019en parler le premier.Il veut insister sur un fait qui est celui-ci: cette maladie est une des plus fréquentes et la plus fréquemment méconnue.Beaucoup de malades qui souffrent de lithiase biliaire sont trop longtemps traités pour de la dyspepsie.La répétition des douleurs dans la région épigastrique, douleur assez forte pour appeler le médecin avec piqûre de morphine, est toujours due à de la lithiase.T1 faut naturellement éliminer par la radiographie l\u2019intestin et l\u2019estomac.I] raconte l\u2019histoire d\u2019une malade qu\u2019il a fait opérer, chez laquelle on a trouvé 25 calculs et qui ne présentait cependant que des troubles du côté de l\u2019estomac.M.LeSAGE nous dit que la fréquence de la lithiase est très grande et que cette affection est souvent ignorée.Il faut y songer, dit-il.I] se rappelle une malade opérée chez laquelle on a trouvé 65 calculs n\u2019ayant causé aucun ictère.Une autre malade avec une vésicule dilatée piriforme, véritable hydropysie de la vésicule, troubles de l\u2019esotmac, vomissements, pas d\u2019ictère, urines rares pendant crise.La vésicule s\u2019est vidée dans l\u2019intestin à la suite du traitement médical. 121 II y a souvent une gastrite réflexe par lésion de la vésicule et du rein.M.WILFRID DEROME demande si la cause des morts subites peut être attribuée à la lithiase biliaire.Brouardel en cite 2 cas; Ja mort surviendrait par reflexe.M.DUBE croit que le choc causé par la douleur serait assez grand pour amener un déséquilibre de la pression dans le système veineux et dans le système artériel.Alors ce système artériel se viderait dans le système veineux et causerait la mort.M.LeSAGE: Je suis de l\u2019avis de mon ami Dubé au point de vue de l\u2019influence décisive de la pression artérielle dont l\u2019équilibre rompu peut entraîner la syncope et la mort subite.Mais je pousse plus loin mon investigation et je dis: pourquoi cette pression artérielle est-elle ainsi abaissée ?Il faut en rechercher fa cause intime dans le système nerveux, en particulier dans une action excitante du pneumogastrique dont les rapports entre le coeur et le système gas- tro-hépatique sont si intimes.Une excitation originant à la vésicule biliaire s\u2019appesantit sur la X paire par l\u2019intermédiaire des nerfs périphériques centripètes qui se distribuent à la vésicule et dont les rapports avec le pluxus solaire sont très intimes.Par le vague le coeur entre aussitôt dans une crise de ralentissement qui est suivi rapidement d\u2019une bascule dans l\u2019arbre circulatoire.C\u2019est une bradycardie fonctionnelle amenant un allongement du grand silenœ, un retard dans la transmission de l\u2019onde pulsatile, un abaissement rapide de la pression artérielle, enfin une syncope par ischémie bulbaire lorsque la crise se prolonge et s\u2019accentue.Nous comprenons mieux, ainsi, le mécanisme de la mort subite dans les cas de colique hépatique.M.ASSELIN semble partager l\u2019opinion de M.Lesage.M.LANGEVIN se demande pourquoi les malades reviennent à la santé avec la morphine.M.LeSAGE: En réponse à M.Langevin, je puis ajouter que ces malades peuvent juguler leur crise si le médecin arrive assez tôt, et surtout s\u2019il songe au mécanisme du trouble fonctionnel qui évolue sous ses yeux.La morphine atténue la douleur et fait disparaître cette cause d\u2019excitation sur le pneumogastrique.Le coeur reprend peu à peu son rythme.Je recommande beaucoup de donner à ces malades une injection 122 associée de morphine et d\u2019atropine, parce que l\u2019atropine exerce une action inhibitrice décisive sur le pneumogastrique.Bientôt, vous voyez le coeur revenir à son rythme normal en passant par une période d\u2019extrasystoles nécessaires, Cette action de l\u2019atropine vous démontrera que cette bradycardie .est purement fonctionnelle, c\u2019est à dire d\u2019origine nerveuse \u2014 X paire \u2014 et elle vous permettra de rétablir l\u2019équilibre entre les deux pressions, un instant rompu, avant que votre malade succombe d\u2019ischémie bulbaire si cet état se prolonge.La séance est levée.H.AUBRY, Secrétaire.SEANCE DU ler FEVRIER Présidence de M.B.G.Bourgeons.MM.Mignault, Jarry et Verschelden demandent leur admission.Mémoires M.EUG.GRENIER: Pneumo-thorax artificiel chez les tuberculeux.Le pneumothorax artificiel est une méthode thérapeutique employée dans le traitement de la tuberculose pulmoniare.À l\u2019aide d\u2019un appareil spécial, on remplit la cavité pleurale d\u2019un gaz inerte et d\u2019absorption lente.Le but de l\u2019intervention est de mettre le poumon malade au repos, de le décongestionner, de vider les cavités de leurs sécrétions toxiques et d\u2019accoler les lèvres des plaies, les parois des cavernes.Voila pour la théorie.En pratique, ce but est atteint plus ou moins parfaitement, selon que le sujet malade a une cavité pleurale libre ou cloisonnée par des adhérences.Depuis 1892, date où cette intervention fut pratiquée pour la première fois, par le professeur Carlo Forlanini, de Pavie, plusieurs milliers de malades y ont été soumis.Les uns en ont beaucoup bénéficié, d\u2019autres n\u2019ont été améliorés que modérément et d\u2019autres enfin, point du tout.C\u2019est ce que le conférencier nous a démontré en faisant la revue d\u2019environ quinze cents observations, faites en Italie, en France, en Suisse, aux Etats-Unis et au Canada. 128 Le choix des malades de même que la perfection de la technique opératoire semblent avoir une grande influence sur les résultats obtenus.D\u2019abord, inutile d\u2019opérer chez un moribond.Le pneumothorax artificiel est une injection pleurale de gaz inerte, ni plus, ni moins.Ca n\u2019est pas une injection de forces vitales obtenues par synthèse et conservées aseptiques dans un récipient hermétiquement clos, ça n\u2019est pas, non plus, une transfusion de sang.Donc, dans ces cas, résultats nuls.Chez les malades très avancés, avec prognostic mauvais, la proportion des cas \u201crefroidis\u201d, \u201carrêtés\u201d, \u201cguéris\u201d est d'environ 22%, 49% ne s\u2019améliorent pas et la balance n\u2019a qu\u2019une amélioration passagère.Les sujets bénéficiant réellement de l\u2019application de cette méthode, seraient ceux chez qui, le mal, bien qu\u2019à forme très virulente et progressive, est d\u2019origine assez récente.L\u2019envahissement peu étendu d\u2019un sommet opposé n\u2019est pas une stricte contre-indication.Savoir bien lire son manomêtre, être très minutieux dans la mesure des pressions sont des qualités essentielles à l\u2019application de ce traitement.Si vous ne savez pas où se trouve exactement la pointe de votre aiguille ou si vous savez qu\u2019elle n\u2019est pas dans la cavité pleurale, n\u2019essayez pas à insuffler le gaz.Il faut à tout prix éviter l\u2019embolie gazeuse.Un autre jour, vous recommencerez et vous serez probablement plus heureux.Discussion.M.MALOUF demande à M.Grenier comment se pratique le pneumo-thorax artificiel.M.Z.N.EFTHTER félicite le rapporteur et lui demande le résultat de son expérience personnelle.C\u2019est une méthode, dit-il, qui me semble rationnelle, parce qu\u2019en immobilisant l\u2019organe malade, on: empêche la circulation, on éloigne les toxines, on vide les cavités en amenant leur accolement.L\u2019examen physique seul ne renseigne pas .suffisamment pour indiquer quand on peut pratiquer la méthode; il faut avoir recours à la radiographie.D\u2019après son expérience et son opinion cette méthode a des chances de succès dans les cas de tuberculose du sommet d\u2019un poumon avec base libre, l\u2019autre poumon sain ou légèrement atteint.La phtisie aiguë avec hémorrhagie devrait bénéficier beaucoup de ce mode de traitement.M.MIGNAULT demande à M.Grenier comment se sont terminés les cas de pleurésie. 124 ; M.GRENIER, en réponse, dit que l\u2019on introduit entre les deux plèvres 3500 c.c.à 4500 c.c.de gaz d'azote au moyen d\u2019un appareil muni d\u2019une aiguille à injection hypodermique.I! a pratiqué l\u2019opération chez 30 patients et il conclut que dans les cas chroniques, il n\u2019y a pas de succès; dans les cas avancés, à début peu éloigné, dans les cas aigus, les résultats sont meilleurs.Il injecte de petites doses de gaz à la fois et quelquefois il faut 4 ou 5 interventions pour constituer le pneumo-thorax.Il faut recommencer au bout de 3 ou 4 semaines pour continuer le pneumo-thorax.Les cas de pleurésie qu\u2019il a eus ont été des cas de pleurésie sérieuse ; un seul cas de pleurésie purulente à bacilles de Koch.La séance est levée.IT.AUBRY, Secrétaire.SEANCE DU 15 FEVRIER 1916.Présidence de M.J.E.Laberge.MM.Jarry, Mignault et Verschelden sont admis membres.Présentation de malade M.E.P.BENOIT: Tuberculose cutanée.(Voir plus haut).Discussion M.DUBE félicite M.Benoit d\u2019avoir présenté à la Société Médicale un cas aussi intéressant.On serait porté à croire, dit-il, de prime abord, à un cas de syphilis à manifestation gommeuse, mais si M.Dérome a trouvé des bacilles tuberculeux dans les lésions et si le Wassermann a été négatif, il se rangerait à l\u2019opinion du rapporteur.La gomme tuberculeuse est tellement décourageante qu\u2019il serait très heureux de voir le néosalvarsan rendre les services qu\u2019il a rendus dans ce cas-ci.M.LeSAGE: La rapidité foudroyante de la guérison m\u2019inspire quelque doute sur la nature du cas: syphilis ou tuberculose ou syphilis et tuberculose ?S\u2019il est vrai que l\u2019arséno-benzol guérisse d\u2019emblée les lésions tuberculeuses de la peau, je me ferai un devoir d\u2019eu 125 rechercher la preuve à la prochaine occasion, Mais il ne faut pas oublier que la syphilis peut se développer sur toute plaie et qu'il puisse y avoir association des deux maladies évoluant pour leur propre compte.En tenant compte de l\u2019action toute particulière de l\u2019arsenic \u2014 surtout l\u2019arsenobenzol \u2014 sur les fonctions phagocytaires, qu\u2019il stimule violemment, nous pourrions admettre son efficacité dans ces tuberculoses torpides, inflammatoires, d\u2019origine bovine, telles que décrites par Poncet, et comme cette observation semble le démontrer.Cette phagocytose intense provoquerait une véritable bacté- ryolise locale de ce bacille refroidi avant qu\u2019il ne se soit adapté à l'organisme humain.Néanmoins, je demande à M.Benoit de bien suivre ce malade et de pratiquer quelques Wasserman de temps en temps.Je sérais heureux, quant à moi, d\u2019en entendre parler de nouveau.M.DECARIE dit qu\u2019il faudrait soupçonner plutôt la syphilis et pousser les recherches plus avant.La présence de bacilles de Koch le désarme cependant un peu.Dans la gomme tuberculeuse il y a toujours une nécrose profonde des tissus, la cicatrice reste très longtemps bleuâtre et la coloration prend plusieurs années à disparaître.Dans le cas présent les cicatrices sembleraient être des cicatrices de lésion syphilitique.La médication arsénicale devrait donner des bons résultats dans la tuberculose cutanée.M.FOURNIER est d\u2019opinion que c\u2019est un cas de tuberculose de la peau parce que la gomme tuberculeuse est plus douloureuse que la gomme syphilitique: c\u2019est ce qui existe dans le cas présent.Pour lui le Wassermann n\u2019a pas une grande valeur au point de vue du diagnostic; il n\u2019accepte pas tout ce qui s\u2019est dit sur son .compte.À l'Hôpital Bellevue de New-York il a rencontré des médecins sceptiques.Il a vu un malade avec 3 Wassermann dont ?négatifs qui avait 6 mois après des syphilides des muqueuses.Il conclut que la réaction de Wassermann n\u2019a pas la valeur qu\u2019on lui attribue et il reste sceptique.M.LeSAGE: Le Wasserman positif a une grande valeur.Il fait pencher la balance du côté de la syphilis; mais un Wasserman négatif n\u2019a plus la même valeur, attendu que des syphilitiques voient leur Wasserman passer du positif au négatif après une cure-appro- priée.Devons-nous, à ce moment, prononcer le mot \u201cguérison\u201d.Non.et c\u2019est de là que vient le malentendu.Au début de la médication par l\u2019arseno-benzol, alors qu'on injectait de fortes doses, on 126 faisait disparaître rapidement les accidents spécifiques: le \\Vasser- man devenait négatif et on classifiait ces malades comme guéris.Plus tard, ceux-ci, soumis aux mêmes occasions de contagion, voyaient se développer des accidents qui ressemblaient : les uns au chancre initial, les autres à des syphilides muqueuses ou cutanées secondaires à ce pseudo-chancre.On disait que ces malades avaient été guéris puis- qu\u2019ils s\u2019étaient infectés une seconde fois.à tel point qu\u2019un auteur français a pu écrire qu\u2019on n\u2019avait jamais vu autant de cas de réinfec- tion depuis lemploi de l\u2019arseno-benzol.Erreur !.La très grande majorité d\u2019entre eux \u2014 pour ne pas dire tous \u2014 appartenait à la classe des récidives.M.Ravaut, de Paris, a fait une étude très serrée de tous ces cas, et il conclut en faveur de la récidive.Cette opinion est admise par les syphiligraphes et n\u2019est plus guère discutée.Les fortes doses provoquent une réaction tellement intense qu\u2019elles emprisonnent dans les organes des colonies de tréponèmes comme dans une enceinte de tissu de néoformation.Les tréponèmes du sang sont bactériolisés et le Wasserman devient rapiedment négatif.Mais il ne faut pas se hâter, à ce moment, de prononcer le mot \u201cguérison\u201d, car avec le temps ces bacilles emprisonnés passent de nouveau dans le sang, créent des lésions qui en imposent pour des accidents initiaux: c\u2019est une récidive avec l\u2019évolution habituelle et un Wasserman de nouveau positif.Ces malades n\u2019étaient pas guéris.Ils étaient en état de syphilis latente.Depuis, on a modifié la méthode.On donne des doses moins fortes au début et plus prolongées.On n\u2019est plus exposé à provoquer ces accidents formidables qui ont causé la mort d\u2019un grand nombre de malades à cette époque \u2014 véritable anaphylaxie due à une bactériolyse intense mettant en liberté une trop grande quantité de toxines microbiennes \u2014 et on atteint lentement tous les tréponèmes sans les emprisonner.| En conclusion, le Wasserman vaut lorsqu\u2019il est positif.Lorsqu\u2019il est négatif, on ne peut pas tirer de conclusions définitives.Brocq, qui a fait une étude documentée de la question dit que le mot guérison pourrait être prononcé lorsqu\u2019un malade, convenablement traité, n\u2019a présenté aucun accident depuis deux ans après la cessation du traitement et lorsque la réaction de Wasserman est négative après une dernière cure mercurielle.Et malgré cela, il ne craint pas d\u2019ajouter qu\u2019aucune méthode ne peut, à l\u2019heure actuelle, nous permettre d\u2019affirmer que notre spécifique est guéri définitivement.Il faut l\u2019expectation armée. 127 Il ne faut donc pas demander à la réaction de Wasserman plus qu\u2019elle ne peut donner.Elle est précieuse pour qui tient compte des variations de la maladie dont elle est la signature.M.DECARIE ajoute un mot pour dire que ce serait trop commode d\u2019envoyer les malades au laboratoire pour avoir un diagnostic précis.Le laboratoire est un bon élément pour aider et faciliter le diagnostic.M.BENOIT se dit heureux d\u2019avoir soulevé une discussion aussi intéressante.Pour lui il croit plutôt à une lésion tuberculeuse qu\u2019à une lésion syphilitique.L\u2019arseno-benzol a donné de si bons résultats dans ce cas qu\u2019il croit qu\u2019on devrait l\u2019employer plus souvent dans la tuberculose cutanée et qu\u2019il y aurait à faire une tentative d\u2019expérience dans ce sens.Mémoires M.J.E.DUBE: Le coeur chez les tousseurs.Observations.M.LeSAGE: Ce travail est très instructif et j\u2019approuve entièrement les conclusions de mon collègue et ami Dubé.Il est certain que si on me donnait le choix d\u2019opter entre une lésion du coeur droit et une lésion du coeur gauche, j\u2019opterais pour cette dernière parce que je serais plus loin, ainsi, de la crise finale: l\u2019asystolte.T\u2019asystolie, en effet, atteint en dernière étape le ventricule droit qui se dilate et qui finit par céder.Or, le tousseur sS\u2019attaque aussitôt à son ventricule droit.Par des bronchites chroniques alternant avec des crises sub-aigués avec emphyséme, congestions passives ou autres, il élève peu à peu un mur sur le chemin du coeur droit qui s\u2019y déverse par l'artère pulmonaire.Une maladie intercurrente aiguë, un effort prolongé ou subit suffisent quelquefois pour provoquer l\u2019hyposystolie passagère puis l\u2019asystolie définitive.Ce malade a brûlé la première étape, le coeur gauche.Il a débuté immédiatement avec le coeur droit.Quant à la laine ou au coton, je ne saurais rien ajouter aux remarques judicieuses qui ont été faites par mon collègue Dubé.H.AUBRY, Secrétaire. INTÉRÊTS PROFESSIONNELS Les finances du Collège des Médecins P.Q.Echos des trois dernières assemblées du Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province.Aux dernières élections pour le choix des Gouverneurs du Collège, les médecins de la division No VI me firent l\u2019honneur de me choisir pour les représenter aux séances de ce bureau, pendant le terme d\u2019office fixé par la loi, et cette confiance dont on a bien voulu m\u2019honorer comporte une responsabilité à laquelle je ne puis me soustraire sans manquer à l\u2019engagement que j'ai pris de travailler fermement à l\u2019avancement et au bien-être de la grande famille médicale de cette province.Tous les gouverneurs élus à cette époque ont obtenu leur mandat sur présentation d\u2019un programme rempli de promesses de toutes sortes, de réformes nécessaires à l\u2019administration pratique des affaires du bureau et à la gestion intelligente et raisonnée des sommes d\u2019argent qui lui sont confiées; le respect des voeux formulés et leur réalisation en était le premier article.Leur élection semblait \u2018être le prélude d\u2019une ère de prospérité et de sages délibérations.Voyons maintenant si leurs faits et gestes sont bien de nature à les recommander à la profession médicale de la province, et si leur conduite est bien conforme à l\u2019énoncé de leur programme.Nos prédécesseurs au bureau nous laissaient le 30 juin 1914 un \u201cEn Caisse\u201d de $7,081.28 \u2014 voir exercice financier 1913-14 \u2014 et le Registraire tout orgueilleux de ce beau résultat nous donna de bien sages conseils, quant à la disposition future de ces fonds, mais il est malheureux que l\u2019on ait négligé de les suivre.Voici ses paroles: \u201cTel est notre bilan actuel.A moins de dépenses extraordinaires non encore prévues, il sera à peu près le même au mois de juin 1915, l\u2019excédent des recettes sur les dépenses pour l\u2019année à venir devant être affecté à solder les dépenses nécessitées par les élections des Gouverneurs et pour un jour supplémentaire d\u2019assemblée générale.\u201cNous émettons ici le voeu que, chaque année, nos dépenses soient prévues de telle sorte qu\u2019elles ne dépassent jamais le montant AUBRY 129 de nos recettes, et que l\u2019excédent de celles-ci soit converti en capital de tout repos dont l\u2019intérêt seul devrait s'ajouter aux recettes ordinaires dans le but de promouvoir les oeuvres qu\u2019il plaira à l\u2019assemblée générale de préconiser.En d\u2019autres termes, notre surplus annuel étant presque toujours de deux mille piastres, nos dépenses extraordinaires ne devraient jamais dépasser ce montant que de la somme des intérêts perçus sur le capital accumulé.Tant que notre capital ne sera pas doublé ou triplé, il n\u2019y a guère à songer à la fondation d\u2019oeuvres permanentes et durables.Et ce serait le fait d\u2019une administration peu soucieuse de ses devoirs et des véritables intérêts de ses administrés, que d\u2019entamer le capital pour une raison quelconque ou la meilleure fût-elle.\u201d Le 30 juin, \u201cExercice financier 1914-1\u201d, nous avons une solde en banque de $3,471.43, avec un excédent des dépenses sur les revenus de $2,285.06; diminution du capital et augmentation des dépenses, c\u2019est bien le système préconisé par tous ceux qui courent à la banqueroute.Un peu scandalisé par l\u2019augmentation extraordinaire des dépenses, Monsieur Gonthier, le vérificateur des.livres tenus par le Registraire, crut devoir faire un état comparatif des revenus et des dépenses des exercices financiers de 1913-14 et 1914-15 pour attirer l\u2019attention des gouverneurs sur ce déplorable état de choses ,afin qu\u2019ils missent les freins à la machine pour éviter un désastre, mais ce magistral exposé de nos finances ne put exciter\u2019 leur curiosité à l\u2019assemblée de septembre dernier.Lorsque le bureau aura fait honneur à ses obligations, la solde en banque de $3,471.43 le 30 juin dernier, aura disparu, et alors commencera l\u2019ère des emprunts avec la perspective d\u2019une nouvelle augmentation de la contribution annuelle.Dans toute administration il faut établir la part des responsabilités, et dans le présent cas je crois le comité de l\u2019exécutif grandement responsable de la pénible position financière dans laquelle se trouve le Collège, en négligeant d\u2019en renseigner les membres et leur indiquer les moyens à prendre pour l\u2019améliorer: en second lieu, tous les gouverneurs qui, soit par apathie, négligence ou complaisance pour les amis, ont encouragé le régime du \u201claisser faire\u201d des dépenses folles et souvent illégales.Afin de mettre ordre aux finances du Collège, les réformes suivantes s'imposent: la création avant tout d\u2019un comité des finances 130 INTÉRÊTS PROFESSIONNELS pour diriger l\u2019administration des affaires du bureau ; ce comité pourrait peut-être réussir à faire comprende aux autres membes qu\u2019il est aussi absude de payer $8,000.00 tant en salaires qu\u2019en frais généraux pour percevoir $15,000.00 qu'inconcevable de voir messieurs les avocats figurer au budget pour $1745.00.Diminuer le nombre des gouverneurs et être assez courageux pour faire ,s\u2019il le faut, le sacrifice d\u2019intérêts personnels pour le succès du projet, mias ne jamais avoir une répétition du gâchis qui a eu lieu à la séance de novembre dernier; c\u2019était trop triste.Que les membres du Collège soient tenus à assister chaque année à deux assemblées, à deux mois d\u2019intervalle l\u2019une de l\u2019autre, et que nous ne puissions amender notre constitution pour devenir pratiques comme nos confrères de la Province d\u2019Ontario qui n\u2019ont qu\u2019une assemblée en juillet, avec une \u201cEn Caisse\u201d de $15,000.00 et n\u2019exigent qu\u2019une contribution annuelle de deux dollars, cela me paraît incompréhensible.Ce qui semble être, aux supporteurs des deux assemblées du bureau et d\u2019un petit voyage de plaisir au dépens de tous les médecins de la province, une barrière infranchissable, devient chose facile à régler si l\u2019on veut s'en donner le trouble; faire amender la loi médicale de manière à faire disparaître l\u2019assemblée de juillet et faire conférer au comité des créances le privilège d\u2019accorder à cette date, brevets, diplômes et licences aux universitaires, ou faire concéder au Collège le pouvoir de transmettre aux memores du comité de créances, par résolution, toutes ses prérogatives quant à l\u2019allocation de brevets, diplômes et licences.Toutes les autres requêtes généralement soumises à l'assemblée du mois de juillet ne souffriraient aucunement de ce retard.Par ce petit truc peu malin, le Collège ferait chaque année, une économie de $2,600.00.Quelques considérations sur lez assemblées du bureau et je clos cet entretien : Dans toute assemblée délibérante j'aime les petits discours clairs et précis et, aux assemblées du bureau provincial, pas plus le président que tout autre gouverneur n\u2019a le droit de s\u2019arroger te monopole des longs discours à agacer les nerfs des confrères et à les faire trépigner d\u2019impatience sur leurs sièges; aussi, autant il est beau de voir des hommes dire sans crainte ni fanfaronnade ce qu\u2019ils croient être d\u2019in- AUBRY 131 térêt public, autant il est disgracieux et pénible d\u2019en voir d\u2019autres se former en petits clans pour ne penser et agir que d\u2019après la dictée d\u2019un maître.Les procès-verbaux des assemblées du bureau sont surchargés de correspondances de toutes sortes et de rapports d\u2019opinions légales qui ne peuvent intéresser la grande majorité des membres de notre profession qui désirent plutôt être renseignés sur les sujets discutés, les arguments employés et les votes donnés, afin de pouvoir se prononcer d\u2019une manière intelligente lorsqu\u2019arrivent les élections.Si le franc parler de cette petite correspondance me créait des animosités j\u2019en serais bien mari, car me rendre plutôt utile que désagréable était le but visé.E.S.AUBRY, M.D, de Hull.Note.\u2014 Oh! oh! M.le président! les finances du College sont comme celles de Etat; et pourtant nous ne sommes pas en guerre avec l\u2019Europe.Qu\u2019est-ce a dire ?À.L. Cours de Pathologie interne (1) \u2014\u2014 PERICARDITE Définition.\u2014 Inflammation de la séreuse qui enveloppe le coeur.SYMPTOMATOLOGIE Variable suivant que la péricardite est localisée ou générailsée, sèche, ou avec épanchement.Prendre comme type de description la péricardite aiguë d'origine rhumatismale.1° Péricardite aiquë sèche A.Troubles fonctionnels, \u2014 Quelques fois nuls, la péricardite reste latente et passe inaperçue; quand il y a troubles fonctionnels, un des plus importants est la douleur.a.Douleur.\u2014 Seulement la moitié des cas (Louis).Caractères \u2014 Simple gêne douloureuse; Douleur vraie, pongitive, lancinante, augmentée par pression manuelle; griffe de fer enserrant la poitrine.Srège\u2014Diffuse à la base de la poitrine ou encore le creux épigastrique avec irradiations vers le cou, l\u2019épaule gauche, plutôt que la région précordiale proprement dite.Quelquefois douleur sur le trajet du nerf phrénique qui passe entre la plèvre et le péricarde ; Siège variable: le long du bord gauche du sternum ; En haut: Entre les deux chefs d\u2019insertion du sterno- mastoïdien ; En bas: Entre l\u2019appendice xiphoïde et les cartilages costaux (angle costo-xiphoïdien ).Quelquefois douleurs profondes, en pleine région précordiale, par propagation inflammatoire du péricarde au plexus cardiaque (Peter, Sibson).b.Dysphagie.\u2014 Par le passage des aliments dans l\u2019oesophage, due à l\u2019irritation de la paroi postérieure du péricarde (hydrophobie)- c.Dyspnée.\u2014 Oppression, gêne respiratoire plutôt que dyspnée vraie: celle-ci étant plutôt le propre de la péricardite avec (1) Résumé à l\u2019usage des E.E.M.(d\u2019après Baril). PÉRICARDITE 133 épanchement, par compression du coeur.d.Phénomènes accessoires, \u2014 Pâleur de la face, palpitations peu accusées ; hoquet, toux, quelquefois vomissements.Tous ces phénomènes peuvent manquer ou être à peine ébauchés.c.Fièvre.\u2014 Peut manquer totalement.Le début de la maladie peut s\u2019annoncer dans quelques cas par un abaissement de la température; chez les vieillards (Durand- Fardel, Charcot) ; chez les adultes (Lorain, Brouardel); dû à troubles d\u2019innervation du sympathique (Peter).Dans des cas plus fréquents il y a élévation thermique.Quand dans rhumatisme on note élévation température, sans qu\u2019il y ait arthropathies nouvelles, penser à endo-péricardite probable.Quelquefois augmentation de la température locale (Peter).B.Signes physiques.\u2014Quelquefois à la percussion, signe de dilatation légère du coeur.Retrait de la pointe après le choc systolique, se fait lentement, comme si elle était engluée et se détachait difficilement de la paroi thoracique (Maurice Raynaud).| Palpation, \u2014 Frémissement vibratoire léger parfois à la palpation (Barth et Roger) ; d\u2019autres fois, quand, à l\u2019auscultation, on trouve frottements, le frémissement est intense simulant un frôlement, un grattement, tantôt mésosystolique, tantôt mésodiastolique.Auscultation.a.Frottement: (Pest un bruit superficiel, à propagation faible ou nulle en général; quelques cas rares de propagation trés étendue (Leclerc) ; \u201cnait et meurt sur place\u201d (Jaccoud).Stége: Base du coeur, niveau de l\u2019artère pulmonaire; le long du bord gauche du sternum, vers 3e et 4e cartilage costal; En bas: Vers base de l\u2019appendice xiphoïde ; rare à la pointe même.Intensité et timbre: a.doux: Grattement léger de l\u2019ongle sur le papier, frôlement: de soie, taffetas, billet de banque; craquement de la neige gelée.b.Rude: Cri du cuir de la selle neuve sous le cavalier (Laënnec), cri du cuir neuf (Collin); prononciation gutturale du k suivi de plusieurs r, krrrrr.Moment: Ne coïncide avec aucun temps de la révolution cardiaque ; à cheval sur les bruits du coeur (Gubler) ; à côté des bruits cardiaques (Sibson); peut être présystolique, méso-systolique, méso-diastolique (Potain) ; dans le premier cas il se surajoute 134 PATHOLOGIE INTERNE aux deux bruits normaux et donne lieu à un bruit de galop.S\u2019il est méso-systolique, son adjonction aux bruits normaux forme le rythme de locomotive (Guttmann).Augmente dans la position verticale ou assise, parce que les deux feuillets de la séreuse deviennent plus intimement unis.Augmente par la pression exercée localement avec la main ou avec le stéthoscope.Plus fort à la fin de l'expiration (Lewinski, Lépine et Chaba- lier), de l\u2019inspiration (Traube, Potain).Diminue ou disparaît entièrement : Par la présence d\u2019un épanchement (péricardite sèche devenue péricardite avec épanchement), ou encore par diminution de l\u2019énergie contractile du myocarde (autopsie).b.Bruit de galop.\u2014 Deux sortes de galop dans la péricardite: 1.Péricardite à proprement parler, avec rythme à trois bruits formés par l\u2019adjonction aux deux bruits normaux, du bruit de frottemient péricardique présystolique.Siège surtout à la base, lieu habituel des frottements péricardiques.2.D\u2019origine myocardique, bruit-choc produit par la diminution de tonicité du myocarde consécutive à l\u2019inflammation du feuillet viscéral du péricarde, d\u2019où tension brusque des parois ventrieu laires à la fin de la diastole, d\u2019où enfin bruit-choc présystolique : rythme de l\u2019anapeste (deux brèves suivies d\u2019une longue).Siège: Ce galop étant ventriculaire se rencontre à la partie moyenne du coeur.c.Souffles.\u2014 Origine complexe: Les uns dûs à endocardite concomitante ou à une lésion valvulaire préétablie ; les autres produits par compression des gros vaisseaux de la base par exsudats, d\u2019autres enfin sont des souffles d\u2019origine cardio-pulmonaire.Pouls.\u2014 Rien de particulier; quelquefois un peu affaibli et dé- pressible.Evolution.\u2014 Guérison ou passe au stade d\u2019épanchement.2° Péricardite avec épanchement a.Douleur.\u2014 Présente les mêmes caractères qu\u2019au début de la forme sèche ou s\u2019éveille seulement à cette période.b.Fièvre \u2014-Rien de spécial; c\u2019est une fièvre continue sans type ré gulier. PATTIOLOGIFE INTERNE 135 ¢.Dyspnée.\u2014 Beaucoup plus importante; variable d\u2019ailleurs: Simple oppression, dyspnée extréme, orthopnée, crises paroxystiques.Cause principale: compression et refoulement des poumons et du coeur.1° Compression sur le poumon, surtout le gauche d\u2019où décubitus latéral gauche impossible.Dans épanchement considérable il peut y avoir compression sur le poumon gauche par distension du péricarde vers le médiastin postérieur; l\u2019auscultation du poumon en arrière donne alors: respiration rude ou même souffle; on note encore vibrations thoraciques exagérées, skodisme, etc.(Rendu).Ces signes pleuro-pulmonaires de la péricardite sont marqués surtout chez les enfants à cause de leur thorax étroit et de la minceur des parois de la poitrine.Ils se manifestent par de la matité, du souffle, de la broncho- égophonie, augmentant ou diminuant avec la péricardite.Ces signes disparaissent dans la position génu-pectorale, car le coeur et le poumon sont reportés en avant et les signes de compression disparaissent (signe de Pins); ces pseudo-pleurésies étudiés par Pins (de Vienne), 1889, Perret et Devis (de Lyon) 1889, ont donné lieu parfois à des signes si nets qu\u2019ils ont été la cause d\u2019erreurs de diagnostic, et ont fait pratiquer inutilement la thoracenthèse en arrière (Labric, Ahsby).Des faits de péri- cardite passée ainsi inaperçue ont été vus par Guersent, par H.Roger, par G.Lemoine, etc.Pour établir dans ces conditions le diagnostic différentiel entre la péricardite avec épanchement et la pleurésie, on mettra le malade en position génu-pectorale et si la pointe du coeur est déviée à gauche et en dehors, il s\u2019agit d\u2019une péricardite avec épanchement.Si la déviation se fait à droite, on sc trouve en présence d\u2019un épanchement pleurélique (Weill).R° La compression sur le coeur s\u2019opère principalement sur les parties les moins résistantes (les oreillettes), d\u2019où gêne à la déplé- lion des veines pulmonaires et du système veineux général; gêne des veines pulnionaires entraîne : troubles de l\u2019hématose, cvanose ; gêne sur veine cave supérieure: d\u2019où ocdème de la face, cou, membres supérieurs, stase avec congestion encéphalique suivies 136 PATHOLOGIE INTERNE de vertiges, bourdonnements d\u2019orcilles, etc.Quand épanchement est très abondant, le malade prend quelquefois la position genu-pectorale (Ilirtz); la compression sur le cocur entraine lipothymies, syncope, battements coeur, pouls dé- pressible, petit, intermittent, asystolie aiguë.3° Autres compressions : Sur le phrénique, entraîne le Roquet.Sur le pneumogastrique provoque les vomissements, Sur Poesophage, entraîne dysphagie considérable: péricardile hydrophobique (Gendrin, Bourceret).Cette dernière est causée moins par la compression que par l\u2019inflammation du phrénique consécutive à celle du péricarde et de la plèvre.Signes physiques: a.Inspection: Voussure précordiale du 3e au Ge espace intercostal gauche en moyenne, peut faire défaut même dans épanchements très abondants.b.Palpation: Choc de la pointe à peine perceptible ou reporté à plus d\u2019un ou de plusieurs centimètres au-dessus de la zone inférieure de matité.c.Percussion d\u2019une grande importance.Dénote augmentation de Ta matilé précordiale et forme spéciale de celle-ci.1.D\u2019après les auteurs classiques, percussion délimite une surfare triangulaire à base inférieure et à sommet mousse supérieur.Cette comiparaison n\u2019est pas rigoureusement exacte.2.Sibson ct Potain ont décrit exactement : La ligne inférieure de matilé s\u2019abaisse sensiblement au-dessous de la région où l\u2019on perçoit les battements du coeur; La ligne oblique gauche qui délimite normalement la surface du coeur, se déplace parallèlement à elle-même ct se reporte en haut ct en dehors vers Vaisselle gauche ct remonte jusqu\u2019au, voisinage du manche sternal.De plus, vers le 1/3 de la hauteur de cette ligne, la pereussion dénote une ancurvation a convexité interne (encoche de Sibson), qui rejoint en bas la ligne de matité en décrivant un angle mousse et arrondi.La surface totale de matité a ainsi la forme d'une Drioche (matité en brioche) (Potain).Sibson a montré que cette configuration correspond en moyenne à des épanchements de 420 à 460 grammes.Ce signe ne serait point pathognomonique ct a été rencontré dans la pleurésie gauche avec congestion pulmonaire (C'assact). PÉRICARDITE 137 Enfin la surface de matité absolue augmente d\u2019une façon considérable et sa configuration est presque identique à celle de la matité totale.Cette configuration de la matité se modifie avec la résorption de l\u2019épanchement.d.Radioscopre : Montre une augmentation considérable de l\u2019ombre de projection du coeur.e.Auscultatton : Disparition du frottement perçu encore quelques jours auparavant.: Assourdissement progressif des bruits normaux; quelquefois présence d'un souffle, causé par : Compression sur les gros vaisseaux de la base (opinion des classiques) ; Coexistence d\u2019une endocardite (plus probable).f.Pouls.\u2014 Longtemps normal.Petit par apport faible de sang dans ventricules, suite de compression des oreillettes.Inégal, irrégulier quand épanchement abondant comprime cavités cardiaques.Pouls paradoxal de Kussmaul, probablement par affaiblissement du myocarde (diminue pendant l\u2019inspiration).Ponls veineux faux quelquefois, Aû à la compression des orcillettes.Evolution de la péricardite avec épanchement.\u2014 Cas graves: Dyspnée, accès paroxystiques, lipothymies, syncope, mort; signes d\u2019in- zuffisance du myocarde amenant dilatation aiguë du coeur, ou.dans des cas à marche plus lente, des accidents d\u2019asystolie avec cvanose, ocdème, etc.Guérison par résorption: Fièvre tombe, troubles fonctionnels s'amendent; dyspnée, douleur disparaissent progressivement ; voussure précordiale cesse d\u2019exister; bruits du coeur réapparaissent peu à peu; frottemonts de guérison.Passage à l\u2019état chronique.Epanchement reste stationnaire, ou résorption très lente, quelquefois série de poussées subaiguës; production d\u2019adhérences partielles ou générales; évolution vers la symphyse cardiaque et l\u2019affaiblissement du myocarde sous- jacent.Formes cliniques de la péricardite aiguë : Forme hydrophobique, une des plus anciennement décrites (Gen- drin). 138 PATHOLOGIE INTERNE Dyspnée et surtout dysphagie atroce au pharynx et à l\u2019oesophage avec accès spasmodiques à chaque déglutition.D\u2019après Bourceret (1879) elle tiendrait à une inflammation du phrénique et à une pleuro-médiastinite concomitantes à la péri- cardite.Forme typhoïde avec adynamie; prostration extrême; confondue quelquefois avec la dothiénentérie.Forme paralytique de Jaccoud, caractérisée par des signes de défaillance du coeur: pouls inégal, misérable, bruits du coeur assourdis, lipothymies, syncope, mort.; Forme latente: Extrêmement fréquente (Leudet), souvent sèche.Aucune douleur, aucune dyspnée appréciable, fièvre nulle ou peu accusée.Découverte par hasard à l\u2019autopsie.Se rencontre principalement dans les péricardites dites secondaires ; s\u2019observe assez fréquemment chez le vieillard ; chez l\u2019enfant également ; elle peut être purulente.Complications.\u2014 Les plus fréquentes portent sur le coeur lui- même.; 1° Endocardite.\u2014 Sur 161 cas de cardiopathies rhumatismales, 34 pour 100 d\u2019endopéricardites (Sibson).Diagnostic difficile au début, car le meilleur signe d\u2019endocardite, l\u2019assourdissement des bruits normaux, appartient aussi à la péricardite.Plus facile à la période d\u2019état, car l\u2019endocardite se révèle alors par un souffle à l\u2019un des quatre orifices.Pronostic sévère; le plus souvent la péricardite se résorbe, mais l\u2019endocardite tend à s\u2019organiser.2° Myocardite.\u2014 Complication, on note : Affaiblissement extrême des bruits, choc de la pointe faible, pouls petit, misérable, défaillances, lipothymies, syncopes, etc.3° Aortite.\u2014 Plus rare.Crises, accès de douleur rétro-sternale.Bruit diastolique d\u2019abord éteint, plus tard peut devenir éclatant.4° Complications pleuro-pulmonaires.\u2014 Nous avons indiqué précédemment les signes de pseudo-pleurésie et la valeur du signe DIAGNOSTIC Signes souvent frustes et perdus dans l\u2019ensemble symptomatique des maladies qui la compliquent souvent (Corvisart). PÉRICARDITE 139 Doit être établi à deux périodes: péricardite sèche, péricardite avec épanchement.A.\u2014 Péricardite sèche Le signe capital est le frottement.Bruit sec, inégal, sensation de froissement, de grattement dans un mouvement de va-et-vient.Siège surtout à la base ou à la partie moyenne du coeur.Ne se propage pas; naît et meurt sur place ; Mésosystolique, ou méso-diastolique.Diagnostic différentiel : a Souffles cardio-pulmonaires : Stège : Surtout préventriculaire ou au-dessus de la pointe ; Caractère : Doux, méso-systoliques, sans propagation ; Ils diffèrent surtout du frottement par ces signes: Leur extrême mutabilité ; .Sont plus intenses dans décubitus dorsal (le contraire pour le frottement) ; Ne s\u2019accompagnent d\u2019aucun trouble fonctionnel d\u2019origine cardiaque ; Leur valeur pathologique est nulle.b.Souffles endocardiques : Stège : Toujours à l\u2019un des quatre orifices, surtout au niveau même de la pointe (insuffisance mitrale) ou de la région de l\u2019orifice de l\u2019aorte (lésion aortique).Propagation permanente et invariable: ceux de la base vers la clavicule droite et le cou; ceux de la pointe vers l\u2019aisselle gauche et même le dos.| Temps: Ils sont rigoureusement systoliques, diastoliques ou pré- systoliques.c.Association du souffle et du frottement.\u2014 Plus difficile.Examen attentif des signes : Siège, timbre différents.Propagation : Nulle pour frottement; nette pour le souffle.d.Frottement pleural.\u2014 Est lié aux mouvements respiratoires.Mais est quelquefois rythmé par les mouvements du coeur; on le perçoit au niveau du ventricule gauche, il est surtout manifeste dans les grandes expirations, et ne s\u2019exagère pas comme le frottement péricardique si le mialade s\u2019asseoit et se penche en avant (Potain, Choyau).- Enfin, d\u2019après Maurice Raynaud, il est dû à une pleurite mé- 140 PATHOLOGIE INTERNE diastino-costale.Pour établir le diagnostic différentiel: faire pratiquer une inspiration forcée, s\u2019il y a frottement pleural, il se suspend ; s\u2019il y a frottement péricardique, il s'accentue pendant ce temps de la respiration.B.\u2014 Péricardite avec épanchement Diagnostic différentiel : Souvent difficile.Disparition du frottement et augmentation de la matité.a.Hypertrophie du\u2018coeur.\u2014 Présente voussure quelquefois ct augmentation de la matité, mais celle-ci n\u2019est pas en brioche, et conserve sa forme triangulaire.De plus dans l\u2019hypertrophie on note: Pointe abaissée, avec impulsion systolique énergique et brusque; Bruits éclatants et non assourdis.Pouls vibrant.Enfin souvent l\u2019hypertrophie est liée à lésions aorliques ou à néphrite interstitielle qui donnent licu à des signes particuliers : souffles au foyer aortique dans le premier cas; galop et albuminurie dans le second.b.Dilatation du coeur.\u2014.Matité transversale augmentée ; réductible par la recherche du réflexe cardiaque d\u2019Abrams, alors que, au contraire, la matité reste àrréductible dans les cas de péricardite avec épanchement.Pas de voussure ; pouls mou, affaibli; bruits du coeur sourds.S\u2019observe presque toujours à la suite des cardiopathies gauches anciennes, ou se porte d\u2019emblée sur les cavités droites, à la suite de troubles digestifs (Potain; F.Barié).c.Pleurésie gauche avec épanchement ; on observe alors: Dilatation unilatérale du thorax; Diminution ou disparition de l\u2019espace semi-lunaire de.Traunbe: Coeur refoulé vers la droite, mais bruits conservent leur netieté.d.Tumeurs du médiastin.\u2014 Néoplasimes.\u2014 Anévrysme de l'aorte.Matité thoracique diffuse ; Signes de compression profonde ; Développement inaccoutumé du réseau veineux superficiel : Quelquefois douleurs profondes intra-thoraciques (névralgies symptomatiques) ; Dans anévrysme: Tumeur pulsatile ct expansive; Examen radioscopique.Evaluation probable de la quantité de liquide.\u2014 Très délicate.En PÉRICARDITE 141 général sera abondante quand : Voussure très accusée, bruits cardiaques éteints.Matité du coeur considérable.Signes de compression en arrière sur le poumon gauche par distension du péricarde vers le médiastin postérieur.Skodisme, souffle, vibrations thoraciques modifiées.Diagnostic de la qualité de l\u2019épanchement.\u2014 Surtout par la notion étiologique, la marche générale de la maladie et la courbe thermique.Notion étiologique importante : Péricardite hémorragique: Fxanthèmes hémorragiques, forme scorbutique (Kyber) ; tuberculose; cancer, etc.Péricardite purulente: Maladies septiques: érysipèle, pyohémie, septicémies, puerpérisme infectieux.Pronostic.\u2014 Pas aussi grave que le croyait Corvisart.Dépend de l\u2019âge, état général, forme clinique, de l'abondance, et de la nature de l\u2019épanchement.Chez les enfants, très sévère (Gendrin, Cadet de Gassicourt).Le danger résulte surtout de l\u2019abondance et de la nature de l\u2019épanchement ainsi que de l\u2019état du muscle sous-jacent.TRAITEMENT Péricardite sèche 1.Contre la phlegmasie.\u2014 Anciennement: saignées, antiphlogistiques.\u2018 À l\u2019intérieur: Préparations mercurielles (Hope, Taylor) ; tartre stibié (Jaccoud), trouve bien rarement son application; quinine peu employée.Actuellement, on emploie plutôt: ventouses scarifiées sur région précordiale; Froid local: compresses d\u2019eau froide, sachet ou sac de glace (Gendrin).2.Contre l\u2019éréthisme cardiaque: Valérianiques, bromures.3.Contre la douleur locale: Salicylate de soude, antipyrine, salo- phéne, chlorhydrate de morphine, opium; tous les révulsifs: ventouses scarifiées, pointes de feu, stypage au chlorure de méthle, badigeonnages iodés, revêtement précordial avec ouate ou gaze enduites de salicylate de méthyle, vésicatoires aseptiques, liniments calmants après rubéfaction, etc, pansement humide recouvert de taffetas gommé ou de soie huilée. 142 PATHOLOGIE INTERNE 4.Contre la dyspnée: Ether, injection de chlorhydrate de morphine ou d\u2019héroïne.5.Contre l\u2019insomnie : Chloral, sulfonal, trinal, bromidia, véronal.6.Contre l\u2019affaiblissement du myocarde: toniques; stimulants: digitale, sulfate de spartéine.Injections sous-cutanées de caféine, d\u2019éther, d\u2019huile camphrée, de sérum artificiel.7.Traitement de la nature de la péricardite : Rhumatismale: Salicylate de soude; Dans les maladies infectieuses: Digitale, caféine, spartéine, strychnine, collargol, les stimulants diffusibles.Péricardite avec épanchement Traitement médical.\u2014 Vésicatoires aseptiques, au début (en user avec beaucoup de modération) ; purgatifs salins; diurétiques; régime lacté.Souvent suffisant dans épanchements d\u2019abondance moyenne et surtout d'origine rhumatismale.Mais si épanchement augmente et que le coeur faiblisse (dyspnée, * cyanose, pouls petit, défaillances, lipothymies, ete, il faut recourir à la ponction du péricarde, c\u2019est-à-dire au traitement chirurgical.Traitement chirurgical.\u2014 Paracentèse du péricarde : Malade soulevé légèrement sur le lit, soutenu par des oreillers.Dans quel espace intercostal faut-il ponctionner ?Divergences nombreuses des auteurs : Trousseau, Maurice Raynaud, Dieulafoy, H.Roger: 4e ou 5e espace à 4 ou 5 centimètres en dehors du sternum.Mais dans ces conditions on a parfois blessé le ventricule droit (faits de Bou- chut, Barlow, Henri Roger).C\u2019est pourquoi Rendu (1882) a conseillé de ponctionner en dehors dehors de la pointe du coeur, ou plus exactement à 1 centimètre au-dessus de la limite inférieure de la matité; tantôt ce sera le 6e, le Ÿe espace intercostal et même le 8e (1 cas de Potain) en dehors de la ligne mamelonnaire.Opération.\u2014 Après l\u2019asepsie locale de la peau, on prend le trocart le plus fin de l'appareil aspirateur de Potain, et après une ponction exploratrice préalable avec la seringue de Pravaz, on introduit le trocart par un coup droit d\u2019avant en arrière: puis on pénètre avec grande lenteur, ct si par hasard on sent le coeur PÉRICARDITE 143 par les battements communiqués à l\u2019instrument, on s\u2019arrêtera, et on en sera quitte pour une pigâre, sans importance, en général, ou bien il sera mieux encore de faire basculer légèrement le trocart en le plaçant parallèlement au coeur (Dieulafoy).Le liquide évacué, on applique localement un pansement*antiseptique et tout est terminé.En général l\u2019évacuation s'opère facilement; si le liquide cesse brusquement on peut avec un mandrin déboucher le trocart encombré de flocons fibrineux.Procédé de Delorme et Mignon (1895, pour éviter d\u2019intéresser la plèvre, et la blessure de l\u2019artère mammaire interne) (décollement et réclinaison du bord pleural gauche).Après l\u2019évacuation du liquide, malade soulagé ; Mais reproduction du liquide n\u2019est pas rare, d\u2019où nouvelles ponctions.Accidents opératoires.Peu nombreux et pronostic variable.1.Blessures du coeur généralement dans les cavités droites, à cause des rapports anatomiques.N\u2019a pas la gravité qu\u2019elle semblerait avoir si la blessure est faite en plein muscle cardiaque; est plus grave si elle atteint les sillons où rampent les vaisseaux et les nerfs.2.Blessure de l\u2019artère mammaire interne.Se rappeler que celle- ci est à 8 ou 10 millimètres en dehors du bord gauche du sternum.Valeur thérapeutique.\u2014 On ne doit considérer la paracentèse du péricarde comme une opération d\u2019urgence.Statistique de West: 45,5 0/0 de guérison.Statistique de Bernheim: 35 0/0 de guérison.La guérison se fera surtout dans la péricardite de nature rhumatismale, dans laquelle on note 10 succès sur 10 opérations (Rendu).Le plus grand nombre de décès est dû à la péricardite tuberculeuse.H.Roger déconseille la ponction dans la péricardite hémorragique, cependant M.Raynaud a compté 5 guérisons sur 9 cas opérés.Enfin la péricardite purulente compte quelques cas de guérison après la paracentèse, Contre-indications : 1.Nature tuberculeuse de l\u2019épanchement : R.Purulence de l\u2019épanchement, lorsque celui-ci n\u2019est que la manifestation locale de foyers multiples de suppuration. 144 PATHOLOGIE INTERNE 3.Reproduction multiple de l\u2019epanchement.Nécessite l\u2019inciston large du péricarde; résultats variables.Traitement de la péricardite aiquë chez les enfants: Salicylate de soude, digitale, quinine, révulsifs, diurétiques.B.\u2014 Péricardite chronique Etrologie.\u2014 Succède insensiblement à la péricardite aiguë, par régression incomplète, ou survient d\u2019emblée: mal de Bright, goutte (Trousseau), tuberculose, alcooliques, vieillards, débilités.Anatomie pathologique.-\u2014 Deux aspects : 1° Drides fibreuses recouvrant le coeur en partie; Adhérences partielles, inégales, villeuses ; Quelquefois une cuillerée ou moins de liquide, sérosité louche, ou séro-purlente dans cavité du péricarde.Coeur généralement diminué de volume; myocarde altéré, anémié, granuleux.2° Brides membraneuses épaisses, infiltrées de sels de chaux: plaques crétacées, carapace osseuse calcaire, quelquefois nécessité d\u2019une scie pour ouvrir le coeur (Ogle).Développées sur les deux faces du coeur; Altération du mocarde, pile, granuleux.Symptômes.\u2014 Pas rare de n\u2019en constater aucun; alors péricardite absolument latente, trouvaille d\u2019autopsie.Quand fait suite à forme aiguë, on note surtout des signes indiquant que l\u2019épanchement reste stationnaire : Matité étendue: Faiblesse, bruits du coeur: Quelques frottements disséminés, Poussées aiguës ou subaiguês, modifiant allure de la maladie.Troubles fonctionnels: Malades oppressés, pâles, amaigris, teint terreux.Mort par cachexie proressive, ou bien organisation des brides membraneuses, adhérences profondes, et formation d\u2019une symphyse péricardique.Traitement.\u2014 Les iodures.Toniques.Révulsifs: Pointes de feu; cautères.Si épanchement séro-purulent, traitement du pyopéricarde.À.L. Nouvelles Militaires L\u2019HOPITAL LAVAL No 6 Cette unité militaire importante quittera bienôt le Canada pour aller en Angleterre.Nous nous empressons d\u2019adresser un cordial et dernier souvenir à tous les médecins qui y sont attachés.Nous avions esquissé rapidement quelques notices biographiques, dans le dernier numéro de l\u2019Union Médicale, que nous nous empressons de compléter aujourd\u2019hui.J\u2019avais mentionné, rapidement, le nom du Dr Bourgeois, de Trois-Rivières, directeur et propriétaire d\u2019un hôpital très achalandé là-bas et jouissant d\u2019une réputation enviable comme chirurgien dans son district, Je me fais un devoir d\u2019ajouter que le Dr Bourgeois est un ancien interne de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal où il a laissé un excellent souvenir ; qu\u2019il a été rapporteur sur la question \u201calcoolisme\u201d, dont il fit une mise au point très documentée, au Congrès de Trois Rivières où s\u2019étaient réunis tous les membres de l\u2019Association des médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord; qu\u2019il a été décoré par le Gouvernement français \u201cofficier d\u2019Académie\u201d; qu\u2019il était un des membres de la Commission de la Tuberculose dont le magnifique rapport fait loi en la matière; qu\u2019il est membre du Conseil Supérieur d'hygiène provinciale ; enfin qu\u2019il est, depuis plusieurs années, officier médical du 86ème à Trois-Rivières.Ces titres ont été conquis de haute lutte et ils méritent une inscription dans nos minutes à cette heure où il fait un geste vraiment désintéressé.J\u2019ajoute, aussi, une mention honorable à l\u2019adresse du secrétaire du Comité de l\u2019Université Laval, M.le Dr Gauvreau, régistraire du Collège des médecins et chirurgiens de la P.Q.Notre sympathique confrère a été la cheville ouvrière de l\u2019organisation centrale: celle qui activait le recrutement médical et qui sollicitait des contributions en argent.Il s\u2019est multiplié auprès des différentes associations universitaires et autres afin de créer un fond de recherches scientifiques qui permit à notre hôpital de faire bonne figure parmi les autres.Il a réussi sans doute.Une première liste a rapporté la somme de $12,000.00 environ.Les souscriptions continuent 146 HOPITAL LAVAL N° 6 d\u2019affluer.Très actif, maniant avec une égale aisance la parole et la plume, il a le don de convaincre ses lecteurs et ses auditeurs.L\u2019hôpital militaire lui sera reconnaissant du dévouement qu\u2019il a déployé dans cette croisade et du succès qu\u2019il a remporté.Il y a encore un autre souffleur derrière cet écran : c\u2019est le Dr Adrien Plouffe, oculiste et auriste officiel de la ville de Montréal, et ancien élève du professeur de Lapersonne, de Paris.La plume anonyme qui écrivait la plupart des articles qui ont paru dans les journaux durant cette campagne, c\u2019est sa main souple qui la guidait à travers les colonnes charnues de notre presse quotidienne.Vous avez lu, sans doute, ces chroniques courtes, alertes, véritables petits pavillons dressés comme des avant-postes pour nous indiquer la route à suivre dans cette campagne et le but à atteindre.On lui « demandé d\u2019amorcer ainsi l\u2019opinion des autres: il y a réussi.Bref, notre hôpital militaire Laval a suscité des sympathies et des encouragements dans tous les milieux.Nous ne l\u2019oublierons pas.Lui non plus, sans doute.Albert LESAGE.© 147 Experts médicaux devant les tribunaux Montréal, 28 février 1916.Le 25 février dernier, avait lieu au laboratoire médico-légal de Montréal, une réunion composée surtout des anciens présidents de la Société Médicale de Montréal et de quelques membres du bureau de cette ville, dans le but de jeter les bases d\u2019un certain nombre de réformes médico-légales et, en particulier de faire accepter par la législature provinciale le principe de la nomination d\u2019experts près les tribunaux.Etaient présents à la réunion MM.R.Genest et Thibaudeau Rinfret, avocats; les chirurgiens: O.Mercier, Eugène St-Jacques, B.Bourgeois et T.Parizeaui les médecins: A.D.Aubry, Albert LeSage, C.N.Valin, E.P.Benoit, E.Asselin; M.le directeur du service d\u2019hygine de la cité de Montréal, S.Boucher; enfin MM.Albert Prévost et Wilfrid Derome, médecins-légistes de l\u2019Université de Paris.Après l\u2019élection du président de l\u2019assemblée, M.B.Bourgeois, et du secrétaire M.Wilfrid Derome, le très actif président du Jeune Barreau, dans une courte allocution, voulut bien rappeler le rôle de plus en plus prépondérant, joué par les sciences médicales dans l\u2019application des lois; ajoutant que si les juristes ignorent les secrets de ces sciences, ils ont au moins le droit d\u2019exiger que la source de laquelle leur doit venir la lumière, soit aussi pure que féconde.Avec une pointe d\u2019ironie, il dessine à grands traits un tableau plutôt réaliste de la situation médico-légale; ne craignant pas de qualifier de déplorable et pour la justice et pour la profession médicale, l\u2019état de choses actuel.On procède ensuite à la discussion des différentes clauses devant faire partie du projet de réforme, lequel sera soumis aux lecteurs de votre journal dès qu\u2019il aura acquis sa forme définitive.t Le secrétaire, G.Wilfrid DEROME. 4 Cave supérieure A Nodule de Kerth & Flack WN Q Ladlmonaices \\ Faisceau de Werrckeboch Larsceou R RIINEY, VA coeur.ale Ve Faisceau de Hi Velrale mutrole Module de Tawore \\/ 3 Divrstor du Forsceov Je His CT Muscle papillae bres Reprliqures LL 17 Vz, Semis Abres ventriedloires A Le Élorson Y mterven em eridoir CS Le faisceau cardiaque primitif et sa distribution au cœur "]
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