L'union médicale du Canada, 1 octobre 1916, Octobre
[" pr tt ré ml +r L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872.PARAISSANT LE PREMIER DE CHAQUE MOIS \u2014\u2014etill] oo \u2014\u2014 PUBLIÉE PAR MM.R.BOULET, M.A.LeSAGE, MM.L.de L.HARWOOD, J.E.DUBE, A.MARIEN, Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé à M.le Dr A.LeSAGE, 46, Avenue Laval, Montréal.Rédacteur en chet Vol.XLV ler OCTOBRE 1916 No 10 L\u2019OEUVRE DES DENTISTES FRANCAIS PENDANT LA GUERRE EUROPEENNE DE 1914.191 Par M.le Dr Jules ARGENT, D.E.D.P.D.D.S.Professeur à l\u2019Ecole dentaire de Paris.I.INTRODUCTION SITUATION GENERALE A LA DECLARATION DE LA GUERRE Dans le tourbillon de cet immense cataclysme de l\u2019histoire qu\u2019est la terrible guerre déchaînée, en Europe, depuis le ler août 1914, par les Empires Germaniques auxquels sont\u2019 venus se joindre deux peuples de proie, aux instincts vils et pervers, on distingue de nombreux faits qui sont pleins d\u2019enseignements et d\u2019observations édifiantes.De toutes les Puissances de l\u2019Europe, deux seulement étaient vraiment préparées à la guerre: l\u2019Allemagne et l\u2019Autriche.C\u2019est qu\u2019elles la prévoyaient et la voulaient depuis longtemps, pour établir définitivement leur hégémonie, Européenne d\u2019abord, Mondiale ensuite.De tous les pays menacés, mais entretenus dans une quiétude relative par les discours et les démonstrations pseudo-amicales des Empires du Centre, la France possédait la meilleure organisation militaire, ou la moins défectueuse, si l\u2019on envisage les procédés de guerre actuels, qu\u2019elle avait ignorés ou méconnus.(1) Communication au Congrès des dentistes de Montréal.Sept.1916. 494 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Mais ses négligences, ses erreurs ou ses oublis n\u2019étaient que la conséquence de son aveugle confiance dans les protestations pacifistes de ses ennemis héréditaires, dissimulant, avec leur habileté de race, leur préparation formidable et leur tactique déconcertante.Les lacunes étaient nombreuses, et quelques-unes d\u2019une grave importance ; citons en passant : l\u2019absence presque complète d'artillerie lourde et de matériel, l\u2019insuffisance de mitrailleuses, la visibilité trop marquée des uniformes, etc.Dans cette lutte pour l\u2019honneur et pour la vie, enfantée par l\u2019exécrable folie de l\u2019impérialisme allemand, deux choses existaient cependant à profusion, auxquelles les enenmis ne croyaient plus: la vaillance et le génie de la race française.Ces qualités héréditaires furent encore augmentées, à la déclaration de la guerre, par l\u2019Union sacrée, réclamée, avec tant d\u2019éloquence, far le Président de la République, réalisée par acclamations, au Parlement et au Sénat, et à laquelle nos adversaires étaient loin de s\u2019attendre, ayant même spéculé sur la division des partis pour hâter notre défaite.C'était \u201cl'Heure\u201d, qu\u2019a célébrée, en vers si éloquents, le Dr Joseph Nolin, de Montréal, le 12 août 1914, et cette Union sacrée, analogue au symbolique panache blanc d\u2019une autre glorieuse époque, groupa, autour du drapeau de la France, tous les éléments en état de la défendre, c\u2019est-à-dire tous les Français ! Par sa vaillance, la France a sauvé la liberté du monde, en triomphant aux batailles de la Marne et de l\u2019Yser, et en contenant, depuis, les attaques les plus énergiques et les plus fougueuses des Allemands, notamment devant Verdun.Par son génie, elle a su créer, en pleine guerre, une organisation de résistance telle, qu\u2019elle a donné à ses alliés le temps de venir, à Jeur heure, apporter leur précieux et important concours, à cette résistance d\u2019abord, a la réaction et à la pleine victoire, ensuite.En signalant, deçà et delà, au cours de ce travail, certaines imperfections, soit dans les conceptions, soit dans l\u2019organisation matérielle, nous n\u2019avons pas obéi à un sentiment de critique qui serait, du reste, déplacé, mais à un esprit très fanatique de progrès.Nous considérons, en effet, que la franchise et la netteté dans la découverte et dans l\u2019aveu des erreurs sont indispensables, si l\u2019on veut obtenir leur rapide rectification et en tirer un enseignement profitable.Nous sommes absolument convaincu que l\u2019expérience qui ressort rome L'UNION MÉDICALE DU CANADA 495 des constatations de cette guerre subsistera à tout jamais, et qu\u2019elle empêchera le retour d\u2019un état de choses, qui faillit nous faire perdre la libæté et nous assujettir à une \u201cKultur\u201d pire que la plus infâme barbarie.2.SERVICE DE SANTE Si certaines imprévoyances purement militaires existaient, que penser du Service de santé?Il vaut mieux n\u2019en pas parler, et dire seulement que, là aussi, après les constatations souvent fort pénibles du début, l\u2019organisation s\u2019est améliorée, chaque jour, au point de ne plus soulever actuellement de critiques de quelque importance.Une confiance exagérée dans le maintien de la paix, jointe à des raisons budgétaires, avait toujours fait différer la mise à exécution d\u2019un programme parfaitement élaboré, et qu\u2019il a fallu mettre sur pied devant l\u2019ennemi et dans l\u2019encombrement et le désarroi des premiers chocs, qui nous furent défavorables.À la déclaration de guerre, le Service de santé se trouva donc presque absolument désemparé, notamment en ce qui concerne les premiers soins d\u2019urgence aux blessés et leur transport à l\u2019arrière ; mais, pour mettre toutes choses au point et écarter toute suspicion, il faut proclamer qu\u2019à toute heure et en tous lieux, même au plus fort des batailles, le personnel médical sut faire tout son devoir, au péril de sa vie, et que nombreux sont ceux qui sont morts ou qui ont été blessés, au Champ d'honneur, dans l\u2019accomplissement de leur mission sacrée.3.SERVICE DENTAIRE Et quant au Service dentaire militaire?Rien ne subsistait.Pour mettre en lumière l\u2019importance de l\u2019oeuvre de guerre des dentistes français, et plus particulièrement de l\u2019Ecole dentaire de Paris, créatrice des premières institutions destinées à secourir les militaires atteints d\u2019affections dentaires ou de blessures des maxillaires et de la face, il nous paraît nécessaire d\u2019établir la situation d\u2019avant la guerre.Aucun service dentaire ne subsistait donc ! Sa création avait bien été demandée au Ministère de la guerre par la Fédération Dentaire Nationale, à différentes époques, et notamment, avec plus d\u2019insistance encore, en mars et mai 1913, au moment 496 L'UNION MÉDICALE DU CANADA où le Parlement procédait à des remaniements dans l\u2019organisation de l\u2019armée, et avait à se prononcer sur le service de trois ans, dont le moins qu\u2019on puisse en dire est qu\u2019il a sauvé la France! Mais, non seulement il avait contesté son utilité, mais il l\u2019avait nettement niée et il avait jugé, en dernier lieu, qu\u2019en temps de guerre aussi bien qu\u2019en temps de paix, les dentistes ne pouvaient être que: gêne et embarras! (1) \u2014Dès les premières hostilités, les événements se chargèrent vite d\u2019infirmer cette impérieuse sentence !\u2014 Ce jugement paradoxal fut pour surprendre; il ne peut être expliqué \u2014 sinon excusé \u2014 que par la prescience dont s\u2019enorgueillisent les \u201cBureaux\u201d des ministères et qui leur font négliger tous avis du dehors, même sur des questions très particulières, pour l\u2019éclaircissement desquelles la consultation des compétences spécialisées les plus reconnues semble tellement fondamentale, qu\u2019elle peut paraître indispensable.C\u2019est ainsi du moins, que procèdent les Administrations privées, sans doute parce que les intérêts de tous y sont aussi les intérêts de chacun.Les revendications des dentistes, qui avaient été si radicalement écartées, s'appuyaient cependant sur des arguments de tout premier ordre, et, en tout cas, sur un désintéressement absolu.Elles ne tendaient, en temps de paix, qu\u2019à venir en aide aux militaires atteints d\u2019affections dentaires, ou à les prémunir de ces affections; et, en temps de guerre, qu\u2019à soigner et restaurer les blessés des maxillaires et de la face.En énumérant, dans sa requête, les diverses lésions pathologiques ou traumatiques des mâchoires dont les militaires peuvent être atteints, la F.N.D.faisait ressortir l\u2019importance des études imposées par l\u2019Etat aux chirurgiens-dentistes, études réparties sur cinq années, dont deux de stage prothétique ; et elle insistait tout particlièrement sur les cours et les travaux de prothèse-restauratrice, organisés en vue d\u2019une guerre toujours à craindre, et dénotant, de toute manière, de la part des Ecoles dentaires, un bel esprit de prévoyance.La F.N.D.ne demandait, pour les techniciens, que la reconnaissance officielle de l\u2019utilité de leurs interventions, par la création d\u2019un corps de dentistes-militaires, comme étaient ceux des médecins, des pharmaciens et des vétérinaires.(1) Lettre du Ministère de la guerre du 5 imai 1913. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 497 à Les décrets des 3 et 4 mars 1916, instituant le corps de dentistes militaires et le corps des chirurgiens-dentistes de la Marine, après dix-sept mois de guerre et de témoignage des services nombreux et variés rendus par les dentistes, sont la meilleure justification du bien- fondé de leurs revendications d\u2019avant-guerre ! Mais, malgré l\u2019éloquence des motifs invoqués, les chirurgiens- dentistes ne furent pas écoutés, et ils se trouvaient cruellement évincés, au moment où la guerre survint.4.DECLARATION DE LA GUERRE La guerre fut déclarée par l\u2019Allemagne à la France, le 4 août 1914 ; mais la mobilisation, décrétée le 2 août, à la suite de la déclaration de guerre de l\u2019Allemagne à la Russie, notre alliée, ne laissait aucun doute sur l\u2019imminence de cet événement.D\u2019un bond, la France fut debout! Cinq millions de Français, astreints au service militaire, ou en état de servir, frémirent à l\u2019appel de la Patrie, et, pleins d\u2019ardeur et d\u2019enthousiasme, dans un ordre parfait, rejoignirent leurs corps ou se présentèrent dans les bureaux d\u2019engagement, où de nombreux étrangers affluaient déjà, pour offir à la France, par le sacrifice de leur vie, le suprême hommage de leur attachement et de leur vénération.5.EFFETS DE LA MOBILISATION SUR LES DENTISTES ET SUR LEURS INSTITUTIONS Les Dentistes, frappés d\u2019appel ou engagés volontaires \u2014 et parmi ces derniers, bon nombre d\u2019étudiants \u2014 étaient partis, dispersés dans toutes les armées, puisque aucune mesure n\u2019avait été prise pour les utiliser comme techniciens dans l\u2019armée.Leur -ervice, en |=-ups de pa*r, les ayant édifiés sur l\u2019état déplorable des dents d\u2019un grand nombre de leurs camarades, la plupart, mus par un beau sentiment professionnel, emportaient dans leur sac, en plus du paquetage réglementaire, une petite trousse d\u2019instruments, n\u2019hésitant pas à s\u2019alourdir en prévision du soulagement qu\u2019ils étaient susceptibles de procurer autour d\u2019eux.f?Ecole Dentaire de Paris se trouva privée subitement, du fait de la mobilisation, des trois quarts de ses administrateurs, de ses professeurs et de ses étudiants, indépendamment de ceux qui étaient déjà partis en vacances, dans les derniers jours de juillet. 498 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Le Conseil d\u2018Administration, de 20 membres, était réduit à 4 \u2014 le Président M.Godon, les Vice-Présidents, MM.J.d\u2019Argent et Roy, et le Trésorier, M.Bioux \u2014 placés, par leur âge, en dehors des effectifs militaires, mais qui montrèrent, par la suite, qu\u2019ils pouvaient être encore très utiles au pays dans des rôles non dépourvus d\u2019importante utilité, à défaut d\u2019être brillants et glorieux comme ceux des combattants ! Dès le 3 août 1914, ils se réunirent pour délibérer mon seulement concernant le fonctionnement du dispensaire de l\u2019Ecole \u2014 les cours étant suspendus par les vacances jusqu\u2019à la fin d\u2019octobre \u2014 mais sur la conduite à tenir au point de vue professionnel, par suite des événe- ments graves qui allaient se dérouler.Afin de s\u2019entourer de toutes les garanties possibles, ils firent appel au concours de MM.G.Viau, Président honoraire et P.Martinier, Directeur honoraire de l\u2019Ecole.L'Ecole était déserte, non seulement de ses professeurs et de ses élèves, mais de ses malades, retenus ailleurs par des préoccupations plus impérieuses que leurs souffrances.| Cette situation pouvant se prolonger, le Conseil décida la fermeture temporaire de l\u2019Ecole, mais la Direction de l\u2019Assistance Publique de Paris, avec laquelle notre Société a des accords, nous ayant prévenus, presque au même moment, que la plupart des consultations dentaires des hôpitaux de Paris étaient suspendues, par suite de: la mobilisation de leurs chefs de service, cette mesure fut aussitôt rapportée, ce qui permit de canaliser vers notre dispensaire les malades d\u2019un grand nombre de quartiers de la ville.En même temps, pour assurer ce service, le Conseil, par une lettre circulaire, faisait appel au concours des membres de la Société non mobilisés, et il avait la vive satisfaction d\u2019enregistrer instantanément de nombreuses acceptations.En quelques jours, le dispensaire se retrouva en pleine activité.- Et ce fut un très impressionnant spectacle de voir de vieux praticiens, tenus éloignés les uns des autres par les hasards et les nécessités de la vie, se retrouver dans le milieu où s\u2019étaient accomplies leurs études, autour des mêmes fauteuils, témoins si chers de leurs travaux et de leur perfecctionnement dans leur technique professionnelle.Les étudiants trop jeunes pour servir, et les étudiantes, dès la réouverture du dispensaire, mettant fin d\u2019eux-mêmes à leurs vacances, vinrent offrir leurs bons offices, et ainsi se trouva maintenu, grâce à L\u2019Ecole dentaire de Paris, un très emportant service public! grievor L'UNION MÉDICALE DU CANADA 499 6.L'OEUVRE DES DENTISTES FRANÇAIS L'oeuvre de guerre des dentistes français était commencée ; elle devait bientôt prendre la plus grande importance, et s\u2019imposer au point de faire aboutir, comme une chose naturelle et normale, leurs principales revendications.L\u2019oeuvre de guerre des dentistes français comprend neuf étapes, marquées chacune par la création d\u2019un service nouveau : 1°\u2014Le Comité de secours aux blessés des maxillaires et de la face, fondé le 5 août 1914.2°\u2014Le Dispensaire Militaire, extension du Dispensaire Civil, puis formation indépendante, créé le 5 août 1914.3°\u2014Le service des édentés militaires imaptes, du 3 janvier 1915.4°\u2014Le service des convalescents, au lycée Michelet, du 11 juin 1915.| 5°\u2014Le service des automobiles dentaires, du 31 juillet 1915.6°\u2014L\u2019arde confraternelle aux dentistes francais et belges, victimes de la guerre, 31 juillet 1915.7°\u2014Le service de rééducation des réformés, de mai 1916.8°\u2014Le service de l'Hôpital Canadien, de juin 1916.9°\u2014Le congrès dentawe inter-alhés, d\u2019octobre 1916.7.LE COMITE DE SECOURS AUX BLESSES DES MAXILLAIRES ET DE LA FACE L\u2019expérience médico-chirurgicale des guerres antérieures, et notamment des plus récentes \u2014 la campagne Russo-Japonaise et les deux conflits balkaniques \u2014 nous était trop connue, pour que nous n\u2019ayons la conviction, qu\u2019avant peu, de nombreux combattants seraient atteints de lésions maxillo-faciales.L\u2019absence de toute organisation ayant pour objet de les secourir, devait laisser ces infortunés, sinon sans soins, du moins sans intervention intelligente et appropniée.Ces considérations, jointes à notre désir de montrer spontanément le rôle considérable que les dentistes sont susceptibles de jouer, en temos de guerre, rôle que nous avions défini dans nos rapports au Ministère de la guerre, et qui avait, jusqu\u2019à ce jour, été méconnu, nous décidèrent de créer un Comité de secours aux blessés des maxillaires et de la face.Ce Comité fut composé des membres non mobilisés du corps 500 L'UNION MÉDICALE DU CANADA enseignant de l\u2019Ecole, ainsi que des membres des différentes sociétés professionnelles qui voulurent bien répondre à un appel fait par lettre circulaire du 5 août 1914, à tous les dentistes français.Un bureau fut chargé de l\u2019organisation des différents services du comité et de leur direction technique et administrative.Il fut ainsi composé : .Godon, Président d\u2019honneur, .Roy, Président et chef du service clinique, .G.Viau, Vice-Président, .P.Martinier, chef du service technique, .J.d\u2019Argent, chef du service administratif .H.Villain, Secrétaire, .L.Bioux, Trésorier.> SREREESR La Société de l\u2019Ecole mit à la disposition du Comité son personnel, ses laboratoires et ses salles de clinique ; mais sa situation financière devant sérieusement se ressentir des événements futurs, et surtout de leur longue durée probable, une souscription publique fut ouverte pour subvenir aux dépenses du Comité, qui prenait à sa charge tous les frais d\u2019appareils nécessaires aux blessés, Grâce à ce fonds de secours, auxquels les dentistes de la Province de Québec se sont si généreusement inscrits, à deux reprises, pour des sommes importantes, le Comité a pu fonctionner de ses deniers et rendre les plus éminents services aux mutilés qui lui ont été confiés.Quoique nos étudiants en chirurgie dentaire suivent des cours de prothèse restauratrice, et que des examens de fin d\u2019études témoignent de leur compétence en cette science, le peu d\u2019application qui en est faite, en temps de paix, par la majure partie des praticiens, les déshabitue assez vite de ces travaux.Aussi a-t-il paru utile, avant tout, de familiariser les membres du Comité avec les différents genres d\u2019appareils et d\u2019opérations qu\u2019ils devaient être appelés à exécuter.C\u2019est dans ce but que, dès les premiers jours de la création, et avant toute arrivée de blessés, qu\u2019on ne prévoyait pas très prochaine, MM.Roy et Martinier firent une série de conférences et de démonstrations pratiques.Lorsque, dès le 9 septembre, les premiers blessés se présentèrent à la clinique, ils purent recevoir les soins nécessaires à leur état.Ils provenaient des différentes ambulances de la région parisienne.+ L'UNION MÉDICALE DU CANADA 501 Un certain nombre d\u2019entre eux avaient été transférés de la province dans ces ambulances, parce que le Comité de Secours était Ia seule formation existant à ce moment, pour le traitement prophétique des fractures des maxillaires selon l\u2019enseignement et les conceptions des dentistes.| Les blessés non transportables étaient soignés sur place dans les divers hôpitaux.Les premiers locaux affectés au Comité de secours, et comprenant huit fauteuils, devinrent bientôt insuffisants, et il fallut, à deux reprises, les agrandir considérablement.Enfin, en novembre, lorsque l\u2019Ecole reprit ses cours théoriques et pratiques, un dernier remaniement transporta les services du Comité dans un corps de bâtiment vaste et bien aménagé.; A la fin de 1914, le Comité de secours aux blessés des maxillaires et de la face, comprenant un service chirurgical, une clinique et un laboratoire de prothése maxillo-faciale, avec trente fauteuils et des établis nombreux, des services de dessin, de photographie, de moulage, de modelage, de radiographie, de massage et d\u2019orthophonie, pouvait être considéré comme une institution modèle.8.LE DISPENSAIRE MILITAIRE Pendant le même temps, confirmant les observations antérieures à la guerre et signalées par la F.D.N.dans ses nombreux rapports au Ministère de la Guerre, le dispensaire de l\u2019Ecole recevait la visite de très nombreux militaires du Camp retranché de Paris, atteints d\u2019affections dentaires de toute nature; et leur quantité, sans cesse croissante, était bientôt telle qu\u2019il fallut décider de leur consacrer entièrement trois matinées et toutes les après-midi chaque semaine; trois matinées seulement restant réservées aux cwuls.9.SERVICE DES EDENTES INAPTES Bientôt l\u2019attention des cliniciens fut éveillée par la situation de militaires ne possédant plus assez de dents pour obtenir une mastication.non seulement normale, mais strictement suffisante à une bonne digestion.La plupart n\u2019avant plus que quelques dents informes et des racines, paraissaient en très mauvaises conditions de santé, accusant des troubles gastro-intestinaux. 502 L'UNION MÉDICALE DU CANADA N\u2019obéissant qu\u2019à des sentiments d'humanité et de zèle professionnel, on était tenté de pratiquer à ces militaires, les extractions et les restaurations prothétiques commandées par leur déplorable situation.[ Mais, d\u2019une part, le peu de temps qui leur était dévolu pour se faire soigner, et, d\u2019autre part, les frais très importants inhérents à de tels traitements, vu leur nombre, rendaient ceux-ci impossibles sans l\u2019assentiment et le concours de l\u2019Autorité militaire.Le Conseil avait la notion d\u2019un service éminent à rendre, tant aux individus qu\u2019à l\u2019armée elle-même, mais l\u2019immensité de l\u2019entreprise, à tous les points de vue, le rendait, avec regret, très hésitant.Un incident vin déclencher son action décisive ! | Fin décembre 1914, envoyé par le Secrétaire-Général de l\u2019Ecole, le Dr G.Villain, mobilisé dans les services auxiliaires de l\u2019Artillerie du Camp retranché de Paris, un artilleur de l\u2019armée active se présente à la consultation où il expose que le médecin de son Dépôt hésite à le diriger vers le front, malgré son vif désir de combattre, à cause de l\u2019insuffisance manifeste de ses organes masticateurs, lui faisant prévoir de prochaines lésions du tube digestif et son renvoi à l\u2019arrière comme gastro-entéritique.Le Dr G.Villain signalait la fréquence de ces cas à son Dépôt, et, par extension, en déduisait, pour la France entière, un nombre si considérable d\u2019indisponibilités qu\u2019on en restait attristé.On pouvait évaluer à-deux corps d\u2019armée les combattants dont les armées étaient ainsi privées ! Sur sa proposition, approuvée par le Médecin du Dépôt, le Conseil décidait de faire gratuitement des dentiers à ce jeune artilleur, et, quelque temps après, celui-ci pouvait rejoindre sa batterie.S\u2019appuyant sur ce cas et sur d\u2019autres renseignements très précis, le Conseil, conscient d\u2019un réel service à rendre au Pays, offrit au Ministère de la Guerre, dans un rapport circonstancié, l\u2019intervention de l\u2019Ecole dentaire de Paris, pour remédier au problème des édentés- anaptes, par la confection d\u2019appareils de mastication.Cette question commençait, du reste, à se poser intensivement au Ministère, vu leur nombre toujours croissant dans les hôpitaux et dans les dépôts, et les réformes dont beaucoup avaient été l\u2019objet.L\u2019Ecole offrait de prendre à sa charge les deux cents premiers appareils.Connaissant la lenteur des décisions administratives et persuadés de l\u2019importance du rôle à jouer, non seulement au point de vue de la L'UNION MÉDICALE DU CANADA 503 Défense Nationale, mais encore en ce qui concerne le prestige professionnel qui pouvait en résulter, l\u2019Ecole, sans plus attendre, vota les crédits et se lança délibérément dans l\u2019entreprise, au commencement de janvier 1915.Elle réunit tous ses services dentaires en une seule formation qu\u2019ellé dénomma : Dispensaire Militaire, et elle en confia la direction à un bureau ainsi composé : M.J.d\u2019Argent, Président et chef du Service de Dentisterie Opératoire ; M.Blatter, Chef du Service de Clinique de Chirurgie dentaire ; M.G.Villain, Chef du Service de Prothèse, des Rapports et des Statistiques.M.G.Groce-Spinelli, Secrétaire.Le Service des édentés-inaptes prit bientôt une grande importance, tout en restant officieux ; mais les nombreux dentiers dont il dotait des militaires de tous grades, jusqu\u2019à celui du lieutenant, étaient très remarqués, tant par les Chefs du Service armé que par ceux \u2018des dépôts, et ils plaidaient mieux que le meilleur avocat auvrès des Autorités, la cause introduite par les dentistes, pour résoudre le lourd problème de l\u2019immobilisation des édentés dans les hôpitaux ou les dépôts.Malgré toute.l\u2019éloquence de cette démonstration, ce ne fut qu\u2019en juillet 1915, après avoir fourni 600 appareils gratuits, que le Dispensaire Militaire reçut l\u2019approbation ministérielle Encore cette reconnaissance officielle coïncida-t-elle avec l\u2019arrivée à la direction du service de santé du Sous-Secrétaire d\u2019Etat, Monsieur Justin Godart.Avec une grande sûreté de jugement et une extrême bienveillance, Monsieur Justin Godart se rendit compte par lui-même, en visitant les diverses formations dentaires, des résultats obtenus par l\u2019initiative des dentistes et, non seulement il leur donna l\u2019estampille officielle, mais il reconnut la nécessité de la création d\u2019un Corps de Dentistes pour les besoins des armées en campagne.L\u2019Ecole se trouvait enfin récompensée de son initiative et de ses sacrifices; et les dentistes voyaient s\u2019ouvrir un vaste champ de travail, où ils pouvaient faire montre de leurs capacités et de leur savoir professionnels, appropriés aux nécessités de l\u2019armée.Peu à peu l\u2019expérience a conduit les techniciens, qui s\u2019occupent d'adapter les procédés dentaires aux besoins des militaires, en temps 504 L'UNION MÉDICALE DU CANADA de guerre, à reconnaître que des modifications assez sensibles devaient être apportées à leur pratique courante dans leur clientèle.Ils ont constaté, en effet, que certaines opérations étaient impraticables, ou incompatibles avec les exigences du service, et ils ont été amenés progressivement à coordonner et à condenser les procédés qui leur ont paru les plus pratiques, et à déterminer ainsi une technique très simplifiée, répondant aux exigences de la majorité des cas.Is ont créé la Dentisterie de guerre.10.CHRONOLOGIE DU DEVELOPPEMENT DE L\u2019OEUVRE DES DENTISTES Le mouvement créé par l\u2019Ecole dentaire de Paris, en vue de venir en aide aux militaires atteints de lésions ressortissant de la spécialité exercée par les chirurgiens-dentistes, et de démontrer, de façon tangible, l\u2019importance des services que peut et doit rendre le dentiste à l\u2019armée, ne devait pas demeurer isolé.4 Les autres écoles dentaires de France: l\u2019Ecole dento-technique, l\u2019Ecole dentaire de Lyon et celle de Bordeaux, avec lesquelles elle est en constants rapports, lui avaient hardiment emboîté le pas, et chacune d\u2019elles organisa des services analogues à ceux de l\u2019Ecole dentaire de Paris.\u2019 Les Autorités militaires, dttment informées, tant par nos rapports que par ceux des formations auxquelles nous rendions des services, ne devaient pas rester longtemps indifférentes et insensibles.On s\u2019en rendra compte par l\u2019énoncé suivant, marquant le développement progressif de la graine semée, en bonne terre de France, par les dentistes.Le 15 octobre 1914, le Médecin-Inspecteur-Général, Directeur du service de santé du Gouvernement militaire de Paris, dans une lettre adressée aux Médecins-majors de son ressort, les informait de l\u2019organisation du Comité de Secours aux blessés des maxillaires et de la face, et les invitait à faire appel à son concours.Le 15 octobre également, répondant à une pétition de la Fédération Dentaire Nationale, appelant l\u2019attention du Ministre de la guerre sur la situation des dentistes, disséminés dans tous les Corps, et sur leur concours utile aux blessés, une décision ministérielle autorisait le versement éventuel des chirurgiens-dentistes dans les sections d\u2019infirmiers.Le 10 novembre 1914, le service de santé créait des centres de L'UNION MÉDICALE DU CANADA - 505 prothèse maxillo-faciale et de restauration de la face, à Paris, Lyon et Bordeaux.Le 21 décembre 1914, une circulaire ministérielle décidait l\u2019affectation à chaque hôpital d\u2019évacuation d\u2019un dentiste prothésiste.Le 14 avril 1915, le Ministre de la guerre acceptait la coopération de l\u2019Ecole dentaire de Paris pour les soins à donner aux militaires, et consentait à affecter des dentistes mobilisés pour subvenir à l\u2019extension de ces services.Le 10 mai 1915, il reconnaît et accepte la coopération de son Comité de secours aux blessés, qui, depuis neuf mois n\u2019opérait qu\u2019officieusement.De ce jour, de nouveaux centres de stomatologie et de prothèse maxillo-faciale sont créés dans les principales villes de France ; on en compte, actuellement, une quarantaine.Le 11 juin 1915, l\u2019Ecole dentaire de Paris est chargée d\u2019organiser une ambulance de 200 lits à l\u2019hôpital de convalescents du Lycée Michelet, service qui fonctionne avec le perosnnel et le matériel prêtés par l\u2019Ecole.Le 31 juillet 1915 paraît une circulaire ministérielle accordant son approbation aux services des édentés-inaptes et relative à la fourniture de leurs appareils.Le 25 août 1915, le Sous-Secrétaire d\u2019Etat du service de santé visite notre ambulance maxillo-dentaire du Lycée Michelet et s\u2019en montre enthousiaste.Le 31 août 1915, il reçoit la F.D.N.et la Direction de l\u2019Ecole dentaire de Paris, et s\u2019entretient avec elles de leur oeuvre et de la situation des dentistes militaires.Le 13 septembre 1915, il visite les services militaires de l\u2019Ecole dentaire de Paris: le Comité de secours et le Dispensaire militaire, et il reconnaît la nécessité de nombreuses affectations, ainsi que le rôle important du dentiste dans le service de santé.Il s\u2019occupe de leur situation.Le 2?mars 1916, paraît le décret instituant le Corps des dentistes militaires.Le 3 mars, paraît celui instituant le Corps des Chirurgiens-dentistes de la marine.11.LE SERVICE DU LYCEE MICHELET Nous avons dit, ci-dessus que, le 11 juin 1915 l\u2019Ecole dentaire de Paris avait été chargée d\u2019organiesr une ambulance de 200 lits à l\u2019Hô- 506 L'UNION MÉDICALE DU CANADA pital de convalescents du Lycée Michelet situé dans la toute proche banlieue de Paris, à Vanves-Malakoff, au centre d\u2019un superbe pare.Cette affectation mérite qu\u2019on s\u2019y arrête à cause des enseignements qu\u2019elle contient.Tout d\u2019abord, c\u2019était une approbation de l\u2019oeuvre poursuivie inlassablement par l\u2019Ecole dentaire de Paris, et un appel à son organisation administrative, si éloignée du formalisme interminable des institutions gouvernementales.Cette attente fut justifiée, puisque, en moins de quinze jours, le nouveau service de \u201cMichelet\u201d fonctionna normalement, grâce à l\u2019esprit pratique et libéral de l\u2019administration de l\u2019Ecole qui, prévoyant un éternel retard dans les allocations et l\u2019obtention du matériel d\u2019exploitation, procéda vivement à son installation en apportant le mobilier et l\u2019outillage des différents services de chirurgie, de dentisterie et de prothèse maxillo-dentaire.Lorsque, le 25 août 1915, le sous-secrétaire d\u2019Etat du service de santé vint inopinément visiter le service, il s\u2019en montra si satisfait, que la cause défendue par les dentistes parut, sinon définitivement gagnée, du moins en très bonne voie et en acheminement rapide vers une décision favorable.Parmi les malades du Lycée Michelet, nous trouvâmes un certain nombre de blessés des maxillaires et de la face, qui avaient été traités dans des formations sanitaires, par des procédés autres que ceux préconisés par les dentistes, et qui présentaient des consolidations vicieuses, des pseudarthroses ou des restaurations si imparfaites, que les malades s\u2019accumulaient dans l\u2019hôpital et s\u2019y éternisaient faute de pouvoir décemment être licenciés par réforme, ou renvoyés à leurs corps avec des déformations si grandes et si horribles à voir! Cette prothèse trop tardive n\u2019était pas pour nous rebuter et, pour triste qu\u2019elle soit, elle était une preuve vivante, hélas! de la véracité et de la sincérité de nos avertissements et de nos assertions d\u2019avant la guerre.Elle constituait un champ d\u2019étude ou de travail intéressant et une extension des procédés jusqu\u2019ici employés.Mais elle montrait aussi l\u2019ascendant irrésistible de nos méthodes, de nos soins et de nos travaux spéciaux sur l\u2019Autorité et l\u2019esnrit militaire, et la reconnaissance officielle définitive de leur efficacité. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 507 - 12.LES AFFECTATIONS DES DENTISTES MOBILISES \u2018Jusqu\u2019au commencement de 1915, moment de la création du Dispensaire Militaire, les soins des blessures de guerre et des affections dentaires avaient pu être assurés, à l\u2019Ecole dentaire de Paris, par les membres du corps enseignant non mobilisés, les étudiants et les confrères bénévoles du Comité de secours.| : Mais, a partir de cet instant, la progression des entrées fut si grande, qu\u2019il devint impossible de faire face à toutes les exigences avec ce personnel trop restreint, et en n\u2019y affectant que les matinées.De tous côtés, des dentistes mobilisés dans les services de l\u2019arrière nous écrivaient pour se plaindre de leur situation illogique, alors qu\u2019ils voyaient rester sans soins appropriés tant\u2019 de blessés des maxillaires et tant de militaires souffrant de lésions dentaires.Nous avions, du reste, sous les yeux, dans le camp retranché de Paris, un exemple typique de ces affectations bizarres et baroques.Notre collègue, le professeur Blatter, Directeur-adjoint de l\u2019Ecole dentaire de Paris et Président de la Fédération dentaire nationale, était proposé, comme soldat de 2e classe, à la garde d\u2019un magasin de pétrole; d\u2019autres confrères surveillaient les voies et communications, conduisaient des automobiles, ou ciraient les parquets dans des hôpitaux militaires, etc.\u2026 .Les emplois les plus variés leur étaient dévolus, sauf celui de dentiste militaire, qui n\u2019existait pas, mais dont le besoin se faisait sentir, chaque jour, avec plus d\u2019intensité.Nous ne dirons pes qu\u2019il suffit de signaler ces anomalies pour qu\u2019il y fût remédié, il y avait tant de réformes proposées qu\u2019on ne savait à qui entendre ! Enfin, grâce à nos démarches pressantes, appuyées sur des faits et des nécessités de la plus grande évidence; grâce aussi à l\u2019intervention de notre Président d\u2019Honneur, Monsieur le Sénateur Strauss, nous eûmes la satisfaction de voir placer notre directeur-adjoint en sursis d\u2019appel, avec affectation à L'Ecole dentawe de Paris, pour concourir aux services consacrés aux besoins de l\u2019armée.Le principe des affectations étant admis, et l\u2019utilité grande de nos interventions se faisant jour et pénétrant dans l\u2019esprit de l\u2019Autorité militaire, d\u2019autres Chirurgiens-Dentistes furent commissionnés, d\u2019abord isolément, puis par groupes, suivant l\u2019extension de nos besoins.Et c\u2019est ainsi qu\u2019à la fin juillet 1916, soixante-cinq praticiens 508 L'UNION MÉDICALE DU CANADA expérimentés, désignés par nous, collaboraient aux oeuvres militaires de l\u2019Ecole dentaire de Paris, avec dix heures de présence journalière, assurant une production intensive de soins et d\u2019appareils, dont les tableaux suivants, extraits des rapports mensuels de juillet, donneront une idée.STATISTIQUE DES SOINS ET TRAVAUX DU DISPENSAIRE MILITAIRE DEPUIS LE 5 AOÛT 1914, ET PRODUCTION DE JUILLET 1916 7608 militaires inscrits du 5 août 1914 au 26 juin 1916.631 militaires inscrits du 27 juin au 26 juillet 1916.8239 militaires traités, en 63,179 visites, ayant donné lieu aux 146,807 opérations suivantes : A.Clinique de chirurgie dentaire.Opérations du 5 août 1914 au 26 juin 1916 .33178 Opérations du 27 juin 1916 au 26 juillet 1916 .3328 36506 B.Clinique de dentisterie opératoire.Opérations du 5 août 1914 au 26 juin 1916 .44508 Opérations du 27 juin 1916 au 26 juillet 1916 .5235 49743 C.Clinique de prothèse dentaire.Opérations du 5 août 1914 au 26 juin 1916 .48208 Opérations du 27 juin 1916 au 26 juillet 1916 .4754 52962 D.Laboratoire de prothèse.Appareils du 5 août 1914 au 26 juin 1916 .7010 Appareils du 27 juin 1916 au 26 juillet 1916 .586 7596 Soins du 5 août 1914 au 26 juin 1916 .132904 Soins du 27 juin 1916 au 26 juillet 1916 .13903 Soins du 5 août 1914 au 26 juillet 1916 .146807 Les 586 appareils représentent le remplacement de 4320 dents.STATISTIQUE DES SOINS ET TRAVAUX DU COMITE DE SECOURS AUX BLESSES DEPUIS LE 9 SEPTEMBRE 1914, ET PRODUCTION DE JUILLET 1916 1345 militaires inscrits du 9 septembre 1914 au 26 juin 1916.49 militaires inscrits du 27 juin 1916 au 26 juillet 1916.1394 militaires traités en 14985 visites, ayant donné lieu aux 18702 opérations suivantes : A.Clinique de chirurgie.du 9 septembre 1914 au 26 juin 1916 .7679 du 27 juin 1916 au 26 juillet 1916 .512 8191 B.Interventions préparatoires à la prothèse.A Blessés L'UNION MÉDICALE DÜ CANADA 509 du 9 septembre 1914 au 26 juin 1916 .9206 du 27 juin 1916 au 26 juillet 1916 .265 9471 C.Appareils de prothèse restauratrice.du 9 septembre 1914 au 26 juin 1916 .985 du 27 juin 1916 au 26 juillet 1916 .55 1040 Soins du 9 septembre 1914 au 26 juin 1916 .17870 Soins du 27 juin 1916 au 26 juillet 1916 .832 Soins du 9 septembre 1914 au 26 juillet 1916 .18702 [169 fractures du max.supér.101 de réduction 449 fractures du max.simples : 184 mixtes réduct.et contention wn 190 de contention 239 fractures du max inf.multiples: = 110 de rétractions cicatricielles.< 126 rétractions cicatricielles : 3 | 356 de prothèse définitive, Sque- a lettique et dentaire.411 affections dentaires diverses: 5 36 de prothèse ante-opératoire 4 de prothèse crânienne.\\ 1394 1040 LES AUTOMOBILES DENTAIRES Si l\u2019organisation de centres dentaires à l\u2019arrière et dans la zône de l\u2019intérieur est chose relativement aisée, elle n\u2019apparaît pas aussi simple dès qu\u2019il s\u2019agit des troupes de l\u2019avant et surtout de celles de première ligne, à cause de leurs déplacements fréquents, empêchant toute installation.C\u2019est pour résoudre ces difficultés qu\u2019ont été construites, sous inspiration des dentistes, les automobiles et les roulottes dentaires, cabinets-laboratoires parfaitement outillés et transportables, susceptibles de suivre les troupes dans leurs dérangements et de se rendre partout où leur utilité se fait sentir.La première automobile dentaire fut inaugurée le 31 juillet 1915.Une automobile dentaire est actuellement affectée à chaque corps d\u2019armée.16.I\u2019AIDE CONFRATERNELLE AUX DENTISTES FRANCAIS ET BELGES VICTIMES DE LA GUERRE Cette abominable guerre qui absorbe tant d\u2019énergies pour la préparation et la conduite des hommes, du matériel, de l\u2019approvisionnement, du service de santé, etc, laisse après elle un long cortège de douleurs, d\u2019infirmités et de ruines, qu\u2019il importe de calmer, d\u2019amortir ou de réparer. 510 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA C\u2019est à ceux qui, restés à l\u2019arrière, sont les témoins constants de tant d\u2019infortunes, qu\u2019il importe de les examiner avec calme et sangfroid, non seulement pour les plaindre, mais pour y remédier dans la mesure du possible.Outre l\u2019institution officielle de pensions aux veuves et aux blessés, il s\u2019est créé beaucoup d\u2019oeuvres ayant pour but la restauration des localités détruites, le relèvement des industries ruinées par la guerre, etc.Certaines de ces institutions, tout en venant en aide aux gens éprouvés, coopèrent en même temps au rétablissement des forces nationales, en leur restituant des travailleurs privés de la totalité ou d\u2019une partie de leurs moyens d\u2019action, soit par la perte de leurs biens, soit par des mutilations plus ou moins graves.La Société de l\u2019Ecole dentaire de Paris ne pouvait manquer de c\u2019intéresser à ces questions humanitaires.À cet effet, elle a provoqué, en février 1915, la fondation de \u201cT'Aide confraternelle aux dentistes français et belges victimes de la guerre\u201d, et elle a créé, dans sein, \u201cl\u2019Oeuvre de la rééducation des muhilés\u201d.: L\u2019aide confraternelle se propose de secourir tous les confrères français et belges qui ont souffert de l\u2019invasion ou pour la défense de leur Patrie, ainsi que les familles de confrères qui sont dans le besoin, du fait du départ du chef de famille mobilisé.Cette Société, fondée sur les bases les plus libérales et les plus larges, réserve son appui à tous les confrères éprouvés, à quelque catégorie professionnelle qu\u2019ils appartiennent, qu\u2019ils fassent ou non partie de nos sociétés, non seulement par des secours pécuniaires, mais encore, en recherchant, pour eux ou pour leurs proches, des emplois rémunérateurs qui leur rendent, sinon tout le bien-être perdu, du moins une existence à l\u2019abri du besoin, par l\u2019usage de leurs facultés au travail.Une vaste souscription internationale \u2014 à laquelle l\u2019Ecole dentaire de Montréal s\u2019est empressée de participer \u2014 a été ouverte parmi les membres et les sociétés de notre profession, et le fonds de secours atteint déjà un chiffre assez important.L'aide confraternelle a eu la satisfaction de pouvoir déjà, en maintes circonstances, démontrer l\u2019utilité de sa création, mais elle estime que son rôle ira en croissant, suivant la progression des hostilités, et surtout, lorsque la guerre ayant pris fin, il sera possible d\u2019envisager, dans l\u2019ensemble, les détresses à soulager et le mal à réparer. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 511 17.LA REEDUCATION DES REFORMES Le rééducation des mutilés a pris, en France, un développement considérable.\u2019 De grands centres ont été fondés dans diverses régions, et Paris est un de ceux qui ont acquis le plus d\u2019importance.La rééducation des mutilés a pour objet de redonner un métier manuel ou de réapprendre leur métier aux blessés qui, du chef de leurs mutilations, ne peuvent plus s\u2019adonner a leurs anciennes occupations dans les mêmes conditions de rapport qu\u2019auparavant.La profession de mécanicien-dentiste, qui n\u2019exige pas la station verticale et qui peut être assez rémunératrice, convient notamment à des mutilés des membres inférieurs, et il était naturel de songer à elle pour aider quelques infortunés à se refaire une situation.L\u2019Ecole dentaire de Paris n\u2019y a pas manqué.La section de stage de prothèse se prêtait beaucoup à cette tâche.Un programme d\u2019enseignement manuel et théorique a été élaboré; il est condensé de telle sorte qu\u2019en dix mois, un mutilé ayant des dispositions \u2014 reconnues après un mois d\u2019essai \u2014 peut parfaire son apprentissage de mécanicien-dentiste et être à même de gagner, en débutant, au moins trois francs par jour.Une Société philanthropique, fondée à cet effet, assure aux mutilés leur entretien complet pendant ces dix mois; et l\u2019Ecole dentaire de Paris prend à sa charge, outre les frais d\u2019enseignement, leur outillage et les matières premières nécessaires à leur éducation professionnelle.Un crédit a été voté pour une section de douze mutilés.À ce jour, quatre ont été admis, après vérification de leurs aptitudes, à l'emploi de mécanicien-dentiste, et sont en cours d\u2019apprentissage.\u2018 18.SERVICE DE L\u2019HOPITAL CANADIEN + .Loin d\u2019être contesté ou méconnu, le concours des dentistes français est, à présent, recherché par les autorités militaires du service de santé.| Depuis les décrets des 3 et 4 mars 1916, stipulant la création des corps des chirurgiens-dentistes de la guerre et de la marine, ces techniciens sont utilisés à tous les échelons des armées, tant pour les soins dentaires que pour ceux des blessures de la face.| + 512 - L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Toutefois, par suite d\u2019une erreur, qui a longtemps persisté et qui n\u2019est pas encore entièrement dissipée, on s'était obstiné à penser que l\u2019intervention du dentiste dans la prothèse maxillo-faciale ne devait et ne pouvait être que tardwe.Malgré nos traités classiques et nos observations à ce sujet, la collaboration intime du chirurgien et du technicien, aussi hâtive que possible, était niée ou méconnue ; et les blessés soignés par les Comités de secours étaient,, le plus souvent, d\u2019anciens blessés, porteurs de cicatrisations ou de consolidations osseuses plus ou moins vicieuses, ou de constrictions myopathiques«des mâchoires, très anciennes, ce qui compliquait regrettablement la mission du dentiste, et rendait son rôle beaucoup plus long et plus difficile.Après dix-huit mois d\u2019expérience, des voix très autorisées, et notamment celle de M.Sébileau, professeur de la Faculté de Médecine de Paris et chef du service de chirurgie maxillo-faciale de l\u2019Hôpital \u201cLariboisiére\u201d, a Paris, ont enfin publiquement reconnu l\u2019indispen- sabilité de l\u2019intervention immédiate du dentiste, aussitôt que le mutilé est introduit à l\u2019hôpital de l\u2019arrière, et même à l\u2019ambulance du front, avant son évacuation, dans certains cas.Et notre distingué collègue, le Dr Pont, directeur de l\u2019Ecole dentaire de Lyon et chef du service de prothèse maxillo-faciale du \u2018 centre de Lyon, a même imaginé une trousse comprenant un outillage simple, basé-sur les principes de l\u2019appareil d\u2019Angle, pour l\u2019immobilisation immédiate des fractures des maxillaires.Depuis le début de son service à Lyon, en décembre 1914, le Docteur Pont a toujours fait concorder l\u2019oeuvre du chirurgien et celle du dentiste ; aussi se montre-t-il très satisfait des résultats.Ii en fut de même à Bordeaux, sous la direction du professeur Cavalié, directeur de l\u2019Ecole dentaire de Bordeaux.Mais, ce qui est vérité en Province, est souvent, longtemps encore, erreur a Paris! \u2018 Enfin, \u2018le bandeau qui couvrait les yeux de nos dirigeants est tombé sans doute, puisque le concours de l\u2019Ecole dentaire de Paris a été demandé pour l\u2019Hôpital Canadien, nouvellement installé sur le terrain de l\u2019hippodrome de Saint-Cloud, aux portes de Paris, où l\u2019o ne reçoit que des blessés récents.| Il nous est donc enfin donné d\u2019exercer normalement notre ministère et de déployer logiquement nos méthodes ; c\u2019est-à-dire, en ce qui concerne lés restaurations maxillo-faciales de procéder d\u2019arrière en avant, d\u2019immobiliser d\u2019abord les fragments osseux, avant la suture EE mp ie er Eto | esthétiques.Blessés 513 L'UNION MÉDICALE DU CANADA des muqueuses et de la peau, tandis qu\u2019il nous fallait souvent faire sauter ces sutures prématurées, pour reprendre, d\u2019avant en arrière un travail d\u2019immobilisation squelettique très laborieux et dont les résultats étaient quelquefois déplorables et loin de nos conceptions Pour tous ces blessés, plus.de pseudarthroses, ces cauchemars des techniciens! Disons que c\u2019est avec autant de satisfaction que d\u2019empressement que nous nous sommes mis en relation avec l\u2019administration et le Corps médical de l\u2019Hôpital canadien, et que les bons rapports amicaux et professionnels que nous entretenons depuis longtemps avec nos confrères canadiens sont pour beaucoup dans l\u2019émotion que l\u2019appel de notre collaboration a provoquée en nous.Cette émotion s\u2019est justifiée, du reste, par l\u2019accueil très aimable qui nous fut réservé par tout le personnel de l\u2019ambulance et notamment par monsieur le Dr Roy, chef du service de chirurgie maxillo- faciale de cet important établissement.Du 27 juin 1916 (Fondation) au 26 juillet 1916, il a été fait à l\u2019Hôpital canadien de St-Cloud les onérations suivantes: Consultations co.22 Interventions .423 Appareils 12 { 3 fractures du max sup.( 6 de réduction 12 fractures du max.inf.simples 9 de centention 5 fractures du max.inf.multiples s 1 Rétractions cicatricielles 1 Affections dentaires diverses 3 Mixtes, réduct.et contention | 1 de rétraction cicatricielle l Appareils | 22 12 19.LA PROPAGANDE SCIENTIFIQUE Depuis 25 mois déjà, que dure cette guerre fantastique, suscitée\u2019 par la mégalomanie des Allemands, les services médicaux se sont trouvés en présence, non seulement des blessures les plus épouvantables et des maladies les plus graves, dont s\u2019accompagnent généralement ces drames d\u2019extermination humaine, mais aussi de désordres \u2018très sérieux, encore mal définis et souvent mortels, provoqués par les abominables mélanges de leur chimie empoisonnée.Malgré leur organisation plutôt rudimentaire du début de la guerre, les médecins, dont le talent et le savoir ne laissent rien à désirer, se sont tirés à leur honneur de toutes ces complications, dont beaucoup étaient imprévues. 514 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Il en est résulté de nombreuses découvertes médicales et des procédés opératoires nouveaux, qui ont fait l\u2019objet de présentations et de communications dans les sociétés médicales et chirurgicales, ainsi que dans les différentes Académies, les journaux scientifiques et même les grands \u201cquotidiens\u201d.~ De même, partis de rien, dans une voie nouvelle et hérissée de difficultés, les dentistes, par leur initiative individuelle ou collective, par leur savoir professionnel, par leur foi dans leurs méthodes, par leur inlassable ardeur assujettie au soulagement des défenseurs de la Patrie, sont parvenus à créer une oeuvre très importante, plus considérable même qu\u2019ils ne l\u2019avaient prévue, à cause de la guerre des tranchées où les blessures de la tête sont si nombreuses que les hôpitaux consacrés à cette spécialité débordent littéralement.Au cortège classique des mutilations envisagées dans un enseignement normal, basé sur les guerres antérieures, moins longues, moins cruelles et moins populeuses, se sont adjoints des cas nouveaux et originaux, résultant de l\u2019universalité de causes et de moyens plus variés et plus complexes, dus à l\u2019abondance et à la puissance des engins de guerres actuels., Tous ces cas, groupés par des observations minutieuses, ont permis, après l\u2019analye de chacun, la synthèse de tous, et la détermination de méthodes, au sujet desquelles il y a accord sur presque tous les points entre les différents centres dentaires militaires.Malgré cela, quelques divergences d\u2019opinion se produisent encore quelquefois sur certaines questions.D\u2019autre part, la dispersion dans tous les pays des concours individuels, entraîne celle des progrès dont chacun est susceptible et dont il est souhaitable de faire profiter l\u2019ensemble des praticiens.A cet effet, le Journal de l\u2019Ecole dentaire de Paris, l\u2019Odontologie, a repris sa publication depuis décembre 1914, et il s\u2019est employé à la vulgarisation des travaux qui lui ont été soumis.Après cette première satisfaction de lecture, quelquefois un peu aride quoique toujours intéressante, le besoin de causer s\u2019est présenté avec une intensité de plus en plus pressante, au fur et à mesure du développement de l\u2019action dentaire militaire.\u2019 Des échanges de vues, réclamés de divers côtés, sont devenue nécessaires, et c\u2019est pourquoi la Société d\u2019Odontologie de Paris a repris ses assises, dès le 15 novembre 1915, et les tient très régulièrement depuis cette époque.La première réunion de la Société d\u2018Odontologie fut en quelque L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 515 sorte intime.Les convocations n\u2019avaient touché que ses sociétaires et les techniciens militaires du camp retranché de Paris.\u2018 Mais déjà, l\u2019exposé des travaux de chacun de ces centres parisiens et les dissertations qui s\u2019y rattachèrent, eurent le plus grand succès et démontrèrent pleinement le besoin d\u2019entente entre tous, pour l\u2019éclaircissement de certains sujets, en même temps que pour l\u2019accentuation et l\u2019accélération des progrès déjà très sensibles, réalisés pendant les quinze premiers mois de guerre.Aussi, dès les séances suivantes, les centres de Lyon, de Bordeaux, d\u2019Amiens, de Toulouse, de Caen, de Rouen, etc.représentés par les Drs Pont, Cavalié, Blot, Sauvez, Lemerle, etc.vinrent-ils joindre leur large contribution aux communications des services du camp retranché de Paris, où s\u2019illustrent les Drs Frey, Roy, Martinier, Villain, Ruppe, Robin, ete.s Même le débat s\u2019étend, et c\u2019est le Dr Sébileau, professeur de la Faculté de Médecine de Paris et chef du centre de chirurgie et de prothèse maxillo-faciale de l\u2018hôpital Lariboisière, qui vient, en une magistrale conférence, exposer les résultats de ses observations depuis le début de la guerre, et affirmer de sa parole autorisée, l\u2019absolue nécessité de la collaboration intime et constante du chirurgien et du - technicien, dans le traitement des restaurations faciales, 20.LE CONGRES DENTAIRE INTER-ALLIES DE 1916 Au mois de juin dernier, eut lieu, à Londres, la réunion annuelle de la British Dental Association, et ses organisateurs la consacrèrent uniquement à l\u2019examen des questions se rattachant au traitement chirurgical et prothétique des blessures de guerre maxillo-faciales.L\u2019Ecole dentaire de Paris y était représentée par le Dr G.Villain, qui, dans son rapport, tout en exprimant son admiration pour les travaux personnels de Beaucoup de confréres anglais, formulait le regret de n\u2019y avoir pas pu développer des théories d\u2019ensemble susceptibles de jeter la lumière sur certaines questions encore controversées, et de guider la praticien dans cette oeuvre si complexe des restaurations faciales.| En accord avec quelques confréres anglais partageant sa maniére de voir, le Dr G.Villain proposa à la Société d\u2019Odontologie de Paris, \u2014 qui l\u2019approuva \u2014 l\u2019organisation à Paris, pendant l\u2019automne de 1916, d\u2019un congrès dentaire inter-alliés.Et c\u2019est ainsi que se tiendra, à Paris, les 10, 11, 12 et 13 novembre prochain, un congrès dentaire spécialement consacré aux belssuers 516 L'UNION MÉDICALE DU CANADA de guerre des maxillaires et de la face, à la prothèse et à la dentisterie militaire, et à l\u2019organisation des services dentaires dans l\u2019armée, pour la guerre et l'après-guerre.Parmi les membres du Comité de patronage, nous relevons les noms: Du Ministre de la guerre, Du Ministre de la marine, Des ambassadeurs ou consuls des puissances alliées ; et le congrès aura pour président d\u2019honneur: M.Justin Godart, Sous-Secrétaire d\u2019Etat du service de santé de l\u2019armée.Ce congrès ne comportera aucun à-côté, tels que: banquets, divertissements ou excursions; ce sera uniquement un congrès d\u2019étude, le seul compatible avec l\u2019état de guerre.Mettant en pratique la devise générale actuelle des alliés, l\u2019Unité d'action sur l'unité de front, qui contient implicitement cette autre formule: l\u2019Unité de toutes les actions au service de tous les alliés \u2014 celles du matériel, des munitions, des inventions, des perfectionnements, des procédés, etc.\u2014 le Congrès dentaire inter-alliés aura pour objet principal de centraliser la science et le savoir, très épars, et de mettre à profit pour tous l\u2019expérience de chacun., Il ne s\u2019attardera pas sur les procédés suscéptibles de mettre en vue des personnalités ; mais il s\u2019attachera à faire ressortir les principes généraux et les.méthodes tendant à simplifier et à vulgariser, ainsi qu\u2019à offrir un guide sûr à tous ceux qui veulent s\u2019employer à la guérison, et à la restauration des mutilés des maxillaires et de la face.21.LES COMBATTANTS DENTISTES Le concours des dentistes français au soulagement des affeetions de guerre est extrêmement considérable.Nous nous sommes efforcé de l\u2019énoncer aussi brièvement que possible.Mais tous les dentistes mobilisés ne s\u2019y sont pas employés; aucune loi ne leur ayant reconnu, avant la guerre, une affectation spéciale, beaucoup d\u2019entre eux figuraient parmi les combattants ou les brancardiers du front.Ils y ont bravement fait leur devoir, et, à-tous les échelons, depuis le simple soldat jusqu\u2019au capitaine, on en voit figurer parmi les héros mis en relief par des citations glorieuses. St ns ie AA AO re EE rir TE ; L'UNION MÉDICALE DU CANADA 517 Nous ne sommes pas encore en mesure de publier la liste complète de tous ceux qui se sont illustrés par leurs actes de courage et de bravoure, et de tous ceux qui sont morts on qui ont été blessés au service de la Patrie; mais au tableau d\u2019honneur appendu au siège de l\u2019Ecole dentaire de Paris, on relève les noms suivants que nous reproduisons non sans une grande émotion, MORTS AU CHAMP D'HONNEUR PERSONNEL ENSEIGNANT DUBOIS, Chef de clinique, infirmier, fièvre typh.contractée.BERTRAND, Chef de clinique, soldat, tué à l\u2019ennemi.KERN, Chef de clinique, S/s Lt, tué à l\u2019ennemi.LABARRAQUE, Démonstrateur, soldat, tué à l\u2019ennemi, TAMISIER, Démonstrateur, soldat, tué à l\u2019ennemi.PRUNIER, Démonstrateur, soldat, tué à l\u2019ennemi.ELEVES MONIQUE, Elève de 3ème année, soldat, tué à l\u2019ennemi.TOMASINT, Elève de 1ère année, infirmier, tué à l\u2019ennemi.WAECHTER, Elève de 3ème année, mitrailleur, tué à l'ennemi, citation.PERSONNEL ADMINISTRATIF GODIN, Comptable de l\u2019E.D.D.P., tué à l\u2019ennemi.ANCIENS ELEVES BRIENTIN, Chirurgien-dentiste, soldat, tué à l\u2019ennemi.BOUNIOL, Chirurgien-dentiste, soldat, tué à l\u2019ennemi.CARON, Chirurgien-dentiste, sergent, tué à l\u2019ennemi.CASTANTER, Chirurgien-dentiste, soldat, tué à l\u2019ennemi.GOUBET, René, Chirurgien-dentiste, soldat, tué à l\u2019ennemi.GOUBET, Henri, Chirurgien-dentiste, caporal, tué à l\u2019enneini.GOUPIL DES PAILLERES, Chirurgien-dentiste, soldat, tué à l\u2019ennemi.HESSE, Chirurgien-dentiste, civil belge, fusillé à Liège.LANGRAVE, Chirurgien-dentiste, soldat, tué à l\u2019ennemi.PIEDNOIR, Chirurgien-dentiste, soldat, tué à l\u2019ennemi.PERIQUET, Chirurgien-dentiste, soldat, tué à l\u2019ennemi.SOUILLARD, Chirurgien-dentiste, soldat, tué à l\u2019ennemi.VORBE, Chirurgien-dentiste, méd.aux.tué à l\u2019ennemi.DELIONNET, Chirurgien-déntiste, infirmier, fièvre typ.contract.Hôpit.HALLEAY, Chirurgien-dentiste, S /s Lt, tué à l'ennemi.LEGRAND, Chirurgien-dentiste, soldat, fièvre typ.cont.Hôpital.RAFFANTT, Chirurgien-dentiste, soldat, tué à l\u2019ennemi.FRANCIS, Chirurgien-dentiste, S /s Lt, Avr, combat aérien.PIGOT, Chirurgien-dentiste, soldat, tué à l\u2019ennemi.BLESSES LEMERLE, Méd.auxil, blessé à la poitrine et aux jambes.LEMIERE, Méd.auxil., blessé aux jambes.VAIS, Méd.auxil, blessé à la cuisse.LEFRANCOIS, sold tionnelle.CLATR, Dent.mil, blessé a la jambe, amputé.COTTAREL, Dent.mil, blessé, blessure grave.at, blessé à la jambe droite, impotence fonc- 518 L'UNION MÉDICALE DU CANADA DE CROES, Capne Inf.Ter, blessé gravement deux fois.MOOLEN, Ssldat engage, blessé grièvement.CITATIONS PERSONNEL ENSEIGNANT Dr AUDY, professeur, croix de guerre.BRUSCHERA, démonstrateur, croix de guerre.DAVY, chef de clin.croix de guerre.Dr FREY, prof.hon.légion d\u2019honneur.Dr LEMERLE, G., professeur, légion d\u2019honneur et croix de guerre.Dr LEMIERE, Prof.sup, croix de guerre.RENHOLD, Michel, démonstrateur, croix de guerre et médaille mi- \u2018fitaire.Dr VAIS, démonstrateur, croix de guerre.Dr G.ROBIN, professeur, croix de guerre.ELEVES BILLET, soldat, croix de guerre.LEFRANCÇOIS, soldat, croix de guerre et médaille militaire.REY, soldat, croix de guerre et médaille militaire.WAECHTER, soldat, croix de guerre.PERSONNEL ADMINISTRATIF LAMARO, capne inf.ter, croix de guerre.ANCIENS ELEVES AUDEFRAY, S/Officier, croix de guerre.BARGELES, S/Officier, croix de guerre.BONNAFOUS, caporal, croix de guerre.BRILLE, dentiste mil, croix de guerre.CONORT, caporal, croix de guerre et médaille militaire.COTTAREL, dentiste mil, croix de guerre.de CROES, capne inf.ter, croix de guerre et Légion d\u2019Honneur.DELIONNET, cap.infirm., méd.d\u2019hon.de bronze pour soins aux contagieux.DUCHANGE, dentiste mil, méd.d'honneur d\u2019argent pour soins aux contagieux.FRINAULT, soldat branc.,, croix de guerre.GENNESSEAUX, S/officier, croix de guerre.HALLAY, S/iLieut., croix de guerre (tué).HENRY, sergent, croix de guerre.MERCIER, A., soldat branc., croix de guerre.MERCIER, C., soldat branc., médaille de St-Georges (4e Cl.) argent.MOOLEN.soldat branc.engagé, croix de guerre et médaille militaire.PLATSCHICK, soldat branc., croix de guerre.Dr FROST MARECHAL, Méd.aide Maj., Officier de la Légion d\u2019hon.VICAT, caporal, croix de guerre.° Les noms de ces héros resteront a jamais gravés dans nos annales professionnelles.22.APERCU DE LA SITUATION GENERALE ACTUELLE Pendant cette guerre, où toutes les infamies sont perpétrées par les empires germaniques, l\u2019ensemble des travaux faits par les den- surtt > - \u201ceile.TP CL.Ee ow L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 519 tistes français apparaît comme une oeuvre remarquable et considérable, dont ils peuvent légitimement être fiers.Aujourd\u2019hui, leur utilité de spécialistes dans l\u2019armée est un fait démontré.À l\u2019heure actuelle, une vingtaine de centres de prothèse maxillo- faciale et une trentaine de services pour les édentés, inaptes à faire campagne, fonctionnent dans la zône de l\u2019intérieur, et de nombreuses formations semblables sont en voie d\u2019organisation ou en plein travail dans la zône des armées.Si l\u2019oeuvre est encore loin d\u2019être aussi étendue que les dentistes le souhaitent et le conçoivent, étant données les masses d\u2019hommes auxquelles elles s\u2019adressent, elle s\u2019impose et se développe cependant, chaque jour, par la force inéluctable des services rendus, et sa généralisation s\u2019obtient progressivement, comme tout ce qui dépend des administrations centrales.Ce sont les notions antérieurement acquises dans les Ecoles dentaires en dentisterie, en prothèse, en orthodontie et en physiologie générale, qui ont permis aux dentistes d\u2019arriver aux résultats qui soulèvent actuellement l\u2019admiration des autorités et du public, et la reconnaissance si touchante des malades et des blessés.C\u2019est grâce à cette science bien française qu\u2019est la prothèse restauratrice, illustrée par les Delalain, les Préterre, etc.; et, plus récemment, par les méthodes et les procédés de l\u2019immortel Claude Martin, de Lyon, et dont l\u2019enseignement s\u2019est maintenu traditionnellement dans les Ecoles dentaires françaises, que les dentistes se sont trouvés en état d\u2019intervenir si utilement dans les mutilations qui résultent de la conflagration générale actuelle.Leur satisfaction peut se comprendre, étant celle du devoir accompli.Et c\u2019est ainsi que tous les rouages si nombreux et si complexes dont se composent les armées contemporaines, se sont créés ou perfectionnés, suivant les besoins ou les circonstances, et sont à même, à présent, de répondre aux plus grandes exigences.Chez tous les alliés, les ressorts de l\u2019énergie se sont tendus.On est émerveillé de songer que toutes ces transformations se sont accomplies littéralement sous la formidable pression et sous le feu des ennemis ! Toujours est-il que, grâce à cette réaction aussi intelligente qu\u2019énergique, au début de cette troisième année de guerre, on peut affirmer que la situation générale a bien changé, et qu\u2019elle inspire aux alliés autant d\u2019espoirs que de réflexions moroses à leurs ennemis. 520 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Ceux-ci, du reste, laissent déjà percer leur inquiétude, à défaut de remords, devant le châtiment qui s\u2019approche.Les rôles sont, à présent, renversés.Longtemps les alliés, mal préparés à cette lutte gigantesque, dû- rent subir le flot envahisseur et se borner à le contenir; mais l\u2019heure du reflux est venue, et maintenant, ce sont leurs vagues puissantes et sans cesse accrues, qui déferlent contre le digues amincies du germanisme et qui nous préparent, lentement mais sûrement, cette paix des alliés qui, ainsi que l\u2019a dit M.Aristide Briand, ne se conçoit que dans la victoire et par la victoire. \\ LES CIRRHOSES (1) Par M.le Dr E.P.BENOIT, Professeur de Clinique Médicale, médecin de l\u2019Hôpital Notre-Dame.C\u2019est Laennec qui le premier employa le mot cirrhose, du grec irrhos, qui veut dire roux, ou jaune roux, pour décrire l\u2019état ana- tomo-pathologique d\u2019un foie atrophié et granuleux, autopsié chez un malade qui avait présenté de l\u2019ascite et une pleurésie hémorrhagique du côté gauche.Il est très probable qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un foie infectieux,.Mais Laennec, qui ne pouvait évidemment décrire (1819 } que les lésions macroscopiques, et qui ne savait pas ce qu\u2019est une infection, parle de grains dont la \u201ccouleur était fauve ou d\u2019un jaune roux\u201d, dont une partie s\u2019écrasait entre les doigts, et dont \u201cle reste pffrait au tact la sensation d\u2019un morceau de cuir mou.\u201d Et il ajoute dans une note: \u201cCette espèce de production est encore de celles que lon confond sous le nom de squirrhe.Je crois devoir la désigner sous le nom de cirrhose, à cause de sa couleur.Son développement dans le foie est une des causes les plus communes de l\u2019ascite; et a cela de particulier qu\u2019à mesure que les cirrhoses se développent, le tissu du foie est absorbé; qu\u2019il finit souvent, comme chez ce sujet, par disparaitre entiérement; et que, dans tous les cas, un foie qui contient des cirrhoses perd de son volume au lien de s\u2019accroître d\u2019autant.\u201d Pour l\u2019époque, on ne pouvait mieux dire.Vers le même temps (1827), un grand observateur anglais, R.Bright \u2014 (j\u2019emprunte ces citations au prof.Chauffard) \u2014 décrivait dans un ouvrage des lésions hépatiques constatées à l\u2019autopsie d\u2019alcooliques.Il trouvait difficile de préciser la nature de ces processus; mais tous, disait-il, \u201cproduisent une obstruction très générale dans la circulation à travers les branches de la veine porte, et deviennent ainsi la cause immédiate de l\u2019ascite, indépendamment des conditions morbides qui peuvent résulter pour le sang de ce fait qu\u2019il n\u2019a pas abandonné dans le foie les substances qui doivent être éliminées par la dépuration biliaire.\u201d Ce que Bright n\u2019a pas vu, ce qu\u2019il ne pouvait pas voir, c\u2019est que les fonctions hépatiques sont dérangées lorsque la cirrhose disloque ou détruit les cellules du foie.Les observations de Laennec et de Bright étaient incomplètes, (1) Leçon du Cours de Clinique Elémentaire donnée à l'Hôpital Notre-Dame, lundi, le 10 avril 1916. 522 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA mais elles étaient \u201cjustes.Aujourd\u2019hui, après un siècle de progrès médical, nous sommes mieux renseignés.Nous savons que la cir- Those est une hépatite interstitielle, une inflammation du tissu conjonctif péri-vasculaire et péri-lobulaire, et qu\u2019elle relève,- comme l\u2019hépatite glandulaire ou parenchymateuse dont je vous ai parlé dans ma dernière leçon, d\u2019une intoxication, d\u2019une infection ou d\u2019une maladie dyscrasique.La différence, c\u2019est que la cause, venue par les mêmes voies, a agi d\u2019une façon lente et non pas aiguë, qu\u2019elle a touché les vaisseaux et le tissu adjacent, et non pas les cellules.Celles-ci ne deviennent malades que secondairement.Toutes ces notions s'appliquent à la forme atrophique de la cirrhose, celle qui porte encore aujourd\u2019hui dans la nomenclature médicale, le nom de Laennec, Beaucoup plus tard, en 1876, Hanot devait étudier la sclérose hypertrophique du foie avec ictére chronique et \u201cplacer, en face de la cirrhose atrophique qui se développe autour des radicules de la veine porte, une cirrhose hypertrophique avec ictére ayant ses points de déprat autour des canalicules biliaires.\u201d L\u2019expérimentation vint plus tard démontrer que la cirrhose biliaire est surtout et avant tout de nature infectieuse et les cliniciens prirent plaisir à multiplier les formes de ces diverses inflammations.Je n\u2019entreprendrai pas, dans cette leçon, de vous décrire toutes jes variétés cliniques des cirrhoses veineuses ou biliaires.Je me contenterai d\u2019analyser les deux principaux types, ainsi que leurs causes générales.Cette leçon comprendra donc: 1° l\u2019étiologie générale des cirrhoses ; 2° la cirrhose veineuse ; 3° la cirrhose biliaire.I\u2014ETIOLOGIE GENERALE DES CIRRHOSES.La cirrhose, c\u2019est donc l\u2019inflammation chronique du tissu conjonctif interstitiel, c\u2019est une hépatite interstitielle, résultat d\u2019une intoxication suffisamment intense et suffisamment prolongée des espaces de Kiernan.L\u2019intoxication peut venir par la voie veineuse ou artérielle; elle peut venir par la voie biliaire; elle peut même, dans certains cas exceptionnels, envahir le foie par la voie lymphatique sous-capsulaire, par exemple dans les cirrhoses consécutives à des périhépatites ou à des péritonites chroniques généralisées.Mais je ne veux m\u2019occuper ici que des deux formes les plus fréquentes: la cirrhdse veineuse et la cirrhose biliaire.(a) Cirrhose veineuse \u2014 Cirrhose atrophique de Laennec.La cause la plus fréquente, celle qu\u2019il faut mettre au premier 4 re oe ti L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 523 rang, c\u2019est l\u2019abus des liqueurs alcooliques, parce que c\u2019est une forme d'intoxication qui, chez les buveurs, est tout naturellement persistante et suffisamment intense.Peu importe la qualité de l\u2019alcool ingéré, et que ce soit du vin, du gin, du whisky ou de la bière, ce qu\u2019il faut avant tout, c\u2019est l\u2019intoxication permanente et prolongée.La cirrhose est l\u2019apanage des adultes, des buveurs de longue date, qui ne se dérangent pas souvent, mais qui boivent sec et dru, à petits coups constamment répétés.Voici la cause première, essentielle, nécessaire de la cirrhose veineuse atrophique.D\u2019autres causes accessoires facilitent la localisation hépatique de Palcoolisme.Les gastropathies, si fréquentes chez les alcooliques, sont une cause de dyspepsie et d'intoxication alimentaire qui s\u2019ajoute à l\u2019intoxication alcoolique pour encombrer la circulation porte et affecter le foie.Il y a aussi la prédisposition anatomique, qui fait qu\u2019un organe est héréditairement fragile chez un sujet en particulier, ou a été touché par une infection avant que n\u2019agisse sur lui l\u2019alcoolisme chronique.Enfin la vie sédentaire, qui réduit l\u2019élimination cutanée et respiratoire de l\u2019alcool par absence d\u2019exercices musculaires, et qui diminue également la combustion organique de l\u2019alcool, favorise énormément, suivant l\u2019expression de Chauffard, \u201cla saturation \u2018toxique des humeurs et des plasmas.\u201d - À côté de alcool mentionnons, comme causes moins fréquentes de la cirrhose veineuse: 1.les intoxications professionnelles lentes par le plomb, le phosphore, la poussière de charbon ; 2.les auto-intoxications chroniques du diabète, de la goutte.des dyspepsies ; 3.les infections microbiennes à forme chronique, tuberculeuse ou à septicémie lente.x Hanot attache une grande importance à l\u2019arthritisme comme canse prédisposante.L\u2019arthritisme, vous le savez, se caractérise par une vulnérabilité plus grande du tissu conjonctif avec tendance à Phyperplasie, à la transformation fibreuse, à la rétraction fibreuse.Chez les arthritiques, le tissu conjonctif du foie, comme les parois vasculaires veineuses, seront plus vivement et plus profondément modifiées par l\u2019alcool, ingéré à des doses et sous des formes cliniques qui laisseraient chez d\u2019autres l\u2019organe intact.En résumé, on peut dire que toute intoxication lente passant par la voie artérielle, ou mieux encore par la voie.digestive et portale, 524 L'UNION MÉDICALE DU CANADA déterminera de la cirrhose atrophique si son action est suffisamment lente et prolongée, et s\u2019exerce chez des sujets préparés par leur constitution héréditaire, lenr passé pathologique ou leur mauvaise hygiène personnelle.De toutes les causes prédisposantes et déterminantes, 11 n\u2019y en a pas de meilleure que l\u2019alcoolisme chez un arthritique, ni qui ne soit plus fréquente, à tel point que cirrhose veineuse est synonyme de cirrhose alcoolique.(b) Cirrhose biliaire \u2014 Cirrhose hypertrophique de Ilanot, Dans la cirrhose biliaire, l\u2019irritation inflammatoire n\u2019atteint pas le foie par la voie artérielle ou veineuse, mais par la voie biliaire.Il s\u2019agit de l\u2019inflammation des canaux biliaires et du tissu conjonctif adjacent, d\u2019une angiocholite et d\u2019une péri-angiocholite.L\u2019inflammation des canaux biliaires intra-hépatiques ne peut déterminer la cirrhose qu\u2019à la condition d\u2019être suffisammnet lente et suffisamment intense.La condition est la même que pour la cirrhose veineuse.Seulement, les causes ne sont pas aussi fréquentes, et l\u2019on ne peut pas invoquer ici l\u2019action des intoxications.La cause exacte de l\u2019angiocholite généralisée nous échappe.Tout porte à croire, à cause des relations anatomiques des voies biliaires avec l\u2019intestin, qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une infection chronique des voies biliaires dont nous ignorons la nature.Certains faits doivent du moins attirer notre attention.La maladie de Hanot évolue par poussées aiguës ; elle s'accompagne de fièvre ; on y rencontre parfois des hyper- \u2018trophies ganglionnaires multiples ; la leucocytose est fréquente ; enfin la cirrhose biliaire d\u2019origine calculeuse, dûe non seulement à la dilatation des canaux biliaires, mais encore à l\u2019arrêt de l\u2019écoulement de la bile et à l\u2019envahissement des voies biliaires par le \u2018 coli-bacille, évolue absolument comme la cirrhose biliaire hypertrophique de Hanot.Ajoutons que cette forme spéciale de cirrhose est moins fréquente que la cirrhose atrophique de Laennec, et qu\u2019on la rencontre chez des sujets habituellement moins âgés, chez des adultes jeunes, de 25 à 35 ans, et même quelquefois chez des jeunes gens.IL\u2014LA CIRRHOSE VEINEUSE.La cirrhose alcoolique, il faut bien le dire, n\u2019est pas toujours lente, atrophique et progressive.C\u2019est Leudet qui a attiré l\u2019attention sur ce fait qu\u2019on* relève souvent des poussées d\u2019ictère apyrétique dans les antécédents des malades atteints de cirrhose atrophique.M I J L'UNION MÉDICALE DU CANADA 525 Dans mes notes du cours de pathologie interne que je donnais en 1904, je retrouve une description de ces cas d\u2019hépatite congestive alcoolique qui prennent une forme aigué ou sub-aigué et précedent parfois la cirrhose atrophique.Les auteurs citent méme une forme hypertrophique de la cirrhose alcoolique; qui n\u2019est rien autre chose qu\u2019une attaque d\u2019hépatite toxique plus ou moins prolongée, avec un foie gros et douloureux, de l\u2019ictère et des troubles digestifs, Il n\u2019en reste pas moins vrai que, chez les alcooliques, lorsque l\u2019intoxication persiste, ces accidents passagers acheminent les malades vers la cirrhose constituée, permanente, atrophique, telle que Laennec l\u2019a décrite.D\u2019ailleurs, la période d\u2019état de la cirrhose est toujours précédée, chez les buveurs, par un ensemble de symptômes qui traduisent le surmenage gastro-hépatique, et forment les petits signes prémonitoires de Hanot, comme les petits signes de Diculafoy traduisent l\u2019urémie latente du mal de Bright.Ce sont: la dyspepsie alcoolique, avec son inappétence habituelle et sa pituite matutinale ; la constipation accompagnée de météorisme (les vents précèdent la pluie, disait le vieux Portal) ; le sommeil agité, le tremblement des mains; la suppression presque complète de la transpiration; le prurit constant et prononcé ; les hémorrhagies faciles (épistaxis, hémorrhagies gingivales, purpura) ; les oedèmes localisés sans albumine (malléole, face) ; l\u2019augmentation du volume de la rate.Il y a là, évidemment, un peu de gastro-entérite, un peu de névrite, dûes à l\u2019alcoolisme, mais aussi de l\u2019engorgement, de la stase déjà constitués dans la circulation porte.La nutrition se fait mal, et le malade a commencé de maigrir.Une fois la sclérose et l\u2019atrophie du foie bien établies, on entre dans la période d\u2019état, caractérisée par le syndrome de l\u2019hypertension portale.Ce syndrome comprend: (a) la splénomégalie; (b) les hémorrhagies gastro-intestinales; (c) les hémorrhoides; (d) l\u2019ascite; (e) l\u2019hypotension artérielle; (f) la circulation collatérale de la parol thoraco-abdominale; (g) les troubles urinaires (Castaigne, Gilbert).(a) La splénomégalie.L\u2019hypertrophie de la rate est la règle.Elle traduit l\u2019engorgement de la rate mal drainée par la circulation porte encombrée.Mais elle est moins accentuée que dans la cirrhose biliaire tant que la glande hépatique elle-même n\u2019est pas trop atteinte par la cirrhose.(b) Les hémorrhagies gastro-intestinales.Ces hémorrhagies ont ceci de particulier qu\u2019elles se montrent soit à la période du début, lorsque le foie est encore congestionné, 526 L'UNION MÉDICALE DU CANADA soit à la période terminale, lorsque survient la dégénérescence hépatique, l\u2019ictère grave.Elles sont peu fréquentes lorsque l\u2019ascite bat son plein.On les a atiribuées à des ruptures de varices oesophagiennes, à une extravasation sanguine au niveau de la muqueuse- \u201c gastrique, à un trouble de la coagulation sanguine dûe à l\u2019altération du sang.(ec) Les hémorrhoïdes.Elles sont fréquentes, le plus souvent volumineuses, donnent des hémorrhagies répétées et rebelles à tout traitement local, d\u2019autant plus prononcées que l\u2019ascite est plus abondant et comprime davantage la veine cave inférieure ou que l'hypertension portale est plus accentuée.(d) L\u2019ascite.C\u2019est le symptôme capital de la cirrhose veineuse.Le liquide clair, citrin, à reflets verdâtres (urobiline) est libre dans l\u2019abdomen (déplacement, sensation de flot).Il peut atteindre de 5 à 10 litres.Le cytodiagnostic montre des placards endothéliaux nombreux (ascite mécanique).Le diaphragme est gêné dans ses mouvements, surtout après les repas.La compression intra-abdominale fait apparaître l\u2019oedème qui envahit les membres inférieurs, le scrotum, la verge, la paroi abdominale, la région lombaire.Signe important: le développement de l\u2019abdomen a précédé l\u2019oedème.La moitié inférieure du corps, boursouflée, luisante, difforme, fait contraste avec le thorax émacié et la face terreuse, aux pommettes sillonnées de varicosités.(e) L\u2019hypotension artérielle.Elle est constante chez less cirrhotiques avec ascite et traduit l\u2019imminence de l\u2019asystolie et le déséquilibre circulatoire.(f) La circulation collatérale.Gilbert a décrit deux types de circulation collatérale.Le type cave inférieure (compression de la veine cave), qui donne un laci; à point de départ inguinal et s\u2019étend surtout latéralement vers le thorax.Le type porte (par compression intra-hépatique ), qui donne la dilatation sus-ombilicale et thoracique inférieure.La première disparait après la ponction; la seconde persiste.Les deux types peuvent se combiner chez les mêmes sujets.C\u2019est une circulation veineuse de suppléance, par anastomoses entre la circulation porte et la circulation cave supérieure par l\u2019intermédiaire des veines ombilicales.(g) Les troubles urinaires.La gêne de la circulation portale n\u2019affecte pas beaucoup la L'UNION MÉDICALE DU CANADA 527 circulation biliaire, mais elle rend plus difficile la dépuration hépatique, la fonction uréopoiétique du foie.La circulation rénale elle- même se fait thal.De là différents troubles qui constituent le syn- drôme urinaire de la cirrhose.Ce sont: 1.l\u2019oligurie, mictions fréquentes et peu abondantes, surtout à la fin de la maladie ; 2.Dopsiurie, ou retard de 1\u2019élimination urinaire après les repas \"(le retard existe aussi pour le bleu) ; 3.l\u2019anisurie, oscillations brusques et répétées du débit des 24 heures ; 4.l\u2019absence de diurèse provoquée après l\u2019ingurgitation de 500 grammes d\u2019eau minérale (Evian).Tous ces symptômes de l\u2019hypertension portale traduisent bien la gêne de la cireulation veineuse abdominale, de la circulation porte surtout, et nous font voir la rate et le rein privés de leur principal collaborateur.L\u2019ictère n\u2019existe pas, mais on trouve des pigments biliaires dans le sang.de l\u2019urobiline et des pigments dans l\u2019urine, et l\u2019urée est diminuée, Le sang offre une viscosité anormale, les globules rouges sont diminués en nombre et possède moins d\u2019hémoglobine.À l\u2019examen du foie, on constate, après ponction de l\u2019ascite, que la ligne de matité est diminuée, parfois de moitié (5 à 6 centim.au lieu de 10 à 12).Si le malade est très cachectisé, et qu\u2019on puisse palper le bord inférieur, on le trouve dur, rénittent, indolent, à surface inégale et finiment granulée.Les troubles digestifs, il va sans dire, sont toujours marqués: inanpétence, dégoût pour la graisse ou la viande, flatulence, constipation suivie de diarrhée persistante.La cachexie est prononcée à la dernière période; le pouls est faible, mou; il -n\u2019est pas rare de voir apparaître des troubles pulmonaires ou la pleurésie.III.\u2014LA CIRRHOSE BILIAIRE.La cirrhose biliaire peut bien, comme la cirrhose veineuse, commencer d\u2019une façon lente et insidieuse.Mais le plus souvent, comme la cirrhose alcoolique, elle débute par une période aiguë.La seule différence, c\u2019est que, dans la cirrhose biliaire, la période aiguë, qu\u2019on ~ 528 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA peut appeler période de début, est immédiatement suivie de la période d\u2019état.Le début peut survenir à l\u2019occasion d\u2019un embarsas gastrique.éclater brusquement à la suite d\u2019une violente colère, ou bien apparaître sans cause appréciable.Le malade jaunit (ictère), ressent des douleurs sourdes dans l\u2019hypochondre ; la fièvre s\u2019élève à 102° F., le pouls à 100-110; la langue est chargée, l\u2019appétit nul, l\u2019intestin constipé, les forces sont perdues.Cette crise d\u2019embarras gastro- hépatique dure une ou plusieurs semaines.Puis le malade se relève, l\u2019appétit et les forces reviennent en partie; mais l\u2019ictère persiste et le foie reste gros, C\u2019est la période d\u2019état qui commence.Cette période d\u2019état comporte deux symptômes principaux: (a) L\u2019ictère.L\u2019ictère va s\u2019accentuant à chaque poussée (jaune, vert, noir).Les sclérotiques sont jaunes.La peau est sèche, prurigineuse ; les selles sont colorées, souvent boueuses et diarrhéiques.(b) L'hypertrophie du foie.Elle augmente également à chaque poussée nouvelle.La matité supérieure atteint le 4e espace intercostal; le foie dépasse les fausses côtes de 3 4 5 travers de doigts.L\u2019hypochondre droit peut faire saillie et déformer abdomen.A la palpation, on constate que la surface du foie est lisse, le bord inférieur régulier et tranchant, la vésicule biliaire normale.La pression réveille une douleur et permet de constater la dureté ligneuse du foie.| A part ces deux symptômes cardinaux, on constate : 1.l\u2019augmentation de volume considérable de la rate ; 2.absence d\u2019ascite, de dilatation des veines, d\u2019oedème ; 3.la présence dans l\u2019urine de pigments biliaires, sans diminution d\u2019urée, sans sucre ni albumine (l\u2019insuffisance hépatique n\u2019existe pas) : ma .le pouls faible, mou, mais non ralenti comme dans l\u2019ictère ordinaire par rétention ; 5.hémorrhagies, perte des forces, amaigrissement (à mesure que la maladie s\u2019accentue).La terminaison, toujours fatale, a lieu, après 4 à 6 ans, soit dans une crise aiguë (fièvre intense, oedème pulmonaire, délire), soit par cachexie progressive, hémorrhagie mortelle ou coma. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 529 CONCLUSIONS.La cirrhose constitue une hépatite interstitielle; elle offre de très grandes analogies avec la néphrite interstitielle.Les symptômes, sans doute, sont d\u2019un autre ordre, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une glande dont la disposition anatomique n\u2019est pas la même, qui possède sa physiologie propre et ses fonctions particulières.Mais le foie réagit vis-à- vis des causes d\u2019irritation inflammatoire de la même\u2019 façon que le rein, tantôt par son tissu glandulaire, tantôt par son tissu conjonctif, suivant l\u2019intensité et la durée de l\u2019irritation.Il est exposé constamment, comme le rein, à toutes les intoxications, à toutes les infections.Les intoxications infectieuses et massives détruisent spécialement les cellules: c\u2019est la néphrite épithéliale, c\u2019est l'hépatite glandulaire, l\u2019hépatite infectieuse ou toxique.Les intoxications lentes, les infections modérées et prolongées irritent le tissu conjonctif péri- vasculaire, déterminent la sclérose, et c\u2019est la néphrite interstitielle, c\u2019est la cirrhose.Dans le foie comme dans le rein, on peut voir la forme chronique succéder à la forme aiguë, les lésions anatomiques s\u2019associer; et, dans l\u2019un ou l\u2019autre organe, la variété clinique varie suivant qu\u2019une fonction plutôt qu\u2019une autre est mise en péril.\u2018 Enfin, dans la cirrhose comme dans le mal de Bright, le pronostic est en raison directe de l\u2019étendue et de la progression de la sclérose.Pour tout résumer en quelques mots: 1° La cirrhose du foie est constituée par l\u2019inflammation du tissu conjonctif péri-vasculaire ; 2° Lorsque l\u2019inflammation siège autour des branches de la veine porte, elle donne une cirrhose veineuse atrophique, qui gène la circulation porte et la compromet progressivement ; | 8° Lorsque l\u2019inflammation siège autour des canalicules biliaires, elle détermine une cirrhose hypertrophique accompagnée d\u2019ictère ; 4° Toutes les cirrhoses sont des maladies incurables qui aboutissent fatalement à l\u2019insuffisance fonctionnelle, mais le pronostic immédiat est meilleur que celui des hépatites. DE L\u2019ALCOOLISME AU POINT DE VUE SOCIAL (1) Par M.Eugène BACHAND, Elève de IVème anniée à la Faculté de Médecine Laval, à Montréal Messieurs les professeurs, Chers amis, En venant traiter devant vous un sujet d\u2019une si haute importance, je sens que mes faibles épaules sont accollées à un énorme fardeau.Si c\u2019est un honneur, c\u2019est aussi un devoir.Quoiqu\u2019il en soit, je viens avec plaisir en ce moment vous parler de la question plus que d\u2019actualité, je veux dire: l\u2019alcoolisme.Je vous démontrerai dans la première partie de mon travail lhérédité de l\u2019alcool au point de vue individuel, familial et de la race, et en second lieu la prophylaxie de l\u2019alcool, les moyens employés de tout temps qui furent plus ou moins fructueux et ceux qui semblent de nos jours produire le meilleur effet.J\u2019emprunte mes premières paroles à un de ces grands maîtres français dont l\u2019énergie n\u2019a jamais fait défaut lorsqu\u2019il s\u2019est agi surtout de questions sociales.Monsieur le Dr Jacques Bertillon, ce lutteur social, ne craint pas de dire que son beau pays, la France, est menacé de deux grands fléaux: le premier, l\u2019abaissement de la natalité ; le deuxième, en gros caractères, l\u2019alcoolisme.Si j'étais un de ces grands maîtres, bien haut je m\u2019écrirais: Palcoolisme dans notre beau pays le Canada est non seulement un fléau de second ordre, mais malheureusement un fléau qui prédomine sur tous les autres.| En effet, le Canada est un des pays où l\u2019on boit une grande proportion d\u2019alcool et où l\u2019alcoolisme fait beaucoup de progrès.Son premier pas, c\u2019est que l\u2019alcool travaille à l\u2019altération de la vie.L\u2019individu, Messieurs, qui fait usage d\u2019alcool voit bientôt sa qualité diminuer et sa valeur disparaître D\u2019homme fort, robuste, vigoureux qu\u2019il était, il s\u2019apercevra avant de s\u2019en douter que ses forces diminuent et qu\u2019elles ont enfin fini par manquer.Des statistiques les plus frappantes nous crèvent les yeux.Sur (1) Travail du cours de Pathologie Interne.Semestre 1915-1916.Prof.A.LeSage.Ce travail fait suite à la première partie, \u201cl\u2019alcoolisme au point de vue médical\u201d, qui a paru en juin 1916.A L'UNION MÉDICALE DU CANADA 531 100 morts, dans une période de cinq années, les non-abstinents ont vécu une moyenne de 71 ans et les abstinents une période de 97-98, soit 26-27 ans de plus.Est-ce là un témoignage assez évident de mon avancé?Si une.preuve ne suffit pas, une deuxième est plus forte.Vers 1866, on a résolu d'établir d\u2019autres statistiques, mais, cette fois, avec des jeunes gens de 20 ans.Ce sont des compagnies d\u2019assurance qui en ont pris l'initiative et, je vous l\u2019avoue, on ne pouvait être plus impartial.A quelle conclusion pratique en est-on arrivé?C\u2019est que le jeune homme sobre de 20 ans pouvait vivre encore une moyenne de 44 ans de plus, le buveur 31 ans de plus, et l\u2019ivrogne 15 de plus.C\u2019est donc avec raison que je \u2018puis affirmer que l\u2019alcool est une entrave à la vie.À côté de cette altération, il en est une autre qui la suit pas à pas: c'est le paupérisme.L\u2019homme, désireux de boire, affaibli par cette boisson dont il ne peut se passer, produit moins de travail, ses forces manquent et par.1a même il gagne moins.C\u2019est un fait reconnu et mis en pratique par le fameux millionnaire américain Carnegie, qui préférait augmenter le salaire d\u2019un de ses empolyés abstinents 10% de plus qu\u2019un non-abstinent.Vous le savez, Messieurs, tout ce qui contribue à soutenir la vie coûte cher et encore plus, bien souvent, ce qui contribue à la détruire.Mais rien n\u2019arrête l\u2019homme qui est versé dans cette habitude, même dût-il dépenser tout son bien pour.n\u2019avoir que de courtes joies suivies bientôt des longs déboires engendrés par l\u2019alcool.- Bientôt le goût du travail s\u2019en suivra et, n\u2019ayant plus le courage de le surmonter, il n\u2019aura, son bien dépensé, que la misère noire pour partage.Et cet homme, à qui les plus grandes destinées étaient réservées, aura tout sacrifié: honneur et devoirs sociaux.Bien plus, étant cloué à cette habitude vicieuse et ayant perdu tout contrôle sur son ennemi destructeur: l\u2019alcool, ce dernier en fera un vaincu intellectuel; cet homme sera du nombre des prédécesseurs qu\u2019il aura.imités et devra.aller les rejoindre.\u201d Combien y en a-t-il de ce nombre ?Notre distingué professeur, M.le Dr Villeneuve, surintendant de l\u2019hospice St-Jean de Dieu, déclare ouvertement que depuis dix- sept ans, la moitié des malades admis à cet hospice sont des buveurs ou fils de buveurs.De même qu\u2019ici, en France, les effets de l\u2019alcool ne sont pas moins désastreux.Pythagore disait avec raison que l\u2019ivresse est l\u2019apprentissage de 532 .L'UNION MÉDICALE DU CANADA la folie.En effet, plus la consommation est grande, plus le nombre de ces pauvres martyrs enterrés vivants est grand.En France: En 1865\u2014873,007 hectolitres\u201413,983 aliénés.En 1880\u20141331,829 hectolitres\u201439,827 aliénés.En 1893\u20141735,307 hectolitres\u201458,753 aliénés.Voila un tableau qui démontre clairement que les cas de folie augmentent en proportion de la consommation de l\u2019alcool.* Si tous ces grands maux, que cause l\u2019alcool, se limitaient à ce dernier, la longue chaîne ne serait pas parfaite.C\u2019est pourquoi s\u2019y ajoute la clef de tous les autres, la conduite au crime par l\u2019alcool.L\u2019alcoolisme produit des désordres organiques graves.La conscience s\u2019évanouit et les alcooliques fournissent un contingent toujours plus fort à l\u2019armée des criminels.Le fait est si incontestable que, dès leur enfance, les fils d\u2019alcooliques ont des tendances mauvaises \u2018qui s\u2019accusent par des crimes précoces, des colères impulsives, l\u2019amour du vagabondage et la glorification du crime.En effet, qui d\u2019entre vous n\u2019a pas été témoin d\u2019un drame quelconque ayant pour résultat la criminalité et pour simple motif l\u2019alcool?Lisez, Messieurs, les journaux quotidiens et vous constaterez que leurs colonnes en sont remplies.Que dit à,ce sujet l\u2019Honorable F.X.Lemieux?Ce dernier déclare que sur 23 individus accusés de meurtre et au contact desquels les accidents de sa vie professionnelle l\u2019ont amené, 13 étaient des victimes de l\u2019alcool.Et Lord Cole Ridge, Juge Suprême d\u2019Angleterre, dit à son tour que si les hommes voulaient renoncer à l\u2019alcool, on pourrait fermer les 9/10 des prisons.Passons aux Etats-Unis, et qu\u2019y voyons-nous?A Chicago même, en 1895, du ler janvier au ler mai, on a trouvé, pour ces quatre mois, que sur 450 crimes commis 134 étaient dûs à l\u2019alcool.Revenons dans Québec et Ontario, et lisons qu\u2019en 1904, sur 28,284 emprisonnements, 21,236 étaient dûs à des crimes commis sous l\u2019influence de l\u2019alcool.L\u2019on peut donc conclure que 7\u2019 alcool arme les criminels et peuple les prisons.Si le tort individuel causé par l\u2019alcool est grand et funeste, celui causé à la famille n\u2019en est pas moins répressible.Le foyer est bien l\u2019endroit où doivent régner le bonheur et la santé, et si vous y faites entrer l\u2019ennemi, le loup dévorant qu\u2019est l\u2019alcool, qu\u2019aurez-vous fait?Vous aurez sacrifié bonheur et douce joie domestique pour semer en vous-même la désaffection de la famille, car bientôt la gaieté du foyer s\u2019assombrira et l\u2019amour de ce dernier se changera en celui du cabaret. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 533 À cette désertion du foyer s\u2019ajoutera sur-le-champ la tristesse, les amertumes et les grandes misères.Ce père de famille, au lieu d\u2019employer ses revenus à orner le bonheur de la maison et à donner du pain à son épouse, y compris ses pauvres enfants, qui en demandent à grands cris, les déversera dans le gouffre de la ruine et du crime.Peut-être pis encore, semera-t-il chez son épouse et ses enfants le goût de l\u2019alcool pour en faire d\u2019autres victimes.Ce ne sera plus, alors, un symptome, mais plutôt un syndrome navrant que d\u2019avoir fait de ce foyer une épidémie de malheureux.Cet homme n\u2019aura plus, alors, qu\u2019à s\u2019écrier avec désespoir: J\u2019ai perdu ma dignité, ma santé, mes enfants.De même que l\u2019alcool est le bourreau de l\u2019individu et de la famille, il est aussi celui de la race qu\u2019il tyrannise.Si les parents transmettent aux enfants leur vigueur, leur santé, leurs qualités, ils leur transmettent aussi la tendance à contracter leurs maladies, leurs infirmités, leurs défauts.Le système nerveux de l\u2019alcoolique étant troublé et affaibli, ses enfant hériteront de ces troubles et de cet affaiblissment.Ce seront plutôt des enfants chétifs, débiles, n\u2019ayant aucune résistance et enclins à toutes les maladies.M.le Dr Sullivan nous en fournit une preuve : 28 mères sobres 21 mères intempérantes.138 enfants 125 enfants.33 morts jeunes 69 morts bébés.24% Mortalité.55% mortalité.Ft M.le Dr Morel écrit que la famille s\u2019éteint à la quatrième génération par l\u2019alcool.M.le Dr Cruveillier confirme la sentence de M.Morel en parlant de la descendance des ivrognes et dit : 1 \u2014Alcooliques et immoraux.2.\u2014Ivrognerie héréditaire et paralysie générale.3.\u2014Tendances hypochondriaques et homicides.4.\u2014Idiots, stupides, n\u2019arrive pas à l\u2019état adulte et la race s\u2019éteint.Pour le moins qu\u2019on puisse dire, l\u2019habitude de boire conduit à l\u2019hôpital, car l\u2019alecoolisme engendre les maladies les plus variées et les plus meurtrières: paralysie, foie, tuberculose, et aggrave les maladies aiguës: typhoïde, pneumonie, bénignes chez le sobre et graves chez le buveur alcoolique.En Bulgarie, où le lait de beurre est la boisson nationale, on compte un centenaire par 1000 habitants. 534 L'UNION MÉDICALE DU CANADA En Allemagne, où la bière est la boisson nationale, on compte un centenaire par.700,000 habitants.Et au Canada, depuis 50 ans, 250,000 Canadiens-francais ont été les victimes de l\u2019alcool.| Un jour, demandait-on à un ouvrier: Quelles raisons avez-vous de vous abstenir de la boisson ?\u2014Cinq, répondit-il, et d\u2019un geste fier et grand il montra ses cinq enfants.Enfin, Messieurs, c\u2019est le mot.Luttez contre l\u2019alcool et vous lutterez contre le vide des berceaux.II.PROPHYLAXIE DE I\u2019ALCOOL Puisque l\u2019alcool cause tant de ravages chez toutes les classes de la société, à partir du plus petit jusqu\u2019au plus grand des êtres, peut-on se demander pourquoi on fait abus de ce poison ?Messieurs, ne voulant ouvrir les yeux sur- ces faits si précis et si rigoureusements observés, l\u2019on s\u2019est permis de mettre à jour certains préjugés en faveur de l\u2019alcool.En effet, n\u2019a-t-on pas dit: Mais quoi, est-ce que l'alcool n\u2019est pas un aliment ?Je réponds avec le Dr Richet, de l\u2019Académie de médecine: Que si l\u2019on pouvait supprimer complètement les boissons alcooliques, on aurait peut-être supprimé une parcelle de l\u2019alimentation, mais on aurait rendu un immense service à l\u2019humanité.En ce sens, que si l\u2019alcool est un aliment scientifique, il n\u2019est pas un-aliment social.; M.Duclaux, se basant sur les expériences d\u2019Atwater et de Béné- dict, dit que l\u2019alcool est un aliment isodyname qui produit une même quantité de chaleur et de travail mécanique qu\u2019un autre aliment, mais, ajoute-t-il, c\u2019est un aliment dangereux.M.Chauveau, à son tour, déclare que l\u2019alcool entraîne : 1° Diminution de la valeur absolue du travail musculaire.2° Amoindrissement de l\u2019entretien.3° Elévation de la dépense énergétique par rapport à la valeur du travail accompli.M.Chauveau reconnaît la transformation, mais pas du tout les qualités que prétend lui rallier M.Duclaux.Et M.Gley: a fortiari, dit qu\u2019il ne faut pas s\u2019opposer à la vérité et que la valeur nutritive, théorique, de l\u2019alcool est admise, mais que personne ne doit oublier que les quantités d\u2019alcool nécessaires pour que sa valeur nutritive entre en jeu, atteignent vite la limite de la tolérance de l\u2019organisme hu- L'UNION MÉDICALE DU CANADA 535 main et même par cette tolérance, chez beaucoup d\u2019individus sensibles à l\u2019alcool, dépasse cette limite.Messieurs Triboulet et Mathieu disent que l\u2019alcool ne peut être substitué comme le veut M.Duclaux, à poids isodyname, à tel ou tel aliment hydro-carboné, car il ne peut pas être placé à côté de l\u2019amidon et du sucre.M.Koppe, continuant, fait remarquer que si la valeur nutritive se jugeait au pouvoir de chaleur, tout l\u2019avantage reviendrait aux alcools supérieurs, à l\u2019alcool méthylique qui dégage plus de calories, car l\u2019alcool méthylique dégage 9 calories et l\u2019éthylique n\u2019en dégage que 7.Donc, si nous voulons donner à nos tissus l\u2019alcool dont ils ont besoin, donnons-leur, non pas l\u2019alcool industriel, mais l\u2019alcool biologique, c\u2019est-à-dire, celui formé aux dépens des tissus, donnons-leur du sucre qu\u2019ils transformeront en alcool, et non pas l\u2019alcool tout fabriqué; ce dernier a une composition fixe et immuable, tandis que l\u2019alcool biologique est en perpétuelles transformations.Enfin, comme aliment scientifique, l\u2019alcool en est un, mais au point de vue pratique, non ; car, pour qu\u2019un aliment soit utilisable, il faut qu\u2019il soit ni nocif, ni toxique, et l\u2019alcool n\u2019est pas un aliment qui existe en fait de boisson alcoolique hygiénique.Approuvant alors parfaitement M.Triboulet, je vous demande au nom du simple bon sens médical: qu\u2019on vous montre un seul être humain que la consommation d\u2019alcool à doses choisies ait fait plus fort, mieux portant, et au nom du bon sens social, je dirai: qu\u2019on vous fasse voir la famille, le groupe, le peuple heureux, riche et grand par l\u2019usage de l\u2019alcool! Ils n\u2019existent pas.Pourquoi boit-on encore?Beaucoup s\u2019imaginent que l\u2019alcool est doué de plusieurs propriétés bienfaisantes, entr\u2019autres, que l\u2019alcool est un fortifiant et qu\u2019il réchauffe quand il fait froid.C\u2019est une erreur de croire que l\u2019alcool est nécessaire aux ouvriers qui se livrent à des travaux fatiguants, qu\u2019il donne du coeur à l\u2019ouvrage ou qu\u2019il répare les forces; l\u2019excitation artificielle qu\u2019il procure fait bien vite place à la dépression nerveuse et à la faiblesse.Qu\u2019écrivait tout dernièrement le R.P.Doyon à son ami le Major Asselin : \u201cUn tempérant faible vaut un fort buveur et un très fort ivrogne, et un tempérant fort vaut deux buveurs et dix ivrognes.\u201d Ainsi, chez les entraîneurs, dans la pratique des sports, l\u2019usage de l\u2019alcool est proscrit.Lors de là première course en bicyclette \u201cBordeaux-Paris\u201d on accueillit avec surprise la nouvelle de la victoire de deux Anglais qui avaient pédalé plus de 24 heures durant. 536 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA On apprit bientôt que la base de leur entraînement était l\u2019abstention de toute liqueur alcoolique.Et sous l\u2019action du froid, que peut l\u2019alcool?Oh! il vrocure tout d\u2019abord une sensation de chaleur, un bien-être que je ne saurais vous décrire., mais à ce phénomène succèdent un abaissement de température, un ralentissement de circulation, une congestion des organes centraux aux dépens des extrémités.Plus il fait froid, plus il faut s\u2019abstenir d\u2019alcool, dit M.le Dr Gascuel.M.Bernachi et le glorieux explorateur Nansen ont passé plusieurs hivers au milieu des glaces du pôle sans perdre un seul de leurs compagnons.Aussi, ils n\u2019avaient emporté aucune boisson alcoolique.Donc, nous pouvons dire que l\u2019alcool est plus nuisible qu\u2019utile pour supporter les grands froids.Maintenant, Messieurs, que nous avons vu, d\u2019une part, que l\u2019alcool n\u2019est pas nécessaire, mais, au contraire, nuisible parce qu\u2019il est un poison et que, d\u2019autre part, la consommation est grande et ses effets déplorables, examinons quels sont les moyens à prendre pour enrayer le fléau grandissant de jour en jour.Inspirons-nous d\u2019abord de ce qui a été fait dans les autres pays pour en tirer les conclusions les plus rationnelles.1° Législation pénale: Sous ce régime, l\u2019emprisonnement et l\u2019amende tombaient sans merci sur l\u2019individu trouvé coupable d\u2019alcoolis- \u2018me, mais au lieu de le corriger, ce n\u2019était qu\u2019un piège pour le faire tomber davantage.M.Canderlier a donc raison de dire que la valeur pratique de la répression, comme moyen prophylactique, a partout échoué.Cependant, ces lois ont quand même une certaine raison d\u2019exister, dit Ber- dillon, pour l\u2019hygiène de la rue.2° Législation civile : Nous passons, en second lieu, au régime de la Législation civile qui consistait à prononcer la déchéance paternelle, à cause de l\u2019ivrognerie, soit temporaire, soit définitive, suivant les cas ; on a même voulu le frapper d\u2019interdiction ; mais de telles mesures ne pouvaient être prises qu\u2019après expertise médico-légale.À ce propos, une question préjudiciable se présente: Est-il raisonnable d\u2019interdire le buveur avant d\u2019avoir reconnu son incurabilité, avant d\u2019avoir tenté une guérison assez souvent possible?Nous répondrons dans la négative, et pourquoi?C\u2019est que l\u2019interdiction n\u2019est applicable qu\u2019aux incurables, or, comme le buveur est un malade qui peut guérir, on ne peut pas le frapper d\u2019interdiction.Donc, ce moyen, comme le précédent, est insuffisant.Mais si le buveur agit par inconscience, L'UNION MÉDICALE DU CANADA 537 et lorsque tout conspire, dans l\u2019organisation de l\u2019Etat à faire tomber ie malheureux, pourquoi n\u2019être pas plus sévère pour l\u2019homme qui vit de son vice et des gens qui l\u2019encouragent.3° Législation spéciales (a) Surtaxe des alcools.Vient alors et en troisième lieu la Législation spéciale, à savoir, tout d\u2019abord, la surtaze des alcools.On espérait, par là, diminuer la vente des spiritueux.En Angleterre, vers 1889, on a porté la taxe à 500 francs par hectolitre, ce qui a, à peine, diminué les spiritueux ; mais en revanche augmenté le débit de la bière forte ; ce fut tellement le cas qu\u2019en 1898, les Anglais ont dépensé en boissons spiritueuses 1/12 de plus qu\u2019en 1895.Aux Etats-Unis, en 1865, on a élevé la taxe de $35.00 à $109.00, ce qui fit tomber la consommation de 1,582,000 à 322,000 hectolitres ; mais on s\u2019aperçut qu\u2019il y avait fraude, et que le 1,200,000 hectolitres étaient consommés quand même.En Suède, par ce moyen, la bière remplaçait l\u2019alcool.Mettant l\u2019idée en pratique plutôt dans un intérêt fiscal que dans un but hygiénique, les résultats furent loin d\u2019être satisfaisants.La consommation totale, but à atteindre, était donc augmentée au lieu d\u2019être diminuée.Désirant essayer un autre (moyen) remède, l\u2019on décida de limiter le nombre des débits.(b)\u2014Limitation du nombre des débits: En France, on proposa de porter à 200 habitants au lieu de 70 et même à 30 le nombre d\u2019habitants pour un cabaret.Mais la commission repoussait la proposition comme attentatoire au principe sacro-saint de la liberté du commerce et aussi avec plus de raison elle voyait l\u2019impossibilité de mettre le principe en pratique.En Angleterre, M.Moeller déclare que le nombre des débits est de 565 par 10,000 habitants, et donne pour une moyenne 2.95 par tête, tandis qu\u2019en Ecosse le nombre est de 364 par 10,000 habitants, et la moyenne est portée à 7.95 par tête.En somme l\u2019accroissement du nombre des débits est plutôt un symptôme qu\u2019une cause de l\u2019alcoolisation à outrance des peuples civilisés, mais un symptôme qu\u2019il ne faut plus négliger ; et, de plus, que si le débit fait le profit, le nombre n\u2019en fait pas le débit.M.Bertillon ajoute \u201cqu\u2019il ne lui semble pas que la limitation du nombre des débits doive rendre les services qu\u2019on en espère.\u201d 538 L'UNION MÉDICALE DU CANADA De là, s\u2019attaquant à une des racines profondes de cet arbre vengeur: l\u2019alcool, l\u2019on résolut de supprimer lës bouilleurs de cru.(c) Suppression en France des bouilleurs de cru?Ces derniers étaient des fermiers qui étaient censés distiller pour leur usage personnel les vins, marc et fruits, provenant exclusivement de leur récolte.Leur droit de licence n\u2019était que de dix francs par foyer.Mais donnez, accordez un privilège, et on essaiera de vous en soustraire deux et plus.En effet, ces bouilleurs, non contents de distiller leur récolte de fruits, en achetaient d\u2019autrui et faisaient la propagation de l\u2019alcoolisme dans les milieux ruraux.Le nombre qui était de 277,865 en 1875 s\u2019éléva en 1893 à 678,000, et la fraude annuelle était de 600,- 000 hectolitres.Les législateurs qui se chargèrent de cette gigantesque besogne, prévoyaient une lutte chaude, car les intéressés étaient légion.La guerre solutionnera probablement le problème.(d) A ce dernier moyen, s\u2019en joignit un autre, celui de monopoliser la vente et la fabrication de l\u2019alcool par l\u2019Etat.Ce système fut essayé dans différents pays et les résultats obtenus ne comptent guère avec les opinions et même je pourrais dire avec les intérêts du peuple.En Russie, la consommation de trois litres 95 par tête tomba en 1886 à 2.35 en 1894.Cependant, le nombre d\u2019individus poursuivis pour ivresse augmentait d\u2019une façon extraordinaire, et le buveur qui ne peut plus boire au cabaret boit dans la rue, et on le ramasse dans le fossé.[ L\u2019ivrognerie à domicile, nous dit Borodine, a augmenté considérablement.Elle a passé du cabaret dans la famille.En France, ce système fut établi en 1870, mais malheureusement, comme en Russie, la même faillite en suivit l\u2019application.Nous savons que depuis la guerre le tsar, dans un ukase, a prohibé la vente de l\u2019alcool.Les résultats se font déjà sentir favorablement.(e) Il est cependant un système que l\u2019on peut dire plus logique et plus raisonnable que tous les autres, c\u2019est celui de Gothemberg qui a si bien réussi en Suède et en Norvège, autrement dit, le monopole des sociétés.Le nombre des licences est déclaré fixe pour chaque année et ces licences sont mises à l\u2019enchère ,mais ne peuvent être acquises que par des personnes reconnues honorables.Voici, d\u2019après Foschien, comment on a appliqué ce système: Certaines sociétés de tempérance, usant d\u2019un pouvoir accordé par la loi aux sociétés, se rendirent adjudicataires des licences de débits afin de les exploiter dans L'UNION MÉDICALE DU CANADA 539 un but hygiénique et de façon à restreindre la consommation de \u2018l\u2019alcool.Ces sociétés tenancières de débits sont donc des sociétés de bienfaisance et non de spéculation.Avec leur règlement draconien, ces sociétés eurent le bon résultat de diminuer la consommation de P\u2019alcool et de combattre le paupérisme qui en est le corollaire.Mais comme tout règlement offre matière à perfectionnement pour qu\u2019il atteigne son maximum d\u2019effet, il faudrait que les bénéfices fussent laissés à la disposition des sociétés et non à celle des communes et il faudrait encore que le commerce des boissons fermentées recût une réglementation.(£) Enfin, Messieurs, j'en arrive à la prohibition qui, comme vous le savez, est un système américain dont l\u2019initiateur fut le général Appleton.Apres une lutte acharnée et un tavrail infatigable, la prohibition totale passa dans le Maine en 1857 sous le nom de \u201cLoi du Maine\u201d.Sept Etats suivirent l\u2019exemple de ce dernier, à savoir: Le New-Hanmpshire, le Vermont, le Towa, le Kansas, le North et South Dakota.Parmi ces Etats, le Kansas en a retiré de trés bons effets, puisqu\u2019en 1881, on constata : 1° La richesse du pays augmentée ; 2° Amélioration de la santé ; 3° La mortalité abaissée de 17 à Ÿ par 1000 habitants ; 4° L\u2019instruction en progrès ; 5° Le nombre des pauvres très restreints.Dans le Vermont, l\u2019Honorable Peck, ancien gouverneur de cet .Etat, dit que la prohibition est un bien.Et dans le Maine, l\u2019Hon.Seldon Connor ne voudrait à aucun prix voir revenir la loi des licences.Cependant, dans ce dernier Etat, la prohibition n\u2019a pas.donné, d\u2019après les expériences qui ont été faites, tout ce qu\u2019on en attendait.En effet, la prohibition n\u2019a eu pour effet que de changer les endroits où on débitait l\u2019alcool: du cabaret aux pharmacies ou tavernes établies dans les sous-sols, endroits dépourvus de ventilation et de toute condition hygiénique.De plus, l\u2019autorité, faut-il le dire, est d\u2019une mollesse désespérante pour l\u2019application de la loi telle qu\u2019établie.Encore plus, au troisième congrès des médecins de langue française, tenu aux Trois-Rivières en 1906, on a déclaré que sur 45 pharmacies, dans la seule capitale du Maine, Portland, il y en avait 20 où l\u2019on ne vendait que de l\u2019alcool.C\u2019est un abus que la loi peut re- primer. 540 L'UNION MÉDICALE DU CANADA En 1908, au congrès de tempérance à Québec, Mgr Bruchési déclarait que les mesures draconiennes ne sont pas de mise chez nous.En effet, on ne peut pas rendre les hommes vertueux par acte du Parlement et la morale repose sur toute autre chose que sur les codes.Pour être effective, toute loi doit être demandée, appuyée et soutenue par l\u2019opinion publique.Il s\u2019agit donc, Messieurs, de faire tout d\u2019abord de la propagande, et comment ?et pourquoi ?La lutte contre Palcoolisme ne pouvant se faire par l\u2019Etat seul, il faut surtout lui adjoindre l\u2019aide des sociétés anti-alcooliques.Ces sociétés le comprennent en se basant sur ce principe que la tempérance est une protection que l\u2019on obtient par l\u2019éducation de l\u2019enfance et des masses.\u2019 En effet, la cause la plus commune des abandons d\u2019enfants est, de l\u2019avis général, l\u2019alcoolisme des parents.D\u2019autre part, les enfants d\u2019alcooliques, du fait de l\u2019hérédité qui pèse sur eux, ont, dès leur jeune âge, une tendance instinctive à se livrer aux excès de boissons.Point n\u2019est besoin de répéter qu\u2019ils fournissent un fort contingent de mal- formés, de dégénérés, d\u2019épileptiques, d\u2019idiots, de criminels.En conséquence, il importe non seulement de recueillir ces enfants, mais encore de les soustraire par une éducation spéciale aux fatalités héréditaires qui les poursuivent, et on y parviendra en les élevant dans l\u2019abstinence et en les plaçant dans des institutions où l\u2019abstinence est en honneur.De même que les bienfaits de cette éducation sont grands et plus désirables dans l\u2019enfance, aussi, chez l\u2019adulte, cette éducation doit se faire.Principe d\u2019orgueil chez ce dernier: en lui montrant qu\u2019il est un être raisonnable et, qu\u2019alors, il doit se montrer à la hauteur de sa position, il s\u2019en montrera d\u2019autant plus digne, qu\u2019il sera tempérant, car \u201cLa tempérance grandit l\u2019homme\u201d, dit Léonard de Vinci.Chez certains individus, les tendances à boire, très développées, s\u2019accompagnent de mauvais instincts, d\u2019une paresse incurable, d\u2019un arrêt de développement du sens moral.Tous ces buveurs ne sont pas des délinquants, mais des malades qui peuvent et qui doivent être traités.Et le premier anpelé auprès de ce malade, c\u2019est le médecin lui-même, ou plutôt le prêtre de l\u2019avenir.Vous parlant ici du médecin, je terminerai en vous disant que le médecin vraiment dans sa mission est l\u2019exemple d\u2019une thérapeutique morale, et il est, de même un agent efficace pour ce malade.Les relations avec les clients, les L'UNION MÉDICALE DU CANADA 541 amis, les connaissances, lui fournissent l\u2019opportunité de répendre la saine doctrine.Prudent dans ses prescriptions, il n\u2019abusera pas des stimulants, il évitera leur usage prolongé, veillera à l\u2019éclosion de goûts et d\u2019habitudes qui peuvent devenir incontrôlables.Il rendra, enfin, son apostolat plus fructueux en n\u2019oubliant pas le vieil axiome: \u201cverba movent exempla trahunt\u201d.Ce faisant, Messieurs, ce médecin inspirera à tous: le respect de l\u2019homme, l\u2019amour de la famille, l\u2019idée de la Patrie et la Charité de Dieu.\u2014 0 NOUVZLLES La profession médicale et l'opinion publique à propos des congrés sanitaires.J\u2019ai assisté dernièrement aux délibérations de trois sociétés savantes réunies en séances publiques dans notre Vieille-Capitale : Québec.Tous les médecins avaient été invités par l\u2019Association d\u2019Hygiène publique, l\u2019Association Canadienne pour la prévention et la cure de la tuberculose et l\u2019Association des médecins sanitaires de notre province.Les séances eurent lieu à l\u2019Hôtel de Ville et à l\u2019Université Laval.J\u2019avais reçu depuis longtemps les programmes des séances et je savais que je tenais une belle occasion de m\u2019instruire en agréable compagnie.Je n\u2019ai pas été déçu.Je ne mentionnerai aucun des travaux présentés pour ne pas en oublier.D\u2019ailleurs ils seront publiés dans nos journaux de médecine, et nos lecteurs pourront en juger.Une seule chose m\u2019a profondément surpris et déplu: c\u2019est le petit nombre de médecins présents aux séances du Congres.Soixante- quinze confrères seulement avaient cru bon de se déranger de leurs occupations pour répondre à-l\u2019invitation des trois sociétés.Je connais l\u2019apathie des médecins et leur manque d\u2019union, mais ceci dépassait toutes mes prévisions.Individuellement, les médecins sont charmants; ils travaillent souvent jour et nuit et ils ont, je ne crains pas de le dire, le monopole du dévouement.Ils sont hors concours en matière de charité envers leurs semblables ! Mais n\u2019allez pas nlus loin ; ne leur demandez pas de s\u2019entraider, de s\u2019unir, de former un bloc solide, un groupe professionnel capable 542 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA de s\u2019imposer au respect de la masse et des gouvernements.C\u2019est au- dessus de leurs forces! Hélas! je l\u2019ai bien compris à Québec en présence de ces quelques confrères venus de Montréal, de Toronto, d\u2019Ottawa, et quelques-uns de l\u2019Ouest, entr\u2019autres le charmant confrère qu\u2019est le Dr Simard, de Régina, président et médecin en chef du Bureau d'hygiène de la province de Saskatchewan.Mon excellent ami le Dr J.D.Pagé, de Québec, qui est passé, depuis, de la vice-présidence à la présidence de la Public Health Association, s\u2019était donné beaucoup de mal pour l\u2019organisation de ce Congrès.Il fut bien secondé par notre ami le Dr Nadeau ct quelques autres de leurs collègues de Québec.Ils s\u2019attendaient, par conséquent, d\u2019y voir affluer un grand nombre de confrères venus de notre province et d\u2019ailleurs.L\u2019apathie de notre profession en décida tout autrement! Pourquoi sommes-nous si tristement divisés?Pourquoi ne savons-nous pas profiter d\u2019occasions comme celle-là pour nous grouper et faire, par le nombre, bonne figure devant le public et les autorités du pays ?Pourquoi?oui, pourquoi ne pas faire comme les autres corps professionnels ?Voici que, quelques jours auparavant, les Ingénieurs avaient tenu Jeur congrès annuel à Québec, et, à cette occasion, toutes les chambres du grand hôtel Château Frontenac avaient été retenues pour eux.Quelle haute opinion n\u2019a-t-on pas dû avoir, à Québec, de ces hommes de science, capables de se grouper ainsi! Je vois Son Excellence le Lt-Gouverneur, le Premier Ministre et le Maire de Québec, leur adressant des paroles de bienvenue, et je comprends leur admiration et leur respect qui durera et se manifestera à chaque occasion.Je comprends aussi, plus que jamais, pourquoi la profession médicale est mal écoutée chez nous.| lai décidé d\u2019assister, dans l\u2019avenir, à ces réunions où lon s\u2019instruit si agréablement.Je voudrais demander à tous les confrères de prendre le même engagement.J.E.DUBE L\u2019HOPITAL LAVAL No 6 EN FRANCE Deux lettres intéressantes de la part d\u2019un de nos collègues NOTE DE LA REDACTION.\u2014Le professeur Villeneuve veut bien nous communiquer deux lettres qu\u2019il vient de recevoir d\u2019un de nos collègues qui occupe une position importante dans l'hôpital Laval, en France, à Jcinville-le-Pont, où il a été définitivement installé.L'hôpital Laval est complètement distinct de l'hôpital St-Cloud.La direction scientifique en est confiée exclusivement à nos amis et collègues.Malheureusement un nom a été accolé à notre unité, que nous sommes obligés de subir, ici, \u2014 nomination politique surtout.\u2014 On nous dit que c\u2019est dans un but purement administratif.Nous le croyons sans peine, mais nous espérons qu\u2019avant peu notre hôpital sera libéré de cette tutelle qui ne cadre nullement avec nos habitudes, nos traditions, et le but que l\u2019Université Laval a voulu atteindre chez nos grands amis de France.Ces deux lettres sont le plus bel éloge que l\u2019on puisse faire de nos amis et collègues de là-bas qui ont, ainsi, créé une place prépondérante à notre Université Laval tant en Angleterre qu\u2019en France.Nous les en félicitons chaleureusement.Paris, 7 août 1916.Monsieur le professeur Villeneuve, à Montréal.Mon cher professeur, J\u2019ai reçu votre aimable lettre, il y a quelques jours, et je vous en remercie.Je savais très bien que vous ne permettriez jamais qu\u2019on profitât de mon absence à la guerre pour prendre ma place à la Faculté et à l\u2019Hôpital, je ne doutais pas que mes intérêts fussent on ne peut mieux sauvegardés entre vos mains; il m\u2019a fait cependant plaisir de vous entendre me le répéter.Depuis ma dernière lettre, monsieur le professeur, il s\u2019est passé beaucoup de choses intérssantes.Nous avons d\u2019abord quitté l\u2019Angleterre.Au commencement de juillet, nous avons laissé Folkestone, au grand complet, à l\u2019exception de Paré (1), qui est resté pour se qualifier comme médecin militaire.Le jeune neveu du professeur Marien a, en effet, joint nos rangs, il y a un mois environ.C\u2019est une acquisition précieuse pour notre hôpital.Je dois vous dire tout de suite que notre séjour en Angleterre, loin de nous nuire, nous a été très utile.(1) M.Paré est un ancien interne de l\u2019Hôtel-Dieu, élève brillant.Il est le fils du Dr Paré, de la Pointe aux Trembles. 544 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Nous sommes tous, aujourd\u2019hui, au courant du fonctionnement d\u2019un hôpital militaire, et lorsque le nôtre fonctionnera à son tour, nous ne serons pas ennuyés par toute cette procédure, nécessaire en temps de guerre, qui paraît être très compliquée au premier abord, mais qui devient très simple et facile à faire lorsqu\u2019on l\u2019a une fois apprise.Nos hommes, qui ont aussi fait du service d'hôpital, ont appris le métier d\u2019infirmiers, qu\u2019ils ne connaissaient pas du tout, et actuel - lement nous savons lesquels sont les mieux doués, nous connaissons ceux auxquels on peut confier les blessés avec plus de sécurité ; nos cuisiniers sont au courant de la cuisine spéciale d\u2019un hôpital, nos quar- tier-maitres ont acquis de l\u2019expérience dans le grand hôpital de Tap- low; tous d\u2019ailleurs ont étonné les Anglais, par leur tenue, leur discipline et leur travail.Les quelques mois passés sur la côte Anglaise nous ont permis de voir travailler nos médecins canadiens-anglais.Travail merveilleux, avec des méthodes et des techniques un veu différentes des n6- tres.Ces médecins allaient, je crois, compléter leurs études médicales, plutôt en Allemagne qu\u2019en France.La langue allemande leur étant plus facile à apprendre que \u2018a langue française, l\u2019enseignement à Berlin étant plus pratique, ct 1.facilités pour les étrangers étant plus grandes qu\u2019à Paris, il n\u2019y a rien d\u2019étonnant à cela.Nous avons donc eu l\u2019occasion de nous mettre au courant d\u2019une école médicale que nous connaissiens peu, et cette expérience nou- aidera beaucoup par la suite.Il y a une troisième chose qui nous a été utile en Angleterre.De cette dernière, je suis fier d\u2019en parler.Nos médecins, détaillés par groupes dans les différents hôpitaux.ont eu vite fait de se faire remarquer par leur travail et leur compétence.Si je pouvais, je vous raconterais une histoire dont notre plus jeune officier, le docteur Gauthier, ancine interne de l\u2019Hôtel- Dieu et de St-Paul, a été le héros, histoire qui a convaincu les autorités de la valeur scientifique de notre hôpital, partant, de notre Université.Les médecins chefs des hôpitaux où nous avons travaillé ne croyaient pas tout d\u2019abord que ces \u201cyoung French-Canadians, from Laval, from Quebec\u201d pouvaient soutenir la comparaison avec les médecins des autres universités canadiennes.Ils ont changé d\u2019opinion peu à peu et, dans les dernières se- J L'UNION MÉDICALE DU CANADA 545 maines de notre séjour en Angleterre, je vous assure que le nom de Laval était bien porté.Le vieux colonel Stuart, chef de l\u2018Hôpital représentant l\u2019Université Dalhousie, des Provinces Maritimes, et commandant à Folkestone le \u201cShorneliff military hospital\u201d, a été heureux, en nous laissant, de dire publiquement: \u201cThe Laval officers are the best medical officers I ever met.\u201d (1) Le professeur Osler, que vous connaissez bien, et qui rencontrait le professeur Décarie toutes les serhaines, à l\u2019hôpital Taplow, où celui-ci fut, pendant 2 mois, le médecin chef du service médical, ayant sous sa direction 10 médecins et plusieurs centaines de malades, ne tarit pas d\u2019éloges sur la valeur de notre colonel.Nous lui avons demandé de prendre l\u2019hôpital Laval sous sa protection ; il a accepté avec plaisir, et je vous assure qu\u2019il ne dira pas de mal de notre Université.Quand nous avons quitté l\u2019Angleterre, l\u2019hôpital Laval s\u2019était déjà fait une réputation considérable, et l\u2019Université Laval, beaucoup d\u2019amis qui ne la connaissaient même pas, ou qui ne la considéraient pas à sa juste valeur, il n\u2019y a pas 6 mois.Vous avez appris, probablement, que nous avons beaucoup insisté pour traverser en France, que nous nous sommes plaints de cette immobilité à laquelle on nous contraignait, de cette ignorance dans laquelle on nous laissait, quant à notre destination future.Moi-même, je déplorais cet état de choses, anxieux comme tous les autres de commencer à travailler dans mon hôpital, afin que notre travail bénéficie à Laval.EgoÏsme peut-être, mais égoisme pour notre Université.Maintenant que nous sommes en France, nous ne pouvons nous empécher de constater tout ce que nous avons gagné a séjourner quelques mois dans les hôpitaux militaires anglais, et je suis assez loyal pour l\u2019avouer.Nous sommes restés au Hâvre une semaine environ avant d\u2019arriver à Paris.Les médecins des hôpitaux de cette zone militaire nous ont très bien reçus, et se sont mis à notre entière disposition.Le Havre qui sert de base aux Anglais, sur le continent, a au- jorrdhui des hôpitaux anglais et français.Le Directeur Général des hôpitaux français, le Commandant Mersiol, nous a fait visiter tous les hôpitaux dont il est le chef, envi- (1) Encore une preuve.selon nous, de l\u2019ignorance regrettable de ces messieurs jointe aux préjugés, qu\u2019il n\u2019est pas facile de déraciner.\u2014 N.D.L.R. 546 L'UNION MÉDICALE DU CANADA ron 8 ou 9, de sorte que nous avons pu avoir une idée, une journée après notre arrivée en France, de l\u2019organisation militaire modèle française.Le docteur Leroy, qui est homme de lettres en même temps que médecin, m'a charmé var ses révarties amusantes, et surtout par l\u2019histoire de notre poète Orémazie qu\u2019il connaît depuis A jusqu\u2019à Z, étant celui-là même qui aida Desaulniers et les autres, à retrouver les restes de notre Grand Canadien, et à retracer les dernières années de sa vie, en France.Pieusement, nous sommes allés déposer des fleurs sur sa tombe, humble hommage de l\u2019Université Laval arrivant en France.Nous sommes arrivés à Paris vers le milieu de juillet.Nous avions ordre de nous rapporter à St-Cloud, au colonel Mignault.Le commandant de lhôpital stationnaire No 4 avait été promu, quelques jours avant notre arrivée, full colonel, et Directeur Général des hôpitaux canadiens de la zone de Paris.Le major Lebel et le major DeMartigny étaient nommés lieut- colonels, le premier devenant chef de l\u2019hôpital Mignault, le second commandant en second.On avait déjà choisi notre terrain, tout à côté de l\u2019autre hôpital, et la Croix Rouge Canadienne était prête à dépenser $100,000 & $200,- 000 pour nous construire.Il a démontré, depuis, que pour assainir et drainer ce terrain, pour y amener l\u2019eau, le gaz, l\u2019électricité, enfin le rendre convenable, cela nécessiterait des dépenses énormes, et prendrait plusieurs mois.Dans tous les cas, il y a 3 jours, le gouvernement français donnait l\u2019ordre d\u2019installer l\u2019hôpital de l\u2019Université Laval, à Joinville, sur les bords de la Marne, juste en arrière du bois de Vincennes, à une heure environ du centre de Paris.Le déménagement n\u2019a pas pris de temps.Aujourd\u2019hui, le camp de nos hommes est monté, ct nous pourrons probablement recevoir des blessés avant 4 ou 5 semaines, dans l\u2019hôpital temporaire que nous construisons sous tentes.Pendant ce temps, on construira l\u2019hôpital permanent, tout à côté; ce dernier, toujours financé \u2018ar la Croix Rouge Canadienne, qu\u2019on ne saura jamais trop remercier, devrait être prêt dans % ou 3 mois.L\u2019endroit que nous occupons est superbe.Il est situé sur un grand plateau, très sec, naturellement drainé par une légère déclivité du sol, bordé de 3 côtés par les limites du bois de Vincennes, et surplombant, du 4ième, la fameuse rivière, la Marne.1 8 hi ri Jeli fe th 1 UNION MEDICALE DU CANADA 547 Il y a ceci de très curieux, c\u2019est que nous de Laval, les plus pauvres de tous les hôpitaux qui ont traversé en Europe, nous aurons probablement le plus beau et le plus riche hôpital de tous.L\u2019Hôpital Général No 6 est tout à fait indépendant des autres hôpitaux; nous travaillerons comme unité distincte, et les blessés que nous aurons à traiter seront tous des Français.Je crois, Monsieur le professeur, que pour nous la période la plus dure et la plus difficile de notre entreprise est terminée.Nous avons réussi au-delà de nos espérances.L\u2019Université Laval a organisé un hôpital général, et cet hôpital va s\u2019installer à 1 heure de Paris, pour soigner des blessés Français, restant en contact intime avec la Faculté de Paris.Cet hôpital ne fera pas honte à notre Université, au point de vue matériel, car la Croix Rouge va dépenser pour nous installer près de un million de francs.Il nous reste à démontrer que cet hôpital pourra soutenir l\u2019honneur de notre Université, au point de vue scientifique.C\u2019est un nouveau chapitre qui s\u2019ouvre devant nous.Celui-ci ne nous fait pas peur.Si vous saviez comme nous aspirons À cet instant où nous pourrons enfin, traitant nous-mêmes des blessés, chez nous, dans notre hôpital, prouver que nos officiers, quoique jeunes pour la plupart, et peu connus, sont quand même assez bien doués pour que l\u2019Université Laval ait mis en eux sa confiance, et leur ait confié l\u2019honneur de la représenter en face du monde entier.Je les ai tous vus à l\u2019oeuvre, et je suis certain qu\u2019ils vont justifier toutes vos espérances.Si vous me demandiez comment il se fait que nous soyions traités en enfants gâtés, par le gouvernement français, par la Croix Rouge, par tous ceux que nous avons rencontrés, je vous répondrais par deux mots tout simplement: Université Laval.Mots magiques qui font ouvrir toutes les portes, levier merveilleux qui a fait remuer d\u2019un seul coup la Faculté de Médecine de Paris toute entière, qui a mis en branle toutes les influences dont elle peut disposer, qui nous a gagné le Gouvernement Français, avant que nous ayions même vu son représentant.Si vous aviez vu de quelle façon nos vieux professeurs nous ont reçus, avec quelle émotion ils nous ont serrés dans leurs bras, comme ils étaient heureux de notre venue, et combien vivement ils ont ressenti cette manière délicate imaginée par Laval, d\u2019envoyer en France un hôpital, pour venir aider les alliés, et payer la dette de science, contractée\u2019 par tous les médecins Canadiens-Français, qui sont déjà 548 L'UNION MÉDICALE DU CANADA venus ici, chercher la formation médicale qui a fait leur compétence et leur réputation depuis.Le travail que nos officiers, spécialement Décarie et Rhéaume, ont fait depuis notre arrivée en France, pour le plus grand bien de notre oeuvre, est tout simplement magnifique.Il y a 10 jours à peine, le professeur Décarie était invité à assister à une séance de l\u2019Académie de Médecine, où on le forcait à mou- ter à la tribune, et à s\u2019asseoir entre le président et le secrétaire, les professeurs Monod et Blanchard.Lorsqu\u2019en causant avec les membres de l\u2019Académie, avec son tact habituel, et son éloquence que vous connaissez bien, il a exposé l\u2019idée de notre hôpital, pourquoi nous étions venus, et qui nous représentions, il a été acclamé.Presque tous les académiciens, qui le connaissaient personnellement d\u2019ailleurs, Landouzy, Debove, Pinard, Gaucher, Toisier, Balzer, et j'en passe, ont tenu à aller lui serrer la main, à le féliciter du beau geste de Laval, et à lui promettre tout leur concours.C\u2019est ainsi que tous les services des hôpitaux nous sont ouverts.Nos officiers, en attendant que notre hôpital puisse recevoir des blessée, s\u2019en donnent à coeur-joie dans les hôpitaux de Paris.Il y en a chez Tuffier, Walter, Bérard, Marion, Gosset, Letulle, Desnos, Vidal, Gaucher, Chauffard, à Pasteur, nour ne nommer que les principaux.Si, en retournant au pays, nous ramenons avec nous une phalange de 20 jeunes médecins et chirurgiens, ayant complété leur éducation médicale sous l\u2019égide des grands maîtres que je viens de mentionner, ayant acquis l\u2019expérience que peut donner 1 a 2 années d\u2019hô pital de guerre, parfaitement qualifiés pour l\u2019enseignement, et prêts à tenir haut et ferme le nom de Laval, qu\u2019ils auront aidé eux-mêmes à élever sur un piédestal, ne croyez-vous pas, Monsieur le professeur, que nous, les ouvriers de la première heure, et vous ainsi que quelques autres qui nous avez aidés de vos conseils et de votre appui moral, auront le droit d\u2019être fiers de notre oeuvre, conscients que nous serons d\u2019avoir fait quelque chose d\u2019utile à notre Université, à la profession médicale Canadienne-Française, à toute notre race.IT Paris, 24 août 1916.Monsieur le professeur, Notre hôpital qui est installé à Joinville-le-Pont ne sera pas prêt à fonctionner avant quelque temps. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 549 Il avait été d\u2019abord décidé de se servir des tentes, et de construire l\u2019hôpital permanent pendant que le temporaire fonctionnerait.Il a été, depuis, trouvé plus sage de ne pas fonctionner sous tentes, et d\u2019employer tout notre personnel à la construction du permanent.La main-d\u2019oeuvre est plutôt rare en France, et tous nos hommes qui auraient aidé au fonctionnement de l\u2019hôpital sous tentes nous auraient enlevé autant de bras pour construire l\u2019autre.De toutes façons, nous fonctionnerons dans quelque temps avec un très bel hôpital.Nos médecins travaillent toujours dans les hôpitaux de Paris, et en retirent beaucoup d\u2019avantages.Dans quelques jours, plusieurs iront passer quelques semaines dans les hôpitaux du front, c\u2019est-à-dire dans ceux qui sont juste derrière les lignes, là où on reçoit les blessés directement des tranchées, \u201cet où l\u2019on fait les opérations d\u2019urgence.Ils iront, guidés par le Col.Rhéaume, qui représente dignement notre Université.Les professeurs Lagnan et Gaucher nous ont ouvert leurs services complètement.Je crois, en somme, que nous pourrons faire un beau travail.Le Col.Décarie doit rencontrer bientôt Monsieur Mesureur, le directeur de l\u2019Assistance Publique, sur la suggestion du professeur Pinard, et causer avec lui, sur la possibilité de faire nommer, à titre temporaire, de nos médecins comme internes, chefs de clinique dans les hôpitaux de Paris.Vous savez la pénurie de jeunes médecins français dans les hôpitaux civils de France.Il n\u2019y a plus que les vieux chefs, et quelques Grecs, Roumains, et Américains du Sud.On nous a laissé entendre que M.Mesureur serait très heureux de voir des Canadiens-Français assurer le service de ces hôpitaux.Cela fait penser, Monsieur le professeur, qu\u2019il y a une occasion unique pour les jeunes médecins Canadiens-Français du Canada qui désireraient venir à Paris, en civils, comme internes des hôpitaux.Ils pourraient s\u2019engager pour un temps déterminé, et n\u2019auraient rien à faire avec l\u2019armée.| D'ailleurs, quand cette question sera mise au point, je vous en reparlerai en détail ; nous transmettrons peut-être une offre à la faculté, de la part de la Faculté de Paris.Santé excellente comme celle de tous les camarades. LES MEDECINS MILITAIRES CANADIENS , EN FRANCE(\\) Le 4 septembre 1916, l\u2019Association des médecins militaires canadiens en France (section de Paris) inaugurait, dans le grand amphithéâtre de la Faculté de médecine, la série des réunions mensuelles qu\u2019elle a l\u2019intention de tenir en ce lieu.'T'out naturellement, cette première séance était présidée par celui qui offrait l\u2019hospitalité au nom de la Faculté, par M.le doyen Landouzy.À ceux qui recherchent la solennité du nombre on ne peut dire que cette séance d\u2019ouverture fut solennelle.Mais pour ceux qui purent être là, que de grandeur s\u2019exhalait de la simplicité du moment ! L\u2019impression produite par tant de places inoccupées se confondait avec le souvenir de tant de médecins parisiens retenus aux armées, et dont beaucoup, hélas ! ne fouleront jamais plus les gradins poussiéreux de la vieille Faculté.Toutes ces absences invitaient les assistants (j'allais écrire: les survivants) à se rapprocher davantage dans cette réunion quasi- familiale entre médecins canadiens et médecins français, entre alliés par le sang, par la langue, par la profession, par l\u2019idéal, par des circonstances tragiques extraordinaires.Les médecins français étaient d\u2019ailleurs en nombre respectable, et encadraient harmonieusement l\u2019état-major médical canadien, lequel comprenait notamment: le lieutenant-colonel Lebel, commandant de l\u2019hôpital de Saint-Cloud ; le lieutenant-colonel Beauchamp, commandant de l\u2019hôpital Laval; le lieutenant-colonel de Martigny; les capitaines Pariseau, Saint-Pierre, Petit-Clere, Lafleur et plusieurs autres.Aux côtés de M, le doyen (plus alerte que jamais) on apercevait M.Lucien Poincaré, directeur de l\u2019Enseignement supérieur au ministère de l\u2019Instruction publique; MM.Pinard, Pierre Marie, Hart- mann, Bazy, Walther, Schwartz, ete, et maints autres médecins et chirurgiens.Le salut de M.le doyen Landouzy, aux médecins canadiens, a été d\u2019une éloquence toute cordiale.On en connaît les termes élevés, et l\u2019on se rappelle cette courte mais bonne péroraison : \u201cLaissez-moi, vous souhaitant la bienvenue au nom de la Faculté de Paris tout entière, évoquer, de ma devise Onus et honos, qui fut celle de Gui Patin, l\u2019un de mes prédécesseurs, le second mot seulement; ainsi je marquerai d\u2019une pierre blanche cette journée d\u2019alliance médicale franco-canadienne.\u201d (1) Nous reproduisons de motre grand confrère parisien \u201cParis- Médical\u201d l'article suivant qui a paru dans le n° du 16 septembre 1916.\u2014 N.D.L.R. 556 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Le lieutenant-colonel de Martigny remercia en un discours remarquable qu\u2019on a pu lire ailleurs également, mais dont la fin, tout au moins, mérite d\u2019être sentie de nouveau.\u201cGrâce à votre courtoise indulgence, nous espérons, chers confrères parisiens, que vous nous ferez le grand honneur d\u2019assister à nos délibérations; bien plus, nous voudrions que vous y preniez une part active, que vous veniez nous aider à résoudre les angoissants problèmes de chirurgie de guerre que soulève la formidable convulsion mondiale qui doit aboutir, nous en avons tous ici la certitude, au triomphe du droit et de la liberté.\u201cNous vous demandons enfin de ne pas oublier qu\u2019en 1916 nous devions tous nous rencontrer à Montréal, dans le grand congrès de langue française que cette guerre n\u2019a fait que retarder.Nous avons le droit de compter, messieurs, que vous accourrez nombreux dans ce pays où, il y a près de quatre siècles, des Français, nos aïeux communs, venaient fonder en pleine paix la Nouvelle-France, le Canada d'aujourd'hui.Ils étaient alors 7,000 en tout.Aujourd\u2019hui, leurs fils qui, suivant leur devise, se souviennent, ont, au nombre de près de 500,000, volontairement abandonné leur Canada pour revenir cn France combattre à vos côtés le grand combat de la civilisation.Entendez-vous, là-bas, le canon de l\u2019Yser, le canon d\u2019Ypres?C\u2019est le canon canadien qui tonne à l\u2019unisson des canons français.Voyez ces soldats à l\u2019uniforme khaki, qui tombent face à l\u2019ennemi: ce sont nos frères.Heureux, oui, bien heureux, ces Canadiens, car ils dormiront leur dernier sommeil dans la terre sacrée de la France, la France, patrie de l\u2019humanité !\u201d Ensuite le capitaine Parsieau entreprit la partie scientifique de ces réunions en exposant en un français le plus pur, concis, facile, imagé çà et là, avee des digressions touchantes notamment en saluant la mémoire du fils glorieux du Dr de Martel, mort au champ d\u2019honneur; en exposant, dis-je, aidé par le cinématographe, la technique d\u2019Albee pour les greffes osseuses.Profitant du répit offert par la rupture d\u2019un \u201cplomb\u201d, le svelte et élégant conférencier fit part d\u2019une petite amélioration pratique qu\u2019il a apportée à l\u2019électro-vibreur de Bergonié, au moins pour un bon nombre de cas.Ainsi s\u2019est terminée cette première réunion qui en amorce d autres, scellant ainsi le premier anneau d\u2019une chaîne d\u2019union active, confraternelle, scientifique et civilisatrice, entre les médecins canadiens et les médecins français.CORNET. SUPPLEMENT LA MAISON PARLE-DAVIS & CIE Un demi siècle de progrès Le mois d\u2019octobre 1916 est une époque dans l\u2019histoire de la Maison Parke-Davis et Cie.Cette importante maison fu tfondée en 1866 \u2014 il y a 50 ans, ce mois-ci.Les fondateurs étaient des hommes d\u2019énergie mais pleins d'espoir ; leur capital, à cet date, paraîtrait insignifiant aujourd\u2019hui.Après des débuts aussi humbles, nous pouvons dire, sans prétention, pourquoi nous avens réussi dans la suite.Lorsque nous disons \u201csuccès\u201d nous entendons non seulement \u201cprospérité matérielle\u201d mais surtout celle, beaucoup plus importante et durable, que nous appelons \u201cbonne volonté et confiance\u201d.La fabrication des produits pharmaceutiques, à cette époque, était une tâche rude et imparfaite.La pharmacologie et la biologie n\u2019étaient pas encore nées; il n\u2019y avait ni sérums ni vaccins; la prophylaxie était à ses débuts, et l\u2019étude des principes actifs (extraits concentrés) était inconnue.Depuis cinquante ans, les méthodes de traitement des maladies humaines ont été transformées d\u2019une façon merveilleuse.La matière médicale a dépassé le rêve de ses premiers maîtres.Les conquêtes de la pathologie se sont multipliées et élargies considérablement.L\u2019empirisme a reculé devant la marche rapide de la thérapeutique rationnelle, et la médecine occupe, maintenant, une des premières places parmi les autres sciences.Dans ce mouvement général vers l\u2019avancement, la maison Parke- Davis et Cie occupe une place enviable, notamment par certa nes drogues d\u2019origine végétale qu\u2019elle a découvertes; certains produits nouveaux qu\u2019elle a imaginés.Elle a, aussi, été un pionnier et un producteur dans le champ si vaste des produits biologiques, dans les recherches originales soit au point de vue chimique, soit au point de vue biologique.Que seront les cinquante années qui vont suivre ?Seul le temps le dira, car nous vivons dans une ère de progrès.Les sciences médicales n\u2019ont pas encore atteint les sommets.L\u2019armature de la médecine devra s\u2019élargir et se consolider davantage.Nous verrons de nouveaux médicaments; ceux qui existent déjà seront perfectionnés.Dans cette évolution future \u2014 le passé fait foi de l\u2019avenir \u2014 la maison Parke-Davis et Cie participera au progrès général, nous en sommes sûrs., L\u2019Union Médicale adresse à cette importante maison ses meilleurs souhaits à l\u2019occasion de cet anniversaire."]
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