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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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L'union médicale du Canada, 1922-11, Collections de BAnQ.

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[" L'UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872.Vol.XLXII NOVEMBRE 1422 No 11 BULLETIN LE PRESIDENT DU COLLEGE DES MEDECINS ET CHIRURGIENS DE LA PROVINCE DE QUEBEC.Monsieur le docteur Boulet, Président du Collège des médecins et chirurgiens de la Province de Québec, permet-il à L\u2019Union Médicale du Canada, la revue scientifique dont il est l\u2019une des âmes dirigeantes, de le féliciter chaleureusement sur la confiance que le public médical de cette province vient de lui témoigner en l\u2019élisant pour un second terme au plus haut poste d\u2019honneur ?Cette marque de confiance réitrérée à l\u2019un des nôtres n\u2019est pas sans nous réjouir.La mentalité idéaliste de monsieur le docteur Boulet lui vaut cette confiance.Si d\u2019instinct nous allons vers ceux qui tendent à la perfection, à plus forte raison y allons-nous quand maintes fois la preuve a été faite des tendances de ceux qui nous dirigent.Monsieur le docteur Boulet n\u2019a absolument rien du démonstratif ni du démagogue.Il n\u2019est pas de ceux qui attirent de prime abord.Il faut le fréquenter pour le connaître.Et qui le connaît l\u2019estime.C\u2019est un positif.Il ne recherche que ce qu\u2019il veut.Il ne veut que ce qu\u2019il croit juste et bon.D\u2019aucuns peuvent se méprendre sur ses intentions.Cela tient à un défaut de fréquentation de leur part.Evidemment nous ne parlons pas ici de ceux qui, de parti pris, prêtent toujours les plus mau- vailses intentions aux dignitaires.Nous faisons simplement allusion aux critiques de bonne foi, dont il a pu être l\u2019objet, à l\u2019occasion de son premier éloge au fauteuil de la présidence du Collège des Médecins.Nous sommes particulièrement heureux de faire coïncider l\u2019expression de nos sentiments personnels à l\u2019égard du Président du Collège avec la publication du magistral discours qu\u2019il a prononcé 442 L'UNION MEDICALE DU CANADA sur les \u201cIntérêts professionnels\u201d, au dernier Congrès des médecins de langue française.Ce discours, à cause de son caractère idéaliste, a fait une impression profonde sur tous les médecins qui l\u2019ont entendu.Il a même eu les honneurs de l\u2019affichage au dernier procès- verbal de l\u2019assemblée générale des gouverneurs du Collège des médecins.Nous savons aussi qu\u2019il a fait plus qu\u2019attirer l\u2019attention de la mission française au Congrès.L?heure est assurément bien choisie, nous disait l\u2019un des délégués français, pour demander à la France \u201cde céder aux médecins français d'Amérique ou pour le moins au Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec quelques-uns sinon tous les privilèges accordés aux médecins de ses colonies.\u201d Le passage du docteur Boulet à la présidence du Collège des médecins n\u2019aurait-il eu que cet avantage de nous faire encore une fois retrouver par la France que nous lui en saurions gré.Mais il a fait davantage.Par sa dignité personnelle, son prestige et sa formation classique et française, il a rehaussé le niveau professionnel.En donnant au Conseil de discipline l\u2019importance qu\u2019il mérite, en s\u2019appliquant à perfectionner nos lois comme il s\u2019y applique à l\u2019heure présente, en assurant comme c\u2019est son désir, la stabilité matérielle de notre institution, il a mérité la confiance absolue de ses confrères et ses confrères sont heureux de le payer de retour, en l\u2019élisant pour un second terme au fautenil de la présidence. LE SYPHILITIQUE ET LA SYPHILIS Par le Docteur PAUL GASTOU, Chef du Laboratoire Central de l'Hôpital St-Lours de Paris, Ancien chef de Clinique de la Faculté de Médecine.Généralités sur la syphilis et le syphihtique L\u2019accident initial passe souvent inaperçu, et, de ce fait, la syphilis n\u2019est pas traitée utilement dès son début; ce qui est d\u2019importance capitale pour la stérilisation des accidents contagieux et la guérison de la syphilis.1° Le chanvre peut avoir une existence éphémère, ou être caché, en particulier chez la femme.2° Le chancre est souvent extra-génital.3° 11 existe des syphilis sans chancre initial.Donc: toute lésion exulcéreuse ou ulcéreuse, siégeant sur n\u2019importe quel point du corps (surtout bouche, lèvres, face, doigts, seins, région anale, etc,) à tendance subaiguë, non douloureuse, s\u2019accompagnant d\u2019engorgement ganglionnaire, doit être tenue comme suspecte, examinée microscopiquement, et néressiter une séro-réaction.Il ya lieu de tenir compte, dans la thérapeutique, l\u2019évolution et le pronostic de la syphilis, des constatations suivantes : 1° Nature ct origine du virus ou de l\u2019agent contaminant.2° Localisation initiale du chancre.3° Age et sexe du sujet contaminé.4° Evolution de ou des accidents (chancres multiples).5° Associations microbiennes.6° Terrain du sujet syphilitique.Ces constatations s\u2019appliquent aussi bien au chancre initial qu\u2019à l\u2019ensemble de la syphilis.1° Nature de l\u2019agent et origine \u2014MM.Levaditi et Marie ont cherché à différencier un spirochæte neurotrope produisant des lésions nerveuses, surtout la paralysie organotrope donnant des lésions cutanées et viscérales.T1 me paraît important de signaler que l\u2019on rencontre dans les chancres, des spirochætes à forme longues, moyennes et courtes, de gracilité et d\u2019épaisseur variables.Les formes longues semblent comporter une virulence plus considérable: il en est de même de l\u2019abondance des spirochætes. 414 L'UNION MEDICALE DU CANADA L'origine contaminante semble également impliquer un pronos- ue plus sévère, en particulier pour les chancres contractés dans les colonies.3° Lu loculisation faciale, crânienne et digitale du chaucre, comporte une plus crande gravité, surtout par suite de la méconnaissance cu chancre et de l\u2019extension lymphatique.3° L'âge et le serve impriment à la syphilis une allure spéciale.La gravité d\u2019une syphilis est d\u2019autant plus à craindre qu\u2019elle survient en bas âge ou à un âge avancé.Chez la femme, la syphilis est souvent méconnue.sarce que Worigine conceptionnelle.et dun pronosti sérieux du fait de la maternité.1° L'évolution du chancre et de la syphilis est subordonnée à lu précocité du diagnostic et du traitement, et à lintensité de celui-ci.On ne peut tabler d\u2019une façon absolue sur l\u2019envahissement plus ou moins rapide on intense des ganglions, qui, si elle peut être considérée comme un facteur de défense, est en général l\u2019indice d'une extension rapide de la sepiicémie syphilitique.0% Les ussocialions microbiennes : Ducrey, gonocoques.=pirilles, raicrobes ou bacilles divers, champignons: modifient l\u2019évolution du chancre ou des accidents secondaires et tertiaires de la syphilis.6° Le terrain individuek sur lequel se développe la syphilis est ui facteur considérable dans l\u2019évolution, le pronostic et le traitement de la syphilis.IT dépend des antécédents héréditaires et pathologiques du malade, de ses habitudes (alcool.tabac) -et genre de vie.I faut se rappeler que la syphailis réveille les lares nerveuses el viscérales, et que loute infection on intoxication esl provocalrice d'accidents.Conclusions * Chaque localisation et chaque période de la syphilis a sa thérapeutique.\u2014Le traitement de la syphilis doit se préoceuper en même temps que de la syphilis, de ses associations.\u2014Le traitement s\u2019adresse non seulement à la syphilis, mais au syphilitique, Le diagnostic de Uévolulion de la syphilis et de Uétat du syphilitique déterminent les directwes du traitement.En 1910, dans la préface du Guide pratique du Diagnostic de la syphlhis (1), j\u2019évrivais: \u201cLe diagnostic de la syphilis entraine à sa suite des conséquences individuelles, familiales et sociales sur lesquelles depuis longtemps et à plusieurs reprises a insisté mon Maître, le Professeur Fournier.\u201d L'UNION MEDICALE DU CANADA 445 Or ce diagnostic est des plus difficiles dans un grand nombre de cas; soit, que les signes de la syphilis ressemblent à ceux d\u2019autres maladies, soit que ces signes n\u2019existent pas et que la syphilis à l\u2019état latent ne donne lieu à aucun accident.Faire le diagnostic de la syphilis, alors qu\u2019elle n\u2019existe pas, c\u2019est condamner le malade, en dehors du tourment moral qu\u2019on lui inflige, à un traitement long, pénible et à toutes ses conséquences.C\u2019est le laisser vivre dans une incertitude indéfinie, le faire trembler-à chaque instant pour sa santé, celle de sa femme et de ses enfants.Ne pas faire un diagnostic, lorsque la syphilis existe, c\u2019est exposer le malade à des accidents souvent incessants, graves, quelquefois mortels.C\u2019est exposer à contaminer les siens, à procréer des descendants malades de sa maladie ou dégénérés physiquement et morale- mien.A cette question du diagnostic de la syphilis s\u2019ajoutent encore d'autres questions excessivement complexes et des plus importantes à répondre.Parmi elles: la contamination dans le mariage ou hors du mariage, la question de l\u2019allaitement, celle de la nature et des origines des dégénérescences et dystrophies, enfin la question du traitement de la syphilis.| Jusqu\u2019à présent la plupart de ces questions n\u2019ont pas été résolues.Par la clinique ct la statistique, on a posé quelques principes; mais, sil y a de nombreuses probabilités, il y a peu de certitudes.\u201d La découveite de Schaudinn a changé complètement l\u2019étude de ces questions.L\u2019étude du diagnostic de la syphilis et des nombreuses questions que soulèvent son évolution et son traitement doit être entièrement reprise à l\u2019aide de deux nouvelles méthodes: la recherche du spiro- chæte et le séro-diagnostic.J'ai, dans une monographie récente, montré de quelle utilité était, pour l\u2019étude du diagnostic et du traitement des accidents primitifs et secondaires l\u2019emploi de l\u2019ultra-microscope, (1) que j'avais déjà mentionné dans un article de la Presse médicale, en avril 1908.Si j'ai rappelé ici ce que j\u2019écrivais en 1910, c\u2019est pour insister longuement sur Ja nécessité absolue de baser tout diagnostic et tout traitement de la syphilis sur la recherche du spiroæte (ultra-micros- cope ou coloration) et la réaction de Bordet-Wassermann.On ne peus juger utilement de l\u2019action d\u2019une médication quelconque qu\u2019en nrocédant ainsi. 446 L'UNION MEDICALE DU CANADA Le traitement de la syphilis comporte un diagnostic précis.Or s\u2019il existe une syphilis dermatologique facile à voir, il existe une gypl .is latente, cachée viscérale qu\u2019il faut dépister ; d\u2019où deux variétés d'accidents syplilitiques : 1° La syphilis qui se voit; 2° La syphilis qu'il faut rechercher.1° Diagnostic de la syphilis qui se voit.Le diagnostic de cette variété d\u2019accidents syphilitiques est surtout d\u2019ordre dermatologique; il vise les lésions de la peau et des mu- queuscs, et s\u2019appuie sur: 1° La clinique; 2° L'emploi de l\u2019ultra-microscope, des méthodes de coloration, de ln séro-réaction de Bordet-Wassermann.Dans certaines localisations il nécessite : 3° la biopsie et l\u2019étude histologique (en particulier pour la langue).Il faut se rippeler que: 11 ne faut jamais faire de traitement local, d\u2019applications antiseptiques, ou de pommades quelconques sur un chancre génital, extra- génital, ou une ulcération suspecte, avant de l\u2019avoir examiné à Pultra-microscope.On ne doit appliquer que de l\u2019eau bouillie, sinon les sp:rochætes disparaissent.De même, ie pas faire de traitement spécifique avant d\u2019avoir un diagnostic précis et certain.Un grand nombre de Chancres sont considérés comme chancres syphilitiques, de même que des chancres syphilitiques peuvent être considérés comrne chancres mous, si au diagnostic clinique ne s\u2019ajoute pas la confirmation du laboratoire: ceci en particulier est important pour les nombreux chancres mous papuleux et chancres mixtes que Pon rencontre depuis la guerre.2° Le diagnostic de la syphilis qu\u2019il faut rechercher.Le dagnostic de la syphilis qui ne se voit pas est des plus importants et souvent des plug difficiles à réaliser.Importance de ce diagnostic : La fréquence de la syphilis, de 1914 à 1918 a été d\u2019environ 45,000 à 50,000 cas par an, ce qui fait 180,000 à 200,000 syphilis nouvelles.Or les syphilis acquises ou héréditaires interviennent, comme cause étiologique, dans la proportion de 40% dans les maladies chroniques ou viscérales des adultes.Nobécourt et Bonnet ont trouvé la réaction de Bordet-Wassermann u Æ. L'UNION MEDICALE DU CANADA 447 positive chez 4% des nourrissons et 4.38 des femmes récemment accouchées ; tous ces sujets étaient indemnes d\u2019accidents.Chez tout sujet qui ne justifie pas la cause de la maladie: trou- les de nutrition, maladie viscérale ou chronique, par une étiologie connue, il faut suspecter et rechercher : A\u2014Une syphilis latente que peuvent indiquer les signes cliniques, certains stigmates, les antécédents ou commémoratifs.B\u2014La syphilis ignorée ou méconnue, surtout chez les femmes et les enfants.C\u2014La syphilis dissimulée volontairement ou masquée par des lésions ou associations concomitantes : tuberculose, cancer, paludisme, infections, intoxications, etc.D\u2014La Syphilophobie ou syphilomanie, très difficile à éliminer et entraînant grelquefois des traitements inutiles et dangereux.Le diagnostic de la syphilis qu\u2019il faut rechercher se fait rarement par la clinique seule; c\u2019est alors un diagnostic de présomption ou de suspicion qu\u2019il faut confirmer par: 1° La réaction de Bordet-Wassermann du sang et du liquide céphalo-rachidien : 2° L\u2019examen physico-chimique et histologique du liquide cé- phalo- rachidien ; 3° La réactivation ; 4° Les examens radiologiques: radioscopie et radiographie ; 5° Les examens microscopiques et histologiques ; 6° La luétine-réaction, procédé non entré dans la pratique courante.Je ne puis m\u2019étendre sur la technique de chacune de ces méthodes qui sont du ressort du diagnostic; je n\u2019en dirai qu\u2019un mot au sujet de leur interprétation en ce qui concerne le traitement.Le séro-réaction (déviation du complément Bordet-Wassermann) ; ses causes d'erreur et son interprétation \u2014 La réaction de B.W.n\u2019aura de valeur clinique certaine que le jour où les différents laboratoires et techniciens, auront les mêmes méthodes, les mêmes te&hniques, les mêmes réactifs et surtout un antigène spécifique.La réaction B.W.faite selon la technique initiale de Bordet, avec un antigène de foie hérédo syphilitique contenant des spiro- chætes et sur sérum inactivé, est la méthode qui donne le plus de garanties.Ja méthod: de Hecht ou les procédés analogues, basés sur le sérum Tion chauffé.sont le plus souvent trop sensibles. 448 \u2018L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Il est indispensables actuellement de combiner les procédés au sérum chauffé et non chauffé.Il est nécessaire le plus souvent d\u2019employer des antigènes de sources différentes.I1 est indispensable, dans les cas cliniques douteux ou suspects, de pratiquer des réactions multiples, avec des procédés différents, et de renouveler les prises de sang à, plusieurs reprises et à plusieurs jours de distance.L\u2019envoi du même sérum dans plusieurs laboratoires donne une moyenne d\u2019indications quelquefois utile.Il ne faut pas oublier que la réaction de B.W.nécessite une technique de prélèvement du sang aseptique, rigoureuse, ne laissant pas la possibilité d\u2019actions hémolytiques ou anti-hémolytiques, surajoutées ou accidrntelles.Se rappeler que la réaction de B.W.peut être modifiée par la période digestive, les règles, la présence d\u2019affections rénales ou hépatiques, de trouh!es endocriniens, l\u2019existence de maladies infectieuses, la fièvre, la prise de médicaments.C\u2019est pour chvier aux résultats discordants des réactions sur sérums chauffé ou non chauffé que l\u2019on ajoute la déviation du complément faite sur le liquide céphalo-rachidien ou les urines (Robert Simon).Les réactions de déviation du complément faites sur des malades en traitement arsenical peuvent entraîner également des causes d\u2019erreur.(Voir Réactivation).| La réaciion de B.W.dans le diagnostic de la syphilis.La réaction de B.W.est confirmative et adjuvante, quand la syphilis est en activité.Elle doit toujours être faite dès le début.Elle est quelquefois positive avec des méthodes sensibles, en particulier sur sérum non chauffé, à partir du 12ième jour; elle l\u2019est presque toujours à partir du 25ième jour après l\u2019apparition du chancre.La réaction de B.W.sur sérum non inactivé est un moyen de présomption, quand elle est positive dans les cas douteux où la clinique reste hésitante, | Une réaction de B.W.négative, en dehors d\u2019une syphilis avérée et traitée (où elle est alors un moyen de contrôle du traitement) ne saurait avoir une valeur diagnostique: une réaction de B.W.négative n\u2019est pas l\u2019indice de l\u2019absence de syphilis.La réaction de B.W.et le pronostic.Dans les =«yphilis récentes, en activité ou traitées, une réaction de B.W.positive indique que l\u2019évolution de la syphilis continue. » L'UNION MEDICALE DU CANADA 449 Dans les syphilis anciennes ou latentes, un B.W.positif n\u2019entraîne pas un pronostic fâcheux, s\u2019il n\u2019existe aucun accident cutanéo- muqueux ou viscéral ; en tous cas, à lui seul, il ne saurait indiquer la possibilité d\u2019accidents contagieux.I] n\u2019a de valeur qu\u2019au point de vue du mariage, de la procréation et de la transmission héréditaire.La valeur positive d\u2019un B.W.du sang est plus importante quand elle s'accompagne d\u2019un B.W.positif du liquide céphalo-rachidien.La réaction de B.W.dans le contrôle et la direction du traitement.On ne peur guère faire de traitement méthodique et raisonné de la syphilis sans le contrôle du B.W.Ce contrôl: doit être fait, pour le sang, après chaque période de traitement pendant deux années consécutives; ensuite tous les trois mnois pendant la troisième année; deux fois dans la quatrième année.La fréquence du B.W.dans les années suivantes dépend de la positivité ou négativité successives et de la présence ou absence d\u2019accidents imputables à la syphilis.Il est utile de l\u2019accnmpagner, si possible dès la fin de la première année, d\u2019un B.W.du liquiide céphalo-rachidien, même en dehors de tout signe de réaction méningée (1).Une réaction de B.W.positive dans une syphilis en activité ou eu évolution indique In nécessité de faire ou de continuer le traitement.Une réaction de B.W.positive persistante après une ou plusieurs séries de traitements fait dès le début de la maladie indique: l\u2019insuffisance ou l\u2019inactivité du traitement, la nécessité d\u2019intensifier ce traitement ou de changer la médication (arséno-résistance; mer- curio-résistance).Une réaction positive irréductible à toute médication ne constitue pas une nécessité d\u2019un traitement spécifique persistant, surtout dans les syphilis anciennes ou sans signes.Elle indique une surveillance et l\u2019emploi de médications associées ou combinées (2).Interprétation clinique de la réaction de B.W.L'interprétation clinique de la réaction de B.W.se fait soit par les procédés colorimétriques (Echelle de Vernes, d\u2019Hallion et Carrion, etc.), soit par des notations conventionnelles indiquant la quantité d\u2019anticorps que contient le sérum examiné et, par suite, l\u2019existence de la syphilis et son degré de virulence. 450 L'UNION MEDICALE DU CANADA Cette notation varie selon les auteurs et les techniques.Voici celle employée au Laboratoire central de l\u2019hôpital Saint-Louis.Réaction pusitive totale +++ Syphilis confirmée \u2014 \u2014 Partiele \u2014 \u2014 suspecte \u2014 \u2014 faible \u2014\u2014 \u2014 douteuse \u2014 Négative partielle \u2014\u2014\u2014 4 \u2014 présumée, \u2014 \u2014 totale \u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014 absente Interprétation du B.W.au point de vue du contrôle du traitement.Réactions discordantes.Lorsqu\u2019on transporte cette interprétation dans le domaine thérapeutique, il est évident que plus la réaction est positive, plus elle indique de virulenceet d\u2019activité.Pour avoir des renseignements plus complets, il est nécessaire -d\u2019émettre en parallèle les réactions de B.W.au sérum non chauffé et au sérum inactivé.Il se produit alors des réactions discordantes des plux importantes au point de vue thérapeutique.La signification À en tirer est irdiquée ci-dessous : 1° Sérum non chauffé Sérum inactivé Réaction Hecht el Similaires Réaction de B.W.type HA Maladie en évolution, latente ou méconnue, non traitée ou à traiter.2° 4} \u2014 ++ Maladie en évolution: syphilis héréditaire ou ancienne, ou syphilis au début du traitement.39 HFH+H+ LOU = \u2014\u2014 44 Syphilis vers le 25iéme ou 30iéme jour de son évolution ou syphilis ancienne ou syphilis en traitement depuis quelque temps.4° \u2014 \u2014 \u2014\u2014\u2014 ou \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 Syphilis en traitement régulier ou syphilis n\u2019ayant pas été trai- tee suffisamment ou traitement interrompu depuis longtemps et à reprendre, ou syphilis douteuse à réactiver.po 1000 Syphilis stérilisée, sans accident, ou en voie de guérison.Traitement actif et suffisant.Syphilis à surveiller.véachon de B.W.du liquide céphalo- rachidien, examen histologique ou physico-chimique.Il est souvent difficile ou presque impossible pour le praticien de faire une ponction lombaire.Cependant celle-ci est souvent indispensable pour : 1° Se rendre compte, au point de vue des diagnostic et pronostic, s\u2019il n\u2019existe pas des réactions encéphaliques (Paralysie générale) ou médullaires (Myélite transverse, Tabès, etc.) Pr SEE L'UNION MEDICALE DU CANADA 451 2° Cette ponction est indispensable dans certains cas, où la réaction de B.W.du sang est négative, alors qu\u2019il existe des yhéno- mènes cérébro-spinaux.Dans ces cas, la réaction de B.W.du liquide céphalo-rachidien est souvent positive.De toutes façons, la constatation d\u2019hyperglycosurie, la lymphocytose anormale sont des facteurs importants de diagnostic et de pronostic.Lu réaction de B.W.et la réactivation.M.Milian a démontré qu\u2019on pouvait provoquer une réaction d\u2019Erxheimer, c\u2019est-à-dire réactiver des lésions syphilitiques latentes et, de ce fait, déceler l\u2019existence de la syphilis ,en pratiquant une ou plusieurs injections intra-veineuses de sels arsénicaux organiques, et en faisant ensuite, deux à trois fois, et à plusieurs jours de distance, des réactions de B.W.oo La technique de la réactivation est la suivante: injections de 0.15, 0.30 et même 0.45 cent.de Novarsénobenzol à 8 jours de distance.Séro-réactions de B.W.successives, 10 jours, 15 jours, 25 jours après la dernière injection.La positivité indiquerait l\u2019existence d\u2019une syphilis latente ou cachée.Cette conclusion a été discutée, et certains auteurs admettent que le fait seul d\u2019injecter des sels arsénicaux ou mercuriels peut déterminer une B.W.positive.Ce moyen est cependant à conserver, pour réveiller ure syphilis avéree, momentanément endormie.Les examens radiologiques et en particulier la radioscopie sont indispensables 1° pour le diagnostic des aortites, ectasies, lésions broncho-pulmonaires, pleurales, médiastinales; 2° pour en surveiller l\u2019évolution, sous l\u2019influence de la thérapeutique.Il en est de même des examens bactériologiques et histologiques.Le médecin praticien doit faire appel au Laboratoire chaque fois qu\u2019il est dans le doute, ou qu\u2019il désire un contrôle rigoureux du diagnostic et du traitement que ne peut pas toujours donner la clinique.Messieurs, en vous remerciant d\u2019avoir écouté avec bienveillance le commentaire d\u2019un chapitre de la douloureuse histoire de la syphilis et du syphilitique, permettez-moi de vous dire combien je suis heureux d\u2019être parmi vous et de vous apporter le salut fraternel de ceux qui vous admirent et surtout qui vous aiment.- Loin des yeux, près du coeur: telle est la devise du Français de France, pour le Français Canadien.\u2019 LA LUTTE CONTRE LA SYPHILIS HEREDITAIRE (1) Par le traitement des procréateurs et du nouveau-né ROLE DES DISPENSAIRES ANTISYPHILITIQUES DANS 7 LES MATERNITES Par MARCEL PINARD Médecin des Hôpitaux de Paris.La notion de syphilis tueuse d\u2019enfants n\u2019est pas nouvelle, mais - depuis A.Paré qui avait insisté sur ses méfaits, elle continue à sévir.Sur 500 ménages syphilitiques, A.Fournier note 40 pour cent -de grossesses à résultat malheureux et le taux de la mortalité infan- .tile sur ceux qui arrivent à naître vivants est de 42 pour 100.Sur les malades de ville, Fournier compte, sur 527 grossesses, - \u2018230 avortements, soit 43 pour 100.Sur la clientèle de l'hôpital Saint- Louis, 148 grossesses de femmes syphilitiques donnent 125 morts et 23 enfants qui naissent vivants.Jusqu\u2019en 1920, les chiffres de mortalité hérédo-syphilitique sont .restés à peu près les mêmes.Or il suffit d\u2019une lutte méthodiquement organisée pour obtenir des résultats excellents.Le traitement mercuriel ne donne que des résultats médiocres et insuffisants.Ainsi que le démontrent les statistiques de Sauvage, le traitement arseñical peut donner des résultats parfaits à la condition d\u2019être bien manié.| \u201c+ Le Dr Jeanselme a montré dès 1912 la tolérance parfaite du 606 intraveineux chez les femmes en état de gestation.Il est nécessaire, avant toute chose, de faire l'éducation des mé- \u201c decius et celle du public.On a jusqu\u2019ici caché la syphilis, on en parle à mots couverts, les \u201clgtatistiques officielles de morbidité et de mortalitté l'ignorent, les \u2018hommes de gouvernement présidant des conférences sur les fléaux suciaux en rayen- le nom, la presse se refuse à l\u2019imprimer.Pourtant, des premiers résultats sont à enregistrer en France.Le Comité National de propagande d\u2019hygiène sociale et d\u2019éducation _ prophylactique a a commencé cette éducation nécessaire, et le Dr Quey- \u2018 Tat, avec sa grande expérience a récemment à Paris, obtenu un grand \u201cuw -\u2014 (A) Communication au Congrès des médecins de langue francaise, à Momtréal septembre 1922. L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA 453 succès en faisant deux conférences sur la syphilis devant des auditoires de jeunes filles et de mères de famille.Quand cette éducation aura porté ses fruits, on obtiendra beaucoup plus souvent qu\u2019aujourd\u2019hui la stérilisation du procréateur syphilitique ou hérédo-syphilitique.Celui qui a contracté la syphilis ne doit se marier qu\u2019après la disparition de tous les signes de l\u2019affection contrôlés par tous les moyens d\u2019investigation actuellement connus (cliniques, sérologiques, céphalo-rachidieu, épreuves du temps et de la réactivation).Mais beaucoup sont porteurs de syphilis ignorée acquise ou héréditaire ; il serait donc nécessaire que l\u2019on fasse pour le mariage ce que l\u2019en fait pour entrer dans une administration d\u2019Etat ou pour contracter une assurance sur la vie; le fiancé et la fiancée passeraient che7 le syphiligraphe qui pratiquerait les examens nécessaires.Mais avant d\u2019arriver à cet idéal, le médecin doit mettre à profit l\u2019excellent réactif qu\u2019est la grossesse pour dépister une syphilis encore en activité.Toute femme en état de gestation devrait être examinée par le médecin au point de vue de la syphilis, et son analyse sérologique pratiquée, ainsi que celle du procréateur.I\u2019examen clinique et sérologique des parents peut d\u2019ailleurs ne pas révéler toujours une syphilis latente qui peut frapper durement la descendance.| Aussi faut-il donner une place importante dans ses recherches à l\u2019enquête familiale qui doit être largement menée et porter non seulement sur la femme, le mari, sur les gestations antérieures, (fausses coouches spontanées, dystrophies sur les enfants nés antérieurement, hydramnios, gros placentas, ete.) sur les collatéraux et les ascendants, sur les affections, accidents ou dystrophies survenues dans la famille.Dés que le diagnostic est porté chez la femme en état de gestation, il faut immédiatement instituer un traitement énergique aussi rapidement que possible.La méthode de choix consistera en séries progressives et répétée d\u2019arsenobenzol (606) ou de néoarsenobenzol (914) \u2018intraveineux, appliquées avec des précautions d\u2019usage et séparées par un répit de 21 jours entre chaque séries : 606: 0,10 020 030 040 0.50 0,60 0,60 0.60- 914: 0.15 0,30 0,45 0,60 0,75 0,90 0,90 0,90 On pourra mettre trois jours entre la première et la deuxième, 454 L'UNION MEDICALE DU CANADA quatre jours entre la deuxième et la troisième, six jours entre les suivantes.Si le traitement est commencé dès le début de la gestation, on pourra pratiquer trois séries arsenicales de sept ou huit pigûres chacune en ayant respecté les lois de l\u2019arsénothérapie (atteindre les grosses doses, seules efficaces; ne pas prolonger les périodes de repos de plus de trois semaines).Plus le traitement sera institué tardivement, plus les chances favcrables diminvent, mais néanmoins il faut toujours y recourir, et nous répétons que la voie intraveineuse est la méthode de choix, et que les accusations portées contre elle sont démenties par les faits, comme nous le verrons tout-a-I\u2019heure a examen des résultats.Signalons toutefois le fait intéressant que les femmes en état de gestation supportent mieux les arsenicaux à ce moment, de même que les femelles de cobayes ou de lapins.Toutefois, si la difficulté de faire des injections intraveineuses se présente, on pourra recourir à la médicaton sous-cutanée en employant des corps comme le sulfarsénol ou le métarsénobenzol sous- cntané aux mêmes doses que le 914 intraveineux.Chez l\u2019enfant hérédo-syphilitique, ce ne sont pas les accidents qu\u2019il peut présenter qu\u2019il faut combattre, c\u2019est la syphilis elle-même et c\u2019est la stérilisation qu\u2019il faut avoir également comme idéal.Ici deux méthodes de choix : ° Méthode intraveineuse: Dans la jugulaire externe (technique de Blechmann), 914 en solution concentrée ; série de huit injections progressives, par exemple pour un nouveau-né de 3 kilogrammes: 0,005 0,01 0,015 0,02 0,03 0,04 0,045 0,045 Les trois premières injections seront pratiquées tous les quatre jours, les suivantes tous les six ou sept jours.Le repos intercalaire sera de vingt et un jours.À partir de la deuxième série, on pratiquera une analyse de sang avec le sérum non chauffé, et quand il sera négatif on pratiquera encore après deux séries successives à doses en rapport avec le poids de enfant, de manière que les deux dernières injections de chaque série soient faites à la dose d\u2019un centigramme et demi par kilo gramme.Dans les cas très graves, on sera autorisé à négliger les fortes réactions qui pourraient survenir en pratiquant les grosses doses d\u2019emblée et on pourra, suivant la technique de J.Renaut, injecter immédiatement une première dose d\u2019un centigramme un tiers par L'UNION MEDICALE DU CANADA 455 kilogramme et continuer cette dose chaque semaine pendant huit semaines.2° Méthode sous-cutanée : Si des difficultés matérielles, notamment l\u2019absence d\u2019aide s\u2019opposent à l\u2019injection intraveineuse, on pourra .recourir à la médication sous-cutanée qui donne d\u2019aussi bons résultats à la condition d\u2019employer un corps actif et bien toléré et de l\u2019employer aux doses ordinaires.Nous recourons dans ce cas au sulfarsénol en suivant exactement la même ligne de conduite que par la voie intraveineuse et en atteignant également la dose d\u2019un centigramme et demi par kilogramme.Ce traitement, auquel nous nous sommes fixés, avec mon élève et ami Pierre Girand, dure en moyenne une année, comporte quatre à cinq séries arsenicales et exige ensuite une surveillance de l\u2019enfant pour constater si la stérilisation a bien été obtenue.OBSERVATION 21.05.286 Louis A.Né à terme à Baudelocque le 10 mai 1921, pesant 3.350 grammes, Placenta 770 grammes, Le nourrissen est amené à la consultation des Maladies héréditaires le 25 mai 1921.Il présente un ventre étalé, un foie très augmenté de volume, une rate perceptible, bulles de pemphigus au niveau de la paume des mains et de la plante des pieds, des lésions papuleuses circiuées sur le tronc et les avant-bras.Examen microscopique.Coloration Fontana Trilondeau.Tréponèmes nombreux.Examen sévologique.25 mai 1921.Hecht.Positif.Traitement au sulfarsénol sous-cutanée.PREMIERE SERIE: 25 mai au 29 juillet Piqûres 1° ge 3° 4° 5° 6° 7° g° 9 10° Poids : 3.600 3.700 3.780 3.960 4.260 4.470 4.600 4.700 4.900 5.080 Doses: 0,005 0.01 0015 \u20180,02 0,08 0,04 005 0,06 0.07 0,07 \u2014 0 gr.37 Repos de 3 semaines.DRUXIEME SERTE: 26 août au 28 octobre Piqûres 1° 2° 3° 4° 50 .6° 7° 8° 9° 109 Poids: 5.850 6.030 6.260 6.350 6.560 6.730 6.980 7.250 7.350 7.550 Poses: 0,01 0,12 0,03 0,04 0,05 0/06 0,07 0,08 0,10 0,10 \u2014 0 gr 56 Examen sérologique après un repos de 13 semaines.Hecht 00.Négatif.TROISIEME SERIE : 18 novembre au 20 janvier 1921 Piqûres 1° 2° 3° 4° 5° 6° 7° 8° go 10° Piqiires: 7,850 7.900 8.080 8.020 8.200 8.400 8.550 8.680 8.740 8.780 Doses: 0,02 003 0,05 0,07 0,08 008 0,09 0,12 0,12 0,12 \u2014 0 gr 74 Examen sérologique après un repos de 3 semaines.Hecht 00 négatif.17.2.22 456 L'UNION MEDICALE DU CANADA Réuctivation 1 piqûre de 0,04 centigr.Fxamen sérologique 2 semaines après Hecht 00 négatif, 10 mars 22.Examen du liquide céphalorachidien, 10.4.22 Tension: Gouttes normales Albumine : 0,17 Lymphocytes: 0 B.W.type: 00 Observation : Les lésions spécifiques disparurent dès la 4ième injection de sulfarsénol.Si les bons résultats sont faciles à obtenir en clientèle de ville, À In condition toutefois que le médecin ait l\u2019énergie nécessaire et soit cor-aineu de l\u2019importance de son action, il n\u2019en est pas de même dans la clientèle hospitalière, souvent mobile, insouciante et ignorante.On ne pouvait espérer en pratique attirer les futures mères dans des hôpitaux généraux et spécialisés; il fallait au contraire que le syphiligraphe se transporte avec son dispensaire dans la maternité même.Aussitôt après l\u2019armistice, le professeur Couvelaire voulut réaliser cette idée à la Clinique Baudelocque.Le dispensaire, dont la direction me fut confié, fut installé dans des locaux de fortune et fonc- rionna avec l\u2019assistance dévouée de mes collaborateurs du centre de syphiligraphie militaire que la démobilisation libérait.Le dispensrire pour traiter les maladies héréditaires ainsi qu\u2019il fut dénommé, s: développa peu à peu en enfant illégitime, mais bientôt l\u2019Assistance publique en reconnaissait l\u2019utilité et accordait son concours officiel et des crédits.La Maternité est l\u2019endroit de choix pour ces dispensaires : atmosphère familiale et morale où les femmes viennent plus volontiers que dans un hôpital, aù elles reviendront facilement suivre un traitement pour elles ou leurs bébés, après leur sortie, sans avoir à craindre d\u2019aller aborder tin hospice nouveau et des figures nouvelles.Endroit de choix parce que des quantités de syphilis qui seraient restées latentes ans la gestation se révèlent à la maternité par l\u2019hy- dramnios, l\u2019avortement, le gros placenta, les malformations de l\u2019enfant, le manque d\u2019accroissement pordéral, les troubles digestifs, etc.Endroit de choix encore parce que l\u2019on profite également du grand recrutement des consultations de femmes enceintes, du service d\u2019eccouchement, des consultations de mères nourrices et de nourrissons, tout ce qui est ou a été anormal dans l\u2019histoire des consultants provoque une e\u201dquête.- La syphilis reconnue ne doit pas seulement être traitée pendant la gestation.mais pendant tout le temps nécessaire à sa stérilisation.ll cms SEG -\u2014e - = -_ L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA 457 Il lui faut en outre faire comparaître toute la famille (père, mère, enf: nts), et traiter tous ceux qui sont atteints.315 malades ont été soignées au dispensaire en 1919, 837 en 1920, 1,116 en 1921.En janvier 1921, nous traitions 8 enfants par séance; nous en traitons 80 aujourd\u2019hui.Ces médications arsénicales intensives, intraveineuses chez les femmes, sous-cutanées chez les nourrssons, ne sont pas dangereuses et sont très efficaces.Autrefois, on n\u2019osait pas traiter les syphilitiques pendant leur s.cstetion à canse \u201cde l\u2019émotion que donne le mercure\u201d comme disait de Blégny.Un: femme dissimulait sa grossesse pour faire traiter sa syphilis (Maur:ceau).Ces mêmes raisons furent invoquées lors de la découverte du 606.Or.a accusé la méthode de provoquer des avortements Les chiffres répondent : Ce sont des femmes qui ont le plus de piqûres arsenicales intraveineuses pendant la grossesse qui ont les résultats les meilleurs: Aimsi: 21 femmes traitées avant et après la gestation donnent : enfants vivants .2.+.21 enfants morts .0 29 femmes traitées pendant la gestation (2 ou 3 séries de piqiires: enfants vivants .+ +, .27 enfants morts ., .2 36 femmes n\u2019ayant reçu qu\u2019une seule série de piqûres donnent enfants vivants - ., .33 enfants morts .2., .3 16 femmes insuffisamment traitées (moins d\u2019une série compléte de 914): enfants vivants .9 enfants morts .© 7 53 femmes syphilitiques non traitées donnent enfants vivants , .20 enfants morts .33 Ces chiffres montrent à la fois l\u2019efficacité et l\u2019innoculté du traite:nent arsenical intraveineux chez les mères.Pour les crifants, 1,200 injections ont été pratiquées chez les iouveaux-nés et nourrissons dans le premier semestre de 1922 sans un incident notable.Nous conclurons en insistant sur quelques points particuliers.La constatation de syphilis virulente chez des nouveaux-nés dont les parents sont sains en apparence et dont la sérologie est négative est souvent expliguée par une syphilis d\u2019un grand-père.L\u2019étude de 458 L'UNION MEDICALE DU CANADA la syphilis chez les nouveaux-nés ne tarde pas à rendre interventionniste chez les femmes suspectes, car au début, il arrive qu\u2019on commet souvent la faute de ne pas traitev des femmes syphilitiques héréditaires qui accouchent ensuite d\u2019enfants tarés.Pour les enfants nés de syphlitiques, il faut être également inter- veniionniste et les traiter.La sérologie est souvent négative chez e 1x; il faudra d\u2019ailleurs se méfier des analyses faites sur sang prélevé par ventouse scarifiée souvent négatives, alors que le sang pris dans la jugulaire aurait donné au contraire un résultat positif.Avec l\u2019excellence des armes et des méthodes que nous possédons maintenant pour traiter la syphilis, on devrait, par une propagande énergique et une éducation rationnelle des médecins et du public, ne plus permettre ia venue au monde d\u2019un enfant taré et malade, qui sera souvent un infirme, & charge pour les siens et la société et qui ponrra continuer à propager l\u2019affection. Les Intérets Professionnels et le Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec (1) Par le Docteur BOULET, Président du Collège des Médecins de la P.Q.Messieurs, Ce n\u2019est qu\u2019à la onzième heure, pourrais-je dire, qu\u2019il noous fut donné de connaître l\u2019honneur qui nous incombe de présider la section du Congrès des médecins de langue française, intitulée : \u201cLes intérêts professionnels\u201d A la vérité, nousn\u2019en fâmes pas tout à fait surpris, ce privilège étant surtout accordé au Président du Collège des médecins et chirurgiens de la province.Vous nous saurez gré, j'espère, d\u2019être plutôt bref dans ce petit discours d\u2019ouverture, dans lequel nous ne désirons émettre que quelques idées générales et rappeler succinctement le caractère, les tendances, le rôle et la mission du Collège des médecins et chirurgiens que nous représentons en ce moment.À notre sens, cette rubrique, Les intérêts professionnels, est d\u2019envergure très large, et nous serions fort heureux de constater que c\u2019est lPopinion du grand nombre, s\u2019il nous était donné d\u2019entendre quelques dissertations, non seulement sur les moyens à prendre et les mesures à obtenir pour endiguer le flot du charlatanisme sous toutes ses formes, mais encore et surtout, sur les moyens de moraliser de plus en plus notre profession, de faire connaître des caractères essentiels de notre vocation, de mettre bien en vedette les qualités physiques, intellectuelles et morales que nous devons tous posséder ou acquérir, sans omettre, pour le bénéfice de ceux qui s\u2019en viennent, de causer des difficultés inhérentes à la formation du médecin, des préparations essentielles aux études médicales, de l\u2019initiation à la clinique, de nos devoirs envers les malades, de l\u2019acquisition des techniques, de l\u2019apprentissage chirurgical, de la déontologie des étudiants, de la responsabilité professionnelle, des dangers de la spécialisation prématurée ,des abus professionnels, de la thérapeutique intéressée, de l\u2019art de formuler soi-même, et enfin de la critique des modes de rénuméra- tion, de la fixation des honoraires, de la collaboration médico-chirur- gicale, des rapports des médecins entre eux, avec leurs auxiliaires et (1) Au Congrès des médecins de langue française, septembre 1922. 160 L'UNION MEDICALE DU CANADA avec leurspatients, des qualités essentielles aux directeurs de sanatoriums et de dispensaires qui se multiplient, enfin du courage professionnelle et de la responsabilité morale, civile et pénale du médecin.Voilà, nous semble-t-il, autant de têtes de chapitres qui devraient, au préalable, être l\u2019objet particulier de plusieurs causeries, afin de pouvoir mieux par la suite disserter comme il convient sur les questions connexes aux intéréts professionnels.L\u2019on objectera peut-être que ces questions sont plutdt du ressort universitaire.Nous nen d\u2019isconvenons pas, mais soyez assurés, et c\u2019est là l\u2019un des résultats très positifs de nos Congrès, que les universités s\u2019attardent d\u2019autant plus à la considération d\u2019une question ou d\u2019un problème professionnel qu\u2019elles savent cette question ou ce problème être l\u2019objet constant de la sollicitude des praticiens.Il est juste que le médecin zonge à se parfaire en science et en dignité! Il est raisonnable aussi qu\u2019il pense à tarifer la reconnaissance volatile de ses clients, qu\u2019il songe aux moyens à prendre pour venir en aide aux confrères déshérités de la fortune, vieillis ou malades.La question du tarif médical et celle de l\u2019assurance-vie pour les médecins sont deux questions primordiales qui peuvent, peut-être, dans un Congrès comme celui-ci, trouver leur solution définitive.Quelques sociétés médicales s\u2019en sont occupées déjà, et le Collège des médecins loin de s\u2019en déssintéresser en cherche depuis longtemps la formule.En tous cas elles constituent, en deuxième plan, le cadre des intérêts professionnels, et nous serions heureux d\u2019entendre toutes les suggestions nouvelles qui pourraient être faites sur ces sujets.Vient, enfin, la question du charlatanisme, vieille comme le monde, toujours anciennes et toujours nouvelles.C\u2019est la punition de nos propres abus.(Pest le poids lourd et inaliénable de notre condition.Les médecins de tous ies âges l\u2019ont porté à leurs flancs et s\u2019en sont plaints.L\u2019histoire ne fait d\u2019exception pour aucune époque.La nôtre n\u2019en est pas exempte.Celle de demain en souffrira sûrement.D\u2019aucuns ne voient dans les intérêts professionnels que cette question du charlatanisme.Les esprits sérieux ne dédaignent sûrement pas de s\u2019en occuper; mais ils estiment le maîtriser beaucoup plus sûrement par les compétences professionnelles qui ne craignent pe EEE L'UNION MEDICALE DU CANADA 461 pas de regarder en face les saltimbanques du charlatanismes quel qu\u2018ils soient de, dénoncer leurs fumisteries au peuple, d\u2019en démontrer la canaillerie par l\u2019enseignement publie de l\u2019hygiène, par des conférences et par des tracts, plutôt que de tenter de faire croire au monde médical lui-même, qu\u2019il y a péril en la demeure, que le charlatanisme n\u2019est pas combattu avec assez d\u2019ardeur par ceux qui ont mission de le combattre, chaque fois que l\u2019occasion s\u2019en présente.Messieurs, il ne faut pas que les petites considérations deviennent le tombeau de celles d\u2019ordre supérieur que je vais essayer de développer maintenant.C\u2019est pous s\u2019occuper d\u2019une façon tout à fait particulière des intérêts professionnels dont je viens d\u2019énoncer les grandes lignes, c\u2019est pour étudier, élaborer et définir toutes les autres grandes questions qui s\u2019y rattachent que fut créé le Collège des médecins.Le Collège des médecins et chirurgiens du Bas-Canada date de 1847.Il devint le Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec en 1867.C\u2019est le nom corporatif des médecins de cette province.Comme tous les noyaux qui se forment, le nôtre prit plusieurs années à se préciser, à s\u2019arrondir, à devenir ce qu\u2019il est aujourd\u2019hui.La grande réforme date de 1909, alors que fut établi pour la gouverne de la profession, un secrétariat permanent, une tenue de livres adaptée à nos besoins, un contrôle rigide des correspondances, et un système de dossier à fiches pour chaque étudiant, pour chaque médecin et.pour chaque charlatan.Pour renseignements aux médecins étrangers qui nous font l\u2019honneur de nous écouoter, que l\u2019on me permette de donner quelques détails sur notre administration et sur son caractère.«Le Collège est régi par vingt-et-un gouverneurs dont dix-huit sont élus tous les quatre ans par le corps médical et trois par les universités.Les élections se font au scrutin secret.L\u2019Exécutif comprend le président, trois vice-présidents et un registraire.Ce dernier, dans l\u2019esprit de la loi, est un officier permanent qui ne saurait être démis de ses fonctions sans raison grave et que sur un vote des deux-tiers des gouverneurs.Il est le chef du secrétariat de la profession médicale.Ses bureaux sont en permanence ouverts au public, à Montréal.| Permettez-moi d\u2019ouvrir ici une parenthèse.Vous n\u2019êtes pas sans remarquer lab\u2019sence du Registraire de cette réunion, Moonsieur le docteur Gauvreau, je le sais pertinemment, devait vous entretenir aujourd\u2019hui des amendements projetés à la loi médicale, étudiés et 462 L'UNION MEDICALE DU CANADA acceptés par l'Exécutii, et qui doivent être soumis à l\u2019approbation de l\u2019assemblée générale des gouverneurs du Collège le 27 septembre courant.Malheureusement, la semaine du Congrès soïncide avec la semaine de nos examens préliminaires à Québec.Le docteur Gauvreau, qui par devoir professionnel préside ces examens, ne pourra quitter Québec qu\u2019après la clôture du Congrès.Si au cours de cette séance, les amendements à la loi médicale sont à l\u2019ordre du jour, je me\u2019fforcerai, en l\u2019absence du registraire, de vous donner les renseignements requis.Le secrétariat du Collège des médecins est l\u2019organisme le plus important de notre administration.Depuis treize ans, là s\u2019accumule, dans des dossiers particuliers, tout ce que peut révéler, sur le compte des élèves, des médecins et des.charlatans, les notes d\u2019examens, les rapports universitaires, les faits divers, les petites et les grosses an- onces, les enseignes électriques ou les réclames perdues.Vous ne sauriez croire de quelle utilité sont ces dossiers pour la bonne gouverne de la profession.C\u2019est par eux que nous pouvons juger de la mentalité générale à une époque donnée.\u2018| Je ne voudrais pas sûrement, en cette circonstance, parler en pessimisme, mais j'avoue très candidement que mon passage à la présidence m\u2019a fait connaître bien des choses que je ne soupçonnais même pas.J\u2019étais sincère lorsque élu Président du Collège en 1918, je déclarais devoir consacrer mes efforts à l\u2019assainissement professionnel.Je le suis bien davantage, aujourd\u2019hui, en faisant la même déclaration, parce que l\u2019expérience de mes quelques années au fauteuil de la présidence m\u2019a prouvé, de facon à n\u2019en pas douter, qu\u2019il y a beaucoup à faire de ce côté, et qu\u2019il ne faut pas être surpris des sévérités manifestées dans le passé par notre Conseil de discipline et des sévérités plus grandes encore qu\u2019il devra manifester, même au lendemain de re Congrès.I] ne faut pas cependant s\u2019attarder à croire que toute notre administration se ésume à un double rôle de police et de détective privé.Ce serait méconnaître tbsolument les services rendus par nos gouverneurs, et ce serait surtout diminuer le caractère essentiel de notre corporation.« L\u2019aspect administratif sous lequel j\u2019envisage présentement le collège des médecins comporte des devoirs et des responsabilités beaucoup plus étendus, qui s\u2019appellent - .> L'UNION MEDICALE DU CANADA | 463 Nos relations avec les universités.Nos relations avec le Conseil médical du Canada.Nos relations avec les provinces-soeurs.Nos relations avec le public canadien.Nos relations avec le public étranger.Je ne fais que désigner ces questions d\u2019importance capitale.Ce n\u2019est ni le temps ni le lieu de les développer.Permettez, un instant, que je m\u2019attarde aux plus importantes.Ainsi, je ne saurais omettre de vous dire que notre privilége d\u2019échange, sans condition, de notre licence avec celle du Royaume- Uni de la Grande-Bretagne et d\u2019Irlande, est un privilège qui vaut à nos médecins de pouvoir se qualifier, sans examen, pour exercer dans tous les pays du monde qui échangent avec l\u2019Angleterre.Malheureusement pour nous, l\u2019Angleterre et la France qui depuis quelques années ont tant d\u2019intérêts communs, n\u2019en sont pas encore rendues à l\u2019article du traité qui pourvoit à l\u2019échange interallié du droit d\u2019exercer la médecine.A cela, il n\u2019y a rien d\u2019étonnant.La mentalité et l\u2019éducation des deux peuples sont trop dissemblables pour qu\u2019un tel échange ne soit jamais possible.Mais avec nous de la province de Québec qui luttons depuis trois cents ans pour conserver sur cette terre d\u2019Amérique un rayon de la culture française, pour nous qui avons fondé ce Congrès des médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord dans le but, très candidement avoué, de chercher à nous élever jusqu\u2019à la science médicale française et de la faire rayonner de préférence à toute autre, ne serait-il pas possible pour la France, de céder, aux médecins français d\u2019Amérique ou pour le moins au Collège des médecins et chirurgiens de la Province de Québec, quelques-uns, sinon tous les privilèges accordés aux médecins de ses colonies ?J\u2019attire particulièrement et respectueusement l\u2019attention des représentants officiels de la France sur cette question, et je vous prie vous prie de croire, messieurs, que notre Bureau qui s\u2019y intéresse depuis longtemps continuera à s\u2019y intéresser.Mieux que personne, nous comprenons que des questions de cette importance ne peuvent se régler en un jour.Quand l\u2019on sait, par exemple, ce qu\u2019il en a coûté de correspondances, de rapports et de mémoires pour l\u2019obtention de ce privilège d\u2019échange avec l\u2019Angleterre, ou pour la création du Conseil médical du Canada, l\u2019on comprend assurément mieux le rôle efficace rempli, à certaines époques, par les gouverneurs de notre Collège, importance, j\u2019ose dire, de notre bureaucratie professic-inelle. 164 L'UNION MEDICALE DU CANADA L'autre aspect intéressant et tout plein de responsabilité sous lequel le Collège des médecins doit être envisagé, c'est l\u2019angle éducationnel.\u2019 Nous ne sommes pas un corps enseignant, mais nous avons le privilège de décréter quelle doit être la culture générale des aspi - rants à l'exercice de la médecine en cette province, comment seront employées les cinq ou six années d\u2019enseignement universitaire et d\u2019enseignement clinique pour ceux qui désirent exercer, et à quelles conditions les examens de compétence professionnelle seront jugés satisfaisants.De cette prérogative nous sommes orgueilleux.Rien ne saurait nous en départir.(est celle qui nous unit intimement à nos universités.C\u2019est celle qui nous fait concentrer nos efforts pour élever nos collègues de demain au plus haut niveau professionnel qu\u2019il soit possible d\u2019atteindre.C\u2019est la prérogative la plus caractéristique d'autonomie dont une profession puisse être gratifiée, et nous devons être satisfaits, tous tant que nous sommes, d\u2019en être à jamais les bénéficiaires.Notre indépendance professionnelle ne diminue en rien la cordialité de nos rapports universitaires.Nous nous comprenons très bien, les universités et nous; si bien, que l\u2019examen de compétence professionnelle est aujourd\u2019hui identique à l\u2019examen universitaire, «l que l\u2019assesseur est réhabilité.Les universités gardent bien toujours le privilège d\u2019admettre à leurs cours des élèves qui ne sont pas en règle avec le Collège.Cela n\u2019est que justice.Beaucoup d\u2019élèves étrangers viennent demander à notre province l\u2019enseignement universitaire qu\u2019ils ne peuvent se procurer en leur pays.Ainsi à l\u2019Université de Montréal, l\u2019an dernier, il y avait des élèves canadiens-français de toutes les provinces de l\u2019Ouest.même de l\u2019Ontario, plusieurs des Provinces Maritimes, un Indien et un nègre français de la Martinique.La tenacité du Collège des médecins à ne vouloir pas se départir de l\u2019exigence de la formation classique pour les aspirants à l\u2019étude de la médecine, à garder comme échelle pour nos examens préliminaires l\u2019échelle des examens pour l\u2019obtention du titre de bachelier ès-arts, a eu cet excellent effet d\u2019éloigner de nos propres examens préliminaires les candidats d\u2019aventure.Nos examens préliminaires à l\u2019étude de la médecine sont délaissés, mais par contre, depuis dix ans, notre cadre professionnel est rempli par des bacheliers ès-lettres, par des bacheliers és-arts ou par des bacheliers ès-sciences: jeunes gens tous qualifiés pour devenir - plus tard les compétences que nous cherchons. L'UNION MEDICALE DU CANADA 465 Je ne sais si vous êtes de mon avis, mais j\u2019estime que l\u2019une des garanties les plus sûres de la survivance française en Amérique, se trouve dans la sélection des candidats professionnels.Le jour où les professions libérales, dans la pxpvince de Québec, consentiraient à calquer leur programme d\u2019admission à l\u2019étude sur le programme des high schools anglaises ou américaines, il en serait fait de la mentalité française au Canada, et il en serait fait de la tournure latine de notre littérature et de nos sentiments.L'esprit pratique et mercantile qui, malheureusement déjà nous talonne, après être entré dans nos moeurs n\u2019aurait plus qu\u2019un pas à faire pour pénétrer notre esprit national.Il est à propos, croyons-nous, d\u2019attirer l\u2019attention de toutes les classes sur ce point capital.L\u2019impatience gagne aujourd\u2019hui les gens.Arriver haut, et surtout arriver vite, semble être le motto de la masse.Dans ce but, les propositions qui tendent à raccourcir les programmes d\u2019études ont toutes les chances d\u2019être entendues.Le Collège des médecins a le mérite incontestable de réclamer de ses membres la haute culture générale qui s\u2019appelle la formation classique.Il n\u2019a jamais cessé de grandir ses exigences d\u2019enseignement théorique et pratique.Et nous pouvons sans crainte affirmer que l\u2019opposition au P.C.N.et au cours de six ans, ne viendra sûrement pas du Collège des médecins.Pour résumer les quelques pensées que je viens d\u2019élaborer, le Collège des médecins, par la volonté de ses membres sanctionnée par les lois, \u2014 nous devons nous en réjouir, \u2014 est un corps professionnel fermé au triple point de vue de la culture générale, de l\u2019enseignement universitaire et des garanties professionnelles.Nous devons aimer notre Corporation et nous devons le défendre.Quant à l\u2019exercice illégal, veuillez le croire, nous avons l\u2019oeil \"grand ouvert.Si nos interventions ne sont pas aussi fréquentes que certains le voudraient, il faut tenir compte des lois contradictoires qui entravent notre action, de l\u2019esprit démocratique de certains législateurs, des dispositions plus ou -moins hostiles des tribunaux à notre égard.Avant que nous puissions jouir pleinement de nos prérogatives, il est toute une éducation sociale, indépendante de notre volonté, à parfaire.Des esprits d\u2019élite s\u2019y consacrent.Le jour où les compétences rêvées par les plus avertis des nôtres apparaîtront dans toutes les classes, ce jour-là, justice pleine et entière nous sera rendue par les gouvernements et les tribunaux de notre pays. 466 L'UNION MEDICALE DU CANADA Enfin, ai-je dit, il faut défendre notre profession contre l\u2019esprit mercantile qui tente de l\u2019envahir.Cette tâche est celle de chacun de nous.De la valeur de ses membres est faite la valeur morale d\u2019une profession.Dans la mesure où nous travaillerons à notre épanouissement intellectuel et moral, dans la mesure où nous lutterons contre les tentations des gains illicites, contre les compromissions immorales, contre les partages clandestins; dans la mesure où nous ferons servir tous nos talents à rechercher l\u2019art de guérir sans convoitise de fortune: plus haut sera placé notre idéal; plus haut et plus net apparaîtra à tous l\u2019idéal médical de cette province, et mieux seront compris et servis les intérêts professionnels.\u2014\u2014\u2014 ee eme en ee am 0) - _- _- - - - - IN MEMORIAM Docteur HENRI LAROUCHE En la personne du docteur Henri Larcuche, la profession médicale perd un de ses membres les plus studieux et un travailleur infatigable.La mort l\u2019a brutalement arraché, tout -jeune encore, à sa famille et à ses amis.C\u2019est le coeur serré que nous l\u2019avons porté en terre ,voulant lui rendre ainsi un derrier témoignage de notre estime.; Sa vie médicale, passée toute entière dans les laboratoires, peut se diviser en deux périodes: celle de son séjour à l\u2019Hôtel-Dieu et celle de son travail au laboratoire municipal de Montréal.Toutes deux comportent des leçons que nous ne voulons pas laisser perdre pour la génération d\u2019étudiants et de médecins qui grandit.Après quelques mois d\u2019internat, il fut attiré vers le laboratoire.Il succéda au docteur Lahaise comme bactériologiste et assistant- chimiste à l\u2019Hôtel-Dieu.Ses débuts furent pénibles: les praticiers ne faisaient que commencer à prescrire des analyses cliniques.Les clients n\u2019en voyaient pas encore bien la nécessité; il fallait former l\u2019opinion.Si le travail gratuit pour les salles était assez abondant, les analyses rémunératrices étaient plutôt rares.Le docteur Larouche ne se découragea pas.Il avait le feu sacré, et préférait attendre que son heure vienne, plutôt que de s\u2019en aller en clientèle.Il a fourni un exemple de ténacité, d\u2019abnégation et de courage que nous cherchons en vain autour de nous à l\u2019heure actuelle dans la phalange de nos gradués, plus pressés de gagner vite de l\u2019argent que de s\u2019assurer une vie intellectuelle, qui comporte bien ses compensations.À son diplôme de docteur en médecine, il ajouta celui de diplômé en hygiène publique.Engagé à fond dans l\u2019étude, il voulut se documenter sur toutes les questions en rapport avec la bactériologie, la sérologie et la chimie biologique.Nous savons que depuis son entrée au laboratoire ,il étudiait chaque soir de dix heures à minuit.Il compilait les notes qui devaient l\u2019armer pour sa vie scientifique; son libraire avait instruction de lui garder régulièrement les nouveaux ouvrages médicaux ou scientifiques de quelque intérêt.Sa bibliothèque médicale doit être à date et des plus intéressantes.Il trouvait en outre le temps de suivre le mouvement littéraire.En un mot, c\u2019était un travailleur qui n\u2019hésita pas à immoler un peu de son confort et beaucoup d\u2019aisance sur l\u2019autel de la Science.En somme, son séjour à l\u2019Hôtel-Dieu fut pleinement pour lui un travail de formation personnelle et de préparation au poste qu\u2019il allait bientôt occuper à l\u2019Hôtel de Ville; car on avait depuis quelque temps déjà 468 L'UNION MEDICALE DU CANADA les yeux sur lui.Ce ne fut pas sans hésitation qu\u2019en janvier 1919 il quitta notre service d'hôpital, où il avait été notre fidèle collaborateur pendant plus de six ans.À se moment, il opta pour la bactériologie, ce qui ne l\u2019empêcha pas de rester attaché de coeur à notre laboratoire de la Faculté ,où il nous faisait de fréquentes visites, au cours desquelles nous causions surtout de l\u2019avenir de l\u2019enseignement universitaire.Nous avons dit ailleurs, (car la chose intéresse le grand public), le rôle qu\u2019il a joué dans la ré-organisation du laboratoire municipal, et, la droiture et l\u2019énergie qu\u2019il a apportées dans l\u2019exercice de ses nouvelles fonctions.Dès les premiers mois de son séjour à l\u2019Hôtel de Ville, il commença à faire des communications à la Société Médicale.Ce furent surtout des compilations soignées qui posaient bien l\u2019état de la question au moment où il l\u2019exposait.Elles ne présentaient pas de recherches originales à proprement parler: mais elles étaient toujours de nature à instruire les auditeurs.Deux cependant furent une contribution apportée à la statistique générale des laboratoires.La première parut dans l\u2019Union Médicale en février 1919 et était intitulée : \u201cDe la frêquence du bacille tuberculeux dans les crachats, les urines, le liquide céphalo-rachidien, et le liquide pleurétique\u201d (Communication à la Société Médicale, séance du 18 novembre 1918.Sa dernière communication, publiée en mai 1922 avait pour titre: \u201cLa réaction de fixation du complément et la tuberculose\u201d.Entre ces deux travaux, il publia, en mai 1919: \u201cL\u2019immunité\u201d; en juillet 1919: \u201cLe diagnostic de la syphiits par la réaction Bordet- Wasserman\u201d ; en mars 1920: \u201cLes vaccins\u201d.Entre temps, il s\u2019appliqua à apporter des modifications heureuses à plusieurs techniques de laboratoire.Seuls ses intimes étaient au courant de cette partie de son travail.Nous ignorons ce qu\u2019il eut produit s\u2019il avait été placé dans des conditions lui permettant de faire des recherches scientifiques; car il avait soif de travaux de recherches.Quoiqu\u2019il en soit, il restera pour la jeunesse étudiante un bel exemple du travailleur modeste et consciencieux.C\u2019est le plus beau témoignage que nous puissions lui rendre.Sur sa tombe, nous déposons l'hommage de ces notes, qui seront en même temps l\u2019expression de notre reconnaissance pour la confiance et \u2019amitié qu\u2019il nous a sans cesse témoignées.Les lecteurs de L\u2019Union Médicale voudront se joindre à nous pour réitérer à sa famille l\u2019assurance de notre profonde sympathie.Dr GEORGES BARIL, Professeur à la Faculté des Sciences. CHRONIQUE UNIVERSITAIRE La ruche subit, depuis la rentrée, un renouveau d\u2019activité.Du haut en bas de la grande maison s\u2019agite un peuple d\u2019étudiants et de professeurs.Ecoles et facultés rivalisent d\u2019efforts et cherchent à qui mieux mieux la mise au point de leur fonctionnement et le rendement maximum des efforts de tous et d\u2019un chacun.Les résultats, on peut déjà les pressentir.Un bon départ annonce presque toujours une course heureuse.Le nôtre, cette année, s\u2019est fait dans d\u2019excellentes conditions.Sous l\u2019égide de la Commission d\u2019immatriculation, les élèves se sont groupés à temps et c\u2019est à peine si quelques retardataires mal informés ou escomptant de vieilles indulgences, en train de disparaître, ont fait trainer leur mise en règle au-delà des quelques heures de grâce réglementaires.\u201cRari nantes\u201d, pour cette fois, on peut espérer en voir disparaître complètement l\u2019espèce, dès l\u2019an prochain.La faculté de médecine, comme de juste, nous intéresse plus encore que tout autre et nous sommes heureux de constater chez elle, une orientation plus décisive et plus marquée que jamais vers le progres.Nous savons bien que l\u2019amorce de ce progrès ne date pas d\u2019hier L\u2019Umon Médicale a fait autrefois la critique de notre enseignemeni médical universitaire.C\u2019est déjà de l\u2019histoire, comme sont, du reste, la série d\u2019efforts individuels et les résultats si consolants obtenus dàs avant la refonte universitaire.Il nous fait prand plaisir et ce plaisir sera sans doute partagé par tous les amis de l\u2019Université, il nous fait grand plaisir, disons- nous, de constater la belle vitalité de notre faculté de médecine.Cette vitalité se manifeste un peu partout, chez les élèves comme chez les maîtres.Elle vient tout récemment de produire au sein même de l\u2019administration, bonne personne là comme ailleurs, mais parfois de mouvements un peu lents, une modification qui, dit-on, donnerait des espérances.On se rappelle peut-être que, depuis deux ans, le conseil de la faculté avait confié la direction des études au professeur Gendreau.Cette mesure avait comblé d\u2019aise les amis de l\u2019oeuvre, en particulier ceux de qui le professeur Gendreau est connu.Malheureusement, ce dernier captivé de plus en plus par ses études particulières et le brillant enseignement qu\u2019on lui connait, forcément entraîné vers les 470 L'UNION MEDICALE DU CANADA belles recherches que va permettre le dépôt du radium a l\u2019Université de Montréal, a du offrir sa démission comme directeur des études de la faculté de médecine.De ce fait, la faculté s\u2019est trouvée forcée de combler un vide dont ies conséquences pouvaient devenir fort sérieuses.Pour des raisons vraisemblablement très bonnes, elle a modifié sa conception des deux années passées.Au lieu d\u2019un directeur des études, elle s\u2019est nommé un comité exécutif, sorte de ministère d\u2019où les portefeuilles seraient absents, chargé d\u2019administrer l\u2019enseignement sous l\u2019égide du Conseil de la faculté.Messieurs Harwood, Parizeau et Migneault constituent le comité en question.Sans qu\u2019ils y consacrent tout leur temps, ces messieurs, nous dit-on, n\u2019abandonnant ni travail d\u2019hôpital, ni enseignement, ni clientèle, nous pouvons espérer que la somme de leurs efforts réunis donnera à notre Faculté de médecine des résultats tangibles et le meilleur rendement possible.C\u2019est le souhait cordial et très sincère que nous voulons exprimer en terminant.Nous continuerons, chaque mois, de suivre, ici même le mouvement universitaire.NOTE Nous donnerons quelques nouvelles concernant nos amis de Strasbourg, le mois prochain.-_\u2014\u2014 = 0 rase agg L'UNION MEDICALE DU CANADA clinique et le traitement d\u2019un cas déterminé.Leur nom est un sûr garant de l\u2019autorité qui s\u2019attache à leurs articles.Dans le même volume, on trouvera l\u2019exposé des maladies des os.Conçus dans le même esprit, les chapitres qui les concernent sont précis et clairs M.Sainton, qui a beaucoup étudié les affections osseuses, a donné à son travail une forme extrêmement nette.On remarquera en outre la documentation qui lui a servi de base et qui rend extrêmement précieuse au médecin les pages qu\u2019il a bien voulu écrire.Le Fachitisme a été fait par un médecin d\u2019enfants, M.Apert, dont les livres sont extrêmement connus et à juste titre.Du reste, le livre est présenté au lecteur par M.le Professeur Besançon et M.Le Sourd, deux auteurs, dont la compétence est bien connue et qui ont en quelques pages, défini l\u2019immense territoire de l\u2019hématologie et montré l\u2019intérêt qui s\u2019attache à cette science.* * *# L\u2019ouvrage que nous vous présentons n\u2019est ni une froide analyse ni une chauvine apologie de l\u2019organisation sanitaire du Maroc.C\u2019est toute une doctrine magistralement exposée par les auteurs avec la \u201cûre dialectique d\u2019organisateurs expérimentés, avec l\u2019éloquence d\u2019une / i ardente et l\u2019oeuvre entreprise.La lecture en est donc attachante Æ facile.Les faits, les résultats dont rend compte le Ministère de la Santé et de l'Hygiène Publique au Maroc (Etatisation de l\u2019Hygiène sous forme d\u2019un réglonalisme largement autonome, toutes ressources sanitaire du pays s\u2019articulant, se regroupant sans cloisons étanches administratives) prennent une réelle valeur d\u2019arguments dans la discussion de notre réorganisation de l\u2019Hygiène métropolitaine.Les encourageantes constatations que l\u2019on fait en étudiant le fonctionnement des organismes de prophylaxie sociale au Maroc, notamment les dispensaires antisyphilitiques, viennent heureusement s\u2019:_outer et donner plus de poids encore à celles faites en France; elles devront aider à peser sur les autorités compétentes pour multiplier a travers le pays d\u2019aussi utiles instruments de défense et de récupération sociale.Enfin, dans le domaine de l\u2019assistance médicale hospitalière, leg facilités, les souplesses de fonctionnement, les énormes économies à réaliser en groupant sous forme de \u201cquartiers sanitaires\u201d les formations à destinations différentes autour de services centraux communs, la \u201c\u201cgémellation\u201d\u2019 des hôpitaux dont le recrutement est voué à des va- Tiations profondes dans un avenir prévisible, sont de lumineuses con- L'UNION MEDICALE DU CANADA ceptions propres au maréchal Lyautey : elles ne manqueront pas d\u2019intéresser le lecteur.Et nulle part de vain orgueil dans l\u2019xposé de cette geste de pionniers éclairés et, vaillants: à toute page la référence des sources, l\u2019hommage à l\u2019oeuvre féconde \u2014 même aux erreurs qui furent d\u2019utiles écoles \u2014 des devanciers métropolitain et coloniaux.Mais tout le livre est à lire, évocateur bien vivant de l\u2019existence médicale au Maroc faite d\u2019éveil constant, de dur labeur quotidien, de hautes satisfactions morales, dans le cadre rude et attachant à la fois de l\u2019Empire Fortuné \u2014L\u2019Editeur.* x %# L\u2019ENFANT ET SON MEDECIN, par Albert BALL.\u2014 Ln-8, 1929 3ème édition sur papier indien, 420 pages.\u2014 18 fr.Cartonné, 20 fr.\u2014 A.Maloine et Fils, Editeurs, 27, rue de l\u2019Ecole-de- Médecine, Paris.Ce livre est un guide pratique de l\u2019Hygiène et des Maladies de l'Enfance, et renferme tout ce qui peut intéresser le médecin chez ses malades de 0 à 15 ans: Renseignements d\u2019urgence, Formulaire particulier à l\u2019enfance (doses par année d\u2019âge, à 1 an, à 10 ans), Eaux et Stations, Hygiène de la 1re enfance, Dictionnaire médico- chirurgical; ce dernier insiste particulièrement sur les Syndrômes (convulsions, douleurs, fièvres, etc.) pour lesquels le médecin est appelé d\u2019habitude et qui sont à peu près ignorés dans les Traités de médecine.Enfin, réunion de renseignements de toutes sortes, sur oeuvres, stations, cures touchant à l\u2019enfant, si développées et remaniées ces dernières années.Complétant les précédentes épuisées depuis longtemps, la nouvelle édition insiste en particulier sur le rôle du médecin vis-à-vis des écoliers (examen général, de l\u2019audition, de la vue, ete.) ; sur les nouveaux examens, les nouveaux traitements (surtout dans syphilis et tuberculose) ; sur l\u2019hygiène en général, l\u2019héliothérapie, etc.Le succès des précédentes éditions doit se retrouver dans la présente, et le lecteur constatera toujours qu\u2019on ne peut demander un renseignement à l\u2019'ENFANT ET SON MEDECIN sans être sûr de le trouver clairement et nettement exposé.Grâce à sa forme pratique, à son impression impeccable, il continuera à être l\u2019indispensable compagnon de bureau et de route."]
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