L'union médicale du Canada, 1 janvier 1925, Janvier
[" Ir AOI L\u2019Union Médicale du Canada Revue mensuelle de Médecine et de Chirurgie LA PLUS ANCIENNE REVUE MEDICALE FRANÇAISE ) AU CANADA FONDEE EN 1872 TOME 54ième Ont collaboré à ce volume: Archambault, Barrieu, Bellerose, Benoit, Bertrand, Blanc, Boucher, Boulet, Bourgeois, Bruneau, Chabot, Chagnon, Charron, Cholette, de Belle- feuille, de Cotret, de Lorgeril, Derome, Dubé (Edm.), Dubé (J.E.), Dubé (L.F.), Fontaine, Gariépy, Gauthier, Gérin-Lajoie, Harwood, Hautefeuille, Heineck, Journet, Knopf, Laberge, Lapierre, Las- salle, Lecomte du Nouy, Léger, LeSage, Lespérance, Letondal, Lian, Longpré, Marin, Masson, Mercier (O.F.), Mercier (Osc.), Panneton, Paré, Pariseau (L.), Parizeau (T.), Pépin, Prud\u2019homme, Raymond, Rhéaume, Roy, Saint- Jacques, Saint-Pierre, Sénécal, Sergent, Simard, Terrien, Trudeau, Viau, Vidal.» .oo.* + .es.* - .« %%e o .° LY + ge + Jo.oe * eo o oe se * o .< ee.° - .* 4 à es v oe ev 40 0: eae » + hy vb 1\u201d 0004 oe o_o * oo 00.\u2018.;* .eo oo Publiée par MM.LES DOCTEURS, A.LeSage, Officier d\u2019Académie (France).Docteur en Médecine de l\u2019Université de Paris.Professeur de pathologie interne à l\u2019Université de Montréal et de Clinique Médicale à l\u2019Hôpital Notre-Dame.Membre correspondant de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris.L.de L.Harwood, Doyen de la Faculté de Médecine de Montréal.Professeur de gynécologie.Président du bureau d\u2019administration de l'Hôpital Notre-Dame.Docteur en droit de l\u2019Université Queen\u2019s, Président du Bureau Médical de l\u2019Hôpital Notre-Dame.Chevalier de la Légion d\u2019Honneur.R.Boulet, Officier de l\u2019Instruction Publique (France).Professeur suppléant à la clinique d\u2019ophtalmologie et d\u2019oto-rhino-laryngologie.Médecin en chef de l\u2019Institut Ophtalmique.J.E.Dubé, Chevalier de la Légion d\u2019Honneur.Docteur en Médecine de l\u2019Université de Paris.Professeur de Clinique Médicale à l\u2019Hôte!- Dieu.Membre correspondant de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris.Président du Bureau Médical de l\u2019Hôtel-Dieu.A.Marien, Professeur de clinique chirurgicale.Membre de la Société Anatomique de Paris.Chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu.Secrétaire: Roméo R.Boucher, Secrétaire-Trésorier: Gust.Archambault.PRIX DE L\u2019ABONNEMENT Pour le Canada et les Etats-Unis .$3.00 Pour les pays faisant partie de \u2018l\u2019Union -Postale\u201d (Etranger) .2.242244 220 122 AE Etudiants .2222 1,507\" ° - Payable d'avance par Mandat- Poste ou autrement.e,.Le fascicule .02cts Tout ce qui concerne la rédaction doit étre adressé franco a M.le Docteur LeSage, 46, Place Saint-Louis, Montréal, ou au Secrétaire, 5150 Avenue du Parc, Montréal.Tout gg, qui .eoxfcer re sP'atministration ; doit être adressé franco à M.T.Valighettes Gomgtæblp,: \u201c2724 fde; Christophe Colomb, à Montréal, ou Boîte Pagtalé Nd 30426.Æ - \u201cce, o e e :0 ® ® * : »* ove .- Pace eo, o ° \u2018e .ac .8.93 ue e oe * ° ° ce Ld EY ° te - .° \u201c La - fA en sam L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872 Vol.LIX | JANVIER 1925 No 1 1925 BULLETIN UNE EVOLUTION - UN PROGRAMME Depuis le premier janvier 1925, l'Union Médicale appartient à un groupe important de professeurs et de médecins des hôpitaux qui s'en sont portés acquéreurs.La liste complète des nouveaux directeurs et de leurs collaborateurs paraît plus loin.Les anciens directeurs-propriétaires de cette Revue ont jugé opportun de grouper le plus grand nombre possible de médecins qui dirigent des cliniques, qui observent et qui publient, afin de donner plus de force et d\u2019expansion à notre pensée médicale.Jusqu'ict nous avons progressé sans doute, mais depuis longtemps nous avons négligé les meilleurs occasions de publier les faits intéressants observés dans nos hôpitaux.Malgré la très large hospitalité que cette Revue accordait à tous les travaux de quelque mérite, nous déplorions que le nombre des collaborateurs anciens devint de moins en moins nombreux.Nos sociétés médicales en souffraient, de même que nos congrès et notre réputation chez nous et à l\u2019étranger.N- i- #.nous rendions pas justice.La ruuvelle organisation aura le double avantage d\u2019intéresser pécuniuirement et scientifiquement les membres qui en forment partie.Chaque mois, nous publierons des observations de faits, dans de courtes notes, faciles à comprendre et illustrées si possible.Nous ne nous attarderons pas dans de longs développements.Un fait concret, un point saillant, suivis de quelques réflexions avec notes bibliographiques, telle est l\u2019évolution actuelle du journalisme médical.Le lecteur pourra, s\u2019il le désire, compléter la question par des lectures appropriées.Nots publierons des revues de thérapeutique appliquée.En médecine surtout, ce chapitre a beaucoup évolué.Les acquisitions 91734 2 L'UNION MÉDICALE DU CANADA nouvelles l'ont raccourci et simplifié.Les formules compliquées ont disparu, le malade en a bénéficié.Nous reprendrons une à une les questions qui intéressent le praticien.Nous nous occuperons aussi des \u201cIntérêts professionnels\u201d.Le charlatanisme, que nous avons toujours combattu, souvent victorieusement, sera mis à jour et exécuté.Il en sera ainsi de la toxicomanie.Un médecin qui s'expose ne mérite plus la confiance et doit sortir définitivement des rangs.Nous donnerons notre ferme appui à toutes nos sociétés savantes, sans en excepter nos grands Congrès périodiques qui nous ont fait connaître et apprécier en Europe.Les médecins trouveront chez nous tous les renseignements et les conseils qu\u2019ils désirent s\u2019ils veulent bien nous écrire.Enfin, un des articles de notre programme concerne l\u2019Université de Montréal.Nous appuierons fermement le programme d'établissement et d'organisation scientifique dont il est question depuis quelque temps.En ce moment nous n\u2019avançons guère à cause de l\u2019exiguité des lieux et de la pénurie d'argent.Ces deux mots sont tout un programme.Ils sont inséparables.Nous avons besoin d\u2019une subvention annuelle qui nous permette de construire, de meubler, de choisir et de payer des professeurs de carrière dignes d\u2019un enseignement tel que nous le concevons.L'heure est décisive.Nous serons toujours inférieurs par le nombre et l'influence commerciale, soyons supérieurs par le haut enseignement.Une race monte et survit si elle possède une élite qui transmette de génération en génération ses programmes, ses méthodes, ses goûts, ses aspirations, un idéal.\u2018 Sacrifions un peu de notre patrimoine reconquis pour sauver notre culture et la race.Soyons donc au moins une élite si nous ne sommes pas le nombre.L'Université seule peut nous en fournir les moyens.Sauvons notre Université.N\u2019allons pas prêter l'oreille aux propos mesquins et déloyaux des feuilles quotidiennes qui cherchent toutes les occasions de nous diviser et de nous trahir, anticipant avec crainte l\u2019influence d\u2019une race qu\u2019elle abhorre, quoi qu\u2019elles disent.Nous voulons la première place chez nous.Nous l\u2019aurons, quoi qu\u2019on fasse.Que les aînés s\u2019éveillent, que les jeunes se resserrent.Nous passerons.C\u2019est le mot d\u2019ordre.Albert LeSAGE.= LA MORTALITÉ INFANTILE DANS LA PROVINCE DE QUEBEC (1) Par le Docteur RAOUL MASSON Professeur de Pédiatrie et de Clinique infantile à l'Université de Montréal Médecin de l'Hôpital Sainte-Justine Médecin Consultant de l\u2019Assistance Maternelle La mortalité infantile est une question sociale, dont les peuples civilisés s\u2019occupent aujourd\u2019hui avec toute l\u2019énergie possible; aussi croirions-nous perdre un temps précieux en cherchant à démontrer l\u2019importance du sujet que nous avons l'honneur d'exposer devant ce huitième Congrès des Médecins de langue française de l'Amérique du Nord.Le fait de constater que le Comité a jugé opportun de faire de cette question l\u2019objet d\u2019un rapport et, d\u2019un autre côté, le fait que notre gouvernement provincial, dans la campagne énergique d'hygiène préventive entreprise il a bientôt deux ans, a inclus avec les maladies vénériennes et la tuberculose la mortalité infantile comme une des questions les plus urgentes à solutionner, prouvent que nous réalisons dans notre province française d'Amérique l'importance vitale de ce sérieux problème.Au cours de ce bref exposé, nous n\u2019avons nullement la prétention de vous apporter des solutions radicales, ni même de vous soumettre des idées nouvelles; du reste, l\u2019intention du Comité Exécutif a été plutôt, nous croyons, de saisir cette occasion de placer d\u2019une façon plus palpable et précise cette question devant le public médical en particulier, et aussi et peut-être d\u2019attirer l\u2019attention du grand public sur ce sujet qui est pour notre Province d'une importance capitale.La mortalité infantile, à proprement parler, n\u2019est pas une question purement d'ordre médical, mais plutôt une question d\u2019ordre social et national; aussi, pour être exposée dans toute son ampleur et traitée avec compétence, il aurait fallu qu\u2019elle vous fût soumise par un sociologue ou un économiste doublé d\u2019un médecin.Avec nos moyens très limités, nous nous bornerons donc à exposer brièvement les faits qui nous intéressent particulière- (1) Rapport présenté au Huitième Congrès des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord. 4 L'UNION MÉDICALE DU CANADA ment, à les analyser succinctement et, avec votre concours, à essayer de trouver des palliatifs à la position malheureuse dans laquelle nous sommes placés en rapport avec la mortalité infantile.Notre situation, à nous Canadiens-français, que l\u2019on se plaît à nommer \u201cles Français d\u2019Amérique\u201d, est assez complexe au point de vue national.Eloignés de la France, notre mère-patrie, par des conditions politiques et géographiques; encerclés par un puissant voisin, sympathique nous le voulons bien, mais n'ayant ni notre idéal, ni notre mentalité, ni notre langue; faisant partie intégrante d\u2019un Dominion composé de neuf provinces dont huit sont presque en totalité peuplées de compatriotes ne possédant ni notre langue ni notre religion; dominés par une puissance qui n\u2019a pas d'intérêt marqué à nous voir prospérer comme race ethnique; privés du secours que nous apporterait une immigration française sur laquelle il nous est impossible de compter pour plusieurs années encore, nous sommes réduits, pour assurer notre avenir national, à nos propres ressources, devrions-nous dire à notre natalité et à la survivance de nos enfants.L'hiver dernier, nous avons eu l'avantage d'assister à une conférence prononcée à Montréal par Monsieur le Professeur Edouard Montpetit.Le titre de conférence était : \u201cNotre capital humain\u201d.Avec le talent et la compétence que chacun lui reconnaît, M.Montpetit fit un exposé saisissant de cette question et un plaidoyer vibrant de foi et d'espérance pour l\u2019avenir de notre race, si nous réussissons toutefois à sauver nos petits enfants.Avec quel empressement nous nous effacerions pour entendre redire ici ce magistral résumé de notre situation, pour bien vous imprégner de cette pensée que seule la survivance de nos enfants peut assurer la survivance de notre entité.Grâce uniquement à la fécondité proverbiale de nos mères canadiennes-françaises, grâce aussi à leur foi et à la pratique des saines lois de la nature et à la conservation des vieilles traditions, nous avons réussi jusqu\u2019à aujourd\u2019hui à maintenir notre progression numérique.Un grand économiste français, Leroy-Beaulieu, cité par Variot dans son traité de puériculture pratique, déclare : \u201cLa civilisation démocrate sans le secours des vieilles traditions et des vieilles pratiques, dépeuple, il faut avoir le courage de le dire\u201d.Les vieilles traditions, les vieilles croyances sont dans nos foyers précieusement gardées.Aussi notre natalité ne subit pas de flé- = a moi.L'UNION MÉDICALE DU CANADA 5 chissement marqué, malgré l\u2019augmentation de nos centres industriels el l\u2019expansion de nos villes, malgré le besoin de luxe et de confort qui ici comme ailleurs se fait sentir dans toutes les classes de notre population.La pratique des vertus familiales, soutenue par la pratique des principes fondamentaux de la religion chrétienne et catholique, qui est la nôtre, a réussi jusqu\u2019à présent à lutter avantageusement contre la tendance vers une aisance présumée plus grande et un confort pius marqué par la limitation volontaire de la famille.De Foville, au sujet de la diminution de la natalité en France, nous dit : \u201cLe christianisme a toujours sévèrement condamné toutes les fraudes qui tarissent les sources mêmes de la vie, c'est pourquoi celles de nos provinces où le sentiment religieux se défend le mieux sont aussi celles qui ont le plus d\u2019enfants.Exemple : la pieuse Bretagne.\u201d Espérons ne jamais voir faiblir dans notre population ce sentiment religieux qui fut notre sauvegarde.Nous nous sommes donc vigoureusement défendus et nous avons administré en bons pères de famille le capital humain qui nous avait été confié, puisque les soixante mille Français qui, au début de notre histoire politique actuelle, habitaient le Canada, sont auiourd\u2019hui 2,520.24 dans la seule province de Québec.Si nous comptons en plus ceux des nôtres qui habitent les autres provinces du Dominion, et ceux également des nôtres qui demeurent aux Etats-Unis, (nous pouvons d\u2019après les uns évaluer leur nombre à un million, d\u2019après les autres, à deux millions) nous serions aujourd\u2019hui plus de quatre millions d\u2019ifdividus directement issus des premiers colons français.Au cours de cet exposé, il va falloir citer des chiffres; or, nous avons horreur des chiffres, et pour manipuler ou expliquer des statistiques il faut des aptitudes et un entraînement particuliers.Nous nous limiterons donc aussi strictement que possible.Notre natalité, avons-nous dit, se maintient-a peu pres.Si en effet nous jetons un coup d\u2019œil sur les statistiques de la Province, telles que publiées dans le rapport de 1922-23 de la statistique démographique de la province de Québec, et si nous y examinons les deux dernières décades 1901 à 1911\u20141911 à 1921, nous constatons que sont nés dans la province de Québec : 6 L'UNION MÉDICALE DU CANADA En 1901 .55,398 enfants vivants.\u201c 1910 .2.+ +.\u2026 T8,824 \u201c \u201c \u201c 1920 .22 22 42 +.+.86,328 \u201c \u201c \u201c1922 LL 22 22 24 20 24 24 22 88,377 \u2018 \u201c \u201c 1923 .22 22 2e 4e +.+.83579 \u201c \u201c Le taux de notre natalité pour 1922 était 35.06 par 1000 de population, et de 32.25 pour 1903, diminution assez appréciable et dont l\u2019explication nous échappe.Dans le rapport publié par le \u201cDominion Bureau of Statistics 1923, \u2014 Preliminary Report \u2014 Vital Statistics, Dominion of Canada\u201d dans lequel sont compilées les statistiques vitales de toutes les provinces du Dominion, sauf celles concernant Québec, \u2014 nous nous demandons pourquoi cette exception \u2014 nous trouvons que les taux de natalité pour les provinces anglaises du Dominion sont les suivantes : 1923 Tauæ par 1000 de population Ile du Prince Edouard .22.2 Nouvelle-Ecosse .++ ++ ++ +.+.+.218 Nouveau-Brunswick .26.9 Ontario .+4 40 04 4000 + + 28.1 Manitoba .44 40 0e 00 0e 25.6 Saskatchewan .2.44 +0 +0 0.+.+ .252 Alberta .22 44 44 40 40 0e +0 +.28.6 Colombie-Anglaise .17.8 Ce qui donne une moyenne pour les huit provinces réunies de 23.3 par 1000 de population.Vis-à-vis nos provinces-sœurs, au point de vue natalité, nous sommes donc en position assez favorable et nous figurons même avantageusement, dans le même ordre d'idée, avec les différents peuples civilisés.Malgré l\u2019apport formidable que l'immigration apporte aux provinces anglaises, ceci explique comment nous réussissons à maintenir notre position.Nos enfants naissent donc nombreux, voyons ce qu\u2019ils deviennent.Quoique toujours il soit pénible de reconnaître un tort, ou d\u2019accuser une infériorité, il faut avoir le courage d\u2019avouer le mal que l\u2019on veut guérir, comme il faut découvrir la plaie que l\u2019on veut panser.On appelle mortalité infantile celle qui survient chez les enfants dans le cours de la première année.Laissez-nous citer rapidement quelques chiffres puisés aux différentes statistiques, mises à notre disposition.Notre intention n\u2019est L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 7 pas de faire une révision des statistiques générales ou particulières, ce qui nous entraînerait trop loin et ce dont nous ne nous reconnaissons aucunement la compétence, mais de prendre des points de repère nous permettant d\u2019établir notre situation en ce qui concerne la mortalité infantile.D\u2019après le rapport de 1922-23 de la statistique démographique de la province de Québec, rédigé par le Docteur Wilfrid Bonnier, chef du département, nous faisons les constatations suivantes : Il y a eu dans la province de Québec : Naissances Taux par Vivantes Décès 1000 naissances En 1910 .173,824 21,883 173 \u201c 1911 .LL.22 22 22 22 12 22 22 T4,495 13,780 185 \u201c1913 .21 22 2024 40 00 40 2.76,647 12,353 161 \u201c1913 \u2026 2.22 22 22 2e 42.79,089 13,295 168 \u201c 1914 .LL 22 22 22 2e oe.vo.80,361 12,969 161 1915 LL LL 22 22 21 24 12 0e +0 83,275 12,775 153 \u201c 1916 .2.22 42 44 +.80,327 13,275 165 \u201c1917 LL.22 22 24 Le ee ee en +.80,381 10,946 136 \u20181918 LL.22 22 22 22 2.84,669 11,800 138 \u20181919 LL LL 22 22 2e 40 4e +.80,081 11,410 142 \u201c1920 .2.22 2.24 4.+.86,328 14,134 163 \u201c 1921 .LL 22 22 24 44 4e +.+.88,749 11,387 128 \u201c1922 LL LL 21 24 22 40 20 22 22 88,377 11,297 128 \u201c 1928 2.22 42 44 oe ae 4e + 83,679 11,011 131 Ce qui nous donne comme taux moyen pour ces 14 dernières années le chiffre par trop élevé de 152.4 de décès par 1000 naissances, et nous constatons que nous avons perdu en ces 14 dernières années entre 11,000 à 14,000 enfants annuellement.Pour les fins de comparaison, prenons seulement les 3 années 1921-22-23 qui sont seules mentionnées dans le rapport du Dominion Bureau of Statistics pour les huit autres provinces du Dominion, et comparant les proportions de la population, de la natalité et de la mortalité infantile entre les différentes provinces du Dominion, nous constatons : Taux par Années Naissances Décès 1000 naissances Ile du Prince Edouard Pop.en 1000.88 .1921 2,156 180 85.5 1922 2,161 153 70.8 1923 1,957 174 88.9 S L'UNION MÉDICALE DU CANADA Nouvelle-Ecosse Pop.en 1000.533 .1921 13,021 1,311 100.7 1922 12,693 1,239 97.6 - 1923 11,607 1,135 97.8 .Nouveau-Brunswick Pop.en 1000.397 .1921 11,465 1,299 113.3 1922 11,564 1,194 103.3 1923 10,672 1,135 106.4 Ontario Pop.en 1000.3029 .1921 74,152 6,763 91.2 1922 71,430 5,921 82.9 1923 70,056 5,950 84.9 Manitoba , Pop.en 1000,642 .1921 16,478 1,533 83.0 1922 17,679 1,669 94.4 1923 16,472 1,410 85.6 Saskatchewan Pop.en 1000.814 .1921 22,493 1,816 80.6 1922 22,339 1,913 .85.6 1923 20,530 1,918 93.4 Alberta Pop.en 1000.634 .1921 16,561 1,391 84.0 1922 16,163 1,475 91.3 1923 14,972 1,415 94.5 Colombie-Anglaise ) : Pop.en 1000.554 .1921 10,653 602 56.5 1922 10,166 692 68.1 1923 9,352 658 66.8 Pour ces trois dernières années, une moyenne de décès de 87.5 pour les huit provinces réunies, contre : Taux par Années Naissances Décès 1000 naissances Québec .Pop.en 1000.634 .1921 38,749 11,387 128.1922 88,377 11,297 128 1923 83,579 11,011 131 La supériorité dont nous étions glorieux en examinant nos statistiques de natalité se change en dépit en constatant notre infériorité en ce qui concerne notre mortalité infantile.Un coup d\u2019œil sur les statistiques de mortalité infantile dans les 4 / pays, les plus importants, nous permet de juger que notre position pourrait s'améliorer considérablement.Citons rapidement par 1000 _ naissances : L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Date Taux Alsace-Lorraine .ee ee ee ee 24 24 ee ee 4 20 1.1922 91.3 Argentine .42 42 24 42 44 ee ee ee eee ee 1914 103.8 Austria .2 21 12 24 11 ee ee ee ee ee ee eee 1921 205.8 Belgique .ov 42 42 24 44 ee ee ee ee ee ee es 1922 107.0 Chili .11 12 22 24 ie ee i ee ee ee 44 4e 4e 2.+.1922 240.2 Colombie .a ee 22 22 24 24 24 Le 41 22 2e +.1920 80.0 Costa-Rica .1.22 22 12 22 44 2e 44 22 4e +4 +.1928 222.1 Danemark .\u2026.1124 22 44 ee ee ee ee 42 4e 0e 0.1921 21.0 Egypt .2.42 42 20 44 44 0 44 00 48 40 ee 00 200 1922 140.0 Estonia .2.22 21 44 ee ee ee ee ee ee ee ee ee.1922 129.11 Finlande .1.22 22 24 24 44 ee ee ee ee ee + +.1921 94.6 France .2.1 24 ee oe 24 44 24 44 44 44 4e 2e 2e.1928 96.0 A'lemagne .vv vv vr 24 24 44 ee ee ee ee ee ee ee wo 1928 131.9 Hongrie .22 44 44 46 44 04 40 44 ee ee ee o.oo.1923 185.7 Iceland .LL.ve ee ee ee ee ee ee ee ee ee ee ow.1915 66.2 Italie .2.22 22 24 ee ee ee ee ee eee ee 4e 0e 22 1917 158.0 Japon .22 24 24 44 44 64 40 04 4e 4e ee 2e 4e +0 1e 21921 168.3 Latvia .vr 22 24 Va 24 ee 24 44 ee ee ee ++ + .1922 90.7 Netherlands .22 22 er vn ev ee en 22 4e 2.+.1023 60.4 Norvège .22 224 24 44 24 44 ve ee ee ee ee ee ee oe 1921 76.0 Roumanie .cv vv vi ve ve ve ee ee ee ee + .1922 207.2 Sao Paulo .22 22 22 ee ee ee a 44 1 4e + .1922 179.7 Espagne .22 24 44 20 er ie ve 44 ee ee ee ow.1921 147.4 Suède 2222 24 41 20 44 0e 4e ee ee ee ee ee ee ee ow.1918 64.6 Switzerland .22 44 24 24 26 44 04 4e 0e 2e 2, 1921 74.0 Uraguay .cv cv vr te ve ve ee ee ie ee ee 4e +.1920 110.7 Australie .44 406 20 40 40 1e 20 ee ee 0e ee ow.1923 60.54 Bahamas .24 00 20 44 00 0e 00 0e 0e 0e 22 1917 32.33 Barbados .22 24 24 24 24 ie ie i Le ee ee ee ee \u2014 _ Bermudes .2242 22 24 22 4e 40 ee ee ee ee ee a.1922 127.0 B.Guiana .22 22 22 44 44 44 24 40 1e 40 ee 4e +.1922 186.0 Ceylon .42 20 cv vi bh he ee ee ee ee ee.1922 188.0 Angleterre & Wales .40 00 0e 44 ve + + 1923 69.0 Fidji .22 44 24 44 44 24 44 40 0e 44 0e ee eee.1922 21.19 Grenades .2.22 42 44 44 24 ee ee ee ee ee ee eee.1928 86.79 Etats Libres d\u2019Irlande .+.+.1923 85.9 Jamaïque .2.24 22 44 40 40 00 0e 40 1e 4e +.1922 177.0 Leeward, Is.44 24 24 20 08 vv vr vr ee +.1920 239.7 Mauritius and dep, .+.++ +4 42 ++ +4 +.,.1922 148.3 Newfoundland .46 40 04 40 0e ++ 0e +.1920 128.73 Nouvelle-Zélande .44 44 vv vv vv ov oo .1928 43.76 Northern Ireland .4e 4e 2e +.1923 75.6 S.Lucie .22 20 22 40 40 00 04 44 44 4e +.1922 129.02 St-Vincent .co ci ++ +4 ih ee ++ ++ +.1923 128.2 Ecosse .424 ti 24 00 te 44 ee ie ee ee ee ee ow.1923 79.0 Seuchelles .2.2 42 40 +04 04 00 44 00 ee ++ +0 +.1922 69.1 Union de l\u2019Afrique du Sud .1923 81.78 Zanzibar .oh 02 20 20 00 00 Le 4e 40 44 ee ee +.+.1922 \u2014 Etats-Unis (à l\u2019exception de Mass., R.I., et Mich.) 10 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Le Chili avec un taux de 240 tient la dernière place, suivi de près par Costa Rica, avec 222.1.La Roumanie avec 207.2 et l\u2019Autriche avec un taux de 205.8 en 1921.Ces chiffres viennent du Département Fédéral de Statistiques et nous ont été gracieusement fournis par le Docteur Elzéar Pelletier, Secrétaire du Bureau Provincial d\u2019Hygiène.En examinant de plus près nos statistiques, nous constatons que notre mortalité est plus grande dans les centres que dans les campagnes.C\u2019est, du reste, la règle.À la page 70 du rapport officiel de la Satistique démographique détaillée pour les 13 dernières années, nous constatons que de 1920 à 1922, le taux de mortalité pour les villes de plus de 5000 de population est approximativement de 221.7 par 1000 naissances et de 123 pour les campagnes.Pour plus de précision, faisons la comparaison pour les trois années de 1920-21-22, entre la mortalité infantile urbaine et la mortalité infantile rurale.Ville de 5000 et plus Campagne En 1920 .196 .140 \u201d 1921 LL.Len c0 000 151 .113 \u2018\u20ac 1922 2.2 e ea 000000 162 .105 \u201c Moyenne pour les villes .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.169.1 Moyenne pour les campagnes .119 Donnant une supériorité de 50% a la statistique rurale.Si maintenant nous examinons les chiffres d\u2019un de nos grands centres, Montréal par exemple, nous constatons que la mortalité infantile y est extraordinairement élevée en proportion même du taux élevé de celle de la province en général.Prenons encore les 3 années 1920-21-22, et nous constatons : Co Année Taux Taux Province de Québec en général 1920 .163 Montréal .192.2 \u201c « \u201c 1921 .128 Pa een 0 155.6 \u201c \u201c 6 1922 .129 \u201cie.159.4 donnant une moyenne de 139-2 pour la province et de 169.2 pour Montréal.| Notre situation est encore mieux réalisée si nous faisons la comparaison entre les villes des Etats-Unis, ayant une population de L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Il plus de 250,000 âmes, et Montréal.D\u2019après le rapport annuel de la statistique aux Etats-Unis en 1921, nous constatons que le taux de mortalité infantile pour les grandes villes varie entre 48 à 96 0/00 et que le taux moyen est de 75 0/00.Dans le rapport du Service de Santé de la Ville de Montréal, 1922, publié par le Docteur S.Boucher, directeur du service, nous voyons qu\u2019en 1922 le taux pour Montréal est de 159.4, dépassant de 24.4 le taux moyen des grandes villes américaines en 1921, excédant de 111.4 le taux le plus bas et de 63.4 celui qui est le plus élevé.+ % %#* Pourquoi nos petits enfants meurent-ils en aussi grand nombre et comment meurent-ils ?C\u2019est une loi démographique, dit Variot, qu\u2019à une natalité forte correspond aussi une mortalité forte; et à la page 370 de son traité de puériculture pratique, il ajoute : \u201cIl est aisé de comprendre que la mortalité infantile variera suivant les diverses nations, en rapport avec les mœurs, avec la prospérité relative des classes de la population, avec l\u2019organisation et le perfectionnement des diverses institutions de protection de l\u2019enfance, avec l'application plus ou moins judicieuse des découvertes scientifiques pour l\u2019élevage artificiel quand il devient nécessaire avec l'instruction générale des mères et la vulgarisation de l\u2019hygiène infantile, etc.\u201d Plus loin, il ajoute : \u201cIl paraît bien certain que plus le niveau social s\u2019élève, plus le confort se répand, aussi bien pour les habitations que pour le reste, moins les mères perdent d'enfants.\u201d Dans notre Province, nos compatriotes se marient jeunes et généralement ils ne sont pas fortunés.N\u2019ayant reçu aucune formation pour remplir les nouvelles obligations que pour elle va créer la naissance d\u2019un enfant, et possédant des ressources très limitées, la jeune mère, laissée à elle-même, commet fatalement des erreurs.De bonne foi, suivant les conseils de voisins charitables ou de vieux parents aux idées un peu surannées, elle fait des fautes multiples dont la plus sérieuse est de ne pas allaiter son enfant ou de le sevrer trop têt, pour des raisons non justifiables.La diminution de l\u2019allaitement maternel est un des facteurs les plus importants qui puisse faire osciller le taux de la mortalité infantile. 12 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Le manque de ressources pécuniaires, faisant souvent hésiter les jeunes parents à appeler le médecin près de l\u2019enfant souffrant, et l\u2019ignorance des mères en matière d'hygiène infantile, sont également des causes adjuvantes qu\u2019il faut signaler.Nos jeunes femmes, de plus, ont beaucoup d'enfants qui se suivent presque d'année en année , et ces petits nécessitent une surveillance et une attention que leur mère, surmenée par les travaux domestiques, ne peut que difficilement leur accorder; de là des imprudences et des négligences qui peuvent facilement causer des accidents regrettables.Ceci n\u2019excuse pas, mais peut dans une certaine mesure expliquer pourquoi nos enfants meurent en aussi grand nombre.Comment meurent nos enfants ?Nous voyons par les statistiques provinciales que le plus grand nombre de décès survenus dans cette province en 1921-22-23 sont imputables à la tuberculose et à la diarrhée.Il y a eu par tuberculose : En 1921 .+.44 ++ +44 ++ ++ +.«+ 3,334 déces \u201c* 1922 LL LL 22 24 24 24 04 44 00 ge +.2,908 0 \u201c 1923 LL LL 22 24 oe ee i ee ee ee ee 2,926 Par diarrhée : En 1921 .++ + +.6,795 décès \u201c 1922 LL 21 22 04 44 44 24 ee ee 12 00 4,626 \u201c1923 LL LL LL 24 24 24 ue ee oe we.4,665 Or, comme la diarrhée est une affection qui se rencontre le plus fréquemment chez les petits enfants, nous devons admettre que les troubles d\u2019origine gastro-intestinale sont une des causes principales de otre mortalité infantile.Ceci est d\u2019autant plus regrettable que ces affections du tube digestif chez le nourrisson sont en grande partie attribuables à des erreurs de régime et à des fautes de diététique qui auraient pu être évitées, en grande partie du moins.Parmi les causes qui assombrissent la statistique de notre mortalité infantile, nous constatons que la proportion des décès dus à la L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 13 naissance prématurée et aux enfants morts-nés est trop considérable pour ne pas en faire mention.En effet il y a eu sous la rubrique : Prématurés: En 1920 .1,179 décès \u201c 1921.2.1,287 \u201c \u201c1992 LL 1222 + 2.1220 \u201c Et sous la rubrique : Mort-nés: En 1920 .2,290 décès \u201c 1921 .2565 }\u201c \u201c 19223 2.2.22 +4 42 2 .2610 * Combien dè ces petits enfants auraient pu être sauvés si, au cours de sa grossesse, la mère avait reçu les secours nécessités par son état.Mais cependant, malgré l\u2019éloquence de ces derniers chiffres, la vitalité de nos enfants est satisfaisante, car si nous la comparons à .celle des enfants des autres provinces, nous constatons qu'avec une natalité moins forte que la nôtre, ce qui est une considération très importante, il y a eu chez nous moins de prématurés et moins de morts-nés.\u201d Dans les huit provinces dont les statistiques vitales sont compilées dans le \u201cPreliminary Report Vital Statistics 1923\u201d : Naissances Morts-nés Ilyaeuen 1921 .168,979 6,387 \u201c \u201c \u201c 1922 L.L.+.164,194 5,804 Pour la même période dans Québec : Naissances Morts-nés Il y à eu en 1921 .88,749 2,565 8°\u201c 1922 LL LL LL 20 Le 88,377 2,610 nous donnant un avantage marqué.Dans le rapport du service de Santé de la ville de Montréal, 1922, nous trouvons, en parallèle, les causes de décès chez les enfants de 0 a I an pour les Etats-Unis 1920, et Montréal en 1923.Nous constatons par ce rapprochement que, sous la rubrique \u2018naissance prématurée\u201d, le pourcentage de décès aux Etats-Unis est de 21.9 et à Montréal de 8.6. 14 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA En retour, sous la dénomination \u201cDécès par diarrhée et entérite\u201d, les Etats-Unis accusent un pourcentage de 18.7, mais Montréal en reconnaît un de 41.7.| Pour les autres causes de décès, les proportions sont pratiquement lcs mêmes.Dans ce même rapport, à la page 25, il est démontré que la proportion de la mortalité à Montréal est considérablement plus basse de 0 2 1 mois, et considérablement supérieure de 2 mois à | an, que celle des Etats-Unis.Le Docteur Boucher, dans son rapport, ajoute : \u201cOn peut conclure de ce qui précède que c'est après avoir dépassé \u201cla période la plus critique de leur vie, le premier mois, que les \u2018enfants meurent en plus grand nombre (à Montréal), contraire- \u201cment à ce qui devrait exister.Ces faits nous amènent à présumer \u201cque les enfants naissent en général viables, et que s\u2019ils succombent \u2018après être nés suffisamment vigoureux, c'est parce que les conditions \u201cdans lesquelles ils vivent leur sont défavorables et que leur régime \u201calimentaire est mauvais.\u201d Et plus loin il ajoute : \u201cLa réduction de la mortalité par diarrhée et entérite à un taux \u2018convenable, rapprocherait sensiblement du chiffre normal le taux \u201cde la mortalité infantile à Montréal.\u201d | Nous partageons cette opinion, et ce qui est vrai pour Montréal l'est également pour la Province en général.Si nous examinons encore de plus près les causes des décès, nous constatons que chaque fois que des nourrissons sont réunis en grand nombre, le seul fait de leur agglomération fait augmenter le taux de la mortalité, aussi dans nos crèches et hospices, où sont recueillis les enfants, la mortalité est-elle tellement élevée que, d\u2019après des renseignements de source officieuse, elle grèverait de près de 3% la mortalité totale de la ville de Montréal.Cette dernière question vient d\u2019être exposée d\u2019une façon assez magistrale pour que je sois excusé d'avance de n\u2019y pas insister.Nous ne pouvons indéfiniment prolonger cette énumération fastidieuse pour démontrer un fait établi : que la mortalité infantile dans la province de Québec est élevée, que cette mortalité est trop élevée et que cet état de choses nous est préjudiciable, ce qu\u2019il s'agissait de démontrer.Il est donc nécessaire de chercher à améliorer une situation défavorable, et de voir s\u2019il est en notre pouvoir d\u2019y remédier. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 15 Nous savions que depuis bien longtemps la question de la mortalité infantile avait attiré l\u2019attention de ceux qui s'intéressent aux questions sociales, mais nous avons été surpris d'apprendre que même au 2ième siècle de l\u2019ère chrétienne, on s\u2019était déjà préoccupé de cette question.Dans le 10iéme rapport de I\u2019 \u201cAmerican Child Hygiene Association, le Docteur John M.Foot, de Washington, publie un article très intéressant intitulé \u201cAn Infant Hygiene Campaign of the Second Century\u201d.i D\u2019après le Dr Foot, en l'honneur de sa femme Faustina, l\u2019empereur Antonin, surnommé le pieux, aurait fondé une maison de refuge pour prendre soin des fillettes orphelines qui jusqu'à cette époque étaient abandonnées sans scrupule.Une médaille ancienne nous fait voir d\u2019un côté Faustina et de l\u2019autre Antonin entourés d\u2019enfants, avec, en exergue, \u201cPuellae Faustianiae\u201d.Sous Marc- Aurèle, toujours d\u2019après le Dr Foot, une campagne d'éducation fut entreprise, non seulement pour enrayer la destruction volontaire des enfants, mais pour enseigner au peuple les principes des soins à donner aux nouveaux-nés et expliquer l'importance qu\u2019il y avait pour la nation d\u2019élever des enfants forts et vigoureux.On se servait alors même de publicité pour répandre autant que possible les moyens préconisés.D\u2019après cette étude très documentée, nous constatons qu\u2019il n'y a jamais rien de nouveau et que les problèmes actuels se présentaient à cette époque comme à la nôtre.On se préoccupait de l\u2019avortement, de l'allaitement maternel et mercenaire, on condamnait l\u2019allaitement artificiel, on s\u2019intéressait à l\u2019hygiène de la nourrice, aux enfants abandonnés, etc, et il y a 1800 ans que ces problèmes sont discutés et nous les discutons encore.D\u2019après Henry L.K.Shaw, nous voyons dans le rappoxt de l\u2019année 1921 de I\u2019 \u201cAmerican Child Hygiene Association\u201d que c\u2019est la France qui a toujours tracé le route dans l\u2019organisation des activités publiques ou privées destinées à réduire la mortalité infantile.Marfan, le distingué maître français, dont nous conservons toujours le souvenir reconnaissant, rappelle que, en 1784 fut fondée à Paris, par Madame de Fougeret, la Société de Charité Maternelle dont le but était de prévenir l\u2019abandon des enfants, d\u2019assister les mères en couches, de les aider à prendre soin de leurs enfants et les protéger contre les dangers qui les menaçaient. 16 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Il est intéressant de noter que cette Société existe encore.La Société protectrice de l'Enfance fut fondée en 1876, pour encourager l'allaitement maternel, surveiller les enfants placés en nourrice et enseigner aux mères à prendre soin des nouveaux-nés.La même année fut fondé \u201cL\u2019Allaitement maternel\u201d, ayant pour but d'assister les mères qui allaitent leurs enfants.Et depuis, les œuvres se sont multipliées, tellement nombreuses que leur seule énumération, telle que publiée dans la \u2018Presse Médicale\u201d au cours dc l'hiver dernier, prendrait un temps trop considérable.Ce n\u2019est guère qu\u2019en 1908 que nos voisins les Américains se sont occupés d\u2019une manière sérieuse du problème de la mortalité infantile.Avec rapidité, une campagne de protection de l\u2019enfance s\u2019est systématisée et aujourd\u2019hui chaque état, chaque ville quelque peu importante possèdent des organisations multiples, presque toujours reliées les unes aux autres par des rapports communs, et évoluant sous une direction scientifique.\u2019 En Belgique, l'Etat a assuré la plus grande partie de l\u2019organisation préventive pour lutter contre la mortalité des enfants.Pendant l\u2019occupation allemande, un des problèmes les plus pénibles pour pallier aux horreurs de la guerre, fut d\u2019assurer l\u2019alimentation des citoyens et particulièrement des enfants.C\u2019est pour cette raison que fut fondé le \u201cComité national de secours\u201d; et en janvier 1915, on y ajouta une section particulière pour aider et protéger les organisations s'intéressant aux oeuvres infantiles.Après la guerre se posait la question de savoir si ce travail de prévention devrait être continué et, le 5 septembre 1919, le gouvernement répondait aux vœux de tous en fondant \u201cL'\u2019Œuvre nationale de l\u2019Enfance\u201d.Cette œuvre nationale a un statut légal.C\u2019est un corps public formé sous le contrôle du gouvernement, mais avec un statut spécial, qui malgré ce contrôle lui assure une indépendance complète.Le travail est dirigé par un conseil supérieur composé de 40 membres appointés par le Roi.Le but de ce conseil est : 1° De prendre toutes les mesures qu\u2019il jugera nécessaires en tout ce qui concerne le bien-être de l'enfance.2° De conseiller le gouvernement sur toutes les questions qui lui seront soumises traitant le bien-être et la protection de l'enfance.Les détails de cette organisation sont exposés par M.J.Maquet, Directeur Général de l\u2019Œuvre Nationale de l\u2019Enfance de Belgique, 17 L'UNION MÉDICALE DU CANADA dans le rapport annuel publié en 1923 de l\u2019American Child Health Association.La Belgique en 1923 comptait parmi ses différentes organisations : 898 Centres de Bien-Etre des enfants (Consultations pour enfants malades).685 Gouttes de Lait.509 Cantines Maternelles.42 Stations alimentaires pour enfants débiles.19 Stations alimentaires pour enfants d\u2019école.Il y a pour nous à peu près 25 ans que fut commencé le premier mouvement à Montréal, pour enrayer notre mortalité infantile excessive, et c\u2019est, croyons-nous, vers 1900 que fut fondée la première Goutte de Lait.Depuis, peu à peu, se sont créées des œuvres et des associations particulières et locales, nées du dévouement et de la charité individuelle à la tête desquelles nous trouvons toujours des femmes de bien, des membres du clergé et des médecins, hommes de bien.Quelques grandes municipalités ont commencé à s'organiser sérieusement, mais nous n\u2019avons encore aucune direction officielle qui puisse diriger d\u2019une façon pratique et méthodique une campagne nationale pour sauvegarder la vie de nos enfants et s'intéresser non seulement à ceux des villes, mais aussi à ceux de nos villages et même de nos campagnes.Il est généralement admis que ce sont surtout les troubles du système digestif qui font le plus de victimes chez les enfants qui meurent de 0 2 1 an et que ces troubles sont le plus souvent imputables à l\u2019ignorance des mères en matière d\u2019hygiéne infantile.Il .semble admis également que la médecine préventive, par la vulgarisation des notions d'hygiène, la direction convenable donnée aux mères de famille, et la surveillance des femmes enceintes aient apporté jusqu\u2019à présent les résultats les plus satisfaisants.Nous devons donc admettre que nos efforts doivent être dirigés vers des moyens plutôt préventifs que curatifs.La possibilité d\u2019obtenir des résultats par ces moyens préventifs est démontrée d\u2019une manière frappante, par ce qui s\u2019est passé en Nouvelle-Zélande, qui a aujourd\u2019hui la mortalité infantile la plus faible du monde entier.Voici ce que nous dit sur ce sujet Robert M.Woodbury, dans le rapport de I\u2019 \u201cAmerican Child Hygiene Association\u201d de 1920. 18 L'UNION MÉDICALE DU CANADA En 1872 la mortalité infantile de la Nouvelle-Zélande était à peu près celle des Etats-Unis aujourd\u2019hui, et les statistiques démontrent que par périodes de 5 années de 1872 à 1918, le taux de la mortalité infantile a diminué systématiquement, passant par les chiffres suivants : Années Taux Années Taux 1872-1874 .105.7 1895-1899 .82.7 1875-1879 .102.3 1900-1904 .76.3 1880-1884 .91.4 1905-1909 .69.6 1885-1888 .\u201c.86.2 1910-1914 .57.2 1890-1894 .85.7 1915-1918 .43.3 (d\u2019aprés Woodbury) Parmi les différentes mesures qui furent employées pour obtenir ce remarquable résultat, trois méritent une considération spéciale : 1° Les lois qui ont régularisé les sages-femmes et les gardes- malades, et la fondation des maternités d\u2019Etat, \u201cState Maternity Hospitals\u201d.2° La protection accordée aux enfants mis en pension et élevés loin de leurs mères (enfants illégitimes, généralement), protection assurée par le \u201cInfant Protection Act\u201d.3° Le travail accompli par la Société Royale de la Nouvelle- Zélande, pour la protection des femmes et des enfants, \u201cThe Royal New Zealand Society for Health of Women and Children\u201d.Ces trois facteurs sont analysés en détail par Woodbury dans son rapport, mais les deux premiers ont pour nous moins d'intérêt, à cause de nos conditions satisfaisantes au sujet des gardes-malades, sages-femmes et maternités et la difficulté de traiter trop brièvement ls question des enfants 1llégitimes; aussi nous arrêtons-nous seulement sur le troisième facteur, considéré du reste comme le plus important des trois.La Société Royale de la Nouvelle-Zélande pour la protection des femmes et des enfants fut fondée en 1907 à Dunedin, par le Dr Truby King, qui en 1917 ou 18 fut appelé en Angleterre pour y organiser une société analogue.Cette Société est formée de différentes branches indépendantes qui se réunissent en conférence à des époques déterminées et forment le Conseil Central.: +.Ce Conseil rédige des rapports, s\u2019intéresse aux statistiques et dirige les activités de la Société en général et s'occupe surtout du - Fos L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 19 travail de coopération avec le département de la santé publique dont il reçoit des subsides qui sont distribués aux différentes branches locales.A part le Secrétaire du Conseil Central et des gardes-malades, tout le travail est fait gratuitement.Un des facteurs les plus importants du succès de cette Société est la formation de ses gardes-malades.| Ces gardes-malades connues sous le nom \u201cPlunkett Nurses\u201d, et ainsi nommées en l'honneur de Lady Plunkett, femme d'un des gouverneurs de la Nouvelle-Zélande, sont des gardes-malades diplômées, ayant en plus suivi un cours supplémentaire de perfectionnement dans un hôpital d\u2019enfants, où ne sont admis que des nourrissons souffrant de troubles de l\u2019alimentation.La durée de ce cours de perfectionnement est de 6 mois pour les gardes diplômées en obstétrique seulement, et de 3 mois pour celles qui ont un brevet d\u2019entraînement général.Ce sont ces gardes-malades qui sont chargées de faire l\u2019éducation des mères et se tiennent à la disposition des familles pour tout ce qui concerne le bien-être des enfants.Comme des missionnaires, elles vont partout, encourageant l\u2019allaitement maternel, enseignant les principes de l\u2019alimentation artificielle lorsqu\u2019elle est nécessaire, ne prescrivent -jamais pour un enfant malade, mais avertissent le médecin et le mettent au courant de ce qu\u2019elles ont constaté.Nous avons vu précédemment les résultats obtenus par ce système qui a fait tomber la mortalité de 105.7 à 43.3.Une démonstration encore plus frappante peut-être de la rapidité avec laquelle on peut obtenir des résultats excellents par l'application de ces mêmes moyens nous est fournie par ce qui s\u2019est passé tout près de nous, dans une de nos petites villes de la province de Québec même, à Thetford Mines.Nous empruntons les lignes qui suivent à l\u2019article publié par ie Docteur Edgar Couillard, Inspecteur sanitaire et Professeur agrégé en hygiène dans un article paru dans le \u201cBulletin de Québec\u201d en août 1922, nous faisant l'historique de cette tentative locale : \u201cDepuis le ler mai 1921,.une œuvre d'hygiène sociale désignée \u201csous le nom d\u2019 \u2018Ecole maternelle\u201d exerce son activité dans la ville \u201cde Thetford Mines, comté de Mégantic.Fondée par la Metropolitan \u201cLife Insurance Co.of New York, qui en a le contrôle et la direction, \u201celle est aussi subventionnée par le Conseil municipal de cette ville.\u201cLe but de la Compagnie est de démontrer par du travail pratique 20 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u201cfait sur place (activity on the field, comme \u2018disent les Américains) \u201ccomment et dans quelle mesure il est possible de réduire la mortalité \u201cinfantile.En d'autres termes, mettre en opération une œuvre \u201cd\u2019hygiène sociale pratique qui, par son action lente et progressive, \u201créduit au bout d\u2019un certain temps le taux de la mortalité infantile \u201cà un minimum normal, et par cela même prouver que le taux \u2018antérieur de la mortalité infantile était trop élevé dans un milieu \u201cdonné.Aucune démonstration n\u2019a de force probante comparable \u201cà celle-là qui ne procède plus par l\u2019exposé des théories ou des hypothèses, mais par le fonctionnement d\u2019un organisme plein de \u201cvie dont les activités vont droit aux résultats, sauvent des vies.\u201d L'auteur explique en détail le travail accompli et les moyens employés pour arriver aux résultats remarquables que nous pouvons apprécier par les statistiques que nous tenons du Dr Alexandre Sirois, Directeur médical de cette Ecole Maternelle de Thetford Mines.Décès de Naissances 0 à 1 an Taux 0/00 naiss.En 1919 .470 0.103 .219 \u201c1920 2.22.400 .120 .300 \u201c1921 LL.475 Lee see 93 LL.196 \u201c1922 Lian.392 Lecce ue 55 .140 \u201c19283 Le.415 .0 40 .96 Nous sommes donc passés en 5 ans du taux effroyable de 300 a celui de 96.C\u2019est, nous le croyons, probant.Transportons par toute la Province une organisation et des activités identiques et voyons quel bénéfice nous aurions fait en vies humaines pour la même période.Si la province de Québec avait eu en 1923 le même taux que Thetford Mines, la diminution de la mortalité aurait été comme suit : 83,579 x 31 Gain = 2591 En 1923 il y à eu une amélioration 1000 de 31 par 1000 naissances à Thetford.Depuis 1920 la diminution de la mortalité infantile a été de 69 pour 1000 à Thetford, et de 32 seulement dans la province de Québec.Si Québec avait eu une diminution de 69 au lieu de 32, on aurait une réduction sur le total des naissances de : L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 21 83,579 x 69 = b,767 1000 83,572 x_32 \u2014 2,675 \u2014 soit un gain de 3,092 vies pour la 1000 seule année de 1923.Supposons un gain identique pendant chaque année d\u2019une décade et constatons combien est large la blessure par laquelle s'écoule la sève qui doit alimenter notre vie nationale.Il n\u2019est pas possible de rester indifférents devant des résultats aussi frappant, et les résultats sont partout les mêmes, avec des variantes proportionnées aux ressources disponibles; et à la perfection du travail accompli.A Montréal, même avec des organisations incomplètes, on a cependant obtenu une amélioration remarquable.Nôus voyons en effet dans le rapport du service de santé pour 1923 qui si nous comparons les taux de mortalité infantile des années 1906, 1915 et 1922, nous avons une amélioration remarquable.En effet, En 1906 le taux était de 271 par 1000 naissances \u201c 1915 \u201c \u201c 182.6 par 1000 naissances \u201c 1922 \u201c \u201c 159.4 par 1000 naissances Ce qui fait un gain de 23.2 par mille sur 1915, et de 111.6 par mille sur 1906.Cette décroissance constante dans le taux de la mortalité infantile à Montréal est sûrement attribuable aux activités déployées depuis quelques années pour combattre ce fléau qui nous fait tant de mal.Voyons ce qui vient d\u2019être publié au sujet de la mortalité infantile en Angleterre, et les résultats absolument convaincants en sont attribués par les autorités compétentes à la vulgarisation des notions hygiéniques parmi toutes les classes de la population.Nous pourrions multiplier ces preuves de succès qui démontrent clairement qu\u2019il est facile de combattre ce fléau, que les résultats ont été rapides et consolants partout où l\u2019on a voulu s'occuper activement de la question.Nous avons à notre portée les moyens requis pour obtenir chez nous les mêmes succès.Il n\u2019y a qu\u2019un geste à faire pour organiser en matière infantile, ce qui s\u2019est fait pour les deux autres articles du programme d'hygiène entrepris notre notre gouvernement provincial. .22 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Nous serait-il permis, avant de terminer, de faire trois suggestions que nous croyons avoir quelqu\u2019importance pour assurer le succès d\u2019une campagne quelconque, qui pourrait être entreprise dans le but de combattre la mortalité infantile dans notre Province.1° Nous suggérerions que le Bureau des Gouverneurs du Collège des Médecins et Chirurgiens de la province de Québec autorise ou avise nos universités à attacher une plus grande importance à l\u2019enseignement de la pédiatrie en général et de la puériculture en particulier, pour pouvoir donner à nos élèves une compétence raisonnable dans une spécialité où presque tous auront à déployer leur activité professionnelle.Nous sommes d\u2019opinion que malgré tous les progrès accomplis dans tous les domaines de la formation médicale, dans nos universités, l\u2019enseignement de cette partie de la pathologie pourrait être plus complet.2° Nous croyons qu\u2019il faille incessamment aviser à la création d\u2019une \u201cLigue Nationale\u201d pour prendre en mains la direction générale d\u2019une campagne défensive contre la mortalité infantile dans la province de Québec.Cette ligue, généreusement subventionnée et possédant l'autorité requise, s\u2019occuperait de l\u2019organisation d\u2019après les principes reconnus les plus effectifs.Les activités que cette ligue ou association aurait a déployer sont trop nombreuses pour étre détaillées ici.Son but principal serait d\u2019aviser aux moyens de vulgariser par des personnes compétentes les notions d\u2019hygiene infantile dans tous les milieux, surtout dans les milieux éducationnels, écoles primaires, écoles normales, colléges, couvents, pensionnats et méme séminaires.La ligue verrait à diriger et à concentrer l\u2019action des différentes organisations déjà existantes, à en créer de nouvelles partout où le besoin s\u2019en ferait sentir, à compiler et contrôler les différentes statistiques, à assurer un travail de service social par des personnes qualifiées, possédant l'entraînement et les connaissances nécessaires, à = encourager l\u2019allaitement maternel, à étudier les possibilités d\u2019améliorer la production du lait, à considérer les avantages de la pasteurisation du lait destiné aux enfants des villes, à s\u2019intéresser aux enfants illégitimes, enfin à examiner chaque question spéciale et adopter les moyens jugés propres à améliorer notre situation.Peu à peu le travail de la ligue pourrait prendre de l\u2019extension et embrasser un plus vaste champ d'action et s\u2019occuper non seulement L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 23 des enfants du premier âge exclusivement, mais de tous les enfants en général.| Ainsi : l\u2019opportunité de l'examen médical obligatoire pour tous les enfants fréquentant les classes, la création d\u2019écoles en plein air en coopération avec la ligue Anti-tuberculeuse, l'importance de la culture physique dans les maisons d\u2019éducation, la surveillance au point de vue hygiénique des enfants et des adolescents travaillant dans les magasins, manufactures ou usines, la protection et le secours devant être donnés aux femmes enceintes; et que d\u2019autres questions encore pourraient \u2018être prises en considération, par cette organisation qui serait appelée à rendre des services précieux à la cause qui nous intéresse.Le but de cette ligue serait identique à celui de 1 Child Hygiene Association\u201d, qui est : 1° L\u2019étude de l\u2019hygiène infantile sous les aspects.2° La vulgarisation des connaissances d'hygiène maternelle et infantile, et des moyens de prévenir la mortalité et la morbidité parmi les enfants.Ce but est très étendu et permet à toutes les bonnes volontés de déployer leur activité, sous le contrôle et avec l'appui d'une organisation responsable qui mettrait à leur disposition des fonds suffisants et un personnel entraîné et compétent.{ Jusqu\u2019à présent, dans la majorité des associations qui sont chargées de la question infantile, tout en louant hautement l'initiative, le zèle et le dévouement de ceux qui en ont assumé les charges et obligations, nous croyons qu\u2019une formation plus complète tant chez les médecins chargés des consultations que des gardes-malades chargées du service social, aurait donné un meilleur rendement.Le service social ne devrait être confié qu\u2019à des personnes hautement qualifiées, ayant reçu une formation spéciale pour accomplir leur mission dans les familles avec le tact, la discrétion, la compétence et l'autorité nécessaires.Ces questions, laissées à l'initiative de personnes manquant de connaissances requises, peuvent causer des conflits regrettables qui souvent indisposeront les médecins dont les intérêts sont parfois injustement lésés, et qui verront d\u2019un mauvais œil la multiplication incessante de ces organisations de bienfaisance si souvent exploitées par de faux nécessiteux, au détriment de ceux qui généralement et surtout gratuitement y donnent leurs services.Une dernière suggestion : » American 24 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 3° C\u2019est par l'éducation que nous croyons pouvoir obtenir les meilleurs résultats, et, pour faire de l\u2019éducation, il faut des éducateurs qualifiés, et pour former des éducateurs il faut un milieu educationnel.Nous croyons donc à l\u2019opportunité de créer une école de puériculture, dans laquelle les médecins et les gardes-malades qui seraient appelés à exercer leur ministère dans les diverses sections de l\u2019organisation projetée recevraient un entraînement spécial et acquerraient une qualification officiellement sanctionnée.Contrôlée si possible par nos universités, tout en conservant son autonomie, cette école de perfectionnement en sus de l\u2019enseignement théorique devrait prévoir aux applications pratiques et à l\u2019entraînement technique des médecins et des gardes-malades.Pour créer ces deux organismes, la ligue contre la mortalité infantile et l\u2019école de puériculture, il faut pour la première des bonnes volontés, pour la seconde des maîtres, mais pour les deux il faut des fonds.Des maîtres, nous savons où les prendre, et c\u2019est à vous, Messieurs de la Mission française, c\u2019est à votre sympathique bienveillance que nous nous adressons.\u2019 D'année en année, venez de plus en plus nombreux apporter votre encouragement et votre concours si apprécié aux efforts que nous faisons pour maintenir bien haut dans la Nouvelle-France l'esprit de la culture française.C'est à la France que nous demanderons une collaboration qu\u2019elle ne saurait nous refuser pour une question qui doit nécessairement lui tenir au cœur, puisqu'il s\u2019agit de sauver la vie sinon à ses propres enfants, du moins à ses petits-enfants.Des bonnes volontés il n\u2019en manque jamais pour accomplir le bien; ce qui manque souvent, c\u2019est une orientation définie pour que ces bonnes volontés ne s\u2019épuisent pas en vains efforts, faute de compétence ou de direction.Monsieur le Ministre, jusqu\u2019à présent, au cours de ce long exposé, vous ne pouvez pas nous taxer d\u2019indiscrétion envers vous ni envers votre gouvernement; cela ne pouvait durer.Vous avez, Monsieur, avec une complaisance remarquable, assumé pour le plus grand bien de notre province, \u201cet la province toute entière saura le reconnaître\u201d, des charges lourdes et onéreuses.Passant de l\u2019éducation aux beaux-arts, des beaux-arts à l\u2019hygiène, vos activités pour améliorer dans tous les domaines, notre province, nc se comptent plus. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 25 Votre gouvernement, en plaçant en tête de son programme d'hygiène éducationnelle cette question de la mortalité infantile, savait sûrement à quoi il s'engageait, et nous croyons fermement qu\u2019il est toujours dans les mêmes dispositions.Aussi nous adressons en toute confiance à vous Monsieur le Secrétaire Provincial, nous avons failli dire Monsieur le Ministre de l\u2019Hygiène, pour que vous preniez en mains la cause de nos petits enfants.Monsieur le Président, nous vous soumettons humblement ce rapport, malheureusement trop peu élaboré; nous vous le soumettons, Messieurs les Membres du Congrès avec toute la sincérité possible.Peut-être pourra-t-on trouver matière à critique, peut-être pourra-t-on chicaner sur les chiffres et statistiques, nous concédons volontiers, mais gardons la conviction que nous avons fait ce travail avec la bonne foi et la sincérité les plus grandes, guidé seulement par l\u2019intérêt que nous portons aux petits enfants de notre Province, qui sont le critérium de notre vie nationale.\u201cLa Presse Médicale\u201d Un abonné de \u2018La Presse Médicale\u201d, ne tenant pas à la collection de son journal, pourrait-il en céder le No 64, Année 1924, au soussigné, qui lui serait très reconnaissant de ce service.Docteur L.-HENRI GARIEPY, 256 est, rue Sherbrooke, Montréal. LA TUBERCULOSE HUMAINE ET LA TUBERCULOSE DES BOVIDES (1) Par le Docteur JOSEPH-EDOUARD LABERGE Depuis quelque temps nous avons tellement entendu parler de tuberculose que je voudrais étudier avec vous un-aspect particulier de cette question paraissant avoir une importance primordiale dans l\u2019étiologie de la tuberculose.Je veux parler de la tuberculose des bovidés comme agent de transmission de la tuberculose aux hommes.Il me faudra faire des incursions quelques fois, au cours de cette étude, dans le domaine vétérinaire; j'espère que la faculté de médecine comparée me pardonnera d'entrer ainsi en pays étranger.On ne peut nier que la tuberculose chez les bovidés ne constitue un danger de contamination pour les êtres humains.Il est admis au- jourd\u2019hui que le type humain et le type bovin ont une seule et même origine, présentant certaines particularités dues sans doute au fait que le bacille tuberculeux traversant l'organisme de la vache s\u2019acclimate à ce milieu dont la température normale est de 102°, température beaucoup plus élevée que la température de l'homme.N'est-ce pas dû à cette particularité s\u2019il y a deux types de bacilles tuberculeux différents et présentant quelques variétés morphologiques ?Il est reconnu que le type bovin, s\u2019il est moins virulent que le type humain pour les hommes, a, cependant, une certaine virulence, atténuée, si vous le voulez bien; mais, \u2018quand même, il faut admettre qu\u2019il est irulent pour l\u2019homme, surtout pour les petits enfants.L\u2019étude bactériologique, poursuivie en ces dernières années, établit que la tuberculose humaine et la tuberculose bovine procèdent d\u2019une espèce bacillaire unique, le bacille de- Koch, susceptible à l\u2019exemple de divers types microbiens connus de s'adapter aux organismes qu\u2019elle infecte et d'acquérir par chacune de ces adaptations des qualités propres.Il n\u2019est pas nécessaire de vous rappeler ici les nombreuses et si intéressantes observations sur l\u2019atténuation des microbes; ces faits vous sont tous connus.Tout en admettant que la grande majorité des cas de tuberculose humaine procède de la contagion entre hommes, il est nécessaire d\u2019étendre les mesures de prévention prises à l\u2019égard de la tuberculose bovine, puisque la (1) Travail présenté à la Société Médicale de Montréal, séance du 4 novembre 1924.ame die Canine dl L'UNION MÉDICALE DU CANADA 27 tuberculose bovine est transmissible à l\u2019homme, à l'enfant principalement.Il nous est bien permis de croire encore aujourd\u2019hui que le bacille tuberculeux, type bovin, chez l\u2019enfant nourri avec du lait de vache, peut bien passer de l\u2019intestin si perméable de l\u2019enfant dans le système lymphatique et le microbe englobé par un leucocyte mobile peut bien être transporté dans un ganglion ou dans un organe quelconque de l\u2019économie; déposé là, il pourra y rester inoffensif un temps plus ou moins long, pendant lequel il s\u2019acclimate au nouvel habitat.Qu\u2019une cause débilitante survienne, alors le microbe évolue et la tuberculose apparait.La tuberculose des bovidés n\u2019est pas aussi répandue ici qu\u2019elle l\u2019est en Europe.Cependant le mal existe et si on n\u2019y porte pas remède, le mal ira en s'aggravant de plus en plus.On peut dire d\u2019une façon très approximative que dix à quinze pour cent des animaux dans la province de Québec sont tuberculeux et que la maladie sévit tout particulièrement sur les animaux de race pure.Les animaux acclimatés au pays semblent plus réfractaires.En Allemagne, au Danemark, en France, en Îtalie, aux Etats-Unis, en Angleterre, les statistiques publiées nous donnent une proportion de 20 à 40 pour cent des bovidés comme étant tuberculeux.En France, une statistique de 1905 à 1916 établit que 30 à 40 pour cent des animaux ayant subi l\u2019épreuve de la tuberculine ont été reconnus tuberculeux.En Belgique 48 pour cent des animaux soumis à l\u2019épreuve de la tuberculine.étaient tuberculeux.Dans l\u2019état de New-York, une enquête fait de 1904 à 1906 établit que 61 pour cent des étables renfermaient des animaux tuberculeux.Ici, dans la province de Québec, je ne citerai que deux cas.1° A Marieville on a constaté que 15 étables étaient infectées et 167 vaches ont été abattues depuis 2 ou 3 ans.Ces vaches étaient toutes tuberculeuses.2° Un riche industriel de Lachine vend son troupeau \u2014 60 têtes.Le nouvel acquéreur ayant reconnu la présence Ce la tuberculose fait abattre tout le troupeau.Toutes les bêtes étaient tuberculeuses.De plus je vous soumettrai que les inspecteurs du Gouvernement Fédéral ont fait subir l\u2019épreuve de la tuberculine cn 1923 dans tout le Canada à 30,688 têtes de bétail.Ont réagi 2,162 animaux, et 269 étaient tellement contaminés qu\u2019ils ont été jugés impropres à la consommation.Maintenant, si vous me le permettez, j'ajouterai à ces faits un certain nombre d\u2019observations qui n\u2019ont pas, il est vrai, un caractère 28 L'UNION MÉDICALE DU CANADA absolument scientifique, mais qui, prises dans l\u2019ensemble, me paraissent avoir une valeur assez probante pour nous porter à croire que la tuberculose des bovidés n\u2019est pas une question négligeable; et ces faits doivent nous engager, au moins, à étudier sérieusement ce côté de la question de la prophylaxie de la tuberculose.A Richelieu, un cultivateur a un troupeau infecté.Sa jeune fille qui soignait et trayait les vaches est morte de tuberculose.Il y a actuellement une autre enfant malade de la tuberculose dans la mème maison.À South Stuckly, près de Waterloo, un cultivateur a un troupeau de 10 vaches.Un médecin vétérinaire visite la ferme et il a des doutes sur la santé d\u2019une vache; il fait part de ses doutes au propriétaire; la vache est abattue; à l\u2019autopsie, elle est reconnue farcie de tuberculose.Ce cultivateur fait éprouver tout son troupeau.Toutes les vaches réagissent.Deux ans plus tard le fils de ce cultivateur meurt de tuberculose péritonéale à l\u2019hôpital Général.Deux ans après la mort de son enfant, sa femme meurt de tuberculose pulmonaire.A Granby, un troupeau de 20 têtes, toutes affectées de tuberculose.les cochons de cette ferme sont tous malades.Les volailles sont toutes farcies de tuberculose.Le père et la mère sont morts de phtisie ainsi que deux filles.À Vaudreuil un cultivateur avait une vache tuberculeuse, il y a cinq ans; 1l refuse de l\u2019abattre ou de s\u2019en débarrasser.À cette époque la famille paraissait en excellente santé.Deux ans plus tard son fils meurt de tuberculose, puis sa femme et sa fille Un autre de ses enfants est actuellement malade de tuberculose.Tout son troupeau est reconnu à l'épreuve de la tuberculine comme infecté.24 têtes sont abattues et trouvées farcies de tuberculose.À St-Vincent-de-Paul, un cultivateur achète une vache Jersey.pour son fils, âgé de 19 ans, qui ne prenait pas d\u2019autre liquide que du lait.Un an plus tard, le fils était tuberculeux.La vache Jersey, en outre, a contaminé tout le troupeau et le fils a contaminé toute la famille.Lorsque cette vache a été abattue, à l\u2019autopsie on l\u2019a trouvée farcie de tuberculose.Le pis était envahi.À St-Césaire, sur un troupeau composé de 28 vaches, 28 ont réagi et ont été abattues.La femme du fermier est morte de tuberculose quelques mois plus tard.Aux Trois-Rivières, un propriétaire de vaches laitières refuse de se rendre au conseil qui lui est donné de faire subir l\u2019épreuve de ete 20 pr PR ER or L'UNION MÉDICALE DU CANADA 29 la tuberculine à son troupeau.Ce conseil lui était donné par un vétérinaire bien au courant des ravages de la tuberculose chez les bovidés.Plusieurs membres de sa famille sont morts de tuberculose.Finalement, il a dû faire abattre tous les animaux de son troupeau, et ils étaient tellement malades que les carcasses ont été jugées impropres à la consommation.À St-Janvier, un cultivateur fait éprouver son troupeau.Tout le troupeau est condamné.Quelques mois plus tard quatre de ses enfants sont morts de de tuberculose.A Rosemont un citoyen avait une vache Jersey dont il était très orgueilleux.Un médecin vétérinaire très avisé qui visitait cette famille lui exprima des doutes sur la santé de sa vache.Le propriétaire ne voulut rien entendre et conserva cet animal qui fournissait de lait sa famille.Finalement au bout d\u2019un an, la vache fut abattue et à l\u2019autopsie, elle était tellement farcie de tuberculose que la carcasse même fut condamnée.Depuis, deux des filles de ce monsieur ont été victimes de la tuberculose; l\u2019une est morte et un an et demi plus tard le mari de cette femme mourait aussi de tuberculose.L'autre fille a fait un séjour prolongé à Ste- e-Agathe et on la croit guérie maintenant.Ces exemples et bien d\u2019autres que je pourrais citer démontrent, il me semble, que la tuberculose est une maladie qui se communique à l\u2019homme par les animaux.Le gouvernement devrait connaître ces faits dans son organisation de lutte antituberculeuse, s'efforcer de faire l\u2019éducation des cultivateurs; les engager à faire éprouver leurs troupeaux par la tuberculine; à désinfecter leurs étables lorsqu\u2019ils auront eu un sujet tuberculeux parmi leurs troupeaux; leur démontrer comment transformer des étables malsaines en étables hygiéniques, leur prouver que cette transformation peut se faire.à relativement peu de frais.Car ne l\u2019oublions pas, Messieurs, la tuberculose est une maladie de l'habitation pour les animaux comme pour les êtres humains.Il faudrait aussi démontrer aux cultivateurs que la contamination surtout se fait par les excréments des vaches.C\u2019est là le mode de contamination le plus fréquent.Il faudrait apprendre aussi aux fermiers que les résidus de laiterie sont particulièrement dangereux pour les veaux et les porcs.Ostertag estime à 60 ou 70% la proportion des porcs nourris avec des résidus de laiterie et devenus tuberculeux.Muller et Koeningsberg estiment que cette statistique devrait être de 90 à 100%.= 36 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Dans certains pays on a établi un système de mutualité pour couvrir les dépenses encourues par les cultivateurs en se défaisant des animaux tuberculeux.Ces organisations sont subventionnées par le gouvernement; elles organisent la lutte dans leurs districts respectifs et, prennent les mesures nécessaires pour prévenir la dissémination de l'infection.On pourrait peut-être tenter la chose dans ce pays-ci.Il serait intéressant et peut-être très à propos d\u2019amener le cultivateur à collaborer dans cette lutte.Le diagnostic de la tuberculose chez les bovidés n\u2019est pas facile à être établi d\u2019une façon positive par les moyens ordinaires, même pour un vétérinaire expérimenté.Chez le bœuf, on rencontre la tuberculose dans les poumons, dans les ganglions, dans la plèvre, dans la mamelle, dans le foie, dans la rate, dans les reins, dans les intestins, même dans les ganglions intramusculaires.Enfin tout l'organisme peut être affecté.La tuberculose de la mamelle débute par l\u2019un des quartiers postérieurs.Ce sont de petits nodules non- douloureux.Cinq pour cent des vaches tuberculeuses présentent cette forme de tuberculose.La tuberculose ganglionnaire se voit au niveau du pharynx, de la trachée, de la région de la parotide, ou du flanc, ou de l'épaule : ce sont là les régions les plus communément infectées.La tuberculose ganglionnaire peut présenter des foyers de dimensions variables.Ils sont quelquefois scléreux, gris-jaunâtre, ils crient sous le scalpel qui les sépare; d\u2019autres fois ils sont ramollis, purulents.Le système nerveux central est quelquefois affecté et l\u2019animal présentera des symptômes de méningite.| Une statistique nous apprend que sur onze cents bovidés adultes présentant des lésions graves et étendues, l\u2019existence de la maladie n\u2019avait été reconnue sur les animaux vivants que dans une proportion de 41%.Le diagnostic clinique est donc extrêmement difficile, et l\u2019épreuve par la tuberculine est le moyen le plus sûr de déceler la \u2018tuberculose.Permettez-moi de décrire la technique de cette inoculation.La tuberculine est un extrait stérile des cultures du bacille tuberculeux, en bouillon glycériné.La tuberculine possède une particularité très intéressante : c'est son inocuité pour les animaux non tuberculeux tandis qu\u2019elle produit une élévation de température aux animaux atteints par la tuberculose.La réaction qui se produit est en rapport inverse de la gravité de la lésion; c\u2019est-à-dire moins la lésion est étendue, plus la réaction est vive.Il n\u2019y a pas à proprement parler d\u2019accoutumance à la tuberculinisation.L'expérience a L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 31 prouvé que les défaillances se sont présentées dans 2 à 4% des cas; même dans ces cas on peut supposer que les cadavres de ces animaux récelaient des lésions minimes qui ont pu échapper à l\u2019observateur.D\u2019après S.Arloing, la tuberculine est le révélateur le plus délicat et le plus sûr de la tuberculose.Il y a trois procédés employés pour faire cette épreuve : 1° La méthode sous-cutanée.Il faut prendre la température avant de pratiquer l'injection qui se fait généralement près de l'épaule, après avoir bien rasé les poils et lavé avec un antiseptique l'endroit où l\u2019on va faire la piqûre.Dix heures après l\u2019injection, on prend la température.(Il faut bien se rappeler que la température normale de la vache est de 101 à 102°.) On prend la température à toutes les deux heures qui suivent l\u2019injection pendant douze heures.Si la température s'élève de 1°, c\u2019est-à-marque 103, on aura un doute; si elle s\u2019élève de 11° il faut conclure à l\u2019existenice de la tuberculose chez l\u2019animal.L'injection se fait avec une dilution de tubereuline brute dans une solution de phénol à 5 pour 1000; on injecte pour les adultes 30 à 50 centigrammes de cette dilution.Pour les veaux de moins d\u2019une année, 20 centigrammes de la dilution doivent être employés.Douze heures avant l\u2019épreuve, les animaux sont mis à l\u2019étable et abreuvés une heure avant l'épreuve, parce que la grande quantité d\u2019eau que boit la vache peut faire baisser la température temporairement et donner lieu à des erreurs d'interprétation.2e méthode.L\u2019oculo-réaction.On conseille d'employer des tuberculines concentrées pour cette méthode.On laisse tomber une goutte de tuberculine brute sur le globe oculaire.On pratique un léger massage de l\u2019œil et des paupières, et 8 heures après, -si on a affaire à un sujet tuberculeux, on constate de l\u2019hyperhémie de la conjonctive et l\u2019apparition de .muco-pus à l'angle interne de l'œil, du larmoiement, une rhino-réaction et un jetage muqueux par le nez.On conseille de faire cette épreuve en deux temps.La première instillation peut être faite par n\u2019importe qui, mais on n\u2019en tient pas compte.Cette première épreuve ne fait que sensibiliser l\u2019animal.Le deuxième temps se pratique quelques jours plus tard par l\u2019inspecteur, et c\u2019est après cette épreuve qu\u2019il faut observer les symptômes qui se présenteront.C'est-à-dire conjonctivite, larmoiement, jetage, etc, etc.Cette seconde réaction est probante si elle est positive, même chez les sujets préalablement injectés, elle donne des indications 32 L'UNION MÉDICALE DU CANADA certaines.Quand il y a doute que le sujet a déjà subi l\u2019épreuve de la tuberculine, cette façon d'opérer est très importante, comme vous le pensez.La troisième méthode est la dermo-réaction.C\u2019est la plus simple et la plus employée.On la pratique à l\u2019un des plis cutanés de la base de la queue.On emploi 1/10 d\u2019une solution de tuberculine brute diluée au dixième.Il se produit dans les 24 heures une plaque œdémateuse sous-cutanée qui va en augmentant jusqu\u2019au quatrième jour, c\u2019est-à-dire 96 heures après l\u2019injection.Ce procédé est très simple.Il faut éviter de faire l\u2019injection sous le derme, cette injection doit être faite intra-dermique.Le choix du réactif est aussi très important.Il faut employer une tuberculine très active, très fraîche.Les tuberculines du commerce n\u2019offrent pas toujours cette garantie.Il ne faut pas pratiquer cette dermo-réaction chez les animaux qui depuis moins d\u2019un mois auraient pu recevoir une injection sous-cutanée de tuberculine.Dans un cas de doute, il vaudrait mieux employer.concurremment l\u2019oculo- réaction.Le diagnostic bactériologique est très difficile.Lorsqu\u2019on désire employer cette méthode on conseille d\u2019avoir recours à l\u2019inoculation au cobaye.Cette méthode est lente, 6 semaines environ.Lorsqu'un animal tuberculeux a été découvert dans un troupeau, il faut nécessairement désinfecter, et bien désinfecter, l\u2019étable.Les cultivateurs devraient savoir comment procéder pour désinfecter leurs étables, car on sait que le bacille tuberculeux est très résistant.Des cultures à l\u2019abri de la dessication se conservent vivantes et virulentes pendant plusieurs mois.Griffith a constaté la virulence du bacille après 597 jours.L\u2019obscurité aide aussi a la conservation du bacille.Soparkar a conservé des bacilles pendant 381 jours.Dans le beurre, le fromage, les laits fermentés, le bacille peut se conserver aussi pendant longtemps.Les matières excrémentielles sont souvent virulentes.Sur 47 animaux tuberculeux, 25 ont donné des excréments.contenant du bacille.Lorsque la mamelle est malade, le lait peut être infecté.]I peut être aussi contaminé par les microbes qui avec les poussières, les corps étrangers tombent dans le lait pendant la mixtion ou pendant les différentes manipulations qu\u2019il doit subir.1.\u2019alimentation par le lait des résidus de laiterie est l\u2019occasion habituelle de la contamination chez les veaux ou chez les porcs.Le jetage peut contaminer l\u2019eau des abreuvoirs et ainsi tout un troupeau peut être L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 33 devraient être connues du cultivateur afin qu\u2019il prenne les mesures efficaces pour éviter la transmission de cette terrible maladie.Pour la même raison, le cultivateur devrait connaître l'importance de l\u2019épreuve par la tuberculine pour conserver ses animaux sains.Il devrait faire subir au troupeau l\u2019épreuve de la tuberculine pour déceler les sujets infectieux et les séparer des animaux sains.C'est la méthode dite de Bang : isolement des animaux tuberculeux et abattage immédiat des animaux ayant une tuberculose ouverte.La méthode Ostertag, qui est une demi-mesure, n\u2019offre pas la même sécurité; elle consiste en l'abattage seulement des animaux ayant une tuberculose ouverte.Après chaque épreuve de tuberculinisation, il faut désinfecter et bien désinfecter les étables, si on y a découvert des sujets tuberculeux.Cette opération ne peut se faire que si les étables sont bien aménagées.Cette lutte contre la tuberculose est surtout une question d\u2019éducation.Il faut instruire les cultivateurs sur les dangers auxquels ils s\u2019exposent eux-mêmes en conservant dans leurs étables des animaux tuberculeux : dangers réels pour leur famille, leur femme, leurs enfants, leurs employés ; leur faire comprendre le danger probable de la contamination de tout leur troupeau par les quelques sujets infectés qui s\u2019y seraient introduits.Cette campagne devrait faire partie de la lutte entreprise par le gouvernement de la province contre la tuberculose.Je crois qu\u2019il est important que la Société Médicale de Montréal exprime une opinion sur ce sujet.C\u2019est là la corisidération qui m\u2019a engagé à vous soumettre cette étude sur la tuberculose des bovidés.Statistique mortuaire Re Tuberculose Population 1919 1920 1921 1922 1923 en 1921 Pour Marieville et Ste-Marie du Monnoir .8 2 4 4 1 2,619 Total pour le comté de Rouville 21 19 18 21 11 11,733 Taux par 100,000 de pop.pour Ste-Marie du Monnoir .317 79 158 79 39 Taux pour le comté de Rouville 178 16 153 178 93 QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR LES CAVERNES DU POUMON (1) Par L.HENRI GARIEPY Le traitement de la tuberculose pulmonaire, quand on le considère à côté des traitements de la syphilis et du cancer qui ont fait depuis vingt ans des pas de géant, à une allure assez modeste et fait plutôt figure de parent pauvre.Nous ne connaissons pas encore l\u2019antiseptique qui pourrait stériliser l'organisme infecté par le bacille de : Koch, ni le rayon possédant une affinité pour la cellule géante.Notre seule ressource est encore le traitement des symptômes et je crois qu'on peut dire, sans être taxé de scepticisme scientifique, qu'il est sage de faire converger tous nos efforts vers le perfectionnement de cette thérapeutique de pis-aller mais qui rend encore des services, dans l'attente qui pourrait être longue, d'un traitement .spécifique.L'observation des processus naturels de guérison, ici peut-être pius qu'ailleurs, nous est d\u2019un grand secours, et nous devons nous efforcer de toujours en comprendre le sens, pour ne pas les contrarier par une intervention intempestive et pour pouvoir à l'occasion en favoriser les tendances.Voici à ce sujet quelques principes qu\u2019il est utile de se rappeler en formulant le traitement d\u2019un tuberculeux : Les plaies du parenchyme pulmonaire comme toutes les autres plaies ne pourront subir de réparation satisfaisante que si le territoire lesé est au repos; les toxines issues d\u2019un foyer en activité iront perturber les centres thermo-régulateurs avec une intensité proportionnelle à l\u2019activité de la circulation, d\u2019où indication de diminuer le nombre des systoles cardiaques et des mouvements respiratoires ; l\u2019hématose s\u2019accomplissant sur une surface réduite il faudra que le malade soit placé dans une atmosphère aussi riche que possible en oxygène si l\u2019on veut éviter l'accélération compensatrice de la respiration.On luttera contre la déperdition excessive de calorique et la fonte des tissus par la suralimentation qualitative et on mettra à profit l\u2019action sclérogène du régime hyperazoté, à redouter dans (1) Travail de la Clinique médicale de l\u2019Hôpital Notre-Dame; Service du Professeur Benoît. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 35 d\u2019autres états, mais providentielle ici, puisqu'elle ne fait que se superposer à celle de la nature dans Ja guérison de ces lésions.\u2018l'outes ces choses sont connues et exploitées depuis longtemps au profit du tuberculeux, mais il est un point de la pathogénie de l\u2019infection bacillaire qui semble avoir soulevé moins d\u2019intérêt que les autres : le rôle joué par le facteur mécanique dans l\u2019extension des lésions et les conclusions thérapeutiques auxquelles nous amène cette étude.La question du terrain, celle de l\u2019origine et de la virulence du germe, l\u2019état d\u2019allergie des sujets ayant reçu une première atteinte, le rôle des anticorps dans les essais de thérapeutique spécifique ne sont pas les seules données du problème de l'infection tuberculeuse.Le développement -du bacille de Koch dans le poumon n\u2019est pas assujetti à ces seules lois biologiques, mais aussi à l'influence de phénomènes physiques, qui ne lui sont pas particuliers mais qui, pour ce qui est du poumon, jouent un grand rôle dans la distribution des lésions.Parmi ces facteurs je mentionnerai seulement, en passant, la disposition différente de la grosse bronche par rapport au sommet, chez l\u2019enfant à l\u2019âge de la primo-infection, et chez l'adulte.Chez le premier en effet, la bifurcation de la trachée étant beaucoup plus haute, il s\u2019ensuit que la portion de poumon supérieure à la bronche n\u2019excède pas un cinquième ou un quart de la totalité du parenchyme d'un côté.Le rapport de ces deux points : bronche, sommet, change avec les années de telle façon que les bronches devenant plus horizontales, une portion de poumon qui leur était inférieure auparavant, se trouve alors située sur un plan plus élevé qu'elles.Ceci fait bien comprendre la possibilité d\u2019une primo-infection par voie aérienne dont les vestiges apparaissent au sommet longtemps après.\u2018 Autre facteur mécanique à considérer : la pression alternativement positive et négative à laquelle sont soumis tous les points de l'arbre respiratoire pendant les deux temps de la respiration.Ces forces, évidemment, \u2018s\u2019exerceront avec le plus d\u2019intensité là où l\u2019amplitude des mouvements est plus considérable : régions latéro- inférieures et diaphragmatique, et elles seront poussées à leur maximum pendant et immédiatement après l\u2019acte de la toux.On comprend facilement l\u2019influence, à l\u2019intérieur de cet espace clos, constitué par l'arbre respiratoire pris dans son ensemble, de ces différences de pressions sur la circulation sanguine et lymphatique de l'organe.Ces liquides \u2014 sang et lymphe \u2014 véhiculeront les bacilles dont ils se sont chargés au passage d\u2019un territoire infecté, 36 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA avec une vitesse proportionnelle à l\u2019intensité de la respiration, même en ne tenant pas compte de l\u2019action du cœur.A part son action sur la circulation alvéolaire, cette pression alternativement \u2014 et \u2014 crée à l\u2019intérieur des bronches un courant aérien dont la vitesse croît à mesure que le calibre de celles-ci diminue, et qui est capable de faire progresser \u2014 dans une direction comme dans l\u2019autre \u2014 les matières plus ou moins abondantes, mais toujours septiques, qu\u2019il rencontre sur son passage.Qu'on se représente ce qui se passe à l\u2019intérieur de bronches avoisinant un foyer en voie de ramollissement.Les particules de matière caseuse désagrégée peuvent évidemment être transportées vers les voies supérieures et expectorées, mais elles peuvent aussi, sous l\u2019action des inspirations profondes qui suivent la toux, être poussées vers l\u2019intérieur et aller ensemencer ufi territoire sain.La preuve de ceci a été faite, et Nicol, cité par Gekler, a vu sur des préparations, des alvéoles à parois intactes, farcis de matière caseuse et de germes évidemment transportés là par aspiration.Le volume du foyer nécrosé et la quantité de matière septique mise en circulation sont encore d\u2019autres facteurs favorisant la dissémination de l\u2019infection de cette manière, car si les bronches peuvent suffire à assurer l\u2019évacuation vers l\u2019extérieur d\u2019une quantité modérée d\u2019expectoration, il arrive un moment où, la quantité à éliminer devenant trop considérable, la voie reste encombrée.Que survienne alors une brusque aspiration comme en font les malades après avoir toussé, le contenu des bronches de ce territoire sera refoulé dans une autre direction, habituellement vers les lobes inférieurs.La chose est assez claire, puisque en vertu du phénomène de Koch, les lésions de réinfection tendent naturellement à la nécrose et à l\u2019élimination.Il semble donc logique de favoriser par des moyens artificiels la sortie de l'appareil respiratoire de ces tissus nécrosés quand les moyens naturels se montrent insuffisants, ne faisant en cela qu\u2019aider la nature.C\u2019est ici que le pneumothorax artificiel comme agent de compression et d\u2019expression de ces foyers rend des services inestimables.Son emploi est malheureusement restreint et rendu difficile par la présence d\u2019adhérences pleurales, surtout chez les anciens malades, et c\u2019est la fréquence de cette contre-indication qui a suggéré aux médecins du sanatorium d\u2019Albuquerque, travaillant sous la direction de Gekler, la recherche d\u2019un autre moyen d\u2019agir sur ces cavernes, quand pneumothorax et thoracoplastie sont impossibles.La gravité de cette dernière opération en a malheureusement restreint PSE L'UNION MÉDICALE DU CANADA 37 l'emploi à un très petit nombre de cas.Les conclusions de leurs travaux, vérifiées plus tard par l\u2019expérience, indiquent qu'il est relativement facile, étant donné la présence d\u2019adhérences entre les deux feuillets de la séreuse, d'aborder une caverne tuberculeuse du poumon par la voie transthoracique, puis de créer une fistule pour assurer l\u2019évacuation du contenu et la désinfection de la paroi jusqu'à l'assèchement parfait de celle-ci.Cette condition une fois réalisée, la caverne, laissée à elle-même, subirait la rétraction dont sont le siège les cavernes bien drainées quand la maladie a la moindre tendance vers l\u2019évolution fibreuse, laquelle rétraction peut même aller jusqu\u2019à l'oblitération complète de la cavité comme la chose a été constatée de façon irréfutable.Ceux qui ont l\u2019expérience de la méthode de Forlanini savent combien sa mise en pratique est parfois décevante pour les raisons déjà données.Aussi lorsque l\u2019indication se rencontrera d'exprimer le contenu d\u2019une caverne mal drainée pour l'empêcher d'aller répandre ailleurs l\u2019infection et que le Forlanini sera impossible à réaliser, 1l v aurait intérêt, je crois, à recourir sans crainte à la méthode de Gekler dont voici, résumée en quelques mots, la technique : | \u2014 Anesthésie locale et injection sous-cutanée d\u2019héroine ou de morphine, 2\u2014Résection de la cote avec son périoste sur une longueur d'environ un pouce et demi.| 3 \u2014Localisation de la caverne par ponction.4 Ouverture d\u2019un trajet d\u2019un pouce de diamètre au thermocautère.5 \u2014Pansement sec.(Fig.1) Voici pour l\u2019opération.Les traitements subséquents sont pratiqués une ou plusieurs fois par jour suivant les indications de chaque cas et consistent en : | \u2014Aspiration au moyen d\u2019une séringue et d\u2019un tube de caoutchouc.2 \u2014Lavage des parois par vaporisations de sérum physiologique suivi d'une nouvelle aspiration.3.\u2014-Vaporisations d\u2019une solution saturée de violet de gentiane dans de l\u2019eau distillée contenant 10% d'alcool, pour que la paroi de la cavité en soit couverte sur toute sa surface.4 \u2014Application de la même solution sur le pourtour de l\u2019orifice.Comme on le voit la méthode est nouvelle.Nous n\u2019avons pas encore eu l\u2019occasion de l\u2019employer dans la tuberculose cavitaire à da Sl asic os Aa fe a dr ES te ue oe 7m cl, a ya: a: $s mes AN A sa vs © 3 xt .Fig.I \u2019 J L UNION MEDICALE DU CANADA = se Se 38 L'UNION MEDICALE DU CANADA 39 lésion étendue suivant l'indication originale mais nous en avons fait l\u2019expérience dans un cas de gangrène du poumon chez un tuberculeux qui en a nettement bénéficié.Nous en rapportons plus bas l'observation.Une hirondelle ne fait pas le printemps et une observation isolée ne prouve rien.Nous espérons seulement que la nôtre intéressera d\u2019autres phtisiothérapeutes qui nous feront à leur tour connaître le résultat de leur expérience sur le même sujet pour que nous puissions bientôt réunir assez de faits pour pouvoir nous prononcer sur la valeur de ce traitement.Observation À.D., vingt-cinq ans, est admis dans le service du Professeur Benoît le 30 janvier 1924, pour un syndrôme pulmonaire chronique dont le début remontait à quatre ans, avec état général profondément altéré.| Dans l\u2019histoire de sa famille on ne relève rien de particulier : père vivant, cinquante ans, jouissant d\u2019une bonne santé apparente.Mère morte à soixante ans d\u2019une affection aiguë du poumon.Trois frères et trois sœurs morts en bas âge.Trois sœurs vivantes se portent bien.Les antécédents personnels ne fournissent pas plus de renseignements.Le malade grandit à la campagne, pauvrement, et travailla de bonne heure, à la journée, à des travaux pénibles.Il semble avoir tout connu de la misère physiologique, mais ne se rappelle pas avoir été malade avant le début des troubles actuels.À vingt-et-un ans, pendant qu\u2019il gâchait du mortier, dehors, en hiver, il fut pris soudainement d\u2019un violent point de côté à gauche.Il éprouva des frissons répétés le premier jour, et de la céphalée.Une dyspnée intense s'installa, rendue plus pénible par une toux improductive.Un diagnostic de pneumonie fut d\u2019abord posé puis changé quelques jours plus tard en celui de pleurésie et une ponction évacuatrice fut pratiquée, qui donna issue à une chopine (?) de pus.Le malade fut soulagé, se crut guéri, et se leva quelques jours plus tard attendant le retour de ses forces, lesquelles se firent attendre.La toux persista, puis, graduellement, tous les autres symptômes revinrent et, six mois plus tard le patient se sentant dans un état identique à celui du début, réclama de son médecin le même traitement qui l'avait soulagé une fois mais pour quelque raison cela lui 40 L'UNION MÉDICALE DU CANADA fut refusé.L\u2019état continua à s'aggraver, tous les symptômes atteignirent bientôt une grande intensité; du délire vint s\u2019y ajouter.L'état fut déclaré désespéré, tout traitement inutile, et la fin semblait imminente quand le malade rendit dans une vomique une grande quantité de pus verdâtre, puis chocolat, d\u2019odeur fétide.Le lendemain - reprise de la connaissance, amélioration graduelle, et, quelques jours plus tard, lever.La toux et l\u2019expectoration persistèrent cependant.Depuis cette époque et pendant les trois année qui suivirent, À.D.ne reçut aucun soin et regarda passer les jours, comme il le dit lui- même \u2018assis au bout de la table, évitant de remuer, ce qui me faisait cracher et dégoûtait tout le monde\u201d.Ayant demandé assistance à son médecin, celui-ci ne put le placer dans un sanatorium canadien-français, et pour cause.On réussit à le faire admettre au sanatorium juif de Préfontaine, près de Sainte-Agathe où, tenu sous observation pendant six semaines, il reçut les meilleurs soins hygiéno-diététiques, mais aucun traitement local, semble-t-il.Des analyses répétées n\u2019ayant pu établir la nature tuberculeuse de la maladie, il lui failut abandonner cette institution affectée au traitement des seuls états tuberculeux.C\u2019est alors qu\u2019il entra à l'hôpital Notre-Dame.Examen à l\u2019admission : Facies amaigri; langue légèrement saburrale; pouls rapide (120) et irrégulier; trente respirations à la minute.Tousse beaucoup.Expectoration muco-purulente et d\u2019odeur infecte.Température modérée; P.A.130/170 (Tycos).Poumons ! A gauche, matité; respiration soufflante, caverneuse, accompagnée de râles sous-crépitants de diverses grosseurs prenant vers le haut le caractère consonnant.Vibrations effacées.A droite, sub-matité, respiration rude avec expiration prolongée.Vibrations vocales augmentées.À l\u2019écran, les deux tiers du poumon gauche sont voilés; le tiers inférieur est très noir avec niveau supérieur linéaire et mobile.Sous la clavicule, une zone très claire.Conclusion : hydropneumothorax.(A la suite de ce rapport l\u2019interne tenta plusieurs ponctions qui ne ramenèrent jamais de liquide.Nous verrons pourquoi.) De cette date à la fin de mai l'examen bactériologique des chats fut fait cinq fois et une seule fois le bacille de Koch put être décelé.La courbe de la température pour cette période, dont les oscillations ne dépassaient pas 100° le soir, accuse, toutes les trois ou quatre semaines, une ascension à 102°-103° durant environ sept jours, et L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA ; 41 descendant en lysis après une recrudescence de l\u2019expectoration ou une vomique de matière fétide.Les notes de l\u2019infirmière mentionnent également les points suivants : le malade tousse beaucoup; expectoration abondante et malodorante.La médication consista dans l\u2019administration successive de créosote, d\u2019hypophosphites, sirop de codéine, sulfate de strychnine puis, de teinture d\u2019iode par la bouche.C\u2019est à ce point de son histoire que nous vimes le malade pour Ja première fois à notre arrivée dans le service, vers le milieu de mai.La condition à ce moment, est, à peu de chose près, celle décrite lors de son admission sauf qu\u2019il présente depuis quelques jours, sur la paroi thoracique antérieure entre la première et la deuxième côte à cinq centimètres du sternum, une zone tuméfiée, rouge, chaude, douloureuse, de la grandeur d\u2019une pièce de vingt-cinq sous qui, au bout de quinze jours, donnait l\u2019impression d\u2019un petit abcès du tissu cellulaire, à la veille d\u2019aboutir.Le centre était ramolli et, à chaque cffort de toux la peau bombait en avant, ce qui nous fit penser à la communication du tissu cellulaire avec une caverne sous-jacente dont neus avions à l\u2019auscultation tous les signes.A partir de ce moment, l\u2019état général s\u2019aggrava progressivement, la fièvre augmenta et, le 22 juin les téguments cédèrent, créant une petite ouverture d'un demi-centimètre par laquelle s\u2019écoule un pus fétide dont l\u2019abondance indique clairement l\u2019origine intrathoracique.Le lendemain, nous explorons la plaie avec un stylet dont l\u2019extrémité, après avoir cheminé sous la peau dans la direction de l\u2019espace intercostal sur une distance d\u2019environ un pouce, donna la sensation de se mouvoir dans le vide.Le stylet retiré, nous faisons suivre le même chemin à une sonde molle à l\u2019extrémité de laquelle nous adaptons une seringue de 20 c.c., puis nous retirons 380 c.c.de pus assez fluide, verdâtre, dont l\u2019odeur abominablement.infecte soulève les protestations des malades de l'entourage.Cette première intervention procure un soulagement instantané et la température commence à descendre.Le pus analysé au laboratoire montre la présence d\u2019anaerobies variés, de streptocoques, de spirilles en plus des germes banaux des voies respiratoires.Nous avions manifestement affaire à de la gangrène et nous proposons le traitement suivant qui est commencé immédiatement : Sérum anti- gangreneux polyvalent de l\u2019Institut Pasteur; sulfarsénol intraveineux tous les quatre jours à doses croissantes.Localement nous conseillons le traitement préconisé par Gekler pour les cavernes tuberculeuses, 42 L'UNION MÉDICALE DU CANADA lequel fut appliqué de la manière déjà décrite.La partie opératoire fut exécutée par le Professeur Bourgeois dont la collaboration nous uit précieuse et à qui nous désirons exprimer nos remerciements.Le malade bien qu\u2019éveillé ne ressentit au cours de l'intervention aucune douleur.Au retour de la salle d\u2019opération nous retirons de la caverne 150 c.c.de pus et nous faisons commencer sans tarder les vaporisations de sérum physiologique et de violet de gentiane au moyen d\u2019un petit appareil De Vilbiss ordinaire, lequel se prête merveilleusement à ce travail.Le traitement fut répété une fois par jour.Résultats.La quantité de liquide retirée diminua tous les jours pour rester stationnaire entre 30 et 40 c.c.venant probablement, en partie, de la trachée et du poumon de l\u2019autre côté par la grosse bronche encore ouverte en haut.Le pus perdit rapidement son odeur de gangrène.Amélioration parallèle des autres symptômes et de l\u2019état général.L'augmentation du poids \u2014 dix livres dans quatre mois \u2014 qui pourrait sembler de peu d'importance dans un autre cas, est ici très encourageante.(Fig.2) Pronostic.Réservé.Lié à l\u2019évolution d\u2019une tuberculose fibreuse étendue, de l\u2019autre côté, dont la marche silencieuse n\u2019inspire pas de craintes immédiates.La mince couche de parenchyme qui a échappé à la fonte gangréneuse, appliquée partout à la paroi thoracique et limitée du côté interne par une membrane fibreuse résistante ne pourra jamais, croyons-nous, avoir la moindre influence sur l\u2019évolution ultérieure de la maladie.% %* % L\u2019affection primitive, autant que nous pouvons\u2018 nous en rendre compte par les renseignements incomplets fournis par le malade, semble avoir été une pleurésie suppurée de l'interlobe gauche, à laquelle vint de bonne heure se surajouter un processus de nécrose gangréneuse dont l\u2019envahissement graduel réalisa l\u2019excavation de tout le poumon.L\u2019accumulation de ces tissus nécrosés, septiques, dans une cavité dont le fond s\u2019éloignait chaque jour de la bronche de drainage, causait les poussées périodiques de température qu\u2019une vomique faisait disparaître.Le rapport de l\u2019examen à l\u2019écran (voir plus haut) mentionnait une ombre avec limite supérieure linéaire mobile et le diagnostic nu S = S WN a * = es vo i eh 2 2 eu, \"2 an° $ A o + 23 fé 4 { et 3, S SE PSH + SA #, x = RR = se ; a { \u201cod Ne 2 2 © & Fup = RRR ss Fes 3 Sy ce Fe.2 AN: = Se \u20ac .2 3 Be a Se = x à \u20ac 23 = RIN % % 5 ee 5 MECS, = 20 hs AE oh 2 34 2 wal 23 5.Fi Sa se = % SF se 37 ee 7 3 EN ï ee 27 = = a , ey 5 \u2019 .2 a ig.ee Hé = = 4 be oo 4 7 > = 2 Zs ER Ze a 25 5 2 a L'UNION MEDICALE DU CANADA A 0 5 Ce en 2 i 7% > I 44 L'UNION MÉDICALE DU CANADA d'hydropneumothorax.L\u2019échec des ponctions répétées pratiquées ensuite s'explique facilement quand on se rend compte que le liquide siégeait dans le poumon et non dans la plèvre et que l'aiguille enfoncée à la partie inférieure du thorax, où la couche de parenchyme indemne a la plus grande épaisseur, ne pouvait atteindre la collection liquide.La présence de cette large fistule communiquant avec la cavité nous permit de faire les constatations suivantes : Une tige stérilisée introduite perpendiculairement au plan antérieur du thorax rencontre la paroi opposée à trois pouces et demi.Si nous déduisons un pouce pour l'épaisseur des différentes couches de la paroi, il reste deux pouces et demi comme diamètre antéro-postérieur à ce niveau.La tige dirigée obliquement en haut et en arrière donne les mêmes chiffres.Le malade étant placé devant l\u2019écran radioscopique, une sonde 1rolle fut introduite par la fistule et nous pôuvions en voir l\u2019extrémité descendre en contournant l\u2019ombre cardiaque pour s\u2019arrêter au niveau de la pointe de cet organe où semblait finir la cavité.Il semblerait au premier abord qu\u2019une aussi large perte de substance eusse dû être très perméable aux rayons et donner sur la plaque une zone claire, mais on constate au contraire à l\u2019examen du cliché que sur une surface correspondant à la caverne les rayons ont été arrêtés, ce qui montre bien la nature fibreuse, dense, de ses parois.Nous songions depuis l\u2019ouverture de cette fistule à trouver un moyen qui pût nous permettre de suivre de visu les modifications des lésions sous l'effet du traitement, mais ce n\u2019est que dernièrement, grâce à l'obligeance du docteur Philippe Panneton, que nous pûmes réaliser l\u2019endoscopie de cette immense spélonque.Au moyen d\u2019une source d'éclairage intense, et d\u2019un miroir laryngé introduit par la fistule nous pûmes facilement constater, dans toutes les directions, l'existence d\u2019une paroi luisante et lisse, non suintante, rose pâle, avec, de place en place, des placards blanchâtres de sclérose.Ici et là, de petites zones de vascularisation plus intense entre lesquelles des points violets qui ont fixé la teinte des pulvérisations.Nulle part la paroi ne présentait cet aspect décrit dans les traités d\u2019une \u201cmembrane molasse, fongueuse, putrilagineuse, s\u2019effritant sous l\u2019action du grattage et suintant un liquide trouble d\u2019odeur infecte\u201d.En dirigeant le miroir vers le bas, nous pouvions nous rendre compte, bien que l\u2019éclairage fût moins favorable, que les parois se L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 45 rapprochaient par épaississement graduel du parenchyme resté sain pour se rejoindre au niveau de la pointe du cœur.Ce qui cadre bien avec les renseignements fournis par les autres moyens d'exploration sur la situation de la caverne, sur sa forme et ses\u2019dimensions.Conclusions La création d'une fistule mettant une caverne pulmonaire en communication avec l'extérieur, dans les conditions mentionnées plus haut, est une opération bénigne et praticable sous anesthésie locale.Les indications en sont fournies par la nécessité d\u2019assurer l'évacuation d\u2019une cavité du poumon reconnue comme principal foyer de dissémination de l'infection, le pneumothorax et la thoracoplastie étant impossibles à réaliser.- Préconisé pour les cavernes tuberculeuses, le procédé peut rendre ses mêmes services dans d\u2019autres états : gangrène circonscrite, abcès post-pneumonique, infarctus suppurés, etc.BIBLIOGRAPHIE W.A.Gekler, Lovelace, Rankin, Weigel: Tuberculous cavitation of the lung.Journal of the American Medical Association, 9 fév.1924, vol.82, pp.457-463.J.Burns Amberson, Jr.: The roentgraphic pathology of pulmonary tuberculosis.American Review of Tuberculosis.Vol.V, No 1, March 1921.P.Harvier: Gangrène pulmonaire, in \u201cNouveau traité de Médecine\u201d.Oo La Bétoine Quant à l\u2019herbe que les Françoys appellent Vettonica, à cause des Byernois dits des Latins Vettones qui en furent les premiers inventeurs, nos Italiens la nomment Serratula.et les modernes Francoys Bétoyne.Les feuilles de cette herbe, qui est une des premières du monde, séchées et pulvérisées, s\u2019emploient en plusieurs endroits en médecine.On en fait aussi du vin aigre, qui est singulier à l\u2019estomac et pour éclaircir la veüe.Ceste herbe a ceste prérogative que la maison où elle se trouve placée sera toujours en la protection des dieux, encore qu\u2019on ne leur fasse point de sacrifice pour les appaiser.Fort propres à digérer les humeurs crües et indigestes qui font soulever le coeur.elle sert à la digestion et résout les fumées du vin qui sont montées au cerveau.La racine de bétoyne, prinse au pois de quatre dragmes, en vin cuit ou en vin - miellé, provoque à vomir sans aucune fascherie.Dr CASTIAUX, Aesculape 1923.(Trad.de \u2018Pline l\u2019Ancien\u2019\u2019) CONSIDÉRATIONS SUR L\u2019HYPOTENSION ARTÉRIELLE DU TUBERCULEUX PULMONAIRE ET SON TRAITEMENT (1) Par le Docteur J.A.VIDAL Médecin de l\u2019Institut Bruchési En repassant brièvement dans notre mémoire les notions elémen- taires du phénomène physique de la tension artérielle, nous conclurons qu\u2019il y a deux éléments essentiels qui interviennent pour constituer la pression artérielle : l\u2019énergie de la contraction ventriculaire et la résistance périphérique des vaisseaux.Par conséquent, tout facteur, soit toxique ou mécanique, agissant sur l\u2019un ou l\u2019autre de ces éléments peut modifier considérablement cette pression vasculaire.Nous avons tous constaté, par maintes observations, que nombreux sont les tuberculeux pulmonaires qui sont atteints d\u2019hypotension artérielle.Et nous incriminons comme facteur de cette hypotension la toxine du bacille de Koch, qui par son imprégnation sur le myocarde et le système nerveux affaiblit le tonus vasculaire.Cependant si nous voulons côtoyer de plus près l\u2019âpreté des considérations scientifiques, nous pouvons admettre que la toxémie bacillaire n\u2019est peut-être pas toujours le seul et unique facteur de l\u2019hypotension, et cu\u2019en certains cas le facteur initial pourrait être trouvé dans une infériorité préexistante du tonus circulatoire.Voilà qui ferait l\u2019objet de belles discussions scientifiques d\u2019ordre théorique, mais qui serait de peu d\u2019importance du côté pratique.Préciser mathématiquement la cause initiale de l\u2019hypotension ne serait pas toujours très facile en clinique.Cependant 1l nous faut admettre quand même l'existence du syndrome avec ses deux éléments : tuberculose pulmonaire et bypotension artérielle qui réagissent l\u2019un sur l\u2019autre; et de cette action mutuelle et réciproque naît un pronostic plutôt sombre.L'observation nous a appris que la tuberculose pulmonaire, par l'imprégnation de sa toxine, causait l\u2019hypotension artérielle, et, d'autre part, l\u2019expérience nous démontre que cette même hypotension donne à la lésion bacillaire une orientation plutôt maligne qui l\u2019achemine plus ou moins rapidement vers un dénouement fatal.De là gardons bien en mémoire cette loi clinique de la phtysiologie qui veut que le pronostic de la tuber- (1) Communication lue au \u201cComité d\u2019études\u201d de l\u2019Institut Brucpési. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 47 culose soit d\u2019autant plus sombre que la pression artérielle du malade est plus basse et d'autant plus rassurant que la pression est plus élevée.L\u2019étude de la circulation intrapulmonaire chez le tuberculeux est donc d\u2019un intérêt primordial si nous voulons reconnaître l'hypotension et en combattre les méfaits.A quels moyens devons-nous recourir pour reconnaître I\u2019hypotension artérielle ?D\u2019abord la mensuration par le sphymomano- mètre est tout à fait indiquée.Cependant pour ceux qui observent souvent des tuberculeux, outre l'instrument il y a le facies et l'apparence générale du malade qui peuvent d'emblée faire reconnaître l\u2019insuffisance d\u2019activité circulatoire.Le tuberculeux pulmonaire hypotendu a un aspect assez caractéristique.Il s\u2019agit presque toujours d\u2019un sujet maigre, facies pâle, thorax plat, à respiration courte et aux extrémités refroidies et légèrement cyanosées.A l\u2019auscultation de ces malades, nous sommes frappés par la grande variabilité des bruits adventices.Craquements, sibilances, rales crépitants et sous-crépitants s\u2019entremélent et se généralisent, et de là surgit la difficulté¢ d\u2019établir le caractere et la dimension vrais de la lésion.Examinons le cœur.Les bruits sont lointains et voilés, le pouls est rapide et petit, battant de 100 à 120 et plus à la minute même chez un malade quelquefois apyrétique.A la palpation en décubitus \u2018dorsal on sent très mal le choc de la pointe.Au Tycos, nous noterons à peine 75 à 90 de pression maxima avec 50 à 55 comme pression minima.C\u2019est un malade affaissé, fatigué au moindre effort et qui devient dyspnéique qu\u2019à parler.L\u2019hypotendu étant reconnu, signalons quelques-uns des méfaits pouvant être rapportés à l\u2019abaissement de la tonicité vasculaire.Nous avons tous observé de ces malades qui, à une phase plus ou moins avancée de leur tuberculose, ont des transpirations plus ou moins abondantes avec frissons, qui se sentent très affaissés et déprimés à leur réveil.Cette dépression dure toute la matinée jusqu\u2019au moment où le soir s\u2019annongant, on observe un regain d\u2019entrain et d\u2019activité.Nous avons tous constaté ce fait; quelle en serait l\u2019explication plausible ?Les transpirations nocturnes, résultant d\u2019une toxémie très marquée qui a pour effet l\u2019hyperexcitation du nerf vagus, s'accompagnent d\u2019une chute de température avec vasodilatation et hypotension vasculaire consécutive.De là naît cet état d'affaissement qui fatigue énormément ces malades.Par contre +5 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA l\u2019hyperthermie vespérale, par un phénomène d\u2019excitabilité du sympathique (d\u2019après Pottenberg) provoquant une vaso-constriction, relève passagèrement l\u2019activité circulatoire et fournit au malade un regain de vigueur.Constatation importante à noter : à l\u2019hypotension démontrée par ce fait clinique correspond un état d\u2019affaissement et de Jassitude; au relèvement du tonus circulatoire on observe un regain d\u2019entrain et de vitalité.La lecture du graphique thermique de ces malades hypotendus nous montre très souvent l'influence néfaste de l\u2019hypotension artérielle.Ce tracé à oscillations à peu près régulières nous montre tout à coup une ascension fébrile d'un caractère plutôt passager qui peut varier de une à trois semaines.Cette augmentation de température soudaine correspond à une aggravation des symptômes stéthosco- piques et fait porter l'étiquette clinique de poussée congestive, sans trop chercher le facteur initial qui très souvent relèvera plutôt de l\u2019hypotension artérielle que de l'infection tuberculeuse elle-même.Si à ce moment nous cherchons à dépister le facteur immédiat de ce fait clinique, très souvent nous y trouverons une fatigue ou un exercice mal dosé.En pareil cas, il est logique de croire que la baisse de la tension artérielle dans les capillaires pulmonaires provoquant une exsudation intraalvéolaire, favorise la congestion périphérique des foyers tuberculeux et aggrave ainsi leur extension subite.La poussée fébrile des époques menstruelles avec l\u2019aggravation fréquente des bruits stétacoustiques chez la femme tuberculeuse n\u2019est-elle pas un autre phénomène d\u2019hypotension circulatoire, soumis à une autre cause, mais aboutissant à un même effet ?Certaines formes d\u2019hémoptysie à répétition qui sans être très abondantes sont tenaces et difficiles à contrôler.Très souvent l\u2019hypotension artérielle est le seul facteur responsable de la longue durée du symptôme hémoptoïque et si nous nous appliquons à relever le tonus vasculaire nous aurons souvent par ce moyen plus de succès qu'avec toute autre médication.| Ce qui démontre donc que l'influence aggravante de I'hypotension vasculaire sur la tuberculose pulmonaire, n\u2019est pas seulement due à la diminution de résistance du sujet, mais qu\u2019elle exerce en plus une action immédiate et défavorable sur le terrain pulmonaire, affectant ainsi, non seulement le foyer tüberculeux, mais même le parenchyme sain.Auscultons ces malades hypotendus dans un \u2019 territoire non lésé : on y observera surtout une diminution du mur- ute mt af we lie qi Or L'UNION MÉDICALE DU CANADA 49 .mure vésiculaire, des râles congestifs qui, comme nous l'avons dit antérieurement, sont le produit d\u2019une stase avec exsudation consécutive à travers les capillaires, génant ainsi l\u2019hématose avec d'autant plus de gravité que le parenchyme pulmonaire est plus ou moins lésé par l\u2019imprégnation tuberculeuse.Voici des faits cliniques que nous observons couramment chez des sujets tuberculeux atteints de faiblesse cardiaque, et nous avons constaté que cette stase capillaire consécutive associée à la congestion périfocale est toujours grave et souvent à bref délai.Si l\u2019influence nocive de l\u2019hypotension vasculaire chez le sujet tuberculeux est reconnue de toute évidence, et si, d\u2019après les statistiques de Boschi, confirmées par Sellig, 80% des malades tuberculeux sont hypotendus à différents degrés, 11 importe donc de bien observer le phénomène de la pression artérielle afin de prévenir d\u2019abord et de remédier si possible à ses méfaits par un traitement approprié.Il y a plusieurs médicaments qui jouissent d\u2019une valeur thérapeutique chez l\u2019hypotendu, v.g., l\u2019adrénaline, l'huile campbrée, la strychnine.Reconnus pour leur action bienfaisante sur la tonicité vasculaire, ils lutteront avec avantage contre la stase capillaire.Cependant, il serait important d\u2019appliquer a ce syndrome d\u2019hypotension une thérapeutique puissante et dosable.La digitaline, je crois, répondrait bien à cette indication.Antérieurement la digitaline n\u2019était généralement prescrite chez le tuberculeux que dans les cas d\u2019insuffisance cardiaque très avancée, v.g., chez les tuberculeux avec lésions valvulaires mal compensées, chez les tuberculeux en état d asystolie ou dans les crises d\u2019affolement cardiaque du tuberculeux au seuil de la mort.Cependant, dans ces cas in extremis, méme des doses massives étaient très souvent sans effet, parce que, redoutant l\u2019effet cumulatif du médicament, on n\u2019osait pas en prolonger l\u2019administration.On administrait bien dans certains épisodes aigus la digitaline lorsque le syndrome de stase sanguine périphérique généralisée et de faiblesse cardiaque existait.Cependant il faut bien remarquer que le tuberculeux hypotendu n\u2019offre pas la même symptomatologie que l\u2019asystolique classique avec hypertrophie car- Ciaque, bruits de souffle et anasarque.Chez le tuberculeux pulmonaire il y a exceptionnellement peu ou pas d\u2019œdème.Alors les praticiens, avec les notions de cardiologie du temps, ne songeaient pas à l\u2019emploi de la digitaline parce qu\u2019ils n\u2019en trouvaient pas l\u2019indication classique. 5G L'UNION MÉDICALE DU CANADA Vinrent alors Huchard et Merklen qui nous ont enseigné qu'il était possible d\u2019administrer la digitaline à dose périodique et soutenue pendant des semaines, des mois et même des années.Ils nous ont même appris que l'effet de la digitaline était d\u2019autant plus marqué qu\u2019on l\u2019administrait àe bonne heure, c\u2019est-à-dire avant la dégénérescence trop accentuée des fibres cardiaques.Ces notions ont ouvert une orientation nouvelle à la thérapeutique pulmonaire qui ne reconnaissait alors que le repos ou l'exercice modéré pour relever le tonus vasculaire du tuberculeux.Même à cette époque où l\u2019on ne connaissait pas toutes les indications du traitement digitalique, on le prescrivait toujours pour prévenir la fatigue cardiaque et remonter ainsi la tension intra- pulmonaire dans la pneumonie.Nous avons appris, et depuis longtemps, ce qui est encore d'ordonnance classique, l\u2019indication et les avantages de la digitaline chez le pneumonique.Redoutant toutes ces causes de gêne circulatoire, réflexes et toxiques on voulait prévenir le mal et alors dès le début du traitement on prescrivait des stimulants cardiaques.N'\u2019est-il pas rationnel d\u2019avoir les mêmes craintes, peut-être à moins brève échéance, en tuberculose pulmonaire ?Parce que la tuberculose pulmonaire tout comme la pneumonie est une alvéolite inflammatoire, produisant des causes identiques qui peuvent être mécaniques, toxiques et réflexes et qui sont de nature à influencer considérablement la tension intrapulmonaire et fatiguer ainsi considérablement le cœur droit.Ici donc la digitaline a son indication très motivée, et souvent par ce moyen thérapeutique nous verrons des poumons se dégorger de leur exsudation intralvéolaire et périfocale, la cyanose disparaître, le pouls se raffermir, l\u2019équilibre organique se rétablir, les forces se remonter et ainsi nous pourrons quelquefois assister à une transformation anatomo-pathologique, qui, de caséeuse et extensive qu\u2019elle s\u2019annonçait, s\u2019orienta vers la fibrose et donner ainsi à nos malades sinon une guérison du moins une amélioration très appréciable.Cependant nous rencontrerons des tuberculeux qui, bien que soumis au traitement digitalique, ne manifestent aucune amélioration, la tension artérielle reste toujours en hypotension; je crois alors qu\u2019il faut tenir ce pronostic comme sombre.Cependant, il ne faut pas tomber dans un optimisme exagéré.La digitaline n\u2019est pas un remède spécifique de la tuberculose pulmonaire, pas plus que la tuberculine, la sérothérapie, les pelospanines et le pneumothorax.Il ne faut jamais perdre de vue qu\u2019en phtisio- thérapie la tuberculosé n\u2019est pas une maladie réalisant un syndrome a i tt aes a - de.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 51 uniforme pouvant être traité par une médication spécifique qu'on appellerait antituberculeuse.Le polymorphisme de la tuberculose pulmonaire est considérable et parfois déconcertant.Chaque tuberculeux revêt sa forme morbide différente, ce qui demande au praticien un effort constant d\u2019observation pour individualiser son traitement qui sera basé sur l\u2019analyse minutieuse de chaque malade en particulier.; Le but que j'ai cherché à.atteindre par cette courte communication, c\u2019est de démontrer d\u2019abord la très grande fréquence de l\u2019hypotension artérielle chez le tuberculeux pulmonaire et son action néfaste sur l\u2019évolution de la tuberculose pulmonaire.Je crois que nous n\u2019avons pas par le passé donné toute l'attention méritée à l\u2019étude de la tension artérielle chez le pthisique.Fascinés par la virulence du bacille de Koch et par le polymorphisme de son action sur l\u2019être humain, nous notions toute aggravation des symptômes au compte de l'infection tuberculeuse elle-même, sans avoir considéré à leur juste valeur certaines causes secondaires qui pouvaient produire des lésions d\u2019une gravité irréfutable.Par \u2018conséquent, je crois que le symptôme bopotension artérielle, soumis au traitement digitalique à petites doses, et judicieusement employé, pourra, quelquefois assez rapidement, s\u2019améliorer, surtout dans ces cas de fatigue du cœur droit produite par gêne mécanique de la circulation intrapulmonaire plutôt que dans cette forme d\u2019hypotension résultant d\u2019une toxémie suraigué avec dégénérescence de la fibre cardiaane.Pour illustrer davantage l\u2019opinion que je viens d\u2019énoncer, je rapporterai brièvement deux cas qu\u2019il m\u2019a été donné d\u2019observer et dont les résultats m\u2019ont paru très intéressants.J'ai examiné en mars dernier une malade âgée de 55 ans, atteinte de tuberculose à forme fibreuse généralisée avec petite caverne au sommet droit; pas de fièvre, respiration haletante, très dyspnéique avec légère cyanose des extrémités.La pression artérielle, qui n\u2019était alors que 80/50 avec tachycardie, me faisait entrevoir une menace constante d\u2019une dilatation du cœur droit.11 est à noter que cette malade pratiquait la cure du repos depuis plusieurs semaines.Soumise au traitement digitalique associé a Thuile camphrée 20%, la pression apres cing semaines remontait a 98/55 avec amélioration rotable du syndrome respiratoire.Voilà ce que le repos seul n\u2019avait pu donner.Dans ce premier cas j'ai administré la solution au millième Mialhe Petit de la manière suivante : Premier jour : 10 gouttes matin et soir. ~ Se = 52 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Deuxième, troisième et quatrième jour : 5 gouttes matin et soir.Sixième jour : 5 c.c.d'huile camphrée à 20% en injection hypodermique.Huitième jour : 5 cc.d'huile camphrée à 20% en injection bypodermique.Dixième jour : 5 c.c.d\u2019huile camphrée à 20% en injection hypodermique.Cinq jours de repos et j'ai continué le traitement digitalique à 5 gouttes matin et soir pendant les trois premiers jours de la semaine, toujours associé à l\u2019huile camphrée.Le dosage pourrait être augmenté et l'emploi prolongé ou diminué selon la réaction et le résultat obtenus.Autre observation.Le 2 juillet 1924, après les examens du scholasticat, j'ai examiné un religieux âgé de 32 ans.En plus des signes objectifs je note une pluie de râles entendus dans les 2/3 supérieurs de l\u2018hémithorax gauche, avec signes cavitaires au niveau de la fosse sous-claviculaire.Bacille de Koch positif.P.A.90/55.Pouls 114.Température 100 3/5.Le malade fut mis au repos avec digitaline pour lutter contre l\u2019hypotension vasculaire.Le 28 juillet, l\u2019auscultation ne révélait que quelques petits râles après toux à la région claviculaire au pourtour de la caverne et dans le ceux de I'aisselle.P.A.110/60.Pouls 88.Température 99°.Pour expliquer une amélioration si prononcée dans un si bref délai ne serait-il __ Das logique u'admettre que ce malade, indubitablement tuberculeux mais surmené et très fatigué par ses études, était dans un état d'insuffisance circulatoire avec stase périfocale qui au premier abord aurait pu nous faire croire à un envahissement presque complet de l\u2019hémithorax gauche, quand après l\u2019action de la digitaline adjointe au repos on ne décèle que quelques petits râles au sommet, ce qui est confirmé alors par une radiographie indiquant l\u2019envahissement de la moitié seulement du lobe supérieur.Dans ce cas nous pouvons admettre que le facteur principal de ce tableau clinique relevait plutôt de l\u2019hypotension artérielle que de l'infection tuberculeuse elle-même.Je conclus que les malades qui seront aidés et soutenus par ce traitement judicieusement employé, s'ils n\u2019en tirent pas toujours un avantage immédiat, seront mis en meilleure posture pour assimiler avec avantage les autres médications dont dispose notre arsenal thérapeutique pour combattre le terrible fléau de la phtisie pulmonaire. SOCIÉTÉ Médicale de Montréal Séance du 18 novembre 1924 Président: M.Gustave Archambault M.le Président fait remarquer que le Comité nommé pour l\u2019étude d\u2019un projet de réglementation pour l\u2019inspection des troupeaux est comnosé des docteurs Joseph-Edouard Laberge, Anselme Léger et Georges Mignault.Présentation de malades et de pièces anatomiques: Monsieur Albéric Marin présente trois malades souffrant de maladies parasitaires de la peau.Le premier est atteint de Pityriasis Versicolor, causé par le Microsporon furfur.Epidermycose caractérisée par des taches dont la couleur varie du jaune sale au brun foncé, d\u2019où l\u2019épithète de versicolore.Une légère desquamation furfuracée, due à la diminution d\u2019adhérence de l\u2019épiderme corné permet d\u2019en détacher un lambeau desquamatif sans faire saigner.C\u2019est le signe du coup de l'ongle ou signe du copeau, signe caractéristique du pityriasis versicolore.Le traitement par frictions au savon noir de potasse \u2014 visant à décaper l\u2019épiderme qui contient le parasite \u2014 est très efficace et guérit le malade très rapidement.Le deuxième malade présenté est un cas de Kerion de Celse, ou Tricophutie suppurée du cuir chevelu.Cette affection est due à un trichphyton pyogène, d\u2019origine animale.Elle se présente sous forme d'un placard tubéreux, grand comme une paume, à surface cruentée et purulente.De nombreux puits purulents s\u2019ouvrent à sa surface.Ce sont des pustules péripilaires.Chose paradoxale, c\u2019est la suppuration qui guérira le malade, en éliminant les poils et leurs follicules où est contenu le tricophyton.Les formes très suppuratives de Kérion ont donc un pronostic assez bénin.Elles laissent cependant derrière elles une alopécie définitive.Le troisième malade est aussi porteur d\u2019un Kérion mais en voie de guérison.Il laisse voir un grand placard érythémateux, légèrement \u2018saillant, alopécique, où subsistent encore quelques petites pustules.Le traitement dans ces cas de tricophyties cutanées, consiste dans l\u2019application de pansements humides pour nettoyer ces plaies et favoriser la sortie du pus.Les cheveux doivent être coupés ras et une large bande du cuir chevelu sain entourant le kérion doit être badigeonnée à la teinture d\u2019iode pour empêcher la marche extensive du parasite.DISCUSSION: M.Del Vecchio: Les enfants présentés dont des infectés locaux, il est vrai, mais comme leurs facies l\u2019indique, ils souffrent dans leur état général, et le traitement doit aussi porter sur celui-ci car ce sont des prédisposés à l\u2019infection.M.Archambault félicite le docteur Marin et rappelle les différentes variétés de pityriasis et le diagnostic de ceux-ci.Il indique comment les teignes sont difficilement guéries dans la plupart des cas.Travaux originaux et techniques: 54 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA a) Pathogénie et symptomatologie des troubles organo-végétatifs, M.Roméo Boucher.Le docteur Boucher fait un schéma rapide et simple de l\u2019anatomie du système sympathique, en délimite d\u2019une manière concise les propriétés physiologiques et met en antagonisme les fonctions du vague et du sympathique.Cet antagonisme produit des symptômes tout à faits différents qui forment une diathèse spéciale plutôt qu\u2019une maladie, diathèse qui peut cependant venir se greffer sur toute autre maladie et la compliquer.Il promet en terminant de donner une autre communication sur les sympathèses.DISCUSSION: M.Bousquet souligne l\u2019intérêt qu\u2019offre quelques centres sympathiques provenant de la chaîne cervicale: les ganglions opthalmique ou ciliaire, de Meckel et otique.Il rappelle l\u2019intérêt qu\u2019offre l\u2019interprétation des différentes formes de céphalées, dont l\u2019une peut être rattachée au système du ganglion ciliaire; qu\u2019à la suite de troubles toxiques de ce ganglion, nous avons de l\u2019asthénopie rétinienne et de l'asthénopie musculaire, le \u201ceye strain\u201d des Anglais qui peut produire des nausées, des vomissements, de l\u2019hyperchlorhydrie, de la constipation spasmodique, de la stase intestinale.Troubles réflexes se transmettant très probablement par les fibres afférentes sensitives de la cinquième paire qui crée la connection avec les fibres motrices du vague ou du sympathique.Récemment les professeurs Hunter et Royle de l\u2019Université de Sydney, Australie, à la suite d\u2019expériences sur des animaux et en appliquant ensuite leurs conclusions à des cas de paralysie spasmodique, ont établi le rôle du sympathique dans le tonus musculaire, rôle tonique antagoniste à l\u2019action motrice proprement dite produite par les nerfs provenant des racines antérieures.M.Bousquet rappelle le rôle du sympathique dans les troubies de la trophicité se manifestant dans le territoire innervé par les branches efférentes du gangiion de Meckel.Il émet l'hypothèse que les modifications trophiques des fosses nasales à la suite de l\u2019ozène pourraient être mises sur le compte d\u2019une imprégnation toxique ou d\u2019une inflammation quelconque du ganglion ou de ses branches efférentes.Enfin, la pathogénie de Jl\u2019otosclérose, trouble essentiellement trophique de l'oreille moyenne pourrait être interprété dans une maladie du ganglion otique.M.Léger: Les notions du vague et du sympathique sont indispensables pour le praticien.La connaissance de ces troubles est utile dans les cas d\u2019infection.L'auteur rappelle l\u2019importance et la nécessité de vulgariser ces notions.: M.Archambault félicite le docteur Boucher et demande aux spécia- x listes d\u2019aider à mettre cette question au point.b) Le Goundou.M.J.N.Roy.Le Goundou est une maladie tropicale caractérisée par la formation de tumeurs osseuses localisées à la région paranasale.Dans certaines circonstances cette affection se généralise, et l\u2019on peut observer alors des exostose ssur presque tous les os du squelette.Le goundou se rencontre presqu\u2019uniquement en Afrique, et notamment à la Côte d\u2019Ivoire L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 55 et à la Côte d\u2019Or.Il est l\u2019apanage de la première enfance, mais peut aussi se manifester chez l\u2019adulte.Il est aussi beaucoup plus fréquent chez le sexe masculin que chez le sexe féminin, et peut également se rencontrer chez les singes.L\u2019examen anatomopathologique révèle que la néoformation est inflammatoire, et qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une ostéite chronique spongieuse vraie exubérante.Quant à la cause, elle est encore inconnue.° DISCUSSION: M.Bousquet se demande si au point de vue patho- génique, le goundou ne serait pas causé par un trouble de la sécrétion des glandes endocrines et si la puberté n\u2019aurait pas une influence sur la maladie.Il parle ensuite des travaux d\u2019Escat sur l\u2019otospongiose de l\u2019oreille moyenne et puisque des résultats ont été obtenus dans cette affection par le traitement aux extraits d\u2019hypophyse, il serait intéressant de tenter une thérapeutique de rééquilibration glandulaire par une médication opothérapique.M.Louis Paré demande si la Bordet-Wassermann a été fait chez ces malades, et s\u2019il y a eu reproduction de la maladie expérimentalement.M.Boucher désire savoir si la léontiasis osséa n\u2019aurait pas une analogie quelconque avec le goundou.M.Roy: En réponse au docteur Bousquet, toutes les hypothèses émises n\u2019ont aucun rapport avec le sujet traité dans la communication.Au docteur Paré, le Bordet-Wassermann n\u2019a pas été fait.Sur ses 34 noirs atteints de goundou, un seul avait la syphilis.Cette maladie, chez tous ses cas, a été recherchée avec beaucoup de soin étant donné surtout l\u2019opinion de Friedrichsen que le goundou est causé par la vérole.Contrairement à cette théorie, l\u2019iodure de potassium, le mercure et le novarsénobenzol n\u2019ont jamais guéri ou même amélioré cette affection.M.Roy rappe!le que dans deux travaux antérieurs, il a fait l\u2019histoire de la syphilis et de sa propagation en Afrique, au double point de vue ethnique et chronologique, et que les tribus atteintes de goundou souffraient actuellement peu de la vérole.On n\u2019a pas encore tenté de faire des inoculations de goundou, et monsieur Roy croit que cette expérience de laboratoire ne donnerait pas grand chose puisqu\u2019on n\u2019est pas sûr que cette affection soit microbienne.Au docteur Boucher, il fait remarquer que la léontiasis osséa est une affection caractérisée par une hyperostose bilatérale localisée uniquement à la face tandis que le goundou peut se rencontrer seulement sur un côté de la figure, ou être généralisé.Dans ce dernier cas, la maladie peut envahir tous les os du squelette.M.Archambault remercie M.Roy et le félicite pour son intéressante communication.LE PRESIDENT.LE SECRETAIRE.Séance tenue le mardi, 2 décembre 1924 Président: Monsieur le professeur J.-E.Dubé Présence: 47.: 1.Lecture et adoption du procès-verbal de la dernière assemblée.2.Correspondance: Le secrétaire rapporte la substance d\u2019une lettre 56 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA reçue par Monsieur le Président, venant du Vice-Recteur de l\u2019Université, demandant aux membres de suivre les règlements de l\u2019Université interdisant de fumer dans l\u2019immeuble et de jeter bouts de cigarettes, cigares ou allumettes dans les corridors ou escaliers.3.Election de membres : Mise en nomination du Bureau pour 1925.Le ticket suivant est proposé par Monsieur Bousquet et secondé par Monsieur Saint-Jacques: Président: M.W.G.Derome; Vice-Président: M.Léo Pariseau; Secrétaire: M.Léon Gérin-Lajoie; Trésorier: M.Albert Bertrand.4.Présentation de malades et de pièces anatomiques: nil.5.Travaux originaux et techniques: a) œdème papillaire double: tumeur incluse du cervelet.Observation.M.Albert Lassalle.Le docteur Lassalle rapporte l\u2019observation extrêmement détaillée d\u2019un enfant de 6 ans, conduit à la clinique ophthalmologique de l\u2019Hôtel- Dieu, pour troubles visuels.Il note les résultats de l'examen du fond de l\u2019oeil, du coeur, des poumons, des reins, du sang et du liquide céphalo- rachidien.Il insiste sur la ponction lombaire qui fut pratiquée avec beaucoup de réserve afin -d\u2019éviter une trop brusque décompression.Un examen de la mobilité, de la sensibilité, des réflexes tendineux et des paires crâniennes, conclut au diagnostic suivant: néoplasme vraisemblablement intra-cérébelleux.Le malade souffre d\u2019antéropulsion; l\u2019équilibre est donc compromis d\u2019une façon globale.Une radiographie prise par monsieur le docteur Léo Pariseau ne laisse voir que l\u2019apophyse clinoïde antérieure, tandis que le plancher de la selle turcique paraît détruit.Les deux points capitaux à signaler sont: 1.Les symptômes objectifs: œdème papillaire et macrocéphalie; 2.Les symptômes subjectifs: signes cérébelleux, et en dernier lieu, les crises de céphalée intense, suivies de vomissements et de raideur de la nuque, qui se sont produites si fréquentes jusqu\u2019à la mort du malade survenue le 3 octobre 1923, à la suite de phénomènes de compression et de congestion bulbaires.; Le docteur Lassalle nous montre des photographies dont l\u2019une fait voir la dilatation énorme des ventricules, l\u2019autre la tumeur du cervelet, et une troisième qui est une micro-photographie.Une description sommaire de la pièce peut se résumer ainsi: un cervelet pesant 270 grammes, laissant voir une large tumeur molle, de consistance gliomateuse, grosse comme une mandarine, occupant le centre du cervelet, tout en empiétant sur l\u2019hémisphère gauche.La structure histologique est celle d\u2019un gliome à petites cellules polymorphes.Le docteur Lassalle termine en offrant ses remerciements au docteur Lassalle-Archambault, professeur au Collège Médical d\u2019Albany, pour son examen neurologique, et au docteur Latreille, pour son rapport macroscopique et microscopique.DISCUSSION: M.le professeur Saint-Jacques: en quelques mots signale l\u2019intérêt particulier de la communication du docteur Lassalle en son analyse clinique si précise et détaillée fa où le diagnostic différentiel est si clairement établi.Ce côté analytique des aspects cliniques de la question ajoute à l\u2019intérêt de l\u2019observation.Le docteur Saint-Jacques Pi L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 57 souligne l\u2019importance de la fonction lombaire dans les états cérébraux pathologiques et à la suite du docteur Lassalle il insiste sur la lenteur à apporter dans l'évacuation du liquide céphalo-rachidien au cas de néoplasme intra-crânien, car ceux qui en ont l\u2019expérience savent les danger de mort subite dans ces cas particuliers, tandis qu\u2019au contraire la ponction lombaire non seulement est toute indiquée et toute désirable dans les états patho!logiques inflammatoires et les hémorragies cérébrales, dans ces dernières surtout où elles sont fréquemment curatives, tout particulièrement les cas de fractures de la base du crâne.M.Bousquet: La malade de monsieur Lassalle ne présentait pas de troubles de la sensibilité cornéenne.Ce signe de l\u2019hyporéflexie ou de l\u2019aréfiexie cornéenne peut parfois rendre un service précieux dans la recherche de la localisation des tumeurs de la région postérieure de la cavité crânienne, s\u2019agit-il surtout d\u2019établir un diagnostic entre une tumeur de l\u2019acoustique ou de son voisinage immédiat.Evidemment il y a toute une série de signes importants qui doivent venir s\u2019ajouter pour établir un diagnostic plus précis.Cushing a observé ce signe d\u2019Oppenheim 26 fois sur 30.cas de tumeurs de l\u2019acoustique.Deux de ces cas étaient précisément des sujets chez qui le nerf acoustique était seul pris.Ce signe d\u2019Oppenheim est incontestablement le signe objectif le plus sensible .de l\u2019atteinte du trijumeau.On ne saurait être trop circonspect ni trop prudent en présence d\u2019un malade porteur d\u2019une tumeur cérébrale surtout à localisation postérieure, lorsqu\u2019il s\u2019agit de pratiquer une ponction lombaire.Ne jamais perdre de vue le rôle protecteur que joue le liquide du canal rachidien dans ces cas.L\u2019iter étant obstrué par le néoplasme, les symptômes de l\u2019hydrocéphalie ne sauraient être supprimiés d\u2019une façon avantageuse pour le malade par la ponction lombaire.En effet, les conditions de physiologie pathologique où se trouve le bulbe, réalisées par la pression intra-crânienne antérieure réagissant sur la résistance du segment postérieur du canal céphalo-rachidien, ne sauraient être modifées par la suppression du coussin liquide et légèrement compressible qui protège le bulbe en remplissant le canal rachidien, sans qu\u2019il én résulte des inconvénients graves à cause de l\u2019obstruction de l\u2019iter empêchant le liquide soutiré d\u2019être remplacé par celui des espaces ventriculaires antérieurs pour reconstituer ce coussin protecteur.Soutirer imprudemment le liquide du canal rachidien serait substituer à ce coussin liquide un mur osseux sur lequel la pression hydrocéphalique viendrait pousser le bulbe et provoquer la mort par asphyxie bulbaire.Il est done très important dans les cas de tumeur cérébrale de chercher d\u2019abord à établir leur localisation avant de décider de faire des ponctions décompressives.Dans le doute procéder prudemment car si la poussée du jet permet de constater la tension intra-crânienne elle ne fournit pas de garantie de communication entre les espaces antérieurs et postérieurs.Ce danger est particulièrement à redouter dans les tumeurs à localisation en dessous de la tente cérébelleuse.C\u2019est précisément pour \u2018la même raison, que l\u2019oedème papillaire se rencontre surtout dans les tumeurs à localisation infratectoriale.La recherche de celui-ci est très importante dans la syphilis secondaire, méme s'il n\u2019est pas très considérable.
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