L'union médicale du Canada, 1 mai 1925, Mai
[" L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872 MAI 1925 Vol.LIX BULLETIN LE PROFESSEUR SERGENT Nous sommes heureux de publier dans ce numéro la première d'une série de cliniques écrites par le professeur Sergent pour l\u2019Union Médicale du Canada.Cette collaboration précieuse et fortement documentée sera utile à tous nos lecteurs et à nous-mêmes.Nos relations avec les maîtres de France qui sont venus chez nous, se resserrent de plus en plus.La médecine canadienne-française devient l'écho, le prolongement au Canada de la médecine française.C\u2019est une évolution heureuse et profitable pour tous.Je n\u2019ai pas l'intention de présenter au public médical le pro-, fesseur Sergent.[Longtemps avant de paraître dans les chaires des Universités de Québec et de Montréal, ce Maître était connu, ici, grâce à ses travaux et à ses publications nombreuses.J\u2019énumère les principales: 1° Etudes cliniques sur l\u2019insuffisance surrénale.2° Technique clinique médicale et séméiologie élémentaires.3° Traité de pathologie médicale et de thérapeutique appliquée.4° Etudes cliniques sur la tuberculose.Je laisse de côté ses communications importantes et originales à l\u2019Académie de Médecine, dont il est un membre écouté, à la Société médicale des hôpitaux de Paris et ailleurs, démontrant chez leur auteur un sens clinique aiguisé qui tend malheureusement à disparaître avec les méthodes amplifiées du laboratoire.Mais ses travaux ont surtout porté sur la tuberculose.Ses recherches ont pour origine sa thèse sur la \u201cTuberculose des voies biliaires\u201d en 1895.Depuis ce temps, deux idées ont constamment dirigé ses investigations: 276 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 1° la nécessité de fixer les éléments du diagnostic de la tuberculose, de façon à ne point la confondre avec les affections qui peuvent la simuler; 2° l\u2019importance de la notion du terrain dans la pathogénie et le mode d\u2019évolution de la tuberculose.Sur le premier point, il étudie la ressemblance qui existe entre la syphilis et la tuberculose: \u201chybridité de lésion, bybridité de terrain\u201d.Si la syphilis prédispose à la tuberculose, elle favorise la tendance vers l\u2019évolution fibreuse, vers la cicatrisation, vers la guérison.De là l'importance d\u2019un traitement spécifique bien conduit.Sur le second point, le terrain; il essaie de démontrer que le microbe n\u2019est pas tout.Il peut sommeiller durant de longues années, puis provoquer, dans certaines circonstances, des tuberculoses \u2018\u201cd\u2019éclosion\u201d dont l\u2019origine remonte à l\u2019enfance, car, écrit-il, \u201cla tuberculose de l\u2019adulte est un réveil d\u2019une tuberculose de l'enfant\u201d.L'une des causes qui favorisent le plus cette évolution, c\u2019est la déminéralisation, et, particulièrement, la décalcification.On en trouve des exemples dans la tuberculose: qui évolue à la suite de la grossesse, d\u2019entérites prolongées traitées par une médication lactique décalcifiante.On en constate une preuve dans la cure de récalcification de Ferrier complétée par l\u2019adjonction de l\u2019opothérapie surrénale, particulièrement de l\u2019adrénaline.Nous l\u2019avons entendu exposer ce point de vue dans une communication très documentée au Congrès de Québec en septembre 1924.Le professeur Sergent attache aussi une grande importance au diagnostic \u2014 souvent très difficile \u2014 lequel ne doit être que l\u2019interprétation de l\u2019ensemble des constatations fournies par les divers moyens et procédés d'exploration de l\u2019appareil respiratoire.Il nécessite la recherche de \u2018l\u2019état d'activité et de non- activité des lésions\u201d en étudiant les signes généraux, indices révélateurs de l\u2019état évolutif, et les signes physiques, témoins de la localisation.Il insiste sur l\u2019importance de la \u201czone d'alarme\u201d, c\u2019est-à-dire la partie interne de la fosse sus-épineuse, pour y découvrir les signes initiaux d\u2019une tuberculose qui a pu originer ailleurs, mais où il est plus facile de la déceler par l\u2019auscultation et la percussion.| Les médecins de Montréal et de Québec n\u2019ont pas oublié les belles leçons du professeur Sergent sur un sujet qu\u2019il connaît si bien.Nous saluons en lui un travailleur infatigable et un clinicien averti qui continue les belles traditions de la clinique française à laquelle nous sommes redevables de la plupart des découvertes dont s\u2019honore la médecine.Albert LeSAGE.\u2014 = EGR 0 A PROPOS D\u2019UN CAS DE TUMEUR MALIGNE DU MEDIASTIN Par le Professeur EMILE SERGENT (de Paris) Messieurs, : Ceux d\u2019entre vous qui suivent le service ont pu voir évoluer sous leurs yeux une observation bien intéressante de tumeur maligne du médiastin.Il m\u2019a semblé que cette observation pourrait fournir la matière d\u2019une de mes conférences cliniques hebdomadaires, en raison des enseignements qu\u2019elle suscite, tant du point de vue du diagnostic que de celui des considérations générales sur les tumeurs du médiastin.C\u2019est du moins ce que j'espère vous montrer, en vous rappelant le groupement des symptômes que nous avons constatés chez notre nalade et en discutant ensuite les commentaires qui se dégagent de cette observation.¥ CB L., âgé de 37 ans, ajusteur, entre le 8 novembre dernier, dans notre salle Louis.I] m\u2019est adressé par mon ami le Dr Venot (de Saint-Germain-en- Laye) qui l\u2019a eu en traitement dans son service pour un épanchement pleural droit qu\u2019il a considéré à la suite d\u2019un examen radioscopique, comme symptomatique d\u2019une tumeur du médiastin.Dans les antécédents héréditaires, on ne relève aucune particularité; les parents sont morts âgés; ils ont eu dix enfants dont deux sont morts en bas-âge et dont deux autres ont été tués à la guerre.Les antécédents personnels ne retiennent pas davantage notre attention.Notre malade n\u2019a pas eu d'autre maladie qu\u2019une coqueluche banale dans son enfance; notons simplement qu\u2019il est affligé d\u2019une forte myopie: ce détail aura son importance quand nous aurons à interpréter la valeur de certains signes de compression.Ajoutons que L.a quatre enfants bien portants et n\u2019en a pas perdu.C\u2019est au mois de juillet dernier qu\u2019il fait remonter le début de sa maladie actuelle.Un point de côté peu douloureux, erratique et vague, s\u2019est installé peu à peu siégeant à la base de l\u2019'hémothorax gauche, sans fièvre, mais avec un peu de toux douloureuse, sèche, et une petite gêne respiratoire. 278 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Quelques jours après, un matin au réveil, il remarqua une tuméfaction œdémateuse, bilatérale, de la face et du cou.Bien qu\u2019il n\u2019y eût ni fièvre, ni douleur, le médecin qu\u2019il fit appeler porta \u2014 je ne saurais dire pourquoi \u2014 le diagnostic d\u2019oreillons.Cette tuméfaction disparut peu à peu, en quelques heures, lorsqu\u2019il eut quitté son lit et se fut mis debout.Elle se reproduisit dans les mêmes conditions, chaque nuit, jusque vers le mois d'octobre, disparaissant de même après le lever.A aucun moment elle n\u2019envahit la nuque ni les épaules, ne réalisant donc pas le type \u2018\u201cd\u2019œdème en pélérine\u201d; jamais, non plus, elle ne s\u2019accompagna de cyanose, ni de saillie des yeux plus accentuée que celle qui était due à la forte myopie habituelle.Retenez ce début; vous comprendrez donc son importance et sa signification: l\u2019évolution ultérieure des symptômes vous permettra de considérer cette tuméfaction œdémateuse comme la première manifestation de la compression des gros troncs veineux brachio- céphaliques.Les premières atteintes de la maladie obligèrent le malade à prendre un repos de quelques jours; il essaya de reprendre son travail à la fin de juillet, mais dut bientôt l\u2019interrompre en raison de l'apparition d\u2019une forte céphalée, accompagnée d\u2019une insomnie rebelle et d\u2019une oppression mocturne qui atteignait son maximum d'intensité dans le décubitus dorsal et ne diminuait que s\u2019il se couchait ,sur le côté, et surtout s\u2019il s\u2019asseyait dans son lit et se penchait en avant.Ici, encore, vous voyez apparaître deux indices révélateurs : d\u2019une part, la compression des gros troncs veineux, engendrant la congestion passive de la tête, et, d'autre part, la compression de la trachée et des grosses bronches provoquant l\u2019oppression.À la fin d'août, nouveau point de côté, toujours a la base, mais à droite cette fois, avec irradiations douloureuses vers le ceux épigastrique et l'abdomen.La gêne respiratoire et la malaise général sont tels que L.doit s\u2019aliter pendant quelques jours.Se sentant mieux à la suite de ce repos, il tenta de reprendre son travail; mais presque aussitôt il doit de nouveau s'arrêter en raison de l\u2019accentuation de l\u2019état de fatigue, de la diminution de l\u2019appétit, et de l\u2019augmentation de la dyspnée nocturne en décubitus dorsal; ses nuits se passent sans sommeil et sans repos; ses forces le trahissent.Vers la mi-septembre, recrudescence du point de côté de la base droite, avec accès de toux, un peu d\u2019expectoration muqueuse et petite L'UNION MÉDICALE DU CANADA 279 élévation de température.A ce moment, un examen radioscopique fut fait par un médecin qui n\u2019en tira aucun élément d\u2019information.Le 15 octobre, son état s\u2019aggravant de jour en jour, il entre à l\u2019hôpital de Saint-Germain-en-Laye où le docteur Venot constate la présence d\u2019un épanchement pleural droit et retire, en trois ponctions faites à quelques jours d'intervalle, 4 litres de liquide séro-fibrineux.Notez encore, en passant, le caractère récidivant de cet épanchement pleural droit; vous y trouverez un nouvel élément révélateur de la nature de la cause; vous savez, en effet, combien sont fréquents les épanchements pleuraux symptomatiques des tumeurs médiasti- nales ou pleuro-pulmonaires et combien est grande leur tendance à la reproduction presque immédiate.À la suite de la troisième thoracentèse, qui donna issue à 1500 c.c.de liquide, survint une crise de dyspnée violente, accompagnée de suffocation, de toux et d\u2019une expectoration abondante d\u2019écume rosée ; cette poussée d\u2019æœdème pulmonaire ex vacuo dura toute une journée.Le docteur Venot fit, le surlendemain, un examen radioscopique et constata la présence d\u2019une large opacité médiastine qui lui permit d'affirmer l\u2019existence de la tumeur médiastinale qu\u2019il soupçonnait.C\u2019est dans ces conditions qu\u2019il nous adressa le malade afin que nous puissions le soumettre à la radiothérapie.Le 8 novembre, jour de l\u2019entrée dans notre service, L.se présente avec un habitus général satisfaisant; bien qu\u2019il accuse une perte de poids de 2 k.400 dans les huit derniers jours, il conserve encore un embonpoint encore au-dessus de la moyenne; le facies est coloré, un peu rosé, presque vultueux; les globes oculaires sont très saillants; mais ainsi que je vous l\u2019ai dit déjà, cette saillie oculaire a sa cause dans une forte myopie et ne comporte aucune autre signification séméiologique.La pupille gauche est plus dilatée que la droite, les deux pupilles sont en mydriase et les réflexes d\u2019accommodation sont normaux; la pupille droite est irrégulière, un peu déformée, excentrique; il existe un peu de strabisme externe de l\u2019œil aroit.[examen du thorax apporte de précieuses constatations.La cage thoracique est fortement musclée; les deux hémithorax sont parfaitement symétriques, nullement déformés.Mais nous constatons immédiatement la présence d\u2019une circulation veineuse collatérale, très apparente, sur toute la partie antéro-supérieure de la paroi antérieure: elle dessine un réseau à larges mailles, horizontales, également développées à droite et à gauche et occupant tout le 280 L'UNION MÉDICALE DU CANADA territoire des ramifications de la sphère des troncs brachio-cépha- liques.À la base du thorax se dessine un lacis de veinules courant en ceinture tout le long des derniers espaces intercostaux et surtout apparentes sur la face antérieure et sur les régions latérales.Vous reconnaissez là ces veines terminales liminales qui sont un témoin si fréquent de la gêne circulatoire dans les gros troncs veineux du médiastin et traduisent la présence d'un courant anastomotique entre les ramifications des deux systèmes caves.Pour achever de donner corps à l'interprétation présumée, les veines jugulaires externes sont distendues, des lacis veineux assez apparents sillonnent les régions scapulaires et les veines superficielles des bras sont fortement dessinées.Enfin sur l\u2019abdomen courent des veines longitudinales, très apparentes, qui ne dépassent guère l\u2019ombilic, qui deviennent plus turgescentes pendant la toux et dans lesquelles le cours du sang se fait de haut en bas, ainsi qu\u2019il est aisé de s\u2019en assurer par la compression digitale.Sur la face postérieure du tronc, on constate, dès qu'on fait asseoir le malade, une coloration rosée des téguments, attestant la stase veineuse; cete stase est, d\u2019ailleurs, confirmée par le nombre et, le développement des phlyctènes qui s'élèvent à la surface des ecchymoses, très noires, qui marquent les places des ventouses posées la veille.Sur les téguments de la face et de la tête, on ne distingue pas de réseau de circulation veineuse dérivatrice: les veines sublinguales ne sont pas distendues; toutefois, le facies est, comme je vous l\u2019ai dit déjà, particulièrement coloré, d\u2019un rose liliacé, qui témoigne de la gêne de la circulation de retour; cette gêne est attestée, d\u2019ailleurs, par la céphalée, par l'insomnie, par la fréquence de petites épitaxis.Ces constatations ne pouvaient laisser de doute sur l\u2019existence d'une compression veineuse portant sur les gros troncs veineux médiastinaux et, particulièrement, sur les troncs brachio-céphaliques.Elles nous inciteraient à rechercher les autres signes qui, s\u2019associant à elles, pouvaient nous conduire à reconnaître la présence d\u2019un syndrome médiastinal.| La percussion du thorax décelait en avant une matité absolue, sur presque toute la largeur et presque toute la hauteur de la cage thoracique; la sonorité persistait seulement au-dessous du mamelon droit et dans l'aire de l\u2019espace de Traube, En arrière il n\u2019y avait de matité que dans le tiers supérieur des deux hémithorax et à la base droite sur une hauteur de trois travers de doigt.Les vibrations vocales étaient abolies sur toute l\u2019étendue des zones mates. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 281 L'auscultation permettait de constater, en avant, un souffle tubaire, intense, presque corné, qui avait son maximum dans la région médiane, derrière le manubrium et, de là, se propageait en diminuant progressivement d\u2019intensité, dans toutes les directions; ce maximum médian et élevé nous induirait à rapporter la cause de ce souffle à une sténose trachéale.En arrière, on retrouvait, mais plus voilé, le mème souffle, dans les deux espaces paravertébraux et on notait le silence respiratoire de la base droite.L'examen du cœur ne décèle rien si ce n\u2019est que la pointe n'est pas perceptible par la palpation; les bruits sont bien frappés; le rythme est régulier.Les deux pouls radiaux sont synchromes et d\u2019égale amplitude.I] n'existe pas d'autres troubles pouvant être rapportés à des compressions médiastinales que ceux qui ont été signalés ci-dessus (compression veineuse dans la région des troncs brachio-cépha- liques, compressions trachéo-bronchiques).Il n\u2019y a n: gêne de la déglutition, ni hoquet, ni modification de la voix.Cependant la toux a un caractère rauque très accentué.L'examen de l'abdomen permet de constater que la matité hépatique est abaissée, descendant à trois travers de doigt au-dessous des fausses côtes et que la palpation de l\u2019hypocondre est douloureuse.La rate n\u2019est pas perceptible ni par la percussion ni par la palpation.Il n'y a pas de troubles digestifs.L'examen du système nerveux ne décèle aucun trouble, ni signe anormal.L'exploration des régions ganglionnaires ne fait découvrir aucune adémite périphérique.Notons enfin qu\u2019une réaction de Bordet-Wassermann faite à l'hôpital de Saint-Germain-en-Laye avait donné une résultat négatif.L'examen radiologique permit de reconnaître la présence d\u2019une énorme masse opaque dont l\u2019étendue occupait la plus grande partie de la surface de projection de la cage thoracique, en position antéro- postérieure.Les deux radiographies (1 et 2) sont tout a fait démonstratives a cet égard.Sur la radiographie 1 (vue antéro-posté- rieure en position frontale) on voit cette grosse masse opaque, dans laquelle se noie l\u2019ombre cardio-aortique; elle occupe plus des deux tiers de la surface de projection du thorax; ses contours sont nettement arrêtés, complètement arrondis à gauche, presque rectilignes sur le bord externe à droite.La base gauche reste transparente; la 282 L'UNION MÉDICALE DU CANADA coupole diaphragmatique de ce côté est bien dessinée.Le sommet gauche conserve également sa transparence; à droite le contour supérieur de la masse est flou et se perd dans une grisaille qui voile tout le sommet, tandis que la base est également nuageuse et obscurcit l\u2019'hémidiaphragme.En position dorsale l'aire de l'opacité est plus étendue; ses bords moins nettement arrêtés arrivent presque au contact du contour Fig.1 thoracique, ce qui permet de conclure que la masse opacifiante siège surtout dans les parties antérieures de la cage thoracique.En position oblique postérieure gauche (radiographie II) cette disposition apparaît avec évidence.Toute la partie antérieure du thorax est occupée par la masse opaque, tandis que la partie postérieure de l\u2019'hémithorax droit (qui se détache bien dans cette position) est parfaitement transparente.L'espace clair médian est complètement bouché par la projection de la masse opaque. L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA 283 L\u2019ensemble de ces constatations d'origine radiologique nous permettait de conclure sans hésitation à la présence d'une grosse inasse, dense, siégeant dans le médiastin, particulièrement dans le irédiastin antérieur, et ayant selon toute probabilité débuté dans l\u2019étage supérieur du médiastin antérieur: le début par des signes de compression portant sur les troncs veineux brachio-céphaliques, l'œdème du cou et de la face, qui aurait précédé le développement de la circulation veineuse collatérale, impliqueraient cette interprétation.Fig.2 Mats, si le diagnostic de localisation ne pouvait laisser place au doute il n\u2019en était pas de même du diagnostic de nature.Quelle était ia nature de cette lésion médiastinale ?S'\u2019agissait-il d\u2019une médias- tinite, d\u2019une pleurésie médiastinale, d\u2019une tumeur, d\u2019une maladie de Hodgkins ?Malgré les probabilités qui plaidaient en faveur d\u2019une tumeur, la réponse ne pouvait être donnée sans une plus ample observation, ty 0 + L UNION MEDICALE DU CANADA sans l'appoint des examens complémentaires que nous allions faire Jes jours suivants.Le 10 novembre, une prise de sang est faite, en vue de la recherche d'une nouvelle réaction de Bordet-Wassermann : cette recherche est impossible, l'hémolyse spontanée s'étant produite.Le 13 novembre.Pas de symptômes nouveaux, si ce n\u2019est l'apparition d'une large plague ecchymotique, sur le bras droit, au- dessus et au-dessous du garrot appliqué pour la prise de sang le 10 novembre.La mesure de lu capacité respiratoire à l\u2019aide du pneumographe d'Heucqueville donne 1900 ce.La mesure de la tension artérielle donne 12.5 Mx et 7 Mn a gauche et 13 Mx et 7 Mn à droite: il n\u2019y a donc pus de différence appréciable entre les deux bras.Le 17 novembre la mesure de la tension veineuse donne 40 au bras droit au lieu de la normale 43.et 10 a la saphène interne droite: ce qui indique une gêne notable dans la circulation de retour et confirme ce qu'indiquait déjà la pression de la circulation veineuse collatérale.Le 15 novembre, l'examen laryngoscopique donne les résultats suivants: larvnx rouge dans tout son ensemble; aucune lésion épiglottique ni aryténoidienne; les bandes ventriculaires et les cordes sont également d'une coloration rouge très accentuée; les cordes sont parfaitement mobiles dans leur totalité et ne présentent ni ulcérations ni végétations.Au total: congestion banale, stase probable.Cette constatation confirme encore l'importance de la gêne dans la circulation veineuse.| L'examen des yeux, en dehors de la forte-myopie, ne décèle ni lésion du nerf optique, ni stase papillaire.Le 19 novembre, le diagnostic de tumeur paraissant s'imposer de plus en plus, nous décidons de recourir à la radiothérapie, sous ia forme de radiothérapie superficielle, appliquée par le docteur Cottenot, chef de notre laboratoire de radiologie, de la façon suivante: irradiation du thorax suivant quatre champs, deux antérieurs (droit et gauche) et deux postérieurs (droit et gauche) ; rayonnement filtré sur Om.m.d'aluminiurr ; dose recue pour chaque champ: 15 H.; traitement total fait en six jours: le 19 novembre, une demi-heure; le 20 novembre, une demi-heure; le 21, une heure et demie; le 22, une demi-heure: le 23 une heure et quart; le 25, une heure et quart.Cette tentative n\u2019est suivie d\u2019aucune autre modification qu\u2019une sédation, probablement suggestive, de la dyspnée, après la première 2 mé» © Su +® ad © Cr SEED YP GOI Ur Erling > gr BD L'UNION MÉDICALE DU CANADA 285 séance; les séances suivantes sont au contraire suivies d'une fatigue telle que l'interruption du traitement s'impose.Le 26 novembre, la dyspnée, qui est toujours allée en s\u2019accentuant depuis le début, a encore augmenté.Elle paraît due, pour une bonne part, au développement progressif et continu de la tumeur et surtout à la reproduction de l\u2019épanchement pleural de la base droite; elle est, en effet, très soulagée par l\u2019évacuation d\u2019un litre de liquide séro-hémorragique.L'examen ce ce liquide fait par notre chef de laboratoire, le docteur Henri Durand, donne les résultats suivants: nombreuses hématies; quelques très rares lymphocytes; pas de cellules à type héoplasique; le liquide n\u2019est pas hémolysé.Le 28 novembre, un examen de sang 4 440 000 globules rouges et 8000 globules blancs avec un pourcentage normal de la formule leucocytaire.' Le 30 novembre l\u2019exagération de la dyspnée nécessite une nouvelle thoracentèse qui donne issue à 1500 c.c.de liquide séro- hémorragique.La déglutition commence à être gênée, ce qui indique \u2018que la tumeur gagne en profondeur et comprime l\u2019œsophage.Après l\u2019échec de la radiothérapie et malgré l\u2019absence de tout commémoratif et de tout stigmate de syphilis, nous avons institué à titre d\u2019épreuve le traitement spécifique (un centigramme de cyanure Hg en injection intraveineuse tous les deux jours, un suppositoire contenant six centigrammes d'onguent napolitain les jours alternes) ; au bout de quinze jours, aucune modification n\u2019étant constatée et le malade étant plus fatigué, le traitement fut interrompu.Lévolution se noureuit sons aucune élévation de température, avec une augmentation progressive de la dyspnée, de la cyanose et de la circulation veineuse collatérale, qui s'étend peu à peu à l\u2019abdomen et aux veines des bras, en même temps que l\u2019amaigrissement commence et accuse une perte de 2 kilos dans les quinze derniers jours.Le 13 décembre, nouvelle exacerbation de la dyspnée, soulagée par une nouvelle thoracentèse donnant issue à deux litres de liquide séro-hémorragique.Le 24 décembre, nécessité d\u2019une nouvelle thoracentèse (2 litres de liquide franchement hémorragique.Il n\u2019était pas douteux pour nous que nous ne fussions en présence d\u2019une tumeur maligne.L'aggravation, inexorablement progressive, des signes de compression dans le territoire veineux brachio- céphalique, l\u2019apparition de signes de compression portant sur l\u2019æso- 286 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA phage, le caractère hémorragique et récidivant de l\u2019épanchement pieural dans les jours précédents imposaient ce diagnostic.Cependant la persistance d\u2019un état général encore satisfaisant, l'absence de cachexie et d\u2019engorgements ganglionnaires, le type normal de la formule sanguine autorisaient un doute en faveur d'une tumeur bénigne, tel un kyste dermoide, dont la fréquence relative est reconnue pour les tumeurs de cette région.Aussi bien pour tenter l\u2019impossible et pour satisfaire le désir du malade, décidames-nous de tenter une intervention chirurgicale, dont voulut bien se charger votre collègue Baumgartner, chirurgien de La Charité.Le 29 décembre, le malade est transporté sur la table-d\u2019opération.Mais dès les premières bouffées de chloroforme, une cyanose intense survient et la mort ne peut être conjurée, malgré une tentative de respiration artificielle faite, après trachéotomie, avec l'appareil de Camus-Boulitte.; L'\u2019autopsie fut impossible, la famille ayant mis opposition.Cependant nous avons pu par l\u2019incision trachéale pratiquée pour la respiration artificielle extraire facilement quelques fragments de la tumeur en portant la pince en avant de la trachée dans l'étage supérieur du médiastin antérieur.Ces fragments avaient l'aspect classique dit \u201cencéphaloïde\u201d.L'examen histologique fait par le cocteur Henri Durand montra qu\u2019il s'agissait d\u2019une variété de sarcome lymphoplastique.x * % Telle est dans tous ses détails l\u2019observation.Eile cGinporte quelques commentaires sur lesquels je crois utile et intéressant d\u2019attirer l\u2019attention.Tout d\u2019abord permettez-moi de grouper en une rapide synthèse les éléments principaux du syndrome clinique réalisé par cette tumeur.Les premières manifestations ont consisté en des troubles de compression veineuse portant sur le territoire des troncs brachio- éphaliques; cette compression se révéla, tout d\u2019abord, par I'edéme du cou et de la face et, plus tard seulement, comme il est de règle, par le développement d\u2019une circulation veineuse dérivatrice.Peu après la compression des veines pulmonaires vint s'ajouter, se révélant par l\u2019apparition d\u2019un épanchement pleural sypmtomatique.Ensuite apparurent des signes de compression trachéale, plutôt que bronchique, caractérisée par un gros souffle corné, à maximum médian et rétro-sternal.Cette compression trachéale ne s\u2019accom- - Eo eee nme L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 287 pagne pas de tirage sus-sternal, ce qu\u2019il faut attribuer selon toute vraisemblance à la présence de la tumeur.La facilité avec laquelle on peut extraire après la mort quelques fragments de la tumeur en passant par l\u2019incision de la trachéotome et en perforant la paroi antérieure de la trachée, montre bien que la tumeur s\u2019était développée dans la partie antérieure\u2019 de l'étage supérieur du médiastin.Ce fut seulement à la phase terminale que la tumeur gagna en profondeur, comprimant l\u2019æsophage et s'étendant vraisemblablement au poumon et à la plèvre, si on en juge par l'épanchement pleural hémorragique ét récidivant des derniers jours.L\u2019augmentation progressive du volume de la tumeur est démontrée, en outre, par l\u2019accentuation de la dyspnée, par le développement de plus en plus étendu de la circulation veineuse collatérale, atteignant à la fin les bras et l'abdomen.Enfin le caractère de malignité de cette tumeur semble bien établi, non seulement par ces signes d\u2019accroissement progressif, mais aussi par l'atteinte terminale de l\u2019état général, par l\u2019amaigrissement rapide de la dernière phase et par la nature hémorrhagique de l\u2019épanchement pleural récidivant.Remarquez, toutefois, que l'atteinte de l\u2019état général n\u2019est survenue qu\u2019à la fin de l\u2019évolution; le malade a conservé pendant plusieurs mois un aspect plutôt placide et un remarquable embonpoint.Cette particularité mérite d\u2019être notée, car elle a été constatée dans plusieurs cas de tumeurs malignes médias- tinales d\u2019origine thymique; ce qui, dans une certaine mesure, peut nous permettre de considérer que nous avons eu affaire à un thymôme, bien que l'examen\u2018 histologique n\u2019en ait pas fourni la démonstration absolue, démonstration qui, d'ailleurs, ne peut, en.général, être établie, en raison de l\u2019absence d'éléments caractéristiques.L\u2019ensemble de ces éléments symptomatiques, le mode de début des premiers symptômes concourent à localiser le point de départ de la tumeur dans la partie antérieure de l\u2019étage supérieur du médiastin, c\u2019est-à-dire, dans cette région où cheminent, avec leurs branches différentes, les troncs veineux brachio-céphaliques.Le fait que la dyspnée des premières phases était accentuée par le décubitus dorsal, lequel favoriserait la compression de la trachée par le poids de la tumeur et qu\u2019elle l\u2019atténuerait dans la position verticale avec flexion du tronc en avant, vient à l\u2019appui de ce diagnostic de localisation.Un examen radiologique bien fait dès le début aurait sans doute apporté une confirmation indiscutable. 288 L'UNION MÉDICA:L LL CANADA Aurait-il permis cependant d'affirmer que la tumeur avait son point de départ dans la cage thymique?bien plus, aurait-il permis c\u2019affirmer qu\u2019il s'agissait bien d\u2019une tumeur © Souvenez-vous que l\u2019étage supérieur du médiastin antérieur est aussi le siège de prédilection du syphilôme médiastinal, des médiastinites syphilitiques.Mais, en général, la médiastinite est plus diffuse et la symptomatologie en est, partant, plus complexe.Au reste, notre malade ne présentait aucun stigmate syphilitique; la réaction de Bordet- Wassermann avait été négative et le traitement spécifique, tenté à titre d\u2019épreuve, n\u2019avait été suivi d'aucune amélioration.& Souvenez-vous également que certaineS tumeurs bénignes du médiastin, notamment les kystes dermoïdes, prennent volontiers le même siège.Mais si, dans notre cas, I'hésitation était permise au début, elle ne pouvait l'être apres quelques mois, car extension progressive de la tumeur impliquait, comme je vous l\u2019ai déjà fait remarquer, le caractère de malignité; force serait donc d\u2019admettre qu\u2019il aurait pu s'agir, tout au plus, d\u2019une tumeur primitivement bénigne, mais devenue secondairement maligne; l'examen histologique des fragments prélevés après la mort ne peut laisser place au doute.C\u2019est donc bien à une tumeur maligne que nous avons eu affaire, tumeur maligne ayant eu son point de départ dans la cage thymique; et nous pensons, sans toutefois l\u2019affirmer, que cette tumeur était un thymôme.L'\u2019échec de la radiothérapie ne peut être invoqué, car la radiothérapie n'influence pas toutes les tumeurs malignes; et précisément, elle est sans action, je le crois bien, sur les thymômes; enfin, laissez-moi vous rappeler que Comby (Annales des Maladies de l'Enfance, 1917, No 422) insiste sur la valeur des pleurésies Lémorragiques dans le diagnostic des tumeurs du médiastin antérieur chez l\u2019enfant, tumeurs qui sont, le plus souvent, d\u2019origine thymique.*% % % - Tels sont les commentaires et les réflexions que suggère cette cbservation et qu\u2019il m\u2019a paru intéressant de développer devant vous.lis soulèvent un intéressant problème clinique que vous aurez a résoudre dans votre pratique, plus souvent peut-être que vous ne le pensez, celui du diagnostic des syndrômes médiastinaux et de leur cause.DDans mes leçons cliniques de l\u2019année dernière, je me suis L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 289 attaché à l\u2019étude des syndrômes médiastinaux.Je vous renvoie à ces lignes que vous trouverez réunies dans le Zième fascicule de mes grands syndrômes respiratoires.1 Souvenez-vous que le diagnostic de localisation des syndrômes médiastinaux est, en général, simple et facile, en raison de la valeur topographique des divers symptômes qui le constituent; mais, souvenez-vous aussi que le diagnostic de la cause ou de la nature de ces syndrômes peut être, au contraire, des plus difficiles, surtout chez l\u2019adulte.Chez I'adulte, en effet, toutes les causes des syndromes médias- tinaux peuvent exister.En dépit des signes cliniques et radiologiques de compression, l'incertitude demeure et, cela, particulièrement pour les syndrômes de l'étage supérieur du médiastin antérieur: .la médiastinite syphilitique, les tumeurs bénignes et les tumeurs malignes en sont les causes les plus fréquentes.Si, dès l\u2019apparition des premiers troubles de compression, l\u2019examen radiologique vous permet de localiser le siège de la lésion dans la cage thymique, vous devrez songer, tout d\u2019abord, à une tumeur maligne, surtout si la syphilis ne peut être incriminée, et cela même si l\u2019état général demeure floride, même s\u2019il n\u2019existe pas d\u2019engorgements ganglionnaires périphériques (sus-claviculaires ou axillaires), même si la radiothérapie n\u2019est suivie d\u2019aucune amélioration temporaire.Toutefois, retenez, comme un principe fondamental, que vous devez, dans tous les cas, tenter l'expérience du traitement spécifique, sous une forme quelconque, et tenter aussi l\u2019action de la radiothérapie, tout en vous souvenant que si elle est suivie d\u2019une amélioration, cette amélioration ne sera que temporaire, et que, d\u2019autre part, l'échec de la radiothérapie n\u2019exclut pas le diagnostic de la tumeur maligne, pour la raison que toutes les tumeurs malignes ne sont pas modifiées par les rayons.(1) Emile Sergent.\u2014 Les grands syndromes respiratoires.(Collection des grands syndromes, publiée sous la direction de M.le Doye Roger, Dom.édit.) QUELQUES OBSERVATIONS CLINIQUES CHIRURGICALES (1) Par M.ALEXANDRE SAINT-PIERRE Chirurgien de l'Hôtel-Dieu Je profite de cette réunion de confrères pour repousser de nouveau l\u2019accusation récemment portée contre les chirurgiens canadiens qui ne connaissent pas, paraît-il, la chirurgie gastrique, et j'apporte une modeste contribution en présentant le dossier d\u2019un malade opéré vendredi dernier.Agé de 49 ans, ce monsieur souffre de sa digestion depuis 2 ans et a jusque là joui d\u2019une excellente santé.Durant 18 mois, douleurs au creux épigastrique après les repas d\u2019abord, puis douleurs à peu près continuelles.Ce n'était pas un mal très aigu, mais plutôt une pesanteur au niveau de l'estomac.Les vomissements sont apparus au mois de novembre 1924 pour la première fois.D\u2019abord alimentaires, puis bilieux, 1ls se sont répétés de temps à autre; puis en janvier 1925, ils deviennent de plus en plus fréquents.li n\u2019a jamais remarqué de sang dans ses selles, qui paraissent normales.À la fin de février le malade ne pouvait plus s\u2019alimenter, tant les vomissements étaient fréquents.A compter du ler mars jusqu\u2019au moment de l\u2019opération (6 mars), M.X., très amaigri, a des vomissements presque continuels, marc de café, de la douleur caractéristique, pas de gaz par l'anus pendant 5 jours et pas de selle.A l\u2019examen local on trouve une masse dure, très dure même, lisse et non douloureuse, -remplissant tout l\u2019espace triangulaire compris entre l\u2019appendice xyphoïde, le rebord des fausses côtes et une ligne \u2018transversale tracée a 5 centimetres sous l\u2019appendice xyphoïde.Au-dessus de cette ligne, matité complète, tandis qu\u2019au- dessous, l\u2019abdomen est affaissé, mou, plat dans toute son étendue.Nous aurions bien aimé avoir un rapport radiologique, mais l\u2019obstruction complète durait depuis trop longtemps pour nous permettre d'attendre.D'ailleurs le diagnostic d\u2019obstruction pylorique s\u2019imposait et l'intervention eut lieu d'urgence.La laparatomie nous montra un énorme néoplasme occupant le pylore, la grande et la petite courbure ainsi que les deux faces de l\u2019estomac sur une longueur de douze ou re te (1) Travail donné au \u2018Dimanche du Praticien\u201d à l\u2019Hôtel-Dieu le 20 mai 1925. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 291 treize centimètres; nous avions affaire à un rétrécissement squirreux cn entonnoir avec limites très nettes du côté du pylore et aussi du côté cardiaque; de nombreux ganglions occupaient la grande courbure.En raison de l\u2019obstruction complète qui dure depuis cinq jours, nous nous contentons d\u2019une opération palliative et nous exécutons une gastro-entérostomie postérieuse refermant l\u2019abdomen sans drainer.Les suites opératoires sont très encourageantes : 1° Le malade n\u2019a pas de vomissements ; 2° Il commence a s\u2019alimenter; 3° Enfin, il a eu une selle spontanée normale 48 heures après l'intervention.\\ Si, comme nous l\u2019espérons, ce patient peut reprendre des forces d\u2019ici quelques semaines, nous interviendrons de nouveau pour une pyloro-gatrectomie.: I] serait sans doute prématuré de tirer ici une ou des conclusions, mais il paraît opportun de rappeler les paroles de Pauchet: \u201cTout malade de 42 à 48 ans, ayant un passé de dyspeptique et qui souffre de l\u2019estomac surtout par crises suivies de périodes de calme simulant une guérison, doit être immédiatement traité chirurgicalement si le traitement médical n\u2019a donné de bons résultats en deux mois.\u201d Ici au pays, on attend habituellement qu\u2019une tumeur apparaisse à l\u2019épigastre et confirme le diagnostic avant de diriger le malade vers un service de chirurgie.Corrigeons-nous, suivons le progrès et n\u2019oublions que la seule chance de guérir un cancer de l'estomac c\u2019est de l\u2019opérer tôt.Quand la tumeur paraît, il est déjà très tard, sinon trop tard.Permettez qu\u2019avant de quitter ce sujet, pour mémoire et pour aidér au diagnostic précoce, je résume en un court tableau la liste des symptômes cardinaux du cancer de l\u2019estomac.Phénomènes généraux \u2014Amaigrissement marqué, anémie, teint jaune paille; celui-ci quelquefois pathognomonique.Phénomènes dyspeptiques.\u2014 Anorexie, douleur, vomissements, hématémese brune ou de couleur foncée.Symptômes locaux \u2014Tumeur, déformation gastrique.Le chimisme gastrique montre la disparition de l\u2019acide chlorhydrique libre et production de fermentations lactiques.En pratique le tableau clinique ne se présente pas toujours au complet, mais certains symptômes peuvent manquer sans que l'aspect clinique de l'affection soit profondément modifié. 292 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Amaigrissement et anémie sont les éléments les plus constants; l\u2019anorexie, surtout le dégoût pour la viande quand elle s'ajoute aux premiers, nous fait un devoir de penser au cancer.La douleur est trop variable dans son apparition et dans son acuité pour nous arrêter longtemps; elle est même souvent absente.Dès qu\u2019il y a soupçon, on doit rechercher systématiquement par le laboratoire le sang dans les selles.Le cancer saigne vite et saigne constamment et cela contrairement à l\u2019ulcus.(Jean Charles Roux.) De même on devra faire appel à la radiologie dont les renseignements sont si précieux pour dépister de bonne heure le cancer de l\u2019estomac ou de l'intestin.Tout malade ayant un ou des signes cliniques suspects doit être examiné à l\u2019écran.C\u2019est la pratique actuelle et l\u2019enseignement de M.Pierre Duval.Suivons son exemple.Infection puerpérale Drainage de l'utérus, vaccin, guérison.Madame L., 40 ans, accouche d'un gros garçon il y a 29 jours.L'histoire antérieure de la malade n\u2019offre rien d\u2019intéressant.Délivrance laborieuse et 2 jours après élévation de température, frissons, etc.Bref, le tableau que vous connaissez tous, celui de l'infection puerpérale.Elle est très bien soignée à la maison- par son médecin de famille, consciencieux et averti: 2 douches antiseptiques par jour, glace sur l\u2019abdomen, stimulants nombreux, etc.Mais l\u2019état de la malade s'aggrave et quand nous voyons cette dame à l'hôpital, nous constatons une température de 102°, pouls 120, utérus en subinvo- lution et le cul-de-sac latéral droit rempli d\u2019une tuméfaction considérable et très douloureuse; un écoulement muco-purulent s'échappe du col utérin entr\u2019ouvert.: Dans une pareille situation quelle conduite tenir ?Faut-il ou ne faut-il pas curetter l\u2019utérus?J'avoue que pour ma part je m\u2019incris contre le curettage que je crois nuisible et même dangereux quand l\u2019infection utérine a franchi la muqueuse, car il peut aggraver l\u2019infection locale et même la généraliser en lui ouvrant des voies nouvelles.Puisque l\u2019organe infecté contenait du pus il était d\u2019abord indiqué de le drainer.Dans ce but et sans endormir la malade, une pince de Museux fut placée sur la lèvre antérieure du col et après une douche vaginale iodée à quatre pour mille (une c.à thé dans une M L'UNION MÉDICALE DU CANADA 293 chopine d\u2019eau), nous avons introduit dans l'utérus un tube rigide de caoutchouc ayant deux fenêtres et débordant de cinq centimètres dans le vagin.Une longue mèche chargée d\u2019un mélange glycéro- éther-iodoformée remplissait le vagin et entourait complètement l'extrémité externe du tube.Ce tube ne doit ni dépasser la vulve ni toucher la muqueuse du vagin, car celle-ci s\u2019ulcère facilement dans ces cas.Pansement local deux fois par jour.Nous avons continué l\u2019huile camphrée, la glace sur l\u2019abdomen, mais nous avons ajouté deux injections de \u201cPropidon\u201d cet excellent vaccin du Professeur Delbet, données à 48 heures d\u2019intervalle.Le tableau de température montre le bon effet rapidement obtenu.Même l'annexe droite, si évidemment enflammée il y a huit jours, paraît aujourd'hui normale.Voilà une particularité intéressante à remarquer: c\u2019est que les lésions annexielles même dans l\u2019infection puerpérale s\u2019améliorent du fait que l\u2019endomètre, foyer primaire de l'infection, est traité convenablement.Hobbs à la Société Royale de Médecine, juillet 1924, préconise le même traitement de l\u2019utérus infecté; il va même jusqu\u2019à dire : \u201cA moins que les lésions extérieures de l'utérus ne soient considérables, comme par exemple une énorme salpingite suppurée, abcès du bassin ou péritonite généralisée, on ne doit faire de laparatomie qu\u2019après avoir essayé le drainage de l\u2019utérus.\u201d L\u2019infection puerpérale existe encore plus souvent qu\u2019on ne pense en certains quartiers et il est tout indiqué d'essayer au plus tôt ce traitement de l\u2019utérus infecté, ce que d\u2019ailleurs tout praticien peut faire à domicile.J'ai dit plus haut que je n\u2019approuvais pas un curettage utérin en pareil cas.Pour appuyer cette opinion, permettez que je cite textuellement le témoignage de M.Alglave (Bulletins et Mémoires de la Société nationale de Chirurgie, 26 novembre 1924) qui porte jugement après l\u2019étude de 1,000 cas: \u201cJe suis persuadé, dit-il, que ces curettages, surtout après deux ou trois jours d'infection ou davantage, aggravent souvent les états contre lesquels ils sont dirigés et sont même capables de préparer des lésions annexielles ou péri- utérines graves sinon des états de septicémie.\u201d Fistule vésico-vaginale Guérison par une cinquième interventioui.L'observation suivante n\u2019offre d\u2019autre intérêt que celui.dé prouver que plusieurs insuccès opératoires ne doivent décourager ni 204 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Je patient ni le chirurgien et que la guérison comme la victoire n'appartient qu\u2019à ceux qui persévèrent.Madame X., âgée de 23 ans, se présente à l'hôpital pour une fistule vésico-vaginale dont elle souffre depuis sept mois.Cette jeune femme est par ailleurs en excellente santé; elle veut à tout prix être délivrée de sa pénible infirmité.Quatre fois déjà dans une autre ville on a tenté sans résultat de fermer cette fistule, mais la courageuse canadienne veut essayer encore une fois.A l'examen nous découvrons une fistule du diamètre d\u2019une pièce de dix sous siégeant au milieu de la paroi antérieure du vagin à environ cing ou six centimetres du col utérin.Les bords de orifice sont durs, épaissis par suite sans doute des interventions précédentes.Nous suivons la méthode d\u2019avivement de Marion Sims (1852) combinée avec celle préconisée par Duboué de Pau (1864).Cette méthode est d\u2019exécution facile dans les fistules ordinaires, c\u2019est-a- dire dans celles qui ne sont pas trop loin situées dans le vagin; la guérison s'obtient habituellement après une seule intervention.Commençant par l\u2019avivement des bords de la fistule nous.cbtenons ensuite le dédoublement de la cloison vésico-vaginale grâce à une incision antéro-postérieure tracée sur la ligne médiane s\u2019étendant à deux centimètres en avant et deux centimètres en arrière de- l\u2019orifice de la fistule.Les deux lambeaux bien disséqués sont écartés pour permettre la réunion des bords de la fistule (paroi vésicale), par un surjet en bourse non perforant.Ce surjet repousse à l\u2019intérieur de la vessie les lèvres avivées de la fistule et pour plus de sûreté une deuxième bourse est placée de la même façon par-dessus la première sur la paroi vésicale et enfin les deux lambeaux de la paroi vaginale sont réunis par des points séparés de telle sorte que nous avons trois sutures superposées.Une sonde à demeure fut placée dans la vessie.Pansement vaginal avec gaze iodoformée.Guérison par première intention.Résultat excellent.Un incident qui aurait pu occasionner un désastre s\u2019est produit le quatrième jour alors que la sonde obstruée ne fonctionna pas durant quelques heures.Sitôt qu\u2019on s\u2019en aperçut, celle-ci fut remplacée par une autre mais avant l'introduction de la nouvelle sonde la malade avait eu une miction naturelle d\u2019au moins cinquante ou soixante gramme d\u2019urine.Cet incident montre bien toute I'importance des soins postopératoires et le danger des sondes anciens modèles dont l\u2019unique- ouverture peut se boucher facilement. L'UNION MÉDIÇALE DU CANADA 295 \\ Nouvelle sonde béquille molle à cinq fenêtres Pour obvier à cet inconvénient, M.Gentile vient de fabriquer une sonde ayant plusieurs ouvertures à son extrémité vésicale.Ce nouvel instrument m\u2019a surtout frappé parce qu\u2019il réunit plusieurs des qualités essentielles d\u2019une sonde à demeure, étant aussi flexible au\u2019une nélaton mais ayant une extrémité rigide en forme coudée béquille portant CINQ larges ouvertures à son extrémité vésicale.J'ai le plaisir de vous en montrer une qui m\u2019a récemment rendu grand service dans un cas de prostatectomie sus-pubienne.Alors que I'incision s\u2019était refermée depuis vingt-quatre heures à peine, au moment où je retirai cette sonde pour la changer je fus surpris de constater que trois ouvertures étaient bouchées; la sonde avait quand ,même rempli sa fonction grâce à ses deux fenêtres supplémentaires et je crois bien que c\u2019est ce qui a sauvé le toit cicatriciel qui venait à peine de fermer l\u2019incision sus-pubienne.0 NOUVELLES La France vient de faire un beau geste à l\u2019égard du Canada en créant Chevaliers de la Légion d'Honneur: MM.les docteurs Harwood, Dubé, Desloges, Archambault, de Montréal; Rousseau et Vallée, de Québec; Officier de l\u2019Instruction Publique: M.le docteur Albert LeSage, de Montréal; Officiers d\u2019Académie: MM.les docteurs Latreille, Gendreau et Aubry, de Montréal; Aurèle Nadeau, de Beauport.A tous nous offrons , nos plus sincères félicitations.Le docteur J.N.Roy vient d\u2019être attaché à la clinique ophtalmologique de l\u2019Hôpital Notre-Dame en qualité d\u2019assistant.Au début de la prochaine année scolaire, le docteur J.N.Roy prendra charge de ses fonctions d\u2019agrégé en donnant aux élèves de cinquième année à l\u2019amphithéâtre de la Faculté une série de cours théoriques.Le docteur Gaston Lapierre, médecin de l'hôpital Sainte- Justine, vient de subir avec succès l\u2019épreuve d\u2019un concours pour le poste d\u2019assistant aux cours théoriques de Pédiatrie de l\u2019Université.Nous offrons nos plus sincères félicitations à l\u2019heureux candidat.Cours de Laboratoire Un cours sur les principales méthodes de laboratoire et l\u2019anatomie pathologique générale des dermatoses sera organisé s\u2019il réunit cinq adhésions minimum; - Tous les élèves seront exercés individuellement aux différentes manipulations pratiques que comportera chaque leçon.En particulier ils se.constitueront une collection de coupes histologiques et de cultures de teignes qui resteront leur propriété personnelle.Droit d\u2019inscription, 150 francs.S'inscrire en écrivant directement au professeur Pautrier. AFFECTIONS CHIRURGICALES CONGENI- TALES DU NOUVEAU-NÉ Par le Docteur EDMOND DUBE Chirurgien de l'Hôpital Sainte-Justine Les affections chirurgicales congénitales du nouveau-né quoique nombreuses n\u2019ont pas toutes la même gravité, au moins immédiate, et les interventions dans la majorité des cas donnent de bons résultats.D\u2019une façon générale, on considère que certaines de ces affections doivent être opérées d\u2019urgence, d\u2019autres peuvent être remises à la première quinzaine après la naissance de l\u2019enfant et une troisième catégorie, \u2014 la plus nombreuse \u2014 doit être traitée vers l\u2019âge de 6 mois à 8 ans.Affections à opérer d\u2019urgence.\u2014Ces affections sont de deux types: les malformations qui siègent sur la paroi abdominale antérieure et les malformations anale et ano-rectale.Sur la paroi abdominale antérieure, on peut trouver une dilatation au niveau de l\u2019ombilic, d\u2019un volume variable, présentant tous les caractères d\u2019une hernie ombilicale mais s\u2019en différenciant par son évolution.En effet, dès le quatrième jour de la naissance, cette tumeur s\u2019élimine et laisse une ouverture béante qui devra toujours être réparée le plus tôt possible.Les malformations anale et ano-rectale peuvent être méconnues, au point que l\u2019enfant est conduit chez le chirurgien pour vomissements et ballonnement.Dans certains cas, l\u2019anus est recouvert par une fausse membrane qu\u2019il suffit de perforer: la guérison est la règle et l\u2019enfant reste continent.Si le revêtement est plus épais, il faut inciser la peau et aller à la recherche de l\u2019ampoule rectale: ici encore, le résultat opératoire est excellent.Quelquefois, l\u2019anus peut ne pas exister et l\u2019ampoule rectale remonter jusqu\u2019à l\u2019ischion ; dans ces cas, l'intervention devient sérieuse et les résultats sont problématiques car le sphincter peut être absent.L\u2019ampoule rectale peut s\u2019aboucher dans l\u2019utérus, dans le vagin, dans la vessie ou dans l\u2019urètre.Si l\u2019anus est insuffisant il faut opérer d'urgence: dans le cas contraire, mieux vaut attendre que l'enfant devienne plus âgé et se rendant compte de son état, décide de lui-même la conduite à suivre. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 297 Dans les premieres 48 heures de la vie, le.nourrisson réagit bien au choc opératoire et quand ce sera possible l'intervention sera pratiquée pendant cette période.Affections à opérer dans la première quinzaine.\u2014Les traumatismes obstétricaux tels que céphalématome et bosse séro-sanguine, n'exigent pas d\u2019ordinaire une intervention, mais quelquefois l\u2019épanchement sanguin ne se résorbe pas et devant l\u2019affaiblissement constant de l\u2019enfant il ne faut pas hésiter à opérer.Les fractures de l\u2019humérus et de la clavicule, fréquentes mais parfois méconnues, doivent être appareillées le plus tôt possible.Pour l\u2019humérus, une contention à l\u2019aide de deux planchettes suffit dans la majorité des cas et l\u2019immobilisation au moyen de l\u2019écharpe de Mayor reste le traitement de choix pour la clavicule.La réduction de la fracture du fémur présente une plus grande difficulté mais l\u2019appareil à suspension donne cependant satisfaction.Il facilite en outre la toilette de l\u2019enfant et permet même de le nourrir au sein.De toutes les malformations congénitales du pied, seul le pied bot doit être traité d\u2019une façon spéciale; toutes les autres affections guérissent avec un peu d\u2019immobilisation.Le traitement du pied bot demande une attention continue et devra être poursuivi pendant plusieurs mois.Le spina bifida siégeant presque toujours au niveau de la région dorso-lombaire, de même que la méningocèle sont des affections graves ou l'intervention chirurgicale est indiquée mais reste très sérieuse.L\u2019hydrocéle du nourrisson et le kyste du cordon peuvent guérir spontanément.Dans les cas rebelles, la ponction évacuatrice suivie ou non d\u2019une injection modificatrice d\u2019alcool ou de teinture d\u2019iode, pratiquée à deux ou trois reprises, suffit à faire disparaître ces lésions.Quant l\u2019enfant atteint l\u2019âge de deux ans, la cure radicale s'impose.Affections dont l\u2019opération dôit être différée \u2014Chez l'enfant plus âgé, la réussite d\u2019une intervention chirurgicale dépend souvent de la période à laquelle elle est pratiquée.Il faut donc savoir attendre et choisir le moment propice.Au niveau de la tête, l\u2019angiome, quel que soit son siège, peut relever du traitement chirurgical, de la galvanopuncture ou de la 298 .L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA radiothérapie.Ces trois moyens thérapeutiques ont leurs indications et des succès nombreux à leur crédit.L'encéphalocèle, toujours grave, ne doit pas être excisé avant l\u2019âge de 5 à 6 ans et même alors le pronostic est mauvais.Au niveau de la face, le bec de lièvre est sûrement l'affection la plus commune et surtout celle qui cause le plus d'inquiétude aux parents.Le traitement se pratique en trois temps: suture de la lèvre et raccordement gingival vers l\u2019âge de 4 à 8 mois et suture du voile du palais et de la volte palatine vers 6 ans.Pour le palais, le traitement post-opératoire demande une surveillance tout particuliére car la diction fautive de l'enfant est souvent difficile à corriger.ja fente exagérée de la commissure labiale doit étre réparée vers l\u2019âge de quatre mois.Au niveau du cou, le lymphangiome kystique peut être opéré vers 6 mois.La fistule congénitale du cou qui communique d\u2019ordinaire avec le sterno-cléido-mastoidien, peut être disséquée vers l\u2019âge de 3 à 4 ans.Le torticolis survenant à la suite d'un accouchement par le siège, peut augmenter pendant les deux premiers mois de la vie mais disparaît vers le 4e mois.S\u2019il persiste, l\u2019intervention peut être pratiquée vers l\u2019âge de 4 à 5 ans.Au niveau du membre supérieur, les doigts gigantesques de même que la syndactylie doivent être opérés vers l\u2019âge de 6 ans.Les doigts supplémentaires peuvent être excisés quelques jours après la naissance.Au niveau de la paroi abdominale, l\u2019exstrophie de la vessie est la malformation la plus grave et l\u2019intervention qui sera pratiquée vers l\u2019âge de 5 à 6 ans, donne peu de résultats.L'hypospadias et l\u2019épispadias, pour les variétés pénienne et balanique, se traitent avec succès mais pas avant 5 ou 6 ans.Avant l\u2019âge de deux ans, à moins qu\u2019il n\u2019y ait étranglement, les hernies inguinale et ombilicale, sont justifiables du traitement par les bandes, à condition toutefois qu\u2019elles soient bien appliquées.Pour la hernie inguinale, cette bande, de préférence en caoutchouc, devra toujours être double, même si la hernie est unilatérale.Après deux ans, la cure radicale sera conseillée.L\u2019ectopie testiculaire, presque toujours congénitale, n\u2019est souvent constatée que tardivement.L'opération donne ses meilleurs résultats quand elle est pratiquée à l\u2019âge de 4 ou 5 ans. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 299 Au niveau du membre inférieur, la luxation congénitale de la hanche sera réduite vers l\u2019âge de 2 ou 3 ans et les résultats sont excellents dans la majorité des cas.Voici donc, en résumé, les malformations congénitales que l\u2019on rencontre le plus souvent chez l\u2019enfant et on peut conclure que les résultats opératoires, dans les cas où l'intervention est indiquée, sont excellents, pourvu, toutefois, qu\u2019elles soient pratiquées au moment où elles peuvent donner leur plus grand rendement.O Thérapeutique médicale Gazette Médicale de Nantes, No 17, 1924.Bulletin Général de Thérapeutique, Septembre 1924.Journal des Praticiens, No 13, 1925 \u2014 C.F.L\u2019insuffisance cardiaque chez les vieillards.L\u2019insuffisance cardiaque des vieillards, qu\u2019ils soient attents de myocardite sénile avec ou sans lésions valvulaires, n\u2019est pas d\u2019un pronostic aussi sérieux qu\u2019on pourrait croire.L'\u2019échéance fatale est reculée pendant de longues années.La première condition pour qu\u2019un cardiaque en état d\u2019Hyposystolie chronique avec crises d\u2019insuffisance aiguë du ventricule droit, puisse vivre plusieurs années, c\u2019est le repos et la réduction de l\u2019effort physique.Pendant les crises, repos au lit, régime de réduction lacto-hydrique (1 litre de liquide dans les 24 heures), théobromine (2 cachets de 0 gr.50 par jour), Pilules de Lancereaux (3 par jour pendant cinq jours), ou bien Digitaline (Solution crist.au 1/1000) à petites doses: VIII gouttes par jour pendant dix jours ou X gouttes (V gouttes matin et soir pendant cinq jours.La solution d\u2019Ouabaïne Arnaud à 1/1000 alterne avec la Digitaline: XV à XX gouttes par jour pendant cinq à dix jours.Après la cure Digitalique, le malade est laissé sans toni-cardiaque pendant trois, quatre, cinq jours; vient ensuite la cure d\u2019Ouabaïne, puis nouveau repos de quelques jours.Les Auteurs préfèrent l\u2019administration séparée de la Digitaline et de l\u2019Ouabaïne.L\u2019Ouabaine et le Strophantus sont d\u2019excellents toni-car- diaques, surtout chez les vieillards.Mais un de leurs effets les plus remarquables est encore la réactivation de la Digitaline.C\u2019est pourquoi nous les prescrivons l\u2019un après l\u2019autre, sans intervalle.Soit cinq à dix jours de Digitaline à faibles doses, deux à trois jours de Strophantus ou d\u2019Ouabaïne, puis retour immédiat de la Digitaline.Surtout quand la tension artérielle est élevée, l\u2019intervalle Digitalique ne peut être élargi au delà de deux à trois jours. LE LABORATOIRE ET LA CLINIQUE LA TUBERCULOSE PULMONAIRE ET LES ANALYSES POUVANT AIDER À ÉTABLIR LE DIAGNOSTIC (1) Par le Docteur P.O.GAUTHIER Médaille d'honneur en vermeil, France En charge du laboratoire à l\u2019Hôtel-Dieu Analyse des expectorations Le fait de trouver des bacilles dans les crachats de malades nous oblige à admettre que nous sommes en présence d\u2019une tuber- cujose ouverte; d\u2019un autre côté, une recherche négative ne doit pas faire croire que le patient n\u2019est pas tuberculeux.En effet, si le médecin traitant a toutes les raisons de croire que son malade est atteint de phtisie pulmonaire, il est de son devoir de faire reprendre l'analyse, deux, trois et même huit fois à intervalles de huit jours.Il devra aussi insister pour que la recherche soit faite après homogénéisation, méthode qui permet de trouver des bacilles dans 9% des cas qui seraient restés négatifs avec un examen direct.Albumino-Réaction L\u2019albumino-réaction peut aussi aider au diagnostic de la tuberculose; Roger a démontré l\u2019importance de cette recherche et sa valeur a été vérifiée à maintes reprises.Une première série de 897 tuber- cujeux, quatre seulement ont donné une réaction négative; une autre série de 288 cas pris à la première période, treize seulement ont offert une réaction nulle.Nos constatations sont pratiquement de la même valeur.Examen des selles L\u2019analyse des selles au point de vue bacilles de Koch donne de bons résultats.Tous nous savons que certains malades, même des adultes, déglutissent leurs crachats.Etant en présence d\u2019un malade offrant les symptômes d\u2019une tuberculose pulmonaire et ne crachant pas, i] sera bon de faire rechercher les bacilles de Koch dans les (1) Travail présenté au \u201cDimanche du Praticien\u201d de l\u2019Hôtel-Dieu, le 20 mai 1925.id L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 301 selles.Dans notre service, nous avons eu plusieurs cas qui ont présenté des selles positives.Inoculation L\u2019inoculation au cobaye est souvent utile, mais elle a I'inconvénient de faire patienter un mois.Fixation du complément La réaction de fixation avec l\u2019antigène de Besredka est positive dans une moyenne de 40 à 50% des cas.Avant de faire cette réaction :1 est bon de savoir que la réction de Bordet-Wassermann est négative.Intradermo-réaction et cuti-réaction Cette recherche a une valeur qui est plutôt discutée chez l\u2019adulte tant au point de vue diagnostic que pronostic; cependant elle a une valeur rée]le dans le bas âge.Sang Formule d'Arneth\u2014Cette formule sert au diagnostic et au pronostic; si la formule dévie vers la gauche, le pronostic sera mauvais, et favorable dans le cas contraire.Lymphocytose\u2014\"\u201cThe Therapeutic Gazette\u201d: What is the significance of the lymphocyte index in tuberculosis?Un index lymphocytaire de 35 à 40% sera bon, tandis qu\u2019un index à 20% et au- dessous sera d\u2019un mauvais pronostic et les malades seront mis au lit avec peu d'espoir de guérison si l\u2019index persiste à être mauvais.Ces conclusions sont tirées d\u2019une statistique de 4,000 cas de tuberculeux traités dans les grands hôpitaux antituberculeux américains.Nous faisons régulièrement l\u2019index lymphocytaire chez nos tuberculeux et nous engageons fortement tout médecin à suivre ses malades tuberculeux avec l\u2019aide que peut lui donner le laboratoire. A PROPOS DU DIAGNOSTIC DES CALCULS DE LA VESSIE (1) Par OSCAR MERCIER, Docteur en médecine de l'Université de Paris Parmi les calculs vésicaux, les uns viennent du rein dont ils ont parfois été chassés sans que le malade ait éprouvé la moindre douleur, les autres prennent naissance dans la vessie même où ils augmentent progressivement de volume.Qu'il s'agisse de calculs migrateurs ou de calculs nés sur place, il est un fait qui domine l\u2019anatomie pathologique de la maladie et qui en fait varier la symptomatologie, c\u2019est l\u2019infection des voies urinaires.Les calculs secondaires, calculs d\u2019organe, calculs phosphatiques sont déterminés par l\u2019infection de l\u2019appareil urinaire, qui amène une alcalinité de l\u2019urine et une précipitation des phosphates.Ces agglomérations de sels phosphatiques se forment le plus souvent dans une vessie malade, mais elles peuvent également se développer dans un bassinet atteint de pyélite, puis cheminer dans la vessie où elles continuent à croître.Les calculs primitifs, calculs d'organisme, sont constitués d\u2019acide urique, de sels oxaliques, de cystine et même de phosphates.Ils prennent le plus souvent naissance dans le rein non pas sous l\u2019influence de l\u2019infection, mais sous l\u2019effet de troubles dans les échanges normaux de l'organisme.Ces calculs arrivent dans la vessie à l\u2019occasion d\u2019une crise de colique néphritique, mais parfois leur acheminement au travers de l\u2019uretère se fait presque silencieusement.Cependant ces calculs aseptiques peuvent se développer sur place dans la vessie, ce qui est plus rare.Enfin, il existe toute une catégorie de calculs, dits mixtes, qui, au début, étaient aseptiques, mais qui peu à peu se sont entourés d\u2019une coque phosphatique sous l\u2019influence d\u2019une infection ultérieure des voies urinaires.Cette multiplicité de la genèse des calculs de la vessie nous montre bien combien leur symptomatologie peut être variée et combien le diagnostic peut en être difficile.Nous voulons ici (1) N.D.LR.\u2014Nous publions avec grand plaisir cet excellent travail de notre jeune ami qui travaille comme assistant étranger auprès des maîtres français Marion et Desmarets, et qui nous fait grand honneur. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 303 simplement indiquer comment les porteurs de calculs vésicaux se présentent et rappeler par quels moyens le médecin peut en faire le diagnostic.+ %* % Les agglomérations calcaires de la vessie évoluent dans quelques cas sans aucune manifestation extérieure, tout au plus avec des phénomènes si légers que le malade n\u2019a pas son attention éveillée.En effet, les calculs aseptiques petits, nés au niveau du bassinet, s'engagent parfois dans l\u2019uretère et descendent dans la vessie, sans que celui qui en est porteur ne ressente aucune douleur.La preuve en est dans l'existence de ces volumineux calculs de l\u2019uretère qui, au début petits, ont quitté le bassinet sans incommoder le malade et qui se sont développés sur place sans produire la moindre douleur.Ces calculs vésicaux silencieux restent un certain temps absolument latents, mais tôt ou tard 1ls viendront à se manifester.Les manifestations des calculs vésicaux peuvent revêtir divers aspects.Les auteurs ont l'habitude de donner une description conventionnelle de leurs symptômes.Ce tableau que l\u2019on serait tenté de croire fréquent, parce que classique, n\u2019existe que chez V4 des malades.Nous avons recherché les cas opérés en 1923 et en 1924 dans le service de notre maître M.Marion.Durant ces deux années 24 malades se présentèrent avec des calculs de la vessie; parmi eux six seulement avaient des troubles rappelant ce syndrome classique.Celui-ci est caractérisé par des phénomènes provoqués uniquement par l\u2019action mécanique du calcul.Nous remémorons rapidement ces troubles dont on trouvera une description détaillée dans les traités.Dans ces cas, le calcul se manifeste par de la pollakiurie, des douleurs, de l\u2019'hématurie macroscopique ou microscopique; faisceau de signes fréquents en pathologie urinaire, mais qui affecte ici un caractère particulier.Ces symptômes apparaissent, d\u2019une façon générale, à l\u2019occasion de toute cause qui mobilise le calcul: marche, voyage en voiture, en chemin de fer; tandis qu\u2019à l\u2019état de repos ou la nuit ils disparaissent ou diminuent nettement.C\u2019est à la fin d\u2019une journée de travail que le sang apparaît dans les urines; celles-ci au réveil sont, au contraire, limpides ou très peu hématuriques.De même durant le sommeil la douleur et la pollakiurie disparaissent ou s\u2019atténuent nettement.À ce trépied symptomatique classique s'ajoutent parfois d\u2019autres troubles très inconstants.C\u2019est tantôt un arrêt brusque du jet au 304 L'UNION MÉDICALE DU CANADA cours de la miction.Ce phénomène a pour cause une obstruction du col par le calcul; 1l disparaît dès que le malade change de position et 1l n\u2019existe jamais lors des mictions en decubitus horizontal.Cependant ce symptôme n\u2019a rien de très caractéristique et il peut se rencontrer en dehors des calculs vésicaux.Il arrive, en effet, très fréquemment chez les sujets nerveux des spasmes violents du sphincter au cours de la miction, ce qui amène un arrêt brusque du jet.Dans quelques cas rares le calcul de la vessie ne s\u2019extériorise que par ce symptômes, comme nous l'avons vu dans l\u2019observation I.Observation I\u2014-M.T., âgé de 52 ans, salle Civiale, lit 29.Le malade est admis à l\u2019hôpital Lariboisière le 11 février 1925 pour un arrêt brusque du jet durant la miction.Il s\u2019agit d\u2019un gravelleux ancien dont les premières crises de colique néphritique remontent à 10 ans.A cette époque le malade a eu de multiples crises de colique néphritique gauche très nettes.A la suite d\u2019une crise le malade a des troubles vésicaux: douleur et pollakiurie à la marche et au mouvement Il est alors tithotritié par M.Saint-Cène.A la suite, le malade est bien portant pendant un an.Mais de petites douleurs, surtout marquées à la marche, apparaissent au niveau du rein gauche.Le 6 janvier 1925, il a une crise de colique néphritique gauche, qui dure 48 heures et au cours de laquelle on note une hématurie microscopique.\u2018 Depuis cette crise, le malade nous dit\u2018 que presque à chaque miction dans la station debout il survient un arrêt brusque du jet.Dès qu\u2019il change de position, se penchant un peu en arrière, par exemple, la miction reprend.Cet arrêt du jet ne se produit pas, si le malade urine dans la position couché.À part ce symptôme, il ne présente aucun trouble.Il n\u2019a pas de douleur, ni d\u2019hématurie.Il urine 3 ou 4 fois le jour et la nuit se passe sans miction.A l\u2019examen, les urines sont légèrement troubles; le toucher prostatique est négatif.L\u2019explorateur métallique franchit facilement l\u2019urètre et permet de sentir un bruit métallique caractéristique.A l\u2019examen cystoscopique on voit deux calculs phosphatiques de la grosseur d\u2019une petite noisette.Un examen radiographique de tout l\u2019appareil urinaire est négatif au point de vue calcul.Il n\u2019y a rien à signaler dans l\u2019examen des autres organes.La lithotritie est pratiquée le 18 février par M.Marion.Les suites sont normales; la sonde à demeure est enlevée le 21 au soir et le malade quitte le service le 23 février.Il est revu à la cystoscopie le 27 février; les urines sont limpides et l\u2019aspect de la vessie est normale.Si ce calcul, qui vient obstruer le col, s'engage dans l\u2019urètre, il peut amener de la rétention d\u2019urine qui se termine spontanément par l\u2019expulsion du calcul ou par son retour dans la vessie. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 305 L'engagement du calcul dans le col vésical peut encore produire une incontinence.Cependant l\u2019incontinence au cours du calcul de la vessie découle le plus souvent d\u2019une irritabilité vésicale.Elle constitue dans quelques cas le seul signe par lequel le calcul se manifeste.Chez l'enfant cette forme de manifestation est assez fréquente et il serait toujours imprudent de poser rapidement un diagnostic d\u2019incontinence essentielle.Nous rapportons ici cette observation, qui illustre bien le mécanisme de l\u2019incontinence par irritabilité de la vessie.Observation I\u2014Mme P., âgée de 49 ans, salle Lailler, lit 14.La malade est admise à l\u2019hôpital Lariboisière le 28 août 1924 (pendant les vacances de M.Marion) pour de l\u2019incontinence d\u2019urine totale et perpétuelle et des hématuries.Depuis plusieurs mois la malade se plaint de douleurs à la fin de la miction; en même temps elle urine le jour et la nuit à toutes les 30 ou 40 minutes.La marche n\u2019a aucune influence sur les douleurs et la pollakiurie.Deux fois la malade a eu des hématuries d\u2019apparence terminale, qui durèrent peu et apparurent sans cause.Depuis un mois la maladie a vu ces symptômes de cystite céder la place à une incontinence, d\u2019abord diurne et intermittente, maintenant totale et perpétuelle.Actuellement la malade n\u2019a pas d\u2019autre signe que cette incontinence.Au toucher vaginal, on sent en avant de la paroi vaginale antérieure une masse ligneuse, diffuse, qui semble être un néoplasme vésical.La cystoscopie qui est faite par un assistant de M.Marion fait voir un bas-fond vésical d\u2019aspect néoplasique, rempli de fausses membranes avec oedème généralisé à toute la vessie, sauf à la partie supérieure.Le diagnostic de cancer de la vessie est alors posé d\u2019une façon certaine.La malade est renvoyée chez elle avec un traitement palliatif.Elle revient dans le service le 13 février 1925.Elle se plaint encore d\u2019incontinence totale et perpétuelle, qui la met dans un état de malpropreté repoussante.Le traitement (instillation de nitrate d\u2019argent) ne l\u2019a pas améliorée.En introduisant le cystoscope pour examen on obtient un contact tout à fait caractéristique d\u2019un calcul de la vessie.La capacité vésicale étant trop réduite on ne pratique pas la cystoscopie.Les urines n\u2019ont pu être recueillies à cause de l\u2019incontinence.La radiographie montre une ombre unique à la région vésicale, qui représente certainement un calcul de la grosseur d\u2019un oeuf de pigeon et irrégulier.Le 21 février M Marion pratique une taille sus-pubienne.Il existe une péricystite intense.La paroi vésicale très infectée est épaisse de 1 cm %.On enléve un gros calcul du volume d\u2019oeuf de pigeon, articulé en 3 parties et de constitution phosphatique.La vessie est drainée par un gros tube de Marion.La guérison est lente, car la désinfection se fait avec difficulté.Actuellement la vessie est presque fermée. 306 L'UNION MÉDICALE DU CANADA À côté de ce tableau classique des calculs vésicaux, il en est un qui n\u2019a rien de très caractéristique, mais qui se rencontre dans la moitié des cas.Parmi les 24 malades du service de notre maître M.Marion, malades dont nous parlions plus haut, 18 entrèrent pour des phénomènes de cystite.La plupart des calculs vésicaux siègent dans une vessie primitivement ou secondairement infectée; c\u2019est ce qui fait que les malades se présentent le plus souvent pour des phénomènes de cystite.Ceux-ci n\u2019ont rien de spécial; il s\u2019agit de douleurs à la fin de la miction, de pollakiurie, de pyurie et parfois d'hématurie.L'observation III que nous rapportons plus loin en offre un exemple très net.Le seul fait qui puisse attirer l\u2019attention, au cours de l\u2019évolution de cette cystite chronique ou subaiguë, vers l'existence d\u2019un calcul, c\u2019est la tenacité extrême des troubles infectieux au traitement.Il importe donc dans toutes les cystites subaiguës ou chroniques tenaces de recourir à certains moyens de diagnostic.Observation III\u2014M.L., âgé de 62 ans, salle Civiale, lit 45.Le malade est admis à l\u2019hôpital Lariboisière le 22 novembre 1925 pour de la pollakiurie, des douleurs à la fin de la miction et de la pyurie.Il s\u2019agit d\u2019un ancien rétréci dont les premiers troubles occasionnés par le rétrécissement remontent à 20 ans.Il a subit 3 urétrotomies internes et a eu un abcès urinaire il y a 12 ans.Cependant depuis 1918 il est très bien et subit un calibrage bi-annuel de son urètre.Il y a deux mois le malade est pris de pollakiurie, il urine le jour et la nuit à toutes les 30 ou 40 minutes.En même temps, apparaît à la fin de la miction de la douleur et les urines sont troubles.Un traitement sérieux (instillations vésicales au nitrate d\u2019argent) n\u2019amène aucune amélioration.Actuellement le malade urine le jour et la nuit à toutes les 10 ou 15 minutes et les douleurs à la fin de la miction persistent.Les urines sont bien colorées et très pyuriques.A l\u2019examen clinique on ne trouve rien de spécial; le canal admet facilement une bougie dilatatrice no 19 (Charrière) et le toucher prostatique est négatif.Un examen radiographique fait voir un calcul vésical du volume d\u2019une noisette.La cystoscopie n\u2019est pas faite, les phénomènes de cystite étant trop marqués.Une taille sus-pubienne est pratiquée, qui permet de retirer le caleul entrevu par la radiographie.Les suites opératoires sont normales.Les moyens employés pour diagnostiquer un calcul de la vessie sont nombreux, mais il en est deux qui principalement doivent être utilisés, ce sont la cystoscopie et la radiographie.La cystoscopie est la méthode idéale pour établir le diagnostic de calcul vésical.Elle peut être employée dans presque tous les cas.Ses seules contre-indications sont la cystite aiguë, qui rend L'UNION MÉDICALE DU CANADA 307 parfois la capacité vésicale trop petite, et les rétrécissements de l\u2019urètre, qui ne permettent pas l'introduction du cystoscope.Elle seule fera trouver une concrétion calcaire dont la trop grande légèreté l'aura rendue perméable à la radiographie.Elle seule fera voir un calcul qui par sa petitesse aura échappé à l'explorateur métallique.Enfin, la cystoscopie sera le moyen idéal pour décider l\u2019indication d\u2019une taille ou d\u2019une lithothritie.Cependant il faut savoir que la cystoscopie peut induire en erreur, en fournissant des renseignements faux ou incomplets et trompeurs.D\u2019une façon générale, elle fait voir le calcul plus gros qu\u2019il ne l\u2019est en réalité.En effet, l\u2019accroissement du volume à l\u2019œil est en relation avec la distance qui sépare le calcul du prisme du cystoscope ; pius celui-ci est rapproché, plus le calcul apparaît gros.Cette erreur d'interprétation peut induire à pratiquer une cystostomie au lieu d\u2019une lithotritie.L'erreur au cours d\u2019un examen cystoscopique est plus grave par omission.Certains calculs, situés dans un diverticule de la vessie, dont le collet est très serré, échappent souvent à l\u2019œil explorateur et seuls les rayons X feront faire le diagnostic dans ce cas.De même des calculs, chez un prostatique, logés dans un bas-fond très profond, ne seront pas toujours trouvés, si l\u2019urologiste n\u2019a pas la précaution de faire basculer fortement le cystoscope, en l\u2019enfonçant et en élevant son pavillon.\u2019 Des renseignements faux peuvent étre fournis par une interprétation erronée d\u2019une image autre que celle d\u2019un calcul et c\u2019est là un fait assez fréquent.Nous n\u2019avons pas ici l\u2019intention de décrire les divers aspects des calculs vésicaux, que l\u2019on trouvera dans les traités de cystoscopie.! Le diagnostic en est facile même au moins expérimenté; la régularité, la forme ronde ou ovoïde, la saillie et la mobilité du calcul permettront de le distinguer rapidement.Cependant il faut savoir qu\u2019il est des cas où une image fournie par autre chose est prise pour un calculs et des cas où on interprète différemment une image donnée par le calcul.Les caillots, les débris purulents peuvent par leur coloration, leur saillle et leur mobilité donner une impression d\u2019agglomération calcaire compacte, surtout s\u2019ils se sont incrustés.Toutefois, ces masses sont filamenteuses, beaucoup plus irrégulières que le calcul et (1) Marion et Heitz-Boyer: Traité de cystoscopie.Paris. 308 L'UNION MÉDICALE DU CANADA ne donnent pas, en général, l'impression de saillie; de plus, le lavage et l'aspiration de la vessie tranchera la question.Il importe donc dans ces cas douteux d'opérer dans une vessie bien nettoyée.Il existe toute une catégorie de cystites dans lesquelles un dépôt calcaire s\u2019est formé sur les parties ulcérées ou dénudées d\u2019épithélium.Dans ces cas l'explorateur métallique donnera un contact caractéristique, mais la cystocopie démontera nettement qu\u2019il s\u2019agit de cystite incrustée.L\u2019œil voit alors une image dont la coloration peut rappeler celle du calcul phosphatique.Cependant cette image n\u2019a aucun relief; c'est une surface plane, sans saillie, d\u2019aspect spongieux.De plus, la situation de ces plaques est parfois paradoxale pour un calcul (situation au sommet de la vessie), et ce qui est plus caractéristique, ces plaques sont fixes, contrairement au calcul que le bec du cystoscope ou une sonde urétérale parvient à mobiliser.L'interprétation est beaucoup plus difficile dans ces cas de tumeurs vésicales qui se sont incrustés et l\u2019erreur devient grave au point de vue thérapeutique et pronostic.Cette incrustation, ordinairement blanche, rappelle l\u2019aspect d\u2019un calcul phosphatique; elle peut, aussi, prendre une teinte brune, donnant l\u2019image d\u2019un calcul d'acide urique, si du sang s\u2019est déposé sur la masse incrustée.D\u2019une façon générale, la tumeur n\u2019est pas entièrement recouverte d\u2019un enduit calcaire, de sorte qu\u2019en certains points elle apparaît avec ses caractères particuliers.En outre, ce pseudo-calcul occupe parfois une situation anormale, par exemple, le sommet de la vessie, ce qui ne pourrait être que pour un caleul diverticulaire enchatonné.Enfin la tumeur incrustée ne possède aucune mobilité.Mais il faut savoir qu\u2019il existe des cas exceptionnels où le diagnostic est impossible à préciser.La biopsie de cette masse douteuse à l\u2019aide du cystoscope à biopsie de notre maître M.Marion sera le seul moyen pour éclaircir rapidement la question.Par la pince de ce cystoscope la désintégration de la couche calcaire qui recouvre la masse montera l'existence non douteuse de la néoplasie.A côté de ces fausses interprétations qui peuvent faire conclure à l\u2019existence d\u2019un calcul, l\u2019erreur inverse peut exister.Les calculs, dans les vessies atteintes d\u2019inflammation marquée, se recouvrent souvent de dépôts de fibrine, de fausses membranes.Ces dépôts arrivent à rendre leur contour flou et à donner une image assez voisine de celle d\u2019une tumeur vésicale; c\u2019est ce qui set arrivé dans l'observation Il.A ce propos le cas rapporté par Reynard (de L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 309 Lyon) est très instructif.! Il s\u2019agit d\u2019un malade présentant comme symptômes des hématuries et des mictions douloureuses et fréquentes.Il visite 11 médecins qui portent des diagnostics plus ou moins précis.Il consulte Reynard qui l\u2019explore à la cystoscopie; il voit \u201cune masse de la grosseur d\u2019une noix, à surface granitée, arrondie, d\u2019un rouge sombre\u201d.Un cliché radiographique est négatif au point de vue calcul.Il se décide à pratiquer une prostatectomie, le malade ayant au toucher les signes physiques d\u2019une hypertrophie de la prostate, et il trouve dans la vessie un calcul complètement revêtu d\u2019une enveloppe de fibrine rougeâtre et épaisse.Cependant, d\u2019une façon générale, le calcul apparaît en certains points avec ses caractères propres; de plus, la radiographie permettra souvent de trancher la question.Il importe dans ces cas douteux de ne pas conclure immédiatement au premier examen à l\u2019existence d\u2019une masse néoplasique; un traitement qui nettoiera la vessie permettra d\u2019avoir à un deuxième examen un aspect cystoscopique tout à fait différent et caractéristique d\u2019un calcul vésical.La radiographie doit toujours être pratiquée chez tout malade soupconné de lithiase vésicale, même si la cystoscopie n\u2019a rien révélé.Chez l\u2019enfant, chez le rétréci où l\u2019emploi du cystocope et de l\u2019explorateur métallique est difficile ou impossible, la radiographie peut faire porter un diagnostic de calcul de la vessie.Elle seule est susceptible de montrer des agglomérations calcaires, situées dans un diverticule de la vessie ou dans un bas-fond vésical très profond et qui auront échappé à l'examen cystoscopique.La radiographie est, en outre, le moyen le plus précis pour apprécier le volume et la forme des calculs vésicaux.Nous avons dit, en effet, combien la cystoscopie est trompeuse dans l'estimation de la grosseur du calcul.À côté de ces qualités, les rayons X ont, toutefois, l'énorme défaut de ne montrer des ombres que dans 50% des cas, comme Arcelin l\u2019a démontré! Cette invisibilité relève, d\u2019une part, de la trop grande légèreté de certains calculs, et d'autre part de la trop forte opacité de la région vésicale, qui peut être due, par exemple, à une obésité prononcée.Le fait de ne pas trouver sur le cliché radiogaphique un calcul perçu par l'explorateur métallique ne doit pas toujours faire croire qu\u2019il s'agit d\u2019une agglomération d\u2019acide urique.L'observation I (1) Reynard: Calcul vésical a allure de papillome, in Journal d\u2019Urologie 1921, tome XI, p.211.(1) Dix-septième Session de l\u2019Association Française d\u2019Urologie, 1913. 310 L'UNION MÉDICALE DU CANADA est sur ce point très démonstrative; les calculs phosphatiques parfaitement diagnostiqués à la cystoscopie n'apparaissent pas sur le cliché.Dans ce cas le malade avait une forte paroi abdominale dont la densité avait, sans doute, augmenté l\u2019opacité de la région vésicale.Dans le but de rendre plus visibles les ombres fournies par les calculs, plusieurs radiographes ont proposé d'augmenter l\u2019opacité vésicale ou de la rendre plus transparente.En injectant une solution de collargol à 15 p.100 ou de bromure de sodium à 10 p.100, dans la vessie, le calcul occuperait une zone plus transparente dans ce milieu plus opaque.En insufflant la vessie d\u2019oxygène, l\u2019ombre du calcul projetterait mieux dans ce milieu plus transparent.Ces deux moyens nous semblent dépourvus d'utilité pratique, en raison même de l\u2019incertitude de leur résultat.En sus de ne pas toujours montrer les calculs, les rayons X peuvent parfois, ce qui est plus rare, induire en erreur par le caractère même des ombres qu\u2019ils fournissent.Les petites taches du bassin se reconnaissent facilement par leur situation plus latérale.Cependant, cette situation latérale est fréquente dans les calculs logés dans un diverticule de la vessie.Comment dans ces cas savoir s\u2019il s\u2019agit réellement d\u2019un calcul diverticulaire?La mobilité ou la fixité des ombres n\u2019est pas un caractère différentiel suffisant.En effet, le calcul diverticulaire est par essence fixe et le fait que l\u2019ombre qu\u2019il fournit ne se mobilise pas ne saurait éliminer le diagnostic de calcul.Seul le répérage des contours de la vessie démontrera que l\u2019ombre est intra-vésicale.Dans ce but la cystographie à l\u2019aide de solution opaque devient utile, d'autant que la cystoscopie et l\u2019explorateur métallique laissent échapper facilement ces calculs diverticulaires.Nous n\u2019avons pas intention de détailler ici la technique de la cystographie.Qu\u2019il nous suffise de dire qu\u2019elle doit être faite apres injection dans la vessie d\u2019une solution de bromure de sodium à 10 p.100.- Le cliché sera pris dans la position antéro-postérieure par rapport au malade et dans la position oblique, telle qu\u2019indiquée par nos amis Negro et Blanc.! La comparaison du cliché radiographique et du cliché de la cystographie permettra d\u2019affirmer qu\u2019il s\u2019agit d'un calcul diverticulaire en raison de la forme de la vessie.Une tumeur incrustée de la vessie peut apparaître sur la plaque radiographique, mais l'incertitude des contours,et l'inégalité capri- (1) Marion, Blanc et Negro: La Cystographie Oblique, Société Française d\u2019Urologie, 8 décembre 1924.rm L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 311 cieuse de l\u2019ombre qu\u2019elle donne nous permettront d'éliminer le calcul.Malgré le fait que la radiographie peut laisser échapper de nombreux calculs de la vessie, elle n\u2019en reste pas moins un moyen de diagnostic très précieux.Les rayons X démontreront l'existence de ces calculs diverticulaires où la cystoscopie et l\u2019explorateur métallique auront fourni des renseignements négatifs; ils sont le complément de tout examen cystoscopique.L\u2019explorateur métallique, jadis le moyen le plus précieux et le plus exact de diagnostic, a été peu à peu abandonné au fur et à mesure que se développait la cystoscopie.Est-ce à dire que cette dernière doit entièrement supplanter ce vieux moyen de diagnostic ?Nous ne le croyons pas.L\u2019explorateur métallique permet d'apprécier mieux que le cystoscope la consistance du calcul par le son qu'il fournit; il peut en fournir une appréciation plus exacte du volume.Cependant cette exploration laisse passer les calculs diverticulaires et peut aussi laisser échapper certains petits calculs qui fuient devant l\u2019instrument.Le plus grand avantage et la vraie indication de l\u2019explorateur métallique est, selon notre maître M.Marion! de renseigner sur la perméabilité de l\u2019urètre vis-à-vis du lithotriteur.L\u2019explorateur et le lithotriteur possèdent, en effet, la même courbure, et là où passe le premier, le second passera.Nous passons sous silence quelques autres moyens de diagnostic indiqués par les auteurs, telle la perception d\u2019un frottement ou d\u2019un contact caractéristique à la sonde en gomme qui explore la vessie.Ils sont d\u2019une infidélité trop constante pour être utiles.De plus, ils induisent souvent en erreur; en effet, une contraction brusque de la vessie sur la sonde peut donner une impression de contact et une tumeur incrustée de la vessie fournira -parfois la sensation de frottement rencontrée dans le calcul.+ % % Le diagnostic de calcul étant posé, le chirurgien doit le compléter par l\u2019examen de la vessie, afin de pouvoir choisir l\u2019opération idéale.Nous ne voulons pas ici développer les conditions qui orientent le choix du traitement, ce qui nous entraînerait trop loin.Disons, cependant, que la lithothritie est conditionnée, d\u2019une part par les (1) Marion: De la Cystoscopie dans les Calculs vésicaux; Journal d\u2019Urologie 1913, tome III, p.311. 312 L'UNION MÉDICALE DU CANADA caractères du calcul, et d\u2019autre part par la disposition et l\u2019état de la vessie.Le chirurgien n\u2019emploiera le lithotriteur que si les calculs sont petits, peu nombreux, pas trop durs et que si la vessie a une paroi saine, non infectée, lisse, sans colonnes et sans diverticule.En effet, le traumatisme occasionné par la lithotritie peut déclancher un phlegmon périvésical, si la vessie est fortement enflammée; en outre, si la cavité vésicale possède une surface irrégulière, les fragments de calcul peuvent se loger dans les dépressions ou dans les diverticules où ils continueront à s\u2019accroître.La connaissance de ces conditions ne peut s\u2019acquérir que par un examen cystoscopique.Celui-ci nous montrera l\u2019état de la vessie.La radiographie nous fera voir le volume des calculs et la cystographie leur situation dans un diverticule.Conclusions 1° Il est rare que les malades porteurs de calculs de la vessie se présentent avec un tableau classique, occasionné purement par l\u2019action mécanique du corps étranger.Dans plus de la moitié des cas, les calculs vésicaux se traduisent cliniquement par des symptômes de cystite subaiguë ou chronique.Celle-ci est très rebelle au traitement ordinaire.2° La cystoscopie est le meilleur moyen de diagnostic.On peut la pratiquer dans la plupart des cas.Elle fait voir tous les calculs, sauf ceux qui sont situés dans un diverticule à collet très serré.[1 faut savoir que parfois elle peut être trompeuse, en faisant prendre pour un calcul une image fournie par une autre lésion et inversement.Elle peut aussi donner des renseignements inexacts sur le volume du calcul.3° On doit toujours pratiquer la radiographie chez les malades présentant des troubles fonctionnels qui font penser à un calcul, même si l'examen cystoscopique est négatif.Elle fera souvent porter le diagnostic de calcul, situé dans un diverticule de la vessie; elle est le meilleur moyen pour apprécier le volume du calcul.Cependant, elle a le défaut de montrer le calcul que dans 50 p.100 des cas.4° La vraie indication de l'explorateur métallique est de renseigner sur la perméabilité de l\u2019urètre vis-à-vis du lithotriteur. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 313 5° La perception d\u2019un contact ou d\u2019un frottement à la sonde en gomme qui explore la vessie est un moyen de diagnostic infidèle et qui peut induire en erreur.6° Le diagnostic de calcul doit être complété par la détermination exacte du volume, du nombre des calculs et par l\u2019appréciation de l\u2019état de la paroi vésicale, afin de poser les indications de la lithotritie Ce complément de diagnostic est fourni par la cystoscopie, la radiographie et la cystographie.O NOS PREMIERS PARENTS ET LA LIGATURE DU CORDON OMBILICAL (2ème solution) Adam connaissait la nature des animaux, puisque, dans le temps qu\u2019il étoit au Paradis terrestre, il leur avoit imposé des noms à chacun, qui exprimaient leurs qualités.Il sc¢avait donc pour l\u2019avor vû plus d\u2019une fois, que les petits de tous les quadrupèdes naissoient avec une masse informe, qui tenoit à leur nombril par le cordon ombilical.II scavait aussi que les femelles de ces animaux, même de ceux qui ne se nour- rissoient point de chair, après avoir mis bas leurs petits mangeoient cette masse ou placenta, coupoient le cordon avec leurs dents, et débar- rassoient ainsi leurs petits.Adam a pu profiter de ces exemples, quand sa femme, chassée avec lui du Paradis terrestre, commença à lui faire des enfans.Je ne prétends pas qu\u2019Adam ait mangé leur arrière-faix, mais il a très bien pu couper le cordon avec les dents.C\u2019est ainsi que les sauvages du Brésil en usoient, quand les Français y abordèrent, comme le témoigne Jean Léry dans \u2018\u201cl\u2019Histoire de sa Navigation au Brésil\u201d Du moins Adam a-t-il pu juger que puisqu\u2019on pouvoit, sans danger pour l\u2019enfan, couper le cordon avec les dents, on pouvoit le couper de même de toute autre manière, ce qu\u2019il aura fait.Il est vrai que voyant qu\u2019il sortait du sang du bout qui tenoit à l\u2019enfan, il l\u2019aura lié.Voilà donc la ligature et le retranchement du cordon établis, et voilà le Genre humain sauvé de même dans cette second supposition.Jean ASTRUC.\u201cL'art d\u2019accoucher les femmes réduit à ses principes\u201d (1760). Correspondance DE L\u2019APPENDICITE HYPERTOXIQUE EVOLUANT SOUS LE MASQUE DE GASTRO-ENTERITE INFECTIEUSE(I) (Contribution additionnelle) Par le Docteur C.-A.RAYMOND Les médecins deviendraient fort habiles s\u2019ils subissaient toutes les maladies.(Proverbe grec) L'Union Médicale du Canada (livraison du mois de mars) nous rapporte le texte de la causérie fort intéressante, et surtout éminemment pratique, donnée par le docteur E.Saint-Jacques à la Société Médicale de Montréal, et dont le sujet porte sur l'appendicite hypertoxique.Animé des meilleures intentions du monde, le docteur Saint- Jacques tire des conclusions frappantes de justesse.Il se pose même en champion de la diffusion, de par la province, de quatre recommandations que j'endosse complètement, pour le sauvetage d\u2019un plus grand nombre de malades.Ces conclusions, je les approuve avec d'autant plus de plaisir qu\u2019elles m'ont servi à moi-même pour sauver ma propre vie.Ce sont ces mêmes conclusions qui m'ont permis, il y a plus de deux ans, de sauver la vie à une jeune fille de quatorze ans dont le père était venu me consulter, me demandant des remèdes pour faire \u201cpartir les règles \u201cobstinées \u201d de sa jeune enfant, \u201cses autres filles ayant été pareilles a celle-ci au temps de la venue de leurs mois\u201d (sic).Si la profession médicale a déjà souvent mis mes jours à prix, je dois certainement à l\u2019étude et à la pratique de cette belle science l'avantage d\u2019avoir pu forcer le chirurgien d'intervenir à temps opportun encore, et sauver ce que cette redoutable appendicite hyper- 1,.\u2014N.D.L.R.\u2014Nous sommes heureux de publier cette lettre.Elle sera utile aux praticiens qui veulent bien se donner la peine de lire et d\u2019observer. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 315 toxique n\u2019avait pu entamer de ma bonne nature dans les premières six heures de l'attaque.Au milieu de la nuit, je suis pris, sans cause suffisante, de ce que l'on appelle dans le peuple \u201cune indigestion\u201d, v.g., coliques, aiarrhée et vomissements.Pendant plus d\u2019une demi-heure, ce fut une succession lente mais presque fninterrompue d\u2019évacuations alvines diarrhéiques alternant avec le rejet d\u2019un bol stomacal aux trois quarts digéré.Et le volvulus cessa.Seule une sensibilité anormale de l\u2019abdomen persista, avec un MacBurney légèrement positif.Ce que voyant, je me soumis au traitement de la glace \u201cintus et extra\u201d.Au bout de six heures de cet essai, voici qu\u2019un vomissement aqueux puis légèrement fécaloïde me frappe.Je palpe mon abdomen de nouveau (ma douleur abdominale ayant augmenté d\u2019intensité) : le MacBurney était devenu plus franchement positif.J\u2019essaie d\u2019uriner: impossible de vider ma vessie.Ma température avait atteint 99°, mon pouls s'élevait à 75.J\u2019eus dès lors la certitude d\u2019appendicite hypertoxique, mortelle en 48 heures.Je fais venir le chirurgien pour m'\u2019opérer sans délai: il vint à neuf heures.Son examen lui fit admettre \u201cappendicite probable\u201d! Seulement, il gardait un tel doute quant au caractère de mon mal que je l\u2019ai convaincu de m'opérer en ce jour, seulement que pour me faire plaisir: je m\u2019énervais, me répondait-il en souriant avec un calme visage.Malgré mes appels téléphoniques répétés, l\u2019ambulance ne vint qu\u2019à 4 h.p.m.et je ne montai sur la table d'opération qu\u2019à 5 h.30.L\u2019incision lente au point de MacBurney fit voir, à la grande surprise du chirurgien, un appendice gangrené, adhérent, avec abcès en voie ce formation.Les suites opératoires furent suppurantes au point de me produire non seulement un point de gangrène intestinale à la base de l\u2019appendice, mais aussi une sphacèle de la paroi abdominale, cause d\u2019une hernie, éventration d\u2019un pouce de diamêtre, que je porte depuis et porterai le reste de mes jours.Si j'avais été opéré à temps !.ou encore dans le bord externe du grand droit ?°°.Marguerite D., âgée de quatorze ans, avait fait quatre milles à pied pour assister à la grand\u2019messe et aux vêpres de sa paroisse.Elle avait passé une des plus actives journées de sa jeunesse de fille de cultivateur quand, au moment de se mettre au lit, elle est prise de \u201cmal au ventre\u201d au point d\u2019avertir sa mère dévouée qui n\u2019eut rien de plus pressé que de la réchauffer avec flanelles chaudes, assiettes chaudes, briques chaudes.(Pour ceux qui connaissent les mœurs de l'habitant de chez-nous, je ne mentionnerai pas la crêpe 316 L'UNION MÉDICALE DU CANADA chaude, ruisselante de graisse, antique et solennelle.) \u2014 \u201cÇa ne sera rien\u201d, rassure la même; \u2018tu vas saigner un peu comme tes grandes sœurs et ton mal sera fini.\u201d Cependant que la fillette, continuant de se plaindre, vomit tout son souper.\u2018\u2018Prépare une dose de sel à médecine, Marie\u201d, ordonne la mère.Et Marie de servir une tasse d\u2019eau chaude additionnée d\u2019une débordante cuillerée à dessert de sel d\u2019Epsom.Marguerite n\u2019a pas aussitôt avalé la solution chaude que sa sœur Marie a juste le temps d'aller quérir un bassin pour recevoir le sel à médecine de la bouche de Marguerite.\u201cLaissez-moi tranquille\u201d, supplie cette dernière, pendant que sa mère continuait les applications chaudes sur le ventre de sa fille qui commençait à sentir \u201cl\u2019envie d'aller\u201d.Une \u2018selle diarrhéique ne se fit pas longtemps attendre sans que toutefois la douleur ne diminuât rapidement.La nuit fut longue et le lundi vit continuer les coliques accompagnées d\u2019une couple de selles, diarrhéiques encore.Du lundi soir au mardi matin, un vomissement bilieux étant apparu \u2014 \u2018\u2019sans que les mois partent\u201d \u2014 l\u2019état de l'enfant commença d\u2019inquiéter les parents.C\u2019est alors que le père vint me demander des remèdes pour les.règles de Marguerite.J'ai refusé net de donner des médicaments sans examiner cette enfant qui avait une histoire bien louche.Je fis quelques cinq milles de route par une de ces journées de décembre où les bourrasques de vent et de neige vous introduisent du froid lusqu\u2019à vos sous-vêtements.Je trouvai Marguerite, le facies tiré, avec une température de 102° et un pouls permanent et filant de 150.Son ventre \u201cen bateau\u201d accusait une sensibilité moyenne avec prédominance douloureuse dans l\u2019hypochondre.Je pose diagnostic et pronostic sur-le-champ ct j'impose le traitement subito presto, mettant les parents devant la mort certaine de leur fille.Une heure plus tard, j'opérais seul dans la cuisine de mon cultivateur.Et j'ai trouvé un épanchement péritonéal de liquide séro-purulent, un appendice gros et gangrené que j'ai enlevé sans.enfouissement du moignon.Un drainage de deux tubes et d\u2019une mèche, avec désinfection quotidienne au peroxyde d'hydrogène et d\u2019alcool m\u2019ont permis de renvoyer mon opéré à la table de famille trois semaines plus tard.C\u2019était mon deuxième cas de guérison sur deux cas d'observation de cette malade mortelle en quelques heures. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 317 Ma seule ambition.dans cette modeste contribution à l\u2019appendicite hypertoxique \u2014 je ne cultive ni la prose ni les muses \u2014 est d\u2019appuyer franchement, et avec des témoins vivants, la haute portée de diagnostic et de pronostic justes et rapides de ce mal qui tue annuellement bon nombre d'adultes.Interrogez les praticiens de la ville ou de la campagne: ils vous diront que leurs commémoratifs justifient surabondamment les conclusions que le docteur Saint- jacques n\u2019a pas craint de souligner devant les sommités médicales: il a fait œuvre de véritable serviteur de l\u2019humanité souffrante.oO Analyses Traitement de la tachycardie paroxystique (R.Giroux, \u2018Le Bulletin Médical\u201d, 27 déc.1924) \u2014I1 faut d\u2019abord préciser l\u2019origine des accès.Est-elle myocardique (antécédents infectieux, hypertension), nerveuse, humorale?Ou bien ces origines se réunissent-elles?De toute manière le traitement comporte deux stades: celui de la crise, et celui des intervalles des crises.La crise déclanchée, il faut s\u2019adresser d\u2019abord aux méthodes empiriques capables d\u2019exciter le vague: inspirations lentes et protondes dans le décubitus dorsal et les bras étendus, grands efforts de déglutition en avalant un cachet volumineux, chatouillement du pharynx avec une plume prolongée jusqu\u2019à la nausée, compression du vague droit au niveau du cou, émétine.Si ces procédés ne réussissent pas s\u2019adresser à la digitaline à dose massive jusqu\u2019au block complet et surtout à l\u2019ouabaïne par voie intra-veineuse à la dose d\u2019un quart de milligramme.La quinidine et la quinine n\u2019ont d\u2019effet que sur les formes partielles et irrégulières, non essentielles.Dans l'intervalle des crises, il faut s\u2019efforcer le prévenir les crises.La clinique, l\u2019orthodiographie et l\u2019électrocardiographie rentrent ici en ligne de compte.L'accès est-il fébrile?il faut penser au rhumatisme et instituer un traitement salicylé, associé à l\u2019ouabaïne-digitale.ÀA-t-on affaire à un cardiaque?il faut penser au rétrécissement mitral et donner alors un\u2018traitement mensuel de digitaline (un milligramme en 4 ou 5 jours) et lui associer l\u2019ouabaïne si l\u2019insuffisance cardiaque semble vouloir évoluer.Eviter toute fatigue, toute émotion tout excitant.Chez l\u2019hypertendu, régime diététique sévère et hypotenseurs; chez.l\u2019artério-scléreux, hygiène générale, régime sévère, iodure de potassium; dans la syphilis, traitement spécifique ; dans un syndrome glandulaire, traitement opothérapique.\u2014ROMEO BOUCHER. LETTRE DE ROME Par le Docteur EUG.SAINT-JACQUES Rome, si intéressante soit-elle pour le catholique et celui qui est épris d'histoire, ne saurait laisser indifférent le disciple d\u2019Esculape.Certes, Celse et Galien sont des noms vénérés, mais il y a plus près de nous davantage encore pour nous intéresser.Quel est le médecin quelque peu avisé qui ne sache que c\u2019est à l'Italie que nous devons la survivance du génie de l\u2019Hellade et sa transmission à nos générations modernes ?/ Où seraient-elles allées se perdre, les connaissances de la civilisation arabe du VIle au IXe siècle, de ces Arabes qui avaient recueilli l\u2019héritage d\u2019Athènes et de Rome, si la grande et fameuse école de Salerne \u2014 voisine de Naples \u2014 ne les avait recueillies et ajoutant au patrimoine médical ne les avait à son tour transmises aux générations suivantes ?Mais peut-être plus encore devons-nous à l\u2019Italie ce merveilleux éveil de l\u2019esprit humain et son effloraison plus merveilleuse encore que fut la Renaissance.Bologne, nous le savons, la première, donna l\u2019éveil \u2014 et nous y reviendrons lors de la visite à ses cliniques.Avec les autres Universités, Rome prit sa part et celle de Rome doit sa fondation à Boniface VIII.Mais c'est surtout depuis 1870 qu\u2019elle est devenue vraiment active.Après le changement de gouvernement, Rome vit immédiatement à remédier aux conditions sanitaires, qui en avaient grand besoin, et c\u2019est l\u2019Université qui en fut chargée.Notons que l\u2019alimentation de Rome en eau est l\u2019une des meilleures du monde, et que l\u2019eau lui est apportée des montagnes éloignées par quatre grands aqueducs qui lui assurent un débit supérieur à celui de Londres et Paris.Puis on s\u2019attaqua à la Malaria, une peste de la campagne romaine.Qui ne se rappelle du nom des Marais Pontins, qui s'étendent depuis le Mont Circé \u2014 où la sirène retint plus que de raison le vagabond Ulysse \u2014 jusque vers Rome. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 319 De 1885 à 1919, Francesco Durante dirigea les destinées de la chirurgie à Rome, tandis que Baccelli dirige celles de la médecine.Et de nos jours, trois hommes surtout tiennent le sceptre de la chirurgie à Rome: ,! Roberto Alessandri, professur titulaire de clinique chirurgicale.Rafaele Bastianelli, d\u2019une renommée tout à fait internationale, et à la tête d\u2019un vaste service fort actif et d\u2019une clinique privée haut quotée.Oreste Margarucchi, chirurgien en vue.Le Professeur Bastianelli est un homme jeune, dans la plénitude d'activité et qui paraît à peine avoir touché la cinquantaine.Il est le maître justement réputé de la chirurgie italienne contemporaine, et ses voyages de notre côté de l\u2019Atlantique ainsi que ses communications aux Congrès médicaux ont achevé de la faire connaître à ceux qui n\u2019avaient pas l'avantage\u2019 d\u2019être familiers avec ses nombreuses communications sur des sujets médicaux très variés.Tous les chirurgiens connaissent ses contributions d'une haute valeur scientifique à la chirurgie thoracique, dont il fit part au Congrès de Chirurgie aux Etats-Unis en 1918.De même savons-nous ses travaux sur la chirurgie gastro-intestinale, les voies biliaires, les tumeurs de la bouche et la langue.Nous devons mentionner spécialement ses très intéressantes contributions \u2014- si démonstratives \u2014 des lésions parenchymateuses dues à l\u2019action du \u201cchloroforme\u201d sur les éléments épithéliaux fonctionnels des grands organes., Le Prof.Bastianelli a l\u2019œil très éveillé, la parole assurée et nette; le geste, s\u2019il est sobre, confirme les dires.Sa clarté d'idées et sa facilité d'exposition le classent nettement parmi les \u201clatins\u201d, dont la culture par les classiques est toujours si évidente chez les hommes de marque comme l\u2019est le Prof.Bastianelli.Chargé depuis de nombreuses années d'enseignement, il entretient, sur le sujet de l\u2019enseignement médical en général et plus particulièrement de la chirurgie, des opinions nettes dont il a bien voulu me faire part au cours d\u2019une causerie en son cabinet.L'enseignement médical doit être préparé par des études classiques, car les humanités, en même temps qu\u2019elles élargissent les horizons, assouplissent l\u2019esprit, augmentent le fonds d'idées, meublent merveilleusement l\u2019esprit en la faisant communier avec ce que Athènes et-Rome ont produit de meilleur et de plus grand.* 320 L'UNION MÉDICALE DU CANADA À notre question de savoir si nos devanciers étaient d\u2019une culture pius générale et plus affinée que nous ne le sommes généralement, le Prof.Bastianelli répond que probablement il en était ainsi.Moins pris qu\u2019ils étaient que nous avec les multiples activités d\u2019aujourd\u2019hui, compliquées du téléphone, de l'auto, des congrès innombrables et de production médicale surabondante.Ils avaient, et c\u2019est bien de même notre opinion, plus de loisirs pour s'arrêter parfois pour réfléchir, lire et méditer un peu dans le calme de leur bibliothèque: ce qu\u2019ignorent presque forcément les \u201cchefs\u201d d'aujourd'hui.On n\u2019a pas à Rome de P.C.N.proprement dit, mais on intercale forcément cette même préparation prémédicale de chez-nous dans le curriculum médical qui est de \u201csix\u201d années.Le Prof.Bastinelli est de la conviction que l\u2019enseignement médical doit être avant tout SCIENTIFIQUE plutôt que pratique.Donnons à nos jeunes gens la vraie formation scientifique \u2014 la méthode dans l\u2019étude \u2014 donnons-leur de bonnes et solides bases de pathologie générale et spéciale, apprenons-leur à observer et bien noter: c\u2019est là l'important.Une fois bien outillé pour faire un bon diagnostic, les indications thérapeutiques se poseront d\u2019elles-mêmes et la pratique plus tard donnera au médecin \u201cintelligent et chercheur\u201d les moyens d'action indiqués et comment se tirer d\u2019affaire.Enseignement clinique Nos collègues anglo-saxons attachent une grande importance à commencer l'enseignement clinique par \u201cconsultation externe ou dispensaire\u201d.Personnellement, nous croyons qu\u2019il vaut mieux réserver l\u2019enseignement clinique au dispensaire pour les élèves avancés, les finales.Tout au plus, pour la chirurgie, pourrons-nous leur montrer au dispensaire quelques lésions externes: plaies et brûlures, infections superficielles, entorses et fractures; mais la vraie pathologie chirurgicale, les principes généraux pour éclairer le diagnostic s\u2019enseignent mieux au lit du malade, où le temps est à la disposition du professeur, qui a en plus à son secours les recherches des laboratoires quand elles sont nécessaires pour aider au diagnostic.Mais prenons garde \u2014 et nous y insistons personnellement \u2014 de verser dans cette tendance, si accentuée dans les cliniques anglo- saxonnes, de trop et toujours demander aux laboratoires de faire les diagnostics pour nous.Craignons de faire ainsi perdre à la clinique sa suprématie, la place première qui lui revient et qu\u2019elle L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 321 doit conserver.C\u2019est ce merveilleux sens clinique, si évident chez les vieux maîtres français \u2014 les Olier, les Duplay, les Tillaux, les Hartman, comme chez les Trousseau, les Potain et les Dieulafoy \u2014 qui fait que leurs descriptions cliniques des maladies sont toujours d'actualité.Et c\u2019est ainsi que pense aussi le Prof.Bastianelli.Pour lui, \u2014 et avec raison, nous semble-t-il \u2014 l\u2019enseignement clinique doit s\u2019entourer de ces accessoires scientifiques \u2014 projections à la lanterne, pièces anatomo-pathologiques, moulages anatomiques, etc.\u2014 qui aident à compléter la démonstration clinique, en fournissant en plus des malades ce que ceux-ci ne peuvent manifester aux yeux, tel que la lésion anatomique proprement dite, ses détails histologiques, la précision radiologique des lésions osseuses, et les divers aspects ou stades de l\u2019évolution clinique de la maladie étudiée et pour chacun desquels il est impossible d\u2019avoir toujours sous la main toutes les variétés cliniques.Nous tenons, pour notre part, comme clairement établi depuis longtemps que la mémoire des yeux est la plus fidèle, et voilà pourquoi nous devons tellement tenir à présenter à nos élèves le plus de malades possible.Et voilà pourquoi ces projections à l\u2019écran, ces pièces anatomo- pathologiques, ces radiogrammes servent comme \u201cautant de fiches ou crochets pour y arrêter et retenir les idées cliniques exposées par le professeurs.# %* # Faut-il opérer beaucoup devant les étudiants ?demandons-nous au Pof.Bastianelli.Non, peu devant de grandes classes, nous dit-il, mais en présence de ou avec l\u2019assistance (en troisième ou quatrième main) des stagiaires de service.| Voici comment dans notre service de l\u2019Hôtel-Dieu nous avons organisé ce détail important.Chacun de nos stagiaires en chirurgie reçoit un certain nombre de lits dont il doit prendre l\u2019histoire clinique des malades, les examiner, puis poser son diagnostic \u2018\u201cdifférentiel\u201d motivé.Soit un malade souffrant de l\u2019abdomen à droite: s'agit-il d\u2019une lésion vésiculaire, rénale, appendiculaire, salpingienne, etc?: en donner les raisons.Puis, lorsque le malade assigné à tel étudiant est opéré, l\u2019étudiant doit être présent et, si le cas s\u2019y prête, il est invité à aider à l\u2019appli- 322 L'UNION MÉDICALE DU CANADA cation du traitement ou donne l\u2019anesthésie sous la surveillance et la direction de l\u2019anesthésiste officiel.À l\u2019occasion, quelques opérations classiques \u2014 appendicectomie, hernie, pleurotomie, etc.\u2014 sont faites devant le groupe complet des stagiaires en chirurgie; et alors chaque pas de l'acte opératoire est ciairement et lentement expliqué et mis en évidence.* ¥ 0% Le Prof.Bastianelli attache une importance majeure a la part qui doit être donnée à l\u2019anatomie pathologique dans l\u2019enseignement chirurgical: ce en quoi il a fortement raison, croyons-nous, car avec l\u2019anatomie normale et la physiologie elle constitue le trépied d\u2019assise du vrai chirurgien.+ * % Nous avons eu la bonne fortune de voir opérer plusieurs malades par le Prof.Bastianelli, tant à l\u2019Hôpital Universitaire ou Polyclinico qu\u2019à sa Maison de Santé privée.Sa technique est d\u2019une belle précision, et très méthodique; il attache un soin particulier à l\u2019'hémostase; il a le doigté facile, rapide et délicat: c\u2019est un bel et intéressant opérateur, dont le calme n\u2019est coupé que par les explications fournies.Appendicectomie, cholécys- tectomie difficile, hernie inguinale compliquée, résection d\u2019ulcus duodénal, gastro-entérostomie, etc.: il les a opérées avec la calme maestria qui sied au grand chirurgien d'expérience.Salles d'opérations d\u2019une simplicité absolue, peu d\u2019assistants, toujours des rétracteurs à main, pas d\u2019aiguilles de Reverdin, beaucoup d\u2019anesthésie lombaire, pas de gaz, mais de l\u2019éther si besoin.Entre les opérations, le Prof.Bastianelli passe à son cabinet- bibliothèque où il veut bien discuter des méthodes opératoires, et où il donne des instructions pour des travaux en cours de publication.Le maître italien est également à l\u2019aise pour causer en anglais, en français ou en allemand.S'il est polyglotte, de même est-il de mentalité internationale scientifique, et trouve bon de prendre à chaque école ce qu\u2019elle offre de meilleur.Ce n\u2019est qu'à cette condition que le progrès est réalisable et de la meilleure espèce.¥ % L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 323 Nous avons mentionné le Docteur Alessandri, qui est professeur titulaire de clinique chirurgicale.Il n\u2019a pas l'allure martiale et active de Bastianelli et ne nous a pas donné une impression aussi favorable.L\u2019amphithéâtre clinique est immense; il peut contenir plus de 700 élèves, et les gradins l\u2019entourent d\u2019un circuit gris qui lui donne un aspect sombre.Le rideau pour les projections est tout tendu.La salle d\u2019opération du Prof.Alessandri est assez particulière.Les visiteurs sont enfermés ou emmurés derrière des partitions de verre qui vont inutilement jusqu\u2019au plafond.J'aime mieux la manière d\u2019isolement des visiteurs au balcon de la Clinique Broca, Service Pczzi-Faure, a Paris.L\u2019Université de Rome est fort importante et enseigne a plus de 500 étudiants en médecine.Les bâtiments universitaires occupent un immense terrain à la Polyclinico.: : Les pavillons hospitaliers, construits il y a plus de trente ans cous I'inspiration des Professeurs Durante et Bacelli, sont des édifices séparés reliés par des passages couverts et fermés.L'aspect général est d\u2019un bon effet.| Tout autour et à l\u2019arrière.sont les édifices pour l\u2019enseignement proprement dit: laboratoires variés d'anatomie, physiologie, bactériologie, pathologie, hygiène, R X, psychiatrie, etc.Le département hospitalier est aujourd\u2019hui insuffisant et on est à terminer les plans d\u2019un établissement hospitalier tout moderne: la Polyclinique Victoria - Rome est certes un centre médical non seulement important, mais fort intéressant aussi, et nous y avons puisé des inspirations. SOCIÉTÉS Société Médicale de Montréal Séance du 7 avril 1925 Sous la présidence de Monsieur le Professeur Wilfrid Dérome 1.Lecture et adoption du procès-verbal de la dernière assemblée.2.Correspondance: Lettre de remerciements du docteur S.Boucher pour l\u2019amabilité avec laquelle le Conseil de la Société Médicale s\u2019est prêté pour faire de la conférence du docteur H.Park de New-York, un succès sur toute la ligne.3.Elections de membres: nil.4.Présentation de malades et de pièces anatomiques: Un cas de rate surnuméraire\u2014M.Anselme Léger.L\u2019auteur présente une pièce de la grosseur d\u2019un jaune d\u2019oeuf qu\u2019il a vu enlever par l\u2019autopsiste de l\u2019hôpital Notre-Dame, chez une de ses malades, morte d\u2019ailleurs d\u2019une maladie de coeur.C\u2019est un organe qui était situé près de la rate et qui lui était relié par un pédicule.Il présente la structure macroscopique de celle-ci.Il cite les auteurs qui ont relevé des rates surnuméraires.DISCUSSION: M.Dérome souligne que les rates surnuméraires ne sont pas extrêmement rares et qu\u2019au bureau médico-légal où les autopsies sont nombreuses, on en rencontre dans une proportion aussi élevée que trois cas sur cinq.5.Travaux originaux et techniques: a) La photographie médico-légale (avec projections).M.Rosario Fontaine.L'auteur récemment attaché au bureau médico-légal provincial nous montre la grande utilité de la photographie pour aider la Justice dans la poursuite de leurs causes au Criminel.Il montre le travail qui s\u2019est fait dans ce sens au Bureau de notre distingué Président, et illustre sa conférence de projections originales d\u2019articles ayant servi à identifier et souvent même à déterminer la part de responsabilités d\u2019un individu dans telle ou telle cause.DISCUSSION: M.Léo Pariseau relève l\u2019admirable précision de ces méthodes.L'oeil photographique peut faire voir beaucoup de chose que l\u2019oeil humain ne décèlera qu\u2019occasionnellement.La lumière ultra-violette permettra encore de faire des découvertes extrêmement intéressantes.Il rappelle l\u2019importance de la photographie en médecine et suggère qu\u2019un homme de laboratoire soit préposé dans tous les hôpitaux ayant cette seule fonction et recevant par conséquent un salaire suffisamment rémunératif.M.Dérome remercie le docteur Fontaine pour les paroles bienveillantes qu\u2019il a eu à son égard, et le félicite d\u2019avoir apporté à la Société Médicale ce qui se fait au laboratoire médico-légal pour aider la Justice.Il invite le docteur Fontaine à revenir nous parler sur les recherches de la preuve. sa L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 325 b) Wassermann et clinique: un cas d\u2019arséno-résistance.M.le professeur Gustave Archambault.L'auteur rapporte un cas assez rare où le traitement par les arsénicaux blanchissait un malade négativait même son sang mais ne parvenait pas à le maintenir blanchi.La discontinuation du traitement amenait immédiatement une nouvelle poussée.Finalement le bismuth a eu raison du malade.DISCUSSION: M.Hurtubise rapporte un cas de diplopie avec Wassermann négatif.Trois séries de novarsénobenzol ne réussirent pas à améliorer son malade, non plus\u2019que des traitements à l\u2019iode.Finalement une série de piqûre au muthanol fit disparaître la diplopie.M.LeSage: Il n\u2019y a pas de syphilis bénigne, pas plus qu\u2019il y aurait une pneumonie bénigne et une pneumonie maligne.Il a des malades qui réagissent et des malades qui ne réagissent pas.Il faut favoriser la réaction phagocytaire chez les malades.Ii rapporte un cas où le traitement n\u2019a pas réussi à négativer le sang de son malade après deux ans de traitement.M.Archambault.M.Hurtubise a bien fait de continuer le traitement.Il a beaucoup confiance dans le traitement de la syphilis par le bismuth.Il y a de vieux malades à réaction positive qu\u2019il vaut bien mieux ne pas toucher par crainte de réactivation, et à cause de l\u2019intoxication possible.Un malade avec Wasserman positif et sans lésion est bien plus favorable au point de vue pronostic que celui avec Wassermann négatif et lésions apparentes.Il y a cependant une syphilis maligne précoce qui conduit rapidement à la mort.Il y a plus qu\u2019une question de terrain.Les arsénicaux ont un très bon effet et guérissent ces cas de syphilis maligne qui viennent surtout d\u2019Orient.M.Dérome: Dans les cas où le Wassermann est négatif, il y a d\u2019autres formes biologiques de recherches, telle la réaction de Verne ou réaction de floculation, actuellement employée couramment dans le service de monsieur Widal à l\u2019hôpital Cochin.Il y aurait avantage à faire cette réaction à côté de celle de Wassermann.6.Affaires d eroutine: M.Léger fait l\u2019éloge des nouveaux décorés de la profession médicale, membres de notre Société, MM.Harwood, Dubé, Archambault, et Des- loges, les félicite au nom des membres de la Société Médicale et propose qu\u2019une résolution soit passée pour leur adresser des félicitations.La résolution est adoptée.M.le professeur Dubé remercie au nom de ses collègues, Chevaliers de la Légion d\u2019Honneur, pour les félicitations qui leur sont adressées.La séance est levée à 11 h.30.Le secrétaire: LEON GERIN-LAJOIE, M.D.Séance du 17 mars 1925 Sous la présidence de Monsieur le Professeur Wilfrid Dérome \"1.Lecture et adoption du procès-verbal de la dernière assemblée et de celui de la séance extraordinaire tenue le 11 mars à l\u2019Hôtel Mont- Royal. 326 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 2.Correspondance: Lettre de remerciements du docteur Trottier pour condoléances reçues.3.Elections de membres: nil.4.Présentations de malades et de pièces anatomiques : Un cas d\u2019aphasie sensorielle de Wernicke.\u2014M.P.E.Bousquet.Monsieur Bousquet présente une malade avec des manifestations d\u2019aphasie sensorielle.Il rapporte l\u2019histoire de cas qui avait conduit la malade à l\u2019état pathologique suivant: légère dysarthrie s\u2019améliorant jusqu\u2019à la normale avec cependant impossibilité d\u2019extérioriser avec le langage articulé approprié (par les mots propres) les idées résultant des impressions sensorielles périphériques toutes d\u2019ailleurs intégrales conduisant les impressions périphériques jusque dans les centres - corticaux aux dépens desquelles se formaient les impressions sensorielles, visuelles, auditives, tactiles et autres y compris les images des mots dans les siège sensoriel et la zone de Broca.5.Travaux originaux et techniques: Pneumocèle cérébrale et aphasie sensorielle secondaire à une fracture du frontal \u2014M.P.E.Bousquet.M.Bousquet réserve la discussion du cas précédent après la présentation de l\u2019étude suivante dans laquelle il étudie la pathologie des cas rares d\u2019aérocèle cérébrale, avec aphasie sensorielle secondaire.Il rappelle brièvement l\u2019anatomie des centres cérébraux intéressés, leur physiologie et signale l\u2019étiologie de ces troubles dont la symptomatologie est complexe.M.Bousquet illustre son travail de très jolis transparents qui aident à la compréhension d\u2019un sujet aussi délicat.DISCUSSION: M.Lassalle félicite le conférencier d\u2019avoir présenté deux cas aussi intéressants à plusieurs points de vue, clinique, neurologique et chirurgical.Il le complimente aussi de son heureuse idée d'avoir présenté en premier lieu le cas d\u2019aphasie de transmission servant d\u2019entrée en matière et d\u2019explication à celui d\u2019aérocèle cérébrale.Au sujet de ce dernier cas opéré dans le service du docteur Lassalle à l\u2019Hôtel-Dieu, le critique fait observer que la littérature médicale rapporte très peu de cas de ce genre; on en compte en tout neuf ou dix, relevés exclusivement dans la littérature française et américaine.Ils sont assez récents; le premier est de 1909; il est de Shields, Spiller et Martin dans le Bulletin Médical de l\u2019Université de Pennsylvanie.De ces observations on peut tirer les conclusions suivantes: 1° l\u2019on peut pénétrer dans le crâne à la suite de fracture par les sinus, et là former une poche entre la dure-mère et le crâne, ou bien, 2° à la suite de fracture où il y a déchirure de la dure-mère, un ramollissement ou une hémorragie se produit dans le lobe frontal: dans la suite l\u2019absorption de ces tissus en voie de dégérescence forme un espace libre où l\u2019air peut être introduit ou forcé.C\u2019est là une explication pathogénique plausible et ce qui semble confirmer cette théorie c\u2019est que la poche d\u2019air apparaît à la radiographie, non pas immédiatement après l\u2019accident, mais seulement deux ou trois semaines après.Les observations d\u2019aérocèle cérébrale, seraient plus nombreuses si dans les cas de fracture orbito-frontale, TERE ea Ta L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA 327 avoisinant les sinus, attention du chirurgien était plus souvent portée de ce côté.M.Léo Pariseau n\u2019a vu que ce seul cas de pneumocèle cérébrale traumatique.On a rencontré beaucoup d\u2019aphasie sensorielle durant la guerre et ils étaient facilement rééducables.Chez la malade du docteur Bousquet, elle n\u2019apprend rien.Il y aurait probablement une autre section nerveuse.\u2019 M.Lussier: IL\u2019aphasie de Broca, pure, est rare.Chez les blesség de guerre il y avait en plus un état de torpeur, de schock émotionnel, il n\u2019y avait pas de lésion.M.Noiseux rapporte l\u2019histoire d\u2019un malade chez qui il n\u2019avait pas pu faire le diagnostic, mais qui devait faire une pneumocèle cérébrale après avoir entendu l\u2019intéressante causerie de monsieur Bousquet.M.Bousquet: Une rééducation a été tentée chez la malade, mais elle a été abandonnée.Suivant monsieur Lussier, il n\u2019y aurait pas d\u2019anarthrie sans aphasie.M.Bousquet n\u2019est pas de la même opinion.T1 explique sa théorie.b) Comment meurent les hypertendus.\u2014M.le professeur J.E.Dubé.Le docteur Dubé présente la dernière partie de son travail sur l\u2019hypertension artérielle en traitant de la mort des hypertendus.En relevant la cause de la mort chez certains de ses malades pris au hasard, il consiste que 7 sont morts d\u2019apoplexie cérébrale, 4 d\u2019apoplexie puimonaire ou oedème aigu du poumon, 5 d\u2019angine de poitrine, 6 d\u2019insuffisance cardiaque avec anasarque, 9 d\u2019urémie.M.Dubé rapporte quelques observations personnelles sur chacun des cas.DISCUSSION: M.LeSage: les cas d\u2019hypertension pure, c\u2019est-à-dire ayant ce seul symptôme sont rares, mais ce sont des malades intéressants.La diète lactée ou hydrique dans cs cas n\u2019est pas indiquée.Au contraire, il faut un peu de viande.6.Afffaires de routine: M.Pariseau relève un article du \u201cDevoir\u201d du jour, reproduit de la \u201cSemaine Religieuse\u201d, où notre Président est attaqué dans sa compétence, et demande aux membres de soutenir M.Derome par un vote de confiance.Les applaudissements unanimes soulignent cette demande.La séance est levée à 11 h.30.Le secrétaire : LEON GERIN-LAJOIE, M.D.Société Médicale des Trois-Rivières Dîner-Causerie Jeudi soir, le 16 avril dernier, à l\u2019occasion du 29ème anniversaire de l'établissement du Sanatorium DeBlois, le Président de la Société Médicale, le Dr C.N.DeBlois recevait ses confrères à un splendide Diner-Causerie.Présents: Dr C.N.DeBlois, Président; Dr J.B.Ayotte, Vice-Président; Dr O.E.Desjardins, Secrétaire; Dr Ed.Dubé et A.Desloges, 328 L'UNION MÉDICALE DU CANADA de Montréal; les Drs L.P.Normand, J.C.Gélinas, O.Tourigny, A.J.Aubin, W.Godin, J.H.Lanneville, H.Rémington, H.Beaudouin, R.Hébert, H.McCleod, R.Dugré, J.M.Malone, W.Lacroix, R.Veuilleux, P.Morin, G.Labarre, A.Panneton et À.Hebert, E.E.A.D.Le Dr DeBlois est heureux à l\u2019occasion du 29ème anniversaire de la fondation de l'institution qu\u2019il dirige de souhaiter la plus cordiale bienvenue à ses confrères.Il salue la présence des Drs Dubé et Des- loges et fait l\u2019éloge de ces deux médecins qui ont su monter aux sommets par leur travail ardu.Le Dr Dubé rappelle quelques incidents de ses études à Paris et soutient qu\u2019il a fait alors avec son compagnon Lesage ce que bien d\u2019autres auraient pu faire avec un peu de confiance en eux-mêmes.Il ajoute que c\u2019est toujours avec un plaisir nouveau qu\u2019il revient aux Trois- Rivières où il a de solides amis.Le Dr J.E.Dubé causa du traitement de la Néphrite chronique par le régime avec le contrôle du laboratoire.Dans un court aperçu historique, il nous montra la différence de la classification de néphrite autrefois et aujourd\u2019hui.A la classification Anatomo-pathologique du petit rein rouge et du gros rein blanc a succédé la classification d\u2019après les troubles fonctionnels des reins \u2018telle la néphrite azotémique ou par défaut d\u2019élimination de l\u2019urée, ou chlorurémique par défaut d\u2019élimination du chlorure de soude.Le Dr Dubé fit voir la même préoccupation dans la classification des maladies de coeur et de l\u2019estomac où l\u2019on s\u2019occupe maintenant beaucoup plus de troubles fonctionnels de ces organes que des lésions pathologiques.Le malade ne se plaint de son coeur que le' jour ol celui-ci cède par son muscle et provoque de l\u2019essoufflement et l\u2019estomac qui se vide normalement ne provoque guère de trouble digestifs.Le diagnostic de la néphrite chronique ne se fait pas par l\u2019analyse les urines seulement.Beaucoup de néphritiques: n\u2019ont pas d\u2019albumine dans leurs urines de même que des urines albumineuses n\u2019indiquent pas toujours la néphrite chronique.Les cliniques de la néphrite chronique si bien décrit par Dieulafoy doivent toujours être en notre mémoire.La céphalée, les scotomes, l\u2019épitaxis, la pâleur de la face, l\u2019essoufflement, les engourdissements dans les extrémités, les crampes dans les jambes, la polyurie nocturne, la cryesthésie et le son clangoreux a la base du coeur sont des manifestations cliniques qui accompagnent la néphrite chronique habituelle.L\u2019hypertention artérielle est venue s\u2019ajouter à cette ensemble syn- dromique.Elle n\u2019est pas toujours présente et le Dr Dubé cita des observations de brigtiques avec lésion faible.Les analyses du sang donnant le dosage de l\u2019urée, de la créatinine, de l\u2019azote total non protéique, l\u2019azote résiduel, l\u2019_épreuve par le phéno- sulfonephtaléine, etc., viennent renforcer la symptomatologie clinique en précisant davantage les troubles fonctionnels du rein.La Constante d\u2019Ambard rend de trés précieux services et il la recommande.On a cru à tort que le dosage de l\u2019urée du sang suffisait.Il suffit certainement lorsque l\u2019on veut savoir s\u2019il y a excès ou non d\u2019urée, mais il REI Te AT L'UNION MÉDICALE DU CANADA 329 suffit pas si l\u2019on désire se renseigner absolument sur la présence ou non de néphrite; chez plusieurs malades le Dr Dubé constatait d\u2019abord, de l\u2019hypertension artérielle légère avec constante d\u2019Ambard normale et absence de troubles fonctionnels.Plus tard, avec la tension artérielle augmentée, apparut ensuite une constante d\u2019Ambard légèrement mauvaise, azotémie, cependant, les reins malades donnaient un bon rendement.Plus tard la constante s\u2019aggrava en même temps que la tension artérielle; et l\u2019urée augmentait dans le sang indiquant la gravité de l\u2019évolution de la néphrite.Ceux qui se contentent du dosage de l\u2019urée sont dans une fausse sécurité car il faut savoir au plus tôt l\u2019état rénal.Le régime alimentaire spécial viendra plus tôt soulager les reins et retardera d\u2019autant l\u2019azotémie.Le Dr Dubé rapporta plusieurs observations de maladies où le diagnostic avait été méconnu parce que l\u2019analyse des urines n\u2019avait pas montré l\u2019albumine, ou encore parce que la recherche des signes cliniques ou troubles fonctionnels n\u2019avaient pas été recherchés.On néglige trop souvent de prendre la tension artérielle des malades.Il faut la prendre chez tous les malades sans exception et non pas seulement chez ceux où on la soupçonne augmentée.Cet examen est facile et rapide à faire.\u2018 Chez tous les hypertendus la recherche immédiate des signes du Brightisme surtout les analyses du sang permettent de rendre de très grands services aux malades.Le Dr Dubé parla longuement \u2018du régime à prescrire chez les néphritiques.Il opposa au régime lacté absolu des anciens, le régime beaucoup plus humain recommandé maintenant.L\u2019Ecole Française a été la première à permettre une alimentation plus abondante aux brightiques qui se cachectisent et ne tardent pas à mourir d\u2019inanition avec le lait seul comme aliment.Les reins sont comme des domestiques; s\u2019ils ne sont pas capables pour cause de santé d\u2019accomplir une porte tache, il suffit de la diminuer, sans nécessité de les mettre au repos absolu.Janeway, auteur américain, prêcha également une meilleure alimentation des brightiques.Ces malades peuvent et doivent même manger la quantité de viande que leurs reins toléreront.Le dosage de l\u2019urée du sang dira s\u2019il faut ou non donner la diète hydrique pour un jour ou deux; par exemple, s\u2019il y a un gramme ou plus par litre de sang.Le lait, les laitages, les céréales, les purées de légumes verts, les fruits viendront ensuite.S\u2019ils sont tolérés, c\u2019est-à- dire, si l\u2019urée du sang reste à l\u2019état normal, le malade prendra un repas de viande par semaine, puis deux et même trois à condition toujours que le dosage de l\u2019urée reste au chiffre normal.Le Dr Dubé rapporta plusieurs observations de malades atteints de néphrite avec Constante d\u2019Ambard mauvaise, qui mangent de la viande parce que l\u2019urée du sang ne monte pas au delà de 0.50 centigr.par litre de sang.Ces malades passent au laboratoire deux fois par 330 L'UNION MÉDICALE DU CANADA mois et chaque fois le dosage de l\u2019urée indique s\u2019il faut ou non modifier le régime, Le Dr L.P.Normand remercie chaleureusement le conférencier de la façon si aimable et si attrayante avec laquelle il vient de donner une magistrale leçon.Le Dr O.E.Desjardins, qui est Médecin de Santé de la cité des Trois-Rivières, met devant l\u2019assemblée la question du lait et demande, à l\u2019instar de la Société Médicale de Montréal, à la Société Médicale des Trois-Rivières de se prononcer en faveur du maintien du règlement du lait.Explications données, le Dr H.Remington propose, secondé par le Dr R.Hébert que: demande soit faite au Conseil Municipal de la Cité des Trois-Rivières de maintenir et appliquer judicieusement le règlement actuel concernant la vente du lait; de fournir le plus tôt possible au Médecin de Santé les moyens de contrôle qu\u2019il demande dans son rapport annuel: un inspecteur du lait et un laboratoire d\u2019analyses.Le Dr Desloges, Directeur du Service Provincial des Maladies vénériennes, ajoute quelques remarques intéressantes regardant les statistiques des syphilitiques dans les divers hôpitaux de cette province.Il termine en faisant \u2018un appel aux Médecins de Trois-Rivières en faveur de la lutte aux maladies vénériennes et leur demande de se servir des facilités des dispensaires aussi souvent qu\u2019ils le voudront pour éclairer des diagnostics.OMER E.DESJARDINS, M.D.Secrétaire.ASSOCIATION DES MEDECINS DE LANGUE FRANÇAISE XVIIIe CONGRES FRANÇAIS DE MEDECINE Nancy, 16-19 Juillet 1925 Comité d\u2019honneur Présidents: MM.H.Mengin, maire de Nancy; Ch.Adam, recteur de l\u2019Université, membre de l\u2019Institut; Dr L.Spillmann, doyen de la Faculté de médecine de Nancy; Dr Wéber, président de la Société des sciences médicales du grand-duché de Luxembourg; Délégué officiel du Gouvernement grand-ducal de Luxembourg: Dr Praum, Directeur du Laboratoire d\u2019hygiène du grand-duché, docteur Honoris causa de l\u2019Université de Nancy.Vice-présidents: MM.Brun, président honoraire et secrétaire général de la Société industrielle de l\u2019Est; Dr Jacquinet, directeur de l\u2019Ecole de médecine de Reims; Dr Lentz, président de la Société de médecine de Metz; médecin-inspecteur Merlat, directeur du Service de santé de la 20e région et du 20e corps d\u2019armée; Dr Prieur, directeur de l\u2019Ecole de médecine de Besançon. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 331 Bureau du Congrès Président: Dr Simon, professeur de clinique médicale à la Faculté de médecine de Nancy; Vice-présidents: Dr Haushalter, professeur de clinique médicale infantile à la Faculté de médecine de Nancy; Dr Giry, président de l\u2019Association syndicale des médecins de Meurthe-et-Moselle ; Secrétaire général: Dr G.Etienne, professeur de clinique médicale à la Faculté de médecine de Nancy; Trésorier: Dr Winstel, ancien interne des hôpitaux.Mon cher Confrère, L'Association des Médecins de Langue Française, dans sa réunion de Bordeaux, a décidé de fixer à Nancy le siège du XVIIIe Congrès français de Médecine.Le comité local s\u2019est arrêté à la date du 16 juillet 1925; il sera très heureux de vous accueillir dans la capitale de la Lorraine et en même temps de vous faire connaître les ressources artistiques, pittoresques et industrielles de notre région.Ie programme du congrès comporte principalement les trois questions suivantes, choisies par le Congrès de Bordeaux: 1° Les angines de poitrine, par MM.Gallavardin, médecin des hôpitaux de Lyon, et Richon, professeur à la Faculté de médecine de Nancy.2° De Pacidose, par MM.M.Labbé, professeur à la Faculté de médecine de Paris, et Nepveux, chef de travaux; MM.K.Petren, professeur de clinique médicale à la Faculté de Lund (Suède), et Dautrebande (de Bruxelles).3° Formes cliniques et traitement de gangrènes pulmonaires par MM.Bezançon, professeur à la Faculté de médecine de Paris, et I.de Jong, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, médecin des hôpitaux; MM.J.Parisot et L.Caussade, professeurs agrégés à la .Faculté de médecine de Nancy.Les membres du Congrès ont toute liberté pour discuter ces rapports et apporter des communications relatives aux questions traitées ou à leur choix, à des sujets dans les conditions réglementaires indiquées ci-dessous.Un comité de dames se mettra à la disposition des femmes des Congressistes pour leur rendre agréable et intéressant leur séjour à Nancy.Enfin le comité local organisera comme d\u2019usage des excursions, dont le programme ne peut être encore actuellement arrêté, au pays du fer, aux mines de sel gemme, aux stations climatériques et hydrominérales, à Metz et au Grand-Couronné, aux organismes d'hygiène sociale, etc.Renseignements généraux Le Congrès se compose: I.\u2014Des membres adhérents du Congrès qui comprennent: 1° de droit, les membres de l\u2019association; 2° sous réserve d\u2019acceptation par le bureau 332 L'UNION MÉDICALE DU CANADA du Congrès, les médecins et les savants qu\u2019intéressent les questions médicales et qui désirent y prendre part.II.\u2014Des membres associés: étudiants en médecine, et membres non médecins de la famille des sociétaires ou des adhérents.Ils ont droit à tous les avantages du Congrès, sauf les publications.La cotisation de membre adhérent du Congrès français de médecine de Nancy a été fixée par le bureau du Congrès à 40 francs.La cotisation de membre associé a été fixée à 20 francs.Les membres permanents de l\u2019Association possèdent seuls le droit de vote et sont seuls éligibles dans les diverses fonctions.Avis important Il est rappelé que les Membres de l\u2019Association des Médecins de Langue Française adhérents au Congrès, ou qui, sans assister effectivement au Congrès, désirent néanmoins en recevoir les publications (rapports et communications), doivent verser quarante francs au trésorier du Congrès de Nancy, somme représentant cumulativement leur cotisation de membre adhérent au Congrès et leur cotisation de membre de l\u2019Association des médecins de langue française (A.M.L.F.).Au cas où un membre de l\u2019A.M.L.F.n\u2019adhérerait pas au Congrès, il est tenu néanmoins, aux termes du règlement, de verser sa cotisation annuelle régulière (vingt franes) de membre de l\u2019Association au trésorier du Congrès de Nancy.COMMUNICATIONS.Art.4 du règlement.\u2014 Les communications personnelles devront être inscrites à l\u2019avance dans un délai indiqué et acceptées par le bureau.Ebes seront limitées à deux pour chaque membre du Congrès et ne pourront être exposées ou lues que par l\u2019auteur, sauf autorisation de l\u2019assemblée.Art.5.\u2014 Un ordre du jour des séances sera établi et envoyé aux adhérents par les soins du Bureau.Les communications personnelles seront groupées à l\u2019ordre du jour, suivant la similitude de leurs objets.S\u2019il en est besoin, plusieurs séances pourront avoir lieu dans des locaux distincts.- Art.6.\u2014 La lecture ou l\u2019exposé des communications ne devra pas dépasser 20 minutes; les observations présentées au cours des discussions ne devront pas dépasser 5 minutes.Les membres du Congrès pourront se faire inscrire à l\u2019avance pour prendre la parole sur les questions proposées et, dans ce cas, le temps accordé sera de 10 minutes.Les membres du Congrès qui désirent faire des communications sont priés d\u2019en informer le secrétaire général avant le ler Juin, en indiquant le titre choisi.Ce délai passé, il ne pourra plus être tenu compte d\u2019aucune demande analogue.Un avis détaillé sera publié prochainement.Le Président Le Secrétaire général Prof.SIMON Prof.G.ETIENNE 21, Rue de la Ravinelle 32, Faubourg Saint-Jean NANCY NANCY LB x wl 5 = - BIBLIOGRAPHIE EXPERTISE DES PROFESSIONS DANS LES ACCIDENTS DU TRAVAIL.Rééducation.Orientation et Aptitudes professionnelles.Mutilations, Travail et salaire.Apprentissage.Répertoire médical des Professions et Industries.Paris, Vigot frères, éditeurs, 23, rue de l\u2019Ecole- de-Médecine.\u2014 Un volume in-16 de 328 pages, avec album de 73 figures.Prix: 20 fr.Dans ce volume sur les Accidents du travail et les Mutilations, le Docteur Daussat décrit les \u201cconséquences professionnelles\u201d des infirmités.Il nous paraît difficile, sans un guide clair et précis, de comprendre et - d\u2019évaluer la gêne que l'artisan ou l\u2019ouvrier éprouvent, lorsqu\u2019une paralysie, une ankylose, une amputation limitent ou abolissent les mouvements nécessaires à l\u2019exécution de ce métier; si nous voulons expliquer et apprécier cette gêne professionnelle, il faut comparer le travail de l\u2019invalide à celui d\u2019un ouvrier normal.Cette comparaison ne pouvait être étudiée que par un médecin spécialisé, qui assista, pendant l\u2019année 1917, à l\u2019organisation de l\u2019Ecole de Rééducation du Grand-Palais, à celle de Saint-Maurice, et qui prit une part active au Placement des Mutilés dans l'Industrie et le Commerce, ainsi que dans les emplois réservés; ce placement n\u2019était possible que lorsque la mutilation était absolument guérie et protégée par un bon appareil de prothèse de travail professionnel, dont l\u2019album annexé à ce livre offre quelques modèles.Ce nouveau livre de 1\u2019 \u201cExpertise des professions\u201d fait suite à I\u2019 \u2018\u201c\u2018Invalidité-maladie\u201d paru récemment qui traitait plus particulièrement des assurances sociales, en faveur des ouvriers malades.Il ne manquera pas d\u2019intéresser également tous ceux qui s\u2019occupent d\u2019apprentissage, d'orientation et des questions d\u2019hygiéne du travail professionnel, surmenage (surproduction et sursalaire), -accidents qu\u2019il peut entraîner et qu\u2019il faut savoir prévenir.Les magistrats et les médecins trouveront réunis dans cet ouvrage, et au sujet de l\u2019indemnisation des incapacités professionnelles, un grand nombre de renseignements, épars et disséminés dans diverses publications.La question des aptitudes professionnelles, illustrée et expliquée par un Album spécial, fait également l\u2019objet de longs développements d\u2019un intérêt pratique considérable.L\u2019étude de l\u2019Invalidité-maladie, (c\u2019est-à-dire de la diminution de capacité de travail consécutive à -une affection des organes internes), s\u2019est considérablement développée dans ces dernières années, soit dans l\u2019application de la Loi sur les Pensions militaires pour les maladies de guerre, soit dans les pays comme l\u2019Allemagne, l\u2019Alsace-Lorraine et la Suisse où est en vigueur l\u2019Assurance Sociale contre la Maladie.: En France, les expertises des Accidents du travail, dont la Jurisprudence a été réglémentée par les Lois de 1898, 1902 et 1905, ont surtout concerné la description de la gravité et l\u2019évaluation des maladies traumatiques, c\u2019est-à-dire succédant à une violence (contusions, plaie) extérieure portant sur un organe interne. 334 L'UNION MÉDICALE DU CANADA La promulgation de la Loi de 1919 sur les maladies professionnelles soulevait également un certain nombre de litiges, dans lesquels devaient intervenir les opinions des Médecins et non plus celles des Chirurgiens, qui s\u2019étaient naturellement spécialisés dans l\u2019étude des traumatismes accidentels.L\u2019auteur s\u2019est proposé, après avoir vu appliquer la Loi d\u2019Assurances en Alsace-Lorraine, et en s\u2019appuyant sur une riche documentation, de rassembler ces différentes expériences, et faciliter ainsi aux Médecins Experts et aux Magistrats, l\u2019étude de ces importantes et souvent complexes questions.GUIDE PRATIQUE POUR L\u2019ANALYSE DU SANG, aux points de vue biologique, chimique, toxicologique et médico-légal, par R.Douris, Professeur de l\u2019Université de Nancy, chargé de cours de chimie biologique à la Faculté de Pharmacie.1 volume in-8 écu de 480 p.cartonné.Prix: 25 francs.\u2019 L\u2019auteur possédait une compétence toute spéciale pour écrire ce livre; il a même tenu à rester cantonné dans son domaine en se bornant 3 ne traiter l\u2019analyse du sang qu\u2019aux points de vue ci-dessus indiqués.Cet ouvrage, véritable guide pratique, comprend huit parties: 1° Notions fondamentales et coagulation; 2° Globules rouges, agglutination et hémolyse; 3° Examens biologiques du sang utilisant un système hémolytique; 4° Examens biologiques basés sur des phénomènes de précipitation ou sur des propriétés diastasiques; 5° Examen physico-chimique du sang; 6° Examen chimique proprement dit; 7° Toxicologie du sang; 8° Recherche du sang et de ses produits de transformation dans les divers produits biologiques: contenu gastrique, urines, sérosités, matières fécales, tache suspectes, Cette énumération montre que le livre s\u2019adresse aux biologistes, médecins pharmaciens, experts près les tribunaux ainsi qu\u2019aux étudiants en médecine et en pharmacie.Ce livre parait d\u2019ailleurs & son heure, au moment ou le clinicien a de plus en plus recours à l\u2019analyse du sang pour confirmer ou établir un diagnostic.Des questions de grande actualité en biologie, le PH+ et sa détermination, l\u2019examen du sang au point de vue de la transfusion sanguine, de la recherche de la paternité ont été envisagées.La réaction du Bordet-Wassermann, les méthodes basées sur un phénomène de précipitation, méthodes dites de \u2018\u2018floculation\u201d, ont été soumises à une judicieuse étude critique ainsi que la nécessité absolue s\u2019en faisait sentir.Essentiellement pratique, ce livre contient néanmoins quelques notions théoriques indispensables à la compréhension du sujet et qui sont enseignées dans les cours de chimie biologique des Facultés de médecine et de pharmacie.Deux tables de matières, l\u2019une analytique, l\u2019autre alphabétique, soigneusement établies, permettent de trouver le renseignement désiré, les éléments nécessaires pour effecteur telle réaction suivant telle technique. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 335 On peut dire que ce livre est indispensable à tous ceux qui ont ou auront à faire une analyse de sang ou à en interpréter les résultats.PREMIER CONGRES INTERNATIONAL DES ECOLES DE PLEIN AIR.Compte-Rendu in-extenso.I volume in-8 raisin de 160 pages avec clichés.Prix: 10 francs.Depuis un quart de siècle les Ecoles de plein air sont en grande faveur dans les Nations étrangères.Aux Etats-Unis seulement, on en compte plus de 500.Elles sont enfin à l\u2019ordre du jour en France, après avoir conquis laborieusement l\u2019opinion, la grande Presse et les Pouvoirs publics.Il en existe plus de soixante, réparties sur tout le territoire; leur expansion se fait désormais rapidement et elles tendent à supplanter définitivement l\u2019école \u2018en vase clos\u201d pour lui substituer une forme nouvelle: l\u2019Ecole Moderne, l\u2019Ecole de demain, où l\u2019hygiène, les programmes et les méthodes seront rénovés.L\u2019accord des pédiâtres et des pédagogues, de tous pays, s\u2019est heureusement affirmé au Premier Congrès International des Ecoles en plein Air, tenu en la Faculté de médecine de Paris, du 24 au 28 juin 1922.Sept Gouvernements, quinze Nations y furent représentés par 86 Délégués; 200 Congressistes y participèrent; 15 Rapports et plus de 20 Communications y furent discutés; 19 Voeux y furent adoptés.Le compte-rendu de ces assises était depuis longtemps réclamé.Il contient une documentation précieuse et abondante sur tout ce qui concerne le Statut et le fonctionnement des Ecoles en plein Air, en France et à l\u2019Etranger.Les questions de légalité, d\u2019établissement d\u2019emplacement, de construction, de matériel, d\u2019alimentation, d'hygiène, de culture physique, morale et intellectuelle, y sont traitées avec maëstria par des Maîtres: techniciens spécialistes réputés, ou fondateurs et fondatrices d\u2019Ecoles en plein air.0 L\u2019ANNEE MEDICALE PRATIQUE, publiée sous la direction de C.LIAN, Agrégé, Méd.des Hôp.\u2014 Préface du prof.E.Sergent, 4e Année, 1 vol.in-16, 527 pages, 11 fig.Edit.R.Lépine, 3 rue Vézelay, Paris.Prix: 20 francs.Les médecins qui ne connaissent pas encore l\u2019Année médicale pratique auront la grande satisfaction, en lisant ce volume (4e année), de constater combien il est agréable de trouver toutes les données nouvelles et pratiques exposées en 300 articles courts, classés par ordre alphabétique, et rédigés par des spécialistes pour chacune des branches de l\u2019activité médicale (médecine, chirurgie, obstétrique, ophtalmologie, etc.).Ils se réjouiront également de rencontrer dans ce petit livre les notions nouvelles en législation médicale (lois, procès), ainsi que la liste de tous les médicaments, appareils et livres nouveaux.Quant aux fidèles lecteurs de l\u2019Année médicale pratique, ils apprendront avec plaisir par cette note la récente publication du volume qu\u2019ils 336 L'UNION MÉDICALE DU CANADA attendent chaque année avec une légitime impatience, car ils se sont nettement rendu compte qu\u2019il est impossible de bien connaître et d\u2019appliquer facilement les nouveautés médicales, si l\u2019on n\u2019a pas tous les ans sur son bureau le dernier volume de l\u2019Année médicale pratique.Nul doute que le 4e volume ne soit rapidement épuisé en librairie comme l\u2019ont été ceux des trois années précédentes.HISTOIRE DE VITTEL, par le Docteur P.Bouloumie.In-8.A.Maloine & Fils, Editeurs, 27, Rue de l\u2019Ecole-de-Médecine, Paris.Prix: 7 fr.50.C\u2019est l\u2019histoire d\u2019une ville thermale édifiée de toutes pièces en pleine campagne dénudée et qui, par l\u2019effort soutenu de 3 générations a pris aujourd'hui un développement considérable, et acquis une notoriété mondiale que nous conte le Docteur P.Bouloumie \u2018dans son \u201cHistoire de Vittel\u201d.\u2018 Dernier survivant des témoins et agents de cette fondation remontant à 1854, seul, servi par ses souvenirs, il pouvait l\u2019écrire.Par des anecdotes, des épisodes, des silhouettes, des observations et critiques, des habitudes, manies et distractions du public aux diverses périodes, le Docteur Bouloumie a réussi à donner de la vie et de l\u2019intérêt à toutes les parties de son récit jusque dans son exposé des progrès successifs des installations et dans ses considérations économiques.Les petits enfants à qui il dédie ces pages ne seront certainement pas les seuls qui les liront avec plaisir et avec fruit et qui en dégageront I la lecon d\u2019énergie et de constance dans l\u2019effort qu\u2019elles consacrent à leur intention.LES EAUX MINERALES, LEURS MODES D\u2019ACTION, LEUR EMPLOI, par MM.Maurice Perrin, professeur agrégé a la Faculté de Médecine ; de Nancy, et Paul Mathieu, ancien interne des Hôpitaux de Paris, médecin consultant à Brides.Bibliothèque des Connaissances médicales, dirigée par le Dr Apert.Un volume in-18.Illustré.Ernest Flammarion éditeur, 26, rue Racine, Paris.Prix: 9 francs.\u201cLes richesses naturelles de notre pays en stations thermales, maritimes.et .climatériques sont telles qu\u2019aucun pays n\u2019en possède d\u2019équivalentes et ne peut aussi complètement se suffire à lui-même\u201d.Cette phrase des Prof.Gilbert et Carnot est non seulement l\u2019affirmation d\u2019une vérité que les français ne doivent pas perdre de vue, mais aussi l\u2019explication du nombre et de l\u2019importance des ouvrages et travaux d\u2019hydrologie thérapeutique publiés en France.MM.M.Perrin et P.Mathieu (dont le livre sur l\u2019Obésité, paru dans la même collection, vient d\u2019avoir une nouvelle édition, publiée en langue espagnole) apportent à leur tour un volume de 284 pages intitulé: \u201c\u201cLes eaux minérales, leurs modes daction, leur emploi\u201d.- Le : Co | La premiere partie de cet ouvrage est consacrée aux eaux minérales en général: formation répartition, captage, exploitation, législation, cons- \u2018 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 337 titution chimique, caractères physiques, classification.Les auteurs expliquent, chemin faisant, le rôle que jouent dans l\u2019action des eaux minérales chacune des qualités chimiques ou physiques envisagées; cette étude physiologique des modes d\u2019action des eaux est très intéressante pour les médecins toujours soucieux du \u2018\u2018pourquoi\u201d, pour les étudiants qui trouvent dans cet ouvrage un tratté pratique d\u2019hydrologie médicale, et même pour tous les lecteurs instruits, auxquels le texte remarquablement clair et précis est facilement accessible.La deuxième partie, \u201cLes cures hydrominérales\u201d, décrit minutieusement, avec de nombreuses illustrations, la technique des divers modes d\u2019emploi des eaux minérales et les médications \u201cadjuvantes\u201d.Chaque eau a des qualités propres qui légitiment son emploi dans tel ou tel cas pathologique; c\u2019est ce qu\u2019envisagent ensuite les auteurs, se plaçant au point de vue clinique, dans l\u2019intérêt des malades.Une revue alphabétique des principales stations de la France, des colonies, des pays amis ou alliés du nôtre, termine ce volume, intéressant et utile à la fois pour les hommes d\u2019étude comme pour les praticiens.FORMULAIRE PRATIQUE DES REGIMES, par le Dr Henri Dausset, Chef du Laboratoire Central de Physiothérapie de \u2018l\u2019Hôtel-Dieu, In-8°.1925.A.Maloine & Fils, éditeurs, 27, Rue de l\u2019Ecole-de- Médecine, Paris.Prix: 14 fr.Le mot \u201cpratique\u201d placé dans un titre est souvent un leurre, ici il est en dessous de la réalité.- L'auteur pour arriver à faire pratique, s\u2019est mis à la place du Médecin obligé de prescrire instantanément un régime, et aussi à la place d\u2019un malade obligé d\u2019appliquer ce régime.A leur intention, il a classé les documents un utilisant l\u2019ordre alphabétique très commode pour les recherches.Pour plus de clarté, il a mis de côté toute théorie et toute discussion.A l\u2019occasion de chaque catégorie de maladies, l\u2019auteur note en quelques lignes, les raisons scientifiques de la diététique à suivre, les directives générales, puis sur deux colonnes et par rang de lettres, donne la liste des aliments, permis sur un côté et déconseillés de l\u2019autre; suivent quelques remarques sur\u2019 les indications particulières à chaque forme de la maladie.;\u2018 oo B De sorte qu\u2019en prescrivant son régime, s\u2019il a sous les yeux, les tableaux de ce formulaire, le médecin pourra sans oublier, individualiser le régime en le modifiant à son gré et suivant les besoins, ou au contraire le prescrire tel que en bloc.De même le malade qui souvent, ne sait plus, si tel ou tel aliment lui est permis, sauf prescriptions spéciales, pourra se renseigner immédiatement.Quelques tableaux, donnant les chiffres indispensables à connaître, une courte énumération des qualités de chaque aliment, des listes importantes de types de menus et quelques recettes, complètent le formulaire et permettent d\u2019avoir rapidement sous la forme du dictionnaire le renseignement cherché. 338 L'UNION MÉDICALE DU CANADA C\u2019est condensé, discipliné, classé tous les travaux récents des Professeurs A.Gautier, Labbe, Rathery; de Messieurs Legendre, Maftinet, Carton, Montennis, etc., plus l\u2019expérience du Docteur Dausset, qui a contribué à la fondation de maisons de régimes dont les principales Hélianthe à Biarritz et Radio à Vichy, sont des plus conates.Ainsi conçu, sous une forme tout à fait nouvelle et toute pratique, ce formulaire devra se trouver en permanence su# le bureau de chaque médecin; il sera précieux à de nombreux malades; il servira aussi de guide aux non malades qui veulent suivre we alimentation rationnelle et naturelle préservatrice des maladies.MANUEL TECHNIQUE DE MICROBIOLOGIE ET SEROLOGIE, par le Professeur A.Calmette, soué-directeur de l\u2019Institut Pasteur, L.Nègre et A.Boquet, Chefs de Laboratoire à l\u2019Institut Pasteur.1 vol.de 568 pages, avec 14 figures et 3 planches en couleurs.Masson & Cie, éditeurs, 120, Boulévard Saint-Germain, Paris VI.Prix: Broché, 30 fr.; Relié, 35 fr.Ce manuel n\u2019esf pas un cours de microbiologie ni un manuel de microscopie.Il ést le memento, le guide qui doit rester constamment sur la table dw laboratoire, à portée de la main du travailleur, microbiologiste, sérologiste ou hygiéniste.Les médecins, les vétérinaires, les chimistés, les techniciens sanitaires et tous ceux qui s\u2019occupent de biologie y trouveront les renseignements qu\u2019ils cherchent souvent en vain dans léë grands traités ou dans les monographies.Ayant eux-mêmes regretté maintes fois qu\u2019un tel livre n\u2019existât pas encore, qui pût indiquer au chercheur, au moment où il en a besoin, tel procédé technique, telle formule de réactif ou tel dispositif d\u2019expériences dont les principes lui sont connus, mais dont les détails d\u2019application ou le mode exact d\u2019emploi ne peuvent être constamment présents à son esprit, les auteurs ont conçu et réalisé cet ouvrage, si souvent demandé et que cependant nul n\u2019avait entrepris.Ils y ont certainement atteint leur but.A côté des techniques et spéciales qui servent à l\u2019étude et à la détermination des microbes, ils ont fait une large place à tout ce qui se rapporte à l\u2019expérimentation sur les animaux, à l\u2019analyse des germes de Yair, de l\u2019eau et du sol, à l\u2019hématimétrie, aux réactions de déviation du complément et de floculation, aux procédés de titrage de l\u2019alexine et des sensibilisatrices.Enfin toute une partie de l\u2019ouvrage est consacrée à la préparation et au titrage des vaccins et des sérums thérapeutiques.Une table alphabétique très complète permet de trouver rapidement le renseignement désiré ou le procédé qu\u2019on se propose de mettre en oeuvre.Maintenant que ce volume existe, aucun laboratoire de bactériologie vétérinaire, de chimie biologique, de recherches d\u2019hygiène appliquées, ne saurait s\u2019en passer.Nous serions tenté de dire: \u201caucun laboratoire\u201d.Nous ajouterons que, seules peut-être, l\u2019organisation et la discipline L'UNION MÉDICALE DU CANADA 339 scientifique de l\u2019Institut Pasteur de Paris permettaient de pousser dans un détail aussi minutieux une oeuvre de cette nature.TRAITE DE PATHOLOGIE MEDICALE ET DE THERAPEUTIQUE APPLIQUEE, publié sous la direction de MM.Emile Sergent, Professeur de Clinique Médicale Propédeutique; Membre de l\u2019Académie de médecine, Médecin de la Charité.L.Ribadeau-Dumas, Médecin de la Maternité.L.Babonneix, Médecin de la Charité.Tome XXXIII \u2014 Médecine Sociale, par MM.Guinon, Pr Couvelaire, Guillon, Guil- haud, Génévrier, Abbé Lauras, Zadoc-Kahn, Pasteur Boegner, Fau- quez, Dujarric de la Rivière, Courtois-Suffit, Bourgeois, Mme Mulon, Fosseyeux, Legrain, Toulouse, Genil-Perrin, Targowla, Louste, Mme Brunschwigg.Un vol.in-8, de 773 pages, avec 10 figures.A.Ma- loine & Fils, éditeurs, 27, Rue de l\u2019Ecole-de-Médecine, Paris (VIe).Prix: 45 fr.On sait l\u2019importance qu\u2019a prise, dans ces dernières années, la Médecine Sociale.Ne comprend-elle pas toute l\u2019hygiène sociale, la législation, l\u2019étude des facteurs sociologiques, économiques, politiques, pédagogiques qui rendent possible son organisation et permettent son \u2018extension dans le monde ?Ne fait-elle pas appel à toutes les sciences ?Sa connaissance n\u2019est-elle pas indispensable à tout praticien ?Directeurs et Editeurs du Traité de Pathologie médicale et de Thérapeutique appliquée ont donc été bien inspirés en introduisant, pour la première fois en France, dans un ouvrage non spécialisé un volume renfermant toutes les notions relatives à l\u2019étude des institutions qui ont \u201cpour but de soulager ou protéger les différents âges, classes ou groupe-' ments de l\u2019humanité organisée et policée\u201d.L'ouvrage débute par une introduction, due à l\u2019un des auteurs qui connaissent le mieux la question et ont le plus fait pour elle, M.L.GUINON.Puis deux parties, d\u2019inégale longueur: La première est de beaucoup la plus importante: elle comprend d\u2019abord un chapitre du Professeur Couvelaire sur l\u2019Obstétricie sociale, où sont étudiés et clairement exposés tous les problèmes relatifs à la protection de la Maternité.Le chapitre suivant est dû à la collaboration de deux auteurs, l\u2019un haut fonctionnaire, l\u2019autre, médecin, mais tous deux versés dans toutes ces questions: MM.Guillon et Guilhaud; ils s\u2019occupent de la protection des enfants du premier âge: M.Génévrier, dont on connaît la spéciale compétence sur le sujet, traite un des sujets les plus intéressants pour tous: parents, médecins, maîtres: l\u2019hygiène scolaire.La protection de l\u2019adolescence est surtout affaire de direction morale et de surveillance discrète.Elle ne pouvait être traitée que par ceux qui, par profession, se vouent aux tâches spirituelles, M.l\u2019Abbé Lauras, pour les oeuvres catholiques, M.Zadoc-Kahn, pour les oeuvres israélites, M.le Pasteur Boegner, pour les oeuvres protestantes.À M.Dujaric a été dévolue la besogne d\u2019étudier la Médecine Sociale de la vieillesse, à laquelle il a consacré d'importants mémoires.MM.Courtois- 340 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Suffit et Bourgeois se sont chargés d'une des questions qui prend de plus en plus d'importance: la Médecine Sociale des Travailleurs.Madame Mulon, dont le dévouement aux tout-petits a eu déjà tant de fois l\u2019occasion de s'exercer, a bien voulu nous parler de la protection de l\u2019enfant des travailleurs pendant le premier âge.Autre sujet dont tous les médecins ont aujourd\u2019hui à connaître: les Assurances ouvrières: il a été confié à un spécialiste, M.Fauquez, et occupe quarante pages.L\u2019organisation hospitalière, avec toutes les questions relatives à l\u2019armement antituberculeux et antivénérien, a été mise au point par M.Fosseyeux, chef de bureau a l\u2019Assistance Publique, de même que le chapitre des Jardins d\u2019Enfant et des Abcès de l\u2019Enfance.M.Legrain continue son apostolat en étudiant, avec sa grande autorité, la Médecine sociale des poisons.MM.Toulouse, Genil-Perrin et Takgowla posent les bases de la Prophylaxie mentale et montrent les résultats heureux que peuvent donner le dispensaire et le service social à l\u2019hôpital, comme ceux qu\u2019à Sainte-Anne, a installés M.Toulouse.Deuxième partie: Quoique beaucoup moins longue, elle n\u2019est pas dépourvue d'intérêt.Elle envisage, en effet, les auxiliaires de la médecine sociale: assistantes sociales, infirmières visiteuses, infirmières en général, service social à l\u2019hôpital; il a été rédigé par M.Louste.Mme Brunsch- wigg nous dit un mot, en terminant, des surintendantes d\u2019usines, qui ont déjà rendu tant de services.Par la compétence des auteurs, par la façon large et compréhensive, mais constamment pratique, dont ils ont compris leur sujet, par sa présentation soignée, la Médecine sociale fait le plus grand honneur aux directeurs et aux éditeurs du Traîté de Pathologie médicale.Nul doute qu\u2019elle soit appelée à un grand succès, et qu\u2019ils n\u2019aient qu\u2019à se féliciter de leur esprit d\u2019initiative.TRAITE DE PATHOLOGIE MEDICALE ET DE THERAPEUTIQUE APPLIQUEE.Tome XXVII \u2014 Diagnosties de Laboratoire, Fascicule 1, par les Professeurs Letulle et P.Pruvot.1n-8°, 168 figures, 12 planches en couleurs.A.Maloine & Fils, éditeurs, 27, Rue de l\u2019Ecole- de-Médecine, Paris (VIe).Prix: 60 fr.Les livres de laboratoire destinés au praticiens ne manquent pas; cependant bien des détails n\u2019étaient pas précisés pour les éclairer sur les indications de certaines méthodes, sur l\u2019interprétation des résultats qui n\u2019ont certes pas tous la même valeur.C\u2019est le mérite de l\u2019auteur d\u2019avoir envisagé de cette manière la conception \u2018des méthodes de laboratoires utiles au diagnostic des maladies\u201d.Pierre Pruvot dès le début montre bien que les méthodes diffèrent de valeurs, et cette différenciation sont de division générale au volume.Les unes ne sont pas spécifiques, elles ne traduisent que des lésions ou des vices de fonctionnement des organes; ce sont les analyses chmiques, physiques, histologiques, etc., des crachats, des épanchements des séreuses du liquide céphalo-rachidien, du sang, des urines.Les autres sont plutôt spécifiques, c\u2019est-à-dire qu\u2019elles sont reliées à la nature L'UNION MÉDICALE DU CANADA 341 même de la maladie, à son étiologie: c\u2019est alors que lauteur envisage le côté bactério logique, parasitologique du laboratoire, en décrivant en détail les notions indispensables à la technique, les caractères généraux et particuliers des germes qui sont envisagés chacun à leur tour par ordre alphabétique.Malgré l\u2019amplitude des sujets et leur nombre qui fait de ces pages un volume complet l\u2019auteur a su se débarrasser de ce qui n\u2019intéressait pas directement la pratique.Il s\u2019est mis à la place de ceux qui, n\u2019étant pas très familiarisés avec ces questions si diverses et pourtant indispensables aujourd\u2019hui se demandent quand doit être pratiqué \u2018\u2018un sérodiagnostic par exemple, une hémoculture\u201d, quelle valeur il faut leur accorder suivant les cas, suivant les circonstances dans lesquelles le produit suspect a été examiné, ce qui a son importance.Tout en envisageant la question sous cet aspect généralement peu traité dans la plupart des volumes de ce genre, il n\u2019a négligé aucun point de technique, aucun procédé utile; il a enfin illustré le tout avec un très grand nombre de figures originales, soit en noir, soit en couleurs qui augmentent la valeur de cet important travail.CONSULTATIONS DU MEDECIN PRATICIEN, Guide de pratique Médico- Chirurgicale Journalière, par le Dr Fred Blanchod.1925, 1 volume grand in-8° de 584 pages.Librairie J.-B.Baillière & Fils, éditeurs, 19, Rue Hautefeuille, Paris (VIe).Prix: 35 fr.Les ouvrages destinés aux praticiens sont plus souvent des compilations que des résultats d\u2019expérience personnelle, les articles de revue souvent écrits hâtivement dans le but de classer le nom de l\u2019auteur les résultats sont généralisés et embellis aux dépens du praticien de bonne f£oi et de ses patients.Sans dire, comme un médecin contemporain: \u201cQuand j'étais jeune médecin, j'avais cent remèdes pour une seule maladie, maintenant que je suis vieux je n\u2019ai plus qu\u2019un remède pour cent maladies\u201d, il faut savoir bien manier un nombre restreint de médicaments, s\u2019en contenter, leur rester fidèle quand on obtient par eux d\u2019excellents résultats et chercher inlassablement, par contre, à perfectionner ses armes dans les domaines où la maladie fait échec au médecin.S\u2019il est incontestable que le scepticisme thérapeutique est la preuve dun savoir imparfait, il faut reconnaître qu\u2019avant la médication il y a le médecin, et la façon dont on ordonne vaut souvent mieux que ce qu\u2019on ordonne.Il faut des spécialistes parmi les médecins, mais il n\u2019en faut pas trop; plusieurs médecins pour un seul malade font plus de fautes qu\u2019un seul, parce qu\u2019aucun ne se sent responsable.Le médecin doit être convaincu de l\u2019efficacité des méthodes qu\u2019il emploie, le meilleur moyen de faire de la psychothérapie est de la faire sans le savoir.La confiance fondamentale dans les avis reçus, le sentiment d\u2019être affectueusement tenu en mains donnent du cran au malade qui se défend mieux. 342 L'UNION MÉDICALE DU CANADA L'autorité du médecin repose avant tout sur un bon diagnostic et pour cela, il faut bien examiner ses malades.Les fautes de savoir sont très rares, les fautes de négligence sont celles de tous les jours.Sans méconnaître l\u2019extrême complexité des problèmes morbides et la variabilité infinie de chaque cas particulier, il faut avoir une règle de conduite thérapeutique, c\u2019est pourquoi, faisant abstraction de toute érudition et de toute littérature, l\u2019auteur a voulu mettre dans ce livre le résultat de quinze années de vie de médecin de campagne.o Le Stovarsol Le docteur M.Dj.Yovanovitch vient de faire dans le service du docteur Fournier, de l\u2019hôpital Cachin (Paris) un travail fort intéressant sur le Stovarsol.Débutant par une étude chimique très complète sur l\u2019acide acétylaminooxyphénylarsinique (stovarsol), il démontre que c\u2019est un corps chimiquement bien défini, d\u2019une stabilité et d\u2019une solubilité telles qu\u2019il peut être absorbé par la voie digestive sans aucune modification ou atténuation de son activté thérapeutique.Comme on connaît depuis longtemps l\u2019action puissante des arsénicaux sur l\u2019état général, il ne faut donc pas s\u2019étonner si l\u2019anémie, l\u2019amaigrissement et l\u2019asthénie sont grandement influencés par l\u2019administration du Stovarsol qui devient, de ce fait, utile dans certaines formes \u2014 surtout locales \u2014 de la tuberculese.Dix observations viennent aussi démontrer son action puissante sur la parasitose intestinale.Spirilles, amibes (Entamoeba Coli, Ent.dysen- teriae) Lamblia, Trichocéphales disparaissent rapidement des selles des malades après un traitement bien conduit par le \u201c190\u201d.Ses expériences chez l'homme et chez les singes ont montré qu\u2019il empêche même l\u2019éclosion du pian, administré peu après l\u2019inoculation du virus.C\u2019est son action sur le tréponème qui est la plus importante tant au point de vue thérapeutique qu\u2019au point de vue social.Comme traitement d\u2019attaque, le Stovarsol n\u2019a pas son égal: toutes les lésions superficielles de toutes les périodes de la maladie sont blanchies en peu de temps.Sur les réactions sérologiques, son action est plus infidèle ce qui prouve que le Stovarsol peut être une excellente médication adjuvante, d\u2019autant plus facile à prendre qu\u2019elle se donne \u201cper os\u201d.Il faut donc réserver au Stovarsol une place exclusive pour l\u2019abortion de la Syphilis.Un sujet a-t-il eu un contact douteux ou sûrement contaminant, le Stovarsol empéchera l\u2019apparition du chancre et toute manifestation affirmative des réactions sérologiques.Seules certaines formes toujours possibles de tréponèmes arséno-résistants pourraient lui faire échec.Conclusion: \u201cle Stovarsol doit être regardé comme susceptible de jouer, au point de vue de la prophylaxie individuelle et sociale, un rôle considérable et de devenir, par la généralisation de son emploi, une arme des plus puissantes contre le fléau syphilitique.\u201d R.B."]
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