L'union médicale du Canada, 1 octobre 1925, Octobre
[" L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872 Vol.LIV OCTOBRE 1925 No 10 MONSIEUR ANDRE LEMIERRE De taille moyenne, de corpulence mince, mais bien d\u2019aplomb et 1ablé, le teint coloré, la figure sérieuse, portant avec élégance un complet simple et de bon goût, le professeur entre sans bruit dans la salle de cours à l\u2019heure exacte fixée par le programme.Il monte à la tribune alors que l'auditoire n\u2019a pas encore fini de se placer, attend à peine que le silence se soit établi et commence d'attaque, sans hésiter, d\u2019un ton ferme et avec des mots précis.L'entrée en matière est courte.Le sujet de la leçon, d\u2019ailleurs, est inscrit sur le tableau noir, bien en vue.Le professeur parle d\u2019abondance, simplement, clairement.Il se plonge immédiatement dans son sujet et le développe dans toutes ses phases.L'historique de la question se déroule, précis, faisant bien voir les raisons de la faillite ou du succès des observations ou des recherches; la pathogénie sort de tous ces faits et s\u2019épanouit comme une fleur à maturité; elle explique les symptômes, les qualifie, justifie même les anomalies; les faits cliniques abondent, très convainquants; la description d\u2019ensemble est complète.Le professeur n\u2019a pas une note devant lui; il suit le tableau, lui jette un coup d\u2019œil de temps en temps, se promène de long en large, et, lorsque la pensée est forte, s'arrête en face de son auditoire et semble pétrir cette pensée avec ses doigts en même temps qu\u2019il la formule.On sent le professeur plein de son sujet; il a hâte de l\u2019exposer; il s\u2019anime, son débit se précipite, il passe vivement d\u2019un point à un autre, sans sarréter; il parle presque trop vite.Mais la pensée est si claire, l\u2019exposé si méthodique, le professeur si convaincu, que l\u2019auditoire attentif et charmé ne perd rien de la démonstration et, devant cette médecine vivante et sobre, développée de main de maître, il se sent convaincu à son tour.Car monsieur Lemierre est un maître et je ne connais qu\u2019un homme, parmi les médecins français qui sont venus nous visiter, à qui je puisse le comparer: c\u2019est M.Regaud.Chez l\u2019un comme chez 616 L'UNION MÉDICALE DU CANADA l'autre, l\u2019on trouve le même fonds d\u2019érudition solide, la mème sobriété de langage, la même méthode et la même clarté dans l\u2019exposition du sujet, le même soin à éviter tout ce qui peut souligner leur mérite personnel.Pourtant ce sont des maîtres; 1ls ont collaboré activement aux recherches originales de leur maître; ils ont modelé de leurs mains la clinique française et refait plusieurs de ses chapitres.Il y paraît à peine, dans leurs discours, car ils sont avant tout les serviteurs de la science; l'exactitude de l\u2019idée seule a pour eux du prix; et, s\u2019ils veulent bien démontrer la supériorité de la science française, la réclame même la mieux déguisée leur répugne, car ils jugent avec raison que la science française n'en a pas besoin.Il leur suffit pour accomplir leur mission et se faire bien comprendre d'être simples et sincères.Cette simplicité, d\u2019ailleurs, 1l faut le remarquer, a son éloquence.On la retrouve chez tous les vrais savants.Ces hommes ont une belle culture latine; 1is possèdent leurs humanités; leur discipline cérébrale est formée; ils peuvent parler simplement, sobrement, clairement, méthodiquement, du sujet le plus complexe, et cela sans hésitation, sans défaillances, sans qu\u2019il y paraisse, ce qui est le comble de l\u2019art.C\u2019est chez des Français cultivés comme ceux-ci que l\u2019on peut savourer ces deux qualités si françaises et si charmantes: la clarté et la mesure.On connaît la fameuse définition de Buffon: le style, c'est l'homme.Monsieur Gustave Lanson à l\u2019Alliance Française, Messieurs Regaud et Lemierre à l\u2019Université de Montréal nous ont démontré l'exactitude de cette définition.Il faut être fort cultivé et très savant pour donner un cours de dix leçons sur le cancer ou les néphrites et le faire d\u2019une facon si parfaite, sans effort et avec un charme infini.Je gouvernement de Québec a droit à nos remerciements \u2018es plus sincères.Grâce à lui, le praticien s'instruit à la source même de la science française et le professeur se perfecticnne dans sa vocation.Après des heures charmantes comme celles-ci, le travail quotidien devient plus intéressant; on y prend un plaisir nouveau et notre action médicale ne peut en être que plus efficace.E.P.BENOIT. LES COURS UNIVERSIT AIRES FRANÇAIS À LA FACULTE DE MEDECINE LE COURS DU PROFESSEUR DESMARETS LES INDICATIONS DE LA CHIRURGIE D'URGENCE L'année universitaire médicale s\u2019est ouverte par un événement qu\u2019il convient de souligner.Continuant la tradition établie depuis quelques années, ces maîtres français en l\u2019art de guérir sont venus nous apporter le fruir de leur expérience et aider ainsi au perfectionnement de notre formation médicale.Nous devons nous en réjouir à deux points de vue.D'abord du fait des connaissances modernes que ces maîtres français sont venus nous apporter.Secondement, par l\u2019affermissement que leur présence et leur parole sont venues apporter au lien d'amitié et de parenté qui unit notre Faculté à l\u2019enseignement médical de France.Le plus nous aurons de contact avec l\u2019enseignement médical français, et le plus intime sera cette pénétration, meilleur sera notre enseignement et mieux armés seront nos médecins canadiens.S\u2019il est bon pour nous d\u2019aller souvent puiser des connaissances nouvelles dans les centres français, Paris et Strasbourg, Lille, Bordeaux et Nancy, pour ne citer que les plus importants, de même n\u2019est-il pas moins bon et profitable pours nos praticiens d'entendre le verbe francais au milieu de nous, causer des progrés de la médecine de France.De cette amitié intellectuelle comme de cette pénétration médicale réciproque ne peuvent survenir que de bons effets, dont nous sommes les tout premiers à profiter.| I! ne siérait pas à un chirurgien de rappeler par les détails les intéressantes et illuminatives conférences du professeur Lemierre sur \u201cLes Néphrites\u201d.Je laisse à une plume plus spécialisée que la mienne le plaisir d\u2019en parler.Mais qu\u2019il me soit permis de causer de l\u2019enseignement du Professeur Desmarest.Ce maitre de la chirurgie francaise avait choisi comme thème: \u201cQuelles sont les indications de la chirurgie d'urgence ?\u201d En d'autres termes, \u201cQuand le médecin de famille doit-il faire appeler d'urgence 618 le chirurgien ?\u201d Peu de sujets comportaient un intérêt aussi général: tous les médecins, de même les chirurgiens, y trouvaient leur profit, je n\u2019hésite pas à le dire, pour les avoir suivis avec grande satisfaction.Et si j'avais un regret à exprimer, c'est que le nombre des auditeurs n\u2019ait pas été plus grand.On m'est jamais mi trop vieux ni trop savant pour apprendre: les \u201csuffisants\u201d sont généralement les plus arriérés.Donc, le Professeur Desmarest traita de ces différentes questions surtout au point de vue du praticien général; et c'était là un des côtés les plus intéressants de ces conférences.Je note \u2014 pour signaler aux absents ce qu'ils ont manqué et pour le rappeler agréablement à ceux qui étaient présents \u2014 la série de ces causeries faites essentiellement au point de vue clinique.Du diagnostic et de la conduite à tenir dans: ]° 2° 3° © o © ~J SN Ne 8° 0° 10° C\u2019était heureux choix d'expressions, langage imagé, correction impeccable, et cette belle facilité de débit, si caractéristique du maître français.Nous venons tout justement d\u2019un congrès tenu aux Etats-Unis, ou plus d\u2019un professeur s\u2019est fait entendre, et tout justement c\u2019est une des particularités qui nous a frappé, à.savoir leur difficulté d\u2019exposition et cette absence de filiation ou de logique dans l\u2019exposition des idées.On y attache peu d'importance chez nos amis américains, et avec quels résultats évidents.Et si nous cherchons les causes de ces qualités supérieures si évidentes chez les maîtres français, il faut reconnaître d\u2019abord une base d\u2019hbumanités solide: les études classiques, bien faites et bien ordonnées, soulignons-nous, en sont le point de départ.Puis la série des Concours par lesquels l\u2019aspirant doit passer développe la valeur professorale à son maximum.L'UNION MÉDICALE DU CANADA | Jes suppurations des doigts et de la main.[Les hernies étranglées.Les plaies du thorax.Les péritonites aiguës.[a grossesse extra-utérine.L'appendicite aiguë.les traumatismes de l'arbre urinaire.L'occlusion intestinale complète.Les infections aiguës des voies biliaires.les traumatismes crâniens.le verbe français dans ce qu'il a de plus attrayant: SIT IIT L'UNION MÉDICALE DU CANADA 619 On a beau naître beau diseur, comme le Français, ce don naturel n\u2019atteint sa pleine perfection que par la préparation des \u201cconcours successifs\u201d.Et c\u2019est là une des caractéristiques les plus évidentes de l\u2019enseignement français: la facilité d'exposition jointe à la clarté des idées.Aussi devons-nous savoir gré à la Faculté d\u2019avoir institué la montée en grade à l'avenir dans l\u2019enseignement.Deux concours déjà ont eu lieu, et d\u2019autres auront lieu à l\u2019avenir avec le besoin des chaires tant théoriques que cliniques, sans oublier les laboratoires aussi.C'est un pas dans la bonne voie et ces concours avec le temps seront perfectionnés dans leur modalité: Paris ne s\u2019est pas créé en un jour.Saluons ces messagers de la parole française, et disons-leur notre vive appréciation de leurs intéressantes conférences.Ceux qui ont assisté à ces conférences se rappelleront avec plaisir quel intérêt ils y ont pris.Nous nous demandons lequel il faut le plus admirer chez nos amis de France: de leurs profondes connaissances cliniques ou de leur clarté et de leur facilité d'exposition.On se plaît à représenter la France sous les traits d\u2019une semeuse.À ces semeurs de l\u2019idée médicale française, adressons le confraternel souvenir de leurs collègues canadiens-français, qui demeurent en cette terre d'Amérique les avant-postes de la civilisation et de l\u2019idée françaises.| EUG.ST-JACQUES, Professeur de Clinique chirurgicale à l'Université de Montréal. UN MÉDICAMENT DE LA TUBERCULOSE URINAIRE; LE BLEU DE METHYLENE Par HENRY BLANC, Du service Civiale, Hopital Lariboisiére, Paris.Nous ne voulons pas envisager dans cet article les divers traitements médicaux d\u2019ordre local ou général, qui sont employés dans la tuberculose urinaire.Aussi bien 1l est reconnu à l\u2019heure actuelle que le seul traitement de la tuberculose rénale, c\u2019est la néphrectomie aussi précoce que possible, et c\u2019est là également le meilleur remède à opposer à la tuberculose vésicale et à son pénible cortège.Mais malgré l'indication formelle du traitement chirurgical, il n\u2019en est pas moins vrai que le traitement médical conserve tous ses droits.Et d\u2019abord c'est le seul dont soit justifiable la plupart des formes de bacilloses bi-latérales.De plus, après une néphrectomie libératrice, ou avant l\u2019exérèse de l'organe malade, il y aura toujours une période plus ou moins longue pendant laquelle le chirurgien n\u2019a plus ou n\u2019a pas encore à intervenir, l\u2019incapacité vésicale empêchant dans ce dernier cas tout examen fonctionnel.C\u2019est alors qu\u2019il faudra s\u2019occuper médicalement et localement de ce qui tourmente le malade: la vessie.Dans la tuberculose rénale, en effet, si le mal est au rein, c\u2019est généralement la vessie qui souffre, et après l\u2019acte chirurgical ou en attendant qu\u2019il soit possible, c\u2019est elle qui réclame nos soins.Et dans la bacillose rénale bi-latérale, c\u2019est sur elle seule que nous devons agir, en dehors bien entendu du traitement général, pour rendre au malade une existence supportable.Nous voulons donc attirer l\u2019attention sur les bienfaisants effets qu\u2019on peut attendre d\u2019un médicament que nous avons étudié particulièrement et préconisé comme la meilleure médication locale actuelle de la tuberculose urinaire: le bleu de méthylène.Le bleu de méthylène est un dérivé de l\u2019aniline, un chlorhydrate de t étraméthylthionnine dont le pouvoir antiseptique est connu depuis longtemps, puisque aussi bien il arrête le développement de la bactéridie charbonneuse.On a pu constater également ses propriétés antinévralgiques, ce qui l\u2019a fait utiliser par certains auteurs comme calmant de la douleur avec des résultats parfois excellents.Mais surtout le bleu de méthylène jouit de propriétés physiologiques remarquables d\u2019où découle son emploi en thérapeutique urinaire.En premier lieu cette substance présente un affinité élective pour la chromatine à l\u2019état vivant: de là son action parasiticide que lui L'UNION MÉDICALE DU CANADA 621 attribuait Paul Ehrlich, opinion infirmée du reste par Laveran.Le bleu, d\u2019autre part, jouit de cette même affinité remarquable vis-à-vis du cylindraxe des fibres nerveuses, et c\u2019est de là, semble-t-il, que proviendrait son action anti-névralgique plus ou moins discutée.Enfin le bleu de méthylène s\u2019élimine en majeure partie par le rein.Utilisant cette propriété, c\u2019est le bleu qu\u2019Achard et Castaigne ont employé d\u2019abord pour la recherche de la perméabilité rénale.Comment se fait cette élimination ?Turchini a bien étudié le mécanisme de l\u2019excrétion du bleu par le rein.Il a constaté que cette substance s\u2019accumulait dans les cellules les plus diverses ainsi que dans les espaces intertubulaires du rein; de là, en empruntant la voie du chondriome, elle pénètre à l\u2019intérieur de la cellule du tube contourné, elle s\u2019élève progressivement, traverse la bordure en brosse par dialyse, et tombe dans la lumière canaliculaire, d\u2019où elle est entraînée par l\u2019urine.I] se produit donc une véritable imprégnation de tout l\u2019arbre urinaire par ce colorant, qui peut ainsi exercer dans l'intimité du tissu rénal ou du tissu vésical enflammé, son action antiseptique et sédative.Et cette imprégnation, élective pour les parties malades, se vérifie aisément.A la coupe des reins enlevés chez les malades qui absorbent du bleu, on aperçoit les cavernes et les lésions du parenchyme rénal complètement colorées par le bleu qui s\u2019est fixé à leur niveau.Nous conseillons de donner le bleu sous la forme suivante: Bleu de méthylène .cinq centig.Exciptent .QS pour une pilule No 30 Prendre une pilule au déjeuner et une au diner pendant quinze jours, se reposer dix jours, et recommencer (Marion).Nous n\u2019avons jamais observé a cette dose le moindre trouble.Par contre les tuberculeux rénaux atteints de cystite bacillaire s'en trouvent fort bien.D\u2019abord c\u2019est l\u2019action antinévralgique du médicament qui se manifeste et les douleurs s\u2019amendent rapidement.Puis la pollakiurie diminue d'intensité et la capacité vésicale augmente progressivement.Nous avons donc, dans le bleu de méthylène, absarbé per os, un bon médicament palliatif et un bon calmant qu\u2019on peut employer sans crainte chez les tuberculeux urinaires. 622 \u2026 UNION MÉDICALE DU CANADA Mais pour lutter plus efficacement encore contre l'affection si pénible qu'est la cystite tuberculeuse, nous avons eu l\u2019idée de faire agir directement le bleu de méthylène sur les lésions vésicales et nous l\u2019avons employé en instillations.Les résultats que nous avons obtenus ont été tout à fait remarquable.Nous employons la solution suivante: Bleu de méthyléne chimiquement pur .| gramme Sérum artificiel .100 grammes Filtrer et employer tiede L\u2019isotonicité du liquide augmente la faculté d'imprégnation du colorant.Le titre de la solution ne doit pas être supérieur à 1%, mais dans certains cas, par contre, on peut employer une solution à | pour 200, que certaines vessies tolèrent mieux.L\u2019instillation n\u2019est généralement pas douloureuse.On injecte dans la vessie 5 à 15 c.c.suivant sa capacité et on recommande au malade de rester le plus longtemps possible sans uriner.Si la pyurie est intense et la vessie très sale, il est bon de laver doucement la vessie avec du sérum artificiel par exemple, pour déterger la surface de la muqueuse et faciliter ainsi son imprégnation.Nous conseillons de renouveler l\u2019instillation tous les deux jours, dans les cas moyen, avec pollakiurie assez intense.On peut dans les cas moins aigus attendre trois jours de même qu\u2019on peut d'ailleurs la pratiquer quotidiennement pendant quelques jours, puis laisser la vessie au repos quelque temps.On peut aussi combiner dans certains cas un traitement mixte consistant a alterner les instillations de bleu de méthylène et d'huile goménolée.Cette méthode nous a donné également de bons résultats.Le plus souvent quatre ou cinq instillations suffisent à donner la tranquillité au malade pour un temps assez long.Parfois, il faut en faire davantage.Il est préférable de ne pas trop prolonger le traitement, mais plutôt de le reprendre de temps en temps après une période de repos ou d\u2019huile goménolée, si les phénomènes vésicaux tendent à reparaître.Bien entendu, nous conseillons de continuer durant la période des instillations, l\u2019absorption des pilules de bleu qui imprègne tout I'arbre urinaire, alors que les instillations n\u2019agissent que sur les parties inférieures.Comment agit le bleu dans la vessie ?Il agit, nous l\u2019avons vu, par ses propriétés microbicides et antinévralgiques et par impré- L'UNION MÉDICALE DU CANADA 623 gnation.Mais ce qui est le plus remarquable, c\u2019est son affinité élective pour les parties malades ainsi qu\u2019on peut s\u2019en rendre compte en pratiquant une cystoscopie quelques heures après une instillation: les ulcération, les parties qui ont perdu leur épithélium de revéte- ment, les moindres effractions de la muqueuse sont colorées en bleu.Ces parties malades ont absorbé le colorant et s'en sont imprégnées, ce qui explique que l\u2019action bienfaisante du médicament se prolonge.L'effet des instillations de bleu est remarquablement rapide: sur la pollakiurie, il est immédiat, merveilleux.Tel malade par exemple urinait toutes les heures, garde sa première instillation 2 heures V5.Quant aux douleurs, elles cessent très rapidement, souvent dès la première instillation.La capacité vésicale augmente notablement et régulièrement, de sorte que dans ces vessies intolérantes, qui ne permettent pas la cystoscopie, quelques instillations de bleu permettront de faire bientôt un examen indispensable.Mais l\u2019effet des instillations de bleu, s\u2019il est immédiat, est également prolongé, quand les vessies ne présentent pas des lésions par trop graves et étendues.Chez une de nos malades, atteinte de tuberculose unilatérale non encore opérée, et présentant une cystite intense, trois instillations de bleu de méthylène amenèrent une tranquillité vésicale parfaite (mictions toutes les cinq heures) qui persista un mois.Chez un autre malade porteur de lésions bi-latérales, à la troisième instillation, les mictions étaient redevenues normales, sans douleurs et sans hématuries (il urinait auparavant tous les trois quarts d\u2019heure avec douleurs et petites hématuries terminales) et une instillation tous les quinze jours suffisait à assurer sa tranquillité.Même dans les lésions accentuées enfin, dans les cystites intenses s\u2019accompagnant d\u2019incontinence, dans ces cas désespérés, le bleu de méthvlène est encore un palliatif précieux, le soulagement temporaire provoqué par l\u2019instillation étant apprécié des malades dont le moral se fortifie aussitôt.Le bleu guérit-il les lésions tuberculeuses de la vessie à lui tout seul ?Le fait n\u2019est pas démontré.Les améliore-t-il 7 Ce n'est pas douteux.En tous cas c\u2019est un palliatif certain, il donne au malade dans les cas inopérables, l'impression de la guérison, ce qui est considérable, et lorsque le rein tuberculeux a été enlevé, il guérit rapidement la vessie et redonne au patient avec la tranquillité, la possibilité de reprendre très vite son existence normale.Les instillætions de bleu de méthylène dans la cystite tuberculeuse constituent un moyen remarquable et débarrassent le malade 6 r= 2 4 L'UNION MÉDICALE DU CANADA de la pénible infirmité que constitue la pollakiurie douloureuse bacillaire.Aussi sommes-nous tentés de considérer le bleu de méthylène comme un médicament spécifique de la bacillose réno-vésicale, tant il apparaît supérieur à tous les médicaments préconisés jusqu\u2019à ce jour. OBSERVATION MEDICO-LEGALE SUICIDE PAR ARME A FEU Par WILFRID DEROME, médecin-légiste Le 7 septembre au matin, sur le Mont-Royal près du cimetière protestant, des passants découvraient par hasard, enfoui sous les buissons, le cadavre d\u2019un jeune suisse âgé d'environ 26 ans, mesurant 5 pieds et 4 pouces de taille, cheveux blonds, yeux bleus, assez bien constitué.Le cadavre n'avait, pour tout vêtement, que sa chemise salie, tachée de sang, et déchirée à divers endroits.Il portait des signes indiquant que la mort remontait à environ trois jours: rigidité encore présente mais faible aux seuls membres inférieurs, taches verdâtres sur l\u2019abdomen, etc.A l\u2019extérieur, on remarquait de nombreuses érosions linéaires de longueur différente, de direction variée mais toutes avec un caractère vital.Elles siégeaient à la face, sur les avant-bras, enfin elles étaient particulièrement nombreuses sur les deux membres inférieurs, notamment à leur face antérieure.Les pieds salis portaient à la face plantaire quelques écorchures.Enfin à la région postérieure des deux avant-bras existaient des ecchymoses profondes.L'ensemble de ces blessures paraissait indiquer que l\u2019individu avait parcouru, pieds nus, sans précaution apparente \u2014 probablement à la course \u2014 un assez long trajet sur un sol très inégal et couvert d\u2019arbrisseaux et qu\u2019en cours de route, il aurait fait quelques chutes.A la région temporale droite, on pouvait voir orifice d\u2019entrée d\u2019un projectile de près: zone de fumée noire, tatouage par grains de poudre noire, large orifice osseux par rapport au calibre 22 de la balle trouvée sous la dure-mère au sommet de l\u2019hémisphère gauche.Le projectile avait creusé un \u2018large canal à travers le lobe frontal droit puis à travers le lobe pariétal gauche jusqu\u2019en arrière du sillon de Rolando; il avait en outre entraîné une forte hémorrhagie en nappe dans les méninges.Dans les autres organes, on notait quelques petites taches ecchy- motiques sur les plèvres, rien au cœur, quelques débris alimentaires peu reconnaissables dans l\u2019estomac, aucune odeur d\u2019alcool dans les viscères, mais la vessie était gonflée d\u2019urine, rétention urinaire qui, chez un jeune homme surtout, indique sinon toujours un état comateux, du moins une survie assez longue après le coup fatal. 626 L'UNION MÉDICALE DU CANADA La cause de la mort apparaît ici clairement: c'est la blessure à la tête produite par une arme à feu chargée à balle et tirée de près.Mais ce qui jusqu'ici apparaît moins clairement, c\u2019est l\u2019origine de la blessure mortelle, à savoir: homicide ou suicide.La solution de cette question en effet n'appartient pas aux seules constatations médicales faites sur le cadavre.Celles-ci doivent, dans la plupart des cas, être corroborées et complétées par les indications tirées de l\u2019examen des lieux et, dans le cas de suicide notamment, par l\u2019étude psychologique des actes mêmes de la victime, ayant précédé ou accompagné le geste fatal et traduisant son état d'âme.Or, si l\u2019on examine à cette fin les données fournies par l\u2019enquête judiciaire, il faut nécessairement en venir dans le présent cas à la conclusion d'un suicide, à une seule objection près cependant que je formulerai en dernier lieu.Voici, dans leur ordre chronologique, les faits tels que relatés à l'enquête.Il appert que le jeune homme était depuis quelque temps anxieux sur son avenir.ll aurait fait des pertes d'argent qui amenèrent chez lui le découragement et l\u2019idée du suicide.Il aurait même fait part de son noir dessein au Consul de son pays dans une lettre où il le priait de prendre soin de ses biens après sa mort.Il aurait quitté sa chambre dans la nuit du 3 septembre pour ne plus y rentrer, emportant son arme, revolve 22, qui fut trouvée le 7 dans les broussailles, à environ 25 pieds de l'endroit où gisait son cadavre, et qui fut identifié par un camarade comme appartenant au défunt.J\u2019ajouterai immédiatement que la balle extraite du cadavre correspondait en tous points à celles tirées par cette arme.Quant à l'explication de cette absence à peu près complète de vêtements chez la victime, les recherches faites semblent démontrer qu\u2019il avait quitté sa demeure avec un complet noir, lequel manquait dans sa garde-robe et n\u2019a pu être localisé.Seules les chaussures ont été retrouvées, espacées l\u2019une de l\u2019autre, à quelque distance du cadavre.Il se serait dépouillé de ses vêtements en cours de route, bizarrerie d'action qui n\u2019élimine pas d'habitude le suicide, bien au contraire.[1 est évident qu\u2019une telle histoire jointe aux constatations médicales ci-dessus rapportées et notamment le fait que le coup de feu a été tiré de près à la tempe droite (endroit classique du suicide par arme à feu) par un petit revolver 22 qui ne tue pas à vingt pieds, tous ces faits, dis-je, suffisent à amener une conclusion ferme de suicide. L'UNION MÉDICALE DU CANADA | 627 Une seule objection toutefois existait dans mon esprit dès les premières heures, c\u2019est-à-dire jusqu\u2019au moment où l\u2019on eut trouvé l\u2019arme fatale et déterminé la distance qui la séparait du cadavre.Cette distance de 25 pieds seulement a fait choir mon objection; car d\u2019après mon expérience, je la considère parfaitement compatible avec l\u2019état des lésions cérébrales; en d\u2019autres termes, le malheureux a pu garder assez de force pour parcourir vingt-cinq pieds après s\u2019être produit lui-mêmes les lésions que j'ai constatées au cerveau.Je pourrais citer de nombreux exemples tant chez les animaux que chez les humains où des blessures en apparence immédiatement mortelles ant encore permis aux victimes d\u2019accomplir des actes plus extraordinaires.0 LA BARRE INTERURETERALE Par O.MERCIER, Assistant étranger du Service Civiale.( Travail du Service Civiale, hôpital Lariboisière, Paris) Les observations de barre interurétérale sont rares et Blanc (1) dans son mémoire n\u2019a pu en réunir que 13 cas incontestables.Nous avons eu dernièrement l\u2019occasion d\u2019en observer deux cas dans le service de notre maître M.Marion.La rareté de cette malformation vésicale et le fait que son existence a pu être mise en doute par quelques urologues nous engagent à présenter ces observations et à en tirer certaines considérations.OBSERVATION 1 (2): M.S., âgé de 71 ans, salle Civiale, lit 26, entre à l\u2019hôpital le 17 avril 1925 pour de la dysurie, de la pollakiurie et de la miction en deux temps.La dysurie et la pollakiurie remontent à plusieurs années, mais ces troubles sont surtout marqués depuis février 1925.A ce moment, les urines sont pyuriques et le malade urine à toutes les 30 minutes; aussi est-il soigné par des lavages vésicaux qui améliorent un peu la situation.Actuellement les urines sont légèrement troubles, mais le malade n\u2019urine qu\u2019à toutes les heures environ.D'autre part, il signale spontanément que la miction se fait habituellement en deux temps, étant obligé d\u2019uriner 10 minutes après qu\u2019il a -émis une première quantité d'urine.Cette seconde miction ramène une quantité d\u2019urine presque aussi considérable que la première.Ce phénomène existe depuis décembre 1924, avant l\u2019apparition de la pyurie et va en s\u2019accentuant.À l\u2019examen, au toucher on trouve une hypertrophie prostatique de moyen volume très caractéristique.Le canal est perméable et il existe un résidu de 145 grammes.Un examen cystoscopique montre un col vésical dont l\u2019aspect est celui d\u2019une hypertrophie de la prostate.La vessie est sillonnée par quelques cclecnnes, Au niveau de la zone interutétérale (Planche I) existe un soulèvement très marqué du muscle trigonal et sur lequel on voit à chaque extrémité les orifices urétéraux.En arrière de cette barre apparaît un bas fond assez prononcé.En faisant pousser le malade, cette barre se soulève très fortement et accentue notablement le bas- fond, séparant en quelque scrte la vessie en deux parties.Au repos, la saillie reprend son volume et est moins prononcée.Il n\u2019y a pas d\u2019orifice divertuculaire.Une cystographie en diverses positions montre que la vessie a une configuration normale.(1) Blanc: A Propos de la Barre Interurétérale.Journal d\u2019Urologie, tome XVI, 1923, pages 274-285.(2) Mercier, O.: De la Miction en Deux Temps dans la Barre Interurétérale.Journal d'Urologie, tome XX, 1925. - -\u2014 ry SRR a NB £2 CE Lu fa a > ès.Was, vs, ; Re = Je = = L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 629 Opération: (M.Marion) le 25 avril.Ligature des canaux déférents au niveau du scrotum.Cystostomie large et mise à jour de la vessie.La bride interurétérale (Fig.I) derrière laquelle existait un ressessus de deux centimètres de profondeur est réséquée en coin en dedans des orifices urétéraux.Le col est entouré d\u2019une adénome faisant saillie sur les deux côtés et en arrière.Fermeture de la vessie en deux plans et drainage vésical sus-pubien par un gros tube de Marion.Le 5 mai le malade se lève, gardant une cystostomie en vue de la.prostatectomie.Le 10 mai l\u2019analyse du sang montre: PS.P.: 465 12 57% Ur.: 0.50 p.1000 K.: 0.150 Le 20 mai: prostatectomie sus-pubienne; la barre interurétérale ne: s\u2019est pas reformée.Le 18 août le malade est revu.Il vide complètement sa vessie et il urine normalement.Guérison.OBSERVATION II: M.C., Agé de 57 ans, salle Civiale, lit 1, entre à l\u2019hôpital le 28 avril 1925 pour de la dysurie, de la pollakiurie nocturne et une hématurie d\u2019apparence terminale.La dysurie et la pollakiurie nocturne remontent a 15 mois.Actuellement le malade est obligé de se lever 2 ou 3 fois la nuit pour uriner.Le jour les mictions ont lieu environ à toutes les 3 heures.Il y a huit jours le malade a été pris d\u2019une hématurie spontanée, d\u2019apparence terminale.Cette hématurie, très abondante, provoqua une rétention par caillots, qui nécessita un cathétérisme, La palpation des reins est négative.Actuellement les urines sont limpides, l\u2019hématurie ayant cessé.Au toucher on trouve une hypertrophie moyenne de la prostate, caractéristique.Le canal est perméable et il existe un résidu de 100 grammes.A l\u2019examen cystoscopique, on voit un col déformé par l\u2019hypertrophie prostatique.Au niveau de la zone interurétérale apparait un repli membraneux marqué et sur lequel on voit à chaque extrémité les orifices urétéraux.En arrière de cette saillie s\u2019étend un bas-fond assez prononcé.On conseille au malade une intervention chirurgicale pour le débarrasser de son adénome et de la barre interurétérale.Il doit revenir dans.le service pour être opéré.Définition et Anatomie pathologique Jes replis membraneux anormaux de la paroi vésicale sont connus depuis très longtemps.Déjà, Mercier (3) en 1848 décrivait \u201cla valvule musculaire \u201cdu col vésical\u201d.Deux ans plus tard, _ (3) Mercier: Recherches sur une cause fréquente peu connue de rétention d\u2019urine, 1848. 630 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Civiale (4) lui donnait le nom de \u2018barre au col de la vessie\u201d.Cette saillie musculaire, capable d\u2019engendrer des troubles de prostatisme, est développée sur la lèvre postérieure du col vésical.Par sa situation elle obture plus ou moins l\u2019orifice interne de l\u2019urètre et empêche la vessie de se vider normalement.La barre interurétérale a une forme et une localisation très différente.Sa description complète en est récente et Young (5) avec son élève Wesson a été le premier à étudier ses caractères anatomiques et cliniques.Elle se développe aux dépens de la région trigonale.La base du trigone fait une saillie anormale, qui tend à séparer la vessie en deux.Cette bride siège transversalement entre les deux orifices urétéraux, qui en occupent les deux extrémités.En arrière d\u2019elle s'étend un bas-fond plus ou moins prononcé.En somme, la barre interurétérale est constituée par une byper- trophie du trigone, au niveau du bourrelet interurétérique, assez considérable pour faire une saillie marquée et permanente, tendant à diviser la vessie en deux, limitant un bas-fond postérieur plus ou moins accusé et créant ainsi des phénomènes de prostatisme.C\u2019est donc le muscle trigonal seul, qui participe à la formation «le la barre interurétérale.Les travaux de Wesson (6) ont montré l\u2019importance du muscle trigonal et ont fait voir son entité anatomique et physiologique.Le trigone de Lieutaud est une région triangulaire, située au bas-fond vésical, dont les angles comportent les deux orifices urétéraux et l\u2019orifice vésical interne.Les deux couches musculaires de la vessie prennent part à sa constitution, mais, en outre, il se superpose sur ces deux couches musculaires une troisième, le muscle trigonal.Ce dernier est formé par des fibres, venues de la couche musculaire longitudinale de l\u2019uretère.Ces fibres s'épanouissent en éventail des orifices urétéraux, s'entrecroisent et vont se perdre dans l\u2019urètre au niveau du veru-montanum.Au niveau du col vésical, elles s\u2019intriquent dans les fibres arquées du sphincter vésical.L\u2019ouverture du col de la vessie pendant la miction serait produite par la contraction du muscle trigonal, contraction qui tirerait sur les fibres du sphincter interne et ouvrirait mécaniquement [orifice vésical.Cette contraction serait sous la dépendance de filets sympathiques et (4) Civiale: Traité pratique sur les maladies des organes génito- urinaires, Paris, 1850.(5) Young and Wesson: The Anatomy and Surgery of the Trigon, Archives of Surgery, July 1921, vol.III, pp.1-37.(6) Wessen: Anatomical, Embryological and Physiological Studies of the Trigone and Neck of the Bladder.Journal of Urology, vol.1V, No.3, June 1520. PC em er rentre UNION MEDICALE DU CANADA (0.MERCIER) f a, ogg TW 7 BARRE INTÉRUTÉRALE \u2014 AMEDEE LEGRAND, EDITEUR PARIS L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 631 aurait lieu pour son propre compte, indépendamment de la contraction de la vessie On comprend que toute cause susceptible d'augmenter la difficulté d\u2019ouverture du sphincter produirait hypertrophie du muscle trigonal dont le travail serait ainsi augmenté.L'hyvertrophie légère du muscle trigonal me constitue pas, à notre avis, la barre interurétérale et nous pourrions nous demander si la fréquence des cas rapportés par Young ne viendrait pas d'une interprétation infidèle de la lésion.En effet, nombreux sont les prostatiques présentant une hypertrophie peu accentuée du bourrelet interurétérique.Chez eux, cet état n\u2019amene aucun trouble et disparaît dès Ta suppression de l\u2019adénome, qui met ainsi au repos le muscle trigonal.De plus, cette légère hypertrophie peut apparaître d\u2019une volume plus considérable, si le malade, pendant l'examen cystoscopique, a de fortes contractions vésicales, qui normalement produisent un soulèvement du trigone.L'expression de barre inter- urétérale a trop de variantes et 1l faudrait que les auteurs se mettent d\u2019accord sur sa définition.Pour notre part, nous n\u2019admettons le terme de barre interurétérale que lorsque l\u2019hypertrophie du trigone est assez prononcée pour former une saillie interurétérique permanente, capable de créer des troubles de prostatisme en faisant un obstacle à l\u2019évacuation de la vessie.La vessie étant ouverte, la barre interurétérale apparaît (Fig.II) comme un repli membraneux, s\u2019étendant transversalement entre les deux orifices urétéraux.Derrière ce repli, s'amorce une dépression.Dans les cas très prononcés, la barre prend l'aspect d\u2019une véritable bride et peut arriver dans les cas extrêmes à diviser la vessie en deux parties.Le bas-fond ébauché en arrière de ce bourrelet «ugmente au fur et à mesure que le trigone s'hypertrophie et que la paroi musculaire vésicale devient atone.Il s\u2019agit parfois d'une vért- table poche diverticulaire qui peut contenir, comme dans un cas de Blanc, 600 cc.Ce bas-fond conserve un résidu perpétuel, qui s'infecte facilement.Etiologie et Pathogénie Les auteurs qui ont étudié la barre interurétérale se sont prononcés différemment sur la nature de la malformation.Les uns, parmi eux Young et Wesson, la considèrent comme une disposition acquise.D\u2019autres, parmi lesquels Blanc et Boretti (1), se sont ; (7 ) Boretti: Malformabioni congenite del collo vescicale e disturbi disurici secondarii.IIIe Congrès de la Société Italienne d\u2019Urologie, 1924. 632 L'UNION MÉDICALE DU CANADA demandé si dans certains cas l\u2019hypertrophie du muscle trigonal n\u2019était pas congénitale.Avant d\u2019en discuter la nature, nous voudrions en dégager certains faits étiologiques.La barre interurétérale n\u2019a jamais été observée chez la femme, comme Blanc l\u2019a écrit.Toujours il s'agissait d'hommes adultes, ayant dépassé trente ans.Dans la grande majorité des observations de Young, la bride interurétérique coexistait avec une hypertrophie de la prostate, comme chez nos deux malades.Dans une des observations de Blanc il existe des troubles nerveux consistant en une exagération très marquée des réflexes et en une hyperesthésie scrotale.Au contraire, un des malades de Blanc, celui de Pas- quereau (8), celui de Deton (9), et les deux de Boretti n\u2019ont aucune lésion susceptible d'expliquer la formation de la barre; chez eux elle paraît primitive.Ces cas sont-ils suffisants pour établir la congénitalité de la malformation ?Nous croyons, au contraire, que l\u2019hypertrophie du trigone est, dans la presque totalité des cas, consécutive à des troubles d'évacuation de la vessie.Le malade de Deton conserve après la section de la bride un résidu habituel de 250 à 500 c.c., ce qui illustre bien la persistance de troubles vésicaux, malgré que Deton- n\u2019ait trouvé aucune modification de la prostate et aucun trouble nerveux.D'ailleurs, le fait de constater la barre interurétérale après trente ans, à l\u2019époque où la vessie est plus fréquemment atteinte dans son fonctionnement, n\u2019est-il pas un argument contre la congénitalité ?L'absence de cette malformation chez la femme dont la vessie présente rarement des troubles d'évacuation est encore suffisante pour démontrer qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une lésion acquise.Sans doute, la lésion causale ne consiste pas toujours en une hypertrophie de la prostate.Chez quelques malades, comme celui de Blanc, ce sont des troubles nerveux centraux, le plus souvent tabétiques, qui amènent l\u2019hypertrophie du muscle trigonal.Enfin, chez quelques-uns la barre interurétérale peut être consécutive à un rétrécissement urétral ou à un calcul prostato-urétral.La barre apparaît donc comme secondaire a toute lésion susceptible de preduire une difficulté d\u2019évacuation de la vessie.Actucile- ment, il existe dans la littérature quelques cas qui sont d'apparence (8) Pasquereau: XVe session de l\u2019Association française d\u2019Urologie, 1911, (9) W.Deton: Barre interurétérale, cause principale d\u2019une rétention complète.Opération.Amélioration.Journal d\u2019Urologie, t.IV, 15 août 1913. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 633 primitive :nais nous croyons que ces hypertrophies du trigone, dites congénitales, sont appelées à disparaître au fur et à mesure que la pathologie du col vésical se précisera.Etude clinique De même que nous avons considéré la barre interurétérale comme une disposition secondaire acquise, de même nous ne saurions lui attribuer une symptomatologie particulière autonome.D\u2019une façon générale, ses manifestations cliniques se confondent avec celles de la maladie causale.Dans l'observation II, aucun symptôme n\u2019aurait pu faire soupçonner l'existence de la barre inter- urétérale.Il ne fait pas de doute que dans de nombreux cas elle amplifie les troubles créés par l'affection primitive.Ainsi des signes de prostatisme, qui auraient été peu accentués avec une hypertrophie très légère de la prostate, sont notablement augmentés par la bride trigonale.Quoi qu\u2019il en soit, la présence de la saillie, qui fait obstacle à la miction, l\u2019apparition du bas-fond rétro-trigonal où l\u2019urine tend à stagner sont des conditions anatomiques propres à engendrer des troubles de prostatisme.Ces troubles confondus souvent avec ceux de la maladie causale deviendront évidents, si le chirurgien supprime la cause sans agir sur la barre interurétérale.Ainsi si on procède uniquement à la prostatectomie, les phénomènes de dysurie et de pollakiurie persisteront.C\u2019est, d\u2019ailleurs, de ce fait d\u2019où découle l\u2019importance du diagnostic de cette malformation vésicale.Cependant la barre interurétérale peut créer dans quelques rares cas une manifestation clinique qui lui est particulière.Le malade de l\u2019observation I en offre un exemple typique.Il présentait de la miction en deux temps, comme celui atteint de diverticule de la vessie.La cystoscopie et la cystographie ne nous montrèrent aucune cavité diverticulaire.Le phénomène de la miction en deux temps était donc en relation directe avec la barre interurétérale.Nous avons dit dans le Journal d\u2019Urologie comment nous comprenions le mécanisme de ce symptôme.Il est comparable à celui des vannes d\u2019une écluse.[Lors de la première miction, la barre se soulève fortement sous l'effet des contractions et limite une forte dépression rétrograde d\u2019où l\u2019urine ne peut s'écouler.Au repos, après cette première miction, la saillie, produite par la barre, s'affaisse un peu, la paroi vésicale revient sur elle-même et l\u2019urine s'échappe alors vers le col vésical.Une seconde miction survient pour évacuer cette quantité d\u2019urine qui 634 L'UNION MÉDICALE DU CANADA a franchi la saillie trigonale.Certaines conditions essentielles sont nécessaires à la réalisation de ce mécanisme.La barre interurétérale doit être assez développée et la contractibilité vésicale doit être bonne.Si la saillie est peu prononcée, l'obstacle n\u2019est pas suffisant pour retenir, lors de la miction, en arrière de lui une certaine quantité d'urine et la vessie se vide entièrement en une fois.Au contraire, lorsque le trigone très surélevé limite un bas-fond très marqué et peu contractile, il existera un résidu perpétuel dans cette dépression et le phénomène de la miction en deux temps ne se produira pas.Ces conditions sont difficilement réalisables; c\u2019est ce qui explique la rareté de ce système dans la barre interurétérale.L'évolution de la bride trigonale offre une grande analogie avec celle de l\u2019hypertrophie de la prostate.Elle accélère, d\u2019ailleurs, cette dernière.La fréquence de la rétention complète ou incomplète est grande; la presque totalité des malades de Young étaient des.rétentionnistes.Le résidu qui s'installe dans la dépression située en arrière de la barre s\u2019accroît et peu acquérir le volume énorme de 600 grammes, comme chez un malade de Blanc.L\u2019infection de ce résidu est très fréquente et rappelle celle des diverticules du bas- fond vésical.Peu à peu, les uretères peuvent être forcés, les bassinets distendus et il n\u2019est pas rare de voir des accidents urinaires ascendants s'installer.Diagnostic Le diagnostic de la barre interurétérale est d\u2019une importance capitale.Ignorer cette malformation et traiter uniquement, par exemple, l\u2019hypertrophie de la prostate est s\u2019exposer à un insuccès opératoire complet.Parmi les symptômes objectifs aucun n\u2019est assez caractéristique .pour faire soupçonner la lésion.Sans doute, le phénomène de la miction en deux temps pourra éveiller l\u2019attention, et il aura l'énorme avantage de forcer l\u2019urologue à pratiquer une cystoscopie.Cet examen, soit dit en passant, devrait être fait chez tout malade présentant des troubles de prostatisme.La cystoscopie reste le seul moyen par lequel la barre inter- urétérale peut être diagnostiquée d\u2019une façon précise.L\u2019œil voit au niveau du trigone de Lieutaud une saillie anormale de coloration analogue à celle de la muqueuse vésicale avoisinante.* Cette saillie (Planche I) s\u2019étend transversalement vers les deux orifices urétéraux.qui sont situés sur sa portion externe.Celle-ci sépare en quelque toi. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 635 sorte la vessie en deux et limite un bas-fond plus ou moins prononcé, qui siège en arrière d\u2019elle.Lorsque le malade fait des efforts pour uriner, la saillie se soulève fortement sous l'effet de la concentration du muscle trigonal, comme nous avons pu le constater chez nos deux malades.L'aspect cystoscopique de la barre interurétérale est donc très caractéristique et n'offre aucune difficulté de diagnostic.Cependant, deux dispositions anatomiques pourraient en imposer pour une bride interurétérale.D\u2019une part, une forte colonne vésicale, siégeant transversalement au niveau du bas-fond, serait facilement confondue avec la saillie produite par l\u2019hypertrophie du muscle tri- gonal, comme chez un malade dont l'observation fut présentée par M.Marion à la Société d'Urologie.Toutefois les orifices urétéraux reposent toujours aux deux extrémités de la barre interurétérale, tandis que ceux-ci sont absents sur une forte colonne vésicale.D'une part, une légère bypertrophie du muscle trigonal, relativement fréquente dans les adénomes périurétraux, pourrait faire croire à l'existence d\u2019une barre, d'autant que la légère saillie peut augmenter de volume sous l\u2019effet de violentes contractions vésicales, comme le fait s\u2019est produit chez un malade de Young.Nous avons déjà dit combien il importait de distinguer entre cette hypertrophie trigonale peu prononcée et l\u2019hypertrophie trigonale accentuée, créant une barre interurétérale.Il convient donc chez ces malades d'opérer dans une vessie calme pour pouvoir facilement apprécier le volume de la saillie et la profondeur du bas-fond.Lorsque le trigone est légèrement hypertrophié, on ne trouve pas de saillie, il s'agit d\u2019un simple dénivellement.De plus, le bas-fond n'apparaît même pas.La cystographie latérale peut montrer la barre interurétérale, en fournissant une encoche sur l'ombre projetée, comme chez un malade de Boretti, mais l\u2019interprétation de l\u2019image est si délicate que les Rayons X sans l'examen cystoscopique ne sauraient trancher la question.Enfin, la barre interurétérale peut être reconnue au cours de la cystostomie précédant la prostatectomie par le doigt qui explore la vessie Mais nous laissons de côté cette recherche clinique mmprovisée, qui ne permet pas de connaître la malformation avant l\u2019orientation du traitement.La cystoscopie reste donc le seul moyen de diagnostic par lequel la barre interurétérale peut être reconnue.Traitement Le traitement de la barre interurétérale peut être palliatif ou curatif.Palhatif, 11 consiste en des lavages vésicaux et des sondages 636 L'UNION MÉDICALE DU CANADA dans le but de vider le bas-fond rétro-trigonal de son résidu; 11 n'est indiqué que chez les malades dont l\u2019état général ne permet pas une intervention.| Le traitement de choix consiste dans la résection de la saillie produite par l\u2019hypertrophie du trigone.Cette résection peut être faite par voie trans-vésicale sus-pubienne, ou par voie urétrale à l\u2019aide d\u2019instruments endoscopiques spéciaux.Dans ce but, Young utilise deux instruments qu\u2019il a réalisés.L'un, dont il se sert pour les barres de petit volume, est une sorte de guillotine endo-vésicale (punch).Cet instrument opère sans le contrôle d\u2019un prisme de vision; 1l est construit de telle sorte que l\u2019opérateur puisse saisir dans une encoche la saillie qui est sectionnée après la prise.Cette guillotine, a notre avis, n'offre aucun avantage; au contraire, nous pourrions nous demander si elle n\u2019expose pas à quelque danger du fait qu\u2019elle sectionne à l\u2019aveugle.Le second iinstru- ment est ingénieux et pratique.Il s\u2019agit d\u2019un trigonotome cystosco- pique.ll ressemble à un cystoscope lithotriteur dont la branche mâle comporterait une lame tranchante.Sous le contrôle de la vue, à l\u2019aide de prismes, la barre interurétérale est placée entre les deux branches écartées, puis la branche mâle par une crémaillière est rapprochée et sectionne la saillie.Cet instrument offre de réels avantages, mais neus ne crovons pas qu\u2019il doive remplacer l\u2019acte chirurgical.Il trouve son indication chez ces malades dont l\u2019état général contre-indique toute intervention.l'opération idéale consiste en la résection de la barre par voie trans-vésicale sus-pubienne.Le trigone est abordé par une cystos- tomie sus-pubienne élargie, les bords de la plaie sont largement écartés et la barre interurétérale est excisée en coin de chaque côté en dedans des orifices urétéraux.l'\u2019hémostase est assurée et le plancher vésical est restauré par des points au catgut.La résection doit porter uniquement sur la saillie et l\u2019excision entière du trigone pourrait exposer à des troubles de la miction, à de la rétention en rapport avec l\u2019importante fonction du muscle trigonal, telle qu\u2019indiquée par Wesson.[a résection de la barre par voie trans-vésicale permet une hémostase parfaite, si nécessaire, car la vascularisation du trigone est intense.Cependant cette résection doit toujours être accompagnée ou suivie du traitement de l'affection causale.D\u2019une façon générale, dans les cas d\u2019hypertrophie de la prostate avec barre interurétérale, lorsque le malade est en état de subir une prostatectomie, dans un premier temps la barre sera réséquée et la L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 637 vessie drainée, puis dans un second temps on procèdera à l'ablation de l'adénome périurétral, comme dans l\u2019observation I.Chez les prostatiques dont l\u2019état général défend toute intervention chirurgicale, nous emploierions volontiers le trigonotome cystoscopique de Young, en traitant médicalement l'hypertrophte de la prostate.Chez les médullaires présentant des troubles vésicaux avec hypertrophie du trigone, toute opération chirurgicale est inutile et le trigonotome trouve encore son indication.En résumé, lorsque l\u2019état général permet une intervention chirurgicale et lorsque le traitement de la maladie causale comporte une opération vésicale, le traitement de choix doit être la résection de la barre à ciel ouvert par voie trans-vésicale sus-pubienne.Au contraire, si le malade n\u2019est pas en état de supporter l'acte chirurgical, si le traitement de la maladie causale ne réside pas en une opération, la barre doit être sectionnée par voie urétrale à l\u2019aide du trigonotome cystocopique de Young.Conclusions 1° La barre interurétérale est une affection rare, d\u2019étiologie complexe.Il nous semble qu\u2019elle est secondaire à toute lésion susceptible de produire une difficulté d'évacuation de la vessie.2° Elle ne présente pas de symptomatologie particulière autonome.Ce sont des troubles de prostatisme qu\u2019elle crée, qui se confondent avec les symptômes de l'affection causale.Dans quelques rares cas elle peut produire le phénomène de la miction en deux temps, comme les diverticules de la vessie.3° Son diagnostic facile ne peut être fait que par la cystoscopie.La cystographie latérale, en montrant une encoche sur l'ombre projetée fera soupçonner l'existence de la barre interurétérale.4° Le traitement consiste dans la résection de la saillie produite par l\u2019hypertrophie du muscle trigonal.Elle sera faite, soit par voie trans-vésicale sus-pubienne, soit par voie urétrale à l\u2019aide d\u2019instruments endoscopiques.La première voie est la meilleure, car elle permet une hémostase parfaite du trigone.Elle est indiquée, chaque fois que l\u2019état général autorise une intervention chirurgicale et que le traitement de l\u2019affection causale comporte une 638 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA opération vésicale.La voie urétrale trouve son indication dans tous les autres cas: La résection est alors faite par le trigono- tome cystoscopique de Young.Chez tous les malades, le traitement doit être complété par la thérapie médicale ou chirurgicale de l\u2019affection causale. COURS DU PROFESSEUR LEMIERRE (1) REINS PREMIERE LEÇON Dans le domaine de la pathologie rénale il s'est fait, depuis le début du 20e siècle, une véritable rénovation due surtout aux cliniciens, qui ont orienté l'effort des physiologistes.Au rare esprit de pénétration du professeur Widal, qui a tant contribué à l\u2019étude de la physiologie normale, reviennent, en grande partie, les acquisitions actuelles sur la diversité des fonctions rénales.Il a donné aux physiologistes et en particulier au professeur Ambard, actuellement à la Faculté de Strasbourg, l'orientation à ces magnifiques travaux sur la physiologie normale et pathologique des reins.Avant d'entamer le grand chapitre, en partie édifié par l\u2019école de Widal, il n\u2019est pas superflu de consacrer Ilx première partie aux lois d\u2019ambard et aux notions préliminaires à l'étude des grands svndromes rénaux, et le professeur Lemierre entre dans son sujet par un : 1° Parallèle entre le sang et l\u2019urine.Ces deux liquides sont radicalement différents.(a) Sang: Solution de colloïdes et de cristalloïdes, donne une réaction légèrement alcaline; en outre, il possède une différence marquée, sur l'urine, quant à la concentration des éléments qui le composent, z.e., l'urée à 0.20 centigrammes au litre.(b) L\u2019urine: Solution de cristalloïdes seulement, donne une réaction acide et une concentration des éléments nocifs du sang à un titre beaucoup plus élevé, 7.e., urée à 20 grammes au litre.2° Mode d\u2019élimination.Nous savons que certaines substances, l'ammoniaque et la créatinine, par exemple, sont, en grande partie, produites dans le rein.Mais en outre le rein soustrait au sang ses éléments nocifs.Cette soustraction, dont le mécanisme est assez complexe, se réalise par trois modes connus, qui constituent des types assez distincts d\u2019élimination rénale.(1) Leçons recueillies par le docteur À.Léger, professeur agrégé à l'Université de Montréal et médecin de l\u2019Hôpital Notre-Dame. 640 L'UNION MÉDICALE DU CANADA (a) Par effraction.Certaines substances \u2014 le sang et la lymphe par exemple -\u2014 ne traversent qu\u2019accidentellement le filtre rénal pour être déversées dans les conduits uriniferes.C'est au cours d'une rupture des vaisseaux sanguins ou lymphatiques intrarénaux que ces substances sont déversées.L\u2019élimination de ces éléments se réalise par effraction.(b) Par diffusion.Comme types de substances éliminées par diffusion, nous pouvons prendre l\u2019alcool, l\u2019acétone, que le rein est incapable de concentrer.De fait l\u2019alcool ingéré se retrouve à un degré de concentration identique dans l\u2019urine et dans le sang.Il y a identité de concentration sanguine et urinaire; on dit alors que l'alcool diffuse, filtre tout simplement.(c) Par concentration ou sécrétion.\u201cSécréter c\u2019est concentrer.\u201d La concentration est la qualité primordiale du rein; quand la faculté de concentrer fait défaut le pronostic est connu.On peut réaliser l'importance de cette fonction en mesurant l\u2019azotémie normale \u2014 près de 0.20 centigrammes \u2014 parallèlement à l\u2019azoturie moyenne \u2014 près de 20 grammes.Le rein a donc pris, du sang, une substance pour la concentrer à 100 fois son titre cat guin.Mais cette faculté de concentration n\u2019est pas indéfinie.Il existe, en effet, une concentration maxima.Etudiée chez le chien, animal d\u2019expérience par excellence pour établir la C.M., nous arrivons, pour l\u2019urée, à un chiffre qui ne va pas au delà de 120 grammes pour 1000.En cherchant à augmenter au delà de ce chiffre, l\u2019animal ne fait qu\u2019éliminer plus d\u2019urine: la soif augmente ainsi que le débit.Quant à l'homme, chez lequel on arrive assez facilement à établir la concentration maxima, le chiffre 50 pour 1000 n\u2019est jamais dépassé.Assez curieusement il n\u2019y a pas, entre les différentes substances éliminées par le rein , de solidarité nécessaire, en ce qui regarde la concentration maxima: beaucoup depend de l'alimentation.Ainsi: l\u2019urée à un chiffre de C.M.a 50; le glucose à un chiffre de C.M.à 150; le chlorure à un chiffre de C.M.à 25.ll est assez extraordinaire de constater que ces trois substances éliminées à leur point de concentration maxima respectif, le sont au même point moléculaire ou iono-moléculaire, et, lorsque cette fonction «de concentrer est troublée pour une substance, elle l\u2019est au même UNION MEDICALE DU CANADA 041 degré pour toutes les substances éliminées.Ambard dit: \u201cCe taux maxima est isotonique pour les diverses substances.\u201d Cette notion de concentration maxima est donc, au point de vue clinique, de toute première importance, parce qu \u2018elle mesure la qualité du parenchyme rénal.En mesurant, chez des sujets atteints de néphrite, cette qualité, il faut tenir compte des liquides ingérés.Dans certains états pathologiques \u2014 telle la néphrite mercurielle \u2014 ce trouble est manifeste et le pronotic est lié à son intensité.' En résumé, nous pouvons dire avec Ambard: \u201cLa valeur de concentration maxima est fonction de la qualité du parenchyme rénal.\u201d 3° Etude des débits urinaires.Par débits nous entendons la quantité, en poids, d\u2019une substance éliminée en un temps donné, généralement par 24 heures.La notion des débits a amené Ambard à étudier les lois qui régissent la quantité des éléments de l\u2019urine par rapport à la quantité contenue dans le sang.Or, l\u2019étude de ces rapports se complique par le fait dé la variabilité des substances contenues dans le sang et de la grande variabilité de la concentration maxima.Cependant, il existe des lois et des relations.Lois d\u2019 Ambard.lère loi: \u201cLorsque le rein débite l\u2019urée à une concentration constante, le débit varie proportionnellement au carrée de la concentration de l\u2019urée dans le sang.2ème loi: \u201cLorsqu\u2019avec une concentration d\u2019urée constante dans le sang le sujet débite l\u2019urée à des concentrations variables, le débit de l\u2019urée est inversement proportionnel à la racine carrée de la concentration de l\u2019urée dans l'urine.\u201d \u201cLe rein a le pouvoir de débiter des quantités d'autant plus grandes d\u2019une substance donnée que la concentration de celle-ci dans le sang est plus forte et en vertu des lois énoncées.\u2019 3eme loi: \u201cDans les expériences ou les trois facteurs urée du sang, débit et concentration urinaire varient, les deux lois précédentes se vérifient.\u2014 Cest-a-dire que le débit uréique varie en proportion directe du carré de la concentration de l\u2019urée dans le sang, et en 642 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA proportion inverse de la racine carrée de la concentration de l'urée dans l\u2019urine.\u201d Exemple de la lère loi: Sang Urine (débit) \u201c 0.60 40 grammes \u201c 0.90 90 grammes Urée 0.30 10 grammes Les azotémies étant entre elles comme |, 2 et 3, les débits seront respectivement 1?== 1, 22 = 4 et 32 = 9: dans la proportion de 1, 4, 9.\u201cOn a donc encore en divisant le carré des azotémies par les débits 12 22 33 1 4 9 \u2014, \u2014, \u2014 ou \u2014, \u2014, \u2014 | 4 9 ] 4 9 un rapport constant, et l\u2019on a aussi le même rapport constant évidemment en divisant les azotémies par les racines carrées des débits, soit : 3 = |, \u2014 \u2014 let \u2014 = | V1 V4 va Ceci nous amène la constante uréo-sécrétoire d\u2019Ambard: Iv LS Ur K = \u2014 vD La constante d'Ambard mesure le travail, la résistance que rencontre l\u2019urée dans le rein en y arrivant; elle permet de dépister la diminution de la perméabilité rénale; elle mesure la valeur fonctionnelle du rein.Les Seuils (a) Substances sans seuil d\u2019excrétion.| Les substances sans seuil d\u2019excrétion dont le type est l\u2019urée, sont evcrémentitielles, sans aucune utilité pour la conservation de la vie Tant qu\u2019il s\u2019en trouve dans la sang elles passent dans l\u2019urine et toujours à une concentration supérieure à celle du sang.Elle obéissent en s\u2019éliminant aux lois d\u2019Ambard. L\u2019IINION MÉDICALE DU CANADA 643 l'acide urique, la phénolsuphonephtaléine, le bleu de méthylène sont également des substances sans seuil sur lesquelles nous passons.(b) Substances avec seuil d'excrétion.La première notion des seuils est due à Claude Bernard.Quand on parle de seuil on se sert d'une figure empruntée au seuil d\u2019une chaumière.Ainsi, l\u2019eau ne pénètre dans une chaumière que lorsque son niveau dépasse le seuil.Il en est de même pour certaines substances contenues dans le sang (dites avec seuil d\u2019excrétion); elles ne sont .pas comme l\u2018urée, excrémentitielles mais nécessaires à la conservation de la vie.Aussi elles passent dans l'urine lorsqu'elles atteignent, dans le sang, un certain niveau.* Ce point est dit niveau liminaire; tout ce qui est au-dessous est la portion infra-liminaire; ce qui l'excède est la portion supra-liminaire.: Exemples de substances dites avec seuil d'excrétion: l\u2019eau, le chlorure, le glucose.Mobilité des seuils.Les seuils sont doués de mobilité, 11 est possible de les abaisser ou de les supprimer.Ainsi, Chabanier a réussi à faire varier, à abaisser, à supprimer même, le seuil du glucose par de la phloridzine.La phloridzine, abaissant, supprimant le seuil du glucose, rend alors cette substance superposable aux substances sans seuil et le mêmes lois d\u2019Ambard le régissent, mais ces lois sont valables seulement pour la quantité supra-liminaire: sur cette quantité supra-liminaire il existe une concentration maxima.Normalement le seuil du glucose est de 1.50 a 1.70 grammes au litre de sang; il s'élève après le repas, s'abaisse au jeûne.Quant au chlorure de sodium, on peut faire varier son seuil par la théobromine.Autres causes faisant varier les seuils.Une affection rénale l\u2019élève; le système nerveux le mobilise.L'expérience de Claude Bernard \u2014 l'excitation du plancher du 4e » | * Ambard dit que les substances utiles à la vie cellulaire ne deviennent qu\u2019incidemment excrémentitielles, lorsque leur taux dans le sang est excessif.' 644 L'UNION MÉDICALE DU CANADA ventricule \u2014 détermine une glycosurie, sans toutefois élever la glycémie, c\u2019est donc que le seuil s\u2019abaisse.% % % DEUXIEME LEÇON Après l'exposé préliminaire a l'étude des grands syndromes rénaux le docteur Lemierre passe au syndrome de rétention chlorurée.Syndrome de rétention chlorurée On dit aussi urémie hydropigène ou syndrome de rétention hydro-chlorurée.Les divers syndromes rénaux, classifiés par Widal il y a bientôt 20 ans, ne constituent pas un aspect définitif des néphrites, mais bien plutôt des troubles qui, souvent, alternent ou s'associent.1° Synopsis: Le chlorure de sodium dans l\u2019organisme sain \u2014 Proportion, équilibre chloruré \u2014 Voies d\u2019élimination \u2014 Bilan chloruré \u2014 La ration nécessaire \u2014 Sel condiment.(a) Le chlorure de sodium dans l'organisme sain.C\u2019est au chlorure de sodium que revient le rôle de maintenir constant l\u2019équilibre osmotique, l\u2019isotonie de nos humeurs.Le sel est donc un élément indispensable et, de tous les cristal- loïdes, le plus important, le plus abondant de l\u2019économie.(b) Proportion, équilibre chloruré, ration nécessaire, sel condiment.La quantité de chlorure de sodium dans un organisme sain est sensiblement invariable.La ration quotidienne, soustraite à l\u2019alimentation, est en moyenne de 15 à 20 grammes, et tout ce que nous ingérons est éliminé globalement.Nous sommes en équilibre chloruré, le sel ne fait que passer.Pour Lemierre, le sel ajouté n\u2019est qu\u2019un condiment ; il est possible de bien vivre sans ajouter un grain de sel à notre ration alimentaire.L'alimentation quotidienne apporte le quantité nécessaire, et, physiologiquement, la vie est possible avec 1.50 grammes de sel alimen- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 645 taire.Des exemples nombreux d'individus soumis au régime déchloruré, se portant à merveille, font la preuve de ces énoncés.(c) Voies d'élimination.Le rein est la glande sécrétrice du sel, presque exclusivement.Son rôle est donc nécessaire dans l'équilibre chloruré.Il arrive, chez des individus atteints de déséquilibre, que la déchloruration se fasse par d\u2019autres voies secondaires, mais, en réalité, il s\u2019agit de faits exceptionnels.Nous verrons plus loin ce qu'il faut en penser.2° Synopsis: L'influence des chlorures sur l\u2019hydration normale \u2014 (Limites physiologiques) \u2014 Absence d'influence de l'eau \u2014 Rôle essentiel de l\u2019eau.L'homme normal est en équilibre chloruré, avons-nous dit, c'est dire qu\u2019il y a une limite d\u2019hydratation quelle que soit la quantité de chlorure ingéré.(a) Epreuve des chlorures sur l\u2019hydratation normale.{ La quantité de chlorure de sodium dans un organisme sain est sensiblement invariable, et, physiologiquement 1.50 grammes de sel alimentaire suffit, c\u2019est la quantité nécessaire.Si nous augmentons à 11.50 grammes cet apport de sel, chez un individu en état d\u2019équilibre et soumis préalablement au régime approprié, déchloruré, nous remarquons pendant les trois premiers jours une augmentation progressive du poids, I'individu s\u2019hydrate pour le surplus de sel ingéré \u2014 a savoir de 2 kilogrammes au maximum \u2014 et lorsque ce chiffre est atteint, à peu près, le poids se maintient fixe.Il y a donc chez l\u2019homme sain de son rein une limite d\u2019hydratation à deux litres, le sel a fait bouger l\u2019eau.* Chez l\u2019individu atteint d\u2019imperméabilité rénale au chlorure de sodium il n\u2019y a pas, comme chez l\u2019individu sain, d\u2019équilibre chloruré et par conséquent pas de limite d\u2019hydratation et la valeur de cette hydratation est fonction de la quantité de sel ingéré; \u201cil fait des œdèmes proportionnés à la teneur de son régime en sel et ces œdèmes augmentent indéfiniment.\u201d * L\u2019eau ne fait pas bouger le sel, l\u2019ingestion d\u2019eau n\u2019augmente pas la rétention chlorurée. 646 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 3° Synopsis: La rétention chlorurée dans les néphrites \u2014 Variations de la perméabilité rénale \u2014 Les étapes d\u2019hydratation \u2014 Le pré-œædème \u2014 La balance \u2014 La rétention chlorurée sèche.(a) Variations de la perméabilité rénale.Lemierre divise l'imperméabilité rénale du sel en trois classes: 1° L'imperméabilité passagère ; 2° L'imperméabilité définitive; 3° L\u2019imperméabilité variable.4 (b) Le pré-ædème.Phase qui ne manifeste pas aucun œdème périphérique, mais qui peut se dépister par la balance, par l\u2019épreuve des bilans chlorurés.(c) Etapes de l\u2019hydratation.Le régime déchloruré d\u2019épreuve peut, fréquemment, améliorer la perméabilité pour les chlorures quand cette fonction n\u2019est que compromise.Le régime riche en chlorure, par contre, peut réveiller, réveille toujours, chez un malade en état d'équilibre, une surcharge chlorurée de l\u2019organisme avec ses symptômes.Le néphritique passe ainsi par diverses étapes selon les conditions qui l'entourent.Equilibre, déséquilibre, etc.L\u2019hydratation étant toujours fonction de la chloruration.(d) Rapports entre la chloruration et l'hydratation.Il y a généralement une concentration moléculaire à peu près constante des humeurs de l\u2019économie, qui sont en réalité des solutions isotoniques à 7 o/o0.Le syndrome hydrochloruré n\u2019est qu\u2019une déviation de ce phénomène d\u2019isotonie humorale.* Cependant, certains malades en puissance de néphrite œdémateuse dévient singulièrement de ce phénomène en retenant à une faible concentration 3 0/00 par exemple; d\u2019autres dévient à une très forte concentration et jusqu\u2019à 18 0/00.* Tout phénomène pathologique n\u2019est qu\u2019une déviation d\u2019un phénomène physiologique. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA {e) Rétention chlorurée sèche.Des malades, qui prennent peu de sel, éliminent, pendant longtemps, des quantités bien au delà de la quantité ingérée sans excès d\u2019eau.Ces malades font de la rétention sèche.Diminuer le sel et «doser la quantité éliminée quotidiennement est le seul moyen de diagnostiquer ces rétentions sèches.4° Synopsis: Dissociation de la perméabilité rénale pour les chlorures et pour l'urée.On peut dire que généralement il existe une véritable dissociation d\u2019élimination des chlorures et de l\u2019urée.La rétention uréique ne s'accompagne Jamais d\u2019œdème a moins d\u2019association.Un malade observé par le professeur Lemierre éliminait 0 gr.06 18 4e I Jo ig 4 7 4 4 ; > k Ce! 20 os To E - 9 CFE iE : CC Fert Se ; pe TRE SRE £2 SHE ! 6 20 30 40 %n ce Po & 90 Te trsion de C0*(en mm 4) (GRAPHIQUE DE PETERS ET BARR) Ces auteurs ont montré que le CO?total du sang est compris a 38° et 40 m.m.de pression entre 43 et 55 vol.p.100.1.\u2014Pour le calcul de la R.A.d\u2019après la technique décrite dans \u201cPractical Chemical Analysis of Blood\u201d de V.Myers, il faut ramener les chiffres à O° de température et à 0.760 m.m.de pression. 666 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Si on se rapporte à ce graphique, on voit que l\u2019espace compris entre les deux lignes courbes correspond à la R.A.normale.Le P.H.est représenté par les lignes externes 7 et 8 correspondant aux limites de variations compatibles avec la vie; les lignes 7.5-7.3 représentent le P.H.normal.L\u2019intersection de ces quatre droites et de ces deux courbes déterminent les 9 zones dont nous parlions tout à l'heure.Zone !\u2014Excès d\u2019alcali non compensé.Augmentation des bicarbonates sans augmentation parallele de H2CO?.Tétanie si l\u2019alcalose augmente.Zone 2-3 \u2014Manque de CO?non compensé.H?CO* décroit sans.chute proportionnelle des bicarbonates.Tétanie si les causes compensatrices restent sans effet.Zone 4\u2014Excès d'alcali ou de CO?compensé.P.H.normal.Bicarbonates et H?CO* élevés dans les mêmes proportions.Zone 5 \u2014 Equilibre normal.Réserve alcaline et acide carbonique sont normaux.Donc P.H.normal.Zone 6 \u2014 Manque d\u2019alcali ou de CO?compensé.Réserve alcaline abaissée, mais P.H.constant car H2CO?est abaissé proportionnellement.Deux causes possibles: Rétention ou formation exagérée d\u2019acides.fixes qui provoquent une diminution du taux alcalin, ou bien encore hyperventilation pulmonaire qui fait.diminuer H2CO?.La rétention d\u2019acides fixes se rencontre dans les néphrites; la surproduction de ces mêmes acides se voit dans le diabète.Zone 7-8 \u2014Excès de CO?non compensé.Elimination de CO?retardée, H?CO* augmente et P.H.diminue, le sang devient plus.acide.Zone 9 \u2014Déficit d\u2019alcali non compensé.Les bicarbonates sont abaissés sans diminution sensible de H?CO°, leur rapport baisse: ainsi que le P.H.Acidose non compensée, se rencontre dans le coma diabétique et néphritique à la dernière période (Vincent).! Cet exposé rapide des diverses conditions de variatidn du P.H.et de la R.A.montre clairement que s\u2019il est des cas ou l'étude du P.H.sanguin peut fournir des résultats intéressants quant à la teneur en ions hydrogènes du sang, il est par contre d\u2019autres états (Zone 4-6) où l'équilibre acido-alcalin du sang peut être profon- 1.\u2014Pour plus de détails voir: Myers ou Vincent (Thèse). L'UNION MÉDICALE DU CANADA 667 dément modifié soit dans le sens de l'acidité, soit dans le sens de l'älcalinité, le P.H.étant cependant normal.Tel est le cas pour certains états d\u2019acidose.Dolore définit l\u2019acidose: \u201cEtat dans lequel l\u2019équilibre acido-alcalin du sang est altéré dans le sens d\u2019une diminution de l\u2019alcalinité.\u201d En d'autres termes, c\u2019est un état dans lequel par suite d'une augmentation des acides dans le sang, une quantité correspondante de bases a dû être immobilisée, diminuant d\u2019autant la réserve.L\u2019acidose est donc une intoxication par les acides acétoniques.Elle a été surtout étudiée au cours du diabète.Au début de la maladie, on voit apparaître dans l'urine l\u2019acétone, puis l'acide diacétique, puis enfin l\u2019acide oxybutyrique, lequel, dans les cas les plus avancés, aux approches du coma, finit par représenter les-4/5 de la totalité.des corps acétoniques.Il importe de retenir ce chiffre, car, connaissant les difficultés d\u2019un dosage de l\u2019acide oxybutyrique dans l\u2019urine, on néglige trop souvent de le faire pour ne s\u2019en rapporter qu\u2019au dosage de l\u2019acétone, et Magnus-Lévy a signalé qu\u2019aux approches du coma l\u2019acétone pouvait diminuer.Le Pr.Mouriquand fait remarquer que \u2018lorsque l\u2019acétone et l'acide diavétique apparaissent dans l\u2019urine, une nouvelle séméiologie se développe chez le diabétique qui se surajoute à la première, d'origine hyperglycémique, et tend souvent à l\u2019effacer\u201d \u2014 \u201cDu diagnostic précoce de l\u2019acidose peut dépendre le salut plus ou moins durable du malade.\u201d Le même auteur ajoute: \u201cLorsque le diabétique ne peut plus se nourrir aux dépens des hydrates de carbones il recourt d\u2019abord aux albumines et aux graisses alimentaires puis à celles de ses tissus) c\u2019est alors qu\u2019apparaît l\u2019acidose avec son aboutissant presque nécessaire, le coma.\u201d Dolore, de son côté, a constaté qu\u2019en général la baisse de la R.A.du sang est plus précoce chez les acidosiques que l'apparition de l\u2019acétonurie.On conçoit donc tout l\u2019intérêt qu\u2019il y a de faire la recherche de la R.A.non seulement lorsqu\u2019il y a de l\u2019acétone dans les urines, mais encore et surtout chez tous les diabétiques, avant l\u2019apparition des corps acétonique, afin d\u2019éviter si possible, par l'application d\u2019une thérapeutique efficace, cette complication toujours grave, l\u2019acidose.La détermination du P.H.dans un tel état (Zone 6) ne saurait remplacer celle de la R.À.puisque Michaelis a observé qu\u2019au cours «de l\u2019acidose le P.H.ne diminue qu\u2019aux approches du coma. 668 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA De même Henderson n\u2019a observé de variation du P.H.que chez les moribonds.D\u2019après Bigwood \u201cl\u2019abondance des corps acétoniques dans l\u2019urine est habituellement proportionnelle à la diminution de la R.A.du sang, mais cela n\u2019est cependant pas toujours le cas.\u201d Plus loin: \u201cL\u2019enrichissement du sang diabétique en bicarbonates ne s\u2019accompagne pas toujours d\u2019une diminution du débit des acides du groupe acétonique, bien au contraire.\u201d En effet, on a vu a la suite d\u2019ingestion d\u2019une certaine quantité de bicarbonates alcalins une augmentation considérable des corps acétoniques dans l'urine.Nous avons vu que d\u2019après Myers la R.À.normale varie de 53 vol.à 77.vol pour 100 à O° et à 0.760 m.m.de pression.Ce dernier auteur interprète de la façon suivante les résultats fournis par la détermination de la R.A.1° Dans l\u2019acidose légère sans symptôme visible, la réserve alcaline oscille entre 53 et 40 vol.2° Dans l\u2019acidose modérée avec symptômes, la R.À.varie de 40 a 31 vol.3° Dans l\u2019acidose grave la R.À.est inférieure a 31 vol.4° Le minimum de CO?observé pendant la vie a été de 16 vol.Il résulte de ce qui précède que dans l\u2019acidose diabétique, la recherche et le dosage des corps acétoniques dans l'urine, pas plus.que la détermination du P.H.sanguin ne sauraient fournir d\u2019indications précises, sur le degré d\u2019intensité de la maladie.La R.A, au contraire, permet le diagnostic ferme de l\u2019acidose.Elle met en évidence certains états d\u2019acidose latente, elle permet en plus de préciser la gravité de la maladie avec une grande exactitude, et sa valeur pronostique peut se rapprocher de celle fournie par le taux de l\u2019urée sanguine.Dolore ajoute que les malades chez qui il a observé une R.A.inférieure à 35 vol.sont morts dans les jours.suivants.La R.À.trouve encore son application, en dehors du diabète, dans certains états s\u2019accompagnant d\u2019acidose: néphrite, emphysème, pneumonie, états de choc chirurgical, anesthésique, anaphylactique, certaines toxi-infections et certains troubles gastro-intestinaux chez les enfants, éclampsie, grossesse, etc.\u201cLa recherche de la R.À.dans les cas d\u2019acidose se justifie donc au triple point de vue diagnostic, pronostic et traitement et mérite- d\u2019entrer dans la pratique clinique\u201d (Dolore). L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 669- BIBLIOGRAPHIE Lambling: Précés de Biochimie.Dolores Journal de Médecine de Lyon, juin 1924.Bigwood: Annales de Médecine, février 1925.Vincent: Thèse de Paris (499), 1924.Myers: Practical chemical analysis of Blood.Mouriquand: Traité de Pathologie (Sergent). RAPPORT SUR LES CAMPEMENTS DE BUCHERONS Par le Docteur L.-F.DUBE Lors de la huitième convention des Services Sanitaires, tenue en la cité de Hull, en septembre 1919, j'avais l'honneur de présenter un travail sur l'hygiène dans la forêt.C\u2019était, je crois, le premier pas qui se faisait pour améliorer la condition de nos ouvriers qui travaillent dans la forêt et autres industries semblables dans notre province.A cette date il n'y avait aucune loi ni aucun règlement dans les statuts de notre province en rapport avec l'hygiène des industries de la forêt, camps de mineurs, travaux de voies ferrées, moulins à scie, etc.L\u2019année suivante, à la demande du Conseil supérieur d'Hygiène d'alors, je préparais, de concert avec M.le Docteur Parrot, un projet de loi dans le sens indiqué par mon travail à Hull.Depuis ce temps les conditions sanitaires, dans la forêt, n\u2019ont pas changé; loin de 13, je suis d\u2019opinion qu\u2019elles sont plus mauvaises.J'en donnerai les raisons plus loin.Pour pouvoir juger de l'urgence d\u2019améliorer les conditions sanitaires de nos ouvriers dans la forêt, il est absolument nécessaire de faire la description d\u2019un campement tel qu\u2019on le trouve encore cet hiver et de parler un peu de la vie du bûcheron.De cette façon il sera plus facile de comprendre les règlements qui devront être faits, chacun étant appuyé sur un besoin pressant.Je tiens à faire remarquer que les notes qui suivent, je les ai prises sur place et que j'ai vu de mes yeux les campements.# 0% Quand il s\u2019agit d\u2019établir un campement pour un chantier de billots ou de bois de pulpe, la compagnie envoie un contremaitre pour examiner la forêt.]] choisit un endroit où le campement, une fois établi, pourra servir plusieurs hivers consécutifs, au centre de la partie de terrain à couper, et de manière que le dit campement en soit le centre convergent.La question de salubrité ne l\u2019occupe guère.Puis vient la question de l\u2019eau.Il en faut à proximité.Or, comme elle se trouve, L'UNION MÉDICALE DU CANADA 671 en général, plus facilement dans les dépressions de terrain, dans les endroits marécageux, le site du campement est trop souvent choisi dans ces endroits.; La baraque est construite avec du bois en grûme.On tâche de la faire aussi hermétique que possible.L'orientation est négligée, et d\u2019ailleurs à quoi servirait-elle puisque l\u2019éclairage est presque nul ?On élève quatre murs d\u2019environ 6 pieds de hauteur et on pose un comble en lui donnant environ 4 pieds de pente.Quelques baraques sont divisées en trois parties, d'autres en deux et celles de 8 à 12 ouvriers en un seul appartement.Les baraques à trois compartiments comprennent: un appartement pour les ouvriers, l\u2019autre pour la cuisine, et entre ces deux appartements il y a un espace d\u2019environ 8 à 10 pieds, ouvert sur une face, qui sert d\u2019entrée et en même temps est utilisé pour déposer différents objets, surtout la viande.Les baraques qui n\u2019ont pas cet espace sont divisées par une cloison placée entre la cuisine et l'appartement des ouvriers.L'appartement des ouvriers comprend une rangée.double et superposée de lits, de chaque côté et dans toute la longueur de l'appartement.Entre ces rangées de lits, on fait un plancher qui ne se rend pas jusqu\u2019aux murs latéraux, mais s'arrête aux pieds des lits.Ce plancher se fait avec des billots équarris et de moyenne grosseur et se place directement sur le sol.La rangée inférieure des lits est directement sur le sol.À tous les quatre pieds on pose une planche de 6 pouces de hauteur, c'est l\u2019espace réservé pour deux ouvriers.Un peu de paille et de branches de sapin sont étendus sur la terre et le lit est fait pour l'hiver.La rangée supérieure est d\u2019environ 4 pieds plus élevée, elle est divisée exactement de la même manière que l\u2019inférieure.Ceci pour un côté de la baraque.L'autre est le duplicata exact du premier.I] reste entre les deux rangées de lits un espace de 8 à 10 pieds, selon la largeur de l\u2019appartement.Le long de chaque rangée de lits il y a un long banc.L'ouvrier qui couche dans l\u2019étage inférieur est obligé de passer par-dessus le banc pour descendre dans son alcôve.Généralement on monte sur un lit, ict on descend.J'ai, en plusieurs circonstances, pénétré dans ces espèces de réduits pour pouvoir examiner des malades.Une couverture en laine sur le sapin et une autre pour se couvrir 672 L'UNION MÉDICALE DU CANADA À la tête de chaque lit, deux poches accrochées qui contiennent la lingerie des deux ouvriers pour la saison.Au milieu de l\u2019espace entre les rangées de lits, le gros poêle, tout autour du tuyau des cordes, crochets, pour suspendre les habits, mitaines, chaussons, etc.Une ou deux petites fenêtres d'une vitre, à un bout de la baraque.Dans un coin, un bassin, une seule serviette et la meule.C\u2019est la demeure de 25 à 60 ouvriers- pour tout l'hiver.On y passe la nuit, les dimanches, on fume, on crache partout, on repasse les haches et dans ce travail, 1l tombe toujours une certaine quantité d\u2019eau sur le plancher, et comme ce dernier est sur\u2019le sol, il est imbibé tout l\u2019hiver.Au printemps, l\u2019eau se corrompt et il s\u2019en dégage des odeurs épouvantables.Si l'éclairage se fait généralement avec des lampes, les hommes d\u2019écurie entrent toujours leur falot dans le camp et il s'en dégage de la fumée qui rend l\u2019air insupportable.Ajouter à cela que les particules organiques projetées dans l\u2019air par les poumons et par la peau entrent en putréfaction et communique à l\u2019air une propriété absolument étrangère, \u2018\u201cl\u2019animalisation\u201d\u2019.Comme cet appartement est surpeuplé, qu\u2019il n\u2019y a ausun système de ventilation, ces \u201cfumiers\u201d humides et gazeux résultant de la vie enfermée ne font que s'accumuler de plus en plus.Quand on ouvre la porte extérieure, par les froids sibériens que l\u2019on rencontre même dans la province de Québec, un courant d\u2019air froid frappe directement tous ceux qui sont couchés dans la rangée des lits, inférieure au plancher.Au contraire, ceux qui couchent dans l\u2019étage supérieur sont très rapprochés du toit; il est difficile de les tenir tous dans une bonne température moyenne.| Pour que ceux de la rangée inférieure puissent avoir une chaleur raisonnable, il faut chauffer passablement; alors ceux du haut étouffent, et si ceux-ci ont une bonne température, ceux du bas gèlent.Voilà, en peu de mots, le logement de l\u2019ouvrier.L'autre partie de la baraque sert de cuisine et de salle à manger et de chambre à coucher pour le cuisinier, son aide et sa famille.Elle est, règle générale, mieux é clairée et plus propre.Le campement établi, on procède au renchaussage des bâtisses.La terre est prise tout le long des murs de la baraque; de la sorte, on creuse une espèce de rigole.C\u2019est le système de drainage.Toutes les eaux usagées et les rebuts de la cuisine sont jetés dans un dallot en bois qui a son point de départ dans la cuisine et L'UNION MÉDICALE DU CANADA 673 excède d'environ deux pieds à l'extérieur.Les eaux se trouvent à tomber dans la rigole faite en renchaussant la bâtisse.Pour les premiers temps, à l\u2019automne, ce système fonctionne \u2018assez bien, en ce sens que les eaux \u2018passent assez facilement; mais elles séjournent où elles tombent, et avec les gelées, la neige, le froid, l'eau sale s'accumule, géle et monte sans cesse.Au printemps on trouve une montagne de malpropreté collée au mur extérieur et qui dégage des odeurs repoussantes.La partie du campement réservée aux chevaux est généralement trop rapprochée de l\u2019appartement des ouvriers ou de la cuisine: il existe des baraques, en certains endroits, où il n\u2019y a qu'un seul corps de bâtisse et où le logement des ouvriers est séparé d\u2019une simple cloison de celui des chevaux.Inutile de décrire les inconvénients et la condition tout à fait antihygiénique de ces campements, car outre la mauvaise odeur, la malpropreté, le bruit continuel des chevaux, la nuit, trouble beaucoup le sommeil des ouvriers.Avec de tels campements, il serait superflu de dire que les alentours des bâtisses sont d\u2019une malpropreté affreuse.N\u2019ayant jamais vu un seul campement ayant une latrine, il est entendu que pour satisfaire aux exigences de la nature, on va un peu partout autour de la baraque.Tout ce qui précède regarde la période des gelées et des froids.Arrive mars avec son soleil et avril avec sa chaleur.Toutes les malpropretés, le fumier des animaux, les excréments, les eaux sales et les rebuts entrent en décomposition et infectent l\u2019air, l\u2019eau coule et se dirige dans les baisseurs, quand elle ne va pas souiller le ruisseau d\u2019alimentation, lequel est généralement tout près du campement.Voila, en peu de mots, la situation pour le logement de nos ouvriers canadiens dans la forêt.Reste à dire un mot de la vie dans les bois.On se lève généralement très à bonne heure, pour pouvoir être rendu au travail avec le jour.Les uns se lavent, d\u2019autres pas, dans l\u2019unique bassin, et comme il n\u2019y a en général qu\u2019une serviette et que depuis quelques années on travaille dans le bois brûlé, il est facile de s'imaginer l\u2019état de la serviette, après avoir servi pour quarante, hommes.11 est vrai de dire que quelques ouvriers ont le soin d'apporter leur propre serviette.Le midi, le dîner se prend auprès d\u2019un feu, dans le bois. 674 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Quand le soir arrive, on se rend au campement; tous les habits, casques, mitaines, chaussettes, sont suspendus autour du poêle.On fume, on crache partout.Dans certains campements, les couvertures pour les chevaux sont entrées dans le même appartement des ouvriers pour les faire sécher, ce qui répand un odeur tout à fait désagréable.On s\u2019éclaire, règle générale, à la lampe, mais on a l'habitude également de mettre les lanternes, non éteintes, dans un coin, ce qui contribue encore à empester l'air.Ajoutez à tout cela que le poêle est chauffé à blanc, qu\u2019il y a 50 ouvriers où il devrait y en avoir 25, qu\u2019il n\u2019y a aucun système de ventilation, que le campement n\u2019a pas été aéré durant le jour, que la paille et les branches de sapin ne sont pas renouvelées de toute fa saison, que les haches se repassent dans le camp, et vous aurez une toute petite idée de la vie du bûcheron.¥* * # Au début de ce travail, j'ai dit que l\u2019état sanitaire des campements dans la forêt, loin de s'améliorer, était plus insalubre et plus mauvais.Voici pourquoi.La plupart des compagnies n'exploitent plus la forêt elles-mêmes.Elles donnent, à un homme de confiance et qui connaît le métier, une certaine étendue de terrain.C\u2019est lui qui a le contrôle de la coupe du bois dans cette partie de terrain S'il y a un million ou deux de pieds de bois à couper, le con- tracteur donne des sous-contrats à différentes personnes.De la sorte, au lieu de voir un campement unique et plus confortable, nous voyons cinq ou huit petits campements, faits à la hâte l\u2019automne, ne devant servir que pour l'hiver et où on entasse dix à douze hommes où trois ou quatre pourraient loger.Ces petits campements sont bâtis par le sous-contracteur même, ses frais.Ainsi les compagnies n\u2019ont pratiquement plus de campements.C\u2019est cette nouvelle mode de petits sous-contrats qui est parvenue a drainer nos femmes dans les bois, ou elles suivent leur mari.Le plus souvent le mari, sa femme, les grandes filles et les petites, les grands garcons et les petits, et aussi les ouvriers étrangers a la famille, tous couchent et vivent dans le méme appartement.Cette nouvelle manière d\u2019exploiter la forêt est une disgrâce tant -que l\u2019on ne mettra pas des conditions assez sévères, dans la construc- jo L'UNION MÉDICALE DU CANADA 675 tion des campements, au point de vue de l'hygiène et de la salubrité, pour empêcher autant que possible ces petits sous-contracteurs de perdre leur santé en travaillant au-dessus de leur capacité, de traîner leur femme et la famille dans les bois où tout le monde vit dans la malpropreté et ou les enfants n\u2019entendent que des jurons et des blasphèmes, dans trop d\u2019endroits.Je suis d\u2019opinion que jamais plus les compagnies ne procéderont comme avant, pour la bonne raison que cela fait mieux leur affaire.Au point de vue propreté, je suis d\u2019opinion que tout dépend du contre-maître.S\u2019il est propre et d'ordre, il tiendra à ce que ses duvriers se lavent et tiennent le campement propre, et vice-versa.Un autre détail d\u2019une grande importance est que plusieurs sous-contracteurs, dans le but d\u2019utiliser les rebuts de la cuisine, transportent des porcs au campement.Il est absolument nécessaire que ces animaux soient gardés très loin du campement des ouvriers et loin de la partie réservée pour la cuisine.% 0% 4 Avant de terminer ce court rapport, je me permets de revenir sur importante question des femmes et des enfants.Après avoir vu de mes yeux, consulté, surtout les prêtres qui font la visite des campements en hiver, des mesureurs de bois, des gardes-forestiers et diverses autres personnes, tous, à l'unanimité, de dire que la loi ne devrait permettre aux femmes et aux enfants, pour aucune considération, d\u2019aller dans la forêt.Le moral de ces femmes et enfants, privés des offices et des instructions du dimanche, la société.avec laquelle ils vivent d\u2019ordi- maire, les enfants de l\u2019école, pour vivre pendant quatre mois ou plus, la femme du dur métier de cuisinière pour 15 à 30 ouvriers et les enfants à n\u2019entendre que des conversation plus ou moins dévotes et vivre dans des milieux tout à fait dégoûtants, sont des raisons suffisantes pour demander cette loi.La mortalité infantile est effroyable dans notre province.J'en vois là une raison.Que penser d\u2019une famille de huit enfants, le dernier \u201cau ber\u201d, monter au travers la forêt, à l\u2019automne, dans la.vase et les cahots, a 30 milles du village 7 Que penser des avorte-, ments en pleine forét dans des conditions épouvantables ?que penser des soins que les bébés puissent avoir et de la nourriture qu\u2019ils mangent quand la mère ne les nourrit pas ?| \u2019 676 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Pour toutes ces raisons \u2014 et combien d'autres \u2014 je demande avec instance qu\u2019il ne soit plus permis aux femmes et aux enfants de suivre le père dans la forêt.Quand un peuple a donné durant cent années \u2014 au profit d\u2019exploiteurs anglais \u2014 la fleur de sa jeunesse et le meilleur de son sang pour gagner simplement du pain et du sirop à manger, il semblerait qu\u2019il a fait sa part, sans qu'on permette a nos meres.canadiennes d'aller se démoraliser et perdre leur vitalité pour le profit de la race qui nous exploite et veut nous écraser.¥ ¥ % A ce rapport nous croyons utile d'ajouter les règlements que le Service provincial d'Hygiène a élaborés et qui font actuellement partie de la \u201cLoi d'hygiène publique de Québec\u201d depuis le 24 avril 1924.| Règlements Règlements du lieutenant-gouverneur en conseil concernant l\u2019établissement de campements dans les chantiers de bois, camps de mineurs, travaux de voie ferrée, moulins à scies et autres industries.semblables situées dans la province de Québec.Art \u2014Le présent règlement s'applique aux industries suivantes: chantiers de bois de construction ou de pulpe, camps de mineurs, moulins à scier le bois de construction ou à préparer le bois de pulpe, travaux de voies ferrées, bricades.Le mot \u201cpatron\u201d, chaque fois qu\u2019il est employé dans le présent règlement, signifie compagnie, corpôration, société, personne, entrepreneur, sous-entrepreneur, gérant, contremaître, engagé dans l\u2019exploitation d\u2019une des'industries ci-dessus mentionnées.Le mot \u201couvrier\u201d, chaque fois qu\u2019il est employé dans le présent règlement, signifie toute personne occupée d\u2019un travail quelconque dans une industrie ci-dessus mentionnée.Art.2\u2014Tout patron qui emploie des ouvriers dans une industrie tombant sous le coup du présent règlement dans les territoires non organisés de Québec, est tenu de notifier chaque année le directeur du Service provincial d\u2019Hygiène de l\u2019érection de nouveaux campements, et de lui fournir tous les renseignements qui pourront lui ètre demandés. L'UNION MEDICALE DU CANADA Art.3\u2014Le site de tout campement d\u2019aucune des industries susmentionnées devra être choisi dans une endroit sec et suffisamment ensoleillé.Le campement ne devra pas être érigé à une distance moindre de 200 pieds d\u2019un lac ou ruisseau ou rivière.La prise d\u2019eau d\u2019alimentation devra être éloignée d\u2019au moins 100 pieds de toutes causes de contamination.| Art.4\u2014 Toute construction servant à l\u2019habitation des ouvriers dans ces industries devra être pourvue de cheminées d\u2019appel et de fenêtres en nombre et de dimensions suffisants pour bien aérer et éclairer l\u2019intérieur.Le plancher devra être.élevé d'un pied plus haut que le sol et devra se rendre jusqu'aux murs qui devront avoir au moins sept pieds de hauteur.Les lits devront être placés suffisamment au-dessus du plancher pour en permettre l\u2019aération.Art.5\u2014 Dans chaque campement, lorsqu'il y aura femmes et enfants, le patron sera tenu de leur donner une chambre séparée et dans les mêmes conditions hygiéniques que celles des ouvriers.Art.6 \u2014 Chaque logement ouvrier des industries sus-mentionnées devra avoir un appartement complètement séparé, bien éclairé et aéré, lequel servira de cuisine et de salle à manger.Art.7\u2014Les déchets et eaux usagées devront être transportées à une distance d\u2019au moins 50 pieds du camp et de la source d\u2019eau d\u2019alimentation.Art.8\u2014Les écuries et les latrines d\u2019un campement doivent être construites en \u2018enant compte des conditions du terrain et de manière cue les égouts ne contaminent pas la source d\u2019eau d'alimentation et ne soient pas nuisible au campement des ouvriers.Art.9\u2014Tout patron est tenu de laisser visiter tout campement en aucun temps de l\u2019année par les officiers ou représentants du Service provincial d\u2019Hygiène.Art.10 \u2014 Toute infraction au présent règlement est punie d\u2019une amende de $20.00 et d\u2019une amende additionnelle n\u2019excédant pas $5.00 par jour pour chaque jour, en sus de deux, durant lequel l'infraction se continue.Art.11.\u2014Toute infraction au présent règlement constitue de plus une condition non hygiénique ou nuisance, et sans préjudice aux droits de réclamer l\u2019amende imposée par l\u2019article précédent, le directeur du Service provincial d'Hygiène peut, par l\u2019inspecteur en chef ou un sous-inspecteur sanitaire, donner avis au patron lui enjoignant de faire disparaître la nuisance ou de faire les travaux nécessaires 678 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA pour empêcher qu\u2019elle ne se répète dans ce délai mentionné dans l'avis.A défaut par le patron d'exécuter les travaux nécessaires pour faire disparaître la nuisance dans les délais fixés, le directeur du Service provincial d'Hygiène peut, par l\u2019inspecteur en chef ou un sous-inspecteur sanitaire, prendre les moyens et faire les travaux nécessaires pour la faire disparaître aux frais et dépens du patron.ALPHONSE LESSARD, Directeur du Service provincial d\u2019Hygiène.Québec, 24 avril 1924.Un mot pour terminer: Nous sommes d\u2019avis que l\u2019article 5 des règlements devrait disparaître si nous voulons empêcher nos femmes canadiennes'd\u2019aller dans la forêt et cela pour les raisons données plus haut, car en réglementant l\u2019habitation, pour les recevoir, nous le leur permettons par le fait même.De toute nécessité il importe de s'occuper immédiatement : |° A ce que les présents règlements soient exécutés en faisant parvenir nombre de copies aux compagnies intéressées ; 2° De nommer des officiers exécutifs qui auront charge de surveiller, surtout en ce qui concerne la construction des nouveaux campements, ou la réfection des anciens, quand la chose sera possible, de manière à les rendre habitables.La chose est d'autant plus urgente que le travail du campement se fait à bonne heure, en août et septembre.Villa-du-Verger, 15 juillet 1925. Contribution à l\u2019étude des Contre-indications d\u2019ordre rénal pour l\u2019emploi de l\u2019Ouabaïne chez les Cardiaques Par le Docteur Edouard BIZETTE Thèse de Paris 1925 Le Docteur Bizette a montré que ce précieux médicament exerce une influence salutaire sur l\u2019albuminurie des Cardiaques dont elle abaisse le taux dans tous les cas; et que cette diminution de l\u2019albuminurie est souvent totale et définitive pour les Cardiaques ne présentant que de l\u2019imperméabilité rénale passagère.Les essais tentés sur des cas de néphrite chronique l\u2019ont amené à conclure que sous l\u2019action du glucoside, l\u2019albuminurie disparaît presque totalement, mais d\u2019une façon moins durable et qu\u2019en définitive on peut, semble-t-il, rapporter sa diminution et la durée de celle-ci au degré d\u2019intensité des lésions rénales, Le résultat est encore aussi net mais tout à fait transitoire dans les néphrites syphilitiques à grosse albuminurie.Cette influence heureuse de l\u2019Ouabaïne Arnaud a conduit le Docteur Bizette à comparer à l\u2019action de la Digitale avec celle de l\u2019Ouabaïne sur l\u2019élément pathologique \u201cAlbumine\u201d.Les résultats obtenus lui ont permis de conclure que la Digitale ne peut agir que sur l\u2019albuminurie des faux cardio-rénaux, mais qu\u2019elle reste sans effet sur l\u2019albuminurie de la néphrite chronique.Parallèlement à l\u2019étude de cette action remarquable de l\u2019Ouabaïne, il a été fait des essais de ce médicament sur la rétention azotée qui l\u2019ont conduit à ne pas considérer l'azotémie comme une contre-indication a l\u2019emploi du glucoside.Aucun trouble n\u2019est constaté, bien mieux, la diurèse est provoquée et la tension artérielle diastolique subit un abaissement plus ou moins accentué.Le Docteur Bizette conclut que l\u2019albuminurie ne représente donc pas une contre-indication à l\u2019emploi de l\u2019Ouabaïne, mais qu\u2019on doit manier ce médicament avec prudence, et il indique la posologie suivante qu\u2019il a toujours employée, sans avoir à signaler le moindre accident, concurremment au régime approprié: le régime lacté.Le ler jour, injecter par voie intra-veineuse la dose de 14 de milligramme, les trois jours suivants 14 de milligramme \u201cpro-die\u201d.Le 6ème jour, atteindre la dose de 14 milligramme, le malade ayant été, la veille, privé du médicament.Veiller à bien faire le mélange sang et Ouabaïne qui devra être ensüite poussé très lentement dans la veine.Il a également utilisé l\u2019Ouabaïne Arnaud per os en employant la Solubaïne (solution au millième d\u2019Ouabaïne Arnaud), le seule dont il se soit servi pour ses recherches, fut donnée à la dose de XL gouttes par jour pendant 4 à 6 jours avec des résultats aussi concluants. EVUE GÉNÉRALE Analyses de quelques travaux récents Essai de pathogénie de la sténose hypertrophique du pylore.A.Morlet (de Vichy).Le Nourrisson, juillet 1925.Après avoir rappelé les différentes'théories émises en vue d\u2019expliquer la pathogénie de la sténose pylorique congénitale, l\u2019auteur en émet une qu\u2019il appelle: Théorie de l\u2019extension progressive de l\u2019hypercontractilité de suppléance des muscles de l\u2019estomac au pylore congénitalement hypertrophié.D\u2019après lui, l\u2019hyperexcitabilité musculaire de !l\u2019estomac est destinée à combattre, par suppléance physiologique la sténose pylorique congénitale.Tout d\u2019abord, il suffit, pour vaincre la résistance (du pylore obturé), de la contraction énergique de la région avoisinant le cardia.À mesure qu\u2019avec l\u2019âÂge du nourrisson, la sténose augmente, l\u2019hypercontrac- tilité des fibres circulaires doit gagner d\u2019étendue, Se propageant de proche en proche, elle atteint les fibres musculaires du pylore, où elle va à l\u2019encontre de son action de suppléance, et accroît la sténose.\u201d Cette théorie n\u2019est pas nouvelle.(1) Elle explique la pathogénie du spasme.\u201csurajouté\u201d, mais laisse de côté celle de la sténose pylorique proprement dite \u2014DANIEL LONGPRE.Sur la consolidation rapide du cranio-tabes.Marfan, Dorlencourt et Turquety.Le Nourrisson, janvier 1925.Les auteurs présentent sept cas de cranio- tabes, chez des enfants de moins de six mois, guéris par des radiations ultra-violettes.Article banal, en somme, où, incidemment, on apprend qu\u2019à défaut de lampe à vapeurs de mercure, le cranio-tabes se traite, en France, par une médication antiry- gphilitique intermittente et, dans les intervalles une médication antirachitique!\u201d\u2014DANIEL LONGPRE.La radiographie dans le diagnostic précoce du scorbut.K.F.Pelkan, août 1925, Am.Jour.Dis.of Children.Le scorbut existerait longtemps avant l\u2019apparition des symptômes cliniques (douleurs et hémorragies), et le diagnostic en serait possible par l\u2019examen roentgenographique des os longs, surtout des côtes, où on noterait dans la diaphyse, une disparition des et, dans l\u2019épiphyse, un épaississement de la ligue épiphysaire et du bord du centre d\u2019ossification \u2014DANIEL LONGPRE.Traitement du rachitisme par le lait de vache ayant subi l\u2019influence des rayons ultra-violets.Benjamin Kramer.Amer.Jour.of Child, août 1925.Huit enfants souffrant de rachitisme ont été guéris par quatre semaines d\u2019alimentation au lait de vache ayant subi l\u2019influence des rayons ultra-violets\u2014 DANIEL LONGPRE.{1) Hald and Howland, in Diseases of Infancy and Childhood: \u201cIn all cases, both factors\u2014-hypertrophy and spasm-\u2014are present.\u201d\u2019."]
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