L'union médicale du Canada, 1 janvier 1926, Janvier
[" L\u2019Union Médicale du Canada Revue mensuelle de Médecine et de Chirurgie LA PLUS ANCIENNE REVUE MEDICALE FRANÇAISE AU CANADA FONDEE EN 1872 TOME 55ième Ont collaboré à ce volume : Achpise (A.), Archambault (G.), Asselin (E.-G.), Badeaux (Frs), Barbeau (Ant.), Baril (G.-H.), Baudouin (J.-A.), Beauchamp (Arth.), Bédard (G.-E.), Bellerose (Ant.), Benoit (E.-P.), Bertrand (Alb.), Bertrand (Chs), Blagdon (L.), Boucher (R.), Bourgeois (B.-G.), Caillau (A),Constant (Sr), Cushing (H.B.), De Cotret (E.-A.René), Del Vecchio (P.), Derome (W.), Desloges (A.-H.), Dubé (Edm.), Dubé (J.-E.), Dubé (L.-F.), Dufaut (Paul), Fauteux-Mercier, Fitzgerald (J.G.), Fontaine (R.), Fournier (N.), Gauvreau (Jos.), Gérin-Lajoie (Léon), Hamel (G.), Hautefeuille (Pr.), Heineck (A.- P.), Jutras (L.), Laberge (J.-E.), Lacerte (E.), Lapierre (G.), Lassalle (Alb.), Latreille (Eug.), Léger (A.), Legrand (H.), LeSage (A.), Letondal (P.), Lian (C.), Longpré (D.), Louste (A.), Marin (Albéric), Masson (R.), Mercier (Osc.), Mercier-Fauteux, Mignault (G.-E.), Mignault (L.-D.), Montpetit (Ed.), Paré (Louis), Pariseau (Léo), Prud\u2019homme (Ern.), Rathery (F.), Rhéaume (P.-Z.), Robi- chaud (P.), Roy (J.-N.), Saint-Jacques (Eug.), Saucier (Jean), Sénécal (P.), Sergent (Emile), Sirois (L.-J.-0,),, Trottier (A), Uibély (V.), Viau (03: Vidal {37A),: Wood (Wilkigm).ow er, 0 0,0 .e + .= .hI sae oe .ov ve.te eo L [a .eu.» \u201coe © ee pd «® Lon tale r® vn t e a+ + > + *e oe \u201cee eves +.ve \u201c« one Publié par un Comité de Direction composé de MM.Archambault, Benoît, Boulet, Bourgeois, Bruneau, de Cotret, Derome, Desloges, Dubé, Harwood, Lassalle, Latreille, Leduc, LeSage, Marien (A.), Masson (D.), Masson (R.), Merciet (O.F.), Pariseau (L.), Parizeau (T.), Rhéaume, Roy, Saint-Jacques.Rédacteur en chef: Albert LeSage.Secrétaire-Trésorier: Gust.Archambault.Secrétaire de la rédaction: Roméo R.Boucher.Pour le Canada et les Etats-Unis .$3.00 Pour les pays faisant partie de \u2018l\u2019Union Postale\u201d (etranger) .1.111111121222 400 Etudiants .2.21111 1 4 1 11 LL 1 LL LS 1.50 Payable d\u2019avance par Mandat-Poste ou autrement.Le fascicule .080cts Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé franeo à M.le Docteur LeSage, 46, Place Saint-Louis, Montréal, ou au Secrétaire, 5130, Avenue du Parc, Montréal.Tout ce.qui concerne l'administration doit être adressé franco à M.T.Valiquétté, Denjptatité, gros Que: Sajit-Ændré, à Montréal, ou Boîte Postale Na.2025.ed tenna ve » ee, ® ves .® e eu 2.° + or > LS - 5 v à °° ® ©.sow ve se L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondés en 1872 Vol.LIV \u201cJE ME SOUVIENS\u201d LE CENTENAIRE DE LA FONDATION DU \u201cJOURNAL DE MÉDEÇINE DE QUEBEC\u201d Par le Docteur LEO PARISEAU, Radiologiste à l'Hôtel-Dieu, Président de la Société Médicale, Officier de l\u2019Instruction Publique.- L\u2019aurore de cette année 1926 marque le centenaire de la fondation du \u201cJournal de Médecine de Québec\u201d, rédigé par Xavier Tessier.Nos confrères de la vieille capitale vont sans doute souligner comme elle mérite une date aussi importante dans l\u2019histoire de la médecine canadienne.Je laisse à leurs archivistes l\u2019agréable tâche de faire revivre Tessier, Blanchet, Perreault, Painchaud et Morrin qui collaborèrent à la première livraison.L'exemple entraînera peut-être l\u2019un de nous à consacrer une courte étude aux montréalais Caldwell, Robertson, Holmes et Stephenson dont les noms se trouvent au bas des rapports émanant du vieux \u201cGeneral\u201d.Pour ma part je me contenterai de résumer le numéro qui parut en janvier, 1826.Je vais respecter l\u2019orthographe et la ponctuation sans mettre des \u201csic\u201d partout où il serait indiqué de le faire.Cela deviendrait fastidieux.Par contre il me faudra abuser des guillemets.Un fait nous frappe dès l\u2019abord: le journal est bilingue.Il l\u2019est au point d'avoir deux pages-titre qui sont l\u2019exacte reproduction l\u2019une de l\u2019autre.Les articles sont écrits tantôt en anglais, tantôt en français.et ne sont pas traduits.En guise d\u2019épigraphe, le plus connu des aphorismes d\u2019Hippocrate: \u201cVita brevis, ars longa, occasio praeceps, experientia fallax, judicium difficile\u201d.Au bas de la page, l\u2019adresse de l'imprimeur: \u201cFrs.Lemaitre, rue Ste Famille, No 3, Haute Ville\u201d.91785 L'UNION MÉDICALE DU CANADA La Préface est courte.Tessier dit qu'il espère être utile au corps médical \u201cen lui donnant la faculté de communiquer avec les maîtres de l\u2019art dans l\u2019une ou l'autre Hémisphère, et au Public particulièrement en détruisant des préjugés qui ne sont que trop enracinés et qui paralysent sans cesse le zele du Médecin Canadien\u201d.\u2014 Des confreres ont généreusement promis leur collaboration.Ainsi soutenu, il se détermine \u201cà solliciter la protection des amis des sciences et la faveur du public en général\u201d.Il soumet donc le Plan du Journal.À cause des circonstances toutes particulières, impossible d\u2019imiter les autres journaux médicaux.L'ouvrage se divisera en trois parties: la première sera consacrée à l\u2019analyse des publications du jour; la seconde formera un recueil de toutes les nouvelles découvertes et des cas extraordinaires; la troisième sera proprement canadienne.Les collaborateurs ne seront pas tenus de signer leurs articles, mais, dit le rédacteur, \u201cle bon ordre que nous désirons voir régner dans les discussions où il est quelquefois difficile de se contenir dans de justes bornes, nous oblige d\u2019interdire l\u2019entrée de notre journal à tout écrit anonyme qui comporterait une critique trop sévère d\u2019op1- nions avancées par un correspondant qui aura paru avec sa signature\u201d.Cependant, Tessier, en vrai chevalier, ajoute: \u201ctout écrit anonyme qui n\u2019attaquerait que nos propres opinions recevra un accueil favorable\u201d.| Suit la pièce de résistance, le \u201cDiscours Préliminaire\u201d.C\u2019est un tableau de l\u2019origine de la médecine et de ses progrès à travers les âges depuis le moment où l\u2019homme \u201csortit des mains de la nature\u201d jusqu\u2019à l\u2019époque où, dans le Nouveau Monde, les médecins canadiens \u201ctrouvent la nature encore au berceau\u201d.Tessier a lu Jean-Jacques, n\u2019en doutez point, et il bâtit sur la bonté humaine tout un roman historique où les premiers essais de médecine sont placés avant la naissance de la société et attribués \u201caux délices que tout être sensible éprouve à soulager son semblable\u201d.Le jour où il atteint \u201cl\u2019état social\u201d l\u2019homme se préoccupe de faire de la Médecine une véritable caste aux prérogatives héréditaires.\u201cUn pas de plus dans la civilisation\u201d met l\u2019art de guérir aux mains de tous ceux qui veulent le pratiquer.Malheureusement, \u2018la crédulité des peuples avait jusqu'alors considéré les maladies comme les effets du courroux des Dieux, et la secte des Prêtres qui se plaisaient à l\u2019entretenir, jouissait encore de quelque crédit lorsqu\u2019Hippocrate vint lever le voile\u201d. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 3 Nouvelle chute dans l\u2019obscurantisme et la Médecine ne devint \u201cqu\u2019un tissu de frivolités puisées dans le Philosophisme\u201d.Renaissance avec Galien, trop tôt suivie de \u201cquinze siècles de tâtonnements et de charlatanisme\u201d.\u201cTel était alors l\u2019état de la société qu\u2019il fallait encore moins de courage que de génie pour faire appercevoir aux hommes la vérité qui était sous leurs yeux et qu\u2019ils ne voyaient pas\u201d.\u2018 Les hommes de cœur qui osèrent lever le voile \u201cpayérent dans les supplices un bienfait aussi signalé, et l\u2019hommé \u2018se dégrada en versant la sang de ses bienfaiteurs.Le fanatisme et la scholastiquew\"alarmèrent, mais la Philosophie prit l\u2019éssort et la Médecine redevint une science.\u201d | C | Je serais curieux de savoir comment ces tirades furent reçues à Québec.Une autre tendance, très manifeste chez Tessier, dut provoquer des commentaires aigres-doux.Je veux parler de son anglolâtrie.| | Certes, il faut reconnaitre avec lui que la médecine moderne est née en Angleterre et que, pendant le dix-septiéme et le dix-huitiéme siècles, la France s\u2019occupa surtout de faire progresser la chirurgie.Tout de même, on est choqué de l\u2019entendre dire que notre art prit en Angleterre \u201cun empire que lui promettait le génie d\u2019un peuple fait pour éclairer l\u2019univers\u201d, ou encore, que les Américains, \u201cguidés par le génie de la liberté qui avait porté l\u2019Angleterre au sommet de sa gloire, étonnèrent le monde par leur sagesse\u201d.Avec de tels sentiments, dignes d\u2019un \u201cbureaucrate\u201d, Tessier pouvait réaliser il y a cent ans le tour-de-force de la revue bilingue.Qui donc aurait le triste courage de tenter l\u2019aventure, aujourd\u2019hui, s'il fallait, pour assurer le succès, servilement concéder aux anglo- saxons un rôle dont ils ne sont pas toujours dignes et des qualités qu'ils ne possèdent pas à un degré plus haut que les autres ?Mais passons.Tout le monde, je pense, dut se trouver d\u2019accord avec cette conclusion: \u201cTâchons donc de nous préserver de ce malheureux esprit de spéculation que nous avons déploré chez les anciens, et à l\u2019exemple de nos voisins, ne perdons pas dans les frivolités hypothétiques, ni dans l\u2019embarras des systèmes, un tems , d'autant plus précieux pour nous qu\u2019il est celui de notre début, et qu\u2019il doit décider de notre sort futur.\u201d 1 À la suite du Discours viennent les Analyses des livres et des périodiques récemment parus.Trente-six pages, dont vingt-deux en anglais et le reste en français.On y commente un volume publié en 1822 \u201cSur les déformations de la colonne, du thorax et des 4 L'UNION MÉDICALE DU CANADA membres; avec des remarques sur la paralysie et autres troubles de la lomotion\u201d.C\u2019est un habile plaidoyer en faveur de la mécanothérapie active.L'auteur recommande aussi, comme adjuvants, \u201cle galvanisme, l\u2019électricité\u201d\u2019.Autre ouvrage analysé: le \u201cTraité sur les Dislocations et les Fractures\u201d, du grand chirurgien Astley Cooper.Les dix pages qui le résument fourniraient la matière d\u2019une très belle clinique pour nos modernes \u201cDimanches du Praticien\u201d.Un seul passage fait date et nous rappelle que nous sommes à une époque où l'anesthésie n\u2019était pas encore née.Avant de réduire un membre lüxé ou fracturé, Cooper conseille de provoquer la syncope en saignant le patient debout ; des fomentations chaudes et l\u2019administration de tartre stibié entretiendront l\u2019état syncopal [ Mentionnons, pour mémoire, le résumé d\u2019une très belle étude sur l\u2019hypocondrie et le suicide.L'auteur, P.Falret, s\u2019y montre le digne élève de Pinel et d\u2019Esquirol, ces géants qui venaient de créer la Psychiatrie.Et voici la Revue des revues.On y décrit un nouveau procédé pour la lithotomie chez la femme, dû au docteur Lisfranc.\u2014 Dans le \u2018tic douloureux qui résiste à la solution arsénicale, on recommande le carbonate de fer.\u2014 Un cas de tétanos a été guéri par l\u2019ingestion de fortes doses de térébenthine dans du gruau.\u2014 Le docteur Hoffmann recommande le Cuprum sulphuretum comme un excellent remède dans le croup.\u2014 Le docteur Robert Ernest recommande le vin de groseilles dans l\u2019hydropisie, etc, etc.Toutes ces vieilleries vous font sourire de pitié, chers confrères Apprenez que certains produits de votre thérapeutique ultra-moderne ont déjà cent ans de bouteille au moins.Par exemple: \u201cOn lit dans le journal de Physique que M.Piédagnel a guéri une violente douleur périodique du nerf intra-orbitaire en donnant 24 grains de Quinina.\u201d Même succès dans la sciatique et la névralgie faciale.\u201cL\u2019lodine en onctions s\u2019est montrée utile dans la Grosse-Gorge.On prescrivit aussi intérieurement vingt gouttes de teinture d\u2019Iodine trois fois le jour dans un verre d\u2019eau, la proportion dans l\u2019onguent fut augmentée jusqu\u2019à 56 grains et le malade fut complètement guéri.\u201d (En somme, au lieu de dissoudre l\u2019iode dans de l'alcool, nos Mayos, nos Crile et nos Plummer le dissolvent dans de l\u2019eau iodurée.Ils appellent ça \u201cweak Lugol's solution\u201d et le tour est joué !) Sachez aussi, Messieurs, qu\u2019il y a cent ans vos collègues de Québec et de Montréal ne se désintéressaient pas des travaux de oat amie gh L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA LD science pure, malgré qu\u2019ils n'eussent aucun Ecole de Médecine ni le moindre laboratoire.Voici deux pages consacrées à des \u201cRecherches expérimentales sur l\u2019Absorption et l\u2019Exhalation, lues à l\u2019Institut de France\u201d.D'ailleurs, en ces temps-là on était, comme disent nos gens, vraiment \u201ctirribles\u201d pour la recherche.Lisez plutôt le récit des \u201cExpériences relativement à la fièvre jaune, faites par M.Guyon, à Port-Royal, Martinique\u201d.: \u201cLe 18 juin 1822, M.Guyon prit la chemise d\u2019un soldat affecté de la fièvre jaune, qui était toute imbibée de la sueur du malade, la mit aussitôt sur lui et la porta pendant vingt-quatre heures.Le 30 du même mois il avala un verre d\u2019environ deux onces de la matière noire du vomissement: et après s'être frotté les mains de la même matière, s\u2019en fit inoculer.\u201d Le ler juillet, un autre malade étant mort, M.Guyon mit sur lui sa chemise teinte de la matière_noire encore toute chaude, et se mit aussitôt dans le lit du défunt qui était souillé d\u2019excréments.I y demeura six heures et demi, transpira et y dormit.\u201d Et les expériences se poursuivent, non moins dangereuses et non moins répugnantes.Malgré tout cela \u201cM.Guyon a durant tout ce temps jouit de la meilleure santé\u201d.oo : On frémit en pensant à l\u2019effroyable danger que courut cet homme, non pas tant de la fièvre jaune que de la septicémie.Ce qui l\u2019a sauvé, sans doute, c\u2019est que Pasteur n\u2019était pas encore né ! Pour en finir avec les revues, rapportons deux \u201ccas rares\u201d.Le premier a trait à une hystérique danoise dont il fallut extraire, en moins de dix-huit mois, deux cent soixante-treize aiguilles \u201cdans l\u2019ordre que l\u2019on voit par la table\u201d.\u2014 L'autre observation curieuse est celle d'un enfant de trois ans et quatre mois qui présentait les particularités suivantes: \u201cDepuis la nuque du col jusqu\u2019au pelvis il était couvert de poils.il lève un demi-quintal d\u2019'une main.il a une émission pendant la nuit, une fois la semaine.la longueur du penis est de trois pouces, et pendant l\u2019érection il a six pouces de long et quatre pouces de circonférence.\u201d { : Sans nous préoccuper de l\u2019avenir de cet enfant prodige, passons à la section canadienne du journal, qui figure sous la rubrique \u201cMatières domestiques\u201d.oC \u201cNous consacrerons cette partie de notre ouvrage a tout ce qui regarde l\u2019avancement de la science dans les Canadas\u201d, dit Tessier.Plus loin il ajoute: \u201cNous osons nous flatter que cette partie deviendra bientôt la plus considérable de l\u2019ouvrage.\u201d 6 L'UNION MÉD'CALE DU CANADA En attendant l\u2019âge d\u2019or, qui ne vient pas et qui n'est pas encore arrivé après un siècle, le rédacteur va donner dans chaque numéro \u201cun aperçu général de l\u2019état.de la saison, de la nature des maladies qui y ont prévalu et des moyens propres à les faire disparaître\u201d.Il se justifie très habilement de parler d'hygiène, domestique au lieu d'hygiène tout court.En ce faisant il se conforme \u2018\u2019à des circonstances qui, n \u2018existent pas ailleurs\u201d.;.Le Rapport de l\u2019Etat de la Santé Publique durant la dernière Saison est d\u2019une lamentable banalité, L\u2019échantillon suivant en donne le ton: \u201cla saison qui vient de passer a été remarquable par la - sécheresse et la chaleur, et l\u2019automne a eu plus l\u2019apparence d\u2019une continuation de l\u2019été que de l'approche de l'hiver.Le froid qui avait coutume de se faire sentir au commencement de novembre, et quelquefois plutôt, n\u2019est enfin survenu qu\u2019 a la fin de ce mois.\u2019 Tessier parle ensuite de la Rougeole.qui a fait des progrès alarmants \u201ccomme épidémie -parmi les enfans\u201d.\u2014 \u201cEn général, l\u2019éruption est demeurée pâle et son action s'est fréquemment portée vers les poumons et le canal alimentaire, sans qu\u2019il fut possible de ta rappeler à la peau.\u201d On a, paraît-il, fait un abus déplorable de Ja chaleur.C\u2019est là une des \u2018pratiques injurieuses qui sont malheureusement trop en usage dans les familles\u201d.\u2014 Il y eut beaucoup de \u2018\u201cCocluche\u201d, mais peu grave.La Petite Vérole a été légère.Là encore la population s\u2019est obstinée à réchauffer les varioleux, contre l\u2019avis des médecins.Les remarques sur la Vaccine méritent d'être citées à cause de leur intérêt rétrospectif.\u201cL\u2019indifférence qui règne en ce pays pour la vaccine (Picotte de Vache) est \u2018portée à un tel point qu\u2019il nous est arrivé plis d\u2019une fois d\u2019avoir été refusé d\u2019inoculer des enfants parce que nous rie voulions pas inoculer la petite-vérole.\u201d Ainsi donc, en ces temps-1a, nos ancétres préféraient a la vaccination au moyen de la'lymphe de vache, la dangereuse inoculation bras-à-bras.Avarice ou néophobie ?_ Ni l\u2019une ni l\u2019autre s\u2019il faut en croire Tessier: \u2018Par une fatalité attachée à la plupart de nos institutions l'introduction de la Vaccine au Canada a été accompagnée de difficultés qui semblaient avoir leur source dans le peu de soin que l\u2019on avait pris à intéresser le public dans le succès de l\u2019entreprise, ce qui ouvrait un libre champ à l\u2019imposture et à tous les abus.Les Canadiens ne méritent pas tant de blame qu\u2019on ne l\u2019a voulu faire croire.\u2019 Pour remédier au triste état de choses Tessier souhaite la fondation d\u2019une Société qui L'UNION MÉDICALE DU CANADA 7 ferait de la propagande et qui exercerait un contrôle salutaire sur les producteurs de vaccin.| Il ne nous reste plus qu'à jeter un coup d'œil sur les rapports fournis par Je \u201cMontreal General Hospital\u201d et par le \u201cEmigrant Hospital\u201d de Québec.Ce dernier, comme on s\u2019en doute, hébergeait surtout des Irlandais et le typhus y faisait largement la part de la statistique.Les rapporteurs ont soin de distinguer entre le typhus vrai et le typhus \u2018\u2018mitior\u201d.: Les statistiques de l\u2019hôpital montréalais présentent 1 une particularité qui m\u2019intrigue beaucoup.En dépouillant les trois rapports qui couvrent la période écoulée entre le ler février et le 31 juillet 1825, je constate qu\u2019un nombre égal de catholiques et de protestants ont été reçus dans les salles ou dans les dispensaires.Subitement, pendant l\u2019exercice qui commence le 29 juillet, le nombre des catholiques devient le double de celui des protestants.Pourquoi ?Il y a là un petit problème que je soumets à nos Massicotte et à nos Ahearn.Pour finir, signalons une grande feuille hors-texte portant les observations météorologiques des trois derniers mois faites à Québec et à Montréal.: Tel fut le premier numéro de la première revue médicale du Canada, publiée il y a cent ans.Six autres parurent, à intervalles de trois mois.L'abonnement était de 20 \u201cchellings\u201d.Le format était d\u2019environ 5/5 par 9.La couverture était d\u2019un bleu-vert sombre et portait le nom du journal dans les deux langues.Au quatrième \u2026 numéro, pour des raisons que j'ignore, Tessier renonça au titre français du journal, mais la matière n\u2019en resta pas moins bilingue.En janvier 1827, l\u2019épaisseur de la publication doubla; 128 pages au \u2026 lieu de 64.Hélas ! ce n\u2019était pas de l\u2019embonpoint, c\u2019était de l\u2019œdème.Au mois d'octobre de l\u2019an mil huit cent vingt-sept le Journal de .Médecine de Québec quitta ce monde, sans faire le moindre bruit.Les uns disent qu\u2019il mourut d\u2019une maladie de carence: d\u2019autres prétendent qu\u2019il mourut étranglé.Pour ma part je crois que les deux camps ont raison; il se mourait déjà lorsqu'on l\u2019étrangla.Qui vient trop tôt et parle haut ne dure guère.Quoi qu\u2019il en soit soit, dans sa courte vie le \u201cJournal\u201d fit un peu de bien.Il me reste à montrer comment.Ce sera pour une autre fois.a | | P.S\u2014Mon ami le docteur E.P.Chagnon, le plus acharné de nos collectionneurs de Canadiana médicaux, me permettra bien de le remercier ici.C\u2019est à lui que je dois d\u2019avoir pu feuilleter la série complète des sept numéros.Je ne possédais que le premier.Léo E.PARSIEAU. LE SERUM ANTISCARLATINEUX, SES USAGES Par M.le Professeur H.B.CUSHING, Professeur de Médecine infantile et de maladies contagieuses à la Faculté de Médecine de l'Université McGill, - Directeur médical de l'Hôpital Alexandra.et DANIEL LONGPRE, de l'Hôpital Saint-Paul.La découverte de la cause déterminante de la scarlatine, et les .différentes méthodes de diagnostic, de prophylaxie et de thérapeutique que cette découverte a facilitées, peuvent être, à juste titre, considérées comme un\u2018 des progrès les plus considérablés que la médecine ait réalisés durant ces dernières années.On peut se procurer du sérum antiscarlatineux depuis à- peine un an.Nous avons cru d'intérêt général de donner un aperçu, même si cet aperçu doit être forcément succinct, de l'usage qu\u2019on en peut faire et des résultats qu\u2019on en peut obtenir.Il n\u2019est peut-être pas superflu de dire que le sérum antiscarlati- neux, comme l\u2019antitoxine diphtérique, est un sérum de cheval immunisé soit par la méthode de Dick, qui consiste à injecter de semaine en semaine, ou à peu près, une certaine dose de plus en plus considérable de toxines streptococciques, soit par la méthode de Dochez, où l\u2019immunité est produite par l\u2019injection, non pas de toxines, mais de streptococoques vivants,\u2018ou encore par la combinaison de ces deux méthodes.Le gouvernement des Etats-Unis exige qu\u2019un c.c.de sérum puisse neutraliser 1000 unités de toxines, mais la plupart des sérums actuellement employés ont un pouvoir immunisant beaucoup plus considérable que ne l\u2019exige le standard américain.Les sérums dont nous avons fait l\u2019essai tant à l\u2019hôpital Alexandra qu\u2019à Saint-Paul ont présenté quelques différences dans leur degré de concentration et dans leur pouvoir antitoxique, mais tous ont donné des résultats identiques.On se sert du sérum antiscarlatineux pour le diagnostic, la prophylaxie, le traitement de la scarlatine.Pour le diagnostic\u2014Une injection de 0.2 c.c.de sérum nous donne ce que l\u2019on appelle le phénomène d\u2019extinction de Schultz- Charlton.C\u2019est-à-dire que l\u2019érythème que l\u2019on veut diagnostiquer disparaît au bout de quelques heures autour du point d'injection, si L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 0 cet érythème est réellement un érythème scarlatin.Ce phénomène est une aide très précieuse dans le diagnostic de la scarlatine, et lorsqu\u2019il se produit, on peut le considérer comme pathognomonique de cette maladie.En effet, jusqu\u2019ici, du moins, personne n\u2019a réussi à le produire ailleurs que dans la scarlatine ou avec un autre sérum que le sérum antiscarlatineux.Il est indispensable dans le diagnostic des scarlatines chirurgicales ou puerpérales, et il prouve une fois pour toutes que ces deux affections reconnaissent la même cause que la scarlatine ordinaire, et qu\u2019elles ne forment toutes les trois qu\u2019une seule et même maladie.Il est bon de faire remarquer que le Schultz-Charlton est quelquefois douteux, par exemple, dans les scarlatines où l\u2019éruption n\u2019est pas très prononcée, précisément dans les cas où il pourrait le plus nous aider, et qu\u2019il est toujours négatif après la troième journée de maladie.Ceci démontrerait que l\u2019éruption, toxique au début, devient inflammatoire après la troisième journée.En somme, une réaction positive veut dire: scarlatine; une réaction négative ne veut rien dire du tout.Dans la prophylaxie:\u2014On peut mettre à l\u2019abri de la contagion une famille ou une salle d'hôpital accidentellement exposées à la scarlatine, grâce à une injection préventive de sérum anti-scarlatineux.L'efficacité de cette méthode est aujourd\u2019hui plus que démontrée.L\u2019un de nous a en sa possession, l\u2019histoire de 75 personnes, la plupart des enfants, qui, exposées à la contagion mais immunisées par l\u2019injection d\u2019une dose de sérum, n\u2019ont pas contracté la scarlatine.D'un autre côté, l\u2019immunité que procure le sérum antiscarlatineux semble être encore plus éphémère que celle que l\u2019on a à la suite de l\u2019injection préventive de sérum antidiphtérique, si on en juge par l\u2019observation suivante: Soixante-quinze garde-malades de l\u2019Hépital Alexandra ont reçu une dose immunisante de sérum antiscarlatineux.Cette dose est comme on sait de 1/10 à 1/4 de la dose curative.Six d\u2019entre elles, c\u2019est-à-dire 9 p.100, contractèrent une scarlatine à forme bénigne, trois semaines après leur entrée dans le service.Avant le sérum, 15 p.100 des infirmières étaient contaminées, la plupart très gravement, durant la semaine de leur stage hospitalier.Ce qui revient à dire que le sérum antiscarlatineux confère une immunité qui diminue, et disparaît même, au bout de trois semaines.Mais malgré cela, en attendant la découverte qui ne saurait tarder d\u2019une toxine-antitoxine ou d\u2019une anatoxine scarlatineuse, ce produit 10 L'UNION MÉDICALE DU CANADA peut évidemment rendre d\u2019énormes services dans la prophylaxie de la scarlatine, surtout si on a soin de soustraire aussitôt que possible à la contagion l\u2019individu que l\u2019on a vacciné.Dans le traitement :\u2014Dans les débuts le sérum était tellement rarement et tellement peu connu qu\u2019on ne s\u2019en servait que dans les cas très malins et à peu désespérés.A l\u2019Hôpital Alexandra, sur 32 de ces cas traités par \u2018acquit de conscience\u201d, 4 sont morts.Le personnel de cette institution fut vite convaincu que, donné assez tôt, le sérum antiscarlatineux devrait produire des résultats merveilleux.C\u2019est pourquoi on décida de suivre la ligne de conduite suivie dans Name.R wth - W.(LÉ ard_E.Date x w me 2 < æ ta a x us \u2014 99 \u201cNORMAL 98 97 5 Graphique 1 Scarlatine ordinaire traitée par le sérum antiscarlatineux.le traitement de la diphtérie, et on donne maintenant une dose de 10 c.c.de sérum concentré, en injection intra musculaire, à tous les scarlatineux qui entrent à l'hôpital.Si le cas est bénin il ne reçoit que 5 c.c.; s\u2019il est très grave, 10 c.c.en injection intra-veineuse.Depuis les premiers jours de juillet dernier, 125 malades ont été admis et traités de cette façon, et pas un cas de mort n\u2019a été enregistré.L'effet du sérum antiscarlatineux, si on l\u2019administre dans les premiers six jours de maladie, est, pour ainsi dire, le même dans L'UNION MÉDICALE DU CANADA 11 tous les cas.Apres une légère élévation de 1° ou 2° de deux à quatre \u2018heures aprés l'injection, la courbe de température descend a la normale ou aux environs de la normale vingt-quatre a trente-six heures après l\u2019injection (graphique 1).Si on administre le sérum par la voie intra-veineuse, il se produit un léger frisson, et, après une légère ascension, la courbe de température tombe à a normale ou en dessous de la normale 3 ou 4 heures à peine après l\u2019injection (graphique 2).Avec la chute de la température, les Name nn e L.more HNears\u2026.mov pee Na _ Ang wara (1 Date - s TEMPERATURE 99 NORMAL 98 97 _ 2 $__| Graphique 2.\u2014 Scarlatine hypertoxique.Sérum antiscarlatineux au quatrième jour de la maladie guérie après avoir présenté comme complication une légère adénite cervicale n\u2019ayant pas nécessité d\u2019intervention.autres symptômes diminuent d'intensité ou disparaissent.Le pouls devient plus lent, l\u2019éruption pâlit, l\u2019angine diminue et dans certains cas disparaît, et le malade perd son apparence typhique caractéristique: les grands enfants et les adultes, qui, la veille, paraissaient très souffrants, très intoxiqués et refusaient même les liquides, le lendemain, que leur température soit descendue à la normale ou non, nous attendent, assis dans leur lit, et nous demandent de les laisser manger ! Dans les cas hvpertoxiques, avec température très élevée, les symptômes généraux sont également améliorés; la température, }2 L'UNION MÉDICALE DU CANADA cependant, ne tombe pas jusqu\u2019à la normale, mais après être descendue de 3 ou 4 degrés, reste stationnaire entre 99° et 101° durant une dizaine de jours, puis descend graduellement à la normale (graphique 3).Si quelque complication, otite, adénite cervicale ou autre, survient, la température remontera de nouveau, mais la résistance du malade semble tellement accrue que ces complications ont, la plupart du temps, un caractère plutôt bénin et ne nécessitent que très rarement une intervention chirurgicale.name.(x olài DATE uw œæe 2 = = £ = w [us 99 NORMAL 98 97 à § b Graphique 3 Scarlatine hypertoxique, guérie sans complications.Le sérum antiscarlatineux est antitoxique et non bactéricide.Si on l\u2019administre dans la première semaine de la maladie, c\u2019est-à-dire durant la phase toxique avant que l'infection streptococcique ne se soit généralisée, il fera disparaître, comme nous venons de le voir, les manifestations toxiques.De cette façon, il empêchera l\u2019éclosion de complications infectieuses en ménageant les forces combatives de l\u2019organisme.C\u2019est d\u2019ailleurs tout ce que nous obtenons avec le sérum antidiphtérique (graphique 4).On ne réussit pas à empêcher l\u2019éclosion de toutes les complications, et il faudrait un très grand nombre d\u2019observations pour pouvoir affirmer avec certitude que les complications sont aujourd\u2019hui L' UNION MEDICALE DU CANADA 13 moins nombreuses.Nous avons tout de méme cru noter sur 200 cas traités à l\u2019aide du sérum, tant à l\u2019hôpital Alexandra qu\u2019à Saint-Paul, que les complications habituelles de la scarlatine, otite, mastoïdite, adénite cervicale, arthrite, néphrite, ont été moins fréquentes, ou du moins, apparemment moins graves qu\u2019elles ne le sont d'habitude.Les seuls cas où une intervention chirurgicale a été nécessaire furent trois cas d\u2019adénite cervicale qui avaient débuté d\u2019ailleurs avant l\u2019injection de sérum.Un des effets les plus évidents du sérum, c\u2019est d\u2019avoir changé l\u2019aspect clinique de la maladie.Nous ne voyons pratiquement plus Name.M arguerite.O.\u2026\u2026\u2026Ml ans \u2026\u2026 Date .& sept.1926 .Ward Date.uw © > pus < © w a.x w [= 98 97 bavor Graphique 4.\u2014 Diphtérie ordinaire avec complication suppurée.Sérum antidiphtérique la première journée de la maladie: Température normale 48 heures après; + adénite cervicale ayant nécessité une ouverture et un drainage.dans nos salles de scarlatineux réellement malades.ll n\u2019y a pas d'affection en face de laquelle, tout récemment encore, nous nous sentions aussi complètement désarmés que la scarlatine maligne, avec sa pyvrexie décourageante, se prolongeant pendant 10, 15, 20 jours, jusqu\u2019à ce que le malade, littéralement \u201cbrûlé\u201d, succombât d'une complication ou eût toutes les misères du monde à en triompher Bien plus, de nombreux cas, bénins au début, évoluaient de telle sorte qu\u2019au bout de 4 ou 5 jours, ils devenaient septiques, et s\u2019éter- 14 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA nisaient dans de multiples complications.Aujourd\u2019hui, au contraire, on peut être moralement certain de pouvoir le soulager en moins de 36 heures, et, en neutralisant les mauvais effets des toxines streptococciques, permettre à l\u2019organisme de lutter contre les complications septiques de la scarlatine.Résumons: Le sérum antiscarlatineux fait disparaître l\u2019éruption en moins de 36 heures, de même que tous les symptômes toxiques, malaises généraux, céphalée, angine, etc.Si les pseudo-membranes scarlatineuses et les ulcérations pharyngées ne sont pas affectées par le sérum, elles sont certainement moins aptes à se produire.Le sérum ne prévient pas la desquamation; mais, apparemment, elle est moins prononcée et moins généralisée si le sérum est donné au début de la maladie.Les accidents sériques rencontrés au début, et qui étaient les mêmes que ceux que nous avons à la suite de l\u2019injection de sérum antidiphtérique non concentré, ne se produisent pratiquement plus, aujourd\u2019hui que nous nous servons d\u2019un sérum désalbuminé dont le volume est 5 fois moins considérable que le premier.Conclusions 1°.Le sérum concentré antiscarlatineux, donné dans les premiers jours de la maladie, fait complètement disparaître tous les symptômes de la scarlatine.Ses effets sont identiques à ceux que l\u2019on obtient avec le sérum antidiphtérique.2° Il doit être donné aussitôt que possible, de préférence avant la quatrième journée, à tous les cas de scarlatine, et attendre quelques jours pour voir si le cas va évoluer normalement vers la guérison, c'est courir le risque inutile de voir \u2018évoluer normalement les complications et la mort\u201d.3° Donné au début, il semble diminuer le nombre des complications et les rend certainement moins sévères.4° Il est sans effet dans les manifestations septiques post- scarlatineuses.WE OO CNE DIAGNOSTIC CLINIQUE DIFFÉRENTIEL DE CERTAINES AFFECTIONS DU CUIR CHEVELU Par le Docteur ALBERIC MARIN, Médecin de l'Hôpital Notre-Dame, Assistant à la Chaire de Dermato-Syphiligraphie de l\u2019Université de Montréal.Dans ces quelques notes nous avons tenté de dresser un tableau de diagnostic clinique différentiel mettant en regard les affections les plus communes du cuir chevelu.Nous avons cru que ceci pourrait être de quelque utilité aux médecins non initiés au chaos dermatologique où les notions sont le plus souvent éparses et non systématisées.La confusion y est parfois extrême.Elle est due, d'une part, à la similitude d\u2019aspect de plusieurs lésions et, d'autre part, à une terminologie fréquemment effarante dans sa diversité.A tel point que faire un diagnostic dermatologique est parfois un.exercice périlleux.| Nous nous sommes donc attaché a grouper ici quelques signes cliniques afin de le faciliter.Nous avons omis de parler des moyens de laboratoire qui, en certains cas, peuvent confirmer ou écarter un diagnostic hésitant.Nous n\u2019avons pas tenu compte de l\u2019étiologie des maladies en jeu.Elle est d\u2019ailleurs incomplètement connue pour plusieurs d\u2019entre elles.C\u2019est au diagnostic morphologique seul que nous avons eu recours, la lésion visible à l\u2019œil nu étant le guide qui doive nous conduire.Essayons donc de sérier les faits.De quelque façon que l\u2019on retourne le sujet, il nous est possible de le diviser en deux grandes variétés: A) Affections alopéciques, celles qui font tomber le poil, de façon définitive ou passagère, cicatricielles ou non.B) Affections squameuses, ou croûteuses, qui présentent entre autres signes objectifs, une squame ou une croûte à leur surface.Nous ne visons pas dans cet essai de classification à élever des cloisons bien étanches entre ces deux variétés.En effet une affection peut commencer par être squameuse (lupus érythémateux) ou croûteuse (impétigo) et donner après coup de l\u2019alopécie, ce qui ne sera après tout qu\u2019un symptôme accessoire. 16 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Et même alors certains indices nous permettent de faire un diagnostic rétrospectif.D'autre part ces affections primitivement squameuses seront tout de même distinguées des affections alopéciques proprement dites parce que celles-ci n\u2019auront jamais, au cours de leur évolution, présenté de la desquamation ou de l\u2019incrustation.Quoi qu\u2019il en soit, nous nous efforcerons de mettre en vedette ceux des signes cliniques qui les individualisent le mieux.Le cadre suivant est celui que nous avons adopté.Il est loin de renfermer toutes les affections du cuir chevelu.Nous n\u2019y avons mis que les plus usuelles, celles qui pourraient prêter à confusion à la suite d\u2019un examen trop hâtif.Affections alopéciques .post-pyrexique .post-opératoire post-partum syphilitique séborrhéique Alopécies diffuses PPPp» Pelade Alopécies circonscrites Pseudo-pelade Acné décalvante Aîfections squameuses ou crouteuses Impétigo Sycosis Capillitii Acné nécrotique Favus Microsporie Tricophytie Pityriasis Eczématides Teigne amiantacée d\u2019Alibert-Devergie Psoriasis Lupus érythémateux.Voyons donc maintenant les principaux signes particuliers à chacun de ces syndromes et indiquons, au passage, leurs points de ressemblance et leurs caractères différentiels. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 17 Affections alopéciques 1° Alopécies diffuses: Alopécie post-pyrexique: Beaucoup de maladies infectieuses occasionnent une alopécie diffuse et aiguë.Mais il est un fait physiologique qu\u2019il ne faut pas perdre de vue: le cheveu ne tombe que de 75 à 90 jours après sa mort.D'autre part, l\u2019alopécie ne sera appréciable que si la température a atteint 104\" ou a dépassé ce niveau pendant plusieurs jours.Autrement l\u2019alopécie est le plus souvent inaperçue.Alopécie post-partum : L'accouchement, même normal, et la fausse-couche, sans complications secondaires, peuvent être suivis, toujours à deux et demi ou trois mois d\u2019intervalle, d\u2019une alopécie diffuse et aiguë.Alopécie post-opératoire: Les interventions chirurgicales, \u2018surtout abdominales et péritonéales, sont, comme les accouchements et les hautes pyrexies, souvent suivies d\u2019alopécie diffuse et aiguë.Mais jamais avant le délai indispensable de 10 à 12 semaines.Alopécie syphilitique: Celle-ci, contrairement à ce que pensent plusieurs, n\u2019est pas toujours l\u2019alopécie \u201cen clairières\u201d; parfois elle n\u2019est caractérisée que par un simple éclaircissement du cuir chevelu.Les cheveux tombent diffusement, çà et là.Mais le plus souvent, cette chute diffuse s'accompagne de la présence de régions incomplètement dénudées surtout pariétales, nombreuses et petites.La présence d\u2019autres symptômes de syphilis secondaire lèvera les doutes.Les alopécies dont nous avons parlé \u2014 post-pyrexique, postopératoire, post-partum, syphilitique \u2014 sont des alopécies aiguës, c\u2019est-à-dire durant 6 à 10 semaines.Le médecin, sachant donc que l\u2019alopécie diffuse n\u2019existe que depuis fort peu de temps, se trouve orienté vers une série d\u2019affections dont le questionnaire et l\u2019examen lui feront retracer l\u2019origine.Mais si, au contraire, cette alopécie est chronique, si les cheveux tombent déjà depuis 6 mois et plus, il s\u2019agit alors d\u2019 Alopécie séborrhéique: Elle succède, dans l\u2019immense majorité des cas, au pityriasis sec et gras.Le cuir chevelu est toujours très gras.Les savonnages, même quotidiens, n\u2019y peuvent remédier.Cette alopécie, bien que diffuse, a son maximum d\u2019intensité à l'endroit de la tonsure et aux parties latérales du front. 18 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Les cheveux tombent, avec un bulbe plein, puis sont remplacés par d\u2019autres plus fins qui tomberont à leur tour.Les régions d\u2019élection se dénuderont de plus en plus et s'agrandiront.Et la calvitie s\u2019installera plus ou moins précoce, selon l\u2019intensité du processus, mais inexorable de toute façon.Ceci la distingue encore des autres alopécies que nous avons mentionnées plus haut, qui durent peu et permettent la repousse du cheveu.Il ne faudrait pas chercher de signes différentiels dans l'étude du cheveu lui-même.Dans tous les cas les cheveux sont identiques avec leur bulbe plein.2° Alopécies circonscrites.Pelade: Constituée par des taches glabres bien délimitées, rondes ou ovalaires.Leur nombre et leur dimension varient.A leur surface, la peau apparaît saine, jamais cicatricielle.Au pourtour de la plaque dénudée on trouve, lorsque celle-ci est en voie d\u2019extension, des cheveux cassés.Ces cheveux péladiques, plus ou moins abondants selon le degré de progression de l\u2019alopécie, auront disparu -lorsque la maladie sera en voie de régression.Ils sont courts.L\u2019extrémité aérienne est renflée, massuée, comme celle d\u2019un épi, la tige effilée est plus mince au ras du cuir chevelu.Selon la comparaison classique, ils ressemblent a un point d\u2019exclamation d\u2019imprimerie (!).Ils s\u2019épilent sans se casser en cédant facilement à la traction.Il est à remarquer que l\u2019extrémité massuée est plus foncée que la tige.Après un temps plus ou moins long, de un à six mois, l\u2019aire peladique se couvre de follets, souvent décolorés.Peu à peu des cheveux, plus gros et plus foncés, apparaissent et tout rentre dans l\u2019ordre jusqu\u2019à la prochaine récidive, fait extrêmement fréquent.La variété \u201cophiasis\u201d est constituée par une bande glabre, régulièrement répartie le long de la bordure du cuir chevelu.La variété \u201cpelade décalvante\u201d est plus sérieuse.Après avoir débuté comme la forme ordinaire elle se généralise brusquement à \u2014\u2014\u2014\u2014 L'UNION MÉDICALE -DU CANADA 19 tout le cuir chevelu.Elle peut durer d\u2019un à quatre ans et ne guérir qu\u2019incomplètement chez les sujets d\u2019un certain âge.En dépit de ses caractères bien nets, la pelade est souvent confondue avec d\u2019autres affections.LS Au fur et à mesure que nous aborderons ces dernières, nous en signalerons les caractères différentiels.Pseudo-pelade: C\u2019est une folliculite dépilante cicatricielle où l\u2019inflammation folliculaire est peu ou pas du tout \u20ac appréciable.C\u2019est l\u2019alopecia parvimaçulata de Drew.Elle est caractérisée par un cuir chevelu criblé de petites taches alopéciques, cicatricielles, disséminées ou agminées.- En effet, certaines finissent par se fusionner pour former des plaques irrégulières, à contours déchiquetés.La surface est non squameuse, blanche, cicatricielle, complètement glabte, n\u2019ayant ni cheveux cassés, ni follets.L\u2019alopécie est évidemment définitive puisqu'il y a cicatrice.L'évolution en est très lente.Les progrès de cette pseudo-pelade ne sont pas toujours perçus.Quand on les constate on voit, habituellement en bordure d\u2019un point glabre ou dans son voisinage, un cheveu présentant à son émergence un mince anneau rouge, alors que le reste du cuir chevelu est parfaitement sain, du moins en apparence.Cet anneau rouge circumpilaire est l'indice discret d\u2019une folliculite sourde qui amène la destruction totale de ce follicule pileux.Les placards orbiculaires et non cicatriciels de la pelade ne pourront pas être confondus avec cette affection.Le favus présente peut-être certaines analogies.Nous en reparlerons lorsque nous en serons au chapitre de cette tondante, qui est d\u2019ailleurs crouteuse.Acné décalvante: C\u2019est le type précédent plus accentué.L'aspect cicatriciel des petites taches et plaques est le même.La différence réside dans le fait que nous trouvons en bordure de la lésion de petites pustules folliculaires, qui sont sur la zone d\u2019accroissement.Affections squameuses et croûteuses Impétigo: Streptococcie dont l\u2019élément éruptif est une bulle séro-prulente, éphémère.Le plafond ne tarde pas à s\u2019affaisser, laissant écouler un liquide jaunâtre et filant qui se concrétise en croute mélicérique. 20 L'UNION MÉDICALE DU CANADA La bulle est patfois inaperçue mais la crôûte fine et jaunâtre, qui s'accroît par sa périphérie, bordée d\u2019une auréole rosée et recouvrant une érosion rouge et suintante, est bien caractéristique.L'attaque d\u2019impétigo survient brusquement, souvent sur plusieurs point à la fois ou s\u2019essaimant rapidement à plusieurs endroits qui peuvent se conglomérer.Le cheveu est emméêlé dans la squame.Si le processus a été assez violent et un peu prolongé la croûte en tombant entraînera les cheveux avec elle.Cette petite plaque alopé- cique, temporaire, rose vif, non cicatricielle, non orbiculaire, succédant à une croûte, sera aisément différenciée de la pelade et de la pseudo-pelade.Donc impétuosité de l'attaque, généralisation rapide, croûte recouvrant une érosion suintante et légèrement suppurante, rapidité de la guérison par des moyens antiseptiques ordinaires, sont là des signes bien nets.Le favus pourra parfois simuler l\u2019impétigo, nous en reparlerons plus bas.Sycosis capillitit: Nous assistons ici à des poussées de folliculite, qui de plus en plus rapprochées deviennent sub-intrantes et passent à la chronicité.Nous aurons au cuir chevelu un semis de petites pustules folliculaires.Les follicules pileux seront détruits et nous finirons par voir des surfaces glabres, cicatricielles, irrégulières et déchiquetées, comme d\u2019ailleurs dans la pseudo-pelade et l\u2019acné décalvante dont l\u2019origine est vraisemblablement la même mais dont l\u2019allure est beaucoup moins tumultueuse.La lésion élémentaire est donc\u2019 ici la pustule circumpilaire, centrée par un poil non cassé, non décoloré.L\u2019affection peut durer pendant des \u2018mois.Nous dirons sur quels signes il faut s'appuyer pour ne pas la confondre avec le favus.Acné nécrotique: Elle est facilement individualisée.Eruption localisée à la bordure du cuir chevelu, au front, aux tempes, à la région rétro-auriculaire.Petites papules rosées, bientôt surmontées d\u2019une vésico-pustule qui se dessèche en croûte brunâtre.La croûte tombe et laisse voir une cicatrice indélébile.: Par poussées continues ou intermittentes.Favus: Epidermocose due à l\u2019Ochorion Schonleini. L'UNION MEDICALE DU CANADA 21 Les lesions sont représentées par l\u2019aspect du cheveu et par un élément pathognomonique, le godet favique.C'est une formation à contour arrondi, creusée en cupule, de coloration jaune sale, de consistance analogue à celle de l\u2019argile sèche.Elle est limitée par un bourrelet et du fond de la cupule émerge un cheveu.Ce cheveu favique est surtout caractérisé par son changement de couleur.{ Il est décoloré et terne, sans être cassant ou cassé comme le cheveu microsporique ou tricophytique.Les godets, par coalescence, peuvent finir par former une véritable carapace jaunâtre dégageant une odeur particulière: odeur de souris.L\u2019évolution en est très lente; cette maladie parasitaire, non traitée, dure toute la vie.Les cheveux finissent pas disparaître définitivement et les godets après leur chute laissent à découvert une peau glabre et cicatricielle.Ces placards dénudés sont irréguliers, plus ou moins étendus.Ils peuvent couvrir la presque totalité du cuir chevelu, hormis une bordure périphérique, qui est toujours respectée._ À côté de cette \u201cforme à godets\u201d si caractéristique le favus peut se présenter sous la \u201cforme impétigineuse\u201d.Celle-ci simule à s\u2019y tromper l\u2019impétigo, sur la description duquel nous ne reviendrons pas.Le diagnostic différentiel sera aisé quand on se rappellera que l\u2019impétigo est une maladie brève, dont l'attaque est impétueuse alors que le favus évolue avec une très grande lenteur et que son début est le plus souvent méconnu.De plus le cheveu blanc et décoloré est spécial au favus alors que l\u2019impétigo ne le modifie pas.Enfin l\u2019impétigo ne détermine pas de cicatrices et guérit en quelques jours par un simple traitement antiseptique.Le favus affecte parfois la \u201cforme a folliculite\u201d.Le diagnostic est à faire avec le sycosis capillitii, affection souvent chronique du cuir chevelu.Mais dans le sycosis, la lésion élémentaire est une pustule cir- cumpilaire, survenant par poussées.La poussée folliculitique à laquelle on assiste est un élément important de diagnostic, car elle n\u2019existe pas dans le favus, où de plus le cheveu est terne et décoloré.La favus enfin peut prendre la \u201cforme pityriasique\u201d. 22 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Pas de godet, mais des plaques squameuses d\u2019où sortent invariablement des cheveux faviques et c\u2019est l\u2019élément de diagnostic différentiel.En outre la peau sous ces plaques est rouge, alors qu\u2019elle est normale dans le pityriasis, et ne présentant jamais de cicatrices.Quant aux placards de psoriasis du cuir chevelu, ils se distinguent du favus en ce que les cheveux qui en sortent sont entièrement de couleur normale et que la peau sous-jacente n'est pas cicatricielle.La pseudo-pelade de Brocq qui laisse après elle des cicatrices irrégulières et émiettées comme le favus, s'en distingue cependant par l\u2019absence de godets ou de croûtes au cours de son évolution.La cicatrice en est aussi moins rouge et les cheveux ternes et décolorés font défaut.Microsporie: La teigne tondante à petites spores se traduit par la présence de plaques arrondies, de dimensions variant de un à plusieurs centimètres.Ces plaques ne sont pas très nombreuses.On en rencontre rarement plus d\u2019une douzaine.À la surface de ces clairières recouvertes de squames, les cheveux sont cassés court mais non pas de manière à ne pouvoir les saisir avec les doigts.Quand on les épile, on voit qu\u2019ils sont engaînés d'une couche grisâtre et poussiéreuse.Cette affection guérit spontanément à la puberté.Les plaques.non cicatricielles, se recouvrant de cheveux sains.Ja pelade ne saurait être confondue avec cette mycose.La présence de squames et de cheveux cassés, l\u2019absence de cheveux pela- diques sont des caractères suffisants pour éviter cette méprise.Dans la pseudo-pelade les plaques alopéciques sont cicatricielles et irrégulières, non squameuses et ne présentent pas de cheveux cassés.Dans le favus les cheveux ne sont pas cassés courts.Ils sont décolorés.De plus, quand squames et poils tombent l\u2019alopécie est cicatricielle et définitive.Le pityriasis est plus diffus et n\u2019a pas de cheveux cassés.Dans le psoriasis les poils sortent drus et normaux de la squame.Tricophytie: Cette teigne se distingue de la précédente en ce qu\u2019elle montre des plaques petites, que l\u2019on peut recouvrir avec le bout du doigt, beaucoup plus nombreuses que dans la précédente, disséminées par tout le cuir chevelu.I L'UNION MÉDICALE DU CANADA 23 Ces points alopéciques peuvent se.fusionner et former des placards irréguliers plus ou moins grands, où l\u2019on trouve à côté de cheveux sains des cheveux tricophytiques.Ceux-ci, à l'inverse des cheveux microscopiques, ne sont pas épilables avec les doigts: ils sont cassé trop court.Ils apparaissent le plus souvent sous la forme de gros points noirs, sous la squame épidermique.En soulevant cette squame on peut dégager ce poil, plus volumineux qu\u2019à l\u2019état normal et d\u2019une très grande friabilité.Donc, lésions plus diffuses, plus petites, plus nombreuses que dans la microsporie avec coexistence de cheveux sains et de cheveux cassés courts, non épilables avec les doigts.Cette mycose guérit habituellement vers la- 20ème année \u2018sans laisser de cicatrice.Les cheveux repoussent normaux.La pelade avec ses plaques lisses et nettes, la pseudo-pelade à surface cicatricielle et partant définitivement glabre, seront aisément distinguées.Le pityriasis peut parfois induire en erreur.Cependant ici les pellicules ne sont pas localisées en des points spéciaux, mais uniformément répartis à tout le cuir chevelu.On n\u2019y voit pas de clairières ayant des cheveux cassés au ras de leur émergence.\u2019 Les cheveux tombent, mais de longueur normale.Pityriasis: C\u2019est une desquamation furfuracée, non inflammatoire.L'épiderme corné est épaissi et tombe en s\u2019émiettant.C\u2019est un processus très lent et qui conduit plus ou moins prématurément à la calvitie.On en distingue deux variétés dont l\u2019une succède à l\u2019autre insensiblement.La ligne de démarcation entre elles est parfois bien difficilement tracée.D\u2019abord le pityriasis sec.; Ce sont les pelliqules vulgaires.Le cuir chevelu subit partout une desquamation fine.Pas de plaques alopéciques (excepté parfois dans la fausse teigne amiantacée d\u2019Alibert-Devergie que nous décrirons plus bas), pas de cheveux cassés ou décolorés.Puis lui succède le pityriasis gras avec des squames onctueuses et jaunitres.Mais la peau sous-jacente est de coloration normale et non suintante, ce qui suffirait à le distinguer de l\u2019impétigo. 24 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Les cheveux tombent abondamment, non en aires, mais diffusé ment.Ils ne sont ni cassés, ni décolorés, ni engainés de blanc.Ils tombent d\u2019abord à l'endroit de la tonsure et aux régions fronto-pariétales.La dénudation du sommet du crâne sera plus ou moins complète et plus ou moins , précoce .selon la marche de l\u2019affection.; Ces caractères sont trop nets pour qu\u2019il soit nécessaire d\u2019insister davantage.Eczématides: Ici nous avons affaire non plus à des squames mais à des croûtes dont la formation succède à une phase de suintement: Elles sont faites de sérum desséché.SE A leur niveau la peau est rose et légèrement suintante.Les cheveux, de longueur et de coloration normales, y sont collés et englués, contrairement au cheveu psoriasique qui passe droit et ferme au travers du placard de psoriasis, oo Ces lésions s'impétiginisent souvent.Leur caractére purulent les fera reconnaitre.À l\u2019état pur, leur couleur rosée ou rosé jaunâtre, leur desquamation fine et sèche, leur disposition plutôt circonscrite les individualisera., Fausse-teigne amiantacée d\u2019Alibert-Devergie: Nous décrivons ce type à part, dans l\u2019embarras où nous sommes de le classer exactement.Certains auteurs, dont Sabouraud, le rangent parmi les eczémas, alors que d'autres, dont Darier, la font rentrer parmi les pityriasis.Nous croyons, pour notre part, que les uns et les autres ont raison en ce sens que certains eczémas secs du cuir chevelu et certaines formes de pityriasis à son degré extrême peuvent revêtir ce même aspect clinique.Quoi qu\u2019il en soit, l'erreur ne peut avoir ici de graves conséquences puisque le traitement est sensiblement le même.Cette fausse-teigne présente de grosses pellicules adhérentes, d\u2019aspect réellement amiantacé, où les cheveux sont couchés et emméêlés.| Ces squames irrégulières sont Superposées et présentent ce que Sabouraud a appelé le phénomène de \u201cl\u2019écaille de poisson\u201d.En effet, si l\u2019on saisit les cheveux pour les soulever, au niveau d'une de celles-ci, les poils redressent cette squame en écailles.La comparaison en est frappante.La squame-croûte, lorsqu\u2019elle tombe, peut entraîner les cheveux qui y sont englobés. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 25 Il y aura une plaque alopécique qui peut parfois avoir la dimension d\u2019une pdume.\u2014 La fausse-teigne ne saurait être confondue avec le favus dont l\u2019évolution est d\u2019une durée fort lente, qui laisse des cicatrices derrière lui.Le poil est décoloré mais traverse la croûte.Dans le psoriasis, les cheveux, nous l'avons déjà dit, traversent Ja squame droits et fermes.Ni le favus,-ni le psoriasis ne présentent le phénomène de l\u2019écaille de poisson.- or Psoriasis: Les placards de cette dermatose érythémato-squameuse ont les mémes caractéres au cuir chevelu que sur les autres points du tégument.Limitation nette, squames blanchâtres, abondantes, stratifiées, donnant le signe de \u201cla tache de bougie\u201d, recouvrant une surface rouge, non suintante, non cicatricielle.Le grattage donnera \u201cla rosée sanglante\u201d.Quant aux cheveux, nous le répétons encore, ils sont normaux, traversent la squame et ne cèdent pas à la traction.Nous avons déjà indiqué plus haut les affections avec lesquelles on pourrait confondre le psoriasis et donné les signes différentiels.Nous n\u2019y reviendrons pas.Lupus érythémateux: se présente sous forme de taches squameuses, bien limitées, rouges, à évolution lente, à extension périphérique avec atrophie cicatricielle centrale.Les squames sont spéciales.Elles sont adhérentes.Leur adhérence provient de ce que leur face profonde est munie de petits prolongements cornés qui s\u2019enfoncent dans des dépressions de l\u2019épiderme.C\u2019est là \u2018la ponctuation cornée\u201d, signe caractéristique du Lupus érythémateux.Cette ponctuation cornée rend difficile l\u2019avulsion de la squame.Cette tuberculide centrifuge ou serpigineuse laisse derrière elle un état cicatriciel de la peau où se voient de petites telangiectasies et parfois de la pigmentation.: Cette surface cicatricielle est tout a fait dépourvue de cheveux.Le psoriasis a des squames friables et ne laisse pas de cicatrices.Il n\u2019y a pas eu de rougeur et de squames dans la pseudo-pelade.Dans le favus, le poil est décoloré.La pelade n\u2019est ni cicatricielle, ni squameuse. 26 L'UNION MEDICALE DU CANADA Les tondantes microscopiques et tricophytiques ont des cheveux cassés à leur surface et ne sont pas cicatriciellese # % % Voilà résumés brièvement les principaux points de diagnostic clinique différentiel des affections du cuir chevelu.Nous ne prétendons pas que ce diagnostic soit toujours d\u2019une extrême simplicité, mais nous croyons qu\u2019à la lumière des données précédentes il sera rendu facile dans la grande majorité des cas.Il est d\u2019une importance extrême puisqu\u2019il est le guide d\u2019une thérapeutique précise et efficace.En effet, un pityriasis ne saurait être traité comme un impétigo lequel relève d\u2019un traitement bien différent de celui du favus.Appliquer aux teignes microscopiques et tricophytiques une médication anti-peladique aurait un effet désastreux.Nul n\u2019en dis- convienda.I] importe donc de reconnaître si nous avons affaire à I® de l\u2019alopécie, si elle est diffuse ou en aires, si elle est aiguë ou chronique.2° Si le cheveu est cassé, décoloré, massué, engaîné; s\u2019il pousse droit ou s\u2019il est englué; s\u2019il cède ou non à la traction.3° S'il y a ou non des squames, croûtes, godets.4° Si la peau est blanche, lisse, rouge, normale ou cicatricielle.Ce sont là des points de repère qu\u2019il faudra n\u2019oublier jamais.BIBLIOGRAPHIE Dermatitis papillaris capillitii.Acne keloid.Baradjan.\u2014Favus capillitii et lupus erythematodes disseminatus.Bodin.\u2014Coexistence des teignes faveuse et tricophytique sur un méme cuir chevelu.Cumston.\u2014 Treatment of Seborrhea of scalp.Darier.\u2014Pelade décalvante totale.Alopécie atrophiante en clairiéres.Discussion sur la séborrhée et les alopécies.Examen microscopique des cheveux dans l\u2019alopécie syphilitique.Fox.\u2014Lupus erythematosus localised on the scalp.Gaucher.\u2014Maladies de la peau.Hyde.\u2014Skin Diseases.McLeod.\u2014Case of alopecia following severe impetigo of scalp in a girl.Sabouraud.\u2014Les teignes.Les maladies séborrhéiques.Les entretiens dermatologiques.Adamson.ai SUR UN CAS D\u2019APPENDICITE AIGUE Par le Docteur E.TROTTIER de l\u2019Hôtel-Dieu J'ai pensé qu\u2019il serait intéressant de rapporter ici l\u2019histoire d'un cas d\u2019appendicite aiguë, ne serait-ce que pour apporter une nouvelle preuve de la nécessité de l\u2019intervention précoce dans l\u2019appendicite aigué.Dans un travail présenté à la Société Médicale de Montréal, l\u2019an dernier, j'ai insisté sur l\u2019importance d'intervenir opératoirement, dès le début d\u2019une crise, chaque fois que la chose est possible.A l\u2019aide de statistiques sérieuses, j'ai pu démontrer à l'évidence que c\u2019était la meilleure pratique à suivre pour sauver le plus grand nombre de malades.Cependant les médecins ne sont pas tous convertis à cette idée, et encore moins les malades; nous en avons malheureusement la preuve trop souvent dans nos services hospitaliers.Certes l\u2019expectative et le refroidissemnt peuvent parfois conduire le malade à travers une crise, vers une guérison problématique, mais à combien d\u2019écueils et au risque de quels périls n\u2019expose-t-on pas le malade.| Que de complications inconnues peuvent survenir au cours d'une crise appendiculaire et contre lesquelles il faut agir énergiquement et promptement.En effet, savons-nous jamais quelle sera la résistance du malade aux phénomènes de toxicité possible 7?Comment réagira-t-il dans une péritonite soit diffuse, soit localisée ?Les perforations intestinales ou appendiculaires, les abcès pelviens, parfois même l\u2019occlusion | intestinale, sont autant de dangers trés graves auxquels est exposée toute personne qui entre en crise appendiculaire aigué.A la pensée qu\u2019un seul de ces accidents graves peut causer la mort, ne faut-il pas faire tout en son possible pour les éviter?Et quel est le meilleur moyen d\u2019empêcher ces complications mortelles de se produire sinon de prévenir leur moindre manifestation par une opération radicale et précoce ?Nous ne saurions trop le répéter.si nous voulons sauver nos malades dans l\u2019appendicité aiguë, faisons- les opérer et surtout dès le début.Dans certains cas que j'appellerai \u2018 .A .\u2026.x .\u2018suraigus\u201d méme les heures peuvent compter.Voici a ce sujet un cas typique. 28 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Albert C., 28 ans, journaliste.Le samedi 13 juin dernier, vers 1 heure de l\u2019après-midi, au moment où il quittait le bureau d'une maison commerciale, fut pris d\u2019une douleur subite très violente au bas de l\u2019abdomen ; il s\u2019affaissa sur le parquet, incapable d'aller plus loin.Transporté aussitôt à l\u2019Hôtel-Dieu, le docteur Robichaud fut appelé et diagnostiqua une appendicite aiguë.Appelé à mon tour, je vis le malade environ une heure après le début de la crise.Jeune homme d\u2019apparence robuste, facies pâle et crispé par la douleur, transpiration abondante.Le malade répond mal aux questions; cependant il nous dit que depuis quelques jours il éprouvait un malaise général, un peu d\u2019épuisement, sans aucun trouble digestif, sans douleur abdominale.La température était de 95°, le pouls battait à 92.L\u2019examen de l\u2019abdomen révéla une défense musculaire généralisée à toute la paroi, pas de balonnement, mais une douleur très vive surtout au niveau de la fosse iliaque.Le malade souffrait terriblement, il se tordait dans son lit où il fallait le maintenir.Nous étions évidemment en présence d\u2019une crise aiguë d\u2019appendicite, et d\u2019accord avec le Dr Robichaud nous proposâmes une opération immédiate.Le malade refusa catégoriquement toute intervention et continua ainsi à souffrir pendant deux heures, alors que, rendu à bout de forces, il demanda à être opéré.Anesthésie par mixture d\u2019éther et chloroforme donnée par le Dr Larocque.Incision de Jaloguer large.Le péritoine est adhérent au cæcum mais se décolle assez facilement; lésion de pérityphlite; la cavité abdominale est remplie d\u2019un liquide jaunâtre sous pression ; l\u2019appendice est rétro-cœcal, congestionné, replié sur lui-même et recouvert de membranes blanchâtres; il existe une petite perforation vers la base.Appendicectomie assez laborieuse et enfouissement du moignon appendiculaire.large drainage par deux gros drains \u201ccigarettes\u201d, un point total au crin à chaque extrémité de l\u2019incision.Le lendemain de l\u2019opération, la température monta à 99°, le pouls à 120, des vomissements noirs apparaissent, le pansement est changé et le drainage s'effectue très abondamment.Le cathétérisme vésical ramène 550 c.c.d\u2019urine.Les vomissements persistent, le pouls est rapide et petit, la température tombe à 00°.Pape L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 29 Malgré une thérapeutique très active: propidon, septicémine, goutte à goutte rectal, lavage d'estomac, huile camphre, etc, le malade meurt la troisième journée après l\u2019opération.Ce cas est surtout intéressant par son début brusque, dramatique, et le développement des phénomènes toxiques qui suivirent.Voici un homme en bonne santé apparente qui tombe tout à coup comme foudroyé sur la rue par une attaque d\u2019appendicite aiguë sans aucune crise antérieure; il ressentait simplement un malaise général depuis quelques jours.Sans prodromes abdominaux, insidieusement, la maladie s\u2019était établie pour se manifester par une crise brusque et soudaine.Il était évident à l\u2019opération que les lésions abdominales dataient d\u2019au moins quelques jours.Les lésions inflammatoires, l\u2019épanchement abdominal, la perforation sont le résultat d\u2019un processus morbide lent mais qui peut se manifester brusquement.C\u2019est probablement la perforation qui a déclanché cette crise subite et c\u2019est à partir de ce moment que les heures comptent.Tous les phénomènes d\u2019intoxication grave nous montrent ici une appendicite toxique.Le début de la crise est masqué, c\u2019est un malaise général, pas de symptômes abdominaux, et tout à coup la crise éclate, puis apparaissent les phénomènes d\u2019intoxication.Le facies est terreux, la respiration courte et rapide, le pouls devient petit, la température s\u2019abaisse, les urines sont diminuées et enfin les vomissements noirâtres apparaissent et persistent.Ces appendicites toxiques sont des plus graves et des plus difficiles à diagnostiquer.Il faut toujours y penser et surtout les faire opérer avant qu\u2019il ne soit trop tard. LA GREFFE OVARIENNE ET L\u2019HYSTEREC- TOMIE FUNDIQUE Par le Dr ALEXANDRE ACHPISE, de la Faculté de Médecine de Paris Licencié du Conseil Médical du Canada Licencié du Conseil Médical Général de I Empire Britannique L\u2019article plein d'intérêts de notre confrère le Dr Pierre Z.Rhéaume paru tout récemment dans les colonnes de ce journal, m\u2019induit à quelques réflexions sur le même sujet.Avant tout la greffe ovarienne a-t-elle jamais donné des résultats ?Nous pouvons répondre franchement que ces résultats sont nuls.:Le promoteur de la méthode en France, le Pr Tuffier, l\u2019a abandonné complètement.Bien plus la greffe ovarienne après une hysterectomie totale ou sub-totale est un procédé non seulement inefficace contre les troubles de la ménopause mais présente même un certain danger par la possibilité de la non tolérance de l\u2019ovaire greffé.Tuffier a été obligé d\u2019en pratiquer l\u2019ablation secondaire.Le travail du Dr Rhéaume démontrant que l\u2019ovaire greffé vit en corps étranger dans l\u2019organisme explique très bien ces phénomènes d\u2019intolérance et apporte une intéressante preuve histologique à la constatation clinique.D'autre part, l\u2019expérience clinique a montré aux chirurgiens que si on laisse en place un ovaire, même normal et pourvu de ses vaisseaux propres et de ses nerfs, et si on enlève en même temps la totalité du corps utérin avec sa muqueuse (hysterectomie supra-vagi- nale ou totale) on obtient aucun résultat en ce qui concerne la prévention des accidents de ménopause anticipée.La conservation de l\u2019ovaire expose même les malades à des accidents parfois sérieux (ovaire donnant naissance à une héma- tocèle).Une discussion intéressante à la Société de Chirurgie, en 1905, rend ce fait évident; la conclusion de cette discussion à laquelle prirent part Tuffier, Routier, Hartmann, Second, Le Dentu, Mau- claire, notre Maître Delbet fut que: TE L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 31 1) Les greffes ovariennes après hysterectomie totale ou sub- totale sont un procédé sans efficacité contre le trouble de la ménopause artificielle.2) Il faut laisser un ovaire et l'utérus; mais laisser un ovaire seul est.dangereux.La déduction capitale qui résulte de tous ces faits expérimentaux c\u2019est que l\u2019essentiel pour une femme jeune à qui l'on est obligé de faire subir une mutilation grave de son appareil génital interne c'est de lui laisser un ovaire en place, bien irrigué et une portion notable de la muqueuse du corps de l\u2019utérus.Cette constatation de la conservation de la menstruation après ablation de deux trompes et d\u2019un ovaire par présence seulement d'un fragment d\u2019un ovaire et de la muqueuse utérine a été faite par nous d\u2019une façon un peu imprévue.Sœur X, française, 32 ans, nous consulte en 1921 pour des douleurs dans le flanc gauche et des menstruations excessivement douloureuses, voire syncopales.La malade a été opérée quatre ans auparavant, elle a subi une salpingectomie unilatérale droite.A l'examen nous constatons une masse dans le cul de sæc latéral gauche.| Opération sous anesthésie générale à l\u2019éther.Opérateur: Dr Achpise, Anesthésiste: Dr H.Beaulac.Laparatomie médiane sous- ombilicale.Salpingite gauche scléro-kystique partiellement adhérente.Vu l\u2019état précaire de la malade, nous nous contentons d'une ablation de la trompe gauche avec son ovaire, prenant soin d'enlever la corne d\u2019implantation de la trompe dans l'utérus.Nous constatons l\u2019absence de l\u2019annexe droit et de l\u2019appendice.Réunion par première intention.Guérison.Grand a été notre étonnement quand un mois environ après l\u2019intervention sont apparues les règles, peu abondantes et non douloureuses; ces règles se sont maintenues; la malade a fait néanmoins de l\u2019adipose généralisée.; L\u2019explication qui nous semble s'imposer c\u2019est la persistance d'un fragment d\u2019ovaire lors de la première intervention, lequel fragment en préserfte de l\u2019endomètre utérin maintient la fonction menstruelle.Le mécanisme physiologique précis de l\u2019action de l\u2019ovaire sur l\u2019'endomêtre nous échappe encore, (action vaso-motrice réflexe ou ou action hormonique), mais le fait expérimental est incontestable et doit guider le chirurgien. 32 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Ce fait de la persistance de la menstruation et de l\u2019absence des troubles stomatiques chez les opérées auxquelles on a conservé un ovaire et une portion notable de la muqueuse du corps utérin est connu depuis longtemps.En 1899, Zweifel prouva ce fait par l\u2019étude de trois opérées; après lui Virth (1902), Alban-Dauran (1905), Pfannestiel (1906).Cohn et Duhersen (1908), préconisèrent une conservation d\u2019un ovaire et d\u2019un moignon suffisant du corps utérin.En Italie, Bertino et Spinelli (1911), en Amérique Kelly (1909), proposèrent une opération très analogue.La pensée chirurgicale s\u2019étant ensuite engagée sur le chemin de la greffe, l\u2019exécution de l'opération conservatrice présentant d'autre part, quelques difficultés techniques \u2014 très relatives, \u2014 c\u2019est seulement avec les travaux de Lecène sur \u201cl\u2019hysterectomie fundique\u201d que les chirurgiens français se sont orientés vers cette opération.Il n\u2019entre pas dans le cadre de cet article de décrire la technique de l\u2019opération de Lecène.Son idée directrice est de conserver d\u2019une part un ovaire normal, avec ses vaisseaux et ses nerfs, d'autre part une quantité suffisante de la muqueuse de corps de l'utérus pour que la fonction menstruelle soit conservée chez l\u2019opérée.Nous reproduisons néanmoins les indications typiques de l'hys- terectomie fundique telles que les comprend son auteur: 1) Annexites bilatérales, kystiques et adhérentes, rebelles au traitement médical.2) Fibromes du fond de l\u2019utérus non énucléables.3) Métrorragies graves dues à une endométrite hémorragique sans lésions annexielles inflammatoires.4) Certains cas plus rares: par exemple, grossesse extra-utérine avec lésions de la trompe du côté opposé et ovaire conservable.Il est évident que l\u2019hysterectomie fundique ne remplace pas l\u2019hysterectomie supra-vaginale ou totale ou même l\u2019ablation unilatérale des annexes \u2014 opérations qui gardent la majeure partie de leurs indications.Dans son travail paru en 1922, Lecène apporte les résultats fonctionnels observés sur ses 17 opérées.e Dans 13 cas soit 76 p.100), les résultats de l\u2019hyterectomie fundique ont été excellents: aucun trouble de ménopause anticipée, les opérées ont des règles, le plus souvent moins abondantes, mais quelquefois aussi abondantes qu\u2019avant l\u2019opération.Dans 3 cas (8 p.W\\ \\ INNOXA Produits de Beauté Inoffensifs Les PRODUITS INNOXA ont été créés pour les personnes qui ont un épiderme délicat, et sont recommandés par les dermatologistes les plus éminents des Hôpitaux de Paris.Le LAIT INNOXA est destiné à remplacer le savon pour la toilette du visage.Il calme, repose et nourrit l\u2019épiderme.Le Lait Innoxa donne au teint la fraîcheur de la jeunesse et convient à tous les épidermes.La MOUSSE INNOXA : crème spéciale pour le jour.Rend le teint mat et donne au visage une étonnante fraîcheur.La Mousse Innoxa fixe admirablement la poudre de riz.Non seulement elle n\u2019irrite jamais, mais encore elle adoucit l\u2019épiderme, prévient les dartres, les rougeurs et les rides.La POUDRE INNOXA veloute l\u2019épiderme sans le dessécher.Se fait en buit nuances (blanche, rachel, rose, rosée, rose thé, chair, ocre, corail).Les LABORATOIRES INNOXA, 22 avenue de l\u2019Opéra, Paris, fonctionnent sous un contrôle médical sévère; ils donnent toute garantie sur la pureté et l\u2019inocuité absolue des matières premières employées.Echantillon médical sur demande a J.|.EDDE, Agent général New Birks Building, Montréal } : *.34 L'UNION MÉDICALE DU- CANADA 100), le résultat n\u2019était que moyen.Dans un cas enfin (6.p.100), le résultat a été nul: la malade était âgée de 40 ans.11 nous semble que l\u2019hyterectomie fundique de Lecène, qui permet de conserver les règles dans 75 p.100 des cas, mérite d\u2019être répandue.Conserver la menstruation après une opération gynécologique mutilante est un avantage dont l\u2019évidence est incontestable.\u201cL\u2019hysterectomie fundique ayant des indications précises, mais limitées, il est bien évident qu\u2019il ne faut l\u2019appliquer qu\u2019à bon escient, si l\u2019on veut obtenir des résultats favorables.\u201d (Lecène).Electrothérapie Cours de Perfectionnement donné par la Faculté de Médecine La Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal fait donner par le Dr Ernest Gendreau un cours de perfectionnement sur la physique médicale, les relations entre la physique et la physiologie, l\u2019application médicale des différents courants électriques et des radiations lumineuses et caloriques.Ces cours ont lieu les mardis et jeudis, à 5 heures de l\u2019après-midi, à l\u2019Université, depuis le 12 janvier.Les médecins qui désirent suivre ces cours devront s\u2019inscrire immédiatement au bureau du Secrétariat de la Faculté de Médecine. THERAPEUTIQUE APPLIQUEE TRAITEMENT DE LA FIÈVRE TYPHOIDE Nous savons tous que la typhoïde est causée par la préserice dans l\u2019intestin d\u2019un bacille bien connu, mobile à cause des cils vibratils qu\u2019il possède et transmissible par l\u2019eau, le lait, les selles, la salive et la sueur des malades.Nous savons aussi que les convalescents ou les typhiques anciens peuvent desséminer la maladie dans leur entourage parce que leur urine et leurs selles renferment des bacilles véhiculés par le sang et la bile.Ces notions sont utiles à connaître et à retenir au point de vue prophylactique.Nous diviserons ce chapitre en deux parties: 1° le traitement curatif; 2° le traitement préventif.1° Traitement curatif Première période: malaises généraux, asthénie, fièvre le soir, inap- pétence, insomnie, cauchemars, langue saburrale, transpirations, douleurs vagues à l\u2019abdomen, constipation ou diarrhée intermittentes.Le pouls n\u2019est pas accéléré.L\u2019examen somatique est incertain.1) Repos au lit dans une pièce bien ventilée et bien éclairée.2) Un lavement avec: eau 100 c.c., glycérine 15 c.c., huile d\u2019olive 30 c.c.Pression douce, lentement, évacuation complète de l\u2019ampoule rectale et des colons.3) Huile de ricin: une cuillerée à thé matin et soir dans un peu de lait chaud et de ginger-ale chez les constipés.4) Au début, on peut appliquer un sac de glace sur la région précordiale, dans l\u2019appréhension d\u2019une infection pouvant évoluer sur l\u2019endocarde.| 5) Injection sous-cutanée d\u2019une ampoule d\u2019électrargol de 5 c.c.que vous pouvez répéter chaque jour jusqu\u2019à confirmation du diagnostic.6) Vous conseillez à votre malade de boire copieusement: eau-lait, un jaune d\u2019oeuf dans ur- verre de lait avec sucre, du thé avec lait et sucre, du café, du caco, du gruau, du bouillon dégraissé, du jus de fruits.Vous observez votre malade chaque jour en modifiant la diète au besoin.- Seconde période: accentuation des signes précédents, séro-diagnostie positif, taches rosées sur l\u2019abdomen ou desséminées.ailleurs,.fièvre en plateau, langue rouge sur les bords, souvent desséchée et fendillée.toux sans expectoration, sub-délire, langage incohérent durant le sommeil, indifférence du malade pour la nourriture, refus quelquefois, diarrhée, entérorrhagies dans certains cas.Douleur à la pression dans le voisinage de l\u2019ombilic, crampes, vomissements, pouls dicrote.1) Glace sur abdomen; entourer le sac d\u2019une gaze fine pour prévenir les engelures.Enlever les sacs durant quelques heures si la peau devient 36 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA rouge ou rouge sombre et l\u2019enduire de vaseline.Changer fréquemment ce pansement; avoir soin de casser la glace en petits morceaux afin d\u2019obtenir une surface uniforme; s\u2019assurer que le bouchon est hermétique afin que le malade repose dans un lit sec.On évite ainsi les escarres.2) Coussin d\u2019air sous le siège pour protéger la peau du sacrum.Dans certains cas, on place un dyachilon sur le coccyx et les épines sacrées, pour empêcher la friction prolongée de la peau sur les draps.3) Bains d\u2019éponge à l\u2019eau fraîche, chaque jour, suivis d\u2019une friction légère à l\u2019alcool camphré (alcool! pur et non alcool méthylique).4) Nettoyer la bouche et les dents afin de prévenir les fermentations et les lésions ulcéreuses de la bouche, qui empêchent toute alimentation à cause des douleurs qu\u2019elles provoquent.5) Entourer les talons d\u2019un épais coussin de ouate pour prévenir l'apparition des escarres.Changer fréquemment le malade de position dans le même but.6) Diète: liquide généreuse.Se rappeler que le lait est insuffisant.Pour subvenir aux dépenses un malade devrait absorber au moins 4 litres de lait pour produire 2,500 calories que nous utilisons chaque jour.Cette quantité de liquide est trop considérable.Pour rétablir l\u2019équilibre on ajoute du bouillon, un jaune d\u2019oeuf, du gruau bien cuit et passé au tamis, du cacao, du thé, du café, du jus de fruits.Il importe de nourrir les typhiques si on veut prévenir une foule de complications qui relèvent beaucoup plus de la carence alimentaire que de la maladie elle-même.On doit donner peu à la fois et souvent.Le typhique, à cette période, est indifférent et ne se soucie guère de lui-même.Il est utile de tenir un compte détaillé des aliments absorbés durant le jour afin de calculer, approximativement, les calories.On peut, ainsi, se rendre compte de la valeur de telle alimentation.Un grand nombre de typhiques souffrent de la faim.Ce point est de la plus haute importance.7) Médications c\u2019est une médication purement symptomatique.Contre la constipation, vous prescrirez l\u2019huile de ricin à petites doses: une cuillerée à thé ou deux par jour, le matin et le soir ou une fois le matin seulement.Contre la diarrhée: Carbonate de Bismuth 2 grammes, 3 à 4 fois par jour.On diminue ou suspend selon les cas.Châque jour il est utile de donner un petit lavement glycériné avec une poire afin de vider l\u2019ampoule rectale où s\u2019accumulent les toxines et matières putrides.On prévient, ainsi, le ténesme d\u2019une part ou l\u2019incontinence d\u2019autre part.Les antiseptiques n\u2019ont aucune valeur réelle.Ils ont quelquefois le privilège d\u2019irriter l\u2019estomac sans profit pour l\u2019intestin.Contre les hémorrhagiess suspendre toute alimentation, même la ' glace qui excite le péristaltisme.Compresses chaudes.Morphine, adrénaline 15 à 20 gouttes 2 fois par jour durant 2 à 3 jours.La gélatine, le chlorure de calcium à la dose de 1 gramme, 3 à 4 fois par jour, dilué dans beaucoup d\u2019eau, suivi de lait. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 37 Les petites injections sous-cutanées de sérum (15% c.c.) agissent favorablement.Hémoplastine en injection hypodermique.Contre le ballonnement: nous sommes quelquefois très embarrassés.Cela est dû à une parésie intestinale, nous devons user de ménagement.La compresse humide froide, la glace, l\u2019adrénaline pe'ivent rendre des services.La sonde rectale à demeure favorise l\u2019évacuation des gaz.La pituitrine est dangereuse à cause des contractions violentes incontrôlables qu\u2019elle peut provoquer sur la musculature de l\u2019intestin.C\u2019est un syndrome dû à un déséquilibre du grand système vago-sympathique.Contre la congestion hypostatique des poumons: les ventouses sèches, qui agissent non seulement sur le symptôme congestion, mais comme auto-hémothérapie.Contre le délire et la myoclonie chez les malades déshydratés qui souffrent de carence alimentaire: les bains chauds lentement et légèrement refroidis, chaque jour.On les enveloppe dans un drap, puis on les plonge ainsi dans un bain tiède durant 10 à 15 minutes, en ayant soin de les stimuler préalablement (cognac et eau, etc.).Puis on les enroule, en sortant, dans une couverture de lit en laine, chaude.Au bout d\u2019une demi-heure on les frictionne avec de l\u2019alcool camphré.Ce bain calme les malades et permet à la peau d\u2019absorber une certaine quantité d\u2019eau.L'\u2019aspect du malade se transforme rapidement.Contre Phypotension artérielle, on peut injecter l\u2019huile camphrée en ampoules stérilisée à 20 pour cent: une ou deux par jour selon les cas.Contre l\u2019oligurie ou l\u2019anuries s'assurer qu\u2019il n\u2019y a pas de rétention vésicale, analyser fréquemment les urines.L\u2019albumine n\u2019a pas de signification importante.S\u2019efforcer, dans ces cas, de faire boire les malades davantage.Contre Phyperthermie: les médicaments exercent une action passagère dont les malades ne profitent guère.Il faut compter davantage sur la glace, l\u2019eau froide, et les bains, si possible.Ne pas négliger la ventilation de la chambre.Cette habitude rend de grands services au malade et à son entourage.2° Traitement préventif | Nous laisserons de côté toutes les mesures hygiéniques contre l\u2019eau, le lait et la literie.La mesure la plus efficace, c\u2019est la vaceination et la revaccination.Les vaccins antityphiques sont nombreux: 1° Vaccin de Vincent T.A.B., préparé avec plusieurs races de bacilles typhiques et paratyphiques À et B.On pratique quatre injections de un tiers, une demi, 1 à 2 cc.chacune à huit jours d\u2019intervalle.2° Lipovacein T.A.B., Lemoignic.Vaccin mixte préparé à l\u2019Institut Pasteur.Contre les trois variétés.T.A.B.Son grand avantage est Ja vaccination en une seule injection de 1 cc.Ce lipovaccin consiste en une suspension, dans l'huile, de bacilles tués par la chaleur et l\u2019eugénol.Le rôle de l\u2019excipient huileux est de ralentir l\u2019absorption des 38 L'UNION MEDICALE DU CANADA bacilles et d\u2019atténuer leurs efforts toxiques; aussi, peut-on injecter en une seule fois la dose vaccinante.Technique: agiter énergiquement l\u2019ampoule durant uhe' minute.Pratiquer l\u2019injection dans le tissu cellulaire sous-cutané de la région deltoïdienne, à gauche de préférence.Le sujet étant assis, après badigeonnage iodé de la peau, enfoncer l\u2019aiguille de 2 centimètres environ: s\u2019assurer qu\u2019elle a bien dépassé le derme, qu\u2019elle est bien mobile sous les téguments, qu\u2019elle n\u2019a pas pénétré dans les muscles, et qu\u2019il ne s\u2019écoule pas de sang.Le jour et le lendemain de l\u2019injection, le sujet devra éviter toute fatigue et son alimentation sera légère.Il ne devra pas s\u2019exposer au froid.Contre-indications.\u2014Etats fébriles, lésions organiques mal compensées.Tuberculose et autres affections chroniques du poumon, des reins, du foie.Revaccination.Elle sera pratiquée au bout d\u2019un an.3° La convalescence - Le typhique, à ce moment, réclame une nourriture saine et réconfortante: une diète liquide généreuse à laquelle on peut ajouter du jus de viande fraîche.Peu à peu l\u2019équilibre se rétablit.Grâce à un exercice bien dosé, il reprend ses activités habituelles.Je signale en terminant le coeur.La myocardite typhique est fréquente.Souvent elle évolue silencieusement.On fera bien de prescrire chaque mois, durant deux ou trois mois, un tonique cardiaque: digitaline ou autres à la dose de cinq gouttes le matin durant dix jours.Enfin le médecin ne doit pas oublier que ce typhique est un porteur éventuel de bacilles, et qu\u2019il peut disséminer la maladie dans son entourage.On doit mettre le malade en garde contre ce danger, et lui prescrire des capsules de bleu de méthylène: une matin et soir durant quelques jours, puis une le soir seulement durant quelques semaines.Le bleu s\u2019élimine par le rein et stérilise les urines.\u2019 D\u2019autre part, on peut prescrire l\u2019urotropine, à la dose de 0 gr.50 centigr.3 fois par jour! L\u2019élimination de ce formiate de soude agit sur la fonction biliaire.Si celle-ci véhicule des bacilles ce médicament centralisera \u2014 du moins théoriquement \u2014 leur action.\u201cDe temps à autre une dose de calomel produira un bon effet.Calomel .2.2.2.2.08r 10 centigr.La 111 11000007 0 0 EF 05 centier.Lactose .- «+.0 gr.25 centigr.Pour une poudre No 4 Une d'heure en heure, suivie, trois heures après la dernière poudre, d\u2019une à deux cuillerées à soupe d\u2019huile de ricin.Telles sont les directives générales du traitement de la fièvre typhoïde: hygiéno-diététique.: Albert LeSAGE. REVUE GÉNÉRALE Analyses de quelques travaux récents La perméabilité méningée n\u2019est qu'un des modes de la perméabilité vasculaire (Cestan, Laborde, e Riser, Cf.\u201cLa Presse Médicale\u201d No 80, 7 octobre 1925).Les substances qui entrent dans la composition normale des humeurs: chlorure de sodium, acide urique, glucose, passent aisément dans le liquide céphalo-rachidien quand leur taux dans le sang s\u2019élève au-dessus de la normale.Au contraire, les substances étrangères se classent en 2 groupes: a) Certaines d\u2019entre elles, injectées dans le torrent circulatoire, même en quantité très élevée, ne se retrouvent ni dans le liquide céphalo- rachidien, ni dans le parenchyme nerveux; tels sont les iodures, la phénolsulfonephtaléine, pourtant très diffusibles.b) Par contre, d\u2019autres substances, comme les salicylates, les bromures, sont très faciles à mettre en évidence dans les tissus nerveux et dans le liquide céphalo-rachidien quelques minutes après leur injection dans la circulation sanguine.Il existe donc un mécanisme spécial qui protège le tissu nerveux, le L.C.R.contre certaines substances étrangères que peut renfermer le sang, \u2018ce mécanisme s\u2019opposant entièrement au passage de certains produits et permettant à d'autres de franchir la barrière, mais toujours à dose minime.C\u2019est l\u2019ensemble de ces phénomènes que l\u2019on désigne sous le nom de \u2018perméabilité méningée\u201d, perméabilité du sang vers le L.C.R.ou du L.C.R.vers le sang.Lorsque les méninges sont malades, les règles précédentes sont bouleversées, le mécanisme d\u2019arrêt est supprimé, et tous les corps étrangers introduits expérimentalement dans le torrent circulatoire passent indistinctement dans le L.C.R.Il est donc évident qu\u2019il existe une barrière interposée entre le sang circulant et le système nerveux.Quel est son substratum anato-' mique ?À quel niveau a lieu le passage de ces substances du sang dans le L.C.R.?Les auteurs ont fait des recherches personnelles, à l\u2019abri des causes d\u2019erreur.Il se dégage de leurs travaux (étude sur le taux de l\u2019urée, du salicylate, à différents étages du névraxe, très près ou très loin des plexus choroides, ceux-ci isolés ou non) 1° que la permabilité méningée mérite bien son nom; ce sont les méninges, en effet, qui sur toute leur hauteur règlent la pénétration dans le L.C.R.de substances introduites dans le sang circulant \u2014OSCAR VIAU. 40 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Les Accidents de la première dentition (A.B Marfau, Le Nourrisson, septembre 1925).Entre les commentateurs exagérés d\u2019Hippocrate qui attribuent à la sortie des dents toutes les affections communes du premier âge et ceux qui nient absolument l'existence des accidents de dentition se placent.les médecins qui, tout en se défendant d\u2019être trop crédules, croient devoir s\u2019incliner devant certains faits cliniques et cherchent à les interpréter.C\u2019est parmi eux que se place le Professeur Marfan.Pour mettre quelque clarté dans l\u2019éude des accidents de la première dentition il faut étudier séparément 1° les faits certains, 2° les faits.discutés.Dans le premier groupe se placent les accidents qu\u2019on désigne habituellement sous le nom de \u201cdentition difficile\u201d et sur lesquels il semble qu\u2019on doive s\u2019accorder.Il s\u2019agit d\u2019enfants dont la percée de la dent est lente, retardée et qui à l\u2019occasion de celle-ci présentent un état subfébrile (37°7, 37°8; rarement plus de 38 degrés), une baisse de poids, de l\u2019agitation.Localement on constate une saillie de la muqueuse recouvrant le follicule dentaire; elle est tendre, violacée ou pâle, s\u2019accompagne le plus souvent de prurit et de base.Mais un jour la gencive cède, la dent sort et tout rentre dans l\u2019ordre.Tels sont les accidents qu\u2019on désigne sous le nom de \u201cdentition difficile\u201d, dont le caractère primordial est de cesser avec la sortie de la dent et de se reproduire à chaque éruption dentaire.Ces phénomèness de dentition peuvent parfois se compliquer d\u2019accidents \u2018\u2018d\u2019infection locale\u201d qui revêtent deux types: celui de la péri- coronarite exudative ou purulente, celui de la stomatite ulcéreuse commune.L\u2019hisoire de la péri-coronarite est du plus haut intérêt pour l\u2019étude de la pathogénie de la dentition difficile.On peut se demander avec le- Professeur Marfan si les manifestations qu\u2019on désigne sous le nom de \u201cdentition difficile\u201d ne sont pas en rapport avec un léger degré de péri- coronarite congestive qu\u2019arrête la percée de la dent.Dans le second groupe se rangent les faits qui méritent d\u2019être- discutés.Le problème est le suivant: l\u2019éruption dentaire est-elle capable à elle seule de déterminer une maladie, de provoquer de la.fièvre (fièvre de dentition), de la toux (bronchite de dentition), de la.diarrhée (diarrhée des dents), de Yeczéma ou du prurigo (feux des , dents), des convulsions ou des accidents méningés (méningite de dentition)?A la question ainsi posée, on peut répondre négativement.Mais si l\u2019éruption dentaire agissant seule n\u2019est pas une cause efficiente de- la maladie, elle peut surtout quand elle est difficile aggraver une maladie préexistante ou mettre en activité une disposition morbide latente.La dentition difficile soulève des questions de pratique qui sont très discutées: celle du hochet, de la sucette, celle des sirops de dentition, celle de l\u2019incision cruciale des gencives.La pratique de la sucette a des inconvénients, quand elle est vide, car elle favorise l\u2019aérophagie, quand elle n\u2019est pas propre, car elle peut être une source d\u2019infection, quand elle renferme des substances toxiques L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 4] eu présente des aspérités, quand elle n\u2019est pas retenue par un lien, car elle peut être déglutie ou pénétrer dans les voies respiratoires et étouffer l\u2019enfant.Il n\u2019y a aucun inconvénient en cas de dentition difficile à se servir d\u2019un \u201csirop\u201d pourvu que celui-ci ne contienne pas de médicaments irritants (comme le bromure) ou toxique (comme la cocaïne).M.Marfau conseille de frictionner la gencive avec la préparation suivante: Iode métallique .0 gr.05 Iodure de sodium .0 gr.10 Glycérin ; yoerine AA 22 20 ee ee as 30 c.c.Eau de menthe Quand on peut supposer que les accidents sont liés à de la péri- coronarite, il est indiqué de faire une incision cruciale; celle-ci doit être assez profonde pour ouvrir le sac folliculaire.Paul LETONDAL.Etude clinique des hypotrophies de Uenfance (P.Nobécourt, Le .Monde Médical, novembre 1925).En médecine des enfants le terme d\u2019hypotrophie sert à désigner le _ développement insuffisant du corps.Est bypotrophique l\u2019enfant dont la croissance est retardée, ralentie ou arrêtée.On peut considérer deux grands types cliniques d\u2019hypotrophie: l\u2019hypotrophie simple ou commune, l\u2019hypotrophie du type infiltré.Celle-ci reconnaît souvent pour origine une dyshypothyroïdie ou même dans certaines formes très accentuées une athyroïdie, celle-là au contraire est indépendante d\u2019un trouble des fonctions thyroïdiennes.| Cette distinction a une réelle importance pour le traitement.Alors que dans l\u2019hypotrophie du type infiltré, l\u2019opothérapie thyroïdienne poursuivie avec persévérance donne surtout des résultats favorables, cette même opothérapie appliquée au traitement de l\u2019hypotrophie simple ou commune ne produit que des effets nuls et médiocres et n\u2019est pas toujours bien tolérée.Paul LETONDAL.Comment examiner et traiter les nourrissons vomisseurs (P.Lere- boullet et Fr.Saint-Girons, le Journal Médical Français, juillet 1925).Les auteurs divisent les vomissements du nourrisson en quatre groupes: vomissements passagers d\u2019origine alimentaire, vomissements habituels souvent liés à l\u2019hérédo-syphilis, vomissements par sténose hypertrophique du pylore, vomissements accidentels, de causes rares.Les vomissements passagers d\u2019origine alimentaire sont de beaucoup les plus fréquents, puisque sur dix vomisseurs examinés, huit ou neuf le sont du fait d\u2019erreurs d\u2019alimentation.On peut en distinguer trois sortes: vomissements liés à la quantité des aliments, (sous-alimentation, suralimentation, erreurs diverses de technique de l'allaitement), vomissements dûs à la qualité des aliments, vomissements d\u2019ordre anaphylactique. \u201cUNION MÉDICALE DU CANADA > © Les vomissements habituels relèvent le plus souvent d\u2019une \u201csuperex- citabilité\u201d de la muqueuse gastrique déterminant un spasme total de l'estomac: c\u2019est la maladie des vomissements habituels du Professeur Marfan causée dans 68 p.100 des cas par l\u2019hérédo-syphilis et qui guérit presque toujours avec la solution de lactate neutre d\u2019hydrargyre au millième.D\u2019autres fois les vomissements habituels sont le fait de la spasmophilie ou de l\u2019aérophagie.La sténose hypertrophique du pylore dont certains auteurs américains ont exagéré la fréquence, est en réalité exceptionnelle et il ne faudra y songer que lorsque toutes les autres causes de vomissements, en particulier les erreurs alimentaires, auront été éliminées.Plus souvent, disent les auteurs, nous avons eu à réformer des diagnostics de sténose portés à tort, que nous n\u2019avons eu à en affirmer là où elle était méconnue.Dans le groupe des vomissements accidentels de causes rares se rangent les vomissements symptomatiques ou secondaires, le mérycisme ou rumination, le pseudo-vomissement aérophagien dû à Un spasme, ou du cardia, ou du diaphragme.Pour avoir quelque chance de succès, le traitement des vomissements du nourrisson doit être fondé sur l\u2019étiologie, ou tout au moins sur la physiologie pathclogique.C\u2019est par un interrogatoire bien dirigé, par un examen clinique méthodique et complet, au besoin par un examen radioscopique qu'on y parviendra le plus sûrement.Dans la thérapeutique des vomissements du nourrisson, au régime alimentaire qui doit être placé au premier plan, s\u2019ajoutent divers moyens physiques, parmi lesquels il nous faut mentionner les rayons ultraviolets et de nombreux médicaments qui agissent soit sur les aliments pour en faciliter la digestion, soit sur la muqueuse gastrique pour en modifier le fonctionnement.Le traitement chirurgical, traitement d\u2019exception, ne s\u2019applique qu\u2019à la sténose hypertrophique du pylore dûment diagnostiquée.Paul LETONDAL.Rétention chlorurée sèche dans les néphrites.(Léon Blum & Van Caulaert Cf.Bull.& Mém.Soc.Mad.Hop.de Paris.2 juillet 1925.) B & C ont fait des recherches sur le sang des sujets présentant de la rétention chlorurée sèche, et leurs analyses montrent qu\u2019à cette période il existe: 1° une concentration du sang; 2° une hyperchlorémie; 3° une hyponatrémie; 4° une légère azotémie.L\u2019appauvrissement du sang en eau et l\u2019augmentation du taux en chlore suffisent pour assurer le diagnostic de rétention chlorurée sèche.Ces analyses étant faciles et de pratique courante, les auteurs préfèrent cette méthode à celle, longue et sujette à erreurs, d\u2019Ambard et de Beaujard (courbe du poids et bilan des chlorures). L'UNION MEDICALE DU CANADA 43 B & C démontrent encore que le sodium conditionne l\u2019hydratation.Il ressort de leurs obsertations que la rétention chlorurée sèche est plus commune qu\u2019on ne le croit, et qu\u2019elle se rencontre non seulement dans les néphrites chroniques, mais aussi dans les néphrites aigués.Oscar VIAU.Traitement de l\u2019épilepsie par le gardénal.Equivalents psychiques.(Henri Colin, C£.Paris Médical, 17 oct.1925.) Le gardénal ne réussit pas à faire disparaître les accès dans tous les cas d\u2019épilepsie, mais il supprime les phénomènes moteurs chez un très grand nombre de malades.C'est un médicament de premier ordre, qui n\u2019a pas les inconvénients du bromure (troubles généraux, éruptions cutanées).Certains individus réagissent d'une facon particuliére au traitement gardénalique.Les crises motrices disparaissent mais peuvent être remplacées par des équivalents psychiques de formes multiples (aceés délirant, etc.).OSCAR VIAU.o Association Canadienne contre la Tuberculose Procès-verbal de la séance extraordinaire de l\u2019Association Canadienne contre la Tuberculose, tenue en l\u2019Hôtel Mont-Royal le vendredi 15 mai 1925, sous les auspice de la Société Médcale de Montréal.Le docteur William Soper, de l\u2019Institut Saranac et membre de la Fondation Rockfeller, en France, fait un exposé de la situation actuelle en France, en ce qui concerne la tuberculose, ses progrès et les moyens que l\u2019on prend pour FPéliminer autant que possible, devant une assitance nombreuse et choisie.Il rappelle qu\u2019il y a peu de temps que ia France fait quelque chose pour tâcher d\u2019enrayer le terrible fléau et qu\u2019à venir jusqu\u2019à ces dernières années, elle laissa aux initiatives privées, le soin de lutter.M.Léon Bourgeois, dont le nom est bien connu, est un de ceux qui le premier s\u2019intéressa à cette oeuvre C\u2019est grâce à lui que furent fonder des dispensaires.a C\u2019est en 1915, au cours de la guerre qu\u2019on dut créer des stations sanitaires pour faire des stages aux soldats français et étrangers qui revenaient du front atteint du terrible mal, avant de les diriger dans leurs familles.Ces stations sanitaires furent transformées après l\u2019armistice en sanatoriums où sont traités des milliers et des milliers de patients.Le conférencier rappelle l\u2019aide précieuse des infirmières dans cette belle lutte, et souligne qu\u2019on dut créer des écoles spéciales pour la formation de ces infirmières qui se sentaient la vocation et le goût de participer à cette oeuvre.Il loue hautement l\u2019Institut Rockfeller qui a contribué énormément à la formation de plus de 150 médecins français dans cette spécialité, qui ont ensuite été dirigés vers les dispensaires.Le conférencier cite les bienfaits accomplis par le Comité Natonal français, contre la tuberculose, d\u2019ont l\u2019ouvrage peut se résumer à quatre points: l\u2019inspection technique des malades, la statistique, le subvention des écoles d\u2019infirmières, enfin, le service de propagande.Il explique ce qui est fait dans chacun de ces sphères.M.le professeur Louis de L.Harwood, Monsieur le professeur E.Dubé, et Monsieur R.Woodhouse, secrétaire de l'Association Canadienne contre la Tuberculose, remercièrent tour à tour le conférencier.LEON GERIN-LAJOIE, M.D.Le Secrétaire. SOCIÉTÉS Ecole d\u2019Hygiène Sociale Première assemblée tenue le 2 décembre 1925, à l\u2019Ecole d\u2019Hygiène sociale appliquée de l\u2019Université de Montréal, 655 rue de Montigny Est.| Sont présents: MM.les professeurs Raoul Masson, président, J.Edmond Dubé, MM.les docteurs J.U.Lalonde, H.Baril, G.Lapierre, A.Comtois, E.Brunet, Ed.Dubé, D.Longpré, S.Boucher, P.Letondal, L.Roux, W.Ouimet, A.J.Lafleur, J.U.Larose, G.H.Martineau, C.A.Bourdon, R.Blouin, Jos.Bourgouin, L.A.Bernard, J.L.Bélanger, J.A.Lussier, C.F.Milot, H.Geoffroy et J.A.Baudouin, secrétaire, et quelques autres médecins dont nous n\u2019avons pu nous procurer les noms.RAOUL MASSON Monsieur le président ouvre la séance en prononçant l\u2019allocution suivante : Messieurs, Permettez-moi de vous remercier d\u2019avoir répondu avec tant d\u2019empressement à l\u2019invitation qui vous a été adressée de vous joindre à cette Société d\u2019Hygiène Infantile qui ce soir fait ses premiers pas.Le Comité temporaire était convaineu que son appel serait entendu, et la preuve que son espérance était fondée nous en est fournie par votre présence ce soir d\u2019abord, et ensuite par le nombre considérable de confrères qui ont adressé leur adhésion au secrétaire.Tout d\u2019abord laissez-moi remercier le Directeur de la Ligue Anti- *tuberculeuse et ses collègues, en particulier M.le Dr Fleming, qui nous offrent leur coopération appréciée en nous fournissant gracieusement le local pour tenir nos délibérations et nous laissent entendre qu\u2019ils se chargeront des frais de fonctionnement de notre organisation.Cette preuve de bienveillance à notre égard servira, pour le moment, \u201cde critérium quant à l\u2019utilité et l'importance du mouvement dont nous voyons ce soir la première manifestation.Néc du hasard d\u2019une rencontre de quelques médecins que les questions du bien-être dés enfants intéressent tout particulièrement, l\u2019idée d\u2019un organisme, s\u2019occupant au point de vue pratique et scientifique de toutes les questions d\u2019hygiène infantile, fit rapidement son chemin.Nous constatons ce soir que la nécessité d\u2019un tel organisme était manifestement désirable puisque, messieurs, en aussi grand nombre, vous avez bien voulu vous arracher à vos obligations multiples pour nous encourager de votre présence.Nous croyons fermement que cette soirée sera profitable et qu\u2019elle fera époque dans la lutte contre la mortalité infantile, dont tous connaissons et déplorons les ravages parmi notre population.= L'UNION MÉDICALE DU CANADA 45 Le but que la Société d'Hygiène Infantile se propose est de combattre ce fléau national, c\u2019est un but unique, et dans sa généralisation il nous permet d\u2019embrasser tous les sujets pertinents à la survivance et au bien-être \u2018des enfants:au point de vue moral et physique.Savez-vous, messieurs, qu\u2019il est parfois embarrassant de redire trop souvent les mêmes choses quelque vraies soient-elles, et que de parler sans cesse sur les mêmes sujets finit par gêner considérablement celui qui est forcé d\u2019en parler encore avec l'obligation de se répéter en plus d\u2019une criconstance ?Cependant forts du but que nous poursuivons, et.convaincus de l\u2019importance du problème dont nous cherchons la solution, nous abordons franchement la situation.- Notre mortalité infantile est trop élevée et cet état de chose est préjudiciable à notre pays en général et met même en danger notre avenir national.Cette hypothèse est, je crois, acceptable sans distinction, car elle est admise pour tous les peuples civilisés.pour lesquels Je même problème existe avec les mêmes conséquences.Notre bilan sanitaire en matière infantile pour nous de la Province de Québec.va vous être exposé tout à l\u2019heure par mon collègue, M.le Dr Baudouin, avec tableaux et statistiques à l'appui, aussi ne me hazarderai-je pas à m'\u2019égarer dans des chiffres qui ne peuvent rien changer à l\u2019opinion que nous avons tous, que nos enfants meurent en trop grand nombre.C\u2019est en cherchant à découvrir des remèdes à appliquer sur cette plaie toujours vive, que l\u2019idée nous est venue de la création de cette Société d\u2019Hygiène Infantile.En cela nous n\u2019avons fait que suivre les exemples multiples que nous fournissent mille et une organisations analogues existant ailleurs et poursuivant le même but.Nous nous sommes donc adressés à ceux qui le plus efficacement pourraient contribuer à l\u2019effort commun, tant par leur compétence que par leur dévouement bien connu aux questions humanitaires, c'est-à- dire aux médecins.Notre profession, messieurs, parfois décriée, quelquefois ridiculisée n\u2019a jamais que je sache suscité le mépris.Trop de dévouements, trop d\u2019abnégation et de sacrifices sont inhérents à nos activités professionnelles, pour que l\u2019on ne puisse à tous les moments reconnaître les charités que chacun d\u2019entre nous est appelé à faire quotidiennement; et celui qui donne avec une bonne intention ne peut être méprisé.Le médecin semble être un paradoxe constant.Vivant du malade ou par le malade nous le trouvons toujours à la tête de toutes les organisations de prophylaxie dont le but est d\u2019empêcher les gens d\u2019être malades, et ceci fut de tout temps en tous lieux.Le médecin s\u2019applique sans cesse à découvrir des moyens plus perfectionnés pour protéger l\u2019humanité contre les multiples infections qui la menacent qu\u2019il s\u2019agisse de mesures hygiéniques pour assurer un 46 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA approvisionnèment d\u2019eau potable, ou de mesures de protection par la vaccination, l'isolement, la désinfection des locaux contaminés ou de toute autre mesure de prophylaxie, nous trouvons toujours le médecin prêt à donner son concours pour mettre fin à une situation qui si elle persistait serait pour lui une source de revenus justement rémunérateurs.Rendons-nous ce témoignage si d\u2019autres ne valent pas nous le rendre notre profession est éminemment altruiste et fait passer l\u2019intérêt général avant l\u2019intérêt particulier.Voilà pourquoi, encore une fois, vous êtes conviés à participer et à contribuer à ce nouvel effort qui a pour but de combattre la mortalité infantile.Sans distinction de classe ou de spécialité nous vous avons convoqués, ouvrant nos portes largement surtout et presque avec préférence au médecin praticien qui, par son activité professionnelle, pénètre dans tous les foyers et est ainsi le plus apte à répandre en tous lieux les notions salutaires de l\u2019hygiène et de la prophylaxie.Conseiller et ami de son client le médecin de quartier continuant les faits et gestes de nos prédécesseurs est resté fidèle aux traditions, veilleur intatigable sur la santé publique à toute heure du jour et de la nuit.il est prêt à répondre à l'appel du plus humble comme du plus huppé de ses clients.Privé de l\u2019assurance ou du prestige que peut donner la fréquentation quotidienne des hôpitaux, surchargé de besogne, livré aux seules ressources de son habileté et de ses connaissances médicales, souvent obligé de recourir à des moyens de fortune dans les cas urgents, le médecin praticien est dans la meilleure position pour nous apporter ici sans gêne ni fausse modestie le fruit de son expérience et les conclusions de son observation personnelle.C\u2019est par l\u2019_échange de nos pensées communes sur un même sujet que naîtra d\u2019abord une cordialité désirable dans nos relations professionnelles, et une collaboration plus effective dans notre travail pour le plus grand bénéfice de cette classe si intéressante de clients que sont les petits enfants.Le programme que le Comité se propose de suivre sera le suivant que nous soumettons à votre approbation.A chaque réunion mensuelle, un conférencier traitera d\u2019un sujet particulier de médecine ou d\u2019hygiène infantile ou de toute autre question se rattachant à l\u2019enfance; suivra une discussion générale sur un sujet de pratique courante.Le sujet à discuter sera exposé par un ou deux rapporteurs désignés lors de la séance précédente en même temps que le sujet lui-même sera choisi à la discrétion des membres présents.Le Comité tient à ce que chaque membre puisse librement et en connaissance de cause prendre part à la discussion, exposer ses vues, et faire bénéficier chacun de l\u2019expérience individuelle.Nous espérons ainsi réaliser plus de méthode et d\u2019uniformité dans notre travail commun, et créer par là même, entre les différents groupes qui s\u2019occupent des questions infantiles, des rapprochements désirables, mr PAIE RE a SRE L'UNION MÉDICALE DU CANADA +7 wne meilleure appréciation de l\u2019effort individuelle et un rendement suré- rieur dans l\u2019oeuvre collective.Nous sommes ici sur un terrain neutre où il ne saurait être question de suprématie, de partis ou de préséance.Chacun de nous dans sa sphère d\u2019action enseignera et apprendra, tour à tour donneur et receveur, avec la sincérité et la franchise qui doivent guider ceux qui veulent faire le mieux en faisant le bien.Parmi les questions qui, je crois, devraient arrêter notre attention seraient: l'organisation uniforme des dfférentes gouttes de lait tant municipales que paroissiales, l\u2019étude et la rédaction des cartes d\u2019enregistrement et d'observation; le mode de contrôle et de recrutement, la révision des statistiques; la création de bourses d\u2019encouragement pour les mères nourrices; la division pour les concours: s\u2019ils doivent être maintenus, entre les enfants élevés au biberon et ceux élevés au sein; le mode de jugement primés; le choix des juges des concours; l\u2019oppor- tuni:é de créer dans les gouttes de lait des consultations pour les enfants d\u2019âge préscolaire et de consultations prénatales; l\u2019opportunité d\u2019attacher à chaque goutte de lait une garde-malade compétente, la distribution gratuite de lait aux enfants des écoles jugés débiles ou hypoalimentés; l\u2019application des mesures de prophylaxie contre la scarlatine et la diphtérie; les colonies de vacances; la création de consultations pour les débiles ou arriérés mentaux; l\u2019organisation de centres de rééducation physique et de gymnastique orthopédique pour les enfants déficients au points de vue physique, l\u2019école en plein air, et j'en oublie sûrement.Le programme est vaste et la tâche ardue, mais ne sommes-nous pas toujours en face de problèmes que souvent seuls nous avons à résoudre; je ne sache pas de problèmes insoluble lorsque la coopération effective consent à l\u2019étudier sérieusement.Messieurs, vous êtes les premiers membres de cette Société, à vous il appartient d\u2019en ériger les statuts et de déterminer les qualifications requises pour pouvoir ou devoir y entrer.Nous sommes en pays démocratique, une voix en vaut une autre et c\u2019est de la discussion des idées exprimées que naîtront peut-être des solutions désirables aux questions soumises à l'étude.Avant de laisser la parole à mon collègue, M, le Professeur Baudouin laissez-moi vous annoncer que lors de notre prochaine réunion le conférencier sera M.le Professeur Léo Parizeau, membre de notre société qui nous parlera de la médecine des enfants à travers les âges.Les sujets soumis à la discussion sont laissés à votre discrética et vous voudrez bien les choisir avant la fin de la séance et nommer un ou deux rapporteurs selon le cas.DISCUSSION.\u2014Le professeur J, Edmond Dubé présente au conférencier ses sincères félicitations pour la belle initiative qu\u2019il a prise en fondant la nouvelle Société d\u2019Hygiéne Infantile qui est appelée à jouer un rôle important dans la lutte qui est menée contre la mortalité infantile.Il souhaite ardemment que tous les médecins praticiens, pour qui elle est particulièrement fondée, assistent régulièrement aux séances qui 43 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA ne pourront pas manquer de leur procurer de grands bénéfices.Personnellement il sera heureux de les suivre et d\u2019y apporter son concours.Le docteur J A.Baudouin présente, avec nombreux graphiques a l\u2019appui, une analyse des statistiqd'es publiées par le Service Provincial d\u2019Hygiéne au sujet de la mortalité infantile dans la province de Québee.Be cette étude il resssort: 1\u2014La mortalité infantile nous enlève, d\u2019après les rapports officiels, une moyenne de 12,452 vies par année.Elle est de beaucoup la plus importante de nos causes de décès.Elle exerce une influence prépondérante sur le taux de notre mortalité générale.2\u2014Si quelques .pays sont plus mal partagés que nous, il est aussi démontré que nous sommes en retard sur un trop grand nombre d'autres et sur toutes les autres provinces du -Canada.: 3-_Notre natalité élevée peut, jusqu\u2019à un certain point, être une excuse pour expliquer notre situation défavorable; elle n\u2019est pas une raison pour nous empêcher de l\u2019améliorer.4\u2014La mortalité infantile semble sévir plus fortement chez les Canadiens-français.; 5\u2014 La mortalité infantile est généralement plus forte à la ville qu\u2019à la campagne, mais cette règle n\u2019est pas absolue.Les décès de zéro à un an surviennent en plus grand nombre dans les régions de Montréal (Jacques Cartier, Laval, Deux-Montagnes, Hochelaga, Maisonneuve, Montréai, Westmount, Chambly-Verchères) 5,373, de Québec (Montmorency, Québec Comté, Québec ville, Portneuf, Charievoix, Lévis) 1510, de Trois-Rivières (Champlain, St-Maurice, Trois-Rivières) 665, et de St-Hyacinthe-Rouville 177.Ces comtés donnent un total de 7,725 décès, soit 58 pour cent, de la mortalité infantile dans toute la province.6.\u2014La mortalité infantile est surtout causée par la gastro-entérite.Cette maladie est beaucoup plus cruelle ici que partout ailleurs.À noter toutefois qu\u2019elle a tendance heureuse à diminuer.Elle est beaucoup plus meurtrière en été qu\u2019en hiver.7.\u2014La débilité congénitale est la deuxième cause de notre mortalité infantile.Cependant son taux s\u2019est amélioré de sorte que, aujourd\u2019hui, la province de Québec, avec sa natalité qui se maintient si bonne, peut assez favorablement soutenir la comparaison avec les autres provinces.8\u2014Les taux de la mortalité par les maladies des voies respiratoires et par les maladies contagieuses chez les enfants de moins d\u2019un an au cours de la décade 1912-1921 ont été respectivement de 14 et de 11.Bien qu\u2019elles ne nous causent pas autant de décès que la gastro-entérite et que la débilité congénitale, ces maladies cependant ne doivent pas être négligées puisqu\u2019une campagne entreprise contre elles peut nous donner une notable épargne de vies.Ces faits réclament une réaction.Ils sont de plus autant de directives qui doivent nous guider dans la lutte à entreprendre contre ce qu\u2019on est convenu d\u2019appeler le fléau de la mortalité.infantile.Le travail du Dr Baudouin est suivi d\u2019une discussion très alerte à laquelle prennent part plusieurs des membres présents et au cours de laquelle sont soulevées des questions très importantes. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 40 Le docteur S.Boucher ouvre la série des remarques en apportant des précisions sur la situation de la mortalité infantile à Montréal.Les statistiques de Montréal sont lourdement grevées par la mortalité excessive que l\u2019on relève dans les crèghes, ainsi qu\u2019il l\u2019a établi dans son dernier rapport annuel de 1924.La mortalité infantile des illégitimes a été en effet de 788; celle de toute la ville, de 146; et celle des légitimes de 111 seulement.La conclusion s\u2019impose ainsi de la nécessité de travailler à diminuer la mortalité infantile dans les crèches.Un second point est celui de la relation qui existe entre la natalité élevée et une mortalité infantile augmentée.Il a déjà démontré dans un de ses rapports annuels, que nos enfants qui naissent en si grand nombre, sont cependant bien viables.Le professeur J.Edmond Dubé s\u2019élève contre la dénomination de débilité congénitale qu\u2019il trouve trop générale et susceptible de couvrir plusieurs causes spécifiques différentes qui sont restées inconnues.Cette rubrique n\u2019est pas plus satisfaisante que celle de débilité sénile qui n\u2019est pas acceptée par les compagnies d\u2019assurance-vie.Le docteur Edmond Dubé a souvent trouvé que des décès classifiés sous la rubrique de débilité congénitale, avaient été causés par des - causes.bien définies révélées à l\u2019autopsie.Le docteur Paul Letondal suggère, comme moyens de réduire la mortalité exagérée dans les crèches le boxage des nourrissons et l\u2019augmentation du personnel.' Le docteur Roux demande si les statistiques de Montréal coms prennent la classification de la mortalité infantile par nationalité.Le docteur S.Boucher répond que cette classification est bien difficile attendu que nous n\u2019avons pas de recensement municipal et que l\u2019enregistrement des naissances des nationalités étrangères, notamment chez les Juifs laissent trop à désirer.Le docteur Paul Letondal demande quelle est l\u2019importance de la syphilis dans la mortalité infantile.Le docteur J.A.Baudouin constate que l\u2019on ne peut pas tabler sur les rapports officiels pour l\u2019établir.Le docteur S.Boucher estime qu\u2019on peut l\u2019établir de 1 à 2%.Le président se déclare enchanté de cette discussion qui démontre bien tout l\u2019intérêt qu\u2019apportent les membres à l\u2019étude des questions soulevées.Il estime à son tour que la mortalité dans les crèches est excessive et inexplicable.Il rappelle la belle étude que le docteur Plante a présentée sur ce sujet à la Canadian Puüblic Health Association en juin dernier.A l'hôpital Sainte-Justine, où l\u2019on reçoit des enfants malades dont pluseurs sont reçus dans un état désespéré, la mortalité se maintient de 10 à 12%.La débilité congénitale si souvent indiquée dans les certificats de décès démontre la difficulté dans un très grand nombre de cas de faire un diagnostic précis. 50 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Il constate aussi que cette rubrique aide singulièrement les médecins qui trop souvent signent des certificats de décès pour des enfants qu\u2019ils n'ont pas traités.Voilà une question qu\u2019il faudra bien étudier.Le docteur R.Masson pose ensuite la question suivante: \u201cPourquoi la province de Québec n\u2019est-elle pas inclue dans les rapports statistiques publiés par le gouvernement fédéral?Le docteur Edmond Dubé se demande comment est organisé le service médical dans les crèches.Il est sous l\u2019impression que le contrôle médical est presque nul et soumet que cette question pourrait être étudiée par la Société.Le président est trés heureux que la question soit soulevée.Som expérience personnelle lui a fait constater des cas vraiment navrants.Il demande aux membres de choisir la question qui sera mise à l\u2019étude à la prochaine assemblée de février et d\u2019en désigner le rapporteur.Le docteur S.Boucher suggère qu\u2019il soit formé un comité de 2 ou 8 membres chargé de s\u2019enquérir des faits qui concernent les services médicaux dans toutes les institutions où l\u2019on garde des enfants, crèches, jardins de l\u2019enfance, écoles d\u2019industries, écoles de réforme, pensionnats, ete.La suggestion du Dr S.Boucher est agréée et les docteurs Paul Letondal, Daniel Longpré et J.A.Baudouin sont nommés membres du Comité.La séance est levée.Société Médicale de Montréal Procès-verbal de la neuvième séance de la Société Médicale de Montréal tenue sous la présidence de Monsieur le Professeur Albert LeSage, le mardi 17 novembre 1925.Présentations de malades et de pièces anatomiques: Un cas d\u2019acanthosis nigricans\u2014M.le Prof.Gustave Archambault.Le professeur Gustave Archambault présente un malade atteint d\u2019une dermatose très rare et très intéressante, très rare parce que la littérature médicale n\u2019en rapporte qu\u2019une centaine de cas à peine, très intéressante parce que cette dermatose est presque toujours la première manifestation clinique d\u2019un cancer de la cavité abdominale, et qu\u2018en plus c\u2019est le premier cas observé au Canada.Il s\u2019agit d\u2019un M.D., tailleur, de son métier, âgé d\u2019environ 50 ans, qui présente depuis quelques mois des lésions typiques d\u2019acanthosis nigricans: état rugueux de la peau avec végétations papillomateuses, et pigmentation de certaines régions.La maladie a commencé il y a environ 6 mois par les mains, où le malade constata d\u2019abord de la sécheresse, puis bientôt un état particulier de la peau lui donnant une sensation caractéristique d\u2019une râpe ou d\u2019une lime à la palpation.Cet état rugueux de la peau se complique, quelques semaines après, de pigmentation et de petits papillomes ressemblant à des verrues vulgaires.D\u2019autres L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 5} régions furent bientôt prises, la face, la nuque, le dos, le coceyx, les aisselles et les aines, et à tous \u2018ces endroits, les mêmes lésions firent leur apparition.De plus, à l'examen clinique on peut constater au- jourd\u2019hui plusieurs petits naevi pigmentaires dans le dos, ainsi que des lésions buccales que l\u2019on voit à la voûte palatine et qui sont constituées par un fin semis granuleux, de couleur rose pâle.Le malade se plaint dun prurit intense qui lui cause de l\u2019insomnie, et son état général est assez satisfaisant, sauf qu\u2019il a maigri de 30 livres depuis un an, et qu\u2019il a passé du sang deux ou trois fois dans ses selles depuis deux ans.La recherche d\u2019un néoplasme abdominal, examen clinique, radioscopique, n\u2019a pu rien révéler, mais la réaction de Botello a été franchement positive.Les autres examens de laboratoire, Wassermann, urines, examen des fèces, étude du chimisme stomacal, ont tous été négatifs.Le diagnostic d\u2019acanthosis nigricans ne fait cependant aucun doute.Après avoir repassé les différentes dermatoses qui ressemblent à celles- ci, les mélanodermies, la psorospermose folliculaire, le xéroderma pig- mentosum, le docteur Archambault ajoute que le rapport du laboratoire de l\u2019hôpital Notre-Dame confirme le diagnostic clinique, et en plus il donne lecture du rapport anatomo-pathologique très détaillé et très complet qui lui a été envoyé par le docteur Albéric Marin, de l\u2019hôpital St-Louis de Paris, auquel il avait expédié quelques pièces biopsiées.Ce rapport confirme lui aussi le diagnostic clinique, et le docteur Archam- bault profite de l\u2019occasion pour féliciter le docteur Marin du travail sérieux qu\u2019il accomplit actuellement à Paris, et le remercier du magnifique rapport scientifique qu\u2019il a fait au sujet de ce cas.Quant au traitement, il croit que la meilleure chose à faire à l'heure actuelle est de tenir le malade sous une surveillance continuelle, et d\u2019intervenir au premier signe clinique de cancer abdominal.En Europe, quelques-uns conseillent, dans les cas de ce genre, de ne pas attendre et de faire, plutôt une laparatomie exploratrice qui n\u2019est plus tellement dangereuse et qui pourrait peut-être découvrir un néoplasme à ses débuts, et permettre ainsi une intervention qui sauverait le malade.Travaux originaux et techniques: a) La mesure de la pression artérielle: ses bases physiques et ses techniques (démonstration spéciale de l\u2019oscillométrie, etc).\u2014Monsieur le docteur Léo Pariseau.Le docteur Léo Pariseau a parlé des méthodes qui servent à mesurer la pression artérielle, plus particulièrement de l\u2019oscillométrie.Partant d\u2019un schéma de la circulation aux parties purement mécaniques.et rigides, par des retouches successives il amena l\u2019auditoire à une conception très nette de la pression artérielle et de ses causes.La masse du sang et sa consistance comptent pour peu.L emyocarde qui fléchit se trahit par une hypotension, mais le coeur en hyperactivité élève rarement la pression.L'état des parois vasculaires, les actions vasomotrices et les obstacles à la circulation sont les véritables modifigateurs de la pression.Ces considérations théoriques furent suivies d\u2019un exposé 52 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA historique et critique des trois méthodes: palpatoire, auscultatoire et oscillométrique.La dernière a toujours été reconnue la plus exacte et tend à reconquérir une faveur qu\u2019elle avait perdue.La capsule de Pachon est très sensible sous tous les régimes de pression parce que ses parois ne sont jamais tendues.Malheureusement, sa sensibilité même fait qu\u2019elle enregistre la poussée de l\u2019ondée sanguine sur le rebord supérieur du brassard même après collapsus complet de l\u2019artère; il s\u2019ensuit de petites oscillations dites supra-maximales qui masquent l\u2019instant précis de l\u2019arrivée à la pression systolique.Le double brassard de Gallavardin supprime ces oscillations parasites et le seul reproche qu\u2019on puisse faire aujourd'hui au Pachon, c\u2019est d\u2019être peu transportable.Il reste, dit Martinet, le meilleur de tous pour le cabinet de consultation.Le docteur Pariscau.avait improvisé pour sa causerie un oscillomètre dont les deux échelies furent projetées sur l\u2019écran lumineux.Il fit aussi la démonstration de divers manomëtres.Le manomètre à mercure est indéréglable mais encombrant; les petits appareils, genre Tycos, sont commodes mais infidèles.Il faut, de temps à autre, contrôler ceux-ci avec celui-là.: DISCUSSION.\u2014M.Léger emploie, depuis quelque temps, la méthode palpatoire et auscultatoire pour la recherche de la pression artérielle chez ses malades.On peut entendre des bruits lorsqu\u2019on monte l'aiguille à des pressions très élevées, et demande ce qu\u2019on entend par le trou auscultatoire.M.Larocque: L\u2019étude de la pression artérielle intéresse particulièrement M.Larocque, surtout au point de vue de l\u2019effet de l\u2019anesthésie sur la tension.Les Américains font grand état de celle-ci durant l\u2019anesthésie.M.Pariseau ne peut expliquer la raison du trou auscultatoire.b) M.le professeur Saint-Jacques étant malade, monsieur le docteur LeSage présente ses excuses et formule des voeux pour son prompt rétablissement.Affaires routine: Avis de motions: nil.La séance est levée à 11 heures 10.Le Secrétaire: \u201c LEON GERIN-LAJOIE, M.D.- Rapport annuel du Secrétaire pour la session 1925 Si l\u2019on ne jugeait de l\u2019activité d\u2019une Société que par le nombre de ses séances, l\u2019on serait porté à \u2018croire que la Société Médicale se serait laissé aller quelque peu cette année.En effet, nous n\u2019avons eu que onze séances régulières et deux extraordinaires; toutefois, si ce nombre peut paraître restreint, la Société a, par ailleurs, étudié plusieurs questions et disposé de plusieurs résolutions.Je dois prendre une certaine part de responsabilité pour le nombre limitée de séances, car la reprise de celles- ci est survenue à un moment où je n\u2019ai pu porter toute l\u2019attention que je voulais à l\u2019agencement des programmes.À la suite d\u2019un malentendu, L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 53 celui qui devait me remplacer durant mon absence n\u2019a pu lui-même s\u2019occuper de l\u2019organisation des assemblées et de la réfection de l\u2019ordre du jour.Il n\u2019en reste pas moins que les diverses séances furent toutes extrêmement intéressantes et les travaux des plus variés.L\u2019assistance moyenne fut de 61.Trois nouveaux membres sont venus s'ajouter à notre liste: ce sont MM.Réginald Blouin, Roméo Turgeon, et Rosario Fontaine.C\u2019est surtout dans l\u2019étude des diverses questions d\u2019ordre social que le secrétariat a fait un travail considérable.Par l\u2019approbation de la loi concernant, la réglementation du lait telle que préparée par le Bureau de Santé de la Ville, la Société n\u2019a fait qu\u2019adopter une mesure à laquelle elle avait déjà donné son appui, mais sans résultat.Cette fois-ci, les démarches du Bureau de Santé auprès du Conseil de Ville furent plus fructueuses, en ce sens que les règlements concernant le lait furent discutés et approuvés.La loi doit être mise en force au printemps.La médecine préventive a pris un essor considérable.De partout, ce sont organisations de bienfaisance, sociétés mutuelles, service social des hôpitaux, qui cherchent à faire l\u2019éducation du peuple sur la facon d\u2019enrayer les épidémies ou de prévenir les maladies.La Société Médicale ne pouvait prêter la sourde oreille et rester inactive.Sur proposition de l\u2019un de ses membres, elle a fait parvenir à toutes les institutions laïques et religieuses chargées de l\u2019éducation ou de la garde d\u2019un groupe important de personnes, une circulaire suggérant qu\u2019à quiconque souffre d\u2019une crise abdominale douloureuse, on interdise l\u2019administration d\u2019un purgatif et qu\u2019on insiste sur l\u2019appel urgent d\u2019un médecin, cette crise pouvant être une crise d\u2019appendicite.Au Premier Ministre de la Province de Québec, une résolution fut envoyée à l\u2019effet que le Gouvernement, fasse chez les cultivateurs une campagne plus intense pour enrayer la tuberculose bovine, une des grandes sources de contagion du terrible fléau qui cause tant de ravages chez nous.A la séance extraordinaire de la Metropolitan Life Insurance Company donnée sous les auspices conjointes de la Société Médicale de Montréal et de la Montreal Medico-Chirurgical Society, à laquelle le docteur Park de New-York \u2018est venu nous causer des méthodes d\u2019épreuve de Schick et des frères Dick, il a été résolu de former un Comité afin d\u2019étudier le problème d\u2019approvisionnement de Toxine et.de Toxine Antitoxine pour distribution gratuite aux médecins.Ce Comité a rapporté progrès et suggestions soumises au Conseil de Ville.Co Plus avant dans l\u2019année, dans une des dernières séances, le mouvement entrepris par la Montreal Anti-Tuberculosis and General Health League, de créer des centres d\u2019immunisation contre la diphtérie, a été fortement appuyée par la Société Médicale qui doit coopérer dans le mouvement, en enseignant aux médecins praticiens ce qu\u2019est cette méthode de prévention de la diphtérie par l\u2019anatoxine de Ramon, reconnue aujourd\u2019hui la plus efficace. 54 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA A la Ligue de la Sécurité de la Province de Québec, la Société a fourni de ses deniers au nom des membres, pour tâcher d\u2019enrayer le nombre des accidents qui surviennent toujours trop fréquemment.Enfin, comme activité extérieure, MM.les professeurs Albert LeSage, Damien Masson et J.Edmond Dubé nous ont représenté au Congrès des médecins de Langue Française à Nancy, en juillet dernier.Nous connaissons suffisamment leur valeur pour être convaincus que la Société fut dignement représentée.Du Bureau International du Travail, de la Société des Nations, à Genève, sont venues des demandes de renseignement sur notre Société pour publication dans l\u2019Annuaire International du Travail.Une copie des règlements et des détails sur l\u2019activité de la Société furent envoyés.En terminant ce compte-rendu annuel, je tiens à remercier Messieurs les Président et Vice-président pour les conseils qu\u2019ils m\u2019ont donnés et Monsieur le Trésorier pour l\u2019appui toujours efficace dont il sait nous soutenir.Suit la liste des travaux présentés.LEON GERIN-LAJOIE, Secrétaire de la Société Médicale de Montréal.Ce 15 décembre 1925.Liste des travaux présentés à la Société Médicale de Montréal durant sa session de l\u2019année 1925.lère séance, 20 janvier 1925: Discours du Président, M.le Prof.Wilfrid Derome.Certains aspects cliniques des splénomégalies le Prof.Eugène Saint-Jacques.\u2019 2éme séance, 3 février 1925: Ascite chyleuse: étude clinique.Louis-Paul Sénécal; Forme, amnostic et traitement des troubles du système organo- végét M.le Prof.Eugène Saint-Jacques et 3ème séance, 18 février 1925: Un cas de rhinoplastie\u2014M.J.N.Roy.De Paction du somnifène sur la crise éclamptique.Marion.Hygiène du coeur.M.Donatien M.Hector Palardy.4ème séance, 3 mars 1925: Un cas de tératome de l\u2019ovaire; grossesse concomitante\u2014M.le Prof.L.de L.Harwood et M.Gérin-Lajoie.L\u2019abcès de fixation en pratique psychiatrique \u2014M.G.Lef.DeBelle- feuille.Trois cas d\u2019appendicites atypiques.\u2014M.François de Martigny. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 55 Séance spéciale, 11 mars 1925: La Prévention de la Diphtérie et de la fièvre scarlatine au moyen de Pinoculation préventive \u2014M.William H.Park (New-York).bème séance, 17 mars 1925: Un cas d\u2019aphasie sensorielle de Wernicke.\u2014M.P.-E.Bousquet.Pneumocèle cérébrale et aphasie sensorielle secondaires à une irae- Comment.meurent les hypertendus.\u2014M.le Prof.J.E.Dubé.6ème séance, 7 avril 1925: La photographie médico-lég taine.Wassermann et clinique: un cas d\u2019arséno-résistance.\u2014M.le Prof.Gustave Archambault.7ème séance, 21 avril 1925: Sur quelques cas traités par le sérum antiscarlatineux.Longpré.Deux cas d\u2019obésité monstrueuse.M.Daniel M.Roméo Boucher.Séance spéciale, 15 mai 1925: L\u2019oeuvre de Calmette.\u2014M.W.B.Soper (Saranac).8ème séance, 3 novembre 1925: Accident primaire du pouce.Chancrelle phagédénique\u2014M.le Prof.Gustave Archambault.Quelques mots sur les vomissements infantiles \u2014M.Daniel Longpré.Du rôles des épines viscérales dans l\u2019asthme.\u2014M.le Prof.Albert LeSage.9ème séance, 17 novembre 1925: Un cas d\u2019acanthosis nigricans\u2014M.le Prof.Gustave Archambault.La mesure de la pression artérielle: ses bases physiques et ses techniques (démonstration spéciale de l\u2019oscillométrie, ete.).\u2014M.Léo Pariseau.10ème séance, ler décembre 1925: Un cas de cholécystectomie et de gastro-entérostomie.\u2014M.le Prof.T.Parizeau.Un procédé de séro-diagnostic du cancer: méthode de Botehlo.\u2014M.Louis Paré; Une mise au point au sujet de la diphtérie\u2014M.J.A.Baudouin.11ème séance, 15 décembre 1925: Foie, rate et pancréas \u2014MM.Geo.-E.Mignault et À.Jutras.Un cas de vomissements infantiles par hypoalimentation.\u2014M.Daniel Longpré.Rapport du Secrétaire, M.Léon-Gérin-Lajoie. 56 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Rapport du Trésorier, M.Louis Paré.Discours du Président sortant de charge, M.Wilfrid Derome.LEON GERIN-LAJOIEK, Secrétaire de la Société Médicale de Montréal.Résumé du rapport des délégués au Congrès de Nancy Nous avons reçu ces jours derniers le rapport de nos délégués au Congrès des médecins de Langue Française tenu à Nancy, les 16, 17, 18 et 19 juillet 1925.Ce rapport préparé par Monsieur le professeur Albert LeSage fut en tous points approuvé par ses collègues Messieurs les professeurs Damien Masson et J.Edmond Dubé.Il forme un superbe travail de 30 pages dont la lecture est excessivement intéressante.Nous ne saurions dans une soirée régulière lire en entier ce compte rendu détaillé.Je le tiens à la disposition des membres qui désireraient le parcourir.Permettez que je le résume afin de vous en donner la substance pour que vous vous rendiez compte de ce qui s\u2019est fait à Nancy durant le Congrès.Monsieur LeSage débute ainsi: \u201cLe XVIIIème Congrès français de Médecine s\u2019est ouvert à Nancy le 16 juillet 1925, à 9 heures du matin sous la présidence d'honneur de MM.Mangin, maire de Nancy, Ch.Adam, de l\u2019Institut, recteur de l\u2019Université; L.Spillman, doyen de la Faculté de Médecine de Nancy; Krug, président de la Commission administrative des hospices; Veber, président de la Société des Sciences médicales du Grand Duché de Luxembourg.\u201cLe Président, le professeur Simon, annonce que plus de 500 membres avaient répondu à l\u2019invitation de l\u2019Association des médecins de Langue Francaise, et que seize nations différentes étaient représentées \u2018\u2018par les personnalités médicales les plus autorisées\u201d.Il souhaite la bienvenue à tous, en particulier aux délégués étrangers dont il donne la liste.\u201d Monsieur le recteur Adam et le doyen Spillman souhaitent également la bienvenu aux délégués qui sont tour à tour appelés à exprimer les sentiments de leurs pays respectifs en cette occasion.\u201cNous vous apportons, dit monsieur LeSage, mes collègues, les professeurs Dubé, Masson et moi-même, l'hommage du Canada tout entier, mais surtout du Canada français.\u201cNotre ministre de l\u2019Hygiène, à Ottawa, siège du gouvernement canadien, l\u2019honorable docteur H.Béland, un français de coeur et d\u2019esprit, nous a délégués afin de vous transmettre l\u2019expression très sympathique de son gouvernement.Il vous adresse un message de fidélité à la France intégrale, dont il célébrait les vertus séculaires dans une démonstration internationale retentissante qui eut lieu à Versailles, l\u2019année dernière.\u201d Puis c\u2019est au nom de la province de Québec, délégués de l\u2019honorable Athanase David, ministre de l\u2019Instruction publique et des Beaux-Arts, au L'UNION MÉDICALE DU CANADA 57 nom de l\u2019Université de Montréal, dont il donne quelques aperçus, principalement au sujet de la Faculté de Médecine, au nom de la Société Médicale de Montréal, de la Société pour l\u2019Avancement des Sciences, de l\u2019Association des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord, sur laquelle l\u2019auteur s\u2019étend un peu, que monsieur LeSage adresse la parole, en tracant \u201cen un tableau synthétique ces communautés d\u2019origine, de culture, de méthode et de sentiments qui unissent nos deux pays, en recherchant la trace dans la littérature, les types psychologiques et les habitudes sociales.\u201d Il a conclu en affirmant que \u201csi la France savait tenir, le Canada sait durer.\u201d M.LeSage passe ensuite au compte-rendu des travaux scientifiques.Dans un travail d\u2019une belle facture il résume ce qui a été dit sur l\u2019angine de poitrine, dont les rapporteurs furent messieurs les professeurs Galla- vardin, de Lyon, et Richou, de Nancy; b) sur l\u2019acidose, rapporté par monsieur Labbé, qui a parlé de l\u2019acidose diabétique, non diabétique, de jeûne, et comme corollaire, une.communication de monsieur Dautrevande, de Bruxelles, sur le PH et la réserve alcaline; et enfin, c) sur les formes cliniques et traitement des gangrènes pulmonaires, séance qui fut présidée par l\u2019auteur lui-même.Les rapporteurs furent messieurs Bezançon et Caussade, de Nancy.M.LeSage termine ainsi la partie scientifique de son travail: \u201cD\u2019autres communications nombreuses et importantes s\u2019ajoutent à la liste de ces rapports.Elles paraissent au programme officiel.\u201cDans les intervalles des séances, nous avons pu visiter l\u2019Université de Nancy et son organisation dans la lutte contre les maladies sociales: la tuberculose, la syphilis, la mortalité infantile, et le cancer.\u201d C\u2019est alors que dans une troisième partie de son travail, l\u2019auteur rous met sous les yeux l\u2019historique et l\u2019état actuel de ce qu\u2019est l\u2019Université de Nancy.Elle se compose de trois groupes distincts: la Faculté de Médecine, la Faculté des Sciences et un groupe disparate: le Droit, les Lettres et la Pharmacie.Naturellement, c\u2019est la Faculté de Médecine qui intéresse particulièrement le rapporteur et qui mérite notre attention.L\u2019auteur sait nous transporter d\u2019une clinique a l\u2019autre sans effort et l\u2019agrémente de réflexion personnelles; il compare ce qui se fait là-bas dans le sens de l\u2019hospitalisation des malades avec ce qui se pratique ici depuis très longtemps.Dans un autre chapitre, le docteur LeSage aborde la question de la \u201cLutte contre les maladies sociales\u201d, lutte dirigée par un Conseil d\u2019Administration central composé de médecins, dindustriels et de dames patronesses.L\u2019auteur détaille ce qui se fait contre la tuberculose: il étudie le fonctionnement: a) du dispensaire; b) de l\u2019hôpital pour tuberculeux; c) du sanatorium; d) du préventorium.La syphilis, la protection de l\u2019enfance, le cancer, sont d\u2019autres questions qui occupent tous les instants de l\u2019Office d'Hygiène Sociale, dont \u201cla lutte contre ces maladies fait 53 L'UNION MÉDICALE DU CANADA honneur à la Faculté de Médecine et à toutes les autorités compétentes qui se sont groupées autour d\u2019elle.\u201d La Faculté des Sciences fait l\u2019objet d\u2019une étude détaillée de la part de l\u2019auteur.Elle fut créée surtout pour soutenir le choc des industries chimiques envahissantes de l\u2019Allemagne et c\u2019est après 1870 qu\u2019elle se développe surtout.L\u2019Ecole de Brasserie, le Laboratoire d\u2019Electrotechnie, puis plus tard l\u2019Institut Electrotechnique furent créés.Depuis la guerre, une école supérieure de Métallurgie et des Industries Minières prit naissance.Enfin, un Institut de Géologie y est attaché.La Pharmacie, les Lettres et le Droit sont l\u2019objet de commentaires élogieux de la part du rapporteur qui nous en fait également l'historique.L'auteur souligne l'existence d\u2019une Association Générale des Etudiants avec salles de récréations, des fêtes, de travail, de lecture, d\u2019escrime, de laboratoire, de photographie.D\u2019un terrain de jeux pour les sports, d\u2019un restaurant universitaire, d\u2019un office de renseignement.\u2018\u201cFière de ses origines, écrit le docteur LeSage, consciente de sa force, et convaincue de la grandeur de sa mission, l\u2019Université de Nancy poursuit son oeuvre de haut enseignement et de forte éducation morale.Elle contribue ainsi à forger la conscience nationale, dont elle formait hier l\u2019avant-garde, des hommes de demain qui mériteront d\u2019être inscrits dans son livre d\u2019or, tels: Foch, Lyautey, Barrès et Poincaré.\u2018Telle est l\u2019organisation splendide de l\u2019Université de Nancy, que nous avons pu étudier sur place et admirer.Elle peut servir de modèle à l\u2019Université de Montréal.\u201d En dernière analyse, l\u2019auteur raconte les parties de théâtre, les banquets, les excursions, dont deux aux stations thermales Contrexeville et Vittell, auxquels les congressistes prirent part.\u201cEnfin, pour conclure, c\u2019est le docteur LeSage qui parle, le Conseil de l\u2019Association des Médecins de Langue Française de France a passé la résolution suivante: .\u2014 Qu\u2019une proposition soit faite au Président des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord à l\u2019effet d\u2019accepter, à titre de membre adhérent à l\u2019Association des Médecins de Langue Française de France, moyennant 20 francs tous les deux ans, les médecins canadiens qui souscriront comme membres des Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord.\u201cLe Secrétaire général de l'association française, le professeur Arloing, de Lyon, nous a communiqué la copie de cette résolution.\u201cLe Comité Exécutif de l\u2019Association canadienne en a accepté le principe.Dernièrement, dans une réunion plénière, à Montréal, les membres actifs de notre Association ont voté l\u2019inscription dans l\u2019Association française dans les termes et aux conditions proposées par le secrétaire général de l\u2019Association de France.\u201d \u201cJe rappellerai à mes confrères canadiens, continue le docteur LeSage, que ces messieurs, qui forment partie du personnel de l\u2019enseignement de Nancy, ont été l\u2019objet d\u2019une citation que je transcris textuellement: TT \u2014\u2014 - L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA 59 (Citation de la Faculté de Médecine de.Nancy à l\u2019ordre du Pays) : \u201cLe Gouvernement porte à la tonfiaïssante\u2019 du Pays la belle conduite du personnel enseignant de la Faculté de Médecine de Nancy.Il a, avec le personnel auxiliaire et le personnel de service, pendant: toute la durée des hostilités, à courte distance du front, assuré sa mission avec les éléments laissés par la mobilisation, unis dans un complet esprit de solidarité pour l\u2019enseignement aussi bien qu\u2019en faveur des victimes militaires ou civiles dans les hôpitaux dont elle avait la charge.Malgré les dangers fréquents auquels Nancy fut exposée, notamment en 1918, alors que par ordre du gouvernement tous les établissements üniver- sitaires avaient dû être fermés, la Faculté de Médecine, restée ouverte en raison de ses obligations hospitalières, a donné l\u2019exemple de l\u2019énergie constante, du courage tranquille, du devoir quotidien modestement accompli.\u201d (Journal officiel du 16 avril 1920.) | \u201cNotre mission qui représentait le Canada, la province de Québec, l\u2019Université de Montréal, la Faculté de Médecine, la Société Médicale de Montréal, l\u2019Association pour l\u2019Avancement des Sciences, et l\u2019Association des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord, a donc créé des liens nouveaux entre nos deux associations médicales en permettant à leurs membres respectifs de participr activement à l\u2019aevnir aux travaux des Congrès qui auront lieu à intervalles réguliers en France et dans la Province de Québec., \u201cLes médecins canadiens-français iront plus fréquemment en France, puiser à la source; les médecins français viendront dans la province de Québec, plus nombreux et plus souvent, régénérer nos théories et notre enseignement.C\u2019est ainsi que nous atteindrons notre idéal.\u201d LEON GERIN-LAJOIE, Secrétaire de la Société Médicale de Montréal. BIBLIOGRAPHIE LE MEGACOLON CHEZ L\u2018ENFANT Thèse de Paris, 1925.J'ai lu avec grand intérêt la thèse que M.le Dr Paul Letondal a présentée en juin dernier à la Faculté de Médecine de Paris, et dont il a eu l\u2019amabilité de nous adresser un exemplaire.Inspirée par le Prof.Marfan, cette monographie de la maladie de Hirschsprung offre des particularités instructives pour tous les médecins ayant à traiter des enfants.L'importance de cette affection de l\u2019enfance, qui souvent doit passer inaperçue en certains milieux, nous est démontrée par le grand nombre d'auteurs qui s'en sont préoccupés.M.Letondal, avec méthode, nous relate l\u2019évolution de 63 observations de megacôlon chez l\u2019enfant, et l\u2019étendue de la bibliographie utilisée pour les fins de cette thèse nous prouve le soin que l\u2019auteur y a apporté.L\u2019étiologie, congénitale ou mécanique, de cette affection curieuse, y est exposée et analysée systématiquement.La fréquence du megacôlon chez l\u2019enfant est assez remarquable pour que le médecin praticien soit averti et son esprit tenu en éveil.En présence de ces cas de constipation opiniâtre, avec ballonnement, météorisme, surtout si au palper on perçoit une masse dans l\u2019abdomen de l\u2019enfant, il faut songer à la maladie de Hirschsprung et aviser au moyen de confirmer le diagnostic de l\u2019affection soupçonnée.Le traitement est discuté et expliqué avec ses indications; tantôt il sera médicale par le régime et l\u2019entéroclyse pour combattre la constipation habituelle et souvent opiniâtre, chirurgical ensuite si le premier échoue.Au point de vue pratique, nous devons retenir que le diagnostic peut se faire assez tôt avec le contrôle de la radiographie, et qu\u2019il faut y avoir recours dès que l\u2019on constate les symptômes classiques de cette affection curieuse dont l\u2019étiologie est encore assez vaguement connue lorsque la cause ne réside pas dans un obstacle mécanique au cours normal des résidus intestinaux.Une réflexion s'impose à notre esprit à la suite de la lecture de chacune de ces thèses que nos jeunes collègues sont tenus de préparer L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 61 comme couronnement de leurs études médicales dans les Universités francaises, et nous espérons toujours voir cette coutume se généraliser chez-nous, au moins pour les concours d\u2019internat ou d\u2019agrégation.M.Letondal nous donne l\u2019exemple de ce que peut produire l\u2019application, l\u2019esprit de recherche, la méthode dans la présentation des travaux scientifiques.Diplômé de la Faculté de Médecine de Paris, M.Letondal s\u2019est spécialisé en médecine infantile.Nous avons cru bien faire en nous assurant sa collaboration pour notre hôpital d\u2019enfants.Et les petits malades de Sainte-Justine profiteront d\u2019une expérience acquise au contact des maîtres de la pédiatrie française.Raoul MASSON.CHIMIE BIOLOGIQUE MEDICALE, Guide pour les manipulations de chimie physiologique et de chimie clinique, par E.Derrien et G.Fontès, \u2018professeurs aux Facultés de Montpellier et Strasbourg, 1926.1 vol.in-16 de 436 pages avec figures: 20 fr.(Librairie J.-B.Baillière et Fils, 19, rue Hautefeuille, à Paris.) Ce livre a été conçu avec l'intention de coordonner, en vue des applications pratiques, les formes diverses qu\u2019affecte, dans les Facultés de Médecine, l\u2019enseignement de deux des aspects de la chimie biologique: la chimie physiologique et la chimie clinique.Ce sont ces deux aspects gue le nouveau régime des études médicales range dans le groupe des enseignements sanctionnés et par un examen théorique et par un examen pratique.En se bornant aux données essentielles de la chimie de l\u2019homme sain et de l\u2019homme malade, ce que MM.Derrien et Fontès sont parvenus à réaliser, c\u2019est moins l\u2019association d\u2019un recueil de manipulations de chimie physiologique déduites de notions théoriques résumées et d\u2019un précis de technique courante de diagnostic chimique, qu\u2019un guide s\u2019efforçant d\u2019enchaîner ces formes d\u2019enseignement, afin de permettre au débutant d'aborder les travaux pratiques de chimie pour passer, de là, aux laboratoires de diagnostic chimique annexés aux cliniques.Enfin si, à la suite des exercices et des techniques simples, les auteurs n'ont pas craint d\u2019accorder, dans certains cas, une place, soit à des méthodes qui exigent plus de temps, d\u2019attention et de pratique du laboratoire, soit à des indications d\u2019où puisse se dégager l'impression que certaines difficultés ne peuvent être résolues simplement, c\u2019est à dessein, dans l\u2019espoir d\u2019encourager le goût des approximations meilleures chez ceux qui voudront aller plus loin et passer des laboratoires de diagnostic aux laboratoires de recherches. 62 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Grâce à ce livre l\u2019étudiant arrivera à rattacher les exerçices.pratiques à l\u2019enseignement théorique dont les auteurs résument les grandes lignes et le praticien (médecin ou chimiste) pourra reconnaître que les.applications au diagnostic ne sont que le prolongement des exercices pratiques; \u2014 enfin le chercheur pourra, grâce à ce livre, exécuter ses premiers travaux scientifiques.La première partie du volume est consacrée aux constituants chimiques de l\u2019organisme et des aliments; la 2e partie à la digestion et aux sucs digestifs; la 3e partie au sang, aux humeurs dérivées du plasma et aux produits de sécrétions internes; la 4e partie à l\u2019urine et à ses constituants constants; la 5e aux constituants inconstants, normaux, anormaux et pathologiques, aux sédiments et calculs urinaires.L\u2019appétit de l\u2019enfant Tous les médecins qui soignent des enfants, dont l\u2019âge varie de deux à douze ans, connaissent la différence de leur appétit.Quelques-uns, en minorité, sont voraces et toujours affamés.Ce sont des phlegma- tiques.D\u2019autres, un système nerveux plus délicat, ne se préoccupent pas.de leurs repas et doivent être grondés ou cajolés pour manger un peu plus.Ces enfants ne doivent pas être forcés à manger\u2019 ce dont ils ne veulent pas, ce qui pourrait accentuer une tendance névropathique ou entraîner des troubles digestifs.Dans ces cas, il est indiqué de donner un apéritif, pourvu qu\u2019il soit agréable au goût et non irritant.Le Pepto- Mangan de Gude remplit ces conditions.Non seulement il stimule l\u2019appétit, mais il fournit du fer et du manganèse qui activent la formation des globules rouges et de l\u2019hémoglobine à tel point que l\u2019enfant en vient bientôt à désirer l\u2019heure des repas.A remarquer aussi que le fer \u2018et le manganèse du Pepto-Mangan de Gude contribuent à l\u2019oxygénisation du sang en fournissant des éléments oxydants qui manquent la plupart du temps dans la nourriture déminéralisée que mangent aujourd\u2019hui non seulement les enfants, mais aussi les adultes.Ce qui rend le Pepto- Mangan de Gude un excellent tonique et apéritif pour les uns et pour les autres.Echantillons, littérature, etc., sur requéte a M.J.Breitenbach Co., New-York, N.-Y. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 63 Section des Voyages de \u201cBruxelles-Médical\u201d, rue Froissart, -62, Bruxelles Croisière Médicale Internationale en.Orient .17 MARS \u2014 18 AVRIL 1926 La Croisière en Méditerranée.\u2014Après de longs pourparlers entièrement dominés par l\u2019épineuse question du change et le désir de maintenir l\u2019importante réduction médicale consentie, la \u201cSection des Voyages Médicaux\u201d est arrivée aux prix définitifs suivants, dont la modicité dépasse toutes les prévisions: 1re classe: 4,000 francs belges.2e classe: 2,625 francs belges.3e classe: 1,600 francs belges.Les 3mes classes \u2014 étudiants en médecine \u2014 sont des cabines de 4 à 6 couchettes.Nous prenons des mesures pour que les voyageurs médicaux de seconde et de troisième classe puissent participer à la vie de bord des voyageurs de première, hormis le restaurant.D\u2019autre part, à titre d\u2019essai des appartements de grand luxe, de luxe et de demi luxe sont disponibles à prix spéciaux.Ils pourraient être éventuellement occupés par des clients \u2014 convalescents d\u2019affections non contagieuses \u2014 que des confrères voudraient emmener.Des placez de Îre pourraient aussi leur être réservées, avec une légère majoration.Toutes les inscriptions seront clôturées le 15 janvier.Le \u201cLotus\u201d quittera Marseille le 17 mars pour y rentrer le mardi 13 avril.Il est spécialement affrêté pour \u2018\u201cBruxelles-Médical\u201d.Itinéraire: Marseille, Naples, Malte, Le Pirée, Constantinople, Smyrne, Rhodes, Chypres, Beyrouth, Jaffa, Alexandrie, Marseille.Le bateau sert d\u2019hôtel-restaurant aux escales; les prix médicaux ne comprennent pas les visites des villes: celles-ci, de même que l\u2019excursion à Athènes, au Bosphore, à Damas, aux Cèdres du Liban, à Tripoli, à Baalbeck, à Jérusalem, au Caire, sont relativement peu coûteuses à organiser.Une brochure-guide illustrée spécialement éditée pour nos croisières et contenant tous les renseignements utiles, sera envoyée sous peu aux confrères qui en feront la demande au docteur R.Bernard, 62, rue Froissart, Bruxelles; adresse télégr.: Belgfranav, Bruxelles.; 64 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Association des Dermatologistes et Syphiligraphes de Langne Française illème Congrès des Dermatologistes & Syphiligraphes de Langue Française BRUXELLES \u2014 25-28 JUILLET 1926 Secrétaire Général: Dr L.DEKEYSER, 9 Rue des Sablons, Bruxelles Monsieur et cher Confrère, Nous avons l'honneur de vous informer que le IIIe Congrès des Dermatologistes et Syphiligraphes de langue française se réunira à Bruxelles les 25, 26, 27 et 28 juillet 1926.Les détails du programme général vous seront communiqués ultérieurement, mais nous tenons à vous signaler dès maintenant les questions mises à l\u2019ordre du jour et les noms des rapporteurs qui furent désignés par le Conseil d\u2019administration de l\u2019Association.I.Tuberculides: nature et traitement.Rapporteurs: Prof.Pautrier (Strasbourg); Dr Schumann (Stockholm).MT.Herpès et zona: étiologie.Rapporteurs: Dr Levaditi (Paris).Dr Flandrin (Paris).IN.Purpuras: pathogénie.Rapporteurs: Dr Lespinne et Ferond (Bruxelles); Dr P.G.Weill (Paris) ; | Dr Roskam (Liége).IV.Réinfection syphilitique, pseudoréinfection, superinfection.Rapporteurs: Dr Marcel Pinard (Paris); Dr Carle (Lyon); Dr Bernard (Bruxelles).V.Les troubles endocriniens d\u2019origine hérédosyphilitique.Rapporteurs: Drs André Leri et Barthélémy (Paris) ; Prof.Nicolas et Dr Carré (Lyon).VI.L'état actuel des traîtements des lupus et des tuberculoses cutanées.Rapporteurs: Drs François\u2019 (Anvers) ; Prof.Halkin (Liége) : Dr L.Dekeyser (Bruxelles).Nous vous saurions gré, si vous ne l\u2019avez fait déjà, de nous envoyer votre adhésion sans retard en remplissant et en nous faisant parvenir la L'UNION MÉDICALE DU CANADA 65 carte jointe à la circulaire.Ceci afin d\u2019êre fixé le plus tôt possible sur le nombre des adhérents, de façon à pouvoir faire les démarches nécessaires en vue de l\u2019obtention de réductions sur les moyens de transport.Si vous comptez faire une communication, nous vous prions de bien vouloir nous en envoyer le titre rapidement.Vous trouverez oi-dessous un extrait des statuts.Veuillez agréer, Monsieur et cher Collègue, l\u2019expression de nos sentiments les plus distingués.Pour le comité d\u2019organisation : Le Secrétaire général: Dr L.DEKEYSER, (9, rue des Sablons, Bruxelles).EXTRAIT DES STATUTS Règlement des Congrès Art.3\u2014Sont membres des Congrès: , 1° Titulaires: les membres de l\u2019Association ; 2° Adhérents: les dermato-syphiligraphes non membres de l\u2019Association, mais agréés par le bureau du congrès auquel ils auront adressé leur demande; ils n\u2019ont ni droit d\u2019accession à l\u2019assemblée générale, ni droit de vote.3° Invités: les personnalités que le bureau du congrès croirait utile de prier de prendre part à ses séances.\u2018 Les membres titulaires et les membres adhérents doivent verser une cotisation dont le taux sera fixé par l\u2019assemblée générale en même temps que la date et le siège du congrès.Art.8.\u2014Les rapports doivent être remis au bureau en temps utile pour être imprimés et distribués à l\u2019avance.Art.11\u2014La lecture ou l\u2019exposé des communications ne devra pas dépasser dix minutes; chaque argumentateur aura droit à cinq minutes. 66 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Produits biologiques On entend communément par ces mots tout sérum ou tout vaccin.Il y a d\u2019autres produits biologiques, mais ces deux-là les prédominent.Les fabricants de vaccins et de sérums n\u2019obtiennent une licence du gouvernement qu\u2019après inspection du matériel et du personnel afin d\u2019assurer à la qualité du produit un minimum \u201cstandard\u201d.Mais comme il y a de la concurrence entre les fabricants, ceux-ci ne vendent leurs produits qu\u2019en autant qu\u2019ils dépassent le minimum requis par la loi et qu\u2019ils mettent en pratique les plus récentes découvertes de la bactériologie.Un matériel capable de dépasser ainsi ce minimum est un grand avantage, surtout lorsqu\u2019il se double d\u2019une longue expérience.Pour donner à son malade les meilleurs soins possibles, le médecin, s\u2019il croit aux différences entre les produits, doit spécifier quelle est sa préférence quand il en prescrit.Nos lecteurs ne manqueront pas de lire l\u2019article intitulé \u2018Différences entre les produits biologiques\u201d qui paraît dans ce numéro.0 HOTEL DE VILLE, SERVICE DE SANTE Montréal, le 14 décembre 1925 L\u2019Union Médicale du Canada, 46 Square St-Louis, .Ville.Monsieur, Le tobleau XII de la page 22, dans le Rapport Annuel du Service de Santé de la Cité de Montréal a été inséré par erreur.Veuillez trouver ci-inclus le tableau XII corrigé, que je vous serais obligé de bien vouloir placer dans le rapport annuel qui vous a été adressé en octobre dernier.TABLEAU XII (Corrigé) Enfants illégitimes, décès et taux par 1000 décès à différentes périodes d\u2019âges.Total Décès % Décès de % Décès de % VILLES des 0à1 par 146 par 63412 par décès mois 1000 mois 1000 mois 1009 Montréal 1923 819 219 268.0 501 611.7 99 120.8 1924 878 242 276.0 542 617.0 94 107.0 Bruxelles .85 26 305.8 35 411.7 24 282.3 Anvers .87 24 275.8 40 459.7 23 264.3 Paris .1253 391 312.0 625 498.8 237 189.1 Aberdeen .66 22 333.3 32 484.8 12 181.8 Baltimore 1915 281 102 362.6 120 427.0 59 209.9 1921 104 38 365.3 32 307.6 34 326.9 S.BOUCHER Directeur du Service de Santé."]
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