L'union médicale du Canada, 1 juillet 1926, Juillet
[" L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872 Vol.LV JUILLET 1926 No 7 BULLETIN A PROPOS DE L\u2019ELECTION DES GOUVERNEURS DU C.M.ET C,, P.QUE, EN 1926.Le Collège des médecins c'est notre corporation.C\u2019est l\u2019ensemble de tous les médecins ayant le droit d\u2019exercer la médecine dans la province de Québec.I] est gouverné par 21 gouverneurs, dont dix-huit élus par Ja profession et trois par les universités.% FF Quels sont les devoirs de ceux qui gouvernent?S\u2019il était possible de définir ces devoirs d\u2019une façon catégorique et définitive, bien des malentendus disparaîtraient.Malheureusement, la loi est brève et il faut la méditer longtemps pour bien la comprendre.Ce qu\u2019il y a de certain, c\u2019est que la loi qui régit les médecins en cette province est une loi d'utilité publique.Elle a été spécialement faite pour la surveillance immédiate des médecins, pour assurer leur formation scientifique dans les univer sités, pour surveiller leur moralité professionnelle, et pour garantir au public qu\u2019il ne sera pas exploité par les porteurs de licence.En retour, tout en comptant sur les qualités particulières du bon médecin, pour suffire à sa protection personnelle, elle lui donne des moyens efficaces de contrôle et de lutte légale contre les indésirables et les charlatans.Voilà l\u2019esprit de la loi.* #% % Il en résulte évidemment que le but principal à poursuivre par les Gouverneurs du Collège c\u2019est l\u2019idéal professionnel, ce qui veut dire former des compétences par la surveillance immédiate des examens, par la répression des abus au sein même de la profession 398 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA et autour d'elle, par le maintien intégral de nos prérogatives provinciales en matière d'éducation et d\u2019exercice professionnel.A côté de ces devoirs primordiaux se greffent des devoirs secondaires d\u2019administration.Pour remplir leur tâche et poursuivre leur idéal, les gouverneurs élisent, tous les quatre ans, un Bureau exécutif dont l\u2019unique officier, toujours en charge du Bureau, est le Registraire.Le Registraire est responsable à l\u2019Exécutif.L\u2019Exécutif, par son Président fait rapport annuellement à l\u2019assemblée générale.L'Assemblée générale approuve ou désapprouve, fait les suggestions qu\u2019elle juge à propos, et la roue recommence à tourner ainsi tous les quatre ans.& + # Nous sommes à la fin d\u2019une de ces périodes de quatre ans où il faut renouveler les mandats à nos gouverneurs, ou en élire de nouveaux.La valeur de l\u2019Exécutif dépendra du choix que nous ferons.A la lumière des principes essentiels que nous venons de poser, il paraîtra à chacun d\u2019une importance capitale de choisir comme représentant de son district le médecin le plus distingué, le plus remarquable par ses qualités morales, intellectuelles et scientifiques, ayant à son acquis un passé intègre et une réputation sans tache.+ #$% # Il n\u2019y a pas à dire, la profession médicale a reconquis ses droits, depuis vingt ans, dans notre province.Nos Exécutifs ont généralement été à la hauteur de toutes les situations difficiles et embarassantes qu\u2019ils ont eues à traverser.Ce qu\u2019il y a surtout de remarquable dans leurs administrations c\u2019est qu\u2019ils n\u2019ont rien détruit.Au lieu de s'appliquer à refaire ils se sont appliqués à parfaire.Ils ont ainsi profité de l'expérience du passé, et ils ont marché dans la voie du progrès.& 4% % D\u2019aucuns pourtant s'en plaignent! Comment pourrait-il en être autrement?Perfectionne-t-on une association sans faire mal à quelqu'un?Et de tous ceux qui se plaignent ou qui critiquent combien en est-il qui soient sans reproches? L'UNION MÉDICALE DU CANADA 309 Pour connaitre les motifs de mécontentements parmi les méde- decins il faudrait mettre a jour le dossier de chacun, ce qui est impossible.* 0% 0% Sans doute, une critique honnéte et de bon aloi est toujours.nécessaire et fructueuse.Celle-là nous devons l\u2019aimer et l\u2019encourager.Celle que nous dénonçons, c'est la critique ignorante et impudente qui, dès qu\u2019elle apparaît, s'arme d'un fouet pour cravacher ceux qui sont à la tâche, à la peine, ou à l'honneur.% À % L\u2019Exécutif actuel a droit à la confiance et à la reconnaissance de tous les médecins de la province de Québec.Notre devoir est de soutenir son œuvre en mettant à sa disposition le meilleur homme qu'il vous soit possible de choisir parmi les confrères de votre district.LA REDACTION. CONTROLE SPÉCIFIQUE DE CERTAINES MALADIES CONTAGIEUSES PAR ACTION D\u2019IMMUNITE (1) Par |.G.FITZGERALD, M.D., LL.D., Professeur d'Hygiène de Médecine préventive, Directeur de l'Ecole d'Hygiène et des Laboratoires Connaught, Université de Toronto.Je désire d'abord vous exprimer ma profonde appréciation de l'honneur que vous m'avez fait en m'\u2019invitant à venir parler à la Société Médicale de Montréal.Je suis très heureux en effet d\u2019être au milieu de vous et je regrette seulemnt que, devant m\u2019exprimer en français, ma gaucherie et mes hésitations vous mettent dans la nécessité de pratiquer trois vertus: la foi, l'espérance et la charité.Premièrement, foi de pouvoir me faire comprendre par vous; deuxièmement, espérance qu'avant ma prochaine visite j'aurai appris, par pratique et étude du français, à me rendre plus compréhensible, et finalement, charité envers celui qui s\u2019est prévalu du fait que les membres de la profession médicale sont d\u2019habitude dotés de cette vertu.J'ai choisi comme sujet \u201cContrôle spécifique de certaines maladies contagieuses par action d\u2019immunité\u201d.Le contrôle de ces maladies peut être effectué en certains cas par des moyens généraux ou par des moyens spécifiques.Les mesures d\u2019ordre général employées pour diminuer les décès par les maladies dites contagieuses ou pour en diminuer l'incidence comprennent: notification, isolation, mise en quarantaine, désinfection, etc.Pour l'instant, je ne vous parlerai pas de ces mesures.Quelques-unes dont l\u2019origine remonte à plusieurs siècles sont non seulement d'intérêt historique, mais aussi d\u2019une importance pratique fort considérable.Un examen préliminaire de la nature de ces maladies contagieuses ne nous occupera qu\u2019un moment.Ces maladies qui ont été qualifiées précédemment d\u2019infectieuses ou de contagieuses sont décrites dans ce rapport comme maladies communicables et possèdent, parmi d\u2019autres, les caractéristiques suivantes : (1) Celles dues à des agents vivants; (2) Celles ayant une période définie et constante d\u2019incubation ; (1) Soirée Médicale Canadienne, à la Société Médicale de Montréal, 20 avril 1926.gl L'UNION MÉDICALE DU CANADA 401 (3) En certain cas l\u2019agent causatif de ces maladies est transmissible d\u2019une personne qui le récèle à d\u2019autres.Si les autres personnes ainsi infectées sont susceptibles, alors de nouveaux cas de la maladie se déclarent.(4) Finalement, dans quelques-unes de ces maladies les agents causatifs ou produits de leur développement peuvent être employés à la préparation d\u2019agents prophylactiques spécifiques nommés vaccins ou sérums, On peut dire que le développement de la science de I'immunité active, ou vaccination, contre les maladies communicables a pris naissance dans l\u2019œuvre d\u2019Edward Jenner qui, en 1798, publia sa monographie classique, \u201cUne Enquête sur les Causes et Effets de la Variolae Vaccinae\u201d.Elle marque l\u2019origine de la Médecine spécifique préventive ou l\u2019'Immunologie, telle que la décrivait Flexner.La très grande importance des observations fondamentales de Jenner n\u2019a pas besoin d\u2019être soulignée.Je voudrais cependant signaler que les termes vaccination et immunité active ne veulent pas dire une seule et même chose.Ainsi, un mot qui, dans son sens original Jennérien, était employé à décrire les effets de la matière obtenue d\u2019un veau (c\u2019est-à-dire vacca) a maintenant une signification générale ou générique; et, chaque fois qu\u2019un nouveau procédé de vaccination spécifique contre une maladie communicable est introduit, dans sa description même le monde reconnaît sa dette envers Edward Jenner.Le résumé des observations de Jenner était ceci: l'agent vivant responsable de la causalité du mal pourrait, après modification biologique appropriée, être utilisé pour stimuler les cellules du corps.humain ou celles de certains animaux pour créer des substances.protectrices.Remarquons que l\u2019agent vivant causatif modifié était employé lui-même dans la première œuvre de Jenner.À cause de son importance une considération des principaux faits se rapportant à la vaccination contre la petite vérole (d\u2019origine la vaccination Jennérienne) s'impose ici.Quand le virus vaccin est appliqué ou injecté dans la chair d\u2019êtres humains, l\u2019une ou l\u2019autre de ces quatre réactions peut se produire : I.Il peut s\u2019ensuivre une crise de vaccinia, décrite encore comme une réaction primaire ou absorption réussie.Ce qui veut dire que l\u2019individu étant sensible au virus vaccin, est passé par une crise de vérole de vache ou vaccinia et, par suite, est immunisé.II.Le résultat peut être une attaque atypique de vaccinia, caractérisée par un intervalle d\u2019incubation abrégée et par des 402 L\u2019'UN,ON MÉDICALE DU CANALA symptômes plus faibles et moins caractéristiques.Ceci est appelé parfois \u2018\u201cvaccinoïde\u201d ou une \u2018réaction accélérée\u201d.On peut l\u2019expliquer en disant que l\u2019individu possédait une immunité incomplète et qu\u2019à la suite de la \u2018\u2019vaccinoïde\u201d ou \u2018réaction accélérée\u201d il est devenu absolument immunisé.111.L\u2019individu peut faire preuve d'immunité complète en ne répondant à l\u2019application du virus que par de légers symptômes, et au bout de 48 ou 72 heures presque rien ne restera comme traces de l\u2019opération à l'endroit où le virus aura été appliqué.Ceci est appelé \u201créaction d\u2019'immunité ou réaction immédiate\u201d et ainsi que le terme l\u2019implique, indique que l'individu est immunisé ou insensible au virus vaccin et de là au virus variole.IV.Rien qu\u2019un léger trauma peut en résulter.Ceci arrive quand le virus est inerte ou qu\u2019il a été retiré avant d\u2019avoir pu pénétrer et se répandre dans l\u2019épiderme.Aucune interprétation de l\u2019état de sensibilité ou d\u2019immunité des individus au virus vaccin ou au virus de la petite vérole n\u2019est possible quand seul le trauma est observé.L'opération de la vaccination doit alors être répétée.Jenner croyait que la vaccination, ou une attaque de vaccinia, conférait une immunité permanente contre la variole.Maintenant nous savons que la vaccination peut devoir être répétée deux ou trois fois.Il est clair, en tout cas, que nous avons dans ce qui est appelé \u201créaction d'immunité\u201d une forme de réponse qui est aisément et vivement mise en lumière chez les individus immunisés par l\u2019application du virus vaccin.Nous n'avons pas besoin de rechercher ou de méditer quant à la période de protection conférée par la vaccination.Au premier doute il n\u2019y a qu\u2019à vacciner.Si le malade est encore protégé, une réaction immédiate suivra, autrement la \u201cvaccinia\u2019\u2019 ou vaccinoïde se produira et dans l\u2019une et l\u2019autre opération la condition du malade a été déterminée et son immunité établie si elle ne l\u2019était pas déjà.Nous réalisons maintenant que la première et fondamentale caractéristique de la vaccination ou immunité active est que les cellules du corps de l'individu élaborent la protection conférée.C'est pourquoi l\u2019immunité n'apparaît pas de suite.Cela se produit quelque peu lentement.La seconde caractéristique c\u2019est que la période d\u2019immunité est d'habitude largement prolongée, ou, dit d\u2019une autre manière, c\u2019est que l\u2019état d\u2019immunité persiste durant une période de temps très considérable d'habitude, quelquefois même pour toute la vie.Je viens de faire le résumé de quelques faits connus sans doute de beaucoup d\u2019entre vous, peut-être même de vous tous, mais je l\u2019ai fait L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 403 parce que ces faits, n'étant pas appréciés quand la vaccination fut tout d\u2019abord introduite en médecine, donnèrent lieu à des conceptions erronées qui servaient d'armes à ceux faisant opposition à la vaccination.L'autre point qui mérite d\u2019être mentionné est celui-ci.Les grands progrès apportés à la technique de la vaccination et à la pureté et efficacité du remède, du virus vaccin, ont largement éliminé ces motifs raisonnables de critique qui existaient auparavant.Il faudrait ajouter que d\u2019autres objections à la vaccination pourrait être soulevées a moins que le médecin n\u2019accomplisse l\u2019opération d\u2019une manière recommandable et satisfaisante et à moins que toute précaution n\u2019ait été prise par le malade, qui devrait prendre soin de la blessure de vaccination comme de toute autre blessure chirurgicale.Les meilleures méthodes développées de nos jours sont probablement celles d\u2019une scarification très légère ou piqure.Cette dernière méthode est la plus satisfaisante pour ceux qui en ont l\u2019habitude.La scarification linéaire superficielle, quand on prend soin de ne pas faire saigner et où l\u2019on n\u2019endommage qu'une surface minimum d\u2019épithélium, est pour beaucoup de médecins la méthode d\u2019élection.J'ai délibérément étudié la vaccination contre la vérole aussi longuement parce que par une telle étude on peut apprendre les principes étayant l\u2019active immunité contre le mal et parce que c\u2019est un fait que des milliers de cas de petite vérole se présentent chaque année et que chacun de ces cas est évitable et par conséquent inutile.Il est remarquable que de 1798 jusqu\u2019à 1880, quand Pasteur publia ses études sur la vaccination du \u201ccholéra-volant\u201d aucun progrès n'avait été fait dans la science de 'immunité.Entre 1880 et 1885 Pasteur et ses élèves contribuèrent de façon notable au développement de la méthode de vaccination contre la rage qui est universellement connue comme le traitement Pasteur.Le virus antirabique est un virus atténué qui sert de vaccin.Le vaccin du charbon qui a été aussi développé par Pasteur fut le premier vaccin préparé par atténuation des cultures d\u2019un spéciment de bactéries connues, le \u201cBacille du charbon\u201d.Ce dernier résultat qui conduisit au développement du vaccin typhoïde par Pfeiffer et Kolle et Wright encore, était basé naturellement sur les travaux de Pasteur durant cette période.Le développement du traitement Pasteur fut une contribution dramatique à la science de l\u2019immunologie et une contribution dont le résultat sauva des milliers de vies.La période qui va nous occuper ensuite fut celle dans laquelle prit naissance ce qu\u2019on appela immunité passive ou prophylaxie temporaire spécifique ou prévention.Deux élèves de Pasteur nommés +04 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Roux et Yersin établirent par leurs études les bases de ce progrès.En 1888 et en 1889 ces ouvriers de la science démontrèrent que le bacille de la diphtérie parvenu à l\u2019état de bouillon produisait une toxine produit par les germes dans le milieu dans lequel is s\u2019étaient développés.Ces poisons sont connus sous le nom d'\u2019exotoxines.Presque immédiatement von Behring démontra que ces toxines que Roux avait fait connaître étaient responsables pour la production de symptômes d'infection bactérienne ou d\u2019une invasion bactéricide qui pouvait être injectée sous forme modifiée ou même non modifiée en doses minimes dans certains animaux; et dans le sang de ces animaux des substances protectrices ou antitoxines apparaissaient alors.Bientôt les antitoxines diphtériques et tétaniques furent mises à l\u2019essai et vers 1894 1l avait été prouvé d\u2019une manière concluante par Roux et ses collaborateurs que le sérum diphtérique ou antitoxine était non seulement précieux dans le traitement de cas diphtériques, mais pouvait être employé même spécifiquement comme préventif de ce mal par immunité passive.Des études ultérieures mirent bientôt en évidence que la vaccination ou immunité active (soit contre la petite vérole, l\u2019anthrax, la rage ou autres infections bactériennes) différait de l\u2019immunité passive dans les rapports essentiels suivants: Dans la vaccination ou immunité active 1.Protection contre le mal appa- \u201craît quelque peu lentement, d\u2019habitude dans la quinzaine suivant la vaccination.: 2.La durée de l\u2019immunité active est quelque peu prolongée, peut se maintenir toute la vie ou pour quelques années et dans des cas plutôt rares pour une année ou deux.(L\u2019inconstance de la durée est un trait caractéristique dans la période de protection.) 3.Est parfait pour réprimer le mal dans un cas de protection publique aussi bien que dans un cas individuel.je ne ferai que vous citer la Immunité passive 1.Protection conférée presque immédiatement durant les quelques minutes ou quelques heures qui suivent l\u2019opération.2.La durée de l\u2019immunité est tout à fait temporaire.Elle ne dure que pour une courte période, la durée de sa persistance est plutôt constante, ordinairement de 10 à 21 jours ou plus, 3.D'habitude extrêmement utile et satisfaisant dans le cas de protection individuelle.Mais moins applicable dans le cas de protection publique.grande importance que le sérum diphtérique ou antitoxine a acquise durant les 30 dernières années a © L'UNION MEDICALE DU CANADA 405 quant au traitement de la diphtérie.Avant que le traitement par sérum n'ait été introduit, un malade sur trois mourait de diphtérie.Maintenant si l\u2019antitoxine de la diphtérie est administrée dès le premier jour où le mal s'est déclaré, moins qu\u2019un pour cent de ceux qui en souffrant est à enregistrer comme cas mortel.L\u2019immunité passive de contact par l'administration de l\u2019antitoxine diphtérique est fréquemment indiquée et quand on y a recours on obtient invariablement une protection temporaire.Non moins satisfaisants ont été les résultats qui suivirent l'emploi de l\u2019antitoxine tétanique pour l\u2019immunité passive contre le tétanos.Nous avons une preuve des plus satisfaisantes de son efficacité, si nous nous remémorons les bienfaits extraordinaires accumulés par son emploi continuel parmi les armées en France pendant la guerre.Le procédé idéal pour obtenir un contrôle spécifique de n\u2019importe quelle maladie contagieuse (après avoir eu recours à toutes les autres méthodes en général) est la vaccination ou immunité active.Depuis longtemps nous savons qu'une certaine proportion d\u2019êtres humains et de certains animaux sont réfractaires ou immunisés contre la diphtérie parce qu\u2019ils ont dans le sang ce qu\u2019il est convenu d'appeler antitoxine \u201cnaturelle\u201d.En 1894, Wassermann démontra que ceci était vrai dans le cas de certaines personnes qui n'avaient aucun précédent d\u2019une attaque réelle de diphtérie et auxquelles l\u2019antitoxine diphtérique n\u2019avait jamais été donnée.Dans la même année, Roux fit un rapport, comme quoi il y avait de l\u2019antitoxine diphtérique dans le sang de certains chevaux absolument normaux.Aucune explication plausible de ces faits intéressants ou explication basée sur une preuve déduite d\u2019une expérience, n\u2019a encore pu être obtenue.Très naturellement, la présence de l\u2019antitoxine dans le sang de certaines personnes nous conduit à l\u2019introduction de méthodes aidant à découvrir les cas de susceptibilité ou d\u2019immunité au mal.En 1909, Romer prouva que dans le cas de personnes ayant de l\u2019antitoxine naturelle dans le sang, l'injection intradermique de doses minimes de toxine diphtérique était suivie d\u2019une réaction caractéristique.Cela nous amène trois ans plus tard à l\u2019introduction de la réaction de Schick (1911-12).Ce test clinique a son utilité La création de méthodes de vaccination contre la diphtérie fut la première mesure à prendre.La première substance immunisante employée fut la toxine diphtérique.En 1910, Dziergowsky s\u2019immunisa lui-même par des injections répétées de toxine diphtérique. 406 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Bien qu\u2019elle soit satisfaisante dans le cas d'animaux, cette méthode est peu faite pour un usage général dans le cas de vaccination d\u2019enfants contre la diphtérie.En 1907 et 1908 Theobald Smith proposa qu\u2019un mélange exactement neutralisé de toxine diphtérique et d\u2019antitoxine soit employé comme agent actif d'immunité contre la diphtérie.Il avait employé lui-même de tels mélanges sur des cobayes et il pensait qu\u2019on pouvait les employer sur des êtres humains.En 1913, von Behring fut le premier à employer la toxine-antitoxine de diphtérie sur des êtres humains comme méthode de vaccination contre la diphtérie.La même année, Park, Banzhaf, Zingher et Schroeder commencèrent leurs travaux à New-York avec les mélanges de toxines-antitoxines diphtériques.De nombreux mélanges ont été préparés par Banzhaf, Park et ses collègues ont immunisé des milliers d\u2019enfants.Leurs travaux ont éveillé l\u2019émulation de beaucoup \u2018d\u2019autres, qui, par la suite, ont réuni leurs efforts sur une large échelle pour obtenir le contrôle communal par la vaccination des cas de diphtérie, efforts qui sont une source d\u2019activité permanente dans tous les départements d'Hygiène Publique.Durant ces dernières années on a prêté une attention toute particulière à la question du choix de l'agent le plus satisfaisant à employer en vaccinant les gens contre la diphtérie.Il y a cinq ans, Glenny et ses coopérateurs à Londres signalèrent que la toxine diphtérique, qui est traitée par la formaline et la chaleur et conséquemment perd une grande partie mais non pas toute sa toxicité, pouvait être employée dans la vaccination contre la diphtérie.Deux ans plus tard, Ramon de l\u2019Institut Pasteur à Paris présenta sa réaction de floculation et durant l\u2019année qui suivit présenta sa toxine diphtérique modifiée qu\u2019il désigna par le terme d\u2019anatoxinme.En quoi l\u2019anatoxine de Ramon diffère-t-elle de la toxoïde de Glenny ?La première (ana- toxine) est absolument non-toxique et d\u2019après Ramon sa puissance à stimuler l\u2019antitoxine (qui est la puissance vaccinante) quand on l\u2019injecte chez un homme ou chez des animaux peut être évaluée par sa puissance floculante qui est aisément vérifiée par la réaction de Ramon.Mon collègue le professeur Maloney des Laboratoires Connaught a dévéloppé davantage notre connaissance de l\u2019anatoxine comme vaccin contre la diphtérie.Quels sont les avantages de l\u2019anatoxine diphtérique sur les mélanges toxine-antitoxine diphtériques ? L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 407 Anatoxine 1.Absolument non-toxique.2.Ne contient aucun sérum de cheval et par conséquent chacun de ceux qui ont été vaccinés est réfractaire au sérum de cheval.3.L\u2019immunité se développe très rapidement, en 6 ou 12 semaines.(Ceci est basé sur des expériences faites sur des animaux.) 4.La durée de l\u2019immunité produite par l\u2019anatoxine non déterminée d\u2019un manière absolue, est évaluée à des mois, peut-être même des années.Toxine-antitoxine mélanges 1.Légèrement toxique.2.Contient une légère quantité de sérum de cheval et par conséquent maintes personnes répondent à l\u2019effet du sérum de cheval quand on leur donne des injections de toxine-antitoxine.3.L\u2019immunité se développe moins rapidement (apparemment).4.La durée de l\u2019immunité par la toxine-antitoxine a été évaluée à de nombreuses années.Certaines personnes peuvent être protégées pour la vie.L'importance relative de l\u2019anatoxine ct des mélanges toxine- antitoxine reste encore, sous certains points de vue, à être affirmée.Nous ne savons pas encore si une plus large proportion d'enfants vaccinés développeront une immunité absolue par l'emploi de l\u2019anatoxine plutôt que par celui des mélanges toxine-antitoxine ou si le cas contraire se produira.Il est pour l'instant impossible d'\u2019affirmer dans quelle proportion ceux qui ont été vaccinés soit à l\u2019anatoxine, soit au mélange toxine-antitoxine perdront ultérieurement leur immunité et dans quelle proportion ils la conserveront indéfiniment.L\u2019anatoxine préparée aux Laboratoires Connaught depuis un an et demi, a été employée à la vaccination de milliers d'enfants dans toutes les parties du Canada.C\u2019est à Windsor, Ontario, et à Regina, Saskatchewan, que le plus grand nombre d\u2019enfants ont été vaccinés.Depuis septembre dernier plus de dix mille enfants, rien que dans ces-deux villes, ont été vaccinés contre la diphtérie.Les points suivants sont les points essentiels par rapport à l'emploi de l\u2019anttoxien diphtérique : DOSE: On donne 2 doses de 0.5 c.c.(8 minims) à quatre semaines d'intervalle.La dose est la même pour tous, enfants et adultes.Aux enfants de moins d\u2019un an, on donne la moitié de chaque dose.On fait les injections dans le tissu sous-cutané.L\u2019immunisation prend de 6 à 8 semaines à se développer après la dernière dose d\u2019anatoxine. 408 L UNION MEDICALE DU CANADA REACTIONS: L\u2019expérience actuellement acquise démontre que l'injec tion d\u2019anatoxine ne provoque aucune réaction chez les enfants de moins de six ans; on a observé de trés rares réactions chez les enfants de moins de 8 ans.Des réactions, soit locales marquées soit méme générales, peuvent survenir chez les enfants plus âgés et chez les adultes.259% des enfants de plus de huit ans donnent une réaction locale constituée par un peu de rougeur qui ne provoque aucun ennui.Un petit nombre de ces enfants plus âgés de même qu\u2019une proportion élevée des adultes donnent une réaction locale marquée et même une réaction générale.Ces réactions consistent en une induration et une rougeur d\u2019un diamètre de plusieurs pouces autour du site de l\u2019injection avec malaise, mal de tête et fièvre.Ces symptômes disparaissent après deux ou trois jours.EPREUVES DE REACTEURS: Il existe maintenant une méthode qui permet de reconnaître ceux qui vont donner des réactions marquées à la suite de l\u2019injection de l\u2019anatoxine.Elle consiste en une injection intradermique, faite avec une seringue convenable et une aiguille fine de 1 /10 de 1 c.c.de la toxine diphtérique diluée spécialement pour cet usage qui accompagne chaque envoi.Cette ampoulle porte une étiquette verte qui se lit comme suit: \u2018Epreuve des Réacteurs\u201d.Peuvent recevoir l\u2019anatoxine toutes les personnes qui ne présentent aucune rougeur locale évidente (diamètre inférieur à un demi-pouce) dans les trois jours, qui suivent cette injection.On recommande au contraire de ne pas donner l\u2019anatoxine aux personnes qui présentent une réaction plus développée que celle que l\u2019on vient de lire.En ce qui concerne les soi-disant réactions, les faits suivants peuvent être mentionnés.Dans n'importe quelle sorte de vaccination un corps étranger protéique est injecté dans l\u2019individu soumis à une immunisation active.Pareillement le traitement par sérum de n\u2019importe quelle maladie contagieuse, traitée comme telle, nécessite l\u2019introduction analogue parentérallement d\u2019un protéique étranger.Certaines personnes y sont sensibles et on remarque alors des troubles locaux ou généraux chez ces personnes.Le mécanisme de ces réactions n\u2019est pas compris.Comme on l\u2019a signalé on peut déterminer à l\u2019avance quels seront ceux qui réagiront sous l'effet de l'anatoxine par la méthode de mon collègue, le professeur Moloney.Mais il est à propos de faire sur ce point une observation générale.Les jeunes enfants sont moins aptes à réagir aux protéïques étrangers que les adultes.De plus, la petite vérole, la diphtérie, la scarlatine et la rougeole sont des maladies essentiellement infantiles dans les communautés où ces maladies sont endémiques et où la vaccination n\u2019est pas pratiquée.D'où il découle qu'il n\u2019est que logique de vacciner contre la petite vérole, la diphtérie, et la fièvre scarlatine pendant les six premières années de la vie quand les sujets L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 400 seront les plus sensibles; et quand ils seront le moins en état de réagir aux protéiques étrangers et avant qu'ils ne commencent à aller à l\u2019école.Fièvre Scarlatine: Notre connaissance touchant à l\u2019étiologie de la fièvre scarlatine a enfin été placée sur une base solide.Bien que suspectant le streptocoque ou plutôt une espèce analogue comme agent étiologique on n\u2019avait pu prouver qu'il soit la cause de cette maladie jusqu\u2019à il y a deux ans et demi.George et Gladys H.Dick de Chicago produisirent définitivement une fièvre scarlatine expérimentale chez des humains volontaires et susceptibles par l'injection d\u2019une toxine soluble de Streptocoque Scarlatinae.Ceci fut suivi quelques six mois plus tard par une autre publication des Dick dans laquelle ils décrivirent la réaction cutanée, comme procédé pour déterminer la susceptibilité ou l\u2019immunité à la fièvre scarlatine.C\u2019est ce qu\u2019on appelle le \u201cDick Test\u201d.Un travail antérieur de Grabitschevsky à Moscou publié il y a vingt ans dans le Russky Vratch et celui de Moser à Vienne bien que très suggestifs n\u2019étaient pas concluants.Schultz-Charlton il y a huit ou neuf ans, décrivait le phénomène du blanchissement mais il fut réservé à Mair en 1923 d\u2019en donner l\u2019interprètation exacte.Beaucoup de bactériologistes pendant ces cinq dernières années, ont étudié les espèces diverses de streptocoque isolés des cas de fièvre scarlatine.Les résultats de ces recherches, aussi bien que ceux de Dick et Dochez, ont démontré d\u2019une manière concluante que ces espèces forment un seul groupe.Les Dick démontrèrent que le strptococcus scarlatinae crée une exotoxine tout comme le fait bacille de diphtérie.La production satisfaisante d\u2019une antitoxine contre la fièvré scarlatine fut achevée par Dochez aussi bien que par les Dicks et par d\u2019autres.Le résultat de tous ces travaux récents sur la fièvre scarlatine a créé la possibilité d'entreprendre un contrôle spécifique de cette maladie.Les résultats du Test Dick, obtenus sur des milliers d'individus, ont prouvé que l\u2019âge de la plus forte susceptibilité à la fièvre scarlatine correspond à l\u2019âge de susceptibilité à la diphtérie.C'est-à-dire que la plus grande proportion de sujets susceptibles est relevée parmi les jeunes enfants.L\u2019immunisation passive de ceux exposés à la fièvre scarlatine par l'injection de 2 c.c.de fièvre scarlatine antitoxine a donné des résultats extrêmement probants.Dès maintenant le contrôle immédiat de l'invasion épidémique de cette maladie peut être entrepris avec l'assurance que de tels efforts résulteront en un succès absolu.Cette protection naturellement n\u2019est que temporaire.Cependant elle 410 L'UNION MÉDICALE DU CANADA est efficace durant une période de 10 à 21 jours.Puisque les résultats du Test Dick peuvent être observés au bout de vingt-quatre heures, il est possible d\u2019affirmer assez rapidement si ceux qui ont été exposés à l'infection requièrent une vaccination, si toutefois le temps le permet.Le procédé de vaccination contre la fièvre scarlatine peut être accompli par l\u2019injection d\u2019une série de doses de fièvre scarlatine toxine.Naturellement une période de 10 à 30 jours doit s\u2019écouler après la dernière injection avant que l\u2019immunité n'apparaisse.Cette vaccination peut requérir d\u2019être entreprise en liaison avec l'immunisation passive déterminant le contrôle d\u2019une invasion de la maladie.La durée de l\u2019immunité active produite par l'injection de la toxine de la fièvre scarlatine n\u2019est pas encore connue.Chez certains individus elle peut être toute passagère tandis que chez d'autres elle peut persister pour des mois ou des années.Il faudrait insister qu: grâce au Test Dick, à cette époque de vaccination par la toxine et d\u2019immunisation passive par l\u2019antitoxine, on peut arriver à réprimer absolument la fièvre scarlatine.Tous ceux qui ont été vaccinés contre la fièvre scarlatine devraient être soumis au Test Dick deux ou quatre semaines après la dernière injection de toxine afin de bien s\u2019assurer de leur immunité.De plus ces personnes peuvent requérir d\u2019autres Tests Dick de façon que la période de protection puisse être déterminée.[ Les résultats les plus satisfaisants ont été obtenus dans le traitement de la fièvre scarlatine par l\u2019antitoxine.La première administration de doses de 15 à 30 c.c.de ce sérum est indiquée dans les cas les plus graves aussi bien que dans les cas moins sérieux de cette maladie.Les cas traités de cette manière ont été en quantité trop insuffisante pour que nous puissions arriver à quelque conclusion quant à l\u2019effet, si toutefois il existe, de cette antitoxine sur les complications ou sequelles de la fièvre scarlatine.Ce très bref sommaire des récents progrès de la science étiologique et des méthodes touchant à la répression de la fièvre scarlatine peut à peine vous faire apprécier le travail accompli dane ce domaine, mais le temps ne me permet pas un plus ample développement de ce sujet aujourd'hui.Degwitz, il y a six ans, publia le résultat d\u2019études établissant que l\u2019administration du sérum d\u2019une rougeole convalescente pouvait conférer une protection passive contre cette maladie.Le sang du convalescent devrait être pris huit ou quinze jours après la disparition de la fièvre et des doses de 5 à 10 c.c.sont indiquées; le sérum peut être injecté de manière sous-cutanée ou intramusculaire.Les L'UNION MÉDICALE DU CANADA 411 difficultés à obtenir en quantité ce sérum de convalescents humains s'opposent à un emploi très répandu de ce procédé.À cause de la grande importance du sujet, il sera fait mention du travail de Calmette et de ses collaborateurs dans la vaccination contre la tuberculose.Comme vous le savez une espèce bovine de B.tuberculose, développé sur un médium spécial, est employé comme vaccin.Il est connu comme B.C.G.(Bilié-Calmette-Guérin).Il est plus que probable que dans les années à venir des travaux seront effectués à ce sujet à Montréal (ou ailleurs au Canada) ; ce qui nous permettra d'affirmer l\u2019importance de cette arme nouvelle et additionnelle dans notre lutte contre la tuberculose.Enfin, je désire encore vous exprimer mon appréciation de votre amabilité à m\u2019inviter à être parmi vous ce soir, et surtout je désire vous remercier bien sincèrement. PNEUMONIE PRONOSTIC ET TRAITEMENT Par le Docteur |].E.DUBE, Professeur de Clinique médicale à l\u2019Université de Montréal.Médecin de l'Hôtel-Dieu.L\u2019épidémie de grippe, commencée il y a quelques mois, semble \u2018actuellement à son déclin.Sans avoir eu des conséquences aussi meurtrières qu'en 1918, cette maladie a tout de même causé bien des deuils.L\u2019influenza, qui n'est apres tout qu'une fièvre légère avec ou \u2018sans irritation des voies respiratoires supérieures, guérit toujours après quelques jours lorsque les malades ont soin de s\u2019aliter dès le début de l\u2019affection, car ce n\u2019est pas la grippe qui tue: ce sont ses complications, toujours ! J'ai eu dans mon service clinique de l\u2019Hôtel-Dieu plusieurs grippés entrés au cours de pneumonie: 2 femmes, salle Saint-Patrice, 5 hommes salle Saint-Joseph.Tous étaient gravement atteints puisque 5 sont morts: | femme et 4 hommes.Les 2 femmes avaient 68 ans; chez les hommes un seul avait 51 ans, le plus jeune avait 18 ans.Tous, moins deux, ont été autopsiés et dans chaque cas le lobe pulmonaire était en hépatisation grise.Chez plusieurs il y avait des signes objectifs de broncho-pneumonie et, dans un cas, pneumonie double.Nous avons été frappés, dès le début, mes assistants et mot, de la gravité des symptômes cliniques présentés par les malades.Notre attention fut particulièrement attirée sur la marche rapide et envahissante des lésions pulmonaires.Il nous est rarement donné de recevoir à l\u2019hôpital des cas de pneumonie au début.Ils nous arrivent généralement au cours des sixième et septième jours, quelquefois après avoir été sous traitement médical chez eux, assez souvent sans avoir vu le médecin.Aucun de nos malades n\u2019a présenté de pleurésie purulente secondaire.Je voudrais profiter de cette mauvaise série de malades pour parler du pronostic dans la pneumonie et de son traitement.Pronestic dans la Pneumonie La pneumonie est une maladie grave et la mortalité reste élevée, malgré les tentatives de traitements divers conseillés de toutes parts.Lorsque le diagnostic est posé, l'entourage du malade est A des pas | - da \u2014 - \u2014; J L'UNION MÉDICALE DU CANADA 413 anxieux, tout comme celui-ci, d'apprendre si la maladie est grave et quels en seront les résultats; ce qui vient à dire que le médecin doit s'efforcer dès le début de la maladie d\u2019étudier son patient au double point de vue de l\u2019étendue des lésions pulmonaires, et de la résistance de son cœur, ainsi que de l\u2019état fonctionnel de son foie et de ses reins.I] est important de tenir compte de l\u2019âge du malade.Passé 50 ans, la pneumonie est toujours grave parce qu\u2019il arrive trop souvent malheureusement qu\u2019elle frappe un organisme présentant du côté du cœur, du foie ou des reins une déficience qui l\u2019empêchera de lutter victorieusement.C\u2019est à cet âge, en effet, que l'on rencontre le plus d\u2019artério-scléreux compliqués d'hypertension et de néphrite chronique.C\u2019est à cet âge aussi que l\u2019alcoolique ordinaire présente un foie insuffisant.Cependant, il arrive que des personnes, âgées de 70 ans et plus, en triomphent; leur secret réside dans le fait qu\u2019au cours de leur longue vie elles n\u2019ont jamais fait d'abus d'alcool ou commis d\u2019excès alimentaires et qu\u2019en plus elles avaient eu la bonne fortune d'échapper aux maladies graves de l\u2019enfance, de l\u2019adolescence ou de l\u2019âge adulte qui laissent, comme la scarlatine, la chorée, le rhumatisme inflammatoire et la typhoïde, soit au cœur, soit au foie ou soit au reins, des lésions graves qui diminuent considérablement leur capacité fonctionnelle.J'ai eu la bonne fortune de voir au cours de l'hiver une personne âgée de 78 ans faire une pneumonie de la base gauche avec autant de facilité que si elle avait eu 30 ans.Chez les jeunes, cette maladie présente généralement moins de gravité, excepté chez les alcooliques, les intoxiqués par le tabac, les surmenés et chez les débiles par affections du cœur ou des reins.J'ai coutume de dire à mes élèves que j'aime mieux traiter une pneumonie chez un vieillard buveur d\u2019eau que chez un jeune homme buveur de whisky.La pneumonie peut passer inaperçue aux deux extrémités de la vie: chez certains vieillards affaiblis, sans résistance, qui ne toussent ni ne crachent et chez qui la fièvre est si peu élevée qu\u2019elle n\u2019est pas remarquée.Ils meurent de faiblesse, comme on dit souvent, alors qu'en réalité ils sont les victimes du pneumocoque.Le jeune enfant souvent turbulent tousse, et si le médecin ne l\u2019examine pas soigneusement tous les jours, il ne constatera pas les signes stéthacoustiques de la pneumonie qui surviennent chez lui quelques jours seulement après le début et l\u2019on dira que le petit malade n\u2019a eu qu\u2019une bronchite.Quelquefois, la pneumonie méconnue se complique d\u2019une pleurésie purulente qui ne passera sûrement pas sans attirer l'attention du médecin. 414 L'UNION MÉDICALE DU CANADA L'observation quotidienne de la température, du pouls et de la tension artérielle est très importante au point de vue du pronostic.Une fièvre élevée est toujours un signe de défense à moins qu\u2019elle ne s\u2019élève au-dessus de 104° F.La fièvre, chez le malade âgé, est d\u2019un bon pronostic car, je le répète, les vieux qui meurent de pneumonie ne font pas ou peu de fièvre; ils se laissent terrasser sans se défendre.Le pouls doit être régulier, ferme, et ne pas dépasser 130 à la minutes.lLa respiration ne doit pas dépasser 30 ou 35.Le pouls à 140 et plus indique la défaillance cardiaque.La respiration à 40 et plus indique que la maladie s'étend à un lobe voisin ou envahit l\u2019autre poumon.La rapidité du pouls et de la respiration indique parfois aussi une intoxication profonde.L'observation de la tension artérielle au cours de la pneumonie fournit des renseignements précis au point de vue du pronostic.D\u2019après Mackenzie, si la tension maxima exprimée en milimètres de mercure est supérieure au pouls exprimé en chiffres, le pronostic sera favorable.Par exemple, si la tension maxima est à 135 et le pouls à 120, la maladie évolue vers la guérison.Ce serait le contraire si le pouls était à 130 et la tension systolique à 110.Il faut que l\u2019écart entre la tension maxima et le pouls soit au moins de 10.Cohen, de Philadelphie, a tenté de montrer que la tension minima comparée au nombre de respirations pouvait également aider a formuler le pronostic.Il faut que la tension minima reste supérieure au chiffre de la respiration.Par exemple si la tension maxima est \u2018à 50, la respiration ne doit pas dépasser 40.J'ai, depuis quelques années, constaté chez tous mes pneumoniques que la loi de Mackenzie présentait une importance indéniable.Elle n\u2019est pas infaillible bien, entendu, mais c\u2019est tout de même l'étude de la tension artérielle faite dès le début de la pneumonie qui permettra de trouver une défaillance cardiaque peut-être avant que la rapidité exagérée du pouls ne l'indique.J'ai pu ainsi agir plus promptement et plus vigoureusement sur le cœur et parvenir à remonter la tension maxima à un chiffre plus élevé que le pouls.Je constate que les médecins ne tiennent pas toujours compte de la quantité des urines des 24 heures.Non pas qu\u2019il faille toujours craindre la néphrite aiguë au cours de la pneumonie, comme nous l\u2019avons constaté chez un de nos malades mort quelques heures après son arrivée, dans le délire et en état d\u2019anurie complète.L\u2019autopsie révéla la présence de néphrite aiguë.Le total des urines de la journée indique si le rein fonctionne bien ou non.Un individu normal doit uriner au moins 500 c.c.par 24 heures, afin de permettre 415 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA au rein d\u2019éliminer la totalité des déchets qu\u2019il a pour fonction de retirer du sang; il ne faut pas perdre de vue qu\u2019il sera menacé d\u2019urémie s\u2019il en passe une quantité moindre.La quantité des urines est en général commandée par la quantité d\u2019eau ingérée.Donc, si l\u2019individu normal boit peu, il urinera peu.Que dire alors du malade qui est souvent assoupi et parfois dans le délire, du malade qui souffre de dyspnée et qui n\u2019a pas à sa portée l\u2019eau qu\u2019il faut pour étancher sa soif ?Bref, il ne faut pas oublier que le rein du pneumonique doit éliminer plus de déchets qu\u2019à l\u2019état normal et qu'il est beaucoup plus en danger de devenir impuissant à accomplir cette tâche s\u2019il ne passe pas plus de 500 c.c.d\u2019urine par 24 heures.Et j'ajoute: que l'eau est le meilleur diurétique connu, qu\u2019il faut en donner beaucoup aux fébricitants: pneumoniques et autres, et non pas recourir aux diurétiques médicamenteux tels que théobromine, etc, qui n\u2019ont d'indications que lorsque les malades présentent des œdèmes comme chez les cardiaques et les rénaux.Le pneumonique doit donc boire beaucoup d\u2019eau prise par petites quantités et souvent.Ceci m\u2019amène à parler du traitement de la pneumonie.Existe-t-il un traitement spécifique de la pneumonie ?Non! La mortalité en est tellement considérable dans le monde entier (près de 150,000 aux Etats-Unis seulement chaque année) qu\u2019il serait désirable qu\u2019il y en eut un.Les bureaux de médecins sont inondés de prospectus et annonces mirobolantes que leur adressent les maisons de commerce.Les journaux de médecine publient même de temps à autre des articles de réclame à propos de tel sérum qui guérit la pneumonie.Je ne veux pas dire que des tentatives sérieuses n\u2019ont pas été faites par des savants biologistes des deux mondes et que les \u2018vaccins anti-catharraux à base de pneumocoques et autres microbes, hôtes \u2018habituels des infections pulmonaires, ne donnent pas des résultats remarquables dans les infections légères des bronches et surtout à titre de préventifs.Ce que j'ose affirmer, c'est qu'aucun sérum n\u2019est encore capable d\u2019avorter la pneumonie dans sa marche et d'accomplir pour cette maladie grave le miracle que le sérum de Roux fait chaque jour dans la diphtérie.Existe-t-il une chimiothérapie spécifique de la pneumonie ?Non, aucun médicament ne possède vis à vis de celle-ci les avantages des arsenicaux vis à vis la syphilis et des sels de quinine vis à vis la fièvre intermittente, entr\u2019autres.Certains auteurs ont prétendu que la quinine pouvait rendre d\u2019énormes services en détruisant les 416 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA toxines du pneumocoque.Ils ont montré que les animaux résistaient mieux à l'infection pneumococcique s\u2019ils recevaient au préalable des doses de quinine et que ces ces mêmes animaux infectés toléraient des doses de ce médicament assez considérables pour les tuer en état de santé.Ce sont là des données qui recevront ou non confirmation ; pour le moment, je n\u2019oserais pour ma part me servir de quinine à hautes doses dans le traitement de mes malades.En attendant ce traitement spécifique tant désiré, nous devons nous efforcer de bien observer chez nos malades l\u2019état du poumon, des reins et surtout du cœur engagés dans la lutte qui dure neuf long jours.Faut-il attendre que le pouls indique la faiblesse du myocarde pour stimuler ce dernier ?que la respiration monte à 40 et plus pour exercer par des applications sur le thorax une influence heureuse sur le poumon malade ?Faut-il attendre que le malade soit en état d\u2019anurie pour provoquer une diurèse salutaire ?Non, - évidemment.Le médecin-traitant doit donc dès le début de la pneumonie utiliser des stimulants diffusibles qui s\u2019éliminent facilement afin de maintenir le cœur dans un état satisfaisant.L'huile camphrée à 10% et donnée à hautes doses, soit 10 c.c.et plus, matin et soir, en injections hypodermiques donne toujours d\u2019excellents résultats.Lorsque la tension artérielle maxima exprimée en millimètres est plus basse que le pouls, j'ajoute une injection intraveineuse de 25 centigramme de caféine faite à midi et à minuit chaque jour jusqu\u2019à amélioration, pour continuer ensuite avec l\u2019injection de midi seulement.Une injection hypodermique de Spartéine 10 centigrammes (2 grains) associée a la strychnine 2 milligrammes (1/30 grain) faite aux mêmes heureux pourrait peut-être remplacer la catéine.Peut-on donner la Digitale dans la pneumonie ?On en donnait toujours autrefois.Aujourd'hui, elle serait dangereuse pour quelques- uns et utile pour les autres.Tous sont d\u2019accord cependant pour admettre que l\u2019Ouabaïne administrée en injections intraveineuses (1/2 milligramme par jour) ou encore sous la forme de solution au millième par la bouche à la dose de 20 à 30 gouttes trois fois par jour est préférable à la Digitale pour tonifier le myocarde.Doit-on calmer le point de côté ?Faut-il diminuer les quintes de toux ?Pouvons-nous faciliter l\u2019expectoration dans la pneumonie?Le point de côté est parfois si intense qu\u2019une piqûre de morphine de 15 ou !4 de grain devient nécessaire.L\u2019effet moral sera plus grand chez le malade si cette piqûre est faite locodolenti.La toux est utile L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 417 car elle fait suite au réflexe bronchique provoqué par les sécrétions qu\u2019il faut rejeter au dehors.Un pneumonique doit donc tousser et cracher, à telle enseigne que le malade secoué par une toux sans expectoration ne se porte pas aussi bien que celui qui tousse et crache avec abondance.I! faut beaucoup de discrétion dans l\u2019administration de potions calmantes, permettre les opiacées rarement et avoir soin de les associer à des hypersécréteurs tels que les ammoniacaux.Le malade qui boit beaucoup urine bien et crache plus facilement.Les ventouses appliquées sur le thorax sont très utiles.Elles exercent sans aucun doute par irritation locale un effet salutaire sur le poumon malade.Certains auteurs pensent même que le sang épanché dans les tissus sous chaque ventouse exerce en se résorbant un effet anti-toxique comme dans l\u2019auto-hémothérapie.I1 me semble que les malades se trouvent bien des enveloppements thoraciques.Les uns les emploient chauds en les répétant toutes les trois heures, les autres les préférent froids, renouvelés aussi souvent.Le pneumonique souffre souvent d'insomnie.Faut-il provoquer le sommeil et comment ?Il n\u2019y a guère que la morphine donnée à doses homéopathiques, c\u2019est-à-dire à 1/20 ou 1/12 de grain qui donne des soulagements.Des doses plus élevées seraient dangereuses en provoquant un sommeil trop profond.Les bromures et les autres nypnotiques ne donnent guère de résultats satisfaisants.En dissolvant l4 de grain de morphine dans 2 cuillerées à soupe d'eau on peut donner une cuillerée à thé, c\u2019est-à-dire 1/32 de grain de demi-heure en demi-heure jusqu\u2019à effet.Comment doit-on nourrir un pneumonique ?La diète lactée est tout indiquée lorsqu\u2019elle est bien tolérée à raison d\u2019un grand verre de lait toutes les deux heures et demie.Dans le cas contraire il faut recourir au gruau, au bouillon, au café, au thé, etc.Doit-on donner de l'alcool sous forme de cognac, de whisky, etc, aux pneumoniques ?Oui, lorsque le malade y est habitué, et lui en donner deux, quatre ou six onces par jour.Chez les abstinents, l\u2019alcool n\u2019est pas nécessaire.Faut-il exposer un pneumonique à l\u2019air extérieur jour et nuit ?Oui et non ! Pendant les chaleurs de l\u2019été, lorsque le thermomètre marque 60° F.au moins, le malade peut avoir sa fenêtre ouverte ou encore mieux passer les 24 heures sur un balcon si une porte- fenêtre permet d\u2019y rouler son lit.Mais cette méthode de traitement à l'air pur est, à mon point de vue, dangereuse pendant les mois d'hiver.Quelle est la garde qui restera auprès d\u2019un malade pour le faire boire et l\u2019alimenter lorsque la température de sa chambre 418 L'UNION MÉDICALE DU CANADA est a 40° par exemple 7 Comment pourra-t-elle appliquer les ventouses et faire les enveloppements thoraciques 7 Comment fera-t-elle les injections d\u2019huile camphrée et comment lui donner son bassin de lit sans le découvrir et l\u2019exposer au refroidissement ?Quel est le médecin qui entrera dans cette chambre sans son paletot, son chapeau et ses gants \u201d Comment examinera-t-il son malade à cette basse température ?À mon point de vue, il faut au cours des froids de l\u2019hiver traiter les pneumoniques comme les autres malades dans une chambre bien chauffée au moment de sa toilette, des traitements, de l'examen du médecin et n\u2019ouvrir les fenêtres que lorsque le malade bien couvert peut respirer l\u2019air du dehors sans danger.La garde- malade ou une personne de la famille, habillée de façon à supporter le froid, doit rester auprès du malade pour l\u2019empêcher de se découvrir.Jl ne faut pas d'ailleurs exagérer, au détriment du malade souvent hyposténique, l'influence de l'air extérieur, surtout s\u2019il est froid, et le croire indispensable dans le traitement de la pneumonie.I] est prouvé maintenant que l'atmosphère d\u2019une chambre de malade n\u2019est jamais trop pauvre en oxygène ni trop chargé en acide carbonique pour être irrespirable.En effet, ce qui fatigue dans l\u2019air confiné, c\u2019est le manque de circulation d\u2019air et c\u2019est ce que la fenêtre ouverte provoque.Un éventail électrique rendrait le même office.J'ai eu dernièrement dans mon service une cardio-rénale en état d\u2019urémie avec œdème des deux bases pulmonaires, par conséquent respirant mal et demandant constamment la fenêtre ouverte.Un petit éventail électrique jlacé au pied du lit et actionné jour et nuit lui procura le même soulagement sans l\u2019exposer au refroidissement.Voici, aussi courtes que possible, les quelques observations des malades dont j'a: fait mention ci-dessus :\u2014 Obs.1.\u2014Adrien L., 17 ans, messager.Entré le 14 mai, parti 25 guéri.Malade depuis le 12 mars, fut pris de frissons et point de côté en revenant de son travail.Le lendemain fut incapable de se lever.A son entrée on constata une hépatisation du lobe inférieur gauche.La fiévre tomba a la normale deux jours après son arrivée.Obs.2\u2014 Lorenzo B., 23 ans, journalier.Entré le 25 mars 1926, mort le 29 mars.Malade depuis le 16 mars.Il tomba subitement malade le 16 et le médecin constata qu\u2019il souffrait de pneumonie.Tout alla bien jusqu\u2019à hier alors qu\u2019il se sentait plus faible, aux prises avec dyspnée intense, frissons et devint délirant.A l\u2019examen, on constata une fièvre à 102 4/5, un pouls à 110, une pression artérielle à 135 sur 80.Poumon droit matité à la base avec râles crépitants de retour.Poumon gauche, miatité, souffle tubaire, râles crépitants: pneumonie en évolution.Huile camphrée, enveloppements thoraciques, etc, etc.améliorèrent l\u2019état du L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 419» malade.La tension artérielle remonta à 145/90 où elle resta jusqu\u2019à la.veille de sa mort.Le pouls varia de 110 à 120.Présence d\u2019albumine- dans ses urines.La résultante polynucléosique était de plus de 30,000,.c\u2019est-à-dire excellente.Malgré la bonne tension artérielle, l\u2019excellence: du pouls et la résultant polynucléosique favorable; l\u2019étendue des lésions.aux deux poumons, le mauvais état du rein, le délire faisaient prévoir la mort qui arriva quatre jours aprés son entrée à l'hôpital.L\u2019autopsie révéla une hépatisation des lobes inférieurs des deux poumons.Très.léger épanchement du côté gauche.Obs.3.\u2014Madame H.C., entrée le 4 mai, morte le 5.Cette malade toussait un peu depuis un an et avait perdu du poids.Dernièrement la.toux augmenta et s'accompagna de fièvre et elle dut s\u2019aliter.Son états'aggrava considérablement quelques jours avant d\u2019entrer à l'hôpital A l\u2019examen on constata un état général très mauvais, température 99 2/5, pouls à 120, pression artérielle 145/50, respiration à 40.Dyspnée très.marquée.À l\u2019examen des poumons on constata matité à la base droite, râles humides dans les deux poumons avec souffle tubaire et frottements pleuraux à la base droite.La malade souffrit donc de broncho-pneumonie avec foyer d\u2019hépatisation à la base droite.Les crachats ne contenaient pas de bacilles de Koch.Albumine dans les urines.La résultante polynucléosique à plus de 13,000 était passable.\"Le traitement d\u2019huile camphrée, enveloppements thoraciques, ete, etc., n\u2019eurent aucun effet.L\u2019état de la malade s\u2019aggrava et elle mourut le lendemain.A l\u2019autopsie on constata une hépatisation grise du lobe inférieur droit.Léger épanchement de la plèvre droite.Epanchement séreux du péricarde, lésions.discrètes de néphrite chronique.Obs.4.\u2014André L., 37 ans, typographe.Entré le 19 mai 1926.Malade - depuis le 15 mai alors qu\u2019il fut pris d\u2019un frisson accompagné de point de côté à droite.A son arrivée il avait une température à 100-3/5, un pouls à 112, respiration à 50, tension artérielle 146 sur 100.L\u2019examen du poumon révéla l\u2019existence d\u2019une hépatisation des lobes moyen et supérieur du côté droit.A gauche signes de bronchite et frottements pleurétiques à la base.Les bruits du coeur sont sourds et masqués par les frottements de la plévre.\u2019Tympanisme abdominal très marqué.Buveur de bière.L\u2019âge du malade, la température, le pouls, la tension artérielle nous faisaient espérer que le malade guérirait malgré l\u2019étendue des lésions pulmonaires.Il mourut le lendemain matin au cours d\u2019une syncope malgré le traitement institué: l\u2019huile camphrée, les enveloppements thoraciques, ete.L\u2019autopsie révéla une hépatisation grise des deux lobes supérieurs droits et des signes de bronchite grave avec début de pleurésie à.gauche.Obs.5\u2014Adjutor M., 33 ans, forgeron.Entré le 18 mai à 4 h.p.m, mort une heure après.Malade depuis le 12 mai, la maladie débuta par frisson, fièvre, courbatures, point de côté et toux.A-son arrivée il était délirant et anurique.Il était alcoolique depuis plusieurs années.Solution d\u2019huile camphrée, ete.Le malade mourut une heure après son entrée, an cours de vomissements.On consta à l\u2019autopsie hépatisation grise du- 420 L'UNION MÉDICALE DU CANADA lobe supérieur gauche.Foie hypertrophié et néphrite chronique hypertrophique.Obs.6\u2014Ls-Philippe F., 51 ans, avocat.Entré le 9 mars, mort le 4 avril.Ce malade, alcoolique avéré depuis plusieurs années, fut pris de bronchite légère après refroidissement.Après quelques jours de repos chez lui, sortit par un temps froid et dut reprendre le lit avec frissons, fièvre.Fut pris d\u2019un point de côté à droite.Rentra dans le service quelques jours après dans un état très grave accompagné de délire, fièvre 100-3/5, pouls à 120, P.A.95 sur 60, respiration 52.A l\u2019examen on trouva hépatisation du lobe moyen supérieur du côté droit.L'huile camphrée matin et soir, la caféine en injections intraveineuses le midi et à minuit.L\u2019eau en assez grandes quantités avec six onces d\u2019alcool par jour amènent une amélioration marquée.La fièvre tomba à la normale quelques jours après en même temps que l\u2019état général s\u2019améliorait.Le délire était disparu, la pression artérielle était montée à 104 sur 64.Cette amélioration ne dura que quelques jours.La fièvre remonta, la tension artérielle s\u2019abaissa, les signes stéthacoustiques indiquaient toujours hépatisation dans le moyen supérieur droit.Mort le 4 avril.Autopsie montra hépatisation grise du lobe supérieur droit.Congestion des deux bases et un peu de liquide dans le péricarde.Hypertrophie rénale.Obs.7\u2014 Madame T., 68 ans.Entrée à l'hôpital le 19 mai.Elle dit qu\u2019elle est malade depuis le 9 courant après un refroidissement au cours de son travail.Elle dit avoir eu deux attaques de pneumonie au cours des deux dernières années.L\u2019apparence générale est assez bonne.La température à 99, pouls à 110, P.A.120/65, respiration 44.L\u2019examen des poumons révèle la présence d\u2019une hépatisation au sommet gauche avec râles de congestion aux deux bases.Cette malade nous arrive à la fin de son affection pulmonaire.Les ventouses, l\u2019enveloppement thoracique et l\u2019huile camphrée finirent de la remettre sur pied.Tous ces malades sont rentrés dans le service après plusieurs jours de maladie.Quelques-uns seulement avaient vu leur médecin.Quelques-uns étaient des surmenés et l\u2019abus des boissons alcooliques contribua à aggraver la maladie chez les hommes.En résumé, nous avons eu au cours des mois de février, mars, avril et mai une épidémie de grippe assez grave si on en juge par le nombre des complications pulmonaires que nous avons eu à traiter à l\u2019Hôtel-Dieu et les chiffres statistiques suivants fournis par M.le docteur S.Boucher, directeur du Service de Santé de la Ville de Montréal : 1925 1926 2110 .233 245 Pneumonie .194 246 Broncho-pneumonie sil qu du qi = L'UNION MÉDICALE DU CANADA 421 Il est regrettable de constater que dans tous les cas, les pneumoniques n\u2019arrivent qu\u2019après plusieurs jours de maladie; quelques-uns continuent de travailler jusqu\u2019à défaillance, d\u2019autres ingurgitent des drogues réputées infaillibles telles que bromo-seltzer ou bromo- quinine, etc., qui sont a base d\u2019acétanilide ou anti-fibrine, si dangereuses pour le cœur.Le pronostic si important à établir dans la pneumonie est basé sur l\u2019observation de la fièvre, des rapports du pouls et de la tension artérielle, sur le nombre de respirations, sur l\u2019étendue des lésions pulmonaires, sur l\u2019élimination bronchique et rénale.| La gravité de la pneumonie augmente en général avec l\u2019âge.Le surmenage, l\u2019abus de l\u2019alcool, du tabac, la rendent mortelle chez les jeunes.Il n\u2019existe pas de traitement spécifique de la pneumonie.Il faut Éviter de nuire aux malades en leur donnant des antithermiques et des opiacées à hautes doses.Toute l'attention doit se porter sur le cœur du malade.L'huile camphrée, la caféine, l\u2019ouabaïne, la strychnine sont indiqués.L'alcool doit être continué aux alcooliques.Le traitement à l\u2019air pur toujours facile pendant la saison d\u2019été doit être employé avec précaution pendant l'hiver.Les hypotendus supportent mal l\u2019air froid.Les malades sont soulagés si l\u2019on a soin d'amener la circulation de l'air par un éventail électrique.L\u2019oxygène en inhalations ou en injections sous-cutanées rend de grands services lorsque la dyspnée est intense.| Il n'existe donc pas de formule thérapeutique unique de la pneumonie.Le médecin traitant doit par conséquent appliquer à chacun de ses malades une thérapeutique hygiéno-diététique et excitante appropriée. UN CAS DE PAPILLOMES GÉANTS DES} \u201cGRANDES LEVRES (1) Par le Docteur N.FOURNIER, Professeur agrégé, Chargé de la Clinique externe d\u2019Urologie de l'Hôpital Notre-Dame.J'ai l'honneur de vous apporter la photographie de deux masses.papillomateuses géantes, présentant l'aspect de deux choux-fleurs implantés symétriquement sur le bord des grandes lèvres d'une fille de 22 ans.Cette patiente, vue pour la première fois le 15 mars dernier, a remarqué cette tumeur 2 mois plus tôt et admet, d\u2019après ses relations intimes, la possibilité d\u2019une infection vénérienne.Le Wassermann de son sang est négatif.Vu le volume considérable de ces tumeurs, il nous a été impossible de faire une recherche clinique complète de l\u2019infection blennorrhagique.De couleur rouge 1\u2014Communication faite à la Société Médicale de Montréal, a sa séance du 4 mai 1926.: L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 423 sombre sur leur face externe, rosée, sur leur face interne, ces masses papillomateuses dégagealent une odeur repoussante due sans doute à la fermentation du mélange d'urine et de sécrétions vaginales qui les imprégnaient.L\u2019opération s\u2019est faite par l\u2019excision des pédicules avec ciseaux et curette tranchante suivie de fulguration de leur base d'implantation avec le courant Oudin, et cette femme pouvait quitter l\u2019hôpital 15 jours plus tard, à peu près guérie.Les papillômes, crêtes de coq, ou condylômes acuminés sont des tumeurs bénignes, constituées par un gonflement exagéré des papilles vasculaires du derme, avec un épaississement proportionnel du corps muqueux de Malpighi.La malpropreté, les écoulements blennor- rhagiques ou simplement leuchorréiques en sont la cause habituelle.Ils sont auto-inoculables. DE L\u2019UTILITE DE LA DIATHERMIE DANS LE TRAITEMENT DU RHUMATISME BLENNORRHAGIQUE Par le Docteur N.FOURNIER, Professeur agrégé, Chargé de la Climique externe d'Urologie de l'Hôpital Notre-Dame.Je voudrais, par 3 observations concises, vous démontrer l\u2019utilité de la diathermie dans le traitement du rhumatisme blennorrhagique.L\u2019uréthrite blennorrhagique chez l'homme n\u2019est pas toujours une affection bénigne, comme certains le pensent.Durant les saisons humides et froides, surtout chez les miséreux, toujours après l\u2019envahissement de l\u2019urèthre postérieur, très probablement à travers les vésicules séminales et la prostate, les gonocoques franchissent les limites du système uro-génital et se disséminent dans le sang: c\u2019est la septicémie.Portés dans tous les recoins de l\u2019économie ils s\u2019attaquent à nombre de systèmes, entr\u2019autres aux articulations, au cœur, à la plèvre, aux nerfs, aux yeux et à la peau.De ces complications métastatiques, le rhumatisme est la plus fréquente, sous forme de simples myalgies ou \u2018de talalgies, de ténosites et d\u2019arthrites avec tendance à l\u2019ankylose.Loin de conférer l\u2019immunité, le rhumatisme blennorrhagique laisse, à celui qui en est atteint une fois, une grande tendance à la même complication en cas de nouvelle uréthrite blen- norhagique postérieure.Symptêmes : survient chez un porteur d\u2019uréthrite, ne s'accompagne pas de sueurs ni de température élevée, n\u2019est pas mobile comme le rhumatisme poly-articulaire aigu; unc, deux, trois articulations \u2014 jamais plus \u2014 sont envahies; ne réagit pas à l'influence du salycilate de soude.Le pronostic est grave.Observation No | \u2014 Juillet 1925.Homme de 27 ans, rhumatisme poly-articulaire depuis 8 jours, uréthrite depuis 3 semaines.Articulations métatarso-phalangiennes droites et gauches, les deux genoux.la malléole droite, les articulations métacarpo-phalangiennes sont gonilées et douloureuses, température 101.Urines troubles dans les deux verres, écoulement uréthral avec gonocoques, prostate et vésicules séminales gonflées et infiltrées.Traitement : lavage des ~ vésicules séminales rendu impossible par l\u2019obstruction d\u2019un cordon déférent; injections intraveineuses d\u2019acriflavine non tolérées; neuf injections intraveineuses de sérum Cano sans produire d\u2019effet favorable le laissent au contraire très affaissé.Enfin nous nous immobilisons par des gouttiéres platrées, nous appliquons la diathermie sur L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 425 la prostate et les articulations malades, et dès ce moment l\u2019amélioration s'annonce, marquée, progressive et aboutit en peu de temps 2 une restauration complète des jointures.Histoire antérieure: en 1918, première uréthrite blennorrhagique sans rhumatisme.En 1922, deuxième uréthrite avec rhumatisme à la malléole gauche.En 1923, troisième uréthrite avec rhumatisme aux deux pieds et à un genou.En 1924, quatrième uréthrite avec rhumatisme à une hanche et aux deux pieds.Observation No 2.\u2014A.H., homme de 21 ans, arthrite et péri- arthrite du genou droit depuis un mois, uréthrite depuis 174 mois Genou gonflé, douloureux, rouge, immobile dans la demi-flexion ; température 101.Ecoulement uréthral avec gonocoques, urines troubles dans les deux verres, vésicule séminale gauche gonflée.Traitement: lavage des vésicules séminales avec acriflavine 1/1000 suivi de 3 injections intraveineuses de la mème solution produisent une amélioration passagère; mais après 4 ou 5 jours, reprise des accidents.Nous immobilisons par une gouttière plâtrée.Vingt jours après, la mobilisation de l'articulation réveille les symptômes fébriles.Alors nous faisons de la diathermie alternativement sur la prostate et le genou, et dès le lendemain nous constatons une amélioration marquée avec guérison définitive dans les semaines suivantes.Observation No 3\u2014Homme de 32 ans vu le 5 février 1926, service du Professeur LeSage, pour uréthrite postérieure aiguë et rhumatisme polyarticulaire de 8 jours.Talalgie double; les deux cou-de-pieds, les deux genoux et le poignet gauche sont pris.Ecoule- ment uréthral purulent examiné à plusieurs reprises ne laisse pas voir de gonocoques, prostate et vésicules séminales normales au toucher, urines troubles dans les deux verres, température vespérale 101.Traitement: du 6 au 12 février, lavage des vésicules séminales avec injections intraveineuses et application de gouttières plâtrées sans effet; du 12 au 23 février, auto-hématothérapie sans résultats; du 23 février au 8 mars, diathermie sur la prostate et les articulations malades, désinfection de l\u2019urèthre avec mercurochrome 220 donnent guérison de l\u2019uréthrite et des arthrites avec restauration de tous les mouvements articulaires.Mais les grandes oscillations thermiques persistant, en plus, des symptômes cardiaques graves se dessinant à la pâleur du malade, à son angoisse précordiale et à l\u2019irrégularité de son pouls, nous avons cru prudent d\u2019appeler à notre secours M.le Professeur LeSage qui a bien voulu se charger de traiter cette grave complication.Avant de terminer, je tiens à reconnaître publiquement le mérite de mon assistant le Dr Lucien Sylvestre qui a été l\u2019initiateur de cette méthode de traitement précieuse dans moi: département. LES RAYONS X EN DERMATOLOGIE Par le Docteur ALBERIC MARIN, Assistant à la clinique de Dermato-syphiligraphie de l\u2019Université de Montréal, Médecin de l'Hôpital Notre-Dame.Le traitement des dermatoses par les différents agents physiques devient de plus en plus en vogue.La bonne réputation de ceux-ui grandit de jour en jour; elle n\u2019est pas due à cette sorte d'engouement dont furent l\u2019ebjet plusieurs méthodes nouvelles, qui tomberent par la suite dans un oubli bien justifié.La physiothérapie a conquis à juste titre une situation sérieuse et des plus enviables.Depuis un quart de siècle ses indications vont s\u2019étendant à mesure que l\u2019on en connaît mieux les modes d'action et que diverses expériences en ont précisé les techniques d'application.Qu'il s'agisse de la chaleur, du froid, de l\u2019électrologie, de rayonnements de longueur d\u2019onde plus ou moins courte \u2014 allant des infrarouges aux \u201cgamma\u201d du Radium \u2014 les observations sont maintenant innombrables, prouvant que ces médications ont remporté des succès éclatants là où les procédés médicamenteux et chirurgicaux avaient échoué ou obtenu des résultats contestables.Hâtons-nous toutefois de dire \u2014 et ceci afin d'éviter toute mésentente \u2014 que les thérapeutiques médicamenteuse et chirurgicale ne sont pas mises au rancart par la physiothérapie.Elles ne sont que remises à leur place.\u2018 En effet, il faut bien l\u2019avouer l\u2019on demandait beaucoup trop à la chimie lorsqu\u2019on la chargeait, par exemple, de guérir ou d\u2019écarter les conséquences funestes d\u2019une maladie de Bowen.Cette dyskératose lenticulaire et en disques n\u2019en continuait pas moins, et le malade s\u2019acheminait vers l\u2019épithéliomatose généralisée, aboutissant fatal de cet état précancéreux.On demandait aussi beaucoup trop à la chirurgie quand on en exigeait l\u2019exérèse des tumeurs du mycosis fongoïde, erreur désormais historique.On pourrait citer bien d\u2019autres cas où les topiques les plus divers et les interventions chirurgicales les plus variées sont d'une inefficacité notoire.Mentionnons les teignes, les sycosis, les épithéliomas, le lupus de Willan, le lupus érythémateux, les chéloïdes, certains botryomycomes, les leucémides où tour à tour échouent la matière médicale et d'illusoires traitements chirurgicaux.Fort nombreuses alt onl ni | qo gl L'UNION MÉDICALE DU CANADA 427 sont les maladies cutanées devant lesquelles, il y a quelques années encore, on était désarmé ou à peu près et qui aujourd\u2019hui sont maîtrisées par les agents physiques.Et il n\u2019est plus un dermatologiste qui ne conçoive l\u2019importance de plus en plus grande que prennent ceux-ci en dermothérapie.A tel point qu\u2019il lui faut être un clinicien doublé d\u2019un physiothérapeute guidé par l'histologie normale et pathologique., .Mais il faudra être réservé dans l'emploi de ces moyens nouveaux et ne pas leur demander plus qu\u2019ils ne peuvent donner.On devra toujours être d\u2019un éclectisme de bon aloi et obéir à ce que cornmandent les circonstances.C\u2019est parce que certains électro-radiologistes ont agi inconsidérément que la phvsiothérapie est injustement tombée en discrédit chez plusieurs médecins.- Les différentes radiations (rayons \u201cgamma\u201d, Roentgen, ultraviolets, infra-rouges), l\u2019étincelage, l\u2019effluvation, la diathermie, l\u2019électrolyse, l\u2019ionisation, l'igni-puncture, la cryothérapie, etc., ont leurs indications précises, parfois impérieuses.Tel agent sera exigé, a l'exclusion de tout autre, dans certains cas, alors qu'ailleurs on devra compléter les bons effets de l\u2019un par l\u2019adjonction d\u2019un autre.La cryothérapie sera de mise pour le lupus érythémateux.L\u2019électrolyse est utilisée dans l\u2019hypertrichose, dans le noevo- carcinome.L\u2019igni-puncture et les scarifications constituent le fond du traitement du lupus tuberculeux.Les ultra-violets seront d\u2019une haute utilité dans les affections dues aux bacilles de Koch.Tout récemment, nous avons eu nous- même l\u2019occasion de montrer à la Société française de Dermatologie, en collaboration avec MM.Louste et Thibault, une guérison complète par les ultra-violets d\u2019un ulcère tuberculeux de la muqueuse commis- suro-jugale.Il s\u2019agissait d\u2019une large ulcération anfractueuse, déchiquetée, suppurante, horriblement douloureuse avec au centre et au pourtour des grains jaunes de Trélat.Un Ziehl nous révéla la présence de nombreux bacilles.De plus, un fragment de cette lésion tuberculisa rapidement le cobaye.Des irradiations locales en vinrent à bout.Ceci est d\u2019un haut intérêt si l\u2019on songe aux échecs presque constants où aboutissent ici les caustiques et les manœuvres chirurgicales.% % % 428 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Nous ne nous occuperons dans cette étude que de Roentgen- thérapie, qui occupe incontestablement une place prépondérante.Elle est, en effet, au premier plan à cause du très grand nombre d\u2019affections qu\u2019elle peut traiter heureusement.Elle a contribué pour une très large part aux progrès de l\u2019art médical moderne.Elle a aussi dans quantités de maladies détrôné les thérapeutiques médicamenteuse et chirurgicale de postes qu\u2019elles usurpaient., Les Rayons X nous sont maintenant moins mystérieux.À la période de tâtonnements et de déboires des premiers temps a succédé des jours brillants, maintenant que sont à peu près mises au point la dosimétrie, la filtration et la qualité du faisceau ridant employé.Sans entrer dans le détail de la physique et de la technique de ce rayonnement, il ne serait peut-être pas superflu d\u2019en rappeler quelques notions, bien que notre intention soit surtout d\u2019en indiquer sommairement les principales applications.Un transformateur de haute tension, bobine d\u2019induction ou circuit magnétique fermé, donnera aux bornes de l\u2019ampoule radio- gène une différence de potentiel allant, selon les cas, de 80,000 à 200,000 volts.Le faisceau cathodique, issu de l\u2019émission thermo-électronique dans le cas du tube à vide ou à la suite de phénomènes plus complexes dans le cas du tube à gaz, bombardera de ses électrons l\u2019obstacle qui Jui est opposé.Ceux-ci cheminent à des vitesses fantastiques et ces vitesses sont d\u2019autant plus grandes que la source d\u2019énergie est plus élevée.| L\u2019anti-cathode, lors du brusque arrêt de l\u2019électron en mouvement, devient le point de départ de vibrations de l\u2019éther.Ce nouveau rayonnement vibratoire, et non pas corpusculaire comme le faisceau cathodique, sera le rayonnement Roentgen.Ces vibrations sont émises sous forme d\u2019ondes qui seront d'autant plus courtes que la violence des électrons lancés sur l\u2019anti-cathode aura été plus grande.Plus brève est la longueur d'onde, plus puissant est le pouvoir de pénétration.La pénétration de ce rayonnement est donc, en définitive, fonction de la différence de potentiel aux bornes de l\u2019ampoule.Plus le voltage est élevé, plus le rayon est dur.Plus la tension s\u2019abaisse, plus augmente la longueur d\u2019onde du rayonnement vibratoire issu de l\u2019anticathode et la pénétration en est d'autant diminuée.L\u2019intensité du rayonnement est liée, dans le cas de tubes à pure émission électronique, au nombre des électrons libérés par le chauffage du filament cathodique._ ds | 1 UNION MEDICALE DU CANADA 420 L'intensité d'action est en rapport inverse avec le carré de la distance.I! arrivera quatre fois moins de rayons à un plan donné, si l\u2019on double la distance, toutes autres choses étant égales.L\u2019absorption est en rapport inverse avec le degré de pénétration du faisceau considéré.Un très haut voltage sera le générateur de rayons très durs qui atteindront les plans profondément situés au corps humain.Si le faisceau mollit, par suite d\u2019une basse tension, les rayons mous qui le constituent sont arrêtés par les assises épidermiques superficielles.Les radiations modifient les tissus qui les absorbent.Les tissus qu\u2019elles traversent sans s\u2019y arrêter ne sont pas modifiés par elles, du moins de façon sensible.Un faisceau de rayons durs descendra donc jusqu\u2019aux régions profondes, sans causer de modifications notables au tégument qu'il aura préalablement traversé, s\u2019il est convenablement filtré.Le degré de pénétration d\u2019un faisceau est en rapport direct avec l\u2019épaisseur du filtre.La filtration est d\u2019une très haute importance, car l\u2019anticathode n\u2019émet pas que des rayons monochromatiques.Selon la différence de potentiel employé, il y aura, il est vrai, une gamme de plus en plus riche en rayons durs mais contenant tout de même quantité de rayons mous qu\u2019il faudra éliminer par des filtres plus ou moins épais, composés de métaux plus ou moins denses, le tout calculé suivant l'effet que nous voulons obtenir.En dermatologie, nous emploierons presque constamment la radiothérapie modérément pénétrante.Les rayons pénétrants seront surtout réservés aux épithéliomas spino- cellulaires et aux baso-cellulaires exubérants ou térébrants.I] serait, en effet, inutile et même dangereux de recourir à un rayonnement dur pour traiter une lésion cutanée superficielle, puisque ainsi qu\u2019il a été dit précédemment, ce rayonnement s\u2019en irait modifier les plans profonds qui l\u2019absorberaient et n\u2019influencerait pas les sus- jacents, qu\u2019il ne ferait que traverser.Ainsi donc pour traiter une tumeur profonde il faudra une tension donnant 40 centimètres d\u2019Etincelle Equivalente au Spintermètre à pointes.En interposant un filtre de zinc ou de cuivre, doublé d\u2019aluminium à cause du rayonnement secondaire, on obtiendra un faisceau très dur qui remplira l\u2019office demandé.Au contraire, dans le cas d\u2019une lésion en surface, on devra réduire la différence de potentiel.Nous n\u2019aurons ainsi que des rayons modérément pénétrants.On utilisera, s\u2019il est nécessaire, une filtration à l\u2019aluminium qui arrétera les rayons les 430 L'UNION MÉDICALE DU CANADA plus mous, dont plusieurs sont nocifs et ne possèdent aucune vertu thérapeutique.Comme on le voit, la radiothérapie pénétrante et la modérément pénétrante ont chacune leurs caractéristiques et leurs indications bien précises.Ces quelques jalons posés, abordons maintenant les principales dermatoses que l\u2019on peut traiter avec la Roentgenthérapie.Le nombre en est imposant.Nous ne parlerons ici que de celles qui réellement retirent quelque bénéfice du traitement roentgénien.Si nous en croyions quelques auteurs, cette liste s\u2019allongerait indéfiniment, car certains traitent par les Rayons X absolument tout ce qui leur tombe sous la main.C\u2019est là un grave défaut dont il faudra bien se garder.Nous nous excusons d\u2019avance de ne pas donner doses, filtres et techniques, car ce serait véritablement trop allonger cette étude.Voyons donc quelles ressources on peut tirer de ces radiations.Epithéliomas \u201cLes différents éléments cellulaires présentent une sensibilité inégale à l\u2019action d\u2019une certaine dose de radiations et l\u2019on désigne: sous le nom d\u2019action élective ce pouvoir des Rayons X et des rayons.du Radium d\u2019agir sur certaines cellules, sans action apparente sur les cellules voisines.\u201d (S.Laborde.) Les cellules cancéreuses dont l\u2019activité karyokinétique est très grande sont, à cause de ces mitoses incessantes, douées d\u2019une véritable radio-sensibilité, infiniment plus prononcée que celle des tissus normaux.Bergonié l\u2019a noté dans l\u2019une de ses lois.On considérait il n\u2019y a pas très longtemps que les épithéliomas spino-cellulaires étaient radio-résistants.Darier lui-même est revenu de cette erreur.Les spino-cellulaires guérissent par les radiations, st celles-ci sont très pénétrantes.Les insucces d\u2019autrefois étaient dus.surtout au fait qu\u2019on employait un faisceau non sélectionné.La conduite à tenir diffère selon que l\u2019on a affaire au genre baso-cellulaire ou au spino-cellulaire.Le métatypique peut être assimilé au spino-cellulaire en ce qui concerne son mode de traitement.L\u2019épithélioma atypique, surtout le pagetoide et le plan cicatriciel sont très sensibles.Ce sont des ulcérations superficielles, qui doivent être traitées comme telles.L'histologie pathologique nous enseigne qu\u2019ils s\u2019enfoncent peu dans le derme, qu\u2019ils évoluent plutôt en surface.L\u2019ulcus rodens, avec sa tendance à creuser, demandera une dose plus PPT me wn
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.