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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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L'union médicale du Canada, 1926-11, Collections de BAnQ.

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[" L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872 \u2014 Vol.LV NOVEMBRE.1926 No 10 ELOGE DE LAENNEC Par le docteur E.-P.BENOIT.Le mois dernier, l\u2019on a commémoré en Bretagne, et l\u2019on doit cet automne célébrer à Paris, sous les auspices de l\u2019Académie de Médecine, le centenaire de Laënnec et de la deuxième édition de son traité d\u2019auscultation.Laënnec est une des gloires les plus pures de la clinique médicale française.C\u2019eût donc été une faute impardonnable si, à l\u2019occasion de ce congrès médical qui nous amène d'Europe une si belle délégation, les médecins de langue française de l'Amérique du Nord ne s'étaient pas associés à cette fête du souvenir, et si nous n'avions pas apporté notre contribution à l'éloge de ce grand savant./Le professeur Charles Richet, dans un livre paru tout récemment, voulant prouver qu\u2019il n\u2019est pas nécessaire d\u2019être savant pour faire une grande découverte, cite comme exemple le nom de Laënnec.L\u2019on me permettra de n\u2019être pas aussi exclusif.La médecine d'aujourd'hui est certainement une science autant qu\u2019un art; elle l\u2019était déjà, à un degré bien inférieur évidemment, en 1826.Je ne crois pas, quant à moi, en médecine du moins, qu\u2019on ne doive considérer comme savant que celui qui ne fait que de la science pure, sans jamais chercher à atteindre un résultat pratique.Je crois au contraire que ce qui fait la grandeur des recherches scientifiques médicales, et ce qui leur donne leur plein mérite, c\u2019est précisément qu\u2019elles ont pour but de nous mettre entre les mains les armes pour dépister et combattre les maladies, c\u2019est-à-dire obtenir un résultat.Laënnec s\u2019est appliqué, avec une intelligence supérieure, avec un don d'observation extraordinaire, aux recherches scientifiques que lui (1) Conférence prononcée le 21 septembre 1926, au Congrès des Médecins de Langue française de l\u2019Amérique du Nord. 684 L'UNION MÉDICALE DU CANADA permettait la médecine de son époque.Il a trouvé, avec une sagacité merveilleuse, ce que personne avant lui n\u2019avait vu.Il a donné, de ses découvertes, les explications les plus précises, les plus exactes, les plus lumineuses qui soient, qu\u2019un ignorant, certes, n\u2019eût jamais trouvées.Il a fait ce que bien des savants eussent été heureux de faire à sa place.Et c'est précisément à cause de l\u2019extrême utilité de son œuvre que Laënnec a droit à notre pleine reconnaissance, et qu\u2019il demeure l\u2019une des gloires les plus incontestables de la science française.| .Le programme ne m\u2019accordant qu'un temps limité, je ne pourrai pas développer comme je l'aurais voulu certains points de la vie et de l\u2019œuvre de Laënnec.J'espère cependant vous en dire suffisamment pour montrer que le développement intellectuel de Laënnec s\u2019est accompli malgré des obstacles nombreux pendant sa jeunesse; que, dans sa carrière professionnelle, à une époque médicale troublée, agitée, un peu confuse, il a toujours su choisir le chemin le plus droit, la voie la plus sûre; que, son œuvre, il l\u2019a faite et bien faite, en dépit de tout et de tous, comme seuls peuvent le faire les hommes de génie qui, suivant la belle expression de Joseph de Maistre, \u201cne reconnaissent aucun maître et n\u2019ont que la Providence à remercier\u201d; et qu'enfin, après une vie courte mais bien remplie, il a pu mourir avec sur ses ièvres cet admirable sourire de l\u2019homme qui a possédé la vérité, et à qui la vérité est demeurée fidèle toute sa vie.La jeunesse de Laënnec Durant son enfance et sa jeunesse, il semble que Laënnec soit constamment menacé dans son avenir par les circonstances.Ce Breton du Finistère, né en 1781 en pleine Cornouailles, dans une vieille petite ville fondée par saint Corentin et qu\u2019on appelle Quimper, ou Quimper-Corentin, ce jeune Breton n\u2019a pas encore six ans lorsque sa mère meurt de phtisie.Son frère et lui sont destinés d\u2019ailleurs à succomber à la même maladie, son frère à vingt ans et Laënnec à quarante-cinq.Il est déjà atteint de tuberculose lorsqu\u2019 il -publie la première édition de son traité, en 1819.Voilà donc un enfant dont l'intelligence est vive, mais la constitution faible, et sur l\u2019avenir duquel on peut avoir des craintes.Son père, avocat au parlement de Bretagne, occupe en 1781 une position assez curieuse: il est sénéchal des régaires et receveur des décimes du clergé, ce qui veut dire qu\u2019il aide les évêques à exercer leur juridiction et à collecter leur dû.C\u2019est une position très L'UNION MÉDICALE DU CANADA 685 honorable; espérons qu'il y fit honneur.Mais comme père de famille, ce Théophile Marie Laënnec est un piètre individu.Son fils baptisé René-Théophile-Hyacinthe ne l\u2019intéressait point du tout.Ce fut toute une histoire, quand l\u2019orphelin eut atteint dix-neuf ans, qu\u2019il décida de s'inscrire à l'Ecole de Médecine de Paris, que d\u2019obtenir du père une partie de l'argent nécessaire à l\u2019inscription.Il faudra que le fils devienne célèbre pour qu\u2019il revoie son père, et encore celui-ci ne viendra que pour solliciter la protection de ce fils abandonné par lui.L'influence du père sur la carrière du fils.fut absolument nulle, et c'est probablement heureux, au point de vue du caractère, qu\u2019il en soit ainsi.Mais c\u2019était là encore un élément d'inquiétude.Comment Laënnec va-t-il donc se développer, physiquement et intellectuellement ?C\u2019est l\u2019adoption par ses deux oncles, le curé d\u2019abord, puis le médecin qui fera franchir à Laënnec la période difficile.| Son oncle Alexandre est recteur à Elliant; c\u2019est chez lui qu\u2019ira Laënnec après la mort de sa mere.Il y restera deux ans jusqu\u2019à ce que le curé soit nommé chanoine à Tréguier.Un presbytère, surtout s\u2019il est muni d\u2019un jardin et d\u2019un verger cien exposés au soleil, est un excellent endroit pour élever un jeune garçon de constitution délicate.La cuisine y est saine, d'ordinaire; le régie, en tout cas, est bien réglé; grimper dans les poiriers est un bon exercice de jeunesse; Hyacinthe Laënnec dut en profiter.I] est probable également que le bon recteur d\u2019Elliant ne manqua pas de s'intéresser à l'instruction du jeune neveu, et lui fit faire quelques promenades préliminaires dans le jardin des racines grecques et latines.Laënnec, plus tard, pour les besoins de sa thèse sur les Aphorismes d\u2019Hippocrate, traduira le vieil auteur dans le texte, et nous savons qu\u2019à l'hôpital Necker, par délicatesse pour ses malades, il dictera ses notes d\u2019observation à son interne en latin, et c\u2019est en latin également que ce catholique convaincu se confessera avant de mourir.Le bon curé devenu chanoine, Laënnec s\u2019en ira à Nantes, chez son.oncle Guillaume-François, médecin à l\u2019Hôtel-Dieu de cette ville.C\u2019est là que Laënnec complète son instruction et c'est là également que sa vocation lui vient.La période révolutionnaire ne paraît pas avoir laissé de trace sur le sang-froid et la ténacité de ce jeune Breton, qui poursuit paisiblement ses études à l'Ecole Centrale, figure aux bonnes places 686 L'UNION MÉDICALE DU CANADA dans les palmarès avec son frère Michaud et commence encore tout jeune, à quatorze ans, à suivre son oncle Guillaume dans ses visites à l\u2019Hôtel-Dieu.Cet oncle Guillaume-François était un praticien éminent.Diplômé de Montpellier, il avait -complété ses études à Paris et à Londres.Il était recteur de l\u2019Université de Nantes quand la révolution supprima les universités.En 1808, lors de la fondation de l\u2019Ecole de médecine de Nantes, il en sera professeur de clinique médicale.A cette date, son neveu est reçu médecin depuis quatre ans, mais il n\u2019y a aucun doute que l'influence de cet oncle a été considérable sur Laënnec.C\u2019est avec lui, très probablement, qu'il apprit l\u2019anglais et l\u2019allemand.C\u2019est certainement lui qui lui donna une instruction médicale suffisante pour que Laënnec, avant son arrivée à Paris, eût déjà les titres de chirurgien de 3ème classe et d\u2019officier de santé.Grâce au recteur d\u2019Elliant et au médecin de Nantes, Laënnec eut une jeunesse studieuse et appliquée, devint un linguiste distingué, s\u2019orienta de bonne heure vers l'observation médicale et n\u2019eut plus qu\u2019une ambition: aller à Paris.\u2014 Dans toute la carrière médicale de Laënnec, dans son livre, nous retrouverons les traces de cette solide formation première.Par un miracle d'application et de ténacité et grâce à une direction intelligente, Laënnec a triomphé de toutes les adversités : son avenir est désormais assuré.Laénnec a Paris C\u2019est tout au début du XIXe siècle, en 1800 exactement \u2014 Victor Hugo aurait dit: \u201cce siècle naissait à peine\u201d \u2014 que Laënnec vint à Paris, suivre l\u2019enseignement de ceux qu\u2019on est convenu d\u2019appeler les maîtres de l\u2019An II.On sait que c\u2019est le 7 frimaire de l\u2019An III, c\u2019est-à-dire le 27 novembre 1794, que Fourcroy présenta à la Convention son fameux rapport sur la réorganisation de l\u2019enseignement de la médecine en France.En lisant le beau livre de Paul Triaire: \u201cRécamier et ses contemporains\u201d, on se rend très bien compte de ce que fut cette réorganisation, qui mit à la tête de l\u2019enseignement médical Corvisart pour la médecine, Desault pour la chirurgie, Baudelocque pour les accouchements, Pinel pour les maladies mentales, Bichat pour l\u2019anatomie, plus tard Orfila pour la médecine légale.al a a ame L'UNION MÉDICALE DU CANADA 687 La révolution française, il faut bien l\u2019admettre, fut brutale dans ses moyens; elle commença par tout détruire; elle ne respecta personne, pas même Lavoisier.Mais sur les ruines de l\u2019ancien régime, il faut le reconnaître également, ce fut une bonne chose de constater qu'il ne restait plus de barrière sociale.C'était la liberté pour tous, chèrement acquise, il est vrai, d\u2019aborder tous les métiers et toutes les professions.Et Fourcroy eut le bon esprit de poser en principe que, dans l\u2019enseignement nouveau de la médecine, la clinique servirait de base.C\u2019est de ce moment que date la renaissance médicale française, parce que de ce moment, le champ médical est ouvert à tous les talents, et que la médecine va s'appuyer dorénavant sur des faits et non pas seulement sur des théories doctorales.Cette renaissance médicale française, elle va donner comme premier fruit l\u2019école anatomo-pathologique, l\u2019école de la Charité, qui veut avec Corvisart que la compréhension des maladies nous soit fournie par les lésions des organes, par l\u2019étude de ces lésions, par l'autopsie.Cette école ne prévaudra pas sans .une belle.lutte, et qui bat son plein lorsque Laënnec arrive à Paris.Il y a Broussais d\u2019abord, un indépendant, un franc-tireur, qui n\u2019entend pas que ces \u201couvreurs de cadavres\u201d viennent déranger son système de médecine dite physiologique.Et puis, il y a l\u2019école de la Salpétrière, où Pinel veut classifier les maladies à l\u2019aide de l\u2019analyse philosophique.Pour Broussais, toutes les maladies aboutissent à une lésion, la gastro- entérite, que l\u2019on prévient ou que l\u2019on guérit avec un seul traitement, la saignée.Et Broussais parle fort et se démène beaucoup.Pinel, lui, n\u2019a pas de panacée à proposer, ce qui le rend moins dangereux, mais l\u2019examen philosophique des maladies lui plaît beaucoup, et il en parle souvent.La liberté est une école comme une autre; il faut s\u2019y adapter progressivement.En 1800, la chaire de clinique est encore une tribune; l\u2019enseignement devient souvent une polémique; la discussion scientifique n\u2019est parfois qu\u2019une bataille de mots.Ce sera le mérite de l\u2019école anatomo- pathologique de clore pour toujours l\u2019ère moliéresque qui dure depuis trop longtemps, et Laënnec va donner à cette école un puissant appui.Il a commencé, Laënnec, par faire de bonnes études, autant qu\u2019on peut les faire de 1800 à 1804.Il a remporté, en deuxième année, le prix de la Faculté pour la médecine et la chirurgie, et sa thèse de doctorat reçoit l\u2019approbation de tous ses professeurs.Il s\u2019agit maintenant pour lui de choisir sa voie.Il préfère prendre la + 688 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA plus droite, la plus sûre, celle que lui montrent Corvisart et son assistant, Bayle, avec qui Laënnec va travailler.Aussi deviendra-t-il, comme son maître, un excellent clinicien, ne prenant pour critérium que l\u2019anatomie pathologique, parce que c'est à cette époque, il l\u2019a tout de suite compris, le seul terrain solide que lui fournisse la science médicale.Il ne faut pas s'étonner si dans ces conditions Laënnec ait fait rapidement son chemin.C\u2019est un des membres les plus actifs de la Société de médecine.De 1806 à 1814, c\u2019est-à-dire de vingt-cinq à trente-trois ans, on a de lui de nombreux articles publiés dans les revues du temps et dans le Dictionnaire des sciences médicales.A trente-trois ans, il est médecin de l'hôpital Beaujon, et à trente-cinq ans, en 1816, il entre à Necker.Il lui reste dix ans à vivre; il est déjà connu; ce court laps de temps lui suffira pour s\u2019illustrer.L'oeuvre de Laënnec Dans cette période troublée, agitée, confuse, qui ouvre en France, \u2018avec le XIXe siècle, la renaissance de la médecine, Laëennec a donc su se créer une belle position à Paris, qu\u2019il occupera toute sa vie avec un calme et une dignité remarquables.Devenu médecin des hôpitaux, ce travailleur infatigable ne se laissera arrêter ni par la maladie, ni par la faiblesse, ni par les souffrances; il.ne tombera, terrassé, qu\u2019après avoir mis la dernière main à son œuvre, l\u2019une des plus belles qui soient sorties des mains d\u2019un clinicien français.Ce succès, il le doit à sa belle formation scientifique qui l\u2019a rendu un observateur profond; à son caractère, qui lui donne un jugement sûr, et à une heureuse inspiration, qui lui fit un jour découvrir l\u2019auscultation.Il y a dans Laënnec deux hommes qui se complètent admirablement; l\u2019anatomo-pathologiste et le clinicien.C\u2019est l\u2019union de ces deux natures qu\u2019il faut étudier chez Laënnec, pour bien saisir l\u2019ensemble de son œuvre, pour la bien comprendre.(a) Laënnec anatomo-pathologiste En anatomie pathologique, Laënnec est un initiateur, un défricheur: il déblaie le terrain, comme les pionniers de chez nous; il ouvre la voie, mais il ne construit rien de définitif.Il ne faut pas le lui reprocher. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 689 À son époque, Laënnec ne pouvait rien établir de définitif en anatomie pathologique, parce qu\u2019il n\u2019avait à son service ni l\u2019histologie ni la bactériologie.Son anatomie pathologique demeure forcément macroscopique.Ce qu\u2019il décrit, par exemple, il le décrit bien, et il trouve toujours, c\u2019est son talent, les mots appropriés pour le dire.Nous lui devons des termes qui sont restés: le cancer encéphaloïde, la mélanose.Il a très bien compris la nature parasitaire du kyste hydatique.A propos de la tuberculose, il a corrigé les erreurs de Bayle, et montré l\u2019unicité des lésions, le lien qui relie au tubercule la granulation et l\u2019infiltration, comme le fruit mur et le fruit vert, malgré leur apparence différente, sont de même nature.Toute cette partie de son œuvre est le résultat d\u2019une observation constante d\u2019un très grand mérite, mais ce n\u2019est pas celle qu\u2019il faut admirer le plus.Elle nous aide beaucoup, par contre, à comprendre l\u2019esprit de Laënnec.C\u2019est un esprit solide, qui ne veut s\u2019étayer, dans ces études médicales, que sur un appui ferme.Il est ardent dans ses recherches, et aussi complet qu\u2019on le peut être à son époque.Il ne trouve la solution des problèmes de cliniques que dans les autopsies qu'il pratique de façon systématique.Les lésions lui servent à expliquer les symptômes, et ses procès-verbaux de nécropsie sont toujours très détaillés.On peut dire que l\u2019étude de l'anatomie pathologique est son travail quotidien et, jusqu\u2019en 1816, son travail de prédilection.Il appartient à cette école qui nous a donné Bichat, Cruveilhier et Dupuytren.Bichat meurt très jeune, après la publication de son Anatomie Générale, édifiée en deux ans.| Dupuytren, d\u2019abord ennuyé de voir Laénnec se livrer au méme enseignement que lui, renonce a se spécialiser quand il voit que Laënnec.le dépasse, et nous donne là un bel exemple de la probité de l\u2019école française.Laënnec lui-même, qui a.rédigé ses leçons d\u2019anatomie pathologique, juge inutile de les porter à l\u2019impression lorsque Cruveilhier fait paraître, en 1815, son Essai d\u2019Anatomie Pathologique.Tout cela nous révèle l\u2019activité et l\u2019émulation qui règnent parmi tous ces grands maîtres de l\u2019époque, qui travaillent encore dans l'obscurité, mais qui préparent l\u2019avenir.Laënnec est aussi grand qu\u2019eux, mais il va les dépasser, car 1l est meilleur clinicien; guidé par son sens clinique, c\u2019est lui qui 690 L'UNION MÉDICALE DU CANADA découvrira l\u2019auscultation appliquée au diagnostic des maladies du cœur et des poumons.Et son œuvre ne sera solidement établie que parce qu\u2019elle repose sur l'anatomie pathologique, que parce qu'elle nous donne les signes physiques des lésions pulmonaires et cardiaques, aux diverses \u2018étapes de leur évolution.(b) Laënnec clinicien: l\u2019auscultation Que personne avant 1816 n\u2019ait songé à ausculter les malades, Voilà ce qui nous étonne profondément aujourd\u2019hui, tellement l\u2019œuvre de Laënnec fait partie de notre pratique courante.Avant Laënnec, la vue et le toucher étaient les seuls sens appliqués à l'examen des malades; la vue pour l'inspection, le toucher pour palper et percuter les organes, quand il y avait besoin.Encore la percussion n\u2019était-elle pratiquée que par Corvisart et ses élèves.* On sait que c\u2019est Corvisart qui fit connaître en France la méthode d\u2019Avenbrugger, après l\u2019avoir perfectionnée et mise au point.Laënnec cependant eut parmi ses contemporains un précurseur, Bayle, qui se servait quelquefois de son oreille pour localiser le choc de la pointe du cœur, quand il ne pouvait y arriver par la palpation.C\u2019est une inspiration subite qui amène Laënnec à se servir de l\u2019audition pour examiner un jour une malade, mais quelle inspiration féconde ! Laissons de côté la légende des enfants jouant avec une poutre et une épingle.Laénnec lui-même nous raconte dans son livre comment 1l fit sa découverte.Il examine un jour une jeune cardiaque et ne peut arriver, par la palpation et la percussion, à bien délimiter le cœur.Les mœurs médicales de l\u2019époque lui interdisent d'appliquer son oreille sur la poitrine d\u2019une jeune fille.Laënnec est devant un obstacle.Que va-t-il faire ?Ecoutons-le: \u201cJe vins à me rappeler un phénomène d\u2019acoustique fort connu: si l\u2019on applique l\u2019oreille à l\u2019extrémité d\u2019une poutre, on entend très distinctement un coup d\u2019épingle donné à l\u2019autre bout; j'imaginai que l\u2019on pouvait peut-être tirer parti, dans le cas dont il s\u2019agissait, de cette propriété des corps.Je pris un cahier de papier, j'en formai un rouleau fortement serré,\u201d etc.Tout le monde connaît le passage par cœur.N'est-ce pas là que se révèle le génie d\u2019un grand clinicien.Il est arrêté, et, pour aller plus avant, faisant appel à ses connaissances L'UNION MÉDICALE DU CANADA 691 scientifiques, il les applique à la solution de la difficulté.Et comme il s\u2019agit de Laënnec, il les applique avec un à-propos merveilleux.Il découvre que l\u2019acoustique est un moyen d\u2019examen des malades.À partir de ce moment, Laënnec va vivre dans un continuel enchantement.Son stéthoscope ne le quitte plus.Il ausculte de nombreux malades, et des trésors cliniques se révèlent à lui tous les jours.Il écoute les bruits thoraciques avec une minutieuse attention, comme tout ce qu'il fait; il les analyse, il les définit, il les rapproche des symptômes, il se rend compte de leurs modifications par les phases des maladies, il s'empresse de vérifier, à l\u2019autopsie, si les signes correspondent bien aux lésions, et, trois ans après sa découverte, en 1819, c\u2019est une méthode d'examen nouvelle et complète qu\u2019il présente à la profession médicale dans son livre de l\u2019Auscultation Médiate.Laënnec ne vient pas d'inventer, comme le dira Broussais, mais il vient de découvrir l\u2019auscultation, non pas de l\u2019entrevoir seulement, mais de la découvrir toute entière, de la parcourir, du moins pour les poumons, d'une extrémité à l\u2019autre, d\u2019en examiner tous les aspects et d\u2019en expliquer toute la signification.Jamais, dans l\u2019histoire médicale, une découverte ne fut aussi complète du premier coup et aussi utile à toute la profession médicale.Jamais non plus n\u2019avait-on vu jusque là un clinicien présenter une méthode nouvelle avec une semblable maîtrise.Le livre de Laénnec est magistral; l\u2019auteur s\u2019y révèle tout entier, avec ses qualités si remarquables d\u2019observation, de clarté, de précision et de profondeur de vue.C\u2019est un de ces rares livres qui ne perdent rien: de leur attrait avec le temps parce qu\u2019ils ne vieillissent pas.Et ce fut, au moment de son apparition, toute une révélation.Dans un language élégant et sobre, Laënnec mettait à la portée de tous les médecins le fruit d\u2019un travail extraordinaire et leur fournissait pour la première fois un moyen précis de diagnostic.Il leur expliquait des faits nouveaux âvec des termes familiers.Le sel dans une bassine, une vessie sèche qu\u2019on insuffle, un grain de sable tombant dans un vase de métal, le ronflement d\u2019un dormeur, le cri des pet'ts oiseaux, une résonance chevrotante, la voix de Polichinelle deviennent les symboles des signes physiques pulmonaires; ces signes physiques nous signalent des lésions, correspondent à des maladies et en traduisent les phases.Tous les bruits thoraciques sont désignés avec cette précision et décrits avec méthode.De plus Laënnec enseigne à les trouver avec son stéthoscope.Le praticien doit tenir le tube comme la main tient 692 L'UNION MÉDICALE DU CANADA la plume à écrire, afin de bien appliquer son embout sur la poitrine et ne pas causer de friction ; l'observateur doit parcourir tout le champ pulmonaire, portant spécialement son attention sur les régions où l\u2019on trouve le plus souvent les bruits pathologiques.Les causes d\u2019erreur sont expliquées; les moyens d'éviter ces erreurs sont fournis.Tout, tout ce qui regarde l\u2019auscultation est expliqué dans ce bréviaire de Laënnec destiné aux médecins praticiens.Cette méthode nouvelle, dès qu\u2019elle est connue et appréciée, devient indispensable.La profession médicale l\u2019attendait depuis trois siècles, car elle n\u2019avait jamais possédé jusque là un aussi bon moyen de diagnostic, un moyen aussi sur et aussi pratique.On comprend facilement le succès d\u2019un pareil livre, traduit immédiatement en anglais par.John Forbes, et dont la première édition américaine parut dès 1823.De toutes parts les auditeurs accoururent à la clinique Necker et plus tard, en 1822, à celle de la Charité, puis, sur les derniers temps, au Collège de France.Ce fut pour Laénnec la notoriété, le succès, la gloire, dont il ne devait pas, par malheur, jouir longtemps.Presque immédiatement après la publication de son livre, en 1820, Laënnec, tuberculeux, s\u2019en va au bord de la mer et tâche de se rétablir.Il passe deux ans à Kerlouarnec, près de la baie de Douarnenez, puis revient à Paris où tous les honneurs l\u2019attendent, et aussi un peu les déboires, car le succès suscite toujours des envieux.En 1824, Laënnec a une rechute, retourne pour quelque temps en Bretagne, revient de nouveau à Paris.Mais la tuberculose ne veut pas lâcher sa victime, le force à quitter définitivement tout travail, à fuir au printemps de 1826 vers le domaine familial de Kerlouarnec et, le 13 août, elle enlève au monde médical le plus grand clinicièn qu\u2019on eût connu jusque là, je-serais tenté de dire le plus grand clinicien de- tous les temps, celui qui nous a fait un don si précieux qu\u2019il est devenu indispensable et qu\u2019on n\u2019y pense même plus, pas plus qu\u2019on ne cherche la provenance du pain que l\u2019on mange tous les jours.Laënnec, qui se rendait compte de la valeur de son oeuvre, qui entendait la mort l\u2019appeler, ne voulut pas mourir sans laisser de testament scientifique et rédigea la deuxième édition de son Traité d'Auscultation ou il complète et met au point l\u2019oeuvre capitale de sa vie.C\u2019est cette édition que la Faculté de Médecine de Paris a rééditée en 1879, c\u2019est elle qu\u2019il faut lire pour comprendre et admirer Laënnec 2 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 693 sans les commentaires du cousin Mériadec (3e édition, 1831) ou les additions d\u2019Andral (4e édition, 1836).Laënnec fut un homme dont les paroles suffisent à satisfaire notre esprit, et qui n\u2019a pas besoin de commentateur: son oeuvre parle seule et par elle-même.Elle est claire, complète et, sur presque tous ses points, définitive.C\u2019est une œuvre unique en son genre et qui donne à son auteur une célébrité amplement justifiée.Laënnec et le Canada Si j'avais à décrire la marche de la médecine au XIXe siècle, je la montrerais atteignant les plus hauts sommets avec Laënnec, Claude Bernard et Louis Pasteur.Ce sont les lumières les plus brillantes, les plus élevées, celles qui indiquent la route; tout le XIXe siècle en est éclairé; et le phare de Laënnec, pour être le plus éloigné de nous, n\u2019est pas le moins brillant des trois.La Bretagne est coutumière de ces gens hardis, courageux et persévérants, qui ouvrent des routes inconnues.C\u2019est à elle que nous devons Jacques Cartier.Laënnec est un découvreur comme son compatriote de Saint-Malo.Puisque nous sommes reconnaissants à Jacques Cartier de nous avoir donnés à la France, pourquoi ne serions-nous pas reconnaissants à Laënnec du don français qu\u2019il nous a fait ?_ Suivant la devise de la province de Québec, soyons heureux de mêler nos souvenirs à ceux, j'allais dire de nos confrères, mais je dirai mieux, à ceux de nos frères de France qui viennent nous voir, et célébrons avec eux, d\u2019un même cœur et d\u2019un même esprit, l\u2019une des plus grandes gloires du pays français. ACHONDROPLASIE Par le Docteur E.-A.René de Cotret, Professeur de Clinique obstétricale à l\u2019Université de Montréal, Accoucheur en chef à l'Hôpital Notre-Dame.Je tiens à rapporter aux lecteurs de l'Union Médicale deux cas typiques d\u2019achondroplasie qu\u2019on rencontre plutôt rarement.Malheureusement, je n\u2019ai retrouvé dans mes cahiers de notes que la photographie du fœtus achondroplasique (Fig.I) né à la Maternité il v a quelques années, et mort quelques heures après sa naissance.En regardant attentivement cette photographie, on remarquera facilement tous les caractères distinctifs et classiques de l\u2019achondroplasie.La seconde photographie se rapporte à un cas que je viens d'observer à l\u2019Hôpital Notre-Dame.Ce second sujet est une femme adulte que le professeur Ethier a opérée pour un fibrôme volumineux de l\u2019utérus.Voici l'historique de ce cas : Mademoiselle X., âgée de 37 ans, célibataire, Canadienne- française, est ménagère de profession.Son père, mesurant six pieds de hauteur, est mort de congestion des poumons à 69 ans.Sa mère, 68 ans, n\u2019est pas forte.Deux frères et deux sœurs de Mlle X sont morts de tuberculose entre 18 et 20 ans.Un frère est mort à 7 mois.Ses sœurs et ses frères étaient normaux quant au squelette.Un frère n\u2019a parlé qu\u2019à 7 ans.Une sœur de son père, idiote, est morte à l\u2019Asile de Beauport.La patiente a marché à\u2019 l\u2019âge de 18 mois, mais elle a toujours mal marché, en boitant pour ainsi dire des deux jambes, à çause de son infirmité.Elle a été réglée à 15 ans.Ses menstruations, douloureuses, peu abondantes, irrégulières, durent trois jours.Elles avancent quelquefois d\u2019une semaine.La patiente ne sait pas quelles maladies elle a pu avoir dans son jeune âge.La peau de son visage est masquée de grands placards jaunes et bruns.Son cœur est normal.Sa pression artérielle est de 90 sur 70.Les poumons sont sains; rien aux reins.Sa hauteur totale est de 99 centimètres quand elle est debout.Mais si 'on mesure Mlle X quand elle est couchée horizontalement sur le dos, sa taille gagne 10 centimètres en longueur, parce que ses membres inférieurs s'étendent presque complètement. ! L'UNION MÉDICALE DU CANADA 695 | Les mensurations externes du bÆssin sont les suivantes: Bi-épineux 23 c.; Bi-crête 232 c.; Bi-tro.31 c.; Baudel.235 c.Je n\u2019ai pas pu prendre les mensurations internes à cause d\u2019un fibrôme volumineux \u201c| de l\u2019utérus qui remplissait totalement l\u2019excavation et qui dépassait 1 le pubis de quatre à cinq travers de doigts.Les cul-de-sacs vaginaux étaient disparus complètement.Il était très difficile de faire pénétrer deux doigts à gauche et en avant dans le vagin pour atteindre le col Fig.1 SRE ES LE mure à deux travers de doigts au-dessus de l\u2019éminence iléo-pectinée.Le Wassermann est négatif.Le professeur Ethier a opéré avec succès cette patiente.12 jours après l\u2019opération, la patiente s\u2019asseyait aisément dans son lit.Le chloasma disparaissait complètement de sa face.Le regard était clair et la figure intelligente.Les photographies Nos 2, 3 et 4 font voir mieux que toute description les traits caractéristiques de l\u2019achondroplasie.La radio- ee tons 696 L'UNION MEDICALE DU CANADA graphie de son bassin nous le montre légèrement asymétrique, avec probablement un léger agrandissement du diamètre antéro-postérieur.Un des pubis dépasse en hauteur le côté opposé d\u2019un centimètre.Qu'est-ce que l\u2019achondroplasie ?~ L'achondroplasie est une malformation congénitale, caractérisée pathogéniquement par une insuffisance de l\u2019ossification cartilagineuse des es longs et cliniquement par un nanisme d\u2019origine micro- Fig.II mélique, en d\u2019autres termes, l\u2019achondroplasie est une dystrophie du cartilage primordial (sclérose avec calcification), débutant et évoluant entièrement dans la cavité_utérine et entraînant un défaut d\u2019accroissement des os longs.On naît achondroplase.L\u2019achondroplasie est une maladie très rare, qui se rencontre plus particulièrement dans le sexe féminin.Elle est le plus souvent incompatible avec la vie.La plupart des fœtus achondroplasiques dae pr L'UNION MÉDICALE DU CANADA 697 meurent pendent l'accouchement ou peu après la naissance.Cependant, certains achondroplases survivent et parviennent à l\u2019âge adulte.Certains nains qui jouent dans les cirques et les cinémas sont des achondroplases.On a confondu longtemps l\u2019achondroplasie fœtale avec le rachitisme dit congénital.C\u2019est Parrot qui l\u2019a autonomisée sous ce nom définitif.Fig.III Descriptions symptômatiques Quand on examine un nouveau-né achondroplasique, on constate immédiatement - que les os des membres sont plus courts- qu'à la normale.Le raccourcissement porte principalement sur l'os qui s\u2019attache au tronc (bras et cuisses): il y a micromélie rhijomélique.Si l\u2019on applique le bras le long du corps, on voit que l'extrémité des 698 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA doigts, au lieu d'atteindre le milieu de la cuisse, ne descend parfois pas plus bas que le trochanter ou la crête iliaque.L'élargissement des épiphyses et l'augmentation du tissu adipeux donnent aux membres un aspect boudiné.Les membres, principalement les inférieurs sont parfois déviés.La tête, brachycéphale, est volumineuse et a pu rendre l\u2019accouchement difficile.Il existe une synostose prématurée des os de la base.La face, petite, semble rétractée sous les bosses frontales.Le nez est aplati et court.Le thorax et la colonne vertébrale sont normaux, et il n\u2019existe ni chapelet chondro- sternal, ni déviation rachidienne.Fig.IV - Quand l'enfant survit, il s'accroît peu à peu mais reste toujours micromélique, d\u2019où sa petite taille.L'\u2019ensellure lombaire caractéristique des achondroplasiques adultes débute après que l'enfant a marché.La courbure des membres inférieurs (jambes arquées) s\u2019accentuera quelquefois avec l\u2019âge.L\u2019achendreplase adulte est caractérisé par trois symptômes primordiaux: le nanisme, la micromélie et la macrocéphalie.Le nanisme est le signe le plus saillant; cependant l\u2019exiguité de la taille tient exclusivement à la brièveté des membres inférieurs, le te.yon L'UNION MÉDICALE DU CANADA 699 tronc étant de longueur normale.La taille oscille entre 0 m.97 et 1 m.38.La micromélie atteint les quatre membres, et la micromélie des membres inférieurs est si marquée qu\u2019elle en paraît grotesque.La disproportion entre les longueurs des membres et du tronc donne au sujet l\u2019aspect d\u2019un chien basset (Parrot, Porak).Comme je l'ai dit plus haut, la micromélie frappe plus les segments proximaux ou rhizoméliques (bras et cuisses) que les segments mésoméliques ou distaux (avant-bras, jambes).Quand un achondroplasique adulte est assis, il semble un individu normal de par sa tête et son tronc.Les mains sont courtes, carrées, charnues.Les quatres derniers doigts, boudinés, juxtaposés au niveau de leur base, s\u2019écartent par leurs extrémités, simulant assez bien la divergence des dents d\u2019un trident.Cette déformation n\u2019est pas absolument constante.Le troisième symptôme ,primordial de l\u2019achondroplasie c\u2019est la macrocéphalie.La tête est grosse, tantôt au point de vue absolue, tantôt au point de vue relatif; dans ce dernier cas la tête, normale par rapport au tronc, parait grosse comparativement aux membres par illusion d\u2019optique.Le périmètre occipito-frontal peut atteindre 60 ou 67 centimètres.De plus la tête est ronde; l\u2019achondroplase est brachycéphale et même hyperbrachycéphale.~ À côté de ces symptômes primordiaux, il faut signaler quelques signes secondaires: l\u2019aplatissement du dos, l\u2019ensellure lombaire qui détermine la bascule du sacrum en avant, le rétrécissement du bassin qui, chez les femmes met souvent obstacle à l\u2019accouchement.L\u2019obésité est trés fréquente.Le système musculaire est très développé, et les achondroplases ont une force réelle qui contraste avec leur petite taille.Ils sont souvent très adroits.Leur intelligence est au moins égale à celle des sujets normaux.Les organes.génitaux sont normaux chèz l\u2019homme et la femme; et-les athondroplasiques sont très aptes à la reproduction.Etiologie Les causes de l\u2019achondroplasie sont inconnues.On a observé des cas d\u2019hérédité similaire.Parfois la mère était syphilitique ou tuberculeuse.Les filles sont plus souvent atteintes que les garçons.Pathogénie L'absence de notions étiologiques devait conduire fatalement à des hypotèses pathogéniques différentes.On a pensé à une lésion 700 L'UNION MÉDICALE DU CANADA de la moëlle, à une insuffisance du corps thyroide, du thymus, de la glande pituitaire, des organes génitaux (testicules et ovaire).On tend aussi à en faire un arrêt de développement par toxi-infection d\u2019origine maternelle survenant dans les premiers mois de la vie intra-utérine, au moment où se fait la grande poussée ostéogénique qui s\u2019étend du troisième au septième mois.Toutes les intoxications (alcool, plomb, auto-intoxication), toutes les infections (syphilis principalement) pourraient ainsi causer l\u2019achondroplasie.Diagnostic La confusion n\u2019est guère possible qu\u2019avec le rachitisme congénital; cependant les deux maladies semblent avoir leurs caractères bien distinctifs.Dans le rachitisme, les membres sont gréles au niveau de la diaphyse et épais à leurs extrémités nouures) : et en plus il n\u2019y a pas de micromélie comme dans l\u2019achondroplasie.Dans le rachitisme, le thorax présente des déformations caractéristiques.Il est aplati transversalement dans les deux tiers supérieurs et évasé à la partie inférieure.On y trouve le chapelet chondro-sternal; les clavicules sont saillantes et anormales comme courbure.Chez les enfants à tissu osseux fragile, on trouve souvent des fractures variées.Cependant il faut penser à l\u2019association possible du rachitisme et de l\u2019achondroplasie.Traitement Jusqu'ici l\u2019achondroplasie est restée au-dessus des ressources de la thérapeutique.A eam ce Re ea a po om Joi dan sh de LES NEPHRITES: CLASSIFICATION ANATOMO-ETIOLOGIQUE D\u2018OBERLING, DE STRASBOURG Par le Docteur E.LATREILLE Professeur d'Anatomie pathologique à l\u2019Université de Montréal, Médecin de l'Hôtel-Dieu.Il ne s'agit pas d'opposer à la classification Physio-pathologique de Widal une division des néphrites basée sur l\u2019Anatomie pathologique, mais de chercher à quels substatums anatomiques peuvent correspondre, dans l'état actuel de nos connaissances histo-patho- logiques, les différents syndromes cliniques, maintenant classiques, dans lesquels ont été groupées, pour les rendre plus facilement accessibles au traitement, les manifestations symptomatiques de ces maladies.Dans un savant mémoire (2) publié dans les Annales d\u2019Anatomie Pathologique Médico-Chirurgicale, Charles Oberling, chef des travaux à l\u2019Institut Pathologique de Strasbourg, étudie, à la lumière de l\u2019observation anatomo-clinique et de l\u2019expérimentation, la morphologie et la physiologie comparées des néphrites.Il ne faut pas perdre de vue, comme l\u2019a déjà indiqué Brault, dans le volume sur les maladies des reins de la collection Sergent, que les divisions proposées par Widal ne représentent pas des néphrites spéciales, mais \u2018des syndromes correspondant aux périodes critiques de l\u2019évolution des néphrites\u201d, on comprendra alors pourquoi le substratum anatomique de ces syndromes ne saurait correspondre aux types morphologiques des néphrites décrits par Oberling, mais à des lésions élémentaires prédominantes d\u2019une ou de plusieurs variétés tissulaires (appareil épithélial, glomérules, vaisseaux) observées dans ceux-ci.Commençons par étudier ces lésions élémentaires de l'appareil épithélial, des glomérules, du tissu interstitiel, et des vaisseaux telles qu\u2019observées par Oberling, au moyen des techniques histologiques si perfectionnées de l\u2019heure actuelle.Quand nous posséderons la description de ces lésions élémentaires il nous sera fa- (1) Communication orale, avec projections, inscrite au programme du congrès de Montréal de 1926.(2) Mémoire original publié dans le No:/de Mai 1924 des Annales d\u2019Anatomie-Pathologique Médico-Chirurgicale, p.217 à'p.298, par Charles Oberling.0 to 702 L'UNION MÉDICALE DU CANADA cile de les rapprocher, de les grouper ou de les associer de manière à édifier la structure histologique des différents types morphologiques proposés par l'auteur; et, après avoir souligné les traits saillants de la physionomie anatomo-clinique de chacun, nous terminerons par Ja mise en parallèle de ces types morphologiques (et de certaines de leurs lésions prédominantes), avec les syndromes physiologiques de Widal, et nous verrons alors comment ceux-ci peuvent s\u2019expliquer par ceux-là.Lésions élémentaires 1.\u2014Epithéliales.\u2014Les cellules épithéliales des tubes contournés, sous l\u2019action des agents toxiques ou infectieux, au cours des maladies chroniques ou aiguës, entrent en dégénérescence (granuleuse, vacuolaire, graisseuse), puis s\u2019effritent, et desquament.Or, Castaigne et Rathery avaient considéré, en 1906, la plupart de ces formes de dégénérescence comme provenant de la cadavérisation.La cellule rénale, très fragile, se détruit spontanément, sous l\u2019influence de la cadavérisation, dans les heures qui suivent la mort; de sorte que, aux autopsies faites plusieurs heures après la mort, la plupart des lésions épithéliales observées dans les tubes contournés ne sont pas des dégénérescences pathologiques, mais des altérations cadavériques.Aujourd\u2019hui Oberling, s'appuyant sur une technique rigoureuse, peut affirmer dans son mémoire que, contrairement à l\u2019opinion de Castaigne et Rathery, il a \u201cla ferme conviction qu\u2019une \u201cbonne partie des altérations prétendues cadavériques peuvent être \u201cvitales.L\u2019apparition des boules sarcoplasmiques, la vacuolisation du \u201ccytoplasme, la desquamation cellulaire s\u2019observe dans les reins où toute \u2018influence de cadavérisation peut être exclue\u201d.Pour ce qui est de la dégénérescence granuleuse, l\u2019auteur en fait une étude complète et détaillée, non seulement de sa morphologie, mais aussi de sa genèse, distinguant la dégénérescence, de l\u2019état granuleux; et considérant celui-ci en.rapport avec des altérations de l\u2019appareil mitochon- drial.Cet état granuleux répondrait & une phase d\u2019irritation de la cellule par les agents toxiques ou infectieux; cette phase d\u2019irritation serait suivie d\u2019une phase de destruction, si la cause irritante devient plus aggressive (dégénérescence granuleuse, nécrose cellulaire), ou d\u2019une restitution de la cellule à l\u2019état normal, si cette même cause s\u2019atténue dans son activité, ou disparaît; enfin, quelquefois, dans des processus à évolution moins rapide, la cellule épithéliale se dédifférencie, persiste eut récupère des qualités prolifératives qui la rendent apte à suppléer aux pertes subies\u201d.2 \u2014Glomérulaires\u2014Les processus toxi-infectieux (3) peuvent déter- (3) Il est maintenant admis\u2019 que les intoxications: alcoolisme, goutte, saturnisme, et les infections chroniques: tuberculose, syphilis ne sauraient être invoquées comme causes de la sclérose rénale d\u2019origine vasculaire (syndrôme d\u2019hypertension artérielle), au même titre de fréquence et d\u2019importance que: l\u2019hérédité, le surmenage, les préoccupations, l\u2019influence du milieu hostile, les contrariétés; ainsi que le déséquilibre vago-sympathique, les dysfonctionsendocriniennes, I\u2019hyperépinéphrie,etc. bey tes § de | Wr J Mer L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 703 miner, au niveau des anses capillaires du glomérule, de la capsule de Bowmann, et du revêtement épithélial de cette capsule, des altérations inflammatoires diapéditiques et dégénératives aboutissant à la sclérose et à l\u2019hyalinisation, en opérant selon trois modes d\u2019action différents: (a) par infiltration hyperdiapédétique réactionnelle inflammatoire des auses capillaires, au cours des maladies infectieuses: lésions \u2018aboutissant a la sclérose glomérulaire avec synéchies de la capsule de Bowman; (b) par hyalinisation primitive d\u2019emblée des anses capillaires du glomérule, coincidant avec la dégénérescence hyaline des parois vasculaires sclérosées, dans la néphrite chronique d\u2019origine vasculaire (hypertensive); (c) par réaction fibro-plastique et sclérose, à point de départ périphérique du glomérule, subséquente à la néphrite chronique interstitielle.3.\u2014Interstitielles et vasculaires \u2014Au cours des néphrites, le tissu interstitiel conjonctivo-vasculaire réagit par des lésions secondaires variées: congestion, œdème, hémorragies; mais il peut être primitivement aussi le siège de lésions prédominantes au cours de certains processus où les cellules épithéliales et les glomérules semblent avoir été plus ou moins respectées; ces lésions prédominantes sont: l\u2019infiltration leucocytaire, méphrite interstitielle aiguë, la réaction fibro-plastique, et la sclérose (néphrites interstitielles chroniques d\u2019emblée, néphrites d\u2019origine ascendante).Concurremment, mais aussi parfois pour leur propre compte, et isolément (néphrite chronique hypertensive).\u201cLes artères de calibre moyen (artères arciformes, artères interlobulaires) sont atteintes d\u2019hyperplasie musculo-élastique de l\u2019intima parfois considérable; les artérioles montrent constamment de la dégénérescence hyaline de leurs parois.En somme: altérations qui présentent franchement le caractère de troubles nutritifs.\u201d Tous les types morphologiques de néphrites peuvent aboutir à la sclérose interstitielle, mais, comme le fait remarquer Oberling: \u201cla disposition du tissu scléreux est souvent plus caractéristique que son aspect.\u201d Et c\u2019est ainsi que les faits démontrent que, si la sclérose est disposée plus ou moins irrégulièrement dans les néphrites secondaires, elle s\u2019établit de préférence le long de la capsule, et sous forme de traînées perpendiculaires à la surface, dans les néphrites interstitielles, alors qu\u2019elle est souvent disposée en territoires annulaires dans la néphrite chronique d\u2019origine vasculaire.Types morphologiques Oberling étudie à fond l\u2019étiologie, la symptomatologie, l\u2019évolution (aiguë, subaiguë, chronique), l\u2019aspect macroscopique viscéral et la structure histologique des différents types morphologiques (4) (4) L'histoire anatomo-clinique de ces types morphologiques d\u2019Ober- ling (1o Néphrite parenchymateuse toxique, épithéliale, glomérulo-épi- théliaie et diffuse; 20 Néphrite parenchymateuse infectieuse; 3o Néphrite interstitielle; 4o N'éphrite secondaire d\u2019origine ascendante; et 50.Sclérose rénale d\u2019origine vasculaire, sera présentée dans un prochain article avec les lumineux dessins de leur structure histologique qui les accompagnent. 704 L UNION MÉDICALE DU CANADA qu\u2019il propose à l'attention des pathologistes et des cliniciens, puis il les résume schématiquement, chacun en particulier, et en compare l\u2019image histologique (lésions prédominantes) avec les principaux traits de la physionomie clinique des syndromes de Widal, dans deux pages, que je demande la permission de citer textuellement, avant de tirer quelques conclusions.\u201c1.\u2014Les néphrites épithéliales \u201ca) Néphrites épithéliales aiguës \u2014Les lésions parcellaires de l\u2019ap- \u201cpareil épithélial déterminent les symptômes qui correspondent à la \u201cNéphrite albuminurique simple.\u201cLes lésions généralisées, avec prédominance des altérations non \u201cnécrosantes (\u2018état granuleux), sont à la base de la Néphrite chloruré- \u201cmique, hydropigène.Les lésions généralisées nécrosantes (rein su- \u2018blimé) déterminent de l\u2019oligurie, avec rétention de toutes les substances \u201céliminables (donc azotémie et chlorurémie \u2018\u2018séche\u2019).\u201cb) Néphrites épithéliales subaigués chroniques\u2014Fant que les \u201caltérations restent limitées à l\u2019appareil épithélial et au tissu interstitiel, \u2018l\u2019image clinique est celle de la Néphrite chlorurémique.Dès qu\u2019il y'a \u201ccomplication avec des lésions vasculaires étendues, nous voyons appa- \u201craitre l\u2019Hypertension.«2 \u2014Les néphrites parenchymateuses glomérulo-épithéliales toxiques et infectieuses \u201ca) Formes aiguës \u2014Les troubles fonctionnels sont sujets à des \u201cvariations extrêmes.Dans les cas les plus caractéristiques, tels qu\u2019on \u201cles trouve décrits dans tous les livres, le stade initial évolue sous \u2018\u201cl\u2019aspect de la Néphrite chlorurémique hydropigène.\u201cb) Formes subaiguës et chroniques \u2014Dans les.stades subaigu et \u201cchronique, la chlorurémie peut persister, mais l\u2019image clinique est \u2018presque toujours dominée par l\u2019Azotémie et par l\u2019Hypertension.\u201c3.\u2014Les néphrites interstitielles \u201ca) Néphrites interstiticlles aiguës \u2014La symptomatologie de ces \u201cnéphrites est pauvre; même les formes à lésions graves évoluent sous \u201caspect de la Néphrite albuminurigue simple; on est forcé d\u2019admettre \u201cque l\u2019albuminurie est attribuable aux lésions de la néphrite concomi- \u201ctante, et que la présence des lésions interstitielles ne détermine aucun \u201ctrouble fonctionnel appréciable avec les méthodes actuellement employées.\u201cb) Néphrites interstitielles chroniques \u2018(secondaires et d\u2019emblée).\u2014 \u201cQuand les lésions restent parcellaires (néphrites interstitielles du vieil- \u201clard, certaines néphrites ascendantes), il n\u2019y a aucun symptôme.Quand \u2018les altérations aboutissent à une dédifférenciation ou à une destruction \u201cétendue de l'appareil épithélial, il y a Azotémie.Les complications \u201cvasculaires marchent toujours de pair avec l\u2019Hypertension.\u201c1 Y a L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 705 \u201c4\u2014Les néphrites ascendantes \u201cLes Néphrites ascendantes déterminent des troubles fonctionnels \u2018très différents, suivant la forme anatomique qui prédomine: Néphrite \u201cépithéliale ou Néphrite interstitielle, avec ou sans complications vascu- \u201claires.\u201c5\u2014La sclérose vasculaire \u201cAu début, tant que les lésions sont exclusivement localisées dans \u201cles artérioles, il y a Hypertension pure, sans aucun phénomène d\u2019insuf- \u201cfisance rénale (5).Dans les stades avancés, il y a Azotémie avec Albu- \u201cminurie souvent légère; les troubles coïncident avec la sclérose glomé- \u201crulaire souvent étendue, et avec les lésions épithéliales des foyers de \u201csclérose.\u201cYue d\u2019ensemble \u201cLa Néphrite albuminurique est liée à l\u2019existence de lésions épithé- \u201cliales parcellaires.\u201cLa Néphrite chlorurémique est toujours l\u2019indice de lésions épithéliales \u201cgénéralisées non nécrosantes.\u201cL\u2019Azotémie indique pratiquement la suppression d\u2019une partie plus \u201cou moins considérable de l\u2019appareil tubo-sécréteur.L\u2019Azotémie qui s\u2019ob- \u201cserve constamment dans les Néphrites glomérulo-épithéliales elassiques \u2018n\u2019est pas en rapport direct avec les lésions glomérulaires, elle dépend \u201cde la suppression des tubes correspondant aux glomérules détruits: il \u201cexiste des néphrites azotémiques sans lésions glomérulaires.\u201cL\u2019'Hypertension indique toujours des lésions de l\u2019appareil glomérulo- \u201cvasculaire.Elle peut exister sans atteinte glomérulaire, lorsqu'il y a \u201chyalinisation diffuse des artérioles.\u201d Conclusions On a émis l\u2019opinion, il y a quelques années, que le médecin devrait désormais, dans ses dissertations cliniques, substituer le penser physiologique au penser anatomique.Il est beau de voir que tout le monde, jusqu\u2019à présent, n\u2019a pas suivi cette direction.Plus heureuse fut la formule préconisée, en 1912, par Widal, dans sa (5) Chacun sait que la constante d\u2019Ambard servira à fixer la valeur fonctionnelle physiologique des reins, dans l\u2019intervalle des poussées d\u2019insuffisance aigue; et qu\u2019on aura recours à la recherche du taux de l\u2019urée dans le sang, dans les phases critiques des néphrites.Rathery in mémoire d\u2019Oberling, p.292 \u201cn\u2019a jamais noté qu\u2019une forte azotémie ait \u201ccoïncidé avec un rein qui ne fut pas franchement et profondément \u201caltéré.il existe un parallélisme non discutable entre l\u2019aspect histo- \u201clogique des reins, et leur valeur fonctionnelle, mesuré soit par l\u2019azo- \u201ctémie, soit par la constante uréo-secrétoire.\u201d 706 L'UNION MÉDICALE DU CANADA leçon inaugurale, à l'effet que la clinique devait tirer profit de toutes les acquisitions scientifiques solidement établies et confirmées par le temps; et ne pas faire table rase, ni même reléguer au second plan des sciences qui ont servi à édifier notre patrimoine scientifique, au bénéfice d\u2019autres.qui traversent, pour le moment, une ère de prospérité.Toujours, dans toutes les maladies, et chez tous ses malades, le médecin praticien, pour ainsi dire instinctivement, cherche à accrocher son diagnostic et son pronostic à une lésion anatomique: dans la typhoïde, rien ne lui fera perdre de vue l\u2019état anatomique de la plaque de Peyer; dans la pneumonie, les phases pathologiques successives des altérations anatomiques du lobe et de l\u2019alvéole pulmonaire; dans l\u2019ulcère de l\u2019estomac, la localisation et l'étendue de la lésion; et il en est de même dans le mal de Pott, dans le cancer du col, dans l\u2019hémorragie cérébrale ou tronculaire, ainsi que dans les maladies du foie et des reins.Quel que soit l\u2019avantage pratique pour le traitement symptomatique, de la mise en évidence d'un syndrome physiologique, le médecin ne sera entièrement satisfait que quand il aura pu entrevoir, derrière le trouble fonctionnel, le substratum anatomique qui l\u2019a déclanché.Recueillez les symptômes constatés, avait l\u2019habitude de dire l\u2019inoubliable Maître de la clinique française que fut Landouzy, dans son enseignement oral à l'Hôpital Laënnec, au lit du malade, à propos de la méthode à suivre dans l'établissement du diagnostic clinique, recueillez les symptômes, sachez les ordonner par ordre d\u2019importance, groupez-les en syndromes, du syndrome remontez au trouble fonctionnel physiologique, et du trouble physiologique à la lésion anatomique (localisation, nature), et à la cause étiologique de la maladie: vous aurez alors les éléments d\u2019un diagnostic précis, et d\u2019un pronostic averti qui vous permettront de conclure à un traitement approprié.Depuis quelques années, la méthode de Landouzy ne pouvait plus s'appliquer à l\u2019étude de nos malades atteints de néphrites, du moins jusqu\u2019à l\u2019étape anatomo-étiologique.Il ne nous a pourtant jamais été indifférent de savoir, du point de vue pronostic et opportunité thérapeutique, que : | 1° dans la Néphrite albuminurique aiguë passagère, la dégénérescence parcellaire des cellules épithéliales est la lésion unique, et que la restitutio ad integrum est la règle; 2° qu\u2019au cours d\u2019un Syndrome clorurémique, les lésions glomé- rulo-épithéliales prédominent, et que, de l\u2019étiologie de la maladie, L'UNION MÉDICALE DU CANADA 707 dépend la prédominance des lésions au niveau des glomérules ou des cellules épithéliales, et l\u2019envahissement du tissu interstitiel par la sclérose (syndromes graves, bénins, à évolutions très lente, curables, etc.) ; 3° que dans la Néphrite hypertensive pure, sans insuffisance rénale, l'apparition de l\u2019albuminurie est liée à une altération dégénérative parcellaire des cellules épithéliales, et l\u2019azotémie à une destruction de l'appareil glomérulo-épithélial par trouble de la nutrition subséquente à la sclérose et à l\u2019hynilisation primitive des artérioles et des glomérules.Je sais bien que l\u2019objection au penser anatomique vient aussi des thérapeutes.Son fatalisme les déconcerte.Le fait est, qu\u2019envisagées selon les données de l\u2019Anatomie Pathologique, bon nombre de maladies échappent à l\u2019action de leurs plus sincères activités: les unes parce qu\u2019elles ont une tendance naturelle à la guérison spontanée, et les autres parce qu\u2019elles sont inaccessibles à tous les traitements.Mais la médecine ne tient pas toute dans l\u2019exercice de la thérapeutique.Et pour rendre justice au malade, n\u2019est-il pas évident que l\u2019homme de l\u2019art a le devoir de ne rien négliger pour se former une idée exacte du mal qu\u2019il a à combattre, et de ses tendances évolutives naturelles ?(6) (6) Du reste, en Biologie, I\u2019Anatomie et la Physiologie normales et pathologiques n\u2019intéressent le médecin que par les rapports qu\u2019elles ont entre elles; et le grand mérite des perfectionnements récents, apportés à la technique de l\u2019Histologie, a été de contribuer à faciliter le développement de l\u2019Histo-Physiologie.0 LE DOCTEUR EUGENE LATREILLE Nos lecteurs apprendront sans doute avec plaisir que notre ami, le Professeur Latreille, un des directeurs de ce journal, retenu chez lui depuis plusieurs mois par une grave indisposition, est maintenant rétabli.Il a déjà ouvert à sa clientèle son cabinet de consultations, et compte reprendre graduellement toutes ses occupations professionnelles.On trouvera dans le présent numéro un résumé substantiel de la communication orale, avec projections, qu\u2019il a inscrite au programme du dernier congrès de Montréal, pour présenter au public médical le mémoire de Charles Oberling de Strasbourg sur une nouvelle classification anatomo-étiologique des néphrites qui a suscité beaucoup d\u2019intérêt dans ces derniers temps chez les savants et les pathologistes.Durant sa convalescence le Dr Latreille a collaboré dans l\u2019Union Médicale à la rubrique \u201cAnalyses\u201d, sous le pseudonyme de XXX. UN CAS D\u2019AIGUILLE DANS LA REGION CERVICALE TOLEREE PENDANT CINQ MOIS Par le Docteur J.N.ROY, F.AC.S., Professeur agrégé à l'Université de Montréal, Médecin de l'Hôpital Notre-Dame, Lauréat de l\u2019Académie de Médecine de France.À titre de trouvaille opératoire, nous croyons intéressant de publier la petite note suivante, qui n\u2019a pour objet que de démontrer la tolérance du cou à l'égard d\u2019une aiguille localisée dans ses tissus pendant une période de cinq mois, et de souligner les complications possibles auxquelles était exposée notre malade durant ce laps de temps.Voici d\u2019ailleurs son histoire très sommairement rapportée.OBSERVATION.\u2014 Mlle R.M., âgée de 22 ans, vient nous consulter à l'Hôpital Notre-Dame, le 12 avril 1926, pour une tuméfaction de la région cervicale à droite.Elle raconte que le 8 avril, le cou de ce côté, a commencé à lui faire mal, et à se gonfler graduellement.Elle n\u2019a pas récemment souffert de la gorge.À l\u2019examen- nous constatons que toute la région du sterno-cléido- mastoidien à droite est rouge, sensible et augmentée de volume.Toutefois, il n\u2019y a pas encore de point ramolli.Les fosses nasales sont normales.Rien d\u2019intéressant a noter du côté du rhino-pharynx.Les amygdales ont été enlevées totalement il y a deux ans.Température 101.3.La malade est mise au lit, et nous prescrivons des pansements humides.| Le 13, la température est de 103.La tuméfaction et la douleur sont plus considérables que la veille, et comme il existe un endroit trés légérement ramolli, nous décidons l'intervention pour le lendemain.Les pansements humides sont continués.Préparée pour l\u2019opération, la patiente est chloroformée le 14, et nous incisons le tiers inférieur du cou, en suivant le bord interne du sterno-cléido-mastoïdien.Avant de rejoindre le pus, nous sommes.obligé de pénétrer à une profondeur de 2!% centimètres.Le phlegmon étant ouvert, il s'en écoule une matière jaunâtre et odorante, non mélangée de sang.Nous introduisons le doigt pour nous rendre compte du décollement des tissus, et sommes étonné nié té mais Ri L'UNION MÉDICALE DU CANADA 709 de sentir un corps étranger, ayant une position inclinée de 30° environ, et très pointu dans la direction des vaisseaux à droite.Sous le contrôle de l'index, et au moyen d\u2019une pince, ce corps étranger est d\u2019abord refoulé vers le larynx, et ensuite facilement extrait.Nous constatons alors que nous sommes en présence d\u2019une aiguille fortement oxydée, mesurant 4 centimètres de longueur L\u2019abcés est drainé pendant quelques jours, les pansements humides sont continués, et la guérison suit sa marche normale.Interrogée de nouveau au sujet de cette aiguille, la malade raconte que le 10 novembre 1925, à midi, alors qu\u2019elle mangeait du pain, de la viande et une purée de pommes de terre, elle ressentit à la déglutition une douleur très vive au cou, du côté droit.Etant sous l'impression qu\u2019elle avait tout simplement avalé un os qui lui aurait excorié la muqueuse du pharynx, elle termina cependant son repas.Dans l'après-midi, comme la douleur était plus forte, qu\u2019elle crachait un peu de sang, et qu\u2019elle sentait un corps étranger dans la gorge, elle se procura un gargarisme dont elle se servit uniquement sans demander l\u2019avis d\u2019un médecin.A partir de 8 jours après l'accident, la douleur diminua petit à petit, et deux semaines plus tard, elle était entièrement disparue.La patiente se crut alors guérie, et ne remarqua rien d\u2019anormal jusqu\u2019au 10 décembre, où elle s\u2019apergut que son cou était un peu raide, et sa tête légèrement inclinée à droite.Elle n\u2019avait pas mal à la gorge, mais dans la suite ressentit simplement de la plénitude à la région cervicale du côté correspondant au torticolis.Comme elle toussait, et qu\u2019elle maigrissait, un médecin consulté l\u2019envoya à la campagne vers le milieu de février 1926.Le changement de température n\u2019eut aucun effet sur la toux, et l\u2019amaigrissement continua jusqu\u2019à l'opération.La malade était plus sensible au froid que les années précédentes.Elle n\u2019avait jamais constaté un trouble quelconque du côté du cœur, de la respiration ou du système nerveux.Nous devons même ajouter que notre patiente est très calme, et qu\u2019elle ne présente aucun des symptômes observés chez les grandes nerveuses.Lors du premier examen, nous avions bien remarqué le torticolis, mais ce fait avait été interprété comme étant une réaction de défense musculaire en présence de l\u2019inflammation des tissus du cou.Etant donné que les abcès cervicaux sont assez fréquents, il ne nous était naturellement pas venu à l\u2019idée de demander une radiographie au point de vue d\u2019un corps étranger possible. 710 L'UNION MEDICALE DU CANADA Le 3 mai, la patiente laissait l\u2019hôpital absolument guérie, et commençait à reprendre l\u2019embonpoint qu\u2019elle avait perdu lors de sa maladie.En terminant cette observation, nous laisserons à nos lecteurs le soin d\u2019apprécier eux-mêmes les complications qui auraient pu résulter de cet accident, si le trajet par lequel le corps étranger introduit dans le cou, s\u2019était infecté plus tardivement, et si la pointe de l\u2019aiguille, en pénétrant davantage dans les tissus, était venue en contact avec les gros vaisseaux de cette région, le pneumogastrique, ou le sympathique.O AVIS Le Docteur Gustave Archambault, professeur de Dermatologie et de Syphiligraphie à l\u2019Université de Montréal et chef du Service des maladies de la peau à l'Hôpital Notre-Dame, a partir du 15 novembre 1926, recevra sa clientèle dans ses nouveaux bureau, No 374 est, rue Sherbrooke (coin St-Hubert), téléphone Est 3953, où sera installé un laboratoire complet d\u2019Agents physiques pour le traitement des maladies de la Peau (radium, rayons X, diathermie, électrolyse, ionisation, neige carbonique, ultraviolets, infra-rouges, etc.,) qui sera sous la direction de son collègue le Docteur Albéric Marin, médecin dermatologiste de l'Hôpital Notre-Dame, assistant a la elinique de Dermatologie et de Syphiligraphie de l\u2019Université de Montréal. tic rm ee ec ren INSOMNIE ET SPASMOPHILIE CHEZ LE NOURRISSON (1) Par le Docteur PAUL LETONDAL, De l\u2019Hôpital Sainte-Justine, Docteur en Médecine de l'Umiversité de Paris, Diplômé de l'Ecole de Puériculture de la Faculté de Paris.En mars 1923, Henri Lemaire (2) attirait pour la première fois l\u2019attention des pédiâtres sur la fréquence des troubles mentaux et des modifications du caractère dans la tétanie du premier âge.Cette opinion en contradiction flagrante avec les idées classiques qu'on avait alors sur la maladie de Tonnelé est démontrée par dix-huit observations cliniques colligées en l\u2019espace de deux ans tant à l\u2019hôpital Trousseau qu\u2019à l\u2019Ecole de Puériculture de la Faculté de Médecine à Paris.- L'importance de ces manifestations psychiques au cours de la tétanie est telle, dit Lemaire, que dans plus de 50% des cas, c'est uniquement pour des troubles mentaux que nous sommes consultés.Et l\u2019auteur de résumer sa pensée: \u201cEn pratique il faut toujours rechercher les signes de tétanie chez ces petits malades, dont le caractère s\u2019est assez rapidement modifié, est devenu irritable, coléreux, indocile, dont le sommeil est tourmenté de terreurs nocturnes et dont l\u2019état de veille comporte des hallucinations à forme de zoopsie.L\u2019année suivante Charles Lestocquoy dans sa thèse (3) ajoutait quelques observations personnelles à celles déjà publiées par Lemaire.Mais, c\u2019est au professeur Mouriquand (de Lyon) que revient le mérite d\u2019avoir particulièrement étudié les rapports de l\u2019insomnie et de la spasmophilie.Avec P.Bertoye l\u2019an dernier à la Société de Pédiatrie de Paris (4) il rapportait les résultats heureux obtenus par les irradiations ultra-violettes dans le traitement de l\u2019insomnie, et tout récemment avec le même collaborateur il écrivait (5): \u201cL\u2019insomnie nous a paru très fréquente chez les spasmophiliques.Sur les (1) Travail du service de médecine infantile de l\u2019hôpital Ste-Justine.(2) Henri Lemaire.Les troubles mentaux dans la tétanie de la première enfance, Le Nourrisson, mars 1923, p.103.(3) Charles Lestocquoy.Contribution à l\u2019étude du métabolisme du calcium dans la tétanie.Thèse de Paris, 1924.(4) Mouriquand et Bertoye.Rayons ultra-violets et insomnie.Soc.de Pédiatrie de Paris, 26 sept.1925.(5) Mouriquand et Bertoye.La spasmophilie.Journal de médecine de Lyon, 20 fév.1926. 712 L'UNION MÉDICALE DU CANADA vingt cas que nous avons observés au cours de l\u2019année précédente, bien peu avaient un sommeil normal.Mais nous avons pu observer quatre enfants insomniques qui n\u2019avaient qu\u2019un signe de Chvosteck positif.\u201d Vers la méme date nous observions à l'hôpital Sainte-Justine dans le service de M.le professeur Raoul Masson un cas d\u2019insomnie chez un nourrisson présentant un rachitisme évolutif avec signe du facial.Nous avons cru qu\u2019il n\u2019était pas sans intérêt de rapporter cette observation, tant à cause de l\u2019actualité du sujet, qu\u2019en raison des résultats vraiment remarquables du traitement.OBSERVATION \u2014Gertrude B., dix-neuf mois, est amenée à l\u2019hôpital le 13 janvier 1926 pour toux et diarrhée.Rien à retenir dans les antécédents héréditaires.Née à terme à la suite d\u2019un accouchement normal, pesant six livres, huit onces, l'enfant fut nourrie au sein jusqu\u2019à dix mois, puis au biberon.Elle eut ses premières dents vers six mois.Mais à partir du sevrage, l'enfant présenta des troubles digestifs (constipation, vomissements), liés à la malalimentation.Enfin, retenons que depuis le début de l\u2019hiver, notre malade n\u2019est sortie que très rarement, restant d'ordinaire confinée à la maison (une maison humide et mal ensoleillée).Ces troubles digestifs, cette \u201ccarence solaire\u201d ont retenti défavorablement sur la croissance du bébé, car celle-ci qui a dix-neuf mois, ne marche pas encore.La maladie actuelle a débuté il y a 6 jours par de la toux avec température bientôt suivie de diarrhée et d\u2019un écoulement de l\u2019oreille gauche.L'examen fait à son entrée dans le service le 13 janvier 1926 révèle une température à 90° F, un état général relativement bon et des râles muqueux à bulles moyennes à la base du poumon gauche.On constate également des signes d\u2019otite moyenne gauche et de la diarrhée.,Ç Du 13 au 18 janvier, l'état de l'enfant va de jour en jour en s\u2019améliorant au point que l\u2019on parle de lui donner son congé lorsque deux symptômes nouveaux attirent l\u2019attention : l\u2019insomnie d\u2019une part, l\u2019anorexie d\u2019autre part.Le 18, la remarque de la garde-malade est assez explicite à cet égard: \u201cL\u2019enfant n\u2019a presque pas dormi et boit très lentement sans appétit\u201d.] C\u2019est dans ces conditions que nous voyons l\u2019enfant pour la première fois, le 19 janvier, à la salle Saint-Joseph.Nous nous L'UNION MEDICALE DU CANADA 713 trouvons en présence d\u2019un béké de dix-neuf mois, pesant vingt-et- une livres, huit onces, ayant une température de 99° F, dont le pannicule adipeux est assez abondant au ventre; poursuivant notre examen, nous constatons que notre malade, qui a seize dents, présente un chapelet costal très net et une hypertrophie diffuse du tissu lymphoïde du pharynx.Elle ne marche pas, mais se tient bien assise toute seule.Au point de vue développement intellectuel elle est normale.Nous portons donc le diagnostic de rachitisme évolutif avec insommie et anorexie.Restait à trouver la cause de ces deux symptômes si pénibles pour l'entourage et si souvent réfractaires aux thérapeutiques habituelles.Nous rappelant la coexistence si fréquente du rachitisme et de la tétanie, nous songeons à rechercher le signe du facial ou de Chvostek que les pédiâtres considèrent aujour- d\u2019hui comme pathognomonique de la tétanie du nourrissons.En percutant au niveau de la joue le milieu d'une ligne joignant l\u2019apophyse zygomatique à la commissure labiale, nous constatons une contraction en éclair de l\u2019orbiculaire des lèvres des deux côtés, mais plus marqué à gauche qu\u2019à droite.Dans ces conditions nous rattachons l\u2019insomnie et l\u2019anorexie à la tétanie, et nous prescrivons le chlorure de calcium associé aux rayons ultra-violets.Le chlorure de calcium est administré en potion à la dose de un gramme par jour, les rayons ultra-violets sont donnés avec une lampe de quartz à vapeurs de mereure de 3,500 bougies à 30 pouces de distance.La durée des séances est progressive.Dès le lendemain matin l\u2019enfant mange avec plus d\u2019appétit, mais l\u2019insomnie ne disparaît que six jours après le début du traitement, soit avec six grammes de chlorure de calcium et trois séances de rayons ultra-violets.Le 25 janvier l\u2019état de l\u2019enfant est tellement amélioré que notre malade, qui ne dormait jamais le jour, reposa deux heures durant l\u2019après-midi; et le lendemain matin on pouvait lire dans la remarque de la garde-malade: \u201cTrès bonne nuit pour l\u2019enfant\u201d.Mais le signe du facial quoique diminué, persistait toujours.Le traitement fut donc continué encore quatre jours et le 29 nous eûmes le plaisir de constater la disparition complète de ce signe, soit après dix grammes de chlorure de calcium et cinq séances de radiations violettes. 714 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Ainsi donc la spasmophilie du nourrisson peut ne se traduire cliniquement que par de l'insomnie avec un signe du facial.C\u2019est là une notion récente dont l'importance pratique nous semble considérable, car elle permet de réaliser un traitement étiologique singulièrement efficace dans des cas où jusqu\u2019ici les thérapeutiques habituelles symptomatiques (hydrothérapie, bromures, etc.), échouaient le plus souvent.Nous possédons en effet dans le chlorure de calcium associé aux rayons ultra-violets le traitement de choix de ces insomnies.| Conclusions l.\u2014L\u2019insomnie du nourrisson quand elle s\u2019accompagne d'un signe du facial doit étre rattachée a la spasmophilie; 2.\u2014En pareil cas le traitement de choix consiste dans l\u2019association du chlorure de calcium aux rayons ultra-violets. LES RAYONS X EN DERMATOLOGIE (SUITE) Par le Docteur ALBERIC MARIN, Assistant à la Clinique de Dermato-syphiligraphie de l'Université de Montréal, Médecin de l'Hôpital Notre-Dame.Chéloides Quand une cicatrice hypertrophique est dure, fibreuse, proéminente, bosselée, qu\u2019elle soit ovalaire, étoilée ou en bande, elle est dite chéloïdienne.| C\u2019est une dermato-sclérose de nouvelle formation se substituant au tissu cutané à la suite d\u2019un processus inflammatoire.Histologiquement, leur\u2019 structure conjonctive fasciëulée est caractéristique.Les chéloïdes peuvent se développer sur toute cicatrice quelle qu'en soit l\u2019origine.Les pustules d\u2019acné, les fistules et les gommes bacillaires y donnent plus fréquemment naissance.) Beaucoup d\u2019auteurs s\u2019accordent a dire que le terrain tuberculeux est essentiellement favorable a leur prolifération.Certaines chéloides semblent naitre spontanément, mais quand on sonde bien les commémoratifs on retrouve le plus habituellement dans l\u2019histoire de leur évolution soit un foyer infectieux, soit un très léger traumatisme.L'\u2019ablation chirurgicale de ces bourrelets fibromateux est inexorablement suivie de récidive.Non seulement la cicatrice disgracieuse renaît, mais de plus la nouvelle hyperplasie \u2018 scléreuse atteint.un volume double ou triple de celui qu\u2019elle possédait -avant I'exérese.Celle-ci en active le développement qui semblait stationnaire.Le Les résultats esthétiques consécutifs à une opération sont donc des plus déplorables.Il n\u2019existe d\u2019ailleurs plus de chirurgien qui consente à les exciser, à moins que l\u2019exérèse ne soit immédiatement complétée par la radiothérapie.L\u2019ionisation iodurée et les scarifications ont ici remporté plusieurs succès.Mais l\u2019ionisation a une action excessivement lente et les \u2014\u2014 (1) Cet article a été commencé dans les numéros de juillet et août 1926. 716 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA scarifications seules exigent de très nombreuses séances, toutes douloureuses.Le traitement de choix est incontestablement la Roentgen- thérapie.Il n\u2019est pas contrindiqué d\u2019y joindre ionisation et scarifications.Leur apport, au contraire, semble parfois précieux.Sous l'influence d'un rayonnement plus ou moins filtré, selon le volume de la chéloïde, celle-ci s\u2019affaisse, s\u2019assouplit et se décolore.De petites- doses répétées de trois semaines en trois semaines en viennent rapidement à bout.Le bourrelet diminue, sa rougeur disparaît et la tumeur fibreuse fait place à une cicatrice linéaire, blanche, souple et peu apparente.Les chéloïdes évoluant souvent sur un terrain tuberculeux, ainsi qu\u2019il a déjà été dit, I'adjonction des Ultra-Violets serait encore ici conseillée, afin de remonter l\u2019état général du malade.Acné L'\u2019acné, selon la prédominance de tel ou tel élément \u2014 comédons, papules, pustules superficielles ou profondes, cicatrices \u2014 se présente sous de multiples aspects.Elle peut être ponctuée, papuleuse, pustuleuse, phlegmoneuse, indurée, polymorphe.La distribution en est disséminée ou agminée.L\u2019acné est profuse ou faite d\u2019éléments isolés.Des poussées incessantes d\u2019éléments jeunes en éternisent la durée, au grand désespoir des malades qui sont vraiment défigurés par ces ostio-périsfolliculites.\u201cSa \u2018localisation aux épaules, à la poitrine et au dos reñd impossible aux femmes le port des robes modernes décolletées, source d\u2019ennuis et d\u2019inconvénients.Un traitement hygiénique et médicamenteux doit être sévèrement observé.Des massages, des lotions, des poudres auront raison de certains cas faciles mais échoueront piteusement devant les rebelles.Et ceux-ci sont les plus nombreux.Tous les praticiens connaissent de ces sujets qu\u2019aucune médication médicamenteuse n\u2019améliore.Les réducteurs et même les exfoliants les plus variés n\u2019ont aucune prise sur certaines éruptions acnéiques.Médecins et malades sont également empoisonnés par la hantise de ces boutons -sans.césse renaissants, qui finissent par cribler la peau d'innombrables cicatrices.C\u2019est précisément cette forme d\u2019acné qui relève de la Radiothérapie.Celle-ci jouit auprès des dermatologistes d\u2019une haute ~ L'UNION MÉDICALE DU CANADA 717 réputation.La majorité des vieux acnéiques sont guéris par les radiations alors que tous les autres traitements avaient ramassé des défaites.Les rayons, de par leur action sclérosante, sidèrent et obstruent I'ostium folliculaire.Ils en rendent l\u2019endroit impropre à l\u2019évolution de cette dermatose.Un rayonnement nu ou peu filtré suffira dans les variétés superficielles Un rayonnement plus dur conviendra dans l\u2019acné profonde et indurée.Il faut agir avec une extrême prudence.Il serait regrettable de provoquer de la pigmentation ou des télangiectasies par des doses trop fortes, trop peu espacées ou trop souvent répétées.| L'acné mentonnière profonde des jeunes filles ou des femmes approchant la ménopause, acné en rapport avec des troubles utéro- ovariens, répond tres bien a ce traitement.L'\u2019opothérapie est aussi indiquée.L'acné chéloïdienne de la nuque exige impérieusement la Roentgenthérapie.Celle-ci agira également bien sur le double processus: acnéique et chéloïdien.* Cette forme résiste à tout autre traitement.Elle peut progresser pendant des années en laissant derrière elle un bourrelet fibreux, très saillant, très inesthétique.Les Rayons X, joints aux scarifications et à l\u2019électrolyse, en arrêteront la marche et réduiront les chéloïdes à des cicatrices peu apparentes.oo Les plus beaux succès sont obtenus sur ces larges zones d\u2019acné polymorphe allant de la nuque aux lombes.Quelques applications en ont bien vite raison.La Roentgenthérapie, quand on la compare à tous les autres traitements qui sont vantés et qui donnent des accalmies éphémères ou des résultats tout à fait nuls, est l\u2019un des meilleurs connus.Sans être étiologique, elle en est certainement le traitement de choix, surtout s\u2019il s\u2019agit de certaines formes rebelles à toute autre méthode.C\u2019est l\u2019opinion couramment admise.Granulosis rubra nasi Cette affection, que quelques auteurs mettent au rang des tuberculides, est fréquente chez les enfants et les adolescents.L'extrémité nasale est érythémateuse, plantée de micro-papules, est le siège d\u2019un suintement continu.Ces petites élevures sont habituellement d\u2019un rouge plus vif que le fond qu\u2019elles parsèment. 718 L'UNION MÉM'CALE DU CANADA Le Granulosis est ordinairement associé à de l'hyperidrose, dont elle n\u2019est vraisemblablement qu'une localisation singulière.Le traitement médicamenteux externe n\u2019a que peu d\u2019effet sur cette affection.Le cryocautère comporte quelques succès, mais lents.Brutalement manié, il donne suite à des cicatrices indélébiles.Les Rayons X, à doses faibles et prudentes, en effacent les signes.L'humidité, l\u2019érythème disparaissent rapidement.Les micro- papules s\u2019affaissent et le nez r:devient normal après quelques applications.Ephidroses Ces hyperidroses localisées aux paumes et aux plantes sont dues à un vice fonctionnel de la glande sudoripare.L'écoulement de la sueur est quasi constant.Il est augmenté par toute émotion.Les malades ont des mains humides et froides dont le contact est désagréable.Leurs pieds deviennent sensibles, par suite du refroidissement consécutif de la peau et d'ordinaire s\u2019en dégage une odeur fétide.Ces gens ont l\u2019obsession de leurs extrémités mouillées et malodorantes.Pour eux, donner la main est un cauchemar et demeurer dans un salon devient un supplice.Les poudres absorbent l\u2019humidité mais n\u2019ont aucune influence sur la source.Certains topiques, comme le formol, diminuent la sécrétion, mais leur emploi est à rejeter parce qu\u2019ils occasionnent des dermites.Les Rayons Roentgen agissent de façon remarquable.Il ne faut pas tenter par ceux-ci de tarir complètement la glande sudoripare, mais seulement d\u2019en diminuer l\u2019hyperfonctionnement, de rendre normaux les sujets qui sont affligés de cette affection.Certes, la destruction des glomérules est possible, mais comme.ils sont profondément situés dans le derme, souvent même dans la zone hypodermique, on conçoit que pour les scléroser complètement on serait forcé de donner des doses qui lèseraient gravement derme et épiderme.On doit d\u2019ailleurs chez les hyperidrosiques distinguer deux groupes: les émotifs où l\u2019excès sudoral est surtout causé par l\u2019action des myo-épithéliaux et ceux dont la sécrétion est véritablement augmentée par un travail glandulaire plus actif.Chez ces derniers particulièrement, des rayons superficiels, à petites doses, auront des succès singuliers.Sous leur influence les rt trie tte trente tit abe ame a L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 710 régions palmo-plantaires ne seront plus couvertes de ces gouttes abondantes.Elles deviendront sensiblement moins humides et l\u2019hypersécrétion fera place à une perspiration normale: Quant aux éphidrosiques émotifs, les rayonnements les aideront à revenir à la normale mais on y adjoindra un traitement psychique et des sédatifs nerveux.Bromidrose et Chromidrose La Bromidrose est une véritable infirmité.Elle est une variété de l\u2019affection précédente localisée aux extrémités, aux aisselles, aux aines, mais de plus elle est nauséabonde.Le malade est un objet de dégoût pour lui-même et de répulsion pour son entourage.Les bains fréquents et les savonnages répétés ne peuvent venir à bout de la mauvaise odéur qu\u2019extialent\u2019 ces individus.Certains se couvrent \u2018de parfums violents, mais vainement, car toujours sont perçus ces mauvais relents.La Radiothérapie, prudemment maniée, a raison de cette pestilence tout comme dans le cas précédent, en ralentissant la sécrétion sudorale.La Chromidrose, qui donne des sueurs colorées, rouges ou bleues le plus souvent, est pénible chez les femmes dont les vêtements sont constamment tachés aux aisselles.| Les Rayons X font souvent disparaitre cet ennui, parfois méme rapidement.Séborrhée L\u2019exagération de la sécrétion sébacée est habituellement liée à l\u2019hypersécrétion sudorale: c\u2019est la séborrhée fluente ou huileuse.Son siège d\u2019élection est au centre de la face, aux sillons naso- géniens, aux sillons rétro-auriculaires.On y constate un état luisant et graisseux.On y voit sourdre même de fines gouttelettes de graisse.Par un mécanisme semblable à celui qui ralentit l\u2019activité sudorale, les rayons X diminuent cette abondance de sécrétion sébacée.La peau s'assèche et prend une apparence normale.Le dosage devra être très prudent et les séances suffisamment espacées.En abuser c\u2019est s\u2019exposer à de l\u2019érythème, à de la pigmentation, à de la radiodermite, à des télangiectasies, qui constitueraient une infirmité pire que celle.dont on veut débarrasser le malade. 720 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Pelade L\u2019étiologie en est des plus obscures.La syphilis, particuliére- ment l\u2019hérédo-syphilis, et les troubles dentaires semblent en être les facteurs les plus usuels, où interviendrait un mécanisme endocrinien.I] est bien évident que si la syphilis est soupçonnée un traitement spécifique est immédiatement donné.Mais il existe des cas, et très nombreux, où l'enquête la plus serrée et l'examen le plus attentif ne révèlent aucune cause.On use donc d\u2019un traitement local qui est révulsif.Darier a été témoin de repousses rapides chez des peladiques porteurs de plaques glabres depuis fort longtemps, et ce à la suite de petites doses de rayons données de trois en trois semaines.| La Radiothérapie posséde incontestablement une action excitante, modifie un cuir chevelu dont les follicules pileux \u2018semblaient morts, active leur végétation.La médication opothérapique a été souvent essayée avec plus ou moins de succès sous forme médicamenteuse.Mais dernièrement Levy-Franckel et Juster ont tenté l'opothérapie roentgénienne.La thyroïde a été irradiée chez trente porteurs de plaques péladiques.Quatorze malades ont été guéris et sept améliorés.Il semble que les radiations constituent une véritable opothérapie sollicitante, déterminant une modification du métabolisme et ayant une action marquée sur le revêtement cutané.\u201cA l'introduction d\u2019une opothérapie hétérogène on tente de \u201csubstituer une activation opothérapique autogeéne.\u201d (Louste) L\u2019irradiation des endocrines est intéressante dans plusieurs dermatoses en relation avec un dysfonctionnement glandulaire.Quoi qu\u2019il en soit du mécanisme de l\u2019action des Rayons Roentgen, ceux-ci ont souvent de très beaux résultats thérapeutiques sur des pelades persistantes, soit en applications locales, soit par l\u2019intermédiaire des glandes à sécrétion interne.Psoriasis Sur certains placards rebelles on peut employer la Radiothérapie.La tache parakératosique rétrocède rapidement : les squames s\u2019émiettent, l\u2019érythème pâlit et il ne subsiste qu\u2019une légère pigmentation qui ne tarde pas à disparaître.Il ne saurait être question d\u2019irradier la totalité du tégument D le.| 1% ly, iy ls § IR § L'UNION MÉDICALE DU CANADA 721 dans le cas d'un psoriasis universalis.Mais heureusement il existe une autre méthode.Samberger croyant a I'action spécifique de I\u2019hormone du thymus sur la vitalité de I'épiderme, imagina que l'irradiation de cet organe permettrait d\u2019obtenir la guérison de certains psoriasis.Levy-Franckel et Juster, croyant à une déficience non seulement thymique mais pluriglandulaire, ont irradié simultanément thymus, thyroïde et surrénales, a petites doses, légèrement filtrées.Ces auteurs ont présenté des statistiques du plus vif intérêt.Elles indiquent 77% de guérisons.C\u2019est une technique remarquable par son élégance et son efficacité.En effet, le traitement médicamenteux par les topiques usuels, entr\u2019autres l'huile de cade, est très pénible.Les psoriasiques sont astreints à se graisser le corps avec des pommades ou des glycérolés malodorants et génants.Ce n\u2019est vraiment pas un traitement \u2018ambulatoire.Celui qui veut se soigner sérieusement par ce mode est forcé de garder la chambre durant parfois de nombreuses semaines, période où il est sale et englué.De plus, certains psoriasis résistent de la façon la plus opiniâtre aux réducteurs et décapants connus.La Radiothérapie polyglandylaire ne présente pas ces inconvénients.Quelques applications, séparées de quelques semaines, en amènent la guérison.C\u2019est évidemment moins désagréable que l'application des topiques.De plus, Levy-Franckel et Juster, sans oser l\u2019affirmer, car leurs recherches sont encore trop récentes, ont l'impression que cette méthode a pour autre heureux effet d\u2019espacer les récidives.Elle donne des résultats surprenants là où l\u2019opothérapie médicamenteuse avait des résultats piteux.Il convient d\u2019ajouter que l\u2019application des rayons sur les endocrines ne porte aucune atteinte à l\u2019état général et n\u2019est aucunement préjudiciable au fonctionnement de ces mêmes glandes.Nous croyons que le traitement du psoriasis par les radiations est la méthode de l\u2019avenir.Les Ultra-Violets ont aussi remporté quelques succès.Ces deux rayonnements associés sont peut-être appelés à remplacer très avantageusement tous les anciens traitements.De nouvelles expériences sont en cours qui apporteront encore plus de lumière sur ce sujet. 722 L'UNION MEDICALE DU CANADA Verrues vulgaires Ces excroissances hyperkératosiques sont contagieuses et auto- inoculables.Elles seraient dues à un virus filtrant.Elles sont caractérisées histologiquement par une hvpertrophie des papilles du chorion et un épaississement épidermique, portant surtout sur la couche cornée.Ces productions verruqueuses peuvent persister fort longtemps mais peuvent aussi disparaître spontanément.Aussi est-il bon quand on les traite d'éviter la production de cicatrices puisque la guérison spontanée n\u2019en produit pas.Le galvanocautere, le cryocautère,' l\u2019électrolyse exposent à cet inconvénient et sont douloureux.La Radiothérapie, au contraire, agit remarquablement bien, sans douleurs, et ne laisse pas de traces.En raison de leur hyperkératose, 1l faut se servir d\u2019un rayonnement filtré et donner une dose assez considérable d'emblée.Les verrues vulgaires résistent, en effet, aux rayons nus et aux petites intensités.Verrues plantaires Elles siègent de préférence sur les points d'appui.Elles sont très incommodes, parfois génantes au point d\u2019empêcher la marche.Elles sont plus profondément enchâssées dans la peau que les précédentes et exigent un traitement plus énergique pour en amener la disparition.L'électro-coagulation, le galvanocautère et le cryocautère donnent des réactions violentes qui immobilisent les malades.Ces procédés sont d'ailleurs souvent inefficaces ou exigent des séances nombreuses.La Radiothérapie filtrée, à bonne dose, les guérit facilement.Elle sidère le lieu d'implantation et la verrue disparaît peu à peu, insensiblement.\u2018 Verrues planes juvéniles Elles sont une forme particulière des verrues vulgaires.Leur contagiosité est beaucoup plus apparente.Elles peuvent s'effacer sans intervention.Elles sont très superficielles et réalisent le type parfait de la papule épidermique.La couche cornée y est infiniment moins accentuées que dans les vulgaires. ê Ally | le Sn Die, 4 | Usury | lem | i bay ; | que la | 1a tra © aes, ônne- ets | CORNE L'UNION MÉDICALE DU CANADA 723 Elles siègent surtout à la face, aux mains et se -propagent avec une grande rapidité.Le traitement ici encore devra viser à ne pas laisser de traces indélébiles.Les caustiques chimiques et physiques sont donc à proscrire.Les Rayons X'effacent ces verrues planes juvéniles avec une très grande rapidité.Souvent une petite dose de rayons nus ou peu filtrés suffisent à en débarrasser le sujet.| Le rayonnement utilisé est beaucoup plus mou que celui dont on se sert pour les verrues vulgaires et plantaires.Celles-ci sont profondes et fortement hyperkératosiques, tandis que les planes juvéniles sont superficielles avec une kératinisation légèrement augmentée.De plus, leur volume est beaucoup plus réduit.Végétations vénériennes Ces condylomes ont certains points de ressemblance avec les verrues.Certains auteurs n\u2019hésitent pas à en faire une variété à localisation génitale.Quelques petites végétations isolées seront aisément détruites par les caustiques.Mais chez les pusillanimes et surtout dans le cas de grosses masses végétantes la Roentgenthérapie a le pas sur les autres méthodes.Elle est indolore et réussit à flétrir rapidement et définitivement ces excroissances.L'\u2019ablation est pénible et n\u2019en prévient pas toujours le retour.Il en est ainsi des caustiques chimiques et physiques qui présentent ces mêmes désavantages.Le rayonnement sera quelque peu filtré afin d\u2019irradier complètement toute la masse bourgeonnante.La dose administrée est modérée car ces éléments sont très radio- sensibles.Kératoses pilaires Cet état acuminé, sec et rapeux de la peau est excessivement fréquent.Un tiers des humains en sont atteints à des degrés plus ou moins prononcés.Elle s\u2019efface habituellement aux alentours de la maturité, après avoir été en pleine efflorescence à la puberté et à l\u2019adolescence.Sa localisation de prédilection à la face externe des bras est très génante chez les jeunes filles et les jeunes femmes. L UNION MEDICALE DU CANADA Les formes intenses, avec un granité prononcé du tégument et des éléments folliculaires rouges, violacés ont un aspect déplorable et causent souvent le désespoir de celles qui en souffrent.La kératose pilaire rouge atrophiante de la face présente comme dans les formes intenses de la kératose pilaire simple de la rougeur granitée et acuminée.Mais sa tendance cicatricielle est beaucoup plus marquée.Localisée de préférence au tiers externe du sourcil et à la région parotidienne, elle finit par y créer des aires alopéciques, parsemées de petites taches atrophiques.I] convient donc de remédier à cet état de choses et d\u2019intervenir avant que ces dégâts permanents soient trop étendus.Les scarifications quadrillées peuvent dans certains cas enrayer la marche de cette affection.Mais elles sont douloureuses, longues et malheureusement souvent inopérantes.Cette dermatose est justiciable de la Radiothérapie, à petites doses superficielles.Elle ne fait évidemment pas repousser les poils dont le follicule est détruit, mais elle arrête l\u2019extension des kératoses pilaires, prévient la formation définitive de régions alopéciques et cicatricielles; elle en fait disparaître les petites saillies et l\u2019érythème tenace.Botryomycome C\u2019est une petite tumeur bénigne, d\u2019allure inflammatoire et de cause microbienne.La structure histologique est celle du bourgeon charnu.Cette production pédiculée s\u2019enlève facilement aux ciseaux mais comme elle est implantée profondément et que l\u2019exérèse n\u2019en enlève pas le foyer actif sa réapparition est la règle.Les Rayons X, à petites doses, plus ou moins filtrés selon la profondeur du lieu d'implantation de la tumeur, ont l\u2019heureux effet de la détruire et d'empêcher sa réapparition.Civatte a déjà préconisé les Ultra-Violets pour le traitement de Botryomycome.Associés, ces deux rayonnements devraient rendre d\u2019excellents services dans les cas réfractaires.Rhinosclérome Hypertrophie scléreuse, progressive qui, débutant à la lèvre supérieure et au nez sous la forme de petites tumeurs rouges et dures, L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 725 gagne les fosses nasales, le voile du palais, le pharynx et le larynx.C\u2019est une affection microbienne due au bacille de Frisch, dont l\u2019évolution est très lente mais dont la terminaison est fatale.Les topiques n\u2019ont aucun effet sur le rhinosclérome.On n\u2019en connaît aucun traitement interne efficace et toute intervention chirurgicale est fatalement suivie de récidives.La Radiothérapie a obtenu des succès encourageants dans certains cas, mais a éprouvé des déboires dans plusieurs autres.On ne peut toujours espérer de guérir le rhinosclérome par les Rayons X, mais comme ils sont, à tout prendre, le seul agent qui ait parfois réussi, leur emploi permet de tenter l\u2019unique chance que l\u2019on ait | } | i Uribe À i | (py ey agp En fi 0 a jouer.Pemphigus végétant bénin Nous omettons délibérément la forme grave, dite Pemphigus végétant grave, qui est constamment mortelle.Aucune médication n\u2019a pu jusqu\u2019ici en venir a bout.Quelques cas de guérison ont cependant été rapportés mais on en conteste l'authenticité.La forme bénigne évolue avec conservation d'un bon état général.Caractérisée par une bulle initiale elle présente bientôt un fond bourgeonnant, papillomateux, purulent.Des pansements antiseptiques essaieront de tarir cette purulence.On cautérise ces masses végétantes, soit avec le galvanocautère, soit avec des chimiques, mais fréquemment ces efforts sont stériles.Antiseptiques et caustiques n\u2019agissent pas ou si peu que la maladie n\u2019en évolue pas moins durant de longs mois.La Roentgenthérapie obtient dans le Pemphigus végétant bénin des résultats infiniment supérieurs à tous les autres traitements.Les exemples sont déjà nombreux où quelques applications de faible intensité et de légère filtration ont obtenu des succès éclatants.C'est la seule thérapeutique qui convienne dorénavant ici jusqu'à ce que l\u2019on en trouve une qui soit étiologique.(A suivre) PROTHÉSE RESTAURATRICE-BUCCO-FACIALE Par le Docteur ARTHUR BEAUCHAMP, L.C.D., D.C.D., Chef du service de Stomatologie de l'Hôpital Notre-Dame, Membre correspondant de la Société d'Odontologie de France.\u201cCette partie de la Stomatologie est trop peu connue des médecins et chirurgiens généraux qui, bien qu\u2019ils ne puissent en aucun cas l\u2019utiliser eux-mêmes, pourront, soit en réclamant la collaboration du stomatologiste, soit en lui adressant leurs malades, rendre à ces derniers les plus importants services.En même temps qu\u2019ils permettront le développement de ce genre de prothèse qui jusqu\u2019à présent n\u2019est utilisé que par un petit nombre de prothésistes à raison du matériel considérable qui est nécessaire et du nombre relativement faible des cas qui viennent à eux, le plus souvent d\u2019ailleurs par hasard.\u201d (Raynal.) Le nom de prothèse restauratrice est donné à cette partie de la Stomatologie un peu différente de la prothèse dentaire et de la prothèse orthopédique.La prothèse restauratrice comprend les appareils pour les fractures des maxillaires, la prothèse palatine et velo-palatine, la prothèse des mâchoires, de la langue, du nez et des oreilles.La prothèse des maxillaires comprend les différentes méthodes de traitements (frondes, chevestres, ligatures des dents, perforations, les fissures congénitales ou acquises par la maladie, la syphilis tertiaire le plus souvent, parfois la tuberculose et le traumatisme (arme à feu, coup de pied de cheval, etc.).Traitement \u2014Nous laissons de côté le traitement chirurgical qui est du domaine du chirurgien.Perforations On doit s'abstenir de placer un corps étranger dans une perforation.Les appareils sont destinés à sous-tendre les tissus: les ouates et les obturateurs ne devraient pas jamais être employés à cause de la pression constante que provoque la résorption du tissu osseux périphérique, ce qui fait qu\u2019au bout de quelque temps l\u2019appareil devient trop petit.fn 9 i \u201cfl pi u L'UNION MÉDICALE DU CANADA 727 Fissures simples ou doubles palatines ou velo-palatines Traitement \u2014Ces appareils se composent d\u2019une voûte palatine en caoutchouc ou mieux encore en or sous-tendant la fissure palatine et allant jusqu\u2019à la terminaison du palais osseux pour se continuer par un voile mobile de forme différente selon le cas.Martin, Luer1, de L.Delair, M.Roy (Paris), Brophy (Chicago), Kingsley, Martinier., etc, préconisent des méthodes de traitements par appareils de prothèse qui donnent d\u2019excellents résultats.® æ # Le service de Stomatologie de l\u2019Hôpital Notre-Dame, en opération depuis un an, a le plaisir de présenter quelques cas de restauration bucco-faciale, qui donnent entière satisfaction. 728 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Chirurgien: Docteur Geo.Badeaux, Hôtel-Dieu.Mars 1926.Fistule au palais à gauche.Examen: Masse molle de la grosseur d\u2019une noisette fistulisée au centre.Depuis plusieurs années, le patient doit faire ouvrir cette masse quand elle devient trop volumineuse.Du côté du nez, le plancher est soulevé.Absence de pus.Eclairage \u2014normale cc.Radiographie à l\u2019Hôtel-Dieu.Sinus transparents.Pertes de substance osseuse du côté alvéo- faire (large cavité).\u2018 Opération: le 24 avril 1926; large kyste para-dentaire ayant détruit le maxillaire supérieur (palais et bord alvéolaire).Sinus.maxillaire infecté. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 729 Prothèse: Docteur A.Beauchamp, Hôpital Notre-Dame.Guérison complète.La destruction ou l\u2019ablation de tout ou d\u2019une partie d\u2019un des deux maxillaires est forcément suivie de déformations et de troubles fonctionnels qui en raison de l\u2019affaiblissement des parties, des rétractions cicatricielles et des actions musculaires causent des ennuis sérieux.Madame C., 46 ans.Examen: Ablation de tout le maxillaire inférieur à la suite de l'enlèvement d'une tumeur ou peut-être d\u2019un séquestre volumineux.La vignette No 2 nous montre la pièce de prothèse, la photographie de la patiente avant et après la restauration.Prothèse: Docteur A.Beauchamp, Hôpital Notre-Dame.Le premier appareil que nous montre la vignette est construit de manière à ce que le palais dur soit solide, les bords de la fissure 730 ! UNION MEDICALE DU CANADA soient protégés par une substance demi-molle, soutenant la fissure palatine jusqu\u2019à la terminaison du tissu osseux.L'appareil se continue par un voile souple.Nous aurons l\u2019occasion de revenir vous entretenir du même patient après la restauration labiale et nasale qui nécessitera une prothèse plus compliquée.cd L'UNION MÉDICALE DU CANADA Un Cheilo-gnatho-staphylo-shisma compliqué par traumatisme post-opératoire M.B., 20 ans.Examen \u2014En plus de la division de la lèvre, de la voûte et du voile, nous constatons la perforation du plancher nasal et la présence de dents demi-incluses.Opéré quatre fois sans succès, c'est sur notre sollicitation que M.B.accepta et suivit le traitement par prothèse et les leçons de phonation, de diction et de respiration que nous lui avons enseignées durant deux mois avant d'arriver à un résultat presque parfait.Nous avons l'intention de faire l\u2019avulsion des dents nasales dans quelques mois.Historique \u2014Ce cas d\u2019origine congénitale et traumatique est très intéressant.En étudiant l\u2019histoire de famille au point de vue de santé, le père, la mère et le patient sont même forts et vigoureux.En insistant sur le questionnaire, nous\u2019 apprenons que la mère enceinte du patient fit une chute sur un trottoir en bois qui la rendit malade jusqu\u2019après la naissance.Depuis, sa santé est bonne et son enfant, robuste. RAPPORT DU RÉGISTRAIRE DU COLLÈGE DES MÉDECINS A l\u2019Assemblée générale des Gouverneurs, tenue à Québec, le 29 septembre 1926.Monsieur le Président, Messieurs les Gouverneurs, À l'avènement d\u2019un nouveau Président, le devoir incombe au Registraire de remplacer le discours d'ouverture par un Rapport personnel.C'est sans doute pour lui éviter cette tâche que vous avez pris l\u2019habitude de garder votre Président longtemps.Le Registraire vous en sait gré, et dans l\u2019accomplissement de son devoir il compte sur votre bienveillance.% # %# Vos prédécesseurs, Messieurs les Gouverneurs, nous avaient ordonné de faire imprimer à nouveau la loi organique qui nous régit, et les Règlements qui complètent la loi.Nous avons fait imprimer la loi conformément à la nouvelle édition des S.R.P.O.1925.Un exemplaire vous a été transmis en même temps que le rapport anticipé et les Règlements.Les Règlements sont actuellement composés et attendent pour être imprimés, votre sanction au nouveau programme d'examens préliminaires, les modifications à la tenue des examens professionnels, ainsi que les autres modifications règlementaires que vous croirez opportun de faire adopter et sanctionner par la présente assemblée générale.* #% % La dernière assemblée générale avait tracé comme programme annuel à votre Exécutif : \u201cl\u2019étude et I'amélioration des programmes d'examens et leur sanction\u201d.Vous constaterez par le Rapport de Monsieur Montpetit sur les examens préliminaires comme votre Exécutif s\u2019est appliqué à rendre justice aux deux éléments constitutifs de notre province en rédigeant et en recommandant un programme d\u2019examen basé sur l\u2019éducation particulière à chaque élément._ Les suggestions de M.le Professeur Rousseau relatives à la tenue- des examens professionnels ont été approuvés par l'Exécutif et sont recommandées à votre attention.Vous constaterez les modi- fic i dal fu L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 733 fications importantes suggérées par le Dr Rousseau, vous aurez à définir de quelle façon ces examens seront tenus, et à déterminer la date de leur mise en vigueur.+ + + Au cours du dernier terme, la question de la licence impériale fut chaque année mise a l'étude.Il nous a paru nécessaire pour
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