L'union médicale du Canada, 1 mars 1927, Mars
[" L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872 Vol.LVI MARS 1927 No 3 L\u2019INSULINE ET L\u2019ÉVOLUTION DU DIABÉTE Par MARCEL LABBE, Professeur à la Faculté de Médecine de Paris, Médecin de la Pitié.L'insuline a apporté une véritable révolution dans le traitement du diabète.Elle a conservé à la vie des sujets qui étaient auparavant voués à une mort prochaine que les meilleurs traitement ne pouvaient que retarder.Elle a rendu la santé et la possibilité de travail à des malheureux qui traînaient autrefois une vie d\u2019infirme.Ce n\u2019est point qu\u2019elle ait supprimé les autres thérapeutiques employées contre la maladie; la diététique, loin d\u2019être moins utile, est encore plus indispensable aujourd\u2019hui qu\u2019autrefois; et pour avoir méconnu cette nécessité que certains malades se sont trouvés fort mal de l'insuline et que certains médecins ont crié.à la faillite du remède.Ce n'est point qu\u2019elle guérisse le diabète comme quelques-uns avaient pu le croire dans l'enthousiasme de la première heure.L'insuline n\u2019est pas un moyen curatif s'adressant à la cause même ou À la lésion fondamentale du diabète; c\u2019est un remède physiologique, qui agit surtout par substitution, comme les autres médicaments opothérapiques.Nous verrons qu'on peut seulement entrevoir aujourd\u2019hui un espoir de guérison, après une longue suite de traitements.Pour se rendre compte des résultats obtenus par l\u2019insuline, il faut bien connaître ce qu\u2019est l\u2019évolution ordinaire du diabète.La maladie se présente sous deux formes principales: 1° Le diabète bénin, sans dénutrition azotée ni acidose, caractérisé par un simple trouble du métabolisme hydrocarboné, qui représente une sorte d\u2019infirmité plutôt qu\u2019une maladie, et qui reste longtemps stationnaire, sans évolution.2° Le diabète grave avec dénutrition azotée et acidose, où il existe un trouble des trois métabolismes, hydrocarboné, protéique et lipoïdique, qui évolue par étapes successives, plus ou moins vite et 128 L'UNION MÉDICALE DU CANADA aboutit fatalement à la mort par acidose.Celui-là est une véritable maladie et une des plus terribles qui soient.L\u2019insuline agit sur le diabète simple; elle diminue l'hyperglycémie et la glycosurie; mais son emploi est ici généralement inutile, car il n\u2019a guère pour résultat que de permettre de manger une petite quantité de pain supplémentaire, avantage bien faible au regard de l\u2019ennui des injections sous-cutanées.C\u2019est seulement dans les formes intermédiaires, où la tolérance pour les hydrocarbonés est faible, en cas de complications infectieuses qui aggravent le diabète, ou encore à l\u2019occasion d'une poussée d\u2019acidose que l\u2019emploi de l'insuline est indiqué pour cette catégorie de diabétiques.Par contre, l\u2019insuline est indispensable dans le diabète grave.Elle combat le trouble du métabolisme hydrocarboné, abaisse la glycémie et la glycosurie, reconstitue le glycogène hépatique et permet l\u2019utilisation des hydrates de carbone dans la proportion de ] gr à | gr 50 par unité clinique.L'observation ci-contre est un bon exemple de diabète traité efficacement par l'insuline.L'insuline exerce une action non moins efficace sur le méta- bolisme- azoté, faisant cesser la déperdition d'azote, et permettant même la fixation d\u2019azote, comme l\u2019ont vu Wilder et Boothby, Olmsted et Kahn et nous-mêmes, faisant cesser l\u2019ammoniurie, l\u2019amino- acidurie et l\u2019excrétion exagérée d'azote colloidal, ainsi qu'il ressort de nos observations.Par l\u2019insuline est arrêté ce processus de dénutrition qui aboutit à l\u2019amaigrissement, à la perte progressive ,des forces; par l'insuline se reconstituent les masses musculaires et la force physique.L\u2019action sur le métabolisme des graisses est particulièrement énergique.La lipémie, qui était exagérée, est ramenée à la normale; il en est de même pour la cholestérinémie et la lécithinémie; enfin les corps acétoniques (acétone, acide diacétique, acide B.oxybutyrique), facteurs de l\u2019acidose, subissent la combustion normale et disparaissent du sang et des urines.Ainsi sont conjurées les évolutions vers le coma diabétique; ainsi sont arrêtés sur le bord du coma, ou même guéris d\u2019un coma confirmé les malades qui auparavant succombaient à peu près fatalement.Cette action antiacidosique de l\u2019insuliné n\u2019est pas secondaire à l\u2019amélioration du métabolisme hydrocarboné; elle est plus rapide et plus intense même que l\u2019action exercée sur les hydrocarbonés, ainsi qu\u2019il ressort des observations de M.Labbé, de F.Widal, de Chauf- 129 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA DATES \u201c 24 Oct.25 \u201c 26 \u201c 27 28 29 \u201c \u2014 2 Nov.3 Nov.\u201411 \u201c 13.\u201c \u201416 \u201c 17 \u201c \u201416 \u201c 19 \u201c \u201423 \u201c 23 \u201c \u2014 1 Déc.1 Dée\u2014 8 \u201c 8 «\u201c \u201414 \u201c 14 \u201c \u201423 \u201c 23 \u201c \u201428 \u201c 28 \u2018\u201c \u201412 Janv H.C.Ingeres 76 gr 72 50 54 65 58 91 91 91 91 91 91 91 92 93 93 Insu'ine Unités cliniques 0 oC Oo Oo 15 45 60 75 75 90 90 90 90 90 Diabéte avec dénutrition azotée et acidose Evolution de la Glycosurie 69g,4 59g,4 53g,5 50g,6 338,7 46 \u2014 43 28 \u2014 63 74 \u2014 18 41\u2014 33 33 \u2014 12 6,1\u2014 28 16\u2014 0 0 \u2014 10 0\u2014 0 9 \u20146,7 0\u2014 0 Obs.Franci.H.C.utilisés 7 15 3 4 32 16 56 49 50 61 68 81 81 92 + + + + + FF FFF ++ 92 85 ° Va Moyenne + 11 Nt\u201d H.C.utihsés Réaction par unité d'Insuline 0,3 1,3 0,7 0,7 0,7 0,7 0,7 0,8 0.7 0,8 Gerhardt + + + + + de coco eo + + + 4+ + + + + + Evolution des corps acétoniques 25 gr 24gr,3 23 21 16, 56\u201413, 15 8, 7T\u2014 8, 2 5, 1\u2014 2, 3 3, 1\u2014 1 0, 88\u2014 0, 22 0 0 0 0 0 0 Poids en Kgs 40K,500 40K, 39K,800 39K,700 39K,400 44K,100 42K,560 41K,780 41K,450 41K,200 42K,100 42K,500 42K,900 43K,000 43K,600 130 L'UNION MÉDICALE DU CANADA fard: et elle doit être considérée comme le résultat d\u2019une action directe de l\u2019hormone pancréatique.¥ Bn % Les premières observations publiées au Canada et aux Etats- Unis, celles qui ont été recueillies ensuite dans le monde entier, nos observations personnelles confirmatives des premières ont bien établi la valeur thérapeutique remarquable de l'insuline et ce qu'on pouvait en attendre chez les diabétiques, à condition de l\u2019employer judicieusement et suivant des règles sur lesquelles les médecins s'accordent dans tous les pays.Mais une nouvelle question se pose, celle de savoir si l'insuline exerce une action sur l\u2019évolution même du diabète grave, si elle la retarde, si elle l\u2019ärrête, si elle guérit la maladie.Pour en juger, 1l a fallu plusieurs années d\u2019expérience; encore, si nous avons pu établir déjà quelques notions intéressantes, ne sommes-nous pas en état de trancher la question.!l nous faut un recul de plus de trois années.Au commencement, de vastes espoirs étaient nés.Quelques cuteurs avaient cru trouver dans l'insuline un médicament curateur du diabète.Mais on n\u2019a pas tardé à s\u2019apercevoir que l\u2019insulige agit par substitution momentanée et que lorsqu'on la supprime le diabète reprend son évolution.On a vu des accideñts brutaux survenir très vite après la cessation des injections d'insuline; cela ne tient pas à une susceptibilité plus grande de l'organisme, mais à ce que le régime, qui avait pu être renforcé pendant la cure d'insuline qui le faisait tolérer, devenait dangereux et comatigène dès que l\u2019insuline était supprimée.C\u2019est une règle bien établie aujourd\u2019hui de réduire le régime alimentaire et de supprimer la viande aussitôt que chez un diabétique grâve on interrompt la cure d'insuline.Sans croire à une action curative, d\u2019autres auteurs avaient pensé que l'insuline pouvait au moins arrêter l\u2019évolution de la maladie.Allen et Sherrill avaient cru le voir chez leurs malades; mais Banting et Fletcher leur ont fait remarquer que certains de leurs malades avaient subi l\u2019aggravation fatale.Williams a vu dans les cas graves qu\u2019il a traités le trouble glycorégulateur s\u2019accentuer et nécessiter l'augmentation des doses d'insuline.J'ai vu en 1924 un diabétique grave (Obs.Desdm.\u2026.) rester pendant cinq mois sans aggravation de la maladie sous l'influence des traitements discontinus par l'insuline; mais il semble qu\u2019à ce L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 131 moment une poussée évolutive soit survenue car la capacité d\u2019utilisation hydrocarbonée qui était toujours restée à 25 gr tomba à 15 gr.Dans un autre cas de diabète grave remarquablement amélioré par l'insuline (Obs.Francf.), il semble que pendant les 9 mois d'observation, malgré les apparences- de santé, le processus morbide ait poursuivi son évolution, car les 90 unités d\u2019insuline quotidiennes qui avaient au début fait disparaître l\u2019acidose et permis l\u2019utilisation de 180 grammes d\u2019hydrates de carbone totaux ne réduisaient plus complètement l\u2019acidose et ne permettaient plus l\u2019utilisation que de 134 grammes d'hydrocarbones.Chez un enfant diabétique, une cure faite en février avec 90 unités d\u2019insuline avait fait cesser complètement l\u2019acidose et donné une utilisation de 86 grammes d\u2019hydrocarbones; en juin une nouvelle cure ne faisait plus complètement cesser l\u2019acidose et ne laissait utiliser que 60 grammes d\u2019hydrocarbones.Dans une série d'observations recueillies depuis trois ans, en calculant par périodes successives la tolérance pour les hydrocarbonés, j'ai pu me rendre compte que durant les deux premières années au moins l\u2019évolution du diabète se poursuit et la capacité d\u2019utiliser les hydrocarbonés baisse progressivement malgré un traitement ininterrompu par l'insuline, en sorte que \u2018pour maintenir le sujet dans un même état de santé relative on est obligé d'augmenter progressivement les doses d'insuline.Ainsi, pendant les premières années tout au moins, l\u2019insuline ne me paraît point arrêter l\u2019évolution du diabète.Elle n\u2019est cependant point sans action, et il semble bien que les étapes se succèdent moins rapidement et que l\u2019évolution de la maladie soit retardée.En tous cas, les diabétiques traités par l\u2019insuline, bien qu\u2019ayant recouvré une santé apparente, restent très fragiles et exposés à de nombreux accidents.Les statistiques montrent qu\u2019ils succombent dans de fortes proportions.En mars 1926, sur 24 malades qui ont été traités depuis deux et trois ans, j'en comptais 12 morts et 12 vivants; le chiffre est d\u2019ailleurs le même actuellement.C\u2019est assurément un fort déchet, mais cela représente pourtant une amélioration de près de 50% sur les résultats \u201cobtenus avant l'insuline, puisque les diabétiques que j'envisage avaient une survie qui ne dépassait guère deux à trois ans et que plusieurs de ceux qui comptent dans ma statistique m\u2019ont été amenés dans le coma, \u2018complication à peu près fatale avant l\u2019emploi de l'insuline. 132 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Les causes de mort sont intéressantes à considérer.Sur les 12 cas, 5 se sont terminés dans le coma, 3 par suppuration et infection, 4 par tuberculose pulmonaire.Qu\u2019on ne s'étonne pas de voir encore plusieurs morts dans le coma à notre époque d\u2019insuline.Il s'agissait de malades qui n\u2019étaient plus sous notre direction, qui avaient négligé le régime et l\u2019insulinothérapie et qui n\u2019ont pu être soignés assez tôt ni assez énergiquement.Une de ces malades que j'avais sortie de coma deux ans auparavant, a négligé son traitement pendant un séjour à Trouville et cela lui a coûté la vie.Une autre a été plus heureuse; ayant pendant l\u2019été abandonné régime et insuline, elle tomba au bout de peu de jours dans le coma, mais, étant à Paris, put être secourue à temps et guérie.C\u2019est presque toujours pendant l\u2019été, où les malades sont moins surveillés, que nous avons à déplorer les morts dans le coma.La même remarque a été faite par Joslin.- Des 3 morts par infection la première est due à une parotidite suppurée survenue chez une de nos diabétiques qui s'était retirée dans un village d\u2019Auvergne.La seconde est survenue chez un homme atteint de diabète à évolution rapide qui, sous l'influence d\u2019une sinusite grave, tomba dans le coma; une cure énergique d\u2019insuline amena la guérison de ce coma; mais une nouvelle poussée de sinusite provoqua une nouvelle attaque de coma; celle-ci, malgré le traitement par l'insuline qui jugula l\u2019acidose, entraîna la mort dans un.état de collapsus cardiaque.La troisième mort est due à un abcès qui se produisit au niveau d\u2019une injection d'insuline; les menaces de coma furent écartées par l'insuline à haute dose, mais une septicémie emporta le malade.Si la mort par tuberculose paraît fréquente chez les diabétiques traités par l'insuline, c\u2019est que les sujets sauvés du coma par l'insuline ont survécu assez longtemps pour que la tuberculose qu\u2019ils avaient en germe pût se développer; avant l'insuline ils auraient été emportés précocement par le coma.La mort des diabétiques par tuberculose paraît beaucoup plus fréquente en France qu\u2019en Amérique; cela tient à ce que la tuberculose est plus répandue chez nous qu\u2019aux Etats-Unis où une lutte énergique a été menée contre la maladie; par contre, on voit dans les statistiques américaines les diabétiques emportés par la pneumonie qui offre une fréquence et une gravité plus grande chez les Américains que chez les Français.rer L'UNION MÉDICALE DU CANADA 133 .Une statistique du méme genre a été établie par Joslin; elle porte sur 127 cas de diabéte grave traités par l'insuline depuis un an et demi en moyenne.Au bout de ce temps 23 sont morts.Dans les cas mortels la durée moyenne de la maladie a été de quatre a cinq ans.Les morts sont dues aux causes suivantes: coma 9 (dont 2 seulement à l'hôpital, 7 résultant de négligence ou d\u2019ignorance); pneumonie 4; affections cardiorénales 4; septicémie 1; méningite 1; tuberculose 1; érvsipèle !; abcès 1; obstruction intestinale I.En somme, les diabétiques graves, traités par l'insuline, restent des sujets fragiles; ils doivent être soumis à une surveillance attentive de la part du médecin.Ils doivent même apprendre à se surveiller et à se soigner eux-mêmes, afin de reconnaître les premières menaces du mal, qui doit être traité aussi précocement que possible.*% % % oh Tels sont les faits observés durant les deux premières années de traitement par l'insuline.Il nous a semblé depuis lors que des événements plus favorables se produisaient lorsque le traitement était prolongé: Joslin, Root et White pensent aussi que la première année de la maladie est la plus dangereuse et que si le diabétique y survit, il aura des chances de résister longtemps.Ils croient à la possibilité d\u2019une amélioration réelle à la suite des traitements prolongés et en citent l\u2019exemple suivant: un jeune homme dans la septième année du diabète, traité par 88 unités d'insuline, a une glycémie de 2gr,90; en six mois il réduit peu à peu ses prises d'insuline à 20 unités et son poids augmente de 20 Kgs.Plus récemment, Joslin écrit que sur 100 diabétiques il yen a 40 qui après un traitement prolongé n\u2019ont plus besoin d\u2019une aussi forte quantité d'insuline pour se maintenir en équilibre, et que ces 40 sont ceux qui ont très exactement suivi leur régime et leur cure d'insuline de façon à se maintenir constamment aglycosuriques.Harold Bowcock et James Wood- ont vu chez un enfant traité pendant dix-huit mois par l\u2019insuline une élévation légère de la tolérance.Gladys Boyd observe à la suite des traitements prolongés de petites crises d\u2019hypoglycémie qu\u2019elle attribue à une élévation de la tolérance hydrocarbonée.Elle cite 3 cas dans lesquels la quantité d'insuline nécessaire pour obtenir l\u2019utilisation de 10 grammes d\u2019hydrocarbonés a baissé dans la proportion de 1/2 à 2/3. 134 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Banting en septembre 1925 envisageait les 15 premiers malades qu\u2019il avait traités par l\u2019insuline et montrait que 6 d'entre eux, âgés de moins de 15 ans, avaient aujourd\u2019hui une tolérance plus élevée et demandaient, pour se maintenir aglycosuriques, une dose d'insuline moindre (de 1/5 à 1/3) qu\u2019au début; un seul enfant, qui avait mal suivi le régime, avait une diminution de la tolérance; 5 adultes ont également gagné en tolérance pour les hydrocarbonés; | a gagné tellement qu\u2019il n\u2019a plus besoin d'insuline malgré un régime libre; deux seulement n\u2019ont pas eu d'amélioration dans leur capacité d'utilisation.Grâce à une surveillance minutieuse des régimes, du poids, de la glycosurie et de l'acidose, j'ai pu aussi, dans quatre cas, mettre en évidence une amélioration réelle du sujet et une tendance du diabète à la régression.Le premier est celui de Mme Dur.qui, traitée par l'insuline depuis deux ans et demi, a vu, malgré le bon résultat apparent, son diabète s\u2019aggraver pendant 1924 et la première moitié de 1925, tandis qu\u2019à partir de 1925 il manifestait une tendance progressive à l\u2019amélioration.La courbe de la capacité d'utilisation hydrocarbonée le montre bien : avant l'insuline +68 \u2014 I7 + ET après l\u2019insuline +30 \u2014 37 \u2014 13 \u2014 20 \u2014 35,0 + 70 Le second est celui de la petite Dev.traitée par l'insuline depuis la fin de mai 1923, dont la quantité d\u2019utilisation hydrocarbonée s\u2019est abaissée progressivement pendant 1924 malgré l'excellent résultat donné par les injections d'insuline.En décembre 1924, quand j'examinai l\u2019enfant, elle avait une forte glycosurie (213 grammes), une acidose forte (9gr,25 de corps acétoniques) et une réserve alcaline basse (30, 5 vol, de CO2).Par contre, en décembre 1925, avec un régime et une quantité d'insuline identiques, sa glycosurie n\u2019était que de 44,7 grammes et son acidose était nulle.Le troisième est celui de Mme Kir\u2026 dont le diabète qui se mesurait avant l\u2019insuline par une capacité d\u2019utilisation hydrocarbonée de \u20ac5 gr, passe successivement après l\u2019emploi de l'insuline par les chiffres de 29, 50 et 58, s\u2019abaissant au début d\u2019une grossesse à +43, 22, 53 pour se relever vers la fin à 82 et 125 et monter dans l\u2019année qui suit l\u2019accouchement à 134, 198, 187 grammes. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 135 Le quatrième est celui d\u2019un jeune homme de seize ans que jai soigné autrefois avant la découverte de l'insuline par le régime seul avec un excellent résultat, mais qui a vu cependant \u201cson diabète s\u2019aggraver progressivement, en sorte qu\u2019il a fallu le traiter par l'insuline: au début, malgré les bons effets du médicament, le diabète a poursuivi son aggravation, nécessitant pour obtenir la cessation de la glycosurie et de l\u2019acidose des doses d'insuline de plus en plus élevées.Or, à Pâques 1926, sa mère m'écrivait que l'enfant avait depuis quelque temps, à la suite de la seconde injection quotidienne d'insuline, des crises caractérisées par de la diplopie et par un délire intense avec faiblesse des jambes; elle le couchait alors, et le lendemain le garçon se réveillait parfaitement bien.En même temps, le petit malade avait augmenté notablement de poids, sa glycosurie avait diminué, et malgré la diminution de la dose d\u2019insuline, l\u2019acidose n\u2019avait plus aucune tendance à reparaître.Il semblait donc bien que l\u2019on avait affaire à des crises d\u2019hypoglycémie, se produisant chez un diabétique dont la maladie était en voie de régression.| Depuis, j'ai vu encore chez un de mes diabétiques anciennement traités se produire des crises d\u2019hypoglycémie en rapport avec une diminution de la glycosurie, et une augmentation de la capacité d'utilisation hydrocarbonée.Les crises d\u2019hypoglycémie se produisant dans ces conditions doivent donc être regardées comme un bon pronostic.Elles sont l\u2019indice d\u2019une possibilité de diminuer le taux cles injections d'insuline.Ces améliorations survenues après un traitement prolongé à l'insuline ne peuvent être attribuées à une simple accumulatiion du médicament.Allen avait pensé à une régénération des îlots de Jangerhans.Boyd et Robinson admettent cette régénération et en citent un exemple histologique.Schields Warren et Howard Root ont constaté à l\u2019autopsie de 26 diabétiques traités par l\u2019insuline une régénération du pancréas qui se produisait seulement après plusieurs années de maladie.J'ai quelque scepticisme à l'égard de ces constatations, car je ne crois pas les aspects histologiques des îlots de Langerhans assez caractéristiques pour permettre d'apprécier leurs capacités histologiques.I] est possible qu\u2019il ne s'agisse que d\u2019une régénération fonctionnelle.Celle-ci pourrait résulter d\u2019une excitation par l\u2019honnone msulinienne, ou bien d'une mise au repos de l\u2019appareil glycorégulateur 136 L'UNION MÉDICALE DU CANADA par l\u2019action combinée du régime et de l'insuline qui permettrait à l'organe de récupérer sa puissance physiologique.Quoi qu\u2019il en soit de leur interprétation, ces faits permettent d'espérer une régression et peut-être même une guérison du diabète.[ls nous encouragent à poursuivre énergiquement et prattiquement le traitement par l'insuline.Ils montrent enfin que la découverte de Banting et Best, qui a déjà porté des fruits admirables, nous promet encore de nouveaux bienfaits. DE L\u2019ECLAMPSIE PUERPERALE Par E.A.RENE DE COTRET, Professeur de Clinique obstétricale à l'Université de Montréal, Accoucheur en chef à l'Hôpital Notre-Dame.L\u2019on peut parler de l\u2019éclampsie de deux manières plus ou moins.distinctes.Premièrement, l\u2019on peut prendre la question du point de vue purement scientifique : 1° En cherchant une définition adéquate, vraie de l\u2019éclampsie ; mais d\u2019un autre côté, il ne faudra pas oublier tout d\u2019abord que l\u2019éclampsie n\u2019est pas une maladie dans le sens propre du mot: elle n\u2019est qu\u2019un syndrome ou un ensemble de symptômes qui ont comme aboutissant la convulsion: : | - : 2° En cherchant la cause et la pathogénie de l\u2019éclampsie.Mais on les recherche depuis des années et des années.On a édifié théorie sur théorie; et sans cesse tous les échafaudages, élevés à grands renforts d\u2019expériences et d\u2019expérimentations, et parfois d'imagination, croulent devant des faits probants et des théories toujours naissantes ou renaissantes.3° En instituant un ou des traitements qui cherchent à se concilier les théories; mais presque toujours ces traitements ne résistent pas plus au temps que les théories.Souvent ils paraissent agir favorablement que grâce à leur nouveauté, et ils n\u2019ont que la durée éphémère des théories qui les font préconiser.En effet, nous revenons souvent à des traitements qui ont été condamnés et puis oubliés pendant des années.Et nous leur trouvons de nouveau les avantages et les effets merveilleux qu\u2019on en tirait autrefois.Ne voit-on pas souvent tels spécialistes condamner un traitement qui donne de vrais et beaux succès dans les mains d\u2019autres spécialistes ?Et pourquoi ?° Parce qu\u2019il ne concorde pas avec les théories émises par eux-mêmes.Et ne voit-on pas également les seconds spécialistes leur rendre le change et leur renvoyer la balle ?: Parfois, devant toutes ces théories et tous ces traitements, l\u2019on est tenté de se demander si le traitement de l\u2019éclampsie ne sera pas toujours empirique.Le plus souvent, le traitement va à l\u2019encontre de la majorité des théories, et cependant il réussit à sauver un grand nombre de malades.Comment en expliquer les résultats favorables, et que faut-il en conclure ?Comment le praticien ordinaire va-t-il s\u2019en tirer, se débrouiller dans ce dédale, ce labyrinthe de théories et de traitements, parfois 138 L'UNION MÉDICALE DU CANADA diamétralement opposés ?Le point de vue scientifique regarde spé- .cialement les théoriciens, les savants et les spécialistes.Mais comment vont s\u2019accommoder les praticiens ordinaires de toutes ces théories qu'on veut leur imposer, de toutes ces recherches qu\u2019on leur demande de faire dans l\u2019examen du sang et de l\u2019urine ?Les praticiens ordinaires ont-ils le loisir de les entreprendre et les capacités pour les mener à bonne fin ?Hélas ! non; et cependant, aux prises avec les difficultés de la pratique, il faut qu\u2019ils se tirent le plus souvent seuls d\u2019embarras, à leur honneur et dans l'intérêt de leurs patientes, qu\u2019ils ne voient souvent que pour la première fois, aux prises avec les affres de la terrible éclampsie.Tout cela m\u2019amène à dire que : Deuxièmement, l\u2019on peut traiter la question de l\u2019éclampsie du point de vue pratique seulement, c'est-à-dire pour le praticien ordinaire, pour celui qui fait de la clientèle générale, non pas en faisant fi de toutes les théories, mais en acceptant pour le moment ou moins, grosso modo, celles qui paraissent le plus en accord avec les traitements qui donnent le plus de succès.Pour la plupart des praticiens, il leur faudra longtemps encore se résigner à faire ce qu\u2019à la rigueur l\u2019on peut appeler un traitement empirique, dans le but de sauver leurs patientes.Qu'ils laissent les savants et les spécialistes débattre la question de la pathogénie de l\u2019éclampsie, en arriver à une conclusion bien nette et sûre, et trouver comme corollaire le traitement vraiment spécifique de cette affection ou de ce syndrome.Je crains fort qu\u2019on n\u2019y arrive de longtemps car la cause ou la pathogénie de l\u2019éclampsie est encore trop obscure et trop complexe.Après tout, dans la pratique journalière, quand le praticien fortement occupé, soit à la campagne, soit à la ville, se trouve en face d\u2019une éclampsie, a-t-il le temps, le loisir et la disposition d\u2019un laboratoire pour recourir aux recherches des vraies causes de la terrible affection ?Pas toujours, et je dirai plutôt rarement, si encore il a quelque connaissance du laboratoire.Et que faire alors?Se croiser les bras en attendant le résultat d\u2019un examen qu\u2019il a demandé à un technicien de laboratoire ?Peut-il toujours diriger sa malade vers un hôpital situé plus ou moins loin ?Des obstacles variés peuvent s\u2019y opposer.Il lui faut donc agir seul et promptement, car il ne sait jamais si la première convulsion ne sera pas en même temps l'unique convulsion qui tuera la malade s\u2019il n\u2019intervient pas rapidement par un traitement héroïque que l\u2019expérience, sinon l\u2019habitude, a prouvé être un bon traitement ou au moins un traitement*qui a déjà donné quelques bons résultats. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 139 Et même quand la malade arrive à l'hôpital, a-t-on le droit d'attendre toutes les recherches scientifiques du laboratoire avant d\u2019instituer le traitement qui pourrait lui sauver la vie.De plus, les portes du laboratoire sont-elles ouvertes à toute heure du jour et de la nuit ?le technicien est-il là à toutes les minutes ?Je vous avouerai franchement que, pour ma part, j'estime trop la vie de mes semblables pour retarder, ne füût-ce qu\u2019une minute, d'appliquer un traitement que je crois bon, même s\u2019il n\u2019avait pas l\u2019approbation de tous mes confrères.Pour moi, la vie de mes patientes prime tout; la science passe au second plan, dans mon opinion.| Ainsi donc, c\u2019est surtout au point de vue pratique et le plus a la portée du praticien ordinaire que je me placerai pour indiquer les symptômes de l\u2019éclampsisme et de l\u2019éclampsie, et le traitement à leur appliquer.Je ne veux pas cependant laisser de côté le point de vue scientifique ou théorique dont je ne poserai que sommairement les jalons.Après tout, c\u2019est peut-être une page d'histoire que j'écris: l\u2019histoire de l\u2019éclampsie.Qu'est-ce que l\u2019éclampsie ?Certains auteurs français n\u2019admettent pas l'expression éclampsie puerpérale; ils lui préfèrent la dénomination d\u2019accès éclamptiques survenant à la suite de l\u2019auto-intoxication gravidique.D\u2019autres auteurs, français, anglais ou américains, nous diront que l\u2019éclampsie est un syndrome caractérisé par des accès convulsifs avec ou sans perte des facultés sensorielles et intellectuelles.Je définirais plus volontiers l\u2019éclampsie comme la phase ultime de l\u2019auto-intoxication de la grossesse ou la manifestation bruyante d\u2019une intoxication aiguë se surajoutant à une intoxication chronique de la grossesse.Fréquence La fréquence de l\u2019éclampsie varie suivant que les femmes sont ou non examinées pendant leur grossesse au point de vue de l\u2019intoxication et suivant qu\u2019elles se soumettent ou non au régime approprié à leur état d\u2019intoxication, s\u2019il en existe un.La fréquence varie suivant les différentes statistiques entre ! fois sur 300 à 1 fois sur 200 accouchements.L\u2019éclampsie est à craindre à partir du cinquième mois de la grossesse, mais c\u2019est surtout dans les deux derniers mois que sa fréquence est plus grande.Cependant on a rapporté des cas graves d\u2019éclampsie au troisième, au quatrième et au cinquième mois. 140 L'UNION MÉDICALE DU CANADA D\u2019après la plupart des auteurs, la fréquence relative serait de 25% pendant la grossesse, de 505 pendant l'accouchement et de 25% après l\u2019accouchement.Mon expérience personnelle d'un nombre considérable de cas d\u2019éclampsie me force à renverser cette proportion et à dire qu\u2019au moins 50% des cas se manifestent pendant la grossesse.L\u2019explication de cette différence est assez facile à donner: l\u2019une des conséquences fréquentes de l\u2019éclampsie étant de déterminer le travail, celui-ci paraît à tort être la cause de l\u2019éclampsie et en provoquer l\u2019apparition.II est rare que I'éclampsie post-partum débute après le deuxième jour des suites de couches.L\u2019éclampsie survient plus souvent dans la classe pauvre; plus souvent à certaines saisons, et plus souvent pendant certaines années.Etiologie \u2014 Pathogénie Les causes prédisposantes sont la primiparité, surtout à un âge avancé, l'irritabilité nerveuse, les maladies antérieures du rein et du foie (scarlatine ou autre maladie infectieuse), la gémellité, l\u2019'hydram- nios, l\u2019infantilisme, les viciations du bassin.L'\u2019éclampsie récidive quelquefois à plusieurs grossesses successives; j'en cite un cas personnel au cours de ce travail.| Malgré le nombre toujours croissant des théories et des hypothèses émises pour expliquer la pathogénie de l\u2019éclampsie, la nature intime du syndrome éclamptique reste encore ignorée et obscure.Aussi Zweifel a-t-il désigné l\u2019éclampsie sous le nom de maladie des théories, et, pour Bar, l\u2019éclampsie reste la maladie des hypothèses.On a appelé l\u2019éclampsie, tour à tour, en tenant surtout compte du principal symptôme, les convulsions: épilepsie aiguë, spasmes rénaux, convulsions urémiques, urémie cérébrale à marche aiguë, encéphalo- pathie albuminurique, etc.Tous les auteurs sont actuellement d\u2019accord pour la considérer comme une intoxication.Mais d\u2019où vient cette intoxication © Estelle produite par une insuffisance des organes chargés d\u2019éliminer les poisons de l'organisme, foie et rein, ou bien par un production exagérée des poisons pendant la grosszsse.On reste réduit aux hypothèses et aucune preuve absolue n\u2019a été encore donnée permettant d\u2019admettre sans réserve l\u2019une des nombreuses théories invoquées.Il peut être intéressant d\u2019énumérer les nombreuses théories et hypothèses qu\u2019on a invoquées pour expliquer la nature de l\u2019éclampsie : 1° Théorie nerveuse \u2014Les anciens auteurs en avaient fait une L'UNION MEDICALE DU CANADA 141 névrose : aussi l\u2019appelaient-ils épilepsie puerpérale ou hystérie puerpérale.2° Théorie de la névrose déterminée par une irritation réflexe du système cérébro-spinal dont le point de départ réside dans les souffrances de l\u2019utérus.3° Théorie de l'altération matérielle des centres nerveux et de leurs enveloppes, ou modifications des centres nerveux: (a) congestion ou anémie; (b) œdème cérébral; (c) anémie suite d\u2019ædème.4° Théorie de l\u2019anémie générale.5° Théorie sanguine.L\u2019éclampsie est due a un empoisonnement du sang, qui rend ce liquide inapte à stimuler régulièrement les centres nerveux.6° Théorie rénale.L\u2019éclampsie serait provoquée par le mauvais fonctionnement du filtre rénal et par la rétention dans le sang des produits excrémentitiels qui normalement sont éliminés par les urines.La théorie rénale, qui n\u2019est après tout que la théorie sanguine, a donné naissance à un grand nombre de théories: (a) de l\u2019urémie; (b) de l\u2019ammoniémie; (c) de la créatinémie; (d) de l\u2019urochronémie; (e) de l\u2019oxalémie; (f) de la potassiémie; (g) de l\u2019urinémie, etc.7° Théorie éliminatrice généralisée.Bouchard a montré que l\u2019organisme est, à l\u2019état normal comme à l\u2019état pathologique, un réceptacle et un laboratoire de poisons, les uns venus du dehors, les autres provenant de !\u2019organisme lui-même, et résultant des combustions de l'organisme.Ces poisons ou produits: acide carbonique, urée, acide urique, acide oxalique, acide hippurique, créatine, créatinine, leucine, xanthine, urochrome, sels de potasse et de soude, circulent dans le sang.L'homme se trouve ainsi constamment sous une menace d'empoisonnement; il travaille à chaque instant à sa propre destruction, il fait d\u2019incessantes tentatives de suicide par intoxication, et cependant cette intoxication ne se réalise pas, car l\u2019organisme possède des ressources multiples pour y échapper.Ces ressources sont les organes éliminateurs: la peau, les poumons, les intestins, le foie, les reins.La grossesse jette un double trouble dans les éliminations de l\u2019organisme: d'une part, en ralentissant les combustions, ou plutôt en les réduisant, elle rend l\u2019élimination plus difficile; d'autre part, en entravant la circulation générale et en altérant certains organes, elle gêne le fonctionnement des organes éliminateurs.Si les organes éliminateurs suffisent à leur tâche, pas d\u2019éclampsie; si, au contraire, il y a insuffisance partielle ou générale, l'éclæmpsie se montre. 142 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 8° Théorie de la néphrite, que Mussey semble vouloir renouveler en cherchant la similitude des symptômes de la toxémie pré- éclamptique avec ceux de la glomérulo-néphrite.Mussey se base sur l\u2019étude de onze cas de toxémie éclamptique dont dix ont offert le tableau clinique de la glomérulo-néphrite aiguë.Il conclut que le symptôme complexe de la toxémie pré-éclamptique est souvent identique, tant dans le tableau clinique que dans la fonction rénale, avec celui de la glomérulo-néphrite aiguë: céphalalgie, malaise général, hypertension, œdème plus ou moins marqué des extrémités; et dans les cas graves: douleur épigastrique, céphalalgie persistante, troubles de la vue, oligurie, albumine, cylindres et sang dans les urines; chute rapide de l\u2019hypertension qui coïncide avec une décharge urinaire, disparition de l\u2019œdème et amélioration des symptômes.Il conclut que dans plusieurs cas de toxémie, il n\u2019y a pas de doute que les symptômes de la néphrite prédominent.9° Théorie de la compression de l\u2019uretère qui produirait l\u2019urémie.10° Théorie microbienne.L'éclampsie serait une maladie infectieuse.Cette infection aurait son -point de départ à différents endroits de l\u2019économie.Pour Talbot et LaVake, il y aurait un foyer d'infection aux amygdales, aux dents ou ailleurs.Stroganov croit que le microbe pénètre par le poumon.Albert et Muller prétendent que la porte d'entrée du microbe est aux organes génitaux.11° Théorie hépatique: hépatotoxémie.L\u2019éclampsie est due à une infection intestinale contre laquelle le foie est insuffisant.12° Théorie toxique ou théorie de la toxémie.Les lésions du foie et des reins, et l\u2019hypertension étant considérées comme des lésions secondaires à un empoiscnnement du säng, on a cherché si le sang des éclamptiques était toxique et à quelle intoxication pouvait être rapportée l\u2019éclampsie.Les recherches récentes sur le sang des éclamptiques ne démontrent pas qu\u2019il y a toxémie, mais seulement que le sang est gravement modifié; elles montrent aussi que si le sang contient des poisons, ceux-ci sont de nature variée: lipoïdes, matières protéiques, ferments, enzymes.Bumm a pratiqué des transfusions chez des femmes anémiques avec le sang des éclamptiques; et pas une femme transfusée n\u2019a présenté de signes de toxémie.13° Théorte de l\u2019'auto-intoxication.Je reviendrai plus tard sur cette théorie.14° Théorie des réactions biologiques.Schmorl a prétendu que les lésions hépatiques caractéristiques de l\u2019éclampsie étaient proba- 8 ve L'UNION MÉDICALE DU CANADA 143 blement causées par la pénétration dans le sang de la mère d2 cellules syncitiales qui, en se détachant, forment des embolies qui s\u2019autolysent et sont capables d'agir sur les cellules viscérales à la man:ère de cvtolysines.Cette théorie donnerait naissance aux théories: (a) théorie de l\u2019agglutination: (b) théorie de l\u2019hémolyse; (c) théorie de l\u2019anaphylaxie.(a) Théorie de l\u2019agglutination.On s\u2019est demandé s\u2019il n\u2019y aurait pas incompatibilité de groupe entre le sang du fœtus et le sang de la mere.Cette incompatibilité serait susceptible de provoquer l\u2019agglutination des globules du fœtus dans la circulation de la mère, puis le bombardement des capillaires par les amas globulaires, que les anatomo-pathologistes ont appris depuis longtemps à retrouver dans les thromboses vasculaires des éclamptiques et qui amorceraient les phénomènes d\u2019oblitération vasculaire, d\u2019hémorragie et de nécrose.(b) Théorie de l\u2019hémolyse.Les cellules syncitiales agissent comme un organe étranger greffé sur l'organisme maternel; elles jettent dans le sang qui circule entre les villosités des hémolysines et y provoquent l'apparition d'anticorps (syncitiolysines); un défaut d\u2019équilibre entre ces phénomènes, constants dans la grossesse, serait la cause de l\u2019éclampsie.Selon Schmorl,-les cellules syncitiales, en se détachant, forment des embolies qui s\u2019autolysent et sont capables d'agir sur les cellules viscérales à la manière de cytolysines.(c) Théorie de l\u2019anaphylaxie.Dienst s\u2019est demandé si, après la rupture possible de villosités choriales, les embolies fibrino-leuco- cytaires, les fragments syncytiaux, ou le plasma du fœtus, se mélangeant à celui de la mère, ne pouvait pas exercer une action anaphylactique.De leur ccté, Thies, Lockeman et Grafenburg croient que la mère, qui est sensibilisée pendant la grossesse par de petites qantités d\u2019albumine fœtale, peut souffrir du shock anaphylactique, si de grandes quantités du sang fœtal pénètrent subitement dans la circulation maternelle.PD'autre part, Mayer pense que la diminution marquée de I'éclampsie pendant la guerre européenne est due à l\u2019abstinence sexuelle relative.Il prétnd qu'après le coït certains éléments du sperme sont normalement absorbés par la muqueuse vaginale ou utérine et qu'ils sensibilisent la femme.C\u2019est ce qui le porte à croire que le coit fréquent peut conduire à une réaction pseudo-anaphylac- tique ou à l\u2019éclampsie.° 144 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Lévi-Solal et A.Tranck sont d\u2019opinion que les phénomènes de l'éclampsie sont identiques à ceux du shock anaphylactique.Ils appuient leur opinion: 1° sur le tagleau clinique, c'est-à-dire la soudaineté de l'attaque, le retour possible à des grossesses successives, et la disparition fréquente des symptômes avec la mort du fœtus; 2° par les expériences sur les animaux; 3° par l\u2019action biologique du principe convulsivant qui est similiaire à celle du principe anaphylactique.15° Théorie de la pénétration des éléments fætaux dans la circulation maternelle.Cette théorie serait à peu près équivalente à la théorie des réactions biologiques qu\u2019elle aurait mise de l'avant.Cette théorie se base sur le fait que, pendant la grossesse, une quantité variable de l\u2019ectoderme du fœtus, et même de fragments de villosités choriales, pénètrent dans la circulation maternelle.Ces éléments agissent comme des poisons (syncytio-toxines) qui sont rendus inoffensifs par l\u2019apparition des anti-corps (syncytiolysines) dans le sang maternel.Mais si, pour une raison quelconque, les syncytiotoxines sont en quantité trop considérable pour être neutralisées, ou si la formation des syncytiolysines est trop faible, les symptômes de l\u2019empoisonnement apparaissent et l\u2019éclampsie suivra éventuellement.16° La théorie de l\u2019action des produits du métabolisme fætal et la théorie de l\u2019action des produits de l\u2019altération du placenta constituent ce que beaucoup d\u2019accoucheurs appellent la Théorie ovulaire.La théorie des réactions biologiques ne constituerait qu\u2019un paragraphe de la théorie ovulaire.L'apparition du syndrome éclamptique, si particulier chez les femmes enceintes, sa disparition habituelle après l\u2019expulsion de l\u2019œuf ont donné à penser que la cause première de la maladie devait être recherchée dans l\u2019œuf même.Quelques accoucheurs ont pensé que le fœtus malade devait jeter dans l\u2019organisme maternel ds poisons particulièrement violents.D\u2019autres ont considéré les lésions du placenta comme le point de départ de l\u2019intoxication; aussi ces derniers auteurs ont-il imaginé la théorie placentaire.Fehling prétend que l\u2019éclampsie serait due aux poisons fætaux qui, arrêtés à l\u2019état normal par le placenta, pénétreraient accidentellement dans l'organisme maternel et favoriseraient les coagulations si communément observées chez les éclamptiques.17° Théorie de l\u2019altération du métabolisme maternel.Spiegel- berg, le premier, émit l'hypothèse que la carbonate d'ammoniaque mr Ar. .L'UNION MEDICALE DU CANADA | 45 dans le sang de la mére devait étre tenu responsable des crises de l\u2019éclampsie.Quelques années plus tard, Ludwig et Savor accuserent l\u2019acide carbamique.Et puis on a accusé tour a tour des poisons variés: l\u2019urée, l\u2019acide lactique, les ferments, les matières protéiques et lipoïdes, etc.Cette théorie est à peu près identique aux théories sanguine et rénale.18° Théorie endocrinienne.Dès que l\u2019on sut apprécier l\u2019importance des glandes à sécrétion interne, il devint évident que, leur fonction étant modifiée pendant la grossesse, il devait s'établir un nouvel équilibre endocrinien.Aussi a-t-on cherché la cause première de l\u2019éclampsie dans une réaction anormale par excès ou par défaut des glandes endocrines.La fréquence et l\u2019intensité de l\u2019hypertension ont attiré l'attention sur les lésions éventuelles des surrénales et sur le rôle pathologique qu\u2019il convenait de leur attribuer.On a également recherché la cause de l\u2019éclampsie dans les lésions de l\u2019hypophyse dont l\u2019activité est accrue pendant la grossesse.On l'a également recherchée dans l'insuffisance thyroïdienne ou parathyroïdienne.De même on a pu faire des hypothèses sur le rôle de l\u2019ovaire et du corps jaune.19° Théorie mammaire.Selheim, en 1910, émit l\u2019hypothèse que l\u2019éclampsie pouvait être causée par des toxines élaborées dans la glande mammaire.Il appuyait sa théorie sur les travaux des vétérinaires relatifs à la fièvre vitulaire dont les analogies avec l\u2019éclampsie sont assez grandes.Selheim crut que le fait d'arrêter les accès éclamptiques, par l\u2019injection d\u2019iodure de potassium dans la mamelle, était une preuve suffisante de la justesse de sa théorie.Herren- schneider appuyait cette théorie et cherchait à la prouver par l\u2019amputation des deux seins.| 20° Théorie alimentaire.Le nombre considérablement diminué des cas d\u2019éclampsie pendant la guerre, et le retour au taux de l\u2019avant- guerre après la cessation des hostilités firent croire que l\u2019alimentation riche en matières azotées et en graisse était la grande cause de l\u2019éclampsie.| 21° Autre théorie alimentaire, de Tweedy.En 1913, H.Tweedy émettait la théorie que la causé première de l\u2019éclampsie, c\u2019est l\u2019alimentation: la nourriture ordinaire deviendrait toxique pendant la grossesse; elle engendrerait la toxémie et l\u2019éclampsie.Il explique comme suit comment la grossesse agit comme cause contributive : les anticorps dans le sang ne font pas que protéger contre les bactéries pathogènes, mais ils agissent sur la résultante de la digestion qui 146 \u2018 L\u2019 UNION MEDICALE DU CANADA circule dans le sang et c\u2019est ainsi qu\u2019ils sont concernés dans le dernier processus de la digestion.Pendant la grossesse, les anticorps auraient un autre rôle en plus, celui de neutraliser les effets dès albumines provenant du fœtus.Supposons, dit Tweedy, que le sang contienne IO anticorps, 5 sont nécessaires pour la digestion normale, 4 pour \u2018neutraliser les matières protéiques du fœtus, il y en a | en excès, et tout va bien.Mais si l\u2019appétit augmente et nécessite 7 anticorps, on voit tout de suite la toxémie s\u2019installer.Si, en plus, les poisons du fœtus nécessitent 7 anticorps, la toxémie ne fera qu'empirer.Pour combattre la toxémie que l'insuffisance des anticorps ne peut arrêter, on prescrita la diète lactée (ne demandant que 3 anticorps) et au besoin la suppression de toute alimentation et la guérison ne tardera pas d\u2019apparaître.: 22° Théorie des changements physico-chimiques ou théorie de l\u2019eau.Zangemeister, en 1919, lance sa théorie de I'hydropisie de la grossesse (vieille théorie ressuscitée de Traube-Rosenstein), d\u2019apres laquelle, sous I'influence de quelque substance inhérente à la grossesse, la perméabilité des parois des capillaires est accrue, avec le résultat que les sérosités s\u2019infiltrent dans les tissus, donnant ainsi naissance à l\u2019ædème et à l\u2019anasarque.La pression artérielle augmente pour vaincre la résistance périphérique; l\u2019albumine apparaît comme conséquence de l\u2019œdème des cellules rénales; la céphalalgie et les symptômes du côté dè la vue reconnaissent comme cause l\u2019ædème du cerveau et de la rétine.Enfin, pour Zangemeister, la cause longtemps recherchée de l\u2019éclampsie est trouvée, c'est EAU.23° Théorie de l'hypertension.La constance de l'hypertension artérielle, son intensité, son évolution, généralement parallèle à\u2019 celle des crises convulsives, l\u2019influence thérapeutique manifeste des procédés, tels que la saignée, qui semblent susceptibles de la faire baisser, l\u2019ont fait considérer, par beaucoup d\u2019auteurs modernes, comme le phénomène majeur de l\u2019éclampsie.Pal, Vasquez comptent cette affection parmi les hypertensions paroxystiques, et ils ont émis l'hypothèse d\u2019un spasme capillaire généralisé.L'\u2019hypertension artérielle serait une conséquence du spasme.Mais quelles relations peut-on reconnaître entre ces troubles de la circulation capillaire périphérique et le mécanisme de l'hypertension.L\u2019hypertension semblerait due à une sorte de barrage de la circulation au niveau des anses capillaires, mais la nature de ce barrage reste mystérieuse.24° Théorie de l'excès de fibrine dans le sang.Schmorl avait cru que les thromboses étendues qui coïncident avec l\u2019éclampsie L'UNION MÉDICALE DU CANADA 147 pouvaient être dues à l\u2019action du fibrine-ferment (thrombine).Dienst soutint énergiquement cette hypothèse.Ce dernier prétendait que l\u2019augmentation du fibrine-ferment, associée à un fibrinogène plus puissant dans un plasma contenant anormalement moins d'\u2019anti- thrembine, était responsable des phénomènes observés pendant les crises d\u2019éclampsie.Dienst était sous l\u2019impression que la quantité de thrombine plus considérable que d'habitude était produite dans le placenta par les leucocytes, et que, comme le foie malade ne pouvait plus produire l\u2019antithrombine nécessaire, il en résultait des coagulations intra-vasculaires.25° Théorie de l\u2019excès de calcium dans le sang.Les recherches poursuivies par D.Consoli sur le métabolisme du calcium chez les femmes éclamptiques lui ont permis de constater que celui-ci est notablement altéré; il y aurait-hypercalcémie.Mais les tas étudiés n\u2019ont pas été suffisamment nombreux pour permettre d'expliquer cette augmentation de calcium qui peut être aussi bien envisagée\u201d comme effet que comme cause de l\u2019état morbide.26° Théorie menstruelle.L.Bublitschenke ne croit pas que l\u2019éclampsie soit due à l\u2019alimentation par les albuminoïdes et les graisses, parce que le nombre d\u2019éclampsie a augmenté à l\u2019Institut de Petérbourg de 1912 à 1922, années pendant lesquelles la famine a régné en Russie.Pour lui, l\u2019éclampsie ne dépend pas d'une maiadie du rein et elle n\u2019a aucun rapport avec les complications de la grossesse.Chez les patientes éclamptiques, il y a toujours une histoire d\u2019une menstruation à apparition tardive et à type anormal.L'accouchement prématuré, si fréquent dans l\u2019éclampsie, est dû à l\u2019irritabilité excessivement augmentée du système nerveux.De Lee semble approuver quelque peu cette théorie, car, dit-il, la toxémie se montre plus fréquemment chez ies femmes à type dispituitaire, surtout hypofonctionnel.~ 27° Théorie de la lumière.En 1925, A.Hochenbichler, se basant sur le traitement de 20 éclamptiques, conclut que la lumière exerce une action favorable sur le métabolisme minéral du corps: les réserves alcalines sont augmentées par la diminution de l\u2019acidité; le calcium est retenu et le chlorure de sodium est éliminé en grande quantité par les urines.Cet auteur prétend qu'il y a plus de cas d\u2019éclampsie le printemps et l\u2019automne, saisons pendant lesquelles les rayons solaires sont moins effectifs à cause de l\u2019humidité de l\u2019air.Pendant les beaux jours de l\u2019été, la pression artérielle est plus basse par suite de l\u2019action des raypns ultra-violets.Hochenbichler a traité 148 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 80 patientes souffrant d\u2019éclampsisme par les rayons ultra-violets et pas une seule malade n\u2019a fait d\u2019éclampsie.Pour lui, les rayons ultra-violets produisent les mêmes résultats que la saignée; ils diminuent la pression artérielle, augmentent la diurèse et abaissent la température.Malgré le nombre considérable des théories et des hypothèses émises pour expliquer la nature intime du ou des poisons de l\u2019éclampsie, on n\u2019est pas beaucoup plus avancé aujourd'hui qu\u2019il y a trente ou quarante ans dans la connaissance de la pathogénie de cette terrible maladie ou plutôt de cet épouvantable syndrome.Il y a un ou des poisons, \u2018l'accord est établi là-dessus; mais quel est-il ?d\u2019où vient-il 7 La réponse reste et restera peut-être longtemps encore en suspens.Ce poison agit surtout sur le foie et le rein; il produit une intoxication plus ou moins profonde; il élève la pression artérielle quelquefois d\u2019une manière formidable; par quel mécanisme?est-ce par irritation des capillaires ?Il déclanche la convulsion soit comme conséquence de l\u2019anémie cérébrale due à la contraction des capillaires qu\u2019il a provoquée, soit par une irritation directe du système nerveux central.Après l'exposé de toutes les théories de l\u2019éclampsie, il est facile de voir que, d\u2019une part, plusieurs théories se ressemblent plus que moins et qu'elles peuvent se résumer .en un nombre beaucoup plus restreint; et que, d\u2019autre part, plusieurs théories, qui ont eu plus ou moins de vogue et qui ont paru assez plausibles dans le temps pour satisfaire les idées d\u2019un certain nombre d\u2019accoucheurs, peuvent être mises d'emblée de côté aujourd\u2019huir parce qu\u2019elles ont été abandonnées avec raison par leurs protagonistes.Trois théories sont actuellement en faveur: 1° la théorie de l'intoxication d\u2019origine maternelle; 2° la théorie de l\u2019intoxication ovulaire; 3° les théories anaphylactiques.Dans l\u2019auto-intoxication maternelle (théorie la plus généralement admise et que je crois la plus plausible), l'organisme est intoxiqué pour trois raisons, qui peuvent s\u2019allier du reste : (a) Il y a hyperproduction de toxines, par exemple au niveau du tube digestif (c\u2019est une entéro-toxémie) ou de tout autre organe (corps thyroïde) ; (b) Il y a défaut de neutralisation des toxines, par suite d\u2019une insuffisance cles organes préposés à la défense de l\u2019organisme, le foie principalement: c\u2019est une hépato-toxémie; L'UNION MÉDICALE DU CANADA 145 (c) Il y a défaut d\u2019élimination des toxines, par mauvais fonctionnement des émonctoires: intestin, reins.Dans l\u2019auto-intoxication d\u2019origine ovulaire (qui semble pour quelques auteurs la véritable origine de l\u2019éclamtpie) on peut donner les explications suivantes : (a) Le fœtus fabrique des toxines qui passent à travers le placenta dans le sang maternel; (b) Le placenta ne détruit plus les toxines d\u2019origine fœtale; - (c) Il se produit des embolies de syncytium dans la circulation maternelle.| Dans la théorie de l\u2019anaphylaxie, le fait le plus important est celui qui a été mis en valeur par Dienst: la rupture possible de villosités choriales.On s\u2019est demandé si les embolies fibrino-leuco- cytaires, les fragments syncytiaux, ou le plasma du fœtus, se mélangeant au sang de la mère, pouvait exercer une action anaphylactique.Naturellement, la théorie de l\u2019anaphylaxie devrait être comprise dans la théorie ovulaire.Après la lecture de toutes ces théories, on doit admettre que le traitement de l\u2019éclampsie restera empirique et non scientifique aussi longtemps qu\u2019on ignorera la cause première du syndrome éclamptique. PSEUDO-ANKYLOSES CONSÉCUTIVES AUX POSITIONS VICIEUSES DES MEMBRES AU COURS DES MALADIES INFECTIEUSES AIGUES OU CHRONIQUES (1) Par le Docteur |.E.DUBE, Professeur de Clinique Médicale, Medecin de l'Hôtel-Dieu, et le Docteur ED.RANGER, Assistant bénévole à la Climque Médicale, à l\u2019'Hôtel-Dieu.Le but de cet exposé, M.le Prof.Dubé vous le dira dans quelques instants, n'est pas tant de vous parler d\u2019ankylose, mais de la Prophylaxie et du traitement de cette complication consécutive à certaines maladies aiguës et chroniques.Par définition l\u2019ankvlose serait une diminution ou une impossibilité absolue d\u2019une articulation naturellement mobile.Elle peut être vraie ou fausse : a) vraie: lorsqu'il y a soudure des extrémités articulaires entre elles: b) fausse: il y a pseudo ou fausse ankylose, et c\u2019est ce qui nous intéresse au point de vue médical, lorsqu'elle résulte d\u2019une adhérence des feuillets de la membrane synoviale, ou d\u2019une simple sécheresse de cette membrane, ou de la rigidité des faisceaux ligamenteux et des muscles qui avoisinent cette articulation.(N.B.\u2014L\u2019ankylose vraie ou fausse suppose toujours que le membre est resté longtemps immobile.) L'ankylose peut être intra ou extra capsulaire : L'ankylose intracapsulaire est celle qui reconnaît pour cause des changements survenus dans l'articulation elle-même; elle est membraneuse ou osseuse suivant la nature des adhérences établies entre les surfaces articulaires.L'ankylose est extracapsulaire lorsqu\u2019elle est produite par des altérations survenues en dehors de l'articulation (par rétraction des ligaments et aponévroses, ou par des dépôts autour de l\u2019articulation, etc.) C\u2019est à peu près la seule dont le traitement soit couronné de succès.(1) Communication faite au Dimanche du Praticien, séance du 7 nov. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 151 Ces notes sont forcément rudimentaires et incomplètes et n\u2019offrent d\u2019autre intérêt que de rafraîchir notre mémoire.Les quelques malades que nous allons vous présenter vous diront elles-mêmes les bienfaits de la thérapeutique qui leur a permis de recouvrer l\u2019usage de leurs membres; permettez-nous de souligner en passant quelques faits relativement à leur état antérieur.Ière observation \u2014MIle N., âgée de 52 ans, fut admise dans le service de M.le Prof.Dubé en février dernier et présentait à son entrée des douleurs articulaires erratives localisées d\u2019abord aux genoux, puis successivement aux coudes et aux articulations métacarpo-phalangiennes.Son passé accuse un lourd tribut à cette affection; la première attaque remonte à 18 ans, la malade alors ne s\u2019est pas alitée et continuait de vaquer à ses occupations (soins du ménage, etc.).I y a 8 ans une seconde attaque plus forte que la première obligea la malade à recourir aux soins hospitaliers: les mêmes articulations étaient tuméfiées et très douloureuses; la douleur était alors lancinante et plus vive, augmentée par le mouvement et le froid, apaisée par le repos et la chaleur; la faiblesse était progressive et l\u2019amaigrissement très prononcé.Après un repos de 3 mois, la malade améliorée demande son congé.Il y a 2 ans, la malade pouvait encore vaquer à ses occupations, accusant cependant des raideurs articulaires à son lever; depuis ce temps la douleur, la faiblesse et les étourdissements l\u2019ont forcée au repos.Il y a 9 mois la malade demande de nouveau son entrée à l'hôpital, elle est admise dans le service de M.le Prof.Dubé, présentant les signes notés plus haut.L\u2019examen des urines, la constante d\u2019Ambard, la cytologie, le métabolisme basal, le Neisser, le Wassermann, tous ces examens ne présentent rien de particulier.La température oscille entre la normale et 100, le pouls va de pair avec une moyenne de 85.La P.A.varie peu, la différentielle semble cependant s\u2019améliorer et passe de 140/85 à 11G/75.Le coeur sensiblement touché garde l'empreinte d\u2019une affection déjà ancienne.Les 2 genoux et le coude droit sont déformés et ankylosés, les 2 mains également.Bref, le diagnostic semble s\u2019affirmer, mais pour que le doute ne subsiste en votre esprit, on peut d'après Potain, Serbanesco et Tissier se fonder sur le résultat des examens radiographiques: dans la Goutte, la lésion primitive est plutôt périarticulaire qu\u2019intraarticulaire, les tophus développés dans les extrémités osseuses ou dans les tissus articulaires tranchent nettement par leur clarté sur le tissu environnant; dans le rhumatisme déformant, au contraire, les lésions sont primitivement cartilagineuses et souvent les travées osseuses de nouvelle formation unissent les extrémités osseuses malades.Une radiographie des 2 mains fut prise très récemment et elle nous montre que les surfaces articulaires sont littéralement fondues; nous pouvons donc poser maintenant hors de tout doute notre étiquette de rhumatisme chronique déformant.A la suite du traitement les douleurs sont maintenant disparues, la malade a repris 16 livres, les déformations persistent et l\u2019ankyloge régresse. 152 L UNION MEDICALE DU CANADA Ilème Observation.\u2014Voici une deuxième malade non moins intéressante: Mlle Cécile X., âgée actuellement de 18 ans, a été hospitalisée pour une typhoïde grave, dans le service de M.le Prof.Dubé, du 17 septembre 1924 au 25 mars 1926 (soit 18 mois).A son arrivée.elle présentait les signes cliniques d\u2019une typhoïde sévère avec prédominance de symptômes ataxo-adynamiques marqués : délire violent, convulsions, soubresauts tendineux, de la carphologie, une prostration extrême avec perte des urines et des matières, troubles des réflexes et de la sensibilité.Pendant 3 mois la température oscille entre 100 et 105, la malade maigrit, se cachectise, fait des escarres multiples, notamment au sacrum, et à la partie supéro-externe de la cuisse et qui nécessitera plus tard une autoplastie.En novembre, aucune amélioration, les escarres ont assez bonne apparence mais la cachexie est profonde.En février 1925 (5 mois après son entrée) on note l\u2019arrêt de l'amaigrissement et de la cachexie, la malade reprend des forces mais accuse une ankylose des genoux en flexion.Le redressement forcé, sous anesthésie, est pratiqué le 22 octobre 1925; vers le mois de janvier 1926 la malade marche un peu seule, mais elle est courbée en avant à cause de l\u2019ankylose partielle des articulations coxo-fémorales.Le traitement institué alors, dont on vous parlera bientôt, a produit les résultats que vous êtes à même de constater.1IIème observation.Mlle M.-L., âgée de 40 ans, est admise à l'hôpital dans le service de M.le Prof.Dubé de 4 mars 1924; elle se présente pour ankylose des membres, souffre de rhumatisme depuis 7 ans, tousse et expectore depuis une huitaine; la mère est morte à 27 ans de tuberculose pulmonaire.Objectivement on note une infiltration d\u2019un sommet, toux grasse avec présence de bacilles dans les crachats, transpiration profuse et ama*gris- sement de 35 livres.L\u2019évolution a une allure chronique; la température oscille entre la normale et 100 avec une pulsation moyenne de 90; la formule globulaire va de pair avec l\u2019état général, Les articulations des membres supérieurs et inférieurs sont douloureuses, déformées, ankylosées et fléchies.Un chirurgiene conseille un redressement forcé sous anesthésie, mais la malade refuse et demande congé, après une année d'hospitalisation.IVème observation \u2014Mme A., âgée de 37 ans, est admise le 5 août dans le service de M.le Prof.Dubé, souffrant d\u2019infection puerpérale.Alitée depuis 3 mois, elle a vu consécutivement l\u2019ankylose apparaître à ses membres inférieurs.Ce cas ne vous est signalé qu\u2019en passant, car il entre dans le cadre d\u2019une autre communication qui vous sera faite au cours de la présente séance.Le traitement des pseudo-ankyloses doit comprendre en premier lieu leur prophylaxie et en deuxième lieu leur traitement proprement wear wt WwW L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA | dit.Parmi les malades que nous venons de voir, la première, entre autres, Mademoiselle Cécile, a été très longtemps dans le service comme on nous l\u2019a dit, souffrant d\u2019une fièvre typhoïde grave compliquée de plaies de lit de la région sacrée et de la cuisse gauche, région trocanthérienne: La première est survenue alors que la malade, profondément intoxiquée, délirante, et se nourrissant très mal, était immobilisée presque tout le temps dans la position dorsale.La seconde plaie de lit est apparue lorsqu'\u2019au cours du traitement de la plaie sacrée, devenue très douloureuse, la malade dut prendre dans son lit la position latérale.Pendant cette longue période de traitement la malade prit tout naturellement une position en flexion des cuisses sur le tronc, des jambes sur les cuisses, alors que les pieds étaient en extension.Malgré qu\u2019elle fût sans fièvre depuis plusieurs semaines, et que ses plaies fussent en bonne voie de cicatrisation, elle présentait une telle déformation des membres inférieurs par pseudo- ankylose, des articulations coxo-fémorales, du genou et des pieds, consécutives à la longue position vicieuse des deux membres inférieurs qu\u2019il lui était absolument impossible de se mettre debout.Elle se tenait dans une position semi-acroupie, tout son poids portant sur l\u2019extrémité des deux pieds.C\u2019est alors que nous avons entrepris en collaborant avec le Dr Rhéaume, chirurgien, le redressement de ses \u201c membres.Le docteur Rhéaume pratiqua le redressement forcé sous anesthésie et appliqua des appareils plâtrés.Cette opération fut suivie de grandes douleurs pendant plusieurs jours.Lorsque les appareils furent enlevés quelques jours après, l'amélioration était très marquée.Cependant, la malade dut garder le lit quelque temps encore à cause de la réouverture de la plaie sacrée, les membres inférieurs reprirent ainsi leur mauvaise position et plus tard 1l fallut des séances de massage et des mouvements passifs longs et répétés avant d\u2019obtenir les résultats que l\u2019on peut constater actuellement.La liberté de mouvement des pieds et des genoux fut assez rapidement obtenue, ce fut beaucoup plus long et plus pénible pour amener l\u2019extension normale des deux cuisses et lui permettre de marcher tout à fait comme elle le peut aujourd\u2019hui, sinon plus.Chez la deuxième malade, atteinte de phlébite post-puerpérale, la pseudo-ankylose existe aux genoux et aux pieds seulement.La jambe est en position normale par rapport à la cuisse, mais les mouvements de flexion sont presque impossibles et très douloureux alors que le pied est fixé en extension.Le traitement de la phlébite a demandé l\u2019immobilisation de la jambe pendant très longtemps 154 L'UNION MÉDICALE DU CANADA puisqu aucun mouvement de cette jambe ne fut permis qu'après quinze jours d'apyrexie.La troisième malade, atteinte de rhumatisme chronique déformant, présente comme chez Mademoiselle Cécile des membres inférieurs en flexion de la cuisse et de la jambe.Ce sont les douleurs articulaires qui forcèrent la malade à adopter cette longue position vicieuse qui l\u2019a soulagée.Traitement prophylactique Est-ce que nous aurions pu prévenir chez ces malades ces pseudo- ankyloses ?Nous croyons que oui, si au cours des affections aiguës graves le médecin traitant exige que la garde-malade fasse des mouvements passifs de toutes les articulations des membres inférieurs et supérieurs: flexion des pieds et des mains, des genoux et des coudes, avec flexion et rotation de la cuisse sur l\u2019abdomen, élévation et rotation des bras aux épaules.Nous croyons que chez des malades comme Mademoiselle Cécile, alors que le délire et l\u2019inconscience nous privent de leur concours, il faudrait en plus fixer les membres inférieurs dans leur position normale au moyen d'appareils plâtrés ou autres, en avant soin de les enlever assez fréquemment pour pratiquer frictions, massage et mouvements passifs.Chez la deuxième malade, atteinte de phlébite aiguë, l\u2019immobilisation du membre inférieur a été absolument nécessaire pendant longtemps, la pseudo-ankylose du genou était donc fatale.La fixation du pied en extension aurait pu cependant être évitée et nous avions prescrit chaque jour des mouvements passifs de l\u2019articulation tibio-tarsienne et si nous l\u2019avions fixé dans sa position naturelle au moyen d\u2019un appareil quelconque d'enlèvement facile entre les séances de massage, il suffirait aujourd\u2019hui d\u2019amener dans le genou seulement les mouvements de flexion.La malade n'aurait pas à endurer en plus dans son pied les douleurs que provoque la garde-malade en pratiquant chaque jour les exercices forcés.Quant à la troisième malade, atteinte de rhumatisme chronique déformant, nous croyons que les articulations malades doivent être immobilisées en position normale au cours de la crise aiguë, cuisses et jambes en extension si les articulations de la hanche et du genou sont malades, et le pied à angle droit avec la jambe si l'articulation tibio-tersienne est affectée.Nous croyons que les articulations ma- ul Jt L'UNION MÉDICALE DU CANADA 1: lades au cours du rhumatisme articulaire aigu devraient être traitées de la mème façon.Depuis longtemps les chirurgiens obtiennent des cures merveilleuses par l'immobilisation des arthrites tuberculeuses.Ils conseillent même l\u2019immobiljsation dans les arthrites blennorha- giques comme moyen indispensable de traitement.Nous croyons que les médecins, en général, n\u2019apportent pas suffisamment d'attention aux conséquences pour les malades d\u2019un long séjour au lit.Nous ne voulons parler aujourd'hui que des troubles de locomotion consécutifs qu\u2019accompagnent naturellement les déformations articulaires en position vicieuse.S'il nous était permis de formuler un vœu, nous demanderions que les médecins et les garde-malades soient mieux renseignés sur le massage, les diverses façons de le pratiquer et les bons résultats qu'on en peut attendre.Nous croyons que les médecins pratiquant surtout à la campagne faciliteraient la guérison d\u2019une foule de troubles musculaires et articulaires.Le temps est arrivé où la drogue doit faire place aux agents physiques tels que l\u2019héliothérapie, l\u2019électrothérapie, l\u2019hydrothérapie, la thermothérapie, etc, etc.C\u2019est là une vérité admise de tout le monde médical; mais tous les médecins ne la pratiquent pas, et pour cause: tantôt ce sont les instruments assez dispendieux qui manquent, parfois c\u2019est le courant électrique qui fait défaut.Mais il y a une vieille formule thérapeutique qui peut être mise en œuvre partout, c\u2019est la chaleur par compresses ou cataplasmes ou sac d'avoine chauffé ou par le bain d\u2019eau chaude.C\u2019est enfin le massage pratiqué à pleines mains secundum artem sur les parties malades: articulations, masses musculaires, etc.Les garde- malades deviendront, espérons-le, des masseuses expertes afin de permettre aux médecins de prescrire à chaque occasion cette méthode thérapeutique si avantageuse.Si nous apportons toute l'attention voulue dans la prophylaxie et le traitement des positions vicieuses des membres par pseudo- ankvylose, nous diminuerions sûrement le nombre de ceux qui sont hospitalisés actuellement comme incurables.Nous vous avons parlé de cette malade qui refusa, malgré toutes nos objurgations, de se soumettre à l'extension forcée sous anesthésie de ses deux membres inférieurs en flexion, ce qui lui rendait la station debout et la marche - absolument impossibles.Il n\u2019y avait pourtant que pseudo-ankylose des deux genoux, en angle droit.Elle préféra conserver cette infirmité pourtant curable qui lui attirait de nombreuses sympathies et lui permettait de vivre sans travail dans un service d\u2019incurables. LA MÉTHODE DE CHOIX POUR LA CORRECTION DES NEZ CONCAVES (1) Par le Docteur |.N.ROY, F.A.C.S.Professeur agrégé à l'Université de Montréal, Médecin de l'Hôpital Notre-Dame, Médecin de l'Institut du Radium, Lauréat de l\u2019Académie de Médecine de Erance.Dans ce travail, nous désirons simplement relater le résultat de notre expérience personnelle dans la correction des nez concaves, et donner les arguments qui motivent notre opinion.Tout d'abord nous dirons que pour ce genre d'opération nous préférons pratiquer l\u2019autoplastie au moyen du cartilage costal.En effet, depuis la guerre notamment, presque tous les chirurgiens ont abandonné la prothèse métallique (or, argent, platine, aluminium), pour des raisons qui nous sont maintenant bien connues.La vaseline (Gersuny 1900), la paraffine (Ekstein 1901), \u2014 et plus tard un mélange de ces deux substances, \u2014 la gutta-percha et le caoutchouc ont été à juste titre mis de côté.La tentative de Rueda (1913) d\u2019introduire sous la peau un peloton de catgut pour la correction des nez en selle n\u2019a pas eu d'imitateurs.Ainsi en est-il de même pour le périoste (Reverdin 1879), le muscle (Vignard) et l\u2019aponévrose (Fritz Koch 1914), car toutes ces greffes, comme le catgut d\u2019ailleurs, se résorbent plus ou moins rapidement, et par le fait même ne donnent aucun résultat esthétique.Parmi les substances inorganiques \u2014 en plus des métaux, et des autres dont nous avons parlé tout à l'heure \u2014 1l faut mentionner le celluloïde qui jouit d'une certaine vogue depuis déjà plusieurs années.Dès 1890, Fraenkel commençait à s\u2019en servir pour la cranioplastie.I:n rhinoplastie ce fut Fôderl qui l\u2019employa le premier en 1903.Si ce corps étranger est assez souvent toléré par les tissus du nez, nous devons tout de même admettre qu\u2019il est un peu irritant, et qu\u2019en maintes circonstances il est tôt ou tard éliminé.En 1918, Joseph de Berlin, le grand initiateur de la plastique nasale en Europe, préconisa l\u2019ivoire pour la correction des nez en- sellés.Cette matières organique nous est maintenant bien connue, (1) Communication faite au Congrès français d'oto-rhino-laryngologie, Paris, oct.1926.a CEE am L'UNION MÉDICALE DU CANADA 157 x surtout depuis les recherches de Carnot qui nous a démontré que sa composition chimique se rapproche beaucoup de celle de l'os humain.Toutefois, nous rappellerons qu\u2019il existe sur le marché un pseudo- ivoire inorganique à composition végétale qui est susceptible de produire de l\u2019irritation, et qui doit ne pas être employé.L\u2019ivoire pur peut rendre de grands services, car généralement il est bien supporté, après avoir été encapsulé par une couche fibreuse.Dans d\u2019autres circonstances au contraire, même si l\u2019opération est pratiquée suivant les principes d\u2019asepsie parfaite, il produit une irritation mécanique, et n\u2019est pas toléré.Etant très dure, cette prothèse doit être manipulée avec des scies, des râpes et autres instruments spéciaux, ce qui, nous devons l\u2019admettre, complique fortement son emploi.Pour ce qui est des zoogreffes, il est reconnu par tous les auteurs qu\u2019elles se résorbent toujours, et sont remplacées par du tissu fibreux de nouvelle formation, lequel donne un résultat cosmétique nul ou médiocre.Afin de leur procurer plus de résistance, Magitot a eu l\u2019idée de mettre ces greffes animales dans une solution de formaline à 20% pendant huit à dix jours; toutefois nous croyons qu'avant de porter un jugement définitif sur leur stabilité, il faut qu'elles subissent encore l\u2019épreuve du temps.Israël, en 1895, se servit le premier d\u2019une crête tibiale pour la rhinoplastie.Depuis lors, et surtout en Allemagne, les fragments ostéo-périostiques, pris de préférence sur la jambe, sont en honneur, et couramment employés.Pour que la greffe osseuse réussisse, il faut de toute nécessité qu\u2019elle soit mise en contact avec les os du squelette, nasal, et que l'opération soit pratiquée d\u2019une manière entièrement aseptiquêè.Même si ces deux conditions sont remplies, on constate souvent de la résorption partielle ou totale, que cette greffe soit recouverte ou non de son périoste.En admettant qu\u2019il y ait une faute d\u2019aseptie lors de l'intervention, le lambeau suppure, et s\u2019élimine invariablement en entier.A Nélaton, en 1904, revient le mérite d\u2019avoir introduit l\u2019usage du cartilage costal pour corriger les nez concaves, inspiré par les travaux de Von Mangold qui, en 1899, se servait déjà de cette substance pour l\u2019autoplastie du larynx et de la trachée.A tous les points de vue, ce cartilage est idéal pour ce genre de chirurgie.En effet, son prélèvement est très simple et n\u2019offre aucun danger de complications.Son modelage est beaucoup plus facile que celui de l'os, ou de n'importe quelle autre matière organique ou inorganique. 158 L'UNION MÉDICALE DU CANADA De tous les corps étrangers inclus dans la pyramide nasale, il est le moins exposé à l'infection.Toléré d\u2019une manière parfaite, il garde l\u2019apparence esthétique donnée lors de l'opération.En 1913, J.S.Davis de Baltimore, ayant fait de nombreuses transplantations de cartilage costal chez des chiens, a constaté que ces greffes \u2014 lesquels dans certains cas avaient séjourné pendant près de deux ans \u2014 n\u2019augmentaient pas de volume, ne se résorbaient pas, et qu\u2019il n\u2019y avait pratiquement aucun signe de dégénérescence microscopique, que le cartilage fut recouvert ou non de son périchondre.Mon regretté maître Morestin, l\u2019un des chirurgiens les plus habiles et les plus expérimentés de l\u2019Europe, en plastique faciale, partageait aussi cette .opinion.Si d\u2019autres observateurs ont trouvé qu\u2019au bout d\u2019un certain temps, généralement long, ces lambeaux ont une tendance à se transformer en tissu fibreux, aucun d\u2019eux ne fait mention qu\u2019ils diminuent de volume, ce qui, sous le rapport cosmétique, nous intéresse le plus.D'ailleurs pour qu'ils aient plus de résistance, nous savons qu\u2019il vaut mieux les inclure avec leur périchondre.Naturellement, le cartilage de la cloison et de l\u2019oreille, employé pour la correction des petites ensellures, est beaucoup plus exposé à disparaître que les greffes cartilagineuses costales de gros ou de moyen volume, et l'observation a prouvé qu'il se résorbe presque toujours.Lorsqu'il s\u2019agit de prélever un greffon, presque tous les auteurs conseillent d'intervenir sur la 6iéme, 7ieme ou 8iéme cote.Or il est observé qu\u2019à la suite de cette opération, la douleur est considérable, que la brèche costale prend beaucoup de temps à se réparer, et que pour ces raisons un certain nombre de patients refusent ce genre d\u2019autoplastie.Depuis plusieurs années déjà, nolis nous servons, pour corriger les nez en selle, du cartilage de la première côte flottante.Ce cartilage, que l\u2019on peut saisir et mobiliser avec les doigts, chez la plupart des patients, est d\u2019une ablation très facile.L\u2019incision nécessaire pour le prélèvement est très petite.Sa forme en baguette comporte peu de retouches lors de sa mise en place.Entièrement entouré de son périchondre, il offre plus de résistance à la transformation fibreuse que tous les autres fragments.Chez les malades qui refuseraient l\u2019anesthésie générale, la prise du greffon peut facilement être faite sans douleur, sous anesthésie locale.Si, dans certains cas particuliers, la concavité nasale est assez forte, et que l\u2019on craint de ne pouvoir la combler avec le cartilage seulement, il est très simple de sectionner la cête en plein tissu osseux pour avoir une greffe plus volumineuse.Carter de New-York prétend d'ailleurs L'UNION MÉDICALE DU CANADA 159 obtenir d\u2019excellents résultats en rhinoplastie, en se servant de lambeaux ostéo-cartilagineux.Aussi, pour toutes ces raisons, nous recommandons fortement l\u2019emploi du cartilage de la première côte flottante, pour corriger les nez concaves, comme étant la méthode la plus susceptible de donner les meilleurs succes.En outre, nous pouvons assurer nos malades qu\u2019après l'opération, leur côté sera à peine sensible, grâce au bandage compressif, et qu\u2019ati bout de huit à dix jours, ils seront pratiquement guéris.Pendant et depuis la guerre, nous nous sommes servi maintes fois de cette technique, et sans connaître ce que l'avenir nous réserve, nous pouvons tout de même déclarer que, jusqu\u2019à aujourd'hui, nous n\u2019avons pas eu d'échec.À l\u2019appui de ce que nous venons de dire, voici maintenant deux faits rapidement exposés.el Observation 1\u2014Le 19 janvier 1925, M.A.B., âgé de 32 ans, vient nous consulter pour une ensellure nasale.Il raconte qu'il y a douze ans, il reçut une balle sur le nez, qui était bien droit jusqu'à ce moment.L\u2019hémorragie fut traitée par un médecin général.Trois semaines environ, après le traumatisme, l\u2019inflammation allant de mal en pis, un rhinologiste lui incisa un hématome suppuré de la cloison.Cet hématome guérit rapidement, mais dans la suite il remarqua que son nez devenait de plus en plus concave.Comme les fosses nasales étaient obstruées depuis l\u2019accident, il subit de chaque côté, une petite opération sur le septum, il y a trois ans.L'intervention, pratiquée à la scie, améliora la respiration.Le malade ne présente aucune manifestation de syphilis acquise ou héréditaire.A l\u2019examen nous constatons une ensellure symétrique du tiers inférieur de la pyramide nasale.La partie basse des os propres du nez est légèrement aplatie.(Voir photographie No 1.).La rhinoscopie antérieure permet de voir un septum absolument droit.Cependant la cloison, vis-à-vis le traumatisme, est un peu épaisse.Comme les cornets ne sont pas augmentés de volume, la respiration n\u2019est pas entravée.Rhinite, \u2014 et pharyngite observée à la rhinoscopie postérieure.En présence de cette lésion, nous expliquons à notre malade les différents moyens possibles pour corriger son nez en selle, et décidons de recourir au cartilage costal.L'intervention est fixée pour lè 23 janvier, et nous prescrivons une pommade antiseptique nasale.Opération \u2014Comme il était convenu que nous devions nous servir d\u2019un morceau de cartilage, il nous restait à choisir l\u2019endroit 160 L'UNION MÉDICALE LU CANADA par lequel il serait introduit.L'opération de Von Mangold (1889), qui consiste à faire une incision cutanée inter-sourcillières à concavité inférieure, et à mettre ensuite un greffon, après avoir pratiqué un tunnel sous la peau du nez, laisse, il est vrai, une cicatrice très peu apparente.Cependant, pour peu qu\u2019il y ait infection, le drainage est rendu pratiquement impossible, puisque l'ouverture est en haut, et la greffe risque fort d\u2019être éliminée.Carter de New-York, en 1910, a modifié la méthode de Von Magnold, en faisant une incision curviligne à concavité supérieure, Fig.1 s'arrétant au périoste.Celui-ci est à son tour sectionné sur un plan horizontal, et une niche est creusée vers la glabelle.Les tissus sous- cutanés étant ensuite libérés jusqu\u2019au lobule, le greffon est placé de telle sorte que son extrémité supérieure vient s'appuyer sous le périoste de l\u2019apophyse nasale du frontal.En 1919, Carter abandonna ce procédé, et adopta la voie endo-nasale pour la raison de drainage que nous venons tout à l\u2019heure d'expliquer.; Dans le but de dissimuler la cicatrice, Dufourmentel, en 1919, 1 \"UNION MEDICALE DU CANADA iol eut l'idée de faire l\u2019incision dans la téte du sourcil.En 1921, Frank et Strauss décrivirent ce même procédé comme étant une chose nouvelle.Cette méthode présente, elle aussi, l\u2019inconvénient du drainage qui est impraticable.Etant donné de plus la longueur du trajet nasal à parcourir, les manœuvres opératoires sont rendues difficiles lors de la mise en place et des manipulations de la greffe, qui souvent nécessite des retouches.En 1898, Monks de Boston, préconisa de faire une section cutanée antéro-postérieure sous le lobule du nez, empiétant légere- ment sur la peau qui recouvre la sous-cloison, et de creuser ensuite un tunnel de bas en haut.J.D.Lewis, en 1922, essaya de reprendre en son nom le procédé de Monks en y apportant de légères modifications.Il pratique la même incision, mais un peu plus postérieurement, vis-à-vis la sous-cloison, et en décollant la peau de la pyramide nasale, il prépare au lobule un point d\u2019appui pour l'extrémité inférieure du greffon une fois mis en place.Afin d'atteindre la partie du nez à réparer, Portmann (1923) fait une incision curviligne de trois centimètres environ, à concavité inférieure, passant au-dessous du lobule, et libère ensuite les tissus.Toujours dans le même ordre d\u2019idées, et pour avoir plus d\u2019espace, Gillies de Londres (1923) détache toute la peau qui recouvre la sous- cloison, en la sectionnant a sa jonction avec la lévre, et la muqueuse des deux côtés des narines, et après avoir relevé ce lambeau, il pratique un canal sous le pédicule.Tout d\u2019abord nous dirons qu'avec les procédés de Monks, Portmann et Gillies, les cicatrices sont presque invisibles.Etant donné cependant la forme du vestibule du nez, très rétréci à la partie supérieure, et la minceur de \u2018a peau qui recouvre le lobule, nous craindrions fort qu\u2019en décollant les tissus de la pyramide nasale, \u2014 même après la dilatation produite par la novocaïne-adrénaline \u2014 la muqueuse des narines soit déchiréz, ce qui exposerait l\u2019opéré à une infection consécutive, et à l\u2019élimination de la greffe.A notre avis, ces méthodes devraient être plutôt 1eservées pour la correction des nez bossus effilés, car dans ces cas, même si la plaie devenait septique, il n\u2019y aurait pas alors à redouter de conséquences graves, vu la facilité du drainage.L\u2019incision endo-nasale, faite à la limite inférieure du cartilage, quadrangulaire que préconisa en 1887, J.O.Roe de Rochester, New-York, \u2014 le premier qui s\u2019occupa de la correction des différentes variétés de nez difformes -\u2014 représente, sans aucun doute, la méthode idéale employée maintenant par un très grand nombre de rhino- 162 L'UNION MÉDICALE DU CANADA logistes en Amérique et en Europe.En effet, ce procédé laisse évidemment aucune trace de cicatrice extérieure.Il ne présente aucun danger de complications, tout en étant facile d'exécution, surtout si l\u2019on s\u2019aide du couteau concavo-convexe de Joseph pour creuser, au bout du nez, une logette dans le but de stabiliser la partie inférieure du greffon.Si la fosse nasale par où l'opération est faite, a été préparée d\u2019une manière aseptique, il n\u2019y a pas à craindre l\u2019infection.Au premier abord, on pourrait peut-être penser que la suture des lèvres de l\u2019incision offrirait quelque difficulté.Il n\u2019en est rien, si l\u2019on fait usage de l\u2019aiguille de Dupuy-Dutemps, courbée à angle droit sur son manche et à forme hémisphérique, dont il se sert pour la dacryocysto-rhinostomie.D'ailleurs Joseph de Berlin, l\u2019un des opérateurs les plus habiles et les plus expérimentés de nos jours en rhinoplastie, qui commença en 1898 ses interventions sur les difformités nasales en employant la voie externe, n\u2019a recours, depuis 1904, qu\u2019à la voie interne.Aussi, pour toutes ces considérations, et d\u2019après notre expérience personnelle, nous choisissons pour notre malade ce dernier procédé.Après avoir coupé les follicules pileux du vestibule, fait une irrigation des narines et appliqué de la teinture d\u2019iode, nous pratiquons une injection de novocaine-adrénakine.Au bout de quelques minutes, nous incisons la muqueuse du côté gauche, a la limite inférieure du cartilage quadrangulaire, et creusons un tunnel en ayant soin de préparer à la greffe un point d'appui vers le lobule.Le patient est ensuite endormi au chloroforme, et nous prélevons à droite un bout du cartilage de la première côte flottante.Ce greffon, soigneusement taillé, est mis sous la peau de l\u2019ensellure, après avoir fait sortir le sang, et nous suturons l\u2019incision à la soie.Meéches légèrement compressives de la narine, à la gaze iodoformée, et afin de bien stabiliser la greffe, nous plaçons à l'extérieur, tranversalement à la pyramide nasale, deux petites bandelettes de diachylon.Nous recouvrons en plus la figure d'un pansement protecteur.La plaie costale est à son tour fermée, au moyen de trois plans de suture, et nous appliquons le pansement abdominal ordinaire.Les suites opératoires sont des plus simples, et à partir de la septième journée, nous enlevons graduellement les points.A peine un peu de sensibilité a été ressentie pendant la première semaine qui a suivi l\u2019intervention.Le malade laisse l\u2019hôpital seize jours après l\u2019opération, absolument satisfait du résultat obtenu.Son nez est bien droit, comme il peut être constaté sur la photographie No 2, prise un mois RES EEE IS L'UNION MÉDICALE DU CANADA 167 après la rhinoplastie.Nous l\u2019avons revu récemment et son apparence esthétique n\u2019a pas change.(1) Observation II \u2014M.C.L., âgé de 24 ans, vient nous voir, le 27 avril 1926, pour son nez qui présente une concavité.Il dit qu\u2019il n\u2019a jamais reçu de traumatisme, et que depuis sa naissance son appendice nasal a toujours eu cette forme, qui s\u2019est accentuée avec la croissance.À l\u2019examen nous constatons un aplatissement des os propres du nez et une dépression à leur partie inférieure.Le lobule relevé et Fig.2 mou n\u2019a aucun support.les narines sont fortement dilatées, surtout la gauche, ce qui donne au patient une apparence négroïde.Les lèvres sont très proéminentes, ainsi que le menton (voir photographie No 3).(1) Ce malade a été présenté guéri à la Société Médicale de Montréal, séance du 1% février 1925, 164 L'UNION MÉDICALE DU CANADA À la rhinoscopie antérieure nous trouvons que les deux cavités - sont très larges.La cloison est droite, mais ne présente en avant aucune résistance cartilagineuse.La tête des cornets inférieurs est légèrement atrophiée, et il existe une rhinite chronique double avec forte sécrétion non odorante.La rhinoscopie postérieure permet de voir une pharyngite prononcée, | Le | Etat normal des amygdales et du larynx.Le malade souffre d'une otite moyenne suppurée chronique depuis l\u2019âge de 4 ans.Fig.3 Nous ne trouvons aucun signe de svphilis acquise ou héréditaire, et il n\u2019y a pas de tuberculose dans sa famille.\u2018 Nous étions donc en présence d\u2019un arr!t de développement congénital du squelette du nez qu\u2019il fallait corriger.Encore cette x fois nous exposons au patient les divers procédès à notre disposition susceptibles de donner un succès, et convenons de prendre un morceau de cartilage costal et de l\u2019introduire par la voie endo-nasale.a L UNION MÉDICALE DU CANADA 165 Etant donné cette difformité, nous avions bien pensé à la méthode de Moulonguet (1920), qui consiste à intervenir par la voie externe en pratiquant deux incisions, une transversale, sous le lobule, et une autre antéro-postérieure, sur la peau qui recouvre la sous- cloison rejoignant le milieu de la première, à son extrémité antérieure.Après avoir creusé un canal sous-cutané et dédoublé la cloison, l\u2019auteur prélève ensuite sur la neuvième côté un greffon cartilagineux qu\u2019il taille en lui donnant la forme d\u2019une équerre.Ce greffon, appliqué dans la plaie opératoire, soutient la pointe du nez, tout en faisant disparaître l\u2019ensellure.Toutefois, dans notre cas, l'arrêt de développement et la minceur du septum nasal auraient rendu l\u2019opération fort laborieuse, et la moindre lésion de la muqueuse, vu l\u2019hypersécrétion des narines, aurait sûrement produit de l'infection, et consécutivement l\u2019élimination de la greffe.Le procédé de Sheehan aurait pu également être appliqué.Il consiste à faire une incision médiane antéro-postérieure de toute ka peau qui recouvre la sous-cloison, à partir du lobule jusqu'à sa jonction avec la lèvre supérieure.Ayant préparé un tunnel, Sheehan place ensuite un morceau de cartilage costal replié à angle droit au bout du nez.Cette greffe a donc pour but, comme dans l'opération de Moulonguet, de maintenir le lobule en bonne position, et en plus de combler la dépression nasale.Nous n\u2019avons pas cru devoir recourir à ce procédé, pour les mêmes raisons que nous avons déjà exposées en abordant la question des incisions externes.Aussi, comme un simple bout de cête mis en place, pouvait nous donner le même résultat cosmétique, nous adoptons cette méthode, et fixons l\u2019intervention pour le 6 mai.Opération \u2014Ayant suivi tout à fait la même technique opératoire pour nos deux malades, /nous n\u2019insisterons pas davantage et dirons simplement que chez celui-ci, les choses se sont passées d\u2019une manière des plus normales, comme pour le premier.Lorsque nous avons introduit le _greffon dans l\u2019ensellure nasale, nous nous sommes appliqué à ce que la pression soit faite sur la partie la plus concave, \u2014 la greffe étant taillée en conséquence \u2014 afin de ne pas abaisser la pointe du nez, mais au contraire de la relever légèrement.Quinze jours après la rhinoplastie, le patient retournait dans sa famille absolument guéri, après avoir très peu souffert de son côté durant la première semaine.Nous continuons a stériliser les narines au moyen d\u2019une pommade, et le 7 juin, notre malade entre de nouveau à l'hôpital pour subir le jour même une intervention contre la 166 L'UNION MÉDICALE DU CANADA dilatation de ses ailes du nez.Le champ opératoire étant aseptisé, nous injectons une solution de novocaïne-adrénaline dans les sillons naso-géniens.Au lieu de nous servir de ciseaux concavo-convexes pour sectionner les narines, méthode généralement employée aux Etats-Unis, nous préférons recourir au bistouri, en contrôlant l\u2019incision avec le doigt introduit dans la fosse nasale.Pratiquée de la sorte, cette incision est beaucoup plus nette qu\u2019avec les ciseaux qui ont une tendance à écraser les tissus, la coaptation est meilleure et le résultat esthétique est plus parfait.Aussi, nous enlevons sur les deux ailes du nez, un petit morceau de forme plus ou moins trian- Fig.4 gulaire et à base inférieure, limité par les sillons naso-géniens.Nous intervenons d\u2019abord sur le côté droit, le moins dilaté, et réséquons à gauche un lambeau un peu plus large afin d\u2019avoir une correction symétrique, et proportionnelle à la largeur de la face.Sutures à la soie, et pansement à l\u2019intérieur et à l\u2019extérieur du nez.Nous obtenons une réunion par première intention, et le malade retourne chez lui dix jours après la seconde opération.Les incisions, cachées dans les L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 167 sillons, sont déjà à peine visibles, les narines sont rétrécies tout en permettant une bonne respiration, et l\u2019appendice nasal est bien droit, comme on peut s\u2019en rendre compte par les photographies Nos 4 et 5 prises trois mois après la première rhinoplastie.Nous avons offert à notre patient de diminuer la proéminence de ses lèvres en enlevant deux ellipses de muqueuse bucco-labiale, sur un plan horizontal; toutefois il a cru devoir refuser, se disant très satisfait du résultat obtenu.Fig.5 En terminant nous dirons que suivant nous, la méthode idéale pour la correction des nez concaves, consiste à pratiquer l\u2019incision par voie interne, et après avoir préparé un tunnel nasal, à le combler au moyen d'un bout du cartilage de la première côte flottante, pour les nombreuses raisons que nous venons d'exposer.Lorsque la greffe est mise en place, l\u2019application de deux bandelettes de diachylon tranversales à la pyramide du nez, aura pour propriété de la stabiliser, et conséquemment de lui permettre une meilleure adhérence 166 L'UNION MÉDICALE DU CANADA aux tissus environnants.L'opération faite ainsi offrira les plus grandes chances de succès, comparée aux autres procédés.1922 BIBLIOGRAPHIE J.O.Roe.\u2014 The deformity termed \u201cpug nose\u201d and its correction by a simple operation.New-York Med.Record, 4th June.G.H.Monks.\u2014 Correction by operation of some nasal deformities and disfigurements.The Boston Medical and Surgical Journal, 15th Sept.E.Von Mangold.\u2014 Archiv.f.klin.Chir.Leipzic.R.Gersuny.\u2014 Ueber eine subcutane Prosthese.Zischr.f.Heilk.Wien.Eckstein.\u2014 Prag.med.Wochnschr.O.Fôderl.\u2014 Ueber Knochen und Knopelersetz.Wien klin.Wochnschr.C.Nélaton et I.Ombredanne.\u2014 La Rhinoplastie.G.Steinhill, éditeur, Paris.H.Morestinn \u2014 Les transplantations cartilagineuses dans la chirurgie réparatrice.Bull.et Mém.de la Soc.de Chir.de Paris.Séance du 27 oct.\u201c J.S.Davis.\u2014 À comparison of the permanence of free transplants of bone and cartilage.Annals of Surgery, page 170.\u201c W.W.Carter.\u2014 Bone and cartilage transplantation, the ideal method for the correction of saddle-back nose.The Laryngoscope, page 316.: J.S.Davis.\u2014 Transplantation of rib cartilage into pedunculated skin flaps.John Hopkins Bull.Vol.37.L.Dufourmentel.\u2014 La part respective de la plastique chirurgicale et de la plastique artistique dans le traitement terminal des grandes mutilations faciales.Paris Médical, 2 mars 1919.H.D.Gillies.\u2014 Plastic Surgery of the Face.Oxford Med.Publishing Co.London, A.Moulonguet.\u2014 Notes sur un cas de plastique nasale.Bull.et Mém.de la Soc.franç.d\u2019oto-rhino-laryngologie, page 374.L.Dufourmentel.\u2014 Sur la correction chirurgicale sans cicatrice des nez en lorgnette par inclusion cartilagineuse.Bull.de la Soc.franç.de Dermatologie et de Syphiligraphie, séance du 18 nov.J.N.Roy.\u2014 Deux cas de rhinoplastie avec cartilage costal.L'Union Médicale du Canada, juillet.I.Frank and J.F.Strauss.\u2014 An invisible scar method in cosmetic nasal surgery.Annals of Otol, Rhinol.and Laryngology.Sept.J.D.Lewis.\u2014 External nasal deformities.Description of the operative technic of a new method for the correction of certain types.The Laryngoscope.March.A Magitot.\u2014 Orbital marsupialization and superiority of organic grafts of dead tissue in establishing a mobile stump.An Inter- L\u2019UNION MÉDICALE Du CANADA 169 national Congress of Ophthalmology.Washington.April.J.E.Sheehan.\u2014 A new surgical procedure for the relief of depression of the nasal bridge and columella.Its further application for the relief of hump and deflected noses.The plastic treatment of the syphilitic nose.The Laryngoscope.Sept.1922-23 J.E.Martial.\u2014 Correction plastique des nez difformes, nez 1923 1925 1926 bossus et nez en selle.Thèse de Bordeaux.No.63.G.Portmann, \u2014 La correction plastique des nez difformes.Revue de Laryngologie, d\u2019Otologie, et de Rhinologie.15 janv.W.W.Carter.\u2014 The value and ultimate fate of bone and cartilage transplants in the correction of nasal deformities.The Laryngoscope.March.J.D.Lewis.\u2014 Depressed nasal deformities.A comparison of the prosthetic values of paraffine, bone, cartilage and celluloid, with report of cases corrected with celluloid implants by the author's method.Annals of Otology, Rhinology and Laryngology.June.H.D.Gillies, \u2014 Deformities of the syphilitic nose.British Med.Journal.24th Nov.J.Maliniak.\u2014 Comparative study of ivory and organic transplants in rhinoplasty.Endo-nasal operative technic of some nasal deformities with report of cases.The Laryngoscope.Nov.J.Maliniak.\u2014 The use of ivory in rhinoplasty.Archives of Oto- laryngology.June.: P.Sébileau.\u2014 La vie des greffons cartilagineux et osseux.Le Monde Médical, 15 mai, LES RAYONS X EN DERMATOLOGIE Par le Docteur ALBERIC MARIN, (Suite et fin) Lymphogranulomatose inguinale sub-aiguë de Nicolas et Favre C\u2019est, prétend-on, une maladie vénérienne.La porte d'entrée en est le plus ordinairement méconnue.À la suite d\u2019une exulcération très superficielle et éphémère des parties génitales, surviennent des ganglions inguinaux qui grossissent lentement, se ramollissent et s\u2019abcèdent.Les ganglions du petit bassin se prennent à leur tour et bientôt la palpation décéle la présence d\u2019adénopathies pelviennes.De méticuleuses recherches n\u2019ont pu mettre en évidence l'agent infectieux.Ces abcès peuvent traîner durant de longues périodes.Le traitement médicamenteux des bubons superficiels a des résultats inconstants.Celui des masses profondes est impossible.La Roentgenthérapie y remédie de façon notable.Sans agir sur l'agent causal, puisqu\u2019elle est dénuée de pouvoir microbicide, elle renforce la défense locale par son excitation a la sclérogénèse.Après quelques séances, on voit ces cratères purulents et saigno- tants se combler peu a peu.La suppuration s\u2019atténue, leur fond s'exhausse.Elles finissent par se refermer, laissant une belle cicatrice souple, car les cicatrices consécutives à un traitement radiothérapique sont généralement des plus satisfaisantes.On doit durcir le faisceau radiant par un filtre approprié quand on a à irradier les groupes pelviens.Ceux-ci obéissent aussi bien que les inguinaux aux radiations.On suit leur régression par la palpation.La technique variera selon les cas.Dimension des secteurs, doses, filtres, nombre des applications sont choses essentiellement changeantes comme le sont du reste les malades eux-mêmes.Là encore, comme dans tous les autres domaines de la thérapeutique, | il serait erroné de croire que des règles fixes et immuables peuvent \u201c être de quelque utilité. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 171 Kératose sénile Ces taches cornées sont vulgairement appelées \u2018\u2018crasse des vieillards\u201d.Cette modalité de la dégénérescence sénile de la peau apparaît au visage sous forme de petits placards verruqueux; assez bien délimités, irréguliers de contours.C\u2019est au front, aux tempes ou au nez, aux joues qu\u2019on les rencontre le plus fréquemment.Elles se montrent aussi, mais plus rarement, à la face dorsale des mains et aux peignets.La Kératose sénile constitue une grave menace pour l\u2019individu qui en est porteur.Elle est un état précancéreux de la peau qu'il faut traiter avant que ne s: déclare l\u2019épithéliomatose multiple.Ces élevures kératosiques donneront en effet naissance à des épithéliomas baso-cellulaires, à des métatypiques, même à des spino-cellulaires.[1 importe donc de détruireggæts foyers dystrophiques de façon radicale.Se débarrasser de la coche cornée n\u2019est pas suffisant.Il faut agir plus profondément et attaquer cette viciation de l\u2019évolution malpighienne dans sa source même.Diverses mesures ont été proposées.Les caustiques chimiques ont souvent donné de bons résultats, mais leur administration est plutôt aveugle: employés faiblement, ils n\u2019atteignent que les couches épidermiques superficielles, maniés brutalement ils causent de vastes délabrements.La curette n\u2019enlève que l\u2019enduit hyperkératosique en respectant le processus qui le cause.Le galvanocautère, le cryocautère, l\u2019électrolyse et l\u2019électrocoagulation peuvent réduire le précancer, mais elles sont longues et dures à supporter.De plus elles échouent souvent.La Roentgen- thérapie, au contraire, agit sûrement, prudemment, de façon indolore et donne des cicatrices difficilement perceptibles, alors que les autres moyens, quand ils réussissent, laissent des traces très apparentes.Ces considérations esthétiques sont appréciables puisque ce sont des lésions de la face le plus habituellement.De plus, sachant que la cancérisation opère des transformations cvtologiques et tissulaires avant que de fournir des signes cliniques, on ne peut raisonnablement traiter \u201cà la papa\u201d cette chose éminemment précancéreuse quest la kératose sénile.Considérer comme anodine cette verrucosité, c\u2019est s\u2019exposer à laisser progresser un épithélioma qui a déjà commencé à fuser vers les tissus sains, de façon sournoise, qui donnera fatalement un jour ou l\u2019autre des symptômes non équivoques. 172 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Recourir à des moyens non énergiques pour effacer cette crass: sénile, c\u2019est souvent aussi donner le coup de fouet à une lésion jusque 1a torpide, c\u2019est provoquer une allure mouvementée et extraordinairement rapide à un cancer qui n'évoluait paresseusement.La kératose sénile doit donc être envisagée comme une affection sérieuse, non à dédaigner.Un râclage soigneux enlève toute la production cornée.L'\u2019épiderme, débarrassé et mis à nu, reçoit immédiatement une forte dose, peu filtrée, qui arrête cette dégénérescence et transforme le secteur irradié en un cicatrice souple et blanchâtre.Le danger ainsi écarté sur ce point du tégument, le thérapeute exercera une surveillance attentive et armée: si la menace reparaît en\u2019 d\u2019autres endroits, il interviendra aussitôt.Maladie de Darier Cette dyskératose folliculaire ne peut être guérie, quel que soit l\u2019agent thérapeutique employé.Mais on doit tout de même.tenter de rendre moins apparents ces éléments éruptifs qui l\u2019individualisent : papules recouvertes d\u2019une croûtelle cornée brunâtre.Cette éruption est très disgracieuse à la face, lui donnant un aspect rugueux et Crasseux.On peut l\u2019atténuer notablement par des séances de Roentgen- thérapie.Il serait bon de les faire précéder d\u2019un léger grattage qui enlève facilement les croûtes.L'action des radiations modérément pénétrantes en est d'autant facilitée.L'effet demandé est ici purement esthétique, car cette affection n\u2019évolue jamais vers le cancer.Partant, il serait oiseux de forcer les doses et de provoquer des réactions radiodermiques: ce serait remplacer un mal par un autre, souvent pire que le premier.C\u2019est un principe immuable, à la base même de la radiothérapie : agir énergiquement dans les cas graves, prudemment avec une dosimétrie délicate dans les autres.| Lupus Pernio e C\u2019est du type Schaumann, du \u201clupus pernio\u201d vrai dont il s\u2019agit ici.Cette lymphogranulomatose bénigne est vraisemblablement causée par une bacillose d\u2019origine bovine.; Ç Les placards éruptifs des doigts, du nez, des joues et des lobules des oreilles sont traités efficacement par la Radiothérapie. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 173 Bien que cette maladie n\u2019ait pas la même étiologie et la même allure que le lupus de Willan, son traitement peut étre conduit de façon à peu près similiaire.Les pseudo-lupomes qui farcissent ces tissus seront détruits par ignipuncture et scarifications, mais la tuméfaction des placards disparaîtra plus vivement à la suite de quelques irradiations.On ne doit pas espérer guérir le lupus pernio par les radiations seules.Associées à d\u2019autres procédés elles rendent des services éminents et doivent être systématiquement employées dans ces cas.-}- Mycoses L\u2019actinomycose, les blastomycoses, les sporotrichoses relèvent au plus haut titre du traitement ioduré.Mais celui-ci, apres avoir donné des résultats brillants au début de son administration, arrive au bout d\u2019un certain temps à sembler quasi inactif.I] est un seuil qu\u2019il paraît ne pouvoir franchir sans aide.C' est ici, qu\u2019on demande à des interventions locales de favoriser la réparation des tissus.La Radiothérapie est au nombre des plus efficaces.Son action est nulle sur l\u2019agent causal lui-même.Cc est l\u2019iodure qui le tue.Mais ce médicament dans de nombreux cas est incapable de cicatriser les vastes plaies dues aux champignons.Les Rayons X, de par leur action anclimite de la sclérogenèse, arriveront à ce résultat assez facilement.C\u2019est la médication adjuvante de choix a laquelle il faut songer pour obtenir la guérison de cas difficiles.Il est entendu que les collections purulentes et autres foyers de suppuration seront préalablement traités par les moyens habituels.| Teignes +1 La Roentgenthérapie des épidermomyces du cuir chevelu est un triomphe incontestable, spécialement pour ce qui a trait à la-mi- crosporie et à la tricophytie.La teigne favique est beaucoup moins docile à ce traitement comme du reste à tous les autres.Si l\u2019on peut contester l\u2019emploi ou les résultats des radiations dans certaines dermatoses cancéreuses ou non, on ne peut qu\u2019admirer quand il s\u2019agit de ces affections parasitaires.L'accord est maintenant pleinement réalisé.Tous sont unanimes à déclarer qu\u2019il n\u2019existe plus d\u2019autre traitement des teignes que l'épilation par les Rayons X. 174 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Il existait même certaines méthodes, celle de Quinquaud par exemple, qui ajoutaient la barbarie à leur inefficacité.Quinquaud et ses élèves enduisaient le crâne du malade d\u2019une couche de poix, réalisant une véritable calotte.Quand celle-ci était suffisamment séchée on l\u2019arrachait en tirant de toutes ses forces.La chevelure qui était collée venait ainsi, mais on scalpait littéralement ces malheureux teigneux.En dépit de sa brutalité, cette méthode était inopérante.Les cheveux teigneux étant très friables, on n\u2019enlevait que leur partie aérienne; la partie incluse dans le follicule, bourrée de spores et de filaments mycéliens, demeurait en place.La maladie continuait exactement comme si on ne s\u2019en était pas occupé.L'application de chimiques les plus divers, avec ou sans massage, ne peut réduire ce parasitisme.Ces médicaments ne peuvent descendre plus bas que l\u2019ostium folliculaire et le foyer parasitaire, situé beaucoup plus profondément n\u2019est atteint en aucune façon.La dépilation à la pince est un travail de bénédictins.Elle est passible des mêmes reproches que la calotte de poix.Les poils se cassent au ras de leur émergence et le tricophyton ou le microsporon continue de pulluler plus bas.Il faut donc que la chute entraîne la tige et la bulbe.Il est aussi de toute nécessité que cette chute ne soit que temporaire et W\u2019entraîne pas une alopécie définitive.Ce serait en effet un assez Inauvais service à rendre à un sujet que de le rendre définitivement \u201cchauve pour une microsporie qui guérit spontanément vers la puberté ou une tricophytie qui disparaît le plus tard aux alentours de la vingtième année.Les Rayons X ne tuent pas le parasite, pas plus qu\u2019ils ne tuent le bacille de Koch.Leur action, toute superficielle, est d\u2019atrophier la matrice.Le poil avec son bulbe plein est rejeté à l\u2019extérieur et avec lui les champignons qui l\u2019enrobent.Le follicule pileux est ainsi nettoyé du poil parasité et des parasites eux-mêmes.Ici se posé le problème d\u2019un dosage très précis.Si la dose donnée est insuffisante les poils ne tombent pas tous et ceux qui restent sont sur le point de départ d\u2019une nouvelle dissémination du mycélium.Si, au contraire, la dose est trop forte, les cheveux tombent, mais ils tombent trop bien et ne repoussent plus.La racine est détruite et est devenue incapable d\u2019élaborer même un follet.Le malade aura un crâne désormais dénudé avec quelques îlots, çà et là, aux endroits que les Rayons auront épargnés.Le traitement est donc d\u2019une délicatesse extrême: bien conduit il atteint le but L'UNION MÉDICALE DU CANADA 175 rêvé, trop poussé il cause un désastre irréparable.De nos jours, on se sert constamment de la méthode de Kienbock-Adamson.Noire.collaborateur de Sabouraud, a fait des milliers d\u2019épilations de cette façon et la déclare parfaite à tous les points de vue.Rappelons en quelques mots que la tête est divisée en 5 secteurs dont les centres sont distants les uns des autres de 11 et demi centimetres.La distance anticathode-peau sera de 16 centimètres.La dose est de 5 H.Si l\u2019on utilise l\u2019iono-quantitomètre dé Solomon, la dose sera d'environ SOOR, la longueur de l\u2019Etincelle Equivalente étant modérée.Les cheveux mettent environ 18 jours à tomber.Ils viennent facilement aux doigts.La tête est plumée facilement et sans douleur.I1 faut les enlever tous, car ils formeraient corps étrangers et favoriseraient l\u2019apparition de folliculites.La repousse se fait dans les délais légaux de 217 ou 3 mois.Si l\u2019irradiation a été convenablement répartie, les poils repoussent tous, normaux, et le sujet est débarrassé de sa microsporie ou de sa tricophytie.Le cas est différent quand il s\u2019agit du favus.L\u2019Achorion Schenleini, n'étant pas Jocalisé strictement au poil, comme dans les deux autres teignes, mais habitant aussi le follicule lui-même, l\u2019on comprend que la dépilation n\u2019entraîne pas tous les parasites et que la récidive puisse se faire.C\u2019est ce qui survient le plus fréquemment.La pince doit ici aider Ja Radiothérapie.Il y a lieu d\u2019agir tôt et énergiquement afin d\u2019enrayer l\u2019extension de la teigne favique qui cause des cicatrices indélébiles, ce que ne font jamais les autres teignes.Sycosis Quand l\u2019infection staphylococcique atteint la racine même du follicule pileux, après avoir dépassé le stade d'impétigo ostio- folliculaire, il n\u2019est aucun topique qui la puisse mâter.Le mal est trop profond pour être atteint par quelque médication locale.[ Comme dans le cas d\u2019infection parasitaire, il faut recourir aux Rayons X pour que la chute du poil entraine en même temps le foyer infectieux.On peut se servir de la méthode d\u2019Adamson et de diviser la face en trois secteurs.L\u2019alopécie est transitoire et la réponse montre des cheveux sains sans réaction inflammatoire circum-pilaire.C\u2019est le traitement idéal qui convienne dans ces cas. 176 { L'UNION MÉDICALE DU CANADA Onyxis Les champignons attaquent aussi les autres phanères que sont les ongles.Les parasites, dans les onychomycoses, se logent jusque dans la matrice et le traitement médicamenteux local ne peut les atteindre dans ce repaire.Il faut le faire tomber comme s\u2019il s'agissait d\u2019un cheveu et pour les mêmes raisons.Ces deux annexes de la peau, dont la formation est similaire, offrent dans l\u2019invagination épidermique qui leur sert d\u2019origine, un refuge propice à la pullulation du certaines espèces.Et ce refuge est à l\u2019abri des interventions du traitement médicamenteux externe.L'extirpation chirurgicale est douloureuse et n\u2019offre pas toutes les garanties car l\u2019arrachement de l\u2019ongle peut n\u2019être pas total et en laisser un lambeau infecté.Ja Roentgenthérapie agit ici fort bien.La dose sera plus forte, plus filtrée et ne portera que sur la matrice, le centre de l\u2019ongle, qu'il est inutile d'irradier, étant protégé.L\u2019ongle infecté tombe pour laisser la place libre à un autre qui repoussera dépourvu de parasites.Dosage et filtration doivent être soigneusement faits, sinon l\u2019on s'expose à la chute définitive.Nous venons de passer très rapidement en revue les principales maladies dermatologiques qui relèvent de la Roentgenthérapie.Nous n'avons pu exposer, à chacune d\u2019elles, les détails techniques car ceci nous aurait entraîné trop loin.- Nous avons indiqué sommairement quelles sont les dermatoses qui doivent être soumises aux radiations, ce que nous pouvons espérer de celles-ci.Il existe quantité de préjugés contre les rayons X, contre les autres agents physiques aussi.La cause en réside non pas dans l\u2019inefficacité de ceux-ci, mais dans l\u2019inexpérience de ceux qui les administrent.Ceci était patent lors des premiers essais.I] est plusieurs médecins qui se refusent obstinément à employer les divers moyens que met à notre disposition la physiothérapie.Par une étrange aberration de l'esprit, ils usent et abusent de la pharmacopée, dédaignant d\u2019autres méthodes qui ont cependant fait leurs preuves. = L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 177 \u201cLa mode\u2019 barbare qui, sous prétexte de nous guérir, consiste à \u201cnous empoisonner avec les drogues les plus vénéneuses de la chimie, \u201cdevra céder la place aux agents physiques dont l\u2019emploi a au moins \u201cl'avantage de n\u2019introduire aucun corps étranger dans l\u2019organisme.\u201d (Professeur d\u2019Arsonval.) \u2018C\u2019est se diminuer singulièrement que de s\u2019astreindre a n\u2019écrire que des ordonnances pharmaceutiques.C\u2019est aussi faire fausse route, c\u2019est aller au-devant d\u2019insuccès et de déboires que de recourir à des interventions chirurgicales quand elles ne sont indiquées ou que la Physiothérapie peut les remplacer avantageusement.Le médecin doit utiliser à bon escient tout ce que lui prête la Science : \u201cMedicas qui medicat.\u201d BIBLIOGRAPHIE Nous ne pourrons citer tous les auteurs que nous avions consultés avant d'entreprendre cette revue générale des possibilités des Rayons Roentgen en Dermatothérapie.Nous n\u2019en citerons que les principaux.Ajoutons que nous avons cueilli de précieux renseignements du Cours Supérieur de Perfectionnement en Electro-Radiologie de la Faculté de Médecine de Paris, dont les leçons furent données du ler décembre 1925 au 18 mai 1926 par Madame Curie et MM.Regaud, Strohl, Belot, Zimmern, Lacassagne, Ferroux, Holweck, Richard, Rour-Berger, Autant, Maingot, Haret, Delherm, Laguerriére, Cottenot, Bourguignon, etc.Nahan.\u2014Traitement radiothérapique des Lupus tuberculeux.Nahan\u2014 Traitement des angiomes vasculaires plans par l'Actionothérapie et l\u2019Electrolyse combinées.Barjän\u2014 Traitement des Naevi vasculaires tubéreux par les Rayons X.S.Laborde.\u2014La Radiothérapie des Angiomes.Béclère.\u2014L'érythème cutané et la dose dite d\u2019érythème en Radiothérapie.Solomon.\u2014La Radiothérapie profonde.Belot, Nahan, Cailliau\u2014Action des Rayons X sur le lymphocytome.Bélot\u2014La Radiothérapie modérément pénétrante.Belot\u2014Le traitement radiothérapique des dermatoses non cancéreuses.\u2018 Laborde.\u2014Curiethérapie des cancers de da peau.Holzknecht.\u2014Formulaire radiothérapique.Gillet.\u2014Lymphogranulomatose maligne et Radiothérapie.Gouin\u2014Lichen de Wilson et Rayons X.- Duprez.Irradiation par les Rayons X sur les régions endocriniennes, dans le traitements du psoriasis. 178 L'UNION MÉDICALE DU CANADA - aD Turchard.\u2014 Influence des Rayons X sur la peau.Tribet.\u2014Les Chéloides.Leur traitement par les Rayons X.Dupuoy.\u2014 Traitement radiothérapique de quelques dermatoses.Lamarque.\u2014Hyperidrose plantaire traitée par les Rayons X.Edling.\u2014 Traitement de la lymphadénite tuberculeuse par les Rayons X.Torlais.\u2014 Traitement, par les Rayons X du Botryomycome.Regaud.\u2014 Traitement des Epithé'iomas épidermoides par les radiations.Lepennetier.\u2014Rayons X, Haute-Fréquence, Electrolyse associés dans le traitement des séquelles de l\u2019adénite cervicale tuberculeuse.Bayet-\u2014Traitement par le Radium et les Rayons X des Epithéliomas spino-cellulaires de la peau et de la cavité buccale.Belot, Noiré, \u2014Emploi de l'Ionomètre pour la mesure de la dose épilante.Laberde.\u2014Notions générales concernant la radio-sensibilité des tissus.Edling\u2014 Traitement de la tuberculose chirurgicale par les Rayons X.Tapie, Lyon \u2014Lymphogranulomatose du Médiastin.Lomon, Loisel\u2014La Physique des Rayons X.Dauvilliers\u2014La Technique des Rayons X.Louste, Marin (Albéric).\u2014Erythrodermie prémycosique traitée par les ultra-violets.Louste, Thibaut, Marin (Albérie).\u2014Ulcère bacillaire buccal guéri par les .ultra-violets.Noiré.\u2014Technique de la méthode K\u2018enbock-Adamson.Gouin, Petges.\u2014Radiothérapie des Teignes.Robertson.\u2014X-Rays and X-Rays Apparatus.oO Un nouveau produit Eskay Un produit unique et entiérement nouveau du nom de GLYCERO-COD d\u2019Eskay a récemment été mis sur le marché nar Compagnie Smith, Kline & French, de Philadelphie, manufacturiers du NEURO-PHOSPHATE d\u2019Eskay.Ce nouveau produit est une émulsion à 50% d\u2019huile de foie de morue tirée de la meilleure qualité dhuile de foie de morue de Lofoten, combinée avec du glycérophosphate de calcium de manière à lui donner une saveur agréable.Dans les états où le taux des phosphates et du calcium dans le sang est abaissé, le GLYCERO-COD d\u2019Eskay est particulièrement recommandé, | tout comme dans les fractures et dans les maladies des os.C\u2019est surtout pendant l\u2019enfance que ces conditions sanguines et osseuses surviennent, mais la consistance crèmeuse de l\u2019émulsion la rend facilement acceptable pour les enfants.Le GLYCERO-COD d\u2019Eskay est une préparation strictement scientifique; elle est présentée à la profession médicale seulement, dont les membres sont cordialement invités à envoyer à Smith, Kline & French Company, 105 N.5ème Rue, Philadelphie, Penn., leur requête pour des échantillons et de la littérature. SOCIÉTÉS Société Médicale des Trois-Rivières Présidence du Docteur Charles DeBlois.Assemblée du 23 novembre 1926.Réunion de la Société Médicale des Trois-Rivières sous la présidence du Dr C.N.DeBlois, 23 novembre 1926.Présents : MM.les Docteurs C.N.DeBlois, Ayotte, L.P.Normand, Tourigny, Aubin, Gélinas, Palardy, R.Hébert, Paquin, H.Normand, H.Remington, E.Colin, Auguste Panneton, Perreault, R.Dugré, W.Godin, Darche, Beaudoin.Le Président présenta le premier conférencier, le Dr Auguste Panneton, qui parla des troubles pupillaires et des renseignements cliniques qu\u2019ils nous fournissent.) Le conférencier décrit brièvement l\u2019oeil, sa structure délicate, son inervation et sa vascularisation.Il souligne les rapports directs de cet organe avec le cerveau par l'intermédiaire des nerfs crâniens, avec la moëlle cervicale par les filets sympathiques.De là les symptômes nerveux et intéressants observés dans l\u2019oeil dans les maladies nerveuses spécialement.De inême la vascularisation oculaire riche et vulnérable permet de rencontrer dans l\u2019oeil les premiers symptômes d\u2019artérie-sclérose, d\u2019albuminurie et de diabète.De plus l\u2019examen de l\u2019oeil facilement accessible donne des renseignements absolument précis.L\u2019étude des réflexes oculaires à elle seule, sans instrumentation ni technique spéciale, fournit de précieux éléments de diagnostic.Les reflexes pupillaires en- particulier dont les centres siègent également dans le cerveau et la moëlle épinière ne pouvaient manquer d\u2019être atteints dans un grand nombre de processus pathologiques.Les reflexes pupillaires consistent essentiellement dans la contraction ou la dilatation de la pupille.Le conférencier décrit ensuite l\u2019état de la pupille normale, le mécanisme de la contraction et de la dilatation de son sphincter; \u201ccontraction du sphincter\u201d sous l\u2019influence de la troisième paire crânienne, moteur oculaire commun; dilatation sous l\u2019influence du sympathique cervical (moëlle).Il y a contraction physiologique à la lumière et durant le sommeil normal, dilatation dans l\u2019obscurité et lorsque le sujet regarde de loin.Etiologie du Myosis (contraction de la pupille).Mettant à part certaines maladies locales de l\u2019oeil, les causes principales sont : 1° Les médicaments tels que Esérine, pilocarpine, opium, Nicotine, Strychnine.| 2° Les causes pathologiques telles que : Etats comateux, Apoplexie, syncope nerveuse, (par suppression de l\u2019activité cérébrale) Syphilis nerveuse, cérébro-spinale, tabes, paralysie générale, etc.Symptôme commun à tout myosis : .Vision déficiente à la lumière faible et lorsque regardant de loin.La Mydriase, dilatation de la pupille, est plus souvent en cause que 180 L'UNION MÉDICALE DU CANADA le Myosis.En mettant de côté la cécité qui peut être unie au bilatérale, on aura comme étiologie : 1° Causes locales, médicaments, atropine, belladone, cocaïne.2° Causes pathologiques : Paralysies de la diphtérie, syphilis cérébrale ou méningée.Intoxications alimentaires, conserves, champignons, attaques d\u2019épilepsie, traumatisme du globe oculaire (par compression du sphincter et paralysie), les grandes douleurs, l'angoisse, l\u2019asphyxie par ralentissement de la circulation, traumatisme sur la moëlle cervicale par irritation sympathique.Compression cervicale par tumeur ou fracture de la clavicule.Symptôme commun à tout myduase : Voit mal de près et à la lumière vive.Le conférencier décrit parmi les symptômes pupillaires plus complexes le signe d\u2019Argyll Robertson qui est: la perte du réflexe lumineux et la conservation du réflexe d\u2019accommodation.Signification clinique : atteinte des centres nerveux \u2014 et doit faire penser à la syphilis Combiné avec l\u2019absence du reflexe rotulien, il signifie une syphilis nerveuse certaine.Fréquence du signe d\u2019Argyll Robertson : 80 à 90,% dans le tabes, 50% dans la paralysie générale.Moins fréquent dans les encéphala- pathies syphilitiques.Babinski résume : Les troubles pupillaires seuls, myosis, Argyll Robertson, inégalité pupillaire sont même suffisants en dehors de tout symptôme confirmé d\u2019ataxie pour faire croire dans un avenir prochain à une syphilis nerveuse centrale.Le conférencier termine par quelques mots sur l\u2019état de la punille dans l\u2019anesthés:e générale.Il importe d\u2019abord d\u2019examiner l\u2019état de la pupille avant l\u2019anesthésie, de s'informer si le malade n\u2019a pas pris de médicaments constructeurs de dilatateurs de la pupille, ete.Au début de l\u2019anestrésie, il y aura une légère dilatation de la pupille correspondant à la période d\u2019excitation.Durant la période d\u2019état, il y aura contraction de la pupille par inhibition du sympathique cervical.Une dilatation brusque et subite indique un ralentissement circulatoire, asphyxie, syncope, une dilatation lente, le réveil, annonce de vomissements ou peut- être excès de chloroforme.Le Dr Roch Hébert remercia le conférencier et M.le Président invita le Dr Palardy a donner sa conférence sur le \u201cFoie et son hygiène\u201d.Le conférencier passe d\u2019abord en revue les diverses fonctions du foie glycogénique protéopepsique, uricolétique, fébrinogéne biliaire, antitoxique.Il décrit le procédé du pouce de Glénard dans l\u2019examen du foie, dit un mot du choc hémoclasique de Widal.Il énumére les principaux poisons du foie : alcool, éêther, chloroforme, phosphore, morphine, nicotine.L'alcool conduit inévitablement à la cirrhose du foie.IT importe de même de savoir que l\u2019éther et le chloroforme sont des poisons du foie afin de ne jamais administrer l\u2019anesthésie générale avec ces médicaments sans s\u2019être rendu compte de la valeur fonctionnelle du foie et d\u2019avoir préparé ce dernier par une diète lacto-végétarienne de quelques jours. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 181 Le confirenc.er recommande enfin à tous ceux qui ont dépassé la quarantaine une cure de désintoxication quotidienne ou plutôt un élixir de longue vie : une petite dose de bicarbonate de soude dans un verre d\u2019eau chaude prise le matin avant le déjeuner, Un vote de félicitations au Dr DeBlois est proposé à l\u2019occasion de son élect.on au poste de Gouverneur du College des Médecins et Chirurgiens de la Province.Le Dr Auguste Panneton qui a proposé ce vote remercia aussi le Dr Olivier Tourigny, prédézesseur du Dr DeBlois, de la facon digne dont il a représenté les médecins du district.Le Dr Normand, ancien confrère d\u2019un des conférenciers de la soirée, le Dr Palardy, remercie ce dernier en termes élogieux.Le Dr DeBlois attaqua ensuite la question du charlatanisme, des médecines brevetées.Il engagea les médecins à ne pas se désintéresser du travail qu\u2019entreprenait le bureau des Gouverneurs.Il lut ensuite une lettre du Dr Desjardins donnant sa résignation comme Secrétaire de la Société Médicale.Cette lettre est laissée sur la table et il est proposé par le Dr J.C.Gélinas.secondé par le Dr Roch Hébert et adopté que le Dr Hervé Beaudo.n soit nommé secrétaire temporairz jusqu\u2019aux prochaines élections.Hervé BEAUDOIN, Secrétaire.Traitement du coryza aigu 1° Abortii : a) Douches nasales d\u2019acide carbonique.Bains de vapeur et sudation que l\u2019on favorisera à l\u2019aide de boissons chaudes.b) Cachets suivants : Antipyrine Sulfate de quinine {23 0.30 ctgr Un cachet matin et soir pendant deux jours.2° De la période d\u2019état : a) Fumigations à l\u2019eau de tilleul 3 fois par jour pendant cinq minutes, b) Mettre ensuite dans chaque narine gros comme un pois de : Adrénaline au 1/1000 .deux gouttes Goménol .: .Une goutte Chorhydrate de cocaïne .quinze centigrammes Borate de soude .soixante centigrammes Vaseline .«+++ +.15 grammes Portman, \u201cConsultations O.R.L.du praticien\u201d. SOCIÉTÉ D\u2019OPHTALMOLOGIE DE MONTRÉAL Montréal.14 octobre 1926.Rapport de la première séance de la Société d\u2019Ophtalmolog'e de Montréal, pour le terme 1926-27.Dr F.Tooke Qui succède au Dr À.Lasalle, comme président, remercie ses collègues de l'honneur qui lui est fait, et les assure qu\u2019il fera tout son possible pour maintenir la Société au niveau des années passées et même l\u2019améliorer.A cet effet, il suggère qu\u2019un comité nommé par le président soit formé pour trouver dans chaque hôpital les cas intéressants, et en avertir le secrétaire quelques jours à l'avance.Les noms suivants furent choisis : Dr McMillan .Victoria Dr F.Badeaux .Hotel-Dieu Dr S.Ramsay .Hopital Général Dr J.Brault .Notre-Dame Dr J.B.Mgore .Western Drs.Lasalle & Bédard.\u2014Cas de Syndrome de Parkinson suite d\u2019encéphalite léthargique.La patiente, Madame C., âgés de 22 ang, s\u2019est présentée à la clinique d\u2019ophtalmologie de l\u2019Hotel-Dieu, le ler octobre 1926.Attaque d\u2019encéphalite léthargique en 1918.Les symptômes du syndrome de Parkinson se sont développés plus tard.Diplopie par strabisme divergent.Paralysie de la convergence.Accommodation intacte ainsi que les mouvements de latéralité.Argyll Robertson.Réflexe photo moteur diminué.Rigidité de la face et du corps avec tremblement des doigts.Wassermann négatif.Les rapporteurs appuient sur ce symptôme caractér's- tique de la maladie; fugacité des paralysies.Un jour un muscle ou un groupe de muscles sont intéressés, quelques jours plus tard nous avons affaire à un autre groupe de muscles ou muscle isolé.Ces paralysies peuvent se manifester des années après l\u2019attaque d\u2019encéphalite.La malade est soumise à des injections quotidiennes de sal\u2018eylate de soude, et s\u2019améliore.Pr.MeMillan\u2014Infection profonde du gloke.Le Dr McMillan fait passer à l'ézran toute une série intéressante d\u2019infection du globe causée par un traumatisme perforant et ayant nécessité l\u2019énucléation dans leur service du Victoria.Dr F.Badeaux.\u2014Un cas de conjonctivité de Parinaud.Le Dr F.Badeaux présente un malade qui a souffert de conjonctivit3 de Parinaud a la suite d\u2019un coup de queue de vache dans l\u2019oeil.Confirmation de l\u2019opinion de Parinaud que cette conjonctivité est prise au contact des animaux domestiques.Diagnostic fait par élimination des autres conjonctivités.Recherches de laboratoire faites par le rapporteur: » ow Eo = RP La Dr Tg ey.Poe py ; py L'UNION MÉDICALE DU CANADA 183 cultures, inoculations au cobaye et frottis.Présence de saprophytes qui seraient les véhicules du virus encore inconnu.Rareté de cette conjonc- tivité.Le Dr F.Badeaux parle des recherches que les bactériologistes ont encore à faire sur la flore microbienne des animaux domestiques.Dr S.Ramsay.\u2014Phlegmasia alba dolens de la paupière.Le malade est un garçon de 20 ans.La paupière a commencé à enfler 7 ou 8 jours après un traumatisme sur l\u2019oeil.Pas de température.Pas de douleur au palper.Pas de pus, ni de liquide aux ponctions.Les seuls microbes trouvés furent des streptocoques.Toutes les recherches pathologiques au point de vue tumeur furent négatives.Les différents traitements institués donnèrent aucun résultat.Le Dr Ramsay attribue cet état à un trouble lymphatique ou vêneux.A la demande du Dr Rosemboum, si un Wassermann a été fait, le Dr Ramsay lui répond qu\u2019il était négatif.Pr.MeCauley.\u2014Sarcome de la choroide.Le Dr McCauley montre a I'écran toute une série de cas de sarcome de la choroïde opérés au Victoria.Son intention est de démontrer comment il est parfois difficiles de poser un diagnostic de tumeur intra oculaire seulement par l\u2019examen du fond de l'oeil surtout dans les cas d\u2019iritis secondaire.Il insiste sur deux points qui peuvent nous faire croire à une tumeur : 1° oeil enflammé avec tension élevée.2° Détachement de la rétine avec haute tension.Le Dr McCauley croit que la lampe de Lancaster pour éclairage oculaire peut-être d\u2019un grand secours pour faire un diagnostic de tumeur.Dr McMurty.\u2014Dystrophie de la cornée.Le Dr MceMurty rapporte deux cas souffrant de dystrophie de la cornée sans inflammation et en hypotension.Les deux malades sont des soldats de retour du front qui ont été exposés à tous les corps étrangers pouvant intéresser l'oeil.Les lésions de chacun intéressent surtout le\u201d lames externes de la cornée.Le premier présente de l\u2019oedème cornéen avec surface dépolie; le second, une fine pigmentation comme de la poussière.Dans chaque cas l\u2019évolution a été identique, et intéresse surtout le centre de la cornée.Tous les traitements institués ont été de peu d\u2019effet.Dr Geo.Badeaux.\u2014Cas de tuberculose de la cornée.Le Dr Badeaux présente Madame M., âgée de 50 ans, souffrant de tuberculose de la cornée et traitée à la tuberculine.Au début le Dr Badeaux a cru que cette malade souffrait de kératite parenchymateuse d\u2019origine spécifique, et l\u2019a traité dans ce sens bien que le Wassermann fut négatif.Il a d\u2019abord commencé le traitement avec l\u2019arsenic, puis le bismuth et le mercure.Comme aucun de ces médicaments se semblaient améliorer la malade, le Dr Badeaux a soumis sa malade à l\u2019épreuve de la tuberculine.La réaction fut positive et le traitement à la tuberculine fut institué, et la malade commença à s\u2019améliorer.La cornée complète- 184 L'UNION MÉDICALE DU CANADA ment opaque s\u2019éclaircit après une dizaine d\u2019injections.La malade peut aujourd\u2019hui distinguer les objets.Le Dr Byers et le Dr Lasalle qui ont eu chacun l\u2019occasion de traiter plusieurs cas de tuberculose oculaire par la tuberculine ouvrent la discussion et insistent sur la rareté du cas.Dr Geo.Badeaux.\u2014Cas de Glaucome secondaire à une irido cyclite.Le Dr Geo.Badeaux présente Madame L., âgée de 36 ans.La malade, il y a cinq ans à la suite d\u2019un irido cyclite non spécifique, a fait une attaque de glaucome.Tension 40 au Schiotz avec vision 1/20.Par le traitement thérapeutique tout rentra dans l\u2019ordre, et la malade ne s\u2019aperçut de rien jusqu\u2019à il y a deux semaines.Cette fois la malade ne souffre pas et l\u2019oeil n\u2019est pas enflammé, seulement elle se plaint de voir difficilement.La vision de l\u2019oeil malade est de 1/40 et la tension 45 Le Dr Geo.Badeaux fait à la malade une trépanation d\u2019Elliott (scléro iridectomie) et une semaine plus tard la vision est revenue à la normale avec une tension de 18., Dr GEO.BADEAUX, Secrétaire Variétés Le sottisier para-médical Le zèbre capturé se refuse à la prccréation, et devient même complètement stérile, dans ces conditions, après plusieurs générations.G.Roux, \u201cLa Revue\u201d, I, 1909.¥ 0% æ D\u2019avoir pu le tuer vivant Je me glorifierai sans cesse.Scribe: \u201cL\u2019Héritier\u201d.% # + Tout ce qui était sorti de ses entrailles lui était cher.Victor Cherbuliez, \u201cAprès fortune faite\u201d, ch.IV.¥ 0» «æ Le pain est fait.L\u2019ouvrijer boulanger s\u2019est jeté sur son lit.Les consommateurs ccnsomment.Les microbes se frottent les mains.R.de Marmande, \u201cLeurs misères\u201d.+ #% %# Je suis à me demander si les jeunes filles ne perdent pas ce que gagnent les jeunes gens.\u2014Congrès des oeuvres diocésaines de Valence.Le ventre était potelé, rond et proéminent comme celui d\u2019une jeune femme qui vient de concevoir.\u2014Paul Ollivier, \u201cLe Matin\u201d, 3 nov.1907.(Tiré du \u201cMusée des Erreurs\u201d) , - BIBLIOGRAPHIE CANCER, par le Prof.Ménétrier, professeur a la Faculté de médecine de Paris.1 vol.gr.in-8, de 432 pages, avec figures: Broché: 48 fr.(Librairie J.-B.Bailliére et Fils, 19, rue Hautefeuille, Paris).Depuis prés de vingt ans que la premiére édition de ce traité a été publiée, et bien que durant cette période les dures épreuves de la guerre aient trop longtemps arrété, dans notre pays, et dans la plupart des centres scientifiques européens, l\u2019activité des chercheurs, un nombre considérable de travaux ont été néanmoins effectués et publiés, nécessitant une nouvelle mise au point de tous les chapitres.Les acquisitions sont plus particulièrement importantes en ce qui concerne l\u2019étude expérimentale du cancer.Celle-ci ne se borne plus comme précédemment à des essais de transmission du cancer développé spontanément chez les animaux.On sait maintenant le faire apparaître à volonté, et les- procédés déjà nombreux qui mettent à même de le faire, vont en multipliant les moyens.d\u2019investigation, permettre, connaissant mieux ses causes et son mode de: développement, de le combattre plus efficacement.Et nous avons la satisfaction de voir qu\u2019au point de vue pathogénique ces notions nouvelles, non seulement n\u2019ont pas ébranlé les conceptions.théoriques que nous avons précédemment émises, mais au contraire, les.- ont pleinement confirmées.Les causes du cancer sont multiples, non spécifiques; des agents physiques comme les rayons X, des irritants vulgaires comme le goudron, des agents parasitaires divers, sont capables de la produire, mettant en jeu le processus cancéreuæx, mode réactionnel de l\u2019organisme à ces causes irritatives.Voila ce qui résulte de tous les travaux les plus récents, et qui n\u2019est que la réalisation expérimentale des idées que nous avons soutenues.\u201c Si les données nouvelles que nous fournit la pathologie expérimentale sont aussi considérables, celles que nous avons exposées dans les autres chapitres sont encore nombreuses et importantes.Les types anatomiques et histologiques des tumeurs ont été minutieusement étudiés et précisés.Et nous avons des cadres nouveaux qui se remplissent, notamment en ce qui concerne les tumeurs des glandes.endocrines, des glandes sexuelles, les tumeurs des tissus nerveux, les dérivés néoplasiques des ébauches embryonnaires, les embryomes, etc.La phpsiologie pathologique, la sérologie, la chimie du cancer ont fait de notables progrès.Des méthodes de diagnostic, utilisant les techniques les plus perfectionnées du laboratoire, ont été étudiées, permettant une reconnaissance plus compléte des formes viscérales du cancer et contribuant ainsi, sans doute, a cette augmentation apparente du nombre des cancers, que nous révèlent les statistiques et qui semble si fort préoccuper le public.Aussi en est-il résulté un très important mouvement d\u2019opinion, ayant pour but de soutenir l\u2019effort médical dans la lutte contre le cancer.De toutes parts se sont fondées ces associations (Association française pour Uétude du cancer; Ligue franco anglo améri\u2018aine contre le cancer), des 186 L'UNION MÉDICALE DU CANADA - centres d\u2019étude, des laboratoires, des instituts thérapeutiques, soit dus à l'initiative privée, soit encouragés ou organisés par les pouvoirs publics.C\u2019est qu\u2019au sentiment de découragement, tiré de la notion trop certaine d\u2019incurabilité qui depuis des siècles paralysait tout effort de thérapeutique anticancéreuse, a succédé une activité nouvelle, encouragée par les heureux résultats déjà obtenus, et par l\u2019assurance où nous sommes désormais de pouvoir en oktenir de meilleurs.En effet, et tandis que les techniques chirurgicales ont continué de se perfectionner, les méthodes radiothérapiques, pleines de promesses il y a quinze ans, sont aujourd\u2019hui entrées dans la période de réalisation.Pour l\u2019étude de ces nouvelles méthodes de traitement, nous avons été heureux de nous associer la collaboration particulièrement compétente de notre ami le Dr Rubens-Duval.Le premier voiume renferme les chapitres de généralités: historique; physiologie pathologique du processus cancéreux; biologie expérimentale; étapes du processus cancéreux; retentissement sur l\u2019organisme; évolution clinique et diagnostic; étiologie et pathogénie.Dans le second volume, que nous espérons voir prochainement, seront exposées les formes, variétés, le traitement.LES FONCTIONS DE LA VIE (série \u201cLes Curiosités de la Médecine), par le Docteur Cabanès.Paris, Le François, 91, boulevard St-Germain.Prix: 12 fr.\u201d Poursuivant la série de ses \u2018Curiosités de la Médecine\u201d dont les deux premiers volumes ont obtenu un très vif succès de.curiosité, le docteur Cabanès nous apporte, aujourd\u2019hui, le résultat de ses recherches et ses Aperçus originaux sur \u2018Les Fonctions de la Vie\u201d.Tous les appareils sont minutieusement passés en revue: appareil digestif.appareil respiratoire.appareil circulatoire, appareil urinaire, appareil nerveux.Nous ne saurions mieux faire, pour donner une idée de ce que renferme cette sorte de répertoire, qui n\u2019a pas son pareil dans notre littérature médicale, tant au point de vue de la conception que de l\u2019exécution, que de reproduire quelques titres pris entre cent.Appareil digestif: Estomac et cerveau; la ventriloquie, jadis et au- jourd\u2019hui; les déventrés dans l\u2019art; Adam et Eve avaient-ils un nombril ?Appareil respiratoire: L\u2019hygiène du chanteur; l\u2019influence génitale sur la voix; les chanteurs sont-ils à l\u2019abri de la tuberculose ?Appareil circulatoire: Dictons sur le sang; sueurs sanguinolentes; les buveurs de sang; coeurs velus; comme quoi on peut avoir le coeur à droite; le coeur vu par les littérateurs; le coeur dans les proverbes; le coeur dans la magie; ce que deviennent les coeurs des rois et autres personnages notoires.Appareil urinaire: singuliers usages de l\u2019urine; calculeux célèbres.Appareil nerveux: le caractère dans les maladies; émotions funestes; traumatismes bienfaisants; l\u2019imitation nerveuse; sympathies organiques; antagonisme dans les maladies, etc.Comme tous les livres du même auteur, celui-ci se lit sans fatigue, L'UNION MÉDICALE DU CANADA I \u2014_\u2014 La médication au Bismuth par excellence +0 ran EE (GED EE (EEDA () SE) ED) ED () ) A (EE ) > SN > NN) M) e AN | S| ul Ah) \u2014] a RCo | (il if ly CN | C a) ENS d re bp 2 | ) SN EEE) \\ Ta) ee ny Ne a 4 9 / S EE = == use = = 2.AS À / LA / ( EY Ne WV er _ We ES SRE \u2014 ) Ee so \u2014 GE ESC ER =, ES \u2014 \u2014 y SE = \\ ; ; (ses == EN /) ( (i ; = ; il J a ) { Lf I | ; EE, 7 { ÿ ; ( NN \u2014 = = = Es ji i \"J |S WN If = = \\ 7 \\ J + \u2014 == Bol Vi = VEN iv A.C M.D = = J oy = ee == A N \u2014\u2014 \u2014 Hal JER 5 72 =| =z ST = ===> PSE z EE Rg Sm \u2014 ES re Ne mt Se ose IN = d ee = A= sean \u2014 po.pe =, AT (GE) GEE GEE) ID GED ED) ED) AD) GE I) GERD SEED) GI) GEO) SE) SED) GERD EIR) GD) ED) ENS GED) SED CED EE) GED) ED) ED) GED (ED ED) GED INDICATIONS HYPERACIDITE \u2014 DILATATION \u2014 GASTRITE ULCEREUSE INFECTION INTESTINALE Dose ordinaire dans les cas de troubles de l\u2019estomac.3 c.à dessert dans un verre à vin d\u2019eau 3 fois par jour avant les repas.v 188 L'UNION MÉDICALE DU CANADA INTRODUCTION A LA RADIOLOGIE MEDICALE.Etude simplifiée des notions actuelles sur la nature des Rayons X, par G.Chaumet, pro- \u201c fesseur agrégé au Val-de-Grâce, un volume in-8° raisin 260 pages avec 29 figures.Vigot Frères, éditeurs, 23, rue de l\u2019Ecole-de-Médecine, Paris.Prix, 15 fr.Ce petit traité dont l\u2019originalité du plan se révèle aux titres de ses cinq chapitres, expose, d\u2019une façon graduelle, l\u2019essentiel de ce qu\u2019on doit savoir sur les rayons X.\\ L\u2019auteur, partant d\u2019une comparaison entre les radiations de Roentgen et les ondes lumineuses, nous expose leurs propriétés.Puis, aprés une incursion dans les nouvelles acquisitions de la théorie atomique, il reprend l\u2019étude des propriétés des rayons X qui se présentent dès lors à l\u2019esprit avec leur pleine signification.La genèse des rayons de Roentgen se conçoit de même sans difficulté.Un des mérites de l'ouvrage est d\u2019amener le lecteur à.s\u2019intéresser à ces questions sans exiger de lui des connaissances spéciales, mais en conservant aux données exposées une tenue scientifique qui en fait quelque chose de plus qu\u2019un livre de vulgarisation.D\u2019autre part, l\u2019auteur n\u2019oublie pas qu\u2019il s\u2019adresse principalement aux médecins.Aussi les propriétés des rayons ce sont-elles envisagées surtout en fonction de leurs applications médicales et, notamment l\u2019étude des bases physiques de la radiothérapie en découle naturellement.En résumé, le livre du Docteur Chaumet, d\u2019une lecture plus aisée que les traités des physiciens, met l\u2019essentiel de leurs découvertes à la portée de ses confrères.Restant dans la théorie, à l\u2019exclusion de toute considération d\u2019appareillage, il fait comprendre les phénomènes et, étant donné l\u2019importance toujours plus grande de la radiologie, il a sa place dans toutes les bibliothèques médicales.Variétés Solutions pour conserver les instruments métalliques Bicarbonate de soude pur .10 grammes Eau distillée .500 grammes ou bien: Borate de soude pur .10 grammes Eau distillée .500 grammes \u2018ou bien: = e Carbonate de soude pur .19 grammes Eau distillée .500 grammes ou bien: Alcool à 95° .250 grammes Borate de soude pur .quelques grammes \u201cLe Carnet Médical Français.\u201d "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.