L'union médicale du Canada, 1 août 1927, Août
[" L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, fondée en 1872 Vol.LVI AOÛT 1927 No 8 LES NÉVRITES PÉRIPHÉRIQUES DES TUBERCULEUX (1) Par le Professeur EMILE SERGENT (de Paris) et le Docteur ARMAND DEROME (de Montréal), Assistant étranger.Il est fréquent de constater, chez des tuberculeux, des signes de névrites périphériques, de type variable et plus ou moins accentué, portant surtout sur les membres inférieurs.Ces manifestations névritiques sont-elles dues a la toxi-infection tuberculeuse ou relèvent-elies d\u2019une autre cause, et, particulièrement, de l\u2019alcoolisme, si souvent associée à la tuberculose, voire même de la syphilis.Nous croyons que la seconde éventualité est la plus fréquente.L'un de nous a même pensé, jusqu'à ces derniers temps, qu\u2019elle existait seule; à la suite d\u2019une communication faite le 17 décembre 1924, à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, par MM.Lévy- Valensi, Philbert et Lechaux \u2014 communication sur laquelle nous reviendrons \u2014 il a même pris la parole pour déclarer qu\u2019il n'avait jamais observé un cas de névrite chez un tuberculeux, sans constater en même temps l'existence incontestable de l'alcoolisme; et Rist fit la même remarque.Cependant, nous avons eu l\u2019occasion d'observer récemment deux cas dans lesquels aucune autre étiologie que la tuberculose ne pourrait être invoquée, constatation qui n\u2019exclut pas d\u2019ailleurs une discussion sur la complexité du mécanisme pathogénique qui règle le déterminisme de ces névrites périphériques des tuberculeux.Ces deux observations nous ont incités à modifier l'opinion exclusive que l\u2019un de nous avait exprimée et que nous venons de rappeler.(1) Travail de la Clinique Médicale de la Charité (Faculté de Médecine de Paris), d\u2019après une conférence faite par le Prof.Sergent le 27 av.1927. 428 L'UNION MÉDICALE DU CANADA La première observation est celle d'un jeune homme de 17 ans, lycéen, que l\u2019un de nous fut appelé à voir en consultation en ville le 22 décembre 1926.Ses parents sont très bien portants.Un frère ainé est mort de tuberculose pulmonaire, 1l y a un an; notez que ces deux freres partageaient la même chambre.Ce jeune homme n\u2019a jamais eu aucune maladie sérieuse.Il y a trois mois, brusquement, il fit une grosse hémoptysie; la fièvre s'alluma le même jour, pour ne plus cesser; la courbe thermique dessine de grandes oscillations quotidiennes; l\u2019amaigrissement est considérable et progressif; la toux est incessante; l\u2019expectoration est abondante et contient de nombreux bacilles de Koch; de temps en temps, il y a de petites hémoptysies.Depuis trois semaines ont apparu des douleurs vives dans les deux jambes, bientôt accompagnées d\u2019impotence fonctionnelle progressive; notez que ce jeune homme a reçu, depuis le début de sa maladie, un nombre considérable d\u2019injections de cacodylate de soude, faites sous la peau des aisselles, Le jour de la consultation, il est dans un état cachectique, très maigre, émacié, très anémié et on peut constater les signes d\u2019une tuberculose pulmonaire bilatérale avec grosses cavernes.L'examen des membres inférieurs permet de relever tous les signes de la polynévrite des quatre membres, avec atrophie musculaire, œdème tropho-neurotique, douleurs vives, impotence fonctionnelle, sans aucune trouble sphinctérien, sans aucun signe pyramidal.Dans cette observation, la tuberculose, avec sa forme galopante, est seule en jeu.Ce jeune homme a toujours eu une vie bien disciplinée; grand travailleur, vivant dans sa famille, ne sortant jamais seul; bien plus, ne buvant jamais de vin, dont il avait même horreur.quoique Français.Mais, je le répète, il y avait eu abus des injections de cacodylate de soude et on peut se demander si une intoxication arsénicale n\u2019a pas déclanché la polynévrite.La deuxième observation est celle d\u2019une jeune fille de 20 ans, soignée dans notre\u2019 service il y a quelques mois.C\u2019était une enfant tres pure, jeune fille dans toute l\u2019acception du mot.Elle portait tous les signes d\u2019une phtisie caséo-ulcéreuse à marche rapide; trois semaines avant sa mort, apparurent les premières manifestations de la polynévrite périphérique, qui réalisa peu à peu le tableau complet, identique à celui de l\u2019observation précédente.Chez elle aussi de nombreuses injections de cacodylate de soude avaient été faites en ville, avant son entrée à l'hôpital.Il y eut opposition à l\u2019autopsie.Voici donc deux observations dans lesquelles il est impossible de relever aucun signe d\u2019alcoolisme, aucun stigmate de syphilis, même L'UNION MÉDICALE DU CANADA 429 héréditaire; la tuberculose, à marche subaiguë, a été la seule cause déclarante de la polynévrite.Ces observations s'ajoutent à celles que d'autres auteurs ont publiées; elles nous ont inspiré l'idée de consacrer\u201c une étude à la polynévrite tuberculeuse; notre tâche sera singulièrement simplifiée, car cette étude a été fort bien présentée dans la thèse récente et très documentée de M.Froument, faites sous l'inspiration du Dr Crouzon.¥* * % La polynévrite des tuberculeux a été assez longuement étudiée depuis un bon nombre d'années.C\u2019est en 1864 que Leudet, le premier, en décrivit les symptômes.Quant à leur cause, il la rattache, suivant les idées de Claude Bernard, \u201ca un trouble circulatoire local dépendant d\u2019une perversion des nerfs vaso-moteurs\u201d.Peu après, Fraenkel (en Allemagne) rapportait ces troubles à une altération de la partie contractile du muscle.Joffroy, en 1879, et Girenhor, la même année, apportèrent des constatations histologiques établissant l\u2019existence de polynévrites chez les tuberculeux.Mais la polynévrite ne trouva place dans le cadre de la clinique neurologique qu\u2019en 1886, avec l'important mémoire de Pitres et Villard, publié dans la Revue de Médecine.En 1894, la thèse de Carrière (de Bordeaux) vint compléter ce mémoire, auquel les recherches simultanées de Pal (en Autriche) et de Jappa (en Russie) apportèrent une nouvelle confirmation.Puis Klippel dans sa thèse (1889) introduit des notions nouvelles sur l'étude des polynévrites en reprenant l\u2019idée Fraenkel, et le prof.Raymond, dans ses cliniques, différencie les leptomyélites tuberculeuses des polynévrites.Toutes ces recherches se continuèrent tant en France qu'à l\u2019étranger sur le terrain anatomo-clinique.Au début du XXe siècle, en 1903, un Belge, de Buck, par une injection de cultures de bacilles tuberculeux, déclancha des polynévrites chez des lapins et inaugura ainsi l'étude expérimentale des névrites périphériques des tuberculeux.Malgré ces diverses constatations, l\u2019étiologie tuberculeuse a toujours été et reste encore l\u2019objet de bien des controverses et de nombreuses discussions parmi les cliniciens.Et pourtant, elle seule semble pouvoir être incriminée dans quelques observations récentes, qui s'ajoutent aux nôtres.En effet, à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, le 23 mars - 430 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 1924, MM.Crouzon, Chavaux, Ivan Bertrand et Froument présentent un cas aussi démonstratif, encore plus démonstratif, puisqu'il comportait un examen histologique.Puis Lévy-Valensi, Philbert et Lechaux, à leur tour, le 19 décembre 1924, rapportèrent à la même Société une observation de polynévrite tuberculeuse pure, à prédominance motrice, survenue à la suite d\u2019un pneumothorax thérapeutique, et ils se demandèrent si le pneumothorax, en comprimant le poumon, n'avait pas mobilisé les bacilles ou les toxines.\u2018Trois autres cas de formes variées sont cités dans la thèse fort documentée de M.Froument (contribution à l\u2019étude de la polynévrite tuberculeuses, th.Paris, 1924).En 1925, à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, M.Lévy- Valensi, Feil et Minot, relatent deux observations de névrite tuberculeuse du musculo-cutané chez des malades atteints de lésions pulmonaires bilatérales ulcéreuses (20 mars et 24 avril 1925).Enfin, MM.Lereboullet, Heuyer et Gournay, à la Société de Neurologie le 2 juillet 1925, signalent, chez une enfant tuberculeuse de 13 ans, une atrophie musculaire polynévritique.i Nous n\u2019entrerons pas dans les détails de la discussion des formes cliniques de ces névrites.Nous nous bornerons a rappeler que le polymorphisme est leur caractére essentiel.On peut observer des formes motrices pures, des formes sensitives, des formes vasomotrices et, surtout, des formes amyotrophiques.Il convient de réserver une place aux formes latentes, qui ont été surtout étudiées du point de vue histologique par Pal et par Jappa et qui sont des trouvailles d\u2019autopsie sans grand intérêt pratique pour le clinicien.Enfin, dans certains cas, ces polynévrites affectent, par la rapidité de leur évolution, une allure polimyélitique.Quelle que soit leur forme, il ne paraît pas douteux que les polynévrites tuberculeuses sont très rares.Crouzon admet cependant qu\u2019elles sont plus fréquentes qu\u2019on ne le croit.\u201cLorsqu\u2019on examine, dit-il, tous les malades d\u2019un service de tuberculeux, on est frappé par le nombre de manifestations, plus ou moins frustes, que l\u2019on peut faire rentrer dans le cadre de la polynévrite.\u201d Nous sommes d\u2019accord avec lui sur l\u2019exactitude de cette constatation; mais nous faisons une réserve sur la certitude de l\u2019étiologie tuberculeuse de tous ces cas; en effet, surtout dans la clientèle pe L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 431 hospitalière, l\u2019alcoolisme est très répandu, même chez les femmes, qui, d\u2019après Froument, seraient atteintes plus souvent que les hommes.D'ailleurs, Crouzon, dans sa note du 26 décembre 1924 à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, reconnaît l\u2019extrème rareté des polynévrites purement et sûrement tuberculeuses et dit qu'il croit en avoir observé deux cas dans sa carrière.Lévy-Valensi et ses collaborateurs disent, de leur côté, en rapportant leur première observation, que c'est le seul cas qu\u2019ils ont observé, en un an, sur environ 2000 malades.%# * % De l\u2019ensemble des considérations précédentes, nous croyons pouvoir tirer les conclusions suivantes : La polynévrite n\u2019est pas rare chez les tuberculeux.Mais l\u2019étiologie purement et sûrement tuberculeuse est exceptionnelle.I] convient de se souvenir que les toxines du bacille de Koch ne sont diffusibles à distance et qu\u2019elles n\u2019exercent leur action qu'au siège même et au voisinage immédiat des foyers bacillaires.Si bien qu\u2019il est nécessaire de faire intervenir des causes toxiques d\u2019origine complexe, qui peuvent être représentées par des lésions hépatiques ou rénales surajoutées, voire même par des infections secondaires.Ce n\u2019est donc qu\u2019indirectement que le tuberculeux peut être l\u2019occasion de l\u2019apparition d\u2019une polynévrite périphérique.Si l\u2019éthylisme, si la syphilis associées ne peuvent être incriminées, il est une autre cause, plus fréquente peut-être qu\u2019on ne le croit, dont l\u2019intervention déclanchante ne peut être méconnue et sur laquelle nous voulons attirer l\u2019attention: c\u2019est l\u2019action toxique de certaines médications.Or, les tuberculeux sont presque toujours soumis à des médications surabondantes aussi bien que trop souvent inutiles.La sancrysine provoque fréquemment des névrites; il en est de méme de la créosote et, surtout, de l\u2019arsénic:; les névrites arsénicales sont bien connues.Dans les deux observations personnelles que nous venons de rapporter, les malades avaient reçu de nombreuses injections de cacodylate de soude.Les injections sous-cutanées et intra-musculaires sont fort en honneur aujourd\u2019hui; comme tous les médecins nous avons vu des névrites succéder \u2014 en dehors de toute tuberculose \u2014 à des injections 432 L'UNION MÉDICALE DU CANADA médicamenteuses; il n\u2019y a pas de raisons pour que les tuberculeux échappent aux effets de ces injections.Ces névrites, dues à des injections sous-cutanées ou intramusculaires \u2014 voire même intra-veineuses \u2014 ne sont pas seulement les effets de l\u2019intoxication médicamenteuse: elles peuvent résulter de la lésion traumatique d'un filet nerveux important; l\u2019un de nous a vu des sujets conserver, pendant longtemps, des douleurs névritiques sur le trajet d'un filet nerveux blessé au cours d'une prise de sang.Nous croyons que cette notion doit être mise en évidence et nous ne sommes pas éloignés de penser que certains cas de névrites périphériques, constatées chez des tuberculeux qui ne sont ni syphilitiques ni alcooliques, peuvent trouver leur origine dans cette étiologie, l\u2019injection médicamenteuse agissant, soit à titre toxique, soit comme tramautisme direct d\u2019un rameau nerveux.Ainsi se trouve singulièrement réduite l\u2019étiologie vraiment tuberculeuse des névrites périphériques des tuberculeux.C\u2019est pourquoi nous pensons qu'il est préférable de décrire ces manifestations névritiques sous la dénomination de \u2018Névrites périphériques du tuberculeux\u201d, qui ne préjuge pas de la nature exacte de la lésion, plutôt que sous la dénomination de \u2018Polynévrites tuberculeuses\u201d qui implique une étiologie trop étroite. MALADIE DE BUERGER APERÇUS GÉNÉRAUX ET OBSERVATION CLINIQUE (1) Par le Docteur ANTONIO BELLEROSE, Moniteur de l'Hôpital Necker de Paris, Assistant à l'Université de Montréal, Chirurgien de l'Hôpital Notre-Dame.Deux raisons m'ont déterminé à désigner par un nom propre la maladie que je dois étudier avec vous: d\u2019abord, je désire attirer l'attention sur l'effort intellectuel qui se fait actuellement aux Etats- Unis dans le domaine médical, il s\u2019y trouve des hommes dont les travaux scientifiques portent l'empreinte de la personnalité, puis, je le fais pour rendre un témoignage de reconnaissance à Léo Buerger de New-York, son livre, \u201cCirculatory disturbances of the extremities\u201d, ajoute un chapitre à la pathologie des lésions vasculaires, il individualise une nouvelle maladie dont il faudra tenir compte dans nos études.La maladie de Buerger, ou comme il l\u2019appelle lui-même la \u201cThrombo-angiitis obliterans\u201d, semble avoir été confondue avec une infinité d\u2019autres affections vasculaires des extrémités; ici on l\u2019appelait \u201cEndartérite ou Artérite oblitérante\u201d, \u201cGangrène présénile\u201d, \u2018\u201cGangrène juvénile\u201d, là, \u201cSpontän gangran\u201d, \u201cEndartéritis oblitérans\u201d.C\u2019est en 1924, alors que Leo Buerger publia son volume, qu\u2019elle prit le nom de \u201cThrombo-angiitis obliterans\u201d, nom accepté dans tous les pays de langue anglaise qui est s'introduire dans les autres pays: en France, on l'appelle maladie de Buerger ou thrombo-angéite oblitérante.Définition C\u2019est une affection caractérisée par l\u2019inflammation de gros troncs vasculaires, veines et artères, suivie de thrombose oblitérante avec troubles trophiques aboutissant la plupart du temps à la gangrène.Siège Le plus souvent elle siège aux membres inférieurs, très rarement aux membres supérieurs, Buerger l\u2019a trouvée dans les vaisseaux (1) Communication faite à la Société Médicale de Montréal, février 1927. 434 L'UNION MÉDICALE DU CANADA spermatiques et Murphy dans ceux du rein.Dans ce travail, j'aurai en vue les membres inférieurs.Etiologie La cause n\u2019est pas encore parfaitement établie, les observations cliniques et les recherches anatomo-pathologiques de Buerger et de Parks Weber indiquent qu\u2019il s\u2019agit, selon toute probabilité, d'un agent infectieux.Ce germe n\u2019a pas encore été isolé.Si l\u2019on en juge par la littérature médicale, cette maladie, jusqu'à ces dernières années, semblait limiter son champ d'action à la race juive et à la race japonaise; des 500 cas observés par Buerger, 490 appartiennent à ces nationalités.Depuis un an ou deux, on s\u2019est aperçu qu'elle se rencontre assez souvent en dehors des deux races précitées, si bien que le prof.P.Delbet pouvait dire, il y a quelques mois, que la maladie de Buerger s'étend rapidement et progressivement sur le monde entier.Le sexe féminin semble en être indemne ou à peu près indemne; il n'est atteint que dans la proportion de 1%.Les individus atteints sont ordinairement jeunes, de 20 a 35 ans.On a invoqué comme causes: le tabac (Erb), les traumatismes répétés, l\u2019exposition répétée des membres inférieurs au froid ou a la clialeur, les aliments malsains (Delbet), l\u2019hyperadrénalinémie (Le- riche), l\u2019hyperviscosité sanguine (Méver), l\u2019hyperglycosurie, l\u2019hyper- cholestérinémie, etc.Il ressort des études de Buerger lui-même que ces causes n\u2019existent pas dans la plupart des cas, excepté le tabac auquel il semble accorder une certaine importance.Anatomie pathologique L\u2019anatomie pathologique fournit des renseignements intéressants.Les recherches de Buerger portent sur quarante-six membres amputés et vingt-cinq biopsies prises dans les cas de thrombo-phlébite super- ficieile.Elles établissent que les lésions existent aussi bien dans les veines que dans les artères, et que l\u2019oblitération primitive est due à un caillot.1° Lésions macroscobiques.Elles siègent ordinairement dans les vaisseaux de la jambe: tronc tibio-péronier, etc, elles se voient beaucoup plus rarement dans ceux de la cuisse.Les vaisseaux sont oblitérés sur une plus ou moins grande étendue.La section d\u2019uné portion thrombosée permet de distinguer L'UNION MÉDICALE DU CANADA 435 l: paroi du vaisseau de la masse solide qui le remplit; cette dernière est jaunâtre et percée de fine ouvertures d'où la pression fait sourdre des gouttelettes de sang rouge.En dehors de ces régions, la lumière des vaisseaux est diminuée et leur paroi épaissie; naturellement 1l s'agit ici de lésions anciennes.2° Lésions bistologiques.Elles diffèrent selon que l\u2019on a affaire à la période initiale, ou à la période de cicatrisation.Période initiale.A cette période, l\u2019étude histologique, pour cause, porte surtout sur les lésions des veines superficielles.La paroi de la veine présente dans sa totalité les caractères de l'inflammation aiguë.La média, l\u2019adventice et même les tissus péri-vasculaires sont infiltrés de leucocytes polynucléaires, la lumière du vaisseau est remplie par un caillot rouge.Période de cicatrisation.La lésion la plus apparente est l\u2019obstruction des vaisseaux, veines et artères, par du tissu conjonctif nettement différencié de celui des parois vasculaires (absence de fibres élastiques).Même à cette période, Buerger a constaté des lésions aiguës: en certains points des vaisseaux profonds.il a trouvé des caillots contenant des foyers purulents à polynucléaires et des abcès miliaires.En somme, comme il le dit, les lésions histologiques de la thrombo- angéite oblitérante sont par ordre chronologique: 1° Une lésion inflammatoire aiguë avec thrombose.2° La formation de foyers de cellules embryonnaires.3° La canalisation du caillot.4° La transformation des cellules embryonnaires en tissu cicatriciel avec disparition des éléments de l\u2019inflammation aiguë.5° La formation d'un manchon fibreux qui engaîne l'artère, les veines satellites et souvent le nerf.Symptomatologie La symptomatologie de la thrombo-angéite est assez complexe, elle varie suivant l'âge et l\u2019étendue des lésions.Pour la commodité de la description nous la diviserons en deux périodes: 1° La période oiguë où prodromique.2° La période chronique ou de cicatrisation.En réalité, les choses ne se passent pas toujours aussi simplement chez le malade, les périodes, au lieu d'être nettement tranchées, se superposent.La période prodromique comprend les symptômes de la maladie ter se, elle passe souvent inaperçue, ou parce que le malade ne juge pas à propos de consulter un médecin, ou parce que ce dernier attribue 436 L'UNION MÉDICALE DU CANADA à d\u2019autres causes les troubles légers pour lesquels on vient le consulter.Au début.les symptômes subjectifs se résument à un simple malaise, parfois à des douleurs vagues dans la plante des pieds et dans le mollet.Ces douleurs sont calmées par le repos.(Claudication intermittente.) Un examen attentif, assez souvent, révèle déjà la disparition des pulsations de la tibiale postérieure et de la dorsale du pied, et toujours, l'examen du sang montre une augmentation dans le nombre des leucocytes polynucléaires.L'affection peut débuter simultanément dans les deux membres, le plus souvent elle débute dans un seul, le gauche habituellement.Le diagnostic de thrombo-angéite oblitérante à la période initiale est difficile, elle se présente sous un aspect clinique qui ressemble à celui de beaucoup d'autres affections vasculaires.1] est des cas ou, nm'ême tout à fait au début, on peut faire un diagnostic à peu près certain, ce sont ceux qui présentent de la thrombo-phlébite -migra- trice de la saphène interne ou externe.Celle-ci se rencontre dans 20% des cas, et permet d'étudier histologiquement les lésions anatomiques de la période aiguë.La maladie de Buerger est une affection du jeune âge, elle s'attaque à des individus ayant un .cœur sain, une vis à tergo puissante et un pouvoir de compensation considérable, c'est pourquoi 1l se passe des mois, parfois mêmes des années, avant qu\u2019apparaissent les troubles caractéristiques de Ja seconde période.L.a période chronique, en plus des symptémes du début, comprend ceux de la maladie 7% se, c\u2019est-à-dire les troubles trophiques.| \u2014-Apparence des membres.Même dans les formes atténuées, on note des altérations trophiques des ongles, ceux-ci ne poussent pas ou poussent déformés.L\u2019extrémité distale de l'orteil est bouffie, la peau, d\u2019épaisseur normale, a perdu son élasticité, elle ressemble au cuir.La jambe, souvent même la cuisse sont atrophiées.2.\u2014Ischémie.Abstraction faite des régions gangrenées ou en éminence de gangrène, le pied et plus particulièrement les orteils présentent une coloration rosée ou rouge lorsque le membre lésé est en position déclive.Angle de compensation circulatoire.Le malade étant en décubitus dorsal, si on élève le membre au-dessus de la ligne horizontale pour le placer dans un plan vertical, une pâleur livide remplace la coloration rouge des orteils.Dans les mauvais cas, l'ischémie apparaît à 45% au-dessus du plan horizontal et persiste même lorsqu\u2019on L UNION MEDICALE DU CANADA 437 remene le membre dans le plan horizontal, dans les cas extrêmes, elle persiste à 20% en-dessous du plan horizontal.Plus vite elle apparaît, plus considérable est l'obstruction vasculaire.3\u2014Erythromélie.On l\u2019observe chez certains individus atteints de thrombo-angéite oblitérante, elle disparaît si on élève le membre dans le plan vertical, le malade étant couché.Elle est due à ce que la circulation se fait surtout par la périphérie au moyen des capillaires qui sont dans un état de vaso-dilatation chronique.4\u2014Cvanose.Si l\u2019obstruction veineuse est considérable, le pied en position déclive est cyanosé, à l'élévation du membre l'ischémie remplaçe cette cvanose.5 \u2014(Edème.Lors des poussées de phlébites migratrices, on note un œdème superficiel dans le territoire de la veine thrombosée.6.\u2014 Modification osseuse.Contrairement à ce qui se produit dans la maladie de Raynaud, les phalangettes ne subissent aucune modification osseuse en dehors de la période gangreneuse, comme le démontre la radiographie.7 \u2014Pulsations.absence de pulsations au niveau des membres est considérée comme un élément essentiel au diagnostic de la maladie de Buerger, surtout lorsque cette absence persiste après l'épreuve du bain chaud préconisée par Babinskv.On note l\u2019abolition des pulsations dans la dorsale du pied et la tibiale postérieure, plus rarement dans la fémorale.Lorsque les vaisseaux atteints sont imperceptibles au toucher, l\u2019oscillométrie peut nous renseigner sur leur plus ou moins grande perméabilité.( J.Heitz.) 8-\u2014Douleur.La douleur, qui est légére au début de la maladie, devient insupportable chez certains individus à la période des troubles trophiques, souvent même la morphine est sans action.Les douleurs causées par la marche se localisent dans le mollet, celles du décubitus se manifestent au talon et dans les orteils, elles apparaissent après deux ou trois heures de sommeil; pour les calmer, le malade laisse pendre ses membres en dehors du lit.9 \u2014Gangrène.La gangrène peut frapper d'emblée tout un segment de membre, ou bien se cantonner à un ou plusieurs orteils.Dans la gangrène diffuse les douleurs sont modérées, dans les gangrènes partielles et localisées elles sont atroces: de longs jours, de longues nuits s'écoulent avant qu\u2019apparaisse le sillon d'élimination et que l'escharre se détache.On peut considérer comme menacé: de 438 L'UNION MÉDICALE DU CANADA gangrène toute région présentant une pâleur ischémique, qui ne disparaît ni dans la position déclive, ni à l'épreuve du bain chaud.Formes cliniques La thrombo-angéite est une maladie lente et progressive dont la symptomatologie diffère légèrement selon les individus atteints et l\u2019étendue des lésions.La période prodromique peut passer complètement inaperçue, souvent on ne reconnaît l\u2019affection que lorsque le deuxième membre est pris, ou bien lorsqu\u2019apparaissent les troubles trophiques.A la période chronique, on peut diviser les malades en différentes classes selon l\u2019ensemble des symptômes qu\u2019ils présentent.1° Ceux qui ne souffrent que de claudication.2° Ceux qui souffrent de claudication intermittente et présentent de l\u2019ischémie à l\u2019élévation du membre, avec rougeur en déclivité et asphygmie de la tibiale postérieure et de la dorsale du pied.3° Ceux présentant les symptômes typiques: claudication intermittente, rougeur ou érythromélie en déclivité, ischémie en élévation, troubles trophiques avec gangrène localisée.4° Ceux chez qui sont disparus les troubles subjectifs et objectifs moins l\u2019asphygmie de la tibiale postérieure et de la dorsale du pied.5° Ceux chez qui les membres supérieurs sont atteints après les membres inférieurs.6° Les cas foudroyants où la gangrène se déclare un ou deux mois après le début de la maladie.Pronostic Dans 78% des cas l'amputation devient nécessaire, soit à cause des douleurs, soit à cause de la gangrène: celle-ci d\u2019une façon générale apparaît de deux à quinze ans après le début de l'affection.Si l\u2019on sait intervenir à temps, il est très rare que la thrombo-angéite oblité- rante cause la mort, cependant 1l faut toujours craindre l\u2019embolie.Diagnostic Certaines données cliniques nous permettent de faire le diagnostic de la maladie de Buerger.Ce sont : I.La race, les Juifs surtout en sont affectés.2.Le sexe, 99% des sujets atteints sont des hommes. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 439 vi + o) du bain.Son début aux membres inférieurs.La claudication intermittente précoce.La thrombo-phlébite superficielle migratrice.[\u2019absence de pulsations dans les vaisseaux apres l\u2019épreuve 7.La pâleur des extrémités dans la position élevée et leur rougeur dans la position déclive.3.L'âge, 20 à 35 ans.9.L'évolution lente, progressive, conduisant à la gangrène d\u2019un membre, très souvent des deux.Diagnostic différentiel a) Maladie de Raynaud.I.Lésions vasculaires insuffisantes pour expliquer symptômes.(Cassirer.) Raréfaction osseuse des pha- _ langettes.3.Pulsations présentes après épreuve au bain chaud.4.Rougeur ou ischémie non influencée par la position.5.Siege: membres supérieurs et ro face.6.Pas de thrombo-phlébite superficielle.7.Cyanose non influencée par position.b) Artério-sclérose.Age: 50 ans.Artere calcifiée (rayons X).c) Artérite aiguë.Evolution rapide.Foyer d\u2019infection.d) Mal perforant.Non douloureux.Syphilis ou diabète.e) Erythromélie.Rougeur par paroxysme non influencée par position.Pas de claudication.Maladie de Buerger.[Lésions vasculaires bles.considéra- Absence de raréfaction osseuse des phalangettes.Pulsations absentes après épreuve du bain chaud.Ischémie en position élevée, rougeur en position déclive.Siège: membres inférieurs.Thrombo-phlébite superficielle.Cyanose remplacée par-de l\u2019ischémie si on élève le membre.Maladie de Buerger.Rougeur disparaît à l\u2019élévation du membre.Claudication. a 440 L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Traitement A.Période aiguë.Jusqu'à présent il n'existe aucun traitement spécifique reconnu.Peut-être les injections intra-veineuses d'un bactéricide, comme le novo-arsénobenzol, sont-elles efficaces 7 Les observations de Buerger ne lui permettent pas encore de se prononcer d'une façon définitive.B.Période chronique.D'une façon générale, il faut éviter tout ce qui peut détruire l'équilibre nutritif qui s'est établi par la compensation circulatoire.1! faut éviter : ].La station debout prolongée.2.Les longues marches.3.Les compressions par les chaussures ou les jarretelles.4.L'exposition au froid.5.Les blessures.a) Traitement conservateur Contre la douleur.La diathermie est ce qui m'a donné le plus e succès contre la douleur.Contre la déficience circulatoire.Pour améliorer la circulation on emploie : 1.Les mouvements actifs.le malade, étant dans le décubitus dorsal, élève pendant deux ou trois minutes, le membre lésé en position verticale, puis il la ramène en position déclive pendant trois ou cinq minutes et le laisse reposer pendant cinq minutes dans le plan horizontal.Ces mouvements sont répétés six ou sept fois à chaque séance, si les douleurs ne sont pas trop grandes, on fait cinq séances par jour.2.La chaleur produite par l\u2019air chaud, par l'eau chaude, par des lumières électriques, ou l\u2019electric pad.3.La diathermie.C'est un excellent traitement pour ceux qui sont dans l\u2019obligation de travailler.4.Le sérum de Ringer en injections hvpodermiques (500 c.c.tous les deux jours).N.B.\u2014La mâdication interne n'est pas efficace.b) Traitement chirurgical |.L\u2019anastomose artério-veineuse ne donne rien et pour cause.2.Il en est de même de la sympathicectomie périartérielle.def Hesccoeu autte .[ve = - L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 441 3.L'amputation.Deux raisons peuvent nous forcer d'intervenir, d'abord les douleurs qui parfois deviennent intolérables, puis la gangrène.Si la gangrène se limite aux orteils, il vaut mieux attendre et surtout se garder de sacrifier tout le membre.Seule la gangrene massive du membre est une indication impérieuse de l\u2019amputation immédiate à cause de la septicémie ou du shock qu\u2019elle peut engendrer.La difficulté est de fixer le niveau où doit se faire l'incision, on peut recourir à l\u2019épreuve de Moschowitz.On enroule une bande d\u2019Esmarch depuis l'extrémité du membre jusqu\u2019à sa racine, on la maintient quelques minutes puis on l\u2019enlève rapidement, alors apparaît une teinte rouge qui descend de la racine du membre et s'arrête à l'endroit où les tissus ne sont plus irrigués, c\u2019est là qu\u2019il faut inciser.4.Surrénalectomie.Cette opération préconisée par Von Oppel est employée en France par Le Riche dans le traitement de la maladie de Buerger.\u2018 - Observation clinique W.H., âgé de 27 ans, médecin canadien-français, se présente à la consultation pour gangrène du deuxième orteil droit, la douleur causée par cette plaie est devenue intolérable.Maladie actuelle La maladie a débuté, au mois de septembre 1924, par l\u2019apparition au mollet gauche d'une série de petits nodules (7 ou 8), sur le trajet de la saphêne externe.Ces nodules, de forme allongée, ont la grosseur d\u2019une fève et sont légèrement douloureux a la pression.L\u2019affection durait déjà depuis deux mois, lorsque celui-ci vint me consulter: la diagnostic de thrombo-phlébite fut fait sans pouvoir en déterminer la cause, et après dix jours de traitement dans un hôpital, le tout rentrait dans l\u2019ordre ou du moins semblait rentrer dans l\u2019ordre.Au mois de juin 1925, le malade s\u2019aperçoit que sa démarche devient difficile, une marche d\u2019un kilomètre l\u2019oblige à s\u2019arrêter deux ou trois fois pour faire disparaître, comme il le dit lui-même, la lassitude douloreuse Gil ressent dans ses jambes.Jusqu'à l\u2019été 1926, la symptomatologie se résume à de la claudication intermittente.Au mois de juillet, un ongle incarné du gros orteil gauche, que j'attribue à des troubles trophiques, l\u2019arrête dans l\u2019exercice de ses fonctions et l\u2019oblige à réfléchir un moment sur son état de santé.Il constate que les ongles de ses orteils ne poussent plus comme autrefois et que les poils se font de plus en plus rares sur £es pieds, bref, il s'aperçoit que ses membres inférieurs présentent des troubles de nutrition.Dans les premiers jours de septembre apparaît, à la face interne du deuxième orteil droit près de ia racine, un petit nodule suivi de la 442 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA fermation d\u2019un oedème léger.En même temps que les douleurs dev®Æn- nent presque intolérables, il note, à la face plantaire de cet orteil, une plaque de la grandeur d\u2019un centime présentant une pâleur cireuse.La tache, de blanche qu\u2019elle est au début, devient bleuâtre, puis brunâtre, enfin les tissus se mortifient et après un certain temps il se forme un sillon d\u2019élimination.Antécédents héréditaires Rien de particulier, si ce n\u2019est qu\u2019il est le 7Tième d\u2019une famille de neuf enfants, dont huit sont en bonne santé.Le père vivant est bien portant, la mère est morte d\u2019un cancer d\u2019estomac.Antécédents personnels Aucune maladie dans l\u2019enfance et l'adolescence.En 1922, il a été victime d\u2019un accident qui pendant un mois a causé des douleurs dans le nicllet gauche.Notre patient, qui mesure 5 pieds et 11 pouces, s\u2019est toujours livré aux sports, surtout les courses à pied où il excellait pendant ses études universitaires.Examen local Membre inférieur gauche:\u2014Les ongles sont déformés, petits, les poils ont disparu, la peau est sèche: En position déclive, le pied et les orteils sont cyanosés:; si on élève la jambe dans le plan vertical, après avoir placé le malade en décubitus dorsal, le pied et les orteils prennent une coloration ivoire, ils présentent une pâleur livide qui disparaît lentement lorsque la jambe est ramenée en position horizontale.Les pulsations de la tibiale postérieure et de la dorsale sont abolies même après l\u2019épreuve du bain chaud.L'indice oscillométrique est égal à la moitié de celui du membre supérieur.Membre inférieur droit:\u2014Les ongles sont épaissis, leur bord libre est crenelé.L\u2019ongle du deuxième orteil est en voie d\u2019élimination, et à la face plantaire de cet orteil, il y a une plaque de gangrène grande comme un centime.La moindre pression exercée sur cet orteil cause des douleurs intenses.En position déclive, les orteils présentent une coloration rouge vif, alors que le pied et la jambe sont très pâles; si l\u2019on élève celle-ci, le malade étant couché, les orteils deviennent à leur tour d\u2019une pâleur cireuse qui ne disparaît que lorsque le pied est à 80 degrés, c\u2019est-à-dire 1\u20ac degrés au-dessous de l'horizontale.Les pulsations de la tibiale postérieure et de la dorsale du pied n\u2019existent pas même après l\u2019épreuve de Babinski.L'indice oscillométrique est un quart de celui du membre supérieur.Il y a un oedème léger, sur le trajet de la saphène, commen- cant prés de la malléole interne.Une radiographie du pied droit montre une calcification normale des phalangettes; les artères sont invisibles. L UNION MEDICALE DU CANADA 443 Examen général La température oscille entre 97° et 98°.Au Pachon, la pression est 13 maxima 7.6 minima.Le métabolisme est légèrement augmenté.Système sensoriel.Normal.Système nerveux.Les réflexes rotuliens et achilléens sont considérablement diminués, Système respiratoire.Normal: radiographie négative, examen des crachats négatif.Système digestif.Normal.Système vasculaire.Le coeur est normal, les vaisseaux sanguins dec membres inférieurs sont lésés.L\u2019examen du sang donne : 1-\u2014Numération globulaire : Globules rouges .3,600,000 Globules blanes .©.4,687 Polinucléaires .86% Mononucléaires .8% Lymphocytes .5% Eosinophiles .1% 2.\u2014Hémoglobine 79%.3.\u2014Valeur globulaire 0.9.4.-\u2014A®:alinité normale.4 grammes de soude au litre.5.\u2014 Dosage de l\u2019urée 0 gr.46.6 \u2014 Dosage du sucre.Normal.7 \u2014Dosage de cholestérine.Normal.$\u2014Wassermann .négatif.ÿ \u2014Culture du sang négative.Système génito-urinaire.L'analyse d\u2019urine donne des traces d\u2019albumine.Système cutanéo-osseux musculaire.Troubles de la maladie actuelle.Diagnostic Thrombo-angéite oblitérante des membres inférieurs, ou maladie de Buerger.Traitement 1\u2014Chirurgical.Désarticulation métatarso-phalangienne du deuxième orteil droit à cause de la douleur qui est devenu insupportable.2 \u2014 Médical.Il faut éviter la station debout, la marche, la compression par les chaussures et les jarretelles, le froid, les blessures.Contre la douleur et la déficience circulatoire, j'ai conseillé la dia- tnermie, deux séances de 20 minutes par jour.L\u2019amputation a fait disparaître la douleur ressentie dans le deuxième crteil droit, mais l\u2019oblitératiion des trones vasculaires des deux jambes 444 L'UNION MÉDICALE DU CANADA existe toujours.La claudication intermittente devient de plus en plus prononcée.Le malade, revu il y a un mois, déclare qu'il peut à peine faire cent pas sans s\u2019arrêter, il éprouve alors la même sensation que si l'on comprimait ses mollets dans les mâchoires d\u2019un étau.La nuit, après dcux ou trois heures de sommeil, il doit se lever pour calmer la douleur qui envahit ses orteils, HOPITAUX D\u2019ALIENES Par le Docteur A.H.DESLOGES Situation au ler janvier et au 31 décembre 1926 Le premier janvier 1926, nous avions 6450 malades dans nos l'opitaux d\u2019aliénés et le 3! décembre 1926, 6688, soit une augmentation de 258 malades.Cette augmentation est normale et correspond au chiffre d\u2019augmentation de la population totale de la province.Ce qui est anormal, c\u2019est que la capacité de nos hôpitaux d\u2019'aliénés étant de 4830, il y avait le 31 décembre 1926, un Encombrement de 2058 malades.Cependant la situation s\u2019améliorera parce que nous prévoyons avoir à notre disposition, durant le cours de l'année 1927, de mille à douze cents lits de plus.Admissions Nous avons admis en 1926, 1584 malades däns nos hôpitaux d'aliénés.La proportion entre hommes et femmes est à peu près égale.De tous les cas admis, les plus nombreux furent: 337 cas d'arrêt de développement, 193 de psychoses périodiques, 190 de démences précoces, 135 de psychoses toxiques, 125 de démences séniles, 89 de psychoses syphilitiques.1] est à remarquer que les cas de psychoses toxiques ne sont pas tous dus à un abus d'alcool ou de drogues, la toxité du plus grand nombre est causée par des toxines endogènes ou exogènes autres que l\u2019alcool ou les drogues.La grande majorité des cas de démences sémiles aurait dû être dirigée vers des hospices plutôt que vers nos hôpitaux d\u2019aliénés.La svphilis nous fournit aussi une part assez considérable parmi les admissions, mais nous avons lieu d'espérer que la campagne d'éducation entreprise par la Division des Maladies Vénériennes diminuera d'ici à peu d'années les cas de psychoses syphilitiques.Nationalité des malades admis Le nombre de malades de nationalités étrangères admis dans nos hôpitaux d\u2019aliénés en 1926, soit 211, est beaucoup trop considérable.Mais nous aurons dorénavant moins d\u2019indésirables parce que les 446 L'UNION MÉDICALE DU CANADA inimigrants seront examinés avant leur départ d'Europe en plus d\u2019être examinés de nouveau à leur arrivée au Canada.Sur ce chiffre de 211, 106 viennent des Iles Britanniques.Il est à noter que 48 israélites ont été admis durant 1926.Sorties Le nombre total des malades sortis se chiffre à 736.267 nialades sont sortis guéris, 259 ont été suffisamment améliorés pour retourner dans la société et 119 ont été repris par leur famille sans qu\u2019il v ait eu amélioration de leur état.Ce sont les cas de psychoses périodiques et de psychoses toxiques qui forment le plus grand nombre des guérisons.Evasions \u2014Les évasions, soit Gl, ont été trop nombreuses, elles seront moins fréquentes lorsque l'Hôpital pour aliénés dangereux (criminels) aura ouvert ses portes.Déportations, rapatriements \u201422 malades ont été déportés ou rapatriés: 17 déportés par le Département d\u2019Immigration, 2 rapatriés à leur pays d\u2019origine par la province et 3 retournés à la province où lis avaient leur domicile légal.Il est à noter que tous ces malades ent dû être admis d'urgence dans nos hôpitaux d\u2019aliénés, parce qu\u2019habituellement lorsqu'il s'agit d\u2019un malade étranger nous forçôns la municipalité à prendre les procédures de déportation auprès du Gouvernement Fédéral pour déporter ce malade avant de l\u2019admettre à l'Hôpital.Décès 590 malades sont décédés durant l\u2019année 1926.Ce chiffre est à peu près normal.Comme toujours c\u2019est la tuberculose qui en tue le plus grand nombre, soit 99.Si nous ajoutons les 101 décès causés par les maladies de l\u2019appareil respiratoire, nous trouvons qu\u2019environ un tiers des décès ont été causés par la tuberculose ou maladies pulmonaires.les décès dus aux maladies des organes cardio-vasculaires sont au nombre de 125, environ vingt pour cent.La paralysie générale a causé 33 décès, ce chiffre correspond au pourcentage des psychoses syphilitiques, soit environ cinq pour cent.Mais en raison du traitement paludéen qui se donne aujourd\u2019hui dans les hôpitaux d'aliénés, la mortalité due à la paralysie générale devrait diminuer d\u2019un tiers.\u2019 ls I L'UNION MÉDICALE DU CANADA 447 Aliénés criminels 443- aliénés criminels sont présentement dans nos hôpitaux d'aliénés.Cette catégorie de malades comprend ceux qui sont passés par les cours de justice et qui sont détenus en raison d\u2019un mandat du Lieutenant-Gouverneur.C\u2019est pourquoi ils sont appelés aliénés criminels, mais l'appellation est fausse parce que beaucoup de ces malades ne sont pas dangereux et ne peuvent être criminels puisqu\u2019ils sont aliénés.Il y a un bon nombre de malades dangereux qui ne sont pas passés par les cours de justice et qui éventuellement prendront la place de malades inoffensifs envoyés dans nos institutions en vertu d'un mandat du Lieutenant-Gouverneur.Habituellement nous recevons de 60 à 75 malades par année venant des cours de justice et internés en vertu d'un mandat du Lieutenant-Gouverneur.Arriérés mentaux éducables 271 arriérés mentaux éducables ont été admis durant 1926.Nous aurons prochainement une institution adaptée à cette classe de malades et nous espérons que ceux qui y seront placés retireront des bénéfices considérables de l'éducation sensorielle, etc.Réorganisation générale et évolution Depuis un certain temps nous avons commencé une réorganisation générale de toutes nos institutions.Hôpital St-Jean de Dieu \u2014La corporation des dames hospitalières est à ériger un corps central d'administration où les médecins devraient avoir des bureaux convenables.Je comprends que la réception des malades se fera à cet endroit, ils y demeureront durant ur certain temps sous observation et seront ensuite dirigés vers des pavillons appropriés.Des laboratoires des plus modernes seront installés.Le personnel médical actif se compose présentement: d'un surintendant, d\u2019un assistant-surintendant, de 4 chefs de service, de 4 assistants, de 4 internes, d\u2019un chef de laboratoire de bactériologie (pour l'automne 1927 nous espérons avoir un chef pour le laboratoire d'anatomo-pathologie), d\u2019un dentiste, auxquels sont adjoints: un chirurgien, un ophthalmo-oto-rhino-laryngologiste, un dermatologiste svphiligraphe.Il est facile de concevoir que le personnel médical 448 L'UNION MÉDICALE DU CANADA est en mesure de donner les soins les plus appropriés à la population malade.Tous les médecins ont fait un stage à l'étranger, soit en Europe ou aux Etats-Unis.L'Université de Montréal devrait bénéficier considérablement de la science de ces messieurs et nous ne devrions plus être en peine pour trouver des aliénistes distingués à tous les points de vue.Hôpital St-Michel Archange, Mastaï\u2014A cet hépital une réorganisation est aussi commencée.IDes médecins étrangers, venant de France, nous prêtent leur concours.Plusieurs médecins canadiens sont présentement en Europe et lorsqu'à leur retour le personnel médical sera au complet, nous pourrons nous féliciter d'avoir des médecins très renseignés et capables de rendre pleinement justice aux situations qu'ils occupent.Clinique Roy-Rousseau, Mastaï.\u2014 La clinique Roy-Rousseau, initiative due à la corporation des dames hospitalières de la Charité, est une heureuse innovation.- Tous les malades du district de Québec qui ont besoin d\u2019être mis sous observation y sont dirigés.C\u2019est un centre de triage qui est appelé à nous rendre les grands services.Cette Clinique possède en plus un certain nombre de chambres pour malades privés.L'Université Laval devrait bénéficier considérablement de cette nouvelle organisation et l\u2019attention spéciale qu\u2019on y porte aux malades facilitera des diagnostics précis et une classification appropriée.Ecole pour arriérés mentaux à Mastaï \u2014Pour l'automne de 1927 nous aurons à Mastaï une nouvelle institution pour arriérés mentaux éducables.La construction est déjà en voie d\u2019'édification.Il nous fallait une maison de ce genre dans la province de Québec.À cette iristitution l\u2019on s'appliquera à faire l'éducation sensorielle, etc, des enfants, et nous espérons que les résultats seront si encourageants que plusieurs pourront être retournés à la société.Hôpital protestant de Verdun \u20141l n\u2019y a rien d\u2019extraordinaire a noter au sujet de l'Hôpital de Verdun.Cette institution fonctionne normalement.Hôpital Ste-Anne, Baie St-Paul \u2014Cette institution sera agrandie, la construction est déjà commencée, et un plus grand nombre d\u2019arrié- Trés mentaux non éducables pourront être dirigés vers cet hôpital.Hôpital St-julien, St-Ferdinand d\u2019Halifax.\u2014 La classe de malades que l\u2019on dirige vers cette institution exige plutôt un traitement physique vu que ces malades sont toutes incurables au point de vue - ee @ mw ape dibs «= L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 449 n:ental.Il nv a donc rien de particulier à noter au sujet de cette institution.Hôpital de Bordeaux \u2014-La création de l'Hôpital de Bordeaux était une nécessité absolue, nombre de malades dangereux s'évadant trop facilement des institutions existantes et trop nombreux aussi étaient les accidents sérieux et même les crimes dont ces malheureux étaient la cause.Mais ils ne pourront s'évader de l\u2019Hôpital de Bordeaux, et la société sera ainsi protégée contre les manies si dangereuses de cette classe d'aliénés.Ces malades recevront à l'Hôpital de Bordeaux les soins scientifiques les plus appropriés, et advenant Je cas où ils seraient guéris ils pourraient étre retournés à leur état civil.I] est facile de constater par les quelques remarques ci-haut que nos institutions pour aliénés ont évolutionné très considérablement.La plupart de nos asiles ont cessé d\u2019être des garderies et c'est pourquoi aujourd\u2019hui nous les appelons avec raison des hôpitaux.Au point de vue du traitement médical, les médecins s'appliquent à faire bénéficier les malades de toutes les découvertes les plus récentes.Je mentionnerai seulement que dans deux de nos hôpitaux, l'hôpital St-Jean de Dieu et l'hôpital protestant de Verdun, le traitement paludéen est en vigueur dans les cas de paralysie générale ec déjà nous avons des statistiques encourageantes, conformes aux résultats obtenus à l'étranger.L'examen des malades se fait très minutieusement dans nos hôpitaux d\u2019aliénés et les diagnostics, de même que les traitements, sont discutés avec soin par le personnel médical des institutions.J'ajouterai qu\u2019en 1926, 742 malades ont été mis en congé d'essai et que environ cinquante pour cent de ces malades ne sont pas revenus à l'hôpital.Le total global des jours de congé se chiffre à 133,637.Ce qui peut être encore intéressant à noter, c'est qu'un nombre important de malades guérissent dans un temps relativement court.Nous remarquons la guérison de onze malades qui n\u2019ont eu à séjourner à l'hôpital que de 15 jours à ! mois; quarante-deux malades sont sortis guéris après un séjour de 1 mois à 3 mois; cinquante autres ont pu jouir du même avantage après un traitement de 3 à 6 mois.Les méthodes de traitement sont bien près d\u2019être exactement les mêmes que celles utilisées dans les hôpitaux généraux.Nous y trouvons en plus un service d\u2019hydrothérapie spéciale qui donne de merveilleux résultats.Cette hydrothérapie, à part les bains complets 450 L'UNION MÉDICALE DU CANADA ou partiels, les enveloppements chauds ou froids, les douches en jet ou en pluie, se complète d\u2019une installation de baignoires à eau courante continue ou les malades sont maintenus durant des heures et bénéficient d\u2019un apaisement très remarquable du système nerveux.Nous pouvons remarquer en plus du nouveau traitement par impaludation dans la paralysie générale, l\u2019application de la méthode de traitement par choc humoral, v.g.: abcès de fixation, qui donne dans certains états confusionnels des résultats très appréciables.Les laboratoires fonctionnent d\u2019une façon régulière et complète.Là comme dans les hôpitaux généraux, ils apportent leur précieux concours à l\u2019observation clinique, et aident à l\u2019orientation du diagnostic et du traitement.Les services de chirurgie, d\u2019ophtalmologie et d\u2019oto-rhino-laryngologie sont organisés d\u2019une façon parfaite.Ils assurent pour chaque malade toute intervention jugée nécessaire, et contribuent dans une juste mesure à sa guérison ou à son amélioration.Le service dentaire est aussi un appoint très important au traitement de ces malades.Toutes les dents sont examinées et traitées selon leur état: prophylaxie, obturation, extraction partielle ou complète.appareils de prothèse.Les foyers infectieux buccaux reconnus comme cause adjuvante possible d\u2019accidents cérébraux sont recherchés avec soin et soumis à un traitement approprié.Le Gouvernement, les corporations hospitalières, les Universités, les médecins des institutions et toute la population de la province de Québec devraient être assurément très fiers et orgueilleux de l\u2019organisation, de l\u2019évolution, etc, de nos hôpitaux d\u2019aliénés.Ecoles de Réforme et Ecoles d\u2019Industrie Le 31 décembre 1926 la population totale de nos écoles de réforme et d'industrie était de 2881, soit une augmentation de 102 sur l\u2019année 1925: 34 pour les 4 écoles de réforme et 68 pour les 5 écoles d'industrie.[1 ne s\u2019est opéré aucun changement durant l\u2019année 1926 dans nos écoles de réforme et d\u2019industrie.J'entends dire que certaines de nos institutions seront transportées à proximité de la ville de Montréal ; la chose serait à souhaiter.Il n\u2019est pas à propos d\u2019avoir des écoles de réforme et d\u2019industrie trop éloignées des grands centres, vu que les enfants viennent surtout des villes.Les parents pauvres ne peuvent aller les visiter et 1l en résulte un relâchement du lien familial L'UNION MEDICALE DU CANADA 45] et un détachement réciproque.Ces institutions ne devraient pas non plus être situées au milieu des grandes villes: l\u2019espace y est trop restreint, l'air est vicié, etc.II est facile de comprendre que plus nous dirigerons d'enfants vers la terre et l\u2019agriculture, plus la chose sera avantageuse et pour les enfants et pour la population en général.I! est très à propos d'enseigner en même temps à ces petits déshérités les métiers, parce que tous ne peuvent avoir des aptitudes pour l'agriculture.Il est important aussi qu'ils reçoivent une instruction élémentaire pour leur faciliter les moyens de gagner leur vie à leur sortie des écoles.Les placements familiaux sont toujours trop peu nombreux.Nos écoles de réforme et d'industrie sont des institutions de protection de l'enfance.Après un court séjour dans ces écoles l'on devrait s'appliquer le plus possible à placer les enfants dans des familles bien connues et présentant les meilleures recommandations; un officier visiteur se tiendrait continuellement en rapport avec les familles et les enfants, et si, pour cause, cet officier le jugeait à propos, les enfants pourraient être retournés à l\u2019école.C\u2019est le système qui est établi dans le monde entier et partout l\u2019on est très satisfait des résultats obtenus.Il est à noter qu'ailleurs les enfants ne sont pas en pension auprès des corporations.Les institutions appartenant au Couvernement, celui-ci n\u2019a aucun intérêt à v enfermer un très grand nombre d'enfants qui bénéficieraient assurément beaucoup plus de la formation familiale qu'ils recevraient dans des milieux bien choisis.La santé des enfants est bonne.Nous n'avons eu à faire face à aucune épidémie.Il n\u2019y a eu que 14 décès dans les écoles de réforme et d'industrie durant 1926 sur une population de 2881 enfants, présents le 31 décembre 1926.Les causes pour lesquelles les enfants sont le plus fréquemment dirigés vers les écoles de réforme sont les suivantes: larcin ou vol, désobéissance et incorrigibilité, immoralité, vagabondage.Environ 8% des enfants admis dans nos écoles de réforme en 1026, soit 49, sont d\u2019origine étrangère, le plus grand nombre étant des israélites, soit 24 ou 50%.L\u2019immigration juive n\u2019est donc pas très encourageante, puisque les parents ne se soucient guère de prendre soin de leurs enfants.Comme toujours, les Tes Britanniques nous fournissent une quote-part intéressante, soit 17.Comme pour les hôpitaux d\u2019aliénés, nous espérons pouvoir observer avant longtemps et pour le plus grand avantage des enfants et de la population une réorganisation complète de nos écoles de réforme et d'industrie. ACTUALITÉ LE PROFESSEUR CHARLES RICHET (1) Par H.COUTIERE, de l'Académie de Médecine.On a dit -\u2014 peut-être est-ce R.de Gourmont \u2014 que les auteurs des ouvrages sur l'amour n'ont jamais dépeint, ne pouvaient dépeindre que leur propre amour; celui de l\u2019'humain le plus proche, celui même de l\u2019objet de leur égoïsme bicéphale leur étant à coup sûr inconnaissables.Il n'est pas facile de dire si ce paradoxe est vrai, ni s\u2019il est applicable à l'amour de la science et au savant.Et c\u2019est grand dommage, tellement le petit livre du Professeur Ch.Richet donne envie de surprendre l\u2019auteur en flagrant délit d\u2019auto- figuration.Quel modèle plus accompli! Cinquante années de recherches ininterrompues, avec des résultats eux-mêmes générateurs de travaux innombrables, cinquante années d\u2019exemple, et mieux d\u2019apostolat en faveur de la recherche; les plus authentiques manières d'être de l'homme de science, curiosité jamais ni lasse ni satisfaite, inventivité, patience, enthousiasme.Le revers le plus plaisant, sous les espèces d\u2019un esprit aussi avide de cette autre forme de la vérité qu\u2019est la beauté, ouvert à tous les arts, promenant sa vibrante sensibilité de la composition et de l\u2019exécution musicale à la sculpture, de la poésie, héroïque ou familière, au roman et à l'art dramatique, \u2018de l'essai historique à la métapsychique.Le tout se détachant sur le fond le plus noble de probité scientifique, de désintéressement et d'infinie bonté.Une curieuse et attachante figure de grand bourgeois du peerage \u2018scientifique, d\u2019Institut depuis quatre générations, conscient de la noblesse de son ascendance et des devoirs qu\u2019elle confère, juste assez distant pour décourager l\u2019abord vulgairé, sans morgue sinon sans humour, causeur et conteur étincelant, d\u2019un ton pittoresque et familier, juste assez pour que transparaisse le tumulte d'idées que recouvre le discours.Accueil d\u2019une affabilité proverbiale, non point de cette bienveillance générale d'homme satisfait, épandue sur (1) À propos du jubilé du professeur Richet, nous croyons intèresser nes iccteurs en publiant cette remarquable étude sur un maître français qui a heaucoup aimé et protégé les Canadiens à Paris et que nous avons reçu ici autrefois. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 453 l'univers, et qui a \u2018toujours assez de constance pour supporter les.maux d'autrui\u201d mais agissante et délicate.Par certains côtés, il rappelle assez bien cette caste des grands \u201camateurs\u201d anglais qui forment, dans toutes les branches de l'activité humaine, mais surtout dans les sciences, la plus pure couronne et le joyau de l\u2019Angleterre.Il n\u2019est pas qu'à son apparence physique, sa vie familiale (Ch.Richet a sept enfant et une gracieuse légion, incomptable, de petits-enfants), sa fidélité à l'émouvant azur de Carqueiranne, son humeur voyageuse, son amour immodéré des sciences métapsychiques, qui ne puissent aider au rapprochement.Peut-être, ce n\u2019est pas sûr, l'Anglais aurait-il un enthousiasme moins juvénile et moins d'incurable optimisme.Dans un remarquable abrégé d'histoire universelle, écrit dans cette même langue simple et bonhomme qui va, la bride sur le cou, à travers cette immense fresque, on voit l'auteur exprimer finalement sa conviction, plus encore que son espérance, de voir la grande guerre être la dernière de toutes.C\u2019est une signature, la signature du président de la Société d'arbitrage entre nations.Pourtant, ce grand et généreux esprit connaît bien, mieux que quiconque, deux au moins de ces \u201cimpondérables\u201d qui s'opposent à son souhait: les peuples trop prolifiques, que nul jamais ne pensa à munir de petits Malthus de poche, et qui ne peuvent pas plus éviter de fondre sur le voisin qu'une nuée de criquets sur un champ d'orge.Puis le fait, que vendre sans contrôle, par quantités astronomiques, des choses invendables autrement, constitue la plus miraculeuse source de profits et permet de tenir le monde par l'argent.Nulle guerre sans fournisseurs de guerre, et la proposition est réversible.Un tout petit fait illustre bies.l'existence toujours présente chez Ch.Richet, de ce double esprit artiste et logicien l'un sculptant l'idéal et l\u2019autre le réel.Dans son laboratoire, dont l\u2019histoire anecdotique, en marge des Travaux, mériterait d\u2019être tracée d\u2019une main légère, il est passé des troupeaux innombrables de Chiens.Aucun n\u2019a jamais été désigné autrement que par un beau nom sonore.Celui qui pourrait témoigner du choc anaphylactique, l\u2019ayant payé de sa petite vie de Chien, ce n\u2019est pas le numéro 507 ou 913, mais Neptune.C\u2019est Porphyre, Gallapagha, Enoch, Balaam et Israïe, Escarbagnas et Lexempt, Joas et Panama.Fantaisie de lettré et d'humaniste (tous 454 L'UNION MÉDICALE DU CANADA les néologismes forgés par Richet sont pleins et justes), note pittoresque de bonne humeur et d'alacrité, mais hantise surtout des souvenirs littéraires qu'une énorme érudition et une mémoire sans défaut lui fournissent à flots pressés.Il possède, dans tous les sens du mot, sa très belle bibliothèque et peu d'hommes auront accumulé une pareille encyclopédie de notions et de sensations.Ch.Richet est le fils (1850) d'un brillant chirurgien, qui fut longtemps.professeur à la Faculté de Médecine, et dont l\u2019enseignement, mais surtout les ouvrages, connurent le plus retentissant succès.Par sa mere, il compte dans son ascendance le célèbre imprimeur et bibliophile Aug.Renouard (dont 1l conserve dans sa bibliothèque la collection sans prix des éditions originales), et P.-C.Girard, ingénieur, qui fut membre de l'Institut d'Egypte.Un de ses oncles occupa la fonction la plus éminente de la magistrature.Lui-même fit ses études médicales, fut interne des hôpitaux et agrégé.Il est important de noter que son premier travail, publié à vingt-cinq ans, a trait au somnambulisme provoqué.La publication de ce mémoire, dans le Journal de l'Anatomie et de la Physiologie, a précédé les recherches de Charcot et tout cet immense foisonnement des sciences psychiques qui a déjà renversé plus d'une fois ses idoles.Somnambulisme, hvpnotisme, hystérie, qui sont aujourd\u2019hui des saints sans clientèle, étaient en 1875 des mots en sommeil depuis le baquet de Mesmer, et qu\u2019il n\u2019était pas sans témérité de réveiller, même avec le bouclier de la plus rigoureuse bonne foi.Jamais Richet n\u2019a cessé de s'intéresser à ces études de la façon la plus passionnée, et l\u2019on n'aurait de sa forte et originale personnalité qu\u2019une idée incomplète si l'on séparait.même dans ses travaux en apparence les plus techniques, le philosophe et le métaphysicien du physiologue.Comme dans le récit tragique de Kipling (1), les \u201ctrois ne font qu'un\u201d.La découverte de l\u2019anaphylaxie, qui a mis, du consentement universel, le comble à sa renommée, est d\u2019un biologiste, et sa portée est immense.Le traité de Métapsychique a été accueilli avec une curiosité réticente, tel un \u2018bloc enfariné\u201d recélant on ne sait quelles suspectes diableries.Et pourtant il v a, dans le second ouvrage comparé au premier, \u201cun je ne sais quoi\u201d, comme disait de Retz parlant de La Rochefoucauld, non pas dans la maîtrise du sujet, qui est égale des deux parts, mais une sorte de foi allègre, qui trahit l'enfantement dans la joie et le sujet de prédilection, s'affirme prête (1) Le retour d\u2019Imray, \u201cDray wara you dee\u201d.p.31 (Trad.Fabulet - et Jackson). so Q\u2014 + L'UNION MÉDICALE DU CANADA 455 à braver le martyre de la critique et ne montre jamais ni tiédeur, ni fléchissement, ni \u2014 horreur ! \u2014 apostasie.Ch.Richet est un métapsychiste dont la physiologie aura été le \u201cviolon d\u2019Ingres®.Ce fils de famille laborieux, aussi indépendant d'humeur que de situation, faisant donc deux parts de son activité, et consacrant sa forte vie intérieure aux plus hauts problèmes de l\u2019esprit, satisfait d'autre part son besoin de disciplines scientifiques en se tournant vers la physiologie.En 1875, Cl.Bernard n'avait plus que trois ans à vivre, mais Berthelot et Pasteur étaient en pleine fièvre de découvertes.Dans la mesure où l\u2019on peut échapper à l'emprise d'aussi puissants modeleurs d\u2019esprits, Ch.Richet n\u2019a pas été leur élève et ne doit rien qu\u2019à lui-même.Son premier travail de physiologie, sur le suc gastrique, fait en apparence exception en ce qu'il a été fait au laboratoire de Berthelot et qu\u2019il utilise la méthode du coefficient de partage imaginé par l'illustre chimiste (dissolution proportionnelle des acides dans l\u2019eau et dans l\u2019éther).À ce moment, il y avait doute et confusion sur la véritable rature de l\u2019acidité gastrique.Beaucoup de physiologistes ne pouvaient se résoudre à la brutale présence d\u2019un acide minéral, aussi simple que l\u2019acide chlorhydrique, comme produit \u201cvital\u201d sécrété par une cellule, malgré les constatations antérieures telles que celles de Proust ou de Schmidt.Ch.Richet l\u2019a établi sans conteste, et montré de même que l\u2019acide, à travers les variations de composition et d'activité du suc, se trouve partie à l\u2019état libre, partie à l\u2019état de combinaison avec des bases organiques faibles, telles que la leucine.Le suc étudié provenait d\u2019une fistule stomacale, consécutive à une hardie opération de Verneuil, lequel avait conseillé à son interne de reprendre, grâce à cette circonstance peu commune, les célèbres observations de W.Beaumont.Les notions ainsi établies, complétées par l'étude des sucs digestifs de Poissons, ou d'Invertébrés, sont devenues immédiatement classiques.Sans doute, le mécanisme des sécrétions digestives a été, depuis, bien plus poussé et Richet raconte, avec une modestie un peu mélancolique, comme quoi il rencontra, au cours de sa recherche, le fait de la sécrétion psychique, \u2014 psychique ! \u2014 qui devait illustrer Pavlov, et le laissa passer.Fugit irreparabile.\u2026.On ne peut pas dire d\u2019ailleurs que soit expliqué, entre bien d'autres, le fait de la présence de l'acide dans le seul suc 456 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA gastrique, alors que ses constituants probables sont partout, suivant la juste remarque de Lambling.C\u2019est vers cette époque (1878) que Ch.Richet prit la direction | 9 de la Revue scientifique, qu\u2019il ne devait abandonner qu\u2019en 1907, et qui, pendant ces vingt années, se montre toute pleine de ses articles ou de ses suggestions.On sait que ce remarquable organe de haute culture, après être passé un court laps de temps entre les mains d'Hléricourt, a trouvé dans le Professeur Ch.Moureu une direction si ferme et si adéquate qu\u2019il a pu franchir, plus jeune que jamais, le redoutable cap de l'après-guerre, fatal à tant de précieuses publications.Vers cette époque aussi, Ch.Richet (1881) devient l\u2019un des membres les plus actifs de la Société de Biologie, dont la fondation, en 1848 (1), s'est trouvé etre un véritable événement scientifique, et qui était alors en plein épanouissement.Ch.Richet a présidé bien des fois ces séances sans apparat, au décor nu et presque misérable, mais toutes gonflées de la science qui se fait, courtoises mais passionnées, égalitaires au sens le meilleur, en ce sens que nulle situation hiérarchique d'homme \u2018\u2018arrivé\u201d n\u2019y a jamais préservé personne des critiques du plus jeune de ses membres, qui ont vu énoncer, toutes chaudes encore du laboratoire, toutes les découvertes biologiques de ce demi-siècle, se faire toutes les notoriétés dans ce domaine, qui ont enfin servi puissamment l'expansion française parmi les savants étrangers, dont beaucoup connaissent bien la petite cour humide et le groupe désuet d\u2019Eudore et Cymo- docée\u2026 Une salle spéciale est aujourd\u2019hui réservée à la bibliothèque Ch.Richet, donnée par lui à la Société en témoignage d'un long et profond attachement.C'est aussi en 1881 que commencent, par un mémoire sur le .tétanos électrique, une trés importante série de travaux sur la thermodynamique animale et la respiration, travaux qui ont occupé Ch.Richet jusqu\u2019en 1895 et l\u2019ont conduit à créer toute une technique et une instrumentation.Il s\u2019agit d\u2019une région particulièrement fouillée et difficile, où les grands noms abondent et ou il est difficile d'innover.On peut même dire, sans grand paradoxe, qu'à partir du moment où le génie de Lavoisier a su faire voir dans l'être vivant un foyer de combustion d'ordre physico-chimique, les directives de l\u2019expérimentation se sont trouvé fixées pour un temps indéfini et (2) Son premier président a été Rayer. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 457 \u2018 ne sont plus devenues \u2014 qu'on nous pardonne cette apparente irrévérence \u2014 que des détails.La régulation thermique des homæthermes a beaucoup occupé Richet.Cet excès de température sur le milieu, cette \u201cinsurrection du Vertébré\u201d comme disait Quinton, étant donné comme fait, de quelle façon expliquer les différences des modes de refroidissement entre un Cheval qui transpire bouche close et un Chien, qui ne transpire pas (son odeur, presque aussi fâcheuse que celle des foules du Métro, viendrait des glandes sébacées) mais dont la gueule ouverte est si visiblement, pour \u2018l\u2019homme dans la rue\u201d, un ventilateur ?Ch.Richet a montré que l'appareil évaporateur s'étendait jusqu'au poumon inclusivement, que l'élévation de température, soit centrale, soit périphérique, déclanchait un rythme accéléré, aussi différent que possible d\u2019une dvspnée, et qu'il convenait d'appeler polypnée thermique.Mais que d\u2019efforts, d'expériences ingénues et multipliées pour mettre ainsi d'accord la vérité scientifique et le bon sens! On a peine ä croire, comme l\u2019auteur l'assure, que cette vérité n'ait été évidente à priori, et qu\u2019il lui ait fallu à lui-même de longs détours, par l\u2019habituel martyrologe des Chiens, pour y parvenir.Mais, dans un ordre d'idées un peu différent, on a peine à croire aussi que les relations entre virus divers et Arthropodes piqueurs n\u2019aient pas été connues plus tôt des savants, alors que des peuples sans culture le savaient depuis toujours, et donnaient le même nom a la cause ct a l'effet.\u2014 La lutte contre le froid met en jeu un autre mécanisme, moins évident quant a son efficacité, le frisson, ou série de secousses musculaires augmentant la rapidité des combustions.Il s'agit aussi d'un réflexe, périphérique le plus souvent, mais aussi parfois d'origine centrale (période de réveil chez le chien anesthésié) et qui met en branle, alliant au plus pressé, les centres moteurs qui commandent les secousses.Celles-ci, comme l'observation la plus vulgaire le montre, peuvent très bien se concilier avec l\u2019exercice musculaire un peu vif, et il serait fort intéressant de savoir si ce sont les mêmes centres qui donnent simultanément des ordres de qualité si différente, puis, dans l\u2019affirmative, en quoi diffère leur mode d\u2019excitation.Pour ses recherches sur les combustions respiratoires, Ch.Richet a inventé, après d\u2019Arsonval, un calorimètre à rayonnement et, avec Hanriot, un appareil dit \u2018\u2019des trois compteurs\u201d extrêmement ingénieux et simple.Il obvie aux défauts de ceux dans lesquels l'animal est placé dans l'enceinte respiratoire, et qu\u2019on ne savait pas alors 458 L'UNION MÉDICALE DU CANADA construire avec la compendieuse perfection des modèles actuels, et il perfectionne encore \u2014 permettant en particulier l'inscription graphique \u2014 le modèle dû à Jolyet et Regnard, pourtant excellent.C\u2019est avec cet appareil que furent effectuées les innombrables mesures sur les échanges respiratoires qui aboutirent à l\u2019importance prépondérante de la notion de surface, pressentie par Bergmann, plus encore par Regnault et Reiset.Qu'un animal se refroidisse proportionnellement a sa surface, et que ses combustions soient réglées en conséquence, c\u2019est encore une de ces vérités de bon sens à laquelle il semble difficile d'échapper.Non seulement il n\u2019en est rien, mais il est remarquable que l\u2019expérimentation ait eu souvent pour effet de les obscurcir d'abord \u2014 les arbres empêchent de voir la forêt \u2014 et il faut les efforts obstinés des plus grands esprits pour les dégager.On comprend que des \u2018têtes bien faites\u201d comme Descartes, aient pu, à notre étonnement, mettre au premier rang l'instrument cérébral pur, n'accordant à l'expérience qu\u2019un rôle de déblaiement assez dédaigneusement mesuré.Ch.Richet a pu établir que les animaux de mème espèce consomment une quantité d'oxygène proportionnelle a leur surface tégumenteuse, et non pas à leur poids, que c\u2019est le systeme nerveux qui adapte les combustions aux surfaces, que les Oiseaux se comportent de même, si bien que tous les homæthermes, à peu près, produisent par heure, et pour 1.000 centimètres carrés, | gr.75 d'acide carbonique.On a rarement l\u2019occasion de rencontrer de telles \u201clois\u201d.On conçoit que son établissement ait demandé, non seulement des mesures de températures, d'échanges gazeux et de calorimétrie, mais des expériences sur les animaux anesthésies (chloral et chloralose), ou à centres nerveux lésés, et aussi des mesures sur le poids des organes, tels le foie, centre puissant de calorification, et sur les surfaces.Ces dernières sont particulièrement ardues et de précision toujours assez faible, surtout lorsqu'il s\u2019agit de petits animaux et qu'il faut y faire entrer \u2014 ou en faire sortir \u2014 le revêtement de phanères.Car il est clair aussi que la nature de la surface est essentielle, \u2014 tout l\u2019industrie des fourrures repose sur elle.Ch.Richet a rassemblé ses expériences et ses réflexions sur la chaleur animale dans un volume de Travaux de son laboratoire publié en 1889, mais il les a reprises dans un article très étendu de son Dictionnaire.Il a commencé celui-ci en 1895 sur un plan très vaste, faisant une large place à la bibliographie, mais cette encyclopédie, de très réelle utilité comme instrument de travail, n\u2019est L'UNION MÉDICALE DU CANADA 459 malheureusement pas achevée.Elle s'arrête à la lettre M avec le neuvième volume.De telles œuvres sont d'exécution très ardue.Elles doivent être très rapidement menées si l'on veut qu'elles reflètent encore l\u2019état de la science au moment de leur parution, d'où un nombre élevé de collaborateurs, forcément inégaux, et le risque presque fatal de les voir vieillir plus vite qu\u2019elles ne s\u2019achèvent, même compliquées de suppléments bis et ter.Une assez piquante démonstration est que le mot anaphylaxie ne s'y trouve pas.Peut- être la méthode inverse, celle de courtes et fréquentes mises au point, serait-elle préférable, mais elle a l'inconvénient de laisser de vastes déserts entre quelques oasis à la mode.L'une et l'autre se heurtent d\u2019ailleurs aux sacrifices de temps, très mal compensés au moins en France, que demandent de tels travaux, et aux conditions difficiles de l'édition.Le laboratoire de la Faculté de Médecine, où Ch.Richet fut nommé professeur en 1887, fut un centre de vie intense dans tous les domaines de la physiologie et à ces recherches sur la thermo- genèse se rattachent, soit directement, soit de façon occasionnelle, bien d\u2019autres travaux, soit de thérapeutique expérimentale, soit de physiologie générale, soit de physiologie du système nerveux.Parmi les premiers, nous citerons rapidement des recherches sur les propriétés des sucres (emploi thérapeutique du lactose) sur la médication \u201cmétatrophique\u201d ayant abouti aux régimes déchlorurés si courants, et à l\u2019amélioration du traitement classique de l\u2019épilepsie par le bromure, une longue série sur les fermentations lactiques en fonction des sels métalliques, qui se poursuit encore, en collaboration de MM.Cardot et Laugier, sur les antiseptiques et les poisons, enfin sur les anesthésiques.C\u2019est Ch.Richet qui a introduit la méthode commode d\u2019anesthésie par le chloral en injection péritonéale, et surtout celle par le chloralose.Ce corps a été obtenu avec Hanriot, par réaction du chloral anhvdre sur le glucose, et tandis que le composé chloral- acide lactique se montre un convulsivant violent, le chloralose, presque identique chimiquement \u2014 on ne connaissait pas alors les exemples si nets, aujourd'hui nombreux et familiers, des relations entre la structure et l'action pharmacodynamique \u2014 s\u2019est trouvé être un anesthésique remarquable.Il produit, à un degré très élevé, la dissociation entre la douleur et la sensibilité tactile, au point 460 L'UNION MÉDICALE LU CANADA qu\u2019abolissant la premiere, il conserve et même exagère les réflexes (il allonge le bras de levier visible) et laisse la pression artérielle presque intacte.Bien supérieur au curare dont CI.Bernard avait dû tirer si magistralement parti, mais qui exige la respiration artificielle et n'abolit pas la douleur, le chloralose, en dépit de quelques défauts (faible solubilité) est resté pour les laboratoires la substance de choix.L'importance d\u2019une telle découverte est grande.Abolition de la douleur et vivisection sont une seule et même question, périodiquement soulevée dans l'opinion publique et, comme toutes les \u201cquestions\u201d, insoluble.!l est parfaitement vrai qu'aucun savant (à commencer, certes, par Ch.Richet) n'a jamais songé à infliger une souffrance inutile à quelque frère inférieur, que les résultats obtenus paient au centuple les vies sacrifiées, que les mêmes contempteurs se montrent infiniment moins sensibles quand il s\u2019agit de souffrances humaines.Mais peut-être aussi est-il vrai qu\u2019on trouve plus facilement des Chiens que des idées, que cette facilité même est de nature à faire naître une sorte d\u2019insouciance et de prodigalité, qu\u2019il est enfin des expériences nettement cruelles, qu\u2019un sentiment plus exact de la partie, si inégale entre Homme et Chien, eussent empêché d'entreprendre par \u2018fair play\u201d.Mais c\u2019est là une périlleuse digression.On sait que dans les pays anglo-saxons elle est devenue très sérieuse, au point d\u2019avoir nécessité, entre les mains de Sherring- ton, par exemple, toute une physiologie sur animaux décérébrés.Ch.Richet a beaucoup étudié le système nerveux, en philosophe, en psychiâtre, en physiologiste.À côté de ses recherches sur la sensibilité (thèse de médecine) et sur les circonvolutions cérébrales (thèse d\u2019agrégation) un de ses premiers travaux expérimentaux a trait aux centres nerveux et aux muscles de l\u2019Ecrevisse.I! s'agissait Jà, alors, d\u2019un test vraiment nouveau, avec lequel on pouvait espérer voir d\u2019autres choses qu\u2019avec le classique gastrocnémien de la Grenouille, en raison de la profonde différence histologique, et qui permit en effet une étude très fouillée, très délicate, de la secousse et du tétanos musculaire, avec démonstration de l'identité de comportement entre tissus musculaire et nerveux.D'autres travaux sur l'écorce cérébrale et ses lésions expérimentales, sur le cerveau des Oiseaux, se trouvent rassemblés en un beau volume de Leçons sur la physiologie générale des muscles, des nerfs et des centres nerveux.Il faut citer aussi les recherches entreprises avec André Broca sur l\u2019ergométrie, la vitesse des réflexes, la période réfractaire de toute vibration nerveuse.Cette dernière recherche est née des L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 461 beaux travaux de Marey sur la période réfractaire et le travail compensé du cœur de la Grenouille, et de Cornu sur la synchronisation des systèmes oscillants.Richet et Broca démontrèrent que toute vibration nerveuse présente une phase réfractaire, et que, sa durée étant voisine d\u2019un dixième de seconde, le cerveau, par exemple, ne peut répondre de façon discontinue à un rythme plus précipité d\u2019excitations.La notion de chronaxie, si ingénieusement et magistralement assise par Lapicque, a depuis considérablement transformé ce domaine.Il faut faire une place spéciale aux études de Ch.Richet sur le réflexe psychique, phénomène fondamental de la psychologie, analogue au réflexe médullaire en tant que mécanisme, sauf l\u2019intervention \u2014 capitale \u2014 d\u2019un phénomène de conscience et de mémoire.Dans un essai de psychologie générale qui a eu quatre éditions, a été traduit en russe et en polonais (1888-1890), Ch.Richet a développé cette idée, et tracé à grands traits l\u2019évolution des fonctions psychiques à partir de l\u2019irritabilité, propriété protoplasmique.Nous reviendrons plus loin sur cette catégorie de travaux, mais, s'ils trouvent leur épauouissement dans le Traité de métapsychique, la tendance qu\u2019ils indiquent serait à suivre depuis l\u2019origine, comme nous avons essayé de le montrer dans ses œuvres d'imagination, romans et pièces de théâtre, production nombreuse, toute imprégnée de psychisme.On le trouverait aussi dans ses rapports étroits avec les savants anglais Pt sa longue amitié pour Myers, en particulier, dans sa présidence de la Psychical Society, dans ses innombrables expériences sur les médeiums, bref dans l\u2019action prépondérante qu\u2019il a exercée et qu'il exerce, souverainement, pour donner à cette branche de la psychologie, si troublante, exigeant tant de prudence et de tact, un \u201cstatut\u201d véritablement expérimental et scientifique.L'on aurait une ouverture assez nette sur cette vive intelligence, qui a promené son indépendante fantaisie à travers tous les chemins de traverse du savoir, en quête de la personnalité humaine, en mettant côte à côte, en opposition, ces recherches absconses de haute philosophie et celles relatives à l'aviation.Là encore, comme pour celles citées plus avant, on trouve la \u201ccontagion\u201d de Marey.Ch.Richet a toujours eu la plus vive admiration pour ce savant un peu secret, lui aussi de forte vie intérieure, très original, un des \u2018beaux grands fleuves profonds\u201d du siècle, que les hommes n\u2019amusaient pas.Partant des expériences de Marey sur le vol des oiseaux et de ses suggestions prophétiques, Ch.Richet a construit, avec Tatin, des 462 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2018plus lourds que l'air\u201d, avec moteur à vapeur, qui ont presque volé.Mais de même que pour l'avion d\u2019Ader, c'est Wilbur Whight qui, prenant son essor du camp d'Auvours, leur a net coupé les ailes.[I y a plus d\u2019une analogie entre la conception laborieuse de ces essais, puis leur réalisation par autrui, et l\u2019histoire du cinématographe, auquel il ne manquait, au sortir des mains tâtonnantes de Marey, que.les frères Lumière, lesquels le réalisèrent du premier coup, presque sous sa forme actuelle, et peut-être comprirent son immense avenir.Pourtant Ch.Richet, qui a revendiqué, avec tant de chevaleresque amitié, la part de Marey dans la genèse historique de l'art muet, n\u2019a jamais réclamé pour lui-même une vaine priorité dans le domaine de l\u2019avion.Peut-être s\u2019est-il satisfait, tel un sage, du prestigieux plaisir de voir sa chimère, d\u2019abord pure construction mentale, prendre un corps et une âme mécanique sous ses doigts industrieux.Si nous revenons, de ces domaines si divers, a celui de la médecine expérimentale, nous trouvons, cette fois, le nom de Ch.Richet lié à deux découvertes capitales, celle de l\u2019immunité par sérothérapie, celle de l\u2019anaphylaxie.A vrai dire, la première, si authentique qu\u2019elle soit, est pour tout le monde la découverte de Behring, et de Roux, entre les mains de qui le sérum antidiphtérique a été la prodigieuse réussite que l\u2019on sait.Ch.Richet raconte comment, avec son collaborateur Héricourt, ils hésitèrent entre le charbon, la diphtérie et la tuberculose, comment, attirés par cette dernière, ils se trouvèrent avoir misé sur le mauvais tableau et passérent cinq années décevantes, perdus dans ces sables arides où tant de chercheurs les ont pourtant suivis.Malgré la franchise et la modestie avec laquelle il raconte cet échec, Ch.Richet est tout de même assez auteur et père spirituel \u2014 assez \u201clié sur la Roue\u201d comme le lama de Kim \u2014 pour avoir justement et vivement protesté contre la méconnaissance par Behring de sa priorité incontestable.L'expérience fondamentale de Richet et Héricourt a consisté à conférer au Lapin une immunité très solide contre un microbe septique, rencontré par hasard dans un abcès fermé du Chien, et non mortel pour cet animal.Il ne s'agissait pas d\u2019abord de sérum, mais biën du sang complet de Chien, mortel d\u2019ailleurs pour le Lapin par voie intraveineuse, mais que les auteurs réussisent à faire tolérer par voie péritonéale.Le sang d'un Chien immunisé contre le microbe immunise le Lapin, et c\u2019est tout le principe de la sérothérapie.Plus tard, au cours de leurs efforts à la recherche d'un L'UNION MEDICALE DU CANADA 463 sérum antituberculeux, Richet et Héricourt firent d\u2019ailleurs à l\u2019Homme, en i891, la premiere injection thérapeutique de sérum de Chien, un an avant Behring.Au cours de- ces essais, les auteurs découvrirent, il est vrai, le fait que la viande crue, puis le suc de viande crue, se montrent puissamment et constamment efficaces chez le Chien tuberculeux, à raison de 25 grammes quotidiens par kilogramme d\u2019animal.Cette thérapeutique est malheureusement d\u2019application quasi impossible en médecine humaine.Elle a été reprise récemment par Ch.Richet et ses collaborateurs, en donnant au suc l\u2019état desséché, a basse température.Cette nouvelle \u201czomothérapie\u201d et la \u201czomine\u201d, malgré le livre enthousiaste de Ch.Richet (1925) ne paraissent pas être entrés de plein-pied dans la thérapeutique antituberculeuse.La découverte de l\u2019anaphylaxie a eu au contraire la plus complète fortune.Elle a conduit Ch.Richet (membre de l\u2019Académie de médecine depuis 1898) à l\u2019Institut (1914) et lui a fait décerner le prix Nobel.Si l\u2019on voulait emprunter au phénomène même sa logomachie, on dirait qu\u2019il a été l'injection déchaînante, qui, succédant à l\u2019incubation préparante, a brusquement fait éclater l\u2019évidence sur les mérites accumulés pendant toute une vie.De même encore, l\u2019addition latente des petites excitations d\u2019un muscle, que déclenche d\u2019un seul coup, en les sommant, l'excitation enfin adéquate.La notion de l\u2019anaphylaxie est sortie d'expériences faites avec Portier sur les poisons de certains Cœlentérés urticants, au cours d\u2019une des croisières océanographiques du prince de Monaco.Cette propriété, localisée dans les nématocystes, est fort répandue dans le groupe et sans rapport avec le genre de vie, les Actinies sédentaires le possédant au même titre que les formes pélagiques.Elle est connue depuis toujours, dans tous les pays maritimes.Ch.Richet raconte par quels enchaînements fortuits il est tombé sur le phénomène, et combien l\u2019expérience est supérieure à l'imagination comme fournisseur de scénarios \u2014 tant scientifiques que littéraires.\u2014 En recherchant avec Portier le pouvoir toxique de l\u2019extrait de tentacules, opération assez banale de pharmacodynamie, il se trouva que des Chiens, guéris d\u2019une première injection, en reçurent une seconde au bout de quelques semaines.Celle-ci déclancha devant les deux savants l\u2019impressionnant tableau des accidents mortels, aujourd\u2019hui si connu, mais alors incroyable, et faisant\u2018 naître toutes les suppo- sitionsè sauf la vraie.Puis, quand l\u2019évidence se fut imposée, Ch. 464 ; L'UNION MÉDICALE DU CANADA Richet .établit, d'abord avec Portier, puis seul, les points essentiels du phénomène, et lui donna le nom qui l\u2019oppose a celui de I'immunité, avec lequel 11 peut d'ailleurs très bien coexister.De 1902 à l'heure actuelle, mais surtout jusqu'en 1911, où parut la première édition de son livre sur l\u2019anaphylaxie, Richet n\u2019a pas cessé d'explorer ce domaine, qu'il venait de livrer à la recherche entièrement neuf.Et il se trouve que, malgré l'importance de ses propres travaux, ceux-ci ont été débordés, au moins au point de vue quantité, par la masse vraiment incoercible de ceux des autres chercheurs, dans le monde entier.Tel l\u2019élégant rendez-vous de chasse de Louis XIII, formant finalement enclave dans la floraison des bâtisses de Mansart, des parcs et des eaux jaillissantes de le Notre.Ici la comparaison passe raison, comme dit le proverbe, et risquerait d\u2019étre péjorative, car Ch.Richet a très bien vu, et tout de suit deviné, la portée de ce que l\u2019expérence avait mis entre ses mains, et il faut se féliciter de ce que S.M.le Hasard se soit servie, en l'espèce, d'un instrument aussi adéquat.Pathogénie, diagnostic, thérapeutique, médecine légale, chirurgie, toutes les branches de la médecine \u2014 et de la biologie \u2014 en ont été plus ou moins éclairées, parfois transformées.C\u2019est un très grand fait, sorti d'une cause infime, à mettre en parallèle avec les plus éclatantes découvertes pastoriennes.La sensibilité plus grande à un poison, après injection antérieure du même poison, et l'incubation nécessaire, ont été vus souvent (relativement) par des savants rompus à la recherche, sans qu'aucun ait mis la main sur la vérité.Ch.Richet a établi dès l\u2019abord la notion du temps d\u2019incubation et de la persistance de l\u2019étät sensible, la concomitance de l\u2019anaphylaxie et de l'immunité, la quasi-spécificité du phénomène, la différence fondamentale des symptômes, lors de la première et de la seconde agression, la sidération du système nerveux central avec chute de la pression, et la nature thermostable du poison.Plus tard, il a découvert, presque en même temps que Nicolle, le fait important de l\u2019anaphylaxie passive, conférée à un animal même par une seule injection de sang d\u2019animal sensible, il a montré qu\u2019on pouvait réaliser le phénomène mn vitro, par mélange de sérum d'animal sensibilisé et d\u2019antigène, et il a introduit la notion de toxogénine inoffensive, formant avec l\u2019antigène l\u2019apotoxine nocive.Il a étudié à ce point de vue d\u2019autres poisons, comme la toxine végétale de Hura crepitans, les toxines extraites des Eponges ou des Moules, réalisé avec netteté la séparation du pouvoir préparant et du pouvoir déchaînant des antigènes, aperçu le fait d\u2019une sorte L'UNION MÉDICALE DU CANADA 465 de sensibilisation générale à tous les poisons chez les animaux anaphylactisés.On trouvera dans son livre (éd.de 1923) l\u2019exposé très bien fait des plus importants travaux autres que les siens: ceux d'Arthus, de Th.Smith, de Rosenau et Anderson, d'Otto, de Besredka, d'Uhlenhuth, de Friedberger, Auer et Lewis, Gay et Southard, Porket et Schick, Doerr, Nicolle et Pozersky, Friedberger et Hartoch, Doerr et Moldovan, Vaughan, Biedl et Krauss, Netter, Lesné et Dreyfus, Gley et Pachon et tant d\u2019autres dont les notes et mémoires dépassent largement le millier.Ainsi ont été mis en évidence l\u2019action des protéiques étrangers, inoffensifs en soi, mais hétérogènes, la nature colloïdale de toutes les substances anaphylactisantes, les conditions qui déterminent la violence et la rapidité du \u201cchoc\u201d.(Ce mot si heureux est de Besredka).Les animaux autres que le Chien y compris l'Homme, ont été très étudiés, le mécanisme de la chute de pression élucidé en même temps que les altérations ou variations du milieu intérieur, l\u2019anti-anaphylaxie établie sur des bases simples et-sûres.Enfin, cet énorme mouvements de faits et d'idées a certainement beaucoup fait pour l\u2019étude théorique et la compréhension des réactions colloïdales, de même que celles-ci, inversement, ont permis de formuler de très ingénieuses explications du phénomène, et de considérer anaphylaxie et immunité comme les modalités extrêmes d\u2019un seul et même fait.Ici se placent les si importantes observations de Bordet sur les sérums gélosés, de Jobling et Petersen sur la \u201cdénudation\u201d du sérum, d\u2019Abderhalden sur les enzymes du sang et l\u2019histamine, d\u2019A.Lumière, sur les faits de floculation des colloides (les sels colloidaux sont la base de toute lindustrie photographique) qui tentent de faire des phénomènes d\u2019hypersensibilité des réactions d'ordre purement physique.Cette opinion est aussi celle Widal, dont on connaît les beaux travaux d'ordre expérimental et clinique, de Nolf, qui a pris depuis longtemps position, comme Bordet, quand aux équilibres colloïdaux du sang, de Nicolle et Césari enfin.On voit se dessiner, confusément encore, la fin du régime des \u201cphénoménines\u201d ou sont restées engluées si longtemps les théories humorales, mais qui, sous forme de concepts que chacun a senti être sans réalité, ont constitué et constituent encore une manière de parler précieuse, un langage chiffré \u2014 et sans beauté \u2014 qui a seul permis les immenses progrès de l\u2019immunologie.On commence à pouvoir parler, correctement et avec vraisemblance, d'états micellaires, de charges électriques, d'absorption, des conditions régissant l\u2019état dispersé et la floculation, des échanges d'ions entre 466 L'UNION MÉDICALE DU CANADA milieux séparés par des surfaces ou des membranes, et ces jeunes dieux sorten assez rapidement du cercle étroit des premiers initiés, malgré l\u2019abord décourageant de leur appareil mathématique.+ % *% Peu d'ouvrages sont de nature à laisser, croyons-nous, une impression aussi complexe que le traité de Métapsychique, vaste volume de 800 pages, de lecturê extrêmement attachante et qu'on devine, dès les premières pages, de la plus éclatante bonne foi.Le sujet sera, dès l\u2019abord, défini avec une netteté parfaite.Laissant à la psychologie la tâche comparativement simple de définir la personnalité humaine, la métapsychique se déchargera, d'autre part, du lourd poids mort de toute théodicée, de tout ce qui est, si peu que ce soit, d\u2019allure religieuse ou mystique, ou supra-terrestre.Il ne s'agira point, ni d'une âme immortelle, ni d\u2019esprits survivants, ni de plans éthérés successifs, il ne s'agira que d'observations et d'expériences.Celles-ci auront trait à des faits qui ne sont pas plus invraisemblables, ni moins, que tous les autres faits naturels, structure de la matière, de l\u2019électricité, arrangement de l'univers et de l\u2019atome, origine, nature et propriétés de la matière vivante, etc.Les faits dont il s\u2019agit sont seulement inhabituels, \u2014 et toute vérité nouvelle est d'une extrême invraisemblance \u2014 ce sont des phénomènes psychologiques ou mécaniques, dus à des forces qui semblent intelligentes, ou à des puissances inconnues latentes dans l'intelligence humaine : 1° Faits de lucidité (ou de cryptesthésie), faculté de connaissance différente des facultés sensorielles normales: 2° Faits de télékinésie, action mécanique sans contact et à distance sur des objets ou des personnes; 3° Faits de matérialisation (ectoplasmie), ou formation d'objets divers d'apparence matérielle confuse, paraissant sortir du corps humain.Ce sont donc simplement ces faits qu\u2019il s'agira de soumettre au pur, sévère, inexorable contrôle de l\u2019expérimentation, rien de plus, rien de moins.À la réflexion, cet exposé rassurant paraît extrêmement ambigu et redoutable, car tout l\u2019inconnaissable ainsi abordé est une très vieille connaissance, il a vu couler sur lui, comme une pierre au lit d\u2019un torrent, toute la mystique, toute la magie, toute L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 467 Ja terreur superstitieuse, la défiance et l'espoir déçu des hommes.Mais surtout, l\u2019épée de Siegfried et son mince bouclier expérimental ne seront-elles pas des armes bien fragiles, et le repaire du monstre n\u2019a-t-il pas des culs-de-sac perfides et des fondrières invisibles Tout cela n'est-il pas illusion, un ensemble de \u201cfuites\u201d sur le front d\u2019information de nos sens, et, si cela est, quelle chance avons-nous de jamais apercevoir même cette illusion 7 Un livre tel que celui-ci se verra donc, dès l'abord, fermé \u2014 silencieusement \u2014 par ceux qui ont à priori estimé que ces choses ne nous regardent point, mais fermé aussi \u2014 bruyamment \u2014 par la masse des religionnaires déçus, qui mettront autant de fureur dans leur dépit qu\u2019ils eussent mis de zèle compromettant à suivre le reflet de leur propre sectarisme.Restent les autres, qui lisent, qui réfléchissent en toute bonne volonté, qui sont ébranlés par la masse énorme des faits bien observés, des expériences concluantes, et cependant.La phobie de l\u2019inhabituel est bien puissante, et 1l est très malaisé d'imaginer, dans la foule des humains que nous croyons savoir classer, des êtres exceptionnels, inéducable, apparaissant comme des supports de forces inconscientes, et séparés de nous par un fossé infranchissable.Vainement l\u2019on se dit que ce fossé n'est pas réel, que des degrés insensibles conduisent de la psychologie normale à cette psychologie anormale, que peut-être ces degrés divers de médiumnité sont très souvent ignorés de leurs \u201csupports\u201d.L'on se dit aussi qu\u2019il est hautement improbable que des centaines d'hommes de haut savoir, rompus aux pièges de l\u2019observation, aient pu, sans exception, être victimes d'erreur ou de supercherie, on pense qu\u2019il y a, dans ces régions occultes, des cercles de plus en plus fermés, mais que, pour les plus accessibles au moins, les faits allégués tant de fois sont en somme croyables et l\u2019on tente d\u2019extrapoler, de s'élever jusqu\u2019aux \u201ccours supérieurs\u201d où siège l\u2019ectoplasmie\u2026 Il ne saurait être question d'analyser, même sommairement, ce livre singulier.Il ouvre sur l\u2019auteur, sur son beau courage, sa foi dans le vrai, son dédain aristocratique des contingences, la puissance de sa pensée, des vues qui, à notre sens, sont plus décisives que toute autre.Il se peut que sa conviction actuelle, qu\u2019il affirme être née et avoir grandi dans les degrés successifs de la répugnance, de la négation, du doute, soit prophétique, il se peut que des forces intellectuelles inconnues, nous laissant aussi stupides \u201cqu\u2019un Hottentot devant les tourbillons de Poincaré, les ondes de Hertz, les microbes de Pasteur ou relativité d\u2019Einstein\u201d, nous deviennent un jour fami- 468 L'UNION MÉDICALE DU CANADA lières et entrent par la grande porte dans le domaine des sciences classées, alors que celles-ci ne seront plus que des choses mortes et sans valeur.Il se peut aussi que les \u2018mondes intellectuels, frémissant autour de nous, et en nous, nous restent pour toujours, peut-être, aussi lointains et incompréhensibles que les étoiles incompréhensibles et lointaines qui peuplent la voûte céleste\u201d, mais nous pensons aussi, comme l\u2019auteur, que même si la tâche doit échouer, lorsqu\u2019elle est si grande et si belle, \u2018\u201cl\u2019honneur de l'avoir entreprise donne quelque prix à la vie\u201d.C\u2019est en toute humilité, comme en toute indépendance, que nous avons abordé cet essai, bien informe, sur la vie et l\u2019œuvre d\u2019un grand savant, doublé d'un grand artiste et d\u2019un cœur généreux.Si le hasard met ces lignes sous ses yeux, au moment où de toutes parts lui parviendront des témoignages éloquents de la haute estime où le monde le tient, qu\u2019il veuille bien y voir l'hommage raisonné, très spontané et très sincère du plus effacé de ses collègues, que son œuvre a bien souvent fait penser, et qui garde le souvenir précieux des trop rares instants où il a pu prendre contact avec une aussi rare et attachante personnalité. SOCIÉTÉS Société Médicale de Montréal Séance du 18 janvier 1917 Présidence de M.J.À.Beaudoin La séance est ouverte à 9 h.15 avec une assistance de 35.Le procès-verbal de la dernière séance est adopté à l\u2019unanimité après que M.Marin eut fait remarquer qu\u2019il n\u2019a pas prétendu que le priapisme ne soit pas une manifestation syphilitique mais qu\u2019il n\u2019admet pas qu'il soit une manifestation tabétique.On lut une lettre de la Montreal Medico-Chirurgical Society au sujet de la nomination d\u2019un bactériologiste municipal.Présentation de pièces anatomiques : M.Simard présente les pièces anatomiques: 1° d\u2019une malade ayant scuffert d'abcès rénaux; 2° d'un cas de cancer primitif du foie.DISCUSSION.Ont pris part a cette discussion: MM.LeSage, Lan- gevin, Masson, O.F.Mercier, Oscar Mercier et Gariépy.Discours du Président.M.J.A.Beaudouin dit en quelques mots tout le plaisir qu\u2019il éprouve de se voir siéger au fauteil présidentiel de la Société Médicale de Montréal, et parle des projets qu\u2019il a en tête en vue d\u2019augmenter la moyenne d\u2019assistance aux séances.Présentation de malades : a) Syndrome de Stokes-Adams\u2014M.L.H.Gariépy.M.Gariépy présente un malade fort intéressant.L'histoire des troubles dont a souffert ce malade soulève une discussion très animée à laquelle prirent part MM.LeSage, Pariseau, Bousquet, Léger et Beaudouin.b) Un cas de microsporie du cuir chevelu\u2014M.Albéric Marin.M.Marin montre un petit malade souffrant de microsporie d\u2019Audouini, et dit quelques mots sur le diagnostic différentiel et le traitement.DISCUSSION.M.Beaudouin s\u2019informe si les cas de teigne sont rapportés au Bureau de Santé comme ils devraient l\u2019être, et si les enfants qui en souffrent sont admis aux écoles.M.Marin dit qu\u2019il ignore ce qui se fait habituellement, mais que l'enfant qu\u2019il a présenté ce soir continue à aller à la classe.Observations cliniques : a) Un can d\u2019invagination coeco-colique\u2014M.E.Trottier.M.Trottier présente l\u2019observation d\u2019un malade qu\u2019il a opéré, et dit quelques mots sur la pathogénie de l'invagination coeco-colique, ainsi que sur la technique opératoire qu\u2019il a suivie.DISCUSSION.Ont pris part à cette discussion: MM.Oscar Mercier et Bellerose.Celui-ci prétend: 1° qu\u2019il s\u2019agit ici d\u2019une invagination coeco-iléo-colique; 2° que ces invaginations sont dues à l\u2019appendicite Eypertrophiante, à la rétraction du méso-coecum ou à un polyphe muqueux.D\u2019après lui, certains chirurgiens français, entre autres M.M.Mériel, fixent le coecum au petit psoas.C\u2019est d\u2019ailleurs la technique que préconise M.Bellerose, parce que la colopexie au péritoine pariétal n\u2019empêche pas les récidives. 470 L'UNION MÉDICALE DU CANADA b) Un cas d'atrophie du rein compliqué d\u2019un abcès périnéphritique\u2014 M.Oscar Mercier.DISCUSSION.M.A.Paré demande si M.Mercier a constaté quelque anomalie à l\u2019uretère, et M.Langevin s'informe si les ovaires étaient malades.M.Mercier répond négativement à ces deux questions.M.Simard demande si M.Mercier est bien sûr qu\u2019il ne s\u2019agissait pas là d'un rein surnuméraire.| MM.Léger et Beaudouin ajoutent aussi quelques mots.A cause de l\u2019heure avancée, les communications de MM.Bellerose et Boucher sont remises à plus tard.Aitaires de routine A la demande de M.Bousquet, les membres présents ont résolu, à l\u2019unanimité, que: la Société Médicale de Montréal est d\u2019accord avec les médecins oculistes et s\u2019oppose avec eux à un bill devant être présenté à la Législature provinciale en vue d'augmenter les prérogatives des optométristes de la Province de Québec.A la demande de M.Léo Pariseau, il a été résolu à l\u2019unanimité que: la Société Médicale de Montréal devrait aider ceux qui voudraient faire défendre l\u2019entrée des cinémas aux enfants de moins de 16 ans.Avis de motion.Nil.La séance est levée à 11.35.Séance du ler février 1927 Présidence de Monsieur le Professeur J.À.Beaudouin la séance a été ouverte à 9 h.10 avec une assistance de 29.1.Lecture et adoption du procès-verbal de la dernière séance.2.Correspondance.On fit lecture d\u2019une lettre du secrétaire de la Montreal Medico-Chirurgical Society, au sujet de la nomination d\u2019un bactériologiste municipal et d'une autre du Daffydill Committy de Toronto, invitant la Société à se faire représenter à ses réunions de 1927.3.Présentation de malades.Deux cas d\u2019épithélioma de la peau\u2014M.Albéric Marin.M.Marin présente deux malades souffrant d\u2019épithélioma baso-cellulaire, qu\u2019il se propose de traiter par le curettage et la radiothérapie.; DISCUSSION.MM.Fournier et DeMartigny prétendent que, d\u2018après eux, il ne faudrait pas toucher à ces épithéliomas à cause du danger de métastases.M.Marin, de son côté, explique que ce genre de tumeur n'étant pas inoculable, il n\u2019y a aucun danger à les curetter.1.Observations cliniques : a) Un cas de maladie de Buerger\u2014M.A.Bellerose.M.Bellerose rupporte l\u2019observation clinique d\u2019un malade qu\u2019il a eu sous ses soins et qui souffrait de troubles trophiques des orteils.Il les rapproche de ceux qu\u2019a décrits récemment un médecin allemand du nom de Buerger, et il profite de cette observation pour décrire au long la maladie à laquelle le Dr Buerger a donné son nom.DISCUSSION.M.Lesage avoue n\u2019être pas au courant des travaux de Buerger, mais prétend connaître assez bien la maladie qu\u2019il a décrite L'UNION MÉDICALE DU CANADA 471 et à laquelle lui, le Dr LeSage, a toujours donné le nom d'\u2019artérite oblitérante.Il cite un cas qu\u2019il a observé encore dernièrement et qui a été considérablement amélioré var la sympathiceetomie.M.Ernest Prud homme cite lui aussi un cas analogue qui a été apparemment guéri par la sympathicectomie.M.Marin trouve curieux que MM.Bellerose n\u2019ait pas parlé des modifications de la formule sanguine.M.Léo Pariseau préconise l\u2019usage des rayons infra-rouges dans le traitement des troubles décrits par M.Bellerose.M.Simard dit quelques mots sur l\u2019anatomie pathologique des vaisseaux sanguins dans la maladie de Buerger.M.Bellerose ajoute quelques mots et s\u2019objecte à la sympathisectomie comme traitement de la maladie de Buerger.b) Un cas d'ulcère perforé de l\u2019estomac.Opération.Guérison.\u2014M.le prof.Marien et M.Armand Paré.M.Paré cite l\u2019observation clinique d'un cas d\u2019uilcère perforé de l\u2019estomac qui a pu être opéré avec succès, parce que le diagnostic en avait été fait très vite.DISCUSSION.M.DeMart'gny félicite le rapporteur, et dit quelques mots sur l\u2019emploi du sérum glycosé en nijection sous-cutanée.¢ et d) À cause de l'heure plutôt avancée, les communications de M.le professeur J.A.Leduc et M.Longpré sont remis à une séance ultérieure.0.Travaux originaux et techniques.Traitement chirurgical de la tuberculose pulmonaire (thoracoplastie extra-pleurale)-M.Ernest Pru- d'homme.LDlans une monographie très documentée mais très bien faite, M.Prud'homme parle de la thoracoplastie extra-pleurale, de ses indications et de ce que l\u2019on est en droit den attendre.DISCUSSION.M.Vidal félicite M.Prud homme et prétend que la thoracoplastie est surtout indiquée dans les cortico-pieurites.M.Simard ajoute quelques mots sur l\u2019anatomie pathologique du poumon tuberculeux.6.Aifaires de routine.Nil.7.Avis de motion.Nil.La séance est levée à 11 h.35.Séance du 15 février 1927 Sous la présidence de M.J.A.Beaudouin.La séance est ouverte à 9 h.précises, avec une assistance de 25.1.La lecture et l'adoption du procès-verbal de la dernière assemblée sont remises à plus tard.2.Correspondance.Nil.3.Nomination de membres, Nil.4.Intérêts professionnels : a) Quelques mots sur le \u201cBill du Collège des Médecins et Chirurgiens de la province de Québec\u2019\u2014M.Louis Roux, 472 L\u2019UNiON MÉDICALE DU CANADA Avant que le Dr Roux commence la lecture de son travail, M.Léo Pariseau demande que le travail de M.Roux soit déposé devant la Scciété.La question est trop grave pour que l\u2019on néglige cette mesure.M.le président approuve les remarques de M.Pariseau, et demande .que le travail de M.Roux soit mis entre les mains du secrétaire, pour que tous ceux que la question intéresse puissent le consulter.M.Roux acquiesce sans hésiter à la demande de M.Pariseau.M.Roux, après avoir averti les membres de la Société qu\u2019il ne représente personne autre que lui-même, fait une étude du \u201cBill du Collège des Médecins\u201d, et paraît plutôt vouloir défendre les intentions des Gouverneurs du Collèze que le projet de loi lui-même.\u201cLe jour où nous nous joindrons dans un effort commun, où nous présenterons un front uni, après avoir discuté nos petites affaires en famille, le jour où les clans subordonneront leurs exigences au bien-être général et où les jalousies re iairont devant le bien commun, nous pourrons voir le médec'n respecté, et compter dans le ciel politique, judiciaire et dans la plèbe simpl!e.\u201d DISCUSSION.Comme il fallait s\u2019y attendre, le travail de M.Roux a donné lieu à une discussion très animée par moments à laquelle ont pris part MM.Léo Pariseau, LeSage, DeMartigny, Robichaud, Dorval, Kennedy, Desrochers et Langevin.A la suite de cette discussion, il fut proposé par M.LeSage et adopté à l'unanimité des membres présents : Que la Société Médicale de Montréal approuvait le Bill du Collège des Médecins et Chirurgiens tel qu'amendé par le Comité des Bills privés de la Législature de Québec, Mais croyait que le mot DEUX devrait être ajouté à l\u2019article 15 apres le mot CES et avant le mot INFIRMIERES.b) Des groupements médicaux autonomes\u2014M.A.J.Boisvert.M.Boisvert suggère de grouper les médecins de la province de Québec par districts électoraux.Chaque district formerait une Société Tédicale autonome.Cette Société élirait un ou deux Gouverneurs, selon son importance.Kt ces Gouverneurs s'occuperaient de la sauvegard2 des intérêts des membres de leur société respective.DISCUSSION.MM.LeSage, Langevin, Dorval et Beaudouin félicitent le rapporteur, mais préfèrent attendre et étudier le projet de M.Boisvert avant de se prononcer.5.Affaires de routine.Nil.6.Avis de Motions, Motions.Nil.La séance est levée à minuit.Séance du 15 mars 1927 Sous la présidence de M.J.A.Beaudouin.La séance a été ouverte à 9 h.précises, avec une assistance de 45.1.Le procès-verbal des deux dernières séances de la Société furent lus et adoptés à l\u2019unanimité. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 473 2.Correspondarce.Nil.3.Présentation de pièces anatomiques.Nil, M.Simard étant retenu chez lui par la maladie.4.Présentation de malades et observations cliniques : a) Quelques remarques sur la dépilation par le procédé Kienbosh- Adamson, avec présentation de malades\u2014M.Albéric Marin.M.Marin présente deux enfants d'âge scolaire, un souffrant de microsporie du cuir chevelu, et l\u2019autre qu\u2019il a traité il y a quelque temps pour la même lésion, par le procédé Kienbosh-Adamson.D\u2019après le rapporteur, la microsporie se distingue facilement des autres affections du cuir chevelu, avec ses plaques numulaires, squameuses, ses cheveux cassés courts, mais pas tellement courts qu\u2019on ne puisse les épiler avec les doigts.Cette teigne est causée par un champignon qui infecte le follicule pileux jusque dans sa profondeur, rendant le cheveu friable et cassant.Ceci explique que les topiques même les plus puissants ne puissent guérir cette épidermycose, leur action antiseptique étani toute superficielle; ceci explique également que l\u2019épilation à la pince ou aux doigts est illusoire, les cheveux étant trop fragiles, la traction les brise et la partie infectée reste dans le follicule.Les Rayons X, à une dose donnée, ont le pouvoir de faire tomber les cheveux sans en empêcher la repousse.On s\u2019en sert dans le' traitement des microspories.Le procédé le plus généralement en usage aujourdhui est celui de Kienbosh-Adamson, irradiation à feux croisés en surface.Une ligne médiane antéro-postérieure est tracée sur la tête à irradier, ligne ayant 10 pouces comme longueur, et dont les extrémités sont équidistantes des bordures frontale et occipitale du cuir chevelu.Du centre de cette ligne on trace une autre ligne perpendiculaire se dirigeant de chaque côté vers la limite extérieure des oreilles, l'gne dont la longueur est, elle aussi, de 10 pouces.De cette façon, on obtient cinq points: un point central, à l\u2019intersection des deux lignes situées au vertex, un frontal, deux temporaux, un occipital.Ces quatre derniers points sont à égale distance du point central et équidistants entre eux.Ces cinq points sont les cinq centres d\u2019irradiation.On irradie toute la tête en centrant successivement sur chacun d'eux et en s\u2019arran- geunt de facon à ce que les plans d irradiation soient perpendiculaires les uns aux autres.Le suir chevelu reçoit ainsi une dose uniformément répartie, grâce au chevauchement des rayons obliques.Les cheveux commencent à tomber 18 jours après, et la repousse te fait, normale, en 2 à 3 mois.M.Marin ajoute, en terminant, qu'il est surpris de voir que ces enfants, du moins les deux qu\u2019il a présentés à la Société, sont admis à l\u2019école.Il se demande si les médecins visiteurs sont responsables de cet état de chose malheureux.DISCUSSION.M.Malouf prétend que le médecin-visiteur est impuissant dans la prophylaxie des maladies du cuir chevelu des enfants à cause de certains préjugés dont font preuve et les parents et les directeurs d\u2019école. 474 L'UNION MÉDICALE DU CANADA M.Lanoie dit que la ville de New-York a résolu le problème en ovvrant des dispensaires et en y envoyant les enfants pour y être traités.M.Dauth suggère que les médecins en général et les membres de la - Société en particulier aident aux médecins visiteurs dans la lutte si souvent ingrate qu\u2019ils ont à faire.M.le président aioute quelques mots, et, avec l'assentiment des membres présents, il est décidé qu\u2019une résolution serait présentée à la prochaine séance, ou une des prochaines, ayant pour but de demander aux autorités pourquoi la loi demandant l\u2019isolement des cas de teignes n\u2019est pas respectée.M.Marin présente un autre malade souffrant d'épithélioma baso- cellulaire.b) Quatre cas de polypes de la vessie \u2014M.Oscar Mercier.DISCUSSION.M.DeMartigny prend part à la discussion ainsi que .M.Fournier, qui demande quelques informations sur la qualité des Rayons employés par M.Mercier dans le traitement des cas qu'il a présentés.5.Travaux originaux et techniques : Quelques faits acquis à la science, dont on pourrait faire un plus grand usage en hygiène publique\u2014M.J.A.Amyot.M.Amyot parle des résultats que l\u2019on doit attendre de la vaccination préventive dans la variole, la diphtérie, la scarlatine, la typhoïde et la tuberculose.DISCUSSION.MM.Harwood et Beaudouin remercient le conférencier.La séance est levée à 11.30 h.Séance du 5 avril 1927 Présidence de M.J.A.Beaudouin.1.Lecture et adoption du procès-verbal de la dernière séance régulière et d\u2019une séance extraordinaire, où M.Louis Boez était le conférencier.2.Correspondance.Nil.i Avant de procéder à l\u2019ordre du jour, M.DeMartigny se lève sur une question de privilège et propose, secondé par M.Roux, la résolution svivante : Que la Société Médicale de Montréal sympathise avec MM.Lanorgan et Chabot, dans le procès qui leur est intenté; Que la Société Médicale de Montréal se fera un plaisir d'organiser une souscription parmi ses membres pour leur venir en aîde.Cette résolution a été adoptée à l\u2019unanimité.3.Observations cliniques : Trois cas de corps étrangers de la vessie\u2014Mr.Frs DeMartigny.DISCUSSION.Ont pris part à cette discussion MM.Rhéaume, O.F.Mercier, Bourgeois, Asselin et Oscar Mercier.4.Travaux originaux et techniques : a) Appendicite chronique.Périviscérite \u2014M.Oscar Mercier.9 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 475 M.Mercier demande que la lecture de son travail soit remise à la prochaine séance.b) Notes préliminaires sur le réflexe pendulaire consécutif au test rotatoire de Barany\u2014M.Antonio Barbeau.M.le professeur E.G.Asselin dépose a la Société Médicale quelques nctes relatives à un travail que M.Barbeau a commencé sur le test rctatoire de Barany, et que M.Barbeau présentera plus tard à la Société.c) Sur quelques dispositifs régulateurs de la circulation périphérique.Leur mise en évidence par certaines tumeurs.Leur constitution normale.Leur fonctionnement probable \u2014M.le prof.Pierre Masson.DISCUSSION.MM.Asselin et Léger prennent part à la discussion.M.Beaudouin félicite le conférencier.6.Avis de Motions.Nil.7.Motions.Nil.La séance est levée à 11.15 h.Dr Daniel LONGPRE. REVUE GÉNÉRALE Analyses de quelques travaux récents Le dabeurre dans l'alimentation des nourrissons (R.Turquety, \u2018\u2018L\u2019Hôpital\u201d, juin 1927).\u2014Le babeurre, employé dès le XVIIe siècle en Hollande suus forme de soupe au babeurre, reprend en France un regain d\u2019actualité sous l\u2019impulsion des travaux de Marfan et de son collaborateur Turquety.Ce lait modifié, si on le compare au lait de vache, est caractérisé par: 1° son extrême pauvreté en beurre; 2° son acidité, due à la transformation du lactose en acide lactique; 3° sa richesse en albumine, et l\u2019état particulier de celle-ci.Sa formule, dit l\u2019auteur, cadre parfaitement avec les idées en cours actuellement sur la tolérance digestive du nourrisson.Il semble bien prouvé en effet que la composition du lait la bien moins tolérée par les nourrissons est le beurre (d\u2019où le succès actuel des laits maigres, laits condensés sucrés et poudres de lait).Le sucre lui-même, facteur de fermentations intestinales, est mal supporté dans les diarrhées; et l\u2019on considère actuellement que les albumines du lait (caséine surtout) sont l'élément le mieux accepté par l\u2019intestin du nourrisson quand cet organe est malade.Et ceci nous explique théoriquement le renouveau du babeurre dans la diététique du premier âge.Pratiquement, ce sucrès tient surtout au fait qu\u2019il existe depuis peu dans le commerce des babeurres condensés (Babeurre Nutritia et Babutyrose Lactella) cui s\u2019administrent dilués \"d\u2019une proportion égale d'eau bouillie.De la sorte, le problème de la préparation du babeurre dans la pratique privée se trouve résolu, puisqu\u2019il est aussi facile maintenant de préparer du babeurre que du lait condensé.Le babeurre, qui est un lait maigre, ne saurait être considéré comme un aliment normal des enfants du premier âge, car il a une trop faible valeur énergétique ne représentant, par litre, que 520 calories (1 litre de lait de femme == 650 calories; 1 litre de lait de vache = 700 calories).Par contre, c\u2019est un aliment-médicamenteux très précieux et particulière- mient indiqué dans l\u2019alimentation des nouveau-nés débiles et dans la réalimentation après la diète hydrique.Dans ces cas les résultats obtenus sont supérieurs à ceux que donnent les autres laits modifiés d'usage courant (laits condensés sucrés et poudres de lait), et l'on peut avancer sans crainte qu'après le lait de femme et le lait d\u2019anesse \u2014 dont il ne peut être question dans notre pays \u2014, il n\u2019existe pas de meilleur aliment que le babeurre pour les nourrissons débiles ou atteints de diarrhée.PAUL LETONDAL.La tolérance des nourrissons pour le sucre.Les hautes doses de saccharose chez les bébés cachectiques (P.Nobécourt, \u201cArchives de Médecine des Enfants\u201d, juin 1927) \u2014L'auteur résume dans ce mémoire ses travaux antérieurs sur la to'érance des nourrissons cachectiques pour le sucre de canne et donne les conclusions suivantes : L'UNION MÉDICALE DU CANADA 477 1° Du point de vue physiologique, les bébés cachectiques tolèrent remarquablement le sucre de canne.De hautes doses de ce sucre, dissoutes dans un volume de liquide convenable et ne dépassant pas un certain taux par repas, n\u2019entraînent ni saccharosurie ni glycosurie, n\u2019élèvent pas le taux de la glycémie de façon appréciable, améliorant les digestions, entraînant des augmentations de poids.2° Du point de vue pratique, de hautes doses de sucre de canne ont souvent une influence favorable.On peut sans inconvénient et avec avantage ajouter aux aliments du \u2018sucre de canne dans la proportion de lv.15 et même 20 p.100.En principe, la ration totale de sucre (saccharose et lactose du lait) peut être de 30 grammes par Kkilogramme corporel, elle sera dissoute dans une quantité de liquide telle que le taux de la solution ne dépasse pas 20 à 25 p.100.- Il est bien certain, ajoute l\u2019auteur en terminant, que le sucre de canne à hautes doses n\u2019a pas chez tous les malades une action favorable e: n\u2019est pas toujours bien supporté.\u201cDans la communication faite avec Nadal à la Société de pédiatrie en juin 1914, nous relations 16 observations de cachectiques et d\u2019hypotrophiques: 8 de ces enfants avaient bien supporté le régime sucré, et avaient été très améliorés; pour 8 autres, ou bien le sucre avait été mal supporté, ou bien l\u2019évolution de la maladie n\u2019avait pas été bien infiuencée.\u201d \u201cIl ne faut évidemment pas, disions-nous, s'attendre à obtenir toujours des succès avec ce mode d\u2019alimentation, et à côté des cas heureux nous avons publié des cas défavorables.Les causes et les conditions patho- géniques sont trop variées et trop complxes pour que.les cachexies soient toujours justiciables d\u2019un même régime alimentaire.D\u2019autre part, bien des bébés ont une capacité vitale trop amoindrie pour pouvoir utiliser les aliments, quels qu\u2019ils soient, surtout dans le milieu hospitalier, où se multiplient les causes de déchéance organique.\u2019\u201d\u2014PAUL LETONDAL.Urticaire et réserve alcaline.(Pasteur Vallery-Radot, Blamoutier et Laudat Bull.et Mém.Soc.Méd.Hôp.Paris, 6 mai 1926).\u2014 Sur 7 cas, deux fois la réserve alcaline était abaissée et l\u2019injection de bicarbonate de soude prévenait les crises.Dans quatre cas à alcalinité normale, quatre fois le bicarbonate de soude a été inefficace.Le cinquième cas à alcalinité élevée, le bicarbonate a réussi vraisemblablement par choc humoral \u2014ROMEO BOUCHER.Purpura rhumatoide prétuberculeux (Carnot, Libert et Bariéty, Bullet Mém.Soc.Méd.Hôp.Paris, 6 mai 1926).\u2014 Il faut se méfier des purpuras rhumatoïdes dont les relations avec la tuberculose sont bien connues.C\u2019est ce qui ressort d\u2019une observation rapportée par les auteurs dans laquelle le malade développa ensuite une pneumonie caséeuse et finalement une méningite tuberculeuse.Ces purpuras peuvent être localisés à la face dorsale des mains et des poignets, aux membres inférieurs, \u20actre disséminés d\u2019emblée ou présenter des phénomènes rhumatoïdes douloureux.En général, c\u2019est le présage toujours grave d\u2019une tuberculose rapide d'évolution \u2014ROMEO BOUCHER. 478 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Sensibilité et sensibilisation des téguments aux diverses radiations lumineuses.Mode physique et biologique d'action des rayons lumineux sur les téguments (A.-C.Guillaume, Bull.et Mém.Soc.Méd.des Hôp, de Paris, 13 mai 1926).\u2014 Il existe des états morbides résultant d\u2019une sensibilité anormale des téguments à la lumière solaire, surtout aux rayons ultra-violets.En faisant pénétrer dans le corps muqueux de malpighi certaines substances colorantes et en irradiant avec des lampes à arc, l'auteur a noté les réactions d\u2019actinite en employant comme source d\u2019irradiation \u201cles radiations (de la lumière visible) qui correspondaient exactement aux bandes d\u2019absorption constatées dans l\u2019analyse spectroscopique des substances employées comme agent sensibilisateur.\u201d Les régions témoins n\u2019ont rien donné.Conclusion: \u201cla sensibilisation des patients n\u2019est pas une sensibilisation aux radiations ultra-violettes, mais une sensibilisation à certaines radiations de la lumière visible qui se superposent aux précédentes pour donner cette activité.Toute substance fluorescente étant sensibilisante, les pigments sanguins et biliaires, les états pella- groides, le fagopyrisme et l\u2019alimentation végétale peuvent donc donner de l\u2019actinite par le même mécanisme \u2014ROMEO BOUCHERA propos de la réactivation de la réaction de Bordet Wassermann (Marcel Pinard, Bull.et Mém.de la Soc.Méd, des Hôp.de Paris, 13 mai 1926).\u2014 M.P.présente un malade atteint d\u2019une crise d\u2019urémie qui mit en évidence une syphilis latente.Un choc médicamenteux, un traumatisme, une gestation, une maladie infectieuse, une crise aiguë au cours d\u2019une affection chronique peuvent aussi produire cette réactivation.Il ne faut pas, de là, conclure que les examens négatifs antérieurs ont été des erreurs de laboratoire.Bien au contraire cela indique une syphilis larvée riise en évidence par un choc sérologique.Ii faut conserver aux réactions de fixation de la syphilis toute leur valeur \u2014ROMEO BOUCHER.Retentissement «usophagique et duodénal d'un cancer gastrique sous- cardiaque «à forme hémorragique et anémique (LeNoir, Bariéty et Mamoul, Bull.et Mém.Soc.Méd.des Hôp.de Paris.13 mai 1926).\u2014 Les auteurs relatent l\u2019observation d\u2019un malade souffrant de cancer à forme larvée, ce qui n\u2019est pas rare, avec anémie hypoplastique, presque aplas- tique et dont les signes cliniques et radiologiques ont été fallacieux au point de faire croire à une lésion duodénale, puis à une lésion œsopha- gienne.En outre d\u2019un problème de localisation ce cas pose nettement un problème de pathogénie: l'origine nerveuse réflexe ou l'origine toxique de ces troubles \u2014ROMEO BOUCHER.Note sur les propriétés thérapeutiques de Uosséine (Maurin, Bull.de l'Acad.de Médecine, 2 nov.1926).L\u2019osséine est la substance organique obtenue en débarrassant l\u2019os de sa matière minérale.C'est une substance collagène, au point de vue chimique quaternaire (C120+H10AZ2) qui joue un rôle important dans le métabolisme animal comme aliment d\u2019épargue, comme agent régénérateur du tissu conjonctif et comme agent #7 dr L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 479 reminéralisateur.Des tuberculeux ont été grandement améliorés par son emploi et des fractures consolidées.L'auteur déplore de ne pouvoir la trouver dans le commerce et s'élève contre sa confusion avec la gélatine avec laquelle elle n\u2019a aucun rapport tant dans sa formule chimique que dans ses propriétés thérapeutiques \u2014ROMEO BOUCHER.Pour combattre chez les prostatiques la rétention urineuse chronique incomplète sans recourir au cathétérisme (Pila de Pollozzi, Paris Médical, 13 nov.1926).\u2014 A la période de rétention chronique incomplète le cathétérisme quotidien devient indispensable si l\u2019on veut exclure l\u2019intervention chirurgicale.Comme on sait que cette rétention est dû à une espèce de cul-de-sac, appelé bas-fond par Guyon, provoqué par le déve- lcppement de la prostate et que c\u2019est là que gît le résidu urinaire il devient évident qu\u2019en le comblant on fera disparaître la rétention, et on évitera le cathétsrisme.Il faut pour cela un liquide, non irritant pour la muqueuse vésicale et antiseptique au cas où il y aurait cystite, d\u2019une densité supérieure à celle de l'urine, laquelle ne pourra non plus l'altérer cu le dissoudre.L'huile de sésame bromé à 33% de brome paraît remplir toutes ces conditions et a donné à l'auteur d\u2019excellents résultats.ROMEO BOUCHER.Baluno-posthites et vulvo-vaginites non vénériennes (F.Balzer, Le Progrès Médical, 7 déc.1926).\u2014 En général, localisations arthritiques favorisées par le terrain séborrhéique que sont, chez l\u2019homme et chez la femme, les organes génitaux externes où elles provoquent, entre maris et femmes, des affections similaires.Traitement: antiseptiques usuels d\u2019abord, vérification du plus ou moins grand degré dalcalinité ou d'\u2019acidité des sécrétions muqueuses.En cas d\u2019eczématisation, traitement local et général de l'eczéma.Si l'affection est due à un microbe particulier: bactériophagie ou auto-vaccin\u2014 ROMEO BOUCHER.Les spasmes artériels par le strophantus et la digitaline (G.Etienne et P.Gerbault, Bull.et Mém.Soc.Méd.Hôp.Paris, 9 déc.1926).\u2014 Les auteurs rapportent un cas de spasme artériel encéphalique avec restitutio ad integrum de la fonction cérébrale causé par l\u2019emploi de la digitaline et de l\u2019extrait de strophantus.L\u2019hémiplégie ne fut que transitoire et sans rapport avec une embolie.Ce cas n\u2019est pas isolé et vient à l\u2019appui de la théorie de Mathieu: \u201cles médicaments agissant sur le myocarde peuvent aussi agir sur les fibres musculaires artérielles dont la fonction est solidaire de celle des fibres myocardiques.Inutile d\u2019ajouter que dans ce cas comme dans tous ceux qui ont été rapportés, l\u2019emploi de ces tonicardiaques était amplement justifié \u2014ROMEO BOUCHER.Cancer et opothérapie (Dr Naarmé, Rev.Franc.d\u2019Endocrinologie, octobre 1926).\u2014 Partant du principe qu\u2019une tumeur maligne est toujours liée à une viciation sécrétoire glandulaire, associée à un déficit nutritif local, N.a prescrit systématiquement la thyroïde pour combattre cette 480 L'UNION MEDICALE DU CANADA anarchie cellulaire et une opothérapie variable selon le siège du cancer et le sexe du malade.Ii rapporte un cas de cancer gastro-intestinal amélioré pendant un certain temps et chez lequel un écart de régime fut fatal et un autre de cancer du sein avec métastose de la face.Soixante injections d'opothérapie thyromammaire les ont fait disparaître.La malade se porte très bien depuis un an mais reçoit de temps à autre des séries d\u2019injection \u2014ROMEO BOUCHER.Recherches sur T'azotémie en chirurgie (Crainicianu et Florian, La Presse Médicale.10 nov.1926).\u2014 Il peut exister des cas où l'azotémie est élevée avant l\u2019opération, sans que les suites opératoires soient plus graves et d\u2019autres où l\u2019azotémie étant normale elles sont compliquées par de l\u2019insuffisance rénale grave.À cause des critiques subies dernièrement par la constante d\u2019Ambard, les auteurs ont toujours employé le P.S.P.Pour éliminer le rôle de l\u2019anesthésie et de l\u2019anesthésique, les auteurs ont anesthésié inutilement sans opération, huit malades différents avec des anesthésiques différents sans jamais rencontrer d\u2019élévation uréique post-anesthésique.Quant à l\u2019oligurie, elle n\u2019a aucune espèce de relation sur le dosage sanguin de l\u2019urée.Conclusion: l\u2019azotémie post-opératoire est due surtout aux \u2018\u2018résorptions de toxines, cellules et tissus\u201d, C\u2019est selon l\u2019expression des auteurs une uréo-genèse histolytique.ROMEO BOUCHER.Transmission intra-utérine du virus tuberculeux de la mère à l'enfant (Calmette, Valtis, Lacomme, La Presse Médicale, 10 nov.1926).\u2014 Neuf enfants ou fœtus n\u2019ayant jamais eu après leur extraction ou naissance de contact avec leur mère tuberculeuse ont été examinés systématiquement au point de vue tuberculeux.Chez trois d\u2019entre eux, on a pu irouver, par examen direct, des bacilles, mais tous avaient \u201cdans leurs viscères et dans leurs ganglions cormaires ou mésentériques des éléments virulents\u201d capables de reproduire expérimentalement des bacilles tuberculeux.Conclusions: le passage du virus tuberculeux de la mère au fœtus est moins exceptionnel qu\u2019on ne le croît; il existe un ultra-virus tuberculeux capable d\u2019engendrer le bacille de Koch.Ces notions ne doivent nullement entraver la prophylaxie actuelle, la contamination directe, restant le plus important facteur de la propagation tuberculeuse.ROMEO BOUCHER.Toux incessante avec hémoptysies, cosinophilie massive et polyglobulie, due au tænia inerme (Pagniez et Lerond, Bull.et Mém.Soc.Méd.Fiôpitaux de Paris, 23 déc.1926).\u2014 Observation d\u2019une jeune Syrienne secouée par des secousses de toux rauque et quinteuse, sans signe stétha- coustique ou radiographique.Aucune amélioration par tous les calmants d'usage, Hémoptysies fréquentes, amaigrissement, état sub-fébrile.Analyse du sang révèle 60%, d\u2019éosinophiles et sept millions de globules rouges.Diagnostic: parasitose intestinale.Le thymol et l\u2019extrait éthéré de fougère mâle pris à plusieurs fois, la tête du tænia ne voulant pas passer, débarrassent enfin la malade de cet hôte incommode et lui rendent la santé \u2014ROMEO BOUCHER. BIBLIOGRAPHIE L'ANNEE MEDICALE PRATIQUE, publiée sous la direction de C.Lian, Agrégé, Méd.des Hôpitaux.\u2014 Préface du prof.E.Sergent, 5e année, 1 vol.in-16, 584 pages, 7 fig.Edit.R.Lépine, 3, rue Vécelap.Prix: 24 francs.7 Les médecins qui ne connaissent pas encore l\u2019Année médicale pratique auront la grande satisfaction, en lisant ce volume (5e année), de constater combien il est agfréable de trouver toutes les données nouvelles et pratiques exposées en 300 articles courts, classés par ordre alphabétique, et rédigés par des specialistes pour chacune des branches de l\u2019activité médicale (médecine, chirurgie, obstétrique, ophtalmologie, etc.).Ils se réjouiront également de rencontrer dans ce petit livre les notions nouvelles en législation médicale (lois, procès), ainsi que la liste de tous les médicaments, appareils et livres nouveaux.Quant aux fidèles lecteurs de l\u2019Année médicale pratique, ils apprendront avec plaisir par cette note la récente publication du volume qu\u2019ils attendent chaque année avec une légitime impatience, car ils se sont nettement rendu compte qu\u2019il est impossible de bien connaître et d\u2019appliquer facilement les nouveautés médicales, si l\u2019on n\u2019a pas tous les ans sur son bureau le dernier volume de l\u2019Année médicale pratique.LES PETITES MALADIES ET LEUR TRAITEMENT, par L.Williams, Médecin des Hôpitaux français de Londres.Traduit sur la cinquième édition anglaise par le Dr F.Françon, ancien interne des Hôpitaux de Paris, Médecin consultant à Aix-les-Bains.Un volume in-8: 25 fr.(Librairie Félix Alcan.) L'idée de cet ouvrage remonte aux débuts de l\u2019auteur, en clientèle.Frais émoulu de l\u2019Ecole, il s\u2019aperçut que ses études l\u2019avaient bien préparé à combattre les grandes maladies, fièvres typhoïdes, valvulites, rhumatisme articulaire aigu, mais non celles pour lesquelles il était le plus souvent consulté, rhumes, dyspepsies, etc.Constatation plus décevante encore, sur la description et le traitement de ces affections plus humbles, les manuels observaient un silence prudent.Cette lacune de l\u2019enseignement et des traités, l\u2019auteur résolut dès lors de la combler quand une expérience personnelle suffisamment prolongée lui aurait dongé le savoir indispensable.Vingt ans après (1906), il publia son livre pour éviter à jamais les \u2018\u2018difficultés\u201d qu\u2019il avait rencontrées: cinq éditions successives (la dernière de 1923), témoignent du succès qu\u2019il rencontra chez nos amis d\u2019Outre-Manche.Nous pensons qu\u2019il trouvera chez nous la même faveur: les sujets qu\u2019il aborde, appartiennent tous au cadre de la médecine journalière et le praticien y trouvera d\u2019utiles suggestions thérapeutiques et de nombreuses formules.Nous ne pouvons songer à en donner ici une analyse 482 L UNION MÉDICALE DU CANADA même succincte car les \u2018Petites Maladies\u201d ont un domaine singulièrement vaste.Signalons cependant le chapitre consacré aux dyspepsies dont tl donne un schéma d\u2019une séduisante simplicité, celui qui a trait aux affections rhumatismales groupées en une synthèse harmonieuse, celui enfin qui résume les indications des médicaments \u201ccapitaux\u201d (arsenic, mercure, digitale, iodure de potassium, etc.), et qui évoque les meilleures pages d\u2019un livre classique chez nous.Néanmoins, l\u2019importance que villiams, fort des idées de Sir J.Mackenzie, attribue à l\u2019Hygiène et à la prévention.Les qualités de l\u2019auteur \u2014 esprit clinique, pondération des jugements, clarté de lexposition, langue alerte et imagée \u2014 plairont chez nous: nous lui souhaitons tout le succès qu\u2019il mérite.ETUDES DE GYNECOLOGIE CLINIQUE ET OPERATOIRE, publiées sous la direction de J.-A.Doléris, Paul Petit-Dutaillis, H.Roulland.Fascicule I avec la collaboration de MM.O.Beuttner, P.Dalché, J.Laurence, E.Ozanne, P.Séjournet.Un volume in-8 jésus, 176 pages avec 25 figures.25 fr.(Majoration 409).Fascicule II par Paul Petit-Dutaillis.Un volume in-8 jésus 106 pages avec 58 figures.20 frs.(Majoration 40).J.-A.Doléris et deux de ses anciens assistants, Paul Petit-Dutaillis et H.Roulland, ont entrepris la publication d'Etudes de Gynécologie clinique et opératoire, où il sera surtout question de gynécologie conservatrice, heureusement à l\u2019ordre du jour.Le premier fascicule (25 figures) contient les articles suivants : Kuwclution moderne de la Gynécologie, par Doléris; \u2014 Examen gynécolo- gigue méthodique, par G.Laurence; \u2014 Molimen cataménial et ses Accidents, par Paul Dalché; \u2014 les Infections puerpérales (exposé complet des formes cliniques et des modalités actuelles du traitement), par Rouuland; \u2014 Syphitis tertiaire de l\u2019Utérus, par E.Ozenne; \u2014 Allongements congénitaux et évolutifs du Col utérin, par P.Séjournet; \u2014 Traitement chirurgical de la Métrite chronique du Col par l\u2019Evidement cylindrique suivi de sutures, par P.Petit-Dutaillis; \u2014 enfin quelques planches d\u2019O.Beuttner sur I'Hystérectomie fundique.Le deuxième fascicule, par P.Petit-Dutaillis, traite de la Radiothérapie, de la Chirurgie et de la Radio-Chirurgie des Epithéliomes du Tractus génital, des Fibromes utérins et des Troubles crypto-lésionnels dits purement fonctionnels.Après une synthèse très claire des principes généraux de la cuiethérapie basés sur ses facteurs physiques et biologiques, \u2014 plaidoyer aussi vif que convainquant en faveur de la chirurgie qui, d\u2019après l\u2019auteur, seule est souvent de mise, seule est capable, avec doses modérées de radium, d\u2019assurer une irradiation méthodique et complète en cas de cancer inopérable du col, \u2014 et, s\u2019y combinant, semble pouvoir renoncer, pour ie cancer opérable de même origine, à l\u2019hystérectomie élargie; \u2014 procédé personnel du curiethérapie pariétale; \u2014 étude L'UNION MÉDICALE DU CANADA 483 assez fouillée du cancer de la vulve, technique de la vulvectomie méthodique; \u2014 mise au point très nette des indications du traitement radio- thérapique ou chirurgical des fibromes; \u2014 appel à la modération pour la radiothérapie\u2019 des troubles gynécologiques dits purement fonctionnels.(5S figures explicatives) sur le diagnostic, l\u2019anatomie chirurgicale et la technique opératoire.LA PATHOLOGIE GENERALE DE LA SYPHILIS, par Jean Golay, Privat docent de Dermatologie et de Syphiligraphie à l\u2019Université de Genève.Vigot frères, éditeurs, 23 rue de l\u2019Ecole-de-Médecine, Paris.In-8, 128 pages 12 fr.Il existe à l'heure actuelle un si grand nombre de publications, une telle abondance de précis et de volumes divers qui traitent de la syphilis, qu\u2019il peut paraître inutile, voire même quelque peu puéril, d\u2019en vouloir publier un nouveau.Fournier, notre maître à tous, a si magistralement décrit les diverses manifestations de la syphilis, que malgré l\u2019ancienneté des travaux du grand syphiligraphe français, nous nous inclinons encore devant la clarté de ses exposés, la justesse de ses conceptions et l'étude de ses connaissances.Depuis lors, bien des auteurs ont livré au public médical des ouvrages de valeur sur le même sujet et qui comprennent le plus souvent des considérations détaillées sur les grandes découvertes de la syphiligraphie moderne, le tréponème pâle, la réaction de Bordet- Wassermann et les traitements arsenicaux et bismuthiques.Il semble donc que l\u2019on ne saurait ajouter à ces travaux si complets quelque chose de nouveau.Et cependant il manque à la syphiligraphie une conception d\u2019ensemble de la maladie.Ii est en effet curieux de constater qu\u2019il n\u2019existe aucun essai de pathogénie générale de la syphilis.On peut lire, certes, dans les journaux scientifiques de nombreux travaux épars et souvent fort instructifs sur tel ou tel point de la question, mais nulle part on ne trouvera une étude condensant en un seul tout les lois qui paraissent régler l\u2019évolution si spéciale, si variée et si intéressante de la lues.C\u2019est pour combler cette lacune que l\u2019auteur a cherché à donner de la syphilis une idée d\u2019ensemble et tenté de grouper en un tout harmonieux les connaissances acquises qui malgré leur complexité paraissent pouvoir se résumer très logiquement en quelques règles fondamentales.Cette étude, par conséquent, ne comprendra pas d\u2019analyse symptomatique détaillée des divers accidents cutanés ou viscéraux; elle est destinée uniquement à établir à la lumière de la science moderne le pourquoi des différentes manifestations et localisations de la lues ainsi que le cause de ses périodes de latence.De telles recherches présentent un haut intérêt: si elles n\u2019apportent au médecin praticien aucune description minutieuse utile pour le diagnostic, elles lui fourniront par contre une conception générale de la maladie 484 L'UNION MÉDICALE DU CANADA absolument nécessaire à la compréhension des faits et de leur enchaînement et fort instructive en outre pour la conduite du traitement.Ce petit volume s\u2019adresse aussi bien au médecin qu'à l\u2019étudiant.Précédé d\u2019un court aperçu sur le tréponème pâle, il est divisé en une série de chapitres consacrés aux diverses périodes de l\u2019évolution syphilitique.Chaque chapitre est divisé lui-même en deux parties distinctes; la première concerne le tréponème, la seconde étudie les réactions organiques et comprend en outre quelques remarques sur la réaction de Bordet-Wassermann et le traitement.Les conceptions de l\u2019auteur sont toutes basées sur les résultats de l\u2019expérimentation aussi bien que sur des considérations cliniques, c\u2019est-à- dire sur des faits solides dont l\u2019hypothèse est exclue.Ce travail rendra service aux nombreux médecins désireux de comprendre le pourquoi des diverses manifestations syphilitiques et par là même il contribuera à l'avancement de la science.LES INSUFFISANCES PANCREATIQUES, par M.Chiray, professeur agrégé à la Faculté de Paris, médecin des Hôpitaux, et J.Lebon, ex-interne des Hôpitaux de Paris, médecin des Hôpitaux d'Alger.1 volume de 210 pages.(Collection Médecine et Chirurgie pratiques).Masson et Cie, éditeurs.) France et Etranger, 20 frs (sans maj.).Le pancréas comprend deux sortes de formations cellulaires différentes au point de vue histologique et auxquelles sont dévolues des fonctions distinctes: les acinis glandulaires, cellules sécrétantes et qui constituent la glande exocrine du pancréas, et les îlots de Langerhans qui représentent la glande endocrine du pancréas.Le pancréas présente donc une dualité physiologique.Par sa glande exocrine, il élabore un suc digestif que le canal de Wirsung excrète dans le duocdénum où, avec la bile et le suc entérique, il participe à la digestion intestinale.Quant à la glande endocrine, elle sécrète un hormone résorbé par voie sanguine dans l'organisme, où elle joue un rôle capital et complexe dont la part la plus importante réside dans le métabolisme des hydrates de carbone.On peut donc envisager deux grands ordres de troubles fonctionnels pancréatiques qui sont en pratique le plus souvent dissociés, mais qui peuvent sans doute se trouver conjugués.Ce sont, d\u2019une part, l\u2019insuffisance pancréatique externe qui se traduit par de la dyspepsie intestinale; d'autre part, l'insuffisance pancréatique interne dont les syndromes diabétiques sont dans la majorité des cas l\u2019expression symptomatique plus ou moins complète.Dans ce petit livre, les auteurs étudient parallèlement les deux variétés d'insuffisance pancréatique au point de vue clinique et théra- pcutique.Ils insistent spécialement sur le diagnostic de Pinsuffisance puncréatique externe par le tubage duodénal.En étudiant l'insuffisance pancréatique interne, ils passent en revue les méthodes d\u2019appréciation de L'UNION MÉDICALE DU CANADA 485 celle-ci au cours des syndromes diabétiques et précisent les principes directeurs qui peuvent actuellement orienter les médecins dans l\u2019opothérapie insulinique de ces syndromes.TECHNIQUE DE LA REACTION DU BENJOIN COLLOIDAL, par Georges Guillain, professeur à la Faculté de Médecine de Paris, médecin de la Salpétrière, Guy Larcche, médecin des Hôpitaux de Paris, et P.Léchelle, médecin des Hôpitaux de Paris.Une brochure de 36 pages.(Masson et Cic, éditeurs.) France et étranger, 11 frs (sans maj).Les auteurs faisaient paraître en 1922 un petit livre aujourd\u2019hui épuisé sur la réaction du benjoin colloïdal et les réactions colloïdales du liquide céphalo-rachidien.Cette réaction simple, facile, pratique, est du plus grand intérêt pour les neurologistes, les psychiidtres et tous les médecins, car elle permet aussi bien que la réaction de Wassermann de faire rapidement le diagnostic de la syphilis évolutive du système nerveux.Une nouvelle édition de cet ouvrage ne pouvait paraître qu\u2019après un long travail, en raison des nombreux travaux français et étrangers; les auteurs répondant aux désirs des biologistes rééditent dans cette brochure un simple exposé de la technique de la réaction sans aucune biobliogra- phie et sans aucune considération technique.L'EXAMEN MEDICAL EN VUE DU MARIAGE \u2014-Les Drs René Sand, Govaërts (de Bruxelles), le Dr Haskovec (de Prague), Mlle le Dr Van Herwerden (d\u2019Utrecht), MM.Lôuis Forest, Lucien March, le professeur Letulle, les Drs Apert, Heuver, Papillaut, Queyrat, Georges Schreiber et Vignes (de Paris).\u2014 Bibliothèque des Connaissances Médicale, dirigée par le Dr Apert.\u2014 Un volume in-18 jésus.Prix: 12 francs.Ernest Flammarion, éditeur, 26, rue Racine, Paris.Il ne peut être question d'appliquer à l\u2019espèce humaine les méthodes de sélection des reproducteurs qui ont permis aux éleveurs d\u2019obtenir des sujets perfectionnés.Mais i] est légit*me de tenir compte de ces méthodes pour, tout en restant dans les possibilités pratiques, se départir de la coupable inertie actuelle.Certains états morbides des futurs époux, certaines anomalies à peine remarquées peuvent néanmoins avoir de graves conséquences pour le sujet lui-même, pour son conjoint, pour les enfants éventuels; si les époux connaissaient leurs tares, et étaient éclairés sur elles, il serait parfois facile d'en prévenir les conséquences défectueuses possibles.Il ne s\u2019agit pas d\u2019écarter du mariage tout sujet non exempt de tare; le conseil de s\u2019abstenir du mariage ne saurait s'appliquer qu\u2019aux cas où l\u2019union serait évidemment désastreuse, voire criminelle.C\u2019est heureusement l'exception.Dans la très grande majorité des cas, un examen médical avant le mariage, suivi de conseils appropriés, pourra prémunir les futurs époux contre des éventualités fâcheuses soit zs 486 L'UNION MÉDICALE DU CANADA pour eux-mêmes, soit pour leur descendance.Sur quelles bases doit reposer cet examen ?Doit-il rester libre et facultatif ?Doit-il être organisé administrativement ou même imposé législativement comme cela a été réalisé dans divers pays ?Sur quels éléments faut-il se baser pour donner les conseils les plus efficaces ?Telles sont les questions traitées dans ce volume.Le sujet étant encore controversé, il a paru utile de recourir à la collaboration d\u2019auteurs divers exposant chacun son point de vue.Le volume réunit ainsi toutes les opinions et agrège tous les documents et renseignements utiles sur le sujet traité et sur ce qui a été déjà fait et appliqué dans divers pays.Ainsi rédigé ce petit livre sera lu avec le plus grand profit, non seulement par ceux qu'intéressent les questions sociales et l\u2019avenir de la nation et de l'humanité, mais aussi plus simplement, par les pères et mères de famille qui songent à marier leurs enfants, par les jeunes gens sur le point de fonder une famille, par les époux ayant la légitime ambition de procréer de beaux enfants.LES NOUVELLES METHODES SUR LES REACTIONS COILLOIDALES DU LIQUIDE CAPHALO-RACHIDIEN, par Eugène de Thurzo, Assistant de la Clinique neurologique et mentale de Debrezen.In-8 de 182 pages, 3 planches en couleurs, 30 francs.Editions Médicales N.Maloine, 27, rue de l\u2019Ecole-de-Médecine, Paris, VIe.Le fait, qu'on peut retrouver parmi les cultivateurs de la littérature médicale, les médecins savants et investigateurs de toutes les nations, a toujours montré l\u2019importance mondiale de la science médicale française.L\u2019apparition dans ces jours d\u2019un livre d'un auteur hongrois présente un nouveau progrès sur le terrain de la littérature scientifique médicale.Le docteur Eugène de Turzo, l'assistant et chef de laboratoire de la clinique neurologique et mentale de Debrezén, offre un livre titré.Les nouvelles méthodes sur les réactions colloïdales du liquide céphalo-rachidien, édité par Norbert Maloine, Paris 1927.L\u2019auteur énumére dans cette oeuvre les résultats de ses expériences et ses observations propres.On observe au premier lieu l\u2019influence de l\u2019école française sur ses travaux et l\u2019auteur continua ses investigations scientifiques à la suite des données des auteurs français, dont Guillain, directeur-professeur de la Clinique Charcot \u2014 \u2014-Hôpital Salpetrière de Paris \u2014 souligne dans son avant- propos de ce livre.Cette oeuvre certifie l'activité largement scientifique \u2014 ue des Université de la Hongrie mutilée \u2014 et fait l'honneur de la plus jeune Université, Etienne Firza dont la clinique neurologique et mentale a déjà enrichi la science médicale Par les nombreux travaux dus à la plume de l\u2019éccle du directeur-professeur bien connu M.Benedi.- 4 \u2014 be Ste Gali.OG we = "]
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