L'union médicale du Canada, 1 avril 1928, Avril
[" Tht it Tome LVII No 4 Avril 1928 MÉMOIRES ORIGINAUX QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR LES ULCERES GASTRO-DUODENAUX Par Pierre Z.RHEAUME; F.A.C.S.Professeur à l\u2019Université de Montréal, Chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu.Depuis le Congrès tenu à Montréal, en septembre 1926, l\u2019attention de la profession médicale a certainement été attirée davantage vers les lésions du tube digestif, puisque nous avons opéré un nombre beaucoup plus considérable d\u2019ulcères de l'estomac et du duodénum cette année-ci qu'auparavant.Cette constatation me porte à croire que les Congrès après tout cent du bon et qu\u2019à plus ou moins longue échéance tout effort intellectuel rapporte ses fruits.Cela m\u2019encourage à revenir à la tâche et à m\u2019entretenir encore avec les lecteurs de l\u2019Union Médicale du chapitre si passionnant de la chirurgie gastro-intestinale.} * * * Très souvent des profanes qui ne sont pas tout à fait au courant de la question nous demandent avec une naïveté bien excusable: Quelle opération faites-vous pour les ulcères gastro- duodénaux ?La gastro-entérostomie ou la duodéno-gastrectomie ?De quelle méthode êtes-vous partisan ?Cette question n\u2019est pas plus logique que si l\u2019on posait les interrogations suivantes: En présence d\u2019une métrite chronique hé- morrhagique pratiquez-vous l\u2019hystérectomie fundibulaire, l\u2019hytérec- tomie subtotale ou la totale ?Ou bien encore dans une cholécystite calculeuse est-ce la cholécystostomie ou la cholécystectomie que vous préconisez 7 ; Je pourrais répondre à ces questions d\u2019une façon laconique en disant que toutes les techniques sont bonnes et que chacune a ses\u201c indications particulières. 196 ; L'UNION -MÉDICALE DU CANADA Mais je vais illustrer ma pensée et ma manière de voir en exposant succinctement ma ligne de conduite quand je me trouve en présence d\u2019un ulcère de l\u2019estomac ou du duodénum.Voici ce qui m\u2019a guidé dans une série de 32 cas d\u2019ulceres opérés durant les quinze derniers mois qui viennent de s'écouler.1° Quand l\u2019ulcère chronique est cicatrisé, ne causant que des troubles fonctionnels, de la sténose, je me contente de la simple gastro-entérostomie.| Ce traitement donne généralement d\u2019excellents résultats, tels que ceux que j'ai déjà mentionnés (Union Médicale, 1926).2° Si l\u2019ulcère est en évolution, s\u2019il saigne, je pratique des excisions ou de larges gastrectomies, mais à condition que les limites de la lésion soient accessibles ou n\u2019envahissent pas un organe vital tel que l\u2019ampoule de Vater.La gastrectomie faite dans ces conditions permet d\u2019éviter les hémorrhagies ou les perforations qui peuvent survenir même après une gastro-entérostomie.3° En présence d\u2019un ulcère calleux je fais maintenant systématiquement l\u2019EXCISION si celle-ci est réalisable.Voici pourquoi: c\u2019est que si les affirmations concernant la possibilité du développement du cancer sur un ulcère chronique \u2014 c'est-à-dire la cancérisation \u2014 peuvent être prises avec réserve, avec scepticisme, d\u2019un autre côté il faut admettre qu\u2019il est souvent impos- sicle de différencier cliniquement l\u2019ulcère calleux du cancer, surtout à la période où la guérison de celui-ci est encore possible.Très souvent, même à l\u2019opération, le diagnostic différentiel macroscopique ne peut pas être posé avec certitude chez des malades qui ont manifesté des symptômes d\u2019ulcère pendant longtemps avec contrôle radiologique, image diverticulaire et localisation précise de la lésion.Des anatomo-pathologistes sérieux ont prouvé à l\u2019examen histologique que ces lésions donnaient un pourcentage de 15 à 20% de cancers primitifs.C'est-à-dire que 15 à 20% des excisions gastro- duodénales faites pour guérir un ulcère portent en elles un véritable neoplasme qui est un cancer primitif se manifestant sous la forme d\u2019un ulcère simple.Ces chiffres m\u2019ont quelque peu effrayé d'abord; je les croyais exagérés.Mais le professeur Pierre Masson m\u2019assure que sa longue et substantielle expérience, après examen des estomacs enlevés par le pr TE a \u2014 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 197 professeur Gosset, lui permet d\u2019affirmer que le pourcentage de 20% n\u2019est pas au delà de la vérité.Pourquoi alors ne considérerions-nous pas comme cancer possible tout ulcère calleux et ne le traiterions-nous pas comme tel avant et pendant l'opération.Comme il n\u2018y a pas moyen de distinguer cliniquement entre un ulcére calleux banal et un cancer tous les ulcères douteux devraient être considérés et traités comme des cancers.Le médecin qui temporise en présence d\u2019un ulcère chronique de l'estomac peut voler à son patient sa seule chance de guérison et il devient en contradiction avec les idées que l\u2019on cherche à, inculquer et à vulgariser, au sujet du diagnostic précoce et du traitement radical des lésions gastriques qui pourraient être des cancers au début.Actuellement la seule chance de succès dans le traitement du cancer de l\u2019estomac, c\u2019est l\u2019exérèse radicale de la lésion avant que les symptômes classiques apparaissent, car quand ceux-ci se manifestent il est déjà trop tard, le feu est pris d\u2019une façon irrémédiable à tous les coins de la maison.Si le professeur Hartmann peut nous montrer d\u2019aussi beaux résultats éloignés des résections gastriques pour cancer (Presse Médicale, Paris, 1926), c\u2019est qu\u2019il a fait d\u2019une façon précoce des exérèses larges pour des lésions jeunes sans symptômes graves, alarmants.Quand nous commençons cliniquement à soupçonner le cancer, c'est que la lésion a déjà parcouru un long chemin; chirurgicalement il est déjà trop tard.* * Impressionné par la publication de certaines statistiques, puis ému par l'impuissance qui nous paralyse devant le spectre du cancer de l\u2019estomac, j'ai donc modifié ma façon de faire face aux ulcères.L\u2019ulcère étant reconnu et localisé je prends une décision précise de l\u2019acte opératoire d\u2019après les caractères morphologiques que j'ai indiqués plus haut.Mais pour bien reconnaître la physionomie de l\u2019ulcère il faut d\u2019abord le palper du bout des doigts, puis par une ouverture de l'estomac, qui servira au moins à une gastro-entérostomie, on peut y faire hernier la lésion et l\u2019examiner macroscopiquement avant de décider s\u2019il y a lieu de faire une excision ou une simple gastro- entérostomie. 198 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Cette exploration à ciel ouvert ne fait courir aucun risque de contamination et d'infection si le malade a été préparé par des lavages d\u2019estomac et si celui-ci a été vidé quelques instants avant l\u2019opération.Une technique que je m'\u2019efforce aussi de réaliser, c\u2019est de m\u2019abstenir d'appliquer des clamps et des pinces dont la compression abusive mortifie les tissus et peut provoquer des échecs tardifs.Ainsi dans ma dernière série de 32 cas d\u2019ulcères gastro-duodénaux j'ai fait les opérations suivantes : Gastro-entérostomie simple: 19 cas.La plupart des malades de cette catégorie présentaient une sténose pylorique cicatricielle.5 cas présentaient un ulcère du duodénum trop bas situé.Excision de l\u2019ulcère sans gastro-entérostomie: 5 cas.Ces malades présentaient des ulcères de la petite courbure ou de la première portion du duodénum; un de ces cas était manifestement un cancer au début.Gastrectomie en manche sans gastro-entérostomie: 1 cas.Il s'agissait ici d\u2019un ulcère chronique de la petite courbure avec estomac en sablier.Gastro-pylorectomie avec gastro-entérostomie : 5 cas.Tous ces ulcères étaient en évolution active et saignaient.Deux ont été reconnus comme cancers.Dégastro-entérostomisation: 2 cas.Cette opération consiste à défaire une gastro-entérostomie parce qu\u2019elle ne fonctionne pas ou parce qu\u2019il s\u2019y est développé un nouvel ulcère.Dans ces cas on reconstitue le circuit normal du tube digestif ou bien on excise l\u2019anastomose pour en faire une nouvelle.C\u2019est cette dernière opération qui a été pratiquée dans les deux cas que je rapporte.Parmi ces 32 opérés 2 sont morts.L'un est mort le lendemain de son opération.Très épuisé 1l avait été opéré in extremis.L'autre malade, émaciée, ne réagissant à rien, ne se nourrissant pas, est morte quinze jours après l'intervention.Ces deux opérés avaient subi l'acte chirurgical le plus inoffensif : la gastro-entérostomie postérieure.Tous les cas d\u2019excision et de gastrectomie ont guéri rapidement et se portent très bien. L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA 199 Ces derniers résultats m\u2019ouvrent les yeux et me font présager que plus j'opèrerai d\u2019ulcères moins je ferai de gastro-entérostomies simples.| Mais si nous voulons avoir du succès dans la chirurgie gastro- duodénale, il faut d\u2019abord savoir quand l\u2019ulcéreux doit prendre le chemin qui le conduit au chirurgien.Je crois avoir opéré suffisamment d\u2019ulcères pour pouvoir maintenant donner une opinion personnelle et bien catégorique.Sans discussion le traitement de l\u2019ulcère aigu appartient au médecin.Mais aussitôt le diagnostic d\u2019ulcère chronique posé, avec contrôle radiologique, l\u2019ulcé eux devrait être dirigé vers le chirurgien qui choisira le moment propice à l\u2019intervention sans danger après une minutieuse préparation médico-chirurgicale.Vous objecterez peut-être que beaucoup d\u2019ulcères sont soulagés par un traitement médical approprié; qu\u2019un certain nombre même guérit radicalement.Pourquoi alors imposer une intervention chirurgicale qui peut faire courir des risques, si minimes soient-ils ?Je répondrai alors que vous ne pouvez jamais affirmer cliniquement qu\u2019il y a ou qu\u2019il y a eu ulcère sans l\u2019avoir palpé, l'abdomen étant ouvert, et sans l\u2019avoir vu avec vos yeux ou ceux du microscope.La lésion que vous croyez guérie peut simplement sommeiller pour se réveiller longtemps après (quelques années parfois) avec un tableau clinique qui n\u2019est pas toujours rassurant, celui du cancer inopérable.Pourquoi alors prolonger indéfiniment un traitement médical pour une lésion qui peut être un CANCER AU DEBUT ou qui pourrait se cancériser, quand on sait que le traitement chirurgical institué à temps et dont les techniques offrent les plus grandes garanties ne fait pas courir plus de risque que l'HYSTERECTOMIE.Hésite-t-on actuellement devant l\u2019indication de cette dernière opération, à moins de contre-indications spéciales ?C\u2019est que l\u2019éducation est faite pour le chapitre de l\u2019utérus tandis que pour l'estomac elle l'est encore qu\u2019en évolution.Le jour où tous les médecins auront l\u2019œil grand ouvert et dépisteront l\u2019ulcère gastro-duodénal à son début; le jour où l\u2019on confiera à la chirurgie sans retards nuisibles ces malades porteurs d\u2019une lésion dont l\u2019évolution est trop souvent mortelle, la chirurgie gastro-intestinale aura fait de grands progrès et la statistique mortuaire du cancer aura diminué dans des proportions considérables. L\u2019EBLOUISSEMENT ELECTRIQUE QUELQUES CONSIDÉRATIONS MEDICO-LEGALES Par J.N.ROY, F.A.C.S, Professeur agrégé à l\u2019Université de Montréal, Médecin de l\u2019Hôpital Notre-Dame, Lauréat de l\u2019Académie de Médecine de Paris.Ayant été appelé par la Cour à donner mon opinion sur un cas douteux de perte d\u2019un œil à la suite d\u2019éblouissement électrique, j'ai cru qu\u2019il serait intéressant pour mes confrères oculistes, qui seront plus tard demandés comme experts dans des circonstances semblables, ct pour les avocats, qui doivent protéger les intérêts financiers de leurs clients, de leur communiquer, sur ce sujet, le résultat de mes recherches scientifiques.Voici, très sommairement exposé, le fait dont il s\u2019agit.M.A.B., manœuvre dans un atelier de métallurgie, reçoit l\u2019ordre, le 25 mai 1927, de porter dans une pièce de soudure électrique, un morceau d\u2019acier.Arrivé là, il subit, pendant huit minutes environ, placé à une distance de quatre à cinq pieds de la source lumineuse, sans verres protecteurs, les effets des rayons nocifs émis par une masse de métal portée à l\u2019incandescence par un fort courant électrique.Dans les quelques heures qui suivirent, une ophtalmie double se déclara, et quelque temps après, il accusa un trouble, et une faiblesse de la vision de l\u2019œil droit.Les symptômes objectifs, palpébraux et conjonctivaux des deux yeux guérirent comme toujours assez rapidement, mais le pouvoir visuel de l\u2019œil droit diminua petit à petit.Lors de mon examen, le 15 janvier 1928, je constatai une lésion cicatricielle de la rétine, près du disque papillaire, du côté temporal, une lésion de la macula lutea, un rétrécissement du volume des artères rétiniennes, et enfin une décoloration généralisée de la papille accompagnée d\u2019une atrophie optique définitive de cet œil, ayant réduit la vision à la perception lumineuse.Dans le cas actuel, pouvons-nous croire que la perte de l\u2019œil a été produite par les rayons très intenses émanés de la source lumineuse ? L'UNION MÉDICALE DU CANADA 201 Voyons d\u2019abord quel est l\u2019effet de la lumière sur l'organe de la vision.Je me permettrai de rappeler d\u2019une manière très rapide, pour mémoire seulement, que les rayons solaires, les rayons électriques de la foudre et les rayons artificiels se manifestent par deux sortes de radiations.Lorsque ces rayons lumineux, transmis par les vibrations de l\u2019éther, sont dispersés dans le spectre, ils sont répartis en rayons visibles et invisibles.Les irradiations visibles sont le violet, l\u2019indigo, le bleu, le vert, le jaune, l\u2019orangé et le rouge.Mais au delà du violet, et en decà du rouge, existent aussi des rayons invisibles appelés à un bout du spectre, ultra-violets, et à l\u2019autre, infra-rouges.Aussi, les lésions que les radiations visibles et invisibles peuvent produire sur l\u2019œil ne doivent pas être confondues.Il est maintenant admis par la généralité des auteurs, que les ultra-violets éblouissant la vue, qui agissent surtout par des effets chimiques, sont absorbés par le segment antérieur de l'œil, un peu par le corps vitré, \u2014 et particulièrement par le cristallin \u2014 et que la faible quantité de ces rayons qui traverseraient cette lentille pour se rendre à la rétine sont très peu nocifs.Bien que les infra-rouges, contenant surtout des rayons caloriques, soient encore moins connus que les ultra-violets, nous pouvons dire cependant que, jusqu\u2019à date, \u2014 leur étude plus approfondie nous réserve peut-être des surprises \u2014 eux aussi sont absorbés de la même manière, et qu\u2019ils ne peuvent altérer les membranes profondes de l'œil.Toutefois, ce sont spécialement ces deux variétés de rayons invisibles qui, dans l\u2019ophtalmie électrique, occasionnent presque tous les symptômes constatés dans le segment antérieur de l'organe visuel.Quant aux couches profondes, les auteurs sont généralement d\u2019opinion que ce sont probablement les rayons lumineux visibles, émanés d\u2019une source puissante, qui produisent la destruction des éléments si fragiles de la rétine et du nerf, se terminant quelquefois par l\u2019atrophie optique définitive.Je devrais peut-être signaler l\u2019influence absorbante de la couche atmosphérique, mais comme il s\u2019agit, dans le cas présent, des rayons visibles, la pénétration de ces rayons est admise par le fait même, et je n\u2019ai pas à la discuter davantage, étant donné surtout que la distance entre l\u2019œil et la lumière était très courte, et donc presque négligeable. 202 L UNION MÉDICALE DU CANADA L\u2019éblouissement électrique peut produire sur l\u2019œil des symptômes fonctionnels plus ou moins prononcés sous forme de douleurs, de photophobie et de larmoiement, le tout proportionné à l'intensité lumineuse.1] peut aussi exister des signes objectifs variables du côté des paupières, de la cornée, de la conjonctive et quelquefois de l'iris.Lorsque l\u2019ophtalmie électrique -est légère, les manifestations sont nulles ou très bénignes; mais si elle grave, on observe alors une forte réaction palpébrale et faciale, caractérisée par de la rougeur, des démangeaisons, des picotements, une sensation de cuisson, et finalement une desquamation.L\u2019edéme des paupières est plus ou moins marqué, l\u2019inflammation dure de deux à cinq jours, et après guérison de l\u2019épidermite, la peau peut rester légèrement pigmentée.Les lésions cornéennes sont généralement superficielles; cependant on rencontre quelquefois des ulcérations assez profondes.Dans les formes graves, il existe toujours une inflammation de la conjonctive.Celle-ci est plus ou moins rouge, le malade accuse une sensation de corps étranger dans l\u2019œil, et la sécrétion est d\u2019abondance variée.On peut avoir un chémosis limité uniquement à la partie bulbaire exposée aux rayons lumineux.L'hyperhémie de l\u2019iris, et l\u2019inflammation de cette membrane ont été observées par quelques auteurs.Dans certains cas, on a même constaté une exsudation fibrineuse de la chambre antérieure et postérieure.Quant a la cataracte d\u2019origine actinique, les opinions sont plutôt divisées.Un certain nombre d\u2019expérimentateurs prétendent que les rayons ultra-violets ont pour propriété de rendre le cristallin fluorescent, et que ces rayons invisibles, de courte longueur d\u2019onde, se transforment en rayons visibles de plus grande longueur d\u2019onde.En admettant cette hypothèse, il est facile de se figurer qu\u2019une telle transformation d'énergie a pour effet probable de modifier le milieu cristallinien où la réaction se passe, et que conséquemment la cataracte est possible.D\u2019autres observateurs sont d\u2019opinion que ce sont plutôt les radiations invisibles infra-rouges qui doivent être incriminées, d\u2019après le même processus, et que l\u2019opacité cristalinienne est dépendante de ces derniers rayons.Inutile d\u2019ajouter que de nombreuses expérience de laboratoire ont été faites sur des animaux avant d'arriver à de telles assertions.Et enfin, un certain nombre d'auteurs prétendent que ni les ultra-violets, ni les infra-rouges ne peuvent produire la cataracte.Cependant, il est un fait clinique d\u2019observation courante, \u2014 que j'ai moi-même constaté pendant mes L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 203 nombreux voyages dans les pays tropicaux, notamment en Afrique, en Océanie, en Amérique Centrale et du Sud, et surtout en Asie \u2014 c'est que la cataracte est beaucoup plus fréquente sous ces latitudes que dans les contrées où le soleil est moins ardent.Je pense toutefois que la chaleur très forte de ces pays a pour propriété de modifier la nutrition oculaire, et que ce phénomène doit être envisagé au point de vue de l\u2019étiologie de la cataracte.Quant aux lésions des couches profondes de l'œil observées à la suite de l\u2019ophtalmie électrique, la rétine est la membrane la première atteinte.La macula lutea est particulièrement fragile aux rayons lumineux puissants, et son altération produit un scotome central passager, ou définitif.La rétine perd sa transparence, et présente l\u2019aspect d\u2019un nuage plus ou moins œdémateux, entourant le nerf optique et les gros vaisseaux.La papille peut demeurer normale; toutefois dans certaines circonstances elle devient enflammée, ou simplement floue, et ses bords apparaissent légèrement estompés.L\u2019acuité visuelle est diminuée par altération de la vision centrale, et quelquefois le champ visuel est rétréci.Dans la majorité des cas, tous ces phénomènes disparaissent au bout d\u2019un certain temps, et l\u2019éblouissement ne laisse aucun trouble de l\u2019œil.Dans d'autres, au contraire, le faisceau papillo-maculaire s'atrophie, et cette lésion produit seulement un scotome central permanent.Et enfin, lorsque Ja lumière perçue a été intensive, il peut en résulter des îlots cicatriciels de la rétine, une diminution de volume de ses vaisseaux, et en dernier lieu, une décoloration et une atrophie-du nerf optique se terminant par la cécité.Lorsque j'ai eu à faire mon rapport sur la perte de l'œil du demandeur, j'avais à considérer toutes les maladies susceptibles d\u2019amener une atrophie optique.Comme cette atrophie ne s\u2019était pas manifestée à la suite d\u2019une papillite, mais avait été plutôt produite sccondairement a une lésion de la rétine, que son Wassermann était négatif, que ses réflexes du genou n'\u2019étaient pas abolis, qu\u2019il ne présentait pas le syndrome d\u2019Argyll-Robertson, qu\u2019il n\u2019avait aucun symptôme de tabes, ou autres manifestations de maladies cérébro- spinales imputables à la syphilis, \u2014 cause très fréquente de l\u2019atrophie des deux nerfs optiques \u2014 qu\u2019il n\u2019y avait aucune trace de rétinite diathésique, toxique ou autres que celles déjà mentionnées, qu\u2019en présence de l\u2019atrophie papillaire, l\u2019hystérie devait être éliminée, il me fallait donc chercher à trouver l\u2019étiologie. 204 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Si nous consultons les traités d'ophtalmologie, nous voyons que les auteurs ne font généralement pas mention du fait que la perte des yeux peut se rencontrer consécutivement à leur exposition à une lumière intensive.Mais si nous nous donnons la peine de lire des thèses, ou autres articles écrits spécialement sur ce sujet, nous sommes b:en obligés d'admettre que la chose est possible.Dans le même ordre d'idées, Brière rapporte le cas d\u2019une fillette de 11 ans qui, après avoir cheminé pendant un violent orage sur une route illuminée par la réverbération des éclairs, présenta les symptômes ophtalmoscopiques d\u2019une névro-rétinite double et finit par perdre la vue.Rohmer relate l\u2019observation d'un garçon de 12, ans qui fut renversé par la foudre tombée sur un arbre à une distance de quelques pas de lui.Le résultat final du choc et de l\u2019éblouissement fut une atrophie papillaire double.Panas admet que l\u2019action du fluide électrique provoque du côté des yeux des accidents variés, les uns légers, transitoires, les autres graves, pouvant aboutir à la cécité complète et définitive.Knies rapporte lui aussi un cas d\u2019atrophie optique chez un enfant de 10 ans à la suite de l\u2019éblouissement électrique.Brandenburg publie l'observation d\u2019un malade qui eut une névro-rétinite suivie d\u2019atrophie optique après avoir travaillé toute une journée dehors par un soleil ardent.Mettey, dans sa thèse, dit que dans les formes graves la terminaison de I'éblouissement électrique est variable.La maladie peut guérir en diminuant légèrement la fonction visuelle, mais elle peut aussi donner naissance à des lésions constatables à l'ophtalmoscope, lésions qui amènent une baisse considérable de la vision, et dans ertains cas une cécité absolue.Et enfin Terrien, qui s'est particulièrement occupé de cette question, apres avoir observé une cinquantaine de malades, lors de la construction du Métropolitain de Paris, admet que, bien qu'il soit rare que l'affection se termine par l\u2019atrophie du nerf optique, toutefois dans 7% environ des cas très graves, la vision demeure presque nulle, ou inférieure à 1/10.Il relate entr\u2019autres l'observation d'un ouvrier qui fut aveuglé par une étincelle électrique produite par un court circuit à un pied de sa figure.La terminaison de cet accident fut une atrophie double permanente.Il ajoute avoir vu trois fois l\u2019atrophie du nerf optique à Ja suite de l\u2019éblouissement électrique. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 205 En- présence de l\u2019opinion de ces auteurs de réputation inter- rationale incontestée, nous pouvons donc admettre avec eux que cette affection peut se produire consécutivement à l'exposition des yeux à tine lumière très violente.Il me restait à considérer que les membranes profondes de l'œil gauche n\u2019avaient pas été lésées lors de l'accident, et que la vision de cet œil était normale.Toutefois, il est naturel de supposer et d\u2019admettre que, lorsque le demandeur regardait la très forte lumière, un mouvement réflexé ait fait tourner sa tête du côté gauche, et que placé de la sorte, l\u2019angle visuel correspondant à ce côté, présentait moins d\u2019emprise aux rayons visibles nocifs sur la rétine gauche, la pupille étant protégée par le nez.Et enfin, je devais ne pas oublier que le nerf optique droit était peut-être déjà atrophié depuis un temps relativement long.Même en mettant en doute la bonne foi du demandeur, qui a déclaré avoir toujours joui d\u2019une excellente vision des deux yeux, avant le 25 mai 1927, il est impossible, dans le cas présent, d'admettre cette hypothèse.En effet, un de ses experts, le 12 juin, c'est-à-dire 18 jours après l\u2019accident, constatait à cette date une vision de 1/10; le 27 juillet, celle-ci s'était maintenue à 1/10; le 7 octobre, un autre oculiste trouvait lui aussi 1/10; le 10 octobre, l'expert de la compagnie défenderesse mentionnait 2/15, et depuis cette époque, I'acuité visuelle a diminué graduellement pour disparaître presque entièrement à la suite de l\u2019atrophie optique progressive.Dans les cas d\u2019atrophie consécutive à une papillite, le flou du disque permet de reconnaître l\u2019étiologie, et dans la névrite rétrobulbaire descendante, i! n'y a pas de lésions de la rétine.Ce serait sortir de mon sujet que d\u2019exposer les troubles oculaires lorsque le courant électrique traverse le corps humain.Ainsi en serait-il de même si j\u2019analysais la couleur des meilleurs verres pour la protection de la vue contre les effets nocifs des différents rayons lumineux.\u2018 Avant de terminer, je ne voudrais pas, encore une fois, laisser mes lecteurs sous l'impression que l\u2019ophtalmie électrique est toujours grave.Je dirai au contraire qu\u2019elle est généralement bénigne, et que si l\u2019inflammation des paupières, et du segment antérieur de l\u2019œil, due aux rayons invisibles ultra-violets et infra-rouges, semble donner quelquefois des symptômes assez alarmants, ceux-ci disparaissent presque toujours dans un laps de temps assez court.Il est même très rare que les rayons lumineux produisent des lésions considérables 206 L'UNION MÉDICALE DU CANADA sur la rétine et le nerf optique.Cependant, pour le cas dont il s\u2019agit, me basant sur l\u2019opinion des nombreux auteurs que j'ai consultés, je - n\u2019hésite pas à croire que l\u2019atrophie définitive du nerf optique droit du demandeur est due à l\u2019éblouissement causé par les radiations visibles, provenant du métal rendu incandescent par l\u2019électricité, auxquelles il a été exposé pendant la soudure métallique, d\u2019une durée de huit minutes environ, et placé à une distance de quatre à cinq pieds de la source lumineuse, sans verres protecteurs.BIBLIOGRAPHIE 1876\u2014Brière \u2014Neuro-rétinite causée par la réverbération des éclairs, Cécité consécutive.Gazette des Hôpitaux, no.41.\u2014 Netter\u2014Remarques sur une observation de cécité déterminée par des \u2018éclairs.Revue Médicale de l\u2019Est, page 339.1882 Haab.\u2014Sur les lésions oculaires dues à la lumière du soleil Correspondenzb.für Schweizer Aertze, page 383.1884 Gayet\u2014Sur le pouvoir absorbant du cristallin pour les rayons ultra-violets.Bull.Soc.Franc.d\u2019Ophtalmologie.\u2014 D.Little \u2014The effects of strong light upon the eye.The Ophthalmic Review, juillet.1886 Vossius.\u2014Sur les affections oculaires causées par la foudre.Centr.Blatt.fiir Prakt.Augenkeilk.juin.\u2014 Meyhoffer\u2014Ein weiterer Fall von Katarakt nach Blitzschlag.Klin.Monatsch.fiir Augenheilk.sept.1887 Martin.\u2014Pathogénie des ophtalmies électriques.Annales d\u2019Oculis- tique, juillet-août.1888 Terrier \u2014De Jl\u2019ophtalmie électrique.Archives d'Ophtalmologie.page 1.\u2014 Caudron\u2014Le coup de soleil électrique.Revue générale d'Ophtalmologie, fév.1889 Widmark.\u2014De l\u2019action de la lumière sur les milieux antérieurs de l\u2019œil.Skand.Arch.page 264.1891 A.Bresse \u2014De l\u2019ophtalmie électrique et du coup de soleil électrique.Thèse de Nancy.\u2014 Nodier \u2014Sur une ophtalmie causée par la lumière électrique.Thèse de Nancy.1892 Vossius\u2014Ein Fall von Blitzaffection der Augen.Beiträge zur Augenheilk.page 42.1894 Brose.\u2014Two cases of electrical flashing followed by severe retinal irritation and intense pain.Archiv.of Ophthalmology, page 124, 1895 Cassien.\u2014Incidents produits sur l'appareil de la vision par l\u2019électricité à bord des navires de guerre.Thèse de Bordeaux.\u2014 Rohmer\u2014Des troubles produits par la fulguration sur l'appareil oculaire.Arch, d\u2019Ophtalmol, page 211. 1897 1899 1900 1902 1908 1504 1905 1906 1908 1911 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 207 Dunbar Roy\u2014The effect of intense flashes of electric light upon the eye.The Americ Journ.of Ophthalm, dec.Brandenburg \u2014Ekrankung des inneren Augenhaüte durch die Ein- wirkung grosser Sonnenhitze.Ein Betriebs Unfall ?Aertz- liche Sachverstandigen Zeitung, no.2.Preindelsberger \u2014Trois cas de cataracte par éblouissement.Wiener Klin.Wochenschr.page 314.Panas \u2014Amblyopie et amaurose par décharge électrique.Archives d\u2019Ophtalmol.page 625.F.Terrien\u2014Du pronostic des troubles visuels d\u2019origine électrique.Archives d'Ophtalmol.page 692.E.Mettey \u2014 Quelques recherches cliniques et expérimentales sur l\u2019éblouissement électrique.Thèse de Paris.Gonin \u2014Lésions oculaires causées par la foudre.Annales d\u2019Oculist.fev.Birch-Hirschfeld.\u2014 Sur l'action des rayons ultra-violets sur l'œil.Von Graefe's Arch, für Ophtalm.page 469.Rosenthal\u2014Des troubles oculaires surtout fonctionnels causés par la foudre.Thèse de Nancy.Rohmer.\u2014Accidents oculaires produits par l\u2019électricité.Encycl, Franc.d\u2019Ophtalmol.tome IV, page 825.Ginestous \u2014L'\u2019ophtalmie électrique.Gaz.hebd.des Sciences Méd.de Bordeaux, dec.Birch-Hirschfeld.\u2014Nouvelle contribution à l\u2019étude des troubles oculaires causés par la lumière ultra-violette.Zeitschr.für Angen- heilk, juillet.Gonin.\u2014Ophtalmie des neiges.Annales d\u2019Oculist.sept.F, Terrien \u2014Cataracte par décharge électrique.Arch.d'Ophtalmol.nov.Coullaud \u2014Huit cas d\u2019ophtalmie électrique.Archiv.d'Ophtalmol.janv.L.Dor.\u2014Les rayons ultra-violets sont-ils nuisibles ?Doit-on porter des verres jaunes ou des verres bleus ?Clinig.Ophtalmol.10 sept.Van Lint \u2014Accidents oculaires produits par l\u2019électricité.Rapport à la Soc.Belge d\u2019Ophtalmol.28 nov.Hallauer \u2014Pouvoir d\u2019absorption du cristallin.Klin, Monatsch.fir Augenheilk.page 721.Best \u2014 Sur les altérations de l\u2019œil par les rayons lumineux et ultraviolets.Klin.Monatsch, fur Augenheilk.mars.MacMullen.\u2014Les effets nocifs de la forte lumière sur l'œil.Oph- talmic Review, avril.Gariel \u2014Valeur comparative des divers modes d\u2019éclairage.Rapport Congr.Soc.Franc.d'Ophtalmol.J.H.Parson.\u2014Des effets de la vive lumière sur l'œil.Journ.Amer, Med.Assoc.page 2027.B.Galli-Valerio\u2014Contributiton à l'étude de l'ophtalmie des neiges.Annales d'Oculist.mars. L UNION MÉDICALE DU.CANADA D.Berthelot \u2014Les effets chimiques des rayons ultra-violets, Revue générale des Sciences, page 322.F.Terrien\u2014Des troubles visuels provoqués par l\u2019électricité.La Presse Médicale, 6 mars.A.Vogt.\u2014Recherches expérimentales sur la pénétrabilité des rayons infra-rouges à travers les milieux transparents de l\u2019œil.Von Graefe's Arch.jüir Ophtalm.page 155.H.D.Gibbs \u2014 Effets du soleil tropical sur l\u2019homme et quelques animaux.Revue générale des Sciences, page 689.J.H.Parson.\u2014Affections de l\u2019œil produits par l'exposition à la lumière excessive.Rapport Congr.Internat.de Méd, de Londres, Sect.d'Opht, 6-12 août.F.Moreau.\u2014Ophtalmie électrique.Annales d\u2019Oculist.page 351.J.N.Roy.\u2014De la vision chez les noirs de l\u2019Afrique.Annales d\u2019Oculist.oct-nov.Chappé.\u2014Conjonctivite chez les artistes de cinéma, Annales d\u2019Oculist.juillet.J.N.Roy.\u2014Des affections oculaires dans la syphilis et la trypanosomiase humaine chez les indigènes de l\u2019Afrique.Annales d'Oculist.mars.Ginella\u2014Production de la cataracte par les infra-rouges.Von Graefe\u2019s Arch.fiir Ophtalmol.page 483.\u2014 H.Muller \u2014Lésions oculaires par les rayons infra-rouges.Von Graefe\u2019s Arch.fir Ophtalmol.page 503.1926 P.Toulant.\u2014Les rayons ultra-violets en ophtalmologie.Action sur le segment antérieur de l\u2019œil.Les Presses Universitaires de France, Paris. RECUEILS DE FAITS A PROPOS D'UN CAS DE HERNIE INGUINO-SCROTALE (HERNIA PERMAGNA) OPÉRÉE ET GUERIE Par Oscar Félix MERCIER, F.A.C.S., Professeur de Clinique chirurgicale à l\u2019Hôpital Notre-Dame.L\u2019observation suivante m\u2019a paru tellement intéressante à plusieurs points de vue, que j'ai cru qu\u2019elle méritait d\u2019être rapportée.Le 19 octobre dernier, nous était apporté dans mon service à l\u2019Hôpital Notre-Dame, Monsieur Philias P., qui venait de faire une chute sur le trottoir, et s\u2019était blessé au genou gauche.L'examen clinique, confirmé par les rayons X, nous fit porter le diagnostic d\u2019entorse grave du genou, avec arrachement de son ligament latéral externe qui avait entraîné avec lui une petite partie du condyle fémoral externe.Un accident à peu près semblable mais beaucoup plus grave lui était arrivé, il y a dix-sept ans, alors que dans le printemps il s'était fracturé le genou droit.Cette fracture s'était produite aussi au cours d\u2019une chute sur un trottoir glacé.Admis dans mon service, j'avais été obligé d'ouvrir cette articulation et de recourir à la réduction sanglante des fragments, et tout particulièrement de son condyle fémoral externe.Guéri mais restant avec une certaine difformité articulaire, et un peu d'impotence fonctionnelle de cette jointure, il fit dans l\u2019automne de la même année une autre chute semblable à la première et s'infligea cette fois sur ce même genou une hydarthrose qui prit quelque temps à guérir.Il va sans dire que la valeur de cette articulation ne fut pas accrue par ce second accident.Il put tout de même reprendre son ancien métier de ferblantier- couvreur qu\u2019il continua sans perte de temps ni de salaire jusqu'à ce 210 L UNION MEDICALE DU CANADA ce troisième et dernier accident, et ce, malgré une hernie inguino- scrotale énorme, le sujet principal de cette communication.En octobre dernier, quelques jours après son entrée à l'hôpital, je me servais de ce patient pour illustrer devant les étudiants de 3e et de 4e, une clinique que je leur donnais sur les traumatismes du genou.En même temps, je leur montrais cette énorme hernie, vieille de plusieurs années, leur faisant tout particulièrement remarquer le Fig.1: Avant l\u2019opération courage qu'il avait fallu à ce brave homme pour avoir, malgré ses infirmités, continuer à exercer sans relâche son dangereux et dur niétier, afin de pouvoir subvenir aux besoins de sa femme et de ses enfants.Pour compléter ma démonstration clinique, j'instituai devant eux le traitement de cette lésion articulaire, mais en même temps leur L'UNION MÉDICALE DU CANADA 211 \u2018is remarquer que je ne pouvais rien faire pour cette hernie, étant .donné qu\u2019elle était de celles que l\u2019on pouvait classer comme ayant perdu son droit de domicile abdominal.Vers l\u2019âge de sept ans, me raconta Philias P., il s'aperçut pour la première fois de l\u2019existence d\u2019une petite bosse dans son aîne droite, mais autant qu\u2019il peut se rappeler, ce n\u2019est qu'entre douze et quatorze ans que cette bosse fut reconnue comme étant une hernie que l\u2019on chercha dès lors à maintenir en place et même à guérir par des bandages appropriés.Il continua pendant une vingtäine d'années à maintenir tant bien que mal sa hernie par des bandages, mais finalement, étant donné que sous l'influence du moindre effort, cette hernie faisait quand même irruption et devenait douloureuse, il finit par abandonner complètement et mettre de côté tout appareil, laissant les choses évoluer naturellement; sa hernie livrée ainsi à elle-même augmenta rapidement de volume et petit à petit, elle finit par atteindre ses dimensions actuelles.La gravure ci-jointe donnera de son volume une idée plus exacte et plus précise que ma plume ne saurait le faire.Irréductible depuis plusieurs années, faisant issue par un orifice inguinal arrondi et d\u2019environ 6 cent.de diamètre, elle devait contenir d\u2019après mon examen une quantité considérable d\u2019épiploons, une bonne partie de tout l\u2019intestin grèle, et très probablement une partie du cæcum.Etant donné la jeunesse de son porteur, lors de sa première apparition, j'en fis une hernie congénitale.Le blessé et moi-même, pour ce qui est de la hernie, ne s\u2019en préoccupèrent plus, jusque vers la fin décembre alors que probablement encouragé par la guérison rapide des opérés de toutes sortes qui pendant son séjour à l\u2019Hôpital, passèrent par mon service, il commença à intercéder auprès de moi pour être opéré.Mon premier mouvement fut nécessairement de refuser, redoutant d\u2019entreprendre une opération si grave chez cet homme âgé de 62 ans et relativement affaibli pour son âge.Cependant, je finis par céder à ses instances, surtout quand il me dit un jour: \u2018Que voulez-vous que je fasse maintenant avec mes deux genoux blessés et cette encombrante infirmité ?Je ne demande qu'une chose, si vous y voyez la moindre chance de guérison, c'est de courir n'importe quel risque raisonnable, plutôt que de compléter ma vie dans un état d'incapacité ouvrière complète.\u201d Les examens préliminaires ordinaires à mes opérations furent donc ordonnés, et un rapport favorable de pression artérielle, de P.S.P., de dosage d\u2019urée sanguine m\u2019ayant été fourni, ses organes: 212 L'UNION MÉDICALE DU CANADA cœur, poumons, reins et foie ayant été reconnus bons, ie décidai d'intervenir.L'opération fut pratiquée le 14 janvier, m\u2019étant fait assister par le docteur J.U.Gariépy et par mon interne Dionne.Je trouvai le sac immense et à parois épaissies, rempli d\u2019épiploons d\u2019au moins la moitié de l\u2019intestin grèle, du cæcum et du colon ascendant.L\u2019épiploon était partout adhérent et particulièrement autour du collet du sac dont le diamètre était bien de 6 centimètres.Fig.2: Après l\u2019opération Le réclinant, à l\u2019aide de compresses, je procédai immédiatement au refoulement de l'intestin grèle dans la cavité abdominale, voulant le plus tôt possible faire cesser son exposition à l'air.Sa réinstallation ne fut pas trop difficile et pendant que mon assistant le maintenait dans la cavité abdominale à l\u2019aide d\u2019un bouchon fait d\u2019une grosse compresse, je libérai l\u2019épiploon de ses adhérences et après ligatures L'UNION MÉDICALE DU CANADA 213 séparées, j'en resséquai une bonne partie, réintégrant ses divers moignons dans l\u2019abdomen.Je m\u2019occupai alors du colon ascendant.Ayant trouvé l\u2019appendice considérablement augmenté de volume, je l\u2019enlevai et après avoir enfoui son moignon par une suture en bourse, je procédai à la partie la plus difficile, la réduction de la partie herniée du gros intestin.Cependant, cette dernière manœuvre fut moins difficile que je l\u2019appréhendais.Le sac fut alors enlevé avec le testicule et son cordon, et tous deux ligaturés aussi haut que possible.Malgré la castration, je fermai l\u2019anneau de la même façon que s\u2019il se fut agi de faire un Bassini ordinaire.Pour pouvoir rejoindre mon petit oblique et le droit, j'ouvris largement le facia superfi- cialiste et le tendon conjoint, et je pus de la sorte par des points séparés au catgut chromique, refaire convenablement la paroi postérieure de ce vaste canal inguinal.Je rapprochai alors par un surjet au catgut ordinaire les fibres préalablement sectionnés de l'aponévrose du grand oblique.J'aurais voulu compléter mon opération par une résection scrotale, mais sentant mon opéré faiblir et comptant sur la rétraction naturelle des tissus si rétractiles du scrotum, je me contentai de rapprocher les lèvres de la plaie superficielle par un surjet festonné au fil de lin, laissant un tube de caoutchouc pour drainer la cavité scrotale.Pendant les quinze jours qui suivirent l\u2019opération, aucun phénomène intestinal ne s\u2019est produit, ni aucun phénomène péritonéal, l'intestin fonctionna régulièrement, a partir du troisième jour, mais Ja large plaie scrotale donnait lieu à une issue considérable de sérosité purulente dont je me rendis maitre, après l\u2019avoir ouverte, par des irrigations a la solution Dakin-Carel et des pansements humides, a plat dans la plaie, imbibés du même antiseptique.Le haut de la plaie guérit par première intention et d\u2019ailleurs comme on peut voir par la photographie ci-jointe, mon opéré est aujourd\u2019hui complètement guéri, avec une paroi abdominale qui me paraît devoir être solide.Pendant plusieurs jours après l\u2019opération, il me fallut lutter médicalement contre des menaces de pneumonie post-opératoire, mais à l\u2019aide d\u2019un stimulant cardiaque, de ventouses, d\u2019enveloppements humides et de potions, ammoniacales, je finis par me rendre maître de la situation, ayant soin de maintenir l\u2019opéré pendant tout ce temps dans une position demi-assise. 214 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Je sors de cette aventure convaincu que ces vieilles hernies énormes n\u2019ont pas, tel qu\u2019on croyait autrefois, perdu droit de demicile.Elles se font aujourd\u2019hui de plus en plüs rares; les porteurs de hernies se soumettent volontiers à l'opération de la cure radicale qui, d\u2019après mon expérience, dans les cas de hernie ordinaire comme volume et comme âge, ne comporte pratiquement aucun danger, si j'en juge d\u2019après.mon expérience personnelle \u2014 qui date de 1892, alors que j'opérais ma première hernie.Cette opération, convenablement faite et dans les conditions voulues, présente si peu de dangers que, de toute cette longue série de cas que j'ai opérés depuis 37 ans, je n\u2019en ai perdu qu\u2019un seul, et cet accident remonte à au delà de 25 ans. A PROPOS DU DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL ENTRE LA GROSSESSE AU DÉBUT ET LE FIBROME DE L\u2019UTERUS Par Alexandre ACHPISE, De la Faculté de Médecine de Paris.Le diagnostic différentiel entre la grossesse au début et le fibrome de l\u2019utérus présente quelquefois de réelles et indiscutables difficultés.I] est naturellement du devoir du chirurgien de s'abstenir, et l\u2019expectation armée arrive au bout d\u2019un certain temps de trancher la question.Nous avons eu l\u2019occasion tout récemment d\u2019observer deux cas à modalité clinique très peu coutumière et dont l\u2019examen attentif aboutit, il nous semble, à une conduite à suivre qu\u2019on peut généraliser et qui peut, nous l\u2019espérons, préserver le chirurgien de déboires fâcheux.Nous reproduirons l\u2019une après l\u2019autre les deux observations et nous tirerons ensuite les conclusions qui s\u2019imposent.Observation 1\u2014Madame X, 38 ans, réglée à 18 ans, mariée à 23 ans, cinq enfants bien portants, trois enfants morts dans le bas âge, une fausse couche de deux mois et demi.Jamais malade.En avril 1925, dernière menstruation, la malade se croit enceinte pendant trois mois, un médecin diagnostique une grossesse au bout d\u2019un mois.Vers le cinquième mois perte sanguine abondante; le médecin constate un absence de grossesse.Un autre médecin consulté affirme au contraire une grossesse, \u2014 même avec un foetus vivant.Vers le septième mois sensation de pesanfeur et une augmentation en.volume du ventre, symptômes attribués à des gaz intestinaux et à des troubles de ménopause.Vers le douzième mois de la grossesse présumée perte sanguine très abondante avec caillots et douleurs très violentes dans le bas-ventre.Les pertes sanguines cessent et recommencent après un effort physique.Un médecin consulté diagnostise un fibrome utérin.La malade a des pertes sanguines continuelles pendant une semaine, ce qui la décide à venir nous consulter.À l'examen nous constatons un utérus gros, dur, dépassant de trois travers de doigt environ le bord supérieur du pubis.Utérus incliné à droite, Par la palpation bi-manuelle, sensation de dureté transmise de la main 216 L'UNION MÉDICALE DU CANADA palpant la paroi abdominale aux doigts placés dans le vagin.Au spéculum : col déchiré antérieurement, normal pour une multtpare.Seins normaux.Facies pale.Hyperesthésie.Vu l'histoire compliquée de la malade, nous nous décidons à faire une laparatomie après une exploration préalable de la cavité utérine.La malade, admise à l\u2019Hôpital Saint-Joseph de Trois-Rivières le 9 avril 1026, a fait beaucoup d\u2019efforts physiques avant son admission.Le soir elle est prise de douleurs abdominales qu\u2019elle qualifie de tranchées, le lendemain elle fait une perte sanguine et évacue par la voie vaginale une messe ovoide de cinq travers de doigt en longueur, sur quatre en largeur.C\u2019est un placenta.Pertes sanguines moins abondantes les journées suivantes.Pas d\u2019écoulement purulent.Replétion de l\u2019utérus, température normale.Au bout de quelques jours cessation de pertes, l\u2019utérus disparait derrière le bord supérieur du pubis.Avant la sortie de la malade de l\u2019hôpital, la réaction de Wassermann pratiquée sur son sang est négative.Observation II\u2014Madame X., âgée de 46 ans, réglée à 13 ans, mariée à 25 ans, sept enfants bien portants, nous consulte le 16 octobre 1926 pour ue augmentation en volume du ventre datant de trois mois.Pas de pertes vaginales; pas de maladies antérieures.Dyspnée d'effort et palpitations précordiales.A l'examen nous constatons un souffle systolique à la pointe propagée vers l\u2019aisselle.Une masse molle de la grandeur d\u2019une tête d\u2019enfant nouveau- né occupe le bassin et déborde de quatre travers de doigt le bord du pubis.Col normal.Seins normaux.Facies pale.Pas de bruits du coeur foetal.Opération le 18 octobre 1926 à l\u2019Hôpital Notre-Dame de Montréal.Opérateur: Dr Alexandre Achpise.Anesthésie rachidienne basse à la Syncaïne.Anesthésie parfaite.\u2019Trendelenbourg.Incision médiane sous- ombilicale.L\u2019utérus est remplacé par une masse ovoïde de la grandeur d\u2019une tête d\u2019enfant que nous extériorisons facilement hors de la cavité abdominale.La palpation donne une sensation d\u2019une masse molle, pas de fluctuations, pas de bosselures.- Ovaires et trompes congestionnés.* Nous demandons en consultation notre confrére le Dr De Cotret, qui p:atique le toucher vaginal, la palpation de la masse a travers un champ stérilisé et, enfin, parle avec la malade, laquelle trés calmement nie tout symptôme de grossesse.D\u2019un avis commun nous décidons de fermer la paroi, ce que j'exécute séance tenante.Guérison de l\u2019incision opératoire par première intention.Sortie de l\u2019hôpital au bout de dix jours.Nous observons la malade pendant deux mois \u2014 pas de signes de grossesse, Opération le 18 décembre 1926 à l\u2019Hôpital Notre-Dame de Montréal.Opérateur: Dr Alexandre Achpise.Nous pratiquons la rachianesthésie.Nous ouvrons la paroi en présence de notre confrère le Dr De Cotret et nous constatons la présence de la même masse utérine.Hystérectomie sub- L'UNION MÉDICALE DU CANADA 217 totale de droite à gauche d\u2019après le procédé de Terrier-Gosset.Fermeture en trois plans.Pas de drainage.Après l'opération l'examen de la masse nous révèle un fibrome en dégénérescence encéphaloide.Guérison par première intention.Sortie de l'hôpital vingt-deux jours après l'intervention.Plusieurs points méritent à être discutés dans l'observation I que nous avons relatée.Il s\u2019agit évidemment d\u2019une grossesse utérine interrompue vers le troisième mois avec macération et disparition du fetus passé inaperçue.Fait important à souligner, c'est l'absence d\u2019infection et de dégénérescence du placenta au bout de dix mois de la fausse couche présumée.Ce placenta a gardé évidemment ses connexions utérines et ce sont les phénomènes congestifs et hémorra- gipares vers le cinquième et douzième mois qui ont attiré l'attention de la malade.La conduite chirurgicale, que nous avons eu l\u2019intention de suivre, nous semble encore maintenant justifiée.Comme l'absence des règles datait de treize mois la présence dans la cavité utérine d'un fcetus vivant ne devait pas être envisagée.Le diagnostic différentiel peut donc se faire chirurgicalement.la malade sera préparée pour une laparatomie, endormie; elle sera placée dans la position gynécologique, son col utérin sera dilaté et la cavité utérine sera explorée.En cas de placenta, de polypes volumineux ou même quelquefois de fibrome sous-muqueux, l\u2019intervention \u2014 curettage ou ablation \u2014 sera faite par la voie vaginale.Si l\u2019examen de la cavité utérine est négatif la malade, placée en Trendelenbourg, sera hystérectomisée en toute connaissance de cause.La seconde observation complète pour ainsi dire les conclusions tirées de la première.Il s\u2019agit ici d\u2019un fibrome en dégénérescence encéphaloïde.Opérant la première fois trois mois après la cessation des menstruations et sans aucun autre signe de grossesse, nous n'avons pas osé pratiquer l\u2019hystérectomie.Deux mois plus tard nous l'avons pratiquée en toute tranquillité.Notre diagnostic était exact et c'est seulement la prudence, que nous considérons comme justifiée, qui a retardé l'intervention.Nous croyons que le laps de temps de cinq mois est d'importance capitale, \u2014 c\u2019est le temps limite.Si on se trouve, la cavité abdominale ouverte, en présence d'un cas difficile et douteux (observation II: fibrome encéphaloïde) on peut naturellement faire une ponction exploratrice de l\u2019utérus, mais 218 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA nous persistons à croire que la fermeture de la paroi est la meilleure solution de la situation.Si on opère cinq mois après les dernières menstruations il faut, comme nous l'avons dit plus haut, ne pas toujours commencer par la laparatomie.L\u2019exploration préalable de la cavité utérine peut relever un fibrome sous-muqueux, un polype, un placenta non expulsé (observation I).L\u2019exploration utérine pratiquée, c'est la laparatomie avec l\u2019hystérectomie totale ou sub-totale qui présentent leurs indications incontestables. GLAUCOME CHRONIQUE SIMPLE Par Jules BRAULT, Assistant au Service d\u2019oto-rhino-laryngologie de l\u2019Hôpital Notre-Dame.Le traitement du glaucome chronique simple ne donne des résultats heureux qu\u2019en autant qu\u2019il est institué tout à fait au début des premières manifestations glaucomateuses.Aussi est-il d'une importance capitale pour le malade qui ressent quelques troubles visuels de consulter l\u2019oculiste au lieu d'aller chercher chez l\u2019opticien ou dans certains magasins à rayons les verres correcteurs dont il pourrait avoir besoin.D'autre part le confrère oculiste qui est consulté par un malade dont la vision est quelque peu défectueuse après correction avec des verres, non seulement ne doit jamais laisser partir celui de son bureau sans avoir fait un diagnostic étiologique certain, mais il doit chaque fois s'assurer qu'il n\u2019existe pas chez ce dernier de traces de glaucome, même si tous les symptômes apparents en font défaut.Il existe en effet des malades qui font du glaucome chronique simple sans en présenter de symptômes externes et dont l'examen du fond de l\u2019œil ne nous permet pas de faire de diagnostic ou nous fait penser à une atrophie optique simple.Je veux citer deux observations cliniques qui illustrent bien ce que je dis et dont nous pourrons tirer d\u2019intéressantes conclusions.Dans le premier cas il s\u2019agit de Monsieur X, âgé de 48 ans, qui se presente chez moi le 4 mars dernier me disant qu\u2019il avait pris du froid à son œil droit quelques jours auparavant et que ça lui occasionnait une légère céphalée frontale du même côté.Il m\u2019avoua qu\u2019il ne voyait pas de cet œil depuis une quinzaine d\u2019années, qu\u2019il avait consulté alors un confrère qui lui aurait dit simplement que le nerf de l\u2019œil était mort.Il me demanda de vérifier son verre gauche avec lequel il semblait ne pas voir aussi bien qu\u2019avant.A l\u2019examen je trouvai son œil droit très rouge avec forte injection réri-kératique; la cornée, dépolie, non transparente; la chambre antérieure, normale; la pupille en mydriase, complètement inactive; le fond de l\u2019œil inéclairable.La tension de l\u2019œil était très élevée et atteignait 110 mm.Nous avions affaire sans aucun doute à un glaucome aigu.Puis j\u2019examinai l\u2019œil gauche qui a première inspection ne présentait 1ien de particulier.La cornée était bien transparente et la pupille réagissait très bien à la lumière et à la vision de près. 220 L'UNION MÉDICALE DU CANADA A lophtalmoscope je trouvai un.fond d\u2019œil avec des vaisseaux normaux, une papille peut-être un peu blanche et dont l\u2019excavation n\u2019était guère plus marquée qu\u2019à l\u2019état normal.La tension prise aux doigts ne semblait pas trop élevée.Cependant la vision de cet œil avec vn sphérique de +1 n\u2019était que de 5/10.Mis sur mes gardes par l\u2019état de l\u2019œil droit je pensai à du glaucome et je complétai mon examen par la prise d\u2019un champ visuel que je trouvai bien celui du glaucome chronique simple avec rétrécissement marqué du côté nasal.Puis je pris la tension avec le tonomètre qui me donna 40 1n.m., tension dépassant un peu la normale qui est de 18 m.m.à 30 m.m.Le diagnostic ne faisait plus de doute.L\u2019œil gauche était atteint de giaucome chronique simple évoluant insidieusement dont seuls avaient pu neus permettre de faire le diagnostic d\u2019une façon certaine le périmètre (instrument pour prendre le champ visuel) et le tonomètre qui enregistre d\u2019une façon précise la moindre élévation de tension d\u2019un œil, ce que le doigt du clinicien ne peut toujours faire.Il est tout probable que l\u2019œil droit avait fait comme le gauche du glaucome chronique simple depuis de nombreuses années qui aurait entraîné la cécité d\u2019une façon progressive et imperceptible et sur lequel se serait greffé une attaque de glaucome aigu.Aussi j\u2019attribuai à ces deux manifestations différentes de glaucome une étiologie identique et je me crus justifié d\u2019instituer à chacun des yeux la même médication.J'ai mis mon malade à la pilocarpine et à l\u2019ésérine durant quelques jours.Ce traitement eut un effet nul.Quatre jours plus tard, le 8 avril, je décidai d\u2019intervenir chirur- gicalement.Je fis aux deux yeux une sclérectomie avec le trépan d\u2019Elliot.Je fis une éridectomie complète à droite et une éridectomie plus petite et périphérique à'gauche.Immédiatement la tension oculaire des deux yeux tomba sous la normale et la céphalée disparut aussitôt.Quinze jours plus tard le malade quittait l\u2019hôpital guéri.L\u2019œil droit n'était presque plus rouge et avait une tension de 25 mm.La cornée était redevenue polie et transparente.A l\u2019examen du fond de l'œil il était possible d\u2019apercevoir une papille blanche atrophique, avec forte excavation papillaire d\u2019où émergeaient des vaisseaux coudés et à calibre très réduit.L\u2019œil gauche n\u2019avait plus qu\u2019une tension de 20 m.m.La vision centrale atteignait déjà 8/10; la vision périphérique montrait également une amélioration marquée: l\u2019encoche du côté nasal du champ visuel était considérablement diminuée.J'ai revu mon malade à différentes reprises et quand je l\u2019ai vu la dernière fois il y a un mois je pouvais constater que non seulement ces bons résultats s\u2019étaient maintenus mais même s\u2019étaient améliorés quelque peu, que la vision centrale était voisine de la normale, c\u2019est-à-dire égale à 9/10 et que le champ visuel était pratiquement normal.La deuxième observation clinique est celle d\u2019une femme de 57 ans qui est venue me consulter en août 1925.Sa vision baissait depuis 2 ans.Lo vision de l\u2019œil droit avec un sphérique \u20142 était égale à 3/10 et celle de l\u2019œil gauche avec un sphérique \u20141.50 à 1/10.Le segment antérieur mit . L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 221 de chacun des yeux était normal.A l\u2019examen ophtalmoscopique de l\u2019œil droit on apercevait une papille pâle, sans excavation marquée et avec des vaisseaux normaux.La papille gauche était beaucoup plus blanche; les vaisseaux, rétrécis.Le champ visuel des deux yeux était rétréci d\u2019une façon concentrique mais avec rétrécissement un peu plus marqué en haut et en bas.Celui de gauche était un peu plus rétréci.J\u2019ai pris la tension au tonomètre et je la trouvai de 40 m.m.J'avais une malade présentant d\u2019une part une symptomatologie d\u2019atrophie optique simple, papille blanche, champ visuel concentriquement rétréci et excavation papillaire peu marquée, et d\u2019autre part une tension oculaire élevée.L\u2019examen général de la malade ne décelait rien qui puisse expliquer une atrophie optique simple.Le réaction de B.W.fut trouvée négative et les antécédents ne révélaient aucune histoire spécifique.Je prescrivis la pilocarpine et l\u2019ésérine et je fus des plus agréablement surpris quand je revis Ma malade quinze jours plus tard.La vision de l\u2019œil droit était égale à 5/10 et celle de l\u2019œil- gauche atteignait 4/10.Le champ visuel demeurait sensiblement le même, mais la tension était tombée à 30 m.m.Depuis lors cet état n\u2019a subi aucune modification.Que faut-il conclure de ces deux observations ?Les conclusions à tirer sont nombreuses, mais je les résumerai à celles-ci : Le périmètre et le tonomètre sont deux instruments indispensables à l\u2019oculiste.L\u2019excavation papillaire n\u2019est pas un symptôme constant du glaucome chronique simple.Les premiers symptômes du glaucome chronique simple sont une altération du champ visuel et l\u2019élévation de tension oculaire.Le champ visuel dans le glaucome n\u2019est pas toujours modifié d'une façon identique.Le seul symptôme absolu et constant du glaucome chronique simple est l\u2019élévation de tension oculaire.Le glaucome peut se rencontrer chez les myopes comme chez les hypermétropes.Dans tous les cas de fonds d\u2019yeux présentant l\u2019aspect d\u2019atrophie optique il faut mesurer la tension oculaire au tonomètre. REVUE GÉNÉRALE LE PROBLÈME DES AMYGDALES Le \u201cEye, Ear, Nose and Throat Year Book\u201d de 1927 consacre aux amygdales, question toujours d'actualité, environ une cinquantaine de pages.J'ai cru qu'une revue analytique et critique de ce sujet, toujours si controversé, ne pourrait manquer\u2019 d\u2019intéresser et le laryngologiste et le médecin praticien.Amygdalite chronique.R.T.Nelson (Arch.Otolaryng., mars 1927) a fait l'examen microscopique d\u2019environ 2000 amygdales et végétations adénoïdes opérées durant l\u2019espace de deux ans; voici le résumé de ses recherches.Hyperplasie du tissu lymphoide à la suite de poussées inflammatoires répétées, hyperplasie qui forme barrière, emprisonne les poches purulentes mais ne les empêche pas de faire abcès plus tard.Coagulation sanguine: D'après R.McKinney (Arch.Otolaryng., août 1927), le test de la coagulation sanguine n\u2019a pas de valeur clinique spéciale.Sur un total de 982 cas, la durée de coagulation la plus courte a été de une minute et la plus longue 8 minutes.L'auteur n\u2019a pas eu d\u2019hémorrhagie chez des malades requérant plus de 6 minutes de coagulation, tandis qu\u2019il a eu une hémorragie grave avec un test de 517 minutes.Si ces tests n\u2019ont aucune valeur spéciale, pourquoi les continuer r La réponse est d'ordre psychologique.Le public sait que ces tests se pratiquent; le malade demandera au médecin s\u2019il fait la coagulation sanguine, et une réponse dans l\u2019affirmative les réassurera.Cependant le guide le plus sûr sera l\u2019histoire de famille; quant à l\u2019hémophilie qui ne se trouve que chez les personnes mâles, elle se rencontre rarement.L'auteur est d\u2019opinion que les cas d\u2019hémorragies graves ou mortelles sont dus à l'opérateur qui ne s\u2019est pas assuré d\u2019une hémostase parfaite avant que l\u2019opéré laisse la salle d'opération.Quelques aspects du problème amygdalien.S'il est vrai, comme le dit W.Mitholfer (dans le Quart.J.Med., sep.1927) que beaucoup d\u2019amygdales ont été enlevées qui n'auraient pas dû l'être, cependant L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 223 ne faut-il pas admettre que des malades avec des amygdales infectées sont morts et qui auraient pu être sauvés, s'ils avaient été opérés ?Comment concilier les vues radicales ou ultra-conservatrices du médecin praticien au sujet de l\u2019amygdalectomie ?Des résultats, qu\u2019on pourrait appeler dramatiques, ont été surtout constatés par l\u2019auteur chez des malades qui lui avaient été adressés pour amygdalectomie par des praticiens aux vues radicales; il a opéré avec de bons résultats des malades semi-comateux; un malade souffrant d\u2019angine de poitrine s\u2019est trouvé aussitôt soulagé ; il a opéré des diabétiques et des néphrétiques avec ou sans résultats.Il a eu trois morts: une chez un diabétique et deux chez des urémiques.: : Les meilleurs résultats sont ceux qui ont suivi l\u2019amygdalectomie dans des cas de polyarthrite aiguë à la suite d\u2019amygdalite.Quelques- uns de ces malades étaient tellement affectés qu\u2019ils pouvaient à peine bouger dans leur lit lorsqu'ils furent opérés.Les méthodes de traitement conservatrices, telles que la discission des cryptes, la cautérisation, les rayons ultra-violets, la diathermie, la radio et radium-thérapie sont rarement indiquées.Comme résultat de ces méthodes il se forme dans les cryptes un tissu cicatriciel, qui emprisonne le pus.L'auteur ayant opéré des malades qui avaient eu plusieurs séances de rayons X trouva les amygdales très adhérentes et contenant du pus surtout au pôle supérieur.Il est vrai que la radiothérapie diminuera le volume d\u2019une amygdale non infectée.Le traitement ou l\u2019opération d\u2019amygdales simplement hypertrophiées n\u2019est pas nécessaire, à moins qu\u2019elles soient obstructives.L'auteur doute de l\u2019effet bactéricide des rayons X sur la flore microbienne de l\u2019amygdale, et se demande s\u2019ils n\u2019exercent pas une action délétère sur la glande parotide et la dentition des enfants.On accusera vraisemblablement l\u2019auteur d\u2019avoir enlevé un grand nombre d\u2019amygdales qui n\u2019étaient pas malades.Il n\u2019est pas prêt à l\u2019admettre, car il est fermement convaincu qu\u2019après l\u2019âge de trois ans il est peu d\u2019amygdales qui seraient trouvées parfaitement saines si on en faisait un examen minutieux.Cependant il admet volontiers qu\u2019il a pratiqué plusieurs amygdalectomies sans résultats appréciables chez certains malades.N\u2019était-ce pour les si bons résultats obtenus dans tous les autres cas, ces échecs seraient décourageants.Il n\u2019est pas d'accord avec le praticien qui ne croit pas à l\u2019amygdalectomie; il est recommandé d\u2019examiner les dents, le naso-pharynx, les sinus de la face, les 224 L'UNION MÉDICALE DU CANADA oreilles et les sécrétions du nez; si les dents et les gencives ne sont pas en bon état il faut les traiter avant d'opérer, dans la crainte d\u2019une infection post-opératoire.Il ne faut pas penser que tous les cas d\u2019arthrite sont les résultats d'une infection locale et que la goutte pourrait bien en être aussi la cause.La présence de concrétions organisées n\u2019est pas une raison pour intervenir.La raison la plus importante, c\u2019est l\u2019histoire répétée d\u2019amygdalite; c\u2019est là le plus fort argument qui milite en faveur de l'opération.Il y a cependant un grand nombre de malades qui ayant tous les signes d'une amygdalite chronique n\u2019ont jamais souffert d\u2019angine, et ces lésions apparentes ne sont pas non plus la cause d'une affection organique.La pression sur le pôle supérieur de I'amygdale peut révéler la présence de concrétions et de pus.S\u2019il.existe un doute sur l\u2019opportunité d\u2019intervenir, il faut dans ce cas examiner ces concretions au microscope.Kahler a démontré par l'examen microscopique que les concrétions dures ne renfermaient que très peu de leucocytes, tandis que celles qui ont une consistance molle en renfermaient un grand nombre.Le bien-être et l\u2019amélioration qu\u2019éprouve en général le malade opéré d\u2019amygdales est en toute probabilité la raison majeure de la grande vogue de l'opération.Le plus grand nombre de ceux qui consultent le laryngologiste sur l\u2019état de leurs amygdales ne sont pas d\u2019ordinaire des malades qui ont été dirigés par le médecin praticien.Beaucoup d\u2019entre eux, pendant des mois, avaient été traités par l\u2019interniste pour le soulagement d\u2019une névrite, cholécystite, néphrite, anémie ou tuberculose au début, etc, quand enfin découragés ils sont allés consulter ailleurs.Il arrive souvent que l\u2019amélioration générale \u201cqui suit l\u2019amygdalectomie impressionne tellement la famille et les amis de l\u2019opéré que ceux-ci, a leur tour, s'empressent de consulter, s'enquérant s\u2019il serait nécessaire qu\u2019ils subissent aussi l\u2019opération.Ce sont les malades eux-mêmes qui ont rendu l\u2019intervention populaire.Quelquefois vous entendrez dire qu\u2019on a conseillé à quelqu\u2019un de ne pas consentir à l\u2019amygdalectomie, parce que les amygdales ayant une fonction à remplir, elles étaient nécessaires.Cette objection n\u2019en est certainement pas une, quand on s'arrête un moment à penser que l'enlèvement des amygdales, pas plus que celui de l\u2019appendice, ne peut nuire au fonctionnement général de l\u2019organisme; et que si tant est que l\u2019amygdale a une fonction spéciale, une fois enlevée la muqueuse pharyngée y supplée abondamment. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 225 Qu\u2019il existe des lésions pathologiques dans presque toutes les amygdales d\u2019adultes, cela est un fait certain; mais cela ne veut pas dire qu\u2019elles doivent être toutes enlevées.Si l\u2019amygdale elle-même ne présente pas des signes certains de dégénérescence, mais si l\u2019on suppose qu\u2019elle est la cause d'une infection organique, nous sommes d\u2019opinion que l'opération ne doit être décidée qu\u2019après consultation avec le médecin praticien.L\u2019amygdalectomie dans les néphrites.F.W.Torne n'a pas constaté d\u2019amélioration notable chez plusieurs néphritiques qu'il a opérés.Cette conclusion ne peut être admise, car la littérature médicale fait mention d\u2019un trop grand nombre de cas où l\u2019amélioration a suivi l'opération.L'\u2019amygdalectomie chez les chanteurs.Stern conseille d\u2019opérer les chanteurs comme les autres; mais la technique opératoire doit être soigneusement observée, évitant de lacérer les piliers et le palais mou.Tonsilectomie sub-totale.E.Daraban donne une description des amygdalectomies sub-totales et complétes telles que pratiquées a l\u2019hôpital Brancoveano.Chez les enfants au-dessous de six ans, les amygdales sont enlevées à la guillotine.Chez les adultes, sous anesthésie locale, les amygdales sont enlevées à l\u2019aide de la pince de Ruault, après dissection des piliers antérieurs et postérieurs; si quelques fragments persistaient ils sont enlevés avec la pince de Hartman.L'auteur prétend que ce procédé est plus rapide, et expose moins à l\u2019hémorragie que la méthode américaine.Les conclusions de l\u2019auteur ne sont pas sans nous étonner.Il n\u2019y a pas de méthode plus rapide que celle pratiquée en Amérique, et l'enlèvement partiel des amygdales doit être proscrit parce qu\u2019il expose le malade à de nouvelles poussées inflammatoires.Troubles résultant de l\u2019amygdalectomie.C.C.Rise prétend que l'opération entraîne la plupart du temps un certain degré de catarrhe naso-pharyngien, qui devient très incommodant pour les chanteurs et les orateurs, ce catarrhe pouvant s'étendre jusqu\u2019au larynx et à la trachée.L'auteur prétend que même le plus habile opérateur ne peut prévoir les mutilations du voile et des piliers; il se demande si jamais des amygdales dites infectées ont abrégé les jours d\u2019individus qui en étaient porteurs ?]1 souhaite qu\u2019on revienne à l\u2019ancienne mode de traitement, l\u2019opération sub-totale, qui conservait assez de tissu amygdalien pour servir de protection au pharynx. 226 L' UNION MEDICALE DU CANADA I] préconise la cautérisation au galvano pour réduire le volume d\u2019amygdales trop hypertrophiées.Les troubles rapportés par C.C.Rise ne sont que l\u2019exception et d'habitude ne sont que de courte durée.L'ancien mode opératoire a été abandonné pour de bonnes raisons; les moignons qu\u2019on laissait en place étaient souvent le siège d\u2019amygdalites aiguës ou le recessus de foyers infectieux permanents.Le traitement des amygdales par le radium.Jusqu\u2019à présent l'expérience a démontré que les amygdales traitées par le radium pouvaient être diminuées de volume; mais cela ne supprime pas les foyers considérés comme pouvant être la cause d\u2019une infection organique.Ce traitement ne met pas même à l\u2019abri d'une attaque aigue d\u2019amygdalite.Traitement de l'amygdalite par le sucre.Dans le traitement de I'amygdalite de la diphtérie et de l\u2019angine de Vincent, E.Koemgs- berger et S.Mussliner ont obtenu de très bons résultats par l\u2019application de sucre sur les amygdales.Il est appliqué sous forme de poudre ou en solution à 40 pour cent.Méthode qui assure un contrôle parfait de l\u2019hémorragie pouvant survemr à la suite d'opération d\u2019'amygdales.M.A.Wells est d\u2019avis qu'on devrait adopter comme routine de ligaturer les vaisseaux aux différents points où ils pénètrent dans la logette ou au moins aux endroits où ils sont censés être au cours de l'opération.Le point le plus important est au pôle supérieur formé par l\u2019union des piliers antérieur et postérieur; l\u2019hémorragie est due, quand elle a lieu, à une lésion d\u2019une artère descendante formée par l\u2019anastomose de la palatine ascendante et descendante.Le second point se trouve au pôle inférieur, le troisième au centre de la logette, et le quatrième au tiers inférieur du pilier postérieur où se trouve la pharyngienne ascendante.La ligature des vaisseaux est après tout la seule sécurité qui mette à l'abri d\u2019une hémorragie secondaire.Comme tous les vaisseaux de la loge amygdalienne la traversent dans le sens longitudinal, il faudra se rappeler que la ligature doit se faire dans le sens transverse.En plus, si l\u2019hémorragie vient du pôle supérieur il faudra faire la suture au-dessus du point qui donne, car nous avons affaire à une artère descendante; le contraire aura lieu pour les vaisseaux ascendants.Le temps nécessité pour faire une amygdalectomie ne se rapporte pas seulement à l\u2019ablation; c\u2019est ordinairement le contrôle de l\u2019hémorragie qui exige le plus de temps.D'après l\u2019auteur, l\u2019avantage de cette méthode est donc de raccourcir le temps nécessaire à l\u2019opération ; L'UNION MÉDICALE DU CANADA 227 de plus elle diminue la perte de sang, expose à moins de complications et élimine pratiquement toute éventualité de mort par hémorragie.Les quelques minutes en plus employées par le chirurgien à obtenir une hémostase parfaite sont d'emblée compensées par le temps qu\u2019il devra sacrifier et les ennuis qu\u2019il aura à subir, quelques heures ou quelques jours plus tard, s\u2019il ne s\u2019est pas conformé aux règles de cette méthode.| Instrument pour opérer sans producHon de sang.F.P.Herman donne la description de son instrumentation où l\u2019électrocoagulation joue le principal rôle.A.J.Smith nous présente une pince hémostatique servant en même temps de porte-aiguille pour la ligature des vaisseaux.Diathermie.G.À.Dillinger rapporte une série de cent cinquante cas; il se sert d\u2019un appareil qui donne 1,750,000 oscillations à la seconde.Après avoir badigeonné avec une solution de cocaïne à dix pour cent le palais mou, les pitiers et la base de la langue, 11 enfonce l\u2019aiguille dans 'amygdale à peine un centimètre en profondeur, établit le courant, et dans l\u2019espace d\u2019une ou deux secondes apparaît autour de l'aiguille un anneau blanchâtre.Il faut en moyenne douze à quinze piqûres, après quoi l\u2019amygdale est badigeonnée avec de l\u2019acrivolet, et le malade retourne à ses occupations habituelles.Ordinairement l\u2019auteur ne traite qu\u2019une amygdale à la fois, et deux ou trois traitements suffisent.G.À.Dillinger est d\u2019opinion que ceux qui critiquent sa technique sont ou ceux qui n\u2019ont pas eu une assez longue expérience avec cette méthode, ou ceux qui n\u2019en connaissent pas le premier mot.En terminant l\u2019auteur remarque qu\u2019on enlève beaucoup trop d\u2019amygdales, surtout chez les enfants, car les amygdales ont certainement une fonction importante a accompli durant la croissance; il existe en plus un rapport intime entre les amygdales et la thyroïde, et entre la thyroïde, les ovaires, les testicules et autres glandes.Ces dernière remarques ne sont pas sans nous étonner; quelles preuves donne-t-il pour affirmer ainsi que les amygdales jouent un rôle assez important dans l\u2019enfance, quand on sait à quels dangers elles exposent même des enfants au-dessous de deux ans.Nous ne savons pas qu\u2019après amygdalectomie l\u2019enfant ait été privé du fonctionnement d\u2019une glande qu\u2019elconque- En plus la diathermie ne serait-ellee pas en train de développer dans le tissu emygdalien une condition analogue à celle produite par la galvano-cautérisation, si en vogue il y a vingt ans.Albert LASSALLE. LE MOUVEMENT MÉDICAL LA RADIOPHYSIOLOGIE ET LES ARCHIVES DE L'INSTITUT DU RADIUM DE PARIS Madame Curie et monsieur Claude Regaud viennent de présenter au monde scientifique moderne les Archives spéciales dans lesquelles paraîtront les travaux de leurs Laboratoires et Services.(1) Peu de publications ont commencé avec autant de prestige et d\u2019autorités scientifiques; le nom de madame Curie qui dirige la section de Physique, est connu dans l'univers entier, et celui de M.Regaud s\u2019est imposé au monde savant en Europe et en Amérique; j'ai entendu à Londres, en 1925, au premier congrès international de Radiologie, le professeur Wintz de Berlin saluer en M.Regaud le maître incontesté de la Curiethérapie du Cancer et j'ai retrouvé la méme appréciation chez les membres d\u2019autres congrès.internationaux à Strasbourg, Chicago, Liège, Rome et au Lac Mohonk.Le premier cahier traite de la Radiophysiologie, base de la Radiothérapie.C\u2019est le premier exposé aussi complet sur cette matière, et il convient qu'il soi tpublié en France, puisque la Radio- physiologie est \u201cune science surtout francaise\u201d.Nous avons eu l\u2019avantage au Canada français d\u2019entendre M.Regaud résumer dans deux séries de cours à Montréal et à Québec, les principes de cette science nouvelle.Le volume qu\u2019il présente avec MM.Lacassagne et Ferroux rapporte les faits et les recherches qui ont imposé les conclusions plus longuement développées et Critiquées.C\u2019est un \u201crecueil de travaux biologiques, techniques et thérapeutiques\u201d, mais ces travaux divers sont judicieusement distribués et (1) Archives de l\u2019Institut du Radium de l\u2019Université de Paris et de la Fondation Curie.Radiophysiologie et Radiothérapie, par Claude Regaud, A.Lacassagne et R.Ferroux.Fascicule I, vol.I.Les Presses Universitaires de France. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 229 azgencés sous des titres classiques, réalisant avec des éléments d\u2019emprunt varié, une mosaïque admirable d\u2019unité et d'expression.C\u2019est incidemment une œuvre d\u2019histoire donnant impartialement à chacun ce qui lui revient dans une hypothèse ou dans la priorité d\u2019une découverte.Il y a des restitutions qui surprennent et il fait plaisir à un élève des Becquerel et des Curie de trouver, sur la couverture même du fascicule, l\u2019association méritée du nom de Becquerel à celui de Curie dans les \u201cRayons de Becquerel-Curie\u201d\u201d.Je compte donner ultérieurement un résumé de cette œuvre si nécessaire au radiologiste et je me contente aujourd\u2019hui de donner quelques impressions d\u2019une première lecture.Il est impossible de ne pas remarquer dans cette vaste collection de recherches la part importante\u2019 qui revient aux membres de l\u2019Institut du Radium de Paris.Dans presque tous les chapitres, on retrouve leur contribution toujours soigneusement établie et critiquée et souvent fondamentale.Je me souviendrai longtemps de cette exclamation d'un des maitres de I\u2019anatomo-pathologie moderne: \u201cS\u2019il en est ainsi, monsieur Regaud a sauvé la Curiethérapie comme méthode thérapeutique distincte et nouvelle\u201d.Nous étions trois dans une chambre d\u2019hôtel à relire la traduction du travail que M.Regaud devait présenter comme hôte d'honneur de l\u2019American Medical Association à Chicago.Il s\u2019agissait des recherches se rapportant à l\u2019action élective des radiations sur les variations de la radiosensibilité dans le testicule, et sur l\u2019application de ses résultats au traitement du cancer.Le Maître en anatomo-pathologie était peu au courant de ces recherches publiées dans une langue qui n\u2019était pas la sienne, et l'exposé de ces résultats et de ces hypothèses lui arracha l\u2019exclamation déjà citée.Il connaissait par une longue expérience l\u2019action caustique des radiations et il ne mettait pas de différence essentielle et nouvelle entre une thérapeutique brutale qui détruit aveuglement et la chirurgie qui est forcée de tout enlever pour guérir.L'utilisation pratique de l\u2019action élective et la conduite chronologique des traitements du cancer, basée sur des données de radiophysiologie, sont parmi les contributions les plus importantes de l\u2019Institut du Radium de Paris à la Science radiologique.Signalons encore les travaux sur la sensibilité spéciale des cellules en karyokinèse, contestée par quelques-uns, mais clairement démontrée par de nouvelles expériences; sur les processus histologiques de + 230 L UNION MÉDICALE DU CANADA la destruction des cellules par les radiations; sur'la filtration et la radio-épidermite élective, sur la radio-immunisation, les radio-lésions aiguës et tardives et même héréditaires; sur les phénomènes cytologiques qui ont cours dans les organes irradiés et dans la régression des tumeurs; sur l\u2019action des rayons sur les vaisseaux, le sang, les glandes, \u2018les tissus lymphoïdes, myéloïdes, sur les muqueuses et les épithéliomees de revêtement; sur l'influence de la circulation sur la radiosensibilité, sur l\u2019action directe des radiations et les modifications générales de l'organisme irradié.L'étude des corps radio-actifs introduits dans l\u2019organisme n\u2019est pas oubliée.| L\u2019on peut affirmer que dans beaucoup d\u2019institutions du monde, la technique de la radiothérapie des cancers subit l'influence de l\u2019Institut du Radium de Paris; et j'ai entendu dire dans un congrès que son Directeur n\u2019avait pas le droit de se tromper tant son autorité était grande aujourd\u2019hui.Il y a dans ce livre de belles planches et des modèles de descriptions et d\u2019expositions histologiques et physiologiques.Les auteurs n\u2019ont pas abordé la physico-chimie des phénomènes étudiés, mais ils en comprennent l\u2019importance fondamentale et seule, l\u2019absence de faits et de conclusions indiscutés les en a empêchés.J'aurais aimé rencontrer quelquefois les noms de Ewing et Strange Ways dans la bibliographie si complète qui nous est donnée.Professeur J.E.GENDREAU. LA \u201cPNEUMONIE\u201d POST-OPERATOIRE > FORMES CLINIQUES ET ANATOMIQUES CAUSES\u2014PATHOGENIE\u2014TRAITEMENT La hantise de la \u201cpneumonie\u201d post-opératoire préoccupe constamment le médecin et le chirurgien.C\u2019est une complication grave, dans certains cas, et il importe d\u2019en connaître la symptomatologie, l'évolution et le traitement.(1) Une revue critique de la question vient de paraître en France et aux Etats-Unis.J'ai pensé qu\u2019il serait utile de l\u2019étudier de nouveau ici afin de tirer de cette étude quelques renseignements utiles et pratiques., La véritable pneumonie post-opératoire est une rareté.L'on groupe sous ce nom les affections les plus diverses depuis la simple bronchite jusqu'aux broncho-pneumonies les plus graves.Quelles sont donc les formes cliniques que l\u2019on rencontre le plus souvent, et quels sont les symptômes qui les distinguent les unes des autres ?Formes cliniques 1° Forme bénigne: Whipple, de New-York, en 1918, l\u2019a bien décrite après en avoir observé 97 cas.Début, 24 a 48 heures après l\u2019opération par un /risson, une température élevée, un point de côté léger et une toux modérée.Tientôt se succèdent la matité limitée, avec l\u2019ombre triangulaire en coin à base périphérique, bronchophonie, souffle tubaire, crachats muqueux ou purulents, rarement rouillés.La guérison est la règle.D\u2019après cet auteur, cette forme se rencontre chez des individus bien portants qui auraient eu un rhume peu de temps avant l\u2019opération.\u2014 Avis !.(1) Quénu et Oberlin, La \u2018\u201cpneumonie\u201d post-opératoire, dans Les Archives médico-chirurgicales de l'appareil respiratoire, tome II, No 2, p.140, 1927.Doin, éditeur, Paris. 232 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 2° Forme grave: pouvant succéder à la précédente ou apparaître vers le 3e ou le 4e jour après une opération pour ulcère gastrique ou duodénal.» On rencontre cette forme chez des individus amaigris par défaut d'alimentation, emphysémateux.Après son réveil, l\u2019opéré reste pâle et prostré, la fièvre apparaît, le pouls s'accélère, on trouve des signes de condensation pulmonaire aux bases, la mort survient 5 ou 6 jours après l\u2019opération.3° Formes foudroyantes: survenant à la suite de l\u2019extraction des racines d\u2019une molaire cariée.L\u2019anesthésie a duré une minute.Mort au bout de 36 heures dans les convulsions.Pneumonie des deux bases due au pneumocoque.On admet, dans ces cas, la préexistence d'un état congestif latent du poumon, et ignoré.\u2014 Autre avertissement: l\u2019importance d\u2019un examen préalable.4° Formes pleurales: point de côté intense, submatité, égophonie, pectoriloquie aphone, souffle expiratoire.Il y a, dans ces cas, une mince couche de liquide sur une lésion corticale du poumon.Le pronostic varie: grave chez les gens âgés, cachectiques, infectés ou anémiés: décès 45%, favorable chez les autres, décès 7%.Mais cette affection peut être la cause de complications ultérieures ((vicérations, éventrations) qui nécessitent une réopération.5° Collapsus aigu du poumon.Cet état est caractérisé par l'absence totale d\u2019air dans le poumon.Il peut frapper un lobe Inférieur, les deux lobes inférieurs, rarement le lobe supérieur.Ce collapsus survient surtout à la suite des opérations portant sur l\u2019étage supérieur de l\u2019abdomen: le foie, les voies biliaires.Le début survient durant les 6 jours qui suivent l\u2019opération.Il s'annonce par ul état cyanotique de la face, de la fièvre, de l'accélération du pouls, de la toux sans expectoration, polypnée, dyspnée, couleur rouge Lrique de la face.A Tinspection on constate la rétraction et l'immobilité du côté alleint: les espaces intercostaux sont plus creux, la paroi thoracique est attirée en dedans- À la palpation, le choc du cœur est déplacé vers le côté atteint, signe pathognomonique.La pointe est déviée en haut et en dehors, vers le 3ème espace intercostal.Zone de matité en arrière, murmure vésiculaire diminué ou aboli, avec ou sans bronchophonie, etc. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 233 Les bruits adventices apparaissent \u2014 râles humides \u2014 lorsque: la perméabilité se rétablit et que le poumon reprend son expansion.La résolution apparaît au bout de 15 à 20 jours.Le pronostic est généralement favorable, à moins que la pneumonie ne succède au collapsus ou que celui-ci soit bilatéral.Le diagnostic du collapsus pulmonaire repose sur le déplacement dut choc de la pointe vers le côté malade.À la radioscopie, le diaphragme est attiré vers le poumon collabé comme le cœur.Ce signe élimine la pleurésie.Formes anatomiques Toutes les formes évolutives, depuis la broncho-pneumonie jusqu'à la gangrène pulmonaire, sont signalées dans les autopsies.Seule la pneumonie lobaire y est très rare: 2 sur 138 autopsies de \u201cpneumonies post-opératoires\u201d.Le siège occupe surtout les lobes inférieurs: c.d.: 60%, c.g.: 20%, deux côtés: 20%.La prédominance a droite s'expliquerait par la propagation lymphatique trans- diaphragmatique des germes microbiens après intervention sur le tractus digestif.| Etiologie L'étiologie relève de plusieurs facteurs.1° L'âge et le sexe ne jouent pas un rôle différent ici que partout ailleurs.Il en est ainsi de l\u2019état général.Mais on attache une grande importance à l\u2019état antérieur des voies respiratoires.2\u201d Les saisons, surtout en notre pays, jouent un rôle important.3° Le froid est une cause fréquente de pneumonies post-opéra- toires dans les hôpitaux.Et je cite en entier le passage signé par Whipple.\u201cLorsque le malade arrive a l\u2019hôpital, on commence par lui donner des vétements plus légers que ceux qu\u2019il a \u2019habitude de porter.Trop souvent, les internes et les infirmières ne prennent pas garde que les 24 heures qui précèdent et suivent une opération sont un moment mal choisi pour changer les habitudes de toute une vie.Vingt fois on découvre le malade dans son lit pour l\u2019examiner, pour le raser, pour faire la toilette pré-opératoire.Ensuite, ce sont les couloirs, qui mènent à la salle d\u2019opération, plus ou moins chauffés, les courants d'air, le coup de froid qui, à la sortie de la salle d'opération surchauffée, guette l\u2019opéré couvert de 234 L'UNION MÉDICALE DU CANADA sueur, encore endormi, donc incapable de réagir; le retour dans la salle commune où les fenêtres sont parfois ouvertes; dans son lit dont les couvertures sont trop courtes et ne couvrent pas ses épaules.\u201d \u2014 Ces remarques sont très appropriées.La lutte contre le refroidissement devient un facteur important et souvent prépondérant contre la pneumonie post-opératoire.4° La partie opérée: Les nombreuses statistiques publiées par les auteurs établissent nettement deux points : 1° Les complications pulmonaires sont beaucoup plus fréquentes après les laparotomies qu'après toutes les autres interventions.2° Parmi les Japarotomzes, celles qui exposent le plus aux complications pulmonaires sont celles qui portent sur l\u2019étage supérieur de l\u2019abdomen, et particulièrement les opérations sur l'estomac.Comment expliquer cette fréquence ?Les Allemands insistent beaucoup sur l\u2019irritation des pneumogastriques, nerfs de l'estomac et du poumon.Le pincement, la section, les tiraillements exercés sur l\u2019estomac pourraient créer des troubles inhibitifs du poumon avec paralysie des muscles des bronches.Une autre cause proviendrait de la septicité du contenu de l'estomac ulcéreux ou cancéreux.5° Le mode d\u2019'anesthésie : L\u2019anesthésie générale par inhalation est responsable d\u2018un bon nombre des complications pulmonaires post-opératoires.Les vapeurs anesthésiantes refroidissent l\u2019air alvéolaire, irritent l'épithélium, favorisent la pénétration des matières vomies dans les bronches, provoquent une sécrétion abondante de mucosités qui se mélangent au contenu buccal septique, suppriment le réflexe d\u2019expulsion et favorisent la pénétration des débris septiques dans les bronches.L'éther et le chloroforme ont été accusés de tous ces méfaits, mais on semble se rallier à l\u2019éther, moins toxique et moins dépresseur que le chloroforme.Cependant on doit s\u2019efforcer d\u2019en atténuer les mauvais effets en le chauffant, et en dosant l\u2019éther afin de ne pas administrer des vapeurs trop concentrées, responsables de la majorité des accidents \u201c d'inondation muqueuse\u201d.A 5%, l\u2019éther est respirable; a 6% il est irritant et provoque L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 235 l\u2019apparition des mucosités; à 7% 1l provoque la toux; à 8% il détermine un spasme au niveau de la glotte.Il y a même des masques clos qui atteignent une concentration de 34%.Y a-t-il des appareils dosant les vapeurs d\u2019éther ° On ne le dit pas.[ On préconise beaucoup le mode d\u2019anesthésie intratrachéale par insufflation.Les anesthésistes soutiennent la controverse en démontrant que les complications pulmonaires sont aussi fréquentes avec l\u2019anesthésie locale qu'avec l\u2019anesthésie générale.Mais ces statistiques ne sont pas démonstratives.Grégoire, de Paris, que nous avons rencontré ici, abaisse sa statistique de mortalité en chirurgie gastrique par l\u2019arniesthésie locale de 21% à 9%.6° La position du malade n\u2019influence guère la statistique.Pathogénie C\u2019est l'infection qui est à la base de toutes ces complications : ce sont les désordres mécaniques atteignant la circulation et la ventilation pulmonaire qui préparent le terrain.[.La circulation.La chute de la pression artérielle durant les 24 heures qui suivent une intervention chirurgicale favorise la stase dans les petits vaisseaux du poumon.C\u2019est la cause la plus fréquente de la pneumonie hypostatique.L'augmentation de Co?dans le sang, la gêne mécanique de la respiration, l\u2019insuffisance cardiaque, les troubles vaso-moteurs engendrés par les anastomoses des nerfs intercostaux et des sympathiques sont des causes réelles importantes a signaler.I[.La ventilation.Les opérations sur la partie supérieure de l\u2019abdomen gênent l'amplitude des mouvements respiratoires.Après laparotomie basse, la capacité vitale descend à 30 pour 100, pour remonter à la normale au bout de 11 jours.Après une laparotomie haute, les chiffres descendent à 20 pour 100 pour remonter lentement.Les complications pulmonaires suivent la courbe de ces chiffres.Les causes invoquées dans ces cas sont les suivantes : 1° Contracture des muscles de la paroi et du diaphragme par l\u2019incision pariétale.2° Rétention des gaz, ballonnement du ventre, gêne des mouvements d\u2019ascension du diaphragme. 236 L UNION MÉDICALE DU CANADA 3° Le pansement trop serré.Voici une cause qui peut à elle seule réduire de 30% la capacité vitale du poumon.4° L\u2019immobilité au lit et le décubitus dorsal prolongé.5° L\u2019obstruction bronchique par un bouchon de mucosités.Un auteur américain rapporte qu'à l\u2019autopsie d'un homme mort dix jours après une opération de hernie crurale étranglée, sous anesthésie locale, on trouva le lobe inférieur du poumon droit collabé et la bronche lobaire obstruée par un bouchon de mucosités purulentes.Chevallier Jackson pense que l\u2019obstruction bronchique est la cause principale du collapsus pulmonaire.Cet auteur cite un cas de collapsus aigu post-opératoire où il put, sous le contrôle du bronchoscope, enlever un bouchon de mucosités.Le poumon retrouva son expansion normale 72 heures après.Les auteurs américains s'expriment ainsi sur ce sujet: \u201cQuand une bronche est bouchée, dans tout le territoire pulmonaire tributaire de cette bronche, l'air alvéolaire est absorbé par le sang des artérioles pulmonaires: il en résulte un affaissement du poumon et un vide, qui crée une force d'attraction pour le diaphragme, le médiastin et le cœur\u201d.Cette pathogénie est ingénieuse et logique.En France, l\u2019on semble se concentrer beaucoup trop sur le facteur infection.IH, L\u2019infecthion.1° Voie aérienne: à cause de l\u2019exsudation de la muqueuse, des bronches et des bronchioles, à laquelle s'ajoute l'infection au bout de deux à trois jours, puis l\u2019envahissement du poumon par aspiration, par les microbes qui pullulent dans la bouche et le nez, le pharynx (carie dentaire, amygdales infectées, ulcérations naso-bucco-pharyn- gées, abrasion des cornets (Sergent), angine de Ludwig secondaire à une extraction dentaire.On cite un cas de gangrène pulmonaire et d\u2019abcès du poumon secondaires à la tonsillectomie.L\u2019anesthésie locale s'accompagnerait des mêmes accidents que l'anesthésie générale parce que la cocaïne anesthésie entièrement le territoire du laryngé supérieur et supprime le réflexe tussigène- Ce mode d'infection a une grande importance, mais moins que les deux autres.\u201c2° Voie sanguine, par pullulation, au niveau du poumon, des microbes dispersés dans le sang, grâce aux conditions désavantageuses énumérées plus haut, et à son pouvoir bactéricide limité.L\u2019embolie septique venue du champ opératoire peut infecter le poumon.Lorsque les autopsies sont faites avec minutie, on retrouve - L'UNION MÉDICALE DU CANADA 237 fréquemment une petite embolie à l\u2019origine d\u2019un foyer pulmonaire: dans 60% des cas mortels d\u2019après les Américains.3° Voie lymphatique: Les expériences faites à ce propos le démontrent.De la cavité abdominale les germes passent du péritoine à travers le diaphragme, dans les lymphatiques mammaires internes, le canal thoracique, le cœur droit et le poumon.Dans ces cas nous notons plutôt des infections pleurales que pulmonaires.Que conclure de tout cela, sinon qu\u2019il n\u2019y a pas de pneumonie post-opératoire, mais une série de complications broncho-pulmonaires post-opératoires parmi lesquelles l\u2019infarctus et le collapsus jouent un rôle important.* * \u201cTraitement 1° Symptomatique.1l ne diffère pas du traitement habituel des broncho-pneumonies.Dans le collapsus avec encombrement bronchique, Bier a érigé en méthode l\u2019infection intramusculaire d\u2019éther à petites doses répétées.En moins d\u2019une minute les malades ont un goût d\u2019éther et la respiration est plus facile.On croit que l\u2019éther liquéfie les sécrétions bronchiques.Les méthodes de vaccinothérapie n\u2019exercent pas d'action importante.2° Préventif.Refuser une opération si elle est plus onéreuse que profitable pour le malade.Ajourner une opération qui n\u2019est pas urgente en temps d\u2019épidémie, surtout si le malade est atteint, même légèrement.D'où la nécessité d\u2019ausculter le malade surtout le matin de l'opération.Nettoyer soigneusement le carrefour aéro-digestif- Protéger l\u2019opéré contre le froid avant, pendant et après l\u2019opération: chauffage des salles d\u2019opération et de malades, ne pas découvrir inutilement le malade durant l'intervention, enfouir les jambes dans une paire de grandes bottes de flanelle.Au moment où on emporte l\u2019opéré, on doit recouvrir sa face avec un linge propre imbibé d\u2019un peu d\u2019alcool afin de réchauffer l\u2019air inspiré au passage.Recouvrir complètement le malade avec des couvertures de laine, border les couvertures du lit, préalablement réchauffé.Crile, de Cleveland, emploie la diathermie durant l\u2019opération pour réchauffer le foie, le poumon et le corps.D\u2019autres introduisent dans la cavité abdominale une solution isotonique chaude: sérum artificiel, chlorure de magnesium. 238 L'UNION MÉDICALE DU CANADA L'anesthésie doit être sélectionnée avec soin.Eviter l\u2019éther chez les tuberculeux, les bronchitiques, les obèses dyspnéiques, les emphysémateux.On doit, dans ces cas, donner la préférence au chloroforme ou au protoxyde d'azote.Préférer, autant que possible, l\u2019anesthésie locale à l\u2019anesthésie générale.L'appareil doit être propre: le masque, la tuyauterie doivent être stériles.lorsqu'un opéré a craché ou vomi dans le masque il n\u2019est pas prudent de s\u2019en servir pour l\u2019opéré suivant.L\u2019anesthésie doit être aussi légère et aussi courte que possible.Le chirurgien peut, sans danger, attendre que le malade dorme.Un malade endormi ne doit pas attendre le chirurgien.La morphine, associée à la scopolamine ou à l\u2019atropine en injection s.c., heure avant l'opération est une bonne méthode.La position demz-assise, les épaules soulevées par plusieurs oreillers, est excellente pour tous les malades après l'opération.L'immobilité absolue n\u2019est plus de mise aujourd\u2019hui.Les malades sont autorisés à remuer les membres et à respirer librement.Les chambres d'isolement pour les opérés, au voisinage de la salle d'opération, la limitation du nombre des lits, la suppression des brancards, la règlementation des visites sont des moyens préventifs très efficaces.La chirurgie gastrique comporte des indications spéciales.Lavage de l'estomac immédiatement avant l'opération avec de l\u2019eau iodée (Grégoire).Badigeonnage de la muqueuse et du péritoine avoisinant avec de la teinture d\u2019iode diluée au cours de l\u2019opération.Eviter l'opération durant une crise douloureuse.Opérer avec une extrême douceur: éviter les tractions sur les mésos, les pressions sur les viscéres.N\u2019employer ni clamps, ni pinces à mors soulevants.Faire I\u2019hémostase avec soin pour éviter les petits hématomes de l\u2019épiploon gastro-hépatique.Après l'opération, recourir au lavage d\u2019estomac au besoin : vomissements noirâtres, haleine fétide, langue sèche, élévation thermique, accélération du pouls.Réalimenter rapidement l\u2019opéré, et pratiquer le lever précoce si possible: le 2ème jour (Grégoire), le 10ème jour (Delore).La digitale est un médicament très utile avant l\u2019opération.Il en est ainsi des injections intra-veineuses post-opératoires de solutions glucosées hypertoniques ( 2 à 300 c.c.à 10, 20, même 50%).te. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 239 On conseille aussi l\u2019emploi du chlorure de calcium sous forme d\u2019\u201cafenil\u201d parce qu\u2019il calme le système nerveux et diminue les transsudations d\u2019origine inflammatoire.Contre l\u2019infection on emploie la sérothérapie préventive en faisant systématiquement une injection de sérum antipneumococcique de l\u2019Institut Pasteur pendant l\u2019opération.La vaccination préventive est actuellement préconisée par l\u2019école de Lille (Lambret, Gernez).Ils se sont inspirés de l\u2019idée suivante: les germes infectant le poumon viennent de l'estomac.Lambret a choisi l\u2019entérocoque parce que c'est le microbe le plus habituel de la flore stomacale et de ses complications pulmonaires.[1 vaccine tous les malades chez qui l\u2019intradermo-réaction à l\u2019entérocoque est positive (15%).Il n\u2019opère les malades que lorsque le test est devenu négatif: c\u2019est-à-dire immunisés.Les statistiques publiées par cet auteur sont très impressionnantes.Au ler janvier 1926, cette méthode, appliquée à 300 malades, a donné le résultat suivant: 15 présentèrent des complications légères; aucun d\u2019eux ne succomba.Telle est l\u2019orientation actuelle de cette importante question sur laquelle il convient de méditer.Albert LeSAGE. FORMULAIRE Chorée grave : Liqueur de Boudin (solution d\u2019acide arsénieux au 1000e) (1 gramme contient 1 milligramme) 3 à 4 grammes par jour, augmenter d\u2019un gramme tous les 2 jours; ne pas dépasser 10 grammes pour un jour.Dans un julep gommeux de 120 grammes, aux repas, dans du lait.Ne pas la prescrire si anorexie et lésions rénales, ni aux enfants âgés de moins de dix ans.Migraine : Caféine .trois centigrammes Aspirine .0 gr.25 centigr.Antipyrine .0 gr.50 centigr.Pour un | cachet: deux : a trois par jour.Pansement vaginal : Glycérine neutre .50 grammes Tannin .44 44 .ve 24 12 +.10 grammes Imbiber un tampon.Contre les hémorrhoides : Chlorhydrate de cocaine .0 gr.03 centigr.Adrénaline au milliéme .XXX gouttes Vaseline .« «.15 grammes Pour introduire en petite quantité dans le rectum après avoir réduit l\u2019hémorrhoïde.Contre la gangréne pulmonaire Hyposulfite de soude .4 grammes Eau distillée .ce ee ee ee eeu.100 \u20ac.c.Alcoolature d\u2019eucalyptus ie ee ee ee ee +.10 grammes Sirop de gomme .50 grammes Par cuillerées a soupe dans les 24 heures.& a 4 se ~~ 2 age.{Pt - ANALYSES MEDECINE A.CLERC.\u2014 L\u2019arythmie complète et son traitement (Extrait du \u201cMarseilles-Médical\u201d, 15 avril 1926).I\u2014Notions cliniques et pathogéniques résumées.L\u2019arythmie complète consiste dans des battements inégaux en force comme en durée, se succédant par salves parfois précipités et très rapides, et souvent séparées par des sortes de pauses, elles-mêmes irré- guliéres, Ces irrégularités entraînent a l'auscultation une extréme variabilité dans l\u2019intensité des bruits cardiaques, auxquels s\u2019adjoint parfois un souffle apexien plus ou moins accentué.Fait curieux, -alors que la moindre extra-systole déchaîne fréquemment une sensation désagréable, parfois angoissante, ici les phénomènes subjectifs sont souvent réduits à un minimum de dyspnée d\u2019effort; les malades peuvent aller et venir, pendant des années, avec une adaptation à peu près satisfaisants.La raison d\u2019être de l\u2019arythmie complète nous est révélée par l\u2019électrocardiogramme surtout.Il nous montre que les soulèvements ventriculaires sont séparés par de fines ondulations en rapport avec la \u201cfibrillation des oreillettes\u201d c\u2019est-à-dire avec de fines trémulations, extrêmement rapides (5 à 800 par minute) œui suppriment l\u2019action de ces cavités.Ces fibrillations sont dues à des mouvements circulaires extrêmement rapides qui tourbillonnent autour de l\u2019embouchure des veines caves et qui dénotent à la fois l\u2019hyper-excitabilité des parois des oreillettes, la diminution de la période réfractaire et aussi une certaine résistance des fibres à transmettre ces ondes.Ces fibrillations restent localisées aux oreillettes, car si elles se transmettaient aux ventricules la mort s\u2019ensuivrait fatalement.Mais quelques-uns des excitations passent de temps en temps et sont saisies d\u2019une sytole ventriculaire: d\u2019où l\u2019irrégularité ventriculaire.L\u2019arythmie complète apparaît parfois sans cause appréciable, surtout après la cinquantaine.Chez les sujets plus jeunes, elle s\u2019observe surtout comme complication des lésions orificielles surtout mitrales.Le pronostic dépend surtout de l\u2019état des ventricules: l\u2019insuffisance des oreillettes n\u2019a aucune signification grave par elle-même.Elle peut durer des années, souvent irréductible.II\u2014 Traitement.I1 peut s\u2019adresser a) a la fibrillation elle-méme d'une part; d\u2019autre part b) à l\u2019insuffisance cardiaque. 242 L'UN.ON MEDICALE DU CANADA e a) Contre la fibrillation on emploie surtout la quinine et la quini- dine.Ces substances ont pour effet de diminuer l\u2019excitabilité, d\u2019augmenter la période réfractaire des fibres myocardiques et de s\u2019opposer ainsi aux mouvements circulaires dans l'oreillette.Mais en calmant le cœur la quinine et la quinidine risquent de le paralyser.Pour prévenir tout accident il faut d\u2019abord préparer les sujets par une cure de repos, et aussi une cure de stimulants cardiaques: digitaline ou ouabaïne La quinidine sera administrée sous forme de comprimés de sulfate chimiquement pur, dosés à 20 centigrammes, et dont on donnera deux le premier jour, la dose étant graduellement portée à 4, 6, et 8 fois par jour, sans dépasser ce chiffre; ensuite on descend graduellement de manière à ce que la dose totale corresponde, à 6 grammes et au plus à 8 grammes.Ensuite il faut une cure d\u2019entretien: 2 à 3 grammes (dose totale) par semaine, pendant quelques semaines.Si le cas est favorable on assiste à une régularisation du rythme en quelques jours (2 à 6 jours): 25 à 30%, des cas.La quinidine doit être maniée avec beaucoup de prudence à cause de son effet dépresseur.b) Contre l\u2019insuffisance cardiaque la digitale est indiquée avant tout dans l\u2019arythmie complète: non seulement elle renforce les contractions ventriculaires, mais encore elle oppose comme un barrage aux nombreuses excitations venant de l\u2019oreillette en bloquant le faisceau de His.L\u2019ouabaine sera aussi très utile et souvent même devra être préférée à la digitale.) A.DeGUISE.CHIRURGIE WALLACE M.YATER.\u2014 Acquired arteriovenous fistula.(\u201cAnnals of Surgery\u201d, vol.LXXXVII, No 1, 1928.) L\u2019auteur rapporte quatre cas d\u2019anévrysmes artérioso-veineux.Dans trois cas la recherche de sang artériel dans des veines voisinant la zone suspecte d\u2019anévrysme, par la détermination du taux de l\u2019oxygène ,a été positive.L'auteur propose cette recherche comme critérium dans les cas douteux.MERCIER-FAUTEUX.R.DEMEL.\u2014 Quels sont les organes le plus souvent atteints dans les contusions de l\u2019abdomen ?(Wiener klinische Wochenschrift, tome XXXIX, No 17).Dans les contusions hautes, il peut y avoir lésion du pancréas: elle est cependant rare.Les lésions des voies biliaires extra-hépatiques se rencontrent surtout chez les enfants.fg ft L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 243 Dans les contusions basses, c\u2019est la vessie qui est le plus fréquemment touchée; les ruptures du rectum sont très rares et sont le plus souvent secondaires à l'augmentation brusque de la pression intra- abdominale.La localisation des lésions intestinales est explicable par les adhérences et les accolements qui empêchent de fuir l\u2019intestin devant le traumatisme; c\u2019est pourquoi les régions les plus souvent atteintes sont: l'angle duodéno-jéjunal, l\u2019angle iléo-caecal, l'angle hépatique et l\u2019angle splénique.Le foie, vu son volume, présenterait des lésions dans 30 pour cent des cas; le rein est aussi fréquemment touché vu ses rapports avec les dernières côtes et les apophyses costiformes.MERCIER-FAUTEUX.L.H.McKIM.\u2014 Infections de la main (\u2018Canadian Med.Ass.Journal\u201d, janvier 1928).L'auteur est opposé à l\u2019usage des pansements humides pour plusieurs raisons, et en particulier, à cause de la macération de l\u2019_épiderme produite par leur emploi prolongé.L\u2019incision doit être suffisante et faite, autant que possible, dans le sens des plis de flexion de la main, il est mauvais de faire des incisions longitudinales vis-a-vis les fléchisseurs et les extenseurs.L\u2019incision médiane pour la synovite tendineuse est néfaste, elle engendre des rétractions qui limitent les mouvements; l\u2019incision latérale est préfrable.TECHNIQUE DE L\u2019INCISION.Il faut employer *I'anesthésie générale, jamais le chlorure d\u2019éthyle.L\u2019hémostase préventive, au moyen d\u2019un lien constricteur, est égale- mentt nécessaire afin d\u2019avoir un champ opératoire net.L\u2019incision doit être correcte et suffisante.\u2018 .La plaie est asséchée au moyen d\u2019alcool, et parfaitement rembourrée avec de la gaze imprégnée de parafine liquide, Un pansement sec est appliqué, la main est immobilisée par une planchette dans la position de repos.TRAITEMENT POST-OPERATOIRE.Le pansement superficiel peut être renouvelé à la première ou deuxième journée, les mèches ne le seront qu\u2019à la quatrième; aucun liquide contenant de l\u2019eau ne devra venir en contact avec la plaie, seul l\u2019alcool ou la parafine seront employés comme pansement.A.BELLEROSE.M.E.DESMARETS (Paris).\u2014 De la cholécystectomie sous-séreuse sans drainage (\u201cJournal de chirurgie\u201d, tome XXX, No 6, déc.1927).L'auteur rappelle que l\u2019idée de conserver le péritoine qui tapisse la face inférieure de la vésicule biliaire, au cours de l\u2019ablation de cet organe est déjà vieille de trente ans. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 244 Le but que tous les chirurgiens se proposaient était de limiter le drainage a la fossette cystique et d'isoler le drain de la grande cavité péritonéale.Aujourd\u2019hui la chirurgie abdominale tend de plus en plus, à supprimer le drainage.Dans l\u2019appendicite aiguë, dans la chirurgie pelvienne, etc., on draine de moins en moins, Pourquoi les chirurgiens continuent-ils à drainer la loge sous hépatique après cholecystectome ?Pour deux raisons, d\u2019abord la vésicule après ablation laisse une surface cruentée, ensute la ligature du cystique ne lui donne pas une sécurité absolue.L'auteur décrit une technique qui scrait très sûre sous tous rapports, en mettant à l\u2019abri de l\u2019hémorragie secondaire et en procurant aux opérés le maximum de garantie contre les adhérences épiploiques et duodénales.Voici en résumé cette technique.Incision transversale de Sprengel qui met bien en lumiére la vésicule biliaire.Si la vésicule est adhérente soit à l\u2019épiploon, soit au duodénum, il faut commencer par dégager doucement ces adhérences jusqu\u2019à ce qu\u2019on ait exposé tout ou partie de la face inférieure de l\u2019organe.Alors on incise au bistouri le péritoine qui tapisse cette face postérieure et inférieure, puis il est très important de trouver le bon plan de clivage ensuite poursuivie, la libération de la couverture péritonéale.Ce décollement se fait d'ordinaire facilement.Cependant vers le bassinet le décollement est plus délicat à faire, mais en travaillant lentement on parvient sûrement jusqu\u2019à cystique et une fois celui-ci dégagé il est facile de le ligaturer.L'auteur insiste sur la ligature du cystique qui doit étre double et faite au catgut fin.L\u2019avantage de cette technique c\u2019est qu\u2019en faisant l\u2019ablation sous séreuse de la vésicule, il n\u2019est pas besoin de mettre de pinces sur les vaisseaux, car en faisant le décollement de la séreuse l\u2019opérateur écarte les vaisseaux cystiques.Le reste de l\u2019opération est simple, il suffit de rapprocher les deux lames péritonéales et la fossette vésiculaire est totalement recouverte et il ne peut venir à l\u2019esprit de l\u2019opérateur de songer à drainer alors qu\u2019il n\u2019existe aucun saignement.E.TROTTIER.PEDIATRIE TAILLENS.\u2014 Mort par méningite tuberculeuse d\u2019un enfant vacciné au B.C.G.(\u201cRevue médicale de la Suisse Romande\u201d, 25 décembre 1927, p.1033).Le professeur Taillens (de Lausanne) rapporte l\u2019observation d\u2019un nourrisson de 6 mois, mort de méningite tuberculeuse et vacciné au B.C.G.dans les tout premiers jours de sa vie.A propos de cette observation l\u2019auteur, après avoir passé en revue et discuté la valeur des travaux français et étrangers sur le B.C.G., donne les conclusions suivantes: 1° La vaccinatioh du nouveau-né, par le B.C.G., n\u2019est pas une pratique sans danger; outre que, chez l\u2019animal, elle est capable d\u2019en- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 245 traîner la mort, elle semble l\u2019avoir parfois fait chez l\u2019enfant; elle nuit en tout cas, le plus souvent, au développement de celui-ci.2° Cette prémunition, comme on l'appelle, fait en partie oublier la pratique autrement plus importante, plus effective, plus sûre et avec cela dépourvue de tout danger: la séparation du nouveau-né de toute personne, parente ou non, atteinte de tuberculose ouverte, C\u2019est actuellement à cette mesure qu\u2019on doit tendre de plus en plus et c\u2019est elle qu\u2019on doit s\u2019efforcer de rendre toujours possible.3° Le B.C.G.est un virus tuberculeux atténué, mais non dépourvu de danger; son étude, chez l\u2019animal, doit être reprise et continuée avant qu\u2019il puisse être livré au médecin praticien et administré au nouveau- né comme agent vaccinateur.: Paul LETONDAL.TUBERCULOSE PULMONAIRE H.B.ANDERSON.\u2014 The tuberculosis nature of pleurisy from the life insurance standpoint (\u2018\u2018The American Review of Tuberculosis\u201d, vol.XVII, No 11, février 1928).Exception faite des pleurésies, d\u2019origine traumatique, l\u2019opinion actuellement admise veut que les pleurésies soient considérées comme \u2018\u2018secondaires\u201d à une infection organique pré-existante.Après avoir analysé les différentes conceptions depuis Laennec jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, l\u2019auteur conclut que: 1° La pleurésie existe très rarement comme infection primitive.2° La grande fréquence des séquelles de pleurésie trouvées à l\u2019autopsie, contrastant avec la fréquence relative des pleurésies cliniquement manifestées porte à conclure que la symphyse pleurale est souvent le résultat d\u2019une inflammation qui serait cliniquement latente.3° La pleurésie avec épanchement est pratiquement toujours de nature tuberculeuse.La pleurésie sèche (pleurite) est habituellement de nature tuberculeuse, mais sous cette rubrique on confond plusieurs cas de pleurodynie, myosite herpes Zoster, névralgie intercostale et plusieurs autres foyers infectieux secondaires à du rhumatisme, scepticemie, embolie, bronchite, dilatations bronchiques, pneumonikose, etc.La pleurésie représente une phase de tuberculose relativement bénigne et curable.Depuis que la nature de la maladie et son traitement sont mieux connus, les statistiques nous font voir un plus grand nombre de guérison, Les cas de pleurésie guérie chez des sujets agés de 30 ans et plus, chez qui il n\u2019y a aucune histoire de tuberculose dans la famille, qui ont récupéré leur poids normal et qui l\u2019ont ainsi maintenu sans défaillance durant cinq ans peuvent être assurés suivant le tarif régulier.Un rétablissement complet d\u2019une infection tuberculeuse de l\u2019enfance contribue à augmenter son immunité à l\u2019âge adulte.Les proposants qui ont une histoire \u201cde pleurésie\u201d, avec un poids persistant au-dessous de la normale, surtout s\u2019il y a une histoire de tuber- 246 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA culose dans la famille accompagnée d\u2019un mauvais développement thoracique, ce sujet représentent un groupe dangereux qui probablement ne seront jamais aptes à l\u2019assurance.L\u2019occupation, les habitudes, l\u2019entourage sont des facteurs importants dans le choix d\u2019un risque d\u2019assurance.J.-A.VIDAL, UROLOGIE HUNT.\u2014 Immediate and End-Results of Suprapubic prostatectomy: A consideration ef the factors involved (\u201cThe Canadian Medical Association Journal\u201d, december 1927, p.1462).L\u2019auteur commence par souligner le fait que 589, des malades âgés de plus de 50 ans qui se présentent à la clinique Mayo pour une maladie quelconque sont atteints d\u2019hypertrophie de la prostate.La prostatectomie ne donne pas de résultats lorsque la pollakiurie et la douleur existent sans résidu vésical, car ces troubles ont alors pour origine de l\u2019inflammation de la prostate que l\u2019ablation des glandes périurétrales ne guérit pas.Le traitement pré-opératoire est des plus importants et doit s\u2019appliquer à tous les cas, qu\u2019ils soient favorables ou risqués.Il consiste en un drainage-de la vessie, Il sera fait soit par la sonde à demeure, soit par la cystotomie avec lavages vésicaux.Il permet le retour des reins à une fonction normale et le retour à l\u2019équilibre cardio-rénal.Sa durée dépend des examens du sang.Rarement, on doit opérer avec une azotémie de 0 gr.50 et un taux de phénol-sulfone-phtaléine de 20%.En général 10 à 15 jours suffisent pour le retour à la normale.Parfois il faut drainer pendant des mois.L\u2019anesthésie rachidienne selon la technique de Labat est la meilleure chez ces mplades dont l\u2019organisme est usé, Hunt préfère l\u2019opération en un temps précédé d\u2019un drainage par la sonde à demeure.Cette ligne de conduite serait applicable à 759, les cas.L'opération en deux temps convient à ceux qui ont un état général mauvais ou qui présentent des calculs, des diverticules ou une inflammation de la vessie.Pour l\u2019auteur, l\u2019avantage de l\u2019opération en un temps est de pouvoir travailler à ciel ouvert et de pouvoir ainsi ligaturer les vaisseaux qui saignent.Des planches illustrent cette technique de prostatectomie à ciel ouvert.Hunt n\u2019est pas en faveur après l\u2019opération de grands lavages de la vessie; il se contente d'installer dans la cavité vésicale une solution à 1% de mercurochrome.Après ces considérations, la statistique de la clinique Mayo fait suite: elle embrasse cinq années de janvier 1921 à janvier 1926.La mortalité a été de 4.29, durant ces 5 années.L'opération en un temps a donné une mortalité de 4.39, c\u2019est-à-dire 34 morts sur 783 cas; l\u2019opération en deux temps a donné 8 morts sur 212 cas, soit un taux de 3.79.Ces résultats paraissent en contradiction avec les enseignements de l\u2019auteur qui est partisan de l'opération en un temps puisque celle-ci a un taux de mortalité plus élevé et \u2019dautant que l\u2019auteur réserve l\u2019opération en L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 247 deux temps aux mauvais cas.La statistique juge donc par elle-même les avantages de l'opération en deux temps.Sur les 42 morts, 10 fois l\u2019urémie a été en cause; 9 fois l\u2019embolie; 7 fois la septicémie; 6 fois l'asthénie cardiaque; 4 fois l\u2019hémorragie secondaire; 3 fois la pneumonie et une fois chaque, un ulcère duodénal, la péritonite et l\u2019érisipèle.Les résultats éloignés sont basés sur 951 cas, soit 95.59, des malades opérés, La polla- kiurie a disparu chez 769, des opérés.La dysurie a cessé dans 95% des cas.Chez 62.5% des opérés les fonctions génitales ont été entièrement conservées, tandis que chez 28% elles ont diminuées.Au contraire, 13.5, des malades dont l\u2019acte génésique était impossible avant l\u2019opération ont repris leur puissance génitale.En envisageant les résultats éloignés dans leur ensemble, 54%, des opérés ont guéri entièrement, 22.6 ont été très améliorés et 14.29, ont été simplement améliorés.En somme, 91% des cas ont bénéficiés de l\u2019opération.Il reste 9% des malades chez lesquels la prostatectomie n\u2019a apporté aucun soulagement.Chez tous, il existait en plus une pyélonéphrite chronique.Oscar MERCIER.CHIRURGIE INFANTILE ET ORTHOPEDIE F.C.KIDNER.\u2014 Les résultats comparés des méthodes sanglantes et non sanglantes dans le traitement de la tuberculose de la colonne vertébrale.(Comparative results of operative and non operative methods of treatment of tuberculosis of the spine in children.) (\u201cThe Journal of Bone and Joint Surgery\u201d, vol.IX, No 4, Ocober 1927).Les observations de Kidner ont été faites sur des enfants seulement.A la suite de la réclame faite à la méthode d\u2019Albee, K.fit plusieurs greffes osseuses avec des résultats médiocres.Abandonnant l\u2019opération d\u2019Albee pour celle préconisée par Hibbs, K.n\u2019eut pas plus de succès avec ses nombreux opérés et dut revenir au traitement du mal de Pott par le repos absolu au lit, jusqu\u2019à ce que la consolidation osseuse de la lésion fit bien démontrée par la radiographie.Kidner voulant comparer la valeur des méthodes sanglante et non sanglante, choisit 14 enfants, de moins de 10 ans, présentant une localisation de lésion aussi identique que possible.Chez la moitié de ses malades, il fit l\u2019opération de Hibbs et chez l\u2019autre il n\u2019eut recours qu\u2019au repos absolu.En l\u2019absence de signes cliniques, K.permettait la marche, et dans tous ses cas, il obtint une réapparition des symptômes, à moins que la radiographie ait démontré une consolidation bien établie avec absence de raréfaction osseuse.Dans cette condition, les résultats furent excellents.Kidner conclut que le repos absolu est une condition essentielle du traitement du mal de Pott et que la greffe osseuse n\u2019influence en aucune façon la durée de l\u2019immobilisation.' Edmond DUBE. 248 L'UNION MÉDICALE DU CANADA URBAN MAES.\u2014 Diagnosis, the crux of the problem of acute osteo- myelitis (Le diagnostic, le problème angoissant de l\u2019ostéomyélite.) \u201cSurgery, Gynecology and Obstetrics\u201d, fév.28).Le diagnostic différentiel de l\u2019ostéomyélite et de l\u2019appendicite aiguë est souvent à faire.Le diagnostic de l\u2019appendicite se fait assez précocement.Le diagnostic précoce de l\u2019ostéomyélite est plus difficile.L\u2019ostéomyélite aiguë survient plutôt chez l\u2019enfant jeune; durant l\u2019été il faut rechercher les portes d\u2019entrée cutanée, durant l\u2019hiver ce sont les amygdalites, les coryzas, les traumatismes qui doivent être aussi recherchés.Le premier symptôme c\u2019est la douleur juxta-articulaire, non intra- articulaire, le frisson, la température élevée: 103, 104; souvent la radiographie est négative.Le diagnostic différentiel est à faire avec la fièvre typhoïde, le rhumatisme articulaire aigu, l\u2019arthrite infectieuse.Les bons résultats opératoires dépendent de la précocité du diagnostic et le traitement est d\u2019autant plus simple que les malades sont vus dès le début de la maladie.J.H.RIVARD.OBSTETRIQUE JARCHO JULIUS.\u2014 La délivrance du placenta adhérent (Surgery, Gynecology and Obstetrics\u201d, février 1928).L\u2019extraction manuelle du placenta a été regardée de tout temps comme une cause d\u2019infection des suites de couches.La main introduite entre le placenta et la paroi utérine vient en contact direct avec les vaisseaux fraîchement trombosés de la surface placentaire, excellent milieu de culture pour les bactéries qui ont toute opportunité d\u2019être transportées à ce niveau au cours de l\u2019intervention.La méthode de Mojon-Gabaston est utilisée dans le but de prévenir toute exploration intra-utérine; elle consiste dans l\u2019injection d\u2018une solution saline dans le placenta par l\u2019intermédiaire de la veine ombilicale.La méthode hydraulique fut décrite, pour la première fois, en 1826, par Mojon de Gênes et remise en honneur, en 1914, par Gabaston de Buenos- Aires.La technique consiste à injecter 200 à 300 c.c.de sérum physiologique chaud dans la veine ombilicale au moyen d\u2019une seringue d\u2019une capacité de 20 a 100 c.c.Après que l\u2019aiguille a été introduite dans la veine et retenue en place par une pince hémostatique, la solution est injectée lentement dans le placenta.En général, le décollement du placenta se produit dans les 10 à 40 minutes qui suivent.Les résultats favorables de la méthode de Gabaston ont été confirmés par un grand nombre d\u2019auteurs.Wagner de l\u2019Université de Prague prétend que l\u2019on diminue ainsi de 50% la nécessité de l\u2019extraction manuelle du placenta. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 249 L\u2019auteur termine en citant trois observations de parturientes chez lesquelles la méthode hydraulique assura une délivrance rapide avec des suites de couches normales.Donatien MARION.OTO-RHINO-LARYNGOLOGIE Dr ROBT.F.RIDPATH (Philadelphie).\u2014 La sinusite sphénoïdale et ses symptômes particuliers (\u201cThe Laryngoscope\u201d, déc.1927).L'auteur fait une étude trés précise et très claire d\u2019une affection trop souvent négligée en oto-rhino-laryngologie ou trop souvent méconnue en médecine générale, affection qui est la cause de tant de troubles organiques et psychiques mal expliqués.Il ne dit que quelques mots sur la sinusite sphénoïdale aiguë, complication d\u2019un coryza ou réchauffement des microbes latents du pharynx suites de maladies de l\u2019enfance.- Cette sinusite n\u2019est pas méconnue, heureusement, grâce à sa céphalée typique occipitale et son élargissement de la tache aveugle.Il accorde plus d\u2019attention à la sinusite sphénoïdale chronique, qui se manifeste pas des troubles subjectifs et objectifs qui varient avec chaque malade.A\u2014Ces symptômes objectifs, ce sont : 1° Un écoulement pharyngé jaune verdâtre persistant: 2° De la cacosinie; 3° De la parésie ou paralysie de la musculature extrinsdque d\u2019un ou des yeux.B\u2014Les symptômes subjectifs : - 1° La douleur à l\u2019occiput avec raideur de la nuque, ou encore la douleur oculaire rétrobulbaire.Ces symptômes de compression sont exagérés par tout effort physique comme la course et la marche, ou par l\u2019usage du tabac et de l\u2019alcool.2° Des symtômes cérébraux dus à l\u2019intoxication connue: la perte de la mémoire, le \u201cslow brain\u201d, la dépression générale, le vertige et un dégoût pour tout effort intellectuel.3° Des symptômes oculaires: c\u2019est la cécité brusque monoculaire passagère ou durable; c\u2019est un élargissement de la tache aveugle, un scotome scintillant, de la diplopie, de l\u2019exophtaimie; de l\u2019insuffisance musculaire des droits internes ou des troubles d\u2019accommodation.4° Les troubles olfactifs sont manifestés par une diminution ou la perte de l\u2019odorat.5° Les troubles généraux, ce sont: les gastro-entérites à répétition, les crises de calculs du rein ou du foie; troubles dus à l\u2019absorption ou la résorption du pus. 250 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 6° Enfin il y a des complications terribles telles que: la thrombo- phlébite du sinus caverneux; la névrite rétrobulbaire et la méningite de la base.Tous ces troubles sont amendés par l'intervention chirurgicale seule.François BADEAUX.NEURO-PSYCHIATRIE SICARD.\u2014 Le Ballottement du Pied.(Signe de la série pyramidale.) (\u201cPresse Médicale\u201d, 26 février 1927.) Depuis que M.Babinski a montré toute la valeur diagnostique de l\u2019extension du gros orteil, au cours des syndromes d'irritation de la voie les épreuves cliniques tendant au même but, se sont pyramidale, multipliées.C\u2019est le procédé d\u2019Oppenheim, celui de Gordon, celui de Schaefer.Aucun de ces procédés ne fut capable d\u2019activer ou de réactiver l\u2019extension du gros orteil, lorsque le chatouillement plantaire, exécuté dans de bonnes conditions, restait muet.On s\u2019est ensuite efforcé de déceler d\u2019autres signes pouvant également être les témoins de l'excitation du système pyramidal.Ce sont ces réflexes dit de défense ou d\u2019automatisme médullaire.Le procédé clinique envisagé par M.Sicard n\u2019a pas encore été mentionné.Cependant, il semble qu\u2019il soit de même ordre pathogénique que ceux déjà étudiés.Voici comment on le recherche.Le membre inférieur est légèrement fléchi dans son ensemble.On saisit à pleine main le tiers inférieur de la jambe et on s\u2019efforce de secouer le pied en provoquant le ballottement latéral et non antéro-postérieur de ce segment de membre.Les secousses doivent être brèves, d\u2019un rythme rapide, et d\u2019une durée totale d\u2019une demi-minute environ.Le pied peut être maintenu au-dessus du plan horizontal ou au contraire laissé au contact même du lit.L'arrêt du ballottement ainsi provoqué doit se faire brusquement.Si le signe est positif, on observera pendant un court instant, soit l'extension seule du gros orteil, soit l\u2019extension en masse des orteils, soit l\u2019extension de l\u2019orteil et la flexion des quatre autres, soit le réflexe dit de défense.Toutes les combinaisons sont possibles.Ce qui fait l\u2019intérêt de ce signe, c\u2019est qu\u2019il a été trouvé positif dans plusieurs cas de paraplégie, où soit le chatouillement plantaire, soit la flexion brusque des orteils, soit le pincement dorsal du pied, ne provo- gquérent aucune réponse.Ce signe, par contre, a paru donner des renseignements beaucoup moins précis que ceux obtenus par les autres procédés, au cours des hémiplégies cérébrales, avec contracture.Il reste toujours négatif à l'état normal ou dans les affections d\u2019origine para-pyramidale.Emile LEGRAND. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 251 DERMATOLOGIE et SYPHILIGRAPHIE R.BERNARD.\u2014 Aide-Mémoire de Syphiligraphie comparée et de Théra- péatique (\u201cImprimerie Médicale et Scientifique\u201d, rue Botanique, Bruxelles).Voici un excellent livre où l\u2019auteur, mettant délibérément de côté .toute phrase inutile, a réussi à dresser des tableaux synoptiques très précis de diagnostic différentiel.Ces schématisations diagnostiques en peu de mots mettent en relief les principaux signes des lésions syphilitiques, selon leur péricde et selon leur localisation, pour leur opposer en regard les différentes affections avec lesquelles on serait parfois tenté de les confondre.Bernard étudie successivement en différents schemas le chancre syphilitique, les syphilides cutanées, les syphilides muqueuses, les lésions osseuses, musculaires et articulaires, la syphilis cardiaque et vasculaire, la syphilis des voies respiratoires, la syphilis des voies digestives et annexes, des voies respiratoires, la syphilis uro-génitale, la syphilis de l\u2019œil et de l\u2019oreille, la syphilis des glandes endocrines, les syphilis nerveuses, Dans une deuxième partie, l\u2019auteur schématise \u2018les directives générales pour le traitement de la syphilis et la surveillance du syphilitique.Il indique la technique et la posologie des cures arsénicales, des cures mercurielles, bismuthiques et iodurées.Les indications et contre-indications des divers médicaments sont données, ainsi que le traitement des complications qui peuvent surgir en cours de route.La première partie ayant trait au diagnostic est particulièrement intéressante.Au lieu de codifier les accidents syphilitiques en suivant un ordre chronologique (1ère, 2ème et 3ème période) Bernard décrit les lésions suivant qu\u2019elles se présentent sur le revêtement artéro-muqueux ou sous forme de syndromes profonds et viscéraux.Comme le malade offre d\u2019abord à l\u2019examen une lésion, c\u2019est celle-ci qu\u2019il importe de situer afin de remonter par elle à la cause même.\u201cCes accidents peuvent facilement être confondus avec des aspects cliniques qui n\u2019ont rien de commun avec la syphilis \u2014 et cela nonobstant le secours du laboratoire.Inversement des affections non spécifiques peuvent éclore chez des syphilitiques et alors le Wasserman est sans valeur.Il faut donc savoir les différencier.\u201d En somme, c\u2019est un petit livre de grand intérêt, de lecture facile et agréable, que nous recommandons aux praticiens.Ceux-ci y puiseront de précieuses indications pour individualiser les cas douteux que l\u2019on rencontre si fréquemment.Albéric MARIN. 252 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA MEDECINE LEGALE MM.EMILE et RAYMOND SOREL.\u2014 Arthrites syphilitiques et traumatisme (XIe Congrès de méd.lég., Paris 1926).Les auteurs font une esquisse claire et méthodique des divers syndromes articulaires de la syphilis depuis l\u2019arthralgie articulaire de la syphilis secondaire jusqu\u2019à l\u2019ostéo-arthropathie déformante de la syphilis héréditaire et ils montrent qu\u2019indépendamment des cas où syphilis et tuberculose sont associées, les arthropathies syphilitiques sont le fait du tréponème.Le traumatisme peut jouer un rôle dans la localisation de l\u2019agent spécifique; ce dernier reste à l\u2019état de saprophyte dans les organes hématopoïétiques (ganglions et moëlle osseuse) d\u2019anciens syphilitiques et est susceptibles d\u2019être mis en liberté par le traumatisme et causer la lésion ostéo-articulaire syphilitique.De tout temps on a cru à l\u2019influence du traumatisme sur la syphilis; de hautes personnalités médico-chirurgicales et médico-légales l\u2019admettent.Si parfois le traumatisme est antérieur à l\u2019infection, l\u2019accident traumatique survient habituellement chez un sujet déjà en puissance de syphilis acquise ou héréditaire et joue un rôle tantôt révélateur, tantôt localisateur ou aggravateur.Clinique, réactions humorales, radiographie, traitement d\u2019épreuve permettent aisément le diagnostic.La syphilis articulaire d\u2019origine traumatique n\u2019est pas une rareté; les auteurs estiment que la syphilis a une part au moins égale, sinon supérieure à la tuberculose dans la production des ostéo-arthrites survenant à l\u2019occasion d\u2019accidents du travail.R.FONTAINE.M.COUTELA (Paris).\u2014 Arthrite syphilitique du genou par traumatisme (XIe Congrès de méd.lég., Paris 11926).° L\u2019auteur signale le cas suivant: une enfant de dduze ans, apparemment bien portante, fait une chute qui provoque une plaie superficielle dans la région prérotulienne.Quelque temps après apparaît une hydarthrose du genou qui étant donné sa persistance insolite fait penser à la tuberculose.Mais trois mois après le début de cette hydarthrose la fillette présentant des troubles oculaires, l\u2019auteur constate une kératite interstitielle typique; le B.W.du sang était positif.Tous les accidents cédèrent au traitement spécifique.Il s\u2019agissait donc bien d\u2019une arthrite syphilitique du genou à l\u2019occasion d\u2019un traumatisme survenant chez une hérédo.R.FONTAINE. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 253 ELECTRO-RADIOLOGIE MM.H.CASTELLS et V.CARULLA.\u2014 La Roentgenthérapie profonde dans la paralysie infantile (\u201cArchives d\u2019Electricité Médicale\u201d, juillet 1927).Dans ce mémoire original les auteurs reconnaissent que la paralysie infantile est certainement la maladie la plus ingrate pour le médecin, et qu\u2019il y a autre chose à faire pour celui-ci qu\u2019à se croiser les bras en se bornant à indiquer le triste pronostic.En effet, dans ces dernières arnées, celui-ci a beaucoup varié.En général, en s\u2019y prenant à temps, il n'y a plus à craindre le sombre avenir du membre paralysé, ni la difformité osseuse secondaire, ni la sequelle obligatoire des béquilles et appareils.Pour atteindre ce résultat le traitement radiothérapique doit être institué de bonne heure, c\u2019est-à-dire, aussitôt que la période aiguë de l'infection est terminée et que l\u2019état général du malade est rétabli.Ce sont les travaux de Bordier et après lui de Ghilarduci, qui incitèrent ces auteurs à recourir à ce mode de traitement.Ils emploient des rayons très pénétrants et très filtrés appliqués perpendiculairement sur le segment médullaire intéressé.Les doses varient suivant l\u2019ancienneté de la lésion \u2014 40% à 50% de la dose érythème, quand la date de l'attaque est inférieure à un mois ou à un mois et demi.Cette dese est étalée en trois ou quatre jours afin qu\u2019elle soit mieux tolérée.Si la date de l\u2019envahissement est plus ancienne la dose devra être de 75% à 85% de la D.E.Il est nécessaire de faire trois ou quatre séries à un ou deux mois d'intervalle.Sept mois après le début de l\u2019infection le traitement doit aussi être.institué mais seulement à titre d'essai.Les contre-indications à l\u2019emploi de la radiothérapie sont peu nombreuses: état accidentel d\u2019anémie, mauvaises conditions de la peau à irradier.Les vomissements, l\u2019anorexie, les élévations de température - occasionnés par l\u2019irradiation doivent être considérées comme des accidents bénins qui disparaissent facilement.Quant au danger de la stérilisation chez les jeunes filles lorsque la région lombo sacrée est irradiée, les.auteurs n\u2019en sont pas convaincus et concluent que les résultats obtenus par la radiothérapie sont très importants, puisque l\u2019extension et l'intensité de la paralysie sont notablement et constamment diminuées et réduites.Albert COMTOIS.LABORATOIRE RIENHOFF W.FRANCIS.\u2014 Transformations histologiques dans ie goître exophtalmique traité par l\u2019iode.(The histological changes brought about in cases of exophtalmic goitre by the administration of iodine.) (\u201cBulletin of the Johns Hopkins Hospital\u201d, vol.37 i,No 5, Nov.1925). 254 L'UNION MÉDICALE LU CANADA L\u2019auteur a étudié trois cus en particulier de la fuçon suivante.Examen clinique des trois malades: métabolisme au-dessus de 50 dans tous les cas et signes évidents de goître toxique; ablation d\u2019une partie supérieure d\u2019un lobe en conservant soigneusement l'artère thyroïdienne supérieure afin de provoquer des troubles vasculaires minimes, \u2014 Examen histologique.Administration de Lugol: métabolisme descend progressive- mient jusqu\u2019à 6,\u20145,\u20144,\u2014.Ablation complète de la glande et examen histologique (fixation au Zenkerformol, hermalun, éosine, paraffine, celladine).L\u2019examen histologique de la biopsie montre dans tous les cas une image identique et typique du goître toxique: aspect charnu, papilloma- teux intra-vésiculaire, avec très peu de colloïde, infiltration lymphocytaire, sclérose peu marquée, vascularisation sanguine et lymphatique accentuée, état cylindrique des cellules, etc.L\u2019examen histologique de la glande après traitement à l\u2019iode montre: 1\u2019 une augmentation du volume de la glande; 2° diminution de la vascularisation; 3° augmentation de la substance colloide; 4° augmentation du tissu fibreux capsulaire et interlobulaire; 5° la présence de petites tuméfactions ressemblant à une adénome au début; 6° l\u2019aplatissement général des cellules épithéliales; 7° vaisseaux sanguins et lymphatiques affaissés; 8° acini distendu par de la colloïde se colorant également: 9° diminution marquée des figures de mitoses: 10° absence à peu près complète de desquamation épithéliale dans les acini.Conclusions : 1° L\u2019iode produit des transformations étonnantes et précises sur la structure histologique des goîtres exophtalmiques, 2° Transformations histologiques citées dans l'analyse précédente.3° L'amélioration cliniquement et l\u2019abaissement du métabolisme\u2019 basal sont en rapport et associés directement à la transformation histologique d\u2019une image type en celle du goître colloïde.4° En comparant la structure histologique de la glande dans 30 cas de goître toxique, parmi lesquels 30 avaient reçu de l'iode et les 30 autres rien du tout, l\u2019auteur remarque que l\u2019image histologiqué examinée après administration d\u2019iode était constante et comparée à l\u2019image des cas qui n'avaient rien reçu, correspondait exactement aux transformations microscopiques des 30 cas chez lesquels un examen avait précédé et suivi l\u2019administration d\u2019iode.5° L\u2019état colloïde cliniquement et histologiquement est moins actif que l\u2019état hypertrophique et hyperplasique.6° Une rémission artificielle est produite par l\u2019iode.7° Une rémission dans un cas de goître exophtalmique est associé à une transformation de l\u2019état hyperplasique en l\u2019état colloïde, malgré la persistance d\u2019un certain degré d\u2019hyperplasie.C\u2019est une question d\u2019hyperplasie relative.Cette observation tend à éclairer les images histologiques confuses des cas de goitres toxiques examinés en série.L.C.SIMARD. SOCIÉTÉS La Société Médicale de Montréal Séance du 6 \u2018mars 1928 Présidence du Professeur Baril 1\u2014 Lecture et adoption du procès-verbal.2 Correspondance.3\u2014 Mise en nomination.4\u2014Flection de Membre.MM.J.DELAGE, P.LATOUR, H.LACHA- RITE.5.\u2014Communications : Enucléation des adénômes thyroïdiens à l\u2019anesthésie locale.Présentation de malade.M.R.DORE.Insuffisance aortique chez un enfant.Présentation de malade, M.P.LETONDAL.Kératoses séniles multiples et épithéliomatose de la face.Présentation de malade.M.A.MARIN.Un cas de malformation congénitale de la face.M.À.FERRON.Corps jaune hémorragique rupturé.Observation.Présentation de pièce.M.E.GARIEPY.Grande insufisance surénalienne par thrombose vasculaire.Observation.Présentation de pièce.M.le Prof.A.LeSAGE.Flephantiasis de l\u2019appendice.Présentation de pièce.M.A.BELLEROSE.Deux cas d\u2019ictère.M.R.BOUCHER.6.\u2014Affaires de routine.\u2014 7.\u2014Avis de Motions.Motions.Le Secrétaire, L.C.SIMARD.NOUVELLES LE COMITE DES COURS DE PERFECTIONNEMENT DE L\u2019ASSOCIATION MEDICALE DE LA PROVINCE DE QUEBEC Comme par les années passées, le Comité des Cours de Perfectionne- Tiunt continuera cette année ses journées cliniques à travers la Province.Déjà certains centres plus considérables nous ont fait des demandes, pour organiser des conférences durant les mois d'avril et mai.Nous nous sommes rendus à leurs demandes, mais nous n\u2019oublions pas que ce seront surtout les centres ruraux, éloignés des grandes villes, qui bénéficieront de ces causeries, 256 L'UNION MÉDICALE DU CANADA L'été est encore loin.et les routes, impassables.Cependant il n'est pas trop tôt pour penser à quelques sujets intéressants qui pourront être traités durant la belle saison, devant les membres de la Profession Médicale de la Province de Québec.Aussi lançons-nous un appel à tous les présidents et secrétaire des Scciété médicales régionales pour qu'ils nous fassent tenir le plus tôt possible des dates da réunions, des titres de sujets, ou des noms de conférenciers.Le même les médecins praticiens, les médecins des hôpitaux ou de l«boratoires qui se sentent des dispositions pour transmettre à leurs confrères éloignés les acquisitions récentes qu'ils font dans leur pratique journalière, seront les bienvenus auprès du secrétaire du Comité des Cours de Perfectionnement.Nous ne pouvons dépasser le montant alloué, et nous ne croyons pas pouvoir organiser plus de deux réunions \u201ccliniques par centre rural.Nous demandons aux secrétaires des Sociétés désireuses de profiter de ces conférences de nous faire tenir le plus tôt possible les détails ordinaires: date probable (semaine ou mois) de la réunion, nombre de con- i{C(renciers désirés, ou titres des sujets à traiter.Le Comité des Cours de Perfectionnement a toujours son siège social à 9553 avenue du Parc, et le le Dr Léon Gérin-Lajoie en est le secrétaire.Toutes demandes de renseignements devront être adressées à celui-ci.IN MEMORIAM DOCTEUR ALPHONSE D.AUBRY, Lieutenant-colonel (1849-1928) La profession médicale canadienne-française vient de perdre dans la personne du docteur À.D.Aubry un de ses membres les plus distingués.Né à St-Hermas le 14 août 1849 de J.B.Aubry et de Elmire Larose de Guire, il fit ses études classiques au séminaire de Ste-Thérèse, et ses études médicales à l\u2019Ecole de Médecine et de Chirurgie Victoria de Mentréal où il gradua en 1873.Après quelques années de pratique à Fllenburgh, N.Y, il vint s\u2019établir dans la municipalité de la Côte St-Paul où il demeura jusqu\u2019en 1891, alors qu\u2019il s\u2019établit définitivement à Montréal.En 1873 il épousa Mlle M.Howens de Ellenburgh dont il eut trois enfants, deux fils et une fille.M.A.J.Aubry de New-York est le seul survivant.Sa femme mourut en 1890, et deux ans plus tard il épousa en secondes noces Mile Margaret V.Connolly de New-York, dont il eut deux filles qui lui survivent.Sa seconde femme mourut en 1922.Le docteur Aubry, qui avait toujours été très bien portant, fit une première maladie en 1922 dont il ne se rétablit jamais parfaitement, et d'année en année il montra moins d\u2019activité jusqu\u2019à sa mort survenue le 7 février dernier après plusieurs mois de réclusion chez lui.= a ©.» =.Wr GE æ oi eux me LÀ pl L'UNION MÉDICALE DU CANADA 257 Dans sa lcngue carrière professionnelle le docteur Aubry donna l'exemple d'une probité et d\u2019une honorabilité qui pourraient servir d'exemple aux générations futures.Il fut pendant près d'un demi-siècle le médecin des Dames Religieuses de la Congrégation de Notre-Dame, et je sais quelle estime ces religieuses avaient pour lui, pour l'avoir accompagné moi-même assez souvent aux lits de ses chères malades dans la grande infirmerie de cette communauté.Il fut également pendant plusieurs années médecin des religieuses de I'Immaculée-Conception d\u2019Cutremont.Le docteur Aubry était non seulement un bon médecin, mais il était également un excellent conseiller, et ceux de ses clients qui en parlent conservent de sa paternelle direction des souvenirs réconfortants.Le plus grand témoignage d\u2019admiration que je puisse rendre a cet homme de bien c'est de dire avec quel empressement il chercha toujours à se tenir au courant des nouvelles découvertes scientifiques.Esprit ouvert et intelligence vive, il comprenait aussitôt dans ses lectures ce qui avait réellement une valeur pratique.Confiant dans son art il avait foi dans la thérapeutique prescrite, et il savait impressionner ses ma adas en les intéressant au plus haut point dans leur traitement.J\u2019ai toujours été frappé du soin que ce praticien, très occupé, donnait néanmoins à l\u2019examen clinique de ses malades dont il inscrivait tous les détails sur ses fiches.Il accordait une attention toute particullére a leur alimentation.Il fut pendant plusieurs années un des membres assidus de la Société Médicale de Montréal.Il était un des fidèles au laboraroira da J\u2019Hôte!- Dieu, et il ne négligeait jamais de demander l\u2019aida da nos distinzués hommes de science pour éclairer ou confirmer ses diagnostics.Le docteur Aubry fut un des médecins de service de l\u2019Hôtel-Dieu da 1899 à 1924.Il donna à ses collègues l\u2019exemple d\u2019une ponctualité et d\u2019une grande bonté envers les pauvres malades des salles publiques de cette institution.On sentait que chez lui que ses mouvements étaient coordonnés vers un but qui fut toujours le devoir professionnel.En 1869 il reçut le grade de lieutenant-colonel dans l\u2019armée canadienne et fit du service actif lors du soulèvement des Fenians.Plus tard il prit le commandement du \u2018vieux régiment de Maisonneuve\u201d, le 85ième bataillon, avec le grade de lieutenant-colonel.Il aimait à consacrer ses vacances au service des camps militaires de chaque été.De haute stature, il portait fort bien l\u2019habit militaire.Il s\u2019est éteint dans son appartement de la rue DeLorimier où j'aimais à lui faire visite de temps à autre.Sa chère fille Marguerite fut d\u2019un dévouement inlassable, et lui donna ses soins jour et nuit pendant toute la durée de sa longue maladie.- Le cortège funèbre fut aicompagné par un grand nombre de parents, de confrères, de militaires et d\u2019amis.La messe de requiem fut célébré dans la chapelle privée des Dames Religieuses de la Congrégation de Notre-Dame, qui voulurent sans aucun doute donner un dernier témoignage d\u2019estime de reconnaissance à celui qui leur consacra pendant 42 années la mcotié de son temps. 258 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Le Colonel Aubry est un des derniers représentants de cette vicille génération de médecins dont les d\u2019Orsonnens, les Rottot, les Laramée el tant d\u2019autres sont restés dans notre souvenir.Nous prions ses chers enfants el tous ses parents d\u2019agréer l'expression de notre prcfonde sympathie.J.E.DUBE, Médecin de l'Hôtel-Dieu.SOCIETE FRANÇAISE D\u2019OPHTALMOLOGIE XLIe Congrès \u2014 Mai 1928 On me prie de faire connaître au corps médical que la Société Française d\u2019Ophtalmologie tiendra son XLIe Congrès à la Faculté de Médecine de Paris, le lundi 14 mai et jours suivants.Le Comité attire votre attention sur les points suivants : Le Rapport d'usage sera présenté par le Docteur Mawas, de Paris, sur \u201cla Biomicrcscopie de la Chambre Antérieure et de l\u2019Iris à l\u2019état normal et pathologique\u201d, Ce travail constituera le second fascicule de l\u2019Atlas de Biomicroscopie, dont la publication a été décidée il y a deux .ans.Le beau Rapport de Gallemaërts, en 1926, en forme la première partie; la Biomicrosccpie du Cristallin, et la Biomicroscopie du Vitré suivront en 1930 et 1932.Les ophtalmologisies canadiens-français sont particulièrement invités à prendre part à ces egapes scientifiques fran- caises qui leur offriront l\u2019occasion de puiser à leurs sources toute une série de faits et de point de vue nouveaux sur les dernières actualités ophtalmologiques.Toute demande de renseignements au sujet du congrès recevra notre attention le plus immédiate.Veuillez agréer, Monsieur et Cher Collègue, l\u2019expression de mes sentiments dévoués.Pour le Comité de la S.F.O., J.P.E.BOUSQUET, Délégué pour le Canada.Poste de Médecin A l\u2019Epiphanie.Occasion unique pour un jeune médecin d\u2019acheter un excellent poste: propriété, ameublement, bibliothèque, instruments, pharmacie.Belles recettes assurées.S\u2019adresse à Madame Dr S.Pleau, L\u2019Epiphanie, Co.L'Assomption.Le Ch big I.Es I ; [L'Union Médicale du Canada Comité de Direction MM.Archambault, Benoît, Boulet, Bourgeois, Bruneau, DeCotret, Derome, Desloges, Dubé, Harwood, Lassalle, Latreille, Leduc, LeSage, Marien, Masson (D.), Masson (R.), Mercier, Pariseau (L.), Parizeau (T.), Rhéaume, Roy, Saint-Jacques.Président: D.Masson; Secrétaire-trésorier: G.Archambault.Comité de Rédaction MM.Badeaux, Francois; Bellerose, A.; Bertrand, A.; Boucher, R.; Brault, Jules; Comtois, A.; Dubé, E.; DeGuise, A.; Fontaine, R.; Gérin-Lajoie, L.; Lapierre, G.; Legrand, E.; Letondal, P.; Marin, A.; Marion, D.; Mercier, Oscar; Mercier-Fauteux; Mousseau, J.Alfred; Paré, Louis; Pepin, R.; Rivard, J.; Simard, Ls C.; Trottier, E.; Vidal, J.A.Président: À.LeSage; Vice-Président: A.Marin; - Secrétaire: O.Mercier.Prix de l\u2019abonnement pour 1928 Canada et Etats-Unis .%$300 Etranger (pays faisant partie de l\u2019Union Postale) .4.00 Etudiants .150 Pixdunuméro .02 Conditions de Publication L'Union Médicale du Canada paraît tous les mois par fascicules de 60 pages.Chaque numéro contient des mémoires originaux, des faits cliniques, une revue générale, un mouvement médical, des notes de pharmacologie, des analyses et des nouvelles médicales.Le Comité de Rédaction accepte des articles de tous les médecins à condition que ceux-ci n\u2019aient pas déjà été publiés dans un autre journal.Les Mémoires Originaux ne devront pas excéder 15 pages; les Faits Cliniques auront un maximum de 5 pages et les Revues Générales comprendront au plus 10 pages.Tout ce qui concerne la rédaction doit être adresse franco Pour la médecine: au Dr Roméo Boucher, 5130 Avenue du Parc.Tél.: Crescent 5800.Pour la Chirurgie: au Dr Oscar Mercier, 54 rue Cherrier.Tél: Est 1213.Administration Tout ce qui concerne l\u2019administration doit être adressé franco à M.T.Valiquette, comptable, 3705 rue St-André, ou Boîte Postale 3026. SUITE DU SOMMAIRE ANALYSES MEDECINE Cignoline, Etude radiologique et clinique sur les concrétions calcaires de la pinéale et leurs rapports avec les états hypo- génitaux (p.207).\u2014 Timlal, L\u2019arythmie du gros intestin (p.297).\u2014 Marcel Labbé, Technique du traitement du diabète par l\u2019insuline (p.298).CHIRURGIE Neill, Ligature de l\u2019artère fémorale au- dessous de l\u2019origine de la fémorale profonde dans le traitement de l\u2019endartérite oblitérante de la jambe (p.209).\u2014 Gaudier, Perforation du duodénum, péritonite généralisée, drainage à la Miculicz comme seul traitement.Guérison (p.300).\u2014 Gatellier, Oberlin, Une technique d\u2019opération élargie du cancer du sein (p.300).\u2014 Juvera, Contribution au traitement ostéosynthétique des fractures des diaphyses (p.301).\u2014 Baillat, Iléus et shock toxique post-opératoire (p.302).PEDIATRIE Variot, La réduction de l\u2019industrie nourricière en France depuis la grande guerre (p.302).\u2014 Marfan, Le mongolisme (p.304).TUBERCULOSE PULMONAIRE André Jacquelin, Le poumon opposé au cours du pneumothorax artificiel.Problèmes du diagnostic (p.305).UROLOGIE Patel et Peycelon, Un cas de ligature totale de la veine cave inférieure pour une blessure opératoire survenue au cours d\u2019une néphrectomie (p.306).CHIRURGIE INFANTILE ET ORTHOPEDIE Henderson et Fortin: La tuberculose du genou chez l\u2019adulte (p.306).\u2014 Vienne, Stabilisation de l\u2019articulation de l\u2019épaule pour luxation récidivante (p.307).\u2014 Lowman, L\u2019extension continue dans le traitement des affections de la colonne vertébrale, notamment dans la scoliose (p.307).\u2014 Eikenbary, Méthode pour la réparation des ligaments croisés de l\u2019articulation du genou (p.308).GYNECOLOGIE Mowbray, Le traitement des fibromes utérins (p.308).\u2014 Douay, La stérilité d\u2019origine tubaire (p.308).\u2014 Chatillon, La stérilité d\u2019origine utérine (p.309).OPHTALMOLOGIE Gallemaerts, Tunique vasculaire du cristallin et lampe à fente (p.309).NEURO-PSYCHIATRIE Juster, Le réflexe cutané hypothénarien, signe de Babinski de la main (p.310).DERMATO-SYPHILIGRAPHIE Strauss, Curiethérapie d\u2019hémangiomes caverneux et d\u2019epulis (p.311).\u2014 Schmidt, Le traitement des angiomes caverneux siégeant au-dessous d\u2019une peau normale (p.312).MEDECINE LEGALE Durand, Le diabète traumatique au point de vue médico-légal (p.313).ELECTRO-RADIOLOGIE Delherm, de Brancas et Beau, Résultats obtenus dans 113 Cas de fibromyomes utérins traités par la Roentgenthérapie (p.314).LABORATOIRE Reinhoff, Involutions ou transformations régressives de la glande thyroïde dans des cas de goître exophtalmique (p.314)."]
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