L'union médicale du Canada, 1 août 1928, Août
[" Tome LVII No 8 Août 1928 MÉMOIRES LE DISPENSAIRE ANTISYPHILITIQUE ORGANISATION - RÔLE - MOYENS D'ACTION \u201c\u201d) Par G.ARCHAMBAULT, A.H.DESLOGES, Professeur de dermato-syphiligraphie Directeur général de la lutte contre à la Faculté de Médecine de les maladies vénériennes dans l\u2019Université de Montréal la province de Québec.L'organisation de la lutte contre les maladies vénériennes comporte plusieurs facteurs très importants qu'il est difficile de séparer et d'envisager 1solément.[! faut une coopération intelligente des corps publics, des clergés, des médecins et de toutes les classes dirigeantes de la société.Il faut aussi des centres de traitement, des dispensaires, pour stériliser les porteurs de germes, éteindre les foyers d'infections là où ils existent, et compléter auprès des malades la campagne d'éducation commencée par les tracts et les conférences.Il faut enfin une direction générale pour contrôler le fonctionnement de la lutte contre les maladies vénériennes, fournir les médicaments, tracts, etc.aux centres de traitement, et établir des statistiques d'après les rapports reçus mensuellement des dispensaires.Sachant bien qu'à chaque pays, à chaque mentalité, des moyens de lutte et des procédés tactiques différents sont nécessaires, nous nous bornerons à exposer ce que nous avons fait au Canada français, dans la province de Québec.Nous apporterons ainsi notre contribution à l'étude d'un des problèmes les plus importants qui aient (1) Rapport présenté au Congrès de Nancy, mai 1928. 444 L'UNION MÉDICALE DU CANADA jusqu'ici retenu l\u2019aitention de ceux qui se préoccupent de la santé et du bien-être de l'humanité.Convaincus de ne pas avoir atteint la perfection, nous attirons cependant l\u2019attention des congressistes sur certains points qui nous ont facilité la lutte d'assainissement physique et moral que nous poursuivons depuis plusieurs années.Nous nous empressons d'ajouter que nous serons les premiers à bénéficier de la discussion qui suivra la présentation de notre rapport.C\u2019est surtout depuis la grande guerre que les pouvoirs publics et les corps médicaux se sont rendu compte de l'extension des maladies vénériennes et des ravages qu\u2019elles exercent.C\u2019est par l'examen des recrues ainsi que par le nombre d\u2019infections causées par les soldats à leur retour, que fut déchiré le voile qui cachait la réalité et que fut constatée, dans toute son horreur, l\u2019étendue du mal vénérien.Cette révélation de l\u2019imminence et de la gravité du péril, loin d'abattre les courages, fit surgir des énergies et des dévouements.De tous côtés l\u2019on vit bientôt naître de nombreuses organisations médicales ayant pour but de sauvegarder le public du mal vénérien et de guérir ceux qui en étaient atteints.Dans ce mouvement général d'hygiène sociale, la province de Québec fit son devoir.Dès le printemps de 1920, à la demande de l\u2019honorable Athanase David, secrétaire de la province, le Gouvernement fit voter une loi spéciale pour combattre les maladies vénériennes, et créa une commission de médecins pour organiser et diriger la lutte.Pour défrayer cette campagne d'hygiène, il vota généreusement une somme égale à l\u2019allocation offerte aux provinces du Dominion par le Gouvernement fédéral.Quelques mois plus tard, le 10 septembre 1920, à Québec, au cours d\u2019une séance plénière du Congrès de l\u2019Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord, en présence de l\u2019honorable secrétaire de la province et de cinq cents médecins, le directeur de la campagne antivénérienne exposa la gravité et l\u2019étendue des ravages causés par la syphilis ainsi que l'urgence des moyens qu\u2019il préconisait pour lutter contre le fléau envahisseur.Le directeur savait parfaitement que le succès du combat qui allait s'engager reposait sur le concours et l\u2019active collaboration de tout le corps médical de la province.Afin de bien comprendre les difficultés inhérentes à cette lutte, il est bon d'en signaler certains caractères.Par le problème d\u2019ordre moral qu\u2019elle suscite, elle diffère sensiblement des autres initiatives > vr ai PO ay ERNE EN L'UNION MÉDICALE DU CANADA 445 d'hygiène.Mouvement d'assainissement physique, la lutte contre les maladies vénériennes est en même temps une mesure d\u2019assainissement moral.Tous deux sont intimement liés et l\u2019un ne va pas sans l'autre.C\u2019est cette conception rationnelle qui valut à la Commission la haute approbation de feu Son Eminence le cardinal Bégin, de nos archevêques et évêques, ainsi que des évêques et pasteurs protestants.Pour produire les résultats attendus, la lutte devait être conforme à un programme élaboré et précis.Aussi n'est-ce qu'après mûre réflexion que le programme suivant fut adopté : 1° Institution d\u2019une active campagne d'instruction, d'éducation, sur la nature, les conséquences, les ravages et les modes de contagion des maladies vénériennes; 2° Etablissement et entretien du laboratoire où les examens seront faits gratuitement pour tous les médecins; 3° Organisation de dispensaires où les indigents seront traités gratuitement.L'étude des deux premières questions étant en dehors du sujet Gue nous avons à traiter, nous nous bornerons à développer la troisième qui se rattache à l\u2019organisation, au rôle et aux moyens d'action du dispensaire antisyphilitique.Le Dispensaire antisyphilitique Bien que l\u2019éducation scientifique, morale et physique, soit à la base de toute campagne antivénérienne, 1l est évident que les résultats seront nuls si des moyens faciles de traitement ne sont pas mis à la disposition des malades.Le dispensaire antisyphilitique est un des facteurs essentiels de la lutte contre le mal vénérien et son rôle est des plus importants.Outre le traitement médicamenteux, l\u2019éducation par les tracts et les conseils des médecins, il permet le dépistage de la syphilis dans les familles.Centre d'enseignement et de recherches scientifiques, 1l contribue à former des médecins et spécialistes, en même temps qu'il favorise l\u2019avancement de la science.C\u2019est en quelque sorte le pivot auquel se rattachent les autres moyens de lutte contre les maladies vénériennes.Mais le dispensaire antisyphilitique idéal, réunissant toutes les conditions et répondant à toutes les exigences, est impossible à realiser.Il doit d\u2019ailleurs être souple, perfectible et 11 doit se plier 446 L'UNION MÉDICALE DU CANADA aux conditions locales ainsi qu'aux mœurs différentes.Voyons comment nous l'avons conçu et organisé au Canada français.Comprenant bien que le dispensaire antisyphilitique, affiché comme tel, ne serait pas populaire, nous nous sommes appliqués à éviter toute dénomination qui tendrait à marquer les infectés du stigmate de \u201cvénériens\u201d et a les éloigner des centres de traitement.Nous avons par conséquent établi nos cliniques dans les hôpitaux généraux où les malades peuvent se présenter sans crainte d\u2019être étiquetés et où le spécialiste peut faire appel, s.len que le mal affecte telle ou telle forme, au clinicien, au chirurgien, au neurologiste, a I'ophtalmologiste, etc.Au début de la campagne antivénérienne, à cause de circonstances spéciales, nous avions établi un dispensaire en dehors d'un hôpital général.De cette façon, nous désignions si clairement les malades qu\u2019ils cessaient habituellement d'y revenir après une première visite.Nous avons alors transporté cette clinique dans un hôpital général situé dans le même arrondissement.Au- jourd'hui les malades s\u2019y présentent en grand nombre et suivent assidûment leur traitement.Cette conception présente d'ailleurs de multiples avantages, tant pour le malade que pour le médecin.Elle réalise un centre merveilleux de dépistage de la syphilis.On ne saurait trop insister sur le nombre de syphilis méconnues que l\u2019on découvre aux dispensaires de médecine générale, de gynécologie, de chirurgie, etc Rien n'est plus simple que de diriger ces malades sur le dispensaire antisyphilitique s\u2019il fonctionne aux mêmes heures dans le même hôpital.De son côté, le syphiligraphe peut facilement faire examiner ses malades dans les services annexes et recevoir le rapport avant que les patients aient quitté l'hôpital, d\u2019où économie de temps et traitement éventuel immédiat.- Cette collaboration active entre les différents services facilite le travail et le rend plus efficace.C\u2019est ainsi que nous avons pu réaliser, dans un de nos grands hôpitaux universitaires, un centre de puériculture, avec les services de pédiatrie, d'obstétrique et de syphiligraphie, sans rien changer au fonctionnement de ces dispensaires, sans frais, sans augmentation du personnel, sauf un ou deux médecins et une infirmière visiteuse.Ce centre qui fonctionne depuis plus de dix-huit mois a déjà produit des résultats inespérés.Il est bien plus facile d'obtenir des lits pour hospitaliser les malades dans un hôpital général que partout ailleurs, et comme tous les hôpitaux généraux possèdent un grand laboratoire central auquel Pp Gp TW.su 2» \u2014\u2014 \u2014\u2014p00 + 72 5.= 70 UNICN MÉDICALE DU CANADA 447 sont atiachés des sérologistes et des bactériologistes, la liaison entre le cliricien et ces derniers s'établit aisément pour le plus grand bien des malades.Nous croyons donc fermement que les hôpitaux généraux sont les endroits les plus favorables pour établir les dispensaires antisyphilitiques et c'est dans ces institutions que nous avons organisé les nôtres.L'admissien des malades est faite au bureau général des admissions.À ce bureau, où un médecin fait le triage dès malades de tous les dlispensaires, une carte spéciale est remise au vénérien qui est ensuite dirigé sur le dispensaire antisyphilitique.Le dispensaire spécialisé fait denc partie du dispensaire général de l'hôpital.Nos dispensaires antisyphilitiques situés dans nos hôpitaux généraux comprennent habituellement piusieurs pièces: une salle d'attente, une grande salle où sont reçus les malades anciens, une autre qui sert de cabinet de consuitation et où tous les malades nouveaux sont reçus un à un et examinés privément par un médecin ; une salle d'examen ; deux salles de traitement; une salle de repos avec deux lits; un laboratoire où sont pratiqués les examens ultramicroscopiques, d\u2019urine, etc., les séro-réacticns de Bordet-\\Wassermann, Kahn, Lange, benjoin colloidal, et autres similaires (tant faites a I'un des deux grands laboratoires provincicux.Pour les malades nécessitant I'hospitalisaticn, l'hôpital met dix lits a leur disposition.Il parait assez facile de réaliser cet ensemble.L'espace total n'est pas nécessairement très vaste.Ce qui esi important, c'est que le dispensaire soit divisé en plusieurs pièces de facon à isoler les malades les uns des autres et permettre au médecin qui reçoit les nouveaux cas de les examiner privément.Dans l\u2019œuvre que poursuit le dispensaire, la discrétion joue un grand rôle et le médecin doit s'efforcer de gagner la confiance du malade.Le personnel médical se compose d'un chef qui relève des autorités hospitalières ou des universités, et qui est assisté d\u2019un ou plusieurs médecins, selon le nombre des malades.C\u2019est lui qui voit tous les cas nouveaux, après que l'examen et l\u2019histoire de ces cas ont été faits par un des assistants, qui explique au malade la nature et la gravité de son infection et fait le plan général du traitement.Il voit également certains malades anciens qui lui sont adressés par l'assistant qui les reçoit.Le personnel non médical comprend une secrétaire qui s'occupe 448 L'UNION MÉDICALE DU CANADA des dossiers et des archives, et deux infirmières pour les pansements et les salles de traitement.L'expérience nous a démontré que les dispensaires les plus achalandés sont ceux où les médecins sont les plus qualifiés et les plus dévoués.En plus d'être scientifique, il faut que le médecin ait de la patience, de la douceur et une grande charité.Son devoir est de renseigner le malade sur la gravité de son affection, le danger de contagion auquel est exposé son entourage et la nécessité de suivre son traitement jusqu'à complète guérison.Il doit lui expliquer quelles sont les précautions à prendre pour protéger sa famille, sa femme, ses enfants.Loin de le décourager, il doit lui faire comprendre que la guérison est possible s\u2019il suit régulièrement son traitement.Il doit enfin lui remettre les tracts et la littérature appropriés à son cas.Certains pays utilisent les services d\u2019un enquêteur (service social).Ce fonctionnaire visite les familles où il cherche à dépister les cas de syphilis et à encourager les malades à aller se faire traiter au dispensaire.Il recherche ceux qui ont interrompu leur traitement et s'efforce de les ramener à l'hôpital.Nous avons tenté l\u2019expérience dans quelques-uns de nos dispensaires.En face des complications sans fin qui sont survenues, nous avons dû abandonner ce système.Chaque peuple a sa mentalité propre.Le service social qui peut être utilisé avec avantage chez les anglo-saxons ne semble pas applicable aux latins.Nous croyons que c\u2019est plutôt au médecin qu'incombe ce rôle, et l'intérêt qu\u2019il doit porter aux malades est plus important et peut faire davantage.C\u2019est lui qui doit dépister l\u2019infection chez les conjoints ou les enfants, et c\u2019est lui qui doit faire comprendre aux malades qu\u2019il est de leur propre intérêt de faire examiner tous les \u201cmembres de leur famille, et de leur faire suivre un traitement s\u2019il y a lieu.C\u2019est encore lui qui doit convaincre les jeunes gens de la nécessité de se guérir avant de songer au mariage, et leur expliquer que s'\u2019iis ne suivent pas leur traitement jusqu'à complète guérison, ils s'exposent à contaminer leur épouse et, s'ils ne deviennent pas stériles, à procréer des tarés, des dégénérés, des infirmes.Nous croyons que seul le médecin a les qualités requises pour parler ainsi à ses malades et les convaincre.S'il est dévoué et s\u2019il comprend bien son rôle, il peut obtenir des résultats de beaucoup supérieurs à ceux de tous les services sociaux.pull ps.o a \u2018+= \u2014 a.A L'UNION MÉDICALE DU CANADA 449 Nous devens avouer cependant que malgré toute la bonne volonté de nos médecins, un nembre encore trop considérable de malades abandonnent leur traitement trop tôt et disparaissent dès que leurs lésions cutanées et affichantes sont guéries.Il n\u2019y a que l'éducation poussée à outrance qui réussira à doter les individus d'un sentiment plus élevé envers la collectivité.Vaut-il mieux séparer les hommes des femmes et les recevoir à des heures et à des jours différents ?Nous le croyons.Aussi des la première consultation donne-t-on aux uns et aux autres les indications indispensables.Nous recevons les enfants avec les femmes.Nous permettons ainsi aux mères d'amener leurs enfan:s pour que l\u2019on puisse les examiner et les traiter au besoin.Nous attirens l'attention sur certains incidents qui se sont pro- cuits dans la salle d'attente de quelques-uns de nos dispensaires.Des proxénetes se sont mélées aux femmes et ont tenté de les circonvenir.Il est donc nécessaire d'exercer une surveillance très sévère dans les salles d'attente et aux abords des dispensaires.Le dispensaire doit-il être ouvert à tous les malades indistincte- nent ou seulement aux indigents ?Cette question est délicate et sa solution difficile.D'abord, qu'est-ce qu\u2019un indigent 7\u201d Est-ce celui cui ne gagne pas sa vie ?N'est-ce pas aussi celui qui, tout en gagnant un salaire suffisant pour soutenir sa famille, ne pourrait cependant supporter les frais d'un traitement coûteux et prolongé 7 Dans notre rays, un soutien de famille gagnant même 2,000 frarcs par mois, soit environ 80 dollars, serait classé dans cette dernière catégorie.Tceut dépend des circonstances et du milieu.Il ne faut pas oublier nen plus que la syphilis est une maladie à portée sociale et que si teutes les facilités possibles ne sont pas données au malade, celui-ci fafalement abandonnera son traitement avant qu\u2019il ne soit guéri et continuera à propager l'infection autour de lui.Nous sommes très larges sur cette question des indigents et ne refusons que les malades qui sont en mesure de payer le coût normal de leur traitement.Quant à ceux qui peuvent payer quelque chose, nous les traitons et employons les sommes ainsi perçues au fonctionnement du dispensaire.Nes dispensaires cont largement ouverts aux praticiens qui peuvent y amener leurs malades peu fortunés pour consultation, diagnostic, examen de sang.ponction lombaire, etc.Ils peuvent cux-mêmes s\u2019y familiariser avec la technique des prises de sang, des traitements nouveaux, et discuter avec les médecins des dispensaires 450 L'UNION MÉDICALE DU CANADA de tous les problèmes de syphilis qu\u2019ils rencontrent dans l'exercice de leur profession.Le nombre de ceux qui profitent de ces avantages n\u2019est pas aussi considérable que nous le désirerions.Nous le regrettons, car le dispensaire ainsi compris permettrait au praticien de traiter encore mieux ses malades et de devenir lui-même un auxiliaire précieux dans la lutte contre le mal vénérien.Le dispensaire antisyphilitique doit être un centre d'enseignement et de recherches scientifiques.En plus des médecins praticiens qui peuvent librement y venir se documenter, les étudiants de nos universités doivent faire un stage obligatoire dans les dispensaires des hôpitaux généraux.Au début de la campagne antivénérienne, nous avons établi quelques dispensaires relevant du service d'hygiène de la province.Nous nous sommes vite rendu compte qu\u2019il était excessivement difficile à un gouvernement de faire bien fonctionner ces cliniques.Nous avons alors demandé à nos universités, Montréal, Laval et McGill, d'assumer la responsabilité scientifique de nos grands dispensaires, la coopération administrative des hôpitaux nous étant assurée.Cette initiative a donné les meilleurs résultats.Les universités désignent les compétences et les hôpitaux s'occupent de l'administration.Les directeurs de nos grands dispensaires sont tous des professeurs de nos universités.Ce sont eux qui reçoivent les étudiants et organisent l\u2019enseignement.Pour compléter cet enseignement, le Gouvernement a organisé, il y a quelques années, un cours de perfectionnement qui fut donné.a Montréal et à Québec, par le distingué syphiligraphe de Strtsbourg le professeur Pautrier, avec le concours de professeurs canadiens.Ce cours, suivi par plus de cent médecins et étudiants, fut imprimé et distribué à tous les médecins de la province.Nous avons à diverses reprises, lors de nos congrès, invité des spécialistes éminents à venir renseigner nos confrères canadiens sur les traitements les plus modernes, etc\u2026.C'est ainsi que notre collègue et ami, le Dr Marcel Pinard, vint par deux fois nous exposer le fruit de son travail et de son expérience en syphilis.Le Dr Paul Gastou assista aussi à un de nos congrès où 1l présenta un rapport très intéressant sur la réaction Bordet-Wassermann.Les professeurs Gougerot et Pinard nous cnt souvent envoyé des articles que nous avons distribués aux médecins du Québec.Le personnel médical de nos dispensaires se réunit tous les quinze jours pour l'étude des dossiers et des cas, la discussion des nm apni WYO TN ve L'UNION MÉDICALE DU CANADA 451 traitements, et la plupart de nos médecins publient régulièrement des articles scientifiques dans nos revues médicales.Aucun médecin attaché au dispensaire n\u2019est rémunéré.Comme cependant il y a toujours une groupe important de malades qui, tout en étant considérés comme indigents, contribuent néanmoins aux frais de leur traitement et facilitent ainsi le fonctionnement du dispensaire, nous croyons que le surplus de ces contributions, s'il y en a, pourrait constituer un fonds spécial qui permettrait aux médecins du dispensaire, à tour de rôle et selon leur travail, de faire des voyages d\u2019études, d'assister aux congrès, etc, et en même temps de compléter l\u2019organisation d\u2019une bibliothèque contenant les plus récents volumes et les revues traitant de la syphilis, que les médecins consulteraient avec grand avantage.Chaque dispensaire doit tenir un dossier complet de chaque malade.Un rapport général de ses opérations est fait tous les mois au directeur général.Ce rapport doit indiquer le sexe, l'âge, le nombre de patients admis, anciens et nouveaux; la classification des cas: primaire, secondaire, latente, nerveuse, tertiaire, infantile, etc.; le nombre de consultations et traitements, le nombre d'injections données; les médicaments employés: arsénicaux, sels de bismuth, mercuriaux, etc, et lorsqu\u2019il y a lieu, les réactions observées.Ce rapport mensuel permet au directeur général de la lutte antivéné- rienne de contrôler la valeur des médicaments employés et la fréquentation des centres de traitement.A son tour, le directeur rédige, a la fin de chaque année, un rapport indiquant le travail accomph dans chaque dispensaire antisyphilitique de la province.Comme il faut autant que possible débarrasser le médecin de tout autre travail que le travail médical, le secrétaire du dispensaire s'occupe de la rédaction des rapports et de l'établissement des statistiques qui sont faciles à rédiger si les dossiers sont bien préparés.Dans quelques dispensaires des hôpitaux généraux les examens de sang et du liquide céphalo-rachidien sont pratiqués au laboratoire de l\u2019hôpital.Tous les autres dispensaires utilisent nos deux laboratoires provinciaux, à Montréal et à Québec, auxquels sont attachés des sérologistes qui se consacrent entièrement aux travaux de laboratoire.Tous les médecins de la province peuvent faire examiner gratuitement le sang et le liquide céphalo-rachidien de leurs malades.Ils n\u2019ont qu'à faire les prises et à expédier les échantillons par la poste, en se servant du petit nécessaire qui leur est, sur simple demande, fourni par le laboratoire.Celui-ci leur fait ensuite 452 L'UNION MÉDICALE DU CANADA parvenir le résultat de l\u2019examen ainsi qu'une note explicative sur l'interprétation des réactions.Il est facile d'apprécier les services rendus par ces laboratoires en constatant qu\u2019en 1926, 23,647 réactions Bordet-Wassermann ont été faites à Montréal et à Québec.Nous avons jusqu'ici exposé le fonctionnement des dispensaires des hépitaux généraux.Il va sans dire qu'il faut d\u2019autres centres de traitement et qu\u2019il est nécessaire d'en organiser le plus possible, en choisissant de préférence les centres populeux et d'accès facile.C\u2019est ainsi que le traitement de la syphilis a été organisé dans tous les hôpitaux d'aliénés, les écoles de réforme et d'industrie, les prisons, les sanatoria pour tuberculeux, etc, et qu'à l'heure actuelle, nous avons 60 centres de traitement qui fonctionnent dans la province de Québec dont la population est d\u2019environ 2,300,000.125 médecins sont attachés à ces cliniques.Les médicaments indispensables et les instruments sont fournis gratuitement par le directeurs général de la campagne antivénérienne aux centres de traitement.Dans les régions éloignées des centres de traitement, le directeur distribue gratuitement aux médecins qui en font la demande les médicaments nécessaires au traitement.Ceux-ci n\u2019ont qu\u2019à faire un rapport au directeur sur l'emploi des médicaments qu'ils ont reçus.Durant l\u2019année 1926, le nombre total des nouveaux cas de syphilis admis dans nos dispensaires a été de 3,575.Ces cas se répartissent comme suit : 751 cas de syphilis primaire, 695 cas de syphilis secondaire, 567 cas de syphilis tertiaire, 944 cas de syphilis latente, 155 cas de syphilis nerveuse, 464 cas de syphilis infantile (hérédo).Il est vrai que nous avons encore un grand nombre de syphilis primaires, malgré l'éducation populaire que nous faisons.Ce n'est donc pas le temps de ralentir notre effort.Nous devons nous appliquer plus ardûment que jamais à l\u2019instruire le peuple du danger des infections vénériennes et de leurs conséquences graves.Ce qui nous réconforte cependant, c\u2019est qu\u2019aujourd\u2019hui les malades se présentent en plus grand nombre aux dispensaires, dès le début de leur maladie, et que les cas de syphilis secondaire et tertiaire deviennent de plus en plus rares.Nous ajoutons que fréquemment des individus < .- wœ ae +\" sm Phe & + - __ L'UNION MÉDICALE DU CANADA 453 viennent consulter pour savoir s'ils sont guéris et s'ils peuvent se marier sans crainte de contaminer leur épouse.Sans nous lasser nous cherchons sans cesse à perfectionner et à compléter l\u2019organisation de nos dispensaires, persuadés que ces centres constituent le moyen d'action puissant qui nous permettra de diminuer le nombre des infections syphilitiques et, espérons-le, de faire disparaître un jour complètement le mal vénérien.ee 9 ee PROCÉDÉS D\u2019IDENTIFICATION DES BALLES Par W.DEROME et R.FONTAINE, Médecins légistes.Toute balle tirée présente un nombre variable de déformations provenant de deux sources différentes.Les unes se produisent durant le parcours de la balle à travers le canon; elles sont comme l\u2019impression de celui-ci sur celle-là: ce sont les déformations normales, nécessaires, les seules qui peuvent servir à l'identification de l\u2019arme utilisée.Les autres résultent de la rencontre fortuite d'objets divers après la sortie de la balle hors du canon: ce sont les déformations accidentelles qui se surajoutent aux précédentes ct parfois les rnasquent complètement., Parmi les déformations normales, on compte les rayures dont le nombre, la forme, la largeur, la direction et le degré d\u2019inclinaison (rate of pitch) servent, avec le poids et le calibre de la balle, à déterminer le type d\u2019arme utilisée; mais seules les fines stries, que le microscope laisse voir à la surface de toute balle tirée, permettent I'individualisation d\u2019une arme, à l\u2019exc\u2018usion de teute autre de la même série.Ces fines stries sont en effet très différentes dans leur nombre, leur position, leur forme, etc, d\u2019une arme à l'autre, parce qu\u2019elles sont l'empreinte d\u2019aspérités minimes ou denticulations, elles-mêmes ex- tréêmement variables, qui se trouvent à la surface de tout canon et qui sont le résultat inévitable, d'une part, du défaut d\u2019homogénéité du métal enmployé dans la fabrication des canons et, d'autre part, de l\u2019action de l'outil (foret) qui graduellement s\u2019émeusse durant l'opération du forage.De ce caractère de variabilité des stries laissées par chaque arme sur ses propres balles, la science policière se devait à elle-même d'en tirer parti.C\u2019est au Dr V.Balthazard, notre dévoué maître, professeur de Médecine légale à l\u2019Université de Paris et Conseiller technique de la Sûreté de Paris, que revient l'honneur d\u2019avoir, le premier, en 1912, attiré l'attention sur la valeur identificatrice de ce caractère et d\u2019avoir jeté les bases d'un moyen nouveau de lutte contre les malfaiteurs, qui n'a d'égal que celui des empreintes digitales.La comparaison des stries sur les balles à identifier peut se faire de trois manières différentes : L'UNION MÉDICALE DU CANADA 455 Signaions d'abord la méthode du roulage imaginée par Geor- giadès et Balthazard.Chaque balle est successivement roulée à l\u2019aide d\u2019un poids, soit sur une feuille de papier-carbone, soit sur une mince feuille d\u2019étain, puis les tracés, agrandis par la photographie, sont mis en concordance de façon à laisser voir le nombre, la position et la forme des points ou stries semblables.Cette méthode ne fournit guère de bons résultats que si les déformâtions sont très marquées.Nous l\u2019avons notäimment employée dans l\u2019affaire Delorme où les Fig.1 analogies balistiques étaient presque visibles à l\u2019œil nu.Elle a par contre l'avantage d'être simple et rapide.Nous n\u2019y recourons plus que pour fin d'orientation.La méthode microphotographique donne d\u2019excellents résultats, mais elle est difficile d'exécution.Après avoir répéré à l\u2019aide du microscope les analogies correspondantes sur les balles, il convient d'exécuter les photographies à un grossissement d\u2019emblée considérable, 456 es re mee om mm _- ree pm * bo £ y & 44 ! > fe = X 8 = & = \u2019 = | 3 Fig.2 $ VY % a VA À ; te 3 = y re s$ $ À is £ \u20ac WF à ag VE =F 3] x ws 1 + L UNION MEDICALE DU CANADA \u201cÀ RD AR Ed | Ÿ a \" iy dt 3 = gh 3 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 457 soit 10 à 20 diamètres, et de veiller à ce qu'elles soient prises à la même échelle et sous un éclairage identique tant dans son intensité que dans sa direction, ce qui exige la mise au point par déplacement des balles elles-mêmes, besogne ennuyeuse mais à laquelle nous avons remédié grâce à un petit porte-balles muni de vis micrométriques (fig.1).Les microphotographies ainsi obtenues sont juxtaposées et les analogies correspondantes sont marquées d'un trait à l'encre rouge et numérotées.La même méthode s'applique à l'identification du culot des douilles (fig.2).Fig.3 La troisième méthode d\u2019identification des balles est de date récente et offre maints avantages sur les deux précédentes.Elle repose sur un principe d'optique bien connu mais que le Major Calvin Godard, de New-York, a le premier appliqué à l'examen des balles.L\u2019instrumentation (fig.3) consiste dans deux microscopes munis chacun d\u2019une platine mobile et surmontée d\u2019un porte-balle permettant un déplacement de l\u2019objet en tous sens; un oculaire de comparaison réunit les deux microscopes et permet de voir en une seule image les deux balles à comparer.Si, tomme il arrive le plus souvent, les 458 L'UNION MÉDICALE DU CANADA éléments à comparer consistent dans un certain nombre de fines stries, celles-ci peuvent être mises en concordance, c'est-à-dire bout à bout, sur chaque moitié de l'image et donner ainsi, dans le cas où cette concordance serait parfaite, l'impression réelle d\u2019une seule et même image (fig.4).Donc plus d'à peu près, aucun truquage Fig.4 possible attribuable à la technique, enfin aucune erreur pouvant être mise sur le compte d\u2019une mauvaise interprétation.Nous sommes en face d\u2019un fait clair et net: les deux moitiés de l\u2019image sont identiques sur des centaines de points microscopiques, cela doit suffire à entraîner une conviction absolue dans l'esprit de tous.Il ne reste plus qu\u2019à photographier cette image à un assez fort grossissement pour étayer devant la Cour cette conviction.Ce bref exposé n\u2019a pour objet que de montrer les progrès accomplis par la science policière dans le domaine particulier de la balistique, progrès que, au laboratoire de Médecine Légale et de Police Technique, affilié à l\u2019Université de Montréal, nous nous efforçons de suivre et d'appliquer intelligemment pour la plus grande protection de la Société contre les malfaiteurs. RECUEIL DE FAITS ENDOCARDITE MALIGNE À ÉVOLUTION SUBAIGUE CHEZ UNE FILLE DE ONZE ANS \u201c) Par Paul LETONDAL, Médecin de l\u2019Hôpital Ste-Justine et de l\u2019Hôpital Ste-Jeanne d\u2019Arc.Quoique très étudiée dans ces dernières années, l\u2019endocardite maligne demeure chez l\u2019enfant une affection rare, d\u2019un diagnostic souvent épineux (2).Ayant eu l\u2019occasion \u2014 1l n\u2019y a pas très longtemps \u2014 d'en observer un cas des plus instructifs, nous avons cru devoir le rapporter.- OBSERVATION \u2014Laurette D., 11 ans, est admise à J'hôpital Ste- Justine le 4 décembre 1927 pour température et douleur à la mastoïde droite.Il n'y a rien à noter dans ses antécédents héréditaires, mais on relève dans son passé la diphtérie, la rougeole et une première crise de rhumatisme polyarticulaire aigu à 5 ans; à cette époque un médecin constate un souffle dans la région précordiale et quelques mouvements choréiques.Il y a 2 ans l\u2019enfant fit une seconde poussée de rhumatisme, avec phénomènes douloureux intenses, prédominant dans la région cervicale.La maladie, pour laquelle nous l\u2019avons soignée, a débuté insidieusement au mois de mai 1926 par des phénomènes généraux vagues: l'enfant se plaint de fatigue, de lassitude générale et ne demande qu\u2019à se reposer.\u201cMa petite était devenue dormeuse le jour\u201d, nous dit la mère, \u201cet n\u2019avait de goût pour rien\u201d.Cependant que déclinait l\u2019état général, brutalement le 28 novembre 1927 la malade est frappée par un ictus suivi d\u2019une hémiplégie gauche.(1) Communication à la Société de Pédiatrie de Montréal, le vendredi 25 mai 1928.(2) Nobécourt.Clinique Médicale des Enfants.Affections de l'appareil circulatoire, Paris, 1925. 460 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Deux jours plus tard, comme l\u2019enfant présente de la température et qu\u2019elle accuse une douleur très vive derrière l\u2019oreille droite, un médecin conseille de faire admettre la malade ä l'hôpital Ste-Justine.A son entrée, le 4 décembre 1927, un examen des oreilles pratiqué par le spécialiste, montre que les deux tympans sont normaux, et que les mastoïdes ne présentent ni gonflement, ni douleur à la palpation.Le diagnostic de mastoïdite ne paraît nullement fondé à M.Migneault.Mais l\u2019état général de l\u2019enfant est profondément atteint: la malade est véritablement cachectique et d\u2019une pâleur impressionnante.Quoique très faible, elle est parfaitement consciente, voire même inquiète sur son sort et presse son entourage de questions.Sa température est peu élevée: 99° F., 2; son pouls n\u2019est pas très rapide: on ne compte que 114 pulsations à la minute.En examinant la malade, on constate une hémiplégie gauche avec contracture, avec participation de la face du même côté, une rate volumineuse et douloureuse, un gros foie sensible a la palpation.Les bases pulmonaires sont encombrées de râles muqueux\u2019 à bulles moyennes.L'auscultation du cœur révèle une double lésion mitrale et aortique.Il n'y a rien de particulier du côté de la gorge et des dents.L\u2019enfant accuse des algies variées: douleurs à la tête, aux oreilles, à la nuque, dans la région précordiale, au niveau des membres inférieurs.Malgré Ja gravité de son état, elle demande constamment à boire et à manger.Au surplus, elle fait de l\u2019incontinence des urines.En présence de ces symptômes aucun diagnostic n\u2019est formulé, mais on fait subir à l\u2019enfant une série de recherches de Jaboratoire dont voici les résultats.1\u2014Un séro-diagnostic de Widal, fait le 5 décembre, est négatif aussi bien pour le bacille d\u2019Eberth que pour les para À et B.2\u2014A la même date a été pratiqué un examen hématologique qui a montré une diminution considérable des globules rouges, une augmentation des globules blancs et des polynucléaires, comme on peut le constater par le tableau suivant: Globules rouges .2,800,000 Hémoglobine .2424 44242120 BR Valeur globulaire .+224 4 4 +4 000 0.9 Globules blanes .10.000 Polynucléaires neutrophiles .89% Grands et moyens mononucléaires .2% Lymphocytes .+ 2 2 4 4 604 + 4861 +0 9%, Polynucléaires eosinophiles .0% 3 \u2014Un eramen des urines, fait le 6 décembre, a montré qu\u2019il y avait de fortes traces d\u2019albumine, mais qu\u2019il n\u2019y avait ni sang, ni pus.Du 7 au 17 décembre la température oscille entre 97° et 101° F., et l\u2019état est stationnaire. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 461 Le 18 décembre l'enfant qui depuis son entrée était dans le service d'oto-rhino-laryngologie est transportée dans Je service de médecine, à la salle Ste-Cécile, où nous voyons la malade pour la première fois.Température à 99° F., pouls à 104, respiration à 34, pression artérielle 95 sur 35.Nous sommes d\u2019emblée frappé par la cachexie et la pâleur de cette enfant.Elle présente indiscutablement une hémiplégie gauche avec contracture, exagération des réflexes, trépidation épileptoide, signe de Babinski, 7} Nia u/s MAIS IMs IMIS IMIS SPM IS IM FS [MIS \u2018 \u2014|== Tos \u2014 E\u2014 fe._ \u2014\u2026 je \u2014_ ! \u2014 _ foe Fig.1.\u2014Courbe thermométrique de Laurette D., agée de 11 ans.mais la face est indemne.Apparition d\u2019une phlyctène au niveau de la face dorsale du pied gauche.Le foie très gros et douloureux, déborde de 5 centimètres le rebord costal.La rate également grosse et douloureuse, déborde les fausses côtes de 2!/, centimètres.L'examen du cœur a particulièrement retenu notre attention.La pointe bat dans le 5ème espace intercostal en dehors de la verticale mame- lonnaire.La palpation permet de constater un frémissement cataire net s dans le 2ème espace à gauche du sternum.A auscultation on entend, CR gg rer 462 L'UNION MÉDICALE DU CANADA d\u2019une part, à la pointe un souffle systolique se propageant dans l\u2019aisselle et dans la région du dos: d\u2019autre part, à la base, un souffle diastolique ayant son maximum d\u2019intensité au niveau du sternum vis-à vis du 2ème espace intercostal et se dirigeant vers l\u2019appendice xyphoïde.Le pouls radial est bondissant, dépressible: on perçoit faiblement le pouls jambier; la danse des artères est très apparente.Il n\u2019y a pas de double souffle crural ni de pouls capillaire.Les poumons ne présentent aucune anomalie.La gorge est normale.En présence de ce syndrôme, nous nous sommes dit: jeûne cardiaque, qui fait un ictus suivi d\u2019hémiplégie avec grosse rate, dont l\u2019état général décline progressivement: c'est de l'endocardite maligne.Néanmoins, nous avons éliminé la tuberculose par une cuti-réaction à la tuberculine, qui fut négative, et par une radiographie qui n\u2019a rien montrée de particulier du côté pulmonaire.Il y avait encore à éliminer l\u2019hypothèse d\u2019un rhumatisme cardiaque malin; mais dans les formes malignes du rhumatisme cardiaque il n\u2019y a pas d\u2019hémiplégie et de splénomélagie.Dans ces conditions nous demandons une hémoculture.et le laboratoire nous répond au bout de 24 heures que l\u2019hémoculture, faite sur gélose au sang, est positive au streptocoque hémolytique.Le 23 décembre on note des changements à l\u2019auscultation du cœur: le souffle systolique de la pointe est maintenant très doux, presque lointain, tandis que le souffle diastolique de la base est particulièrement intense.A la palpation le frémissement cataire est à peine perceptible.Oedème de la face dorsale qu pied gauche avec ulcération à contour violacé.L'état général devient de plus en plus inquiétant, et l\u2019anémie de plus en plus marquée, comme on peut en juger par les chiffres suivants: Globules rouges .ce.2,000,000 Hémoglobine .40% Valeur globulaire 222 0 .1 Globules blanes .2.8,100 Polynucléaires neutrophiles .178¢, Grands et moyens mononucléaires .3% Lymphocytes .2.2 424444244222 19% Le 24 décembre l\u2019examen stéthoscopique des poumons révèle des râles muqueux à bulles fines à la base gauche.Une recherche complémentaire du bacille diphtérique dans les sécrétions du nez et de la gorge est négative à l\u2019examen direct et à la culture.Le 25 décembre, oedéme de la face, respiration de plus en plus rapide.Délire.Mort à 6.30 hrs um.sans secousses ni convulsions.L'autopsie, pratiquée le lendemain matin à 10 heures par M.Louis Paré, a permis de constater au niveau de la valvule mitrale de grosses végétations, friables, avec wulcérations, obstruant presque complètement l\u2019orifice; des végétations existent également au niveau des sigmoides aortiques, mais beaucoup plus petites, à base indurée et sans ulocération.L'\u2019oreillette droite est dilatée, le ventricule gauche hypertrophié.Le péri- I UNION MEDICALE DU CANADA 463 carde contient environ 60 c.c.de liquide citrin, mais ses feuillets ne présentent aucune altération.Les poumons, fortement congestionnés aux bases, présentent ça et là quelques petits infarctus.Les gang.ions trachéo-bronchiques sont apparents, mais n\u2019offrent rien de particulier à la coupe.adhérence, ni épanchement du côté de la plèvre.La rate énorme, triplée de volume, contient de nombreux infarctus.Boue splénique abondante.Le foie, très hypertrophié, est le siège de lésions de dégénérescence graisseuse, mais offre dans son ensemble l'aspect muscade.tence est ferme.Il n\u2019y a ni Sa consis- Les reins fortement congestionnés, présentent de nombreux infarctus.On constate à l\u2019examen du cerveau un volumineux abcès de la région sylvienne droite.Ajoutons qu'un frottis des végétations et de l\u2019abcès cérébral a révélé la présence du streptocoque dans ces lésions.Ainsi donc, voici une observation très complète d\u2019endocardite maligne à évolution subaiguë survenue chez une fille de 11 ans atteinte de rbumatisme cardiaque.Grâce à une symptomatologie des mieux caractérisées, nous avons pu faire un diagnostic clinique confirmé et par l\u2019hémoculture et par l\u2019autopsie.Très souvent le diagnostic d\u2019endocardite maligne est des plus difficiles; mais lorsqu'il existe, comme dans le cas que nous rapportons, les trois groupes de symptômes qui caractérisent cette affection (1), à savoir: 1° des signes de septicémie, c\u2019est-à-dire des signes généraux d'une haute gravité; 2° des signes cardiaques avec souffles à caractères essentiellement variables; 3° des signes dus aux embolies tels l\u2019'hémiplégie, la splénomégalie, nous croyons qu\u2019il n\u2019est pas permis de ne pas penser a l'endocardite ulcéro-végétante et d'ignorer l'intérêt que présente l\u2019hémoculture en pareil cas.Si cette maladie est rarement diagnostiquée durant la vie, si elle constitue souvent une trouvaille d\u2019autopsie, cela est dû, dans \u2018une certaine mesure, à ce que la description clinique qui en est faite dans un grand nombre de traités est par trop vague et imprécise, et que bien peu d'auteurs ont su mettre en relief les trois groupes de symptômes qui caractérisent cette affection.(Travail de la Clinique des Maladies Infantiles de l\u2019Université de Montréal: Professeur Raoul Masson.) (1) Moussous.Article: Maladies du cœur et des vaisseaux in La Pratique des Maladies des Enfants, tome IV, p.93, Paris, 1911. À PROPOS DE PHLEBITES Par Donatien MARION, Assistant au Cours théorique d\u2019Obstétrique.Les hasards de la pratique m\u2019ont permis d'observer, au cours de l'hiver, trois cas de phlébite que j'ai cru intéressant de rapporter, surtout au point de vue du traitement.Voici le résumé de ces observations : OBS.I\u2014Madame R.R.est accouchée, en pleine crise éclamptique, le 21 février par le Docteur R.Dupuis.Application de forceps: enfant mort.Après la délivrance: deux nouvelles crises.Appelé auprès d\u2019elle le 29 février, je trouve la patiente dans un état semi-comateux, avec un teint sub-ictérique; son apparence est médiocre.Décidons son transport à J\u2019hôpital.Le ler mars, le curage digital ramène des débris de cotylédons.La patiente fait des élévations thermiques, avec douleurs à l\u2019abdomen, jusqu\u2019au 20 mars, alors qu\u2019une quantité abondante de pus s\u2019écoule du vagin, à la suite de l\u2019ouverture probable d'un abcès utérin: en même temps apparaît une douleur dars la jambe gauche.Le 21 mars: oedème de la jambe gauche.Le 22 mars: application de 4 sangsues.Le 30 mars, la température est revenue à la normale, le pouls bat à 80.Le 3 avril, mobilisation de la jambe gauche, soit 14 jours après l'apparition de la phlébite.: Le 12 avril, lever.OBS.II.\u2014Madame L.V.accouchée normalement le 27 février par le Docteur H.Baril.Légère élévation thermique durant les premiers jours des suites de couches.Se lève le 9 mars.10 mars: douleur et oedème de la jambe gauche; temp.100.2 F.; pouls 110.Vue en consultation le 11 mars.Le 12 mars, application de sangsues; le 18 mars, la température est normale et le pouls bat à 84.Le 26 mars, mobilisation de la jambe, soit 16 jours après l\u2019apparition des premiers symptômes.Le 4 avril, la patiente se lève.OBS.III.\u2014Madame A.G., 52 ans, entre à l\u2019hôpital pour métrorragies qui durent depuis le 25 décembre. a L'UNION MÉDICALE DU CANADA 465 Opérée !e 18 février par le Docteur A.Z.Crépault: hystérectomie subtotale et salpingo-ovariectomie bilatérale.Appendicectomie.Diagnostic: métrite hémorragique, ovaires polykystiques.Le 10 mars, se plaint de douleurs à la base du poumon droit.Le 13 mars, phlébite de la jambe gauche; le lendemain, application de 4 sangsues.Le 27 mars, phlébite de la jambe droite: même traitement.Le 3 avril, mobilisation de la jambe gauche, soit 20 jours, après l'apparition des premiers symptômes de la Phlegmatia.Le 16 avril, mobilisation de la jambe droite; la température est revenue à la normale, pouls 72.Le 22 avril, premiers pas.Quitte l'hôpital le 28 avril, en pleine convalescence.L'\u2019accoucheur et le chirurgien voient toujours d\u2019une mauvais œil l'apparition des premiers symptômes d\u2019une phlébite, à la suite d'un accouchement ou d\u2019une opération, car ils songent immédiatement à la durée prolongée de l\u2019immobilisation au lit.En ces dernières années, on a noté la fréquence plus grande de cette complication ; certains auteurs, même, incriminent l\u2019usage immodéré des sérums comme un des facteurs étiologiques de la phlébite.Si la cause déterminante reste obscure, le traitement classique demeure simpliste: immobilisation au lit, sédation de la douleur, re'èvement de l\u2019état général.A l'exemple de Termier de Grenoble, nous avons fait des applications de sangsues à ces trois patientes, avec des résultats qui nous ont paru assez impressionnants pour en publier les observations.Ce traitement est basé sur la théorie suivante: selon Gonnet, la sangsue sécrète une substance anticoagulante qui a pour effet de prévenir la formation du caillot secondaire qui oblitère complètement la lumière de la veine.L'épreuve de la coagubilité sanguine, qui doit être faite avant et après l'application des sangsues et répétée plusieurs fois comme contrôle, démontre que cette action anti-coagulante disparaît progressivement dans les quarante-huit heures qui suivent, d\u2019où indication de faire une nouvelle application de sangsues si l\u2019amélioration ne s'est pas produite.Il découle, aussi, de cette théorie que le traitement doit être fait de bonne heure, avant l\u2019organisation du caillot secondaire.; On recommande d'appliquer trois ou quatre sangsues à la racine du membre atteint, en dehors du trajet des vaisseaux fémoraux.Lorsqu'on a eu le soin de déposer les sangsues dans un récipient sans 466 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA eau une demi-heure avant l'application, elles mordent rapidement la peau et se gorgent de sang dans les quarante-cinq minutes qui suivent.Lorsqu\u2019elles lâchent prise, on peut les placer dans une solution de sérum physiologique, ce qui a pour conséquence de leur faire rendre le sang ingurgité; les sangsues se conservent facilement dans une solution d'eau fraîche renouvelée tous les jours.L'observation clinique démontre que la douleur disparaît rapidement, la température tombe en lysis et le pouls reprend sa fréquence normale en l\u2019espace de huit à dix jours.Le traitement général reste de rigueur: il s\u2019agit de soutenir le myocarde par les tonicardiaques ordinaires, digitaline, strychnine, coramine, spartéine, etc, appliquer une vessie de glace à la racine de la jambe, immobiliser le pied dans une bonne position, instituer une alimentation de facile assimilation.La mobilisation précoce du membre empêche les raideurs articulaires et l'atrophie musculaire.À ce point de vue, le massage peut nous rendre de grands services, à condition qu\u2019au début 1l soit fait au niveau des Insertions musculaires, agissant alors plutôt par action réflexe.Le massage pratiqué à ce moment sur les masses musculaires pourrait provoquer des ruptures de vaisseaux et produire des hématomes souvent douloureux et lents à se résorber.C\u2019est là un aperçu sommaire d\u2019une vieille thérapeutique à application récente, qui relève le médecin de l\u2019obligation de répéter la phrase classique: \u2018Madame, vous êtes immobilisée au lit pour une période de quarante à soixante jours.\u201d misent ea REVUE GÉNÉRALE LA SYPHILIS GASTRIQUE À FORME LINITIQUE EST-ELLE SUSCEPTIBLE DE RÉGRESSION?Par J.Alfred MOUSSEAU, Assistant à la Clinique médicale de l'Hôpital Notre-Dame.La syphilis, en s\u2019attaquant à l\u2019estomac, peut se présenter en clinique sous plusieurs formes.| 1° La forme ulcéreuse.Elle peut donner lieu à des hématemèses parfois redoutables et conduire à l\u2019anémie; elle peut être foudroyante dans le cas d\u2019ulcération d\u2019une artère importante et causer subitement la mort.Seuls les antécédents du malade: chancre, roséole, plaques muqueuses, ou un B.W.positif, peuvent nous aider à en faire le diagnostic.2° La forme \u201cgastrite chronique\u201d, décrite par Audral en 1838.Le tableau clinique en est banal: et c\u2019est par l'épreuve thérapeutique ou encore par la Radioscopie qu'on en fait le plus souvent le diagnostic.Florand et Giraud en ont rapporté une observation intéressante.La radioscopie leur avait fait découvrir deux ou trois petites taches noires, traduisant l'existence de petites gommes isolées.IIs instituérent un traitement antisyphilitique qui fit disparaître les troubles digestifs hyposthéniques: vomissements, douleurs, etc.3° La forme pseudo-cancéreuse.On trouve au palper, au niveau de la région épigastrique le plus souvent, une tumeur qui peut être assez volumineuse.Le malade qui en est porteur a souvent maigri considérablement et présente un état cachectique : il présente des vomissements.parfois de la fièvre.A la faveur d\u2019une enquête dans ses antécédents personnels, on relève presque toujours la lésion primitive de la syphilis.Frictions mercurielles, iodure de potassium, biiodure ou benzoate de mercure font fondre ces pseudo-cancers et le malade revient a une santé parfaite. 468 L'UNION MÉDICALE DU CANADA +° Enfin une quatrième forme qu\u2019on appelle la \u2018forme sténo- sante\u201d; elle peut revêtir des aspects différents selon la localisation de la sténose.Ici encore on fait le diagnostic de cancer de l'estomac, avec prédominance, soit au pylore, soit au cardia, soit au niveau de la grande courbure.Les symptômes qui accompagnent ces variétés de forme sont ceux du cancer: vomissements, stase, grande dilatation de l\u2019estomac, anorexie, hypochlorhydrie, amaigrissement.La sténose du pylore est assez fréquente; celle du cardia, beaucoup plus rare.Le type de la sténose médio-gastrique est beaucoup plus fréquent.C'est par les Rayons X qu\u2019on en fait le diagnostic.Leven et Barret et un peu plus tard Bensaude et Béclère en ont rapporté les premières observations.Un type de sténose beaucoup plus rare a été décrit par Letulle, sous le nom d\u2019estomac trilobé; la syphilis provoque alors des rétrécissements successifs.| Mais si maintenant la lésion sténosante, d\u2019origine syphilitique, se fait plus diffuse, il y a une véritable linite syphilitique.Quand cette même lésion organique n\u2019a pas d'étiologie connue, on l'appelle \u201clinite plastique\u201d simplement.Les auteurs classiques modernes ont fait de cette dernière forme un cancer véritable.C\u2019est au sujet de cette dernière variété de cancer que nous étudierons certains faits nous permettant de douter parfois de la nature essentiellement cancéreuse de la linite plastique; nous croyons que c'est au cours, apparemment, d\u2019une des phases de son évolution que la linite change de nature et devient véritablement cancéreuse; car cette même lésion linitique, confirmée par les Rayons X ou l\u2019intervention chirurgicale, a parfois une \u2018évolution régressive\u201d.2 e * On définit le néoplasme \u2018une néoformation non inflammatoire de structure plutôt homogène, ayant une tendance a persister et à s\u2019accroître et dont l\u2019étiologie est encore inconnue\u201d.Ja linite \u201ccancer\u201d n\u2019est donc plus une lésion susceptible de régresser.Mais il arrive parfois qu'on voit régresser cette lésion anatomique, surtout quand l\u2019étiologie en est connue et qu'une thérapeutique, appropriée à la nature de la lésion, est précocement ou même tardivement appliquée. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 469 Ainsi en est-il de la linite syphilitique.Il faut dire que c\u2019est après bien des discussions anatomo-patho- logiques que la plupart des auteurs contemporains en arrivèrent, il y a environ une quinzaine d'années, à déterminer la nature de la \u201clinite plastique\u201d et lui attribuérent un caractère cancéreux.Avant d\u2019en arriver à cette communion d\u2019idées, le désaccord avait longtemps persisté.Dès 1840, Audral fait de la linite un sclérose du tissu cellulaire sous-muqueux.Brinton, en 1862, considère cette lésion: une maladie de l'estomac qu\u2019il pense être une inflammation cirrhotique: et un peu plus tard, en 1870, il incline vers le cancer.Quelques années s\u2019écoulent, et en 1882, Hanot et Gombault, dans un mémoire d\u2019une haute portée, attirent l\u2019attention médicale en soutenant que la gastrite peut donner lieu à des phénomènes inflammatoires d\u2019une intensité telle qu\u2019ils peuvent dépasser la muqueuse et toutes les tuniques jusqu\u2019au péritoine même; dans aucune des coupes il ne leur est possible de déceler la moindre trace de néoplasme.En 1883, confirmation, par Letulle, des données des auteurs précédents.C\u2019est en 1892 que Garret, partageant les idées de Rokitanski, cherche à prouver la nature cancéreuse de la linite plastique.Viennent Bret et Paviot, Mathieu et Soupault, Hayem et Lyon qui défendent la même cause du cancer.En 1909, Ménétrier considère la linite comme une modalité de squirrhe de l\u2019estomac; mais Mathieu et Moutier, en raison des allures si particulières de cette lésion sclérosante de l'estomac, séparent l'histoire de la linite de celle du cancer, dont elle ne forme, disent-ils, qu'un chapitre spécial.En 1910, Roussy confirme les idées que Brault et Letulle avaient émises en 1908.cette fois pour défendre la nature cancéreuse de la linite.En 1921, Enriquez ct Durand présentent à la Sociéié Médicale des Hépitaux de Paris un cas très intéressant de linite plastique à évolution régressive spontanée après 11 ans et dent I'intérlt vient justement de l\u2019évolution atypique de l'affection.L\u2019c¢bservation Lenoir, Souligoux et Coffin, publiée en 1925, vient s'ajouter à celle de Enriquez et Durand.J.Faroy (Arch.Mal.App.Digestif, 1924), rapporte trois cas de linite plastique et fait voir le rôle de la syphilis dans cette affection ainsi que tout l'intérêt que présente le cêté anatomo-pathologique de cette forme si curieuse du cancer de l\u2019estomac. 470 L'UNION MÉDICALE DU CANADA À toutes ces productions vient s\u2019en ajouter un grand nombre d'autres qui, pour être plus modestes, n\u2019en ont pas moins une certaine valeur.Et chacun de ces auteurs a envisagé la linite d\u2019un point de vue particulier, selon les moyens d'investigation qu\u2019à des époques différentes, il avait à sa disposition.+ FX Avant d\u2019en arriver à des considérations générales sur l\u2019anatomie pathologique de la linite syphilitique, quelques notions d'anatomie normale et d'histologie pourront nous aider à en mieux comprendre tout à la fois le mécanisme psysiopathologique.L\u2019estomac se compose de quatre couches, dont, ici la plus importante, la sous-muqueuse.L'envahissement primitif de la sous-muqueuse, dans la plupart des cas, au cours de la linite plastique, nous conduit à l\u2019étude de la constitution intime de cette tunique et des éléments anatomiques auxquels elle donne asile.\u2018 La sous-muqueuse est formée d\u2019un tissu conjonctif lâche mêlé à des fibres élastiques qui facilitent le glissement de la muqueuse sur les tuniques sous-jacentes et permettent ainsi Ja formation de plis que l\u2019on trouve dans l\u2019estomac à l\u2019état de vacuité.On y trouve des traces de tissu graisseux, mais surtout des vaisseaux, des nerfs et des ganglions nerveux.La couche sous- muqueuse par ses multiples vaisseaux, nerfs et ganglions commande Ja physiologie normale de l'estomac.I! est alors facile de concevoir que si la physiologie propre de cette couche de l\u2019estomac est entravée par un processus pathologique quelconque, des modifications dans sa structure anatomique et histologique pourront s produire qui expliqueraient la genèse de la lésion linitique.L'altérâtion, par la syphilis, des vaisseaux et des nerfs qui passent dans cette sous-muqueuse, est susceptible de créer la lésion appelée linite plastique.L'affinité élective de la syphilis pour les vaisseaux et les nerfs est d\u2019ailleurs connue depuis longtemps, et de même que peut être envahi par un processus scléreux le système artériel du cerveau, des reins ou du cœur, ainsi le système vasculaire de l\u2019estomac peut révéler la même atteinte.Pour exposer l\u2019anatomic pathologique de cette curieuse affection et en déterminer la nature exacte, l\u2019idéal serait de pouvoir examiner la lésion qu\u2019elle détermine à des stades différents de son évolution. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 471 Etant données ces difficultés, nous sommes forcé de nous en tenir aux différentes données anatomo-pathologiques que des auteurs compétents ont laissées sur cette question; mais nous ne ferons que les résumer en en donnant l\u2019essentiel.Voici ce qui caractérise chacun des différents aspects histo-patho- logiques sous lesquels se présente la linite : a) Dans la linite plastique classique des auteurs modernes, on rencontre dans la sous-muqueuse, la musculeuse et jusque dans la séreuse, une traînée fibro-cellulaire serrée au milieu de laquelle, tantôt dissiminés, tantôt réunis en îlots ou sous forme de travées, on découvre presque toujours des éléments cellulaire de nature néoplasique.b) Mais on a soutenu que la linite constituait une lésion purement inflammatoire non cancéreuse.Pour des auteurs qui en ont observé certains cas, elle se caractérise par la pauvreté des éléments cellulaires, la multiplication et l'influence destructive du tissu élastique sur les fibres musculaires lisses-et par la périgastrite et la péritonite avec adhérences souvent multiples.c) Certains auteurs admettent que la linite plastique peut reconnaître une autre pathogénie, en particulier la syphilis, à laquelle on a fait aussi jouer un rôle dans la genèse de la linite cancéreuse.La syphilis, en effet, dans ses manifestations tertiaires, crée souvent au niveau de la sous-muqueuse de l\u2019estomac, une lésion qui rappelle en tous points celle que l\u2019on a décrite sous le nom de linite plastique.Et de fait, le chapitre de la linite dans ses rapports avec la syphilis comporte des cas de linite syphilitique et des cas de linite cancéro-syphilitique.C\u2019est par l\u2019observation clinique, l\u2019étude anatomo-pathologique et les résultats thérapeutiques antispécifiques, que la syphilis gastrique, dans ses différentes formes, nous fut révélée.Par la suite, l'examen radioscopique, d\u2019une part, a pu montrer certaines déformations de l'estomac; l'exploration directe, d\u2019autre part, après laparatomie, comme pour le cas dont nous résumerons l\u2019observation, nous a permis de confirmer l\u2019existence d\u2019une linite que l\u2019histoire clinique du malade avait déjà laissé soupçonner comme étant d'origine spécifique.Les auteurs classiques sont brefs sur l'anatomie pathologique de la syphilis gastrique à forme linitique.Les formes qu'ils ont décrites se rapportent surtout à la gastrite diffuse, aux néoformations et aux ulcérations d'origine gommeuse, aux cicatrices et adhérences et aux déformations que subit, du fait de ces lésions, l'estomac.Mais de l\u2019étude histo-pathologique de l'estomac atteint de linite à la suite 472 L'UNION MÉDICALE DU CANADA d\u2019une syphilis avouée et confirmée par les manifestations primaires et secondaires évidentes ayant précédé la formation de la linite, il n\u2019en est fait que bien faiblement mention.En effet, pour prouver que la linite peut être causée, soit par une affection syphilitique ou un autre processus irritatif quelconque, il faudrait faire une étude anatomo-pathologique comparative, d\u2019une part, de la linite sans cause connue et qui confine au cancer; d'autre part, de la linite, identique à celle-ci macroscopiquement, mais qui, microscopiquement, en diffère par l'absence de cellules néoplasiques.On a pu préciser la nature spécifique de certaines manifestations gastriques simples par les résultats positifs du traitement spécifique; il est vrai que pour ces cas, aucun contrôle histologique n\u2019a été fait.Mais pour certaines autres lésions sténosantes et déformantes, comme la linite, des examens cliniques, sérologiques et radioscopiques ont permis de déceler la lésion et d'en suspecter la nature; la régression progressive et presque définitive, à la suite du traitement spécifique, aidé du traitement chirurgical palliatif, de la linite, atteste, sans s'y méprendre, la véritable nature du mal.G.Faroy, dans un trävail important, relate trois cas de linite cancéreuse et mentionne spécialement que, dans deux de ces cas, la syphilis était avérée.Cet auteur croit qu'il faut incriminer ici le terrain syphilitique et que c'est à ce terrain qu'il faut attribuer ces \u2018caractères si spéciaux de cancer à forme de linite, qui serait un hybride de cancer et de syphilis\u201d.Dans ces trois cas, la linite a évolué vers le cancer, mais aucun traitement spécifique sérieux semble n'avoir été institué au préalable.Aussi ne faut-il pas se surprendre de voir la linite syphilitique devenir cancéreuse vers la fin de son évolution: chez une femme âgée de 53 ans, spécifique, et qui meurt, autant des suites accidentelles de l\u2019intervention chirurgicale (hémorrhagie interne post-opératoire) que du retard apporté à la traiter médicalement, on peut se demander ce qui serait advenu de cette malade si tout avait été tenté pour prévenir une évolution aussi fatale.d) Cette limite syphilitique à évolution cancéreuse, qui repose sur un premier facteur pathologique connu, peut donc, à l\u2019instar de toute autre lésion inflammatoire chronique à facteur inconnu, dépasser ce stade relativement bénin pour évoluer vers le cancer, pourvu qu\u2019un laps de temps suffisant lui soit accordé.C\u2019est alors: la linite syphilitique à évolution cancéreuse, progressive cette fois, et caractérisée par la présence de cellules cancéreuses, de tubes néo- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 473 plasiques et de formations lymphoïdes: ces différents éléments pouvant envahir alors les différentes couches de l'estomac, ainsi que les organes de voisinage et donner lieu à de multiples adhérences.* % % Nous croyons donc à la nature d\u2019abord inflammatoire de la linite plastique, pour croire ensuite que la dégénérescence cancéreuse ne fait que traduire la dernière.étape d\u2019une infection chronique, le plus souvent de nature spécifique et si souvent démontrée, surtout quand on.se donne la peine de fouiller les antécédents personnels des.malades et de pratiquer des examens sérologiques.Et c\u2019est pour souligner l'avantage primordial que comporte l'application, d\u2019abord précoce ou même tardive du traitement de la syphilis, au début comme au cours de certaines manifestations avancées, susceptibles de dégénérer en cancer, que nous allons résumer brièvement l\u2019observation d\u2019un malade qui nous fournissait la matière de notre thèse en 1926.(1) A côté de l\u2019observation principale, base de notre travail, nous rapportions d\u2019autres cas, dans lesquels le caractère régressif des lésions, différentes quant à la forme, se rapprochaient néanmoins de la linite plastique, tant au point de vue de la nature spécifique que du résultat thérapeutique obtenu par le traitement antisyphilitique.Mais nous avions rencontré un cas curieux et des plus rares de linite plastique.La durée de la maladie, son évolution atypique et les résultats obtenus par l\u2019application d\u2019une thérapeutique médico- chirurgicale bien comprise et prudemment administrée, constituaient des manifestations cliniques quelque peu contradictoires avec certaines conceptions classiques actuelles.En conséquence, nous avions été amené à étudier ces dernières conceptions et à les comparer avec celles d'autrefois.Observation (résumée).\u2014Le malade est un homme de 52 ans porteur d\u2019une fistule gastrique depuis 18 ans, pratiquée pour une linite presque (1) Mousseau Alfred \u2014A propos d\u2019un cas de Syphilis gastrique, à forme linitique, avec évolution régressive.Thèse de Paris, 1926.totale du corps de l\u2019estomac et dont le diagnostic était confirmé par l\u2019intervention chirurgicale.Ce malade avait contracté, quelques années avant son opération pour fistule gastrique, un chancre syphilitique du mênton, suivi d\u2019une roséole caractéristique.Soigné à cette époque lointaine d\u2019une façon irrégulière 474 L'UNION MÉDICALE DU CANADA et peut-être peu active, puisque le traitement n\u2019avait pas empêché l\u2019éclosion de plaques muqueuses, il avait ressenti des troubles digestifs consistant surtout en une sensation de pesanteur après les repas et s\u2019accompagnant d\u2019amaigrissement, mais sans vomissements.Malgré le régime alimentaire prescrit, survient une sorte de dysphagie sans régurgitation qui commande alors une gastrostomie.A l\u2019intervention, on trouve un estomac petit, ratatiné, envahi sur presque toute sa surface par une infiltration blanc grisâtre qui s\u2019étendait jusqu'au cardia.Seule une petite zone de la région pylorique échappait à cet envahissement, et c\u2019est à ce niveau, en position atypique que put être pratiquée la gastrostomie.Pendant dix-neuf ans, le malade réussit à s\u2019alimenter suffisamment par sa bouche gastrique pour vaquer à son travail quotidien de terrassier, et, fait remarquable, sans que ne soit jamais survenue aucune complication locale du côté de sa bouche gastrique.Mais le malade, après 19 ans d\u2019un tel mode d\u2019alimentation, commençait de se fatiguer, et c\u2019est alors qu\u2019il se présente de nouveau à l\u2019hôpital pour qu\u2019on lui supprime sa bouche gastrique, se croyant capable, d\u2019après son dire, de manger maintenant comme tout le monde.Mis en observation pendant quelques semaines, il est ensuite renvoyé de nouveau chez le chirurgien qui l\u2019avait opéré pour gastrostomie 19 ans auparavant.Malgré les instances réitérées du malade, le chirurgien hésite à intervenir, n\u2019étant pas certain que les parois de cet estomac, tel qu\u2019il l\u2019avait trouvé dix-neuf ans auparavant, présenteraient un tissu assez souple pour permettre une gastro-entérostomie; mais l\u2019examen à l'écran radioscopique venait de montrer un organe qui avait repris sa capacité normale, de la souplesse et une kinésie normale.En face de ces signes encourageants, une gastro-entérostomie fut pratiquée; mais par prudence on laisse une soupape de sûreté: on ne supprime pas la bouche gastrique.Le malade subit cette dernière opération sans le moindre ennui et cinq jours après, il s\u2019est mis à s\u2019alimenter normalement.Aucune complication n\u2019est survenue.Pendant quatre mois, le malade engraisse, grâce à une alimentation plus substantielle et plus abondante, et paraît mieux portant qu\u2019avant son opération.Il revient de nouveau à l\u2019hôpital pour qu\u2019on lui supprime sa bouche gastrique, sa gastro-entérostomie dcnnant pleine satisfaction.\u2018 Opération: suppression de la bouche gastrique.Suites opératoires: les vomissements consécutifs à l\u2019anesthésie font sauter quelques ligatures: un liquide alcalin (duodénal) s'écoule pendant quelques jours, qui va diminuant à mesure que se referme par granulation la plaie opératoire.\u2018Un mois s\u2019écoule et l\u2019examen de l\u2019abdomen décèle une cicatrice abdominale parfaite.Voici donc un malade qui, six ans après un chancre, a présenté des troubles digestifs ayant évolué progressivement pendant deux ans.A ce moment le malade gst trés amaigri; son état général est mauvais, lorsque brusquement apparaît une intolérance gastrique sans vomisse- L'UNION MÉDICALE DU CANADA 475 ments, qui nécessite une intervention d'urgence.Au cours de celle-ci, on reconnaît un estomac petit, rapetissé et dur, une véritable linite.Après 19 ans, l'examen radiologique montre une certaine mobilité de l'estomac, l'existence de mouvements péristaltiques.Cette amélioration est consécutive à l\u2019application de traitements mercuriels, suivis d\u2019une façon intermittente, il est vrai, mais qui ont été effectifs quand même, si l\u2019on en juge d\u2019après les résultats.Nous n\u2019avons pas la prétention d\u2019avoir apporté sur cette question de la syphilis gastrique à forme linitique, avec évolution régressive, une solution nouvelle, car nos observations se limitent plutôt à des hypothèses; mais il nous est permis de dire que si la linite cancéreuse, Ja syphilis gastrique à forme linitique et la linite syphilitique associée au cancer sont autant de formes différentes qui ont pu amener tant de divergences d'opinions, il se peut que les auteurs aient observé des formes différentes de linite ou bien même, peut-être ces conflits d'idées viennent-ils de ce que les examens anatomo-pathologiques ont été pratiqués à des phases différentes de l\u2019évolution de la maladie.À l'autopsie, quand l'examen histologique des pièces à conviction révèle des traces cancéreuses, on peut encore supposer que les malades ont succombé par suite du retard apporté à les traiter médicalement ou chirurgicalement: et alors cette affection primitive inflammatoire qu'on peut supposer guérissable dans ses débuts est devenue cancéreuse.Inversement, si l'examen microscopique ne peut montrer aucun indice de néoplasme, on peut croire que la linite n\u2019a pas atteint sa phase suprême: la malignité.Dans ces cas, les malades ont succombé soit à la suite d\u2019une affection intercurrente ou du fait d\u2019obstacles mécaniques incompatibles avec une survie prolongée; ou encore à la suite de complications survenues après une intervention chirurgicale pratiquée en vue de supprimer les obstacles: le traitement médical ayant échoué également.Quant aux rapports qui existent entre la linite et la syphilis, ils apparaissent fréquemment.Les examens cliniques et histologiques minutieusement répétés en donnent surtout la preuve.Qu'une linite à facteur pathogénique connu, tel que la syphilis, puisse revêtir sur la fin de son évolution, surtout si elle n\u2019a pas été traitée, une allure cancéreuse indéniable, il n\u2019en faut pas se surprendre davantage, quand on sait, par ailleurs, les analogies considérables que présentent certaines néoplasies secondaires en rapport avec les Infections chroniques qui semblent les avoir engendrées. FORMULAIRE Anorexie chez une chlorotique : Phosphate de soude .0 gr.50 centigr.Protoxalate de fer .0 gr.20 centigr.Pour un cachet No 40 «Un au début de chaque \u2018repay.Anorexie par atonie gastrique: Chlorure de sodium .3 grammes Sulfate de soude .b grammes .1 litre Eau distillée .«o.oo à Prendre, le matin, à jeun, un verre de la solution.- ou bien .\u2018Teinture de quinquina Teinture de gentiane qe 44 +4 44 2e + .80 grammes Teinture de noix vomique .\u2026.+.3 grammes Une cuillerée a thé avant chaque repas.Vomissements chez un dyspeptique nerveux: 1) Teinture de belladone.10 gouttes avant le repas du midi dans un peu d\u2019eau.2) Avant le repas du soir, prendre une cuillerée à soupe de la solution suivante: Sirop de menthe .Bromure de sodium .Bromure de strontium bas 2 14 44 ee ed ew ew ov 10 grammes Valérianate d\u2019ammoniaque .Eau distillée gq.s.pour .30 grammes 1 gramme .150 c.c.Pour favoriser l\u2019évacuation de l\u2019estomac atonique: Bicarbonate de soude .Cee ee ee Citrate de soude .Lactose .Une cuillerée : à \u2018thé dans une tasse à à thé d\u2019eau chaude 2 à 3 heures après chaque repas, 16 grammes 4 grammes .180 grammes L.RIE ANALYSES MEDECINE J.MOUZON.\u2014 La méthode de Whipple dans le traitement des anémies graves (\u201cLa Presse Médicale\u201d, 21 décembre 1927).Les Américains ont inauguré cette méthode, et ils ont, à cet égard, une avance de plus de deux ans sur les autres observateurs.Ils ont relevé dans l\u2019évolution hématologique des anémies traitées des particularités curieuses qui ont fourni aux biologistes des données nouvelles sur le mécanisme des altérations sanguines dans l\u2019anémie pernicieuse.Trois ordres de constatations distinctes régissent le traitement diététique de cette affection : 1° Les troubles digestifs sont fréquents au cours de cette affection; x leur extrême précocité donne à penser qu\u2019ils peuvent jouer un rôle important dans la pathogénie de l\u2019anémie.2° En l'absence de preuves fournies par les théories infectieuses, parasitaires, toxiques, endocriniennes de l\u2019anémie pernicieuse, on a \u2018été porté à croire qu\u2019il pourrait bien s\u2019agir d\u2019une affection par carence.3° Le principe de la méthode de Whipple repose sur un fait d\u2019observation expérimentale, le relèvement des globules rouges par l\u2019administration d\u2019une alimentation riche en foie.Gibson et Homard ont été les premiers à appliquer la méthode de Whipple en 1923, mais Minot et Murphy, de l\u2019Université Harvard, à Boston, ont fait les études cliniques les plus importantes sur l'action favorable de l\u2019opothérapie hépatique dans l\u2019anémie pernicieuse.Ces auteurs s\u2019inspirent dans l\u2019établissement de leur régime de toutes les conceptions diététiques qui ont été suggérées dans l\u2019anémie pernicieuse.Ils administrent un régime pauvre en graisse pour modifier le milieu digestif.Il est en revanche riche en vitamines et en fer parce que les légumes verts et les fruits y sont abondants.Ils font de même ingérer à leurs malades la ration quotidienne de 200 à 250 grammes de foie de veau, de bœuf ou de mouton.D\u2019après l'expérience de ces auteurs, le rognon peut être substitué au foie dont le mode d\u2019administration variera avec le goût du malade.La répugnance pour cet aliment n\u2019est pas d\u2019ordinaire marquée.Les vomissements existent parfois au début mais sont rares.La ration, de la journée d\u2019après Minot et Murphy se compte de la manière suivante: 125 grammes de bifteck ou de viande rouge; 300 grammes au moins de légumes verts (épinards et salades en particulier); beaucoup de fruits, de préférence des fruits frais et assez pauvres en hydrates de carbone 478 L'UNION MÉDICALE DU CANADA .(pêches, abricots, groseilles, oranges, raisins), une quantité modérée d'aliments hydro-carbonés ,sucre et sucreries, farines, pâtes et pain), pas plus de 240 grammes de lait, peu de sel.Les graisses doivent être réduites à 70 grammes par jour.Au total, le régime comporte 2,500 calories fournies par 135 grammes de protéine, 340 grammes d\u2019hydrates de carbone et 70 grammes de graisse.Au terme de la dernière statistique de Minot et Murphy, sur 125 cas d\u2019anémie du type pernicieux, 108 avaient, au début du traitement, moins de 2,700,000 globules rouges.La moyenne était de 1,500,000, avec minimum de 500,000 avant le traitement.Les résultats ont été brillants.Au bout d\u2019un mois de régime, la moyenne était de 3,360,000, au bout de deux mois, de 4,250,000, au bout de six mots, de 4,650,000.Chez 52 de ces malades, le résultat se maintient depuis plus d\u2019un an, chez 12 depuis plus de deux ans, chez 2, depuis trois ans et trois ans et demi.Les rémissions dans l\u2019anémie pernicieuse ne sont pas exceptionnelles, surtout depuis que la pratique des transfusions sanguines s\u2019est vulgarisée.Mais il s\u2019agit là encore de cas isolés.Du quatrième au septième jour du traitement, l\u2019action du foie est décelable se traduisant par une augmentation brusque et considérable des hématies granulo-réticui-filamenteuses, qui atteignent 15 ou 20%.Cette crise, précoce, semble le témoin le plus fidèle de l\u2019action utile du traitement.Contemporains de cette crise, les phénomènes suivants apparaissent: réveil de l'appétit, relèvement des forces et euphorie du malade.La fièvre disparaît en quelques jours cependant que la dyspnée et les palpitations diminuent.En quelques mois la rémission de tous les signes cliniques s\u2019affirme: le teint se colore, la respiration, le rythme cardiaque redeviennent normaux; les souffles anémiques disparaissent; la tension artérielle se relève, En dépit de l\u2019amélioration de la formule sanguine qu\u2019entraîne l\u2019opothérapie hépatique, il est certains symptômes contre lesquels elle est impuissante: l\u2019anachlorhydrie et les signes objectifs constitués de lésions médullaires ou cérébrales.Les résultats de la méthode, tous les auteurs insistent sur ce point, se maintiennent.Et si les rechutes peuvent survenir, elles paraissent liées à une irrégularité dans la façon d\u2019observer le régime.Une seule contre-indication existe à sa mise en œuvre, l\u2019existence de lésions graes du parenchyme rénal.J.Roméo PEPIN.Antoine BASSET.\u2014 Sur un ulcère perforé et bouché de la petite courbure à évolution latente (Société de Gastro-entérologie de Paris, fév.1927).L\u2019ulcère d\u2019estomac qui mène à la perforation se manifeste ordinairement par un syndrome douloureux au niveau de la région épigastrique avec irradiation dorsale et hématemèse fréquentes: le tout pouvant évoluer pendant de nombreuses années avec alternatives d\u2019accalmies et d\u2019exacerbations, jusqu\u2019à l\u2019accident terminal: la perforation et ses conséquences, L'UNION MÉDICALE DU CANADA 479 Basset rapporte l\u2019observation d\u2019une femme de 63 ans qu\u2019il a opérée pour ulcére perforé et bouché et chez laquelle il y avait une absence complète d\u2019antécédents ulcéreux anciens, Seuls quelques vagues malaises digestifs étaient apparus une vingtaine d\u2019années auparavant.L'opération fut commandée par un syndrome douloureux apparu depuis un mois et consistant en douleurs vives ressenties dans la région épigastrique, avec irradiation en ceinture jusque dans le dos, reparaissant chaque fois que la malade absorbe des aliments.A l\u2019examen clinique: Absence de signes de stase; présence d\u2019une masse profonde et résistante, médiane, sus-ombilicale.A l\u2019écran: Présence d\u2019une ombre arrondie à contours polycycliques faisant penser à l\u2019existence d\u2019un pseudo-diverticule de la petite courbure.A l\u2019opération: On se trouve en présence, du côté de l\u2019estomac, d\u2019un tissu rond, large à peu près comme l\u2019extrémité du pouce et bordé d'une zone scléreuse épaisse d\u2019au moins un centimêtre.Examen anatomo-pathologique du segment réséqué de la paroi gastrique: pas de réaction néoplasique.\u2018 Cette malade sort de l'hôpital, trois semaines après l\u2019opération, parfaitement guérie.Ce qu\u2019il y a de plus remarquable chez cette malade, c\u2019est l\u2019opposition flagrante qui existe entre l\u2019importance des lésions anatomiques et l\u2019absence de signes cliniques pendant toute la durée de leur évolution.Le processus ulcératif, pour donner lieu à des lésions aussi étendues, a dû évoluer pendant plusieurs années.Ces faits sont rares et méritent d\u2019être signalés; car les auteurs classiques ne font aucune allusion à ces ulcères chroniques de la petite courbure, en particulier à \u2018\u201cl\u2019ulcère perforé et bouché\u201d, pouvant rester pendant si longtemps latents et silencieux.L\u2019auteur est d'avis qu\u2019il faudrait ajouter dans les ouvrages didactiques quelques lignes au chapitre qui traite de l\u2019uicère gastrique et dire qu\u2019à la petite courbure, il existe une forme latente de l'ulcére, souvent calleux, perforé et bouché.J.Alfred MOUSSEAU Raymond BOISSIER.\u2014 Les Stomatorragies (\u201cLe Progrès Médical\u201d, 23 juin 1928).Ces hémorragies comprennent toutes celles qui surviennent dans les limites anatomiques de la cavité buccale.Il est très important au point de vue clinique de faire un diagnostic précis des stomatorragies qui peuvent être dues à une cause locale d\u2019origine traumatique (morsures, etc.), opératoire ou plus souvent pathologique (ulcération du frein de la langue) ou n\u2019être qu\u2019un symptôme surajouté et qui se met au premier plan.Tels sont par exemple les purpuras secondaires, toxiques infectieux ou de la maladie de Wherhloff.Reste enfin une dernière maladie à laquelle il faut toujours penser: la leucémie.Le traitement varie done avec la cause. 480 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Cenclusions: Les stomatorragies forment un tout complexe appartenant à diverses maladies que spécialistes et praticiens doivent dépister le plus précocement possible.Roméo BOUCHER.Mathilde de LARMINAT.\u2014 Crises de colère et syphilis héréditaire (\u201cLe Progrès Médical\u201d, 16 juin 1928).L'auteur rapporte neuf observations d\u2019enfants manifestement hérédo- syphilitiques qui présentaient comme symptôme dominant des crises de colère avec cyanose.Le traitement spécifique les guérit ou tout au moins les améliora notablement et rapidement.Roméo BOUCHER.LARAT et SIEBENMANN.\u2014 Eczémas et insuffisance hépatique (\u2018Le Progrès Médical\u201d, 19 mai 1928).Dans la pensée des auteurs, l\u2019urobiline, l\u2019urobilinogène et l\u2019indican sont la cause directe des eczémas, associés, bien entendu, avec d\u2019autres substances anormales et encore inconnues des humeurs, mises en liberté par l'insuffisance hépatique.L'analyse des urines peut dissocier les eczémas d\u2019origine hépatique des autres par l\u2019augmentation nette de l\u2019urobiline qu\u2019elles présentent.Roméo BOUCHER.P.M.FRANCO.\u2014 La mesure physique du potentiel des surrénales et de la thyroïde dans la tuberculose pulmonaire (\u2018Le Progrès Médical\u201d, 12 mai 1928).De courtes irradiations faites tous les deux jours sur les glandes surrénales activent leur sécrétion comme le témoigne l\u2019augmentation de Yadrénaline dans le sang et dans l\u2019urine.Les mêmes irradiations produisent sur la glande thyroïde une variation de sécrétion qu\u2019on suit au moyen du métabolisme et de la pression artérielle.L\u2019étude d\u2019une série de tuberculeux a permis à l\u2019auteur de constater que chacun d\u2019eux possède un métabolisme particulier en rapport avec la thyroïde et que l\u2019action de celle-ci est en rapport avec l\u2019action des surrénales.C'est un nouveau champ de recherches qui s\u2019ouvre.Roméo BOUCHER.CHIRURGIE LEWISOHN RICHARD.\u2014 Résultats éloignés dans les perforations des wlcus gastro-duodénaux (\u2018Annals of Surgery\u201d, juin 1928, page 855).L\u2019auteur étudie 33 cas de perforations d\u2019ulcus gastro-duodénaux opérés de 1915 à 1925 dans le Service de Chirurgie de l\u2019Hôpital Mont Sinai. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 481 20 malades sont actuellement parfaitement bien, ne présentant plus des symptômes gastriques depuis la suture de la perforation.Sur ces 20 patients, 10 furent traités par simple enfouissement de la zone perforée et 10 subirent en plus une ghstro-entérostomie avec ou sans exclusion du pylore.Afin de voir dans quel état se trouvait l\u2019estomac, ces 20 malades furent examinés à la radio; 7 montrèrent un estomac qui fonctionnait normalement et sans lésion; 13 présentaient des lésions variables.Huit en effet conservaient leur vieil ulcère en évolution; un avait une sténose du pylore; un avait subi une intervention pour un ulcus du jéjunum et deux avaient été opérés pour ulcère du duodénum.L\u2019auteur porte les conclusions suivantes : 1) La suture d\u2019un ulcus perforé avec ou sans gastro-entérostomie laisse persister les troubles gastriques dans 39 pour cent des cas.2) Les opérations conservatrices ne donnant pas les résultats attendus, ne serait-il pas mieux de traiter ces perforations par des méthodes plus radicales ?Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019auteur conseille d\u2019entreprendre une cure radicale dans les cas d\u2019uleus récent ne présentant pas de zone de voisinage infectée.En plus, d\u2019après lui, tout patient qui a été opéré à la suite d\u2019une perforation par la seule méthode d\u2019enfouissement, devrait être suivi attentivement après et si 6 à 8 mois plus tard les symptômes persistent.on devrait lui faire une gastrectomie partielle ou subtotale.MERCIER FAUTEUX.M.L.GRIMAULT.\u2014 Fracture spiroide trans et sous-trochantérienne dw fémur (Bull.et Mém.de la Soc.Nat.de Chir.\u201d, 2 juin 1928).M.Grimault nous présente l'observation d\u2019un malade ayant subi un grand traumatisme de la cuisse.La radiographie montre une fracture oblique du fémur, le trait de fracture traverse le massif trochantérien et sépare en deux fragments inégaux les deux trochanters; il intéresse la diaphyse de l'os.La réduction étant impossible par les moyens habituels on décide de recourir à l\u2019intervention sanglante.Les deux fragments du grand trochanter sont fixés par une longue vis, et on encercle l\u2019os au niveau de la diaphyse au moyen de deux larges lames de Pharham.Les suites opératoires furent des plus simples, le plâtre est supprimé le treizième jour et une radiographie montre que la réduction est correcte.Le malade, vingt-quatre jours après l\u2019opération, commence à marcher.Deux points sont intéressants: l\u2019un concernant la technique, l\u2019autre le traitement post-opératoire.Il est probable, selon Dujarier, que les deux lames de Parham étaient suffisantes pour maintenir solidement la réduction et que l\u2019on a employé inutilement une vis de Lambotte. 482 L'UNION MÉDICALE DU CANADA e Au point de vue du traitement, Grimault aurait dû attendre au moins trois mois avant de faire lever son malade à cause du danger des déviations secondaires.A.BELLEROSE.Harold W.McGILL.\u2014 Un cas de gangrène gazeuse (\u2018\u2019Can.Med.Ass.Journ.\u201d, juin 1928).A L'auteur, après avoir dit que rares sont les occasions dans la pratique civile où le chirurgien peut mettre en pratique l\u2019expérience qu\u2019il a acquise lors de la grande guerre, nous rapporte un cas de gangrène gazeuse qui lui rappelle ceux qu\u2019il a vus dans les hôpitaux militaires.Il s\u2019agit d\u2019une femme qui s\u2019est écorché la main en travaillant dans une étable.Dès les premières heures après l'accident, la malade ressent des douleurs violentes dans sa main, celle-ci devient œdématiée; les symptômes deviennent de plus en plus alarmants si bien que l'on fait, à la troisième journée, des incisions à la face dorsale et palmaire de la main, sans aucun résultat.La malade est transportée à l\u2019hôpital le troisième jour après son accident.L\u2019évclution de la maladie continue malgré l\u2019institution d\u2019un traitement médical qui, dans l'occurrence, consiste en bains chauds et en pansements humides ciauds-au bichlorure de mercure 1 dans 6000.En face de cette symptomatologie, et à cause de l\u2019odeur particulière qui se dégage des plaies opératoires, on porte le diagnostic de gangrène gazeuse et décide une amputation haute au niveau de l\u2019épaule.Personnellement, je suis de l\u2019avis de l\u2019auteur lorsqu'il prétend que l\u2019amputation, une fois décidée, doit se faire en tissu sain, mais où je diffère.d\u2019opinion avec lui, c\u2019est lorsqu\u2019il dit que le sérum employé par les Français produit peu de résultats.Le sérum anti-gangreneux de l\u2019Institut Pasteur donne des résultats appréciables, surtout lorsqu'il est employé dès les premières heures de la maladie.\u2018A.BELLEROSE.PEDIATRIE MOURIQUAND, LEULIER et SCHOEN.\u2014 Lait irradié et rachitisme (\u201cLe Lait\u201d, février-mars 1928).Les travaux récents sur le rachitisme ont montré que les rayons ultra-violets n\u2019agissent pas seulement par irradiation directe, mais que leur action peut être transmise par l'intermédiaire de divers aliments ayant \u2018subi l\u2019irradiation.En d\u2019autres termes, les aliments irradiés ont les mêmes propriétés que les rayons ultra-violets dans le traitement du rachitisme.Sur ce point tous les auteurs étrangers sont d\u2019accord, et les J Rat RE L'UNION MÉDICALE DU CANADA 483 travaux des pédiatres lyonnais confirment entièrement cette manière de voir.Les auteurs, dans leurs expériences, ont utilisé principalement un lait sec irradié, mais ils ont aussi employé, dans quelques cas, un lait de vache frais soumis à l\u2019action des rayons ultra-violets.Aussi bien dans le rachitisme humain que dans le rachitisme expérimental les résultats furent remarquables, ainsi qu\u2019en témoignent des radiographies des plus démonstratives.Un seul fait toutefois reste à établir: pendant combien de temps le lait sec irradié peut-il conserver son activité, c\u2019est-à-dire ses propriétés antirachitiques ?Paul LETONDAL.ROHMER, WORINGER et ANDERSEN.\u2014 Le traitement du rachitisme et de la tétanie par Iergostérol irradié (\u201c\u2018Bulletins de la Société de Pédiatrie de Paris\u201d, séance du 20 mars 1928).Utilisant l\u2019ergostérol irradié à la dose moyenne de 4 milligrammes por jour, les auteurs ont ainsi traité 5 cas de rachitisme \u2014 dont 2 très graves \u2014 et 5 cas de tétanie manifeste avec laryngospasme et convulsions.Les résultats furent absolument superposables à ceux obtenus antérieurement avec les rayons ultra-violets, avec cette différence toutefois que dans la tétanie l\u2019ergostérol semble agir plus promptement que la lampe de quartz.N.B.\u2014Au moment de livrer ces analyses à l\u2019impression, nous relevons dans le dernier numéro de \u201cJournal of the American Medical Association\u201d c30 juin 1928, p.2104), publié en éditorial, un article sur les dangers de Pergostérol irradié.Cette substance, administrée à trop forte dose, ou pendant trop longtemps, pourrait, d\u2019après certains auteurs allemands, déterminer des accidents sérieux, voire mortels.Pareille remarque, qui s\u2019applique à tous les aliments irradiés.est particulièrement intéressante pour le praticien.Pour plus de détails, nous renvoyons le lecteur à l\u2019article précité.Paul LETONDAL.MARFAN et CHEVALLEY.\u2014 Essai de substitution du lait acidifié au babeurre dans l\u2019alimentation des nouveau-nés débiles et hypothrep- siques (\u2018Bulletins de la Société de Pédiatrie de Paris\u201d, séance du 15 mai 1928).Dans cette étude, basée sur 11 observations recueillies à l\u2019hospice des Enfants Assistés, les auteurs soutiennent que le lait acidifié \u2014 tel que préconisé par McKim Marriott \u2014 ne saurait remplacer le babeurre dans l\u2019alimentation des nouveau-nés débiles et hypothrepsiques âgés de moins de 3 mois.Pour Marfan, les bons effets du babeurre tiennent: 1° à sa pauvreté 484 L'UNION MÉDICALE DU CANADA en matière grasse; 2° aux modifications subies par la caséine sous l\u2019influence de 1a fermentation lactique.Les partisans du lai atcidifié disent au contraire que la présence de l\u2019acide lactique est la raison principale des bons effets du babeurre dans l\u2019alimentation des nourrissons.Ils avancent que l\u2019acide lactique stimule les sécrétions du duodénum, du pancréas, du foie, et rend plus parfaite la digestion intestinale du beaucoup la plus importante chez le jeune enfant.Quoique la plupart de ces assertions soient loin d\u2019être prouvées, Marfan et Chevalley ont voulu se rendre compte de la valeur pratique de ce nouveau lait modifié.Ils ont soumis au lait modifié par de l\u2019acide lactique \u2014 suivant le urocédé de Marriott \u2014 11 nouveau-nés pour la plupart débiles ou malades: 6 fois le lait acidifié, relativement toléré, a dû être interrompu parce que les bébés ne le prenaient pas volontiers et que la croissance était ralentie; 5 fois (dans près de la moitié des cas) le lait acidifié a été très mal toléré, déterminant des vomissements, de la diarrhée, voire même un état cholériforme.Pour compléter cette étude clinique, le professeur Marfan et ses collaborateurs Chevalley, Dorlencourt, ont entrepris des recherches sur la digestion artificielle par la trypsine de ce nouveau lait modifié, en la comparant à celle du lait de vache ordinaire et du babeurre.La conclusion de leurs expériences est qu\u2019il n'y a pratiquement pas de différence chimique entre la digestion du lait de vache ordinaire et celle du lait acidifié; par contre, la digestion du babeurre est beaucoup plus rapide et complète, du fait que sa caséine est partiellement digérée pendant la fermentation lactique.Ainsi donc, et la clinique et les recherches de laboratoire tendent à prouver que le lait acidifié, produit artificiel, ne saurait remplacer le babeurre, produit biologique, dans l\u2019alimentation des nouveaunés débiles et hypothrepsiques.Paul LETONDAL.TUBERCULGSE A.HENRY.\u2014 Traitement des tuberculoses externes par l\u2019antigène méthylique (\u2018Revue de la Tuberculose\u201d, fév.1928).L\u2019auteur, après avoir expliqué la technique du traitement et son origine préconisée par Boquet et L.Nègre, cite plusieurs observations d\u2019adénites suppurées et d\u2019ostéites fistulisées traitées par cette méthcde avec des résultats très encourageants.Voici les remarques et les conclusions qu\u2019il apporte : L\u2019antigène méthylique est d\u2019une innocuité complète si l\u2019on observe une progression méthodique des doses.L'asthénie disparaît sous l'influence du traitement et le poids augmente. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 485 Dans les adénites suppurées et fistulisées les uicérations très souvent se cicatrisent sans intervention locale.Dans les adénites dures, sans tendance à la suppuration, la péri- adénite disparaît d\u2019abord, puis les ganglions diminuent de volume.Cette méthode est efficace dans le traitement des adénites fermées et ouvertes, des fistules à point de départ osseux, des ulcérations, du lupus et de certaines réactions péritonales.L\u2019action de l\u2019antigène est manifeste et rapide sur l\u2019état général.J.A.VIDAL.UROLOGIE PERARD.\u2014 La restauration chirurgicale de l\u2019urètre chez la femme (Thèse de Paris, 1928).Nous savons tous combien difficile est la restauration des fistules vésico-urétro-vaginales intéressant le col de la vessie.En effet, il faut réparer non seulement la perte de substance, mais aussi rendre à la vessie la continence qu\u2019elle a perdue par la destruction du col vésical.Mon ami Pérard expose ici le nouveau procédé opératoire que notre maître M.Marion a institué pour ces cas.Nous avons nous-même assisté à l\u2019éclosion de ce procédé et nous avons vu le premier cas opéré où le succès fut complet.Ce procédé comporte deux temps : ler temps: Après une cystostomie sus-pubienne, fermeture de la vessie par voie vaginale.2ème temps: Pose d\u2019un greffon tubulé de muqueuse vaginale dans un tunnel sous-pubien.La fermeture de la vessie par voie vaginale est faite en bourse par trcis plans de suture étagés.La deuxième opération est plus délicate.Elle consiste à tailler sur la muqueuse vaginale un lambeau quadrilatère pédiculisé que l\u2019on enroule autour d\u2019une sonde.Puis un tunnel sous- cutané est créé en avant du pubis par un trocart.Le greffon vaginal enroulé est alors placé dans le tunnel.Enfin, la vessie dans un dernier temps est raccordée à ce néo-urêtre.La continence est obtenue par la compression de ce nouveau canal sur le pubis à l\u2019aide d\u2019une pelote caoutchoutée.Chez une des premières malades que nous avons vu opérée par M.Marion, il existait à la suite de l\u2019opération une rétention d\u2019urine, si bien que la malade était dans l\u2019obligation de se cathétériser.La rétention avait remplacé l\u2019incontinence.Inconvénient que la malade préférait au premier et qu\u2019elle était heureuse d\u2019avoir, malgré l\u2019obligation de se sonder matin et soir.Pérard dans sa thèse rapporte quatre autres cas où les résultats anatomiques et fonctionnels ont été bons.Ce nouveau procédé opératoire est donc à retenir et pourra rendre d\u2019utiles services dans quelques cas.Oscar MERCIER. 486 L'UNION MÉDICALE DU CANADA CHIRURGIE INFANTILE et ORTHOPEDIE W.BILLINGTON, T.A.WILLIS, A.O'REILLY.\u2014 Les douleurs lombaires |Backache| (\u201cThe Journal of Bone and Joint Surgery\u201d, vol.X, No 2, avril 1928).A la suite d\u2019une enquête faite chez 79 chirurgiens orthopédistes, les auteurs présentent le résultat de leurs recherches sur les douleurs lombaires.Les causes les plus fréquentes sont l\u2019arthrite, le traumatisme et les positions vicieuses.L\u2019arthrite peut être due à un foyer d\u2019infection origi- nant dans l\u2019intestin, les dents, les amygdales, les sinus, la vésicule biliaire ou ailleurs.Le tramatisme direct peut agir par lui-même.Les positions vicieuses, agissant sur le rachis et en particulier sur la 5ème vertèbre lombaire en produisant la sacralisation, peuvent déterminer des douleurs musculaires.Ces trois causes peuvent agir séparément mais sont souvent associées.Le diagnostic, souvent difficile à préciser, doit être fait avec beaucoup d'attention.Il faut bien établir les origines de la douleur, en recherchant les foyers d\u2019infection à distance.Le traumatisme est assez facile à relever et quand il y a eu lésion osseuse, la radiographie peut toujours renseigner.Comme traitement des lésions traumatiques, le repos et la physiothérapie sont indiqués.Le repos est toujours facilité par le port d'un appareil avec ou sans traction.La physiothérapie doit être instituée aussitôt que possible.Quelquefois, le massage peut être utile.Pour les douleurs lombaires chroniques, il faut d\u2019abord corriger les positions vicieuses et, s\u2019il y a arthrite, rechercher et traiter la cause.Dans les cas rebelles, résistant à tout traitement, l\u2019arthrodèse peut rendre des services, mais avant d\u2019intervenir, il est indispensable que le diagnostic soit bien établi.Edmond DUBE.C.L.HAWK.\u2014 Le traitement de la scoliose au début, par la gymnastique | Treatment of mild scoliosis by developing the musculature of the trunk] (\u201cThe Journal of Bone and Joint Surgery\u201d, vol.X, No 2, avril 1928).Ayant examiné 2,100 étudiants de l\u2019Université d\u2019Iowa, l\u2019auteur a découvert ue 1 et 9/10 % présentaient une forme légère de scoliose nécessitant le traitement de leur lésion.Cette variété de scoliose, presque toujours musculaire, reconnaît comme cause principale les attitudes vicieuses.À moins que la déformation soit de longue durée, on trouve rarement une lésion osseuse.Le traitement doit avoir pour but de développer la musculature du tronc par une gymnastique appropriée, sans chercher à assouplir le PSS f 1 [4 [ Li à {4 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 487 rachis lui-même.Les muscles du côté convexe étant plus courts, un excellent moyen de les allonger consiste à recommander au sujet, \u2014 dans la station debout, \u2014 de se toujours tenir sur une jambe, soit sur la jambe du côté de la convexité.Ce traitement doit être poursuivi pendant une période assez longue, mais les résultats sont toujours satisfaisants.Edmond DUBE.Robert KENNON.\u2014 Infective osteomyelitis [L\u2019ostéomyélite infectieuse ] (\u201cSurg., Geyn., Obs.\u201d, juillet 1928).L\u2019auteur définit l\u2019ostéomyélite infectieuse comme une septicémie avec métastase osseuse.L'idée de son article est d\u2019en faire connaître les premiers signes cliniques et ainsi d\u2019établir un traitement précoce.La lésion débute au niveau du cartilage épiphysaire.Le premier symptôme caractéristique est la douleur et la sensibilité à la pression d\u2019un seul doigt à l\u2019extrémité d\u2019un os long.L'auteur donne les principaux points où l\u2019on peut rencontrer ce point douloureux aux membres supérieur et inférieur, l\u2019incertitude de la radiographie dant les 48 heures du début de la lésion.Il explique la situation et la diffusion des abcès sous périos- tiques.Comme traitement du début, forage de l\u2019os avec drainage approprié; il faut éviter de toucher l\u2019artère nourricière.La complication articulaire est très fréquente, causée surtout par l\u2019ouverture dans l\u2019articulation d\u2019un abcès sous périosté.Joseph H.RIVARD.DERMATOLOGIE et SYPHILIGRAPHIE McCORD.\u2014 Syphilis et Grossesse [Syphilis and Pregnancy] (\u201cAmerican Journal of Syphilis\u201d, avril 1928).L\u2019auteur traite toute femme enceinte aussitôt que possible afin de prévenir l\u2019infection chez l\u2019enfant.D\u2019emblée il administre 0.45 centigramme de 914, dose qui sera répétée toutes les semaines jusqu\u2019à la fin de la grossesse.L'auteur rapporte les résultats que lui a donnés ce mode d'action chez 250 femmes enceintes ayant un Wassermann positif et dont 95 irent leur séro-réaction devenir négative.La majorité de celles qui conservèrent un Wassermann positif ou diminué furent celles qui reçurent un traitement insuffisant.L'auteur donne les conclusions suivantes dont quelques-unes sont à méditer : Un placenta syphilitique indique un enfant syphilitique.Mais un placenta apparemment normal ne doit pas faire exclure l\u2019idée d\u2019hérédo- hyphilis.I1 faut commencer le traitement le plus tôt possible et le continuer jusqu\u2019à la fin de la grossesse. 488 L'UNION MÉDICALE DU CANADA McCord r\u2019a eu aucun accident à noter.Les hypertendues se rencontrent aussi fréquemment chez les femmes non traitées que chez celles qui suivent un traitement spécifique.Les cliniques de puériculture et d\u2019obstétrique n\u2019obtiendront que peu de résultats si des examens sérologiques des mères ne sont faits systématiquement.Les enfants nés de mères syphilitiques sont eux-mêmes syphilitiques.Les examens de laboratoire négatifs ne doivent jamais faire écarter l\u2019idée de syphilis._ Personnellement, nous sommes heureux de constater qu\u2019une nouvelle voix réclame des examens plus complets chez les femmes enceintes afin de dépister la syphilis latente.Nos centres de puériculture, \u2018gouttes de lait\u201d, etc., pourraient peut- être s\u2019organiser différemment.Nous croyons que des réactions de Wassermann devraient être faites systématiquement chez toutes les mères dont le nourrisson présente des troubles d\u2019allure indéterminée.Albéric MARIN.GYNECOLOGIE C.J.MILLER.\u2014 The management of chronic endocervizitis | Le contrôle de l\u2019endocervicite chronique | (\u2018Surgery, Gynecology and Obstetrics\u201d, mars 1928).Les conclusions de l\u2019auteur sont les suivantes: 1.L\u2019endocervicite est une maladie infectieuse qui n\u2019a aucune tendance à guérir spontanément et dont les conséquences peuvent être très sérieuses.Chaque cas doit donc être l\u2019objet d\u2019une attention particulière.2.Pour être effectif tout traitement doit être dirigé vers la cause du mal et non pas uniquement vers l\u2019ulcération.3.Les traitements locaux sont très peu satisfaisants et la diathermie, l\u2019ionisation, les injections d\u2019alcool, peuvent donner certains résultats temporaires et par contre ne sont pas dépourvus de danger.Le radium donne généralement d\u2019excellents résultats dans certains cas particuliers, mais ne devraient pas être employé impunément.4.La prophylaxie après l\u2019accouchement préviendra un grand nombre de cas.5.Actuellement, la cautérisation, la trachélorraphie, l\u2019opération de Sturmdorf et même l\u2019amputation complète peuvent être pratiquée mais cette dernière doit être évitée le plus possible.6.Enfin tout traitement chirurgical doit être précédé d\u2019un traitement préliminaire ayant pour but de diminuer la congestion et la réactfon inflammatoire des tissus.Léon GERIN-LAJOIE.W L'UNION MÉDICALE DU CANADA 489 P.WERNER.\u2014 The Wertheim operation for cancer of the cervix uteri [L\u2019opération de Wertheim pour le cancer du col utérin] (\u201cSurgery, Gynecology and Obstetrics\u201d, mars 1928).Le but de l\u2019auteur est de rappeler tout simplement la technique exacte de l\u2019hystérectomie de Wertheim, hystérectomie totale, préconisée dans le cancer du col utérin.W.est attaché à la II Frauenklinik autrefois dirigé par Wertheim lui-même; il étudie successivement la préparation pour l\u2019opération et l\u2019anesthésie, la technique opératoire, le traitement post-opératoire, les complications possibles et les résultats.La technique opératoire couvre les trois-quarts de l\u2019article et est illustré de nombreuses photographies avec légendes appropriées.Comme résultat Wertheim rapporte que 50%, des cas qui venaient à la clinique étaient opérables.De ceux-ci 509, étaient guéris et bien après 5 ans, ce qui correspondait à 25% du total des malades qui se présentaient.Depuis l\u2019ère des irradiations, toutes les malades ont été irradiées après l\u2019intervention, la technique a été légèrement modifiée, et la mortalité qui était de 109, est tombée à 5 ou 6%.L'auteur augure pour de meilleurs résultats encore dans l\u2019avenir.Léon GERIN-LAJOIE.J.C.MASSON et H.E.SIMON.\u2014 Extra-uterine pregnancy: litho- paedion [Grossesse extra-utérine: lithopédion] \u2018Surgery, Gynecology and Obstetrics\u201d, avril 1928).Après avoir rappelé que le terme lithopédion s'applique à un fœtus qui a été retenu dans l\u2019abdomen de la femme, les auteurs rapportent 9 cas recueillis à la clinique Mayo durant les 24 dernières années.Ils font une revue générale de l\u2019fafection, soulignent les cas rapportés, et suggèrent la division suivante, en se basant sur les tissus qui ont subi le processus de calcification: (1) lithokelphos, lorsque les membranes seules sont calcifiés; (2) lithokelyphopaedion, lorsque les membranes et le fœtus sont calcifiés; (3) lithpteenon (le vrai lithopaedion de Kuechen- meister), lorsque le fœtus seul est calcifié et que les membranes sont absentes ou intimement unies au f£œtus.Les symptômes de la tumeur sont typiques, mais le diagnostic se fait généralement au moment de l\u2019intervention ou à la suite d'une autopsie, car on n\u2019y pense pas trës souvent et que ce n\u2019est qu\u2019après avoir vu la tumeur qu\u2019on dirige le questionnaire de la malade dans cette direction.Les rayons X sont utiles pour aider au diagnostic.Le traitement est chirurgical et le pronostic favorable.Léon GERIN-LAJOIE. 490 L'UNION MÉDICALE DU CANADA MEDECINE LEGALE WITAS.\u2014Le certificat prénuptial (\u2018Annales de Méd.Lég.\u201d, mai 1928).Le mariage ne devrait être autoôrisé qu\u2019entre individus bien portants: \u20ace principe admis par tout le monde est cependant d\u2019application très difficile pour ne pas dire impossible, surtout en France, pays de la liberté individuelle et du secret professionnel.Comment, en effet, exiger \u2018du fiancé l'examen prénuptial et imposer un veto à son mariage, si cet examen lui est défavorable, sans porter atteinte à ce secret médical que ies médecins de France défendent si âprement à tout propos ?Comme solution à ce problème, l\u2019auteur propose une mesure législative d'hygiène dont le pivot serait l\u2019examen médical obligatoire et le certificat qui le sanctionne, sans violation du secret médical.Comment donc le médecin pourra-t-il intervenir ?1° La loi précisera les maladies à dépister obligatoirement: syphilis, blennorragie, tuberculose, épilepsie, etc.; 2° Chaque fiancé devra passer devant le médecin de son choix, une visite médicale où seront recherchées, par tous les moyens cliniques et du laboratoire, Jes maladies inscrites au tableau officiel: 3° A l\u2019issue de cet examen, le médecin déiivrera un certificat, simple feuille détachée d\u2019un carnet officiel portant: .\u201cJe soussigné Docteur X.certifie avoir examiné, en vue d\u2019un mariage, M.cu Mlle Y.\u201d : Date et signature.Sur le talon de cette feuille, le médecin portera le détail des examens pratiqués et mettra en conclusion: avis favorable ou défavorable, puis signera en méme temps que l\u2019intéressé qui ne pourra pas dire plus tard que le médecin lui a donné un avis favorable alors qu\u2019il était défavorable.Les noms de ceux ayant obtenus un avis favorable seront donnés au Parquet une fois l\u2019an.Il sera donc facile, s\u2019il y a lieu sur plainte, de reconnaître ceux qui ne figurant pas sur cette liste auront eu un avis défavorable et par conséquent pourront être tenus responsables des faits qu\u2019on leur reproche.Cette manière de faire ne toucherait pas au secret professionnel: les titulaires des avis défavorables ne figurant sur aucune liste; mais elle semble d\u2019une efficacité relative puisqu\u2019elle n'empêche pas le mariage et ne met, par conséquent, pas obstacle à la contagion.Elle nous paraît cependant assez intéressante pour être prise en considération.Rosario FONTAINE.ELECTRO-RADIOLOGIE Albéric MARIN.\u2014 La radiothérapie de l\u2019acné en Amérique.Méthode de McKee (\u201cJournal d\u2019Electrologie et de Radiologie\u201d, mai 1928).L\u2019auteur s'est efforcé dans cet article de présenter au public médical les indications et les résultats de la radiothérapie de l\u2019acné suivant la méthode du professeur McKee de New-York. L'UNION MEDICALE DU CANADA 491 L'intérêt de la méthode réside dans la promptitude et la permanenee des résultats.Cependant elle ne doit point reléguer dans l\u2019ombre d\u2019autres moyens qui ont fait leur preuve depuis longtemps, ni faire oublier les prescriptions hygiéniques et diététiques ordinaires.D\u2019un autre côté toutes les acnés ne sont pas justiciables des irradiations.Les meilleurs resultats sont obtenus dans les variétés suivantes: acné ponctuée, papuleuse, indurée et furonculeuse.Dans les autres formes il vaut mieux recourir aux traitements habituels.McKee chez 250 malades a obtenu 95% de guérison.L\u2019auteur lui- même sur un total de 19 cas rapporte 19 guérisons.Pour arriver à ces résultats il faut une technique précise car ici comme ailleurs les Rayons X présentent des dangers qu\u2019il faut absolument éviter.La dose par région devra être des fractions de la dose érythémateuse et ne pas dépasser 1 H par semaine.On emploiera des rayons mous non filtrés.Durant le traitement il est important de veiller à tout signe d\u2019intolérance cutanée.La durée moyenne du traitement est de deux à quatre mois.Albert COMTOIS.HARET.\u2014 Contribution au traitement roentgenthérapique des névralgies sciatiques (\u2018Bulletins et Mémoires de la Société de Radiologie Médicale de France).Le but de cette communication est de montrer l\u2019efficacité incontestable de la radiothérapie peut pénétrante dans les névralgies sciatiques de toute nature.28 cas ont été soumis aux irradiations.Tous avaient été traités sans succès par d\u2019autres moyens, et avec la technique de Haret la guérison fut obtenue et se maintient depuis 2 ans.La technique employée fut la suivante : Intensité: 1 mma.E E: 15 cm entre pointes.Filtre: 5 mm aluminium.Distance: 28 cm.Quantité: 3 à 4 10e d\u2019unités H mesurés à l\u2019ionomètre de Solomon.Irradiation sur l\u2019émergence du nerf.La 2ème séance 4 jours après la 1ère; la 3ème séance 8 jours après la 2ème; la 4ème séance 8 jours après la 3ème; la 5ème séance 15 jours après la 4ème; la 6ème séance 15 jours après la 5ème.Après la 1ère ou la 2ème séance on relève une réaction douloureuse de quelques heures.Après la 3ème ou la 4ème irradiation la sédation des douleurs est manifeste.La disparition des phénomènes morbides n\u2019est tout à fait complète qu\u2019après 3 mois.Albert COMTOIS. 492 L'UNION MÉDICALE DU CANADA LABORATOIRE R.VLADESCO.\u2014 Sur la réparution de l\u2019acide urique dans le sang et sur les causes d\u2019erreurs dans le dosage de ce corps (\u201cC.R.S.B.\u201d, janvier 1928, page 462).La quantité d\u2019acide urique est beaucoup plus considérable dans les globules rouges que dans le plasma.Il arrive souvent cependant que le médecin ne spécifie pas s\u2019il désire connaître le taux de l\u2019acide urique du sérum ou du sang total.Faute d'indication on admet dans la plupart des cas qu\u2019il s\u2019agit du sérum.La question a cependant une grande importance car si normalement il y a une telle différence dans la teneur en acide urique du sang total et du sérum, il n\u2019y a pas de raison pour qu\u2019à l\u2019état pathologique cette différence soit plus importante ou tout au moins modifiée dans des proportions qui ne correspondent plus à celles de l\u2019état normal.D\u2019où la nécessité de faire le dosage de l\u2019acide urique sur les globules rouges ou sur le sang total et d\u2019indiquer sur quoi a porté Fnaalyse.Autre point important est le réactif empoyé comme défécant.Vladesco insiste sur l\u2019emploi de l\u2019acide tungstique comme défécant et sur la complète hémolyse des globules rouges avant tout dosage.A.BERTRAND.BALLIF, RESNIC, LUNEVSKY.\u2014 Sur le dosage de l\u2019urée dans le sérum et le sang total (\u201cC.R.S.B.\u201d, 1927, page 1026).D\u2019après Pagel et Péchon le sang du début de la saignée serait plus riche en urée que le sang recueilli ensuite.B., R.et L.ont repris les recherches dans cette direction et ont effectué une série de dosages sur des échantillons recueillis à divers temps de la saignée.Les différences trouvées entre les divers échantillons sont à peine marqués et ne portent \u2018tout au plus que sur la deuxième décimale.A.BERTRAND.L.JUNG et L.AUGER.\u2014 Sur le mécanisme de la mort par pénétration d\u2019air dans les veines (C.R.S.B.\u201d, 1928, pgae 610).Diverses théories ont été mises de l\u2019avant pour expliquer la mort par pénétration d\u2019air dans les veines au cours d\u2019interventions chirurgicales ou expérimentales: embolies pulmonaires, interventions nerveuses, distension du cœur droit paralysant les systoles.En injectant rapidement des quantités variables d\u2019air soit dans la jugulaire externe, soit dans le ventricule droit ou gauche, Jung et Auger ont fait les constatations suivantes: Pour provoquer la mort il faut au moins 58 cc d\u2019air si on l\u2019injecte dans le ventricule droit et 100 cc si c\u2019est dans la jugulaire.Une chute rapide de la pression artérielle se produit et les artères coronaires jusque dans leurs plus fines ramifications sont for Gon py - \u2026 . L'UNION MÉDICALE DU CANADA 493 envahies par un chapelet de petites bulles gazeuses.Peu à peu les ventricules entrent en fibrillation.Si l\u2019injection est faite dans le ventricule gauche une quantité moindre d\u2019air (20 cc) est nécessaire pour entraîner la mort.Dans ce cas les phénomènes déjà cités se produisent plus rapidement.Les poumons n\u2019ont pas semblé être le siège de lésions appréciables.Les trois faits fondamentaux qui se dégagent de ces expériences sont: chute de la pression artérielle, pénétration d\u2019air dans les coronaires et fibrillation des ventricules.Que l\u2019air soit injecté directement dans le cœur gauche ou dans le cœur droit, la mort surviendrait dans tous les cas d\u2019après Jung et Auger par oblitération gazeuse des vaisseaux du cœur.A.BERTRAND.SOCIÉTÉS La Société de Pédiatrie de Montréal La dernière séance de la Société de Pédiatrie de Montréal a eu lieu le vendredi 25 mai 1928, à 4 h.30, à l\u2019Hôpital Sainte-Justine, à l\u2019amphithéâtre de la clinique.L\u2019ordre du jour était le suivant : M.J.-C.BOURGOUIN.Broncho-pneumonie chez un nourrisson vae- ciné au B.C.G.M.E.DUBE.Deux cas d\u2019ostéomyélite.M.A.-Z.CREPAULT.Un cas de rupture du rein.M.J.RIVARD.Un cas de rupture de la rate.M.J.MIGNEAULT.Traumatisme de l\u2019œil.M.Paul LETONDAL.Endocardite maligne à évolution subaigué.M.L.PARE.Technique de l\u2019hémoculture.M.Pierre MASSON.Sclérose tubéreuse de l\u2019encéphale; néphrite glomérulo-épithéliale chronique (présenation de pièces).Le Secrétaire, Paul LETONDAL. NÉCROLOGIE L\u2019HON.LOUIS PHILIPPE NORMAND 1863-1928 Notre influence vient bien plutôt de ce que nous sommes que de ce que nous disons ou même de ce que nous faisons.P.de J.\u201cLouis Philippe Norun.and, magnifique type de médecin !\u201d C\u2019est par cctte exclamation, qu\u2019au lendemain de sa mort, le qual:fiait l\u2019un de nos meilleurs journalistes de la Métropole, son ex-concitoyen M.Omer Héroux.De temps en temps, émerge ainsi des tombes certaine figure auprès de laquelle, malgré soi, il faut s'arrêter.Celle du docteur Louis Philippe Normand en est une.Tnutile de répéter tout ce que la grande et la petite presse ont dit de lui: \u201cMagnifique type de médecin\u201d résume toutes les appréciations générales et c\u2019est la vérité.Je voudrais, simplement et respectueusement, rendre hommage à sa mémoire, en feuilletant sa correspondance, en évoquant quelques-unes de ses paroles, en rappelant à larges traits ce qu\u2019il fit et ce qu\u2019il fut.Cette façon d\u2019apprécier une vie est peut-être quelœue peu simpliste, mais je n\u2019ai rien de meilleur à dire que de répéter, pour l\u2019avantage commun et 1a gloire du disparu, ce que le disparu lui-même n\u2019a pas craint d\u2019écrire, de dire ou d\u2019être, pour l'honneur de la profession dont il fut, durant deux termes consécutifs, le Président très distingué.La correspondance du Dr Normand avec le Bureau provincial de médecine fut considérable.Elle constituerait à elle seule un intéressant volume.Que l\u2019on me permette de citer, en partie, la première lettre qu\u2019il nous écrivit au lendemain de l\u2019élection du Bureau provincial de médecine, le 10 juillet 1909.Cette lettre constitue tout un programme, et résume magnifiquement les devoirs de notre fonction, dictés d'autorité.\u201cLa lutte que vous venez de subir avec succès, écrivait-il, me prouve que vous êtes un homme d\u2019énergie.Reste à savoir si vous êtes un homme de principes.C\u2019est ce que l\u2019avenir nous dira.Permettez-moi, au début de votre administration, de faire une mise au point catégorique, quant à ce qui me concerne.Cela évitera les froissements et les malentendus qui ne doivent jamais exister entre Président et Registraire.\u201cVous ne vous doutez probablement pas, faute d\u2019expérience, de 1a tâche ardue qui vous échoit.Tout de suite, c\u2019est mon devoir de vous le dire, e + x PY.Sal * a ro. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 495 détrompez-vous si vous croyez, comme certains de nos collègues l\u2019ont prétendu, que votre rôle consiste uniquement à percevoir des dûs et à collationner des notes.Le Registraire doit être, se'on l\u2019esprit de la loi nouvelle, le factotum de la profession.C'est l'âme du Bureau provincial de médecine.A la lettre il doit exécuter ses ordres, mais très souvent avec un autre esprit que celui qui dicte s\u2019il connaît bien le sens de la loi et des règlements.A ce que l\u2019on dit de vous, j'espère que vous serez cet L'hon.LOUIS-PHILIPPE NORMAND (1863-1928) | Président du Congrès des Médecins de Langue française de l'Amérique du Nord (1902) Président du Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec (1907-1014) Président du Conseil Médical du Canada (1920) Président du Conseil Privé du Canada (1921) Commandeur de l'Ordre de Saint Grégoire le Grand homme.Identifiez-vous avec le Bureau: c\u2019est votre premier devoir; mais de grâce faites donc en sorte de rétablir l'autorité d2 ce Bureau confondu juscu'ici avec la multiplicité des fonctionnaires que la nouvelle loi vient de faire disparaître.Mettez-vous bien dans l'idée que le Bureau provincial de médecine est l\u2019autorité suprême de la profession médicale.Et dans l\u2019accomplissement de vos devoirs de Registraire ne mettez.aucune différence entre un professeur de la Faculté et le plus humble pratialen 496 L'UNION MÉDICALE DU CANADA de la campagne.Je serai à votre disposition en aucun temps.Je suis très au courant de la loi nouvelle.Je tiens à constater de très près comment elle fonctionnera.Ne vous gênez pas pour me consulter.Cela me sera excessivement agréable d'essayer à vous rendre la tâche facile.Il n\u2019y a aucune arrière pensée chez moi.J'essaye ordinairement d'être un homme de devoir avant d\u2019être un homme aimable.Pour vous j'essayerai d\u2019être les deux.\u201d Et à dix-neuf ans d\u2019intervalle, je rends témoignage que jamais, en aucune circonstance, le Docteur Normand, durant les années qu\u2019il fut à la présidence de notre Bureau, n\u2019a cessé d'être cet homme de devoir et cet homme aimable qu\u2019il promettait d\u2019être.Si j'ai, dès le début, capté sa confiance, et si je me flatte de l'avoir toujours conservée, c\u2019est sans doute parce que j'ai compris qu\u2019il entendait donner son attention à tous les détails et à n\u2019en négliger aucun.Sa volumineuse correspondance que je viens de parcourir avec un souvenir ému en fait foi.Elle atteste surtout la loyauté, la générosité, la promptitude à rendre service, la ponctualité, l\u2019ordre dans l\u2019action vive mais non précipitée, la connaissance des hommes et J\u2019idéal du médecin chrétien, soutenu par des qualités naturelles, servant de base à une vie de foi intense.Pardessus tout, il abhorrait la double conscience qui tolère, dans le secret du cabinet de consultation ou au cours de la vie professionnelle, des actes qu\u2019un honnête homme ne saurait se permettre.\u201cJ'ai été pris par surprise\u201d, s\u2019exclamait un médecin comparaissant devant le Consei] de discipline, présidé par le Dr Normand.\u2018Peut-être bien, rétorquait celui ci, mais le même individu m\u2019a tendu le même piège qu\u2019à vous et je l\u2019ai mis à la porte.Vous avez méconnu le devoir du médecin en pareille circonstance.Votre ignorance n'est pas justifiable.\u201d Un autre disait: \u2018\u2018Mais personne ne m'a enseigné ce que vous condamnez !\u201d \u2019 \u201cTant pis, rétorquait encore le Président.Votre conscience d\u2019honnéte homme aurait dû vous suffire.Vous n\u2019étiez pas préparé pour être médecin.\u201d Pour illustrer davantage sa saine doctrine professionnelle, il faudrait analyser, un par un, ses discours à titre de Président du Collège des médecins et chirurgiens, à titre de Président du Congrès des médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord, ou à titre de Président du Conseil médical du Canada.Je me contente de signaler le plus beau cours de déontologie médicale qui ait été fait publiquement, à notre connaissance, par un médecin canadien, je veux dire le discours que prononça le docteur Normand, hôte d'honneur des étudiants en médecine, à l\u2019hôtel Windsor de Montréal en avril 1925.Les journaux de l\u2019époque l\u2019ont signalé.Quelques-uns l\u2019ont analysé.Si je ne me trompe, le Quartier Latin l\u2019a publié en entier.Je ne serais pas surpris d'apprendre, tôt ou tard, que le chapitre de nos Règlements qui traite des droits et des devoirs du médecin s\u2019est largement inspiré de ce discours.Enfin, pour résumer, sa dernière lettre comporte encore un enseignement.Nous le consultions au cours de certaines difficultés: \u2018\u201cContentez- -vous de protester afin que les petits ne soient pas scandalisés, nous L'UNION MÉDICALE DU CANADA 497 écrit il, puis laissez faire et laissez dire.Etre scrupuleusement honnête et n\u2019agir que par devoir, il n'y a que cela qui compte au bout de la vie!\u201d C\u2019était presque le chant du cygne ! Peu de carrière professionnelle, croyons-nous, ne s\u2019est ainsi édifiée, étape par étape, sans en brûler aucune.Depuis son stage d\u2019internat à l'hôpital Notre-Dame où l\u2019avait appelé la confiance de ses maîtres, jusqu\u2019à la présidence du Conseil médical du Canada, qu\u2019il avait désirée comme la plus belle fin de carrière, le docteur Normand a rempli tous les postes de confiance, a recueilli tous les honneurs que ses concitoyens pouvaient lui confier et que sa profession eut à lui offrir.Et je ne sache pas le domaine de la politique excepté, qu\u2019il ait eu jamais d\u2019entraves à surmonter ni de lutte ardente à soutenir pour cueillir les palmes de la gloira.D'aucuns diront peut-être qu\u2019il a recherché les honneurs.Oui, si l\u2019on s\u2019en tient au sens honorable de la recherche: Non pas, au sens arriviste.Car c\u2019était un esprit positif qui calculait toutes les conséquences ultimes d\u2019un acte à poser.D\u2019un jugement très sur et d\u2019une confiance absolue dans son étoile, il ne faisait rien au hasard.Honorablement mais énergiquement, il préparait sa voie, plutôt certain que désireux d'atteindre le but, cénvaineu que seuls les hommes de volonté puissante sont ceux qui récoltent.Et le moment venu, le fruit mûr tombait à ses pieds ou entre ses mains.Ce qui m\u2019a le plus édifié dans cette vie saine et sans tache, c\u2019est l\u2019importance primordialé qu\u2019il attachait à la formation personnelle du médecin : formation intellectuelle, formation morale, formation professionnelle, affirmant toujours que notre influence vient bien plutôt de ce que nous sommes que de ce que nous disons ou même de ce que nous faisons.Je le vois encore, à son bureau de Président, analysant les cartes d\u2019examens ou relisant, un sourire narquois aux lèvres, les lettres des mécontents.Il serait indiscret de répéter ici les réflexions qu\u2019il se permettait en pareilles circonstances, mais que de leçons j'en ai tirées pour la gouverne de ma propre vie, et comme je lui en suis reconnaissant ! Et il a prêché d\u2019exemple.Il recevait toutes les revues médicales importantes.Il les analysait à jour et à heure fixe, sans jamais y manquer.Les universitaires ne l\u2019ont jamais pris par surprise avec une théorie nouvelle.Il était toujours à ja page.Tous les ans, il allait faire un stage dans les meilleurs hôpitaux américains et en revenait féru des méthodes nouvelles.Il se remettait ensuite à la besogne et ne désemparait plus.Selon le dicton populaire confirmé par le témoignage unanime de ses concitoyens et de ses proches, le Dr Normand était un bourreau de travail.Que l\u2019on en juge par sa carte professionnelle, à la fois si sobrement rédigée, si digne, si bien remplie. 498 L'UNION MÉDICALE DU CANADA LS dacklecur A D Normand Heures des consultations : Hôpital St-Joseph Hôpital Bourgeois Rue Ste-Julie 47, Ave Laviolette Lundis, mercredis et vendredis, Lundis, mercredis et vendredis, 10 à 11 hrs a.m.2 à 4 hrs p.m.Mardis, jeudis et samedis, Mardis, jeudis et samedis, 8.30 a 10 hrs a.m.10 à 12 hrs a.m.Bureau privé - No 1, rue Des Forges.Mardis, jeudis et samedis, 2 a 5 hrs p.m.Dimanches, 2 a 3 hrs p.m.A part cela, pendant plus de vingt ans, il s\u2019occupa de façon très active et fort efficace d\u2019affaires municipales, provinciales, fédérales et professionnelles.Il fut maire de sa ville de Trois-Rivières pendant plusieurs années; Président du troisième Congrès des Médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord tenu à Trois-Rivières en 1902; Président du Collège des médecins et chirurgiens de 1907 à 1914; Président du Conseil médical du Canada en 1924; Président du Conseil privé de Sa Majesté à Ottawa.Il a été mêlé à toutes les luttes sociales de son temps, à tous les mouvements patriotiques et nationaux auxquels il a payé de sa personne, de son influence très grande, et de sa générosité, A vrai dire, aucune bonne œuvre parmi nous qui ne puisse se réclamer de lui, du moins comme bienfaiteur, protecteur ou ami.Aux apôtres de Ja tempérance il fut mêlé.Contre la tuberculose et la mortalité infantile, il a lutté, A la Ligue des Droits du Francais il fournit de précieux encouragements.L\u2019Oeuvre des Retraites fermées au Canada lui doit davantage.Ce qu'il n'a pas fait lui-même il a aidé à le faire, en donnant l\u2019exemple ou en procurant les moyens.Les pauvres surtout, les pauvres de sa ville natale et tous ceux de son district, ont largement bénéficié de ses conseils, de ses talents, de sa droiture, de sa science, de sa générosité, et pardessus tout de l\u2019habileté de son art de chirurgien.On venait le consulter de.tous les coins de la province.Ses salles d\u2019attente, aux heures de consultation, étaient des fourmillières où pullulaient des clients de toutes Jes catégories et de toutes les conditions.L'on attribue au Sénateur Jacques Bureau, son adversaire politique de toujours, ce noble témoignage: \u2018Pour une consultation payée, Normand en donna trois gratuitement !\u201d Mais pour ne pas allonger au delà des limites possibles ces notes rédigées à la hâte, je voudrais, en terminant, pouvoir pénétrer dans son âme et dans son cœur afin de saisir sur le vif la force intérieure qui a fait de ce \u2018magnifique médecin\u201d l\u2019une des plus belles figures de son temps. 499 L'UNION MEDICALE DU CANADA Certes, il était fortement constitué, mais ce n\u2019est sûrement pas la force physique qui l\u2019a constamment tenu fidèle à tous ses devoirs, fidèle à la parole donnée, fidèle aux heures convenues, fidèle pour les riches, fidèle pour Jes pauvres, fidèle dans les épreuves, fidèle dans la prospérité et dans la gloire, fidèle dans sa vie, fidèle dans sa mort.[ Chez Louis Philippe Normand, au-dessus de l\u2019homme de bien, il y avait l\u2019homme de foi.Son âme fut vraiment plus haute que ses œuvres, et c\u2019est en elle, perfectionnée et sanctifiée, qu\u2019il faut rechercher la véritable raison de sa grandeur et de l\u2019estime universelle non seulement de ses confrères mais de tous ses compatriotes.L'homme qui, pendant trente ans, par esprit de foi et de sacrifice, en dépit des occupations multiples de sa profession de médecin, entend tous les matins la Sainte Messe et s\u2019approche de la Table Sainte, dispose d\u2019ascensions qui l\u2019élèvent jusqu\u2019à une hauteur de piété, de zèle et de perfection où il ne se laisse plus voir et où se perd le regard.L\u2019hon.Louis Philippe Normand fut cet homme ! Au nom de l\u2019Union Médicale du Canada, au nom du Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec qui a déjà géposé des fleurs sur sa tombe, et en mon nom personnel, je prie Madame Louis Philippe Normand, l\u2019Abbé Philippe Normand, Mesdames Léon Méthot, Georges Gouin et Fernand Ryan, Monsieur Louis Normand, les docteurs Hudon et Joseph Normand, Messieurs Jean et Pierre Normand d\u2019accepter l\u2019assurance renouvelée de notre admiration sans bornes pour le grand disparu, et nos sympathies les meilleures dans leur profonde affliction.Dr Joseph GAUVREAU.EUGENE VIROLLE (1874-1928) La mort depuis quelque temps a fait subir au corps médical des pertes bien cruelles.Le vide se crée rapidement dans les rangs des membres de notre profession qui dépassent la cinquantaine.Après la disparition presque simultanée de Aubry, Chartier, Bernier, Normand qui, chacun dans sa sphère, ont exercé une influence sur l\u2019évolution de la pratique médicale dans notre province, nous déplorons au- jourd hui la perte du Docteur Eugène Virolle, tombé dans la force de l'âge, en plein travail: il a été frappé par une crise foudroyante d\u2019angine de poitrine, au moment où il rentrait chez lui, le 5 juillet dernier, au retour de ses visites de la matinée.L\u2019affluence de la population qui s\u2019est rendue pour lui rendre un dernier hommage, la foule pieuse et recueillie, massée sur le parcours du convoi mortuaire, le cortège funèbre composé de membres de toutes les classes de la société, sont un témoignage éclatant de l\u2019influence profonde qu\u2019Eugène Virolle exerçait sur ceux qui avaient l\u2019occasion de le connaître. 500 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Le Cardinal, primat de l\u2019Eglise au Canada, assistait au trône; un clergé nombreux était au chœur; et dans la nef entièrement remplie, des hommes politiques, des artistes, des représentants des diverses professions, du commerce, de l\u2019industrie, des classes ouvrières, s\u2019unissaient dans une prière commune pour le regretté défunt.Non seulement dans le corps médical, mais dans notre public canadien-français, Virolle était une personnalité remarquable.Sa clientèle était immense: peu de médecins, croyons-nous, ont été les confidents et les conseillers d\u2019un aussi grand nombre de patients.Pour lui, l\u2019idéal de l\u2019art de la médecine était la pratique générale.\u201cC\u2019est là, disait-il, que le médecin peut faire le plus grand bien: le praticien, tel que je le conçois, doit être à même de pouvoir donner du sculagement dans tous les cas où la nature humaine est en état de souffrance pathologique.\u201d C\u2019est sur cette conception du rôle du médecin qu\u2019il avait basé sa pratique et c\u2019est en vue de cet idéal qu\u2019il choisissait ses lectures de tous les jours.Il était un studieux.Il possédait une culture médicale solide et très étendue.Cette culture, il l'avait puisée ici d\u2019abord, où il avait fait de fortes études; puis plusieurs fois, au cours de sa carrière, il avait été se retremper en Europe aux sources de la science française.Pendant près de trente ans, il a rempli à la Faculté de Médecine le poste de démonstrateur d\u2019anatomie et il se plaisait à dire que c\u2019était en enseignant aux élèves qu\u2019il puisait ses connaissances fondamentales qu\u2019il appliquait avec tant de succès au diagnostic et à la thérapeutique des maladies.Ses procédés étaient scientifiques.Par son expérience, par ses lectures, par ses études anatomiques sérieuses, il était assûrément un de nos médecins les plus en état de poser un diagnostic et d'établir un traitement raisonné.Il avait dans sa profession la foi d\u2019un apôtre.De cette foi se dégageait un magnétisme personnel réconfortant et une manière de procéder presque sacerdotale, vis-à-vis de ceux qui le consultaient.Auprès de ses malades, il employait tout ce que son cœur lui suggérait de moyens.Homme de jugement, il connaissait les maladresses qui tuent et il les évitait; il connaissait les paroles qui sauvent et il s\u2019en servait.De ce cabinet où défilaient tour à tour des clients de toute catégorie: des riches et des pauvres, des gens cultivés et des humbles, personne ne sortait sans avoir au moins acquis une lueur d\u2019espérance.S'il a eu le bonheur de sauver beaucoup de malades, il a eu aussi le chagrin d\u2019en voir mourir quelques-uns; et même alors qu\u2019il devait s\u2019incliner devant l\u2019inexorable loi, il savait trouver des paroles consolantes pour aider le mourant à s\u2019endormir de son dernier sommeil.Sans doute, ses connaissances, sa grande bonté, son magnétisme moral puissant ont contribué beaucoup à accentuer sa personnalité profession- L'UNION MÉDICALE DU CANADA 501 nelle et à faire affluer vers lui la clientèle: il n\u2019est pas exagéré, croyons- nous, de dire que la foule accourait vers lui.\u201cDès huit heures, chaque matin, lisons-nous dans le \u201cDevoir\u201d, même plus tôt, l\u2019attroupement des malades s\u2019était formé à sa porte.Des gens, venus en limousine, descendus des quartiers riches jusque dans ce faubourg, s\u2019étaient mêlés aux autres.Avant neuf heures l\u2019antichambre du cabinet débordait et souvent comme il n\u2019y avait plus de place, le salon familial s\u2019ouvrait à des malades\u201d.Une autre qualité, croyons-nous, a contribué à la formation et au maintien de cette clientèle nombreuse.Quand le Dr Virolle examinait un malade, il avait le souci de mettre tout en œuvre pour arriver d\u2019abord à poser un diagnostic, et surtout à apporter du soulagement, et cela quel que fut le degré d\u2019intelligence ou le rang social de ceux qui se confiaient à lui.\u2014 Pour qui sait le nombre de malades qu\u2019il voyait chaque jour, on serait porté à croire qu\u2019il procédait peut-être un peu vite avec quelques-uns.Il n\u2019en est rien, peu de praticiens mettent autant de soin non seulement dans l\u2019examen de leurs patients, mais aussi dans la rédaction et l\u2019explication de l\u2019ordonnance remise.Un miséreux qui avait connu des jours meilleurs, souffrant d\u2019un mal qu\u2019il ne s'expliquait pas, s\u2019était faufilé parmi ceux qui attendaient et avait, à son tour, été admis dans le cabinet de consultation.Après quelques questions, le Docteur Virolle eut vite constaté qu\u2019il se trouvait en présence d\u2019un cas grave, et il se mit en devoir de l\u2019examiner sérieusement.\u201cMais, Docteur, je dois vous dire tout d\u2019abord que je suis pauvre, que je ne puis rien vous donner et qu\u2019il me répugne de vous faire passer votre temps précieux au détriment de tant d\u2019autres qui attendent: Peut- être une petite prescription suffirait-elle et je vous en serais bien reconnaissant.\u2014 Mon ami, vous n\u2019êtes pas venu ici comme riche ni comme pauvre, vous êtes ici comme malade; et devant le médecin tous les malades sont sur un pied d\u2019égalité.Quittez vos craintes, vous ne m\u2019êtes pas à charge: vous m\u2019intéressez, c\u2019est mon devoir de vous examiner; ceux qui viendront après vous n\u2019en souffriront pas, je vous le promets.\u201d Ce pauvre abandonné alla plus tard mourir au refuge Notre-Dame de la Merci et il ne racontait jamais cet incident aux Frères hospitaliers sans verser des larmes.Cette vie, dans son cabinet et dans ses courses chez ses malades, c\u2019était sa vie de tous les jours.Il n\u2019avait pour limite de son travail que la limite de ses forces.On pourrait croire qu\u2019un homme aussi pris par sa profession ne pouvait consacrer à sa famille que de trop rares loisirs.Et cependant Eugène Virolle était un homme de foyer; il était même artiste à ses heures: il a fait quelques peintures; il jouait le violoncelle d\u2019une manière fort agréable.Auprès de sa femme, au milieu de ses enfants, il répandait la lumière et la joie. 502 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Sa mort, d\u2019une certaine façon, fut soudaine, mais elle n\u2019a pas été une surprise.Co Il savait que la mort le guettait et il s\u2019y préparait.Que de fois n\u2019a-t-il pas répété à ceux qui le savaient malade ces paroles de Mgr Gay: \u2018Je ne suis plus sur la terre que comme un voyageur qui a fait ses malles et qui attend la voiture.Je l\u2019attendrai peut-être quelques années, deux ans peut-être, qui sait ?Mais qu\u2019est-ce que deux ans ! En tout cas, je ne déferai pas mes malles.\u201d A sa famille qu'il aimait tant et dont il entretenait si souvent ses intimes, nous offrons nos cordiales et profondes sympathies.À notre confrère disparu, nous disons un pieux \u2018au revoir\u201d.L.E.FORTIER.LE DOCTEUR HERMENEGILDE VACHON Le Docteur Herméningilde Vachon est décédé, le 5 juillet 1918, à l'Hôpital du Sacré-Cœur de Cartierville à la suite d\u2019une recrudescence de la maladie qui le minait depuis longtemps.Monsieur Vachon était un franco américain né en 1894 à Holyoke, Mass, où il fit ses études primaires chez les religieuses de J\u2019endroit, en 1910 il entrait au collège de St-Hyacinthe où il fit de sérieuses études classiques pour terminer son cours en 1918 avec le titre de bachelier és-arts.Dès l\u2019automne de 1918, Monsieur Vachon commençait ses études médicales à J\u2019Université de Montréal où il reçut en 1923 le titre de docteur en médecine avec la mention \u201ccum laude\u201d.A l\u2019Université, le Dr Vachon était un étudiant modèle, son assiduité aux cours était remarquable, son commerce était agréable, aussi n\u2019avait-il que des amis.A peine reçu médecin, il entrait à l\u2019Hôtel-Dieu comme interne.Là, il se fit remarquer par son amour de la chimie; en effet, Vachon aimait les travaux du Laboratoire où il venait travailler dans ses temps libres.En plus M.Vachon avait une manière facile d\u2019exprimer sa pensée, en un mot, il avait l\u2019étoffe d\u2019un professeur.C\u2019est pourquoi le Dr Baril, croyant voir en lui un futur assistant, lui proposa d\u2019aller étudier la chimie en Europe.Pour faire suite aux propositions du Dr Baril, l\u2019Université de Montréal lui obtint une bourse de l\u2019Institut Rockfeller, et dès septembre 1924, le Dr Vachon nous quittait pour Strasbourg où il étudia dans le Laboratoire du Professeur Nicloux.Après une année de durs labeurs, Vachon décrochait son certificat de Chimie générale.L\u2019année suivante le Dr Vachon devait faire des études de chimie biologique et passer son doctorat és-sciences; mais la maladie le forçait d'abandonner ce travail pour revenir au pays.Après un repos d\u2019une année, l\u2019Hôtel-Dieu lui confiait le département de Chimie.Là Messieurs les Médecins de la Maison l\u2019ont vu à l\u2019œuvre, et ils ont su apprécier sa haute valeur scientifique qu\u2019il savait nous com- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 503 muniquer avec facilité; jamais nous ne prenions Vachon par surprise, toujours il avait une réponse juste.Les Religieuses de l\u2019Hôtel-Dieu et tout le personnel du Laboratoire regretteront longtemps ce collaborateur dévoué.Après avoir à peine donné cinq mois au Laboratire, ses forces le quittèrent et en mars dernier il laissait l\u2019Hôpital pour prendre un peu de repos avec l\u2019espérance de nous revenir; mais le réveil de la maladie marqua trop tôt la fin d\u2019une carrière qui s\u2019annonçait brillante.Nous tous qui l\u2019avons connu regrettons sa mort prématurée, et offrons à la famille nos profondes condoléances.: P.P.GAUTHIER.Oo BIBLIOGRAPHIE PRECIS D\u2019ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE, par le Docteur F.Villemin, professeur à la Faculté de Médecine de Bordeaux.Un voluine in-8 de 756 pages avec 351 figures noires et coloriées : 90 fr.(Librairie J.-B.Baillière et Fils, 19, rue Hautefeuille.Paris 6e.) Dans ce précis, l\u2019auteur a adopté, pour ia nomenclature et !a délimitation des régions, les dénominations classiques et les limites ordinairement admises, Pour leur étude, il a contribué comme la plupart des anatomistes à envisager les plans successifs de la superficie vers la profondeur.Ceci est relativement facile quand il s\u2019agit des inembres, dont la constitution est toujours à peu près identique.Leur étude compcrte généralement des régions antérieure et postérieure séparées par une cloison ostéo-aponévrotique ou une articulation que l\u2019on range dans l\u2019une ou l\u2019autre des régions.Cette façon de faire est encore possible pour certaines parties de la tête et du cou et pour les parois du tronc.Elle ne l\u2019est plus quand il s\u2019agit du contenu des cavités cranio-faciale, thoracique, abdominale et pelvienne.Ces cavités contiennent en effet des organes suffisamment bien individualisés au point de vue topographique pour qu\u2019ils ne soient pas morcelés par les limites des régions pariétales.C\u2019est ce qui explique que, pour la tête, le thorax, l'abdomen et le bassin, après avoir étudié leurs parois en régions, l\u2019auteur a adopté pour le contenu de leurs cavités, des divisions fondées sur la disposition même des organes.À ce propos, tenant compte dez recherches récentes de tous ordres, il a montré l\u2019importance que pouvaient avoir les variations des dimensions des cavités, et notamment de ia cavité abdominale sur la forme et les rapports de ces organes.L\u2019auteur a fait précéder l\u2019étude des régions, sans toutefois s\u2019étendre trop longuement, de quelques renseignements sur les formes extérieures.et il a indiqué avec les points de repère les plus impotants quelques données d'utilisation pratique immédiate. 504 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Ce précis comprend sept livres : Le livre ler est consacré : à la tête; Le livre 2e est consacré : au cou; Le livre 3e est consacré : au thorax; Le livre 4e est consacré : à l\u2019abdomen; Le livre 5e est consacré : au bassin; Le livre 6e est consacré : au membre supérieur; Le livre 7e est consacré : au membre inférieur.Tout en restant dans le cadre d\u2019un précis l\u2019auteur a voulu d(nner au texte une forme suffisamment explicite, afin que les étudiants en médecine et même les praticiens puissent y trouver toutes les notions d\u2019anatomie topographique absolument indispensables à leurs études et à l\u2019exercice courant de leur profession.L\u2019illustration a été augmentée de nombreuses figures surtout dans les parties où le texte a été le plus remanié.Beaucoup d\u2019entre elles sont des figures originales faites d\u2019après nature à une échelle déterminée, le plus souvent siplifiées ou même schématisées pour les rendre d\u2019une plus facile.LE BANDEAU SUR LES LEVRES.\u2014Roman, par Louis Fagerin.\u2014 Un beau volume in-8 couronne, avec illustrations originales de J.Francois, en téte et en fin des chapitres.\u2014 Prix franco: France: 13 fr.20; Etranger: 14 fr.40.\u2014 Aubanel Fils Aîné, éditeur, 15, Place des Etudes, Avignon.\u201cLe Médecin de Campagne\u201d de Balzac était de son temps: fort peu médecin, il faut le reconnaître.Le médecin d\u2019aujourd\u2019hui, en devenant le confident de toutes les misères que sa science peut soulager, échappe à l\u2019observation des profanes.C\u2019est cependant sous cet aspect du secret professionnel \u2014 question d\u2019une casuistique fort compliquée, actuellement soumise aux discussion s\u2014 que l\u2019auteur a voulu nous le montrer.Renonçant au privilège qu\u2019a tout romancier de connaître tous les secrets, il a, dès les premières lignes, enterré son héros, celui qui est mort sans parler, l\u2019homme au \u2018bandeau sur les lèvres\u201d, le docteur Bulot.Et du coup il s\u2019est trouvé devant une situation vraie, il est entré en plein dans la grande tragédie humaine, dans l\u2019obscurité où se heurtent les destinées.Ainsi s\u2019élargit ce drame poignant dont le personnage principal est le mort.Et c\u2019est pourquoi, dans l\u2019esprit du lecteur, ce personnage perd son nom personnel pour ne plus être que le médecin, l\u2019homme pour qui le silence est un devir, mais aussi un droit, l'homme dont la conscience \u2014 plus rigoureuse et plus sage que le code \u2014 est le seul juge qui puisse lui imposer de se taire ou de parler, l\u2019homme que sa fonction sociale élève à un rang que devra respecter le nivellement actuel des sommets.- = es eff L'Union Médicale du Canada Comité de Direction MM.Archambault, Benoît, Boulet, Bourgeois, Bruneau, DeCotret, Derome, Desloges, Dubé, Harwood, Lassalle, Latreille, Leduc, LeSage, Marien, Masson (D.), Masson (R.), Mercier, Pariseau (L.), Parizeau (T.), Rhéaume, Roy, Saint-Jacques.Président: D.Masson ; Secrétaire-trésorier: G.Archambault.Comité de Rédaction MM.Badeaux, François; Bellerose, A.; Bertrand, A.; Boucher, R.; Brault, Jules; Comtois, A.; Dubé, E.; DeGuise, A.; Fontaine, R.; Gérin-Lajoie, L.; Lapierre, G.; Legrand, E.; Letondal, P.; Marin, A.; Marion, D.; Mercier, Oscar; Mercier-Fauteux; - Mousseau, J.Alfred; Paré, Louis; Pepin, R.; Rivard, J.; Simard, Ls C.; Trottier, E.; Vidal, J.A.Président: A.LeSage; Vice-Président: A.Marin; Secrétaire: O.Mercier.Prix de l\u2019abonnement pour 1928 Canada et Etats-Unis .%00 Etranger (pays faisant partie de l\u2019Union Postale) .4.00 Etudiants .ct i it ie ie ee ee ee ee eo 1.50 Prix du numéro .i oi 1 14 1.1.0,25 Conditions de Publication L'Union Médicale du Canada paraît tous les mois par fascicules de 60 pages.Chaque numéro contient des mémoires originaux, des faits cliniques, une revue générale, un mouvement médical, des notes de pharmacologie, des analyses et des nouvelles médicales.Le Comité de Rédaction accepte des articles de tous les médecins à condition que ceux-ci n\u2019aient pas déjà été publiés dans un autre journal.Les Mémoires Originaux ne devront pas excéder 15 pages: les Faits Cliniques auront un maximum de 5 pages et les Revues Générales comprendront au plus 10 pages.Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé franco Pour la médecine: au Dr Roméo Boucher, 5130 Avenue du Parc.Tel.: Crescent 5800.Pour la Chirurgie: au Dr Oscar Mercier, 54 rue Cherrier.Teél.: Est 1213.Tout ce qui concerne administration doit étre adressé franco a M.T.Valiquette, comptable, 3705 rue St-André, ou Boîte Postale 3026. MEDECINE \u2018Gaultier, À propos de quelques cas de dyspepsies duodénales (p.546).\u2014 Binet, Recherches expérimentales sur l\u2019occlusion intestinale (p.547).\u2014 Dufour et Bourgeois, La rate est-elle grosse dans les cirrhoses alcooliques?(p.527).CHIRURGIE Habs.Intoxication saturnine par projectile inclus (p.548).\u2014 Zeno, Hernie épigastrique étranglée (p.548).\u2014 Bauzet, Le duodénum mobile (p.549).NEURO-PSYCHIATRIE Diagnostic clinique des tumeurs du lobe frontal (p.549).CHIRURGIE INFANTILE ET ORTHOPEDIE Debré, Bonnet et Lemy, Les découvertes récentes sur l\u2019étiologie, la prophylaxie et le traitement ide la scarlatine (p.551).\u2014 Prat, Sur la régénération osseuse (p.552).\u2014 Spitzy, Le traitement opératoire du pied creux (p.552).PEDIATRIE Mouriquand et Bernheim, Le traitement des retards de la marche par les rayons ultra-violets (p.553).\u2014 Maillet, Traitement par voie digestive des nourrissons hérédo-syphilitiques hypotrophiques (p.553).\u2014 Chavigny, Les enfants peureux (p.535).\u2014 Importance du traitement posi-opératoire dans l\u2019amygdalectomie et SUITE DU SOMMAIRE ANALYSES dans l\u2019ablation des végétations adénoïdes (p.356).TUBERCULOSE PULMONAIRE Bu.nand, Sur le traitement des pneumothorax tuberculeux (p.556).\u2014 Snapper, Bronchographie par la méthode de Singer (p.557).UROLOGIE Boardman, Diverticule de la vessie (p.538).\u2014 Urech, Le pn2umopéritoine, complication de la prostatectomie (p.558).OBSTETRIQUE Bar, Le centenaire de Tarnier (p.539).\u2014 Muller, Périnéorraphie immédiate primitive et secondaire (p.560).DERMATOLOGIE ET SYPHILIGRAPHIE Wagner-Jauregg, La malariathérapie dans le traitement de la syphilis (p.560).ELECTRO-RADIOLOGIE Bordier, Anomalies observées dans les ef- fats calorifiques de la diathermie appli- auée au moyen d\u2019électrodes spongieuses (p.561).LABORATOIRE Gory et Jaubert, La spermo-culture (p.502)."]
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