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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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L'union médicale du Canada, 1929-03, Collections de BAnQ.

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[" tie i.Sie Tome LVIII No 3 Mars 1929 NOS MAITRES DECEDES LETULLE - WIDAL Les uns a la suite des autres nos anciens maitres européens disparaissent dans le gouffre insondable de la mort.Leurs élèves déposent sur leur tombe I\u2019hommage ému de ceeurs reconnaissants et fidèles; on dresse vers les cimes le monument périssable de leur œuvre; le monde scientifique se recueille un instant.Peu a peu le mouvement des passions humaines refoule la douleur, amoindrit la perte; la course reprend, le progres incessant comble les vides, nivelle les fosses, estompe les anciennes silhouettes; le silence enveloppe bientôt l\u2019œuvre: le sacrifice d\u2019une vie est consommé.Ces réflexions reviennent fréquemment à l\u2019esprit lorsqu\u2019on suit la carrière de ces grands disparus.Le professeur Letulle a été le Maître de plusieurs médecins de ma génération: Marien, Dubé, Lesage, Latreille.Son laboratoire, qu\u2019il dirigeait avec Brault, donnait une hospitalité toujours cordiale aux jeunes étudiants canadiens qui le fréquentaient.Ses leçons sur des pièces fraîches étaient aussi instructives que spirituelles.Fondateur de \u201cLa Presse Médicale\u201d, médecin de l'hôpital Bou- cicaut, qu\u2019il avait vu naître et grandir, et où il a fondé un merveilleux musée de pièces pathologiques; professeur d'anatomie pathologique, science à laquelle il a consacré toute sa vie; directeur d'œuvres sociales anti-tuberculeuses qu\u2019il animait de sa foi, encourageait de ses deniers et dirigeait avec son expérience et sa science; auteur d'un grand traité d\u2019anatomo-pathologie répandu dans le monde entier, le professeur Letulle fut, toute sa vie, un grand savant doublé d\u2019un grand philanthrope.Sur sa tombe l\u2019on inscrira sans doute les mots qu\u2019il écrivit lorsque ses amis lui offrirent une médaille pour évoquer son œuvre d\u2019anatomo-pathologiste : \u201cMorte spectata, servare vitam\u201d \u2014 posséder la preuve qu\u2019au cours de mes cinquante années de labeur, un de mes travaux a fourni à quelgu\u2019inconnu le moyen de sauver la vie d'un homme, et puis mourir en paix, conscient d\u2019avoir, par mon rude métier, bien servi l\u2019Humanité.\u201d L'UNION MÉDICALE DU CANADA Admirables paroles, écrit le professeur de Lapersonne, dignes d\u2019un philosophe antique, qui indiquent si bien la préoccupation dominante de sa vie tout entière.Le professeur Widal a suivi de près son collègue Letulle.\u201cEt voilà, écrit le professeur Faure, que s\u2019est endormi pour toujours le cerveau magnifique qui, depuis cinquante ans peat-\u20actre, eut sur les mystères de la médecine les vues les plus lum:aeuses et les clartés les plus profondes.\u201d Dans son allocution à la Société Médicale des hôpitaux de Paris, son ami le professeur Bezançon, que nous connaissons bien, a parcouru les principales étapes de son œuvre.Elève de Cornil, Chantemesse et Roux, il est pastorien dans l\u2019âme.Interne, médaille d\u2019or, il s'associe de bonne heure à Chante- messe dans ses travaux sur la fièvre typhoïde: étiologie, spécificité du bacille d\u2019Eberth, enfin sur la vaccination antityphique.À trente ans, il est déjà un maître.En 1896, c\u2019est le séro-diagnostic de la fièvre typhoïde.En 1900, c\u2019est le cyto-diagnostic des épanchements séro-fibrineux de la plèvre et des exsudats méningés.En 1901, découverte de la sensibilisatrice dans le sérum des typhiques.Professeur de pathologie interne, où il remplace le professeur Dieulafoy, son illustre maître qu\u2019il admirait et chérissait, il s'attaque à la question des néphrites qu\u2019il dissocie en même temps qu\u2019il les classe selon la méthode physiologique admirable que tous connaissent.La clinique en retire les plus grands bénéfices.Les cadres noso- logiques sont bien délimités, le pronostic est mieux compris, la thérapeutique en est simplifiée.La pathogénie des œdèmes, la cure de déchloruration, l'azotémie marquent une date dans l'histoire de la médecine actuelle.La guerre lui fournit l\u2019occasion d'exercer son génie inventif.La typhoïde exerçait de grands ravages dans les armées, à cause des infections paratyphoïdes À et B.Après des travaux poursuivis à l\u2019Institut Pasteur, Widal préconise la vaccination par le vaccin triple, le T.A.B.chauffé. L'UNION MÉDICALE DU CANADA La mortalité diminue rapidement, bientôt elle est enrayée.L\u2019anaphylaxie, découverte par Richet, le hante.En observant certains syndromes, tels que l\u2019asthmie, la migraine, l\u2019urticaire, l\u2019'hémogloglobinie paroxystique il imagine que, dans tous ces cas, il doit y avoir un déséquilibre vasculo-sanguin, un choc colloïdoclasique, dira-t-il plus tard.Il apporte bientôt des faits à l\u2019appui de cette thèse.: Son œuvre, à peine esquissée ici, est immense.\u201cWidal, écrit le professeur Bezançon, par sa méthode de travail, par l\u2019emploi constant de la méthode expérimentale, est de la lignée des Claude-Bernard, des Pasteur.Il n\u2019aura pas seulement marqué sa trace dans la médecine française par ses magnifiques travaux, mais tout autant par l\u2019impulsion générale qu\u2019il a donnée à la médecine.Mais toute son œuvre il l\u2019a acommplie en clinicien averti.\u201d Mes collègues, Dubé et Marien, s\u2019associeront sans doute à moi dans cet hommage aux deux maîtres disparus.Marien, qui fut, à l\u2019Université de Montréal, le véritable fondateur de l\u2019anatomo-pathologie, a vulgarisé parmi nous les méthodes de Letulle et Brault, ses maîtres tant vénérés.C\u2019est dans le laboratoire de Chantemesse, à l\u2019école pratique de Médecine de Paris, que nous avons été initiés, Dubé et moi, aux secrets de la bactériologie et de la sérothérapie par Widal, qui dirigeait les travaux en personne, aidé de Bezançon, son aimable assistant, aujourd\u2019hui professeur et maître, et de Griffon, décédé depuis longtemps.Je me souviens encore avec quelle ferveur nous suivions la marche de l\u2019agglutination du bacille d\u2019Eberth dans la champ du microscope après que Widal eût déposé sur nos lames la goutte sensibilisatrice \u2014 et avec quel soin il s\u2019occupait de nous.La réaction venait de naître sous la baguette magique du jeune maître.J'évoque aussi le souvenir de son concours d\u2019agrégation, lorsque je vis Dieulafoy, son maître, et Pinard, venir s\u2019asseoir à nos côtés, comme de simples spectateurs, pour entendre et applaudir leur brillant élève. L'UNION MÉDICALE DU CANADA Enfin je rappelle la visite que nous fimes à Widal, Dubé et moi, en 1925, en route pour le Congrès de Nancy, dans sa princière résidence d\u2019été à Garche, à quelques kilomètres de Paris, en compagnie de Joltrain, son chef de laboratoire, que nous connaissons.Il nous reçut accompagné de Madame Widal et de son fils, avec une grande cordialité, nous fit visiter le parc et nous entretint de ses travaux.Nous lui avions transmis l'invitation de venir au Congrès de Montréal en 1926, mais il craignait, a cause de son état de santé précaire, d\u2019entreprendre un aussi long voyage.Ceux qui ont connu ces deux grands maîtres s\u2019associeront sans doute à moi pour rendre hommage à leur haute valeur morale et scientifique.Morte spectata, servare vitam.Albert LESAGE. MÉMOIRE STÉNOSE PYLORIQUE HYPERTROPHIQUE CONGÉNITALE Par Pierre Z.RHEAUME, F.A.C.S., Professeur à l\u2019Université de Montréal, Chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu.Depuis quelques années la question de la sténose pylorique hypertrophique congénitale a été étudiée par quelques chirurgiens tant en Europe qu\u2019aux Etats-Unis.Cette lésion relativement rare est tout de même bien classifiée aujourd\u2019hui; elle présente une symptomatologie très caractéristique qui permet de faire un diagnostic précoce, seule chance de succès pour des traitements chirurgicaux rationnels et bien réglés dont peuvent bénéficier de tout petits bébés destinés à une mort presque certaine et rapide.J'ai cru à propos d'attirer l\u2019attention des lecteurs de l'Union Médicale et des médecins de la province de Québec sur une entité pathologique qui, si elle n\u2019est pas complètement ignorée, n'est pas assez souvent recherchée dans un pays comme le nôtre où la natalité est si élevée.Je suis convaincu qu\u2019un nombre assez considérable de bébés meurent de troubles digestifs non diagnostiqués que nous pourrions mettre sur le compte de la sténose pylorique hypertrophique congénitale.% sox Tous ceux qui ont eu l\u2019occasion d\u2019observer ces pauvres petits bébés souffrant de sténose hypertrophique s\u2019accordent dans leur 132 L'UNION MÉDICALE DU CANADA description du tableau clinique de cette affection.Généralement nous sommes en présence d\u2019un bébé, âgé de quatre à huit semaines, chez qui apparaissent des vomissements en projectile.Ces vomissements sont expulsés facilement et avec force jusqu'à 0.50 centimètres au delà de la bouche.La même scène se reproduit à chaque repas.Puis la constipation apparaît pendant qu\u2019un amaigrissement progressif consume un petit être qui a toute l'apparence d'un atreptique.Si nous examinons minutieusement la région épigastrique du malade après l\u2019ingurgitation de son repas, nous constatons facilement le péristaltisme stomacal qui se manifeste par des vagues perceptibles à la vision.Dans une proportion de 25% des cas une tumeur olivaire pourra être palpée dans le carrefour supérieur droit.Voici donc en résumé la symptomatologie classique de la sténose pylorique hypertrophique congénitale.Pour illustrer ce chapitre de la pathologie du tube digestif chez l'enfant, permettez-moi de rapporter l\u2019histoire clinique suivante.En mars 1928, j'étais appelé auprès d\u2019un bébé mâle, âgé de cinq semaines, qui présentait des troubles digestifs graves se manifestant: par des vomissements projectiles à chaque repas, par de l\u2019amaigrissement rapide et progressif, par de la constipation et du péristaltime stomacal constaté après chaque repas.Né à terme, le bébé pesait 4 kilos, il paraissait normal et s\u2019alimenta au biberon d\u2019une façon satisfaisante pendant environ deux semaines.A.H., rien de particulier.Première prise de lait à 4 jours.L'\u2019estomac tolère 70.00 grammes.La quantité de lait qu\u2019il prend diminue graduellement jusqu\u2019à l\u2019âge de trois semaines; à chaque prise il paraît s\u2019étouffer en buvant.À ce moment commencement les vomissements, d\u2019abord intermittents, puis réguliers.À l\u2019âge de cinq semaines il ne garde plus de nourriture.Il a perdu 1 kilo.de son poids initial et ne peut plus s\u2019alimenter.Devant l\u2019état précaire du petit malade et l\u2019intolérance complète de son estomac nous ne jugeons pas à propos d\u2019administrer un repas baryté et nous décidons d\u2019urgence l'intervention chirurgicale.A l\u2019opération nous constatons un estomac dilaté qui remplit à lui seul presque tout l\u2019abdomen, tandis que l\u2019intestin est affaissé et inhabité.Dans le carrefour supérieur droit nous trouvons une tumeur pyloro- duodénale donnant l\u2019impression d\u2019un boudin fusiforme mesurant 0.02 centimètres dans son plus grand diamêtre transversal et 0.04 centimètres sur la longueur, dont la consistance est comparable à celle d\u2019un myome utérin et qui paraît remplir complètement la lumière du pylore.Le sillon duodéno-pylorique est disparu pour faire place au plus grand diamètre transversal de la tumeur qui paraît se prolonger symé- piqué wl quré jai L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 133 triquement, en fuseau, et vers l\u2019estomac et vers le duodénum, pour se terminer à ses deux extrémités en \u201cqueue de poisson\u201d.Devant ces conditions anatomiques nous décidons le traitement chirurgical par la gastro-entérostomie postérieure avec sutures.Les suites opératoires ont été satisfaisantes.Huit jours après, l\u2019alimentation se fait facilement.Les vomissements alimentaires ont disparu, mais une diarrhée (de sept à huit selles par jour) paraît résulter du passage trop rapide des liquides par la bouche anastomotique.Plus tard, avec une alimentation plus solide, les selles diminuent de fréquence (trois à quatre par jour) et sont plus consistantes.Parfois encore apparaissent quelques vomissements biliaires, mais avec une petite dose de calomel tout rentre dans l\u2019ordre.Le bébé semble se développer normalement.A l\u2019âge de onze mois il pèse maintenant 9 kilos.Et si l\u2019on tient compte qu\u2019il avait perdu 1 kilo.qu\u2019il a dû récupérer, son développement physique est aussi parfait que possible.Une radiographie récente nous permet de constater comment s'opère maintenant le passage des aliments de l\u2019estomac vers l\u2019intestin.Tout passe par la bouche anastomotique, tandis que la tumeur pylorique paraît encore oblitérer complètement la lumière de l'organe.# % # Quelle peut bien être la cause de cet état pathologique ?Question embarrassante à laquelle on peut difficilement donner une réponse satisfaisante, car l\u2019étiologie en paraît bien obscure.Les antécédents héréditaires ne paraissent jouer aucun rôle appréciable; au contraire, ils sont généralement nuls.Mais la lésion apparaît beaucoup plus fréquemment chez le mâle, dans une proportion de 3 pour |, à l\u2019âge de quatre à huit semaines.Par conséquent le terme \u201ccongénital\u201d n\u2019est pas précis.Peut-être le petit patient apporte-t-il en naissant une prédisposition congénitale, condition qui favorise l\u2019évolution rapide vers la sténose hypertrophique.Ainsi nous pourrions invoquer la théorie nerveuse, qui vient toujours à notre secours quand nous sommes dans l\u2019embarras pour expliquer un phénomène physiologique, et mettre le tout sur le compte du système nerveux autonome.Les spasmes répétés, à mon avis, doivent jouer un rôle considérable dans le développement de l\u2019hypertrophie de l\u2019anneau pylorique et je crois que cette explication est la plus rationnelle et celle qui nous satisfait le plus.+ $ 0% 134 L'UNION MEDICALE DU CANADA Si l\u2019étiologie de la sténose pylorique hypertrophique est obscure, l\u2019étude de l\u2019anatomie pathologique en a été un peu négligée.En effet, dans toute la bibliographie que j'ai parcourue on fait peu ou pas mention des constatations histo-pathologiques.J'ai interrogé le Professeur Pierre Masson qui a déjà examiné microsco- piquement des coupes histologiques provenant de sténoses hypertrophiques congénitales; ses constatations correspondent à celles Figure 1 A\u2014Anneau pylorique.B\u2014Epaississement pré-pylorique de la musculeuse stomacale.C\u2014Atrophie de la paroi du corps de l\u2019estomac dilaté.observées par M.Rhea (!) sur les pièces anatomiques dont les micro-photographies accompagnent ce mémoire.Ces coupes sont typiques et illustrent bien la lésion qui nous occupe en ce moment.Mais, chose paradoxale, ces pièces anatomiques ont été prélevées sur un sujet qui est mort à l\u2019âge de 74 ans.(1) C\u2019est à l\u2019obligeance de M.Rhea, pathologiste du Montreal General Hospital, que je suis redevable de ces micro-photographies, seul document anatomo-pathologique à Montréal. , ., L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA 135 Dès sa première enfance il accusait des troubles digestifs; les crises s\u2019espaçaient puis revenaient aussi violentes.Cependant avec une diète sévère il est parvenu jusqu\u2019à la vieillesse.Ce qui prouve que parfois la sténose hypertrophique congénitale est compatible avec la vie.A part cette hypertrophie de la musculature stomacale que l'on ne peut rencontrer que tardivement \u2014 c\u2019est-à-dire qui s\u2019installe lentement \u2014 les caractères histologiques sont identiquement les mêmes que ceux que l\u2019on rencontre dans la sténose hypertrophique congénitale de l\u2019enfant et qui se traduisent par une hypertrophie musculaire en masse sans prolifération de tissu conjonctif.Figure 2 - Coupe histologique de l\u2019anneau pylorique montrant un hypertrophie musculaire en masse.En présence d\u2019un petit bébé qui manifeste les symptômes de l\u2019hypertrophie pylorique, quelle conduite devons-nous tenir ?Un premier devoir s\u2019impose, celui d\u2019instituer un traitement d'épreuve qui permet de faire un diagnostic différentiel entre le spasme et la sténose.C\u2019est alors que les anti-spasmodiques (atropine, etc.) pourront être employés, mais si après un temps raisonnable (huit à dix jours) aucune amélioration n\u2019est apparue il faudra prendre une décision 136 L'UNION MEDICALE DU CANADA avant que le malade soit déshydraté et présente les signes de l\u2019asthénie dus à la dénutrition, état grave qui augmente les risques opératoires.[] sera peut-être temps encore d\u2019administrer un repas de baryum, si l\u2019estomac du patient peut tolérer ce repas le temps qu\u2019il faut pour enregistrer les signes radioscopiques qui permettent de faire un diagnostic différentiel.Dans un cas nous pourrons voir à l\u2019écran l\u2019image typique de la sténose hypertrophique congénitale caractérisée par un estomac très dilaté qui paraît hermétiquement fermé du côté du pylore et décrit la silhouette d\u2019un ballon dirigeable; si l\u2019on fait un nouvel examen au bout d\u2019une heure, rien n\u2019a changé de place et l'intestin ne montre aucune trace de baryum.L'\u2019indication opératoire est alors formelle.Dans un autre cas l\u2019examen fait immédiatement après le repas de baryum donnera la même image que dans la sténose hypertrophique, mais au bout de vingt minutes nous verrons apparaître du baryum dans le jéjunum, puis après quelques heures l\u2019estomac sera vide: nous serons dans ce cas-ci en présence d\u2019un spasme pylorique probablement guérissable par un traitement médical anti-spasmo- dique et une alimentation plus condensée.Mais si l'examen radiologique est impossible et que les troubles digestifs persistent avec l\u2019amaigrissement progressif il y a urgence alors à pratiquer une laparatomie.Il faudra dans ce cas remonter le malade, favoriser son hydratation par du sérum artificiel; quelquefois une trasfusion s\u2019imposera pour permettre à l\u2019opéré en miniature de supporter avec succès l\u2019opération.¥* * % Jusqu\u2019à l\u2019année 1910 le seul traitement chirurgical employé était la gastro-entérostomie, opération beaucoup plus grave chez l'enfant que chez l\u2019adulte, surtout si l'intestin est exposé à l\u2019extérieur de l\u2019abdomen; opération très délicate si l\u2019on songe que l\u2019abdomen du sujet n\u2019est généralement pas aussi grand que celui d\u2019un chapon et que l\u2019intestin grèle mesure à peu près le diamètre d\u2019un crayon ordinaire.C\u2019est alors que Fredet (France) imagina une technique simple: la pylorotomie sous-muqueuse.Cette opération consiste à inciser dans l\u2019axe longitudinal le péritoine pylorique, puis à dissocier la couche musculaire avec un instrument mousse jusqu\u2019au niveau de la muqueuse qui doit être L UNION MEDICALE DU CANADA 137 respectée.Manœuvre facile en raison de l'indépendance de la musculaire et de la muqueuse, de l\u2019absence dè communication vasculaire entre les deux tuniques.L\u2019anneau pylorique sectionné s\u2019affaisse alors et une communication facile s\u2019établit entre l\u2019estomac et le duodénum.Dès 1912, Ramstedt (en Allemagne) décrit le même procédé, puis les Américains, qui puisent plus facilement aux sources d\u2019outre- Rhin qu\u2019en France, modifient à leur tour la technique de Rammstedt et paraissent trop souvent ignorer Fredet, comme ils oublient complètement Péan qui a été le premier à exécuter l'opération de la pylorectomie connue sous le nom de Billroth I.Figure 3 Opération de Fredet.Temps principal montrant la tumeur pylorique incisée longitudinalement jusqu\u2019à la muqueuse.(Figure empruntée à Clapton et Hartman dans Surgery and Gynecology, Octobre 1928.) Depuis quelques années on a cherché les cas de sténose pylorique congénitale et l\u2019opération de Fredet s\u2019est vulgarisée d\u2019une façon empirique comme étant le seul traitement chirurgical.Abt et Strauss (aux Etats-Unis) ont réussi à compiler une statistique de 221 cas, donnant une mortalité chirurgicale de 3%; résultat merveilleux si l\u2019on tient compte du peu de résistance de ces 138 L'UNION MÉDICALE DU CANADA petits patients.Je doute cependant que cette longue série de cas ne soit composée que de sténoses hypertrophiques; il doit y avoir dans ces 221 cas un certain nombre de spasmes et de fausses sténoses présentant la même symptomatologie que la lésion hypertrophique.De toute façon je crois qu\u2019il vaut mieux opérer une fausse sténose que de laisser mourir bêtement un porteur de sténose pylorique hypertrophique.En France, M.Veau s\u2019est fait le champion de la pylorotomie.\u201cElle est, dit-il, toujours possible et toujours facile; elle est le seul traitement de la sténose.\u201d Ce disant M.Veau se montre plus royaliste que le roi, car il accuse méme M.Fredet, l\u2019inventeur de la pylorotomie, d\u2019être un père dénaturé, parce que, abandonnant son enfant, il pratique quelquefois des gastro-enté- rostomies.D\u2019un autre côté, M.Fredet a compris que sa propre technique n\u2019était pas une panacée, qu'elle était insuffisante parfois et que certains cas ne pouvaient bénéficier que de la gastro-entérostomie.Je préfére m\u2019associer a la maniére de voir de ce dernier et je me crois en bonne compagnie après avoir décidé de gastro-entéros- tomiser le petit patient qui fait le sujet de l\u2019histoire rapportée plus haut.Etant bien préparé à faire la pylorotomie de Fredet, dont je connaissais la technique, il m\u2019a paru anatomiquement impossible que la tumeur pylorique que j'avais sous les yeux, véritable myome, puisse s'effondrer par une simple dissociation de ses fibres musculaires; j'ai eu l'impression même qu\u2019une incision dans la couche musculaire ne produirait pas plus d\u2019écartement qu\u2019un coup de bistouri dans un fibrome utérin.C\u2019est pourquoi j'ai pratiqué la gastro- entérostomie.Résumé La sténose hypertrophique congénitale du pylore est une lésion rare, mais plus fréquente qu\u2019on ne pourrait le croire; si nous cherchions à la dépister chez les bébés qui souffrent de troubles digestifs nous la trouverions plus souvent.Cette lésion n\u2019est pas congénitale à la façon de l\u2019imperforation de l'anus ou de l\u2019hymen puisqu\u2019elle n\u2019apparaît que vers la quatrième semaine et que les symptômes vont en s\u2019accentuant, mais il doit exister une prédisposition congénitale qui favorise l\u2019évolution de l\u2019hypertrophie. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 139 Les symptômes sont bien caractéristiques: vomissements en projectile, constipation, amaigrissement progressif, péristaltisme stomacal visible, tumeur olivaire dans le carrefour supérieur droit, symptômes qui permettent de faire facilement un diagnostic.L'évolution de la sténose est généralement fatale si elle est abandonnée à elle-même, mais elle est parfois compatible avec la vie puisque Maier (en Allemagne) a pu trouver chez l\u2019adulte, dans 31 autopsies, les traces évidentes de la sténose hypertrophique congénitale.La radioscopie et le traitement d\u2019épreuve par les anti-spasmo- diques permettront de faire un diagnostic différentiel entre les spasmes, les fausses sténoses et la sténose hypertrophique.Enfin si nous sommes en présence de la vraie sténose congénitale le traitement chirurgical s'impose d'urgence.Dans la très grande majorité des cas l\u2019opération de Fredet (la pylorotomie \u2018sous-mu- queuse) sera le traitement de choix; cette technique simple et rapide fait évidemment courir le moins de risques possibles.Mais il faut aussi se rappeler que dans certains cas la gastro-entérostomie, malgré sa gravité, sera le seul traitement effectif.La préparation du patient à l\u2019opération doit être regardée comme le facteur le plus important du succès final: ainsi la plus grande partie de la lutte se fera avant d\u2019entrer dans la salle d'opération.Le petit bébé sera hydraté par des injections sous-cutanées de sérum physiologique, l\u2019alcalose sera combattue: si le patient est manifestement atreptique, des solutions intra-veineuses de glucose ou une transfusion sanguine seront indiquées.Ces précautions étant prises nous aurons les plus grandes chances de sauver des petits êtres qui autrement seraient devenus \u201cdes petits anges au paradis\u201d. RECUEIL DE FAITS UN CAS DE PYELONÉPHRITE GAUCHE SUP- PURÉE À ABCÈS MILIAIRES CORTICAUX GUÉRI PAR LA NÉPHRECTOMIE Par Oscar MERCIER, Chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu, Chargé du service d\u2019Urologie de l\u2019Hôtel-Dieu.J'ai eu l\u2019occasion d\u2019observer dans mon service un cas de pyélo- néphrite gauche suppurée a abcés miliaires corticaux.Il m\u2019a paru intéressant d\u2019en présenter ici l'observation.Elle offre, comme nous le verrons, un intérêt particulier tant au point de-vue des lésions anatomo-pathologiques et de la symptomatologie que du traitement.Observation \u2014MIle G., âgée de 23 ans, bonne d\u2019enfants, entre dans mon service au lit ITI, salle Sainte-Vierge, le 7 septembre 1928.Elle se présente pour une douleur violente au niveau du rein gauche et pour une élévation thermique qui oscille entre 101 et 1049 F.Le début de la maladie semble remonter à un mois.La malade, après un long voyage en automobile, fut prise subitement à New-York d\u2019un grand frisson avec élévation de la température et d\u2019une douleur dans le rein gauche identique à celle qui existe maintenant.Ses patrons la conduisent à un hôpital où elle fut traitée.Le diagnostic de pyélonéphrite gauche à colibacilles est alors porté, d\u2019autant que la malade était constipée depuis plusieurs semaines.Un traitement par le cathétérisme des uretères est institué.La température tombe rapidement et la malade part guérie a la dixième journée.Elle revient à Montréal en automobile.Dés son arrivée, il y a une semaine, nouvelle crise identique.La malade avait encore souffert de constipation.La douleur a presque le caractère de la colique néphritique, tant elle est violente.La température oscille entre 101 et 104° F.Il n\u2019y a pas d\u2019hématurie ni de troubles vésicaux.Le médecin de famille appelé la traite médicalement pour une pyélonéphrite, sans résultat.ue \u2014\u2014 \u2014 = L'UNION MÉDICALE DU CANADA 141 Elle m\u2019est alors adressée.A l\u2019examen, la température est à 101° F.et le pouls à 114.Le soir cette température devait monter à 104 et le pouls à 116.L'état général est mauvais.Elle est abattue et présente une céphalée intense.Les urines sont troubles, mais bien colorées.Elles renferment du pus et des colibacilles.La palpation du rein droit est négative.Le rein gauche est très douloureux.Une radiographie pratiquée le lendemain ne laisse voir aucun calcul.La constante d\u2019Ambard est à 0.112 et l\u2019azotémie est à 0.400.Un cathétérisme des uretères est pratiqué.Il indique que le rein gauche donne du pus et des colibacilles, Son fonctionnement est diminué d\u2019un tiers par rapport à celui du rein HÔTEL-DIEU DE SAINT-JOSEPH NOM ET ÂGE Matosoudtl Drame, Service Ie O Meraier souse L Zdélluabee (028 smve/Ste Vierge na 4 it droit.L\u2019urine de ce dernier ne contient ni pus ni microbes.Les sondes urétérales sont laissées à demeure, Malgré tout la température se maintient entre 101 et 104° F.La septicémine à la dose de 15 c.c.par voie intra-veineuse est injectée le lendemain et les jours suivants.Le 12 septembre, en présence de la température qui se maintient, je décide de changer les sondes urétérales, croyant qu\u2019elles drainent mal le bassinet.L'examen microscopique montre encore que le rein gauche contient du pus et des colibacilles, tandis que le rein droit est intact. 142 L'UNION MEDICALE DU CANADA Malgré cette manœuvre la température persiste la même.Le 15 sept.les sondes sont de nouveau changées.À notre grande satisfaction, le 16 au matin la température est à 100 F.et elle sera à 98 F.le lendemain matin.Cependant, le 17 après-midi la malade a un grand frisson et la température remonte à 103°F.Depuis, cette température oscillera entre 101 et 1049 F., malgré toutes les ressources du traitement médical (septicémine, vaccin, révulsion rénale, etc.) et malgré le drainage du bassinet par la sonde, qui fonctionne bien.Peu à peu l\u2019état général de la malade devient de plus en plus mauvais.L\u2019examen du sang montre une leucocytose à 18,759 et une polynucléose à 82%.Le 22 au soir la température est à 104° 3-5 F.et le pouls bat à 140.Le rein gauche est excessivement douloureux.En présence de ces Figure 2\u2014Pyélonéphrite suppurée (pièce personnelle).faits, la néphreetomie gauche est décidée, d\u2019autant plus que le rein droit ne renferme ni pus ni microbes et que son fonctionnement est excellent.Elle est pratiquée à 9 h.30 du soir.J\u2019enlève facilement le rein gauche, qui est congestionné et dont nous pouvons voir l\u2019aspect sur la figure 2.La région centrale du parenchyme est atteinte de néphrite suppurée rayonnante et la région corticale est farcie d\u2019abcès miliaires.Le bassinet présente une légère dilatation.L\u2019examen microscopique, pratiqué par M.le professeur Pierre Masson, confirme ce diagnostic de néphrite suppurée.Il n\u2019y a pas de tuberculose.Le lendemain matin la température a tombé à la normale et le pouls bat à 84.Les suites opératoires évoluèrent normalement et la malade L'UNION MEDICALE DU CANADA 143 quitta l\u2019hôpital le 19 octobre ayant repris ses forces.Les urines analysées le 12 octobre ne renferment ni pus ni microbes.Cette observation présente plusieurs points intéressants.Au point de vue anatomo-pathologique les cas de néphrite suppurée rayonnante et à abcès miliaires corticaux ne sont pas rares.Ils se rencontrent fréquemment chez les veux urinaires prostatiques ou rétrécis, sont ordinairement d\u2019origine ascendante et atteignent les deux reins.Pendant longtemps les urologistes admirent que la voie ascendante pour l'infection rénale était la seule possible.La thèse d\u2019Albarran (1) a prouvé que la contamination peut avoir lieu par voie sanguine.L\u2019infection qui existe dans la partie inférieure de l\u2019appareil urinaire, au lieu de remonter directement au rein par l\u2019uretère, se localise dans le parenchyme rénal après avoir passé par le torrent sanguin.Les microbes virulent s\u2019installent dans les deux reins qu\u2019ils infectent.Les lésions de néphrite suppurée sont donc toujours bilatérales.Exceptionnellement elles ne siègent que sur un rein.Chez notre malade seul le parenchyme rénal gauche était farci d\u2019abcès miliaires et c\u2019est là un des caractères intéressants.de motre observation.; Nous sommes en droit de nous demander pourquoi l\u2019infection n\u2019a atteint que le rein gauche.Nous croyons en trouver la cause dans ce fait qu\u2019il existait un léger degré de dilatation du bassinet gauche.Strauss et Germont (1) ont démontré expérimentalement que la condition presque nécessaire de la production de la pyélo- néphrite suppurée était la rétention pyélique.Nous devons aussi rechercher chez notre malade le point de départ de l\u2019infection.Nous ne croyons pas qu\u2019il existait dans la partie inférieure de l\u2019appareil urinaire, puisqu'il s'agissait d\u2019une femme et que depuis plus de 20 \u2018jours il n\u2019y avait eu aucune manœuvre sur la vessie.Il faut donc dire que la constipation et la fatigue ont été la cause qui a exalté la virulence des colibacilles.Notre observation met donc en relief deux points intéressants: l\u2019unilatéralité des lésions et leur apparition en debors de toute infection de l\u2019arbre urinaire.Le cas que nous rapportons illustre combien graves sont ces (1) Albarran: Etude sur le rein des urinaires.Thèse de doctorat, Paris, 1889.(1) Strauss et Germont: Des lésions histologiques du rein chez le cobaye a la suite de la ligature de l'uretére.Arch.de physiologie, 1882. 144 L'UNION MÉDICALE DU CANADA lésions de néphrite suppurée en comparaison de celles où seu] le bassinet est atteint.Enfin, au point de vue thérapeutique, notre observation comporte un intérêt pratique.Elle démontre l\u2019inefficacité du traitement médical et des sondes urétérales à demeure, qui donnent, au contraire, un résultat rapide dans les pyélites.Nous comprenons d\u2019ailleurs que ce mode de traitement est impuissant a nettoyer le rein, lorsque nous savons le nombre infini de petits abcès qui y sont développés.Nous nous rendons aussi compte que la néphrotomie serait de même incapable d'établir un drainage convenable de tous les points suppurés.Seule la néphrectomie, comme notre observation le prouve, peut produire une guérison étonnante, rapide et définitive.Malheureusement, les cas où la néphrectomie est indiquée sont d'autant plus rares que les lésions siègent presque toujours sur les deux reins. UN CAS DE PHLÉBITE SPÉCIFIQUE DU MEMBRE SUPÉRIEUR DROIT \u201c\"\u2019 Par J.Alfred MOUSSEAU, De la Faculté de Paris, Assistant à la Clinique Médicale de l\u2019Hôpital Notre-Dame.En entrant, l\u2019autre jour, dans la salle 206 pour faire la visite des entrantes, je me suis immédiatement dirigé vers le lit No 7, océupé par une femme dont le bras droit reposait dans un appareil de contention.; J'ai cru, tout d\u2019abord, à un cas d'accident, mais dès la première question posée à la malade, je fus tout de suite orienté vers un genre d\u2019accident bien différent et dont il me tardait de déterminer la nature.Voici l\u2019histoire de cette malade : C\u2019est une jeune femme de 33 ans, entrée à l'hôpital avec l\u2019étiquette suivante: \u201cPhlegmatia alba dolens d\u2019origine puerpérale\u201d.Elle avait accouché quinze jours auparavant.Ce qui nous frappe d\u2019abord chez cette femme, c\u2019est un embonpoint assez considérable.Le teint est mat; la décoloration marquée des conjonctives palpébrales traduit de l\u2019anémie; on remarque aussi une légère exophtalmie; quant au reste de l\u2019examen, nous y reviendrons plus loin.Nous l\u2019interrogeons sur ses antécédents héréditaires: son père et sa mère, âgés respectivement de 83 et 71 ans, sont encore vivants ainsi qu\u2019un frère et une sœur, tous en bonne santé; mais 20 frères et sœurs sont morts en bas âge, de maladies que nous ne connaissons pas.Antécédents personnels: Fièvre typhoïde à 31 ans: 3 mois au lit, avec complication: phlébite de la jambe gauche.Puberté à 10 ans.Mariage à 19 ans.10 grossesses, 1 fausse-couche de 314 mois.Deux enfants morts en bas age, atrepsiques, Sur 7 enfants vivants, il y a Un garcon de 4 ans qui est muet; les autres, au dire notre interne Doucet, qui les a vus à domicile, paraissent débiles et sont souvent malades; il y a des adénoïdiens et des fronts olympiens.Maladie actuelle.\u2014Cette femme est accouchée d\u2019un enfant vivant le ler novembre 1928; l\u2019accouchement se fait promptement, mais la délivrance retarde et nécessite un curage; pas d\u2019hémorrhagie ni de tempé- (1) Communication faite à la Société Médicale de Montréal, le 18 décembre 1928. 146 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA rature dans les deux jours qui suivent l\u2019accouchement; le 3ème jour, la fièvre s\u2019installe à 104° pour descendre graduellement durant les six jours qui suivent.Fait remarquable.Dèës le lendemain de l\u2019accouchement la patiente remarque au niveau de son épaule droite et dans la région avoisinant le deltoïde une plaque saillante, de coloration rosée, peu douloureuse noyée dans un œdème peu marqué et ne dépassant pas la zone avoisinant ce que l\u2019on croit être le vaisseau lésé (nous traduisons en langage qui n\u2019est pas celui de la malade ce qu'elle a elle-même remarqué), car lorsque nous l\u2019avons vue pour la première fois, il existait encore à la palpation, à ce niveau, une très légère saillie.Ce cordon veineux, long d\u2019environ 2 centimètres et qui était, comme nous venons de le dire, presque disparu, apparaît de la même façon, cette fois à son entrée à l'hôpital, et va se localiser un tout petit peu plus bas, mais comme détaché en trois anneaux ou nodules.Et une nouvelle localisation de cette même affection apparaît au niveau du tronc commun de la médiane céphalique et de la médiane basilique, empiétant d\u2019un centimètre environ sur la veine radiale superficielle., A ce dernier niveau existe, a la palpation, une masse plus ou moins régulière, dure, à laquelle fait suite un cordon veineux, dur lui aussi, le tout peu sensible, sans aucun trouble fonctionnel, sans température ni locale, ni générale, avec un pouls normal.Nous avons mesuré la circonférence de ce bras au niveau du deltoïde en passant par le creux de l\u2019aisselle et nous trouvons 3 centimètres de plus que du côté sain; cependant cette augmentation de volume du bras à ce niveau ne semble pas due à l\u2019œdème ordinaire, blanc et mou, puisque persiste malgré tout une certaine flaccidité des tissus périphériques.La pression artérielle du côté atteint donne 120/80; celle du bras gauche: 118/80.Nous n\u2019avons relevé aucune adénite axillaire cervicale ou inguinale; seules persistent à la surface du bras atteint quelques taches brunâtres, sorte de pigmentation subjacente a la lésion phlébitique.Le foie et la rate ne sont pas hypertrophiés.A part un petit souffle anorganique a la pointe du cceur, non constant, que nous rapportons a l\u2019anémie marquée et à l\u2019hypotension que présente cette malade, rien d\u2019intéressant dans l\u2019examen somatique ne retient notre attention.L'analyse des urines décèle une légère albuminurie.L\u2019azotémie est à 0.32; la glycémie, 1 grm.40.La formule sanguine: 3,000, 000 gl.rouges; une leucocytose à 17.144 et lympho.23 pour cent; avec mono.14 pour cent, polynucléaires, 62 pour cent, hémoglobine 75 pour cent; V.G.= 1.Le Bordet-Wassermann du sang, fait le 23 novembre 1928, reste négatif; celui du ler décembre 1928 est également négatif.Voilà, résumée, l\u2019histoire clinique de cette malade.Il nous restait à porter un diagnostic. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 147 Notre diagnostic est celui qui figure en tête de notre communication.Sur quels éléments, malgré un B.W.négatif par deux fois, nous sommes-nous donc appuyé pour tenir tant et si fort au \u201cdiagnostic de phlegmasie spécimique, négligeant celui de \u201cphlegmasia alba dolens\u201d, encore plus celui de phlébite rhumatismale, goutteuse ou arthritique ?1° Sur le fait que ce cordon veineux est apparu dès le lendemain de l\u2019accouchement et que la température qui a accompagné, il est vrai, ce cordon veineux peut très bien se rapporter au curage fait chez cette femme; et d'autant plus que la température est ensuite graduellement descendue à la normale, sans réapparition lors du second cordon veineux.2° La localisation particulière de cette phlébite tout d\u2019abord dans une veine superficielle, à la veine céphalique, au niveau de son inflexion pour déboucher dans la veine axillaire.3° Sa durée relativement très courte au premier endroit: 4 à 5 jours; ensuite cette nouvelle localisation, d\u2019abord d\u2019une façon moins apparente, sous forme d\u2019anneaux ou nodules, séparés les uns des autres, placés le long de la veine céphalique; ensuite de la même façon qu\u2019au début, une troisième localisation au niveau du tronc commun de la médiane céphalique et de la médiane basilique, empiétant d\u2019environ un centimètre sur la veine radiale superficielle.4° L'absence d\u2019ædème véritable, blanc, mou, douloureux, comme on le rencontre chez les \u201cpuerpérales\u201d, malgré qu\u2019il y eût une légère augmentation de volume au niveau de la racine du bras: la main et l'avant-bras n\u2019étaient nullement œdématiés.5° L'absence de douleurs véritables.6° La conservation des mouvements de flexion, d\u2019extension, d\u2019élévation et de rotation.7° L\u2019absence de température, durant au moins I'évolution du second cordon veineux.8° Une anémie considérable et non due à l\u2019'hémorrhagie.9° Un grand signe caractéristique: cette phlébite à localisation multiple a tourné court très rapidement.Enfin, si nous voulons mettre dans la balance, malgré le B.W.négatif, le fait que dans sa famille 20 frères et sœurs sont morts en bas âge; que dans sa propre famille à elle un enfant est muet et que chez les six autres existe une série de désordres pathologiques susceptibles peut-être d\u2019être rattachés à la syphilis, nous en avons suffi- 148 L'UNION MÉDICALE DU CANADA samment pour légitimer notre diagnostic de phlébite spécifique.Au reste, nous savons que nombre de ces phlébites sont étiquetées rhumatismales, goutteuses, arthritiques, qui ne sont souvent que des manifestations spécifiques, pour l'excellente raison que la symptomatologie de la syphilis veineuse est assez floue et pour cette autre raison que la syphilis, héréditaire ou acquise, est capable de créer des lésions du genre de celles que nous venons de décrire.Et va sans dire qu\u2019en pareille occurrence il faut instituer un traitement anti-spécifique. REVUE GÉNÉRALE LE TRAITEMENT DU PRURIT ANAL \u201cSINE MATERIA\u201d Par Albérie MARIN On désigne sous ce nom un prurit où l\u2019examen le plus attentif ne permet de trouver quoi que ce soit qui puisse l\u2019expliquer.Parfois retrace-t-on une mauvaise hygiène alimentaire, la constipation habituelle, du surmenage, de la malpropreté.Plus souvent on ne peut rien dépister.Exceptionnel chez l\u2019enfant, il est plus fréquent chez l'homme que chez la femme.Ce n\u2019est parfois qu\u2019un léger malaise (picotement, fourmillement), mais il peut aussi commander \u2014 et très impérieusement \u2014 un inexorable besoin de grattage.| Celui-ci peut être très brutal.Le malade résiste d\u2019abord, puis forcé de céder, se gratte de plus en plus furieusement, se fait des écorchures, se mutile, se torture jusqu\u2019à ce que se produise une détente qui le laissera épuisé et blessé.Il est vraiment des \u201cprurits bi- opsiants\u201d (Besnier) où des lambeaux de peau sont arrachés.Chez ces malades il est commun de constater l\u2019usure semi-lunaire des ongles par grattages fréquents et prolongés.Les conséquences de ce prurit sont multiples.La région anale, péri-anale, le pli inter-fessier sont couverts de fissures, de papules folliculaires excoriées.Le tégument devient rouge, œdématié, douloureux.Il s'impétiginise.Il y a des lésions suintantes, croutelleuses.La peau se lichénifie et se pigmente.Outre ces ennuis locaux, le prurit anal cause un état de dépression, d\u2019insomnie, d'inquiétude, de neurasthénie qui a même conduit au suicide plusieurs de ses victimes. 150 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Cette affection est à marche chronique, avec parfois de légères rémissions suivies d\u2019exacerbations.* * + Dans la thérapeutique du prurit anal \u201csine materia\u2019 certaines règles générales de traitement s'imposent: celles qui visent à corriger les fautes commises par le malade.Proscrire le thé, le café, l\u2019alcool, diminuer ou défendre l'usage du tabac, causes favorisantes du prurit.Proscrire certains aliments prurigènes: coquillages, huîtres, crustacés, fromages fermentés, gibiers, choux, choux-fleurs, asperges, etc.Recherccher avec le malade s\u2019il n\u2019existe pas certaines susceptibilités individuelles à l\u2019égard de tel ou tel autre aliment.Corriger la constipation par des lexatifs huileux.Eviter émotions, surmenage.Eviter aussi de façon générale les sédatifs nerveux.Certains exaspèrent le prurit.Mais il faut avouer que ces moyens seuls seraient bien insuffisants si on ne recourait à un traitement local.Soins minutieux de propreté, tout en évitant les savonnages fréquents et énergiques dont l\u2019action irritante est connue.Lotions ou pommade anti-prurigineuses dont, du reste, l\u2019action est nulle dans le prurit intense.Thivierge et Ravaut ont jadis préconisé la ponction lombaire qui amènerait la cessation du prurit.Son action est très inconstante.L\u2019électricité statique et plus particulièrement les effluves de haute-fréquence (avec l\u2019électrode de MacIntyre) donnent parfois d\u2019excellents résultats.On a vanté l\u2019ionisation de certains alcaloïdes: cocaïne, aconitine, etc., etc.Ces divers moyens, d\u2019ordre général et local, donnent des succès dans les cas modérés, mais sont inexistants dans les prurits féroces.Ils n\u2019apportent guère qu\u2019un soulagement éphémère.Nous serions même tout à fait désarmés si nous n\u2019avions à notre disposition un agent dont l'efficacité est dorénavant universellement reconnue: la radiothérapie modérément pénétrante, non filtrée.A tel point que certains \u2014 et nous en sommes \u2014 l\u2019emploient systématiquement d\u2019emblée dans tous les cas de prurit anal \u201csine Rw 4 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 151 materia\u2019\u201d, considérant inutile de s\u2019égarer dans d'autres méthodes à résultats aléatoires.La radiothérapie agit de façon vraiment remarquable.MacKee, sur 210 malades traités par les Rayons X, n\u2019en a rencontré que 4 qui y furent rebelles.L\u2019irradiation est suivie assez fréquemment d\u2019une exacerbation du prurit qui dure de 24 à 48 heures.Environ 8 jours après, un mieux sensible se fait sentir, qui s\u2019accentue a chaque traitement.Chez plusieurs, la guérison a été définitive.Chez les autres on obtiendra une rémission qui s'étend de plusieurs mois a quelques années: Les rechutes, lorsqu'elles surviennent, cèdent fort bien a des nouvelles irradiations.La radiothérapie, avec les doses et la technique indiquées plus bas, ne donnent lieu à aucune séquelle fâcheuse.Nous connaissons personnellement des malades à qui nous avons donné jusqu\u2019à 3 séries d\u2019applications radiothérapiques et chez qui nous n\u2019avons noté ni atrophie, ni télangiectasies du territoire irradié.La technique est la suivante: le malade est couché sur le ventre.De ses mains, il écarte fortement les fesses, en les aplatissant, afin de réduire le plus possible la concavité de la région anale et de permettre une irradiation plus également répartie.Les fesses et les doigts qui les maintiennent sont protégés.L\u2019ampoule est centrée sur l\u2019anus et toute la région péri-anale est irradiée.Un H par semaine est donné.De quatre à huit applications hebdomadaires suffisent habituellement.Ainsi conçue la radiothérapie constitue la méthode la plus efficace entre toutes celles qui ont été préconisées pour le traitement du prurit anal \u201csine materia\u201d.BIBLIOGRAPHIE Thibierge et Legrain.\u2014Thérapeutique des maladies de la peau.Darier.\u2014Précis de Dermatologie.Gougerot.\u2014La Dermatologie en clientèle.Mallein\u2014Les Prurits (In Collection Sergent).MacKee.\u2014X-Rays and Radium in the Treatment of Skin Diseases.Hartzell.\u2014Diseases of the Skin.Oliver.\u2014 Treatment of pruritus ani by electric ionization (Archives of D.& S., 1926). LE ROLE DU PNEUMOGASTRIQUE ET DE L\u2019INFECTION DANS LE TRAITEMENT MÉDICO- CHIRURGICAL DE L\u2019ULCÉÈRE DE L\u2019ESTOMAC Par Alexandre ACHPISE, De la Faculté de Médecine de Paris.Si dans la phase de début la chirurgie gastrique s\u2019intéressait surtout à la définition purement anatomique des ulcères de l'estomac et du duodénum et à leur fréquence respective, l\u2019orientation médico- chirurgicale actuelle nettement physiologique.Quant à la médecine, en abandonnant de plus en plus le traitement symptomatique, elle cherche une médication rationnelle et vise à une guérison absolue.Dans cet ordre d\u2019idées, la mise en relief de l'importance du pneumogastrique dans les ulcères est capitale.Cette conception est à la base des traitements médicaux des ulcus tel que nous les concevons actuellement.La constatation de l\u2019état infectieux au niveau des ulcères gastriques est le second fait lourd de conséquences.Il commande toute la technique chirurgicale.Ce sont ces deux idées maîtresses qui seront à la base de notre travail et qui expliqueront toute l'orientation nouvelle de la thérapeutique médicale et chirurgicale.Nous croyons utile d'aborder ainsi la question et d\u2019étudier côte à côte le traitement médical puis chirurgical, parce qu\u2019un chirurgien actuellement doit penser en biologiste, c\u2019est-à-dire être avant tout médecin.Le pneumogastrique et les ulcères de l\u2019estomac Nous ne nous engagerons pas dans la discussion des différentes théories qui expliquent l\u2019étiologie de l\u2019ulcus stomacal.Il est néanmoins évident que c'est la théorie neurogène etspasmogène avec Schuller, Exner, Holder, Mikulicz, puis Heyrowsky et Bergmann, \u2014 théorie qui a joui d\u2019une vogue croissante dans les pays de langue allemande, qui mérite d\u2019être considérée, non surtout par la solution qu\u2019elle essaye d'apporter à un problème, encore actuellement très complexe, mais par la voie sur laquelle elle a aiguillé des recherches physio-pathologiques.C\u2019est en partant de cette théorie que Von Izeren (1901-1907) a expérimenté sur le lapin et obtint en pratiquant L'UNION MÉDICALE DU CANADA 153 la section sous-diaphragmatique des nerfs vagues, et à plusieurs reprises, cles ulcères chroniques.En 1906, Ophulz confirma ces résultats de même que Zironi, en expérimentant sur le cobaye; puis Lichtenbelt (1912) et Griggio (1916).D\u2019autre part, malgré des expériences très minutieuses sur le chien, Lion et Théohari (1900) n\u2019ont jamais observé d\u2019ulcères gastriques.Lilla n\u2019a pas obtenu non plus de processus ulcéreux.Les expérimentations plus simples avec le sérum gastrolytique (Lion), avec les macérations de muqueuse (Loeper), avec les produits d\u2019infection dentaire (auteurs américains) ont produit avec une égale fréquence des ulcérations expérimentales.Ainsi l\u2019action trophique du pneumogastrique sur l'estomac est loin d\u2019être démontrée.Néanmoins les ulcéreux sont souvent avant même d\u2019être ulcéreux des hypersécréteurs, des spasmodiques, par conséquent des vagotoniques.[1 faut considérer ici, comme dit Loeper, le terrain et la lésion.Si la production de la lésion ne s\u2019explique pas exclusivement par le rôle du pneumogastrique, le terrain ne peut dépendre du vague.Les recherches de l\u2019école française ont porté sur les lésions anatomo-pathologiques du pneumogastrique chez les ulcéreux de l\u2019estomac.L'\u2019atteinte du nerf vague, la névrite du vague au cours des ulcus gastriques est actuellement indiscutable.Dans leur première description, Loeper et Schulmann ont trouvé à la surface de l\u2019estomac les gros filets du pneumogastrique entourés d\u2019une gaine fibreuse épaisse, pénétrés par la sclérose, infiltrés de nombreux éléments inflammatoires et véritablement dissociés.Les mêmes lésions ont été constatées par Heyrowsky.Dans les recherches récentes d\u2019Einer, Permann et Latarget, nous constatons les mêmes lésions de névrite hypertrophique des branches antérieures et postérieures du vague gauche.Les auteurs constatent même à l\u2019œil nu des cordons blanchâtres et volumineux à la surface de l'estomac.En admettant avec l\u2019école allemande que la névrite est secondaire et s'explique par un processus ascendant qui part de l\u2019ulcus et aboutit au tronc du nerf vague, l'existence des lésions névritiques ne peut plus être mise en doute. 154 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Si, laissant de côté les lésions anatomo-pathologiques, nous envisageons seulement l\u2019action physiologique du vague sur l'estomac, nous constaterons sa corrélation intime avec les troubles accusés par les ulcéreux gastriques.Le pneumogastrique apparaît avant tout comme le nerf excito-moteur de l\u2019estomac, dont l\u2019action s'exerce sur les ganglions autonomes inclus dans lo paroi de l'organe.De nombreuses recherches, en commençant par les mémorables travaux de Pawlow, ont établi le rôle excito-sécrétoire du pneumogastrique.Plus récemment les travaux de Loeper ont confirmé l\u2019action vaso-constrictive du vague.Enfin le même auteur avec son élève G.Marchal a démontré l\u2019action d\u2019inhibition exercée par le pneumogastrique sur les afflux leucocytaires dans l\u2019estomac \u2014 phénomène désigné par Loeper sous le nom de leucopédèse.Toutes les réactions que nous venons d'indiquer se trouvent dans l\u2019ulcus: spasme, sécrétion, hypoleucopédèse.En plus, et quelle que soit sa localisation, se retrouvent aussi: salivation, bradycardie, exagération du réflexe oculo-cardiaque.L\u2019idée que la destruction du nerf ou l'interruption de ses gros troncs pourrait seule modifier ces réactions s'impose évidemment.Au -point de vue chirurgical ces hypothèses ont servi de base à l\u2019énervation de la petite courbure de l\u2019estomac préconisée par des auteurs étrangers, \u2014 en France par Latarget et Patel.Au point de vue médical l\u2019idée était plus féconde et sans intervenir chirurgicalement nous pouvons agir sur l\u2019hypertonus du pneumogastrique en recourant à l\u2019emploi rationnel de l\u2019atropine.Les travaux de Mathieu, Enriquez, Cref ont fait une place importante à l\u2019atropine dans le traitement de l\u2019ulcus stomacal.Et de fait, l\u2019atropine, en agissant sur la motricité et la sécrétion, supprime deux des facteurs essentiels de la lésion et de la douleur.En plus, d\u2019après Loeper, l\u2019atropine accroît la leucopédese; elle multiplie ainsi la défense de l'organisme et facilite la cicatrisation de la lésion ulcéreuse.L'action de l\u2019atropine est comparable à la section du nerf pneumogastrique que cette dernière réalisait chirurgicale- ment chez l'homme ou expérimentalement chez l\u2019animal.Il est évident que l\u2019atropine est actuellement l\u2019agent de thérapeutique de prédilection dans le traitement de l\u2019ulcus de l\u2019estomac.La conception actuelle du traitement médical Il est intéressant de remarquer que pendant le même laps de temps la chirurgie, allant en avant, préconise des interventions de L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 155 plus en plus radicales dans les ulcus de l\u2019estomac; la médecine, de son côté, en variant ses agents thérapeutiques, aboutit à une conception de guérison absolue de l\u2019affection.Il faut immédiatement ajouter que ces guérisons médicales se limitent presque exclusivement aux ulcus de la petite courbure de l\u2019estomac.La guérison médicale des ulcères n\u2019est plus une nouveauté aujourd\u2019hui.Ohnell, dès 1919, signalait 33 guérisons sur 36 ulcères; Caille et Moutier, en 1922, présentaient 6 cas analogues.Le premier article de Sippy, auteur de la méthode qui eut une si grande vogue en Amérique, date de 1911.Quatre ans plus tard, il écrivait, avec l\u2019expérience de douze années d\u2019observations sur deux mille malades: \u201cJe suis convaincu que la majorité des cas d\u2019ulcères gastriques, et plus particulièrement duodénaux, soumis actuellement au traitement chirurgical, peuvent être plus rapidement traités par des moyens médicaux.En 1920, au Congrès de Cambridge, Charles Mayo considère la méthode de Sippy comme la plus rationnelle.\u201cSippy doit être regardé comme ayant coordonné les idées au sujet de l\u2019ulcus gastrique et de son traitement médical.Sippy part de l\u2019idée que la permanence de l\u2019ulcus, son passage à l\u2019état chronique sont dus à l\u2019action dissolvante de la pepsine sur les substances albuminoïdes pénétrées par un acide libre.\u201d Le traitement consiste essentiellement à neutraliser et maintenir le contenu gastrique neutre pendant tout le temps que les aliments sont présents dans l'estomac.Mais si l\u2019idée et le principe de la méthode de Sippy sont simples, leur application nécessite une longue immobilisation et observation du malade: un traitement d\u2019une minutie tyrannique.Elle est donc difficile sinon impossible à appliquer à des pauvres.\u201cLes disponibilités hospitalières sont trop faibles\u201d, dit Moynihan.Il est également difficile d\u2019y astreindre les malades trop occupés.Moutier et Porcher n\u2019hésitent pas a dire que \u2018\u2019ces procédés sont longs, voire dangereux, dépourvus en tout cas de toute sécurité thérapeutique\u201d.En 1926, Feissly a publié un cas très remarquable de guérison rapide d\u2019un ulcère de la petit courbure de l\u2019estomac par l\u2019emploi de l'insuline.L'intérêt du cas est indiscutable, mais comme le remarquent a juste titre Moutier et Porcher, \u201cil peut sembler illogique de prescrire l'insuline, le plus énergique des hypervagotonisants, contre 156 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA l\u2019ulcère de l\u2019estomac, maladie qu\u2019accompagnent fatalement des lésions souvent intenses du pneumogastrique\u201d.Signalons que Einkorn a réussi le premier à cicatriser des ulcères déformant les parois gastro-duodénales par l'alimentation à la sonde duodénale.Damade, en France, a publié en 1926 une remarquable monographie où il précise les indications du traitement des ulcères de la petite courbure de l'estomac par l'alimentation duodénale.Nous aboutissons aux travaux plus récents et qui s\u2019inspirent de l\u2019action physiologique du pneumogastrique, de son rôle actuellement indiscutable dans l\u2019ulcus stomacal et de l\u2019action presque pathognomonique de l\u2019atropine.Les travaux de François Moutier et Porcher précisent avec une heureuse clarté la technique de ce procédé.Synthétisant leur technique, ces auteurs disent: \u201cNous avons en somme institué: repos, régime, bismuth, atropine.Le repos doit être absolu; il n\u2019est pas long, car la guérison totale par l\u2019application de la méthode a été obtenue en moins de six semaines, au plus en trois à six mois.\u201d Le régime prescrit est un régime lactofarineux banal.\u201cLes aliments lactofarineux réalisent, grâce à la cuisson qu\u2019ils\u2019 subissent, une désinfection et par là même une décongestion au moins relative de l\u2019estomac; ils atteignent donc à la fois la gastrite et l\u2019ulcère.Le bismuth est donné pur ou dans un mélange à 70% matin et soir et prescrit sans aucun arrêt pendant plusieurs mois.Le bismuth agit de façon toute particulière sur l\u2019irritation de la muqueuse qu\u2019il protège d\u2019un afflux muqueux bien connu depuis les expériences de Sarmont; il jouit directement de propriétés bactéricides; enfin il est antisécréteur et antispasmodique, c\u2019est-à-dire, d\u2019une façon générale hypovagotonisant.\u201d Quant à l\u2019atropine, sur laquelle nous avons insisté dans la première partie de notre travail, trouvant qu\u2019il est inutile de s\u2019attarder sur l\u2019opportunité de son action thérapeutique, elle est prescrite a la dose de | milligramme ou 1.5 migramme par jour.Elle est administrée autant que possible par la voie sous-cutanée, matin et soir.Ces injections sont faites de la manière suivante: injections d\u2019atropine pendant une semaine, repos de trois ou quatre jours.Moutier et Porcher accordent aux alcalins une confiance très relative et les administrent seulement pour calmer la douleur, et seulement au moment où survient celle-ci.Nous avons mentionné plus haut le temps pendant lequel s'obtient la guérison de l\u2019ulcère cavitaire.66 dette A te mue: dns one ES L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 157 I! est évident qu\u2019ici interviennent divers facteurs: infection pariétale, œdème, lésions neuro-vasculaires.La moyenne constante est de deux mois.La guérison ainsi obtenue se maintient-elle ?Les auteurs de la méthode ont observé des malades qui sont guéris depuis au moins six mois; quatre le sont depuis cinq ans.Il est indispensable d\u2019envisager que les ulcères de l'estomac s\u2019accompagnent \u2018presque toujours de lésions de gastrite, de péri- gastrite et de névrite.Moutier et Porcher ont observé ainsi des malades soignés médicalement et opérés après pour ulcère de l\u2019estomac.Ces derniers souffraient de lésions périviscérales entraînant des douleurs et de la gêne mécanique, manifestations complètement indépendantes de tout processus ulcéreux, la guérison duquel a été constaté pendant l\u2019acte opératoire.Il est très important de connaître la statistique de Moutier et Porcher, la forme sous laquelle se sont présentés les ulcus lors du commencement du traitement et les moyens employés par les auteurs pour affirmer leurs guérisons.La série des auteurs portait en 1927 sur douze cas d\u2019ulcère cavitaire de la petite courbure donnant à l\u2019examen radiologique des images allant de l\u2019éperon à l\u2019ampoule renflée, c\u2019est-à-dire de l\u2019ulcération pénétrant dans la musculeuse seule, jusqu\u2019à l\u2019ulcère térébrant atteignant ou détruisant le péritoine.La guérison de ces ulcères est non seulement clinique, mais elle a été corroborée par un examen radiologique.Généralement au bout d\u2019une semaine on constate une modification notable de l\u2019image radiologique; vers la fin du traitement la trace de l\u2019ulcus cavitaire est absolument invisible.Personnellement, nous avons observé un cas d'ulcère de la petite courbure, l'existence duquel nous a été révélée par les Rayons X et confirmée par l'exploration chirurgicale : M.X., âgé de 46 ans, maigre, affaibii, hypotendu, présente depuis plusieurs années .un syndrome ulcéreux.A l\u2019examen radiologique fait par notre confrère et ami le Dr Comtois, ulcus de la Petite courbure (niche de Haudek).Vu l\u2019état précaire du malade, nous nous contentons d\u2019une cpération palliative \u2014 gastro-entérostomie postérieure, pratiquée à 1 hôpital Notre-Dame.Pendant l\u2019opération nous constatons un ulcus de la petite courbure, calleux et très adhérent vers la face postérieure.Guérison opératoire, mais continuation de tous les symptômes ulcéreux.Traitement médical par le procédé de Moutier et Porcher.Guérison clinique et radiologie au bout de deux mois.Nous croyons que dans l\u2019état actuel de la questions il ne faut jamais entreprendre une intervention sanglante pour un ulcère de la petite courbure de l'estomac sans avoir essayé le traitement médical par le procédé de Moutier et Porcher.(À suivre) TECHNIQUE CHIRURGICALE PRÉCONISÉE PAR M.RAYMOND GRÉGOIRE, DE PARIS Par Réal DORE, .Assistant a la clinique chirurgicale de l\u2019hôpital Notre-Dame.* Une cholécystectomie pratiquée dans un cas de cholécystite calculeuse doit être suivie d\u2019une guérison définitive.Seule une technique chirurgicale impeccable permet de réaliser cette guérison.Le but de l\u2019intervention est de faire l\u2019ablation non seulement de la vésicule mais aussi du canal cystique tout entier.Ce canal doit être sectionné à son point d'union avec le canal cholédoque.La persistance d'un bout quelconque du canal cystique, celui- ci se dilatant et formant pochette, joue le rôle d\u2019une vésicule en miniature et explique la cause de douleurs locales et de digestion pénible dont se plaignent certains cholécystectomisés.Grâce à la technique chirurgicale préconisée par M.Grégoire, aucun danger de récidive n\u2019est à craindre.Le Dr Grégoire attache beaucoup d'importance à la position du malade sur la table d'opération.ZY ! Le thorax est horizontal jusqu\u2019au rebord costal, et l'abdomen, obliquement incliné en bas formant avec la ligne horizontale un angle de 25° environ. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 159 Cette disposition favorise tout d'abord l\u2019extériorisation du foie et de la vésicule, puis crée un plan déclive grâce auquel les anses intestinales s\u2019'amoncellent au niveau de l\u2019hypogastre.FR L\u2019incision de la paroi est verticale (1) paramédiane, s'étendant de I'appendice xyphoide a deux centimètres de l\u2019ombilic, puis devient horizontale (2), légèrement ascendante (direction des nerfs de la région) et se termine au niveau du flanc droit.Cette section horizontale comprend la peau, le tissu cellulaire, le grand droit de l\u2019abdomen (7), le grand oblique, le petit oblique, le transverse et le péritoine (8).(N.B\u2014Ligaturer l'artère mammaire interne à ses deux extrémités.) Le lambeau créé par cette incision (3) est récliné de bas en haut et maintenu en placé par le deuxième assistant.L'abdomen étant largement ouvert, temps opératoire indispensable pour la réalisation de la technique Grégoire, l\u2019index et le médius de la main gauche sont introduits dans l\u2019hiatus de Winslow (4) et le pouce est placé sur le petit épiploon (5).En ce faisant, les voies biliaires sont très bien repérées.Au moyen d\u2019une sonde cannelée, manipulée par la main droite, le canal cystique est disséqué sur tout son parcours.Il est alors facile de ligaturer celui-ci à son point d\u2019union avec le canal cholédoque (6). 160 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Le canal cystique sectionné à l'endroit idéal est enlevé ainsi que la vésicule biliaire, en suivant la technique ordinaire décrite au sujet de la cholécystectomie d\u2019avant en arrière ou rétrograde.Le Dr Grégoire referme les différentes couches aponévrotiques et musculaires en un seul plan, par points séparés à la soie No 4, et les lèvres de la section cutanée, au crin de Florence.Cette technique chirurgicale facilite, plus que toute autre, les ma- nœuvres du chirurgien grâce aux avantages qu\u2019elle présente : 1) le foie et la vésicule biliaire sont très bien extériorisés; 2) les anses intestinales n\u2019encombrent pas ou très peu le champ opératoire; 3) elle rend des services indicibles chez les personnes obèses et dans les cas où les adhérences viscérales sont nombreuses; 4) cette technique permet d'atteindre le but principal de l\u2019intervention: la ligature du canal cystique à son point d'union avec le canal cholédoque.Un seul reproche est quelquefois adressé à cette technique quant à la solidité douteuse postopératoire de la paroi.De très nombreuses vésicules opérées par M.Grégoire en 1926- 1927, et une humble expérience personnelle permettent d'affirmer qu\u2019une telle crainte n\u2019est pas justifiée. CHRONIQUE NOTES DE TOXICOLOGIE 1°\u2014Le Mescal Le gouvernement des Etats-Unis vient d'interdire la vente des \u201cmescal buttons\u201d.Qui, en dehors de quelques pharmaciens avertis, sait ce que c\u2019est que le \u201cmescal button\u201d ?Ce stupéfiant (car le \u201cmescal button\u201d est un stupéfiant) inconnu au Canada est de consommation courante au Mexique où la vente en est libre.On l\u2019appelle là-bas peyotl ou encore toute simplement mescal ainsi nommé de l\u2019alcaloïde, la mescaline, à laquelle sont attribuées les extraordinaires propriétés de la plante.La première de ces propriétés est de provoquer chez un sujet qui, après avoir absorbé le mescal, clôt les yeux dans l\u2019obscurité, une série de visions hallucinatoires et colorées d\u2019une intensité et d\u2019une puissance inouïes et cela sans aucune altération de l\u2019intelligence, sans aucun inconvénient organique ni fonctionnel.Ces visions, à en croire les expérimentateurs, rappellent les visions du haschich telles que les ont décrites Baudelaire et Pierre Benoît.Mais si les hallucinations visuelles du haschich sont parfois grotesques, celles que provoque le mescal sont toujours harmonieuses.Les fantasmes de l'ivresse mescalienne atteindraient selon Mitchell à la féerie et aucun coucher de soleil, aucun feu d'artifice ne sauraient en donner la moindre idée.Ceci n\u2019est pas mal, mais voici qui est mieux et particulier au mescal: la drogue transforme les impressions sonores en hallucinations visuelles; en d\u2019autres termes, le mascal substitue aux rythmes musicaux, des rythmes colorés pouvant correspondre quelquefois au thème nommé par le musicien.C\u2019est ainsi que le \u201cChant du Mysoli\u201d de Félicien David pourra évoquer chez un mescalophage des oiseaux au plumage brillant traversant à tire d'ailes un ciel éthéré, et que \u201cLe Ruisseau\u201d de Boisdeffre évoquera sûrement 162 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Ce dans un ruisseau qui sur la molle arene Dans un pré plein de fleurs lentement se promène.Rien d\u2019étonnant que l'usage de cette plante aux propriétés si extraordinaires soit répandu au Mexique où sa récolte donne même lieu, chez les tribus autochtones, à une foule de cérémonies très curieuses et très solennelles.2°\u2014La Poison En latin Potio est un substantif féminin, il serait donc logique que le mot poison qui en dérive fut également féminin.Boisson et potion qui ont la même étymologie sont restés fidèles à leur origine, c\u2019est-à-dire féminins; \u2018\u2019Poisons\u201d, indigne semble-t-il d\u2019une famille si honorable, a perdu son genre.Il n\u2019en fut cependant pas toujours de même, tous les vieux auteurs français emploient ce mot au féminin: \u201cLa contrepoison doit être plus forte que la poison\u201d, affirme Ambroise Paré; et Malherbe nous dit que \u201cDomitius commanda à son médecin de lui donner de la poison\u201d.Ce n\u2019est qu\u2019à partir du XVIIe siècle qu\u2019on écrit le poison.: On voit donc que l'expression, qui s\u2019est conservée dans le populaire, en France comme au Canada, \u201ccette femme est une poison\u201d constitue moins une faute grammaticale qu\u2019une survivance logique du langage de nos pères.R.FONTAINE.ag = -\u2014 MÉDECINE PRATIQUE VERS INTESTINAUX I.\u2014Ténias.(a) Thymol.\u2014 Comme ténifuge il donnerait cent pour cent de guérison.Voici la ligne de conduite à suivre : Diète lactée la veille au soir.Le lendemain matin, un cachet de Thymol, 1 gramme, toutes les heures durant trois heures, chez les hommes, et de 0 gr.75 centigr.chez les femmes.Trois quarts d\u2019heure après le dernier cachet, un purgatif salin : sulfate de soude 30 à 50 grammes.Ne donner aucune boisson alcoolique ou huileuse susceptible de dissoudre le thymol et de provoquer des accidents syncopaux (pas d\u2019huile de ricin ni d\u2019eau-de-vie allemande).Attendre, pour aller à la selle, que le besoin soit impérieux et s\u2019asseoir alors sur un vase plein d\u2019eau tiède.En général, tout est terminé deux heures après l\u2019absorption du purgatif, et dans le courant de l\u2019après-midi, le malade peut prendre un léger repas avec du lait et des œufs: le soir, régime habituel.Seule une légère brûlure à l\u2019épigastre peut apparaître quelque temps après la prise du thymol.On rapporte le fait d\u2019un malade qui aurait passé quatre ténias inermes en une seule séance.Le thymol serait le plus fidèle des ténifuges actuellement connus, le moins cher, le moins dangereux.(b) Chloroforme.\u2014Absorber, le matin à jeun, 3 à 4 c.c.de chloroforme émulsionnés dans un verre d\u2019eau.Un quart d\u2019heure après, purgatif à l\u2019huile de ricin ou au sulfate de soude.Trois ou quatre heures après, le ténia est généralement expulsé avec la tête.\u2019 Le patient doit rester couché pour éviter les vertiges.Le seul inconvénient consiste dans des douleurs à l\u2019estomac suivies d\u2019un véritable effet anesthésique.Les malades s\u2019endorment quelquefois après avoir bu et ne se préoccupent plus du purgatif.Il faut exercer un peu de surveillance. 164 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Il.\u2014Ascaris.(a) Chez l\u2019enfant : Poudre de semen-contra .1 gramme Calomel .+.0 gr.10 centig.Prendre deux paquets a jeun, trois jours de suite, dans une cuillerée de confiture pour masquer l\u2019amertume.(b) Chez l\u2019adulte : Santonine .0 g.10 à 0 gr.15 centig.Calomel .\u2026 0 g.15 centig.Un chaque matin durant trois jours suivi d\u2019huile de ricin le troi- siéme jour.IIL.\u2014Oxyures : difficiles a déloger.1) Traitement interne : Poudre semen contra .1 gramme Mousse de Corse .5 grammes Lait bouillant .100 grammes Sucre .2240 40 40 ++ ++ +4 GS.Une dose chaque jour durant trois jours.2) Traitement local: détruire les femelles dans l\u2019ampoule rectale.Tous les soirs, un lavement tiède de 200 grammes parmi les suivants: Eau salée 20% 200 ce.c.Eau savonneuse 3 grammes pour 200 Infusion d\u2019absinthe 15 pour 200 Infusion de Tanaisie à 3 pour 200 3) Après le lavement, enduire le pourtour de l\u2019anus et l\u2019intérieur du rectum de pommade au calomel : Calomel .b grammes Vaseline .30 grammes LeSAGE.0 PIR.ar 0 + -\u2014_ as, eh AEP.A. ANALYSES MEDECINE ROGER SAVIGNAC et ROGER SARLES.\u2014 Le syndrome névropathique de neuropsychasténie dans les colites de putréfaction (\u2018Arch des Mal.de l\u2019App.Digestif et des Mal.de la Nutrition\u201d, février 1928).Les auteurs, étudiant les manifestations neuro-psychiques au cours des colites de Putréfaction démontrent, dans un tableau comparatif avec les colites de Fermentation (fév.1927), le caractère particulier et diffé- rent des colites de Putréfaction.D\u2019aprés une statistique, reposant sur 103 observations personuelles, les auteurs font voir que sur ce nombre, 27 malades ne présentent aucun trouble nerveux; 19 des signes d\u2019émotivité et d'angoisse, et 41 des signes de dépression physique et psychique marqués.Et rapprochant ces signes d\u2019une statistique analogue faite à l'aide de 172 observations de malades, atteints, ceux-là, de \u201ccolite de Fermentation\u201d, leurs conclusions donnent : 33 malades sans trouble nerveux, 14 avec asthénie marquée et 123 avec émotivité et angoisse.Dans ce dernier lot le nombre des malades sans troubles nerveux n\u2019est que de 20% dans les colites de Fermentation et de 40% dans les colites de Putréfaction.Par contre, chez les malades atteints de colite de Putréfaction, \u201cle syndrome neurasthénique\u201d donne un pcurcentage de 409%, alors que chez les coiitiques, à base de fermentation, ce syndrome n\u2019atteint que 8%.Dans leur essai de pathogénie, ces auteurs font voir que ces colites alcalines de Putréfaction sont sous la dépendance d\u2019une auto-intoxication par les produits de putréfaction bactérienne et donnèrent lieu à des perturbations profondes de létat général, en même temps qu\u2019à ce syndrome neuro-psychasténique particulier, qu\u2019accompagne un syndrome urinaire (phénonolurie).Cliniquement, les troubles nerveux sont caractérisés par une asthénie physique et psychique de la céphalée, pouvant revêtir une véritable allure migrainoïde avec son cortège de malaises de nausées et même de vcmissements; par de la fièvre et de l\u2019anémie, ces deux derniers symptômes traduisant un état p'us ou moins profond d\u2019auto-intoxication: tous symptômes longuement et nettement définis au cours de ce travail.Suivent six observations typiques, illustrant de façon éloquente, les idées de ces auteurs sur ce syndrome neuropa- thique très important des colites de Putréfaction.J.-Alfred MOUSSEAU. 166 : L'UNION MEDICALE DU CANADa CHIRURGIE G.COTTE et P.BERTRAND.\u2014 Sur quelques indications de l\u2019appendi- costomie (\u2018\u2018Lyon Chirurgical\u201d, tome XXV, No 3, page 305, 1928).Les auteurs rapportent 28 observations où ils ont pratiqué cette opération bénigne avec d\u2019heureux résultats dans des affections variées.L\u2019appendicostomie est pratiquée dans le but d\u2019ouvrir une voie dans le gros intestin, soit pour évacuer les gaz et les matières liquides, soit pour y introduire des substances médicamenteuses.Ses indications sont donc nombreuses.Dans les péritonites aiguës, elle a le bon effet d\u2019empêcher l\u2019iléus paralytique et de permettre l\u2019hydratation facile par de grandes quantités de sérum.Dans les typhlites aigues, les dysenteries aiguës ou chroniques, dans les cas de tumeur inflammatoire du gros intestin, elle facilite la dérivation des matières et la mise au repos de l\u2019intestin.Mercier FAUTEUX.J.FIOLLE et L.HAYEM.\u2014 Occlusion intestinale par adhérence du grèle au moignon appendiculaire non enfoui.\u201cBull.et Mém.de la S.N.de Chir.\u201d, Paris, tome LIV, No 20, 1928).Ces auteurs rapportent l\u2019observation d\u2019une jeune femme de 21 ans opérée d\u2019appendicite aiguë.On enlève un appendice franchement malade, mais l\u2019on n\u2019enfouie pas le moignon.Les suites opératoires furent d\u2019abord normales, quand au Sième jour apparaissent des signes d\u2019occlusion intestinale nécessitant une nouvelle intervention.On se rend compte alors qu\u2019un anse du grêle est adhérente au caecum exactement au point où a porté la section de l\u2019appendice.Ce fait, réuni à d\u2019autres semblables, montre que le non-enfouissement du moignon appendiculaire, peut être parfois la cause d\u2019accidents sérieux d\u2019occlusion.Mercier FAUTEUX.H.H.HEPBURN.\u2014- Traitement des traumatismes de la tête (\u2018The Can.Med.Ass.Journ.\u201d, janv.1929).Les traumatismes de la tête se divisent en deux catégories: a) les traumatismes des tissus moux extra-crâniens de la face et du cuir chevelu; b) les traumatismes des os de la face et du crâne et des tissus moux intra-craniens.Le premier groupe comprend les plaies ouvertes, celles-ci doivent être soigneusement nettoyées et émcndées, s\u2019il y a lieu, sous anesthésie générale.Les poils sont rasés, les vaisseaux ligaturés, et au moyen de points de suture les différents plans anatomiques sont reconstitués aussi parfaitement que possible surtout aux lèvres et aux paupières. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 167 Le second groupe peut se diviser en trois: a) les traumatismes compliqués par la fracture d\u2019un ou de plusieurs os de la.face; b) les fractures du crâne; c) les traumatismes du cerveau.La luxaticn du maxillaire inférieur facile à reconnaître se réduit facilement par la méthode classique.La fracture du maxillaire inférieur se produit habituellement au niveau des canines ou des secondes molaires, assez souvent elle est double.Pour obtenir un bon résultat dans le traitement de ces fractures, il est préférable d\u2019appeller un dentiste afin d\u2019installer un appareil d\u2019immobilisation inter-dentaire.Dans tous les cas, il faut prescrire un gargarisme.Le déplacement latéral et la dépression que l\u2019on rencontre dans les fractures des os du nez doivent être corrigés, autrement il s\u2019en suit non seulement une déformation du nez mais aussi une obstruction plus ou moins complète des fosses nasales.Pour maintenir en place les fragments osseux, on emploie la pâte à modeler des dentistes; celle-ci appliquée chaude sur le dos du nez acquiert une certaine dureté en se refroidissant, il est bon de placer dans les fosses- nasales des tubes fenêtrés pour empêcher l\u2019affaissement de celles-ci.Une douche nasale quotidienne doit être prescrite.Dans les fractures du maxillaire supérieur, il faut s\u2019efforcer de corriger toutes les déformations qui existent à cause des conséquences graves qu\u2019elles peuvent entraîner; compression du nerf sous-orbitaire, dans les fractures du zygoma et du bord inférieur de l\u2019orbite, impossibilité de la prothèse dentaire dans les fractures du rebord alvéolaire- Les fractures linéaires non compliquées de la voùte crânienne ne demandent aucun traitement chirurgical s\u2019il n\u2019y a pas de symptômes de compression.Dans les fractures de la base du crâne avec déchirure de la dure-mère et communication avec les fosses nasales ou le canal auditif, il y a toujours danger de méningite; pour prévenir cette complication il faut faire l\u2019aseptie du canal auditif externe, des fosses nasales et du naso-pharynx.Les traumatismes du cerveau comprennent: (1) la commotion, (2) la contusion, (3) la compression.La commotion cérébrale est caractérisée par la perte plus ou moins complète de connaissance, par des nausées, de la paleur de la face, un poulx rapide et petit, de la céphalée, et de l\u2019amnésie.Le traitement con- sisie dans le repos avec le décubitus dorsal, de la glace sur la tête.La trépanation est indiquée dans les fractures du crâne avec enfoncement, déchirure de la dure-mère et dilacération de la matière cérébrale, l\u2019opération est pratiquée sous l\u2019anesthésie locale ou au protoxyde d\u2019azote lorsque le shock initial est disparu.Les symptômes de la compression cérébrale sent: la perte de connaissance, le poulx lent irrégulier, la pression élevée, la respiration de Sheyne-Stokes, l\u2019inégalité pupillaire, l\u2019abolition des réflexes sphinctériens de la vessie et de l'intestin.Seule la compression cérébrale causés par une hémorragie de l\u2019artère méningée moyenne est une indication positive pour une trépanation immédiate.A.BELLEROSE. 168 L'UNION MÉDICALE DU CANADA L.H.WERDEN.\u2014 Un cas mortel de pyohémie résultant de l\u2019infection d\u2019un doigt (\u201cThe Can.Med.Journal\u201d, janvier 1929).Un homme de 26 ans se blesse légèrement à l\u2019annulaire de la main droite.Au début la blessure paraissait de si peu d\u2019importance que le malade n\u2019y porta aucune attention.Cependant au bout d\u2019une semaine il se développa un léger gonflement au niveau de l\u2019articulation de la première phalange.On fit une incision à ce niveau et on retira un peu de pus; drainage, pansement au Dakin et tout sembla rentrer dans l\u2019ordre.Quelques jours après la température s\u2019élève et un abcès de même nature apparaît au niveau de la partie antérieure de la cuisse gauche, puis le lendemain même phénomène au bras gauche.La leucocytcse à ce moment est de 27,000 par c.c.On procèdera à l\u2019ouverture et au drainage de ces deux abcès qui laissèrent échapper un pur jaune et épais.Ces deux abcès ainsi que le doigt guérirent normalement.Cependant la température continue d\u2019osciller et il ne se produit pas d\u2019autre abcès métastatique.Une radiographie de la cavité pleurale ne montra rien; finalement le malade développa une pleurésie sèche et enfin uné péritonite généralisée.Une laparatomie fut pratiquée et fit découvrir une obstruction intestinale au niveau de la valvule iléo cæcale, causée par des adhérences récentes.Le malade ne put survivre.AAG in bb E.TROTTIER.CHIRURGIE INFANTILE ET ORTHOPEDIE HENRY W.MEYERDING.\u2014 Ancienne luxation congénitale de la hanche [Old congenital dislocatiin of the hip] (\u201cSurg., Gyn.and Obst.\u201d, janvier 1929).Le chirurgien doit-il opérer la luxation congénitale de la hanche non réduite ?Il aura à tenir compte de l\u2019âge du patient, qui aura été traité durant son enfance en suivant plus ou moins le traitement, dont le développement osseux n\u2019est pas toujours des mieux.L\u2019auteur recommande de faire un examen attentif de tout le squelette de la région.Chez le malade âgé, si l\u2019articulation est assez bien conformée, il n\u2019y aura rien à gagner par l\u2019opération; par contre s\u2019il y a destruction d\u2019une partie osseuse, il y aura lieu d\u2019intervenir, soit en opérant sur l\u2019acé\u2018abulum, soit sur la tête du fémur de façen à donner unè certaine solidité à l\u2019articulation et de diminuer la douleur.Jos.-H.RIVARD.C.MURRAY GRATZ.\u2014 Technique d\u2019une greffe multiple pour l\u2019arthro- dèse extra-articulaire de la colonne vertébrale [Multiplex graft technique for extra articular arthrodesis of the spine] (\u201cSug., Gyn.and Obst.\u201d, janvier 1929).Chez les cyphotiques à grande courbure cette méthode est d'intérêt; l'arthrodèse est obtenue par de nombreux greffons minces prélevés au L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 169 niveau du tibia, ces greffons sont minces de façon à ployer facilement et à se superposer et ainsi à donner plus de solidité, de plus le muscle trapèze les recouvre pour les renforcer.L\u2019auteur donne la technique de son opération, détail qui la différencie de la greffe d\u2019Albee, c\u2019est que les greffons sont nombreux et fixés à la base des apophyses épineuses des différentes vertèbres et étant superposés la greffe aura le maximum de résistance au niveau du maximum de la courbure.Jos.-H.RIVARD.| G.McFADDEN.\u2014 Paralysie obstétricale [Obstetrical paralysis] (\u201cThe Journal of Bone and Joint Surgery\u201d, vol.X, No 4, october 1928).Malgré de nombreuses recherches sur la paralysie obstétricale, la question est loin d\u2019être résolue et il faut avouer que la lésion véritable reste mal définie et le traitement actuel donne peu de résultat.La paralysie se produit toujours au cours de la délivrance et heureusement n\u2019est pas fréquente; elle se rencontre une fois sur 2000 accouchements.La lésion s'accompagne rarement de fracture de la clavicule et se voit surtout à la suite de présentation par le siège alors que le plexus peut être facilement comprimé.La paralysie se manifeste d\u2019ordinaire vers le 3e jour après la naissance mais peut se voir dès le premier jour; elle semble être plus fréquente chez les petites filles.Le deltoïde peut devenir complètement paralysé et entraîner une subluxation de l\u2019épaule.S\u2019il y a eu destruction du tissu nerveux, il n\u2019existe pas de traitement radical.Mieux vaut prévenir l'accident, et l\u2019accoucheur devra savoir que la traction au cours de la délivrance ne doit pas être exagérée.En présence de la lésion établie, il faut immobiliser le bras en repos complet, pendant envircn trois mois, tout en favorisant les mouvements de l\u2019épaule.Dans les cas graves, avec rupture du tissu nerveux, la sututre peut être tentée, quelyquefois avec des chances de succès.Edouard DUBE.C.F.EIKENBARY.\u2014 Les fractures du coude [Fractures of the elbow through or near the lower epiphysis of the humerus] (\u201cThe Journal of Bone and Joint Surgery\u201d, Vol.X, No 4, octobre 1928).En 1923, l\u2019auteur a déjà présenté 23 cas de fracture du coude chez l\u2019enfant, avec 20 résultats parfaits sur 21 malades revus, soit 95% de guérison.Dans une statistique plus récente de 30 malades, soit 51 en tout, E prétend que 44 conservent des mouvements articulaires normaux; six ont une légère limitation et un seul reste avec un certain degré d\u2019ankylose.Tout de même, sa statistique montre 86% environ de résultats parfaits.Cemme dans toute fracture, le résultat est fonction de la réduction.La flexion aiguë de l\u2019avant-bras ne suffit pas à elle seule, et il faut réduire le fragment inférieur sous anesthésie générale.L\u2019immobilisation 170 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA complète s\u2019obtient à l\u2019aide du plâtre ou d\u2019un appareil approprié et ne doit pas durer plus qu\u2019une semaine alors que quelques mouvements passifs peuvent être tentés.L'appareil doit être enlevé après trois semaines, pour permettre des mouvements plus actifs, mais le bras doit rester en - écharpe, dans l\u2019intervalle du traitement.Les mouvements forcés doivent être évités, et à cette période, le massage est d\u2019une grande utilité.L\u2019auteur n\u2019a jamais rencontré de contracture de Volkmann, quand la réduction avait été bien faite.Edouard DUBE.PEDIATRIE LEVY.\u2014 Etude sur le taux des protéines du sérum sanguin des nourrissons et en particulier des nourrissons eczémateux (\u2018Revue Française de Pédiatrie\u201d, octobre 1928).Ce très intéressant travail, qui oriente dans une voie nouvelle les recherches sur l\u2019eczéma des nourrissons, comprend : 1° L\u2019exposé d\u2019une technique précise de détermination du taux de l\u2019azote total et des protéines du sérum sanguin.2° L'étude du taux des protéines du sérum d\u2019une trentaine de nourrissons; les chiffres obtenus précisent les variations physiologiques des protéines suivant l\u2019âge des sujets.3° L'étude du taux des protéines du sérum sanguin de nourrissons atteints d\u2019eczéma suintant typique; les chiffres obtenus révèlent chez la plupart des nourrissons étudiés une Hypoprotéinémie, Cette diminution des protéines semble être d\u2019autant plus forte que l\u2019eczéma évolue depuis plus longtemps; c\u2019est dans ces cas que le taux des protéines peut être abaissé de 40 à 50%, par rapport au taux normal moyen.Malgré l\u2019intérêt de ces recherches, l\u2019hypoprotéinémie n\u2019est probablement qu\u2019une des manifestations humorales du trouble basal de l\u2019eczéma.Paul LETONDAL.LESNE et LANGLE.\u2014 Les anémies du nourrisson (\u2018Le Nourrisson\u201d, mars 1927).L\u2019anémie est un syndrome qu\u2019on observe avec une grande fréquence chez le nourrisson.| Les auteurs étudient quatre types cliniques d\u2019anémies d\u2019importance inégale chez le nourrisson : les anémies simples, \u2014 L\u2019anémie ferriprive, \u2014 l'anémie pseudo-leucémique \u2014 l\u2019anémie pernicieuse.Les causes de beaucoup les plus fréquentes : les troubles digestifs et les erreurs de régime, le rachitisme, la syphilis, la tuberculose.Le traitement pour être efficace doit être étiologique, mais quel que soit le syndrome anémique, le médecin attachera une importance considérable au régime alimentaire et aux prescriptions hygiéniques.Parmi L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 171 ,les médicaments, le fer est encore celui dont l\u2019efficacité est la moins douteuse.Deux nouvelles médications connaissent actuellement une grande vogue : la transfusion et l\u2019actinothérapie.Malgré les résultats intéressants qu\u2019ont donné ces nouvelles méthcdes thérapeutiques, ni la transfusion, ni l\u2019actinothérapie n\u2019ont la valeur d\u2019une médication spécifique.Paul LETONDAL.TUBERCULOSE J.MORIN (Leysin) et M.AUBRY (Paris).\u2014 Le traitement de la tuberculose laryngée par les rayons ultra-violets produits par les courants de haute fréquence (\u2018Bulletin Médical de Leysin\u201d).L\u2019auteur démontre que l\u2019emploie des courants de haute fréquence dans le traitement de la tuberculose laryngée est d\u2019acquisition récente.Il emploie une électrode en quartz, convenablement courkée, contenant du mercure, reliée à un résonateur de Houdin et produisant ainsi des rayons ultraviolets au contact même de la muqueuse laryngée.L\u2019arsenal thérapeutique actuel de la tuberculose laryngée possède 3 méthodes efficaces ayant chacune des indications différentes.Ce sont par ordre chronologique: la galvano-cautérisation, la fulguration et enfin les ultraviolets intra-laryngés produits par les courants de haute fréquence.Après avoir expliqué le mode de production des ultra-violets par un courant de haute fréquence; l\u2019auteur en précise la technique et décrit les réactions locales et générales, qui ne sont jamais graves.Le résumé schématique de ses six observations nous montre que 3 furent très améliorés, 2 furent améliorés et 1 fut un peu aggravé, Bien que la laryngite soit en dépendance étroite avec de nombreux facteurs tels que l\u2019état général, l\u2019état pulmonaire, plusieurs faits thérapeutique importants semblent se dégager et justifier l\u2019emploi de cette méthode.J.-A.VIDAL.E.S.BULLOCK.\u2014 Remarques sur la pleurésie tuberculeuse et son traitement (\u2018American Review of Tuberculosis\u201d, vol.XIX, No 1).L\u2019auteur, confirmant un fait reconnu, admet que la pleurésie, à moins d\u2019une preuve contraire évidente, doit tcujours être considérée comme étant de nature tuberculeuse.Il émet aussi l\u2019opinion que les patients qui accusent des douleurs pleurales, sans aucun autre symptôme, manifesteront tôt ou tard de véritables poussées tuberculeuses.Après avoir cité plusieurs observations de lésions pleurales, avec épanchement et après avoir analysé les complications évclutives ultérieures, l\u2019auteur démontre que dans 57 cas de pleurésie avec ou sans 172 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA épanchement, a toujours réussi à introduire une quantité de gaz suffi - sante pour d\u2019abord enrayer le symptôme douleur si fréquent dans la pleurésie et même en poursuivant les insufflations, pour annihiler les symptômes d\u2019évolution tuberculeuse.J.-A.VIDAL.UROLOGIE GROVE.\u2014 Le traitement de la blennorragie dans quelques cliniques européennes [The Treatment of Gonorrhea in some European Clinics] (\u2018Clinical Excerpts\u201d, vol.2, No 3, p.25, 1928).L\u2019auteur a remarqué qu\u2019en Europe, dans nombre de cllniques, ce sont les dermatologistes, et non les urologues, qui traitent les maladies vénériennes.A Vienne, c\u2019est avec la plus grande douceur qu\u2019on traite les urétrites gonococciques.La moindre complication fait suspendre tout traitement local pour 7 à 10 jours.Au début de l'infection aiguë, on ajoute aux médicaments ordinaires des suppositoires de Belladonne pour prévenir, dit-on, un antipéristaltisme des canaux déférents dans le but d\u2019éviter l\u2019épididymite.La vogue est aux grands lavages au permanganate de potasse et aux instillations de protargol, d\u2019albergine et de nitrate d\u2019argent.Sept différentes épreuves de guérison (au nombre desquelles ne compte pas celle de la bière), seront à subir successivement avani que le patient obtienne son congé.Les complications ordinaires de la blennorrhagie se traitent comme partout ailleurs; et l\u2019urétroscopie joue un grand rôle dans les cas chroniques.Traiter l\u2019urètre avec la plus grande douceur en tout temps de la maladie, et cesser tout traitement local dès la moindre complication locale : voilà les deux points sur lesquels l\u2019auteur semble insister.B.DUMAS.FLANDRIN.\u2014 A propos du traitement des tumeurs malignes de la vessie (\u201cNotes pratiques d'actualité médicale\u201d, octobre 1928, p.871).Cette question.traitée longuement au IIIe Congrès International d\u2019Urologie de Bruxelles en 1927, est malheureusement encore loin d\u2019être au point.Pour ce qui en est des agents physiques, courants de haute fréquence, radium et radiothérapie profonde, l\u2019opinion générale du Congrès a été de rejeter les premiers pour faire crédit aux deux derniers.Flandrin prétend que les courants de haute fréquence sont à utiliser, mais ncn pas indistinctement dans tous les cas de tumeurs malignes de la vessie.Il leur réserve, et préférablement à tous les autres modes de traitement, les tumeurs sessiles à large base d'insertion vésicale. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 173 Son expérience repose sur\u2019200 cas.Deux points importants.Ii faut, à l\u2019aide de la cystoscopie et de la cystoradiographie, faire une étude approfondie de la tumeur en ce qui regarde sa forme, son étendue et son mode d\u2019implantaticon sur la paroi vésicale.Il reste à apprécier ensuite la résistance du malade et l\u2019état fonctionnel de ses reins par l\u2019azotémie, la Constante d\u2019Ambard ou la phénol sulfone phtaléine.L'auteur, en passant, nous met en garde contre la syphilis vésicale, cause de bien des erreurs.Une fois en présence d\u2019une tumeur sessile chez un malade dont l\u2019état général est satisfaisant, Flandrin fait une taille hypogastrique et applique les courants de haute fréquence à vessie ouverte.Voilà pour lui le traitement de choix.La taille hypogastrique permet d\u2019aller vite, de ne pas \u201ctaquiner\u201d la tumeur, et de la détruire le plus tôt possible.Le gros de la masse est démoli à coups de ciseaux; l\u2019électrode fait le reste.; Le voisinage de l\u2019uretère n\u2019est pas une contre-indication, Tout finit par s'arranger.La sonde vésicale à demeure, pendant toute la durée de l'opération, facilite la destruction des tumeurs qui siègent sur le col de la vessie.Lavage à l\u2019eau oxygénée, fermeture de la vessie sur drain vésical de Marion, drainage temporaire de la cavité de Retzius complètent l\u2019opération.; Les soins post-opératoires ont leur importance : lavages de vessie, antiseptiques urinaires, toni-cardiaques, traitement de l\u2019hémorragie s\u2019il y a lieu, et injections intra-veineuses de Mésothorium.La cystostomie est maintenue six mois au moins pcur contrôler les récidives.Grâce à ce procédé, l\u2019auteur peut citer plusieurs cas de guérison.11 n\u2019en est pas ainsi des tumeurs infiltrées.A vessie fermée, les applications de courants de haute fréquence sont forcément incomplètes, et partant inefficaces.A vessie ouverte, les malades ne survivent pas à l\u2019opération.\u201cLa chirurgie du cancer vésical infiltré, dit l\u2019auteur est terriblement grave, et les survies plus ou moins prolongées obtenues dans quelques cas heureux, ne l\u2019ont été qu\u2019au prix de mutilations et d\u2019infirmités bien lourdes à supporter.\u201d Le radium et la radiothérapie profonde n\u2019offrent que des statistiques contradictoires et, en somme, peu encourageantes.Mais comme il y a _eu des cas incontestables de guérison clinique à la suite de l\u2019utilisation de ces agents physiques, il faut les étudier, en modifier et améliorer les techniques, tout en cherchant ailleurs des résultats plus constants.B.DUMAS. L'UNION MÉDICALE DU CANADA GYNECOLOGIE G.TESAURO.\u2014 A propos d\u2019erreur de diagnostic avec le lipiodol.Un cas d\u2019adénomyome polypoide kystique pris pour un cancer du corps de Putérus (\u201cLa Gynécologie\u201d, octobre 1928).Il reste encore beaucoup a faire dans I\u2019'nterprétation d\u2019un diagnostic par l\u2019image radiologique après injection de lipiodol dans la cavité utérine.Celui-ci évidemment devra toujours être fait cliniquement avant d\u2019en faire la recherche par les rayons-X.Mais il arrivera que la clinique aura posé son diagnostic, que l'examen lipiodolé l\u2019aura confirmé et que l\u2019anatomie pathologique détruira et le laboratoire des agents physiques et la clinique.T.en rapporte un cas bien caractéristique et en tirant ses conclusions il appelle à son aide le professeur Jean-Louis Faure et E.Douay qui n\u2019admettent pas que l\u2019exploration au lipiodo! puisse à elle seule établir avec certitude des diagnostics de lésions intra-utérines.II n\u2019en reste pas moins que cette méthode mérite qu\u2019elle soit poussée pour qu\u2019on puisse en tirer les plus grands profits.Léon GERIN-LAJOIE.LOUIS E.PHANEUF.\u2014 Quelques notes historiques sur la technique de l\u2019opération césarienne [Some historical notes on the technique of the ceasarean section] (\u201cSurgery, Gynecology and Obst.\u201d, jan.1929).Notre compatriote étudie de façon détaillée l\u2019histoire de la césarienne à travers les différents âges depuis la période où elle se pratiquait sur la femme morte chez les premiers Egyptiens, bien avant l\u2019ère chrétienne.L'auteur passe ensuite au but principal de la césarienne, l\u2019extraction de l\u2019enfant vivant qu\u2019il faut mettre au monde avec beaucoup de précautions si l\u2019on ne veut pas qu\u2019il y ait un accident fatal de ce côté.Après qu\u2019on se fût aperçu que l\u2019enfant pouvait vivre après une telle opération, l\u2019on s\u2019est attaché à sauver les mères qui succombaient presque toujours avec les premières techniques.Ici l\u2019auteur envisage longuement les différents dangers tant immédiats que lointains auxquels est exposée la patiente pour aborder ensuite la technique de l\u2019incision idéale.Il termine par quelques commentaires sur la péritonite toujours possible, après un traumatisme aussi grave que celui d\u2019une opération césarienne.Léon GERIN-LAJOIE.MEDECINE LEGALE MM.LAIGNEL-LAVASTINE et DESOILE.\u2014 Un cas d\u2019hématomyélie traumatique (\u2018\u2019Ann.de Médecine Légale\u201d, janvier 1929).Les auteurs rapportent un cas d\u2019hématomyélie traumatique survenu dans des circonstances assez exceptionnelles : L'UNION MÉDICALE DU CANADA 175 Une jeune fille de 18 ans est frappée à la région cervico-dorsale par un \u201cpush-ball\u201d elle tombe sur le dos, immédiatement paralysée des quatre membres.| A l\u2019examen clinique, au point où a porté le traumatisme, ni ecchymose, ni déformation rachidienne, ni douleur élective au niveau des vertèbres, Réflexes tendineux exagérés, Babinski bilatéral; réflexes cutanés abolis.La radiographie ne montre pas de fracture vertébrale.Diagnostic d\u2019hématomyélie avec pronostic relativement favorable.On peut être surpris qu\u2019un si léger traumatisme puisse produire une lésion aussi grave, aussi les auteurs se sont-ils demandé si les faits ne pouvaient pas être expliquées par une fragilité vasculaire spéciale.La découverte d\u2019un tubercule de Carabelli chez cette jeune fille leur fait penser à une hérédo-syphilis.Le père de la victime qui est hospitalisé et examiné est un pseudo-bulbaire avec signe d\u2019Argyll-Robertson très net.Chez lui comme chez sa fille le Wasserman est négatif Gans le sang et dans le liquide céphalo-rachidien.Malgré tout, l\u2019hérédo-syphilis paraît certaine et explique cette fragiiité vasculaire spéciale.R.FONTAINE.ELECTRO-RADIOLOGIE DUHEM, P.\u2014 La radiothérapie dans les crises de suffocation de la premiére enfance (\u201cBulletins et Mém.de la Société de radiologie Médicale de France\u201d, novembre 1928).Un des syndromes pour lequels le radiologiste est le plus souvent sollicité d\u2019intervenir, tout au moins dans les hôpitaux d\u2019enfants, est le syndrome de \u201csuffocation\u201d.Duhem énumère les causes qui peuvent produire ces accès de \u2018\u201csuffocation\u201d qui sont en somme assez restreintes, si on élimine, bien entendu.celles pour lesquelles le radiologiste n\u2019est en général pas consulté.Les plus courantes sont \u201cI\u2019hypertrophie du thymus\u201d, \u201cle spasme de la glottte\u201d, \u201cles tumeurs du médiastin\u201d ou \u2018\u201c\u201cle stridor congénital du nouveau-né\u201d.Le diagnostic n\u2019est pas toujours facile à faire entre ces diftérentes affections.\u201cL\u2019hypertrophie du thymus\u201d qui semble la plus fréquente est parfois difficile à dépister.La radiographie montre bien un élargissement de l\u2019ombre médiane à la hauteur du pédicule vasculaire dans la plupart des cas mais souvent la saillie peut être localisée au point de simuler une adénofathie trachéo-bronchique.Le \u201cspasme de la glotte\u201d est lié le plus souvent à un état de tétanie ou de spasmophilie qui se différencie plus facilement de l\u2019hypertrophie du thymus que du stridor congénital lié à une malformation du larynx.Dans les deux cas d\u2019ailleurs s\u2019il n\u2019existe pas d\u2019autres lésions, la radiographie ne révèle aucun caractère anormal du pédicule vasculaire.Les \u201ctumeurs du médiastin\u201d, au contraire, se décèlent facilement.Le diagnostic histologique sera peut-être incertain, mais celui de la présence même de la tumeur est en général évident. 176 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Que doit-on faire en présence d\u2019un petit malade atteint de crises de \u201csuffocation\u201d alarmantes ?De deux choses l\u2019une: ou le diagnostic est sûr, où il ne l\u2019est pas.Dans le premier cas : hypertrophie du thymus et tumeurs du médiastin doivent être traités par la radicthérapie L'auteur montre la valeur de la radiothérapie sur la chirurgie dans ces deux affections.Quant au stridor laryngé congénital, di & une malformation des cordes vocales; l\u2019auteur prétend qu\u2019un élément spasmodique s\u2019y joint souvent et que la radiothérapie aurait une grande influence.Dans le second cas quand le diagnostic n\u2019est pas certain.L'auteur conseille la radiothérapie qui est encore le meilleur traitement susceptible d\u2019arréter les symptomes menacants sans causer de danger.L\u2019auteur emploie sous filtre de 4 à 6 mm.aluminium, radiothérapie moyennement pénétrante, 300 à 500 K.en une seule séance.Il rapporte vingt-cinq cas traités par cette méthode.Léglius GAGNIER.DERMATO-SYPHILIGRAPHIE B.J.KAPLOUN et L.J.FAINGOLD.\u2014 Deux cas de polysensibilisation aux remèdes antisyphilitiques (\u2018Annales des maladies vénériennes\u201d, janvier 1929).Le premier cas que les auteurs nous rapportent est une intolérance à l\u2019arsenobenzol, au mercure et au bismuth, le second aux mêmes médicaments et à l\u2019iodure de potassium en plus.\u2018Tandis que dans le premier cas la sensibilisation se manifesta par des accidents cutanés exclusivement, dans le 2e cas, à part des accidents cutanés, la réaction du côté des viscères, des muscles et des articulations se manifesta.Les causes de l\u2019apparition d\u2019une polysensibilisation pareille restent jusqu\u2019à maintenant inexpliquées.Gougerot, qui en a ramassé sept cas, tente dans son travail, d\u2019expliquer ce phénomène par l\u2019insuffisance hépatique, observée dans plusieurs cas.Mais il ajoute qu\u2019il y a beaucoup de personnes dont le foie est malade et qui ne manifestent pas de phénomènes de polysensibilisation.Il est possible qu\u2019ici jouent un rôle prépondérant les facteurs constitutionnels surtout la labilité du système nerveux végétatif.Pour pouvoir connaître l'intolérance des médicaments les auteurs font l\u2019intra-derme-réaction avec les médicaments spécifiques.Epreuves intra-dermiques à faire sur la face de fiexion de l\u2019avant- bras à 4 endroits différents.I-\u20140.1 eme.de solution Novar à 0.15% gr.11.\u20140.2 gr.de bismuthin, (métahydroxyl, tartrobismutate de potasse).111.\u2014Bicyanure de mercure à 1%.IV.\u2014Todure de potassium à 5%.S\u2019il se fait une réaction populeuse ou érythémateuse et cela ordinairement dans les 24 heures, c\u2019est que le patient a une sensibilisation à ce médicament.J we we wy ee rene qe Js el Ji L'UNION MÉDICALE DU CANADA 177 Le médicament qui donne une réaction négative pourra être employé.Mais il ne faudrait pas croire cependant que ces réactions sont absc- lues.Seulement elles valent quelque chose dans des difficultés thérapeutiques.Et chez ces malades ayant une intolérance à des médicaments spécifiques, les auteurs emploient simultanément les injections intra-veineuses de chlorure de calcium et de théosulfate de sodium.Et pour les érythrodermies survenant au cours du traitement, l\u2019auto- héniothérapie a le plus souvent raison d\u2019elles.Paul POIRIER.LOUIS BORY.\u2014 Vaccinothérapie et staphylococcies (\u201cLe Monde Médical\u201d, novembre 1928).L\u2019utilité de la vaccinothérapie, dit l\u2019auteur, n\u2019est plus guère discutée et la technique est à peu près fixée.Ainsi deviennent très limitées les interventions chirurgicales; pour ce qui concerne l\u2019anthrax, les vaccins permettent d\u2019éviter le plus souvent ces excisions en masse, parfois mutilantes, qui avaient été préconisées dans les dernières années.Et le vaccin de Delbet est à ce titre d\u2019une activité remarquable; il amène des résolutions rapides, au prix il est vrai de phénomènes de choc souvent inquiétants, quoique habituellement sans conséquences.Et il faut faire savoir aux malades que les réactions sont parfois très vives, diffuses et douloureuses.| Les abcès tubéreux de l\u2019aisselle (hydroadénites), les sycosis simples, affections causées par le staphylocoque relèvent du même traitement.Dans nombre de pyodermites, dont l\u2019unipitigo de Bochardt peut être considéré comme le type, la vaccinothérapie peut se montrer très rapidement efficace.Mais les échees sont fréquents, dans les pyodermites du nourrisson par exemple et dans la plupart des dermo-épidermites microbiennes d\u2019aspect plus cu moins eczematiforme,.Aussi dans l\u2019acné et les falliculites, la vaccinothérapie est le plus souvent décevante.Paul POIRIER.- NEURO-PSYCHIATRIE Dr TIBI.\u2014 Le traitement de l\u2019insomnie des psychoses par l\u2019Allylisopropyl- acétylcarbamide (Thèse de la Faculté de Médecine de Lyon, 1928).; Tout a été dit sur le traitement des insomnies et chaque jour voit apparaître un nouvel hypnotique, meilleur sans doute que les précédents.Certes les barbituriques sont actuellement les médicaments hypnogènes les plus souvent prescrits et il n\u2019est point besoin d\u2019insister, par exemple, sur l\u2019extrême maniabilité du somnifène si fréquemment utilisé, ni sur 178 L'UNION MÉDICALE DU CANADA les propriétés à la fois antalgiques et hypnogènes de l\u2019allonal, véritable analgésique renforcé, Cependant souvent le praticien hésite à ordonner un barbiturique, dont il connaît l\u2019action énergique.Il préfère recourir à un simple calmant du système nerveux comme le bromure de sodium; mais on sait la mauvaise presse qu\u2019a le bromure de sodium chez la plupart des malades.Si on dit à une patiente qu\u2019elle va prendre du bromure, elle se croit aussitôt beaucoup plus malade; si on veut bro- murer un jeune homme, on éveille la crainte de l\u2019épilepsie, avec la hantise de l\u2019acné bromique.Et cependant que d'excellents résultats on obtient avec le sédobrol qui est, on le sait, du bromure de sodium dissimulé, incorporé à un extrait de bouillon végétal concentré et achloruré.Toutefois, si pour une raison importante, on ne veut donner ni barbiturique, ni bromure et, d\u2019autre part, sachant le peu d\u2019effets de la valériane, du cratoegus et de leurs succédanés, si on veut obtenir une action hypnogène inoffensive, douce et progressive, il faut s\u2019adresser à l\u2019allylisopropylacétylcarbamide (ou mieux sédormid) que vient d\u2019étudier M Tibi dans son travail inaugural.Le sédormid n\u2019est pas barbiturique: c\u2019est un uréide, c\u2019est-à-dire de l\u2019urée, dans laquelle un des hydrogènes du groupe amine a été substitué par le radical allylisopropylacétique.C\u2019est un hypnotique et un sédatif d\u2019action légère et de toxicité excessivement peu élevée qui se présente sous forme de comprimés dosés à 0.25, dont on peut prendre facilement 2 ou 3 par jôur et même davantage.Longuement expérimenté au triple point de vue chimique, physiologique et clinique, minutieusement étudié par M.Perget (Thèse de Paris, 1928) et par M.Tibi, le sédormid s\u2019est montré le grand médicament des petits insomniaques et des petits anxieux.Entre le sédobrol si utile dans les symptômes nerveux et le somnifène, dont l\u2019action contre les insomnies, l\u2019agitation, le délire est aujourd\u2019hui classique, le sédormid occupe une place excessivement importante: c\u2019est l\u2019hypnogène doux et inoffensif que l\u2019on peut prescrire sans crainte chez tous ceux qui ne dorment pas par suite de quelque préoccupation morbide ou d\u2019un surmenage physique ou intellectuel.Paul A.GAGNON.\u2014-\u2014\u2014 0 REVUE DES LIVRES Annales de l\u2019Institut de Médecine légale de l\u2019Université de Lyon, 1928.Le nouveau volume publié en 1928 par le professeur Etienne Martin fait honneur au passé de la célèbre Eccle de Médecine légale de Lyon.Sur les aspects les plus variés de la médecine légale s\u2019y trouvent rassemblés d\u2019excellentes revues générales, des thèses et des mémoires présentés par les élèves de l\u2019Institut médico-légal.Le professeur Martin et ses collaborateurs, Rojo et Costedoat, ont repris deux questions classiques: le mécanisme de la mort par choc émotionnel et la mort par submersicon.Pour expliquer le choc émo- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 179 tionnel, les auteurs se rallient à la théorie d\u2019A.Lumière sur le rôle des floculations.A \u201cla preuve en médecine légale, sa nature, ses limites et ses difficultés\u2019\u201d le professeur agrégé Mazel a consacré une attachante mise au point que l\u2019expert consultera volontiers, Le Dr Carrére s\u2019occupe dans sa thèse des formes de l\u2019hymen et des procédés d'examen de cette membrane.Les Annales contiennent d\u2019autre part plusieurs mémoires d\u2019anthropologie criminelle reposant sur une énorme documentation.Deux thèses sont consacrées à la chirurgie des accidents du travail.Les Drs Molette et Nahon y étudient les indications du vissage du fémur et de l\u2019ostéosynthèse des deux os de l\u2019avant-bras.D\u2019un intérêt capital pour le neurologue est le mémoire consacré par Mazel et Dechaume aux paralysies résultant d\u2019injections de sérum.Enfin le Dr Lipsky analyse le tableau saisissant que le grand écrivain Dostoievsky a brossé de l\u2019hérédo-alcootisme chez les frères Karamazov.Le romancier russe en maintes pages s\u2019est révélé excetlent observateur et précurseur génial notamment dans cette magistrale description du \u201cdélire d\u2019interprétation à deux\u201d qui ne retiendra que plusieurs années plus tard l\u2019attention des psychiâtres.On le voit médecins et psychologues trouveront ample moisson à glaner dans le VIIe Tome des Annales de Médecine Légale de Lyon.R.FONTAINE.oO NOUVELLES Université de Montréal \u2014 Faculté de Médecine AGREGATION En octobre prochain, auront lieu de nouvelles épreuves pour l\u2019agrégation.Peuvent demander à s\u2019inscrire pour ces épreuves, tous les assistants aux divers cours et cliniques qui ont été nommés comme tels, depuis trois années ou plus.Les candidats devront faire tenir leur demande au Directeur des études avec énumération de titres (diplômes, études spéciales, travaux, publications) avant le ler.avril 1929.Ils devront en méme temps soumettre le titre et les grandes lignes de la thèse qu\u2019ils ont l\u2019intention de soutenir, afin de recevoir approbation préalable du Conseil de la Faculté de Médecine de PUniversité de Montréal.Par ordre, : Le Vice-Doyen et Directeur des Etudes, T.PARIZEAU.Montréal, le 15 février 1929. 180 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2018 HOPITAL SAINT-JOSEPH DE THETFORD-MINES EN 1928 LW Malades admis Du ler janvier 1928, au ler janvier 1929 .552 Cas de chirurgie .24 24 La LA Le LA LL A 11 11 11 1.-.390 Cas de médecine .41 24 24 21 LL LL A LA 11 11 1.-.169 Total .552 Interventions chirurgicales .389 Interventions majeures .42 24 V4 11 11 14 11 12 1.2T4 Interventions mineures .24 LL 1 1 14 11 1.116 Total .390 Décés post-opératoires .24 24 24 24 ee ee ee ee ee LA 11 Radiographies .Ce he ee te ee ee ee ee ee ee ee ee 121 Malades non traités à l\u2019hôpital La LA LA ee ee ee ee ee es 1 11 10 41 Malades non résidents à l\u2019hôpital .80 Total .121 Malades guéris .24 24 44 vt eh ee 1 LA 11 LA 11 11 2 415 \u201c ameéliorés .24 24 44 44 44 20 44 ee ee La 4e 1e.19 \u201c non ameElIOoTES .210 24 24 44 2 4 41 ee ee ee ee ee ee 6 \u201c non traités .1 22 21 24 Le 1 44 4e 4e ee en ee es een Décès .vt vv i ee a ee ee ee ee ee ee ee ee es 1e esas 2 Total .21101 14 vv vi ie ee eee.AT 80 552.Causes des déces Miningite tuberculeuse .Influenza .Pneumonie .Accidents miniers\u2014 décès dans les 24 heures .Accident (ruade de cheval)\u2014décés dans les 24 heures .Péritonite appendiculaire\u2014décès dans les 24 heures Perforation intestinale .Cancer de la prostate .Asystolie .pd ped DD Wa = OT DD OH ed DO pi Total .A.SIROIS, Secrétaire. SOCIÉTÉS Convention annuelle de la Canadian Medical Association Les 17, 18, 19, 20 et 21 juin Prochain à Montréal Comme pour les autres conventions de ce genre, les Compagnies de transport veulent bien faciliter le voyage aux médecins venant de l\u2019extérieur, et à cette fin l\u2019Association Médicale Canadienne inaugure cette année le système dit de Certificat d\u2019identification.Par ce système, des billets de retour seront vendus pour Montréal, sur présentation du \u2018certificat d\u2019identification\u201d pour le prix et demi (plus 25 sous) d\u2019un passage simple.On peut également se procurer des billets de famille au même prix sur présentation de ce certificat.Le tarif pour les enfants est cédulé sur la même base.On ne pourra se procurer ces billets que trois jours avant l\u2019ouverture de la Convention et durant les trois premiers jours de celle-ci.Le retour devra s\u2019effectuer dans les cinq jours qui suivent lé dernier jour de la Convention.Afin de se procurer ce certificat d\u2019identification, la Canadian Medical Association fera parvenir un questionnaire aux intéressés en temps voulu.Ce questionnaire une fois rempli, le certificat vous parviendra rapidement.Voyages après la Convention Plusieurs voyages seront organisés afin de faire visiter notre Province aux médecins qui viennent d\u2019en dehors, et en particulier le tour du Saguenay a\u2019 été réservé par la Compagnit Clarke à bord du S.S.Northland, paquebot très luxueux et des plus confortables.Transport par automobile \u2019 1- Pour ceux qui projettent de venir à Montréal par la Grand\u2019route, il y aura des renseignements fournis dans les autres éditions de la Revue au sujet de location de garages, etc.\u201cViolons d\u2019Ingres\u201d exposés à la convention de Montréal Il y aura cette année une exposition d\u2019articles, d\u2019œuvres, etc, faits ou collectionnés par les médecins.L\u2019horticulture, la botanique, l\u2019histoire, la philatélie, la sculpture, la gravure, la peinture, le dessin, sont autant de champs d\u2019action divers dont s\u2019occupent dans leurs loisirs et avec grand succès, quelques-uns de nos collègues.Plusieurs même ont 182 L'UNION MÉDICALE DU CANADA cristallisé leurs observations dans des ouvrages publiés qui ont reçu des mentions honorables et des certificats de compétence.Le Comité en charge de cette exposition est particulièrement anxieux de recevoir, des médecins qui sont intéressés, leurs contributions à cette exposition.Il est vrai que l\u2019humilité professionnelle empêche souvent de grands talents de se manifester, mais nous demandons à ceux dont les amis possèdent de ces talents de nous les faire connaître également.Cette exposition est essentiellement d\u2019amateurs, et nul ne devrait craindre la critique.Le Comité est particulièrement anxieux de se procurer des exhibits de gravures, de peintures, de photographies, de sculptures sur bois, des livres publiés, de la musique, des timbres, de la monnaie ou tout autre objet qui devient le \u2018Violon d\u2019Ingres\u201d de l\u2019un des nôtres.Naturellement, ce travail doit être celui d\u2019un médecin, et non pas\u2019 le travail d\u2019une tierce personne.Cette exhibition sera très bien protégée et assurée contre les dégats quels qu\u2019ils soient.Toute information sur ce sujet sera reçue par le Dr G.E.Tremble, 1390 rue Sherbrooke Ouest, qui est en charge de l\u2019exhibition.Léon GERIN-LAJOIE.La Société Médicale de Montréal Séance du 15 janvier 1929 Présidence: M.le Professeur A.Léger La séance est ouverte a neuf heures et cing minutes.Le procès-verbal de la dernière réunion est adopté tel que rédigé et lu.Correspondance: Nil.Les Messieurs suivants sont mis en nomination pour devenir membres de la Société Médicale: R.Hébert, C.E.Hébert, F.L.Boulais, D.Léonard, P.Poirier.Le Président présente ensuite la Société Médicale de Montréal a tous les auditeurs, et expose les plans d\u2019action pour l\u2019année courante.Communications: Méningite tuberculeuse de l\u2019enfant survenant comme complication de la grippe \u2014M.D.Longpré.M.Longpré rappelle brièvement la clinique de la méningite tuberculeuse.Le conférencier rapporte 9 cas de grippe suivie de cette méningite.Il rapporte également des statistiques puisées au Bureau de Santé de la ville de New-York pour appuyer ses données.Discussion \u2014M.P.Robichaud rapporte deux cas de méningite tuberculeuse survenue chez les adultes à la suite de grippe.M.J.C.Bourgoin souligne le fait que toute maladie pulmonaire quelconque peut réveiller un foyer endormi et produire la méningite tuberculeuse.M.L.H.Gariépy demande au conférencier comment se traitent la pneumonie et la broncho-pneumonie chez l\u2019enfant.2 wma EE - AP GPO wwe wr Any w ean EE ~~ L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 183 M.P.Letondal a remarqué que la méningite tuberculeuse de l\u2019enfant est bien déterminée et que l'un des signes les plus caractéristiques de celle-ci est l\u2019état de somnolence dans lequel se trouve presque toujours le petit malade.M.Charles Bertrand demande au conférencier si le méningite tuberculeuse est toujours secondaire à une maladie pulmonaire.Il a remarqué après d\u2019autres auteurs qu\u2019elle est très rare chez le nourrisson et que, pour lui, elle ne suit pas toujours une maladie pulmonaire.M.L.C.Simard ne croit pas qu\u2019il y ait eu dans les neuf cas rapportés par le conférencier neuf méningites tuberculeuses, mais peut-être a-t-on eu quelques cas de méningite simple.M.J.A.Mousseau croit qu\u2019il pourrait y avoir \u2018d\u2019autres affections, telle la syphilis, qui aurait pu donner la méningite tuberculeuse.Il demande si les B.-W.ont été faits.En- réponse, M.Longpré souligne.que tous les B.-W.ont été négatifs; que les ponctions lombaires ont toujours été faites et ont révélé des signes de méningite tuberculeuse; aucune autopsie n\u2019a été pratiquée.L\u2019hyperthermie est-elle toujours d\u2019origine infectieuse ?\u2014M.J.C.Bourgoin.En rapportant brièvement l\u2019étude du travail fait sur ce sujet, le conférencier insiste particulièrement sur l\u2019élévation de la température observée dans les cas d\u2019inanition.Discussion \u2014M.Longpré devient un peu plus convaincu du fait qu\u2019il pourrait exister une hyperthermie sans cause infectieuse décelable.M.P.Robichaud a remarqué que l\u2019examen d\u2019enfants pratiqué par des journées très chaudes, accuse une élévation de température.M.J.A.Mousseau rapporte un cas d\u2019hyperthermie qu\u2019il a observé chez une adulte sans pour cela avoir pu trouver une cause infectieuse.M.J.F.Champagne demande au conférencier quel était le pouls dans ces cas de température sans infection.M.C.Bertrand a déjà observé plusieurs cas d\u2019hyperthermie sans infection et en rapporte quelques-uns.M.A.Léger connaît un collègue qui fait une élévation thermique à 104 et même 105 à certains moments de la journée.Ce qu'il comprend moins dans le travail de M.Bourgoin, c\u2019est que l\u2019auteur qui est cité dit que l\u2019urée, pour lui, donne un effet hyperthermisant, tandis qu\u2019au contraire il ait fait part qu\u2019une augmentation de la quantité de l\u2019urée produit un effet hypothermisant.En réponse, M.Bourgoin rappelle qu\u2019il ne fait que rapporter le résumé des travaux d\u2019autres auteurs.Deux cas de splénectomie \u2014M.Frs DeMartigny.L'auteur rapporte brièvement ces deux cas où il a pratiqué l\u2019ablation de la rate et insiste sur le fait des résultats opératoires satisfaisants. 184 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Avis de motion: Nil.Motions : a) à l\u2019effet d\u2019amender les règlements: pour abolir le poste de trésorier et créer le poste de secrétaire-trésorier général; et créer le poste de secrétaire de séance.Le Prof.LeSage demande que les règlements soient suspendus pour permettre que la motion soit mise au vote.Les règlements sont suspendus et la motion suivante est adoptée à l\u2019unanimité : Il est proposé par M.Baril, secondé par M.Lanoie : 1° Que dans l\u2019article 8 des règlements, le poste de trésorier soit aboli et que le secrétaire prenne charge du trésor avec le titre de secrétaire-trésorier général; 29 Que dans ce même article le poste d\u2019assistant-secrétaire soit aboli et que celui de secrétaire de séance soit créé.3° Que dans tous les articles de la Constitution où les mots secrétaire ou trésorier sont insérés ils soient changés en ceux de secrétaire-trésorier général.oo 4° Qu\u2019un article inscrit à l\u2019endroit voulu indique les fonctions du secrétaire de séance.b) à l\u2019effet de donner à la Société Médicale une existence légale.Il est proposé par M.Gérin-Lajoie, secondé par M.Léger : Que des dispositions soient prises par le Comité Exécutif actuel de la Société Médicale de Montréal, pour donner à celle-ci une existence légale, préférablement par lettres-patentes, vis-a-vis le gouvernement provincial.Séance du 5 février 1929 .Lecture et adoption du procès-verbal.Correspondance.Nomination de membres.Election de membres \u2014MM.RAYMOND HEBERT, CHARLES E.HEBERT, F.L.BOULAIS, DORIVA LEONARD, PAUL POIRIER.Election du Secrétaire-Trésorier général et du Secrétaire de séance.6.Communications : a) Un cas de cancer d\u2019estomac chez une jeune fille de 25 ans: opération \u2014M.L.BLAGDON.b) L\u2019obésité est-elle réductible ?\u2014M.R.PEPIN.c) Trois cas d\u2019ictère para-thérapeutique crez des syphilitiques.M.A.MARIN.d) Sur le bacille Calmette-Guérin\u2014M.J.A.BAUDOUIN.7.Affaires de routine.8.Avis de Motion.HB ODN ot \u2014- 2 rama a a GE
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