L'union médicale du Canada, 1 août 1929, Août
[" Tome LVII No 8 Août 1929 MÉMOIRES LA VACCINOTHÉRAPIE DANS LA COLIBACCILURIE \u201c) Par E.P.BENOIT Prcfesseur de Clinique médicale à l\u2019Université de Montréal, Médecin de l\u2019Hôpital Notre-Dame.Le colibacille et les para-colibacilles sont des microbes saprophytes de l'intestin.Il leur faut, pour devenir pathogènes, qu\u2019une occasion se présente, que les circonstances s\u2019y prêtent.Mais il y a ce fait remarquable, c\u2019est que, localement, dans l\u2019intestin même, le rôle du colibacille est toujours secondaire.C\u2019est un rôle d\u2019associé.On le trouve dans le cholera nostras, dans les gastro-entérites du nourrisson, dans les appendicites, dans les péritonites appendiculaires, mais associé a d\u2019autres microbes.Le colibacille ne détermine pas d\u2019entérite spécifique, comme l\u2019ulcération typhique causée par le bacille d\u2019Eberth.Par contre, le cofibacille profite.de toutes les occasions propices pour envahir les territoires avoisinants : a) le ralentissement du courant biliaire par des calculs ou du cancer lui permettra de monter dans la vésicule (angiocholites et cholécystites).b) le ralentissement du courant urinaire par des calculs, une hypertrophie de la prostate, un rétrécissement de l\u2019urèthre ou des troubles nerveux centraux (rétention), surtout si ces conditions sont (1) Congrès de l\u2019Association Médicale Canadienne, Montréal, 21 juin « 460 L'UNION MÉDICALE DU CANADA aidées par un cathétérisme septique, lui permettront de déterminer une cystite, une pyélite, une pyélo-néphrite.c) chez la femme, on trouve souvent le colibacille dans les vaginites, les métrites et les salpingo-ovarites.Ce sont là des localisations secondaires du colibacille, accidentelles en quelque sorte, et qui se traduisent généralement par des suppurations, qui tombent par conséquent dans le domaine du chirurgien.Des études et observations relativement récentes ont montré qu\u2019en outre de ces manifestations aiguës, le colibacille peut, dans certaines conditions, quitter le milieu intestinal, passer dans la circulation et s'éliminer par les reins, créant ainsi un ensemble de symptômes que Hetz-Boyer a nommé le syndrome entéro-rénal.Le syndrome de Hetz-Boyer se rencontre en clinique sous deux formes : 1° La forme aiguë, assez maligne d'apparence, mais qui guérit facilement.C\u2019est la forme septicémique, avec ses frissons, sa température élevée, ses manifestations nerveuses (céphalalgie et délire); les symptômes intestinaux sont peu marqués: langue saburrale, inappé- tence; la colibacillurie n\u2019apparait quapres plusieurs jours, mais il faut la chercher, car les symptômes rénaux (douleurs lombaires, modifications des mictions) y font souvent défaut.Comme il y a généralement dissociation du pouls et de la température (pouls 90, temp.103°), on pense très souvent à la fièvre typhoide.On croit quelquefois qu\u2019il s\u2019agit de grippe.Ces malades, guérissent souvent avec une diète absolue au bouillon de légumes, prolongée plusieurs jours, et qui peut suffire seule à assurer la guérison.Mais la guérison est encore plus certaine si l\u2019on ajoute à la diète la vaccinothérapie par voie buccale.2° La forme subaiguë ou chronique, moins bruyante, mais plus invétérée, plus rebelle au traitement.Dans cette forme, les symptômes septicémiques, frissons, fièvre élevée, troubles cérébraux, font défaut.Les troubles digestifs sont persistants.La colibacillurie est intermittente, mais prolongée.Dans ces formes prolongées, il ne peut être question d\u2019une diète absolue, d\u2019une diète trop sévère.1! faut serrer de près le malade, l\u2019étudier minutieusement, savoir s\u2019il s\u2019agit d\u2019une déficience digestive des albuminoïdes, avec putréfaction, ou d\u2019une dyspepsie des hydrates de carbone, avec fermentations.Il faut observer également aux L'UNION MÉDICALE DU CANADA 461 rayons X le transit intestinal, connaître le siège exact de la constipation, éliminer les brides, les spasmes.L'examen des selles est utile pour savoir si l\u2019on a affaire à un intestin parasité.La constatation de causes déterminantes spéciales (brides, parasites, spasmes) entraîne l'emploi de traitements appropriés (opération, antiparasitaires, antispasmodiques).La diète sera parfois longue et minutieuse à établir.La vaccinothérapie buccale rendra toujours la guérison possible.L'essentiel est d\u2019être persistant, de ne pas se laisser décourager par les rechutes.Chez les femmes enceintes, habituellement constipées, la dyspepsie intestinale est cause que l\u2019urine renferme en nombre assez grand de petits cristaux d\u2019oxalate de chaux qui sont ,par eux-mêmes une cause d\u2019irritation pour les voies urinaires.Le colibacille, dans ces cas, est souvent éliminé par les urines.On peut donc rencontrer pendant la grossesse de fausses pyélo-néphrites qui ne sont, en somme, qu\u2019une variété du syndrome entéro-rénal, et comme lui accessibles à la vaccinothérapie buccale, d'autant plus indiquée dans ces cas que le vaccin colitique ne provoque pas de réaction générale par cette voie, et n\u2019agit que sur le microbe lui-même.Il arrive également que des malades atteints de maladies chroniques, d\u2019une affection cardiaque par exemple, ont en même temps de gros troubles digestifs, de la constipation, et l\u2019on constate alors, si l\u2019on y regarde de près, que le syndrome entéro-rénal, quoique masqué par les symptômes prédominants, circulatoires ou autres, existe néanmoins, et dans ces cas le traitement anti-colibacillaire contribue pour sa part à l\u2019amélioration des malades et la rend plus certaine.On devra donc se rappeler que dans tous les cas de syndromes entéro-appendiculaires, entéro-biliaires, entéro-rénaux, antéro-an- nexiels chez la femme, que dans les cæ de fausses pyélo-néphrites d ela grossesse, que dans | esyndrome entéro-rénal masqué par une maladie organique chronique, il est de bonne pratique médicale de demander un examen bactériologique des urines.Lorsque la coli- bacillurie existe, révélant la participation du \u2018colibacille au processus pathologique ,la vaccinothérapie anti-colibacillaire est indiquée.Parmi quelques cas soignés dernièrement à ce point de vue à l\u2019hôpital Notre-Dame, voici trois observation qui me paraissent suffisamment démonstratives. 462 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Observation L\u2014 Monsieur S., 45 ans, est un brightique hypertendu, sans azotémie.L\u2019albuminurie est plus considérable: 0.50 centigrammes au litre.Par contre, les troubles urinaires sont importants: polyurie, pollakyurie diurne et nocturne, scotomes, étourdisements, œdème.Les troubles cardio-circulatoires sont très prononcés: pouls petit mais résistant, pression artérielle (au mercure) de 210 sur 139, matité précordiale de 1.32, indiquant une hypertrophie du cœur vérifiée par un crthodiagramme, bruit de galop à l\u2019auscultation et accentuation du 2e temps à la base, dyspnée intense même au repos, douleurs précordiales et palpitations, râles de congestion passive aux deux bases pulmonaires, gros foie débordant les fausses côtes, ascite.Ce malade n\u2019a pas de fièvre, mais sa rate est grosse, le sphygme- gramme donne un pouls décrote, les troubles digestifs et la constipation sont prononcés, la colibaccilurie existe.Pour parer aux dangers imminents de l\u2019asystolie, le malada reçoit d\u2019abord un traitement dérivatif énergique: saignée, purgatifs drastiques, diurétiques, ventouses, puis, lorsque l\u2019état est devenu meilleur, le traitement est continué par la diète, les toniques cardiaques et les hypotenseurs.Puis, pour améliorer l\u2019état digestif et la colibacillurie, on administre deux séries de vaccin colitique par la bouche.Après la 2e série, les colibacciles -ont disparu de l urine, et il nous semble bien que la vaccinothérapie a contribué à améliorer l\u2019état général.Le malade a quitté le service après six semaines de traitement avec une fonction circulatoire et digestive se rapprochant de la normale, mais avec une hypertension persistante: 202 sur 120.Observation IL\u2014Mme J.B., 31 ans, est traitée dans le service de gynécologie par M.Trudeau pour une endométrite accompagnée d\u2019ovarite gauche et d\u2019appendicite chronique.C\u2019est également une femme dyspeptique et constipée.Le Dr Trudeau fait d\u2019abord subir à cette malade un curettage, puis quelque temps après, il pratique une laparatomie en enlève l\u2019annexe gauche et l\u2019appendice malade.Après cette deuxième opération, la fièvre, à peine ébauchée, augmente et se précise.Les urines contiennent un peu d\u2019albumine et surtout des colibacilles.On administre à la malade une série de dix doses du vaccin colitique.La fièvre tombe, la température reste normale pendant quelques jours, mais ensuite elle a une tendance à remonter, et l\u2019on constate que les colibacilles ne sont pas complètement disparus de l\u2019origine.Une deuxième série de vaccin aurait été nécessaire.Malheureusement, la malade, se trouvant mieux, n\u2019a pas voulu demeurer plus longtemps dans le service, et il a bien fallu interrompre le traitement.Il y a eu ici amélioration, mais non guérison complète.L'action du vaccin sur la fièvre et sur l\u2019état général fut cependant apparente.Observation IIL\u2014Mme H.C., 28 ans, entre d\u2019abord dans le service de chirurgie pour de l\u2019appendicite chronique.Les symptômes notés à ce moment sont des douleurs dorso-Ismbaires et épigastriques, de la céphalée presque continue, un amaigrissement prononcé, des troubles urinaires L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 463 (mictions fréquentes et douloureuses), de la constipation et de la fièvre (101° F.).Mais il y a aussi un écoulement vaginal purulent et la malade est transportée en gynécologie, où le Dr Trudeau constate à l\u2019examen une annexite kystique double avec rétroversion adhérente.En même temps, on trouve au laboratoire, dans l\u2019urine de la malade, de l\u2019albumine, du pus et des colibacilles.Cependant, un'nouvel examen de l\u2019urine ayant encore donné des colibacilles, on recommence une série de vaccin; mais on linterrompt après cinq jours pour opérer la malade, qui n\u2019a pas de fièvre et dont l\u2019état général est meilleur.Mais la fièvre se montre le lendemain de l\u2019opération, et l\u2019on reprend la vaccinothérapie colitique.La température redevient normale à la suite de cette seconde série.La malade se lève - treize jours après son opération et quitte le service le lendemain, son état étant jugé satisfaisant.L\u2019examen bactériologique des urines n\u2019a pas été redemandé avant le départ.Il est done impossible d\u2019affirmer que les colibacilles avaient disparu de l\u2019urine.Mais la température était normale, et l\u2019état général, bon.Trois cas ne suffisent pas pour porter un jugement sur la valeur d\u2019un traitement.Il faudra des observations plus nombreuses et plus longtemps suivies pour arriver à un jugement définitif.Néanmoins, ces premières expériences nous ont paru suffisamment intéressantes pour les rapporter.Il semble bien que la vaccinnothérapie anti-colibacillaire' doivd rendre des services dans les cas d\u2019affections abdominales compliquées de colibacillurie, et le résultat démontre le rôle important joué par les colibacilles dans les affections appendiculaires, hépatiques, rénales et annexielles, lorsque la dyspepsie où la constipation existe en même temps.Le traitement par le vaccin colitique est très simple.Le mode d\u2019emploi consiste à absorber le contenu d\u2019une ampoule de 3 centimètres cubes, le matin à jeun, vingt minutes avant le petit déjeuner, dans un peu d\u2019eau minérale ou de tisane non sucrée.Continuer pendant dix jours à la dose d\u2019une ampoule par jour.S\u2019arréter pendant le même laps de temps et absorber ensuite une nouvelle série de dix ampoules, si l\u2019on croit la chose nécessaire.Le vaccin colitique est préparé d\u2019après la méthode de Fisel.Il renferme des bacilles tués par la chaleur auxquels ont ajoute un principe lytique obtenu par la filtration.Pris par la voie buccale, il ne détermine aucune réaction. AUGMENTATION ALARMANTE DE LA MORBIDITÉ ET DE LA MORTALITÉ PAR TUBERCULOSE CHEZ LES JEUNES PEMMES \u2018\u201d - Par S.A.KNOPF, Médecin consultant à l'Hôpital Riverside pour Tuberculeux, au Sanatorium Gabriels, N.Y.; au Sanatorium West Mountain, Pa.; à l\u2019Institut Bruchesi, Montréal, etc.En préparant mon article sur \u201cLes mesures essentielles à prendre pour prévenir la Tuberculose chez les petits et chez les grands enfants\u201d, (1), je me suis aperçu que la mortalité par tuberculose est plus grande chez les filles de 16 à 19 ans que chez les garçons du même âge.Les statistiques de New York pour les années 1924 et 1925 nous révélaient ce fait et les rapports plus récents nous apprennent que cet état de chose s'est aggravé.Depuis, j'ai constaté que la morbidité et la mortalité par tuberculose ont aussi augmenté dans les autres grandes villes.Le taux exact de morbidité est naturellement difficile à connaître.Pour chaque décès par tuberculose, on avait l'habitude de compter huit personnes qui en étaient atteintes.Le diagnostic précoce plus fréquent, les mesures hygiéniques mieux appliquées et l'éducation du public plus répandue ont diminué le taux de mortalité et abaissé la morbidité à six malades par décès.Le Dr Dearholt, dans un rapport récent, met ce point en évidence quand il dit que pour la première fois dans l\u2019histoire de la Wisconsin Tub.Ass'n, les vingt sanatoriums de l\u2019Etat sont remplis et ce qui est plus, ils ont une liste d'attente dans plusieurs cas.Cette situation est produite par l'augmentation du nombre de jeunes filles tuberculeuses.Mme James Edward Newcomb, Fondatrice et Présidente du Bureau de Direction du New York Stony World Sanatorium pour jeunes filles tuberculeuses, m\u2019écrit que bien qu\u2019ayant agrandi l\u2019institution.depuis trois ans non seulement 1l n\u2019y a pas une seule place * Conférence faite à la réunion de N.Y.County Med.Society, 23 déc.1927, à N.Y.Acad.of Med.et sur invitation à Battle Creek, Mich., 4 janv.1928.: L'UNION MÉDICALE DU CANADA 465 vacante au sanatorium, mais plusieurs malades attendent leur admission.Elle estime que cette condition est la conséquence d'une augmentation du nombre de jeunes filles tuberculeuses.Les autres institutions publiques ne recevant pas exclusivement cette classe de malades ne sont pas ainsi remplies.En réponse à ma demande, le Dr Wade Wright, assistant directeur médical de la compagnie d\u2019assurance-vie Metropolitan, à qui incombe la tâche d\u2019examiner tous les applicants pour emploi à la compagnie, m\u2019a dit qu\u2019il doit refuser près de 8% des jeunes filles.Ce sont des cas suspects ou de tuberculose au début.M.J.G.Drolet de la N.Y.Tub.and Health Ass'n.a eu la courtoisie de me remettre les derniéres statistiques.Nous constatons que la mortalité par tuberculose, entre les âges de 16 à 19 ans est près de deux fois plus élevée chez les filles que chez les garçons.En 1926, dans la ville de New York, la mortalité par tuberculose sous toutes ses formes a été de 15 à 20 ans, de 257 filles et de 139 garçons, et de 20 à 25 ans, de 369 femmes et de 293 hommes.A Baltimore, de 1910 à 1926, il mourrait chez les blancs par 100,000 de population, 145 femmes et seulement 115 hommes, entre les Ages de 15 à 19 ans.La différence était encore plus prononcée entre les âges de 20 à 24 ans, le nombre étant de 235 pour les unes et de 180 pour les autres.Parlant du taux de mortalité à Cleveland, Howard V.Green (2) s\u2019exprime ainsi: \u201cNous devrions concentrer nos efforts à chercher les causes et à prévenir la tuberculose spécialement chez la femme entre les âges de 15 à 25 ans.Le pourcentage de décès chez elie par tuberculose, de 15 à 30 ans, est si élevé.La diminution du taux de mortalité obtenue chez l'homme de 1910 à 1926, n\u2019a pas été accompagnée d\u2019une diminution proportionnelle chez les femmes de 15 à 19 ans et de 20 à 24 ans.Jusqu\u2019en 1918, la mortalité par tuberculose, entre 15 et 25 ans, était sensiblement la même pour les deux sexes.Mais depuis cette date le taux de mortalité a été abaissé beaucoup plus chez l\u2019homme que chez la femme.Dans ces groupes d\u2019âges, le taux de mortalité était de 124 chez la femme pour les années 1910-1914; il fut réduit à 106 pour les années 1922-26, soit 14% ; chez l\u2019homme durant la même période de 133 il est tombé à 64, une diminution de 52%\u201d.Voilà qui est plutôt déprimant, en face de nos affirmations que durant les 35 années dernièes, la morbidité et la mortalité par tuberculose ont diminué de 50%.En novembre dernier, l'honorable 466 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Mathias Nicoll, jr\u2026.M.D., Commissaire au département de Santé de l\u2019état de New York exprimait la même idée au cours d\u2019une conférence irradiée quand il disait: \u201cNous, qui nous occupons de la santé publique, avons pris l\u2019habitude d\u2019être fiers de nous-mêmes, en constatant, ici ou dans les autres pays, la grande diminution de décès par tuberculose obtenue au cours des deux dernières décades.Mais, quand nous étudions les chiffres, pour voir quelle est la proportion de décès pour chaque groupe de la population, les résultats ne sont pas tout à fait encourageants\u201d.Le docteur Nicoll a eu la gracieuseté de me donner les statistiques complètes des douze dernières années de la mortalité par tuberculose pour les groupes d\u2019'âges qui nous intéressent.La ville et l\u2019état de New York apparaissent séparément.Voici dans quelles proportions la mortalité par tuberculose a diminué chez les deux sexes.Ville de New York: Hommes, 15-19 ans, 7.4, femmes, 2.6% \u201c 20-24 \u201c6.1 \u201c 4.1 Etat de New York: \u201c 15-19 \u201c 49 ( 1.3 \u201c 20-24 \u201c5.5 8 2.3 Le Dr Dearholt attribue l\u2019accroissement de la mortalité chez les jeunes filles de 15 à 25 ans, aux vêtements légers qu'elles portent et il croit qu\u2019en faisant disparaître cette mode, la mortalité diminuerait dans ce milieu.Sans doute, le Dr Dearholt a raison en affirmant que l'insuffisance de vêtements favorise l\u2019invasion et l\u2019éclosion des germes du rhume, de l\u2019influenza, de la pneumonie et prépare bien le terrain pour le bacille de la tuberculose.Toutefois, je crois que d\u2019autres causes viennent s\u2019ajouter à celle-là.- D\u2019abord, le désir insensé qu\u2019ont maintes jeunes femmes d'être sveltes.Pour obtenir cette apparence masculine, elles se soumettent à une diète insuffisante.De ces victimes de la tuberculose, nombreuses sont celles qui tout en ayant bon appétit et en travaillant fort dans les ateliers, dans les bureaux, afin de perdre du poids ou de n'en point prendre, se contentent d\u2019avaler hâtivement, en guise de lunch, un cône de crême glacée, une tasse de café ou de prendre un sandwich.Elles ne compensent pas par un déjeuner substantiel ou par un bon dîner ce qui leur a fait défaut au lunch.Elles acquièrent ainsi une prédisposition prononcée quand elles ne développent pas une tuberculose jusque là latente. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 467 Les vêtements et les sous-vêtements trop légers ne sont pas les seules choses condamnables; nous avons la brassière et la bande \u2018 élastique comprimant fortement la poitrine et portées dans le but de se donner une apparence masculine, nous avons aussi l\u2019attitude courbée, chère aux jeunes filles des collèges et des écoles supérieures.Tous les cliniciens, surtout ceux qui s'occupent de tuberculose, savant que certaines attitudes prédisposent à la tuberculose.Même en 1650, John Bulver (3) mentionnait ce point.De nos jours, le professeur Goldthwait (4) de Boston a dit avec beaucoup de justesse que pour bien développer les poumons il faut se tenir droit et que cette position est utile au traitement de la tuberculose.Le Dr Crampton (5) s\u2019exprime ainsi au sujet de la brassière: \u201cLa brassière a tous les défauts du corset.Les jeunes filles de la génération actuelle se compriment la poitrine pour se donner une apparence masculine.On a transporté la compression à la région du cœur et des poumons.Les mouvements respiratoires ainsi restreints, la circulation du sang ainsi génée finissent par donner au \u201cflapper\u201d l'attitude quasi défiante de garçon exténué, avant de poser sur sa figure une voile de lassitude\u201d.La compression des glandes mammaires en compromet la fonction, plus tard, quand la jeune fille se marie et devient mère.Il y a malheureusement grand danger qu\u2019elle ne puisse allaiter son enfant.Si nous n'avons jamais eu si peu de bébés nourris au sein de la mère, c'est précisément parce que les jeunes femmes ont honte d'avoir des seins bien développés.Si elles savaient que l'enfant nourri au sein de sa mère résiste beaucoup mieux aux maladies de l'enfance que celui qui est nourri artificiellement, que devenu adulte, Il est plus fort et a meilleure santé, peut-être que l\u2019instinct maternel leur ferait voir la folie et le danger de se comprimer la poitrine.Nourrir son enfant est pour la mère bien portante la fonction phy- siclogique le plus naturelle; conservant la santé aux deux et portant le sceau du patriotisme.Les jeunes filles hésitent à respirer profondément, par crainte de voir leur buste grossir; des seins bien développés ajoutent pourtant à la beauté.Les modes d'aujourd'hui présentent plusieurs avantages sur celles d'autrefois qui nous ont donné les tailles étranglées, les jupes traînantes, les jupons superposés et les gros sous-vêtements de flanelle.Je me suis élevé contre ces modes, il y a nombre d'années (6) dans le premier travail que j'ai présenté devant une société médicale.Les deux extrêmes sont à éviter. 468 L'UNION MÉDICALE DU CANADA L'exposition à l'air de la gorge et de la partie supérieure de la poitrine peut n'être pas dangereuse, cela aide peut-être l\u2019organisme à résister aux rhumes (nos matelots s\u2019habillent ainsi dans les temps - froids) mais exposer les épaules et les bras causent des refroidissements quand la température est basse.La toilette de bal portée également par la femme vivant dans l\u2019aisance et par la jeune fille qui travaille n\u2019est pas seulement décolletée en avant mais elle laisse à nu la mince peau protégeant la colonne vertébrale.Bien des bronchites et des troubles pulmonaires sérieux s'en suivent.Ce genre de toilette est bon pour les appartements tempérés mais non pas pour les couloirs refroidis ou le dehors.L\u2019'écharpe de soie ne donne qu\u2019une protection imaginaire.: .La jeune fille suit la mode en s'habillant aussi légèrement que la décence peu exigeante du présent le permet, en écourtant sa robe de rue à l\u2019extrême, en portant de légers bas de soie et de petits souliers dans les temps très froids et en se couvrant en partie d\u2019un épais manteau de drap ou de fourrure.Cela contribue à nous donner, chez les jeunes femmes, un taux de mortalité déplorable.Le professeur H.Sayre m'écrivait au sujet des dangers du soulier a talons hauts: \u201cIl est certain que les souliers à talons hauts et étroits causent beaucoup de troubles aux pieds.De nombreuses patientes viennent me consulter pour faiblesse de la cheville du pied.L'une d'elles m\u2019a dit franchement qu\u2019elle ne souffrait pas de cet inconvénient, quand elle portait des souliers à talons bas, mais qu\u2019elle n\u2019aimait pas ce genre de chaussures.Elle aurait voulu que Je lui enseigne un tour d'adresse pouvant lui permettre de garder son aplomb sur ses échâsses du diamètre d\u2019une pièce de dix sous.\u201d Ces talons donnent à la femme une position défectueuse en rejetant le poids du thorax en avant de la ligne médiane.Les muscles abdominaux sont ainsi affaiblis, les viscères déplacés, l\u2019entéroptose en résulte.: Le patron s'attend à ce que les filles du bureau soient bien mises, mais cela n\u2019excuse pas le port de robes trop légères.Toute femme aspire au mariage et elle a naturellement le désir de paraître jolie, d\u2019être élégante.L'employeur devrait tenir compte de ce fait dans la rémunération de ses employées.Cependant, il semblerait que les robes plus chaudes ne sont pas plus dispendieuses.C\u2019est une éducation à faire.Récemment, à New York, lors d\u2019une conférence sur le logement, les vêtements et la santé de la jeune fille, un magasin à rayons a exposé de jolies robes, des sous-vêtements et des L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA 469 manteaux chauds a des prix bien raisonnables.Une employée du magasin faisait voir comme ces articles sont pratiques et attrayants.Nos étudiantes de collèges désireuses aussi d'avoir l'apparence masculine ne \u2019s\u2019habillent pas plus hygiéniquement que leurs sœurs à l\u2019ouvrage.Souvent elles donnent le ton sans compter qu'elles travaillent trop fort.Dans un rapport du Bureau de l'Education des E.U.que j'ai reçu en novembre 1927, on trouve la remarque suivante du Professeur Worrington de Leipzig, \u2018reproduite d\u2019abord dans \u201cZeitschrift fur Tuberkulose\u201d (avril 1926): \u201cLes heures de classe prolongées diminuent la résistance à l'infection.On ne peut être sédentaire et bien portant à la fois.La jeune écolière qui est obligée d\u2019aider aux soins de la maison est enfermée une bien longue journée.\u201d Comme résultat de son enquête, Worrington conclue que l\u2019élève de l\u2019école élémentaire doit avoir, au maximum, quatre heures de classe et l\u2019élève de l\u2019école supérieure, pas plus de cinq heures et sans ouvrage de maison.Le Professeur Thomas M.Balliet, D.Ph., LL.D., Doyen émérite de l\u2019Ecole de Pédagogie de l\u2019Université de New York, me dit que quatre ou cinq heures d\u2019études, dans des classes bien ventilées quand le nombre d\u2019élèves ne dépasse 35 à 40, ne fatiguent pas si on prend cinq minutes de récréation à la fin de chaque heure.Ainsi reposé, l\u2019élève profite mieux de la leçon suivante.Je me demande si, en suivant cette recommandation, nos jeunes ouvrières de manufactures astreintes à un travail monotone ne seraient pas moins fatiguées et si le nombre d'accidents ne serait pas diminué.En observant les enfants tuberculeux ou prédisposés à la tuberculose qui suivent les écoles en plein air, où les récréations sont fréquentes, je me suis aperçu qu\u2019il faut beaucoup moins d'heures de classe pour instruire les enfants placés dans les meilleures conditions hygiéniques possibles.Le même fait se produit dans les établissements industriels affectés spécialement aux personnes ayant des lésions tuberculeuses refroidies ou peu actives.Les jeunes filles de manufactures, de bureaux, de magasins, de même que les écoliers devraient avoir au moins une heure pour le lunch et le repos.Il est un peu ironique d'enseigner les principes d'hygiène à l\u2019écolier, lui recommandant de manger lentement, de bien mastiquer ses aliments et de lui allouer, comme dans les écoles de New York, cinquante minutes pour le lunch, y compris le temps de se rendre à la maison, affaire de vingt à trente minutes souvent, 470 L'UNION MEDICALE DU CANADA et aussi le temps de se laver les mains avant de manger tel qu\u2019on leur a recommandé.Le repas du midi doit être substantiel et les jeunes filles de 15 à 25 ans devraient comprendre qu\u2019à leur âge, il vaut mieux peser quelques livres de plus que dix ou quinze livres en moins du poids normal.Enseignons à la jeune fille à ne pas se tenir courbée mais à se tenir droit au repos ou à la marche, c\u2019est plus hygiénique et plus joli.Si son emploi la tient assise, que son patron lui donne une chaise selon l\u2019ouvrage à faire.Toute personne travaillant à l\u2019intérieur devait prendre, chaque jour, une bonne marche au dehors, mais pas chaussée des talons hauts et étroits déjà mentionnés.Au cours de cette marche, sans attirer l\u2019attention, on peut faire des exercices respiratoires consistant à prendre une inspiration profonde en rejetant les épaules en arrière dans un mouvement de rotation, à retenir quelques secondes l'air inspiré et à faire l'expiration en ramenant les épaules en avant et en bas.On fera toujours cet exercice à l\u2019air pur et on arrêtera avant de se fatiguer.(A suivre) COMPLICATIONS PULMONAIRES POSTOPÉRATOIRES \u201c) Par J.R.PEPIN, Médecin de l Hôtel-Dieu, de Montréal.- Nous n'avons pas l'intention d'envisager au total une question aussi complexe que celle des complications pulmonaires post-opé- ratoires.Notre étude se limitera à quelques aspects les plus pratiques de la question et à la pathogénie des états atélectasiques.7804 opérés sont à la base de nos constatations.Les complications pulmonaires graves y apparaissent au nombre de 79.Proportion négligeable, en somme, n\u2019était-ce le taux de mortalité élevé qu\u2019elle comporte, soit 29.3%.Nous avons surtout consulté les statistiques de l\u2019Hôtel-Dieu portant sur l\u2019année 1928.Elles établissent de manière indubitable que les complications pulmonaires reconnaissent une origine infectieuse, que celle-ci gagne les poumons par la voie trachéo-bronchique, qu'elle y pénètre par les voies sanguine ou lymphatique, sont de beaucoup les plus fréquentes.Les circonstances dans lesquelles elles prennent naissance ne leur impriment pas une extériorisation particulière, leur symptomatologie se confondant avec celle des bronchites, congestions, broncho-pneumonies, pneumonies, pleurésies ou abcès du poumon rencontrés au cours des maladies infectieuses en général.Nous nous permettrons, toutefois, d'appuyer sur l\u2019embolie pulmonaire, que, à l\u2019exemple de Cutler de Cleveland, nous croyons rencontrer avec une grande fréquence, surtout si nous tenons compte de sa forme larvée ou bénigne.Chacun sait qu\u2019elle s\u2019accuse par une douleur à localisation basale fréquente, quoique souvent, la douleur se montre à l\u2019aisselle, dans le dos, à l'épaule ou à la partie supérieure de l\u2019abdomen.Contemporaine de cette douleur, la fièvre s\u2019installe, même chez les malades apyrétiques.Elle est modérée d'ordinaire, 99.02, 99.03 EF.et se maintient telle pendant quelques jours.Parfois elle peut \u2014_\u2014\u2014 (1) Communication faite au 16:ème congrès annuel de la \u201cCanadian Medical Association\u201d tenu à Montréal au mois de juin 1929. 472 L'UNION MÉDICALE DU CANADA atteindre 103 à 104 degrés F.Le frisson n\u2019est pas une éventualité rare.Nous ne saurions en expliquer le mécanisme.La toux, présente dans tous les cas, n\u2019est pas toujours un symptôme frappant.L'expectoration sanguinolente, longtemps envisagée comme le symtpôme type de l\u2019embolie pulmonaire, manque souvent.Nous ne l\u2019avons observé que 4 fois chez 11 malades qui avaient développé de l\u2019embolie pulmonaire.Elle peut être hâtive, ou n'apparaître qu\u2019au bout de quelques jours et varier beaucoup en abondance.Fait paradoxal, les signes locaux peuvent manquer complètement.S'ils existent, ils se traduiront par de simples frottements ou des râles crépitants audibles dans une zone restreinte.Leur durée est éphémère.On les retrouve rarement après deux ou trois jours.On observe aussi des signes manifestes de condensation limitée, signes qui disparaissent au bout de 72 à 96 heures.Dans d\u2019autres cas, ce sont des signes de pleurésie plastique intéressant une grande surface ou encore des signes d\u2019épanchement pleurétique.En dépit de l\u2019exiStence de ce dernier signe, la ponction exploratrice nous a presque toujours donné des résultats négatifs.J] est évident que le diagnostic d\u2019embolie pulmonaire, du moins dans sa forme grave, ne présente aucune difficulté à moins que l\u2019origine n\u2019en soit obscure.Tel est le cas quand l\u2019embolie a son origine dans une grosse thrombose insoupçonnée.Et l\u2019on sait que les opérés sont particulièrement enclins à ces thromboses géantes.En la présence d'états qui se compliquent volontiers de tromboses des veines ou des cavités droites du cœur, s\u2019il existe des symptômes de pneumonie ou de pleurésie, on songera naturellement à l\u2019embolie pulmonaire.Le malade montre-t-il une expectoration franchement sanguinolente, le diagnostic d\u2019embolie s\u2019impose à l'attention même si l'examen ne réussit pas à mettre en lumière la trombose d\u2019origine.Nous croyons devoir attacher d\u2019autant plus d'importance à ce fait, que les symptômes de l\u2019embolie pulmonaire, dans ses formes légères du moins, précèdent de 24 heures l'apparition des signes locaux de la trombose.Dans 2 cas, celle-ci n\u2019était évidente que 18 jours plus tard.L\u2019embolie de l\u2019extrême base, quand coexistent la contraction des muscles grands droits et la douleur au niveau des.hypocondres, si les signes pulmonaires ne sont pas francs, a pu donner le change pour la cholécystite ou la perforation d\u2019un ulcère de l\u2019estomac.La pathogénie des états atélectasiques consécutifs à une intervention chirurgicale ne relève pas souvent d\u2019un mécanisme univoque. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 473 Les rapporteurs le reconnaissent quand ils exposent successivement les explications nombreuses que l\u2019on a données à la survenue de ces phénomènes: Contracture du diaphragme, paralysie des nerfs respiratoires, oblitération complète des bronches par la présence de moules, etc.Selon qu\u2019une bronchite maîtresse ou une bronchiole seule se trouve oblitérée, il en résulte une atélectasie partielle ou totale du poumon; si l\u2019atélectasie se développe lentement, le tableau qui l\u2019extériorise peut ne présenter rien de très suggestif dans les premières heures si ce n\u2019est une accélération progressive de la respiration et des contractions du cœur.Au moment où elle atteint un degré intense, les symptômes se confondent dans le tableau dramatique du collapsus du poumon.Le diagnostic est plutôt difficile dans les formes partielles, partant souvent ignoré; dans la forme totale, seule l'embolie pulmonaire peut prêter à confusion.Un examen minutieux et systématique de l'appareil respiratoire devrait permettre un diagnostic précis.Il éviterait aussi cette lacune qui fait que l\u2019on englobe dans le grand tout pneumonie des manifestations disparates et qui n\u2019ont avec celle-ci que des liaisons assez distantes.Cette systématisation des examens opérerait une mise au point et permettrait de traiter de façon plus adéquate les opérés qui développent des complications pulmonaires.Le traitement des complications pulmonaires postopératoires ne commande pas la mise en opération de moyens spéciaux si jJ'excepte le traitement des états atélectasiques.MM.Ross et Stewart les ont à peu près tous passés en revue.Le médecin fera très large la part de la prophylaxie.Nous sommes d\u2019opinion que le nombre des complications pulmonaires pourrait être fortement réduit par l\u2019emploi des moyens suggérés par les rapporteurs.Nous croyons devoir ajouter: N\u2019opérer les malades fébriles, surtout ceux qui présentent des signes pulmonaires, qu\u2019en cas de nécessité absolue; ne recourir qu\u2019aux anesthésiques susceptibles de créer la moindre irritation locale, qu\u2019il s'agisse d\u2019anesthésiques généraux ou locaux; à la fin d\u2019une opération, provoquer la ventilation maxima des poumons au moyen de la mixture bi-oxyde de carbone et oxygène; ne pas recourir aux incisions trop courtes, ainsi que les pratiquent nombre de chirurgiens.Celles-ci ont le désavantage d\u2019entraîner la nécessité de fortes tractions pour rendre accessible le siège de l'intervention.Ces traction, ainsi que le fait en a été signalé récemment par Duval, par l\u2019attrition des tissus qu\u2019elles comportent, sont la cause de complications pulmonaires fréquentes à point de départ lymphatique. RECUEIL DE FAITS UN CAS DE PARALYSIE DES DILATATEURS DU LARYNX PAR NÉVRITE RÉCURRENTIELLE EBERTHIENNE (1) Par J.N.ROY, F.A.C.S., Professeur agrégé à l\u2019Université de Montréal, Médecin de l\u2019Hôpital Notre-Dame, Lauréat de l\u2019Académie de Médecine de Paris.Les paralysies des cordes vocales, par névrite infectieuse consécutive à la fièvre typhoïde, son excessivement rares, et la majorité des auteurs ne mentionnent pas cette complication, bien qu'ils décrivent le laryngo-typhus.Nous croyons donc intéressant de publier le fait qui suit, et de discuter l\u2019étiologie de la lésion observée, en rappelant les causes susceptibles de produire un trouble paralytique de la phonation.Observation.\u2014Le 22 fév.1928, nous sommes appelé d\u2019urgence à l'Hôpital Notre-Dame auprès d\u2019un malade qui étouffait.Nous apprenons qu\u2019il venait d\u2019être admis dans le service du Prof LeSage pour une fièvre typhoïde qui remontait déjà à quelque temps.A l\u2019examen nous constatons une paralysie double des cordes vocales qui sont en position paramédiane.La glotte est réduite à une fente rétrécie, et la dyspnée est alarmante.Le larynx est très légèrement infiltré; toutefois il n\u2019y a pas d\u2019ulcérations des arythénoïdes, des cavités et des bandes ventriculaires, ni de l\u2019épiglotte.Il n\u2019existe aucune lésion exo-laryngée.Rien d\u2019intéressant à noter aux fosses nasales, au pharynx et aux oreilles.En présence de cet état de suffocation, nous pratiquons immédiatement la trachéotomie.Les suites opératoires se passent d\u2019une manière normale, et le malade reprend sa vitalité.c (1) Communication faite au Congrès de la Société française d\u2019oto- rhino-laryngologie, Paris, octobre 1928. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 475 Ayant continué notre enquête auprès de sa mère et du médecin qui l\u2019avait d\u2019abord traité, nous apprenons qu\u2019il n\u2019y a pas de tuberculose dans sa famille.Les antécédents personnels de ce jeune homme, âgé de 23 ans, sont plutôt chargés.En effet, il a été atteint de la rougecle à 314 ans; de la scarlatine à 5 ans; de la coqueluche à 7 ans; et de pneumonie à 13 ans.Il a subi à 8 ans l\u2019ablation des amygdales et des végétations adénoïdes.Toutefois, dans le passé, il n\u2019a jamais souffert du larynx.Comme il est reconnu que la paralysie double des crico-arythé- noïdiens postérieurs est presque toujours due à une lésion bulbaire d\u2019origine spécifique, nous demandons un Wassermann, malgré l\u2019absence de symptonies cliniques, et le rapport du laboratoire donne une réaction négative.En faisant l\u2019histoire de l\u2019infection typhique présente, nous apprenons que la maladie remonte au 10 janvier environ.Lorsque le patient est allé voir son médecin, le 18, sa température était déjà à 40°.Renvoyé immédiatement dans sa famille, et mis au lit, il commença à délirer dès le lendemain.Il fut infecté probablement par sa sœur qui habitait la même maison que lui, et atteinte de fièvre typhoïde un mois avant.Sa sœur avait été elle-même contaminée par sa belle-soeur, souffrant d'infection éberthienne dès le mois de novembre 1927.Les symptômes chez notre malade se manifestèrent sous une forme très grave, et le délire fut continu.Bien que la respiration restât bonne jusqu\u2019au 20 février, elle devint plus embarrassée, à partir de cette date, et s\u2019aggrava petit à petit.La nuit du 20 au 21 fut mauvaise, et la dyspnée s\u2019accentua.Aussi son médecin jugea à propos de le faire transporter à l\u2019hôpital dès le 22.Cette typhoïde, sous l'influence du traitement classique, s\u2019améliora, et lorsque le pâtient fut assez bien pour se lever, nous demandons une radioscopie.L'examen révèle qu\u2019il n\u2019y a pas de ganglions trachéo- bronchiques, de lésions médiastinales ou œsophagiennes, ni de dilatation des vaisseaux sanguins.Les sécrétions pulmonaires venant de la canule trachéale sont aussi examinées, et l\u2019on constate par deux fois l\u2019absence du bacille de Koch.Un mois après son entrée à l'hôpital, le malade était guéri de sa fièvre typhoïde, et le larynx, sous l\u2019influence du repos, n\u2019avait plus d\u2019œdème.Toutefois, les cordes vocales demeuraient toujours en position paramédiane.Ce ne fut que vers la huitième semaine que nous constatons une légère dilatation.A partir de cette époque, les mouvements d'abduction augmentèrent très lentement.Nous prescrivons la strychnine, et faisons donner l\u2019électricité.Comme l\u2019amélioration se continuait, nous commençons le 25 mai à obstruer la canule trachéale afin de permettre la respiration par le larynx.Le progrès suivant son cours, la canule est enlevée le 18 juin, et la plaie opératoire est fermée simplement par ccaptation, après avoir fait disparaître quelques bourgeons.Les points ayant été placés profondément, la guérison est obtenu par première intention.Le malade ne présente aucune difficulté respiratoire.Il est intéressant de noter qu\u2019à son départ de l'hôpital, le 1er juillet, la dilatation des cordes vocales atteignait la position intermédiaire. A 476 L'UNION MÉDICALE DU CANADA L\u2019adduction était normale des deux côtés; cependant la voix était encore légèrement rauque.Le patient, avec une prescription de strychnine, se dirige vers la campagne, où il doit passer quelques semaines.Sa santé est excellente, et il promet de revenir nous voir à son retour.Voyons maintenant d'une manière sommaire les principales causes pouvant donner une paralysie du larynx.Dans le cas actuel nous n'avions pas à considérer une lésion cérébrale, \u2014 pas plus d'ailleurs qu\u2019un trouble psychique.| Malgré l\u2019âge de notre malade, et avant de faire un examen clinique complet, aidé du laboratoire, nous avions tout de même pensé à une affection bulbaire; toutefois le Wassermann a éliminé cette hypothèse.Il était nullement question d'envisager le syndrome du trou déchiré postérieur, \u2014 ni le syndrome plus complexe des paralysies laryngées associées.En effet, le patient n\u2019était ni syphilitique ni tuberculeux, n'avait jamais reçu de traumatisme à la tête et au cou, et la mobilité du voile du palais, de la langue, de l'épaule et du sterno-cléido-mastoïdien était normale.La région cervicale ne présentait aucune affection susceptible de produire une compression récurrentielle.Pas d\u2019adénopathie trachéo-bronchique, de lésions médiastinales, ou de dilatation des vaisseaux sanguins.Pas de tumeur de l\u2019æsophage.Pour ce qui est de la névrite toxique, le travail au grand air de notre malade ne l\u2019exposait à aucune intoxication; il ne prenait ni alcool ni médicaments, et fumait à peine quelques cigarettes.I1 reste donc en dernier lieu à considérer la névrite récurrentielle infectieuse.Nous savons que certaines infections peuvent, de temps à autre, produire une paralysie du larynx, et parmi les principales 1l faut mentionner: la diphtérie, la fièvre typhoïde, la fièvre puerpérale, le rhumatisme articulaire aigu, et même la blennorragie.A part la fièvre typhoïde, notre patient n\u2019avait eu aucune de ces maladies.Les troubles de son appareil laryngé se sont manifestés, comme toujours dans ces, à la dernière période de son infection éberthienne.D'\u2019aiguë qu\u2019elle était tout d\u2019abord, et après avoir amené la paralysie des dilatateurs, la névrite a disparu graduellement.A l\u2019aide de la thérapeutique par la strychnine et l\u2019électricité, les cordes vocales ont repris lentement leur mobilité à la dilatation, \u2014 la constriction n'avait pas été troublée \u2014 jusqu\u2019à la limite de la position inter- L'UNION MÉDICALE DU CANADA 477 médiaire.Il sera intéressant d'observer plus tard si l\u2019abduction récupérera la position latérale.Nous n\u2019avons pas besoin d'insister pour dire que la paralysie double des dilatateurs du larynx représente une affection excessivement grave, puisque la dyspnée qu\u2019elle provoque peut se terminer rapidement par la mort, si la trachéotomie d'urgence n\u2019est pas faite.Ce serait sortir de notre sujet que de discuter ici la valeur de la loi de Semon; d\u2019ailleurs de nombreux travaux ont déjà.été publiés dans lesquels les auteurs ont émis différentes opinions.Et pour conclure nous dirons qu\u2019étant donné la grave infection typhique de notre patient, la marche de sa maladie, l\u2019état d\u2019amélioration dans lequel il est en ce moment, \u2014 et peut-être de guérison future \u2014 l'exclusion des autres causes pouvant amener une paralysie des crico-arythénoïdiens postérieurs, le trouble laryngé a été sans aucun doute produit par une névrite récurrentielle de nature éberthienne.BIBLIOGRAPHIE J.BROECKAERT \u2014Troubles de la motricité.Traité pratique d\u2019oto- rhino-laryngologie, Larynæ, Trachée.Gaston Doin, éditeur, Paris, 1921.M.LERMOYEZ \u2014Sur les causes des paralysies récurrentielles.\u201d Rapport Congrès français oto-rhino-laryngologie.Bulletins et Mémoires de la Société, 1897.J.N.ROY.\u2014Méningite sérieuse, oedème papillaire et polynévrite des nerfs craniens chez un jeune fumeur alcoolique.Annales des maladies de l\u2019oreille, du larynæ, du nez et du pharynz, juillet 1912.M.SIMONIN.\u2014 De l\u2019hémiplégie palato-laryngée.Essai de pronostic.Thèse de Paris, 1909.M.VERNET.\u2014 Sur le syndrome des quatre derniers nerfs craniens.Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, fév.1916.\u2014 Les paralysies laryngées associées.Legendre et Cie éditeurs, Lyon, 1916.\u2014- De la classification des syndromes deg paralysies laryngées associées.Marseille Médical, juin 1917. UN CAS DE POLYDACTYLIE SYMÉTRIQUE DES DEUX PIEDS ET DES DEUX MAINS Par E.TROTTIER, Chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu.On voit de temps à autre des cas de polydactylie, mais il est plutôt rare de trouver une symétrie parfaite et un développement pour ainsi dire \u201cnormal\u201d des doigts surnuméraires.C'est la particularité du cas présent.Une jeune fille de 22 ans se présente à la consultation parce qu\u2019elle souffre de cors aux deux petits orteils; je constate en effet la présence de cors, mais en plus je trouve six orteils à chaque pied et six doigts à la main gauche.Elle dit qu\u2019on lui a enlevé un doigt à la main droite lors de sa naissance.Ce qui frappe c\u2019est la parfaite conformation de ces doigts surnuméraires.Dans sa famille, sa grand\u2019mère du côté maternel présentait de la polydactylie.On peut voir par les radiographies l\u2019état des pieds et de la main avant l\u2019opération et après.A la main, le cinquième métacarpien est bifide et sert à l'articulation d\u2019un petit \u2018pouce\u2019 dont le fonctionnement était parfait.Aux pieds, on trouve aussi que le cinquième métatarsien est bifide et que chaque branche s'articule avec un orteil normal. = BA = RO = x RE 5 x \u20ac, = = $ = , se of = = aN Fig.1 Main gauche avant l'opération.sa 7 SX A É i = 7 ped Ty i F 5 Ce \u201c7 a ws ph % 2 2 de 5 Ge = pe 2 oi 7% oF 2: 2 1e a Ré #4 7 \u201c % 25 i ES i 5 4 7 = 0 2 7 7 7 GE 5 Fig.2 Ma n gauche après l'opération. 4 + Ie pl \u201ci u 5 7 Re &s 3 12 % La Fig.3 Pied droit avant l\u2019opération.SH > 5 ; 4 = Va 3, o 23 Ek A ee oS 6 A sŸ 2 ne fa\u2019 i D \u201cés ok Fre # a do 3 Sa Go : x A Ca EY se & ce Fig.5 a Fig.6 > 7 4 5 Ÿ % 2% = = = $ a ke rer 4 8 RY 2x5 a hes ; Es = 4 A i 2x HE Es i Pied gauche après l\u2019opération.RG Pied gauche avant l\u2019opération.27 ES 03 - Age i A da > = = Fy [i >, * 34 aie A Re Se $ y Se 4 +, Bef \u201ca = 34 $ $ oR 2 Mn 2, Nés , = T to * 2 q $ : x à ce D # = x 5 + ss & da Xa = se + b LS 4 3% 8 3% he 5 By .y ¥ Xe Siz be ee 22 £ a i + ; = \"2 pn 8 id * É a 74 + 5 vi, be ve Mar ni 7 & & \u201d 3 a 1 o è.Bi fy 1 \u20ac.= LA £8 AN + 78 x, se = æ REVUE GÉNÉRALE LES PIEDS BOTS Par Edmond DUBE, Chirurgien de l\u2019hôpital Sainte-Justine.De toutes les malformations congénitales ou acquises de l\u2019enfant, le pied bot est sûrement l'une des plus fréquentes et de toutes les variétés de pieds bots, la déformation en varus équin est indiscutablement celle que l\u2019on rencontre le plus souvent.C\u2019est d\u2019ailleurs à cette forme que s'adresse le traitement orthopédique car assez souvent les autres variétés guérissent spontanément.La malformation peut porter sur une partie du pied ou sur le pied tout entier et on reconnaît quatre grandes variétés; les déformations en équin, en talus, en varus et en valgus.Elles sont presque toujours associées.L\u2019étiologie est mal connue.Pour le pied bot congénital, la cause est purement mécanique et peut être attribuée à une attitude vicieuse longtemps maintenue pendant la vie intra-utérine.Le pied bot acquis reconnaît une cause plus définie mais plus grave, la paralysie infantile étant l\u2019agent causal le plus fréquent.Dans l\u2019un et l\u2019autre cas, la guérison est possible mais elle est plus difficile à obtenir lorsque la poliomyélite est en cause.Contrairement à l\u2019opinion courante, Whitman a démontré par des statistiques nombreuses que la variété acquise est la plus fréquente.Au point de vue anatomique, tous les os du pied participent à la malformation de même que les muscles et les ligaments.Chez l'enfant à la naissance, ces malformations sont peu marquées mais elles s'accentuent considérablement avec l\u2019âge.Le traitement du pied bot ne peut être envisagé sans prendre en considération ses variétés et ses origines.La question devient alors compliquée et il faut nécessairement recourir à une classifica- L'UNION MÉDICALE DU CANADA 483 tion appropriée.Chez le nourrisson, le pied peut se corriger par des manœuvres orthopédiques qui souvent sont suffisantes, mais quelquefois l'équinisme et le varus résistent à ce genre de traitement.Chez l'enfant plus âgé, les manœuvres orthopédiques ne suffisent plus et il en est de même, à plus forte raison, chez l\u2019adulte.La guérison est cependant possible mais aux dépens souvent de la perte de certaines fonctions du pied.L'application du traitement immédiat présente une importance capitale, mais c\u2019est surtout le maintien du résultat obtenu au cours des interventions répétées, qu\u2019il faut rechercher.Chez le nourrisson, le traitement comporte trois stades : la correction de la difformité, le maintien de cette correction et la période de surveillance.Pour le pied bot varus équin, le type le plus fréquent, il faut avant tout corriger le varus.En aucun cas, faudrait-il traiter l'équinisme d\u2019abord.Le temps d\u2019élection, varie entre la deuxième et la troisième semaine après la naissance.La correction s\u2019obtient par étapes et sera maintenue par le port d'appareils plâtrés ou par une gouttière ordinaire.L'application du plâtre comporte certaines précautions et il faut avoir soin de protéger la peau contre les irritations.Whitman conseille de renouveler ces appareils à tous les dix jours, pendant cinq à six fois, ce qui suffit souvent pour corriger la déformation en varus.C\u2019est alors et après cette correction seulement qu'il faut commencer le traitement de l\u2019équinisme qui demande souvent de 3 à 4 mois d\u2019efforts renouvelés, toujours avec prudence.L'équinisme peut résister à toutes les manœuvres de force et dans certains cas il faut pratiquer la ténotomie du tendon d\u2019Achille.Sans gravité réelle, cette intervention doit être faite cependant avec une antiseptie rigoureuse.Quand le pied a recouvert ses fonctions, il faut maintenir cette correction à l\u2019aide d'appareils appropriés.Dans certains cas, quelques bandes de diachylon bien appliquées suffisent, mais parfois il sera nécessaire d\u2019utiliser des appareils plus solides, dont un type bien connu est le support de Taylor.Ces appareils doivent être enlevés de temps à autre et pendant ces intervalles, le pied sera soumis à des exercices de souplesse et de massage.Pour obtenir un résultat satisfaisant il faudra surveiller le malade pendant plusieurs années et corriger la moindre récidive.Chez les enfants plus âgés qui ont marché avec leur malformation, la correction est plus difficile à obtenir, et il faut alors 484 L'UNION MÉDICALE DU CANADA intervenir sur les os.Dans ces cas le travail du chirurgien est plus ardu et les traumatismes locaux plus considérables.L\u2019immobilisation chez cette variété de malades doit être surveillée attentivement pour prévenir les altérations circulatoires toujours possibles.Les appareils seront renouvelés environ tous les mois et après trois ou quatre mois de corrections successives, le malade pourra porter une chaussure orthopédique et entre temps se soumettre à des séances de massage et à des exercices d\u2019assouplissement du pied, absolument indispensables.Pour le pied bot invétéré, ces manœuvres sont insuffisantes et seule l'intervention sanglante peut donner un résultat satisfaisant.I] existe plusieurs techniques opératoires, dont la section des ligaments plantaires, l\u2019astragalectomie, l\u2019ostéotomie cunéiforme et l\u2019opération de Phelps-Kirmisson sont les plus connus.En pratique, ces interventions sont surtout indiquées chez les grands enfants ou chez les adultes et il ne faut les utiliser chez les nourrissons que dans des circonstances bien précises.A l'hôpital Sainte-Justine, la fréquence du pied bot n'est pas très grande mais elle atteint cependant la moyenne.En 1926, nous avons traités 17 cas dont 8 paralytiques et en 1927, neuf cas dont trois paralytiques.Pour les pieds bots paralytiques, les résultats ont toujours été satisfaisants, soit pour les deux années 1926 et 1927, 9 malades guéris et 2 améliorés.Les résultats du pied bot congénital ne sont pas aussi satisfaisants.Sur les 15 malades traités, 8 ont été guéris, 4 améliorés et 3 étaient sous traitement depuis un an.Même chez le jeune enfant, surtout lorsqu\u2019il a marché, la déformation devient plus accentuée et résiste souvent au traitement ordinaire.À ce point, le retard à se présenter à l\u2019hôpital est un facteur considérable dans la difficulté du traitement et nous ne saurions trop insister sur ce fait.Le pied bot est une affection sûrement guérissable, mais elle le sera d\u2019autant plus que les enfants seront traités le plus tôt possible, dès que la malformation aura été constatée. TUBERCULOSE ET GROSSESSE Par A.M.CHOLETTE, Médecin de l\u2019Institut Bruchési.Les relations de la maternité et de la tuberculoe constituent un problème médical et social de première importance qui a déjà donné lieu à des discussions passionnées.La question est restée à l\u2019ordre du jour puisque, il y a quelques années à peine, les professeurs Sergent et Bernard, dans des articles très intéressants, en ont fait une étude de haute portée.Cette question sera examinée à un double point de vue : [\u2014Influence de la tuberculose sur la maternité; IIl\u2014Influence de la maternité sur la tuberculose.] \u2014 Influence de la tuberculose sur la maternité On a fait à ce sujet des expériences sur l'animal; tout en n\u2019accordant à une telle expérimentation qu\u2019une valeur relative, on peut en tirer quelques résultats intéressants.Je vous citerai surtout les expériences mentionnées dans le rapport de Landauzy et Loederich au Congrès de Bruxelles en 1910.Un de leurs résultats mérite d\u2019être rapporté ici; c\u2019est: la rareté de la fécondation des femelles de cobayes tuberculisées.Cette constatation confirme d\u2019ailleurs les données cliniques.Toujours d\u2019après MM.Sergent, Bernard et Landauzy, les tuberculeuses, en poussées évolutives surtout, deviennent assez rarement enceintes.Cependant, abstraction faite de ces expériences, les divergences sont, ici, moindres que dans la discussion de l'influence de la grossesse sur la tuberculose, et on s'accorde généralement pour admettre avec le professeur Pinard que l'avortement est assez rare chez les femmes tuberculeuses et que leur grossesse peut fort bien arriver à terme, même, dans certains cas que je préciserai plus loin, si elles sont cavitaires.Cependant, lorsque la tuberculose est arrivée déjà à une période avancée, il n\u2019est pas rare de voir la grossesse interrompue par l'accouchement prématuré ; celui-ci survient spontanément ou a 486 L'UNION MÉDICALE DU CANADA .l\u2019occasion d\u2019une complication, d\u2019une hémoptisie, d\u2019une période fébrile traduisant ce que Bezançon a appelé: une poussée évolutive, et peut être suivi de mort assez rapidement.- Il \u2014 Influence de la grossesse sur la tuberculose Ce second aspect du problème est plus important, et c\u2019est ici surtout qu\u2019il y a divergences d\u2019opinions, aussi bien parmi les contemporains que parmi les médecins qui nous ont précédés.Dans une première étape, qui s\u2019étend d\u2019Hippocrate jusqu\u2019au milieu du XIXe siècle, on admet que la grossesse exerce une influence plutôt favorable.\\Wernike allait même jusqu\u2019à recommander la grossesse aux jeunes phtisiques.\u2014 C\u2019est peut-être un peu risqué.surtout si elles ne sont pas mariées ! Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, un revirement se produisit et on insista sur l\u2019influence plutôt défavorable.1 faut admettre qu\u2019à la base de ces opinion contradictoires, il y a des erreurs d\u2019interprétation ou, tout au moins, des conclusions hâtives tirées d\u2019une généralisation excessive.Actuellement, depuis quinze à vingt ans, on considère généralement que la grossesse a, sur la tuberculose, une influence non pas seulement défavorable, mais véritablement désastreuse, tant et si bien que s\u2019est même posé le principe de l'interruption de la grossesse; plusieurs d\u2019entre nous se rappellent, je suppose, l'opinion émise ici même, par le Dr Sergent à ce sujet.En réalité, sans pousser l\u2019éclectisme jusqu'aux limites de l'indécision, il convient de faire des distinctions et d\u2019éviter ainsi l\u2019erreur inhérente à toute généralisation en médecine.A mon sens, il est nécessaire de tenir compte de deux ordres de considérations: considérations biologiques et expérimentales, et considérations cliniques.Examinons-les successivement : a) Considérations biologiques et expérimentales.Landauzy et Loederich, dans leur rapport que je vous ai déjà cité, relatent l\u2019expérience suivante: si une femelle de cobaye tuberculeuse peut être fécondée \u2014 et je vous ai dit que cela est assez rare \u2014 elle résiste moins à la tuberculose.Mais, d\u2019un autre.côté, L'UNION MÉDICALE DU CANADA 487 Herman et Hartl, par des expériences analogues, arrivent à des conclusions inverses.Cependant la majorité des auteurs s'accordent aujourd'hui à dire que: dans l\u2019organisme, des modifications profondes sont produites par la grossesse et diminuent la résistance de cet organisme.Il y a chloro-anémie.Les urines contiennent une quantité anormale de phosphates, il y a déminéralisation générale, décalcification, comme l\u2019a montré Ferrier; et il me paraît opportun de répéter ici ce dicton populaire: \u201cChaque enfant coûte une dente a sa mere\u201d.L'organisme de la femme enceinte a besoin d'une quantité considérable de chaux pour l'édification du squelette fœtal.Aussi y a-t-il pendant la presque totalité de la grossesse, rétention calcique.Mais aussitôt après l\u2019accouchement, la décalcification brutale se produit: il y a fuite de chaux, pourrait-on dire, surtout si la mère allaite.Il y a plus encore: la grossesse détermine un état d'anergze tuberculinique analogue à celui produit par différentes maladies infiectieuses, tel: la rougeole, la scarlatine, ou la grippe, qui coïncident le plus souvent avec une diminution parallèle de l\u2019immunité.Cet état d\u2019anergie, surtout marqué après l\u2019accouchement, permet d\u2019expliquer l\u2019aggravation que subissent à ce moment les processus tuberculeux.D'autre part, au cours de la grossesse on note des phénomènes d\u2019intoxications portant sur le foie, sur les reins \u2014 vous savez combien .l\u2019albumine est fréquente \u2014 voire même sur les glandes surrénales, comment l'ont démontré les expériences de Guieyesse et Lian.Donc, au cours de la grossesse nous avons: insuffisance surrénale et perte d'allergie d\u2019une part, décalcification et phénomènes d\u2019intoxication d\u2019autre part.En faute-il davantage pour qu'une malade devienne une proie facile de la tuberculose, qui se comporte alors chez elle, très souvent, tout comme une primo-infection de l'enfance.b) Considérations cliniques.A côté des considérations biologiques et expérimentales qui montrent l'influence de la grossesse sur la tuberculose, il faut tenir compte des faits cliniques.La forme de tuberculose, l\u2019époque de la grossesse sont deux facteurs importants. 488 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 1.\u2014La forme de tuberculose.S'agit-il d\u2019une tuberculose torpide, à forme fibreuse évoluant depuis des années sans réactions vives, la grossesse pourra n\u2019exercer aucune influence.C\u2019est parmi ces malades que se trouvent les cas favorables, ce sont généralement des multipares; elles peuvent être même cavitaires comme l\u2019a démontré Pinard.S'agit-il, au contraire, d'une tuberculose mal éteinte ou en évolution, la femme est-elle fatiguée, surmenée, son organisme est-il défaillant 7 \u2014 la grossesse va donner un coup de fouet à la tuberculose qui aura, dès lors, une évolution aiguë ou suraiguë.Ici le plus souvent ce sera une primipare.Il.\u2014Epoque de la grossesse.l'époque de la grossesse a une grosse importance et les divergences qui séparent les médecins et les accoucheurs tiennent à ce fait que les uns et les autres observent les malades à des époques différentes.Quoi qu\u2019il en soit, en règle générale, et ce sont là des conclusions développées au Congrès de Rome en 1912, voici ce qui me paraît admis : a) Au début de la grossesse il y a tolérance relative, malgré quelques perturbations surrénales, quelques poussées fébriles, tout rentre bientôt dans l\u2019ordre; b) Au milieu de la grossesse, 11 y a une phase d\u2019accalmie correspondant à la phase de rétention calcique dont je vous ai parlé; c) À la fin de la grossesse et plus tard, aggravation.L\u2019accouchement se passe en général assez bien; mais bientôt la tuberculose subit une évolution rapide, surtout si la mère a l\u2019imprudence d\u2019al- Jaiter.A cette période d\u2019aggravation correspond la phase de décharge calcique, de spoliations calcaires.Avec les professeurs Bar et Pinard qui résument l\u2019opinion générale sur ce sujet, on peut considérer que la grossesse est presque toujours cause ou d'un réve:l d\u2019une tuberculose pulmonaire latente, ou d\u2019aggravation d\u2019une tuberculose pulmonaire en évolution.Cette tuberculose réveillée ou aggravée par la grossesse évoluera selon trois modes que la plupart d\u2019entre nous connaissent bien.D\u2019abord la granulie avec sa marche rapide et ses grands symptômes généraux et fonctionnels si marqués, ou bien la généralisation rapide de la tuberculose à toutes les séreuses: le foie, les reins et la rate; ou bien enfin le réveil tardif: quelques semaines ou TUBERCULOSE et GROSSESSE < [ |_INFLUENCE Tuberculose II\u2014INFLUENCE Maternité sur tuberculose a) Rareté de fécondation \u2014 en poussées évolutives b) Avortement assez rare sur maternité c) Accouchement prématuré fréquent ( (1° Chloro-anémie Déminéralisation Rétention calcique Anergie Phénomènes intoxications d) Considérations 0 Biologiques | 4° [5 ( Torpides Formes tuberculose ;Evolutives f Refroidies Cliniques | | e) Considérations J | Début grossesse | Epoques grossesse Milieu \u201c Ala fin \u201c Réveil Granulie f) Conclusions A \u2018 Généralisation rapide ggravation , .| Réveil tardif VAYNVD NA HIVOICIW NOINN,T 68ÿ 490 L'UNION MÉDICALE DU CANADA quelques mois après l\u2019accouchement apparaissent les accidents.La malade qui paraissait guérie de ses manifestations tuberculeuses anciennes maigrit à nouveau, tousse et peu à peu verse dans la tuberculose chronique banale, dont elle meurt plus ou moins lentement.* % Me serait-il permis en terminant d'exprimer ici un désir, comme conclusion pratique de ce travail ?Si jamais des cas de ce genre vous tombent sous la main, de grace, ne perdez pas de temps, précisez votre diagnostic et confiez-les, si possible, a la collapsothérapie, tout en vous souvenant que le pneumothorax est encore le meilleur compagnon de la cure hygiéno- diététique. MOUVEMENT MÉDICAL ACTUALITÉS NEUROLOGIQUES LE DÉMEMBREMENT ÉVENTUEL DU PITHIATISME DE BABINSKI Depuis plusieurs années se pose avec de plus en plus d'insistance la question de l\u2019organicité probable de l\u2019hystérie-pithiatisme.Dès 1920, Bénard et Rouquier démontraient l\u2019existence de modifications humorales nettes dans un cas qui répondait par ailleurs parfaitement à la définition du pithiatisme telle qu\u2019énoncée en 1901 par Babinski: des modifications qu\u2019il est possible de reproduire par la suggestion et de faire disparaître sous l\u2019influence exclusive de la persuasion.De là à parler d\u2019anatomie pathologique, il n\u2019y a qu\u2019un pas.Plus récemment, en janvier 1926, Nathan reprenait dans la Presse Médicale les idées actuelles sur l\u2019hystérie.Il faisait allusion, entre autres documents, à un article de Dezwarte où cet auteur, cherchant à donner une explication anatomo-physiologique de la névrose hystérique, cause des ressemblances nombreuses qui existent entre les symptômes mésencéphaliques de l\u2019encéphalite léthargique (tremblements, torsions, douleurs, etc.) et ceux que l\u2019on observe dans le pithiatisme, ceux-ci pourraient bien être des troubles physiologiques d\u2019automatisme mésencéphalique, entièrement superposables à ceux-là; en effet, si nous admettons l'interruption ou l\u2019inhibition épisodiques des fibres cortico-thalamiques, seul trait d'union entre les masses grises sous-corticales et le cortex, nous expliquerions à la fois, l\u2019absence du contrôle cortical et le fonctionnement automatique des centres sous-jacents.L'auteur admet que ce ne sont là que des hypothèses, mais, à tort ou à raison, il insiste sur leur vraisemblance.Nous négligeons volontairement les conceptions de Claude, de Janet, de Freud et de tous ceux qui considèrent avant tout le facteur 492 L'UNION MÉDICALE DU CANADA émotif, et nous attirerons surtout l'attention sur celles qui envisagent davantage l'éventualité d\u2019une étiologie lésionnelle.Tout dernièrement (19 oct.1928), MM.Tinel, Baruk et Lamache ont présenté à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris un cas intitulé: \u2018Crises de catalepsie hystérique et rigidité décérébrée\u2019\u2019, a propos duquel ils disaient textuellement : \u201cLes moyens précis d\u2019investigation, neurologiques et biologiques, les recherches psysiologiques et expérimentales, tout concourt, en somme, à nous montrer que, sous les apparences bizarres et capricieuses des névroses, existent presque toujours des perturbations physiologiques réelles, des altérations du dynamisme nerveux, des réactions vaso-motrices anormales, et dans quelques cas même de véritables lésions organiques.\u201d ~ Il nen faut pas plus pour avouer sa foi dans le substratum organique de l\u2019hystérie.Lé cas qu\u2019ils présentaient est d\u2019ailleurs complexe.Les crises de catalepsie dont 1l est question offrent d\u2019une part, les signes du pithiatisme le plus indubitable, mais elles se compliquent d\u2019autre part, de l\u2019adjonction de quelques symptômes, dont: des contractures toniques spéciales rappelant les attitudes physiologiques de la rigidité décérébrée ou les spasmes toniques de l\u2019encéphalite léthargique; la morsure de la langue et l\u2019émission des urines; un ralentissement remarquable de la respiration; aucun changement de coloration de la face; une dilatation extrême de la pupille; une exagération marquée du R.O.C.allant jusqu\u2019à suspendre le pouls pendant plusieurs secondes.Ajoutons encore, la provocation de la crise par la manœuvre de l\u2019hyperpnée ou la pilocarpine, et sa disparition par l\u2019adrénaline, le nitrite d\u2019amyle ou la pression des globes oculaires.Mentionnons enfin que le liquide céphalo-rachidien de la malade, aujourd\u2019hui normal, a présenté récemment quelques modifications cytologiques.Devant cette sémiologie, les auteurs ont pensé, très justement nous semble-t-il, aux spasmes toniques de l\u2019encéphalite, à l\u2019épilepsie dite striée, aux phénomènes de rigidité décérébrée de Sherrington, tous signe unanimement considérés comme organiques.Sans affirmer catégoriquement l\u2019organisité du cas donné, les auteurs ont en quelque sorte réservé leur opinion, et ils ont admis la possibilité que l\u2019hystérie puisse, par ses troubles fonctionnels momentanés, et probablement par des angiospasmes localisés reproduire des syndromes similaires réalisés par des processus lésionnels. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 493 L'intervention d\u2019éléments psychiques (hystéroïdes) dans la construction d\u2019un syndrome, disent-ils, ne prouve nullement sa genèse purement psychique.lls insistent, en terminant, sur le fait que l\u2019expression de la vérité, souvent fallacieuse, devra être recherchée à la fois dans l\u2019évolution, les données étiologiques et les mécanismes pathologiques, et non pas dans la symptômatologie ni dans la localisation nerveuse.Bref, il se dégage de cette communication sensationnelle que M.Tinel et ses collaborateurs ne disent pas que leur malade soit hystérique, mais également qu'ils n\u2019affirment pas qu\u2019elle ne le soit pas.À la séance du 9 novembre 1928 de la même Société, M.Babinski s\u2019est ému devant les déductions de MM.Tinel, Baruk et Lamache, et il a pris la parole pour défendre les idées qu'il a soutenues depuis 1901.Il admet volontiers l'association de troubles liystéro-organiques, mais il n\u2019admet pas que les uns dépendent des autres.Il ne conteste pas la difficulté éventuelle de déterminer si certains accidents entrent dans le groupe du pithiatisme, mais il est d\u2019avis que tout un groupe de phénomènes morbides, indépendants de toute atteinte organique, peuvent être reproduits par suggestion et disparaître sous l\u2019influence de la persuasion.Il en profite pour passer en revue les points essentiels de l\u2019enseignement de Charcot, et il insiste sur la suggestion inconsciente qu\u2019exerçait le maître de la Salpêtrière dans la création des stigmates et des crises de jadis.M.Babinski répond à MM.Tinel, Baruk et Lamache en leur répétant sa définition, maintenant classique, du .pithiatisme: des manifestations qui se reproduisent par suggestion, et qu\u2019il est possible de faire disparaître sous l'influence de la persuasion (contre-sug- gestion).Les troubles, dit-il, qui ne présentent pas ces attributs ne peuvent être rangés dans ce groupe.A son avis, les troubles d\u2019origine organique sont séparés par un abîme des manifestations pithiatiques.A la même séance, M.Souques s\u2019associe entièrement aux remarques de M.Babinski.Il ne croit pas que l\u2019observation de MM.Tinel, Baruk et Lamache soit celle d\u2019un cas d\u2019hystérie pure et simple, mais bien d\u2019une association morbide d'états différents.M.Tinel répond adroitement.Il ne croit pas s'éloigner essentiellement de la doctrine de M.Babinski, et il entreprend de le démontrer.Entre parenthèses, le ton de sa réplique est manifestement moins affirmatif que lors de la présentation du cas.Pourquoi ?Il estime que l\u2019hystérie est bien une névrose, et il accepte la définition de M.Babinski; il n\u2019a voulu que pousser un peu plus loin 494 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA l\u2019étude des mécanismes.Il croit a la curabilité des troubles hystériques.Il ajoute que sur le terrain pratique M.Babinski a raison et qu\u2019il n\u2019a voulu démontrer que le caractère physiologique des crises hystériques.Leur domaine, dit-il tendancieusement en terminant, s'étend vraiment depuis le territoire de la simulation et de la mythomanie jusqu\u2019aux frontières de l\u2019organicité.Le dernier mot n\u2019est évidemment pas dit, et la question reste en suspéns.Dans l\u2019observation présentée par MM.Tinel, Baruk et Lamache, il nous semble personnellement, à la lecture du document, qu\u2019il s\u2019agisse bien, comme le faisait remarquer M.Souques, d'une association hystéro-organique, mais nous ne pouvons pas ne pas être frappé par certains mécanismes, notamment ceux de déclanchement et d\u2019arrêt des crises.Que la suggestion et la persuasion y prennent une part, nous ne le nions pas, mais il est impossible de ne pas songer, à tort ou à raison, de faire intervenir également, dans le cas donné, l\u2019influence d\u2019agents qui, eux, n\u2019ont rien de psychologique.Devant cette ambiguité, nous pressentons un peu, de la part d\u2019un élève de M.Babinski, la création du mot organose ! L'édifice du pithiatisme est encore intact, mais cette discussion récente, jointe à tant d\u2019autres de classer la grande névrose dans le rang des maladies organiques donnent l'impression qu\u2019à son tour, \u2014 et il n\u2019est pas illogique de le présumer, \u2014 cette ultima moriens sera peut-être détronée.Jean SAUCIER.Au moment de livrer notre analyse à l'impression, nous recevons de M.Baruk, une lettre qu\u2019il nous demande de bien vouloir publier dans l\u2019Union Médicale.Paris, 2 janvier 1929 Vous avez été très aimable de m'\u2019adresser l'analyse que vous venez de faire du travail que j'ai publié avec MM.Tinel et Lamache sous le titre: \u201cCrises de Catalepsie hystérique et rigidité décérébrée\u201d.Je vous suis d\u2019autant plus reconnaissant de votre lettre, qu\u2019elle me donne l\u2019occasion de préciser le fond de ma pensée, qui n\u2019est peut-être pas apparu avec toute la netteté désirable au cours de cette communication et des discussions qui l'ont suivie. L'UNION MEDICALE DU CANADA 495 Je tiens tout d\u2019abord à insister sur un point capital: je ne crois pas qu\u2019il puisse être question un seul instant de mettre en doute la solidité de l\u2019œuvre admirable de M.Babinski, et à ce sujet, je ne crois pas qu'on puisse parler du démembrement du pithiatisme Il faut en effet bien distinguer dans cette question le point de vue clinique et nosographique d\u2019une part, et d\u2019autre part le point de vue pathogénique.C\u2019est exclusivement sur le point de vue clinique que portent les travaux de M.Babinski.Résumons, si vous le voulez bien, les données essentielles qui en résultent: il existe en clinique deux groupes d\u2019affections tres différentes: les unes, désignées sous le nom d\u2019affections organiques, se comportent comme indépendantes des facteurs psychiques, et s\u2019accompagnent de signes objectifs spéciaux que l\u2019on ne peut pas réaliser par la volonté.Les autres, que l\u2019on désigne sous le nom d\u2019affections fonctionnelles ou inorganiques, se caractérisent au contraire par des manifestations présentant à l\u2019observateur le même aspect que celles réalisées par l\u2019action volontaire.Elles sont, d'autre part, influencées par les facteurs psychiques, reproduites par suggestion, et supprimées par la contre-suggestion.Qu'il y ait en clinique deux groupes d\u2019affections répondant à ces caractères différentiels, cela est d\u2019une évidence absolue.Vouloir attribuer aux affections dites fonctionnelles les mêmes caractères cliniques qu\u2019aux affections organiques, en mettant en doute leur analogie clinique avec l\u2019action volontaire, et l\u2019influence de la suggestion, est une tentative entièrement erronée, je crois, et qui reposerait sur des fautes graves observation clinique.C\u2019est pourquoi je vous ai dit au début que la distinction clinique établie par le merveilleux génie de Babinski sur des observations cliniques rigoureuses, est inébranlable.Envisageons maintenant la question sur le terrain pathogénique.A quoi correspondent ces deux groupes d\u2019affections si différentes dans leur expression clinique ?En ce qui concerne les affections du premier groupe, c'est-à-dire les affections organiques, nos connaissances sont assez avancées, grâce à la méthode anatomo-clinique: nous savons en effet que ces affections correspondent à des lésions anatomiques précises, attel- gnant des centres ou des faisceaux de conduction plus ou moins localisés.Aussi est-il possible le plus souvent d'établir en pareil cas un rapport entre le syndrome clinique et la topographie de la lésion. 496 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Par contre, en ce qui concerne la nature des affections du second groupe, c'est-à-dire des affections dites non-organiques, nos connaissances sont beaucoup moins solides.On admet généralement que ces diverses affections, de par leur aspect volontaire, doivent être rattachées à des causes uniquement psychologiques, et sont en quelque sorte la traduction d\u2019une idée, ou d\u2019un motif psychologique quelconque.Ainsi donc, les deux ordres d\u2019affections que nous venons d'indiquer seraient différentes non seulement par leurs caractères cliniques, mais encore par leur étiologie et leur pathogénie.C\u2019est uniquement la seconde partie de cette conception qui mérite, croyons-nous, d\u2019être soumise à quelques critiques.Pour plus de précisions, envisageons, si vous le voulez bien, quelques-uns des types principaux des affections que l\u2019on rattache habituellement à des facteurs non organiques.Deux surtout sont particulièrement intéressantes: le pithiatisme et la catatonie.Le pithiatisme se caractérise, en dehors de son aspect volontaire, par sa production par la suggestion et sa guérison par la contre- suggestion.Il n\u2019est donc pas douteux que les symptômes du pithiatisme se trouvent modifiés par des facteurs d'ordre psychologique.Il n'est pas douteux non plus que l\u2019émotion joue un rôle important dans leur étiologie.Mais cela veut-il dire que le mécanisme de réalisation des troubles pithiatiques soit exclusivement psychologique ?Certes, l\u2019aspect d\u2019une contracture pithiatique est analogue a celui d'une contracture volontaire.Il existe cependant entre ces deux ordres de faits une différence importante, c\u2019est l\u2019absence de fatigue qui permet par exemple a une contracture hystérique de se prolonger des semaines, des mois, etc.Certaines attitudes, telles que celles que nous avons décrites dans notre observation, dépassent également beaucoup les possibilités de l\u2019action volontaire normale.En réalité, la réalisation des phénomènes hystériques nécessite un certain degré de dissociation psychique, d\u2019ailleurs partielle et légère.C\u2019est par suite d'un certain engourdissement de l\u2019activité psychique consciente, vigile, et dirigée, et par la prédominance d\u2019une certaine activité automatique que peuvent se réaliser sans fatigue de telles manifestations motrices.Ce sont d\u2019ailleurs les mêmes conditions qui se rencontrent dans l'hypnose avec laquelle l\u2019hystérie présente des parentés importantes.Ces phénomènes de dissociation psychique sont donc peu conformes à une action concertée, et proprement voulue.Il semble bien égale- L'UNION MÉDICALE DU CANADA 497 ment qu'ils doivent s'accompagner de modifications fonctionnelles du système nerveux qui se traduisent par les perturbations des réflexes organo-végétatifs, certains troubles vaso-moteurs, et parfois certaines attitudes rappelant la décérébration (K.Wilson et nous-mêmes).Tous ces phénomènes sont ébauchés, transitoires, légers, et facilement curables dans le pithiatisme.Ils sont par contre beaucoup plus accentués dans la catatonie.Ici, nous sommes également en présence de phénomènes moteurs d'apparence volontaire.La catalepsie, la raideur du catatonique offrent un aspect analogue à celui des phénomènes moteurs hystériques.On retrouve de même chez le catatonique une dissociation psychique de même ordre mais infiniment plus profonde et durable: l\u2019activité psychique consciente, vigile, dirigée est ici à peu près totalement supprimée.Les manifestations qui persistent malgré leur aspect complexe et coordonné, sont purement automatiques, indépendantes de toute idée délirante, ou de toute explication psychogénique.On voit donc, que, malgré des différences de degré considérables, la nature même des phéno- menes catatoniques et hystériques est très voisine: seulement les phénomènes catatoniques sont durables et ne sont pas curables par la contre-suggestion, malgré la suggestion frappante de ces malades.Enfin, la catatonie semble bien déterminée par des causes organiques (toxiques, toxi-infectieuses) grâce surtout à des atteintes cérébrales diffuses, avec participation corticale.(1) Ainsi donc, voici deux affections voisines, pithiatisme et cata- tonie, déterminées par des facteurs étiologiques différents (facteurs émotifs dans le pithiatisme, organiques, toxiques ou toxi-infectieux pour la catatonie) et qui cependant atteignent, bien qu\u2019à des degrés très différents, les mêmes fonctions: les fonctions d\u2019initiative et de contrôle volontaire.Ces fonctions d'initiative et de contrôle volontaire, loin d\u2019être purement psychologiques, comme on le croit communément, dépendent donc, comme nous le montre la catatonie, du fonctionnement cérébral et probablement cortical.Il existe donc des centres cérébraux en rapport avec l\u2019activité volontaire et qui peuvent être touchés par deux ordres d\u2019atteintes: a) par une atteinte purement dynamique à la suite de phénomènes émotifs ou subjectifs.C\u2019est ce qui se passe dans le pithiatisme.b) par une atteinte organique, toxique, toxi-infectieuse.C'est ce qui se passe dans la (1) De Jong et Baruk.Etude cimparative et clinique des manifestations du syndrome catatonique.Revue Neurol., janvier 1929. 498 L'UNION MÉDICALE DU CANADA catatonie.Dans les deux cas, les phénomènes réalisés présentent une apparence volontaire.Ainsi, si la distinction entre affections organiques et non organiques mérite d\u2019être maintenue et repose sur une réalité clinique indubitable, cette distinction ne peut pas se maintenir sur une base étiologique.11 serait préférable de dire qu'il existe deux sortes d\u2019affections répondant à des étages différents de fonctions nerveuses.1° des affections portant sur les automatismes neurologiques, et respectant les fonctions de commande et de direction psychomotrices.Ces affections, ne portant que sur des instruments d'exécution, sont indépendantes des facteurs psychiques.Elles répondent exactement au groupe des affections organiques classiques.2° des affections portant sur des fonctions psycho-motrices et de contrôle volontaire dont l\u2019étiologie peut être soit en partie psychologique (pithiatisme), soit organique (catatonie).La neurologie s\u2019est limitée jusqu\u2019à maintenant à l\u2019étude des affections du premier groupe, abandonnant les secondes aux psychologues.Il reste maintenant à étudier les conditions cérébrales des fonctions nerveuses les plus élevées, c'est-à-dire des fonctions psychomotrices, et à essayer de préciser quelles peuvent être les bases physiologiques des fonctions proprement volontaires.Ces problèmes de la motilité volontaire, c\u2019est par l\u2019étude de la catatonie qu\u2019il faut, croyons-nous, les aborder, la catatonie constituant le type d\u2019une affection cérébrale organique se traduisant par une atteinte élective des fonctions de volonté et d'initiative motrice.H.BARUK.Le * % Nous sommes parfaitement de l\u2019avis de M.Baruk en ce qui concerne la difficulté de démembrer actuellement le pithiatisme; aussi avons-nous pris la précaution d'écrire: démembrement éventuel.Nous souscrivons également à son opinion lorsqu'il écrit que la distinction entre les affections organiques et inorganiques ne peut pas se maintenir sur une base étiologique.Comme il dit lui-même en parlant du pithiatisme: son étiologie peut être en partie psychologique.En exploitant cette marge, nous avons souligné l'éventualité d'une autre part étiologique, celle-là peut-être lésionnelle; et nous ne sommes pas allé plus loin.Nous restons toutefois dans le domaine des hypothèses vraisemblables. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 499 Pour plus de précisions, nous dirons que l'édifice clinique du pithiatisme est toujours intact, mais tout porte à croire qu\u2019il soit logique de parler, avec M.Baruk, d\u2019étiologie partiellement psychologique.La part restante ira-t-elle à l\u2019organicité ?Cela n\u2019est pas impossible, mais pour le moment indémontrable.Nous serons enfin entièrement d'accord en admettant tous les deux que l\u2019hystérie s'accompagne de perturbations physiologiques cérébrales à peu près certaines.I] nous fait plaisir de publier dans un journal canadien des vues si intéressantes et si personnelles de M.Baruk sur la catatonie.Il serait à souhaiter qu\u2019il récidivât.J.S. DINER DES ANCIENS AU WINDSOR 21 JUIN 1929 \u201cLA SANTÉ DES TROIS JUBILAIRES\u201d Messieurs les Doyens, Mes chers collègues et confrères, Nous avons cette année, à la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal, trois professeurs qui comptent à leur actif cinquante années de pratique médicale et d'enseignement.Nous avions songé, il y a quelque temps déjà, à donner à ces trois jubilaires un dîner de Faculté.Nous aurions ainsi fêté nos collègues dans l'intimité.Mais il nous a semblé que ces messieurs méritaient davantage, que notre témoignage de sympathie serait endossé avec plaisir par les anciens élèves de ces professeurs, et cette belle réunion de l\u2019Association Médicale de la province de Québec nous a paru une occasion favorable pour leur témoigner l\u2019estime, non seulement de la Faculté, mais de la profession médicale toute entière.Je me lève donc, Messieurs, pour proposer la santé des professeurs FOUCHER, GUERIN, et MIGNAULT.LE PROFESSEUR FOUCHER Pour raconter la carriere professionnelle du professeur FOU- CHER, 1l faut remonter à 1880.Cette année-là, jeune spécialiste de retour d'Europe, il entrait comme oculiste à l'Hôpital Notre-Dame, qu\u2019on venait de fonder, et il ouvrait son bureau là où 1l est encore, sur la rue Saint-Denis.Tout de suite également, la nouvelle faculté de Médecine de l\u2019Université Laval à Montréal lui confiait la chaire d\u2019ophtalmologie.À cette époque, en 1880, le corps médical enseignant subissait une période d\u2019agitation et de polémique qu\u2019on a appelé la lutte Victoria-Laval.Le chef de file de chaque camp opposé était le Dr E.P.Lachapelle pour Laval et le professeur Edouard Desjardins pour Victoria.Je n\u2019ai pas l'intention de décrire cette lutte homérique. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 501 Mais je devais citer ces noms pour bien montrer la neutralité du professeur Foucher; élève du professeur Desjardins, il acceptait de collaborer avec le Dr Lachapelle à la fondation de l'Hôpital Notre-Dame.Le professeur Foucher est aujourd'hui le seul survivant des fondateurs de Notre-Dame.Mais il a vécu assez longtemps pour voir l\u2019hôpital Notre-Dame installé au Parc Lafontaine, et l\u2019ancienne école Victoria-Laval devenue, grâce à sa collaboration active, la faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal.Lorsque le professeur Foucher songe à la période agitée du début de sa carrière, comme il doit être satisfait, lui, le benjamin du groupe Laval, d\u2019avoir montré tant de sagesse et de modération.On ne peut pas résister à la poussée des choses; les événements sont plus forts que les hommes, le progrès s\u2019accomplit toujours malgré toutes les oppositions, et ce n\u2019est pas avec du bruit qu'on empêche la vie, même la vie professionnelle, de continuer.Les heureux, les sages regardent avec intérêt ces agitations, mais ils se gardent bien de les laisser pénétrer chez eux.La carrière professionnelle du professeur Foucher s'est magnifiquement développée pendant cinquante ans, mais sans bruit, sans vaine réclame, parce que M.Foucher possède la sagesse, et qu\u2019il sait limiter ses ambitions et ses désirs.Une très belle clientèle a suffi à son activité; une grande renommée d\u2019oculiste, l\u2019adhésion à quelques sociétés savantes, la présidence d\u2019un ou deux congrès et la rosette d\u2019officier de l\u2019Instruction Publique ont comblé ses ambitions.Quand il lui arrive d\u2019éprouver des ennuis, il les berce au son du violon et les voit tout de suite disparaître.M.Foucher a toujours été un praticien attentif et un homme de foyer, de son foyer, dont il s'éloigne rarement, car il n'est pas voyageur.Il vit chez lui, pour sa famille, pour ses clients et pour la science qu\u2019il enseigne.Car le professeur Foucher a toujours été un professeur convaincu, aimant son enseignement, lui donnant le meilleur de lui- même.Relisez son traité pratique des maladies des yeux, des oreilles, du nez, et du pharynx, publié en 1894, par la maison Rolland.Le Professeur Foucher a résumé son enseignement dans ce livre, où l\u2019on découvre à toutes les pages la préoccupation d\u2019être utile.- 502 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Glossaire, formulaire, bibliographie, index sont là pour augmenter l'utilité du volume, écrit sans redondance, dans le style familier de la conversation.C\u2019est un style qui ne nuit pas à la sciènce; au contraire il en facilite plutôt la diffusion.Ceux qui ont causé avec le professeur Foucher n\u2019ont jamais senti qu\u2019il se tenaît perché sur In piédestal.Ses élèves lui ont toujours été reconnaissants de sa courtoisie et de sa modération.Son enseignement était direct, pratique, et calme; jamais d'éclat, mais une grande précision, une grande sûreté, un grand respect de son auditoire.Aux examens, l'élève se sentait en confiance et prenait plaisir à bien répondre à ce maître si courtois, de cette courtoisie simple et profonde qu\u2019on ne trouve plus que chez nos aînés.La science du professeur Foucher m\u2019apparait, non pas comme une lumière fulgurante au sommet d\u2019une tour inaccessible, mais comme la lampe bienfaisante et régulière qui répand tous les soirs sa lumière tranquille et sûre dans la maison et dans le cabinet d\u2019étude.Ceux qui ont pu s'asseoir et causer dans le rayonnement de cette lampe en ont conservé un lumineux souvenir.LE PROFESSEUR GUERIN La silhouette morale du professeur Guérin ne se détache pas, à nos yeux, d\u2019une façon ausssi nette que celle du professeur Foucher.M.Guérin possède bien, lui aussi, sa lampe de travail, mais cette lampe est coiffée d\u2019un abat-jour vert, ce qui empêche la lumière d\u2019éclairer largement sa figure de travailleur.Cet homme de bien et de grand mérite s\u2019est toujours, dans le domaine professoral, tenu isolé; bien peu de nous connaissent le chemin de sa maison de l\u2019avenue Edgehill.Nos élèves eux-mêmes se sentent un peu timides devant lui; il les regarde, sous des sourcils touffus, avec des yeux sévères; il leur parle brusquement, violemment même, martelant ses mots avec des accents gaéliques durs pour leurs oreilles; aux examens, le professeur Guérin n\u2019a pas dit trois mots que les élèves se sentent perdus, parce qu\u2019ils ne comprennent pas que cette brusquerie est une attitude de race, et que ce bourru bienfaisant, au fond, possède un cœur d\u2019or.Le professeur Guérin est un homme impartial et juste; sa L'UNION MÉDICALE DU CANADA 503 loyauté est absolue: il est resté loyal aux siens, et constamment loyal à nos institutions.Je n\u2019ai jamais un seul instant dans mes relations avec lui, trouvé sa bienveillance en défaut, soit pour nos professeurs, soit pour nos élèves.M.le professeur Guérin est un parfait honnête homme.Seulement, je lui reconnais, pour un professeur, une passion nuisible: il aime la politique.Ah ! cette politique, ce qu\u2019elle en a mangé de bons hommes, ce qu\u2019elle en a grugé de beaux talents ! Oui, c\u2019est vrai: Monsieur Guerin fut maire de Montréal, 1l a été député et ministre à Québec, il est député à Ottawa.Ce sont de beaux titres.Valent-ils mieux, pour un homme de science, que celui de professeur à l\u2019Université de Montréal, ou que celui de membre du Conseil de l\u2019Instruction Publique ?Et si l\u2019Université de Dublin a conféré à M.Guerin un titre honorifique, est-ce parce qu\u2019il est député ou parce qu\u2019il est professeur ?Notre Saint Père le Pape ne l\u2019a pas, je pense bien, créé chevalier de Saint Grégoire à cause de ses vertus politiques seulement.Mais je ne veux pas faire sur ce point au professeur Guerin une chicane d\u2019Irlandais.Il est beaucoup trop gentilhomme pour que j'essaye de diminuer le mérite de ses activités.Je dirai donc que dans les deux domaines, politique et professionnel, M.Guerin a su se placer au premier rang, et qu\u2019il le mérite.Je ne sais pas exactement ce que pensent de lui ses électeurs, mais je sais-très bien que ses malades l\u2019estiment énormément.Lorsque, plus tard, l\u2019on écrira l\u2019histoire de notre profession médicale, celle de l\u2019Université, celle de l\u2019Hôtel-Dieu, nous verrons apparaître ensemble, et côte à côte, les noms de Sir William Hingston et de l\u2019Hon.James J.Guerin.LE PROFESSEUR MIGNAULT Le professeur Mignault est le doyen des anciens professeurs de Victoria et demeure le doyen des professeurs de la nouvelle faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal.Il est en outre le secrétaire de la Faculté et membre, avec le professeur Foucher, du sénat académique.Son activité professorale n\u2019a jamais quitté les limites de la chaire d'anatomie, mais c\u2019est un praticien très occupé à l\u2019Hôtel-Dieu et en ville. 504 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Il offre cette particularité surprenante d\u2019être le médecin de communautés religieuses de femmes et de couvents de jeunes filles, et de voir en même temps défiler dans son bureau toute la Jérusalem moderne de notre cité.Cette particularité, il la doit à sa possession de la langue sémitique, qu\u2019il parle couramment.Le professeur Mignault est un polyglotte et un lettré.Il sait l\u2019anglais à la perfection: il connaît Dickens par cœur et le relit tous les ans.Il n\u2019a pas oublié son latin.Il compose des vers français et les récite à nos réunions intimes et même aux séances du Conseil : il est de plus un historien, car il a rédigé ses mémoires et l\u2019histoire de notre faculté.Sa lampe de travail, évidemment, possède plusieurs abat-jour.C\u2019est un homme de lecture et un homme de foyer; il partage également son temps entre sa profession et sa famille; il est heureux au milieu des siens, qui l\u2019adorent; il est aimable avec ses collègues et leur raconte avec délices les anecdotes du passé.I] n\u2019a qu\u2019une passion, et c\u2019est son cigare, qu\u2019il fume jusqu\u2019au bout par petites bouffées gourmandes, en passant de temps à autre brusquement sa main dans ses cheveux.Le professeur Mignault aura vécu, comme le professeur Fou- cher, une vie sagement heureuse parce qu\u2019il a su faire tenir son bonheur dans des limites sûres.Ajoutons, pour terminer le tableau, que le professeur Mignault est la bonté même.Il n\u2019a jamais fait de mal à personne.Il n\u2019a jamais eu d\u2019ennemis, ni même d\u2019adversaire.Personne ne mérite plus que lui notre respect et notre sympathie.Nous devons regretter vivement qu\u2019une maladie sérieuse l\u2019empêche d\u2019être ce soir au milieu de nous.Tels sont, Messieurs, les trois portraits, les trois panneaux que je devais peindre sur le tryptique des jubilaires.Cinquante ans de pratique médicale et d'enseignement, un demi- siècle d\u2019une vie professionnelle honorable et féconde, voilà une chose qu'on ne fête pas tous les jours, et qui mérite d\u2019être fêtée.C\u2019est avec plaisir et fierté que nous lèverons nos verres à la santé de MM.Foucher, Guerin et Mignault, avec l\u2019espoir que la Providence laisse encore longtemps avec nous ces trois hommes de bien; ils font honneur à la profession médicale de notre province et à l\u2019Université de Montréal.E.P.BENOIT. te 5 REVUE DES LIVRES LE METABOLISME BASAL Par Marcel LABBE et H.STEVENIN (Masson & Cie, éditeurs, Boulevard St-Germain, Paris) Le Professeur Labbé, de Paris, qui fut délégué au congrès de Montréal en 1926, continue la série de ses publications importantes sur le métabolisme basal.Le livre qu\u2019il vient de distribuer est un monument sur cette question.On y trouve l\u2019exposé complet des conceptions modernes sur le métabolisme basal, accompagné de vignettes indiquant les principaux appareils et leur mode d\u2019emploi.\u201cSans prétendre se substituer, disent les auteurs, à l\u2019examen complet du malade qui est la base de la médecine, les méthodes nouvelles, fournies par les sciences physiques et chimiques, permettent, dans bien des cas, une précision du diagnostic que l\u2019on n\u2019obtiendrait pas sans leur appui.\u201d La mesure de l\u2019absorption de l\u2019oxygène indique la valeur des échanges respiratoires et permet d\u2019éclaircir bien des problèmes ayant trait à la nutrition.Les affections des glandes endocrines et tout particulièrement les troubles de la thyroïde, ont bénéficié des notions nouvelles acquises grâce au métabolisme basal.Lui seul, dans certains cas, nous permet d\u2019éclaircir des notions encore obscures de la pathologie des glandes à sécrétion interne.Dans la plupart des troubles endocriniens, on rencontre des modifications appréciables des échanges respiratoires.A l\u2019heure actuelle, selon les auteurs de ce livre, la mesure du métabolisme basal est une méthode suffisamment précise pour qu\u2019elle puisse entrer dans la pratique des examens de laboratoire.Nous l\u2019utilisons chaque jour dans nos hôpitaux, et en particulier dans les affections de la thyroïde.Elle est un aide précieux pour diriger le traitement, nous en faire voir l\u2019efficacité ou les échecs, et guider ainsi la main du chirurgien.Grâce aux appareils nouveaux que nous possédons, nous savons que les échanges respiratoires sont élevés dans l'hyperthyroïdie et abaissés dans l\u2019hypothyroïdie.Le livre entier porte donc sur l\u2019étude de la chaleur animale: sources, variations, régulations, mesures.Son influence sur le métabolisme basal seion la surface corporelle, nous donne un quotient respiratoire standardisé, puiS tour à tour ce même métabolisme est influencé par l\u2019âge, la grossesse, le régime alimentaire, l\u2019action des glandes endocrines, créant de toutes pièces des maladies de la nutrition qui influencent à leur tour les grands systèmes généraux.Grâce à ces techniques perfectionnées et aux appareils connus, nous pouvons dès les débuts connaître un trouble basal, qui pourrait dégénérer en une maladie aiguë ou chro- 506 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA nique, susceptible de traitement médical ou chirurgical, et en Suivre l\u2019évolution.Le livre se termine par un grand nombre de tableaux qui pourront nous guider pour évaluer les valeurs calorifiques de l\u2019oxygène et de l\u2019acide carbonique, en tenant compte des quotients respiratoires, LeSAGE.L\u2019ANNEE MEDICALE PRATIQUE Par Dr Camille LIAN, de Paris (René Lépine, éditeur, 3, rue Vézelay, Paris) La huitième année de l\u2019Année Médicale Pratique est parue il y a quelques semaines à Paris.J'ai déjà attiré l\u2019attention des médecins sur les précieux renseignements accumulés dans ce livre, qui devient de plus en plus volumineux.Le praticien n'a pas toujours le temps de parcourir au fur et à mesure les périodiques médicaux auxquels il est abonné; le plus souvent ils s\u2019accumulent sans profit sur sa table, et les nouveautés sont ignorées de la plupart d\u2019entre eux.Le docteur Lian a voulu leur rendre service en groupant chaque année, dans un livre bien rédigé, tous les faits nouveaux appropriés, qui ont un intérêt pratique, puisés en France et dans un grand nombre de pays étrangers, grâce à des comités qui lui adressent des notes succinctes sur chaque sujet.Le médecin peut ainsi, à son gré, consulter ce dictionnaire, où tous les sujets sont groupés par ordre alphabétique, et tirer de là des conseils utiles pour les cas qui le concernent.Sur chaque sujet, il trouve une synthèse, des méthodes thérapeutiques les plus modernes, et il prend contact avec les notions modernes médico-chirurgicales de la médecine actuelle.Dans l\u2019édition de 1929, tous les organes collaborent à tour de rôle.Ainsi, en prenant au hasard certaines questions, nous savons ce qu\u2019il faut penser en moment, de la chlorurémie et des dangers du régime déchloruré.En quelques pages, le praticien trouve des renseignements vtiles pour diriger sa thérapeutique dans ces cas, ainsi que sa diététique.Ta thérapeutique des maladies du cœur s\u2019est enrichie de quelques nouveaux médicaments.M.;Lian, avec l\u2019expérience acquise depuis de longues années, en étudie les indications, les effets et les, contre-indications.Ainsi la quinidine, dont on parle beaucoup en ce moment, est étudiée à tous les points de vue, indications, contre-indications, effets, résultats, direction des cures, doses d\u2019attaque et d\u2019entretien.En quelques pages, le praticien peut classer ses malades et les traiter d\u2019une façon éclairée.La syphilis, la tuberculose, l\u2019ulcère d\u2019estomac, les colites, l\u2019angine aiguë, coronarienne, les fractures, le vertige, la méningite cérébro-spinale, l\u2019encéphalite léthargique, l\u2019asthme, et les cures de désensibilisation, la dilatation des bronches, l\u2019emphysème, les tumeurs cérébrales, la vaccination anti-rabique, l\u2019hypertension, se succèdent dans L'UNION MÉDICALE DU CANADA 507 un ordre facile à suivre, et toutes les pages sont bourrées de renseignements utiles et pratiques.Les médecins devraient s\u2019empresser de se procurer ce petit livre qui, à lui seul, vaut toute une bibliothèque.Nous félicitons M.le Professeur Lian de cette initiative, et nous ne doutons pas que chaque jour, ses lecteurs deviendront de plus en plus ncmbreux.LeSAGE.Avis aux Médecins Suite d\u2019appartements a louer, dans famille privée, comprenant deux bureaux, salle d\u2019attente.Bonne clientèle.Cause: décès.Site très avantageux \u2014 en face d\u2019église.Occasion exceptionnelle.Pour informations, s\u2019adresser au No 2824 Masson, Rosemont.Tél: CHerrier 5330.A vendre: Lampe à Rayons Ultra-Violets \u201cAlpine\u201d, Réservoir automatique Thermos donnant toujours eau bouillante stérilisée, Table d\u2019opération, Pupiire, Stérilisateur, etc.0 Tournoi de Golf de la Profession médicale Le comité du Tournoi de Golf de la profession médicale, a sa premiére assemblée tenue au Cercle Universitaire le 2 juillet, a fixé la date du prochain tournoi de golf de la profession médicale au mercredi 28 aoiit.Le tournoi aura lieu à Laval-sur-le-Lac.L\u2019an passé ce fut un vrai succès; au delà d\u2019une centaine de médecins étaient présents.Cette année les adhésions seront beaucoup plus nombreuses.Après le tournoi il y aura un banquet auquel tous les membres de la profession peuvent prendre part. FORMULAIRE UN TRAITEMENT DE LA COQUELUCHE 1° Isolement du sujet.On ne rappellera jamais trop aux familles que la coqueluche est contagieuse, surtout pendant la première semaine.2° Bains tièdes chaque jour.3° Immobiliser le malade à la chambre, pendant la période des quintes.4° Diète légère, mais variée, selon l\u2019âge du sujet.5° Aération de la chambre, 6° On donnera la médication suivante : Solution d\u2019adrénalne au 1/1000 (P.et D.) Posologie : Pour les 4 premiers jours: au-dessous de 3 ans, deux gouttes toutes les trois heures; de 3 à 7 ans, trois gouttes toutes les trois heures; de 7 à 15 ans, quatre gouttes.L\u2019horaire peut être légèrement modifié, de façon à donner le médicament après une quinte, pour éviter qu\u2019il soit rejeté.Tous les quatre jours, la dose doit être augmentée d\u2019une goutte, jusqu\u2019à ce que l\u2019amélioration soit visible, pour en rester là par la suite, jusqu\u2019à la fin de la maladie, qui dure de 3 à 4 semaines, lorsque le traitement est bien fait.Gaston LAPIERRE. ANALYSES MEDECINE D.SiMICI, C.MUSTATA et PETROVICI, de Bucarest.\u2014 L'action du sulfate de barium et du cytobarium dans le traitement de l\u2019ulcère et des syndromes hyperesthésiques de l\u2019estomac (\u201cArch.des Mal.de l\u2019App.Digestif et des Mal.de la Nutrition\u201d, octobre 1928).Après une exploration radiologique, chez des ulcéreux, faite avec du sulfate de barium ou avec l\u2019un de ses succédanés, on constate assez souvent, soit une amélioration sensible, soit même une disparition complète, mais temporaire, de l\u2019élément douleur.Cette constatation a engagé les Auteurs à préconiser le sulf.de B.dans le traitement, non seulement des ulcères gastro-ducdénaux, mais aussi dans les gastrites et les dyspepsies hypersténiques.Ils ont procédé en s\u2019entourant de toutes les précautions nécessaires, susceptibles d\u2019apporter à leur diagnostic une valeur irréfutable.Pour chaque malade soumis à leur observation : un examen clinique attentif, une exploration radiologique, l\u2019analyse de la sécrétion gastrique au point de vue des valeurs acides et peptiques, la recherche des hémorrha- gies occultes.En procédant de la sorte ils ont pu apprécier ultérieurement l\u2019action des substances utilisées sur les lésions anatomiques, et constater les modifications de la mctilité et de la sécrétion gastrique au cours de ces différentes affections.Chez les ulcéreux : le traitement a été administré plusieurs semaines, en série de 12 jours séparée de 10 jours de repos; il consistait dans l\u2019administration de 15 grammes d\u2019une des substances énumérées plus haut, bien mélangées dans un verre d\u2019eau, 4 fois par jour, le matin à jeun une heure avant chaque repas et le soir au coucher.Les malades souffrant de gastrite et de dyspepsie hypersténiques n\u2019ont suivi la cure que pendant 2 ou 3 semaines consécutives.Pendant le traitement, le régime alimentaire comprenait : du lait potages au lait, œufs, beurre, purées, crèmes, etc.Ce traitement par le Barium a produit la disparition des symptômes subjectifs et objectifs et amené des modifications très favorables des lésions anatomiques chez environ les deux-tiers des malades ainsi traités.De l\u2019ensemble de leurs recherches, les Auteurs concluent que le sulfate de Barium et ses succédanés peuvent être employés avec utilité dans le traitement des syndromes hypersténiques, organiques et anorganiques de l\u2019estomac.J-Alfred MOUSSEAU. 510 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Professeur POUCHET.-\u2014 L\u2019Adonis Vernalis, ses principes actifs.Leurs propriétés thérapeutiques (\u2018\u201c\u2018Prat.Méd.Franç.\u201d, Paris, No 10 bis, p.389-405).Les résultats discordants, souvent paradoxaux, obtenus jusqu\u2019à ces derniers temps, de l\u2019emploi de l\u2019adonis vernalis, par nombre d\u2019expérimentateurs distingués, et.particulièrement les recherches de Fuckelmann, en 1911, montrant que l\u2019on obtenait des produits doués d\u2019action sensiblement différente, suivant leur mode de préparation, semblaient prouver que les principes actifs jusqu\u2019alors extraits des diverses variétés d\u2019adonis étaient constitués par des substances différentes ou par des mélanges.Le très important travail de M.M.L.et F.Mercier (Revue de Pharm.et de Thérap.expér., Paris, No 1, 1927) complété par les recherches du prof.Jung et du Dr Fontenailles (Soc.de Biol, Paris, 18 mai, 1928) et surtout par les études si remarquables du Dr.Lutembacher (Bull.Méd., Paris, No 11, 1828, et Prat.Méd.Fr., Paris, 1928, mai B.), est venu démontrer l\u2019exactitude de cette interprétation et élucider cette question restée Jusqu\u2019ici fort obscure.Les expériences de Mercier ont abouti à Jl\u2019obtention de deux glucosides; l\u2019un est soluble dans l\u2019eau et l\u2019alcool, c\u2019est l\u2019adonidoside; l'autre est insoluble dans l'eau, très soluble dans l\u2019éther et le chloroforme, c'est l\u2019adonivernoside.Ces deux glucosides sont les seuls principes actifs de l\u2019adonis vernalis.Les mélanges de ces deux glucosides ont été largement utilisés sous forme d\u2019adoverne; ce médicament représente en effet ces deux glucosides dans les proportions mêmes où ils se trouvent dans la plante; leur activité est étalonnée physiologiquement à la valeur constante de 300,000 unités-grenouille pour un gramme du complexe glucosidique.On donne l\u2019adoverne, jusqu\u2019ici seulement par voie buccale (50 à 60 gouttes par jeur ou 2 à 3 granules).Les principales indications de ce médicament se trouvent dans l\u2019insuffisance cardiaque avec arythmie complète, dans l\u2019oedème pulmonaire, la dypsnée et les hydropisies.Il semble bien, d\u2019après tous les travaux publiés, que l\u2019adoverne constitue, à l\u2019heure actuelle, le moyen le meilleur et le plus pratique d\u2019administrer l\u2019adonis vernalis.Paul-A.GAGNON.R.CHAUSSET.\u2014 Comment traiter la migraine (\u201cConcours Médical\u201d, Paris, No 9, 3 mars 1929).- Parmi les multipies traitements préconisés contre l'accès de migraihe, l'auteur insiste surtout sur la thérapeutique médicamenteuse et, parmi les produits employés, il consacre quelques lignes à l\u2019étude du sédobrol qui permet d\u2019administrer le bromure selon la méthode: de Charcot.Plus actif que le bromure, l\u2019allonal, déjà longuement étudié, tant en médecine générale, qu\u2019en chirurgie, stomatologie, neurologie, s\u2019est révélé comme un hypno-analgésique très puissant, supérieur aux autres analgésiques L'UNION MÉDICALE DU CANADA 511 habituellement employés.Sa toxicité est faible et il ne produit pas d'accoutumance, ce qui permet de prolonger longtemps son emploi.Il se présente sous forme de comprimés renfermant 16 centigrammes de produit actif.La dose moyenne est de 1 à 4 comprimés pris dans la journée à 1 ou 2 heures d'intervalle.Enfin, dans quelques rares cas, au milieu d\u2019une crise grave par exemple, on peut être obligé de recourir à l\u2019injection de morphine, mais exceptionnellement bien entendu, car, avec ce produit, il faut toujours craindre la toxicomanie, C\u2019est un des avantages d\u2019ailleurs de l\u2019Allonal de pouvoir se substituer à la morphine dans toutes ses indications et sans en avoir les inconvénients; les nombreux travaux publiés sur ce médicament prouvent son utilité dans toutes les algies de quelque origine ou de quelque nature qu\u2019elles soient, et en particulier dans les algies empêchant le sommeil, dans toutes les névralgies et aussi dans les migraines même les plus tenaces.Paul-A.GAGNON.CHIRURGIE T.J.BENNET et E.P.POULTON.\u2014 Maladie de Raynaud associée au cancer de Pestomac (\u201cAmeric.Journ.Med.Assoc.\u201d, novembre 1928, pp.654-658).Les auteurs rapportent un cas de maladie de Raynaud, accompagré de gangrène symétrique des dcigts.A l\u2019autopsie, il fut découvert un néo de l\u2019estomac avec cellules cancéreuses secondaires dans le ganglion cervival inferieur.Cette métastase est considérée par les auteurs comme ayant été la cause de la maladie de Raynaud.Mercier FAUTEUX.J.J.ARKUSSY.\u2014 Du diagnostic précoce des néoplasmes gastriques (\u201cFort.de Roentg.\u201d, octobre 1928, f.4, pp.686-696).On sait importance de l\u2019examen radiologique afin de dépister les néos gastriques silencieux.L\u2019auteur recommande, pour plus de précision, de pratiquer l\u2019examen de l\u2019estomac en position ventrale avec une inclinaison de 45 degrés environ.Cette méthode permettrait, dans les cas douteux, de poser un diagnostic.| Mercier FAUTEUX.PEDIATRIE COMBY.\u2014 Traitement des vomissements cycliques infantiles (\u201cLe Monde Médical\u201d, 15 février 1929).L\u2019auteur préconise pour les vomissements cycliaues infantiles, la traitement suivant : L\u2019enfant sera tenu au lit dans le calme, la tran- 512 L'UNION MÉDICALE DU CANADA quillité, en évitant la lumière trop vive.L'eau de Vichy par la bouche ne sera pas gardée, mais elle servira à laver l\u2019estomac.Ajouter les lavements alimentaires, le sérum glucosé goutte-à-goutte; le sérum physiologique ou glucosé en injection sous-cutanée; les grands Javages de l\u2019intestin avec l\u2019eau de Vichy.Quand les vomissements cessent ajouter le lait coupé, les bouillies à l\u2019eau, le bouillon de légumes, les pâtés, les purées; puis les légumes cuits, les oeufs frais, les fruits, le pain grillé et les viandes rôties ou \u2018 grillées si l\u2019enfant a dépassé sa troisième année.L'hygiène générale sera pour beaucoup dans la) guérison, et l\u2019auteur conseille l\u2019aération, J\u2019héliothérapie, les douches chaudes, les bains alcalins et les frictions sèches.\u2019 Le citrate de potasse et de soude agissent bien à la dcse de 2 à 3 grammes par jour; mais pour obtenir un effet durable, on devra prescrire le régime alcalin pendant plusieurs jours.Lucien COUTU.HUCHET.\u2014 Le coquelucheux doit rester à la chambre (\u2018Le Consultant du Praticien\u201d, février 1929).Contrairement à ce que l\u2019on pense dans le public, le coquelucheux \u201cne doit pas changer d\u2019air\u201d, On sait J\u2019nfluence néfaste du refroidissement qui diminue la résistance de l\u2019organisme et favorise le développement microbien; or le coquelucheux, qui est un infecté, après une série de quintes fatiguantes devient tceut couvert de sueurs; il est donc plus exposé à prendre froid et à développer une broncho-pneumonie si on le change de milieu; en sorte qu\u2019il doit rester au repos au lit et à la chambre pendant toute la période des quintes.De plus le fait de déplacer cet enfant l\u2019expose à disséminer la contagion dans son entourage; et cette seule raison devrait suffire pour le faire demeurer à la maison.Lucien COUTU.ROUSSEAU ST-PHILIPPE.\u2014 Les fluctuations de l\u2019appétit chez l\u2019enfant (\u201cLe Consultant du Praticien\u201d, février 1929).Dans le \u201cJournal de Médecine de Paris\u201d, l\u2019auteur montre que la plupart des enfants mangent mal : les uns mangent trop ou trop peu; les autres pas assez.L\u2019appétit devient capricieux*ou nul et des troubles sérieux peuvent apparaître chez le nourrison, le jeune enfant et l\u2019enfant plus grand.Chez les premiers, c\u2019est faute de régularité dans les repas ou dans l\u2019administration trop précoce des farines.Pour l\u2019enfant jeune, l\u2019anorexie apparaît surtout à la suite de divers troubles digestifs et de la constipation.Le rétablissement de l\u2019_évacuation normale de l\u2019intestin suffit pour ramener l\u2019appétit.Chez les enfants de 2 à 5 ans, après des écarts de régime, la langue devient saburrale, L'UNION MÉDICALE DU CANADA 513 l\u2019haleine forte et la soif vive.Ces troubles cessent avec un régime bien régularisé et l\u2019administration d\u2019un purgatif.L\u2019enfant plus grand souffrira d\u2019anorexie à la suite de maladies infectieuses et de fièvres éruptives.Cet état peut devenir permanent; il faudra donc rechercher la possibilité d\u2019une anémie grave, d\u2019une tuberculose au début, cu d\u2019une syphilis.Si ces infections ne sont pas en cause, revenir a l'appareil digestif ou l'on trouve si souvent l\u2019origine de nombreuses perturbations organiques.Les constipés chroniques, voués, tôt au tard, à l\u2019appendicite sont presque toujours des anorexiques.Pour combattre ce Cérangement fonctionnel de l\u2019estomac et de l\u2019intestin, Rousseau conseille : le phosphate et le salicylate de soude, la teinture.de rhubarbe et d ipéca, la belladone, le boldo, les amers, et surtout le régime alimentaire bien compris.Lucien COUTU.TUBERCULOSE J.MORIN et F.BOUESSEE.\u2014 A propos de l\u2019oléo-thorax (\u2018Annales de Médecine\u201d, avril 1929).A l'heure actuelle la majorité des phtisiologues reconnaissent l\u2019utilité de \u201cl\u2019oléothorax de désinfection\u201d dans les pleurésies purulentes du pneumothorax, qu\u2019elles soient seulement bacillaires ou secondairement infectées.Les résultats, pour peu qu\u2019on mette quelque persévérance à les obtenir, sont souvent excellents et toujours suffisamment encourageants Pour que l'indication de l\u2019oléothorax dans les complications du pueumo ne soit pratiquement pas discutable, Certains succès de l\u2019oléothorax se manifestent aussi dans les tentatives d\u2019affaissement de cavités ou de moignons pulmonaires que le collapse gazeux ne peut suffire à réaliser et pour parer aux symphyses secondaires du pneumothorax.La valeur de ce traitement est donc admise et son efficacité est reconnue.Cependant la technique opératoire soulève des discussions.Bernow et Küss préconisent un oléothorax fortement compressif; tandis que Morin et Bouessée préconisent, tout comme le pneumothorax actuel, des pressions minima ou se rapprochant le plus du zéro.Ces pressions ont pour but de favoriser la rétractilité du parenchyme pulmonaire, tout en respectant l\u2019expansibilité des parties saines.Deux observations démontrent très bien les heureux résultats d\u2019un oléothorax progressivement constitué et entretenu sans surpression.L'auteur après l\u2019exposé de ses observations conclut que l'oléothorax, pas plus qu\u2019aucune autre méthode collapsothérapique, ne saurait sans\u2019 danger agir par compression active.La permanence de tension que confère à l'huile son incompressibilité suffit en pression neutre à favoriser la retractilité pleuro-pulmonaire spontanée, dans les cas ou le col- iapse gazeux, à tension essentiellement élastique, se montre inopérant. 514 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 1° L\u2019oléothorax en pression neutre est efficace pour affaisser une cavité ou n moignon pulmonaire rebelle au collapsus par l\u2019air.2° Il suffit également à parer aux symphyses pleurales progressives survenant au cours du penumothorax.3° Il est utile comme agent de désinfection dans les pleurésies purulentes du pneumothorax.Lorsque celles-ci sont la conséquence d\u2019une fissuration pleurale, l\u2019oléothorax, maintenu en pression neutre ou négative, assèche la plèvre dont il facilitera la cicatrisation.Mais s\u2019il existe une perforation large avec lésions pulmonaires sous-jacentes, l\u2019oléothorax doit immédiatement céder le pas à la thoracoplastie.J.-A.VIDAL.Prof.A.CALMETTE.\u2014 Allergie tuberculinique et immunité anti-tuber- culeuse (\u2018Annales de Médecine\u201d, tome XXV, No 24, avril 1929).Les réactions tuberculiniques générales ou locales, ne permettent pas d\u2019affirmer que l\u2019allergie implique de façon certaine l\u2019absence de toute lésion bacillaire.Le sujet peut être porteur de lésions bacillaires depuis un temps qui varie de quelques semaines à quelques mois et davantage; il peut héberger des bacilles ne déterminant aucun trouble fonctionnel ou même aucune réaction cellulaire de défense.On explique ces faits par le manque de virulence des bacilles ou leur nombre trop restreint.C\u2019est une notion commune que certains animaux, tels diverses espèces de singes présentent peu de sensibilité aux réactions tuberculiniques locales alors qu\u2019ils souffrent de tuberculose.Mêmes constatations ont été faites pour les cobayes, bovins et enfants jeunes.L\u2019immunité antituberculeuse diffère beaucoup des immunités cellulaire et humorale.Elles représentent un complexus d\u2019hypersensibilité ou d'allergie à l\u2019égard des protéines spécifiques produites par le germe tuberculeux et d\u2019intolérance à l\u2019égard de nouveaux apports de ce germe.Elle n\u2019apparaît que chez les sujets porteurs du germe spécifique vivant alors que l\u2019allergie peut être provoquée artificiellement par divers modes: Injections de bacilles tuberculeux morts, bacilles aviaires ou de bacilles paratuberculeux, ou par des injections répétées de tuberculine, à doses fortes, à un animal indemne.Elles ne s\u2019accompagnent d\u2019aucune résistance appréciable aux réinfections bacillaires virulentes.Sous ces conditions, l\u2019auteur se demande la valeur exacte du critérium de l\u2019allergie dans l\u2019immunité tuberculeuse.La plupart des pédiâtres et des cliniciens affirment qu\u2019il ne saurait exister d'immunité antituberculeuse sans allergie tuberculinique.Les preuves démontrent aujourd\u2019hui le contraire.L\u2019inoculation à de jeunes bovins d\u2019une forte dose de B.C.G., bovins soumis régulièrement jusqu\u2019après six mois à l\u2019épreuve de la tuberculine fait voir que les bovins inoculés dans les veines ont tous perdu leur allergie tuberculinique entre le deuxième et le sixième mois.Les bovins inoculés sous la peau conservent l\u2019allergie jusqu\u2019aux environs du douxième mois.Or ces animaux qui ont perdu leur allergie résistent parfaitement à des inoculations intraveineuses d\u2019une dose de bacilles virulents qui, chez des témoins du L'UNION MÉDICALE DU CANADA 515 même âge, entraînent une tuberculose aiguë, mortelle en quatre à six semaines.Chez l\u2019humain, mêmes preuves ont été réalisées par Webb et Williams.La vaccination par le B.C.G.vient confirmer les preuves déjà nombreuses qui établissent que l\u2019allergie peut avoir disparu alors qu\u2019existe l\u2019immunité tuberculinique.Roméo PEPIN.UROLOGIE BONNE Y.\u2014 Urologie et gynécologie [Urology in relation to gynaecology ] (\u201cThe British Journal of Urology\u201d, mars 1929, p.23).La gynécologie et l\u2019urologie se touchent de si près qu\u2019on ne peut posséder l\u2019une sans avoir de l\u2019autre une connaissance assez étendue.Les lésions de l\u2019appareil génital de la femme intéressent presque toujours l'appareil urinaire, qu\u2019il s agisse de malformations ou de traumatismes, d\u2019affections inflammatoires ou néoplasiques.Selon Bonney le même \u2018\u201c\u2018gupport pelvien\u201d soutient la vessie et maintient le vagin et position.Ce support peut faire défaut de trois façons différentes.Il peut s\u2019étirer, s\u2019étendre vers le bas, et donner naissance à une Cclpocèle antérieure et à une cystocèle.Dès lors, dysurie et rétention vésicale incomplète.D'autre part les attaches antérieures seules peuvent céder entraînant ainsi un vice dans le mécanisme du sphincter vésical et une incontinence \u201cd\u2019effort\u201d.Enfin le support tout entier peut glisser en arrière tirant avec lui le vagin et la vessie.Ici point de symptômes urinaires; maîis- l\u2019axe du vagin est tellement basculé que la paroi antérieure s'aperçoit par l\u2019orifice vaginal et peut faire croire à une cystocèle.Dans la cystocèle il est très important que la vessie se vide complètement surtout s\u2019il y a infection.L\u2019auteur affirme qu\u2019on peut guérir 90% de ces cas en séparant le support pelvien et plusieurs des autres par une ventro-fixation de la vessie.La fistule vésico-vaginale intéresse autant la gynécologie que l\u2019urologie.Quant aux opérations abdominales, dit Forrlerton, elles causent presque toujours une infection plus ou moins marquée de l\u2019appareil urinaire.La plupart des cas passent inaperçus; mais beaucoup de cystites et de pyélonéphrites chroniques remontent à ces opérations.Pour piéve- nir ces complications nos connaissances s'avouent vaincues.Les fistules urétérales post-opératoires, qui peuvent être dues à une déchirure accidentelle, mais qui reconnaissent les plus souvent pour cause une nécrose de l\u2019uretère dénudé sur un trop long trajet, intéressant également gynécologues et urologistes.S'il existe une affection inflammatoire du vagin et du col en même temps que de l\u2019urêètre et de la vessie, il est parfaitement inutile de songer à la guérison sans traiter à la fois toutes les régions infectées.Un utérus gravide peut causer une pyélonéphrite par compression des uretères, les tumeurs pelviennes également.Quant aux tumeurs 516 L'UNION MEDICALE DU CANADA malignes de l'appareil génital elles intéressent très souvent la vessie; et à cause des troubles urinaires c\u2019est parfois l\u2019urologiste qui aura à faire le diagnostic.B.DUMAS.OBSTETRIQUE C.J.MILLER.\u2014 Considérations sur la césarienne [A general consideration of Caesarian Section] (\u201cSurgery, Gynaecloogy and Obstetrics\u201d, juin 1929).L\u2019Auteur déplore, avec justesse, le recours trop fréquent à l\u2019opération césarienne et il énumère plusieurs raisons qui expliquent les conséquences graves qui peuvent en résulter: c\u2019est d\u2019abord une intervention qui s\u2019oppose au mécanisme normal de l\u2019accouchement; l\u2019entraînement obstétrical, dans la plupart des Ecoles de médecine, est complètement insuffisant.Le praticien demande, souvent, en consultation, le chirurgien peu versé dans les subtilités de l\u2019art obstétrical et il en résulte que celui-ci offre ce dont il se sert le plus: son bistouri.La plupart des interventions chirurgicales sont pratiquées chez des patientes préparées à l\u2019avance; rien de tel pour la Césarienne.en général, c\u2019est le cas d\u2019urgence qu\u2019il faut résoudre dans les plus mauvaises conditions d\u2019antiseptie.Les indications absolues de la C.sont les déformations du bassin et les tumeurs praevia.Et pourtant combien de Césariennes sont pratiquées pour des causes futiles.Puisque ça ne va pas par en-bas on passe par en-haut.La responsabilité du chirurgien s\u2019étend au-delà de l\u2019opération même; l'avenir obstétrical de la femme est gravement hypothéqué et repose sur la valeur de la cicatrice; les ruptures utérines sont à craindre au cours des grossesses et des accouchements subséquents.L\u2019A.termine en citant la statistique du Charity Hospital de la Nouvelle-Orléans qui démontre une mortalité de 159, pour les Césariennes sur le nombre total des parturientes décédées, Cette opération doit donc être une mesure extrême, après que toutes les autres méthodes d\u2019intervention ont été essayées en vain.Donatien MARION.CHIRURGIE INFANTILE ET ORTHOPEDIE J.S.RODMAN.\u2014 Traumatismes craniens [Cranial injuries] (\u201cSurg., Gyne.& Obst.\u201d, Vol.XLVIII, No 3, mars 1929).Les lésions consécutives à la commotion ou à la contusion cérébrale nous sont encore mal connues.Le traumatisme cranien peut déterminer soit de l\u2019anémie cérébrale, soit de l\u2019œdème qui se résorbz souvent ou L'UNION MÉDICALE DU CANADA 517 soit enfin de l'hypertension dans les cas graves.Quelquefois le résultat du traumatisme peut être fatal, surtout s\u2019il y a fracture, hémorragie ou infection.Il y a quelques années, Rodman croyant que toutes les lésions cra- niennes pouvaient être classifiées suivant le degré de tension du liquide céphalo-rachidien, pratiquait systématiquement la ponction lombaire dans tous les cas.Depuis quelque temps, la ponction est réservée aux malades chez qui le diagnostic est douteux ou pratiquée comme moyen thérapeutique.Pour Rodman, le degré de tension du liquide céphalo-rachidien est le facteur le plus important du diagnostic et son étude a contribué à.démontrer la gravité variable de ces lésions.709, des malades guérissent sans intervention, avec le traitement ordinaire, 15%, exigent une thérapeutique plus active et chez 159, seulement l'opération est indiquée.La décompression chez ces malades rend des services appréciables et peut prévenir les complications (maux de tête, épilepsie) souvent à craindre.Edmond DUBE.V.PUTTI.\u2014 Tumeurs osseuses malignes [Malignant bone tumors] (\u201cSurg., Gyne.& Obst.\u201d, Vol.XLVII, No 3, mars 1929).Pour Putti, la classification pathologique des tumeurs osseuses est loin d\u2019être précise, et la diagnostic doit surtout être clinique et radiologique.Le traumatisme est un facteur très important.Souvent les symptômes sont frustes; la douleur n\u2019est pas toujours caractéristique, mais la localisation de la tumeur peut présenter de l'intérêt.L\u2019image radiographique précise quelquefois la nature de la tumeur, mais il ne faut pas y attacher une importance absolue pas plus d\u2019ailleurs qu\u2019à l'examen pathologique qui se pratique souvent dans des conditions difficiles.Au point de vue thérapeutique, Putti étudie les différentes méthodes de traitement: Radium, Rayons X et Chirurgie et conclut que les résultats sont loin d\u2019étre encourageants.La chirurgie a atteint ses limites, mais les deux autres méthodes n\u2019ont peut être pas encore données tout ce qu\u2019on en peut espérer.Edmond DUBE.P.MOULONGUET.\u2014 Corps étrangers des articulations [Foreign bodies in Joints] (\u201cThe Journal of Bone and Joint Surgery\u201d, Vol.XI, No 2, avril 1929).Les corps étrangers des articulations peuvent naître soit de la syno- viale soit du tissu osseux, Le traumatisme joue un rôle important dans la formation de ces corps étrangers, en favorisant les états pathologiques qui en sont la véritable cause.L\u2019arthrite déformante de même que l'ostécchondrite sont les lésions les plus fréquemment rencontrées comme 518 L'UNION MÉDICALE DU CANADA facteurs étiologiques.L'ablation chirurgicale de ces corps étrangers constitue le traitement de choix et les résultats opératoires sont toujours bons à moins que l\u2019articulation soit elle-même lésée.Edmond DUBE.E.J.KILFOY et M.C.TERRY.\u2014 Carcinome primitif du foie chez l\u2019enfant [Primary carcinoma of the liver in childhood] (\u201cSurgery, Gyne.& Obst.\u201d, Vol.XLVIIE, No 6, juin 1929).Le carcinome primitif du foie est rare à tout âge mais il est exceptionnel chez l'enfant et K.et T.rapportent un cas chez un enfant de 9 ans, contrôlé par l\u2019autopsie et l'examen microscopique.Tous les auteurs s'accordent à dire que c\u2019est une affection fort rare et la littérature médicale ne fait mention que de 44 cas, chez qui le contrôle scientifique a été complet.L\u2019évolution du néoplasme est rapide et nos moyens thérapeutiques actuels, même en présence du diagnostic précis toujours difficile à poser, ne donnent aucun résultat.Edmond DUBE.MEDECINE LEGALE P.M.VROBLEWSKY.\u2014 Les rayons de Roentgen dans la détermination de l\u2019âge (\u201cAnnales de Médecine légale\u201d, juin 1929).La législation russe divise les délinquants mineurs en trois groupes: jusqu\u2019à 14 ans, de 14 à 16 ans et de 16 à 18 ans.Conformément à cette division on applique des peines différentes.La détermination de l\u2019âge exact a donc une grande valeur pratique.L'auteur donne le rôle principal dans cette détermination à l\u2019état du squelette.L\u2019ossification se produit dans un ordre régulier jusqu\u2019à la formation complète du squelette et il est très facile par les Rayons X de se rendre compte du degré de développement et de soudure des points d\u2019ossification et de juger ainsi de l\u2019Âge d\u2019une façon exacte.Quant à la méthode qu\u2019il faut employer (radioscopie ou radiographie) l'auteur donne la préférence à la radiographie parce que l\u2019écran ne trace pas aussi clairement les particularités de la structure osseuse que la plaque et parce que cette dernière, en reproduisant exactement les détails de la structure osseuse fournit au tribunal un argument objectif.R.FONTAINE.LABORATOIRE MARGUERITE AITOFF.\u2014 Mécanisme de la vaccination locale dans les cancers sphacélés (\u201cComp.rend.Soc.Biol.\u201d, juin 1929, p.341).Dans les cancers sphacélés.l\u2019auteur a remarqué une flore microbienne très variée et très \u2018riche notamment lorsque les lésions siégeaient au niveau du col utérin. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 519 Dans les cancers de la cavité buccale,\u2019en outre de la flore microbienne habituelle, l\u2019auteur a rencontré très fréquemment l\u2019association fuso-spirillaire, Le traitement par l\u2019application locale d\u2019antivirus a modifié rapidement l\u2019aspect de cette flore qui, de polymicrobienne qu\u2019elle était avant, est devenue monomicrobienne après le traitement.Ces modifications de la flore microbienne et de l\u2019aspect du liquide sécrété au niveau des lésions sphacélées seraient dues d\u2019une part à une action psysico-chimique de l\u2019antivirus; son hypertonicité, d\u2019autre part, a une action biologique de l\u2019antivirus : sa spécificité.L\u2019examen microscopique des sécrétions a permis à l\u2019auteur de constater la disparition successive des diverses espèces microbiennes : bacilles coli, proteus disparaissant les premiers pour ne laisser en dernier examen qu\u2019un diplocoque gram positif qui finit par être phagocyté à son tour.A.BERTRAND.MARGUERITE AITOFF.\u2014 Contribution à l\u2019étude de la flore microbienne des cancers sphacélés (Comp.Rend.Soc.Biol., juin 1929, p.343).L'examen de la flore microbienne des cancers sphacélés du col utérin après traitement par l'antivirus a permis à l\u2019auteur de constater la présence d\u2019un diplocoque présentant certains caractères particuliers.Ce diplecoque ensemencé sur milieux différentiels spéciaux a semblé selon M.A.se distinguer nettement du streptocoque, de l\u2019entérocoque et du pneumocoque lii.Pour l'auteur ce diplocoque serait une variété microbienne définie.A.BERTRAND. SOCIÉTÉS Rapport annuel du Secrétaire général de l\u2019Association Médicale de la Province de Québec pour l\u2019année 1928 Monsieur le Président, Messieurs, Par décision du Comité Exécutif de votre Association, l'année fiscale de l\u2019Association Médicale de la Province de Québec commencera le ler janvier de chaque année, pour se terminer le 31 décembre de la même année.C\u2019est ce qui me vaut l'honneur de vous présenter ce soir le rapport des activités de l\u2019Association pour le terme 1928.Lors de la réunion annuelle, tenue à Sherbrooke l\u2019an dernier, je vous faisais part des activités de la fin de 1927 et du début de 1928 jusqu\u2019à la réunion de septembre: je me vois aujourd\u2019hui forcé de vous répéter quelques-unes des activités dont vous avez entendu parler, mais le rapport se complètera par la somme de travail qui s\u2019est faite de september 1928 à janvier 1929.Un certain nombre de comités furent constitués pour travailler chacun un point particulier de l'intérêt professionnel provincial.Le Comité pour l\u2019Etude de la Pratique illégale a fortement combattu et avec succès, aidé des Universités et du Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec, la formation d\u2019une Ecole de Chiro- practiciens à Montréal.Le Comité pour l\u2019Etude de la Loi des Accidents du Travail n\u2019a peut- être pas été aussi heureux dans_ les demandes qu\u2019il a faites auprès du gouvernement, mais il a tout de même présenté un front uni, et grâce à la coopération des médecins députés, d\u2019autres groupes médicaux, il a fait connaître à nos législateurs que la médecine de la Province est organisée et est prête à défendre ses droits.Le Comité des Cours de Perfectionnement, par l'ampleur de son travail, mérite une mention spéciale et nous lui avons fait une place à part, lui permettant de présenter lui-même son rapport à cette réunion annuelle.Le Comité Exécutif qui s\u2019est chargé du recrutement des membres et de l\u2019organisation de Sociétés Médicales dans\u2019 la Province a fait une tâche énorme, qui a amené au delà de 300 nouveaux membres et l\u2019organisation de trois sociétés médicales régionales.Il a tenu lui-même sept réunions dans le cours de l\u2019année afin d'étudier les plans d\u2019action, pour mener à bien les activités de l\u2019Association, et régler certains litiges au sujet .de choses particulières.Le couronnement de toute cette somme de travail a sans doute été le succès remporté à Sherbrooke, lors de la réunion annuelle tenue le 18 septembre.A cette Journée Clinique magistrale, deux médecins L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA XXXIII Neutralon Traitement Rationnel de l\u2019Hyperchlorhydrie.L'on trouvera \u2018Neutralon\u2019 très efficace et sans effets nocifs subséquents dans le traitement des affections suivantes : HYPERSECRETION, HYPERACIDITE, \"LCERATION GASTRIQUE et DUODENALE.\u2018Neutralon\u2019 se décompose très vite dans l'estomac.Il laisse assez d'acide pour assurer le fonctionnement normal de l'appareil digestif et pour l\u2019asepsie du petit intestin.Dans le cas d\u2019ulcération, \u2018Neutralon\u2019 forme une couche protectrice sur les surfaces affectées.Il ne cause ni irritation ni réaction hyperacide.Boîtes de 3 onces 1/5.Dose: Une demi à une cuillerée à thé trois fois par jour brassée dans de l\u2019eau ou du lait.Dans les cas qui se compliquent de symptômes vagotoniques, \u2018Neutralon\u2019- Belladone est le traitement tout indiqué.Echantillon pour clinique et imprimés sur demande.SCHERING (CANADA) LIMITED, Immeuble \u201cUnity\u201d, Case Postale 358, MONTREAL. 522 L'UNION MÉDICALE DU CANADA étrangers, le Prof.Jeannin, de Paris, et le Docteur Lahey, de Boston, ont adressé la parole à l\u2019Hôpital Général de St-Vincent de Paul sur des sujets de leur spécialité, tandis que les médecins, les chirurgiens et les spécialistes de Sherbrooke nous entretenaient de cas particuliers, dans les différentes institutions hospitalières de la Ville Reine des Cantons.Une très grande partie du succès de cette Journée, pour ne pas dire tout le succès, est dû à l\u2019activité inlassable du Comité local d\u2019organisation sous la présidence du Docteur Gordon Hume et le dévouement désintéressé du Secrétaire de ce Comité, le Docteur H.C.Cabana.A d\u2019autres évidemment nous devons aussi les remerciements de tous les membres de l\u2019Association pour l\u2019appui moral et financier qu'ils ont donné dans l\u2019élaboration de cette Journée.Lors de la réunion de la Canadian Medical Association, à Charlotte- tewn, les Dccteurs Stevenson, Bazin et Lynch ont su défendre nos intérêts vis-à-vis le Conseil de l\u2019Association.Nous avons eu à déplorer la perte de quelques-uns de nos membres, et sans pouvoir tous les mentionner, nous ne saurions passer sous silence celle d\u2019un des membres du Comité Exécutif, M.le Prof.Raoul Masson, de Montréal, décédé subitement, à la tâche, alors qu\u2019il présidait une réunion du Bureau Médical de l\u2019Hôpital Ste-Justine.A la famille en deuil, nous avons témoigné l\u2019expression des très vives condoléances de tous les médecins de l\u2019Association.En terminant ce rapport, je me permets de remercier, au nom de tous les médecins de l\u2019Association Médicale de la Province de Québec, le dévouement et l\u2019intérêt tout particuliers qu\u2019a pris notre Président, le Docteur Stevenson, pour conduire les destinées de l\u2019Association Médicale de la Province de Québec pour l'année 1928.Léon GERIN-LAJOIE, Secrétaire.NOUVELLE LE PROFESSEUR OSCAR MERCIER Nous regrettons d\u2019annoncer la mort soudaine de notre Président le professeur Oscar Mercier.Le journal est sous presse.Nous publierons en septembre une note plus omplète sur sa vie et son œuvre. L'Union Médicale du Canada Comité de Direction MM.Archambault, Benoît, Boulet, Bourgeois, Bruneau, DeCotret, Derome, (Wilfrid), Desloges, Dubé, Harwood, Lassalle, Leduc, LeSage, Marien, Masson (D.), Mercier, Parizeau (T.), Rhéaume, Roy, Saint-Jacques.Président: O.F.Mercier: Secrétaire-trésorier: G.Archambault.Comité de Rédaction MM.Badeaux, François; Bellerose, A.; Bertrand, A.; Boucher, R.; Brault, Jules; Comtois, A.; Dubé, E.; DeGuise, A.; Fontaine, R.; Gérin-Lajoie, L.; Lapierre, G.; Legrand, E.; Letondal, P.; Marin, A.: Marion, D.; Mercier, Oscar; Mercier-Fauteux; Mousseau, J.Alfred; Pepin, R.; Rivard, J.; Simard, Ls C.; Trottier, E.; Vidal, J.A.Président: A.LeSage; Vice-Président: A.Marin; Secrétaire: O.Mercier.Prix de l\u2019abonnement pour 1928 Canada et Etats-Unis .1 212222 2 11 22 40 1 1.$3.00 Etranger (pays faisant partie de l\u2019Union Postale) .4.00 Etudiants .ovo vv ve vr ee ee ee La eee ee ee ee 40 1.150 Prix du numéro .vv ve ee ee ee ee ee ee ee ee 11 11 22 025 Conditions de Publication L\u2019Union Médicale du Canada parait tous les mois par fascicules de 60 pages.Chaque numéro contient des mémoires originaux, des faits cliniques, une revue générale, un mouvement médical, des notes de pharmacologie, des analyses et des nouvelles médicales.Le Comité de Rédaction accepte des articles de tous les médecins à condition que ceux-ci n\u2019aient pas déjà été publiés dans un autre journal.Les Mémoires Originaux ne devront pas excéder 15 pages; les Faits Cliniques auront un maximum de 5 pages et les Revues Générales comprendront au plus 10 pages.Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé franco Pour la médecine: au Dr Roméo Boucher, 312 square St-Louis.Tél.Lancaster 9837.Pour la Chirurgie: au Dr Oscar Mercier, 934 rue Cherrier.Tél.: Frontenac 1033.Tout ce qui concerne l\u2019administration doit être adressé franco à M.T.Valiquette, comptable, 3705 rue St-André, ou Boîte Postale 3026. SUITE DU SOMMAIRE ANALYSES MEDECINE Vito Witting, Le syndrome épigastrique d\u2019origine vertébrale et intrachidienne (p.577).\u2014 Marcel Guesné, Un nouveau traitement de la coqueluche (p.577).\u2014 Martin, Las médications de la toux (p.378).\u2014 C.Dessout, A propos de la médication bromurée (p.579).PEDIATRIE L.Caussade, Différents traitements des broncho-prneumonies infantiles (p.579).UROLOGIE Gordon Craig et Lce-Brown, Diagnostic des tumeurs du rein par la pyélographie (p.380).OBSTETRIQUE Bessesen et Bessesen, Etudes radiogra- phiques sur le mécanisme du travail en rapport avec l\u2019infection puerpérale (p.581).\u2014 Devraigne, Nouveautés obstétricales en 1928 (p.582).ELECTRO-RADIOLOGIE Savini et Ackerman, Physiothérapie des phlébites (p.584).MEDECINE LEGALE Leclercq, Muller et Mayrac, Etude médico- légale d\u2019un corps momifié (p .584). es ok = = i 3 3 2 PE 7 a Ze = a + Le \u20ac RA GE 4 a Le 27 pov 2 5 oN A A Ÿ = es 2 % = LE PROFESSEUR OSCAR F.MERCIER 1867-1929 "]
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