L'union médicale du Canada, 1 janvier 1930, Janvier
[" L'Union Médicale du Canada Revue mensuelle de Médecine et de Chirurgie LA PLUS ANCIENNE REVUE MEDICALE FRANCAISE AU CANADA FONDEE EN 1872 TOME 59ième Ont collaboré à ce volume : Amyot, Archambault, (G.), Archambault (P.R.), Badeaux, Baril, Beclére, Bellerose, Bertrand, Blagdon, Blondel, Boucher, Bourgeois, Brault, Cardis, Champeau, Chénevert, Com- tois, Coutu, DeBellefeuille, Décary, DeFrénelle, DeGuise, Doré, Dubé, Dumas, Duval, Fontaine, Gagnier, Gagnon, Gariépy, Gélinas, Gérin-Lajoie, Hébert (C.E.), Hébert, (R.), Jacquelin, Joannette, Jutras, Lafitte, Lapierre, Lapointe, Lassalle, Latour, Lefebvre, Legrand, L\u2019Héritier, LeSage, Letondal, Lian, Magnan, Marchildon, Marin, Marion, Mercier, Mouriquand, Mousseau, Pascal, Pelletier, Pépin, Pin- sonneault, Poirier, Préfontaine, Rivard, Rolland, Roux, Roy, St-Jacques, Saucier, Simard (C.), Simard (L.C.), Simeray, Smith, Thomson, Trottier, Vidal.\u20ac e * BIBLIOGR À PHIE LE CANCER G.ROUSSY Professeur à la Faculté de Médecine de Paris, Membre de l'Académie de Médecine.Directeur de l\u2019Institut du Cancer.DEUXIEME EDITION ENTIEREMENT REFONDUE Avec la collaboration de MM.Roger-Leroux et M.Wolf.Le domaine du Cancer s\u2019étend chaque jour davantage, et son étude dépasse aujourd\u2019hui le cadre des sciences purement morphologiques pour confiner de plus en plus au domaine de la Biologie et de la Pathologie générales.Le nombre des travaux publiés depuis plusieurs années sur le (\u2018ancer est, il s\u2019en suit, considérable.Reprenant entièrement la première édition de cet ouvrage qui fut rapidement épuisé, le Professeur Roussy et ses collaborateurs et élèves, MM.Roger-Leroux et Maurice Wolf font paraître une étude d'ensemble de la question du Cancer.Les auteurs ont fait, bien entendu, une part très importante aux travaux les plus récents, à ceux notamment qui, par l\u2019étroite union de la Physique, de la Chimie, de la Morphologie et de l\u2019Expérimentation, ont contribué à jeter les bases de cette nouvelle science qu\u2019est la \u201cCancérologie\u201d.Il suffira de jeter un coup d\u2019oeil sur la Bibliographie qui termine l\u2019ouvrage et qui ne comprend pas moins de 2,000 numéros pour se rendre compte de la documentation considérable qui est à la base de ce nouveau travail.Parmi les nombreuses figures et planches qui illustrent ce livre, une série représente quelques-uns des types de malades que l\u2019on observe couram- D J) .4 ; 0.; « .; ment dans les centres anticahçéreux: J\u201d.Re » .3 >e- oe = 9 * .rd .es\u201d oe .À PE Ye e .> , * ee À oe 0 les .-e ° °.» * eu 0,0 ve 3 © 6e se 6e + .° ee; ®* I ' \u201d 2 or, 2) ®* 9 ve e-v ee se + dieu es , + à 120 : e * ° es su 35 sv 0g dat .veo a sree >; we © J L.eo | ERS.lee Lun = Tome LIX No 1 Janvier 1930 1930 BULLETIN Au début de chaque année, nous avons l'habitude de faire une revue des travaux accomplis et de tracer sommairement le programme de l\u2019année suivante.Qu\u2019avons-nous accompli à l\u2019Union Médicale en 1929 ?Disons, d\u2019abord, que nous avons publié un volume de 300 pages dans lequel on trouve un certain nombre de travaux originaux; des recueils de faits intéressants observés soit à l\u2019hôpital soit en clientèle privée; des revues générales portant sur les sujets les plus variés; un mouvement médical qui note des faits saillants parmi les travaux publiés à l\u2019étranger ou l\u2019orientation nouvelle à propos d\u2019une question déjà connue.De plus, nous avons analysé les publications les plus importantes sur de nombreux sujets afin de permettre aux praticiens de connaître les opinions actuelles de toutes les écoles du monde entier.Nous n\u2019avons pas négligé nos activités locales.Nous avons publié les comptes-rendus de nos sociétés médicales, tout en suivant le mouvement universitaire chaque fois qu\u2019il s\u2019est imposé à notre attention.J'ajoute que nous avons fait davantage: nous avons continué le travail de cohésion entrepris il y a quelques années, entre les différentes générations de médecins canadiens en donnant, comme dans le passé, toute la latitude possible aux jeunes médecins qui ont bien voulu s'imposer la tâche de rédiger et de publier leurs travaux en vue de les répandre dans le public médical et, ainsi, de nous faire apprécier favorablement.91789 2 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Nous avons, aussi, exercé quelques pressions sur les aînés, car nous croyons qu\u2019une science comme la médecine n\u2019est solidement assise et ne peut évoluer que si elle s'appuie sur l'expérience.Un journal comme le nôtre, dans un pays encore jeune, ne peut prospérer et rendre des services s\u2019il n\u2019existe \u201cune sainte alliance\u201d entre les médecins de tout âge.C\u2019est l\u2019un des buts que nous nous sommes proposé d'atteindre, il y a quelques années, et nous croyons pouvoir affirmer que nous commençons à réaliser ce vœu.Nous pouvons donc, sans prétention, admettre que nous avons suivi, ponctuellement, en 1929, le programme que nous nous étions tracé au début de la nouvelle organisation.Nous en exprimons nos remerciements aux collaborateurs qui ont bien voulu nous aider dans cette tâche, à quelque catégorie qu\u2019ils appartiennent, et à nos administrateurs, en les priant de nous continuer leur patronage et leur bon vouloir.% * 0% \u2014 Quel sera le programme de 1930 ?\u2014 Nous poursuivrons le même programme, car le but est le même et les moyens dont nous disposons sont identiques à ceux des années précédentes; mais nous espérons que les activités de tous nos collaborateurs se multiplieront davantage en s\u2019identifiant avec la profession médicale de notre pays sans négliger, pour cela, le mouvement des sciences médicales dans les autres pays, qui produisent mieux et plus que nous.En effet, nos travaux de recherches ne s'imposent pas encore par leur nombre, leur variété ou leur importance.Nous ne faisons pas école.Nos laboratoires sont en train de s\u2019outiller, mais nos professeurs de carrière ont peu de loisirs; quelques-uns cumulent trop de fonctions et tous ne fréquentent guère les congrès étrangers pour y apprendre ou enseigner.D'ailleurs, ils sont, chez nous, trop peu nombreux.Voici un problème vital que nous abordons avec une trop grande timidité.Nous craignons d'innover à ce point de vue.Nous en souffrons beaucoup en ce moment, nous en souffrirons davantage dans un avenir très rapproché.Craignons plutôt, si nous prolongeons cette prp\u2014\u2014\u2014 ple aq pa i for i gs ots SOF fava enc fers ae pit homme L'UNION MÉDICALE DU CANADA 3 politique d\u2019abstention ou de temporisation, que l\u2019on nous accuse d\u2019agnosticisme.D'autre part, l\u2019Université, les hôpitaux, n\u2019ont pas encore retrouvé leur assiette: ils peuvent difficilement, à l'heure actuelle, voter des budgets considérables pour satisfaire les exigences de la science pure.Nous sommes dans une période de construction; nous faisons les travaux d\u2019urgence mais il nous est difficile de pousser très loin les recherches variées et multiples, qui permettent de faire des découvertes comme celles que l\u2019on note dans les vieux pays.Nous croyons, cependant, que nous pourrons, dans un avenir plus ou moins rapproché, publier dans notre Revue des travaux originaux qui feront honneur à notre Université et à nos hôpitaux.L'Union Médicale continuera de donner la plus grande publicité à ces travaux, comme nous l'avons fait dans le passé.Quant aux praticiehs, pour qui le journal est surtout publié, ils ont le droit de s'attendre que nous fassions davantage pour eux.La plupart des auteurs, ici, publient pour eux-mêmes plutôt que pour le public médical.Ceci veut dire que les recueils de faits, qui sont la médecine vivante, celle que l\u2019on observe à la campagne comme à la ville, ne sont pas assez nombreux dans notre revue, nous l\u2019admettons: ils ne sont pas assez concis et ils négligent beaucoup trop le point de vue thérapeutique, si essentiel pour les médecins ruraux éloignés des centres et abandonnés à leur seules méditations.Nous nous y appliquerons mieux qu'auparavant, car nos hôpitaux regorgent de malades bien observés auprès desquels nous recueillons de précieux renseignements.Nous insisterons donc auprès de nos collaborateurs sur les points que nous venons de signaler.Quant aux analyses, nous continuerons de suivre le même programme, à la satisfaction de tous.\u2014 Cette année, un grand congrès de l\u2019Association des Médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord aura lieu à Montréal, en septembre prochain, sous la présidence du Professeur Rhéaume.Inutile de dire que l\u2019Union Médicale s\u2019est toujours identifiée avec les congrès de cette Association, qu\u2019elle a énergiquement encouragée depuis sa formation jusqu\u2019à ce jour.Elle continuera de lui apporter son concours afin de grouper tous les médecins de langue française autour de l'idée qu\u2019elle représente.L'organisation en est déjà très avancée, Nous n\u2019entretenons aucun doute sur le succès de ce congrès.Nous continuons ainsi une tradition vieille de 58 ans, car, dès sa fondation, l\u2019Union Médicale a été la cheville ouvrière de toutes 4 L'UNION MÉDICALE DU CANADA nos activités médicales, grâce à la vision de ceux qui ont fondé ce journal, en 1872, et à l'inlassable persévérance de leurs successeurs.Souhaitons que cet esprit tradionnelliste demeure et anime sans cesse les groupements actuels afin qu\u2019ils transmettent aux générations qui montent lentement derrière eux les mêmes ambitions et le même idéal.ALBERT LESAGE.ERRATA Par erreur, la Table des Auteurs de l\u2019année 1929 ne mentionnait pas les importants travaux du Professeur Albert LaSalle (sur Le Syndrome de Gradenigo au cours d\u2019une mastoïdite aiguë), page 679, et celui du Docteur Donatien Marion (sur l\u2019Insertion vicieuse du placenta dans un utérus malformé),, page 753.Nous prions nos lecteurs de bien noter cette omission.SOCIETE MEDICALE DE MONTREAL Election du Bureau pour 1930 Président: G.Lefebure de Bellefeuille.Vice-Président: J.A.Jarry.Secrétaire-Trésorier: Léon Gérin-Lajoie.Secrétaire des Séances: Paul Letondal.BUREAU DU CONGRES DES MEDECINS DE LANGUE FRANÇAISE DE L\u2019AMERIQUE DU NORD 16, 17, 19, 19 Septembre 1930 Président: Pr.Pierre-Z.Rhéaume.Vice-présidents: Pr.Albert Paquet (Québec).Pr.L.Phareuf, (Boston).Dr P.H.Laporte, (Edmunston).Trésorier: Dr H.M.Lebel.Administrateur: T.Valiquette. MÉMOIRE CANCER INTRINSEQUE DU LARYNX GUÉRISON DURABLE DANS 76%, DES CAS DE LARYNGO-FISSURE * : Par Sir ST.CLAIR THOMSON, Londres, Angleterre.Le cancer est au début une maladie localisée et circonscrite.Partant, il devrait étre curable par des opérations localisées et bien délimitées.Pour obtenir ceci il faut considérer deux conditions importantes: la première est qu\u2019un diagnostic correct soit fait alors que la maladie est au début, et la seconde est qu\u2019il s'agisse d'une région ou le cancer puisse étre excisé sans grand risque, quant a la vie, sans déterminer une grande mutilation.Ces deux conditions sont satisfaites dans une variété de cancer du larynx, alors qu\u2019elles font défaut dans une autre.Car, comme vous le savez, c\u2019est il y a 50 ans que Krishaber de Paris attira l'attention sur la grande différence au point de vue clinique entre les cancers extrinsèques et intrinsèques du larynx.La différence entre ces deux variétés est remarquable.Dans le cancer extrinsèque, les symptômes sont insidieux et peu marqués; l\u2019envahissement est rapide; les ganglions sont envahis tôt; et l\u2019intervention chirurgicale ne permet d\u2019escompter une cure permanente que dans peu de cas.MacKenty va même jusqu\u2019à dire \u2018\u2019qu\u2019aucun cancer extrinsèque du larynx n\u2019est et ne saura jamais être guéri chirurgicalement\u201d.Le cancer extrinsèque attaque la face externe du larynx ou les limites de l\u2019orifice pharyngien du larynx, c\u2019est-à-dire l\u2019épiglotte, les replis * Communication faite à Montréal à la Canadian Medical Association, 19 juin 1929, 6 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA ary-épiglottiques, les cartilages aryténoïdes, la région rétro-cri- coïdienne et la face postérieure du larynx (c\u2019est-à-dire le sinus pyriforme).Je n\u2019ai pas à m\u2019étendre davantage sur cette variété de cancer.Elle ne nous intéresse pas ici.Considérons la localisation intrinsèque qui attaque surtout les \u201c cordes vocales et plus particulièrement leur portion antérieure.Ici le seul symptôme constaté d\u2019une manière définie, \u2014 et durant plusieurs mois qui en est la seule manifestation \u2014 est l\u2019enrouement.Il est peu marqué au début et partant peut être insidieux, mais il est persistant et va croissant.Pas de toux, pas de dysphagie, pas même de gêne; l\u2019appétit, l\u2019état général, l\u2019aptitude au travail, le poids, ainsi que la sensation de bien-être persistent, et il n\u2019y a aucun des symptômes qu\u2019on attendait de constater autrefois avant de poser le diagnostic de cancer du larynx, à savoir: douleur, toux, crachats striés de sang, haleine fétide, ganglions, amaigrissement et cachexie.Quand la maladie a atteint ce développement, le cas est désespéré.Comment peut-on arriver à un diagnostic précoce ?D\u2019abord en sachant que toute voix voilée ou tout enrouement persistant pendant plus de trois semaines \u2014 comme dans le cas d'une simple laryngite catarrhale \u2014 nécessite l\u2019examen du larynx par un expert.Chez les jeunes, cet examen peut révéler une tuberculose au début.Chez les gens plus âgés il peut dépister un épithélioma pouvant être excisé, permettant une guérison permanente et la préservation d\u2019une voix utilisable.Fort heureusement, le cancer intrinsèque du larynx est beaucoup plus fréquent que la forme extrinsèque \u2014 du moins chez l\u2019homme.I] n\u2019est pas inconnu chez la femme; cependant, chez elle le cancer extrinsèque est beaucoup plus commun.Comme nous le savons tous, le cancer de la langue et du pharynx est plus fréquent chez l\u2019homme.Plus on descend bas dans l\u2019œsophage, plus la fréquence : du cancer va en diminuant chez la femme et en augmentant chez l\u2019homme.Regardons certaines figures montrant de petites proliférations limitées qui peuvent déterminer de l\u2019enrouement persistant, et rien d\u2019autre, et qui peuvent être diagnostiquées alors qu\u2019elles n\u2019atteignent pas la taille d\u2019un demi-pois.Voici le larynx d\u2019un homme enroué depuis six mois.On y remarque dans l\u2019une des cordes restée mobile un néoplasme en cupule. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 7 Il fut opéré il y a 7 ans et aujourd'hui exerce d\u2019une façon active au barreau.Cette figure représente le larynx d\u2019une femme de 53 ans qui était enrouée depuis 8 mois.On constate qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un type de prolifération favorable; il s\u2019agit d\u2019une prolifération en chou-fleur au niveau d\u2019une corde et il n\u2019a pas d\u2019infiltration.La malade est morte des suites d\u2019une grippe 14 ans après avoir été opérée; on ne constata aucune récidive du cancer.Le cliché suivant fait voir l\u2019affection dans sa forme circonscrite, en chou-fleur, mais une prolifération plus étendue bien que superficielle.Voici un néoplasme encore plus étendu.La figure suivante fait voir la cupule, ou fossette, souvent présente et qui, lorsqu\u2019elle se produit, est caractéristique.En l'espèce il s'agissait évidemment d\u2019une prolifération à type infiltrant, s'étendant jusque dans la région sous-glottique et la corde était tout à fait immobile.Néanmoins, 12 ans se sont écoulés depuis l\u2019ablation par laryngo-fissure et par la suite une photographie nous montre le malade en question faisant un discours sur une place publique avec une seule corde vocale en bon état.| Le cliché suivant met en évidence la dépression en fossette et la fixation de la corde.Le malade est mort de tuberculose 10 ans après laryngo-fissure sans récidive de son cancer.Le cliché qui vient ensuite nous fait voir aussi la dépression cupuliforme.Vient ensuite un cliché d\u2019un cas où le processus est si considérablement étendu qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un cas limité quant à la possibilité d\u2019une laryngo-fissure.La corde toute entière se trouve envahie et jusque, et même au delà, de la commissure antérieure.Néanmoins, l\u2019excision de toute la corde et de la moitié de celle du côté opposé donna 7 ans de répit.La dernière figure représente un cancer intrinsèque du larynx négligé par le malade ou mal diagnostiqué par le médecin.La prolifération est si profonde que le ligament ventriculaire est envahi; tout mouvement est aboli du côté correspondant; la commissure antérieure et le cartilage sont compris dans le processus.Il est impossible d'opérer un tel cas par laryngo-fissure.Les résultats brillants de l\u2019opération par voie de laryngo-fissure sont dus principalement aux travaux originels, à la fin du siècle dernier, de deux laryngologistes britanniques, Butlin et Semon.J'ai maintenant l'honneur de vous présenter les résultats que j'ai obtenus dans 70 cas consécutifs; chacun de ces cas a été publié. 8 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA La laryngo-fissure ne consiste pas simplement, comme on l'a dit, en \u201cI\u2019excision de la corde après incision du larynx\u201d.Un procédé aussi peu chirurgical et si incomplet pour une affection comme le cancer ne saurait donner lieu à des résultat satisfaisants.Comme vous le voyez d\u2019après ce diagramme, la technique opératoire \u2014 que je décrirai demain à la section d\u2019Oto-laryngologie \u2014 est celle d'une laryngectomie partielle; il s\u2019agit presque d\u2019une hémi-laryngectomie complète, mais effectuée par voie interne.Après incision du larynx dans le sens de sa longueur, une lame latérale du cartilage thyroïde est enlevée et tout le tissu mou sur sa face interne, depuis son périchondre interne jusqu\u2019à la muqueuse glottique, du bourrelet ventriculaire à l\u2019espace sous-glottique, et de la commissure antérieure en avant jusqu\u2019à et y compris l\u2019apophyse vocale du cartilage aryténoïde en arrière.Le tout est excisé en une seule masse, comme vous le voyez sur la figure suivante.Si vous tenez en ligne de compte la démarcation anatomique dont je viens de faire mention, vous admettrez qu\u2019il s'agit d\u2019une ablation large du néoplasme, étant donnée dans la masse enlevée la grande marge de tissus sains l\u2019entourant.Apports cliniques J'ai opéré par laryngo-fissure 70 cas de cancer du larynx.Tableau I.Cas opérés par laryngo-fissure (1900-1928).Nombre Cas de Cas Ages de cas clientèle d\u2019hôpital limites Hommes .63 56 7 40-80 Femmes .7 4 3 35-38 Total .T0 60 10 Proportion des cas par rapport aux deux sexes En considérant le Tableau I nous constatons qu\u2019il y a grande prépondérance chez l\u2019homme et dans le cas de clientèle particulière.Les cas d'hôpital sont moins nombreux pour la simple raison que les malades moins instruits ne*se présentent pas à la visite, ignorant le danger de ce qu\u2019ils croient être négligeable parce qu\u2019il s'agit d\u2019une voix simplement voilée; ou bien, s\u2019ils viennent consulter ils n\u2019acceptent le conseil d\u2019être opérés que lorsque la lésion est si avancée qu\u2019une laryngectomie complète est la seule intervention possible. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 9 Cas selon l\u2019âge Dans le tableau suivant (II) est mis en évidence ce qui dans mès 70 cas a trait au sexe et aux différentes décades de la vie au point de vue statistique.Table II.Incidence selon l\u2019âge et le sexe de 70 cas de cancer intrinsèque du larynx.Plus Plus Ages: 21-30 31-40 41-50 51-60 61-70 de 70 de 80 Hommes .0 2 14 28 13 5 1 Femmes .0 3 2 2 0 0 0 Total (deux sexes) 0 5 16 30 13 5 1 Ici on constate que le cancer du larynx n\u2019est pas inconnu entre 30 e t40 ans (il va sans dire qu\u2019il a été observé chez des gens encore plus jeunes); que chez l\u2019homme il peut survenir à un âge avancé; et qu\u2019il paraît être surtout fréquent chez l\u2019homme entre 51 et 60 ans.Quant à la présence du cancer du larynx chez la femme, 7 parmi mes cas; le nombre en est peut-être insuffisant pour en tirer des conclusions, mais il importe cependant de remarquer que chez la femme le cancer semble apparaître à un âge plus préccce et être plus rare après 60 ans.Toutes ces femmes ne fumaient, ni ne buvaient.Résultats Malades vivants et sans récidives Mes résultats sont mis en évidence dans les tableaux qui suivent.Le premier de ceux-ci montre que, parmi 34 malades survivants à l'heure actuelle, 32 ont survécu durant des périodes variant de 5 à 19 ans depuis l\u2019époque de l\u2019intervention. \u2019 > L UNION MEDICALE DU CANADA 10 Tableau IIL.\u2014 Trente-quatre cas de cancer intrinséque du larynx.Malades survivants et bien portants, sans récidive, après laryngo-fissure.Laps de temps No Age lors de Laps de temps No Agelorsde - Age depuis des cas l'opération Sexe Age actuel depuis laryngo fissure des cas l\u2019opération Sexe .actuel laryngo-fissure 6 56 M 78 19 ans : 45 35 F 43 8% ans 11 4834 M 6434 16 \u201c 47 60 M 68 8 \u201c 18 65 M 79 1415 \u201c\u201c 50 53 M 60 7 \u201c 21 66% M 81 1345 \u201c 52 40 M 47 7 \u201c 22 59 M 73 13 ans, 12 depuis excision de 53 58 M 65 7 \u201c ganglions.26 46 F 5844 1215 ans depuis 1ère corde.- 54 58 M 65 7 \u201c 514 ans depuis 2ème corde.27 57 M 70 12% ans 55 47 M 56 7 \u201c 29 4715, M 60 1215 \u201c 56 80 M 86 6 \u201c 31 50 M 62 12 \u201c 58 79 M 85 6 \u2018 32 53 M 65 12 \u201c 59 52 M 58 6 « 33 67 M 79 12 6e 61 4934 F 56 534 \u201c 36 60 M 70 10 « 62 58 M 62 4% « 38 40 F 51 1044 \u201c 63 56 M 60% 44\u201c 41 33 F 42% 91 ans depuis laryngo-fissure.64 74 M T8 4% « 83% ans depuis laryngectomie partielle.42 48 M 5614 845 ans 65 54 M 58 4 \u201c 44 58 M 67 9% « 66 62 M 66 4 \u201c 69 56 M 53% 1% \u201c 70 62 M 634 144 \u201c hh L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 11 Cas suivis d\u2019une longue survie avec santé et vie active L'âge avancé de beaucoup de survivants appelle l'attention, ainsi que leur santé, leur vigueur et le bien-être social du fait qu\u2019ils ont gardé une voix utilisable.Le No 11 est un Canadien, qui m'a été envoyé par le Docteur Birkett.Le No 18 est un entrepreneur de constructions navales en Ecosse.Le 21 est dans sa quatre- vingtième année; il écrit qu\u2019il fait encore de la bicyclette.Le No 31 est un amiral; il s'occupe activement de sociologie et fait des discours en places publiques.Quatre d\u2019entre eux sont des médecins qui exercent (Nos 52, 59, 63 et 66).Deux sont des hommes de loi qui s'occupent de grosses affaires (Nos 47 et 55).Un pasteur peut prêcher deux fois le dimanche (No 44).Un maitre d\u2019école garde sa situation (No 50).Un homme d\u2019affaires, opéré à l'âge de 67 ans, est actuellement âgé de 79 ans (No 33).Il y a quatre ans il subit avec succès une intervention pour hypertrophie de la prostate.Cette année il a célébré ses noces d\u2019or et lors d\u2019un dîner qu\u2019il donna à 120 de ses employés il fit un discours qui fut entendu.Le No 56 est un juge à la retraite qui chasse à courre six ans après son opération et qui a quatre-vingt-six ans.Décès dus à d\u2019autres causes Parmi les 73 malades, 18 sont morts d\u2019autres causes, sans récidive (tableau IV).Parmi ceux-ci il est à noter que [3 survécurent durant une période minima de trois ans sans récidive, tandis que 3 d'entre eux moururent dix ans et même plus de temps après l\u2019opération.Les deux cas où la mort est survenue secondairement - à l\u2019opération seront étudiés plus tard.Morts par suite de néoplasme localisé ailleurs, mais sans récidive quant à localisation que nous étudions Si nous en avions le temps il serait intéressant d\u2019étudier en détail les sept cas du tableau suivant \u2014 notamment celui qui a trait à un décès par carcinome ailleurs, sans récidive localé (tableau V).Dans deux d\u2019entre eux (Nos 15 et 57) la virulence du cancer a dû être * Cas présentés à la Royal Society of Medicine le 4 Novembre 1927.Voir comptes rendus \u2018Royal Society of Medicine\u201d, 1927, section de Laryngologie, p.1. 12 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA très intense, car les ganglions cervicaux furent envahis en deçà de quatre et six mois, et les malades succombèrent en moins de sept et onze mois respectivement, bien que dans chacun des cas où il n\u2019y avait aucune récidive au niveau du larynx.Tableau IV.\u2014 18 décès par autres causes, sans récidive.Comme contraste de ces cas il faut considérer les cas Nos 39 et 7, dans lesquels les ganglions n\u2019apparurent que quatre et sept ans après l'opération.* Pas de détails, mais Logan Turner ne constata aucun signe de récidive deux mois avant la mort.No Age lors de Age Laps de temps des cas l\u2019opération à la mort depuis l\u2019opération Cause de la mort 2 49 501% 1 an et demi Laryngite.3 48 58 10 ans Tuberculose.5 54 61 7 \u201c Inconnue (malade d'hôpital, examiné 2 ans avant décès sans récidive).8 58 611% 31, « Anévrisme.9 68 74 6 \u20186 Bronchite: 10 55 60 à 63 5 à 8 ans Pneumonie (Indien).12 53 (F) 67145 14% ans Grippe.17 69 75 53 « Hémorrhagie cérébrale.23 68 764 8%\u201c Toxémie urinaire.25 72 84 12 és Défaillance cardiaque.28 48 49 11 mois Pleuro-pneumonie consécutive, puis pleurésie purulente fétide un mois après opération: rétablissement.* 30 63 65 125 an Angine de poitrine.34 75 85145 10% ans Défaillance cardiaque.35 58% (F) 62 325 + Hémorrhagie cérébrale.36A 70 74 4 \u201c Inconnue.37 69% 78 9 \u201c Défaillance cardiaque: ar- tério sclérose.40 56 56 50 heures Consécutive à l'intervention (hémorrhagie, morphine, pneumonie).51 42 42 4 jours Consécutive à l'intervention (rupture de l'oesophage). L'UNION MÉDICALE DU CANADA Tableau V.\u2014 Sept décès par suite de néoplasie apparue plus tard mais non au niveau du larynx.No A ge lors de des cas l\u2019opération 1 47 7 43 13 58 15 52 39 64 43 54 57 39 a que 11, tous des hommes.Cancer de la base de la langue du côté opposé, apparu 1 an et demi après.Larynx obstrué 3 à 7 mois après opération.Laryngectomie après 9 mois.On ne trouve pas de prolifération cancéreuse (?syphilis).Ganglions cervicaux cancéreux 7 ans plus tard.Mort due à cancer abdominal considéré inopérable après laparotomie.Infiltration des ganglions cervicaux après 4 mois.Ganglions cervicaux.Ganglions médiastinaux (découverte radiographique).Ganglions cervicaux en moins de 6 mois.Décès par récidive locale Age à la mort 50 51 69 5216 681% 57 39% Laps de temps entre opération et décès 3 ans 7 ans et demi 11 ans 7 mois 4 ans 5 mois 3 ans 11 mois Nous abordons maintenant les cas de récidive locale; il n\u2019y en Il faut noter en considérant le tableau VI que dans 8 de ces cas la récidive est survenue en moins d\u2019un an.Ceci est en faveur du dire de Semon: que la récidive survient généralement durant les douze premiers mois.Personnellement, j'ai peu d\u2019anxiété si le troisième mois s\u2019est passé sans l'apparition de symptômes suspects. 14 L'UNION MÉDICALE DU CANADA ! Tableau VI.Onze décès par récidive locale.No Temps d\u2019apparition Laps de temps des cas apres fissure entre décès et fissure 4 8 mois 20 mois et 12 mois après laryngectomie.11A 4 à 6 mois ?9 mois 14 3 ans 3 ans (deuxième laryngo-fis- sure; mort par idiosyncrasie .à l\u2019héroïne).16 2 mois 5 mois 19 3 ans 4 ans et demi 20 3 mois 1 an 24 Suspect après un mois, et certain après 4 mois; trachéotomie à la fin du 5ème mois.15 mois 46 .2 mois (refusa la laryngectomie).11 mois .48 3 ans et trois mois 4 mois 49 2 mois 4 ans et 9 mois 67 2 mois 7 mois Ces récidives précoces ne devraient pas étre considérées comme des récidives a proprement parler.Nous ferions progresser les choses si nous les regardions franchement comme des excisions in- complétes, en recherchant d\u2019autre part pourquoi l'opération a été un échec, ou pourquoi ce type d'opération n\u2019était pas indiqué dans le cas considéré.Décès consécutifs à l\u2019opération Parmi les 74 laryngo-fissures effectuées chez 70 malades (2 parmi les 70 ayant été opérés pour récidive locale et 2 ayant nécessité une laryngo-fissure supplémentaire) 2 sont morts durant les quarante-huit heures qui suivirent l'intervention, l\u2019un par idiosyncrasie vis-à-vis de l'héroïne et l\u2019autre ayant eu une dose de morphine plus importante que celle qui lui avait été octroyée, bien que malgré cela, 4 centigrammes et demi ne sauraient être dans ces circonstances regardés comme constituant une grosse dose.Je crois que la mort eût été évitée dans ces deux cas si aucun soporifique n\u2019avait été administré.A l'heure actuelle, je refuse de donner une préparation opiacée, de quelque nature qu\u2019elle soit, avant ou après l\u2019opération, et je défends tout stupéfiant avant l\u2019anesthésie (un mélange, locale a aie L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 15 et générale).Un troisième cas, No 51, mourut le quatrième jour par rupture de l\u2019æsophage due à des vomissements post-anesthésiques, accident très rare, n\u2019ayant aucune relation directe avec l'opération.Si l\u2019on accepte ces trois cas comme morts consécutives à l'opération, ceci constituerait une mortalité de 4 pour cent \u2014 chiffre tout différent de celui établi par les auteurs qui se sont occupés du sujet originellement, et que celui qui existe encore dans certaines statistiques qui sont rarement publiées.* S'il m\u2019est permis d'effacer de mes statistiques le cas No >I] * (rupture de l\u2019œsophage), je n\u2019ai pas eu de cas de mort par opération depuis le cas No 40.Cette suite de 30 cas sans désastre m''encourage à émettre l\u2019opinion que si la laryngo-fissure est effectuée avec les précautions et les soins sur lesquels j\u2019insiste quant a 'hémorrhagie et l\u2019introduction de sang dans les bronches, l'opération est exempte de tout danger, sauf ceux encourus dans toutes les opérations.Guérison permanente I1 est inutile de rallumer d'anciennes et stériles discussions avant pour objet de déterminer combien de temps après l\u2019opération on peut considérer comme permanente la guérison du cancer.À part quelques exceptions tous les malades ont atteint l\u2019âge moyen de la vie ou sont d\u2019un âge avancé.Assurer une existence avec la parole et un état de bien-être durant dix à vingt ans à 12 personnes ayant plus de quarante-sept ans et jusqu\u2019à soixante-sept ans (comme l'indiquent les 12 premiers cas du tableau 111); opérer des hommes de 79 et 80 ans (Nos 58 et 56), et leur donner cinq ans de vigueur et de santé par la suite; et de rendre a leur vocation des médecins, des hommes de loi, des pasteurs et des maitres d\u2019école, \u2014 tout ceci constitue des raisons suffisantes pour réclamer des guérisons permanentes grace a la méthode que nous avons en vue.Il y a vingt-quatre ans, le Dr Bryson Delavan disait que \u201cles statistiques basées sur des soi-disant cas de guérison, remontant a moins de trois ans, n\u2019ont aucune valeur\u201d Un examen scrupuleux des tableaux que j'ai mis à votre disposition montre que 63 malades entrent dans cette catégorie et que 48 d\u2019entre eux survivaient bien portants et sans récidive après trois * \u201cLes résultats d\u2019opérations faites sans discernement ont été si mauvais que leurs procès-verbaux ne peuvent être obtenus, car ils ont été supprimés.\u201d (D.Bryson Delavan, loc.cit.) 16 L'UNION MÉDICALE DU CANADA ans.Cette guérison permanente de 76 pour cent a été obtenue sans se restreindre au choix de cas particulièrement favorables.Comme les indications de laryngo-fissure ne sont pas encore tout à fait établie \u2014 sauf celle d\u2019être une opération convenant à beaucoup de cas de cancer intrinsèque \u2014 j'ai cru devoir y avoir recours dans diverses manifestations intra-laryngées de l\u2019affection.Bien qu\u2019ayant pu nuire aux résultats quant aux statistiques, cela m\u2019a permis de tirer des conclusions nettes quant aux indications et aux restrictions de la voie d'abord par laryngo-fissure pour ce qui est de l\u2019extirpation, du cancer intrinsèque que du larynx.Conclusions Si le cancer intrinsèque du larynx est diagnostiqué de bonne heure, il vaut mieux opérer par laryngo-fissure \u2014 opération qui devrait être sans danger pour la vie du malade et aui est suivie d\u2019une guérison permanente avec conservation d\u2019une voix satisfaisante.Les seules conditions nécessaires à cet accomplissement sont un diagnostic précoce et un soin méticuleux pour ce qui est des précautions et de la technique opératoire.* En instruisant le public qu\u2019il convient de prendre en ligne de compte tout enrouement persistant et en répandant dans la profession médicale I'idée de la nécessité et les avantages d\u2019un diagnostic précoce, le nombre des laryngo-fissures et la proportion des guérisons permanentes augmenteront progressivement, tandis que les cas de laryngectomie diminueront aussi progressivement.Dans d\u2019autres régions anatomiques il peut y avoir de meilleurs remèdes que ceux que la chirurgie peut offrir; il n\u2019est pas douteux qu\u2019un jour on découvrira comme traitement du cancer intrinsèque du larynx des remèdes plus simples et plus sûrs, mais, à présent, il n\u2019y a rien de préférable à l\u2019acte chirurgical par voie de laryngo- fissure.Par cette méthode nous pouvons obtenir des résultats qui n\u2019ont pas été surpassés dans le traitement du cancer dans aucune autre région interne de l'organisme.* \u201cDes fautes presque criminelles ont été faites au cours d\u2019opérations .laryngées faites par des hommes sans expérience et opérant sans assistants rompus.\u201d (I¥ Bryson Delavan, loc.cit.).\u2014 PE INDENTIFICATION D\u2019OBJETS - MECHE ET COPEAUX - AFFAIRE DE CAMBRIOLAGE Par Rosario FONTAINE, Médecin-légiste.Un cambriolage a été commis.Le voleur s'est servi, pour pénétrer dans la place, d\u2019une mèche avec laquelle il a percé un trou dans une porte de bois franc; faire jouer le verrou intérieur à travers ce trou lui fut chose facile.Les copeaux trouvés sur le sol près de la porte nous parviennent au laboratoire en même temps qu'une mèche saisie comme suspecte d\u2019avoir servi d'instrument au délinquant pour commettre son cambriolage.Y a-t-il concordance entre les surfaces de coupes des copeaux et l\u2019instrument saisi?Il est d\u2019abord un fait certain: c'est qu'une mèche usagée présente des inégalités du tranchant qui constituent des caratcères individuels et que ces caractères individuels sont susceptibles de laisser leurs traces plus ou moins nettes sur des objets entamés par l\u2019outil.La netteté et la richesse des détails seront évidemment fonctions de la nature du bois, mais le résultat apparent, soit à l\u2019œil nu, soit au microscope, sera toujours caractéristique de la configuration individuelle du tranchant de l\u2019outil.Dans le cas qui nous intéresse, l'examen à l'œil nu des copeaux révèle immédiatement leur intime parenté: sur tous nous apercevons les mêmes éléments de détail.L'outil utilisé peut-il être la mèche saisie © Cette mèche est du type à extension ; elle comporte un tranchant mobile que l\u2019on peut allonger ou raccourcir à volonté, selon le diamètre du trou à percer.Le tranchant tel que fixé peut percer un trou de 49.5 millimètres de diamètre, et la rouille recouvrant la vis qui relie le tranchant à la tige n'indique aucune manipulation récente.De plus, le tranchant est oblique par rapport à l\u2019axe de la tige, de telle sorte que la surface tranchée des copeaux doit être nécessairement convexe.Enfin le fil de la lame, bien qu\u2019assez tranchant, présente une encoche macroscopique terminée à chaque extrémité par deux aspérités qui doivent laisser leurs empreintes sur le bois entamé sous forme de deux rainures en cercle parallèles 18 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Les copeaux recueillis sur les lieux du cambriolage ont été faits avec un instrument du même type que la mèche plus haut décrite, comme le montrent leur diamètre, qui est exactement de 49.5 millimètres et leur convexité, qui correspond à l\u2019obliquité du tranchant.De plus, sur la surface tranchée des copeaux, on aperçoit deux petites rainures en cercle parallèles qui correspondent exactement aux aspérités de l'encoche du tranchant.Il nous restait à confirmer ces constatations en recourant aux procédés d'identification que nous avons coutume d'appliquer dans nos travaux.Nous avons d\u2019abord effectué des essais au moyen de cette mèche sur du bois blanc.Les copeaux obtenus sont macroscopiquement identiques aux copeaux à identifier: même configuration, même diamètre, etc.Des épreuves sur pellicules et sur papiers ont été tirées de ces deux échantillons de copeaux, au moyen d\u2019un éclairage fortement rn titan aioe A a A de de Te L'UNION MÉDICALE DU CANADA 19 oblique.En nous servant des premières, nous avons réalisé l\u2019épreuve de la superposition et en nous servant des secondes, le contrôle par traçage.Les résultats ont été absolument concluants, tant pour les épreuves en grandeur naturelle que pour les épreuves agrandies; la concordance était parfaite.Pour illustrer ce travail nous avons cru pouvoir nous limiter à publier l\u2019identification par traçage des photographies agrandies à deux diamètres; encore l\u2019échelle a-t-elle été réduite pour la nécessité de la mise en page; mais les résultats sont si nets qu'ils nous ont paru suffire pour entraîner la conviction.| La figure I! représente la partie tranchante de la mèche.La figure II représente un copeau recueilli sur les lieux du cambriolage.La figure III représente un copeau obtenu par nous au moyen de la mèche suspecte. 20 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Pour mémoire, rappelons que les comparaisons par superposition ont péremptoirement confirmé les résultats des traçages et que dans nos travaux de comparaison sur des photographies agrandies à raison de leurs configurations plus détaillées nous avons pu répérer un nombre d'éléments concordants beaucoup plus considérable que celui | signalé sur les photographies en grandeur naturelle.{ En résumé et comme conclusion, nous signalerons que dans | l\u2019espèce, l\u2019application des principes de notre méthode d\u2019identification nous a permis d\u2019établir d\u2019une façon certaine que tel était l\u2019outil qui avait servi au cambriolage.- RECUEIL DE FAITS EPITHELIOMA DE LA RÉGION TEMPORALE, DU CANTHUS EXTERNE ET DE LA PAUPIÈRE SU- PERIEURE TRAITE PAR L\u2019ELECTRO- | DESSICATION Par Albéric MARIN Voici une observation que nous rapportons à cause de certains points intéressants qu\u2019elle soulève.Madame St XXX, (dossier 1088, Service de Dermatologie de l\u2019hôpital Notre, directeur: M.le professeur Gustave Archambault) âgée de 31 ans, a vu apparaître à sa tempe gauche, il y a une dizaine d'années, une petite tache érythémateuse, tout à fait indolente, légèrement squameuse.Cette tache, sur laquelle furent appliquées diverses pommades de façon intermittentes, s\u2019est étalée peu à peu.La malade s\u2019est décidée il y a 4 ans à consulter un médecin qui diagnostiqua un lupus érythémateux et la soumit à des irradiations par rayons X.Nous ne savons quelle a été la technique suivie, mais comme la malade affirme qu\u2019elle a été irradiée 36 fois, il s\u2019agit vraisemblablement de petites doses.Sous l'influence de ce traitement, non seulement l\u2019affection n\u2019a pas rétrocédé, mais s\u2019est agrandie et s\u2019est de plus ulcérée.En effet, il y a deux ans la lésion est devenue ulcéro-croûteuse, s\u2019est aggravée en dépit des traitements radiothérapiques que l\u2019on continuait.Nous voyons cette femme en juin 1929.Elle présente alors à la région temporale gauche un ulcère arrondi, recouvert d'une croûte, de la dimension d\u2019une pièce de 50 sous, profond d\u2019un centimètre et demi, à fond inégal, nécrotique, avec çà et là, en bordure, de petites perles.Au pourtour s\u2019étend une bande d\u2019environ un centimètre de largeur, rouge et atrophique.Cette ulcération entame quelque peu la commissure palpébrale externe.Elle se continue jusqu\u2019au tiers moyen de la paupière supérieure par une traînée rouge, atrophique, squameuse d'à peu près un centimètre de largeur où l\u2019on voit quelques petites perles dont quelques-unes sont ulcérées. 22 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Un diagnostic clinique d\u2019épithélioma baso-cellulaire s'impose, qui est confirmé par une biopsie.Nous décidons de traiter immédiatement par l\u2019électro-dess\u2018cation.L\u2019ulcération cicatrise rapidement, mais comme quelques perles subsistent à la périphérie, nous faisons une nouvelle intervention en août.Actuellement l\u2019on voit une cicatrice souple qui ne gêne nullement l\u2019occlusion des paupières.Cette observation suggère certaines réflexions : Voici une jeune femme de 31 ans qui présentait une lésion cutanée, probablement du lupus érythémateux, qui reçoit de nombreuses irradiations (36 en 4 ans), qui voit s\u2019agrandir et s\u2019ulcérer cette lésion en dépit du traitement.mA RES si edb.Jk bo L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 23 S'il est vrai qu\u2019elle souffrait réellement de lupus érythémateux, ceci serait une nouvelle preuve qu\u2019il ne guérit pas avec les radiations.Nous le savions déjà.D'autre part, comme cette femme n\u2019avait pas encore atteint l\u2019âge du cancer cutané (exceptionnel avant la quarantaine), cette observation nous enseigne après beaucoup d\u2019autres que de faibles applications de rayons X, fréquemment répétées, peuvent faire éclore un épithélioma.Il y est de plus clairement démontré qu'elles ne guérissent pas un épithélioma, qu\u2019elles ne l\u2019empêchent pas d'évoluer.Ceci pourrait inciter certains radiologistes qui s\u2019en tiennent encore à la méthode des petites doses à utiliser plutôt la méthode de Fordyce- Belot pour le traitemet du baso-cellulaire cutané: curettage de la lésion suivi d\u2019une irradiation massive.Cette observation nous indique en outre que l\u2019électro-dessication est un procédé vraiment précieux.En effet, cet épithélioma, à cause des multiples irradiations antérieures, était vraisemblablement radio- résistant.Peut-être de très petites doses de rayons (X ou radium) en seraient-elles venues à bout, mais la conjonctive, la cornée, le globe oculaire auraient alors risqué un certain danger.L'\u2019électro- dessication a pu cicatriser ce cancer sans toucher l'œil.Enfin, on peut constater que les résultats cosmétiques sont excellents, aussi bons que ceux qu\u2019auraient pu donner les irradiations si elles avaient réussi, supérieurs à ceux de l\u2019exérèse chirurgicale, laquelle aurait été d\u2019abord mutilante, puis aurait exigé après coup les soins minutieux d\u2019une autoplastie à résultats souvent aléatoires.Signalons en terminant que les épithéliomas causés par les rayons X sont généralement spino-cellulaires.La nature baso- cellulaire de celui-ci en constitue une rareté remarquable. UN CAS DE MÉGACOLON CONGÉNITAL Par Albert COMTOIS, Electro-radiologiste C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un enfant né à terme, le 12 mars 1926, de parents en bonne santé, et ne présentant dans leur passé aucune atteinte de syphilis ou de maladies graves.Tous deux, cependant, sont plutôt obèses, bien que jeunes.Le bébé, premier-né, pèse 9 livres à sa naissance, mais quinze jours plus tard son poids n\u2019est plus que de 5 livres.A la naissance, on fit remarquer à la mère que l'enfant présentait un gros ventre; la remarque ne lui plut pas, mais elle dut se rendre à l'évidence.Dans les trois jours qui suivirent, aucune selle; l\u2019huile de ricin administrée amena une exonération intestinale.Ce laxatif dut être continué jusqu\u2019à l\u2019âge de trois mois, où, devant l\u2019inefficacité du médicament et l'augmentation anormale du volume du ventre, on eut recours \u2018aux petits lavements savonneux, d\u2019ailleurs mal supportés et ne provoquant pas toujours une évacuation intestinale suffisante.Dans les premières semaines, l\u2019enfant fut au sein, puis, jusqu\u2019à l\u2019âge de trois mois, au lait pasteurisé dilué; son alimentation varia peu jusqu\u2019au sixième mois.De six mois à deux ans, lait pur.Et ce, sur la recommandation de son médecin de la goutte de lait, que la mère fréquentait régulièrement.L'appétence pour d\u2019autres mets était d\u2019ailleurs à peu près nulle, le manque d\u2019appétit, désespérant.On en comprend tout de suite la cause quand on sait que durant la période comprise entre le 6ème et le 24ème mois, la constipation est devenue de plus en plus opiniâtre, et que deux lavements quasi-quotidiens, d\u2019une pinte et demie à deux pintes, suffisent à peine à assurer un fonctionnement intestinal efficace.À ce propos, il se présente une particularité assez intéressante à connaître.Quand l\u2019eau de lavage avait réussi à déclencher le péristaltisme intestinal, les matières fécales étaient poussées jusqu\u2019à l\u2019anus, mais ne pouvaient le franchir.I] fallait alors employer une méthode de clivage intra-rectal, afin de les amorcer; elles sortaient alors sous la for:ne d\u2019un boulon très dur, de la grosseur du poignet, \u201d~ L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA 25 recouvert d\u2019un enduit grisâtre.A cet etfet, la mère, sur le conseil de son médecin, veillait à ce que Vongie de son 1ndex droit soit suffisamment long afin de pouvoir procéder a ce travail de désagrégation partielle du bol fécal.De petites hémorragies accompagnaient quelquefois ces selles laborieuses.A 18 mois, l'enfant développa soudainement de la diarrhée.Les selles, au nombre de huit à dix par jour, étaient riziformes, d\u2019apparence brunâtre et d\u2019odeur repoussante.Le poids de l\u2019enfant ne parut pas fléchir durant les quelques jours que dura la débâcle.Le jus de fraises administré rendit à l'enfant sa constipation antérieure.A deux ans, on substitua au lait, le jambon, la soupe et les pâtes alimentaire, mais l'appétit ne fut guère amélioré.Pas contre, la distension abdominale prit des proportions alarmantes.Les gaz n\u2019étaient rendus ni par la bouche, ni par l\u2019anus; et les lavements, même de trois litres, avaient peu d'effet, car malgré ceux-ci les selles étaient espacées de cinq ou six jours.En septembre 1928, la diarrhée s\u2019installe à nouveau pour une huitaine de jours avec les caractères déjà décrits, puis la constipation reprit ses droits.Le 16 octobre de la même année, on m\u2019amena l\u2019enfant.Il était très affaissé, les muqueuses étaient décolorées, l'abdomen, excessivement ballonné, surtout dans la région sus-ombilicale où la circonférence était de 55 centimètres.Je conseillai son entrée à l'hôpital Sainte-Justine pour un examen radiologique de l\u2019intestin.L\u2019examen, pratiqué le 18 octobre par lavement baryté, révela un colon excessivement distendu dans toute sa longueur et ne présentant aucun rétrécissement ni aucune coudure.N\u2019eût été l\u2019état d\u2019irritation du côlon, la diarrhée s\u2019étant installée la veille, il est certain que trois litres auraient été insuffisants pour le remplir.L\u2019examen clinique, pratiqué par le regretté Dr Masson, ne révéla rien de particulier au point de vue respiratoire et cardiaque si ce n\u2019est de la tachycardie.Pas de fissure anale, ni de rétrécissement rectal.La diarrhée, très abondante et fétide, battit son plein jusqu\u2019au 21, date à laquelle le Dr Masson conseilla son congé immédiat.L'enfant fut remis à ses parents, déclina de jour en jour, et mourut dans le marasme le 3 décembre.+ % % ZE et ¥ Gr 2 ex A remarquer que la dilatation, bien que générale, est surtout marquéa au côlon gauche et à la pigmoïde. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 27 C\u2019est bien là le tableau du mégacôlon idiopathique, tel qu\u2019il se rencontre chez le nouveau-né.Il se manifeste cliniquement par une constipation opiniâtre et de la distension abdominale; au point de vue radiologique, par une dilatation colique: dilatation que ne peuvent expliquer une dolicho sigmoïde, une coudure exagérée ordinairement bas située ou un rétrécissement.Le diagnostic de la forme du mégacôlon est très important au point de vue traitement et pronostic; et c\u2019est pourquoi nous croyons que lorsqu'on se trouve en présence d\u2019une constipation opiniâtre chez un nourrisson, il ne faut pas tarder à l\u2019établir d\u2019une manière précise le plus tôt possible, SUTURES DES TENDONS DU FLÉCHISSEUR PROFOND DE LA MAIN - OPÉRATION Par J-H.RIVARD, Chirurgien de l\u2019Hôpital Sainte-Justine.Le 10 septembre dernier, nous voyions une fillette âgée de onze ans pour une blessure de la région antéro-interne de l\u2019avant-bras droit, à environ 4 c.m.au-dessus de l\u2019apophyse styloïde du cubitus.La plaie fut causée par un éclat de verre d\u2019un carreau en fermant une fenêtre.D\u2019après la description de l\u2019accident ce morceau de verre avait une largeur d\u2019environ 1 c.m.sur quatre de long; il aurait pénétré au bord interne du bras et serait venu faire saillie au niveau du bord externe à environ 2 c.m.de l\u2019apophyse styloïde du radius.La douleur provoquée par la pénétration du morceau de verre ne fut pas très violente.Ce corps étranger fut retiré sur place, un quart-d\u2019heure après l\u2019accident, l\u2019hémorragie produite n\u2019offrait aucun caractère de gravité.Nous voyons l\u2019enfant deux heures après l\u2019accident; il n\u2019y a rien de spécial à noter, si ce n\u2019est la petite plaie \u201c au bord interne du bras; pas de traces d\u2019hémorragie, ni d\u2019hématome; la flexion des doigts se fait assez bien; la recherche de la sensibilité au niveau des bords latéraux des doigts ne nous renseigne que médiocrement, la pusillanimité de la fillette lui faisant peut-être donner des réponses différentes des sensations qu\u2019elle éprouve.De toutes façons nous proposons l'intervention afin de préciser l'état des lésions et de les réparer s'il y a lieu, car nous sommes convaincus que ce morceau de verre, dans son trajet à travers la face antérieure de l\u2019avant-bras, a dû causer des délabrements; les gros vaisseaux ne doivent pas être intéressés, à cause de l\u2019absence de l\u2019'hémorragie, mais plutôt les fléchisseurs.Etant donné l\u2019état minime des lésions et le peu de troubles moteurs, il est décidé de remettre l'intervention à plus tard, sachant que les chances de succès peuvent être moindres.Graduellement, les mouvements de flexion des doigts diminuèrent.Même en faisant des efforts, la fillette ne pouvait plus fermer la main complètement; les doigts fléchissaient, majs les dernières phalanges restaient en extension, la diminution de flexion du pouce et de l'index était plus marquée.L'enfant ne pouvait plus L'UNION MEDICALE DU CANADA 29 saisir les objets avec sa main.La sensibilité était émoussée du côté du petit doigt; rien de particulier du côté radial de la main.L'intervention est pratiquée huit jours après l'accident.Sous anesthésie à l\u2019éther, on fait une incision de 10 c.m.de long en partant du bord inférieur du ligament annulaire antérieur du carpe.Hémostase soignée de la section cutanée; l\u2019aponévrose anti-brachiale est incisée dans le:même axe.L\u2019examen de la couche sous-aponévrotique ne montre aucune lésion des artères cubitale et radiale, ni des muscles superficiels.Le fléchisseur commun superficiel est récliné.L\u2019examen de la couche profonde laisse voir un nerf médian intact, mais le nerf cubital est à moitié sectionné, de même que la portion charnue du fléchisseur commun profond; chez celui-ci on constate une perte de substance au niveau de son bord interne.Le tendon fléchisseur de l'index est sectionné de même que le tendon du fléchisseur propre du pouce.Les segments tendineux du muscle fléchisseur commun sont plutôt très courts.Le nerf médian est récliné en ménageant sa gaine autant qu: possible.La portion charnue du fléchisseur commun est suturée par des points en U au catgut chromé No 0, un premier point pour rapprocher les deux portions musculaires et un deuxième point en U à distance du premier comme point de renforcement.Le tendon du fléchisseur de l'index est suturé de la même façon.Le tendon du fléchisseur propre du pouce était sectionné un peu plus bas, le bout distal était très difficile à trouver, étant rétracté dans sa gaine; afin de l\u2019atteindre nous avons fait une section du ligament annulaire antérieur du carpe et une dilatation de la gaîne du fléchisseur propre, que nous avons réussi à saisir en mettant le pouce en flexion forcée.Les deux bouts furent rapprochés et suturés de la même façon que les précédents.Ces tendons ne furent suturés qu\u2019après avoir fait une section nette des bouts, afin de bien affronter les surfaces.Le nerf cubital fut avivé de la même façon, en conservant la portion qui n\u2019était pas coupée; suture par des points en U.Au fléchisseur propre, on s\u2019est efforcé de réparer sa gaîne d\u2019enveloppe aussi bien que possible; le ligament annulaire entier fut suturé par des points séparés.La section de l\u2019aponévrose superficielle fut réparée au catgut et la peau, fermée aux agrafes.Le pansement fut fait immobilisant la main sur un rouleau de bande.Les suites opératoires furent normales.La mobilisation passive fut commencée dès la sixième journée.A partir de la 30 L'UNION MÉDICALE DU CANADA douzième journée, l\u2019avant-bras et la main étaient massés trois fois par semaine.A date, l\u2019enfant a repris ses exercices de piano; elle conserve tous les mouvements de flexion de la main, elle ne ressent aucune douleur.J.C.Block et P.Bonnet, dans leur rapport du Congrès de Chirurgie, 1929, font certaines remarques concernant la faillite des sutures tendineuses.La désunion, disent-ils, est produite par des causes septiques ou mécaniques.Heureusement, dans notre cas, nous n'avons pas eu d\u2019infection, qui est une grande cause d\u2019insuccès.Nous croyons que l\u2019hémostase parfaite du champ opératoire et le lavage abondant au sérum chaud de la plaie au cours de l\u2019intervention y sont pour beaucoup dans la prévention de l\u2019infection.Les causes mécaniques sont, disent-ils, fournies par le matériel, le procédé de suture, la rétraction musculaire et la mobilisation.Bien que nous n\u2019ayons pas suivi la technique de ces auteurs, le résultat opératoire fut très bien.Nous avons employé le catgut chromé No 0 au lieu du fil de lin No 0, nous avons fait des points en U à la place du point en lacet de Cunéo, et nous avons commencé la mobilisation vers la sixième journée seulement.Les massages et les traitements électriques furent pour beaucoup dans la rapidité de la récupération des mouvements et la solidité des sutures.: Pr I a Sel ie Lg ae SANATORIA .POPULAIRES DE LEYSIN Directeur: Jean Morin.LA RETRACTION ELECTIVE DANS LA PHRENICO-EXERESE Par Fernand CARDIS et Jean-Albert JOANNETTE.La phrénico-exérése prend une importance progressive en phtisiologie; ce n\u2019est donc pas faire œuvre inutile que de chercher à en préciser les indications.C\u2019est de prévoir des déceptions thérapeutiques et préparer plus de résultats heureux.Dans ce court exposé nous n\u2019avons en vue que d\u2019apporter notre contribution à l\u2019étude d\u2019une propriété discutée de la phrénicectomie, à savoir: la rétraction élective.C\u2019est une question primordiale devant les modifications que cette intervention apporte dans la statique et l\u2019activité fonctionnelle d\u2019un hémithorax.Dans les rétractions électives de la phrénico- exérèse, la réduction du volume pulmonaire due à l'ascension du diaphragme se fait aux dépens de la rétraction des parties malades à l\u2019exclusion des parties saines.De même que dans le pneumothorax électif de Bernou ce sont les parties malades qui sont collabées, de même aussi dans la rétraction élective de la phrénico-exérese, presque seul devrait se rétracter le tissu pathologique.Mais ici plus encore, l\u2019électivité est un heureux hasard et sa production échappe totalement à toute technique.Cette rétraction élective peut être considérée sous deux aspects: d'abord celle qui s\u2019observe aussitôt après l'intervention et est due à une rétraction lésionnelle pour ainsi dire immédiate.Distinguons-la a 32 L'UNION MÉDICALE DU CANADA nettement d\u2019une rétraction dite tardive qui est due à une réduction du volume des lésions sous l'influence non pas de forces physiques rétractiles, mais bien tout simplement du progrès de la cicatrisation des foyers.Cette rétraction tardive ne nous semble pas mériter une étude particulière.C'est à la premiere seulement que nous nous adressons dans le présent travail.Cette notion d\u2019électivité a été introduite dans la littérature par Dumarest.Le phtisiologue d\u2019Hauteville l\u2019a invoquée pour expliquer que l\u2019action de l'exérèse du phrénique était aussi efficace sur une lésion du sommet que sur une lésion de la base; la rétraction était plus importante que la localisation.Si nous admettons en effet, que du fait de la paralysie diaphragmatique une importante réduction du volume pulmonaire se produise et que cette réduction soit en quelque sorte à la mesure de l\u2019élasticité des différentes parties de l'organe, il nous semble à priori difficile de penser que dans ces conditions la base du poumon ne contribue pas plus largement que toute autre partie à l'ascension diaphragmatique.Devant cette incertitude pour ainsi dire dogmatique, nous avons senti le besoin d\u2019une solution toute pratique.Souvent au lit du malade, en effet, nous nous sommes demandé s\u2019il fallait sans inquiétude recourir systématiquement à la phrénico-exérèse avant de pratiquer la thoracoplastie.Dans les cas où la phrénico-exérèse devrait être fatalement suivie de résection costale, nous nous demandions, lorsque la base pulmonaire était complètement saine, s\u2019il était bien légitime de la sacrifier pour un avantage incertain.C\u2019est pourquoi nous avons comparé des films pris avant et après la phrénico-exérèse et nous avons cherché à nous rendre compte par des repères pulmonaires aussi fixes que possible de la participation des différents étages à la diminution du volume global de l'organe, signalé par l\u2019ascension diaphragmatique.Nous avouerons d'emblée que nous avons rencontré dans ces examens, une difficulté beaucoup plus considérable que nous ne l\u2019avions soupçonnée, et ceci, en raison de la rareté de points pulmonaires qui soient assez fixes et assez nets pour ne pas prêter à confusion et pour permettre d'apprécier numériquement de faibles variations de position.| \u2018Nous avons utilisé parfois des singularités dans la disposition | des travées broncho-vasculaires, des ganglions, des calcifications, un ~ chancre primaire, ou encore, et avec la plus grande clarté d\u2019inter- _ prétation, une scissure, ou enfin une caverne et différentes images L'UNION MÉDICALE DU CANADA 33 de lésions.Quant au point fixe squelettique, nous avons choisi une vertèbre supérieure, et le plus souvent, un point quelconque des toutes premières côtes, nous efforçant de réaliser la similitude la plus parfaite sur les différents clichés.Nous avons distingué dans nos résultats : 1° Des cas où la réduction du volume des parties malades paraissait forte, et dans une certaine mesure, pouvait mériter d'être appelée élective.2° Des cas dans lesquels la rétraction des parties malades était nette à la vérité, mais restait bien insuffisante pour expliquer l\u2019ascension.Radiographie No I 3° Des cas douteux dans lesquels, soit faute de repère, soit différences trop minimes pour être appréciées avec certitude, l\u2019impression d\u2019unë rétraction élective subsiste sans pouvoir être affirmée.Et enfin, Q : AJ 7 ., .1 4° Des cas où la rétraction des lésions est complètement nulle, l'ascension diaphragmatique se faisant complètement et avec certitude aux frais de parties saines du poumon. 34 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Notre enquête porte sur 60 cas.Cependant, nous avons dû renoncer à 15 d\u2019entre eux, parce que les films n'étaient pas superposables et que des différences techniques auraient pu nous induire en erreur.Ailleurs comme dans les fibrothorax, nous étions en présence d\u2019une opacité telle qu\u2019il devenait impossible de nous faire une idée même approximative des parties dont la rétraction aurait relevé le diaphragme.Il nous reste donc 45 malades.De ce nombre, six peuvent être considérés comme des rétractions électives nettes, encore que nous tenions à spécifier que dans aucun cas, nous n\u2019avons rencontré de rétraction élective au sens de la définition théorique.Toujours et même dans les plus beaux résultats, une partie plus ou moins considérable du tissu sain est sacrifiée.En somme, cette catégorie ne représente que 13% de nos cas.Cas.L\u2014M.X, 22 ans, se présente en décembre 1927 pour une tuberculose sub-fébrile ouverte sous forme d\u2019une lobite supérieure droite largement excavée, plus un essaimage supra-scissural gauche; début \u201cclinique par hémotysie en septembre 1927.L'état général s\u2019améliore lentement par la cure simple.En août 1928 cependant, il subsiste encore une cavité et de l\u2019expectoration bacillifère.On tente un pneumothorax, mais sans succès, et l\u2019on a recours à une phrénicectomie en octobre 1928._Radiographies\u2014La première montre une lobite supérieure droite cavitaire avec scissure et lésions supra-scissurales gauches.Dans la deuxième, l\u2019ascension du diaphragme est de 5.5 centimètres et celle de la scissure, de 2 à 3 centimètres seulement.\u2019 Ceux-ci présentent-ils entre eux des particularités communes, soit au point de vue étendue et forme anatomique, soit localisation, soit tendance régressive ou progressive, rétractile ou non-rétractile, soit âge des lésions ?Pour autant que nous pouvons répondre a ces questions par l'examen de six cas seulement, nous constatons que nous avons affaire à la variété la plus grande.Tel de nos malades a une volumineuse caverne infrahilaire; tel autre, claviculaire.L\u2019un est malade depuis de nombreuses années; l\u2019autre, depuis six mois seulement.Dans un cas la lésion est nettement rétractile, dans l\u2019autre, elle ne l\u2019est nullement.Celui-ci s\u2019aggravait, cet autre restait stationnaire ou s\u2019améliorait faiblement.Cette même variété se retrouvera dans les différentes catégories que nous allons envisager.C\u2019est pourquoi nous hasardons dès maintenant nos conclusions que l\u2019électivité de la rétraction après la phrénico-exérèse nous paraît strictement imprévisible.gp L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 35 Dans la deuxième catégorie de rétraction élective nette mais relativement peu importante, par rapport à l'ascension diaphragmatique, nous groupons 16 observations, soit 36%.Ici le sacrifice du tissu sain est déjà très appréciable.La troisième catégurie intéresse six malades, soit 13%, chez lesquels l\u2019on a une impression de rétraction élective minime, mais impossible à exprimer par une mesure.Enfin les 17 derniers cas, c\u2019est-à-dire 38%, sont ceux qui ont relevé leur diaphragme exclusivement aux dépens des parties saines.Radiographie No II Cas IL\u2014MIle M., 31 ans, se présente en août 1926 pour une tuberculose bilatérale sub-fébrile ouverte, cavitaire a gauche; début clinique en septembre 1925.Phrénicectomie en octobre 1927 sur un hémithorax ne présentant aucune tendance à la rétraction.} Radiographies.\u2014Ascension du diaphragme, 7 cm.L\u2019ombre cardiaque est repoussée à droite, 2 cm.L\u2019ascension s\u2019est faite aux dépens de la base, sans effet sur le sommet, au point de vue topographie radiologique.En somme, notre enquête nous amène à constater que cette rétraction élective si désirable ne se rencontre que dans un peu 36 L'UNION MÉDICALE DU CANADA moins que la moitié de nos cas en tenant compte de résultats peu marqués.Cette conclusions nous ramène au problème devant lequel nous nous étions arrêtés au début, savoir si la thoracoplastie devient nécessaire, plus de une fois sur deux, la phrénico-exérèse qui l\u2019a précédée est inutile et même génante.Nous voudrions montrer par la comparaison de deux observations types l\u2019influence que peut avoir la présence ou l'absence de phrénico-exérèse sur la base du poumon dans les thoracoplasties partielles supérieures.LJ Radiographie No III Cas IIL\u2014MIle X., 20 ans, se présente en mars 1927 pour une tuberculose pulmonaire bilatérale sub-fébrile ouverte, cavitaire à gauche; début insidieux en 1925.Pneumothorax en mai 1927, inefficace parce que incomplet.Phrénicectomie en mai 1928.L'état général s\u2019améliore, mais subsistance de la cavité et d\u2019une expectoration peu abondante (3 à 8 fois par jour) mais richement bacillifère (Gaffky IV à VII).Radiographies.\u2014La première montre une ascension du diaphragme de 6 cm.aux dépens de la base saine exclusivement.A remarquer, sur la seconde, l\u2019opacité complète de la base, bien que la résection n\u2019ait intéressé que les sept côtes supérieures. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 37 Cas IV.\u2014M.Y., 29 ans, se présente en mars 1927 pour une tuberculose pulmonaire afébrile ouverte, forme croisée droite-gauche avec grande cavité du sommet droit; début clinique au printemps 1926.Pneumothorax institué en juillet 1927 à droite; est continué jusqu\u2019en mars 1928, mais demeure incomplet et inefficace.Un pneumothorax institué en septembre 1927 sur des lésions fraîches supra-scissurales gauches en arrête l\u2019évolution; thoracoplastie droite en mai 1928 (7 côtes supérieures) sans phrénico-exérèse préalable, mais avec un pneumothorax de sûreté à gauche.Radiographies\u2014La première montre un exemple typique de forme croisée droite-gauche, résidu \u2018de pneumo-thorax à droite et collapse moyen à gauche.Radiographie No IV Dans le premier cas (cas III), la thoracoplastie partielle supérieure semble être totale du fait, croyons-nous, de la phrénico-exérèse antérieure.La totalité du poumon est sacrifiée au prix de sept résections costales\u201dseulement.On voit par là l\u2019intérêt comme aussi le danger de la méthode de Felix.Dans le deuxième cas au contraire (cas IV), la résection ayant également intéressé les sept côtes supérieures, une exérèse du phrénique n\u2019avait pas été pratiquée.La thoracoplastie succéda immédiatement à un pneumothorax inefficace. 38 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA L\u2019on comprend clairement quel bénéfice a pu tirer le malade, au moment de l'opération et plus tard, des parties aérées qui lui ont été conservées.Notons que les deux seuls échecs que nous ayons eu à déplorer parmi nos vingt-deux thoracoplasties, sont de malades très gravement atteintes sans doute, et bilatérales, porteuses d\u2019un pneumothorax contro-latéral très minime d\u2019ailleurs, mais préparées par une phré- nico-exérèse qui n'avait pas eu la chance d\u2019être efficace ni élective.Si nous mettons en regard de ces deux cas le succès du précédent, il ne nous reste guère de doutes sur le rôle funeste qu\u2019a pu jouer l'absence de la respiration des parties saines du côté opéré.On saisit facilement dans quel malaise nous met la solution de ce problème dont les éléments essentiels nous manquent encore.Nous avons vu en effet qu\u2019il nous est impossible de prévoir si une rétraction sera élective ou non.Nous sommes presque autant désarmés pour prévoir l\u2019efficacité même de la phrénico-exérèse.Comme nous l'avons dit ailleurs, il nous paraît, dans l\u2019état actuel de la question.de notre devoir de chercher par une opération simple à en éviter une seconde beaucoup plus grave.L'étude très approfondie des indications et un nombre beaucoup plus considérable de cas que celui dont nous disposons conduiront peut-être à faire préférer d\u2019emblée la thoracoplastie dans les cas où il serait mal fondé d\u2019espérer beaucoup de la phrénico-exérèse, de même que l'avenir nous montrera dans quels cas on est en droit de remplacer avantageusement le pneumothorax par la phrénico-exérèse, Pour l'instant nous avons été frappés des résultats négatifs de l\u2019exérèse du phrénique dans des cas cependant scléreux et rétractiles qui paraissaient nous promettre des succès.Il s'agit de lobites supérieures droite avec scissure bien visible généralement surélevée et dont la forme mérite d\u2019être retenue.Cette scissure, en effet, au lieu d'être rectiligne, dessine un arc ou une coupole à concavité inféro-externe.Autrement dit, la scissure, après s\u2019être relevée en partant du hile, redescend à sa partie distale vers la paroi thoracique comme retenue à ses extrémités, Cas V.\u2014M.R., 37 ans, se présente en janvier 1929 pour une tuberculose pulmonaire afébrile ouverte avec état général médiocre.Il s\u2019agit d\u2019une lobite supérieure droite avec scissure arquée: début clinique en 1916.Phrénicectomie en mars 1929, sur des lésions à tendance rétractile.Radiographie\u2014Elle montre la lobite supérieure droite et la tendance rétractile; l'ascension du diaphragme est de trois centimètres.La CE RES EE cu L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA ° 39 scissure n\u2019est pas remontée, elle a conservé sinon accentué sa forme en arc bien caractéristique.Quelle est la signification de cette scissure arquée ?Ne serait-ce pas l\u2019expression de l\u2019état de tension élastique de la scissure attirée par la rétraction du lobe supérieur déjà poussé à son maximum lorsque le rayon de courbure est petit ?Nous serions en présence d\u2019une nouvelle résistance pariétale comparable à celle que représente la paroi thoracique, le diaphragme, ou une limite de pneumothorax sous pression positive, tel que nous l'avons vu chez un de nos malades.| Mme W., 26 ans, se présente en octobre 1927 pour une tuberculose pulmonaire sub-fébrile ouverte droite avec caverne du sommet.Un pneumothorax partiel en pression positive a permis de continuer le collapse 12 mois sans effet sur la caverne.On abandonne les insufflations et peu à peu la géode diminue de volume à la radioscopie, comme si en relâchant l\u2019état de tension de la poche pleurale, on avait libéré une résistance pariétale et favorisé ainsi une tendance rétractile du parenchyme.i En conclusion, et conformément à l\u2019opinion de notre ami le docteur Bernou, nous voyons que la rétraction élective de la phrénico- exérèse qui serait une rétraction suffisamment importante des parties malades pour expliquer la réduction du volume pulmonaire due à l\u2019ascension diaphragmatique se rencontre peu souvent (13%) à un degré important.Presque toujours une partie plus ou moins considérable de tissu sain est sacrifiée par cette opération.Cela constitue parfois un désavantage net de la méthode dans son application systématique avant la thoracoplastie.Il y aurait intérêt- à rechercher dans quels cas la phrénico- exérèse peut donner des espoirs de guérison comme intervention autonome et les cas chez lesquels au contraire, elle semble d\u2019emblée vouée à l\u2019insuccès.Il nous a paru que les lobites supérieures avec scissure arquée rentraient dans cette dernière catégorie; aucune des observations de ce genre ne nous a fourni de résultats positifs malgré une tendance rétractile qui nous paraissait favorable. MOUVEMENT MÉDICAL LA MALARIATHÉRAPIE Par Paul POIRIER (1) Le dernier congrès des dermatologistes et syphiligraphes, tenu à Paris les 25 et 27 juillet dernier, a remis en plus vive lumière le traitement des syphilis nerveuses par le paludisme.Des rapports qui ont été soumis, il ressort des leçons de très haute valeur.Il est dorénavant reconnu que la malariathérapie constitue une arme précieuse contre les plus rebelles des affections syphilitiques.; Action destructive sur le tréponème et exaltation des capacités réactionnelles de l\u2019organisme infecté vis-à-vis de son parasite, tels sont les deux grands facteurs de l\u2019action de la malaria.Il y a quelques années à peine, la réimpaludation semblait en France impossible; aujourd\u2019hui, la réimpaludation a cause gagnée.On réimpalude les malades qui n\u2019ont pas été nettement améliorés par une première inoculation après dix à douze mois d'observation, ou ceux qui après une pseudo-guérison ou une rémission nette font une nouvelle poussée évolutive.Mais l\u2019impaludation ne donne que petit à petit son plein effet.L'amélioration immédiate est moins importante que la médication tardive.Ce n\u2019est que des mois et même des années après l\u2019épreuve que les lésions régressent et que les manifestation cliniques guérissent.La malariathérapie, malgré son efficacité aujourd\u2019hui indiscutable dans les affections syphilitiques du système nerveux, ne doit pas faire oublier le traitement spécifique.Ce traitement doit être entrepris après la fin des accès fébriles, soit huit à dix jours après le dernier accès fébrile, et poursuivi par la suite d'une façon méthodique et régulière.Les réactions méningées de la paralysie générale non traitée (1) Clinique de dermatologie du Prof.Archambault, Hôp.N.-Dame.qu im L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 41 aussi bien que traitée par les seuls moyens spécifiques restent ou immuables ou incomparablement moins modifiables.Rien de plus facile qu\u2019impaluder un malade.Il suffit de prendre 5 cc.de sang d\u2019un paludéen en période évolutive et de l\u2019injecter dans la veine ou le tissu sous-cutané du patient.On surveille les accès et on coupe par de la quinine après dix à douze accès fébriles (quinine 1 gramme a 1.5 gramme par jour).Les contre-indications sont rares; ce sont : La tuberculose évolutive, Les insuffisances cardiaques nettes, L\u2019imperméabilité rénale, Le diabète franc, Le gros anévrisme, La cachexie grave, L\u2019intoxication grave.L'enregistrement soigneux de la température, du pouls et des urines permet au médecin de se rendre compte chaque jour, par un simple coup d\u2019œil, de la façon dont le malade supporte son impaludation.| La malariathérapie possède aussi une action préventive.\u201cEn traitant le syphilitique, on ne doit pas seulement avoir en vue le présent, écrivait Wagner-Jauregg, mais aussi son avenir.\u201d Et c\u2019est ici que nous voudrions insister et où se dégage une leçon nouvelle.Il faut que tout médecin surveille de plus près les signes précurseurs d\u2019une syphilis nerveuse grave.Il existe un syndrome préparalytique qui se caractérise soit 1° par la persistance d\u2019un Wassermann positif dans le sang qui a résisté à tous les traitements spécifiques: c\u2019est le cri d'alarme; 2° par le changement de la formule du liquide céphalo-rachidien, qui donne soit a) hypertension, b) lymphocytose, c) hyperalbuminose, d) Wasserman au benjoin positif.3° par une céphalée tenace; 4° par une pupille qui réagit lentement à la lumière.La ponction lombaire exploratrice est ici d\u2019un intérêt capital.Il n\u2019y a pas un syphilitique qui puisse en être dispensé. 42 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Avant la malariathérapie, on disait: inutile de faire la ponction lombaire tant que le traitement médicamenteux est poursuivi avec le maximum d'intensité; la petite opération si mal acceptée des malades ne devient nécessaire que si l\u2019on envisage la diminution de l\u2019effort thérapeutique.Aujourd\u2019hui, la cure des méningites n\u2019est pas seulement intense, elle est différente.Une intérêt considérable existe de connaître le plus vite possible les réactions méningées.\u201cDès la fin de la première année, écrit Paul Chevalier, il faut s'efforcer d\u2019avoir ce renseignement capital, et si à cette époque la réaction est négative, la ponction lombaire doit être autant que possible répétée.\u201d LE SIXIÈME CONGRÈS DES PÉDIAT RES DE LANGUE FRANÇAISE (Fin) - Par Gaston LAPIERRE, Médecin de l\u2019Hôpital Sainte-Justine.Les morts subites ou imprévues chez les nourrissons MM.Nobécourt et Boulanger Pilet Les rapporteurs ont étudié les morts instantanées, non précédées de phénomènes agoniques; les morts rapides, mais précédées de phénomènes agoniques ; enfin, les terminaisons insolites par leur brusquerie d\u2019affections aiguës ou chroniques, antérieurement diagnostiquées.La mort subite n\u2019est pas rare chez le nourrisson atteint d\u2019une affection congénitale du cœur.Les péricardites purulentes 2a symptomatologie très fruste se terminent généralement par la mort subite.Cette dernière peut encore survenir à cause d\u2019une obstruction des voies aériennes: chez les nourrissons très jeunes au cours d\u2019une bronchite aiguë simple; dans l\u2019adénopathie trachéo-bronchique tuberculeuse, à cause d\u2019une hémoptysie ou de la rupture d\u2019un ganglion caséeux dans les bronches.L'abcès rétro-pharyngien constitue une cause importante de mort subite, soit au moment de l\u2019incision de l\u2019abcès, soit à l\u2019occasion d'une exploration, d\u2019une déglutition douloureuse, parfois sans cause appréciable.Les hémorrhagies méningées sont des causes très fréquentes de la mort subite des nouveau-nés, le facteur principal en est le traumatisme obstétrical.| La mort subite par altération des surrénales peut s\u2019observer dans les surrénalites, la maladie d\u2019Addison, les hémorrhagies.Au cours des maladies infectieuses, la mort subite s'observe surtout dans la fièvre typhoïde, la diphtérie, la scarlatine. 44 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Chez les hérédo-syphilitiques, la mort subite est très fréquente; elle survient en général quelques semaines après la naissance.La mort subite dans l\u2019eczéma s\u2019observe presque exclusivement à l\u2019hôpital, et assez souvent elle survient après un traitement actif de l'eczéma, si bien que ce dernier a pu être rendu responsable de l'apparition des accidents.\u201cLa pathogénie de la mort subite, \u2014 opine M.Nobécourt, \u2014 est des plus discutée.Les autopsies ne montrent en général, en dehors d\u2019une congestion intense de tous les viscères, aucune lésion macroscopique ou microscopique, qui permette de l'expliquer.\u201d La théorie de la mort subite causée par l\u2019hypertrophie du thymus ne semble pas aussi fréquemment admise actuellement, et la pathogénie de la mort subite dans l\u2019hypertrophie du thymus est loin d\u2019être pleinement élucidée.La mort subite n\u2019est pas rare dans la spasmophilie.Généralement, il s\u2019agit d\u2019enfants de quatre à dix-huit mois, rachitiques; les uns meurent brusquement après un épisode de tétanie manifeste; d\u2019autres, chez lesquels on a noté des signes de tétanie latente (signe de Chvostek, signe d\u2019Erb, signe de Trousseau), meurent aussi subitement.Le plus souvent la mort subite dans la spasmophilie résulte d\u2019un spasme de la glotte, et est attribué à l\u2019apnée et à l\u2019asphyxie consécutive.En terminant, le rapporteur observe que les deux tiers environ des morts subites chez l\u2019enfant surviennent au cours de la première année.Dans nombre de cas, il est impossible de préciser le mécanisme essentiel de la mort subite et par suite d\u2019opposer un traitement .d\u2019urgence approprié aux phénomènes qui peuvent la précéder.Quand on reconnaît l\u2019affection ou la diathèse qui peuvent entraîner la mort subite (hypertrophie du thymus, spasmophilie, par exemple), il convient de la traiter.Cette thérapeutique préventive donne d'assez beaux résultats pour qu\u2019on ne néglige pas de la mettre en œuvre.Les ictères du nouveau-né M.Ch.Rocaz, de Bordeaux (rapporteur) Le rapporteur étudie les ictères qui surviennent chez l\u2019enfant âgé de moins de quinze jours.Il refait l\u2019histoire de l\u2019ictère idio- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 45 pathique des nouveau-nés, ou ictère simple, ou ictère bénin, ou ictère commun, avec son étiologie un peu confuse.La recherche et l'étude des pigments biliaires dans le sérum sanguin des enfants atteints d\u2019ictère, et dans celui de tous les nouveau- nés, présente naturellement une importance capitale.Aussi a-t-il été l\u2019objet de travaux nombreux.Dès 1901, M.Lereboullet, examinant le sang de vingt nouveau-nés, y trouvait des pigments biliaires d\u2019une façon constante et importante.M.Lereboullet confirma ces premiers résultats dans une série de travaux ultérieurs.Madame Berchon, de Bordeaux, a également fait des recherches chez l\u2019enfant ictérique et chez l\u2019enfant non-ictérique, et elle conclut: 1° qu\u2019il existe toujours une cholémie très élevée chez les nouveau- nés; 2° que cette cholémie est, d'une façon générale, plus élevée chez le nouveau-né ictérique et qu\u2019elle est proportionnelle à l'intensité de l\u2019ictère.Avec le sang du cordon, Madame Berchon trouve, comme plusieurs autres chercheurs, un sérum plus coloré que le sérum normal, contenant des pigments biliaires en quantité plus grande que le sang maternel, mais moindre que celui du nouveau-né.L'étude de la pathogénie de l\u2019ictère idiopathique des nouveau- nés a suscité de multiples travaux et a donné naissance aux hypothèses les plus variées, qu'on peut grouper ainsi: théorie mécanique, théorie infectieuse, théorie de la résorption du méconium, théorie de l\u2019'hémolyse maternelle, théorie hémolytique, théorie hépatique, théorie hémo-hépatique (celle à laquelle se rattachent la plupart des pédiatres français, MM.Marfan, Lereboullet, Hallez).Dire de l\u2019ictère des nouveau-nés que c\u2019est un ictère physiologique, c'est évidemment nier l'utilité de tout traitement.Les enfants qui présentent un ictère intense sont généralement les enfants débiles hypothermiques.On veillera à ce qu\u2019ils soient suffisamment réchauffés et suffisamment nourris.Ictères pathologiques Les ictères pathologiques ont une grande diversité d\u2019origine, d'aspect et de gravité.La cause la plus fréquente des ictères par rétention, chez le nouveau-né, est, de beaucoup, la lésion congénitale des canaux biliaires.Au point de vue clinique, cet ictère présente les caractères les plus nets de l\u2019ictère classique par rétention.L\u2019ictère n\u2019est qu\u2019un symptôme de la septicémie dans les ictéres 46 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA infectieux du nouveau-né.Les portes d'entrée les plus fréquentes de l'infection septicémique ictérogène sont, par ordre de fréquence approximative: la plaie ombilicale, la muqueuse intestinale, la peau, Ja muqueuse des voies respiratoires.La syphilis paraît jouer un rôle indéniable dans tous les ictères du nouveau-né.Pour l\u2019ictère physiologique, ce sont les enfants prématurés, ou nés débiles, qui sont le plus souvent atteints d\u2019ictère et chez lesquels l\u2019ictère est le plus intense.Or, nous connaissons de plus en plus le rôle de la syphilis dans la débilité congénitale et la naissance avant terme.Pour l\u2019ictère consécutif à une malformation des voies biliaires, il paraît en être de même.Enfin, la syphilis peut provoquer chez le nouveau-né un ictère ayant tous les caractères de l\u2019ictère infectieux.Le traitement spécifique n\u2019empêche pas de mettre en œuvre toutes les autres médications anti-septicémiques, au premier rang desquelles il faut placer la transfusion sanguine.Les oedèmes du nouveau-né et du nourrisson M.Jean Cathala (rapporteur) La question des œdèmes des enfants du premier âge est très complexe et très actuelle.Le problème général de l\u2019eau (hydratation, élimination, rétention pathologique) et les problèmes particuliers que posent les différentes variétés étiologiques de surcharge hydrique de l\u2019organisme, loin d\u2019être résolus, sont en pleine discussion.Le rapporteur reste donc sur le terrain clinique, et \u201cessaie d\u2019ébaucher un chapitre thérapeutique\u201d.Les œdèmes, très fréquents dans le premier âge, sont avant tout en rapport avec le métabolisme général et fa nutrition.Certaines.fautes graves de diététique conduisent à des troubles profonds du métabolisme tissulaire, à la rétention hydrique pathologique et à l\u2019œdème.Ces facteurs ne produisent cependant leur plein effet que s'ils agissent sur un organisme prédisposé à les subir: prédisposition congénitale ou acquise.Il est très difficile de discerner ce qui est facteur extérieur hydropigène, ce qui est prédisposition constitutionnelle.On peut observer de grands œdèmes généralisés des membres, du tronc, de la face, avec épanchement des séreuses; parfois il s\u2019agit d\u2019œdèmes discrets localisés aux régions déclives (il n\u2019est pas indiffé- rent de souligner l'association paradoxale de cet œdème avec les J dec L'UNION MÉDICALE DU CANADA 47 signes de déshydratation aiguë) ; il arrive encore que chez les bébés d'aspect assez bon, et qui ne paraissent pas atteints d\u2019œdème, on puisse par le pincement des chairs apprécier l'opposition entre une tension, un turgor satisfaisants et une diminution de l\u2019élasticité.Les chairs sont en quelque sorte plastiques, ces enfants sont \u2018des infiltrés, des atrophiques florides\u201d.Les œdèmes congénitaux sont le fait d\u2019une malformation congénitale ou d'une maladie fœtale \u2014 malformation du cœur, du système porte, de l'appareil congénital, thrombose ou compression par tumeur de la veine cave inférieure.L\u2019anasarque congénital est plus souvent le témoin d'une maladie fœtale (leucémie, anémie, néphrite maternelles).La débilité, le refroidissement, les infections aiguës septicémiques, la syphilis, sont les causes les plus fréquentes des œdèmes du nouveau-né.Chez le grand enfant et l\u2019adulte, les deux étiologies qui tiennent la première place sont les cardiopathies et les néphrites.Il n'en est pas de même à l\u2019âge où les troubles de nutrition jouent le rôle prédominant.L\u2019anasarque n\u2019éveille- pas ici de néphrite aiguë, cependant il est toujours nécessaire de recueillir des urines et de s'assurer que l\u2019on peut complètement éliminer une altération inflammatoire du rein.Il peut arriver que, de façon transitoire, l'urine des petits œdémateux renferme de l\u2019albumine ou d\u2019autres témoins d\u2019'inflammation rénale; il ne faudrait pas en tirer la conclusion nécessaire que l\u2019hydropisie est d\u2019origine rénale, la néphrite peut être un épiphénomène.Les œdèmes dits idiopathiques peuvent être causés par: 1° les états graves de dénutrition chronique et progressive; 2° certains états diathésiques, constitutionnels (eczémas, érythrodermie, desquamation, anémies du premier âge); 3° les dystrophies acquises à la suite de fautes alimentaires.Les œdèmes des hypotrophiques et des atrepsiques et ceux des cholériques sont tout à fait distincts et même peuvent s\u2019opposer.Dans l\u2019hypothrepsie, la désassimilation atteint d\u2019abord le tissu adipeux, puis progressivement l\u2019organisme en arrive au stade où il vit aux dépens de sa propre substance corporelle, ayant épuisé ses réserves ternaires.Que l\u2019on ait ou non fait des injections de sérums salés ou sucrès, il vient un moment où on peut noter sur la courbe de poids, à côté de chutes rapides, des gains pondérants désordonnés 48 L'UNION MÉDICALE DU CANADA parfois de plusieurs centaines de grammes (signification pronostique défavorable).L\u2019organisme a simplement retenu de l\u2019eau.Dans les états cholériformes, la déshydratation aiguë, l\u2019anhy- drémie est le dominante du syndrôme clinique.La considération de cet organisme, avide d'eau au maximum, et qui l\u2019utilise si mal qu\u2019il en entrepose une partie inemployée dans les espaces du tissu cellulaire, doit rendre quelque peu sceptique sur les méthodes qui se proposent de réhydrater un cholérique, par des injections hypodermiques de solutions isotoniques.Le tout n\u2019est pas de fournir de l'eau à l\u2019organisme, mais de lui fournir une eau qu\u2019il puisse utiliser.Quatre types de régime sont hydropigehes; les régimes hyper- minéralisés, les régimes hydrocarbonés, les régimes déséquilibrés déficients en protéines et en graisses, les régimes carencés.La chloruration progressive de l\u2019organisme conduit facilement chez l\u2019enfant, et surtout chez le débile, le prédisposé constitutionnel ou l\u2019hypotherpsique, à la rétention d\u2019eau et à l\u2019œdème.Quand un enfant est soumis à une alimentation fortement hydrocarbonée, au régime des farines, il est commun d'observer simultanément une forte augmentation pondérale, une diminution marquée de la diurèse.Dans le premier âge, un certain nombre de maladies infectieuses conduisent à l\u2019œdème sans néphrite: scarlatine, pneumonie, rougeole, varicelle.Le rôle de l'infection est évidemment obscur, ses rapports avec les processus d\u2019hydratation sont comparables a ceux qu'elle a avec l\u2019éclosion des symptômes de tétanie.Il y a donc une \u201cprédisposition à l\u2019œdème\u2019\u201d caractéristique de l\u2019organisme jeune.Le nouveau-né n\u2019acquiert que progressivement et difficilement une parfaite indépendance biologique.Certaines fonctions sont encoré imparfaites: la régulation thermique, les actions vaso-motrices, la sécrétion rénale.Il semble aussi que dans le premier âge le métabolisme de l\u2019eau ait un comportement particulier, en rapport avec les besoins d\u2019une croissance rapide.\u201cT1 n\u2019existe pas à proprement parler de traitement de l\u2019ædème des nouveau-nés\u201d (Hutinel).La débilité congénitale impose des mesures spéciales d'hygiène et d'alimentation.L'influence néfaste du refroidissement doit être à tout prix écartée.Pas d\u2019injections de sérums salés.La thérapeutique médicamenteuse est illusoire.Le problème est essentiellement d\u2019ordre diététique.Il va de soi que l\u2019anasarque syphilitique doit être traité comme tel.cat Pape TS ALLOCUTION DU PROFESSEUR LÉGER EN QUITTANT LE FAUTEUIL DE LA PRÉSIDENCE DE LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL Messieurs, Le discours du président sortant de charge est une tradition aussi vieille que notre Société elle-même; il vient, chaque année, comme un glas funèbre, annoncer la fin d\u2019un régime.Présider aux délibérations et aux destinées de la Société Médicale de Montréal est un grand honneur, que seul, le titre d'ancien président peut égaler.Déjà, une longue phalange de médecins distingués ont défilé à cette tribune.Quelque peu interrompu, en 1929, ce défilé imposant reprend avec les nouveaux officiers que vous vous êtes donnés.Brièvement, permettez, Messieurs, que je vous présente les membres du bureau exécutif pour.1930.Votre Président, le docteur G.de Bellefeuille, professeur titulaire des Maladies mentales à l\u2019Université de Montréal, neuro-psychiâtre distingué, est, sans conteste, l\u2019un des plus fins stylistes que nous ayons parmi nous.Il est vrai, la spécialité qu\u2019il enseigne exige, plus que toute autre, cette qualité.fort appréciable, d\u2019ailleurs, pour le poste que vous venez de lui confier.Votre Vice-Président, le docteur J.A.Jarry, professeur titulaire de phtisiothérapie, directeur médical de l\u2019Institut Bruchési, pas plus que votre nouveau président n\u2019a besoin de vous être présenté; favorablement connu de toute la profession médicale canadienne-française, il est de ceux qui, par leur savoir et probité, nous honorent.Le Secrétaire-Trésorier Général, le docteur Gérin-Lajoie, n\u2019est pas un nouveau venu à l'exécutif.Nous lui devons, pour une large part, les remarquables progrès accomplis au cours de l\u2019année 1929.Vous avez bien fait de le continuer en fonction.Il est la cheville ouvrière de notre Société.Personnellement, nous nous demandons ce que nous aurions fait sans lui.Au terme de notre présidence, nous tenons à lui rendre, ici, un témoignage de haute appréciation.Dans la personne du docteur Paul Letondal, vous avez un Secrétaire de Séance modèle, qui s\u2019est appliqué à mettre de l\u2019ordre, dans la tenue des procès-verbaux, en inaugurant un système parfait 50 L'UNION MÉDICALE DU CANADA de feuilles mobiles.Sans relâche, il a sollicité, auprès des rapporteurs, les résumés des travaux présentés, ce qui, à notre sens, vaut mieux, puisque la pensée des médecins est ainsi plus fidèlement reproduite.Déjà, nous en sommes sûr, le nouveau président a pu apprécier son inestimable concours.* ¥* FF Les rapports qui viennent de vous étre communiqués vous disent assez le travail accompli au cours de l\u2019année.En parcourir les diverses phases nous parait inutile.Nous tenons, cependant, à signaler l\u2019état excellent de notre situation financière, si précaire au début du régime, qu\u2019elle nous faisait hésiter.Décidés à intensifier le recrutement, nous nous y sommes quelque peu acharnés, ce qui nous a valu, comme l\u2019indique le rapport du Secrétaire-trésorier, 57 nouveaux membres.C'est auprès des jeunes, surtout, que la campagne s\u2019est poursuivie; ils ont répondu admirablement à nos sollicitations.Nous remarquons que les aînés se font un peu tirer l'oreille.Quelques-uns de nos prédécesseurs ont déjà, ici même, déploré le fait.Il est vrai que nous aimons à voir les premières banquettes occupées par les plus anciens \u2014 nous en remarquons ce soir de très distingués \u2014 mais tant pis pour ceux qui ne viennent jamais: le préjudice est surtout pour eux.Que de fois, le flambeau qui éclaire la route devant soi, est porté par les jeunes et combien d\u2019aînés s\u2019égarent dans d\u2019obscurs sentiers.Nous préférons le jeune que l\u2019enthousiasme emballe, à l\u2019aîné que l'indifférence démode: le premier, s\u2019il manque de mesure, est souvent sincère; le second, esprit plus mûr, manque souvent de courage.L'idéal est le fait des deux ! L'expérience et l\u2019enthousiasme se combinant avec harmonie.Nous souhaitons aux régimes futurs de réaliser cette union.+ * % Il nous est difficile de quitter cette tribune sans remercier les membres de cette Société, tous sans exception, du bienveillant accueil por.at Meng dm L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 51 qu\u2019ils nous ont manifesté.Notre tâche, par vous, Messieurs, nous a été facilitée.L'année s\u2019est passée sans heurts et toujours sur le terrain scientifique; les intérêts professionnels qui occupaient, ces dernières années, une large part de nos délibérations, ont été écartés.La Société Médicale de Montréal nous paraît destinée aux intérêts supérieurs du praticien, mais surtout dans l\u2019ordre scientifique, et seulement quand le sort de tous les membres est en jeu, devons-nous aborder, et alors bien franchement, les questions d\u2019ordre professionnel.Après avoir levé cette séance, nous serons, déjà, au nombre des anciens présidents de cette Société; c\u2019est un titre honorifique, il est vrai, mais qui vaut bien la plus haute récompense politique et nous fait moins hésiter, nous fera moins regretter. FORMULAIRE Contre hémoptysie des tuberculeux : 1) Sol.de trinitrine & 1/100 .+.00 40 5000 XL gouttes Héroïne .vv vo oo oo s.+.++ ++ +.+.Cinq centigrammes Eau distillée .vv .«+.++ ++ +.+.10 cc.XV gouttes dans une cuillerée d\u2019eau.2) Sinapismes aux jambes.3) Compresses froides sur la poitrine.4) Glace sur région précordiale.5) Injections de morphine 4 grain.6) Poudre de Dover 0.20 centigr.(ipéca, opium, sulfate et azotate de potasse).Une poudre répétée plusieurs fois en 24 hrs.7) Diéte hydrique peu abondante.! 8) Si grave, injection dans les veines: 2 à 4 c.c.d\u2019une solution de citrate de soude à 30%.Se méfier de l\u2019injecter sous la peau, Ictère infectieux : Sulfate de soude .\u2026.« .4 grammes Bicarbonate de soude .2 grammes Phosphate de soude .1 gramme Faire dissoudre dans un litre d\u2019eau tiède.Prendre un verre à Bordeaux le matin à jeun et le soir au coucher.Néphrite chronique : Chlorure de calcium .5 grammes Sirop des cinq racines .50 grammes Eau distillée .130 grammes Une cuillerée à soupe toutes les trois heures: cinq par jour (hypo- tenseur).Obésité du jeune âge : Ext.thyroidien .0gr.005 Ext.hypophysaire .+.+.++ ., .Ogr.10 Ext.ovarien .© 44 00 46 50 ae .0gr.15 Pour un cachet No 20.Un cachet deux fois par jour. ANALYSES MEDECINE : ALBAN GIRAULT.\u2014 Ulcus gastrique a symptomatologie tabétiforme (Société de Gastro-Entérologie de Paris, juin 1929).Il arrive que l\u2019ulcère gastrique présente une symptomatologie qui n\u2019est pas toujours classique.L\u2019observation intéressante, rapportée par l\u2019auteur, le démontre clairement.Un homme de 51 ans fait tout d\u2019abord une hématemèse abondante, brutale, suivie de méloena les jours suivants: le tout sans douleurs prémonitoires; suivent des digestions pénibles avec pesanteur commençant aussitôt après les repas, mais très améliorées par un traitement alcalin.Il persiste, tout au plus, une gêne pylorique démontrée par la radiographie.Puis bruquement, après 7 mois où l'amélioration s\u2019est maintenue, le tableau clinique change.Des douleurs apparaissent qui sont tétébrantes et à propagation dorsale, constrictives, enserrant la base du thorax, accompagnées de vomissements faits en majorité d\u2019eau et de mucosités, commençant environ trois heures après les repas, se prolongeant sans rémission jusqu\u2019au lendemain matin et nullement influencées par le vomissement; elles se terminent brusquement, simulant la crise tabétique.Tous les examens pour dépister le tabès restent négatifs.Au cours de cette deuxième période de la malad'e, la radiographie indique une grosse stase avec sténose pylorique.On pratique une gastro-entérostomie, et l\u2019on constate l\u2019existence d\u2019un gros ulcère pénétrant, situé au tiers inférieur de la petite courbure et à direction postérieure.Après l\u2019intervention, cessation complète du syndrome douloureux.: Conclusions: La topographie de l\u2019ulcère, son évolution à direction postérieure ont fait naître une symptomatologie qui s\u2019écarte du type classique de l\u2019ulcère; toutefois, malgré son allure tabétiforme, l\u2019abondance de l\u2019hématémèse du début, sans prodromes, la nuit, en plein sommeil, pouvait faire soupçonner l\u2019existence d\u2019un ulcère; d\u2019ailleurs, la radiographie, à cette époque, avait répondu: gêne pylorique due probablement à un ulcus ancien.J.Alfred MOUSSEAU.=} R.DENIS.\u2014 Les bases physiologiques de la thérapeutique salée dans l\u2019occlusion intestinale (\u201cLa Presse Médicale\u201d, 23 novembre 1929).Les résultats obtenus par cette thérapeutique ont donné lieu aux conclusions les plus diverses.Alors que certa'ns praticiens ont rattaché 54 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA à l\u2019emploi des solutions hypertoniques de chlorure de sodium des améliorations immédiates, \u2018véritables résurrections\u201d, la plupart des observateurs n\u2019ont retiré de cette thérapeutique que des résultats minimes ou nuls.Ces divergences d\u2019appréciation se peuvent-elles expliquer.A la suite d\u2019occlusions intestinales expérimentales par section et suture en bourse de l\u2019anse intestinale, Haden et Orr ont observé des survies allant jusqu\u2019à l\u2019inanition.Ils administraient du chlorure de sodium en injection ou en ingestion au-dessus du point occlus.Ils en conclurent à la spécificité d\u2019action du chlorure de sodium dans les conditions expérimentales qu\u2019ils avaient réalisées.Pour l\u2019auteur, il n\u2019existe aucune relation entre l\u2019hypochlorurémie que l\u2019on propose de combattre par la thérapeutique salée et la toxémie.L\u2019hypochlorurémie est due à l\u2019accumulation de:; chlorures au-dessus de l\u2019obstacle et à leur élimination par vomissements: l\u2019occlusion haute interrompt le cycle normal de réabsorption des chlorures.L\u2019hypochlorurémie est plus marquée chez les animaux buvant à volonté; ils lavent véritablement leurs chlorures.La théorie mécanique explique que l\u2019hypochlorurémie grandisse en fonction de la hauteur de l\u2019occlusion.L'\u2019obstacle est-il bas situé (valvulus, hernie inguinale) que l\u2019on n\u2019observe pas cette réduction du taux des chlorures du sang, même en la présence de vomissements, la réabsorption du chlorure de sodium continuant à s\u2019opérer.L\u2019auteur conclut que les résultats différents viennent du manque d\u2019appréciation des facteurs hypochlorurémie et toxémie au cours de l\u2019occlusion intestinale, quel que soit le mécanisme dont ellt relève.J.R.PEPIN.Dr SIMERAY (de Nantes).\u2014 Une statistique rhumatismale de la région.Le rhumatisme est considéré dans la plupart des pays d'Europe comme un fléau social.Certaines stat'stiques lui attribuent jusqu\u2019à 1/6ème de l\u2019invalidité industrielle.Ce serait lui qui, avec la neurasthénie, grèverait le plus les caisses d\u2019assurances en Allemagne, plus que la tuberculose et les maladies vénériennes.Jusqu'ici il n\u2019a pas été publié de statistiques du rhumatisme en France au point de vue économique, mais il est intéressant de savoir quelles én sont les formes les plus répandues.Le Dr Simeray, de Nantes, communique à la Presse médicale la statistique des 2,000 derniers cas qu\u2019il a traités et qui donnent des précisions à ce dernier point de vue.Hommes Femmes Total Rhumatismes multilocalisés et à localisations variables .22 22 42 24 20 00 00 0e +.2 255 224 479 Rhumatisme de la hanche .190 83 418 Rhumatisme de la hanche bilatéral .89 56 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 55 Sciatique .40 00 0e 0e Tee 2 +.191 108 299 Lumbago .Cee 60 45 64 ee we ee Ll 115 60 175 Rhumatisme localisé aux genoux .85 : 47 132 Rhumatisme localisé aux pieds .42 26 68 Rhumatisme localisé aux chevilles .5 4 9 Rhumatisme localisé au membre supérieur (main exceptée) .42 22 40 40 40 44 40 4e 0e 22 125 86 211 Goutte .44 44 ch i.ie ve 4e 4e 4e 2 85 4 39 Névralgie intercostale Ce ee ee ee re ee ee ae a 9 9 18 Névralgie faciale .ce ve we.ow.13 25 38 Rhumatisme ankylosant et déformant .ce vo .2b 72 97 Rhumatisme localisé aux pieds et mains .8 14 22 Rhumatisme ankylosant à la main .14 18 32.Rhumatisme ankylosant à la colonne vertébrale 8 4 12 Rhumatisme articulaire aigu .17 12 29 1228 852 2078 Cette statistique met en évidence dans l\u2019ouest la plus grande fréquence de rhumatisme dans le sexe masculin (59%).Mais il importe de distinguer ce que l\u2019on entend par rhumatisme.Dans les douleurs multi- localisées et variables, là où il semble bien que ce solent les symptômes.d\u2019une affection générale, la proportion est sensiblement égale: 53% hommes et 47% femmes.Par contre, lorsque les douleurs sont localisées (hanche, lumbago, sciatique, genoux, pieds) la proportion masculine atteint de 64 à 67%.Au membre supérieur la proportion est encore de 60%.En faisant changer de travail au malade, on aurait d\u2019ailleurs réussi de grandes économies en certains pays, en se basant sur l\u2019étiologie professionnelle, ce qui semble très logique d'après la statistique ci-dessus.Par contre, le rhumatisme déformant et anklosant est beaucoup plus fréquent dans l\u2019élément féminin, et commence normalement par une atteinte conjuguée des pieds et des mains ou des mains seulement, puisque là seulement on retrouve une proportion renversée.(On retrouve encore à vrai dire la proport'on renversée dans la névralgie faciale, mais elle sort du cadre du rhumatisme par son allure particulière.) Docteur SIMERAY.M.A.FILLIAT.\u2014 À propos de deux médicaments (\u201cCourrier Médical\u201d, Paris, 1929, p.321).Dans un travail excessivement documenté, l\u2019auteur publie le résultat de nombreuses observations qu\u2019il a recueillies dans son service si important des hôpitaux de Nantes et il insiste d'une manière toute particulière sur les excellents effets qu\u2019il a obtenus avant et après les interventions avec l\u2019allonal: on sait que l\u2019allonal est l\u2019allylisopropylbarbiturate de di- méthyl-amino-antipyrine; c\u2019est donc un analgés\u2018que renforcé et il n\u2019est pas étonnant que l\u2019auteur ait pu vérifier son action sédative et antalgique * valide 0 56 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA puissante.D\u2019autre part, dans certaines céphalées et dans beaucoup de migraines, il a obtenu de lemploi d\u2019un ou de deux comprimés d\u2019allonal des résultats remarquables.M.Filliat a également utilisé le sédormid; comme on le sait, le sédormid est l\u2019allylisopropylacétylcarbamide; ce n\u2019est ni un barbiturique à l\u2019action trop énergique, ni un bromure aux effets parfois insuffisants, c\u2019est un uréide qui possède une action sédative et hypnogène douce et progressive, sans aucune toxicité sur les principaux appareils et c\u2019est ce qu\u2019a pu constater l\u2019auteur qui a donné ce médicament avec de très heureux effets, même à des enfants de 7 ou 8 ans, d\u2019où il conclut qu\u2019en pratique médicale courante, nous avons deux produits sûrs et dont l\u2019action se complète: l\u2019allonal, analgésique, et le sédormid, sédatif et hypnogène.Paul.A.GAGNON.CHIRURGIE D.P.D.WILKIE.\u2014 Gastro-entérostomie (\u201cSurg., G.& O.\u201d, jan.1929).D\u2019après l\u2019auteur, cette intervention reste l\u2019opération de choix dans le traitement de l\u2019uleus du duodénum avec rétrécissement.Dans l\u2019uleus stomacal, elle doit être associée à un traitement direct de l\u2019ulcère.Il insiste sur l\u2019importance de bien placer la bouche et sur la diète et le traitement alcalin post-opératoire.Mercier FAUTEUX.G.TILLIER.\u2014 Contribution a l\u2019étude des pyloro-duodénites.(Thèse de Lyon, 1928).Le syndrome douloureux tardif n\u2019est pas toujours synonyme d\u2019ulcus; il traduit souvent cliniquement la pyloro-duodénite.Dans cette affection les signes radiologiques n\u2019ont rien de caractéristique.A l'intervention l\u2019on ne trouve que des lésions inflammatoires banales.Quoi qu\u2019il en soit la pyloro-duodénite correspondrait, d\u2019après l\u2019auteur, à un stade pré- ulcéreux et relèverait du même traitement qui est appliqué dans cette affection, c\u2019est-à-dire: traitement médical prolongé, suivi d\u2019une intervention chirurgicale dans les cas non améliorés.Mercier FAUTEUX.ETIENNE SOREL.\u2014 Indications et résultats des ostéosynthèses dans le traitement du mal de Pott (\u201cJournal de Chirurgie\u201d, 29 oct, p.439).L\u2019auteur donne un résumé de son rapport au congrès de Paris, 1929.Il ne conseille pas l\u2019intervention chez les enfants, bien qu\u2019il y ait plusieurs auteurs qui le font, car chez ceux-ci la maladie peut guérir par les moyens orthopédiques ordinaires.Chez l\u2019adulte, la tuberculose de L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 57 colonne vertébrale n\u2019offre pas les mêmes caractères de gravité, et chez celui-ci la lésion ne guérit jamais complètement; elle a plutôt tendance à s\u2019assoupir pour se réveiller plus tard.Il est à conseiller de faire l\u2019ostéosynthèse qui non seulement agit en immobilisant la colonne, mais aussi en apportant aux vertèbres des éléments qui aident à la guérison.S.indique les indications et les contre-ind'cations à l\u2019opération.Le moment opportun de l\u2019intervention doit être choisi avec soin.L\u2019ostéosynthèse doit se faire surtout chez l\u2019adulte.Celle-ci se fait soit par auto-greffon, soit sans greffon.Le type opératoire est l\u2019opération d\u2019Albee, le greffon est prélevé aux dépens du tibia; l\u2019auteur donne les techniques de Hibbs et aussi de la greffe par corps étranger.Dans les soins post-opératoires, le malade devra garder le décubitus dorsal au moins six mois afin de donner plus de solidité au greffon.S., pour une série de 106 malades, donne comme résultats excellents 60, bons résultats 21, et 16 mauvais.Il conclut que l\u2019ostéosynthèse est le meilleur mode de traitement à proposer aux pott'ques adultes.UROLOGIE HARRIS.\u2014 Prostatectomie par voie sus-pubienne avec fermeture de la vessie [Suprapubic prostatectomie with closme] (\u201cThe British Journal of Urology\u201d, sept.1929, vol.1, No 3, p.285).L\u2019auteur présente une nouvelle technique personnelle de prostatectomie par voie trans-vésicale.Elle a pour but de suturer la plaie laissée par l'adénome peri-urétral enlevé et de pratiquer une fermeture primitive de la vessie.Tous les malades, avant la prostatectomie, sont soumis au drainage vésical soit par la sonde, soit par une cystostomie.Pour pratiquer l\u2019ablation de l\u2019adénome péri-urétral, l\u2019auteur fait une ouverture large de la vessie.La tumeur est alors enlevée au doigt.Puis de larges écarteur avec éclairage sont introduits dans la vessie.Une sonde est poussée dans l\u2019urètre et les lèvres de la plaie profonde de la cavité prostatique sont suturées au catgut.Enfin la vessie est entièrement fermée en deux plans.D\u2019après Harris, les malades guérissent en dix jours.Et il donne une liste de 88 malades ainsi opérés et guéris.O.MERCIER.DE COURCY WHEELER.\u2014 Rupture traumatique de l\u2019urètre [Traumatic Rupture of the Urethra] (\u2018The British Journal of Urology\u201d, juin 1929, vol.1, No 2, page 126).L\u2019auteur rapport sept cas de rupture traumatique de l\u2019urêtre et en tire des conclusions pratiques qui sont : 58 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 1° La rupture traumatique de l\u2019urètre est rare.2° Elle est plus fréquente à la région bulbaire.3° Le diagnostic en est facile.Un gros hématome au périnée indique une rupture complète.ù 4° Le rétrécissement est la suite habituelle.5° Tous les cas doivent être opérés.6° Une cystostomie de drainage est nécessaire.7° L\u2019urètre est suturé sur une sonde.8° La sonde est laissée à demeure jusqu\u2019au 14ème jour.Sur sept malades, seulement trois ont guéri sans rétrécissements.Les autres doivent se faire dilater de temps en temps.Ce résultat incomplet ne surprend pas et est dû, pour nous, au fait que l\u2019auteur laisse une sonde dans l\u2019urètre durant la période de cicatrisation.O.MERCIER.NEURO-PSYCHIATRIE J.URECHIA et S.MICHALESCU.\u2014 La pyrétothérapie avec levure de bière dans la paralysie générale.Le bilan de cinq ans.(\u201cSociété médicale des hôpitaux de Paris\u201d, 2 juillet 1929).Les auteurs montrent l\u2019effet pyrétogène de la levure de bière et les résultats obtenus dans le traitement de la paralysie générale ainsi que d\u2019autres maladies susceptibles de bénéficier de cette thérap'e.Depuis cinq ans, ils ont appliqué systématiquement cette méthode sur 233 malades.Ils ont également expérimenté la malariathérap'e sur un lot de 27 malades, pour avoir un terme de comparaison.Ils ont constaté que la levure de commerce donne des résultats identiques à la levure de culture.La levure de bière est employée au titre de 1 gr.100 dans l\u2019eau distillée en injections par voie veineuse.Ils n\u2019ont jamais observé le moindre accident.Les solutions doivent être fraîches, autrement elles perdraient leur efficac:té pyrétogène.Ils font d\u2019abord une première injection intra-veineuse de 0 c.c.à 0 c.c.5 pour tâter la susceptibilité individuelle.Des malades font, après cette dose, une température de 40° C.; le plus souvent, la fièvre varie entre 39 et 39.5°.Pour les injections subséquentes, les doses sont augmentées a 1 c.cet même à 2 c.c.ou 3 c.c.afin d\u2019obtenir une température qui varie entre 40 et 41°.Dans l'intervalle de 15 minutes à 2 heures, la fièvre se déclare par un frisson assez violent qui dure en moyenne une demi-heure ou une heure.La fièvre s\u2019accompagne de céphalée et surtout de douleurs dans les membres inférieurs et quelquefois à la.région lombaire.Ces douleurs, variables d\u2019un malade à l\u2019autre, sont en général intenses après la première injection, éventuelles après la deuxième, et rares après les suivantes.Après la première injection, la fièvre dure à peu près toute la journée, pour reprendre le lendemain.Après les injections suivantes, fle fe 0 just del cet rat qué L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 59 elle dure de 8 à 12 heures.Ces injections sont suivies de fatigue variant de quelques heurs à un jour.Elles se répètent deux fois par semaine, jusqu\u2019à un total de 8 à 12 injections.Quelquefois, elles sont mélangées de néosalvarsan dans la même seringue, sauf chez les congestifs.Les résultats obtenus sont les suivants: sur 223 malades traités par cette méthode, les rapporteurs ont eu: 19 cas de guérison, 82 améliorations, 53 sans aucun résultat, 69 qui ont succombé.Dont 8.58% de guérisons et 36.7% améliorations.L'amélioration peut se manifester après la 3e ou 4e injection.Le plus souvent, elle est manifeste après 8 ou 10 injections.S'il n\u2019y a pas d\u2019amélioration après 4 mois de traitement, il y a peu de chance de guérir.Les malades guéris ont été en état de reprendre leur place comme avocat, médec'n, magistrat, musicien, etc.Aucun accident ou complication à signaler après ce traitement.Les malades qui présentent de la myocardite ne doivent pas subir le traitement.Cette méthode pyrétogène a donné en dehors de la syphilis de bons résultats dans les névralgies, le rhumatisme subaigu et quelques cas de blennorrhagie.Emile LEGRAND.OBSTETRIQUE A.FRUHINSHOLZ.\u2014 A propos du déterminisme de la parturition (\u201cLa Presse Médicale\u201d, 23 novembre 1929).L\u2019étiologie du déclanchement du travail, à la fin de la grossesse, est un problème encore obscur, mais qui s\u2019éclaire peu à peu grâce aux recherches expérimentales et à l\u2019étude des phénomènes cliniques.Les expériences de laboratoire tendent à démontrer que, durant la première partie de la grossesse, l\u2019activité du corps jaune annihile l'action de la substance hypophysaire sur la musculature utérine.A mesure que la grossesse progresse, il y a un jeu de bascule; l\u2019hormone du lobe postérieur de l\u2019hypophyse reprend son pouvoir sur la contractilité de la fibre utérine.L\u2019ovaire, durant la grossesse, joue donc un rôle bien plus actif qu\u2019on ne le supposait jusqu'ici.Au point de vue clinique, personne n\u2019ignore les petits troubles qui surviennent dans la période correspondante aux menstruations manquantes indiquant une activité ovarienne définie.Les symptômes qui annoncent le travail, par exemple, les douleurs lombaires, la pollakiurie, l'apparition des glaires, etc, n\u2019indiquent-ils pas qu\u2019il y a comme une \u201cmise en charge\u201d de tout l\u2019organisme, avant que ne débute le travail réel.Une fois l\u2019accouchement commencé, il ne s\u2019ensuit pas que son mécanisme dépende uniquement de cette préparation de l\u2019organisme maternel.Nous devons tenir compte des différents facteurs susceptibles d\u2019entretenir la contractilité utérine, comme, par exemple, une bonne présentation, la formation normale de la poche des eaux.Au cours des présentations vicieuses, le travail, parfois, s\u2019arrête aussi longtemps qu\u2019une 60 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA intervention opportune ne vient remettre \u201cen contact\u201d les différents facteurs de l\u2019accouchement.Donatien MARION.GYNECOLOGIE C.E.FARR et R.T.FINDLAY.\u2014 Salpingite [Salpingitis].Une analyse détaillée basée sur l\u2019étude de 545 cas.Janvier 1914 à décembre 1927, inclusivement.Ceux qu\u2019une mise au point intéresse sur la question de la salpingite sous toutes ses formes trouveront dans cette analyse tous les détails que peut comporter une étude approfondie de ce sujet.Nous relevons ici quelques déductions prises au hasard parmi les nombreux chapitres qui composent le travail de Farr et Findlay.L\u2019hyperleucocytose est présente dans pratiquement tous les cas de salpingite, méme dans les formes chroniques et tuberculeuses.Cette hyperleucocytose qui n\u2019est pas en rapport avec la température, celle-ci pouvant même être normale, est toujours plus considérable que dans l'appendicite.a Le diagnostic différentiel est à faire surtout avec l\u2019appendicite, la grossesse ectopique, le kyste de l\u2019ovaire, le fibromyome de l\u2019utérus, la rétroversion de l\u2019utérus, l\u2019endométrite et la colique urétérale.Le drainage est loin d\u2019être toujours nécessaire, le pus des trompes ayant démontré être stérile dans au delà de 75% des cas.Les cas aigus ne devraient jamais être opérés d\u2019emblée.En cas de doute entre l\u2019annexite et une appendicite aiguë, il vaut mieux opérer quelques cas de salpingite aiguë que de permettre la rupture d\u2019un appendice, avec péritonite généralisée ou mort subséquente.Treize des quinze mortalités rapportées l\u2019ont été de cas opérés en crise aiguë, dont 9 de péritonite généralisée, 4 de mort subite sur la table d\u2019opération, 1 d'obstruction intestinale, 1 de dilatation aiguë de l\u2019estomac, 1 d\u2019un accident cérébral, 1 d\u2019un abcès du poumon.Léon GERIN-LAJOIE.M.C.C.NORRIS, C.A.BEHNEY.\u2014 Transplantation ovarienne [Ovarian transplantation] (\u201cSurgery, Gynaecology and Obstetrics\u201d, novembre 1929).La greffe ovarienne n\u2019est pas née d\u2019hier, mais elle n\u2019a pas semblé à date donner les résultats qu\u2019on aurait pu en attendre.Les auteurs se sont efforcés de toujours laisser un ovaire ou un fragment d\u2019ovaire dans les cas justifiables d\u2019hystérectomie, afin qu\u2019il puisse donner les meilleurs résultats en conservant sa circulation propre: ils ont obtenu de cette façon des résultats satisfaisants.Dans les cas où l'organe ne pouvait être laissé en place et que l\u2019on devait forcément en faire l\u2019ablation, il L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 61 était soumis à une étude minutieuse pour reconnaître jusqu\u2019à quel point celui-ci pouvait être sain: certains fragments en étaient alors prélevés et réimplantés à nouveau.Ces particules étaient greffées dans le muscle grand droit de l\u2019abdomen à différents endroits: en procédant de cette façon, la circulation se rétablissait beaucoup plus facilement dans les particules ovariennes, et la ménopause était éloignée de plusieurs années.Léon GERIN-LAJOIE.ELECTRO-RADIOLOGIE L.ELHERM et MOREL-HAHN.\u2014 A propos des vertèbres d\u2019ivoire \u201cJournal d\u2019Electrologie et de Radiologie\u201d, novembre 1929).Ce sont des auteurs francais, Souques-Lafourcade et Terris, qui en 1924 ont rapporté la première observation de cette anomalie osseuse, à laquelle ils ont donné le nom de \u201cvertèbre d\u2019ivoire\u201d, qui est constituée par l'intégrité morphologique et l\u2019aspect homogène d\u2019une vertèbre.Cet aspect marmoréen, au lieu d\u2019être unique, peut être \u2018généralisée, mais il s'agit alors d\u2019une affection différente dite \u201cmaladie des os de marbre\u201d caractérisée par l\u2019augmentation de la zone corticale avec condensation et élargissement des trabécules, l\u2019oblitération du tissu spongieux et l\u2019absence de réaction périostée.Aux observations publiées antérieurement, les auteurs ajoutent trois observations personnelles, fruit d\u2019une découverte radiologique fortuite.Ils font une revue générale de l\u2019étiologie probable de cette anomalie, et montrent que l\u2019accord est loin d\u2019être fait sur cette question.L'opinion qui paraît primer à l'heure actuelle est celle qui défend la nature infectieuse ou syphilitique de l'affection.Albert COMTOIS.COTTENOT.\u2014 Traitement des névralgies par la roentgenthérapie (\u2018\u2018Journal de Médecine et de Chirurgie pratiques\u201d, mai 1929).Dans les cas bien choisis, la radiothérapie appliquée sur la colonne vertébrale donne des résultats très satisfaisants, qu\u2019il s\u2019agisse de sciatique ou d\u2019algies des différents plexus, et ils seront d\u2019autant meilleurs que les radiations auront été employées plus tôt.Les petites doses seules sont à conseiller.Albert COMTOIS, CHIRURGIE INFANTILE ET ORTHOPEDIE M.L.MASON.\u2014 Nouvel appareil pour le traitement de la paralysie obstétricale [A simple abduction splint for use in obstetrical paralysis] (\u201cThe Journal of Bone and Joint Surgery\u201d, Vol.XI, No 4, octobre 1929).L\u2019auteur estime qu\u2019il faut instituer un\u2019 traitement rapide dans la paralysie obstétricale même dans les cas en apparence bénins, Laissant 62 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA de côté la question d'étiologie, bien qu\u2019il reconnaît que cette lésion survient surtout à la suite des accouchements laborieux par le siège, il croit que le pronostic sera favorable si l\u2019intervention est précoce.Dans le but de faciliter le traitement, l\u2019auteur propose un nouvel appareil métallique qui a l\u2019avantage de maintenir le bras en abduction complète et de relâcher ainsi l\u2019action irritante des muscles de l\u2019épaule.Cette gouttière est de construction facile et le bébé, malgré la position d\u2019abduction le supporte sans fatigue; de plus, il peut être enlevé tous les jours et facilite ainsi la toilette journalière de l\u2019enfant.Edmond DUBE.G.L.McWHORTER.\u2014 L\u2019ostéomyélite de l\u2019ischion et du pubis [Osteo- myelitis of the Ischium and Pubis] (\u201cSurg., Gyne.and Obstetrics\u201d, Vol.XLIX, août 1929, No 2).Le diagnostic de l\u2019ostéomyélite de l\u2019ischion et du pubis se fait surtout par les rayons X.C\u2019est une affection rare qui reste souvent sans traitement chirurgical, car il existe peu de techniques qui permettent une intervention satisfaisante.\u2018 L\u2019auteur propose une nouvelle voie d\u2019accès à travers les muscles addusteurs qui rend plus facile l\u2019abord de l\u2019ischion et du pubis.Cette intervention permet le curettage de l\u2019os ainsi que le drainage s'il y a lieu.L\u2019auteur rapporte quatre cas chez qui il a utilisé sa technique avec des résultats encourageants.Edmond DUBE.LABORATOIRE A.P.E.GEORGE.\u2014 Les variations du taux de la glycémie à jeun au cours de la pneumonie (\u2018\u201cComp.rend.Soc.Biol.\u201d, octobre 1929, page 7).En dosant le sucre du sang chez les pneumoniques à jeun par la méthode de Fontès et Thivolle, l\u2019auteur en est arrivé aux conclusions suivantes: \u2018Hyperglycémie manifeste au cours de la pneumonie, augmentation de l\u2019hyperglycémie aux approches de la mort\u201d.Relation entre l\u2019intensité des troubles de la glycémie et gravité de la maladie, des complications ou des rechutes.Absence de rapport entre l\u2019intensité des troubles, la température, l\u2019âge des malades et les médicaments employés.D\u2019après le même auteur, les troubles du métabolisme du sucre précèdent toujours les manifestations cliniques bien que le maximum d\u2019intensité de ces troubles ne soit pas atteint avec une égale rapidité chez tous les individus.De même le retour de la glycémie à jeun à son taux normal ne se fait pas à la même époque chez tous les pneumoniques.Dans les cas bénins l'abaissement de la glycémie vers la normale se fait entre le 8ème et le 15ème jour.\u201cLe retour de la glycémie à son taux EE ARE ES ES L'UNION MÉDICALE DU CANADA 63 habituel serait sous la dépendance du degré d\u2019intoxication de l\u2019organisme et de l\u2019intensité de la défense individuelle vis-à-vis de l\u2019agent pathogène.\u201d .L'auteur a classé les courbes de la glycémie en trois groupes.Les courbes ascendantes, les courbes descendantes et les courbes oscillantes.Les courbes constamment ascendantes seraient d\u2019un mauvais pronostic; les courbes descendantes seraient au contraire d\u2019un pronostic favorable.Chaque oscillation de la courbe serait la \u201cmatérialisation\u201d de complications ou rechutes survenant au cours de la pneumonie.Tout en accordant une valeur pronostique à la courbe de la glycémie à jeun au cours de la pneumonie, l'auteur conseille de ne pas y attacher une importance primordiale, étant donné la difficulté de pouvoir procéder aux dosages dans des conditions toujours identiques.} A.BERTRAND.TUBERCULOSE J.CAUSSIMON.\u2014 Un critérium d\u2019activité des lésions pulmonaires tuberculeuses.Les fièvres menstruelles.(\u201cLa Presse Médicale\u201d, 30 nov.1929).+ ! L\u2019étude des réactions thermiques chez la femme tuberculeuse durant son époque menstruelle peut fournir un élément de pronostic sur le degré d\u2019activité de la lésion pulmonaire.La femme normale, dans la plus grande partie des cas, présente une légère évolution thermique, qui se produit quelques jours avant et revient vers la normale quand le flux menstruel s\u2019est installé.Chez la femme tuberculeuse, si les lésions sont inactives la réaction thermique est du type normal.Si les lésions sont évolutives, on peut observer les 3 types anormaux suivants : a) Une fièvre menstruelle intense; b) Une hyperthermie accentuée pendant le flux sanguin; c) Une hyperthermie post-menstruelle.Il y a des malades atteintes d\u2019aménorrhée.L\u2019auteur distingue deux types d'aménorrhée: aménorrhée active et aménorrhée silencieuse.| Aménorrhée active.\u2014Ces malades éprouvent au moment habituel de leurs règles tous les troubles qu\u2019elles ont l'habitude d\u2019avoir, sauf l\u2019écoulement.Aménorrhée silencieuse.\u2014Il n\u2019y a pas d\u2019écoulement, pas de réactions locales, pas de réactions générales: la femme oublie son sexe.Si l\u2019évolution est lente et favorable, l\u2019aménorrhée active ne donne que des réactions faibles et discrètes.Si l\u2019évolution est rapide, l\u2019amé- notrhée active provoque au contraire des -réactions violentes.Il y a aménorrhée silencieuse parce que le système génital est déjà mort dans une organisme presque déchu.La situation est grave: c\u2019est la cachexie progressive et la terminaison fatale.En conclusion: lésion tuberculeuse stabilisée, non évolutive, donne une réaction menstruelle du type normal.Une lésion évolutive donne 64 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA une augmentation de l\u2019amplitude des oscillations thermiques et une évolution du niveau moyen de la température pendant l\u2019écoulement.J.A.VIDAL.MEDECINE LEGALE C.SIMONIN (Strasbourg).\u2014 Diagnostic médico-légal de la mort par embolie graisseuse (\u2018Annales de Méd.Lég.\u201d, avril 1929).La mort par embolie graisseuse doit son intérêt médico-légal à ce que, d\u2019origine traumatique, elle engage les responsabilités pénale et civile de l\u2019auteur de l\u2019accident.La défense admet avec les plus grandes difficultés qu\u2019une simple fracture pût entraîner, les jours suivants, la mort rapide du blessé, et elle ne manque pas de vouloir rattacher le décès à une cause étrangère au traumatisme; c\u2019est pourquoi la justice exige toujours des preuves formelles établissant des relations de cause à effet entre le traumatisme et la mort.Le diagnostic médico-légal de la mort par embolie graisseuse repose sur la confrontation des données cliniques, de l\u2019examen histologique des poumons ou du cerveau selon la forme clinique observée et à l\u2019occasion, des résultats du dosage des graisses dans le liquide extrait des poumons.Ce dosage ne devrait jamais être négligé, car il a été démontré que la plupart des fractures s\u2019accompagnent d\u2019embolie graisseuse pulmonaire plus ou moins importante.La présence de graisse dans les poumons n\u2019est donc pas forcément mortelle.C\u2019est pourquoi à la preuve qualitative l\u2019auteur recommande d\u2019ajouter la preuve quantitative en dosant la graisse contenue dans le liquide extrait des poumons par broiement entre les doigts.R.FONTAINE. SOCIÉTÉS La Société Médicale de Montréal Séance du 5 novembre 1929 Président: M.A.Léger.Diagnostic précoce de la granulie pulmonaire chez l\u2019enfant \u2014MM.PAUL LETONDAL et ALBERT COMTOIS, après avoir brièvement rappelé l\u2019histoire clinique des formes aiguës classiques de la granulie pulmonaire chez les enfants, décrivent de façon spéciale les formes atypiques, qui évoluent sans bruit, pendant plusieurs semaines, voire même plusieurs mois, sous le masque trompeur d\u2019une affection banale.Ces formes latentes, à évolution sub-aigueë, qui ne donnent lieu qu\u2019à des signes généraux, peuvent être reconnues précocement, avec certitude, par la radiographie, qui donne en pareil cas une image vraiment caractéristique.Les rapporteurs ont observé récemment à l\u2019hôpital Sainte-Justine un fait de ce genre chez un garçon de 5 ans.Le diagnostic radiographique, porté deux jours après son entrée à l'hôpital, a été confirmé par l\u2019évolution clinique et par l\u2019examen anatomique.La mort est survenue après 6 mois de maladie; elle résultait d\u2019une méningite tuberculeuse.L\u2019autopsie a révélé des lésions indiscutables de granulie.Insertion vicieuse du placenta dans un utérus malformé.\u2014M.D.MARION a eu l'occasion de traiter une patiente, âgée de 35 ans, pour des hémorragies utérines abondantes, ayant nécessité une transfusion sanguine.Ces hémorragies, survenues dans les premiers mois, étaient dues à un insertion basse de l\u2019œuf dans un utérus bicorne unicervical.Il existe donc, dans les premiers mois de la gestation, des hémorragies qui peuvent être causées par une insertion vicieuse du placenta, chez les malades présentant une malformation utérine.\u2014M.E.PRUDHOMME estime que les malformations génitales de la femme sont plus fréquentes qu\u2019on ne le croit généralement.Ainsi, en l\u2019espace de 10 mois, il a pu observer, dans le service de chirurgie de l\u2019Hôtel-Dieu, deux cas -d'anomalie du vagin et un cas de malformation utérine.Staphylococcie généralisée d\u2019origine alvéolo-dentaire.M.E.PRU- DHOMME présente l\u2019histoire d\u2019une malade, ayant souffert d\u2019abcès multiples, dans lesquels l\u2019examen bactériologique décela la présence du staphylocoque.Une radiographie des dents montra l\u2019existence de deux abcès dentaires, qui eux aussi contena\u2018ent des staphylocoques.Guérison de la malade, après extraction dentaire et ouverture des foyers purulents.Le rapporteur est porté à croire que l\u2019abcès alvéolo-dentaire a été le point de départ de cette staphylococcie généralisée. 66 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Un cas de chancre syphilitique chez une fillette de onze mois\u2014M.A.MARIN relate l\u2019observation d\u2019un nourrisson de onze mois, de sexe féminin, qui présentait aux grandes lèvres deux exulcérations arrondies, sans bords décollés, couleur chair musculaire, à fond lisse et uni, avec une légère induration.Micropolyadénopathie inguinale.Présence de tréponèmes pâles de Schaudinn à l\u2019ultra-microscope.- Un traitement par le sulfarsénol amena la disparition des lésions en 18 jours.L'origine de cette syphilis acquise est inconnue.Sur un cas d\u2019ictère.Discussion de l\u2019étiologie\u2014M.J.-R.PEPIN a observé, dans le service de médecine de l\u2019Hôtel-Dieu, un cas d\u2019ictère chez un syphilitique traité par l\u2019arsénic.Il en discute longuement l\u2019étiologie, et conclut qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un ictère d\u2019origine toxique, et non d\u2019origine syphilitique.\u2014M.A.MARIN estime que la preuve de la nature toxique de cet ictère n\u2019a pas été faite.Un traitement prudent par le novarsénobenzol pourrait éclaircir le problème; en amenant la disparition de l\u2019ictère, il prouverait que cet ictère n\u2019était pas toxique, mais d\u2019origine syphilitique.Election.\u2014MM.J.-H.Charbonneau, L.-M.Emard et E.Mathieu sont élus membres titulaires de la Société Médicale.Paul LETONDAL, Secrétaire des séances.Séance du 19 novembre 1929 Président: M.G.de Bellefeuille.A propos de trois cas de kystes synoviaux du poignet.\u2014M.MERCIER FAUTEUX a eu récemment l\u2019occasion de traiter tro:s malades pour une grosseur siégeant au poignet, dont la nature ne laissait aucun doute.Il s\u2019agissait de kystes synoviaux du poignet.Cette affection très bénigne, à symptomatologie assez nette, et par conséquent d\u2019un diagnostic relativement facile, est intéressante à étudier en raison des problèmes que soulève sa pathogénie.Le rapporteur, après avoir exposé les différerites théories qui se partagent les préférences des chirurgiens, se rallie à la conception moderne de Louis Bazy qui, depuis 1927, soutient que les kystes synoviaux du poignet relèvent non d\u2019une malformation anatomique mais d\u2019une lésion pathologique, consistant en une liquéfaction gélatiniforme d\u2019une masse fibreuse préexistante, péri-articulaire ou péri-synoviale.Cette liquéfaction gélatiniforme du tissu conjonctif est un processus général qui peut s'observer non seulement au niveau de la main, mais dans d\u2019autres endroits de l\u2019organisme, sous forme d\u2019hygromas, de kystes colitaires des os, de ramollissement des fibromyomes utérins.Méningite et granulie tuberculeuse chez une fillette de dix ans \u2014M.A.DUTILLY présente l\u2019observation d\u2019une fillette de dix ans, dont la mère est phtisique et dont un frère est mort récemment de tuberculose géné- L'UNION MÉDICALE DU CANADA 67 ralisée.Cette fillette fait, en ce moment, une granulie pulmonaire, reconnue précocement par la radiographie, qui s\u2019était manifestée au début par des phénomènes méningés, sans modifications appréciables du liquide céphalo-rachidien.La granulie pulmonaire, d\u2019ordinaire, ne s\u2019accompagne de manifestations méningées qu\u2019a la période terminale de son évolution.Tumeurs cérébrales multiples: maladie de Recklinghausen.\u2014 M.EMILE LEGRAND rapporte le cas d\u2019une maladie s\u2019étant présentée à la consultation externe de l\u2019Hôtel-Dieu pour hémiplégie droite.A l\u2019examen objectif, il constate des signes de tumeurs cérébrales multiples, avec augmentation de tension du liquide céphalo-rachidien et stase papillaire.La présence de ces multiples tumeurs cérébrales et la constatation de nombreuses petites tumeurs cutanées lui font porter le diagnostic de maladie de Recklinghausen.Observation d\u2019arthropathies multiples d\u2019origine tabétique.\u2014 M.A.NOVE-JOSSERAND nous fait part d\u2019une observation d\u2019arthropathies multiples d\u2019origine tabétique chez une femme de 46 ans.Il s\u2019agissait d\u2019une malade, admise à l\u2019hôpital Sainte-Jeanne d\u2019Arc dans un état d\u2019impotence complète et qui est morte, peu après son entrée, d'accidents urémiques.Les arthropathies, d\u2019une indolence à peu près complète, étaient apparues brusquement et s\u2019accompagnaient de la plupart des signes de la série tabétique; multiples, elles étaient localisées surtout aux grosses articulations des membres, et principalement à la hanche et au coude.La radiographie a révélé des lésoins articulaires et osseuses étendues.Avec Foix et Alajouanine, le rapporteur considère les arthropathies tabétiques comme des troubles trophiques commandés par une atteinte du système nerveux sympathique.Motion.\u2014 Sur proposition de M.Paul Letondal, secondée par M.Charles Bertrand, la Société Médicale émet le vœu suivant : \u201cConsidérant que la tuberculose est une malad'e dont la contagion se fait d\u2019abord et surtout dans l\u2019enfance, .\u201cConsidérant qu\u2019il n\u2019existe dans le district de Montréal aucun hôpital anti-tuberculeux pour les enfants, \u201cConsidérant que du fait de ce manque d\u2019hospitalisation, le taux de la mortalité tuberculeuse dans la province de Québec reste, malgré tous nos efforts, le plus élevé de toutes les provinces du Canada, \u201cLa Société Médicale de Montréal exprime le vœu qu\u2019il soit créé d\u2019urgence dans le district de Montréal un hôp\u2018tal spécial pour enfants tuberculeux.\u201d Et que ce vœu soit transmis au Directeur du Service de Santé de la Cité de Montréal, au Directeur du Service Provinc'al d'Hygiène et à la Direction de l\u2019Institut Bruchési.Election.\u2014MM.Paul Caumartin et Hermile Trudel sont élus membres titulaires de la Soc'été Médicale.Paul LETONDAL, Secrétaire des séances. NOUVELLES Le Professeur Gustave Archambault, chef de clinique de Dermatalogie à l\u2019Hôpital Notre-Dame, a été élu membre du Conseil de la Faculté de Médécine de l'Université de Montréal.Le Professeur Lefebure de Bellefeuille, chef de service au quartier des femmes de l'Hôpital Saint-Jean-de-Dieu, a été nommé membre associé de la Société Clinique de Médecine Mentale de Paris.SECOND CONGRES INTERNATIONAL DE PEDIATRIE À STOCKHOLM du 17 au 20 août 1930 Les pédiatres suédois ont décidé de lancer des invitations aux principaux spécialistes de maladies d\u2019enfants du monde, pour un Congrès International de Pédiatrie qui se tiendra à Stockholm, du 17 au 30 août 1930 inclusivement.' Ceux qui désireraient présenter des travaux sont priés de le faire avant le ler mars 1930.Il est important que ceux qui désirent assister à ce Congrès puissent avertir le plus tôt possible les organisateurs, afin qu\u2019on puisse calculer approximativement le nombre d\u2019idscriptions et que des arrangements soient faits pour le logement et le confort des congressistes.Les frais d\u2019enregistrement à la conférence sont de 20 couronnes suédoises.Toutes communications doivent être adressées à The Second International Pediatric Congress, Stockholm, Sweden.Adresse télégraphique: Pediatric, Stockholm.Toutes applications pour billets d\u2019admission devraient être accompagnées d\u2019un chèque ou d\u2019un ordre postal au montant de l\u2019enregistrement.Afin d\u2019éviter les erreurs d\u2019adresses ou de nom, il est important que ceux-ci soient imprimés.Le Comité d\u2019organisation se compose de: I.Jundell, M.D., Professeur de pédiatrie, président du Comité.Kj.O.af Klercker, M.D., professeur de pédiatrie, Lund.R.Nordgren, M.D., président de le section de pédiatrie, Swedish Medical Association, Stockholm.I.Thorling, M D., professeur de pédiatrie, Uppsala.Wilh.Wernstedt, M.D., professeur de pédiatrie, Stockholm.Nils MALMBERG, M.D., Conférencier en pédiatrie, Stockholm.Secrétaire du Comité."]
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