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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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L'union médicale du Canada, 1930-02, Collections de BAnQ.

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[" \u2018Tome LIX No 2 Février 1930 MEMOIRES L\u2019ANGINE DE POITRINE ET LES METHODES MODERNES D\u2019EXPLORATION DU COEUR ET DE L\u2019AORTE Par Albert De GUISE, Professeur agrégé à l\u2019Université de Montréal.L\u2019angine de poitrine, syndrome si décevant et toujours redoutable, a fait le sujet de nombreux travaux depuis qu\u2019Heberden l\u2019identifia en 1768 devant le Collège Royal de Londres.Sa pathogénie en particulier a soulevé de nombreuses discussions qui continuent encore aujourd\u2019hui à partager l\u2019opinion du monde médical entre les différentes théories des coronarites, de l\u2019aortite et de la distension aiguë du cœur.Dans cette étude, nous n\u2019envisagerons cette question de la pathogénie que d\u2019une façon indirecte, en rapport avec les constatations cliniques, électrocardiographiques ou radiologiques.Notre but est de faire ressortir l'importance des renseignements que la clinique peut tirer de l\u2019électrocardiographie et de l\u2019orthodiagraphie pour le diagnostic et aussi pour le pronostic de l\u2019angine de poitrine.Cliniquement, l\u2019angine de poitrine est caractérisée par une douleur habituellement rétro-sternale, s\u2019irradiant vers l\u2019épaule et le bras gauche le plus souvent, accompagnée d'angoisse et d\u2019un sentiment de mort prochaine.L\u2019examen découvrira souvent des signes objectifs soit de lésions aortiques, soit d'\u2019altérations du rythme cardiaque, soit de défaillance ventriculaire.Mais dans bien d\u2019autres cas, les troubles observés sont purement subjectifs, l'examen le plus attentif ne révèle aucun signe extérieur 70 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA d'une lésion cardiaque ou aortique, et le rythme du cœur peut rester tout à fait normal.Et pourtant l\u2019accident n\u2019en est pas moins grave et mortel.À côté de cette angine vraie qui tue, combien de fois ne rencon- trons-nous pas de ces crises douloureuses, à forme angineuse, où les symptômes apparaissent en tous points superposables à ceux de I'angine réelle, mais n\u2019en relèvent pas moins d\u2019une toute autre cause, sans aucune gravité, comme d\u2019ailleurs l\u2019évolution ultérieure pourra le prouver.Ce sont ces soi-disant \u2018fausses angines\u201d qui sévissent si souvent chez les intellectuels en particulier, plus spécialement les médecins, portés à analyser davantage sur eux-mêmes tels ou tels symptômes subjectifs: il en résulte un état d\u2019esprit navrant qui empoisonne leur existence et paralyse leur activité.Sans doute une exploration clinique minutieuse et suivie permettra, dans bien des cas, de rattacher les troubles douloureux à une cause bien déterminée: arythmie extra-systolique, dyspnée angoissante des lésions cardiaques mal compensées, névralgies intercostales, névralgies du plexus cervical ou du plexus brachial, troubles digestifs, cellulite précordiale, asthme vrai.Mais ces différents troubles ne sont-ils pas eux-mêmes susceptibles d\u2019être associés à une véritable angine ?Si bien qu\u2019il restera toujours une incertitude inévitable derrière le diagnostic posé.Et à cette incertitude du diagnostic viendra s'ajouter celle du pronostic.En présence de faits cliniques aussi nombreux que probants, n'est-il pas illusoire de vouloir juger de la gravité de l\u2019angine de poitrine en se basant sur l'intensité de la douleur ou sur la durée des crises douloureuses ?Telle angine tue en quelques secondes dans une crise à peine ébauchée, où la douleur se manifeste à peine.Telle autre permet une survie de plusieurs années, au prix de souffrances intolérables, à travers des crises nombreuses et prolongées.Aussi le clinicien averti s'empressera-t-il de pousser plus loin son investigation, il s'adressera au laboratoire, il demandera à l\u2019électrocardiographie une appréciation de la qualité des contractions ventriculaires, même en dehors de tout trouble rythmique; l\u2019ortho- diagramme lui rendra compte des altérations quantitatives ou qualitatives de l'aorte et des modifications anatomiques des cavités cardiaques.Observation I\u2014Le 22 novembre 1926, Monsieur G.vient nous consulter pour douleur thoracique, survenant lorsqu\u2019il.accélère le pas, lorsqu\u2019il L'UNION MÉDICALE DU CANADA 71 marche en terrain montant ou contre le vent.Les crises apparaissent deux ou trois fois par semaine et cela depuis cing ans.Monsieur G., ancien maire de sa ville, est âgé de 59 ans, il est marchand, mèêne une vie paisible, sans soucis.Dans ses antécédents, on note une rougeole, dans le bas âge; il a subi l\u2019appendicectomie en 1915; il nous raconte une histoire de calculs rénaux dont il a souffert en 1916 et en 1924, Rien à relever dans son histoire familiale ou héréditaire.Le Bordet-Wassermann est négatif.\u2014\u2014 À a 0 nt» é wm posi tion OAD \u2019 /J \u2018 D | 7G Figure L\u2014Observation I.Orthodiagramme, position frontale.N.B.\u2014Les chiffres entre parenthèses indiquent les diamètres normaux correspondants.La pression artérielle est de 158/98.A l\u2019auscultation du cœur, le rythme est régulier, normal; le seul bruit anormal consiste dans un léger éclat du 2iéme temps au foyer aortique.La douleur qu\u2019il ressent au moment des crises reste localisée à la 72 L'UNION MÉDICALE DU CANADA région rétrosternale, sans aucune irradiation, et son intensité est modérée: une légère angoisse l\u2019accompagne.L\u2019orthodiagramme (figure I) montre une augmentation du diamètre de l\u2019oreillette droite et de celui du ventricule gauche; celui-ci apparaît légèrement bombé.L\u2019aorte est normale dans les différentes positions.L\u2019électrocardiogramme (figure 2) nous montre un rythme régulier des oreillettes et des ventricules, légèrement accéléré, 85 à la minute.Le complexe auriculaire PR mesure 18 centièmes de seconde, temps normal.\u2018 Le complexe ventriculaire présente une déformation caractéristique: 1° encoches du sommet R dans trois dérivations; 2°élargissement du groupe ventriculaire QRS, qui mesures 12 cen- 1/50 de seconde 1 cm = 1 millivolt D-I D-II D-II11 Figure 2, Observation I.tièmes de seconde (alors que QRS mesure normalement de 5 à 6 centiémes de seconde; 3° allongement du complexe ventriculaire QRST qui mesure 38 centièmes de seconde (QRST normal mesure de 30 à 33 centièmes de seconde) ; 4° l\u2019onde ventriculaire T surélevée en première dérivation, est inversée en pointe (négative) dans les deuxième et troisième dérivations.Le diagnostic de coronarite s\u2019impose devant ce trouble profond de la qualité des contractions cardiaques.Et de plus chez lui s\u2019est surajouté un état cardiaque comme le démontre l\u2019orthodiagramme.A sa femme nous déclarons l\u2019extrême gravité de l\u2019affection et nous faisons un pronostic de survie très réservé, Sous l'influence du traitement, hygiène, toni-cardiaques, diurétiques, antispasmodiques, les crises disparaissent en moins de 15 jours, pour ne plus reparaître.Le malade vient nous voir au bout de deux mois; il se sent très bien, il se dit guéri, et même son entourage est tenté de croire à sa guérison.Trois semaines après, nous apprenons sa mort survenue subitement le matin, au cours d\u2019un état de santé en apparence parfaite, alors qu\u2019il revenait de la messe. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 73 Observation I[\u2014 Notre deuxième observation concerne un sujet de 54 ans, Monsieur T.de Cornwall, venu nous consulter en juillet 1925 pour palpitations douloureuses, accompagnées d\u2019une légère dyspnée d\u2019effort.Les troubles ont débuté quelques mois auparavant, et son médecin, sans s\u2019en soucier davantage, lui avait ordonné la digitaline à dose continue, qu'il prenait d\u2019ailleurs sans arrêt depuis 5 mois.Dans ses antécédents personnels, familiaux et héréditaires, nous ne pouvons relever aucun renseignement intéressant.À 7 AORTER 77.5 V0R?S DEsCompANTE Su positicn C Car D 4 ™ 2 Cm NS \u2014_, (5.7 (19 7/ D : 7G \u2018 Figure 3.Observation IL.Orthodiagramme, position frontale.N.B.\u2014Les chiffres entre parenthèses indiquent les diamètres normaux correspondants.Pourtant à l'examen, nous découvrons une éruption papulo-squa- meuse et de nombreuses,taches bronzées sur la poitrine et dans le dos.Le patient présente un léger œdème aux chevilles.La pression artérielle est de 145/95.A l\u2019examen du cœur, nous trouvons une pointe légèrement déviée 74 L'UNION MÉDICALE DU CANADA a vers l'aisselle et un rythme tout à fait désordonné caractérisant une arythmie complète.Le deuxième bruit, au foyer aortique, est clangoreux.La réaction de Bordet-Wassermann pratiquée sur le sang revient fortement positive.L\u2019orthodiagramme (figure 3) nous montre une augmentation des diamètres des cavités droites et du diamètre basal du cœur (D\u2019 G), en même temps qu\u2019un ventricule gauche un peu bombé.Le pédicule cardiaque est fortement élargi, et l\u2019arc aortique est tendu et proéminent de chaque côté; la hauteur de la crosse est augmentée.L\u2019opacité de l\u2019aorte est augmentée; on distingue nettement l\u2019ombre de l\u2019aorte descendante sur le profil gauche du cœur.Le diamètre de l'aorte initiale ascendante est normal, en rapport avec l\u2019âge du sujet.L'existence d\u2019une aortite ne fait ici aucun doute.1/50 de seconde .1 em \u2014 1 millivolt D-1 D-11 D-111 Figure 4\u2014Observation II L\u2019électrocardiogramme (figure 4) nous montre: un rythme tout à fait irrégulier des ventricules; le fonctionnement des oreillettes est représentée par une série d\u2019ondulations ou de fibrillations indiquant le fibrillo- flutter auriculaire.L\u2019accident ventriculaire R présente une encoche dans les trois dérivations.L\u2019onde ventriculaire T est inversée (négative) dans les deux premières dérivations.Nous concluons à un trouble profond de la qualité des contractions ventriculaires.Nous ne pouvons nous empêcher d\u2019établir une relation entre la syphilis que nous pensons pouvoir admettre chez ce malade et les lésions d\u2019aortite, de coronarite probable et d\u2019arythmie complète.Nous en faisons part au malade et nous lui proposons un traitement anti-syphilitique, en insistant sur la gravité de son état cardio-aortique.Il paraît accepter notre suggestion.Mais au lieu de venir recevoir là L'UNION MÉDICALE DU CANADA 75 sa première injection quelques jours plus tard, il nous écrit qu\u2019il préfère attendre quelque peu, étant donné qu\u2019il se sent relativement bien.Puis nous le perdons de vue.Au bout de quelques mois, nous le rencontrons par hasard en ville et il nous déclare qu\u2019à l'exception d\u2019une légère douleur thoracique, accompagnant ses palpitations, il n\u2019éprouve aucun malaise important.Deux ans après sa première visite à notre bureau, nous apprenons sa mort subite au cours d'une crise d\u2019angine de poitrine.Ces deux observations typiques font partie d\u2019une série de cas, soit 37 au total, qu\u2019il nous a été permis de suivre au cours des cinq dernières années.Tous ces malades ont présenté ou présentent encore des complexes électriques anormaux, ou des anomalies orthodiagra- phiques, tous ont accusé, à un certain moment, tout au moins, des douleurs angineuses plus ou moins violentes: 30 d\u2019entre eux sont morts moins de deux ans après nos constatations électriques ou radiologiques.Presque tous ces malades ont été pris dans la clientèle de ville, la plupart d\u2019entre eux continuant à vaquer à leurs occupations d\u2019une façon à peu près normale, jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient emportés brusquement en quelques heures ou en quelques secondes par le mal angineux.Nos observations personnelles confirment en tous points celles de Pardee, qui, sur 50 malades présentant une oblitération coronarienne supposée, a rencontré 34 fois des complexes électriques anormaux; celles de Willius et Brown, qui ont trouvé des anomalies électriques chez 80% des sujets ayant accusé de fortes douleurs et chez 54% de ceux n'ayant accusé que de faibles douleurs, alors que 13% seulement des sujets souffrant de crises angineuses présentaient des tracés normaux.Mais nous nous empressons d'ajouter ici, pour écarter tout malentendu, que si la coïncidence des anomalies électriques et des crises angineuses est très fréquente, nombre de sujets cependant ayant des électrocardiogrammes anormaux sont certainement exempts d\u2019angine de poitrine, tandis que certains angineux avérés présentent parfois des complexes électriques tout à fait normaux.Cette réserve étant faite, voyons sous quelle forme se présentent les altérations des complexes électriques dans l\u2019angine de poitrine.Dans quelques cas, plutôt rares, il s\u2019agit d\u2019un renflement en dôme de l\u2019onde ventriculaire T, dont la hauteur peut parfois dépasser celle du sommet R, T pouvant, par la suite, s\u2019inverser.Le plus souvent nous avons trouvé un élargissement du groupe 76 L'UNION MÉDICALE DU CANADA ventriculaire QRS, accompagnée fréquemment d'une encoche sur l\u2019une des branches du sommet R ou parfois sur ses deux branches: alors que QRS mesure normalement de 5 à 6 centièmes de seconde, il mesure ici 8, 10 et même 12 centièmes de seconde.Souvent tout le complexe ventriculaire est allongé dans son ensemble pour.mesurer 38, 40, 44 centièmes de seconde, au lieu des chiffres normaux de 30 à 33 centièmes de seconde.Une autre anomalie caractéristique et fondamentale qui comporte d\u2019ailleurs un pronostic très réservé, consiste dans l\u2019inversion de l\u2019onde ventriculaire T dans les deux premières dérivations ou dans la deuxième seulement.Parfois l'onde T légèrement positive est précédée d\u2019une légère dépression.L\u2019inversion de T en troisième dérivation ne nous a pas paru jusqu'ici présenter d'intérêt clinique.Quant aux altérations radiologiques, elles portent soit sur le cœur seulement, sur l\u2019aorte seulement, soit sur les deux à la fois.Certains diamètres du cœur apparaissent plus ou moins fortement augmentés, celui du ventricule droit et particulièrement celui du ventricule gauche.Celui-ci apparaît en plus bombé.Les altérations de l\u2019aorte portent soit sur la qualité du vaisseau qui apparaît plus ou moins dense et opaque, sur une étendue plus ou moins grande, soit sur le volume de l\u2019aorte qui est augmenté; le diamètre de l\u2019aorte initiale ascendante est plus ou moins augmenté, la crosse de l'aorte est tendue, l\u2019aorte est sinueuse, le diamètre transversal de la crosse aortique est augmenté ainsi que la hauteur de la crosse.Dans certains cas, on distingue très nettement à l\u2019écran certaines portions de l\u2019aorte que l'on ne voit pas normalement: portion horizontale de la cross, aorte initiale descendante.De plus les battements de l'aorte peuvent être plus ou moins diminués.Si maintenant l\u2019on veut rapprocher ces données électriques et radiologiques de celles que peuvent nous fournir et la médecine expérimentale et l'anatomie pathologique, on est frappé de l\u2019éclatante confirmation que celles-ci leur apportent.L'on sait que si l'on fait la ligature expérimentale de rameaux secondaires des artères coronaires, on détermine chez l'animal des infarctus plus ou moins étendus, qui subiront plus tard la transfor- , L'UNION MÉDICALE DU CANADA 77 mation fibreuse, sous forme de plaque blanchâtre, susceptible d\u2019une vascularisation secondaire.Or ces lésions myocardiques se traduiront par des altérations électriques exactement superposables à celles que nous rencontrons chez l\u2019homme dans les cas d\u2019'oblitération coronarienne supposée.De même lorsqu\u2019on arrive à déterminer chez l\u2019animal dans certaines zones du myocarde des\u2019 troubles nutritifs ou circulatoires au moyen du réchauffement ou de la réfrigération de certains points du myocarde, on obtient une modification des complexes électriques, montrant une onde T en dôme, dépassant considérablement la hauteur de R.C\u2019est ce qu\u2019ont pu réaliser Eppinger et Rothberger, F.Smith et ensuite Clerc et Stieffel, en injectant dans la région apexienne quelques gouttes d\u2019un caustique énergique (solution concentrée de nitrate d'argent).Ce qui d\u2019ailleurs nous laisse entrevoir comment, dans certains cas, les lésions de la myocardite peuvent reléguer au second plan les lésions coronariennes.À son tour, l\u2019anatomie pathologique nous permettra d\u2019établir une relation de coïncidence entre les anomalies électrocardiographiques et les lésions trouvées à l\u2019autopsie.Cette relation de coïncidence apparaît assez évidente: sur 11 patients de Pardee et Master ayant présenté des électrocardiogrammes atypiques, 10 présentaient à l\u2019autopsie des lésions coronariennes.Willius et Brown ont rencontré ces mêmes lésions coronariennes chez 89% des sujets ayant présenté des complexes électriques atypiques; Oppenheimer et Rothschild déclarent que dans toute altération coronarienne marquée, ils ont toujours constaté des complexes ventriculaires anormaux.Quant à nous, il ne nous a pas été possible de contrôler nos constatations par l\u2019autopsie, parce que la plupart de nos malades ont été pris dans la clientèle de ville.C\u2019est d\u2019ailleurs une chose admise par la plupart des auteurs que la rareté des autopsies en matière d\u2019angine de poitrine, non seulement parce que le milieu dans lequel on observe l\u2019angine est constitué surtout par la clientèle de ville, mais aussi parce que l\u2019éloignement des crises empêche souvent un séjour prolongé dans les hôpitaux.Gallavardin, sur 800 observations, ne peut relever qu'une vingtaine d\u2019autopsies.Les protocoles d\u2019autopsie nous montrent que, chez les sujets morts dans une crise d\u2019angine, on rencontre des lésions coronariennes dans la très grande majorité des cas.Cependant même si la lésion ° 78 L'UNION MÉDICALE DU CANADA est très marquée, étranglement d\u2019une coronaire, oblitération d'un orifice coronarien, on ne trouvera ni caillot oblitérant, ni infarctus récent, ni ischémie localisée permettant de faire la preuve que la circulation a pu être complètement interrompue ou suspendue pendant un temps assez long, tout au moins dans une certaine zone.Et pourtant l\u2019électrocardiagramme avait déjà montré chez certains de ces sujets que la contraction ventriculaire avait été profondément troublée.A côté des lésions coronariennes, les constatations radiologiques ne nous permettent pas davantage d'ignorer le rôle important que l\u2019aorte malade peut jouer dans la genèse de l\u2019angine, rôle déjà si bien mis en lumière par l\u2019étude des lésions anatomo-pathologiques.L'aortite que l'on a reconnue à l\u2019écran, on la retrouve sur la table d\u2019autopsie, dans ces plaques blanchâtres plus ou moins dures, siégeant dans la portion sus-sigmoïdienne de l'aorte, en cet endroit où les filets nerveux se rendant de l\u2019aorte au plexus cardiaque sont particulièrement abondants.Ce sont ces sujets qui ont présenté pendant Ja vie ces crises douloureuses que le clinicien a diagnostiquées angine d\u2019effort, crises dues à la distension subite d\u2019une aorte malade sous l'influence de l'effort.Est-il besoin d\u2019insister ici sur la nécessité qui s'impose de savoir reconnaître sans retard l\u2019origine syphilitique de czrtanes aortites, d\u2019en préciser le diagnostic et d\u2019en contrôler le traitement par l'examen radiologique ?Combien de malades ont pu être ainsi arrachés à une mort certaine et délivrés d\u2019un mal intolérable par une guérison indéniable ! L\u2019angine d'effort est le cri de souffrance de l'aorte malade, I'angine du décubitus est le cri de souffrance du cœur qui fléchit brusquement: c\u2019est la distension aiguë du cœur, du ventricule gauche en particulier.Cette distension aiguë du cœur, d'ailleurs extrêmement pénible, doit être distinguée de la simple dilatation cardiaque, lente et progressive, qui s'effectue sans douleur marquée; de même la dilatation vésicale progressive et permanente des prostatiques ne s\u2019accompagne- t-elle d'aucune douleur spéciale, alors que la distension brusque de la vessie provoque des douleurs particulièrement vives.La distension ventriculaire se présente parfois sous une forme subaiguë, accompagnée de crises angineuses.Et c\u2019est ici surtout que le contrôle radiologique permettra de reconnaître l\u2019origine cardiaque de l\u2019angine et d\u2019y apporter un traitement efficace dont les résultats pe ESS L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 79 seront souvent inespérés: ces angineux sont des cardiaques et doivent être traités comme tels.Ainsi en face d\u2019un problème aussi troublant que celui de l\u2019angine de poitrine, il apparaît que, à côté de la clinique, d'accord avec la clinique, d'accord avec l'anatomie pathologique et la médecine expérimentale, l\u2019orthodiagraphie et l\u2019électrocardiographie sont appelées à jouer un rôle de première importance pour le diagnostic et le pronostic de l\u2019angine de poitrine.Et l\u2019on peut même avancer que, seules, actuellement ces méthodes d'exploration permettent de donner comme un substratum anatomo- pathologique ou physio-pathologique aux désordres reconnus par les cliniciens: c\u2019est l\u2019orthodiagramme qui rendra compte de l\u2019état de l\u2019aorte, du degré de dilatation ou d\u2019hypertrophie des cavités cardiaques; c\u2019est l\u2019électrocardiogramme qui permettra d'analyser les altérations de la qualité de la contraction ventriculaire, de reconnaître un trouble de la circulation ou de la nutrition du myocarde, qu'il s'agisse d\u2019une oblitération ou d\u2019un spasme des coronaires, d\u2019un infarctus myocardique ou de foyers de dégénérescence myocardiques plus ou moins étendus.BIBLIOGRAPHIE E.Bordet\u2014Le contrôle de la radioscopie dans l\u2019angine de poitrine.Archives des maladies du cœur, septembre 1922.: A.Clerc.\u2014Anomalies électrocardiographiques au cours de l\u2019oblitération coronarienne.La Presse Médicale, avril 1927.Angine de poitrine et théorie coronarienne.La Presse Médicale, mai 1927.Gallavardin.\u2014Les angines de poitrine.1925.C.Laubry.\u2014Séméiologie cardio-vasculaire.1924.Lewis.\u2014Electrocardiographie clinique.1920.Mackenzie.\u2014Angina Pectoris.1923.Yaquez.\u2014Maladies du cceur.1921.Vaquez et Bordet\u2014Le Cœur et l\u2019Aorte.1920.Radiologie des vaisseaux de la base du cœur.1920.E.Bordet, J.Yacoel et R.Giroux.\u2014Les modifications de l\u2019élecrocardio- .gramme dans certains cas de bruit de galop.Archives des maladies du coeur, mars 1923.-\u2014\u2014- 0 \u2018 RECUEIL DE FAITS UN CAS DE STÉNOSE PYLORIQUE D\u2019ORIGINE SPECIFIQUE © Par J.Alired MOUSSEAU, De la Faculté de Paris, Médecin de l\u2019Hôpital Notre-Dame.Le malade qui fait l\u2019objet de cette communication est âgé de \u201857 ans.Deux ans et demi se sont écoulés depuis sa première visite à notre bureau.C\u2019est précisément parce que la période de temps a été suffisamment longue entre la première et la dernière consultation qu\u2019il nous sera permis d\u2019émettre certaines considérations hypothétiques, quant à la nature et au type anatomo-clinique de la lésion dont il a bien pu être le porteur.La thérapeutique que nous avons préconisée et utilisée peut prêter à discussion; mais ses excellents résultats prouvent toute sa valeur en même temps qu\u2019ils nous dévoilent, semble-t-il, la nature de l\u2019affection.Observation \u2014M.X., âgé de 57 ans, agent d\u2019assurance, marié, sans enfants.Il vient consulter le 6 janvier 1927 pour troubles digestifs et parce qu\u2019il a beaucoup maigri; son état l\u2019inquiète beaucoup et lui fait craindre un cancer d\u2019estomac.Le début de la maladie remonterait à septembre 1925 alors qu\u2019il fit une poussée d\u2019ictère qui dura trois mois, avec selles décolorées, des urines foncées, mais sans fièvre et sans prurit.Le traitement alors institué fut des plus ordinaires: antiseptiques biliaires et laxatifs.Depuis lors, ses digestions furent toujours pénibles, ce qui l\u2019obligea de diminuer considérablement la quantité de ses aliments.Quand il vient consulter, le 6 juin 1927, les troubles digestifs allaient s\u2019accentuant depuis trois mois; ces troubles consistaient en sensation de (1) Communication à la Société Médicale de Montréal, le 17 déc.1929. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 81 lourdeur, de pesanteur dans la zone épigastrique; le malade a l'impression d\u2019entasser repas sur repas sans pouvoir se libérer complètement d\u2019aueun: ce qui lui amène des vomissements, tantôt alimentaires, tantôt pituiteux, 2 à 3 fois la semaine et plus particulièrement au cours de la soirée, ou de la nuit; il n\u2019a jamais resgenti de brûlements d\u2019estomac ni de véritables douleurs, à part quelques crampes précédant parfois les vomissements.Pas d hématemèse, ni melœna; une constipation très opiniâtre.Le malade nous dit avoir maigri d\u2019une cinquantaine de livres au cours des deux années précédentes, dont 15 livres durant les trois derniers mois.Chose singulière, l\u2019appétit est conservé en dépit des troubles, et l\u2019odeur des viandes rôties excite son appétit.En regardant cet homme, ce qui est frappant c\u2019est un état général considérablement altéré ; l\u2019amaigrissement est notable; le facies est osseux avec des orbites démesurément agrandies; l\u2019œil est luisant; le teint est terne et cachectique et il nous paraît grandement affaibli.Les réflexes pupillaires sont normaux; égalité et régularité des pupilles; myosis.Les réflexes rotuliens sont plutôt diminués, ainsi que les achiléens.Il n\u2019y a pas de Romberg.Les dents sont mauvaises: pyorrhée alvéolo-dentaire.Pas de leuco- piasie; aucune adénopathie.Rien de notable à l\u2019auscultation des poumons; celle du cœur ne révèle aucun souffle aortique.La P.A.\u2014 135/95.Le pouls bat à 70, facilement dépressible.Pas dd température.Le foie nous paraît plutôt abaissé qu\u2019hypertrophié; la rate n\u2019est pas grosse.Les urines ne renferment ni sucre, ni albumine, ni pigment biliaire.Si l\u2019on palpe l\u2019abdomen, dont la peau est sèche, on ne perçoit aucune masse et l\u2019on ne provoque aucune douleur véritable, si ce n\u2019est au creux épigastrique; mais cette douleur, moyenne en intensité, répond au plan profond et ne provoque aucune défense musculaire; les autres plexus nerveux ne sont pas douloureux.L\u2019estomac est grandement dilaté et dépasse l\u2019ombilie, en position horizontale, de deux travers de doigt; c\u2019est en faisant boire au malade 250 grammes d\u2019eau tiède, qu\u2019on peut, au moins approximativement, léli- miter la partie inférieure de l\u2019estomac, ce que nous conf rme par ailleurs la phonendoscopie.Disons qu\u2019avant de faire boire ce malade il y avait bruit de flot et clapotage huit heures après son dernier repas.Le signe de la sangle est positif.En fin d\u2019examen local, le malade accuse une douleur sous forme de crampe, au niveau de l\u2019épigastre en même temps que des nausées: jamais il n\u2019a eu de pyrosis; les régurg'tations sont de goût fade.En fait d\u2019habitudes: il a toujours été gros mangeur, buveur de bière et grand fumeur de cigares.Antécédents personnels: & l\u2019âge de 44 ans, il a eu à la verge, un chancre, à son dire, de peu d\u2019importance puisqu\u2019il a guéri sans traitement et ne l\u2019a pas fait souffrir.Nous croyons tenir, grâce à cet aveu, la cause et la nature des troubles gastriques. 82 L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Un Bordet-Wassermann sanguin, fait quelques jours plus tard, nous arrive négatif.Nous hésitons alors a instituer un traitement antisyphilitique et nous appliquons le traitement ordinaire des ptoses gastro-intestinales.Quinze jours s\u2019écoulent sans apporter aucune amélioration; et comme notre malade va de pis en pis, je demande une radiograph'e de l\u2019estomac que je ne peux obtenir, le coût élevé de cet examen faisant hésiter notre malade: mais comme il prétend qu\u2019un traitement médical différent pourrait peut-être améliorer son état (si, dit-il, j'ai à guérir), je tente, sans trop d\u2019espoir, un traitement à l\u2019iodure de potassium et au biiodure de mercure combinés, à la dose respective de 2 grammes de IK.et 0.02 centigrammes de Biiodure de Hg.par jour, avec, en plus, la solution tonique de Martinet.Après 14 jours de ce traitement, le malade nous revient pour dire qu'il n\u2019est pas plus mal portant; que peut-être ça va un peu mieux puisqu'il mange un peu plus et digère un peu moins mal.Je fais quelques réflexions intérieures quant à la nature du traitement institué pour un estomac aussi dilaté et aussi lent à se vider, et je commence à croire qu\u2019en dépit du Wassermann négatif, notre traitement antispécifique a peut-être quand même sa raison d\u2019être.J\u2019examine à nouveau cet estomac, qui ne me paraît guère amélioré, et je pèse mon malade, qui a pris trois livres de poids depuis mon premier examen.Son poids initial était de 126 livres; il pesait 130 livres.Je demande a cet homme de continuer encore le méme traitement sans plus de repos et je le revois trois semaines plus tard alors qu\u2019il m\u2019apporte un gain total de neuf livres, soit 137 livres.Continuant le même traitement en intercalant un repos de 12 jours par mois pour l\u2019iodure et le mercure, il pèse, le 22 août, 141 livres, soit 15 livres de plus qu\u2019au début du traitement; son état général me paraît meilleur, et il accuse des digestions plus faciles quoiqu\u2019encore un peu lentes; il ne vomit plus.Nous revoyons ce malade le 10 février 1928, huit mois après le début du traitement.C\u2019est un homme tout transformé qui pèse alors 157 livres; donc 27 livres de gain.Content de lui-même, il cesse de venir nous voir et nous téléphone parfois pour dire qu\u2019il va de mieux en mieux.Le 3 mars 1929, 21 mois après sa première consultation, il a engraissé de 40 livres.La digestion s'effectue sans aucun trouble.Il s\u2019est remis à son travail pénible d\u2019agent d\u2019assurance depuis au delà de six mois.Il nous paraît tout à fait guéri.Sans résumer les faits cliniques que nous venons de décrire, et en présence d\u2019un cas comme celui-ci pour lequel, malheureusement, nous n\u2019avons pu avoir de radiographie de l\u2019estomac, chez lequel le B.W.fut négatif, malgré l\u2019aveu d\u2019un accident primitif dont les caractéristiques semblent répondre à une lésion spécifique et qu'une thérapeutique qui ne pourrait passer pour \u201cancienne\u201d a cependant guéri, ne trouvez-vous pas que c\u2019est avec raison que nous présumions l'existence d'une syphilis gastrique chez notre malade. L'UNION MÉDICALE DU CANADA 83 L'interprétation peut paraître délicate et prêter à discussion si nous voulons maintenant considérer la forme anatomo-pathologique de la lésion gastrique, susceptible d\u2019avoir fourni le tableau clinique ci-haut décrit.Nous nous sommes trouvé, sans aucun doute pour nous, en présence d\u2019une manifestation tertiaire de la syphilis gastrique.Ce que nous avons relevé en fait de troubles subjectifs et fonctionnels ne diffère pas de ce que nous aurions rencontré si l\u2019estomac, lésé par une affection autre que la syphilis, eut eu à manifester sa souffrance: une grande dilatation gastrique avec simple spasme du pylore eut fourni le même syndrome clinique; un cancer du pylore, en pareille occurrence, n\u2019aurait pu qu\u2019accentuer les troubles déjà existants, tandis que cette même thérapeutique employée pour notre cas et qui nous a donné des résultats rapides et durables, fournit bien la preuve de la riature spécifique de l'affection.Or, si nous devons éliminer, parce qu\u2019ils n\u2019en ont montré aucun symptôme, quelques-unes des manifestations tertiaires de la syphilis gastrique, tel le pseudo-cancer d\u2019origine spécifique, ou l\u2019ulcère de même nature, soit la sténose médio-gastrique ou même la linite, 1l nous reste à considérer, dans le domaine des hypothèses, les autres syphilides tertiaires susceptibles d\u2019avoir envahi la tunique gastrique de notre malade.Et c\u2019est à la Gastrite syphilitique proprement dite, avec infiltration gommeuse, que nous pensons d\u2019abord.Elle est d\u2019ailleurs très difficile à diagnostiquer, même avec l\u2019aide des Rayons X.Cette gastrite syphilitique aurait en quelque sorte fait le lit à la première lésion importante de la tunique gastrique, à savoir: l\u2019infiltration gommeuse.Car nous savons que des amas gommeux dont le siège est dans la sous-muqueuse, soit au niveau des faces, soit au niveau des différentes courbures, soit plus souvent au nive:u du pylore, sont susceptibles de créer une sténose pylorique: et d\u2019autre part la loi de Stokes-Chopart, \u201cles muscles sous-jacents a une muqueuse ou à une séreuse enflammées sont paralysés\u201d, expliquerait la dilatation gastrique par paralysie musculaire.Nous savons aussi que ces sténoses peuvent céder sous l\u2019influence du traitement, si le tissu qui donne ce rétrécissement est encore du tissu gommeux.Si c\u2019est déjà du tissu de cicatrice, le traitement anti- spécifique n\u2019a aucun cffet.Quoi qu\u2019il en soit, notre thérapeutique a été pleinement effective 84 L'UNION MÉDICALE DU CANADA et c\u2019est maintenant le moment de nous demander si nous aurions obtenu le même résultat avec l\u2019arsénic et le bismuth.À une époque où l\u2019arsenic et le bismuth tiennent un rang élevé sur le marché des valeurs thérapeutiques, il s\u2019est trouvé que nous avons eu recours à peu d\u2019arsenic et à beaucoup d'iodure et de mercure parce que nous restons convaincu que pour des malades approchant la soixantaine et qui présentent des manifestations tertiaires, le mercure et l'iodure doivent tenir la première place; mais je ne suis pas svphiligraphe ni arsénicophobe; et sans trop craindre les conflits thérapeutiques dont parle Milian, on ne peut s'empêcher de constater que c\u2019est toujours avec l\u2019arsenic et non avec le mercure qu\u2019ils se produisent et, a fortiori chez des malades dont le cellule hépatique a été surmenée, soit par des abus de table, soit par l'alcool.Leven disait que l'on ne devait pas considérer avoir bien traité la svphilis gastrique, si l'on n'a pas donné d\u2019iodure de potassium, qui fait fondre les gommes syphilitiques de l\u2019estomac; et il ajoute qu'il faut également avoir recours au mercure.Nous partageons son Opinion.Conclusions d'ordre pratique: chez un malade dépassant la cinquantaine et présentant des troubles gastriques graves, en particulier une ptose de l'estomac avec lenteur d\u2019évacuation et parfois des vomissements, qui avoue un accident pouvant être d\u2019ordre spécifique, mais que la réaction de \\Wassermann reste impuissante à démontrer, il est toujours indiqué de tenter d\u2019abord un traitement à l'iodure et au mercure; si ce sont des manifestations syphilitiques, elles rétrograderont comme par enchantement par le traitement, pourvu qu'il n\u2019y ait pas de sclérose constituée: si les lésions ne sont pas de nature spécifique, le traitement à l\u2019iodure constitue un traitement brutal et ne fera qu\u2019accentuer davantage les troubles gastriques déjà existants. GOITRE OBSERVATIONS PERSONNELLES ET COMMENTAIRES 4) Par Réal DORE.Nous pouvons résumer en quelques lignes l\u2019opinion générale actuelle du traitement médicamenteux et physique des goitres.Des radiologistes (Kahn, Delherm, Panneton) admettent l\u2019inefficacité des Rayons X, et j'ajoute du radium, appliqués sur une tumeur encapsulée de la glande thyroïde.Des médecins (Henry Bith, sauf Marcel Labbé) affirment que l\u2019iode administré à des goitreux porteurs de tumeurs encapsulées n\u2019a aucun effet heureux sur celles-ci.Des Américains (Marine) prétendent que des tumeurs encap- sulées non toxiques peuvent le devenir à la faveur d\u2019un traitement iodé.Seuls les porteurs de tumeur parenchymateuse de la glande thyroïde peuvent sinon guérir, du moins s'améliorer sous l\u2019effet du traitement 10dé ou des Rayons X.Plummer et Bootby, médecins américains, Dautrebande, médecin belge, G.H.Baril, de Montréal, considèrent l\u2019iode comme adjuvant très affectif dans la préparation des goitreux à l'intervention chirurgicale.Grâce à ce médicament, un métabolisme basal élevé redevient quasi normal et permet par la suite d'opérer dans de meilleures conditions.Voyons maintenant si les faits cliniques confirment ces données.lère observation Madame B., âgée de 55 ans, il y a 3 ans, lors de sa ménopause, a constaté la présence d\u2019une tumeur du cou, région antérieure.Au cours de la première année qui a suivi la constatation de cette tumeur thyroïdienne, de l\u2019iode a été administré par intervalles réguliers.Les symptômes toxiques s\u2019accentuant, au commencement de la deuxième année, la malade est soumise à huit traitements aux Rayons (1) Travail présenté à la Société Médicale de Montréal, séance du 3 décembre 1929 86 L'UNION MÉDICALE DU CANADA X, à raison de un par semaine.En juin dernier, commencement de la troisième année, la malade accusant encore des symptômes d hyperthyroïdie, est de nouveau soumise à sept applications des Rayons X, toujours à raison de une par semaine.J'ai examiné Madame B.le 26 novembre 1929, et j'ai porté le diagnostic de goître parenchymateux volumineux, bilatéral, toxique.Lors de cet examen le métabolisme était de plus 51 et la malade présentait encore des symptômes toxiques.Tout porte à croire que chez cette personne, malgré les différents traitements reçus, l\u2019évolution toxique suit son cours.Chez elle l\u2019iode n\u2019a sûrement pas été un remède spécif que, pas plus que ne l'ont été les Rayons X.2ème observation-\u2014Madame L., 30 ans, a remarqué que son cou, région antérieure, augmentait de volume il y a 4 ans.J\u2019ai examiné cette malade il y a 2 ans.J'ai fait de la tumeur un goître parenchymateux, bilatéral, toxique, exophthalmique.Il s\u2019agissait d\u2019un Graves-Basedow classique.Elle avait dans le temps un métabolisme de plus 107.Vu l\u2019état d\u2019hyperthyroïdie grave de la malade, celle-ci est internée à l'hôpital où elle séjourne un mois au lit.Au cours des deux mois qui ont suivi sa sortie de l\u2019hôpital, elle fut mise au repos complet dans sa famille.Dès le début de son séjour à l\u2019hôpital, des traitements aux Rayons X ont été appliqués au niveau de la tumeur.Ce traitement physique a fait disparaître la tumeur d\u2019une façon complète.Actuellement, cette malade a un métabolisme basal de plus 67 et présente encore des symptômes toxiques prononcés d\u2019une Graves- Basedow.3ème observation \u2014Madame B., 32 ans, présentait l\u2019été dernier un adénome volumineux, bilatéral, toxique, multinodulaire dont le début remonte à dix ans.Cette malade a été traitée au radium à maintes reprises il y a quelques années.Depuis, une thyroïdectomie subtotale laborieuse a été pratiquée.4ème observation Mlle C., 36 ans, très nerveuse et accusant des palpitations de cœur, consultait un médecin à ce sujet en mars 1928.Celui-ci a porté un diagnostic d\u2019adénome toxique (MB plus 20).Un traitement iodé (solution de Lugol) a été prescrit.Le métabolisme basal étant descendu à plus 4, l\u2019intervention a été pratiquée.Au sujet de cette malade, il y a un détail intéressant à noter.En juillet dernier, à Varsovie, lors du congrès international de chirurgie, Léon Bérard, rapporteur, affirmait que la fréquence de la récidive des symptômes toxiques après l\u2019énucléation d\u2019une tumeur L'UNION MÉDICALE DU CANADA 87 encapsulée, opération incomplète comme il le dit, est due à la persistance de lésions parenchymateuses tout autour de la tumeur encapsulée, siège probable de la sécrétion toxique.M'inspirant de cette théorie nouvelle, j'ai pratiqué chez ma malade non pas une énucléation de la tumeur encapsulée, mais une thyroïdectomie partielle.L'examen anatomo-pathologique de la pièce fait par le prof P.Masson a prouvé l\u2019exactitude de la théorie de Léon Bérard.Il s'agissait en plus d\u2019un adénome, d\u2019une hyperplasie en involution probable du parenchyme glandulaire.I] faut conclure de tout ceci qu\u2019une thyroïdectomie partielle doit être pratiquée, plutôt qu\u2019une énucléation simple, quand 1l s\u2019agit d\u2019une tumeur encapsulée toxique.Commentaires Dans la première observation, il s\u2019agit d'un goitre parenchymateux traité aux Rayons X.Cet agent physique a diminué d\u2019un tiers le volume primitif de la tumeur.Malheureusement, cette malade présente encore des symptômes alarmants d'hyperthyroïdie.La deuxième malade, qui présentait un Graves-Basedow classique, a vu sa tumeur disparaître complètement par l'application des Rayons X.Si actuellement la tumeur est disparue, l\u2019évolution toxique persiste.Je n\u2019oserais pas conseiller à cette dernière de continuer à se faire irradier davantage de peur de voir apparaître un myxœdème redoutable.Il ne reste à proposer à ces deux malades que le traitement sanglant.Malheureusement les adhérences tenaces créées par les Rayons X rendront l'intervention très laborieuse et même dangereuse quant au nerf récurrent.Si quelques cas heureux traités par les Rayons X sont rapportés, les cas d\u2019insuccès sont trop nombreux et l'intervention est si délicate chez ces derniers, que dans l\u2019intérêt des malades, avant de conseiller à ceux-ci un traitement physique, il faut y penser sérieusement.Au sujet du troisième cas présenté et traité au radium, aucun résultat n\u2019a été obtenu si ce n\u2019est celui de rendre une intervention des plus laborieuses.La quatrième observation confirme bien l\u2019opinion du Dr G.H.Baril en ce sens qe l\u2019iode en abaissant un métabolisme élevé rend bénigne une opération majeure. 88 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Conclusions Me basant sur l\u2019observation de ces 4 malades et sur bon nombre d\u2019autres que j'ai eu l\u2019occasion de suivre et d'opérer depuis 2 ans et tenant compte de l\u2019opinion générale de ceux qui se sont intéressés aux affections de la glande thyroïde, j'en viens à la conclusion que l\u2019iode peut être prescrit à des porteurs de goitre scolaire, peut-être aussi, mais pour une courte durée, à celles qui voient apparaître un goitre parenchymateux lors de la puberté, d\u2019une grossesse ou de la ménopause.Les autres formes cliniques du goitre appartiennent au domaine chirurgical.Quant aux Rayons X et au radium, ce sont des agents physiques dont \"application sur des thyroides cause presque toujours plus d\u2019ennui que de bien.Nous devons donc les éliminer de la thérapeutique des goitreux.Dans les circonstances, japprouve attitude prise par les deux médecins dont les noms suivent : \u2018En 1926, après avoir rapporté 1500 cas de goître opérés au cours de ses 20 dernières années, Sébileau concluait en disant que : \u2018tous les goitreux finissent toujours par subir l'intervention chirurgicale quel que soit le traitement médicamenteux ou physique utilisé.\u201d En juillet.1929, lors du congrès international de chirurgie tenu a Varsovie, Léon Bérard, rapporteur, concluait en ces termes : \u201cchez les goitreux le traitement sanglant est de beaucoup supérieur a tout autre.\u201d SUR UN CAS DE GASTRECTOMIE PARTIELLE POUR CANCER Par Paul MARCHILDON Assistant bénévole à la Clinique chirurgicale de l\u2019Hôtel-Dieu.Le cancer de l\u2019estomac est le plus fréquent de tous les cancers.I] figure pour un tiers des cancers de l'homme et un cinquième des cancers de la femme.De par sa nature et sa localisation, le cancer gastrique est une aifection éminemment chirurgicale.Il s'ensuit de cette notion, la nécessité du diagnostic précoce, car le cancer devient très rapidement inopérable par les métastases aux ganglions du voisinage, la propagation destructrice à l'organe lui-même, les adhérences intimes aux organes voisins les faisant prendre part au processus tumoral et rendant l\u2019acte opératoire impossible.La symptomatologie est très variable.Ordinairement, au début, il n\u2019y a pas de symptômes pathognomoniques.Bien des dyspeptiques nerveux ont porté leurs cancers jusqu'à ce qu'on les découvre à l'état d\u2019inopérabilité.Il faut donc toujours faire une étude approfondie des dyspeptiques chroniques, compléter les observations par le chimisme gastrique et la radiographie.La radiographie est positive dans 95% des cas.Elle renseignera d\u2019une façon précise sur la place où se trouve le cancer et son degré d\u2019envahissement à l\u2019estomac.C\u2019est une recherche dont il ne faut pas priver le malade.Le chimisme gastrique révèlera souvent une hypochlorhydrie ou une achlorhydrie.D'après Pauchet, la mortalité opératoire pour néo-gastrique est de 18%.C\u2019est un taux assez élevé comparé à celui de 3% pour les ulcères.La différence est due au fait que les cancers sont opérés trop tard.Les métastases ont essaimé au loin, les adhérences compliquent l'acte opératoire et augmentent le shock, la cachexie diminue la résistance du malade.J'eus l\u2019occasion d\u2019opérer un malade qui illustre plusieurs points de vue de la question. 90 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Le 24 novembre 1928, vint me consulter M.E.C., cultivateur, 51 ans.Il souffrait, depuis huit mois, de troubles digestifs consistant en sensations de points sous les fausses côtes du côté gauche, 3 à 4 heures après les repas; le malaise coïncidait avec le début de la faim, vers 11 A.M, 3 P.M.et 3 A.M.Parfois, c'était de véritables crampes.Depuis le début, le malade n\u2019eut aucun répit et les symptômes se sont de plus en plus imposés.Il souffre la nuit depuis août dernier.Depuis quelques Radiographie prise avant l\u2019opération.jours, les douleurs sont calmées par ingestion d\u2019aliments et reprennent une demi-heure après.Jamais de vomissements, ni pyrosis, ni moeléna.Le malade a maigri de 25 livres.L\u2019examen révèle une défense musculaire au creux épigastrique et une douleur prononcée sur toute l\u2019aire de l\u2019hypochondre gauche et du creux épigastrique.Quand le malade respire profondément et relâche quelque peu sa paroi abdominale, on sent comme un empâtement gastrique bien qu\u2019immédiatement les muscles se contractent par réflexe.L\u2019examen du suc gastrique dénonce la présence de sang et d\u2019achlorhydrie.Le 6 décembre 1928, la radiographie fait voir une image lacunaire donnant l\u2019apparence d'encoches irrégulières mais permanentes et identiques sur différents clichés.Les encoches donnent l\u2019aspect d\u2019amputation de la paroi de l\u2019estomac ou agro L'UNION MÉDICALE DU CANADA 9] sur une étendue partant prés du pylore et empiétant la grande courbure jusqu\u2019à sa partie moyenne.Le 18 juin 1929, une radiographie de contrôle donne une image très intéressante.Il s\u2019est formé une poche gastrique donnant l'apparence d\u2019un nouvel estomac se vidant dans le duodénum étiré du côté gauche de la colonne vertébrale.L'anastomose est parfaitement perméable.Opération le 18 décembre 1928.Incision médiane sus-ombilicale.Au niveau de la granle courbure, Radiographie prise 6 mois après l\u2019opérat'on.à partir de 2 cms du pylore jusqu\u2019à la moitié de la partie moyenne, on trouve une masse cancéreuse, dure, bosselée, irrégulière, dont la majeure partie est contenue à l\u2019intérieur.La masse est de la grosseur d'une orange et demie.Sa surface remplace la paroi de l\u2019estomac disparue.Elle est très mobile, ainsi que l\u2019estomac.Résection pyloro-gastrique, anastomose termino-terminale après rétrécissement préalable de la tranche gastrique (Péan).Sauf une congestion pulmonaire, les suites opératoires furent bonnes. 92 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Le malade quitta l\u2019hôpital le 22 janvier, 1929, s\u2019alimentant très bien et ayant engraissé de douze livres.Les douleurs, depuis l\u2019opération, ont complètement disparu.Le rapport anatomo-pathologique du Prof.Pierre Masson est le suivant: Volumineux cancer ulcéré de la région pylorique.Epithélioma formé par de larges cordons creusés çà et là de minuscules cavités glandulaires, mais le plus souvent massifs et d\u2019aspect pavimenteux.Forme très exceptionnelle de cancer gastrique.Actuellement, le malade peut faire une partie de son ouvrage; il a repris son poids normal et continue de s\u2019alimenter très bien.Quelques considérations se présentent à l'esprit.La symptomatologie de l\u2019estomac est souvent vague; 1l faut un questionnaire approfondie des sensations éprouvées par le malade, et surtout il faut l\u2019aide des Rayons X et du laboratoire.Si l\u2019état général le permet, il faut laparatomiser tous les cancéreux chez qui on soupçonne des possibilités opératoires.La technique doit être adéquate à la lésion.D\u2019après Pauchet, l'opération de Péan, quand elle est possible, est de beaucoup la préférable, parce qu\u2019elle laisse les viscères dans un état qui ressemble le plus à la normale et la fonction ultérieure est mieux conservée.Dans ce cas-ci, la nature a reconstitué avec le moignon gastrique une poche stomacale dont on aperçoit très nettement l\u2019évacuation sur la radiographie.| Dans certaines cliniques, la gastrectomie étend ses indications dans la plupart des cas d\u2019ulcères et les partisans de la gastrectomie systématique apportent de bonnes raisons à l\u2019appui.Il est parfois très difficile, sinon impossible, d'affirmer l\u2019absence d\u2019un cancer sur des lésions qui paraissent ulcéreuses; en plus, les gastro-entérosto- misés, dans une grande proportion, continuent de souffrir, et ils restent en imminence de perforation et d\u2019hémorragie.Il ya certainement là un horizon futur pour les gastrectomies. REVUE GÉNÉRALE TRAITEMENT DES FRACTURES DU COUDE Par Antonio BELLEROSE, Chirurgien de l\u2019Hôpital Notre-Dame.Sous le nom de fractures du coude, on groupe en clinique: les fractures de l\u2019épiphyse humérale inférieure, les fractures de la tête et du col du radius, les fractures de l\u2019olécrane et de l\u2019apophyse coronoïde.Les fractures du coude, fréquentes surtout chez les enfants et les adolescents, se présentent comme vous le voyez sous différentes variétés anatomo-pathologiques; d\u2019une façon générale elles sont graves parce que la plupart du temps elles intéressent l'articulation et se trouvent au voisinage de nerfs importants, tels que le cubital et le médian.I.\u2014Traitement d\u2019urgence Aucune fracture du coude ne doit étre traitée sans une radiographie préalable, d\u2019où la nécessité d\u2019instituer un traitement d'urgence permettant le transport du malade pour subir les différents examens nécessaires avant l'application du traitement définitif.Pour nous, un des meilleurs traitements d'urgence consiste dans l'application d\u2019une écharpe de Major, avec pansement compressif du coude; ce traitement ne doit durer que juste le temps d\u2019établir d\u2019une façon précise la variété de fracture à laquelle on a affaire.Il.\u2014Traitement définitif La réduction doit être précoce, \u2018elle doit être effectuée d'urgence au même titre que l\u2019appendicectomie dans l\u2019appendicite aiguë: la restitution des rapports anatomiques normaux est encore le moyen d'éviter l\u2019'hémarthrose, l\u2019edème, la vésiculation que l\u2019on rencontre dans les fractures négligées. 94 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Fracture de l\u2019épiphyse humérale inférieure La réduction s'obtient au moyen de la propulsion des fragments et de la traction.Une fois la réduction faite, elle doit être maintenue soit au moyen d'appareils plâtrés, soit au moyen d'appareils à extension continue, tels que: l\u2019appareil Delbet, le béquillon extensible d\u2019Alquier, etc.Ces derniers appareils sont indiqués chaque fois qu\u2019il y a lésions des tissus mous dans le voisinage du foyer de fracture, dans les autres cas nos préférences vont aux appareils inamovibles et tout particulièrement à l'appareil de Hannequin.Dans quelle position faut-il immobiliser le membre supérieur ?Il faut placer, tel que préconisé par Broca, le coude en flexion à angle aigu, c\u2019est-à-dire en hyperflexion ; dans cette position, le triceps brachial sert en quelque sort d\u2019attelle, de hamac où viennent s\u2019appliquer les fragments osseux.| Il va sans dire que la réduction doit étre constatée a la radiographie.On ne doit recourir à l\u2019ostéosynthèse, c\u2019est-à-dire à la réduction sanglante que lorsqu\u2019il y a impossibilité absolue d'obtenir une coaptation suffisante des fragments osseux par la méthode non sanglante, et qua l\u2019on a raison de craindre qu\u2019il en résulte une infirmité grave.En principe, nous sommes opposés à l'ostéo-synthèse, du moins lorsqu\u2019il s\u2019agit de fractures intra-articulaires ou juxta- articulaires; cependant il y a des variétés de fractures où il est préférable d\u2019y recourir d'emblée: telle est la fracture de l\u2019olécrane.Fracture de l\u2019olécrane Dans ce genre de fracture, l\u2019ostéo-synthèse s'impose avec immobilisation du coude en extension, au moyen d\u2019une gouttière plâtrée ou des attelles de Thomas.Après dix jours d\u2019immobilisation complète, on commence la mobilisation passive pour passer ensuite à la mobilisation active.Mobilisation La mobilisation dans les fractures du coude, de même que dans la plupart des fractures articulaires, doit être précoce.Chez les enfants il faut commencer la mobilisation passive à la treizième journée, chez les adolescents a la quinziéme ou a la vingtième journée, chez les adultes à la vingt-cinquième ou trentième L'UNION MÉDICALE DU CANADA 95 journée.La mobilisation active ne sera faite qu\u2019une dizaine de jours plus tard.Dans la fracture du coude, il est préférable de ne pas prescrire de massage, autrement on s'expose à provoquer l'apparition d\u2019un ostéome du brachial antérieur, comme l\u2019ont si bien démontré Delbet et Kirmisson.On peut joindre à la mobilisation la diathermie pour hâter la récupération des fonctions du membre.Béquillon d\u2019Alquier modifié.Radiographie.Observation L'observation suivante illustre d\u2019une façon probante les bons résultats que l\u2019on peut obtenir dans le traitement des fractures du coude en appliquant la méthode préconisée plus haut.I s'agit d\u2019un jeune homme qui s\u2019est fracturé le coude droit à la suite d\u2019une chute faite sur la glace en patinant.L'accident remonte déjà à plus de quatre jours lorsque nous voyons le malade pour la première fois. 96 L'UNION MEDICALE DU CANADA Examen local\u2014Le membre supérieur droit est en extension et le moindre mouvement de l\u2019avant-bras cause de la douleur.Les téguments du coude présentent une coloration rouge vineuse et sont recouverts de nombreuses vésicules d\u2019où s\u2019écoule un liquide séro-purulent abondant.Le coude est doublé de volume.La radiographie nous laisse voir une fracture en T de l\u2019épiphyse inférieure de l\u2019humérus avec déplacement angulaire.Traitements\u2014A cause de l\u2019état des téguments qui nécessite des pansements quotidiens, après réduction sous anesthésie, nous immobilisons le ccude en hyperflexion au moyen du béquillon extensible d\u2019Alquier, dont nous avons modifié la courbure de la branche inférieure de façon à lui faire remplir l'office d\u2019un appareil Delbet.Aussitôt les téguments guéris, c'est-à-dire après une dizaine de jours, l\u2019appare:! Hannequin est substitué à l'appareil d\u2019Alquier pendant une huitaine de jours.La mobilisation passive, pendant vingt minutes, à tous les jours, succède à limmobilisation complète qui a duré au plus trois semaines.Flexion.Extension.Cette mobilisation consiste dans l\u2019extension et la flex'on plus ou moins compIête de l\u2019avant-bras sur le bras.A la trentième journée, le malade commence à faire lui-même de la mobilisation active.Etat actuel\u2014La flexion du coude est possible au delà de l\u2019angle droit, le patient porte facilement la main à la bouche.L'extension est presque complète et notre accidenté peut aujourd\u2019hui faire des travaux qui nécessitent un effort considérable.Nous attribuons les bons résultats obtenus au point de vue fonctionnel du membre au fait que nous avons commencé la mobilisation active et passive d\u2019une façon précoce. L\u2019OTITE SCARLATINEUSE (1) Par Jean LAPOINTE, Médecin de l'Hôpital Notre-Dame.L\u2019otite de la scarlatine est souvent considérée comme la plus rapidement nécrosante qui soit, comme la plus fertile en mastoïdites graves et en suppurations intarissables; tantôt, d\u2019après certaines statistiques, elles est plutôt rare; on lui refuse ailleurs sa sévérité classique; ses complications mastoïdiennes sont des raretés; ses complications labyrinthiques et méningées sont de simples phénomènes réactionnels.L\u2019otite scarlatineuse, située aux confins de la pédiatrie et de l\u2019otologie, est envisagée sous un jour différent, tant par le médecin d\u2019enfants que par l\u2019otologiste; et voilà justement l\u2019explication de cette divergence d'opinions.Le médecin, traitant un grand nombre de scarlatineux, est souvent surpris de la rareté des cas d\u2019otites; il les perd de vue dès leur sortie du pavillon d'isolement et n\u2019assistera pas à l\u2019histoire de nombre d\u2019entre eux pendant des années, pendant toute une vie.L\u2019otologiste qui suivra ultérieurement ces otites, frappé des vastes délabrements qu\u2019il observe, des interventions répétées et inefficaces qu\u2019il est obligé de pratiquer oublie qu\u20191t existe des formes bénignes qu\u2019il n\u2019a pas tcujoùrs eu l\u2019occasion d'observer.Il n\u2019existe pas de type clinique constant, l\u2019otite scarlatineuse étant une maladie essentiellement polymorphe.\u201cIl vous arrivera d\u2019observer chez les scarlatineux des suppurations d'oreilles qui évolueront rapidement vers la guérison complète\u201d (Luc).Politzer avait déjà distingué les formes graves du début des formes bénignes de la convalescence.L'auteur étudie en particulier les deux grandes formes de l\u2019otite scarlatineuse et trouve l'explication de cette dualité : |° Dans la nature même de l\u2019agent infectieux, dans la plus ou moins grande virulence qu\u2019il peut présenter au gré des épidémies et des conditions saisonnières ; (1) À.Lemariez.Annales des maladies de l'oreille, du larynx, du nez et du pharynx. 98 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 2° Dans l\u2019état du rhino-pharynx et des oreilles antérieurement à l\u2019atteinte scarlatineuse.L\u2019otite peut survenir à toutes les périodes de la scarlatine; tantôt précoce, apparaissant au moment de l\u2019angine primitive pendant la première semaine; tantôt tardive, se manifestant au moment du syndrome infectieux secondaire.La gravité de ces otites est proportionnée à la gravité de l'atteinte pharyngée.Les classiques nous enseignent : 1° Que les formes graves nécrosantes sont les plus fréquentes au cours de la scarlatine; 2° Qu'\u2019elles peuvent survenir à toutes les périodes de la scarlatine, aussi bien au cours de l\u2019angine initiale que lors des redoutables angines secondaires où l\u2019on décèle toujours l'association diphtérique (Wurtz et Bourges) ; toutefois Politzer, Voos insistent déjà sur la gravité des otites précoces; 3° Qu\u2019elles reconnaissent en général le streptocoque pour agent.L\u2019auteur donne les conclusions suivantes à l\u2019enseignement qui précède : a) Les formes graves sont loin de constituer la majorité; b) L\u2019otite nécrosante de la scarlatine est toujours une otite précoce.La scarlatine réveille, exalte et entretient toute infection rhinopharyngée antérieure ou concomitante : 1° Les végétations adénoïdes prédisposent à la scarlatine.Dans un pensionnat de 1,000 élèves, aucun des enfants opérés ne contracte la scarlatine; ceux qui n\u2019ont pas de végétations adénoïdes la contractent dans une proportion de 1 sur 28; et les porteurs de végétations non opérés la contractent dans une proportion de | sur 12; 2° Les végétations adénoïdes aggravent la scarlatine.Sur huit cas d\u2019otite nécrosante décédés précocement au cours de la scarlatine, cinq fois l'examen nécropsique nous montra des végétations énormes atteintes d\u2019adénoïdite à tendance gangreneuse ; 3° Les végétations adénoïdes favorisent la Fersistance de l\u2019infection.C\u2019est la persistance de ce foyer d\u2019infection rétro-nasale qui rend compte de la pathogénie des otites tardives.Enfin, l\u2019état antérieur des oreilles joue un rôle important et la surinfection provoquée par la scarlatine va déterminer un réchauffement souvent brutal; et la gravité de cette poussée sera proportionnelle à la gravité de l\u2019angine causale.Les facteurs qui peuvent influer sur l\u2019apparition et l\u2019évolution de iris ae L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 99 l\u2019otite scarlatineuse sont nombreux et variés, et pour résumer ces notions étiologiques l\u2019auteur conclut : 1° Les otites de la scarlatine peuvent être précoces ou tardives, survenant lors de l\u2019angine initiale ou au cours du phénomène infectieux secondaire ; 2° La gravité de l\u2019otite précoce, proportionnelle à la gravité de l\u2019angine, dépend du germe épidémique; tantôt c'est un germe hyper- virulent, le streptocoque: et c\u2019est l\u2019otite nécrosante précoce, la forme classique; tantôt c\u2019est une virulence atténuée, et on est en présence d\u2019une suppuration banale, voire même d\u2019une otite catarrhale; 3° Une moindre résistance du rhino-pharynx antérieure à la scarlatine et conditionnée par la présence de végétations adénoïdes peut produire une otite tardive.L'auteur, après avoir étudié l\u2019épidémie, cite l\u2019étiologie, nous présente l\u2019aspect clinique des trois grandes formes d\u2019otite scarlatineuse : a) L'otite nécrosante précoce grave; b) L\u2019otite précoce bénigne; c) L'otite tardive.1° L'otite nécrosante précoce.Elle se rencontre toujours dans les cas graves de scarlatine; début brutal, signes généraux intenses, atteinte surrénale marquée; l\u2019éruption sort mal; angine maligne; de fausses membranes diphtéroïdes ou sphacéliques recouvrent le pharynx et s\u2019éliminent en laissant de larges pertes de substances ulcérées entraînant même la perforation du voile (Henoch, Lereboullet, Kahles); on rencontre des adénopathies cervicales, les narines sont le siège d\u2019un jetage purulent; enfin, angine grave, adénopathies, rhinite purulente constituent les trois grands syndromes de l'infection streptococcique.L\u2019écoulement purulent du 2ème au 8ème jour impose le diagnostic si le tympan n\u2019est pas examiné systématiquement; et l\u2019otoscopie peut seule diagnostiquer le début de cette otite.De cette otite, Luc dit: \u201cQuand elle ne tire pas à sa PTE l\u2019otite nécrosante ne saurait aboutir à une guérison vraie\u201d .Ly Wy, Le \u201c4e, .Ce 20 2 \u2019 , > 6) > \u20ac 2° L'otite précoce bénigne.bp < ts |.: Ne (Qu ¢ \u201cqe NN \\ ft ( Souvent la virulence de 1 agent infectieux n est\u2019 oa suffisante pour entraîner un processus de nécrose et n \u2018aboutit qu\u2019à la prodriction 100 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA d\u2019une otite suppurée banale.L'auteur relève dans ses statistiques à côté de 33 otites nécrosantes, 24 otites bénignes précoces.L'aspect clinique de la scarlatine est bénin et l\u2019évolution naturelle vers la guérison de ces otites se rencontre souvent.Cette otite précoce est loin d\u2019être exceptionnelle; sur 10 examens de laboratoires on n\u2019a trouvé que 2 fois le streptocoque, 6 fois le pneumocoque, 3 fois le staphylocoque, 1 fois le pneumobacille.Entre la congestion tympanique et l\u2019otite purulente, tous les intermédiaires peuvent exister.3° L\u2019otite tardive.La présence de végétations adénoides explique l\u2019apparition de l\u2019otite tardive.C\u2019est vers le 15ème ou 20ème jour de l\u2019angine qu\u2019apparaît l\u2019otite; une reprise de l\u2019angine, la présence de ganglions, une nouvelle élévation de température attirent l'attention et annoncent une réinfection, le syndrome infectieux secondaire.L'auteur rapporte l\u2019observation d\u2019une néphrite scarlatineuse diagnostiquée grâce à l'apparition d\u2019une otite tardive, seul signe manifeste du syndrome infectieux secondaire.Le processus infectieux déborde les limites de la caisse et les complications suivantes seront étudiées successivement.Le tableau suivant me permettra de résumer rapidement ces nombreux accidents : ( I.Accidents précoces.a) L\u2019oto-mastoïdite d'emblée.(1° Labyrinthites bénignes.2° Labyrinthites diffuses suppurées.3° Labyrinthites suppu- rées nécrosantes.c) Complications endocriniennes précoces.Complications \u2018 otite scarlatineuse | II.Accidents post-opératoires.a) Méningite tardive streptococcique.b) Ulcération tardive et thrombose du sinus | | b) Les labyrinthites J | | Lt latéral.Lx , , c) Septicémie streptococcique tardive sans do thrombose.\u201c04 LFS ; \u2018 > fey « Co HI! Iéavenir de Potite scarlatineuse.L'otorrhée chronique dans son évolution et / ; 2 ; dans ses séquelles. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 101 En d='.0-s du traitement préventif consistant dans la désinfection du rhino pharynx, dans l'injection de sérum antistertococcique et antidiphtér\u2018cue, il nous reste quelques mots à dire sur le traitement curatif.:* \u2018on veut porter précocement le diagnostic de l\u2019otite scarletin:u+ si l\u2019on veut saisir dès le début les premières modifications niques, l\u2019examen des oreilles doit être systématique: on le praticu ra tous les jours jusqu\u2019à la disparition de la température et la disparition de la rougeur tympanique.Ultérieurement, 1l sera pratiqué à la moindre reprise de température, surtout vers la 3ème semaine lors du phénomène infectieux secondaire.La paracentése constitue le premier temps du traitement curatif et on ne perdra pas un temps précieux en instillations auriculaires.Elle sera d'autant plus précoce que l\u2019otite est plus grave; on incisera dès que l\u2019épaississement auri remplacé la vascularisation tympanique du début.Après la paracentèse la thérapeutique diffèrera suivant qu'on aura affaire à une otite bénigne ou à une otite nécrosante.Viennent ensuite: l\u2019antrotomie, la mastoïdectomie, l\u2019évidement pétro-mas- todicn, la trépanation du labyrinthe.Conclusions.1° Il existe au cours de la scarlatine des otites graves nécrosantes et des otites bénignes.2° L\u2019otite nécrosante reconnaît pour agent le streptocoque.3° Elle est grave parce que la nécrose s\u2019étend d\u2019emblée à la mastoïde et à l'oreille interne où l\u2019on observe des nécroses labyrinthiques aiguës mortelles.4° L'otite nécrosante non terminée par la mort passe à la chronisation et souvent ne guérit jamais.5° Les otitrs bénignes \u2018se rencontrent soit au début, soit le plus souvent vers le 20ème jour, lors du phénomène infectieux secondaire.6° Le traitement réside dans l\u2019adénectomie systématique, la paracentèse, la trépanation.a) Adénectomie préventive: la scarlatine est rare chez les adé- nectomisés; elle est moins sévère; le syndrome infectieux secondaire y «st exceptionnel; b) Adénectomie curative: l\u2019intervention vers la 4ème semaine avant la sortie du pavillon d'isolement.L'opération présente un intérêt : L'UNION MÉDICALE DU CANADA 102 a) Local: elle empêche le passage à la chronicité; b) Général: elle supprime la subinfection pharyngée qui favorise l'atteinte rénale, les poussées rhumatismales, les adénopathies sub-aiguës de la convalescence de la scarlatine.c) Social: elle supprime les porteurs de germes scarlatineux. MÉDECINE PRATIQUE PNEUMONIE Contre le point de côté: Morphine 1/4 Atropine 1/150 en injection hypodermique.Ne répéter que sur indication formelle.Pansement humide chaud avec épaisse couche de toile à fromage recouverte d\u2019un taffetas gommé ou soie huilée ou toile cirée, retenu en place avec bandes et bandelettes.Renouveler ce pansement matin et soir.L\u2019on peut remplacer ce pansement par le cataplasme de farine de graine de lin moutardé.On supprime la moutarde si la peau est trop irritée.Application de ventouses sèches sur la région douloureuse.7 à 8.Il est inutile de les réappliquer.Repas au lit en position demi-assise.Contre la congestion : Les préparations a base d\u2019ipécac sont excellentes : (a) Sirop d\u2019ipécac: Une cuillerée a thé toutes les heures jusqu\u2019à sensation de nausées; suspendre pour reprendre au besoin le lendemain.(b) Ou bien Sirop Dessessarts : Il contient de l\u2019ipécac.Une cuillerée à soupe toutes les deux ou trois heures, selon l\u2019effet nauséeux plus ou moins prononcé.Cette médication est souvent héroïque.Pour favoriser l\u2019expectoration : Carbonate ou acétate d\u2019ammoniaque .5 grammes Citrate de soude .«+e +.10 grammes Sirop simple ou d\u2019écorces à oranges ameéres 2b c.c.Eau distillée .12b c.c.Une cuillerée a soupe toutes les 2 ou 4 heures selon les cas, diluée dans 1% verre d\u2019eau pour atténuer le goût âcre.On peut ajouter à cette formule la potion de Tood.Le citrate de soude fluidifie le caillot fibrineux intra- alvéolaire et favorise son élimination.Stimuler le cœur: 4) Digitaline: 10 gouttes une fois ou deux par jour jusqu\u2019à 50 gouttes. 104 10° 11° 17° 18° 19° 20° L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 2) Huile camphrée à 20%.Une ampoule stérilisée chaque jour stimule le cœur et agit favorablement sur le bloc inflammatoire.Succédanés: Coramine Camphrodyl en ampoules ou per os.Il y en a d\u2019autres: cognac, champagne.Se méfier des excès car le délire apparaît souvent à cause des doses excessives.A surveiller.Diète liquide généreuse, au choix.Prendre peu à la fois et plus souvent.| Le malade doit boire de l'eau pure.On abuse beaucoup des Eaux de Vichy, des limonades qui sont des aliments d\u2019épargne à cause du sucre qu\u2019ils renferment.Les inhalations d\u2019oxygène sont très utiles.Les renouveler alors fréquemment.Elles sont supérieures aux injections sous-cutanées.Aérer abondamment et d\u2019une façon permanente la pièce.Tenir le lit au centre, jamais dans les angles, afin de permettre la circulation de lair.Pas de visites, pas de conversations, pas de sombres figures ni de pronostics pessimistes.Soigner le moral: un mot d\u2019encouragement, de l\u2019espoir, voilà un tonique réconfortant.Bain d\u2019éponge chaque jour, frictions a l\u2019alcool ou eau de Cologne.Tenir les intestins libres: lavement au besoin.Ne pas abuser des purgatifs.Les soignées blanches sont quelquefois nuisibles (purgatifs trop fréquents).Surveiller l\u2019épine sacrée \u2014 escarres.Un coussin soufflé, si utile.Analyse des urines.Le volume quotidien est de la plus haute importance.Le médecin doit en connaître le chiffre exact.La pression artérielle doit être prise chaque jour afin de suivre la résistance du cœur.Chaque jour pratiquer un examen minutieux des organes.La saignée peut être utile dans certains cas: hypertension, congestions intenses, etc.Tenir les pieds chauds.Sac de glace à la nuque et non sur la tête au cas de délire et Le malade doit dormir: essentiel.Telles sont les principales indications thérapeutiques dans les cas classiques.l\u2019on Note: L'institut Pasteur fabrique un vaccin.anti-pneumococcique que donne en injection hypodermique.On l\u2019emploie surtout au début.LeSAGE. REVUE DES LIVRES ET THESES L.-Arthur MAGNAN.\u2014 Anomalies et malformations génitales de la femme.(\u201cThèse de la Faculté de Médecine de Paris\u201d, 1929.) Depuis quelques années une méthode d\u2019exploration des cavités à l\u2019aide d\u2019injection opaque pour en permettre l\u2019examen radiologique a été mise en évidénce par les travaux de Sicard et Forest'er qui on* utilisé une huile indée, le iipiodol, pour servir de liquide injecteu:.Employée d\u2019abord dans la colonne vertébrale puis dans les poumons, l\u2019injection de ce liquide a été pratiquée dans les organes génitaux de la femme avec un succès marqué.Le travail de notre coilegue et compatriote, le Docteur Magnan, démontre b'en l\u2019utilité de li méthode en faisant ressortir par des planches nombreuses de radiographie et de pièces anatomiques, 1 étude particulière des anomalies et malformations génitales de la femme.L'auteur, dans son introduction, nous dit comment il a été amené à choïsir ce sujet pour titre de sa thèse et nous indique les sources principales auxquelles il a puisé la plupart de ses cas.Dans une première partie, il fait l\u2019historique de l\u2019examen radiographique des organes génitaux de la femme tant en France qu\u2019à l\u2019étranger.Il rappelle que si cette méthode n\u2019est pas nouvelle, elle est tout au moins récente; ce n\u2019est que depuis qu\u2019on a trouvé un liquide injecteur inoffensif et indolore qu\u2019on a pu recueillir la certitude de l\u2019utilité d'un tel mode d\u2019exploration.Cet examen présente un intérêt pratique part\u2018culièrement dans la recherche de la stérilité surtout de cause tubaire, pour faciliter le diagnostic entre le fibrome utérin et le kyste de l\u2019ovaire, et permettre le diagnostic des métrorragies.Dans une deuxième partie, l\u2019auteur étudie longuement la technique de l\u2019hystéro-salpingographie et rapporte une variété d\u2019instruments pouvant servir à l\u2019injeetion du liquide tout en appuyant sur celui qu\u2019il croit être le plus favorable.Il rappelle également les contre-indications de l\u2019hystéro-salpingographie qui se résument à trois principales: l\u2019état inflammatoire aigu du petit bassin, le soupçon de grossesse, la présence d\u2019une hémorragie importante.Avant de rapporter quelques cas de malformations et anomalies génitales, Magnan, dans une troisième partie, nous fait un rappel embryologique des organes génitaux de la femme.Dans l\u2019étude des observations, il nous indique la façon de procéder au diagnostic radiologique des figures représentées et il termine dans une cinquième partie en nous apportant des déductions thérapeutiques susceptibles de suivre l'examen pratiqué à l\u2019aide de cette méthode.Ce travail est imprimé avec tout le soin que savent apporter les éditeurs français dans l\u2019exposé d\u2019un travail scientifique, sur un papier de luxe sur lequel les clichés radiographiques et photographiques apparaissent extrêmement clairs.La bibliographie est imposante et ce 106 L'UNION MÉDICALE DU CANADA travail devrait faire partie de la bibliothèque des gynécologues et obstétriciens, pour ne pas dire des praticiens généraux qui y trouveront des indications précises et à date sur une méthode nouvelle d\u2019exploration des organes génitaux de la femme.Léon GERIN-LAJOIE.P.BOUIN, professeur à la Faculté de médecine de Strasbourg.\u2014 Eléments d\u2019Histologie.T.1.I vol.in-4° de 334 p., 200 fig.dans le texte et 2 pl.en couleurs.Librairie Félix Alcan, 108 boul.St-Germain, Paris (VIe).1929.Depuis le volumineux et classique \u201cTraité d\u2019Histolog'e\u201d de Prenant, Bouin et Maillard, jamais, croyons-nous, il n\u2019a paru, en langue française, d\u2019ouvrage didactique d\u2019Histologie comparable à celui-ci, à la fois quant à la beauté de présentation et à la valeur de l\u2019enseignement qui s'en dégage.Pour bien apprécier ce dernier, il faut se rappeler l\u2019évolution profonde qu\u2019a subie l\u2019Histologie au cours des vingt-cinq dernières années.Xavier Bichat, son véritable et immortel créateur, faisant appel à l\u2019expérimentation sur le vivant, l\u2019avait d\u2019embléz placée sur le terrain de la physiologie.Après lui, l\u2019Histologie s\u2019est développée dans deux directions opposées: vers la morphologie avec de Baer, Remak, Leydig, Kolli- ker, Coste, Balbiani, Virchow, ete; vers la physiologie avec Cohnheim, Recklinghausen, Heidenhain et surtout Ranvier, aui semble bien, le premier, sous l\u2019influence immédiate de son émule Claude Bernard, avoir systématiquement appliqué la méthode expérimentale à l'Histologie, comme la seule capable de la vivifier et de la renouveler.Sous cette double et nécessaire impulsion, l\u2019Histologie s'est constituée, s\u2019est enrichie de ses notions les plus fondamentales, et pouvait aspirer à de vastes et rapides conquêtes.Mais \u2018à la fin du XIXe siècle, les préoccupations morphologiques avaient à ce point envahi son domaine et acquis une telle prédominance, que l\u2019Histologie ne fut bientôt considérée que comme un prolongement, une annexe de l\u2019Anatomie.Cette conception se répandit, régna pendant assez longtemps, et trouve encore de nos jours, en certains milieux, des adeptes fervents.Elle aurait, si elle avait duré, rapidement stérilisé la discipline qu\u2019elle prétendait servir, en réduisant son objet à l\u2019observation exclusive de formes, de stëuctures préalablement altérées par des réactifs chimiques de toutes sortes.Mais l\u2019Histologie s\u2019est peu à peu dégagée de ces contraintes pour se rallier dfinitivement aux tendances physiologiques que lui avait imprimées Ranvier.Certes, la morphologie, l\u2019observation des structures reste à la base de la recherche histologique, et personne ne songe à en nier l\u2019importance fondamentale.Mais \u2018il n\u2019est personne non plus qui veuille la considérer comme capable à elle seule d\u2019ouvrir à la science de nouveaux horizons\u201d (J.Joly).L\u2019Histologie moderne a donc considérablement élargi son domaine primitif.Son objet n\u2019est plus seulement la L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 107 connaissance structurale des cellules et des tissus, mais encore la connaissance de leur composition et de leurs fonctions.Elle ne tend plus seulement à la comparaison et à l\u2019interprétation statique d\u2019états morphologiques divers, elle vise encore à trouver leur rôle et à expliquer le mécanisme de leur fonctionnement.Dans ce but, elle fait un constant appel à l\u2019expérimentation, aux méthodes et aux données de la phys'ologie et de la physico-chimie.L\u2019Histologie est devenue de l\u2019Histophysiologie et de 1 Histochimie, c\u2019est-à-dire \u2018\u2018une méthode au service de la physiologie\u2019\u201d, et dont le microscope est l\u2019outil.Comment ne pas rappeler ici quelques-unes des acqu'sitions les plus importantes obtenues grâce à cette convergence des méthodes histologiques et physiologiques: l\u2019explication par Heidenhain et Ranvier, du mécan\u2018sme de la sécrétion glandulaire; du mode de fonctionnement du rein, par Hering et Heidenhain; la découverte de la disposition des canalicules biliaires, et du rôle hématopoiétique de la rate, des ganglions et du thymus, longtemps rangés parmi les glandes.C\u2019est à l\u2019Histo- physiologie que l\u2019on doit nos connaissances actuelles sur le mécanisme de la fécondation, sur l\u2019action biologique des radiations, sur l\u2019histogénèse du tissu conjonctif, tour à tour abordée par la méthode des greffes, et par la culture des tissus, laquelle semble, en outre, devoir jeter les plus vives lumières sur le problème complexe des corrélations tissulaires.Aucune découverte n\u2019illustre mieux la fécondité de la méthode histo- physiologique que celle du role des glandes a sécrétion interne, qui a ouvert à la biologie et la pathologie l\u2019impressionnant chapitre des corrélations fonctionnelles endocriniennes.La coopération des deux méthodes morphologique et expérimentale n'a pas seulement permis de localiser dans la thyroïde, dans l\u2019hypophyse, dans la surrénale, etc., les éléments glandulaires, et de démontrer le rôle de leurs produits; elle a permis à la chimie d'extraire ces produits à l\u2019état pur, de les analyser, et dans certains cas, d\u2019en faire la synthèse.L\u2019extraction récente de l'insuline est l\u2019une de ces magnifiques conquêtes des histophysiologistes.Parmi les savants qui, depuis vingt-cinq ans, ont le plus efficacement contribué à élever l\u2019histologie au rang de science expérimentale, le professeur Bouin apparaît comme l\u2019un des plus éminents.Il y a contribué par son enseignement, tout imprégné de l\u2019espr\u2018t nouveau; par les nombreux disciples qu\u2019il a formés à son école, et dont quelques-uns ont déjà enrichi la science de travaux remarquables.Il y a contribué surtout par son œuvre personnelle, dans laquelle la fécondité de la méthode histophysiologique trouve assurément l'une de ses plus éclatantes manifestations.Car les travaux du professeur Bouin, en collaboration avec son collègue Ancel, sur le déterminisme des caractéres sexuels secondaires, ont abouti à la démonstration expérimentale de l\u2019influence morphogénétique des gonades sur ces caractères, et de la nature endocrinienne de cette corrélation.En regard de la physiologie, ces travaux sont de l\u2019ordre de ceux qui ont conduit à la découverte de l\u2019adrénaline et de l\u2019insuline: ils devront eux-mêmes conduire à l\u2019extraction des hormones ovarienne et testiculaire, déjà revendiquée du reste par 108 L'IINION MÉDICALE DU CANADA plusieurs chercheurs.(1) \u201cBouin et Ancel, comme Brown Séquard, doivent être considérés comme les promoteurs de l\u2019endocrinologie sexuelle\u201d (A.Pézard).Un traité d\u2019Histologie, par un tel Maître, ne pouvait manquer de manifester à chaque page les tendances physiologiques modernes de cette science; et c\u2019est bien là la caractéristique de ce livre, où la morphologie garde néanmoins sa part nécessaire.Puisque la physiologie a vivifié et enrichi l\u2019Histologie, l\u2019enseignement doit ici refléter cette empreinte, en superposant aux notions de structure les notions fonctionnelles établies à la suite de cette orientation nouvelle.Ainsi disparaît, dans ce livre, \u2018\u201cl\u2019aridité des leçons descriptives\u201d, pour faire place à une science vivante, attrayante et véritablement éducative.A ces qualités concourt également le plan très spécial que l\u2019auteur a adopté, et qui constitue une innovation remarquable.Au lieu de traiter séparément les tissus et les organes, selon la méthode habituelle, il a réuni en une description commune les cellules, les tissus et les organes fonctionnellement identiques.\u201cIl nous a paru simple et plus suggestif, dit l\u2019auteur dans sa préface, d\u2019associer dans une même description les divers groupes d\u2019éléments qui remplissent un role commun et qui, le plus souvent, traduisent leur adaptation par des aspects caractéristiques et des agencements analogues.Cette manière de faire a l\u2019avantage de simplifier l\u2019exposé, de rapprocher des faits qui autrement seraient isolés par des séparations artificielles, de réaliser entre les multiples dispos\u2019tifs microscopiques de plus larges rapprochements, de faire mieux comprendre que la notion de forme est inséparable de la notion fonctionnelle.Faire naître chez l\u2019étudiant l\u2019idée explicative qui éclaire la raison d'être des structures, lui faciliter l\u2019acquisition raisonnée des vues d\u2019ensemble, tel est le résultat principal que nous avons cherché à atteindre en rédigeant cet ouvrage.\u201d Autre innovation profondément utile: aux notions fondamentales imprimées en texte ordinaire, l\u2019auteur a ajouté, imprimées en petit texte, des notions plus étendues sur les problèmes biologiques généraux que soulève l\u2019histophysiologie, et sur les quest'ons nouvelles vers lesquelles se portent actuellement les préoccupations des chercheurs.De sorte que c\u2019est l\u2019Histologie sous son aspect le plus vaste, le plus vrai, et le plus récent qui est ainsi présentée, dans le but de montrer au lecteur la \u2018complexité des problèmes, et d\u2019inculquer à l\u2019étudiant le véritable esprit biologique et, si possible, le désir de la recherche, qui ne peuvent s\u2019acquérir que par la contemplation des \u2018domaines scientifiques en plein défrichement\u201d.Le professeur Policard, cet autre maître français de l\u2019Histophysio- logie; a rendu hommage à \u2018\u2018l\u2019admirable enseignement de ce beau traité\u201d.Somptueusement édité et illustré, il devra trouver place dans la bibliothèque des étudiants en médecine, et dans celle des médecins soucieux de rafraîchir leurs connaissances histologiques.Georges PREFONTAINE.(1) Au moment précis où nous écrivons ces lignes nous arrive, dans \u2018Science\u2019 du 13 décembre, la nouvelle que l\u2019hormone ovarienne vient pour la première fois d\u2019être isolée à l\u2019état pur, cristallisé, par un savant allemand, M.Butenandt, de l\u2019Université de Gottingen.Le nouveau produit s'appelle \u2018\u2018progynon\u201d.La déterminations exacte de la composition chimique de l'hormone est maintenant assurée, de même que l'analyse plus pr.cise de son action physiologique.Cet événement considérable marque, en endocrinologie normale, pathologique et thérapeuthique, les débuts d\u2019une ère nouvelle dont il faudra suivre les progrès. ANALYSES MEDECINE MM.ANASTAZY LANDAU et GEORGES GLASS.\u2014 L'importance de l\u2019hypotension artérielle dans la pathogénie et le diagnostic de l\u2019ulcère juxta pylorique (\u2018\u2019Arch.des Mal.de l\u2019Appareik Ddigestif et des Mal.de la Nutrition\u201d, octobre 1929).Dans un important travail dont il ne nous est fourni que la première partie, les auteurs énumèrent les nombreuses théories émises jusqu\u2019à ce jour pour résoudre le problème de la pathogénie de l\u2019ulcère juxta- pylorique: théories vasculaire, inflammatoire, infectieuse, constitutionnelle, etc.Passant en revue les principales études expérimentales et cliniques qui démontrent l'importance de l\u2019élément nerveux, surtout végétatif, dans la pathogénie et l\u2019étiolog'e de l\u2019ulcus gastro-duodénal, les À.en posent à leur tour une théorie qui leur appartient en propre.Quatre causes y contribueraient: une diminution congénitale ou acquise de la résistance de la muqueuse stomacale; l\u2019instabilité congénitale ou acquise de l\u2019équilibre du système végétat'f; des lésions organiques ou fonctionnelles résultant de cette instabilité nerveuse; enfin l\u2019hypotension artérielle, symptôme très important auquel disent les auteurs, il n'a pas été porté jusqu'ici une attention suffisante.Et dans un tableau comparatif qui leur permet de souligner l\u2019importance de l\u2019hypotension dans le diagnostc d'fférentiel des affections étudiées, les auteurs groupent d\u2019une part: 61 cas d\u2019ulcères d\u2019estomac et du duodénum dont le diagnostic est tout-à-fait certain et confirmé par les méthodes cliniques, modernes et par les Rayons-X; d\u2019autre part: 63 cas, dont 23 cas d\u2019affections fonctionnelles de l\u2019estomac sans lésions organiques et 40 cas de lithiase biliaire et de cholécystite ou de péri- cholécystite.Il résulte de leurs observations que l\u2019hypotension accompagne deux fois et demie plus souvent l\u2019ulcère gastro-duodénal que les affections de la vésicule biliaire et trois fois plus souvent que les troubles fonctionnels de l'estomac.Un fait est frappant: dans les 61 cas d'ulcère, les auteurs n\u2019ont pas constaté une seule fois l\u2019hypertonie idiopathique, d\u2019où la conclusion que l'hypertension ne joue qu\u2019un rôle secondaire dans la pathogénie de l\u2019ulcère; au contraire l\u2019abaissement constant de la P.A.de l\u2019organisme causant une chute de la tension dans les artères de l\u2019estomac, il en résulterait des troubles du système végétatif, pouvant conduire à l\u2019ischémie constante, à la nutrition insuffisante de la paroi gastrique, favorisant ainsi l\u2019évolution ultérieure de l\u2019uleus.J.-Alfred MOUSSEAU. 110 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA P.DESGEORGES.\u2014 Lithiase biliaire et colibacillose (\u201cArchives des Maladies de l\u2019Appareil Digestif et des Maladies de la Nutrition\u201d).Les bacilles du groupe typhique ont pour la vésicule une affinité particulière, mais leur présence dans le sang, ne dépassant pas une ou deux septénaires, ils n\u2019ont pas le temps de se fixer sur la muqueuse vési- ,culaire, et c\u2019est sans doute pour cela que la fièvre typhoïde n\u2019est pas plus régulièrement suivie de lithiase biliaire.En fait, la cause la plus fréquente de la cholélithiase est l\u2019auto infection par les germes intestinaux, en particulier par le colibacille.Ce dernier n\u2019a pas moins de prédilection.pour la vésicule que le bacille d\u2019Eberth, comme le prouvent les constatations bactériologiques de Gilbert et les expériences de Mignot.Mais tandis que les bacilles typhiques ont besoin d\u2019être importés du dehors, colibacilles et entérocoques, hôtes habituels de l\u2019intestin, sont toujours prêts à l'offensive.La colibacillémie est.donc plus fréquente que la septicémie typhoïdique; elle est en outre chronique récidivante et a toutes les chances de s\u2019arrêter au niveau de la vésicule.Je ne puis mieux faire pour résumer le travail de Desgeorges que de donner ses conclusions.L\u2019infection \u201chématogène\u201d de la vésicule est la principale cause de la lithiase biliaire.Cette infection relève parfois de la septicém\u2018e typhoŸdi- que, le plus souvent de la bactériémie à point de départ intestinal est extrêmement fréquente, surtout chez la femme.Elle est réalisée le plus souvent par le colibac!:lle, quelquefois par l\u2019entérocoque, exceptionnellement par d\u2019autres germes.Les germes intestinaux, parvenus par les lymphatiques dans la grande circulation, s'éliminent parallèlement par les urines et la bile.Au syndrome entéro-rénal fait pendant un syndrome entéro-hépatique non moins fréquent, non moins important.La bactériémie à point de départ intestinal retentit régulièrement sur le foie et les voies biliaires.Elle est génératrice d\u2019hypercholestéri- némie.La plupart des lithiasiques biliaires sont ou ont été des colibac'l- luriques et la majorité des colibacilluriques aboutissent à la cholécystite et à la lithiase biliaire.La notion de bactériémie à point de départ intestinal éclaire tout le chapitre de la lithiase biliaire.Elle rend compte des principaux faits cliniques ou expérimentaux qui ont servi de base aux diverses théories proposées pour expliquer la pathogénie de cette affection.J.ALFRED MOUSSEAU.Prof.MERCIER.\u2014 Les récentes acquisitions pharmacologiques et thérapeutiques dans le groupe des médicaments digitaliques de remplacement (\u201cBull.Méd.\u201d, Paris, 1929, No 15).Dans ce travail si documenté consacré a la scille, au muguet et a l\u2019adonis, M.le Prof.agrégé Mercier passe en revue les nombreuses L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 111 contr:butions cliniques publiées sur l\u2019adoverne, tant en France qu'à l\u2019étranger (Lutembacher, Pouchet, Faguet, Jung, Fontenaille, Jansen, Koopmann, Lôhr, Hippe, Schoen, Lang, Engelen, Fromherz, Hapustein, etc.) et il conclut que ces études montrent que l\u2019adoverne est un médicament cardiaque très efficace, mais très différent, par la constance de son action thérapeutique, de l\u2019adonidine, produit impur dont l'activité est très variable selon les échantillons.Comme il le fait remarquer très jusement, l'association dans l\u2019adoverne, des deux glucosides (adonidoside et adonivernoside) réalise une synergie thérapeutique très active dans laquelle chacun d\u2019eux apporte un correctif heureux aux propriétés insuï- fisantes de l\u2019autre: Padonidoside, en augmentant la rapidité de l\u2019action médicamenteuse de la préparation, l\u2019adonivernoside, en accroissant Pintensité et la durabilité de cette action, Dans le traitement des cardiopathies justiciables de la digitaline, l\u2019adoverne donne d\u2019excellents résultats: il possède aussi des indications thérapeutiques propres, étant plus particul\u2018êèrement indiqué pour les traitements de longue durée, dans les troubles d hyposystolie, chez les malades hypersensibles à la digitaline ou réfractaires à ce méd\u2018cament et, grâce à son action diurétique intense, dans les affections cardiaques non compensées, avec gros œdèmes.Il semble donc qu\u2019on puisse accepter en toute sécurité les conclusions de M.Mercier: l\u2019adoverne, par sa stabilité et la fixité de ses effets cliniques, est digne de figurer dans les grands médicaments cardiaques, cù sa place se trouve entre la digitaline et l'ouabaïne.Paul A.GAGNON.Dr VIGOUROUX.\u2014 Quelques réflexions pratiques sur la médication bromurée (\u201cLanguedoc Médical\u201d, 10 avril 1929).Pour \u2018soigner les symptômes nerveux si fréquents en clientele, rien ne vaut le bromure et surtout le bromure de sodium; malheureusement le bromure a mauvaise réputation: il est synonyme de remède de I\u2019hystérie, de l\u2019épilepsie ou d'affections regardées comme des tares.Nombre de malades refusent cbstinément des potions de bromure.Or, le sédobrol se présente sous la forme de tablettes d extrait de bou'llon végétal concentré: c\u2019est donc une médication brcmurés d ssimulée, que tout malade accepte facilement.Ces tablettes, en effet, forment, dissoutes dans l\u2019eau chaude, un excellent bouillen, dé goût agréable, eupeptique au plus haut point.La dilution même du bromure de sodium dans le bouillon permet son absorption par la muqueuse digestive sans aucune irritation et rend possible et.méme fac.le son emploi prolongé.Paul A.GAGNON. 112 | L'UNION MEDICALE DU CANADA CHIRURGIE HENRY H.RITTER.\u2014 Fractures du carpe [Fractures of the carpus] (\u201cSurg., Gyn.Obst.\u201d, 29 déc., p.838).La persistance de la douleur et la limitation de la motilité sont des causes d\u2019ennui dans les traumatismes du poignet.L\u2019auteur fait l\u2019anatomie de la région, constitution ostéologique, ligamentaire et vasculaire, de même que l\u2019arthrologie de ce segment qui est assez complexe, Dans un autre paragraphe, il étudie le mécanisme de la lésion.Dans une chute la main en extension, la scaphoïde est en contact direct avec le radiusen haut et le grand os du côté interne.S'il n\u2019y a pas de fracture du radius (fracture de Colles) le scaphoïde qui ne peut s\u2019échapper se fracture; si la violence est plus forte le ligament est déchiré et le semi- lunaire est luxé, laquelle luxation coïncide avec une autre lésion du carpe.En plus de la lésion de l\u2019os, nous avons des lésions des parties avoisinantes, de même que de la chondrite et de l\u2019arthrite.Comme fréquence, l\u2019auteur donne 20% de lésion du scaphoïde dans les fractures du poignet.Les signes sont le gonflement, la limitation des mouvements, la douleur augmentée par le mouvement, et une sensibilité exquise au niveau de la lésion, dans la tabatière anatomique.Dans la fracture sans déplacement, immobilisation en flexion dorsal, les doigts fléchis.Quand il y a déplacement, traction et pression au niveau du scaphoïde, il faut réduire, sinon les résultats ne sont pas bons, et dès lors, on est obligé d\u2019enlever l\u2019os.Dans la luxation du semi-lunaire, la réduction non sanglante doit être tentée, puis après deux insuccès, réduction après ouverture.Les résultats ne sont pas 100% parfaits, l\u2019auteur donne les meilleurs statistiques qui sont de 75% de bons résultats.Joseph-H.RIVARD.O.LAMBERT (Lille).\u2014 Traitement chirurgical de la ptose gastrique par suspension et coulissage de la grande courbure (\u201cPresse Médicale\u201d, Paris, 11 décembre 1929).Dans cette étude, L.commence par énumérer la plupart des troubles résultant d\u2019une ptose gastrique.Cependant, il se défend de vouloir attribuer à la ptose, tous les symptômes présentés dans les domaines digestif, neurologique, voire mental.Ce qui met bien en évidence le rôle de la ptose, c\u2019est que la plupart des signes disparaissent quand l'estomac est remis en bonne place.Parmi les conséquences fatales de la ptose, il mentionne entre autres: une évacuation défectueuse de l\u2019estomac, des tiraillements sur les nerfs dans le petit épiploon, des tiraillements sur les canaux évacuateurs; LU UNION MEDICALE DU CANADA 113 cholédoque et Wirsung, etc.Autant de causes qui détruisent \u201cI\u2019harmonie digestive\u201d.Puis il arrive au traitement qui relève surtout de la chirurgie.L\u2019auteur fait une critique de \u2018Certains procédés opératoires et il expose sa propre technique par laquelle il fait la suspension au niveau de la grartde courbure suivant sa méthode.Les résultats obtenus sont des meilleurs sur 23 cas opérés.Il conclut que le traitement chirurgical devrait être conseillé aux porteurs d'une ptose gastrique et qui en souffrent.E.TROTTIER.OBSTETRIQUE AUDEBERT et ESTIENNY.\u2014 La rétention lochiale après la césarienne classique (\u201cBull.Soc.Obst.et Gyn.\u201d, nov.1929).La lochiométrie s\u2019observe plus fréquemment après la Césarienne haute qu'à la suite de l\u2019accouchement normal.Vers le 10ème jour, on constate la diminution et souvent la suppression des lochies, en même temps qu\u2019un arrêt dans l\u2019involution utérine et une élévation de température.Les Auteurs assurent le rétablissement du drainage de l\u2019utérus par la mise en place d\u2019un drain de Mouchotte.La rétention est due à l\u2019antéflexion exagérée de l\u2019utérus, favorisée \u201cpar l\u2019adhérence du plan sutural utérin à la paroi abdominale\u201d.Ces petits incidents qui comportent un pronostic bénin n\u2019existent pas après la césarienne basse.Donatien MARION.ELECTRO-RADIOLOGIE Dr DILLENSEGER.\u2014 Etude sur le duodénum mobile (\u201cArchives d\u2019Elec- tricité Médicale\u201d, août-septembre 1929).Dans son mémoire original, l\u2019auteur définit le \u201cduodénum mobile\u201d, celui qui est entièrement ou partiellement pourvu d\u2019un méso libre.À telle disposition anatomique correspond un syndrome radioclinique qu\u2019il faut connaître.Jusqu'à l\u2019avènement de la radiologie, on considérait le duodénum comme à peu près fixe.Les travaux des radiologistes ont montré depuis que le duodénum jouit d\u2019une certaine mobilité.La constatation à l\u2019écran d\u2019un duodénum fixe serait même en faveur de la périduodénite.C'est l\u2019embryologie qui donne l\u2019explication de cette mobilité du duodénum, entière ou partielle.Après certaines considérations anatomo-physiolo- giques, l'auteur étudie la symptomatologie clinique.Elle est toute d\u2019emprunt pour ainsi dire.C\u2019est celle qu\u2019on retrouve dans l\u2019appendicite 114 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA chronique, les syndromes vésiculaires, l\u2019ulcère ou la dyspepsie banale.Le syndrome du duodénum mobile est en somme celui de la sténose incomplète du duodénum.\u201cLe duodénum mobile, se vide mal, au début il réagit et la folie musculaire qui l\u2019anime finit par avoir raison de l\u2019obstacle, puis la fatigue se fait sentir et l\u2019atonie est réalisée avec tous les accidents d\u2019intoxication aiguë ou chronique.Suivant le siège sus ou sous-vatérien de la sténose, les troubles diffèrent.On aura conséquemment : 1°\u2014La forme duodéno-gastrique (type d\u2019ulcère).2°\u2014 La forme duodéno-colique (type d\u2019appendicite chronique).Dans la première forme, les vomissements sont fréquents.Dans la deuxième, ce sont les désordres intestinaux qui prédominent, surtout la diarrhée.L'état général est atteint et peut même devenir cachectique.Le duodénum mobile, comme toute affection congénitale peut rester silencieux, mais survienne une infection ou plus souvent la ptose viscérale, la stase segmentaire s\u2019installera avec tout son cortège de symptômes déjà décrits.La clinique seule est impuissante à faire le diagnostic du duodénum mobile, c\u2019est surtout à la radiologie que revient le mérite de l\u2019établir.Quauït au traitement, il variera suivant le degré de la stase duodénale ou la forme clinique de la sténose.Au début, le port d'une ceinture, la clinodigestion, la méthode des petits repas, une physiothérapie appropriée pourront apporter une certaine amélioration.A la période de la stase, on s\u2019adressera au traitement chirurgical: gastro-entérostomie, duodéno-jéjunostomie, colopex\u2019e, suivant les renseignements fournis par l\u2019examen radiologique.Albert COMTOIS.DERMATOLOGIE ET SYPHILIGRAPHIE J.NICOLAS et J.GATE.\u2014 La sérologie a-t-elle transformé le problème du diagnostic et du traitement de la syphilis ?(\u201cLe Monde MZdical\u201d, ler septembre 1929).Cette question déja vieille jouit du rare privilege de rester toujours d\u2019actualité.Il n\u2019y a pas, disent les auteurs de cet article, de test de laboratoire permettant d'affirmer la guérison de la syphilis, la syphilimétrie est un rêve non encore réalisé.La sérologie peut aider le clinicien à dépister la syphilis; mais là se borne son rôle.Elle ne permet ni de porter un pronostic ni de régler un traitement.Paul Chevalier pose en principe que le Wassermann est un symptôme indépendant, une manifestation au même titre que la roséole, l\u2019ulcération muqueuse, la gomme.Faire cette réaction équivaut donc, non à rechercher la signature de la syphilis, mais à essayer de mettre en évidence L'UNION MÉDICALE DU CANADA 115 une manifestation de cette infection.Positive la R.W.constitue un argument en faveur de la tréponémose; mais rien de plus.Négative, elle n\u2019autorise jamais à nier la syphilis.Pour Flandin, le renseignement sérologique ne constitue qu\u2019un élément de l\u2019enquête, il demeure insuffisant pour entraîner la certitude en l\u2019absence de tout signe clinique.L'\u2019inverse, d\u2019ailleurs, est vrai; à toute période de la syphilis les réactions sérologiques peuvent être négatives et l\u2019épreuve de la réactivation se montre positive dans un minimum de cas.La clinique, de toute façon, garde tous ses droits.Et c\u2019est ce qui faisait dire a J.Nicolas: \u2018Le syphiligraphe, comme tout médecin, doit rester avant tout un bon clinicien\u201d.Il existe des sérums paradoxaux.Jeanselme, Bloch ont soutenu leur existence et montré l'utilité incontestable qu\u2019il y à faire pratiquer à nouveau une réaction quand celle-ci s\u2019oppose aux résultats de la clinique.Et une réaction de Wassermann positive ne suffit pas à faire affirmer la syphilis en dehors de toute manifestation de cette infection et seule une R.W.qui reste constamment positive et qui ne peut-être expliquée pour le contexte clinique, paraît, en dernière analyse, susceptible de faire retenir la possibilité d\u2019une syphilis insoupconnée.Et en regard, attendre que la R.W.redevienne positive, attendre que le liquide céphalo-rachidien montre de l\u2019hypertension, de l\u2019hyperalbumi- nose, une R.W.positive pour instituer ou reprendre un traitement, c\u2019est attendre que l'incendie ait envahi la maison pour le combattre, au lieu d\u2019étouffer un foyer que l\u2019on sait couver quelque part.En, conséquence, au point de vue direction du traitement général de la syphilis, il est nécessaire d\u2019instituer, même si la R.W.est négaitve et le liquide céphalo-rachidien indemne, et à plus forte raison dans le cas contraire, un traitement de fond, méthodique, régulier, chronique, intermittent.Paul POIRIER.! BELOT.\u2014 La radiothérapie de certaines dermatoses (\u2018Clinique et Laboratoire\u201d\u2019, septembre 1929).L\u2019auteur passe en revue les principales affections de la peau qui peuvent bénéficier de l\u2019emploi des Rayons X.a) L'hyperhydrose palmaire, plantaire ou axillaire.La radiothérapie donne de bons résultats dans l\u2019hyperhydrose simple, à sudation exagérée, mais peu modifiée par l\u2019émotivité.Dans l\u2019hyperhydrose émotive, péu marquée en temps normal, mais exagérée lorsqu\u2019on parle au malade de son infirmité, ne donne pas d\u2019aussi bons résultats.b) Granulosis rubra nasi.C\u2019est une affection constamment associée à l\u2019hyperhydrose qui se caractérise par de petites papules rouges siégeant principalement dans la région nasale.c) Séborrhée grasse du nez et de l\u2019oreille.d) L\u2019acné: en particulier dans l\u2019acné chéloïdienne de la nuque, les 116 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Rayons X ont donné des résultats absolument esthétiques là où tous les autres traitements avaient eu un échec.e) Le psoriasis; on réserve à la radiothérapie les placards rebelles à la thérapeutique ordinaire (voisinage des cheveux, cou, oreilles).f) Les eczématides comprenant les parakératoses psoriasiformes, les séborrhéides.Quelquefois une séance unique suffit pour amener la guérison.g) Eczémas vrais.Dans les eczémas aigus, la radiothérapie n\u2019est pas le traitement de choix.Mais dans l'eczéma lichénifié, le prurit diminue, le suintement s\u2019atténue, les croutes s\u2019affaissent.h) Le pemphigus; ce traitement ne guérit pas l'affection, mais il atténue la douleur.i) Les dermatoses prurigineuses.Les Rayons X calment le prurit d\u2019une façon remarquable.j) Les lupus.Dans le lupus tuberculeux, elle est un aide aux scarifications qui sont le traitement de choix, mais dans le lupus érythémateux elle n\u2019est pas à conseiller parce qu\u2019elle produirait une atrophie du derme plus laide que la lésion elle-même.k) Erythème induré de Bazin.Elle accélère l\u2019évolution favorable de cette affection.1) Mycosis fongoïde.Le premier cas traité en France fut celui d\u2019une Canadienne venue à Paris pour se faire débarrasser de très nombreuses tumeurs de mycosis fongoïde.Les tumeurs disparurent rapidement pour réapparaître quatre ans plus tard.De nouvelles séances en eurent encore raison.m) Maladie de Nicolas Favre: La radiothérapie donne des résultats remarquables.Il faut donc conclure que la radiothérapie est une arme puissante à laquelle on ne pense pas assez souvent en présence de certaines dermatoses où toutes les autres thérapeutiques font défaut.Paul POIRIER.CHIRURGIE INFANTILE ET ORTHOPEDIE V.PUTTI.\u2014 Le traitement précoce de la luxation congénitale de la hanche [Early treatment of congenital dislocation of the hip] (\u201cThe Journal of Bone and Joint Surgery\u201d, Vol.XI, No 4, octobre 1929).Le traitement actuel de la luxation congénitale de la hanche peut être considéré comme parfait, malgré que quelques auteurs non satisfaits des résultats obtenus, préconisent la réduction sanglante.Cependant, Putti croit que l\u2019âge favorable pour intervenir devrait être avancé et qu\u2019il ne faut plus attendre que le bébé ait atteint deux ans avant de tenter la réduction.Tout en admettant que le diagnostic au début, avant deux ans, présente des difficultés parfois sérieuses, Putti est d'avis, surtout pour les L'UNION MÉDICALE DU CANADA 117 pays où la luxation congénitale de la hanche est fréquente, que cette lésion pourrait être reconnue plutôt qu\u2019elle ne l\u2019est d\u2019ordinaire, si on faisait l\u2019éducation des parents, comme on l\u2019a fait pour les pieds bots.On a invoqué contre le traitement précoce, la -non-adaptabilité du cotyle à recevoir et à maintenir en place la tête fémorale réduite, mais Putti avec preuves à l\u2019appui démontre bien le contraire, et estime que la réduction est possible à tout âge.= Admettant également que la réduction spontanée de la luxation congénitale de la hanche chez les bébés est possible et indiscutable chez les cas rapportés, Putti croit que cette éventualité est trop rare pour pouvoir y compter comme moyen pratique de traitement, \u2014 et préconise la méthode suivante chez les enfants au-dessous d'un an : a) Réduction progressive et graduelle sans aucune intervention forcée, aidée de la rotation interne des deux membres.b) Maintien de la position en abduction foreée à l\u2019aide d\u2019un appareil personnel.0 Ce traitement doit être maintenu pendant environ un an et à l\u2019appui de sa théorie, Putti cite plusieurs cas chez qui il a obtenu d'excellents résultats contrôlés par les Rayons X.; En conclusion, Putti est d\u2019avis qu\u2019il faut pratiquer la réduction de la luxation congénitale de la hanche avant l\u2019âge dè deux ans et croit que le diagnostic, difficile à poser à cette période, pourrait être facilité si l\u2019on voulait entreprendre l\u2019éducation des parents et surtout celle des médecins praticiens.\u2018 Co : Edmond DUBE.PEDIATRIE M.PELIN et A.MESTRALLET.\u2014 L\u2019asthme bronchique de l\u2019enfance.Son étiologie, sa symptomatologie, son évolution.(Le Journal de Médecine de Lyon, 20 février 1929.) L\u2019asthme infantile, généralement rencontré chez des arthritiques, apparaissant surtout entre deux et cinq ans, disparaît le plus souvent vers l\u2019âge adulte.L\u2019hérédité joue un rôle important.On rencontre fréquemment l\u2019eczéma dans les antécédents des malades.S\u2019il arrive que l\u2019asthme infantile soit dû à une tuberculose, il s\u2019agit de pleurites, cortico-pleurites ou adénopathies trachéo-bronchiques.La crise d'asthme infantile peut être parfois de nature anaphylactique, révélée par certains signes: cuti-réactions, épreuves alimentaires, crise hémoclasique.La crise initiale est souvent d\u2019une brusquerie et d\u2019une violence particulières.Auscultation: sibilances, rales muqueux crépitants ou sous- crépitants.Les manifestations ultérieures: prodromes, 24 ou 48 heures avant la crise \u2014 éternuements répétés, écoulement nasal séreux, insomnie, ner- 118 L'UNION MÉDICALE DU CANADA vosité.Puis, manifestations athmatiques diverses: dyspnée, respiration spasmodique, etc.Température rarement très élevée, Inversion du rythme respiratoire.L'état intercalaire: pas de signe d\u2019emphyséme.Excepté les cas rares, où l'asthme est sous la dépendance d\u2019une tuberculose, l\u2019examen radioscopique ne décèle aucune particularité.Un examen minutieux du tube digestif établira s\u2019il y a intolérance alimentaire (œufs, lait).Il y a fréquemment de la nervosité, de l\u2019insomnie chez les asthmatiques, et l\u2019état général est souvent assez atteint.Le coryza spasmodique et la toux spasmodique sont deux syndromes qui se rattachent à l\u2019asthme.L'asthme des foins, assez rarement observé chez l\u2019enfant, présente une oppression d\u2019intensité variable créée par l\u2019inhalation de particules irritantes (particules de fleurs, de pollen dans la majorité des cas).L'évolution de l\u2019asthme est variable: deux ou trois crises par année, ou au contraire pendant une semaine chaque mois, et laissant par suite une oppression presque permanente.L\u2019asthme n\u2019imprime pas une marche particulière aux affections atteignant les voies respiratoires: rougeole, broncho-pneumonie, coqueluche même.La pathogénie de l\u2019asthme reste très obscure.Une modification du terrain peut être en cause: instabilité ou fragilité colloïdale, dystonie vago-sympathique.Quant à l\u2019accès lui-même, il semble dû à une contraction spasmodique des ramifications bronchiques de petit calibre.La dyspnée observée n\u2019est pas due à une diminution de l'hématose, car il n\u2019y a pas de cyanose, même onguéale.À la contracture musculaire s\u2019associent probablement quelques troubles glandulaires vaso-moteurs.Gaston LAPIERRE.R.LIEGE.\u2014 L\u2019Hydrothérapie dans les bronchopneumonies infant les.(\u201cClinique et Laboratoire\u201d, 30 juillet 1929.) Parmi les méthodes de traitements classiques de la broncho- pneumonie que la médecine moderne ne saurait rejeter au second plan, malgré la place prépondérante qu\u2019elle accorde à la vaccinothérapie et la sérothérapie, se trouve d\u2019abord l\u2019hydrothérapie, à laquelle vient s\u2019ajouter un autre agent physique précieux: l'oxygène.\u2018A ces agents s\u2019ajoutent aussi les médications telles que l\u2019acétate d\u2019ammoniaque, solucamphre, extrait surrénal, digitaline et strychnine.L\u2019hydrothérapie a une action révulsive et décongestionnante efficace sur l\u2019hyperthermie pulmonaire, elle active les échanges, elle tonifie le système nerveux, augmente la diurèse, abaisse la température.On la réalise: 1° Par les enveloppements humides du thorax, avec une serviette éponge enroulée autour du corps, de la clav:cule au-dessous de l\u2019ombilic.La serviette trempée dans l'eau à 10 ou 20° C., bien exprimée, est appliquée sur le thorax, recouverte d\u2019une bande de taffetas, puis d\u2019une î L'UNION MEDICALE DU CANADA 119 couche d\u2019ouate et d\u2019une bande de flanelle.L'opération doit être rapide; on retire le maillot au bout d\u2019une demi-heure ou d\u2019une heure, pour le remettre toutes les trois ou quatre heures, ou bien le laisser en place et le renouveler toutes les 2 ou 3 heures, le second maillot devant être pris lorsque l\u2019on sort l\u2019enfant du premier.Le maillot humide et froid détermine le refroidissement de la peau, de courte durée et rapide, la réaction se produit, le maillot s\u2019échauffe et les poumons se décongestionnent; 2° les envelonpements sinapisés.On ajoute 500 grammes de farine de moutarde à un litre d\u2019eau à 40° C., on applique le maillot, on retire au bout de 10 ou 15 minutes, plongeant l\u2019enfant dans un bain tiède, : puis on place un maillot humide tiède; 3° bains chauds: la température habituelle est de 38° C., sa durée de 5 à 15 minutes, l\u2019enfant devant être observé.Le professeur Nobécourt voit dans l\u2019absence de réaction.un pronostic défavorable.Le bain doit provoquer une vaso-constriction périphérique, la peau rougit, l'enfant crie, puis se calme.Durant le bain la température centrale s\u2019élève, puis baisse rapidement; ce bain est donc réchauffant, antithermique, révulsif et sédatif; 4° bain t'ède, Il se donne à la température de 32 ou 33° C., sa durée est de 5 à 20 minutes; son action est lente mais réelle, il stimule la respiration, la circulation et la diurèse, il a une influence tonique et sédative et légèrement antithermique; 5° bain sinapisé.Il se donne chaud ou tiède, préparé avec de la farine de moutarde, 60 grammes de farine que l\u2019on jette dans 20 litres d\u2019eau, enveloppé ensuite dans un sachet de linge, trempé dans l\u2019eau froide; on recouvrira la baignoire d\u2019un drap qu\u2019on ramènera autour du cou de l\u2019enfant pour éviter les vapeurs irritantes sur le visage.Ce bain a une action rubéfiante et révulsive.Le bain frais se donne à la température de 26 à 30° pendant 5 ou 10 minutes; son action est plus marquée que celle du bain tiède en ce qui concerne l\u2019action antithermique.Le bain froid se donne à la temrérature de 20 à 25° C.pendant 3 à 5 minutes.On éviter d\u2019en prolonger la durée; l'eau froide provoque une vaso-constriction périphérique, pâleur de la peau, il s\u2019ensuit une hyperémie des organes profonds, une augmentation du travail du cœur, une accélération du pouls qui devient irrégulier, une respiration rapide.Après le bain, les vaisseaux de la peau se dilatent, celle-ci rougit, le pouls se ralentit, devient plus ample, la respiration plus profonde, la température périphérique s'élève, la diurèse s\u2019accroît et les échanges augmentent.C\u2019est en tenant compte de ces indications et de ces règles que l\u2019on tirera le maximum de profit d\u2019une thérapeutique qui, malgré les progrès de la science, ne vieillit pas et dont on peut toujours attendre d\u2019heureux effets.Gaston LAPIERRE. L'UNION MÉDICALE DU CANADA LABORATOIRE ED.LEVY SOLAL, JEAN PARAF, M.PARIENTE.\u2014 La réaction de fixation gonococcique au cours de la gestation et de la puerpéralité (\u2018\u2018Comp.Rend.Soc.Biol.\u201d, 1929, page 496).Les auteurs ont fait une étude de la réaction de fixation du complément vis-à-vis de l\u2019antigène gonococcique chez la femme en état de gestation et en état de puerpéralité.Divers antigènes ont été utilisés, tels l\u2019antigène de Rubinstein, l\u2019antigène de Jausion Meerseman et Pecker, Yantigène à l\u2019eau, l\u2019antigène à l\u2019alcool méthylique de Nicolle.Ce dernier a fourni les résultats les plus sensibles.Les techniques utilisées par les auteurs sont la technique de Rubinstein et celle de Calmette et Massol.78 réactions ont été pratiquées chez des femmes en état de puer- péralité et souffrant d'infections gonococciques diverses.Presque toutes ces réactions ont été négatives, sauf dans 11 cas d\u2019infection gonococcique profonde.4 de ces cas provenaient de femmes enceintes et 7 de femmes accouchées depuis quelques jours.Les auteurs ont noté que toutes les réactions positives pendant la grossesse sont devenues négatives après la délivrance, et même dans un cas la réaction d\u2019abord positive est devenue négative au 8ème mois de la grossesse.Certains cas négatifs provenaient de femmes souffrant d\u2019arthrite gonococcique, infections donnant pratiquement toujours des réactions positives en dehors de la puerpéralité.De ces faits les auteurs concluent\u2018 que la gono-réaction est le plus souvent négative au cours des infections gonococciques de la gestation et de la puerpéralité.En somme une réaction négative est dépourvue de toute valeur diagnostique.A.BERTRAND.MEDECINE LEGALE Dr ANDRE FINOT.\u2014- L\u2019alcoolisme mondain (\u201cRevue Internationale de Criminologie\u201d, page 303).Excellente étude sur la mode des cocktails que l'auteur qualifie de stupide et de néfaste.Le docteur Finot jette un cri d\u2019alarme fortement motivé; et il constate ce fait jusqu'ici paradoxal que l'alcoolisme à manifestations nerveuses diminue dans les services d\u2019hôpitaux, c\u2019est-à-dire dans le milieu ouvrier, tandis qu\u2019il augmente dans la classe riche et aisée.Pour démontrer que le buveur ou la buveuse de cocktails ingurgite une quantité notable d\u2019alcool, l\u2019auteur donne un petit formulaire de cocktails: que je cite \u201cin extenso\u201d pour l\u2019édification des lecteurs de l'Union Médicale : L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 121 Gin cocktail: 24 de gin, 45 de vermouth, quelques gouttes d\u2019angusture.Manhattan: 2 de whisky, 44 de vermouth, angusture.Side-car: 14 de curacao, 23 de brandy, jus de citron.Champagne cocktail: sucre saturé de bitter, champagne, citron.Knock-out: 14 de gin, 1/3 de vermouth, 1/3-d\u2019absinthe, menthe.Quatre verres de ce dernier cocktail représenteraient 140 grammes d\u2019alcool.Or, de l\u2019avis du docteur Andigé, dont les travaux sur le pouvoir toxique des alcools font autorité, un adulte d'activité normale peut se permettre \u201cpar jour 30 grammes de cognac ou bien un litre de vin ordinaire, soit 10 à 15 grammes d\u2019alcool.Au delà, c\u2019est l\u2019alcoolisme assuré après un certain temps.Il suffit de comparer cette dose limite à celle qu\u2019ingurgitent les amateurs de cocktails pour être édifié.Et voici la jolie collection de maux causés par cette stupide mode: a) Troubles digestifs: inappétence, hyperchlorhydrie, spasmes pyloriques, entérite, etc.b) Troubles cardiaques, tachycardie permanente, angoisse précordiale.c) Troubles nerveux, insomnie, cauchemars, asthénie, réactions coléreuses, impulsives, algies multiples, polynévrites, etc, etc.d) Troubles de la génération: enfants retardataires, épileptiques, etc.Il est lamentable, conclut l\u2019auteur, de voir les jeunes gens d\u2019au- jourd\u2019hui compromettre leur avenir intellectuel, leurs facultés créatrices et productrices par une intoxication dont ils ne soupconnent pas la gravité.R.FONTAINE.A vendre Occasion exceptionnelle, provenant du décès du Dr L.-A.Beaudry, médecin-chirurgien.Machineries électriques: Ultra-violet, Morse-wave, hautes-fréquences, lampes infra-rouge et radiant, etc.; Instruments de laboratoire: Microscopes et accessoires; Instruments de chirurgie: Outillage complet et moderne; Bibliothèque médicale considérable, belles collections.S'adresser à Mademoiselle Emilie Beaudry, 79, rue Ste-Anne, St- Hyacinthe, P.Q. SOCIÉTÉS La Société Médicale de Montréal Séance du 3 décembre 1929 Président : M.G.de Bellefeuille Epithélioma de la région temporale, du canthus externe et de la paupière supérieure traité par Pélectro-dessication \u2014 M.A.MARIN présente une malade, âgée de 31 ans, qui, il y a une dizaine d\u2019années, avait vu apparaître une tache érythémateuse à sa tempe gauche.Un diagnostic de lupus érythémateux fut posé et la malade fut soumise, durant ses quatre dernières années, à de très nombreuses irradiations par les rayons X.Cette lésion s\u2019est étalée et ulcérée; elle présentait les caractères cliniques et histologiques d\u2019un épithélioma baso-cellulaire, siégeant à la région temporale, entamant le canthus externe et la moitié externe de la paupière supérieure.Elle a été tra'tée et guérie par l\u2019électro-dessication.Elle présente actuellement une cicatrice souple, ne gênant nullement l\u2019occlusion palpébrale.Observations et technique opératoire des goitres.\u2014M.R.DORE, après avoir passé en revue les différents traitements des goîtres, soutient, en se basant sur ses observations personnelles et les résultats obtenus chez ses malades, que le traitement chirurgical est de beaucoup supérieur à tout autre.Il termine en citant l'op\u2018nion de Sébileau : \u201cQuel que soit le traitement médicamenteux ou physique institués, les goîtreux finissent toujours par subir l\u2019intervention chirurgicale\u201d.La radiothérapie dans les goîtres\u2014M.D.LEONARD nous fait part de la technique employée au laboratoire de radiolog'e de l\u2019Hôpital Notre- Dame dans le traitement des tumeurs de la glande thyroïde.C\u2019est dans les goîtres exophtalmiques toxiques et les états basedowiens frustes que la radiothérapie est vraiment indiquée et donne les résultats les plus encourageants.La technique consiste en une première série de 8 séances espacées de 3, 4 et 5 semaines, suivie d\u2019un métabolisme et de 6 mois de repos.Si la guérison n\u2019est pas complète, une nouvelle série est appliquée.Pour juger des résultats de la radiothérapie, il faut s\u2019occuper surtout du pouls, du poids et du métabolisme.La disparition du goître, comme apparence tumorale, doit être une préoccupation secondaire.Métabolisme et goître\u2014M.G.-H.BARIL limite son travail à la question des goîtres toxiques.S\u2019appuyant sur de nombreuses observations cliniques colligées à l\u2019Hôtel-Dieu, le rapporteur croit pouvoir avancer: 1° que la chirurgie guérit un grand nombre de malades, mais qu\u2019elle ne les guérit pas tous; 2° que le traitement iodé pré-opératoire a une importance considérable. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 123 à l'aide de nombreux graphiques, que l\u2019intervention ans les quatorze jours qui suivent les débuts be descendante du traitement iodé.M.PIERRE MASSON, à l\u2019aide les lésions variées qu\u2019on Il montre, chirurgicale doit se faire d du traitement, ou mieux en pleine cour Anatomie pathologique des goîtres.de nombreuses microphotographies, Nous montre ver dans les tumeurs de la glande thyroïde.Certains aspects cliniques des goitres.\u2014M.E.ST-JACQUES nous rappelle la physiologie de la glande thyroïde et passe en revue les particularités cliniques que présentent, d\u2019une part, les hypothyroïdiens et, d\u2019autre part, les hyperthyroïdiens; il ajoute que le système nerveux sympathique joue un rôle important dans la pathogénie des manifestations d'hyperthyroïdie.Le rapporteur termine son travail, au moyen de projections, illustrant les différents aspects cliffiques des goîtres.: __M.ROLAND ROUX estime que dans le traitement des goitres exophtalmiques toxiques, il est avantageux d\u2019associer à la radiothérapie la galvano-faradisation.\u2014 M.A.BELLEROSE précise les indications du traitement chirurgical et divise les goîtres en deux classes: les goîtres simples et les goîtres toxiques.Dans les goîtres' simples, le traitement chirurgical s'impose dans l'immense majorité des cas: c\u2019est une opération bénigne, dont la mortalité est pratiquement nulle, à condition de suivre un certain nombre de règles bien connues aujourd\u2019hui.Dans les goîtres toxiques, la conduite à tenir varie, selon qu\u2019il s'agit d\u2019un goître simple se basedowifiant, ou d\u2019une maladie de Basedow primitive.Dans le premier cas, l\u2019opération s'impose d'emblée, sans aucun retard, car plus on retarde l\u2019intervention, plus le pronostic opératoire s\u2019assombrit.Dans les cas de maladie de Basedow primitive, les succès obtenus par la radiothérapie égalent ceux de l'intervention chirurgicale; aussi, est-il préférable de toujours commencer par la radiothérapie, dans ces cas, avant d\u2019en arriver à une décision opératoire.| Election \u2014MM.Emile Blain et Antonio Laberge sont élus membres titulaires de la Société Médicale.peut obser Paul LETONDAL, \u201c Secrétaire des séances. BIBLIOGRAPHIE LES OTITES MOYENNES, par Georges Portmann, Professeur de Clinique Oto-Rhino-Laryngologique à l\u2019Université de Bordeaux, et Karl Kistler (de Zurich), ancien Assistant de la Clinique de l\u2019Université de Bordeaux.1 vol.de 212 pages avec 77 figures et 8 planches hors texte en couleurs.70 fr.L\u2019écho des importants travaux étrangers sur les otites moyennes basés sur des observations cliniques, des travaux statistiques minutieux, des recherches anatomo-pathologiques, n\u2019a eu jusqu'ici qu\u2019une faible répercussion dans les ouvrages publiés en France.Le but des auteurs de ce livre est de combler cette importante lacune de notre littérature otclogique et de faire connaître aussi bien à l\u2019aide des travaux de Bezold et de ses élèves que des nombreuses préparations histopathologiques recuei lies par eux-mêmes ou mises à leur disposition, cette question si négligée jusqu\u2019à ce jour en France.Si les auteurs ont donné une place importante à l\u2019anatomo-pathologie qui seule permet une classification strictement scientifique, leur ouvrage se présente également sous une forme pratique; on y trouvera des développements substantiels sur l\u2019étiologie, la symptomatologie, le diagnostic et la thérapeutique des différentes affections de l\u2019oreille moyenne.Pour faciliter la lecture de cet ouvrage, les auteurs l\u2019ont illustré d\u2019un très grand nombre de microphotographies.LE BIOTROPISME, par le Dr G.Milian, Médecin de l'Hôpital Saint-Louis.1929.Un vol.de 263 pages, avec figures et tracés.Librairie J.-B.Baillière & Fils, 19, rue Hautefeuille, Paris-6e.L\u2019auteur, à l\u2019occasion des traîtements par les médicaments antisyphilitiques (606, Mercure, Iodure de potassium, Bismuth), a été à même de découvrir un ordre de phénomènes capables d\u2019expliquer bien des inconnus des réactions de l\u2019organisme vis-à-vis des agents médicamenteux: chimiques, physiques, et de celui-ci vis-à-vis des infections et des toxines.Cet ordre de phénomènes est régi par le biotropisme, c\u2019est-à-dire par la stimulation des parasites de l\u2019organisme, latents ou en évolution.C\u2019est ainsi qu\u2019après avoir étudié la genèse de la conception du bio- tropisme, l\u2019auteur étudie le biotropisme chimique du 914, du mercure, du bismuth, de l\u2019iode, de l\u2019iodure de potassium, du bromure de potassium, de l\u2019iacide picrique, du luminal, du jaune d\u2019acridine ainsi que celui du sérum et des protéines en général.Il montre à ce sujet que bien des accidents rangés sous la banière de l\u2019anaphylaxie ou de la colloïdoclasie L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 125 relèvent en réalité du biotropisme.C\u2019est en cela que le biotropisme constitue un phénomène d\u2019ordre très général qui possède un grand intérêt.Le biotropisme physique s\u2019observe avec les rayons violets, roent- géniens.Les agents microbiens eux-mêmes, les vaccins et les toxines introduits dans l\u2019organisme sont capables d\u2019y provoquer des accidents qui n\u2019ont rien à voir avec l\u2019anaphylaxie, qui ne relèvent pas de leur toxicité et qui dépendent du biotropisme.La troisième partie du livre étudie la pathogénie des accidents bio- tropiques qui tient en une ligne: exaltation de la virulence du micro- organisme latent.Dans la quatrième partie, l\u2019auteur étudie quelques applications du bitropisme à la biologie et a la médecine en faisant remarquer que ce chapitre n\u2019est qu\u2019à son début et que cette notion sera féconde en déduction médicale pratique aussi bien que théorique.Ce livre sera lu avec fruit par tous ceux qui s\u2019intéressent à la biologie aussi bien qu\u2019à la médecine pratique.COMMENT RAJEUNIR, du Docteur H.Jaworski.Un volume in-16 broché.Prix: 12 francs.Albin Michel, éditeur, 22, rue Huyghens, Paris (14e).Il ne faut pas s\u2019y tromper, l\u2019apparition de ce livre est un événement.C\u2019est une date.Mise au point curieuse et profonde, émouvante et fertile.Il nous intéresse tous puisqu\u2019il s\u2019agit pour les jeunes de ne jamais connaître l\u2019horreur de la sénilité, pour les vieux de redevenir plus jeune.Quelques chapitres anecdotiques sur la vie de vieillards restés jeunes, une intéressante étude sur les chercheurs de jeunesse de tous les temps, l'exposé d\u2019une méthode simple et agissante confirmée par huit années d'expérience, enfin des animaux, des hommes et des femmes rajeunis ! \u201cLA VIE PROPRIETE PHYSIQUE\u201d, par le Docteur Charmas, Ermont (S.-et-0.).\u2014 Prix: 5 fr.\u2014 Editions Médicales N.Maloine, 27, rue de l\u2019Ecole-de-Médecine, Paris (6e).Le Dr Chambas nous donne une suite au \u201cProblème de la Vie\u201d comme nous pouvions nous y attendre.IT nous présente un essai doctrinal: \u201cLa Vie propriété physique\u201d.Incontestablement l\u2019auteur atteint son but : Le lecteur de bonne foi est persuadé de la logique de la thèse soutenue, et s'il n\u2019est pas toujours absolument convaineu il est certainement extrêmement intéressé. 126 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Mais, si le Dr Chambas bouillonne d\u2019idées, il condense parfois un peu des maillons, ce qui peut le rendre difficile trop ses démonstrations, saute fléchr pour combler quelques à suivre.Mais il nous oblige ainsi à ré lacune et il n'est pas impossible qu\u2019il l\u2019ait voulu.Et nous ne regrettons pas la témérité de l\u2019auteur de s\u2019attaquer à un pareil sujet même s\u2019il a quelque difficulté à exprimer cette idée nouvelle qui lui fait honneur.Ne chicanons pas, il y a là un bel effort, un bel enthousiasme.Hypothèse encore ?oui, mais ces hypothèses-là font faire un pas vers la vérité! Aussi paraît-elle susceptible de développements et d\u2019applications.De tels ouvrages méritent d'attirer l\u2019attention des amateurs d\u2019idées nouvelles et ne peuvent manquer d\u2019avoir un véritable succès.LA COPROLOGIE EN PRATIQUE MEDICALE, par R.Deschiens et R.Carvaillo.Préface de M.Le Noir.\u2014 1 vol.150 pages, 14 pl.couleurs et 3 en noir.Prix: 35 fr.Editions Médicale N.Maloine, 27, rue de l\u2019Ecole-de-Médecine, Paris (6e).Le titre qu\u2019ont choisi les auteurs: \u201cLa Coprologie en Pratique Médicale\u201d, montre le but qu\u2019ils se sont proposé et le terrain sur lequel ils se sont placés.; Ce livre est avant tout pratique.Il met à la disposition des laboratoires ou des médecins isolés une technique d\u2019analyse des selles et une séméiologie des déjections, simples, précises, et à la fois très étudiées, mises au point et appliquées dans le service de gastro-entérologie de M.Le Noir, à l\u2019hôpital Saint-Antoine.Les auteurs, après avoir décrit les signes coprologiques, macroscopiques et chimiques, organisent ces signes en syndromes coprologiques bien définis, et étudient parallèlement les symptômes et le traitement correspondant à chaque syndrome.De nombreuses planches en couleurs et des textes schématiques rassemblent sous les yeux des lecteurs pour chaque type de selle, ses caractères diagnostiques essentiels.: L'ouvrage se termine par une étude zoologique et clinique condensée mais complète, des parasites du tube digestif.Cet ouvrage réalise ce qu\u2019il voulait être: il est médicalement complet, clair et utile.\u201cDU QUARTIER LATIN A L\u2019ACADEMIE\u201d suivi du \u201cCRIN-CRIN D'UN MIRE\u201d, par le Docteur Paul Le Gendre, médecin honoraire des hôpitaux de Paris, membre de l\u2019Académie de Médecine.Un fort volume de 530 pages.Prix: 30 frs.Quinze années de vie au Quartier latin, de 1871 à 1886, dont cinq années d\u2019internat des hôpitaux ont permis à l\u2019auteur, mêlé par suite L'UNION MÉDICALE DU CANADA 127 d'occupations diverses aux milieu universitaires, littéraires et artistiques, d\u2019observer longuement la Jeunesse parisienne dans la période d\u2019effervescence qui a coïncidé avec l'étab issement des institutions républicaines.En recueillant ses souvenirs, il la fait revivre dans ses travaux: cours tumultueux, manifestations politiques, duels, noctambulisme, cénacles littéraires et musicaux, bals d\u2019artistes et d\u2019étudiant, mais aussi organisation pour le travail, enseignement populaire, si houettes de professeurs officiels et libres, de chefs de service dans les hôpitaux, d\u2019internes dans leurs salles de garde où s'accordaient la fantaisie, le tapage et l'étude.: Aprés ces \u201cannées d\u2019apprentissage\u201d se déroulent des \u201cimpressions professionne'les\u201d, prises sur le vif dans des mondes divers, au cours de trente ans de pratique, par l'auteur successivement médecin de famille, chef d\u2019un service hospitalier et consultant.Les nctes graves et les tableaux humoristiques alternent pour caractériser les multiples aspects de la vie du médecin et se terminent par des souvenirs médico-militaires des hôpitaux de l\u2019arrière de 1914 à 1918.Le \u201cCrin-Crin d\u2019un Mire\u201d médecin en français archaïque), humble \u201cViolon d\u2018Ingres\u2019 sans prétention aux sonorités éc'atantes, est un choix de courts poèmes, où l\u2019auteur a, suivant les saisons de sa vie, de Germinal à Nivôse, condensé ses enthousiasmes et ses indignations, exprimé ses joies et ses douleurs, esquissé des croquis de nature et d\u2019art, résumé des aperçus d'histoire et de philosophie, traduit des impressions de guerre et d\u2019après-guerre, en toute sincérité, sans recherche de néo-lyrisme ni de technique poétique moderniste, restant fidèle aux guides littéraires de sa jeunesse, plus proche des Intimités que des Parnassiens, soucieux surtout de clarté, de simplicité et du respect de notre langue.Carte d'adieu avec P.P.C.du septuagénaire à ceux qui se sont intéressés à lui, en prévision du départ pour 1 Inconnu. NOUVELLES OFFICIERS DU CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION DE L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA POUR 1930 Président .2.222042 44 220 Prof.P.Z.RHEAUME Vice-Président .Dr J N ROY Secrétaire-Trésorier .Prof.G.ARCHAMBAULT Rédacteur en Chef .Prof.Albert LeSAGE Administrateur .2.222 2 .T.VALIQUETTE OFFICIERS DE L'EXECUTIF DU XIe CONGRES DE L\u2019ASSOCIATION DES MEDECINS DE LANGUE FRANÇAIS DE L\u2019AMERIQUE DU NORD, 16, 17, 18, 19 Septembre 1930 Président .Prof.Pierre-Z.RHEAUME Prof.Albert PAQUET Québec) Vice-Présidents .Prof.L.PHANEUF' (Québec) Dr P.H.LAPORTE (Edmunston) Secrétaire Général .Dr Oscar MERCIER Secrétaire du Congres .Dr Donatien MARION Trésorier .Dr H.M.LEBEL Administrateur .T.VALIQUETTE MEMBRE CORRESPONDANT DE LA SOCIETE DE NEUROLOGIE DE PARIS M: le Docteur Jean Saucier, de I\u2019Ho6pital Notre-Dame et du Sanatorium Prévost, a été élu membre correspondant étranger de la Société de Neurologie de Paris à la prémière réunion de janvier de cette année. L'Union Médicale du Canada Comité de Direction MM.Archambault, Benoît, Boulet, Bousquet, Bourgeois, Bruneau, De Cotret, Derome (Wilfrid), Desloges, Dubé, Harwood, Lassalle, Leduc, LeSage, Marien, Marin, Marion, Masson (D.), Mercier (Oscar), Parizeau (T.), Rhéaume, Roy, Saint-Jacques, Vidal.Président: P.Z.Rhéaume; Secrétaire-trésorier: G.Archambault.Membre d'honneur: Professeur Pierre Masson.Comité de Rédaction MM.Badeaux, François; Bellerose, A.; Bertrand, A.: Boucher, Roi Brault, Jules; Cholette, A.M.; Comtois, A.:; Dubé, E.; DeGuise, A Fontaine, R.; Gérin-Lajoie, L:; Lapierre, G.; Legrand, E.; Lo.tondal, P.; Marin, A; Marion, D.; Mercier, Oscar; Mercier- Fauteux; Mousseau, J.Alfred; Pepin, R.; Rivard, J.; Simard, Ls C.; Trottier, E.; Vidal, J.A.Président: A.LeSage: Vice-Président: A.Marin; Secrétaire: Léon Gérin-Lajoie; Assistant-secrétaire: Donatien Marion.Prix de l\u2019abonnement pour 1928 Canada et Etats-Unis .ce Etranger (pays faisant partie de l\u2019Union Postale) .\u2026.4.00 Etudiants .ci i ie ie i ei ieee.1,50 Prix du numéro .Conditions de Publication L'Union Médicale du Canada paraît tous les mois par fascicules de 60 pages.Chaque numéro contient des mémoires originaux, des faits cliniques, une revue générale, un mouvement médical, des notes de pharmacologie, des analyses et des nouvelles médicales.Le Comité de Rédaction accepte des articles de tous les médecins à condition que ceux-ci n\u2019aient pas déjà été publiés dans un autre journal.Les Mémoires Originaux ne devront pas excéder 15 pages; les Faits Cliniques auront un maximum de 5 pages et les Revues Générales comprendront au plus 10 pages.Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé franco, au secrétaire, Dr Léon Gérin-Lajoie, 3553 Ave du Parc.Tél.PLateau 5397.Tout ce qui concerne l\u2019administration doit être adressé franco à M.T.Valiquette, comptable, 3705 rue St-André, ou Boîte Postale 3076 SUITE DU SOMMAIRE ANALYSES MEDECINE C.Lian et G.Siguret, Néphrites et déchlo- ruration (hypochlorémie et azotémie (p.164).\u2014 Jean Demoor, Les réglages humoraux dans le coeur (origines et significations) (p.165).\u2014 M.Galop, Un traitement préventif et efficace des incidents et accidents post-opératoires (p.166).\u2014 C.P.Cablesco, La colopathie d\u2019origine appendiculaire (p.167).\u2014 A.Thooris, La morphologie de l\u2019athlète (p.168).\u2014 J.-C.Roux, La prurit anal et Pacidité des fèces (p.168).CHRURGIE W.H.Holden, Traitement chirurgical de l\u2019obstruction intestinale aiguë (p.160).OBSTETRIQUE J.P.Greenhill, Le traitement actuel du placenta praevia (p.170).UROLOGIE De Berne-Lagarde, Les léio-myomes vésicaux (p.170).PEDIATRIE P.F.Armand-Delille, Ch.Lestocquoy et J.Vibert, Etude critique de la séméiologie de l\u2019adénopathie trachéo-bronchique tuberculeuse de l\u2019enfance (p.171).\u2014 D.J.Barnes, M.J.Bradv et E.M.James, Valeur comparée de l'ergostérol irradié et de l\u2019huile de foie de morue dans la prophylaxie du rachitisme (p.172c.OPHTHALMOLOGIE M.Favory, Conduite à tenir en présence d\u2019une iritis (p.172).\u2014 Geo.B.McAuliffe, Médication nouvelle dans l\u2019otorrhée (p.173).CHIRURGIE INFANTILE ET ORTHOPEDIE A.Steindler, Le traitement de la scoliose par la compensation (p.173).\u2014 Albert Mouchet, Le décollement du condyle huméral (p.174).LABORATOIRE H.Ghosh, Nouvelle méthode pour l\u2019identification du type de l\u2019infection bacillaire dysentérique (p.175).\u2014 S.Laborde et Y.S.Wickham, La radiothérapie du cancer du col de l\u2019utérus au Centre anticancéreux de la banlieue parisienne (p.176).A.H.Raffo.Une réaction biologique de la rate provoquée par le Sang des rats porteurs de tumeurs (p.177)."]
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