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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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L'union médicale du Canada, 1932-08, Collections de BAnQ.

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[" Tome LXI No X4 Août 1932 MÉMOIRES POLYNÉVRITE PRIMITIVE À VIRUS INCONNU Par Albert LESAGE et Jean SAUCIER Médecins de l'Hôpital Notre-Dame.Le tableau clinique présenté par le malade qui fait Pobjet le cette observation n\u2019est pas facile à intégrer dans un cadre nosolog!- que connu.Il s\u2019apparente aux formes périphériques de l\u2019encéphalite épidémique décrites par Bériel et Devic en 1925, (1) et à certaines formes basses de la même maladie, rapportées par Cruchet et Verger l'année suivante (2).Le mode de début met en cause la poliomyélite et les polynévrites aiguës.Certains symptômes rappellent la maladie décrite par Flatau en 1929, (3) sous le nom d\u2019inflammation disséminée du système nerveux, ou encore, le syndrome de Gu'l- lain et Barré (4).Enfin, il se rapproche beaucoup de la polynévrite infectieuse ou shwannite à virus neurotrope récemment étndiée par Dechaume (5).Nous passons volontairement sous silence beaucoup d\u2019autres travaux rapportés dans la littérature médicales de ces dernières années, parce qu\u2019en somme à quelques adjonctions près, ils sont la réplique des observations déjà mentionnées.Chez notre malade, au contraire, ce ne sont pas tant les adjonctions svmptôma- tiques qui ont attiré notre attention que les omissions.Voici, du reste, les faits saillants de l\u2019observation : (1) Bériel et Devic.Les formes périphériques de l\u2019encéphialite épidémique.Presse Médicale, 31 oct.1925.(2) Cruchet et Verger.Les formes basses de l\u2019encéphalo-myélite épidémique.Presse Médicale, 12 juin 1926.(3) Flatau.Sur l\u2019épidémie d\u2019inflammation disséminée du système nerveux en Pologne durant l\u2019année 1928.I/Encéphale No.7, 1929.(4) Guillain et Barré.Sur un syndrome de radiculo-névrite avec hy- peralbuminose du 1.e.r.sans réactions cellu'aires.Bull.et Mémoires de la Société Médicale des Hôp.de Paris 1916.p.1462.(5) Dechaume.Polynévrite infectieuse ou schwannite à virus neurotrope.Documents histo-pathologiques.Revue Neurol.Mars, 1932. 918 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Albert S., 65 ans, manoeuvre, ressentit en se levant le 3 mars dernier, des engourdissements qu\u2019il localisa au niveau des deux pieds, des deux jambes et des doigts des deux mains.Les paresthésies étaient plus pénibles aux pieds qu\u2019aux jambes; aux mains elles étaient très supportables.Ces sensations, à topographie nettement distale, s'atténuaient en remontant vers la racine du membre et disparaissaient au niveau des genoux.Aux membres supérieurs, seuls les doigts étaient le siège de semblables dysesthésies.Durant la journée du 3 mars, des douleurs survinrent aux deux mollets et la marche devint assez difficile.Le même soir, les douleurs sura'es augmentèrent tandis que les engourdissements gagnaient les avant-bras.Le malade put cependant marcher toute la journée.Il est à noter que la veille, le malade avait accompli son travail comme d\u2019habitude, et que rien ne laissait prévoir la maladie actuelle.Les 4, 5, et 6 mars, les douleurs et les engourdissements augmentèrent d'intensité aux membres inféricurs, et la démarche devint de plus en plus laborieuse.Les enzourdissements devinrent très pénibles aux membres supérieurs.Les limites d\u2019envahissement demeurèrent cependant les mémes, et durant tout le cours de la maladie, les coudes et les genoux ne furent pas dépassés.Le 7 mars, le malade ne put plus se lever.Une dernière tentative aboutit à une chute.Il fut forcé de s'aliter, et on songea à le faire transporter à l\u2019hôpital.La température des premiers jours ne fut pas prise, mais le malade assure qu\u2019il ne se sentit aucunement fiévreux ni courbaturé.Il ne relevait d\u2019aucune infection fébrile récente.Il n\u2019a été en contact avec aucun malade.Il ne boit pas d\u2019alcool.Tl n'a manifesté aucune tendance à l\u2019hyper- somnie ou à l\u2019insomie.Il n\u2019a pas noté de myoc'onies.Voici autant de détails sur lesquels nous aurons à revenir.Il existe cependant deux particularités qu\u2019il est important de bien noter dès le début afin que soient bien établies les circonstances qui ont accompagné les manifestations initiales de l\u2019affection.Un ou deux jours avant le début des paresthésies, le malade a remarqué qu\u2019il avait uriné involontairement une fois ou deux; pendant les 15 premiers jours qui suivirent son entrée à l\u2019hôpital le même phénomène s\u2019est reproduit trois ou quatre fois, avec adjonction d\u2019incontinence fécale.D e plus, le malade avoua spontanément que les premiers engourdissements s\u2019accompagnérent de diplopie.\u201cJe voyais deux objets au lieu d\u2019un, dit-il\u201d Ce symptôme persista environ quatre semaines puis disparut complètement, de même que les troubles sphine- tériens.A l\u2019examen du 23 mars, soit deux jours après l\u2019arrivée du malade, nous.nous trouvâmes en présence d\u2019un paraplégique absolument impotent.Les mouvements des membres inférieurs étaient à peine perceptibles, et leur force, bien conservée à la hanche et à la cuisse était à peu près nulle à la jambe et au pied.Aux membres supérieurs les extrémités rhizoméliques avaient également conservé une puissance à peu près normale, tandis que celle-ci s'amoindrissait graduellement en s\u2019approchant des segments distaux pour devenir excessivement faible aux mains.Nous ne notâmes ni atrophie musculaire ni fibrillations.Les muscles du trone nous parurent indemnes.Le malade se plaignait des paresthésies déja mentionnées et accusait de fortes douleurs au mollets, dont la pression était trés douloureuse.La sen- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 919 sibilité objective était respectée à tous ses modes.La manoeuvre de Lasè- gue mit encore en évidence la souffrance des deux sciatiques.Les réflexes tendineux, abolis aux membres inférieurs, étaient très diminués aux membres supérieurs.Les réflexes cutanés, abdominaux, crémastériens et plantaires étaient normaux.Les épreuves cérébelleuses s\u2019effectuaient normalement.Les fonctions des nerfs craniens étaient normales à tous points de vue, notamment la convergence était parfaitement exécutée et l\u2019accommodation s\u2019effectuait normalement.Les grands systèmes ne présentaient rien de saillant.Aux quatre membres les oscillations sphygmomanométriques existaient, et leur amplitude était égale des deux côtés.Les extrémités n\u2019étaient pas notablement refroidies.Les aspects pscudo-myopathiques des névrites diffuses décrits par Alajouanine et Delay (6) manquèrent totalement chez notre malade.En effet, chez lui, pas d\u2019atteinte proximale des membres, pas d\u2019atrophie musculaire ni pseudo-hypertrophie, pas d\u2019ensellure lombaire, pas de démarche dandinante.pas d\u2019attitudes caractéristique dans l\u2019acte de se relever.La ponction lombaire que nous pratiquâmes le jour même révéla une tension normale et l\u2019absence de blocage sous-arcahnoïdien.L\u2019albuminose était de 0.20 gm.au litre et la lymphocytose de 1 par mm.cube.Les épreuves sérologiques et colloidales furent négatives.Le B-W.du sérum sanguin fut également négatif.L\u2019examen électrique, pratiqué par le Dr.Laquerrière, le ler avril, signala une hypoexcitabilité douteuse du quadriceps gauche.En somme, notre malade réalisait à ce moment, un syndrome sensitivo- moteur assez inusité, rappelant à la fois les polynévrites et certaines poliomyélites.Dans le doute où nous nous trouvions de la pathogénie de ce syndrome, nous lui fîmes administrer 25 ce.de sérum antipoliomyélitique tandis que le Dr.Laquerrière lui fit des séances de galvano-faradisation rythmée d\u2019un membre à l\u2019autre.Nous ne regrettons pas les dispositions que nous avons prises car il s'agissait alors de ne pas perdre de temps, enfin, la prédominance des symptômes paralytiques, et le début relativement rapide nous conduisirent à songer, du moins temporairement, à la poliomyélite.Quoiqu\u2019il en soit, la maladie évolua rapidement vers la guérison.Peu à peu le mouvement revint aux membres inférieurs tandis que la force augmentait aux membres supérieurs.Dès le 17 avril, la marche était possible avec l'aide d\u2019une chaise.Le 19 avril, le malade marchait seul, sans steppage et sans oscillations.Les douleurs diminuèrent au prorata de la récupération motrice.Les membres supérieurs avaient récupéré la totalité de leurs fonctions.Le 20 mai, les engourdissements des pieds étaient à peine perceptibles.L\u2019extension de la jambe sur la cuisse n\u2019était plus douloureuse.Les réflexes rotuliens étaient facilement obtenus et ceux des membres supérieurs étaient à peu près normaux.Seule, l\u2019abolition des achilléens persistait.Il n\u2019y avait aucune atrophie musculaire visible.Un nouvel examen électrique, en date du 23 mai permit d\u2019affirmer que les nerfs et les muscles des quatre membres répondaient tout à fait normalement aux divers courants utilisés.Le malade quitta l\u2019hôpital le 28 mai, pratiquement guéri.Il devait reprendre son travail dans une quinzaine.(6) Alajouanine et Delay.Névrite infectieuse à symptomatologie myo- pathique.Revue Neurol.Fev.1931, p.199. 920 l\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Dans les cas rapportés par Béricl et Devie, Cruchet et Verger, flatau, Dech: our i Fine : flatau, Dechaume, \u2014 pour ne mentionner que les principales me- nographies, \u2014 les symptômes cardinaux sont représentés par des troubles sensitivo-moteurs d\u2019aspect radiculo-polynévritique, par la paralysie d\u2019un ou de plusieurs nerfs craniens et par la tendance à la dissociation albumino-cytologique du liquide céphalo-rachidien.Le syndrome de Guillain et Barré présente les mêmes caractéristiques à l\u2019exception de l\u2019atteinte des nerfs craniens.Dans tous les cas, l'évolution habituelle est la guérison et les cas mortels sont exceptionnels.Les appellations proposées ont tour à tour été myélites, polyradiculites, celluloradiculo-névrites, plexites et enfin polynévrites.Les étiologies invoquées ont oscillé entre le virus de l\u2019encéphalite épidémique et les virus neurotropes autres que celui de l\u2019encéphalite épidémique.Dans la majorité des observations- les circons- lances initiales plaident en faveur d\u2019une manifestation de la maladie de von Economo, (série Bériel et Devic, série Cruchet et Verger) ; ailleurs, il s\u2019est agi de petites épidémies où l\u2019on envisagea le rôle étiologique possible d\u2019autres maladies infectieuses ou de la sclérose en plaques.(série Flatau); enfin, les cas de Guillain et Barré et certains cas de Dechaume survinrent dans des circonstances qui ne permirent d\u2019incriminer aucune étiologie particulière.x %* Dans quelle entité morbide allons-nous ranger notre malade et à quelle étiologie doit-on attribuer sa maladie ?En procédant par similitudes, il s\u2019agit d\u2019apparenter notre description à celles qui y correspondent exactement ou à celles qui s\u2019en rapprochent le plus.Sans vouloir innover à tout prix, il faut avouer que nous n\u2019en avons pas retrouvé la réplique exacte, mais par contre, il y a de nombreux rapprochements à faire avec plusieurs observations déjà décrites.Afin de bien situer le syndrome que nous avons décrit, nous en soulignons de nouveau les caractères essentiels : Début par installation rapidement progressive d'un syndrome sensitwvo-moteur d'allure polynévritique, réalisant d\u2019une part, une quadriplégie à impotence prédominant aux membres inférieurs, et d'autre part, un tableau sensitif nettement polynévritique; atteinte cxclusivement distale des membres; diplopie passagère durant les premiers jours; absence de paralysie des nerfs craniens; absence de modifications du liquide céphalo-rachidien : troubles sphinctériens discrets; guérison en trois mois.AER -
de

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