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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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L'union médicale du Canada, 1934-02, Collections de BAnQ.

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[" Tome LXII No 2 Février 1934 IN MEMORIAM LE PROFESSEUR ARTHUR ROUSSEAU 1871 - 1934 Toute vie a un but, et c\u2019est l\u2019accomplissement de ce but qui juge la vie.LACORDAIRE.Le professeur Rousseau est décédé le samedi, 13 janvier 1934, à 11,45 hrs du soir.après une courte maladie, entouré de tous les membres de sa famille et de quelques intimes, pieusement prosternés autour de son lit et abîmés dans la plus vive douleur.Sa mort, foudroyante et prématurée, prive sa famille d\u2019un chef adoré, généreux et prévoyant; l\u2019Université perd en lui un de ses membres les plus autorisés ; la Faculté de Médecine, un doyen qui l\u2019avait fait progresser et qui l\u2019honorait ; la ville de Québee, un citoyen influent et respecté, le gouvernement de la province de Québec, un conseiller sage et éclairé, les hôpitaux Saint-Sacrement et Laval, nn fondateur justement réputé ; le Canada tout entier, un citoyen intègre et un médecin éminent parmi les plus éminents.Nous n\u2019avons pas la prétention, en un court article nécrologique, de rendre justice à un homme dont la vie entière a été consacrée à servir les intérêts généraux du public avant ses intérêts particuliers.Il faut le recul du temps pour apprécier un: œuvre aussi considérable, accomplie en si peu d\u2019années avec des moyens limités et une collaboration restreinte.Il faut, de la part de l\u2019homme qui l\u2019a réalisée, une puissance de conception exceptionnelle, une indépendance d\u2019esprit ct une force de caractère rares pour ne pas succomber à la tâche et maintenir quan! même la flambeau indiquant la route à ceux qui n\u2019ont pas encore nettement aperçu le but entrevu par celui qui le porte.Nous avons eu le bonheur, depuis les années vécues ensemble au collège, d\u2019avoir été lié au cher disparu d\u2019une amitié indissolub!e jusqu\u2019à sa mort.Nous avons reçu, maintes fois, à différentes étapes de sa vie, des confidences qui jettent une vive lumière sur les idées 116 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA ES qui lui étaient chéres, sur les initiatives nouvelles qu\u2019il voulait réaliser rapidement, sur l\u2019ambition qu\u2019il possédait de donner à sa race, dans le domaine scientifique, universitaire ou simplement national, la place qu\u2019elle devrait occuper, selon lui, et les énergies incessantes qu\u2019il s'efforçait de développer pour atteindre le but dont il avait fait Pidéa! de sa vie.Souvent, ployant sous le faix, il hésitait à cn poursuivre la réalisation en face des obstacles multiples dressés sur sa route: certains jours il se sentait comme harassé dans sa course vers l\u2019attirante chimère flottant dans des espaces inaccessibles tandis que son bras, tendu, cherchait en vain à la saisir.Oui! Rousseau a été grand médecin, sociologue averti, professeu* érudit, universitaire clairvoyant et citoyen intègre.x * * Il est né le 19 août 1871, à Saint-Casimir, comté de Portneuf.Son père était le docteur L.-T.-E.Rousseau et sa mère Malvina Alain.Je le vis pour la première fois au séminaire de Québec, où il entrait, en 1883 environ, pour y faire ses études classiques.Il me suivait d\u2019une année.De taille plutôt petite, la tête carrée, avec des yeux perçants, un sourire bienveillant et moqueur à ses heures, il attira bientôt l\u2019attention de ses maîtres en se plaçant rapidement au premier rang parmi les meilleurs.Durant tout le cours de ses études il ne connut pas d\u2019autre place que celle-là, soit dans les classes, soit dans les concours collégiaux ou intercollégiaux, dans les lettres et les sciences, surtout en philosophie.Il abordait tout avec une maîtrise précoce, à tel point qu\u2019il devint bientôt, pour son Institution, ur véritable étendard tant ses maîtres étaient assurés d\u2019avance de gagner une victoire certaine sur ses concurrents.Depuis, il n\u2019a jamais démérité.À l\u2019Université Laval, d\u2019emblée il conquiert l\u2019estime et la considération de ses professeurs.1l devient bientôt, pour chacun d\u2019eux, une ambition: celle de l\u2019avoir eu comme le meilleur élève, et il le démontre en conquérant facilement les plus hauts grades décernés par l\u2019Université Laval de Québec.L\u2019un de ses maîtres les mieux avertis.le professeur Vallée, dont la haute situation sociale et scientifique du temps s\u2019imposait à tous, le père du secrétaire actuel de la Faculté de L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 117 Médecine de Québec, le prit sous sa tutelle et l\u2019encouragea de ses conscils Bientôt, grâce à de hautes protections, auxquelles le Séminaire de Québce ne fut pas étranger, selon une coutume chère à cette Maison à l\u2019égard d\u2019élèves privilégiés, il sembarque pour l\u2019Europe.Auprès de ses maîtres à Paris, en particulier Huchard, dont il fut l\u2019élève canadien préféré, il y poursuit ses études avidement.Il s\u2019inscrit à l\u2019Institut Pasteur; là il fortifie son instruction médicale et s\u2019initic aux techniques nouvelles du laboratoire en vue de les implanter à Québec.Puis il rentre au Canada où l\u2019Université Laval, grâce à ses protecteurs fidèles, le prend à son service et le charge d\u2019enseigner ce qu\u2019il a vu et entendu là-bas.Le succès ne se fait guère attendre : bientôt on parle de lui; sa Jeune silhouette se dresse de toute sa hauteur morale qui se dessine déjà nettement, et 1l devient le jeune homme prédestiné à de plus hautes œuvres.On le remarque, on le retient, on l\u2019estime, on l\u2019aime! Au bout de quelque temps, il épouse une jeune fille charmante, jolie et gracieuse: la fille du colonel Landry vivant dans son manoir sur les côtes de Beauport.Le Séminaire de Québec, écoutant des voix autorisées, favorise, si j'ai bonne mémoire, un second voyage en Europ: où il séjourne durant plusieurs mois, en vue d\u2019étudier spécialement certaines branches de la médecine.Idylle charmante, voyage fructueux.Il revient de nouveau à Québec où il poursuit rapidement sa carrière de jeune professeur et de médecin.Il participe bientôl, avec ses autres collègues et confrères, à toutes les activités nouvelles qui naissent peu à peu et qui prennent de l\u2019essor.En 1902 il assiste, comme l\u2019un des principaux chefs du mouvement, à la fondation de PAssociation des Médecins de Langue française de l\u2019Amérique du Nord.Avec son maître et ancien professeur, le docteur Brochu, il continue, dans la suite, de prendre une part de plus en plus large dans cette association, dont il fut l\u2019un des rapporteurs en 1922 après avoir été le président du 6ème Congrès tenu à Québec en septembre 1920.À sa mort, il était président de l\u2019Association des Médecins de Langue française d\u2019Europe, dont la 23ème session aura lieu à Québec, les 27, 28 29 et 30 août 1934.Son absence créera un grand vide et ses délibérations seront teintées de deuil. 118 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA be La Sociélé Médicale de Québec a largement bénéficié de sen travail et de ses activités.T1 croyait, avec d\u2019autres.que c\u2019est du bavi de cette tribune que l\u2019on peut faire entendre librement sa voix ot qe l\u2019on peut le mieux contribuer & diffuser les sciences médicales.TI vi deux ans à peine, il avait réussi à réunir en un seul faisceau les différentes organisations existantes sous le nom de Société médicale des hôpitaux de la ville de Québee, avec un Bulletin qui en est l\u2019organe officiel.Les hôpitaux de Québec conserveront de Rousseau, non seulement un souvenir ému pour le dévouement dont il a donné des preuves indéniables durant sa vie, mais aussi pour le rôle important qu\u2019il a tenu dans leur fondation ou leur expansion.Médecin de l\u2019Hôtel Dieu d'abord, il consacre ses énergies à y introduire les méthodes nouvelles de diagnostic et, avec l\u2019aide de ses collègues chirurgiens.la pratique de l\u2019asepsie dans les méthodes opératoires.T1 y conserva constamment la confiance des dames hospitalières de cette maison.À sa mort, bien qu\u2019il n\u2019en fit plus partie, il demeurait le médecin de la communauté.L\u2019Hôpital du Secinl-Sacrement restera comme un monument, avee l\u2019Hôpite! Laval, pour illustrer toute sa carrière de médecin des hôpitaux.Cet hôpital fut aux prises, dès le début, avec des d'ificultés telles que seul un horine comme Rousseau pouvait les contourner et les vaincre, grâce à la confiance que lui accordaient le haut clergé, le gouvernement et le public en général.Il décupla toutes les ressorrces de son esprit pour assurer l\u2019existence, souvent chancelante, de cette maison et pour lui procurer les secours indispensables à sa stabilité.Nous reconnaissons aujourd\u2019hui que cette institution fait honneur à Québec, que les pauvres y reçoivent un accueil bienveillant ct que les médecins, jeunes ou vieux, formés à bonne école, en assurent la bonne réputation et l\u2019utilité publique.Rousseau en fut le fondateur.Il en demeura toute sa vie l\u2019animateur et il en restera, après sa mort, le patron dont il suffira d\u2019évoquer la mémoire pour vaincre tous les obstacles qui pourraient surgir.L\u2019Iôpital Laval, majestueusement campé sur les flancs du coteau de Sainte-Foy, proclame dans toute sa beauté l\u2019idéal poursuivi par son fondateur : recueillir les enfants et les adultes tuberculeux curables, les entourer de soins, leur procurer un peu d\u2019air et de lumière, les L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 119 encourager sans cesse, les soulager souvent, les guérir quelquefois.L\u2019Hôpital Laval est une des institutions les plus solides, les plus stables et les mieux dirigées, du point de vue tuberculeux, que nous possédions dans la province de Québec.J\u2019ose même ajouter que noms n\u2019en avons aucune qui puisse lui être comparée.C\u2019est cette fondation qui attira les yeux sur Rousseau et qui le porta a la présidence de I\u2019Association anti-tuberculeuse du Canada, il y a quelques années.Le Sanatorium du Lac Édouard est né, si j'ose dire, de l'Hôpital Laval.Construit sur les bords d\u2019un lac isolé dans une forêt de sapins, le Sanatorium du Lac Edouard recucille les tuberculeux curables et fait des cures dont plusieurs peuvent témoigner, grâce à la compétence des médecins qui le dirigent.Auprès de ce sanatorium, se profile toujours l\u2019ombre tutélaire de Rousseau qui en «ut un des partisans les plus convaincus sinon l\u2019îÂme même.La Clinique Roy-Rousseau, à Beauport, est une œuvre qui s'impose également à l\u2019attention de tous.Elle recrute tous les psychasthéniques avant qu\u2019ils ne s\u2019engagent définitivement sur la voie de la dégénérescence mentale ou de la folie.Il importe que ces catégories de malades soient isolés, traités et guéris, si possible, avant (le les classer au nombre des dégénérés chroniques incurables.Rousseau fut un de ceux qui comprirent la situation, grâce à des entretiens fréquents avec le directeur des hôpitaux d\u2019aliénés de la province: le docteur Desloges.Il parvint, grâce à son influence prépondérante, à construire cette clinique, et il retint, pour la diriger, les services d\u2019un médecin français spécialisé de belle réputation : le docteur Brousseau, de Paris.C\u2019est une institution à laquelle son nom restera attaché à cause du rôle qu\u2019il a joué dans sa fondation.l\u2019Université Laval de Québec aura été sûrement le terrain sur lequel il aura eu l\u2019occasion d\u2019exercer ses qualités de tacticien, d» professeur, d\u2019organisateur et, disons le mot, de visionnaire.De tacticien, en cherchant à grouper, dans le Conseil universitaire de la maison, les meilleurs esprits, en vue d\u2019une action commune pour développer l\u2019enseignement et agrandir le prestige de l\u2019Université.Il y rencontra, il faut l\u2019avouer, des résistances, des oppositions; il nota quelques défaillances, mais il ne perdit pas courage car une idée fort: et désintéressée maîtrise très souvent les passions vives et les impulsions violentes.C\u2019est ainsi qu\u2019il sema l\u2019idée d\u2019une Fcole de Chimie, \u2014_\u2014_\u2014_\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 120 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014\u2014m\u2014 dirigée par un maître de la maison ct quelques professeurs étrangers.Son existence s\u2019est maintenue et elle a produit de beaux résultats.Ce fut cette Ecole de Chimie qui lui suggéra, un jour, l\u2019idée de la fondation d\u2019un Institut de Biologie.11 fit même le rêve, semble-t-il, de fonder un Institut Pasteur qui eût reçu son inspiration et sa direction de l\u2019Institut Pasteur de Paris.Si je mentionne ce fait particulier, c\u2019est que je fus mêlé, en ce temps-là, à cette question ct que Rousseau prit rapidement les devants grâce à l\u2019organisation qu\u2019il possédait déjà à Québec.Cette idée flotte encore au-dessus de sa mémoire.La Faculté de Médecine, dont il devint le doyen, il y a 10 ans, à la mort du professeur Edwin T'urcotte, restera l\u2019une des ambitions les plus chères de sa vie.Son décanat aura été marqué d\u2019une activité inlassable.Chaque année, depuis longtemps, il sélectionne les meilleurs élèves des différentes promotions, il leur fait accorder des bourses, il leur désigne des professeurs et il les oriente en vue de l'organisation ultérieure de sa Faculté.Si bien, qu\u2019aujourd\u2019hui.nous: trouvons, groupés autour de lui, un nombre imposant de jeunes médecins dont les uns ont déjà acquis de l\u2019expérience et de la notoriété.lls participent à l\u2019enseignement, ils forment partie des différentes crganisations hospitalières, ils s\u2019'imprègnent, peu à peu, à la suite de leur maître, du meilleur esprit social, et ils se préparent rapidement à recueillir la succession, lourde de responsabilités, que leur abandonnent peu à peu les aînés, leurs anciens maîtres.La mort de leur chef les prive d\u2019un conseiller sûr et éclairé mais sa mémoire demeure comme un guide et un flambeau.Nous avons confiance qu\u2019entre leurs mains, en s\u2019appuyant sur leurs collègues aînés, ils accompliront leur tiche sans heurt et sans faiblesse.A sa mort, Rousseau était satisfait d\u2019avoir accompli une cuvr: utile à la Faculté de Médecine ; il voyait, chaque année, augmenter le nombre des élèves et il constatait de plus en plus qu\u2019il avait vu juste dans ses destinées.Voilà pour l\u2019homme scientifique.C\u2019est une esquisse, rien de plus.Encore une fois, le Temps, ce rand maître, sera le témoin désintéressé des œuvres scientifiques et sociales qu\u2019il a accomplies: Nous ne pouvons, aujourd\u2019hui, que les énumérer brièvement. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 121 Mais je me permets de rappeler une pensée d\u2019un grand orateur sucré du siècle dernier: \u201cLa Société, a-t-il dit, est le confluent de toutes les pensées et de tous les rouvements de l'homme, la manifestation publique de ce qu\u2019il vaut et de ce que valent les enseignements oft il a puisé son développement intérieur.Ce sont les actes qui décident de la valeur des hommes ct des institutions.\u201d x kk Rousseau ne fut pas seulement un grand médecin et un grand universitaire: il fut aussi un grand citoyen.Sa personnalité s\u2019impose dans les fondations que nous venons d\u2019énumérer.II faut, en effet, dans les temps actuels, les fortes qualités de l\u2019esprit et du cœur pour heurter de front les préjugés et asseoir sur des bases solides des œuvres d\u2019utilité publique.Le témoignage de la population entière de la province de Québec, en particulier de la ville de Québec et de tout le district environnant, proclame sa valeur morale.D\u2019ailleurs, on en trouve des preuves dans sa vie et dans sa mort.Dans sa vie, il fut un père de famille modèle, soucieux de l\u2019éducation et de l\u2019instruction de ses enfants, attentif à leurs désirs et à leurs aspirations.Jamais, même dans les temps les plus difficiles, 11 ne se désintéressa de leur situation morale.Lorsque, les uns après les autres, ils expriment le désir d\u2019orienter leur vie selon leurs goûts, il s\u2019empresse d\u2019y accéder pourvu que tout cela soit d\u2019accord avec ses principes et l\u2019idéal de sa vie personnelle.Il les favorise tout particulièrement à l\u2019occasion de leur mariage: \u201cLes conditions, disait-il, n\u2019ont pas toujours été très favorables, mais le bonheur ne consiste pas seulement dans la réalisation de nos désirs personnels, il réside surtout dans l\u2019accomplissement des rêves que font nos enfants.Aidons-les a atteindre le but qu\u2019ils se sont assigné dans la vie et la Providence fera le reste\u201d.Cela voulait dire, sans doute, qu\u2019il restait la Providence de chacun d\u2019eux dans les moments difficiles de la vie, si par hasard il pouvait s\u2019en présenter.Et il le fut.Son sourire, doux et bienveillant, ses yeux vifs et souvent inquisiteurs ne laissaient plus de doute sur l\u2019attitude qu\u2019il convenait de prendre ; la confiance renaissait dans les cœurs et le courage dans les esprits.Il eut, comme d\u2019autres, des épreuves douloureuses qui le fixèrent un instant sur place; mais ses revendications vengeresses seront citées comme des modèles de courage et de désintéressement.Sa voix fut entendue; on le cita comme exemple. 122 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA l'autres faits méritent d\u2019être signalés: un jour, il y a de cela bien longtemps, il avait comme ami un homme qu\u2019un de ses maîtres ne prisait guère.Sommé de répudier son ami ou de quitter son maître, il répondit à peu près ceci: \u201cJe veux bien accepter votre maîtrise en médecine, monsieur, mais je n\u2019en reconnais d\u2019autre que la mienne dans mes rapports avec mes amis\u201d.Et il quitta son maître, douloureusement affecté.Le lendemain, celui-ci le fit appeler ct lui dit: \u201cMon cher ami, j'ai eu tort et je vous prie de m\u2019en excuser.Vous avez droit à mon amitié et à mon admiration, car vous êtes un homme loyal.Vous méritez l\u2019estime des autres; je vous conserve la mienne Soyez libre avec vos amis\u201d.Ce fait honore à la fois le maître et l\u2019élève.Sur ce point, Rousseau n\u2019a jamais failli.Notons quelques témoignages empruntés à ses contemporains.Voici celui de Mgr Camille Roy: CTI mettait dans ses actions un tel désintéressement que l\u2019on ne pouvait quadmirer ct scconder l'homme qui travaillait ainsi au progrès.Je puis rendre le témoignage que, bien des fois, il a sacrifié ses intérêts personnels à l'œuvre universitaire\u201d.Et plus loin: \u201cLe docteur Rousseau, ajoute Mer Roy, avait à un degré éminent le sens de la vie sociale; l'individualisme lui répugna toujours.Il se prodigua pour les autres et pour le bien public\u201d.Voici un autre témoignage: celui du juge Ferdinand Roy, de Québec, doyen de la Faculté de Droit, son ami de cœur: Il faudra dire un jour, aussi, ce qui est moins connu: le travail fécond de ce grand savant, de ce chrétien, homme d'œuvres, de vraie foi vécue, dans les consciences touchées par le doute; la vertu de sa pensée, guérisseuse de scepticisme, et surtout, la qualité de son amour pour les siens, les trésors de son amitié.Ce qu'il a été pour nous, par la puissance de pensée créatrice, par le génie de réalisation, nul autre ne l\u2019a été\u201d.Voici un témoignage signé par le professeur Vallée, secrétaire de la Faculté de Médecine de l\u2019Université Laval: \u201cChef par l'autorité, par l\u2019idée, par l\u2019initiative, Rousseau n'était pas de ceux qui s'attardent dans les sentiers battus où son énergie et son courage dédaignaient de s'engager.Toujours en avant et sur la brèche, son étonnante personnalité savait voir les obstac'es; sa valeur et sa ténacité savaient toujours les surmonter, sans chercher un instant à les contourner ou à les éviter.Les victoires faciles n\u2019étaient pas pour lui des victoires.Il ne sut apprécier que ce qui s\u2019acquiert par l\u2019effort, dont il ne se départit jamais, et, comme tout chef conscient de son devoir et de son droit, pour savoir commander, il savait servir.Il reste le modèle de l\u2019universitaire complet; il demeurera l\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 123 l'exemple pour ses collègues ct pour les générations montantes dont il devait modérer les ambitions et stimuler les espoirs.Ce n\u2019est ni sa famille, ni la Faculté de Médecine, ni l'Université Laval, qui subissent aujourd\u2019hui une perte irréparable: c'est le Canada tout entier\u201d.Voici le témoignage d\u2019un de ses élèves, un des jeunes médecins distingués de Québee, le docteur Desmeules, cheË de l\u2019hôpital Laval: \u201cIL fut pour nous le protecteur toujours attentif et Dbienveillant, l'animateur incomparable de tous les instants, le guide et le modèle que nous cherchions à suivre vers les sommets où il voulait nous entraîner.Son exemple nous reste et c'est notre devoir de suivre, au delà de la mort, ses directives, si nous voulons ne pas démériter de la confliance qu'il a mise en nous\u201d.Le premier ministre de la province, l\u2019honorable L.-.\\.Taschercau.s'exprime ainsi dans un communiqué aux journaux: \u201cLa mort du Dr Arthur Rousseau, venant de facon aussi inattendue et rapide, a semé la consternation dans notre cité et partout dans la province.\u201cJe désire m\u2019associer à tous ceux qui, en offrant leur sympathie à sa famille éplorée, ont fait de ce grand médecin des éloges qui démontrent à quel point il était estimé de tous \u201cReconnu pour sa science profonde, son activité inlassable et sa grande charité, il meurt entouré du respect de tous ceux qui l\u2019ont connu, et je pourrais ajouter, avec cette dignité qui a marqué toute sa vie.C\u2019est une perte immense pour notre pays que le départ de ce grand Canadien.\u201d Ft ailleurs, l\u2019honorable Athanase David ajoute: \u201cServir, pour eux, devient un désir, une nécessité, une vocation.Dans leur champ d\u2019action, que ce soit le foyer, l\u2019université, l\u2019hôpital, la vie sociale, ils ne passent jamais sans laisser le sillage de leur sensibilité et de leur dévouement.\u201cLa Lbienveillance, la charité est tombée de leurs lèvres, semence qui assure un peu de réconfort à la misère, à la pauvreté.Un mot a calmé la souffrance, un conseil est devenu un remède, un jugement a créé une œuvre.Ils sont rares ceux de qui l\u2019on peut affirmer que leur vie fut pléinement utile.\u201cCependant, c\u2019est le moins que l\u2019on puisse dire avant que se ferme la tombe d\u2019Arthur Rousseau.\u201d M.Olivar Asselin résume l\u2019homme en quelques mots: \u201cLe docteur Arthur Rousseau, qui vient de mourir à Québec, était un savant médecin, un professeur et un universitaire distingué, un fervent adepte de la culture française, un homme d\u2019œuvres, mais surtout, chose plus rare chez nous, même parmi les médecins (formés surtout à l\u2019école française) et 124 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA les universitaires, il savait penser et il savait écrire, et devant certains abus de notre société il savait exprimer dans la presse, d'un plume vengeresse, l'indignation des honnêtes gens.A la dernière rentrée des élèves de l\u2019Université Laval il avait, dans une très noble allocution, comme doyen de ln Faculté de médecine, exhorté la jeunesse à la recherche de la supériorité intellectuelle et morale.Pour lui, lu supériorité morale impliquait le sens du devoir social\u201d° Voici un mot de M.Armand Lavergne: .\u201cLe propre de l\u2019homme, pauvre créature mortelle, est de ne jamais pouvoir finir ce qu\u2019il a commencé., \u201cCela est vrai de celui que nous pleurons.Qui done pourra, non le remplacer, mais seulement occuper le poste qui était le sien?Ce n\u2019est que bien razement que se rencontre en un seul être pareille réunion de tous les dons que la Providence peut accumuler en une nature d\u2019élite.\u201d M.Georges Pelletier s\u2019exprime ainsi dans un court bloc-note: \u201cLa mort du docteur Arthur Rousseau, de Québec, alors qu\u2019il était loin d\u2019avoir atteint l\u2019âge de la retraite, est plus qu\u2019un deuil québécois.Cette disparition frappe toute la médecine canadienne.Le docteur Rousseau était en effet l\u2019un des premiers et des grands médecins canadiens, de quelque origine que ce soit.Formé d\u2019abord à Québec,.puis en France, il n\u2019était pas resté étranger aux découvertes et aux mouvements médicaux des autres pays.Il n\u2019existait pas pour lui qu\u2019une médecine, celle d'une des plus brillantes écoles du monde; il y avait toute la médecine, universelle et générale.Tout comme il n\u2019y avait pas pour lui que des individus sur lesquels pratiquer sa science.Il voyait chez chacun de ses malades une vie à prolonger, à sauver, un esprit à ranimer, une volonté de vivre à encourager, en même temps qu\u2019un organisme à traiter, à ramener à la santé.C\u2019était un homme de grande culture, auquel rien d\u2019humain ne pouvait rester étranger, une âme vigoureuse, un cœur tout entier donné au bien de l\u2019humanité souffrante.Il subit lui- même de rudes épreuves, qui affinèrent, s\u2019il se peut, sa délicatesse native d'esprit, toujours présente à chacune de ses consultations.La faculté de médecine, à l\u2019université Laval, perd en lui son doyen, la médecine, de notre province, l\u2019un de ses maîtres, le Canada, l\u2019un de ses plus remarquables esprits.\u201d Je cite un passage du bel article du docteur Gauvreau, de Montréal : \u201cT] a pratiqué l\u2019humilité, celle qui a pour base la connaissance de soi- même, le respect de la grandeur humaine et le souci de l\u2019au-delà.\u201d L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 125 es Enfin, je termine en citant l\u2019opinion d\u2019un jeune à l\u2019un de sex fils : \u2018Ainsi done, jusqu'à lu fin ton admirable père a conservé sa belle lucidité.son habituelle maîtrise, un grand courage aux prises avec l'immense angoisse.Ton père était un mélecin de haute culture, un des rares maîtres \u201cau pays\u201d.Il laisse une ocuvre splendide admirée bien an delà des mers par les plus exigeants.Quel riche trésor de souvenirs aussi pour nous et ceux des générations plus jeunes! Ton père doit rester un modèle.En l\u2019imitant un peu nous sauverons mieux sa mémoire.Devant une telle fatalité on baisse la tête ct une prière monte jusqu'aux lèvres pour lui et pour que son merveilleux sourire vienne planer sur nos cliniques, nos réunions, nos tables de travail\u201d.+ * ck Le rôle de Rousseau ne s\u2019est pas limité exclusivement au Canada : il était bien connu aux Etats-Unis et en Europe.Il a été déléguë officiel du Canada aux Congrès de la Tuberculose de Washingtou puis de Rome.Il a, aussi, été délégué officiel canadien au Centenaire de Pasteur, en 1922, à Paris et à Strasbourg.Ami intime du professeur Sergent, il donna, à sa clinique, une leçon très remarquée sur le diabète.C\u2019est le professeur Sergent qui le proposa et le fit nommer membre correspondant de l\u2019Académie de Médecine de Paris.Il était le seul médecin canadien à faire partie de l\u2019Institut de France.La France l\u2019a honoré en le créant, d\u2019abord, Chevalier de la Légion d\u2019ITonneur, puis, plus tard, Officier de la Légion d'Ilonneur.+ * % Sa mort ne fut pas moins édifiante que sa vie.Atteint soudainement d\u2019un grand frisson, en assistant aux obsèques du juge Tessier, il rentre chez lui où bientôt il est cloué sur place, immobilisé par unc maladie grave à évolution foudroyante.Durant ces heures douloureuses, pas une plainte; un seul regret: celui de partir trop tôt, un sourire bienveillant, des yeux doux et compatissants, une main sans cesse tendue vers ceux qui viennent le réconforter.Il ne pense qu\u2019aux autres : apercevant Mgr Camille Roy, au pied de son lit, il dit à son fils, le jour même de sa mort: \u201cTu iras conduire Monseigneur Roy chez lui\u201d.Et à celui-ci, qui le regardait avec bienveillance et bonté: \u201cJe pars trop tôt, lui dit-il, mais il le faut; Dieu veut m\u2019épargner la vieillesse\u201d. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 Le samedi matin il me dit: \u201cVeux-tu me faire administrer ce matin ; ça sera fait, car je suis dans une profonde détresse ; je sens que je vais mourir aujourd\u2019hui\u201d.Dans la soirée, sentant la mort approcher en présence de ses enfants, de sa femme, et voulant sans doute leur épargner ce pénible moment, il leur dit: \u201cVous feriez mieux de vous retirer; vous reviendrez plus tard.\u201d Stoïcisme impressionnant !.\u2026.Bientôt apparaît l\u2019agonie.Ils entrent tous, parents ct amis.Ils se prosternent en sanglotant.Il ne les voit plus.J\u2019emprunte à Monseigneur Noy le récit des derniers moments: \u201cIl mourut pendant que je récitais, avec les siens, les prières consolantes de l\u2019Eglise.Son ame était partie pour le ciel ct ses yeux, ses grands yeux, restaient ouverts: ils étaient pour jamais fixés dans les splendeurs de l\u2019au-delà\u201d.11 mourut comme il avait vécu, avec courage, simplement, souriant, comme un juste qui a accompli sa tâche!.\u2026.Il laisse une famille intéressante qui perpétucra sa mémoire; une femme dont la magnanimité fut égale à la douleur, ct un de ses fils, jeune médecin de talent formé à bonne école, qui continuera la tradition en recucillant l\u2019héritage paternel.Nous sommes de cette génération.Chaque rameau qui se détache de l\u2019arbre en affaiblit la structure et en déforme l\u2019aspect.Seule reste attachée au tronc la trame des souvenirs communs.anciens et nouveaux, et la constance d\u2019une amitié trop vite emportée!.J\u2019emprunte à Madame de Staël un dernier mot: \u201cLe souvenir à l\u2019immatérielle délicatesse du reflet des arbres, penchés sur le courant.d\u2019une rivière : l\u2019eau s\u2019enfuit, se renouvelle sans cesse ; le reflet demeure toujours\u201d.Tumble et dernier honimage sur le tombe de l\u2019ami trop tôt disparu!.Albert LESAGE. MÉMOIRES SUR LE TRAITEMENT DES INFECTIONS VARIÉES PAR LES INJECTIONS INTRAVEINEUSES DE CARBONE ANIMAL\u201c Par Eugène SAINT-JACQUES, Chirurgien de l'hôpital Sainte-Jeanne-d\u2019Arc.II v a quelques mois, le professeur Coghlin, du Macdonald College, près de Montréal, proposait à une réunion de chirurgiens un nouveau traitement des infections, de causes variées.Nous crûmes bon de vérifier pour nous-même l\u2019efficacité de in méthode, et c\u2019est le résultat de nos constatations et de notre expérimentation que nous venons vous soumettre.Il nous semble que la méthode est fort effective et mérite une expérimentation approfondie.[Le professeur Coghlin avait étudié la médecine trois années durant.alors qu\u2019il avait été amené à faire des recherches sur l\u2019immu- maté ct les moyens de la provoquer: ainsi fut-il amené à expérimenter avec le carbone.Il passa a la section de médecine comparée, reprit ses expériences et fut graduellement amené à employer le \u201ccarbone animal\u201d en injections infraveineuses, contre les infections variées chez les animaux.Lui et ses collègues, rapportait-il, traitèrent ainsi 738 cas d'infections variées chez les animaux \u2014 depuis des plaies infectées jusqu'aux arthrites infectées, mammites ct fièvre d\u2019acconchement chez les animaux \u2014 et tous guérirent, sans exception.Quelles avaient été leurs constatations physiologiques et pathologiques chez les animaux ?Le foie, la rate ct la moelle retiraient du sang les particules microscopiques de carbone injecté.Leurs cellules endothéliales absorbaient une partie des particules de carbone.Les polynucléaires augmentaient rapidement après l\u2019injection intraveineuse et se chargeaient de phagocyter la balance du carbone en même temps que les bactérics._\u2014_ (1) Communication faite à la Société Médicale de Montréal, octobre 1933. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Il survenait une légère hyperlhermie durant lheure qui suit l\u2019injection.Tous les animaux, rapportait Coghlin, avaient guéri de leurs infections variées, ct leurs maladies avaient été raccourcies.Jusque là, aucune expérimentation humaine.Mais Coghlin la tenta sur un de ses collaborateurs souffrant de furonculose depuis 18 mois.à la suite d\u2019une appendicite aiguë gangrenée.Une seule injection l\u2019on débarrassa définitivement, était-il rapporté 18 mois plus tard.Tel était l\u2019état de la question lorsque le professeur Coghlin nous fit part de ses constatations et son expérimentation.Nous pensames a reprendre pour nous-même l\u2019expérhmentation sur l\u2019homme, procédant avec précaution depuis 1 ce.de la solution, eu plutôt suspension mère, et graduellement augmentant jusqu\u2019à 3 et Æ ce.intraveineux.Quels sont nos constatations ct résultats personnels?A date nous avons traité plus de 100 malades \u2014 et donné au delà de 200 injections intraveineuses \u2014 pour des infections de toutes variétés, comme vous allez voir.Nous attirons votre attention sur ce fait que les cas pour expérimentation ne furent pas sélectionnés, mais bien pris au hasard de leur arrivée dans les services.Vous verrez, par la variété des malades traités, que nous ne pouvions espérer de guérison dans tous les cas; d\u2019ailleurs, quel traitement médical peut oser le prétendre Ainsi, nous ne pouvions raisonnablement espérer de guérison dans le rhûmatisme articulaire aigu, ni dans l\u2019arthrite chronique déformante infectieuse à poussée aiguë.Nous avons traité par ceite méthode tous les cas d'infection pour cause variée venus dans notre service et vus avec nos collègues, sans choix ni élimination.C\u2019est que nous voulions donner la méthode un essai aussi varié qu\u2019honnête ct loyal.Disons qu\u2019une seule malade mourut; elle souffrait d\u2019entérite The.et d\u2019une tumeur inopérable du rectum.constatée par laparotomie un tuberculome, croyons-nous.Le cas de rhumatisme articulaire aigu {ut soulagé de ses douleurs, s\u2019il ne guérit pas; tandis que la malade souffrant de polvarthrite défo:mante ne fut pas soulagée.Tous les autres malades guérirent S\u2019ils guérirent, pouvons-nous rattacher leur guérison au carbone 7 Analysons les résultats. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 129 Pour cn avoir une idée juste, nous les avons divisés en trois catégories: les probants, les bons, les non-probants.Les premiers, chez lesquels la fièvre tomba en 48 heures ou moins et la guérison fut très rapide.Les bons, où la température tomba en échelle et qui tous guérirent.Les non-probants, ceux où d\u2019autres médications, telles que Pro- pidon ou autre vaccin, furent employées subséquemment.Ces 100 malades ont reçu plus de 200 injections intraveineuses de carbone en tout, la plupart une seule, quelques-uns jusqu\u2019à 6, à cause de la gravité de leur infection, ce qui nous permet de parler &vec quelque connaissance de cause.Nous n\u2019avons aucune prétention de proposer cette méthode comme une panacée universelle, mais un adjuvant précieux, très cffectif et curatif, croyons-nous, contre les infections, dans la majorité Ges Cas.Rappelons qu\u2019aucun de ces malades n\u2019est mort, sauË celle qui souffrait d\u2019une néoformation, probablement tuberculeuse, du rectum.C\u2019est donc un bel acquis déjà.Mais voyons les détails.1° Sur 100 malades, 50 ont guéri aussi rapidement que sans complication: ce qui nous les fait classer probants \u2014 soit 50%.20 Chez 31 guéris, soit 1/3, les résultats ont été classés simplement bons, parce que la chute de température s\u2019est faite graduellement bien que assez rapidement et la convalescence fut raccourcie.3° Enfin 19, soit 20%, sont classés non-probanls à cause de médication variée subséquemment ajoutée.Les sérums antidiphtérique ou antitétanique guérissent-ils tous leurs malades ?Le vacein anti-typhique assure-t-il absolument la protection ?Tout ce que nous désirons c\u2019est de vous soumettre cette méthode, qui nous paraît nouvelle, et vous demander de l\u2019expérimenter de votre côté.Soyez sans crainte.Aucun danger.Aucune réaction: pas de frisson, pas de choc hémoclasique à craindre.Et tout à fait indolore, différant en ceci de l\u2019alcool intraveineux.Voyons quelques-unes des affections traitées ct les constatations fournies : | Métro-salpingites aigueés La plupart gonococciques: 16 cas, tous guéris \u2014 dont 6 probants, 6 bons, 4 non-probants. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Elles semblent les plus rebelles à guérir, ce à quoi il n\u2019y a rien d'étonnant quand on sait les organes touchés et la facilité de réaction péritonéale.Obs.No 48.\u2014 Utérus fibromateux avee infection.Paramétrite aiguë.Depuis trois semaines malade au lit à domicile et très souffrante.Température: 100°.Reçoit carbone 3 ce.Température tombe très rapidement à la normale et le bassin s\u2019éclaircit de même.Obs.10.\u2014 Utérus polyfibromateux.Polype intracervical infecté.Col vilainement ulcéré.Profonde anémie par hémorragie.Après préparation: Liystérectomie totale le 13 janvier.Les jours suivants la température oscille entre 99 ct 101°.18 janvier, température à 101°, 3 ce.de carbone.La température tombe immédiatement à 99° et reste à 98-99°.Guérison per primam.2 Métro-salpingites chroniques Compliquées de kyste ou fibrome et hystéreetomisées: 17 cas ont donné 7 cas probants, 7 bons et 3 non-probants, mais toutes guéries.Obs.No 8.\u2014 Mme C., hystérectomie 18 février.Le 20, température: 102.3°.Carbone 3 cc.Xn 48 heures la température est devenue normale et y persiste.3 Infections puerpérales aiguës Avec ou sans rétention placentaire \u2014 14 cas \u2014 et nous savons la gravité de ces infections.Ici le carbone semble suprêmement effectif.Obs.No 6.\u2014 Mme F., rétention placentaire et infectieuse intense.Température à 104°.Curage utérin, et carbone 3 ce.Lendemain, température normale, et y demeure.Sur les 14 cas.9 rapidement guéris et probants, 4 bons, 1 non- probant.4 Phlébites Deux de ces cas d\u2019infection puerpérale développèrent des phlébites où le carbone fit vite cesser la douleur et raccourcit la maladie.Une de ces malades sc leva le 20ième jour.Obs.No 11.\u2014 ITémoculture positive au staphylocoque, toucha une température à 105°.Le 15, elle reçoit 4 ce.de carbone: la température descend graduellement et le 29 elle demeure définitivement à la normale et ia malade guérit. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 131 5 Déchirures du périnée \u2014 Ill degré Amenées du dehors \u2014 7 cas.Deux a l\u2019état très récent et fort jiifectées.Désinfectées et opérées rapidement pour fermer port: d\u2019extension à l\u2019infection, et toutes deux guéries per primam.6 cas probants, un bon.Obs.No 15.\u2014 Accouchement avec terrible déchirure au troisième degré du périnée, qui a aussi mis le vagin en lambeauæ.Abondance de pus.Température 102°.Six carbones la sauvent et donnent un résultat que nous ne classons que simplement \u201cLon\u201d car l\u2019amélioration, si elle fut rapide, fut graduelle.6 Poumons 5 cas de pneumonie et de congestion pyrétique post-opératoire.Obs.No 1.\u2014 Pneumonie de 15 jours, à foyers disséminés et successifs.Température 103 à 104°.Un seul carbone fait chuter la température le lendemain à la normale, où elle demeure, tandis que le poumon s\u2019éclaircit rapidement.Obs.No 39.\u2014 Pneumonie compliquée de pleurésie.Guérit en 8 jours.Classé simplement comme bon résultat.Obs.No 44.\u2014 Pleurésie qui donne sérosité louche à la ponction.Guérit en 6 jours.C'assé simplement \u201cbon\u201d.Obs.No 35.\u2014 Bronchite aiguë fort infectieuse post-opératoire goitre.Température 102°.3 ce.de carbone.Température à la normale en 48 hrs: et guérit rapidement.7 Cholécystites aiguës \u2014 Trois cas Obs.No 3.-\u2014 Mme T., 58 ans.Malade depuis 8 jours chez elle.5 jours à l'hôpital avec une température de 100 à 100.3°.Recoit 3 ce.de carbone é£ le lendemain, température normale, où elle demeure.Opérée 5 jours plus turd: cholécystectomie.Guérison per primam.Obs.No 2.\u2014 Cholécystite aiguë?et pancréatite.Arrive avec température à 101°.Sucre dans les urines.Sang: glycémie à 2.03 et hyperleucocytose à 13,000.25 janvier, température 101°: recoit 3 ce.de carbone.Le 4 fév, la température est normale, mais remonte le 5 à 101°.Le malade recoit encore 3 ce.de carbone.La 6, la température est descendue à la normale et y demeure.Quitte Phôpital dix jours p'us tard parfaitement bien, sans ictère ni douleurs.8 Furonculose \u2014 5 cas Voilà ici un des beaux triomphes du carbone.Te carbone est ici essentiellement effectif, calmant très vite les douleurs et faisant rapid ment sécher les foyers. 132 J\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 9 Rhumatisme articulaire aigu Un cas où le carbone a amené très vite \u2014 en 48 hrs \u2014 la cessalion absolue de la douleur aux deux genoux et au poignet (obs.29).A cause de la lésion valvulaire, le Sal.Soude, qui avait été abandonné, fut repris.10 Arthrite aiguë gonococcique Obs.No 59.\u2014 Cas grave.Enorme œdème et très forte douleur.la douleur cesse rapidement et en 10 jours la température est redevenue normale et y demeure; et la malade quitte l\u2019hôpital avec un beau mouvement à son poignet qui est parfait lorsque revue plus tard.|1 Epidydimites aiguës gonococciques Voient la douleur disparaître très rapidement et l\u2019amélioration s\u2019installer de même, sous le carbone ; si rapidement chez trois de nos + malades que nous sommes près de le considérer comme un spécifique.12 Pyonéphroses Trois cas où le carbone fut aussi rapidement effectif que probant.Un cas surtout \u2014 obs.49 \u2014 de pyonéphrose pyocyanique, le seul rencontré en 30 années de pratique.chez qui la néphrectomie nous avait paru un moment le seul recours; avait résisté au Pyramidon et continuait une température 102°.Céda finalement à deux carbones, suivis de trois autres pour assurer la permanence.Aujourd\u2019hui la malade est très bien de son état général, a engraissé, ne fait pas de température, bien qu\u2019elle garde encore quelques bac.coli dans ses urines.Recevra encore du carbone.Voilà, messieurs, en raccourci, les résultats que je soumets à votre appréciation.La variété est donc grande des cas où j'ai expérimenté le carbone en injection intraveineuse, sans avoir eu à le regretter lans un seul cas, je le souligne.Décidément il est effectif, ne produit aucune réaction générale ni désagréable ni dangereuse, et guérit nos malades.Je vous soumets la méthode et vous demanderais de l\u2019essayer à votre tour.Soyez sans crainte aucune. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA MODE D\u2019EMPLOI Une suspension à 2% de carbone \u201canimal\u201d le plus finement pulvérisé possible \u2014 carbone ANIMAL, et non végétal.Dose: 3 ce, intraveineux \u2014 non sous-cutané \u2014 pour commencer.J\u2019ai donné plusieurs fois 4 ce.sans aucune réaction.Je vais en monter les doses.Je l\u2019ai donné plusieurs jours de suite, dans les cas particulièrement graves \u2014 jusqu\u2019à 6 injections chez la même malade.Deux malades seulement manifestèrent le lendemain une légère diarrhée.Est-ce nervosisme ou simple coïncidence ?À part cela, aucune autre manifestation.Pourquoi ne pas essayer la méthode?Elle est si inoffensive, et par ailleurs décidément effective.Précaution à prendre: paraffiner avec de la vaseline liquide et la seringue et l\u2019aiguille avant de la charger de la suspension de carbone, sinon le piston collera.Note: La maison Rougier-Poulence de Montréal prépare des ampoules toutes stérilisées de Carbone \u2014 de 5 ce.\u2014 ou des flacons de 10 ce.\u2014 prêts pour l'emploi. QUELQUES OBSERVATIONS DE CANCERS DU SEIN Par Eugène DUFRESNE, Chirurgien à l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu.Nous savons tous quelle terrible maladie est le cancer du sein.Nous avons tous éprouvé la triste sensation d\u2019impuissance en face de cas ou de récidives inopérables.Aussi devons-nous, chaque fois que l\u2019occasion s\u2019en présente, chercher à augmenter notre expérience de cette grave affection afin, si possible, d\u2019en améliorer le pronostic.Les quelques observations qui suivent n\u2019ont pas d\u2019autre but.(1) Mes observations ne sont pas parfaites ; tous les cas n\u2019ont pas subi l'examen histologique, mais les métastases établissent leur malignité mieux que le plus solide diagnostic anatomo-pathologique.Ces histoires ne sont pas toutes au point, mais elle contiennent suffsam- ment de faits cliniques pour les rendre, je crois, intéressantes.Obs.1.Madame T.C., 39 ans, épouse d\u2019un médecin pratiquant dans une ville de l\u2019Ouest canadien, s\u2019aperçoit un jour, en prenant son bain, qu\u2019elle avait dans le sein gauche une petite tumeur dure et indolore.Mme C.avait aussi des fibromes utérins qui avaient aggravé sérieusement un accouchement quelques années auparavant.Son mari et des confrères examinent la petite tumeur et en font un adénome.La malade, d\u2019abord alarmée, se ca'me.Elle savait que j'avais enlevé un petit adénome à sa sœur une dizaine d\u2019années plus tôt, et que cela n\u2019avait Été qu'une bien petite affaire.On décide de l\u2019opérer à l'anesthésie locale quelques jours plus tard.Au cours de l\u2019opération, le diagnostic d\u2019adénome devient douteux.La petite tumeur enlevée fut séparée en deux: un morceau fut envoyé à l\u2019Université McGill, l\u2019autre à l\u2019Université de Winnipeg, avee prière de télégraphier le résultat des examens.Les deux rapports se confirmaient: ils se lisaient: épithélioma.L\u2019opération que la malade avait subie n\u2019était rien autre qu\u2019une biopsie: Biopsie un peu compliquée, peut-être, car j'ai compris qu\u2019on avait un peu \u201cchipoté\u201d la pièce en l\u2019enlevant et que l\u2019anesthésie n\u2019avait pas été un succès.Quelques jours plus tard la malade fut conduite à Rochester, à l\u2019hôpital Mayo, où on lui fit un Halsted.J\u2019ai eu l\u2019occasion d\u2019en voir la cicatrice quelques mois plus tard; c\u2019était la plus belle cicatrice d'opération de cancer du sein que j'aie vue.L\u2019organe enlevé fut étudié tout particulièrement, le Dr C.n\u2019étant pas un inconnu chez les Mayo.On fit des coupes nombreuses qui furent examinées très soigneusement et furent toutes trouvées négatives. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 135 La malade eut ensuite à suivre un long traitement aux rayons X sur la prescription des Médecins de Rochester quant à la dose et la fréquence.Les séances étaient longues et épuisaient la malade.Treize mois après son opération, Mme C., de passage à Montréal, me disait: \u201cDepuis quelques semaines, je Vois par mes ceintures de robes, que j'engraisse, mais je ne me sens pas plus forte.11 me semble au contraire que je me fatigue plus vite.\u201d Deux mois plus tard, c\u2019est-à-dire 15 mois après son opération, elle revenait dans l'Est pour mourir parmi les siens.Son foie à ce moment était dur, douloureux à la palpation et dépassait la ligne ombilicale.L\u2019organe était évidemment cancéreux depu's plusieurs mois.La malade est morte deux mois plus tard en pleine cachexie cancéreuse, 17 mois après son opération.Pas d\u2019autopsie.(\u2018ette observation m\u2019a toujours frappé parce que je connaissais trés bien Mme C.et que sa survie post-opératoire fut remarquablement courte.A quoi peut-on attribuer cette métastase si rapide ; car dans l\u2019état actuel de nos connaissances, je ne crois pas qu\u2019on puisse prétendre que le cancer du foie ait de relation avec le cancer du sein?l\u2019opération pratiquée à Rochester avait été très bien faite et il n\u2019y avait aucune trace de récidive locale au moment du décès.Peut- on accuser la biopsie ou les rayons N?Probablement.La biopsie, en général, est-elle une manœuvre inoffensive?Je crois, au contraire, que c\u2019est un excellent moyen de favoriser la métastase.(2) La principale règle de la chirurgie cancéreuse, c\u2019est de réaliser \u201cPasepsie cellulaire\u201d.Si on ne doit inciser qu\u2019en tissu sain, ce n\u2019est pas seulement pour être sûr d\u2019enlever tout le néoplasme, c\u2019est aussi pour ne pas ouvrir de vaisseaux en tissus cancéreux et par là favoriser la métastase.Parmi les préceptes généraux qui ont été discutés et adoptés sur la proposition de M.CI.Regaud par la section thérapeutique de la commission du Cancer instituée au ministère de l\u2019Hygiène, on peut lire: \u201cLa manipulation sans précautions spéciales des tumeurs ct des territoires lymphatiques des néoplasmes exposent les malades à un danger certain de dissémination des germes et de généralisation.La délicatesse dans la palpation, l\u2019abstention de toutes manipulations non indispensables, la protection contre les chocs, les pressions, les frottements doivent devenir des règles.La biopsie, pour être inoffensive, exige des précautions spéciales.\u201d Mais on se garde bien de les ¢noncer. gra Ch 136 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA MM.E.Neuman et M.Coryn (de Bruxelles) recommandent pour diminuer les risques d\u2019essaimage au cours de l\u2019opération de changer plusieurs fois de gants et d\u2019instruments et de pratiquer la suture à points séparés en changeant d\u2019aiguille à chaque point.J\u2019avoue que C\u2019est pousser les choses à l\u2019extrême.M.Maurice Chevassu défend la ponction exploratrice dans le cancer du testicule parce que, dit-il.\u201celle est susceptible de provoquer des inoculations opératoires\u201d.Quand nous faisons une prise de biopsie, nous faisons justement le contraire de ce qu\u2019on cherche à éviter quand on opère.Mon vieil ami feu Wilfrid Derome, pour qui je prélevais un jour un fragment de tumeur, me disait de prendre la partie périphérique et le tissu sain adjacent afin d\u2019avoir la zone d\u2019envahissement.Je ne conçois pas de plus belle technique pour faire de l\u2019ensemencement.Ne se leurre-t-on pas quand on se croit à l\u2019abri des dangers de la biopsie parce qu\u2019on enlève le cancer quelques heures ou même quelques minutes plus tard?T1 faudrait d\u2019abord savoir combien de temps la cellule cancéreuse prend à s\u2019embarquer dans le vaisseau sanguin ouvert ou le lymphatique béant.Je l\u2019ignore, mais il est logique de penser que ce passage est presque instantané; il ne peut pas être plus long que le temps de saignement.Mais, me direz-vous, si le sang sort des capillaires, les cellules détachées par l\u2019incision ou le grattage ne sauraient nager contre le courant.C\u2019est parfaitement vrai; mais il y a d\u2019abord les lymphatiques; et ensuite, tous les capillaires saignent-ils?Ceux qui se sont déjà réunis à leurs voisins pour former une toute petite veinule ne doivent pas saigner ; ils doivent même aspirer un peu du sang de la plaie, Si un anatomo-physiologiste m\u2019exposait cette hypothèse, je la trouverais parfaitement logique et l\u2019adhésion de mon esprit se ferait sans effort.(3) Le moyen de parer à ce danger serait de ne faire des biopsies qu\u2019au bistouri électrique ; on prétend que.de cette façon, on scelle les Vaisseaux avant de les sectionner.La possibilité d\u2019essaimage, d\u2019ensemencement semble complètement éliminée.Mais tous les hôpitaux ne possèdent pas cet instrument dispendieux.Pour revenir à l\u2019observation de Mme C.je crois que sa première opération a été la cause de la si rapide récidive et que la fin a été accélérée par le traitement radiologique.Je ne suis pas qualifié pour diseuter radiothérapie, mais j'ai lu attentivement la discussion qui a eu lieu il y a quelques années.à la Société de Chirurgie de Paris.sur ce sujet.et je n\u2019ai rien lu depuis L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 137 pour en modifier les conclusions.Comme toujours, il y avait diverses opinions, mais pour le plus grand nombre il semblait que la radiothérapie diminuait les récidives locales mais favorisait les récidives à distance.Le professeur Regaud, dans les cours si intéressants qu\u2019il a donnés à Montréal il y a quelques années, disait que le rayon N ne donne pas de résultats bien encourageants dans le cancer du sein.D\u2019après ses statistiques, la récidive se faisait Un peu plus vite et un peu plus souvent dans les cancers irradiés.Récemment, je lisals une epinion du même professeur où il disait qu\u2019il préférait ne pas irradier les cancers du sein après l\u2019opération afin de garder la radiosensibilité des tissus pour le traitement des récidives inopérables.J\u2019ai interviewé deux radiologistes des hôpitaux de Montréal, et leur opinion n\u2019est guère encourageant en matière de cancer du sein.En somme, on peut croire que, non seulement Mme C.n\u2019a rétiré aucun bénéfice de ses longues et nombreuses séances de radiothérapie, mais qu\u2019il eut été préférable qu\u2019on laissit de côté ce mode de traitement.(4) x x ok En 1930, j'ai opéré 4 cas de cancers du sein.Deux avaient des ganglions axillaires, deux n\u2019en avaient pas; trois étaient un peu moins gros qu\u2019un jaune d\u2019œuf, le quatrième était beaucoup plus gros, n\u2019avait pas de ganglions, mais il y avait de la dissémination dans la peau voisine du sein.Comme pronostie, ce ne doit pas valoir mieux que des ganglions.Comme traitement post-opératoire, j'ai donné des sels halo- génés aux deux malades qui avaient des ganglions et j'ai gardé les autres sans aucun traitement.Les deux premières sont mortes de récidives très probables, la quatrième est morte cardio-rénale en: février dernier et la troisième vit encore.Je résume brièvement leurs observations.Obs.II.Mme L., 59 ans, habitant la campagne.Cancer du sein, mobile, sans ulcération.Ganglions axillaires peu développés, mobiles.Opération de- Halsted, le 12 mars 1930.Epithélioma typique cliniquement et macrosco- piquement.Traitement post-opératoire: sels halogénés, 20 jours par mois pendant quatre mois.Revue a cette époque.Bonne santé, a engraissé de plusieurs livres; aucune apparence de récidive.Sels halogénés, 20 jours par deux mois pendant 4 mois, puis 20 jours par mois tous les trois mois.La malade est morte en janvier 1932, 21 mois après l'opération.La 138 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA cicatrice thoracique était indemne de toute trace de récidive.Le médecin de famille aurait dit qu\u2019elle avait le poumon droit \u201cséché\u201d.On peut présumer une récidive au poumon.Obs.111.Mme A., 66 ans, habitant la campagne.Même lésion, même opération.le 13 octobre 1930; même traitement que la malade ci-dessus.Décédée le 18 septembre 1932.23 mois après l\u2019opération, après avoir présenté des symptômes intestinaux pendant plusieurs semaines: douleurs, diarrhée, hémorragies, ete.Cicatrice thoracique intacte.Les sels halogénés ont pu retarder ou empêcher l\u2019évolution du cancer chez les petits animaux de laboratoire : chez mes deux malades.l\u2019insuccès a été complet.Obs.IV.Mlle A, 39 ans, pensionnaire à Saint-Jean-de-Dieu pour affaiblissement des facultés et troubles du caractère.Cancer du sein droit, pas de ganglions.Opération de Halsted, le 10 septembre 1930.Epithélioma typique cliniquement et microscopiquement.Aneun traitement post-opéra- toire.Revue le 2 octobre dernier.Aucune apparence de récidive, mais la malade s\u2019éteint lentement de tuberculose pulmonaire.Koch positif depuis plusieurs mois.Obs.V.Mme P., 61 ans, grande débile.DB.W.négatif.P.A.184/70.Azotémie 0.35.Pas de sucre ni d\u2019albumine.Présente une tumeur du sein gauche plus grosse qu\u2019un jaune d\u2019œuf, dure, un peu rétractée, avec une tache violacée, menace d\u2019ulcère, adhérente au pectoral.Pas de ganglions.Elle présente en plus cinq petites nodosités de la grosseur d'un pois dans l\u2019aire de l'angle supéro-interne, à mi-chemin entre le sternum et la glande.J'y ai vu un commencement de généralisation et lui ai fait une opération de complaisance le 10 septembre 1930, le même jour que l\u2019opération de la malade de l\u2019observation précédente.Je lui ai enlevé en bloc, sein, nodosités et la plus grande partie du pectoral.Comme le creux axillaire ouvert ne montrait pas de ganglions.je ne l\u2019ai pas touché.Fermeture avec fils métalliques laissant une surface cruentée qui a guéri bien lentement.Mme P.a des tissus qui ont peu de vitalité, qui guérissent mal.Enfin après deux mois tout était cicatrisé Ma malade est restée sans récidive jusqu\u2019en février 1932, c\u2019est-à-dire pendant 18 mois.Le 2 mars 1932, je l\u2019ai opérée de nouveau pour une tumeur grosse comme le bout du pouce, dure, adhérente au 2ème cartilage costal, le dépassant un peu en bas, qui avait poussé en moins de 4 mois.J'ai enlevé les 2ème et 3ème cartilages costaux, les muscles intercostaux et un bon travers de doigt du sternum correspondant.Je n\u2019ai pas vu le long des vaisseaux mammaires internes les ganglions que les anatomistes signalent.Cette petite thoracectomic est, je crois, intéressante à plus d\u2019un point de vue.La séreuse pleurale se présente d\u2019une facon bien différente de la séreuse péritonéale.Au lieu d\u2019être lâchement étalée, matelassée de tissu conjonctif, extensible.dépressible, facilement décollable, elle est très tendue, sans coussin de tissu conjonctif, pas dépressible ni extensible, plus adhérente au périoste costal qu'aux muscles intercostaux, se détachant assez facilement \" L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 139 pour m'avoir permis de faire une petite déchirure.Le pneumothorax s\u2019est produit aussitôt sans le moindre ennui.L\u2019anesthésiste et moi nous ne nous en serions pas apercus sans le bruit du passage de l'air aux mouvements respiratoires.Ma déchirure n\u2019avait pas 4 de pouce de long sur % ligne de largeur.J\u2019ai voulu la suturer mais je n\u2019ai réussi qu\u2019à l\u2019agrandir.J'ai bien pensé à obturer la brèche par une greffe d\u2019épiploon, mais comme je pouvais amener la peau voisine par dessus, je n'ai pas voulu compliquer mon opération par une laparotomie.J\u2019ai bien recouvert la déchirure pleurale mais je n\u2019ai pu recouvrir complètement la surface cruentée et il arriva ce que j'aurais dû prévoir.Les tissus de Mme P.n\u2019avaient pas plus de vitalité en 1932 qu\u2019en 1930.La plaie a suppuré, les points ont lâché et ma malade a fait une belle pleurésie purulente dont elle s\u2019est admirablement tirée.L'analyse histologique de la pièce disait: La coupe examinée montre un stroma fibreux pauvre en cellules fixes, des amas de cellules cancéreuses éparpillées dans les interstices du stroma.Aucune différenciation glan- duliforme.On voit aussi des trousseaux de fibres élastiques de nouvelle formation: épithélioma atypique.(Dr Paul Décary.) Elle est restée en bonne santé jusqu\u2019au milieu de juin.Elle m\u2019a alor: été amenée avec des ganglions axillaires et six petites nodosités au creux épigastrique.Je trouve bizarre de voir survenir des ganglions 22 mois après l\u2019ablation du cancer, sans récidive locale.Le 22 juin, j'ai vidé le creux axillaire et enlevé d\u2019un bloc les nodules épigastriques.Jlz étaient adhérents à l\u2019aponévrose des droits.La malade a encore guéri lentement avec suppuration.L\u2019analyse montre: Tumeur formée surtout par des cellules épithéliales disposées en énormes travées diffuses.Stroma réduit à des bandes conjone- tivo-vasculaires éparses parmi les masses épithéliales: épithélioma atypique.(Dr Paul Décary.) Vers la fin de décembre je lui ai trouvé encore deux petits nodules près de sa cicatrice épigastrique lorsqu\u2019elle est partie en janvier pour un congé de trois semaines dans sa famille.A son retour au début de février, elle avait un peu d\u2019ædème aux jambes, la figure boursouflée, et mourait deux ou trois jours plus tard après une syncope.Pas de trace de récidive dans ses cicatrices thoraciques.Mme P.avait une histoire d'alcoolisme; nous avons pensé qu\u2019elle s\u2019était \u201cponcée\u201d un peu fortement, chez ses enfants (elle en avait 22!), et qu\u2019elle avait rompu son équilibre cardio-rénal.Pas d\u2019autopsie.Voici donc une cancéreuse qui ne semblait pas devoir tirer grand bénéfice de son opération et qui était encore en bonne santé apparente #8 mois plus tard malgré ses récidives, tandis que celles des observations I, IT et TII, qui étaient moins avancées, sont mortes depuis longtemps.Je sais que Mme P.avait un cancer se rapprochant un peu de la forme \u201csquirrhe\u201d, qu\u2019elle n\u2019avait pas de ganglions, mais il ne faut pas oublier qu\u2019elle faisait déjà de la dissémination et qu\u2019elle a fini par les avoir, ses ganglions. 140 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Les auteurs s'accordent à dire que la durée clinique de la moyenne des cancers du sein non opérés est d\u2019environ trois ans.Je crois qu\u2019un grand nombre de ces cancers ne gagnent pas grand\u2019chose à être opérés, mais on n\u2019est jamais sûr de ce que l\u2019avenir réserve aux cancéreux.Nous avons tous vu des cancers du sein qui d\u2019ailleurs nous ont surpris par une survie bien souvent inattendue, et ce sont quelquefois des cas qui ne semblaient guère prometteurs.NOTES (1) Paul LECENE: \u201cMalgré tout, le cancer du sein reste une des formes les plus graves du cancer\u201d.(2) LECENE et LERICHE in Thérapeutique Chirurgicale, 1926: \u201cEn cas de doute, faut-il faire une biopsie?Je ne le pense pas d\u2019après ce que j'ai pu observer moi-même; en effet, la biopsie, pour donner des chances sérieuses de diagnostic exact, doit être très large; c\u2019est une véritable amputation partielle du sein que l\u2019on est amené à faire.S'il s\u2019agit réellement de cancer, il faudra pratiquer quatre ou cinq jours après une amputation large avec curage de l\u2019aisselle; mais cette opération sera faite dans des conditions très défavorables au point de vue résultat éloigné à cause des chances très sérieuses de dissémination néoplasique que la première opération partielle aura créées.\u201d G.W.CRILE in le journal The Lancet.fév.1931: \u201cThe author feels biopsia is never justified as a diagnostic measure, for it has been proved that it is highly probable that cutting into cancer tissue may disseminate the disease.\u201d P.MOURE in Bull.et Mém.Soc.de Chir., Paris.24 déc.1932: \u201cJe persiste à croire que la section en plein tissu néoplasique n\u2019est pas plus recommandable pour un cancer ectodermique que pour un nævo-carcinome pour lequel nous en connaissons les conséquences redoutables.\u201d (3) Prof.Pierre DELBET in Les cancers du sein, 1927: \u201cIl me paraît évident qu\u2019elles (les cellules cancéreuses) ont pénétré dans les capillaires au sein de la tumeur et qu\u2019elles ont été entrainées dans la circulation.\u201d \u201cJ\u2019ai trouvé des envahissements vasculaires dans toutes les formes de cancer.La statistique m\u2019a montré qu\u2019ils ont une signification nettement maligne.Aussi m'a-t-il été nécessaire de faire une classe d\u2019épithéliomas hémophiles.\u201d (4) LECENE: \u201cJ\u2019ajouterai que je n\u2019ai jamais eu recours à la rœntgéni- sation post-opératoire.\u201d Prof.DELBET: \u201cJe m\u2019abstiens pour le moment de toute radiothérapie dans les cancers du sein, qu\u2019ils soient de forme bénigne ou de forme maligne, qu\u2019ils soient opérables ou inopérables.\u201d (5) LECENE: \u201cCertains cas de squirrhes évoluent si lentement et gênent si peu les malades que l\u2019on ne voit pas très bien quel bénéfice réel pourrait donner dans ces cas l\u2019amputation du sein.\u201d Prof.DELBET : \u201cTes squirrhes marchent lentement.\u201d eo es RECUEIL DE FAITS VOLUMINEUX OSTÉOME ORBITO-CRANIEN.ABCÈS CÉRÉBRAL CONSÉCUTIF, D\u2019ORIGINE NASALE Par J.-N.ROY, F.A.C.S., Professeur à l\u2019Université de Montréal, Médecin de l'hôpital Notre-Dame, Lauréat de l\u2019Académie de Médecine de Paris.En 1930, nous avons publié l\u2019obzervation d\u2019une jeune fille.venue consulter pour un gros ostéome de l\u2019orbite, enlevé sans énucléation par la voie sourcilière, en conservant à l\u2019œil intéressé toute sa fonction physiologique.En plus de cette tumeur, notre malade présentait, du côté correspondant, une paralysie faciale périphérique, et par élimination des causes possibles, nous avons classifié cette affection, qui a guéri dans l\u2019espace de quatre mois, comme étant a frigore.l?ethmoïde avait été le point d\u2019origine du néoplasme, et malgré son ablation radicale, il y eut récidive au même endroit quelques années plus tard.(\u2018ependant, le grand intérêt de l\u2019observation présente est que, cette fois-ci, l\u2019ostéome, né de l\u2019ossification d\u2019un fibrome initial, s\u2019est d\u2019abord développé dans l\u2019orbite, qu\u2019il a ensuite envahi la cavité cranienne, qu\u2019il a propagé l\u2019infection au cerveau, et qu\u2019à l\u2019opération nous avons découvert un vaste abcès du lobe frontal.Considérant ces faits, et d\u2019après la littérature médicale parcourue, nous croyons pouvoir dire que cette observation est la première publiée sur un tel sujet.Voici d\u2019ailleurs l\u2019histoire de notre malade, morte de leptoméningite diffuse, vingt-huit heures après l\u2019intervention.Observation.\u2014 Mlle C.N., âgée de 24 ans, est admise dans mon service de Phôpital Notre-Dame, le 23 janvier 1933, pour des troubles à la région oculo-frontale droite.Cette patiente, à qui nous avions déjà, le 8 mai 1925, fait l\u2019ablation d\u2019un ostéome de l\u2019orbite pesant dix-huit grammes, nous raconte que depuis l\u2019opération elle a joui d\u2019une excellente santé, jusqu\u2019en octobre 1931.A partir de cette époque toutefois, elle commença à remarquer une sensation de plénitude à la cavité orbitaire, sans ressentir de douleurs.D'une manière très lente.l'œil fut projeté en avant, mais la vision demeura bonne, et il n\u2019y 142 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA eut jamais de diplopie.Des maux de tête localisés à droite et à point de départ frontal firent leur apparition depuis un mois environ.À l\u2019examen, nous constatons une légère exophtalmie directe de l\u2019æil droit, qui a cependant conservé toute sa mobilité.Les paupières recouvrent exactement la cornée, dont la sensibilité est parfaite.La pupille réagit bien à la lumière.Il existe du larmoiement, mais les voies lacrymales sont perméables.La papille est normale, ainsi que les membranes du fond de l\u2019œil.A Taide du diploscope de Rémi, nous observons une bonne fusion des images.Rien d\u2019intéressant à noter à l\u2019œil gauche, et la vision des deux yeux est de 1/3.Toutefois, après correction d\u2019un astigmatisme mixte moyennement prononcé, elle remonte à 2/3.0.D.105° + 2.25 \u2014 0.75 V = 2/3 0.G.120° +2.\u2014 050 V = 2/3 La voûte de l\u2019orbite droit est douloureuse au toucher, et au moyen de l'auriculaire nous sentons un néoplasme en luxant un peu le globe en bas.La malade se plaint de maux de tête localisés à la région frontale du côté correspondant.\u2018À la rhinoscopie antérieure, nous trouvons une fosse nasale droite sans pus, absolument libre, mais présentant de l\u2019anosmie.Il existe à gauche un léger éperon de la cloison.De ce côté l\u2019odorat est conservé.Le pharynx et le cavum n\u2019offrent rien de particulier.La diaphanoscopie nous permet de voir que tous les sinus de la face sont bien transparents.En présence de cette exophtalmie chez notre ancienne opérée d'ostéome, nous pensons immédiatement à une récidive, et demandons un examen aux rayons X.Aussi le Dr Laquerrière voulut bien nous donner les renseignements qui suivent : \u201cSur la radio de face: opacité complète de l'orbite droit; sinus frontal correspondant normal.\u201d \u201cSur la radio de profil: tumeur osseuse mamelonnée, plus volumineuse qu'une grosse noix, localisée en avant dans la partie postérieure de l\u2019orbite, et en arrière dans la boîte cranienne\u201d.(voir figure 1).La malade, ayant 39 de température, fut mise immédiatement au lit.Nous lui disons que pour enlever sa tumeur il faudrait d\u2019abord énucléer l\u2019æil, et que l'intervention serait ensuite très sérieuse.Impressionnée par ces explications, elle demande à réfléchir, et à consulter sa famille.Dans la suite les symptômes s\u2019aggravèrent considérablement.En effet, la céphalée devint plus intense, la température oscilla entre 36 et 38, et elle eut des vomissements.De temps à autre elle souffrait d\u2019insomnie, ou de torpeur.La ponction lombaire permit d'obtenir un liquide clair qui s\u2019échappa sans pression de la canule.L\u2019analyse de ce liquide fournit le rapport suivant: Lymphocytose normale.Examen bactériologique négatif.Albumine 0 gr.60.Gomme \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 Le sang donna un Wassermann négatif, et une quantité normale d\u2019urée.Traces d\u2019albumine dans les urines, et absence de sucre. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 143 La seconde semaine après l\u2019entrée de notre malade à l'hôpital vit s\u2019accroître les troubles nerveux, et les maux de tête devinrent de plus en plus forts et persistants.Flle présentait toujours un peu d\u2019hyper ou d\u2019hypothermie, accompagnée de somnolence ou d\u2019insomnie.Toutefois les disques papillaires n'étaient pas œdématiés, et la vision se maintenait bonne.Le 9 février nous réitérons le conseil de tenter une intervention qui, cette fois-ci, fut acceptée pour le lendemain.Opération.\u2014 En présence de l\u2019état d'apathie manifesté par notre patiente, l'anesthésiste lui administre 6 cc.d'avertin, ce qui eut pour effet de produire Fig.1.Ostéome orbito-cranien.un sommeil idéal.Après asepsie du champ opératoire, nous pratiquons une canthotomie externe suivie d'une exentération de l'orbite.Nous découvrons alors un ostéome mamelonné remplissant toute la moitié supérieure de cette cavité.Par ses adhérences, il était facile de se rendre compte que le néoplasme avait pris origine sur l\u2019ethmoïde.Nous servant de la gouge et du maillet, nous libérons son implantation nasale.Comme la tumeur était spongieuse à certains endroits, et que nous ne voulions pas nous exposer à fracturer les minces parois du cône orbitaire, en essayant de l\u2019enlever tout d'un bloc, nous la morcelons avec une pince coupante.Une fois arrivé cependant au fond de la cavité, nous mobilisons avec une extrême prudence sa 144 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA partie cranienne au moyen du levier.Pendant ces manœuvres notre surprise fut excessivement grande lorsque nous vîmes s\u2019écouler graduellement du lobe frontal environ 20 c.c.de pus.Inutile d\u2019ajouter que la dernière portion de l'ostéome fut enlevée, en essayant autant que possible de ne pas disséminer l\u2019infection.Nous terminons l\u2019intervention qui, en somme, n\u2019avait présenté aucune difficulté, par quelques points de suture au cantus externe, le drainage de l\u2019abcès et un pansement aseptique.Bien que la perte de sang fût minime, nous donnons 500 c.c.de sérum glucosé en injection intraveineuse, et 2 c.c.de coramine par la voie intramuseulaire, afin d\u2019atténuer un peu le choc opératoire.Le réveil se fit normalement, et la nuit suivante le sommeil fut calme.Toutefois, le lendemain, la malade se plaignit de maux de tête, eut de l'incontinence vésicale et des vomissements.La fièvre réapparut et augmenta graduellement.Elle devint inconsciente malgré tous les stimulants administrés, et commença ensuite A délirer.La respiration monta à 40, le pouls à 160, et elle mourut 28 heures après l'opération, avec une température de 39.4.L\u2019autopsie, pratiquée par le professeur agrégé Simard, permit de faire, = entre autres, des constatations très intéressantes à la région orbito-cranienne.\u201cLe cadavre est celui d\u2019une femme jeune, bien constituée, mais amaigrie.\u201cL\u2019œil droit est absent ainsi que la voûte orbitaire.La cavité orbitaire est remplie d\u2019un caillot qui se continue par un autre caillot adhérant au lobe frontal droit du cerveau.Le sinus frontal droit est intact.\u201cSur la face inférieure de ce lobe, existe une perte de substance en forme de cupule.de quatre centimètres et demi dans le diamètre transversal, de quatre centimètres dans le sens antéro-postérieur, et profonde de deux centimètres.Cette perte de substance est habitée par une masse rouge- noirâtre, striée de bandes grises, qui se continue avec le caillot de l\u2019orbite.\u201cLe bulbe et le nerf olfactif du même côté sont détruits.\u201cLes bords de cette cupule, au microscope, sont constitués par du tissu cérébral morcelé et fortement infiltré de globules rouges.Le fond est recouvert d\u2019une nappe purulente.A ES \u201cT1 existe, en plus, une leptoméningite diffuse\u201d.(voir figure-2).Les fragments de la tumeur réunis pesaient quarante-trois grammes, et au point de vue macroscopique, elle était mamelonnée dans l\u2019orbite, ainsi que dans la cavité cranienne, en présentant à certains endroits des parties spongieuses ou très dures.Le professeur Pierre Masson, qui a bien voulu faire l\u2019examen anatomo- pathologique d\u2019un morceau du néoplasme développé dans le crâne, nous donne le rapport suivant: \u201cLa tumeur est de forme à peu près hémisphérique et fait corps avec la voûte orbitaire.Très dure, elle doit être débitée en tranches à la scie fine.\u201cElle comporte deux régions de structure différentes.L\u2019une externe, ou corticale, est formée par un tissu osseux très compact, à canaux de Havers étroits, et comparable à celui d\u2019une diaphyse d\u2019os long.L\u2019autre, profonde, est formée par un tissu de structure variable selon les points: ce tissu est par places fibreux, très dense et parcouru par de larges capillaires.Ailleurs, des travées ostéoïdes y naissent sur p'ace.Ces travées se continuent L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 145 extérieurement avec l'os compact qui forme la région superficielle de la tumeur.Entre ces travées jeunes, il n\u2019y a que du tissu fibreux et des vaisseaux, pas de moelle rouge.\u201cLe tissu osseux semble être tout à fait stable dans la région compacte.Les canaux de Havers ne sont pas bordés par des ostéoblastes en arrangement épithélioïde.\u2014 indice de l'accroissement osseux \u2014 ni par des myélo- plaxes inclus dans des lacunes de Howship, \u2014 indice de résorption.On ne trouve d'images d'accroissement ct de résorption (celles-ci très rares) que dans la région profonde.\u201cCette tumeur est un ostéome pur né de l\u2019ossification directe et progressive d'un fibrome initial.En aucun point la tumeur ne présente, ni à se surface, ni dans ses interstices, la moindre lésion inflammatoire.\u201d Fig.2.Abcès du lobe frontal droit.En appréciant les faits exposés dans cette observation, nous éviterons de répéter, autant que possible, ce que nous avons déjà dit lors de la publication de notre premier travail.Cependant nous rappellerons que notre malade n\u2019a jamais eu antérieurement d\u2019infections du nez, qu\u2019elle n\u2019a jamais reçu de traumatisme sur la région naso-frontale.et que son ostéome orbitaire avait pris naissance à l\u2019ethmoïde sans cause apparente.Cette tumeur particulièrement dure 146 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA avait été enlevée tout d\u2019un bloc en 1925.Désireux de connaître alors son imperméabilité aux rayons X, nous l\u2019avions fait radiographier avec une tête de statuette en ivoire d\u2019une grosseur relativement égale au néoplasme, ce qui avait donné la même opacité pour les deux objets.(Voir notre illustration).D\u2019après histoire de la patiente la guérison s\u2019est maintenue pendant six ans?Il serait toutefois logique de croire que la récidive a débuté avant octobre 1931, et que les premières manifestations ont passé inapercues.Comme nous savons d\u2019ailleurs que les ostéomes de l'orbite ont une évolution plutôt lente, le néoplasme de notre malade aurait pu difficilement atteindre un volume de quarante-trois grammes dans l\u2019espace de seize mois.L\u2019examen anatomo-pathologique à fourni des renseignements d\u2019un intérêt spécial.En effet, il a été démontré que la tumeur, léveloppés sur l\u2019ancien tissu cicatriciel de l\u2019ethmoïde, \u2014 constatation faite à l'opération \u2014 a d\u2019abord été un fibrome qui, dans la suite, a subi progressivement l\u2019ossification.Contrairement à ce que nous avons observé lors de la première opération, où l\u2019ostéome, très dur, avait envahi l\u2019orbite en repoussant l\u2019æil en dehors, sa récidive offrait une consistance mi-spongieuse mi-éburnée, se prolongeant en profondeur dans la cavité cranienne, avec à peine une légère exophtalmie.Voyons maintenant d\u2019après quel processus le cerveau a été infecté.À la diaphanoscopie, à la radiographie, et surtout à l\u2019autopsie, le sinus frontal correspondant à la tumeur a été trôuvé absolument normal.Il faut donc admettre que l\u2019agent microbien a eu son point de départ dans la fosse nasale, et qu\u2019il est parvenu en silence jusqu\u2019aux méninges, \u2014 par la voie postérieure \u2018dû Héoplasmè tout probablement.Si là malade n\u2019a janïais présenté d\u2019abéès rétro-bulbaire, c\u2019est que l'infection chronique d\u2019emblée, à évolution très lente, ne s\u2019est jamais mianifestée sous une forme aiguë ou sub-aiguë, consécutivement 3 une forte rhinite par exemple.Bien que le morceau de la tumeur intra- cranienne, examiné au microscope, n\u2019ait montré aucune marque inflammatoire, ce fait n\u2019infirme pas l\u2019hypothèse que les microbes venus du nez se soient rendus au cerveau par la partie corticale de l\u2019ostéome.Les pulsations cérébrales, transmises aux méninges en contact avec celui-ci, ont produit à la longue une lésion d\u2019usure à la dure-mère, par où l\u2019infection s\u2019est propagée ensuite au lobe frontal.Il ne serait pas raisonnable de supposer que l\u2019agent microbien ait suivi la lame (1) Annales d'oculistique, tome CLNVII, page 830, oct.1930. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 147 criblée de l\u2019ethmoïde pour se rendre au cerveau, puisque la malade, (lepuis sa première opération, n\u2019a jamais eu d\u2019ethmoïdite, qu\u2019à notre examen la fosse nasale droite était normale, et qu\u2019à l\u2019autopsie aucune constatation pathologique n\u2019a été observée à la région de l\u2019apophyse crista-galli.Nous regrettons de ne pouvoir fournir un rapport microscopique du pus évacué de l\u2019abcès du cerveau, car malheureusement il n\u2019a pas été demandé.Toutefois la virulence de ce pus était très forte puisque vingt-huit heures après l\u2019opération, la malade mourait avec une température de 39.4.En outre, le professeur agrégé Simard, qui a fait des recherches sur des coupes cérébrales limitant l\u2019abcès, a trouvé que ce tissu était morcelé et fortement infiltré de globules rouges, qu\u2019il était recouvert d\u2019une nappe purulente, et qu\u2019il existait une leptoméningite diffuse.Lors de l\u2019examen clinique, nous avions observé que la fosse nasale droite, tout en étant bien libre, présentait de l\u2019anosmie, et que l\u2019odorat était conservé à gauche.Ce phénomène s\u2019explique par la destruction du bulbe et de la bandelette olfactive consécutivement a l\u2019abcès du lobe frontal correspondant.Nous soulignerons le fait que, malgré le développement assez considérable de l\u2019ostéome cranien, les papilles, à l\u2019ophtalmoscopie.n\u2019étaient pas œdématiées, et qu\u2019à la ponction lombaire, le liquide est sorti sans pression.De même la vision de l\u2019œil droit est toujours demeurée bonne, puisque le néoplasme orbitaire avait envahi uniquement la partie supérieure de cette cavité, sans venir en contact avec le nerf optique.Les symptômes cliniques, et l\u2019examen radiographique, ne nous ont pas permis de poser un diagnostic d\u2019abcès du lobe frontal, car les maux de tête à cette région pouvaient bien être dus à la tumeur, et l\u2019élévation de température, ainsi que les vomissements, à une réaction méningée.Cependant, si nous avions pensé à une telle complication, \u2014 observée pour la première fois \u2014 il eut été instructif de voir ce qu\u2019aurait donné une ventriculographie.En résumant cette observation, qui offre un intérêt particulier, nous dirons: 19 Qu\u2019en 1925, notre malade a été opérée d\u2019une manière radicale, pour un ostéome de l\u2019orbite, développé sur l\u2019ethmoïde, ayant la consistance de l\u2019ivoire; 2° Que la guérison s\u2019est maintenue apparente jusqu\u2019en 1931 ; 39 Qu\u2019à partir de cette époque, une récidive s\u2019est manifestée sous la forme d\u2019un fibrome à point de départ nasal ; 148 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 40 Que ce fibrome initial a subi ossification; 5° Que cette tumeur a envahi d\u2019abord la moitié supérieure de l\u2019orbite, et ensuite la cavité cranienne ; 6° Que l\u2019infection nasale s\u2019est propagée par son intermédiaire au cerveau ; 19 Qu\u2019à Popération un abcès du lobe frontal a été découvert ; 8° Et enfin, que cette malade est morte de leptoméningite diffus: vingt-huit heures après l\u2019intervention.BIBLIOGRAPHIE R.T.TCHILINGHIROFF.-\u2014 De lostéome de l'orbite.Thèse de Bordeaux, No 67, 1900.I.M.De TARANTO.\u2014 Les ostéomes de l'orbite.Thèse de Paris, No 208, 1901.IF.LAGRANGE.\u2014 \"Traité des tumeurs de l\u2019œil, de l\u2019orbite et des annexes.Tome 1I, page 567, G.Steinheil, éditeur, Paris, 1904.J.-N.ROY.\u2014 Fibrome calcifiant de l'orbite.Annales d\u2019oculistique, tome CXL, page 33, juillet 1908.F.LAGRANGE.\u2014 Encyclopédie française d\u2019ophtalmologie, tone VIII, p.728, Octave Doin et Fils, éditeurs, Paris, 1909.J.-N.ROY.\u2014 Volumineux ostéome de l'orbite.Annales d\u2019oculistique, tome CLXVIT.page 825, oct.1930.J.-N, ROY.\u2014 Paralysie faciale périphérique consécutive à une engelure de la joue.Les Annales d\u2019Oto-Laryngologie, tome 1, page 745, juillet 1931.® ® ° ms Ms Se UN CAS DE LITHIASE VÉSICULAIRE À FORME DE DYSPEPSIE HYPOSTHÉNIQUE Par J.-Alfred MOUSSEAU, F.R.C.P.(Canada), Professeur agrégé à l'Université de Montréal, Médecin de l'hôpital Notre-Dame.La vésicule biliaire et l\u2019appendice, à l\u2019état pathologique chronique, ne s\u2019extériorisent pas toujours, lors de l\u2019examen clinique, par des symptômes locaux évidents.l'attention est attirée ailleurs, souvent vers l\u2019estomac, parce que cest un organe très sympathique, et qui manque rarement de se plaindre tout haut des souffrances muettes de ses voisins.(Le plexus solaire est le premier relais nerveux où viennent se réfléchir les sensations douloureuses gastriques.) Les malades viennent donc consulter en présentant un syndrome dyspeptique hyper ou hyposthénique; et pour peu que l\u2019estomac soit atone ou clapote facilement.ce que vient d\u2019ailleurs confirmer un examen radiologique, le diagnostic de ptose gastrique passe de l\u2019avant, enlevant tout soupçon de lésion de voisinage.Ces malades sont traités comme tels pendant longtemps, sans aucun résultat, parce que cette dvspepsie hyposthénique n\u2019est que secondaire à une lithiase vésiculaire.Ces troubles peuvent même avoir une telle répereussion sur l\u2019état général des malades, qu\u2019ils peuvent faire passer ces malades pour des tuberculeux.comme dans le cas que nous rapportons.Observation: Madame (.31 ans, maride, se présente a la consu\u2019tation externe de l'Hôpital Notre-Dame en août 1933.avec un diagnostic \u201ctout fait\u201d de tuberculose pulmonaire.Etant donné que cette malade présente un mauvais état général et qu\u2019elle tousse, elle est admise dans le service de médecine du professeur Benoît le 23 août 1933.Voici son histoire: Depuis son dernier accouchement (le Hième) en juillet 1933 \u2014 il y a précisément un mois \u2014 cette jeune femme, bien qu\u2019elle ait accouché normalement, s\u2019est toujours sentie très fatiguée, incapable de vaquer à ses occupations journalières.Elle éprouve des douleurs thoraciques, à droite ct à gauche, sans localisation bien particulière; des étourdissements, de la céphalée, des sensations d\u2019étouffement et une petite toux ugaçante, sans expectoration.Son appétit est conservé; mais la digestion est lente, accompagnée de régurgitations et le gaz: sensation de gêne, de gonflement, presque immédiatement après 150 UNION MÉDICALE DU CANADA chaque repas; constipation chronique; torpeur intellectuelle et physique; étourdissements; céphalée fréquente; une grande irritabilité qui la fait réagir facilement à la moindre contradiction.Son père ct sa mère sont morts, l'un à 60 ans, de bronchite chronique, l\u2019autre à 68 ans, de pleurésie.3 sœurs présentent de l'asthénie.5 frères et sœurs sont morts en bas âge.Antécédents personnels: elle a été traitée, il y a 5 ans, à l\u2019hôpital, pour asthénie.Elle a fait 9 grossesses à terme, sans accidents.\u2014 2 enfants sont morts en bas âge, l'un de broncho-pneumionie, Pautre de méningite tuberculeuse.x #* % Nous procédons à l'examen clinique de cette malade.Un premier fait nous frappe: l'aspect de grande fatigue de cette femme et son teint pâle, la pâleurs des conjonctives, de la langue, et du voile du palais.Les amygdales sont hypertrophiées; plusieurs dents cariées entraînant une haleine fétide.Aucune adénopathie cervicale ou autre.La thyroïde est normale.Le thorax a conservé une certaine couche de tissu adipeux et la dépression sous-claviculaire n\u2019est pas très marquée.Cette malade, entrée à l'hôpital avec un diagnostic de tuberculose pulmonaire, ne révèle rien de particulier à l\u2019auscultation, malgré une toux superficielle qui nous paraît plutôt d\u2019ordre réflexe.Le cœur hat en moyenne à 65; la tension artérielle est de 100/65; le foie ne dépasse pas le rebord costal: la rate n\u2019est pas appréciable au palper; mais si l'on explore très profondément dans la région vésiculaire, on réveille une sensibilité, mais si légère cependant, qu\u2019elle ne paraît pas répondre à une vésicule pathologique (signe de Murphy douteux).La région du plexus solaire est beaucoup plus sensible.A la pression, on provoque une sensation pénible avec mouvements inspiratoires prolongés et état nauséeux.Il y a du clapotage gastrique cinq heures après le petit déjeuner, avec bruit de flot.A l\u2019exploratiodh du cadre colique, on trouve du gargouillement cæœcal; le sigmoïde est contracturé sur toute sa longueur.Le toucher rectal révèle quelques petites cybales.Les réflexes tendineux, rotulien et achyléen existent des deux côtés.Les pupilles sont en mydriase; la gauche n\u2019est pas tout à fait régulière.mais elles réagissent bien à la lumière et à l\u2019accommodation.Les urines ne contiennent ni sucre ni albumine.Le poids est de 126 livres; la température 97.5 en moyenne.k kk Les conclusions de ce premier examen clinique sont d\u2019abord en faveur d'une asthénie généralisée, mise sur le compte d'une déminéralisation d\u2019origine puerpérale: cette femme vient de mettre au monde son 9iéme enfant, il y a exactement un mois, et ses grossesses répétées et rapprochées, expliquent, en même temps l\u2019atonie de son tube gastro-intestinal et les troubles généraux qui en résultent. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 151 Cette femme est mise immédiatement au repos absolu, avec diète généreuse, toniques reconstituants et laxatifs doux, en attendant de procéder à des examens ultérieurs, si nécessaire.Malgré le repos en position horizontale, les toniques et les soins donnés pour régulariser l\u2019intestin, la malade continue d\u2019éprouver les mêmes ennuis de digestion: gaz, régurgitations, sensation de gonflement d\u2019estomac immédiatement après les repas.Un examen radiologique est demandé, qui nous renseigne sur l\u2019état du tube digestif.Examen radiologique: l\u2019estomac est long, bas, mobile, à parois et courbures normales.Son évacuation est normale.Le bulbe est quelquefois amputé du sommet, mais il redevient normal.(Dr.Léonard).Ce bulbe (amputé du sommet) attire notre attention et nous cherchons à en expliquer la cause.Disons de suite qu\u2019une simple scopie de l\u2019appareil biliaire, sans préparation, n\u2019avait rien montré d\u2019anormal du côté vésiculaire, mais la cholé- cystographie, par la méthode d\u2019Antonucei (méthode rapide) nous révéla la nature des troubles gastriques présentés par la malade.(\"holécystographie: la vésicule est large, basse, se colore lentement et présente plusieurs ombres de caleuls dans son fond.(Dr.Léonard).Un peu plus tard, et afin de connaître les rapports de cette vésicule reconnue calculeuse avec le seoment pyloroduodénal, on fait un examen radiologique simultané de la vésicule et de l\u2019estomac, avec repas baryté.Réponse: en rapport avec le bulbe, la vésicule descend du côté droit de la deuxième portion du duodénum et son fond est au niveau du genu inferius.Cette radiographie simultanée nous permet de conclure à l\u2019existence d'adhérences, ce qui est d\u2019ailleurs confirmé lors de l\u2019opération.La vésicule, qui contenait 150 caleuls de cholestérine (cause de leur non visibilité à la radioscopie gastro-vésiculaire) est prélevée soigneusement par les chirurgiens et envoyée sans retard au laboratoire d\u2019anatomie pathologique.Rapport: Vésicule à parois minces.Il n\u2019y a pas de trace d\u2019inflammation actuelle dans aucune de ses tuniques.La seule anomalie présentée par cette vésicule est la présence de quelques diverticules de Luschka surnuméraires (Professeur Masson).L\u2019appendice, qui est enlevé en même temps, ne révèle aucune lésion pathologique appréciable.ln résumé: une jeune femme se présente à l\u2019examen clinique avec tous les signes d\u2019une dyspepsie hyposthénique, attribuée à une déminéralisation qu\u2019explique bien le nombre de ses grossesses.Un premier examen radiologique du tube digestif confirme nos présomptions en ce sens, mais l\u2019altération morphologique du bulbe nous fait soupconner une lésion du voisinage.Un examen radiologique de dE PE BE 5 The eakD.tN 152 I UNION MÉDICALE DU CANADA la vésicule biliaire révèle l\u2019existence d\u2019une lithiase vésiculaire, existant peut-être depuis son premier séjour à l\u2019hôpital mais jusque là ignorée, parce que fruste et sans signes bien caractérisés.Une fois de plus nous constatons la difficulté du diagnostie de la dyspepsie lithiasique et nous comprenons les hésitations du médecin à rattacher certains troubles digestifs à un état vésiculaire pathologique et silencieux.Chez tout dyspeptique que la thérapeutique médicale ne peut parvenir à améliorer, il faut donc rechercher l\u2019état de la vésicule biliaire en faisant appel au radiologiste.Il faut se rappeler toujours que la lithiase vésiculaire est la plus grande simulatrice des maladies de l\u2019estomac et que, silencieuse chez elle, elle peut tout de même provoquer des troubles qui en imposent pour une maladie essentielle du tube digestif.\u2014\u2014\u2014\u2014 mn ae 0{(@)r0\u2014\u2014 M = a ne = - yr DEUX CAS DE GROSSESSE ECTOPIQUE ARRÊTÉE DANS SON ÉVOLUTION \u201c\u201d Par Léon GERIN-LAJOIE, F.R.C.S.(C.), Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal.Gynécologue à l'hôpital Notre-Dame.Depuis quelque temps nous avons eu une série de grossesses ectopiques, dans le service de gynécologie et en clientèle, qui nous a valu la bonne fortune de rencontrer deux cas qui n\u2019étaient pas encore venus à notre observation.Ces deux cas furent d\u2019ailleurs des découvertes opératoires, et le diagnostic pour le premier avait été: métrite ct annexite droite post- abortum ; pour l\u2019autre: appendicite aiguë.Madame H.M.L., 26 ans, est admise à l\u2019hôpital Notre-Dame le 17 octobre pour une hémorragie abondante survenue après un retard d\u2019un mois et trois semaines, sans crise douloureuse suraiguë.Ces métrorragies sont survenues quinze jours avant son entrée et persistent encore.Depuis une semaine la malade accuse une douleur sourde occasionnellement exacerbée à l\u2019effort, dans la fosse iliaque droite.Réglée à 12 ans, mariée à 22 ans, elle a toujours été régulière, n'a jamais présenté de douleur, et ses règles duraient trois jours.Elle a eu deux accouchements à terme, normaux, avec relevail'es normales.Le dernier accouchement date du 23 octobre 1932.Au moment du retard des règles, la malade a vu ses seins se gonfler et présenter quelques élancements.Il y a d'ailleurs écoulement d\u2019un liquide blanchâtre par le mamelon droit à la pression.L\u2019état général est bon.Le pouls est bien frappé, 80 à la minute.EH n'y a pas de température.Le cœur, les poumons, rien à noter.La malade nous est adressée pour avortement.L\u2019abdomen est relativement souple.Toutefois au niveau de la fosse iliaque droite, on déclenche une douleur à la palpation profonde sans défense musculaire.La vulve est insuffisante.Au vagin, on note la présence d\u2019un écoulement sanglant et à l\u2019effort une cystocèle ct une rectocèle.Le col de l\u2019utérus est épais, fermé, déchiré transversalement, non dou'oureux, regardant le rectum.Le corps, en antéversion, est de volume à peu près normal, mobile.Dans le cul-de-sac droit on note la présence d\u2019un cordon douloureux que l\u2019on croit être une trompe enflammée.Te cul-de-sac gauche est souple, dépressible, non douloureux.(1) Travail présenté à la séance scientifique du Bureau Médical de l'hôpital Notre-Dame, en décembre 1933. 154 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Le glaçage de l\u2019abdomen, les douches, les antispasmodiques calment l\u2019état subaigu de cette malade, dont l\u2019écoulement sanguin finit par se tarir.La masse annexielle droite persiste bien que les douleurs diminuent.Le diagnostic posé est celui d\u2019une métrite avec annexite post-abortum.L\u2019intervention est décidée: curettage et laparotomie pour pratiquer une annexee- tomie droite.La malade refuse l\u2019intervention, le congé est signé.Le soir du même jour, au moment de la visite de son mari, celui-ci la décide à suivre les conseils du médecin.Le lendemain nous la retrouvons encore à son lit, un peu souffrante.Dans la nuit, la malade a eu une petite crise douloureuse qui toutefois n\u2019a pas nécessité de calmants pour la soulager, la glace seule ayant suffi à obtenir ce résultat.L'intervention est pratiquée le 27 octobre.Dilatation ct curettage qui ne ramènent pas de débris pathologiques.Le col fermé, l'utérus de volume normal, nous n\u2019en sommes pas étonnés davantage.Immédiatement après, laparotomie médiane sous-ombilicale; à l\u2019ouverture de l\u2019abdomen on constate la présence d\u2019un écoulement sanguin qui a fusé entre les boyaux intestinaux et qui provient de la trompe droite qui suinte continuellement au moment de l'intervention et qui possède en sa portion ampullaire un développement donnant l'impression d\u2019un œuf dépourvu de sa poche liquide.Il n\u2019y a pas de rupture.Les portions interstitielle, isthmique et frangée de la trompe sont d'apparence normale et sans adhérence.TI n'y a pas d\u2019hématocèle pelvienne.Anexectomie droite.Péritonisation.Appendicectomie prophylactique.lermeture de la paroi sans drainage.La pièce envoyée au laboratoire nous donne la rapport suivant: Trompe: La trompe est remplie par un caillot dans lequel existent des fragments conjonctifs de cellules et de plasmodes plus ou moins néerosés.11 semble s'agir d\u2019une grossesse tubaire.Appendice: La lumière appendiculaire contient dans les fragments un bouchon purulent en désintégration.Appendicite aiguë récente.« Mlle G.P., 20 ans, se présente à notre bureau le 18 octobre 1933, à la suite de douleur subite dans le côté droit survenue il y a une semaine.au moment des règles.Réglée à 16 ans, cette malade est régulière mais ne voit qu'une journée, sauf les dernières règles, qui ont duré une semaine.Tl n'y a pas de température.Le pouls est normal.L'examen révèle des végétations vaginales, un cul-de-sac droit un peu moins dépressible que le gauche, tandis que la région de MacBurney est franchement douloureuse.Nos fiches indiquent appendicite chronique ou subaigué avec un point d'interrogation, entérite avec un point d\u2019interrogation.Cette malade est revue au bureau une semaine plus tard sans qu'elle ait eu d'autre crise; servante, elle a vaqué à ses occupations.Le 30 octobre, cinq jours après sa deuxième visite au bureau, elle est prise à nouveau d\u2019une crise douloureuse durant la nuit, mais elle continue son travail le lendemain.Trois jours après, toutefois, à cause de l\u2019intensité de la douleur, elle est foreée de se reposer.Par téléphone nous prescrivons de la glace sur l\u2019abdomen, Er er L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 1 le repos au lit et nous faisons une demande d\u2019entrée à l\u2019hôpital.Dans la nuit du même jour, crise un peu plus forte, toujours sans perte de connaissance ni vomissement, mais avec des nausées.Le 4 novembre, c\u2019est-à-dire le lendemain matin, elle est admise à l'hôpital.La malade n\u2019a pas de température.L\u2019état général est bon, le facies souffrant.Aux seins nous ne notons qu\u2019une petite tuméfaction du volume d\u2019une olive dans le sein droit: adénome.L\u2019abdomen présente une paroi souple sans défense musculaire.Douleur à la palpation profonde dans la fosse iliaque droite.La vulve est petite et offre un écoulement sanguinolent, le premier depuis ses règles d\u2019il y a 25 jours: nous croyons à un retour de celles-ci; col petit de nullipare.L\u2019utérus est petit, en position normale, non douloureux.Le cul-de-sac gauche est libre et non douloureux.Le cul-de-sac droit est relativement libre mais douloureux.Le diagnostic est posé: appendicite subaiguë avec annexite droite probable.\u2018 Le 11 novembre nous pratiquons la laparotomie médiane.A l'ouverture de l'abdomen on constate la présence d\u2019une quantité de sang dans la cavité abdominale, mais dans le Douglas pas plus d\u2019une cuillerée à soupe.Ce sang a fusé entre les boyaux intestinaux et provient d\u2019une hémorragie de la trompe droite où l\u2019on constate la présence d\u2019un renflement dans sa portion ampullaire, caractéristique de la présence d\u2019un œuf.La trompe n\u2019est pas rupturée et l\u2019œuf semble arrêté dans son évolution.Les parties isthmique, interstitielle et frangée sont libres: annexectomie droite.L\u2019appendice est long, turgescent, congestionné.Appendicectomie.Fermeture de la paroi sans drainage.Examen pathologique.\u2014 Trompe: La trompe est distendue par un caillot qui renferme quelques débris plus ou moins nécrotiques recouverts de plasmodes nucléés.Il semble bien s\u2019agir d\u2019une grossesse tubaire, mais dont les éléments sont en voie de dégénérescence depuis déjà quelque temps.Les suites opératoires chez ces deux malades furent normales et n\u2019offrent rien de particulier.Quelques jours après cette dernière intervention, nous avions la bonne fortune de lire une analyse dans l\u2019Union Médicale faite par notre collègue le docteur Magnan, tirée du Bulletin de la Société \u2019Obstétrique et de Gynécologie de Strasbourg, où il est rapporté un cas de \u201c(Grossesse extra-utérine en voie de résorption\u201d par M.A.Ginglinger, a sa séance du 6 mai 1933.Cette analyse rapportait une histoire de grossesse extra-utérine en voic de résorption, constatée au moment d\u2019une laparotomie pour kyste de l\u2019ovaire droit.Nous avons été frappé par la similitude de ce cas avec les deux observations que nou- rapportons ici ct nous croyons faire œuvre utile en les publiant.Quelle aurait été l\u2019évolution conséeutive de ces deux affections?Quelles auraient été les conséquences d\u2019une temporisation indéfinie ? 156 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA ll est très difficile de se satisfaire d\u2019une conjecture de laisser-faire lorsque l\u2019intervention a été pratiquée et qu\u2019elle a ramené à la santé deux malades.Toutefois, nous sommes en droit de supposer que laissées à elles-mêmes, ces lésions auraient peut-être pu se résorber complètement, ou bien suppurer et amener une péritonite généralisée ou pelvienne; ou bien la force de contraction de la musculature tubaire, le pouvoir des cils vibratiles de sa muqueuse, auraient fait progresser la petite masse jusqu\u2019au pavillon de la trompe pour amener cu compléter un avortement tubo-abdominal ; car il n\u2019y a pas de doute que nous nous sommes trouvés en présence d\u2019un avortement, puisqu\u2019il y a eu arrêt de la grossesse.Que l\u2019œuf meure sur place et soit absorbé par la mère, ou qu\u2019elle le laisse s\u2019échapper pour entraîner les ennuis, les dégâts et la crise bien connus, nous sommes en mesure de supposer que le produit de conception ne se développant plus parce que mort, la rupture n\u2019aurait jamais eu lieu et que seul un avortement tubo- abdominal aurait pu être une des suites logiques de ce processus laissé à lui-même.En conclusion, nous ne saurions mieux dire que ce que M.Ginglinger écrit sur ce sujet: lo La grossesse extra-utérine qui se résorbe spontanément donne toujours des symptômes, mais ces derniers ne sont pas suffisamment caractéristiques pour permettre un diagnostic certain, et les grossesses extra-utérines qui se résorbent spontanément ne sont reconnues qu\u2019au cours d\u2019une intervention légitimée par une autre affection: kystes ovariens, tumeurs annexielles, grossesse extra-utérine du côté opposé avec complications, par exemple ; Ro les grossesses extra-utérines qui se résorbent spontanément sont toujours des grossesses interrompues très précocement dans leur évolution (avant la 8ème semaine).Et j\u2019ajouterais volontiers qu\u2019il y a peut être un certain nombre de cas qui ne sont jamais diagnostiqués et qui passent totalement inaperçus, sans que pour cela les malades en soient incommodées davantage.\u2014o(e »0-\u2014 \u2014_\u2014\u2014 REVUE GÉNÉRALE CONDUITE À TENIR EN PRÉSENCE D\u2019UNE OCCLUSION INTESTINALE AIGUË Par P.MOULONGUET, Chirurgien des Hôpitaux de Paris, et Roland DECARIE.de Montréal, assistant.T\u2019occlusion intestinale aiguë reste une affection extrêmement redoutable et le taux de mortalité post-opératoire demeure énorme.Si l\u2019on consulte les dernières statistiques on y lit les chiffres suivants: 1.J.Vidgoff,! 45.9% sur 266 cas, N.W.Cornell,?51.8% sur 235 cas.Ces tristes résultats pourraient-ils être actuellement améliorés ?Les chirurgiens anglais, dans les travaux du Centenaire de la British Medical Association en 1932, se sont attaqués à cette question, qu\u2019ils ont abordée par plusieurs côtés.À notre avis les progrès de la chirurgie de l\u2019occlusion viendront moins d\u2019un perfectionnement de la technique proprement dite que d\u2019une meilleure discrimination des cas, pour appliquer à chacun d\u2019eux l\u2019opération strictement appropriée, la moins grave et la plus efficace.Il suffit d\u2019ouvrir un traité de pathologie chirurgicale pour se rendre compte que, sous le nom d\u2019occlusion intestinale, on groupe des cas anatomiques très divers.Considérer en bloc le traitement chirurgical de lésions tellement différentes est une conception fausse et qui devrait être déjà périmée.Elle n\u2019a été entretenue que par les difficultés de la clinique, par l\u2019urgence des déterminations à prendre, en sorte que le plus souvent le chirurgien commençait son opération avec le seul diagnostic d\u2019occlusion et partait à la découverte.Pour faire mieux il faut absolument établir un diagnostic pré-opératoire plus précis ; c\u2019est, à notre avis, cette position de la question qui sera féconde.(1) Annals of Surgery, XCV, juin 1932.(2) Annals of Surgery, XCV, juin 1932. 158 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Pouvons-nous actuellement aboutir à ce diagnostic pré-opératoire solide, base de départ de notre action?Il nous semble que oui.Non pas que nous ayons la prétention d\u2019arriver à reconnaître les unes des autres chacune des variétés de l\u2019occlusion, que les livres décrivent d\u2019une façon si théorique et si peu pratique pour le chirurgien.Mais, sans aboutir à ces précisions, on peut ramener les différents cas à quelques groupes, possibles à reconnaître cliniquement, et dont le traitement chirurgical sera bien déterminé.Pour adopter la comparaison que Robineau et Stern ont proposée avec l\u2019art militaire lorsqu\u2019ils ont écrit \u201cLa tactique opératoire\u201d, le plan tactique dépend des renseignements que l\u2019on a pu acquérir sur la position et sur la nature de l\u2019ennemi, et malgré l\u2019ignorance où l\u2019on demeure fatalement de beaucoup de détails.Il faut schématiser, ramener à des cas types.Nous plaçant dans la situation du chirurgien qui doit prendre une décision en présence d\u2019un cas d\u2019occlusion aiguë, nous ferons rentrer dans quelques groupes, que nous croyons toujours reconnaissables, les innombrables variétés de la clinique et, à propos de chaque groupe, indiquerons la tactique opératoire la meilleure par sa bénignité et son efficacité.Disons tout de suite que, pour ce diagnostic différentiel des occlusions intestinales, un progrès important nous paraît avoir été fait par l\u2019usage de la radiographie sans préparation de l'abdomen.Ce mode d\u2019exploration encore insuffisamment pratiqué doit être généralisé et il va permettre un pas en avant.Nous ne faisons que mentionner l\u2019occlusion par hernie étranglée.Son traitement est bien réglé.La seule conduite embarrassante à adopter est.vis-à-vis des grosses hernies ombilicales chez des femmes obèses, puisqu\u2019on a pu soutenir que, dans cette forme, l\u2019abstention opératoire, le traitement par la seule rachianesthésie donnaient de moins mauvais résultats que la chirurgie.Nous ne dirons qu\u2019un mot de l\u2019invagination intestinale du nourrisson.Elle soulève des problèmes trop spéciaux.Et cependant quelle illustration démonstrative pour notre thèse constitue l'historique de l\u2019invagination intestinale du nourrisson! Pendant des années, il y a environ 20 ans, on a discuté technique, résection totale ou suivant Maunsell-Moulin, fixation ou non-fixation du cæcum: la mortalité restait formidable.Des progrès cliniques, une meilleure éducation des médecins, l\u2019intervention de la radiographie permettant le af L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 159 diagnostic ferme et précoce, le refoulement du boudin par le lavement barvté permettant l\u2019usage de la petite incision iliaque droite ct l\u2019opération sans éviscération.ont complètement transformé le pronostic.et l\u2019on connaît maintenant des statistiques merveil'leuses d\u2019invagination intestinale du nourrisson, avec 70 à 80% de gnérisons.Certains cas d\u2019occlusion intestinale aiguë présentent des carae- tères cliniques particuliers qui doivent les faire mettre à part dès le premier examen.1° Péritonite avec occluston.Un malade présente une occlusion associée à des symptômes de péritonite: c\u2019est-à-dire une température élevée et de la défense musculaire pariétale.Te problème qui se pose alors est totalement différent de cezui des occlusions vraies.Dans Vocclusion il n\u2019y a pas de fièvre, il n\u2019y a pas de défense de la paroi.l'association péritonite et occlusion pose l\u2019indication opératoire de ln péritonite et il faut considérer l\u2019occlusion comme un symptôme sccon- aire, qui disparaîtra si la péritonite peut être traitée avec succès.C\u2019est donc le problème, que nous n\u2019envisagéons pas ici, du traitement de l\u2019appendicite, de la choléeystite, de la péritonite d\u2019origine génitale, cte.Si le chirurgien a réussi à éteindre le fover infectieux, l\u2019iléns secondaire cédera de lui-même.2° Occlusion post-opératoire tardive.Un malade en état d\u2019occlusion présente une cicatrice abdominale: 11 faut en principe établir une relation entre l\u2019occlusion actuelle et l\u2019ancienne intervention chirurgicale, surtout si la cicatrice est éventrée.Il s\u2019agit d\u2019occlusion par bride ou par coudure et le plus souvent sur l\u2019intestin grêle.Quand l\u2019occlusion siège très haut sur le jéjunum le ventre peut n\u2019être pas ballonné et les symptômes sont rapidement très graves.Dans tous les cas l\u2019occlusion d\u2019un ventre balafré pose une indication opératoire formelle et urgente.Elle doit être faite par une incision au niveau de la cicatrice, qui permet le plus souvent d'arriver directement et sans recherches sur le siège de l\u2019étranglement.Il faudra lever l\u2019obstacle : brides ou adhérences, pour rétablir la circulation intestinale.Les anses intéressées, suivant les lésions qu\u2019elles présentent.seront 1éintégrées, extériorisées ou réséquées.3° Occlusion post-opératoire précoce.Un type occlusion toujours très grave est l\u2019iléus post-opératoire précoce.11 y a intérêt à en distinguer deux types schématiques ayant chacun des indications thérapeutiques différentes.a) Le malade, à la suite d\u2019une opération aseptique, présente, dans les quelques jours qui suivent, des signes d\u2019occlusion aiguë, sans 160 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA élévation thermique, sans signe de péritonite.I\u2019occlusion est due très probablement à des brides ou à des adhérences précocement formées au niveau de la plaie opératoire.L\u2019indication thérapeutique est de rouvrir le ventre en désunissant la première incision et de lever l\u2019obstacle pour rétablir le cours des matières.b) Le malade opéré pour une lésion septique, étendue ou non au péritoine, présente, dans les quelques jours qui suivent l\u2019opération, un syndrome de péritonite fruste avec occlusion intestinale.L\u2019occlusion cst alors due, moins à un obstacle mécanique qu\u2019à une poussée de péritonite post-opératoire, et une nouvelle laparatomie conduirait sur un foyer infecté avec des adhérences multiples agglutinant des anses dilatées, rouges, dépolies; elle aurait toutes les chances de déclancher une péritonite mortelle.Dans ces cas toujours très graves d\u2019iléus paralytique par infection il faut savoir se borner à une intervention théoriquement imparfaite, mais que la pratique montre être souvent salvatrice : l\u2019entérotomie sur la première anse dilatée qui se présente lors de la réintervention.Que l\u2019on passe par la première incision ou que l\u2019on fasse une boutonnière à distance de la plaie opératoire drainée ct infectée, il faudra se borner à saisir une anse distendue et l\u2019ouvrir à l\u2019extérieur par la technique de Witzel (sonde de Nélaton enfouie dans un long trajet oblique constitué par la paroi intestinale).Cette manière de faire nous a permis de sauver plusieurs malades personnels qui, après des interventions importantes et septiques (deux cancers du côlon, un kyste de l\u2019ovaire suppuré), ont présenté des occlusions par iléus paralytique.La vidange de l\u2019intestin étant obtenue par la fistulisation du grêle à la Witzel, l\u2019organisme vient à bout plus facilement de l\u2019infection péritonéale, la circulation intestinale se rétablit normalement, et dans les trois cas que nous rapportons la fistule iléale s\u2019est fermée spontanément dès la chute de la sonde et les malades ont parfaitement guéri.4° Infarctus intestinal.Un autre groupe clinique que nous proposons, malgré qué son autonomie théorique puisse faire discussion, c\u2019est, à cause de sa gravité même, le syndrome de la trombose étendue ou de l\u2019embolie des vaisseaux mésentériques.le diagnostic, en réalité, n\u2019en est pas très difficile, parce qu\u2019aucune lésion, sauf la pancréatite hémorragique, ne donne des symptômes aussi rapidement graves; en quelques heures collapsus cardiaque et faciès agonique.Dans ce tableau les symptômes propres d\u2019occlusion, quoique présents, passent au deuxième plan devant l\u2019effondrement de l\u2019état général.l\u2019intervention immédiate s\u2019impose, mais la tactique opératoire, une L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 161 fois le ventre ouvert, est bien difficile à choisir: extériorisation, résection ?Le pronostic restera toujours très sombre dans cette forme, car nous sommes désarmés contre ces lésions vasculaires extensives.Dans les autres cas, sauf exception heureuse, le chirurgien est toujours embarrassé pour arriver à un diagnostic précis des lésions, et cependant nous croyons sincèrement que c\u2019est de l\u2019investigation clinique pré-opératoire que dépend en grand partie le succès final.Est-ce à dire qu\u2019il faut arriver au diagnostic précis de la lésion occlusive ?S\u2019il en était ainsi la perspective serait bien décourageante.Mais on peut, croyons-nous, avoir déjà un guide très précieux si l\u2019on classe son malade dans l\u2019une des catégories suivantes: Occlusion par strangulation ou occlusion par obturation, occlusion sur le grêle ou occlusion sur le côlon.Ces catégories, quoique ne coïncidant pas exactement, ont cependant de nombreux points de contact : l\u2019ocelusion par strangulation siège surtout sur le gréle, \u2019occlusion par obturation siège surtout sur le côlon.; À cette règle, il faut signaler tout de suite deux exceptions importantes: une occlusion par obturation sur l\u2019origine du côlon, l\u2019occlusion par cancer cæco-colique se comporte cliniquement et radio- logiquement comme une occlusion du gréle.Une occlusion par strangulation siege sur le colon, c\u2019est le volvulus du côlon sigmoïde (trés exceptionnellement le volvulus du cecum).Nous aurons à revenir sur ces cas-la.Dans les occlusions par strangulation, fréquemment occlusions du grêle, il est évident que seule la levée de obstacle peut guérir le malade.Dans les occlusions par obturation, typiquement occlusions du côlon, la dérivation donnera la guérison de l\u2019occlusion (sinon de la lésion), et c\u2019est elle qui devra être employée.En 1914 à la Société Nationale de Chirurgie de Paris, une grande discussion sur le traitement de occlusion colique a bien mis en évidence la supériorité de ia petite opération destinée à pratiquer un anus, sur la laparatomie dont la mortalité est toujours considérable.Les noms d\u2019Edouard Quenu et d\u2019Hartmann sont à retenir pour avoir établi cette règle de pratique.Pour parvenir à cette distinction clinique fondamentale il faut s\u2019aider d\u2019abord d\u2019un minutieux examen clinique, ensuite d\u2019une épreuve radiographique obtenue comme nous le dirons plus loin.Le diagnostic clinique est basé sur des symptômes généraux et sur des symptômes locaux.IJ occlusion par strangulation débute brusquement, la douleur est d\u2019emblée très vive, \u201cle malade a senti ses 162 1I\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA intestins se nouer\u201d; le collapsus est rapidement accentué, l\u2019état général très atteint.occlusion par obturation au contraire débute à bas bruit, l\u2019état général n\u2019est que graduellement atteint, la douleur est peu marquée.localement on peut observer dans la strangulation la dilatatation de Danse étranglée: c\u2019est le signe de von Wahl.qui est précieux mais inconstant.Fig.1 Radiographie en position debout, d'une occlusion sur le gréle.Le diagnostic topographique entre occlusion sur le gréle et occlusion sur le colon est rendu possible par les signes suivants.T?occlusion sur le grêle présente des caractères évolutifs rapides, les vomissements apparaissent dès le début, l\u2019état général est précocement atteint, l\u2019intoxication marquée.Ces caractères sont d\u2019autant plus \u2014 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 163 précoces que l\u2019occlusion siège plus haut sur le jéjunum.La distension de la partie centrale de l\u2019abdomen, la présence d\u2019ondulations péristaltiques sur les anses visibles sous la paroi, sont en faveur d\u2019une occlusion sur le grêle.Ces anses dilatées donnent parfois la sensation de flot : c\u2019est la fausse ascite de Litten.L\u2019occlusion sur le côlon évolue d\u2019une façon insidicuse, au début le malade se plaint de constipation opiniâtre ; l\u2019atteinte de l\u2019état général est longtemps peu marquée, les vomissements sont tardifs.La distension de l\u2019abdomen siège surtout aux flancs et à l\u2019épigastre, elle est moindre à l\u2019ombilic, c\u2019est le ballonnement en cadre où l\u2019on peut souvent distinguer la distension Fig.2 Occlusion sur le côlon sigmoïde: radiographie prise en position debout.monstrueuse du cæcum qui, à la percussion, donne un tympanisme très élevé.Cependant il arrive souvent que la clinique soit impuissante à préciser la nature et le siège de l\u2019occlusion.C\u2019est dans ces cas que la radioscopie et la radiographie peuvent donner des renseignements précis sur lesquels nous voulons insister.La technique est simple: examiner le malade en position verticale, debout ou assis, sans aucune: préparation.Plusieurs images peuvent apparaître : le côlon est invi- 164 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA sible, done non distendu, c\u2019est que l\u2019occlusion siège en amont de lui -ur le grêle ou sur le cœcum.Le côlon est distendu ct apparaît comme une bande gazeuse avec un ou plusieurs niveaux liquides, c\u2019est que l\u2019obstacle siège plus ou moins bas sur le côlon.On peut, reconnaissant facilement les différents segments du cadre colique, juger très exactement du niveau de l\u2019obstacle.Fig.3 8° ., » Radiographie d\u2019une occlusion aigué du côlon sigmoïde: position couchée.(Même malade que No 2.) I?occlusion sur le grêle, en plus du signe négatif qu\u2019est l\u2019absence de l\u2019image colique, donne le plus souvent une image caractéristique, celle des plusieurs anses distendues, en tuyaux d\u2019orgue, avec niveaux liquides multiples.On pourrait même distinguer les anses jéjunales - -\u2014 \u2014 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 165 dilatées des anses iléales ; les premières donnent une image striée, duc aux valvules conniventes, les secondes, une image lisse et homogène.On pourrait compléter ces renseignements par un lavement baryté lorsque l\u2019on aura, par l\u2019épreuve précédente, la certitude que l\u2019occlusion siège sur le côlon.Le lavement est alors sans danger s\u2019il est donné à très basse pression.Il permettra de distinguer le cancer, par exemple, de l\u2019invagination colique.Un diagnostic trés important et pour lequel la radiographie apporte un bon appui est celui de volvulus du côlon sigmoide.Il sera soupçonné par l\u2019histoire de constipation ancienne, par le récit de petites crises occlusives spontanément résolues par l\u2019apparition tardive des vomissements et de l\u2019intoxication, par le ballonnement asymétrique qui dessine le mégacôlon sigmoïde.La radiographie mettant en évidence l\u2019anse énorme, seule dilatée, avec absence de l\u2019image du cadre colique doit rendre le diagnostic plus assuré et le faire désormais passer dans la pratique.Les renseignements capitaux que l\u2019on peut obtenir de la radiographie doivent, à notre avis, rendre ce mode d\u2019exploration obligatoire en présence d\u2019une occlusion intestinale aiguë.On trouvera dans plusieurs travaux récents tout le détail de son emploi, et notamment dans celui de P.Swenson et J.Sibbard.! Nous pensons qu\u2019une grande amélioration du pronostie de l\u2019occlusion peut résulter de ce progrès dans le diagnostic.En présence d\u2019une occlusion intestinale aiguë, muni des renseignements que nous venons de dire, le chirurgien peut alors décider de sa tactique.On cite toujours comme procédés opératoires de l\u2019occlusion les deux grandes méthodes: laparatomie et anus contre nature.Il faut comprendre que ces deux interventions ne s\u2019opposent pas, qu\u2019elles ont chacune, au contraire, leurs indications bien précises suivant le siège et le mode de l\u2019occlusion.La laparatomie permet seule d\u2019explorer, elle est donc la technique rationnelle, toujours théoriquement efficace.Il faut avouer qu\u2019elle est souvent une technique de médecine opératoire ante mortem et que, par l\u2019anesthésie générale qu\u2019elle exige, par les manipulations de l\u2019intestin qu\u2019elle comporte, elle aggrave toujours tellement l\u2019état du malade que ses échecs sont extrêmement nombreux.Elle doit être réservée aux cas où elle est indispensable : c\u2019est, nous l\u2019avons vu, dans toute occlusion par strangulation, c\u2019est aussi dans toute occlusion sur le grêle quel qu\u2019en soit le type, puisque la laparatomie permet d\u2019éviter (1) Archives of Surgery, XXV, 1932, page 578. 166 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA la fistule sur le grêle au-dessus d\u2019un obstacle permanent, qui est une mauvaise opération causant le plus souvent la mort au bout dè quelques jours par dénutrition, cachexie ct lésions locales d\u2019auto- digestion pariétale.(Il faut remarquer que les indications de l\u2019entérotomie à la Witzel que nous donnons plus haut dans les occlusions paralytiques, c\u2019est-à-dire temporaires, ne se retrouvent pas lorsque l\u2019obstacle est permanent.) Au contraire la laparatomie peut être évitée, et donc doit l\u2019être, dans les occlusions par obturation et dans la plupart des occlusions sur le côlon, où l\u2019anus sus-jacent à l\u2019obstacle donne, nous l\u2019avons dit, et à peu de risques, d\u2019excellents résultats.Te traitement radical de la lésion pourra être entrepris plus tard.Jusqu\u2019à présent cette règle, de l\u2019anus contre nature appliquée aux occlusions coliques, était balancée entre deux techniques qui avaient chacune leurs défenseurs, l\u2019anus droit sur le cæcum, l\u2019anus gauche sur le sigmoïde.Pour être «fir de trouver un côlon distendu certains conseillaient d\u2019aller toujours sur le cæcum.Pour éviter l\u2019infirmité de l\u2019anus cæcal d\u2019autres conseillaient de tenter d\u2019abord la colostomie iliaque, quitte à faire une deuxième incision à droite s\u2019ils trouvaient le sigmoïde aplati.Ces disputes sont périmées et grâce à la radiographie préopératoire on doit, dans la plupart des cas, connaître les segments distendus du côlon et placer l\u2019anus dans la position optima, c\u2019est-à-dire le plus près possible de l\u2019obstacle.En effet les techniques opératoires se sont précisées et nous avons un choix étendu entre les anus cæcal, transverse droit, transverse gauche, iliaque gauche postérieur (Chevassu), sigmoïdien enfin.Plus l\u2019anus sera reporté à gauche en utilisant au maximum le segment colique dilaté, plus les matières fécales seront analogues aux fèces normales, moins on aura d\u2019accumulation dans le bout aveugle entre l\u2019anus artificiel et l\u2019obstacle, meilleur sera le bénéfice de l\u2019opération et plus faciles les temps opératoires ultérieurs destinés à la cure radicale.(Car, malgré tout, l\u2019anus sera toujours assez loin de la lésion obturante pour ne pas gêner l\u2019exérèse de celle-ci.) Technique opératoire de la laparatomie pour occlusion L\u2019anesthésie est indispensable, mais le choix en est toujours difficile.La rachi donne de bons résultats, elle permet d\u2019opérer avec un silence abdominal parfait, elle favorise le péristaltisme, mais elle est hypotensive et par là souvent dangereuse chez ces malades toujours menacés de collapsus.L\u2019anesthésie général moins choquante, surtout l\u2019anesthésie à l\u2019éther, fait courir le risque d\u2019inondation des bronches tue meer St L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 167 par les vomissements avec troubles pulmonaires consécutifs et même mort subite.Cet accident peut être évité dans une certaine mesure par un lavage d\u2019estomac préalable et une anesthésie parfaitement administrée.l\u2019incision médiane est toujours indiquée, sauf si une cicatrice opératoire récente ou ancienne impose une autre voie d\u2019abord permettant d\u2019arriver directement sur l\u2019obstacle.Dans la laparatomie pour occlusion il faut le plus rapidement possible, et avec le minimum de traumatismes, aller à la recherche de la lésion qui étrangle l\u2019intestin.Différentes méthodes ont été proposées pour cela; à l\u2019exemple de Lecène nous pensons que l\u2019éviscération systématique dans des champs chauds et humides constitue, le plus souvent, la moins mauvaise technique.Dès que l\u2019obstacle a été découvert, les anses grêles à distance de la lésion seront réintégrées.La conduite à tenir variera alors suivant les lésions que l\u2019on a trouvées : a) Le volvulus du grêle sera traité par la détorsion, et le plus souvent cette mesure suffira.Au cas où l\u2019anse est déjà sphacélée, il faudra recourir à l\u2019extériorisation ou la résection.b) Les hernies internes, diaphragmatique, de l\u2019hiatus de Winslow, Pétranglement par bride, par diverticule de Meckel exigent le même traitement que la hernie étranglée: après avoir levé l\u2019obstacle, on \u2018raitera l\u2019anse malade suivant les lésions qu\u2019elle présente.c) Devant une sténose cicatricielle du grêle, conséeutive soit à une hernie étranglée ou à une anastomose intestinale au bouton, soit due à une lésion tuberculeuse ou lymphogranulomateuse, il sera prudent de ne pas tenter la résection intestinale d\u2019emblée en période d\u2019occlusion aiguë et de s\u2019en tenir à l\u2019établissement d\u2019un court circuit par anastomose iléo-iléale ou iléo-colique suivant les cas.d) L\u2019entérotomie avec extirpation du corps étranger sera de mise dans liléus biliaire.Il faudra tenter d\u2019abord de désenclaver le caleul, ou tout autre corps obturant, pour pratiquer l\u2019entérotomie sur une anse dont la paroi est moins altérée.e) Dans l\u2019invagination intestinale chez l\u2019adulte, si l\u2019on ne réussit pas à réduire, il faut faire une résection en un temps ou en deux temps apres anastomose intestinale.f) Le cancer caecal, que nous avons signalé plus haut comme posant un problème clinique spécial parce qu\u2019il donne les signes de l\u2019occlusion du grêle, est d\u2019un traitement difficile.L\u2019extériorisation du segment iléo-cæco-colique (opération de Bloch-Mikulicz) est reconnue très grave quand elle est faite en période d\u2019occlusion ; elle aboutirait d\u2019ailleurs à un anus temporaire sur le grêle qui ne serait 168 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA pas toujours toléré.Il semble n\u2019y avoir qu\u2019une bonne solution pour cette forme: la dérivation interne par iléo-colostomie ; l\u2019opération est délicate et non dépourvue de risques en période d\u2019occlusion, mais ses résultats sont parfaits.g) Le volvulus du sigmoïde, autre exception signalée puisque orclusion par strangulation sur le côlon, peut, nous l\u2019avons vu, être reconnu cliniquement.Le traitement en est maintenant bien réglé et accepté par tous: c\u2019est l\u2019extériorisation avec résection immédiate et acrolement des deux extrémités en canon de fusil.Technique opératoire de la colostomie l\u2019anesthésie locale est toujours suffisante pour faire un anus contre nature.la colostomie cæcale ne doit comporter qu\u2019une extériorisation limitée ct une fistulisation étroite toujours suffisante pour l\u2019évacuation des gaz et des matières liquides à ce niveau.Au contraire sur le transverse et sur le sigmoïde il faut toujours faire un anus à éperon on en canon de fusil.La question de l\u2019ouverture de l\u2019anus est importante; elle peut être retardée, ou bien si l\u2019état du malade exige l\u2019ouverture immédiate elle doit être protégée par le tube de Paul ou sur une sonde.Conclusions L\u2019occlusion intestinale aiguë est malheureusement encore une affection très grave.Les progrès de son traitement viendront, à notre avis, d\u2019une meilleure discrimination des cas anatomo-cliniques avant l\u2019opération, afin d\u2019appliquer à chaque forme le traitement strictement adéquat, sans tâtonnements ou reprises, que l\u2019état toujours grave du malade ne permet pas.Le problème que nous proposons apparaît soluble puisqu\u2019il s\u2019agit, non pas de reconnaître précisément la lésion occlusive, mais d\u2019arriver à un diagnostic de groupe: \u2014 groupe de lésions indiquant la réintervention sur une cicatrice de laparatomie ; \u2014 groupe de lésions indiquant la fistulisation du grêle par la méthode de Witzel ; \u2014 groupe de lésions indiquant la laparatomie ; \u2014 groupe de lésions indiquant la colostomie ; \u2014 groupe des occlusions par péritonite, imposant le traitement causal de cette péritonite.Pour établir cette tactique opératoire les renseignements fournis par la radiographie de l\u2019abdomen sans préparation nous paraissent capitaux. PETITE CLINIQUE LA RADIUMPUNCTURE DES ANGIOMES TUBÉREUX Par Albéric MARIN, Chef du service de Dermatologie à l'hôpital Notre-Dame, Professeur agrégé de dermato-syphiligraphie.: Nous n\u2019envisagerons pas ici le traitement des angiomes plans (taches de vin), dont le résultat est des plus décevants.Nous ne considérerons pas davantage les angiomes stellaires, petites arborisations télangiectasiques.ou les points rubis, puncti- formes et légèrement saillants, qui relèvent de divers procédés faciles et disparaissent fort bien sans séquelles inesthétiques.Nous n\u2019avons en vue que les angiomes tubéreux, dont le développement peut parfois atteindre un degré monstrueux.Cette ectasie vasculaire peut se localiser un peu partout, tant à la peau qu\u2019aux muqueuses, plus souvent à la face.La tumeur sanguine, plus ou moins volumineuse et déformante, prendra de par sa situation et sa masse un aspect parfois repoussant, boursouflant paupières, lèvres, joues, envahissant jusqu\u2019à l\u2019intérieur de la bouche.D'origine congénitale, cette malformation apparaît dès la naissance ou dans les quelques jours, les quelques semaines qui la suivent.Du point de vue de leur évolution on peut classer les angiomes tubéreux en trois groupes: a) il en est qui disparaissent spontané- ruent sans laisser de traces; b) d\u2019autres dont la taille reste stationnaire et qui persistent ainsi indéfiniment; \u20ac) et ceux qui s\u2019accroissent ct dont le développement peut prendre des proportions considérables.Les angiomes de la première catégorie sont relativement peu nombreux.Les risques sont donc assez grands d\u2019espérer une régression spontanée car il est beaucoup plus de navi angiomateux qui persistent ou qui progressent. 170 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Autrefois, en présence d\u2019un nævus chez un nouveau-né, il était classique d\u2019attendre avant d\u2019intervenir afin de savoir à quel groupe appartenait la tumeur.Il était sage d\u2019escompter sa régression naturelle, car les moyens thérapeutiques alors connus étaient pénibles et laissaient tous des cicatrices très apparentes.On utilisait la compression, longuement ct fortement, mais généralement sans résultats appréciables.x Nævus tubéreux, joue.(Avant traitement).L\u2019ignipuncture était aussi de mise dans des angiomes de petites dimensions, ou encore la cautérisation chimique, mais ces deux procédés donnaient des cicatrices très laides.Le même reproche s\u2019adressait à l\u2019erérèse chirurgicale à laquelle on recourait dans certains cas.T\u2019électrolyse positive donnait des résultats plus satisfaisants, mais elle est longue, douloureuse et laisse des traces. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 171 De nos jours, l\u2019électrocoagulation, plus rapide et plus sûre, donne d\u2019aussi bons effets que les procédés précédents.Elle fait néanmoins des cicatrices.Toutefois nous y recourons souvent dans le cas d\u2019une intervention sur une muqueuse (buccale ou vulvaire) ou aux régions couvertes ou encore en pointes fines à la face quand le résultat cosmétique n\u2019est pas à considérer ou compromis.Le cryocautère peut rendre de bons services dans des nævi légèrement saillants.Appliqué prudemment il laissera peu de marques.Nævus tubéreux, joue.(Après traitement).Nous comprendrions fort bien, si nous n\u2019avions encore que ces moyens à notre disposition \u2014 qui tous sont douloureux et qui donnent des résultats csthétiques douteux \u2014 que l\u2019on reste dans l\u2019expectative afin de se rendre compte si la monstruosité ne finit pas par disparaître de bonne volonté. 172 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Mais, heureusement, nous avons dorénavant les radiations, qui peuvent, dans la vaste majorité des cas, faire fondre un angiome sans donner de traces consécutives.Les rayons X ont été très employés autrefois.Ils le sont encore en plusieurs milieux.Leur action suffit habituellement à faire disparaître des angiomes tubéreux de faible volume.Il en est cependant qui après un certain degré de régression résistent à des nouvelles © Angiome tubéreux, face.(Avant traitement).irradiations; et si celles-ci étaient trop longuement poursuivies il y aurait danger de radiodermite, avec séquelles parfois néfastes.Les mêmes résultats et les mêmes inconvénients sont attribués aux applications de radium en surface.Bien entendu, dans ces deux cas (rayons X et radium) il s\u2019agit de radiations filtrées, Un rayonne- _\u2014 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 173 ment nu, modérément pénétrant, ou des rayons bêta seraient absorbés en très grande partie par l\u2019épiderme, n\u2019atteindraient que fort peu et infiniment réduits les régions profondes où sont situées les ectasies vasculaires.A tout événement il faut procéder par doses prudentes et espacées ct ne jamais donner une dose-érvthème: on doit au contraire rester Angiome tubéreux de la paupière.(Après traitement).bien en decd et ne recourir à une nouvelle application que de 4 à 6 semaines après la précédente.Il est toutefois un autre mode d\u2019utiliser le radium qui est infiniment plus logique que les applications de radium en surface: la radiumpuncture. 174 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Cette méthode consiste à introduire au sein même des tissus à traiter des aiguilles chargées de radium.Le foyer radioactif est donc ainsi placé en plein angiome, enfoncé bien audessous de l\u2019épiderme qui le recouvre.Il provoque \u201cin situ\u201d la réaction nécessaire (endar- térite oblitérante) sans que les rayons, en passant inutilement à travers l\u2019épiderme, lèsent celui-ci et causent une radiodermite dont les séquelles sont aussi inesthétiques que l\u2019affection elle-même.On a objecté à ce procédé de la radiumpuncture qu\u2019elle est douloureuse.Or le malade ne ressent que l\u2019introduction de l\u2019aiguille qui donne une douleur comparable à celle d\u2019une injection hypodermique.On a aussi prétendu qu\u2019elle pouvait provoquer de la radium- nécrose des tissus et organes avoisinants.Mais ceci est mal fondé puisque les doses données sont faibles.A la suite de multiples radiumpunctures effectuées dans notre clinique nous n\u2019avons jamais observé d\u2019incidents ou d\u2019accidents, quel que fût le siège de la radium- puncture: cutané, vulvaire, buccal, labial, juxta-oculaire.A notre avis cette méthode est même plus fidèle puisqu\u2019elle épargne l\u2019épiderme et nous permet d\u2019irradier moins longuement.Ajoutons qu\u2019on y doit recourir dans le cas d\u2019angiomes situés dans les cavités naturelles.En effet, aux muqueuses buccale ct génitale il est impossible d\u2019utiliser rayons X et radium en surface.Ces localisations commandent la radiumpuneture seule, les autres techniques d\u2019irradiation n\u2019étant pas applicables.Nous publions des photographies d\u2019enfants porteurs d\u2019angiomes tubéreux que nous avons traités.Tun deux présentait une tumeur vasculaire considérable siégeant au rebord de la paupière supérieure, et ayant atteint le volume d\u2019une grosse olive.\u201c Nous avons pratiqué quelques radiumpunctures.Ie naevus a fondu graduellement.Il ne subsiste qu\u2019une très mince atrophie, per cpparente.L\u2019œil n\u2019a subi aucune perturbation.L'autre fut traité par l\u2019électro-coagulation, qui a laissé une légère cicatrice.2 -_\u2014- \u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014 > \u2014\u2014 = VARIÉTÉS DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL Mes chers collègues, Le premier sentiment qui me vient à Pesprit en occupant ce fauteuil est un sentiment d\u2019immense gratitude pour l\u2019honneur que vous m\u2019avez fait en m\u2019élisant votre Président pour l\u2019année 1934.Quand on sait que notre Société est probablement la plus ancienne société médicale de langue française, en dehors du terrtoire français, ot probablement aussi la plus nombreuse ; quand on sait le rôle qu\u2019elle à Joué dans l\u2019organisation de notre profession, dans la dissémination des notions d\u2019hygiène, dans la lutte pour la prévention des maladies contagieuses au sein de la population, non seulement de notre ville, mais bien souvent de la province, on ne peut pas s\u2019empêcher de ressentir le sentiment que je viens de vous exprimer.Ce qui s\u2019est fait dans le passé se continuera.On fera encore appel à son approbation pour des mesures de protection comme on l\u2019a fait l\u2019année dernière pour la vaccination antidiphtérique; on la consultera avant de légiférer sur des questions d\u2019ordre social comme pour la loi des assurances sociales, ou des questions médico-légales comme pour les questions d\u2019accidents du travail.SI ON ne la consulte pas, elle fera quand même entendre sa voix, comme elle l\u2019a fait tout récemment au sujet des honoraires pour soins aux chômeurs.Il est indiscutable que notre Société est considérée dans tous les milieux comme le représentant reconnu de la profession de la région de Montréal.Notre Société, messieurs, a été fondée en octobre 1871, par un groupe de médecins patriotes, l\u2019élite de la profession à Montréal : les docteurs Ilottot, Dagenais, Desrosiers, Laramée, Lachapelle et autres, non seulement comme société d\u2019études mais aussi pour grouper des forces qui luttaient contre le projet de former un Collège Fédéral des Médecins, dans lequel, nous, de langue française, aurions été infailliblement novés.la Société a pu suspendre ses séances pendant 176 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA certaines périodes; elle a pu être réorganisée, mais elle n\u2019en existe pas moins depuis 62 ans.Elle a fonctionné dans la période préantiseptique.elle a véeu la merveilleuse transformation que la médecine a subi de 1875 à 1890.Toutes les découvertes, toutes les applications thérapeutiques ont été exposées à cette tribune, soit par des membres revenant de voyages d\u2019études, soit par des médecins plus audacieux qui expérimentaient ce qu\u2019ils lisaient dans des revues étrangères ct soumettaient les résultats obtenus.On peut dire sans crainte d\u2019exagération que la Société Médicale de Montréal a contribué largement à l\u2019instruction du corps médical depuis sa fondation.Quelqu\u2019un disait un jour qu\u2019il n\u2019était jamais venu à une séance sans apprendre quelque chose.Quel est celui d\u2019entre nous qui ne peut pas en dire autant en touts sincérité.I] est excessivement intéressant de lire les communications qui se faisaient à notre Société, il y a 60 ans, à la lumière de nos connaissances actuelles.Il n\u2019était naturellement pas question de microbes; on parlait \u201cd\u2019influences morbifiques qui prennent naissance et se développent dans l\u2019atmosphère\u201d et l\u2019on attribuait à de vagues miasmes tous le: crimes dont on accuse maintenant les microbes.La chirurgie abdominale n\u2019existait pas, et pour cause.La médecine ne s\u2019était pas encore débarrassée d\u2019une certaine tournure d\u2019esprit dogmatique qu\u2019elle tenait d\u2019un lointain passé, ct ia dialectique jouait un rôle souvent considérab'e dans l\u2019étahlissement du diagnostic.Ce n\u2019est que plus tard que certains esprits d\u2019avant- garde ont osé bousculer les vieux dogmes et proclamer, comme Claud: Bernard, que \u201clorsque le fait que l\u2019on rencontre est en opposition avec les théories régnantes, il faut accepter le fait et abandonner la théorie lors même que celle-ci, soutenue par les plus grands noms, est généralement adoptée\u201d.Ilenri de Tourville a concentré la même idée en disant: \u201cQuand la raison et le fait sont en opposition, c\u2019est le fait qui a raison\u201d.En 1873, il y a 60 ans, le Dr Bibaud, professeur d\u2019anatomie à l\u2019Ecole Victoria, est président et la Société fonctionne régulièrement.Je ne vous réciterai pas tout ce qui s\u2019est passé au cours de l\u2019année, mais il y a certains sujets qui vous intéresseront sûrement.Il y avait d\u2019abord trois questions qui sont encore débattues de nos jours, l\u2019une sous une forme un peu différente; les deux autres sont exactement les mêmes.Il y avait la question du tarif pour les médecins de campagne.Si l\u2019on tient compte, comme il faut le faire, pe tame + L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 177 du pouvoir d\u2019achat du dollar qui était certainement trois fois plus fort, il y a 60 ans, que maintenant, il semble qu\u2019il était plus lucratif d\u2019exercer dans ce temps-là qu\u2019aujourd\u2019hui.On peut y lire, entre autres choses: Visite de jour, moins d'un demi-mille .$ 1.00 Visite de nuit, moins d'un demi-mille .2.00 Certificat desanté .500 Accouchement naturel .222022422220 s.00 Version ou forceps .20.00 Amputation de jambe ou bras .100.00 Amputation de cuisse .150.00 Lithotomie .400.00 Ovariotomie .« « « .400.00 Ces prix ne devaient pas être exigés.Est-il possible de refuser d\u2019opérer une hernie étranglée si le malade n\u2019a pas $200 à vous donner ?Autrefois, comme aujourd\u2019hui, un tarif médical est pratiquement impossible à suivre.Les honoraires dépendent plus de la capacité de payer du malade que des services rendus.Une autre question débattue était celle des charlatans.On rapporte que certains charlatans n\u2019hésitaient pas a singer des gestes et des attitudes rituelles pour impressionner les \u201cpoires\u201d qui leur confiaient leur peau.Enfin la troisième question nous touche tout particulièrement.A la séance du 11 janvier 1873, avant de passer à l\u2019ordre du jour, la Président désire faire remarquer le petit nombre des membres présents aux séances de la Société Médicale de Montréal depuis quelque temps, ete, ete.Je n\u2019analyserai aucune des communications faites en 1543; ce serait trop long.Je ne rapporterai que quelques passages pris ici et la.Le Dr A.-B.Larocque, officier de Santé, fulmine contre la jeunesse de son temps.\u201cLa jeunesse d\u2019aujourd\u2018hui\u201d, s\u2019écrie-t-il, \u201cénervée par un sensualisme destructeur, pourra-t-elle léguer à la génération future cette plasticité sociale et ces mâles vertus que possédaient nos ancêtres\u201d\u201d.Que dirait-il done, ce bon grand-père, s\u2019il suivait la jeunesse de 1933, avec ses jeunes filles qui s\u2019enfilent du scotch et des cocktails, qui se passionnent pour la cigarette, qui se promènent l\u2019hiver en bas de soie et l\u2019été, sur les plages, en cache-sexe et brassière ?C\u2019est l\u2019éternel refrain.L?homme des cavernes devait grogner sur les écarts de la jeunesse paléolithique, et je me demande ce que 178 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA diront les hygiénistes et les moralistes de l\u2019an 2000, quand le nudisme intégral aura conquis l\u2019univers.Le Dr Hingston en parlant de l\u2019acide carbolique \u201ccroit qu\u2019il prendra la place qui lui convient, non pour détruire des germes créés par des enthousiastes pour le plaisir de les tuer, mais afin de diminuer la suppuration et de combattre la septicémie\u201d.Il rapporte ailleurs l\u2019observation d\u2019un cancer de la langue ayant envahi une partie de la mâchoire.Opération brillante, magnifique cuccès opératoire.\u201cNonobstant l\u2019emploi de l\u2019Ecraseur\u201d, dit-il, \u201cil y eu un jet de sang un peu alarmant, mais il fut parfaitement contrôlé par une ligature.Ce n\u2019est que la 3ème ou 4ème fois que je me suis servi de la ligature depuis six ans, l\u2019Acupressure ayant toujours suffi.Le temps n\u2019est pas loin où la ligature sera abandonnée par d\u2019autres comme elle l\u2019a été par moi.\u201d Je n\u2019ai jamais vu pratiquer l\u2019Acupressure.Littré dit que cette pratique consistait à passer une épingle à travers les tissus puis pardessus l\u2019artère, puis de nouveau dans les tissus de façon à comprimer le vaisseau, soit sur un os quand c\u2019était possible, soit sur d\u2019autres tissus.L\u2019épingle était enlevée deux ou trois jours plus tard quand l\u2019artère était oblitérée par le caillot.T?idée était de ne pas laisser de corps étranger dans une plaie et de prolonger ainsi la suppuration.ll ne faut pas oublier que toute plaie pour évoluer normalement devait suppurer, et il arrivait trop souvent, hélas! à cette suppuration de dégénérer en septicémie ou en pyohémie.Mais 1a ott on peut le mieux se rendre compte de la manière de penser de l\u2019époque, c\u2019est en lisant le travail du Dr Rottot sur le traitement antiphlogistique, lu à la séance du 22 octobre 1873.On tie peut pas lire une observation de ce temps-là sans qu\u2019il soit question du traitement antiphlogistique.Qu\u2019est-ce donc que ce fameux traitement\u201d C\u2019est l\u2019emploi du tartre émétique, des sudorifiques, des purgatifs et surtout.de la saignée; et on ne saignait pas de main morte! Je lis dans une observation de pneumothorax traumatique, malade encorné par un bœuf, que le 9 juillet le malade a subi une saignée de 36 à 40 onces; le 12, saignée de 45 à 50 onces; le 14, troisième saignée, de 36 à 40 onces; cela fait, à part de l\u2019hémorragie causée par le traumatisme, une perte de sang de 120 à 130 onces dans l\u2019espace de 4 jours, et le malade a guéri quand même.Je crois que c\u2019est un maître de Lyon qui disait qu\u2019il est souvent bien difficile d\u2019empêcher un malade de guérir.Je résume brièvement la communication du Dr Rottot: \u201cLe siège de la maladie\u201d, dit-il, \u201cparaît être dans les dernières ramifications des T\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 179 vaisseaux capillaires, là où se passent les phénomènes de la nutrition ; il en résulte toujours un trouble dans les fonctions de la nutrition et on obtient comme résultat soit l\u2019atrophie, l\u2019hypertrophie, l\u2019ulcération ou la gangrene.Dans un organe enflammé, il y a plus de sang, il circule avec plus de vitesse, l\u2019action nerveuse est plus intense, les fonctions de la nutrition se font plus rapidement.Il y a par conséquent excès de vitalité.Pour ramener l\u2019organe à son état normal, il faut donc diminuer la quantité de sang qu\u2019il contient, diminuer la circulation, employer en un mot le traitement antiphlogistique.\u201cComme la santé n\u2019existe que lorsqu\u2019il y a un rapport parfait dans les fonctions des divers organes, on n\u2019affaiblit pas un organisme quand on lui enlève ce qu\u2019il a de trop et que l\u2019on rétablit l\u2019équilibre.Les toniques et les stimulants constituent de nouveaux auxiliaires à la maladie.\u201cS'il y a excès de vitalité on a donc tort de dire que maladie est synonyme de faiblesse.l/\u2019excès de vitalité dans un organe ou dans un organisme tout entier n\u2019est pas de nature à fortifier; ce surcroît d\u2019action détériore l\u2019organe, use la constitution de sorte que l\u2019on a bientôt la faiblesse, l\u2019inertie et la mort.\u201d Dans la longue discussion qui suivit cette communication, seul le Dr Hingston se pose en adversaire du traitement antiphlogistique.Pour lui, la maladie affaiblit, et on ne doit pas augmenter la faiblesse par une perte de sang.Tous les autres membres présents, qui étaient les médecins les plus réputés de l\u2019époque, sont tous plus ou moins chauds partisans de la saignée locale ou générale, tous sont des croyants du Credo antiphlogistique.Le Dr Rottot dans sa réplique pousse plusieurs bottes à son ami ITingston, se demande si l\u2019érysipèle n\u2019est pas plutôt une fièvre qu\u2019une inflammation et conclut en disant que \u201cjamais la médecine ne pourra se passer de ce puissant moyen antiphlogistique\u201d.Ce qu\u2019il y a de surprenant, c\u2019est que ces hommes étaient intelligents, instruits, des hommes qui ont fait leur marque.Presque tous étaient professeurs à l\u2019Ecole de Médecine; ils étaient Pélite des praticiens de l\u2019époque.Cette manière de penser n\u2019était pas particulière à notre pays.Je me rappelle avoir lu que Peter, un grand médecin parisien, ennemi acharné des doctrines pasteuriennes, avait importé d\u2019Angleterre des coqs de race pour sa ferme.Il se plaignait que ses coqs avaient de la difficulté à s\u2019acclimater, qu\u2019ils manquaient d\u2019entrain, et \u201cpourtant, disait-il, je les saigne régulièrement tous les deux jours\u201d.Ne sourions pas aux erreurs de nos ancêtres; ce serait de la 180 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA dernière cruauté; n\u2019oublions pas que nous bénéficions des progrès des 60 dernières années, progrès plus grands que ceux de tous les siècles précédents, et que nous avons à notre disposition une foule de moyens qu\u2019ils ne soupçonnaient même pas; n\u2019oublions pas, comme le dit Anatole de Monzie, que \u201cle progrès se construit à coup de rectifications sur une base de vérités provisoires et parce que ces vérités provisoires ont tenu en haleine non seulement la raison des hommes mais aussi leurs espoirs et leur foi\u201d.C\u2019est dans cet esprit que Renan recommandait l\u2019indulgence envers le passé, une indulgence sans morgue et sans dédain.Je vous remercie du conseil que vous avez élu et sur lequel j'aurai à m\u2019appuyer pour bien m\u2019acquitter de ma tâche.Notre Vice, M.Guy Hamel, en plus d\u2019être un médecin averti et de belle réputation, est ce qu\u2019on est convenu d\u2019appeler un chic type, c\u2019est-à-dire un gentilhomme d\u2019une grande popularité auprès de tous ceux qui le connaissent.Il sera un Vice aimable et une président écouté et très distingué.J\u2019endosse entièrement ce que notre ex-président disait de notre secrétaire-trésorier général à la dernière séance.Il est indéniable que depuis que M.Gérin-Lajoie occupe ce poste, notre Société fonctionne mieux, plus régulièrement qu\u2019auparavant, que nos livres sont tenus à la perfection.Par sa position de secrétaire de l\u2019Association Médicale Provinciale, il a contribué à nous faire connaître, à nous rapprocher de l\u2019élément anglais; cela ne peut être qu\u2019avantageux pour les deux races qui doivent, bon gré, mal gré, vivre côté à côte et se frotter un peu tous les jours.Je souhaite que le Secrétaire des séances, dont je pense le plus grand bien, suive son exemple quand il lui aura succédé, comme l\u2019ex-président l\u2019a laissé entendre.Avant de quitter le fauteuil, mon ami M.Gagnon vous a fait de son successeur un éloge dithyrambique, que j'ai pris pour une aimable plaisanterie.Fontenelle dit bien qu\u2019aucune voix n\u2019est plus douce à Poreille que celle qui chante nos louanges, mais La Fontaine nous avertit de nous méfier des flatteurs.Je serai plus sobre et je lui dirai que j'ai beaucoup admiré la dignité sans prétention, la fermeté et le tact qu\u2019il a montrés pendarit sa présidence.Je n\u2019espère même pas déployer les mêmes qualités et les mêmes talents; aussi je compte sur le concours de chacun pour que notre Société fonctionne aussi dignement, aussi régulièrement, aussi profitablement en 1934 qu\u2019elle l\u2019a fait jusqu\u2019à présent.16 janvier 1934.aman REVUE DES LIVRES P.NOBECOURT et L BABONNEIX.\u2014 Traité de Médecine des Enfants, Tome I.Maladies de la croissance et de la nutrition.Pathologie des glandes endocrines.Un volume de 988 pages avec nombreuses figures.Paris, 1934 (Masson et Cie, éditeurs).Nous devons savoir gré au professeur Nobécourt et au docteur Ba- bonneix d\u2019avoir entrepris la tâche de publier un Traité de Médecine des Enfants.Il n\u2019existait pas, en France, un grand Traité de Pédiatrie de date récente.Il faut, en effet, remonter à 1909 pour trouver dans la littérature médicale française un ouvrage de ce genre.\u201cRelier le présent au passé qui nous a laissé tant de données précieuses ; faire à la clinique traditionnelle une large place, sans négliger aucun des moyens d\u2019investigation que la physique, la chimie, la physiologie, la bactériologie, l\u2019histologie mettent à la disposition du médecin; décrire les lésions essentielles, sans se perdre dans des détails trop techniques; insister sur l\u2019étiologie et la pathogénie, sans attribuer une importance trop grande aux théories souvent éphémères; donner à la prophylaxie et à la thérapeutique, qui est le but de la médecine, le développement indispensable, mais en négligeant le fatras qui l\u2019encombre au détriment des méthodes véritablement utiles\u201d, telles sont les directives de ce Traité.Le Tome I vient de paraître.C\u2019est un volume d\u2019environ 1000 pages, élégamment édité, avec de nombreuses figures bien choisies et pour la plupart originales.L\u2019ouvrage est consacré principalement aux maladies de la croissance et de la nutrition et à la pathologie des glandes endocrines.Il comprend d\u2019abord la table des matières analytique détaillée des Tomes I à V, et une Introduction à la Médecine des Enfants par Babonneix qu\u2019il faut avoir lu.On trouve, dans la première partie de cette Introduction, un intéressant historique de la Pédiatrie de ses origines jusqu\u2019à nos jours.\u201cBien que les érudits aient cherché à retrouver dans les Aphorismes d\u2019Hippocrate des passages concernant notre spécialité, écrit Babonneix, bien qu\u2019elle ait été l\u2019objet de monographies au XVIe, au XVIIe et au XVIIIe siècle, on peut dire qu\u2019elle n\u2019a pris son essor qu\u2019au XIXe\u201d.A cet essor les pédiatres français ont contribué de façon importante avec Barthez et Rilliet, Trousseau, Henri Roger, Germain Sée, Parrot, Grancher, V.Hutinel, Variot, Weill, Comby, Netter, Marfan.Après avoir ainsi rendu hommage à l'œuvre de nos prédécesseurs et de nos maîtres de France, M.Babonneix expose dans une seconde partie les acquisitions récentes de la Médecine Infantile, montrant quelles sont les préoccupations actuelles des pédiâtres et dans quelles voies sont orientées aujourd\u2019hui les recherches. 182 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Dans ce volume sont étudiés les troubles de la croissance et les maladies de la nutrition par P.Nobécourt; les maladies par carence par E.Lesné; Thypertrophie du thymus et le lymphatisme par G.Mouriquand (de Lyon); la débilité congénitale et la prématuration par P.Rohmer (de Strasbourg); les affections provoquées par les agents physiques par I.Ribadeau-Dumas; la pathologie des glandes endocrines par IT.Janet et IL.Babonneix; les affections congénitales par E.Apert; les fièvres prolongées de cause obscure des enfants et des adolescents par J.Cathala; le syndrome pâleur-hyperthermie des nouveau-nés opérés par J.Hutinel et L.Aurous- seau; le sclérème et l\u2019œdème des nouveau-nés, la cellulite, la lipodystrophie progressive (maladie de Barraquer-Simons), l'œdème angioneurotique (maladie de Quincke) par E.Fichon.On sait que le professeur Nobécourt s\u2019est attaché depuis plusieurs années à l\u2019étude des troubles de la croissance et des maladies de la nutrition et qu\u2019il a beaucoup publié sur ce sujet.Les chapitres qu\u2019il consacre à la croissance normale et pathologique, au nanisme et au gigantisme.aux états de dénutrition et à l\u2019athrepsie, aux obésités et au diabète sucré des enfants contiennent des aperçus et des documents d\u2019une exceptionnelle valeur.L'article de E.Lesné sur les maladies par carence résume également plusieurs années de patientes recherches et comprend une riche documentation personnelle.Après avoir exposé les généralités indispensables sur les carences et les avitaminoses, l\u2019auteur présente une excellente étude clinique du rachitisme et du scorbut.Le diagnostic de l\u2019hypertrophie du thymus ne peut être fait que lorsque la radiographie est prise dans des conditions particulières que précise le professeur Mouriquand (de Lyon).A l\u2019aide d\u2019observations cliniques et de clichés très démonstratifs, il insiste sur certaines erreurs de diagnostic et indique les moyens de les éviter.Que faut-il penser du lymphatisme chez les enfants?Quels sont ses rapports avec la serofule ?C\u2019est à ces questions que répond G.Mouriquand en exposant sa conception du \u201cterrain lymphatique\u201d.Malgré les progrès de la diététique, l\u2019alimentation des débiles et des prématurés demeure encore un angoissant problème qui ne peut être résolu uniquement par le calcul des calories.Il y a lieu en outre de tenir compte du facteur individuel, de la capacité digestive et de la tolérance alimentaire du nouveau-né.En d\u2019autres termes, il faut savoir observer l\u2019enfant.Il y a plus.A côté du problème alimentaire existe un autre problème, non moins ardu, celui de la régulation thermique, qui est loin d\u2019être entièrement solutionné malgré tous les efforts qui ont été faits dans ce sens.C\u2019est avec cet esprit critique et clinique que le professeur P.Rohmer (de Strasbourg) traite de la débilité congénitale et de la prématuration, indiquant de façon très pratique la manière d\u2019alimenter ces enfants, de les réchauffer et\u2019 de régulariser leur température.Sous le titre d\u2019affections provoquées par les agents physiques, L.Riba- deau-Dumas étudie l\u2019action du froid, de la chaleur et l'influence des saisons sur la santé des nourrissons.C'est là un chapitre de pathologie générale du premier âge, d'une importance considérable, qui permet de prévoir quelles transformations subiront, dans quelques années, certaines de nos conceptions sur l\u2019étiologie et la pathogénie des maladies du nourrisson. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 183 La pathologie des glandes endocrines a fait l\u2019objet de nouvelles recherches dont a su tenir compte H.Janet dans les chapitres qu\u2019il a consacrés aux maladies de la glande thyroïde, des glandes surrénales et de l\u2019hypophyse.Chaque article est précédé d\u2019un rappel anatomo-physiologique et rédigé dans dans un style sobre, clair et net qui en rend la lecture facile.Les syndromes testiculaires et ovariens, les syndromes pluriglandulaires sont rédigés par L.Babonneix.Qui mieux que E.Apert, a la fois savant et vu'garisateur hors-ligne, pouvait traiter- des affections congénitales et rendre accessibles certaines notions complexes, mais nécessaires sur les maladies germinales et les affections acquises pendant la vie embryonnaire ou fœtale.Rappelons que, depuis la publication de son Traité des maladies familiales et des maladies congénitales, paru en 1907, l\u2019auteur n\u2019a cessé de s\u2019intéresser à ce sujet.Les fièvres prolongées de cause obscure des enfants et des adolescents constituent un problème clinique particulièrement délicat dans la clientèle privée.J.Cathala indique comment il faut procéder pour en préciser l\u2019étiologie, et quelle ligne de conduite il convient de tenir vis-à-vis du malade et des parents.Depuis le rapport d\u2019Ombrédanne au Congrès de Montréal en 1922, le syndrome pâleur-hyperthermie des nouveau-nés opérés a fait l\u2019objet de nom- Lbreuses publications, parmi lesquelles nous mentionnerons la thèse d\u2019Armin- geat parue en 1929.En s\u2019inspirant de ces travaux, J.Hutinel et L.Aurous- seau ont rédigé sur le syndrome un article court, mais substantiel.Enfin, les directeurs ont confié à E.Pichon le soin de traiter du sclé- rème et de l'edéme des nouveau-nés, de la cellulite, de la lipodystrophie progressive (maladie de Barraquer-Simons), de l\u2019ædème angioneurotique (maladie de Quincke).Il s\u2019en est acquitté avec honneur.Le Traité de Médecine des Enfants de P.Nobécourt et L.Babonneix \u201cvient au monde après une gestation aussi courte que possible, étant donné le travail considérable qu\u2019il a nécessité\u201d; il comprend cinq volumes qui paraîtront d\u2019ici le 15 avril prochain.Contrairement à d\u2019autres traités, \u201cil n\u2019aura pas vieilli au moment de son apparition\u201d.Paul LETONDAL. 2° 4° 5° 6° 7° 8° 9° FORMULAIRE TRAITEMENT DES PYODERMITES DU NOURRISSON.\u2014 ABCES SOUS-CUTANÉS MULTIPLES.Ne pas baigner l'enfant.Laver tous les jours les téguments avec une solution antiseptique chaude et non irritante, comme l\u2019eau d\u2019Alibour dédoublée.On sait que l\u2019eau d'Alibour a pour formule: Sulfate de cuivre .\u2026.eer Lu Lee Lune 3 grammes Sulfate de zinc .coer veer vues veus vues 2 Teinture de safran .oo.Less Lune 0 gr.50 Eau-de-vie camphrée .\u2026 5 grammes Eau distillée .cc.coo cin en aus Lune | litre Sécher avec de la ouate aseptique.Appliquer une fois par jour sur les lésions un peu de la solution suivante: Bleu de méthyléne .\u2026.Lu Les Lane vus 0 gr.60 Eau distillée .60 grammes Vétir l'enfant de linges stérilisés autant que possible à l'étuve, suivant le conseil de E.Weill (de Lyon).Cylindres de carton aux coudes pour éviter les réinoculations par le grattage.Ne pas inciser les abcès superficiels qui s'ouvrent tout seuls, mais ouvrir les abcès profonds.Dans les cas de lésions très étendues ou récidivantes, faire de la .> .\u2019 ° vaccinothérapie au moyen de l'auto-vaccin.Surveiller l\u2019alimentation et l'hygiène générale.Paul LETONDAL. ANALYSES CHIRURGIE |.SABADINI, \u2014 Formes cliniques et traitement des occlusions intestinales consécutives aux opérations d\u2019appendicite à chaud.La Presse Médicale, Paris, an.XLIs No 64, août 1933, p- 1265-1267.Les occlusions intestinales à la suite d\u2019appendicectomies à chaud sont assez fréquentes et l\u2019accord ne semble pas être fait encore sur la meilleure méthode à opposer à cette complication.L\u2019A.rapporte d\u2019abord 3 observations personnelles : Iére observation.Jeune homme de 18 ans opéré pour appendicite gangrenée avec liquide louche dans le ventre que l\u2019on draine par deux mèches.Quatre jours après, douleurs abdominales, arrêt des matières et des gaz, vomissements, défense pariétale, température et accélération du pouls.Après 20 heures d\u2019attente et de traitement médical, nouvelle intervention.Il s\u2019écoule du liquide louche, mais pas de pus; le caecum forme avec des anses iléales un bloc agglutiné; la séreuse est rouge, congestionnée, et parsemée de fausses membranes.Le doigt ganté, avec précaution ces agglutinations sont détruites.Suites opératoires parfaites.Guérison.IIième observation.Homme de 35 ans, opéré un an auparavant pour appendicite aiguë banale.Douleurs abdominales généralisées, arrêt des matières et des gaz.À l\u2019intervention, la terminaison de l\u2019iléon est unie à une partie du grêle, située en amont à 40 cm.environ, par une bride, d\u2019une longueur de 3 cm., très épaisse et très résistante.Section de la bride.Guérison.IITième observation.Homme de 45 ans, présente tous les signes d\u2019une appendicite aiguë grave.Opération d\u2019urgence.La cavité péritonéale est envahie par un liquide sanieux, très fétide; l\u2019appendice est volumineux, turgescent, plein de pus et gangrené.Appendicectomie.Drainage.Les jours suivants, aucune émission de gaz, distension abdominale considérable.Le diagnostic d\u2019iléus paralytique est posé et l\u2019on institue le traitement approprié; débâcle intestinale que le Gième jour.Guérison.Ces trois observations sont intéressantes au double point de vue patho- génique et thérapeutique.Chacune relève d\u2019une des trois causes d\u2019occlusion intestinale post-appendiculaire: occlusion précoce par agglutination des anses intestinales ou par parésie, occlusion tardive par brides.Chacune d\u2019elles impose un mode de traitement différent.Les opinions varient sur le traitement à instituer contre les occlusions précoces par agglutination.Schématiquement, quatre méthodes sont en présence: désagglutination des anses par incision médiane ou par la brèche opératoire; anus caecal par l\u2019incision appendiculaire; anus iléal, le plus près possible du caecum par laparotomie médiane; enfin, l\u2019entéro-anastomose. 186 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA L\u2019A.discute ensuite la valeur de ces différentes méthodes.L\u2019entéro- anostomose ne paraît pas, de prime abord, très satisfaisante.Elle est longue; elle est choquante, chez un malade déjà infecté.Elle a été peu employée et son indication est rare.L\u2019anus iléal soulève aussi certaines objections: la parotomie médiane, malaxage des anses pouvant entraîner la rupture de la barrière réactionnelle qui limite l\u2019infection sans parler des ennuis que peuvent entraîner un anus sur le grêle haut situé et l\u2019obligation d\u2019une nouvelle intervention pour refermer cet anus.La caecostomie ne pourra être pratiquée que si le caecum se présente à la paroi; ce qui n\u2019est pas toujours le cas.En outre, elle aura peu de chances d'aboutir à un résultat, l\u2019obstrue- tion siégeant en amont.Aussi l\u2019A.donne-t-il la préférence à la désaggluti- nation des anses; technique simple, facile, pouvant procurer et à peu de frais, la guérison cherchée.Mercier FAUTEUX.P.DREYFUS-LeROYER.\u2014 L\u2019anesthésie du nerf sus-scapulaire au cours des thoracoplasties.La Presse Médicale, Paris, XLI an, No 103, déc.1933, p.2097-2098, avec 2 figures.Au cours des thoracoplasties, la traction en haut et en dehors du bord spinal de l\u2019omoplate est toujours douloureuse malgré des injections assez importantes de novocaïne.Des recherches anatomiques de l\u2019A., faites sous la direction de Rouvière, ont permis d\u2019entrevoir le mécanisme de cette douleur, de préciser la technique de l\u2019anesthésie sous acromio-coracoïdienne et d\u2019en comprendre les effets.Une solution de novocaïne à 1 /200 est employée.L\u2019anesthésie du nerf sus-scapulaire est faite indifféremment au début ou à la fin de l\u2019anesthésie de la peau et des plans profonds.Le malade étant en position opératoire, l\u2019on badigeonne à l\u2019iode l\u2019hémi-thorax, le moignon de l\u2019épaule et le creux sus-claviculaire.La dépression, située à la jonction du bord postérieur de la clavicule et du bord antérieur de l\u2019acromion, est répérée.Ces deux saillies osseuses constituent un angle ouvert en dedans et limitent cette dépression.On note sur le bord inférieur de l\u2019acromion un nouveau point de repère situé sur la verticale abaissée de l\u2019angle acromio- claviculaire.C\u2019est à un travers de doigt en dedans de ce dernier point et à 2 mm.au-dessous du bord postérieur de l\u2019épine de l\u2019omoplate que l\u2019on pratique un bouton intradermique de novocaïne.A ce même niveau, avec une aiguille plus longue et de calibre plus fort, on pénètre librement sur une longueur de 3 à 5cm., puis elle s\u2019arrête sur un plan résistant qui est la face inférieure de l\u2019épine de l\u2019omoplate.L\u2019aiguille, légèrement retirée, est penchée en dedans de telle sorte que celle-ci constitue avec le plan cutané un angle de 60 à 70° ouvert en dedans.Enfoncée de nouveau de 1 à 2cm, elle contourne le bord externe de l\u2019épine de l\u2019omoplate et l\u2019on atteint la région du nerf scapulaire.Mercier FAUTEUX.-\u2014 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 187 ROBERTS, JOHNSON et BRUCKNER.\u2014 La cavité péritonéale asepti- que- Fausse appellation.Surg., Gyn.&bst.vol.-LVIII, No 6, déc.1933, p.752-761.Des expériences pratiquées par les À, il semble que dans 80% des cultures prélevées de la cavité péritonéale, l\u2019ensemencement serait positif.Ces résultats seraient obtenus d\u2019une façon toujours identique, qu\u2019il s'agisse de mâles ou de femelles et en dehors de toute évidence d\u2019inflammation intra- péritonéale.Les A.concluent que la cavité péritonéale aseptique est une ineptie.Mercier FAUTEUX.R.A.SCARBOROUGH.\u2014 Le prurit anal: son étiologie et son traitement.Annals of Surgery, vol.XCVIII, No 6, déc.1933, p- 1039-1045.Une étude des publications sur le prurit anal donne la conviction que l'étiologie de cette affection est incomprise et que son traitement n\u2019est pas très satisfaisant.Les premières conceptions étiologiques rattachent ce trouble à un état hystérique; puis presque toutes les affections organiques ont été tenues responsables: la goutte, le diabète, le rhumatisme, la néphrite, l\u2019hépatite, la syphilis et la tuberculose.On a même accusé la pyorrhée alvéolo-dentaire.L\u2019expérience montre qu\u2019il y a toujours une cause locale pour expliquer le prurit anal.Le facteur essentiel est la présence de sécrétions irritantes: relâchement sphinctérien, hémorroïdes internes ou externes, rectites.Le traitement, lorsqu\u2019il est dirigé contre ces causes locales, amène la guérison.Mercier FAUTEUX.Fred.W.RANKIN et James T.PRIESTLEY.\u2014 Prolapsus du rectum.Annals of Surgery, déc.1933.Il existe une grande divergence d\u2019opinions relativement aux changements pathologiques, à la classification et aux traitements du prolapsus rectal.I.\u2014 Prolapsus de la muqueuse rectale.Surtout fréquent chez les enfants et les vieillards.La muqueuse seule est altérée.La constipation et la diarrhée prédisposent au prolapsus chez les enfants débiles.Chez l\u2019adulte, il est ordinairement secondaire à une affection qui oblige le malade à forcer pour aller à la selle.Le diagnostic est 4 faire avee le prolapsus vrai du rectum, un polype, des hémorroides.Le traitement, médical au début, a pour objet d\u2019éliminer les causes prédisposantes.Fraser rapporte 50 cas guéris avec des injections d\u2019alcool.On peut aussi cautériser la muqueuse.L\u2019excitation est la méthode la plus sûre.IL \u2014 Prolapsus vrai du rectum (procidence).Il est caractérisé par la procidence à la fois de toutes les couches du rectum.On reconnaît deux types distincts.Le premier commence en bas 188 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA du repli péritonéal sur le rectum; il n\u2019y a pas de sillon marginal.Le second commence au-dessus de ce repli; il a un sillon marginal.On rencontre ce dernier presque toujours chez l\u2019adulte.Etiologie.Assimilable aux hernies.Le facteur principal serait la faiblesse du fascia transversalis causée par certaines influences pathologiques, comme l'accroissement de la pression intra-abdominale, la constipation, la diarrhée, ete.Les A.décrivent brièvement les symptômes, puis passent au traitement.Traitement.Hygiène générale.Traitement médical au début.Pommades et lotions adoucissantes; injections sous-muqueuses d\u2019astringents; supports mécaniques; traitements électriques.Les interventions chirurgicales usitées sont ensuite mentionnées.La sigmoïdopexie donne des résultats satisfaisants dans les cas légers.La résection serait surtout avantageuse dans les prolapsus étranglés et s\u2019il se produit de la gangrène.L\u2019opération de Moschcowitz, oblitération du cul-de-sac Douglas, un tube étant placé dans le rectum, a été pratiquée neuf fois par les À.avec sept succès.III.\u2014 L\u2019invagination du rectosigmoïde.Elle n\u2019est pas à proprement parler un vrai prolapsus, mais l\u2019invagination du segment inférieur du sigmoïde et du rectosigmoïde dans la portion ampullaire du rectum.L\u2019étiologie et les symptômes cliniques sont comparables à ceux du porlapsus.Le traitement est également le même; opération de Moschcowitz.Le diagnostic est fait par le toucher rectal et l\u2019examen rectoscopique.Contrairement aux autres invaginations du gros intestin, l\u2019étranglement, l\u2019obstruction complète ou les adhérences des portions invaginées, se produisent rarement L-A.BOURBEAU.M.D.LE GRAND GUERRY.\u2014 Le jugement chirurgical dans les cas aigus de l\u2019abdomen.Annals of Surgery, nov.1933, p.922-927.L\u2019A.établit une distinction entre un opérateur et un chirurgien.Le premier s\u2019occupe surtout de problème de méthodes et de technique, oubliant les principes fondamentaux de la médecine qui sont à la base de la pratique de la chirurgie.Le second est cultivé, il a un jugement sûr, il sait écarter les doutes au point de vue diagnostic; il comprend quand et où opérer, de même qu\u2019il sait bien opérer.Le jugement chirurgical fait éviter des fatalités dans les crises abdominales.Sir Frederick Treves, dit I\u2019A., nous a légué cet aphorisme: \u201cLe tremblement de la main peut nuire au succès d\u2019une opération, mais une intelligence indécise est sans ressources.\u201d Dans un cas d\u2019opération simple, les questions de technique sont de première importance.Chez un blessé de l\u2019abdomen par arme à feu, le problème est différent; celui-ci est en état de \u201cshock,\u201d pouls rapide, peau L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 189 moite, température en bas de la normale, cyanosé, faisant une hémorragie interne peut-être.Il est sur le seuil de sa vitalité et de sa résistance.Quoi faire?Opérer immédiatement?Non.Le réchauffer, calmer ses douleurs, faire une transfusion sanguine, etc.Souvent l\u2019hémorragie s\u2019arrêtera.Le malade pourra plus tard être opéré avec succès; une intervention hâtive l\u2019aurait tué.Le commencement de la sagesse chez un chirurgien, est de savoir évaluer le \u201cvis naturae medicatrix.\u201d Se dépêcher d\u2019opérer, parce que c\u2019est un cas aigu de l\u2019abdomen, est la marque de l\u2019incompétence.Dans plusieurs cas, la chose la plus urgente à faire, est de laisser le malade aux ressources de la nature.L\u2019A.résume par les axiomes suivants: 1 \u201411 ne faut pas trop se presser.Améliorer l\u2019état général.2\u2014Ne pas trop retarder l'intervention dans le but de faire un diagnostic précis.Les raisons d\u2019intervenir sont-elles suffisantes ?3 \u2014 Pas de purgatifs; ceci pourrait être fatal.4 \u2014 Pas de morphine.Celle-ci endort le patient et le chirurgien.en masquant les symptômes.Si un demi grain de morphine ne calme pas le patient, penser à autre chose qu\u2019à l\u2019appendicite: caleuls de la vésicule, du rein ou de l\u2019uretère.5 \u2014 Le drainage approprié est la clef du succès.6\u2014 II faut différencier une plaie contaminée et une plaie infectée.Les tissus ayant été contaminés pendant l\u2019intervention, la paroi par exemple, si le drainage est bien fait, on peut avoir une guérison par première intention dans 85 à 90% des cas.D\u2019un autre côté, si la même plaic est fermée hermétiquement, les points cèdent dans 90% des cas avec suppuration abondante.Le pus qui cause des dégats est celui qui est sous pression.7 \u2014 Une technique simple, aseptique, la douceur dans le maniement des tissus sont très importantes.Savoir ce qu\u2019il ne faut pas faire est aussi important que savoir quoi faire.Pour terminer, l\u2019A.rapporte cet axiome du père de la médecine: \u201cLa vie est courte; l\u2019art est long à acquérir; l'expérience est fallacieuse; le jugement difficile.\u201d L.-A.BOURBEAU.GYNECOLOGIE Jean QUENU et Claude BECLERE.\u2014 Diagnostic des hémorragies utérines à l\u2019âge de la ménopause.Bulletin de la Soc.d\u2019Obst.et de Gynécologie de Paris; No 9, nov.1933.À partir de 40 ans, on peut observer des métrorragies qui posent un problème thérapeutique souvent embarrassant.Le diagnostic étiologique est difficile.Depuis 1925, les auteurs ont observé 44 cas.Les causes des métrorragies ont été les suivantes: 1°.Le cancer du corps, 4 cas, soit 9%, ; 2°.Des petits fibromes sous-muqueux, 4 cas, soit 9%; 190 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 3°.Des polypes intra-utérins, 2 cas, soit 4%; 4°.Une salpingite bilatérale, soit 2% ; 5°.Chez 32 autres malades, soit 73%, on a trouvé des lésions du type hyperplasie glandulaire bénigne.Après avoir énoncé les moyens de diagnostic en insistant sur le curettage explorateur, la biopsie, etc, les auteurs concluent : \u201cAu point de vue de leur cause les métrorragies survenant à l\u2019âge de la ménopause peuvent être réparties en deux groupes.Les unes sont dues à une lésion organique de l\u2019utérus ou des annexes: cancer, fibrome sous- muqueux, polype, annexite.Ce groupe ne représente QU'UN QUART des cas observés.Les autres qui représentent les TROIS QUARTS des cas n\u2019ont pour substratum anatomique qu'un état d\u2019hyperplasie bénigne de la muqueuse utérine.Les métrorragies de ce groupe sont des métrorragies FONCTIONNELLES, d\u2019origine OVARIENNE, relevant soit de troubles hormonaux, soit de lésions infectieuses de l\u2019ovaire.Il est évident qu\u2019à des causes aussi différentes doivent s\u2019opposer des traitements différents.Il ne saurait être question d\u2019hystérectomie systématique qui serait illégitime dans 3 cas sur 4.L\u2019abstention systématique serait aussi dangereuse en laissant évoluer des tumeurs intra-utérines bénignes ou malignes.La question primordiale est done celle du DIAGNOSTIC.Dans certains cas il peut être presque affirmé par les modalités cliniques de l\u2019hémorragie.Mais l\u2019idée dominante du chirurgien doit toujours être la CRAINTE DU CANCER, si peu fréquent soit-il encore à cet âge.Pour éliminer le cancer on se basera sur le résultat du CURETTAGE EXPLORATEUR.Quoi qu\u2019on en ait dit, le curettage n\u2019est pas dangereux, et il ne passe pas à côté d\u2019un cancer, à condition qu\u2019il soit bien fait.Au point de vue THERAPEUTIQUE, il suffit de distinguer entre les hémorragies dues au cancer de l\u2019utérus et celles qui sont dues à une lésion BENIGNE.Dans ce ler cas I'HYSTERECTOMIE s\u2019impose.Les autres cas sont justiciables de la RADIOTHERAPIE, soit après un délai d\u2019observation de quelques mois\u201d.L.-Arthur MAGNAN.Claude BECLERE.\u2014 Métrorragie fonctionnelle d\u2019origine ovarienne et ménopausique.Bull.de la Soc.d\u2019Obstétrique et de Gynécologie de Paris, 9 nov.1933.Au récent Congrès d\u2019obstétrique et de gynécologie, C.B.a fait une communication sur les métrorragies de la ménopause.Il a décrit un syndrome clinique, histologique et physiologique observé dans un grand nombre de cas typiques.Depuis 1925 il a étudié par l\u2019hysthérographie 38 cas de métrorragie monosymptomatique chez des femmes ayant dépassé 40 ans et n\u2019étant pas encore ménopausées.Après avoir donné sa statistique, il a constaté que dans 60% des cas on ne trouve pas de lésions chirurgicales précises.La statistique de C.B.est semblable à celle du professeur Jean Quénu, rapportée à la même Société.Le syndrome histologique est constitué par une multiplication et une dilatation des glandes de la muqueuse sans infiltration inflammatoire.eg a 0 eu, ee L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 191 D'ailleurs cette hyperplasie glandulaire bénigne est décrite en détail dans le livre de Lecène et Moulonguet.Le syndrome physiologique montre que les aspects histologiques permettent de comparer terme par terme l\u2019hyperplésie muqueuse utérine et les phases évolutives normales de prémenstruentions et de nidation.Aussi a-t-on rattaché l\u2019existence des modifications analogues de la muqueuse utérine à des troubles hormonaux venus de l\u2019ovaire.Il s\u2019agit donc de métrorragie fonctionnelle d\u2019origine ovarienne.Le syndrome clinique semble bien individualisé.Les trois grands signes qui caractérisent le tableau clinique sont: 1°.Le début brusque; 2°.Les périodes d\u2019aménorrhée; 3°.L\u2019alternance irrégulière des périodes d\u2019aménorrhée et des périodes de métrorragie.Le diagnostic est basé: 1°.Sur cette triade symptomatique qui s\u2019est rencontrée dans 30% des cas de l\u2019auteur; 2°.Dans les autres cas, soit 70% environ, les métrorragies ne se présentent pas suivant le tableau typique décrit.Il est alors indispensable de pratiquer systématiquement un curettage explorateur complet et un examen histologique soigné.Faut-il faire une hystérographie préalable?Il est certain qu\u2019elle rend de très grands services, car elle montre: 1°.Qu\u2019il existe une lésion intra-utérine; 2°.L\u2019endroit précis où siège la lésion.Quant au traitement, il existe trois éventualités différentes: 1°.Le syndrome clinique est typique: il s\u2019agit de métrorragie d\u2019origine ovarienne.Si le curettage n\u2019arrête pas les hémorragies la roentgen- thérapie détruira la fonction ovarienne troublée; 2°.Le syndrome clinique n\u2019est pas typique.On fait une hystérographie qui montre une cavité utérine normale.Le curettage et l\u2019examen histologique montrent l\u2019existence de lésions bénignes de la muqueuse utérine.La encore la roentgenthérapie est indiquée.3°.Enfin, lorsque l\u2019hystérographie montre une lésion intra-utérine ou salpingienne, seul le traitement chirurgical est indiqué.Ls-Arthur MAGNAN.PEDIATRIE PAISSEAU, TOURNANT et PATEY.\u2014 Sur le traitement de la méningite cérébro-spinale.(\u201cArchives de Médecine des Enfants\u201d, tome XXXVI, No 11, novembre 1933, p.664.) Ce travail, basé sur treize observations personnelles, peut être résumé, avec les auteurs, de la facon suivante.\u201cLa ponction sous-occipitale faite selon la technique habituelle récemment précisée par Pires et avec précaution est une intervention facile qui n\u2019a provoqué chez aucun de nos malades d\u2019alerte sérieuse, à condition d\u2019injecter lentement le sérum tiédi.Nous; y avons eu recours toutes les fois qu\u2019une méningite semblait insuffisamment ou trop lentement influencée par la sérothérapie par voie lombaire; celle remplace avantageusement les ponctions étagées et, à moins 192 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA d\u2019intervention trop tardive, elle semble devoir permettre d\u2019éviter la ponction ventriculaire à laquelle on doit à notre avis lui donner la préférence, même chez le nourrisson dont la fontanelle n\u2019est pas encore fermée.On doit lui reconnaître trois indications formelles: Elle doit être faite dès qu\u2019une méningite présente des signes de cloisonnement, lorsque la ponction lombaire donne issue à une quantité insuffisante de liquide coulant difficilement ou lorsque ce liquide est en partie constitué par du sérum injecté à la ponction précédente.Il convient d\u2019y recourir systématiquement et précocement chez le nourrisson, en raison de la tendance au cloisonnement et à la localisation ventriculaire si communs à cet âge.Enfin, on injectera toujours du sérum par cette voie dès que les identifications auront démontré qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une infection par un méningocoque du type B dont la tendance à provoquer le cloisonnement est une des causes de la gravité des méningites qu\u2019il provoque.Sans vouloir contester l'influence importante des variations épidémio- logiques de la gravité des méningites cérébro-spinales, il nous paraît légitime de conclure que l\u2019emploi systématique des injections intramuseulaires de sérum et la pratique des injections hautes, sous-occipitales, associés à la sérothérapie selon les méthodes classiques, sont susceptibles d\u2019améliorer dans des proportions notables le pronostic de la méningite à méningocoques.\u201d Paul LETONDAL.DERMATO-SYPHILIGRAPHIE Claude HENRI et Macquin PIERRE.\u2014 Le devenir des paralytiques généraux malarisés.La Presse Médicale, 13 déc- 1933.Ce travail de la Clinique des Maladies Mentales de la Faculté de Médecine de Paris, basé sur une expérience de neuf ans de malariathérapie apporte un argument non équivoque en faveur du traitement de la paralysie générale par la fièvre tierce.Les auteurs basent leurs statistiques sur les modifications psychiques plus que sur l\u2019évolution de l\u2019état général et la formule liquidienne d\u2019ailleurs améliorés dans la presque totalité des cas.Leur statistique porte sur 260 cas.Recupérations sociales 41.2% Bonnes rémissions 23.6% Assez bonnes rémissions 17.6% Résultats médiocres 17 % Résultats nuls 18 % Décès 23.8% Cette statistique est une statistique de malades d\u2019asile (hommes) qui, pour la plupart, ont été amenés en état avancé et souvent lorsque tous autres essais thérapeutiques avaient échoué.Et chez une statistique de 47 cas de malades de ville, impaludés, les auteurs ont obtenu 23 recupérations sociales complètes soit 50%. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 193 Quels sont les enseignements que nous pouvons tirer de cette étude?C\u2019est que la malariathérapie n\u2019a pas une simple action éphémère contrairement à ce qu\u2019en pensent certains auteurs.Les cas les plus influencés sont les cas les plus récents et surtout les formes expansives de la paralysie générale.Il n\u2019y a pas eu d\u2019explications de l\u2019action heureuse de la malaria et de l\u2019échec presque absolu dans certains cas.Ce problème reste insoluble tant qu\u2019on ne connaîtra pas le mécanisme d\u2019action de cette thérapeutique, notion de terrain, de résistance, de la sensibilité des lésions sont autant d\u2019inconnus qui dépassent les moyens d\u2019investigation.Paul POIRIER.P.DEGRAIS et A.BELLOT.\u2014 Les méfaits de l\u2019attente dans le traitement des angiomes.La Presse Médicale, novembre 1933.Les auteurs insistent sur l'avantage du traitement précoce dans le traitement des angiomes; car il faut bien savoir qu\u2019en règle générale, tout angiome tubéreux augmente de volume dès les premières semaines qui suivent la naissance.Inconvénients de l\u2019attente: a) augmentation de volume b) ulcération, d\u2019où cicatrice; c'est une éventualité fâcheuse et cependant assez fréquente.¢) diminution de la sensibilité; c\u2019est là une constatation d\u2019ordre général, qui fait que toute lésion angiomateuse est d\u2019autant plus sensible aux agents thérapeutiques qu\u2019elle est plus jeune.d) augmentation de la durée du traitement; il est incontestable que la durée du traitement sera d'autant plus réduite que la lésion sera de dimensions moindres.Les auteurs parlent d\u2019après leur expérience personnelle car ils ont traité depuis 1906, 2000 angiomes par la radiumtlhérapie en surface.La curiethérapie.d'sent ces auteurs, exige évidemment de celui qui l\u2019utilise une parfaite connaissance du radium.du maniement des doses ct des filtres; elle a cependant pour elle, ce qui.semble-t-il, fait défaut aux autres procédés de traitement des angiomes, de reposer sur des principes fondamentaux dont les bases scientifiques lui assurent une marche parfaitement réglée, ne confiant rien à l'empirisme ou au hasard.Avantages de la curicthérapie en surface.1° Les applications de radium sont complètement indolores.2° 11 est possible d\u2019appliquer le radium dès la naissance ou les toutes premières semaines.3° Le radium offre de meilleures conditions de commodité au point de vue manuel opératoire, susceptible qu\u2019il est de s\u2019adresser à toutes les localisations d\u2019angiomes sans exception.4° T\u2019action du radium est aussi efficace dans les zones superficielles que dans les zones profondes.5° Avec la euriethérapie enfin, l\u2019esthétique est largement satisfaisante, souvent parfaite. 194 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA La méthode employée a consisté en des doses fractionnées et de l'emploi d\u2019appareils de faible teneur radio-active.L\u2019ulcération, loin d\u2019être une contre-indication à la curiethérapie, va en bénificier.La radiumpuncture est rejetée d'une facon absolue par les auteurs, bien qu\u2019elle détermine une régression plus rapide de l\u2019angiome, pour la douleur qu\u2019elle occasionne forcément, pour sa moins grande électivité d\u2019action par insuffisance du filtrage, et pour les risques qui peuvent en résulter pour les cartilages et pour les os.C\u2019est ici, la prétention que défendent deux auteurs.Beaucoup d\u2019autres ont donné a la radiumpuncture la préférence avec des résultats non moins brillants sinon plus.Paul POIRIER.CHIRURGIE INFANTILE ET ORTHOPEDIE GHORMLEY et BRAY.\u2014 Les résections du genou (Resected Knee Joints).Archives of Surgery, No 26, 1933.Dans l\u2019espace de dix années, à la clinique Mayo, les auteurs ont étudié les résultats de 236 interventions pour des lésions du genou, consécutives à des traumatismes et à des infections.Dans plus de la moitié des cas les malades étaient des hommes.Au début des lésions et dans les cas avancés, l\u2019examen radiologique ne permet pas de poser un diagnostic certain entre l\u2019infection tuberculeuse et Pinfection traumatique.I\u2019examen de l\u2019interligne articulaire sur les clichés doit être fait avec prudence; la destruction des cartilages était plus évidente dans les cas traumatiques.L\u2019épreuve de la tuberculine, surtout chez l\u2019adulte, est rarement un moyen sûr de diagnostic; une réaction négative a plus d\u2019importance qu'une réaction positive.L\u2019inoculation au cobaye ne confirme pas toujours les cxamens macroscopiques et microscopiques.En \u2018conclusion, les auteurs considèrent que ces lésions présentent des difficultés réelles de diagnostic.Edmond DUBE.MAGNUSON.\u2014 Le traitement simplifié des fractures (The Simplification of the Treatmen of Fractures).Sugery, Gyne.and Osb., No 37, 1933.Dans le traitement de toute fracture, il faut avoir une connaissance anatomique parfaite de la région intéressée et se rendre compte de la force et de l\u2019action des masses musculaires.Avant tout, il faut envisager l\u2019extension et la contrextension;: la réduction doit être graduelle et obtenue sans efforts; si elle n\u2019est pas possible par les moyens ordinaires, il faut recourir aux interventions sanglantes.L'auteur envisage successivement les fractures du bras, de la jambe, de la cheville, du genou, de la tête humérale, du coude, de l'avant-bras et étudie les meilleures méthodes de traitement pour ces différentes lésions: dans presque tous les cas, l\u2019extension et, la contrextension suffisent pour obtenir les résultats désirés.Edmond DUBE. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 195 NEURO-PSYCHIATRIE Henri ROGER et VAISSADE.\u2014 Méningite tuberculeuse apyrétique de l\u2019adolescence avec inversion du rythme du sommeil et paralysie verticale du regard.Traitement par l\u2019Allergine.Guérison.Bull- et Mém.Soc.Méd.Hôp.Paris: No 28, novembre 1933, p.1309.Depuis une quarantaine d\u2019années, 72 cas seulement de méningite tuberculeuse, bactériologiquement confirmés, ont été rapportés dans la littérature médicale mondiale comme ayant guéri, soit spontanément, soit plus rarement sous l'influence de médications variées.D\u2019autre part, depuis quatre ans, 15 cas, bien contrôlés par l'examen bactériologique, ont guéri sous l\u2019influence d\u2019un seul traitement, par l'action de l\u2019Allergine de Jousset.Les auteurs rapportent leur observation de méningite tuberculeuse indubitable, parce qu\u2019elle présente une symptomatologie inusitée et intéressante (troubles du sommeil, hémisyndrome cérébelleux gauche, paralysie des supérogyres) qui fait présumer la présence prédominante des lésions méningées dans la région du pédoncule cérébral gauche, parce que l\u2019Allergine de Jousset apparaît inéluctablement avoir été le facteur de la guérison de cette affection, reconnue comme incurable et qui persistait depuis quatre mois.Résultat encourageant à ajouter à ceux de Jousset.Roma AMYOT.Jean PARAF et Jaan BERNARD- \u2014 Intoxication strychnique grave guérie par l\u2019administration intraveineuse, à dose massive, d\u2019un barbiturique.Bull.et Mém.Soc.Méd.Hôp.Paris, No 28, 20 nov.1933, p.1324.Les travaux de Haggard et de Greenberg ont démontré expérimentalement l\u2019antidotisme qui existe entre la strychnine et les composés barbituriques.Aussi, depuis qu\u2019en France, Ide de Lille fit connaître ces travaux, en démontra les applications thérapeutiques et établit les hases toxicologiques, on y traita, par la strychnine à dose massive et en injections intraveineuses, de nombreux cas d\u2019intoxication barbiturique profonde.L\u2019expérience clinique, par certains succès éclatants, confirme les données expérimentales.Les auteurs rapportent ici une observation où l\u2019antidotisme se montre réversif.comme l\u2019avaient démontré d\u2019ailleurs Haggard et Greenberg, et où un barbiturique s\u2019applique à combattre efficacement une intoxication aiguë par la strychnine.L\u2019intoxiquée, dans une intention de suicide, avait ingéré 270 granules de un milligramme de strychnine, c\u2019est-à-dire 0.27 centigrammes, soit 9 fois la dose reconnue mortelle.Un traitement par le Somnifène intraveineux fut institué 6 heures environ après cette ingestion.La malade était, à ce moment, l'objet d'un tétanos strychnique excessivement violent.Elle guérit après introduction intraveineuse de 25 eme.de Somnifène faite durant une période de 3 heures et par doses de 5 cme.chaque fois.Les trois premières furent administrées à une demi-heure d'intervalle, alors que la quatrième fut donnée une heure après la troisième et la cinquième, une heure après la quatrième.Dans l\u2019intoxication strychnique avee contractures violentes, comme d\u2019ailleurs dans le tétanos infectieux, il ne faut pas hésiter à recourir à une médication antagoniste énergique: chloroforme et barbiturique.En l\u2019oceurrence, l\u2019antidotisme strychnine-barbiturique a agi par action physico-chimique sur les cellules des centres nerveux.Roma AMYOT. SOGIÉTÉS RAPPORT DU SECRETAIRE-TRESORIER GENERAL DE LA SOCIETE MEDICALE DE MONTREAL POUR LA SESSION 1933 Monsieur le Frésident, Messieurs, .La Société Médicale de Montréal n\u2019a eu la douleur de perdre en 1933 que deux membres, MM.les docteurs J.-H.Brossard et G.-E.Bédard.Par contre, un certain nombre, 17 exactement, ont envoyé leur démission, tandis que 49 nouveaux confrères ont été élus membres titulaires.De ces 49, 10 ont été recrutés en dehors des limites de la Ville, dans un rayon de 40 milles.La Société se réunit 13 fois en séances régulières et deux fois en séances extraordinaires.Le Comité de Régie siégea 4 fois.En continuant les séances cliniques dans les hôpitaux, la Société Médicale a certainement répondu à la demande de la grande majorité de la profession de rendre les réunions le plus pratiques possibles.N\u2019avons- nous pas eu les demandes de séances bi-mensuelles dans les hôpitaux?Nous ne croyons pas qu\u2019il faille changer notre mode actuel de fonctionnement; la charge des médecins des hôpitaux et des administrations hospitalières deviendraient onéreuse.Il faut user mais ne pas abuser.Pour répondre au désir de la majorité des membres, dès le début de l\u2019année, une motion fut votée afin de diminuer le montant de la cotisation annuelle de cinq à trois dollars.Les règlements furent donc amendés en conséquence.Je me permettrai de revenir sur cette innovation lorsqu\u2019il sera question du rapport financier.Sous les auspices du Bureau d\u2019hygiène Municipal, une campagne favorisant la vaccination antidiphtérique fut entreprise et le patronage de la Société Médicale fut accordée dans la poursuite de cette œuvre sociale.Grâce à l\u2019initiative de son président, monsieur le docteur J.C.Meakins, les portes de l\u2019American College of Physicians furent grandes ouvertes aux membres en règle de la Société Médicale, lors de la tenue de leur Congrès en février dernier.Un très grand nombre de médecins canadiens-francais prirent ainsi part à cette Convention qui eut lieu à l\u2019Hôtel Windsor.La Société a collaboré à la campagne entreprise par le Lions Club afin de propager les avantages de l\u2019examen périodique des enfants, même de ceux qui paraissent en bonne santé.\u2019Trente-cinq médecins de langue française dispensèrent leur service durant une ou deux heures pour l\u2019examen des enfants, dans un concours organisé par ce Club.PII ~
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