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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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Références

L'union médicale du Canada, 1934-04, Collections de BAnQ.

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[" Tome LXIII No 4 Avril 1934 BULLETIN MÉDECINS et CONSEILS MUNICIPAUX Que pense-t-on du médecin dans certains conseils municipaux des environs de Montréal.ou d\u2019ailleurs?Si l\u2019un d\u2019entre nous, bien renseigné sur la politique municipale, voulait écrire ce que l\u2019on sait des rapports qui existent entre les conseils municipaux et les médecins, nous serions forcés d\u2019admettre, en faisant des comparaisons entre médecins, notaires et avocats, que nous avons toujours la portion congrue : les petits salaires, les critiques amères, les tâches ingrates, les graves responsabilités, puis les démissions injustifiées et l\u2019oubli constant des services rendus à la santé publique.On s\u2019empresse de diminuer les émoluments du médecin, peu rémunéré, et on ne touche jamais à ceux, plantureux, de l\u2019avocat ou du notaire.Vous en doutez?Laissez-moi vous raconter un fait tout récent, recueili de la bouche d\u2019un contribuable appartenant à une petite ville des environs de Montréal : Un jour, les nouvéaux conseillers, pris d\u2019une sainte ferveur pour les finances de la ville, se réunirent en caucus pour savoir quel serait le moyen le plus efficace de remplir le trésor.Après des discussions, empreintes sans doute de cet esprit social!.que l\u2019on rencontre si souvent chez la plupart d\u2019entre eux, les augures décidèrent, sans la moindre hésitation, que le salaire du médecin de la ville devait être amputé et, sans préambule, on notifia cet excellent confrère qu\u2019à partir d\u2019une certaine date il recevrait treize cents dollars de moins par année!.Une bagatelle ! Surprise du médecin: homme consciencieux avant rendu des services publics grâce à des mesures d\u2019hygiène efficaces contre l\u2019essaimage des maladies contagieuses.Ft quanta!. 316 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA On ajoute.Ô ironie!.qu\u2019on était satisfait de ses services, mais qu\u2019il fallait, en ces temps de chômage, que le médecin subisse comme les autres le sort du plus faible: \u2018.que le plus coupable de nous Se sacrifie aux traits du céleste courroux\u201d.disait le Lion à ses compères, dans la fable des Animaux malades de la Peste.\u201cCar on doit souhaiter, selon toute justice, Que le plus coupable périsse\u201d.Et l\u2019on s\u2019empressa \u2014 6 courage! \u2014 de tondre le médecin : \u201cCe pelé, ce galeux, d\u2019où venait tout le mal.\u201d Le médecin n\u2019est pas querelleur, \u201cC\u2019est là son moindre défaut.\u201d mais il a le respect des autres et de lui-même.Lorsqu\u2019il est conscient d\u2019avoir accompli son devoir, simplement, il trouve quelquefois une bonne formule pour guérir le prétendu mal dont on l\u2019accuse : celuà de servir sans mot dire! Donc, notre médecin fait la sourde oreille Nos conseillers municipaux, indignés, lui intiment l\u2019ordre de quitter les lieux, sans plus de façon.Fort de son droit, il ne bouge.Bientôt, un gendarme \u2014 brave homme \u2014 s\u2019offre ostensiblement pour lui aider à déguerpir!.Le médecin annonce qu\u2019il demeure à son poste.Les maîtres de l\u2019heure, outragés, s\u2019adressent au gouvernement.Celui-ci Jeur donne le conseil de lire l'article 28-A de la \u201cLoi de Hygiene publique de Québec et des Unités sanitaires\u201d.Le voici: \u201cA compter du ler juillet 1928, il est du devoir de toute municipalité dont la population atteint ou dépasse cinq mille âmes et qui ne fait pas partie d\u2019une unité sanitaire de comté, de pourvoir à l\u2019organisation et au maintien d\u2019un service d\u2019hygiène dirigé par un médecin ayant le droit de pratiquer dans la province de Québec, et ce médecin ne peut être nommé officier médical de santé que par le lieutenant- gouverneur en conseil, à la recommandation du conseil municipal, ou, s\u2019il s\u2019agit d\u2019un groupe de municipalités employant un seul médecin, des conseils municipaux intéressés.À défaut, par la municipalité, ou par | les municipalités sus-dites, de recommander un tel officier médical de santé, le lieutenant-gouverneur en conseil peut le choisir, le nommer lui-même et fixer son traitement après un avis de trois mois; la .municipalité, ou les municipalités intéressées, pourvoyant au dit traitement.b L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 317 Cet officier médical de santé ne peut être démis de ses fonctions, ni les conditions de son engagement changées, que par le lieutenant- gouverneur en conseil et sur un vote des deux-tiers des membres du dit conseil municipal, ou des dits conseils municipaux, suivant le cas.\u201d Depuis ce temps, le conseil municipal de l\u2019endroit, reconnaissant, sans doute, qu\u2019après avoir commis une grave injustice, il péchait par ignorance, versa intégralement au médecin les émoluments habituels et ne dit plus rien.Morale: Dans certains milieux, on dira que cette histoire est une fable.Moi je vous dis que c\u2019est un fait réel, et qu\u2019il est pénible de constater, une fois de plus, que le médecin a peu de prestige auprès des conseils municipaux, malgré sa compétence, son désintéressement et sa ponctualité à remplir ses obligations dans toutes les charges publiques qu\u2019il occupe.Notons, en terminant, qu\u2019il ne fut pas question de diminuer les émo:uments de l\u2019avocat ni du notaire.Pourquoi ?Nous donnerons un prix de vertu à celui qui nous le dira.mais nous félicitons le médecin \u2014 qui se reconnaîtra sans doute \u2014 de l\u2019attitude digne qu\u2019il a tenue en cette circonstance, et nous rendons hommage au directeur provincial des unités sanitaires, le Dr Arthur Lessard, d\u2019avoir fait insérer dans la Loi cet article qui protège nos intérêts généraux puisqu\u2019il décide que le médecin des unités sanitaires relève, avant tout, de l\u2019autorité provinciale, gardienne officielle et vigilante de la santé publique.Ce fait démontre, évidemment, qu\u2019il faut, dans toutes les questions d'hygiène, soustraire le médecin à l'influence délétère des conseils municipaux.\u201cC\u2019est quelquefois pénible de faire son devoir, ça ne l\u2019est jamais autant que de ne pas l\u2019avoir fait.\u201d \u2014 Cette parole est d\u2019Alexandre Dumas.LeSage.\u2014 eo) MÉMOIRES COMMENT SE RÉVÈLE L\u2019HYPERTENSION ARTÉRIELLE ; Par J.-E.DUBE Professeur de clinique médicale à l'Université de Montréal, Médecin de l\u2019Hôtel-Dieu.J\u2019ai si souvent rencontré des hypertendus absolument ignorants de leur état, qu\u2019il m\u2019est venu à l\u2019esprit de rechercher de quelle façon se révèle l\u2019hypertension, dans la majorité des cas, en consultant les dossiers de mes malades.Il est un fait indéniahle, c\u2019est que l\u2019hypertendu qui voit un médecin pour la première fois ne le consulte pas parce qu\u2019il se croit hypertendu.Assurément non, car ces malades sont toujours très surpris d\u2019apprendre qu\u2019ils ont \u201cune forte pression de sang\u201d, comme ils le disent eux-mêmes.I n\u2019existe guère, d\u2019ailleurs, de signes subjectifs constituant pour les malades eux-mêmes un syndrome connu de l\u2019hypertention.On prétendait autrefois que les individus trop gras, avec cou très court et face congestionnée, étaient toujours menacés d\u2019apoplexie ou \u201ccoup de sang\u201d.C\u2019est souvent le cas, il faut bien l\u2019avouer, mais depuis l\u2019emploi du sphygmomanomètre tous les médecins ont constaté, comme moi- même d\u2019ailleurs, souvent chez des obèses une tension artérielle normale ou même abaissée.Voici, par exemple, quelques observations intéressantes à ce point de vue: Obs.1\u2014 A.P., prêtre, âgé de 52 ans en 1915, alors que je le vis pour la première fois.Encore vivant.Poids 190.T.A.140/95.Pouls 60.Lithiase biliaire.Opéré plus tard.En 1925 T.A.145/85.Obs.2\u2014T.N., prêtre, âgé de 61 ans en 1924 à sa première consultation.Mort en 1925 subitement.Poids 208; avait pesé 280 à 40 ans et 250 à 50 ans.T.A.105/65.Glycosurie alimentaire.Obs.3\u2014 J.-B.F., médecin, âgé de 40 ans en 1914, première consultation.Encore vivant.Foids 208.T.A.110/80.Pouls 80.Pyélo-néphrite calculeuse, rein droit.En 1923 T.A.120/72.En 1931 T.A.155/90.Obs.4\u2014E.G., marchand, âgé de 52 ans en 1924, première consultation.Poids 176.T.A.125/85.Pouls 88.Mort en 1926.Cardiopathie, insuffisance mitrale et hypo-systolie.En 1925 T.A.140/90 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 319 Obs.5\u2014 D.R., médecin, âgé de 47 ans en 1932, première consultation.Mort quelque temps après.Poids 204.T.A.130/90.Pouls 84.Spécifique, troubles toxiques d\u2019origine médicamenteuse suivis d\u2019urémie.Obs.6\u2014G.B., médecin, âgé de 46 ans en 1920.Encore vivant.Poids 194.T.A.135/70.Pouls 70.Glycosurie alimentaire.En 1934 poids 180.T.A.130/90.Obs.7 \u2014 A.L., dentiste, 4gé de 59 ans en 1921.Poids 178.T.A.140/85.Troubles digestifs.En 1934: T.A.145/85.Pouls 68, à l\u2019âge de 72 ans.Obs.8\u2014J.Q., âgé de 76 ans, entré dans mon service à l\u2019Hôtel-Dieu, le 22 février 1934 pour insuffisance cardiaque avec asystolie.Poids 170.T.A.148/105 avant traitement.8 jours après, oedème disparu et T.A.148/88.= Par contre, combien d\u2019indivdius malingres, à épaules étroites et à cou allongé qui m\u2019ont surpris par la haute tension artérielle qu\u2019indiquait mon sphygmomanomètre.Voici quelques observations intéressantes à ce point de vue: Ous.1\u2014 Mlle A.F., âgée de 53 ans en 1917, première consultation.Poids 88, T.A.240/130.Pouls 100.Artério-sclérose et néphrite chronique.Morte en asystolie avec anasarque généralisée en 1922.Obs.2-\u2014Mlle E., âgée de 61 ans en 1917, première consultation.Poids 104.T.A.200/120.Pouls 88.Lithiase rénale et coliques néphritiques répétées.Morte subitement en 1929.Quelques jours avant sa tension artérielle était de 190/120.Obs.3\u2014 Mme J.H., âgée de 45 ans en 1919, première consultation.Poids 114, T.A.240/140, pouls 90.Néphrite chronique hypertensive, Morte subitement en 1921.Obs.4\u2014 Mlle L.Q., âgée de 36 ans en 1917, première consultation.Poids 130.T.A.265/150.Pouls 110.Néphrite chronique et insuffisance cardiaque.Morte en 1919 d\u2019urémie.Obs.5\u2014Mlle C.G., âgée de 17 ans en 1920.Poids 91 lbs.T.A.280 /200.Pouls 120.Néphrite chronique et urémie.Morte peu de temps après.Obs.6\u2014 Mme A.P., âgée de 56 ans en 1917, première consultation.Poids 125, T.A.240/120.Pouls 90.Néphrite chronique avec cardiopathie.En 1923 T.A.230/100.Poids 103.Morte en 1926 en asystolie avec anasarque généralisée. 320 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Obs.7\u2014 M.G.S.M., marchand, âgé de 55 ans en 1917.Poids 129, T.A.240/160.Pouls 90.Néphrite chronique et cardiopathie, insuffisance mitrale.Mort en 1918 en asystolie.Obs.8\u2014 Mlle À.G., âgée de 31 ans en 1919, première consultation.Poids 110, T.A.185/60.Pouls 100.Cardiopathie, double lésion mitrale et aortique, néphrite chronique hypertensive.Morte d\u2019urémie quelques années après.Obs.9\u2014 Mme E.J., âgée de 52 ans en 1914, première consultation.Poids 90 lbs.T.A.210/130.Pouls 100.Ancienne tuberculose pulmonaire, néphrite chronique hypertensive.Morte en 1922 en asystolie.Obs.10\u2014 Mme J.L., agée de 45 ans en 1914, première consultation.Poids 105.T.A.230/160.Pouls 140.Cardiopathie et asystolie.Morte quatre ans plus tard au cours d\u2019une nouvelle attaque d\u2019asystolie.Il est également trop répandu dans le public, sinon chez les médecins, que l\u2019hypertension artérielle est affaire d\u2019âge et qu\u2019elle se rencontre seulement chez les individus de 50 ans et plus, chez ceux qui ont souffert de maladies graves ou qui sont surmenés par le travail et qui ont abusé de la vie par des excès de toutes sortes.Voici quelques observations types qui prouveront qu\u2019en matière d\u2019hypertension artérielle les chiffres élevés n\u2019attendent pas toujours le nombre des années: Obs.1\u2014 Mlle C.G., citée plus haut parmi les hypertendus maigres.Cette malade était âgée de 17 ans lorsque je la vis en consultation avec son médecin.Elle pesait 91 lbs et avait une tension artérielle de 280/200.Néphrite chronique et morte d\u2019urémie.Obs.2\u2014 A.G., vu pour la première fois en 1914 à l\u2019âge de 18 ans.6 pieds de taille, poids 134, T.A.160/100, pouls 72.Néphrite chronique.Malade très indocile, surmenage de toutes sortes, développa plus tard de la tuberculose pulmonaire dont il mourut en 1917.En 1915 sa tension artérielle était de 150/100.En 1930 elle s\u2019abaissa à 135/90.Il toussait déjà depuis quelque temps.Obs.3\u2014J.O., âgé de 30 ans en 1917, première consultation.Poids 164.T.A.220/130, pouls 64.Néphrite chronique, cardiopathie, insuffisance mitrale.Mort en 1918 d\u2019urémie.Obs.4\u2014 Mlle R.T., âgé de 22 ans en 1915, première consultation.Poids 90 Ibs.T.A.270/170.Néphrite chronique.eel pme \u2014 a = =- = wm mee Co oo \u2014 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Ols.5\u2014 Mlle À., âgée de 21 ans en 1913, première consultation.Poids 128, T.A.200/100.Pouls 120.Cardiopathie, double lésion mitrale et aortique et néphrite chronique.À vécu jusqu\u2019en 1919 avec tension artérielle toujours très élevée.Mourut d\u2019urémie au cours d\u2019une fièvre typhoïde.J\u2019ai, cependant, constaté assez souvent chez les hypertendus que j'examinais pour la première fois qu\u2019un certain nombre avaient déjà été examinés mais sans qu\u2019on ait mesuré leur tension artérielle.Combien de malheureux hypertendus passent ainsi à travers le filtre médical sans être étiquetés convenablement et traînent une existence misérable.Je crois, qu\u2019en général, nous nous laissons trop influencer, durant l\u2019examen de nos malades, par le récit de leurs doléances.Nous les écoutons plus complaisamment qu\u2019attentivement et nous voulons trop leur faire plaisir en leur montrant que nous acceptons comme pure vérité tout ce qu\u2019ils nous racontent sur leur état de santé.Il est notoire que certains malades n\u2019aiment pas à être contredits par leur médecins lorsqu\u2019après un examen attentif il veut leur prouver qu\u2019ils n'ont pas la maladie qu\u2019ils croyaient avoir.Il en est de même lorsque nous cherchons à convaincre les imaginaires et autres nerveux qu\u2019ils ne sont pas malades, car les uns comme les autres n\u2019aiment pas à être contrariés.Il faut done du courage pour ne pas tomber dans cet état psychique du laisser-faire du médecin peu soucieux de sa réputation qui renvoie son malade toujours satisfait de lui-même et du médecin qui l\u2019a compris enfin, puisqu\u2019il lui a donné raison.C\u2019est, d\u2019ailleurs, la clé du succes pour les charlatans qui n\u2019examinent pas ceux qui se présentent chez eux et qui se gardent bien de les contredire.Le médecin qui désire examiner un malade avec soin et aussi rapidement que possible, ne doit donc pas tout d\u2019abord lui permettre de dire tout ce qu\u2019il pense ct croit savoir sur son état de santé avant qu\u2019il l\u2019ait invité à le faire.Loin de moi la pensée de prétendre qu\u2019il faille brusquer un malade pour mieux l\u2019examiner.Non, assurément, mais ce que Je veux dire c\u2019est qu\u2019il ne faut pas perdre un temps précieux dans des conversations inutiles qui déroutent très souvent au lieu de conduire au diagnostic.Il convient d\u2019avoir de la méthode dans l\u2019examen d\u2019un malade: 1! faut faire et écrire unc bonne histoire de cas, en suivant la filière habi tuelle.En premier lieu inscrire ce pourquoi le malade vient consulser, en quelques mots seulement et en ayant soin de l\u2019empêcher de s\u2019écarter des questions qui lui sont posées.| 322 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Toujours l'aire Phistoire de famille qui fournit si souvent des renseignements ou des jalons très précieux.Puis vient l\u2019histoire personnelle, en commençant avec les maladies de l\u2019enfance, de l\u2019adolescence et de l\u2019âge adulte.S\u2019informer ensuite des habitudes alimentaires, souvent exagérées soit dans les viandes ou les farineux et les aliments gras.S\u2019assurer s\u2019il y a abus de tabac et d\u2019alcool, si les occupations sont hygiéniques ou non, s\u2019il y a surmenage de bon ou mauvais aloi, si l\u2019habitation est confortable.Ce sont là toutes des questions importantes à relevèr comme cause de maladie.Il faut ensuite faire un bon examen subjectif du malade.C\u2019est pourtant ce qui est presque toujours négligé, bien qu\u2019il donne souvent des renseignements des plus utiles au point de vue du diagnostic.Pourquoi, en effet, avoir appris la physiologie au cours de nos études médicales si nous ne cherchons pas à faire l\u2019application de cette science dans l\u2019examen d\u2019un malade, en étudiant avec soin le fonctionnement de ses organes.Si, par exemple, un patient nous déclare qu\u2019il souffre de céphalée ou d\u2019insomnie, de troubles de la vue, des oreilles, du nez.de la gorge ou dans sa dentition ; s\u2019il nous avoue qu\u2019il tousse et même qu\u2019il crache du sang, ou encore qu\u2019il s\u2019essouffle au moindre effort.qu\u2019il a peu d\u2019appétit ou qu\u2019il digère mal ce qu\u2019il mange avec goût : qu\u2019il a du pyrosis avec ou sans vomissements, de l\u2019aérophagie, qu\u2019il a déjà eu de l\u2019ictère ou simplement de fortes douleurs au flanc droit.qu\u2019il a de la diarrhée ou qu\u2019il est constipé avec présence ou non de glaires dans ses selles, qu\u2019il urine souvent, parfois du sang et fréquemment la nuit, peut-être a-t-il déjà passé un calcul dans ses urines ; s\u2019il vous dit qu\u2019il a une hernie ou des hémorrhoïdes, des œdèmes des membres inférieurs, etc, il est évident que les troubles constatés dans l\u2019un ou plusieurs des organes du malade seront très utiles pour le diagnostic.I\u2019examen objectif du malade doit être fait en procédant de la même façon, c\u2019est-à-dire en examinant avec soin tous les organes, en tenant bien compte de l\u2019apparence générale, du poids antérieur et actuel, de la tension artérielle, du pouls et de la température sans oublier l\u2019analyse des urines et de l\u2019expectoration s\u2019il y a de la toux.ainsi que l\u2019analyse du sang à tous les points de vue lorsque la chose est possible.Les examens radiologiques et électrocardiographiques sont indispensables dans nombre de cas, surtout dans les affections pulmonaires.gastro-intestinales et cardio-artériellles.Nous voyons qu\u2019il est rare qu\u2019un malade indique de lui-même clairement à sa première consultation les symptômes de la maladie L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 323 dont il est atteint, surtout si elle n\u2019en est qu\u2019à ses débuts ou pas encore très avancée.Le rôle du médecin examinateur deviendrait facile si les organes tels que le poumon, le cœur, le foie, l\u2019estomac, le rein, etc, donnaient l\u2019alarme dès les premières atteintes du mal qui les frappe.N'est-ce pas plutôt le contraire qui arrive?En effet, combien faut-il de temps pour que le paralytique général spécifique laisse voir clairement à sa famille et à son médecin que son cerveau est malade.La même chose pour l\u2019endartérite qui finit tôt ou tard par le ramollissement cérébral et ses conséquences graves.Comme la tuberculose disparaîtrait vite de notre population si les premiers méfaits du bacille de Koch donnaient au malade des signes certains de sa grave maladie.Combien de temps faut-il au cardiaque avant qu\u2019il consulte son médecin au sujet de son cœur.Nous constatons toujours qu\u2019il s\u2019essoufflait depuis des mois et peut-être des années avant de consulter, croyant qu\u2019il ne s\u2019agissait que de son âge ou d\u2019un surcroît de travail.D'ailleurs, est-ce que le cardiopathe ne se plaint pas plutôt de son estomac que de son cœur.Les mêmes considérations peuvent s\u2019appliquer à l\u2019hépatique qui ne parle de son foie qu\u2019à l\u2019occasion d\u2019une colique biliaire ou à l\u2019apparition d\u2019un ictère qui ne veut pas disparaître, alors que le constipé opiniâtre songe toujours à son foie sans chercher à obtenir un fonctionnement normal de son intestin par un régime approprié.L\u2019uleus et le néoplasme de l\u2019estomac sont parfois très tardifs dans leurs manifestations symptomatiques capables de donner l\u2019éveil au malade et de le conduire chez son médecin.C\u2019est parfois l\u2019hématémèse qui révèle l\u2019ulcus et la tumeur au creux épigastrique qui annonce le cancer pour la première fois.Existe-t-il des maladies plus insidieuses que la néphrite chronique ou la tuberculose pulmonaire chronique à leur début, dont la durée peut être si longue et qui présentent une symptomatologie si troublante pour le médecin négligent qui ne s\u2019arréte qu\u2019aux gros symptômes ou qui ne prend pas toujours le temps d\u2019examiner son malade au double point de vue subjectif et objectif.Est-il étonnant, après tout ce que je viens de dire, que l\u2019hypertension artérielle soit si souvent ignorée des malades et malheureusement aussi de leurs médecins.Je l\u2019ai déjà dit, et je le répète chaque jour au lit des malades de mon service, il n\u2019existe qu\u2019une seule manière d\u2019éviter des erreurs grossières de diagnostic, c\u2019est d\u2019employer de la méthode dans l\u2019examen d\u2019un malade.Je ne crois pas à ces prétendus grands médecins qui analysent tout un malade dans quelques mi- 324 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA nutes, en posant quelques questions et en appliquant une oreille distraite sur sa poitrine.Pour ne pas laisser passer inaperçus les hypertendus, il faut toujours, je le dis encore, faire l\u2019histoire de chaque malade qui se présente à la consultation, du point de vue des antécédents héréditaires et personnels, car on rencontre généralement une ou plusieurs maladies contagieuses, entre autre la scarlatine dans le bas âge ct autres affections graves plus tard, du surmenage, des abus alimentaires, ete.Au point de vue subjectif la présence de céphalée fréquente, de troubles visuels avec scotômes, épistaxis fréquents, de l\u2019essouffËlement avec parfois des palpitations, de l\u2019ædème des membres inférieurs, des troubles urinaires tels que nvyeturic, des crampes dans les membres, de la sensibilité au froid.Quelques-uns des signes subjectifs ci-dessus devraient suffire pour attirer l\u2019attention du médecin sur le système cardio-artériel et les reins, et faire songer à leurs maladies qui accompagnent presque toujours l\u2019hypertension.Lorsque pour une raison ou pour une autre on néglige de prendre ces informations, pourtant si importantes, on ne devrait pas au moins négliger de prendre la tension artérielle chez tous les patients examinés.J\u2019affirme que si nous nous servons du sphygmomanomètre chez chaque consultant, aucune hypertension ne nous échappera, à condition que nous ne perdions pas de vue que les chiffres de la tension artérielle qui représentent de l\u2019hypertension varient avec l\u2019âge des sujets examinés, tout comme les chiffres de la tension normale.Une tension de 140/80 est une tension normale pour une personne de 40, 50 ans ou plus, alors que ces mêmes chiffres indiquent de l\u2019hypertension chez une personne de 15, 20 et 25 ans.Chez ces malades jeunes la tension artérielle peut tout de même s\u2019élever a 200/110 et même plus lorsque leur état est devenu très grave.Il faut donc toujours avoir en mémoire les chiffres de la tension artérielle normale aux différents âges de la vie, afin de mieux leur opposer les chiffres indiquant de l\u2019hypertension également à tous les âges : \u201cD\u2019après Vaquez, le chiffre de la pression artérielle varie nécessairement avec l\u2019âge du sujet et l\u2019appareil dont on fait usage\u201d.D\u2019après Kaupe, cité par Vaquez: chez un enfant de 4 ans, tension artérielle systolique 88 mm.de hg.oo (6 \u201coq \u20186 \u201c diastolique 80 mm.de hg.\u201cou «\u201c \u201c18° \u201c \u201c systolique 98 mm.de hg.\u201cow «\u201c \u201c12 © «\u201c «\u201c diastolique 88 mm.de hg.La tension artérielle est plus faible d'environ 5 mm.de hg.chez les filles que chez les garcons.Chez l\u2019adulte de 20 à 40 ans: T.A.systolique 120 à 140 mm.de hg.«\u201c \u201c « \u20ac T.A.diastolique 70 à 80 mm.de hg. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 325 En résumé, l\u2019hypertension artérielle qui est plutôt un syndrome très important d\u2019une maladie grave qu\u2019une maladie proprement dite, pourrait être reconnue dès son début pourvu que l\u2019individu qui en souffre ait l\u2019habitude de consulter fréquemment son médecin, et que ce dernier ne néglige jamais de se servir de son sphygmomanomètre à chaque consultation de son malade.Donc, si les gens avaient l\u2019habitude de consulter leur médecin au moins une à deux fois l\u2019an, les premiers signes de l\u2019hypertension seraient invariablement signalés et un traitement curatif ou palliatif de la cause serait vigoureusement prescrit avec avantage, et nous verrions beaucoup moins de morts subites par apoplexie, angine de poitrine, urémie, etc.Il faudra peut-être encore plusieurs années avant que le public soit suffisamment averti sur les avantages de l\u2019examen médical périodique, et apprenne à en bénéficier.Quand done comprendra-t-on que les maladies chroniques graves du cerveau, des poumons, du cœur, de l\u2019estomac, du foie, des reins et des organes génitaux ont généralement des débuts insidieux.Ce n\u2019est malheureusement que longtemps après les débuts et lorsque la maladie est devenue presque incurable, qu\u2019elle donne des symptômes assez évidents pour éveiller l\u2019attention des malades et, même alors, combien d\u2019entre eux attendent encore des années avant de consulter leur médecin.N\u2019est-ce pas le cas trop fréquent dans la syphilis du système nerveux comme la paralysie générale et l\u2019ataxie locomotrice, dans la tuberculose pulmonaire aiguë et chronique, dans les affections cardiaques, l\u2019ulcère et le néoplasme de l\u2019estomac, les affections du foie, les pancréatites chroniques et le diabète, dans les néphrites chroniques, les cancers et la tuberculose des reins, le cancer utérin et du gros intestin et dans combien d\u2019autres affections encore.Efforçons-nous donc, comme conclusion, d\u2019être très prudents lorsque un client vient nous consulter.Trop souvent, hélas, nous nous attardons uniquement à prescrire pour le \u201cbobo\u201d dont il se plaint; nous sommes trop pressés ou nous donnons, malheureusement, l\u2019impression que nous le sommes en examinant si peu soigneusement les malades qui viennent nous consulter.Qu\u2019on me permette maintenant d\u2019ajouter quelques observations de malades chez lesquels j'ai relevé avec soin les symptômes révélateurs des maladies graves qui s\u2019accompagnent généralement d\u2019hypertension artérielle : 326 Obs.Obs.Obs.Obs.Obs.Obs.Obs.Obs.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 1\u2014T.M., vu en 1904 à l\u2019âge de 40 ans.Poids 215.T.A.17 au sphygmomanomêtre Potain.Mort en 1922 d\u2019apoplexie foudroyante.Pendant les 18 ans que je l\u2019observai ce malade présenta des tensions artérielles qui varièrent entre 200/100 et 250/150 dans les dernières années de sa vie.En rédigeant l\u2019observation de ce malade je constatai que son père et ses oncles paternels étaient morts d\u2019apoplexie.Au cours de mon examen, alors qu\u2019il me consultait pour ses poumons qu\u2019il croyait malades, je constatai une tension artérielle élevée.Ce fut le premier signe révélateur de l\u2019artério-sclérose qui devait l\u2019emporter plus tard.2\u2014 N.F., prêtre, vu pour la première fois en 1909, à l\u2019âge de 42 ans, pour troubles urinaires.Glycosurie alimentaire.Poids 191.T.A.180/100.Pouls 70.Mort en 1917 d\u2019hémorragie cérébrale et coma.Il avait depuis quelque temps une tension artérielle de 220/120.Abus considérable de viande aux trois repas.Le malade consulta pour troubles urinaires et c\u2019est ainsi qu\u2019il apprit qu\u2019il avait de l\u2019hypertension.3\u2014 Mme C.D., vue en 1912, à l\u2019âge de 66 ans.Poids 180.T.A.280/150.Pouls 110.La tension artérielle resta toujours élevée jusqu\u2019à sa mort par apoplexie en 1918.Père et deux sœurs morts subitement.Elle avait eu la fièvre typhoïde à 50 ans.Me consulta pour céphalée, vue embrouillée, essoufflement, et apprit pour la première fois que sa tension artérielle était très élevée.4 \u2014 Mlle A.D., vue pour la première fois en 1913, alors âgée de 21 ans.Poids 128, T.A.200/100, pouls 120.Double lésion mitrale et aortique.Scarlatine et rougeole en bas âge.Morte de fièvre typhoïde en 1919.Me consulta pour de l\u2019essoufflement et insomnie.5 \u2014 J.S., médecin, vu pour la première fois en 1913, à l\u2019âge de 43 ans.Poids 171, T.A.250/150.Mort d\u2019apoplexie en 1919.Me consulta pour céphalée, douleurs rétrosternales et essoufflement.Il ignorait que sa tension artérielle fut élevée.6 \u2014 Mme J.L., vue en 1914, à l\u2019âge de 45 ans.Poids 105.T.A.230/160.Fouls 150.Double lésion mitrale, morte d\u2019asystolie en 1918.Tuberculose chez les ascendants et collatéraux.Elle eut pleurésie et rhumatisme inflammatoire à 30 ans.Pneumonie à 42 ans.Me consulta pour essoufflement, œdème des pieds et insomnie.7\u2014 Mme J.A, vue en 1914 4 l\u2019âge de 65 ans.Poids 122, T.A.230/120.Pouls 76.Morte d\u2019urémie en 1929.Me consulta pour forte céphalée fréquente, accompagnée même de vomissements.8 \u2014 P.T., avocat, vue en 1914, à l\u2019âge de 60 ans.Poids 124, T.A.270/210.Pouls 80.Revu en 1915.T.A.250/160.Mort d\u2019urémie quelques mois après. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 327 Artério-sclérose et néphrite chronique.Bronchites fréquentes, pneumonie, gros mangeur de viande.Fréquents abus d\u2019alcool, buveur de thé et de café forts en abondance.Me consulta pour de l\u2019essoufflement et sensation d\u2019étouffement à l'effort.Présence d'hydrothorax abondant qu\u2019il fallut ponctionner.Le malade ignorait qu'il avait une tension artérielle élevée.Obs.9\u2014 L.M., marchand, vu en 1915, à l\u2019âge de 46 ans.Poids 163.T.A.240/115.Pouls 90.Artério-sclérose.Mort en 1917 d\u2019oedème aigu du poumon.Antécédents héréditaires excellents.Antécédents personnels: scarlatine, rougeole, pneumonie à 40 ans.Epistaxis abondants avec perte de connaissance, à deux reprises depuis 2 ans.Il ignorait qu\u2019il avait une T.À.élevée.Obs.10\u2014 Mlle M.J., vue en 1915 à Plage de 67 ans.Poids 182.T.A.210/130.Artério-sclérose, encore vivante et assez bien portante malgré son âge avancé, 86 ans, et sa tension artérielle qui est toujours élevée.Père, mère morts très âgés.Elle-même n\u2019a jamais présenté de graves maladies de l\u2019enfance ou de l\u2019âge adulte.Flle me consulta pour de l\u2019essoufflement et des maux de tête.Obs.11\u2014S.C., artiste-peintre, vu en 1919 à l\u2019âge de 50 ans.Poids 168.T.A.200/120.Pouls 80.Artério-sclérose.Encore vivant, 65 ans.Hémiplégique depuis 1927.Parents morts âgés.Pas de maladies graves de l\u2019enfance ni de l\u2019âge adulte.Me consulta pour forte céphalée survenue après un travail très ardu.Obs.12 \u2014 L.-P.G., médecin vu en 1919 à 57 ans.Poids 143.T.A.200/120.Artério-sclérose.Mort d\u2019angine de poitrine en 1928.Farents morts très âgés.Il eut la variole à l\u2019âge de 3 ans.Pleurésie à 13 ans.Parathyphoïde à 53 ans.Se croyait très bien jusqu\u2019au jour où, après un gros repas, il eut un léger ictus apoplectique avec lourdeur et faiblesse de tout le côté droit.Une autre attaque dans les mêmes circonstances après un gros repas.Obs.13\u2014 M.P., vu à 58 ans en 1918.Poids 160.T.A.180/110.Artériosclérose et néphrite chronique.Mort subitement en 1922.Mère morte subitement à 72 ans.N\u2019eut jamais de maladies graves; gros mangeur de viande aux trois repas.Se croyait bien portant lorsqu\u2019il eut une perte de connaissance avec oedème pulmonaire.Le médecin constata que la T.À.était très élevée.Obs.14\u2014 Mme A.L., vue en 1918 a l\u2019âge de 50 ans.Poids 129.T.A.210/140.Pouls 80.Artério-sclérose et néphrite chronique.À eu la scarlatine, rougeole, coqueluche.Viande aux trois repas.Vertiges légers, un peu de céphalée, scotomes.Consulta seulement après un grand épistaxis qui l\u2019alarma.Morte d\u2019angine de poitrine plusieurs années après. 328 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Obs.15\u2014 A.D., vu en 1916 à l\u2019âge de 61 ans.Poids 200 lbs.T.A.200/125.Pouls 84.Artério-sclérose et néphrite chronique.Vertiges fréquents depuis deux ans.Léger essoufflement, pollakyurie nocturne.Père mort subitement.Mère et un frère morts de diabète.Lithiase biliaire à 45 ans.Abus considérable de tabac et surmenage physique et intellectuel.Mort d\u2019urémie en 1920.Obs.16 \u2014 F.-X.D., vu en 1903 à l\u2019âge de 32 ans.Poids 140.T.A.180/110.En 1913 T.A.200/140.Pouls 88.Artério-sclérose.Père mort d\u2019hémorragie cérébrale.Mère morte du cœur.Un frère et une sœur morts d\u2019artério-sclérose avec forte hypertension.Fièvre typhoïde, abus considérable de tabac, mangeur de viande.Consulta pour sensation pénible rétrosternale.Mort en 1929 d\u2019insuffisance cardiaque aiguë, après avoir eu des attaques répétées d\u2019angine de poitrine depuis 1903, forme légère.Obs.17 \u2014 Mlle C.G., vue en 1920 à l\u2019âge de 17 ans.Poids 91.T.A.280/200.Pouls 120.Néphrite chronique.Scarlatine grave avec impotence des membres qui dura 8 mois, à l\u2019âge de 8 ans.| Consulta pour vomissement grave survenu après promenade en automobile.Morte d\u2019urémie en juin 1920.Obs.18\u2014 TH.J., vu en 1918 à l\u2019Age de 34 ans.Foids 155.T.A.220/135.Néphrite chronique.Père mort d\u2019urémie; oncle paternel mort subitement; tante paternelle artério-scléreuse très hypertendue.Rougeole, pneumonie, 2 attaques.Fut amené à consulter parce qu\u2019il avait été refusé par une compagnie d\u2019Assurance pour présence d\u2019albumine dans ses urines.Mort d\u2019urémie en 1922.J\u2019ai eu l\u2019occasion, comme plusieurs de mes confrères d\u2019ailleurs, d\u2019examiner des malades qui se croyaient très bien portants jusqu\u2019au moment où ils furent examinés et refusés par le médecin examinateur d\u2019une Compagnie d\u2019Assurance, pour présence d\u2019albumine dans les urines ou hypertension artérielle.Cette dernière observation nous permet d\u2019affirmer que la médecine préventive, qui conseille l\u2019examen médical au moins une fois l\u2019an pour tous, rendrait des services appréciables.CONCLUSIONS Il est actuellement bien reconnu que l\u2019hypertension artérielle n\u2019est pas une maladie par elle-même, mais bien l\u2019expression d\u2019une gêne croissante de la circulation artérielle provoquée tantôt par l\u2019arté- Tio-sclérose ou la néphrite chronique ou les deux à la fois.Tant qu\u2019à l\u2019influence de lésions rénales sur la tension artérielle, il est intéressant, je crois, de citer le résumé de la communication de MM.Ch.Laubry et J.Walser, sur \u201cl\u2019hypertension artérielle permanente et L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 329 troubles de la fonction rénale\u201d, faite au Congrès de l\u2019Insuffisance Rénale, qui eut lieu à Evian du 18 au 20 septembre, 1933, d\u2019après le résumé publié dans La Presse Médicale du 18 octobre 1933: MM.Laubry et Walser reprenant l\u2019examen de la théorie rénale de l\u2019hypertension, concluent que: \u201c1° Il existe de nombreuses hypertensions indépendantes de toute altération rénale, tant fonctionnelle qu\u2019anatomique; 2° Il existe de nombreuses atteintes rénales sans hypertension ; 3° Cependant un grand nombre d\u2019hypertensions coïncident avec les troubles de la fonction rénale, suivant trois modalités ; La première est caractérisée par la coexistence simultanée d\u2019un syndrome hypertensif et d\u2019un syndrome rénal.La seconde concerne les hypertensions qui ont précédé les manifestation rénales.Celles-ci apparaissent ici comme un trouble fonctionnel secondaire à l\u2019hypertension.La troisième réunit les cas où l\u2019hypertension succède à une période de néphrite isolée.C\u2019est pour ces cas qu\u2019il faut maintenir la pathogénie rénale de l\u2019hypertension.Ces cas restent exceptionnels, l\u2019hypertension est un syndrome relevant de mécanismes multiples où le rein peut avoir sa part, mais le plus souvent secondaire.M.Laubry, en commentant son rapport, exprime l\u2019idée que \u201cle véritable rôle du rein est d\u2019aider à l\u2019hypertension, et non de la produire de toutes pièces.\u201d Nous voyons par les observations de malades citées plus haut combien souvent la scarlatine et les autres maladies infectieuses graves: pneumonie, typhoïde, etc, sont relevées dans les antécédents personnels des brightiques et des artério-scléreux.Quant à la cause de l\u2019artério-sclérose je ne voudrais pas m\u2019attarder à donner ici les théories modernes qui ne semblent pas encore satisfaire tous les esprits.Qu\u2019on me permette, cependant, de citer les recherches récentes de MM.les docteurs Edgar A.Hines et George EF.Brown, de la Clinique Mayo, publiées dans \u201cAnnals of Internal Medicine\u201d, août 1933, et la traduction française de ce travail publiée dans l\u2019Union Médicale du Canada, janvier 1934, dont voici quelques extraits : \u201cPremièrement, il existe une cause première ou principale de l\u2019hypertension consistant en un mécanisme d\u2019hyperactivité du système sympathique vaso-moteur, dépendant d\u2019un état constitutionnel anormal ou manque d\u2019équilibre. 330 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Deuxièmement, un facteur auxiliaire de fatigue ou de surmenage provoqué par les événements quotidiens de la vie, qui modifie ou exagère ou réactive le facteur constitutionnel.Il est possible que ce mécanisme d\u2019hyperactivité s\u2019acquière.Le noir primitif de l\u2019Afrique ne souffre pas d\u2019hypertension.Cette affection, cependant, est très commune dans la première et deuxième générations des noirs transplantés dans d\u2019autres pays, ct parfois à un degré beaucoup plus élevé que chez les blancs avec qui ils sont en contact.\u201d L\u2019alimentation fortement carnée est relevée chez presque tous les artério-scléreux avec hypertention.Mêmes constatations pour l\u2019alcool et le tabac.Le surmenage, les fatigues et les tracas semblent avoir des conséquences plus graves.Les premiers signes de l\u2019hypertension artérielle sont généralement les mêmes à peu de chose près.Les malades accusent de la céphalée persistante et de l\u2019essoufflement assez souvent.Les algies cardiaques sont accusées par beaucoup de malades et l\u2019angine de poitrine est souvent une cause de mort.Les troubles digestils avec vomissements sont, dans quelques cas, les premiers symptômes qui conduisent les hypertendus chez le médecin.Chez plusieurs les vertiges avec ou sans céphalée, comme chez d\u2019autres l\u2019ictus apoplectique avec hémiparésie éveillent l\u2019attention des malades.Nous savons tous que quelques hypertendus se croient bien portants jusqu\u2019au moment où ils sont frappés d\u2019une hémorragie cérébrale fatale, par une attaque mortelle d\u2019angine de poitrine ou d\u2019ædème aigu du poumon foudroyant.Quant aux signes révélateurs de l\u2019hypertension artérielle, pouvant donner l\u2019éveil au médecin, ils sont assez nombreux, comme nous l\u2019avons vu par l\u2019étude des observations précédentes choisies avec intention.Il doit tenir grand compte de la céphalée persistante qui, on le sait, peut, évidemment, avoir plusieurs causes telles que: troubles oculaires, astigmatisme, hypermetropie, presbytie, myopie, glocôme, ete.; mais il convient de répéter que l\u2019hypertension d\u2019origine endartérielle ou brightique est presque toujours accompagnée de céphalée persistante siégeant à la nuque.Les scotômes, tout comme des poussées d\u2019amaurose, surviennent quelquefois.Les épistaxis, quoique moins fréquents, sont généralement abondants et, fait important à noter, soulagent le malade.Si l\u2019essoufflement survient tôt ou tard chez les cardiopathes valvulaires sans hypertension au début de l\u2019insuffisance ventriculaire, le L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 331 brightique et l\u2019artério-scléreux se plaignent également d\u2019essoufflement lorsque leur cœur, constamment à l\u2019effort, se fatigue pour assurer la circulation que rend de plus en plus difficile l\u2019hypertension artérielle croissante.Les troubles urinaires, entre autres la pollakyurie nocturne, doivent toujours faire soupçonner la néphrite chronique et l\u2019hypertension qui l\u2019accompagne.Même chose pour la eryesthésie, les crampes et les engourdissement périphériques.J'ai reproduit avec intention quelques observations de personnes grasses avec tension artérielle normale et même abaissée ; des observations de personnes maigres avec tension artérielle très élevée; des observations de malades âgés avec tension artérielle normale et des observations de malades jeunes avec des tensions artérielles très élevées, pour prouver une fois de plus que les signes extérieurs sont souvent trompeurs.Dans mon expérience, déjà assez longue, je suis arrivé à la conclusion, d\u2019ailleurs bien simple, qu\u2019il fallait, pour chaque malade, faire une bonne histoire de cas, suivie d\u2019un bon examen clinique, sans oublier jamais de mesurer la tension artérielle, afin de ne pas laisser passer inaperçue une tension artérielle élevée. A PROPOS DE RÉIMPALUDATIONS Par Antonio BARBEAU, Professeur agrégé de la Faulté de Médecine, Médecin de l'hôpital de Bordeaux.La mise au point et l\u2019extension d\u2019une thérapeutique héroïque dans une maladie en soi fatalement et rapidement évolutive placent Wagner Von Jauregg(1) parmi les grands bienfaiteurs de l\u2019humanité.Lä malariathérapie de la paralysie générale, selon les statistiques colligées dans le monde entier, fournit 30 à 40% de rémissions complètes du syndrome psychique.Certains auteurs (v.g.Gertsmann) avouent, dans des séries éminemment favorables, 80 à 90% de résultats heureux.Depuis 7 ans bientôt que nous utilisons personnellement cette méthode à l'Hôpital de Bordeaux, nous avons eu la bonne fortune de rendre à la vie sociale pratiquement normale un sur deux de nos malades impaludés.(2-3).Evidemment, la proportion des rémissions complètes obtenues cest fonction de maints facteurs; nombre de cas traités, antécédents personnels, pathologiques, âge du sujet, durée antérieure de la maladie, qualité du traitement avant, pendant et après la malariathérapie, cte., ete.Mais l\u2019accord est universel en un point : l\u2019impaludation demeure à lPheure actuelle, de tous les traitements suggérés et utilisés contre la méningo-encéphalite diffuse progressive, le plus sûr, le plus constamment efficace et le plus généralisé.T\u2019emploi de la pyrothérapie dans la paralysie générale a posé néanmoins toute une série de problèmes d\u2019ordre biologique, sociologique, économique, médico-légal et simplement médical.Et cela, pour les cas favorablement influencés (4-5).Et cela surtout, pour les cas qui n\u2019ont pas, qui ont peu ou qui ont mal réagi à une première mala- risation.Fait certain et que nos statistiques personnelles confirment abondamment, ces anciens impaludés jouissent dans un état mental figé d\u2019une survie presque indéterminée.Laissés à eux-mêmes, ils devaient mourir en quelques années.Ils deviennent à cause de la malariathérapie un passif économique pour leur famille et pour la société.Ils restent, par delà ces considérations, des malades, dignes de l\u2019attention et des soins du médecin.Ainsi se présente théoriquement la question des réimpaludations.In pratique, les cas se diversifient.On peut schématiquement les grouper de la façon suivante: ler: Un malade est impaludé.Le temps le la période d\u2019invasion passe.Nous attendons l\u2019élévation thermique. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 333 Nous l\u2019attendons des jours et des jours.Elle ne se montre pas.Voie d\u2019introduction inappropriée, quantité de sang insuffisante, contamination de la souche employée, incompatibilité biologique indéterminée, la plupart du temps indéterminable, maladie intercurrente, ingestion intempestive de médicaments antagonistes, etc, tout cela peut expliquer l\u2019insuccès que la recherche de l\u2019hématozoaire dans le sang, la numération globulaire, l\u2019étude de la formule leucocytaire permettront de préciser encore.On a vu certes des paralytiques généraux entrer en rémission complète post-malarique, sans avoir présenté d\u2019accès thermiques bien francs.La température est prise toutes les deux heures.De petites ascensions erratiques peuvent échapper au thermomètre.Mais ça n\u2019est là qu\u2019infime exception et peut-être simple supposition logique.En réalité il existe en deça de certaines limites, sinon une proportion directe, du moins un certain rapport habituel entre l\u2019évolution psychique, la quantité et la qualité des élévations thermiques.Quoiqu\u2019il en soit, notre malade type n\u2019a pas réagi.Il ne semble pas devoir réagir.Nous avons attendu bien au delà de la durée usuelle d\u2019une malariathérapie.Il nous faut penser à réimpaluder.Riéme: La malariathérapie est amorcée.Sur sa feuille de température le malade a dessiné quelques pics et caricaturé quelques clochers.Voici brusquement la plaine à perte de vue, dont la monotonie nous ennuie d\u2019abord, nous inquiète ensuite.Les accès thermiques ne se renouvellent toujours plus.Leur nombre (2, 3 parfois 4) nous paraît insuffisant.Les semaines passent.L'état psychique ne s\u2019améliore pas.Malariathérapie incomplète.Recommençons.3ième : Malade en marasme physique, chez qui nous injectons la malaria presque en désespoir de cause (6).Evolution palludéenne normale.Quelques pyrexies.Sous les coups de bélier thermiques répétés, l\u2019état général fléchit.Nous nous alarmons.Et pour sauver la place, nous bouchons les brèches avee de la quinine.4ième : Malariathérapie complète à notre sens.8, 10, 12, accès thermiques francs, suivis de la chimiothérapie appropriée.Nous attendons une évolution heureuse qui ne vient pas.L\u2019agitation submania- que ou la dépression se dissipe peu ou prou.Le délire mégalomania- que est moins fantastique.En tout cas, moins extériorisé.Et c\u2019est tout.Le malade reste en quelque sorte psychiquement fixé pour une période presque indéfinie.En d\u2019autres circonstances, après des pro- drômes prometteurs, la maladie se transforme.Une psychose apparaît.dième: Enfin, un dernier cas.Nous avons chanté victoire.La malariathérapie a sauvé la vie mentale de notre homme.Quelques mois, 3, 6, 12 plus tard, le malade rechute.Tout est à recommencer. 334 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Voilà done 5 variétés de cas concrets, entre bien d\u2019autres possibles, qui se sont présentés à nous, comme ils se présentent journellement à nos confrères spécialisés.Comme tout le monde, nous avons recherché les raisons de ces évolutions anormales et de ces insuccès en malariathérapie.Sujet passionnant et fécond sur lequel nous aurons peut-être bientôt l\u2019occasion de revenir.Pour aujourd\u2019hui une question liminaire se pose.Que donnent les réimpaludations?Bien des auteurs ont déjà répondu.Voyons par nous-mêmes.Au lieu de feuilleter et de rééditer leurs excellents travaux, ouvrons nos dossiers.TABLEAU I.\u2014 RESULTATS AU POINT DE VUE MENTAL Non modifiés Rémissions partielles Rémissions complètes Total 10 4 3 17 TABLEAU II.\u2014 REACTIONS BIOLOGIQUES SANS AMELIORATION PSYCHIQUE; Nombre d\u2019ascensions thermiques IMPALUDATIONS Cas nos.1° 2° 3° 4° 5° 6° Total 1 Roc 9 2 2 2 StP ?13 2 3 Bro 8 0 mort 2 4 Rob 4 0 0 0 0 13 6 5 Dum 8 13 0 3 0 0 G 6 Ros 7 11 2 7 Bru o 0 0 3 8 Gil 10 + 0 0 0 5 9 Or 2 13 2 10 Urs 0 0 déporté 2 TABLEAU III.\u2014 REMISSIONS PSYCHIQUES; Nombre d\u2019accès thermiques au cours des impaludations et des réimpaludations.MALARIAS Rémissions partielles 1° 2° 3° 4° 5° 6° Total T 2?12 2 IT 0 3 4 .\u2026.à III \u201413 4 0 0 .\u2026\u2026\u2026.4 IV 5 12 2 Rémissions complètes v 11 4 0 0 0 0.6° VI 16 0 0 0 VII 2 13 oo Ot L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 335 TABLEAU IV.\u2014 EFFETS DE LA REIMPALUDATION SUIVANT LA FORME CLINIQUE affaiblissement forme tabétique confuse paranoïde sans délire expansive I.\u2014 Non modifiés 2 7 1 II.\u2014 Rémissions part.1 2 1 III.\u2014 Rémissions comp.1 2 RESULTATS PERSONNELS.Au total nous avons sur dix-sept malades seulement pratiqué 39 réimpaludations.Nous n\u2019entendons pas que la malariathérapie ait été complète chaque fois.Bien loin de là.Si nous avons malarisé certains malades, 4, 5 ou 6 fois, c\u2019est sans doute que nous n\u2019obtenions pas l\u2019amélioration psychique espérée, mais surtout parce que biologique- ment nous n\u2019avions pas de réponse.Pourquoi celui-ci, injecté par une même voie (l\u2019intramusculaire) avec une même quantité d\u2019un même sang ne réagissait-il pas?Pourquoi n\u2019ayant pas réagi une fois, deux fois, trois fois cet autre réagit-il maintenant?Pourquoi, ayant réagi une première fois, un dernier ne réagit-il pas une deuxième, troisième, quatrième fois, pour enfin réaliser une malariathérapie parfaite?Seule l\u2019analyse individuelle soignée peut nous fournir à ces questions une réponse adéquate.Nous y reviendrons.Nous ne sommes aujourd\u2019hui intéressés que par la statistique et les idées générales.Pareillement, nous pourrions rechercher comment une malaria- thérapie complète (11 accès thermiques), suivie d\u2019une seconde très partielle (4 accès) et de trois autres neutres, n\u2019a apporté une très bonne rémission psychique qu\u2019au terme de la cinquième impaludation.Comment se fait-il enfin qu\u2019après une première malariathérapie très poussée (16 accès) trois autres sont restées ineffectives biologique- ment, mais heureuses au point de vue psychique.Cas bizarres et d\u2019autant plus intéressants.De toutes façons, sur 17 malades réimpaludés 10 n\u2019ont pas répondu au point de vue mental; 7 ont bénéficié complètement ou partiellement d\u2019une rémission psychique.Tableau I.Le groupe de nos patients non modifiés mentalement est assez hétérogène.Le cas 1 a réalisé tout d\u2019abord une excellente malaria (9 accès).sans amélioration psychique consécutive.Une deuxième malarisation s\u2019est spontanément arrêtée au bout de % accès.Nous ne constatons pas encore d\u2019amélioration mentale.Le no 2 a subi deux belles malarias.Résultats psychiques, nuls.Le troisième malade, au cours de sa première pyrexie provoquée, a eu 8 accès thermiques, 0 336 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA au cours de la seconde.Il est mort, longtemps après que nous eussions interrompu la seconde malaria, sans qu\u2019il y ait à notre sens relation entre son décès et le paludisme thérapeutique.Le no 4, non\u2018 modifié mentalement, avait présenté lors d\u2019une première tentative thérapeutique 4 accès thermiques et une rémission psychique partielle.4 autres impaludations sont restées chez lui négatives.Une récemment faite a produit 13 ascensions thermiques.Nous attendons.Le pronostic demeure en suspens.Le no 5, malarisé 6 fois; deux fois complètement, une 3° fois 3 accès, les trois autres neutres, sans aucune amélioration mentale.Le no 6, 2 bonnes malariathérapies.Amélioration psychique légère.Nous espérons pour lui un avenir meilleur.Le no 7 n\u2019a eu en fait qu\u2019une impaludation partiellement effective à 5 accès, les deux autres, neutres.De même pour le no 8, qui eut, lui, 10 accès, une première fois avec amélioration psychique partielle, 4 accès à une seconde tentative, 0 aux trois autres.Le no 9 est un cas de transformation psychosique, type Gertsmann, dont nous avons déjà rapporté l\u2019histoire clinique (7), et chez qui une seconde malaria- thérapie à 13 accès n\u2019a rien modifié.Un dernier malade, no 10, fut impaludé à deux reprises sans présenter jamais une ascension thermique.Il fut déporté depuis et nous n\u2019en avons plus entendu parler.Donc sur 32 impaludations faites pour ce groupe 15 furent absolument ineffectives, 6 partiellement ineffectives, 9 très bonnes biologi- quement.Et de cette réceptivité plus ou moins grande à l\u2019impaludation par voie intramuseulaire nous aurons à tenir compte, quand prochainement nous réimpaluderons encore ces cas malheureux.Signalons enfin pour être complet que certaines réimpaludations rapportées dans ce groupe ne datent que de quelques mois et que, en conséquefite, nos résultats ne sauraient être que provisoires.Relativement aux cas heureux, schématisés sur notre tableau 2, le nombre des ascensions thermiques est aussi intéressant à noter.Chez nos rémissions incomplètes, une fut obtenue après une seconde malariathérapie à 13 accès, une deuxième après la troisième tentative (4 accès), une antérieure ayant donné 3 accès et la première impaludation 0.Le troisième cas eut tout d\u2019abord 13 accès, 4 à la deuxième reprise, aux deux dernières pas d\u2019ascensions thermiques.Le dernier patient après une malariathérapie à 5 accès, en a présenté 12 à une seconde impaludation, après laquelle il a commencé à s\u2019améliorer mentalement.Nos rémissions pratiquement complètes se décomposent ainsi: Un cas où une première impaludation avait fourni une modification du syndrome mental paralytique tel que nous avons pendant un certain temps pensé à la possibilité d\u2019une transformation + ee \u2019 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 337 psychosique.La première impaludation avait fourni 11 ascensions thermiques.La deuxième réimpaludation 4 Les quatre autres 0.Le malade fut remis à sa famille très considérablement amélioré au point de vue mental.Notre second malade n\u2019eut en fait qu\u2019une mala- riathérapie efficace à 16 accès de température suivie d\u2019aucuns résultats psychiques.À trois reprises nous avons tenté une nouvelle pyrexie provoquée sans effets biologiques.Voici qu\u2019à la fin, le malade entre en rémission complète et nous demandons sa libération de l\u2019hôpital.Notre dernier patient n\u2019eut que ® ascensions thermiques lors de sa première malaria.Pas de résultats psychiques.Nouvelle impaludation qui donne 13 accès de température et une rémission complète.Il n\u2019est pas toujours facile de classer les paralytiques généraux sous une forme clinique précise.Surtout quand une première mala- riathérapie a perturbé le beau tableau clinique du paralytique général vierge de toute thérapeutique antérieure.Il faut se contenter, comme critères de classification, des dominantes symptomatiques, parfois très complexes, avec tout ce que ce procédé comporte d\u2019aléatoire et de subjectif.Et puis le nombre de nos cas est tellement restreint que nous nous gardons bien de déductions à ce chapitre.Notre dernier tableau indique donc, sous toutes réserves, que parmi nos malades non modifiés par la réimpaludation 2 accusaient la forme affaiblissement sans délire, 7 la forme expansive, un la forme paranoide.Chez nos rémissions partielles, une forme affaiblissement sans délire, deux formes expansives, une paranoide.Une forme affaiblissement sans délire, deux formes expansives composent notre série heureuse.L\u2019analyse de nos statistiques suggéreraient maints autres problèmes.Nous ne l\u2019ignorons pas.Et nous y reviendrons quand le nombre de nos réimpaludations sera.plus considérable et l\u2019avenir de nos réimpaludés plus éclairei.Retenons toutefois la grande irrégularité dans le rythme des accès thermiques, leur non-apparition très fréquente, leur extinction spontanée coutumière.Toutes choses déjà connues.Dans leur excellent ouvrage: \u201cParalysie générale et Malariathérapie\u201d, paru en 1931, Leroy et Médakovitch s\u2019expriment ainsi: \u201cLes réinfections par la malaria thérapeutique ne donnent pas toujours un résultat positif, même quand on s\u2019adresse à une bonne souche.La fréquence des résultats positifs est beaucoup plus inconstante et irrégulière que dans les cas de première infection.Si la malaria thérapeutique ne laisse pas, en général, une immunité profonde ni durable, elle confère cependant une immunité relative.Dans la deuxième ou troisième rechute, on observe.dans la majorité des cas, une évolution plus atténuée caractérisée par une température moins élevée, symptômes cliniques moins A) 338 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA graves et parasites moins nombreux dans le sang.La période d\u2019incubation se montre nettement prolongée et s\u2019arrête spontanément au bout de quatre à six accès.Les moyens de provocation ne réussissent pas dans un tiers des cas, en raison de l\u2019immunité acquise.\u201d REFLEXIONS Voilà done notre bilan.Il est maigre.Le nombre restreint de nos réimpaludations ne saurait nous permettre de conclusions solides.Il autorise néanmoins quelques réflexions, basées sur lui mais débordant largement les cadres de ce travail.Les anciens impaludés doivent, sans exception, demeurer sous surveillance médicale.En rémission psychique complète, ils ne sont pas à l\u2019abri de toutes sortes d\u2019ennuis (8-4).On ne connaît pas beaucoup, en matière de paralysie générale traitée, de \u201crestitutio ad inte- grum\u201d.La malariathérapie a restauré la stabilité du rendement, relevé le niveau intellectuel général précédemment abaissé.Persistent cependant, dans le caractère, des modifications plus ou moins périlleuses (9).Des attaques épileptiformes, rarissimes, éclatent parfois, dont l\u2019étiologie reste trouble (10).On a signalé des manifestations syphilitiques tertiaires chez des paralytiques généraux impaludés (11).Et puis, il y a les rechutes.Si les malades étaient plus longuement suivis après traitement, peut-être s\u2019avèrent-elles plus fréquentes (12-4).Tel ce cas de Claude.Malade antérieurement traité au Dmelcos et aup Sto- varsol par le regretté Sicard.Rémission complète.Dix-huit mois après, rechute.Claude impalude le malade.Nouvelle rémission complète au bout de 6 mois.Durée: un an.Rechute.Seconde impaludation.Rémission parfaite persistant depuis 5 ans.(13).Tel encore ce cas de Vermeylen (14), où deux ans après une rémission complète apparut une récurrence sous forme de délire chronique hallucinatoire.Deux exemples entre mille.Tous les spécialistes s\u2019accordent d\u2019ailleurs sur la nécessité d\u2019un traitement post-malarique intense et prolongé même pour les cas les plus favorablement influencés.Que dire des autres?Doit-on se contenter d\u2019une rémission incomplète, laisser à elles-mêmes les transformations psychosiques, reléguer aux oubliettes les malades non modifiés?Courbon et Tusque ont raconté (15), il y a quelques années, l\u2019histoire d\u2019une malade ayant subi deux impaludations sans aucun résultat appréciable.Pendant un an, l\u2019excitation persiste.Le certificat d\u2019internement, confirmé par d\u2019excellents psychiâtres porte \u201cétat démentiel complet\u201d.Puis, petit à petit, la malade s\u2019améliore et accuse une rémission non complète quoique très marquée.Il ne faut donc pas désespérer trop tôt.Mais il s\u2019agit là d\u2019un cas tout à fait exceptionnel.Ne comptons pas sur L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA 339 de semblables éventualités.La malariathérapie n\u2019a pas donné les résultats que nous désirions.Essayons autre chose, autrement, ou une autre fois.Autre chose.\u201cLes traitements sont innombrables qu\u2019on a dirigés contre la paralysie générale.Lies uns rationnels, étant donné la nature para-syphilitique de cette maladie.(Iodures, mercure, bismuth, arsenics tri et pentavalents; parmi ces derniers, il convient de signaler tout spécialement le tryparsamide et le stovarsol, (16-17), les autres, empiriques, nucléinate de soude, vaccin typhique et para-typhique, tuberculine, fièvre récurrente, sodoku, ete.et en ces derniers temps, la pyrothérapie soufrée et diathermique\u201d(2).On a donc le choix si une technique fait défaut.Le choix méme d\u2019une variante de technique.La diathermie trans-cérébrale, par exemple (18) quand la pyrexie électriquement provoquée n\u2019amène pas d\u2019amélioration psychique.A notre très humble avis, la malariathérapie demeure néanmoins, la méthode de choix.Et alors, il s\u2019agit de réimpaludation.Quand, comment et combien de fois doit-on réimpaluder?Trois questions auxquelles nous voudrions donner une réponse sommaire.Quand?Cela dépend évidemment de l\u2019évolution de la première malarisation.Dans la première catégorie de malades dont nous avons parlé au début de ce travail (malades n\u2019ayant aucunement répondu au point de vue biologique à l\u2019inoculation paludéenne) nous laissons passer quelques mois.En certains cas, où nous avions raison de douter de l\u2019efficacité pyrogénique du sang donneur, nous avons procédé au bout de quelques semaines.En général nous attendons plus longtemps pour réimpaluder chez nos patients qui ont présenté quelques accès thermiques spontanément interrompus et nous attendons davantage encore chez ceux dont l\u2019état physique a commandé une interruption de la malariathérapie.Six mois, 8 mois et plus.Bref, question d\u2019appréciation clinique portant sur l\u2019état mental et physique de chaque client.Chez les malades, dont la malariathérapie fut complete, nous attendons en moyenne 9 mois, employés d\u2019ailleurs par la chimiothérapie au Stovarsol.Et si l\u2019amélioration mentale n\u2019apparait toujours pas, nous songeons à une réimpaludation.Nos chances de succès, biologiques ct psychologiques, sans être aussi brillantes qu\u2019à une première malaria.n\u2019en existent pas moins, ainsi qu\u2019il appert de notre petite expérience personnelle, confirmée en bloc par celle plus étendue des auteurs.De toute façon, le jeu vaut la chandelle.Pour les transformations psychosiques réimpaludées, nous avons peu à espérer.Une forme franche, type Gertamn, que nous avons malarisé à nouveau.n\u2019a rien donné.Une autre.à évolution précoce après la pre- 340 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA mière malaria, est entrée en rémission quasi complète.Mais nous sommes ici bien loin d\u2019être sûr de notre diagnostic.Comment procéder à la réimpaludation?Jusqu\u2019à maintenant nous avons toujours employé la voie intramusculaire.Ça n\u2019est pas la seule possible.Ça n\u2019est même pas la plus communément utilisée.Nous nous proposons de réimpaluder nos sujets rebelles aux malaria- thérapies par voie intramuseulaire au moyen de la voie intraveineuse et si nous ne réussissons encore pas, nous aurons recours à la voie rachidienne.Pour toutes sortes de raisons, nous ne croyons pas qu\u2019il existe de sujets absolument réfractaires au paludisme.En tout cas, on ne saurait l\u2019affirmer qu\u2019après avoir essayé toutes les voies possibles d\u2019impaludations.Enfin, combien de fois, peut-on réimpaluder?Théoriquement, nous ne voyons pas d\u2019autres limites que celles posées par la résistance physiologique du sujet.Il y a de telles surprises, de quasi résurrections en matière de malariathérapie.Et puis, notre devoir, le seul que nous voulons connaître en présence de la méningo-encéphalite diffuse progressive, c\u2019est de la traquer jusqu\u2019au bout.Les médecins intéressés à ce travail savent combien il est pénible et combien à chaque instant il soulève de points d\u2019interrogation et commande l\u2019emploi de techniques variées.Aussi bien, sentent-ils le besoin de voir se créer chez nous, comme en d\u2019autres pays, des centres de malariathérapie, bien équipés sous tout rapport.Centres de traitement où les malades iront retrouver la santé physique et mentale, centres de recherche également où le médecin creusera maints problèmes.« La maladie, écrivait autrefois Ribot, est, une expérimentation de l\u2019ordre le plus subtil, instituée par la nature elle-même et avec des procédés dont l\u2019art humain ne dispose pas.Elle atteint l\u2019inaccessible (19)».Qui saurait déterminer à l\u2019avance où l\u2019emploi d\u2019une technique nouvelle peut conduire les chercheurs à l\u2019affât.Résumé et conclusions : .1) Méthode héroique dans le traitement de la méningo-encé- phalite diffuse progressive, la malariathérapie fournit environ 30% de rémissions complètes du syndrome psychique, 60 à 70% de rémissions incomplètes et d\u2019insuccès total.2) Cas heureux ou malheureux doivent être surveillés après malarisation.Les premiers en vue de consolider les effets de la cure et de prévenir ou de pallier aux complications et rechutes possibles.Les seconds commandent la récidive thérapeutique ou l\u2019emploi de mesures \u2018nouvelles de traitement.La malariathérapie étant la mé- > |- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 3-1 thode de choix, la réimpaludation s\u2019impose souvent, soit que la première malarisation ait été nulle, insuffisante ou ineffective biologi- quement et psychiquement ou qu\u2019après amélioration une rechute se soit produite.3) Sur 17 malades, après 1, 2, 3 et jusqu\u2019à 5 réimpaludations, nous avons obtenu 3 rémissions complètes, 4 rémissions incomplètes ; 10 patients n\u2019ont pas répondu par une amélioration mentale (Tableau I).4) Sur ?tableaux schématiques, (Tableaux 2 et 3), nous avons représenté les résultats mentaux obtenus en regard du nombre de réimpaludations et du nombre des accès thermiques provoqués.5) Sur un dernier tableau (4), nous avons résumé nos résultats en fonction de la forme clinique.6) Suivent quelques réffexions rapides portant sur l\u2019évolution des paralysies générales traitées par la malariathérapie, sur les indications, et les modes de la réimpaludation et sur les problèmes soulevés par la méthode de Wagner Jauregg.7) En conclusion, nous exprimons l\u2019espoir qu\u2019un jour se fonderont chez nous des centres de malariathérapie, permettant de mieux connaître, de mieux appliquer, de généraliser davantage cette thérapeutique féconde.Le médecin a droit d\u2019échouer parfois dans sa tâche.Se déclarer vaincu quand il peut apprendre encore et sauver plus souvent, il ne le saura jamais! Le 12 janvier 1934, BIBLIOGRAPHIE N.B.\u2014 On trouvera dans nos trois articles publiés antérieurement ici même sur la malariathérapie un complément d\u2019information bibliographique.1) WAGNER VON JAUREGG.La malariathérapie.Revue neurologique, juin 1929.2) BARBEAU.La malariathérapie à l\u2019Hôpital de Bordeaux.Union médicale du Canada, décembre 1931.3) BARBEAU.Nouvelles réflexions et statistiques sur la malariathérapie à l\u2019Hôpital de Bordeaux.Union médicale du Canada, mai 1932.+) CLAUDE et MASQUIN.Le devenir des paralytiques généraux malarisés ; expérience de neuf ans de malariathérapie.La Presse médicale, 13 décembre 1933.5) CARLO GORTA (de Turin).Les questions et les conséquences médico- légales relatives au traitement moderne de la paralysie générale.Quaderni di Psichiatra.an 14, No 7-8, 1927. 342 UNION MEDICALE DU CANADA 6) BAONVILLE, LEY, TITICA.Le grand âge et les maladies organiques 10) 11) 12) 13) 14) 15) 16) 17) 18) 19) sont-elles toujours une contre-indication à la malariathérapie chez les paralytiques généraux.Société de médecine mentale de Belgique.Séance du 28 novembre 1931.BARBEAU.Transformations psychosiques du syndrome mental chez des P.G.malarisés.Union médicale, janvier 1932.AIGROT.Quelques résultats éloignés de la malariathérapie de la paralysie générale.Thèse Lyon 1932.Bosc Frères et Riou, éditeurs.VERMEYLEN.La mesure de l'intelligence du paralytique général avant et après la malarisation.NXXVe session du congrès des médecins aliénistes «t neurologistes de France et des pays de langue francaise.Bordeaux 7-12 avril 1931.Annales médico-psychologiques p.416, avril 1931.LEROY et MEDAKOVITCII.Malaria lavée chez les paralytiques généraux impaludés et attaques épileptiformes.Annales médico-psycho- logiques, oct.1931, p.291 et seq.Intéressante discussion de Heuyer, Guiraud, Hamel, Truelle, Marchand, Simon, Revault d\u2019Allonnes, Del- mas et Claude.GUIRAUD et CARON.Manifestations syphilitiques tertiaires chez les P.G.impaludés.Ann.médico-psych, fév.1931, p.115.Th.SIMON et T.ROUART.Entrées pour paralysie générale après première hospitalisation en 1913 et 1932.Contribution à l\u2019étude de l\u2019influence des nouveaux traitements.Discussion de Barbe, Masquin, Courbon et Fribourg-Blane.Annales médico-psychologiques, fév.1933, pp.208 à 221.CLAUDE.Discussion à la suite d\u2019une communication de Marchand.Annales médico-psychologiques, mars 1933, p.351.VERMEYLEN.Paralysie générale.Troubles mentaux non démentiels deux ans après malariathérapie.Séance du 26 sept.1931.Société de médecine mentale de Belgique; 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toutefois la période d\u2019excitation fut plutôt pénible.Après avoir introduit bien lentement l\u2019æsophagoscope de Chevalier Jackson, nous eûmes la surprise de ne pas trouver d\u2019épingle dans la cavité æœsophagienne.Cependant, à certains endroits, la muqueuse était sanguinolente.Le radiologiste appelé de nouveau, localisa ce corps étranger dans l'estomac, en position transversale par rapport à la colonne vertébrale, et du côté gauche.Nous décidons alors de revoir la malade le lendemain, avec l\u2019arrière-pensée de peut-être lui prescrire le traitement classique préconisé en Europe, qui consiste à faire prendre une purée de pommes de terre ou autre, mélangée à du coton absorbant bien effiloché, \u2014 tel que nous avons eu dejà l'occasion de le dire dans deux communications.(1) Nous devons ajouter toutefois que Chevalier Jackson n\u2019est pas partisan de ce traitement peu employé aux Etats-Unis.Le matin suivant, une nouvelle radioscopie laisse voir que l\u2019épingle n\u2019est plus dans l\u2019estomae, et qu\u2019elle n\u2019est pas dans l\u2019intestin.L\u2019examen alors continué vers le haut permet de se rendre compte qu\u2019elle est remontée dans l\u2019æsophage, pointe en bas, ayant pris une position oblique gauche postérieure, juste derrière l\u2019appendice xyphoïde.Le ressort de l\u2019épingle se trouve en conséquence à 12 centimètres environ du cardia.Pendant la nuit, de violents efforts de vomissements avaient produit ce déplacement.Nous décidons d\u2019intervenir une seconde fois, et la malade est anesthésiée de nouveau.Ayant introduit l\u2019æsophagoscope, nous saisissons le ressort de l\u2019épingle avec une pince à rotation, puis nous descendons le tube pour la recevoir et la fermer à son intérieur, et finalement nous enlevons le tout ensemble.La durée de cette intervention est de trente-huit secondes.L\u2019épingle mesure quatre centimètres de longueur sur vingt-cinq millimètres de largeur de la pointe au fermoir lorsqu\u2019elle est ouverte.Les suites opératoires sont des plus simples, et la patiente retourne dans sa famille quelques jours après, \u2014 et depuis lors continue à bien se porter.(1) J.-N.Roy.\u2014 De la nécessité de l\u2019œsophagoscopie pour le diagnostic et le traitement des affections de l\u2019æsophage.L\u2019Union Médicale du Canada, fev.1919.Epingle de sûreté ouverte dans l\u2019estomac d\u2019un enfant.Passage par les voies naturelles.Réflexions.Les Annales d\u2019Oto-Laryngologie, Paris, sept.1933. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 345 Cette observation nous inspire naturellement quelques réflexions.Tout d\u2019abord nous dirons que les spasmes de la période d\u2019excitation, provoquée par le mélange chloroforme-éther, chez cette malade très nerveuse, avalent eu pour effet de faire descendre le corps étranger directement dans l\u2019estomac \u2014 puisque vingt minutes avant l\u2019administration de cet anesthésique, les rayons X localisaient l\u2019épingle à quelques centimètres en dessous des clavicules.Maintenant, l\u2019ablation d\u2019une épingle de sûreté ouverte pointe en haut, dans l\u2019æsophage d\u2019un malade, offre de grandes difficultés, et le spécialiste qui prend la responsabilité d\u2019un cas semblable toujours grave, doit être parfaitement au courant de toutes les manœuvres endoscopiques.Quant à l\u2019instrumentation, celle de Chevalier Jackson est sans aucun doute la meilleure.Nous ajouterons également que pour l\u2019extraction de cette variété de corps étrangers, il faut encore recourir à l\u2019une des nombreuses techniques de cet auteur, afin d\u2019obtenir le plus de chances de succès possible, \u2014 comme nous l\u2019avons du reste exposé dans deux travaux antérieurs.Si au contraire une épingle de sûreté ouverte se trouve dans l\u2019æsophage pointe en bas, il est alors facile de l\u2019enlever.Toutefois, il ne faut pas oublier qu\u2019elle doit être d\u2019abord placée et fermée à l\u2019intérieur de l\u2019instrument, car sans cette précaution, il se produirait sûrement une déchirure de la muqueuse œsophagienne de bas en haut, pouvant peut-être devenir grave.Il faut aussi être très prudent lorsque l\u2019æsophagoscope arrive près de l\u2019épingle, et surtout ne pas appuyer sur le ressort.Si on néglige ce détail, la branche de la pointe peut traverser l\u2019æsophage, et une infection de sa paroi se déclarer ensuite.Et comme complication, nous pouvons avoir une médiastinite suppurée toujours mortelle.D\u2019ailleurs la littérature médicale relate un certain nombre de cas de ce genre, qui se sont tragiquement terminés.Il est d\u2019usage d\u2019admettre qu\u2019un corps étranger de l\u2019æsophage parvenu spontanément dans l\u2019estomac, est presque toujours expulsé sans incidents par les voies naturelles.Mais il est surtout reconnu qu\u2019à la suite d\u2019efforts de vomissements, ces corps étrangers remontent très rarement à l\u2019æsophage.Lorsqu\u2019ils sont dans la cavité stomacale, (1) J.-N.Roy.\u2014 Epingle de sûreté ouverte pointe en haut, dans l\u2019æso- phage d\u2019un nourrisson.Oesophagoscopie.Ablation.IL\u2019Union Médicale du Canada, sept.1922.Second cas d\u2019épingle de sûreté ouverte pointe en haut, dans l\u2019æsophage d\u2019un nourrisson.Oesophagoscopie.Ablation.Archives Internationnles de Laryngologie, Otologie, Rhinologie et Broncho-Oesophagoscopie.Paris, avril 1927. 346 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA il faut les surveiller tous les jours au moyen de la radioscopie, et par le contrôle des selles.Cependant, au bout de deux mois environ, on peut songer à leur ablation, \u2014 à moins que des symptômes alarmants n\u2019aient déjà forcé la main du chirurgien.Dans certains cas, il est possible d\u2019extraire un corps étranger de l\u2019estomac par la gastroscopie, et Chevalier Jackson a rapporté entre autres deux observations fort intéressantes, d\u2019épingle de sûreté ouverte retenue dans l\u2019anneau pylorique chez un enfant; et du bouchon métallique d\u2019un tube de pâte dentifrice, enlevés d\u2019après cette méthode.\u2019 Dans d\u2019autres cas, au contraire, si l\u2019objet avalé est trop volumineux, ou trop irrégulier pour franchir le pylore, ou bien chez les fous par exemple, si la cavité stomacale contient de nombreux corps étrangers, il faut alors recourir de préférence à la gastrotomie.Le moment opportun de pratiquer cette intervention, \u2014 reconnue maintenant bénigne, grâce à l\u2019asepsie \u2014 doit être déterminé par la nature du corps étranger, les probabilités de son passage dans l\u2019intestin, le temps qui s\u2019est Écoulé depuis sa déglutition, les symptômes observés, et l\u2019expérience personnelle du chirurgien.En terminant nous nous excusons d\u2019avoir décrit le traitement des corps étrangers de l\u2019estomac d\u2019une manière générale, et nous répétons qu\u2019une fois arrivée dans cette cavité, une épingle de sûreté ouverte ne remonte presque jamais à l\u2019œsophage.Cependant, si elle réussit à franchir de nouveau le cardia, il est facile de l\u2019extraire.Tout de même, lors des manœuvres endoscopiques, le spécialiste doit être prudent pour ne pas enfoncer, dans la paroi de Pœsophage, la branche de la pointe, toujours dirigée en bas, dans cette circonstance.En dernier lieu, après avoir saisi avec une pince à rotation le ressort de l\u2019épingle, il faut glisser l\u2019æsophagoscope pour l\u2019entourer et la fermer, avant d\u2019en faire l\u2019ablation.; (1) Jackson Chevalier.\u2014 Bronchoscopy and Esophagoscopy.Text book.W.B.Saunders, Editor, Philadelphia, 1927, pages 375-376.| GROSSESSE AÂAÈÏTERME APRÈS INJECTION DE LIPIODOL DANS UN UTÉRUS UNICORNE Par L.-Arthur MAGNAN, Assistant à la clinique gynécologique de l'hôpital Notre-Dame.Nous avons, ici et ailleurs depuis trois ans, apporté plusieurs contributions à l\u2019étude de la stérilité féminine.- Soit à l\u2019aide de l\u2019insufflation tubaire, soit par l\u2019injection de lipio- dol, nous avons réussi à diagnostiquer et à libérer quelques obturations tubaires.Nous avons déjà décrit tous les détails de notre technique, qui sont l\u2019application fidèle des enseignements de notre ami Claude Be- clère de Paris.Il n\u2019en sera donc pas question.Nous voulons simplement ennoblir la méthode avec un nouveau succès.Une femme dé 42 ans vient nous consulter en août 1932 pour dysménorrhée, migraine et stérilité primitive.Les antécédents familiaux et personnels nous fournissent peu de renseignements si ce n\u2019est une typhoïde à l\u2019âge de 12 ans, qui a laissé la malade sans hypothèque.Après la puberté, à l\u2019âge de 14 ans, les menstruations furent régulières, quelque peu douloureuses et de 4 à 5 jours.Le mariage a lage de 22 ans n\u2019a amené aucun incident ou accident du molimen cata- ménial.L\u2019examen de l\u2019abdomen ne révèle rien si ce n\u2019est une adiposité un peu marquée.À l'examen vaginal, il y a un peu de sécrétion.Le col utérin est petit, avec une ouverture punctiforme et un œuf de Naboth à gauche.L\u2019utérus est en rétro et latéro-déviation gauche, de grosseur normale, mobile et non douloureux.Les culs-de-sac sont libres et bien dépressibles; seul le cul-de- sac droit est un peu douloureux à la pression.Il n\u2019est pas possible de bien délimiter les annexes.Pas de sécrétion urétrale ni autres troubles urinaires.En face de cet examen à peu près négatif nous proposons un traitement à la folliculine et un examen au lipiodol.Après deux mois de traitement glandulaire nous lui faisons une injection utérine de lipiodol, la veille du début de la période de fertilité.Le commencement de l'injection se fait facilement avec une pression moyenne normale.Après avoir injecté 4 ce.la malade accuse une douleur à droite.À ce moment nous sentons une résistance plus marquée au piston de la seringue.A l'écran, nous voyons l\u2019utérus dévié à droite et bien injecté.Le lipiodol a pénétré dans le trajet filiforme de la trompe droite; cependant il ne semble pas y avoir de lipiodol dans la cavité abdominale.Nous augmen- 348 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA tons la pression malgré les protestations de la malade.La douleur est plus intense et devient très vive à droite.Nous voyons alors à l\u2019éeran une aceu- mulation de lipiodol au pavillon de la trompe droite.La trompe gauche n\u2019est pas injectée.Pendant que l\u2019on prend un cliché, nous continuons notre injeec- tion en augmentant progressivement la pression.Nous injectons ainsi 9 cede lipiodol.Le cliché montre un utérus allongé, dévié en arrière et à droite.Il y a une contraction du sphincter de Reinberg, à droite.La trompe est tortueuse, enroulée, avec un petit hydro-salpinx au pavillon.Il n\u2019y a pas d\u2019image de la trompe gauche.Il ne semble pas y avoir eu pénétration de lipiodol dans la cavité abdominale.En face de cette image, i.e.la forme de l\u2019utérus, l\u2019absence non seulement de la trompe gauche mais du dessin de la corne utérine gauche, la présence d\u2019une accumulation de lipiodol dans le pavillon de la trompe droite, l\u2019absence de lipiodol dans la cavité abdominale, nous formulons nos conclusions: nous croyons qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une obturation tubaire par petit hydro-salpinx au pavillon de la trompe droite avec un utérus unicorne.La stérilité semble bien définitive.Cependant, nous demandons comme toujours, un examen de contrôle 24 heures après notre injection.À notre agréable étonnement, nous constatons, le lendemain, qu\u2019il y a eu pénétration d\u2019un peu de lipiodol dans la cavité abdominale.Ce fut suffisant.Le mois suivant, la malade passa ses menstruations et accoucha en octobre 1933.| En conclusion, nous devons dire que ces succes sont rares.Cependant, cet exemple prouve bien qu\u2019il faut toujours tenter l\u2019injection si l\u2019on veut réussir.La stérilité d\u2019origine tubaire est une question relativement jeune.Il n\u2019y a aucun doute ici que l\u2019injection de lipiodol a seule contribué à la faire connaître et à la guérir.Dans notre cas le diagnostic clinique était à peu près impossible ; il existait sûrement un petit hydro- salpinx qui obstruait le pavillon de l\u2019unique trompe.Seule la pression forte et continue a procuré une perméabilité incomplète, mais suffisante pour permettre la fécondation.?San.WAT Wr CÉREENEETES INCONTINENCE SPHINCTÉRIENNE ET SPINA \u2014 BIFIDA \u2014 OCCULTA Par J.-E.SAMSON, Chirurgien-orthopédiste en chef à l\u2019hôpital du Sacré-Coeur.La littérature médicale s\u2019est, depuis quelques années, enrichie de nombreux articles concernant le spina bifida occulta.La plupart des auteurs ont essayé de montrer la relation qu\u2019il y avait entre les symptômes observés chez ces malades et l\u2019aplasie osseuse souvent découverte à la radiographie.M.Nové Josserand a donné une description complète des trou- bels moteurs, sensitifs et trophiques, causés par le spina bifida occulta.Les observations de pieds bots varus équins récidivants, de pieds creux, d\u2019ulcères trophiques aux pieds, d\u2019incontinence nocturne d\u2019urine, dont la cause remonte au spina bifida, sont très nombreuses et les résultats favorables obtenus par le traitement chirurgical, ne se comptent plus.Mais la paralysie sphinctérienne, causée par le spina bifida, semble être une complication grave, heureusement rare.M.Ombredanne, dans son précis, dit, en parlant du spina bifida oceulta: \u201cL\u2019incontinence absolue des urines et des-matières est aussi une conséquence fréquente des lésions qui nous occupent; cette incontinence est, le plus souvent, définitive.\u201d Spitzy rapporte un cas où un arrêt de développement des arcs postérieurs du sacrum et des dernières lombaires, s\u2019accompagnait de paralysie des sphincters.M.Nové Josserand signale un cas d\u2019incontinence sphinctérienne, en rapport avec le spina.sans indiquer le traitement, ni le résultat obtenu.Nous n\u2019avons pas trouvé d\u2019autres observations semblables dans la littérature que nous avons sous la main.Observation.\u2014 G.L., âgée de dix ans, nous est amenée à la consultation, le 24 octobre 1932, parce qu\u2019elle souffre, depuis sa naissance, d\u2019incontinence absolue des urines et des matières fécales.Elle fit différents séjours dans plusieurs hôpitaux de la ville, sans amélioration. 320 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA L\u2019examen de cette enfant, rendue timide par son infirmité, nous révèle qu'elle est normale de partout, moins ce qui concerne sa région sacrée.L'on constate, à cet endroit, la présence d\u2019une tumeur de volume d\u2019une mandarine, régulière, solide, mollasse, indolore, mobile sous la peau, mais fermement adhérente aux plans profonds.La palpation de la base de cette tumeur permet de reconnaître qu\u2019elle plonge dans le canal sacré.Les membres inférieurs sont normaux, de méme que les réflexes rotuliens.achilléens et plantaires.Une radiographie confirme la présence d\u2019un grand hiatus causé par PPabsence des apophyses épineuses et des lames des trois premières sacrées.À l'opération, l\u2019on voit apparaître, sous la peau, une grosse tumeur lipomateuse qui pénètre dans le canal sacré par sa base et adhère intimement à la duremère.En voulant enlever toute la tumeur, l\u2019on fait une déchirure de la duremère par laquelle le liquide céphalo-rachidien s\u2019écoule.Les éléments nerveux sem- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 351 blent normaux.La fissure duremèrienne est fermée au catgut; la paroi postérieure du sacrum est fermée hermétiquement par un transplant musculo- aponévrotique qui est basculé de haut en bas et fixé aux parois de l'ouverture au moyen de points séparés de catgut.Les suites opératoires furent normales.Huit jours plus tard, apparut au point déclive de la plaie, une petite tumeur fluctuante qui nous fit penser à l'existence d\u2019une fissure dans la paroi musculaire.Nous fimes appliquer un pansement compressif pendant deux jours, alors que l\u2019on remarqua, à l\u2019ablation du pansement, la présence d\u2019une ouverture par où s\u2019écoulait le liquide céphalo-rachidien.Le lendemain, I'on ferma cette bréche avec un autre transplant aponévrotique et la plaie guérit par première intention.Résultat.\u2014 Dès le lendemain de l\u2019opération, le sphincter anal devint continent et l\u2019a toujours été depuis.La patiente commença aussitôt à sentir le besoin d\u2019uriner; durant le jour, il lui arriva cependant, assez souvent, de mouiller son pantalon parce qu\u2019elle n\u2019avait pas le temps de se rendre à la chambre de toilette, après en avoir éprouvé le besoin.Elle fit de l\u2019incontinence nocturne pendant six semaines.A ce moment, nous aurions aimé à faire faire une cystoscopie qui nous aurait renseigné sur les dimensions de la vessie et sa capacité de distention, sur la présence de brides ou autres anomalies empêchant la distension.Dans l\u2019impossibilité d\u2019obtenir cette information, nous avons entrepris une campagne de ré-éducation.Au début, l\u2019enfant urinait toutes les heures, ne passant qu\u2019une très petite quantité d\u2019urine, chaque fois; puis, peu à peu, la capacité vésicale devint plus grande, la sensation du besoin d\u2019uriner devint plus vive.A son départ de l'hôpital, la patiente ne mouillait plus son lit, si on l\u2019éveillait deux fois durant la nuit. REVUE GÉNÉRALE RADIOTHÉRAPIE DES NÉOPLASMES AMYGDALIENS\"\u201c Par Albert JUTRAS, Diplômé en électro-radiologie de l'Université de Paris, Radiologiste à l'Institut du Radium de Montréal.L\u2019amygdale palatine est une formation lymphoïde située à la base du voile du palais.Elle est constituée d\u2019une partie conglobée faisant saillie entre les piliers antérieur et postérieur et d\u2019une partie non conglobée, sorte de diverticule qui s\u2019avance en haut dans l\u2019épaisseur du palais mou en regard de la fossette sus-amygdalienne et porte le nom soit de recessus palatin, soit de sinus de Tortual suivant qu\u2019il est peu ou très développé.La charpente de l\u2019organe est représentée comme d\u2019habitude par du tissu conjonctif banal de soutien dans lequel logent des vaisseaux.Un épithélium pavimenteux stratifié qui est la continuation des muqueuses du voisinage, recouvre l\u2019amygdale et y pousse des prolongements cylindriques, sortes d\u2019invaginations en doigt de gant qu\u2019on appelle les cryptes.Les vaisseaux lymphatiques qui partent de l\u2019amygdale s\u2019anasto- mosent avec ceux qui viennent du voile du palais et de la base de la langue et se dirigent vers un groupe de deux ou trois unités ganglionnaires situées à l\u2019angle du maxillaire inférieur formant les premiers relais, les premières barrières lymphatiques.Le rappel de ces notions nous a paru utile au début de cette brève revue générale de la thérapeutique des tumeurs malignes de l\u2019amygdale.Nous ne nous étendrons pas sur les diverses espèces histologiques de ces cancers.Il est néanmoins indispensable de les subdiviser d\u2019après leurs tissus d\u2019origine.Les tumeurs malignes formées d\u2019éléments appartenant ou jugés appartenir à la ligne de cellules dont le terme normal est le lymphocyte, porteront dans cette étude le nom général de sarcomes (1) Conférence faite devant la Société Médicale de Montréal à sa séance du 19 décembre 1933, tenue à l\u2019Université de Montréal.rie SOUR 0 ES SGT 5b TS LE ie \u2014\u2014\u2014 pr L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 353 lymphoides ou lymphosarcomes.les tumeurs développées aux dépens de l\u2019épithélinm de revêtement seront désignées sous l\u2019appellation d\u2019épithéliomas sans tenir compte des sous-variétés ; d\u2019ailleurs dans cette catégorie, l\u2019épithélioma pavimenteux à évolution épidermoïde reste l\u2019espèce la plus commune, le type dit baso-cellulaire étant rare à cet endroit.Le sarcome banal proprement dit.c\u2019est-à-dire le fibro-sarcome fuso-cellulaire, né des tissus de soutien, est pour cet organe une exception, de même que l\u2019angiosarcome et les autres tumeurs mesem- cliymateuses non spécifiquement Iymphoïdes.Il existe un quatrième groupe de cancers de l\u2019amygdale décrits par Regaud sous le nom de lymphoépithéliomes ct qui semblent prendre naissance au fond des cryptes, là où l\u2019union des éléments lymphatiques et des éléments épithéliaux est assez étroite pour permettre la conception d\u2019une tumeur mixte participant à la fois de l\u2019épithélioma et du Ivmpho- surcome.A Pheure actuelle la thérapeutique curative des tumeurs malignes, sans distinction d\u2019espèces histologiques ou de siège anatomique, se limite aux deux modalités suivantes : 19 lu chirurgie, 20 lu radiothérapie, celle-ci comprenant comme nous le savons l\u2019usage du raduum et usage des rayons N.Je dirait tout de suite que dans le cas particulier des tumeurs malignes de l\u2019amygdale, la radiothérapie est à peu près la seule thérapeutique qui soit applicable.Les motifs de la retraite des chirurgiens hors de ce domaine se conçoivent aisément.et nul ne contestera l\u2019impossibilité de faire en ce carrefour des voies digestives et des voies respiratoires une exérèse en tissu sain suffisamment large de la masse tumorale.Toutes les statistiques ont convaincu les chirurgiens de la vanité de leurs tentatives.Epithélioma Considérons en premier lieu le traitement de lépithélioma tonsillaire.Plusieurs méthodes radiothérapiques sont actuellement employées a cette fin: il v a la rœntgenthérapte (C'est-à-dire les rayons de Rœntgen): il y a aussi toutes les modalités de la curielhérapie dont les principales sont: la radium puncture, la radiumthérapie juxta-muqueuse (Berven).la radiumthérapie transcutanée par appareil moulé, la télécuriethérapie. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Ces diverses méthodes ne s\u2019appliquent pas indifféremment à tous les types cliniques.Nous nous bornerons en matière de curithérapie a la radiumpuncture bien que nous sachions que les applications au contact de la muqueuse ont donné à Berven de Stockholm, en combinaison avee les irradiations transentanées.d\u2019excellents résultats.La télécuriethérapie (gros foyers de radium à grande distance) est en théorie une très bonne méthode, mais son usage n\u2019est pas encore très généralisé à cause de son prix élevé et de la mise au point encore Imparfaite des techniques.Quant aux appareils moulés sur le cou des malades, ils ont été généralement décevants pour diverses raisons sur lesquelles nous n\u2019avons pas à insister ici.Les épithéliomas limités à l\u2019amygdale relèvent de la radium- puncture.Si l\u2019épithélioma envahit le voile du palais ou s\u2019il descend peu profondément vers le sillon glosse palatin, la curiethérapie interstitielle reste encore pratiquable.TI est évident qu\u2019une lésion du voile du palais étant assez facilement radiumpuneturée aura plus de chance de guérir qu\u2019une lésion infiltrant le sillon où la radiumpuneture est difficile à opérer avce une parfaite distribution des doses.Pour faire la radiumpuneture dans ce dernier cas, il faut abaisser la langue par traction.La langue remise en place, les aiguilles oceupent une position imprévue, toute différente de la position première, si bien que certains points reçoivent des doses trop faibles et d\u2019autres points des doses excessives.ITeureusement l\u2019évolution se fait plutôt vers le voile en raison de l\u2019existence assez fréquent du récessus palatin ou sinus de Tortual qui est un prolongement de l\u2019amygdale dans l\u2019épaisseur du palais mou.En pratique, même si la lésion ne semble pas déborder les limites de l\u2019amygdale palatine, il est prudent de mettre deux ou trois aiguilles en travers sur le voile du palais au- dessus de la fossette sus-amygdalienne et deux ou trois autres dans le sillon à cause de l\u2019envahissement habituel de l\u2019épithélioma vers l\u2019une ou l\u2019autre de ces deux régions.Quand l\u2019épithélioma est très développé, il vaut mieux ne pas appliquer la curiethérapie interstitielle.Coutard, par les rayons N seuls, a obtenu à l\u2019Institut du Radium de Paris des succès remarquables dans les cas trop avancés pour la radiumpuneture.Sur 42 malades traités de 1919 à 1926, ce radiothérapeute a obtenu onze cas (23% ) de guérisons vérifiées en 1931, c\u2019est-à-dire après cinq ans et plus.Pour les malades traités après 1926, il est prévu que ce pourcentage atteindra un chiffre sûrement beaucoup plus élevé.De tels résultats sont magnifiques; mais il fant convenir qu\u2019ils sout propres à Coutard.Tous les rœntgenthérapeutes, 2 ar -t Tt L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA ; il s\u2019en faut de beaucoup.n\u2019ont pas connu pareils succès; néanmoins la guérison du cancer amygdalien par les rayons N est un fait acquis.Les méthodes rœntgenthérapiques de Coutard sont célèbres dans le monde entier.On peut dire que présentement elles sont reconnues comme les plus efficaces, c\u2019est pourquoi elles sont mises à l\u2019essai un peu partout.Les irradiations par rayons N telles que préconisées par Coutard comportent essentiellement des petites doses bi-quoti- diennes répétées pendant six semaines en moyenne.C\u2019est la méthode des grosses doses fractionnées ; les voltages habituels atteignent 200.000 volts; la filtration est forte: deux millimètres de zine plus trois millimètres d\u2019aluminium ; la distance focale n\u2019est jamais inférieure à 50 centimètres.Ces longs traitements ne se font pas sans difficulté ni sans inconvénient.On observe vers le 14ième jour une chute de l\u2019épithélium des muqueuses irradiées avec mise à nu du chorion : c\u2019est ce qu\u2019on appelle la radio-épithélite.Une radio-épithélite normale, c\u2019est-à-dire la radio-destruction des cellules épithéliales pavimenteuses, guérit 14 jours après la cessation des irraditions si le chorion n\u2019a pas été lésé.Vers le 28ieme jour, c\u2019est-à-dire après un autre cycle de 14 jours, l\u2019épithélium cutané tombe à son tour et cette fois c\u2019est le derme qui est dénudé.La radioépidermite ainsi produite se répare clle aussi au 14iéme jour de son apparition.Ces radiolésions ne sont pas des accidents, ne sont pas des brûlures dangereuses ni dommageables: elles sont la conséquence d\u2019une biologie propre aux cellules épithéliales soumises aux radiations.Il y a lieu de supposer que la dose de rayons X ou de rayons gamma qui détermine leur mort est également suffisante pour tuer les cellules cancéreuses dérivées de ces épithéliums et qui sont à quelque distance en profondeur des surfaces cutanées détruites.Il convient ici d\u2019ouvrir une parenthèse afin de mettre au courant les médecins non avertis de ce fait, pour qu\u2019ils sachent bien qu\u2019une blessure de cette sorte ne dénote pas une faute du radiologiste mais un acte opératoire parfaitement voulu ct dirigé et sans lequel la radiothérapie des épithéliomas ne connaîtrait pas de succès.La rœntgenthérapie a sur la radiumpuncture la supériorité d\u2019irradier simultanément la tumeur primitive et les adénopathies cervicales qui sont fréquentes et précoces dans le cancer des amygdales.Les premiers relais ganglionnaires des voies lymphatiques qui drainent l\u2019amygdale palatine, le palais mou et la base de la langue sont situés, nous l\u2019avons vu, à l\u2019angle du maxillaire inférieur; ce qui fait qu\u2019ils sont toujours baignés par le faisceau de rayons N dirigés contre R= 356 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA l\u2019amygdale.Cette action simultanée sur l\u2019amygdale et sur les adénopathies proximales est un gros avantage que l\u2019on ne trouve pas dans le traitement par radiumpuncture.Par la seule radiumpuncture amygdalienne l\u2019adénopathie reste intraitée.Dans ce cas, il faut faire intervenir contre les métastases lymphatiques soit la chirurgie, soit une autre modalité radiothérapique: rayons N, curiethérapie juxta- cutanée, télécuriethérapie.Je n\u2019insisterai pas sur les diverses méthodes radiothérapiques des adénopathies cervicales des tumeurs du pharynx.Toutes sont \u2018nféricures aux rayons X hormis la télécuriethérapie qui, théoriquement du moins, doit être aussi efficace.Attendons les résultats de l\u2019expérience et la réalisation des espoirs que ce dernier procédé a fait naître.Il reste hors de doute que la rœntgenthérapie suivant la technique de Coutard est le meilleur traitement que nous ayons contre les adénopathies cervicales cancéreuses et je n\u2019excepte pas la chirurgie.Cette question de l\u2019association du radium et de la chirurgie dans le raitement des cancers pharyngiens pourrait à elle seule faire Pobjet de longs débats.Le curage étendu des lymphatiques du cou avec section en bloc du sterno-cléido-mastoïdien, de la jugulaire et du digastrique est l\u2019opération recommandée.La technique en a été mise au point par loux-Berger, chirurgien de l\u2019Institut du Radium de Paris.Cette opération, très mutilante et responsable d\u2019une forte mortalité immé- date et de nombreux inconvénients post-opératoires, a donné peu de satisfaction.Elle permet de faire un examen histologique des ganglions enlevés; mais, quand ceux-ci sont trouvés infestés, il est fréquent d\u2019observer des récidives plus ou moins précoces.11 semble bien que c\u2019est Coutard, avec les rayons N, qui guérit le mieux les adénopathies cervicales métastatiques des épithéliomas naso-bueco pharyngés.Lymphosarcome Je serai bref sur la question du sarcome lymphoïde: je donnerai simplement quelques-unes des conclusions d\u2019un travail qu\u2019il m\u2019a été permis de faire à l\u2019Institut du Radium de Paris en utilisant les documents d\u2019observation qui m\u2019avaient été confiés par le professeur Negaud et ses collaborateurs Coutard, Lacassagne, Monod, Pierrequin, Richard, etc.De 1919 à 1928 inclusivement il a été traité à l\u2019Institut du tadium de Paris 64 patients pour sarcome lymphoïde du pharynx tt Tt -2 L'UNION MÉDICALE DU CANADA 3 d\u2019origine amygdalienne.17 de ces patients ont été traités de 1919 à 1923 et tous sont morts.Sur 47 patients traités pour la même maladie.de 1923 à 1928, 16 vivent à l\u2019heure actuelle et en bonne santé, soit 35%.Dans la première période la plupart des patients avaient été soumis à la radiumpuncture et à des applications de radium a Ia surface de la peau.Dans la seconde période, remarquable par les heureux résultats, les rayons X ont été presque seuls employés et c\u2019est Jà l\u2019explication de la forte proportion de survies prolongées au delà de 5 ans.Nous parlons de survie et non de guérisons, car en matière de cancer en général et de sarcome lymphoïde en particulier, il faut Être réservé.Nous avons vu un cas qui est resté apparemment guéri pendant près de 6 ans et qui mourut de métastase 8 ans après sa radiothérapie.Mais cela est une exception; en général on peut admettre le délai de 5 ans comme un bon criterium de guérison en ce qui concerne le lymphosarcome.Or 35% de guérisons anciennes d\u2019au moins à ans, c\u2019est très encourageant ; car le lymphosarcome, bien que ce soit la plus radiosensible de toutes les tumeurs malignes, est difficile à guérir définitivement à cause de la fréquence de ses métastases.Une tumeur lymphoide \u201cfond sous les rayonss X comme de la neige au soleW\u201d, mais dans l\u2019enchantement de son apparente guérison le patient s\u2019aperçoit d\u2019une tuméfaction qui lui vient soit dans Paine, soit dans l\u2019aisselle, soit ailleurs.Cette nouvelle tumeur, irradiée à son tour, disparaît aussi; mais bientôt le processus se généralise et triomphe de la radiothérapie.Si nous avons trouvé tant de guérisons chez les patients traités à l\u2019Institut du Radium de Paris, c\u2019est qu\u2019il y avait parmi eux onze sujets qui n\u2019avaient pas encore d\u2019adénopathie cervicale: ces onze patients à eux seuls ont donné 7 survies persistantes, c\u2019est-à-dire presque la moitié du total des succès.Les 9 autres guérisons furent observées chez des patients dont les adénopathies étaient petites et limitées au cou.Tous les malades ayant de volumineux ganglions cervicaux ou des ganglions extra-cervicaux sont morts dans un temps plus ou moins long.La rœntgenthérapie selon le mode opératoire de Coutard est la pilus efficace, la plus pratique, la plus économique de toutes les méthodes de traitement du lymphosarcome ; mais encore faut-il qu\u2019elle coit appliquée à temps, c\u2019est-à-dire au stade local ou régional de la maladie. 0d Qt CA L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Le lymphoépithéliome Le lymphoépithéliome a une radiosensibilité qui tient le milieu entre celle de l\u2019épithélioma et celle du lymphosarcome.Ce néoplasme métastase également avec facilité, Le taux des guérisons obtenues est voisin de 50% par les méthodes radiothérapiques qui ne lèsent pas les tissus.Conclusions Le danger des méthodes traumatisantes vient des possibilités d\u2019essaimage qui est un obstacle commun a la radiumpuncture et a la chirurgie.Toutes les opérations très larges sur les pharynx en vue d\u2019extirper une tumeur maligne ont donné plus de déboires que de guérisons.La radiothérapie a pris d\u2019emblée la place que la chirurgie lui a laissée sans discussion ; mais, en toute conscience, nous ne pouvons pas prétendre que la radiothérapie des cancers de l\u2019amygdale soit dans son ensemble un triomphe définitif.35% de succès entre les mains des experts, c\u2019est beau, mais c\u2019est encore trop peu.Il reste 65% d\u2019échec; c\u2019est sur ce territoire qu\u2019il faut travailler ardûment, sans parti pris, en toute bonne foi pour guérir davantage.Le progrès le plus immédiat à réaliser dans toutes les variétés de cancers, qu\u2019ils soient amygdaliens ou autres, c\u2019est le diagnostic précoce et le traitement précoce.Et ce traitement précoce ne doit pas être chirurgicai quand il faut qu\u2019il soit radiothérapique, comme il ne doit pas être radiothérapique quand il faut sw\u2019il soit chirurgical.Chirurgiens, médecins et radiothérapeutes, unissons nos trop modestes moyens de lutte contre le cancer jusqu\u2019au jour où une merveilleuse invention peut-être prochaine, peut-être lointaine mais ardemment espérée étendra plus loin nos pouvoirs.La chirurgie, la radiumthérapie, la rœtgenthérapie, ce sont peut-être des modes destinés à passer tour à tour; mais qu\u2019importent les modes, nous dit Regaud, si nous continuons à progresser vers le but à atteindre, c\u2019est- à-dire la guérison et la vie. ÉTUDE ANATOMO-CLINIQUE et PHYSIOPATHOLOGIQUE DES TUMEURS DU LOBE FRONTAL Par J.PANET-RAYMOND.On peut, depuis une vingtaine d\u2019années, grâce aux multiples travaux de Cushing et ses élèves, dépister plus précocement un syn- diome d\u2019hypertension intracranienne.Aussi, dans la pratique courante, certains signes d\u2019ordre général peuvent-ils assez facilement éveiller l\u2019esprit du praticien et l\u2019orienter vers ce syndrome.Ici peut- être plus que dans toute autre spécialité, le diagnostic précoce est la clef du succès du fait que les néoformations intracraniennes se développent en général d\u2019une façon assez lente et progressive.Il importe donc de faire un tel diagnostic avant la destruction des centres nerveux et installation de graves troubles secondaires pouvant plus tard compromettre inéluctablement le succes opératoire.C\u2019est dans un tel esprit que nous nous plagons pour exposer cette courte étude.Les sujets d\u2019observation nous ont été fournis à l\u2019Institut Neurochirurgical du docteur Th.de Martel, notre maître et initiateur dans cette chirurgie si décevante au début, mais aujourd\u2019hui si consolante par ses succès et je dirais même par ses résurrections.Nous tenons à lui exprimer ici toute notre vive reconnaissance pour la paternelle bonté avec laquelle il a bien voulu nous accepter comme assistant dans son service.I.\u2014 Brève revue du syndrome d\u2019hypertension intracranienne Un des syndromes les plus constants, sinon celui qui impressionne davantage le patient, c\u2019est la céphalée, qu\u2019elle siège au niveau du front, Ge l\u2019occiput ou des régions temporales; c\u2019est un signe évident de souffrance du système nerveux central.Pour bien en préciser l\u2019étiologie il sufft d\u2019interroger tous les systèmes de l\u2019organisme: systèmes digestif, urinaire, sympathique, endocrinien, nerveux.Une fois bien caractérisée, tant au point de vue qualitatif qu\u2019étiologique, cette céphalée orientera les examens complémentaires dans ce sens.La baisse de Uacuité visuelle, quoique un signe quasi infaillible dans certaines tumeurs, ne semble toutefois pas alarmer le patient 360 I\u2019UNION MEDICALE DU CANADA outre mesure.ll consulte, en effet, longtemps après le début et si, par bonheur, on songe à examiner son fond d\u2019œil, on mettra aussitôt en évidence une stase ou, tout au moins, une congestion de la papille.ll ne faut pas néanmoins mettre en parallèle la baisse de la vision et la stase papillaire, car souvent l\u2019une varie en proportion inverse de l\u2019autre.Nous avons constaté ce fait assez souvent.En plus de la stase, il existe fréquemment des obnubilations transitoires de la vision probablement dues aux variations de pression intracranienne dans la gaine méningée du nerf optique, comme l\u2019a démontré Dupuy-Dutemps.Parfois aussi se manifestent de réelles attaques d\u2019amaurose avec \u2018trous noirs\u201d dans le champ visuel.Quant \u2018aux .hallucinations visuelles décrites par J.H.Jackson, elles accompagnent assez souvent ou précèdent les crises épileptiques.En l\u2019absence de tout signe de stase on pourrait rechercher l\u2019hypertension artérielle rétinienne qui, selon Baillart, précéderait la stase papillaire et disparaîtrait aussitôt que celle-ci se manifeste.Ainsi donc, la stase papillaire serait le signal d\u2019alarme le moins trompeur dans les tumeurs cérébrales.Toutefois, comme partout_ ailleurs, l\u2019absolutisme pourrait conduire à de graves erreurs, car les cas de tumeurs cérébrales sans stase papillaire sont très nombreux dans la littérature médicale : au moins 15% d\u2019après Donald L.Butter- field.D\u2019autre part, moins fréquents sont les cas rapportés de stase papillaire sans tumeur cérébrale, tel celui de H.Schaeffer et Debroise, concernant un cas de sclérose en plaques.Les vomissements sont très inconstants dans les tumeurs autres que celles de l\u2019enfant.Si, dans ce cas, ils sont pathognomoniques des tumeurs de la fosse*cérébrale postérieure à tel point que l\u2019on a décrit la forme digestive des tumeurs cérébrales, il n\u2019en est pas de même quand la lésion siège à un autre endroit et on ne peut leur attribuer aucun rôle localisateur ou évolutif de la lésion.Ces vomissements, dus au syndrome hypertensif ou à la localisation postérieure (compression «du bulbe, irritation du vague), ont comme caractéristique d\u2019être produits sans effort et sans nausées, en jet ou en fusée : c\u2019est le vomissement de type cérébral.Les hématémèses au cours des tumeurs cérébrales sont rares: nous n\u2019en avons trouvé qu\u2019un cas rapporté par J.Iallé et J.Lere- boullet chez un enfant dont l\u2019autopsie révéla un médulloblastome du [Ve ventricule.On recherche fréquemment aussi des cas de tumeurs cérébrales dont le symptôme initial s\u2019objective par une crise épileptique soit © psy ARN: \u2014- A L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 361 localisée, soit généralisée ; en réalité la plupart de ces crises ont une prédominance bien marquée à un membre et deviennent rapidement généralisées.Il est d\u2019une importance capitale de rechercher le mode de début de la crise, car c\u2019est souvent le \u201csymptôme focal\u201d permettant la localisation exacte ou le point de départ de la lésion en évolution.Les crises épileptiques de Bravais-Jackson, typiques à prédominance faciale, brachiale ou crurale peuvent à coup sûr permettre une localisation précise.Cez phénomènes épileptiques traduisent l\u2019irritation corticale de la voie pyramidale sans destruction du parenchyme.Mais on peut aussi rencontrer des atteintes plus profondes de cette même voie se manifestant par une hémiparésie, voire même une paralysie flasque.On a beaucoup discuté sur la valeur symptomatique de l\u2019épilepsie dans les tumeurs cérébrales; de plus en plus on tend à démembrer l\u2019épilepsie dite essentielle en épilepsie symptomatique, et pour s\u2019en convaincre il suffit de relire l\u2019intéressant rapport sur les épilepsies fait par Jean Abadie à la XIIe Réunion Neurologique Internationale annuelle de Paris.Il est donc bien admis aujourd\u2019hui que les tumeurs cérébrales jouent un grand rôle dans l\u2019étiologie des épilepsies.Comme conclusion à cette brève revue des signes d\u2019liypertension intracranienne, disons que tout patient se présentant avec céphalée, diminution de l\u2019acuité visuelle avec ou sans stase, vomissements et troubles moteurs, le tout s\u2019installant progressivement, doit être fortement suspecté de tumeur cérébrale.II.\u2014 Quelques données récentes sur les troubles dus aux lésions du lobe frontal Si nous étudions ici les tumeurs du lobe frontal c\u2019est qu\u2019elles nous paraissent les plus riches en symptômes facilement attribuables à une lésion localisée ailleurs; de plus, elles nous ont semblé mériter une place bien définie dans la nosologie neurologique, du fait que les auteurs se sont attachés à bien identifier les lésions des autres régions.En 1902, Oppenheim publiait un mémoire remarquable sur les tumeurs du lobe pariétal; Cushing décrivait les tumeurs de l\u2019angle pouto-cérébelleux, en 1917; G.Guillain et R.Garcin étudiaient, en 1922, la sémiologie des tumeurs du splenium du corps calleux; C.Vincent et de Martel ont étudié les tumeurs frontales dans leur rapport du congrès International de Rome, en 1928, et J.Lereboullet, celles du 4ème ventricule, en 1932.tandis que Guillaume a synthétisé 362 UNION MÉDICALE DU CANADA les tumeurs de la fosse cérébrale postérieure.il y a quelques mois à peine.Nous laisserons de côté les tumeurs de la région rolandique, bien qu\u2019anatomiquement elles doivent être intégrées dans le lobe frontal.La raison en est que ces tumeurs ont leur symptomatologie toute particulière et que le syndrome frontal est souvent alors relégué au second plan.(A) Symptômes psychiques Les troubles de Paffectivité sont en grande majorité les premiers notés, soit par le malade, soit par son entourage.C\u2019est une mélancolie qui s\u2019installe insidieusement, tendant à isoler le patient de ses semblables; il ne parle qu\u2019en monosyllabes, évitant les longues dissertations.Son regard est fixé sur l\u2019interlocuteur dans une expression d\u2019hébétude ou d\u2019anéantissement, sa tête s\u2019incline légèrement en avant.son facies ressemble beaucoup à celui du parkinsonnien.D\u2019autres fois, et c\u2019est la plus grande fréquence, nous sommes en présence d\u2019un patient qui donne l\u2019impression du bonheur le plus complet; on lui demande : \u201cComment allez-vous?\u201d T1 répondra par une boutade dans ce genre: \u201cTres bien; et vous?\u201d TI a toujours le mot pour rire, même su moment où il devrait le plus réaliser la situation; par exemple au début de son installation sur le fauteuil opératoire.Sans aller jusqu\u2019aux non sens, ses paroles ont le caractère de jeux de mots; il a l\u2019esprit à la plaisanterie.la \u201cmoria\u201d.De plus, chez la plupart de nos malades existait une note d\u2019indifférence très marquée: telle mère de famille ne se préoccupe plus de ses enfants; tel industriel négligeait complètement ses affaires; tel enfant était souvent réprimandé parce qu\u2019il ne pouvait fixer son attention à la classe.Cette indifférence s\u2019étend aussi au domaine génital et se manifeste par une diminntion de l\u2019appétit sexuel également appréciable chez les deux sexes.On ne voit guère le contraire, c\u2019est-à-dire une excitation.Un autre symptôme assez constant est la diminution de la mémotre, surtout pour les faits récents.Ces personnes se souviennent parfaitement des différents événements de leur jeunesse, mais ne peuvent se rappeler l\u2019article de journal lu la veille De plus, les troubles de la mémoire de fixation sont très marqués et rendent compte de certains signes.comme la lenteur de l\u2019idéation, l\u2019apraxie idéo- motrice et la catatonie décrite par Baruk.La désorientation dans le temps et dans l\u2019espace, décrite par Pierre-Marie.Van Bogaert et Alajouanine, peut se rencontrer aussi chez ces malades.mais ce symptôme est moins constant que les autres déjà mentionnés.¢ \u2018 L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA 363 Dans les tumeurs siégeant au niveau du sillon olfactif nous observons une anosmie uni ou bilatérale selon que la lésion comprime une seule ou les deux bandelettes olfactives.Ces lésions sont le plus souvent des méningiomes prenant naissance dans le sillon olfactif lui- même ou encore sur la lame criblée de l\u2019ethmoïde ou sur l\u2019apophyse cristagalli.Ainsi en témoigne l\u2019observation de ce malade espagnol qui ne présentait aucun autre signe neurologique qu\u2019une stase papillaire bilatérale avec atrophie optique et une perte de l\u2019odorat depuis 7 mois.À l\u2019intervention, pratiquée le 17 octobre 1932, nous décou- vrimes un méningiome du sillon olfactif du volume d\u2019une petite orange, inséré en avant au niveau de la de la lame criblée de l\u2019ethmoïde.Il y a longtemps que les auteurs ont signalé, dans les tumeurs du I[lème ventricule ou de l\u2019infundibulum, des crises d\u2019liayper- sommie continue ou même de simples accès de narcolepsie.On en trouve mention dès mars 1900 dans la \u201cNouvelle iconographie de la Salpêtrière\u201d, p.101, où Soca relate \u201cun cas de sommeil prolongé pendant sept mois par tumeur de l\u2019hypophyse\u201d.Quelques années plus tard, en 1905, Hercouët consacre sa thèse au même sujet: \u201cLe sommeil dans les tumeurs cérébrales\u201d; puis viennent les nombreux travaux de H.Claude et J.Lhermitte, Fulton et P.Bailey, Guillain et Bertrand, J.Lhermitte et Tournay, Parker, ete.; Gouzalo, R.Lafora et J.Sanz, de Madrid, ont même communiqué leurs résultats expérimentaux au Congrès Neurologique International de Berne, en août 1931 ; ils ont injecté dans le 1lIème ventricule du chat, au moyen d\u2019une sonde dans l\u2019aqueduc de Sylvius, des solutions de chlorure de Ca.qui devenaient rapidement hypnogènes, tandis que les solutions de chlorure de IX.agissaient en sens inverse.Au total, nous pouvons donc affirmer que la grande majorité des tumeurs frontales se manifestent tout particulièrement par un syndrome psychique qui en fait sans conteste la note dominante.Les symptômes neurologiques, comme nous le verrons maintenant, sont au second plan pour peu qu\u2019ils se manifestent soit par une crise Bravais-Jackson ou une légère parésie faciale du type central.(B) Symptômes neurologiques Nous avons ici affaire à des signes frustes d\u2019atteinte du faisceau pyramidal.Bien entendu, une crise jacksonnienne, survenue parfois plusieurs années avant tout autre signe d\u2019une néoformation intra- cranienne, pourra éveiller de sérieux soupçons d\u2019une telle lésion et même en préciser la localisation comme symptôme initial.\" C\u2019est 364 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA ainsi qu\u2019une crise localisée au début au membre inférieur, au membre supérieur ou à la face orientera aussitôt vers la partie haute, moyenne ou basse de la frontale ascendante.Si en plus s\u2019ajoutent des phénomènes d\u2019anarthrie ou d\u2019hémianopsie le doute ne persistera plus.Ces crises, très localisées au début, peuvent rapidement devenir généralisées ct en imposer pour une épilepsice idiopathique ou soi-disant essentielle.C\u2019est alors qu\u2019un interrogatoire très minutieux du malade pourra préciser quelques secousses perçues longtemps auparavant au niveau des doigts du pied ou de la face.B.Pritchard rapporte dans \u201cThe Lancet\u201d 5 observations typiques de tumeurs qui ne se manifestèrent que par des crises d\u2019épilepsie généralisée, banale, qualifiée d\u2019essentielle, de 1 à 18 ans avant l\u2019apparition des signes objectifs.E.de Massary et Boguien rapportent aussi une observation très intéressante à la Société médicale des Hôpitaux, le 28 octobre 1932.Nous-mêmes avons noté, sur les 22 cas de tumeurs frontales vérifiées chirurgicale- ment, 11 cas s'étant manifestés au début par des crises comitiales, soit exactement 50%.Nous rencontrons aussi des malades qui se plaignent d\u2019une certaine pesanteur au niveau d\u2019un membre.Cette sensation est souvent précédée de picotements, d\u2019engourdissement.Si on demande à ces malades de nous serrer la main, on constate une diminution de force plus ou moins évidente d\u2019un côté.Au contraire des crises comitiales dont nous venons de parler et qui réalisent le syndrome pyramidal par \u201cirritation\u201d, nous avons ici affaire à un syndrome pyramidal par \u201cdéficit\u201d.En effet, tandis que l\u2019on peut objectiver un signe de Babinski en extension nette, devant une crise comitiale, c\u2019est en vain que l\u2019on pourrait ici mettre un tel signe en évidence.Les réflexes ostéo-tendineux sont à peine plus vifs d\u2019un côté et les cutanés- abdominaux persistent.Seule la \u201cmanœuvre de la jambe\u201d de Barré peut renseigner sur l\u2019existence d\u2019un déficit moteur pyramidal.Nous avons eu l\u2019occasion de vérifier cette manœuvre dans plusieurs cas et infailliblement elle extériorisait un léger déficit moteur.Ce signe réalise donc le phénomène d\u2019hypotonie conséeutif à une lésion de la voie pyramidale qui exercerait toutefois, d\u2019après Thévenard, sur le tonus extenseur, une inhibition d\u2019importance secondaire.Autre signe remarqué assez fréquemment et localisant la lésion à la Zème circonvolution frontale: c\u2019est le \u201cforced grasping reflex\u201d des auteurs anglais.Ce serait le réflexe de la préhension forcée rencontrée dans certains myopathies, De tous ces signes révélateurs d\u2019une atteinte pyramidale, la parulysie faciale de type central est le moins inconstant.Nous l\u2019avons cot TE tn A a ~ wo.=~ \u2014\u2014 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 365 noté dans 68% des cas opérés.Elle se manifeste par une légère asymétrie des muscles innervés par le facial inférieur qu\u2019il faut objectiver en demandant au malade de montrer les dents, faire la grimace ou même tirer la langue.L\u2019abolition ou la diminution du réflere cornéen se voit aussi fréquemment dans les lésions corticales et nous forcerait d\u2019admettre, selon Cerise et Thurel, l\u2019existence pour le réflexe cornéen d\u2019un centre cortical compris dans le centre facial occupant l\u2019opercule rolandique.Par contre, un syndrome cérébello-vestibulaire donne très souvent le change pour une lésion de la fosse cérébrale postérieure.I\u2019ataxie frontale décrite par Bruns en 1892, reprise par Gordon en 1926, est assurément une entité symptomatique très polymorphe.Elle consiste en troubles cérébelleux statiques, en ataxie-abasie par atonie à la station debout (Shilder et Van Bogaert) ou dans un Romberg positif.On peut aussi rencontrer des troubles kinétiques tels que la dysmétrie et l\u2019adiadococinésie (P.Bailey) ct du nystagmus horizontal dans le regard latéral s\u2019épuisant rapidement, à tel point que souvent le malade se présente avec une symptomatologie typiquement postérieure, ielle cette jeune fille présentée à la Société de Neurologie de Paris, à la séance du + mai 1933 par T.de Martel, A.Monbrun et J.Guillaume, qui rendait vraisemblable le diagnostie de tumeur postérieure.Une ventriculographie fut faite et montra nettement l\u2019amputation de la corne frontale droite (volumineux astrocytome fibrillaire kystique).Nous verrons plus loin l\u2019interprétation que l\u2019on doit donner à ces manifestations cérébello-vestibulaires, (C) Symptômes oculaires Evidemment, le principal des signes oculaires cst la slase papillaire et la baisse de l\u2019acuité visuelle puisque c\u2019est souvent le signal-symptôme pouvant orienter le diagnostic vers celui de tumeur cérébrale.Nous n\u2019avons rien à ajouter à ce qui a été dit dans un chapitre précédent sur la stase papillaire; elle présente toujours le niême aspect morphologique, quelle que soit la localisation de la tumeur.Mais qu\u2019elle soit plus ou moins marquée, que les veines rétiniennes soient plus ou moins dilatées et soulevées, que l\u2019artère soit rétrécie dans son calibre au point de devenir filiforme, nous sommes en présence uniquement d\u2019une manifestation d\u2019ordre circulatoire se traduisant au niveau de la papille par un engorgement des vaisseaux ; il n\u2019y a pas lieu done d\u2019attacher une importance localisatrice à la 366 L'UNION MÉDICALE DU CANADA stase de la papille.D\u2019aucuns pourraient prétendre qu\u2019elle est plus marquée dans les tumeurs postérieures ou qu\u2019elle apparaîtrait alors plus précocement, mais nous croyons sincèrement qu\u2019il serait téméraire de tabler sur la qualité de la stase pour faire une localisation.TI n\u2019en reste pas moins vrai que, dans les tumeurs postérieures, ce signe est d\u2019une très grande fréquence ct peut aussitôt orienter un diagnostic vers la fosse postérieure, comme dans ce cas de stase aiguë rapporté par Monbrun.de Martel et Guillaume dans les Archives dPOphtal- mologis d\u2019octobre 1931.Il an est autrement quand la papille présente un aspect blanchâtre aux contours nets.sans modification du calibre des vaisseaux; cest l\u2019atrophie optique primitive témoignant d\u2019une compression directe sur le nerf optique lui-même, done situant la lésion en avant du chiasma.La grande majorité des tumeurs de Phypophyse donne une atrophie optique primitive.l\u2019atrophie optique survenant après une stase présente une tout autre image: 1ci les contours sont flous, la papille est blanchâtre et i! y à parfois persistance (l\u2019une légère dilatation des veines rétiniennes.l'intensité de ce processus peut varier d\u2019un œil à l\u2019autre jusqu\u2019à réaliser le signe de Foster Kennedy.Pour cet auteur, sont pathognomoniques d\u2019une lésion frontale: la névrite rétro-bulbaire avec scotome central et grosse baisse de l\u2019acuité visuellé du côté de la lésion, œdème papillaire du côté opposé et anogmie du même côté.Le champ visuel est habituellement sans particularité sauf dans les cas où la lésion empiète franchement sur la bandelette optique : nous aurons alors une hémianopsie latérale homonyme.Ainsi nous avons pu noter ce symptôme dernièrement dans un cas d\u2019adénome hypophysaire qui doit classiquement provoquer une hémianopsie bitemporale, comme d\u2019ailleurs toutes les lésions de la région chiasma- tique.la raison est que, dans ces cas, la lésion, au lieu de ne comprimer que les fibres croisées du chiasma qui innervent la moitié interne de la rétine, se projette asymétriquement sur une bandelette rétro-chiasmatique, provoquant ainsi une compression des fibres croisées et directes d\u2019un côté et se manifestant par une hémianopsie latérale homonyme.Lhémianopsie latérale homonyme est rare dans les tumeurs frontales, mais nous comprendrons maintenant pourquoi clle se retrouve dans certains cas.L\u2019evophlalmie unilatérale est un très bon signe de localisation dans les néoformations du lobe frontal.Elle est plus fréquente dans les méningiomes de la petite aile du sphéroïde ou dans les lésions très antérieures du lobe. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 367 Il n\u2019existe aucune autre modification du système oculaire susceptible d\u2019être retenue comme symptomatique: la pupille n\u2019offre aucune déformation typique ni troubles de sa contraction, les mouvements associés des yeux sont intacts.Seule existe parfois une paralysie de la 6ème paire, simple manifestation d\u2019un processus hypertensif n\u2019ayant aucune valeur localisatrice.(D) Absence de troubles neurologiques Cette symptomatologie frontale énumérée.il pourrait maintenant paraître paradoxal de consacrer un chapitre à l\u2019absence de troubles neurologiques dans les tumeurs de cette région, mais le fait est si fréquent que nous devons le mentionner.Aussi il serait pour le moins téméraire de vouloir absolument colliger tous les symptômes déjà étudiés pour porter un diagnostic de lésion frontale.Tel malade, en effet, ne relatera dans son histoire que quelques crises motrices très vagues et espacées ou des pertes subites de connaissance auxquelles, d\u2019ailleurs, il attache très peu d\u2019importance.les qualifiant simplement de \u201ccrises nerveuses\u201d, Tel autre objeetivera.à l\u2019examen, une légère paralysie faciale sur laquelle même on attire son attention pour la première fois.D\u2019autres encore constatent une diminution de l\u2019acuité visuelle ou de persistantes céphalées et viennent consulter après un échee de toute thérapeutique.Enfin il arrive fréquemment que l\u2019entourage du malade remarque.depuis un certain temps, un changement dans son caractère, une indifférence envers les siens ou une irritation trop facile.Mais peut-on porter un diagnostie de tumeur cérébrale avec ce minimum de troubles?Evidemment non.11 faudra interroger minutieusement tous les svstèmes par une série de recherches sur lesquelles nous allons maintenant dire quelques mots.(à suivre) LE SYMPATHIQUE ET LES GLANDES ENDOCRINES*\u201c\u2019 Par E.-G.ASSELIN, Professeur de physiologie à l'Université de Montréal.SL On examine les organismes inférieurs, à forme simple, placés au bas de l\u2019échelle de la série animale, on constate qu\u2019il y a absence de système nerveux et que les activités cellulaires de ces organismes dont le protoplasme est formé de colloïdes, de cristalloïdes, et d\u2019ions sont soumis aux lois de la chimie et de la physique.On observe les mêmes phénomènes chez l\u2019embryon humain au début de sa formation, pas de système nerveux.Les cellules croissent et se développent suivant les activités chimiques et physiques.A mesure que le fœtus se développe et que les organes passent d\u2019une structure simple à une structure plus complexe, le besoin d\u2019un système nécessaire à la régulation, à la coordination, à la corrélation et au contrôle des fonctions devient indispensable, c\u2019est alors que le système nerveux apparît dans l\u2019organisme.Le système nerveux, dit Claude Bernard, n\u2019est qu\u2019un harmoni- sateur général nécessaire seulement dans les organismes un peu compliqués.ll y a-t-il une corrélation fonctionnelle entre le système nerveux sympathique et les glandes endocrines?Des faits d\u2019ordre embryologique, physiologique et pathologique et même pharmacologique démontrent qu\u2019entre le système nerveux végétatif et les glandes endocrines existent d\u2019étroits rapports.On sait que le développement de certaines glandes endocrines et celui du système nerveux sont parallèles.Pour bien comprendre cette interdépendance neuro-glandulaire une description résumée du système sympathique s\u2019impose.Après que l\u2019ovule fécondée a passé par les stades de morule, blas- tule et gastrule, nous assistons à la formation de 3 membranes ou feuillets superposés qui sont les feuillets du blastoderme: le feuillet externe du blastoderme, le feuillet moyen et le feuillet interne.Ce feuillet moyen se dédoublera, son feuillet externe s\u2019accollera au feuillet externe du blastoderme pour former la somatopleure et le feuillet (1) Travail présenté à la Société Médicale de Montréal, le 21 mars 1933, L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 369 interne du [euillet moyen s\u2019accolera au feuillet interne du blastoderme pour former la splanchnopleure.Le feuillet externe ou ectoderme est celui qui nous intéresse, puisque c\u2019est aux dépens de ce feuillet que naîtront et évolueront les éléments du système nerveux.Aux premières périodes de son évolution l\u2019axe cérébro-spinal nous apparaît sous forme d\u2019une gouttière dont les parois formées aux dépens de l\u2019ectoderme contiennent en germe sous formes de cellules germinales indifférentes ce qui sera d\u2019un côté la cellule nerveuse ou neurone (neuroblastes) ct le tisu de soutien des celules neurogliques (spongioblastes) et, d\u2019un autre côté, les cellules épendymaires (canal épendymaire).Cle Safin Celle AM ud e Spiro 2) ma © 24 \u201cSoy ouate.?Xe (CHA nur aa) Plus tardivement, développées aux dépens de l\u2019ectoderme, apparaîtront deux crêtes ganglionnaires coiffant les deux bords libres de la gouttière.À un stade plus avancé la gouttière se ferme, le tube neural se trouve constitué.C\u2019est à l\u2019extrémité de ce tube qu\u2019apparaîtront les vésicules primitives, qui donneront naissance aux différentes parties du cerveau.Après la fermeture de la gouttière médullaire les cellules germinatives s\u2019éloignent des parois du tube neural et vont former sur ses côtés un premier amas, le ganglion spinal. 370 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Cette prolifération et cette migration continuent et l\u2019on voit de ces cellules suivre les racines antérieures et les racines postérieures et se grouper de chaque côté de la.colonne vertébrale pour former les ganglions de la chaîne latéro-vertébrale de grand sympathique.X age We wy on UV SANS Bo += eA] | \u2014 4 \u2018 ° + t 1 Ge Voge BeSplyech Lar.> Figure 2.Lat.: Vs Cesar verts Spl.gat splays .P Sova on ano VW Vive VIA Ao) D\u2019autres cellules arrivent en avant de la colonne vertébrale et y forment les ganglions médians ou prévertébraux.D\u2019autres vont encore CTP.ES L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 3il plus loin, viennent en contact avec les viscères et même.les pénètrent constituant les ganglions juxtaviscéraux ou parenchymateux.Ces cellules qui ont formé ces différentes séries de ganglions viennent d\u2019une cellule d\u2019abord indifférente devenue sympathique.Là ne se borne pas son évolution, elle donne naissance à ces cel lules s\u2019orientant du côté glandulaire devenant cellules chromaffines ou phæochromes ou cellules adrénaliniques des paraganglions, ganglions parasurrénaux.Le sympathique apparaît done comme une émanation directe du tube nerveux central.A la périphérie le grand sympathique est en étroite relation avec les cellules phæochromes ou chromaffines des glandes endocrines.Ces faits démontrent d\u2019un côté la communauté d\u2019origine des cel- Jules nerveuses du grand sympathique et des cellules nerveuses du système nerveux central, de l\u2019autre la parenté des cellules svmpathi- ques et des cellules adrénaliques.[1 existe done dans le sympathique quatre ordres de ganglions.Juxta-vertébraux, prévertébraux ou splanchniques, juxta-viscéraux et intraviscéraux ou parenchymateux.T1 ne faudra pas confondre ce qu\u2019on qualifie de ganglions sympathique= formés de cellules avec les amas gangliformes, qui ne sont que des amas de fibres entrecroisées autour des vaisseaux.C\u2019est dans les ganglions que se font les raccordements entre neurones.QUE FAUT-IL ENTENDRE PAR SYSTEME SYMPATHIQUE?On a décrit sous ce nom un ensemble de filets nerveux et de ganglions formant un système régulateur des fonctions de nutrition ou mieux des fonctions qui ne sont pas sensorio-montrices volontaires (Laignel Lavastine)., | Winslow en 1723 décrit trois nerfs sympathiques: le grand sympathique, le moven svmpathique ou nerf vague.notre pneumogastrique.enfin le petit sympathique ou nerf facial.Gaskell l\u2019appelle système involontaire \u2014 Système autonome (Langley) \u2014 système neuro-glandulaire de la vie organique (Guillaume).\u2014 Système végétatif (Higier).Système de la vie organo- végétative.Chaîne sympathique des physiologistes. co - 2 oo 1\u2019UNION MEDICALE DU CANADA Laignel Lavastine propose la nomenclature suivante: Il appelle Iolosympathique l\u2019ensemble du système nerveux organo-végétatif c\u2019est-à-dire le sympathique.Orthosympathique (orthos droit) qui répond au grand sympathique de la nomenclature classique.Parasympathique (para à côté) cranien et pelvien.Que dure OU OAL huillaumel =.ae omabion.+.Govabion: Vow sala sme dibs | Vows AO AAA Au lieu de parasympathique, Sicard suggère le mot catasympa- thique (cata, contre.opposé).à cause de l\u2019action antagoniste qui existe entre le parasympathique et le sympathique.Vu l\u2019importance du nerf vague dans le parasympathique cranien, on appelle cette partie du système organo-végétatif: vago-sympathique.Le système sympathique du point de vue fonctionnel soutire des centres nerveux (moelle et encéphale) son pouvoir excito-moteur.Aujourd\u2019hui que nous savons que le système sympathique n\u2019est pas indépendant, étant relié au système céphalo-rachidien, on lui considère donc deux portions, une centrale et une périphérique. PUNION MÉDICALE DU CANADA 313 La portion centrale est représentée dans la moelle par des groupements cellulaires qui siègent dans la partie latérale de la corne grise antérieure, des groupements siégeant dans la partie interne de la corne antérieure, enfin des groupements de la corne postérieure.Masse intermédio-latérale \u2014 Masse médio-ventrale \u2014 Masse dorsale du Stilling-Clarke.Le connecteur centro-ganglionnaire qui part de la cellule centro- organique chemine dans la racine antérieure dans le nerf mixte rachidien, puis dans le rameau communiquant blanc pour se terminer dans le ganglion juxta-vertébral.La terminaison de la fibre centro-organique ne se fait pas toujours dans le premier ganglion qu\u2019elle rencontre sur son passage où elle fait synapse (avec la cellule du ganglion).Il y a d\u2019autres modes de terminaison.Ainsi la fibre blanche arrivant au niveau d\u2019un ganglion vertébral donne une collatérale qui s\u2019articule avec une cellule de ganglion, puis remontant la chaîne fait de même pour un deuxième ganglion, pour un troisième et ainsi de suite pour quatre ou plusieurs autres ganglions.Troisième mode de terminaison: la fibre arrivant au niveau du ganglion vertébral le traverse sans s\u2019y arrêter et cheminant en compagnie de fibres grises arrive au niveau d\u2019un ganglion des grands plexus viscéraux.Quatrième mode de terminaison.Allant encore plus loin le connecteur traverse le ganglion vertébral et le ganglion viscéral pour arriver au niveau d\u2019un ganglion situé dans la paroi d\u2019un viscère (ganglion pariétoviscéral ou parenchymateux).Nous avons mentionné qu\u2019outre les ganglions qui forment la \u2018chaîne juxta-vertébrale il existe des ganglions médians ou préverté- braux ou plexus.Ces plexus étendus depuis la base du crâne jusqu\u2019au bassin reçoivent de la chaîne latéro-vertébrale des fibres en connection avec leurs ganglions; ils reçoivent aussi des rameaux du parasympathique.De haut en bas, ces plexus sont Le plexus pharyngien 6 \u201c cardiaque \u201c \u201c pulmonaire «\u201c \u201c scolaire (ganglion semi-lunaire et n.splanchnique.Ganglions mésentériyues supérieurs).ce e lombo-aortique.\u201c \u201c hypogastrique où arrive le para-sympathique par le nerf pelvien qui renferme les nerfs érecteurs.(à suivre) PETITE CLINIQUE DEUX CAS DE SYPHILIS ACQUISE CHEZ LE NOURRISSON Par Albéric MARIN, Chef du service de dermato-syphiligraphie à l'hôpital Notre-Dame, Professeur agrégé à l\u2019Université de Montréal.[1 n\u2019est peut-être pas inutile d\u2019insister encore une fois et après tant d\u2019autres sur l\u2019importance capitale du diagnostic précoce du chancre syphilitique.Le méconnaître dès les premiers jours qui suivent son apparition.Cest laisser évoluer chez le malade la trépo- némie jusqu\u2019à l\u2019éclosion des accidents secondaires, cest aussi exposer son entourage à des occasions multiples de contamination.D\u2019ordinaire laccident primitif Pindividualise nettement et les signes morphologiques qu\u2019il présente en indiquent bien la nature.Leur recherche méticuleuse permet dans la vaste majorité des cas à l'examen clinique seul de donner des renseignements précis.Il nimporte done hautement que le praticien connaisse les carac- teres de Pulcération initiale et que de plus il n'hésite pas à les reconnaître lorsqu\u2019il les voit, ce qui nest pas toujours le cas, [1 est maintes occasions où le sens médical est obnubilé par des arguments qui ne devraient jamais être invoqués.Le médecin laisse fausser son jugement par des considérations extra-médicales et élimine d\u2019emblée.svstématiquement la syphilis pour des raisons (qui n\u2019en sont jamais) de famille.de situation sociale.d\u2019éducation.ete.[1 est en effet bizarre de constater.et ceci est un fait d\u2019obxer- vation courante.combien d\u2019entre nous sont influencés par des motifs dénués de valeur scientifique.Certains ne penseront pas à la vérole ou s\u2019ils y pensent c\u2019est pour écarter cette pensée avec horreur, même en présence de certains symptômes évidents.parce que le sujet qu\u2019ils examinent est d\u2019une condition sociale où de semblables calamités ne surviennent jamais.Comme si la syphilix \u2014 bonne fille disciplinée \u2014 respectait certaines castes et n\u2019osait pas frapper plus haut que certains es aie » \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 a \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 EE age, em -_\u2014mn{ilt- A pie L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 375 degrés de la hiérarchie sociale pour n\u2019être que l\u2019apanage des classes plébéiennes.Parfois encore, des médecins ne voudront pas, malgré la présence de signes évidents, s\u2019arrêter un instant à envisager la possibilité d\u2019une étiologie luétique parce que le malade qu\u2019on leur présente, trop jeune, n\u2019a pas encore atteint l\u2019âge adulte où la syphilis acquise soit de mise.Chaneres des grandes lèvres.Syphilis acquise chez une fillette de 11 mois.Or, il ne faut pas l\u2019oublier, il est pour les enfants d\u2019autres manières que la vénérienne d\u2019acquérir cette infection.Tl peut sembler oiseux d\u2019écrire de telles choses, mais les deux observations suivantes nous ont convaineu qu\u2019il n\u2019est pas superflu de revenir sur ce point qu\u2019il est bon de se rendre à l\u2019évidence quand celle-ci est claire et précise. 316 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Observation I.Thérèse G., dossier 72666, Service de Dermato-Syphiligraphie de l'Hôpital Notre-Dame, âgée de 11 mois, pesant 16 livres, nous est montrée, en septembre 1927, pour ulcérations vulvaires, dont l\u2019apparition remonte à une quinzaine environ.Il s\u2019agit de deux ulcérations situées sur l\u2019une et l'autre lèvre, en leur partie moyenne, en regard l\u2019une de l'autre.Ces exulcérations sont de forme et de dimension identiques.Elles sont superposables.Elles sont régulièrement arrondies et un peu plus grandes que des pièces de dix sous.Ce sont des érosions superficielles, sans bords décollés.La surface en est lisse, le fond uni, non bourgeonnant, non anfractueux, non vermoulu mais plan et comme vernissé.Ce fond n\u2019est pas purulent mais couleur chair musculaire.La palpation révèle une légère induration, nettement limitée, non pas un empâtement diffus mais \u201cen carte de visite\u201d.Cette palpation n\u2019est pas douloureuse.Elle ne semble pas non plus être la cause de douleurs spontanées.sa mère n\u2019ayant pas remarqué que l\u2019enfant pleurait plus que d\u2019habitude.Enfin, dans les plis inguinaux, nous constatons de chaque côté 2 ou 3 petits ganglions durs, mobiles qui roulent sous le doigt.L\u2019examen à l'utra- microscope révèle la présence de tréponèmes pâles.La prise de sang par ponction de la jugulaire n\u2019a pu être faite, la mère s'v refusant.L\u2019enfant est immédiatement mise au traitement par injections intra-musculaires de Sulfarsenol.Au bout de 15 jours, les ulcérations se sont complètement réparées.Les injections sont continuées à raison de 0.06 centigrammes par semaine jusqu\u2019à une dose totale de 0.80 centigrammes pour la série, puisque l\u2019enfant pèse 8 kilos, (0.10 ctg.par kilos).Le mode de contagion n\u2019a pu être retracé.Le père, la mère, la bonne, que nous avons examinés, sont tous trois cliniquement ct sérologiquement négatifs.Observation II.Aline R., dossier 80927, Service Dermato-Syphiligraphie de l\u2019Hôpital Notre-Dame, âgée de 2 ans, nous est amenée, le 19 février 1934, pour une ulcération siégeant à la lèvre supérieure, dont le début remonte à un mois.L\u2019enfant est pâle.prostrée, pleurniche sans cesse, dort à peine.p I 1 > A Texamen, on aperçoit au segment médian de la lèvre supérieure une lésion à cheval sur la muqueuse et la demi-muqueuse.C\u2019est une érosion arrondie, superficielle, sans bords décollés, à limites > précises.Le fond en est uni, lisse, rouge, légèrement suintant.On perçoit une fine induration papyracée sous-jacente.Un gros ganglion sous-maxillaire est révelé par la palpation.Une recherche à l'ultra-microscope montre de nombreux tréponèmes piles.Une prise de sang a donné un Wassermann positif total.Le mécanisme de la contamination n\u2019a pu être élucidé.Latte Jd L'UNION MÉDICALE DU CANADA di > \u201c> Nous croyons ces observations intéressantes parce qu\u2019elles montrent que la syphilis \u201cacquise\u201d, pour être exceptionnelle chez le nourrisson, n\u2019en existe pas moins et qu\u2019elle peut présenter des signes aussi caractéristiques que chez l\u2019adulte.Chancre de la lèvre supérieure.Syphilis acquise chez une fillette de 2 ans.Son diagnostic en est relativement aisé à moins, de par une idée préconçue, de ne pas l\u2019écarter d\u2019emblée systématiquement comme étant une chose impossible.On accuse volontiers les syphiligraphes de voir la syphilis partout.La faute en est plutôt à la syphilis qui se met un peu partout.la ©. REVUE DES LIVRES P.NOBECOURT et L.BABONNEIX.\u2014 Traité de Médecine des Enfants.Tome IL.Maladies infectieuses.Affections du sang et des organes hématopoiétiques.Un volume de 960 pages avec nombreuses figures.Paris 1934 (Masson et Cie, éditeurs).Le Tome IT du Traité de Médecine des Enfants de Nobécourt ct Babon- neix expose l\u2019état actuel de nos connaissances sur les maladies infectieuses, les affections du sang et des organes hématopoiétiques.I1 débute par un court chapitre de pathologie générale consacré à l\u2019infection chez les enfants du premier âge.On y trouvera un clair exposé par J.Cathala et J.Chabrun, des idées de Rihadeau-Dumas, dont les travaux sur ce sujet, ont fait faire tant de progrès à l'hygiène et à la thérapeutique du nourrisson.Avant d'aborder l'étude particulière des diverses maladies infectieuses, J.Cathala et J.Chabrun définissent ce qu'on doit entendre, à l'heure présente, par l'état septicémique et consacrent un chapitre aux septicémies de l'enfance.11 faut savoir gré aux auteurs de nous donner sur ce point des notions aussi récentes que précises, Les chapitres suivants traitent, tour à tour, de la scarlatine, de la rougeole.de la rubéole, de la quatrième.de la cinquième et de la sixième maladie.de la varicelle, de la variole, de la vaceine, des fièvres typhoïdes et paratyphoïdes, de la diphtérie, des oreillons, de la coqueluche, de l'érysi- pele, du rhumatisme, de la grippe, du tétanos, des érythèmes infectieux, des érythèmes polymorphes, de l'érythème noueux, de la suette miliaire et du paludisme.lls sont signés par des pédiatres tels que P.Gauthier (de Genève).KR.Turpin (de Paris), I.Cassoute (de Marseille).IT.Grenet (de Paris), P.Nobécourt et G.Boulanger-Pilet (de Paris), Jean TFaraf (de Paris), J.Milhit (de Paris), Paul Bertoye (dé Lyon), H.Darré et René Martin (de l\u2019aris).Georges Paisseau et Jean Mutinel (de Paris).IT.Darré et René Martin (de l'hôpital Pasteur de Paris) ont écrit l'article sur les infections exotiques; kala-azar infantile.fièvre de Malte, dengue.typhus exanthématique, typhus récurrent, fièvre jaune.choléra.dysentéries bacillaire .et amibienne sont étudiées d'une facon brève, mais pratique.Le chapitre le plus remarquable de ce volume est indiseutablement celui de M.Péhu (de Lyon) consacré à la syphilis congénitale.Tous les aspects du problème y sont exposés avec une connaissance de la littérature médicale, un esprit critique ct une maîtrise qui n\u2019étonnent pas ceux qui connaissent l\u2019éminent pédiatre lyonnais.Si le point de vue général inté- esse avant tout l\u2019auteur.les données pratiques sur le diagnostic et le traitement ne sont pas négligées.or L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 319 C\u2019est un sujet diffieile entre tous que celui de la tuberculose infantile.Il fallait, pour exposer des notions générales sur la tuberculose de l\u2019enfance, des auteurs comme Robert Debré et Marcel Lelong, particulièrement qualifiés par leurs travaux antérieurs et reconnus pour la sûreté de leur doctrine.L'ouvrage se termine par une étude des affections du sang et des organes hématopoiétiques.Les anémies, les leucémies et les syndromes hémorragiques sont rédigés par Léon Tixier; les maladies de la rate, les myélomes et chloromes, la lymphogranulomatose maligne, la fièvre ganglionnaire, les adénites cervicales chroniques et la scrofule par E.Leenhardt (de Montpellier).Ce deuxième volume du Traité de Médecine des Enfants se recommande, comme le précédent, par la clarté et la simplicité des données cliniques, la richesse et l\u2019abondance des figures, enfin, par l\u2019esprit critique et la mesure \u2014 cette qualité bien française \u2014 qui président à l\u2019exposé des notions les plus récentes de la biologie applicables à l\u2019enfance.Paul LETONDAL. FORMULAIRE LE TRAITEMENT DU MUGUET Prophylaxie.Stérilisation des biberons.Propreté des tétines.Isoler les porteurs de muguet des autres nourrissons.Hygiène alimentaire appropriée.Traitement convenable des affections des voies digestives.Propreté de la bouche.Traitement local.Lavage de la bouche, trois ou quatre fois par jour, avec une solution de bicarbonate de soude à 5 pour 100.Attouchements avec une solution de bleu de méthylène à 1 pour 100.Enrouler solidement un tampon de coton hydrophile autour d\u2019un stylet, l\u2019imbiber d\u2019une solution d\u2019oxycyanure de mercure à 1/4000, porter le coton sur les plaques de muguet et uniquement sur elles, appuyer légèrement sans frotter.Un seul attouchement suffit parfois.Traitement indirect.Le traitement le plus efficace du muguet consiste, d\u2019après Hutinel, dans les lavages de l\u2019estomac avec une solution de bicarbonate de soude à 5 pour 100.On les fait deux fois par jour suivant la technique habituelle.Le régime alimentaire et la médication qui conviennent aux affections dont peut être atteint le bébé, en particulier aux affections gastro- intestinales.Gaston LAPIERRE. ANALYSES MEDECINE A.ROUSSEAU et S.LEBLOND.\u2014 Hématome suppuré du pancréas.Bull.de la Soc.Méd.des Hôpitaux Universitaires de Québec, fév.1934.Il s\u2019agit d\u2019une femme de 54 ans, obèse, souffrant d\u2019indigestions depuis plusieurs années avec crises douloureuses épigastriques durant 10 à 12 heures.Depuis un an, la tension épigastrique augmente et coïncide avec une sensation de plénitude dans la même région, surtout dans les moments de flexion.En septembre 1932, nouvelle crise, plus douloureuse, accompagnée de vomissements répétés, de frissons et de selles noires.L'examen révèle une tension épigastrique, une défense avec vomissement et une tuméfaction.Opérée le 7 octobre 1932, on trouve une cholécystite calculeuse.Le 24 octobre, en se levant, elle ressent de nouveau la méme douleur, très vive à l\u2019épigastre, irradiant à gauche et en arrière, avec une tuméfaction empiétant sur l\u2019hypochondre gauche.Pas de vomissement.Elle quitte l\u2019hôpital en voie de guérison.De retour chez elle, les mêmes douleurs réapparaissent ; la tuméfaction épigastrique augmente de volume.En janvier 1933, seconde opération, sans résultat.En mai, la tumeur a le volume d\u2019une tête de nourrisson, lisse, indolore.Le 22 mai, l\u2019examen radiographique révèle une compression et un refoulement de l\u2019estomac.Bientôt la fièvre apparaît.Le 24 mai, douleur aiguë à l\u2019épigastre, suivie d\u2019un premier vomissement noirâtre.Bientôt, seconde expulsion d\u2019un liquide nauséabond contenant du pus et du sang.Elle en expulse aussi par l\u2019anus.Le lendemain, un lavage d'estomac ramène un liquide malodorant, contenant du sang et du pus.Quinze jours plus tard, elle fait une phlébite, puis une pleurésie purulente.Les tests pancréatiques ont tous été positifs.Pas de glycosurie.À retenir: les antécédents lithiasiques, chez cette malade, les indigestions fréquentes.la douleur à l\u2019épigastre, la tumeur au même endroit et à gauche, incriminant le pancréas.Il s\u2019agissait d\u2019un hématome suppuré du pancréas ouvert dans l\u2019estomac.Les indigestions fréquentes, accompagnées de douleurs vives à l\u2019épigastre, provenaient d\u2019une pancréatite aiguë, évoluant vers la pancréatite hémorragique, enkystée dans la région prépancréatique.Fort heureusement, l\u2019abcès s\u2019est ouvert dans l\u2019estomac.Lorsqu'elle évolue en arrière du pancréas, la rupture, suivie de l\u2019inondation de l'arrière-cavité des épiploons, entraîne la mort dans la plupart des cas.Cette malade a guéri.C\u2019est un fait exceptionnel.Le tableau pancréatique est complet dans cette observation; on avait songé au pancréas.Pour- 382 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA quoi une intervention directe n'a-t-elle pas atteint le pancréas?On ne le dit pas.Mais l'observation mérite d\u2019être rapportée, à cause des signes, de son évolution, et de sa terminaison brusque.La guérison spontanée n\u2019est pas moins surprenante.LeSAGE.CHIRURGIE UDAONDO, ELIZADE et MARTINEZ.\u2014 Phlegmon circonscrit de l\u2019estomac.Arch.Mal.App.Dig., Paris, téme XXIV, no I, janvier 1934, p.21-38, avec 10 figures: Bien que cette affection soit considérée comme plutôt rare, il est possible qu\u2019elle soit plus fréquente qu\u2019on ne le croit et que seules les difficultés de diagnostic empêchent de la reconnaître plus souvent.Son évolution, en effet, ne présente aucune caractéristique et se confond facilement avec d\u2019autres complications anatomiques.Les ahcès localisés de l\u2019estomac peuvent être localisés dans n\u2019importe quelle partie de l\u2019organe, bien que généralement ils se développent au niveau du pylore.Leurs dimensions sont très variables; les altérations de la muqueuse sont moindres que celles de la sous-muqueuse.Le streptocoque est l\u2019agent causal dans 70 p.100; il peut être aussi associé au staphylocoque, au pneumocoque et au colibacille.L\u2019infection est due tantôt à un processus local (ulcère, cancer, tuberculose), tantôt à des infee- tions à distance ou générales (septicémies, angines).Cliniquement il n\u2019est pas facile de reconnaître cette affection d\u2019une façon certaine, les signes cliniques observés pouvant être attribués à bien d\u2019autres troubles gastriques.Ollson, en 1932, a tenté d\u2019établir les signes radiologiques permettant de reconnaître la dissemblance de l\u2019affection avec le cancer; mais ces éléments d\u2019appréciation sont insuffisants.A la suite de ces considérations générales, l'A.rapporte une observation complète.Il s\u2019agit d\u2019un homme, âgé de 53 ans, ayant un passé gastrique chargé, qui présente un très mauvais état général, peu ou pas de douleurs gastriques, mais des vomissements fréquents, faciles et très acides.La radio montre un estomac hypotonique qui se vide mal.Le malade est opéré; résection gastrique.Il meurt quatre jours plus tard.La pièce montre un ulcére phlegmoneux du corps de l'estomac près de la région pylorique et sur la grande courbure; il existait en plus un ulcère duodénal.Mercier FAUTEUX.A.JENTZER.\u2014 Les diverticules de la première portion du duodénum.Arch.Mal.App.Dig., Paris, tome XXIV, no I, janvier 1934, p.39-64, ave 12 figures.Les diverticules de la première: portion du duodénum sont très rares.On en constate actuellement seulement 30 cas d\u2019autonomes et 26 cas avec ulcères.Au point de vue pathogénique, l\u2019on distingue des diverticules congénitaux et des diverticules acquis; ces derniers surviennent par pulsion ou par traction.L\u2019examen radiologique est des plus importants pour les déceler; il donne une image caractéristique.Cliniquement ces diverticules peuvent rester silencieux; ce n\u2019est que s\u2019il s\u2019ajoute un élément inflamma- UNION MÉDICALE DU CANADA 383 toire qu\u2019ils se manifestent.L'indication opératoire n\u2019est pas absolue, mais dans toute une série de cas elle est formelle, le diverticule étant la source de grands dangers (diverticulite, dégénérescence cancéreuse, troubles digestifs, biliaires.hématémèses).Aussi les diverticules avec symptomatologie cliniques doivent toujours être opérés.Si le diverticule est petit, on peut l\u2019invaginer ou le plicaturer et l'enfouir sous la séreuse; un peu plus gros, on l'enlèvera comme un appendice; volumineux, il y a indication de faire une résection avec ou sans gastro-entérostomie.Les résultats opératoires sont excellents, surtout si on ne se trouve pas dans l\u2019obligation de faire une résection pylorique ou duodénale.J\u2019A.rapporte trois observations très intéressantes avec comme résultats opératoires, deux guérisons et une mort.Mercier FAUTEUX.Benedetto SCHIASSI.\u2014 La calculose de la vésicule biliaire.Journal de Chirurgie, Paris, tome XLIII, no I, janvier 1934, p.8-33, avec 9 figures.L\u2019A.accorde une grande importance aux fonctions de la vésicule biliaire; aussi les indications de la cholécystectomie sont pour lui très limitées.Il s\u2019élève contre l\u2019opinion trop répandue que le traitement rationnel de la cai- culose nécessite l\u2019ablation de la vésicule.Les centaines et les centaines de cholécystectomies proclamées.si elles ne sont pas considérées par le chirurgien comme des \u201cdéfaites\u201d peuvent pour bien des raisons, être considérées par les malades comme un \u201cinutile carnage\u201d de vésicules.La choléeystectomie entraîne toujours à sa suite un effort fonctionnel parce qu'elle oblige l'appareil biliaire.destiné dans son intégrité à une fonction d\u2019ensemble, harmonique, solidaire, à un ordre anatomique et fonctionnel nouveau, contre nature.Il ne pratique la choléeystectomie que dans les cas où la vésicule présente une capacité très restreinte, des parois gravement altérées, ne pouvant plus assurer ses fonctions essentielles de réservoir contractile et de lieu de concentration de la bile.Lorsque la vésicule présente des parois modérément épaissies, une séreuse pâle mais lisse, avec un contenu franchement infecté et une muqueuse ulcérée, il juge suffisant une cholécystostomie avec drainage à la sonde de Pezzer pendant 15 jours en moyenne.Dans les autres cas où la vésicule a des parois peu ou pas augmentées d\u2019épaisseur, une séreuse lisse.une muqueuse gonflée mais non ulcérée, un contenu infecté que probablement, une mobilité sur les plans sous-jacents conservée, il considère comme intervention de choix la eystendèse qui consiste en l\u2019évacuation de la bile et l'extraction des caleuls suivies de l\u2019exploration de la surface interne du choléeyste par le doigt et fermeture par une suture en trois plans dont il donne la technique illustrée de quelques figures.Mercier FAUTEUX.Edwin G.RAMSDELL.\u2014 Blessures du coeur par arme blanche.Annals of Surgery, vol XCIX, no I, janvier 1934, p.141-151.L\u2019A.rapporte l\u2019observation d'un nègre, âgé de 41 ans, blessé par un coup de couteau au niveau du cinquième espace intercostal gauche, à peu près à deux centimètres du mamclon, côté interne.Il poursuivit sur la rue son assaillant sans pouvoir le rattraper et revint alors chez lui se 384 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA plaignant d\u2019être fatigué.Après s'être assis quelques minutes, il tenta de sortir, mais cette fois perdit connaissance.Conduit à l'hôpital, on lui administre de l\u2019adrénaline et du sérum physiologique intra-veineux.Le pouls est rapide, irrégulier et peu perceptible.Te diagnostic de blessure du cœur posé, une intervention est immédiatement pratiquée.Sous anesthésie générale, I'incision est faite au niveau de la plaie créée par le coup de couteau et prolongée suffisamment pour donner un accès facile.La plèvre gauche a été déchirée et se trouve partiellement remplie de sang; le poumon est rétracté.À la partie supérieure et antérieure du péricarde, section nette de deux centimètres par où s\u2019écoule du sang.Le péricarde est ouvert et le cœur est exploré.Ses mouvements sont d\u2019une grande irrégularité et très rapides.Le ventricule droit est touché et saigne.Suture de cette plaie à la soie, en deux plans.Les caillots sont évacués du péricarde qui est suturé par des points séparés au catgut lent.Fermeture du volet thoracique.Guérison au dix-neuviéme jour.Mercier FAUTEUR.Jean GOSSET.\u2014 Le traitement du cancer du côlon droit.Journal de Chirurgie, Paris, tôme XLIII, no I, janvier 1934, p.34-51, avec 14 figures.L\u2019A.ne croit pas à la bénignité de l'exérèse des cancers droits et base son opinion sur l\u2019étude anatomo-clinique et pronostique de 50 cas de cancers du côlon droit, représentant la statistique intégrale du Service de M.le professeur Gosset.Afin de diminuer les risques de récidives, l\u2019hémicolectomie doit comporter une ablation colo-mésocolique large entraînant des décollements étendus avec tous leurs dangers en territoire quasi toujours infecté.L'infection complique un acte chirurgical déjà assez important par lui-même.Aussi les statistiques publiées par de nombreux chirurgiens montrent-elles combien il est difficile d\u2019associer la fréquence des exérèses et une grande bénignité opératoire.La seule solution du problème réside dans la recherche minutieuse d\u2019un ensemble de précautions étendues autant aux soins opératoires et à la technique elle-même qu\u2019au choix des méthodes.On ne saurait trop insister sur le régime pré-opératoire, la préparation anti-infectieuse et le choix de l\u2019anesthésie.L\u2019hémicolectomie en un temps avec suture immédiate iléo- transverse n\u2019est pas considérée par l\u2019A.comme le procédé de choix.Les causes de, mortalité sont les mêmes dans les cancers du côlon droit et les cancers du côlon gauche et le plus sûr moyen d'améliorer les statistiques est de reconnaître la similitude de leur gravité et de leurs dangers et d\u2019appliquer à tous les cas, quel que soit leur siège, cette merveilleuse méthode qui a fait ses preuves, la dérivation préalables: dérivation externe pour les cancers gauches, dérivation interne pour les cancers droits.Il souligne donc l\u2019avantage de pratiquer l\u2019iléo-transversostomie avec exclusion unilatérale.Elle présenterait deux ordres d\u2019avantages.Au point de vue physiologique, elle assure l'évacuation parfaite d\u2019un intestin jusque-là en obstruction, et elle supprime le contact permanent des matières et de l\u2019ulcération néoplasque; les résorptions toxiques massives; l\u2019état général des malades s\u2019améliore.Au point de vue technique, elle permet d\u2019éviter le voisinage dangereux d\u2019une L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 385 suture et d\u2019une zône de décollement septique.Les risques d\u2019infection cellulaire par déhiscence de l\u2019anastomose ainsi que les conséquences d\u2019une infee- tion voisine sur la suture sont diminués.L\u2019A.réfute ensuite les princei- paux arguments invoqués contre l\u2019intervention en deux temps et termine en donnant la technique de l'hémicolectomie droite qu\u2019il emploie, technique présentant certaines modifications importantes.Mercier FAUTEUX.J.E.McARTHUR.\u2014Appendicectomie; perforation d\u2019ulcus gastrique post-opératoire; mort par hémorragie.The Canadian Medical Ass.Journal, vol.XXX, no.I, janvier 1934, p.63-65.ll s\u2019agit d'une femme, âgée de 66 ans, qui est prise subitement de douleurs épigastriques qui augmentent d\u2019intensité graduellement.Défense musculaire localisée à la région épigastrique; température 100; pouls 115.En face de ce tableau clinique, l'A.porte le diagnostie d\u2019appendicite aiguë et propose une intervention qui est refusée par la malade.Le lendemain, les symptômes s'aggravant.l'A.porte un diagnostic de perforation appendiculaire et décide la malade à une intervention d'urgence.Sous anesthésie à l\u2019éther, incision de McBurney, ouverture du péritoine, écoulement de pus, l'appendice est gangréné et en partie nécrosé: le cæcum participe à cette réaction inflammatoire.Appendicectomie: drainage.Mort le lendemain.A l'autopsie.l'on trouve une perforation de la face postérieure de l\u2019estomac au niveau d\u2019un vieil ulcère; l'arrière cavité de l\u2019épiploon est remplie de sang; au niveau du moignon appendiculaire, rien de spécial est noté.L\u2019A.rapporte cette observation parce qu\u2019il s\u2019agisait d'une perforation d\u2019uleus gastrique secondaire à une crise d\u2019appendicite aiguë, complication assez rare, dit-il, et rarement rapportée dans la littérature.Mercier FAUTEUX.À Alexander NICOLL.\u2014 L'opération utilisant un lambeau cutané comme clapet dans le traitement de la pleurésie purulente aiguë.Surg.Gyn.& Obst., vol.LVIII, no 2, fév.1934, p.206-215.La découverte de ce nouveau procédé est un pur hasard.Lorsque l\u2019auteur, en 1915, veut drainer un thorax purulent, il incise la peau au delà de la côte qu\u2019il veut réséquer et note par la suite que ce petit lambeau agit à la manière d\u2019une valve qui ohstrue l'orifice pendant l\u2019inspiration et laisse écouler le pus pendant l\u2019expiration, T1 perfectionne sa technique en la modifiant jusqu'aux dernières années de la guerre.Ainsi maintenant, il taille un lambeau beaucoup plus grand et utilise en dessous, dans l\u2019orifice pleural, un bouton de Wilson auquel est cousu uné lame de caoutchouc de même largeur en guise de volet, pour l\u2019écoulement du pus à l'extérieur.Une corde est attachée au bouton pour l'extraire au besoin, et sort avec la lame à l\u2019extérieur.Il utilise les Rayons X systématiquement pour le diagnostic et le contrôle des suites opératoires chez l'adulte.La huitième côte est celle de choix pour la costotomie, sous l'angle de l\u2019omoplate.Son lambeau a pour base le point où doit porter sa costotomie.11 mesure environ, et selon 1'amplitude du sujet, quatre pouces de hauteur sur quatre pouces de largeur et 380 UNION MÉDICALE DU CANADA comprend la peau et le tissu cellulaire.Il est suturé sur ses deux bords parallèles et laissé ouvert en bas, par où sortent le drain et la corde.L\u2019A.voit plusieurs avantages à cette nouvelle opération: 1 \u2014 elle est plus physiologique parce qu\u2019elle sauvegarde la pression négative normale de la cavité pleurale; 2 \u2014 c\u2019est une méthode de drainage fermé de la plèvre et qui est sûre jusqu\u2019à la fin du traitement, avantage à considérer quand il a fallu anesthésier des enfants à l\u2019éther; 3 \u2014 enfin, elle prévient plus certainement les adhérences et leurs effets nocifs sur le poumon.L\u2019appareillage et les différents temps opératoires sont très bien illustrés, ainsi que le mécanisme du clapet cutané.L\u2019A.rapporte, en terminant, l'histoire de ses 35 derniers cas avec des résultats étonnants: 17 enfants opérés (de 4 mois à 14 ans) et une seule mortalité, 18 adultes et deux mortalités dans des cas désespérés.Les guérisons furent toujours rapides et complètes.À noter que tous furent opérés dès le diagnostic posé sans égard à la variété microbienne en cause .ni à la qualité du pus, selon le principe qu\u2019il cite: ubi pia, ibi evacua\u201d.Roland DUPUIS.E.Bishop MUMFORD.\u2014 Méthode nouvelle et simplifiée de fixation des fragments au cours des réductions sanglantes.Surg, Gyn.& Obst., vol.LVIIT, no 2, fév.1934, p.194-205.L\u2019A.met d\u2019abord en lumière l\u2019importance du clissage (ou immobilisation externe) à la suite de toute ostéosynthèse, pour maintenir la rédue- tion des fragments et empêcher l\u2019action irritante des appareils de prothèse au contact de l\u2019os.Après un siècle de discussions sans nombre où chaque chirurgien a vanté son matériel et sa façon de fixer les fragments irrédue- tibles par de simples moyens orthopédiques, deux procédés sont encore à envisager: 1 \u2014 l\u2019emploi d\u2019un matériel résorbable (os, plaques osseuses, catguts forts, tendons de kangourou); 2 \u2014 l\u2019emploi d'un matériel non résor- bable (fils métalliques, plaques vissées, ou encore maintenues par des bandes métalliques, agrafes, ete.).Depuis Lane qui en 1905 mit la question au point, et plus récemment encore Hallopeau, Dujarier, Fredet et plusieurs autres, la majorité des chirurgiens se sert d\u2019appareils de métal, après.bien entendu, que toutes les tentatives de réduction par manœuvres externes ont échoué.Seules les fractures de la rotule, de l\u2019olécrâne, des vertèbres, du crâne et quelques autres, sont une indication fréquente à la réduction sanglante.L\u2019A.fait ensuite la critique des différents métaux employés et rapporte les opinions contradictoires des auteurs au sujet des troubles de la formation du cal, ostéogénèse retardée, infection, ete, ennuis dus à ces métaux utilisés.Le principe de la méthode préconisée par l\u2019A.n\u2019est pas nouveau.Ce qu\u2019il y a de nouveau c\u2019est l\u2019emploi systématique de la méthode.Elle consiste à faire pénétrer un fragment effilé ou aiguisé dans le canal médullaire de l\u2019autre afin d\u2019obtenir le maintien de la réduction sans aucun corps étranger de quelque nature qu'il soit; et cela est toujours possible soit qu'un fragment présente naturellement ce biseau, soit que, à l\u2019aide d\u2019un instrument simple il faille le tailler.Un fragment intermédiaire peut même servir, en l\u2019enclavant dans la cavité des deux autres.Les avantages de cette SEG or EEE L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 387 opération sont multiples: 1 \u2014 aucun corps étranger au contact des os et les risques d'infection réduits à ceux d\u2019une intervention ordinaire; 2 \u2014 opération simplifiée et plus courtes 3 \u2014 aucune instrumentation spéciale nécessaire; 4 \u2014 méthode qui s'applique à tous les genres de fractures: 5 \u2014 incisions plus petites et réduction au minimum du traumatisme des parties molles et osseuses; 6 \u2014 elle évite la seconde opération, toujours ennuyeuse, après les ostéosynthèse à l\u2019aide de matériaux non résorbables.Roland DUPUIS.OBSTETRIQUE A.G.MILLER, C.H.SCHULZ, D.W.ANDERSON.\u2014 La période de conception chez la femme adulte normale.Surgery, Gynecology and Obstetrics, LVI, 1020.T1 a été prouvé que la vie de l\u2019ovule est de un jour et celle du spermatozoïde de 2 à 3 jours.T1 est connu de plus que le spermatozoïde se déplace rapidement (un centimètre en trois minutes).Si nous voulons connaître la période de conception, il reste à savoir à quel moment l'ovule est libéré.Knans et Ogino ont recherché de deux manières différentes le temps de l\u2019ovulation.Le premier a étudié les contractions utérines qui se produisent après une injection de pituitrine, mais qui n\u2019existent pas s\u2019il y a présence de corps jaune, il a pu ainsi déterminer le temps de l\u2019ovulation.Le second a noté le moment des coïts et la possibilité de fécondation.Le résultat dans les deux méthodes fut sensiblement le même.Knans trouva que chez une femme ayant un cycle menstruel de 28 jours.l'ovulation se fait entre le quatorzième et le seizième jour avant les menstruations.< Ogino trouva que chez une femme régulièrement menstruée tous les 28 Jours.le spermatozoïde peut féconder I'ovule durant une période de huit jours qui se termine entre le douzième et le neuvième jour avant les menstruations.Alfred Le ROY.GYNECOLOGIE J.P.GREENHILL.\u2014 Rupture du corps jaune avec hémorragie abdominale grave.Am.J.Obst.& Gyn.No.22, 1931.Le diagnostic de cette condition pathologique est rarement établi.On pense plutôt à une crise appendiculaire aiguë, à un kyste tordu de l'ovaire ou à une grossesse extra-utérine.Dans plusieurs cas la douleur est localisée à l'ombilie et à la fosse iliaque.11 y a fréquemment des nausées ou des vomissements.Si l\u2019hémorragie est grave l'on a le tableau du choc ct de l'anémie.La température est généralement élevée, ainsi que la leucocytose.A l'examen il y a une sensibilité marquée de tous les culs-de-sac vaginaux; cependant il n\u2018y a pas d\u2019écoulement sanguin par le vagin.Le diagnostic important à faire est l\u2019'hémorragie intra-péritonéale.Il est évident que l\u2019on pense le plus souvent à une grossesse extra-utérine: mais il faut toujours avoir à l'esprit la rupture du corps jaune. 388 L'UNION MÉDICALE DU CANADA Evidemment le traitement est essentiellement chirurgical et immédiat.Les principaux facteurs qui causent ces ruptures sont liés à tous les phénomènes qui produisent une congestion intense de l'ovaire et de ses cais- seaux.Dans quelques cas les traumatismes dus au coit.à l'avortement criminel ou à toute opération vaginale, jouent un grand rôle.L'examen bimanuel peut dans certains cas causer la rupture d'un kyste ovarien.Ls-Arthur MAGNAN.C.B.INGRAHAM.\u2014 Avortement thérapeutique dans la tuberculose pulmonaire.Am.J.of Obst.& Gyn., No 23, 1932.La tuberculose.compliquée de grossesse.est une condition sérieuse sur laquelle on diffère beaucoup d'opinion quant à la forme du traitement.Forssner, de Stockholm, croit que la grossesse exerce peu d'influence sur l'évolution de la tuberculose pulmonaire.Au contraire, l'école allemande recommande la thérapeutique abortive dans l'intérêt de la mère si la maladie a été diagnostiquée avant le 5ème mois de la grossesse.En présence dune lésion active Bridgmen et Norwood, du John Hopkin\u2019s Hospital.prétendent que l'interruption de la grossesse assombrit le pronostic.L'A.passe en revue 38 cas d'avortements thérapeutiques.D'après ses conclusions, il ressort que les cas aigus n'ont aucun bénéfice de l\u2019intervention.Au contraire, il semble que l'avortement thérapeutique est fatal.Dans 72% des patients avec des lésions légères la condition générale fut améliorée.Les méthodes employées sont soit le curettage, soit l\u2019hystérectomie vaginale ou abdominale.Lorsque la stérilisation est conseillée, l'A.enlève, après ligature, les deux cornes utérines sous anesthésie rachidienne.Done.l'avortement thérapeutique est recommandée dans les cas de tuberculose en activité, excepté dans les cas aigus.où alors, si la grossesse se continue.la mortalité maternelle est de 50%.Ls-Arthur MAGNAN.PEDIATRIE P.ROHMER, Mme BELLOCQ et E.SCHNEEGANS (de Strasbourg).\u2014 L\u2019endocardite verruqueuse du nourrisson.(\u201cRevue Française de Pédiatrie\u201d, Tome IX, No 5, 1933, p.681.) Les auteurs rapportent l'observation d'un nourrisson de 10 mois admis pour fièvre élevée, dvspnée et cyanose.T1 existait dans la région pré-cordiale un souffle systolique en jet de vapeur se propageant dans l'aisselle et la radiologie montrait un cœur dilaté dans toutes ses dimensions.On pratiqua deux hémocultures qui furent négatives.L\u2019enfant est mort après 15 jours de maladie.A l'autopsie, on trouva.au niveau de la valvule mitrale, dé nombreuses végétations disposées en feston.avant un aspect hérissé.Certaines étaient volumineuses.L'origine de l\u2019endocardite, dans le cas rapporté, disent les auteurs.semble être une pyodermite survenue un mois avant la période d'état de l'affection.L'endorardite verruqueuse du nourrisson est une affection rare.Elle est L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 389 distinete de l'endocardite maligne.Elle n\u2019a aucun rapport avec le rhumatisme.Son diagnostic \u2014 des plus délicats \u2014 est dû au fait que le tableau clinique est le plus souvent trompeur.Flle peut se présenter sous trois formes: a) une forme toxi-infectieuse qui rappelle l\u2019intoxication vraie.D) une forme subaiguë qui rappelle les troubles alimentaires des dys- trophiques.ce) une forme qui simule la broncho-pneumonie.Il faut done éviter de la confondre avec le cho'éra infantile, l\u2019athrepsie, la broncho-pneumonie et autres maladies dyspnéisantes, comme la granulie.Mais, s\u2019il existe en même temps une malformation congénitale du cœur, le diagnostic clinique devient pratiquement impossible, l\u2019hémoculture étant toujours négative.Le traitement de cette endocardite verruqueuse du nourrisson est très illusoire.Seule la transfusion a paru, dans quelques cas, donner des résultats, à condition d\u2019être précédée d\u2019une large saignée.Paul LETONDAL.G.MOURIQUAND, M.BERNHEIM et J.BOUCOMONT (de Lyon).\u2014 L\u2019encéphalite aiguë dans la pneumonie infantile.(\u2018Archives de Médecine des Enfants\u201d, Tome XXXVI, No 8, août 1933, p.457.) L\u2019encéphalite aiguë infantile a fait depuis quelques années l\u2019objet d\u2019intéressants travaux.On a étudié les complications encéphalitiques des fièvres éruptives, sans toutefois négliger celles d\u2019origine grippale, ou survenues au cours d\u2019affections pulmonaires (pneumonies et broncho-pneumonies).Dans deux cas d\u2019encéphalite post-pneumonique, on a constaté des manifestations hémiplégiques qui débutèrent par une gêne dans la marche, et du tremblement de l\u2019avant-bras et de la main.Ces signes apparurent 20 jours après la guérison de la pneumonie.Il n\u2019existait ni douleur spontanée, ni troubles sensitifs objectifs.L\u2019examen oculaire était négatif.L\u2019origine de ces troubles nerveux encéphalitiques doit être recherchée dans un foyer d\u2019encéphalite aiguë, ayant lésé la voie pyramidale ct extra-pyra- midale, ou la région thalamique et sous-thalamique.Lesieur et Froment ont écrit que l\u2019hémiplégie pneumonique doit être attribuée à l\u2019ischémie, à l\u2019embolie, à la méningo-encéphalite ou à l\u2019encéphalite.A Theure actuelle, on ne peut expliquer ces troubles nerveux que par l\u2019existence d\u2019un foyer d\u2019encéphalite.Henri ROBINSON.DERMATO-SYPHILIGRAPHIE A.SEZARY.\u2014 Le traitement du xanthélasma.La Presse Médicale, 24 janvier 1934.Chacun sait que le xanthélasma est une infiltration du derme par de la cholestérine, disgracieuse par sa localisation aux paupiéres.I histologie montre que les lésions sont strictement dermiques; elles sont caractérisées par les cellules xanthélasmiques de Chambard qui contiennent dans leurs vacuoles des éthers de la cholestérine et des graisses ordinaires. 390 LUNTON MÉDICALE DU CANADA Habituellement, les plaques de xanthélasma persistent indéfiniment.ll est exceptionnel de les voir retrocéder spontanément.C\u2019est une affection bénigne, qui n\u2019est guère susceptible de se compliquer.Mais des considérations d\u2019ordre esthétique amènent souvent les personnes qui en sont atteintes à en demander un traitement à leur médecin.Aussi, l\u2019auteur vient-il indiquer les principales méthodes de traitement.Il ne faut pas attendre des traitements médicaux, la disparition des taches de xanthélasma.Force est done de recourir à des moyens plus radicaux.Tous les chirurgiens ont fait cette constatation que la paupière est une des régions du corps où la cicatrisation des téguments est la plus parfaite.Divers procédés sont conseillés: 1° La résection aux ciseaux, suivie de suture.2° L'électrolyse, qui présente des inconvénients, comme la douleur faute de pouvoir anesthésier, et de nombreuses piqûres dans tous les sens.3° La neige carbonique selon la méthode de Lortat-Jacoh, qui demande plusieurs séances et provoque parfois un oedème palpébral volumineux.4° L\u2019électro-coagulation, la meilleure de toutes les méthodes et la plus simple.Quelques gouttes de novocaïne à 2%, injectées dans le tissu cellulaire sous- jacent, donnent une anesthésie parfaite.L'électro-coagulation par un réglage faible d\u2019un appareil à ondes amorties de la tache xanthélasmique et à enlever à la curette le tissu coagulé.Un changement de couleur du xanthome qui devient grisâtre indique une coagulation suffisante pour permettre le curettage.TI suffit de laver à l\u2019acool les jours suivants.Paul FOTRIER.CHIRURGIE INFANTILE ET ORTHOPEDIE J.C.WILSON.\u2014 L\u2019arthrodése de la hanche dans les lésions tuberculeuses chez les enfants; résultats éloignés chez trente-trois malades.Operative Fixation of Tuberculous Hips in Children.End results of thirty-three patients.Journal of Bone and Joint Surgery, No.15, 1933.Depuis assez longtemps déjà, on a tendance à conseiller l'arthrodèse de la hanche dans les lésions tubereuleuses de cette articulation, car la majorité des orthopédistes estiment que la guérison ne peut être obtenue autrement et que la conservation des mouvements n\u2019est pas possible.Chez l'enfant.l'intervention sanglante est très discutée et l\u2019auteur n\u2019utilise jamais l\u2019arthrodèse intra-articulaire ou la fixation par des greffons prélevés sur le tibia ou sur le péroné.W.préconise une opération personnelle, une arthroplastie dont il décrit la technique et qu\u2019il a utilisée chez plusieurs de ses petits malades même lorsqu'il y avait des abcès ou des fistules; parfois, la résection de la tête fémorale a été nécessaire.La recherche de l\u2019ankylose a été la règle et les malades ont été immobilisés dans des appareils plâtrés ou autres pendant plusieurs mois et même \u2014-\u2014 a\u201d L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 391 pendant deux à trois années.La consolidation osseuse fut toujours contrôlée.L\u2019auteur a eu une série heureuse sans mortalité immédiate; deux malades sont morts tardivement de tuberculose pulmonaire.Sur les trente- trois malades, vingt-sept ont aujourd\u2019hui des articulations consolidées solidement, et l\u2019infection quand elle a existée, s\u2019est tarie dans l\u2019espace de quelques mois.L\u2019infection secondaire post-opératoire, pour l\u2019auteur, est toujours sans importance.Edmond DUBE.Hamilton BAILEY.\u2014 Les aspects cliniques des fistules branchiales (The clinical aspects of branchial fistulas).The British Journal of Surgery.Oct.1933.La fistule branchiale est congénitale, affecte plutôt la fille que le garçon, le côté droit est le plus souvent le siège de la lésion.Elle peut être complète, borgne interne ou borgne externe, dans ce dernier cas l\u2019ouverture siège dans le 1/3 inférieur du cou le long du bord externe du sterno-cléido- mastoïdien.La fistule borgne interne est plus rare, son ouverture siège au niveau de l\u2019amygdale.Ces fistules laissent échapper du mucus, quelquefois elles s\u2019infectent.L\u2019orifice est généralement petit, quelquefois assez grand pour contenir des parcelles alimentaires.Le trajet fistuleux peut être en rapport avec le nerf pneumogastrique.S\u2019il y a inflammation il faut refroidir avant de pouvoir voir le trajet fistuleux.Le pourtour de l\u2019orifice est anesthésié et si la lumière de la fistule le permet on introduit un cathétère urétéral par lequel on fait pénétrer le lipiodol si non l\u2019on se sert d\u2019une seringue pour le canal lacrymal avec laquelle on introduit le lipiodol dilué avec de l\u2019huile de paraffine.Avant d\u2019injecter le liquide opaque on avait une série de points en bourse autour de la lumière de la fistule.Cette bourse est fermée après introdue- tion du liquide.La radiographie est prise pour voir le trajet.La dissection de la fistule peut se faire plus facilement grâce à sa réplétion par le lipiodol.Il vaut mieux drainer après l\u2019ablation de la fistule.Jos.-H.RIVARD.NEURO-PSYCHIATRIE Walter M.BOOTHBY.\u2014 Myasthenia gravis.Les effets du traitement par l\u2019éphédrine et la glycine.Troisième rapport.Archives of Internal Medecine; vol.53; no I; janvier 1934; p.39.Harriet Edgeworth souffrant de myasthénie et ayant expérimenté sur elle-même l\u2019effet de l\u2019éphédrine, en démontra, la première, l\u2019efficacité contre cette affection.Thomas, Milhorat et Techner indiquèrent les résultats heureux que l\u2019on peut obtenir de l\u2019emploi de la glycine ou du glycocolle dans les cas de dystrophie musculaire progressive pseudo-hypertrophique.Remen rapporta les bons effets de la glycine contre la myasthénie. 392 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Enfin, l\u2019auteur communiqua antérieurement deux rapports confirmant les résultats de Remen.Le présent rapport concerne le traitement de 12 myasthéniques par l\u2019éphédrine et la glycine.Ces 12 malades sont divisés en 4 groupes.Le premier groupe comprend 4 malades dont les troubles portaient particulièrement sur les fonctions de la déglutition.Deux furent améliorés pendant une certaine période par l\u2019éphédrine; l\u2019usage de la glycine associée à l\u2019éphédrine détermina une reprise de l\u2019amélioration qui s\u2019était arrêtée ou avait même regressé avec l\u2019emploi de l\u2019éphédrine seule.Les quatre malades sont grandement améliorés par le traitement.Le deuxième groupe est constitué par 5 malades dont les symptômes myasthéniques se manifestaient dans les muscles de la déglutition et auprès de ceux des membres.Amélioration impressionnante, au point de permettre la reprise des occupations courantes que l\u2019impotence avait obligé de discontinuer.= Le troisième groupe a rapport à Harriet Edgeworth elle-même.De grabataire qu\u2019elle était, la protagoniste du traitement par l\u2019éphédrine a été transformée en une personne pouvant mener une existence active.La glycine n\u2019a pas semblé ajouter sur elle à l\u2019effet de l\u2019éphédrine.Le quatrième groupe enfin comprend 2 malades.Le traitement s\u2019est montré ici moins efficace.Le premier malade mourut après une longue période de complications respiratoires qui nécessitèrent l\u2019emploi de l\u2019appareil de Drinker.L\u2019autre ne s\u2019améliora que très légèrement.Ainsi, sur 12 malades, 10 présentèrent une amélioration impressionnante.L\u2019auteur prescrivit l\u2019ingestion, 2 fois par jour, d\u2019éphédrine à la dose de 0.02 centigramme et de glycine à la dose de 15 grammes.Roma AMYOT.Douglas McALPINE.\u2014 Traitement de la myasthénie par l\u2019éphédrine.The Lancet; 27 janvier 1934; p.180.L\u2019auteur rappelle l\u2019expérience heureuse d\u2019Harriet Edgeworth, les travaux de Thomas et ses collaborateurs, les communications de Remen et celles de Boothby.Il rapporte les observations de trois myasthéniques par l\u2019éphédrine.Les trois malades s\u2019améliorèrent considérablement.Le troisième, par ailleurs, à qui on substitua, pour un temps, de la glycine à l\u2019éphédrine vit son état s\u2019aggraver.L\u2019auteur est d\u2019avis que l\u2019éphédrine, à la dose de un demi-grain à être ingérée 2 fois durant la journée, à laquelle on pourrait associer l\u2019ingestion de glycine, constitue un traitement efficace de la myasthénie.Roma AMYOT. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 393 OPHTALMOLOGIE C.B.WALKER.\u2014 Décollement rétinien.American Journal of Ophthalmology, page |, janvier 1934.Le traitement du décollement rétinien semble de plus en plus s\u2019orienter vers la diathermie.Après Larsson, Werve et Safar, c\u2019est Walker qui propose une nouvelle technique assez semblable à celle de Safar.L\u2019auteur se sert d\u2019éléments spéciaux sous forme de pointes (puces) de platine avec fil.Cette technique est une application diathermique du procédé électrolytique que Verhoeff appliquait en 1917 aux décollements rétiniens.L\u2019auteur rapporte un cas de guérison.François BADEAUX.T.HARDY et W.F.HARDY.\u2014 Présentation de cas de tumeurs orbitaires.American Journal of Ophthalmology, page 18, janvier 1934.Les auteurs rapportent sept cas de tumeurs orbitaires.Trois de ces cas furent diagnostiqués et le diagnostic prouvé par l\u2019examen histologique.Il s'agissait ou d\u2019adénocarcinome de la glande lacrymale ou de fibroblastome périneural du nerf optique.Francois BADEAUX.T.E.BERNER.\u2014 Kératocône compliqué d\u2019ectasie subite de la cornée.American Journal of Ophthalmology, page 1, janvier 1934.L\u2019auteur présente un cas de kératocône bilatéral chez une jeune fille.L\u2019œil gauche au dire de la malade présenta subitement une bulle sur la cornée.La lampe à fente démontre que cette élévation subite est due à une infiltration de liquide dans les lames du tissu cornéen proprement dit.L\u2019auteur pour guérir sa malade fit des paracentèses répétées de la chambre antérieure et cautérisa le sommet du cône avec une solution de formaline à 1%.Après guérison, les verres de contact de Zeiss donnent une vision de 6/9.François BADEAUX.W.T.DAVIS.\u2014 Kératite bulleuse traitée et guérie aux Rayons X.American Journal of Ophthalmology, page 24, janvier 1934.L\u2019auteur après avoir passé en revue les diverses hypothèses émises pour expliquer cette maladie, prouve que la plupart des thérapeutiques médicales et chirurgicales sont sans succès parce que l\u2019étiologie n\u2019est pas établie dans chaque cas.Il donne une classification nouvelle et présente un cas traité et guéri par la radiothérapie.François BADEAURX. 394 L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA C.W.TOOKER.\u2014 Kyste épithélial de la chambre postérieure.American Journal of Ophthalmology, page 41, janvier 1934.Il s\u2019agit d\u2019un kyste d\u2019origine traumatique.Le kyste se développa par implantation de cellules épithéliales qui proliférèrent à la base de l\u2019iris ou du corps ciliaire.Ce kyste visible a Veil nu était transparent à la diaphanoscopie.IL\u2019examen histologique des coupes prouva l\u2019origine du kyste.Francois BADEAUX.W.H.WILMER \u2014 Nodules tuberculeux de l\u2019épisclère et des paupières des 2 yeux.American Journal of Ophthalmology, page 99, février 1934.L\u2019examen général du patient orienta le diagnostic vers une invasion tuberculeuse des 2 yeux, diagnostic confirmé par des coupes histologiques de nodules prélevés.Un traitement à la tuberculine amena un soulagement rapide des symptômes locaux et généraux.François BADEAUX.E.F.TRAUT.\u2014 Etude d\u2019une culture du sang dans l\u2019iritis.American Journal of Ophthalmology, page 106, février 1934.Suivant la technique de Clauwson modifiée, l\u2019auteur trouva dans la culture du sang de cinq patients souffrant d\u2019iritis chronique, du streptocoque pollimorphe que l\u2019on rencontre dans le sang de malades souffrant d\u2019arthrite.François BADEAUX.W.I LILLIE.\u2014 La signification clinique de la névrite rétrobulbaire et de la névrite optique.American Journal of Ophthalmology, page 110, février 1934.La névrite optique et la névrite rétrobulbaire sont des manifestations de désordre d\u2019ordre général.Pour ce, tout médecin devrait en faire le diagnostic autant que l\u2019olphtalmologiste.Il existe des cas où l\u2019on ne peut trouver de cause.Pour l\u2019auteur les dents et les sinus ne sont pas toujours de première importance.François BADEAUX.O.B.NUGENT.\u2014 Complications de l\u2019opération de la cataracte.American Journal of Ophthalmology, page 135, février 1934.L\u2019auteur conseille au débutant de bien connaître la technique à la pince de Knapp ou à celle de Elschnig ou à la succion de fisher pour l\u2019extraction intracapsulaire du cristallin, avant d\u2019aborder la technique à l\u2019irisiphaque de Barraquer.La complication la plus à craindre est l\u2019hémorragie expulsive, due le plus souvent, à l\u2019hypertension oculaire sans hypertension artérielle.François BADEAUX. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 395 LABORATOIRE C.LIAN, R.HUGUENIN et M.BRAWERMANN.\u2014 Valeur de l\u2019exploration lipiodolée dans le diagnostic différentiel entre anévrisme de l\u2019aorte et cancer du poumon.Bull.Ass.Fse.pour l'Etude du Cancer, t.22, décembre 1933.Il est souvent difficile de faire le diagnostic différentiel entre cancer du poumon et anévrisme de l'aorte.L\u2019exploration lipiodolée peut résoudre avec une certitude très rapprochée, le problème.L'introduction de la sonde dans la trachée et l'injection de lipiodol n\u2019est en rien funeste au sujet porteur d\u2019un anévrisme aortique.L\u2019exploration par l'huile iodée n\u2019a de la valeur que si elle est pratiquée correctement.L.-C.SIMARD.D.Don HAED.\u2014 Méthode pour éviter des complications d\u2019infection pendant le traitement radiologique du cancer de l\u2019utérus.Bull.Ass.Fse.pour l\u2019Etude du Cancer, t.22, décembre 1933.L\u2019irradiation préalable de la tumeur avec 10 mgr.de radium pendant 30 à 80 heures, suivie de curiéthérapie usuelle permet d\u2019éviter les risques d\u2019infection du traitement.Cette ligne de conduite est suivie dans tous les cas où l\u2019ulcération tumorale renferme des streptocoques et où la bactéricidie du sang, décelée par la méthode de Ruge-Philipp, est négative.L\u2019A.a obtenu des résultats remarquables.L.-C.SIMARD.C., REGAUD, G.GRICOUROFF et E.VILLELA.\u2014 Sur l\u2019histogénèse et la classification des épithéliomas cervico-utérins.Bull.Ass.Fse.pour l'Etude du Cancer, t.22, déc.1933.\u201cLes néo-épithéliums et les épithéliomas cervico-utérius sont: épidermiques purs, \u2014 mucipares purs, \u2014 épidermo-mucipares ou mixtes, \u2014 indifférenciées.La très grande majorité des épithéliomas du col sont des épithéliomas mixtes; ils dérivent de l\u2019épithélium canalaire, vraisemblablement toujours par l\u2019intermédiaire d'un néo-épithélium métaplasique de structure analogue.\u201d L.-C.SIMARD. SOCIÉTÉS LA SOCIETE DE CHIRURGIE DE MONTREAL Séance du 17 janvier 1934 Présidence de M.Eug.DUFRESNE, président RAPPORT ANNUEL DU SECRETAIRE Monsieur le Frésident.Messieurs, Durant l\u2019année qui vient de s\u2019écouler la Société de Chirurgie a tenu huit séances.La moyenne d'assistance est à peu près la même que celle de l\u2019an passé, environ quatorze.En janvier, au dîner du Président, nous avions le plaisir d\u2019avoir monsieur Pierre Masson comme conférencier qui nous parlait des indications de la biopsie, après quelques observations du cancer du sein rapportées par M.Eugène Dufresne.Plusieurs membres prirent part à la discussion.En février: M.Prud\u2019homme: Résultats éloignés des choléeystectomies.M.Dufresne: Hypertrophie unilatérale de la mamelle.M.Gagnon: Kyste volumineux de la cavité abdominale.À cette séance assistait M.Moulonguet de Paris qui prit part à la discussion et fut nommé membre étranger.En mars: M.Dufresne rapporte certains détails opératoires du cas présenté à la dernière séance ainsi que le rapport histo-patho- logique.M.François de Martigny présente l\u2019histoire d\u2019un cas de choléeystite caleuleuse compliquée d\u2019annexite bilatérale et d\u2019appendicite chronique.M.Blagdon: Un cas de rupture du foie.M.Mercier Fauteux: Cardiospasme ct œsophagoplastie extra- muqueuse.En avril: M.Léon Gérin-Lajoie présente un cas d\u2019avortement provoqué avec intoxication médicamenteuse.M.Ferron: Un cas de pyélonéphrite calculeuse chez un enfant.M.Eugène Saint-Jacques rapporte les résultats qu\u2019il a eus avec les injections de carbone intra-veineux dans les infections.En mai: M.Bellerose: Méthode personnelle d\u2019arthrodèse de la colonne vertébrale.À cette séance nous avions des travaux de deux nouveaux membres.M.Paul Bourgeois présentait un cas d\u2019anomalie rénale et M.Bohémier un cas d\u2019occlusion intestinale consécutive à une reposition utérine pour rétro-version, procédé de Baldy* Webster.annee Wan \u2014 . L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 397 En juin: M.Eugène Dufresne: Présentation de malade; rétraction cicatricielle.M.Blagdon: Epithélioma de la parotide.M.Bourgeois: Calcul du rein.En novembre: M.Bohémier: L'uxation de la hanche avec fracture du sourcil cotyloïdien.M.Gagnon: Corps étranger de la vessie.En décembre: La question de la ligamentopexie, à l\u2019ordre du jour, vient en discussion.MM.Léon Gérin-Lajoie, de Martigny, Dufresne, Crépeault, Mercier et Ethier prennent part à la discussion.M.Rhéaume rapporte un travail de M.Pierre Smith sur l\u2019occlusion intestinale post-opératoire de l\u2019appendicite, observations cliniques et réflexions.A la fin de la séance M.Mercier Fauteux présente une pièce d\u2019utérus bicorne double.RAPPORT ANNUEL DU TRESORIER M.Trottier donne rapidement un compte rendue des finances de la Société.DISCOURS DU PRESIDENT SORTANT DE CHARGE Mes chers collègues, Avant de céder le fauteuil présidentiel à mon successeur M.le docteur Dufresne, qu\u2019il me soit permis, en votre nom et au mien, de lui offrir nos sincères félicitations pour le double honneur que lui confèrent et notre Société de Chirurgie et la Société Médicale de Montréal, en l\u2019appelant toutes deux à présider à leurs délibérations.Hier soir, il prenait possession du siège présidentiel de la Société Médicale de Montréal, et ce soir, de celui de notre Société de Chirurgie.Le fait est assez rare et mérite d\u2019être mentionné.Nous lui souhaitons tout le succès désiré en l\u2019assurant de notre bienveillant concours pour lui faciliter l\u2019exercice de ses fonctions pour l\u2019année 1934.Mon tout cordial merci s\u2019adresse à vous, Messieurs, pour le bon appui que vous m\u2019avez apporté au cours de l\u2019exercice de mes fonctions durant l\u2019année qui vient de se terminer.Des neuf séances que les règlements nous demandent de tenir durant les douze mois de l\u2019année, neuf ont eu lieu et des travaux intéressants y ont été lus.La présence de patients amenés par quelques membres ainsi que l\u2019apport de pièces anatomiques de radiographies et d\u2019appareils, ont rendu quelques séances plus attrayantes.Un merci tout spécial aux membres qui ont contribué à ces séances.Lors de notre première réunion de janvier 1933, nous avons eu le plaisir de voir assis à cette table un de nos membres honoraires, notre Doyen le professeur Harwood, et le professeur Fierre Masson qui nous a donné une intéressante causerie sur la manière de faire des prélèvements pour biopsie qui entraîna d\u2019instructives discussions de la part de plusieurs membres présents.En février, nous avons été honorés par la présence du Professeur Moulon- guet de la Faculté de Médecine de Paris, qui a bien voulu accepter d\u2019être nommé membre étranger.Au cours de l\u2019année quelques projets vous ont 398 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA été soumis.Celui de la fondation d\u2019un journal, organe de notre Société, la nomination de quelques membres étrangers parmi les chirurgiens de France, de tenir à l\u2019avenir quelques-unes de nos réunions dans différents hôpitaux de Montréal.Enfin, l\u2019admission comme membres actifs de notre Société des différents chirurgiens des hôpitaux des environs de Montréal.Mais aucun de ces projets n\u2019a vu sa réalisation, ayant été jugés prématurés par la plupart des membres présents.Si des événements heureux ont cu lieu au cours de 1933, par contre, d'autres événements nous ont apporté des notes de tristesse.En cffet, nous avons eu à déplorer la perte de l\u2019un de nos membres fondateurs, le regretté Docteur James William Derome, chirurgien de lTIôtel-Dieu de Montréal, et aussi celle prématurée de l\u2019un de nos jeunes membres, le docteur Ber- dino Dumas, attaché au même hôpital, dont la carrière déjà brillante a été brusquement interrompue.Et quelques-uns de nos membres ont été affectés par la perte de l'un des leurs: les Docteurs Bourgeois, le Docteur Dufresne cet le Docteur Trot- tier.Au nom des membres de la Société, notre Secrétaire a adressé aux familles éprouvées, des messages de sympathie et des tributs floraux.DISCOURS DU PRESIDENT Mes chers Collègues.Le Consul de France disait à la fin d'un diner qu\u2019on lui offrait récemment à Ste-Jeanne d\u2019Are, qu\u2019il était regrettable de troubler l\u2019euphorie de l\u2019après-dîiner et d\u2019interrompre les conversations au moment où elles évoluent vers les confidences.J\u2019éprouve ce soir le même regret, mais j\u2019éprouve en même temps un désir qui antagonise ce regret: c\u2019est celui de vous dire combien j'apprécie l'honneur que vous m\u2019avez fait en m\u2019appelant à présider vos délibérations.Pourrai-je m\u2019acquitter de ma tâche aussi bien que l\u2019ont fait mes prédécesseurs?Je n\u2019en sais rien, mais ce dont je puis vous assurer, c\u2019est de mon entier dévouement et de ma parfaite bonne volonté.Je vous dois aussi de la gratitude pour le Conseil que vous avez élu et qui, jen suis convaincu, m\u2019aidera loyalement dans le bon fonctionnement de notre Société pendant l\u2019année qui commence.Notre vice-président, M.Ferron est un esprit original et qui sait fort bien dire ce qu\u2019il pense; son opinion et ses conseils me seront fort utiles.M.Mercier Fauteux a accepté avec bonne grâce la charge et les responsabilités de secrétaire; son activité et sa bonne volonté trouveront maintes occasions de se manifester.M.Rivard a cru qu\u2019il avait fait sa part de travail comme secrétaire et a bien voulu continuer à nous être utile comme trésorier: son expérience de secrétaire le servira dans sa nouvelle charge.M.Trottier a demandé à être remplacé.Ses occupations ne lui permettent plus de consacrer le temps qu\u2019il voudrait à l\u2019accomplissement de la charge qu\u2019il occupait.Je suis certain d\u2019être votre interprète en le remerciant du travail qu\u2019il a fait pour la Société pendant cinq ans.Je ne dirai qu\u2019un mot du Secrétaire-Général: j'espère qu\u2019il prodiguera au Président de 1934 le travail et le dévouement qu\u2019il n\u2019a pas ménagés aux Présidents précédents.La réélection de notre Bibliothécaire-archi- viste lui prouve combien nous apprécions le zèle qu\u2019il déploie dans l\u2019accomplissement de son travail fatigant ct minutieux. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 399 Messieurs, notre Société a maintenant cinq ans d\u2019existence; je crois pouvoir dire que la période critique est passée.Pour les sociétés scientifiques ou autres, comme pour la population de notre Province, la mortalité infantile est énorme.Quand un enfant ou une société a atteint l\u2019âge de cinq ans, on peut espérer un long avenir.Je n\u2019irai pas jusqu\u2019à dire cependant que nous sommes forts et vigoureux; notre croissance n\u2019est pas complète, nos cadres ne sont pas remplis.Ce n\u2019est pas étonnant.La Société Nationale de Chirurgie de Paris que nous avons prise comme modèle a été fondée en 1843 par \u201c17 docteurs jeunes et ardents conduits par Auguste Bérard et les Marjolins\u201d, et je serais curieux de savoir si l\u2019assistance aux séances au cours des premières années était plus nombreuse qu\u2019à nos séances.Les membres étrangers correspondants ou autres devaient être tout aussi dans le néant que les nôtres le sont.La Société française a vécu, a prospéré, est devenue une autorité dans le monde de la chirurgie; il ne tient qu\u2019a nous que la nôtre vive, prospère et devienne une autorité dans le monde de la chirurgie de notre pays.Notre Société sera ce que nous la ferons.Sa création répondait à un besoin.Nous sommes réunis par petits groupes dans nos hôpitaux travaillant, trimant dans notre cadre plutôt restreint, ignorant presque complètement ce qui se fait et comment cela se fait ailleurs que chez nous, étant satisfaits de notre travail et croyant qu\u2019il n\u2019y a guère moyen de fair mieux ni autrement.Cette manière de vivre est la meilleure facon d\u2019empêcher la moyenne du niveau chirurgical de monter et de s\u2019enliser dans l\u2019assoupissante routine.Les séances de notre Société luttent contre les effets néfastes de cet isolement.Nous voyons ce qui se fait chez le voisin, nous voyons ses résultats, nous profitons de l\u2019expérience des autres pour augmenter la nôtre et, on s\u2019instruit quel que soit l\u2019âge que l\u2019on ait.C\u2019est de cette facon seulement que montera le niveaus de nos connaissances et que s\u2019amélioreront nos résultats.Quand on n\u2019avance pas, on recule.Les communications de notre Société ont jusqu\u2019à présent été faites ici, au Cercle, elles étaient bien théoriques.On peut prétendre, qu\u2019à notre âge, on en a eu assez de la théorie et que ce qu\u2019il faut, c\u2019est du pratique.Votre Comité de Régie a cru devoir a remédier à cet état de choses et nous avons pensé de faire nos réunions dans * les hôpitaux à l\u2019avenir.Les séances hospitalières de la Société Médicale ont eu un succès inattendu.Nous discuterons la chose tout à l\u2019heure.Espérons qu\u2019il en sera de même des nôtres.Cela nous permettra de voir des malades qu\u2019on ne peut déplacer, d\u2019examiner des appareils, des instruments, et même de voir des interventions.Il est probable aussi que cette facon de procéder nous permettra de remplir nos cadres: les assistants, chefs de service de demain, ne tarderont pas à se rendre compte du bénéfice qu\u2019ils retireront de leur assistance: aux séances de notre Société.Nous avons, mes chers Collègues, une constitution et des règlements, et vous avouerez que jusqu\u2019à présent nous les avons suivis un peu et qu\u2019on y a manqué beaucoup.La chose s\u2019explique.Notre Société était jeune et il ne fallait pas gêner sa première enfance par une discipline, même peu sévère.Maintenant que nous avons cinq ans, on peut serrer d\u2019un peu plus près l\u2019application des lois que nous nous sommes données et qui doivent nous régir. 400 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Rassurez-vous, je n\u2019ai pas l\u2019intention de repasser chaque article et encore moins de casser quelques carreaux; je sais trop que je ne suis que votre mandataire et je ne ferai rien sans votre acquiescement.Je veux simplement vous soumettre quelques idées que vous appuicrez si vous le Jugez à propos.Les communications présentées à la Société de Chirurgie de Montréal doivent être inédites.Nos communications ne l\u2019ont pas toujours été.Il y en eut même qui ont été publiées avant d\u2019être présentées.Je crois que nous devrions avoir assez de respect pour notre Société pour ne lui apporter que des communications vierges et éloigner particulièrement celles qui ont été déflorées par une publication antérieure.L'article ler dit, entre autres choses, que le Président dirige les discussions.Je suis d\u2019avis que chacun des membres a droit à son opinion et qu\u2019il a le droit de l\u2019exposer quand le Président lui a donné la parole, et je ne permettrai pas qu\u2019il soit interrompu avant d\u2019avoir terminé son exposition.Vous me direz peut-être que cela n\u2019a pas d\u2019importance, que nous ne sommes qu'une poignée d\u2019amis.C'est vrai que nous ne sommes que des amis, du moins je l'espère; mais je trouve que c\u2019est une raison de plus pour ne pas se faire d\u2019impolitesse.Si je parle de ce sujet, c\u2019est que j\u2019ai été moi-même interrompu et que j'ai trouvé le procédé très désagréable.I\u2019article 13 veut que le registre soit signé avant cinq heures sous peine d'une amende d\u2019un dollar.Je crois qu\u2019on doit continuer à ne pas mettre ce règlement en force.Notre mentalité s\u2019accommode mal d\u2019une telle imposition.Elle sera applicable quand nos cadres seront remplis et que nous aurons une \u201cwaiting list\u201d.Si tous les absents avaient payé leur amende, nos fonds seraient bien près d\u2019atteindre la limite permise par notre charte.L\u2019article 40 règle la question de la contribution.Il est probablement l\u2019article qui a été le moins suivi.Je compte sur le Trésorier pour y mettre un peu d\u2019ordre.La contribution d\u2019entrée est peut-être trop élevée.Par les temps actuels, \u201c10.00 est peut-être trop.Nous avons déjà réduit la contribution annuelle de moitié, réduisons-la encore, si vous le désirez; mais pour être justes, il faut que chacun paie sa contribution.Depuis quelques années, la Société Médicale fait vérifier ses livres par un\u2019 vérificateur licencié.Pourquoi n\u2019en ferions-nous pas autant.Cela coûterait une bagatelle, et je vous assure que si j'étais trésorier, je l\u2019exigerais ou je démissionnérais.Il y a bien d\u2019autres points que l\u2019on pourrait discuter, mais contentons-nous pour le présent d\u2019appliquer les règlements que je viens de mentionner et ce sera déjà une amélioration sensible.Il ne me reste plus qu\u2019à rappeler le souvenir de deux de nos collègues que la mort a fauchés pendant l\u2019année qui vient de finir.Cela fait trois décès en cinq ans c\u2019est une forte mortalité pour un petit groupe d\u2019hommes dont quelques-uns dépassent à peine la soixantaine.Comme mon Maître Mercier, William James Derome a été frappé par la terrible angine, alors qu\u2019il n\u2019était encore que dans la cinquantaine, en pleine activité et semblait pouvoir travailler encore longtemps.Depuis une quinzaine d\u2019années, nous étions amis, et je dois vous dire qu\u2019il était de ceux qui gagnent à être connus dans l\u2019intimité.Je n\u2019ai pas eu d\u2019ami plus dévoué et plus loyal.Berdino Dumas, lui, a été victime de la peur des électeurs des députés de la campagne.Jeune encore.en chirurgie, on est jeune longtemps, Ry - \u20140 = = AAA a L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 401 puis on vieillit trop vite.non seulement il promettait beaucoup, mais il avait déjà commencé à tenir magnifiquement ses promesses.Leur mort est une perte pour notre Société, pour la Profession et pour la Race.Déposons sur leur tombe le souvenir ému de notre amitié confraternelle.Avant de terminer, je salue la présence du Doyen.Il n\u2019est pas un invité étranger il est des nôtres, il est membre honoraire, et nous serions heureux si sa présence à quelques-unes de nos réunions nous le rappelait au cours de l\u2019année.Ce sont les conseils de son expérience qui sont utiles et qui peuvent, dans bien des cas nous indiquer une sage conduite à tenir et quelquefois nous empêcher de faire un faux pas.Discussion sur l\u2019opportunité de faire nos Séances Scientifiques dans les hôpitaux M.Louis de Lotbinière Harwood: Je m\u2019excuse de ne pas assister aux rcunions de la Société de Chirurgie; mes occupations nombreuses prennent la majeure partie de mon temps; je suis tout de même très honoré d\u2019être des vôtres ce soir.Si vous aviez vos séances dans les hôpitaux, vous auriez l\u2019avantage de faire voir les malades et de provoquer des discussions intéressantes.En tant que Président Médical de l\u2019Hôpital Notre-Dame, je vous y invite et vous souhaite la bienvenue.M.Léon Gérin-Lajoie: Je me demande si le fait de tenir toutes nos séances dans les hôpitaux ne deviendrait pas trop onéreux pour le service hospitalier et ne nuierait pas aux séances de la Société Médicale.Peut-être qu'une ou deux séances dans les hôpitaux pourraient être utiles.M.B.-G.Bourgeois: Je ne suis pas de l\u2019avis de faire nos séances dans les hôpitaux parce qu\u2019à, lhôpital il y a déjà suffisamment de travail et qu\u2019il est plutôt agréable de venir se reposer en venant discuter tranquillement ici avec les Membres des questions qui sont l\u2019objet des présentations.M.Eugène Saint-Jacques: Je crois qu\u2019un certain nombre de séances ans les hôpitaux pourraient être utiles.M.A.Laroche: Nous pourrions avoir des séances dans les hôpitaux, et des séances au Cercle.M.P.-Z.Rhéaume: Je suis en faveur des séances dans nos hôpitaux.M.Rivard: Je suis opposé aux séances dans les hôpitaux parce qu\u2019il en résultera une limitation des séances de notre Société.M.Magnan: Je suis en faveur des séances dans les hôpitaux.M.Bohémier: Je ne partage pas l\u2019opinion de mes collègues qui favorisent le projet de faire nos réunions dans les hôpitaux.M.Réal Doré: Je crois qu\u2019il serait avantageux de nous réunir à l\u2019hôpital.M.Ferron: Je suis en faveur de quelques séances dans les hôpitaux.M.François de Martigny: secondé par M.P.-Z.Rhéaume, propose d'alterner les séances dans les hôpitaux et au Cercle.Cette proposition est adoptée.La prochaine séance de la Société aura lieu le 7 février au Cercle Universitaire.Le secrétaire Mercier FAUTEUX. 402 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Séance du 7 février 1934 Présidence de M.Eugène DUFRESNE La lecture du procès-verbal de la précédente séance est mise aux voix et adoptée.CORRESPONDANCE : Une lettre de monsieur Pierre SMITH demandant son admission comme membre de la Société de Chirurgie de Montréal.COMMUNICATIONS: Reconstitution de l\u2019urètre pénien par autoplastie M.Albert LAROCHE En octobre 1932 j'ai pratiqué la taille, chez un homme de 22 ans, pour des calculs infectés.Malgré des soins rigoureux de désinfection pré et postopératoires, ce malade, au cours de la période de fermeture de la vessie, a développé, à un niveau de coudure de la sonce, une folliculite suppurée.L'abcès s\u2019est ouvert spontanément laissant une fistule.Cette perte de tissu urétro-cutané s\u2019étendait sur une longueur de deux centimètres et demi et une largeur d\u2019un centimètre à la partie inférieure de l\u2019urètre pénien.Honoré C., 65 ans, est venu consulter en novembre 1932 parce que depuis 4 ans, époque à laquelle il avait été prostatectomisé, toutes ses urines passaient par un \u201ctrou\u201d sous la verge.Patiemment, il avait attendu parce qu\u2019on lui avait dit que \u201ccela se fermerait tout seul\u201d.Les réponses nettes du malade nous prouvent que la fistule s\u2019était produite au cours de la période de fermeture de la vessie.Chez ces deux malades, il s\u2019agissait, évidemment, de fistules d\u2019origine inflammatoire.Dans le premier cas, la fistule était large, avec perte de substance du canal.Dans le second, l\u2019ouverture était large et non pas un simple pertuis.Chez les deux, toutes les urines passaient par la fistule.Pour les simples pertuis, ceux qui sont même très difficiles à voir, on peut essayer soit les dilatations soit la cautérisation au galvanocautère, suivi de sondage trois fois par jour, et encore les chances d\u2019obtenir la guérison sont très réduites.Quant aux fistules larges, plusieurs procédés autoplastie ont été tentés pour les réparer.Les sutures par enfouissement, les sutures en bourse ou circulaires, ont été pratiquées.L\u2019autoplastie à lambeaux a été imaginée.Mais tous ceux qui ont l\u2019habitude de traiter ces fistules ont connu les déboires de ces procédés.Dans les deux cas que je vous rapporte, la fistule a été fermée définitivement par suture avec les tubes de Galli.En voici la technique: une incision circulaire circonserit le pourtour de la fistule, une d\u2019environ un centimètre de long vient tomber sur la partie antérieure de l\u2019incision et une incision longitudinale sur la partie inférieure.Ensuite la peau est disséqyuée d\u2019un centimètre de façon à obtenir deux lambeaux souples.Avec une aiguille de Reverdin à intestin, des fils métalliqus fins (argent) sont passés à la base d\u2019un lambeau d\u2019un côté, cheminent sous la surface avivée et sortent à environ un centimètre de la limite de la fistule et finalement passent de l\u2019autre côté de façon symétrique.La distance entre chaque fil doit être égale à la distance qui sépare les trous des tiges de plomb.Une extrémité de chaque fil est passée dans un trou de la tige et enroulée plusieurs fois autour de cette tige.L\u2019autre L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 403 extrémité du fil passée dans le trou de la tige de l\u2019autre côté est maintenue en place en écrasant sur ce fil un tube de Galli.On répète ainsi sur chaque fil.Alors les tiges de plomb ont pour effet de rapprocher de façon ferme les lambeaux.Enfin quelques sutures sur la peau.Comme dernier temps opératoire il est préférable, sinon indispensable, de pratiquer une cystostomie de dérivation.Les fils d\u2019argent seront retirés au huitième jour.Pour cela il faut les sectionner d\u2019un côté entre la tige de plomb et les tubes de Galli et ils seront enlevés tous ensemble en tirant sur l\u2019autre tige autour de laquelle ils sont enroulés.Et par ce mode de reconstitution de l\u2019urètre pénien le porteur d\u2019une fistule se voit libéré d\u2019une misère aussi disgracieuse que malpropre.M.B.-G.Bourgeois: J\u2019ai eu l\u2019occasion d\u2019employer cette technique dans quelques cas.Actuellement je traite un cas présentant cette complication à la suite d\u2019une urétrite gonococcique.La perméabilité de l\u2019urètre fut d\u2019abord rétablie; la fistule sera traitée plus tard vu qu\u2019en ce moment le malade souffre d\u2019une orchite.Dans un cas d\u2019hypospadias, j'ai aussi utilisé cette méthode.La période des différents temps opératoires fut longue.En effet, après le premier temps, une phlébite de la jambe droite nécessita un repos de 1 à 13 mois.La reconstitution de l\u2019urètre fut pratiquée dans un second temps.La taille ne fut faite qu\u2019au moment de faire disparaître la fistule périnéale.Au bout de quatre à cinq mois, l\u2019urètre se dilatait très bien et actuellement ce malade est guéri.M.À.Ferron: Je me rappelle un cas de fistule survenue à la suite d\u2019une fracture du bassin et rupture du périnée.Une tentative de réparation avait été faite dans un autre hôpital avant que je le voie.Sous anesthésie à la cocaïne, après avoir mis en place une sonde à demeure, je dissèque les différents plans et reconstitue l\u2019urètre.La guérison s\u2019est ainsi obtenue et s\u2019est maintenue.M.E.Dubé: Dans l\u2019hypospadias serotal le procédé de Duplay ne donne pas généralement de guérison définitive.Fistule tubo-abdominale M.L.-A.MAGNAN T1 s\u2019agit d\u2019une malade de 29 ans, opérée il y a 2 ans pour ovariectomie(?).Elle se présente à l\u2019hôpital pour tuméfaction à la région hypogastrique.L'histoire héréditaire nous enseigne que sa mère est morte de tuber- - culose.Dans les antécédents personnels la malade semble avoir été traitée pour tuberculose à l\u2019Institut Bruchési.L\u2019examen montre qu\u2019il existe, à la région hypogastrique, à deux centimètres sous l\u2019ombilie, une légère tuméfaction qui saigne abondamment au moment des menstruations.Cet écoulement sanguin est plus marqué par l\u2019abdomen que par le vagin.Douleurs abdominales lancinantes à l\u2019époque des menstruations.Utérus en antéflexion.Les deux culs-de-sac latéraux sont douloureux.Il s\u2019agit vraisemblablement d\u2019une fistule faisant communiquer la cavité utérine avec la paroi abdominale.Les examens radiologiques répétés, après injection de lipiodol, soit en stéréo, soit après insufflation intra-abdominale de bioxyde de carbone, montrent bien une déviation de la trompe gauche vers la paroi abdominale; cependant il est impossible de bien mettre en relief les organes génitaux et surtout la fistule abdominale, comme vous pouvez en rendre compte en exa- 404 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA minant les quelques radiographies que je vous soumets.Je me demande \u2018comment on peut expliquer l\u2019abondance plus marquée de l\u2019écoulement sanguin à la région abdominale qu\u2019au niveau du cours normal de la menstruation.M.B.-G.Bourgeois: Comme l\u2019utérus se trouve en antéflexion très marquée, il se peut que l\u2019orifice étant forcé, le sang trouve un accès plus facile vers la paroi abdominale.M.Mercier Fauteux: J'ai eu l'occasion d\u2019examiner récemment une malade âgée de 29 ans qui présentait les mêmes symptômes que celle dont M.Magnan vient de nous relater l\u2019histoire.Elle avait été opéré vers l\u2019Âge de 14 ans, à la campagne.pour une énorme tumeur abdominale, vraisemblablement un kyste de l\u2019ovaire.La poche du kyste ne fut pas enlevée, mais amenée au niveau de la peau, dans la brèche opératoire.Les suites de cette intervention furent longues et pénibles; un écoulement séreux persista longtemps empêchant la cicatrisation de la plaie.Toujours est-il que la malade guérit, revit ses menstruations normalement, à la suite de cette opération, pendant un mois ou deux; puis, à l\u2019époque suivante, elle remarqua lu sang apparaissant au niveau de la cicatrice opératoire en même temps que s\u2019¢tablissait l\u2019écoulement du sang menstruel par voie vaginale.Graduellement, à chaque époque menstruelle, le flot sanguin vaginal diminua tandis que l\u2019écoulement par voie abdominale augmentait.Au moment où je la voyais, au moment des menstruations, il n\u2019y avait plus d\u2019écoulement vaginal; le sang menstruel s\u2019écoulait entièrement par voie abdominale.Cette jeune femme, mariée, n\u2019a jamais eu d\u2019enfants.Au toucher vaginal, le col était très petit et l'utérus était aussi très peu développé.J\u2019ai proposé une intervention afin de guérir cette fistule, mais je n\u2019ai pas revu cette malade depuis.M.L.-A.Magnan: Au sujet du fait que l\u2019écoulement sanguin se fait plutôt vers la paroi abdominale, il ne faut pas oublier qu\u2019au niveau des cornes utérines il y a un sphincter; ce sphincter, lorsqu\u2019il y a pression de l\u2019utérus vers la trompe, a une tendance à se contracter.Présentation de radiographies M.L.-A.MAGNAN Voici une radiographie montrant un utérus unicorne avec un petit hydrosalpinx au pavillon chez une femme de 43 ans, mariée depuis 20 ans, avec stérilisation primitive.Après injection de lipiodol sous pression, il semble que l\u2019obturation au pavillon s\u2019est ouverte et que le lipiodol a pénétré dans la cavité abdominale.Cette hypothèse a été confirmée par le fait que la malade est devenue enceinte le mois suivant et a accouché, en septembre dernier, d\u2019un bébé tout à fait normal.Cette contribution à l'étude de la stérilité primitive ou secondaire d\u2019origine tubaire engendre encore de nouvelles possibilités qu\u2019il importe de toujours étudier.M.François De Martigny: J'ai l'honneur de proposer, secondé par M.B.-G.Bourgeois.que la question de la gastro-suspension soit inscrite au programme de la prochaine séance et que MM.Nové Josserand, Mousseau, Saint-Jean, des Rosiers et Eugène St-Jacques soient invités à la discussion afin d\u2019avoir l\u2019avis des médecins sur cette question à l\u2019ordre du jour.Cette motion est adoptée à l\u2019unanimité.La prochaine séance de la Société aura lieu le 7 mars au cercle universitaire.Le secrétaire Mercier FAUTEUX. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 405 SOCIETE DE GASTRO-ENTEROLOGIE ET D\u2019ALIMENTATION SEANCE DU 28 FEVRIER 1934 Présidence du professeur J.-E.DUBE 1° Adoption du procès-verbal de la séance du 31 janvier 1934.COMMUNICATIONS 1) Radiumthérapie des cancers du rectum \u2014 Dr E.-P.GRENIER.Le docteur Grenier pose la question suivante à propos de deux malades qu\u2019il nous fera voir ensuite: Doit-on, en présence d\u2019un cancer du rectum, donner la préférence immédiate à un anus contre nature ou à la radium- thérapie?Si avec cette dernière méthode, dit-il, la survie s\u2019en trouve plus longue, je vous laisse choisir.M.Grenier met le praticien en garde contre les signes en apparence anodins du prurit anal, du petit saignement soi-disant hémorroïdaire et, avant de passer aux indications de chacune des thérapeutiques, il présente une brève division des cancers du rectum; histologiquement, on peut avoir à considérer: 1° les épithéliomas; soit cylindriques, typiques ou adénocarcinomes et atypiques, carcinomes solides; soit pavimenteuæ, à spino-cellulaires avec globes cornés ou baso-cellulaires, sans globes cornés; 2° les sarcomes; à cellules rondes ou à cellules fusiformes, aux fibro-sarcomes, lympho-sarcomes, aux myosarcomes, ete.Les cancers du rectum d\u2019ofigine polypoide sont très fréquents.Certaine statistique en trouve 22 sur 57, cancéreux.Quelles que soient les raisons invoquées, il semble que 15% à peu près soient opérables.Abel, chirurgien, obtient une guérison de 60%.C\u2019est au chirurgien de décider de la méthode à suivre.Sachant que l'opération amène 90 fois plus souvent de mortalité que de guérison, que la radiumthérapie ne fait que retarder la mort, dans les cas inopérables, on s\u2019est demandé s\u2019il ne fallait pas préférer la colostomie.Pourquoi ne pas éviter cette infirmité en instituant la radiumthérapie d\u2019emblée?L'auteur admet que le traitement du cancer rectal est difficile par suite de sa localisation.Il faut obtenir une homogénéité de rayonnement.Les résultats dépendent des conditions techniques suivantes: la qualité de ce rayonnement, sa quantité, son intensité et son homogénéité.Voici la méthode que suit M.G.dans un cas de cancer inopérable du rectum: 1° Examen minutieux des parties malades, surtout par la méthode digitale, puis rectoscopie et radiographie.Biopsie si le cancer n\u2019est pas trop congestif, ulcéré ou infecté; 2° Si le patient y consent, anus contre nature; 3° Pendant deux ou trois jours légers purgatifs et deux grands lavements au sérum tiède; 4° La veille de l\u2019intervention: souper léger; une ampoule de Pan- topon en injection: 5° Le matin même: jeûne, dernier lavement ; introduction de deux suppositoires d'opium et de belladone; 6° Anesthésie générale, puis dilatation digitale de l\u2019anus.Si la tumeur est très grosse, emplissant les deux- 406 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA tiers de l\u2019ampoule rectale, le Dr G.pratique la radiumpuncture; si le cancer n\u2019est pas trop étendu, il applique son applicateur en cuillère; \u201cCet appareil restera en place le temps voulu, selon sa charge, pour obtenir la quantité de rayonnement désirée.Le temps expiré, le radium est facilement enlevé.\u2019 Les jours suivants: légers laxatifs et petits lavements au sérum, avec huile minérale par la bouche.Trois semaines après cette opération, radiothérapie pénétrante visant à atteindre les ganglions.Sur 14 cas traités de cette façon depuis 1929, le Dr G.a fait la statistique suivante : Mort du choc opératoire .1.112222.0 Survie de 5ans .0 Survie de 4 ans .Survie de 3 ans .Survie de 2 ans .Survie de 1 an à un an et demi .Sk WE Sur les 14, 8 sont morts, dont deux d'hémorragie cérébrale.Puis, le Dr G.fait voir 2 cas: dans le premier, il s\u2019agit d\u2019une dame de 50 ans, s\u2019étant présentée pour douleurs rectales, hémorragies et ténesme, en novembre 1932.Le Dr Rhéaume porte le diagnostic de cancer du rectum.Diagnostic histologique: carcinôme.Traitement: application de l\u2019appareil en cuillère contenant comme charge 53.32 milligrammes de radium répartis en 5 tubes.Temps: 72 heures.Dose reçue: 28 millicuries détruits.Elle a engraissé, depuis, de 12 livres, et tous ses troubles sont disparus.2ème cas: malade âgée de 63 ans.Se présente pour douleurs rectales, ténesme, hémorragies et constipation.Diagnostic: cancer rectal (Dr Trottier et Pr.Hingston) avec radiographie positive (Dr Léo Pariseau).Le toucher révèle une masse irrégulière à 4 cc.de l\u2019anus s\u2019étendant sur une largeur de 5 centimetres.Masse mobilisable.Traitement commencé en décembre 1931., Charge: 53.52 milligrammes.Temps: 94 heures.Dose reçue: 37 med.Traitement bien supporté.I\u2019examen postérieur montre que la masse est amincie et devenue plus lisse.La malade est en bonne santé clinique.On peut donc, en conclusion, obtenir des succès avec la radiumthérapie sans instituer la colostomie d\u2019emblée.Discussion : Le Dr Mercier FAUTEUX félicite de leur patience les radiumthérapeutes, alors que les chirurgiens auraient la réputation d\u2019envoyer les malades souffrant de cancers du rectum \u201cad patres\u201d.Il félicite aussi le Dr Grenier de présenter la radiumthérapie comme une méthode de curabilité relative.\u201cMais a-t-il insisté, dit-il, sur la technique à suivre dans ces cas ?\u201d La première question à se poser est, dit-il: Le radium peut-il guérir ces cancers?Il semble, d\u2019après diverses statistiques récentes, consultées, que le cancer du rectum ne soit pas radiumthérapiquement curable (Newman et Curran, ete.).De plus, les tubes sont dangereux s\u2019ils sont posés haut.Il préconise la technique de Proust, surtout chez les sujets jeunes.De toute façon, s\u2019appuyant sur Lacassagne (Paris), Rowntree (Congrès de Londres, 1933) et Bowring (Mayo), il préconise le traitement chirurgical d\u2019emblée. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 407 La deuxième question, dit-il, est: Y a-t-il opérabilité ou inopérabilité du malade?Il se plaint de ce que le malade arrive trop tard, de ce que le médecin pose un diagnostic trop tardif; d\u2019après lui, 40 à 50% des malades de cette catégorie peuvent être opérés; et puis, la chirurgie du cancer a mauvaise presse: l'entourage et le médecin ne recommandent pas l\u2019intervention.Le chirurgien craint d\u2019en prendre la responsabilité.Il ajoute qu\u2019il n\u2019est pas nécessaire de mettre de l\u2019avant le haut pourcentage de mortalité, même s\u2019il existe.En tout cas, ce haut pourcentage n\u2019est pas dû au fait que nous avons trop opéré nos malades, à Montréal: dans certain hôpital de cette ville, en 10 ans, on a traité 72 cas de cancer du rectum; 2 seulement ont été opérés de façon radicale.\u2018Comment alors expliquer nos insuccès opératoires autrement que par un manque de pratique?\u201d En troisième lieu, dit-il: comment évaluer que le malade est opérable ou non?D\u2019après les Mayo, la seule façon serait de pratiquer une laparotomie exploratrice, avant même d\u2019instituer la radiumthérapie.En conclusion : 1° Le médecin, au moindre doute, doit faire voir le malade au chirurgien; 2° Une laparotomie exploratrice sera pratiquée.Elle est sans danger.Si le malade est opérable, on fera une excision; s\u2019il n\u2019est pas opérable, on refermera et il sera toujours temps de commencer les traitements radiumthérapiques.Le Dr J-A MOUSSEAU: Ayant posé un diagnostie précis, le Dr Grenier nous a suggéré une thérapeutique qui semble curatrice jusqu\u2019à un certain point.Pourquoi enlèverait-on à celui-ci le droit à ce traitement?demande-t-il à M.Fauteux.M.FAUTEUX cite une statistique de Mayo, datant de 5 ans, démontrant la supériorité du traitement chirurgical.Sur 15 malades, traités par le radium, 12 sont morts et 3 sont améliorés, dont on ignore l\u2019évolution.< Le Dr Faul BRODEUR: Nous ne prétendons pas \u2014 radiumthérapeutes \u2014 guérir le malade par le radium, mais lorsque nous sommes mis en face d\u2019un malade qui le demande, lorsque nous sommes personnellement concernés, ne préférons-nous pas le radium à l'opération ?Le Dr B.nous apporte son expérience du traitement du cancer du larynx.Il admet que les radiumthérapeutes se contentent d\u2019obtenir une amélioration, mais ne comptent pas sur une guérison.Les résultats, en général, sont affaire de consultation et dépendent des cas, de l\u2019orientation qu\u2019ils veulent bien suivre.Le Dr GRENIER, en réponse, se dit d\u2019accord avec les chirurgiens, ses consultants plus fréquents que les médecins.Il n\u2019a pas parlé guérison, mais comment savoir que certains cancers bas situés, v.g., épidermoïdes, ne deviendront pas curables?Le deuxième cas qu\u2019il a présenté était opérable.La radiumthérapie est souvent mal pratiquée, dit-il.(Pauchet).Si l'irradiation s\u2019est montrée insuffisante, cela dépend souvent de ce que cette irradiation n\u2019a pas été proportionnée à la tumeur.Aussi, l\u2019auteur s\u2019est-il attaché à améliorer la technique, en préconisant l\u2019emploi d\u2019appareils s\u2019appliquant en surface ou appareils dits en cuillère.Ses recherches ne remontent qu'à cinq années.Il n\u2019a aucune prétention curative, mais se dit heureux de pouvoir prolonger quelques personnes alors que les diverses colostomies seront 408 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA toujours praticables.Il conseille d\u2019adjoindre à ces premiers traitements la radiothérapie pénétrante.M.Mercier FAUTEUX : La question est au jugé.Il déplore qu\u2019à Montréal la collaboration des intéressés ne soit pas plus active.Le Dr J.-E.DUBE remercie les médecins présents de venir à cette Société croiser les armes.2) Les troubles digestifs chez les tuberculeux \u2014 Dr J.-A.VIDAL.M.V.divise son travail en deux parties: 1° Les troubles digestifs chez les tuberculeux; 2° La tuberculose intestinale.Leur traitement.1° Les troubles digestifs les plus fréquents et qui nous montrent l\u2019importance, avant tout, de l\u2019alimentation chez les tuberculeux, sont: a) l\u2019hyperchlorhydrie; b) l\u2019atonie digestive; c) la constipation.Il insiste sur le taux de la glycémie chez les T.B., question actuellement à l\u2019étude à Cartierville (sanatorium).2° Tuberculose intestinale.Elle a recu plusieurs appellations dans l'histoire de la médecine: 1° jusqu'à 1810, elle se nomme dysentérie; 2° 1810 à 1840: diarrhée des T.B.; 3° de 1840 à 1915, nous assistons à la période anatomo-pathologique; 4° depuis cette date, nous bénéficions de la radiographie, qui nous apporte des signes de localisation.Les deux principaux symptômes sont: 1° la douleur; 2° la diarrhée.Au début: on est mis en présence des signes de l\u2019atonie digestive: pesanteur épigastrique, tiraillements, états nauséeux, puis vomissements, sensibilité abdominale à la pression du plexus solaire; zônes typmpaniques, soit de la région cœcale, soit de la région recto-sigmoïdienne.Malgré ces signes du début, la T.B.intestinale peut passer inaperçue.20 à 35% des cas sont dépistés à l\u2019autopsie (Klein).Il ne faut pas confondre celle-ci avec les troubles entéro-coliques observés chez les T.B.pulmonaires.Différenciation souvent difficile.A son avis, la T.B.intestinale s\u2019allume de 20 à 26 mois après le début apparent d\u2019une tuberculose.Il faut donc toujours y penser.Surtout si, la tuberculose se mettant au ralenti, l\u2019état de débilité persiste.Dans la majorité des cas la tuberculose intestinale existe à l\u2019état latent.On observe alors des malades se présentant pour une perte de poids, des hémorragies rectales variables.Traitement: Le repos est le traitement de base, avec la diète.La diète d\u2019Alvarez a ses préférences.C\u2019est une diète sans celluloses, ni fruits, ni boissons froides, à laquelle on joint l\u2019agar-agar.Il conseille le port d\u2019une flanelle avec coussin ouaté.Comme traitement médicamenteux: l\u2019huile de foie de morue avee jus de tomate; le stovarsol; l\u2019héliothérapie.Puis suit un exposé des diètes.Discussion: M.Georges MIGNAULT: considère que les entérocolites, chez les tuberculeux, sont des accidents très pénibles à traiter.Quand, chez un T.B.pulmonaire, la question d\u2019une intervention sur l\u2019intestin devient indiquée la \u201d l\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 409 chirurgie est salvatrice; mais, dans l\u2019entérite des tuberculeux, la radiothérapie reste souvent impuissante.Sampson conseille les rayons ultra-violets.A Saranac on utilise les salvarsans.Il étudie actuellement l'effet des sels d'or sur un grand nombre de tuberculeux.L'effet.dans 99% des cas de T.B.à forme ulcéro-caséeuse, est d\u2019entraîner une entérite tuberculeuse, mais il manque encore les vérifications de l'anatomo-pathologiste avant de porter des conclusions.M.Paul LETONDAL demande au Dr Vidal s\u2019il distingue différentes variétés de colites: acides ou alcalines, etc, avant de choisir un traitement ?Il rapporte ensuite les résultats favorables obtenus par Léon Bernard avec le stovarsol, dans les entérites tuberculeuses.M.J.-A.MOUSSEAU a traité deux cas avancés d\u2019entérite tuberculeuse secondaire à une T.B.pulmonaire et a obtenu une amélioration nette avec le stovarsol.M.Jean LeSAGE rapporte les expériences cliniques longtemps poursuivies dans plusieurs milieux médicaux, dont quelques-unes, très intéressantes, nous viennent de Lyon (Cade et Morenas), d\u2019où il ressort que les stovarsols sont des agents thérapeutiques anti-parasiticides d\u2019élection dans toutes les formes de colite ct d\u2019entérite, surtout parasitaires, mais aussi dans celles qui n\u2019ont pas encore apporté de preuves bactériologiques.Il rappelle les succès obtenus par le chlorure de calcium intraveineux.dans certaines formes d\u2019entérite tuberculeuse.M.Paul BRODEUR recommande l\u2019emploi de la rœntgenthérapie locale ou des rayons ultra-violets dans ces cas, puisqu\u2019ils comptent déjà des succès dans les formes fibro-caséeuses (péritonéales).M.J.-E.DUBE rappelle que le professeur Archibald (McGill) a cessé d'avoir une mauvaise statistique dans les cas de cette nature, en se servant de l\u2019héliothérapie combinée aux rayons ultra-violets.Il cite plusieurs cas de diarrhée observés chez des jeunes filles tuberculeuses.Les stovarsols, encore plus que le chlorure de calcium à 5 et 10%, ont amené, chez celles-ci, une modification du caractère des selles, devenues moulées, et un arrêt complet de la diarrhée.Il recommande l\u2019emploi du jus de tomates combiné à l'huile de foie de morue dans la proportion de une partie pour six.Il rapporte les études intéressantes que pratique M.L.H.Gariépy: étude de la glycémie chez les tuberculeux et dont on entendra parler bientôt.Il cite Saürbruck, qui a constaté une amélioration plus ou moins nette des tuberculeux pulmonaires et de leurs accidents lorsqu\u2019on les soumet au régime de Gerson, c\u2019est-à-dire à une diminution des glycides et une augmentation des matières grasses.Il est sûr, dit-il, qu\u2019on ne doit pas imposer autant d\u2019hydrates de carbone à ceux dont les activités sont mises en veilleuse.Le Dr J.-A VIDAL préconise la diète d\u2019Alvarez (Mayo): Le matin: jus d\u2019orange; le midi: féculents en purée et bananes cuites: le soir: chocolat malté, ete.Chez les riches, le stovarsol à 20 centigrammes, 4 fois par jour, obtient de bons résultats.Peu de résultats s\u2019obtiennent par une diète alcaline ou acide.Le chlorure de calcium intraveineux, dont on se sert de moins en moins, a Cartierville, 410 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA depuis 7 ans, obtient des effets inconstants à la dose de 50 centigrammes dans un centimètre cube d\u2019eau, en injection intraveineuse, pendant trois jours consécutifs.Arrêt et reprise.D\u2019après LAQUERRIERE, les rayons X ont une action sédative sur l\u2019élément douleur, mais pas sur l\u2019évolution de l\u2019entérite tuberculeuse.En conclusion: User d\u2019une diète non acide, contenant peu d\u2019hydrates de carbone et permettant à l\u2019intestin le meilleur repos intestinal.3) Un cas de polype du duodénum.Opération.Guérison \u2014 M.Paul MARCHILDON.M.M.fait observer que ces cas sont rares et la plupart du temps non diagnostiqués cliniquement.On les confond, en général, avec un ulcus duodénal, avec un syndrome de sténose pylorique, ou avec un cancer pré- pylorique.Il présente ensuite l\u2019observation d\u2019un homme souffrant depuis 20 ans d\u2019une douleur en barre transversale, douleur tardive, avec, trois fois par semaine, un vomissement se déclarant vers sept heures du soir.Hématémèse dans une dernière période.A l\u2019examen, on réveillait une douleur dans le quadrant droit du creux épigastrique et on croyait percevoir une masse grosse comme un oeuf dans la région pylorique.La radiographie montra une image vacuolaire située sur le bord externe du bulbe, assez floue, tranchant sur la surface unie de voisinage.Image ressemblant à celle de grosses villosités.A l\u2019intervention, on reconnut que les parois du duodénum étaient normales, mais à l\u2019ouverture, on découvrit une masse mobile et pédiculée sur le versant duodénal du pylore, postérieure, pouvant se déplacer facilement vers l\u2019estomac ou le duodénum.Ignorant la nature de cette tumeur, peut-être cancéreuse, le Dr M.pratiqua une résection large du pylore, de l\u2019estomac et d'une partie du duodénum, puis une gastro-entérostomie.Examen anatomo-pathologique (Pr.Pierre Masson): polype simple.M.M.s\u2019étonne que le malade ait résisté pendant 20 ans à la douleur et que seule une hématémèse peu abondante l\u2019ait conduit aux médecins.Cette tumeur s\u2019accompagne assez souvent de cholécystite chronique ou de périviscérite.La survie est de règle.Le Dr M.demande à ses confrères leur expérience dans ces cas.\u201cNe vaut-il pas mieux, dit-il, exciser une large tranche, quand on ignore la malignité de la tumeur?\u201d Il ne croit pas qu\u2019il y ait eu là mutilation inutile.Discussion : M.Paul BRODEUR admet que les cas sont rares, que le plus fréquemment le polype siège aux côlons, que, même alors, on distingue, à la radiographie, une anomalie difficile à définir, bref, qu\u2019on ne doit pas trop demander aux rayons X.M.Pierre SMITH considère que la résection a été plus large que nécessaire, que si l\u2019on soupçonne une dégénérescence on peut se contenter d\u2019une gastrectomie partielle. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 411 M TF'aul-M.RICARD souligne que les cancers du duodénum sont excessivement rares et donc, qu\u2019en présence d\u2019une tumeur de cette région, il faut avant tout songer à sa bénignité.M.Mercier FAUTEUX: S'il est vrai que les polypes duodénaux sont de nature bénigne dans 90% des cas, il faut quand même se rappeler qu\u2019une opération semblable à celle de M.M.est souvent justifiée par suite de la duodénite concomitante.Celle-ci a le danger de rendre difficiles les sutures.Il cite un cas de mortalité pour une intervention semblable, dans un cas identique.\u201cPourquoi le Dr M,, dit-il, n\u2019a-t-il pas pratiqué un Péan ?\u201d Le Dr J.-A.MOUSSEAU dit que la présence d\u2019un polype situé si près du pylore justifie l\u2019intervention préventive.N\u2019y a-t-il pas danger de récidive?dit-il.M.Jean LeSAGE rappelle que s\u2019il y a quelquefois polype isolé, le plus souvent on se trouve en présence d\u2019un syndrome généralisé à tout un segment intestinale, à prédominance colique, dit de polypose intestinale, et que le danger, en effet, peut être celui d\u2019une récidive des polypes dans une région où il existe déjà une inflammation de la muqueuse.M.MARCHILDON répond qu\u2019il n\u2019a pas usé d\u2019un Péan parce que les morceaux se laissaient difficilement rapprocher.Il préfère cette dernière technique dans les cancers prépyloriques ou de la grande courbure.Il cite certains succès.Revenant à l'observation de son malade, il rapporte que la radiographie, prise six mois après la résection d\u2019une grosse tranche de l'estomac, montre qu\u2019il s\u2019est formé une espèce de néo-estomac à remplissage et évacuation normale.Il utilise le Péan lorsque les morceaux se rapprochent bien et que les sutures n\u2019exercent pas de traction.- M.le professeur Dubé termine la séance en annonçant la venue prochaine, à Montréal, de M.Richet, fils, et de M.Turpin (tous deux de Paris), déjà bien connus chez nous.Le secrétaire conjoint : Jean LeSAGE.\u2014\u2014\u2014\u2014je\u2014. REVUE DES LIVRES La puberté et ses accidents chez la femme, par M.DERVILLE, ancien interne des hôpitaux de Paris, in-16 jésus, 128 pages.Vigot Freres, La puberté est un phénomène naturel, nécessaire, normal, essentiellement physiologique; en dépit de ses caractères, si profondes et si générales sont les modifications du fonctionnement des organes, modifications secondaires à la mise en activité des sécrétions ovariennes que cette transformation ne peut passer inaperçue.On peut observer des cas de ménopause silencieux : la femme voit brusquement cesser ses règles et ne ressent aucun trouble, si léger soit-il, à la suite de cette disparition définitive; il n\u2019existe pas, au contraire, de puberté silencieuse, même quand cette dernière survient dans les meilleures conditions possibles.D\u2019ailleurs pendant cette période de transition et d\u2019instabilité fonctionnelle, l\u2019organisme en quête d\u2019un équilibre nouveau, sera tout spécialement sensible aux facteurs morbides de toute nature: l'influence des tares héréditaires, les séquelles, jusque-là méconnues, des maladies de l\u2019enfance, l\u2019apparition des affections de l\u2019adolescence, les conditions particulières de vie viennent par leur retentissement troubler avec plus ou moins d\u2019intensité et de durée le cours de l\u2019épanouissement du caractère sexuel et le développement des glandes génitales.Il y a toujours un laps de temps (qui précède, accompagne, et suit l'apparition du premier flux menstruel, caractère essentiel de la puberté) laps de temps pendant lequel commencent et se poursuivent l\u2019acelimatation et l\u2019adaptation de l'organisme au nouvel état de choses.L'auteur étudie d\u2019abord comment se fait l\u2019évolution pubérale normale, puis passe en revue les divers accidents qui compliquent cette évolution et en modifient les apparences.L'étude de ces accidents et les moyens de les conjurer sont d'un intérêt capital: si on laisse évoluer des lésions ovariennes, si on ne combat pas les vices de fonctionnement du tractus génital dès le début de leur apparition, on risque de voir ces lésions et ces troubles fonctionnels laisser leur empreinte pendant toute la période d\u2019activité génitale de la femme ct de faire de cette dernière une femme constamment endolorie du ventre et inapte à remplir ses fonctions essentielles, c\u2019est-à-dire perpétuer l'espèce.J ~ "]
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