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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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Références

L'union médicale du Canada, 1934-06, Collections de BAnQ.

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[" U-L L'Union Médicale du Canada 7 Ta.Fondée en 1872 Comité de Direction MM.Benoit, Boucher (R.), Boulet, Bousquet, Bourgeois, Bruneau.Comtois, De Cotret, Desloges, Dubé, Gérin-Lajoie (Léon), Harwood, , Leduc, LeSage, Marien, Marin (Albéric), Marion (D.), Masson (D.), Mercier, Mousseau (J.-A.), Parizeau, Rhéaume, Roy, Saint-Jacques, Vidal.Président: | L.de L.Harwood; | Vice-Président: B.-G.Bourgeois; Secrétaire-Trésorier: J.-A.Vidal.Pierre Masson.Membre d\u2019honneur: Professeur Comité de Rédaction MM.Amyot, Roma; Badeaux, Francois; Bellerose, Antonio; Bertrand, Albert; Brault, Jules; Deguise, Albert; Desloges, Alfred; Doré, Réal; Dubé, Edmond; Fauteux, Mercier; Fontaine, Rosario; Lapierre, Gaston; Legrand, Emile; Letondal, Paul; Magnan, Arthur; Mathieu, \u2014 re s.; Saucier, Jean; Simard, Charles; Emile; Pepin, Roméo; Rivard, Trottier, Ernest.Président: A.LeSage; Vice-président: J.-A.Vidal; - Secrétaire: Léon Gérin-Lajoie; Archambault, (P.-R.), Barbeau, (A.), Baril, (Geo.), Barry, (Gaé- tan), Baril, (H.), Bellerose, (A.), Bernier, (M.), Bertrand, (A.), Blagdon, (L.), Boucher, (R.), Bourgeois, (P.), Boutin, (P.), Brault, (J.), Brisebois, (M.), Champeau, (J.), Cholette, (A.), Comtois, (A.), Corrigan, (J.-A.), D\u2019Allaines, (F.), D\u2019Anna, (A.), Deland, (Garde A.), Deguise, (A.), De Bellefeuille, (G.-L.), Desfosses, (P.), Desforges, (A.), Derome, (H.-R.), Doré, (R.), Dube, (J.-E.), Dumontier, (A.), Dufresne, (E.), Fauteux, (M.), Favreau, (J.-C.), Fontaine, (R.), Fortier, (L.-E.), Fortier, (L.), Fortier, (J.), Gariépy, (U.), Ga- riépy, (L.-H.), Gélinas, (L.), Gé- linas.(H.), Gérin-Lajoie, (L.).Gi- beault, (A.), Gibeault, (H.), Godin, (A.), Gratton, (A.), Hoen, (T.-J.), Jarry, (J.-A.), Kennedy, (E.J.C.), Knopf, (S.A.), La- Secrétaire-adjoint: Donatien Marion.ONT COLLABORE AU VOLUME DE 1933: Amyot, (R.), Archambault, (P.-A.), belle, (A.), Lacharité, (H.), La- frenière, (G.), Lapierre, (G.), Lapointe, (J.), Laquerrière, (A.), Legrand, (E.), Léonard, (D.), LeRoy, (A.), LeSage, (A.), Le Sage, (J.), Letondal, (P.), Léveillé, (J.-A.), Longpré, (D.), Magnan, (L.-A.), Mantha, (L.), Manseau, (J.-A.), Marin, (A), Marion, (D.), Marsan, (G.-A.), Masson, (P.), Mathieu, (E.), Mercier, (O.), Meyer, (W.), Mo- line, (R.), Morin, (P.), Morin, (J.-G.), Mousseau, (J.-A.), Ossen- dorf, (K.W.), Panneton, (J.-E.), Paquette, (J.-P.), Parizeau, (T.), Poirier, (P.), Rhéaume, (P.-Z.), Rivard, (J.-H.), Rosell, (J.-M.), Roussel, (J.-M.), Roy, (J.-N.), Saint-Jacques, (E.), Samson, (JE.), Saucier, (J.), Sheehan, (JE.), Simard, (L.-C.), Smith, (P.), Tétreault, (A.), Trottier, (E.), Vallée, (A.), Vidal, (J.-A.), Vi- gnal, (W.). SUITE DU SOMMAIRE FORMULAIRE Formules laxatives et purgatives .Roméo BOUCHER .590 SOCIETES La Société de Chirurgie de Montréal .Mercier FAUTEUX .605 Société de Gastro-Entérologie .Jean LeSAGE .616 NOUVELLES Nominations; Erratum; Livres recus; Paris Médical .621 ANALYSES MEDECINE \u2014 ss ce Valeur diététique de la sorbite dans la cura du diabète sucré (p.591).CHIRURGIE Kystes et fistules de la région sacrococcy- gienne (591).Valeur respective du traitement chirurgical et des injections sclérosantes dans les hémorroides internes; étude basée sur 62,910 cas (p.592).Le moignon appendiculaire comme agent d\u2019injection (p.592).Tumeurs du coeur: étude clinique et histopathologique (p.592).Ecou- lements sanglants par le mamelon et ectasie généralisée des galactophores (p.593).L\u2019appendicite au cours de la grossesse (p.594).Trois cas de tumeurs bénignes de l\u2019estomac (p.- 594).La sacro-coxalgie chez adulte (p.594).Traitement des fractures sus-condylien- nes de l\u2019humérus chez enfant (p.595).GYNECOLOGIE Trichomonas vaginalis (p.595).L\u2019infection pelvienne chez la femme (p.596).PEDIATRIE Les techniques endoscopiques dans le diagnostic et le traitement du croup et de la diphtérie trachéobronchique (p.596).DERMATO-SYPHILIGRAPHIE ¥iroderma pigmentosum (p.597).Intra- dermal tests in relation to arsphena- mine dermatitis (p.598).CHIRURGIE INFANTILE ET ORTHOPEDIE Luxation congénitale de la hanche; résultat (p.598).Les effets de l\u2019immobilisation sur l\u2019os normal (p.599): PHTISIOLOGIE Traitement de la pleurite sèche par pneumothorax artificiel (p.599).La ponction précoce des pleurésies exsudatives (p.600).Diagnostic d\u2019adhérences pleurales au moyen de procédés radioky- mographiques (p.600).NEURO - PSYCHIATRIE Etudes portant sur le champ visuel au cours des accès céphalalgiques d\u2019origine hypophysaire (p.601).Excrétion dans l\u2019urine de principes hypophysaires au cours de la migraine (p.601).Activité du lobe postérieur de la pituitaire étudiée d\u2019un point de vue anatomique (p.602).LABORATOIRE \u2018Les progrès récents dans la vaccination par l\u2019anatoxine diphtérique (p.603). \u201d > a PER VE 1 4 Xe | - Tome LXIII No 6 Juin 1934 | \" IN MEMORIAM LOUIS DE LOTBINIÈRE-HARWOOD doyen Ce nom de famille est par lui-même une définition.De Lotbinière-Harwood, en effet, réunissait dans sa personne le charme et les qualités que l\u2019on trouve aux pays de France et d\u2019Angleterre, la clarté, la mesure et l\u2019élégance françaises, l\u2019amour du sol, l\u2019ambition et la ténacité anglaises.C\u2019était un homme raffiné en même temps qu\u2019un homme d\u2019action, un gentilhomme accompli.Nul ne posséda mieux que lui le prestige qui fait les chefs.Grand; brun, élancé, le visage autoritaire, la voix harmonieuse, le tact dans les paroles, l\u2019élégance dans les manières, l\u2019esprit prompt et viril, il avait tout pour lui.C\u2019était, par excellence, un charmeur.Rien d'étonnant s\u2019il a dans sa vie, charmé tant de monde.L\u2019Université de Montréal, la Faculté de Médecine, l\u2019hôpital Notre-Dame, qui en ont bénéficié, le savent.Sa famille et ses amis en conservent un souvenir ému.k kk Les Chartier de Lotbinière sont de vieille noblesse.Tout le monde connaît la délicieuse légende de la reine d\u2019Ecosse donnant un baiser admirateur au poète Alain Chartier endormi.Le P.Lejeune, d\u2019Ottawa, dans son Dictionnaire Historique, raconte que, vers le milieu du XVe siècle (1456), Clément Chartier, propriétaire de la Binière et friand d\u2019un poisson qu\u2019il avait planté lans l\u2019eau des fossés entourant son château, ajouta le nom du poisson (lot) à celui de sa terre, pour la distinguer d\u2019une autre de ses propriétés appelée Bignière.C\u2019est ainsi que se serait transformée, anoblie par le roi, la famille Chartier de Lotbiniére.C\u2019est peut-être encore là une légende.On trouve, le fait est connu, à la cour de \u2014 524 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Louis XIII, un René Chartier de Lotbinière, médecin éminent et savant érudit, apprécié du roi et de Richelieu, mais que Gui Patin persécuta parce qu\u2019il défendait l\u2019antimoine contre l\u2019avis de la Faculté.Ce doyen de la Faculté de Paris persécutant un de Lotbinière, voilà qui ne manque pas de piquant pour nous et qui nous montre que, depuis ce temps-là, beaucoup d\u2019eau a passé sous les ponts de Paris et dans le Saint-Laurent.Les deux fils de René Chartier de Lotbinière vinrent au Canada au début du XVIIe siècle, le second pour y demeurer.Le premier s\u2019appelait également René; il fut en 1643 le deuxième chapelain des Ursulines de Québec.C\u2019était un amateur de belles fourrures; il eut à ce sujet des embarras avec la Compagnie des Cent-Associés et regagna la France en 1647.Son frère, Louis-Théandre de Lotbinière, débarqua à Québec avec M.de Lauzon en 1651.C\u2019est la souche canadienne de la famille de Lotbinière.Procureur général de la sénéchaussée (1652), puis du Conseil Souverain (1664), premier sénéchal et premier prévôt, on peut le considérer comme le père de la magistrature canadienne-française (de Léry-Macdonald).C\u2019est lui qui donna à Québec, au grand scandale des Jésuites d\u2019alors, le premier bal canadien.Du haut du paradis des honnêtes gens il a dû, ce brave homme, contempler avec indulgence les succès mondains de ses descendants.Michel, le petit-fils de Louis-Théandre de Lotbinière, le seul Canadien créé marquis par Louis XIV, épousa Louise Madeleine Chaussegros de Léry.C\u2019était un ingénieur, comme son beau-père.Il fut l\u2019un des artisans de la victoire de Carillon.Il a joué dans l\u2019histoire du Canada un rôle peu connu, mais qui semble avoir plus d\u2019importance qu\u2019on ne croit.Il n\u2019a laissé qu\u2019un fils, Alain Chartier de Lotbinière, lequel à son tour n\u2019eut que trois filles.C\u2019est ainsi que furent ajoutées, dans les armes de la famille, aux deux perdrix d'argent sur un tronc de sapin d'or, les trois quenoualles symboliques.L\u2019aînée des filles, Louise-Josephte, épousa en 1823 le colonel Robert- Unwin Harwood.Et cest de ce mariage qui naquit Henry S.Harwood, le père de Louis de Lotbinière-Harwood.Henry S.Harwood épousa une Anglaise, miss Brauneis.Alain Chartier de Lotbinière avait d\u2019ailleurs lui-même épousé une Munro.Le sang = on soem ee recom, SS eer \u2014 ere pap = RN 9 es EE Ye ss SE TA se se 2: Se 5 = SE 5 Sy.ph i oa wt Se es Le , = = RE S 2 3 £7 GE = Ze a 5 .Te 2 2 oS 2 se i a i RE a a i Gh i Fe As i LE 7 6 v 5 i Es i: i SER + Fes 2% 50 2: a A 8 .Re A es bo i Lo Ge 7 + es Ca TR ei 2 3 % I sa = Ge = A 2 i 2 2 doyen = > Ë + 1866 - 1934 LOUIS DE LOTBINIERE = 7 i Se 7 LE a A i, HARWOOD 4 Æ 2e 9 a Vs 2e S A 5 2 A pa: 7 5 és 5 5 et 2 in.i 5 & sa a æ i i, = 5 TR: gi: se AR En à ice sac mG Wnty L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA 525 anglais existait donc dans la famille depuis trois générations quand naquit le docteur Harwood, en 1866.Ces détails généalogiques sont peut-étre un peu longs dans un article de revue.Ils jettent cependant une vive lumière sur l\u2019hérédité de Louis de Lotbinière-Harwood et font mieux comprendre les qualités et contradictions que l\u2019on rencontre dans le caractère de ce doyen de la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal.Homme charmant, ne lisant jamais, n\u2019ayant en aucune façon le culte des lettres, il possédait une activité inépuisable, une ambition très grande, une goût de l\u2019activité et du gouvernement qui en ont fait un doyen remarquable.\u2014 Il ne faut pas chercher ses écrits: il écrivit peu.Il ne faut pas analyser son enseignement, il n\u2019en fit guère davantage.Mais 1l a, appuyé par ses amis, réorganisé la Faculté de Médecine; il a assuré la reconstruction de l\u2019hôpital Notre-Dame; il a pris, dans la direction de l\u2019Université de Montréal, une part proéminente.Lorsque le doyen E.-P.Lachapelle mourut en 1918, ce n\u2019est donc pas pour son érudition, pour son enseignement ni pour son âge (il avait cinquante-deux ans), que Louis de Lotbinière-Harwood fut choisi, mais pour ses qualités personnelles et son prestige.L\u2019élève de Pozzi prenait le pouvoir entouré d\u2019un groupe d\u2019amis qui avaient comme lui fait des études en Europe et se montraient anxieux de d\u2019utiliser leur valeur, de faire entrer l\u2019enseignement médical canadien dans la tradition française.Ils manifestèrent immédiatement leur dessein dans un brillant dîner organisé au Ritz-Carlton qui servit d\u2019introduction au régime nouveau.Ce que ce régime, dirigé par un homme d\u2019action, servi par des lieutenants avisés, et aussi, disons-le, par les circonstances, nous a valu en seize ans est considérable.Il a atteint son but, en partie du moins, malgré de fortes oppositions.Sil n\u2019a pas encore réalisé complètement son programme, il faut en tenir responsable la crise de 1929, qui dure encore, et qui'a mis en péril l\u2019existence même de l\u2019Université.+ * Ok On peut diviser l\u2019œuvre accomplie sous le décanat de Louis de Lotbiniere-Harwood en quatorze points majeurs couvrant les item 526 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA suivants: la préparation des élèves aux études médicales et leur perfectionnement post-universitaire; le recrutement, la modification et l\u2019élargissement du professorat ; la réorganisation de la direction scientifique, la reconnaissance de la Faculté à l\u2019extérieur et la reconstrue- tion universitaire.1.\u2014L\u2019année pré-médicale.Elle permet a la Faculté des Sciences de compléter la préparation scientifique de nos bacheliers et de les rendre plus aptes à recevoir l\u2019enseignement médical.2 \u2014L\u2019internat obligatoire.Cet entraînement pratique fait partie de la dernière année des études universitaires; il rend beaucoup plus facile et plus efficace l\u2019entrée dans la pratique professionnelle.3.\u2014Les bourses d\u2019études complémentaires.Quelques élèves sont des sujets d\u2019élite qui désirent perfectionner leurs études, soit parce qu\u2019ils envisagent l\u2019exercice d\u2019une spécialité, soit parce qu\u2019ils ambitionnent de travailler à la Faculté.C\u2019est pour eux que la Faculté obtient des bourses du gouvernement provincial, de l\u2019Institut Rockefeller, et de certaines maisons de commerce ou d\u2019industrie.4\u2014La direction des études.- La création du poste de directeur des études appartient spécifiquement au docteur Harwood et à ses amis qui en eurent l\u2019idée.Cet officier donne tout son temps à l\u2019étude des problèmes de l\u2019enseignement médical et à leur solution par la Faculté; cette charge, sous l\u2019impulsion du titulaire actuel, le Dr T.Parizeau, est devenue des plus importantes ; c\u2019est le rouage central qui met en branle et maintient la cadence de tout l\u2019organisme de la Faculté.5\u2014La refonte de l\u2019enseignement dans les hôpitaux.C\u2019est un item qui a demandé la collaboration entière des hôpitaux, qui s\u2019appuie sur des ententes complètes avec ces institutions, qui a L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 227 _ même donné lieu à des contrats.Par ces ententes, la Faculté prend sa part de responsabilité dans la nomination du personnel médical hospitalier, tandis que les hôpitaux assurent la régularité de l\u2019enseignement clinique aux élèves de la Faculté et même, dans certains cas, un\u2019 honoraire convenable aux médecins qui ont la responsabilité des services et des laboratoires.Grâce à cette collaboration, la Faculté dispose, pour l\u2019enseignement pratique de la médecine, de la chirurgie et des spécialités, de sept hôpitaux et d\u2019un institut où ses étudiants ont leur entrée libre.De plus, grâce à la création d\u2019une commission de l\u2019enseignement aux gardes-malades, de la modification de la loi provinciale des gardes- malades enregistrées autorisant l\u2019enregistrement par l\u2019Université et de l\u2019affiliation de quatorze hôpitaux possédant des écoles, la Faculté collabore avec l\u2019Association Provinciale pour placer sur des bases solides l\u2019enseignement aux gardes-malades.6\u2014Le recrutement des assistants aux cours, cliniques et laboratoires.Tous les jeunes médecins qui désirent participer à l\u2019enseignement de la Faculté doivent maintenant subir des épreuves de bénévolat et d\u2019assistance régulière avant d\u2019obtenir des titres permanents, ce qui est un excellent moyen d\u2019émulation en même temps qu\u2019une garantie d\u2019efficacité.7.\u2014Concours d'agrégation.Mais la Faculté va plus loin encore et exige, pour arriver au professorat, des concours d\u2019agrégation dont l\u2019organisation peut laisser à désirer, qui sont perfectibles et qui témoignent, dans tous les cas, du désir de la Faculté de n\u2019admettre que les plus compétents.8.\u2014Professeurs étrangers de France ou de Belgique.D'ailleurs, lorsque la Faculté s\u2019est rendu compte qu\u2019elle ne possédait pas d'hommes qualifiés pour occuper certaines chaires, elle n\u2019a pas hésité à faire appel aux meilleurs titulaires de France ou de Belgique, afin précisément d\u2019assurer à ses élèves un enseignement de premier ordre et de fournir aux sujets canadiens d\u2019élite l\u2019opportunité de se former sur place auprès de ces maîtres étrangers et d\u2019acquérir, 528 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA _\u2014_\u2014_\"_\u2014_ à leur tour, une renommée qui nous fasse honneur.On a reproché quelquefois cette initiative à la Faculté de Médecine, bien à tort, croyons-nous, car c\u2019est ainsi que l\u2019on procède dans tous les pays jeunes, en Amérique spécialement, à McGill tout particulièrement, tant ce désir de faire le mieux possible et d\u2019assurer l\u2019avenir est général.9\u2014L\u2019Institut Scientifique Franco-Canadien.La Faculté n\u2019a pas seulement pensé à ses élèves.Elle s\u2019est également préoccupée de faire connaître la science médicale française contemporaine aux médecins engagés dans la pratique.Elle a ouvert largement ses salles de cours et ses hôpitaux aux savants étrangers qui viennent, sous les auspices de l\u2019Institut Scientifique Franco- Canadien, fondé par Dalbis, donner à Montréal des séries de leçons subventionnées par le secrétariat provincial.10.\u2014Fusion et autonomie universitaires.Lorsque la Faculté de Médecine a consenti à se fusionner à l\u2019Université de Montréal réorganisée et devenue autonome, elle obéissait à cette même inspiration de perfectionnement.Personne plus que le doyen Louis de Lotbinière-Harwood n\u2019a travaillé pour amener cet heureux résultat qu\u2019avait tant désiré son prédécesseur, le docteur E.-P.Lachapelle.C\u2019est à partir de cette fusion que l\u2019Université a pris ce développement que l\u2019on constate aujourd\u2019hui et que la crise financière, malheureusement, met en péril.11.\u2014Agrandissement du Conseil de la Faculté.Pour faire face aux responsabilités nouvelles créées par toutes les améliorations que nous venons de citer, la Faculté, cédant aux désirs bien légitimes de ses membres, n\u2019a pas hésité à agrandir son Conseil et à y faire entrer tous ses professeurs titulaires.12.\u2014Création d\u2019un bureau exécutif.Puis, pour favoriser le fonctionnement régulier de cet organisme agrandi, elle a créé un bureau exécutif responsable au Conseil et chargé de contrôler et diriger l\u2019administration de la Faculté. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 529 Ce 13.\u2014Reconnaissance de la Faculté.C\u2019est pour avoir réalisé toutes ces améliorations que la Faculté est parvenue, après les démarches nécessaires, à se faire reconnaître officiellement par l\u2019Institut Rockefeller, qui lui accorde une subvention annuelle de $25,000, par l\u2019Association Médicale Américaine, qui a placé la Faculté dans la classe À, et par le Bureau des Examinateurs de l\u2019Etat de New-York, qui admet les élèves de la Faculté à ses examens de licence.14 \u2014Plans de reconstruction.Mais le doyen Harwood et son groupe ont poussé plus loin leurs ambitions.D\u2019accord sur ce point, d\u2019ailleurs, avec les autorités universitaires, ils avaient rêvé de prendre, dans l\u2019Université de Montréal reconstruite, une place de premier ordre, avec des laboratoires agrandis, des dispensaires développés et un hôpital dédié à l\u2019enseignement médical et aux recherches scientifiques.La crise financière actuelle paralyse ce beau rêve en voie de réalisation.Mais de Lotbinière- Harwood ne se comptait pas pour battu et menait presque seul une campagne très active pour assurer à l\u2019œuvre qui lui était si chère un fonds de dotation lui permettant de vivre.La veille même de sa mort, appelé à défendre son projet devant la commission \u2018d\u2019administration, il prononçait l\u2019un des meilleurs discours de sa carrière et remportait haut la main la victoire.Ce fut son chant du cygne.Dans la nuit qui \u2018suivit cette journée active, le 15 mai dernier, une hémorragie cérébrale fit brusquement cesser cette carrière si brillamment remplie.x x * L\u2019œuvre accomplie sous la direction de Louis de Lotbinière- Harwood est, on le voit, considérable et se solde par un crédit solide.S\u2019il est mort, comme son prédécesseur Lachapelle, avant d\u2019atteindre au succès complet, il faut reconnaître le mérite de ce qu\u2019il a fait avec une activité et une persévérance qui l\u2019honorent.Il faut admettre aussi que, pour la durée relativement courte de son décanat, seize ans, les résultats obtenus sont remarquables.z\u2014_\u2014_\u2014 530 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Ft ce n\u2019est pas tout.Louis de Lotbinière-Harwood était aussi le président de Phôpital Notre-Dame.Là aussi il a marqué son influence.Cet hôpital reconstruit, élargi, modernisé, doté d\u2019une nouvelle charte qui modifie son régime interne, est devenu l\u2019une des premières institutions hospitalières de notre pays.Son organisation est complète: bureau médical, conseil médical, bureau d\u2019administration, réunions administratives, réunions scientifiques, services généraux et de spécialités, enseignement médical et post-médical, formation de gardes-malades, internat.consultations externes, tout a pris dans cet hôpital une extension où se marquent l\u2019activité éclairée et le désir de bien faire d\u2019un groupe de médecins distingués dont Louis de Lotbinière-Harwood était le chef.Tl fut d\u2019ailleurs à l\u2019hôpital Notre- Dame, auprès des religieuses et des dames patronnesses, admirablement secondé par madame Harwood.Quelles que soient les sympathies personnelles qu\u2019on éprouve pour l\u2019ancien doyen, il faut admirer sans réserve l'unité d\u2019objet et la virilité d\u2019exécution de ce chef qui eut, comme toute personne d\u2019élite, des amis et des adversaires, mais qui fut toujours appuyé vivement par ceux qui le comprenaient.Harwood, en somme, a maintenu et perfectionné l\u2019œuvre de lachapelle.Celui-ci avait fondé l\u2019hôpital Notre-Dame et planté à Montréal Laval de Québec, afin d\u2019engager la profession médicale dans la voie du progrès.Dans une université devenue auto- neme et un hôpital Notre-Dame modernisé, de Lotbinière-Harwood a cherché à mettre au premier rang, dans le monde médical canadien- français, l\u2019Université et l\u2019hôpital ; il a, pour atteindre ce but, employé son énergie inlassable, son sens pratique de l\u2019opportunité et un prestige que lui seul possédait; il y a réussi dans une large mesure, que nul autre avant lui n\u2019avait atteinte.Louis de Lotbinière-Harwood s\u2019est créé une place unique et incontestable dans l\u2019histoire médicale de notre province; la France avait reconnu le fait en le créant officier de la Légion d'honneur ; nos historiens devront l\u2019affirmer lorsqu\u2019ils écriront l\u2019histoire de notre Faculté de Médecine et celle de Phôpital Notre- Dame.E.-P.BENOIT.Montréal, le 25 mai 1934. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 531 LA MORT SUBITE DE NOTRE PRÉSIDENT M.LOUIS DE LOTBINIÈRE-HARWOOD Nous avons eu la douleur de perdre notre président, le professeur Louis de Lotbinière Harwood, doyen de la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal, président du Bureau de direction de l\u2019Union Médicale du Canada.Cette mort, subite et imprévue, a causé une vive émotion et des regrets universels dans tous nos milieux, en particulier parmi le groupe de l\u2019Union Médicale.Ses deux compagnons inséparables, dont la collaboration et l\u2019amitié remontent à plus de quarante ans, sortent des rangs pour venir saluer un fidèle associé à toutes les époques de leur vie.À l\u2019Union Médicale du Canada, il fut un des six qui s\u2019associèrent pour acquérir et diriger cette revue depuis 1900.Associé dès la première heure il ne nous a Jamais quittés depuis.Nos difficultés financières, au début, nos ambitions, nos déceptions, nos espoirs, nos réalisations nous ont toujours trouvés réunis et unis.Harwood fut toujours désintéressé, matériellement, de toute entreprise où le point de vue scientifique et universitaire devenait l\u2019objet de toutes nos activités.Grâce à son prestige, à son influence, à ses actvités, à sa situation sociale et universitaire il favorisa l\u2019évolution de notre Revue.Il réalisait qu\u2019elle rendait service à la cause qui lui était chère en groupant autour d\u2019elle l\u2019élite de notre profession.Il savait que les jeunes, retour d\u2019Europe ou autres, trouveraient, là, un moyen, unique dans notre milieu, de s\u2019extérioriser et de répandre le bon renom de notre enseignement.Il savait, de plus, que l\u2019Université saurait ainsi distinguer plus facilement ceux qui deviendraient, à tour de rôle, les plus dignes de collaborer à notre enseignement universitaire ou hospitalier, à cause de l\u2019entraînement auquel ils sont 532 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA soumis en observant les malades dans nos hôpitaux et en publiant leurs travaux dans nos différentes sociétés scientifiques.Il a compris; il a eu la vision de l\u2019avenir ; il n\u2019a jamais quitté le poste d\u2019avant-garde qu\u2019il occupait depuis les débuts de notre dernière étape qui date de mai 1900.Il fut le premier du groupe à pénétrer dans la Faculté.Il songea dès cet instant à ses amis qui pouvaient être utiles à l\u2019œuvre et il leur fut fidèle.Aujourd\u2019hui, le cycle est révolu.Un à un les anneaux se détachent de la chaîne qui nous lie et le cercle se brise peu à peu avec l\u2019évolution du temps.Mais il aura quitté notre journal témoin de l\u2019accomplissement d\u2019une œuvre qui lui était chère et en voie de perfectionnement.Souvent il en exprimait sa satisfaction, mais il avait des craintes au sujet de l\u2019Université.Fort heureusement, avant de mourir, il aura pu assister à la réalisation de son rêve le plus cher: un projet d\u2019assurance-dotation auquel il a pris une part prépondérante permettant de recueillir les fonds nécessaires pour favoriser l\u2019enseignement et les travaux de recherches.C\u2019est le complément de sa vie.Il aura bien mérité de tous et en particulier de ses deux anciens compagnons qui le saluent comme s\u2019ils devaient le rejoindre bientôt.Sur sa tombe on pourrait désormais inscrire la strophe que nous lisions 11 y a quelque temps dans le livre d\u2019un auteur de grande réputation dont nous avons oublié le nom: \u201cCe qui tourmente une âme au déclin de la vie, Ce n\u2019est plus ou l\u2019orgueil ou la crainte ou l\u2019envie, C\u2019est un désir ardent et plein d\u2019anxiété De se juger soi-même en toute vérité.\u201d Adieu, cher ami! Tu as rejoint Hervieux.Nous restons fidèles à ta mémoire!.DUBE-LESAGE.1894-1934 MÉMOIRE QUELQUES ASPECTS DES MALADIES DE L\u2019ŒSOPHAGE SOUS LE CONTRÔLE DE L\u2019ŒSOPHAGOSCOPE, ET RAPIDES CONSIDÉRATIONS SUR LEUR TRAITEMENT .\u201c\u2019\u2019 Par J.-N.ROY, F.A.C.S., Professeur à l'Université de Montréal, Médecin de l'hôpital Notre-Dame, Lauréat de l'Académie de Médecine de Paris.Lorsqu\u2019un médecin est consulté pour un malade qui accuse un trouble quelconque de l\u2019æsophage, il doit invariablement l\u2019examiner de la manière suivante, afin de faire un diagnostic précis, et instituer ensuite un traitement approprié.Tout d\u2019abord, après s\u2019être renseigné sur la symptomatologie en question, il doit s\u2019adresser au radiologiste, et autant que possible être présent lors de la radioscopie.Cette règle, d\u2019une importance capitale, s'applique même au nouveau- né, chez qui on peut se servir des rayons X, après lui avoir fait prendre, au moyen d\u2019un biberon, une substance opaque pour l\u2019examen.La seule exception qui existe est la paralysie œsophagienne, mettant le malade dans l\u2019impossibilité d\u2019avaler.De la sorte il est possible d\u2019obtenir immédiatement une première indication sur l\u2019endroit de l\u2019æsophage où peut se trouver un corps étranger, un spasme, un rétrécissement, ou une complication de cette dernière affection lorsqu\u2019elle est ancienne, sous la forme d\u2019une dilatation, ou d\u2019un diverticule.Les rayons X permettent encore de diagnostiquer l\u2019adénopathie trachéo- bronchique, l\u2019anévrisme de l\u2019aorte, et enfin les tumeurs du médiastin.Dans certaines circonstances la simple radioscopie pratiquée seule, avec du bismuth, ou encore mieux du baryum, est suffisante pour fournir tous les renseignements désirables.Dans d\u2019autres, au contraire, il vaut mieux, pour préciser certains points de détail, compléter les recherches par une radiographie.Muni de ces constatations, (1) Communication faite à la Société Scientifique d\u2019Alimentation, et de Gastro-Entérologie, séance du 25 avril 1934. 534 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA l\u2019endoscopiste procède ensuite à l\u2019æsophagoscopie, si elle est jugée nécessaire.Indications.\u2014 L\u2019œsophage doit être examiné directement avec un tube muni d\u2019un éclairage électrique chez tous malades souffrant de dysphagie, d\u2019odynophagie, de régurgitations, d\u2019hémoptysie, d\u2019hématémèse, de spasmes, et de certaines affections obscures de l\u2019estomac.\u2019æsophagoscopie permet non seulement de diagnostiquer toutes les lésions de cet organe, mais aussi de pouvoir en traiter un grand nombre.Elle est d\u2019une nécessité absolue pour l\u2019ablation des corps étrangers.Dans la majorité des cas, elle est faite sans anesthésie.Dans d\u2019autres, au contraire, on peut insensibiliser la muqueuse avec une solution de cocaïne.Et enfin, lors de l\u2019exérèse d\u2019un corps étranger volumineux, s\u2019il y a intérêt à obtenir un certain reldchement de la paroi, il vaut mieux avoir recours à l\u2019anesthésie générale.Contre-indications.\u2014 Tous les auteurs qui s\u2019occupent d\u2019endoscopie, mentionnent les principales contre-indications suivantes, au passage d\u2019un tube dans l\u2019æsophage.L\u2019anévrisme de l\u2019aorte, les affections cardiaques mal compensées, les commémoratifs d\u2019apoplexie, le goitre exophtalmique à forme grave, les maladies organiques avancées, les varices œsophagiennes étendues, l\u2019æsophagite causée par la déglutition d\u2019un corrosif, et enfin, la déviation de la colonne vertébrale siégeant à sa partie supérieure, ou encore sa grande rigidité.Toutefois, en présence d\u2019un malade souffrant d\u2019une de ces affections, mais qui a avalé un corps étranger, l\u2019endoscopiste ne doit pas hésiter à en faire immédiatement l\u2019extraction surtout si la vie peut être menacée par des complications.À cette règle, il n\u2019existe qu\u2019une exception bien formelle: c\u2019est la désydratation.L\u2019expérience a prouvé, en effet, qu\u2019un patient, dont l\u2019organisme n\u2019a pas reçu d\u2019eau depuis une période variable de trois à six jours, se trouve en très mauvaises conditions pour supporter une œsophagoscopie.Avant de faire cette intervention, le spécialiste doit renouveler les liquides le plus rapidement possible et d\u2019une manière simultanée, par la voie hypodermique, et par entéroclyse.Dans certains cas, il faut recourir en plus à la gastrostomie.Si le malade réussit à se ranimer, le corps étranger est ensuite extrait.Oesophagoscopie chez les enfants.\u2014 Suivant Guisez, il est impraticable de passer un œsophagoscope chez le nourrisson.Chevalier Ot oo Qt L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Jackson est d\u2019opinion contraire, et affirme que l\u2019on peut se servir de cet instrument à tous les âges de la vie.\"Toutefois, chez le nouveau-né, il faut employer un tube très fin, et manceuvrer avec une extrême prudence.Il dit avoir fait l\u2019œsophagoscopie chez un grand nombre d\u2019enfants, dont le plus jeune avait à peine deux jours.Dans le même ordre d\u2019idées, il est parvenu à extraire des corps étrangers à des nourrissons de dix jours, \u2014 et à des vieillards de quatre-vingts ans.Anomalies de l\u2019æsophage.\u2014 Aucun auteur n\u2019a encore publié de cas d\u2019imperforation congénitale de cet organe chez un nouveau-né.En retour il est admis qu\u2019il peut exister des fistules œsophago- trachéales à la naissance, et que les porteurs de cette anomalie meurent tous, dans un temps plus ou moins long, d\u2019infection broncho-pul- monaire.Le rétrécissement congénital de l\u2019æsophage s\u2019observe quelquefois, et devient surtout apparent à l\u2019adolescence.A ce moment, il est facile de le diagnostiquer avec les rayons X, et l\u2019æsophagoscope.Son traitement consiste à en faire la dilatation, sous le contrôle de la vue.On peut trouver des membranes de l\u2019æsophage obstruant son calibre.La thérapeutique a encore pour but de les dilater, au moyen d\u2019une pince spéciale introduite à travers le rétrécissement, que l\u2019on retire ensuite après l\u2019avoir ouverte.Les sondes rendent aussi de grands services.Ces membranes ont peu de tendance à se reformer, contrairement à ce que l\u2019on remarque lorsqu\u2019il s\u2019agit de sténoses œsophagiennes post-inflammatoires.Oesophagite aiguë.\u2014 L\u2019inflammation aiguë de l\u2019æsophage peut s\u2019observer à la suite d\u2019un traumatisme par corps étranger, lors de son séjour dans le canal, de son extraction, ou encore.après des manipulations faites à l\u2019aveugle avec des instruments.Le pronostic est généralement mauvais, surtout si la muqueuse ou la paroi ont été déchirées, car on peut avoir une péri-æsophagite, et en complication, une médiastinite suppurée toujours mortelle.Le traitement consiste à faire prendre au malade de petites doses de sous-nitrate de bismuth à intervalles rapprochés.Si un abcès sous-muqueux se déclare, il faut alors l\u2019inciser, en recourant à l\u2019æsophagoscope.| L\u2019æsophagite aiguë se rencontre plus fréquemment après la déglutition d\u2019un acide, ou d\u2019un alcali corrosifs.Le caustique, presque toujours responsable de l\u2019accident, est la lessive.Lorsque celle-ci 536 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA a été avalée, il faut, immédiatement après, essayer de la neutraliser avee du vinaigre, du jus de citron, et de l\u2019eau en grande quantité.L'huile d\u2019olive constitue aussi un excellent moyen de calmer la bri- lure.Pour neutraliser un corrosif acide, on se sert d\u2019eau de chaux, de magnésie ou d\u2019une solution de carbone de soude.Dans la suite, on doit aspirer les mucosités qui remplissent la bouche, et prescrire au malade de petites quantités de sous-nitrate de bismuth.Si la lumière de l\u2019æsophage menace de s\u2019atrésier, on peut faire avaler un fil de soie tressée, qui servira plus tard de guide lorsque le moment sera venu de commencer, sous le contrôle de la vue, la dilatation de la sténose qui est inévitable.L\u2019œsophagite chronique s\u2019observe dans presque tous les cas de rétrécissement ancien, avec stase des matières alimentaires Ces matières qui fermentent toujours, deviennent ensuite très irritantes pour la muqueuse.On doit encore faire prendre du bismuth à petites doses répétées, et surtout dilater l\u2019atrésie par l\u2019entremise du tube œsophagoscopique.Ulcère simple de l\u2019æsophage.\u2014 Cette lésion peut se rencontrer après une érosion de la muqueuse consécutive au passage d\u2019un petit corps étranger, après une brûlure par la déglutition d\u2019un liquide corrosif, et enfin, après des manipulations faites à l\u2019aveugle avec des instruments.Ces ulcérations produisent souvent des spasmes de l\u2019œæsophage et, lorsqu\u2019elles sont guéries, laissent comme séquelle des sténoses.Le traitement consiste à donner de petites doses de bismuth qui tapisse le fond de la plaie.On peut aussi se servir de calomel, et faire, deux fois par semaine sous le contrôle de la vue, des attouchements avec une solution d\u2019argyrol à 20%.Lorsque la cicatrisation est bien solide, il faut alors dilater le rétrécissement sous cesophagoscopie.Dans certains cas ou la lésion s\u2019éternise, on peut même recourir a la gastrostomie pour mettre l\u2019æsophage au repos.Ulcère peptique.\u2014 Le tiers inférieur de l\u2019œsophage est généralement le siège de prédilection de l\u2019ulcère peptique.Celui-ci a souvent pour cause une infection focale à point de départ nasal, dentaire, ou amygdalien.La guérison est retardée par le reflux de mucosités gastriques acides qui viennent en contact avec sa paroi.Quant au traitement, il faut prescrire le bicarbonate de soude, le bismuth, et procéder à des applications de nitrate d\u2019argent, deux fois par semaine, avec l\u2019æsophagoscope.Plus tard, on doit alors songer à dilater la sténose. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 537 Syphilis de l\u2019œsophage.\u2014 La muqueuse œsophagienne est rarement atteinte de plaques syphilitiques.Les gommes de la paroi sont plus fréquentes, et lorsqu\u2019elles se ramollissent, l\u2019endoscopiste doit faire un diagnostic différentiel entre une ulcération simple, spécifique, tuberculeuse, épithéliomateuse, sarcomateuse, et l\u2019actinomycose.Sous le contrôle de l\u2019æsophagoscope, l\u2019ulcère syphilitique présente une muqueuse très rouge, des bords épais sans granulations, et au contact d\u2019un tampon, ne saigne pas facilement.Dans un cas douteux, il faut avoir recours au Wassermann, et demander un rapport de laboratoire, après avoir pratiqué une biopsie.Comme thérapeutique locale, une diète liquide non irritante est indiquée, des prises de sous-nitrate de bismuth, et des attouchements avec une solution de nitrate d\u2019argent, sous cesophagoscopie.Lorsqu\u2019un malade a été reconnu syphilitique après l\u2019épreuve du Wassermann, il doit être, au point de vue général, traité classiquement.S\u2019il existe une sténose, on doit la dilater suivant la méthode habituelle.Tuberculose de l\u2019œsophage.\u2014 En présence d\u2019un sujet atteint de tuberculose de cet organe l\u2019æsophagoscopiste observe en premier lieu une simple érosion, qui se complique ensuite d\u2019une ulcération superficielle.Dans d\u2019autres circonstances au contraire l\u2019ulcère, tout d\u2019abord profond, est consécutif au ramollissement de ganglions péri- œsophagiens tuberculeux, communiquant avec l\u2019æsophage.La pâleur de la muqueuse, à la vision directe, est caractéristique de la lésion présente.Toutefois, en cas de doute, il faut recourir à l\u2019épreuve de la tuberculine, à l\u2019inoculation de cobayes, après prélèvement des tissus suspects, et à leur examen anatomo-pathologique.Ces recherches de laboratoire ont une grande importance, car l\u2019observation a prouvé qu\u2019une tuberculose œsophagienne pouvait être associée à la syphilis, ou à une tumeur maligne.Comme le traitement local ne rend pas beaucoup de services, il faut surtout s\u2019adresser à la thérapeutique générale.Dans certains cas où la dysphagie empêcherait le malade de s\u2019alimenter suffisamment, il faudrait même demander une gastrostomie.Tumeurs bénignes.\u2014 La paroi œsophagienne peut être le siège d\u2019un nombre considérable de néoplasmes bénins, tels: les papillomes, fibromes, lipomes, myomes, myxomes, adénomes, granulomes, lym- phangiomes, et kystes congénitaux ou acquis.En plus il existe des tumeurs sanguines sous la forme d\u2019angiomes, de varices et d\u2019héma- 538 L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA tomes.La symptomatologie de ces tumeurs est fort variable.Si elles peuvent passer inaperçues, lorsqu\u2019elles sont petites, en retour après avoir atteint un certain développement, elles produisent quelquefois des phénomènes de dysphagie, de nausées, et même de régurgitations.Le diagnostic clinique ne peut être fait que sous œsopha- goscopie.Les tumeurs solides bénignes donnent à l\u2019endoscopiste l\u2019impression qu\u2019elles ne sont pas inflammatoires, et les vasculaires ont un aspect rougeâtre violacé.Le traitement des premières consiste à les enlever, sous le contrôle de la vue, avec une anse, lorsqu\u2019elles sont pédiculées, ou à les détruire avec un galvanocautère spécial, si leur base d\u2019implantation est sessile.On peut aussi se servir de pinces coupantes.La meilleure thérapeutique des lymphangiomes est le radium.Quant aux angiomes, ils sont extirpables avec une pince a biopsie.Si l\u2019épreuve de la coagulation sanguine est normale, l\u2019opérateur, en pratiquant cette intervention, n\u2019est pas exposé à avoir une hémorragie sérieuse.Guisez a obtenu la guérison d\u2019un cas d\u2019angiome au moyen de la Curiethérapie.Il vaut mieux chirurgicalement ne pas toucher aux varices de l\u2019œsophage, qui siègent la plupart du temps au tiers inférieur.Lorsqu\u2019elles saignent, il faut administrer par la bouche des hémostatiques, un peu de sous-nitrate de bismuth, et faciliter ensuite, autant que possible, la circulation veineuse par un traitement hygiénique approprié.Cardiospasme.\u2014 Avant l\u2019ère œsophagoscopique, certains troubles de l\u2019æsophage étaient étiquetés: cardiospasmes, et suivant la dénomination anatomique, ou admettait que le spasme se produisait au cardia.Depuis quelques années, il a été reconnu, après de minutieuses dissections, que l\u2019extrémité de l\u2019æsophage communiquant avec l\u2019estomac, n\u2019a pas de sphincter.Chevalier Jackson est d\u2019opinion que la partie responsable de ces troubles est l\u2019hiatus œsophagien, c\u2019est-à- dire l\u2019ouverture diaphragmatique par où passe le canal.Physiologiquement l\u2019æsophage, à l\u2019état de repos, est comprimé par le diaphragme, et devient ensuite béant lors de l\u2019arrivée du bol alimentaire.Aussi, d\u2019après cet auteur, le prétendu cardiospasme, pour les cas purement fonctionnels, n\u2019est autre chose qu\u2019un défaut de coordination du plexus de la déglutition, en ce sens que l\u2019æsophage ne s\u2019ouvre pas au moment voulu, lorsque les aliments sont à la région diaphragmatique.En réalité, il s\u2019agit plutôt d\u2019un phrénospasme.Dans certaines circonstances le spasme peut être organique, s\u2019il est dû par L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 239 exemple à une ulcération.Quelle que soit la cause de ces troubles, l\u2019observation a prouvé qu\u2019il existe toujours une dilatat'on plus ou moins considérable du tube œsophagien dans sa portion thoracique, dilatation pouvant être diffuse, et aussi appelée: méga-œsophage.Le traitement consiste à élargir, sous le contrôle de la vue, l\u2019endroit où se trouve le spasme, au moyen de ballons qui, une fois mis en place, sont dilatés avec de l\u2019air ou de l\u2019eau.Comme l\u2019introduction de ces ballons offre, la plupart du temps, de grandes difficultés, certains auteurs préfèrent se servir d\u2019instruments dilatateurs en acier.Nous croyons toutefois que ces d'latateurs rigides, maniés avec force ou imprudence, exposent l\u2019æsophage à être déchiré, et qu\u2019il peut en résulter ensuite de très graves complications.En 1910 Wendel avait préconisé, comme traitement du cardio- spasme, une incision sur la longueur totale de la sténose, comprenant toute l\u2019épaisseur du conduit œsophagien.La muqueuse étant alors ouverte, il est facile de se rendre compte des nombreux inconvénients offerts par cette méthode.Heller en 1913, s\u2019inspirant des travaux de Wendel, a décrit une opération fort ingénieuse qui a pour but, apres laparotomie, de découvrir l\u2019æsophage sur le trajet de sa portion abdominale.Ce premier temps term'né, le chirurgien refoule le diaphragme, et attire en bas le canal œsophagien généralement rétréci à la région de l\u2019hiatus, jusqu\u2019à la limite supérieure de la sténose.Il pratique ensuite une œsophagotomie partielle qui consiste à sectionner la couche fibro-musculaire sur toute la longueur du rétrécissement, sans toutefois inciser la muqueuse.Heller avait méme préconisé de faire le même débridement sur la paroi postérieure de l\u2019æsophage, après l\u2019avoir retourné.Cette intervention donne d\u2019excellents résultats contre ce genre de spasmes.Paralysie de l\u2019œsophage.\u2014 Un malade qui se plaint de ne pouvoir avaler, sans histoire antérieure de sténose progressive de l\u2019æsophage facilement contrôlable par les rayons X, et l\u2019œsophagoscope, est atteint de paralys'e de cet organe.Dans ce cas le sujet, méme en position verticale, est dans l\u2019impossibilité absolue de pouvoir déglutir une substance quelconque.Il est alors inutile de recourir à la radioscopie, et le patient doit être examiné de su\u2018te avec le tube œsopha- goscopique.Le diagnostic s'impose généralement, car tout semble normal dans l\u2019æsophage.La grande facilité de passer instrument doit faire penser à la paralysie.La plupart du temps cette affection est 540 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA d\u2019origine bulbaire.Toutefois, elle peut être périphérique, et avoir pour cause une intoxication, telle la dyphtérie, et l\u2019empoisonnement par le plomb ou le mercure.Le traitement consiste à alimenter le malade au moyen d\u2019une sonde stomacale, et à combattre, autant que possible, l\u2019étiologie.Corps étrangers.\u2014 Il est maintenant admis, par les médecins sérieux, que tous les corps étrangers de l\u2019æsophage doivent être invariablement enlevés avec l\u2019æsophagoscope, sous le contrôle de la vue, après un examen radiologique.Se servir à l\u2019aveugle de la sonde, de la boule olivaire, du crochet de Kirmisson, du panier de de Graefe, de la pince de Bond, du parapluie de Fergusson etc, dans un but de diagnostic, ou de thérapeutique dangereuse, serait faire preuve d\u2019une ignorance impardonnable à notre époque.Supposant un corps étranger dans le canal msophagien, il serait absurde de prescrire un purgatif ou un vomitif.Il faut ne pas oublier que les substances enclavées dans l\u2019œæso- phage ne sont pas toutes susceptibles d\u2019impressionner une plaque de radiographie.Toutefois, lors de l\u2019examen radioscopique, en\u2019 s\u2019aidant d\u2019une matière opaque, il est toujours possible de déceler la présence d\u2019un corps étranger, facilement contrôlable ensuite à l\u2019æso- phagoscope.Ces derniers, par ordre de fréquence, se rencontrent comme suit : pièces de monnaie, os, épingles de sûreté, dentiers, et autres objets.Leur ablation peut être faite avec ou sans anesthésie, locale ou générale, suivant les indications que nous avons données plus haut.Pendant les manœuvres endoscopiques, l\u2019opérateur doit se ménager deux espaces bien libres, pour la pince qui saisit le corps étranger à l\u2019intérieur de la paroi cesophagienne.Il faut également que le tube ne dépasse pas le corps étranger, surtout si celui-ci se trouve dans la portion cervicale de l\u2019æsophage, afin de prévenir une dyspnée par refoulement de la cavité respiratoire.S\u2019il existe un enclavement, l\u2019endoscopiste doit faire une certaine pression, avec l\u2019extrémité du tube, sur la paroi latérale de Peesophage, a l\u2019un des angles du corps étranger, et procéder ensuite à une rotation, avant l\u2019exérèse.Lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un objet relativement plat on doit tourner, avec la pince, son grand axe de manière à ce que celui-ci corresponde, lors de l\u2019ablation, au diamètre le plus large de l\u2019æsophage.Admettant un os, ou autre substance pointue, il faut ne pas oublier que pendant les manœuvres d\u2019enlèvement, la perforation de L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 541 la paroi œsophagienne, ou la déchirure de la muqueuse exposent à une infection locale, pouvant se compliquer ensuite d\u2019une médias- tinite suppurée toujours mortelle.\u2018Et enfin, l\u2019extraction des épingles de sûreté ouvertes pointe en haut dans l\u2019æsophage, demande toute la dextérité manuelle de l\u2019en- doscopiste, et une grande expérience quant au choix de la meilleure technique suivant chaque cas particulier.Sténoses de l\u2019œsophage.\u2014 Le canal œsophagien peut être rétréci par une affection qui se développe à son intérieur, ou encore par une maladie localisée directement à son voisinage.Dans ce dernier ordre d\u2019idées, nous pouvons observer des sténoses par compression, ayant pour cause: l\u2019anévrisme de l\u2019aorte, l\u2019hypertrophie considérable du cœur, l\u2019adénopathie trachéo-bronchique, les tumeurs du médiastin ou du foie, le goitre plongeant, et enfin, certaines affections de la colonne vertébrale.Sous le contrôle de l\u2019æsophagoscope, ces rétrécissements sont caractéristiques.En effet, la muqueuse conserve généralement sa couleur normale, et l\u2019æsophage repoussé de l\u2019extérieur donne l\u2019aspect d\u2019une fente excentrique semi-lunaire.La thérapeutique de ces sténoses par compression n\u2019est pas très encourageante, car si on arrive, dans certains cas particuliers, à donner un peu d\u2019amélioration, dans la majorité des autres au contraire, l\u2019endoscopiste est réduit, lorsque l\u2019æsophage est pratiquement fermé, à alimenter son malade au moyen d\u2019une sonde stomacale.Exceptionnellement la gastrostomie devient nécessaire.Les sténoses cicatricielles sont caractérisées par la formation, à l\u2019intérieur de l\u2019æsophage, d\u2019un tissu fibreux consécutif à une brûlure par un caustique, à une déchirure du conduit par de fausses ma- nœuvres thérapeutiques, au séjour prolongé d\u2019un corps étranger, à l\u2019ulcération simple de la muqueuse, à des poussées d\u2019æœsophagite répétées, et enfin, à une plaie chirurgicale.Les rétrécissements qui se manifestent à la suite de la déglutition d\u2019un liquide corrosif, peuvent être multiples, et dans ces cas le traitement devient alors beaucoup plus délicat.En principe nous pouvons dire que plus la sténose apparaît rapidement après l\u2019accident, plus le pronostic est sérieux.Après avoir suivi la thérapeutique indiquée dans notre paragraphe : œsophagite aiguë, l\u2019endoscopiste peut commencer la dilatation, sous le contrôle de la vue, deux ou trois semaines consécutives à la brûlure.Dès le début, les sondes sont passées tous les deux ou trois jours, et ensuite un peu moins souvent, d\u2019après l\u2019amélioration.Il est très important que la dilatation soit faite sous œsophagoscopie, car en 542 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA maintes circonstances la sténose est excentrique quant à la direction du canal œsophagien.Par ce traitement de bougirage, un grand nombre de malades obtiennent une guérison apparente, \u2014 puisque tout de même ils doivent continuer à se faire dilater.D\u2019autres au contraire peuvent peut-être bénéficier d\u2019une œsophagotomie interne, ou de l\u2019électrolyse.Cependant, nous devons ajouter que Chevalier Jackson est opposé à ces deux modes de traitement préparateur à la dilatation subséquente.Quant à la thiosinamine, et à la fibrolysine, les auteurs sont d\u2019opinion que l\u2019emploi de ces médicamerits, dont la propriété est de dissoudre les tissus cicatriciels, expose les malades à la perforation de l\u2019æsophage lors du passage ultérieur de sondes dilatatrices.Dans certains cas, il arrive qu\u2019une sténose devienne infranchissable, et qu\u2019en présence de phénomènes de dénutrition et d\u2019acidose, l\u2019endoscopiste soit obligé de recourir à la gastrostomie.Après cette intervention, le cathétérisme rétrograde, sous œsophagoscopie, doit être tenté.Il faut ne pas oublier en dernier lieu que tous les enfants, âgés de moins de quinze ans, qui ont dû être alimentés par une bouche stomacale, pour une sténose infranchissable de l\u2019æsophage, sont invariablement voués à la mort dans un espace de temps plus ou moins court.Les rétrécissements spasmodiques s\u2019observent généralement à la suite de la déglutition trop rapide d\u2019un bol alimentaire volumineux, d\u2019une érosion ou d\u2019une ulcération de la muqueuse œsophagienne, d\u2019un petit corps étranger retenu dans le canal, d\u2019une affection viscérale para-diaphragmatique, ou encore d\u2019un ulcère de l\u2019estomac.Chevalier Jackson a même observé un spasme de l\u2019æsophage chez un nourrisson de deux jours, qui a nécessité un examen endoscopique.Ces sténoses d\u2019abord spasmodiques intermittentes et bénignes, deviennent à la longue organiques, continues, et de plus en plus serrées.Il est facile de les diagnostiquer avec l\u2019æsophagoscope qui laisse voir une dépression infundibuliforme se terminant par une lumière concentrique très fine.Au début de l\u2019affection la muqueuse conserve sa couleur normale.Dans la suite son aspect devient pâteux, macéré, ou plus rouge, lorsqu\u2019il existe de l\u2019æsophagite chronique.Au bout d\u2019un certain temps, cette inflammation produit une dilatation de 1\u2019ceso- phage.Nous n\u2019avons pas à répéter ici ce que nous avons déjà exposé au sujet du cardio-phrénospasme, et de ces complications.Tumeurs cancéreuses de l\u2019æœsophage.\u2014 Au point de vue anatomo- pathologique, les tumeurs malignes de l\u2019æsophage sont la plupart du L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 543 temps des épithéliomas, et très exceptionnellement des sarcomes ou des endothéliomes.Sous le contrôle de l\u2019æsophagoscope, elles sont ulcéreuses, bourgeonnantes, ou sous-muqueuses.L\u2019étiologie des cancers œsophagiens est fort variée.En effet, cette affection peut s\u2019observer à la suite d\u2019irritations souvent répétées de la muqueuse, telle la déglutition de solides ou de liquides trop chauds, d\u2019anciennes sténoses, d\u2019ulcérations cicatrisées, de plaques de leucoplasie, et enfin d\u2019ceso- phagite chronique.Dans certaines circonstances le diagnostic présente quelques difficultés, et lorsqu\u2019il existe une ulcération, ou des bourgeons, l\u2019endoscopiste doit pratiquer une biopsie pour examen microscopique.Il faut aussi se rappeler que dans les sténoses par compression, la muqueuse œsophagienne est mobile, et dans le cancer du type sous-muqueux, la paroi est rigide.De plus un épithélioma ulcéré ou bourgeonnant saigne toujours au contact d\u2019un tampon.Il est très rare de trouver une dilatation de l\u2019æsophage, en complication d\u2019une tumeur cancéreuse de cet organe.Le traitement n\u2019est que palliatif, car tous les auteurs sérieux s\u2019accordent à dire que dans ces cas la mortalité est de cent pour cent.Toutefois, on expérimente le radium et la radiothérapie profonde.Lorsque le rétrécissement cancéreux est assez fort, on peut recourir au tubage de l\u2019æsophage, pour l\u2019alimentation du malade, et pratiquer en dernier lieu la gastrostomie.Complications des sténoses cesophagiennes.\u2014 Les sténoses graves de l\u2019æsophage existant déjà depuis quelque temps, ont pour effet de produire d\u2019abord une dilatation, et parfois ensuite un diverticule de cet organe.Si dans certaines circonstances cette dilatation localisée atteint un diamètre petit ou moyen, dans d\u2019autres, au contraire, elle peut devenir diffuse, en se généralisant à toute la portion de l\u2019æsophage située au-dessus du rétrécissement, et prend alors le nom de méga-œsophage.Quant aux diverticules, ils se présentent sous la forme d\u2019une hernie de la paroi œsophagienne, ayant l\u2019aspeet d\u2019une poche plus ou moins dilatée, qui descend près de ce canal.Il existe deux variétés de diverticule, à savoir celui de pulsion, observé presque toujours à la région de l\u2019hypopharynx, et celui de traction, rencontré beaucoup plus rarement à l\u2019intérieur du thorax.Cette dernière maladie, dans certains cas exceptionnels, peut être congénitale. 544 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Lorsqu\u2019un sujet avale avec difficulté depuis assez longtemps, qu\u2019il tousse, qu\u2019il a des régurgitations ou des vomissements de substances alimentaires prises depuis vingt-quatre heures, qu\u2019il ressent des gargouillements dans l\u2019æsophage lors de la déglutition, et enfin, qu\u2019il exhale par la bouche une odeur aigre particulière, on doit penser à la dilatation, et surtout au diverticule.Avant de faire l\u2019æsopha- goscopie, qui permet invariablement de reconnaître l\u2019affection, un examen aux rayons X doit être pratiqué.Le traitement consiste à dilater la sténose, et dans certains cas à laver l\u2019æsophage.L\u2019ectasie œsophagienne est définitive.Quant au diverticule localisé à la région cervicale, il est possible de l\u2019opérer avec succès.Maladies diverses non encore décrites.\u2014 Nous ne croyons pas devoir nous arrêter beaucoup pour compléter la description des maladies de l\u2019æsophage, et de leur traitement.Deux de ces affections d\u2019ailleurs se présentent plutôt sous une forme spasmodique spéciale, et les autres sont très rares.L'antipéristaltisme donne au malade l\u2019impression d\u2019aliments qui remontent de l\u2019estomac à l\u2019æsophage.Cette sensation est due à des contractions musculaires venant de ces deux organes, et quelquefois décelables à la radioscopie, après la déglutition d\u2019une substance opaque.Si la constipation semble être la cause des troubles en question, il faut alors administrer des laxatifs très légers.L?\u2019æsophagoscopie doit toujours être pratiquée dans un but de diagnostic.La boule hystérique de l\u2019æsophage est encore une autre impression nerveuse, caractérisée par la présence d\u2019un corps étranger dans la gorge.Cette sensation dépend de la contraction du muscle constricteur inférieur du pharynx.Dans maintes circonstances une lésion de l\u2019æsophage peut influencer le malade, et lui faire croire à tort qu\u2019il a une boule à la région cervicale.Comme pour l\u2019affection précédente, 11 faut toujours recourir à la radio!ogie, et surtout à l\u2019æso- phagoscopie pour éliminer une cause organique locale.L\u2019actinomycose est une maladie particulièrement rare, qui ne peut être diagnostiquée que par l\u2019entremise du microscope, après biopsie.Son aspect clinique donne l\u2019impression, à l\u2019extrémité du tube, d\u2019une lésion tuberculeuse.Si l\u2019examen anatomo-pathologique décèle la présence de petits grains jaunes caractéristiques, il faut alors prescrire, par voie interne, de l\u2019iodure de potassium.L\u2019actinomycose peut produire à la longue un rétrécissement du canal œsophagien. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 545 L\u2019herpès de l\u2019æsophage se manifeste, sous le contrôle de la vue, par de petites vésicules disséminées sur la muqueuse qui, une fois rupturées, laissent des érosions superficielles.Cette affection s\u2019observe presque toujours avec d\u2019autres manifestations herpétiques de Porganisme.Quant à son traitement, il est plutôt général que local, et la plupart du temps, ne donne que des déboires.: L\u2019agranulocy ytose de l\u2019æsophage est enfin une maladie invariablement mortelle, associée quelquefois à une lésion de même nature du pharynx.Le diagnostic de cette affection des plus rares ne peut être fait qu\u2019à la suite d\u2019un prélèvement, sous œsophagoscopie, et d\u2019un examen anatomo-pathologique.- La formule sanguine révèle toujours dans ces \u2018cas, une diminution progressive des: polynucléaires, allant parfois à leur disparition complète.So I1 faut aussi se rappeler qu\u2019un certain nombre de maladies contagieuses telles la rougeole, la scarlatine, la variole, la diphtérie, la fièvre typhoïde etc, peuvent produire des affections de la muquense cesophagienne visibles avec le tube, se terminant quelquefois par une ulcération.C : Il serait intéressant d\u2019exposer ici les lésions de l\u2019estomac, contrôlées par le gastroscope, et de leurs manifestations mécaniques ou réflexes sur le canal œsophagien.Pour ne pas nous écarter toutefois du but de ce travail, qui est de résumer, d\u2019une manière aussi concise que possible, la pathologie de l\u2019æsophage et de son traitement, nous ne.croyons pas devoir insister davantage.Et pour conclure nous répéterons: 1° Que tout sujet souffrant.de \u2019cesophage doit d\u2019abord être examiné aux rayons X, et-ensuite à Peesophagoscope, si on le juge nécessaire ; 2° Qu\u2019il y a tout de même certaines contre-indications à l\u2019æso- phagoscopie ; 3° Qu\u2019il est anti-scientifique de passer à l\u2019aveugle, dans le canal œsophagien, un instrument quelconque dans un but de diagnostic ou de thérapeutique ; 4° Qu\u2019il est possible de se servir d\u2019un œsophagoscope chez le nourrisson ; 5° Que les ulcères de l\u2019æsophage produisent presque toujours un rétrécissement ; 546 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 6° Que les tumeurs bénignes doivent être enlevées sous le contrôle de la vue; 7° Que les cancers sont incurables ; 8° Qu\u2019en présence d\u2019une lésion douteuse, il faut pratiquer une biopsie ; 9° Que certaines maladies organiques ou fonctionnelles produisent des spasmes, lesquels, à la longue, amènent un rétrécissement ; 10° Que le cardiospasme fonctionnel est un défaut de coordination musculaire pendant la déglutition, et qu\u2019en réalité il s\u2019agit d\u2019un phrénospasme ; 11° Qu\u2019en présence d\u2019un corps étranger, il ne faut jamais faire manger un malade, ou lui donner un vomitif ou un laxatif, et que son ablation doit être faite sous œsophagoscopie, le plus tôt possible ; 12° Qu\u2019à la suite, enfin, d\u2019une brûlure par un liquide corrosif, il faut immédiatement neutraliser la substance déglutie, et ne pas commencer la dilatation de la sténose consécutive avant deux à trois semaines.BIBLIOGRAPHIE WENDEL.\u2014 Zur Chirurgie des Speiserôhre, XXXIXe Congrès Allemand de Chirurgie, 1910.J.GUISEZ.\u2014 Diagnostic et traitement des rétrécissements cicatriciels de l\u2019æsophage.Rapport au Congrès de Chirurgie, Paris, oct.1912.HELLER.\u2014 Extramukäse Cardioplastik beim chronischen Cardiospasmus mit Dilatation des Oesophagus.Mitteilungen aus des Grenzgebieten der Medizin und Chirurgie, tome XXVII, p.140, 1913.CH.LENORMANT.\u2014 Le traitement opératoire du cardiospasme chronique.La Presse Médicale, 31 janv.1914.J.N.ROY.\u2014 De la nécessité de l\u2019æsophagoscopie pour le diagnostic et le traitement des affections de l\u2019æsophage.L\u2019Union Médicale du Canada, fév.1919.J.N.ROY.\u2014 Phlegmon de l\u2019œsophage incisé sous le contrôle de l\u2019æsophagos- cope.L\u2019Union Médicale du Canada, janv.1920.J.N.ROY.\u2014 Un cas d\u2019æsophagotomie externe pour corps étranger de l\u2019œso- phage.Ablation.Guérison.Revue hebdomadaire de Laryngologie, d\u2019Otologie et de Rhinologie, nov.1920.J.N.ROY.\u2014 Epingle de sûreté ouverte, pointe en haut, dans l\u2019œsophage d\u2019un nourrisson.Oesophagoscopie.Ablation.L\u2019Union Médicale du Canada, sept.1922. Or + -2 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA R.BENSAUDE et L.RIVET.\u2014 Pathologie de l\u2019æsophage.Nouveau Traité de Médecine, Roger, Widal et Teissier, Fascicule XIII, Masson et Cie, éditeurs, Paris, 1923.CHEVALIER JACKSON.\u2014 Endoscopie.Bronchoscopie, Laryngoscopie, Oeso- phagoscopie et Chirurgie du Larynx.Gaston Doin, éditeur, Paris, 1923.J.N.ROY.\u2014 Un cas d\u2019aiguille dans la région cervicale tolérée pendant cing mois.Archives Internationales de Laryngologie, Otologie, Rhinologie et Broncho-Oesophagoscopie, déc.1926.J.N.ROY.\u2014 Second cas d\u2019épingle de sûreté ouverte, pointe en haut, dans Pesophage d\u2019un nourrisson.Oesophagoscopie.Ablation.Archives Ibid, avril 1927.G.MAINGOT.\u2014 Spasme de l\u2019æsophage et radiodiagnostic.Brochure.L\u2019expansion Scientifique Française, 1930.R.SOUPAULT.\u2014 L\u2019œsophago-cardiotomie extra-muqueuse (Opération de Heller).Journal de Chirurgie, Paris, mai 1933.J.N.ROY.\u2014 Epingle de sûreté ouverte dans l\u2019estomac d\u2019un enfant.Passage par les voies naturelles.Réflexions.Les Annales d\u2019Oto-Laryngologie, sept.1923.M.LELONG et P.AIMÉ.\u2014 Les aspects radiologiques de l\u2019æsophage du nourrisson.Le Nourrisson, janv.1934.J.N.ROY.\u2014 Epingle de sûreté ouverte dans l\u2019estomac, remontant à l\u2019œso- phage.Oesophagoscopie.Ablation.Bronchoscopie, Oesophagoscopie et Gastroscopie, janv.1934.J.N.ROY.\u2014 Prothèses dentaires retirées de l\u2019œsophage avec l\u2019æsophagoscope.L\u2019Union Médicale du Canada, mars 1934.ole he {90 RECUEIL DE FAITS UN NOUVEAU CAS DE \u201cLYMPHOSARCOME DU MEDIASTIN ® Disparition rapide de la tumeur par la radiothérapie.- ro Temi 7 Tal Par Albert LeSAGE \u201c Chef de service de médecine.Louis FORTIER, Victor BRASSARD, Assistant.ST ET Interne.de l'hôpital Notre- Dame.En avril 1933, nous avons publié une observation de lymphosar- come du médiastin avec hydrothorax, suivi de mort.Le diagnostic fut confirmé par l\u2019autopsie et l\u2019examen anatomo-pathologique des pièces.Nous avions cru, à ce moment, que cette maladie est peu fréquente, malgré les deux cas que nous avions publiés en 1933, dont un par MM.Vidal et Paquette et l\u2019autre par nous-mêmes.En voici un autre, rencontré par hasard dans nos salles.Le lymphosarcome augmente-t-il de fréquence, ou est-ce pure coïncidence ?C\u2019est possible; mais le nombre en augmente._-.Observation: A.M., 53 ans, ouvrier électricien, est admis dans notre service médical pour une gêne respiratoire, avec rougeur et congestion de la face ressemblant au début d\u2019un étranglement.A.P.: Pneumopathie double, 6 ans auparavant.Habitudes: 2 repas de viande par jour.Pas d\u2019éthylisme.Fume et chique 15 livre de tabac par mois.Maladie actuelle: (1) Nous publions ce fait dans le but d\u2019éveiller l\u2019attention des médecins sur l\u2019action rapide du traitement précoce. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 549 Le malade se présente pour un tuméfaction dd la région thoracique supérieure droite, devenue apparente environ trois mois et demi avant son entrée à l\u2019hôpital.Depuis un an, il souffre d\u2019une congestion intense de la face, en se penchant, durant son travail.Il éprouve de temps à autre la sensation de porter un lourd collier.Depuis l\u2019apparition de cette tuméfaction il souffre fréquemment de dyspepsie.Sa voix devient de plus en plus rauque, bitonale, et la déglutition, indolore, est lente et laborieuse.Il accuse, en outre, une toux striduleuse, sans expectoration, et de la géne respiratoire, surtout a droite.La force musculaire a beaucoup diminué et le malade a maigri de 20 livres au cours des trois derniers mois.Examen clinique: Etat général bon.Facies vultueux, violacé.Cou: élargi à la base (proconsulaire).Gros ganglions roulant sous le doigt dans les deux fosses sus-clavicu- laires; saillie de la veine jugulaire droite.Le corps thyroïde: lobe droit augmenté de volume; lobe gauche dur.Région sus-claviculaire droite: grosse tuméfaction non adhérente à la peau, non mobilisable en profondeur, envahissant la moitié de la région cervicale antérieure droite, la région sternale, la fosse sus-épineuse droite, et s\u2019étendant jusqu\u2019à la région cervicale antérieure gauche.Creux axillaire: ganglions à droite.Thorax: voussure de la partie supérieure de l\u2019hémithorax droit, matité correspondante s\u2019étendant dans la fosse sous-claviculaire droite.Circulation veineuse collatérale.Poumons: Matité dans la fosse sus-épineuse droite avec souffle expi- ratoire bronchique à la même région.Respiration perceptib'e dans tout le poumon.Aucun rile.A gauche, rien de particulier.Cœur: rien à noter au point de vue du rythme et des bruits.Examens de laboratoire: Wassermann négatif dans le sang et le liquide céphalo-rachidien.Urée sanguine: .0 em.55 Glycémie .1 gm.16 Hématologie: gl.rouges: .4.160.000 gl.blanes: .5,000 Hémoglobine: .72% Val.glob.: .0.9 Polyn.neut.: .70% Grands mono.: .6 Lymphocytes: .15 Polyn.éosin.: .8 Urines: normales.Diagnostic: Après avoir examiné ce malade, nous avons fait le diagnostic de tumeur du médiastin, très probablement lymphosarcome, en nous guidant sur les signes constatés à l'hôpital et en nous aidant des signes constatés antérieurement sur les deux malades de notre service, dont une avec autopsie. 550 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Rapports radiologiques (17 février) : Scopie: on note une énorme tumeur qui remplit les deux tiers supérieurs de la plage pulmonaire droite.Diaphragme droit très élevé et immobile, probablement & cause d\u2019une compression du phrénique droit.Poumons: Scopie et Radio (19 février): forte tumeur ne présentant pas de battement, s\u2019étendant du sommet droit jusqu\u2019au diaphragme, pré- Avant traitement.sentant l\u2019aspect d\u2019une demi-sphère qui laisse une certaine partie du poumon libre à la base.A moter: un mouvement à peine perceptible du diaphragme.Cette tumeur voile le médiastin en latérale et en oblique. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 551 Cœur: dimension normale; à gauche et au-dessus, une bande très irrégulière où on ne trouve pas de battement, s'étendant depuis le hile jusqu\u2019à la clavicule, sans signes précis (Léonard).Nous avons immédiatement confié ce malade à M, Laquerrière, chef du laboratoire d\u2019Electro-radiologie de l\u2019hôpital Notre-Dame.Après traitement.Le 17 février, après 6 séances de radiothérapie: le volume de la tumeur thoracique a diminué de plus de moitié.Le diaphragme est un peu plus mobile qu\u2019il ne l\u2019était le 17 février (Léonard).Le 24 mars, après 23 séances de radiothérapie: l\u2019ombre médiane normale est à peine plus étendue au-dessous des clavicules, donnant l\u2019impres- 552 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA sion d\u2019un léger élargissement de l\u2019aorte bien plus que d\u2019une tumeur.Les deux poumons ont l\u2019aspect d\u2019une tramite diffuse.Le poumon droit est un peu moins transparent que le gauche (Laquerrière).Le 11 avril, après 27 séances de radiothérapie: 14 jours après cessation du traitement, 2 jours avant le départ du malade: nous constatons que la tumeur a presque disparu, avec tous les troubles fonctionnels qui l\u2019accompagnaient.(Laquerrière).Traitement : Voici quelles ont été les doses de Rayons-X appliquées aux différentes régions du thorax et du cou: Cou: AAA A 2000 IR.Sternum: .1000 R Thorax O.AD.: .8000 R \u201c 0AG.: LL 8000 R \u201c OPD.1.00eee caca ane 6000 R.\u201c OP.G.LL canne 6000 R.Soit: 31,000 R.en tout.Le malade a quitté le service en bon état.Nous avons prié de revenir fréquemment nous voir afin d\u2019observer l\u2019effet du traitement et de saisir le moindre signe de récidive au niveau du médiastin.Nous répétons ce que nous avons déjà dit auparavant: ces tumeurs malignes relèvent uniquement de la radiothérapie profonde ou de la radiumthérapie, auxquelles elles sont très sensibles, habituellement.Le résultat, ici, a été rapide et satisfaisant.Mais nous avons été surpris de constater, chez notre malade, des troubles fonctionnels aussi accusés, et nous nous demandons pourquoi le médecin est si peu empressé de confier ces malades à un radiothérapeute.Cet homme, à son entrée à l\u2019hôpital, présentait l\u2019aspeet d\u2019un individu à la période de strangulation.Sa figure était rouge, violacée ; sa respiration était gênée et son anxiété très grande.Une seule séance l\u2019a amélioré.Bientôt, la circulation a repris son cours.L\u2019anxiété a disparu, et le malade a quitté l\u2019hôpital apparemment guéri et prêt à reprendre ses occupations.Il suffit de jeter un coup d\u2019eeil sur les deux figures qui accompagnent ce texte pour se rendre compte de l\u2019action rapide et efficace de la radiothérapie dans ces cas. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 553 Y aura-t-il récidive?C\u2019est possible.Il importe de surveiller l\u2019état de son médiastin à des intervalles plus ou moins rapprochés.Si nous sommes obligés de répéter les doses trop fréquemment, il est possible que le malade, sensibilisé, ne puisse bénéficier, à une certaine époque, du seul traitement qui s'impose en pareil cas.BIBLIOGRAPHIE.VIDAL et PAQUETTE.\u2014 Un cas de lymphosarcome du médiastin.\u2014 L\u2019Union Médicale du Canada, janvier 1933.LAZEANU et BRANCOVICI.\u2014 Tumeur médiastine traitée par la radiothérapie.Les cahiers de Radiologie, supplément no 2 de la Gazette Médicale de France, 15 janvier 1932.MARQUEZY et HEROUX.\u2014 Les tumeurs du médiastin chez l\u2019enfant.\u2014 Gazette Médicale de France, 1 février 1933.LeSAGE, A., FORTIER et BOUTIN.\u2014 Lymphosarcome du médiastin.\u2014 L\u2019Union Médicale du Canada, avril 1933.\u2014\u2014\u2014\u2014ohe\u2014 CHIRURGIE DE LA DOULEUR.INJECTION \u2014 DIAGNOSTIC PARA-VERTÉBRALE.CRISES TABÉTIQUES GASTRIQUES \u2014 CANCER DU POUMON oy Par Urgel GARIEPY, F.R.C.S.(C) Chirurgien de l'Hôpital Notre-Dame.Guérir quelquefois, soulager \u2018souvent .Chaîne bilatérale parsemée de ganglions, le système sympathique s\u2019étend de la base du crâne jusqu\u2019à la face antérieure du coccyx où il se ferme en anneau, terminé par un ganglion.C\u2019est l\u2019étage profond.\u2014 Une deuxième série de ganglions sont placés au devant de la colonne vertébrale près des pédicules vasculaires (ganglions pré- vertébraux).Enfin une dernière série est localisée dans l\u2019épaisseur des viscères constituant les ganglions intra-viscéraux, intra-pariétaux ou intra-muraux.Le sympathique origine en la moelle dans le tractus inter-médio-latéral.Des fibres afférentes partent de ces masses grises intra-axiales et sortent par les racines antérieures et, après un court trajet, les quittent pour se jeter dans un ganglion sympathique \u2014 rameaux communiquants blancs ou fibres préganglion- naires qui peuvent s\u2019arrêter dans ce ganglion ou continuer leur route directement pour aller se synapser dans un ganglion pré-vertébral ou intra-mural.Les branches efférentes naissent des cellules des ganglions caténaires, elles gagnent la musculature lisse de tout l\u2019organisme, les muscles striés, les parois des vaisseaux, les culs-de-sac glandulaires.Certaines de ces fibres efférentes se portent vers les nerfs périphériques et cheminent à leur intérieur.Le segment de la branche efférente unissant le ganglion sympathique au nerf somatique forme le rameau communiquant gris ou fibre post-ganglionnaire.A la chaîne cervicale, on compte trois ganglions ; à la chaîne dorsale, douze; aux régions lombaires et sacrées, quatre ganglions en moyenne, parfois trois ganglions seulement.Au-dessus du premier L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 555 ganglion dorsal et au-dessous du deuxième ganglion lombaire il n\u2019y a pas de rameaux communiquants blancs.Les impulsions venant de la tête ou du cou doivent, pour entrer dans la moelle, descendre jusqu\u2019au premier ganglion dorsal.De même pour les régions situées au-dessous du deuxième ganglion lombaire.Des ganglions cervicaux supérieurs, moyens et inférieurs partent trois cordons nerveux qu\u2019on appelle nerfs cardiaques supérieurs, moyens et inférieurs et qui vont se jeter en avant et en arrière de la crosse de l\u2019aorte pour consti- Le (eee, ~~\" ememnveasan Weunenvanasomndes Fig.I.\u2014 Schéma de la constitution du sympathique.1.La chaine sympathique.\u2014 2.Un nerf rachidien.\u2014 3.Une fibre préganglion- naire gagnant le deuxième ganglion sympathique sous-jacent (entre le nerf rachidien et le premier ganglion sympathique elle forme le rameau communicant blanc).\u2014 4.Une fibre préganglionnaire gagnant le premier ganglion sympathique sous-jacent.\u2014 5.Une fibre post-ganglion- naire (elle forme le rameau communicant gris en gagnant le nerf rachidien).\u2014 6.Une fibre post-ganglionnaire gagnant les ganglions pré- vertébraux après avoir cheminé un certain temps dans la chaîne sympathique, elle ne se détache qu\u2019au niveau du deuxième ganglion de la chaîne.\u20147.Une fibre préganglionnaire.\u2014 8.Une fibre préganglionnaire gagnant les ganglions prévertébraux.\u2014 9.Une fibre post-ganglionnaire gagnant directement les ganglions prévertébraux.\u2014 10.Un des ganglions prévertébraux. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Or Cr C3 tuer avec les nerfs cardiaques para-sympathiques les plexus cardio- aortiques antérieur et postérieur.L\u2019influx nerveux engendré dans ces plexus, s\u2019il prend le chemin des nerfs cardiaques sympathiques, devra, pour pénétrer dans la moelle, remonter jusqu\u2019à la chaîne d\u2019où il redescendra au niveau du premier ganglion dorsal où, là seulement, il trouvera les rameaux communiquants blancs qui le transmettront à la moelle.Du plexus cardio-aortique postérieur se détachent des ramures qui s\u2019en vont frapper les cinq premiers ganglions thoraciques gauches.On n\u2019en trouve pas la réplique à droite.Fig.I Les branches efférentes qui vont aux poumons se détachent des 3e, 4e et 5e ganglions dorsaux et mêlées aux filets du pneumogastrique s\u2019en iront à destination en suivant les branches artérielles.Au-dessous de ce niveau, les impulsions gagnent les splanchniques originant par des branches venant des e-8e-92 et souvent 10e ganglions thoraciques.Ces branches se dirigent obliquement vers la colonne vertébrale pour se réunir et former le corps du grand splanchniquz au devant de la 11e vertèbre dorsale.De là il passe par l\u2019anneau interne du diaphragme et va s\u2019implanter, après un court trajet intra- abdominal, à l\u2019angle supéro-externe du ganglion semi-lunaire correspondant.Le petit splanchnique est constitué par des rameaux qui émanent du 102 et 1le ganglion thoraciques et passant dans l\u2019anneau interne du diaphragme, se divise en trois branches dont la supérieure va s\u2019enraciner à la face postéro-externe du ganglion semi- lunaire, la moyenne vogue vers le ganglion aortico-mésentérique supérieur et l\u2019inférieure au ganglion aortico-rénal.Il se fusionne souvent avec le grand splanchnique avant sa traversée diaphragmatique.En ce cas, le splanchnique inférieur né du 12e ganglion dorsal est plus développé et se rend toujours, après avoir franchi l\u2019orifice externe du diaphragme au plexus rénal.Le paquet nerveux du bras est en relation avec le sympathique par les rameaux communiquants gris s\u2019étendant du premier ganglion dorsal jusqu\u2019au 5e et parfois Ge ganglion thoracique.(White) Mais les rameaux principaux, ne manquant jamais s'élèvent du premier et du 2e ganglions dorsaux et quelquefois du 3e.On voit, par ces quelques données anatomiques, l\u2019immensité du champ douloureux que nous avons décrit, en partie, dans un pré- cédent article.Mais, par contre, d\u2019après la plupart des auteurs ou expérimentateurs, le système para-sympathique ne véhicule pas de fibres de la sensibilité, fait démontré par sa section ou son injection directe à la novocaïne durant une attaque d\u2019angor pectoris et ceci, L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 557 sans effet aucun, au cours d\u2019une sympathectomie cervicale.Les notions ci-dessus étaient indispensables, je crois, à la démonstration que je veux faire de la possibilité d\u2019interrompre l\u2019are réflexe sympathique par les injections para-vertébrales de néocaïne dans l\u2019évolution de crises ou de processus douloureux : ler Cas: Thomas C., 41 ans, agent de taxis, admis à l\u2019hôpital Notre- Dame en mars et août 1933.Dyspnée d\u2019effort à la marche ou à la montée des escaliers, douleurs précordiales s\u2019irradiant à l\u2019épaule gauche, au bras gauche dans tout le territoire du cubital.Syphilitique.Wassermann ++-++ ++-+-+: Inégalité pupillaire peu marquée.Pas d\u2019Argyll-Robert- son.Adénite sus-claviculaire gauche.\u2014 Cœur: rythme régulier, pointe un peu déviée en dehors de la ligne mamelonnaire.Au foyer aortique: souffle diastolique.Poumons: submatité au sommet gauche.\u2014 Membres: Réflexes rotuliens, normaux; plantaires et achilléens, abolis.Ponction lombaire négative.\u2014 Traitement: Bismuth-métal, Cyanure Hg, Pyramidon, Codéïne, Physiothérapie.Amélioration.A son deuxième stage: radiothérapie et opiacés.Effets nuls.Deux radioscopies et radiographies ont montré une masse comprise entre le sternum et le rachis et embrassant la totalité du 1/3 supérieur du poumon gauche.La conclusion radiologique: épithélioma du poumon.Une biopsie du ganglion sus-claviculaire ne renseigne pas.Dans l'histoire ci-dessus, nous avons un cancer du poumon dont l\u2019expansion a englobé des fibres sympathiques et vagales et les douleurs ressenties par ce malade, lui causent des lancinements atroces simulant, au début, une angine de poitrine; crises paroxystiques dont le mécanisme est le suivant: Du poumon le stimulus douloureux est projeté le long des ramures sympathiques allant aux 3e-4e et 5e ganglions thoraciques.De là il suit les ramifications tendues entre les ler-2e-3e-4e et 5e ganglions dorsaux et le plexus cardio-aortique postérieur, lequel plexus, excité, impressionne le cœur dont les sensations douloureuses sont rapportées par voie des nerfs cardiaques aboutissant à la chaîne ganglionnaire.Le circuit est alors fermé.C\u2019est un réflexe d\u2019axone qui, ici, entre en scène.Appelé par le Dr Henri Gélinas, le 22 août 1933, nous examinons ce malade et décidons de lui faire une section physiologique dans le domaine de l\u2019étoilé, des 2e et 3e ganglions thoraciques, pour déterminer la participation du sympathique au processus douloureux.25 août 1933.\u2014 Bloquage à la néocaïne du ganglion étoilé, des 2e et 3e ganglions dorsaux gauches.Technique Labat-White.Trois aiguilles 80/8 sont mises en place au contact de la chaîne.Nous injectons d\u2019abord 2cc de néocaine 4 29% dans chaque aiguille et nous attendons l\u2019anesthésie des 558 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA zones intercostales correspondantes.Après dix minutes, insensibilité complete.A ce moment se déclanche une crise intense de choc: Pouls petit et filant, teinte blafarde de la face, crispation des traits, constriction thoracique pré-cordiale.Le nitrite d\u2019amyle et les stimulants généraux sont à l\u2019œuvre et tout rentre dans l\u2019ordre sans autre incident.Nous expliquons cette crise par le choc pleural.Nous savons tous que la plèvre est, de toutes les séreuses, celle qui réagit le plus violemment au contact des médicaments, instruments (morts subites) ete.Ici, il ne fallait pas s\u2019émouvoir mais attendre patiemment que l'orage se calme.Et il en fut ainsi.Le 28, la sensibilité tactile semble reparaître dans les métamères anesthésiés.Le 5 septembre, la douleur revient moins forte dans l\u2019épaule mais aussi forte qu\u2019avant le bloquage dans l\u2019avant-bras et la main.Evolution.\u2014 Les résultats de l\u2019injection para-vertébrale furent réellement merveilleux.Le même jour, le bras et l\u2019avant-bras sont de beaucoup plus chauds que le droit.11 y a hyperthermie évidente.Le 26, bande d\u2019anesthésie dorsale et pectorale répondant aux ganglions injectés.Anes- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 559 thésie du creux de l\u2019aisselle.Bande d\u2019anesthésie encadrant la face interne du bras, de l\u2019avant-bras et la zône cubitale de la main et des doigts gauches.Cette anesthésie apparaît sur la figure ci-contre (fig.2), en partie seulement, car la fatigue a empêché le patient de tenir son bras en abduction élevée.Commentaires: Il ne pouvait être, dans ce cas, question d\u2019intervention puisque le cancer du poumon reste inopérable.Mais rien ne nous arrêtait de rechercher les voies de la douleur et de départager en même temps ou l\u2019action ou la contribution du sympathique à cette algie.L\u2019injection para-vertébrale a supprimé entièrement la sensibilité sympathico-somatique dans les zones infiltrées et comme nous sommes intervenu au voisinage direct du sympathique, nous pouvons conclure que la douleur était bien sympathique d\u2019origine.C.Q.F.D.Devant la crise déchaînée chez notre sujet, nous n\u2019avons pas osé injecter d\u2019alcool.Nous étions alors novice et nous croyons avoir tort.Si nous avons pu apporter un soulagement certifié durant une dizaine de jours, l\u2019alcool aurait parfait l\u2019injection-diagnostic et aurait déterminé un processus de sclérose péri-ganglionnaire où auraient été enserrés les rameaux communiquants, amenant la sédation définitive des douleurs excruciantes de ce malade, insomnique avéré et saturé de morphine.Durant les dix jours d\u2019anesthésie segmen- taire, consécutive à la néocaïnisation, ce patient n\u2019eut absolument pas besoin de morphine ou de narcotiques, preuve concluante que les champs douloureux avaient été inhibés ou sectionnés physiologiquement.Ce cancéreux est mort, en octobre 1933, de la progression de son état tumoral et dans des souffrances affreuses, m\u2019a-t-on raconté.a Deuxième cas: a trait à une syphilitique confirmée dont la maladie est attestée par un Wassermann et un liquide céphalo-rachidien fortement positifs.À fait trois séjours à l\u2019hôpital Notre-Dame depuis 1932.Troubles digestifs depuis huit ans, coïncidant parfois avec les périodes menstruelles.Crises continuelles avec accalmies de deux à trois jours où elle n\u2019est embarrassée que par des éructations gazeuses et des régurgitations acides.Durant ces crises, intolérance complète, même pour l\u2019eau.Vomissements jour et nuit.incessants, verdâtres, sans matières alimentaires et sans horaire fixe.Douleurs et crampes épigastriques s\u2019irradiant en ceinture, à gauche jusque dans le dos, un peu atténuées en décubitus latéral gauche.Scapulalgie gauche.Amaigrissement de 102 livres en huit ans.Transpirations profuses.Abolition des réflexes tendineux et pupillaires.Réflexes cutanés moyens et inférieurs: vifs.\u2014 Traitement: Cyanure Hg, Benzènes, Acécoline, Radiothérapie, Atropine, Sérums glucosé et salé.Depuis sa dernière entrée, en décembre 1933.les épigastralgies et les vomissements ont redoublé d\u2019intensité et de durée.Fortes douleurs dans l\u2019épaule gauche.Hyperesthésie 3 cutanée des métamères 7 à 11, et, en sus, on lui découvre un épithélioma 560 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA inopérable du col utérin, avec envahissement du vagin.Cette femme est d\u2019une maigreur squelettique.Convoqué par le docteur Louis Fortier, nous la suivons régulièrement et durant une crise effroyable qu\u2019elle fait le 16 mars 1934, vers 4 heures p.m., nous emportons la décision et elle accepte l\u2019épreuve que nous lui proposons.À 7.30 heures p.m.Bloquage du grand splanchnique gauche.Des aiguilles 80/8 sont insérées au voisinage des 7e-8e-9e-10e et 1le ganglions thoraciques gauches.2c.c.de néocaïne à 2% dans chaque aiguille.Epigas- tralgie s\u2019évanouit au bout de dix minutes.Zones d\u2019anesthésie métamérique correspondante incomplète.Immédiatement après les injections, fortes nausées dues à la résorption et au choc pleural.Pas de collapsus.La malade se plaint d\u2019une vive douleur dans l\u2019épaule gauche.Evolution.\u2014 Vers minuit, un vomissement.Durant 52 heures, aucun rejet stomacal, aucune nausée.Anesthésie presque totale des dermatomes cutanéo-nerveux injectés.Du 22 au 24 mars, soit cinq jours après les injections para-vertébrales, légères épigastralgies sans nausées ni vomisse- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 561 ments avec longues rémissions.2 avril.\u2014 Depuis trois jours, douleurs presque continues au creux épigastrique.16 avril: douleurs rétro-xypho- sternales, en broche, amenant des cardialgies avec nausées sans vomissements.23 avril: même caractère des douleurs avec scapulalgie et s\u2019irra- 3 diant dans le bras gauche.24 avril: crise à forme hyperdouloureuse, entièrement superposable aux crises antérieures au bloquage para-vertébral.« Les traitements variés.ci-haut mentionnés, administrés à cette hypersensitive (benzènes, cyanure Hg, acécoline, radiothérapie, sérums salin et glucosés ainsi que l\u2019atropine) ont fait lamentablement faillite.L\u2019atropine était donnée en vue d\u2019inhiber le vague et l\u2019on connaît sa grande affinité pour ce médicament.Commentaires: Trois nerfs contribuent parfois, à l\u2019exclusion les uns des autres ou ensemble, à déchaîner les crises gastriques tabétiques : le principal est le splanchnique et les autres nerfs sympathiques: les deux autres sont formés par le pneumogastrique et accessoirement par le phrénique.La forme la plus commune serait celle résultant de l\u2019excitation du sympathique, c\u2019est la crise classique caractérisée par des viscéralgies comme symptôme principal et des hyperesthésies qui, tantôt strictement localisées aux dermatomes dorsaux D?-DP°, diffusent d\u2019autres fois sur tout le thorax.Dans une seconde forme, dont l\u2019irritation du pneumogastrique serait responsable, la nausée formerait le signe primordial lorsque les viscéralgies ne seraient jamais très considérables et que les hyperesthésies cutanées feraient régulièrement défaut.La troisième forme enfin: elle aussi, caractérisée par des nausées, se différencierait des autres crises vagales par une douleur scapulaire très intense et une hyperesthésie uniquement cervicale correspondant aux segments C*-C°.Le phrénique serait responsable de cette forme.(R.Fontaine).Dans l\u2019exemple pathologique ci-contre, la syphilis a profondément touché le système nerveux et des éclairs fulgurants zèbrent les multiples voles de la douleur, réalisant un orage nerveux dont les secousses successives réduisent la malade à un état pitoyable de loque humaine.Cordons postérieurs de la moelle, masses grises intra- axiales, rameaux communiquants, ganglions caténaires, splanchnique, noyau sympathique péri-mésentérique supérieur et estomac d\u2019un côté : pneumogastrique abdominal et phrénique d\u2019autre part.Le cycle est bouclé et l\u2019ouragan promène ses vagues douloureuses dans le réseau nerveux jusqu\u2019à ce que la patiente soit à quia.Devant l\u2019inanité absolue da la thérapeutique mise en mouvement, on ne peut rester impassible.Et comment ramener l\u2019espérance \u2014 cet élixir divin \u2014 au cœur de malheureux qui supplient farouchement la Camarde de les faucher sans rémission pour couper court à leurs tortures? L\u2019UNION MÉDICALE DUT CANADA C\u2019est ici que doit entrer en lice l\u2019injection-diagnostic para-verté- brale: mais il faut en analyser l\u2019action et les effets et il nous faut serrer le problème d\u2019un peu plus près sans nous satisfaire seulement du sourire béat d\u2019une malade qui ne hurle plus.Il semblerait, prima facie que nous envisageons une forme mixte puisque le sympathique, le para-sympathique et le phrénique ont tous l\u2019air de réagir.Or, pour s\u2019y retrouver, nous devons fouiller la question davantage et décomposer les résultats de l\u2019injection-diagnostie.Le phrénique n\u2019a pas été influencé, vu la continuation de la scapulalgie et surtout par son isolement, fréquemment établi, dans un repli médiastinal qui lui forme méso et le soustrairait à l\u2019action réfrénante de l\u2019injection.Les nerfs dorsaux ont été partiellement baignés par le fluide analgésique ne donnant qu\u2019une anesthésie incomplète de la paroi costale.Quant au tronc du pneumogastrique, à gauche, il est, au niveau concerné, placé en avant de l\u2019œsophage et il est problématique que la solution néocaïnique l\u2019ait atteint de par sa projection anatomique.Seule donc demeure, témoin sournois pathologique, la voie sympathique que nous avons interrompue et dont le courant a été figé sur place.La douleur existait avant le bloquage que nous dénommons injection-diag- nostic et après celle-ci, durant 52 heures, les souffrances térébrantes ne récidivent pas et en plus, pendant trois semaines, il y a de longs silences.Il y a, par conséquent, relation de cause a effet et nous déduisons que infiltration prénée a toute la force d\u2019une épreuve expérimentale.Nous avions tâté le terrain et la réponse affirmative nous autorisait à proposer la conclusion logique, à savoir, la résection du splanchnique gauche ou l\u2019alcoolisation.Mais la résection était hors d\u2019ordre vis-à-vis d\u2019une patiente émaciée et tarée d\u2019un cancer inextirpable et qui n\u2019eut pas supporté le choc opératoire.Alors la sclérose éthylique?Nous avons laissé la décision entre les mains de l\u2019intéressée.Toutefois, comme durant les trois semaines post-injectionnelles et malgré la reprise cependant beaucoup moins fréquente des assauts, elle était quand même fortement améliorée, elle tergiversait et préférait différer.Nous en étions là, quand la patiente, dans une de ses sautes d\u2019humeur coutumières, brusqua la situation en quittant l\u2019hôpital et sans nous avertir assurément.Occasion manquée.RESUME \u2014 Dans les deux cas sus-rapportés, devant les douleurs hallucinantes accusées par ces deux sujets, nous avons voulu expérimenter sur les voies douloureuses et nous avons pleinement réussi à arrêter, durant un certain nombre de jours, le cours des stimulations algofères jusqu\u2019alors sub-intrantes et le succès a couronné nos L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 563 tentatives.Nous ne nous proposions pas une cure ou une intervention définitives.Nous voulions seulement fixer la genése des perturbations nerveuses, sonder l\u2019élasticité de la formule thérapeutique en cause et nous avons assis, pensons-nous, une équation solidement probante: la possibilité de situer la douleur, d\u2019en démontrer la nature et la qualité, de préciser sa circulation et la façon de la freiner.Par cet exposé, nécessairement long, nous croyons avoir rectifié péremptoirement que, tout semblant perdu en apparence, il reste encore un moyen précieux et efficace de soulager ceux qui souffrent avec désespérance et c\u2019est l\u2019injection para-vertébrale de néocaïne et alcool ou néocaïnisation et opération quand elle est indiquée et possible.ENVOI.Qu\u2019il nous soit permis, vu l\u2019occasion opportune, de rendre un hommage public à deux hommes qui ont eu une grande influence dans Porientation et l\u2019exécution de nos travaux.D\u2019abord, le docteur James C.White de Boston.Il a été notre initiateur et, lors de deux de nos séjours au Massachusetts General Hospital il ne nous a jamais ménagé les explications, les démonstrations, les avis, les renseignements de vive voix et par correspondance ensuite.Il s\u2019est montré, à notre égard, d\u2019une bienveillance inépuisable et nous a ouvert, toutes grandes, les sources de la science qu\u2019il a tirée de l\u2019enfer des algies.A nos questions nombreuses il a toujours été d\u2019une patience et d\u2019une générosité inlassables et nous le prions de croire à une reconnaissance inaltérable de notre part.Vient ensuite le docteur L.N.Delorme, professeur titulaire d\u2019Anatomie et de dissection à l\u2019Université de Montréal, que nous avons mis souvent à contribution durant plusieurs années et dont l\u2019amabilité, toute paternelle pour nous, ne s\u2019est jamais démentie.Il nous a toujours procuré toutes les facilités de pouvoir pratiquer, sur le cadavre, les manœuvres difficiles que comporte l\u2019injection que nous voulons mettre en vedette et il a, sans relâche, mis à notre disposition et sa science anatomique si étendue et ses moyens de laboratoire.Sans lui, nous n\u2019aurions certainement pas pu mener à bonne fin l\u2019œuvre qui nous était chère et notre technique aurait dû alors s\u2019essayer au grand dam des malades et serait toujours restée schématique et imprécise.Il a été pour nous d\u2019une obligeance incomparable et il nous à sans cesse accommodé de façon que nous puissions travailler dans le calme et la tranquillité inhérents au labeur fructueux et fécond.Qu\u2019il nous soit donc loisible de lui dire, ici, toute notre gratitude et de l\u2019assurer que nous garderons, à jamais présents à notre mémoire, les inappréciables services qu\u2019il nous a rendus. SPHYGMOMANOMÉTRIE RETINIENNE Par C.-T.MATHIEU, Hôpital Saint-Luc.Grâce à un savant maître français, le docteur Bailliart, l\u2019exploration du pouls rétinien ajoute un très brillant chapitre à la clinique ophtalmologique.Il est aujourd\u2019hui possible de découvrir l\u2019hypertension intra- cranienne, quand elle se manifeste seulement par des signes moins nets, tels que céphalée rebelle, obnubilations visuelles, etc.Nous pouvons donc, par cette méthode, diagnostiquer la dissociation des pressions artérielles encéphaliques et générales.Nous savons que cette dissociation peut exister.Notre système vasculaire n\u2019est pas simplement un ensemble de tubes élastiques, nos vaisseaux peuvent se dilater ou se contracter par l\u2019action des vaso-moteurs ; il en résulte que chaque territoire possède une certaine autonomie cireu- latoire, du fait de laquelle la rapidité et la pression du courant sanguin dans un organe déterminé peuvent différer, dans une certaine mesure, de la rapidité et de la pression du sang dans le reste de l\u2019arbre vasculaire.Instruments nécessaires à l\u2019examen A\u2014 Un tonomètre, destiné à mesurer la tension intraoculaire.B\u2014Un ophtalmodynamomeétre de Bailliart, pour mesurer la pression exercée sur l\u2019œil.C\u2014Un ophtalmoscope électrique.Chez un sujet normal, lorsque nous examinons le fond de l\u2019œil, nous ne voyons aucune pulsation dans les artères ; ceci est dû à ce que la pression intraoculaire est inférieure à la minima artérielle.Cette pression intraoculaire peut varier entre 16 à 24 dans un œil normal.Pendant que nous examinons la papille a l\u2019ophtalmoscope, si nous exercons une pression sur le globe avec le dynamomètre de Bailliart, la pression intraoculaire s\u2019élèvera graduellement jusqu\u2019à ce qu\u2019elle devienne supérieure à la pression diastolique \u2014 qui est de 40mm x Hg.\u2014 et inférieure a la systolique \u2014 qui est de 70mm Hg. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 565 Nous verrons alors les artères papillaires se vider pendant la diastole et se remplir pendant la systole: ce sera le pouls rétinien.Si cette pression est assez forte pour élever la pression intra- oculaire au-dessus de la systolique artérielle, les battements disparaîtront; si nous diminuons lentement la pression nous \u2018verrons de nouveau apparaître les pulsations.Nous noterons donc, au dynamomètre, deux chiffres: le premier à l\u2019apparition et le second a la disparition des pulsations.Supposons maintenant que chez un sujet avec une T.O.(tension oculaire) de 30mm de Hg.il ait été nécessaire de faire une pression de 30 grammes pour produire l\u2019apparition du battement, la tension minima rétinienne sera de 50mm Hg.Bailliart a établi ces résultats expérimentalement sur l\u2019œil du chat à l\u2019intérieur duquel il avait introduit l\u2019aiguille d\u2019un manomètre ; une pression de 30 gr.sur un œil de tension de 30 mm Hg.amenait cette tension intraoculaire à 50 mm Hg.ou tension minima.D\u2019après le même raisonnement, s\u2019il a été nécessaire de faire une pression de 80 gr.pour faire disparaître les battements, nous dirons que la valeur de la pression rétinienne maxima est de 100mm Hg.Normalement, ces chiffres de pression artérielle rétinienne sont proportionnels à ceux de la pression humérale, comme 0.45 est à 1.En chiffres ronds, disons 0.50 à 1, c\u2019est-à-dire que chez un patient avec une pression humérale de 80 minima nous devrions avoir 40 comme pression diastolique rétinienne.Dans le service de l\u2019hôpital Tenon, a Paris, nous la considérions comme normale entre 40 et \"0.Ces chiffres sont ceux adoptés par l\u2019auteur lui-même.L\u2019hypertension artérielle rétinienne se manifeste souvent par des troubles visuels passagers auxquels ni le médecin ni le malade n\u2019attachent d\u2019importance.I s\u2019agit le plus souvent d\u2019obscurcissements passagers de la vision, de perception de points noirs mobiles, ou de raies de feu à la périphérie du champ vasuel.La céphalée ne tarde pas à apparaître et devient tenace.Ces accidents, souvent qualifiés de nerveux, sont maintes fois les premiers signes révélateurs d\u2019une hypertension qui ne s\u2019est pas encore manifestée en d\u2019autres organes.C\u2019est seulement quand la répétition de ces phénomènes ou leur intensité inaccoutumée dirige les malades à la consultation de Poculiste que ces symptômes acquièrent toute leur valeur et conduisent au diagnostic de Phypertension artérielle rétinienne. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Nous savons, aujourd\u2019hui, que cette hypertension rétinienne accompagne à peu près toujours l\u2019hypertension cranienne, quelle que soit la cause qui la produise.Elle est considérée comme une réaction défensive des centres vaso-moteurs contre l\u2019anémie cérébrale que produit l\u2019augmentation de la tension intracranienne.Evidemment, la tension dans les vaisseaux sanguins intracraniens doit augmenter dans une certaine mesure pour lutter contre l\u2019écrasement qui rendrait difficile la circulation encéphalique.Les causes les plus fréquentes de l'hypertension crantenne sont, par ordre de fréquence, les tumeurs, les kystes et les abcès du cerveau.Elle se rencontre également dans la méningite séreuse chronique d\u2019origine spécifique.Dans les tumeurs encéphaliques, lorsque nous avons les grands symptômes classiques, tels que stase papillaire, paralysie des muscles moteurs de l\u2019æil, des hémiplégies avec leurs troubles moteurs et sensitifs, on peut arriver à faire un diagnostic de néo-formation intracranienne sans l\u2019aide de la pression rétinienne.La technique de Bailliart est surtout très intéressante chez une catégorie de malades dont voici deux observations qui feront mieux comprendre le rôle que peut jouer la pression rétinienne : Obs.I.\u2014 Parmi les nombreux cas de l\u2019hôpital Tenon, à Paris, que nous avons observés, nous tenons à rapporter l\u2019histoire de ce jeune homme de 23 ans, qui, sans antécédents intéressants, était venu à la consultation pour une céphalée intense qui durait depuis 18 jours.Après avoir fait le tour des différents services, il vient nous consulter pour ses yeux.Aucun signe général à part un léger état nauséeux.Pas de troubles visuels, si ce n\u2019est quelques points noirs.Aucun signe ophtal- moscopique.La tension artérielle générale est normale ainsi que la tension intraoculaire.Cependant la pression rétinienne donne des chiffres extraordinairement augmentés.Nous trouvons 70 pour la minima et 130 pour la maxima.Nous proposons une sous-occipitale, sans manomètre; le liquide céphalo- rachidien sort en jet, il est transparent et, à l\u2019analyse, normal.Mais, fait très intéressant, les céphalées cessent instantanément, la pression rétinienne redevient normale.J\u2019ai revu ce jeune homme tous les mois pendant six (6) mois au = dispensaire et il continua à se bien porter.Obs.II.\u2014 Au mois de juillet dernier, un médecin de campagne vient me voir avec une parente.Femme de 36 ans, rien à noter dans ses antécédents.Tout son trouble se résume à une céphalée tenace depuis trois semaines et quelques \u201cmouches volantes\u201d.Ce cas est identique au premier. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 567 Ayant été examiné au point de vue génito-urinaire, digestif et cardio- vasculaire, on ne trouve rien d\u2019anormal.Pression humérale 80-120.Tension 20-22, fond de l\u2019œil, vision 10 /10.Ici, encore, c\u2019est la sphygmomanométrie rétinienne qui nous renseigne tandis que tout le reste fut négatif.) Œil droit Pres.D.68 Pres.S.142\u2014 Œil gauche Pres.D.72 Pres.S.148\u2014 Nous avions donc devant nous une hypertendue cranienne.Nous faisons une sous-occipitale; deux jours après, la tension est normale et les maux de tête sont disparus.La patiente se porte toujours bien, dit son médecin.Ces cas que, faute d\u2019une meilleure classification, on pourrait rattacher à l\u2019hydrocéphalie aiguë, ont une grande analogie avec l\u2019attaque de glaucome qui apparaît soudainement dans des yeux sains en apparence, et que l\u2019iridectomie guérit en normalisant la tension oculaire sans que nous sachions pourquoi, comme la ponction lombaire ou la sous-occipitale normalisent la pression intracranienne.Ces \u201c\u201cglaucomes cérébraux\u201d \u2014 qu\u2019on me pardonne l\u2019expression \u2014 mis en évidence par la sphygmomanométrie rétinienne, ne seraient pas si rares qu\u2019ils paraissent, si cette exploitation était pratiquée plus souvent dans ces nombreuses céphalées de causes inconnues et que l\u2019on rapporte si facilement à l\u2019hystérie ou à la neurasthénie.PY LAC) CONTRIBUTION DE LA RADIOLOGIE DANS LE DIAGNOSTIC DES PERFORATIONS DU TUBE DIGESTIF\u201c Par Paul BRODEUR, Certificat d'Electroradiologie (Université de Paris) assistant au service de radiologie de l'Hôpital Notre-Dame.\u201cLes péritonites compliquant les perforations gastriques et \u201cduodénales par ulcères (écrit H.Mondor dans son livre Diagnostics \u201curgents de l\u2019abdomen) représentent à l\u2019heure actuelle, ne cédant le \u201cpas qu\u2019à l\u2019appendicite, la seconde des raisons de chirurgie abdominale \u201cd\u2019urgence.\u201d C\u2019est bien\u2019 d\u2019ailleurs ce que confirment les statistiques publiées tant en Europe qu\u2019aux Etats-Unis: à la clinique Mayo, sur un nombre global de 778 interventions chirurgicales pour ulcères du duodénum, l\u2019on compte 216 perforations, soit 28%.En Angleterre, une étude de 500 autopsies faites à l\u2019infirmerie de Leads en 1929, accuse 296 cas de mort par ulcère gastrique ou duodénal, avec 232 morts à la suite de perforation aiguë.C\u2019est de ces perforations et de l\u2019apport des rayons X dans leur diagnostic dont je veux vous entretenir ce soir.La symptomatologie des perforations se résume en une triade classique : a) douleur soudaine, atroce, en coup de poignard, siégeant à l\u2019épigastre ; b) contracture rigide de toute la paroi abdominale ; ce) antécédents gastriques.Il faut ajouter, à ces symptômes essentiels, les symptômes que Mondor appelle accessoires: vomissements, hématémèse, arrêt des matières et des gaz, sensibil'té de la paroi à la palpation, sonorité préhépatique, ete, etc.Pourquoi l\u2019examen radiologique si la symptomatologie clinique est si claire?\u2014 Précisément, c\u2019est qu\u2019il existe des ulcères gastriques (1) Communication faite à la Société Scientifique d\u2019Alimentation et de Ga tro-entérol!ogie, le 25 avril 1934. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 569 perforés en silence, des cas obscurs même pour un chirurgien entraîné à ces diagnostics urgents et que l\u2019adjonction de l\u2019exploration radiologique permettra de trancher la question.De ces perforations silencieuses, plusieurs auteurs en ont rapporté de multiples exemples: M.Grégoire, un des premiers en France, a présenté à la Société de Chirurgie une radiographie remarquable d\u2019un ulcère gastrique \u201cperforé en silence\u201d.L.Talamo, dans \u201cRadiologica Medica\u201d, octobre 1931\u201d rapporté dans l\u2019American Journal of Roentgenology, dit \u201cIn addition to cases of acute perforation of the duodenum with violent clinical signs, there are subacute cases in which the patients complain only of vague and inconstant disturbances, sometimes with the picture of ulcer, sometimes that of cholecystitis.Often the physician does not suspect perforation at all.Sometimes there is no pain but only a feeling of weight in the epigastrium\u201d.~ = : TN ~, ~\u2014\u2014 / ~~ NX 7% YAN 7 PNEUMO fo E UI Croissant sous-phrénique droit.A gauche, on sépare aisément la clarté gastrique et colique de la bandelette qui les surmonte.(Schéma extrait de la communication de MM.Mondor et Porcher sur \u201cLa Radiologie des péritonites par perforation\u201d, Journal de Chirurgie, jan.1933, p.24).Asti Luigi Maria, dans \u201cRadiologica Medica\u201d, octobre 1931, rapporte deux perforations de l\u2019estomac avec symptômes cliniques d\u2019ileus plutôt que de perforation et matité hépatique conservée.Cottle et Spalding, en un an de séjour parmi les marins de la floite de guerre américaine, ont posé huit fois le diagnostic d\u2019ulcère perforé grâce aux Rayons X et tous ces marins furent opérés sur le navire-hôpital avant la dixième heure, alors que la sonorité pré- hépatique n\u2019avait pas encore fait son apparition.Todd a pu écrire que la radiologie était aussi importante dans les traumatismes abdominaux que dans la recherche des fractures: puisque le signe radiologique de pneumo-péritoine pouvait être obtenu bien avant les signes 570 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA cliniques.Waughan et Singer ont pu, par l\u2019examen radiologique, trancher le diagnostic entre une hernie épigastrique étranglée et une perforation d\u2019ulcère.La radiologie ne doit plus être considérée par le clinicien comme une rivale dangereuse, elle est au contraire sa meilleure et plus fidèle compagne.Le chirurgien possède le sens de l\u2019ouïe et du toucher son compagnon éclairé par les Rayons X, voit l\u2019image des organes internes.L\u2019examen radiologique d\u2019un malade atteint de péritonite par perforation peut être terminé en quelques minutes; il ne comporte aucune préparation spéciale et sa technique est toute simple.Le malade est placé sur une table radiologique d\u2019abord en décubitus dorsal; un coup d\u2019écran nous renseigne premièrement sur la mobilité des diaphragmes et sur leur ascension éventuelle, deuxièmement sur l\u2019existence et la topographie des taches gazeuses abdominales.Dans un second temps on bascule la table et l\u2019on amène le malade dans une position verticale ou voisine de la verticale; on prend un cliché dans cette attitude.Le malade est ramené en position horizontale, puis installé en décubitus latéral gauche pour radioscopie et radiographie complémentaires, si l\u2019examen en position verticale est négatif ou même simplement douteux.Le signe capital est la présence de gaz libre dans l\u2019espace sous- diaphragmatique.Un autre signe radiologique important est la cinématique des diaphragmes.S\u2019il y a pneumo-péritoine, on voit se détacher au-dessous des deux coupoles diaphragmatiques à droite un croissant gazeux, à gauche une image claire dont le sommet présente une courbe régulière et dont la partie basse se confond plus ou moins avec la poche à air gastrique et l\u2019angle colique gauche.Ce signe de pneumo-péritoine est fondé sur la notion élémentaire de la légèreté de l\u2019air dont l\u2019ascension au-dessus des viscères est mise en évidence, soit par la position verticale, soit par le décubitus latéral gauche.Permettez-moi de vous présenter maintenant trois observations de malades avec perforation vérifiée sur la table chirurgicale.Obs.No 1.Nous somme appelé d\u2019urgence à l\u2019hôpital Notre-Dame, dans la soirée du 4 mars dernier, pour un malade, M.G., peintre de son métier, qui vient d\u2019être admis pour un syndrome aigu de l\u2019abdomen.Le malade est amené à la salle de radiologie et nous procédons à l\u2019examen d\u2019abord en position horizontale, puis en position verticale.Nous constatons que les diaphragmes sont tous deux presque immobiles, le droit complètement.Nous recherchons sur la plage phréno-claviculaire droite l\u2019ombre a type pleural pouvant être la cause de l\u2019immobilisation de la coupole droite, mais nous ne pouvons trouver comme L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 371 image pathologique qu\u2019une exagération de visibilité de la trame broncho- vasculaire.Quelques instants après avoir basculé la table et amené le patient en position presque verticale, nous voyons apparaître dans le tiers interne et au-dessous de l\u2019hémi-diaphragme droit une zone claire en forme de croissant faisant bien ressortir au-dessous d\u2019elle la masse sombre du foie, tandis qu\u2019au- dessus d\u2019elle se dessine la ligne fine et nettement tracée du diaphragme lui- même.En présence de cette image nous portons le diagnostic radiologique de perforation du tube digestif.Le malade a été opéré immédiatement par messieurs les chirurgiens Bellerose et Ricard qui ont trouvé un gros ulcère calleux perforé de la région pyloro-bulbaire avec présence d\u2019une grande quantité de liquide gastrique et de bile dans l\u2019abdomen, (fig.I).(Fig.I) Obs.No 2.M.C., peintre, est admis à l\u2019hôpital Notre-Dame dans l\u2019après-midi du 22 mars dernier pour douleur aiguë de l\u2019abdomen.A l\u2019examen radiologique nous constatons l\u2019immobilité complète de l\u2019hémi-diaphragme gauche et l\u2019arrêt presque complet de l\u2019'hémi-diaphragme droit.Entre le foie et la coupole diaphragmatique droite, l\u2019on voit une zone gazeuse en forme de croissant ou de faucille recouvrant le dôme hépatique de ce côté et mettant en relief au-dessus d\u2019elle-même le diaphragme réduit à une ligne courbe.L\u2019arrêt du 572 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA diaphragme et la présence d\u2019air libre entre le foie et la coupole droite signent le diagnostic radiologique de perforation intestinale.Le malade a été opéré par messieurs les chirurgiens Bellerose et Ricard qui ont fait les constatations suivantes: à l\u2019ouverture du péritoine il est sorti de l\u2019étage sus-mésocolique un liquide trouble, l\u2019estomac était collé partiellement au foie dans la région pyloro-duodénale, et sur le versant pyloro-duodénal, région supéro-antérieure, se trouvait une perforation lenticulaire sur un ulcère peu calleux avec réaction inflammatoire intense au pourtour, (fig.IT).Obs.No 3.M.P., 23 ans, colon du Lac-Saint-Jean, est admis à l\u2019hôpital le 17 mars pour crise aiguë de la région épigastrique.Le début de cette crise remonte à quatre jours et le malade arrive à Notre-Dame après un trajet de seize heures en chemin de fer.Nous l\u2019examinons en radioscopie sous diverses incidences et nous constatons un arrêt presque complet des mouvements diaphragmatiques mais sans image radiologique de pneumo-péritoine.Il existe bien un tympanisme gazeux considérable de tout l\u2019abdomen, mais le L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 573 croissant gazeux sous-diaphragmatique est absent.Le malade est opéré par messieurs Gagnon et Hébert qui, à l\u2019ouverture du péritoine, ne trouvent aucun liquide dans la cavité abdominale.La vésicule biliaire, le pancréas et les intestins sont normaux.Sur la petite courbure de l\u2019estomac et sur sa face postérieure, il existe une tumeur de la grosseur d\u2019une prune.La réaction épiploique est libérée, ce qui leur permet d\u2019explorer un ulcère perforé de la grandeur d\u2019une pièce de monnaie de dix cents, (fig.III).(Fig.III) P.Porcher, dans son magistral exposé de la radiologie des péritonites par perforation (publié dans le \u201cJournal de Chirurgie\u201d, janvier 1933), divise les causes d\u2019erreurs en trois groupes: 1° méconnaître, par un examen trop sommaire, un pneumo-péritoine; 2° appeler pneumo-péritoine ce qui ne l\u2019est pas; 3° donner du pneumo- péritoine une interprétation inexacte. 574 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Existe-t-il un pneumo-péritoine, c\u2019est-à-dire un croissant gazeux entre la ligne diaphragmatique et le dôme hépatique?\u2019 \u2014 La réponse négative n\u2019a de valeur qu\u2019en autant que le radiologiste prend toutes les précautions pour faire apparaître ce croissant clair, qu\u2019en autant qu\u2019il examine son malade en diverses positions et sous des incidences multiples.Appeler pneumo-péritoine un côlon distendu par les gaz et placé entre le diaphragme et le foie ou bien une poche à air gastrique volumineuse qui soulève la coupole diaphragmatique gauche, c\u2019est méconnaître la définition même du pneumo-péritoine, à savoir: présence de gaz libre dans la cavité abdominale.Il existe un véritable pneumo-péritoine, mais il n\u2019est pas causé par une perforation ; il est survenu au cours d\u2019un pneumothorax artificiel ou à la suite d\u2019une intervention chirurgicale sur l\u2019abdomen, le malade ayant été placé en position de Trendelenburg.En résumé: sur les trois observations d\u2019ulcères perforés que nous venons de vous rapporter, deux fois la radiologie a affirmé le diagnostic de perforation intestinale en constatant la présence de gaz libre dans la cavité abdominale.Pour le troisième malade, il y avait bien perforation de l\u2019estomac, mais le pertuis était obstrué par une réaction épiploïque bien étanche puisqu\u2019on n\u2019a rencontré aucun liquide dans l\u2019abdomen lors de l\u2019intervention chirurgicale.Les Rayons X ne sont qu\u2019un mode d\u2019exploration, qu\u2019une arme de plus dans les mains du clinicien.Ils ne doivent pas prétendre remplacer les autres examens ni par contre être mis de côté, surtout lorsque avec une technique simple et sans causer de retard à l\u2019intervention chirurgicale ils donnent des résultats si probants.© REVUE GÉNÉRALE LES MÉFAITS DE L\u2019OTITE DU NOURRISSON\u201c Par Gaston LAPIERRE Médecin de l'Hôpital Ste-Justine.L\u2019otite du nourrisson représente un chapitre très important de sa pathologie, j'ai pensé qu\u2019il serait profitable de nous y arrêter ensemble, voilà pourquoi je veux souligner certains faits devant vous pendant ces quelques minutes qui me sont allouées.Cette question est très complexe, et nous réalisons bien qu\u2019elle ne sera pas vidée de sitôt, mais un service de médecine infantile offre un champ d\u2019observations intéressantes et le but de nos réunions est bien de soumettre à nos confrères des opinions appuyées sur des faits, afin d\u2019aider davantage nos malades.D'abord, il faut retenir, il faut garder constamment en tête que l\u2019infection la plus légère du nourrisson est toujours beaucoup plus grave chez lui que chez l\u2019adulte.Cette gravité a des répercussions lointaines sur l\u2019alimentation en particulier, et elle amène une dénutrition importante, parfois irrémédiable lorsque l\u2019affection est traînante.Dans ce domaine, c\u2019est l\u2019otite latente du nourrisson, et l\u2019otite moyenne aiguë, qui causent le plus de ravages chez lui.Il ne faut pas oublier que le naso-pharynx constitue la voie la plus facile à toutes les infections générales.Les pneumocoques, les staphylocoques, les streptocoques, pullulent autour de nous, et ils causent chez le nourrisson en particulier des infections multiples, parfois graves, car il se défend mal.La plus fréquente est l\u2019infection du rhino-pharynx et elle devient la plus importante par ses conséquences souvent graves, au premier plan l\u2019otite et ses répercussions lointaines et souvent fatales.M.Ribadeau-Dumas a attaché une importance capitale chez le nourrisson au syndrome: fièvre, troubles digestifs, perte de poids.En (1) Séance de la Société Médicale à l\u2019Hôpital Ste-Justine, le 6 mars 1934. 576 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA face de ces courbes de température et de ces fléchissements de poids, il faut \u201ccomprendre que l\u2019obstacle à la croissance n\u2019est pas simplement un trouble fonctionnel digestif, justifiable d\u2019un changement de régime,\u201d en effet il ne suffit pas d\u2019expérimenter toutes les diètes possibles chez le nourrisson pour qu\u2019un jour le problème soit réglé, la misère physiologique et la dénutrition s\u2019accentuent et on est vite rendu au \u201cmarasme\u201d, suivant l\u2019expression des Anglais.Pendant qu\u2019on s\u2019hypnotise sur une dyspepsie, et c\u2019est ce que mon expérience personnelle m\u2019a enseigné, \u2014 pendant qu\u2019on s\u2019enferme dans la symptomatologie d\u2019une gastro-entérite, et qu\u2019on regarde avec angoisse dégringoler le poids du nourrisson confié à nos soins, si on méconnaît une otite, souvent difficile à déceler, mais sournoise et meurtrière, on n\u2019a pas vu ainsi la véritable cause du malheur.M.Mouriquand (et avant lui M.Maurice Renaud avait été encore plus catégorique) \u2014- opine ainsi: \u201cLes pyodermies, les otites du nourrisson, en frappant la nutrition ou le tube digestif, peuvent être des facteurs d\u2019athrepsie et par conséquent conduire à la mort.\u201d Cathala, un pédiâtre de la jeune génération, écrit: \u201ctout le tableau de l\u2019otite latente peut se résumer dans l\u2019hyperthermie et le mauvais état général\u201d.Et il ajoute: \u201cce qui individualise les infections du nourrisson, plus encore que leur nature ou leur localisation, c\u2019est le mode de réaction propre de celui-ci; il ne parviendra à triompher d\u2019elles qu\u2019au prix de troubles de croissance graves, étendus sur plusieurs mois, ou auxquelles trop souvent il finira par succomber\u201d.Il ne faut pas oublier que la vie du nourrisson en somme se limite à deux fonctions: s\u2019alimenter et édifier sa croissance, et tout ce qui peut entraver ces fonctions de façon importante met sa vie en danger.Plus d\u2019une otite latente non recherchée ou non traitée convenablement, c\u2019est-à-dire par l\u2019ouverture du tympan, laisse après elle des membranes épaisses, de l\u2019ankylose avec de la rétraction des osselets.Le nourrisson est facilement prédisposé aux convulsions, et l\u2019infection de l\u2019oreille entraîne parfois cette réaction; il s\u2019agit le plus souvent de convulsions réflexes et la paracentèse en supprimant l\u2019épine irritative amènera le calme.Le plus grand nombre des surdi-mutités a comme origine une otite latente, qui n\u2019a pas emporté l\u2019enfant, mais à laquelle la membrane du tympan a résisté, le pus a fini par se vider par la trompe, et les lésions des osselets et de la muqueuse de revêtement ont laissé des traces indélébiles.L\u2019otite moyenne entraîne souvent des complications mastoïdiennes et encéphaliques toujours graves, le plus souvent fatales chez le L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 577 nourrisson ; elle est souvent causée par l\u2019adénoïdite aiguë, qui est elle- même consécutive à une inflammation de voisinage, qui succède à une angine ou à un coryza aigu, ou qui est parfois une localisation particulière d\u2019une maladie générale.La plupart des pédiâtres conseillent id\u2019attendre généralement après quelques années d'âge avant de pratiquer l\u2019adénectomie.Les moins craintifs de la jeune génération des oto-rhino-laryngologistes conseillent une intervention plus précoce, et parmi ces derniers, un des plus avertis, M.Marcel Ombrédane, dit: \u201cIl est avéré qu\u2019il existe une période dangereuse qui est essentiellement la première année, accessoirement la seconde année bien qu\u2019à un degré moindre.Mais à partir de deux ans et demi ou trois ans, les conditions seront sensl- blement les mêmes que chez les grands enfants, et il n\u2019existe plus de contre-indication opératoire du fait de l\u2019âge.\u201d Or, c\u2019est à partir de deux ans et demi que l\u2019enfant, ayant terminé sa première dentition, n\u2019est plus un nourrisson, et nous avons en vue pour les besoins de nos remarques, les méfaits de l\u2019otite du nourrisson.De plus, nous avons constaté le plus souvent la mort du nourrisson ayant subi l\u2019adénectomie, le lendemain ou les jours suivant l\u2019intervention, et pour notre part nous y sommes opposés chez le nourrisson, recommandant la désinfection du cavum et la paracentèse, même pour un cas douteux d\u2019otite latente, dont l\u2019évolution est ainsi favorablement modifiée.1000 \u2014 PETITE CLINIQUE LA PÉRITONITE TUBERCULEUSE À FORME ANASCITIQUE Par J.-Alfred MOUSSEAU, F.R.C.P.(Canada) Professeur agrégé à l'Université de Montréal, Médecin de l'Hôpital Notre-Dame.Malgré les moyens d\u2019exploration modernes à notre disposition, le diagnostic des effections abdominales, souvent difficile à préciser au début, le devient encore davantage, quand la maladie a évolué depuis un certain temps, au cours duquel des complications ont pu survenir pour en transformer la physionomie clinique.Dans notre service à l\u2019Hôpital Notre-Dame, s\u2019est présentée dernièrement, une jeune fille dont je vous rapporterai l\u2019histoire clinique.Nous discuterons le diagnostic de sa maladie et la thérapeutique qu\u2019il convient d\u2019appliquer.Liliane G., âgée de 17 ans.Travaille depuis 3 ans à la \u201cKnit-to-Fit\u201d, à l'emballage des tissus.Un médecin, consulté depuis une semaine seulement, a demandé son admission à l\u2019hôpital le 5 avril 1934, parce que déjà, depuis deux mois, elle fait de la fièvre, qu\u2019elle a maigri et qu\u2019elle ressent des douleurs abdominales, particulièrement tenaces, localisées dans la région de la fosse iliaque gauche.Au début de février de cette année, elle commença de se sentir fatiguée au point qu\u2019elle dut renoncer aux soins ordinaires du ménage, auxquels elle vaquait, depuis novembre 1933, après que le chômage l\u2019eût ramenée dans sa famille.Une sensation de gêne abdominale vint s\u2019ajouter à cette fatigue, au cours du premier mois.Cette gêne abdominale se transforme peu à peu en une douleur assez tenace, qui d\u2019abord se généralise et se localise, finalement.à la fosse iliaque gauche.Ces douleurs, constantes au début, sont aujourd\u2019hui moins fréquentes et plus supportables.Au cours de ces deux mois, la digestion s\u2019effectue difficilement et la constipation devient opiniâtre; les rares défécations ne contiennent ni glaires ni sang.Fas de nausées ni vomissements.Le sommeil est agité; jamais de transpirations nocturnes.Pas de toux ni aucune douleur thoracique.xk * k L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 579 Nous la voyons pour la première fois le 6 avril.Très asthénique, le teint pâle, les cils longs, le facies et les mains émaciés, elle a l\u2019apparence d\u2019une tuberculeuse.Nous remarquons une légère exophtalmie unilatérale droite; les conjonctives palpébrales sont pâles; la langue légèrement sa- purrale.La dentition est parfaite.Aucune adénopathie cervicale, ni anomalie du côté de la glande thyroïde.L\u2019examen des poumons ne révèle qu\u2019une légère submatité et de la pec- toriloquie au sommet droit, sans aucun autre bruit adventice.Les bases sont libres.Les bruits du cœur sont assez bien frappés.Aucune lésion orificielle.On compte 110 pulsations par minute; et le thermomètre enregistre 101 de température.Nous passons à l\u2019examen de l\u2019abdomen, qui nous apparaît légèrement ballonné, mais sans circulation collatérale.L\u2019ombilic n'est pas déplissé.La paroi abdominale, à jour frisant, ne laisse pas voir cette ondulation légère et rythmée que provoque dans un ventre normal, les battements de l\u2019aorte.A la palpation, on trouve un ventre de bois.avec hyperesthésie cutanée ; le tapotage, même léger de l\u2019abdomen, est mal supporté et révèle que la douleur est plus eccentuée au niveau du cadran inférieur gauche.Cette défense musculaire nous empêche de percevoir l\u2019emplacement des différents segments du gros intestin.La percussion, légèrement pratiquée, rencontre du météorisme par tout l\u2019abdomen, moins au niveau du cadran inférieur gauche, où l\u2019on perçoit une zône de submatité de la grandeur d\u2019une paume de main.Pratiquée en vue de rechercher l\u2019ascite, la percussion dans le décubitus latéral droit, ne révèle aucune matité du flanc droit, tandis que persiste, dans le flanc gauche, la zone de submatité, déjà trouvée dans le décubitus dorsal.Le foie ne dépasse pas le gril costal et la rate est légèrement percutable.Pas d\u2019adénopathie inguinale.Aucun trouble de la miction.Le toucher rectal, seul pratiqué ici, ne découvre aucun empâtement des culs-de-sac vaginaux et permet de constater qu\u2019à travers la paroi rectale, le col est mobile et non douloureux.La tension artérielle est 122/50.Le poids 8714 lbs.Les urines contiennent peu d\u2019albumine, mais pas de sucre.Les réflexes rotuliens sont lents.Antécédents personnels et héréditaires: varicelle, amygdalectomie; aucune maladie pulmonaire.Réglée à 14 ans; les menstruations ont toujours été normales.\u2019 Derniérés régles le 12 mars 1934.(N.B.le 12 avril, elle ne voit pas ses règles).Aménorrhée jusqu\u2019au jour où nous rapportons son histoire clinique (deux mois après son entrée).Son père est âgé de 43 ans, en bonne santé; Sa mère, âgée de 42 ans, actuellement traitée au dispensaire; Une sœur et deux frères en bonne santé.Voilà pour le tableau clinique. nelle des côlons, Analyse des Exe men Exsmen Exo men Radiographie 3 mai.immédiate est très sans déformation ; Avant de conclure à un diagnostic, nous jugeons nécessaire de faire appel au laboratoire et à la radiologie afin de compléter nos renseignements sur l\u2019état suspect des poumons et sur la valeur fonction- Examens de laboratoire: malade ne tousse pas et il ne peut y avoir de véritable expectoration.B.W.: négatif.Urée sanguine: 0.35 Glycémie: 1.Numération globulaire (16 avril): G.R.4,120,000; globine 65%: valeur globulaire: 0.8.Formule leucocytaire: Polyn.neutrop.: .67% Grands mono.3% Lymphoe.219% Polyn.eosyn.0 Examen des selles: Scopie: l\u2019image thoracique est normale; Graphie: un peu d\u2019exagération des ombres broncho-vasculaires.La trame pulmonaire est un peu marquée, sans aspect nette de tranuite.Aux hiles, il y a des petites taches calcaires denses, signe de primo-infection.(D.Léonard).Numération glohulaire: G.R.3.720,000 G.B.Ce ee ee ee 4 44e 9,000 Hémogl.2% Valeur globulaire .0.9 Formule leucocyaire: Polyneutro.71% G.mono.11 21 LL LL .7% Lympho.4 1 0 21% Eosyn.0 Lavement baryté (13 avril): Le remplissage est facile, sans arrêt de douleur.Le cæœco ascendant est large; le transverse est très long; le descendant et le sygmoide sont aussi un peu longs, mais pas déformés \u2014 dolichocolons.L\u2019évacuation pas Lavement baryté (ler mai: Z2ième épreuve) : Idem, sauf qu\u2019au sigmoïde on remarque que le calibre est un peu petit, L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA en particulier de PS iliaque.crachats: Koch négatif; mais à vraiment parler, la gr.36 oh.8,000; hémo- D mecroscopique: absence de sang.chimique: présence de sang.parasitaire et microbien: Koch négatif.pulmonaire: (6 avril).insuffisante.(D.Téonard).l\u2019évacuation immédiate est également très insuffisante. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 581 En comparant les radiographies de l\u2019intestin du 13 avril et du ler mai, on constate qu\u2019il existe, sur les deux, une image semblable au début de I'S iliaque.Le calibre de l\u2019intestin est, à ce niveau, un peu rétréci.Il est donc très possible qu\u2019il y ait, soit une diminution de calibre, soit une compression par une bride.(Dr Laquerriére).+ kk En possession de tous ces renseignements d\u2019ordre clinique, biologique et radiologique, nous rappelant les antécédents personnels négatifs de la malade, son âge (17 ans), l\u2019histoire de ces douleurs vagues abdominales, durant les deux mois qui ont précédé son entrée à l\u2019hôpital, l\u2019intégrité douteuse des poumons à la radiographie, l\u2019asthénie avec anémie progressive, la température continue, mais peu élevée, la pert progressive du poids (6 livres), l\u2019aménorrhée survenue depuis son entrée, la constipation opiniâtre, le météorisme abdominal s\u2019étendant à presque tout le ventre, moins à la zone de l\u2019S iliaque, où la sensibilité est plus prononcée à la palpation comme à la percussion légère, l\u2019absence d\u2019ascite dans les parties les plus déclives, mais la présence d\u2019une zone mate persistante et douloureuse dans la fosse iliaque gauche, l\u2019examen radiographique du gros intestin nous disant la diminution du calibre au niveau sigmoïde; tout ce bilan pathologique, appartenant à un sujet jeune et du sexe féminin, nous amène à la conclusion qu\u2019il sagit ici d\u2019une péritonite tuberculeuse à forme anascitique.x x x Nous avons éliminé les possibilités d\u2019une péritonite aiguë (pneumocoque, streptocoque, gonocoque, etc), et nous avons conclu a une péritonite chronique à cause de l\u2019allure générale de la maladie: début insidieux, évolution lente, absence de symptômes à grands fracas, fièvre continue, et peu élevée.Malgré l\u2019absence d\u2019antécédents héréditaires ou personnels douteux et de lésions bacillaires antérieures, susceptibles d\u2019avoir ensemencé le péritoine, la nature tuberculeuse de l\u2019affection abdominale s\u2019est manifestée de façon évidente, d\u2019une part: par les signes radiologiques de l\u2019examen pulmonaire décelant quelques petites taches calcaires denses, signe de primo-infection ; d\u2019autre part : par les résultats de l\u2019examen radiologique du tube digestif inférieur, que nous avons osé pratiquer, parce qu\u2019il permet parfo:s de découvrir des symptômes, capables d\u2019orienter le diagnostic vers la péritonite tuberculeuse en décelant des adhé- 582 L'UNION MÉDICALE DU CANADA rences entre les différents segments de l\u2019intestin, ou des petites ombres paravertébrales dues à des ganglions plus ou moins calcifiés.Dans notre cas, l\u2019examen radiologique a révélé une diminution de calibre ou une compression par brides, au niveau de la zone de submatité douloureuse.Cette forme de tuberculose péritonéale fibro-adhésive succède, en général, à la forme ascitique; mais nous n\u2019avons pas été témoin, pour ce cas-ci, des premières manifestations abdominales.x kok Ces données évidentes et précises, en faveur d\u2019une péritonite tuberculeuse a forme anascitique nous dispensent de longues considérations sur le diagnostic différentiel.Elle n\u2019aurait présenté de similitude qu\u2019avec la tuberculose des ganglions mésentériques, dont la différence est par trop minime, ou encore, avec la typho-bacillose.Quant à la typhoïde ou à la colite, l\u2019ensemble symptomatique s\u2019y oppose.Mais la douleur, siégeant avec plus d\u2019acuité dans la fosse iliaque gauche, et provoquée constamment par la pression en un même point fixe, peut faire penser à la forme entéritique ou à une des formes localisées (forme sygmoïdienne) de la péritonite tuberculeuse.x kk Le pronostic de la péritonite tuberculeuse reste délicat, car elle possède ce caractère fondamental de présenter une évolution essentiellement chronique, entrecoupée d\u2019épisodes aigus.L\u2019on voit, en effet, des lésions aiguës associées à des lésions chroniques et ces mêmes lésions à tendances fibreuses, évoluer vers la caséification et l\u2019ulcération.La forme fibreuse est cependant la plus susceptible d\u2019amélioration prolongée.Après 4 mois de maladie, l\u2019état général de notre patiente est légèrement amélioré.La température a disparu, l\u2019appétit est meilleur et elle peut circuler dans la salle.Malgré cette amélioration sensible, il convient de faire des réserves, puisque, comme le dit Macaigne, un réveil est toujours possible de la tuberculose dans le péritoine ou dans un autre organe.* - kx % L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA - 583 TRAITEMENT Notre malade est restée alitée, au repos complet, jusqu\u2019à la disparition de la fièvre, alimentée généreusement par des bouillons de viande, des œufs, ete., ete.Contre les douleurs abdominales, des applications humides chaudes.Des toniques à base de chaux et du sirop iodotonique phosphate.La radiothérapie a suppléé à l\u2019héliothérapie, insuffisante à cette période-ci de l\u2019année.Nous avons été bien avisés de différer, chez elle, l\u2019intervention chirurgicale (laparatomie) .étant donnée la tendance spontanée à l\u2019amélioration et à la guérison que présente la péritonite tuberculeuse, même dans ses formes en apparence les plus graves.Il resterait, comme complément à cette thérapeutique, d\u2019envoyer cette jeune fille faire une cure d\u2019air à la montagne ou à la mer: le climat maritime étant particulièrement favorable à la convalescence et à la guérison, dans ces cas de péritonite tuberculeuse à forme anascitique.e{0»e e(eo0 REVUE DES LIVRES P.NOBECOURT et L.BABONNEIX.\u2014 Traité de Médecine des Enfants.Tome III.Affections de l\u2019appareil circulatoire et respiratoire, Maladies du tube digestif.Un volume de 1088 pages avec nombreuses figures.Paris.1934 (Masson et Cie, éditeurs).Il fut un temps où l\u2019on disait volontiers sous forme de boutade que la pédiatrie se résumait à la gastro-entérite et à la broncho-pneumonie (il y a ces médecins qui croient encore cela!).C\u2019était une époque heureuse où l\u2019on aimait à faire de l\u2019esprit et où l\u2019on se plaisait à dire avec Panas, comme l\u2019a écrit Ombrédanne, que la chirurgie infantile était une chirurgie d\u2019enfant.A cet âge d\u2019or, il n\u2019y avait pas d\u2019enseignement de la pédiatrie dans les Facultés de médecine et la mortalité infantile était très élevée.Depuis lors, de nombreux travaux scientifiques ont vu le jour et, à l\u2019heure présente, la pathologie infantile apparaît de plus en plus complexe et variée; il n\u2019en demeure pas moins vrai que les affections des voies respiratoires et les maladies du tube digestif sont encore celles qui atteignent le plus fréquemment les jeunes enfants.C\u2019est dire tout l\u2019intérêt qu\u2019offre pour le praticien le Tome III du Traité de Médecine des Enfants de P.Nobécourt et L.Babonneix.La première partie de ce beau volume traite des affections de l\u2019appareil circulatoire.Sans avoir la fréquence des maladies des voies respiratoires et du tube digestif, les affections du cœur et des vaisseaux ne sont pas exceptionnelles chez l\u2019enfant et présentent des caractères particuliers bien exposés par Jean Paraf en de courts chapitres consacrés successivement aux maladies congénitales du cœur, aux péricardites, aux endocardites aiguës, aux lésions valvulaires, aux myocardites et syndromes myocardiques, aux troubles du rythme cardiaque, à l\u2019insuffisance cardiaque, à l\u2019hypertrophie cardiaque, à l\u2019aortite, et à l\u2019anévrysme de l\u2019aorte, à l\u2019artérite aiguë, à l\u2019athérome, aux phlébites, à l\u2019hypertension artérielle, aux anomalies et dégénérescences capillaires.Dans la deuxième partie sont étudiées les affections de l\u2019appareil respiratoire.Les rhinites, les affections du conduit auditif externe, les otites, la tuberculose de l\u2019oreille, la syphilis de l\u2019oreille interne, la surdi-mutité, les corps étrangers des voies aériennes, les laryngites aiguës, les spasmes de la glotte, les laryngites chroniques de l\u2019enfant, la tuberculose et la syphilis du larynx, les papillomes et les malformations du larynx, les rétrécissements cicatriciels laryngo-trachéaux ont été confiés à L.Baldenweck et H.-P.Chatellier, oto-rhino-laryngologistes particulièrement qualifiés, collaborant depuis de nombreuses années avec les meilleurs pédiatres de Paris.Les angines aiguës, les abcès rétro-pharyngiens, les végétations adénoïdes, l\u2019hypertrophie chronique et l\u2019infection chronique des amygdales sont rédigés par R.-A.Marquézy.La pathologie médicale proprement dite de l\u2019appareil respiratoire est en majeure partie l\u2019œuvre du regretté Jean Hutinel, trop tôt disparu, et d\u2019Alfred Cayla qui ont écrit les articles ayant trait aux bronchites aiguës, aux broncho-pneumonies, aux congestions pulmonaires, aux abcès du poumon, à la gangrène pulmonaire, à la dilatation des bronches, à l\u2019hérédo-syphilis L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 585 respiratoire, à l'emphysème pulmonaire, à l\u2019asthme, aux embolies, thromboses et artérites pulmonaires, aux accès d\u2019apnée du nourrisson, aux kystes hydati- ques du poumon, à l\u2019actinomycose pulmonaire et aux tumeurs du poumon.Ajoutons que les pleurésies avec ou sans épanchement, le pneumothorax sont exposés par Ch.Gardère (de Lyon).Enfin, pour terminer cette deuxième partie, une étude sur la tuberculose pulmonaire et ganglionnaire en deux chapitres distincts: l\u2019un par R.-A.Mar- quézy et A.Héraux exposant la conception classique de l\u2019adénopathie trachéo- bronchique, l\u2019autre par Jean Lévesque indiquant les idées actuelles sur la tuberculose pulmonaire de l\u2019enfance.La troisième partie de cet important volume traite des affections du tube digestif.Tout d\u2019abord un chapitre consacré aux maladies de la bouche et de l'œsophage, écrit par Jean Cathala avec la collaboration d\u2019André Aubin, comprenant l\u2019étude des stomatites, des accidents de la première dentition, des rétrécissements et des corps étrangers de l\u2019œsophage.Puis un remarquable exposé par P.Lereboullet et André Bohn des syndromes gastriques, de l\u2019anorexie, des ulcères de l\u2019estomac et du duodénum et des tumeurs de l'estomac chez l\u2019enfant.La classification des affections des voies digestives dans la première enfance, proposée par Czerny et adoptée par Jean Cathala et Georges Semelaigne, en dyspepsies alimentaires, dyspepsies constitutionnelles et dyspepsies infectieuses, est une classification commode jusqu\u2019à un certain point pour la pratique; toutefois, nous ne comprenons pas comment on puisse ranger parmi les dyspepsies infectieuses une maladie à lésions anatomiques aussi nettes et de tvpe inflammatoire, comme l\u2019entéro-colite dysentériforme des enfants du premier âge, qui nous paraît mériter une étude à part, au même titre que le choléra infantile et les hémorragies gastro-intestinales des nourrissons.Dans la seconde enfance, les maladies du tube digestif ont des caractères se rapprochant beaucoup de la pathologie de l\u2019adulte.Aussi, faut-il savoir gré à Marcel Lelong de nous avoir donné sur les dyspepsies gastro-intestinales, la constipation, la diarrhée, les colites, la tuberculose intestinale, les vers intestinaux et les toxi-infections alimentaires, en plus des notions classiques bien connues, des notions récentes basées et partie sur la pathologie de l'adulte, montrant par là tout l\u2019intérêt qu\u2019il y a pour le pédiatre à être su courant des travaux de gastro-entérologie aussi bien chez l\u2019adulte que chez l'enf-nt.Les articles de P.Rohmer (de Strasbourg) sur l\u2019occlusion et l\u2019invagination intestinales, sur le mégacôlon et la maladie cœliaque sont ceux d\u2019un médecin connaissant bien la littérature médicale et qui peut apporter sur ces questions, en particulier sur la maladie cæliaque, le fruit d\u2019une longue expérience.Le dernier chapitre du Tome III constitue une véritable monographie sur l\u2019appendicite.Tous les aspects du problème sont longuement étudiés par Jean Cathala et Léon Aurousseau, non seulement dans la moyenne et la grande enfance, mais également chez le nourrisson.Ce volume.comme les précédents, est abondamment illustré.On trouvera, en particulier sur la tuberculose et les abcès du poumon, des documents radiologiques nombreux et de premier ordre.Paul LETONDAL. 586 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA Les syndromes douloureux de la région épigastrique, par René A.GUT- MANN, médecin des Hôpitaux de Paris.Deuxième édition entièrement remaniée et considérablement augmentée.Préface du Prof.A.Gosset.\u2014 Deux volumes in-8° formant 1180 pages, avec 629 radiographies hors texte et 339 schémas dans le texte; les 2 vols: 240 fr.G.Doin et Cie, éditeurs, 8, Place de l\u2019Odéon, Paris (VIe).La lre édition des Syndromes douloureuæ de la région épigastrique parue en janvier 1930 a été épuisée en moins de deux ans.La 2e édition paraît maintenant, avec le même plan qui avait reçu l\u2019approbation unanime du public médical de tous les pays, plan extrêmement clair et simple, fondé essentiellement sur la clinique journalière et qui mène de l\u2019interrogatoire du malade à l\u2019établissement du diagnostic et au traitement.Si l\u2019ensemble reste ainsi le même, c\u2019est pourtant une œuvre en partie nouvelle que les éditeurs présentent aujourd\u2019hui: une moitié en a été récrite, un quart très modifié.Les changements les plus importants portent sur l\u2019ulcère duodénal, le cancer gastrique, les « ulcéro-cancers y, la radiologie vésiculaire, les gastrites et les duodénites, le problème des hémorragies digestives, les troubles digestifs par \u201canaphylaxie\u201d, les troubles post-opératoires, etc, c\u2019est-à-dire sur quelques-uns des problèmes les plus importants de la gastro-entérologie.Plusieurs chapitres ont été ajoutés.339 schémas dans le texte, dessinés par l\u2019auteur facilitent la lecture.L\u2019illustration radiographique de cette 2e édition a été particulièrement soignée, et, de ce point de vue, les éditeurs ne pensent pas qu\u2019il existe actuellement, dans aucun pays, un traité de pathologie digestive qui puisse être comparé à celui-ci par le nombre et la qualité des reproductions et aussi par leur valeur d\u2019enseignement.Les 629 radiographies hors texte (au lieu de 344 dans la lre édition), forment en réalité un vaste album de radiologie digestive dont tous les clichés, choisis par l\u2019auteur parmi les plus typiques de ses collections, décrits et commentés par lui, permettent aisément de s\u2019initier ou de se perfectionner dans cette radiologie si spéciale du «carrefour ».Il s\u2019egit en somme d\u2019un traité complet de clinique, de radiologie et de thérapeutique de toutes les maladies de l\u2019étage supérieur de l\u2019abdomen.II rendra les plus grands services à un public médical très varié: aux médecins qui veulent s\u2019initier à la clinique et à la thérapeutique des voies digestives, comme à ceux qui veulent s\u2019y spécialiser; aux chirurgiens, puisqu\u2019une grande partie des maladies étudiées sont de leur ressort; aux radiologistes, car l\u2019examen à l\u2019écran et l\u2019interprétation des films sont l\u2019objet dans chaque cha- pitre d\u2019une étude approfondie.«Le Dr GUTMANN, écrivait le Pr Gosser dans sa préface à la première «édition, a réalisé une œuvre exceptionnelle.Le mêma accueil, écrit aujour- «d\u2019hui ce maître éminent, sera fait par le public médical de tous les pays à «cette deuxième édition d\u2019un ouvrage auquel j'avais prédit en 1930 le plus grand succès.» L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 587 L\u2019Arythmie complète, (La Pratique Médicale Illustrée), par D.ROUTIER, Assistant de Cardiologie à l'Hôpital Broussais et P.THIROLOIX, Chef de Clinique à la Faculté de Médecine de Paris.\u2014 In-8° de 50 pages avec 13 figures dans le texte et 2 planches hors texte: 20 fr.Librairie Octove Doin, Gaston Doin & Cie, Editeurs, 8, Place de l\u2019Odéon, Paris, (6e).A côté des tachycardies, qui ont déjà paru dans cette collection, il était tout indiqué et du plus grand intérêt de consacrer une monographie à l\u2019arythmie complète.Les troubles du rythme ne sont pas l\u2019apanage exclusif du cardiologue, ils sont d\u2019observation courante et sont de ce fait un symptôme de haute valeur pour le praticien.Leur analyse, leur diagnostic, leur signification, les indications thérapeutiques qu\u2019ils entrainent ne forment donc pas seulement par leur réunion un chapitre abstrait et spécial de la pathologie cardiaque, mais bien une étude pratique de médecine interne générale.Parmi les divers troubles du rythme, l\u2019arythmie complète est celui qu\u2019on rencontre le plus habituellement.Son diagnostic relativement aisé, la diversité des états pathologiques au cours desquels elle apparaît en font un symptôme d\u2019utilisation pratique et journalière.Il doit guider dans le diagnostic, le pronostic et le traitement au même titre qu\u2019un souffle valvulaire.Une étude courte et résumée de cette arythmie, mais toutefois complète, n\u2019a donc pas seulement pour but de marquer un jalon par simple satisfaction intellectuelle, mais bien d\u2019exposer sous la forme d\u2019une simple revue générale une question de pathologie qui doit être familière à tout praticien.Crises Hypertensives, par Pierre BERNAL, Ancien interne des hôpitaux de Paris, Chef de clinique à la Faculté de Médecine de Paris.Préface du Dr P.Abrami \u2014 1 vol.in-8° de 170 pages: 25 fr.Librairie Octave Doin, Gaston Doin & Cie, Editeurs, 8, Place de l'Ordéon, Paris, (6e).Dans cet ouvrage l'auteur envisage successivement les hypertensions paroxystiques pures et les poussées hypertensives des hypertendus permanents.Pour exceptionnelles qu\u2019elles soient, les hypertensions paroxystiques pures ont pour le clinicien un intérêt considérable, parce qu\u2019elles traduisent le plus souvent la présence d\u2019une tumeur surrénale.Laissées à elles-mêmes, ces hypertensions évoluent avec la rapidité et la malignité d\u2019un cancer, tandis que l\u2019exérèse de la tumeur, toujours bénigne, détermine une guérison définitive.Chez l\u2019hypertendu permanent la variation tensionnelle semble l\u2019élément essentiel du pronostic, la cause de la majorité des complications.Alors qu\u2019une hypertension stable, bien tolérée, doit être respectée, les oscillations sphygmo- manométriques sont justiciables d\u2019un traitement régulateur sur le terrain pathogénique, la crise hypertensive apparaît comme le type des syndromes d\u2019hypertonie neuro-végétative à prédominance ortho-sympathique et l\u2019étude 588 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA de ses complications artérielles, cardiaques et rénales apporte quelques lumières dans l'interprétation obscure des hypertensions permanentes.Enfin on trouvera dans le dernier chapitre une étude critique des plus récents essais thérapeutiques médicamenteux, radiothérapiques ou chirurgicaux et l\u2019exposé des méthodes nouvelles.Les Varices.par L.GERSON, Assistant à l\u2019Hôpital Saint-Louis.Préface de A.Louste, Médecin de l'hôpital Saint-Louis.\u2014 1 vol.in-8° de 122 pages avec 34 figures dans le texte: 28 fr.Librairie Octave Doin, Gaston Doin & Cie, Editeurs, 8 Place de l\u2019Odéon, Paris, (6e).Ce livre, essentiellement clinique et thérapeutique, a été rédigé pour l'étudiant et pour le praticien.Il met au point d\u2019une façon précise et exacte la question du traitement sclérosant.Un exposé original d\u2019anatomie et de physiologie normales et pathologiques sert de base à l\u2019ouvrage.Il détaille ensuite minutieusement l\u2019examen clinique avec les techniques d\u2019exploration qui doivent entrer dans la pratique courante.Il a le mérite de rester dans le cadre du médecin général en insistant avec soin sur les étiologies multiples, sur l\u2019état objectif du malade et sur l\u2019appréciation de la circulation apparente et réelle.Cet ensemble d\u2019examens classe les varices qu\u2019il faut respecter et celles qu\u2019on doit scléroser.Ayant fait œuvre sage de clinicien, l\u2019auteur aborde le côté technique très spécial, qui ne s\u2019apprend qu\u2019au prix d\u2019une longue expérience dont il cherche à faire profiter les médecins: choix critique de la seringue, des aiguilles et du liquide, favorables.Il préconise, à côté du salicylate de soude.le liquide de Lugol dont il a légèrement modifié la formule et dont il montre les remarquables résultats.Après avoir donné un véritable code du traitement sclérosant, l\u2019auteur montre la valeur des traitements s\u2019adressant à l\u2019état circulatoire.Enfin les complications sont l\u2019objet d\u2019une étude précise: l\u2019exposé de la désinfection des pansements, des pommades, porte la marque de l\u2019école de Saint-Louis.Cet ouvrage bien édité et abondamment illustré donne au médecin praticien un résumé méthodique et classé du traitement des varices que nul n\u2019a le droit d\u2019ignorer aujourd\u2019hui.La Pratique de la Collapsothérapie en Phtisiologie, par M.PIERY, Professeur à la Faculté de Médecine de Lyon et B.LE BOURDELLES, Professeur agrégé du Val-de-Grâce.2e édition entièrement refondue.Préface de Carlo Forlanini.\u2014 1 vol.in-8° de 350 pages, avec 59 figures dans le texte et 4 planches hors texte: 60 fr.Librairie Octave Doin, Gaston Doin & Cie, Editeurs, 8, Place de l\u2019Odéon, Paris, (6e).Ce livre fait suite à la monographie consacrée au pneumothorax artificiel, publié par les auteurs en 1913, et que le professeur Forlanini avait bien voulu présenter alors au publie médical. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA 589 Depuis cette époque, le pneumothorax thréapeutique a fait l\u2019objet d\u2019innombrables travaux, sa valeur en phtisiothérapie n\u2019est plus discutée; au pneumothorax sont venus s\u2019adjoindre des procédés annexes aujourd\u2019hui bien au point.Ainsi s\u2019est constituée une méthode médicale, la Collapsothérapie, dont les principes et les techniques sont actuellement parfaitement définis.L\u2019ouvrage, entièrement refondu, se présente donc maintenant comme un véritable Précis de Collapsothérapie.Ses \u2018divisions générales comportent: Phistorique, le mode d\u2019action, les indications de la collapsothérapie, les techniques collapsothérapiques (pneumothorax, phrénicectomie, thoracoplastie, pneu- molyse extra et intra-pleurale), les accidents et complications de ces diverses méthodes, les formes cliniques du pneumothoraæ artificiel, les résultats et l\u2019organisation de la collapsothérapie.Limitant volontairement l\u2019étendue de leur travail, et les références bibliographiques, les auteurs se sont attachés à conserver à l\u2019ouvrage le caractère essentiellement clinique et pratique de sa première édition.Ils ont voulu offrir à l\u2019étudiant et au médecin qui s\u2019intéressent à la tuberculose, un exposé ture de ce Manuel de la Collapsothérapie permettra à tous la mise en œuvre, opportune et aisée, de ces divers procédés, dans la complexe mais efficace lutte clair et succinct des données principales de la méthode.Mais surtout, la lec- de l\u2019heure présente contre la « grande maladie ».odo) ee FORMULAIRE FORMULES LAXATIVES (d\u2019après J.Boquet) Extrait de bourdaine .100 grammes Ext.de feuilles de séné .15 grammes Elixir de Garus .\u2026.vere cere cave 0000 150 grammes Sirop d\u2019écorces d\u2019oranges .Q.S.500 grammes 2 ou 3 c.à liqueur par jour au moment des repas.k kk + Ext.fluide de cascara .10 grammes Phénolphtaléine .ccc.coer +.+.eee 5 grammes Elixir de Garus .«ce.eer .Q.S.500 grammes Une ou deux c.a soupe le soir.FORMULES PURGATIVES (d\u2019après J.Boquet) Phénolphtaléine .«cc.coer coer ween ee.0 gr.50 Saccharine .cei veer veu uv 2000 nes 0 gr.05 Alcool à 90% eee.veer cern een save vee aes 20 grammes Cassis coer cere vecu sree coer eee sees Q.S.60 grammes Dans un verre d\u2019eau.* * * Phénolphtaléine .coco cree wen ee.0 gr.50 Alcool à 90% ce.veer vir vues vous save 20 c.c.Anisette veer sere aves as00 ave veus sees save 20 c.c.Dans un verre d\u2019eau.R.BOUCHER.Pr e
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