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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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L'union médicale du Canada, 1940-03, Collections de BAnQ.

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[" i [i BULLETIN L\u2019ODYSSEE DE LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTREAL LES ANCIENS ET NOUS \u2014 REMINISCENCES \u2014 NOTRE AVENIR Je me réjouis, à titre d\u2019ancien, de la vitalité de la Société Médicale de Montréal.Nous devons en attribuer le mérite à deux générations précédentes, sans aucun doute, mais la génération actuelle doit en revendiquer sa juste part.Depuis deux ou trois ans, surtout, les présidents ont introduit une méthode nouvelle d'organiser, longtemps auparavant, des séances spéciales en choisissant un sujet d\u2019études et de discussion auquel participent quelques médecins désignés à l\u2019avance.Le Comité des séances, dirigé par le secrétaire, le docteur Paul Letondal, agrégé en Pédiatrie, a infusé une vie nouvelle, même aux séances régulières.Je m\u2019empresse de le reconnaître et de lui adresser mes félicitations et mes encouragements pour le zèle et la véritable ferveur qu\u2019il déploie dans l'exercice de cette laborieuse et souvent ingrate fonction.Nous devons lui en tenir compte.La Société Médicale de Montréal, actuelle, existe sans interruption depuis quarante ans.C\u2019est un record pour nous, fondateurs inlassables de sociétés éphémères et victimes de notre incurable instabilité; mais cela témoigne de la ténacité et de la persévérance, deux qualités de notre race.Cette survivance sera inscrite dans nos annales comme un miracle car nombreux, dans le passé, ont été nos essais infructueux.Suivons ensemble la courbe de cette courageuse ct utile initiative.1.Allocution au Banquet de la Société Médicale de Montréal, le mardi soir, 6 février 1940, au Cercle Universitaire.La tristesse de l\u2019homme est dans la vie sans espoir, l\u2019activité sans but, la pensée sans horizon.(CARLHIAN).Rappelons, à ce sujet, quelques souvenirs historiques; 1l est si intéressant de parler des autres et si peu de soi-même! I.Société Médicale de Québec, 1826 La première Société Médicale française fut fondée en 1826 dans la ville de Québec, en même temps que le Journal de Médecine de Québec.Elle ne vécut pas très longtemps: à peine deux ans.Elle mourut d\u2019inanition.II.McGill, 1829 \u2014 Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, 1842 Revenons à Montréal pour assister à la naissance de nouvelles et importantes organisations universitaires.Il y a, d\u2019abord, la fondation de l\u2019Université McGill, en 1829.Montréal avait, à cette époque, une population de 15,000 âmes.Plus tard, en 1842, on fonde l\u2019Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal.Telle obtient, en 1867, son affiliation à l\u2019Université Victoria de Cobourg (Ontario) afin de pouvoir décerner des diplômes à ses élèves.Ces deux importantes fondations n\u2019ont pas cru opportun, à cette époque, de fonder un Journal de Médecine.D'ailleurs, les Facultés de Médecine n\u2019ont jamais publié, jusqu\u2019iei, un journal qui fût leur organe officiel.C\u2019est juste.I.Société Médico-Chirurgicale, 1863 La première Société Médicale, à Montréal, à été fondée en 1863; c\u2019est la Société Médico- Chirurgicale, dont le premier président fut le Docteur William Hingston, pére de notre col- 236 lègue de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.Elle vécut à peine deux années, mais, au cours de l\u2019une de ses dernières séances, le docteur Godfrey lut un travail important sur Le rôle de l\u2019eau dans la fièvre typhoïde.En ce temps-là, cette opinion fit beaucoup de bruit à cause de l\u2019existence de la maladie sévissant presque à l\u2019état endémique sans compter sa recrudescence au printemps.Ce travail avait un grand mérite; il révélait, chez son auteur, un esprit d\u2019observation que l\u2019on constate fréquemment chez nos anciens maîtres, et il pressentait la vérité, si bien établie, plus tard, par les travaux de Murchison à Londres, et de Chante- messe à Paris.Au bout de cinq ans, on la réorganisa de nouveau sous le nom de Medico-Chirurgical Society.Elle a survéeu, depuis, sans interruption.Elle est, aujourd\u2019hui très prospère.Il me fait plaisir de saluer, ce soir, parmi nous, la présence de son Président actuel: le docteur Fraser, professeur à l\u2019Université McGill et chef du service de Gynécologie et d'Obstétrique à l\u2019hôpital Victoria.IV.Société Médicale de Montréal, 1871 L'Union Médicale du Canada, 1872 Le long silence des médecins canadiens- français vous surprendra sans doute.C\u2019est mon avis.Bref, en 1871, après un rapport d\u2019un comité spécial présidé par le docteur Rottot, ancien doyen de la Faculté de Médecine de l\u2019Université Laval, on adopte une résolution en vue de créer une association médicale canadienne-française à laquelle on donne le nom de Société Médicale de Montréal.La première séance eut lieu au mois de novembre de la même année, sous la présidence du docteur Coderre, aïeul du professeur Baril, de la Faculté de Médecine et des Sciences de l\u2019Université de Montréal.Je m\u2019empresse de citer quelques item du programme réalisé par cette Société Médicale au cours de l\u2019année 1871-72.Il étonne à cause de son ampleur et de son importance.1° L'institution d\u2019un Bureau de Santé pour la ville de Montréal.Les membres de la So- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 ciété Médicale s\u2019élèvent avec conviction contre l\u2019existence et l\u2019incompétence d\u2019un Bureau de Santé dirigé par des hommes d\u2019affaires, marchands et autres.Ils soutiennent que la prospérité d\u2019une ville dépend en grande partie de son état sanitaire et que seuls les médecins sont qualifiés pour en assumer la responsabilité et la direction.À cette fin, on suggère la nomination d\u2019un directeur compétent, suffisamment rémunéré! pour s\u2019y consacrer entièrement, assisté de médecins plus jeunes pour l\u2019aider dans l\u2019application des mesures requises pour protéger la santé publique.Ce Bureau de Santé pourrait s\u2019occuper des questions suivantes: a) Installer à chaque domicile des égouts particuliers reliés à l\u2019égout central, afin de faire disparaître les fosses d\u2019aisance.b) Organiser l\u2019inspection des viandes, du pain.c) Exercer une étroite surveillance sur la qualité de l\u2019eau potable, soit à sa source, soit dans le mode de distribution ; ainsi que le lait qui, selon eux, est une des causes les plus importantes de la mortalité infantile.3° La fondation d\u2019un Journal de Médecine, en vue de publier les travaux de ses membres, afin de les répandre parmi tous les médecins de la ville et des districts ruraux.C\u2019est ainsi que, le premier janvier 1872, la Société Médicale de Montréal publiait la première édition de l\u2019Union Médicale du Canada.Ce journal a résisté, jusqu\u2019ici, à l\u2019épreuve du temps.Sa publication s\u2019est continuée sans interruption jusqu\u2019à nos jours.Il a assisté à de nombreuses funérailles, mais il a survécu.C\u2019est un autre record à notre crédit car, pour nous, un journal de médecine âgé de 68 ans, vivant, prospère, connu et répandu dans le monde entier, mérite qu\u2019on le mentionne.4° Une autre question de la plus haute importance fut discutée longuement et avec acrimonie à la Société Médicale: la vaccination contre la variole.On réussit à l\u2019imposer et à vaincre peu à peu tous les préjugés lorsqu\u2019on 1.Les hommes d\u2019affaires tenaient pour $500.00 par an.Leur mentalité a guère changé. BULLETIN s'aperçut que les épidémies étaient de moins en moins fréquentes et moins meurtrières.5° Une autre mesure très importante pour nos universités minoritaires fut l\u2019Acte Médical du Canada.Ce bill tendait à centraliser l\u2019enseignement tout entier, afin d\u2019exercer un contrôle absolu sur l\u2019enseignement médical et même l\u2019enseignement classique.La Société Médicale, par la voie de son journal, fit une lutte telle qu\u2019elle réussit à le faire rejeter.Cette victoire, seule, eût pu justifier l\u2019existence de la Société Médicale de Montréal.V.Le Collège des Médecins et Chirurgiens de la P.Q.projet 1872 6° La pression exercée par les parrains de l\u2019Acte Médical, et l\u2019attitude nettement hostile de la Société Médicale de Montréal provoquèrent une telle réaction parmi ses membres que ceux-ci, en vue de sauvegarder intégralement leurs droits et leurs privilèges, firent une contre-proposition à ce sujet en posant le principe que chaque province doit veiller à l\u2019exécution et au fonctionnement des lois qui dirigent l\u2019enseignement et la pratique de la médecine dans leurs limites respectives.C\u2019est dans la séance du 5 septembre 1872 qu\u2019un Comité spécial propose la résolution constituant un nouveau bill de médecine pour la province de Québec, dans laquelle on peut lire entre autres clauses ce qui suit: 1° «Que dans l\u2019intérêt du public et de la science médicale, il est expédient que les lois et les règlements concernant les aspirants à l\u2019étude et à la pratique de la médecine, de la chirurgie et des accouchements, ainsi que les règlements concernant l\u2019enregistrement et l\u2019administration en général des intérêts des médecins, soient entièrement sous le contrôle du corps médical de chaque Province.2° Que la profession médicale composée de toute personne possédant actuellement, ou qui, plus tard, deviendra en possession d\u2019une licence, pour pratiquer la médecine, la chirurgie et l\u2019art obstétrique, soit incorporée sous le nom de Collège des Médecins 237 et Chirurgiens de la Province de Québec.Chaque membre sera tenu de payer une contribution annuelle de\u2026, sous peine de perdre ses privilèges comme médecin.6° Que personne ne pourra pratiquer la médecine, etc, sans une licence du Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec.12° Que le Bureau n\u2019aura pas le droit d'accorder une licence à un porteur de diplôme étranger à la Province de Québec, avant qu\u2019il ait obtenu le diplôme d\u2019une Université ou Ecole porée.» canadienne incor- La suite de cette résolution n\u2019est rien autre que les règlements actuels du Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec plus ou moins amendés ultérieurement.Nous avons donc, grâce à eux, conservé notre complète autonomic.7° Enfin, on proposa et fit adopter un code d\u2019éthique professionnel médical.Il est évident que ce programme fait grand honneur à la Société Médicale de Montréal de 1872, comme à toutes celles qui pourraient en réaliser un semblable à celui-ci.VI.L'Université Laval a Montréal Nous voici en 1878, date importante pour nous: c\u2019est l\u2019arrivée, à Montréal, de l\u2019Université Laval de Québec.Celle-ci nous dote d\u2019une filiale.Un bon nombre de ses professeurs vont quitter l\u2019Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal pour devenir professeurs de la nouvelle Faculté de Médecine canadien- ne-française.Les événements sensationnels qui s\u2019y rapportent ont été longuement exposés par l\u2019un de mes anciens maîtres et ancien secrétaire, le professeur L.-D.Mignault, dans l\u2019Union Médicale du Canada en 1926, p.444, etc.Ce fut une période très mouvementée.Bref, je ne sais si la Société Médicale de ce temps-là s\u2019en ressentit, mais elle cessa d\u2019exister en 1887. 238 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 VII.Société de Médecine pratique de Montréal Cependant, les médecins des hôpitaux et des professeurs avaient accoutumé de fréquenter cette Société et d\u2019y publier leurs travaux.Seuls, les rédacteurs de l\u2019Union Médicale poursuivaient leur tâche sans tenir compte des acrimonies actuelles.Il faut les en féliciter.Bref, un certain nombre de médecins prennent la résolution de fonder une autre Société Médicale.On la désigne sous le nom de Société de Médecine pratique de Montréal, sous la présidence du docteur Hingston, chirurgien en chef de l\u2019Hôtel-Dieu, et du docteur Fou- cher, professeur d\u2019ophtalmologie à Laval, comme secrétaire.Nous pouvons conclure, en associant ces deux noms, que les médecins de ce temps-là avaient trouvé un terrain d\u2019entente entre les deux écoles.Mais ses activités ne se prolongèrent pas au delà de deux ans.En 1892, la Société de Médecine pratique se reconstitua.C\u2019est à cette époque qu'\u2019arrivent, à l'avant-garde, les nouveaux médecins retour de Paris, qui deviendront les chefs de file de la nouvelle génération.C\u2019est l\u2019ère pasteurienne qui s'implante parmi nous; c\u2019est une nouvelle Ecole qui prend racines dans l\u2019Ecole ancienne.C\u2019est ainsi qu\u2019à l\u2019une de ses premières séances on voit le nom du docteur Oscar Mercier, père de notre président actuel, communiquant aux membres les résultats de ses opérations pratiquées avec les méthodes d\u2019antisepsie, démontrant l\u2019évidence indiscutable de sa supériorité sur les méthodes anciennes.Une autre de ses communications porte sur l\u2019anesthésie locale par la cocaïne, méthode prônée par son maître à Paris, le professeur Reclus, et dont il fut le pionnier au Canada.Aussitôt se constituent les deux camps, ancien et nouveau, dont les longues et vives discussions, répandues dans le public, dressèrent les jeunes contre les anciens pour se terminer par la victoire des idées pasteuriennes.Mais la Société de Médecine fut tellement secouée, de part et d\u2019autre, qu\u2019elle se dissipa bientôt en un vague souvenir, chacun restant sur ses positions.VIII.Comité d'Etudes, 1897 \u2014 Société Médicale de Montréal, 1900 Un long silence succéda à ces acrimonieuses discussions.En 1896, arrivaient, à Montréal, un groupe nombreux de jeunes médecins, anciens élèves, retour d\u2019Europe, où ils avaient complètement repris leurs études médicales afin de s\u2019initier à tous les secrets de la clinique française et des méthodes de laboratoires: bactériologie, anatomie pathologique, nécropsie, ete.Quelques-uns y avaient subi avec avec succès les épreuves du Doctorat.C\u2019est ce groupe, très homogène, qui importa à Montréal, avec l\u2019ère pasteurienne, le premier laboratoire de bactériologie et d\u2019anatomie pathologique.Aussitôt, tous ces compagnons de voyages et d\u2019études se groupèrent sous le nom de Comité d\u2019Etudes.Ils tenaient leurs séances une fois par semaine, dans une des salles que l\u2019Université Laval avait mise à leur disposition sur leur demande.Ses membres y poursuivaient des études théoriques et pratiques, afin de continuer, ici, l\u2019enseignement reçu là-bas et de faire, si possible, école.En 1900 ce groupe \u2014 devenu de plus en plus nombreux \u2014 résolut de fonder ou, si l\u2019on veut bien, de faire revivre la Société Médicale de Montréal.La première séance eut lieu le 30 octobre 1900.Le premier président fut.le docteur Hervieux, professeur de thérapeutique à l\u2019Université Laval.Hervieux fut, parmi les professeurs de ce temps-là, notre première et importante recrue, bientôt doublée du professeur Foucher, esprit averti et curieux de tout connaître.Il se prit.d\u2019amitié pour le docteur Télesphore Parizeau, à qui il ouvrit les laboratoires de l\u2019Université et il contribua, ainsi, à le faire nommer professeur agrégé, chargé du laboratoire et de l\u2019enseignement de la bactériologie.Ce détail historique surprendra sans doute ceux qui ont.accoutumé de voir, dans mon collègue Pari- zeau, un chirurgien de carrière.En effet, il a été, longtemps, un des chefs du service de chirurgie à l'hôpital Notre-Dame avant de: BULLETIN devenir directeur des études de la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal.La Société Médicale de Montréal actuelle date donc, en réalité, du 12 octobre 1900, soit 40 années d\u2019existence sans interruption.Je le répète: c\u2019est un record.IX.Association des Médecins de Langue française de l'Amérique du Nord En 1901, la Société Médicale de Québec, avait repris ses activités, sous la présidence du professeur Brochu.Idéaliste et grand orateur, il conçut le projet de réunir les Sociétés Médicales de ce temps-là à Québec, en vue de leur soumettre un projet qui lui tenait au cœur et dont il espérait beaucoup pour notre avenir scientifique et professionnel: l\u2019Association des Médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord.Je représentais, à cette séance mémorable, la Société Médicale de Montréal.Tous approuvèrent ce projet et résolurent de le réaliser, en organisant un premier Congrès de cette Association qui eut lieu à Québec en 1902.Ce fut un très grand succès.La France y envoya son premier délégué officiel: le professeur Delâges, de Paris, biologiste.On fonda de tels espoirs en cette Association, dont les ramifications s\u2019étendaient d\u2019un océan à l\u2019autre, que tout le monde fut d\u2019accord pour exalter son fondateur et s\u2019en réjouir en toute sincérité.Vous savez quelle a été, depuis, l\u2019expansion et le succès de cette grande Association, dont la voix a été entendue non seulement au Canada, mais dans le monde entier puisque, à nos Congrès ultérieurs, nous avons eu des représentants de toutes les nations, surtout latines.Ici, encore, nous avons le droit de nous féliciter du résultat que nous avons obtenu.Mais nous le devons entièrement à nos Sociétés Médicales, surtout à la Société Médicale de Montréal.Je me plais, ce soir, à lui en rendre le témoignage et j\u2019y ajoute celui du professeur Brochu qui a, maintes fois, exprimé publiquement, et dans des lettres particulières, opinion suivante: « Sans le groupe important de la Société Médicale de Montréal », disait-il, «il nous eût été impossible de fonder, surtout, 239 de maintenir notre grande Association générale » 1.Pourquoi?Parce que, à ses débuts et au cours de sa longue existence, notre Société Médicale de Montréal a, sans cesse, reçu du sang nouveau des nombreux élèves, boursiers et autres, qui ont rajeuni nos méthodes d\u2019observations et multiplié nos laboratoires où se poursuivent, sans répit, les travaux de recherches indispensables à notre avancement scientifique.Parce que, à sa naissance, on lui inocula les idées pasteuriennes, jusque là nébuleuses dans l\u2019esprit de nos anciens maîtres à Montréal.Parce que nous avons noué, chaque jour plus nombreux et utiles, les liens indissolubles qui nous unissent à la France.C\u2019est ainsi, qu\u2019il y a 40 ans, nous avons importé le livre français dont le libraire Déom, un pionnier chez nous, devint le dépositaire autorisé et bienveillant.Je n\u2019oublie pas que, personnellement, j'ai appris l\u2019anatomie dans un livre anglais, Wilson, très répandu parmi les étudiants de notre Faculté française.Je ne doute pas que le livre français ait rendu notre enseignement plus attrayant pour nos élèves, et nos lectures plus fécondes pour les médecins.Les journaux de médecine français ont bientôt suivi la voie tracée par le livre, constituant, ainsi, des appels incessants vers la France.Parce que, à partir de cette date, et de plus en plus, notre enseignement canadien-fran- çais s\u2019est inspiré de l\u2019enseignement français: 1.L\u2019idée d\u2019une telle association n\u2019est pas entièrement nouvelle.En fondant la Société de Médecine pratique, à Montréal en 1888.Un des membres s\u2019exprime ainsi: « L'idée qui a présidé à la fondation de la Nouvelle Société en a fait germer une autre qui ne manque pas d\u2019importance\u2026 Il s'agirait, tout simplement, de réunir en Congrès, une fois l\u2019an ou tous les deux ans, tous les médecins canadiens-français de la Province de Québec.Nos confrères d\u2019origine anglaise nous ont, depuis nombre d\u2019années, donné l\u2019exemple de ce que peut l\u2019esprit d\u2019association en fondant et faisant prospérer l\u2019Association Médicale Canadienne.Aux E.-U., nous voyons prospérer également l\u2019Association Médicale Américaine, le Congrès des Médecins et Chirurgiens Américains, etc.Pourquoi ne ferions-nous pas aussi bien que nos voisins puisque nous avons en mains tous les éléments de succès » (Union Médicale du Canada 1888, vol.17, p.613.). 240 méthodes d\u2019observation, coopération avec les laboratoires, publications plus nombreuses, plus soignées et mieux rédigées.Parce que nos congrès de L\u2019A.M.L.F.A.N.ont amené, chez nous, des délégués officiels de la Faculté de Médecine de Paris dont les rapports nous ont servis et aidés auprès des autorités de leur pays.Parce que les missions françaises: médicales, littéraires, scientifiques, philosophiques et autres, sont venues chez nous, sous les auspices de l\u2019Institut Franco-Canadien, étudier nos méthodes et les redresser à la lumière des méthodes françaises, mieux adaptées à nos goûts et à nos aptitudes.Parce que, enfin, nous avons invité des maîtres français à demeurer au milieu de nous pour y faire Ecole.Tous ces faits, que je ne puis qu\u2019énumérer succinctement.ont contribué à nous orienter, à nous instruire, à nous stabiliser et à maintenir intactes et largement ouvertes nos lignes de défense et d\u2019avancement.X.Un souvenir personnel \u2014 Une Mission française en 1908 Telles sont les raisons qui ont placé la Société Médicale de Montréal à l\u2019avant-garde de notre développement scientifique.Qu'on s\u2019en souvienne! Les générations actuelles, plus instruites, plus favorisées, à cause de nos hôpitaux bien outillés et de notre Université dont l\u2019avenir s\u2019annonce brillant, malgré tout, devront porter plus haut et plus loin le flambeau qui éclaire notre route depuis si longtemps.C\u2019est le vœu que je formule en ce moment.La présidence de la Société Médicale de Montréal est un grand honneur et elle laisse souvent dans l\u2019esprit des souvenirs que l\u2019on évoque avec plaisir lorsque, plus tard, on songe au passé.J\u2019en évoquerai un, ce soir, qui remonte à ma présidence en 1908.À cette époque, nous avions comme secrétaire mon col- légue, le docteur B.-G.Bourgeois.Je succédais, dans ce fauteuil, à mon excellent ami, le \u2018docteur Marien, ancien chirurgien en chef de L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 l\u2019Hôtel-Dieu et notre premier professeur d\u2019anatomie pathologique à l\u2019Université Laval de Montréal.Comme vice-président, le docteur Télesphore Parizeau nous secondait avec beaucoup d\u2019empressement et de maîtrise.C\u2019est durant ce règne que nous eûmes le très grand honneur de recevoir officiellement l\u2019importante mission française qui se rendait au Congrès International de la tuberculose à Washington.Au Congrès précédent, à Londres, les Allemands, en groupe solide, sous la direction de Koch, alors dans toute sa gloire, avaient affirmé que la tuberculose bovine différait de la tuberculose humaine.L'Ecole française soutenait, au contraire, que les deux formes de tuberculose, bovine et humaine, sont de même nature.Cette mission était constituée par MM.Landouzy, doyen de la Faculté de Médecine de Paris; Arloing, doyen de la Faculté de Médecine de Lyon; Pierre Teissier, professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Paris; Léon Bernard, en ce temps-là interne de Landouzy ; Triboulet, qui nous voua une amitié très sincère à compter de ce voyage enfin, Courmont, professeur agrégé à Lyon, qui était déjà venu à Montréal faire quelques leçons sur sa méthode de séro-diagnostic de la tuberculose.Cette fois, il était accompagné d\u2019une jolie grande femme blonde: sa femme.Un voyage de noces! ) Tous ces Messieurs étaient aussi accompagnés de leur femme.Il y avait, parmi eux, une femme médecin: Docteur Lambert.Cette mission se rendait à Washington pour démontrer, après des expériences décisives poursuivies à l\u2019Ecole d\u2019Alfort, en France, sous la direction du professeur Nocart, que les deux formes de tuberculose sont identiques.Ils gagnèrent leur point.Mais un incident que je désire rappeler est le suivant: le soir, à l\u2019hôtel de la Place Viger, il y eût un grand dîner officiel sous les auspices de la Société Médicale de Montréal.Nous primes l\u2019initiative, pour la première fois, d\u2019inviter les dames canadiennes à accompagner leur mari, afin d\u2019y rencontrer nos hôtes de France.J\u2019eus l\u2019idée, en cette circonstance BULLETIN mémorable, de prier l\u2019une de nos femmes d\u2019esprit de ce temps-là: Mlle Barry (Françoise, de son nom de plume, comme rédacteur à La Patrie, de Montréal), de bien vouloir présenter la santé des dames.Elle s'y prêta avec beaucoup de bonne grâce et elle s\u2019exprima dans les termes suivants (j'en cite quelques paragraphes) : « Vous l\u2019avouerai-je candidement?ce périlleux honneur que l\u2019on m\u2019a confié, et auquel j'aurais attribué, en tout autre moment, une petite intention malicieuse, m\u2019a fait une joie extrême et ne m\u2019a pas causé l\u2019embarras que la juste connaissance de mes moyens modestes aurait pu me donner.«Il est si bon de pouvoir laisser parler à l\u2019aise son cœur de française et si doux de donner libre cours à des sentiments dont la sincérité rend l\u2019expression facile.« Accueillir visiteurs et visiteuses de France dans notre jeune pays, encore embaumé de la forte odeur de son passé, rendre hommage au mérite, à l\u2019esprit et à la science, c\u2019est, en toute occasion, un fin et délicat plaisir, dont le charme s\u2019accroît encore lorsque la mission dont ils sont chargés intéresse si profondément le sort de notre souffrante humanité.° .° .° .«Il ne suffit plus aujourd\u2019hui aux femmes d\u2019être de sûres guérisseuses d\u2019Âmes.A leur savoir psychologique inné, elles doivent ajouter des connaissances précises de physiologie, permettant de seconder intelligemment les efforts de la médecine.«On m\u2019a demandé de vous souhaiter la bienvenue, et j'en abuse.Mais avant de vous quitter, je désire vous citer un dicton que nous avons au Canada et qui marque, j'aime à le penser, l\u2019attrait de notre immense pays et de notre majestueux fleuve: «Celui qui a goûté de l\u2019eau du Saint-Laurent reviendra en boire.» 241 « Nous pourrons mêler cette eau de souvenir et d\u2019attirance au vin généreux et chantant qui nous vient de France, afin que nous puissions espérer ce retour qui nous consolera de l\u2019adieu.» Madame Docteur Lambert, de Paris, femme du peintre célèbre de ce nom, se chargea de répondre à cette santé et elle le fit avec une simplicité et une grâce exquises qui lui valurent une ovation.C\u2019était une femme splendide, imposante, énorme, ressemblant à une nouvelle statue de la liberté promenant, sur les rives du Saint-Laurent, un nouveau flambeau qu\u2019elle arbora dans tontr sa « splendeur et sa royauté ».«C\u2019est la première fois, dit-elle, que je parle en public; laissez-moi vous dire que si je sens aujourd\u2019hui tout l\u2019honneur de cette obligation, J'en sais aussi tout le péril.Je prends confiance pourtant, car, depuis ce matin, nous sommes entourés d\u2019une sympathie si vibrante que trop de timidité serait presque une offense à une amitié si précieuse et si rare.Mais si les femmes sont timides \u2014 et c\u2019est presque un devoir pour elles \u2014 elles sont bavardes aussi, disent les hommes \u2014 en France seulement! «Ils nous accusent de quelque précipitation dans nos discours, et pour un peu ils nous prêteraient le mot charmant mis par l\u2019un de nos plus chers romanciers dans la bouche de l\u2019un de ses héros: « Je ne pense que quand je parle».«Je viens à vous les mains tendues et .° .° .l\u2019âÂme grande ouverte, en bonne Française, vous disant: souvenons-nous ensemble, au- jourd\u2019hui, de la mère commune, de cette tendre et de cette chère France qui a donné au Canada, dans vos ancêtres, son sang le plus pur, ses fils les plus glorieux.« Vous la perpétuez, la mère patrie, en faisant vivre ici ses plus précieuses traditions. 242 « Aimons-nous done ainsi: fidèles à son souvenir, vous, ses filles établies au loin, nous, gardiennes à domicile du vieux foyer où tant de peuples ont réchauffé leur idéal de beauté, de justice et de liberté.» Ces dernières paroles furent couvertes d\u2019applaudissements.C\u2019est ainsi, qu\u2019autrefois, parlaient les femmes lorsque nous les invitions à nos agapes officielles.Depuis ce temps!.XI.Réflexions Nos écoles de médecine sont devenues de grandes facultés.Nos hôpitaux ont été reconstruits, plus nombreux, plus spacieux et bien outillés.Le recrutement de notre personnel médical, hospitalier et universitaire, est mieux contrôlé et mieux pourvu qu\u2019autrefois.Nos universités, à Montréal et à Québec, sont assises sur des bases solides, quoi qu\u2019on dise, et notre Société Médicale de Montréal, à cause de son expansion et de ses activités, tant scientifiques que sociales, demeure notre seule tribune officielle.C\u2019est à elle, en effet, que nous devons ce que nous possédons; c\u2019est à elle que nous pouvons confier notre espoir dans l\u2019avenir.C\u2019est elle qui demeure le témoin de notre ascension.Ces faits démontrent l\u2019utilité pour nous, Canadiens français, de la Société Médicale de Montréal.Ceux qui la critiquent sans discernement ou qui négligent de la servir selon son mérite commettent une grave erreur, soit à l\u2019égard de l\u2019Université, soit à l\u2019égard de nos hôpitaux.Ils nuisent à notre réputation et affaiblissent nos rangs.Je m\u2019empresse, à ce sujet, de faire appel à deux voix d\u2019outre-tombe, dont le témoignage est précieux ce soir.Ecoutez la voix du professeur Osler, que nous avons tous connu, à McGill, nous les plus anciens, et qui jouissait d\u2019une réputation internationale.«Celui qui sait tout, dit-il, et ne peut rien retirer de la fréquentation de la Société Médicale, nous fait penser a ce spéei- men d\u2019avorton humain, l\u2019enfant prématurément sénile dont la dégénérescence a L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 ajouté une vieillesse précoce à un corps d\u2019enfant.» \u2014 D'autre part, la fidélité à nos Sociétés savantes est une des formes du patriotisme.J\u2019évoque, à ce sujet, une autre voix bien connue dans notre milieu: celle de feu le docteur Foucher.Voici comment il s\u2019exprimait au deuxième Congrès de L\u2019A.M.L.F.A.N.en 1904 à Montréal (J\u2019en étais le secrétaire général.) : « Celui-là servira le mieux qui, inféodé à aucune école, à aucune idée étroite et ines- quine, saura prendre le bon où il se trouve et le distribuer avec intelligence de façon à réaliser la plus grande somme de bien possible.» Ainsi parlent les morts que nous aimons et qui continuent, souvent, de se faire entendre chaque fois qu\u2019on veut bien les invoquer.Tous les membres actuels doivent donc pratiquer le culte de la Société Médicale de Montréal.Ils en retireront, certainement, un très grand bénéfice, ne serait-ce qu\u2019à titre d\u2019auditeur; mais ils contribueront, ainsi, à nouer plus solidement encore les liens qui unissent l\u2019Université, les hôpitaux, le praticien des villes et des districts ruraux, car elle constitue l\u2019une des principales armatures de notre grand édifice médical canadien-français.Une réminiscence me vient en ce moment à l\u2019esprit, la voici: Dans les contes de Perreault, un de ses héros, Riquet à la Houppe, s\u2019éprend d\u2019une belle princesse à qui il fait son humble et simple aveu.Il est laid et difforme, mais son esprit est vif et son cœur, généreux.\u2014 « Mais », dit-il, en s\u2019adressant à la grande dame, «vous pouvez, si vous le voulez, faire en sorte que je sois beau et digne de Vous ».\u2014 « Comment ferais-je », lui répond-elle?\u2014 «Il suffit, Madame, que vous consentiez à m\u2019observer et à m\u2019entendre; le miracle s\u2019opérera.» \u2014 11 en fut ainsi.C\u2019est un pur symbole!\u2026 BULLETIN \u2014 Que les membres actuels de la Société Médicale de Montréal apprennent à la fréquenter assidûment lorsqu\u2019elle les y invite; ils en recueilleront tant de bénéfices et de satisfaction qu\u2019ils l\u2019aimeront tous sincèrement et fidèlement.Elle vivra donc!.Enfin, si nous n\u2019avons pas tout créé, souve- nons-nous, avec Zamacois, que: C\u2019est encore un peu de quoi s\u2019enorgueillir Ne pouvant pas crééer, d\u2019empécher de mourir.Albert LeSAGE.Fondateurs de la Société Médicale de Montréal.MM.les Docteurs: 1871 1900 Bibaud Asselin Brosseau Benoît Bruneau Boucher Coderre Boulet Dagenais Cléroux 1871 Desjardins (Ed.) Desrosiers Dubuc Dugas Foucher Grenier Lachapelle Laramée Larocque Leblanc Martineau Mount Pelletier Perrin Plante Poitevin Quintal Ricard Rottot 243 1900 Dagenais Décarie Dubé Hervieux Harwood Larin L\u2019Espérance LeSage Marien O.Mercier A.Mercier Merrill T.Parizeau! 1.Ces listes sont à peu près complètes sauf quelques omissions involontaires.\u2014 L MÉMOIRES a v & v EFFICACITÉ DU SULFAPYRIDINE DANS LE TRAITEMENT DES INFECTIONS AIGUÉS DES VOIES RESPIRATOIRES CHEZ LES ENFANTS ! Par L.-C.SIMARD et Albert GUILBEAULT.De très nombreux travaux ont paru sur l\u2019emploi des sulfamidés et de leurs dérivés, dans les infections les plus diverses.Le sul- fapyridine ou para-amino-benzène-sulfamido- pyridine a été utilisé récemment surtout contre la pneumonie de l\u2019adulte et paraît avoir, dans ce cas, abaissé considérablement le taux de mortalité.Il n\u2019y a pas longtemps, Prévost, Hébert et Leclerc rapportaient ici même, les très bons effets du M.B.693 2, dans la pneumonie de l\u2019adulte.McLeod, dans le « Journal of the American Medical Association », livraison du 7 octobre 1937, a donné un travail très complet, sur cette question.Il y a eu cependant peu de publications sur l\u2019emploi du sulfapyridine chez l\u2019enfant.Evans et Gaisford en Angleterre, Barnett et ses assistants aux Etats-Unis, ont constaté que les nourrissons et les enfants atteints de pneumonie ou de broncho-pneumonie bénéficiaient largement du traitement par le sulfapyridine.Depuis plus d\u2019un an, nous avons eu l\u2019occasion d\u2019utiliser le sulfapyridine dans le service de Pédiatrie de l\u2019hôpital Notre-Dame et nous rapportons ici le résultat de nos constatations.De septembre 1936 à septembre 1937 , 77 enfants souffrant de pneumonie ou de broncho- pneumonie avec ou sans otite moyenne, furent hospitalisés à l\u2019hôpital Notre-Dame.Sur ce nombre 24 succombèrent ou 32.5%.1.Travail présenté à la Réunion Scientifique du Bureau Médical de l\u2019hôpital N otre-Dame, séance du jeudi 12 octobre 1939.Travail de l\u2019Institut d\u2019Anatomie-Pathologique de l\u2019Université de Montréal, subventionné par le Fonds Rougier-Armandie, et du Service de Pédiatrie de l\u2019hôpital Notre-Dame.2.Sulfa-pyridine, para-amino-benzène-sulfamido- pyridine et Dagenan, et M.B.693 sont synonymes.De septembre 1937 à septembre 1938, 55 enfants furent hospitalisés pour les mêmes maladies et seize succombèrent, c\u2019est-à-dire: 29%.Les méthodes de traitement pendant ces deux années, de septembre 1936 à septembre 1938, furent les méthodes classiques: transfusions, oxygénothérapie, aérothérapie, révulsions, expectorants, tonicardiaques, vaccins, médication de choc par les métaux colloïdaux ; la mortalité pour ces deux années fut quand même très élevée: 32.5% et 29%.De septembre 1938 à septembre 1939, 52 enfants furent hospitalisés pour les mêmes raisons et 4 seulement succombèrent, c\u2019est-à- dire 7.6%.Au cours de cette dernière année le traitement fut presque exclusivement limité au sulfapyridine associé aux révulsions.Quelques transfusions furent pratiquées dans certains cas.Résumons le tout en un tableau: Septembre 1936 à septembre 1937: 77 cas (otite associée: 34), 24 morts Septembre 1937 à septembre 1938: 55 cas (otite associée: 31), 16 morts Septembre 1938 à septembre 1939: 52 cas (otite associée: 28), 4 morts .oo oo ee + a eo +» .eo 2 =» Nous présentons ici trois observations parmi les cas typiques de guérison rapide apres administration du Dagenan.Observation I Le bébé Gilles L., 4gé de 6 mois, admis & l\u2019hôpital le 22 juin 1939, tousse depuis deux jours.Il a des selles jaune-verdâtres très fétides 2 ou 3 fois par jour.Il pesait 9 livres et demi à sa naissance, a reçu du B.C.G.et a SIMARD ET GUILBEAULT: EFFICACITÉ DU SULFAPYRIDINE.souffert de varicelle.Deux petits frères sont morts avant un an d\u2019affection pulmonaire (pneumonie?).Le père et la mère sont en bonne santé.A l\u2019examen, nous sommes en présence d\u2019un gros bébé pesant 20 livres à 6 mois.Il tousse fréquemment et il existe un stridor respiratoire.La peau et les muqueuses sont décolorées.Le pharynx est hyperhémié.Quelques petits ganglions roulent sous le doigt à l\u2019angle de la mâchoire.A l\u2019auscultation, les plages pulmonaires sont remplies de sibilances.Les bruits du cœur s\u2019entendent difficilement au milieu des bruits adventitiels pulmonaires.Il n\u2019y a rien à noter aux oreilles, ni à l\u2019abdomen, ni aux membres inférieurs.6 mows.doses 5208-1138 Cle A \u201c \u201d Dog spas sos 183 Dulce + + + + + + - 9 Onudhids + + + + + + - - a 3 \u201c > .7 s q 0 \" Ta Le même jour et les jours suivants, on pratique le traitement suivant: sirop de Tolu, enveloppement sinapisé, bleu de méthylène dans la gorge, huile goménolée dans le nez.La température le lendemain est de 105° et se maintient ensuite entre 100° et 101°.Le troisième jour les tympans sont rouges et bombés.L\u2019otologiste pratique une double paracentèse, et du pus s\u2019écoule des deux oreilles.Le 5e jour, un souffle et des râles sous-crépi- tants apparaissent à la base droite; on administre du Dagenan, un quart de comprimé de 0.50 centigr.toutes les quatre heures.Le lendemain soir la température descend à la normale pour ne plus remonter; l\u2019écoulement des oreilles diminue progressivement et se tarit au neuvième jour.245 L'enfant quitte l\u2019hôpital le 12 juillet, guéri.Observation II.Jean P., âgé de 14 mois qui tousse depuis trois semaines, est hospitalisé le 9 avril 1939.Pesant 9 livres à sa naissance, 1l a été nourri au sein pendant deux mois; il pèse actuellement 23 livres.Le père et la mère sont en bonne santé.La maman a eu onze grossesses dont une fausse couche.Six enfants seulement sont vivants et en bonne santé.A l\u2019examen, l\u2019enfant respire difficilement et se plaint continuellement.Il existe un léger coryza et le naso-pharynx est un peu congestionné.A l\u2019auscultation, on entend une pluie de petits râles au sommet et un souffle au Jar 7 7 4 masa - Îracuer Jor4 1989 = N WT TV wf WV « LAN Onulle] \u201c6 tduthe + + + = - + +] + + + + + & > 7 2 3 \u201c 3 \u20ac 7 gs 7 ro ra 3 poumon gauche, à l\u2019épine de l\u2019omoplate.L\u2019examen du sang révèle une légère anémie: 3,450,000 globules rouges et une hyperleuco- cytose a 28,000.L\u2019otologiste, appelé en consultation, constate une otite aiguë double et pratique une paracentèse des deux tympans.Les cataplasmes sinapisés et les enveloppements humides, accompagnés de sirop de Tolu, Dessessartz, de badigeonnage de la gorge au bleu de méthylène, et d\u2019instillation d\u2019argy- rol dans le nez, semblent agir efficacement pendant deux jours, mais la température remonte à 102°, 103° le quatrième jour, et on administre à ce moment le Dagenan.Le 15 avril, la température est redevenue normale définitivement; les oreilles se tarissent le 16 et l\u2019enfant quitte l\u2019hôpital le 25 avril, guéri. 246 Observation III Cette dernière observation est peut-être encore plus frappante et met en relief l\u2019action rapide et efficace du Dagenan.Lise D., 4gée de 15 mois est transportée à l\u2019hôpital le 29 avril 1939, pour toux, coryza, température et douleurs aux oreilles.Les selles, 2 à 3 par jour, sont vertes et fétides.L\u2019enfant pesait 11 livres et demie à sa naissance.Elle a eu la rubéole.Le père et la mère sont en bonne santé.La mère âgée de 36 ans a eu 9 enfants, dont trois sont morts en bas âge.A Texamen, l'espect général est mauvais, l\u2019enfant est pâle, asthénique, dyspnéique et fait des crises fréquentes de toux.La langue est saburrale et l\u2019arrière-gorge est congestionnée.Il existe une otite double aiguë, et un léger coryza.fie D.15 muoun hrsaur 3626 1939 1 DM AN W Cath} 1 + - - - 961 Oruth da + + - _ + a 3 # 3 6 4 Ÿ 9 \u20180 I 2 13 A l\u2019auseultation, on trouve des râles cré- pitants et sous-crépitants dans la moitié supérieure du poumon droit et quelques petits rales à gauche.L\u2019examen du sang donne 4,625,000 globules rouges, 22,000 globules blancs, des hématies nucléées, 2 myélocytes et 4 métamyélocytes.La paracentèse laisse s\u2019échapper du pus des deux tympans.Les cataplasmes sinapisés, les enveloppements humides du thorax, le Dagenan, à la dose d\u2019un comprimé toutes les quatre heures, sont prescrits.Le jour suivant la prescription du Dagenan, la température est tombée à la normale et deux jours après les oreilles sont L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 taries.L'enfant quitte l\u2019hôpital huit jours après son admission, guérie.Voici comment nous procédons pour établir le diagnostic et le traitement des cas de broncho-pneumonie ou de pneumonie.Dès son admission dans le service, l\u2019enfant subit un examen général, certains examens de laboratoire relevant de la routine: examen d\u2019urines, B.W., prélèvement des sécrétions vaginales, du nez, de la gorge.Les parents sont interrogés sur le passé de l\u2019enfant, la date du début de la maladie, les symptômes observés.Pour établir le diagnostic de broncho-pneumonie ou de pneumonie, nous nous basons sur l\u2019histoire de la maladie, la température, le pouls, la respiration, l\u2019apparence générale de l\u2019enfant, l\u2019examen pulmonaire (souffle avec ra- les sous-crépitants).Nous admettons que le souffle, indiquant un certain degré d\u2019hépatisation, n\u2019est pas constant.En présence du syndrome respiratoire (toux, battement des ailes du nez, dyspnée, polypnée, tirage) et du syndrome circulatoire (cyanose, tachycardie), on peut se passer du souffle pour poser le diagnostic de broncho-pneumonie si les rales sous- crépitants existent, confluents ou disséminés dans le poumon.Posologie de sulfapyridine chez les enfants Dans « The Journal of Pediatrics » livraison de novembre 1939, Carey et Cooley s\u2019expriment ainsi: (Nous traduisons.) « La conduite habituelle du traitement par le sulfapyridine consistait à administrer la dose complète calculée, à chaque vingt-quatre heures, à maintenir cette dose jusqu\u2019à quarante-huit heures après le retour à la normale de la température et alors de continuer la moitié de cette dose pour 2 ou 3 jours avant disparition complète de tout symptôme ».Le texte en anglais dit: «2 to 3 days before complete cessation »; nous traduisons fidèlement ce texte, mais il nous semblerait plus logique de dire: « after SIMARD ET GUILBEAULT: EFFICACITÉ DU SULFAPYRIDINE.complete cessation » (il y a sans doute ici erreur de typographie).« Récemment deux autres posologies furent essayées: «La première consistait à établir la dose de 1 grain par livre de poids et d\u2019administrer toute cette dose à la fois, sans répéter.Cependant, dans la plupart des cas la nécessité s\u2019imposait de donner d\u2019autres doses, 2 ou 3 jours après cette première dose, pour ramener la température à la normale.«La deuxième méthode consistait à administrer le médicament pendant 48 heures, établissant la dose à 1 grain par livre de poids, par 24 heures; cette dose étant précédée d\u2019une dose initiale de 44 de grain par livre.Cette méthode fut efficace dans la plupart des cas où le traitement était institué avant le 5e jour de la maladie.Cependant dans les cas de pneumonie durant plus de 5 jours, il est à conseiller de continuer l\u2019administration du médicament au delà de la 2e ou 3e journée, après le retour de la température à la normale.» La posologie que nous avons employée est la suivante: Pour la première journée: un grain et demi par livre de poids et par jour, divisé en six doses égales, administrées à toutes les 4 heures, jour et nuit.Pour les jours suivants: un grain par livre de poids et par jour, divisé en six doses égales etc, etc\u2026 Nous cessons le médicament quand les symptômes pulmonaires ont disparu ou même avant leur disparition complète, si l\u2019état général s\u2019est rapidement amélioré; mais dans aucun cas, il ne faut cesser la médication avant le retour de la température à la normale.Nous conseillons de continuer le sulfa- pyridine même pendant les 2 ou 3 jours qui suivent l\u2019apyrexie.L\u2019expérience nous a de plus montré que dans les cas où la maladie ne fut traitée qu\u2019après le 5e jour, il est utile, comme Carey et Cooley le proposent, de continuer l\u2019administration du sulfapyridine pendant plus de 3 jours après la défervescence.Ainsi un nourrisson de 10 livres souffrant 247 de broncho-pneumonie devra recevoir 15 grains de sulfapyridine pendant la première journée; cette dose de 15 grains divisée en 6 parties égales donnera deux grains et demi à prendre à toutes les 4 heures.La deuxième journée et les jours suivants, cet enfant de 10 livres devra recevoir 10 grains de sulfapy- ridine par jour.Nous avons employé une autre posologie avec autant de succès en nous basant sur l\u2019âge et en tenant compte approximativement du poids: Enfants âgés de 0 à 1 mois: un sixième, à un cinquième de comprimé de cinquante centigrammes, à toutes les 4 heures, pour la durée de la maladie.Enfants âgés de 1 mois à 4 mois: un quart de comprimé, etc.Enfants âgés de 4 mois à 6 mois: un sixième de comprimé, etc.Enfants âgés de 6 mois à 2 ans: un demi comprimé.VÉRIFICATION DE CETTE MÉTHODE.1° Un enfant normal pèse ordinairement à 4 mois de 12 à 13 livres, il doit donc recevoir 12 à 13 grains par jour.En recevant un quart de comprimé par six fois, il prend six quarts de comprimé ou un comprimé et demi, ou 75 centigrammes, ou 11 grains approximativement.2° Un enfant de 2 ans pèse de 24 à 28 livres; il doit recevoir de 24 à 28 grains.En recevant > comprimé, les doses sont doubles de celles de l\u2019exemple précédent: il reçoit 22 grains par jour.Ces deux exemples prouvent que la méthode basée sur l\u2019âge n\u2019est pas aussi exacte que celle qui tient compte du poids; elle a l\u2019avantage, cependant, en clientèle privée, de simplifier les calculs et nous rend quotidiennement de grands services.L\u2019effet du Dagenan se manifeste d\u2019autant plus rapidement que la maladie est à son début.Nous avons souvent constaté un retour de la température à la normale, dans les 48 heures, quand la maladie ne remontait pas à plus de trois jours. 248 Si la maladie existe depuis plus de cinq jours, les doses doivent être maintenues plus longtemps, parce que la défervescence est plus lente.Dans un certain nombre de cas, l\u2019amélioration anatomique du poumon accompagnait l\u2019amélioration clinique; mais par ailleurs, il s\u2019est présenté des malades où les signes pul- monalres ont persisté pendant quelques jours après la défervescence.Ici, l\u2019administration du Dagenan doit être prolongée.La broncho-pneumonie ou la pneumonie ne cèdent pas au Dagenan lorsque: 1° L'enfant est traité après le quatrième Jour; il semble alors que l\u2019action bactériostatique du médicament s\u2019exerce moins bien.2° Il existe une complication: otite moyenne, mastoidite.3° L\u2019affection survient chez un atrepsique (broncho-pneumonie terminale).MEDICATION ADJUVANTE AU DAGENAN.En présence à l\u2019auseultation, aux deux temps de la respiration, de râles muqueux, à bulles tantôt fines, tantôt moyennes, traduisant l\u2019encombrement des bronchioles, il est bon d\u2019administrer un fluidifiant des sécrétions bronchiques comme l\u2019acétate d\u2019ammoniaque.Ce médicament a en outre l\u2019avantage d\u2019être un stimulant diffusible.Dans les cas d\u2019intoxication profonde associée à des troubles digestifs sévères, les petites transfusions de 50 c.c.de sang-citrate dans le sinus longitudinal nous ont permis de sauver deux vies.OTITE ET BRONCHO-PNEUMONIE.Nous ne saurions trop insister sur ce fait qu\u2019il existe une association fréquente de la broncho-pneumonie et de l\u2019otite: au point qu\u2019un médecin qui ne sait pas examiner un tympan, devrait recourir à l\u2019otologiste pour dépister l\u2019otite, obstacle réel à la guérison.En 1936-37, l\u2019otite s\u2019est manifestée cliniquement 34 fois sur 77 cas.En 1937-38, 31 fois sur 55 cas.En 1938-39, 28 fois sur 52 cas.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 Ainsi l\u2019otite a accompagné la broncho-pneumonie dans la proportion de 50.5%.Cette proportion s\u2019élève à 57% pour les cas de broncho-pneumonies autopsiées.On peut donc dire que l\u2019otite avec ou sans mastoïdite constatée à l\u2019autopsie, n\u2019est pas nécessairement une lésion terminale, née pendant l\u2019agonie, comme certains otologistes et pédiatres le prétendent, et due à une déficience locale de l\u2019organisme; mais qu\u2019elle est le plus souvent une complication, comme la broncho-pneumonie elle-même, d\u2019une infection ai- gué du naso-pharynx.Nous croyons de plus, et ceci relève de la pathologie générale, que même si le coryza et la broncho-pneumonie ont disparu chez l\u2019enfant, l\u2019otite persistante peut, à elle seule, entraîner la mort par troubles alimentaires réflexes, par intoxication, par propagation de l\u2019infection aux mastoïdes et aux méninges.Il est classique de dire que les broncho- pneumonies à rechute sont souvent définitivement guéries par l\u2019évidement des mastoïdes.L\u2019otite de l\u2019enfant est une complication séreuse et plus souvent encore elle constitue le foyer d\u2019infection qui commande l\u2019infection pulmonaire.Combien de fois nous avons vu des broncho- pneumonies à leur début, caractérisées par un souffle et des râles sous-crépitants, avec les syndromes respiratoires et circulatoires au complet quoique atténués, disparaître aussitôt les tympans ouverts, et cela avant l\u2019ère du Dagenan.Cependant l\u2019expérience nous a révélé que le Dagenan améliore ou peut même guérir l\u2019otite.Son action nous a semblé heureusement complétée, lorsque l\u2019otite est au début, par l\u2019usage de l\u2019Auralgan, versé copieusement, à toutes les 8 heures, dans le conduit auditif externe.L\u2019infection de l\u2019oreille moyenne a une telle influence sur l\u2019infection pulmonaire, que nous ne craignons pas de dire que pour dépister et guérir une broncho-pneumonie, il ne suffit pas d\u2019avoir un stethoscope et du sulfapyridine, il faut aussi avoir un otoscope.Il est bien évident que beaucoup d\u2019enfants guérissent d\u2019une broncho-pneumonie et d\u2019une SIMARD Er GUILBEAULT: EFFICACITÉ DU SULFAPYRIDINE.pneumonie sans sulfapyridine; nous croyons cependant avoir abaissé le taux de mortalité par l\u2019emploi presque systématique de ce médicament.Nous devons ajouter que nous n\u2019avons observé que très peu de complications relevant du Dagenan.Les enfants vomissent souvent le médicament; on doit alors continuer les doses, aux heures prévues, comme si rien ne s\u2019était passé, en ajoutant, à chaque prise, gros comme une fève de bicarbonate de soude.Si les vomissements se répètent, au point de rejeter constamment tout le médicament, il faut alors recourir exclusivement au Solu-Dage- nan, en injections intramusculaires.Dans quelques trés rares cas, nous avons di avoir recours a la voie parentérale en ayant soin de ne pas associer la voie orale et les injections; une telle association ne nous a pas paru avantageuse: nous choisissons l\u2019une des deux méthodes.Avant de terminer, nous voulons attirer l\u2019attention sur un point qui relève de l\u2019anatomie pathologique.Contrairement à l\u2019opinion émise par de nombreux pédiatres, surtout américains, la pneumonie franche aiguë lobaire nous a paru très rare chez le nourrisson, tout au moins comme cause de mort.Sur 39 autopsies pratiquées, aucune hépatisation ne fut trouvée; il s\u2019agissait dans tous les cas de 249 broncho-pneumonie ou de pneumonie hémato- gène en foyers multiples, à des stades variés.Conclusions.L\u2019emploi presque systématique du sulfa- pyridine dans les infections des voies respiratoires chez les enfants, a abaissé considérablement le taux de mortalité dans le service de pédiatrie de l\u2019hôpital Notre-Dame.(De 32.5% et de 29% à 7.6%.) L'otite, associée dans 50% des cas à la broncho-pneumonie chez l\u2019enfant, doit être recherchée systématiquement et traitée comme une maladie sérieuse.BIBLIOGRAPHIE MacLEOD, C.: «Chemotherapy of pneumococcic pneumonia.» J.A.M.A, 113: 1405 (7 oct.) 1939.PREVOST, J, HEBERT, G., et LECLERC, G.: « Evolution de la thérapeutique des pneumopathies aigués depuis deux ans.Le sérum de cheval, le sérum de lapin et le M.B.393.» L\u2019Union Médicale du Canada, 68: 375 (avril) 1939.EVANS, G.M, et GAISFORD, W.F.: « Treatment of pneumonia with 2-(p-Aminobenzenesulfoamido) Pyridine.» Lancet, 2: 14 (juillet) 1938.BARNETT, H.L., HARTMANN, À.F., PERLEY, A.M.RUHOFF, M.B.: «The treatment of pneumococcic infections in infants and children with sulfapyridine.» J.A.M.A, 112: 518, 1939. LA GRANULOPÉNIE MALIGNE ! (suite) Par Albéric MARIN, (Montréal).Etiologie Dès son avènement, la granulopénie maligne a été considérée comme d\u2019origine infectieuse.Schultz ne put en préciser le germe.Friedman vit son point de départ dans un foyer amyg- dalien.D\u2019autres opinèrent pour une septicémie d\u2019emblée.Enfin certains ont cru que diverses infections pouvaient en être responsables: otites, abcès dentaires, amygdaliens, infections pulmonaires, grippes, etc.On a même invoqué la possibilité d\u2019une myélite streptococcique (Lemierre et al.).On a pensé que des bactéries déjà individualisées ou un virus inconnu, possédant des affinités spéciales pour la moelle osseuse (mé- dullotropes (?) ) causeraient cette déficience leucocytaire.Mais depuis quelques années les idées ont considérablement évolué.Certes, il reste encore de nombreux partisans de la théorie infectieuse mais ceux-ci deviennent plus rares, à mesure que s\u2019accumulent des preuves tendant à établir l\u2019existence d\u2019un syndrome chimiothérapique, dont plusieurs facteurs sont désormais connus.Depuis ces quatre ou cinq dernières années les observations où l\u2019on conclut à une neutro- pénie maligne primitive, idiopathique, essentielle (et avec parfois des documents incomplets ou discutables), sont de plus en plus clairsemées.Il y a une quinzaine d\u2019années elles étaient de publication courante.Ce qui, au début, à contribué entre autres à embrouiller les choses, c\u2019est que dans les cas graves, à la période terminale, on trouve fréquemment des hémocultures positives.Mais par celles-ci on a isolé des microbes divers.Chez des malades présentant des formes cliniques évoluant de façon 1dentique, 1.Rapport présenté au Congrès de «l\u2019Association des dermatologistes de langue française », Paris 1939.Voir l\u2019Union Médicale de février 1940.avec des hémogrammes typiques, on a découvert des septicémies différentes.Le streptocoque hémolytique ou viridans, le pneumocoque, le pyocyanique (Lovett, MacKeen), le colibacille, le staphylocoque doré, le méningocoque ont tour à tour été mis en évidence.Cette pluralité de germes qu\u2019ont donnée les recherches bactériologiques ne prouve pas l\u2019hypothèse d\u2019une granulopénie maligne qui serait une entité véritable due à un agent microbien toujours le même.Ces septicémies terminales s\u2019expliquent fort bien par la raréfaction extrême préalable des polynucléaires.Le rôle défensif de ceux-ci étant réduit à néant ou presque, il en résulte une invasion des saprophytes qui deviennent pathogènes.C\u2019est le cas où il y a précession de la gra- nulopénie sur une septicémie secondaire.Et celle-ci n\u2019éclaire pas le problème étiologique de celle-là.Il est une deuxième éventualité, où les évé- nements se succèdent dans un ordre contraire.Il est parfois bien établi qu\u2019un état septicémique, authentifié par une hémoculture précoce, ait vraiment précédé l\u2019apparition d\u2019une leucopénie à prédominance granulopénique.Ici à la faveur d\u2019une septicémie primitive, s\u2019installerait une déficience granulocytaire.Mais l\u2019investigation bactériologique révèle des espèces microbiennes diverses, les mêmes que l\u2019on rencontre à la période agonique.De semblables résultats ont été trouvés chez le cadavre à la suite de prélèvements faits sur différents viscères.Ces constatations ici encore, s\u2019opposent à.l\u2019idée que la granulopénie soit une entité infectieuse spécifique.De plus, dans la grande majorité des observations de septicémie primitive et de granu- MARIN : LA GRANULOPÉNIE MALIGNE lopénie conséeutive, se retrouve une histoire médicamenteuse pour le traitement de la septicémie elle-même et antérieure à l\u2019apparition des signes de fléchissement médullaire.Il y a eu précession de la septicémie mais aussi de la chimiothérapie dont on connaît maintenant le rôle nocif.Ceci est courant pour les publications de ces dernières années.Il est permis de supposer que si auparavant on n\u2019en faisait pas mention c\u2019est qu\u2019on n\u2019attachait pas assez d\u2019importance à ce moment à cette étiologie pour relater ce que l\u2019on croyait d\u2019une banalité extrême.Dans une troisième série de faits, l\u2019on voit une granulopénie survenir non au cours d\u2019une septicémie ayant une haute allure de généralisation mais à la suite d\u2019infections localisées très diverses: foyers amygdaliens, dentaires, otitiques, pulmonaires, ete.Mais ces foyers aigus ou subaigus primitifs sont suppurants.Ils sont donc antérieurs à la granulopénie puisque avec celle-ci il n\u2019y a pas de suppuration.Une septicémie terminale peut survenir, montrant parfois un microbisme différent de celui du foyer initial.Ici encore, comme dans le deuxième groupe, on ne saurait conclure à une entité infectieuse, étant donné la multiplicité des germes rencontrés.Et l\u2019enquête, comme ailleurs, nous révèle le plus souvent une histoire médicamenteuse.Jusqu'ici nous n\u2019avons envisagé que les cas à hémoculture positive mais que dire de ceux où des examens répétés ont répondu par la négative?Et somme toute, c\u2019est ce qui s\u2019observe le plus couramment.Ces hémocultures positives, en effet, ne sont pas tellement fréquentes.À l\u2019hôpital No- tre-Dame de Montréal, chez 11 granulopéni- ques, on n\u2019en trouva qu\u2019une positive (à staphylocoque).Que penser de ceux où il n\u2019y a ni angine, ni foyer infectieux à l\u2019origine de leurs maux?Et aussi de sujets parfaitement sains qui contractant une maladie où l\u2019on n\u2019a jamais jusqu'ici signalé de granulopénie maligne, comme 251 la blennorhagie, et qui traités par de la sulfa- nilamide, succombent avec tous les signes cliniques et hématologiques de ce syndrome?Certains sont partisans de la théorie suivante: sans croire à l\u2019existence d\u2019un virus spécifique, ils émettent l\u2019opinion que des grandes septicémies, ou des foyers infectieux peuvent dans maintes circonstances déclencher une carence médullaire et donner des manifestations granulocytopéniques, sans qu\u2019il soit nécessaire de faire intervenir un facteur médicamenteux.À l\u2019appui de cette thèse, on invoque le fait que des maladies infectieuses s\u2019accompagnent de leucopénie.Mais celle-ci ne présente pas habituellement le caractère grave de la gra- nulopénie maligne.D\u2019ordinaire la numération leucocytaire ne descend guère au-dessous de 3,000 avec une proportion de polynucléaires normale; s\u2019il y a diminution, leur taux oscille autour de 50%.Ce phénomène se voit dans la rougeole, la typhoïde, la rubéole, la malaria, la fièvre ondulante, et au cours de quelques suppurations localisées.(Kracke, Garver, Owen.) Il s\u2019observe aussi, mais transitoirement, chez des animaux de laboratoire à qui on injecte des cadavres microbiens (Kracke).Mais ce tableau sanguin n\u2019a rien de comparable avec la gravité de celui de la neutro- pénie maligne où les globules blancs tombent à 2,000, 1,000 et moins, et où le taux des polynucléaires est réduit à un chiffre infime.Blackie (1934) cite le cas d\u2019un typhique qui fit une granulopénie fatale.Il attribue cette complication à l\u2019action de la fièvre typhoïde.Une cause médicamenteuse semble plus plausible.Il est difficile d\u2019admettre le rôle initial de l\u2019angine dans la genèse de la neutropénie maligne.Bien souvent elle n\u2019existe pas ou est réduite à une simple rougeur avec une légère dys- phagie.Ou si elle s\u2019installe avec ses lésions ulcéro-nécrotiques, c\u2019est après l\u2019apparition des autres signes d\u2019invasion clinique, après que 252 la formule sanguine (si l\u2019examen hématologique a été fait précocement) a révélé la neutropénie.Ajoutons, en passant, qu\u2019il n\u2019y a pas de parallélisme constant entre l\u2019intensité de l\u2019angine et la sévérité évolutive du syndrome.De plus, là encore, une flore variée a été retrouvée (Vincent, streptocoque, pneumocoque diphtéroïde).Le microbisme des lésions bucco-pharyngées n\u2019est pas nécessairement toujours le même que celui de l\u2019hémoculture si elle devient positive.Un malade observé à l'hôpital Notre-Dame de Montréal avec une stomatite de Vincent fit une hémoculture positive à staphylocoques.Remarquons aussi que la plupart des grandes angines connues, (diphtérie, scarlatine, Vincent), ne s\u2019accompagnent pas de leucopénie mais plutôt de leucocytose.Encore une fois, les mêmes questions se posent: comme il ne s\u2019agit pas d\u2019angines spécifiques, pourquoi si peu d\u2019entre elles donnent ce grave accident?Pourquoi aussi ne sont- elles pas toujours présentes et constamment proportionnelles à la gravité du cas où elles se manifestent ?Celle de la granulopénie n\u2019est pas à l\u2019origine d\u2019une maladie spécifique.Elle en est une conséquence banale.Elle est le résultat d\u2019infections secondaires sur un organisme aux défenses amoindries (P.-E.Weil et Isch-Wall).Quand l\u2019existence d\u2019un foyer amygdalien ou autre a précédé la granulopénie, ou lorsqu\u2019une septicémie primitive (confirmée par l\u2019hémoculture), est d\u2019abord survenue pour être suivie d\u2019une carence de la moelle osseuse, il est logique de croire qu\u2019une thérapeutique nocive a précipité la crise sanguine et non l\u2019infection pré-existante.Rien ne s\u2019oppose à ce qu\u2019un sujet, soumis à une médication, fasse de la carence médullaire parce qu\u2019il est en état d\u2019intolérance ou innée, ou acquise, ou même provoquée par sa maladie.Les observations récentes où on ne peut confirmer cette donnée étiologique médica- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LF.AN.\u2014 Montréal, mars 1940 yienteuse, se font trop rares, croyons-nous, pour pouvoir affirmer catégoriquement l\u2019existence d\u2019une granulopénie maligne infectieuse.Il faut admettre qu\u2019il est des cas où la septicémie secondaire semble aggraver les troubles sanguins.On peut constater en effet une atténuation de la crise myéloide par l\u2019accroissement numérique des globules blancs et la proportion plus haute des polynucléaires quand survient une septicémie qui fait retomber la formule leucocytaire a des chiffres très bas et aggrave ainsi singulièrement le pronostic.Un épisode toxi-infectieux s\u2019ajoute alors à un accident d\u2019intolérance.La médecine expérimentale n\u2019a donné jusqu\u2019ici que des résultats décevants, en faveur de la théorie infectieuse (Beck).Schultz n\u2019a pu reproduire de neutropénie à forme maligne chez les animaux avec des extraits provenant de malades à hémoculture positive.Lovett a provoqué chez l\u2019animal avec le bacille pyocyanique une leucopénie modérée mais pas de véritable granulopénie.Meyer et Thewlis, chez 19 lapins, n\u2019en ont pas obtenu après des essais avec le bacille pyo- cyanique, le streptocoque hémolytique, le viri- dans et le staphylocoque doré.Plusieurs autres chercheurs ont essayé en vain la reproduction expérimentale de ce syndrome.Il semble donc que jusqu\u2019ici ni la clinique ni le laboratoire n\u2019ont réussi à réunir de façon probante les conditions requises pour établir définitivement la nature infectieuse de la gra- nulopénie maligne.Mais il en va tout autrement dans le domaine des recherches tendant à prouver son étiologie chimiothérapique.Nous n\u2019allons pas jusqu\u2019à prétendre que toutes les faces du problème aient été dévoilées.Ici comme ailleurs, subsistent encore des inconnues que l\u2019avenir éclairera sans doute d\u2019un jour nouveau.Néanmoins il faut admettre que s\u2019est formé depuis quelques années un faisceau d\u2019argu- re MARIN: LA GRANULOPENIE MALIGNE ments cliniques et expérimentaux de haute valeur.Nous l\u2019avons déjà dit: la proportion de cas récents où est précisée l\u2019action des médicaments ordinairement incriminés, va grandissant sans cesse, au détriment des autres attribués à une origine infectieuse.En 1934, Fitz-Hugh, après une enquête très serrée chez 26 granulopéniques, n\u2019en trouve qu\u2019un seul, dont la femme était médecin, où cette cause peut être exclue de façon absolue.D\u2019autre part, nous le répétons, le syndrome devient moins fréquemment mortel depuis que le corps médical est mieux averti: le dénouement fatal est moins habituel depuis que l\u2019on s\u2019abstient formellement de toute médication nocive à la moindre alerte et surtout d\u2019y recourir pour traiter les granulopéniques.En plus des arguments qui semblent militer en faveur de l\u2019étiologie infectieuse et que nous avons déjà signalés, on oppose encore à cette origine précise chimiothérapique, 1° que chez plusieurs elle n\u2019a pu être retracée; 2° que des granulopéniques ont guéri tout en continuant de prendre au cours de leur maladie de ces médicaments incriminés ou d\u2019analogues contenant l\u2019anneau benzénique; 3° qu\u2019après leur guérison ils en ont reçu sans accidents.Nous admettons que de tels faits soient relatés mais, qu\u2019on nous permette de le redire, plus rarement, depuis que l\u2019enquête est mieux dirigée.Pour le cas où un homme atteint d\u2019un syndrome étiqueté granulopénie, a guéri bien qu\u2019il ait été systématiquement traité au cours de celle-ci par des agents susceptibles de la déterminer, nous sommes forcés de déclarer que plusieurs observations citées à cet effet doivent être écartées de la discussion.Di l\u2019on regarde d\u2019un peu près la formule leucocytaire de ces malades l\u2019on s\u2019aperçoit que celle-ci n\u2019a pas les caractères essentiels exigés: leucopénie basse avec granulopénie intense.Plusieurs de ces hémogrammes ne montrent qu'une leucopénie modérée avec lymphocytose, comme certaines septicémies en provoquent, ou encore une granulopénie sans leucopénie, comme dans l\u2019angine à monocytes.253 Ici l\u2019interprétation hâtive de la formule sanguine a fait porter un diagnostic de granulo- pénie maligne sur la constatation de la seule leucopénie modérée, ou de la seule neutropé- nie.Ceci a contribué à obscureir les idées.On comprend alors pourquoi l\u2019administration de produits reconnus pour ralentir la gra- nulopoïèse n\u2019ait pas été suivie ici de résultats désastreux puisque le mécanisme pathogéni- que de l\u2019hémopathie relevait d\u2019une autre cause.Nous verrons plus loin que pour la granu- lopénie maligne authentique il en va tout autrement.Quant à la troisième objection que des malades ayant guéri de granulopénie ont pu par la suite recevoir des médicaments susceptibles de la déterminer, ceci n\u2019a rien d\u2019étonnant.Dans le domaine de l'intolérance, on observe de semblables faits de sensibilité passagère à divers réactogènes.Que des individus se désensibilisent, cela se voit assez fréquemment.Mais à côté de ceux-ci, combien d\u2019autres succombent devant un nouvel essai.Ce sont les plus nombreux.Benzol.Les médicaments renfermant l\u2019anneau benzénique sont ceux que l\u2019on accuse le plus souvent de produire de la granulopénie.Le benzol possède au plus haut point une action évidente sur la moelle osseuse.Des lapins en recevant de petites injections quotidiennes montrent bientôt de la leucopénie qui s\u2019accompagne d\u2019érythropénie et de thrombopé- nie.Mais si l\u2019on diminue la dose (15 c.c.par jour), la granulopoïèse semble plus spécialement affectée et le lapin meurt de granulopé- nie typique avec même des ulcérations de la cavité buccale (Kracke).Chez l\u2019homme, le benzol pris par la bouche provoque une leucopénie marquée.Cette action frénatrice de la leucopoïèse, l\u2019a fait utiliser autrefois et encore de nos jours, contre les leucémies.L\u2019atteinte médullaire par dérivés benzéniques est connue depuis longtemps, par l\u2019into- 254 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 xication professionnelle d\u2019ouvriers.Ceux-ci présentent une diminution des globules rouges, une raréfaction des plaquettes et une leucopénie vraie, avec parfois des manifestations hémorragiques.Mais même dans ce syndrome associé, il survient fréquemment des formules où la granulopoièse est plus spécialement atteinte.Or, la chaîne benzénique se trouve dans la constitution chimique de nombreux médicaments, dont certains viennent d\u2019apparaître tout dernièrement.Beck, en 1935, ayant recueilli des observations de granulopénie post-médicamenteuse en réunit 107 dont 96 étaient dues à des produits contenant l'anneau benzénique; dans près de la moitié (51), l\u2019amidopyrine est en cause.Nous devons à M.Gagnon, chimiste des Laboratoires Poulenc à Montréal, la liste suivante des principaux médicaments à anneau benzénique.TABLEAU I.BARBITURIQUES Composition Remarques Véronal Diéthylmalonylurée.Ne renferme pas de noyau ben- (Barbital) | zénique.Dial Diallylmalonylurée.Ne renferme pas de noyau ben- ; zénique.Soneryl Butylyéthylmalonylurée.Ne renferme pas de noyau ben- ; ; | zénique.Nembutal 1-Méthyl-butyl-éthylbarbiturate de sodium.Ne renferme pas de noyau ben- ; ; ; ; zénique.| Gardénal Phényl-éthyl-malonylurée.Renferme un noyau benzénique.utona Métyl-phényl-malonylurée.Le Gardénal et le Rutonal sont done les seuls barbituriques de cette nomenclature avec un noyau benzénique.COMPOSÉS ORGANIQUES ARSENICAUX.Tous ces composés, à noyau cyclique, parmi iesquels les Arséno-benzènes, possèdent le noyau benzénique: Renferme un noyau benzénique.NITROPHÉNOLS.Le Nitrophénol ( CH*NO2.0H), le Dinitrophénol (C°H3(NO?) 2.0H) et le Trinitrophénol (CEH?(NO?)3.0H) ont tous trois, dans leur structure, le noyau benzénique.TABLEAU II.Noms Composition Acétylarsan 3-acytylamino-4-oxyphényl-arsinate de diéthylamine (23.6% As).Stovarsol Acide 4-oxy-3-acytylamino-phényl-1-arsinique.Trypoxyl Paraminophénylarsinate monosodique (24.12% As).Tryparsamide N-Phénylglycinamide-p-arsinate de sodium (24.6% As).Arsénobenzo! 3-diamino-4-dioxyarsénobenzène (31.58% As).(Salvarsan) Novarsénobenzol Dioxy-diamino-arsénobenzène-methylène sulfoxylate de soude (19 à 21% As).Sulfarsénobenzol Dioxy-diaminoarsénobenzène Diméthylène sulphonate de soude (21\u201d environ As).Mapharsen Oxide de m-amino-p-oxyphénylarsine.SELS D\u2019OR Formule Remarques Aurophos Sel double d\u2019or et de sodium résultant de la combinaison Renferme le noyau benzénique.de l\u2019hyposulfite d\u2019or et du TONOPHOSPHAN dont la formule est: p-Diméthylamino-o-toluylphosphinate de sodium., Krysolgan 4-amino-2-aurothiophénol-1-carbonate de sodium \u2014 50% Renferme le noyau benzénique.d\u2019or., Solganal 4-aminoéthylènesulfonate de sodium-2-aurothiophénol-1- Renferme le noyau benzénique.sulfonate de sodium.Solganal \u201c\u2018B\u201d Aurothioglucose \u2014 50% d\u2019or.Ne renferme pas de noyau benzénique.Allochrysine Aurothiopropanolsulfonate \u2014 47% d\u2019or.Me renferme pas de noyau ben- Crisalbine Aurothiosulfate de sodium \u2014 37.45 d\u2019or.Ne renferme pas de noyau ben- \u201cPoulenc\u201d zénique.Myochrysine Aurothiomalate de sodium \u2014 50% d\u2019or.Ne renferme pas de noyau ben- \u201cPoulenc\u201d ; zénique.Lipaurol ou Camphodithiocarbonate d\u2019or et Sodium.Ne renferme pas de noyau benzénique. MARIN : LA GRANULOPÉNIE MALIGNE SELS D\u2019ANTIMOINE Composition Stibamine p-aminophény:stibinate de sodium.Renferme un noyau benzénique.Stibenyl p-acétylamino-phényl-stibinate de sodium.Renferme un noyau benzénique.Stibosan 3-chloro-4-acétaminophénylstibinate de sodium -\u2014 305% Renferme un noyau benzénique.d\u2019antimoine.Co Néo-Stibosan p-aminophénylstibinate de diéthylamine \u2014 42% d\u2019anti- Renferme un noyau benzénique.moine.Anthiomaline Antimonio-thiomalate de lithium \u2014 159% d\u2019antimoine.Ne renferme pas de noyau ben- \u201cPoulenc\u201d zénique.AUTRES PRODUITS Acétanilide Phénylacétamide.Antipyrine ou Oxyméthylquinizine méthylée.Analgésine Pyramidon ou Diméthylamino-antipyrine.Amidopyrine Ainsi que nous le verrons au cours de ce travail, certains médicaments ne renferment pas la chaîne benzénique, ou encore d\u2019autres facteurs non médicamenteux semblent susceptibles de déterminer de la granulopénie; mais on remarquera qu\u2019ils sont mis en cause beaucoup plus rarement que les produits à anneau benzénique.AMIDOPYRINE, On retrouve le plus souvent l\u2019amidopyrine et ses dérivés multiples à l\u2019origine de ce syndrome.Kracke est d\u2019avis qu\u2019une proportion de 80% des morts par granulopénie aux Etats-Unis, est due à l\u2019amidopyrine.À tel point que devant les désastres de plus en plus nombreux où il était mis en cause, l\u2019 \u201cAmerican Medical Association » demanda a son \u201c Council on Pharmacy and Chemistry » de publier une liste des composés amidopyri- nés.Elle parut en mai 1935.Nous savons déja qu\u2019aprés sa publication le chiffre des décès par granulopénie aux Etats-Unis, au lieu de continuer sa marche ascendante diminua sensiblement.Cette liste, que nous croyons bon de reproduire, n\u2019est malheureusement pas complete.Elle ne renferme pas les noms des médicaments dont la formule n\u2019a pas été déposée.Plusieurs de ceux-ci, à noms divers, largement annoncés, sont achetés par une bonne partie du peuple.C\u2019est là que réside une source non- indiquée d'accidents très graves.(Tableau III.) TABLEAU III.Nom du produit -\u2014- Allonal Alphebin Amarbital Amidol Amido-Néonal Amidonine Amidophen Amidos Renferme un noyau benzénique.Renferme noyau benzénique.Renferme noyau benzénique.Fabricants Hoffmann-La Roche, Inc.Gane & Ingram, Inc.A.W.Kretschmar, Inc.Flint, Eaton & Co.Laboratoires Abbott.Pitman-Moore Co.Eh Lilly & Co.National Drug Co.Amidotal Compound William H.Rorer, Inc.Amifeine Aminol Am-Phen-Al Ampydin Amytal Compound Amnalgia Antabs Baramid Barb-Amid Benzedo Compound Cibalgine Cinchopyrine Compral Cronal Dymen Dysco Eu Med Gardan Gynalgos Hexin Ipral-Amidopyrine Kalns Lumodrin Midol Mylin Neonal Compound Neurodyne Nod Optalidon Peralga Phenamidal Phen-Amidol Phenopyrine Pyramidon Pyraminal Seequit Yeast-Vit Laboratoires Mec Neil, Ine.Smith-Dorsey Co.G.5 Stoddard & Chemical Co, ne.National Aniline & Chemical Co, ne.Eli Lilly & Co.William S.Merrell Co.William S.Merrell Co.Laboratoires Mc Neil, Inc.Sutliff & Case Co., Int.Laboratoires Abbott.Ciba Co.Inc.Laboratoires Abbott.Winthron Chemical Co., Inc.Cronal Co, Inc.Coland Laboratories.Laboratoires Abbott.Oralee Co.H.A.Metz Co.John Wyeth & Brother, Ine.Hexin, Inc.E.R.Squibb & Sons.Johnson & Johnson.Winthrop Chemical Co., Inc.General Drug Co.Mifflin Chemical Corp.Laboratoires Abbott.Chicago Pharmacal Corp.Reader Drug Co.Sandoz Chemical Works.Schering & Giatz, Inc.Upjohn Co.Carroll Dunham Smith Pharmacal o.Cole Chemical Co., Inc.H.A.Metz Laboratories, Inc.H.A.Metz Laboratories, Inc.Laboratoires JAQ, Inc.Yeast-Vit (U.S.A.) Inc. 256 Cette énumération, nous le rappelons, était accompagnée de recommandations spéciales pour restreindre l\u2019usage des médicaments qu\u2019elle désignait.La relation de cause à effet est très nette dans la grande majorité des cas, probable dans la plupart des autres.Witts (1936) chez sept malades acquiert la preuve de l\u2019usage de l\u2019amidopyrine pour cinq d'entre eux et ne peut l\u2019exclure complètement pour les deux autres.Wilcox admet que des intolérants puissent présenter de la granulopénie à la suite d\u2019ingestion d\u2019amidopyrine.Dès la découverte d\u2019une neutropénie chez un malade, la cessation de toute médication à base d\u2019amidopyrine suffit très souvent à le guérir sans autre forme de traitement (Stein).Le seul fait de ne plus utiliser d\u2019amidopyrine durant cette carence médullaire a contribué plus que toutes les autres découvertes thérapeutiques à abaisser le taux de mortalité (Kracke, Fitz-Hugh).Chez quantité d\u2019anciens granulopéniques la reprise accidentelle ou expérimentale de ce médicament provoque une nouvelle crise qui cède avec sa suppression (Rawls, Anderson, Squier, Sturgis, Isaacs).Jackson a observé assez longuement un individu qui fit plusieurs attaques de granulopénie aiguë qui prirent fin dès qu\u2019on eut retranché le pyramidon.Hoffman, Butt, Hickey, chez 14 granulo- péniques, ont retrouvé 13 fois l\u2019amidopyrine et une fois le dinitrophénol.Benjamin et Biederman, en 1934, rapportent l\u2019observation suivante qui possède une haute valeur expérimentale.Il s\u2019agit d\u2019une infirmière qui, le 13 janvier 1931, après quelques jours d'infection grippale où elle s'était soignée elle-même par des cachets antither- miques, fut admise à l\u2019hôpital pour granulopé- - nie confirmée (Formule rouge: normale.Globules blancs: 1,700; Polyn.: 8%; Lymph.: 68% ; Mono.: 2%).Elle guérit rapidement.Durant les années 1931 et 1932, pour des motifs divers, elle prend des dérivés du goudron de houille.À chaque fois elle fait de légères crises granulopéniques.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LF.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 En avril 1934, cette femme est bien portante depuis 8 mois.Le 18 avril, sa formule leucocytaire donne: Globules blancs: 3,700; Po- lyn.: 62% ; Lymph.: 22% ; Mono.: 6%.Le lendemain, elle consent à absorber expérimentalement un cachet de 0.65 ctgs.d\u2019amidopyrine.Une heure après, elle éprouve des nausées, de la céphalée.Trois heures plus tard, sa formule leucocytaire est descendue: Globules blancs: 1,700; Polyn.: 50%; Lymph.: 44% ; Mono.: 4%.Le 20 avril, soit 24 heures après la prise d\u2019amidopyrine, on trouve une leucopénie de 1,000 avec 56% de polynucléaires.La malade souffre de prostration, de gingivite.Le 21 avril, soit 48 heures après l\u2019ingestion médicamenteuse, l\u2019hémogramme montre quelque progrès.Le 23 avril, soit 4 jours après, on a la formule blanche suivante: Globules blancs: 4,400 ; Polyn.: 53%; Lymph.: 39%; Mono.: 3%; Cellules de transition: 5%.Le 27 avril, la formule est normale.Elle re- coit 0.65 ctgs.d\u2019acétylsalicylique qui ne donne aucune modification sanguine.Le 30 avril, elle prend un dérivé barbiturique (alurate) sans incident.Des tests cutanés divers tant avec des réac- togènes alimentaires que médicamenteux sont négatifs.La cuti-réaction, l\u2019intradermo-réaction, l\u2019épreuve de Prausnitz-Kustner pour l\u2019acide acétylsalicylique et l\u2019amidopyrine furent aussi négatifs.Fitz-Hugh, en 1934, après une enquête auprès de 26 granulopéniques, trouve de façon absolue que des composés d\u2019amidopyrine ont été absorbés par 14, soit 54%.Chez les 12 autres, il n\u2019en est qu\u2019un seul où il peut écarter l\u2019étiologie médicamenteuse qui est probable ou possible pour les 11 derniers.\u201cLe même auteur, chez 17 sujets qui avaient pris de l\u2019amidopyrine avant l\u2019apparition de leur granulopénie, enregistre 13 morts, dont 10 qui en avaient continué l\u2019usage.Des 4 survivants, 3 en cessèrent l\u2019emploi dès le diagnostic posé et le 4e, peu après. MARIN : LA GRANULOPÉNIE MALIGNE Aucun de ces malades n\u2019avait été soumis à des doses excessives.La durée de la médication avait été irrégulière, certains ayant présenté des crises après quelques jours seulement de traitement amidopyriné alors que d\u2019autres en étaient des habitués.Les composés amidopyrinés qui avaient été absorbés «per os» portaient les noms suivants: pyramidon, allonal, peralga, amytal, midol.Des auteurs croient que l\u2019association amidopyrine et barbiturate est encore plus nocive (Randall).\u201c On a cité des accidents dus au « causalin » (amidopyrine et hydroxyquinoline).Jackson l\u2019a observé chez deux rhumatisants qui en ayant pris pour calmer leurs douleurs firent de la neutropénie maligne.Dardinsky et Lyd- dane virent un épisode semblable survenir chez un malade souffrant de douleurs articulaires et ayant recouru au causalin.Du reste, le « Council on Pharmacy and Chemistry » de la « American Medical Association » l\u2019ajoute à la liste des amidopyrinés et susceptible comme eux de susciter les mêmes effets.Les barbituriques, administrés isolément, auraient donné de la granulopénie authentique mais plus rarement (Watkins).Herz croit que le radical NH des différents barbituriques est responsable de ces méfaits.Expérimentalement, chez l\u2019animal, on peut mettre en évidence une action assez nette de ces produits sur la leucopoïèse.Bolton détermine de la leucopénie chez des chiens normaux soumis à de bonnes doses de benzène.Il en observe également avec ceux qui reçoivent de l\u2019amidopyrine.Cet auteur signale que l\u2019amidopyrine possède trois fractions susceptibles d\u2019entraîner des troubles de Phématopoiése: pyrazolone \u2014 radicaux azotés \u2014 méthyl-phényl-hydrazine.Il est d\u2019avis que ce dernier composant soit la cause des accidents parce qu\u2019il contient un anneau benzénique.Hickey, Madison, Squier obtiennent de la 257 granulopénie par l\u2019amidopyrine seule ou associée à un barbiturate (allonal).Kracke, par injection à l\u2019animal d\u2019acide or- tho-oxybenzoique ou d\u2019hydroquinone, provoque de la granulopénie.Il attribue à la qui- none cette carence de la moelle osseuse.Cette quinone provient par l\u2019oxydation, en un milieu légèrement acide, de l\u2019amidopyrine, de la phénacétine.Toutefois, Filo, en administrant du pyra- midon a des cobayes a surtout vu une raréfaction des érythrocytes, sans altération de la leucopoiese.D\u2019autre part Hoffman, Butt, Hickey ont reproduit de la granulopénie chez des lapins avec de l\u2019amidopyrine.Nous ne voulons pas allonger indéfiniment la liste des observations et des expériences tendant à prouver l\u2019action nette sur la moelle osseuse de ce groupe de médicaments.Des faits multiples, cliniques et expérimentaux, démontrent la relation de cause à effet de façon tellement évidente qu\u2019il est impossible de faire intervenir une autre étiologie.DINITROPHÉNOL.Celui-ci a été introduit dans la thérapeutique nord-américaine vers 1933 et depuis des - accidents divers ont été signalés à maintes reprises.La fréquence de la granulopénie par dinitro- phénol n\u2019est pas plus élevée que par l\u2019amidopyrine.Tainter, Stockton, Cutting, chez 170 sujets ne l\u2019ont pas notée une seule fois.Comme ce composé est moins souvent utilisé que l\u2019amidopyrine, les méfaits qu\u2019on lui attribue sont plus clairsemés.Hoffman, Butt, Hickey, chez 14 granulopénies en ont relevé 13 dues à l\u2019amidopyrine et 1 due au dinitrophé- nol.Wilder, Wilbur reconnaissent l\u2019existence d'une granulopénie par dinitrophénol.Ils remarquent toutefois qu\u2019il est plus fréquemment responsable d\u2019éruptions cutanées, de polynévrite et de cataracte.Davidson, Shapiro citent en exemple un individu qui en 20 jours en absorbe 6 grammes et où nul autre motif d\u2019altération sanguine ne peut être incriminé. 258 Dans maintes observations, comme pour l\u2019amidopyrine, il est possible non seulement d\u2019établir une relation de cause à effet mais encore de constater des déficiences de polynucléaires qui surviennent à chaque ingestion et qui disparaissent définitivement avec la suppression du dinitrophénol.Ces malades n\u2019ont pas dépassé les doses thérapeutiques.Bohn a connu une femme où le dinitro- phénol a donné plusieurs attaques de granu- lopénie; à différentes reprises, se reproduisirent des crises, toutes précédées de l\u2019absorption de ce médicament.On n\u2019a pas encore accumulé contre le di- nitrophénol autant de faits que contre l\u2019amidopyrine mais il existe néanmoins suffisamment de preuves pour établir de façon évidente qu\u2019il exerce une action des plus marquée sur le ralentissement de la granulopoïèse.LES ARSÉNOBENZÈNES.Les accidents survenant au cours de l\u2019arsé- nothérapie sont nombreux et variés.Selon leur nature et selon les auteurs, on les attribue à différentes actions dont les principales sont: intoxication, intolérance (Ravaut, Weissen- bach), biotropisme (Milian).Les modifications hématologiques post-ar- sénobenzoliques sont connues depuis longtemps, mais ce n\u2019est que depuis une dizaine d\u2019années avec Aubertin et Robert-Lévy en 1928 que sont bien individualisés des cas de granulopénie maligne (formes pures ou associées).Il faut admettre, ici encore comme pour les autres médicaments incriminés, que la fréquence des neutropénies consécutive a l\u2019administration des arsénobenzols est bien faible si Pon songe au nombre incalculable d\u2019injections qui se pratiquent quotidiennement.Mais la rareté relative de cette réaction post-arsénobenzolique et son apparition plutôt tardive dans l\u2019historique de l\u2019arsénothéra- pie ne sont pas des arguments contre cette étiologie.Les crises nitritoides ne sont pas tellement fréquentes de nos jours et l\u2019on en reconnaît L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.AN.\u2014 Montréal, mars 1940 néanmoins la nature.Dans le même ordre d'idées, on ne doute pas de la cause de certaines autres réactions: éruptions sériques, anti- pyrinide, bromisme, etc.Comme pour le pyramidon, il est étrange de constater que la granulopénie n\u2019ait été individualisée que plus de dix ans après la découverte de l\u2019arsénobenzol et une vingtaine d\u2019années après les débuts de l\u2019hématologie moderne.Sans aller jusqu\u2019à prétendre que le seul fait de lui avoir donné un nom a énormément contribué à répandre cette maladie, il n\u2019en est pas moins vrai que l\u2019attention des médecins étant plus éveillée il est naturel qu\u2019ils en découvrent maints exemples plus souvent.Qu'on nous pardonne ces redites, leur seule excuse, c\u2019est de répondre encore une fois à des objections souvent répétées.Nous avons tenté de savoir auprès de chimistes, si des modifications importantes ont été faites dans la préparation du 914 autour de 1925.Leur réponse fut négative.Il n\u2019y fut fait que des retouches insignifiantes, n\u2019ayant aucunement porté sur la structure de la chaîne benzénique ou des autres groupes du composé.Cependant, en dépit de l\u2019assurance que nous avons reçue que la formule est bien la même, nous avons constaté avec tous qu\u2019avec des doses plus rapidement croissantes qu\u2019autrefois, nous avons moins de nausées, de vomissements, de crises nitritoïdes, d\u2019ictères.De plus, de nos jours encore, avec toujours la même formule et le même mode de fabrication, il y a des lots de 914 qui donnent plus de réactions que d\u2019autres.Ceci est d\u2019observation courante dans tous les pays avec toutes les marques, qu\u2019il s\u2019agisse de novarsénobenzol, de néo-salvarsan ou de néoarsphénamine.Des altérations quelconques, si légères soient-elles peuvent être à l\u2019origine de ces accidents.Elles pourraient dans une certaine mesure expliquer qu\u2019un sujet soumis jusque là impunément à l\u2019arsénothérapie, fasse de l\u2019intolérance après une période de repos parce MARIN : LA GRANULOPÉNIE MALIGNE 259 que la reprise de la médication s\u2019est faite avec une préparation nouvelle.À tout événement l\u2019action déprimante des arsénobenzols sur la moelle osseuse est bien connue (Farley).Mc Carthey et Wilson classent les dyscrasies sanguines post-arsénobenzoliques sous trois formes: 1° thrombocytopénie, sans anémie, ni leucopénie importante, avec équilibre leucocytaire normal, donnant du purpura simplex ou hémorragique, avec augmentation du temps de saignement et de coagulation, d\u2019évolution bénigne; 2° la granulopénie maligne, causant une mortalité de 33% ; 3° une forme aplastique où tous les éléments cellulaires du sang sont réduits, entraînant une mortalité de 83%.Artom divise aussi les accidents sanguins post-arsénobenzoliques en hémorragiques, pur- puriques, anémies aplastiques, granulopéni- ques.Il les attribue au noyau benzénique et au facteur individuel.Le nombre des injections, leur posologie, leur rythme ne semblent pas avoir d'influence particulière sur la genèse du syndrome.Chez les uns, il s\u2019installe tout au début, après quelques petites injections (Appel, Essenfeld, Mazet et Dumas, Cassoute, Moshel) ou au commencement de la 2e série (Touraine) ; chez d\u2019autres il apparaîtra après plusieurs séries régulièrement suivies.Des individus qui des années auparavant avaient subi sans aucun ennui le traitement arsenical et l\u2019avaient abandonné, font de la granulo- pénie à sa reprise.Ce sont là du reste des faits communs à tous les facteurs gênant la fonction granulopoïéti- que.L\u2019ancienneté de la syphilis ne paraît pas avoir d'importance.Cette carence se voit aussi bien au cours des premières périodes que dans les étapes tardives.On ne saurait non plus accuser la syphilis d\u2019être la cause de cet accident puisqu\u2019il survient chez des malades non syphilitiques qui ont reçu du 914.Pinard et Debray ont rapporté une mort par granulopénie chez une femme non-syphi- litique soignée par le sulfarsénol.Celui-ci même en Injections intramusculaires peut produire cette crise (Stephens).Un jeune homme de 20 ans, traité pour angine de Vincent par le néorsphénamine, fit de la granulopénie le soir de sa seconde in- Jection (Culley, Guyton, Simms).Un cas fut découvert par Morikawa chez un individu souffrant de la maladie de Ni- colas-Favre à qui l\u2019on injecta du 914.Cette hémopathie est fréquente chez des malades soumis au traitement conjugué ar- séno-bismuthique.Les avis sont partagés quant à la part respective de ces deux antiluétiques dans la genèse de ce syndrome.Les uns accusent l\u2019arsenic, d\u2019autres pensent que l\u2019addition du bismuth est une cause favorisante (Kluver).Certains croient que le bismuth seul peut en être responsable (Dowds).Sézary et Boucher citent une mort après l\u2019usage de suppositoires au bismuth pour une entérocolite.Lebon et Marceaux rapportent un cas d\u2019origine bismuthique pure, survenue dès la 6e injection.Guérison par la seule cessation de bismuth.On est généralement porté à incriminer l\u2019ar- sénobenzène quand il s\u2019agit d\u2019un traitement arséno-bismuthique.Si des exemples relativement nombreux sont signalés, cela tient sans doute à ce que depuis quelques années ce mode thérapeutique s\u2019est beaucoup répandu.Les pentavalents ne sont que rarement accusés.Il est vrai qu\u2019ils sont moins communément utilisés que les trivalents mais néanmoins leur taux d\u2019accidents est des plus réduit.Gourion, La Chuiton, Lahillomme rappor- portent une granulopénie par l\u2019acétylarsan, Caroli et Mallarmé, un dénouement mortel chez une femme qui prit du stovarsol « per os » pour la diarrhée chronique.Toutefois à côté de cas plutôt rares où les pentavalents semblent causer de la neutropé- nie, il en est d\u2019autres où ils sont manifestement inoffensifs.Desforges a pu traiter impunément par l\u2019a- cétylarsan une femme qui fit une granulo- pénie post-arsénobenzolique très grave. 260 Stratton prescrivit de la tryparsamide sans conséquence fâcheuse à un malade qui venait de faire une granulopénie post-arséno- benzolique, un mois seulement après sa guérison.Depuis bientôt 4 ans, un nouveau composé arsenical fut introduit en Amérique du Nord: le Mapharsen (oxyde de meta-amino-para- hydroxylphenyl-arsine).Il est doué d\u2019une bonne efficacité thérapeutique et ne crée que fort peu d\u2019ennuis.Dans notre Service de Dermato-syphiligra- phie, à l\u2019hôpital Notre-Dame, des intolérants divers au 914 y furent soumis sans inconvénients.Jordon et Traenkle donnèrent à 154 intolérants au 914 (intolérances diverses) 1126 injections de mapharsen sans incident et sans modifications hématologiques.A notre connaissance, le Mapharsen jusqu\u2019ici n\u2019en a pas suscité.Mieux encore, d\u2019anciens granulopéniques par le 914 peu de temps après leur retour à une formule blanche normale, eurent du mapharsen sans faire de rechute (Goldberg, Mortimer).Falconer, Epstein, Wever traitèrent sans épisodes fâcheux par le mapharsen, trois malades qui avaient déjà présenté du purpura hémorragique post-arsénobenzolique.Un sujet ayant fait de la granulopénie post-arséno- bismuthique reçut, 15 jours après son retour à un équilibre leucocytaire normal, du bismuth seul durant dix semaines sans aucun signe de carence médullaire.Il fut alors mis au bismuth et mapharsen conjugués et s\u2019en porta bien.Plusieurs ne présenteront pas toute leur vie cette réaction d\u2019intolérance.D\u2019anciens gra- nulopéniques par 914 ont pu dans la suite reprendre cette médication et n\u2019en pas être incommodés (Padget, Moore).Mais ces faits sont rares.Ils s\u2019accordent toutefois avec d\u2019autres phénomènes d\u2019intolérance aux arsénobenzols ou à d\u2019autres réac- togènes.SELS D'OR.Les sels d\u2019or sont parfois retrouvés à l\u2019origine de ce syndrome.Le solganal B.et la L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.mars 1940 chrysalbine (Achard, Coste, 1932), la sano- crysine (Schwartz, Spencer), ont été incriminés.La granulopénie chez plusieurs s\u2019accompagne de purpura hémorragique (Weil, Ameuil- le).Les accidents peuvent se manifester tout au début de la chrysothérapie, après deux ou trois injections, ou plus tardivement après quelques séries.Il s\u2019agit toujours de malades n\u2019ayant pas dépassé des doses thérapeutiques.Le début en est brusque et l\u2019évolution sévère.Chez 6 malades d\u2019Ameuille et Braillon, trois meurent.Le premier signal en fut une fièvre élevée le jour même ou le lendemain de l\u2019injection.Il semble que la granulopénie s\u2019installe d\u2019emblée sans prodromes cliniques ou hématologiques.L\u2019angine n\u2019est pas constante.Jacquelin et Allami rapportent une granu- lopénie mortelle au cours d\u2019une 2e série chry- sothérapique.Lacapère, en 1932, signale l\u2019éosinophilie (non la granulopénie) comme une conséquence de l\u2019aurothérapie.SULFANILAMIDE.La sulfanilamide et ses nombreux dérivés sont capables de créer ces troubles sanguins.Il appert que le premier cas américain soit celui de Plumer en 1934.Depuis plusieurs mémoires ont suivi.La maladie initiale contre laquelle on a administré ce médicament n\u2019entre pas en ligne de compte, pas plus que pour les autres produits.Il s\u2019agit principalement d\u2019angineux, de blennorragiques, de pneumoniques.D\u2019autre part, les différentes marques et dérivés de cet agent sont cités avec une fréquence à peu près égale.Berg et Holtzman en ont rapporté chez des blennorragiques.Bresgen donne un cas par le prontosyl.Schwartz, Garvin, Kolotsky en publient des observations, ainsi que Johnson, Allen Short, Lockwood Coburn, Stokinger.Son taux de morbidité n\u2019est pas encore éta- MARIN: LA GRANULOPENIE MALIGNE bli.Il ne semble pas toutefois très élevé, vu le grand nombre de ceux qui y recourent.Lucien Sylvestre (hôpital Notre-Dame de Montréal) chez 200 blennorragiques soumis à la sulfanilamide (1938) n\u2019a pas enregistré une seule granulopénie.En février 1939, Agranat sur 550 pneumoniques traités par la sulfanilamide, vit une seule granulopénie qui disparut avec la suppression du médicament.En avril 1939, Graham et Warner ne l\u2019ont observée qu\u2019une fois chez 50 pneumoniques traités par le dagenan (sulfapyridine).Jules Prévost, G.Hébert, Leclerc, chez 12 pneumoniques ayant reçu du dagenan n\u2019ont pas noté de déficience leucocytaire.Ici, encore l\u2019arrêt de la chimiothérapie suffit souvent à rétablir l\u2019équilibre leucocytaire et sa reprise à provoquer la même crise sanguine.Mc Guire et Me Guire rapportent l\u2019histoire d\u2019une femme qui ayant pris seulement de la sulfanilamide pour un rhumatisme articulaire aigu, fit une granulopénie grave dont elle guérit.Deux mois après, alors que sa formule sanguine était normale, elle consentit à absorber un cachet de 0.50 ctgs de sulfani- lamide qui détermina une baisse rapide de sa formule blanche.Dans toutes ces observations, les malades n\u2019avaient ingéré que des doses thérapeutiques (3 et 4 grammes par jour).Sheckett et Price citent le cas mortel d\u2019un individu qui en aurait pris 64 grammes en 15 jours.Le dosage dans le sang a donné 4 milligrammes de sulfanilamide pour 100 c.c.de sang, ce qui n\u2019est pas un taux d\u2019intoxication.En effet, William et Spreen ayant traité 35 enfants par la sulfapyridine dont aucun ne présenta de signes de carence médullaire ont trouvé chez ceux-ci après de multiples recherches un taux moyen de 4,7 milligrammes de sulfapyridine par 100 c.c.de sang.L\u2019un d\u2019eux montra même un jour un taux de 23 milligrammes sans en être incommodé.Tzanck, Arnous, Paillas, en mars 1939, observent une granulopénie mortelle après administration de sulfamidopyrine (693)à doses modérées.Ils concluent à de l\u2019intolérance.261 Jones et Miller traitent avec la sulfanila- mide un homme de 26 ans, atteint de blennorragie aiguë, en lui faisant ingérer 2.40 grammes de ce produit par jour, durant dix jours.Il fait alors de la granulopénie.Sa formule blanche tombe à 2,300 leucocytes avec 5% de neutrophiles.Arrêt de la sulfanilamide et guérison en 15 jours.Une semaine après celle-ci, il reprend de la sulfanilamide: 0.90 ctgrs durant 4 jours.Nouvelle crise granulopénique.Arrêt de la sulfanilamide.Guérison.La recherche dans le sang au cours de cette seconde attaque révèle 5.6 milligrammes de sulfanilamide pour 100 c.c.de sang.Dix jours après cette deuxième guérison, on redonne au patient de la sulfanilamide mais à posologie encore plus réduite que lors de la seconde tentative.Nouvelle rechute.Arrêt de la médication.Guérison.Le dosage dans le sang lors de cette troisième attaque ne donna qu\u2019un taux de 2.8 milligrammes.Ainsi donc avec des doses ingérées plus faibles et des quantités moindres du produit trouvées dans le sang, ce malade fait de la granulopénie à chaque reprise de cette médication.Il guérit à chaque coup avec la suppression du réactogène.Cet intolérant devenait de plus en plus sensible.Sheckett et Price, analysant 10 observations d\u2019auteurs différents dressent le tableau suivant: Auteurs Dose totale de Durant: Mort survenue sulfanilamide après suppression de sulfanilamide Borst 50 grammes 28 jours 5 jours Young 54 « 18 \u201c 5 \u201c Model 54 \u201c 18 * 3 \u201c Plumer 45 \u201c 35 \u201c 5 \u201c Berg-Holtzman 38 \u201c 3 « 3 \u201c Schwartz-Garvin 56 \u201c 21 « 5 \u201c O\u2019Connel 24 \u201c 7 0\u201c 3 \u201c Mitchell ?\u201c ?% Po Bernstein 34 \u201c 26 \u201c 3 \u201c Sheckett 64 \u201c 15 \u201c 7\u201c Moyenne 50 grammes 27 jours 48 jours SELS D\u2019ANTIMOINE.L\u2019attention a été attirée depuis quelques années sur les sels d\u2019antimoine.Il semble que 262 ceux-ci puissent aussi faire ralentir la gra- nulopoiése.Pan chez des cobayes, a pu déterminer une leucopénie temporaire en leur administrant des sels d\u2019or et d\u2019antimoine et en les irradiant.On a déjà rapporté (1937) 8 cas de granu- lopénie par le néo-stibosan (Kracke).Zia et Forkner, chez 26 malades souffrant de rala-azar, enregistrèrent 4 cas de gra- nulopénie.Plusieurs attribuent cette complication aux sels d\u2019antimoine que l\u2019on prescrivit à ces sujets.* x o® Les radiations (rayons X, radium, thorium X), affectent la fonction médullaire.L\u2019intensité des doses reçues et aussi la susceptibilité du sujet irradié sont responsables d\u2019accidents hématologiques.Toutefois il est rare de n\u2019observer que de la leucopénie.Le plus souvent on voit en même temps une raréfaction marquée des érythrocytes et des thrombocytes.De longues expositions aux rayons ou de courtes séances données durant longtemps inhibent la fonction médullaire et aboutissent à la formule d\u2019anémie aplastique.Avec de petites doses de thorium , on a déterminé de l\u2019anémie aplastique chez le lapin (Pohle, Ritchie), mais pas de granulopénie pure.Celle-ci serait vraiment exceptionnelle avec les rayonnements.Une alimentation défectueuse peut susciter une déficience hématologique, mais elle est surtout caractérisée par de l\u2019anémie, de la thrombopénie et de la leucopénie.Chez des singes, le syndrome précédent a pu être provoqué par avitaminose (G.Langford, Day).Certains désordres endocriniens s\u2019accompagnent de leucopénie.Ceci est plus évident dans les troubles de la surrénale.Les rats ayant subi l\u2019ablation des surrénales, font souvent une leucopénie marquée (Britten, Corey).L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 En plusieurs milieux, on est d\u2019avis que l\u2019équilibre leucocytaire est sous la dépendance de la thyroïde.Cependant Kracke n\u2019a pas découvert plus de formules blanches anormales chez les hyperthyroidiens que chez les myxce- démateux.Thompson attribue de l\u2019importance au dysfonctionnement ovarien.Toutefois Kupper n\u2019a pas trouvé la granulopénie plus fréquente chez la femme ovariectomisée.Sans en être la raison véritable, une avitaminose et des désordres endocriniens peuvent agir comme adjuvants.D\u2019autres causes ont été invoquées çà et là, ou encore des constatations isolées.Bingel a vu se déclencher une granulopé- nie chez un sujet qui, quelques jours auparavant avait subi un traumatisme cranien; aucune étiologie médicamenteuse ne semblait pouvoir être invoquée.Vituz et Clavez citent le cas d\u2019un malade qui, à deux reprises fit de la granulopénie, après des ingestions de quinine.L\u2019impaludation aurait donné cet accident à un paralytique général (Meyer).Personnellement nous avons impaludé 144 syphilitiques nerveux et n\u2019avons jamais vu ce phénomène, ni pendant leur malaria, ni après l\u2019administration de quinine.Nous avons remarqué une certaine leucopénie avec diminution des polynucléaires et mononucléose légère (G.B.: 3,500; Polyn.: 33%), quelques heures avant le frisson.Albert Bertrand a noté les mêmes faits.Un cas de granulopénie post-partum a été rapporté (Abicht, Stephen).* * #% En regard de multiples données cliniques, expérimentales et thérapeutiques, il semble donc que la granulopénie maligne relève surtout d\u2019une cause chimiothérapique.La présence du radical benzénique dans la plupart des médicaments incriminés attire l\u2019attention.(A suivre.) RECUEIL DE FAITS ULCÈRE DE L\u2019ESTOMAC Par Armand GRATTON, de l\u2019hôpital Notre-Dame.La loi des séries nous a valu de traiter, en ces derniers temps, plusieurs cas d\u2019ulceres d\u2019estomac dont deux se sont compliqués le même jour d\u2019hématémèse formidable.Cette série de malades n\u2019a pas été sans nous faire toucher du doigt les problèmes délicats posés par le traitement de l\u2019ulcère de l\u2019estomac, et nous voulons dans cet article discuter quelques détails qui nous ont paru intéressants.Voici, résumée très succinctement, l\u2019histoire de quelques-uns de ces malades.Observation I Monsieur H.C., âgé de 38 ans, souffre de troubles digestifs depuis 2145 ans.Ces malaises, apparus à la cuite d\u2019une indigestion, sont caractérisés par de violentes douleurs épigastriques survenant principalement vers quatre heures de l\u2019après-midi et dix heures du soir, accompagnées de brûlements d\u2019estomac plus ou moins soulagés par la prise d\u2019aliments.En plus, ces troubles sont périodiques avec accalmie de quinze jours à deux mois.Hospitalisé en 1938 pour cette maladie, les examens de laboratoire tels que Iodeikon intraveineux, tubage duodénal, radiographie du tube digestif et gastroscopie ayant été douteux ou négatifs, on n\u2019en a pas moins posé un diag- gnostic d\u2019ulcère probable de l\u2019estomac et on lui a prescrit un régime «ad hoc» plus ou moins bien suivi par le malade et partant d'efficacité douteuse.Nous le voyons en octobre 1939, lors d\u2019une crise plus forte.Nous lui conseillons une intervention chirurgicale qu\u2019il refuse d\u2019emblée.Nous lui donnons alors un régime approprié, des sédatifs nervins à base de belladone, valériane et bromure, des poudres alcalines et trente injections intramusculaires de chlorhydrate d\u2019histidine, avec un résultat presque nul.Le malade se décourage et abandonne tout traitement.Il souffre de plus en plus, quand subitement le 17 janvier, il fait une hématémèse très considérable.Hospitalisé d'urgence, on réussit à arrêter l\u2019hémorragie.L\u2019état général du malade a été touché au point qu\u2019il en a fait du délire et aussi de l\u2019ictère; en dépit de ces complications, cet homme a fini tout de même par prendre le dessus.Il continue cependant d\u2019avoir des malaises et des douleurs épigastriques; 1l présente encore du mœlana et une radiographie récente nous a révélé un ulcère duodénal.Aussitôt que son état le permettra nous lui ferons faire une gastro-entérostomie.Observation II Madame J.D., 49 ans, souffre depuis trois mois de troubles digestifs caractérisés par de violentes douleurs thoraciques en ceinture et apparaissant surtout au début de la nuit, de l\u2019aérophagie, de la constipation.À ces symptômes, s\u2019ajoute un état d\u2019angoisse et de nervosité très marqué.Traitée, il y a dix ans, pour dilatation de l\u2019estomac (?), dyspepsie nerveuse (?) et le « Beau Mal » (!), une radiographie du tube digestif fut prise à cette époque et n\u2019a rien décelé d\u2019anormal.Depuis une dizaine d\u2019années, la malade a eu, à différentes reprises, de légers troubles digestifs qui sont disparus la plupart du temps par simple ingestion de bicarbonate de soude.Etant donné l\u2019état psychique un peu particulier de cette malade, nous lui donnons (mai 1939) comme traitement un régime alimentaire généreux, des poudres alcalines, des sédatifs nervins et douze injections de cacodylate de soude.La malade en est soulagée au point de se croire 264 guérie; cependant, elle nous revient en décembre 1939 pour les mêmes troubles et plus accusés cette fois.La douleur thoracique, quoique très difficilement localisable, est intense au point de rendre tout sommeil impossible.Le même traitement qui lui avait si bien réussi sept mois auparavant, est sans résultat cette fois.Devant cet échec, nous lui conseillons l\u2019hospitalisation et une nouvelle radiographie qu\u2019elle refuse par crainte d\u2019avoir à subir une intervention chirurgicale.Le lendemain de notre entrevue, la malade a des vomissements noirâtres très abondants, et finalement quand elle se décide à appeler le médecin (17 janvier), elle est saignée à blanc.Hospitalisée d\u2019urgence, transfusions.ete.Actuellement (5 février), la numération globulaire indique environ 2,000,000 de globules rouges et la malade est encore dans un état tel qu\u2019il ne saurait être question d\u2019aucune intervention quelconque.Observation III Madame B., 44 ans, nous consulte pour des troubles digestifs existant depuis quatre ans, caractérisés par des nausées, suivis de vomissements occasionnels, de brûlements d\u2019estomac survenant environ 3 à 4 heures après les repas et surtout d\u2019une douleur épigastrique s\u2019irradiant dans le dos entre les deux omoplates.Cette douleur est devenue si intense et continue que la malade nous supplie de la faire opérer au plus tôt, afin de la soulager, car elle a été traitée médicalement sans résultat depuis le début de sa maladie.Hospitalisée en chirurgie, on fait les examens de routine.La radiographie démontre un ulcère probable du duodénum.Opérée vers le 20, par le docteur P.-M.Ricard, qui a trouvé en effet un ulcère du duodénum, la malade ne souffre plus et est en bonne voie de guérison.Observation IV Ce cas est un peu plus ancien.M.J.P.46 ans, se présente à nous (avril 1938) pour fatigue, amaigrissement, toux et expectoration abondantes et douleurs épigastriques accompagnées de troubles digestifs vagues, tels L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal.mars 1940 qu\u2019aérophagie, flatulence, somnolence après les repas.Cette fatigue remonte à environ un mois.Après l\u2019avoir examiné, nous constatons que c\u2019est un bronchitique chronique et nous croyant en présence d\u2019un tuberculeux, nous demandons une radiographie pulmonaire et une analyse des crachats.Le lendemain de ces examens, au moment où le malade se prépare à revenir à notre bureau pour recevoir les directives nécessaires à son traitement, il échappe un papier par terre et en voulant le ramasser, il est pris d\u2019une douleur épigastrique, suraiguë, en coup de poignard, qui détermine une syncope.Appelé d\u2019urgence, nous trouvons un malade pâle et extrêmement souffrant, et à l\u2019examen de l\u2019abdomen, on note déjà un ventre de bois.Trois quarts de grain de morphine ne parviennent pas à le soulager.Nous portons alors un diagnostic d\u2019ulcère perforé ou de pancréatite hémorragique.Le malade est opéré d\u2019urgence, à peine deux heures après l\u2019accident, et le diagnostic de perforation est confirmé par l\u2019intervention chirurgicale.Après toute une série de péripéties postopératoires, telles que abcès sous-hépatique, abcès pulmonaire et vomique, le malade guérit et le demeure depuis ce temps.Commentaires Nous n\u2019avons donné ici et à dessein que le résumé de l\u2019histoire de quatre malades et cependant, nous pouvons, il me semble, en tirer des conclusions intéressantes.En premier lieu, il convient de noter la multiplicité et la diversité des manifestations cliniques de l\u2019ulcère de l\u2019estomac qui en rendent parfois le diagnostic très difficile.En effet, nous sommes loin chez nos malades précités des symptômes classiques, puisque l\u2019un d\u2019eux (n° 4) va jusqu\u2019à nous donner le change pour une tuberculose pulmonaire, que l\u2019autre (n° 3) souffre tellement, que par son histoire, nous pensons un moment à une cholécystite chronique, et qu\u2019enfin la deuxième malade nous a orienté pendant un certain temps vers un diagnostic de psychonévrose.Fait à remarquer et qui confirme la règle, nos quatre malades sont des sujets plutôt maigres, nerveux GRATTON: ULCÈRE DE L\u2019ESTOMAC et anxieux tels que le sont ordinairement les malades qui souffrent de l\u2019estomac.Une autre constatation importante et qui est bien en évidence chez les trois premiers malades, c\u2019est la périodicité des crises.Ce signe est des plus importants dans le diagnostic de l\u2019uleus gastrique et nous ne devrions jamais négliger de le rechercher, car les symptômes subjectifs peuvent varier parfois et seule la répétition d\u2019attaques de plus en plus longues et fréquentes peut nous mettre sur la piste d\u2019un diagnostic précis.Les examens de laboratoire sont très utiles dans l\u2019étude de cette maladie, mais ils peuvent parfois faire défaut; par exemple, la radiographie dans le premier cas, et surtout dans le second, n\u2019a pas révélé ce qu\u2019on s\u2019attendait de trouver.Je passe sous silence la gastroscopie, laissant à des voix plus autorisées que la mienne le soin d\u2019en discuter la valeur.En ce qui regarde le traitement, plusieurs auteurs réclament des succès thérapeutiques au moyen de l\u2019histidine, et cependant chez notre second malade, ce traitement n\u2019a pas apporté de soulagement et n\u2019a pas empêché la redoutable complication qu\u2019est l\u2019hémorragie.265 Evidemment, il ne faut pas conclure d\u2019un seul cas.Puisque nous en sommes rendus au chapitre complication et traitement, rappelons que les grandes complications de l\u2019ulcère de l\u2019estomac sont la douleur forte et permanente, l\u2019hémorragie, la perforation, l\u2019obstruction et le cancer, et qu\u2019en face de ces complications, c\u2019est le traitement chirurgical qui s'impose.Notons en passant qu\u2019un bon traitement médical peut donner de très bons résultats au début de la maladie, mais que là comme ailleurs, il faut éviter de donner des régimes trop exclusifs qui conduiraient le malade à l\u2019avitaminose, à l\u2019alcalose et à la cachexie.Nous n\u2019avons pas non plus à discuter ici de la modalité du traitement chirurgical, mais nous constatons que nos quatre malades, en dépit de multiples traitements médicaux ont été acculés aux complications de la maladie.Reste à savoir si nous devons attendre l\u2019arrivée de ces complications ou si nous ne devons pas plutôt les prévenir.Il y a ici ample sujet à discussion et ceci démontre que l\u2019ulcère de l\u2019estomac est une maladie qui causera longtemps encore, hélas! des ennuis aux malades et aux médecins.L\u2019AVITAMINOSE DANS CERTAINES PSEUDO-NYCTALOPIES Par Emile BLAIN, Médecin de l\u2019hôpital Notre-Dame.Les innombrables recherches que l\u2019on a faites, depuis dix ans, sur la question des vitamines, ont donné, à date, quelques résultats vraiment positifs.Mais, comme toute médication nouvelle, la vitaminothérapie a fourni prétexte à des extravagances.Avec le temps, on en vient à séparer le vrai du faux.Déjà, dans plusieurs domaines, la lumière se fait sur certains points intéressants.Ainsi, en ophtalmologie, on concède maintenant à la vitamine À un rôle prépondérant dans la production de la xérophtalmie (1), 1.Sécheresse progressive de la conjonctive oculaire.et de la kératomalacie (2).De même faut-il se rendre à l\u2019évidence, et admettre aujourd\u2019hui que l\u2019absence de la même vitamine est le facteur principal de l\u2019héméralopie (3).Depuis longtemps, on savait que le pourpre rétinien se décompose sous l\u2019effet de la lumière.L\u2019expérience avait démontré que cette matière colorée se régénère sous l\u2019action de la vitamine À, et qu\u2019elle retrouve, grâce à elle, sa sensibilité momentanément détruite.2.Affection cornéenne caractérisée par plusieurs ulcérations à forme torpide.une ou 3.Diminution anormale de la vision dans l\u2019éclairage faible. 266 De déduction en déduction, la cécité crépusculaire a orienté les études vers l\u2019optique physiologique et ses problèmes d\u2019électro-photo- chimie rétinienne.Chemin faisant, il a fallu élucider, entre autre chose, la question de l\u2019adaptation de l\u2019œil à l\u2019obscurité; ce qui nous a valu la création de l\u2019adaptomètre européen et du bio-photomètre américain.Ces instruments minutieux mesurent, de façon relativement précise, la sensibilité de la rétine exposée à l\u2019obscurité.Tout en permettant de doser la réceptivité de l\u2019œil à la lumière nocturne, ils ont, du même coup, favorisé l\u2019exploration de l\u2019avitaminose dans l\u2019héméralopie.Au cours des manœuvres expérimentales, les laboratoires ont réalisé qu\u2019il existe divers degrés d\u2019adaptation à l\u2019obscurité.Certains sujets se montrent franchement normaux vis-à-vis de l\u2019épreuve; d\u2019autres affichent une héméralopie indéniable.Pourtant, entre ces deux catégories extrêmes, apparaît une série intermédiaire, où le seuil de réaction s\u2019avère plus ou moins faible.On en a conclu que puisque l\u2019héméralopie vrale repose sur une insuffisance de vitamine A, la simple tendance à la cécité nocturne doit découler d\u2019une carence partielle du même élément.Partis de cette hypothèse, des ophtalmologistes ont surveillé certaines acuités visuelles mystérieusement chancelantes.Par ricochet, ils ont établi que l\u2019éblouissement peut avoir sur l\u2019acuité lumineuse des effets contradictoires: il diminue tantôt la vision nocturne (héméralopie), tantôt et le plus souvent, les sensations diurnes (nyctalopie) (4).Cette dernière assertion ouvre, sur la clinique, un nouveau champ d\u2019observation.En effet s\u2019il est convenu que le pourpre rétinien, plus ou moins profondément brûlé par la lumière, se renouvelle aux dépens de la vitamine À, il devient évident que plus la destruction en est rapide, plus les réserves doivent en être considérables.Or, il se peut bien, que pour des raisons de mauvais fonctionnement du foie ou de pénurie alimentaire, l\u2019encaisse de vitamine À ne réponde plus aux 4.Action de mieux voir à l\u2019éclairage faible.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 exigences.Dans ce cas, l\u2019éclairage intense aura tôt fait d\u2019épuiser les économies organiques, et l\u2019on fera face, alors, à une diminution visuelle causée par une trop grande luminosité.Ce phénomène pathologique devient possible chez des gens bien rassasiés.A plus forte raison, surgit-il chez ceux dont la table est trop sévère; les malades nourris à la goutte, et les esclaves de la silhouette svelte sont des candidats élus par acclamation à ce genre d\u2019asthénopie (5).à #% % Dans le secret de son cabinet de consultation, quel oculiste ne s\u2019est pas souvent trouvé aux prises avec le patient suivant?Une personne d\u2019un certain âge se plaint de sa vision.L\u2019examen ophtalmologique ne met rien en relief: l\u2019acuité visuelle est normale ou convenablement corrigée par des verres; le système musculaire de l\u2019œil n\u2019offre rien d\u2019inusité; l\u2019état général semble satisfaisant.Bref, les recherches sont négatives d\u2019emblée.Devant un tel néant objectif, l\u2019examinateur retraite parfois élégamment en se servant de l\u2019antique et commode formule: « Voyez votre médecin et faites-vous tonifier; c\u2019est de la faiblesse générale ».Seulement, l\u2019inefficacité des reconstituants force le malade à s\u2019étudier lui-même, puisque les autres s\u2019y refusent.Il revient plus tard à la charge, et précise davantage.Cette fois, il rapporte que sa vue faiblit surtout vers la fin de l\u2019après-midi.S\u2019il est observateur, il accuse l\u2019illumination excessive d\u2019en être la cause.Il ajoute que les caractères d\u2019écriture se brouillent à tout propos, que la lumière lui fait mal aux yeux, qu\u2019il souffre de larmoiement et de cuisson des paupières.Chose étonnante, ses ennuis s\u2019évanouissent dès qu\u2019arrivent les vacances ou les jours de fête chômés.En guise de légende au tableau clinique, l\u2019infortuné se vante volontiers, sans y être sollicité, d\u2019avoir confondu par son mal la science de plusieurs confrères antérieurement consultés.5.Insuffisance visuelle causant de la fatigue. BLAIN : AVITAMINOSE ET PSEUDO-NYCTALOPIES Voilà la pseudo-nyctalopie! Il nous a été donné d\u2019observer en clientèle plusieurs cas similaires; nous en résumons présentement cinq apparemment démonstratifs.Observation I.Monsieur A.B., 45 ans, commis de bureau, nous demande de soulager une fatigue de la vue qui se renouvelle, depuis un an, tous les après-midi vers quatre heures.Il travaille, dans un suréclairage, sur du papier à grands reflets.Ses yeux ne présentent pas de lésion, mais abritent un astigmatisme et une presbytie confortablement compensés par des verres.A part quelques troubles discrets du côté hépatique, sa santé paraît rassurante.Son alimentation ne laisse rien à désirer.Après le quinzième jour de traitement vitaminé, ses ennuis visuels commencent visiblement à rétrocéder.Observation II.Madame G.T., 47 ans, couturiére, dit que ses yeux «s\u2019en vont » depuis plusieurs mois; à tel point, que sur la fin de l\u2019après-midi, elle n\u2019y voit guère.Sa constitution fatiguée a traversé mille épreuves, mais actuellement, tout est pour le mieux, sauf sa vision.Son alimentation, mal réglée, n\u2019est pas un modèle du genre.Elle travaille sur du matériel sombre, huit heures par jour, en face d\u2019une 150 bougies qui inonde littéralement sa table.Elle porte des lunettes de presbyte, et ne laisse voir aucune tare oculaire.Après sept semaines de vitamines, elle se déclare grandement améliorée.Observation III.Monsieur C.R., 37 ans, employé des postes, nous consulte pour vérifier des lunettes qui, prétend-il, lui arrachent les yeux, vers la fin de la journée.Sa besogne journalière consiste à trier des lettres, dans une illumination aveuglante et mal dirigée.Il ne connaît pas d\u2019autre malaise.267 Son alimentation semble variée et bien fournie.Comme seule anomalie oculaire, 1l porte une légère myopie, que des lentilles neutralisent parfaitement.Soumis à une cure vitaminée pendant trente Jours, il s\u2019améliore tellement qu\u2019il abandonne tout traitement.Par malheur, les mêmes troubles reviennent alors pour un temps, et disparaissent de nouveau, peu après la reprise de la médication.Observation IV.Mademoiselle M.L., 35 ans, sténo-dactylo, veut savoir pourquoi sa vue se voile, par intermittence, pendant les derniéres heures de bureau.Elle se plaint qu\u2019à ces moments, elle met difficilement au point ses textes et copies, malgré la lampe étincelante qui la surplombe.De santé robuste jusqu\u2019à ces derniers temps, la demoiselle confesse qu\u2019une tendance à l\u2019embonpoint la jeta, un jour, dans le désarroi.Dès lors, elle sacrifia tout à sa «ligne », y compris son régime.Elle limita désormais sa pitance à quelques tartines et force liqueurs gazeuses: abstention presque radicale de viande, légumes et mets sucrés.À date, elle a réussi à brider son poids, mais en rançonnant ses yeux.Son tiroir est muni d\u2019une magnifique paire de cylindres concaves qui ne lui sont pas d\u2019un grand secours.Réformée dans sa diète, convertie au port de lunettes, et condamnée à une vitamination rigoureuse, la secrétaire se dit mieux et travaille avec beaucoup moins de fatigue.Observation V.Mademoiselle G.M., 23 ans, employée de bureau, déplore, depuis quelque temps, une baisse visuelle progressive spécialement marquée vers la fin du jour.Elle travaille sous des lustres à éclairage puissant et direct.Elle a connu bien des misères physiques.Ses menus, insuffisants et défectueux, n\u2019ont pas aidé son état depuis toujours fragile.Pour tout dire, ses yeux souffrent d\u2019amétropie et de déséquilibre musculaire non pourvus; mais cela devait exister bien avant son extrême asthénopie actuelle. 268 Un changement rationnel dans ses repas n\u2019a apporté aucun soulagement oculaire, même après plusieurs semaines.Une thérapeutique vitaminée, poussée activement depuis, lui a fait récupérer une bonne part de sa capacité visuelle.Elle ne travaille pas encore allègrement, mais le mieux-être s\u2019accentue, bien que sa coquetterie l\u2019ait empêchée de se résigner au pince-nez.* * * Nous savions que les bâtonnets de la périphérie rétinienne perçoivent surtout la lumière, tandis que le pôle central, ou fovéa, imprime plutôt les formes et les couleurs.Des données plus récentes nous révèlent que les taux d\u2019illumination nécessaire au travail visuel ne sont pas quelconques.La courbe graphique d\u2019acuité s\u2019élève, proportionnellement à la croissance en force de la brillance du milieu, pendant un certain temps; par la suite, elle reste pratiquement horizontale, malgré l\u2019augmentation lumineuse; enfin, quand l\u2019éclairement devient très vif, elle déchoit.Dans cette dernière éventualité, le pigment rétinien, profondément touché, cesse de remplir intégralement son rôle.Il cesse temporairement, si l\u2019approvisionnement en vitamine est insuffisant pour le régénérer en vitesse; il peut cesser plus définitivement, si l\u2019agent rénovateur est appauvri.D\u2019une part, c\u2019est la génèse de la cécité temporaire d\u2019un œil qui a fixé longuement le soleil, et qui se reprend après avoir éprouvé quelques instants de noir; d\u2019autre part, c\u2019est l\u2019histoire quotidienne de la couturière ou du comptable suréclairés, dont le foie malade ou les repas trop chétifs ne répondent plus aux besoins du métier.A) ÉCLAIRAGE.Il reste bien des points à statuer sur les lois de l\u2019éclairage scientifique.Elément de première importance au maintien de la vision; ses caprices sont tels qu\u2019il serait trop laborieux de les définir présentement.Mais, le moins qu\u2019on en puisse dire, au point de vue pratique, L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.mars 1940 c\u2019est qu\u2019il doit être dosé 1.d\u2019après le travail à accomplir; 2.d\u2019après l\u2019efficacité des yeux en cause; et 3.de façon à garantir un confort visuel reposant.Evidemment, le confort visuel, comme le confort tout court, reste quelque chose de subjectif, qu\u2019on apprécie surtout lorsqu\u2019il fait défaut.Néanmoins, il est raisonnable d\u2019admettre qu\u2019une atmosphère de travail trop violemment éclairée ne vaut guère mieux qu\u2019une semi-obscurité.Dans l\u2019un comme dans l\u2019autre cas, il convient de remédier aux excès.S'il fallait énoncer, à ce sujet, une loi générale, on pourrait s\u2019en tenir à celle-ci: l\u2019idéal correspond assez bien à une illumination réfléchie dont l\u2019intensité varie entre dix et vingt pieds-bougies (6).B) HYGIENE.Comme corollaire aux précédentes considérations, il serait à désirer que l\u2019éclairage industriel soit soumis à certaines restrictions préventives.L'installation électrique des usines, bureaux, etc.gagnerait à n\u2019être pas faite au petit bonheur.Mais, en attendant cet âge d\u2019or, où l\u2019on pourra agir sur la cause même, essayons au moins d\u2019en pallier les conséquences pernicieuses.Contre ces hyperesthésies rétiniennes, il faut lutter, quand faire se peut, par le port de verres protecteurs.Et, dans le même ordre d'idées, le repos prolongé à l'obscurité n\u2019a rien que de recommandable.C) MEDICATION.Bien qu\u2019on envisage aujourd\u2019hui ces pseudo- nyctalopies comme des carences en vitamine A, la spécificité unique en est contestée, et il y a intérêt à les considérer plutôt comme des poly-avitaminoses.On aurait réussi à démontrer, dans ces cas, l\u2019action synergique des vitamines À, C et D, auxquelles l\u2019association du calcium ajouterait de la valeur.En principe, ces photo-traumatismes rétiniens doivent être traités par de fortes quantités de vitamines, administrées quotidienne- 6.Traduction libre du «foot-candle» anglais. BLAIN: AVITAMINOSE ET PSEUDO-NYCTALOPIES ment, de façon à créer l\u2019accumulation et la saturation nécessaires.Il reste toujours facile de suspendre ou de modérer les doses, si l\u2019encombrement l\u2019exige.Le régime alimentaire, amplement pourvu- de vitamine À doit inclure: a) des produits animaux, tels que viandes, lait, beurre, fromage, etc; b) des produits végétaux (carotène), tels que carottes, apricots, épinards, légumes verts, laitue, tomates, citrouille etc.Une fois le côté alimentaire résolu, on doit, le plus souvent, y ajouter des ingestions ou injections de vitamines préparées: huile de foie de flétan, de morue, ete.Les patients, dont les cinq observations ont été citées plus haut, ont reçu des doses de vitamines A, C et D, dont la teneur en vitamine A variait entre 10,000 et 30,000 unités par jour.On peut diminuer les quantités selon les améliorations obtenues, mais il est sage de ne pas trop abréger la cure.De fait, nous avons constaté, à différentes reprises, que cette mé- 269 dication en est une de longue main, et qu\u2019à moins de persévérance, les résultats en sont éphémères.BIBLIOGRAPHIE MAGITOT, A.: « Modification de la rétine sous l\u2019influence de la lumière.» Traité d\u2019ophtalmologie, de la Société française d\u2019ophtalmologie.Masson et Cie, éditeurs, 1939.BOURDIER, F.: «Anomalies du sens lumineux, (Nyctanopie de carence).»Extrait du traité pré- cédent.CORDES, F.C.et HARRINGTON, D.O.: « As- thenopia due to Vitamin-A Deficiency.» Ame- vican Journal of Ophtalmology.Décembre 1939.LANCASTER, W.B.: «Lighting Standards.» American Journal of Ophtalmology.Décembre 1937.LANCASTER, W.B.: «Illumination Levels and Eye Comfort Conditions.» Extrait de Transactions of the Illuminating Engineering Society.Décembre 1938.LUDVIGH, E.J.: « The gradiant of Retinal Illumination and its Practical Significance.» American Journal of Ophtalmology.Mars 1937.EDMUND, C., et CLEMMESEN, S.: «On Deficiency of A Vitamin and Visual Adaptation.» Traduction de l\u2019Oxford University Press, Londres, 1932. REVUE GÉNÉRALE e © e- + TREATMENT OF ACUTE GONORRHEAL URETHRITIS Its Present Day Status with Emphasis on Sulfanilamide Therapy\u2019 By Charles Pierre MATHE, M.D., F.A.C.S., San Francisco, California 2.The management of gonorrhea is an art, and the adoption of gentleness in local treatment, the abandonment of the through and through irrigation, the employment of little pressure in making mild urethral injection, the advent of intradermal vaccine therapy, the discovery of a most efficacious gonococcide in the form of sulfanilamide and the use of heat therapy in resistent cases, have ameliorated the symptoms, shortened the course of the disease and lessened the complications in the 1,037,000 cases annually treated in the United States (Vonderlehr and Usilton of the United States Public Health Service).When I first entered the practice of medicine, some twenty-three years ago, gonorrhea was a disease in which dysuria, hematuria, tenes- mus, balanitis and chordee were considered inevitable.Invasion of the posterior urethra and its accompanying prostatitis and seminal vesiculitis developed in almost every case.Prostatic abscess caused varying degrees of retention of urine, and drainage by prostato- tomy was not uncommon.One awaited the epididymitis that occurred in the second or third week after the through and through irrigation and it often required epididymotomy.1.Lecture delivered before the Seventeenth Annual Summer School Session of the Vancouver Medical Association, Vancouver, British Columbia, June 10, 1939.2.C\u2019est pour des motifs sérieux que nous publions en anglais cet intéressant article de notre collègue franco-américain, membre de l\u2019A.M.L.F.A.N.Nous ajoutons que la présente initiative ne cessera pas d\u2019être exceptionnelle; d\u2019autre part, on doit se rappeler que le Journal a de nombreux abonnés franco- américains et qu\u2019il gagnerait d\u2019être lu par des médecins de langue anglaise.Arthritis was by no means rare and we sometimes observed it to occur as early as in the third week of the disease.In many cases these painful symptoms and complications were due to overenthusiastic and traumatizing local treatment; in others they were due to the fulminating nature of the disease itself.Volumes have been written on the treatment of the ravaging and mutilating complications of gonorrheal urethritis, and it is not in the scope of this lecture to add or detract.But in this communication I shall limit myself to the management of acute gonorrheal urethritis, including its prophylactic, abortive and local treatment, vaccine, fever therapy and internal medication with discussion of important facts that we have collected on sulfanilamide therapy.The most efficient measure in the treatment of gonorrheal urethritis is its prevention.Prophylaxis can be accomplished by proper education.At the present time a very active campaign of education of the public is being carried on throughout the United States, calling attention to the ravages of neisserian infection, emphasizing the many deformities and mutilating complications resulting from this disease.Too little attention is paid to prophylactic measures that should be used after exposure.A condom properly used is a sure preventive.The most effective prophylactic treatment is the immediate employment of an antiseptic lavage of the urethra with mild solutions made up of potassium permanganate (1:4000), neutral acriflavine (1:4000) in physiological salt solution, etc., followed by an ©.me MATHÉ: ACUTE GONORRHEAL URETHRITIS injection of a silver salt such as neosilvol (6 per cent), argyrol (5-15 per cent), silvo- gen (1:3000), ete.Similar local treatment is employed after gonorrheal urethritis has manifested itself.This is supplanted by giving the patient heavy doses of sulfanilamide, four tablets or twenty grains (1.3 gm.), four times a day for two days.The sooner after exposure that prophylactic treatment is carried out the greater likelihood there is of preventing infection.This phenomenon has been observed by many physicians and I have yet to see a case wn which I personally instituted prophylactic treatment early, within twenty-four hours after exposure, who later developed urethritis.The value of prophylaxis is well demonstrated by the decline of gonorrhea in the armed forces of the United States.The medical corps of the army report that the annual admission rates for gonorrhea per thousand of white enlisted men stationed in the United States has decreased 75 per cent from 91 per thousand in 1910 to 22 per thousand in 1934.The navy likewise reports a reduction of 46 per cent in the admission rate for gonorrhea from 104 per thousand in 1910 to 56 in 1934.I recall a conversation with Dr.Dalger, ship surgeon of the French naval training ship VEdgar Quinet which recently came to San Francisco and in which the number of neis- serian infections among thirteen hundred men aboard over the period of one year\u2019s cruise had been reduced to twenty-eight by proper education of the crew and the efficient use of prophylactic measures.These statistics prove that the proper employment of prophylactic measures will prevent gonorrheal urethritis in a great percentage of cases.The results obtained by the use of sulfanil- amide in the treatment of acute gonorrheal urethritis is of great interest to physicians who are called upon to combat this disease.\u2018Is it a drug that will permanently cure the disease or will it, as was experienced in the early use of salvarsan, control the disease, leaving the patient with latent infection which will recur later?It is a drug that will utterly fail to kill 271 certain strains of the gonococcus?Experimental work on the clinical effect of this gonococcocide must necessarily be performed on man as animals cannot be inoculated with the gonococcus.In order to secure first hand information about the clinical results of the new drug, we addressed 150 questionnaires to urologists throughout the United States and Europe, asking for a report of their results in order to contrast them with those obtained in our own private practice and in the outpatient Department of the University of California and St.Mary's Hospital.Time alone will reveal final results.However, the data that we have collected are of present day interest.The drug is now being used by about 90 per cent of the profession.The results obtained by these men are not as spectacular as those reported by the first investigators.A number of men who have used the drug in a large series of cases over a relatively long period of time fear that it is far too toxic and that its effect is not as specific as has been indicated by the manufacturers.Our studies lead us to conclude that sulfanil- amide properly used and diligently controlled, is well worthwhile and a drug that should be added to our armamentarium of methods for combatting gonorrhea.This new preparation is chemically known as para-amino-benzene-sulfonamide, is also recognized by many other trade names such as prontylin, prontosil album, stramid, strepto- cide, consulfamidyl, sulfamidyl, sulfonamid and neo prontosil.The rather spectalular early results obtained by its use in the treatment of infectious diseases due to the streptococcus and to the meningococcus led Dees and Colton of Johns Hopkins University and Reuter of George Washington University to introduce it for the treatment of acute gonorrhea.The physiologic effects and the pharmaco- logic action of the drug are gradually becoming known.Its use produces a multitude of local and systemic reactions.The drug is readily absorbed by the gastro-intestinal tract and it soon enters into all of the body fluids.Sulfanil- 272 amide does not remain in the tissues of the body very long and is nearly entirely excreted in an unchanged and conjugated form by the kidneys.It is conceded that the drug must be administered two or three days before there is sufficient concentration in the body to become effective.In certain cases, however, cessation of discharge occurred within twenty- four hours after administration.It has been found to be present in the blood, in greater percentage in the blood plasma than in the whole blood, and it is easily extracted from the urine, saliva, pancreatic juice, bile and cerebrospinal fluid.In order to obtain beneficial effect from the drug, one must maintain a level of 10 mg.of sulfanilamide per 100 cc.of blood within four hours after ingestion.Such a level is best maintained by giving the drug at four hour intervals day and night, and we insist that patients set an alarm-clock in order that they can be aroused to take the nocturnal doses at regular intervals.It has been said that the drug acts better in an alkaline than in an acid medium, but there is no difference as far as we have been able to determine.An alkaline drug can be given to those patients who seem to be developing acidosis.At first, it was difficult to establish a definite scheme of dosage.The tolerance of each individual varies immensely and the best results are obtained when the drug is administered in large doses.Men seem to tolerate the drug better than women and the young better than the aged.The drug should be given in extremely large doses during the first two days of infection, and it is reduced to a maintenance dose by the end of the third day.In answering our questionnaire, one urologist reported that he had given 120 grains a day for two days, but the average initial dose for the first two days employed by all others is 80 grains, reduced to 50 grains on the third day and about 15 grains thereafter.Another urologist reported an error in his directions to a patient, and 80 grains a day were taken for nearly à week, at which time the patient had devel- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 oped marked acidosis.Sulfanilamide can be given in repeated doses, by instructing the patient to rest from its use when ill effects are observed.During the rest period, Methyl- ene blue is given in order to counteract toxicity resulting from the use of sulfanilamide and to continue bacteriocidal action.In these cases the drug can be safely given again one week later.If no benecial results are observed after its administration for seven to ten day, we feel that it should be discontinued, and another form of treatment instituted.The untoward effects that we have observed in private and clinic patients are not as numerous as those reported by certain physicians answering our questionnaire.It is well to enumerate many of the reactions which have been observed throughout the country.These are general in character as well as being confined to certain regions of the body.We have classified them according to the various systems of the body.The disturbances encountered in the hemato- poietic system are as follows: anemia, secondary and hemolytic; agranulocytosis, leuko- penia and cyanosis due to methemoglobin and sulphemoglobin.It is advised that the ingestion of sulphates in the form of salts and sodium sulphate and also saline cathartics should be avoided in order to prevent the blood changes causing methemoglobin and sulphemoglobin.The effects of sulfanilamide on the neuro- logic system noted were headache, dizziness, tingling of the fingers, nervousness, lassitude, blurring of vision and depression.A number of skin reactions were reported which varied from erythema with itching to severe lesions of vesicular and macular type.These lesions are usually localized to the hands, and in others they are more extensive, covering the entire body.There is a photo- sensitizing reaction of the drug.When certain patients using the drug were exposed to sunlight, a scarlatine-like rash appeared over the area which had not been protected from the sun rays. MATHE: ACUTE GONORRHEAL URETHRITIS The gastrointestinal reactions simulate those commonly due to the use of many other irritating drugs.Of these, nausea and vomiting are quite common, and more rarely one observes loss of appetite, ulcerative stomatitis, abdominal pain, jaundice, acute vellow atrophy of the liver, etc.; The allergic reactions consist of marked urticaria and edema of the lips, hands and feet.An interesting patient who manifested allergy is that of Mr.W.N., who came to us on crutches suffering from sub-acute gonorrhea complicated by arthritis of the left ankle.He stated that generalized edema followed administration of sulfanilamide.As numerous gono- cocci were found in the urethral discharge, we again gave him sulfanilamide.Profuse swelling of the lips followed the administration of the first dose.He was finally cured be combined therapy consisting of internal use of neutro-acriflavine, vaccine therapy and local treatment.Other untoward symptoms attributable to the drug are general malaise, chills, fever, loss of weight, prostration, weakness, air hunger, dyspnea, palpitation, optic neuritis and conjunctivitis.Renal disturbances are manifested by the detection of hematuria.This is readily ascertained as sulfanilamide does not change the color of the urine.Prontosil given intra- muscularly and Neo-prontosil given orally cause the urine to become red, in spite of which one must not fail to be on the lookout for hemoglobinuria.The usual complications of acute neisserian infection are definitely lessened by the use of this drug; however, invasion of the posterior urethra, periurethral abscess, protato-semino- vesiculitis, prostatic abscess, prostatitis, epidi- dymitis, cowperitis, arthritis and salpingitis were reported.Gynecologists observed that the incidence of salpingitis and peritonitis was decidedly lowered in women receiving sulfanil- amide therapy for gonorrhea.There have been no deaths from the use of 273 sulfanilamide in the treatment of acute gonorrheal urethritis.About 85 per cent of urologists use some type of local treatment along with the drug as an adjunct to the treatment of acute ureth- ritis.We favor gentle local trcatment with mild antiseptic solutions in conjunction with the internal administration of sulfanilamide.It has been observed that when the drug failed to relieve the gonorrhea, infection is found to be much more resistant to any new form of therapy that may be employed.~ A number of urologists, namely Ballenger, Elder, McDonald and others, reported that the combined use of sulfanilamide with heat therapy is far superior to the employment of the drug alone.Many men reported that the drug failed to cure about 20 per cent of the treated cases, but when sulfanilamide was combined with heat therapy, beneficial results were obtained in about 85 per cent of patients suffering from sulfanilamide resistant gonorrhea.For this remaining uncured 15 per cent, Belt employs thermal death time fever, equal to the heat that is necessary to kill the particular resistant strain of gonococcus in vitro: viz: seven to eighteen hours at 106.7° (7).Some advise the dual treatment of sulfanil- amide with artificial fever for those patients who fail to respond to treatment and for those desiring a rapid cure.We feel that hyper- pyrexia should not be used routinely in the treatment of acute urethritis and this measure, contraindicated in patients over forty years of age, and in those suffering from alcoholism, myocarditis, cardio vascular, renal disease, respiratory infections and sometimes accompanied by cardiac failure, should be reserved for the sulfanilamide resistant patient and for those suffering from uncured complications of chronic gonorrhea such as arthritis, synovitis, etc., etc.In our hands, the internal administration of sulfanilamide, intradermal antigen therapy and local treatment, have been adequate to control acute gonorrhea in 85 per cent of patients, and we rarely resort to heat therapy. 274 It appears that the combined use of gono- coccal bouillon filtrate and sulfanilamide is more effective than when either method of therapy is used alone.You might recall that the intradermal use of the gonococcal toxin (antigen) by Corbus was the outgrowth of Besredka\u2019s new theory of local immunization.As a result of experiments carried out in the Pasteur Institute in Paris, Besredka recommended treatment of anterior urethritis by local injection of the antigen into the urethra which was performed in France.Corbus applied this principle by utilizing the skin for Injection of the antigen in which the reticulo- endothelium contains a greater number of receptive cells for immunization.We were among the original collaborators on the action of the Corbus-Ferry gonococcus bouillon filtrate and agree with Corbus, Cummins, Bur- hans and others in feeling that, when this vaccine is properly administered in correct dosage, it reduces the complications, lessens the number of recurrences and assures a safer postinfection period for the victim of gonorrhea.Deaken feels that patients suffering from acute urethritis, in whom the complement fixation test is positive, do poorly with the filtrate, whereas chronic patients with a negative fixation test do better.As Corbus has pointed out, at least some of the poor results obtained in other hands are due to improper dosage and poorly timed intervals of injection.It is interesting to note that Mock, Joubert and Goy recommend gonococcus vaccine therapy immediately after exposure or at the time of appearance of the discharge.They point out that success depends upon the administration of the vaccine during the positive phase, which is during the first five days of infection.From the fifth to the tenth day after the appearance of the disease, there is a negative phase at which time immunity does not take place.In 1936, Corbus presented an analysis of a questionnaire sent to 478 physicians.Of the 58 per cent who had experienced with the filtrate, 40.4 per cent reported favorable re- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 sults, 12.1 per cent unfavorable experiences and 5.5 per cent were still in doubt.The fact that the combined use of the filtrate with sulfanilamide is more effective than when either is used alone is borne out by animal experimentation.In experimenting on bone marrow cells, Osgood pointed out, in a personal communication, that sulfanilamide used in conjunction with antipneumococci serum was decidedly more effective in neutralizing the toxins produced by pneumococci.Gross and Cooper found that, when antipneumococcal serum was used along with sulfanilamide in performing experiments on rats, the mortality was lessened in the following percentages: 93 per cent when no treatment was instituted, 21 per cent when the serum alone was used and 14 per cent when combined treatment was employed.With our former methods of treatment of gonorrheal urethritis, the urethral discharge usually subsided in about ten days to two weeks, and in some cases lasted for weeks and even months.With the use of sulfanilamide, disappearance of the urethral discharge was often observed to take place within twenty- four hours and, on the other hand, in some cases it never stopped.In answer to the question covering this point, most urologists stated that in patients in whom the drug was effective, the urethral discharge ceased in an average of from four to five days.The average number of days taken to control the symptoms varied from 1.5 to 31.5 days, a total average of 4.8 days.The total number of days required to effect a cure was fifteen and this varied from one to seventy days under treatment.By cure, it is meant that the discharge ceases, the urine becomes clear and is free from bacteria and pus cells.In our own series of cases, we checked our cure by subjecting the patient to some form of provocative test such as the passage of a sound, the injection of the urethra with an irritant, the ingestion of an alcoholic beverage or sexual excitement (with a condom, of course).It was also reported that the urine EP SS EEE MATHE: ACUTE GONORRHEAL URETHRITIS became clear and free from pus on an average of 6.5 days, varying from 1.5 to 45 days.It was stated that in some cases the urine became negative in twenty-four hours, while in others it never cleared under sulfanilamide treatment.It is discouraging to state that recurrences have occurred in spite of the use of sulfanil- amide.We are not sure yet that our criteria for cure are accurate as a number of men have reported recurrences as long as two weeks later; however, after subjecting these patients to another course of treatment they soon showed signs of cure again.Recurrences were less when local treatment was used in conjunction with sulfanilamide.An interesting case presenting recurrence 1s Mr.E.G., referred to us by Dr.Rodney Yoell for treatment of gonorrheal urethritis of the fulminat-type.The patient had been taking hexamethylenamine and examination revealed a copious discharge, containing many intra and extracellular gonococei and turbid urine in all three glasses, indicating anterior and posterior urethritis.The patient was given local treatment, bouillon-filtrate vaccine therapy and sulfanilamide in the usual dosage, and at the end of two weeks the urine became clear but still contained shreds.He began to show toxic symptoms and he was then given pyri- dium.The discharge reappeared and the urine became turbid in all three glasses.Sulfanil- amide was again administered, commencing with the customary large doses.The discharge soon disappeared, the urine cleared and the patient has remained free from gonorrhea ever since.Another interesting case is a young woman who, at the end of the third week of routine treatment, including sulfanilamide treatment, found out she was pregnant.Against our advice, she submitted herself to an abortion and to our surprise no complications followed.A great contrast to this case was a patient seen some ten years ago before the days of sulfanilamide therapy.A young woman in the early stages of pregnancy was infected by her husband.Against our advice and contrary to 275 the consent of her husband, she too had an abortion performed.Salpingitis, peritonitis and arthritis soon followed which hospitalized the patient some three months.Bilateral sal- pingectomy and intensive treatment including vaccine therapy finally relieved her.Very few of the men who answered our questionnaire felt that they could be sure that they had permanently cured their patients, as sufficient time has not elapsed to accurately determine this point.Recurrence was noted in a number of our patients after subjecting them to one of the provocative tests mentioned above.This fact is quite disappointing and is an argument in favor of utilizing local treatment and vaccine therapy along with sul- fanilamide.Even though sulfanilamide is a highly toxic drug, there are few, if any, contraindications to its use.One should avoid the use of sulfani- lamide in patients who present anemia, impaired kidney function or liver damage of any nature.Patients should be cautioned not to expose themselves to sunlight and those who are occupied should be warned to keep alert in their work as lassitude is a common complaint.When evidence of idiosyncrasy or toxic effects occur from the use of the drug, it should be discontinued at once and its excretion from the kidneys stimulated by the ingestion of large amounts of fluids as it is readily eliminated through the urinary tract.Methylene blue is of great value in decreasing the severity of methemoglobinemia in patients showing sensitiveness to sulfanilamide.In addition to neutralizing its toxic effects it continues gonococcidal action.An analysis of the replies to our questionnaire and our experience in private and clinic practice lead us to conclude that the use of sulfanilamide in the treatment of acute gonorrheal urethritis is an advance of our former methods of treatment.The period of cure is definitely lessened, the side reactions are few and with intelligent management they can be easily controlled.The drug should always be administered under close observation over a short period of time and one can 276 usually repeat its administration without danger to the patient.It is not specific for the cure of neisserian infection but, up to the present time, 1t is beyond doubt one of the best methods for the treatment of this disease.* #* Great strides have been made in the treatment of gonorrhea.Education of the public explaining its ravages resulting in many deformities and mutilating complications and the teaching of proper prophylactic measures has done its part.Education of the medical profession has resulted in gentleness in local treatment, discarding the through and through irrigation and the abandonment of the use of strong sclerizing solutions in the urethra.Sulfanilamide has proven to be a most efficacious gonococcide.The use of intradermal antigen therapy lessens complications and assures a safer postinfection period, artificial heat has a definite place in the treatment of patients who fail to respond to mild local treatment combined with sulfanilamide and antigen therapy.Thermal death time heat therapy, when possible, offers hope of even curing the remaining small percentage of patients whose infection resists that therapy.The management af acute gonorrheal urethritis is still an art.It includes the combined use of sulfanilamide with gentle local treatment with a mild antiseptic solution and intradermal vaccine therapy, all of which ameliorate symptoms, shortens the course of the disease and minimizes complications in victims suffering from gonorrhea.RÉSUMÉ FRANÇAIS! Les méthodes modernes de traitement, appliquées à l\u2019urétrite blennorragie aiguë ont diminué la durée de la maladie et considérablement modifié la fréquence des complications.1.Dû à l\u2019obligeance de notre collaborateur Paul Bourgeois, chirurgien-urologiste.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 Il y a encore quelques années, l\u2019intensité des symptômes du début, la propagation de l\u2019infection à l\u2019urètre postérieur, les abcès de la prostate et même l\u2019arthrite étaient des choses courantes.Loin de vouloir faire une revue complète de la question, l\u2019auteur se limite au maniement de l\u2019urétrite blennoragique, en parlant de la prophylaxie, des traitements abortifs et locaux, des vaccins, de la pyrétothérapie et de la médication interne par les sulfamidés, suivant son expérience personnelle.La valeur de la prophylaxie est aujourd\u2019hui démontrée; bien comprise et bien enseignée, elle a rendu de très grands services.Dans l\u2019armée et la marine américaines, des statistiques accusent une diminution d\u2019au delà 50 pour cent.La découverte du sulfanilamide a été d\u2019un intérêt extraordinaire pour le médecin appelé à traiter des blennoragiques; malheureusement cette maladie ne pouvant être inoculée aux animaux, l\u2019homme a dû servir aux essais thérapeutiques.Dans le but de contrôler ses résultats personnels et de se former une opinion aussi juste que possible, l\u2019auteur a adressé à 150 urolo- gistes américains ou européens, un questionnaire détaillé.Actuellement ce traitement est employé par 90 pour cent de la profession; les résultats obtenus ne paraissent pas toutefois aussi extraordinaires que ceux rapporiés par les pionniers de la méthode.Le temps seul reste encore le grand moyen de contrôle.Les propres conclusions de l\u2019auteur sont que le sulfanilamide bien employé et bien contrôlé demeure une arme de grande valeur dans l\u2019arsenal thérapeutique.Cette préparation, appelée para-amino- benzène-sulfonamide, existe sous de nombreuses marques de commerce.Les résultats merveilleux obtenus par d\u2019autres, dans l\u2019infection streptococcique, ont conduit Dees et Colton à l\u2019appliquer au traitement de l\u2019urétrite blennorragique.Sa physiologie et sa pharmacologie commencent à être connues.Les réactions sont très MATHÉ: ACUTE GONORRHEAL URETHRITIS variées.L\u2019absorption digestive est rapide et l\u2019élimination se fait par les reins.Une concentration suffisante est obtenue dans l\u2019organisme au bout d\u2019environ trois jours, le meilleur niveau semblant être celui de 10 milligrammes de sulfanilamide par 100 c.c.de sang, quatre heures après l\u2019ingestion.Les dosages moyens furent très difficiles à établir au début; la tolérance individuelle est très variable et les meilleurs résultats sont obtenus avec de grosses doses initiales.La dose initiale moyenne semble être de 80 grains pour deux jours, de 50 grains ensuite pour trois jours et 15 grains par la suite.La prise du médicament peut être interrompue pour être reprise, lorsque les ennuis sont disparus.Si l\u2019administration du produit ne donne aucun résultat au bout de 7 jours, la cessation s\u2019impose.Les accidents les plus fréquemment rencontrés sont l\u2019anémie, secondaire ou hémolytique, l\u2019agranulocytose, la leucopénie et la cyanose.Les contrecoups sur le système nerveux se traduisent par la céphalée, les étourdissements, la nervosité, la lassitude, les troubles de la vue et la dépression.La peau peut présenter des éruptions par photosensibilisa- tion.Des nausées, vomissements, stomatites, ictère, atrophie du foie ont été rapportés du côté du tube digestif.Les complications sont excessivement diminuées.Il semble que l\u2019association de la pyrétothé- rapie et du sulfanilamide donne de meilleurs résultats que l\u2019une ou l\u2019autre méthode employée seule.Personnellement, l\u2019auteur avec l\u2019association du traitement local au sulfanilamide, a pu contrôler l'infection blennorragique dans 85 pour cent de ses malades.L\u2019association au filtrat gonococcique de Corbus donne également des résultats intéressants.277 Avec les autres méthodes de traitement, l\u2019écoulement pouvait durer de 10 à 15 jours et même beaucoup plus; avec le sulfanilamide, l\u2019écoulement disparaît quelquefois en 24 heures ou demeure indéfiniment.Dans les cas efficaces, l\u2019écoulement disparaît en moyenne entre 4 ou 5 jours.\u2014 Par le mot guérison, l\u2019auteur comprend la disparition de l\u2019écoulement, la limpidité de l\u2019urine et la disparition des bactéries et du pus.La guérison est également démontrée par le passage de sondes, les injections dans l\u2019urètre de substances irritantes, la prise d\u2019alcool et les rapports sexuels avec préservatifs.Il faut cependant noter des rechutes malgré la prise du sulfanilamide; il semble cependant que ces rechutes soient moins fréquentes avec l\u2019emploi conjoint du traitement local.Seuls, quelques-uns des urologistes ayant répondu aux questionnaires, semblent être convaincus de la guérison de leurs malades, les autres trouvant la période écoulée un peu trop courte.Les contre-indications à l\u2019emploi du sulfa- nilamide sont peu nombreuses et résident surtout dans les anémies, les déficiences rénales ou hépatiques.Au moindre signe d\u2019intoxication, l\u2019ingestion du médicament doit être suspendue et l\u2019excrétion facilitée par une grande absoption de liquides.En conclusion, l\u2019analyse des réponses qu\u2019il à reçues établit que ce médicament constitue le plus grand progres réalisé a date dans le traitement de l\u2019urétrite blennorragique, que la durée du traitement est considérablement diminuée, que les accidents sont peu nombreux.Bien qu\u2019il ne soit pas spécifique du gonocoque, le sulfanilamide n\u2019en est pas moins le plus grand ennemi.Malgré tout, le traitement de l\u2019urétrite blennorragique reste un art et exige de la part de l\u2019urologiste ou du médecin traitant, des combinaisons expérimentées accompagnées de la plus grande douceur. STAPHYLOCOCCIE CUTANÉE ! Répercussion sur l\u2019état général Par Maurice Chargé de la section de dermatologie à Les lésions cutanées dues au staphylocoque sont très fréquentes et représentent en pratique dermatologique d'hôpital une bonne proportion des cas traités.Laissez-moi vous dire tout d\u2019abord que le staphylocoque est un pyocoque ayant forme de coccus qui se groupent deux par deux, quatre par quatre, en amas irréguliers formant une grappe de raisin; qu\u2019il pousse avec une vivacité extrême sur la plupart des milieux de culture, particulièrement sur gélose glycérinée; qu\u2019il se rencontre à peu près partout dans l\u2019air, dans l\u2019eau, dans le sol, au niveau de la peau et des muqueuses d\u2019une façon presque constante.Sa virulence est variable et il a un pouvoir destructeur pour les éléments figurés du sang, développant des toxines qui sont très \u2018actives chez l\u2019homme.Les affections qu\u2019il détermine, ne sont pas toujours dues à sa pénétration en profondeur à la faveur d\u2019une lésion superficielle comme la gale, la phtiriase, l\u2019eczéma; elles peuvent provenir également d\u2019une infection généralisée qui a charrié le microbe dans les territoires cutanés de la circulation (par septicémie avec embolie formant des pustules).De plus ces infections n\u2019ont pas un caractére de suppuration banale, elles présentent un ensemble évolutif anatomo-pathologique qui en fait une lésion spécifique due au staphylocoque.L'origine de ce pyocoque peut provenir d\u2019une lésion cutanée qu\u2019il a provoquée, sur laquelle il à cultivé et développé sa vitalité et sa virulence; ou bien on peut le trouver dans le collet du follicule où il mène une vie peu active, saprophytique sans pulluler, attendant une action biotropique, chimique ou micro- 1.Travail présenté à la «Société Médicale de Québec ».BEAUDRY, l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus (Québec).bienne qui exaltera sa vitalité et le rendra virulent.Cette action biotropique provient: soit d'agents atmosphériques, témoins les staphylococcies saisonnières ; soit de substances chimiques, témoins l\u2019acné cadique et les furonculoses au cours d\u2019un traitement au novarsénobenzol; soit de parasites, témoins les staphylococcies sur mycoses; soit de microbes, par exemple l\u2019action du streptocoque sur le staphylocoque qui devient virulent et complique la streptococcie.Ainsi le staphylocoque (presque toujours le doré) complique-t-il de nombreuses lésions cutanées et il paraît même dans une certaine mesure se substituer à elles.Par contre, il n\u2019admet pas de microbes d\u2019infection secondaire dans les lésions qu\u2019il a créées.Maintenant devenu vivace et virulent, il pénetre grace a une effraction épidermique; traumatisme, épilation, macération, application d\u2019un caustique, dermatose antérieure; il pénètre disons-nous sous la première lame cornée qui tapisse le collet du follicule, il pullule et ses toxines atteignent les couches profondes actives de l\u2019épiderme, déterminant plusieurs variétés de lésions d\u2019infection telles que: l\u2019acné, l\u2019impétigo staphylococcique, les folliculites superficielles, les folliculites profondes comme le sycosis, la furonculose, l\u2019anthrax, les hydroadénites.Nous laisserons de côté certaines autres lésions qu\u2019il provoque en association avec le streptocoque comme l\u2019ecthyma et l\u2019ulcère de jambe; ou certaines maladies causales qu\u2019il infecte secondairement comme l\u2019eczéma et la gale.La lésion première essentielle spécifique due au staphylocoque est LA PUSTULE POROFOLLI- CULAIRE (staphylopustule), lésion banale, mais très importante car elle est une lésion-mère.En effet les cellules épidermiques actives BEAUDRY: STAPHYLOCOCCIE CUTANÉE excitées par le microbe et ses toxines vont réagir suivant le mode habituel, par une réaction vasculaire et l\u2019apparition autour du poil d\u2019une petite tache érythémateuse légèrement œdémateuse.Comme nous l\u2019avons dit la toxine staphylococcique par son pouvoir chimiotoxique va déterminer une grande quantité de polynucléaires neutrophiles vers le point envahi (sous le plan superficiel corné du collet) ; il se produit une exocytose et la lésion épidermique sera suppurée par opposition à celle causée par le streptocoque qui est séreuse.En premier lieu, le staphylocoque va déterminer une porofolliculite minuscule reposant sur une base d\u2019érythème et d\u2019œdème dermique.Ces porofolliculites sont déchirées par le grattage ou restent intactes et sèchent sur place pendant que l\u2019inflammation d\u2019alentour disparaît et que l\u2019épiderme desquame.Si de nouvelles éruptions se reproduisent au même point, peu à peu la peau s\u2019infiltre et apparaissent des lésions de parakératose avec desquamation donnant lieu à une dermo- épidermite chronique.A part ces infections groupées et plutôt superficielles, d\u2019autres de porofolliculites disséminées et un peu plus profondes relevant soit d\u2019une action médicamenteuse, soit de la présence de parasites qui causent du prurit, organisent la pustule ostio- folliculaire.À côté de ces folliculites des parties glabres que nous venons de détailler, le staphylocoque peut engendrer des infections plus profondes, de plus longues évolutions, plus tenaces au niveau des parties velues, et nous serons appelés à vous parler de l\u2019impétigo, du sycosis, du furoncle, de l\u2019anthrax, des hydroadénites.L'IMPÉTIGO est caractérisé par une pustule d\u2019emblée à pus jaunâtre, crémeux, ordinairement centrée par un poil et entourée d\u2019une aréole congestive.Les pustules sont nombreuses, groupées dans une ou plusieurs régions d\u2019où elles essaiment.L\u2019éruption peut se développer en n\u2019importe quelle partie du corps, partout où des circonstances ont ouvert la barrière que la couche cornée oppose à la 279 pénétration des pyocoques; notons les traumatismes, la gale, dermite chronique, prurit, absence de soins hygiéniques qui constituent ces circonstances favorables.Les pustules apparaissent en quelques heures, se crèvent, sèchent et donnent des croûtes jaunâtres.LE sycosis est une folliculite aiguë suppurée qui se développe surtout au niveau de la figure dans la barbe et la moustache, cependant on peut le rencontrer en d\u2019autres endroits velus.Le début se fait par une papule folliculaire, infiltration molle causant une sensation de tension d\u2019ardeur, d\u2019élancement, ne suppurant que secondairement.La région atteinte se recouvre de croûtes jaunâtres ou brunâtres sous lesquelles la peau est rouge, érodée, épaissie.La pression fait sourdre du pus par les orifices folliculaires agrandis.Lorsqu\u2019avant de tomber spontanément, les poils peuvent être arrachés facilement sans douleur à la pince, ils viennent avec leur racine entourée d\u2019une gaine gélatineuse opaline, translucide qui est leur gaine épithéliale infiltrée de pus.Ce signe indique l\u2019atteinte de la partie profonde du follicule et fait craindre pour l\u2019alopécie.Le sycosis est ordinairement secondaire à un impétigo, à un furoncle, à un panaris, au contact d\u2019un objet souillé comme le rasoir.LE FURONCLE est une folliculite massive à réaction inflammatoire d\u2019ordinaire très aiguë et de caractère nécrotique.Il provient moins souvent de la contagion que de l\u2019inoculation d'un ostium folliculaire hébergeant d\u2019avance un staphylocoque.Il se rencontre surtout dans les régions soumises au frottement des vêtements et d'instruments professionnels.Les endroits les plus touchés sont la nuque, le dos, les fesses, les membres.Les fatigues, les secousses nerveuses, les écarts de régime, la convalescence de maladies aiguës y prédisposent, le diabète sucré constitue un terrain des plus favorables.Chez certains sujets, les furoncles se reproduisent et se succèdent pendant des mois, des années, dus sans doute à des soins défectueux, des auto-intoxications et la vraie cause demeure souvent introuvable. 280 Généralement il débute par une saillie aceu- minée, rouge, centrée par un poil; ses deux caractères essentiels sont l\u2019induration et la douleur.En trois à cinq jours, la saillie qui s\u2019est accrue prend un sommet violacé et pustuleux, se ramollit, s'ouvre, par son cratère le pus s\u2019écoule, puis s\u2019élimine le bourbillon qui est formé de cellules nécrosées infiltrées de pus.Une fois guéri le furoncle laisse une cicatrice.Au niveau de la lèvre supérieure il donne lieu à une forte tuméfaction inflammatoire très alarmante faisant craindre la phlébite, la thrombose du sinus.Au niveau du conduit auditif, il est très douloureux, récidivant et souvent à bascule.L\u2019ANTHRAX est constitué par une agglomération de furoncles, lésion très étendue.La nécrose périfolliculaire du tissu cellulaire conflue en nappes qui finissent par être détachées par la suppuration et se présentent non plus sous forme de bourbillon, mais sous l\u2019aspect de lambeaux sphacéliques parfois fort vastes.Le début est souvent marqué par des frissons, malaises généraux, courbature, anorexie, en même temps qu\u2019apparaît une tuméfaction rosée et dure qui est le siège d\u2019une douleur vive, d\u2019æœdème du voisinage généralement étendu et considérable.Au bout de quatre ou cinq jours, quelques phlyctènules ou pustules se manifestent au niveau des orifices folliculaires, elles se transforment en pertuis, cratères d\u2019où s\u2019écoule du pus abondamment et par où s\u2019évacuent des amas sphacéliques grisâtres.Entre ces orifices, la peau est violacée, tuméfiée, érosive, c\u2019est la période d'évacuation, elle dure de quinze jours à un mois.Chez les débilités, les diabétiques, l\u2019induration ligneuse du début peut atteindre un volume énorme.À la période de suppuration, il se forme de larges cavernes anfrac- tueuses, de larges plaques gangréneuses; ces anthrax diffus s\u2019accompagnent d\u2019état général grave, d\u2019adynamie, délire, température élevée pouvant conduire a la mort par septicémie ou ouverture dans les gros vaisseaux.Le pronostic est variable et semble moins L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 lié à la virulence du microbe qu\u2019à la qualité du terrain., LEs HYDROADÉNITES sont des abcès intradermiques ou sous-dermiques du volume d\u2019une amande à celui d\u2019une grosse noix, qu\u2019on observe dans la région axillaire quelquefois près de l\u2019anus.Plus fréquente chez la femme, elle survient surtout en cas d\u2019intertrigo, de soins de propreté insuffisants, d\u2019hyperhydrose ou d\u2019eczématides de l\u2019aisselle avec sensation de tension, de gêne, de prurit, généralement sans phénomènes généraux.Il se développe alors une ou plusieurs indurations assez dou- lourcuses, perceptibles au toucher, et plus tard une saillie rosée acuminée apparaît.(Il y aurait infection des glandes sudoripares apocrines de cette région.) Ces saillies peuvent se résorber mais plus souvent se ramollissent, s\u2019ouvrent à travers la peau amincie et rouge ct il en sort un pus crémeux, mais pas de bourbillon.L'évolution dure de douze à quinze Jours.Ces lésions peuvent se succéder les unes aux autres pendant des mois et dans les deux aisselles.Les complications sont rares.* * * Quel sera le mode de traitement applicable a ces différentes infections staphylococciques?.Il sera différent suivant l\u2019évolution et la gravité du cas en présence.Pour ce qui est des lésions plutôt superficielles telles que les infections ostiofolliculai- res; pyodermites groupées ou disséminées, l\u2019impétigo, il s\u2019agira de crever les pustules, enlever les croûtes, faire des désinfections à l\u2019eau d\u2019Alibour ou autres antiseptiques; nettoyer par des pansements humides au sérum physiologique ou au permanganate de potasse; terminer par des applications de pommade a l\u2019oxyde jaune de mercure à 5% tout en augmentant la résistance générale par des tcniques appropriés.Si l\u2019on a affaire à une infection plus profonde et plus tenace, le traitement sera plus spécifique et plus complet.Dans un cas de sycosis, il faudra couper les poils courts, défendre l\u2019usage du rasoir, faire tomber les BEAUDRY: STAPHYLOCOCCIE CUTANÉE croûtes par des pansements humides; faire l\u2019épilation à la pince et désinfecter à l\u2019iode ou à l\u2019eau d\u2019Alibour.Employer les vaccins et l\u2019anatoxine staphylococcique.En présence d\u2019un furoncle au début, nous tenterons de la faire avorter par une ou deux applications d\u2019une solution d\u2019iode-acétone à parties égales; mais si nous le prenons à la période d\u2019état, nous emploierons les pansements humides, l\u2019antiphlogistine pour favoriser la collection, le ramollissement et l\u2019évacuation.Dans l\u2019ordre général, nous nous orienterons en alternant vers les vaccins (auto ou stock), les bactériophages en injections locales, l\u2019anatoxine staphylococcique, la chimiothérapie sous forme de carbonactyl, sulfate de cuivre, d\u2019alcool en injections intraveineuses; la médication de choc par auto-hémothérapie ou auto-séro- thérapie; les agents physiques: rayons-X, ondes courtes.Pour ce qui est de ces derniers, leur action ne vaut qu\u2019en autant qu\u2019ils sont appliqués au début.Tous ces traitements énumérés seront employés contre un anthrax en évolution avec en plus le secours de la chirurgie si nécessaire.Il en sera de même quant à ce qui regarde les hydroadénites.Un point important à ne jamais oublier est d'augmenter la résistance du malade, soutenir son état général en lui prescrivant à doses voulues des toniques & base de fer, d\u2019arsenic, d\u2019huile de foie de morue et de vitamines et de bons adjuvants seront l\u2019étain et la levure de bière.Comme nous l\u2019avons dit au cours de ce travail, associé à un autre pyocoque, par exemple le streptocoque, le staphylocoque peut causer certaines infections comme l\u2019ecthyma et l\u2019ul- 281 cère de jambe; encore il peut compliquer certaines maladies comme la gale, l\u2019eczéma, lesquelles évoluent et se traitent de la même manière.En général les staphylococcies superficielles présentent une évolution plutôt bénigne car le microbe reste presque toujours confiné au point d\u2019inoculation, formant un pus épais dont l\u2019élimination amorce la guérison rapide de la lésion.Quelquefois une furonculose multiple, tenace, prolongée surtout chez les sujets débilités, non résistants, les diabétiques, finira par saper l\u2019état général, diminuer la résistance et nous assisterons en certaines circonstances à une généralisation de l'infection déterminant des adénopathies, phlegmons, pneumo- pathies, méningites, ostéomyélites, etc.Dans un même ordre d\u2019idées et à un stade plus avancé, l\u2019anthrax, par son extension et une atteinte plus profonde de l\u2019état général, peut devenir mortel par suite d\u2019une septicémie.Dans les cas qui évoluent au voisinage de l\u2019os, ces infections deviennent dangereuses, parce qu\u2019elles donnent lieu à des métastases intra-osseuses dont la plus importante, est l\u2019ostéomyélite.Donc en présence d\u2019une staphylococcie cutanée quelque bénigne qu\u2019elle puisse paraître, il faudra toujours très bien soigner les traitements local et général; c\u2019est-à-dire tarir les foyers d\u2019infection par les moyens enseignés précédemment sans ne jamais oublier d\u2019augmenter la résistance du sujet, afin de le bien préparer à lutter efficacement si le germe, pour une raison quelconque, venait à dépasser cette barrière que constitue la peau et à se propager dans l\u2019économie. MOUVEMENT MÉDICAL ob >v MORPHOLOGIE DU SANG AU COURS DES ANEMIES IMPORTANCE DE LA PONCTION STERNALE ! Par J.-L.RIOPELLE, De l\u2019Hôtel-Dieu (Montréal).Je vous prie de me dispenser du préambule.C\u2019est une entreprise ardue et même un peu téméraire que de traiter en 20 minutes ne fût- ce qu\u2019en termes très généraux, le sujet qui m'est dévolu.J\u2019espère toutefois, que ce bref entretien illustré de projections lumineuses, vous facilitera la compréhension de l\u2019exposé de MM.Dussault et Hébert.Tout le monde connaît, avec plus ou moins de détails, la morphologie du sang normal, chez l\u2019adulte.L\u2019étude la plus sommaire permet d\u2019y reconnaître trois grandes catégories d\u2019éléments figurés.Après coloration d\u2019un frottis de sang par le May-Grunvald-Giemsa, ou par le Wright, on peut y observer: 1° de petits corpuscules d\u2019environ 2/1000 de mm., dont la masse bleutée est parsemée de granulations rouges.Ce sont les plaquettes sanguines ou thrombocytes, dont on compte à l\u2019état normal, de 250,000 à 500,000 par mm.cube.Vous savez quel rôle important elles jouent dans la coagulation sanguine; 2° des cellules c\u2019est-à-dire, des éléments pourvus d\u2019un noyau et d\u2019un cytoplasme.Tantôt, le noyau est rond, le cytoplasme dépourvu de granulations, ou n\u2019en contenant que quelques-unes de colorations rouge-violet.Ce sont des lymphocytes.D\u2019autres cellules possèdent un noyau incurvé, ainsi qu\u2019un cytoplasme bleuâtre semé en général de très fines granulations rouges.Ce sont des monocytes.D\u2019autres enfin ont un noyau profondément lobé, ainsi qu\u2019un protoplasme bourré de granulations tantôt fines et violacées, tantôt volumineuses et soit rouge-pourpre, soit bleu- 1.Travail présenté à la «Société Médicale de Montréal », séance du 7 nov.1939.acier.Ce sont des polynucléaires, dits neutro, éosino ou basophiles, d\u2019après les affinités tine- toriales de leurs granulations.Chez l\u2019adulte, on trouve 6 à 8,000 de ces globules blancs ou leucocytes par mm.cube de sang; 3° enfin, une 3e catégorie d\u2019éléments figurés se présente sous forme de disques anucléés, biconcaves, d\u2019environ 7 à 8/1000 de mm.de diamètre.Chez l\u2019homme adulte, on en compte de 4.5 à 6,000,000 par mm.cube, chez la femme, de 4 à 5.5 millions (soit en moyenne 5.2 millions chez l\u2019homme, et 4.8 millions chez la femme.) Ce sont les globules rouges, ou hématies ou érythrocytes, qui feront l\u2019objet principal de cet entretien.Je viens de mentionner le diamètre normal de l\u2019hématie.Il peut être intéressant dans certaines circonstances de connaître le volume globulaire moyen.Pour cela, on mesure le volume total des globules rouges contenus dans une quantité donnée de sang, en les centrifugeant dans une éprouvette graduée appelée hématocrite.Normalement, le culot d\u2019hématies occupe 0.44% du volume initial de sang.Connaissant d\u2019autre part le nombre d\u2019hématies par mm.cube, on en déduit le volume moyen d\u2019une hématie (normalement 88 millièmes de mm.cube).Tout le monde sait que la fonction essentielle des globules rouges est le transport d'oxygène du poumon aux tissus.Dans l\u2019hématie, l\u2019oxygène est combiné à l\u2019hémoglobine, pigment qui donne au sang sa couleur, et il existe normalement environ 15 gm.d\u2019hémoglobine dans 100 c.c.de sang.Il est bien souvent nécessaire d\u2019évaluer la quantité d\u2019hémoglobine contenue dans un globule rouge, pour l\u2019étude des anémies.On peut sans difficulté RIOPELLE: SANG AU COURS DES ANÉMIES calculer cette valeur en nombre absolu, en divisant la quantité d\u2019hémoglobine par le nombre des globules rouges.(Le chiffre normal est de 30 micro-microgrammes.) Pour simplifier, on prend la valeur normale comme unité, et on évalue la valeur globulaire d\u2019un sang donné par rapport à cette unité.Si par exemple la valeur trouvée était de 15 micro- microgrammes, on dit que la valeur globulaire est de 50 pour cent.En pratique, on obtient ce chiffre en divisant le pourcentage d\u2019hémoglobine par rapport au normal par le double des centaines de milliers d\u2019hématies contenues dans un mm.cube.On conçoit que le chiffre normal obtenu de cette façon est d\u2019environ 1.Toutes ces valeurs ont une grande importance dans les anémies, car les chiffres normaux doivent sans cesse servir de point de comparaison.Je vous prie de remarquer d\u2019ailleurs que ces calculs ne nous ont pas éloignés de la morphologie; ils ont pour but de nous renseigner avec plus de précision par des méthodes indirectes sur certaines données quantitatives qui sont déjà perceptibles par l\u2019observation directe.L\u2019hématie est incapable de se multiplier, sans doute parce qu\u2019elle est privée de noyau, dont on sait le rôle fondamental dans la division cellulaire.Formée dans la moelle os- \u2018seuse, elle passe dans le torrent circulatoire, où sa durée moyenne est de 70 jours.Devenue sénile, elle se fragmente, et ses débris sont phagocytés par le système réticulo-endothé- lial, particulièrement dans la rate.L\u2019hémoglobine est décomposée en ses constituants.Le fer sera de nouveau utilisé par la moelle osseuse.Un pigment non ferrugineux, la bilirubine, sera éliminée par le foie, après passage dans le sang, où sa présence est révélée par la réaction dite « indirecte » de Van der Bergh.Pendant que nous y sommes, voyons quelles cellules de la moelle osseuse donnent naissance aux hématies, ou érythocytes.Ces cellules- mères des globules rouges sont désignés sous le nom d\u2019érythroblastes.Ces érythroblastes forment environ le quart des éléments du parenchyme médullaire.Les uns sont très volumineux et ne contiennent pas encore d\u2019hémo- 283 globine en quantité notable.Leur cytoplasme se colore en bleu par le May-Grunwald-Giem- sa.Ce sont des érythroblastes dits basophiles.Les autres ont un volume plus réduit: ils possèdent un noyau plus petit, plus sombre, plus rétracté, ainsi qu\u2019un protoplasme imprégné d\u2019hémoglobine; ce sont des érythroblastes acidophiles, autrement dit, des normoblastes.Le normoblaste devient un globule rouge ou hématie ou érythrocyte en se débarrassant de son noyau, probablement par expulsion de ce dernier.Lorsqu\u2019on colore d\u2019une façon spéciale, par le bleu-de-crésyl brillant, le globule rouge qui vient de se débarrasser de son noyau, on y voit un réticulum bleu-noir, dernière trace de la substance basophile qui imprégnait son stroma au début de l\u2019évolution.Ces globules rouges jeunes sont nommés des réticulocytes.Normalement, on en trouve de 0.1 à 1% dans le sang.Leur augmentation est désignée sous le nom de réticulocytose.Il est bien entendu que cette augmentation est le signe d\u2019une maturation accélérée des éléments de la série rouge.* * Passons maintenant à l\u2019étude rapide des anémies dont les considérations précédentes sont l\u2019indispensable préambule.L\u2019anémie peut se définir la diminution, dans l\u2019unité de sang, du nombre normal d\u2019hématies, du taux normal d\u2019hémoglobine, ou des deux à la fois.Comme vous l\u2019ont montré les considérations précédentes, la constance du nombre des globules rouges n\u2019est pas un phénomène statique.Flle résulte d\u2019un équilibre dynamique entre production (érythropoiése) et destruction (érythrolyse).C\u2019est donc une conception erronnée que de considérer des anémies comme des affections du sang « circulant ».En règle générale, elles doivent être considérées comme le signe d\u2019une altération fonctionnelle ou anatomique des organes hé- mopolétiques, spécialement de la moelle osseuse.C\u2019est là, le premier grand principe qui régit l\u2019étude des anémies.Il faut ajouter que parfois il n\u2019existe pas de parallélisme exact 284 entre l\u2019altération sanguine et l\u2019altération médullaire.Le sang n\u2019est pas toujours le reflet fidèle de l\u2019état des organes hémopoïétiques.Cette deuxième notion fondamentale implique la nécessité de contrôler parfois, par l\u2019observation directe, l\u2019état de la moelle osseuse, et même celui de la rate et des ganglions.* * * La classification des anémies est un problème difficile sinon insoluble.Elle peut être tentée à partir de leur étiologie, de leur pathogénie ou de leur morphologie.Les classifications morphologiques sont basées sur le nombre, la taille, et la teneur en hémoglobine des hématies, et sur certaines particularités de formes, par exemple, la forme sphérique de certains globules rouges de l\u2019ictère hémolytique familial, la forme en faucille des globules rouges de l\u2019anémie à hématies falciformes.Pour rester dans l\u2019esprit du programme qui m\u2019est tracé, il convient que je vous présente quelques grands types morphologiques d\u2019anémies.Revenons à notre dernier transparent.La seconde rangée vous montre des hématies de taille normale ou normocytes.La rangée supérieure des éléments de plus grandes dimensions, ou macrocytes, l\u2019inférieure, de plus petite taille, ou microcytes.La seconde colonne montre, en blanc et noir, des hématies ayant une teneur normale en hémoglobine, c\u2019est-à-dire normochromes.Les globules rouges de gauche sont plus foncés, plus riches en hémoglobine, c\u2019est-à-dire hyperchromes; ceux de droite, anormalement pâles, sont dits hypochromes.Enfin, la dernière colonne de droite vous montre des hématies bleutées.Vous savez que normalement les érythroblastes jeunes sont basophiles, c\u2019est-à-dire, bleuâtres aux colorations usuelles.La persistance de la basophilie de l\u2019hématie est un signe de prématurité.Ces hématies polychro- matophiles sont des prématurées qu\u2019on ne rencontre normalement que dans le sang du nouveau-né, contrairement auxréticulocytes de la rangée inférieure.Une autre forme de baso- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.AN.\u2014 Montréal, mars 1940 philie de l\u2019hématie se présente sous forme de points bleus.Cette forme de globule rouge dit ponctué est franchement pathologique et se rencontre avec une particulière fréquence dans le saturnisme.En combinant ensemble le nombre, la taille, la teneur en hémoglobine des hématies, on peut obtenir 27 combinaisons possibles, mais il y a moins de types d\u2019anémies, car la taille, la teneur en hémoglobine sont fréquemment liées l\u2019une à l\u2019autre.La majorité des anémies sont hypoglobulai- res.Les anémies hyperchromes sont toujours macrocytaires; les anémies hypochromes sont d'ordinaire microcytaires, etc.Wintrobe a classifié les anémies en macro- cytaires, normocytaires, microcytaires et mi- crocytaires hypochromes.Il serait difficile, et, en somme peu pratique, d\u2019exposer les détails de ces classifications descriptives.Contentons-nous de les illustrer en vous présentant quelques grands types morphologiques d\u2019anémies.1) Anémie normocytaire normochrome.Le nombre des hématies est abaissé; le volume est normal; la teneur en hémoglobine est abaissée, mais proportionnellement à celui des globules rouges, de sorte que la valeur globulaire reste normale.L\u2019exemple le plus simple est l\u2019anémie aiguë post-hémorragique à son premier stade.En effet, après une spoliation sanguine, le volume total du sang est restauré par absorption d\u2019eau venant des tissus.Il va de soi que, par suite de cette dilution, le nombre des globules rouges est abaissé, mails que, du moins au début, ni la taille des globules rouges ni leur valeur globulaire n\u2019est modifiée.Un autre exemple de ces anémies normocy- taires normochromes est l\u2019anémie aplastique vraie.En voici un frottis: globules rouges tous égaux, de taille normale, de valeur globulaire également normale, mais de nombre très diminué (2 millions à 600,000).Les plaquettes sanguines et les leucocytes, spécialement les polynucléaires, sont également très RIOPELLE: SANG AU COURS DES ANEMIES diminués.Il n\u2019y a pas de réticulocytes, indice d\u2019une absence de régénération.La réaction de Van der Bergh est négative, indice d\u2019une absence d\u2019hémolyse.La résistance globulaire est d\u2019ailleurs normale ou même augmentée.L\u2019examen de la moelle osseuse révèle la cause de ce syndrome hématologique.Si l\u2019on pratique une biopsie sternale, ou si l\u2019on fait l\u2019autopsie, on constate que toute activité hé- mopoiétique a cessé.Partout la moelle de coloration gris-jaunâtre, n\u2019est plus formée que de vésicules adipeuses.Passons à deux grandes variétés d\u2019anémie causées non par une suppression de l\u2019hémo- poïèse, mais par un trouble plus ou moins profond de la maturation des éléments sanguins.Ce schéma vous rappelle que la maturation normale exige d\u2019une part outre des vitamines, des hydrates de carbone, des graisses, des albumines, un facteur X produit dans l\u2019estomac, qui après mise en réserve dans le foie, agit sur la moelle et provoque la maturation normale des cellules-mères des globules rouges.Il faut d'autre part du fer pour former l\u2019hémoglobine dont se chargent progressivement les normoblastes.Ce fer provient des globules rouges détruits et de l\u2019alimentation.Ce rappel physiologique nous conduit à deux types d\u2019anémie.2) L'anémie hypochrome microcytaire.La plupart des anémies dites secondaires doivent être rangées dans ce cadre, par exemple, celles qui résultent de petites hémorragies prolongées, plus ou moins occultes.La variété la plus caractéristique est l\u2019anémie hypochrome microcytaire dite idiopathique, qui résulte probablement d\u2019une trouble de l\u2019absorption alimentaire, elle-même liée à l\u2019achylie dont souffrent ces patients.Donc, tout ce groupe d\u2019anémie est surtout régit par des troubles du métabolisme du fer et de l\u2019hémoglobine.En voici un exemplaire: 1° le nombre des hématies est réduit.2° Il y a poikilocytose, c\u2019est-à-dire, déformation des hématies; polychromatophilie (présence d\u2019hématies basophiles) et surtout 285 anisocytose (variation de la taille des globules rouges).3° Cette dernière s\u2019accompagne d\u2019une diminution marquée du volume moyen des hématies.4° Le taux d\u2019hémoglobine est encore plus diminué de sorte que la valeur globulaire est réduite.5° Les réticulocytes sont en général en nombre normal, preuve d\u2019une régénération, déficiente, il est vrai.Inutile de vous montrer une coupe ou un frottis de moelle qui représenterait ici une augmentation des éléments de la série rouge spécialement des normoblastes.À ce tableau d\u2019anémie hypochrome s'oppose la forme suivante.3) Anémie hyperchrome macrocytaire dont je prends pour type l\u2019anémie pernicieuse, suivant l\u2019usage américain.1° Le nombre des hématies est très réduit, par exemple 1,200,000.2° Il y a poikilocytose marquée, c\u2019est-a- dire déformation globulaire.3° Le volume des hématies est très augmenté, par exemple, 14 (macrocytose).4° Le taux d\u2019hémoglobine est réduit, mais proportionnellement moins que ne l\u2019est le nombre des hématies.La valeur globulaire est donc plus élevée que normalement, par exemple 1.5.5° Il y a parfois des globules rouges nucléés à structure spéciale, appelés mégaloblas- tes, à cause de leur taille.6° Les globules blancs et les plaquettes sont diminués.Si l\u2019on fournit à l\u2019organisme une quantité suffisante d\u2019extrait de foie, apparaît une réti- culocytose importante.La moelle montre une très forte proportion de cellules de la série rouge, la plupart de la lignée dite mégaloblastique comparable aux premiers globules rouges qui apparaissent au cours de la vie embryonnaire.Voici un exemplaire d\u2019une telle moelle où les mégaloblastes encore peu différenciés sont très nombreux.Voici d\u2019autre part une série de mégaloblastes dessinés séparément.La comparaison avec 286 un normoblaste vous permet de constater la différence de taille, de forme, et de structure nucléaire.4) L\u2019anémie pernicieuse est également une anémie hémolytique, c\u2019est-à-dire, s\u2019accompa- pagnant d\u2019une destruction exagérée des globules rouges.Mais le type le plus parfait de l\u2019anémie hémolytique, est l'anémie de l'ictère hémolytique familial.Cette dernière possède des caractéristiques morphologiques bien spéciales et mérite par conséquent de vous être présentée.Voici un exemple de frottis pris au cours d\u2019une crise hémolytique.Je ne veux pas insister sur l\u2019aspect général du frottis qui contient des normoblastes, des polynucléaires Jeunes, un myélocyte, ete.Ce qui frappe surtout, c\u2019est la présence de microcytes nombreux mais dépourvus de pâleur centrale, de sorte que le diamètre des hématies qui peut être étudié par différentes méthodes est de 5 à 6 millièmes de mm., tandis que le volume moyen des hématies est proportionnellement diminué.C\u2019est que ces microcytes sont sphériques; cette anomalie s\u2019appelle microsphérocytose.Cette dernière va de paire avec une diminution de résistance des hématies.Ces dernières sont détruites en grands nombres, surtout dans la rate qui est gorgée de sang et hypertrophiée.Cette hémolyse massive produit un ictère pigmentaire avec réaction de Van der Bergh positive.La réticulocytose est très élevée.Un schéma nous permettra de résumer la physio- lo-pathologie de cette curieuse affection.Ponction sternale Il me reste à vous dire un mot de la ponction sternale.La brève démonstration que je viens de vous faire vous permet d\u2019entrevoir combien il peut être précieux de contrôler directement l\u2019état de la moelle osseuse au lieu de tenter de la déduire de celle du frottis sanguin.Ce que je vous ai montré, ce sont des coupes de moelle exécutées par biopsie, c\u2019est-à-dire, par trépanation du sternum sous anesthésie générale.C\u2019est un procédé qui permet à la fois la confection de frottis et de coupes.Il est donc plus complet, mais c\u2019est une L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 intervention sérieuse à laquelle il est difficile de décider le malade.Tout autre est la ponction de la moelle osseuse, intervention rapide, bénigne et facile à répéter.Elle peut être exécutée en principe avec n'importe qu\u2019elle aiguille, pourvu qu\u2019elle soit courte, 15 à 20 mm., et pas trop épaisse, 0.8 à 1.2 mm.de diamètre externe.Cette aiguille doit être munie d\u2019une mandrin.On fabrique d\u2019ailleurs en Europe et en Amérique des aiguilles-trocarts spéciales, munies d\u2019un butoir réglable sur un pas de vis, pour prévenir la perforation de la table interne du sternum.Après ancsthésie locale de la peau, on enfonce perpendiculairement l\u2019aiguille vis-à-vis l\u2019angle de Louis ou un peu plus bas au niveau de l\u2019insertion de la 3e côte, à proximité de la ligne médiane.Après avoir perforé la peau, une première résistance annonce que l'aiguille bute sur le périoste de la table externe.Une pression suffisamment énergique perfore cette jame osseuse.On enlève le mandrin et l\u2019on aspire à la seringue un peu de suc médullaire.À ce moment, le patient ressent assez souvent une douleur vive mais fugace.Il ne faut pas aspirer une trop grande quantité de moelle sous peine de retirer en même temps du sang, qui diluerait la moelle et troublerait l\u2019image.Le suc médullaire est une boue fluide, rouge grisatre, grisatre, ou pyoide, suivant les cas.Il faut l\u2019étaler rapidement, car elle a une forte tendance à se coaguler.Le frottis se colore par les mêmes procédés qu\u2019un frottis de sang.Son interprétation est plus difficile parce que l\u2019image est beaucoup plus bigarrée.Aussi cet examen exige-t-11 une certaine habitude.Il faut en plus observer que la moelle sternale peut ne pas offrir une homogénéité parfaite surtout chez les adultes et les personnes âgces.Quoiqu\u2019il en soit, ce procédé a démontré surabondamment son utilité comme instrument de diagnostic et prognostic.1° Dans les anémies: a) il permet de retrouver les érythroblastes primordiaux dont la présence en quantité notable établira un diagnostic positif d\u2019anémie pernicieuse, alors que souvent le frottis n\u2019est pas suffisamment RIOPELLE: SANG AU COURS DES ANEMIES caractéristique pour en apporter la certitude; b) on pourra déceler les tendances aplasti- ques dont on sait l\u2019extrême gravité.2° On à pu parfois poser des diagnostics de maladies de Hodgkin par la découverte dans le frottis de cellules dites de Sternberg.3° C\u2019est un procédé précieux pour le diagnostic des leucoses aiguës et surtout des cryptoleucémies.4° On a parfois réussi à mettre ainsi en évidence des cellules cancéreuses dans les carei- noses osseuses, et des cellules de Gaucher dans la maladie de Gaucher à siège médullaire.287 5° On peut trouver ainsi l\u2019hématozoaire du paludisme et les parasites des Leishmannioses.Tous ces résultats ont un but immédiatement pratique, mais l\u2019étude des ponctions permet de préciser les modalités de l\u2019érythropoiïè- se dans les diverses anémies et a permis l\u2019étude physiologique de la moelle, des échanges gazeux, de la constitution chimique, etc.Tel est, brièvement, résumé, le bilan des succès de cette technique, à la fois commode, rapide, simple et essentiellement bénigne.TRAITEMENT DES ANÉMIES ! Par Georges HEBERT, Médecin de l\u2019hôpital Notre-Dame (Montréal).Les progrès réalisés dans le traitement des anémies depuis quelques années n\u2019ont pas consisté surtout dans l\u2019apport de nouvelles médications, mais dans une meilleure utilisation des procédés déjà connus.Cette meilleure utilisation est due au fait que le diagnostic est mieux posé.Et, il est mieux posé parce que l\u2019on s\u2019est convaincu que l\u2019anémie n\u2019est pas une affection par elle-même, mais le symptôme d\u2019une maladie, même si celle-ci n\u2019est pas toujours identifiée, De plus, on sait aujourd\u2019hui que mis à part les cas d\u2019hémorragies importantes, l\u2019anémie traduit toujours l\u2019image d\u2019une déficience dans la nutrition; déficience ;soit d\u2019un principe hémato- poiétique, soit d\u2019une substance indispensable à la fabrication de l\u2019hémoglobine, telle que le fer.La déficience peut être réelle, par carence véritable de l\u2019un ou de l\u2019autre facteur; elle peut être simplement apparente: l\u2019action de ces facteurs ne pouvant s\u2019exercer pour des raisons les plus variées et les plus complexes, souvent même les plus insaisissables.De toute façon, nous sommes toujours en présence de deux types d\u2019anémie: les anémies 1.Communication présentée à la Société Médicale de Montréal, le 7 novembre 1939.globulaires et les anémies hémoglobiques ou hypochromes.Cette distinction doit toujours occuper le premier plan de toute thérapeutique.Sans elle, on n\u2019a pas le droit de tenter quelque médication que ce soit.Une fois ce problème résolu, un deuxième point capital doit être envisagé, c\u2019est la recherche de la cause; et à ce propos, Wintrobe nous dit: « Qu\u2019il est préférable de dépenser son temps et l'argent de ses patients à essayer de préciser le diagnostic, que de les perdre dans des médications sans utilité.» La cause étant trouvée, il faut se hâter d\u2019y remédier, si possible, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019hémorragie ou de suintement dû à quelque fibrome, ulcère gastrique ou duodénal, hémorroïdes, tumeurs vésicales, etc.S\u2019il s\u2019agit de diathèse sanguine, hémogénie ou hémophilie, la thérapeutique devient plus embarrassante.Par contre, s\u2019il s\u2019agit de manifestations scorbutiques, il ne faut jamais oublier que l\u2019anémie qui en dépend ne s\u2019améliorera que par la vitamine C.Il en est de même pour l\u2019anémie chez les myxœdémateux qui ne guérit pas sans extraits thyroïdiens, l\u2019anémie des leucémiques sans radiothérapie. 288 Un troisième point qu\u2019il faut envisager en face de toutes anémies, c\u2019est son degré de gravité.Si l\u2019anémie est souvent bénigne, elle peut aussi être d\u2019une extrême urgence et nécessiter des transfusions plus ou moins importantes.J\u2019ouvre ici une parenthèse pour mentionner une acquisition nouvelle et encore peu répandue, celle de la possibilité des transfusions à domicile.Depuis qu\u2019on a trouvé moyen de conserver du sang placentaire (pour ne pas dire fœtal), certains hôpitaux sont en mesure de céder aux médecins du sang parfaitement conservé, dont le groupe a été parfaitement identifié et le B.W.soigneusement recherché.Ce sang est vendu a un prix proportionnel à la quantité désirée.En suivant les méthodes habituelles d\u2019asepsie, le médecin peut l\u2019apporter au domicile de son malade et le lui injecter.Le groupe sanguin dont il a besoin lui est fourni sur sa demande.Et, à ce propos, je tiens à faire remarquer, que s\u2019il suffit dans une hémorragie importante d\u2019injecter aux malades du sang d\u2019un groupe d\u2019où le danger d\u2019agglutination a été éliminé, 11 n\u2019en est plus de même dans certaines anémies chroniques où la transfusion est devenue nécessaire ; il est infiniment préférable alors, d\u2019injecter du sang du même groupe que celui du malade en cause.et cela pour éviter tout danger de shock, ces malades y étant particulièrement exposés.La transfusion à domicile est un grand progrès, à mon avis, au bénéfice des malades et aussi des médecins.Pour une fois, la chirurgie cède à la médecine un attribut qu\u2019elle n\u2019avait pas même espéré.Et je ferme ma parenthèse.Après avoir reconnu le degré de gravité d\u2019une anémie, après en avoir recherché minutieusement la cause, il arrive malheureusement trés souvent que nous ignorons encore la raison qui rend notre malade anémique.Nous sommes en présence de ces anémies pernicieuses ou chlorotiques que l'on qualifie d\u2019essentielles ou d'idiopatiques, dans le but, bien entendu, de nous convaincre nous-mêmes que le maximum a été tenté dans la recherche de la cause, mais en vain, et que nous pouvons nous reposer sur ce diagnostic de consolation.Quand nous disons anémie pernicieuse ct L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 chlorotique, nous parlons d\u2019anémie globulaire et d\u2019anémie hémoglobique ou hypochrome, et, au point de vue thérapeutique, je le répète, c\u2019est là le point capital.L\u2019on peut traiter admirablement des anémies sans en connaître la cause, mais l\u2019on ne peut pas les traiter convenablement si l\u2019on n\u2019a pas demandé préalablement au laboratoire à quel genre d\u2019anémie l\u2019on a affaire.S\u2019agit-il du type hémoglobique, nous savons tous qu\u2019il faut donner du fer comme nous savons aussi qu\u2019il faut donner du foie dans le type globulaire.Mais ici le médecin bien intentionné s\u2019arrête.Quelles médications ferrugineuses doit-il donner?Doit-il préférer aux anciennes formules, les nombreuses et attrayantes préparations du commerce ?Les associations cuivre ct fer sont-elles meilleures que le fer seul?Les doses fortes sont-elles plus utiles que les doses modérées ou faibles ?Que signifie l\u2019unité d\u2019extrait de foie ?Quelles doses employer ?Quel mode d\u2019administration utiliser: voie buccale, voie intramuseulaire, voie intraveineuse ?Les préparations de muqueuse gastrique \u201cdoivent-elles être substituées au foie?Voilà autant de points sur lesquels les opinions peuvent être partagées, mais je crois vous donner, dans ce qui suit, l\u2019opinion qui rencontre l\u2019approbation de la majorité des auteurs qui ont étudié la thérapeutique des anémies dans les quelques dernières années.* * x Quelles médications ferrugineuses doit-on utiliser?Chez l\u2019adulte, on choisit généralement entre le citrate de fer ammoniacal, le protoxalate de fer, le carbonate, le sulfate, le chlorure ferreux et le fer réduit.Chez l\u2019enfant, le lactate ferreux est encore couramment prescrit.Les autres sels sont nettement moins employés.Le citrate de fer ammoniacal a joui depuis de nombreuses années de la vogue des médecins et on peut dire actuellement, qu\u2019au lieu d'être délaissé, il est de plus en plus en hon- HEBERT: TRAITEMENT DES ANEMIES neur.Aux Etats-Unis, c\u2019est certainement la forme la plus courante de l'emploi du fer.Elle est moins acceptée en France et ne l'était à peu près pas du tout lorsque Richaud publiait son précis de thérapeutique en 1924 et qu\u2019il disait: « peu usité.» Vient ensuite le carbonate de fer.Tout le monde connaît cette pilule que Blaud a décrite en 1832 et qui demeure une excellente préparation.Le pro- toxalate est le mode sous lequel le fer est le plus particulièrement prescrit en France.Le sulfate ferreux et le chlorure ferreux, qu\u2019on n\u2019employait peu ou pas il y a quelques années, sont maintenant répandus par différentes maisons de commerce.Ces deux produits seraient peut-être plus irritants pour le tube digestif.Le fer réduit garde de nombreux partisans, et l\u2019on peut encore lire que là où les sels de fer n\u2019ont pas donné de résultats, il arrive que le fer réduit en donne.Si bien, que l\u2019on en arrive à la conclusion suivante: les sels de fer ont tous de la valeur et les plus employés sont encore le citrate de fer ammoniacal, le protoxalate et le carbonate de fer.Comme tous les sels de fer, ils sont astringents et occasionnent un peu de constipation ; comme tous les sels de fer, ils ont aussi des incompatibilités nombreuses dont la plus importante est le tanin avec lequel ils forment de l\u2019encre.Doit-on prescrire ces sels sous forme magistrale ou sous quelque nom de commerce ?Sur ce point, nous pouvons dire que les différentes associations médicamenteuses du commerce ne sont aucunement supérieures aux sels dont nous venons de parler.Le fer, que nous voulons donner à nos anémiques hémoglobiques produira des résultats tout aussi bons, administré d\u2019une manière simple qu\u2019associé à toute sorte d\u2019autres médicaments.C\u2019est un point sur lequel, je crois qu\u2019il faut insister, à l\u2019époque où nous sommes en train d'abandonner à tout jamais les prescriptions magistrales pour nous livrer aux mains des commerçants, à notre détriment et à celui de notre clientèle bien souvent.Beaucoup de médecins se sont laissé convaincre, depuis quelques années, que le cuivre 289 associé au fer donnait des résultats beaucoup plus importants que le fer seul.Le fait est que, expérimentalement, le cuivre administré aux rats anémiés donne une élévation du taux de l\u2019hémoglobine.Ce phénomène ne doit pas être transporté chez l\u2019homme où son action n\u2019a pas donné de résultats analogues.S\u2019il faut du cuivre pour permettre une bonne action du fer, il en faut une quantité infime qui n\u2019agit là que comme catalyseur.Or, cette quantité, elle existe dans l\u2019organisme humain.Il n\u2019est donc, aucunement nécessaire de l\u2019associer au fer chez nos anémiques et leur occasionner ainsi des dépenses inutiles.Nous voici rendu à la posologie.Il semble qu\u2019ici un progrès se soit réalisé par l\u2019administration des hautes doses.Au lieu de donner, comme autrefois, des doses de 20 & 60 centigrammes, trois fois par jour, on prescrit un gramme, trois à quatre fois par jour; certains vont même jusqu\u2019à six et dix grammes.Les troubles digestifs ne semblent pas plus importants qu'avec une posologie moindre.Le fer n\u2019agit certainement pas comme simple substance de remplacement, il excite la nutrition en général, stimule les phénomènes d\u2019oxydation et exerce une action même sur la fone- tion hématopoiétique.Je ne puis m'empêcher d\u2019insister sur un point d\u2019ordre pratique du traitement par le fer.En clientele, il existe certaines catégories de personnes chez qui cette thérapeutique doit être sérieusement envisagée.Ce sont d\u2019abord, les femmes à grossesses multiples et rapprochées; presque toutes font de l\u2019anémie hypochrome qu\u2019il faut traiter; les enfants nés de mère anémique, car très souvent, ils développent eux-mémes, au cours de leur première année de vie, une anémie qui entretient des désordres quelquefois très importants.Les prématurés et les jumeaux entrent dans une même catégorie, n\u2019ayant pas toujours pu se faire une réserve martiale suffisante, puisque physiologiquement c\u2019est dans les trois derniers mois de la vie utérine que s\u2019accumulent ces réserves. 290 Disons maintenant quelques mots de la thérapeutique des anémies globulaires.Qui dit anémie globulaire, dit foie ou extraits de foie.Le temps est passé où les pauvres anémiques mangeaient du foie cru en si grande quantité qu\u2019ils finissaient par en être dégoûtés et préféraient mourir que de continuer un tel régime.Pourtant, cette époque n\u2019est pas loin puisque c\u2019est en 1920 que Whipple expérimentait les différents aliments susceptibles d\u2019agir sur la régénération globulaire.En 1923, il découvrait que les plus efficaces étaient le foie de bœuf et les rognons dans le règne animal; les pêches et abricots dans le règne végétal.Ce n\u2019est qu\u2019en 1926 que Minot, de Boston, transportait la méthode dans le domaine clinique et publiait avec Murphy une étude portant sur 105 cas.Depuis ce temps, une grande amélioration s\u2019est produite: la fabrication des extraits de foie.Méthode plus économique et plus facilement applicable, qu\u2019on peut utiliser en ingestions et en injections.À l\u2019heure actuelle, les physiologistes recherchent activement la possibilité d\u2019un titrage physiologique valable.À ce propos, le Conseil de pharmacie et de chimie de l\u2019« American Medical Association » a tenté de résoudre le problème en demandant que les extraits soient étiquetés en rapport avec l\u2019unité de puissance qu\u2019ils contiennent.Et, on a défini l\u2019unité: la plus petite quantité de produit qui, lorsque injecté pendant 10 jours, à la dose d\u2019une injection par jour, va produire chez un patient souffrant d\u2019anémie pernicieuse en état de récidive une réponse réticulocytaire normale.Nous savons tous que, dans l\u2019anémie globulaire, si l\u2019on fait un traitement approprié, il se passe au point de vue hématologique ce qui a été décrit sous le nom de crise réticulocytai- re.C\u2019est-à-dire qu\u2019il apparaît dans le sang un afflux brusque et considérable d\u2019hématies gra- nulo-réticulo-filamenteuses ou réticulocytes.Normalement au taux de 3%, les réticulocytes passent vite à 6, 10 et 15% et même davantage.Le sommet survient généralement vers le 7e jour pour baisser ensuite graduellement L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.AN.\u2014 Montréal, mars 1940 jusque vers le 20e jour.Cette crise est un excellent signe d\u2019amélioration de l\u2019anémie et elle est d\u2019autant plus marquée que le nombre de globules rouges est plus bas.Au-dessus de trois millions, elle se produit à peine.Eh bien! l\u2019unité ne satisfait pas encore complètement l\u2019esprit.Comme toutes les unités physiologiques, elle peut subir de gros facteurs d'erreur.C\u2019est tout de même vraisemblablement un progrès, progrès qui sera d'autant plus appréciable que tous les pays adopteront la même unité.Jusqu\u2019à date, il semble téméraire de se prononcer sur la valeur d\u2019un extrait de foie par rapport à un autre, et c\u2019est seulement par les résultats obtenus chez les patients (contrôlés par la recherche de la crise réticulocytaire) que l\u2019on pourra en affirmer la supériorité.Quant au mode d\u2019administration des extraits de foie, il faut savoir que la voie buccale a une certaine valeur, mais qu\u2019elle n\u2019atteint environ que 1/50 de la valeur des extraits donnés en injections.Le coût devient donc exhorbitant et c\u2019est une méthode vraiment insuffisante dans les cas d\u2019anémie grave.La voie intramusculaire est la voie de choix.Quant à la voie intraveineuse, jusqu\u2019ici elle n\u2019a pas donné de résultats plus appréciables que la voie intramusculaire.De plus, elle expose davantage au shock.On peut, par conséquent, ne la considérer que comme méthode trés exceptionnelle.De toute façon, et j'insiste, il est un point très important qu\u2019on ne doit pas oublier, c'est que le traitement d\u2019une anémie globulaire doit être poussé jusqu\u2019à obtenir une formule sanguine très voisine de la normale.Une fois obtenue, le traitement doit être continué indéfiniment par des injections d\u2019entretien plus ou moins souvent répétées: chez certains malades une fois par trois ou quatre semaines, chez d\u2019autres plus souvent.Il faut connaître aussi un deuxième point, c\u2019est que, au cours d\u2019un traitement pour anémie globulaire, s\u2019il survient une maladie intercurrente, les doses de foie doivent être augmentées comme on le fait généralement pour l\u2019insuline chez les diabétiques. HÉBERT: TRAITEMENT DES ANÉMIES Et enfin, troisième point, de petites transfusions peuvent aider un anémique en traitement chez qui l\u2019action du foie semble se ralentir ou cesser.Quant à la thérapeutique par les extraits de muqueuse gastrique injectable, je ne crois pas qu\u2019il soit temps encore pour nous prononcer sur sa valeur.On peut tout de même pressentir que les effets seront comparables à ceux de l\u2019extrait de foie et que l\u2019avenir est peut-être à l\u2019association des extraits de muqueuse gastrique et de foie dans une même ampoule.Quant à la vitamine B, les neurologues l\u2019associent toujours aux extraits de foie dans les syndromes neuro-anémiques.En résumé, mises à part les hémorragies importantes, le problème thérapeutique de l\u2019anémie consiste dans le traitement des anémies hémoglobiques et des anémies globulaires.Le fer est spécifique des anémies hémoglo- biques.Les sels de fer les plus à conseiller sont le citrate de fer ammoniacal, le protoxalate et le carbonate de fer.Leur posologie doit être élevée.Il est inutile d\u2019ajouter le cuivre au fer.Le foie est spécifique des anémies globulaires.Sa valeur doit être jugée sur ses résultats thérapeutiques.La voie intramusculaire est la voie de choix.Le traitement doit viser à obtenir une formule sanguine normale et à la maintenir.La vitamine B doit être associée dans les syndromes neuro-anémiques.291 BIBLIOGRAPHIE BOUTET (A.) et J.MARIE: «Ictère grave hémopa- thique du nouveau-né.» Paris Médical, 5 nov.1938.COWLES (Robert, L.): «The antianemic effect of yeast in pernicious anemia: Internat.» Medical Digest, juin 1939.DIEULAFOY: Manuel de Pathol.int.\u2014 1le édit.Tome IV p.390 Masson éd.FOWLER (W.M.) et BARER (A.P.): «The treatment of iron deficiency anemia.» JAMA, 14 janvier 1939.MAHLER (A) et GREENBEY (D.): «A case of hyperchromic macrocytic anemia refractory to liver extract.J.A.M.A.25 mars 1939.MURPHY (W.) et HOWARD (Isobel): « The use of concentrated liver extracts in pernicious anemia.» JAMA.14 jan.1939.POLONONSKI (M.) et BRISKAS (8.) «Rble du cuivre dans la régénération de l\u2019hémoglobine et des hématies au cours de l\u2019anémie provoquée chez les rats.» Soc.de Biol, p.379, année 1938.« Contribution à l\u2019étude de l\u2019action hémopoiétique du zinc, du manganèse et du nickel.» Soc.de Brol., p.493, année 1938.« Rôle du fer dans la régénération de l\u2019hémoglobine et des hématies au cours de l\u2019anémie provoquée chez le rat.» Soc.de Biol, p.382, année 1938.PURCELL, (G.Schube) et BLAKE, (D.Prescott): « The effect of copper and iron upon the secondary anemia of therapeutic malaria in general paresis.» The Journ.Labor.and Clinical Medecine, janvier 1939.SAVY, Paul: « Thérapeutique clinique.» Masson éd., 1939.SHARPE (J.C) et RATHBURN (8.G.): «The treatment of the refractory anemias.» Internat.Med.Digest, juillet 1939, Vol.35, no 1.WINTROBE: «The choice of method for the correction of anemia.» The new Internat.clinics, Vol.II, juin 1939.LES SYNDROMES ANEMIQUES' Par Roland DUSSAULT, Médecin de l\u2019Hôtel-Dieu (Montréal).Peu de chapitres de la pathologie offrent autant de confusion que celui des maladies du sang; chaque auteur entend faire prévaloir sa 1.Travail présenté à la «Société Médicale de Montréal », séance du 7 nov.1939.nomenclature, discuter longuement ses propres hypothèses, élaborer une classification personnelle.Dans ce court article, sur les syndromes anémiques, je voudrais simplement ébaucher une classification, qui n\u2019est ni nouvelle ni par- 292 faite, mais qui tient compte de certaines notions modernes de pathogénie.Rappelons d\u2019abord la définition des anémies.Selon Tzanck, on entend par anémie « toutes les affections caractérisées soit par la diminution du nombre des globules rouges dans un volume de sang donné (généralement le millimètre cube), soit la diminution de la teneur moyenne de ces globules en pigment, même si cette diminution est compensée par une augmentation des globules rouges et réciproquement.L\u2019un de ces facteurs peut exister seul, souvent ils sont combinés.» On classifiait autrefois (Hayem) les anémies en anémies légères, moyennes ou graves, suivant le nombre des globules, et on y attachait une signification pronostique.On ne saurait accepter aujourd\u2019hui pareille nomenclature qui ne rend compte ni des faits ni de l\u2019évolution: telle anémie peut passer par les trois stades, telle autre, à chiffre globulaire très bas, guérir, tandis qu\u2019une autre d\u2019intensité moyenne peut entraîner la mort.| La classification des anémies en secondaires et en primitives ou essentielles ou idiopathiques s\u2019est également montrée insuffisante pour expliquer tous les cas et ne servait qu\u2019à masquer l\u2019ignorance où l\u2019on était de l\u2019étiologie des secondes.Ces classifications ainsi que d\u2019autres périmées ne tenaient compte que du sang périphérique; les classifications modernes tiennent compte du sang dans son ensemble, c\u2019est-à-dire aussi bien de son origine dans la moelle osseuse et de sa destruction dans la rate et le système réticulo-endothélial que de sa destinée dans les vaisseaux.Les études entreprises sur l\u2019origine, la durée, la physiopathologie du globule rouge, sur la formation de l\u2019hémoglobine, sur le métabolisme du fer, ont permis d\u2019expliquer les principaux mécanismes des anémies.C\u2019est, par exemple, la spoliation d\u2019un volume de sang assez considérable comme dans l\u2019anémie post- hémorragique, ou la destruction trop rapide des éléments sanguins comme dans les anémies hémolytiques, ou encore un défaut ou un retard de production soit des globules rouges comme L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 dans certaines anémies aplastiques, soit de l\u2019'hémoglobine comme dans les anémies hypochromes.L\u2019idéal serait sans doute de classifier les anémies en partant d\u2019une base étiologique rigoureuse.Dans l\u2019état actuel de nos connaissances, cela est impossible.Force est donc de recourir à une classification mixte, c\u2019est-à-dire à la fois étiologique et morphologique, qui, bien qu\u2019artificielle, rend cependant compte de presque tous les faits.Nous diviserons donc les anémies en quatre grands groupes: 1° LES ANÉMIES SIMPLES, qui comprennent les anémies par spoliation et celles qui sont la conséquence d\u2019une insuffisance de matériaux d'apport.2° L'ANÉMIE PERNICIEUSE DE BIERMER, définitivement classifiée parmi les maladies par carence.3° LES ANÉMIES HÉMOLYTIQUES, conditionnées par une hyper-destruction des globules rouges normaux ou anormaux.4° LES ANÉMIES APLASTIQUES, dues à une sidération ou à un blocage de la moelle osseuse.1° Les anémies simples se divisent au point de vue hématologique en deux sous-groupes: les anémies hypochromes et les anémies hyperchromes.A) Les anémies hypochromes, la plupart des anémies secondaires des anciennes classifications, sont caractérisées essentiellement, au point de vue hématologique, par une valeur globulaire inférieure à l\u2019unité, c\u2019est-à-dire par une diminution de l\u2019hémoglobine relativement plus considérable que la diminution des globules rouges, par la prédominance des petits globules ou microcytes; la bilirubinémie indirecte est normale ou basse, par conséquent pas d\u2019ictère et réaction de Van Den Bergh normale: donc pas d\u2019hémolyse.Dans la moelle, réaction hyperplastique et hyper-mature.Je rappelle que les anémies hypochromes forment le groupe d\u2019anémies le plus fréquemment rencontrées en clinique, pour certains auteurs, 90 à 95 pour cent de toutes les anémies. DUSSAULT: SYNDROMES ANEMIQUES Plusicurs mécanismes peuvent les produire: a) Spoliation d\u2019une quantité importante de sang.La plupart des anémies post-hémorra- giques sont des anémies hypochromes, car alors tout se passe comme si l\u2019organisme réparait ses pertes en globules plus rapidement que ses pertes en hémoglobine.Signalons pour mémoire que l\u2019hémorragie peut être d\u2019emblée importante, ou minime mais quotidiennement répétée, comme c\u2019est le cas pour les hémorragies occultes des néoplasmes, de certaines parasitoses.b) Insuffisance d\u2019apport.C\u2019est le cas de toutes les diètes déficientes en fer, comme chez les personnes soumises trop longtemps à un régime lacté, comme chez les nourrissons, comme chez certaines femmes enceintes, dont la diète n\u2019assure pas une provision de fer suffisante pour elles-mêmes et pour le fœtus.c) Mauvaise absorption du fer.Comme dans la maladie cœliaque, la côlite ulcéreuse, comme dans cette maladie, assez fréquente mais souvent méconnue, des femmes adultes: l'anémie microcytique achylique ou anémie de Hayem-Faber.C\u2019est une anémie qui peut se présenter avec la symptomatologie digestive et même nerveuse de l\u2019anémie pernicieuse, qui s\u2019accompagne d\u2019atrophie de la muqueuse digestive et d\u2019achlorhydrie comme celle-ci, mais dont les manifestations hématologiques et le traitement sont essentiellement différents.d) Absence de réserve de fer dans le foie.Comme chez les prématurés qui n'ont pas eu le temps d\u2019emmagasiner un stock suffisant, comme chez les jumeaux, comme chez les rejetons de mères anémiques.e) La chlorose, maladie beaucoup moins diagnostiquée qu\u2019autrefois et peut-être plus rare aussi, à cause de l\u2019influence des diètes modernes mieux balancées, fait aussi partie des anémies hypochromes.f) Beaucoup de maladies infectieuses, et en particulier la maladie d\u2019Osler et la typhoide, s\u2019accompagnent d\u2019anémie hypochrome.g) Mentionnons enfin les anémies hypochromes symptomatiques de maladies beau- 293 coup plus graves en soi, comme par exemple la maladie de Hodgkin, certains sarcomes et les leucémies.Les leucémies s\u2019accompagnent toujours d\u2019anémie, soit d\u2019anémie hypochrome, soit d\u2019anémie aplastique; il est facile de les reconnaître dans leurs formes habituelles, mais il n\u2019en est pas ainsi dans leurs formes cryptiques ou dans leurs formes aleucémiques.On ne saurait trop insister sur l\u2019importance de ces anémies rebelles à toute thérapeutique, qui cachent en réalité des syndromes leucémiques; elles sont fréquentes chez les enfants et les adolescents.Nous arrivons maintenant à la deuxième subdivision de nos anémies simples, le sous- groupe des anémies hyperchromes.B) Ici, la diminution du nombre des globules rouges est relativement moins grande que celle du taux de l\u2019hémoglobine, par conséquent valeur globulaire supérieure à I, et la prédominance des macrocytes est nette.Remarquons que ces macrocytes sont ou des poly- chromatophiles ou des réticulocytes ou des hématies ponctuées, ce qui les distingue des mégalocytes de l\u2019anémie pernicieuse.La bili- rubinémie indirecte est normale comme dans le groupe précédent.Nous avons vu, tout à l\u2019heure, que la plupart des anémies post-hémorragiques se présentent sous la forme hypochrome, et nous en avons expliqué la théorie.On peut concevoir au moins deux circonstances où l\u2019anémie post-hémorra- gique peut évoluer sous la forme hyperchrome: 1° La réserve hémoglobinique est très abondante; 2° La moelle déjà épuisée antérieurement ne peut réagir qu\u2019au ralenti.L\u2019anémie hyperchrome, beaucoup plus rare que la précédente, se rencontre au cours de maladies à peu près inconnues ici, telles l\u2019infantilisme de Herter et la sprue: on lui a alors reconnu une étiologie de carence vitaminique.On la trouve parfois à la suite de gastrectomie ou dans certains cas avancés de cancer d\u2019estomac; on la rencontre également au cours de la grossesse. 294 Elle est assez fréquente cependant au cours de l\u2019évolution des néphrites chroniques et surtout des néphrites azotémiques.On a voulu y voir une intoxication des centres hématopoïétiques, parce que la ponction sternale révélait une hypoplasie médullaire, mais Chevalier, de Paris, s\u2019est élevé contre cette pathogénie, et il attribue l\u2019anémie au régime carencé en albuminoïdes auquel ces malades sont soumis parfois très longtemps.Pour le prouver, il donne à ces néphritiques anémiques, même s\u2019ils sont hypertendus, un bifteck trois fois par jour.J\u2019ai vu de ces anémies régresser ainsi, et je dois dire que malgré ce régime, peut-étre quelque peu exagéré, les malades ne s\u2019en portaient pas plus mal.Je sais par ailleurs que Dandurand, de Montréal, qui a été à même d\u2019observer un grand nombre d\u2019azotémiques, a pu faire des observations analogues.Signalons pour mémoire l\u2019anémie pseudo-pernicieuse de Franconi.2° Anémie de Biermer.Si j'ai classé dans un groupe à part l\u2019anémie pernicieuse de Biermer, au lieu de la laisser dans celui des anémies hyperchromes macro- cytiques, comme le font la plupart des auteurs, c\u2019est que je crois personnellement sinon à la théorie histogénique, du moins à l\u2019individualité morphologiques du mégaloblaste dans l\u2019anémie de Biermer.Naegeli, Ehrlich, Pittaluga, Tzanck ont insisté sur la différenciation entre mégaloblaste et macroblaste dans l\u2019anémie de Biermer.Cette cellule caractéristique, on la trouve toujours dans la moelle des anémies pernicieuses non traitées, plus rarement dans le sang.D'ailleurs, depuis les mémorables travaux de Whipple, Minot et Murphy, Castle, qui en ont élucidé la pathogénie et l\u2019ont définitivement classée dans les maladies par carence, carence d\u2019un facteur anti-anémique appelé facteur X, emmagasiné dans le foie après avoir été élaboré grâce à l\u2019inter-action d\u2019un facteur intrinsèque contenu dans le suc gastrique normal et d\u2019un facteur extrinsèque fourni par l\u2019alimentation, L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 l\u2019anémie pernicieuse de Biermer mérite une étude un peu plus détaillée.Rappelons que cette maladie est caractérisée au point de vue clinique, par une anémie grave, évoluant par crises de déglobulisation successives, appelées rechutes, par des troubles digestifs, par des troubles nerveux et parfois mentaux; au point de vue hématologique, par une anémie hyperchrome, mégalocytique, avec une diminution des globules blancs portant surtout sur les éléments granuleux et une diminution des plaquettes sanguines.Au point de vue médullaire, par le remplacement des érythroblastes définitifs par des mégaloblastes; au point de vue digestif, par une atrophie de la muqueuse linguale et gastrique, par une achlorhydrie complète avec absence du facteur intrinsèque; au point de vue nerveux, par un ensemble de lésions qui peuvent demeurer périphériques, mais aussi atteindre la moelle, et que l\u2019on a appelé syndrome neuro-anémique.Notons qu\u2019il existe un certain degré d\u2019hémolyse au cours de l\u2019anémie pernicieuse de Biermer, et que par conséquent on trouve toujours une réaction de Van den Bergh indirecte supérieure à la normale.Cette hémolyse intervient pour détruire les globules embryonnaires circulants.Rappelons aussi que cette anémie peut poser certains problèmes diagnostiques difficiles, car si elle peut se présenter avec des signes traduisant directement l\u2019anémie, très souvent elle affecte une forme clinique presque exclusivement digestive, et l\u2019une des erreurs les plus fréquentes est de la confondre avec le cancer d'estomac; ou bien, elle peut évoluer avec une symptomatologie nerveuse prédominante.L\u2019anémie pernicieuse est une individualité clinique et hématologique bien définie et ne prête guère à confusion avec les autres anémies que dans un petit nombre de cas.3° Anémies hémolytiques.Le troisième groupe de notre division est celui des anémies hémolytiques.Théoriquement, l\u2019anémie hémolytique est caractérisée au point de vue clinique par un ictère pléio- DUSSAULT: SYNDROMES ANÉMIQUES chromique, c\u2019est-à-dire un ictère avec selles hypercolorées et présence de bilirubine ou du moins d\u2019urobiline dans les urines, par une grosse rate.S\u2019il fallait nécessairement tous ces symptômes pour poser le diagnostic d\u2019anémie hémolytique, ce serait à la vérité une découverte bien rare.L\u2019hématologie seule nous apporte les critères indispensables pour poser le diagnostic: 1° bilirubinémie indirecte élevée, c\u2019est-à-dire, en pratique, indice biliaire plasmatique élevé et réaction de Van den Bergh indirecte supérieure à la normale; 2° réticulocytose élevée traduisant l\u2019hyperplasie médullaire compensatrice.Des intoxications telles que celles du plomb, de la phénylhydrazine, des infections telles que la typhoïde et surtout les septicémies à streptocoques, des parasitoses comme le Kala-Azar, inconnu ici, ou comme le paludisme, représenté à peu près uniquement ici par la malariathé- rapie, sont souvent à l\u2019origine des anémies hémolytiques.La plus connue de ces anémies, celle qui est toujours citée, est sans doute l\u2019ictère hémolytique congénital, dans lequel l\u2019ictère, la grosse rate, la microsphérocytose et la fragilité globulaire sont longuement étudiés dans tous les manuels et traités.Mentionnons encore la maladie de Banti, dont on a tendance à nier de plus en plus l\u2019existence aujourd\u2019hui, et certaines anémies au cours des cirrhoses.Dans ce chapitre, doit également entrer le groupe important des anémies érythroblastiques, chez lesquelles l\u2019hémolyse secondaire intervient pour détruire des globules anormaux ou anormalement présents dans le sang périphérique.Je mentionnerai sans m\u2019y arrêter l\u2019anasarque fœto-placentaire ou maladie de Schridde, l\u2019ictère grave du nouveau-né ou maladie de Pfan- nenstiel, l\u2019anémie de Cooley, l\u2019anémie de Von Jacks-Hayem, l\u2019anémie à hématies falciformes, l\u2019_érythrémie aiguë, etc.4° Anémies aplastiques.Les anémies aplastiques composent le quatrième groupe que nous avons mentionné au début de cet article.Théoriquement, l\u2019anémie 295 aplastique, comme son nom l\u2019indique, reconnaît à son origine une aplasie ou du moins une hypoplasie des organes hématopoïétiques, en particulier de la moelle osseuse; au cours de recherches récentes, des auteurs américains ont noté qu\u2019à un tableau d\u2019anémie aplastique dans le sang périphérique, c\u2019est-à-dire une anémie grave, normochrome, sans signes de régénération globulaire, absence d\u2019hématies nucléées, de réticulocytes, d\u2019anisocytose, avec diminution des éléments blancs granuleux et des plaquettes sanguines, correspondait parfois une hyperplasie du tissu médullaire.Tout se passe comme s\u2019il y avait un blocage de la moelle ou un défaut de maturation, empêchant les éléments médullaires de passer dans la circulation.Il va sans dire que le pronostic de ces anémies est toujours très grave.Quelques substances toxiques comme le benzol surtout et parfois l\u2019arsenic organique produisent de ces anémies, de même que les rayons X et les métaux radio-actifs comme le radium, le thorium, le polonium.Quelques formes d\u2019anémie aplastique semblent primitives.Je me souviens d'un cas récent à l\u2019Hôtel-Dieu, chez un jeune homme robuste, sans histoire d\u2019antécédents toxiques, qui se présenta à l'hôpital avec un syndrome clinique de leucémie aiguë: hémorragies profuses, lésions gangreneuses de la bouche, ete.La ponction sternale montra une moelle à peu près déshabitée d\u2019éléments, et l\u2019autopsie, quelques jours plus tard, révélait une destruction presque complète de la moelle osseuse.Vous aurez reconnu à cette brève description l\u2019aleucie hémorragique de Frank.Conclusions Cette revue « au pas de course » des principaux syndromes anémiques vous paraîtra nécessairement incomplète, peut-être la juge- rez-vous inutile.Les uns pourront m\u2019accuser, avec raison, d\u2019avoir omis un nombre assez considérable d\u2019anémies, rares il est vrai, mais qui doivent nécessairement faire partie d\u2019une classification complète; les autres, à bon droit également, pourront se dire que j'aurais dû 296 sacrifier un certain nombre de celles que j\u2019ai mentionnées pour insister sur les syndromes les plus fréquents de la clinique journalière.Je n\u2019ai voulu qu\u2019esquisser les orientations nouvelles dans la classification des anémies en indiquant les principaux points de repère pour faire un diagnostic plus précis.Les médecins du monde entier ont pendant un certain temps L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 abusé du diagnostic d\u2019anémie pernicieuse, et l\u2019on peut affirmer qu\u2019encore maintenant il se gaspille sans profit, excepté pour les fabricants, des quantités fantastiques d\u2019extrait de foie.Bien des déboires seront évités dans le traitement des anémies, si l\u2019on a pris soin de préciser le diagnostic.EXTRAIT DE LA LECON INAUGURALE DU Prof.Ch.AUBERTIN ! .Mais cette méfiance des nouveautés thérapeutiques n\u2019est, nous le répétons, qu\u2019une position temporaire destinée à nous permettre l\u2019étude critique sévère de ces traitements.Cette étude doit être fondée, avant tout.sur notre expérience personnelle, mais celle-ci ne saurait suffire; elle doit être complétée d\u2019abord par l'étude serrée des travaux publiés, moins dans leurs conclusions que dans l\u2019analyse de leurs observations; et, ensuite, par des enquêtes orales menées auprès des spécialistes qui ont surtout employé les nouveaux traitements: bien souvent le silence qu\u2019ils ont gardé ne doit pas être interprété comme une approbation; bien souvent leur opinion a varié depuis le moment ou ils ont publié des résultats; parfois même leur opinion orale ne concorde pas exactement avec ce qu\u2019ils avaient écrit il y a quelques mois, car ils avaient écrit un peu trop tôt.Dans cette appréciation des résultats des thérapeutiques nouvelles, l\u2019épreuve du temps est capitale; rien d\u2019instructif, rien de mélancolique aussi comme la lecture rétrospective des publications médicales, faite par exemple par tranches de cinq ans.Ah! certes, si nous pouvions attendre cinq ou même dix ang, la sédimentation de ce qui est solide et de ce qui ne fut qu\u2019un engouement passager se serait faite toute seule.et l'appréciation thérapeutique deviendrait facile.Mais nous ne pouvons pas attendre, nous n\u2019avons pas le droit d\u2019attendre les résultats de l'épreuve du temps en matière de thérapeutique comme dans certaines autres matières.Car il s\u2019agira peut-être demain de sauver une existence avec un traitement nouveau n\u2019ayant pas encore fait toutes ses preuves.Et nous nous trouvons parfois, devant certaines méthodes nouvelles, comme ce voyageur 1.Chaire de Thérapeutique à la Faculté de Médecine de Paris; faite le 20 novembre 1939.Presse Médicale, 10-13 janvier 1940.d\u2019une île polynésienne saisissant le bras de son ami qui s'apprétait à jeter au loin quelque idole grossièrement sculptée: « Arrête! Si c\u2019était le vrai Dieu!» Cette étude critique des traitements nouveaux \u2014 et aussi la révision de certains traitements anciens \u2014 est, certes, de beaucoup, le travail le plus important du professeur.Une fois la discrimination faite entre l\u2019ivraie et le bon grain, la tâche devient relativement facile.Il ne s\u2019agira plus de dire: on a préconisé ceci, on a préconisé cela; M.Untel fait ceci, M.Untel fait cela.Mais de dire: Vous devez, ou vous pouvez faire ceci, vous ne devez pas faire cela.Car nous nous adressons à des âmes jeunes chez lesquelles le scepticisme thérapeutique ne s'est pas encore installé.Ce scepticisme.admissible à la rigueur chez un médecin quand il est le fruit de son expérience personnelle, ne doit pas avoir place dans l\u2019esprit d\u2019un étudiant qui va devenir un praticien.Nous devons le combattre.Nous pouvons le combattre en lui montrant que, grâce aux travaux des savants et des cliniciens.depuis quelques lustres, nous avons vu la fièvre typhoïde décroître et sa mortalité diminuer.nous avons vu la syphilis se transformer et s\u2019atténuer, la tuberculose guérir dans une proportion assez importante pour permettre parfois des assurances sur la vie, la paralysie générale diminuer de gravité.la poliomyélite guérir souvent sans séquelles, la blennorragie disparaître définitivement en quelques jours.Nous sommes sur la bonne route.Ayons confiance en notre art.Et si quelques-uns de nos auditeurs étaient tentés par le démon du scepticisme thérapeutique, qu\u2019ils songent à leurs aînés, médecins de bataillon, qui sont penchés à ce moment sur leurs hommes blessés.malades ou éclopés: ceux-là n\u2019ont pas le temps de faire du scepticisme thérapeutique, ils secourent leurs frères avec un peu de science et beaucoup de bonté. ÉDITORIAL Bulletin de l'Association des Médecins de Langue française de l'Amérique du Nord L'UNION MÉDICALE DU CANADA Mars 1940 L\u2019OTITE MEURTRIERE CHEZ LE NOURRISSON La mortalité infantile!.écho déja ancien dont nos oreilles sont fatiguées et que nous serions las de toujours entendre, si le problème qu'il traduit, ne continuait de s'imposer à notre conscience de médecin et à l'attachement naturel à notre race avec la même angoissante urgence.Habituellement, quand on a mentionné surtout la gastro-entérite et la broncho- pneumonie, on semble avoir trouvé les principaux coupables de cette mortalité, on oublie trop facilement l\u2019otite, l\u2019otite sournoise et meurtrière.H faut d'abord retenir que l'infection la plus légère du nourrisson est toujours beaucoup plus grave chez lui que chez l'adulte.Cette gravité a des répercussions lointaines sur l\u2019état des voies digestives en particulier, et elle amène une dénutrition importante, parfois irrémédiable lorsque l'affection est traînante.Dans ce domaine, c\u2019est l\u2019otite latente du nourrisson, l\u2019otite moyenne aiguë et l'oto- mastoïdite, qui causent le plus de ravages chez lui.Le naso-pharynx constitue la voie la plus facile à toutes les infections générales.Les pneumocoques, les staphylocoques, les streptocoques pullulent autour de nous, et ils causent chez le nourrisson en particulier des infections multiples, parfois graves, car il se défend mal.La plus fréquente est l'infection du rhi- no-pharynx et elle devient la plus importante par ses conséquences souvent graves, au premier plan l\u2019otite et ses complications souvent fatales.l'examen des oreilles du nourrisson est 297 plus difficile qu\u2019on veut bien l'admettre en général.De l'expérience et beaucoup d'attention sont nécessaires pour trouver et interpréter comme il convient des signes parfois légers, en appelant à son aide les symptômes généraux présentés par le jeune sujet.Le syndrome: fièvre, troubles digestifs, perte de poids, doit prudemment nous aiguiller plus loin que vers un simple changement de régime la plupart du temps.Pendant qu\u2019on s\u2019'hypnotise sur une dyspepsie, pendant qu\u2019on s\u2019enferme dans la symptomatologie d\u2019une gastro-entérite, et qu\u2019on assiste avec inquiétude à la dégringolade du poids d\u2019un nourrisson, si on méconnaît une otite, souvent difficile à déceler, mais sournoise et meurtrière, on n\u2019a pas vu ainsi la véritable cause du malheur.Les otites.en atteignant gravement la nutrition du nourrisson, sont des facteurs d\u2019athrepsie et de mort.Il ne faut pas oublier que la vie du jeune sujet en somme se limite à deux fonctions: s\u2019alimenter et édifier sa croissance, et tout ce qui peut entraver ces fonctions de façon importante met sa vie en danger.Plus d\u2019une otite latente non recherchée ou non traitée convenablement.laisse après elle des membranes épaisses, de l'ankylose avec de la rétraction des osselets.Le nourrisson est facilement prédisposé aux convulsions, et l'infection de l'oreille entraîne parfois cette réaction: il s\u2019agit le plus souvent de convulsions réflexes et la paracentèse en supprimant l'épine irritative amènera le calme.Un nombre important de surdi-mutités a comme origine une otite latente qui n\u2019a pas emporté l'enfant, mais à laquelle la membrane du tympan a résisté, le pus a fini par se vider par la trompe, et les lésions des osselets et de la muqueuse de revêtement ont laissé des traces indélébiles.\u201c L\u2019otite moyenne entraîne souvent des complications mastoïdiennes et encéphali- ques toujours graves, le plus souvent fa- 298 tales chez le nourrisson, elle peut souvent être causée par une adénoïdite aiguë, elle- même consécutive à une inflammation de voisinage, qui succède à une angine ou à un coryza aigu, ou qui est parfois une localisation particulière d'une maladie générale.Il y a quelques années, avec la collaboration des docteurs Jean Mignault et Louis Paré de l'hôpital Sainte-Justine, pendant plusieurs mois j'ai observé un grand nombre de cas d'otite moyenne aiguë suppurée, et nous avons pu nous rendre compte que cette dernière chez le nourrisson, évolue plus sournoisement, présente une gravité plus grande, offre une fréquence plus marquée de complications méningées et tend davantage à se généraliser après thrombo- phlébite du sinus latéral, que chez les enfants d\u2019un âge plus avancé.La collaboration entre le médecin d\u2019en- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 fants et l\u2019otologiste doit être complète.L'avis de celui-ci et les examens de laboratoire seront précieux pour ramener en- deçà des frontières permises, certains diagnostics de gastro-entérite, de bronchites, de côlites, de pyélonéphrites, de méningites, etc, etc.Chez le nourrisson malade, pensons fréquemment à l\u2019otite, une des principales causes de mortalité infantile.Dans la marche vers le progrès, et le plus grand progres n\u2019est-il pas de conserver d\u2019abord notre capital humain, nous sommes vite a bout de souffle.Il est imprudent de chanter victoire a la premiére petite amélioration d\u2019une statistique mensuelle de mortalité infantile.Montons d\u2019abord la côte: nous planterons les drapeaux de la victoire au sommet.Gaston LAPIERRE. VARIÉTÉS + + DIRECTIVES DE:LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL POUR 1940! Par Oscar MERCIER.Lorsque vous m\u2019avez appelé à occuper le fauteuil présidentiel de la Société Médicale, mon premier sentiment fut celui de la crainte de ne pouvoir assumer efficacement les fonctions de président de la plus ancienne société médicale de langue française d\u2019Amérique.Heureusement que l\u2019esprit humain est vite tourmenté et bouleversé par d\u2019autres sentiments.Aussi cette sensation de crainte fut rapidement estompée par une autre, celle d\u2019un certain orgueuil de succéder, d\u2019une part, à ceux qui, hier encore, étaient nos maîtres vénérés qui ont jeté tant d\u2019éclat sur notre médecine montréalaise, d\u2019autre part, à ceux de mes amis qui viennent d\u2019occuper ce fauteuil et qui tous, constituent actuellement l\u2019élite de notre profession.Mes premières paroles seront donc toutes de gratitude pour l\u2019honneur que vous m\u2019avez conféré et pour cette Société où j'ai recu tant de leçons, non seulement de médecine, mais d\u2019honnêteté au vieux sens du mot.Et je me sens redevable envers chacun d\u2019entre vous, d\u2019une reconnaissance que les mots ne peuvent exprimer.Messieurs, un sujet s'offre tout naturellement à moi et facilite la tâche d\u2019inaugurer nos travaux de 1940, suivant l\u2019usage, par une allocution qui sera brève.Vous avez choisi un spécialiste pour présider aux débats d\u2019une société médicale non spécialisée.Il est naturel que je vous cntretienne de la spécialisation en médecine et de ses rapports avec notre Société.Le modernisme, en élargissant les connaissances humaines, a nécessairement forcé 1.Allocution du Président de la « Société Médicale de Montréal», prononcée lors de la première séance académique tenue à l\u2019Université de Montréal, le 16 janvier 1940.l\u2019homme à restreindre ses activités intellectuelles pour les localiser sur l\u2019étude plus approfondie d\u2019une certaine partie de la science.Les vingt dernières années ont ainsi façonné différemment le cerveau du médecin.Là, réside probablement la cause qui explique l\u2019éloignement de notre Société de plusieurs professeurs et de nombreux médecins des hôpitaux.De même, la création à nos côtés de différentes sociétés spécialisées a eu pour effet d'accélérer ce mouvement de désertion.On a tendance à définir la spécialité par une maîtrise dans la technique.« La spécialité, a-t-on écrit, n\u2019existe que dans le domaine de la technique.» Elle exige un apprentissage prolongé et assidu, et le maniement répété et constant des instruments utilisés tant pour le diagnostic que pour la thérapeutique.Il serait sans doute peu honnête d\u2019aborder l\u2019exercice de la spécialité sans posséder à fond la tcchni- que.Cette connaissance est nécessaire et indispensable.Les grands chirurgiens sont fiers de leurs gestes opératoires.Mais est-ce là toute la spécialité?Doit-on en venir à l\u2019époque où nous verrons des spécialistes ne faire qu\u2019un travail limité et toujours le même, sans préoccupation de l\u2019ensemble?L\u2019être humain doit-il donc être assimilé à une automobile et l\u2019avenir de la chirurgie et de la médecine est- il vraiment dans l\u2019industrialisation ?Je veux donc ajouter à la définition du début ceci: le spécialiste doit faire converger vers une connaissance plus profonde du terrain limité qu\u2019il a choisi, toutes les connaissances qu'il a acquises et qu\u2019il continuera d\u2019acquérir.\u2018La division de l\u2019être humain en appareils est toute artificielle, une voix autorisée le 300 rappelait récemment.Tout se tient.Le spécialiste doit donc acquérir et garder, au cours de sa carrière, le goût des idées générales, éviter de considérer avec des œillères les cas spéciaux qui se présentent à lui, et les faire entrer toujours dans le vaste cadre de la pathologie générale.J\u2019oserai dire que plus la spécialisation sera étroite, plus les études générales doivent être poussées.Les lectures variées, un long stage à l\u2019hôpital feront obtenir au spécialiste, sans doute, une série de qualités indispensables, fruits naturels de la culture médicale.Mais la fréquentation habituelle des sociétés médicales non spécialisées lui donnera, malgré lui, les connaissances générales qu\u2019il doit posséder pour bien exercer sa spécialité.Le retour des spécialistes à notre Société et leur participation active à nos travaux est donc recommandable pour eux et pour l\u2019avenir de la médecine canadienne-francaise.D\u2019autre part, ce retour bénéficiera aux praticiens qui verront ainsi leurs connaissances générales s\u2019étendre.Voilà done le premier vœu que je formule pour vivifier notre Société.Mais mes projets ambitieux ne se limitent pas à ce seul but.Notre Société, fondée en octobre 1871 par un groupe de médecins, sous forme d\u2019un comité d\u2019études, a toujours eu pour premier objectif la diffusion de la science au sein de la population médicale montréalaise.Nous continuerons cette tradition.Et, réfléchissant, je me suis rappelé cette phrase de Walther White- man qui écrivait: «Je demande: quel est celui qui est allé plus avant?Parce que moi, je veux aller encore plus avant.» Oui, j'ai l'intention d\u2019apporter certaines modifications à notre Société, afin de répandre davantage les connaissances médicales modernes et d\u2019intensifier les recherches scientifiques.La tâche me sera facile, car mes prédécesseurs ont su faire revivre notre Société.La crise intellectuelle qu\u2019elle a traversée a pris fin sous la sage direction de Monsieur Gérin- Lajoie et de Monsieur Mignault et avec le dévouement éclairé et intelligent de notre secré- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 taire général, Monsieur Letondal.L\u2019assistance à nos séances est nombreuse et intéressée.Le temps est donc propice à certaines modifications qui auront, je crois, pour effet d\u2019intéresser davantage les médecins aux débats de notre Société et d\u2019activer la curiosité scientifique.Loin de nous l\u2019idée de changer les dispositions actuelles qui sont excellentes.Nous voulons simplement les compléter.| Le succès de nos programmes revient au secrétaire général, Monsieur Paul Letondal.Appelé en 1938 à la présidence du comité des programmes, Monsieur Letondal réorganisa le fonctionnement de nos assemblées et le plan actuel qui remporte tant de succès relève de son organisation.Aussi en 1939, fut-il élu à l\u2019unanimité et avec un enthousiasme marqué, secrétaire-trésorier général de notre société.L\u2019an dernier, vous avez apprécié comme moi- même, l\u2019efficience de Monsieur Letondal.Je n\u2019ai donc aucune crainte, cette année, sur le succès futur de nos séances universitaires et hospitalières.Certains de nos collègues se sont plaint de la rigidité avec laquelle les débats étaient conduits et du temps trop court accordé à la présentation d\u2019un travail.Ces critiques me paraissent sans valeur si nous réfléchissons.En effet, il doit être établi un système impartial qui répartit également le temps accordé au conférencier.Cependant, nous avons l\u2019intention d\u2019étudier chaque cas différemment et de varier la limite de vingt minutes pour présentation de travaux après entente avec le conférencier.Nous comprenons que lors de l\u2019exposé d\u2019un symposium sur un sujet général, l\u2019une des parties de ce symposium peut être exposée en dix minutes, tandis qu\u2019il faudra trente minutes au conférencier suivant pour développer ses idées.D\u2019autres de vos collègues m\u2019ont fait valoir avec justesse que le système de séance universitaire où un chapitre de pathologie est traité sous forme de synthèse est apte à décourager plusieurs conférenciers.En effet, ce système empêche souvent un médecin de présenter un travail sur une entité morbide qu\u2019il a L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 301 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014{\u2014\u2014{\u2014\u2014\"\u2014\"{ EST-CE DE LA GOUTTE ?Sensibilité, raideur, léger gonflement des jointures des phalanges (les autres articulations peuvent être prises), motilité affaiblie, ralentissement graduel des fonctions.se manifestant surtout vers l\u2019âge moyen.tel est le tableau-symptômes que présentent de nombreux cas.Il peut indiquer un cas de goutte, ou bien un cas d\u2019arthritisme.\u201c YXANTHINE ASTIER donnée per os, à dose d'une cuillerée à thé, une, et même deux fois par jour, amène ordinairement une rapide amélioration de cet état, et, si on continue le traitement, la disparition complète de tous les symptômes.La Lyxanthine Astier produit cet effet en vertu de ses éléments synergiques associés: iode, calcium, soufre, bitartrate de lysidine 1.ce dernier, puissant dissolvant et éliminateur des déchets métaboliques.1.Méthylglyoxalidine ou éthylethenyldiamine.eT em \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 et er \u2014\u2014 ts es es ee et \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 ROUGIER FRERES, 350, rue Le Moyne, Montréal Veuillez m\u2019envoyer de la littérature et un échantillon: LYXANTHINE ASTIER aA LE A sereron0000020 000.0 0S00OU SONO 0000000 OUUS0U20U0000 00000.D5 000000000000 200000020000 60 àG2G0OG200\u20140 0000000 srooveensac con cennu0n0s.0n0n0a0nu000s00n0n0ou0ccuno SAIVIMICE.00a0000socus000 0ocooncsenaesanuen000008 302 I'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.mars 1940 étudié et qu\u2019il croit utile d\u2019exposer à ses confrères.Nous avons donc décidé d\u2019organiser au cours de l\u2019année quelques séances libres où plusieurs questions scientifiques différentes pourraient être traitées.Dans l\u2019organisation de ces réunions, nous n\u2019avons pas l'intention de solliciter nous-mêmes les travaux qui y seront présentés.Ce procédé nous exposerait à retomber à l\u2019ancien mode qui a failli mettre la vie de notre Société en danger par la pénurie ou l\u2019absence de travaux scientifiques.Nous vous fournirons des formules; ces formules contiendront le titre et la durée de l\u2019exposé du travail que vous désirez développer.Le nombre de ces demandes servira de règle à la constitution et à la fréquence de ces séances libres.Ces modifications apportées à l\u2019organisation même de nos assemblées ne sont pas les seules que nous nous proposons.Nous voulons étendre l\u2019activité de notre société en dehors même de notre ville.Nous ne voyons pas pourquoi les médecins pratiquant en banlieue et même dans les campagnes environnantes ne viendraient pas à nos séances et prendre part à nos débats.Ce sera pour eux la plus agréable et la plus utile des distractions.Les moyens de communication sont maintenant si perfectionnés qu\u2019il leur pourrait être facile d\u2019assister à nos réunions bi-mensuelles.Pour réaliser ce désir, nous croyons nécessaire de proposer les deux modifications suivantes: d\u2019une part, nommer des membres correspondants régionaux et d\u2019autre part, organiser des Journées Médicales.Ces membres correspondants régionaux répandront dans leur comté la réputation de notre Société.Ils seront les propagateurs de nos Journées Médicales où pendant deux ou trois jours, nos médecins diffuseront leur science et exposeront aux médecins praticiens les dernières données de la science médicale sans cesse rénovée.Enfin, nous voulons exciter et encourager le travail scientifique de nos jeunes médecins; dans ce but, nous avons l'intention de constituer des fonds que nous demanderons à d\u2019enthousiastes mécènes pour fonder des prix.Notre Société pourrait ainsi récompenser annuellement les meilleurs travaux qui y seront présentés.Notre ambition, en apportant ces modifications est d\u2019améliorer chez nous, tous les éléments de la culture médicale qui sont, à notre avis, les suivants: l\u2019esprit d\u2019observation concentré dans l'analyse des symptômes, la mémoire qui permet la comparaison entre les faits et aboutit à l\u2019expérience, le sens critique appliqué aux résultats de l\u2019observation, l\u2019esprit de synthèse, enfin, qui nous amène à conclure suivant les données de l\u2019analyse et qui nous invite à ne pas considérer les malades isolément, mais dans le milieu où ils évoluent.Cependant, notre Société, par son ancienneté et par sa belle réputation, a une autre mission en plus de la propagation des connaissances médicales: celle de continuer à maintenir la moralité de notre profession.Les médecins ont sur les autres individus de la société le grand privilège de prodiguer l\u2019amour fraternel entre les humains que les hommes ne sont pas encore parvenus à réaliser dans les faits.Pasteur disait: « On ne demande pas à un malheureux, de quel pays, de quelle religion es-tu?On lui dit: tu souffres, cela suffit; tu m\u2019appartiens et je te soulagerai.» Sous l\u2019influence des tarifs nécessités par les lois sociales, sous l\u2019influence de l\u2019esprit commercial qui envahit tout, l\u2019on voudrait nous considérer comme des marchands de soins; la notion de salaires tend à remplacer celles d'honoraires.Ne nous laissons pas déposséder de cet amour fraternel.Et quelle que soit notre ardeur à perfectionner nos connaissances, quel que soit notre appétit de culture, gardons bien au centre de notre action professionnelle, cette charité, qui en est la plus belle parure et le plus puissant levier. Peer 4 == pr A VITAMIN 6, ve per Norns Renseignements plus complets sur demande.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 Burrerin A.M.L.F.AN.\u2014 Montréal, mars 1940 303 La VITAMIN \u201cPER OS\u201d ET PAR VOIE PARENTERALE | W tant donné les grandes variations posologiques de la thérapeutique par la vitamine B,, une série de dosages gradués sera bien accueillie par les membres du corps médical.La vitamine B, (chlorure de thiamine) est indiquée tout particulièrement dans le traitement du béribéri subclinique, de l'onorexie, des dérangements gostro-intestinaux et de la polynévrite liée a l'alcoolisme chronique, à la grossesse et à l'allaitement.En outre, l'étude clinique semble montrèr que cette vitamine possède beaucoup de mérite dans le traitement des maladies inflammatoires ou dégénératives du système nerveux, telles la dégénérescence combinée subaiguë de la\u2019 moelle épinière et la poliomyélite antérieure, et pour le soulagément des douleurs fulgurantes du tabétique.La vitamine B, Ayerst, en solution pour usage parentéral, est présentée en cinq teneurs différentes; en comprimés pour usage \u201cper os\u201d, elle est procurable en deux teneurs.AYERST, McKENNA & HARRISON LIMITÉE Biologistes et Pharmaciens MONTRÉAL :-: CANADA ANALYSES + Dans le but d\u2019uniformiser les indications bibliographiques qui accompagnent les analyses, afin de les rendre plus complètes et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le «Quarterly Cumulative Index Medicus»: nom de l\u2019auteur, titre de l'article, nom du périodique, le volume, la page, le mois (le jour du mois, si le périodique est hebdomadaire), l\u2019année.Exemple: J.Beerens.\u2014 Tuberculose et démence précoce.« Ann.Med.\u2014 psychol.» 94:1 (juin) 1938.PHTISIOLOGIE R.CHAUSSINAND.\u2014 Allergie et prémuni- ton dans la vaccination par le B.C.G.\u2018Revue de la Tuberculose\u201d, 5: 916 (1939- 1940).Si chez des enfants élevés en milieu tuberculeux, des bacilles tuberculeux pénètrent dans l\u2019organisme, presque tous ceux qui s\u2019occupent de la vaccination par le B.C.G.admettent que la prémunition antituberculeuse occasionnée par le B.C.G.ne donne pas à l\u2019organisme le pouvoir d\u2019éliminer et de détruire immédiatement ou plus tard les bacilles tuberculeux virulents.Il s\u2019ensuit une prémunition post-vaccinale, une résistance aux surinfections tuberculeuses.Des lésions extensives n\u2019apparaissent pas et même ces lésions ne sont pas incompatibles avec une bonne santé.Au point de vue clinique, ces surinfections virulentes causent une allergie tuberculinique constante parce que ces bacilles de surinfection sont constamment présents dans l\u2019organisme vacciné.Mais il y a des jeunes sujets vaccinés qui éliminent les bacilles virulents.C\u2019est pourquoi ils restent anergi- ques malgré le contact avec des parents cracheurs de bacilles.Aussi Calmette et Guérin ont-ils affirmé que l\u2019allergie tuberculinique n\u2019était pas un témoin de la prémunition et que cette prémunition pouvait exister sans allergie.«La résistance d\u2019un organisme contre la tuberculose paraît augmenter en proportion du nombre d\u2019infections bénignes qu\u2019il a pu surmonter, et cela, indépendamment de son état d\u2019allergie.» C\u2019est ce que Calmette et Guérin ont observé chez des sujets vaccinés par le B.C.G., vivant dans des milieux non tuberculeux.Si l\u2019on étudie ces faits auprès des sujets élevés en milieux tuberculeux, on est porté à admettre que chez certains enfants vaccinés par le B.C.G, le bacille de Koch virulént peut se comporter comme un parasite inoffensif, incapable de se fixer dans l\u2019organisme et susceptible d\u2019être éliminé par des émonctoires naturels».L\u2019auteur affirme que la vaccination par la voie buccale est efficace.« Ab- + sence d\u2019allergie post-vaccinale ne signifie pas absence de prémunition.» Il conseille enfin de vacciner les enfants élevés même en milieu sain, dès leur naissance, puis de revacciner périodiquement les vaccinés allergiques.L\u2019auteur rapporte en somme de nouveaux arguments en faveur de l\u2019efficacité de la méthode de vaccination de Calmette et de Guérin.Paul-René ARCHAMBAULT.A.SAMBRINI.\u2014 Réaction de Zambrini dans la tuberculose.\u2018Revue de la Tuberculose\u201d, 5: 905 (1939-1940).La réaction de Zambrini est basée sur le chimisme individuel.Elle fixerait rapidement, pour le médecin, l\u2019état général du malade et sa résistance vitale.L'auteur accorde à ce procédé chimique d\u2019évaluation vitale, une valeur toute particulière dans la tuberculose.La salive a été choisie comme la sécrétion la plus facile à obtenir et aussi comme celle pouvant le plus fidèlement réfléter l\u2019état général de l\u2019individu.La réaction consiste en un virage de couleur apprécié par un colorimètre spécial avec une échelle de 16 couleurs marquée de 16 à 1 et allant du violet foncé au jaune pâle.Deux autres points sont aussi à considérer: le collet qui peut se former au haut du tube ou un trouble de sédimentation.La technique est simple: grand lavage de bouche, brossage des dents puis recueillir un centimètre cube de salive; verser 1/3 de ce.du réactif de Zambrini, agiter énergiquement, lire.Cette expérience, pour être concluante, doit être répétée 10 jours de suite.Il faut se méfier de quatre causes d\u2019erreur: la malpropreté de la bouche, la carie dentaire diffuse, les pièces de prothèse et l\u2019absorption de médicaments.La coloration foncée indique une grande résistivité du sujet.La présence du collet indique l\u2019absence de défense active chez le sujet.Chez les tuberculeux, Zambrini constate une courbe colorimétrique en plateau \u2014 entre 15 et 16, chez les cas de début; chez les cas un peu plus avancés et évolutifs, la courbe se maintient entre 15 et 10; dans la dernière phase de la maladie, la courbe oscille entre 4 et 11.Un chiffre bas, au milieu d\u2019une série indique la toxicité.Le chiffre bas d\u2019une série est à négliger en deux circonstances: au cours d\u2019une pleurésie séro-fibri- neuse et dans les cas de pneumo à envisager. 305 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.mars 1940 LES EXTRAITS DE MU CLES SQUELETTIQUES' = OU à métrices) ouvrent èr hy UG) dr T X d x v que hl cardio a sculaire] SN A an ce = oF \u2026.à Se * Spa & x \u201c3 3g MD sa, CR od bi: 7 cn FEA 2 23 Cs 52 2 2%, > A iii Or 470 - a or £.= 5 Zz = ES 5 él a \u201c oe = i Le SEDOBROL ROCHE\u201d calme les dyspepsies gastro-intestinales, névroses, excitations bouillon sapide et délicieux en boîtes de 30 tablettes HOFFMANN-LA ROCHE LIMITÉE, MONTRÉAL 318 le champ visuel en éclair, reporte au lobe occipital.Des bruits, des sons perçus, sont des manifestations sensorielles à point de départ temporal du côté opposé à l\u2019oreille intéressée.La déséquilibration évoque également le lobe temporal.Des hallucinations de goût avec déglutition, salivation et mouvements de mastication sont reliées à la partie tout inférieure de la scissure de Rolando.Certaines impressions de «déjà vu», d\u2019irréalité des perceptions micropsiques ou macropsiques semblent résulter d\u2019une irritation partant du lobe temporal, alors que le « dreamy state », ou état onirique, évoquant toujours le méme souvenir, signifierait une localisation temporo-pariétale.Certains phénomènes neuro-végétatifs occupant le premier plan (variations du rythme cardiaque, de la pression artérielle, de la sudation, de la pilo-motricité, etc.) sont ratta- chables à une impulsion déclanchante, partie du diencéphale.La crise d\u2019opisthotonos (crise cérébelleuse de Jackson) serait provoquée par une impulsion à point de départ mésencéphalique.Des clonies isolées de certains groupes musculaires seraient produites par une décharge médullaire ou bulbaire.Les manifestations du «petit mal» (surtout l\u2019absence) relèverait, selon l\u2019auteur, non du centre fron- to-pariétal, mais d\u2019une zone plus près de la base du cerveau et du tronc cérébral.Les troubles psychomoteurs paroxystiques (fugues, colères, états confusionnels) pourraient être reliés à cette même zone suggérée par P.et qui serait, à son avis, la zone physiologiquement la plus élevée d\u2019intégration nerveuse.L\u2019état confusionnel post-paroxystique résulterait de l\u2019inhibition de la même région.La déviation des yeux vers un côté est habituellement la conséquence d\u2019une crise à déclanchement cérébral hétéro-latéral.L'expérience de l\u2019auteur lui permet d\u2019affirmer qu\u2019une crise avec aura, a son point de départ en arrière de la scissure de Rolando; qu\u2019une crise, avec début par perte de conscience, est à foyer siégeant en avant de cette même scissure.Ces particularités cliniques, localisatrices, se manifestant le plus souvent sous la forme d\u2019aura, quelques instants avant la crise ou à son tout début, peuvent aussi se montrer après elle.C\u2019est pourquoi, il est très important que le malade et son entourage renseignent le médecin, le plus précisément possible, sur l'allure de crises, que ce dernier assiste lui-même aux crises spontanées du malade, au besoin qu\u2019il les déclanche (hyperpnée; hydratation par injection de Pitressine 0.5 c.c.toutes les 2 keures jusqu\u2019à crise).En plus de la clinique, l\u2019encéphalographie gazeuse instruit, très souvent, sur la localisation de la lésion cérébrale; il en est de même de l\u2019électro-encéphalo- graphie.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 Un second tableau résume les principales données étiologiques de l\u2019épilepsie, et un troisième, les différentes présumées en regard des divers âges de la vie.Nous reproduisons le contenu de ces deux tableaux; ils sont instructifs.Ils sont de nature à classifier des faits dans l\u2019esprit et permettent d\u2019envisager avec plus de clarté l\u2019obscur problème de l\u2019épilepsie.L'auteur établit un groupe de phénomènes épileptiques qui seraient fonctionnels, sans lésion cérébrale; il comprendrait: l\u2019épilepsie dite idiopathique due à un trouble de fonctionnement du cerveau, sans plus; l\u2019épilepsie toxique et fébrile d\u2019origine extra-cérébrale; l\u2019épilepsie hypoglycémique et tout une catégorie de pathogénies diverses.Le second groupe comprend l\u2019épilepsie organique: tumeur endocranienne; cicatrice de traumatisme, d\u2019abcès; atrophie circonvolutionnelle par ischémie ou compression à la naissance; atrophie localisée par compression, infection ou obstruction vasculaire; kyste par occlusion d\u2019un vaisseau important, par hémorragie cérébrale.Ces différentes causes sont susceptibles d\u2019être traitées chirurgicalement.Mais l\u2019épilepsie peut aussi dépendre d\u2019une dégénérescence parenchymateuse, d\u2019une lésion congénitale (anomalie de développement cérébral), de troubles vasculaires (artério-sclérose, syphilis).Une épilepsie, qui apparaît durant les deux premières années de la vie, est habituellement ratta- chable, soit à un traumatisme obstétrical ou à une dégénérescence cérébrale congénitale.De 2 à 10 ans, il faut penser à une des causes suivantes: traumatisme obstétrical, traumatisme accidentel ultérieur, thrombose fébrile par déshydratation et hyperviscosité sanguine.De 10 à 20 ans, épilepsie idiopathique, tumeur endocranienne.De 20 à 30 ans; traumatisme, tumeur.De 30 à 50 ans: tumeur, traumatisme.De 50 à 70 ans: origine vasculaire et tumeur.Dans un dernier chapitre, l\u2019auteur étudie, tout particulièrement, le traitement chirurgical de l\u2019épilepsie.On ne doit pas opérer toute épilepsie.Dans de très nombreux cas, le traitement médical doit demeurer le seul: hygiénique et médicamenteux (Gar- denal ou Luminal, Mébaral, bromures, Dilantin).On opèrera les épilepsies par lésions cérébrales que nous avons déjà signalées plus haut.Les résultats ne seront pas toujours satisfaisants, même quand on aura enlevé la cause efficiente.L'expérience opératoire de l\u2019auteur lui permet d'attribuer une certaine importance causale aux traumatismes obstétricaux et aux lésions méningo-céré- brales s\u2019installant au cours des maladies fébriles de l\u2019enfance.Cette opinion de l\u2019auteur est en tout conforme à la doctrine des auteurs français, tout particulièrement, à l\u2019enseignement de Pierre Marie. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 319 PROSTATIDAUSSE À titre préventif : le Prostatidausse sera pris par tous les sujets avoisinant la cinquantaine, surtout s'ils présentent quelques troubles de la miction (dysurie légère, pol- lakiurie nocturne).(CHALONE TESTICULAIRE PROSTATOLYTIQUE) Traitement de l'hypertrophie de la prostate voie gastrique Échantillons et littérature sur demande Les Laboratoires DAUSSE, 4, rue Aubriot, PARIS, France.WW À titre curatif : il peut être utilisé à toutes les périodes de l'hypertrophie de de la prostate.LeProstatidausse ne provoque aucune reaction; il est bien toléré par l\u2019estomac et ne comporte aucune contre-indication, Représentants exclusifs: MM.HERDT & CHARTON, Inc., 2027, avenue McGill College, MONTREAL 320 En conclusion, P.conseille très justement de tou- Jours rechercher, chez un épileptique, la cause et l\u2019origine primitive de son affection.Travail instructif, édifié exclusivement sur des faits observés par l\u2019auteur dont l\u2019expérience, en cette matière est vaste.Roma AMYOT.DERMATO-SYPHILIGRAPHIE Paul F.BECHET.\u2014 Périphlébite nodulaire nécrosante.Essai de définition et de classification.\u2018Archives of Dermatology and Syphilology\", 41: 55 (anvier) 1940.Une des grandes fautes de la nomenclature der- matologique, c\u2019est la hâte avec laquelle on donne un nom nouveau à des symptômes anormaux d\u2019une entête bien connue.Malheureusement ces noms sont conservés pendant des années et ne servent qu\u2019à rendre les choses plus confuses.Tel est le cas du terme « périphlébite nodulaire nécrosante » introduit par Philipson en 1901.L\u2019A.croit pouvoir prouver que ce n\u2019est qu\u2019une forme anormale de la maladie de Bazin ou une tuberculide.Les symptômes de cette maladie sont constants toujours sur les jambes comme la maladie de Bazin, des nodules sous-cutanés arrangés en chapelet ou en ligne, de volume variable, parfois douloureux et de couleur variant du rose au violacé.Graduellement, ces nodules deviennent plus durs, plus foncés, puis diminuent et disparaissent laissant une pigmentation brunâtre.Plus rarement, ces nodules s\u2019ulcèrent et alors ne peuvent être différenciés de la maladie de Bazin.Souvent les nodules de la périphlébite nodulaire nécrosante apparaissent simultanément avec des nodules d\u2019érythème induré et disparaissent avec le traitement ordinaire de cette dernière dermatose.L'anatomie de la périphlébite nodulaire \u2018est intéressante et Philipson lui-même a fini par admettre la formation tuberculeuse de cette condition et de fait a réussi à tuberculiniser un cobaye, et a même démontré la présence de bacilles tuberculeux dans deux nodules, Certains dermatologistes de marque ont admis lu L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.mars 1940 similitude de ces deux maladies et entr\u2019autres High- man, McKee, Whitehouse, Wise, Fraser Maloney et Sulzberger.Enfin Philipson a reconnu la similitude des deux conditions.En conclusion l\u2019A.espère avoir prouvé la non-existence d\u2019une dermatose à la dénomination composée, simplifiant ainsi la nomenclature.F.-L.BOULAIS.LABORATOIRE T.WEINGERG.\u2014 Chorioépithéliome primitif de la vessie chez un homme.(Primary cho- rioepithelioma of the urinary bladder in a male.) \u201cAmer Journ.of Pathol.\u201d, 1939, 15.p.783.L'auteur rapporte l\u2019histoire clinique détaillée d\u2019un cas de chorio-épithélioma primitif de la vessie, survenant chez un vieillard de 70 ans.Il se présentait à l\u2019hôpital pour hématurie.pollakiurie, dysurie.Dé- cés par troubles cardiaques.L\u2019autopsie a décelé la présence d\u2019une tumeur occupant la plus grande partie des parois droite et postérieure de la vessie, avec nodules métastatiques pulmonaires, hépatiques, cérébraux (lobe occipital droit).Aucun nodule dans les testicules, les épidy- dimes, les canaux déférents, ni dans les vésicules séminales.L\u2019examen histologique de la tumeur vésicale, comme des métastases, démontra la présence de cellules de Langérhans, semblables à celles qu\u2019on trouve dans le placenta.Des réactions biologiques furent faites.Le test pour la recherche de l\u2019hormone gonadotrope dans l\u2019urine fut positif chez le rat et le lapin.Mais le test de l'hormone œstrogène demeura négatif.Des tests faits avec des extraits de métastases pulmonaires montrèrent également une activité gonadotrope ou œstrogène.Après une analyse critique des cas rapportés, l\u2019auteur conclut à un chorio-épithéliome vrai, se basant ét sur l\u2019image histologique et sur les réactions biolo- viques.Suit une discussion à propos de l\u2019origine de ces tumeurs, qu\u2019il considère comme provenant de vestiges dysontogénétiques des segments mésodermi- ques dorsaux.P-E.LAURIN. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, mars 1940 321 \u201c Un Chapitre Nouveau sur une preparation non-corrosive pour la 2 desinfection pré-operatoire des instruments _ La solution possède une grande valeur anti- \u2014 septique.\u2026elle détruit les bactéries et même | leurs spores (Surgery, Gynecology & Obstetrics, 1939, 69, 738-744).Par ses qualité \u201c non-corrosives elle prolonge d'une façon ap - préciable la durée des délicats instrument ~ d'acier\u2014diminue les replaquages fréquents | \u2014réduit au minimum le renouvellement des nstruments.L'économie réalisée sur les re ouvellements excède le coût actuel de ce ermicide économique et très efficace.Grâce aux facilités de fabrication du ger- icide & la formaldehyde de Bard-Parker u Canada, la profession peut maintenant btenir ce produit de grande valeur & un rix « considérablement réduit, | Demandez-le à à votre néreh and PARKER, WHITE &HEYL, INC.218 FRONT STREET, EAST TORONTO 2, ONTARIO, CANADA DANBURY, CONNECTICUT, U.S.Ape [ SOCIÉTÉS L\u2019 « Union Médicale du Canada » publie les comptes rendus scientifiques de toute société savante de langue française de l'Amérique du Nord.Ces comptes rendus doivent cependant être rédigés succinctement en dactylographie par les secrétaires respectifs et être adressés, sans retard, à la Rédaction.LA SOCIETE MEDICALE DE MONTREAL Rapport annuel du Secrétaire Général pour 19391 J'ai bien l\u2019honneur de vous présenter le rapport des activités de la Société Médicale de Montréal pour l\u2019année 19839.Sous l\u2019heureuse impulsion de son Président, M.Geo.-E.Mignault, l\u2019Exécutif a, je crois, pleinement réalisé le programme qu\u2019il s\u2019était tracé, au début de la présente année: « maintenir fidèlement et intégralement les traditions de la plus ancienne et de la plus importante société de médecine, dans notre ville, chez les Canadiens de langue française; continuer, comme par le passé, à donner des séances b?- mensuelles, le premier et le troisième mardi de chaque mois, alternativement à l\u2019Université et dans les Hôpitaux.» Si l\u2019on en juge par le nombre des membres qui assistèrent à nos séances \u2014 plus de 1,000 au cours de l\u2019année \u2014 et par la moyenne des présences \u2014 plus de 80 à chaque séance \u2014 on peut conclure que nos programmes ont su vous intéresser.Nous avons organisé, au cours de la présente année, 13 séances, dont 7 à l\u2019Université et 6 dans les Hôpitaux.Tandis que les séances universitaires étaient consacrées à l\u2019étude de l\u2019une des grandes questions de l\u2019actualité scientifique, les séances hospitalières, par contre, organisées plus spécialement pour le médecin en clientèle générale, donnaient, grâce à des présentations de malades et à des démonstrations pratiques bien faites, une image vivante de la clinique journalière.1.Rapport présenté lors de la dernière séance de l\u2019année 1939, le 19 décembre, à l\u2019hôpital de la Miséricorde, sous la présidence de M.Geo.-E.Mignault.Il y eut en tout 53 communications.Un coup d\u2019œil d\u2019ensemble sur les travaux de l\u2019année vous convaincra que, de toutes les grandes questions de Vactualité scientifique, c\u2019est la découverte des produits sulfamidés qui a retenu davantage l\u2019attention du médecin.Et comment peut-il en être autrement, si l\u2019on songe aux progrès vraiment extraordinaires que cette découverte a fait faire au traitement de la pneumonie, des méningites aiguës et de la blennorragie, et, dans le domaine de la médecine préventive, à la prophylaxie de la broncho-pneumonie, en particulier dans les collectivités de nourrissons.Pour vivre et se développer, une Société comme la nôtre doit maintenir ses traditions; mais elle doit, en plus, faire appel à la collaboration des jeunes.Et c\u2019est ce que nous avons fait au cours de la présente année, où les jeunes ont souvent été au programme, où 43 nouveaux membres titulaires ont été élus, ce qui porte le nombre de nos membres à 380.Nous espérons que l\u2019an prochain ce chiffre dépassera 400.Semblablement, afin d\u2019intensifier l\u2019intérêt de nos séances, la Société Médicale a fait récemment un pressant appel aux membres du Conseil de la Faculté de Médecine, aux professeurs titulaires qui, pour la plupart, dans le passé, ont été pour nous de précieux collaborateurs.Elle leur a demandé de continuer de venir à nos séances et à participer à nos tra- VAUX, Au cours de l\u2019année 1939, la Société Médicale de Montréal a perdu trois de ses membres les plus distingués: MM.Léo Gratton, Aldège Ethier et J.-E.Dubé.M.Gratton, médecin de l\u2019hôpital Général de Verdun, était le type achevé du médecin de __ rn \u2014 \u2014 re \u2014 } L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 | R S | LE X fa en en Ja 8 4e Je ee 24e en 9e 4e ne nn 29e 24 ne 0 vedo Pour favoriser une digestion stomacale complete Le Trisilex est un Trisilicate de Magnésie C.P.préparé spécialement pour combattre l'hyperacidité de l'estomac en favorisant une digestion stomacale complète.Maud a défini le Trisilicate de Magnésie comme étant un composé synthétique ayant pour formule Hy Mg, Sis O1 sous forme de cristallins de très petites dimensions colloïdales beaucoup plus petites en grosseur que celle du kaolin dans les variétés les plus raffinées que l'on puisse obtenir.Action de Trisilex: Le Trisilex possède de fortes propriétés antiacides et il agit de la manière suivante: Cette poudre en présence de l'eau réa- ait avec le suc gastrique normal (qui correspond à l'acide hydrochlorique n/20) et une réaction complexe se produit entre deux colloïdaux hydratés et deux électrolytes; a la température du corps il faut généralement 3 heures pour que le proces sus soit complet.La réaction se faisant in vitro d'après l'équation suivante: Ma:SisOgnH,O + 4HC1 = 2MgCl, + 3S1O3 + nH,O L'équilibre de l'acidité peut être calculé comme l'équivalent de la magnésie contenue dans le Trisilex, la moitié à peu près neutralisant rapidement le surplus d'acide gastrique tandis que l'autre moitié occasionne une neutralisation secondaire et lente pendant les quelques heures qui suivent.Au point de vue chimique, c'est la lenteur de la réaction qui est importante, la durée de l'action antiacide est approximativement égale à l'espace de temps requis pour la digestion gastrique.Toxicité: Le Trisilex n'est pas toxique et ne peut réduire l'acidité du suc gastrique en dessous de son point normal; si une trop grande dose est donnée il est éliminé par l'intestin.Le Trisilex étant insoluble, il ne peut augmenter la réserve d'alcali du corps; même une forte dose, pendant un temps prolongé, ne change pas l'acidité de l'urine.Indications Thérapeutiques: Le Trisilex est recommandé pour le traitement des ulcères peptiques, l'hyperacidité de l'estomac, les gaz d'estomac, vomissements chez les femmes \u2018enceintes, dyspepsie, ou autres cas de mauvaises digestions stomacales.Mode d'emploi: Une cuillerée à thé dans un demi-verre d'eau après les repas.Répétez après 1 heure si nécessaire.Préparé par CASGRAIN & CHARBONNEAU LIMITEE 30 EST, RUE SAINT-PAUL, MONTREAL doofrchr dredreh chereds tete fe ete ete fre chro cdr de clad cdot creda le ns le nf fs fi as fs fe 324 famille, modèle de conscience, de digmité et de dévouement à ses malades.MM.Aldege Ethier 2 et J.-E.Dubé 3 étaient des maîtres dont la parole faisait autorité.Tous deux furent des amis de l\u2019hôpital de la Miséricorde où nous sommes réunis ce soir.Le premier a rempli, pendant de nombreuses années, les fonctions de chirurgien-en-chef de cet hôpital.Le second, véritable apôtre en hygiène, a été l\u2019un des pionniers de la Crèche de la Miséricorde, et joua autrefois un rôle vmportant dans la lutte contre la mortalité infantile et le développement de la puériculture chez nous.Avant de terminer ce rapport très incomplet de nos activités, il me reste un agréable devoir à remplir: celui de remercier tous ceux qui ont aidé la Société Médicale à poursuivre efficacement son œuvre, qui est de maintenir parmi nous, dans notre ville le goût de l\u2019étude et de la recherche scientifique et, par là, de contribuer au développement de la Médecine Canadienne.Pour me conformer à une louable tradition établie par mes prédécesseurs, voici la liste des travaux scientifiques présentés à la Société Médicale au cours de l\u2019année 1939.lère SEANCE le mardi 17 janvier 1939 tenue à l\u2019Université de Montréal consacrée au \u2018\u2019DIABETE\u201d 1.Considérations sur l\u2019alimentation des diabétiques.M.Gabriel Lafresnière.2.Insuline et insuline-protamine-zinc.M.L-H.Gariépy.3.Les complications du diabète.M.C.-E.Grignon.2ème SEANCE le mardi 7 février 1939 tenue à l'hôpital Notre-Dame 1.Névrite rétro-bulbaire.\u2014 Sclérose en plaques mono-symptomatique.M.Roma Amyot.2.Syphilis et transfusion sanguine.M.Albert Bertrand.3.Sur les fractures du bassin.M.Jean Tremblay.2.Aldège Ethier (voir l\u2019Union Médicale du Canada, juillet 1939, p.697 et 699).3.J-E.Dubé (voir l\u2019Union Médicale du Canada.décembre 1939, p.1277 et 1285).L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 4.A propos d'un cas d\u2019insulino-résistance.MM.L.-H.Gariépy et L-C.Simard.5 Un cas rare de pseudo-hermaphrodisme.M.Paul Bourgeois.6.Nanisme hypophysaire et mitral.MM.A.De Guise, E.Ménard et G.Barry.3ème SEANCE le mardi 21 février 1939 tenue à l'Université de Montréal consacrée au \u201cCANCER DE L'ESTOMAC\u201d 1.Diagnostic clinique du cancer de l\u2019estomac au début.\u2014 Valeur de la gastroscopie.M.Saint-Jean Desrosiers.2.Radiodiagnostic précoce du cancer de l'estomac.M.Albert Jutras.3.Traitement chirurgical du cancer de l\u2019estomac.Les indications opératoires.M.Charles Lefrançois.4ème SEANCE le mardi 7 mars 1939 tenue à l'hôpital Général de Verdun 1.Formes cliniques du goitre.\u2014 Présentation de malades.M.Réal Doré.2.Un cas de syphilis viscérale.| M .Yves Lefebvre.3.Médication thyroïdienne et quotient intellectuel.M.Donat Voghel.5ème SEANCE le mardi 21 mars 1939 tenue à l'Université de Montréal consacrée aux \u201cMENINGITES AIGUES\u201d 1.Diagnostic des méningites aiguës.M.Jean Saucier.2.Séméiologie du liquide céphalo-rachidien dans les méningites aiguës.M.Armand Frappier.3.Traitement des méningites aiguës.W.Major.Willie 6ème SEANCE le mardi 18 avril 1939 tenue à l\u2019Hôtel-Dieu 1.A propos d\u2019un cas d\u2019arythmie cardiaque uvec bloc total transitoire.M.Rodrigue Lefebvre.2.Dermatoses usuelles.\u2014 Présentation de malades.M.Paul Poirier.3.L\u2019examen de l\u2019endocrinien.\u2014 A propos de deux cas d\u2019insuffisance ovarienne et pituitaire.M.Charles Nadeau.4.L\u2019alimentation et les besoins journaliers en vitamines.M.Gaston Gosselin.5.Les signes extra-oculaires dans les anomalies de la réfraction.M.L.de G.Joubert.6.Considérations sur le diagnostic du cancer par Pexamen du culot de centrifugation.M.Donald A.Hingston. OLEUM PERCOMORPHUM (Liquide) Flacons bruns de 10 et 50 c.c.en cartons à l'épreuve de la lumière.Pas moins de 60,000 unités de vitamine À et 8,500 unités de vitamine D (Internationales) par gramme.OLEUM PERCOMORPHUM (Capsules) Particulièrement commode lorsque vous prescrivez les vitamines À et D aux enfants plus âgés et aux adultes.La grossesse et l'allaitement augmentent le besoin de vitamine D, mais, par contre, comme ces états peuvent s'accompagner d\u2019un dégoût pour une grande quantité de matières grasses, les capsules d\u2019Oleum Percomorphum de Mead offrent le maximum de vitamine sans surcharger le système digestif.En carton de 25 et 100 capsules de gelatine, contenant chacune 10 gouttes solubles.Pas moins de 13,300 unités de vitamine À, et 1,850 unités de vitamine D (Internationales) par capsule.Les capsules contiennent plus que le minimum nécessaire pour usage prophylactique, afin d'assurer une marge de sûreté pour les cas exceptionnels.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 POUR PLUS D'ECONOMIE Le flacon de 50 ccd\u2019Oleum Percomor- phum est maintenant fourni avec le compte-gouttes « Vacap » enregistré.|| préserve de la poussière, de la lumière et de toute perte accidentelle de liquide, est incassable, et permet un égouttement régulier.Le flacon de 10 c.c.d\u2019Oleum Percomor- phum est encore livré avec le compte- gouttes ordinaire.Indications: Pour la prévention et le traitement du rachitisme, de la tétanie, et certains cas d\u2019ostéomalacie ; PRÉSENTE SELON pour la prévention d\u2019une dentition défectueuse occa- L'ÉTHIQUE PROFESSIONNELLE sionnée par la carence de vitamine D; pour les femmes enceintes ou qui allaitent, afin de contrôler le métabo- Nous avons choisi à dessein, pour ces produits, des noms classiques qui ne sont pas familiers aux profanes, ou, du moins qui sont difficiles à populisme du phosphore-calcium; pour développer la croissance des nourrissons et des enfants; pour augmenter la résistance générale diminuée par carence de vitamine À; lariser.Nous ne tentons aucun effort pour les invalides, les convalescents et les personnes pour mettre ces produits en vente * = re .\u2019 .x yz soumises & des régimes de restriction; pour la prévention en les mettant à l\u2019étalage ou sur le et le traitement des états de carence en vitamine A, y compris l\u2019xérophtalmie, et dans tous les cas où l\u2019huile de foie de morue est indiquée.à l\u2019intérieur de BELLEVILLE, ONTARIO comptoir.Ils sont annoncés à la profession médicale seulement et fournis sans posologie sur les étiquettes ou l'emballage.Des échantillons sont fournis seulement à la demande de médecins.Si vous approuvez cette pratique MEAD JOHNSON & CO.OF CANADA, LTD.spécifiez MEAD OLEUM PERCOMORPHUM Présenté selon l'éthique professionnelle Non annoncé au public 326 7ème SEANCE le mardi 2 mai 1939 tenue à l'Université de Montréal consacrée a la \u201cSYPHILIS NERVEUSE\u201d 1.Difficultés du diagnostic clinique de la syphilis nerveuse & son début.M.Antonio Barbeau.2.Sérologie du liquide céphalo-rachidien dans la syphilis nerveuse.M.Albert Bertrand.3.Méthodes actuelles de traitement de la syphilis nerveuse.M.Albéric Marin.8eme SEANCE le mardi 3 octobre 1939 tenue a 1'Université de Montréal consacrée au \u201cTRAITEMENT DE LA DOULEUR\u201d 1.Médicaments de la douleur.MM.J.-Roméo Pepin et René Dandurand.2.Physiothérapie de la douleur.M.Albert Jutras.3.Chirurgie de la douleur.M.Jean Panet-Ray- mond.9ème SEANCE le mardi 17 octobre 1939 tenue à l'hôpital du Sacré-Cœur 1.A propos du diagnostic de la tuberculose pulmonaire.\u2014 Présentation de malade.M.Fernand Hébert.2.Résultats de la cure sanatoriale M.J.-P.Pa- quette.3.Considérations sur la toux émétisante des tuberculeux.\u2014 M.J.-A.Millet.4.Traitement des adhérences pleurales par le procédé de Jacobaeus.M.Marcel Verschelden.5.Importance de la bronchoscopie en milieu sa- natorial.M.Maurice Bonnier.6.Indications de la lobectomie.\u2014 Présentation de malade.M.Georges Deshares.10ème SEANCE le mardi 7 novembre 1939 tenue à l'Université de Montréal consacrée aux \u2018\u2019ANEMIES\u201d 1.Morphologie du sang dans les anémies.\u2014 Importance de la ponction sternale.M.J.-L.Riopelle.2.Les syndromes anémiques.M.Roland Dussault.3.Traitement des anémies.M.Georges Hébert.1lème SEANCE le mardi 21 novembre 1939 tenue à l'hôpital Saint-Luc 1.Indications opératoires dans les traumatismes craniens.\u2014 Résultats.M.Jean Panet-Raymond.2.Syndrome gastrique.Poïkilodermie réticulaire.MM.Jean LeSage et Aimé Desforges.3.Un cas de kyste osseux du maxillaire.M.Louis Bernard.4.Deux cas de grossesse à terme avec oblitération du col.M.Alfred Le Roy.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 5.Hyperthyroïdie et radiothérapie.M.Paul Morin.6.Un cri d\u2019alarme.\u2014 A propos de l\u2019abus des barbituriques.M.Roméo Boucher.12ème SEANCE le mardi 5 décembre 1939 tenue à l'Université de Montréal consacrée à \u2018L'INFECTION GONOCOCCIQUE\u201d 1.Diagnostic bactériologique de l\u2019infection gono- coccique.M.Albert Bertrand.2.Méthodes actuelles de traitement de la blennorragie chez l\u2019homme.M.Lucien Sylvestre.3.Méthodes actuelles de traitement de la blennorragie chez la femme.M.Raymond Simard.13ème SEANCE le mardi 19 décembre 1939 à l'hôpital de la Miséricorde 1.Diagnostic des hémorragies de la grossesse.M.Hector Sanche.2.Ménorragies, métrorragies des jeunes filles et leur traitement.M.A.-Z Crépault.3.Sur la pyélonéphrite puerpérale.M.Alcidas Ricard.4.À propos d\u2019un cas de phlébite double au cours de la gestation.M.Hector Ricard.5.Essai de prophylaxie de la broncho-pneumonie dans les Crèches par les sulfamidés.M.Paul Leton- dal.Cette vue d\u2019ensemble de nos travaux montre que d'importants progrès ont été accomplis à la Société Médicale en 1939.Le Secrétaire Général, Paul LETONDAL.LA SOCIETE MEDICALE DE MONTREAL Séance du 5 décembre 1939 Tenue à l'Université de Montréal Présidence de M.Geo-E.Mignault + + Diagnostic bactériologique de l'infection gonococcique M.Albert BERTRAND M.Bertrand présente une étude critique des différentes méthodes de laboratoire qui permettent de faire le diagnostic bactériologique de l\u2019infection gonococcique.Contrairement à une opinion très répandue, il soutient que la morphologie et la coloration du gonocoque ne donne que des signes de probabilité. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 327 cp L'HUILE DE FOIE DE MORUE MEDICINALE NORVEGIENNE est contrôlée par l\u2019État norvégien.La Norvège est le seul pays au monde où, en vertu de la Loi, toute l\u2019huile de foie de morue exportée vers l\u2019étranger est obligatoirement contrôlée par l\u2019État.Toute expédition est accompagnée d\u2019un certificat de contrôle délivré par le Gouvernement norvégien.C\u2019est là une garantie à la fois pour le médecin et pour le malade.L\u2019Huile de foie de morue médiciñale norvégienne conserve en permanence ses propriétés exceptionnelles, parce qu\u2019elle est préparée, dans des conditions climatériques favorables, à partir de foies frais, quelques heures après que la morue a été capturée.De ce fait, l\u2019Huile de foie de morue médicinale norvégienne n\u2019a aucunement besoin d\u2019être soumise à des traitements artificiels, qui risqueraient d\u2019ailleurs de nuire à sa \u2018 bonne conservation.L'HUILE DE FOIE DE MORUE célèbre au monde MEDICINALE NORVEGIENNE, = = wi Pour plus amples renseignements, s\u2019adresser à : Reklamefondet for Norsk Medicintran, C.P.687, Oslo, Norvège. 328 Seule, dit-il, la culture sur les milieux sucrés permet d\u2019établir un diagnostic de certitude, de différencier les gonocoques des pseudo- gonocoques.Toutefois, la culture offre dans la pratique certaines difficultés techniques qui expliquent pourquoi on néglige souvent d\u2019employer cette méthode.La spermo-culture a fourni à certains médecins des renseignements précieux.D'autres, au contraire, n\u2019accordent aucune valeur à la méthode.L\u2019inoculation aux animaux de laboratoire n\u2019a donné que des résultats décevants.La gonoréaction est très prisée par certains auteurs à qui elle donne une forte proportion de résultats positifs.Il semble que la positivité de la réaction augmente, lorsque la maladie évolue vers la chronicité.Positive, elle est un signe de plus en faveur de l\u2019infection, mais elle n\u2019implique pas nécessairement l\u2019existence de la gonococcie, pas plus qu\u2019un B.W.positif, isolé, n\u2019est un signe certain de syphilis.Discussion M.L.-P.LEBEAU est d\u2019avis qu\u2019une coloration de Gram, pratiquée avec une technique rigoureuse, permet dans la plupart des cas d\u2019affirmer la présence ou l\u2019absence de gonocoque.Mais, ce que soutient M.Bertrand, est tout à fait troublant au point de vue légal.M.Rodolphe LALLEMAND parle en faveur de la gonoréaction, qui lui a rendu de précieux services, en particulier dans les arthrites.Il estime que cette réaction n\u2019est pas suffisamment employée et exprime le vœu qu\u2019elle devienne de pratique courante, aux laboratoires du gouvernement provincial, au même titre que la réaction de B.W.pour la syphilis.M.A.-Z.CREPAULT pose au rapporteur, à propos du diagnostic de l\u2019infection gonococ- cique, la question suivante: combien de temps faut-il au laboratoire pour donner une réponse dans un milieu hospitalier ?M.Hector SANCHE demande pour quelle raison chez la femme, le gonocoque se ren- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 contre plus fréquemment près de l\u2019urèthre qu\u2019au niveau du col utérin ?M.BERTRAND répond à M.Lebeau qu\u2019il a exposé la question du point de vue strictement scientifique.Il est évident, qu\u2019à l\u2019heure présente, on doit se contenter le plus souvent d\u2019un examen direct sur lame, mais, dans les cas difficiles ou douteux, il convient d\u2019avoir recours à la culture sur les milieux sucrés, qui seule permet au bactériologiste de faire un diagnostic de certitude.A.M.Lallemand, qu\u2019il est pleinement d\u2019accord avec lui sur l\u2019intérêt de la gonoréac- tion, qui devrait être plus largement employée.A M.Crépault, que s\u2019il s\u2019agit d\u2019une coloration sur lame, 10 à 15 minutes suffisent ; mais, s\u2019il s\u2019agit d\u2019une identification sur milieux de culture, 4 à 5 jours et plus sont habituellement nécessaires.A.M.Sanche, que cela est dû au fait que la flore microbienne, près de l\u2019urèthre, est moins abondante qu\u2019au niveau du col, où la présence de nombreuses variétés microbiennes rend le gonocoque plus difficilement reconnaissable.Méthodes actuelles de traitement de la blennorragie chez l'homme M.Lucien SYLVESTRE M.Sylvestre, se basant sur une statistique personnelle de 34 cas, rapporte les résultats qu\u2019il a obtenus dans le traitement de la blennorragie chez l\u2019homme par les sulfamidés.Il rappelle que les dérivés organiques du soufre sont rapidement absorbés.La plus grande partie du médicament est éliminée en 24 heures par les urines.Les sécrétions de la prostate, de l\u2019urèthre postérieure et de l\u2019urine acquièrent des propriétés bactéricides aux doses habituellement prescrites.Parmi les dérivés sulfamidés, le rapporteur donne sa préférence au 693 ou sulfa-pyridine qui, à la dose de 3 grammes par jour, lui a donné des guérisons en 8 à 9 jours dans 80 à 90% des cas.Tout en admettant la primauté de cette chimiothérapie par voie buccale, le rapporteur conseille néanmoins, chaque fois que cela est L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 329 TONIQUE DE L'ORGANISME REMINÉRALISANT \" RECALCIFIANT AMPOULES COMPRIMÉS GRANULÉ AGENT GENERAL: J.EDDE LY - MONTREAL TRÉPHONYL Sérum hémopoiétique - Foie fœtal - Tréphones embryonnaires FLACONS - AMPOULES SIROP Anémies intenses 1 à 2 ampoules par jour dans 1/4 de verre Convalescences d'eau, par voie buccale loin des repas.Déficiences organiques Troubles de la croissance 1 cuillerée à potage (enfants une cuillerée Allaitement à café) avant les trois principaux repas.Laboratoires du D' ROUSSEL, 97, rue de Vaugirard, PARIS Agents pour le Canada : J.EDDE L'¢, New Birks Bldg, MONTREAL 330 possible, d\u2019y associer un traitement local, soit sous forme de lavages urétro-vésicaux au permanganate de potasse, soit sous forme d\u2019injections urétrales à l\u2019argyrol ou à l\u2019acriflavine.Enfin, en présence de certaines complications de la blennorragie, on se trouvera bien d\u2019avoir recours à la pyrétothérapie.Discussion M.Paul BOURGEOIS n\u2019a obtenu de véritables guérisons avec les sulfamidés que dans 50% des cas.Il souligne la toxicité de la sulfa- pyridine, dont l\u2019emploi à dose thérapeutique doit être surveillé de très près par le médecin.Il arrive parfois, lorsqu\u2019il existe un calcul des voies urinaires, qu\u2019après 3 jours de traitement, le résultat soit nul.En pareil cas, il faut d\u2019emblée supprimer le médicament et ne pas s\u2019entêter.M.Alphonse BERNIER demande si les rechutes sont fréquentes avec les sulfamidés ?M.Rodolphe LALLEMAND, dans les cas rebelles, associe la pyrétothérapie à la sulfa- pyridine.M.SYLVESTRE répond à M.Bourgeois que les statistiques peuvent varier suivant la gravité des cas et la posologie employée.Se basant sur ce qu\u2019il a observé, il soutient que la sulfa-pyridine, à la dose de 3 grammes par jour, est relativement peu toxique.D'autre part, il est indéniable que, si après 3 Jours de traitement, les symptômes persistent, 1l est tout à fait inutile de continuer l\u2019emploi des sulfamidés.A.M.Bernier, qu\u2019il croit que les guérisons obtenues par cette nouvelle chimiothérapie sont le plus souvent définitives.On peut parler de rechute au bout d\u2019un mois, mais après 6 mois, il s\u2019agit indiscutablement d'une nouvelle contamination.Méthodes actuelles de traitement de la blennorragie chez la femme M.Raymond SIMARD M.Léon GERIN-LAJOIE présente le travail de M.Simard.Il insiste, avant de parler du traitement, sur les difficultés du diagnos- tie de la blennorragie féminine, à l\u2019état chronique.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 À cet égard, il décrit brièvement les petits signes fonctionnels qui la doivent faire soupçonner et inciter le médecin à la rechercher au cours de son examen.| Dans le service de gynécologie de l\u2019hôpital Notre-Dame, la médication par les sulfamidés est donnée systématiquement, dans tous lez cas de blennorragie, tant aigus que chroniques.C\u2019est la sulfa-pyridine qui est généralement employée, par voie buccale, à la dose de 19 grammes en 6 jours.Dans les cas aigus, les résultats favorables sont rapides et apparaissent généralement entre le 3e et le 4e jour du traitement.Dans les cas chroniques, l\u2019amélioration est beaucoup plus lente et varie suivant les localisations de l'infection gonococcique.De toute façon, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un cas aigu ou chronique, le repos au lit s\u2019impose.Et suivant l\u2019évolution et les formes anatomo- cliniques, on aura recours, en plus de la chimiothérapie spécifique par voie buccale, tantôt aux grandes irrigations au permanganate de potasse, tantôt à la physiothérapie, tantôt au traitement chirurgical.ELECTION DE MEMBRES MM.Paul DUMAS, Léon JOURNET et Gérard POUPART sont élus membres titulaires de la Société Médicale de Montréal.Le Secrétaire, Paul LETONDAL.SOCIETE DE GASTRO-ENTEROLOGIE DE MONTREAL Séance du mardi, 14 novembre 1939 Présidence de M.J.-A.Mousseau.Importance de l'exploration dentaire en pathologie digestive M.A.BELLEROSE M.A.Bellerose déplore, dès le début, le peu d\u2019attention apporté par les cliniciens au système dentaire des malades et surtout des « digestifs ».Chaque fois, dit-il, que la physiologie de la première étape de la digestion est trou- - | ll À Ÿ L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 331 RADIOSTOLEUM EN TEMPS DE GUERRE A cette saison de l\u2019année, à cause de la diminution de l\u2019ingestion des Vitamines À et D, le besoin de Radiostoleum se fait sentir, mais encore plus particulièrement en ce temps de guerre.La carence de Vitamine À est la conséquence de la désagrégation épithéliale et augmente ainsi le danger des infections microbiennes.Les premiers symptômes de cette insuffisance de Vitamine A, sont les troubles oculaires et une diminution de l\u2019acuité visuelle pour différencier certains objets dans la pénombre.Radiostoleum devrait être ordonné aussitôt qu\u2019apparaissent les premiers symptômes.Le traitement ne guérira pas seulement les troubles oculaires; il préviendra également l\u2019apparition de séquelles plus graves, telles que: la prédisposition aux infections microbiennes et aux caries dentaires et la croissance anormale du squelette.![ est très important, cependant, de ne pas attendre les manifestations de cette carence en Vitamine, et d\u2019administrer Radiostoleum régulièrement aux patients de tous âges, surtout aux femmes enceintes, aux enfants qui grandissent et à tous ceux qui sont sujets aux rhumes, à l\u2019influenza et autres maladies.Radiostoleum est en vente chez les principaux pharmaciens dans tout le Dominion ; renseignements complets fournis par: THE BRITISH DRUG HOUSES (CANADA) LTD.Terminal Warehouse Toronto 2, Ont.Rstm/Can./403 A Messieurs les Médecins MESSIEURS LES MÉDECINS La pharmacie d'ordonnances sont invités à connais ARTHUR HIRBOUR l\u2019ENCYCLOPEDIE \u2014 est tout indiquée MÉDICO - CHIRURGICALE pour la préparation de vos ordonnances AU SECRÉTARIAT dans l'après-midi 37 ans d'expérience comme de 2 à 5 heures pharmacie professionnelle.Nous n'employons que les produits chimiques supérieurs.vw Angle ST-DENIS & DE MONTIGNY 326 est, boul.Saint-Joseph, Montréal LAncaster 7356 \u2014 MONTREAL hee 332 blée, ce dérangement occasionne des troubles variés et nombreux.On peut d\u2019abord pécher par défaut de mastication, par tachyphagie.I] faut admettre que la vie moderne s\u2019ingénue à nous offrir des aliments qui n\u2019ont plus besoin d\u2019être mastiqués.L\u2019on peut aussi avoir des dentures dégarnies ou absentes.La mastication excite la sécrétion gastrique, la sécrétion d\u2019Hel qui possède, paraît-il, une propriété germicide remarquable, entre autres contre le streptocoque.La mastication jouerait également un rôle important dans la protection de la muqueuse gastrique contre l\u2019injure thermique, mécanique, clinique et microbienne.On a donc le droit de se demander si la tachyphagie et la négligence de mastiquer les aliments ne joueraient pas un rôle dans l\u2019étiologie de l\u2019ulcère ou de l\u2019entérite?En ce qui concerne maintenant les infections dentaires, carie et pyorrhée, il est prouvé qu\u2019à partir de ce foyer il peut se faire un essaimage toxique ou microbien, par voie sanguine, lymphatique, par la déglutition ou par propagation directe.Il peut s\u2019agir aussi de troubles réflexes sécrétoires ou péristaltiques atteignant tous les étages du tube digestif, et à point de départ dentaire, ou enfin, de toxémie atteignant le système endocrinien qui répondra en inhibant le jeu normal des sécrétions gastriques ou intestinales.Eustermann a remarqué, pour sa part, que bon nombre de troubles digestifs disparaissaient dès que l\u2019on supprimait l\u2019infection dentaire.M.Bellerose rapporte ensuite les expériences de Rosanoff qui a provoqué chez des animaux l'apparition d\u2019ulcères des muqueuses digestives, en injectant sous la peau de ces animaux un streptocoque particulier, isolé du pus dentaire.Smithies croit que ce mécanisme pathologique doit être invoqué chez l\u2019homme.Le rapporteur est tout à fait de l\u2019avis que le défaut de mastication et les infections dentaires ont joué un rôle dans la multiplication L\u2019examen de la denture doit devenir une routine pour le gastro-entérologue et le traitement L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 des dents doit être l\u2019un de ses premiers gestes thérapeutiques.La mastication, continue M.Bellerose, joue peut-être un rôle dans la conservation de la dent.Les Esquimaux et les Russes qui se servent de leur appareil dentaire à la fois pour se nourrir et pour tanner les peaux, ignorent la carie dentaire.Ce sont donc des fortunés de ce monde, puisque certaines compagnies d'assurance américaines et allemandes évaluent à quelque 800 dollars la valeur économique d\u2019une dent saine.Le rapporteur termine en émettant le vœu que les gouvernements allouent bientôt la forte somme pour l\u2019éducation du public en matière d'hygiène dentaire, et pour la correction d\u2019un état pitoyable de nos dentures nationales, état tristement révélé par les examens que l\u2019on a fait récemment subir aux recrues militaires, dont un seul homme sur 20 exhibait une denture passable.Discussion M.ST-JEAN DESROSIERS félicite M.Bellerose de l\u2019opportunité de sa communication; il se demande si la carie dentaire et les ulcérations gastro-intestinales ne seraient pas les effets d\u2019une seule cause relevant d\u2019un trouble du métabolisme calcique; 1l ajoute que la qualité de la nourriture des Esquimaux vaut peut-être plus pour la conservation de leurs dents que leur gymnastique masticatoire.M.J.-A.MOUSSEAU a été frappé de la fréquence impressionnante de la carie dentaire chez les jeunes.Quels pourraient être les facteurs inconnus qui concourent à une déminéralisation si précoce?M.A.JUTRAS avoue qu\u2019il a été surpris du fait que plus l\u2019on éduque le public à prendre soin de ses dents, plus la fréquence de la carie augmente.M.ROLLAND parle de la négligence de malades qui ne se préoccupent de faire traiter une dent cariée ou infectée dès le début du trouble et permettent ainsi la propagation du mal par contact direct d\u2019une dent à l\u2019autre.M.A.BELLEROSE cite à propos de la dé- _\u2014 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 333 CONSERVE sa puissance BACTERICIDE .en présence de matières organiques ® L'expérience a démontré que l\u2019antiseptique \u2018Dettol\u2019 est bien supérieur à l\u2019iode et aux antiseptiques phénoliques et crésyliques, surtout au cours des inter- dans la littérature médicale.Pour vous procurer des échantillons et des 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ALIMENT \u2014 TONIQUE \u2014 LIQUIDE 334 minéralisation, certains auteurs qui mettent la faute sur l\u2019épuisement en sels minéraux des terrains de culture située à proximité des agglomérations urbaines.Il a constaté, cependant, que chez les colons, dans les « pays d\u2019en haut », la carie dentaire est aussi marquée et aussi fréquente qu\u2019en ville.Il clôt la discussion en ajoutant que le métabolisme du Ca joue certainement un rôle dans l\u2019étiologie de la carie dentaire, mais un rôle que nos connaissances actuelles ne nous permettent pas d\u2019apprécier.\u2018\u2019Considérations sur le diagnostic et le traitement de l'ulcère gastro- duodénal pertore\u201d M.Paul MARCHILDON A propos du trépied clinique classique, il fait remarquer que le signe le plus sûr et le plus constant, c\u2019est le « ventre de bois » réalisé par la contracture abdominale, qui reste plus important que la notion de la douleur atroce, en «coup de poignard » et surtout plus constant que l\u2019histoire ulcéreuse antérieure.Il dit un mot des autres constatations objectives, disparition de matité hépatique, douleur et réplétion du Douglass, etc.Il insiste sur la variabilité de signe d\u2019atteinte de l\u2019état et sur les troubles subjectifs au point de vue traitement, il présente une statistique de Ross et Letour- neau qui rapportent 17% de mortalité sur 220 cas.Il discute brièvement les indications des diverses techniques opératoires; il précise la conduite à suivre au cours des diverses éventualités qui attendent le chirurgien aux prises avec un ulecus perforé.Il nous résume ensuite 4 observations personnelles.Les deux premiers cas sont classiques.Le 3e est plus rare.Il s\u2019agit d\u2019un malade arrivé à l\u2019hôpital dans un mauvais état général, avec une voussure de tout son abdomen supérieur, dont la paroi est tendue et eodématisée.Le bas abdomen est souple et normal.On retrouve dans l\u2019histoire de ce malade, un incident douloureux de l\u2019épigastre, vieux d\u2019un mois et plus, et qui a précédé d\u2019une semaine l\u2019apparition de la voussure.L\u2019incision est faite, libère 2 litres de pus, L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 contenus dans cet abdomen cloisonné.Grâce à un bon drainage, les suites opératoires sont très satisfaisantes.Le malade n\u2019avait pas d\u2019histoire antérieure et ne présenta pas de ventre de bois; on l\u2019opéra à cause de la douleur et l\u2019on fit une simple suture d\u2019un ulcère de la face antérieure de l\u2019estomac.Bonnes suites opératoires dans les 4 cas.M.Marchildon termine sa communication en insistant sur la netteté relative du tableau clinique et la nécessité de l\u2019intervention chirurgicale précoce.M.A.Jutras présente ensuite les clichés radiographiques des 3e et 4e malades présentés par le Dr Marchildon.Discussion M.P.LETENDRE s\u2019informe, si l\u2019on doit, devant un cas d\u2019inondation péritonéale par perforation d\u2019ulcus, faire le drainage sus-pu- bien ou par l\u2019incision opératoire?M.A.BELLEROSE fait remarquer que M.Marchildon a eu bien de la chance de tomber sur une série heureuse; au point de vue technique, il préconise la gastro-entérostomie dans les cas d\u2019obstruction pylorique; dans les cas sans obstruction, la simple suture et le drainage déclive lorsqu\u2019il y a péritonite.M.P.SMITH insiste sur les difficultés du diagnostic clinique et de l\u2019identification opératoire entre l\u2019uleus perforé recouvert et la suppuration sous hépatique d\u2019origine vésiculaire.Il attire l\u2019attention sur le fait que la perforation d\u2019un ulcus signifie souvent la guérison définitive.Il recommande la gastrectomie chez les perforés qui saignent abondamment et la gastro- entérostomie, lorsqu\u2019il y a obstruction pylorique.M.L.BERNARD a constaté que le diagnostic de l\u2019uleus perforé était beaucoup plus facile lorsqu\u2019on se débarrassait de tout le fatras de description classique pour se fier au signe capital de la contracture abdominale.I] insiste aussi sur la valeur du pneumo-péri- toine retrouvé aux rayons X, comme élément du diagnostic.L'idée dominante de l\u2019interven- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 385 SANATORIUM PRÉVOST INCORPORE ÉTABLISSEMENT DE PSYCHOTHÉRAPIE Magnifique situation au bord de la Rivière-des-Prairies, à proximité de Montréal.Parc de 600,000 pieds carrés.Tennis, billard, etc.Chambres pourvues de tout le confort moderne.TRAITEMENT INDIVIDUEL DES AFFECTIONS DU SYSTÈME NERVEUX par trois médecins spécialistes et un personnel expérimenté.Cure de repos Régimes.Électrothérapie.Rayons U.V.Hydrothérapie.Traitements spéciaux des toxicomanies (alcool, morphine, cocaïne).Malariathérapie et toutes pyrétothéra- pies.Prospectus sur demande.Personnel médical: Dr Edgar Langlois, médecin-directeur; Dr Jean Saucier; Dr Roma Amyot; Dr Charles-A.Langlois (électro-radiologie).4455 ouest, Boulevard Gouin, Téléphone: BYwater 1240 336 tion, termine-t-il, c\u2019est de sauver le malade «en bouchant le trou ».M.A.HEBERT, un rescapé de la perforation, vient ajouter son vivant témoignage du progrès de la chirurgie en cette matière.M.RICARD rappelle que l\u2019on a préconisé l\u2019ingestion de Ba pour faire le diagnostic de la perforation; il rapporte que certains chirurgiens de Toronto interviennent dans leurs cas de perforation en suturant la perte de substance et en refermant le ventre sans drainage.M.JUTRAS cite un cas où l\u2019administration du Ba, à un perforé, a donné un excellent résultat final, au grand soulagement du radiologiste.M.H.LACHARITE a eu une expérience moins heureuse dans les mêmes circonstances que celles rapportées par M.Jutras.M.J.-A.MOUSSEAU rapporte un cas de perforation d\u2019uleus dans les minutes qui suivirent l\u2019injection de Pantopon; il se demande le rôle qu\u2019a pu jouer le spasme qui suit souvent l\u2019administration de ce médicament.M.MARCHILDON souligne la difficulté du diagnostic différentiel, en certains cas, entre l\u2019uleus perforé et la pancréatite hémorragique; il est aussi d\u2019avis qu\u2019il faut gastrecto- miser les perforés qui saignent.Le Secrétaire des séances, Roger DUFRESNE.ee ++ REUNION SCIENTIFIQUE DU BUREAU MEDICAL DE L'HOPITAL SAINTE- JUSTINE Séance du 25 novembre 1939 Un cas de sclérodermie M.Henri BARIL Le docteur Henri Baril, bien que son nom ne soit pas au programme, veut bien nous présenter une fillette dont le cas est intéressant.Il s\u2019agit d\u2019une affection à début subit au cours de laquelle les téguments sont durcis (cuir chevelu et peau de la face); phénomène s\u2019étendant aux épaules et au thorax.Tous les mouvements sont conservés.La peau présente L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.mars 1940 la sensation d\u2019être infiltrée de paraffine (impression de sclérèse des nouveau-nés), ce qui en fait de la sclérodermie.Thyroide normale.Cette affection se voit chez les enfants au- dessous de trois ans, ordinairement.Le traitement par le gardenal, des frictions 10dées, des compresses chaudes et les extraits pluriglandulaires nous permet de constater une légère régression des symptômes observés.Le rapporteur soumet à l\u2019attention des médecins ce cas qui a été dépisté par le médecin visiteur de l\u2019école, le docteur Pellerin, qui le dirige à son médecin de famille, le docteur V.Archambault.Ce dernier l\u2019envoie au docteur H.Baril qui nous fait bénéficier de l\u2019expérience qu\u2019il en a retirée.Diagnostic et traitement de l'otite infantile M.J.-E.SAINT-ONGE Maniére de faire un bon examen du tympan, conditions à observer pour faire une parencentèse à temps et dans des conditions favorables pour éviter la complication de la mastoïde.Il y a deux types d\u2019otite: purulente et muco-purulente.La première commande une incision de la membrane tympanique pendant que l\u2019autre, jamais; il vaudra mieux traiter le rhino-pharynx.Une paracentèse faite dans de mauvaises conditions peut être dangereuse par les complications qui peuvent survenir.Dans la fièvre adénoïdienne au cours d\u2019une otite aiguë, le toucher rhino-pharyngien appuyé en faisant tomber la fièvre, prouve son origine adénoïdienne.Les otites intra-utérines sont presque toujours liées à la rupture prématurée des membranes.L\u2019étiologie et la production de l\u2019otite moyenne aiguë sont énumérées en détail.Il a aussi été démontré qu'il y a très souvent dans l\u2019oreille moyenne des nouveau-nés des mucosités et du pus, ces produits sont regardés comme le résultat de la rétrogradation du tissu gélatineux fœtal de la caisse.L\u2019otite latente, ses causes et ses conséquences, a été traitée avec beaucoup de dé- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN SANATORIUM 225, boulevard Laviolette Téléphone: A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.mars 1940- 33 Maison de - REPOS - REGIMES - CONVALESCENCE Affections nerveuses en général Maladies de lestomac et de [l\u2019intestin; surmenage, troubles de la nutrition.Neurasthénie, rhumatisme, artério-sclérose, intoxications (morphine, alcool, etc.).Psychothérapie, hydrothérapie, électrothérapie, rayons ultra-violets, etc., etc.PRIX MODERES\u2014Deux solariums, service d'ascenseur, etc.Les aliénés el les contagieux ne sont pas admis.© MEDECIN-DIRECTEUR: .Dr Charles de BLOIS DIRECTEUR-ADJOINT: .Dr Georges de BLOIS MEDECINS CONSULTANTS: Professeur Albert LeSAGE, Montréal; Dr Charlemagne BARIBEAU, Trois-Rivières; Dr J.-C.GELINAS, Trois-Ri- vières; Dr Benoît JACOB, Trois-Rivières; Dr Rob.VEIL- LEUX (Radiologiste), Trois-Rivières.PROSPECTUS SUR DEMANDE de BLOIS 3420 Trois-Rivières, Qué. 338 tails; des auteurs autorisés ont été cités qui ont constaté que les otites cliniquement latentes n\u2019ont en réalité qu\u2019une importance pa- thogénique très réduite.Des considérations sur les complications endocraniennes des otites ont été expliquées en détail: voies de diffusions des suppurations de l\u2019oreille moyenne vers l\u2019endocrâne qui ont causé diverses maladies cérébrales, localisations qui ne sont pas toujours faciles à préciser seulement par les symptômes extérieurs et pour lesquelles l\u2019intervention chirurgicale peut assez souvent procurer des réussites.Deux cas de mort par ces complications nous ont été cités, n\u2019ayant pas eu d\u2019autopsie de faite.Le diagnostic de tumeur et abcès cérébral a été donné seulement.En conclusion, le mécanisme de l\u2019infection des cavités auriculaires et les moyens de reconnaître par les symptômes extérieurs, les différentes localisations cérébrales ont terminé ce travail.Traitement post-opératoire des fissures palatines M.Edmond DUBE Le résultat opératoire, pour être utile, doit être complété par des exercices de prononciation.La phonétique accomplit le reste du travail et produit une amélioration considérable dans le parler du sujet.Laissé à lui-même, ce dernier ne peut prononcer certaines consonnes et peut être compris que très difficilement.Présentant deux cas, une fillette de cinq ans et un jeune homme de dix-sept ans, le docteur FE.Dubé en fait revenir tout le mérite à Mademoiselle A.Delorme, en charge de notre école de phonétique, qui a eu la patience de faire faire ces exercices aux enfants qui fréquentent les cours.Mademoiselle Delorme nous donne une démonstration de son travail en montrant les méthodes utilisées.Nous notons un parler presque normal chez la fillette et un véritable progrès chez l\u2019adolescent qui, auparavant, ne pouvait pas se faire comprendre.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, mars 1940 Ces cas nous seront montrés de nouveau à la fin de l\u2019année.Un cas de cancer primitif du foie chez un enfant de trois ans.M.Paul MARTIN Observation.Antécédents héréditaires ou personnels nil.Maladie actuelle sans aucun signe prémonitoire; apparition d\u2019une tuméfaction abdominale, accroissement volumétrique de l\u2019abdomen très rapide (15 jours) et présence dans l\u2019hypochondre droit, d\u2019une masse dure, mobile, de la grosseur d\u2019un pamplemousse.Affaissement profond de l\u2019état général.Pas d\u2019ictère ni décoloration des selles: température 103°.La laparatomie pratiquée révèle une tumeur faisant partie du foie, diagnostiquée sarcome du lobe carré.La mort survint quelque temps après l\u2019intervention chirurgicale.Diagnostic post-mor- tem: cancer primitif du lobe droit du foie avec métastases aintrahépatiques et pulmonaires.La projection sur écran d\u2019une photo nous laisse voir: un cancer massif occupant toute la moitié antérieure du lobe droit et des nodules secondaires dans la moitié postérieure.Les coupes histologiques illustrent admirablement la morphologie trabéculaire du néoplasme (travées, système circulatoire sinusoïdal et capillaires biliaires intratrabéculaires) et ses propriétés histo-physiologiques glycogéniques et surtout lipopexiques.La fonction biliaire est abolie et le néoplasme se rattache par ce côté-ci à des foyers dysgénétiques dépourvus de cette fonction et des caractères portobi- liaires (pas de veine porte ni de canaux biliaires, lesquels sont situés en bordure du massif principal).Il s\u2019agit donc d\u2019un cas démonstratif et original d\u2019épithélioma trabéculaire typique au point de vue morphologique, doué de propriétés histo-physiologiques endocrines glycogéniques et lipopexiques, dépourvu de sa fonction exocrine biliaire et rattaché par ce carac- tere a un lobe aberrant dysgénétique congénital. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BurrETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 \u201cTortement recommandée par la Faculté mu Yo 7 MS CÉLESTINS contre LE RHUMATISME, L'\u2019ARTHRITISME, LA DYSPEPSIE ET LES AFFECTIONS VESICALES, \u2018ull L'embouteillage | sur place est contrôlé par l'état français 339 d \\ , \u2018 Pour onner a vos receptions un cachet de délicatesse, SERVEZ les FANTAISUES 4141, rue Saint-André A Tél.: FRontenac 3121 LIMITEE 340 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LLF.A.N.\u2014 Montréal.mars 1940 Encéphalopathies infantiles M.Jean SAUCIER Le rapporteur entend par là des troubles psychiques et neuro-pathologiques chez les enfants, comprenant l\u2019insuffisance intellectuelle, l\u2019imbécillité, l\u2019idiotie.Sous cette rubrique, il comprend (par tradition) des manifestations de la première enfance, déterminées par des atteintes morbides ayant précédé, accompagné ou suivi de près par la naissance.Arbitrairement, le rapporteur omet les maladies familiales, les maladies nerveuses de la deuxième enfance et les convulsions infantiles qui constituent des chapitres spéciaux.Etiologie.A.Avant la naissance: hérédité, consanguins, tarés, intoxications professionnelles, alcool, incidents de la grossesse, traumatismes pouvant causer l\u2019avortement, syphilis (notons que la syphilis dite héréditaire est en définitive une syphilis acquise).B.Pendant la naissance: traumatismes obstétricaux, asphyxie, hémorragie, prématura- tion.C.Après la naissance: ictère grave des nouveau-nés, encéphalites aiguës et tout traumatisme cranien.Formes (au nombre de quatre) : À.Striée et sous-thalamique.B.Atonique.C.Cérébelleuse.D.Spasmo-paralytique, cette dernière fréquente.Les quatre peuvent s\u2019accompagner de convulsion, hydrocéphalie.Seuls les syndromes spasmo-paralytiques nous intéressent présentement.1.Hémiplégie cérébrale infantile.2.Little.1.L\u2019hémiplégie cérébrale infantile est habituellement d\u2019origine syphilitique et la localisation est au faisceau pyramidal.Les symp- tomes sont les mêmes que chez l\u2019adulte.2.Le syndrome de Little devrait s\u2019appeler diplégie cérébrale infantile.L\u2019étiologie comprend toutes les causes et surtout les traumatismes obstétricaux et la syphilis.La pathogénie: atteinte bilatérale du cortex avec dégénérescence du faisceau pvramidal des deux côtés.Forme cérébrale et médullaire.Localisation: lobules paracentraux.Signes: atteinte surtout des membres inférieurs (en ciseaux) ; rigidité, troubles trophiques, arrêt de développement des membres inférieurs, rétraction (amyotrophie), troubles vaso-moteurs, cyanose et hypothermie.Evolution: variable.Un mot enfin des lésions qui le provoque.A.Méningite chronique: pie-mérite (prolifération du tissu conjonctif).B.Méningo-encéphalite chronique (adhérences et symphyses).{ C.Sclérose hypertrophique, tubéreuse.D.Sclérose cérébrale atrophique.E.Porencéphalie.F.Agénésie.G.Lésions typiquement syphilitiques.H.Lésions secondaires de dégénérescence qui atteignent le cervelet.Ces lésions surviennent dès la tendre enfance et sont d\u2019ordre syphilitique surtout.En terminant, le docteur J.Saucier nous dit un mot du traitement qui est orthopédique et spécifique.-_ -\u2014\u2014 \u2014_ L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 341 ARTICHOBYL Extrait de feuilles d'Artichaut STIMULANT DES FONCTIONS HÉPATIQUES ET RÉNALES 4 à 6 pilules par jour FLACON DE 50 ET DE 500 DRAGÉES DOSÉES À 0.10.SULFORAZINE DISSOLVANT DE L'ACIDE URIQUE ET ANTISEPTIQUE URINAIRE 1 à 2 cuillerées à thé à chaque repas Granulé effervescent FLACON DE 95 ET FLACON DE 200 GRAMMES.J.EDDÉ, Limitée, NEW BIRKS Bidg., MONTRÉAL - Tél: LA.2421 AMherst 8900-3733 MONTY, GAGNON & MONTY Ambulances de luxe, chauffées Transport des malades à la ville et à la campagne.Service prompt et sûr.® Pompes funèbres © Salons mortuaires Salons mortuaires: 1926, To Elessis Ambulanciers de l'Hôpital Notre-Dame reste toujours un médicament de choix pour le traitement scientifique de la .COQUELUCHE .Le Pavéral est journellement prescrit avec succès pour les cas de coqueluche et des toux Coqueluchoides.\u2014 Ne cause ni intolérance, ni complication.e Littérature sur demande.* AGENTS CANADA DRUG.CO.MONTREAI NOUVELLES BANQUET ANNUEL DE LA SOCIETE MEDICALE DE MONTREAL Le 6 février, le banquet annuel de la « Société Médicale de Montréal » eut lieu au Cercle Universitaire.Une centaine de médecins furent convives à ce banquet qui avait été organisé non seulement en vue d\u2019une plaisante réunion de collègues, mais surtout dans le but de renforcer, autour de la « Société Médicale de Montréal », l\u2019esprit de solidarité du corps médical de Québec, tout particulièrement de la région de Montréal.Des diplômes honoraires furent décernés à des praticiens modestes, mais éminemment distinguées et honorables; on nomma des membres régionaux.On voulut ainsi reconnaître le mérite qui ne fait pas étalage; on désira s\u2019adjoindre la collaboration des médecins des centres ruraux.De nombreux discours furent prononcés.Nous en publions quelques-uns dans la présente livraison de l\u2019Union Médicale.On lira avec intérêt l\u2019allocution de notre doyen, le Prof.Albert LeSage.Elle est, en effet, une édifiante leçon d\u2019histoire, de notre histoire; leçon d\u2019énergie, de confiance, de devoir pour ceux qui survivent, leçon de gratitude à l\u2019égard de ceux qui sont disparus dans la mêlée.La spirituelle causerie du docteur Philippe Panneton ne manqua pas d\u2019amuser l'assistance.Nous aurions aimé la publier.Pour des raisons incontrôlables, nous ne pouvons aiguiller vers nos lecteurs les fusées d\u2019humour que le docteur Panneton lança en direction de ses collègues du banquet.Le banquet annuel est maintenant une coutume de la « Société Médicale ».Son protocole en est fixé.Nous félicitons de tout cœur ceux de nos confrères qui s\u2019efforcent de faire de cette Société, la plus importante de nos sociétés savantes de Montréal, une institution vivante, fréquentée et utile à l\u2019instruction et à la coopération de ses membres.è-e.+4 ELECTIONS A LA SOCIETE MEDICALE DE QUEBEC Les officiers élus pour le terme 1940 lors de la séance régulière de janvier sont les suivants: Dr Eugène Bissonnette, réélu président pour un troisième terme; Dr Rosaire Rainville, élu premier vice-président; Dr Marcel Langlois, élu second vice-président; Dr Paul LaRochelle, réélu trésorier pour un troisième terme; .rr , .- Dr C.-A.Gauthier, réélu secrétaire pour un sixieme terme.2e ++ LE PROFESSEUR J.-E.DUBE 18/1/40, Paris.Mon cher Doyen et Ami, Le Professeur Hartmann, Président de l\u2019Association pour le Développement des Relations Médicales entre la France et les Pays Etrangers (A.D.R.M.), dont j'ai l'honneur d\u2019être l\u2019un des Vice-Présidents, m\u2019a confié la mission d\u2019exprimer à nos collègues du Canada la reconnaissance que nous garderons fidèlement à notre regretté ami, le Professeur Du- bé, qui a si noblement et si largement contribué, ainsi que je l\u2019ai rappelé dans le court article nécrologique que j'ai pu lui consacrer dans La Presse Médicale, à rendre de plus en plus étroits les liens qui unissent le Canada à la France sur le domaine des études et des sciences médicales.Dubé fut l\u2019initiateur de la création d\u2019une filiale de l\u2019A.D.R.M.au Canada; ce fut sous L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 343 INDICATIONS ANGINES, GINGIVITES, STOMATITES AMYGDALITES, RHINO-PHARYNGITES CHAQUE PASTILLE EQUIVAUT A UN GARGARISME \u2014 Posologie \u2014 \u2014 Présentation \u2014 6 à 10 pastilles par jour Boîte de 40 pastilles { LABORATOIRES POULENC FRERES DU CANADA, Lise | 204, Place Youville - - Montréal. 344 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 sa présidence que se tint, le 17 avril, 1931, la séance de fondation de la section canadienne de l\u2019'A.D.R.M.MM.les Professeurs Rousseau et Harwood, dovens de la Faculté de Québec et de Montréal, Martin et Primrose, doyens des Facultés de l'Université MeGill et de l\u2019Université de Toronto, furent les Présidents d'Honneur de cette Association dans laquelle figuraient les noms de la plupart des Professeurs, et dont les Vice-Présidents furent le Professeur Dagneau, de Québec, le Dr Des- loges, de Montréal, et le Dr Valin, d\u2019Ottawa.Dubé poursuivit, avec ténacité, son œuvre dont le but essentiel était, en réalité, une véritable propagande en faveur de la médecine française.Il fut un de ceux qui contribuèrent le mieux à conseiller aux jeunes boursiers canadiens-français de venir travailler en France.Dubé pensa que cette propagande ne devait pas rester limitée au domaine, s1 vaste pourtant, du Canada, mais qu\u2019elle devait s\u2019étendre aux Etats-Unis.J\u2019ai conservé de nombreuses lettres qu\u2019il m\u2019écrivit à ce sujet et qui sont les témoignages les plus manifestes de son inlassable activité pour atteindre ce but.Lié par une franche amitié avee le Dr Smithies, de Chicago, il put trouver en cet éminent collègue un ardent collaborateur, et il eut la satisfaction profonde d\u2019assister à la fondation aux Etats-Unis, en 1932, d\u2019une filiale de l\u2019A.D.R.M.dans laquelle figuraient les noms de quelques-uns des plus grands maîtres de la médecine américaine.Comment les Français pouvaient-ils ne pas s\u2019incliner avec gratitude devant la tombe de ce grand Canadien français qui a servi la mère-patrie avec un si filial et si bienfaisant attachement! J\u2019ai été très ému, mon cher doyen et ami, lorsque le Professeur Hartmann me confia la mission d\u2019assurer nos collègues canadiens de la reconnaissance que l\u2019A.D.R.M.gardera tou- Jours au cher ami Dubé.Croyez, mon cher et bon ami, à mes sentiments fidèlement affectueux et dévoués.Emile SERGENT.Note.\u2014 Je reçois du Professeur Sergent, lu lettre qu'il m'adresse au nom de l\u2019A.D.R.M.Je m'empresse de la publier et de lui en exprimer, ainsi qu\u2019au professeur Hartmann, notre vive reconnaissance.Albert LeSAGE.NOMINATIONS Le docteur Arthur Leclerc, de Québec.vient d\u2019être nommé président du comité médical de la Commission des accidents du travail, succédant ainsi au docteur J.-L.Leblond.Le docteur Camille Simard devient premier assistant du docteur Leclerc.Le docteur J.-E.Bélanger, ancien président du comité médical, fut nommé médecin expert auprès de la Commission pour les malades dont le cas relève de la cédule n° 2.Le docteur Edmour Perron a été maintenu comme représentant de la province de Québec dans le Comité Exécutif de l\u2019Association des Radiologistes du Canada.4-6 ++ CONDOLEANCES A MM.HERVE ET EMILE LEGRAND = Nous offrons nos plus sincéres condoléances aux docteurs Legrand qui viennent de perdre leur mère.UN GRADE MILITAIRE AU DOCTEUR L.-M.EMARD Le docteur L.-M.Emard, directeur de lhô- pital Notre-Dame, vient d\u2019être promu au ministère de la Défense nationale, à Ottawa.On sait que le Dr Emard est major dans le corps médical de l\u2019armée canadienne.Il sera attaché au district médical n° 3 comme officier en charge des appareils et remèdes médicaux de toutes les forces expéditionnaires \u2018anadiennes.Sa fonction constituera à organiser tout ce qui concerne la médecine (soins pour blessés, bandages, équipements des hôpitaux militaires, ete.).Les autorités de l'hôpital ont accordé.en l'occurrence, un congé au docteur Emard tant aque ses services seront requis durant les hostilités.\u201ca TE ET ey \u2014\u2014T wy CP 2 © ony fe ve a = L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.mars 1940 345 IMPRIME, RELIE, Les UNIVERSITÉS CATHOLIQUES Leurs gloires passées Leurs tâches présentes par le père Ceorges SIMARD, o.m.i membre de l'Académie canadienne Saint- Thom=< d\u2019Aquin.Ouvrage in-douze de 128 pages comprenant deux études: 1° Les universités dans l\u2019Église; 2° La doctrine catholique et les universités.« L\u2019auteur distingué de cet ouvrage n'a pas besoin d\u2019être présenté au lecteur.« Professeur aux Facultés ecclésiastiques de I\u2019'Université d'Ottawa, le révérend père Ceor- ges Simard, o.m.i.,, est considéré à bon droit comme l\u2019une des plus brillantes gloires de cette institution.«On trouve dans ces études sur les Universités des aperçus lumineux, des vues pénétrantes, originales, traduites dans un style souple, où ne manquent ni le relief, ni l\u2019expression nerveuse, ni l'élégance.Certains points secondaires, touchés en passant par l'auteur, peuvent sans doute prêter, de la part d\u2019esprits querelleurs, à la discussion.Mais on est heureux d'admirer l'intelligence peu commune dont le père Simard fait preuve, et la : : dialectique courageuse sur aquelle il appuie mE ) ., ses jugements.LA CRIÉE.Henri Julien «L'une des préoccupations dominantes du révérend père Simard est de montrer à ses lecteurs quelle importance croissante prennent C A | A LO G U E VV E N D 4 aujourd'hui les sciences physiques et expé- y { rimentales, et quelle large place il convient de leur faire dans les programmes de l\u2019ensei- ° .° # { nement.| les Éditions qui lui sont confiées « L'avenir lui \u2018inspire \u201cpleine confiance.« L\u2019Université, dit-il, a pris de l\u2019allure et elle \u2014\u2014 { s'apprête à de nouvelles ascensions.» La lecture de ce livre s'impose à tous ceux qui se soucient de la cause française et catho- » t liqgue en Amérique.PRIX: L'EXEMPLAIRE, $0.60 Librairie BEAUCHEMIN Limitée \u2014 430, rue Saint-Gabriel, MONTREAL \u2014 Téléphone: LAncaster 4236\" te aad OB oad 346 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 NÉCROLOGIE ee ee LE DOCTEUR J.-A.AMYOT Le docteur J.-A.Amyot est décédé, à Ottawa, à l\u2019âge de 72 ans, le 13 février.Le défunt avait été sous-ministre de la santé au gouvernement fédéral de 1919 à 1933, date où il prit sa retraite.Le docteur Amyot fut l\u2019un des pionniers dans l\u2019établissement des sys- témes de filtration de l\u2019eau dans les villes et dans la pasteurisation du lait.On lui attribue également la réalisation, à Toronto, du premier laboratoire d\u2019hygiène publique de l\u2019Amérique du Nord, en 1890.Durant la guerre de 1914-18, le défunt fut nommé officier commandant de la section d'hygiène des forces canadiennes en Angleterre puis consultant, en hygiène, en France.LE DOCTEUR C.-T.GERVAIS Le docteur C.-T.Gervais est décédé à Ber- thier, le 18 février, à l\u2019âge de 71 ans.Le défunt avait été reçu médecin en 1893.Il avait été maire de Berthier pendant plusieurs années, secrétaire du comté pendant 41 ans et député libéral de Berthier au Parlement fédéral de 1917 à 1930.Nous offrons à son fils.le docteur Paul Gervais de Berthier, l\u2019expression de notre plus vive sympathie.REVUE DES LIVRES Exposés annuels de Biochimie médicale.Publiés sous la direction de M.POLO- NOVSKI.(Masson et Cie, éditeurs, Paris.) M.Polonovski, professeur de Chimie médicale de la Faculté de médecine de Paris, a organisé, l\u2019an dernier, des cours de perfectionnement où furent traités les principaux problèmes biochimiques, Ces leçons sont rassemblées dans ce premier volume d\u2019une série qui, nous l\u2019espérons, sera continuée malgré la guerre.Ces conférences correspondent à une grande revue de toute l\u2019actualité biochimique faite par des Maîtres de haute réputation.Il suffit de lire la table des matières pour en être frappé: M.Polonovski: l\u2019amoniurie et l\u2019ammonié- mie.E.J.Bigwood: Le mécanisme des réactions d\u2019oxydation dans les organismes vivants.R.Wurmser: Les potentiels d\u2019oxydo-ré- duction des systèmes biologiques.P.Fleury: Les diastases, notions sur leur cinétique.M.Javillier: La vitamine À (axérophtol) et ses provitamines.P.Boulanger: Les vitamines B.R.Wolff: Les hormones antéhypophysaires.E.Aubel: Transformation du glycogéne en acide lactique dans le muscle.C.Sannié: Le métabolisme de l\u2019organisme cancéreux.M.Machebœuf: Protéides du sérum sanguin.Aperçus physicochimiques sur les œdè- mes.M.Machebœuf: Les lipides et les substances lipoïdiques du sérum sanguin.Les cénapses lipidoprotéiques.Quelques aperçus sur les lipémies.Ch.O.Guillaumin: Le métabolisme du calcium, physiologie.Technique de la mesure; leur application au diagnostic.M.Polonovski: Les méthodes d\u2019adsorption en biochimie; la chromatographie.Toutes ces questions: catalyseurs biochim1- ques (vitamines, diastases, hormones) ; phénomènes d\u2019oxydation; constituants du plasma sanguin (protides, lipides) ; métabolismes divers (calcium, glycogène, celui de l\u2019organisme cancéreux) sont du plus grand intérêt médical.Paul RIOPEL. BIBLIOGR A PHIE Les Maladies du Larynx.Clinique et thérapeutique.Par G.CANUYT, professeur de Clinique Oto-Rhino-Laryngologique à la Faculté de Médecine de Strasbourg; avec la collaboration de MM.TRUFFERT, Ancien Chef de Clinique à la Faculté de Médecine de Paris, Oto-Rhino-Laryngologiste de l'hôpital Bon-Secours de Paris, et TAR- NEAUD, Oto-Rhino-Larynaologiste de l'hôpital Bellan et du Conservatoire National de Musique de Paris, et le concours de Ch.WILD, Ancien Chef de Clinique à la Faculté de Médecine de Strasbourg, Oto- Rhino-Laryngologiste de Policlinique à l'Hôpital Civil de Strasbourg.Un volume de 814 pages avec 326 figures et 10 planches en couleurs.Broché: 240 fr.; Cartonné toile: 270 fr.Masson et Cie, éditeurs, libraires de l'Académie de Médecine, 120, boulevard Saint-Germain, Paris.Dans cette série et sous cette même forme ont déjà été publiés: un Traité des maladies du pharynx par G.Canuyt, un Traité des maladies de l\u2019æsophage et un Traité des maladies des fosses nasales par J.Terracol, de Montpellier.Ce nouveau livre est avant tout un Traité de laryngologie (Clinique et thérapeutique) qui fait suite au Traité des maladies du pharynx.Comme lui il est destiné aux laryngologistes praticiens.Pour mener à bien la rédaction de ce volume, le professeur Canuyt a eu recours à la collaboration de laryngologistes particulièrement désignés par leurs travaux et leur compétence.Au docteur Truffert, qui avait publié avec le professeur Sébileau un livre sur le carrefour aérodigestif qui fait époque, ont été confiés les importants chapitres sur les traumatismes du larynx, les suppurations laryngées et périlaryngées et celui des paralysies laryngées.Dans un Traité des maladies du larynx, les maladies de la voix doivent tenir une grande place; il a été fait appel pour cet exposé au docteur J.Tarneaud, qui s\u2019est consacré depuis de nombreuses années à la phoniatrie.Le docteur Charles Wild, de son côté, a participé à tout instant à l\u2019élaboration et à la | rédaction du Traité.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 ALL-BRAN de Kellogg active l'élimination et améliore la tonalité intestinale parce qu'il fournit le \u2018volume\u2019 et la vitamine B Fabriqué par Kellogg à London, Canada.\u2014\u2014_, Jia, Helloz 9d ALBRAN FLAVORED WITH MALT SUGAR AND SALT for DUE TO DIET DEFICIENCY OF \"BULK\" KELLOGG COMPANY OF CANADA, LTD.LONDON,ONT.i 348 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1940 \u201cA.P.L.\u2019\u2019- TRAITEMENT DE LA MÉNORRAGIE Dans le traitement des hémorragies abondantes survenant lors de ou de ses annexes.\u201cA.P.L.\u201d\u201d \u2014 No 488 100 unités internationales au c.c.En flacons de 10 c.c.° vienne normal.\u201cA.P.L.\u201d \u2014 No 500 500 unités internationales au c.c.En flacons de 5 et 10 c.c.MONTREAL la menstruation, l\u2019A.P.L.est indiquée si le cycle menstruel est autrement normal et s\u2019il n\u2019existe aucune lésion physique de l\u2019utérus Posologie: 200 à 500 unités internationales d\u2019A.P.L.par jour pendant quatre jours consécutifs, à partir du quatorzième jour après la fin des dernières menstrues.Il est nécessaire parfois de poursuivre cette thérapeutique durant quelques mois avant que le fonctionnement du corps jaune ne rede- AYERST, McKENNA & HARRISON LIMITÉE Biologistes et Pharmaciens CANADA Tous les chapitres d\u2019anatomie pathologique ont été écrits sous la direction du docteur Géry, professeur d\u2019Anatomie pathologique.Le docteur Gunsett, directeur du Centre anticancéreux, de Strasbourg, a rédigé le traitement des tumeurs, en particulier des tumeurs malignes du larynx par les agents physiques; il marque les résultats remarquables obtenus dans le cancer du larynx par la radiothérapie profonde.Le professeur Rebattu, de Lyon, disciple de Garel et de Collet, était tout désigné pour rédiger les laryngites chroniques.Dans des pages pleines de substance, il a clarifié cette question complexe.La laryngoscopie directe doit faire partie actuellement de la vie journalière du laryngologiste, surtout lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019examiner le larynx des enfants et des nourrissons.Le docteur Haslinger a été chargé de rédiger ce chapitre de la laryngoscopie directe et d\u2019exposer sa technique simple et logique.Le professeur Ségura, chef de l\u2019Ecole de Buenos-Ayres, a écrit les laryngites grippales.Le professeur Rohmer, directeur de la clinique des maladies des enfants, était tout indiqué par sa grande expérience pour présenter la laryngite diphtérique.Le docteur Robert Rendu, de Lyon, s\u2019est passionné pour l\u2019étude des laryngocèles.C\u2019est dire le grand intérêt que présente le chapitre qu\u2019il a écrit dans ce Traité sur ce sujet.Cette étude est d\u2019autant plus instructive et attrayante qu\u2019elle est basée sur des recherches importantes d\u2019anatomie comparée.Le chapitre de la tuberculose du larynx est signé du professeur Canuyt et du docteur Didier, de Lille, dont les planches en couleurs dessinées par lui-même sont d\u2019une exactitude remarquable.Ce Traité des maladies du larynx a été écrit avec le souci constant de la clinique.Malgré leur admiration pour les merveilleux progrès réalisés en laryngologie par la radiographie, la tomographie, la stroboscopie et les méthodes de laboratoire, les auteurs ont tenu à insister sur le fait que notre diagnostic doit être le résultat de tous les moyens dont dispose la clinique."]
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