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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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L'union médicale du Canada, 1940-04, Collections de BAnQ.

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[" BULLETIN TROIS-RIVIÈRES SIÈGE DU PROCHAIN CONGRÉS DE L'ASSOCIATION DES MÉDECINS DE LANGUE FRANCAISE DE L\u2019AMERIQUE DU NORD Comme il a été annoncé précédemment, le XVIe Congres de l'Association des Médecins de Langue Française de l'Amérique du Nord se tiendra, aux Trois-Rivières, les 9, 10, 11 et 12 septembre prochain.Trois-Rivières est sise au confluent du Saint-Laurent et du Saint- Maurice, en plein centre de la province de Québec.C\u2019est la clef de la Mauricie, pays de l\u2019étendue de la Belgique, comptant au delà de dix mille lacs poissonneux et d\u2019immenses forêts riches de gibier. 350 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LF.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 D'une population de 40,000 habitants, c\u2019est une des plus anciennes villes du Canada.Fondée en 1634 par le Sieur de Laviolette, elle possède une histoire liée aux aventures chevaleresques des grands explorateurs et pionniers de l\u2019Amérique du Nord.Pour en nommer quelques-uns, citons les noms de Nicolet, Radisson, Desgrosselliers, Pepin et La Vérendrye ; des missionnaires tels que Duplessis, Buteux, Le Jeune, Marquette.Encore aujourd\u2019hui, nous pouvons admirer de par la ville les précieuses reliques du régime francais, témoins vivants de son ancienne allégeance.Le vieux couvent des Ursulines, fondé en 1698, dressant toujours ses murs vétustes, servit, durant 189 ans, d'hôpital, sous le nom d\u2019Hôtel-Dieu.Non loin de ce monastère, se trouve l\u2019an- clenne église des Récollets, dont les Anglais se sont emparés pour la transformer en prison et palais de justice.Trois-Rivières, ville aux grands ormes, présente de charmants coins à l\u2019admiration des visiteurs.De sa terrasse, en bordure du fleuve, la vision est magnifique.La célébration de son tricentenaire, en 1934, lui a valu d\u2019élever des monuments qui flattent l\u2019œil et la fierté de ses habitants.La ville des Trois-Rivières a comme voisines; le Cap-de-la-Made- leine, nationalement connu pour son Sanctuaire, Shawinigan-les- Chutes, la ville de l\u2019Énergie, Grand\u2019Mère, au pied des Laurentides, et la Tuque, sise en plein bassin du Saint-Maurice.Toute cette région est desservie par des médecins essentiellement praticiens.Trois-Rivières, n\u2019ayant pas, comme les grands centres, l'avantage de bénéficier d\u2019Universités et de vastes hôpitaux, est l\u2019endroit tout indiqué pour tenir un congrès où seront présentés des travaux de pratique courante.Un tel congrès est un témoignage d\u2019estime de toute la faculté médicale à l\u2019égard des médecins praticiens.Docteur Joseph LAMOUREUX, Trois-Rivières. MÉMOIRES à e POURQUOI L\u2019ESTOMAC NE SE DIGERE-T-IL PAS LUI-MÊME?Par Auguste LUMIERE, (de Lyon) Correspondant de l\u2019Institut et de l\u2019Académie de Médecine.Si de nombreuses interprétations ont été proposées pour expliquer la non-digestibilité de l\u2019estomac par le suc gastrique, aucune d\u2019elles n\u2019a jusqu\u2019ici réussi à s\u2019accorder avec l\u2019ensemble des faits concernant ce problème que les physiologistes n\u2019ont, en définitive, pas résolu.Avant d\u2019en exposer la solution telle qu\u2019elle ressort de nos recherches sur les colloïdes, nous résumons succinctement les hypothèses qui ont été émises à ce sujet, ainsi que les arguments formulés à propos de chacune d\u2019elles, dans le but, soit de les confirmer, soit de les infirmer.A.\u2014 Historique sommaire 1° THÉORIE DU MUCUS.Suivant Claude-Bernard (1), le mucus sécrété par l\u2019estomac protégerait l\u2019organe contre l\u2019action du suc gastrique.À l\u2019appui de cette conception, Harley, prélevant l\u2019estomac d\u2019un porc en pleine digestion, le divise en deux parties; il élimine avec soin le mucus qui recouvre l\u2019une d\u2019elles et en forme deux poches qu\u2019il remplit de suc gastrique et qu\u2019il met à l\u2019étuve pendant quelques heures.Il constate alors que la portion de l\u2019estomac privé de son mucus est fortement attaquée par le ferment digestif, alors que l\u2019autre portion reste intacte (2).La valeur de cette expérience est fort discutable, car on ne peut séparer le mucus de l\u2019épithélium qu\u2019en altérant assez profondément ce dernier et le résultat constaté est en désaccord avec ce que l\u2019on observe dans des essais analogues effectués in vivo.Shiff a voulu démontrer, à son tour, l\u2019influence protectrice du mucus en pratiquant une fistule gastrique, chez le chien, par laquelle un tube est placé dans l\u2019estomac, ce tube étant tout d\u2019abord ouvert pour laisser pénétrer les sécrétions stomacales, puis obturé à l\u2019extérieur après introduction d\u2019un fragment de muscle dans le tube, et en même temps qu\u2019un autre fragment était introduit dans l\u2019estomac (3).Après 12 à 16 heures, l\u2019auteur constatait que l\u2019aliment protéique contenu dans la canule n\u2019avait pas subi de changement appréciable, alors que le contenu de l\u2019estomac était complètement digéré.Il expliquait alors l\u2019intégrité du fragment placé dans le tube en admettant que l\u2019orifice interne de ce dernier avait été obturé par un amas de mucus déposé en ce point dès le début de la digestion.En réalité, d\u2019autres facteurs pouvaient être invoqués plus vraisemblablement, principalement la stase de la masse à l\u2019intérieur de la canule, condition essentiellement défavorable, les liquides en contactavecle fragment alimentaire n\u2019étant pas constamment renouvelés comme dans l\u2019acte digestif normal.À l\u2019encontre de cette théorie, on cite la remarque faite par tous les physiologistes qui ont ouvert l\u2019estomac d\u2019un animal en pleine digestion, en s\u2019apercevant que tous les matériaux contenus dans l\u2019organe sont toujours enveloppés d\u2019une épaisse couche de mucus.Contejean (4) introduisant, par une fistule, dans l\u2019estomac d\u2019un chien, des substances alimentaires formant des amas enfermés dans de petits filets, a constaté leur enrobage rapide par du mucus, sans que leur digestion soit pour cela empêchée.Pavy (5) a fait observer, en outre, que le mucus n\u2019entrave pas l\u2019autodi- gestion de l\u2019estomac après la mort.Enfin Fermi (6) a formulé les objections ¢ 352 suivantes à la thèse de Claude-Bernard: (a) le mucus se détache de la muqueuse pendant la digestion, pour venir enrober les aliments; (b) en enlevant le mucus sécrété par la muqueuse, au moyen d\u2019une éponge, l\u2019autodiges- tion ne s\u2019opère pas, même en ajoutant du suc gastrique actif à la sécrétion gastrique, à plusieurs reprises; (c) des fragments de muscle enduits de mucus et enfermés dans des nouets constitués par un tissu de toile sont digérés facilement lorsqu\u2019on introduit ces nouets dans l\u2019estomac; (d) les agents du chimisme gastrique, acide chlorhydrique et pepsine, sont produits au niveau de l'appareil sécrétoire glandulaire situé au-dexsous de la couche de mucus, ce n\u2019est donc pas cette dernière qui peut, par conséquent, empêcher l\u2019action du suc digestif sur les tuniques stomacales.2° THÉORIE DE L\u2019ÉPITHÉLIUM.Avec un certain nombre de biologistes, Claude-Bernard estimait aussi que la résistance de l\u2019organe à son autodigestion était attribuable au renouvellement continuel du revêtement épithélial résultant de la prolifération cellulaire, de nouvelles couches d\u2019épithélium remplaçant sans cesse celles qui seraient détruites par les ferments digestifs.Aucun fait expérimental n\u2019a été apporté par l\u2019auteur à l\u2019appui de cette hypothèse.Inzani et Lussana, détruisant le revêtement épithélial en un point déterminé de l\u2019estomac par divers moyens, ont réussi à produire une lésion analogue à l\u2019ulcère rond, à la suite de laquelle ils observaient parfois, mais non constamment, un ramollissement des parois gastriques; cependant Schift n\u2019a jamais pu reproduire ces phénomènes, lorsqu\u2019il a pris la précaution de limiter strictement à l\u2019épithélium l\u2019opération primitive portant sur cette couche de tissu.L\u2019estomac du lapin sur lequel ces expériences ont porté, étant très fragile, les résultats signalés par les auteurs italiens, ne s\u2019observent, d\u2019après Schiff, qu\u2019à la faveur du traumatisme des tuniques stomacales sous-épithéliales.Plusieurs expérimentateurs ont confirmé les constatations de Schiff, Pavy a montré, no- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 tamment, à son tour, que l\u2019on pouvait décoller l\u2019épithélium stomacal sans que la dénudation de la tunique musculaire sous-jacente subisse l\u2019attaque des ferments.Cependant, Griffini et Vassale (7) ont fait remarquer que quand ces interventions sur la muqueuse étsient limitées, la rétractilité de la couche musculeuse tendait invariablement à obturer la plaie, en ramenant ses bords opposés en contact et c\u2019est pour éviter ce rapprochement que les mêmes auteurs ont entaillé la muqueuse profondément et sur une grande étendue.Même dans ces conditions, la digestion de la paroi stomacale ne s\u2019était pas opérée au bout de cinquante-cinq jours et les plaies ainsi pratiquées guérissent toujours, en huit ou dix Jours, plus rapidement quand les animaux sont privés de nourriture pendant les premiers jours.A son tour, Max Matthes, après avoir enlevé la muqueuse suivant un cercle de six centimètres de diamètre et utilisé un dispositif empêchant la rétraction de la plaie à ce niveau, a constaté que la tunique musculeuse de l'estomac ne présentait pas de signe de digestion, ni de lésion autre que celle qui avait été effectuée expérimentalement.3° THÉORIE DES ANTI-FERMENTS.Considérant que des animaux inférieurs peuvent vivre et se développer dans le tube digestif en résistant à l\u2019action des ferments pepsiques et pancréatiques, Frenzel (8) estime que cette immunité ne peut s\u2019expliquer que par deux hypothèses: ou bien une activité élective spéciale empêche les tissus d\u2019absorber les sucs digestifs, ou bien les organes réfractaires sécrètent des zymases antagonistes anti- peptiques et anti-tryptiques.Ces hypothèses ne semblent pas plus plausibles l\u2019une que l\u2019autre; en effet, il est bien difficile d\u2019admettre que le revêtement épithélial s\u2019oppose au contact et à l\u2019absorption de ferments issus des glandes gastriques alors que les ferments traversent la muqueuse avant d'arriver dans la cavité gastrique et que des fragments des mêmes tissus introduits dans l\u2019estomac sont facilement digérés, et d'autre part, on a quelque peine à concevoir que des diastases susceptibles de se neutraliser prennent naissance dans les mêmes tissus, et qu\u2019un seul de ces ferments antagonistes arrive dans la cavité gastrique.D'ailleurs aucune tentative expérimentale n\u2019a été entreprise en vue d\u2019apporter des arguments en faveur de ces hypothèses.4° THÉORIE DE L\u2019ADAPTATION.Dans les digestions « mn vitro », en présence du suc gastrique, des épithéliums détachés des diverses portions du tube digestif, Ruzicka a remarqué que le revétement lingual est rapidement détruit, celui de l\u2019intestin offre une plus grande résistance à la désagrégation peptique, alors que celui de l\u2019estomac est beaucoup plus difficilement attaqué par les ferments et l\u2019auteur de ces essais attribue ces différences à une sorte d\u2019adaptation, d\u2019accoutumance des tissus.Mais il n\u2019en est pas moins vrai que la muqueuse stomacale séparée de ses connexions, morte, finit par être digérée, tandis que son immunité «in vivo », est complète et absolue, ce qui n\u2019explique nullement la thèse de l\u2019adaptation.5° THÉORIE DE L\u2019ALCALINITÉ DU SANG.Virchow a, le premier, émis l\u2019idée que l\u2019estomac ne se digère pas parce que la digestion peptique s\u2019effectue en milieu acide et que les tissus des tuniques de l\u2019estomac étant constamment irrigués par le sang alcalin ne constituent pas le milieu à réaction convenable pour que leur attaque par les ferments puisse s\u2019opérer.Pavy a institué des expériences dans le but.de contrôler cette conception.A cet effet, il a procédé à des ligatures vasculaires en masse, d\u2019une région quelconque des parois de l\u2019estomac et à celle des artères qui se rendent en ce point, et il a constaté que les zones privées de leur irrigation sanguine étaient le siège d\u2019une autodigestion.Il a, en outre, dans un autre sens d\u2019essai, introduit dans la cavité gastrique de fortes quantités d\u2019acide chlorhydrique, tout en respectant la circulation, et il a observé les mêmes phénomènes d\u2019autodigestion.LUMIÈRE: POURQUOI L'ESTOMAC NE SE DIGÈRE-T-IL PAS LUI-MÉME?353 Or cette expérimentation ne prouve nullement exactitude de la thèse que l\u2019auteur a voulu démontrer, car les traitements qu\u2019il a fait subir aux parois stomacales, en les privant de leur circulation ou en les mettant en contact avec de l\u2019acide chlorhydrique concentré ont détruit la vitalité des tissus qui se sont alors trouvés dans la même situation qu'un fragment d\u2019estomac de cadavre parfaitement digestible.Une objection plus grave encore peut être opposée aux conclusions de Pavy: la paroi intestinale résiste à la destruction par le suc pancréatique dont l\u2019action s\u2019exerce en milieu alcalin.D\u2019autre part, Ruzicka (9) en étudiant les effets du suc gastrique sur la langue de la grenouille à l\u2019état normal et comparativement.après arrêt de la circulation, n\u2019a observé aucune différence dans la rapidité de la destruction de l\u2019épithélium.Un autre argument s\u2019oppose encore à la théorie de l\u2019alcalinité du sang quand on prend en considération les essais de Samuelson (10) qui a injecté dans la circulation des quantités considérables d\u2019acides divers sans provoquer aucune altération de la muqueuse gastrique examinée à l\u2019autopsie des animaux ayant succombé à ces traitements.En vue d\u2019étudier l\u2019influence du pH sanguin sur l\u2019évolution des néoplasies, nous avons poursuivi des recherches, avec le Dr Sors, (11) qui ont consisté à injecter des solutions acides dans l\u2019organisme par voie intra-vei- neuse et nous avons pu ainsi amener ce pH à 5, 6, le milieu organique restant acide pendant plus de cinq heures et nous n\u2019avons Jamais observé la moindre atteinte de l\u2019épithélium de l\u2019estomac.On ne s\u2019expliquerait guère enfin, comment l'acide chlorhydrique pourrait prendre naissance dans le système glandulaire gastrique, siège lui-même d\u2019une circulation sanguine constante, si le pouvoir de saturation du sang était bien réel et avait quelque importance.6° THÉORIE NERVEUSE.Nombreux sont les auteurs qui ont observé 354 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 la fréquence de l\u2019ulcère rond de l\u2019estomac chez les sujets atteints de maladies nerveuses et ils ont conclu de cette constatation que les lésions du système nerveux et l\u2019excitation des nerfs sensitifs sont susceptibles de diminuer la vitalité de l\u2019épithélium gastrique et de conditionner, de ce fait, leur autodigestion.Cette conception a été réfutée par Samuelson, lorsqu\u2019il a montré que l\u2019estomac, complètement privé de son innervation, par section des deux sympathiques et des deux vagues, tolérait pendant longtemps l\u2019action d\u2019un suc gastrique artificiel très actif, sans présenter d\u2019altération appréciable.Otte (12) a répété ces expériences sur l\u2019intestin avec le suc pancréatique, et ses conclusions concordent avec celles de Samuelson.7° THÉORIE VITALE.La plus ancienne de toutes, remontant à 1772 et due à Hunter (13) qui écrivait: « S\u2019il était possible d\u2019introduire la main dans l\u2019estomac d\u2019un animal vivant, elle résisterait à la digestion ; il n\u2019en serait pas de même si la main était séparée du tronc».Les médecins s\u2019accommodaient volontiers de mots, en guise d\u2019explication, à cette époque, et l\u2019auteur expliquait ce singulier phénomène en admettant l\u2019intervention d\u2019un principe vital qui, combiné aux tissus, empêchait leur autodigestion.Le même auteur avait observé que si l\u2019on sacrifie un animal en pleine digestion, en maintenant son cadavre à une température convenable pendant quelques heures, avant de l\u2019autopsier, on constate que l\u2019estomac et les organes voisins sont digérés partiellement.Il avait également remarqué que quand la mort frappe subitement l\u2019homme, en pleine digestion, les parois stomacales peuvent être attaquées par les sucs digestifs.L'expérience réalisée par Viola et Gaspardi (15) a été considérée comme démonstrative de la non-digestibilité des tissus vivants.Ces physiologistes ont introduit la rate d\u2019un animal dans l\u2019estomac, chez le chien et le chat, des vaisseaux spléniques étant respectés afin d\u2019assurer la persistance de la vie dans l\u2019organe; après une survie de douze à soixante- quatre heures, la rate n\u2019avait pas été altérée par les ferments gastriques.On peut cependant adresser une critique à cette expérience: l\u2019intervention chirurgicale consistant à inclure la rate dans l\u2019estomac devait mettre ce dernier organe dans des conditions les plus défavorables à l\u2019exercice de ses fonctions, et il est fort probable même que le choc opératoire entraînait l\u2019inhibition de la sécrétion glandulaire.L\u2019expérience d\u2019Ewald échappe à cette objection; elle a consisté à mettre en contact la jambe rasée d\u2019un chien vivant avec un suc digestif très actif, l\u2019immobilité de l\u2019animal ayant été réalisée par une section préalable de la moelle; la digestion des tissus n\u2019a pas lieu dans ces conditions.À la suite d\u2019une série d\u2019essais d\u2019un incontestable intérêt, Matthes (14) a formulé les conclusions suivantes: (a) Les ferments protéolytiques sont inactifs vis-à-vis des tissus vivants, (b) c\u2019est l\u2019acide chlorhydrique qui rend possible la digestion de certains tissus par le suc gastrique, en provoquant au préalable la mort des cellules, (c) les différents tissus ne sont pas également sensibles à l\u2019action toxique de l\u2019acide chlorhydrique et par conséquent à l\u2019attaque par les sucs digestifs.De nombreuses expériences effectuées par Fermi, à l\u2019aide de la pepsine et de la trypsine, et portant sur des espèces animales diverses, confirment les conclusions précédentes.On a opposé à la Théorie vitale un certain nombre de résultats expérimentaux que nous considérons comme injustifiés, car invariablement les dispositifs de ces essais ont été tels qu\u2019ils ont entrainé la mort des cellules soumises à l\u2019action des ferments digestifs et c\u2019est seulement après la perte de la vitalité des tissus qu\u2019ils ont pu subir la désagrégation fermentative.Claude-Bernard avait déjà objecté à la thèse de Hunter le fait que le train postérieur d\u2019une grenouille vivante, introduit dans l\u2019estomac fistulisé d\u2019un chien, ne tardait pas à être digéré, alors que l\u2019animal vivait encore.Il oubliait que si l\u2019animal pouvait rester vivant er ea ea LUMIÈRE: POURQUOI L\u2019ESTOMAC NE SE DIGÈRE-T-IL PAS LUI-MÊME?pendant quelques heures, les téguments de la moitié inférieure de son corps, maintenus à 38°, en présence d\u2019acide chlorhydrique, étaient frappés de mort étant ainsi placés dans des conditions tout autres que celles de la vie et incompatibles avec elle.Certes, certains tissus, tout d\u2019abord vivants, sont susceptibles d\u2019être digérés, mais il faut pour cela qu\u2019ils soient placés dans un milieu essentiellement différent de celui où ils se trouvaient normalement et entraînant la floculation de leurs colloïdes, c\u2019est-à-dire la mort des cellules qui les composent.* * * Il est incontestable que l\u2019estomac ne se digère pas lui-même et il est non moins certain qu\u2019il digère un fragment d\u2019estomac emprunté à un sujet de même espèce ou d\u2019espèce différente.C\u2019est-à-dire que le tissu vivant est inattaquable par les ferments digestifs, alors que ceux-ci désagrègent invariablement le même tissu mort.Il est tout aussi indiscutable qu\u2019un parasite, hôte habituel de l\u2019appareil gastro-intestinal, tel que le lombric, vit et se développe sans subir la moindre atteinte par les sucs digestifs alors qu\u2019il est digéré aussitôt qu\u2019il a succombé.Devant des phénomènes aussi convaincants, on doit se demander pourquoi on a tant discuté pour savoir si le principe flagrant qui suit est bien exact: Le processus digestif respecte les tissus vivants et ne s\u2019exerce par conséquent que sur les tissus morts.La raison de ces controverses ne tient qu\u2019à l'ignorance de la cause du phénomène.La résistance du tube digestif à la destruction par les agents de la digestion est, en somme, évidente, mais nul, avant nos travaux, n\u2019avait pu donner l\u2019explication de cette singulière immunité.La constitution des êtres vivants et les propriétés de la matière qui les compose et qui est à l\u2019état colloïdal vont nous permettre de résoudre ce problème.355 B.\u2014 Les propriétés des colloides les plus importantes du point de vue biologique Dans l\u2019obligation de recourir à la Théorie Colloïdale pour élucider la question qui nous occupe, nous devons rappeler une fois de plus, les principes de notre Thèse, et nous les rappellerons encore aussi longtemps que l\u2019inertie des Maîtres de la Science officielle n\u2019aura pas permis de les incorporer à nos connaissances classiques.Les êtres vivants sont, en presque totalité, composés de substances qui sont à l\u2019état colloïdal ou micelloïdal.Les colloïdes, de beaucoup plus importants, en quantité que les micelloïdes, sont des corps protéiniques, dont le type est l\u2019albumine ou la gélatine; les molécules élémentaires de ces substances sont très volumineuses, toutes égales et identiques, formées chacune par des centaines d\u2019atomes de carbone, d\u2019hydrogène, d\u2019oxygène, d'azote et parfois de quelques autres corps simples, comme le soufre.Ces divers atomes sont associés en formant des groupements toujours semblables pour une même protéine et formant des arrangements parmi lesquels se trouvent des groupements antagonistes, NH et COOH, basiques et acides.Ces colloïdes fournissent des solutions véritables, optiquement vides, c\u2019est-à-dire parfaitement limpides; elles sont stables et lorsqu\u2019on isole, à l\u2019état solide, la substance qui les forme, celle-ci présente l\u2019aspect de la colle, qui motive l\u2019appellation de colloïde; après avoir été ainsi amenée à l\u2019état solide, la protéine peut de nouveau se redissoudre dans l\u2019eau et redonner une solution d\u2019une complète limpidité.Les micelloïdes, qui ont reçu indûment la même dénomination de colloïdes, ont une structure en tous points différente.On désigne cependant aussi les suspensions de la matière, obtenues suivant cette forme, sous le nom plus judicieux de sols.Pour fixer les idées sur la constitution de ces sols, prenons un cas particulier, par exemple le sol de ferrocyanure de cuivre. 356 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 La suspension permanente dans l\u2019eau des particules insolubles de cette substance est constituée de la façon suivante pour donner une pseudo-solution.Les éléments de ce sol sont composés d\u2019amas de molécules de ferrocyanure de cuivre, agglomérés en nombre essentiellement variable, mais toujours très grand, pour former des noyaux ou granules qui, par leur densité, devraient se rassembler sous forme de précipités, mais chacun de ces amas fixe, par un phénomène d\u2019adsorption particulier, une minime quantité de ferrocyanure de potassium qui adhère au granule, sans diffuser dans le liquide, malgré sa solubilité.Le granule et la substance additionnelle, ainsi retenue, constituent l\u2019ensemble élémentaire que Naegeli a appelé Micelle.Le granule et la substance périgranulaire portent des charges électriques de signe contraire qui s\u2019attirent et c\u2019est sans doute pour cela que le corps soluble peut s\u2019attacher au noyau.Par contre toutes les charges électriques périgranulaires étant de même signe, les micelles qui les portent sur leurs éléments extérieurs devront se repousser et c\u2019est grâce à cette répulsion que les particules restent en suspension et ne se rassemblent pas au fond du récipient contenant le sol.Contrairement aux solutions colloïdales, les pseudo-solutions micelloïdales sont plus ou moins troubles, présentant l\u2019effet Tyndall, et lorsqu'on sépare leur substance granulaire à l\u2019état solide, celle-ci n\u2019a nullement l\u2019apparence de la colle et ne peut plus se remettre en suspension dans le milieu pour redonner le sol primitif.Du fait de leur architecture constructive les colloïdes et les micelloïdes possèdent des propriétés qui sont presque toutes, non seulement différentes, mais même diamétralement opposées.Cependant parmi ces propriétés, il en est quelques-unes qui sont communes: ce sont notamment celles qui dépendant de la grande dimension de leurs particuies constitutives.Ces volumineux éléments formatifs font que les colloides aussi bien que les micelloi- des ne passent pas au travers des fiitres dont les pores sont suffisamment ténus, ils diffusent très lentement et leur tension osmotique est particulièrement faible.Nous ne nous attarderons pas sur toutes ces propriétés opposées ou communes de ces substances qui ont fait l\u2019objet de l\u2019un de nos principaux ouvrages (16) et nous nc retiendrons ici que l\u2019une d\u2019entre elles: celle qui joue le rôle capital dans le phénomène que nous étudions, c\u2019est-à-dire dans le problème de l\u2019autodigestion de l\u2019estomac.L\u2019INERTIE CHIMIQUE DES COLLOÏDES ET DES MICELLOÏDES a) Cas des colloïdes.Reportons-nous à la constitution des substances protéiques colloïdales formant la ma- Jeure partie de l\u2019être vivant et qui renferment, comme nous l\u2019avons vu, dans chacune de leurs molécules de multiples groupements basiques et acides NH et COOH.Or, quand un composé organique contient une fonction NH ou NH?, il se combine énergiquement avec les acides et notamment avec l\u2019acide chlorhydrique, pour donner des sels stables et les hydrogènes de ces groupes réagissent avec une grande facilité sur de nombreux corps.L\u2019aptitude de ces combinaisons aminées aux réactions chimiques est, en somme, très grande, mais si l\u2019on vient à introduire dans les mêmes molécules une fonction acide SO3H, CO?H, ou autre, le composé perd en grande partie ses activités chimiques.Considérons, par exemple, l\u2019aniline (C°H5 NH?), corps très toxique, en raison de la facilité avec laquelle il entre en combinaison avec quantité d\u2019autres substances; or, le sel de sodium du dérivé sulfonique de l\u2019aniline (cm Soma) N SO8Na a perdu dans une large mesure, ses affinités en même temps que sa toxicité.L'introduction, dans la molécule, d\u2019une fonction en quelque sorte antagoniste, annihile ou atténue son pouvoir de réagir chimiquement. LUMIÈRE: POURQUOI L\u2019ESTOMAC NE SE DIGÈRE-T-IL PAS LUI-MÊME ?Les colloïdes protéiniques sont d\u2019une grande inertie réactionnelle parce qu\u2019ils renferment, dans une même molécule, nombre de groupements acides et basiques COOH et NH.Les expériences de contrôle nous montrent qu\u2019il en est bien ainsi.Prenons une solution de gélatine, dans la constitution de laquelle existent des fonctions NH et traitons-la par de l\u2019acide chlorhydrique.Il doit se former théoriquement du chlorure de gélatine.Or, si par refroidissement, nous laissons la solution gélatineuse se prendre en gelée et si nous divisons la masse en petits fragments pour la soumettre à un lavage dans un courant d\u2019eau, l'acide sera entraîné sans qu\u2019aucune trace en ait été fixée sur le colloïde.La même protéine ne donne pas de sel de sodium quand on la traite par la soude, la base ne se fixe pas sur les fonctions acides COOH.D\u2019autres expériences montrent encore cette absence d\u2019activité chimique des colloides moléculaires; l\u2019une d\u2019elles consiste à ajouter une matière colorante, telle que du bleu de méthylène, à du sérum sanguin essentiellement composé de protéines colloïdales.Les matières colorantes ont une aptitude remarquable à se fixer sur les substances les plus diverses, or, si nous immergeons des bandes de papier dans le sérum coloré par le bleu de méthylène, la fibre cellulosique du papier se teintera fortement en bleu pendant que le sérum se décolorera.Aucune attraction de la couleur par les colloides sériques ne se sera manifestée.Par contre, si nous détruisons, par un moyen quelconque, l\u2019état colloidal des protéines du sérum, en les précipitant, le floculat formé fixcra aussitôt énergiquement le colorant.Aussi longtemps que la forme colloïdale subsistera, aucune réaction ne s\u2019opérera sur la matière à cet état, mais dès que la structure colloïdale cessera d\u2019exister, ce qui ne se produit que par la précipitation de la substance, les affinités chimiques réapparaîtront.b) Cas des micelloïdes.L'immunité des micelloïdes procède d\u2019un mécanisme tout différent.Nous avons vu plus 357 haut que les substances péri-micellaires portent des charges électriques de méme signe et qu\u2019elles se repoussent de ce fait, en empêchant l\u2019accolement des granules et en assurant le maintien des micelles en suspension dans le milieu.Or, ces charges s\u2019opposent au contact de tout réactif au même titre qu\u2019elles s\u2019opposent au contact des micelles entre elles.Elles isolent ces micelles et les rendent ainsi réfractaires à toute atteinte par les réactifs chimiques.Pour atteindre les granules constituant le micelloïde, il faut, au préalable, saturer les charges péri-micellaires, c\u2019est-à-dire détruire la structure micelloïdale, en faisant floculer les amas de granules.Tant que les préparations sont à l\u2019état de pseudo-solution, elles conservent leur immunité chimique qui ne cesse que quand l\u2019état micellaire est détruit par précipitation.Notre théorie de l\u2019immunité du granule micellaire a été confirmée expérimentalement par Boutaric et Benès (17).En ajoutant de l\u2019éosine à des sols de résine, ils ont observé que les particules en suspension n\u2019absorbaient.nullement le colorant tant que l\u2019état micellaire subsistait et que l\u2019éosine se fixait, au contraire, sur les grains résineux dès qu\u2019ils ces- salent de se présenter sous cet état, c\u2019est-à- dire dès que leur précipitation s\u2019effectuait.Les grains ne fixent l\u2019éosine qu\u2019à l\u2019état floculé.Qu'il s\u2019agisse de colloïdes moléculaires ou de micelloïdes, aucune réaction chimique n\u2019est possible tant que ces arrangements de la matière ne sont pas détruits.Or, le destruction de l\u2019état colloïdal entraîne infailliblement la mort des cellules et des tissus et c\u2019est pour cela que les tissus vivants sont inattaquables par le suc gastrique.Leur attaque exige leur mort préalable par la précipitation de leurs colloides.Une expérience tout a fait démonstrative consiste à introduire une solution de bleu de méthylène à 5 pour 1000 dans une culture de levure de bière que l\u2019on examine ensuite au microscope.Cet examen montre que les cellules de levure ne se colorent en aucune façon 358 lorsqu\u2019elles sont vivantes; seules, les cellules mortes se teintent aussitôt en bleu foncé.Si l\u2019on tue la culture par un toxique quelconque ou par la chaleur, toutes les cellules se colorent alors d\u2019une façon intense.Si, d\u2019autre part, on badigeonne une plaie avec la méme solution de bleu, les tissus mortifiés, les parties ayant perdu leur vitalité, se colorent fortement, tandis que les tissus restés vivants conservent leur aspect normal sans fixer en aucune facon le réactif.La conclusion de ces considérations qui s'impose est donc la suivante: les physiologistes n\u2019ont pas expliqué jusqu'ici pourquoi l\u2019estomac ne se digérait pas lui-même parce qu'ils n\u2019ont pas tenu compte des propriétés des colloïdes constituant les êtres vivants, et principalement de l\u2019une de ces propriétés capitales que les Traités ont eux-même ignoré jusqu'ici: L\u2019inertie chimique des colloïdes et l\u2019immunité du granule micellaire.Ov = WwW [8] ~ 11.12.13.14.15.16.17.LUNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.I., F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 BIBLIOGRAPHIE .Claude BERNARD: «Du suc gastrique et de son rôle dans la nutrition.» 1 vol.Paris, 1843.HARLEY: Brit.Med.chir.Rev, t.XXV.1860, p.211.SCHIFF: Imparziale, t.IX, 1869, p.133.CONTEJEAN: Arch.de Physiol.1894, p.804.PAVY: Phil.Transact., 1863, p.163.FERMI: Centralbl.f.Physiol.t.VIII, 1895, p.657, t.IX, 1895, p.57.GRIFFINI et VASSALE: Beih.z.path.Anat.u.allg.path, t.III, 1888, p.423.FRENZEL: Arch.de Physiol., 1891, p.293.RUZICKA: Weiner Med.Presse, 1897, p.20.SAMUELSON: Samuel physiol.Abhandl.Iena, 1879, p.6.A.LUMIERE et SORS: Arch.Internat.Pharm.& Thér, t.XXX, 1925, p.137.OTTE: Arch.de Biol.Liége, t.XIV.1896.HUNTER: Phil.Transac., t.LXII, 1772, p.447.MATTHES: Diss.Iéna, 1893.VIOLA et GASPARDI: Atti e rend.di Accade.med.di Perugia, t.I, 1889, p.140.Auguste LUMIERE: Colloides et Micelloides, 1 vol., 1933.Maloine, édit., Paris.BOUTARIC et BENES: C.R, t.CLXXXVI, 1929, p.1003.de LA GRANULOPÉNIE MALIGNE ! (suite) Par Albéric MARIN, (Montréal).Pathogénie Le mode d\u2019action des différents facteurs déterminant la neutropénie maligne, demande à être précisé.En dépit de l\u2019allure hautement infectieuse du syndrome, il faut retenir que l\u2019infection n\u2019est pas primitive mais qu\u2019une aplasie leu- coblastique à prédominance granulocytopé- nique s\u2019installe d\u2019abord et que secondairement l\u2019organisme privé de ses moyens de défense habituels, les polynucléaires, se voit envahir par ses hôtes saprophytes (Gordon, Robinson).Ceci s\u2019applique aussi bien à l\u2019hypothèse d\u2019une grande septicémie d\u2019emblée qu\u2019à celle d\u2019une infection à point de départ muqueux.Lorsqu\u2019une entité infectieuse existait antérieurement (malaria, kala-azar, diphtérie, fièvre typhoïde, rhumatisme articulaire aigu), qui se serait compliquée de granulopénie, le facteur chimique se retrace le plus habituellement, là comme ailleurs.Chez la plupart de ces malades, on retrouve, en effet, lorsqu\u2019une enquête minutieuse est possible, une histoire médicamenteuse préalable.L\u2019argument « post hoc, ergo propter hoc » doit faire état de la précession de la chimiothérapie, non de l\u2019infection pré-existante.Les agents susceptibles d\u2019entraîner ces accidents contiennent, pour la plupart un noyau benzénique (Kracke, Bolton).Une multitude de gens y recourt quotidiennement sans ennuis, parce qu\u2019ils ne sont pas toxiques aux doses ordinaires.Le toxique est celui qui à une certaine dose donne constamment et chez tous les mêmes résultats (Tzanck).Ainsi, la sulfanilamide est nocive pour quelques-uns tandis que la 1.Rapport présenté au Congrès de « l\u2019Association des dermatologistes de langue française », Paris 1939.Voir l\u2019Union Médicale de février et de mars 1940.préparation défectueuse qui se nommait « elixir de sulfanilamide », a tué par intoxication 73 personnes qui en avaient ingéré.Les effets des facteurs chimiothérapiques ne sont pas proportionnels à la quantité de la substance qui les provoque; leur intensité est liée uniquement au degré d\u2019irritabilité du sujet (Rivalier).Les antécédents personnels des malades en indiquent un emploi prolongé et ininterrompu ou presque, à posologie thérapeutique, ou encore un usage bref suivi d\u2019accidents presque immédiats.Il ne s\u2019agit pas d\u2019accumulation dans l\u2019organisme qui pourrait être nuisible pour les organes sanguiformateurs; le dosage de la sulfanilamide dans le sang des granulopé- niques, nous l'avons vu, donne un taux moyen peu élevé.Ce que l\u2019on observe le plus souvent, c\u2019est l\u2019éclosion brutale, l\u2019invasion brusque, et non des signes d\u2019intoxication lente.L'idée la plus acceptable est celle d\u2019une sensibilité innée ou acquise (Angle, Spake, La Verne, Algie, Kracke).Un état d\u2019intolérance vis à vis telle substance crée mystérieusement une anomalie, affectant la genèse des polynucléaires.C\u2019est l\u2019aptitude du sujet à faire une réaction à l\u2019occasion de sa mise en rapport avec un réactogène (Darier, Tzanck, Flandin), qui cause l\u2019accident.Une fonction du tissu myéloïde semble plus particulièrement touchée: la granulopoiése.Elle est amoindrie, parfois sidérée, peut-être directement par action immédiate du réacto- gène sur la moelle osseuse, peut-être aussi indirectement par une modification préalable du «sol hématique », par manque d\u2019un stimulus issu d\u2019autres organes (surrénales, foie [Beck], rate), par avitaminose. 360 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.AN.\u2014 Montréal, avril 1940 Il est logique de croire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une susceptibilité spéciale qui apparaîtra d\u2019emblée ou qui s\u2019exaspérant peu à peu, se manifestera après une chimiothérapie poursuivie depuis longtemps.Il est plus malaisé d\u2019expliquer l\u2019éclosion apparemment retardée du syndrome quand il survient des jours, des semaines après la suppression de l\u2019agent incriminé, comme il en est de nombreux exemples.Cependant dans ces eas, il n\u2019a été habituellement découvert qu\u2019à l\u2019occasion de l\u2019explosion des signes cliniques.Après un début insidieux et traînant, l\u2019apparition d\u2019un mauvais état général a attiré l\u2019attention, a fait reconnaître une déficience granulocytaire qui vraisemblablement existait depuis quelque temps.Certains croient que c\u2019est une manifestation de biotropisme.Cette hypothèse est plausible pour les malades qui présentent des accidents dès l\u2019ingestion première, mais que penser de ceux qui n\u2019en font que longtemps après les débuts d\u2019une thérapeutique, comme des syphilitiques traités depuis plusieurs mois.Nous ne retrouvons pas ici les conditions réalisées par l\u2019érythème du 9e jour.Eisler, après des expériences chez le lapin, en arrive à la conclusion que la granulopénie appartient au groupe des réactions allergiques.L'hypothèse d\u2019une intolérance d\u2019emblée ou acquise séduit (Tzanck), quels que soient le terme dont on la désigne (idiosyncrasie, allergie, sensibilité) et l\u2019incertitude de son mécanisme intime (Disselmeyer, Kracke, Beck, Zorn, Fitz-Hugh).Des faits, rares en vérité, semblent aller à l\u2019encontre.Des sujets font de la granulopénie après ingestion d\u2019amidopyrine, en continuent l\u2019usage durant la crise et n\u2019en meurent pas, en reprendront après coup sans présenter de rechute mortelle ou encore mieux sans aucun trouble ni clinique, ni sanguin (2 patients suivis par Jackson, 1 cas observé par Limarzi et Murphy).Ce groupe de malades complique le problème étiologique et pathogénique mais ne saurait exclure la possibilité d\u2019une intolérance.Ceci se rencontre dans d\u2019autres domaines: à côté de ceux chez qui s\u2019exagère l\u2019intolérance vis à vis tel réactogène, il en est d\u2019autres qui s\u2019y habituent; à côté de ceux qui succombent avec sa continuation, il y en a d\u2019autres qui en triomphent, qui se désensibilisent, leur organisme possédant plus de ressources que les premiers.De prime abord, il semble que des agents exercent une action sélective sur la moelle osseuse, n\u2019entravent que la genèse des granuleux plutôt que de produire constamment de la panmyélophtisie.La dissociation est fréquemment fort nette, lorsque l\u2019évolution est suraiguë ou aiguë.Quand elle est moins vive, des changements de la formule rouge se voient, qui ont eu le temps de se manifester.Pour Kracke, si les altérations de la série rouge ne sont pas plus habituelles, c\u2019est que la plupart des malades ou meurent vite ou se rétablissent rapidement.Les globules rouges étant moins vulnérables que les granuleux, l\u2019anémie prend plus de temps à se montrer dans le sang circulant, alors que du côté de la moelle, leur produe- tion peut être déjà touchée.Dans les formules sanguines avec leucopénie extrême, le taux des lymphocytes est très élevé mais leur nombre réel est bas.Un ralentissement de la lymphopoièse s'a- jouterait-il au mauvais comportement médullaire?Cependant l\u2019examen histologique des ganglions ne l'indique pas.Certains sont plutôt d\u2019avis que les lymphocytes, fabriqués en nombre normal, sont en grande partie rendus dans les infiltrations inflammatoires des lésions ulcéro-nécrotiques, ainsi qu\u2019en témoigne l\u2019examen histologique.Ceci expliquerait leur raréfaction dans le sang circulant.C\u2019est bien au niveau de la moelle osseuse que se raréfient les polynucléaires et que se déséquilibre la formule (Robert-Lévy).+ wa D if gi \u2014 = to MARIN: LA GRANULOPÉNIE MALIGNE On a cru à l\u2019hypothèse d\u2019un «seuil d\u2019élimination » élevé des cellules granuleuses (Roch et Moser).Mais alors on verrait, à l\u2019étude microscopique de la moelle osseuse, que la granulo- poièse est normalement active.Or, excepté le cas du retour à l\u2019équilibre leucocytaire de la convalescence, on ne constate que des signes d'inactivité myéloïde.La ponction de la moelle sternale est hautement révélatrice à cet égard.Le myélogramme indique très nettement une granulopoïèse amoindrie, presque annihilée à sa source même.Les éléments cellulaires y sont raréfiés.La régénération granuleuse est à ce niveau, ébauchée ou inexistante (Kracke, Custer).I] ne saurait s\u2019agir, ainsi que quelques-uns en ont émis l\u2019opinion, d\u2019une répartition inégale des polynucléaires qui seraient diminués dans le sang circulant parce qu\u2019ils sont massés dans les capillaires ou dans la rate.L\u2019anatomie-pathologique, révèle au contraire, dans les ganglions et la rate, une faible proportion des granuleux, comme dans le sang circulant.D'autre part, chez le vivant, l\u2019_épreuve de la spléno-contraction par l\u2019adrénaline n\u2019a jamais montré un dégorgement par la rate d\u2019une réserve de polynucléaires se traduisant par une augmentation de leur numération absolue et relative.Fitz-Hugh a résumé ainsi les différentes étapes du syndrome à l\u2019état pur: 1° arrêt de la maturation des granuleux au stade myéloblastique; 2° arrêt partiel ou total de la migration des polynucléaires dans le sang; 3° intégrité (ou presque) des globules rouges et des plaquettes; 4° lésions ulcéro-nécrotiques des muqueuses et de la peau où se remarque l\u2019absence des polynucléaires ; 5° invasions microbiennes diverses (pneumonie, septicémie, néphrite, ulcérations de l\u2019intestin, endartérite, hépatite avec ou sans ictère, 361 points de nécrose a la moelle osseuse, aux ganglions, aux surrénales, etc.) ; 6° amélioration annoncée par une reviviscence médullaire, une augmentation souvent très rapide des polynucléaires dans le sang, avec une forte déviation à gauche de l\u2019indice nucléaire (ce qui est d\u2019un excellent pronostic), s\u2019accompagnant parfois d\u2019une mononucléose.Puis la réparation du sang, des muqueuses et de l\u2019état général s\u2019accomplit à moins que la septicémie n\u2019ait détourné le cours du processus vers une issue fatale.Il semble donc que l\u2019on soit justifié de concevoir le mécanisme pathogénique de la granulopénie maligne comme une réaction d\u2019intolérance de la moelle osseuse vis-à-vis certains réactogènes chimiques.Cette intolérance cause une inhibition plus ou moins marquée, passagère ou à dénouement fatal.Elle se traduit par une forme pure où seule la granulopoïèse est touchée, par des formes mixtes où toute la production myé- loïde est atteinte mais où prédomine la gra- nulopénie (Benjamin, Biederman, Pepper).C\u2019est primitivement une myélose le plus souvent partielle (Di Guglielmo) donnant secondairement une formule sanguine appauvrie par carence médullaire.Signes cliniques Le début peut être lent et insidieux.Des symptômes précurseurs attirent parfois l\u2019attention: prurit, érythème, quelques éléments bulleux, du purpura (Moore, Wei- dell).Durant 10-15 jours, le malade éprouvera de la lassitude, de l\u2019asthénie, de la céphalée, des contractures.L\u2019état général devient moins bon et finalement apparaissent des signes plus précis.L\u2019hémogramme montrerait déjà une formule révélatrice.Le début est souvent plus brusque.En 3-4 jours surviennent une sensation de malaise général, de l\u2019angine, de la fièvre dont l\u2019intensité est rapidement croissante.L\u2019étude du sang y révèle une neutropénie confirmée.Ou bien, chez un sujet apparemment sain 362 ou traité pour une autre affection, l\u2019invasion est brutale.Il y aura un grand frisson ou une série de frissons moins intenses, une ascension de la température à 39°, 40°, une asthénie profonde, de l\u2019angine, des douleurs vives, çà et là.Un état de prostration marquée s\u2019installe tres tot (Angle, Burcky).A la période d\u2019état, on note principalement des signes d\u2019infection grave et des lésions bucco-pharyngées.La dépression est profonde.La température est généralement élevée et réalise différents graphiques: en plateau, à grandes oscillations, ondulante.Chez une malade de l\u2019hôpital Notre-Dame, Jules Prévost a observé dans les trois jours précédant la mort 40.5°, 41°, 42°.La fièvre peut être moins prononcée et ne monter que graduellement.Il y a souvent de la transpiration profuse.Le pouls est petit et rapide, parfois irrégulier.Il arrive que l\u2019auscultation décèle des signes d\u2019endocardite et de myocardite dans les cas graves.Courbatures, raideurs, douleurs musculaires, osseuses, céphalées sont couramment au tableau clinique, le tout dominé par une prostration extrême ou un état typhique.Les troubles digestifs sont fréquents: vomissements, diarrhées, douleurs abdominales.Le foie et la rate ne sont que peu ou pas augmentés de volume.L\u2019ictére qui, selon Schultz, est une des caractéristiques de la granulopénie ne se montre en réalité que dans 18% des cas (Fitz-Hugh).Lorsqu\u2019il co-existe avec de la bronchopneumo- nie, le dénouement est fatal (Murphy).Les urines sont rares, souvent avec albuminurie et cylindrurie.Il y a de la dyspnée.Les ganglions ne sont pas hypertrophiés.Ceux de la chaine latéro-cervicale et les an- gulo-maxillaires sont un peu tuméfiés et douloureux.Mais cette réaction ganglionnaire est des plus insignifiantes si l\u2019on considère l\u2019intensité des lésions nécrotiques de la bouche et du pharynx.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 La peau et les muqueuses sont pâles.On remarque parfois çà et là de l\u2019érythème, des éruptions bulleuses, du purpura.On a observé des foyers de gangrène sèche, même gazeuse (Warr, Talley, Griffith).Dalous et Fabre ont noté une éruption vé- sico-bulleuse à la face qui donna suite à des lésions d\u2019aspect nécrotique; un autre malade présentait une escharre noirâtre à la joue.Personnellement nous en avons vu de temporales et juxta-commissurales.Fortier a décrit un large placard de nécrose cutanée à la poitrine d\u2019une granulopénique; Jackson un cas d\u2019abcès ischio-rectal; Stratton une éruption bulleuse siégeant au scrotum, au sommet des cuisses, aux fesses.Kluver cite un cas de granulopénie post-arsénobenzolique (4.80 grammes en 6 injections) qui fit de la gangrène préputiale, laquelle s\u2019étendit rapidement jusqu\u2019au scrotum.La mort survint au 9e jour.Des ulcérations buccales se montrèrent vers la fin seulement.L\u2019herpès labial se voit parfois géant.Lorsque l\u2019hémoculture est positive, elle indique selon les sujets des organismes divers.Il est à remarquer que les observations récentes sur la granulopénie ne comportent que de rares mentions de malades à hémocultures positives.Il est donc assez difficile actuellement d\u2019en établir la fréquence.Néanmoins, elle est plutôt faible.A ces symptômes généraux, s\u2019ajoutent des lésions des muqueuses, spécialement de la bue- co-pharyngée.Elles ne sont pas constantes mais sont présentes dans la vaste majorité des cas.La gravité de leur aspect n\u2019est pas nécessairement proportionnelle à la sévérité évolutive du syndrome.L\u2019intensité des autres signes cliniques et hématologiques ne concorde pas toujours avec celle de l\u2019angine et vice-versa (Beck).Sa date d\u2019apparition est variable.Elle précède les symptômes généraux, ou se montre en même temps qu\u2019eux ou plus tardivement. MARIN: LA GRANULOPÉNIE MALIGNE La localisation est irrégulière, pas nécessairement amygdalienne.Parfois même, les amygdales sont indemnes.Des lésions évoluent simultanément en des zônes distinctes de la muqueuse buccale et pharyngée, séparées par des plages de muqueuses apparemment saines.Par extension progressive, on observera la fusion de plusieurs dont le début s\u2019est fait isolément.Dans certains cas, le maximum d\u2019intensité sera amygdalien.Les deux amygdales, ou l\u2019une d\u2019elles, seront prises, et le reste de la bouche peu touché.Ou il y aura prédominance de troubles gingivaux.Ou encore la langue, le plancher, la muqueuse jugale, labiale, les piliers antérieurs, le voile du palais, seront plus particulièrement atteints.Quelquefois les degâts sont très étendus, envahissant le pharynx et le larynx.Au début ce n\u2019est qu\u2019une angine simple avec rougeur, gonflement et dysphagie légère.Chez plusieurs malades les choses en resteront là, mais plus souvent, il se forme un enduit pultacé ou diphtéroïde.Le processus devient en fort peu de temps ulcéro-nécrotique.Des ulcérations s\u2019étendent et se creusent.Elles ont un fond sphacélique, créent des pertes de substance, donnent des hémorragies.Les amygdales, la langue, les gencives présenteront des points de nécrose, plus ou moins étendus, plus ou moins profonds.Un caractère de ces lésions ulcéro-nécroti- ques est de ne pas suppurer.Lorsqu'il y a infiltration sous-jacente, elle est lympho-mono- cytaire.Des troubles fonctionnels importants en sont forcément le résultat: une salivation abondante, malodorante, mais non purulente, une haleine hautement fétide, une dyspha- gie très pénible gênant considérablement l\u2019alimentation.parfois un peu de trismus, de la douleur vive, de la sensibilité aux régions cervicales.Des lésions identiques peuvent s\u2019observer à la vulve, au vagin, à la région anale, au scrotum.L'autopsie nous en révèle d\u2019autres à plu- 363 sieurs endroits du tractus digestif et aux bronches.Fitz-Hugh, Comroe, Bernard, dans une série de 18 malades atteints de granulopénie maligne, ont trouvé les principaux symptômes dans les proportions suivantes: Asthénie, malaises 100% Fièvre .100% Lésions bucco-pharyngées .84% Lésions rectales ou vaginales 44% Légère adénopathie cervicale 36% Ictère .18% Splénomégalie légère .18% Rate palpable 10% * * x Nous avons décrit jusqu\u2019ici la symptomatologie de la granulopénie maligne pure, mais à côté de celle-ci se voient fréquemment des associations avec d\u2019autres types d\u2019hémopathie.Ces syndromes associés donnent des combinaisons diverses.Habituellement, ils ne surviennent pas d\u2019emblée mais après quelques jours d\u2019évolution de la granulopénie à l\u2019état pur.Si celle- ci est grave ou dure un peu, des altérations légères ou profondes de toute la formule sanguine apparaîtront.Du reste, ainsi qu\u2019il a déjà été dit au chapitre de la Pathogénie, l\u2019intégrité absolue de cette dernière serait étonnante.Il faudrait qu\u2019un agent nocif possède une affinité extraordinairement sélective pour n\u2019affecter qu\u2019une lignée cellulaire (la granuleuse) dans la fonce- tion de la moelle.Les hématies étant moins fragiles que les granuleux, l\u2019anémie prend plus de temps à se manifester dans le sang circulant, alors que du côté de la moelle, leur production peut être déjà ralentie.Dans les cas à évolution subaiguë, on voit plus fréquemment des formes associées.Il y a dans le syndrome pur une légère dé- globulisation qui numériquement se tient aux alentours de 4,000,000 avec une baisse peu accentuée du taux de I\u2019hémoglobuline. 364 Dans le syndrome granulopénie-anémie, la raréfraction des globules rouges est plus prononcée, avec diminution du taux de l\u2019hémoglobine.La pâleur des téguments s\u2019accentue, la dyspnée est plus marquée, la prostration plus intense.Ou bien à la granulopénie pure, s\u2019associe un syndrome hémorragique.Il y aura thrombo- pénie, avec des placards purpuriques, et hémorragie parfois abondante des muqueuses.Une autre éventualité peut se montrer: à la granulopénie s\u2019ajoutent de l\u2019anémie et du purpura hémorragique avec thrombopénie.La moelle osseuse est en carence globale.Cette association est devenue de la panmyélo- phtisie.On a signalé des faits rares où la granulo- pénie se compliquait d\u2019états lymphadéniques.Tous les faits de passage s\u2019observent entre la granulopénie pure et ses différentes associations qui se réalisent plus ou moins pleinement selon les déficiences respectives de l\u2019érythropoïèse et de la thrombopoiïèse.Ces formes mixtes peuvent survenir d\u2019emblée «mais le plus souvent la granulopénie est la première en date et ce n\u2019est qu\u2019après un intervalle de quelques jours que les syndromes associés deviennent patents» (Robert Lévy).* * % L\u2019évolution ordinaire de la granulopénie pure ou associée est plutôt aiguë.La terminaison en est moins fréquemment fatale qu\u2019autrefois.En dix, quinze jours, dans les cas mortels, le malade devient de plus en plus prostré, présente de la torpeur, de l\u2019asthénie cardiaque, des troubles gastro-intestinaux, des hémorragies, de l\u2019angine plus ou moins étendue.Et la mort survient chez un malade dans un profond état typhique, à moins qu\u2019une septicémie ou une broncho-pneumonie ne l\u2019ait emporté plus tôt.Le taux de mortalité, qui était d\u2019environ 90%, s\u2019est considérablement abaissé depuis qu\u2019on en connaît mieux les causes.Il oscille, L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 selon les milieux, entre 25% et 30%.La convalescence, au bout d\u2019environ une semaine d\u2019un état parfois précaire, s\u2019installe presque aussi rapidement que l'invasion s\u2019est faite.En deux, trois jours, la température revient à la normale, les forces renaissent, l\u2019angine se répare et le malade est rétabli en une dizaine de jours.A côté de cette forme aiguë, la plus commune, on observe des formes suraiguës dont l\u2019évolution foudroyante est de quelques jours seulement (Aubertin, Robert Lévy).La forme subaigué évoluera vers une fin heureuse ou mortelle en 5 à 6 semaines (Spake).Dans celle-ci, se rencontrent souvent des associations hématologiques et cliniques.Des malades présentent des intervalles d\u2019amélioration et de recrudescence, qui aboutissent à la guérison ou à la mort.Certains conserveront durant de longs mois une numération leucocytaire sub-normale avec un taux diminué de polynucléaires.On a signalé des formes frustes que l\u2019examen hématologique seul a pu mettre en évidence parce que les signes cliniques y sont peu pro- nonceés.Signes hématologiques Le caractère primordial de la granulocyto- pénie maligne se voit dans la formule leucocytaire.Il y faut trouver une diminution considérable de tous les globules blancs avec un déséquilibre donnant une raréfaction des polynucléaires qui peut aller jusqu\u2019à leur disparition complète et une augmentation apparente des lymphocytes.Il y a donc leucopénie avec granulopénie absolue et relative et lymphocytose relative.Witts rappelle que la leucopénie basse avec inversion de la formule blanche à forme nettement granulopénique est le trait essentiel du syndrome.Achard, Montpellier, Robert Lévy, Ameuil- le, pour ne citer que quelques auteurs français, disent que ce syndrome se caractérise par de la leucopénie vraie s\u2019accompagnant MARIN: LA GRANULOPÉNIE MALIGNE 365 d\u2019un déséquilibre leucocytaire d\u2019où résulte une granulocytopénie absolue et relative.L\u2019accord est universel sur ce point.La seule diminution du nombre réel et du taux des polynucléaires, si elle est liée à une leucocytose normale ou augmentée ne doit en aucune façon être prise pour de la granulopé- nie maligne.Dans l\u2019angine à monocytes (adénolymphoiï- dite bénigne, mononucléose infectieuse, etc.), il arrive que la numération soit normale ou légèrement augmentée et que le pourcentage des polynucléaires soit très bas, presque à zéro.Mais ce n\u2019est que transitoirement et l\u2019on voit en 24 à 48 heures remonter leur valeur (Sa- brazès).Ces faits s\u2019observent surtout au début de cette infection (Musser, Winthrobe).Lorsque celle-ci s'accompagne d\u2019une leucocytose élevée, la diminution des polynucléaires n\u2019est souvent que relative.Mais de toutes manières, on ne retrace pas de leucopénie et ceci est un caractère indispensable de la granulopénie maligne.Dans celle-ci la leucopénie est généralement inférieure à 2,000.Elle peut descendre à beaucoup plus bas: 800, 500, 300, (Pétri, Bantz) 20 (Jackson).Fitz-Hugh, Comroe, Bernard, chez 18 malades ont trouvé une leucopénie à 1,000 et moins.La raréfaction s\u2019opère d\u2019abord du côté des polynucléaires qui s\u2019amoindrissent en valeur relative et absolue; les monocytes s\u2019abaissent en valeur absolue mais leur valeur relative demeure normale, augmente ou tombe.Avec une leucopénie par exemple à 1,200, liée à une lymphocytose de 85% et une mo- nocytose de 15%, nous avons en réalité une lymphocytopénie vraie et une monocytopé- nie vraie.Le groupe lympho-monocytaire est en réalité globalement diminué.Le nombre des globules blancs varie avec l\u2019évolution du syndrome.Quand il n\u2019y a pas d\u2019épiphénomènes septicémiques, pulmonaires ou autres, les courbes de la formule leucocytaire et de l\u2019état général d'habitude se comportent parallèlement.L\u2019équilibre leucocytaire revient en même temps que se rétablit le sujet.À moins que ne surgisse une grave complication qui emportera le malade en dépit de la reprise de l\u2019activité de la fonction myéloide.L\u2019hémogramme ne montre guère que des éléments mononucléaires.Les lymphocytes et les moyens mononucléaires y sont dans une trés haute proportion: 70%, 80%, 90%.Les monocytes y sont en valeur relative a peu près normale.Dans les formes graves, ils diminuent plutôt.Leur augmentation est de bon augure.Elle peut s\u2019élever jusqu\u2019à 20%.Les polynucléaires neutrophiles sont réduits dans des proportions étonnantes.Leur taux tombe à 15%, 10%, 5%, souvent à 0%.Dans cette neutropénie (absolue et relative) les granuleux qui subsistent sont le plus habituellement des éléments normaux, avec occasionnellement quelques cellules jeunes.On observe parfois une déviation à gauche de l\u2019indice nucléaire.Les basophiles et les éosinophiles sont ordinairement absents.La présence ou la réapparition des éosinophiles est considérée comme un signe favorable.La formule rouge, dans la granulopénie maligne pure, n\u2019est que peu ou pas modifiée.Une légère déglobulisation se voit toutefois (vers 4,000,000) avec une baisse du taux de l\u2019hémoglobine.Les plaquettes sont en nombre normal.Le temps de saignement et le temps de coagulation ne sont pas modifiés.Dans les syndromes associés, on trouvera ou une anémie ou une thrombocytopénie ou une anémie avec thrombocytopénie s\u2019ajoutant à la leucopénie à prédominance granu- locytopénique.La raréfaction des hématies peut être très poussée.Ceux-ci peuvent tomber à 1,000,000 et moins.* + * L\u2019étude de la moelle osseuse offre un myé- logramme correspondant à la formule du sang circulant. 366 Par micro-trépanation ou par ponction du sternum, on observe une raréfaction des granulocytes (polynucléaires et myélocytes) aussi prononcée que dans le sang, tandis que les mégacaryocytes y sont en quantité à peu près normale ou légèrement abaissée (dans le syndrome pur).Dans la moelle comme dans le sang, les réactions des oxydases et des péroxydases sont généralement négatives.Ces réactions sont utiles là où se rencontrent de nombreuses cellules immatures.L'épreuve de la spléno-centraction par l\u2019adrénaline peut augmenter légèrement et transitoirement la numération des globules blancs sans élever le taux des neutrophiles.Lorsque l\u2019évolution est favorable, la reprise de l\u2019activité médullaire se manifeste en peu de temps.Une ponction sternale faite au moment de son orientation vers la convalescence donne une proportion plus grande de myélocytes et des polynucléaires.Dans le sang circulant la leucopénie s\u2019atténue progressivement.D'abord, se montre une poussée de monocytes à un taux assez élevé.En même temps, des éosinophiles apparaissent ainsi que quelques cellules jeunes de la série myéloïde.Les neutrophiles reviennent.Leur valeur relative et absolue croît rapidement.Le numération leucocytaire saute à 12,000, 15,000 avec un retour vers l\u2019équilibre normal.La restauration sanguine peut être très vive (4 à 5 jours).D\u2019ordinaire, elle s\u2019opère en une quinzaine.Chez certains malades, le taux des polynucléaires restera au-dessous de la normale plus ou moins longtemps.Anatomie pathologique L\u2019anatomie pathologique appuie la plupart des énoncés précédents.Les lésions les plus importantes, parfois les seules décelables dans la granulopénie pure, portent sur la moelle osseuse sanguiforma- trice.Elles consistent essentiellement en une altération médullaire à prédominance granu- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 locytaire qui entraîne une leucopénie très basse.La moelle épiphysaire ainsi que celle des os plats et courts, de coloration rouge à l\u2019ordinaire, apparaît rosée, ponctuée de régions plus sombres; la zone diaphysaire reste grasse (Simard).L'étude histologique des plages médullaires hématogènes révèle avant tout une indigence de la série granuleuse: non seulement les neutrophiles mais aussi les basophiles et les éosinophiles sont raréfiés à l\u2019extrême.Dans les formes pures, la thrombopoïèse et l\u2019éry- thropoïèse n\u2019y sont que peu ou pas modifiées.Fitz-Hugh, Krumbhaar et Custer, chez 11 autopsies, ont trouvé un arrêt de la maturation des éléments granuleux au stade des myéloblastes.Pour eux, cette surcharge de la moelle en myéloblastes indique que la granu- lopoïèse débute sans anomalies mais qu\u2019elle est ensuite bloquée au stage myéloblastique.Kracke, dans 30 autopsies, a constaté le même phénomène chez plusieurs sujets: cependant il a vu que pour d\u2019autres, la maturation des granulocytes ne s\u2019arrêtait pas à tel ou tel point, qu\u2019elle évoluait normalement, mais que seule la quantité des éléments était amoindrie, insuffisante.Il y aurait même des éventualités chez lesquelles le myélogramme n\u2019offrirait aucun signe de déficience.La granulopénie ne relè- veralt pas ici d\u2019une carence médullaire, mais d\u2019un trouble dans la libération, dans l\u2019exportation vasculaire des éléments granuleux (Sa- brazès).Ceci se verrait surtout dans les cas favorables et serait un signe précurseur de la convalescence; dans les jours qui suivent, le sang circulant montrera une poussée du taux des polynucléaires.Rotter, Oppikofer, en 1934, ont fait les mêmes constatations que Kracke.Dans les différents viscères, ils n\u2019ont pu déceler d\u2019emmagasinage de polynucléaires: la diminution des éléments granuleux dans les capillaires y était égale à celle que l\u2019on rencontre dans la masse sanguine. MARIN: LA GRANULOPÉNIE MALIGNE La rate est quelquefois légèrement augmentée.Les seules modifications histologiques perceptibles sont une hyperhémie et une hyperplasie peu marquée du système réticu- lo-endothélial.L\u2019absence des granulocytes est remarquable.Les ganglions sont presque toujours normaux.Là où la leucopénie est intense, il y aurait de l\u2019atrophie; les centres germinatifs seraient pauvres en lymphoblastes (Beck).Sabrazès et Saric ont noté la rareté des polynucléaires dans les vaisseaux sanguins des ganglions.Parfois, au contraire, on observe une hypertrophie des follicules et une hyperplasie des éléments réticulés.Le foie peut être auymenté de volume, dans de faibles proportions renfermer de la stéatose et quelques petits foyers de nécrose (Simard).Les lésions ulcéro-nécrotiques des muqueuses sont fréquentes.Elles sont souvent multiples, étendues et profondes.La bouche, la muqueuse pituitaire (Oppikofer), le larynx, la trachée, les amygdales, le pharynx, le tractus gastro-intestinal (jusqu\u2019à l\u2019anus), sont le siège de nombreuses ulcérations lenticulaires ou nummulaires.On en retrouve à la vulve, au vagin, au col utérin, au serotum.367 A la peau, des plaies atones ou franchement nécrotiques ont été vues (Fortier).D\u2019autres lésions peuvent survenir qui apparaissent plutôt comme des complications ou des épiphénomènes en rapport avec des syndromes associés.Ainsi la moelle offrira, surtout dans les cas qui évoluent depuis un certain temps, une aplasie sanguine presque totale, où non seulement les éléments primordiaux de la série granuleuse font défaut mais dans laquelle les mégakaryocytes sont très raréfiés.Les septicémies qui se greffent sur la gra- nulopénie apportent à l\u2019autopsie leurs signes habituels.Le foie et les reins sont alors le siège de dégénérescences graisseuses et de nécroses ponctuées.Les poumons présenteront de l\u2019œdème et de la congestion active, et des foyers de broncho-pneumonie plus ou moins étendus subissant rapidement une fonte nécrotique qui en impose pour des abcès (Simard).Les endocardites ne sont pas l\u2019exception.Toutes ces lésions de complications et de syndromes associés rendent complexes les tableaux hématologique et clinique, et contribuent à la difficulté du diagnostic.(A suivre) RECUEIL DE FAITS ee ++ KYSTE VRAI DU PANCRÉAS.EXTIRPATION TOTALE ' Par Charles LEFRANÇOIS, F.A.C.S., Chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu, Montréal.Judd et ses collaborateurs Mahorner et Hamlin Mattson ont publié en 1931 deux articles dans les « Archives of Surgery » sur les kystes du pancréas, à propos des 47 cas qui furent rencontrés à la clinique Mayo, de 1921 à 1930.Les kystes du pancréas sont assez rares pour qu\u2019un chirurgien n\u2019en rencontre qu\u2019un ou deux cas au cours de sa carrière et on ne peut s\u2019étonner que les mémoires de Judd avec ses 47 cas soient une parfaite mise au point: en fait, tous les travaux parus depuis, tant français qu\u2019anglais, s\u2019en sont inspiré.Les kystes du pancréas se divisent en kystes vrais et en faux kystes.Ceux-ci sont plus fréquents que ceux-là.Les faux kystes apparaissent à la suite d\u2019un traumatisme du pancréas ou à la suite d\u2019une pancréatite.Le suc pancréatique libéré par la glande se collectionne autour du pancréas et des organes voisins.Si le patient ne succombe pas, l\u2019organisme réagit et la collection s\u2019enkyste.Il ne s\u2019agit alors que d\u2019un pseudo- kyste, parce que la mince paroi conjonctive qui limite la collection ne se développe qu\u2019aux dépens de la séreuse du mésentère, des intestins et de l\u2019estomac.La membrane des faux kystes fait toujours tellement partie intégrante de la séreuse des organes voisins qu\u2019on ne peut jamais l\u2019en séparer à l\u2019opération.Le traitement chirurgical de ces pseudokystes est la marsupialisation.Les kystes vrais du pancréas se divisent en quatre classes.A) Les kystes parasitaires.On les rencon- 1.Travail présenté à la Société de Chirurgie, séance du mois d\u2019octobre 1939.tre assez souvent dans les pays où sévit l\u2019échi- nococcose.Iacobovici de Bucarest en rapportait 17 cas personnels dans la Presse Médicale du 27 avril 1938.Il les opéra tous avec succès, pratiquant seize fois la marsupiali- sation et une seule fois l\u2019extirpation totale.B) Les kystes par défaut de dévoloppe- ment.Ces kystes comprennent les lymphan- giomes congénitaux de la région pancréatique, (Bull.et Mém.Acad.de Chir., 31 mai 1939), les kystes de la maladie polykystique où il y a des kystes non seulement au pancréas mais aussi aux reins, au foie et à la rate, les kystes dermoïdes très rares où on trouve des cheveux comme dans les kystes de l\u2019ovaire et enfin les kystes par inclusion Wol- fienne.C) Les kystes par rétention que Brocq conseille d\u2019appeler plutôt canaliculaires.D) Les kystes néoplasiques ou cysta-adé- nomes dont nous rapportons un exemple dans notre observation.Ces kystes sont ordinairement bénins mais peuvent dégénérer et devenir malins.A l\u2019encontre des autres tumeurs du pancréas, les kystes donnent peu de symptômes.On sait que le cancer de la tête du pancréas détermine des troubles de compression des canaux biliaires et que l\u2019adénome des îlots de Langerhans provoque des troubles d\u2019hy- perinsulinisme.Les kystes du pancréas ne donnent aucun symptôme défini excepté ceux qui sont causés par leur volume.Les kystes peuvent siéger au niveau de la tête, du corps et de la queue du pancréas.En grossissant, ils se développent le plus ordinairement entre l\u2019estomac et le côlon mais aussi quelquefois entre l\u2019estomac et le foie et plus rare- LEFRANÇOIS: KYSTE VRAI DU PANCRÉAS ment dans l\u2019étage inférieur de la cavité abdominale.Le diagnostic différentiel des kystes vrais du pancréas doit se faire avec l\u2019hydronéphrose, avec les kystes de la rate qui sont excessivement rares et plus particulièrement avec les kystes du mésentère.La radiographie élimine facilement l\u2019hydronéphrose et les kystes de la rate.Pour les kystes mésentériques, les kystes du pancréas sont moins mobiles que ceux-ci; cependant pour les kystes de la queue du pancréas qui sont souvent très mobiles, le diagnostic précis est très difficile.Le meilleur traitement des kystes vrais du pancréas est leur extirpation totale avec ordinairement la résection d\u2019une tranche de tissu pancréatique à leur niveau d\u2019insertion.Malheureusement, l\u2019extirpation totale est rarement possible et alors on doit se contenter de la marsupialisation de la poche kystique à la peau.Mayo, sur ses 47 cas n\u2019a pu pratiquer l\u2019extirpation totale que sept fois et sur ces sept cas il s\u2019agissait chez presque tous, comme d\u2019ailleurs chez notre malade, de kyste de la queue du pancréas.* * + Observation.Madame J.B.(dossier 45776 de l\u2019hôpital Saint-Luc), 42 ans, se présente à l\u2019hôpital pour une tumeur abdominale, le 20 mars 1939.Elle nous raconte qu\u2019à la suite de son dernier accouchement, qui date du 30 août 1938, elle constata qu\u2019elle avait une tumeur grosse comme le poing dans l\u2019abdomen, en haut et à gauche de la région ombilicale.La masse était mobile et non douloureuse.Le volume en augmenta graduellement surtout depuis le mois de novembre.Au début de mars 1939 la tumeur était devenue grosse comme une tête d\u2019enfant; elle était toujours indolore, mais d\u2019après la patiente elle était moins mobile.La malade se décida alors à voir son médecin qui lui conseilla d\u2019entrer à l\u2019hôpital.Elle se plaint également de céphalée, de vertiges, de constipation et de légers troubles di- 369 gestifs depuis trois ans.Ces symptômes sont plus marqués depuis six mois.Elle n\u2019a cependant ni pyrosis, ni nausées, ni vomissements.Son appétit est conservé et elle n\u2019a pas maigri.La patiente a toujours joui d\u2019une excellente santé; dix grossesses normales, le dernier accouchement remontant au 30 août 1938: aucune fausse couche.Dans l\u2019histoire familiale il n\u2019y a rien de particulier.La température est à 98, le pouls à 80, la respiration à 22.La P.A.est 160/90 et le poids de 116 livres.L\u2019examen de la tête, du cou, de la peau, des os et des systèmes circulatoire, respiratoire et neuro-musculaire ne révèle rien d\u2019anormal.A l\u2019examen abdominal, on constate que la paroi est soulevée à gauche de l\u2019ombilic par une tuméfaction très nette.À la palpation, il existe dans le quadrant supérieur gauche, une tumeur abdominale grosse comme une tête d\u2019enfant.Cette tumeur est sphérique, régulière, sans bosselures et de consistance ré- nitente.À droite elle dépasse la ligne médiane d\u2019environ 3 cms.À gauche, elle atteint les fausses côtes et en bas elle descend à environ 4 cms.en dessous d\u2019une horizontale passant par l\u2019ombilic.La tumeur est très mobile de gauche à droite mais beaucoup moins de haut en bas; elle se déplace légèrement avec les mouvements respiratoires et donne le contact lombaire d\u2019une manière peu précise.La tumeur est mate et non douloureuse.Elle présente tous les caractères d\u2019une tumeur kystique.La matité hépatique est normale, la rate non percutable et l\u2019abdomen par ailleurs ne présente rien de particulier.Au toucher vaginal, l\u2019utérus est de volume et de consistance normale et les culs-de-sac sont libres; il n\u2019existe aucune communication entre les organes génitaux et la tumeur qui est située dans l\u2019étage supérieur de l\u2019abdomen.Le toucher rectal est négatif.L\u2019analyse d\u2019urine, à part quelques légères traces d\u2019albumine, est normale.La numération globulaire donne: hémoglobine 70%, glob.r.4400000, glob.b.3400, indice colo- 370 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 rimétrique 0.72, poly.62%, lymp.34% et éosinophiles 4%.Trois jours plus tard, les glob.r.sont & 3150000, les glob.b.& 5200 et l\u2019eosinophilie toujours à 4%.L\u2019'azotémie est à O gr.325, la glycémie à 1 gr.20 et le Wassermann est négatif.La radiographie du côlon est pratiquée par le Dr W.Vignal, après lavement baryté: le lavement opaque ,progresse aisément dans l\u2019ensemble du cadre colique.L\u2019angle colique gauche est abaissé et décrit une boucle; l\u2019angle hépatique est haut placé.La tumeur dont on voit les contours est située au dessus du côlon transverse.La pyélographie ascendante gauche est faite par le Dr A.Laroche: le rein, les calices, les bassinets et l\u2019uretère sont anatomiquement et topographiquement normaux.La rate est de grosseur et de position normale.La capacité du bassinet gauche est de 12 c.c.En présence de cette grosse tumeur abdominale qui est sphérique, régulière, mate, non douloureuse et de consistance rénitente, nous faisons le diagnostic de tumeur kystique.Le kyste est situé dans le quadrant supérieur gauche et il est facilement mobilisable surtout de gauche à droite.Nous éliminons facilement à l\u2019examen clinique le kyste de la rate ou du rein gauche: les radiographies d\u2019ailleurs nous montrent une rate non augmentée de volume, un rein normal et un uretère qui n\u2019est pas déplacé par le kyste.Nous croyons que la tumeur ne peut être qu\u2019un kyste du mésocôlon ou un kyste de la queue du pancréas.La radiographie du côlon ne nous est d\u2019aucun secours à faire la discrimination entre les deux hypothèses.Nous pensons cependant plutôt au kyste de la queue du pancréas, parce que la tumeur est ici peu mobile de haut en bas et parce que nous croyons que dans le kyste du mésocôlon la tumeur serait facilement mobilisable dans tous les sens.L\u2019opération est pratiquée le 29 mars 1939.Incision médio-rectale de 7 pouces de long sus et sous ombilicale.À l\u2019ouverture du péritoine, on voit immédiatement à travers le ligament gastro-colique distendu qu\u2019on a affaire à un kyste de l\u2019arrière cavité.La rate et le rein gauche sont normaux.Le côlon transverse normal est situé au niveau du tiers inférieur de la tumeur kystique.Nous ouvrons le ligament gastro-colique sur une étendue de 4 pouces.Ligature des vaisseaux.Le kyste apparaît alors: il est du volume d\u2019une tête d\u2019enfant arrondie et régulière.Nous contournons la tumeur avec la main: elle est absolument indépendante du mésocôlon.Elle nous paraît prendre naissance aux dépens de la queue du pancréas.Avant d\u2019aller plus loin nous décidons de vider en partie le kyste qui est bien tendu.Au cas où le liquide contiendrait des ferments digestifs, nous protégeons la cavité avec des compresses abdominales et avec une seringue sans piston montée d\u2019une aiguille fine nous ponctionnons.Le liquide enlevé est clair et légèrement visqueux; il y en a près de 1200 c.c.et nous en prélevons un échantillon pour le laboratoire.Nous fermons après la brèche avec deux pinces.Nous réclinons la poche kystique vers la gauche et nous voyons le pancréas dont la tête et le corps sont normaux.Le kyste prend naissance aux dépens de la queue du pancréas par une surface d\u2019environ 3 cms.x 1 em.La paroi du kyste à sa base est excessivement vascularisée.A la partie inférieure du pancréas prés de la queue existe une artère grosse comme un crayon, l\u2019artère pancréatique inférieure très développée, et une veine grosse comme l'index, vaisseaux qui viennent s\u2019arboriser dans les parois du kyste.À cause du siège du kyste au niveau de la queue du pancréas, à cause de sa faible surface adhérente à cet organe, à cause de l\u2019absence d\u2019adhérence avec le péritoine postérieur et le mésocôlon et à cause de l\u2019absence de tout syndrome abdominal aigu dans l\u2019histoire de la patiente, nous éliminons le faux kyste du pancréas qui pourrait être marsu- pialisé et nous pensons avoir affaire au kyste vrai du pancréas dont le seul traitement radical est l\u2019extirpation.A gauche le kyste est très adhérent à LEFRANÇOIS: KYSTE VRAI DU PANCRÉAS l\u2019épiploon pancréatico-splénique; le kyste reçoit également une irrigation sanguine importante de ce côté.Nous sectionnons l\u2019épiploon entre plusieurs pinces et nous mettons des ligatures.Le kyste alors ne tient plus que par son adhérence au pancréas.Avec prudence nous décollons la queue du pancréas de la paroi abdominale postérieure sur une étendue d\u2019environ un pouce: nous relevons la queue du pancréas pour qu\u2019il nous soit plus facile de faire l\u2019hémostase.Nous ligaturons l'artère et la veine pancréatique inférieure qui viennent irriguer le kyste.Avec le bistouri électrique, nous coupons franchement dans le pancréas et nous enlevons le bout de la queue avec le kyste qui s\u2019y insérait.Sur la tumeur kystique près de son insertion pancréatique, il existe une tumeur de consistance dure, grosse comme une petite prune, tumeur que nous prenons pour un adénome.Après avoir sectionné la queue du pancréas il existe une hémorragie importante mais en nappe.Pour l'arrêter, nous mettons 4 points en U de part en part de l\u2019organe, avec du catgut 0.Nous laissons un gros drain cigarette au contact du pancréas; nous fermons la brèche du ligament gastro-colique et nous suturons la paroi abdominale en 3 plans.(Fig.I.) pr A Fic.I.Examen macroscopique de la pièce.(Pathologiste: Dr T.Farmer.) Gros kyste col- labé qui mesure 13 cms.de diamètre et qui renferme encore environ 100 c.c.de liquide clair et visqueux.La tumeur est bosselée mais sa surface externe est lisse; à un endroit il existe 371 un morceau de tissu pancréatique et ailleurs de petites masses dures; en les coupant on s\u2019aperçoit qu\u2019en plus du kyste principal, il existe d\u2019autres petits kystes dont quelques- uns communiquent et d\u2019autres ne communiquent pas avec la cavité principale.Examen histologique.Dans les coupes on voit une paroi constituée par du tissu conjone- tif fibreux œdémateux qui est revêtu par un épithélium cylindrique, sécrétoire et stratifié à quelques endroits.Ailleurs on trouve du tissu pancréatique qui montre une augmentation de la quantité du tissu conjonctif entre les lobu- les.Il existe plusieurs foyers de cellules pancréatiques dégénérées.Adénome hystique du pancréas: aucun signe de malignité.(Fig.II et III.) NC Fig.II.Faible grossissement.Te.Fic.III.Fort grossissement. 372 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 Analyse du liquide.Globules rouges et lymphocytes présents.Nombreux cristaux de cho- lestérine.Absence d\u2019amylase.Suites opératoires.Immédiatement après l\u2019opération, nous prescrivons de la Coaguline, de la Pitressin, du sérum salé intraveineux.A 2 p.m.le jour de l\u2019opération la glycémie est à 1 gr.70; à 8 p.m., à 1 gr.80.Le lendemain la patiente va bien et la glycémie est à 1 gr.50.Aucun vomissement.Deux jours après l\u2019intervention la glycémie est à 1 gr.30, l\u2019azotémie à 0 gr.350; la patiente va toujours bien et poursuit une convalescence normale sans aucun incident ni aucune fistule pancréatique.La plaie guérit per primam.Lever le 16e jour après l\u2019opération et congé le 20e jours.Commentaires Chez notre patiente le kyste du pancréas s\u2019est vraisemblablement développé au cours de la dernière grossesse, puisqu\u2019elle ne s\u2019aperçut de sa tumeur qu\u2019après son accouchement.Parmi les observations de kystes du pancréas que nous avons parcourues, nous avons trouvé qu\u2019assez souvent ces kystes ne survenaient qu'après la grossesse.Dans la bibliographie des kystes du pancréas, il y a même deux articles qui traitent de la question !, mais il nous a été impossible de nous les procurer et nous ne pouvons donner d\u2019explications du fait.L'opération fut ici assez longue mais en somme facile.Avant dé sectionner au bistouri électrique la terminaison de la queue du pancréas, nous avions décollé la queue du pancréas de la paroi et nous nous en sommes bien trouvé pour faire nos points hémostatiques de part en part de l\u2019organe.Après l\u2019opération nous avons fait pratiquer l\u2019analyse du liquide visqueux qui se trouvait dans le kyste.Le liquide était ici très clair 1.Cyst of the pancreas as complication of pregnancy: West African Medical J., juillet 1933.\u2014 Cyst of the pancreas developping during labor: Minerva Medica, mai 1933.comme il est habituellement dans les kystes vrais; dans les faux kystes, le liquide est ordinairement sanglant.Il n\u2019y avait pas d\u2019amylase; à cause de conditions indépendantes de notre volonté, la recherche de la trypsine et de la lipase n\u2019a pu étre faite.A ce propos, il faut noter que souvent les kystes du pancréas contiennent des ferments digestifs et qu\u2019il faut prendre garde au cours de l\u2019opération de laisser s\u2019écouler le liquide dans la cavité abdominale.À plusieurs reprises après intervention nous avons fait faire la glycémie chez notre malade: L\u2019aprés-midi, elle était à 1 gr.70, le soir à 1 gr.80 pour revenir à la normale au bout de 2 jours.Après les opérations sur le pancréas, il existe assez souvent de l\u2019hyperglycémie qu\u2019on doit traiter par l\u2019insuline.Chez notre patiente l\u2019hyperglycémie ne fut pas plus marquée que celle qu\u2019on rencontre à la suite \u2018de bien des opérations importantes sur d\u2019autres organes que le pancréas.Au point de vue macroscopique, notre kyste du pancréas est kyste multiloculaire exactement superposable à celui du cas publié par McKechnie (Can.M.A.J., juin 1937).Au point de vue microscopique il s\u2019agit d\u2019un adénome kystique.La paroi interne du kyste est tapissée par une membrane à épithélium cylindrique.Certains auteurs ont voulu que le revêtement épithélial à l\u2019intérieur de la poche kystique serve à distinguer le kyste vrai du pancréas du faux kyste qui n\u2019a jamais d\u2019épithélium.On admet cependant maintenant que l\u2019_épithélium du kyste vrai puisse être détruit par les ferments digestifs sans que le kyste perde pour cela ses caractères de kyste vrai.Pour ce qui est du pronostic, nous croyons qu'il est ici favorable; à l\u2019examen histologique il n\u2019y avait aucun signe de malignité.Nous avons vu la patiente à plusieurs reprises, la dernière fois en septembre et son état général était excellent.Pe LÉSION CURIEUSE DU FOND D'ŒIL Par Philippe Panneton, Chef du Service d\u2019Ophtalmologie, Hôpital Notre-Dame.L'observation qui va suivre pêche certes par certains points; le principal étant qu\u2019il nous à été impossible d\u2019assigner à l\u2019anomalie trouvée dans ce cas une étiologie précise.Nous avouons franchement que nous sommes incapables de donner de la lésion autre chose qu\u2019une description et une discussion des hypothèses à envisager.Il nous à paru cependant que cette curiosité valait la peine d\u2019être publiée.Il est en effet souvent arrivé que des lésions incomplètement décrites ont pu être retrouvées par la suite chez d\u2019autres sujets, identifiées et expliquées.Ce qui fait l\u2019intérêt réel de notre cas c\u2019est qu\u2019il nous paraît unique.En effet il nous a été impossible de trouver dans la littérature ophtalmologique courante quelque chose qui puisse ressembler à l\u2019image que nous avons vue.Et les confrères à qui nous avons pu faire voir ce cas n\u2019ont pu trouver dans leur expérience pourtant grande rien qui s\u2019y puisse comparer.Observation.Il s\u2019agit d\u2019un individu de quarante-quatre ans, qui se fait examiner pour tout autre chose.Quelques mois auparavant, en effet, il reçut dans l\u2019œil des poussières septiques pendant son travail.Il s\u2019ensuivit une conjonctivite compliquée d\u2019une kératite infectieuse.Le médecin traitant mentionne dans un rapport la présence d\u2019une iritis ce qui aurait certes de l\u2019importance; malheureusement, il nous est impossible de tenir compte de cette indication faite par un non spécialiste, et qu\u2019aucune trace, aucun détail de l\u2019histoire ne vient appuyer.Passons rapidement sur l\u2019état de l\u2019œil droit, le blessé, au moment de l\u2019examen: la cornée garde une infiltration cicatricielle, une taie assez étendue qui en couvre la moitié centrale.Il n\u2019y a plus aucune rougeur ni inflammation.Cette taie n\u2019a rien qui puisse nous faire penser à une kératite interstitielle spécifique.Le reste de l\u2019œil est normal; on voit suffisamment bien le fond d\u2019œil à travers le nuage cornéen pour se rendre compte qu\u2019il n\u2019y a aucune lésion.La vision, à cause de la taie, est aux environs de deux dixièmes (2/10) ce qui est absolument logique.Bref il semble bien que nous ayons là une séquelle banale d\u2019une blessure infectée de la cornée.Cette partie de l\u2019examen fait, nous passons à l\u2019œil gauche, non blessé.Pour fins d\u2019expertise il suffirait, à la rigueur, de relever l\u2019acuité visuelle; c\u2019est ce que d\u2019autres ont fait avant nous pour ce même cas.Mais l\u2019examen relativement complet nous étant une règle absolue, nous regardons plus avant.La vision est de neuf dixièmes (9/10) environ avec la correction d\u2019une faible myopie (\u2014 1).Extérieurement l\u2019œil ne présente rigoureusement rien.La cornée est d\u2019une limpidité inaltérée.Non seulement il n\u2019y a pas de rougeur du globe mais les vaisseaux sont de calibre absolument normal.L\u2019iris est bien mobile.Christallin et cristalloïde sont parfaits.Le vitré est clair comme de l\u2019eau de roche.Et voilà que la papille optique apporte une surprise.Sur son pourtour, de une heure à près de trois heures, on aperçoit une masse blanche dont l\u2019étendue est d\u2019environ un tiers de la surface papillaire.Elle est à cheval sur le bord, un tiers de la masse empiétant sur le disque tandis que les deux tiers sont appliqués sur la rétine.Nous disons la masse, car elle semble s\u2019élever des bords vers le centre, comme une colline.En mesurant à l\u2019ophtalmoscope on trouve en effet, entre le fond d\u2019œil et le sommet, une dénivellation qui progresse irrégulièrement jusqu\u2019à plus de trois dioptries. 374 La couleur en est blanche; mais d\u2019une blancheur un peu sale avec ici et là des reflets jaunâtres qui font penser à des cristaux de cho- lestérine.Le tout n\u2019est pas homogène.Rien ne saurait en donner une plus juste idée que celle d\u2019un tas de cristaux sur une surface plane.L\u2019aspect n\u2019en est pas du tout moutonneux, ni strié.Les bords des « cristaux » sont absolument nets.Quelques-uns paraissent légèrement plus foncés, plus sales.Si le tout paraît si blanc, cela est sans doute par comparaison avec la rougeur vive et normale du fond d\u2019œil.Il n\u2019y à sur cette masse ni tache pigmentaire ni tache hémorragique.Le pourtour en est irrégulier mais d\u2019une netteté absolue; je rappelle ici l\u2019image que je citais tout & l'heure d'un tas de cristaux, de sel par exemple; la différence entre la « lésion » et le reste est précise, tranchée.Où est la lésion, on ne voit rien qu\u2019elle; où elle n\u2019est pas, la rétine est rigoureusement normale.Sauf en un point, dans le voisinage, où l\u2019on retrouve en tout petit la même chose, comme nous le verrons plus loin.Cela se trouve au-dessus d\u2019une des veines majeures du fond d\u2019œil, comme on pourra s\u2019en rendre quelque peu compte sur le schéma ci-joint.Cependant il semble bien que ce vaisseau soit légèrement déjeté vers le haut par la petite masse.Les vaisseaux du fond d\u2019œil, aussi bien au voisinage de l\u2019anomalie qu\u2019ailleurs, sont nor- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 maux en tous points.Ils ne sont pas engorgés ni indûment sinueux.Il n\u2019y a pas de pulsation pathologique.Le reste de la papille montre l\u2019image d\u2019une papille banale, tout ainsi que le fond d\u2019œil que nous explorons consciencieusement après dilatation à l\u2019homatropine.Il n\u2019y à qu\u2019au-dessus du vaisseau déjeté que l\u2019on trouve quelques « cristaux » rassemblés en une tache minuscule d\u2019aspect semblable à la congénère.Nulle part le moindre signe d\u2019altération vasculaire, de choroïdite, de rétinite, rouge ou blanche.La fovéa est normale.* * * Il nous est certes possible de savoir à quel étage de la rétine siège la lésion.En effet nous sommes évidemment en pleine rétine et nettement en dedans de la couche pigmentaire puisque celle-ci n\u2019est en rien perturbée.D'autre part nous sommes au niveau de la couche la plus interne \u2014 puisque le vaisseau rétinien au contact de la lésion reste presque au-dessous de lui, \u2014 tout en étant apparemment presque à la limite, dans la couche des fibres optiques qui est la seconde, de dedans en dehors; nous ne sommes donc séparés du vitré que par la limitante interne.C\u2019est apparemment à ce niveau que s\u2019est produite l\u2019anomalie qui a dû ainsi décoller la limitante en rupturant les fibres de Muller au-dessus de leur pied, ce qui se fait facilement, par exemple dans les cas d\u2019hémorragies de la rétine.À ce niveau, sur le bord de la papille, la couche des fibres nerveuses est à son épaisseur maxima.Enfin, nous sommes exclusivement dans la rétine; autrement s\u2019il ne restait pas une couche rétinienne entre la lésion et le vitré, comment celui-ci pourraît-il avoir gardé son intégrité?Restait à chercher la composition de cet amas.Nous pouvions le faire par élimination, en songeant à tout ce qui pouvait donner une image de ce genre. PANNETON: LÉSION CURIEUSE DU FOND D'ŒIL Tout d\u2019abord s\u2019agit-il d\u2019un objet d\u2019origine inflammatoire?Il semble bien que non.En effet, on n\u2019y trouve aucun signe de congestion actuelle ou passée.Ni hémorragies, ni taches pigmentaires trace de migration, ni lésions de cho- roïdite.Les vaisseaux ne sont pas engorgés.Et surtout la limite de la tache est nettement délimitée, à l\u2019emporte-pièce, sans ce fondu que l\u2019on trouve le plus souvent aux limites des lésions inflammatoires.Nous savons évidemment que bien des lésions de chorio-rétinite sont ainsi découpées; mais 1l y a alors des particularités facilement reconnaissables, en blanc et en noir, c\u2019est le cas de le dire.Il semble donc que nous puissions éliminer ainsi toutes les chorio-rétinites.Y compris la gomme spécifique, d\u2019ailleurs rare, et que le «Nouveau Traité d\u2019Ophtalmologie français », en huit volumes, véritable monument de science, décrit comme une masse jaunâtre, à bords circulaires, montrant souvent des hémorragies, comportant fréquemment un trouble du vitré, et entraînant, cela se conçoit, des troubles fonctionnels importants.I] en va ainsi de la tuberculose à quoi s\u2019appliquerait assez bien la description de la gomme; on sait en effet qu\u2019il est difficile de faire la différence entre les deux lorsque la lésion est unique, ce qui est d\u2019ailleurs rare dans la bacillose du fond d\u2019œil.Parmi les choses rares, il faut envisager les « vermicosités hyalines », ou « scories de la lame vitrée », qui en général sont des éléments disséminés dans toute la superficie de la rétine.Eles sont blanchâtres, mais plutôt transparentes, ce qui n\u2019est pas le cas ici.La rétinite qui se rapproche le plus de ce que nous avons ici, est la rétinite de Coats, décrite par cet auteur en 1908.On trouve alors d\u2019après l\u2019auteur, une masse ou des masses d\u2019aspect floconneux, d\u2019un blanc jaunâtre, à différents endroits au fond d\u2019œil; on y trouve aussi des cristaux de cholestérine.Cet aspect floconneux très net dans la rétinite de Coats, 375 empéche de poser cette étiquette sur notre observation.S\u2019agit-il d\u2019une masse de tissu conjonctif?Non, apparemment, car celui-ci est toujours précédé d\u2019un trouble grave de la rétine qui ne semble pas avoir eu lieu dans notre cas.Les amas de fibrine ont un aspect ouaté; les amas graisseux, un contour régulier et se présentent en multiples foyers; l\u2019épaississement variqueux de la couche des fibres nerveuses se reconnaît à ses reflets brillants et affecte une disposition particulière en rais de roue.Il y a bien la possibilité d\u2019une tumeur.Maligne?I] n\u2019y a pas envahissement des tissus voisins, puisque cette masse qui siège dans les couches internes de la cornée a repoussé un vaisseau qui se trouvait sous lui.À quel élément histologique pourrions-nous d\u2019ailleurs attribuer pareil aspect?Une tumeur bénigne?Pas plus.Ceci n\u2019a pas du tout l\u2019aspect homogène, nettement circonserit d\u2019une masse de tissu vivant en voie d\u2019hypertrophie.Tout ici plaide contre l\u2019hypothèse d\u2019une chose vivante, active.Restent les anomalies congénitales; Des reliquats de l\u2019artère hyaloïde n\u2019ont pas, ne peuvent pas avoir cet aspect.Le départ en serait d\u2019ailleurs plutôt du centre de la papille pour s\u2019enfoncer dans la direction du vitré.Il y a d\u2019ailleurs cette petite lésion-fille, à côté de la lésion mère, qui élimine l\u2019hypothèse tumeur et l\u2019hypothèse: reste de l\u2019artère hyaloïde.On peut enfin songer aux fibres à myéline.Dans le manuel de Fuchs-Brown, traduction et adaptation anglaise du classique manuel du grand maître viennois, on trouve à la page 613 une figure qui, à l\u2019examen superficiel, ressemblerait fort à notre lésion.Mais il s\u2019agit de fibres à myéline affectant une disposition rare.Or l\u2019aspect de ces fibres est bien connu.La blancheur en est une blancheur de neige; elles enveloppent les vaisseaux sans les déplacer, puisque elles sont non pas un élément étranger, mais bien la persistance d\u2019une enveloppe des fibres nerveuses, enve- 376 loppe normale ailleurs.Le principal caractère des amas de fibres à myéline est le « dessin fibrillaire », la « fasciculation », qui est ici totalement absente.Pour qui a vu les deux lésions la confusion n\u2019est pas possible.Il semble done bien que nous soyons en présence d\u2019une lésion jamais décrite jusqu'ici.Pour nous, il s\u2019agirait apparemment d\u2019un amas de cristaux de cholestérine.C\u2019est vraiment à cela que l\u2019on pense presque immédiatement et cela malgré l\u2019absence de synchésis étincelant dans le vitré.Malheureusement, et c\u2019est là ce qui fait cette observation incomplète, il nous était L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 absolument impossible d\u2019examiner à fond le blessé.Un Wasserman fut fait, qui était négatif; mais toutes les autres recherches qui eussent été utiles et eussent peut-être apporté de précieuses connaissances sur l\u2019état général du sujet, ne pouvaient être faites.Disons tout simplement, puisque à regret nous ne pouvons dire plus, que le porteur de la lésion affirmait être en état de parfaite santé.L\u2019examen de son nez, de sa gorge, de ses oreilles, ne montrait rien.Rien dans son passé ne pouvait apporter quelque éclaircissement.Il avait d\u2019ailleurs toutes les apparences de la santé. REVUE GÉNÉRALE e-e- ee CONSIDÉRATIONS SUR LE DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE DE L\u2019INFECTION GONOCOCCIQUE ! Par Albert BERTRAND.Personne ne met en doute l\u2019importance du diagnostic bactériologique de l\u2019infection gono- coccique.Cependant certains médecins ont de ce diagnostic, une conception toute différente de celle qui s\u2019impose au bactériologiste.Les premiers se contentent le plus souvent d\u2019une réponse positive ou négative, basée sur l\u2019examen microscopique d\u2019un frottis, et, sans se préoccuper d\u2019en contrôler l'exactitude, s\u2019en tiennent à la lettre du rapport.Le bactériologiste, au contraire, ne peut et ne doit se prononcer d\u2019une manière définitive qu\u2019après avoir utilisé tous les moyens qu\u2019une technique compliquée met à sa disposition.L'identification des bactéries en général, et celle du gonocoque en particulier, reposent sur une série d\u2019épreuves qui fournissent, les unes, des éléments de probabilité, les autres, des signes de certitude, et seules, ces dernières, permettent de poser un diagnostic précis.Sans doute il n\u2019est pas toujours possible d\u2019utiliser, pour un même cas, toutes ces épreuves, mais il convient d\u2019en rappeler ici les valeurs respectives et d\u2019en préciser la signification.En ouvrant un manuel de bactériologie au chapitre du gonocoque on trouve comme éléments de diagnostic les caractères suivants: Le gonocoque est un diplocoque de 0,4 à 0,6 u, en forme de haricot ou de grain de café dont les deux éléments se regardent par leur face concave.Il se colore en rose par la méthode de Gram, ne pousse pas sur les milieux ordinaires, mais se développe sur les milieux albumineux: gélose ascite, gélose au sang, etc.L\u2019inoculation aux animaux de laboratoire est pratiquement nulle, et les réactions humorales 1.Travail présenté à la Société Médicale de Montréal, séance du 5 décembre 1939.ne sont possibles que dans certaines conditions.Les choses, ainsi présentées, paraissent toutes simples, mais en y regardant d\u2019un peu plus près cependant, et en s\u2019appuyant, tant sur l\u2019observation clinique que sur les examens microscopiques, on s\u2019aperçoit que la question est beaucoup plus compliquée, surtout pour les cas chroniques.C\u2019est un véritable problème que le bactériologiste doit résoudre.En effet, si les divers caractères bactériologiques mentionnés par les classiques se retrouvent le plus souvent dans les cas de blennorragie aiguë, ces mêmes caractères se présentent passablement déformés dans les cas chroniques, et ce, à tel point, qu\u2019il est parfois impossible au bactériologiste de s\u2019en tirer sans passer par toute la série des réactions biologiques connues.La morphologie du gonocoque, nous l\u2019avons vue, est la suivante: diplocoque en forme de haricot mesurant de 0,4 à 0,6 u.Il n\u2019est pas rare cependant de rencontrer dans le pus ou les cultures des éléments plus petits ou beaucoup plus gros, de 1 à 2 y, c\u2019est-à-dire 3 fois la grosseur normale moyenne.Les rapports des deux éléments sont souvent modifiés également de telle sorte que ce ne sont plus des haricots se regardant par leur hile qu\u2019on trouve mais des microbes en forme de «D » majuscule, l\u2019un des éléments plus gros que l\u2019autre; des formes sphériques ou ovoides, isdées ou en diplocoques, pouvant atteindre des dimensions considérables.Asch, de Strasbourg, qui a bien étudié la morphologie du gonocoque au cours de la blennorragie a pu décrire des « microgonocoques » correspondant à la période de début de la maladie, des « nor- 378 mogonocoques », à la période aiguë, et des « macrogonocoques » à la phase chronique, ces dernières atteignant parfois les dimensions du noyau d\u2019un leucocyte, et pouvant redevenir des « normogonocoques » à la suite d'injection de vaccin.Des faits semblables, observés par d\u2019autres auteurs, par Franck en particulier, ne sont pas pour nous surprendre.Le gonocoque qui est un organisme vivant est susceptible de se développer.D'ailleurs pourquoi refuser au gonocoque ce que Pasteur avait constaté chez d\u2019autres microbes et ce que tous les bactériologistes concèdent au colibacille, au vibrion, ete, etc.Dans un rapport présenté en 1936 par « The National Research Council » de Washington, on note au sujet de la morphologie du gonocoque les faits suivants: « Il est d\u2019observation courante de rencontrer dans les exudats gono- cocciques de gros et de petits cocci.Ces « micro» et ces «macro» éléments sont considérés habituellement comme des formes d\u2019involution ou de dégénérescence.» \u2018 Cette opinion qui résumait l\u2019état de la question en 1936 n\u2019a pas été modifiée depuis et il semble bien que la morphologie seule du gonocoque, tout en fournissant des signes de présomption, ne saurait imposer d\u2019emblée un diagnostic.Il faut y ajouter d\u2019autres caractères dont la colorabilité.Le gonocoque classique se colore en rose par la méthode de Gram; il est Gram négatif.S1, dans des cas aigus, certains auteurs se contentent d\u2019une coloration simple au bleu de méthylène ou à la thionine pour poser un diagnostic, d\u2019autres semblent beaucoup plus exi- gents.Selon le professeur Galli-Valerio de Lausanne, la différenciation microscopique du gonocoque doit porter non seulement sur la forme en diplocoque du microbe mais encore sur sa colorabilité (Gram négatif), et aussi sur sa position dans la cellule (intracellulaire).Philibert ajoute: « La possibilité de rencontrer des espèces saprophytes de même type morphologique et se colorant en rose dans l\u2019urètre défend d\u2019accorder de la valeur aux cocei L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 qui ne sont pas à l\u2019intérieur des polynucléaires.Pallazzoli et Nitti insistent sur le fait que les gonocoques sont Gram négatif et qu\u2019ils doivent se rencontrer à l\u2019intérieur des polynucléaires.Pour eux, les gonocoques extracellu- laires ne permettent pas d\u2019établir un diagnostic de blennorragie.P.Mocquot et R.Palmer sont d'avis que non seulement le gonocoque doit être intracellulaire pour avoir une valeur diagnostique, mais en plus qu\u2019il doit être à l\u2019état de pureté dans la cellule, c\u2019est-à-dire non associé à d\u2019autres microbes.Pelouze de son côté signale la présence de streptocoques et de staphylocoques Gram négatif dans les exudats et les cultures et précise que ces bactéries sont souvent une source d\u2019erreur dans l\u2019établissement du diagnostic.À côté de ces cocci Gram négatif dont font mention Philibert et Pelouze il en existe d\u2019autres, connus depuis longtemps et qui causent ce que Franck appelle des urétrites non-gonococei- ques.Ces cocci présentent quelquefois la même morphologie que le gonocoque classique, mais se colorent en violet par la méthode de Gram.La coloration de Gram permettra donc d'éliminer au moins ces derniers et d'éviter certaines causes d\u2019erreur.Mais si la méthode de Gram est extrêmement précieuse il ne faut pas oublier, comme le souligne Franck, que le gonocoque réagit vis-à-vis de la coloration d\u2019une façon bien différente selon les cas cliniques de blennorragie.Franck a pu observer des gonocoques Gram négatif, des gonocoques Gram douteux, et des gonocoques Gram positif.Ces deux derniéres variétés seraient des formes de dégénérescence du gonocoque vrai, et l\u2019injection de vaccin aurait, dans certains cas, modifié la coloration de ces microbes comme elle aurait modifié, selon Asch, leur forme.On accuse parfois la coloration et le technicien de ne pouvoir déceler le gonocoque! Il serait peut-être bon de penser plutôt que c\u2019est le gonocoque qui a pu se modifier.Peut- être aussi n\u2019y a-t-il pas qu\u2019un seul gonocoque?Georgievitch a constaté dans l\u2019urètre normal diverses formes de diplocoques complètement BERTRAND: DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE DE LA GONOCOCCIE indépendantes du gonocoque vrai mais qui présentaient avec lui une grande ressemblance au point de vue coloration et culture.Pour Georgievitch les divers diplocoques Gram négatif et Gram positif, ainsi que les diplocoques présentant différents modes de fermentation des sucres, doivent être considérés comme des gonocoques sous diverses formes: mutation, dégénérescence.La « National Research Council », dans le rapport déjà cité, tout en admettant qu\u2019il est quelquefois possible, avec une coloration simple de démontrer la morphologie générale du gonocoque, ajoute que pour faire une différenciation première, la coloration de Gram est indispensable.La morphologie et la coloration du gonocoque sont les deux caractères sur lesquels on se base le plus souvent pour faire le diagnostic de blennorragie.Il est facile de constater que ces caractères ne sont pas toujours aussi stables qu\u2019on les décrits dans les manuels de bactériologie.Selon la « Neisserian Medical Society de Massachusett » le laboratoire ne peut, par l\u2019examen d\u2019un frottis, porter un diagnostic positif.La présence de pus, de mi- croorganismes et la distribution de ces derniers doivent être interprétées par le médecin à la lumière des faits cliniques.» En somme, sur des lames de pus, le bactériologiste ne peut que préciser la morphologie et la colorabilité du microbe, rien de plus.Pour identifier le gonocoque, pour le distinguer des diplocoques Gram positif ou Gram négatif qui se rencontrent dans l\u2019urètre ou dans le vagin il faut pousser plus loin l\u2019investigation et selon la méthode classique, applicable à tous les microbes, faire la culture, l\u2019inoculation aux animaux de laboratoire ou la recherche des anticorps.On a proposé les milieux les plus divers pour cultiver le gonocoque: gélose au sang, de Be- zançon et Goiffon; gélose ascite; milieu au lait, de Sabouraud et Noiré; milieu albumineux, de Sacquépée; milieu a la cervelle de veau, de Pelouze; gélose aminée; milieu au sang cuit; etc.Les avis sont partagés sur la 379 valeur de chacun de ces milieux, mais il ressort de l\u2019ensemble des publications faites sur ce sujet que le gonocoque reste difficile a cultiver.D'ailleurs la multiplicité des méthodes proposées le prouve suffisamment.Franck, en utilisant la gélose de Bezançon et Goiffon modifiée par Pfeiffer, et partant de cas classiques de blennorragie, n\u2019a obtenu que 10% de résultats positifs chez la femme et 13% chez l\u2019homme.Demonchy de son côté prétend, il est vrai, que le milieu au sang ou à l\u2019ascite n\u2019est pas nécessaire.« C\u2019est, dit-il, une erreur qu\u2019il importe de rectifier.On peut obtenir des cultures même secondaires abondantes en utilisant un milieu beaucoup moins élaboré.» On utilise très fréquemment aujourd\u2019hui les milieux au sang cuit, « Chocolate Blood Agar » des Américains, sur lesquels se développent également bien non seulement le gonocoque mais encore le pneumocoque, le méningocoque et de nombreux autres microorganismes.Bien que ces milieux soient opaques et ne permettent pas une lecture facile des colonies suspectes par transparence, on les utilise avec avantage pour pratiquer la réaction des oxydases, décrite par Gordon et McLeod en 1928.Cette réaction, qui permet de voir, en rouge sur fond brun, les colonies de gonocoque, n\u2019est pas spécifique toutefois puisqu\u2019elle donne des résultats identiques avec d\u2019autres bactéries.Modifiée en 1934 par McLeod et ses associés, la méthode ne s\u2019est pas montrée plus élective par la suite.Aussi ces auteurs considèrent-ils comme insuffisant un diagnostic basé sur une simple coloration des colonies rouges sans autre contrôle.Donc quel que soit le milieu utilisé, si une première pousse est obtenue, ou si une réaction d\u2019oxydase s\u2019avère positive, le problème ne s\u2019en trouve pas de ce fait résolu; il importe d\u2019éliminer les pseudo-gonocoques par la recherche du pouvoir de fermentation des sueres.Et les difficultés recommencent avec quelquefois en plus des modifications de la morphologie du microbe comme d\u2019a signalé Asch.On a proposé, comme moyen de diagnostic, 380 lorsque le gonocoque n\u2019a pu être mis en évidence par les procédés ordinaires, la spermo- culture.Ici également les opinions sont très partagées.Surtout utilisée en France, la sper- moculture a donné à Lebreton 76% de résultats positifs; à Giscard, 50%; à Renaud-Ba- det, 18%; a Barbillon, 4%; et & Janet, O sur 25.Janet d\u2019ailleurs tient pour suspects tous ces prétendus gonocoques qui ne sont révélés que par la spermoculture sans autre identification.Pour lui, 80% des gonocoques trouvés par cette méthode sont des pseudo-gonocoques.Giscard de son côté a trouvé 56% de diplocoques non gonocoques par la même méthode.La spermoculture, presque toujours inutile selon Pallazzoli et Nitti de même que la culture, peuvent rendre de réels services et permettre de poser le diagnostic & la condition toujours d\u2019être complétées par l\u2019identification du microbe sur les milieux sucrés et pourvu que le gonocoque garde ses caractères biologiques.Les différences de résultats obtenus par des expérimentateurs différents sont parfaitement compréhensibles selon la « National Research Council » de Washington qui explique ces faits de la manière suivante: «Deux organismes vivants et variables influencent les résultats de l\u2019épreuve.L\u2019un d\u2019eux est le bactériologiste.Tel milieu qui donne à un premier bactériologiste d\u2019excellents résultats, est condamné par un second.L\u2019autre facteur vivant et variable c\u2019est le gonocoque lui-même avec ses particularités qu\u2019on observe dans les diverses recherches.On ne peut donc espérer qu\u2019une seule technique et qu\u2019un seul milieu seront satisfaisants pour l\u2019isolement et l'identification de chaque type, race ou variété de gonocoque.» Plus loin le même rapport ajoute: « Personne n\u2019a encore mis au point un milieu sélectif pour le gonocoque.» L\u2019inoculation aux animaux de laboratoire ne saurait être utilisée comme moyen de diagnostic du gonocoque.En effet les nombreux essais tentés sur le chien, le lapin, le cobaye, le singe, n\u2019ont donné que de médiocres résul- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LF.AN\u2014 Montréal, avril 1940 tats.Pour Philibert d\u2019ailleurs, il n\u2019y aurait qu\u2019un animal réellement sensible.l\u2019homme.Ceci nous dispense de pousser plus loin l\u2019investigation de ce côté.Il reste pour compléter la série des réactions possibles, la recherche des anticorps soit par la cuti-réaction, soit par la gono-réaction.La cuti-réaction, pratiquée selon la technique employée pour le diagnostic de la tuberculose, mais avec un autolysat gonococcique, a fourni à Demonchy et Benoist des résultats intéressants au triple point de vue diagnostique et thérapeutique.« De nouvelles recherches sont actuellement poursuivies afin de préciser les causes des variations de la cuti- réaction chez les cas chroniques.» Il semble donc préférable d\u2019attendre de nouvelles précisions avant de faire entrer la cuti-réaction parmi les procédés classiques de diagnostic.La gono-réaction de Demonchy est une technique analogue à celle du B.W.et se rapproche sensiblement de la réaction de Thompson utilisée il y à quelques années.L\u2019antigène employé est un lysat aqueux de 10 souches différentes de gonocoques cultivées sur le milieu de Demonchy.Cette réaction a permis à Girard « de déceler le gonocoque 76 fois sur 100 là où rien ne permettait encore d\u2019affirmer sa présence.» Girard ajoute: « Cette réaction doit être considérée comme un signe de plus dans l\u2019ensemble des symptômes qui servent à établir le diagnostic.» Pallazzoli et Nitti également accordent à la gono-réaction une valeur incontestable comme test tardif de guérison.La même réaction a donné à Mocquot et Palmer, dans 325 cas de métrosalpingite, 40% de résultats positifs, et 3% seulement de résultats douteux.L\u2019examen direct de ces mêmes cas n\u2019a été positif que dans une proportion de 5%.Aussi ces auteurs accordent-ils à la gono-réaction une grande valeur dans le diagnostic de l\u2019infection chronique, chez la femme tout particulièrement.D\u2019autres auteurs semblent moins optimistes au sujet de la réaction de fixation du complé- BERTRAND: DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE DE LA GONOCOCCIE ment.Si la méthode a du bon, la multiplicité des techniques préconisées rend les comparaisons difficiles.La valeur de la réaction semble dépendre surtout de la période de la maladie à laquelle on la pratique et sa positivité semble augmenter au fur et à mesure que l\u2019infection évolue vers la chronicité.De même la réaction peut demeurer positive longtemps après la disparition des signes cliniques.Cette positivité est-elle due à une absorption d\u2019antigène provenant de gonocoques cliniquement inaccessibles ou est-elle le fait d\u2019une réminiscence sérologique ?La question n\u2019est pas élucidée, mais il semble qu\u2019on doit mettre dans une classe à part les cas positifs, observés après traitement par les vaccins anti-gonococciques Selon Von Heimer une réaction positive peut devenir négative avant disparition totale des gonocoques de l\u2019organisme dans certains cas, mais une réaction positive rebelle est toujours causée par un foyer gonococcique quelque part dans l\u2019organisme et si cette réaction reste positive après trois mois, elle signifie non que le patient a eu une blennorragie.mais qu\u2019il en a encore une.Conclusions De toutes ces considérations on peut déduire les conclusions suivantes: 1.Le simple examen d\u2019un frottis coloré par la méthode de Gram ne permet pas d\u2019établir | un diagnostic bactériologique précis d\u2019infection gonococcique.Chez l\u2019homme, dans les urétrites aiguës, cet examen fournit des renseignements très précieux dont beaucoup de médecins se contentent.Chez la femme, les renseignements que donne cette méthode sont très variables et dépendent de la provenance du produit soumis à l\u2019examen.En effet dans une statistique que nous avons 381 publiée en 1931 nous avons montré que chez les femmes qui fréquentent nos dispensaires on trouve le gonocoque dix fois plus fréquemment au niveau de l\u2019urètre qu\u2019au niveau du vagin; soit 20 fois dans le premier cas contre 2 fois dans le second.2.La culture sur milieux différentiels sucrés, au contraire, permet de poser le diagnostic bactériologique précis car elle met en évidence l\u2019agent même de l\u2019infection avec ses caractères biologiques et permet d\u2019éliminer tous les pseu- do-gonocoques dont la morphologie et la colo- rabilité en imposent pour du gonocoque.3.La gono-réaction apporte un élément de plus au diagnostic, tout particulièrement dans les cas chroniques, mais elle n\u2019autorise pas seule, à porter un diagnostic définitif, pas plus qu\u2019une réaction de Bordet-Wassermann positive isolée n\u2019implique l\u2019idée de syphilis certaine.La gono-réaction, reste toutefois dans de nombreux cas, la dernière ressource du clinicien.BIBLIOGRAPHIE ASCH: Ann.maladies vénériennes, avril 1931.COURMONT: Précis de bactériologie, 5e édition.DEMONCHY: Notes pratiques d\u2019actualité médicale, février 1931.DEMONCHY et BENOIST: Notes pratiques d\u2019actualité médicale, novembre 1931.FRANCK : Ann.maladies vénériennes, novembre 1928.FRANCK: Ann.maladies vénériennes, septembre 1931.FRANCK: Ann.maladies vénériennes, janvier 1932.GIRARD: Notes pratiques d\u2019actualité médicale, janvier 1932.GISCARD: La Clinique, avril 1925.LEBRETON : La Clinique, avril 1925.PHILIBERT: Manuel de bactériologie.Survey of Research on the Gonococcus and gonococ- cal infection (National Research Council and Am.Social Hygien.Ass.), janvier 1936.PALLAZZOLI et NITTI: Traitement de la blennorragie.Masson et Cie, éditeur, 1939.P.MOCQUOT et R.PALMER : Gynécologie et obstétrique, juillet 1939. MÉTHODES ACTUELLES BLENNORRAGIE DE TRAITEMENT DE LA CHEZ L\u2019HOMME ! Par Lucien SYLVESTRE.Déjà en 1925, la chimiothérapie apparaissait au Prof.Jausion, une médication logique de la blennorragie.Pendant treize ans, de 1925 à 1938, lui et ses collaborateurs se sont intéressés avec une inlassable persévérence au problème du traitement de l'infection neissérienne par la gona- crine en injection intraveineuse.Cette thérapeutique leur donnait environ 50 pour cent de guérisons en trois ou quatre semaines.(12 à 15 injections.) En même temps, Young, à l\u2019Institut Urologique de Baltimore, obtenait des résultats forts intéressants grâce à l\u2019emploi du mercurochrome par voie veineuse dans le traitement des infections de l\u2019appareil urinaire.Il restait cependant à découvrir l\u2019antiseptique idéal.Domagk, Dees et Colston, M.et Mme Tréfouel, Fourneau, Nitti et Bovet sont les principaux auteurs qui par leurs recherches et leurs expérimentations ont le plus contribué à la découverte des composés organo- souffrés.Ces nouveaux produits ont complètement transformé la thérapeutique et l\u2019évolution de la blennorragie.Voyons quels sont les caractéristiques et les merveilleux avantages des deux corps chimiques les plus intéressants pour nous: LE SULFA- NILAMIDE ET LA SULFAMIDO-PYRIDINE, Dans les quelques lignes qui vont suivre nous aurons à préciser leur posologie et à proposer aux médecins intéressés ce que nous croyons être les meilleures techniques d\u2019application en tenant compte de l\u2019expérimentation de divers auteurs et de notre expérimentation personnelle.Cette nouvelle médication par les dérivés souffrés est-elle appellée à remplacer la méthode des grands lavages?Il n\u2019est peut-être pas sans intérêt pour nous de savoir ce que pensait Jules Janet en jan- 1.Travail présenté à la Société Médicale de Montréal, séance du 5 déc.1940.vier 1938 de l\u2019emploi du sulfanilamide dans la blennorragie.Il disait donc: «1° Que les sulfamidés mis actuellement à notre disposition sont toxiques aux doses efficaces; Qu\u2019employés seuls, à doses faibles et même moyennes, sans traitement local, ils sont totalement inactifs; Qu\u2019employés à doses faibles en même temps que les lavages ils donnent d\u2019excellents résultats.» 2° 3° L'emploi systématique des grands lavages ne semble plus justifié depuis que la sulfami- do-pyridine a été introduite dans la thérapeutique.Sachons cependant attribuer à ceux-ci l\u2019importance qu\u2019il convient.Nous en verrons d\u2019ailleurs les indications au cours de cette étude.¥* * * Les travaux de Marshall et de ses collégues nous fournissent d\u2019utiles renseignements sur l\u2019absorption, la distribution et l\u2019élimination du SULFANILAMIDE par l\u2019organisme.Administré par voie orale, il est rapidement absorbé et passe dans le sang en quatre heures.L\u2019élimination se fait en grande partie par les reins.L\u2019urine en contient environ 75% à l\u2019état libre et 25 pour cent sous sa forme acétylée.(Pallazolli.) Le médicament est presque complètement éliminé en 24 heures.En considération des faits plus haut mentionnés, nous nous méfierons des doses trop faibles au début du traitement, car elles auraient pour effet de rendre les gonocoques sul- famido-résistants.En effet, d\u2019après W.Ray Jones, l\u2019organisme s\u2019habitue après 48 heures aux mauvais effets du sulfanilamide; il devient plus tolérant.Egalement, le microbe peut s\u2019adapter au milieu produit dans l\u2019organisme SYLVESTRE: TRAITEMENT DE LA BLENNORRAGIE DE L'HOMME sous l\u2019effet du médicament et il peut s\u2019y développer un gonocoque sulfamido-résistant.Seules, les doses fortes de ce produit chimique nous permettront d'atteindre, en peu de temps, un taux de concentration suffisamment élevé dans le sang pour obtenir une action utile.Traitement abortif.Janet préconisait, comme traitement abortif, des injections pratiquées matin et soir avec une solution fraîche d\u2019argyrol à 20 pour cent.Ce traitement appliqué assez tôt dans les urétrites antérieures, c\u2019est-à-dire avant que le méat ne devienne rouge et sensible, donnait la guérison en trois jours dans une très forte proportion de cas (50 pour cent environ).En juin 1938, Pierre Barbeillon préconisait pour les cas qui se présentaient dans les premiers 48 heures, un traitement super-abortif qui avait l\u2019avantage d\u2019être très efficace avec une seule injection d\u2019argyrol par jour.Il était ainsi conçu: Premier jour: 1° Une injection de 5 c.c.d\u2019argyrol par jour (2 à 20 pour cent selon l\u2019état de la muqueuse), 2° Une injection de 1 c.c.5 de vaccin antigène Pasteur; 3° 3 grammes de 1162 F.(Septoplix), (en 6 prises réparties).Deuxième jour: même traitement, mais pas de vaccin; Troisième jour: Même traitement que le premier.Il semble maintenant que l'association de la sulfamido-pyridine aux sels d\u2019argent où à l\u2019a- criflavine constitue le traitement abortif le plus efficace possible.Traitement curatif.En mai 1938, Herrold utilise le sulfanilamide dans le traitement de la blennorragie à la dose de 5 grammes par jour de 7 à 21 jours.C\u2019est en août 1938 que nous avons publié les conclusions de nos premiers traitements avec ce produit.Ces premiers essais montraient la nécessité d\u2019utiliser de fortes doses 383 quotidiennes et révélait aussi que notre pourcentage de guérison était relativement faible (45% pour cent en un temps variant de 3 a 29 jours).Nous donnions alors 5,2 grammes comme dose initiale et environ 50 grammes en 15 jours comme dose totale.Une autre série traitée avec une dose initiale de trois grammes quotidiens nous a donné une très forte proportion de cas défavorables.D\u2019après ces études expérimentales et celles de plusieurs auteurs nous voyons que le sulfani- lamide ne saurait être employé utilement à une dose inférieure à quatre grammes quotidiens et qu\u2019il donne la guérison dans environ la moitié des cas en 15 à 20 jours.Des phénomènes d\u2019intolérance se manifestent chez la plupart des malades soumis à ces fortes doses.Nous avons noté de la fièvre, des troubles stomacaux, du prurit, des érythèmes.La cyanose due à la sulfhémoglobinémie et a la méthémoglobinémie est une complication relativement bénigne.L\u2019agranulocytose est excessivement rare.Nous en concluons qu\u2019il n\u2019est pas pratique d\u2019utiliser le sulfani- lamide comme médication exclusive de la blennorragie.Nous verrons tantôt que ce même produit donne d\u2019excellents résultats lorsqu\u2019il est employé en même temps que les lavages.* * * LA SULFAMIDO-PYRIDINE, corps 693, a été universellement reconnu, dès juin 1938, comme étant un agent chimique doué d\u2019une activité thérapeutique plus grande que le sulfanila- mide.À dose égale il est aussi moins toxique.Dès le début on en a fait le médicament de choix de la chimiothérapie souffrée exclusive.Il a été préconisé en mai 1938 par Llyod, Erskine et Johnson dans les infections gono- cocciques.Nous l\u2019avons utilisé à notre clinique dès novembre 1938.Il est à noter que ce nouveau dérivé du sul- fanilamide contient de la pyridine, produit dont M.Jausion avait déjà signalé l\u2019efficacité dans le traitement des gonococcies. 384 Des études expérimentales publiées simultanément en Angleterre et en France montrent que par l\u2019emploi exclusif de ce nouveau produit on peut obtenir la guérison dans 70 à 90 pour cent des cas en 1 à 10 jours.Marincovitch, en Angleterre, rapporte 86 pour cent de guérisons.Llyod et ses collègues rapportent 85 pour cent de guérisons.Fernet et Durel, 78 pour cent.Nous avons publié en juillet 1939, une note qui confirme ces faits.Utilisant le 693 (Dagenan) à la dose initiale de trois grammes par jour nous obtenions avec une première série de 25 cas, 21 guérisons ainsi réparties: 17 cas guéris en 1 a 5 jours; 4 cas guéris en 7 à 13 jours.Soit environ 84 pour cent de guérisons avec une dose totale de 18 grammes en 9 jours.Nous donnons les doses de médicament à intervalles réguliers au cours de la journée.Dans une deuxième série, utilisant une dose initiale de quatre grammes par jour, nous avons traité 69 cas dont 52 parurent avoir été suivis jusqu\u2019au bout.Ils furent tous traités suivant la posologie n° III de Durel.Nous donnions quatre grammes comme dose initiale et 20 grammes comme dose totale en 8 jours.Dans cette série de 52 malades on note: 34 guérisons en 2 à 5 jours; 10 guérisons en 5 à 10 jours.Avec cette posologie, les incidents furent plus nombreux qu\u2019avec la posologie précédemment utilisée, la plupart des patients se plaignant de céphalée, asthénie, troubles gastriques durant les deux où trois premiers jours de la médication.Nous croyons cette dose initiale de quatre grammes quotidiens un peu forte et les avantages qu\u2019elle pourrait donner ne sont pas toujours apparents.* * * Traitements associés.Au traitement buccal par le sulfanilamide et la sulfamido-pyridine on associe les lavages L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 de permanganate de potasse, les injections d\u2019argyrol à 5 ou 10 pour cent ou d\u2019acriflavine a 1 pour 2000.Pour un traitement mixte nous estimons suffisante, une dose quotidienne de 3.8 grammes durant les deux premiers jours, puis de 1 gramme par jour comme dose d\u2019entretien durant 8 à 10 jours.Les injections ou les lavages sont faits tous les jours.Avec un peu de doigté, il est possible de faire un lavage urétrovésical très efficace à l\u2019aide de la seringue « asepto » d\u2019une once.On lave, en premier lieu, l\u2019urètre antérieure puis, ayant insensibilisé la muqueuse urétrale et le sphinctère avec une solution de novocaïne à 4 pour cent, on pousse en augmentant légèrement la pression une ou deux seringues de la solution antiseptique jusque dans la vessie.Il est facile de réaliser ainsi commodément un lavage total.La solution antiseptique employée par nous jusqu\u2019ici a toujours été l\u2019acriflavine à 1 pour 2000 diluée dans du sérum physiologique.Nous recommandons d\u2019éviter avec soin toute association médicamenteuse durant le traitement souffré.EVOLUTION DE LA MALADIE.Nous avons compilé à date des statistiques sur au delà de trois cents cas de blennorragie qui furent tous traités exclusivement par les sulfamidés.Dans la plupart des cas on note en 24 ou 48 heures la disparition de l\u2019_écoulement et des gonocoques.Les urines deviennent limpides et les mictions ne sont plus douloureuses.Une évolution aussi favorable de l\u2019urétrite, se manifestant dès les premières heures sous l\u2019influence de cette médication, nous laisse entrevoir une guérison rapide.Il persiste assez souvent dans les jours qui suivent la guérison apparente, un écoulement séreux et des filaments légers dans l\u2019urine.Ces petits signes d\u2019urétrite traduisent plutôt l\u2019irritation de la muqueuse et disparaissent la plupart du temps sans autre traitement.Si après trois jours d\u2019un traitemeilt intensif par les dérivés souffrés, l\u2019écoulement n\u2019est SYLVESTRE: TRAITEMENT DE LA BLENNORRAGIE DE L\u2019'HOMME pas tari et contient encore du gonocoque, si les urines restent troubles, il y a lieu de supprimer immédiatement la médication sulfa- midée et d\u2019avoir recours aux grands lavages pendant une ou deux semaines.Les dérivés souffrés seront de nouveau essayés et se montreront plus actifs à cette seconde tentative.Il est évident, d\u2019après tout ce qui précède, qu\u2019il vaut mieux administrer les sulfamidés à fortes doses et par courts intervalles.RECHUTES.Nous avons mentionné de 8 à 10 jours comme étant la durée moyenne des traitements chimiothérapiques.Malheureusement dans certains cas, la blennorragie se prolonge.Après l\u2019arrêt du traitement, l\u2019écoulement reprend où le premier verre d\u2019urine devient louche.Dans ces cas de rechute, il faut s\u2019assurer de la persistance du gonocoque.Ces blennorragies prolongées sont dues probablement au mauvais état du sujet ou à l\u2019absorption défectueuse de la médication.On aura recours au traitement mixte, utilisant à la fois la chimiothérapie et les traitements locaux.La reprise de la médication souffrée à dose moyenne durant 4 à 5 jours, en y adjoignant quelques lavages, nous permettra d\u2019arriver à la guérison.Si le succès ne couronne pas nos efforts on utilisera la vaccinothérapie pyrétogène.GUÉRISON.Au bout de trois ou quatre jours, le gonocoque étant disparu de la sécrétion et les urines se montrant limpides, nous conseillons au malade de prendre de la bière pendant deux jours.Le malade n\u2019ayant pas uriné de quatre heures, nous procédons alors à l\u2019examen de la sécrétion et des filaments s\u2019il y en a.S\u2019il persiste des filaments, le nitrate d\u2019argent les fera disparaître et servira en même temps de procédé de réactivation.TAITEMENT DES COMPLICATIONS DE LA BLENNORRAGIE,.Dans les complications de la blennorragie, l\u2019action des dérivés organo-souffré est variable.385 Nous avons déjà rapporté des guérisons rapides de petits canaux para-urétraux.Dans trois cas, la guérison fut obtenue par la sul- famido-pyridine seule et dans un autre par l\u2019action combinée du 693 et des injections d\u2019ar- gyrol à 20 pour cent dans le trajet fistuleux.L\u2019épididymite paraît peu modifiée dans son évolution par les sulfamidés.L\u2019infiltration du cordon spermatique pratiquée avec une solution de nupercaïne à 1 pour 1000 s\u2019est révélé d\u2019une efficacité remarquable.La régression de la douleur est immédiate et l\u2019épididyme diminue rapidement de volume après trois ou quatre jours.Dans les arthrites gonococciques, la chimiothérapie seule est insuffisante, on doit y associer des procédés pyrétogènes.Nous avons utilisé avec succès la pyrétothérapie de choc par injections intraveineuses de Pyrifer et la pyré- tothérapie par agents physiques.La guérison survient habituellement en quelques jours.Les malades guérissent sans ankylose ni atrophie.Nous avons rapporté il y a quelques mois dans l\u2019Union Médicale, les heureux résultats de la pyrétothérapie associée aux sulfamidés dans six cas d\u2019arthrite gonococcique.Cliniquement, l\u2019hyperthermie s\u2019est révélée d\u2019une grande utilité dans les infections résistantes aux sulfamidés et dans les cas où l\u2019infection persiste dans des foyers profonds.INCIDENTS.Les inconvénients de cette médication sont peu importants.Ils se résument en des troubles d\u2019ordre digestif, de la céphalée, des nausées et de l\u2019asthénie.La spermatogénèse n\u2019est pas influencée par cette chimiothérapie.Au point de vue hématologique, on constate peu de modifications soit du côté des globules rouges ou des leucocytes.PRÉVENTIONS DES ACCIDENTS.Chez les intolérants aux sulfamidés il est possible de prévenir les accidents par des injections intraveineuses d\u2019acide ascorbique de 20 à 50 centigrammes pendant toute la durée de la cure.(I.Daïnow.) 386 * * + En résumé, nous pouvons dire que nous avions \u2018eru pouvoir guérir la blennorragie avec le sulfanilamide seul.Nos premières expérimentations nous ont montré bientôt qu\u2019il était peu pratique d\u2019utiliser ce produit sans traitement local.La sulfamido-pyridine, corps beaucoup plus actif que le sulfanilamide, donne, même employée seule, des résultats pratiques qui semblent très intéressants.Retenons cependant que nous considérons comme infiniment désirable l\u2019intervention du médecin au cours de ces traitements.Le traitement mixte permet au médecin entre autre avantage, celui de voir son patient L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 tous les jours.Il donne aussi d\u2019excellents résultats avec des doses moins fortes de médicaments et réduit au minimum le nombre des échecs.BIBLIOGRAPHIE BARBEILLON, P.: «Un nouveau traitement de la blennorragie.Traitement super-abortif.» Ann.des Maladies Vénériennes, 33: 392; 1938.PALLOZZI et LEVINSON: « Action de la P.(Ami- no-phényl-sulfamido) pyridine (corps 693) sur la gonococcie.» Ibid.33: 598; 1938.JANET, Jules: «Les sulfamides doivent être employés avec prudence dans le traitement de la blennorragie.» Ibid.33: I; 1938.DAINOW, I.: «Prévention des accidents dus aux sulfamidés par les injections intraveineuses d\u2019acide ascorbique.» /bid.9: 513; 1938.MÉTHODES ACTUELLES DE TRAITEMENT DE LA BLENNORRAGIE CHEZ LA FEMME ! Par Raymond SIMARD.De toutes les infections génitales chez la femme, il n\u2019en est pas de plus fréquente que l\u2019infection gonococcique.Au contraire des manifestations strepto ou staphylococciques qui s\u2019observent généralement pendant la période génitale active, la gonococcie peut survenir à tout âge et dans des conditions souvent indéterminées.C\u2019est aussi la plus grave quand on la considère surtout dans ses conséquences éloignées.Le rôle de l'infection gonococcique est prépondérant dans tous les troubles génitaux de la femme jeune.Dans l\u2019étiologie de la stérilité, dans l\u2019étude des troubles acquis des règles comme dans la recherche des causes des hémorragies utérines, sans lésions chirurgicales ou perturbations physiologiques, chez les femmes jeunes, la part du gonocoque est primordiale.En effet, les portes d\u2019entrée sont multiples.1.Travail présenté à la Société Médicale de Montréal, séance du 5 décembre 1939.S'il est facile à l\u2019homme de s\u2019en préserver puisque l\u2019infection ne peut se propager que par le méat urinaire (les angines à gonocoques n\u2019étant pas des plus fréquentes) la femme au contraire peut-être atteinte dans tous les segments de son tractus génital.Elle est vulnérable au plus haut point par la multitude des repaires qu\u2019elle offre au gonocoque.Aussi, nous croyons important d\u2019insister un peu sur les difficultés du diagnostic que présente cette infection surtout quand il s\u2019agit de chronicité.À l\u2019état aigu l\u2019infection gonococcique est facile à reconnaître.Elle se manifeste le plus souvent par une urétrite douloureuse: décharges purulentes, brûlures, mictions fréquentes.L\u2019urètre, est rouge, saignotant et douloureux.Le col, presque toujours atteint, est exulcéré, et baigne dans des sécrétions verdâtres; il saigne facilement.Le vagin bien que,souvent indemne à cause de sa résistance particulière est tapissé de petites vésicules roussatres assez SIMARD: TRAITEMENT DE LA BLENNORRAGIE DE LA FEMME semblables à celles que l\u2019on observe dans la vaginite à trichomonas et qui traduisent la perturbation du chimisme vaginal.Le gonocoque ne se développe pas sur la muqueuse du vagin sauf chez les petites filles, à cause précisément du pH qui, à cet âge, est tout dif- férent.Cependant, tandis que la vaginite à trichomonas est à peu près insensible, la vaginite à gonocoque au contraire est très douloureuse surtout au niveau du sphincter vulvo- vaginal.Admettons toutefois, que les fibres musculaires, en ténesme presque continuel, y contribuent pour une large part.Les glandes de Bartholin, si elles sont atteintes, se présentent sous forme de tuméfactions douloureuses, rougeâtres et bavant une sécrétion purulente.Enfin, s\u2019il y a participation utéro annexielle le toucher nous révèle des modifications anatomiques considérables qui sont évidentes et sur lesquelles nous ne voulons pas insister.Mais dans la blennorragie chronique la malade est souvent dénuée de tout symptôme.L'absence d\u2019infection paraît manifeste.Il n\u2019y a ni urétrite, ni brûlure, ni pertes bien caractéristiques.Le col cependant, présente très souvent un aspect anormal avec émission de glaires presque translucides.Les culs-de-sacs latéraux sont douloureux de même que la mobilisation utérine sans toutefois qu\u2019on puisse y déceler de modifications anatomiques.Il s\u2019agit d\u2019une forme latente de gonococcie discrète d\u2019emblée.Les localisations s\u2019observent à toutes les étapes de la filière génitale.Seul l\u2019interrogatoire serré de la malade et l\u2019examen clinique méticuleux mettront sur la piste de l'infection et en révèleront souvent les premières caractéristiques.Quant au rôle du laboratoire il est malheureusement très souvent inefficace à cause de la difficulté de sortir le gonocoque de ses repaires glandulaires.Il ne faut pas oublier qu\u2019un examen bactériologique négatif n\u2019est pas un critérium de guérison ou d\u2019absence d\u2019infection gonococcique, quand il y a des manifestations cliniques qui, le plus souvent ne sont que d\u2019ordre fonctionnel.387 Quels sont les petits signes de ces infections gonocciques latentes.Tout d\u2019abord les brûlures en urinant.Il faut faire revenir les malades en arrière et bien leur expliquer de quoi il s\u2019agit.Les premiers rapports sexuels ont été suivis souvent de brûlures à la miction qui ont duré une quinzaine de jours, accompagnées de pertes plus abondantes.Pour la malade, il ne s\u2019est agit que d\u2019un « retranchement d'urine » puis le tout a été oublié.Lorsque ce signe existe ou a existé, il témoigne d\u2019une phase d\u2019urétrite aiguë caractéristique d\u2019une infection basse.Les phosphaturies, si elles sont douloureuses, ne s\u2019accompagnent pas de pertes vaginales.Les pertes vaginales jaune verdâtre traduisent presque toujours une infection génitale.Les malades nous diront qu\u2019elles ont toujours perdu, que leurs pertes sont plus ou moins blanches.Mais si on presse l\u2019interrogatoire on apprend qu\u2019à un certain moment le caractère de ces pertes s\u2019est modifié surtout après le mariage.Elles sont devenues plus abondantes et jaunâtres.Les douleurs abdominales.Tantôt sous forme de tiraillement, de pesanteur, tantôt sous forme de douleurs franches, d\u2019élancements.Celles-ci sont de beaucoup les plus fréquentes et peuvent être la signature d\u2019une participation utéro-annexielle ou simplement lymphan- gitique.Nous reviendrons sur ce dernier point auquel nous attachons beaucoup d\u2019importance.Troubles des règles.En déchiffrant bien l\u2019histoire des règles de ces malades, il nous est presque toujours possible de mettre en évidence des modifications dans le rythme des règles qu\u2019elles présentaient avant le mariage, par exemple, et le rythme qu\u2019elles accusent au moment de la consultation.Jusqu\u2019à son mariage, la malade a été réglée bien régulièrement, puis quelques mois après les règles se sont modifiées.Le cycle est chambardé au point que les malades souvent ne peuvent plus le calculer.Les deux troubles le plus fréquemment observés sont la dysménorrhée et la diminution de l\u2019abondance et de la durée des règles Nous avons là, la signature que l\u2019ovaire a été 388 touché: la preuve en est fournie par les modifications fonctionnelles acycliques.Enfin, un dernier signe de présomption de l\u2019infection gonococcique chronique chez la femme c\u2019est la stérilité involontaire.C\u2019est là généralement une signature manifeste en dehors évidemment des cas de malformation ou d\u2019insuffisance ovarienne primitive.Quand l\u2019ensemble de ces petites manifestations cliniques est mis à jour chez une malade, on peut suspecter fortement l\u2019atteinte gono- coccique.L'examen clinique méthodique vient confirmer cette suspicion.C\u2019est le col qui frappe d\u2019abord l'attention par les modifications qu\u2019il présente au niveau du museau de Tanche.Il peut s\u2019agir d\u2019un simple dépoli de la muqueuse, d\u2019une exulcération avec la présence de petites perles opalescentes qui sont les œufs de Naboth.Ou bien encore, une ulcération franche coiffant symétriquement toute l\u2019extrémité vaginale du col.On constate dans ce cas, la présence d\u2019un bouchon glaireux, tenace et sans caractère purulent bien particulier.Quelquefois le col externe n\u2019offre aucune particularité.Mais si on l\u2019exprime entre les valves du spéculum on en voit sourdre des glaires abondantes et on constate en même temps que la muqueuse endocervicale est rouge écarlate.Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une exo ou d\u2019une endocervicite, cette constatation est capitale parce qu\u2019elle est la signature d\u2019une infection chronique qui est, dans l\u2019immense majorité des cas, gonococcique.Après le col, le doigt rencontre le corps utérin qui bien souvent est en latéro-déviation et douloureux à la mobilisation.Nous avons là le témoignage d\u2019une atteinte infectieuse des annexes du côté correspondant.C\u2019est la cicatrice adhérentielle du cul-de-sac qui, par la rétraction, attire l\u2019utérus de ce côté.Ce cul- de-sac est empâté et rétréci.Si on y trouve une masse douloureuse d\u2019un volume quelconque, le diagnostic est relativement facile à établir.Mais que dire des culs-de-sac tout simplement douloureux, non empatés, que l\u2019on rencontre très fréquemment en même temps L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 qu\u2019une cervicite banale.Trop longtemps on a posé le diagnostic, dans ces cas, d\u2019annexite.C\u2019est évidemment une porte de sortie facile.Mais c\u2019est une erreur et à la laparotomie on est stupéfait de ne trouver aucune lésion.Il faut ne pas oublier que dans la base du ligament large, passe tout un réseau de lymphatiques profonds qui drainent directement le col.Quand ce dernier est le siège d\u2019une inflammation chronique, comme c\u2019est le cas dans l\u2019ulcération métritique, le système lymphatique et ganglionnaire est forcément atteint.Nous sommes donc en présence non pas d\u2019une annexite mais d\u2019une réaction lymphan- gitique de la base des paramètres, réaction qui est toujours douloureuse.Voilà, rapidement décrit, le tableau clinique qu\u2019offrent une grande majorité de ces infectées chroniques gonococciques chez lesquelles il est impossible de mettre en évidence des signes classiques et manifestes de contamination blennorragique.C\u2019est l\u2019ensemble de tous ces petits signes, très souvent discrets, qui mettent sur la piste.Reste à notre disposition les examens de laboratoire.La recherche bactériologique du gonoccique 2 toujours une valeur considérable.La négativité toutefois n\u2019a qu\u2019une valeur très relative car s\u2019il est facile de bien mettre en évidence le gonocoque dans les infections récentes, il est généralement très malaisé de le repêcher dans les vieilles lésions qui évoluent sans grand tapage.La gono-réaction.On lui attribue une grosse valeur en France dans le diagnostic des infections chroniques.Certains auteurs très sérieux lui attribuent jusqu\u2019à 72% de positivité.Ici, en Amérique, on ne peut en dire autant.Est-ce l\u2019impossibilité de se procurer un antigène de choix qui en diminue la valeur et par le fait même en restreint l\u2019utilisation?Je laisse à nos confrères des laboratoires le soin d\u2019y répondre. SIMARD: TRAITEMENT DE LA BLENNORRAGIE DE LA FEMME Quels sont maintenant les moyens de TRAITEMENT que nous avons à notre disposition dans la lutte contre cette infection blennorragique de la femme?Qu\u2019il s\u2019agisse de périodes aiguës ou chroniques nous avons adopté dans le service de gynécologie de l\u2019hôpital Notre-Dame, sous la direction du professeur Léon Gérin-Lajoie, l\u2019attaque d\u2019emblée par la chimiothérapie, plus exactement par les dérivés sulfamidés sous forme de sulphanilyl-aminopyridine.Depuis déjà deux ans nous avons mis de côté complètement la vaccinothérapie.Toutes les blennorragies, qu\u2019il s\u2019agisse d'état chronique ou aigu sont soumises à ce mode de traitement.Elles reçoivent en moyenne une dose totale de 19 grammes en six jours.Nous avons remarqué cependant que quelques malades tolèrent mal ce traitement aux doses sus-indiquées.Les vomissements, dans ces cas apparaissent dès la 3e journée en même temps qu\u2019un état de grande fatigue.Aussi, suivant la tolérance individuelle, va- rions-nous la dose quotidienne et partant la dose totale.Dans les cas aigus, nous obtenons rapidement non seulement le tarissement de l\u2019écoulement mais aussi l\u2019atténuation des manifestations douloureuses.En général l\u2019amélioration se produit entre la 3e et la 5e journée.Dans les cas chroniques, le soulagement est certes moins évident que chez l\u2019homme car il nous faut lutter contre de multiples foyers d\u2019infection qui ont chacun leurs manifestations.Mais dans l\u2019ensemble, le résultat est surprenant si on a soin d\u2019ajouter à cette cure générale le traitement de choix qui convient \u2018à chacune des séquelles laissées par le gonococ- que aux différents étages de la filière génitale.Nous passerons rapidement sur les états aigus dont le traitement est bien connu.Tout d\u2019abord il est indispensable d\u2019immobiliser ces malades par le repos au lit.Le traitement ambulatoire des flambées gonococeci- ques n\u2019est même pas à envisager.La vulvite et la vaginite cèdent très rapidement aux grandes irrigations chaudes de 389 permanganate de potasse à 1/4000 que l\u2019on répètera matin et soir.Une bonne précaution est de faire suivre ces injections d\u2019un poudrage de la vulve avec une poudre inerte.On complète généralement ce traitement par quelques suppositoires calmants.La bartholinite est généralement une complication de la vulvo-vaginite.La bartholinite aiguë étant un abcès, l\u2019inei- sion en sera quelquefois le traitement de choix si les traitements médicaux n\u2019indiquent aucune amélioration.Il ne faut pas laisser évoluer cet abcès vers le phlegmon.Mais il est préférable d\u2019éviter cette manœuvre et de laisser la lésion se refroidir.Ou bien il ne persistera, à l\u2019état chronique, qu\u2019un noyau d\u2019induration non douloureuse, ou bien nous serons en présence d\u2019un kyste et par conséquent d\u2019une lésion aseptique.On sait que les collections closes non suppurées se stérilisent la plupart du temps.C\u2019est ici que le traitement chirurgical sera le plus efficace parce qu\u2019il permettra d\u2019extirper facilement la glande dans sa totalité.Si l\u2019abcès s\u2019est fistulisé ou a été incisé, nous tombons sur des tissus cicatriciels desquels 1l est toujours difficile de dissocier complètement le sac glandulaire.Mieux vaut dans ces cas re- courrir à l\u2019électro-coagulation de toute la surface de ce même sac au préalable largement ouvert.L\u2019urètre chez la femme, en raison de sa brièveté ne devrait pas offrir un repaire sûr au gonococque.Malheureusement, en raison de la multiplicité de ces culs-de-sacs glandulaires il en est tout autrement.Toutefois cette urétrite cède assez facilement au lavage au permanganate de potasse.La complication la plus fréquente, à l\u2019état chronique, est l\u2019ectropion de la muqueuse qui provoque, chez les malades, des ennuis considérables.Le traitement de choix en est l\u2019électro-coagulation.La métrite cervicale chronique est certainement la séquelle blenorragique la plus fréquemment rencontrée et la plus rebelle au traitement ordinaire.Nous ne croyons pas 390 qu\u2019une exocervicite en dehors des ulcérations légères n\u2019ait jamais été guéries à l\u2019aide de pansements ou d\u2019ovules médicamenteux.La persistance au fond des culs-de-sacs glandulaires d\u2019une infection indéfiniment tenace a démontré la nécessité de moyens plus énergiques.Nous n\u2019avons pas l'intention de faire la revue de tout l\u2019arsenal thérapeutique qui a été mis en action jusqu\u2019ici dans le traitement de cette lésion.Nous référons ceux qui y seraient intéressés à un travail publié par nous dans l\u2019« Union Médicale du Canada », juillet 1938 et intitulé « Les nétrites cervicales ».Qu'il nous suffise de rappeler les injections et pansements vaginaux antiseptiques, les instillations et badigeonnages aux caustiques diffusibles, les injections de vapeur dans la cavité utérine, les scarifications et hersages du col, les curettages du canal cervical.Seuls le caustique de Filhos (mais entre des mains expérimentées) et l\u2019électro-coagulation se sont révélés efficaces.Nous n\u2019avons pas l'intention de décrire la technique de l\u2019électro-coagulation: elle est d\u2019application courante.Employé à bon escient c\u2019est-à-dire, en dehors de tout processus évolutif du côté des annexes, elle donne toujours un résultat certain et durable.Qu\u2019il nous suffise d\u2019en rappeler les avantages.L\u2019application est peu douloureuse.Il est rarement nécessaire d\u2019utiliser l\u2019anesthésie locale à l\u2019aide du liquide de Bonain.Les séances sont rares (deux au maximum) et espacées.La destruction de la muqueuse malade est complète et la cicatrisation est souple et sans rétraction, fait capital pour l\u2019orifice externe du col qui a une tendance spontanée à la sténose.Quant au traitement chirurgical, l\u2019amputation du col, il n\u2019est d\u2019application que dans les processus hypertrophiques avec allongement.Et nous arrivons maintenant au traitement des lésions utéro-annexielles.Dans la crise abdominale aiguë avec participation de la séreuse péritonéale, le traite- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 ment ne varie pas sensiblement.Glaçage de I'abdomen, grandes irrigations chaudes vaginales et rectales, calmants sous forme de suppositoires surtout et évacuation des collections suppurées du Douglas s\u2019il y a lieu, par la colpotomie.Bref, il faut refroidir ces malades pendant longtemps et attendre la cicatrisation complète des lésions.C\u2019est alors seulement que nous passons au traitement chirurgical.Dans ces cas, nous avons des résultats satisfaisants avec l\u2019emploi de l\u2019appareil d\u2019Elliott qui consiste dans l\u2019application vaginale d\u2019une petite vessie en caoutchouc dans laquelle passe un courant d\u2019eau chaude en circuit fermé à la température de 120 à 130 degrés Farenheit.C\u2019est le principe de la chaleur sèche.Mais dans les cas de petites lésions atténuées des annexes, hydrosalpinx, culs-de-sacs rétrécis, cicatriciels, légèrement empâtés, nous ne croyons pas devoir recour- rir à la chirurgie d\u2019emblée.Ces lésions sont généralement le triomphe de la diathermie surtout sous forme d\u2019ondes courtes.Il est surprenant de voir les douleurs, les tiraillements, disparaître rapidement et la condition des malades s\u2019améliorer considérablement.Nous prescrivons généralement 10 à 12 applications en même temps évidemment que les traitements généraux.Dès les premières séances nous constatons une amélioration considérable et durable.Enfin, nous savons que certains auteurs recourent, dans ces cas, aux blocages anesthésiques des culs-de-sacs par la novocaïne et qu\u2019ils en obtiennent, disent-ils, des résultats surprenants.En ce qui nous concerne, nous n\u2019avons aucune expérience de ce mode de traitement.Si la thérapeutique de la gonococcie chez la femme, a fait de grands pas depuis quelques années, nous voyons cependant que dans bien des cas, elle se montre insuffisante.Espérons que la lutte continuelle contre ce fléau contribuera à nous apporter des armes plus efficaces encore. MOUVEMENT MEDICAL à + à + UNE NOUVELLE TECHNIQUE DE RECHERCHE DES SUCRES URINAIRES ! Par L.-Henri GARIEPY, médecin \u2014 Paul RIOPEL, chimiste, Hôpital Notre-Dame.Nous avons entrepris ce travail et nous en présentons les conclusions pour répondre aux questions qui nous sont posées depuis quelque temps, sur la valeur de l\u2019épreuve Galatest *, proposée pour remplacer celle de Febling et de Benedict.La technique de cette recherche est des plus simples et elle est décrite dans la circulaire qui accompagne chaque flacon de réactif, lequel se présente sous la forme d\u2019une poudre blanche très hygroscopique.TECHNIQUE.Déposer sur une feuille de papier blanc, quelques grains de la poudre Ga- latest, que l\u2019on tasse légèrement avec le fond du flacon.Avec un compte-gouttes ordinaire, laisser tomber une gouttelette d\u2019urine sur la poudre.Si l\u2019analyse est positive (présence de sucre), la poudre deviendra immédiatement grise ou noire.La circulaire mentionne aussi: « Quelques médecins et techniciens d\u2019hôpitaux,.déterminent approximativement la quantité de sucre dans les urines jusqu\u2019à 1% ou plus, selon les nuances de la coloration de la poudre.» Nous avons vérifié, 1° La spécificité de l\u2019épreuve pour le sucre; 2° la valeur pour déterminer approximativement la concentration du sucre dans l\u2019urine.Nous avons procédé sur des urines prises au hasard, parmi les échantillons envoyés au laboratoire par les différents services de l\u2019hôpital, et nous nous sommes servis du réactif de 1.Communication présentée a la Société Médicale de Montréal, séance du 20 février 1940.2.Marque de commerce.Propriété de « Denver Limited Manufacturers.» Denver, Montréal, pour la recherche du sucre dans I'urine.Bénédict (qualitatif ou quantitatif), suivant la technique standard pour établir l\u2019absence ou la présence du sucre dans les urines, ainsi que sa concentration suivant les cas.La constatation des autres substances présentes dans l\u2019urine a été faite suivant la technique courante au laboratoire de l\u2019hôpital.Pour les substances étrangères qui ont dû être ajoutées aux urines, nous en avons contrôlé soigneusement l\u2019identification et la concentration.Dans le tableau ci-dessous, les signes x, xx, xxx indiquent respectivement la coloration gris pâle, gris foncé ou noire, après addition d\u2019une goutte d\u2019urine au réactif.Le signe O indique l\u2019absence de coloration grise ou noire.Concentration Résultat No Urine contenant pour 1000 avec Galatest 1 Térébenthine 10 0 2 Phenol 10 0 3 Hydrate de chloral 5 0 4 Thymol 5 0 5 Camphre 5 0 6 Formol 10 XX 7 Chloroforme 10 0 8 Urates 0 9 Phosphates am.mag.10 Sulfate de quinine 0.30 0 11 Lactose 10 x 12 Galactose 10 xx 13 Fructose 10 XXX 14 Pentose (xylose) 5 XX 15 Glucose 11 XXX 16 Glucose 5.5 XX 17 Glucose 2.75 x 392 Les échantillons n°° 15, 16 et 17 sont des urines glycosuriques naturelles dans lesquelles le glucose a été identifié par la phénylhydrazine, et dosé par la méthode de Bénédict.Pour tous les échantillons, l\u2019épreuve a été reprise après addition de Toluol (fréquemment employé comme préservatif), ce qui n\u2019a rien changé aux résultats.En observant le résultat des expériences 15, 16 et 17, on peut se rendre compte que, pour les concentrations de glucose inférieures à 10 grammes au litre, l\u2019épreuve Galatest peut servir à apprécier « grosso modo », les quantités voisines de 2 et 5 grammes au litre.A dix pour mille et au delà, la coloration est uniformément noire.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 Conclusions De ces épreuves de contrôle, nous croyons pouvoir conclure: 1.Le Galatest réagit spécifiquement avec le sucre urinaire.2.Tous les sucres étudiés dans cette expérience donnent une réaction positive.(Comme d\u2019ailleurs avec le Fehling ou le Bénédict.) 3.Des substances les plus communément employées comme préservatifs, le formol donne une réaction positive; le chloroforme, le thymol, le toluol, la térébenthine donnent une réaction négative.4.L\u2019intensité de la coloration, lorsqu\u2019un dosage précis n\u2019est pas nécessaire, peut servir à apprécier quantitativement les quantités de sucre inférieures à 10 grammes au litre. ÉDITORIAL Bulletin de l'Association des Médecins de Langue française de l'Amérique du Nord L'UNION MÉDICALE DU CANADA Avril 1940 ON TRAITE MAINTENANT LA SCHIZOPHRÉNIE PAR LES IINHALATIONS D\u2019AZOTE La thérapeutique de la schizophrénie évolue très rapidement.En 1935, Sakel et von Meduna offraient respectivement l\u2019insuline et le métrazol.Depuis, Alexander et Himwich ! ont fait connaître les bons effets des inhalations d'azote.Cette dernière méthode est à peine connue que l\u2019on expérimente déjà sur l\u2019animal les effets du passage trans-frontal du courant électrique.Il est trop tôt pour parler du procédé électrique parce qu\u2019il n\u2019est pas encore entré dans la pratique humaine et qu\u2019il n\u2019a pas le recul qui permet de formuler une opinion exacte.Néanmoins, il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019en cinq ans, quatre thérapeutiques sérieuses ont vu le jour et que la schizophrénie, d\u2019incurable réputation, est aujourd\u2019hui entrée dans le domaine des affections guérissables.A y regarder d\u2019un peu plus pres, on s\u2019aper- coit vite que les quatre méthodes ont en commun le déclanchement de convulsions et l\u2019abaissement considérable du métabolisme cérébral.Il est probable que de nouvelles méthodes s\u2019inspireront encore de ces constatations physio-pathologiques.On a reproché au métrazol la brusquerie et l\u2019intensité des convulsions qu'il provoque de même que l\u2019impossibilité d'empêcher ou de diminuer une crise lorsque celle-ci est commencée.On a fait à l'insuline le re- 1.Alexander F.A.D.& Himwich H.E.: « Nitrogen inhalation therapy for schizophrenia.» The American Journal of Psychiatry.96: 643-655 (nov.) 1939.393 proche inverse, c\u2019est-à-dire la trop longue durée du traitement.L\u2019inhalation d'azote n'a pas ces inconvénients puisqu\u2019elle associe à la brièveté du traitement la sécurité à peu près absolue, et que les convulsions qu'elle provoque sont des spasmes clonico-toniques d\u2019une durée de 20 à 30 secondes, contrôlables instanta- .nément par l\u2019anesthésiste.Voici en résumé la technique de l\u2019inhalation: le malade est invité a s\u2019allonger sur une table d\u2019examen.Il n\u2019est pas nécessaire de l\u2019attacher; tout au plus faut-il quelquefois veiller à ce qu\u2019il ne tombe lorsque survient le paroxysme de l'anoxie.La procédure est expliquée au malade, \u2014 comme pour l\u2019anesthésie, \u2014 et l\u2019on commence.Le masque est appliqué et l\u2019on y fait passer cinq litres d\u2019oxygène.Lorsque le sac est rempli, l'oxygène est supprimé et l'azote le remplace au rythme de six litres à la minute.La substitution d\u2019un gaz à l\u2019autre peut s\u2019effectuer en moins de trois secondes, et il est possible de terminer le traitement presque instantanément.Les signes d'anoxie apparaissent assez constamment dans le même temps chez tous les sujets, et l\u2019on peut dire que la durée habituelle d'une séance d\u2019inhalation d\u2019azote est de sept m'- nutes.Le traitement terminé, le malade demeure encore quelques minutes \u2014 trois à cinq \u2014 sur la table, puis il retourne à ses quartiers.Les malades de l'extérieur se reposent environ une demi-heure avant dc regagner leur foyer.Les traitements sont donnés tous les deux jours, vers une heure et demie de l\u2019après-midi, et le repas est pris peu de temps après.Comme il s\u2019agit d\u2019un traitement court, l\u2019ordre chronologique des symptômes observés est facilement délimité.Schématiquement, la fréquence du pouls et de la respiration augmente à la quatrième minute, en même temps que s\u2019élève la tension artérielle systolique.La cyanose est déjà assez prononcée à ce moment.Les premières secous- 394 ses musculaires apparaissent vers la fin de la quatrième minute, en même temps que la perte de connaissance; les contractions cloniques suivent à intervalle de quelques secondes, et les spasmes extenseurs surviennent à la cinquième minute.Vers le milieu de la cinquième minute, l'oxygène met fin à la séance, et à la huitième minute, le malade est complètement éveillé.La marche des symptômes observés démontre bien la libération du cortex et du mésocéphale.L\u2019oxygénation rapide du malade permet d\u2019éviter la phase rhombencé- phalique.La courte durée du choc évite les changements irréparables du tissu cérébral.Le nombre de séances a varié entre onze et quarante-cinq.Les résultats pour treize malades sont favorables chez plus de la moitié.Ce nouveau traitement de la démence précoce s'adresse de préférence aux cas récents.Outre les avantages nombreux déjà signalés, il peut encore être administré en dehors du milieu asilaire, il n\u2019est pas appréhendé par les malades, il ne laisse pas de courbatures, il n\u2019expose pas aux fractures vertébrales, et, enfin, il n\u2019est pas très coûteux.Si l\u2019avenir confirme le pourcentage des améliorations obtenues jusqu\u2019à ce jour, il n\u2019est pas exagéré de croire que l\u2019inhalation d\u2019azote est appelée à supplanter l'insuline et le métrazol.Jean SAUCIER.CHIRURGIE ET GUERRE La chirurgie pendant la guerre d\u2019Espagne Dans une brillante conférence devant les membres de l\u2019'Umfia, le professeur Larde- nois montrait récemment le rôle important et efficace que la chirurgie a joué au cours de la guerre d'Espagne.Les faits qu\u2019il a soulignés méritent d\u2019être rapportés vu qu'ils L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 présentent une haute portée pratique dans le traitement des blessés de guerre, traitement qui, dans les circonstances actuelles, intéresse sûrement tous les chirurgiens.L'idéal est sans doute de tendre à soigner tous les blessés immédiatement après leur blessure.Sauf circonstances exceptionnelles, ceci est possible grâce au triage méthodique des blessés et leur dispersion hâtive dans des centres chirurgicaux de voisinage ou d\u2019arriere.Afin d'effectuer ce triage d'une façon effective, le professeur Lardenois donne la préférence au mode de groupement suivant des blessés, à la classification classique de blessés transportables et intransportables: A) Blessés d\u2019extrême urgence, comprenant les shockés qui se refroidissent, ceux qui saignent, les porteurs de garrots, les porteurs de plaies de l\u2019abdomen, de broiement de membres, de gangrène commençante; B) Blessés de première urgence; ce sont les blessés du thorax non asphyxiés, du crâne avant l'intervention, de la face, des voies urinaires et les porteurs de fractures sans menace de gangrène associée; C) Blessés de deuxième urgence; ce sont les blessés des parties molles, des articulations, des os par balle sans complication probable.Le rôle du chirurgien consiste avant tout évidemment à lutter contre l'hémorragie, le shock et l\u2019infection.Contre l\u2019hémorragie, il convient de supprimer le plus tôt possible un garrot toujours dangereux en ce qu'\u2019arrêtant la circulation, il provoque la gangrène ischémique qui facilite et complique la gangrène microbienne.Donc, assurer l\u2019hémostase par des moyens chirurgicaux dans le plus bref délai et lutter contre l\u2019anémie aiguë par la transfusion.Au sujet de cette dernière, il considère que le sang de cadavre, tel qu\u2019utilisé en Russie, n\u2019est pas recommandable et ne doit ÉDITORIAL être administré qu\u2019exceptionnellement.Le sang pris sur le vivant et conservé est de beaucoup préférable.Et, a ce propos, il mentionne les travaux de Bethune sur l\u2019organ1- sation créée pour la transfusion du sang conservé.Cette organisation, que l\u2019on doit surtout au labeur de ce chirurgien canadien, a donné de magnifiques résultats.Contre le shock, le réchauffement et surtout les injections intraveineuses de solutions hypertoniques glucosés, ou mieux, salées, ont fait leur preuve.Dans la lutte contre l\u2019infection, il y a lieu de retenir que toute plaie de guerre, même la plaie par balle, doit être considérée comme une plaie infectée, et le rôle du chirurgien consiste à empêcher l\u2019infection de se développer, de s'étendre et de devenir funeste.Contre le tétanos, si le sujet n'a pas été vacciné, une injection préventive de sérum antitétanique doit être donnée le plus tôt possible et en quantité suffisante.Afin de prévenir la gangrène gazeuse, administration de sérum antigangréneux.Cependant, le traitement vraiment effectif, et qui sauve, est avant tout le traitement chirurgical.Tous les tissus contus, meurtris, qui, cnsemencés par le projectile, constituent l\u2019amas mortifié où pullulent les germes, doivent être enlevés.Une méthode, par ailleurs assez bizarre, appelée «véritable révolution scientifique de la chirurgie », a été utilisée en Espagne avec succès, donnant une cicatrisation rapide et diminuant considérablement les accidents infectieux graves.Elle mérite d\u2019être relatée.Epluchage de la plaie à minima, pansement sec, plâtre circulaire.Une abondante collection purulente non dangereuse se forme sous le plâtre.On y trouve des germes nombreux, apparemment sans grande virulence.Cette méthode, très controversée malgré les résultats obtenus, ne pourra être jugée à sa juste valeur, comme le remarque si judicieuse- 395 ment le professeur Lardenois, que lorsque l\u2019ensemble des renseignements statistiques aura été étudié.Mercier FAUTEUX.+ + A PROPOS DE LA VACCINATION PAR LE B.C.G.Qu'on lise avec attention l\u2019article du docteur Joseph Baudouin, que contient la présente livraison.On se rendra compte du travail patient, tenace et fructueux opéré, depuis maintenant quatorze ans, pour la prévention de la tuberculose, par l\u2019Université de Montréal, sous les auspices de laquelle le docteur Baudouin a pu mener à bonne fin son précieux travail.Vingt mille vaccinés et un recul de quatorze ans! Voilà bien des conditions suffisantes pour rendre valables les conclusions que nous communique l\u2019auteur.Quelles sont-elles?La vaccination par le B.C.G.est inoffensive.Elle est efficace; elle diminue fortement la mortalité et la morbidité tuberculeuses: les pourcentages établis par l\u2019auteur le démontrent incontestablement.L'immunité conférée a une durée d\u2019environ deux ans.Le procès de cette méthode est fait, en France et ici.Grâce à l\u2019activité du docteur Baudouin, nous pouvons avoir notre opinion à nous, sur cette question vitale.Elle devient donc d\u2019importance capitale et il est impératif de recourir au B.C.G.chaque fois que, chez le nourrisson, l\u2019indication se précise, si on veut vraiment lutter efficacement et par un procédé facilement applicable, peu coûteux, contre la peste blanche.R.A. MÉDECINE SOCIALE LA VACCINATION ANTITUBERCULEUSE AU B.C.G.Par Joseph BAUDOUIN.En 1925, le « Conseil National de Recherches » a procédé à la formation d\u2019un sous-co- mité de la tuberculose.Celui-ci a commencé ses opérations par la rédaction et l\u2019adoption d\u2019un vaste programme de recherches en tuberculose.Ce programme a compris, entre autres recherches, la suivante: 5.d.« La répétition des expériences de Cal- mette et Guérin au sujet de la vaccination contre la tuberculose et la détermination de la durée de l\u2019immunité.a) sans modification; b) avec toute modification qui pourra être jugée désirable.» L'Université de Montréal, avec la précieuse collaboration de l\u2019« Institut Pasteur de Paris», et avec l\u2019aide indispensable du « Conseil National de Recherches», d\u2019Ottawa, fut chargée de cette responsabilité.La vaccination contre la tuberculose suivant le procédé de Calmette fut inaugurée en juin 1926 et l\u2019application en a été continuée depuis lors sans interruption.Le vaccin est préparé par le docteur Armand Frappier, professeur de bactériologie à notre Université et nous nous faisons un devoir de lui renouveler toute notre gratitude pour sa collaboration empressée.Conformément à la ligne de conduite que nous nous sommes tracée, la vaccination antituberculeuse au BCG fut mise à la disposition des médecins praticiens, des hôpitaux et de diverses institutions.Le vaccin est administré soit à domicile ou dans l\u2019institution où la naissance a lieu.Nous avions l\u2019ambition d'augmenter le plus rapidement possible et le plus possible le nombre des vaccinations, afin de donner plus de valeur à nos données statistiques.Nos observations furent recueillies par quatre infirmières visiteuses généreusement mises à notre disposition par le «Conseil National de Recherches ».Pour les recueillir, nous avons scrupuleusement suivi le protocole dressé par la « Conférence technique pour l\u2019étude de la vaccination antituberculeuse au BCG » réunie à Paris en 1928 sous les auspices de la « Société des Nations ».Notre onzième rapport annuel démontre que le nombre total de nos vaccinations, suivant nos fiches, s\u2019élève maintenant à vingt mille.De ce nombre, 10,250 enfants ont été visités.Ceux-ci se divisent comme suit: vivant dans un milieu indemne de tuberculose: 9,063; vivant au contact de bacillifères: 793; vivant au contact de cas de tuberculose cliniquement établis: 394.Parallèlement à ces cas, nous avons aussi suivi un groupe de 1,606 enfants non vaccinés dont 1,239 vivent au contact de bacillifères et 367 vivent au contact de malades reconnus cliniquement.Dans notre étude, nous nous sommes limités aux seuls enfants au contact de bacilli- fères.Ce groupe comprend 725 enfants vaccinés et 1,178 enfants non vaccinés servant de témoins ou un total de 1,903.Afin de mettre ces deux groupes d\u2019enfants, vaccinés et témoins, dans des situations aussi identiques que possible, nous les avons distribués sous les chefs suivants: l\u2019Âge, l\u2019âge au début du contact, la durée du contact, la réponse à l\u2019intradermo-réaction de Mantoux.Sous ces diverses rubriques nous avons étudié les décès de toutes causes, les décès attribués à la tuberculose, la morbidité tuberculeuse et l\u2019infection pathologique tuberculeuse totale.L\u2019étude parallèle de tous ces cas est la plus étendue qui soit venue à notre connaissance.Voilà un fait qui n\u2019est pas sans lui donner plus de valeur. b 3 BAUDOUIN: VACCINATION PAR LE B.C.G.397 Aprés les onze années de nos opérations, il semble bien à propos de nous demander jusqu\u2019à quel point nous sommes en mesure de répondre aux questions suivantes: 1.Quels résultats avons-nous obtenus dans les milieux indemnes de tuberculose?2.Quels résultats avons-nous obtenus dans les familles tuberculeuses?L\u2019immunité antituberculeuse y a-t-elle été établie?Dans l\u2019affirmative, quelle en est la durée?1.Innocuité du procédé.L\u2019innocuité de la vaccination de Calmette contre la tuberculose est un fait maintenant bien établi.Pour le démontrer, nous avons nos neuf mille vaccinations administrées à des bébés nés et vivant dans des familles indemnes de tuberculose et cela sans inconvénient.L'âge de nos enfants s\u2019étend maintenant jusqu\u2019à 13 ans.C\u2019est là d\u2019ailleurs la conclusion à laquelle sont arrivés tous les auteurs.2.Immunité antituberculeuse.Pour la tuberculose, nous ne possédons aucun test biologique nous permettant de déterminer l\u2019existence de l\u2019immunité.Dans ces circonstances défavorables, la seule méthode que nous ayons à notre disposition est la comparaison statistique de la mortalité et de la morbidité tuberculeuses obtenues chez un groupe d\u2019enfants vaccinés et un groupe semblable d\u2019enfants non vaccinés servant de témoins, tous vivant dans des familles tuberculeuses.C\u2019est là le but que nous nous sommes proposé en entreprenant cette étude.De nos nombreuses observations, on peut déduire les faits suivants.1.MORTALITÉ TUBERCULEUSE.La mortalité par tuberculose s\u2019est toujours maintenue plus basse chez nos vaccinés que chez nos témoins.La moyenne des différences obtenues en leur faveur a été de 72% chez les bébés de un à douze mois, de 69% chez les enfants jusqu\u2019à l\u2019âge de treize ans.Les décès qui sont survenus depuis 1926 donnent les chiffres suivants: 11 chez les vaccinés et 58 chez les témoins.De ces décès, deux chez les vaccinés et trois chez les témoins, le diagnostic a été vérifié par l\u2019autopsie.Nous admettons bien que ces chiffres sont restreints mais il ne faut pas oublier qu\u2019il s\u2019agit ici de décès survenus dans des familles privées où l\u2019autopsie est nécessairement impossible à pratiquer.C\u2019est pour cette raison que des auteurs accordent plus d\u2019importance aux taux de mortalité générale.Dans ces cas, en effet, la difficulté d\u2019un diagnostic différentiel ne peut pas se poser.Ici encore, notre étude nous démontre une différence de 50% maintenue en faveur de nos enfants vaccinés, Cette différence doit être attribuée surtout à la diminution de la mortalité tuberculeuse, parce que les décès par les autres causes ne donnent qu\u2019une différence de 35 pour cent en faveur des enfants vaccinés.2.MORBIDITÉ TUBERCULEUSE.Les cas de tuberculose observés dans les deux groupes d\u2019enfants vaccinés (47) et de témoins (145) sont tous survenus chez des enfants à Mantoux positifs.De plus, les cas de tuberculose pulmonaire (35 chez les enfants vaccinés et 106 chez les témoins) n\u2019ont été acceptés comme tels que sur un examen positif aux rayons X.Cette analyse, étendue à tous les enfants jusqu\u2019à l\u2019âge de treize ans, donne une différence de 47% en faveur des enfants vaccinés.3.INFECTION PATHOLOGIQUE TUBERCULEUSE TOTALE.Sous cette rubrique, nous avons réuni tous les décès et tous les cas de tuberculose.Avec le total ainsi obtenu, nous constatons une différence de 53% en faveur des enfants vaccinés.Ainsi qu'on a pu le constater, toutes ces différences sont à l\u2019avantage des enfants vaccinés.Ce fait a été relevé non pas au cours d\u2019une année en particulier, mais d\u2019une façon systématique et sans exception durant les treize années de nos observations.Quel facteur peut expliquer ces différences si non une augmentation de la résistance conférée par la vaccination?3.Durée de l'immunité.Pour l'étude de la durée de 'immunité, nos deux groupes doivent être étudiés année par kl XN \u2014 398 année puisque la vaccination a toujours été opérée au cours des dix jours qui suivent la naissance.1.MORTALITÉ TUBERCULEUSE.Les différences dans la mortalité tuberculeuse calculée par âges, toutes favorables aux enfants vaccinés, sont les suivantes: enfants de un à douze mois: 71% ; de un à deux ans: 54% ; de deux à trois ans: 86% de trois à quatre ans: 66% et de quatre à cinq ans: 33%.On constate ici que les différences se maintiennent constamment en faveur des enfants vaccinés, mais ne diminuent pas d\u2019année en année après la seconde année, ainsi qu\u2019on aurait pu s\u2019y attendre.Ce fait peut être attribué aux nombres restreints des décès relevés dans chaque groupe.L\u2019augmentation de nos chiffres qui ne manquera pas de se produire d\u2019année en année avec la continuation de notre étude ne pourra qu\u2019augmenter nécessairement la valeur de nos observations.2.DÉCÈS PAR TUBERCULOSE ANALYSÉS D\u2019APRÈS L\u2019ÂGE AU DÉBUT DU CONTACT.Cette analyse s\u2019appliquant aux enfants de même âge au début du contact dans les deux groupes de vaccinés et de témoins donne les différences suivantes en faveur du groupe des vaccinés: début du contact au cours de la première année: 79%; de la seconde année: 26%.On constate ici un écart assez marqué entre les résultats que donnent ces deux années.L\u2019explication en devient facile quand on sait que, au cours de la seconde année, il n\u2019est survenu qu\u2019un seul décès chez les enfants vaccinés et que cinq décès chez les témoins.Ces chiffres sont évidemment trop restreints pour autoriser la généralisation de toute conclusion.Si on veut bien nous permettre de continuer notre travail, il pourra devenir possible de mieux connaître sa situation à cet égard.3.DÉcès PAR TUBERCULOSE ANALYSÉS D\u2019APRÈS LA DURÉE.DU CONTACT.Une analyse basée sur une même durée de contact dans les deux groupes donne les différences suivantes en faveur des vaccinés: durée de contact de moins d\u2019une année: 78%; de un a deux ans: 69%; L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 de deux à trois ans: 63%.On voit ici qu'avec une durée de contact qui s\u2019étend jusqu\u2019à trois ans, l\u2019avantage en faveur des vaccinés va en diminuant mais se maintient à une proportion très favorable.4.MORBIDITÉ TUBERCULEUSE.Analysés suivant l\u2019âge de leur début les cas de tuberculose donnent les différences suivantes en faveur des vaccinés: Bébés de moins d\u2019un an: 17%; de un à deux ans: 19%; de deux à trois ans: 58% ; de trois à quatre ans: 7% ; de quatre à cinq ans: 36% ; de cinq à six: 59% ; de six à sept: 12%.L\u2019augmentation de la résistance à la tuberculose semble de plus longue durée dans le cas de la morbidité que dans celui de la mortalité.On peut attribuer ce fait aux chiffres plus élevés des cas que des décès.Il faut ajouter toutefois que l\u2019irrégularité de nos résultats tend à démontrer que notre preuve serait encore plus éloquente, si elle pouvait s\u2019étayer sur des chiffres plus élevés que ceux dont nous disposons présentement.Ces différences en faveur des vaccinés se maintiennent en faveur des vaccinés avec une analyse des cas suivant l\u2019âge au début du contact et suivant la durée de contact.5.INFECTION PATHOLOGIQUE TUBERCULEUSE TOTALE.Dans le but d\u2019augmenter autant que possible la valeur de notre étude au moyen de chiffres aussi élevés que nous le permettent nos observations toutes les infections pathologiques tuberculeuses ont été réunies ensemble.Avec leur distribution d\u2019après l\u2019âge au décès et l\u2019âge au début du cas, nous obtenons les différences suivantes en faveur des vaccinés: de un à douze mois: 55% ; de un à deux ans: 35% ; de deux à trois ans: 64%; de trois à quatre ans: 26% ; de quatre à cinq ans: 35% ; de cinq à six ans: 59%; de six à sept ans: 17%.Ici encore, l\u2019augmentation de la résistance à la tuberculose semble se maintenir durant sept ans.Ces résultats encourageants pourront-ils se maintenir quand nous pourrons disposer d\u2019un plus grand nombre d\u2019observations?L\u2019avenir seul pourra nous permettre de répondre à cette question. BAUDOUIN: VACCINATION PAR LE B.C.G.On peut être autorisé à tirer la conclusion suivante en nous basant sur l\u2019étude que nous avons faite jusqu\u2019à présent.La vaccination antituberculeuse par le procédé de Calmette augmente la résistance humaine contre la tuberculose et la protection qu\u2019elle confère a une durée de deux années ou plus.Par conséquent, la vaccination des nouveau-nés au BCG doit entrer dans toute campagne dirigée contre la tuberculose.* * * Les recommandations que nous sommes prêts à formuler actuellement sont les suivantes: 1.Tous les bébés qui naissent dans une famille qui comprend un membre souffrant de tuberculose doivent être vaccinés.Dans ces cas, quand il n\u2019a pas été possible de pourvoir à l\u2019hospitalisation du malade avant la naissance de l\u2019enfant et quand le bébé ne peut pas être transporté immédiatement dans un milieu indemne de tuberculose, la meilleure protection que l\u2019on puisse offrir contre la contamination précoce dont les conséquences sont si graves, c\u2019est la vaccination.L'importance de cette recommandation se déduit facilement du 399 fait que nulle part au Canada, le nombre des lits à la disposition des malades souffrant de tuberculose dans nos institutions antituberculeuses ne peut encore répondre aux nécessités de l\u2019heure.Cette déclaration est basée sur le tableau suivant préparé par le docteur La- salle-Laberge, directeur de la lutte antituberculeuse de la province de Québec et publié dans l\u2019Union Médicale du Canada, janvier 1939.Provinces N° de lits par décès 1.Saskatchewan 2.53 2.Ontario .2.41 3.Manitoba 1.60 4.Colombie-Canadienne .1.15 5.Nouveau Brunswick 1.13 6.Nouvelle-Ecosse .1.11 7.Ile-du-Prince-Edouard .0.98 8.Alberta .0.86 9.Québec 0.66 CANADA 1.25 2.La vaccination peut être administrée en toute sécurité à tous les nouveau-nés sur demande du médecin de famille ou des parents, parce que l\u2019innocuité du procédé est parfaitement démontrée. MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES HÉMOPHILIE - ee ++ I.\u2014Hémophilie 1) Définition.Maladie constitutionnelle autonome caractérisée par: 1° une tendance aux hémorrhagies graves surtout provoquées, 2° un allongement du temps de coagulation, 3° un état normal des éléments figurés du sang, 4° une rétractilité du caillot, 5° temps de saignement normal.2) Variétés.Hémophilie familiale, Hémophilie sporadique.3) Etiologie.(A) FAMILIALE.Malformation congénitale.Chez individus mâles de certaines familles, d\u2019origine récente ou ancienne, les femmes sont épargnées mais transmettent la maladie.Femme non saigneuse appartenant à une famille hémophile mariée à homme sain engendre des enfants hémophiles.Homme hémophile marié à femme saine engendre enfants sains.Traumatismes légers: choc, coupure légère, chute, avulsion d\u2019une dent, chute du cordon, circoncision rituelle ou thérapeutique.4) Symptômes.(a) Hémorrhagies provoquées dans tous les tissus de l\u2019économie: Epistaxis (grattage, coup) Saignements des gencives (dents) Ecchymoses (traumatismes) Hématomes, région du psoas, du genou, du coude Purpura Hémorrhagies viscérales: entérorrhagies, hématémèses, hématuries, métrorrhagies.b) Lésions sanguines: HÉMOGÉNIE IL\u2014Hémogénie 1) Définition.Maladie constitutionnelle autonome caractérisée 1° par une tendance aux hémorrhagies spontanées, 2° une période de coagulation normale, 3° une absence ou une diminution des globulins, 4° une irrétractilité du caillot, 5° temps de saignement allongé.2) Etiologie.Plus fréquente que l\u2019hémophilie.Atteint plus souvent les femmes que les hommes.Si héréditaire, se transmet par les femmes, de préférence.Hérédo-syphilis, tuberculose.Insuffisance des glandes endocrines.Maladies du foie ou des organes hémato- poiétiques.Hémoclasie.Seconde enfance, adolescence.3) Symptômes.(a) Hémorrhagies spontanées, moins abondantes, localisées.Purpura dans la peau et les muqueuses, ecchymoses.Le nez, le tube digestif, l\u2019utérus.L\u2019estomac, l'intestin, le poumon, (plus rares).Hémarthroses absentes.Etat général bon.le rein (b) Lésions sanguines: Globules rouges et leucocytes normaux.Globulins diminués ou absents (250,000 par millimètre cube).Temps de saignement prolongé: 14 heure et plus.Caillot irrétractile, s\u2019émiette et se redissout facilement.Pas de transsudation du sérum. LESAGE: HÉMOPHILIE \u2014 HÉMOGÉNIE Globules rouges, leucocytes, globulins normaux.Pas d\u2019altération chimique.Temps de saignement normal (3 à 4 minutes).Retard de la coagulation: sans reste liquide durant 14 heure; absence de ferment coagulant une heure ou davantage (trom- bokinase).Rétraction normale du coagulum sanguin.5) Evolution.Grave et progressive.Mort avant 22ème année.Survivants peuvent vivre à un âge avancé.6) Diagnostic.Basé sur les symptômes: la différencier avec l\u2019hémogénie (voir ci-contre).7) Traitement.Injection de 10 à 20 c.c.de sérum sanguin humain normal localement, sous-cutanée ou intraveineuse, S1 hémorrhagie grave, injection intraveineuse de sang non citraté après étude des groupes sanguins.On ne conseille pas l\u2019injection de sang humain sous-cutanée à cause des accidents possibles.Répéter les injections de sérum tous les deux mois.Le sérum animal peut remplacer le sérum humain.Se défier des accidents sériques.(B) SPORADIQUE.Maladie individuelle et non familiale.Mêmes symptômes, mais plus atténués.Cause inconnue.Traitement identique plus efficace.401 Signe du lacet positif (compression du bras avec un lien).Apparition d\u2019un piqueté hémor- rhagique dans la région hyperémiée.Fragilité des endothéliums capillaires.4) Evolution.Par crises, aggravées ou réapparaissant après ingestion de certains aliments, fatigue, maladies fébriles, gastro-entérites.S\u2019améliore avec l\u2019âge.D'un pronostic moins sombre que l\u2019hémophilie.5) Diagnostic.Se différencie de I\u2019hémophilie par diminution ou absence des globulins, irrétractilité du caillot, ete.6) Traitement.Injections sous-cutanées de sérum humain ou de préférence de sang total non citraté.Retirer de la veine d\u2019un malade sain 20 à 40 c.c.de sang, que l\u2019on injecte sous la peau de l\u2019abdomen.L'injection de veine à veine est réservée aux cas d\u2019anémie grave.Répéter la dose chaque mois.Les injections de sérum de cheval sont peu actives et peuvent provoquer des accidents sériques (colloïdoclasie).Eviter le froid, les angines, coryza, ete.Opothérapie.Ablation de la rate?Radiothérapie splénique?Albert LESAGE.PLAIES ET CONTUSIONS! Signes et diagnostic Les lésions traumatiques des parties molles sont de deux ordres.Fermées, ce sont les contusions; ouvertes, ce sont les plaies, 1.Ces notes de Chirurgie Pratique, les premières d\u2019une série de 10 à paraître, nous ont paru, en raison des circonstances actuelles, susceptibles d\u2019intérêt général et d'utilité pratique.Traumatismes fermés.\u2014 Les contusions.Définition.\u2014 La contusion est une lésion déterminée par un choc ou une pression, caractérisée par une destruction plus ou moins profonde des tissus avec intégrité complète 402 ou relative des téguments qui, eux, ne présentent pas de solution de continuité.Degrés.\u2014 La contusion peut être superficielle, si elle est limitée au tissu sous-cutané, ou profonde, quand elle rompt l\u2019aponévrose, lèse les muscles et atteint parfois les vaisseaux et les nerfs situés profondément; elle peut, dans certains cas, s'accompagner aussi de fracture.Signes objectifs.\u2014 Dans la contusion superficielle, on peut avoir des ecchymoses, un hématome diffus ou circonscrit et des épanchements séro-sanglants ou séreux.Dans les contusions profondes, on reconnaît les mêmes lésions, mais plus accentuées.11 est ici nécessaire de bien préciser la nature et l\u2019étendue des lésions (muscles \u2014 tendons \u2014 vaisseaux \u2014 nerfs \u2014 squelette).Il faut également surveiller l\u2019état général du blessé, prévenir le choc traumatique, en vérifiant fréquemment la température, le pouls, la pression artérielle.Les vomissements, la dyspnée, la rétention d\u2019urine, l\u2019arrêt des matières et des gaz sont des signes non constants, mais fréquents dans les contusions profondes.Diagnostic.1° Interrogatoire.Celui-ci doit s\u2019enquérir du jour et de l\u2019heure de l\u2019accident, de la nature de celui-ci, de l\u2019attitude du blessé et des sensations éprouvées (douleur \u2014 craquement \u2014 arrachement) au moment du traumatisme, il doit rechercher les signes d\u2019intégrité ou d\u2019impotence fonctionnelle consécutive à cet accident.2° Inspection.Rechercher les lividités, les escarres, les ecchymoses, reconnaître l\u2019attitude des membres et dépister les signes généraux (faciès et agitation ou dépression).3° Palpation.Celle-ci montre l\u2019ædème, la présence d\u2019un hématome ou de l\u2019emphysème sous-cutané (thorax), de la défense musculaire (abdomen).La douleur provoquée par la pression loco-dolenti et à distance est un signe précieux.4° Percussion.Celle-ci est très importante au thorax (hémothorax, hydrothorax ou pneu- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 mothorax) et à l\u2019abdomen (épanchement de gaz, de sang ou de liquide).5° Radiographie.La nécessité de ce moyen de diagnostic n\u2019est pas discutable.Traumatismes ouverts.\u2014 Les plaies accidentelles.Définition.Les plaies sont des solutions de continuité produites par un agent mécanique.Variétés.1° Au point de vue étiologique, on peut avoir des piqûres, des coupures ou des plaies contuses.2° D\u2019après leur aspect anato- mo-pathologique les plaies sont simples, i.e.à bords nets et faciles à réparer, composées 1.e.irrégulières avec lésions des organes sous-Jja- cents, compliquées, quand elles évoluent avec accidents locaux ou généraux de nature infectieuse et, enfin, pénétrantes, qui peuvent intéresser le péritoine, la plèvre, le péricarde ou les autres viscères.3° Suivant leur allure clinique, on peut rencontrer des plaies à bords nets, étroites ou larges, causées par une piqûre ou une coupure (elles sont peu graves) et des plaies contuses, i.e.section des tissus avec lésions destructives produites par la force vulnérante.Ce sont les plus fréquentes et les plus sérieuses.Signes objectifs des plaies contuses.Les lèvres cutanées de la plaie sont irrégulières, déchiquetées, contusionnées; l\u2019aponévrose d\u2019enveloppe des muscles peut être sectionnée ou perforée, les muscles peuvent être rompus.Dans certaines formes graves, on a même parfois un arrachement ou un broiement des tissus.Notion capitale à retenir: Les zones traumatisées, dévitalisées sont d\u2019excellents milieux de culture pour certaines infections immédiates (phlegmons, gangrène gazeuse, tétanos) ou retardées.Diagnostic.Il est facile à faire; il est cependant d\u2019une grande importance d\u2019apprécier le degré de pénétration de la plaie, de vérifier l\u2019atteinte des organes profonds et de déceler la présence de corps étrangers.S\u2019aider de la radiographie.E.D. ANALYSES ee ++ Dans le but d\u2019uniformiser les indications bibliographiques qui accompagnent les analyses, afin de les rendre plus complétes et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le «Quarterly Cumulative Index Medicus»: nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article, nom du périodique, le volume, la page, le mois (le jour du mois, si le périodique est hebdomadaire), l\u2019année.Exemple: J.Beerens.\u2014 Tuberculose et démence précoce.« Ann.Med.\u2014 psychol.» 94:1 (juin) 1938.MEDECINE G.CHENEY.\u2014 Vitamine B! dans le traitement de la côlite muqueuse.Am.J.Digestive Diseases\u2019, 6: 161 (mai) 1939.Se basant sur les faits suivants: 19 l\u2019amélioration de la diarrhée dans la sprue, dans l\u2019anémie pernicieuse et celle de la pellagre; 2° celle constatée dans la diarrhée idiopathique coïncidant avec une déficience en Vitamine B!; 3° l\u2019atonie intestinale des animaux d\u2019expérience en état d\u2019avitaminose B!, l\u2019auteur dans plusieurs variétés de colites a employé la thérapeutique suivante: Vitamine B!, foie de veau et une combinaison des deux.Action quasi spécifique dans les diarrhées soi-disant idiopathiques et dans les grandes constipations atonniques.Dans plusieurs cas de côlites ulcéreuses, amélioration cons.dérable par l\u2019hépatothérapie parentérale.Sans vouloir prétendre à une spécificité d'action.l\u2019auteur fait remarquer l\u2019intérêt que peut présenter cette thérapeutique, dans ces cas ordinairement si tenaces.Yves CHAPUT.PHTISIOLOGIE P.LEVY-VALENSI, S.DE SEZE et J.PINES.\u2014 Le traitement médical des pleurésies purulentes non tuberculeuses.\"La Presse Ma- dicale\u201d, 47: 1309 (2 septembre) 1939.Il y a dix ans, on affirmait que l\u2019ouverture chirurgicale restait nécessaire dans presque tous les cas de pleurésies purulentes.Il fallait alors opérer en principe toutes les pleurésies purulentes.De nos jours, les pleurésies purulentes streptococciques peuvent guérir sans le chirurgien.Le médecin, par la chimiothérapie sulfamidée, peut éviter toute intervention chirurgicale.Le devoir du médecin ne consiste plus à refroidir toutes les pleurésies purulentes pour livrer par la suite les malades au chirurgien.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que démontre la publication de nombreux cas de pleurésies qui ont guéri par la simple ingestion de dérivés sulfamidés.D'ailleurs cinq observations personnelles publiées par les auteurs viennent renforcer les avis des maîtres qui ont pratiqué cette thérapeutique avec succès.Les auteurs préconisent l\u2019emploi aussi précoce que possible de la carboxy-sulfamido-chrysoïdine pour les pleurésies purulentes streptococciques, alors qu\u2019ils réservent pour les autres pleurésies purulentes la para-amino-phényl-sulfamide et ses dérivés, jusqu'à la disparition totale du liquide pleural et la chute de la température.Il ne paraît pas que l\u2019emploi simultané des sulfamidés «per os», par voie intramusculaire et \u201cin situ» par injection intrapleurale, présente des avantages sur le traitement par la voie buccale tout simplement.Il faut aussi s\u2019abstenir de la séro ou de la vaccinothérapie.On ne fera pas d\u2019injections intrapleurales, de bouillons vaccins ou de liquides antiseptiques.Tonifier le cœur, surveiller les voies respiratoires ont leurs indications bien définies.Si la compression cardiaque et médiastinale est trop forte, on ponctionnera afin de soulager.«La guérison bactériologique précède toujours la guérison clinique ».On surveillera la convalescence assez longtemps pour permettre une récupération totale.Quant au mode d\u2019action des sulfamidés, aucune hypothése n\u2019étant satisfaisante jusqu\u2019à maintenant, les auteurs n\u2019abordent pas ce terrain.Paul-René ARCHAMBAULT.NUTRITION A.Almon FLETCHER et J.Wallace GRAHAM.\u2014 Les complications du diabète: etude spéciale de leur cause et de leur prévention.\"C.M.A.].\u201d, 41: 566 (déc.) 1939.Avec l\u2019usage de l\u2019insuline, l\u2019aspect clinique du diabète a changé: les diabétiques vivent plus vieux et si le coma et l\u2019infection fatale ont diminué, on assiste, par ailleurs, à l\u2019évolution de complications cardio-vasculaires de plus en plus nombreuses.Les A.cherchent la cause de cette dégénérescence vasculaire afin d\u2019essayer d\u2019en prévenir l\u2019apparition.Pour ce faire, ils étudient les causes de mort chez les diabétiques hospitalisés de 1933 à 1938 à l\u2019hôpital Général de Toronto.Pour ce qui regarde le coma, ils remarquent que celui-ci est de moins en moins fréquent, mais que par ailleurs on le rencontre presque toujours chez des diabétiques non-traités auparavant.Quant à ceux qui ne meurent pas de coma, leur mort arrive en général de 62 à 67 ans ce qui cxplique la fréquence des maladies vasculaires rencontrées maintenant chez les diabétiques. 404 Dans ce groupe les A.remarquent que les malades morts de gangrène n\u2019avaient pas été traités antérieurement ce qui fait ressortir l\u2019importance du diagnos- tie précoce et du traitement adéquat du diabète afin d\u2019éviter des complications graves et coûteuses.La durée de l\u2019évolution du diabète parmi leurs malades a été de 3 à 7 ans.Moins le diabète est traité, moins il dure longtemps, plus vite le malade meurt.La glycosurie permanente semble influencer l\u2019éclosion des lésions vasculaires.Le diabète bien suivi et bien contrôlé est moins exposé à la gangrène, mais d\u2019autre part la thrombose coronarienne se rencontre de plus en plus souvent, surtout chez les malades d\u2019un certain Age et cela malgré tous les soins appropriés.Bref, les dangers causés par l'infection chez les diabétiques vont en diminuant, mais pour y parer il faut avoir recours à l\u2019insuline rapidement et à hautes doses.On connaît mal encore les causes favorisant les lésions vasculaires.Il y a quelques années, on croyait que les lipides du régime en étaient la cause en élevant le cholestérol sanguin, mais d\u2019après les À.les expériences cliniques ne confirment pas ces faits.Il ne semble pas, selon eux, y avoir de parallélisme entre la dégénérescence vasculaire et le taux du cholestérol sanguin, car on rencontre souvent des dégénérescences vasculaires avec un cholestérol peu élevé, et d\u2019autre part des cholestérols très élevés avec absence apparente d\u2019artériosclérose.Dans le diabète, selon les A.le cholestérol sanguin ne semble pas être en relation avec la quantité de graisse contenue dans le régime; en effet, selon leur expérience, des diètes riches en graisse n\u2019ont pas élevé le cholestérol pas plus que des diètes pauvres en graisse ne semblent l\u2019avoir diminué.D\u2019où il résulterait qu\u2019il ne faudrait pas prendre le taux du cholestérol sanguin comme indice de la sévérité du diabète ni de l\u2019état des vaisseaux.Pour prévenir l\u2019artériosclérose, on doit prendre plus de précautions chez les diabétiques que chez les autres malades.L'usage excessif de l\u2019alcool et du tabac, de même que le surmenage, les inquiétudes et l\u2019obésité doivent surtout être évités.Enfin, on doit enseigner au diabétique à prendre un soin jaloux de ses pieds, car l\u2019infection chronique et répétée, si minime soit-elle, est un facteur favorisant l\u2019artérite, et si le diabète s\u2019y ajoute, on a un facteur de plus pour aggraver cette artérite.Pour prévenir toutes ces complications, on doit donner un régime qui contient les éléments nutritifs nécessaires à la santé et qui s\u2019adapte bien aux conditions de vie du malade.On doit maintenir ses urines aglycosuriques et l\u2019emploi judicieux de l\u2019insuline dépendra de la sévérité du cas.Armand GRATTON.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 CHIRURGIE G.E.LINDSKOG et R.TENNANT.\u2014 Lipiodol intra-péricardique.\u2018Jour.Thor.Surg.\u201d, 9: 227; 1939.Les A.rappellent d\u2019abord qu\u2019en 1925 Fiessenger et Lemaire injectèrent du lipiodol dans le péricarde d\u2019un malade souffrant de péricardite tuberculeuse.Cette expérience fut répétée en 1926 par Castex, Carelli et Gonzales.Plus tard, Chandler et Wood signalent que le lipiodol peut donner de bons renseignements dans l\u2019exploration du péricarde au cours de ses affections.Les A.rapportent les résultats de leurs expériences sur les chats.Des injections de 0.5 à 1 c.c.de lipiodol ont permis de mettre en évidence parfaite le péricarde sans entraîner d\u2019effets fâcheux locaux ou généraux.Mercier FAUTEUX.J.-J.WESTERMANN.\u2014 Le rôle de la chirurgie dans le traitement de l'ulcére duodénal.\"Ann.of Surgery\u201d, 111: 338; 1940.Ce travail est un plaidoyer en faveur de la gastro- entérostomie postérieure et haute dans le traitement de l\u2019ulcère duodénal.Les avancés presque classiques que la bouche anastomotique doit siéger très près du pylore ne sont pas basés sur des principes physiologiques précis, d\u2019après l\u2019auteur.L\u2019on a prétendu que la gravité aidait dans l\u2019évacuation gastrique et que le point le plus déclive était essentiel afin d'assurer une bonne évacuation.L'auteur nie cette conception.Par ailleurs, il considère que l\u2019ulcus duodénal chronique et qui ne saigne pas relève d\u2019un traitement médical.Mais il ajoute prudemment que dans les cas où ce traitement se montre insuffisant, il y a lieu d\u2019avoir recours à la chirurgie.Mercier FAUTEUX.J.W.HINTON et R.L.MAIER.\u2014 L'ulcère duodénal chronique.\"Ann.of Surgery\u201d, 111: 348; 1940.Ces auteurs croient que le point important dans le traitement de cette affection consiste à instituer un régime pour une période indéfinie.Un certain nombre de malades devront être dirigés vers la chirurgie non pas en raison de l\u2019ulcère uniquement, mais à cause des complications qu\u2019il détermine.Et ces complications apparaîtraient beaucoup plus rarement.si la lésion était reconnue précocement et si le malade coopérait entièrement dans le traitement médical prescrit.Au sujet de l\u2019ulcère duodénal compliqué, il donne la préférence à la résection sub-totale comme traitement chirurgical.Elle offre de meilleures chances de guérison permanente et ne présente pas un taux de mortalité plus élevé que les autres genres d\u2019inter- ANALYSES ventions portant sur le duodénum, telles que la pylo- roplastie et la gastro-jéjunostomie.Mercier FAUTEUX.E.L.ELIASON et R.B.BROWN.\u2014 Péricardi- te constrictive et calcifiée.\u2018Ann.of Surgery , 111: 446; 1940.Ces auteurs rapportent une observation très intéressante de cette affection chez un homme de 38 ans qui, cliniquement, ne présentait que de la dyspnée et une pression artérielle basse au début.Graduellement, apparurent des œdèmes localisés aux pieds, aux chevilles et une douleur à la partie basse du sternum.Peu à peu ces œdèmes augmentèrent et apparut un ascite assez considérable.La radiographie confirma le diagnostic clinique de péricardite adhésive.La décortication du cœur fut faite et les suites post-opé- ratoires furent absolument normales et sans le moindre incident cardiaque.Une légère infection se développa au niveau du drain, mais n\u2019eut aucune suite fâcheuse.Les suites éloignées démontrèrent les bons effets de l\u2019intervention.Mercier FAUTEUX.A.TOPTSCHIBASCHEFFM.\u2014 Le traitement de la lithiase biliaire par injections d\u2019éther et d\u2019huile.\u201cKhir.Arkh.\"\u201d, 44: 11 (nov.) 1939.Des expériences de laboratoire ont convaincu l\u2019auteur que les calculs biliaires sont solubles non seulement dans l\u2019éther, mais aussi dans ses vapeurs.Il constata que ces calculs ne subissent aucun changement dans le sérum normal, mais qu\u2019ils se dissolvent dans le sang d\u2019un patient anesthésié à l\u2019éther.Les observations obtenues chez un malade ayant subi une cholécystostomie montrèrent que l\u2019éther inhalé entre dans la bile.Comme l\u2019éther est volatile et disparaît rapidement de l\u2019organisme, son administration par la bouche n\u2019a pas paru pratique pour dissoudre les calculs.Alors l\u2019auteur employa des injections sous-cutanées et intramusculaires avec des résultats excellents.Quoique la fréquence et la gravité des crises de calculose varie considérablement, Pefficacité de cette nouvelle médication a pu être évaluée chez des patients à crises fréquentes.Des résultats heureux furent obtenus même chez des sujets qui présentèrent à nouveau, après l\u2019opération, de l\u2019ictère avec température.Les expériences se firent sur 150 cas dont 18 seulement donnèrent des résultats peu satisfaisants.Dans les cas compliqués d\u2019empyème de la vésicule, les calculs résistèrent à l\u2019éther à cause du pus et du sang présents dans la couche externe.À plusieurs reprises des visualisations de la vésicule ne purent montrer la présence de calculs après l\u2019administration d\u2019éther.La médication dont on se servit était un mélange de 3 c.c.d\u2019éther 4 2 c.c.d\u2019huile d\u2019olive ou d\u2019huile d\u2019amande qu\u2019on injecta sous la peau à la région sous-scapulaire ou deltoï- 405 dienne.Les injections furent données pendant une période de 15 à 30 jours.Antoine PETTIGREW.Marshall K.BARTLETT, Chester M.JONES et Anna E.RYAN.\u2014 Etudes de la vitamine C chez les opérés.\u2018Annals of Surgery\u201d, 111: 1 (janvier) 1940.Les auteurs présentent un travail trés intéressant sur la vitamine C contenue dans le sang de 13 sujets normaux servant de contrôle et de 188 opérés.Il est connu présentement que la quantité normale de vitamine C dans le sang est de 05 mg.ou plus par cent c.c.Dans le scorbut par exemple, le taux est de 0.1 mg.pour cent.Donc tout résultat inférieur à 05 mg.indique une perte abondante et même inquiétante de vitamine C.(Le dosage en est fait dans le sang et les urines.) Les conclusions tirées de ce travail sont que: 1° bien des opérés dans nos hopitaux présentent une diminution marquée de vitamine C dans le sang, puisque sur les 188 opérés étudiés, les 2/3 avaient un taux inférieur à 0.5 mg pour cent; 2° cette diminution de vitamine C n\u2019est pas limitée à un seul groupe de malades, mais est constatée chez des patients présentant des conditions pathologiques différentes; 3° après l\u2019opération le taux de vitamine C diminue constamment avec un retour graduel au niveau existant avant l\u2019opération; 4° il n\u2019y a pas d'augmentation de la vitamine C excrétée dans l\u2019urine après l\u2019intervention, même lorsqu\u2019on a injecté dans les veines une dose de 1,000 mg.d\u2019acide cévita- mique; 5° lorsque 1,000 mg.d\u2019acide cévitamique sont injectés dans les veines, on obtient à intervalles de 15 minutes, une heure, et trois heures, une courbe caractéristique d\u2019élimination ; 6° après une opération, les changements dans la présence de vitamine C sont influencés par l\u2019état général du patient, par la quantité de vitamine C perdue, et par l\u2019étendue des manœuvres opératoires; cependant que le genre d\u2019anesthésie et la quantité de liquide administré n\u2019influencent aucunement; 7° enfin la rapidité avec laquelle la vitamine C, administrée dans les veines après une opération, disparaît dans le sang est due probablement au besoin plus grand de cette vitamine dans la réparation des tissus et la guérison de la plaie.Antoine PETTIGREW.OBSTETRIQUE M.RHENTER.\u2014 Indications chirurgicales dans les viciations pelviennes.\"Gyn.et Obstétrique\u2019\u2019, 40: n° 8, 1939.Dans une communication au congrès de l\u2019Association des Gynécologues et Obstétriciens de Langue Française, tenu à Lauzanne en juillet 1939, l\u2019auteur révèle une statistique régionale de 19,320 accouche- 406 ments, où les viciations pelviennes figurent pour 289 cas, soit une proportion de moins de 2 pour cent.Sur ces 289 cas, dont 105 de forme modérée et 54 de forme grave, le rapporteur signale que l'intervention lui est apparue comme nécessaire dans 17 cas seulement.Les autres ont subi avec succès une épreuve de travail cliniquement mesurée, ou ont été accouchées prématurément à la suite de provocation soit opératoire ou médicamenteuse.Le poids des enfants varie de 4 livres et demi à un peu plus de 7 livres.La mortalité infantile va jusqu\u2019à 12 pour cent, y compris les enfants morts dans les premières semaines; l\u2019auteur rapporte deux cas de mortalité maternelle.Paul ROCHETTE.CHIRURGIE INFANTILE ET ORTHOPEDIE Louis POUY ANNE.\u2014 Les Synovites à Grains Riziformes des Articulations.\u2018Revue d'orthopédie et de Chirurgie de l'Appareil Moteur\u201d, 26: (juillet) 1939.Les synovites à grains riziformes ne tiennent dans les traités classiques qu\u2019une place restreinte correspondant à leur rareté mais non pas aux intéressants problèmes pathogéniques et thérapeutiques qu\u2019elles posent.Ces synovites apparaissent en général, chez des jeunes sujets (avant 20 ans) cliniquement indemnes de tuberculose qui peut toutefois se manifester par la suite, par des lésions pulmonaires ou autres.La localisation au genou est de beaucoup la plus fréquente.Le tableau clinique est celui d\u2019une synovite chronique d\u2019une tumeur blanche débutante, peu douloureuse, évoluant insidieusement ou par poussées, avec ou sans hydarthrose.Le contenu donne l'impression de n\u2019être pas franchement liquide.L\u2019examen montre une synoviale épaissie et peut, mais rarement, donner une sensation de froissement, de crépitation neigeuse, de bruits de chaînons comme dans les syno- vites à grains du poignet.C\u2019est surtout par la ponction exploratrice faite avec un gros trocart que se fait le diagnostic de cette synovite.Laboratoire.Dans les grains riziformes il y a souvent présence d\u2019éléments fibreux ou cartilagineux avec des follicules tuberculeux.L\u2019épanchement articulaire tuberculise le cobaye dans la majorité des cas.Radiographie.Absence de toute lésion osseuse décelable sur le film.Pronostic.L'évolution se fait lentement, mais si non traitée elle aboutit fatalement à la tumeur blanche du genou.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 Traitement.En présence d\u2019une synovite articulaire à grains riziformes il faut d\u2019abord essayer d\u2019obtenir la guérison par un traitement économique en conservant si possible la mobilité articulaire.La synovectomie totale ou subtotale complétée par une assez brève immobilisation plâtrée (2 à 3 mois) paraît être la meilleure thérapeutique à conseiller avec une surveillance attentive pour prévenir toute récidive qui serait traitée soit par l\u2019immobilisation, soit par l\u2019arthrodèse, soit par la résection suivant les indications du traitement des tumeurs blanches du genou.Ainsi on donnera une chance au malade de guérir en peu de temps avec une articulation mobile sans lui dissimuler qu\u2019une chance à courir n\u2019est pas une certitude de guérison durable.R.MARCOUX.NEURO-PSYCHIATRIE Théodore E.ERICKSON.\u2014 Diffusion de la décharge épileptique.Etude expérimentale des effets de la décharge épileptique produite par stimulation électrique du cortex cérébral.\u2018Arch.Neuro.Psy.\u201d, 43: 429 (mars) 1940.Travail rapportant les expériences faites sur des singes, chats et chiens.L\u2019auteur étudia les effets de la stimulation électrique du cortex dans le but de connaître les voies de diffusion de cette excitation au sein du cerveau, excitation qui partant d\u2019une région circonserite se propage jusque vers l\u2019hémisphère opposé et déclanche une crise convulsive généralisée.E.sectionna le corps calleux de 14 singes et opéra des sections transcorticales à 14 autres singes.Puis il procéda à des investigations électro-encéphalogra- phiques et il rechercha les modifications de la cireu- lation sanguine de la substance grise corticale, apres avoir excité le cortex et avoir observé la marche des accidents cloniques provoqués.Ces travaux complexes, méticuleux, que nous ne détaillerons pas ici, portèrent l\u2019auteur aux conclusions suivantes: Les crises produites par stimulation électrique sont la contrepartie des accès épileptiques cliniques.Le corps calleux joue un rôle primordial dans la diffusion de la décharge épileptique vers l\u2019hémisphère contro-latéral.Son extension dans l\u2019hémisphère ho- molatéral se fait par l\u2019intermédiaire des voies associatives cortico-corticales.D\u2019après ces expériences, il semblerait que la composante tonique des convulsions serait en grande partie l\u2019effet de la décharge motrice partie de la zone prémotrice (6 de Brodmann) homolatérale.Les clonies semblent être provoquées par la décharge motrice de l\u2019hémisphère hétéro-latéral.Roma AMYOT. ANALYSES André THOMAS.\u2014 Dégénérescence continue subaiguë de la moelle.\u2018\u2019Presse Méd.\u201d, 47: 1663 (20 décembre) 1939.Il existe un syndrome d\u2019atteinte des voies longues de la moelle postérieure et latérale, un syndrome ataxo-paraplégique, en l\u2019absence d\u2019anémie pernicieuse ou d'anémie grave, et que l\u2019on peut rencontrer au cours de la leucémie, tuberculose, cancer, alcoolisme et syphilis.Ce syndrome consiste en incoordination et paralysie, par lésion concomitante des cordons postérieurs et latéraux, lésion « plurifasciculaire et symétrique, et, dans une certaine mesure, systématique ».Elle peut être secondaire à une affection transversale ou méningite de la moelle, mais peut aussi être primitive; c\u2019est une dégénération continue.La symptomatologie ne diffère pas de celle que l\u2019on rencontre au cours des syndromes neuro-hématiques.Le syndrome de dissociation albumino-cytologique faible est rencontré.Donc, atteinte des voies pyramidales, postérieures, latérales, réflexes et «sans doute des voies sympathiques ».La physiopathologie du mécanisme d\u2019atteinte n\u2019est pas encore bien expliquée.C.-A.GAUTHIER.F.E.GRANT, R.A.GROFF et F.H.LEWY.\u2014 Section de la racine descendante du trijumeau: \u2018Arch.Neur.Psy.\u201d, 43: 498 (mars) 1940.Le traitement radical de la névralgie dite essentielle du trijumeau s\u2019effectue, dans la grande majorité des cas, par la section intracranienne de sa racine sensitive.Cependant, cette radicotomie est suivie d\u2019une anesthésie totale de l\u2019hémiface correspondante comportant conséquemment une disparition de la sensibilité tactile; elle encourt également un engourdissement permanent qui agace considérablement les opérés.Sjogvist, pour obvier à ce dernier inconvénient, imagina de recourir à la section de la longue racine descendante bulbo-spinale, qui ne produit qu\u2019une anesthésie à la douleur et à la température avec conservation de la sensibilité tactile.Cette opération constitue donc une amélioration marquée sur le procédé employé jusqu\u2019ici.D\u2019autres neuro-chirurgiens confirmèrent les résultats de Sjogvist.Les auteurs du présent travail rapportent 12 observations de malades qui subirent cette intervention neuro-chirurgicale.La section de la racine descendante fut faite au niveau de la jonction du tiers moyen et du tiers inférieur de l\u2019olive bulbaire.Les études des sensibilités faciales, faites à la suite de cette opération, permettent de présumer que la racine descendante n\u2019intervient pas dans la perception de la baresthésie, qu\u2019elle ne contient que quelques fibres destinées à la sensibilité tactile et qu\u2019elle conduit surtout les sensibilités thermique et douloureuse.De plus, au sein du croissant que cette racine 407 représente à la section transversale du bulbe, il apparaît comme si chacune des trois branches du trijumeau occupait un segment particulier.Ainsi, les fibres portant la sensibilité de la première division (branche ophtalmique) occuperaient le segment ventral ou antérieur, celles de la troisième seraient situées à la partie dorsale ou postérieure du croissant, la langue et la lèvre étant représentées par le groupe des fibres les plus internes de ce segment.Enfin, celles de la seconde division seraient localisées dans la partie intermédiaire.Cette localisation fasciculaire permettrait d\u2019épargner par la tractotomie bulbaire, comme par la radicotomie partielle, en variant légèrement la technique opératoire, les fibres de la première division.Cette opération de Sjogvist aurait, comme nous le disons au début de cette analyse, l\u2019avantage de laisser intacte la sensibilité tactile et de prévenir les morsures de la langue et des joues ou des lèvres durant la mastication ; de ne pas causer cette pénible et agaçante sensation d\u2019engourdissement ou d\u2019enraidissement du tégument que laisse la radicotomie.D\u2019autre part, elle provoquerait systématiquement la disparition du réflexe cornéen, mais les auteurs n\u2019auraient pas constaté encore d\u2019inconvénient à cette aréflexie.La technique opératoire est celle de la cordotomie médullaire.Traitement chirurgical encore au stade expérimental.auquel la contribution des auteurs de ce travail, qui l\u2019ont appliqué à 4 malades à névralgie dite essentielle du trijumeau et à 8 autres à algie par tumeur de la région des maxillaires, procure un précieux apport.Roma AMYOT.OPHTALMO-OTO-RHINO-LARYNGOLOGIE L.HAMBRESIN.\u2014 La radiothérapie des furoncles et des orgelets.\u2018Annales d'Ocu- listique\", nov.1939, p.803.L\u2019auteur fait un rappel historique de la question.Il envisage certains points pratiques de celle-ci qu\u2019il convient de connaître tels que: 1° doses; 2° quulité de rayonnement ; 3° filtration; 4° distance anticathode- peau; 5° champ d'irradiation; 6° nombre et durée des séances.Il fait une étude des modifications qu\u2019apporte le traitement.Il traite de la façon d\u2019agir des Rayons et nous émet deux théories: l\u2019une ayant comme base une action générale, l\u2019autre ayant comme base une action locale.Enfin, il passe en revue les indications, contre-indications, résultats, avantages.En terminant, l\u2019auteur rappelle les paroles de J.Terracol: la radiothérapie est actuellement le traitement de choix des furoncles de la face.Les grandes indications sont les furoncles de la lèvre supérieure et de l\u2019aile du nez.Mais il est aussi certain que la roentgenthérapie doit être inscrite dans la thérapeutique des furoncles 408 des paupières et du sourcil.Il ne faut pas oublier qu'il convient d\u2019instituer le traitement le plus vite possible; les plus beaux résultats s\u2019obtiennent quand les Rayons sont appliqués avant que le pus ne soit formé.Cependant, à un stade avancé, les lésions peuvent en tirer un grand bénéfice.Comme conclusion, l\u2019auteur estime qu\u2019il faut recommander la méthode; on traite d\u2019ailleurs de plus en plus, \u2018les affections inflammatoires par la radiothérapie.Les Rayons X donnent d\u2019excellents résultats dans les mastites, les sinusites, les infections bucco-dentaires.Les périostites alvéolo-dentaires, les accidents de la dent de sagesse constituent des indications formelles.Et on peut même se demander si les irradiations ne pourraient pas donner des résultats intéressants dans les dacryocystites aiguës, les ostéo-périostites orbitaires, les cellulites de l\u2019orbite, à leur début tout au moins.Emilien MARANDA.RADIOLOGIE J.DUCUING, L.BUGNARD et O.MILETZKY.\u2014 Action des rayons X sur le sang circulant extériorisé.Acta de l'Union Internationale contre le cancer\u201d, 4: 825; 1939.On discute depuis 40 ans sur le mécanisme de production de l\u2019anémie et de la leucopénie roentge- niennes.Les uns soutiennent que les rayons X agissent exclusivement sur les organes hémopoiïéti- ques, les autres admettent l\u2019action des radiations sur les éléments du sang circulant et la production de leucolysines résultant de leur destruction.Les auteurs ont contribué à la solution de ce problème par l\u2019expérience suivante.Un serpentin de verre contenant 120 c.c.est relié d\u2019une part à l\u2019artère fémorale et d\u2019autre part à la veine fémorale d\u2019un chien anesthésié à la chloralose, et préalablement traité à l\u2019héparine pour prévenir la coagulation dans le serpentin.Ce dernier seul est exposé aux radiations durant 45 à 60 minutes.Le sang de l\u2019animal est ensuite examiné.L\u2019expérience a été renouvelée six fois.Deux animaux, servant de témoins, ont subi la même opération sans être soumis aux radiations.Les auteurs ont conclu «que l\u2019irradiation du sang circulant seul ne détermine pas dans l\u2019organisme les importantes modifications sanguines de l\u2019irradiation générale.Celles-ci doivent être imputées à d\u2019autres modifications que celles du sang circulant.» G.PINSONNEAULT.Jan WALDENSTROM et Roland KJELLBERG.\u2014 Diagnostic radiologique de la dyspha- gie sidéropénique.Acta radiologica\u2018, 20: 518 (31 déc.) 1939.On désigne habituellement sous le nom de syndrome de Plummer-Vinson, des lésions particulières de l\u2019æsophage susceptibles d\u2019apparaître au cours de certaines anémies hypochromes.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 Les auteurs déplorent que la plupart des traités de pathologie de l\u2019æsophage ne fassent même pas mention du syndrome de Plummer-Vinson.\u2018A la clinique radiologique de l\u2019Université d\u2019Upsala, une étude comparative des malades qui se sont présentés au cours des trois dernières années a montré que la sidé- ropénie tenait la première place dans l\u2019étiologie des dysphagies.Décrite pour la première fois en 1914, par Plummer, bien identifiée en 1922 par Vinson, de la clinique Mayo, la dysphagie sidéropénique a fait l\u2019objet de nombreux travaux aux Etats-Unis et en Scandinavie.Les littératures française et allemande n\u2019en parlent à peu près pas.La maladie de Plummer-Vinson se rencontre plus souvent chez les femmes.La symptomatologie habituelle est constituée par des douleurs à la déglutition coïncidant parfois avec une anémie de type hypochrome, des lésions des ongles, de la langue, des lèvres, du prurit vulvaire, de l\u2019achlorhydrie.Waldenstrom et Kjellberg discutent la coincidence de l\u2019anémie et de la dysphagie.Au lieu d\u2019y voir une relation de cause à effet, ils supposent que l\u2019anémie et la dysphagie sont deux conséquences distinctes de la déficience en fer de l\u2019organisme et que la dysphagie peut exister sans l\u2019anémie.Cette hypothèse s'appuie sur un certain nombre de cas où l\u2019anémie n\u2019existe pas et où la médication ferrugineuse fait néanmoins disparaître la dysphagie.Les auteurs suggèrent donc de substituer le terme de «dysphagie sidéropénique » à celui de syndrome de Plummer-Vinson qui signifie anémie compliquée de dysphagie.Waldenstrom et Kjellberg ont observé 54 cas de dysphagie sidéropé- nique.L\u2019examen concomitant de cent quarante-cinq sujets témoins a permis de fixer les caractères radios- copiques de cette dysphagie.La lésion siège généralement dans la portion supérieure de l\u2019æsophage, juste au-dessous du cartilage cricoïde, exceptionnellement plus bas, mais jamais au-dessous du rétrécissement aortique.L'image caractéristique est celle d\u2019une mince languette qui se détache à angle droit de la paroi et qui obstrue la lumière œsophagienne.\u2014 D\u2019où la nécessité, pour déceler les formes discrètes, de déployer suffisamment le canal œsophagien, en faisant avaler au malade de grosses gorgées d\u2019une bouillie opaque très épaisse.Dans les formes anciennes ou invétérées, on peut trouver un rétrécissement en manchon qui en impose pour un néoplasme.La technique radiologique est exposée dans les détails.Les rapports entre la dysphagie sidéropénique et le cancer de l\u2019hypo-pharynx sont discutés.Le travail comporte de nombreux clichés radiographiques et une longue bibliographie.Ce mémoire est très documenté du point de vue clinique et radiologique.Le côté anatomo-pathologique de la question n\u2019est pas traité spécialement.G.PINSONNEAULT. SOCIÉTÉS L\u2019 « Union Médicale du Canada » publie les comptes rendus scientifiques de toute société savante de langue française de l'Amérique du Nord.Ces comptes rendus doivent cependant être rédigés succinctement en dactylographie par les secrétaires respectifs et être adressés, sans retard.à la Rédaction.SOCIETE MEDICALE DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUEBEC Séance du vendredi, le 15 décembre 1939 Présidence de M.J.-Edm.Perron Tenue à la Faculté de Médecine M.Emile Gaumond (Hôtel-Dieu de Québec).Considérations sur l\u2019emploi des dérivés sulfa- midés dans les infections.M.Maurice Giroux (hôpital Laval).L\u2019action des sulfamidés sur la tuberculose expérimentale du cobaye.MM.R.Lemieux, A.Martel et G.Drouin (hôpital du St-Sacrement).Le traitement des pneumopathies aiguës par le Dagenan.M.Walter de M.Scriver, F.R.C.P.(Université McGill).Review of the possible mechanism of action of the Sulphanilamide.Séance du vendredi, le 2 février 1940 Présidence de M.J.-Edm.Perron Tenue à la Clinique Roy-Rousseau M.G.Desrochers.Séquelles nerveuses à la suite d\u2019un accident par la foudre.M.Sylvio Caron.Encéphalite chez un enfant de 5 ans.MM.Lucien Larue, Laurent Patry et Mathieu Samson.Epithélioma du poumon.MM.G.Henri Larue et Alphonse Pelletier.Résultats du traitement des troubles mentaux par le Métrazol depuis un an et demi.MM.A.Pelletier, G.-H.Larue et Mathieu Samson.Les fractures de la colonne vertébrale au cours de la métrazolthérapie et les moyens de les éviter.LA SOCIETE MEDICALE DE MONTREAL Séance du 19 décembre 1939 Tenue à l'hôpital de la Miséricorde Présidence de M.Geo.-E.Mignault Diagnostic des hémorragies de la grossesse M.Hector SANCHE M.Sanche divise celles-ci en hémorragies de la première moitié, et de la deuxième moitié de la grossesse.Le problème clinique diffère dans les deux cas, mais pour l\u2019un comme pour l\u2019autre le procédé d\u2019étude sera le même: un interrogatoire méthodique qui oriente le diagnostic, et un examen complet qui le précise et permet d\u2019instituer une thérapeutique étiologique.Pendant les premiers mois, le diagnostic de gravidité est souvent hésitant; le point à établir d\u2019abord est existence de la grossesse.À ce propos, retenons l\u2019axiome suivant: «'Toute femme antérieurement bien réglée qui à un retard de règles, doit, jusqu\u2019à preuve du contraire, être présumée enceinte.» D'autre part, « toute perte de sang, provenant du vagin pendant la grossesse doit être considérée comme pathologique ».Le rapporteur subdivise les hémorragies de la gestation en hémorragies douloureuses et non douloureuses.Les hémorragies de la première moitié de la grossesse qui ne s\u2019accompagnent d\u2019aucune espèce de douleurs, ni abdominales, ni lombaires, peuvent tenir: 1° à un retour de menstruation, après le début de la grossesse; 2° à un début de décollement de l\u2019œuf; 3° à une grossesse molaire; 4° à un néoplasme du col ou à un polype; 5° à la rupture de varices vulvaires ou vaginales. 410 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 Si, au contraire, l\u2019hémorragie s\u2019accompagne du symptôme douleur, elle vient d\u2019un avortement utérin ou d\u2019un avortement extra-utérin ou grossesse extra-utérine.Les hémorragies de la dernière moitié de la grossesse peuvent également être divisées pour l\u2019étude: en hémorragies avec douleurs et en hémorragies sans douleurs.Toute hémorragie sans douleur et sans cause apparente de la deuxième moitié de la grossesse est due, dans l\u2019immense majorité des cas, à une insertion basse du placenta.Par contre, si l\u2019hémorragie est douloureuse, on devra penser, soit à un placenta prævia ou à un néoplasme du col, ou, ce qui est beaucoup plus grave, à un décollement prématuré du placenta normalement inséré.Discussion M.Alcidas RICARD demande au rapporteur à quel moment le médecin doit intervenir, dans un cas d\u2019avortement, pour arrêter l\u2019hémorragie?M.W.DESCOTEAUX s'\u2019informe s\u2019il est possible d'observer, en dehors de l\u2019hypertension, le décollement prématuré du placenta normalement inséré?M.SANCHE répond à M.Ricard qu\u2019on doit se guider sur l\u2019examen de la malade: état du col, présence de débris, caractère de l\u2019hémorragie; : x M.Descoteaux, qu\u2019en dehors de l\u2019hypertension, on peut invoquer le traumatisme qui intervient dans un certain nombre de cas.Ménorragies, métrorragies des jeunes filles et leur traitement M.A.-Z.CREPAULT M.Crépault passe en revue les différentes causes des hémorragies utérines chez les jeunes filles.Tout d\u2019abord dans les premiers jours qui suivent la naissance, on peut observer un léger écoulement sanguin par la vulve.Ce phénomène qui ne comporte aucun traitement, est attribué à l\u2019évolution de quelques follicules de Graaf situés à la surface de l\u2019ovaire.Chez les fillettes, de petites hémorragies peuvent apparaître au cours de la vulvo-va- ginite de nature gonococcique.Il faut éviter d'attribuer ces hémorragies à des attentats criminels, comme l\u2019insinue quelquefois l\u2019entourage.Le traitement est celui de la vulvo- vaginite.Dès la puberté et les années qui suivent, certaines jeunes filles présentent des règles trop abondantes ou trop fréquentes.Dans quelques cas ces pertes de sang au moment de la menstruation (ménorragies) ou dans l\u2019intervalle (métrorragies) prennent des proportions telles qu\u2019elles menacent directement la vie de ces jeunes filles.Les causes peuvent être d\u2019ordre médical ou chirurgical.Les causes d\u2019ordre médical: ce sont les cardiopathies, particulièrement le rétrécissement mitral, certaines altérations du foie, des reins, dans certains cas l\u2019appendicite chronique, plus rarement les altérations du sang (hémophilie).En réalité, il s\u2019agit le plus souvent d\u2019un trouble dans le fonctionnement des glandes endocrines, en rapport avec l\u2019hérédosyphilis ou la tuberculose.Les causes d\u2019ordre chirurgical: un gros utérus en rétroversion, ou bien une tumeur solide de l\u2019ovaire, ou un ovaire kystique, ou encore certaines salpingo-ovarites, de nature tuberculeuse.Le diagnostic de ces différentes lésions est parfois difficile chez les jeunes filles, où l\u2019on ne peut être renseigné que par le toucher rectal.Mais, dans certains cas graves, il ne faut pas hésiter, avec le consentement des parents, à anesthésier la patiente, à dilater l\u2019hymen, à faire un toucher vaginal, voire même un examen endo-utérin, un curettage explorateur, une biopsie, car il est capital en pareilles circonstances de faire un diagnostic étiologique.Si le curettage est négatif et sans effet, on aura recours, de façon prudente, à la radiothérapie ou à la radiumthérapie.Quant à SOCIÉTÉS l\u2019hystérectomie, elle est exceptionnellement indiquée en pareil cas.Le rapporteur dit quelques mots du traitement médical.Il insiste sur l\u2019opothérapie: 1l donne de l\u2019extrait ovarien associé à un peu d\u2019extrait thyroïdien et d\u2019extrait hypophysaire.Discussion M.A.-J.MILLIER aimerait savoir s\u2019il est toujours possible de procéder à un curettage explorateur chez les jeunes filles ?M.CREPAULT répond que, du point de vue légal, il faut toujours avoir le consente- des parents.Sur la pyélonéphrite puerpérale M.Alcidas RICARD M.Ricard présente une étude d\u2019ensemble sur la pyélonéphrite puerpérale.Après en avoir rappelé l\u2019étiologie et la pathogénie, et insisté sur le rôle du colibacille, le rapporteur aborde l\u2019étude clinique de cette maladie chez la femme enceinte.Il en distingue deux formes: la forme moyenne habituelle et la forme grave suraiguë rarement rencontrée.La forme moyenne habituelle, évolue en deux phases: a) une phase de début, présup- purative, caractérisée par de la bactériurie et la présence d\u2019oxalate et d\u2019urate de soude; b) une phase suppurative, se traduisant par l\u2019apparition du pus dans les urines.L\u2019évolution de cette maladie est essentiellement variable.Tantôt, après une poussée violente, il se produit une rémission durable, tantôt les crises se répètent à époques plus ou moins rapprochées, tantôt, enfin même après l\u2019accouchement, la maladie persiste, avec des manifestations cliniques.Le traitement prophylactique consiste à lutter contre la stase intestinale chronique pendant la grossesse.Le traitement curatif doit répondre aux indications suivantes: 1° désinfection entéro- rénale; 2° calmer la douleur; 3° assurer l\u2019évacuation des urines; 4° organiser la défense de l\u2019organisme à l\u2019aide des vaccins ou des sérums.Le rapporteur termine son exposé par la 411 présentation d\u2019une malade atteinte de pyélo- néphrite puerpérale.Discussion M.Oscar MERCIER félicite le rapporteur pour son intéressant travail et se borne à faire deux remarques.Tout d\u2019abord, il est d\u2019avis qu\u2019il importe, dans la pratique, de distinguer les pyélites, dont le pronostic est favorable, des pyélonéphrites, dont l\u2019avenir est beaucoup plus sombre.D\u2019autre part, pour lutter contre la rétention pyélique, il conseille de coucher la malade tête basse, afin de diminuer la compression rénale par le fœtus.M.Stephen LANGEVIN, dans les suites de couche, préfère pour la malade la position demi-assise au décubitus horizontal.M.W.DESCOTEAUX demande au rapporteur comment évolue la grossesse dans les cas de pyélonéphrite puerpérale.M.RICARD remercie MM.Mercier et Langevin de leurs remarques et répond à M.Descoteaux que la grossesse évolue des plus normalement dans la forme moyenne, habituelle, de la pyélonéphrite puerpérale, qui est de beaucoup la plus fréquente.A propos d'un cas de phlébite double au cours de la gestation M.Hector RICARD M.Ricard rapporte l\u2019observation d\u2019une primipare qui vers le cinquième mois de sa grossesse est prise de lassitude, de nausées, et présente un pouls légèrement accéléré sans aucune réaction thermique.Elle est transportée à l\u2019hôpital et admise dans le service d\u2019obstétrique.Le lendemain de son entrée, le 6 octobre 1939, on constate de l\u2019ædème au membre inférieur gauche, avec douleur spontanée et provoquée au mollet, au creux poplité et à l\u2019aisne, où l\u2019on peut sentir un cordon induré.La température est normale, mais le pouls est légèrement accéléré.L\u2019interrogatoire de cette malade révèle qu\u2019elle a fait à plusieurs reprises, dans l\u2019enfance, des poussées de rhumatisme.Effectivement, clinique l\u2019examen révèle 412 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 l\u2019existence d\u2019une maladie mitrale bien compensée.Ajoutons que le 28 octobre, la patiente présente de l\u2019edème au membre inférieur droit.Comme traitement: immobilisation du membre, enveloppement ouaté, anti-coagulant.À propos de cette observation, le rapporteur montre les difficultés d\u2019un diagnostic étiologique et pathogénique en pareils cas.Il conclut en disant que la femme enceinte offre un état de réceptivité tout à fait spécial et qu\u2019il ne faut pas être surpris de voir survenir une phlébite au cours de la gestation.Essai de prophylaxie de la broncho- pneumonie dans les Crèches par les sulfamidés M.Paul LETONDAL M.Letondal rapporte les résultats qu\u2019il a obtenus dans son service, à la Crèche de la Miséricorde, dans la prophylaxie de la broncho-pneumonie, par l\u2019emploi systématique des produits sulfamidés, au début des infections des voies respiratoires, aiguës, fébriles.Le rapporteur, dont le service comprend trois cents enfants de 0 à 2 ans, avait eu en 1938, sur 38 décès, 20 cas de mort par broncho- pneumonie.En 1939, grâce à l\u2019emploi des sulfamidés, il n\u2019a enregistré que 3 cas de broncho-pneumonie sur 25 décès.De tels résultats sont hautement significatifs et témoignent de l\u2019efficacité remarquable des dérivés sulfamidés en pareil cas.Le produit employé a été la sulfa-pyridine (Dagenan) ; administré par la bouche à la dose, suivant l\u2019âge, de 44 a4 14 comprimé de 50 centigrammes toutes les quatre heures, nuit et jour, le médicament a été remarquablement bien toléré par la plupart des malades.À peine 5% ont refusé de prendre le remède ou présentèrent des vomissements.Dans l\u2019administration du médicament, l\u2019important est de ne pas en cesser brusquement l\u2019usage et d\u2019en surveiller chaque jour les réactions individuelles.Dans de telles conditions, l\u2019emploi systématique de la sulfa-pyridine chez les nourrissons, au début des infections des voies respiratoires aiguës, fébriles, à la dose de 75 centigrammes à 1 gramme 50 par 24 heures, apparaît comme un moyen efficace ct sans danger de prévenir la broncho-pneumonie dans les Crèches.Discussion M.A.-J.MILLIER demande au rapporteur quelle ligne de conduite il convient de tenir dans les cas d\u2019intolérance au médicament.M.Hector SANCHE aimerait savoir quelle est la dose totale employée dans ces cas?M.Stephen LANGEVIN s\u2019informe si la sé- ro-thérapie anti-pneumococcique a été utilisée en pareille circonstance?M.J.-P.JOLY demande si la sulfa-pyridine a eu un effet nocif sur la formule sanguine?M.LETONDAL répond à M.Millier qu\u2019il ajoute à la sulfa-pyridine une pincée de bicarbonate de soude et qu\u2019il donne immédiatement après la prise du médicament, de l\u2019eau de Vichy glacée à la cuillère; à M.Sanche que la dose totale varie suivant l\u2019âge de 4 à 8 grammes en 7 jours; à M.Langevin que son étude est purement prophylactique et qu\u2019il réserve la séro-thérapie pour le traitement de certains cas de broncho- pneumonie; à M.Joly que le médicament n\u2019a eu aucun effet nocif sur la formule sanguine avec les doses employées.Rapport Annuel du Secrétaire Général Le Secrétaire Général constate qu\u2019au cours de l\u2019année 1939 d\u2019importants progrès ont été accomplis à la Société Médicale.Sous l\u2019heureuse impulsion de son Président, M.Geo.-E.Mignault, l\u2019Exécutif a organisé treize séances, dont 7 à l\u2019Université et 6 dans les hôpitaux.La moyenne des présences a été de 80: 43 nouveaux membres titulaires ont été élus, ce qui porte le nombre des membres à 380.Au cours de l\u2019année 1939, la Société Médi- 1 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 OPOTHÉRAPIE SÉRIQUE DÉCHÉANCES ORGANIQUES, CONVALESCENCES, ANÉMIES.SÉRUM HÉMOPOÏÉTIQUE FRAIS de CHEVAL A wy (Sirop) - Agent de Régénération Hématique, de Leucopoïèse et de Phagocytose, Représentants: Rougier Frères, Montréal.413 Ret) Elixir Martin-Mazade PREPARATION STABLE D\u2019IODURE DE CAFEINE CRISTALLISEE CHIMIQUEMENT PURE Cette association synergique d\u2019lode et de Caféine \u2014 sous forme d\u2019lodocaféine \u2014 offre l\u2019avantage de réunir en un seul médicament l\u2019action des iodures alcalins et de la Caféine, sans provoquer de troubles digestifs.REMPLACE AVANTAGEUSEMENT L\u2019IODURE DE POTASSIUM Asthme \u2014 Emphysème \u2014 Oppressions Bronchite Chronique _ Artério-Sclérose L'Elixir Martin-Mazade est un produit de prescription strictement médicale.\u2014 Nouveau prix réduit.P.SUIFFET, Pharmacien, SAINT-RAPHAËL, FRANCE Pour littérature et échantillons s'adresser à: ROUGIER FRÈRES, 350, rue Le Moyne, Montréal Gé 414 distingués: MM.Léo Gratton, Aldège Ethier et J.-E.Dubé, dont le Secrétaire fait l\u2019éloge.Il termine en remerciant tous ceux qui ont aidé la Société Médicale à poursuivre efficacement son œuvre qui est de maintenir parmi nous, dans notre ville, le goût de l\u2019étude et la recherche scientifique, et, par là, de contribuer au développement de la médecine canadienne.À ce rapport est annexé la liste des travaux scientifiques présentés à la Société Médicale en 1939.Le Président félicite le Secrétaire Général de son rapport qui est adopté à l\u2019unanimité.Election du Bureau pour l\u2019année 1940 M.Geo.-E.Mignault proclame élu par acclamation à la Présidence de la Société Médicale pour 1940, M.Oscar Mercier; à la Vice- Présidence, M.Hector Sanche; au Secrétariat et à la Trésorerie, M.Paul Letondal.Le Secrétaire-Trésorier Général, Paul LETONDAL.ee ++ SOCIETE DE CHIRURGIE DE MONTREAL Assemblée du 6 décembre 1939 Présidence de M.Gérin-Lajoie Contribution préliminaire à la cure du prolapsus génital chez les femmes âgées M.Raymond SIMARD (Travail présenté par M.Gérin-Lajoie) Dans son travail, le rapporteur, passe rapidement en revue les différents procédés établis depuis assez longtemps pour réparer ces périnées déficients, permettant à des organes cachés, de descendre vers l\u2019extérieur et d\u2019entraîner des quantités de troubles variés.Des procédés nombreux portant sur la réfection du plancher pelvien ou encore agissant directement sur l\u2019utérus ont été employés avec des résultats très différents.Il semble bien, à l\u2019heure actuelle, que l\u2019hystéropexie représente dans les cas de prolapsus de malades âgées, la technique qui soit la plus recommandée.La difficulté quelquefois d\u2019amener l'utérus par simple traction à un niveau assez élevé pour pratiquer une bonne fixation, a incité le rap- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 porteur, d\u2019avoir l\u2019idée de sectionner les ligaments utéro-sacrés, pour obtenir la facilité de pratiquer une pexie, dans certains cas, para- ombilicale.Il lui a semblé que la section de ces deux bandelettes fibreuses n\u2019entraîne aucun trouble et que de plus elle réalise une sympathectomie sur le plexus hypogastrique, sympathectomie il est vrai partielle, mais qui donne cependant une cessation de douleurs appréciable.Il a eu l\u2019occasion depuis quelque temps de pratiquer quatre fois cette section des ligaments utéro-sacrés et il n\u2019a pu en obtenir que des avantages.Il est bien d\u2019avis qu\u2019il est trop tôt pour se prononcer, mais il a cru devoir présenter cette contribution préliminaire pour prendre date.Discussion M.de MARTIGNY.J\u2019ai écouté avec intérêt la communication que nous a lue M.Léon Gérin-Lajoie au nom de notre futur confrère, M.Simard.Dans sa communication, il dit qu\u2019il veut prendre date.J\u2019aimerais mieux, avant de discuter son travail préliminaire, attendre qu\u2019il puisse nous présenter les résultats cliniques des cas traités.Toute opération abdominale peut être critiquée.Je me réserve donc de donner mon opinion et le résultat de mon expérience lorsque M.Simard nous communiquera ses observations complétées par le résultat clinique obtenu.M.GERIN-LAJOIE.Les remarques de M.de Martigny sont très justes, mais il y a un fait nouveau.Je crois qu\u2019il y a lieu cependant de discuter la critique du travail.M.P.RICARD demande si la section des ligaments utéro-sacrés ne peut amener la chute du rectum.M.A.MAGNAN dit qu\u2019il a peu d\u2019expérience de l\u2019hystéropexie; il a toujours tenté la réparation du périnée.Seulement comme le dit le rapporteur, chez les femmes âgées, la réparation vaut ce que valent les tissus.Il demeure convaineu que le principal est de réparer le soutien que représente le diaphragme périnéal.Comme le docteur Ricard, il est d\u2019avis que ces ligaments utéro-sacrés constituent L'UNION MÉ N MÉDICALE D U CANA DA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N .F.A.N.\u2014 Montréal i , avril 1940 415 Le \u2018Bémin préparation d'une save able renfermant le grouPé des vitamines B.11 est titre biologi- Vitamine B; .275 unités int.Acide picotinique - - .5 ma.Riboflavine 00° 100 gamma et facteur-filtrat ee jron 60 gram- SPECIFIEZ LE « BÉMINAL » CONCENTRÉ Le Béminal Concentré a donné d'excellents résultats dans les conditions ci-après: le péribéri et 1a pellagre subcliniques | les névrites d'origine alimentaire.par exemple.la polynévrite alcoolique la malnutrition Hee al anorexie es affections cutomées relles la dermatite pellagreuse ot V'eczéma .les conditions ou les besoins de l'orgomism® en hydrates de carbone et en vitamine By Jeviennent plus élevés À cause d'une quamentaton du métabolisme: telles y'yyperthyroidisms et les états tébriles cigU$- Le Béminal\u201d Concentré présente une teneur élevée en vitamines B et il se montre efficace soit comme agent fhérapeutique ou supple ment diététique- AYERST, MCKENNA & HARRISON LIMITEE Biologistes et Pharmaciens MONTRÉAL - CANADA 416 un élément de statique pelvienne, qui empêche la rectocèle.Campbell utilise ces ligaments, en les suturant aux muscles ischiopelviens pour en faire une voûte solide.M.BOHEMIER est d\u2019avis que si tout sort par en bas, il semblerait plus logique d\u2019intervenir par le périnée.Il existe assez d\u2019intervention du côté périnéal pour trouver chez les femmes âgées, une technique moins choquante qu\u2019une laparotomie; dans plusieurs cas l\u2019utérus peut être conservé.L'opération de Mayo, produisant une sangle sous l\u2019arcade pubienne lui a donné deux résultats satisfaisants.A tout événement, en attendant les résultats cliniques de la section des ligaments uté- ro-sacrés, il croit bon d\u2019intervenir par le périnée.M.GARIEPY se demande ce que deviennent les utérus fixés.Il aimerait connaître l\u2019opinion des gynécologues.L\u2019hystéropexie en étirant le plexus hypogastrique inférieur pourrait donner des troubles.M.CREPEAULT est d\u2019avis qu\u2019il faut s\u2019en tenir au cours de cette discussion aux prolapsus des femmes âgées.Chez les femmes jeunes, l\u2019intervention périnéale doit constituer un temps supplémentaire.Un détail important consiste dans l\u2019avivement de l\u2019utérus avant la fixation; si le temps abdominal et le temps périnéal n\u2019amène pas de résultats satisfaisants, il faudra pratiquer le cloisonnement du vagin.M.DUFRESNE trouve la communication très intéressante.Il a eu l\u2019occasion de revoir trois malades qui avaient subi des interventions de différentes sortes.La première qui avait eu un procédé de Do- léris continuait de présenter son prolapsus; la deuxième qui présentait un gros utérus, avait subi une hystérectomie et un évidement avec fermeture du col.Elle a présenté par la suite une rectocèle; une périnéoraphie secondaire n\u2019a rien modifié.Une femme grasse de 50 ans avait subi une suture des releveurs et la rectocèle s\u2019est reproduite.Il est anxieux de connaître les résultats L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 que donnera la section des ligaments utéro- sacrés.M.SENECAL dit alors à M.Gariépy qu\u2019il a eu l\u2019occasion d\u2019opérer des malades qui avaient subi des fixations abdominales; dans les cas qu\u2019il a revus, l\u2019utérus avait subi un allongement en forme de boudin atteignant trois fois la longueur normale de l\u2019utérus.Il à l\u2019impression que plus la fixation est haute, plus l\u2019utérus a de chance de s\u2019allonger.Il fait toujours les deux temps hystéropexie et périnéorraphie.En ne faisant qu\u2019une seule intervention, soit une laparatomie ou une pé- rinéorraphie, il a eu des déboires; l\u2019intervention est un peu plus longue, mais les résultats sont meilleurs.De plus, il croit que les points servant à l\u2019hystéropexie doivent être rapprochés de l\u2019isthme, si possible.M.GERIN-LAJOIE doit avouer que lorsque M.Simard a proposé cette intervention chez une malade âgée, il a un peu hésité; mais que devant la simplicité apparente de l\u2019affaire, il avait décidé de l\u2019employer dans un autre cas.Depuis il a vu le docteur Simard pratiquer cette section des utéro-sacrés, trois fois, avec des résultats excellents à date.Les principales hésitations qu\u2019il a manifestées à l\u2019exécution de cette technique, résident dans les objections que l\u2019assemblée a soulevées.Il croit cependant que des ligaments utéro- sacrés qui sont allongés ne doivent plus remplir leur rôle et que leur section ne doit pas amener de troubles graves.M.Simard a présenté un procédé personnel nouveau et la discussion s\u2019est étendue à l\u2019étude des cystocèles et rectocèles de tout ordre.C\u2019est une technique à préconiser chez les femmes âgées et surtout chez celles qui récidivent par les autres procédés.Sa valeur sera établie par l\u2019avenir.Personnellement je préfère à toute autre méthode le procédé de Campbell: hystérectomie vaginale et suture des moignons des ligaments pour reconstituer le plancher périnéal.Cependant le Campbell rétrécit le vagin et le gynécologue doit toujours considérer le côté social. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 417 LES EXTRAITS DE MUSCLES SQUELETTIQUES ng YATES cardia NUCLEOCARDOL TRAITEMENT DE BASE DE TOUTES LES AFFECTIONS CARDIAQUES ET VASCULAIRES.En comprimés \u2014 forme buccale \u2014 et en ampoules pour injection sous-cutanée.Dépositarre pour le Canada: ANGLO-FRENCH DRUG CIE - MONTREAL 418 M.Simard est ici et aura quelque notes à ajouter à ce que je viens de dire.M.SIMARD.(Au docteur Ricard.) En ce qui concerne le prolapsus du rectum apres section des ligaments utéro-sacrés, nous croyons que la péritonisation en accolant la face antérieure du sacrum à la face postérieure de l\u2019isthme utérin, est suffisante pour empêcher la descente de ce dernier.(A monsieur Magnan.) Je dirai que la technique de Campbell ne consiste pas à remonter de bas en haut les ligaments utéro-sacrés sectionnés, mais bien de bas en avant, de façon à les suturer à l\u2019aponévrose sous-pubienne et de refaire ainsi le plancher périnéal.(A monsieur Bohémier.) Nous croyons que l\u2019hystérectomie totale par la voie vaginale dans ces cas de prolapsus ne guérit pas la défiance du bloc périnéal, parce que la défi- cilence subsiste même si le poids utérin est supprimé.(A monsieur Gariépy.) Quand aux douleurs pelviennes provoquées par cette suspension haute, nous croyons au contraire qu\u2019elles sont supprimées, surtout en ce qui a trait aux pesanteurs et tiraillements qu\u2019accusent ces malades ; d\u2019ailleurs la section des ligaments utéro- sacrés réalise une sympathectomie partielle (résection du plexus hypogastrique inférieur).(A monsieur Crépeault.) L\u2019avivement est réalisé en laissant ouvert le péritoine pariétal, ce qui crée une surface adhérente du muscle à muscle.Syndrome de Kummel-Verneuil.Quatre observations M.Jean TREMBLAY Tout en insistant sur la nécessité du dépistage précoce de cette affection, M.Tremblay fait une courte revue de la question et y joint ses réflexions au sujet de ces malades qu\u2019il a eu l'occasion de traiter et de revoir depuis quelque temps.Ce travail devant être publié «in extenso» dans l\u2019Union Médicale, nous nous contentons de souligner le fait.Discussion M.COUTURIER est convaincu que le Kummel-Verneuil est dû à des fractures de L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 la colonne, méconnues, surtout dans les cas où le diagnostic reste difficile.Ces malades se plaignent de douleurs vagues et il est bien souvent pénible de leur demander de centrer leur douleur.Dernièrement, chez un fracturé du poignet, qui accusait des douleurs dans le dos, bien que les apophyses épineuses ne soient pas sensibles, une radiographie prise dans les deux sens a révélé une fracture de la colonne.La même chose s\u2019est produite chez une malade qui fit une chute insignifiant comme hauteur et bien qu\u2019elle n\u2019accusât aucune douleur, une radiographie démontra également une fracture de la colonne.Il est également de l\u2019avis de monsieur Tremblay, que la greffe osseuse faite en temps opportun constitue un excellent moyen de traitement.M.GARIEPY dit alors que dans toutes les fractures, la recherche de la localisation de la douleur permet de constater des signes très appréciables.Bien qu\u2019elle constitue souvent un problème de patience, car les réponses ne sont pas toujours très claires, elle permettra de dépister souvent des fractures parcellaires, très petites et peu étendues.On oublie trop facilement que le sympathique, le nerf sinu-vertébral, les ligaments et les vaisseaux jouent un rôle considérable dans le rachis et qu\u2019en les connaissant on comprend très facilement que ces malades puissent souffrir.Comme conclusion pratique, il préconiserait les injections paravertébrales qui calmant la douleur et faisant disparaître la contracture, faciliteraient l\u2019examen des régions intéressées.Il serait très heureux de collaborer avec ses collègues, par ces moyens, au centrage de ces points douloureux.M.SENECAL a eu l\u2019occasion de voir, il y a quelque temps, une malade qui a présenté ce syndrome, 6 mois après la chute; elle présentait ceci de particulier que les deux vertèbres lésées étaient séparées par deux vertèbres saines; la 10e dorsale et la première lombaire étaient intéressées.La malade ne présentait pas de gibbosités.\u2014\u2014# - L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 419 als L\u2019«INDUCTOTHERMIE » est un mot qui T° doit être retenu tout particulièrement par al æ ceux qui se servent ou qui ont l\u2019intention de se servir de la diathermie à ondes courtes.Cet agent 4 D thérapeutique, relativement nouveau, a obtenu une préférence inusitée à cause des avantages cliniques 9 9 remarquables obtenus par son principe physiologiquement bien établi (induction électromagnétique).66 6 J\u2019 L\u2019induction électromagnétique \u2014 « Induc- tothermie » \u2014 est, sans aucun doute, la méthode la plus efficace qui peut s\u2019obtenir au- jourd\u2019hui pour la production de la chaleur dans les tissus ».(Holmquest and Marshall, Brit.Jol.e Phys.Med.XI: 71.) L\u2019on pourrait citer un nombre suffisant de travaux sur l\u2019 « Inductothermie », qui ont paru dans des Journaux médicaux renommés, pour former un volume complet, comme preuve à l\u2019appui de ces faits.2 Ainsi, il n\u2019y a aucun doute sur l\u2019efficacité clini- © que de l\u2019«Inductothermie » pour le traitement de plusieurs cas où la chaleur est indiquée.Cette efficacité provient principalement de la rapidité S de l\u2019« Inductothermie » à produire une hyperémie active qui atteint même les couches les plus profondes des tissus, tandis que la température de surface demeure confortable.La température des tissus gras ne s\u2019en trouve pas élevée d\u2019une façon dangereuse comme la chose peut arriver avec des méthodes qui ne peuvent réchauffer aussi profondément et aussi rapidement, d\u2019une façon sûre et confortable comme le fait I « Inductothermie ».Aussi il est facile de comprendre pourquoi les « Inductothermes » en usage offrent des preuves convaincantes de la valeur de cette méthode efficace de thérapeutique par les agents physiques.Jusqu\u2019ici, des médecins et des hôpitaux de 51 pays ont choisi l\u2019 « Inductothermie » comme méthode de choix pour le traitement local par la chaleur et pour la fièvre artificielle.9 Donc le signe de possession est aussi un signe S de satisfaction lorsque votre appareil de thérapeutique par la chaleur indique que vous possédez un « Inductotherme ».Écrivez-nous pour des renseignements complets et nous nous arrangerons pour vous démontrer \u2014 par vos propres re \u2014 @ an essais \u2014 la valeur de cette méthode si utile dans à ; votre pratique.Naturellement, une telle démonstration n\u2019implique aucune obligation \u2014 écrivez simplement au département A33.a TT FEY SRR PE 200 420 M.TREMBLAY a eu l\u2019occasion de faire des injections de Nupercaïne pour enlever la douleur, mais il est très heureux de voir que monsieur Gariépy a répondu d\u2019avance à sa question, en lui proposant de faire des injections paravertébrales pour essayer de prévenir l\u2019apparition de ce syndrome.Le Secrétaire annuel, Paul BOURGEOIS.2e + REUNION SCIENTIFIQUE DU BUREAU MEDICAL DE L'HOPITAL NOTRE-DAME Le jeudi, 16 novembre 1939 Présidence de M.Roma Amyot Diagnostic à préciser A.RICHER Mademoiselle X., 32 ans, couturiére.La malade consulte pour douleurs violentes à l\u2019'hypocondre gauche et à l\u2019épigastre, avec irradiation dans le dos.Première crise il y a trois semaines.Depuis, les crises se sont succédées avec intensité et longueur variable.A ces troubles s\u2019ajoute un amaigrissement de 19 livres depuis le début des crises.Ant.personnels: Scarlatine.Ant.héréditaires: Rien & noter.Examen subjectif: Tous les systèmes fonctionnent normalement.Examen objectif: L\u2019examen objectif est négatif à tout point de vue, sauf une sensation de masse à l\u2019hypocondre droit et au creux épigastrique.Cette masse semble appartenir à la partie moyenne du foie.Laboratoire: Urines: Traces d\u2019albumine.Normal pour le reste.Sang: Numération globulaire: normale.Form.leucocytaire: Poly.58% Lympho 36% Eosino 0% B.W.négatif.Glycémie.1 gramme.Azotémie.0 gramme 29.Selles: Vers intestinaux: Examen négatif.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 Vésicule biliaire: Se colore bien.Radiographie: 1.Pas de calcul.Complètement à droite.2.Lavement baryté: examen négatif.3.Uroselectan: Rien à noter.Evolution: L'observation de la malade depuis 15 jours a montré: Pas de température.Constipée.Appétit reste bon.Amaigrissement se continue (111-108).Crises se répètent au rythme de 1 par semaine.Douleurs après les repas au creux épigastrique et à l\u2019hypocondre droit.La ponction de la masse a permis de retirer 80 c.c.de liquide ressemblant à de la bile et contenant: cholestérine et quelques rares leucocytes mais pas de bactéries.Diagnostic ?Discussion M.A.LEGER.J\u2019ai vu cette malade et j'ai eu l'impression qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une affaire kystique probablement hépatique à cause de sa situation, de la forme arrondie et de la rénitence.Le kyste biliaire est une chose nouvelle pour moi; je n\u2019en ai jamais entendu parler et le docteur B.-G.Bourgeois m\u2019affirme n\u2019en avoir jamais rencontré au cours de ses nombreuses explorations chirurgicales.C\u2019est, par conséquent, une lésion rare.Cliniquement nous avons éliminé les lésions pancréatiques qui sont généralement très douloureuses.Je conseillerais, dans ce cas de faire une étude des fonctions biliaires et un pneumo-péri- toine.M.A.BERNIER.A propos du diagnostic différentiel, le docteur Léger à soulevé l\u2019hypothèse de lésion de la tête du pancréas.Les examens de laboratoire pourraient peut-être renseigner davantage.On pourrait regarder s\u2019il y a des pigments biliaires dans le liquide de la ponction.Dans ce cas il s\u2019agirait de kyste biliaire.Toutefois l\u2019absence de pigment biliaire n\u2019excluerait pas non plus la possibilité d\u2019un kyste biliaire. L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 421 LES ALIMENTS 9 lTOMOGENIZED (EXTRACELLULAR) POUR BÉBÉS sont plus faciles à digérer que les purées Les membranes et autres éléments fibreux des fruits et des légumes sont rendus minuscules, lisses et facilement digestibles grâce au procédé exclusif d\u2019Homogénéisation Libby\u2019s.Les éléments nutritifs sont si efficacement libérés et rendus si digestibles par ce procédé moderne que les aliments solides Homogénéisés Libby\u2019s ont été tolérés \u2014 beaucoup plus tôt que les purées \u2014 même par des bébés au-dessous de trois mois.En réalité, beaucoup de médecins peuvent considérer les Aliments Homogénéisés Libby\u2019s comme un supplément régulier aux régimes lactés, parce que leur riche teneur en fer et en vitamine B est une protection contre l\u2019anémie résultant de la sous- Des ÉCHANTILLONS GRATUITS et de la littérature descriptive seront envoyés aux médecins et aux pédiatres qui en feront la demande.alimentation.Priere de s\u2019adresser a Libby, McNeill & Libby Laboratories.Chatham, Ontario.10 COMBINAISONS BIEN ÉQUILIBRÉES D\u2019ALIMENTS POUR BÉBÉS: Ces combinaisons de légumes, céréale, soupe et fruits Homogénéisés permettent au médecin de prescrire variété d'aliments solides pour bébés.Pois, bettera- Citrouille, to- Pois, carot- Lait complet, Pruneaux, jus Soupe: carot- M ves, asperges.Emates, hari- Ntes, épinards.mblé complet, ® d\u2019ananas, jus #tes, céleri, to- cots verts.farine de soya.de citron.mates, foie de poulet, orge, oignons.7 Une soupe sans viande, Une combinaison de Une combinaison de lé- 1 Tomates, carottes et Ecomposée de: céleri, d fruits améliorée.Bana- #gumes verts.\u2014 Beau- B pois.Une nouvelle pommes de terre.pois, carottes, tomates, farine de soya, et orge.Peut étre donnée à de très jeunes bébés.reuse.nes, pommes et abricots sont mélangés de façon à donner une combinaison de fruits nourrissante et très savou- coup de médecins l\u2019ont demandée.\u2014 Pois, épinards et haricots verts sont me- langés de façon à donner un excellent plat de légumes.combinaison de légumes ayant une saveur et des propriétés diététiques exceptionnellement bonnes.Ainsi que trois légumes seuls spécialement homogénéisés CAROTTES POIS ÉPINARDS Préparés au Canada par LIBBY, McNEILL & LIBBY OF CANADA LIMITED, CHATHAM, ONT. 422 M.R.AMYOT.Au point de vue anatomo- pathologique, est-ce que c\u2019est une lésion assez fréquente ?M.LECLERC.On pourrait penser à une anomalie de position du foie, il pourrait s\u2019agir d\u2019une bascule du foie.M.R.DUFRESNE.L\u2019attention de cette malade a été attirée du côté de son foie par une douleur dans l\u2019hypochondre droit irradiant dans le dos.Cette douleur irradiant aussi vers l\u2019épaule gauche.Cette localisation de la douleur pourrait faire penser qu\u2019il y a eu ponction de la rate.Je demanderais au docteur Richer si les douleurs ont été continues et avec la même violence, après l\u2019entrée de cette malade à l'hôpital, qu\u2019avant?M.Georges HEBERT.Il semble qu\u2019on ait éliminé complètement le diagnostic de kyste hydatique, mais il n\u2019y a rien dans les analyses qui ont été faites qui puisse nous permettre de le faire.Le kyste hydatique du foie est une affection qui débute souvent dans l\u2019enfance et qui ne se manifeste que plus tard, entre 20 et 30 ans.En peu de temps, le kyste peut prendre des proportions considérables.Or c\u2019est justement ce qui s\u2019est produit chez cette malade.De plus, il me semble que ce kyste est bien gros pour parler de kyste des voies biliaires.De toute façon, je demanderais au docteur Richer quelle conduite il a l\u2019intention de tenir auprès de cette malade.Doit-il la confier au chirurgien ?M.P.RICARD.On pourrait penser aussi à une tumeur nécrotique du foie, par exemple un adénome dont le centre se serait nécrosé.M.A.BERNIER.Les examens de laboratoire peuvent éliminer le kyste hydatique, d\u2019abord par l\u2019absence d\u2019éosinophilie sanguine, puis par un « séro-diagnostic » négatif: mais nous ne pouvons avoir ici un antigéne.M.A.RICHER.Je suis de l\u2019opinion du docteur Léger d\u2019enlever le point d\u2019interrogation et de poser le diagnostic de kyste biliaire.S'il s\u2019agissait de kyste du pancréas, le cadre duodénal ne serait pas repoussé vers la gauche.Les kystes biliaires sont des kystes non sup- purés.On les divise en kystes à développe- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 ment postérieur, supérieur, antérieur et inférieur, et chaque forme présente des signes cliniques différents.Dans le cas actuel, il semble bien s\u2019agir d\u2019un kyste antérieur.(Au docteur Bernier).Si c\u2019était une lésion pancréatique, je le répète, le cadre duodénal ne serait pas ainsi repoussé.De plus, l\u2019analyse du liquide retiré a donné une grande quantité de cholestérine, quelques lymphocytes et pas de bactéries.Il y a même des cellules qui ressemblent à celles des kystes biliaires.(Au docteur Leclerc).Quant à la mal position du foie, nous ne pouvons pas opter vers cette hypothèse: la vésicule biliaire étant repoussée à droite et l\u2019estomac à gauche, il y a donc quelque chose au centre.Le fait de retirer 80 centimètres cubes de liquide montre qu\u2019il y a une lésion autre qu'un foie basculé.(Au docteur Dufresne).La patiente a présenté en moyenne une crise par semaine, mais, en plus, elle accuse souvent des douleurs à l\u2019'hypocondre après les repas principaux.Le docteur Hébert a parlé de kyste hydati- que; nous n\u2019avons pas pu vérifier exactement s\u2019il ne pouvait pas s\u2019agir de kyste hydatique à cause du manque d\u2019antigène approprié.Mais le fait d\u2019avoir des cellules ressemblant à des cellules biliaires est en faveur d\u2019un kyste biliaire.De plus, dans le liquide d\u2019un kyste hydatique, la quantité de cholestérine n\u2019aurait pas été aussi considérable; et le liquide est généralement clair tandis que celui que nous avons retiré est un liquide foncé.Avant d\u2019instituer le traitement, nous allons faire quelques analyses au point de vue ponction biliaire: glycosurie, Van den Berg.Nous aimerions aussi à faire la réaction de « Casoni » si nous pouvons avoir un antigène approprié et ensuite nous confierons le malade au chirurgien.Le docteur Ricard a parlé de tumeur nécro- tique, mais le liquide retiré aurait contenu autre chose que de la cholestérine, comme par exemple, des éléments sanguins.Or, il n\u2019y en avait pas.Le docteur Bernier a répondu au docteur Amyot au sujet de la réaction de Casoni.Cet- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 423 BF Does: Orie F day as indicated.K ) Control Me: C.T.No 691 Chaque comprimé contient: Théobromine .5 grains + Neurobarb E.B.S.3 grain Bicarbonate de soude 5 graîns Les ingrédients contenus dans le « Theobarb» E.B.S.ayant une action antispasmodique et sédative, agissent simultanément pour soulager le spasme.Le soulagement qui suit son administration améliore considérablement l\u2019état d\u2019esprit du malade et lui procure une sensation de bien- être physique.INDICATIONS: Angor pectoris, artériosclérose, affections cardio- vasculaires, troubles nerveux de la ménopause.épilepsie, hypertension et aussi comme antispasmodique et sédatif.On peut aussi se le procurer avec L4 de grain de « Neurobarb » sous le nom de C.T.No 691 A «Theobarb » faible Littérature et échantillons sur demande.+ « Neurobarb » est le nom déposé pour « Phenobarbital ».THE E.B.SHUTTLEWORTH CHEMICAL CO.LIMITED LL 3 MANUFACTURING.\u2018CHEMISTS hed b an PTT IT CIE Le WINNIPEG! [HN CAM BELL sii LTD\u201c VANCOUVER, B.C.~J.P.SOUTHCOTT & co.Ry SUR VOS ORDONNANCES, SPECIFIEZ E.B.S. 424 te réaction consiste à injecter du liquide hy- datique humain.Si nous pouvons faire cette injection, nous la ferons.M.L.-C.SIMARD.Je voudrais préciser un point.J'ai trouvé dans le liquide retiré par ponction, des lambeaux d\u2019épithélium cylindrique semblable à l\u2019épithélium des voies biliaires, et j'ai alors émis l\u2019hypothèse qu\u2019il s\u2019agissait peut-être de kyste biliaire.A propos d'une fistule urinaire pyélovésiculaire MM.P.BOURGEOIS et P.-M.RICARD Madame F.B., 54 ans, entre dans le service de chirurgie le 14 juin 1939 avec un diagnostic d\u2019appendicite subaiguë.Elle ne fait pas de température et son pouls varie entre 84 et 64.La température prise toutes les 4 heures ne montre pas d\u2019hyperthermie.La formule leucocytaire montre une polynucléose considérable.Le docteur P.-M.Ricard appelé fait un diagnostic de phlegmon probable de la vésicule.La malade est opérée le 16 juin 1939.Une laparotomie faite à travers le muscle droit conduit sur un phlegmon périvésiculaire et une cholécystite calculeuse suppurée.Une cholé- cystostomie atypique permet d\u2019enlever la vésicule et un calcul solitaire énorme.Au voisinage du pôle supérieur du rein droit, une collection énorme, gangréneuse et hématique, est ouverte et donne issue à un liquide trouble et infect qui ne sent pas l'urine.Cette collection est en continuité avec le foic.La malade descendue dans son lit présente un choc formidable, mais elle réussit cependant assez rapidement à le surmonter.Au bout de quelques jours on remarque dans le pansement en plus de la bile et du pus un liquide d\u2019aspect urineux.L\u2019état général se remonte rapidement, le drainage est maintenu.Le 9 août, une radiographie simple de l\u2019appareil urinaire montre au niveau du sacrum une tache opaque qui pourrait bien être un caleul de l\u2019uretère droit.Une pyélographie intraveineuse et instrumentale est tentée sans succès; il semble impossible d\u2019obtenir une L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 image du rein droit.Le cathétérisme urétéral droit est impossible.Finalement l\u2019état général de la malade le permettant, une urétérotomie droite est faite le 15 septembre 1939 sous anesthésie générale.Au-dessus de la bifurcation de l\u2019iliaque primitive, l\u2019uretère enfoui dans une gangue de péri-utérite, est incisé et un caleul du volume d\u2019une fève, mûriforme, enchatonné est extrait.L\u2019exploration ne montre pas d\u2019autre calcul et la plaie iliaque est refermée partiellement sur un drainage tubulaire.L\u2019urine qui s'échappe après l\u2019ouverture de l\u2019uretère est très fétide.Les suites opératoires sont très simples; le drainage est retiré au bout de quinze jours; depuis trois jours la plaie iliaque ne donne plus d\u2019urine; l\u2019odeur infecte est également disparue et la malade quitte l\u2019isolement où nous avions dû la transporter.Le lendemain de l\u2019urétérotomie, la plaie de laparotomie ne donne plus d\u2019urine.Le 14 octobre 1939, une pyélographie droite est faite et montre une hydronéphrose et une dilatation de l\u2019uretère.La malade quitte alors l\u2019hôpital avec une petite fistule muqueuse au niveau de son incision de cholécystectomie.Elle est guérie de ses accidents aigus.Nous avons pris la liberté de vous soumettre cette observation pour plusieurs raisons.D\u2019abord le cas est très intéressant parce qu\u2019il démontre une chose assez rare, c\u2019est-à- dire une fistule par cloaque inter-pyélovésicu- laire.Ensuite la discussion pourrait-elle nous éclairer?S\u2019agit-il de deux affections concomitantes ou sont-elles secondaires l'une a l\u2019autre?La lésion rénale a-t-elle précédé la lésion vésiculaire ou vice versa ?De plus, le drainage prolongé a transformé cette malade arrivée à l'hôpital dans un état lamentable pour ne pas dire «in extremis ».Discussion M.U.GARIEPY.J'ai eu l\u2019occasion de voir cette malade.Nous avons essayé un cathétérisme par voie basse mais en vain.L\u2019uro- sélectan a aussi été sans aucun résultat.Je crois que les deux affections sont concomitan- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 425 DANS L\u2019'INSUFFISANCE HORMONALE MASCULINE ORETON (Proprionate de testostérone) HYPERTROPHIE PROSTATIQUE BÉNIGNE.Les malades éprouvent un soulagement des symptômes accompagnés de mictions difficiles et de rétention, ainsi qu\u2019une amélioration remarquable de l\u2019état émotif et mental.VIEILLARDS.\u201c\u2018Oréton\u2019\u2019 a prouvé son efficacité d'action en fournissant une sensation de bien-être et un renouveau de vigueur.Les symptômes vaso-moteurs et mentaux tels que: nervosité, dyspnée, excitabilité, fatigabilité et mélancolie disparaissent généralement.Les mêmes résultats furent obtenus dans les cas de castration chirurgicale où l\u2019on rencontrait les mêmes troubles.IMPUISSANCE.L\u2019impuissance chez les vieillards, aussi bien que chez les individus plus jeunes, est généralement améliorée par l\u2019emploi de I\u2019 \u201c\u2018Oréton\u2019\u2019.HYPOGONADISME.\u201cOréton\u2019\u2019 a produit des effets objectifs et subjectifs remarquables chez des individus ayant dépassé l\u2019âge de la puberté.Le développement des organes génitaux, la croissance des poils au pubis et à la région axillaire ainsi que l\u2019augmentation du nombre et de la puissance des érections furent constatés.ORETON est le proprionate de testostérone cristallisé dans une solution d\u2019huile de sésame.I! se vend en ampoules de 1 c.c.contenant 5, 10 et 25 mg.par c.c.Usage externe L\u2019'ONGUENT d\u2019 \u201cORETON-F\u201d s\u2019absorbe facilement par la peau.Il est utile pour la continuation de la thérapeutique après les injections d\u2019 \u2018\u2018Oréton\u2019\u2019 lorsqu\u2019il est nécessaire de donner des doses modérées d\u2019hormone sexuelle masculine.Cet onguent se vend en tubes de 50 grammes, chaque gramme contenant 2 mg.de testostérone cristallisée.SCHERING CANADA) LIMITED BOÎTE POSTALE TY PLACE D'ARMES, CLI TIVES Q.: 426 tes.Je demanderais au docteur Bourgeois quelle est la valeur de ce rein, car le problème des néphrectomies secondaires se poserait peut-être.M.A.LEGER.Il s\u2019agit, ici, de calculs de la vésicule et du rein.Ces deux maladies qui se ressemblent peuvent être dues à des troubles de l\u2019état général.Les glandes parathy- roïdes peuvent être la cause, mais il est difficile d\u2019en faire la preuve.La fistule du bassinet vers la vésicule s\u2019est faite au cours de l\u2019intervention puisque le docteur Ricard n\u2019a pas trouvé d\u2019urine à ce moment, dans la vésicule.Le péritoine périhépatique n\u2019est pas en communication avec le péritoine rénal.Ils sont complètement séparés.La périviscérite préexistente a favorisé, aidée de l\u2019acte chirurgical, l\u2019ouverture d\u2019une brèche qui a mis le bassinet en communication avec la vésicule.Je ne crois pas qu\u2019il y ait eu d\u2019emblée, fistule entre la vésicule et le rein.M.P.RICARD.Le docteur Léger a parlé d\u2019altération portée sur les parathyroïdes, il à parfaitement raison, puisque cette patiente présentait, en plus, du rhumatisme déformant, vraisemblablement de même origine.Quant à la fistule forme opératoire, il n\u2019y a pas de discussion.Il s\u2019est fait une hydronéphrose, puis une périnéphrite suppurée, puis un abcès périhépatique.Quand j'ai ouvert le vésicule, j'ai trouvé du pus et de la bile, et, lorsque j\u2019eus défoncé ces collections, je suis tombé sur un abcès sous- hépatique en connection avec le bassinet.Il ne S\u2019agissait pas d\u2019un cloaque vrai, mais bien secondaire à l\u2019intervention.M.Paul BOURGEOIS.La valeur fonctionnelle du rein droit n\u2019a pas été étudiée en particulier, mais les deux côtés étaient très insuffisants.Cependant, la fonction rénale peut encore être excellente; avec un régime alimentaire et une médication appropriée, la pyélo-néphrose peut ne plus embêter du tout cette patiente.Nous la réadmettrons dans quelques mois pour contrôler la valeur fonctionnelle de ses reins.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 La fistule s\u2019est faite par élimination des tissus malades et elle s\u2019est tarie aussitôt que le drainage rénal a été rétabli.Botryomycome M.Jean TREMBLAY Nous croyons intéressant de présenter en clinique une petite tumeur cutanée bien étudiée au point de vue anatomo-pathologique et que nous rencontrons rarement à nos consultations.Cette tumeur appelée botryomycome d\u2019une fausse appellation car elle évoque l\u2019idée de champignon supposé cause de cette tumeur par les auteurs qui l\u2019ont décrite, Paucet et.Dor.C\u2019est en réalité une tumeur des bourgeons charnus, un granulome télangiectasique.Cette lésion siège surtout aux extrémités (doigts, orteils, lèvres, paupières).Elle apparaît à la suite de traumatismes légers, par introduction de corps étrangers dans une plaie superficielle, elle est surtout entretenue et aggravée par les cautérisations qui sur elle n\u2019ont aucun effet curateur.C\u2019est d\u2019ailleurs une des caractéristiques de cette lésion: son incurabilité en dehors d\u2019un traitement chirurgical.La tumeur a un aspect framboisiforme, elle tend à s\u2019ulcérer, saigne facilement et ne s\u2019accompagne pas d\u2019adénite.C\u2019est une tumeur du tissu conjonctif embryonnaire avec grande quantité de vaisseaux; la tumeur dépasse l\u2019épiderme et de ce fait n\u2019a pas tendance à guérir.Le pronostic est bénin.Le traitement consiste en l\u2019extirpation complète au bistouri en enlevant la base d\u2019implantation.Notre patiente s\u2019est présentée à l\u2019hôpital pour cette tumeur située à l\u2019index.La patiente a fait un panaris de la troisième phalange il y à six mois.Elle s\u2019est traitée elle-même durant quatre mois par des pansements humides; il y a environ trois mois la tumeur est apparue, elle a consulté un médecin qui a fait des cautérisations à répétition sans résultats, pour enfin se décourager et diriger la malade à l\u2019hôpital.Nous présentons cette malade à cause de 427 ra 5 a i ge 2 2 7 i Ce DA a vis 7 7 SAR pi EY ee 5 2 5 5 SE 4 7 i 7 i 7 4 Es CA 2e a 2 = 2 Sa = = a = = a oF = = Sa So 2 = ee on bs = 2 5 x 5; i 2 2 i 2 i 5 a sn 2 sae Gi 2 2 2% = 2 11940 .= Le >.a 2 = 7 : ; .CE QUE INC.Co ,avri 5 1 = = 2 ; 2 io ie © a \u2019 7 2 \u2018ea i i 2 .EX = i 2 7 = 5 2 2 , GE 2 .2 25 / oa = 2 2 i 2 7 Sor RE 7 23 7 2 2 Cu % = Eh = NRE le o io 2 % SS 2% Eo Pr 4, 5 5 fin 7 5835 4 a a of ik 5 22 2 Ge 2 x & a 5 Sa ; \u20ac 2 ZA Ty 3 oz En a 2A Lo 18 ae 2 2 Pe 2 ae ER ti A > 2e Po $ 7 = En = Pr 2) 3 a ui + ; 8.Ca Ca Led a ES ° : a is : = 4 pa 2 GR Ë = a a gw 2 NS 2 É 2e \u20ac se RN Ru 5 a WN ; XN PA RN \u2026- GE 2 x 8 BN RR 5 à a 2 RR NN WH Su 1 GS 5 5 = SR Sa ay Ra A = S Na 1D 5 on = = = = .+ 7 0% ca 7 = Ÿ a 9 NR 2 i fo So EXPANSION PHARMACEUTI Hi 2 2 = : A = N .AN 9 2 i 2 = = nN = = 7 3 = me mplaire, $0.75 les éditions Librairie BEAUCHEMIN Limitée \u2014 430, rue Saint-Gabriel, MONTRÉAL \u2014 Téléphone: LAncaster 4236* 450 Et c\u2019est véritablement une série de problèmes de conscience et d\u2019interprétation que soulève cet ouvrage, si nouveau dans ses préoccupations.Le traitement des Psycho-névroses.Par le Docteur LE GEARD.1 volume in-huit, de 212 pages, prix: 40 fr.En vente chez Ma- loine, 27, rue de l'Ecole-de-Médecine, Paris, 1939.Tous ceux qui s\u2019intéressent à la pathologie nerveuse \u2014 et ils sont nombreux, car de nos jours il n\u2019y a pas seulement les spécialistes qui sont appelés à donner leurs soins aux malades nerveux, mais encore tous les praticiens qui les rencontrent si fréquemment mêlés à leur clientèle de médecine générale \u2014 sauront gré au docteur Le Geard d\u2019avoir publié son « Traitement des Psycho-névroses », important ouvrage où s\u2019exprime l\u2019ardente conviction thérapeutique d\u2019un médecin adonné avec passion \u2014 cela se sent \u2014 à l\u2019étude et à la pratique des maladies nerveuses et qui est animé du désir de faire de la neuro-psychiatrie autre chose qu\u2019une science d\u2019un intérêt purement spéculatif.On ne saurait analyser en quelques lignes, sous peine de la diminuer ou de la trahir, une œuvre aussi personnelle et aussi riche où se reflètent des années de labeur et d'expérience consacrées au traitement des malades nerveux, des pauvres malades nerveux, encore si souvent «incompris ou négligés ».Aussi contentons-nous de dire que l\u2019ouvrage du Dr Le Geard, qui est un livre clair, bien écrit, soucieux avant tout d\u2019être utile et pratique, par conséquent accessible à tous, aussi intéressant pour le spécialiste auquel il apporte des vues personnelles (traitement des états mixtes; importance de la médication opiacée, etc.) que pour le praticien de médecine générale auquel il donne les grandes directives nécessaires pour comprendre et traiter les « nerveux », trouvera auprès du corps médical tout entier le meilleur accueil et figurera, nous en sommes sûrs, dans la bibliothèque de bien des médecins.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 L'Hématologie.Clinique et Laboratoire.Par P.-Emile WEIL, médecin des hôpitaux de Paris.Un volume de 270 pages, avec 69 figures en noir et en couleurs et 12 planches hors texte: $3.25.Masson et Cie, éditeurs, libraires de l'Académie de Médecine, 129, boulevard Saint-Germain, 120, PARIS (VIe).Cet ouvrage sur l\u2019Hématologie a été spécialement conçu pour rendre des services aux praticiens, aux étudiants et à tous ceux qui travaillent dans les laboratoires, en les initiant à la technique hématologique et aux enseignements cliniques qu\u2019elle peut leur fournir.Il désire se présenter sous les apparences d\u2019une pratique.Cette conception de l\u2019ouvrage a amené l\u2019auteur à ne pas insister sur les aspects de l\u2019hématologie qui ne peuvent intéresser que des spécialistes: son travail n\u2019a pas la prétention de constituer un traité.Ce livre constitue un instrument de travail et d\u2019étude qui se présente comme un tout.Le plan en est simple: une première partie traite de l\u2019Hématologie au Laboratoire, la seconde de l\u2019Hématologie en Clinique.La première partie comporte une étude du tissu sanguin: sang total, plasma, sérum, éléments figurés, etc.Les éléments de ce tissu sont examinés successivement dans tous leurs aspects, cytologie, propriétés physiques, appréciations qualitatives et quantitatives.La technique des examens de laboratoire y est minutieusement étudiée ; les différents procédés d\u2019examen du sang sont chacun décrits et critiqués.L'auteur donne dans chaque chapitre la technique vers laquelle vont ses préférences et à laquelle il a personnellement recours.La seconde partie de l\u2019ouvrage envisage l\u2019hématologie du point de vue clinique.D\u2019un nombre de pages sensiblement égal à la première, elle en constitue le pendant logique.L\u2019auteur envisage l\u2019examen des malades en partant de leur symptôme capital: on examine par exemple un anémique, et après une étude L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 451 TONIQUE DE L'ORGANISME REMINERALISANT u RECALCIFIANT GAU AMPOULES COMPRIMÉS GRANULÉ \u2019 2oag TREPHONYL Sérum hémopoiétique - Foie foetal - Tréphones embryonnaires FLACONS - AMPOULES SIROP Anémies intenses 1 à 2 ampoules par jour dans 1/4 de verre Convalescences d'eau, par voie buccale loin des repas.Déficiences organiques Troubles de la croissance 1 cuillerée à potage (enfants une cuillerée Allaitement à café) avant les trois principaux repas.Laboratoires du D' ROUSSEL, 97, rue de Vaugirard, PARIS Agents pour le Canada : J.EDDÉ L'\u201c, New Birks Bldg., MONTRÉAL 452 clinique et hématologique de son anémie, on s\u2019efforce de remonter à sa cause.Tour à tour sont passés en revue les poly- globuliques, les hémorragiques, les hémoglobi- nuriques, ete.De longs chapitres sont consacrés à l\u2019examen des splénomégaliques, des malades atteints d\u2019adénopathies.Ces examens de malades porteurs d\u2019affections du sang et des organes hématopoïétiques sont susceptibles d\u2019intéresser non seulement les spécialistes, mais tous les médecins.Un ouvrage sur le sang se devait d\u2019être abondamment illustré.Cette exigence a été largement comblée en faisant appel à la couleur chaque fois que le sujet s\u2019y prêtait (46 figures en noir et 22 figures ou planches en couleurs).Si par ces dimensions et par le public qu\u2019il cherche à atteindre, ce travail mérite la qua- Iification de «pratique », il est juste de souligner que l\u2019esprit qui l\u2019anime dépasse de beaucoup la modestie du cadre.L\u2019auteur, dont le nom fait autorité dans le monde entier a su donner à toutes les questions qu\u2019il traite un tour original et personnel qui rend l\u2019ouvrage vivant et riche d\u2019enseignements.Le point de départ de l\u2019auteur est la conscience qu\u2019il a de l'importance capitale du tissu sanguin dans la physiologie générale de l\u2019organisme: le sang est un véritable milieu intérieur baignant tous les tissus du corps, son rôle est fondamental dans le transport de l\u2019oxygène des substances nutritives et des substances de déchet.Par ces trois fonctions, le sang fait partie intégrante et essentielle du système digestif, du système respiratoire et du système excréteur.C\u2019est dire à quel point sa composition dépend de ces trois systèmes et par voie de conséquence laisse comprendre quel immense domaine de la pathologie il permet d\u2019explorer aussi bien au point de vue du diagnostic que du pronostic.L\u2019auteur s\u2019attache à observer et à interpréter les réactions du sang tant leucocytaire qu\u2019hématique.Il rappelle que la réaction de l\u2019organisme devant l\u2019état pathologique peut créer comme une sorte de rajeunissement (loi de Henri Roger) qui se manifeste dans les organes L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 hématopoïétiques (rate, moelle, etc.) et qui est capable d\u2019entrainer des modifications importantes de l\u2019équilibre des éléments du sang.Il montre à ce propos quels enseignements le praticien peut tirer d\u2019un examen approfondi du sang au laboratoire.L'interprétation de ces réactions du sang, tissu vivant, susceptible de vieillir et d\u2019être reconstitué par les organes hématopoiétiques, posait le problème de l\u2019embryogénèse de ce tissu et de la formation des cellules chez l\u2019adulte.Ces notions compliquées qui ont donné lieu à bien des discussions, ont été exposées de la façon la plus simple possible.L\u2019étude des centres hématopoiétiques était, elle aussi, nécessaire 3 l\u2019interprétation des réactions du sang.Une place a été réservée à cette question d\u2019autant plus importante que beaucoup de processus pathologiques peuvent rester localisés aux centres et ne pas s\u2019extérioriser dans la cireulation.C\u2019est par ces disciplines que toute une crypto-pathologie sanguine a pu être décrite, que seule l\u2019étude des centres permet de mettre en évidence.À cette occasion l\u2019auteur établit l\u2019importance clinique de techniques d\u2019exploration qu\u2019il a déjà développées dans d\u2019autres ouvrages (Ponction de la rate, ponction sternale), montre tout le fruit que le praticien peut tirer au lit du malade de l\u2019étude d\u2019un splénogramme, d'un myélogramme, d\u2019un adénogramme ou d\u2019un hépatogramme.Maladie hypertensive.Par A.DUMAS, professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Lyon, médecin des hôpitaux de Lyon.Nouvelle édition entièrement refondue.Un volume de 134 pages: $0.75.Masson et Cie, éditeurs.Par maladie hypertensive il faut entendre une affection du système artériel tout entier, dont l'hypertension constitue le symptôme majeur qui, seul en cause à une phase précoce, groupera plus tard autour de lui des symptômes viscéraux multiples.Débutant par un état d\u2019hypertonie dont l\u2019unique symptôme est alors l\u2019élévation tensionnelle, cette affection évolue L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 453 Maison de - REPOS REGIMES - CONVALESCENCE Affections nerveuses en général Maladies de l'estomac et de l\u2019intestins surmenage, troubles de la nutrition.Neurasthénie, rhumatisme, artério-sclérose, intoxications (morphine, alcool, etc.).Psychothérapie, hydrothérapie, électrothérapie, rayons ultra-violets, etc., etc.PRIX MODERES\u2014Deux solariums, service d\u2019ascenseur, etc.Les aliénés et les contagieux ne sont pas admis.e MÉDECIN-DIRECTEUR: .Dr Charles de BLOIS.DIRECTEUR-ADJOINT: .Dr Georges de BLOIS.MÉDECINS CONSULTANTS: Professeur Albert LeSAGE, Montréal; Dr Charlemagne BARIBEAU, Trois-Rivières; Dr J.-C.GELINAS, Trois-Ri- vières: Dr Benoît JACOB, Trois-Rivières; Dr Rob.VEIL- LEUX (Radiologiste), Trois-Rivières.PROSPECTUS SUR DEMANDE SANATORIUM de BLOIS 225, boulevard Laviolette Téléphone: 3420 Trois-Riviéres, Qué. 454 L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 \u201cEMMENINE\u201d No 927 \u2014 \u201cEMMENINE\u201d LIQUIDE 30 unités orales-quotidiennes (Collip) par c.c.En bouteilles de 4 onces No 701 \u2014 \u201cEMMENINE\u201d COMPRIMES 120 unités orales-quotidiennes (Collip) par comprimé En bouteilles de 42 comprimés LE TRAÎTEMENT DE LA Dysménorrhée \u2018Pour la plupart des dysménorrhéiques, le traitement le plus efficace que nous connaissions à l'heure actuelle consiste en l'usage per os d'une substance œstrogène, l'Emménine, prise avec une quantité suffisante d'eau, et l'adjonction d'une médication ferrique et vitaminique adéquate.Le repos est aussi important dans ce traitement.\u201d * Posologie: Trois cuillerées à thé d'Emménine Liquide ou trois comprimés Emménine par jour pendant les dix jours qui précèdent les règles.La dose se prend avec de l'eau.L'Emménine est préparée et standardisée biologiquement d'après la méthode du docteur J.B.Collip et est présentée avec l'approbation du Laboratoire de Biochimie de l'Université McGill.mars 1940.\u2018® MONTREAL ._ * Watson, Melville C., Bulletin Academy of Medicine, Toronto, 13:132, AYERST, McKENNA & HARRISON Limitée Biologistes et Pharmaciens CANADA secondairement vers la sclérose artérielle qui pénètre par la voie vasculaire les différents organes (reins, cerveau, myocarde) à des degrés divers, et y crée des lésions infarctoïdes plus ou moins accentuées.Cette appellation de maladie hypertensive ne préjuge en rien de la nature de la maladie, tout en permettant de la distinguer des hypertensions symptomatiques.Dans un récent ouvrage actuellement épuisé, intitulé « Maladie hypertensive et Syndromes d\u2019hypertension », le Dr Dumas attribuait a la maladie hypertensive une place a part et bien définie au milieu des syndromes tensionnels multiples qui peuvent la simuler, et le premier il en dégageait les lois qui sont devenues classiques.Aujourd\u2019hui, l\u2019autonomie de cette maladie n\u2019étant plus discutée, l\u2019auteur a voulu en aborder l\u2019étude plus complète; ce n\u2019est donc pas une deuxième édition, mais bien un livre nouveau qu\u2019il présente aux médecins.On retrouvera dans ce livre la description clinique de la maladie hypertensive qu\u2019il avait donnée dans le travail précédent.Ce sont là des données d\u2019observation directe auxquelles il n\u2019y a rien à modifier.I] a supprimé la description devenue inutile des hypertensions symptomatiques qu\u2019il ne fait que citer au chapitre du Diagnostic différentiel.Il a ajouté par contre des chapitres nouveaux: Pathogénie, Anatomie pathologique, Physiologie pathologique, Thérapeutique chirurgicale, qui sont nés de toutes les acquisitions de ces dernières années.018 1 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L,F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 455 L°\u2019Huile de foie de morue médicinale norvégienne est soumise au contrôle de l\u2019État norvégien.La Norvège est le seul pays au monde où l\u2019État contrôle toute l'huile de foie de morue exportée.Si l\u2019Huile de foie de morue norvégienne que vous avez achetée, est accompagnée du certificat de contrôle gouvernemental, vous pouvez être entièrement sûr de son authenticité et de ses qualités thérapeutiques.Mais, faites attention aux falsifications! L\u2019Huile de foie de morue médicinale norvégienne conserve en permanence ses excellentes propriétés; elle contient en justes proportions les importantes vitamines À et DL'HUILE DE FOIE DE MORUE MEDICINALE NORVEGIENNE, le propre remède de la nature.I Pour plus amples renseignements, s\u2019adresser a: Reklamefondet for Norsk Medicintran, Boîte Postale 226, Bergen, Norvège HYDROXYL ° L__de HARTZ Chaque once liquide contient : _\u2014 HYDROXIDE DE MAGNESIE, fraichement dissout, équi- lent UN ANTIACIDE CARBONATE DE MAGNESIE .100 grains HYDROXIDE DE BISMUTH, fraîchement dissout, équi- 1 EFFIG ACE et un SALICYLATE DE BISMUTH ordinaire .4 grains Associés à la papaïne, à la pancréatine et au phénolsulfonate formant un R É G Ü LAT EU R excipient de goût agréable.DOSE: Une à quatre cuillerées à thé, bien diluées, dans de l\u2019eau ou du des FONCTIONS LL TE Te ds Ts DIGESTIVES HYDROXYL neutralise l\u2019acidité gastrique sans provoquer de gaz de bioxyde de carbone; les malades souffrant déjà de dilatation ne s\u2019en trouvent ainsi aucunement incommodés.Pour la commodité de vos patients, HYDROXYL se vend en bouteilles, à large goulot, de huit onces et de seize onces.Toronto - LA COMPAGNIE J.F.HARTZ LIMITÉE - Montres FOURNISSEURS AUX MÉDECINS SPÉCIFIEZ LES PRODUITS DE FABRICATION ANGLAISE OU CANADIENNE. 456 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 LA DESSICATION INTESTINALE a: La dessication intestinale causée par la constipation a pour CRS 7 TT résultat des fecès sèches de volume insuffisant pour fournir I p\u2014 le stimulus nécessaire a la défécation.MUCILOSE est physiologiquement efficace comme traitement parce que son contenu de liquide et ses propriétés de contrôler l\u2019eau servent à amollir et lubrifier la masse desséchée pour aider ainsi à la défécation naturelle.Mucilose est une demi-cellulose (gomme végétale) extraite par un procédé spécial du \u201cPlantago Leeflingii\u201d\u2019.Mucilose se vend en paquets de 4 onces et de 16 onces aux pharmacies d\u2019ordonnances.Littérature et échantillons envoyés sur demande.FREDERICK STEARNS & COMPANY of CANADA, Limited Windsor, Ontario Fabricants de Kasagra Détroit, Mich.New York, N.Y.Kansas City, Mo.San Francisco, Calif.Sydney, Australie.Quand la vitalité de vos patients est AMOINDRIE Ovaltine peut vous être d\u2019une aide précieuse dans votre pratique à cette saison.Le long hiver laisse maints patients avec une vitalité amoindrie, nerveux, déprimés, incapables de manger et de dormir.Ils ont besoin / d\u2019un reconstituant, et il n\u2019en existe pas de comparable à : Ovaltine.Pourquoi ne pas recommander ce célébre aliment-toni- que-liquide comme le complément idéal, en pareils cas, du régime alimentaire régulier?Les médecins reconnaissent depuis des années les propriétés reconstituantes, énergifiantes d'Ovaltine.Elle fournit, sous une forme facilement digestible, les éléments nutritifs essentiels à Un régime bien balancé.Recommandez ne \u2014 L\u2019Aliment-Tonique-Liquide tm A A Cr.:V L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 457 D'une EFFICACITÉ EPROUVEE et d\u2019un emploi agréable ® \u2018Dettol\u2019 est un antiseptique d\u2019une haute efficacité germicide, dont le coefficient phénol, déterminé d\u2019après l\u2019Essai du Laboratoire d'Hygiène, est de 3.0; toutefois, il peut quand même être employé à des concentrations qui seraient impraticables avec des antiseptiques phénoliques et crésyliques.Il est non toxique, ne tache pas et dégage une odeur agréable.On a constaté que lorsqu'il est appliqué sur la peau à une concentration de 30%, le \u2018Dettol\u2019 même une fois séché, protège pendant au moins deux heures contre l'infection des streptocoques hémolytiques, à moins qu\u2019il n\u2019y ait contamination brutale.\u2018Dettol\u2019 possède une grande puissance de pénétration et se mélange aisément avec l'eau.De plus, \u2018Dettol\u2019 reste constant en présence du sang, du pus, des matières fécales et autres matières organiques.e® Vous achetez \u2018Dettol\u2019 chez le pharmacien ou de votre fournisseur, en bouteilles de grandeur pratique pour les ordonnances ou en récipients de plus grande contenance pour le bureau ou l'hôpital.e Pour échantillons et tous renseignements, écrivez à Reckitts (Over Sea) Ltd, service des produits pharmaceutiques, 1000, rue Amherst, Montréal, P.Q.\u2018 D ETTO L\u2019 l\u2019antiseptique moderne - non toxique ARTICHOBYL Extrait de feuilles d'Artichaut STIMULANT DES FONCTIONS HÉPATIQUES ET RÉNALES 4 à 6 pilules par jour FLACON DE 50 ET DE 500 DRAGÉES DOSÉES À 0.10.PLURIGLANDINE Association glandulaire totale TOUTES LES DEFICIENCES ENDOCRINIENNES 4 à 6 dragées glutinisées par jour FLACON DE 50-200-500 DRAGÉES P.S.: Le dosage de la Pluriglandine a été combiné à l'image des sécrétions glandulaires d'un organisme normal.J.EDDÉ, Limitée, NEW BIRKS Bldg.,, MONTREAL - Tél: LA.2421 458 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 Tortement recommandée par la Faculté contre LE RHUMATISME, L\u2019AR- ME L'embouteillage THRITISME, LA DYSPEPSIE ET wr oloce LES AFFECTIONS VESICALES, lt francais HEPATIQUES ET RENALES po es | NU a 5) d | = teal Qlcalifiant $1.00 livrera 300 Sweet Caps ou 1 livre de tabac a pipe Old Virginia aux Canadiens en service dans le Royaume-Uni et en France seulement, Adresse\u2014*Sweet Caps\u2019\u2019 B.P.6000, Montréal, P.Q.e Si les Sweet Caporals sont si douces et si légères, c\u2019est parce qu\u2019elles sont un mélange exquis de 38 classifications de tabacs virginiens de choix \u2014 doux, veloutés, odorants \u2014 elles possèdent tout ce qu\u2019il faut, ni plus ni moins, pour conserver leur rang de favorites au Canada.\u201cLa forme la plus pure sous laquelle le tabac peut être fumé\u201d. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 459 reste toujours un médicament de choix pour le traitement scientifique de la .COQUELUCHE .Le Pavéral est journellement prescrit avec succès pour les cas de coqueluche et des toux Coqueluchoïdes.\u2014_ Ne cause ni intolérance, ni complication.© Littérature sur demande.AGENTS CANADA DRUC.CO.MONTREAL **- S.André, prés.Tél: MA.8534 Ordonnances d'Optique Moderne Inc.Spécialité : PRESCRIPTIONS D'OCULISTE 336 est, rue Sherbrooke - - Montréal A Messieurs les Médecins La boisson : connue de tout § ARTHUR HIRBOUR est tout indiquée pour la préparation de vos ordonnances 37 ans d'expérience comme pharmacie professionnelle.Nous n'employons que les produits chimiques supérieurs.Angle ST-DENIS & DE MONTIGNY LAncaster 7356 \u2014 MONTREAL 4 9 (is Let Rafraichissant ET 460 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, avril 1940 Leur excellence est reconnue comme régime alimentaire sucré.Ces sirops de maïs purs remplissent admirablement les fonctions d\u2019hydrates de carbone dans l\u2019alimentation des enfants et des femmes enceintes.Mélangés au régime lacté et de digestion facile, les sirops de mais \u201cCROWN BRAND\u201d et \u201cLILY WHITE\u201d peuvent étre employés en plus grande quantité que tout autre sucre, sans crainte de provoquer des troubles gastro-intestinaux.Vous pouvez avoir entiére confiance dans la pureté de ces deux sirops de mais renommés, parce qu\u2019ils sont préparés dans des conditions les plus hygiéniques par les plus anciens fabri- Une étude de l'emploi et des avantages de ces fameux produits vous récompensera amplement.Nous avons à votre disposition, sans aucun frais: 1.Un petit calculateur de poche contenant les différents régimes d'enfants.2.Un traité scientifique, sous forme de livret, sur l'alimentation des enfants.3.Des tablettes de prescriptions.4.Un intéressant petit livre sur les soins pré-nataux.5.Un livret sur le produit \u2018\u201cDex- trosol\u201d\u2019.Veuillez nous adresser le coupon ci- dessous et ces choses utiles vous seront adressées immédiatement.The CANADA STARCH CO., Ltd.Montréal Veuillez m'envoyer OO CALCULATEUR O Livret: \u201cLES SIROPS DE MATS cants de sirops de mais au DANS L'ALIMENTATION DES Canada.ENFANTS\u201d (] TABLETTES DE PRESCRIP- SIROPS de MAIS La brochure: \u201cLA FEMME ENCEINTE\" wn LA EDWARDSBURG CROWN BRAND La brochure: \u201cDEXTROSOL\" w \"\u201d NOM Lee et LILY WHITE Manufacturés par THE CANADA STARCH COMPANY, Limited AMbherst 8900-3733 MONTY, GAGNON & MONTY Ambulances de luxe, chauffées A Transport des malades à la ville et à la campagne.Service prompt et sûr.Pompes funèbres © Salons mortuaires Salons mortuaires: es rue Elessis Ambulanciers de l'Hôpital Notre-Dame À VENDRE Appareil de FLUOROSCOPIE Gaiffe-Galot, pratiquement neuf.Conditions de paiement faciles.Aussi TOGE et BERET de Professeur en médecine.S\u2019adresser à 454 est, rue Sherbrooke.POSTE DE MÉDECIN: À louer, à Farnham, Co.Missisquoi, un poste de médecin occupé pendant 20 ans par le docteur E.Jacques qui abandonne la pratique privée.Bureau tout meublé avec outillage complet.Clientèle choisie et nombreuse, poste idéal pour un médecin qui veut se créer un bel avenir.Pour informations, s'adresser chez le docteur Jacques, 416, rue Principale, Tél.147.Ho email ipa.0e ee "]
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