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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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Références

L'union médicale du Canada, 1940-05, Collections de BAnQ.

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[" yy BULLETIN AU PROCHAIN CONGRES Le dévoué Secrétaire du XVIème Congrès de l'Association des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord, le docteur J.-A.Denoncourt, consacre toute son énergie à l\u2019élaboration d\u2019un programme scientifique digne des congrès antérieurs.Dans les seances des 9, 10, 11 et 12 septembre prochain, aux Trois-Rivières, les questions mises à l\u2019étude constitueront un véritable cours de perfectionnement pour les médecins praticiens qui ne peuvent quitter leur clientèle pendant un temps prolongé et aller dans les centres scientifiques mettre à la page leurs connaissances.Qu'on juge de la diversité des communications par quelques exemples: Conduite à tenir dans le drame abdominal;.-.Le traitement moderne de.l\u2019hypertrophie de la prostate; .Les sulfamidés en urologie ; L'hyperthyroïdie fruste ; Les directives du traitement de la syphilis; Les hémorragies rétro-placentaires; Le cancer de l\u2019intestin.Avec la bienveillante coopération du Ministre de la Santé, I\u2019honorable Henri Groulx, le Comité Provincial de la Défense contre la Tuberculose organisera une section de tuberculose.Pour répondre aussi aux vœux des oculistes et oto-rhino-laryngologistes de langue française, les officiers du XVIe Congrès ont organisé une section d\u2019ophtalmologie et d\u2019oto-rhino-laryngologie.Cette section siégera les mercredi et jeudi, 11 et 12 septembre, de 9 heures a.m., à 12 heures a.m.et de 2 à 5 heures p.m.Deux questions d'intérêt général feront tout spécialement l\u2019objet de présentations et de discussion soit: les strabismes et les sinusites.Tous les spécialistes de langue française sont instamment invités à prendre part au Congrès et à présenter des communications sur des L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.mai 1940 sujets relevant de leur spécialité.On voudra bien communiquer au plus tôt au Secrétaire du Congrès le titre des communications, lesquelles seront publiées in extenso dans le rapport du Congrès; dix minutes seront accordées à leurs auteurs pour l\u2019exposition résumée de leur travail.De plus, la section d\u2019ophtalmologie et d\u2019oto-rhino- laryngologie sera heureuse d\u2019offrir des films originaux présentés et commentés par un des laryngologistes les plus éminents des Etats-Unis.- Lors de la dernière séance de la Section, le jeudi après-midi, les médecins présents seront invités à considérer l\u2019opportunité de la fondation d\u2019uné Société d\u2019oto-rhino-laryngologie et d\u2019ophtalmologie canadienne-francaise et a discuter toute question d\u2019intérêt professionnel qu\u2019il voudront bien soumettre.Le programme détaillé et définitif de la Section sera publié dès que les circonstances le permettront.Donatien MARION.RÉDACTEUR EN CHEF DEPUIS 40 ANS Il y a quarante ans, ce mois-ci, le docteur Albert LeSage devenait rédacteur en chef de I'« Union Médicale ».Il l'est encore.La simple mention de cette admirable constance dans l'action se passe de commentaires. LE CIVISME DU MÉDECIN Le dictionnaire de l\u2019Académie Française définit le civisme: «Zèle d\u2019un citoyen pour les intérêts de son pays.» Le citoyen dévoué à son pays pratique le civisme chaque fois qu\u2019il accomplit un acte désintéressé et profitable à la collectivité; qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019éconômie sociale ou politique, de finance, d\u2019instruction, d\u2019organisations pour la défense ou la protection de son pays, des œuvres de charité et d\u2019assistance publique.Car la patrie, c\u2019est non seulement un territoire plus ou moins étendu, mais une âme qui tient du sol, des coutumes, de la religion, de la langue, de la culture, bref, de ce qui constitue la longue tradition d\u2019une race et de tout un peuple.Le médecin, en tant que citoyen, assume toutes ces obligations, mais il s\u2019en ajoute d\u2019autres, qui le concernent particulièrement, dont l\u2019individu et le pays bénéficient.C\u2019est cet aspect de la question que je désire exposer brièvement.Notre conception du civisme a beaucoup évolué depuis que nous connaissons les causes réelles des maladies contagieuses et épidémiques révélées par les découvertes mémorables de Pasteur et de ses disciples.Peu à peu, on a entrepris, contre chacune d'elles, une lutte âpre et persévérante organisée par les médecins de tous les pays.Les résultats en ont été si impressionnants, soit à cause de la réduction du taux de la mortalité et de la morbidité, soit à cause de la guérison de certaines maladies jusque-là réputées incurables, que le monde entier en a été étonné et médusé.On s\u2019est, tôt, rendu compte que la médecine se doublait d\u2019un aspect économique et social dont le médecin devenait l\u2019arbitre et le seul dispensateur.Quittant sa tour d\u2019ivoire, faite de science pure ou d\u2019empirisme, il a abordé ces problèmes, nouveaux pour lui à cette époque, avec la même ardeur, le même désintéressement et les.mêmes méthodes de.déduction qui lui sont familiéres: en médecine.Les applications industrielles de ces découvertes sont devenues de plus en plus nombreuses et le-médecin s\u2019est acquis, en sus, le titre de citoyen en participant directement à la prospérité de la nation.Le civisme revêtait, dès lors, un nouvel aspect auquel il s\u2019est trouvé heureux d\u2019adhérer par des actes qui en démontrent l\u2019utilité et la grandeur.Cependant, on rencontre encore des gens qui n\u2019accordent aux vérités de l\u2019ordre scientifique qu\u2019une confiance médiocre parce que, dit-on, elles sont précaires et transitoires.Si les médecins reçoivent ces sortes dé confidences avec sérénité, ils ont, quand même, le devoir de renseigner leurs interlocuteurs.J\u2019en ai saisi l\u2019occasion.Élle est teintée d\u2019un certain civisme, car j'aurais pu gardet le silence; mais j\u2019y ai vu l\u2019accomplissemeht d\u2019un devoir envers nos morts qui ont bien mérité de la patrie.Citons quelques exemples accompagnés de brefs commentaires, car le temps me presse.oo I.La France 1) Les altérations des vins én France.C\u2019est Pasteur, à qui j\u2019attribue le titre de médecin, qui démontra, en 1865, que les altérations des vins provenaient de végétations microscopiques, et qu\u2019il suffit de chauffer à 50 ou 60 degrés centigrades pour les détruire.C\u2019est à cette occasion qu\u2019on créa le mot: pasteurisation.Que de millions aux propriétaires de vignobles en train d\u2019être ruinés, et à la France, si renommée pour ce commerce.Autre fait: Pasteur obtint un résultat équivalent en étudiant la maladie des vers à soie appelée « pébrine », qu\u2019il découvrit et fit disparaître. 464 Il sauvait aussi de la ruine l\u2019industrie séricicole française qui périclitait sans son intervention.Puis, il s\u2019attaque au Charbon, qui décimait des troupeaux entiers de moutons en Algérie et en France.Il réussit à fabriquer un vaccin avec lequel il préserve ou guérit ces animaux, indispensables à l\u2019industrie des lainages: autre victoire économique.Plus tard, il étudie la rage qui fait des mil- licrs de victimes chaque année.Son génie est aux prises, dans cette question, avec un des problèmes les plus difficiles à résoudre.Mais il réussit, après des recherches et des expériences nombreuses sur les animaux, à fabriquer un vaccin qu\u2019il injecte à un premier enfant de 9 ans mordu par un chien enragé, en juillet 1885.Il n\u2019a cédé, à cette heure tragique de sa vie, qu\u2019après des jours d\u2019angoisse et d\u2019appréhension et les appels réitérés de la mère après ceux de sa conscience.L\u2019enfant a la vie sauve! Il en éprouve une grande joie.Que de milliers d\u2019autres en ont bénéficié depuis cette époque éloignée! La lutte continue.Le rouget des porcs est une maladie contagieuse qui sème la mort dans les porcheries.Le cultivateur assiste, atterré et impuissant, à la disparition de son troupeau.Pasteur observe, puis il réussit à guérir cette maladie et à la prévenir.Le succès est rapide et complet.Le commerce reprend.Tous ces faits constituent, vous l\u2019admettrez, des exemples magnifiques de civisme, appliqués au commerce, à l\u2019industrie et à l\u2019agriculture.En voici un dernier.À l'inauguration de l\u2019Institut Pasteur de Paris, il lui abandonne, comme dotation, les produits de la vente des vaccins découverts dans son laboratoire! Voilà! mais je passe car il y en aurait beaucoup d\u2019autres à citer.# * Ses disciples vont-ils imiter son exemple?Voyons brièvement.2) Roux, son successeur, vit comme un L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 ascète dans une pauvre petite chambre de l'Institut Pasteur.Il prépare et abandonne à l\u2019Institut les bénéfices de son sérum contre la diphtérie! Vous savez les millions d\u2019enfants qui, aujourd\u2019hui, lui doivent la vie, \u2014 et la patrie, des citoyens plus nombreux pour l'aider à prospérer ou, au besoin, la défendre.# + # 3) Calmette, successeur et contemporain de Roux, suit la tradition.* A Saint-Pierre-Miquelon, ou il séjourne durant deux ans, en 1888, il observe et étudie, comme médecin, une maladie \u2014 le rouge de morue \u2014 mal qui a arrêté l\u2019exportation et ruine les pêcheurs.Il étudie cette maladie et il note la présence, dans ce poisson, d\u2019un mi- crococeus auquel est due cette couleur rouge.Il parvient, après des recherches ingénieuses, à en déceler l\u2019origine, non dans la morue, mais dans du sel importé de Cadix, en Espagne.Inspiration géniale! Bientôt, après les mesures radicales qui s'imposent, le commerce reprend et la prospérité renaît grâce à ce médecin providentiel.En Indochine, le cobra \u2014 serpent venimeux \u2014 fait 21,000 victimes par année.Il en étudie, sur place, le venin et fabrique en 1908, un sérum antivenimeux qui met bientôt fin à ces hécatombes de vies humaines, si utiles à la patrie.A Lille, en France, ou il fonde un Institut Pasteur, il réussit, après d\u2019ingénieuses expériences, à procurer aux industriels de cette ville un nouveau procédé rapide et plus économique de fabriquer de l\u2019alcool, et qui rapporte des millions à l\u2019industrie agricole de son pays.On lui offre, à titre de participation, 300,000 francs.Il les verse, en entier, à l\u2019Institut Pasteur de Paris afin d\u2019en compléter la construction, inachevée!.En 1904, il fonde, à Lille, la 1ère ligue antituberculeuse en France et le ler dispensaire de dépistage de la T.B.a domicile, afin de circonscrire la contagion tout en éduquant le public.Résultat magnifique.La morbidité et la mortalité baissent.\u2014e- ' BULLETIN Puis il s\u2019attaque au difficile problème de la vaccination contre la T.B.Au bout de trente années de patientes recherches, il peut, enfin, annoncer à l\u2019Académie de Médecine de Paris, en juin 1924, l\u2019existence d\u2019un vaccin antituberculeux.On le fait ingérer aux enfants naissants et vivant dans un milieu contaminé, familial ou autre.On peut, par cette méthode, les préserver de cette maladie, si bien, qu\u2019après avoir vacciné des milliers d\u2019enfants français, la mortalité, chez les vaccinés, tombe de 15.9% à 3.4%.On inocule aussi ce vaccin aux veaux afin de prévenir l\u2019apparition de la T.B.chez les troupeaux d\u2019animaux.L'agriculture y trouve, encore une fois, son profit.C\u2019est Calmette, aussi, qui préside et dirige l\u2019érection d\u2019Instituts Pasteur dans les colonies françaises pour y combattre les maladies tropicales décimant les colons impuissants à exploiter les richesses du sol.Il croit dans la transformation rapide d\u2019un pays neuf et des populations indigènes qui l\u2019habitent sous l\u2019influence de l\u2019hygiène et de la médecine préventive nées de l\u2019œuvre de Pasteur.Cet homme a été non seulement un grand savant mais un plus grand patriote.\u201d* * * Le typhus exanthématique, maladie contagieuse et mortelle qui décime les armées et se répand partout, même parmi les civils, durant la guerre de 1914 devient une menace pour les alliés.Un médecin français, Nicolle, directeur de l\u2019Institut Pasteur de Tunis, trouve, après des recherches ingénieuses, qu\u2019elle est véhiculée par les poux.On suit ses avis et le mal disparaît.Les prisonniers de guerre sont préservés ou guéris.Quel bel acte de civisme ajouté aux précédents! * * * Enfin, songez à l\u2019épuration de l\u2019eau potable sous l'impulsion des médecins, en Angleterre et en France, après la découverte, en Allemagne, du bacalle de la fièvre typhoïde.On réussit à la faire disparaître, sinon à l\u2019atténuer.465 Notez, aussi, les bienfaits inappréciables de la vaccination contre la typhoïde, inventée par deux médecins français: Widal et Vincent.Elle a sauvé plus de vies, en 1914, que la guerre n\u2019avait causé de décès.Mentionnons enfin, les sérums contre la peste, la gangrene, le tétanos!.Quels bienfaits, pour la collectivité et la patrie, imputables aux médecins.Tous ces actes, historiques, véridiques, constituent autant d\u2019exemples de civisme pratiqué par tous ces médecins illustres \u2014 nos Maîtres \u2014 car, à côté de l\u2019aspect scientifique pur, on sent qu\u2019ils sont constamment inspirés de l\u2019idée de PATRIE.Il y en a, aussi, un grand nombre dans d\u2019autres pays, mais je suis obligé de revenir au Canada.I.La province de Québec Les médecins du Québec ont appliqué ces découvertes, ces doctrines, avec le même élan, la même conviction, le même désintéressement et le même succès relatif que leurs maîtres d'Europe.Citons quelques exemples de chez nous: 1) Dès 1863, les médecins du Québec se sont préoceupés davantage de l'hygiène sociale et de la protection du public.A Montréal, en particulier, ils ont proposé, les premiers, plusieurs mesures en vue d\u2019épurer notre eau potable polluée par les égoûts des villes et des villages échelonnés sur la rive nord du Saint-Laurent et de la rivière Ottawa.Il a fallu beaucoup de persévérance et de temps pour obtenir que la captation de l'eau, pour la ville de Montréal, fût prolongée plus haut, près des rapides du Saint-Laurent, afin de s\u2019éloigner de la rive nord, contaminée.Leurs efforts ont été couronnés de succès.Les médecins ont dû plaider longtemps, aussi, avant que l\u2019on adopte un procédé de désinfection du bassin central de distribution de l\u2019eau à Montréal puis dans d\u2019autres municipalités. 466 Enfin, nous avons réussi, surtout durant les épidémies et dans les endroits où la typhoïde sévissait à l\u2019état endémique, à employer le vaccin polyvalent antityphique.Peu à peu, grâce à toutes ces mesures, cette maladie grave a presque complètement disparu.N\u2019est-ce pas un acte de civisme au crédit des médecins ?* * 2) La variole.Vous savez que la vaccination a été découverte par un médecin anglais: Jenner.Peut-être y en a-t-il, parmi vous, qui se souviennent de nos épidémies annuelles de variole à Montréal.Les anciens évoquent encore avec émotion la tragédie de 1885.Les médecins ont pu depuis longtemps vainere les préjugés de ce temps-là et imposer la vaccination et la revaccination obligatoires.Qui de vous, aujourd\u2019hui, entend parler de la variole ?Cet immense bienfait, cet acte de civisme, est dû entièrement aux médecins.Permettez que je vous le rappelle.* * * 3) L\u2019inspection des viandes et des denrées.Ce sont les médecins qui l\u2019ont établie.Que de maladies ont.été, ainsi, évitées, telles que la tuberculose bovine, les maladies parasitaires, les tænias et certaines maladies transmissibles par la viande de porc, telles que la trichine.Elles ont disparu presque complètement.Civisme.4) La fondation du conseil provincial d\u2019Hygiène est l\u2019œuvre d\u2019un médecin: E.-P.Lachapelle, ancien doyen de notre Faculté de Mé- decinc.C\u2019est lui qui, associé à quelques collègues, à rédigé les lois qui nous protègent au point de vue de I\u2019'Hygiene publique.Que d\u2019efforts 11 a fallu déployer pour vaincre les préjugés politiques et populaires de ce temps- là! Civisme.5) La mortalité infantile.Qui a organisé la lutte, en 1897, et subséquemment?Les médecins.Ils se sont attaqués à la cause même du L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.mai 1940 mal: le lait infecté et malpropre.Ils ont fondé des ligues, alerté les citoyens et les journaux, fait édicter des lois sévères pour la traite, le transport, la pasteurisation et la distribution du lait sain.Les étables ont été nettoyées, blanchies, éclairées et ventilées.Le cheptel a été surveillé, débarrassé des animaux tuberculeux, et sélectionné.L\u2019élevage a fait de grands progrès.En même temps, on a fondé des gouttes de lait où on apprend gratuitement aux mères à alimenter leurs enfants.Bref, la mortalité infantile a diminué, et le cultivateur a compris qu\u2019un lait propre conserve la vie, améliore le troupeau et enrichit la terre.Quel en a été le résultat, du point de vue économique ?Une industrie nationale prospère a surgi, fabriquant le beurre et le fromage, sans compter des enfants sains et robustes.N\u2019est-ce pas, de la part des médecins, un acte de civisme?La tuberculose?Ce sont les médecins qui ont créé, dans la province de Québec, les ligues antituberculeuses, les dispensaires antituberculeux, type Calmette, tels que Bruchesi et Roval Edward, avec gardes-malades visiteuses qui dépistent les malades tuberculeux à domicile tout en faisant l\u2019éducation du public.Les camps de santé pour les enfants anémiés ou issus de tuberculeux, qui les a organisés / Des médecins.C\u2019est aussi dans les hôpitaux et les maternités qu\u2019on pratique la vaccination antituberculeuse par le BCG, inventée par Calmette.Plus de 20,000 enfants, depuis 10 ans, ont été vaceinés.C\u2019est une méthode sûre et absolument inoffensive, je le répète, que nous adjurons le gouvernement de la province de Québec de maintenir et de répandre car, depuis quelques mois, nous manquons de ressources pour continuer.C\u2019est dommage, car, comme un adjuvant essentiel de la lutte contre la tuberculose, ce vaccin protège l\u2019enfant issu d\u2019une mère tuberculeuse, et il prévient la contagion, si fréquente chez les non vaccinés, sans compter les animaux à qui on le donne._\u2014\u2014-\u2014 A ee BULLETIN La diphtérie?Notre mortalité est trop élevée dans la province de Québec.Les médecins s\u2019efforcent de convaincre les parents de faire vacciner leurs enfants avec un sérum appelé « anatoxine », de l\u2019Institut Pasteur (nous allons bientôt le fabriquer ic1).C\u2019est une maladie grave, souvent mortelle, que l\u2019on peut épargner à nos enfants si on les vaccine.Ces conseils s\u2019inspirent exclusivement de l\u2019intérêt du public.N'est-ce pas du civisme ?L\u2019alcoolisme?Cette habitude, il y a quelques années, était profondément enracinée dans nos mœurs, surtout dans la classe ou- vrièré.Le débit, au verre, dans les tavernes, menaçait non seulement la famille et la race, mais atteignait la morale.Les médecins entreprirent une lutte qui aboutit, au bout de quelques années, à un contrôle légalisé prohibant la vente au détail.Que de bien n\u2019est-il pas résulté de cette heureuse initiative prise par les médecins!.\u2026 N'est-ce pas du civisme?D\u2019autres maladies contagieuses graves ont fait l\u2019objet d\u2019enquêtes et de luttes sérieuses de la part des médecins, associés aux membres du clergé, afin d\u2019éclairer le public et de lui épargner les misères provenant de ces maladies évitables qui sèment la mort et la mésentente dans les ménages (syphilis et maladies vénériennes).Un résultat très appréciable a couronné leurs efforts, parce que la science et la morale ont entrepris, ensemble, cette croisade.La lutte continue.Est-ce du civisme ?Nos hôpitaux font, aujourd'hui, notre or- oueil.Mais il n\u2019en fut pas toujours ainsi, Ce sont les médecins qui ont pris l'initiative, les uns de les construire, les autres de les agrandir.Le public et les pouvoirs centraux, sollicités, v ont participé; mais la tâche est devenue tellement onéreuse, qu\u2019on a dû doubler et tripler les équipes.L\u2019indigent y a été bien accueilli, grâce à la sage loi de l\u2019Assistance publique, œuvre d\u2019un autre médecin.Savez-vous ce que représente le travail des médecins des hôpitaux, chaque année ?Voici 467 quelques chiffres recueillis à votre intention et provenant d\u2019un de nos grands hôpitaux canadiens-français.En douze mois, on a donné 275,572 consultations gratuites, sans compter les opérations: 2,000, les examens de laboratoires ou autres, et les ordonnances: 96,408.En comptant une consultation 25 cts, une opération $5.00, une ordonnance 20 cts, 73 médecins ont, ainsi donné en services professionnels, gratuitement, à la classe des indi- cents, $312,407.00 en 1934, et depuis?.Con- naissez-vous ces faits?Enfin, les Facultés de Médecine.A qui doivent-elles leur existence, sinon aux médecins?Ai-je besoin d\u2019insister sur le bien qu\u2019elles accomplissent, sans bruit, et à la culture générale qu\u2019elles répandent au nom des universités?C\u2019est à un groupe de médecins de Montréal que nous sommes redevables de posséder l\u2019Université de Montréal, issue de Laval et implantée par eux, 1ci, en 1877.Quelle dette de reconnaissance nous leur devons! nous, leurs fils et leurs anciens élèves, et vous tous, MM.C.F.?Que serions-nous sans elle ?Quel est l\u2019avenir d\u2019une race si elle ne pratique pas le culte de ses universités?.Tout cela, c\u2019est du civisme pur, car il est, chaque fois, désintéressé et utile à la patrie.Voici donc quelques faits dont la brève énumération ne manque pas d\u2019intérét.Je ne plaide pas « pro domo ».Ils démontrent que, dans toutes les classes, 11 y à un civisme propre à chacune d\u2019elles.Mais, partout, il con- servo son pouvoir dynamique, sa richesse et son sens profond.Il témoigne de la valeur morale de l\u2019individu.Or, c\u2019est dans la morale chrétienne que le médecin trouve son pouvoir et qu\u2019il saisit le sens de sa responsabilité, parce qu\u2019elle est non seulement juste, sévère et impérieuse, mais fortifiante et civilisatrice.Voulez-vous un dernier exemple?Je l\u2019emprunte à l\u2019illustre Maréchal Lyautey, décédé il y a trois ans.Il fut l\u2019âÂme du Maroc français.Durant la guerre de 1914, il reçoit, un jour, l\u2019ordre d\u2019expédier en France ses régimonts disponibles. 468 Il gouverne un pays à peine conquis, pas civilisé, éloigné de la France, elle-même engagée dans une guerre d\u2019extermination.Terrible dilemne pour un chefl.«Je vous enverrai vingt bataillons et six batteries », ré- pond-il au ministre, «le reste suivra plus tard », mais, ajoute-t-il aussitôt, « envoyez- moi immédiatement dix médecins.» Dix médecins contre vingt bataillons et six batteries! Ce trait honore le médecin français et traduit la magnitude du maréchal.Je conclus.La pratique du civisme exige que l\u2019on accorde aux mots leur véritable signification: celle de tous les honnêtes gens ou de tous les gens cultivés.Ainsi, ne pas confondre: liberté et anarchie, autorité et discipline, ambition et envie, activité et agitation, humilité et hypocrisie, franchise et indiscrétion, courage et témérité, désintéressement et indifférence, abnégation et soumission, solidarité et partisannerie, résignation et découragement, prudence et égoïsme, tolérance et lâcheté, persévérance et ténacité, culture et dilettantisme, politique et politicien, patriotisme et chauvinisme.Que sals-jel.Tous ces mots ont des maitres différents qui ne s\u2019entendent guére hélas! dans la poursuite d\u2019un idéal commun à tous les véritables citoyens.Nous pourrions peut-être reviser notre vocabulaire.Bref, si la tristesse de l\u2019homme, a-t-on dit, est dans la vie sans espoir, l\u2019activité sans but et la pensée sans horizon, méditons quelquefois sur celles-ci: l\u2019une, de Marc-Aurèle, empereur romain du deuxième siècle de l\u2019ère chrétienne: « Lorsqu\u2019on peut accomplir une œuvre L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 selon la raison commune aux dieux et aux hommes, dit-il, et atteindre un but utile par une action bien conduite et qui s\u2019exerce selon la constitution, tu n\u2019as à redouter aucun dommage.» L\u2019autre, de Pasteur: « L'homme de science doit avoir la préoccupation de tout ce qui peut faire la gloire de sa patrie.» En voici une troisième du docteur E.-P.Lachapelle, de Montréal, ancien doyen: « L\u2019action est tout dans l\u2019achèvement d\u2019une réforme sociale; sans elle les découvertes scientifiques et les œuvres d\u2019art auraient péri dans les limbes d\u2019une gestation sans issue et le progrès moral de l\u2019espèce n\u2019aurait pas eu lieu.» Une quatrième, du professeur Rottot, de Montréal, ancien doyen: « Le but que le médecin se propose, c\u2019est de prolonger autant que possible l\u2019existence de l\u2019homme, c\u2019est de vaincre ses ennemis du dehors et du dedans qui lui ravissent les jouissances de la vie.C\u2019est d\u2019alléger au moins assez ses souffrances pour l\u2019empêcher d\u2019appeler la vie un mal.» Enfin, une dernière, plus récente, du professeur Achard, de Paris: « Dans les réunions internationales, dit-il, l\u2019amour du vrai, le souci du bien, dont chacun est pénétré, donnent à ces rencontres une beauté morale qui est l\u2019honneur de la profession.Pour être exempts de tout profit matériel, les intérêts spirituels et humanitaires ne sont ni moins recommandables ni moins utiles que les intérêts économiques.» Ces voix d\u2019outre-tombe ne sont autres que celles du civisme de tous les temps.Elles pourraient être, pour chacun de nous, de sages et utiles directives.Albert LeSAGE.1.Je désire citer quelques noms, parmi nos médecins canadiens-français décédés et qui ont pratiqué ce civisme avec sincérité et succès: les docteurs Lachapelle (E.-P.), Rottot, Lachapelle (Sévérin), Harwood.Mercier, Baulet, Dagenais, Dubé, etc.A.L. MÉMOIRES e e + LA GRANULOPÉNIE MALIGNE ! (suite) Par Albéric MARIN, (Montréal).Diagnostic L\u2019absence de signes cliniques caractéristiques dans ce syndrome impose l\u2019impérieuse nécessité de recourir à l\u2019examen hématologique qui fournira une réponse immédiate.Excepté dans certains syndromes mixtes, dans des leucémies aiguës atypiques l\u2019hémogramme nous renseignera pleinement et sur le champ.Dans la granulopénie pure, lorsque l\u2019angine est discrète et que l\u2019état général est très touché, on songera à la fièvre typhoïde, à l\u2019endocardite infectieuse.Cependant ces grandes infections ne s\u2019accompagnent pas de leucopénie basse.La fièvre typhoide est capable, il est vrai, d\u2019abaisser la numération leucocytaire, mais vers 4,000 \u2014 3,500 (Montpellier), et de donner une diminution des polynucléaires, mais de 35%, 30% rarement moins.Il y a loin de cette formule à celle de la granulopénie maligne.Dans la leucémie aiguë, on trouvera habituellement de l\u2019érythrocytopénie et de la thrombocytopénie.Le nombre des globules blancs est des plus variables: de 600 à 100,000 (Kracke).Lorsque ceux-ci sont réduits la difficulté est plus grande.Sa caractéristique réside dans la présence de cellules immatures à un taux qui peut monter jusqu\u2019à 100% (à prédominance ou de myéloblastes, ou de lym- phoblastes ou de monoblastes).Quelques cellules jeunes s\u2019observeront peut-être aussi dans la granulopénie au moment de la convalescence (Jackson).Ajoutons que l\u2019état de pros- 1.Rapport présenté au Congrès de « l\u2019Association des dermatologistes de langue française », Paris 1939.Voir l\u2019Union Médicale de février, de mars et d\u2019avril 1940.tration est moins marqué dans la leucémie aiguë.La tuberculose rapidement évolutive donne parfois une leucopénie de 3,000 éléments avec polynucléose.Dans les formes associées, les signes d\u2019anémie ou de purpura hémorragique pourront passer au premier plan.Ici encore l\u2019hémogramme nous apporte de précieux renseignements.En présence d\u2019accidents bucco-pharyngés très intenses avec enduit diphtéroïde, on pense d\u2019abord à la diphtérie.L\u2019examen bactériologique et hématologique tranche la difficulté.La diphtérie s\u2019accompagne d\u2019une polynucléo- se assez élevée (15,000).Il y a aussi l\u2019angine de Vincent.Il faut se rappeler que l\u2019association fuso-spirillaire est souvent retrouvée chez les granulopéniques.Toutefois l\u2019état général n\u2019est pas touché dans la stomatite de Vincent et le tableau sanguin n\u2019accuse pas de granulopénie.L\u2019angine & streptocoque, avec septicémie, est susceptible d\u2019entrainer de la leucopénie, rarement inférieure à 4,000 et avec en plus une forte polynucléose (80%, 85%).Il y a plutôt de la leucocytose.L\u2019adéno-lymphoïdite bénigne (Chevallier) ou glandular fever (Pfeiffer) ou acute benign lymphadenosis (Musser, Wintrobe) ou angine lympho-monocytaire (Sabrazés, Saric) ou angine & monocytes, ou mononucléose infectieuse (Sprunt, Evans) prête à confusion par son début brusque, sa fièvre élevée, sa forte angine.Elle provoque une hypertrophie beaucoup plus forte des ganglions angulo-maxillaires, 470 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 latéro-cervicaux, et des autres groupes ganglionnaires.On constate une hypertrophie de la rate, souvent décelable au palper (Poumailloux).La guérison qui en est la règle s'opère en 15-20 jours.Son tableau sanguin diffère sensiblement d\u2019avec celui de la granulopénie maligne.La formule rouge est normale.Il y a habituellement de la leucocytose, jusqu\u2019à 30,000.Parfois cependant le nombre des globules blancs stationne aux alentours de la normale, mais il n\u2019y a pas de leucopénie.L\u2019équilibre leucocytaire est aussi bouleversé dans cette infection.Le taux des polynucléaires s\u2019abaisse en même temps que s\u2019élève celui du groupe lympho-monocytaire.La valeur des neutrophiles tombe à 25%, 15%, (même à 0% mais passagèrement).Le pourcentage respectif des lymphocytes et mo- GRANULOCYTOPENIE MALIGNE PURE.Glob.Rouges 4,500,000 4,400,000 5,300,000 4,125,000 4,000,000 Hém.95% 80% 98% 799% 95% Glob.Blancs 1,700 700 860 1,200 1,000 Poly.neut.8% 12% 1% 8% % Lympho.68% 76% 16% 80% 82% Cels trans.22% \u2014 \u2014 \u2014 5% Monocytes 2% 12% 17% 129, 13% (Benjamin, (Gray) (Hall) (Hall) (Jackson) Bierderman) Glob.Rouges 4,000,000 4,410,000 4,020,000 3,200,000 4,710,000 Hém.98% 90% 70% 819, 60% Glob.Blancs 1,200 1,200 2,100 1,000 2,900 Poly.neut.1% 12% 6% 0% % Lympho.90% 62% 94% 93% 62% Cels trans.2% 4% \u2014 29, 389, Monocytes 7% 209, \u2014 59%, \u2014 (Jackson) (Martin) (Carus) (Hunter) (Gager, Speer) GRANULOPÉNIEHÉRYTHROPÉNIE.(MYÉLOSE APLASTIQUE.) Glob.Rouges 1,290,000 1,700,000 600,000 Hém.259, 42% 15% Glob.Blancs 2,400 500 1,000 Poly.neut.% 16% 30% Cels jeunes 28% \u2014 9%, Lympho.69% 12% 52% Monocytes 3% 12% 4% (Heim) (Léger, (Bertrand, Bernier) Simard) ADÉNO+HILYMPHOÏDITE AIGUË BÉNIGNE.Glob.Rouges 5,210,000 5,100,000 5,276,000 3,536,000 Plaquettes 390,000 Hém.859, 909, 85% Glob.Blancs 38,000 11,000 36,000 8.000 Poly.neut.20% 459, 23% 19% Lympho.10% 28% 44% 31% Monocytes 10% 20% 322% 46% nocytes est inconstant (Kracke): tantôt il est à prédominance monocytaire (Laubry, Marchal), ce qui a fait nommer cette infection, angine à monocytes, tantôt à prédominance lymphocytaire (Sabrazès et Saric).Généralement le groupe lympho-monocytaire représente de 40% à 75% de la numération totale leucocytaire (Fontana).© (Kracke) (Poumailloux) (Poumailloux) (Poumailloux) Les traits hématologiques dominants de l\u2019a- déno-lymphoïdite bénigne sont donc: numération leucocytaire augmentée ou normale, augmentation absolue des lymphocytes et monocytes, neutropénie seulement relative dans le cas de leucocytose (en réalité, il y a alors de la polynucléose (Kracke, Jackson, Fitz- Hugh).> AP SEI \u2014iar 2\" = MARIN: GRANULOPENIE MALIGNE Or, la granulopénie maligne est due a la carence d\u2019éléments myéloides (Achard).Une épreuve relativement nouvelle peut du reste trancher la difficulté: l\u2019agglutination des anticorps hétérophiles.Les lysines anti-mouton du sang humain sont détruites par un chauffage à 56° mais les agglutinines sont conservées.Dans la mononucléose infectieuse et seulement dans ce cas, le pouvoir agglutinant an- ti-mouton devient extraordinairement élevé (Paul, Bunnell, Durupt).D\u2019après la méthode de Davidshon, des solutions de plus en plus étendues du sérum à examiner sont préparées et mises en présence d\u2019une suspension de globules de mouton.Normalement, il est agglutinant jusqu\u2019au titre de 1:16.Celui-ci peut s\u2019élever à 1:28 si le sujet a reçu dans le passé un traitement sérothérapique.Au delà, 11 n\u2019y a que la mononucléose infectieuse pour provoquer des agglutinations à des titres si dilués.On aurait trouvé des résultats positifs avec des dilutions à 1:4096 (Davidsohn, Bernstein).La ponction sternale contribuera à éclaircir un diagnostic hésitant.Celle-ci sous anesthésie locale, faite au trocart, n\u2019est pas pénible pour le malade si l\u2019on a soin de ne soutirer qu\u2019une faible quantité de moelle: 1 à 2 c.c.(Young, Osgood).Les tests cutanés divers, le Prausnitz- Kuntzner, ne donnent que des résultats infidèles; parfois douteux, (Disselmeyer) ils sont le plus souvent négatifs (Biederman, Benjamin, Fitz-Hugh).Pronostic Le pronostic sombre de la granulopénie' maligne s\u2019est singulièrement éclairei au cours de ces dernières années, depuis qu\u2019on en connaît mieux les causes.Le taux de mortalité qui s'élevait jusqu\u2019à 90% est tombé à 30% (Jackson).L'introduction de méthodes thérapeutiques nouvelles a aussi largement contribué à diminuer le nombre de morts.471 Les éléments de prévision se trouvent surtout du côté de la formule sanguine.Toutefois une invasion brutale, une ascension brusque et élevée de la température avec une sensation de faiblesse extrême sont de mauvais augure.La forme évolutive suraiguë est très fréquemment fatale ainsi que plusieurs formes aiguës.Dans ces cas, l\u2019'hémogramme expose presque constamment un tableau de granulopé- nie maligne pure.Lorsque le syndrome évolue plus lentement il peut s\u2019associer à des déficiences de la série rouge.S'il survient une septicémie, de l\u2019ictère, de la broncho-pneumonie, l\u2019évolution prend une tournure très sévère.L\u2019étendue des lésions ulcéro-nécrotiques bucco-pharyngées ou leur discrétion ne constituent pas nécessairement un mauvais indice.Des malades meurent avec peu de manifestations angineuses et le contraire s\u2019observe tout aussi souvent.La formule sanguine donne de meilleurs renseignements.L'avenir immédiat peut être apprécié par le degré de la leucopénie, par le taux de la diminution des polynucléaires dans le sang et dans la moelle osseuse.Des hémogrammes successifs indiquent le rythme et l\u2019orientation de l\u2019évolution.Si la leucopénie est basse (1,000 globules blancs et moins) avec un pourcentage infime de polynucléaires, le pronostic est réservé (Angle, Spake).Les cas graves montrent une chute rapide et constante des granuleux.Néanmoins, il est de nombreux malades qui, après une leucopénie intense et une neutropénie absolue reviennent à la santé.Jackson, chez 10 sujets avant présenté une numération leucocytaire très réduite (entre 500 et 200) avec neutropénie absolue, ne vit mourir que quatre femmes (respectivement âgées de 30, 50, 65 et 88 ans).Cinq des six survivants avaient été traités par la Pentnu- cléotide.La ponction sternale aide à l\u2019interprétation des signes sanguins.La reprise de l\u2019activité 472 médullaire fait espérer que la formule du sang circulant s\u2019améliorera.Mais même lorsque l\u2019équilibre leucocytaire a une tendance nette à remonter, le pronostic deviendra franchement mauvais si une complication pulmonaire ou une septicémie se déclare.Une poussée de monocytes est d\u2019excellent augure.Certains auteurs ont signalé comme signe favorable une apparition d\u2019éosinophilie (Cassoute, Poinzo, Zuccoli).Le retour à la santé peut se faire rapidement L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 et complètement, en 15-20 jours.La plupart des sujets reprennent leurs occupations habituelles sans crainte de rechutes, à condition d\u2019en éviter les causes.Toutefois, il en est qui après des périodes de vie normale, font des récidives sans motifs apparents, d\u2019autres qui pendant des mois restent dans un état chronique de déficience des neutrophiles, laquelle si elle s\u2019exagère, provoque une nouvelle crise, parfois fatale.(A suivre.) Messieurs les médecins qui changent de domicile sont priés de donner leur nouvelle adresse au secrétariat: 326 est, Boulevard St-Joseph \u2014 LA.9888, afin qu'ils puissent recevoir l'« UNION MEDICALE DU CANADA » sans aucune interruption. CALCULS DU PANCRÉAS ! Par Charles-Emile GRIGNON et Georges LECLERC.Nous présentons l\u2019observation d\u2019un cas de lithiase pancréatique diagnostiqué radiologi- quement durant la vie du malade, à l\u2019occasion d\u2019un état pathologique particulier.Notre diagnostic n\u2019a pas reçu la confirmation d\u2019une laparotomie exploratrice.Les ombres opaques de la radiographie avaient une disposition tellement caractéristique qu\u2019il n\u2019était pas question d\u2019envisager la possibilité d\u2019un diagnostic différentiel.Toutefois, nous avons fait une radioscopie avec un tube d\u2019Einhorn opaque en place dans le duodénum.Nous avons alors constaté que toutes les taches sombres étaient a demi circonscrites dans la concavité de la sonde.De plus, en tournant un peu le malade, on voyait qu\u2019elles étaient dans un plan légèrement postérieur au plan du duodénum.Enfin les battements de l\u2019aorte imprimaient de petites oscillations à ces taches.L\u2019exploration fonctionnelle de la glande pancréatique a révélé une insuffisance de la sécrétion externe.Les selles contenaient des fibres musculaires non digérées ainsi que des graisses neutres.L\u2019index diastasurique était abaissé.Il y avait une diminution notable de l\u2019activité lipasique et de l\u2019activité trypsique du suc duodénal.Cet état pathologique qui a orienté notre diagnostic et sur lequel nous désirons attirer l\u2019attention, c\u2019est le diabète à bascule.Il se caractérise par les caprices de la glycosurie et de la glycémie vis-à-vis de l\u2019insuline.La glycosurie est presque permanente quelle que soit la dose de l\u2019insuline.La glycémie semble controlable avec une dose déterminée d\u2019insuline.Mais le malade peut faire de l\u2019hyper ou de l\u2019hypoglycémie aux moments les plus inattendus.Si vous baissez la dose de l\u2019insuline, il peut réagir par une crise d\u2019hypoglycémie.Et 1.Travail fait dans le service de Médecine du Professeur A.Léger, à l'hôpital Notre-Dame.Communication présentée à la Réunion scientifique du Bureau Médical de l'hôpital Notre-Dame, 14 décembre 1939.si vous augmentez l\u2019insuline, il fera parfois de la glycosurie.Ce comportement paradoxal du métabolisme hydrocarboné constitue le diabète à bascule.Bien qu\u2019il ne soit pas fait mention de ce diabète capricieux par les auteurs qui ont étudié la lithiase pancréatique, notre observation n\u2019est pas un fait isolé.Le Dr L.-H.Gariépy présentait un cas de ce genre à la réunion scientifique du bureau médical de l\u2019hôpital Notre-Dame, le 20 octobre 1938.(Voir l\u2019Union Médicale du Canada, janvier 1939, p.75 à 78.) Le diabète à bascule n\u2019est pas à vraiment parler une variété de diabète.C\u2019est plutôt un comportement spécial de la maladie, attribuable à l'insuffisance de la sécrétion externe du pancréas.Les manifestations de cette insuffisance sont commandées par la variabilité de l\u2019absorption des aliments ingérés par le malade.Lorsque l\u2019assimilation alimentaire est dans les limites de la normale, le malade utilise son insuline comme un diabétique ordinaire.Mais lorsque l\u2019assimilation est insuffisante, les mêmes doses d\u2019insuline maintiennent le malade dans un état voisin de l\u2019hypoglycémie.D\u2019autre part, quand le malade prend un repas d\u2019une plus grande digestibilité qu\u2019à l\u2019ordinaire, son insuline ne suffit pas à maintenir sa glycémie en deça de son seuil glycosurique.En quelques mots, le malade est éminemment sensible aux petites variations de la digestibilité alimentaire à cause de la sécrétion peu abondante des diastases pancréatiques.* * * Voici l\u2019observation de notre malade: Observation.Charles Bout.(dossier 7637- 1939), agé de 28 ans, consulte son médecin au début de janvier 1937 pour douleurs aux jambes et aux reins depuis 3 mois, faiblesse progressive et amaigrissement de 40 livres depuis 474 18 mois environ.Son médecin lui fait une prise de sang et analyse d\u2019urine.Il constate une glycosurie de 60 grms au litre et une glycémie à jeun de 6 grms au litre (Glycémie faite au laboratoire municipal).Alors, il conseille | l\u2019hospitalisation à l'hôpital Notre-Dame.I.Hospitalisé du 21 janvier au 16 mars 1937 (hôpital Notre-Dame).À son entrée, il présente les symptômes suivants: faiblesse, fatigue, polydypsie, polyurie intense depuis un an; il a toujours besoin de manger; douleurs aux jambes et aux lombes depuis un an; son poids est de 114 livres; il aurait pesé 155 ou 160 en 1933, et son poids moyen serait de 140 livres.Analyse des urines: Glycosurie 20 grms au litre Acétone oui Acide diacétique non Analyse du sang: Glycémie 2.85 grms au litre Azotémie 0.55 grms au litre Cholestérol 3.33 grms au litre Diagnostic: Diabète sucré avec acidose et dénutrition azotée.Traitement : (a) Régime Après quelques variations dans le régime, on lui donne le régime définitif suivant: Glucides 254 \u2014 Lipides 42 \u2014 Protides 105.(b) Insuline ordinaire: 22 janvier 10-10-10 26 janvier 15-15-15 5 février 20-20-20 3 mars 15-15-15 16 mars 20- 0-20 Evolution Glycémie Glycosurie Poids 23 janvier 2.00 15.1 114 25 janvier 2.50 14.7 116 28 janvier 2.43 11.9 115 1 février 1.14 10.116 11 février 1.42 Traces 119 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.mai 1940 Evolution Glycémie Glycosurie Poids 15 février 1.29 8.3 119 19 février 1.25 Traces 121 26 février 0.66 Traces 122 4 mars 1.17 0.120 8 mars 1.20 6.4 121 16 mars 1.00 0.122 13 février: Angine cryptique \u2014 Temp.102 18 février: Extraction dentaire 6 mars: Radilographie pulm.: normale Congé le 16 mars 1937.Au départ du malade, on fait les remarques suivantes sur son dossier: « Diabète semblant aigu chez un jeune homme de 25 ans.Au début, très mauvaise utilisation de l\u2019insuline, puis à la fin contrôle plus facile.Serait-ce que chez lui le diabète n\u2019est pas d\u2019origine pancréatique?D\u2019autre part la mauvaise utilisation de l\u2019insuline pourrait être expliquée par un foyer d\u2019infection quelque part, pulmonaire?amygdalien?Nous avons l\u2019impression qu\u2019avant longtemps ce malade nous reviendra dans un très mauvais état.» IT.Traité au dispensawre des maladies de la nutrition (hôpital Notre-Dame).Du 23 mars 1937 au 22 février 1938, il se présente 32 fois au dispensaire.On lui fait une analyse d\u2019urine chaque fois avec les résultats suivants: présence de sucre, 15 fois; traces de sucre, 4 fois; aglycosurie, 13 fois.Jamais d\u2019acétonurie.On lui fait 22 glycémies avec les résultats suivants: Glycémie variant de 0.66 à 1.20 8 fois Glycémie variant de 1.21 à 2.00 6 fois Glycémie variant de 2.01 à 3.33 8 fois On le maintient toujours au même régime, mais on doit varier les doses d\u2019insuline assez souvent.En juin 1937, on lui donne de l\u2019In- suline-Protamine-Zinc.On doit aussi modifier fréquemment la dose de cette variété d\u2019insuline.Le malade suit bien son régime, à son dire, à part quelques infractions révélées franchement.En février 1938, son poids avait atteint 138 livres, soit un gain de 24 livres en GRIGNON Er LECLERC: CALCULS DU PANCRÉAS un an.Alors, il cesse de venir au dispensaire parce qu\u2019il se croit suffisamment guéri.III.Aucun traitement (23 février 1938 au 12 septembre 1939).Il abandonne compiètement son régime.Il continue cependant à prendre des piqûres d\u2019insuline durant 4 à 5 mois.Ensuite, il abandonne tout: régime et insuline.Il se permet même de prendre 3 à 4 bouteilles de bière par soir, 2 à 3 fois par semaine.Lorsqu\u2019il travaille, il se sent bien.S\u2019il ne travaille pas, il éprouve des sensations de pesanteur et de la fatigue.En juin 1939, il commence à être moins bien et à ressentir des faiblesses dans les jambes.La polydypsie et la polyurie s\u2019installent, et la polyphagie les complète un mois plus tard.Le 12 septembre 1939, il se présente au dispensaire après une absence de 19 mois.On l\u2019hospitalise immédiatement.IV.Hospitalisé le 13 septembre 1939 au 19 décembre 1939 (hôpital Notre-Dame).Analyse des urines: Glycosurie 50 grms au litre Acétone oui Acide diacétique non Analyse du sang: Glycémie 2.94 grms au litre Azotémie 0.54 grms au litre Cholestérol 4.16 grms au litre Poids: 110 livres On lui donne le régime suivant: Glucides 254 \u2014 Lipides 45 \u2014 Protides 75.Insuline ordinaire: 20 unités et I.P.Z.40 unités.Evolution Glycémie Glycosurie Poids 13 septembre 2.94 16 116 20 septembre 1.00 17 117 26 septembre 1.53 10 116 2 octobre 1.00 Traces 115 7 octobre 0.60 0 115 Durant toute cette période, on fait de minimes variations dans les doses d\u2019insuline.Le 13 octobre, on met le malade à l\u2019Insuline- Protamine-Zinc seule.On lui donne 40 unités 475 le matin.Devant la glycosurie persistante on doit donner 48 unités.Alors le malade fait une réaction d\u2019hypoglycémie.On baisse ensuite l\u2019insuline à 44, puis à 36 puis à 32 unités.Du 3 novembre au 13 novembre, extraction de 19 dents, en 4 séances, sous anesthésie locale.Durant ces 10 jours, la glycosurie est capricieuse et incontrolable.Aglycosurie avec 32 unités d'insuline, mais glycosurie avec 40 et 44 unités.Le malade devient aglycosurique avec 44 unités d\u2019insuline, le 16 novembre.On baisse l\u2019insuline à 40 unités.Apparition de sucre dans les 5 échantillons d\u2019urine des 24 heures, 6 jours plus tard (22 novembre).Radiographie pulmonaire: Rien d\u2019anormal (20 octobre).Analyse des selles (30 octobre): Présence de fibres musculaires et de graisses non digérées.Nous sommes en présence d\u2019un cas de diabète grave qu\u2019il a été difficile d\u2019équilibrer avec RAPE as l\u2019insuline ordinaire en 1937, et encore plus difficile avec l\u2019I.P.Z.au dispensaire.Il a abandonné le traitement durant 19 mois.Et, du- a\u201d FE 476 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 rant les 70 premiers jours de la présente hospitalisation, on a noté la présence de sucre dans 52 analyses des urines des 24 heures.Devant cette consistante glycosurie et devant la nécessité de varier très fréquemment les doses d\u2019insuline, nous avons pensé à la possibilité de calculs du pancréas, et avons fait faire une radiographie de cet organe.Radiographie du pancréas (23 novembre 1939).«On note dans la région du pancréas une multitude de taches de forme et de grandeur très irrégulières et assez denses.Ces taches paraissent être des calculs du pancréas.» « En superposition avec la moitié droite du corps de LZ?et avec l\u2019apophyse transverse droite de L*, on voit 4 à 5 taches opaques à contours flous ayant à peu près la dimension d\u2019un gros pois.Sur la moitié gauche du corps de L!, 2 taches opaques plus grandes que les précédentes et légèrement confluentes.Multitude de petites taches sur le bord droit de 12 et L*, sur le corps de L* et L*.Petites taches disséminées et de dimensions variables dans l\u2019angle formé par le bord gauche de L! et la 12e côte gauche.Ces dernières taches sont plus floues que les autres et ont un aspect cotonneux.» (Dr D.Léonard.) Après le 23 novembre, le malade est demeuré aglycosurique avec 44 unités d\u2019I.P.Z.Réaction hypoglycémique 9 jours plus tard.Du 3 au 19 décembre, la glycosurie est toujours absente.Nous donnons alors 40 unités d\u2019I.P.Z.Durant les 97 jours de sa présente hospitalisation, le patient a fait 3 réactions hypo- glycémiques importantes (30 sept, 27 oct., 2 déc.) Lors de la première le patient était aglycosurique depuis une journée seulement et sa glycémie faite 3 jours auparavant était de 1.53 grms au litre.La deuxième réaction est survenue après 4 jours d\u2019aglycosurie et la troisième réaction après 8 jours d\u2019aglyco- surie.Ces réactions ne semblent pas explicables par des erreurs de régime ni par des erreurs d\u2019insuline.L\u2019accumulation des effets de l\u2019I.P.Z.ne peut être invoquée puisque 40 unités auraient provoqué un effet cumulatif en 6 jours tandis que 44 unités auraient produit ce même effet en 9 jours.Pour aider à l\u2019action de I'l.P.Z.chez ce grand malade, nous avons prescrit une marche d\u2019une heure après chaque repas.Cette prescription fut observée à partir du 23 novembre et depuis ce temps, seulement 7 analyses d\u2019urine ont révélé la présence de traces de sucre.Poids du malade le 19 décembre \u2014 116 livres.Analyses complémentaires faites après la découverte de la lithiase pancréatique: Drastasurie: 8 unités (30 novembre).Epreuve de la Phénol-Sulfone-Phtaléine (12 décembre) : après 35 minutes 58% après 70 minutes 22% TOTAL 80% Dosages des diastases du suc duodénal (11décembre) : Lipase Trypsine Suc pylorique 7.3 3.2 Suc duodénal (DT) 5.8 2.8 Suc duodénal (D IT) 8.2 2.5 Pouvoir lipasique normal: 35 à 60 unités.Pouvoir trypsique normal: 7.5 à 12 unités.Analyse des selles (18 décembre) : graisses neutres 14.70 acides gras libres 10.70 savons 22.01 Nous n\u2019avons pas fait l\u2019épreuve à la sécrétine (de Chiray), car il est impossible de se procurer cette substance au Canada.Nous nous sommes contentés de faire le dosage des activités lipasiques et trypsiques sur des prélèvements pris à divers niveaux du pylore et du duodénum, sous le contrôle radiologique.Ces échantillons ont donné des chiffres diastasiques notablement inférieurs à la normale.À la lumière de ces analyses, on peut conclure de manière certaine à une insuffisance de la sécrétion externe du pancréas.\u2014\u2014 cat GRIGNON ET LECLERC: CALCULS DU PANCREAS La radiographie de la vésicule biliaire après opacification par iodéikon a montré qu\u2019elle était de volume normal, très bien colorée et ne renfermait pas de calculs.* * * Revue générale de la question La lithiase pancréatique est considérée comme une affection rare.La possibilité de son existence fut reconnue, en 1667, par Graaf qui publiait observation d\u2019un malade à l\u2019autopsie duquel on avait découvert de petites pierres dans le pancréas.En 1900, Oser réunissait dans une étude d\u2019ensemble les 70 cas publiés jusqu\u2019à cette date.Son travail fut complété à plusieurs reprises, et le nombre des cas était porté à 101 par Seeger (1925), à 108 par Ackman et Ross, aux environs de 125 par Mayo (1936) et à 204 par Haggard et Kirtley (1939).Une analyse de cette dernière statistique montre que les chiffres d\u2019Ackman et de Mayo étaient trop faibles.D'ailleurs il existe un peu de confusion dans d\u2019autres statistiques.La thèse de Bioy (1937) porte sur 150 cas, et en 1938, Marshall publie le 148e cas.Hoechs- tetter affirme que 113 cas ont été publiés jusqu\u2019à 1937.Nous ne tenterons pas de résoudre le problème.La rareté de la lithiase pancréatique est plus grande dans la littérature que dans la réalité.Selon Chiray, cette apparente rareté des calculs du pancréas vient de leur fréquente méconnaissance.Lui-même (1939) 1l a observé 5 cas en 3 ans dans son service.Gutmann (1933) a posé, en 2 ans, cinq fois le diagnostic de caleuls du pancréas.A la clinique Mayo, on a publié 8 cas: 4 en 1921 et 4 en 1925.Mais un relevé de tous les dossiers et des protocoles d\u2019autopsie fixe à 25 le nombre total des cas rencontrés à la clinique jusqu\u2019en 1936.Gillies (1939) a fait le diagnostic chez 2 patients en 2 mois.À l\u2019hôpital Notre-Dame, nous avons observé 2 cas en moins de 15 mois.On peut dire que 55% des cas publiés sont des trouvailles d\u2019autopsie, 30% des découvertes chirurgicales, 5% des découvertes ra- 477 diologiques accidentelles et 10% des diagnostics radiologiques.Ces chiffres sont donnés avec grande réserve.Mayo disait en 1936 que l\u2019affection n\u2019avait pas été diagnostiquée correctement plus que 10 fois.SYMPTÔMES CLINIQUES Les symptômes de la lithiase pancréatique sont la douleur au creux épigastrique, la glycosurie, la diarrhée et la stéatorrhée, l\u2019amaigrissement, l\u2019ictère et plus rarement les nausées, les vomissements et l\u2019anorexie.1.La douleur au creux épigastrique constitue le symptôme le plus important.Elle est située un peu à droite de la ligne médiane ou dans la région de l\u2019hypochondre gauche.Parfois elle est annoncée par des malaises vagues: anorexie, subictère.Plus souvent, elle survient brusquement sous la forme d\u2019une violente crise de colique.Elle peut prendre les caractères d\u2019une douleur sourde et permanente, d\u2019un point douloureux intermittent, d\u2019une brûlure intolérable ou donner la sensation pénible d\u2019une déchirure.C\u2019est toujours la douleur de la pancréatite avec ses irradiations variables: au dos, à l\u2019hypochondre gauche, à l\u2019épaule droite, aux régions scapulaires, aux lombes.Cette douleur n\u2019a pas d\u2019horaire fixe dans la journée.Elle peut survenir à jeÜûn, après les repas, ou durant la nuit.Les aliments gras et les excès alcooliques seraient susceptibles de causer des exacerbations de la douleur.Dans certains cas, elle survient par crises de 2 à 3 jours, avec longues périodes d\u2019accalmie.Dans ces cas, les crises se rapprochent à mesure que la maladie progresse.La palpation de la région épigastrique permet quelquefois de mettre en évidence un point douloureux.La douleur peut manquer dans certaines formes de la maladie, comme chez notre malade.2.La glycosurie se rencontre fréquemment, surtout dans la phase avancée de la maladie, lorsque les îlots de Langerhans sont envahis par la fibrose.Oser avait trouvé ce symptôme 24 fois sur 70 cas.Marcel Labbé a colligé 20 478 observations récentes où l\u2019on avait rencontré l\u2019association du diabète et de la lithiase pancréatique.Dans une revue de 65 cas opérés pour calculs du pancréas, Haggard et Kirtley ont constaté que seulement 6 patients avaient présenté de la glycosurie.La glycosurie aurait une grande valeur comme symptôme révélateur.Chiray a constaté que les lithiasiques pancréatiques qui ne font pas de glycosurie, ont au moins une courbe paradiabétique d\u2019hyperglycémie provoquée.3.La diarrhée et la stéatorrhée s\u2019expliquent par la digestion incomplète des aliments, en présence d\u2019une sécrétion pancréatique externe déficiente.Les selles sont grises, pâteuses, grasses et fétides.À l\u2019analyse, on note qu\u2019elles contiennent des fibres musculaires, des graisses et des grains d\u2019amidon non digérés.Dans quelques cas très exceptionnels, on a constaté dans les selles, la présence de petits calculs de carbonate de calcium.Ce dernier symptôme est le seul signe clinique de certitude en faveur de la lithiase pancréatique.Durant les crises douloureuses, le malade peut avoir jusqu\u2019à 15 et 20 selles par jour.En dehors des crises, il peut faire de temps à autre de la diarrhée post-prandiale.4.L\u2019amaigrissement est une conséquence de la glycosurie et de la diarrhée.Le malade perd rapidement de 15 à 20 livres à la suite de chacune des crises douloureuses.Il reprend son poids entre les crises.Si la maladie n\u2019évolue pas par crise, l\u2019amaigrissement est sous la dépendance des périodes de diarrhée et de glycosurie.5.L\u2019ictère se rencontre s\u2019il existe une compression mécanique ou inflammatoire au niveau des voies biliaires.Ce symptôme qui existerait dans 20 à 25% des cas est celui qui nuit le plus au diagnostic, car il nous oriente immédiatement vers une affection vésiculaire.6.Les nausées, les vomissements et l\u2019anorexie se rencontrent parfois.Dans un cas de Chiray, les vomissements soulagealent le malade de ses douleurs.S\u2019il est facile de rechercher et de constater la plupart de ces symptômes chez un malade L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.mai 1940 que nous savons porteur de calculs du pancréas, il n\u2019est pas aussi facile de poser le diagnostic par la présence plus ou moins complète de cette symptomatologie.Elle peut se rencontrer avec des modifications minimes dans les pancréatites, dans les kystes du pancréas, dans les cancers du pancréas, dans les cholécystites, dans les lésions du pylore ou du duodénum ete.Le diagnostic clinique de la lithiase pancréatique est impossible.SIGNES RADIOLOGIQUES C\u2019est la radiologie qui pose le diagnostic de la lithiase pancréatique.Mais une radioscopie n\u2019est pas suffisante pour déceler les calculs, sauf s\u2019ils sont très gros.Il faut faire une radiographie et cette dernière doit être prise avec un temps de pose rapide (1/5 seconde).En raison de la position anatomique du pancréas, situé au devant de l\u2019aorte, les caleuls n\u2019ont jamais une immobilité absolue, même lorsque le malade retient sa respiration.Lorsque la radiographie a démontré la présence d\u2019ombres opaques dans la région du pancréas, la radioscopie peut être utile pour les situer dans le sens antéro-postérieur et par rapport aux divers organes, à condition qu\u2019elles ne soient pas trop petites, car alors elles seraient absolument invisibles en scopie.Les calculs du pancréas ont une grande opacité aux rayons X.Ils sont visibles sur les clichés, même s\u2019ils sont situés au devant des corps vertébraux.Ils sont nettement plus opaques que les calculs biliaires.Cependant ils n\u2019ont jamais une netteté parfaite.Leurs contours ont toujours un aspect flou, imprimé par les battements de l\u2019aorte.Lorsque les calculs sont nombreux, l\u2019ensemble des ombres opaques dessine à peu près la forme du pancréas, qui est couché transversalement au devant des premières vertèbres lombaires avec une légère inclinaison de bas en haut et de droite à gauche.Les calculs de la tête sont situés sur le flanc droit et au devant de la moitié droite du corps d\u2019une ou de deux des trois premières vertèbres lombaires.Les caleuls du corps du pancréas sont placés au +RIGNON rr LECLERC: CALCULS DU PANCR ÉAS devant des corps vertébraux de la douzième dorsale et de la première lombaire, et ceux de la queue du pancréas prolongent l\u2019image jusqu\u2019à 5 ou 6 cm du flanc gauche de ces mêmes vertèbres.Dans la lithiase localisée, les taches opaques sont le plus souvent groupées au niveau de la tête pancréatique, c\u2019est-à-dire sur le flanc droit des premières vertèbres lombaires.Le calcul unique occupe la tête ou le corps du pancréas.Il est donc situé sur le flanc droit ou au devant du corps des premières vertèbres lombaires.D\u2019après Gillies, les caleuls du pancréas sont situés au-dessous du plan qui passe par le bord supérieur de la première vertèbre lombaire et au-dessus du plan qui passe par le bord inférieur de la troisième vertèbre lombaire.Les caleuls ne seraient que rarement situés au-dessus et jamais au-dessous de ces limites.Le diagnostic radiologique de la lithiase généralisée est relativement facile.À part les taches de baryum résiduelles d\u2019un repas ba- ryté antérieur, aucune condition pathologique ne peut imiter la répartition des caleuls pancréatiques.Lorsque les calculs sont peu nombreux, et surtout s\u2019il s\u2019agit d\u2019un caleul unique, l\u2019interprétation des clichés n\u2019est pas facile.Il faut éliminer le diagnostic de calcul de la vésicule ou du cholédoque, celui de calcul du rein ou de l\u2019uretère, sans oublier la possibilité des ganglions calcifiés ou des concrétions intestinales.Souvent, il est nécessaire de faire une radiographie de la vésicule biliaire après opacification ou une pyélographie pour voir si les ombres opaques n\u2019appartiennent pas à la vésicule ou au bassinet.Carnot conseille une radiographie avec sonde opaque en position dans le duodénum pour mieux localiser les caleuls du pancréas.La radiographie de profil peut aussi rendre des services.La radiologie est le plus grand facteur de diagnostic pour la lithiase pancréatique.Cependant, elle n\u2019est pas toute puissante et on a rapporté dans la littérature des cas de calculs qui avaient échappé à l\u2019examen radio- graphique.D\u2019autres caleuls n\u2019ont été reconnus 479 sur les clichés qu\u2019après le diagnostic de l'exploration chirurgicale.EXAMENS SPÉCIAUX DE LABORATOIRE Certains procédés de laboratoire peuvent aider au diagnostic: dosage des diastases dans le sang, mesure de la diastasurie, épreuve à la sécrétine et dosage simple des activités lipa- siques et trypsiques du suc duodénal.Jusqu\u2019à date, ces procédés de laboratoire n\u2019ont que très rarement servi au diagnostic.Ils ont été le plus souvent utilisés pour l\u2019étude approfondie de certains cas confirmés de caleu- lose pancréatique.Les méthodes de dosage des diastases dans le sang n\u2019ont pas été employées systématiquement avec succès en clinique.La diastasurie de Wolgemuth est bien connue.Elle indique la quantité de diastase éliminée par les urines.L\u2019index diastasique de l\u2019urine normale varie entre 6 et 30 unités.Une diastasurie élevée est un indice d\u2019obstruction pancréatique.Une diastasurie basse indique soit une lésion rénale, soit un hypo- fonctionnement de la sécrétion externe du pancréas.On accorde une grande importance aux valeurs augmentées de la diastasurie (au delà de 100 unités) et on considère que les diastasuries basses ne sont pas nécessairement pathologiques.Dans la lithiase pancréatique, l\u2019index diastasurique est abaissé comme dans les autres pancréatites chroniques.L'épreuve à la sécrétine, préconisée par Ch1- ray et Bolgert, consiste dans le dosage de l\u2019activité lipasique et de l\u2019activité trypsique du suc duodénal recueilli par la sonde d\u2019Ein- horn après une injection intraveineuse de sécrétine.On calcule la moyenne des activités de 5 échantillons de suc duodénal prélevé de 5 en 5 minutes.Chiray et Bolgert ont pratiqué cette épreuve 11 fois chez 5 malades atteints de lithiase pancréatique.Ils ont trouvé une activité lipasique variant entre 0.6 et 4 unités (normale 35 à 60 unités) et une activité tryp- sique inférieure à 1.2 unités (normal 7.5 à 12.5 unités).Selon Chiray et Bolgert, lorsque les 2 activités diastasiques sont fortement 480 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.mai 1940 abaissées, il s\u2019agit de lithiase pancréatique ou de cancer du pancréas.A Montréal, il est fmpossible de se procurer la sécrétine.Nous devons donc nous contenter d\u2019un dosage simple des activités lipa- siques et trypsiques du suc duodénal.La lipase est dosée par le procédé Bondi et la trypsine par la méthode de Gauthier.Dans la lithiase pancréatique on obtient des chiffres inférieurs à la normale.ANATOMIE PATHOLOGIQUE Les calculs sont localisés de préférence au niveau de la tête du pancréas et surtout dans les canaux excréteurs.On rencontre fréquemment des dilatations kystiques des canaux excréteurs, en arrière des calculs.Cependant, il est très rare que ceux-ci obstruent complètement la partie terminale du canal de Wirsung.Le canal de Santorini protège l\u2019organisme contre l\u2019exclusion complète de la sécrétion externe.Les concrétions qui ne sont pas situées à l\u2019intérieur des canaux excréteurs ne seraient pas de véritables caleuls, mais des calcifications du parenchyme d\u2019origine inflammatoire.Le nombre et la dimension des calculs sont très variables.Il peut n\u2019y avoir qu\u2019un seul caleul ayant un diamètre de 215 pouces.On a déjà compté au delà de 300 petits calculs.Leur forme est ovalaire, polyédrique ou irrégulière.Les plus gros caleuls sont stratifiés et peuvent avoir jusqu\u2019à 30 couches concentriques.On peut rencontrer de très minuscules calcifications ayant l\u2019aspect d\u2019une boue calcaire.L\u2019opacité des calculs n\u2019est pas toujours identique.Souvent ils ont une grande fragilité.L'analyse chimique montre qu\u2019ils sont formés principalement de carbonate de calcium et de phosphate de calcium.On y rencontre aussi des phosphates ammoniaco-magnésiens, des traces de cholestérol, de carbonate de magnésie, d\u2019oxalate de calcium ainsi que du sang, des fragments de tissus et autres matières organiques.La pathogénie de leur formation est plutôt obscure.On parle de pancréatite chronique.L\u2019anatomie pathologique fait voir une surabondante de tissu scléreux qui enserre des zones d\u2019acini et des ilots de Langerhans en nombre diminués.Ces lésions rendent le pronostic assez sombre, mais on trouve dans la littérature des exemples d\u2019une survie de 25 à 30 ans.TRAITEMENT Le traitement médical doit se borner à la substitution des sécrétions pancréatiques internes et externes.Le traitement chirurgical s\u2019applique aux cas de lithiase localisée, lorsque les calculs sont assez gros.Les symptômes classiques de la lithiase pancréatique sont: la douleur au creux épigastrique, la glycosurie, la diarrhée et la stéatorrhée, l\u2019amaigrissement rapide et progressif au cours des crises, l\u2019ictère, les nausées, les vomissements et l\u2019anorexie.La présence de petits calculs de carbonate de calcium dans les selles est le seul symptôme clinique de certitude en faveur de la lithiase pancréatique.L\u2019examen fonctionnel de la sécrétion externe du pancréas peut faire penser à la lithiase pancréatique.Ordinairement c\u2019est la radiographie qui tranche le diagnostic.Les clichés sont très faciles d\u2019interprétation si la lithiase est généralisée.Si le caleul est unique, il faut éliminer l\u2019arbre urinaire et la vésicule biliaire par des radiographies spéciales.Dans les cas très difficiles, c\u2019est l\u2019exploration chirurgicale qui éclaire le diagnostic.Nous présentons une observation qui suggère une idée nouvelle: celle de penser à la lithiase pancréatique en présence d\u2019un diabète à bascule.Le diabète à bascule se caractérise par les caprices de la glycémie et de la glycosurie et par la difficulté que l\u2019on éprouve dans le traitement du diabète.BIBLIOGRAPHIE Stanley J.SEEGER: «Pancreatic lithiasis.» Surg.Gynec.and Obst., 40: 841 (juin) 1925.F.D.ACKMAN et Albert ROSS: «Pancreatic lithiasis.» Surg., Gynec.and Obst., 55: 90 (juillet) 1932. 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CONTRIBUTION PRÉLIMINAIRE À L\u2019ÉTUDE DU PROLAPSUS GENITAL CHEZ LES FEMMES AGEES' Par Raymond SIMARD.Le prolapsus génital chez les femmes âgées, s\u2019il est bénin en apparence, ne tarde pas à s\u2019aggraver rapidement.En effet l\u2019indolence de cette lésion n\u2019est que relative et ne dure qu\u2019en autant que le prolapsus reste partiel et que les parois vagl- nales demeurent souples et saines.Rapidement, cependant, le prolapsus devient total amenant une gêne mécanique par la présence de ce battant de cloche utérin entre les cuisses de la malade.Tout travail devient alors difficile.Les parois vaginales \u2018et le col, soumis à une irritation constante, s\u2019épaississent et s\u2019ulcèrent.Puis ce sont les troubles infectieux qui apparaissent: cystite, dermatose rebelle au niveau des segments cutanés correspondants, apparition d\u2019hémorroïdes.Que reste-t-il à faire, comme traitement chirurgical, en présence d\u2019un bloc périnéal ainsi délabré?1° Soit une périnéorraphie.2° Soit une hystéropexie.3° Soit les deux combinées.4° Soit une ligamentopere.Nous n\u2019envisagerons pas les opérations de la voie basse, comme la technique de Lefort ou l\u2019hystéro-colpectomie.CRITIQUE DE CES DIFFÉRENTES TECHNIQUES.Chez la femme âgée, la périnéorraphie est une opération illogique car la réfection du périnée vaut ce que valent les tissus, c\u2019est-à- dire rien du tout.À cet âge, en effet, la sangle musculaire est pratiquement inexistante.Le doigt a beau rechercher les releveurs, il ne les trouve pas.Ils sont quasi absents.Tout le bloc périnéal a subi l\u2019involution sénile.Or, nous savons 1.Travail du Service de Gynécologie du Professeur L.Gérin-Lajoie, hôpital Notre-Dame.Communication présentée à la \u20ac Société de Chirurgie », séance de décembre 1939.que c\u2019est une condition sine qua non à la sol- lidité de cette plastie périnéale que la présence d\u2019éléments musculaires résistants.Chercher à refaire un pont musculaire à l\u2019aide d\u2019une étoffe périnéale d'aussi piètre qualité est illusoire.Certes 1l est toujours possible de suturer en bloc tout ce que l\u2019aiguille veut bien ramasser de chaque côté et terminer l\u2019opération avec une belle façade cutanée et une vulve permettant à peine l'introduction de l\u2019index.Mais ce « périnée de peau » ne supportera ni l\u2019épreuve du temps ni la pression constante de la masse utérine.L'intervention la mieux conduite, la réfection la plus serrée ne peuvent empêcher la masse des tissus atoniques de céder peu à peu, amenant ainsi la récidive du prolapsus.Ajoutons l\u2019infection et la suppuration qui accompagnent souvent la périnéorraphie et qui en compromettent le résultat éloigné.La ligomentopezxe.Si ce procédé opératoire a eu des adeptes il est actuellement complétement rejeté.Il n\u2019a jamais donné d\u2019ailleurs qu\u2019un résultat peu durable.En effet, l\u2019utérus fixé à la paroi à l\u2019aide des ligaments ronds ne tarde pas à reprendre sa position première par l\u2019allongement de ces mêmes ligaments.Ils ne sont d\u2019ailleurs à cet âge qu\u2019un mince repli péritonéal n\u2019offrant ni la solidité, ni la résistance nécessaire pour soutenir le bloc utérin.Au lieu de céder, ils s\u2019allongent.Valeur de Uhystéropezie.Ce procédé opératoire connu depuis longtemps consistait surtout en une isthmopexie c\u2019est-à-dire une fixation basse, sus-pubienne.Yovanovitch, en ces dernières années, perfectionna la technique en pratiquant une hys- SIMARD: PROLAPSUS GÉNITAL DES FEMMES ÂGÉES téropexie élargie, une suspension haute presque sous-ombilicale.On a accusé ce procédé de provoquer des troubles vésicaux sous forme de pollakiurie surtout ou de rétention.En réalité, les troubles ne sont nullement plus fréquents après la pexie qu'après n\u2019importe quelle autre intervention sur le petit bassin.Tout au contraire, l\u2019hystéropexie en remontant la vessie, augmente son pouvoir de réplétion et assure ainsi des évacuations moins fréquentes.On l\u2019a accusé en outre de donner un résultat peu durable, la récidive étant fréquente sous forme de cystocèle surtout.Ceci ne peut s\u2019expliquer que par une technique défectueuse, une fixation basse et surtout une ligamentopexie.La suspension haute de l\u2019utérus refait la statique pelvienne: c\u2019est une loi de mécanique élémentaire.Il ne faut pas oublier qu\u2019en attirant l\u2019utérus vers l\u2019ombilic on remonte les parois vaginales qui y prennent leurs points d\u2019insertion.La vessie étant intimement adhérente à la paroi antérieure du vagin ne peut que suivre cette dernière.D'ailleurs le bloc fibreux périnéal, en dehors du traumatisme qui a causé son délabrement, ne devient réellement déficient que par la pression continue de l\u2019utérus et de la vessie pleine pesant de tout leur poids sur ce plancher affaibli.Certes, si la paroi abdominale est flasque et insuffisante, les muscles atrophiés au point d\u2019être presque inexistants, il peut se faire que cette même paroi soit entraînée par le poids de l\u2019utérus, amenant ainsi une récidive.Mais dans ce cas une périnéorraphie don- nerait-elle un résultat meilleur?Nous en doutons fortement parce que le processus sénile qui a frappé la paroi n\u2019a certainement pas épargné les muscles périnéaux.Dans un certain nombre de cas cependant, rares d\u2019ailleurs, où la cystocèle est très importante la colporraphie antérieure est une 483 opération complémentaire utile qui peut être rapidement réalisée avant la pexie et dans la même séance.Toutefois dans la plupart des prolapsus la colporraphie est une opération superflue car la suspension utérine tire sur le vagin et corrige la cystocèle.Voilà donc, brièvement exposée, la valeur respective de la périnéorraphie et de la suspension haute de l'utérus.La première a prétendu refaire la statique pelvienne.Mais à chaque effort de la toux, de la défécation ou autre, la masse utérine vient battre ce mince rideau musculo-eutané.Les tissus périnéaux ainsi étirés et amincis ne peuvent supporter longtemps cette mise en tension continuelle et après un temps relativement court, l\u2019utérus s\u2019engage à nouveau dans le vagin.Le prolapsus est reconstitué.Tout autre est le mécanisme de l\u2019hystéro- pexie.Dans la suspension haute de l\u2019utérus, la tension de l\u2019abdomen tend et remonte la ligne blanche qui soulève en même temps l\u2019utérus accollé à sa face profonde.Le plancher pelvien s\u2019en trouve soulagé d'autant.La technique de l\u2019hystéropexie haute, telle que décrite par Yovanovitch, est simple.Il convient cependant d\u2019apprécier la valeur des tissus qui doivent être accollés.L\u2019utérus devra fournir un point d\u2019appui valable et être sain.La paroi abdominale devra offrir une certaine solidité.Si ces tissus ne valent pas mieux que ceux du périnée, toute opération réparatrice devient inutile.Mieux vaut alors s\u2019adresser aux techniques par voie basse; l\u2019hystéro-colpec- tomie par exemple.On voit done que tout le succès de l\u2019hysté- ropexie réside dans la fixation haute, para- ombilicale de l\u2019utérus.Dans le but d\u2019obtenir une ascension encore plus considérable de cet organe nous avons apporté à la technique de Yovanovitch une modification que nous croyons intéressante. 484 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 Elle consiste dans la section au préalable des ligaments utéro-sacrés et des replis pé- ritoneaux adjacents.Ceci nous permet de faire une fixation non plus sous-ombilicale, trois ou quatre centimètres sous l\u2019ombilic comme avec la technique de Yovanovitch, mais véritablement ombilicale, le fond utérin atteignant facilement ce niveau.La technique est simple.On amarre l\u2019utérus en y passant des fils tracteurs ou à l\u2019aide de l\u2019hystérolabe et on l\u2019attire vigoureusement en haut et en avant pour permettre aux ligaments utéro-sacrés de se tendre.On sectionne alors ces derniers entre deux ligatures en même temps que le péritoine qui les continue latéralement au niveau des vaisseaux utérins.Le fond utérin qui était alors à trois ou quatre centimètres de l\u2019ombilic remonte facilement jusqu\u2019à ce dernier et quelques fois même le dépasse légèrement.La surface cruentée laissée par ce débridement est ensuite péritonisée en y accollant la face antérieure du rectum Il ne nous reste plus qu\u2019à passer les fils qui permettront la pexie: on les passe de l\u2019isthme jusqu\u2019au fond utérin.Jusqu'ici nous n\u2019avons pratiqué cette intervention que chez quatre malades et trop récemment pour apporter des résultats probants.Nous avons été incité à présenter cette technique pour prendre date.Nous reprendrons dans un exposé ultérieur les résultats qui, nous l\u2019espérons, seront démonstratifs.Messieurs les médecins qui changent de domicile sont priés de donner leur nouvelle adresse au secrétariat: 326 est, Boulevard St-Joseph \u2014 LA.9888, afin qu'ils puissent recevoir l\u2018« UNION MEDICALE DU CANADA » sans aucune interruption.\u2014 = RECUEIL DE FAITS HÉMORRAGIE EXT RA-DURALE PAR RUPTURE TRAUMATIQUE DE LA MEÉNINGEE MOYENNE ! Par Roma AMYOT.Le traitement des traumatismes craniens, avec ou sans fracture de la voute ou de la base, est avant tout médical; presque exceptionnellement, il devient chirurgical.Au premier abord, cette affirmation pourrait prendre l\u2019allure d\u2019un paradoxe; elle paraîtrait même erronée à l\u2019esprit d\u2019un certain nombre.Bien entendu, nous ne faisons allusion 1ci qu\u2019aux médecins qui croient trop souvent encore que le trauma cranien doit encourir l\u2019intervention chirurgicale.Et ce qui concourrait peut-être à entretenir cette opinion des non directement initiés, c\u2019est qu\u2019on dirige tous les traumatisés du crâne vers les services de chirurgie et qu\u2019ils y sont tous traités.Et il est assez raisonnable qu\u2019on agisse ainsi, puis- qu\u2019on ne sait généralement pas si le blessé qu\u2019on amène d\u2019urgence ne requèrera pas une intervention, même par exception pour nous en tenir à l\u2019affirmation donnée au début de cet article, qui ne s\u2019impose pas dès l\u2019entrée du malade.Ce n\u2019est que plus tard que le traumatisé devient intégralement « médical », par le traitement et par la personnalité de celui qui l\u2019applique; quand il présente les troubles multiples du syndrome post-commotionnel qui déroutent les chirurgiens et qui peut-être aussi les ennuient.On doit donc admettre que le traitement des blessés de la tête, des traumatismes cra- niens, est surtout médical.Il n\u2019en fut pas toujours ainsi.On intervenait beaucoup plus autrefois On opérait à Jl\u2019aveuglette, on trépanait par ignorance.Mais la guerre de 1.Communication présentée à la Réunion Scientifique du Bureau Médical de l\u2019hôpital Notre-Dame, 14 décembre 1939.1914-1918 est venue, l\u2019automobile aussi; les blessés se sont multipliés à l\u2019infini, presque autant en temps de paix qu\u2019en temps de guerre.Les Américains, à ce sujet, se fracturant le crâne en série, nous ont rendu de grands services.Leurs chirurgiens et surtout leurs neuro-chirurgiens, acquérant de ce fait une vaste expérience et merveilleusement bien préparés par leur chirurgie nerveuse à traiter les traumatismes du crâne, ont été les grands enseigneurs du traitement des blessures de la tête.Et ils sont très peu interventionnistes.Ils restreignent au minimum les indications opératoires.Ainsi, pour ne citer que quelques auteurs de travaux très récents, Michael Scott rapporte 50 opérations sur 655 traumatismes craniens, soit une proportion de 7.6 pour cent; Wortis et Kennedy, 37 opérations sur 1000 cas, soit 3.7 pour cent; Gurdjian, 51 interventions sur 718 blessés, soit 7 pour cent.Les indications opératoires sont à peu près les mêmes dans les principaux travaux publiés ces dernières années et dans les traités récents.On doit opérer les traumatismes du crâne quand: 1° il y a fracture ouverte (compound fracture), surtout s\u2019il y a enfoncement; 2° fracture avec enfoncement et signes neurologiques dus à l\u2019enfoncement des fragments, ou quand ces fragments ont traversé la dure- mère et lacéré le cerveau; 3° hémorragie extra- durale; ou sous-durale avec signes neurologiques qui ne s\u2019amendent pas spontanément et avec le recours judicieux à la ponction lombaire; 4° signes neurologiques qui persistent malgré un traitement médical approprié auquel participe la ponction lombaire thérapeutique. 486 En général, l'opération doit être faite après la période du shock traumatique.Il est rare qu\u2019on soit obligé d\u2019opérer immédiatement après l\u2019accident.La nature de l\u2019intervention variera selon la nature des cas étudiés.Quoi qu\u2019il en soit, le premier acte est la trépanation ou la trépano-ponction; elle est parfois le but de l\u2019opération, puisque le chirurgien ne désire que décomprimer; dans d\u2019autres circonstances, elle n\u2019est qu\u2019un moyen pour parvenir aux méninges et au cerveau.L'hémorragie épidurale ou extra-durale importante, due, le plus souvent, à une rupture de l\u2019artère méningée moyenne, nécessite l'opération.La rupture de l\u2019artère se constitue habituellement sur le tronc principal, soit dès son émergence, à la base du crâne, du trou petit rond, soit un peu plus haut, mais avant sa division cn branches antérieure et postérieure.Il va sans dire que les fractures de la base du crâne dans la région de la fosse moyenne exposent plus à cette rupture; il n\u2019en reste pas moins vrai que cet accident peut aussi survenir sans fracture, ni apparente, ni réelle.Nous présentons une observation d\u2019hémorragie extra-durale par rupture de la niéningée moyenne, sans fracture, du moins apparente, ni de la voûte ni de la base du crâne.La malade traumatisée fut opérée d\u2019urgence, parce que des signes de compression cérébrale et d\u2019hypertension intra-cranienne, installés après un intervalle libre de quelques heures, prenaient une allure progressivement alarmante.Et, d\u2019ailleurs, parmi les quelques indications opératoires des traumatismes craniens, à l\u2019instar des fractures ouvertes du crâne avec enfoncement, l\u2019hémorragie extra-durale par rupture soit d\u2019un sinus veineux, soit, beaucoup plus fréquemment de Jl\u2019artère méningée moyenne, occupe une position d\u2019importance.Si l\u2019intervention ne se fait pas, il arrive que le sujet meurt par hypertension intra-cranien- ne, anoxémie des centres nerveux ou compression -du pédoncule cérébral ou du bulbe par engagement d\u2019un lobe temporal sous la tente du cervelet ou des amygdales cérébelleuses L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.mai 1940 dans le trou occipital.Si on effectue une cra- niectomie, on enlève le caillot, on ligature, si possible, la méningée moyenne, et on guérit radicalement le blessé.Avant l\u2019opération, le malade était comateux, hémiplégique, très souvent présentant une paralysie de la troisième paire homolatérale à l\u2019hématome; on évacue le caillot qui se trouve entre la dure-mère et la table interne de la voûte cranienne, le malade sort de son coma, son hémiplégie se résout, l'inégalité pupillaire disparaît, la paralysie de la troisième paire s\u2019évanouit progressivement dans quelques semaines.C\u2019est l\u2019histoire de la malade dont nous rapportons l\u2019observation.Observation.Mlle Régine L., fut frappée violemment par un camion, le 17 octobre 1939.Elle perdit immédiatement connaissance, mais cette perte de conscience ne dura que quelques minutes.Avant récupéré sa lucidité, elle eut dès lors la résistance physique de se rendre à son domicile en marchant, accompagnée de deux personnes.Elle n\u2019était incommodée par aucun trouble moteur ni sensitif des membres.La vue était normale.Elle éprouvait, forcément, un certain degré d\u2019accablement physique et quelque douleur à la tête.Arrivée chez elle à 19 heures, elle fut relativement bien jusqu\u2019à 21 heures.À ce moment, elle vomit et la vague céphalée ressentie jusque là devint d\u2019une acuité intolérable.Vers 22 heures, la malade devenait inconsciente et le demeura jusqu\u2019à son admission à l'hôpital, c\u2019est-à-dire jusqu\u2019à 15 heures du lendemain, le 18 octobre.Durant la nuit, elle rendit à plusieurs reprises.Dès le lendemain (le 18), sa mère remarqua que la pupille droite était plus large que la gauche.Examen neurologique.Cette malade fut d\u2019abord examinée par le docteur A.Bellerose qui eut l\u2019amabilité de nous demander en consultation *.1, Nous remercions le docteur Bellerose qui nous a permis d'utiliser l\u2019observation de sa malade, pour publication. AMYOT: HÉMORRAGIE EXTRA-DURALE Nous vîmes la malade vers 20 heures, le 18 octobre.Elle était profondément inconsciente et agitée; on l\u2019avait attachée à son lit.Le cœur battait à une fréquence de 120.La P.AÀ.était de 105/80.La pupille droite était dilatée a son maximum et n\u2019offrait la moindre ébauche de contraction à la lumière.On pouvait constater une paralysie faciale gauche.II était impossible de se rendre compte de la mobilité oculaire et des fonctions sensitivo- motrices des autres nerfs craniens.Les membres gauches étaient en contracture avec hy- perpronation de la main; l\u2019agitation motrice ne se manifestait aux membres que du côté droit; il y avait donc hémiplégie gauche avec hypertonie.Pas de fracture du crane a la radiographie.Une ponction lombaire avait démontré la présence d\u2019une certaine quantité de sang dans le liquide céphalo-rachidien.* * 3 Nous conseillâmes l\u2019opération d'urgence: craniotomie droite temporo-pariétale, la motivant par le diagnostic d\u2019hématome extra-dural temporo-pariétal droit.Opération.Elle fut pratiquée le même soir par le docteur Bellerose, assisté de son interne le docteur V.Gauthier.Elle permit de découvrir un énorme caillot extra-duremérien recouvrant la plus grande partie de la convexité du cerveau et s\u2019étendant vers la base; sa plus grande épaisseur était d\u2019environ 2 centimètres et demi.Le caillot fut extirpé par fragments et partiellement.Il fut impossible d\u2019enlever le sang coagulé à la base, dans la profondeur.L\u2019hémorragie se faisait partiellement par des branches de la méningée moyenne, mais le sang venait en majeure partie de la base, probablement du tronc même de la méningée au tout voisinage du trou petit rond.Quelques ligatures; irrigation et tamponnement au sérum chaud; deux drains « cigarette» imbibés d\u2019Hémostyl introduits profondément vers la base; volet osseux replacé afin de ne laisser aucune difformité cranienne.Seu- 487 le une petite ouverture osseuse fut pratiquée pour permettre le drainage.Evolution de la maladie.Dès le lendemain, le 19 octobre, la contracture des membres gauches et leur paralysie étaient disparues.La malade n\u2019était plus comateuse; elle était obnibulée, mais avait des moments de lucidité qui lui permettait de reconnaître ses parents et de répondre aux interrogations.Paralysie totale du moteur oculaire commun droit: ptose palpébrale totale, strabisme externe, dilatation extrême de la pupille, mouvements du globe vers le haut, le bas et l\u2019angle interne, impossibles.Pendant quelques jours, céphalée.L\u2019obnubilation disparut rapidement.Par la brèche osseuse, s\u2019écoula d\u2019abord du sang en abondance, puis la quantité du liquide drainé diminua et changea de couleur: il passa au brun foncé, en conséquence de la désintégration lente de la partie du caillot laissée en place.23 octobre: numération globulaire donne 2,325,000 globules rouges.25 octobre: transfusion sanguine de 200 cc; le 28 octobre de 50 c.c.Extrait de foie en injection intramusculaire.Très légère amélioration de l\u2019anémie.Tout dernièrement (début de décembre) trois nouvelles transfusions de 50 c.c.chacune.Amélioration graduelle de la paralysie oculo-motrice droite à partir du 20 novembre, un mois après l\u2019accident.Mais dès quelques jours après l\u2019opération, la constatation d'une ébauche de réflexe photo-moteur nous avait fait prévoir une grande probabilité de restauration de la fonction de la 3e paire droite.Elle est en bonne voie de réalisation complète maintenant.La plaie cranienne est fermée depuis la fin de novembre.Commentaires L\u2019hématome énorme situé entre la dure- mère et la boîte cranienne causait directement l\u2019hémiplégie hypertonique gauche; par l\u2019intermédiaire d\u2019une hypertension intracra- nienne provoquée, elle avait déclanché la céphalée et le coma. 488 Il est d\u2019intérét primordial de connaître l\u2019échelonnement des événements dans de tels cas.La notion d\u2019intervalle libre entre l\u2019accident et la survenue des signes neurologiques possède une grande importance diagnostique, puisque cette période asymptomatique inter- callaire est particulière à l\u2019hémorragie extra- durale qui se constitue après un traumatisme cérébro-méningé.La méningée moyenne ou ses branches se rupturent lors du trauma, l\u2019hémorragie s\u2019opère dans cette zone décolla- ble de Gérhart-Marchand (temporo-pariétale) et les symptômes n\u2019apparaissent qu\u2019au moment où l\u2019'hématome est assez volumineux pour troubler les fonctions cérébrales.Cette blessée, sa lésion et son syndrome représentent le rêve dont la réalisation est espérée par tout chirurgien.De tels malades, laissés à eux-mêmes, meurent rapidement; opérés, leur guérison est assurée, complète et avec une prodigieuse rapidité.De pareils résultats ne manquent pas de réchauffer l\u2019enthousiasme du chirurgien, s\u2019il en était besoin.Malgré la description classique, dans les manuels et les traités, de l\u2019hémorragie extra- durale par rupture de la méningée moyenne, cette entité anatomo-clinique est rare.Pour notre part, c\u2019est le premier cas observé.Michael M.Scott affirmait récemment (25 février 1939) à la « Philadelphia Neurological Society » que sur 655 traumatismes cra- niens, il n\u2019avait opéré qu\u2019un seul cas d\u2019hé- morragle extra-durale.Wortis et Kennedy ne découvrirent que 8 cas au cours de 257 autopsies de traumatisés du crane.Gurdjian, sur 718 blessés de la tête, n\u2019observa que 6 hémorragies épidurales par rupture de la méningée moyenne.Les observations des chirurgiens ne concordent pas exactement, cependant, avec celles des anatomo-pathologistes.Ces derniers trouveraient beaucoup plus fréquemment, par l\u2019autopsie, ce genre de lésion.Vance décela, sur un total de 512 autopsies, 61 fois une hémorragie épidurale par hémorragie de la méningée moyenne.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, mai 1940 D'autres auteurs, américains, dont Moody, ont fait la même constatation.Forcément, les traumatisés du crâne qui quittent l\u2019hôpital en passant par la salle d\u2019autopsie ont été les plus brutalement frappés, sont morts parfois quelques heures après l\u2019admission et n\u2019ont pu être observés, pour un certain nombre, par les chirurgiens qui n\u2019ont pas, et pour cause, identifié l\u2019hémorragie épidurale.En plus, il arrive aussi que ces blessés qui meurent, portent de multiples lésions endocraniennes: hémorragie sous-durale, méningée, contusion cérébrale, parmi lesquelles l\u2019hémorragie extra-durale ne peut manifester avec autant de clarté, sa symptomatologie.Le docteur Bellerose a eu l\u2019opportunité d\u2019opérer cette malade et d\u2019obtenir un résultat parfait dans un cas où on devait opérer d\u2019urgence; on peut admettre qu\u2019un chirurgien général, non spécialisé, pouvait tenter l\u2019intervention dans le but d\u2019agir promptement et éviter les ennuis, les retards d\u2019une réadmission dans un autre hôpital et un second déplacement de la malade.Selon le vœu exprimé par Clovis Vincent, dans sa leçon inaugurale de janvier 1939, tout chirurgien général devrait aborder la neuro-chirurgie d\u2019urgence, dans les cas de traumatismes cérébraux, sans «menace de mort ».\u2026.pour le malade.Pour en arriver à cette fin, certaines conditions doivent être remplies par le chirurgien lui-même et par l\u2019hôpital où il opère; le chirurgien doit y trouver l\u2019outillage indispensable et savoir se servir pertinemment des instruments dont il a l\u2019usage.La paralysie de la troisième paire associée à l\u2019hémorragie épidurale par rupture de la méningée moyenne est fréquente.Sa participation minimum donnerait la dilatation pupillaire homolatérale à l\u2019'hématome.Et, en fait, cette dilatation pupillaire serait le symptôme le plus constant de l\u2019hémorragie de la méningée moyenne.Dans les 61 cas de Vance, elle était présente.Son atteinte totale donne une paralysie globale des muscles intrinsèques et extrinsèques de l\u2019œil avec disparition des réflexes pupillaires.Elle existait chez notre AMYOT: HEMORRAGIE EXTRA-DURALE malade.Elle est assez fréquente.Quatre malades des 6 de Gurdjian présentaient une paralysie du moteur oculaire commun.Et cet auteur publia un travail en 1932 précisément pour attirer l\u2019attention sur la survenue assez fréquente de cette paralysie au cours de l\u2019hémorragie de la méningée moyenne.Il y montrait l\u2019analogie clinique existant entre ce syndrome traumatique qui est fait de paralysie du moteur oculaire commun d\u2019un côté et d\u2019une hémiplégie de l\u2019autre, et le syndrome dit de Weber par lésion de la calotte pédonculaire.Ressemblance assez étroite, mais que la notion du traumatisme et les signes d\u2019hypertension intracranienne permettent de dissocier 489 BIBLIOGRAPHIE GURDJIAN, E.S.: (« Alternating oculo-motor paralysis in traumatic middle meningeal he- morrage.» Arch.Neur.Psy.28, 26 (juillet) 1932.GURDJIAN, E.S.: «Etude portant sur les lésions traumatiques craniennes et endocraniennes ai- gués» Annals of Surgery, 97, 327 (mars) 1933.VANCE, B-M.: «Fractures of the skull.» Arch.Surg., 14, 1023 (mai) 1927.SCOTT, Michael: « Analysis of the end results of treatment of 655 patients with trauma of the head.» Arch.Neur.Psy.40, 605 (sept.) 1938.WORTIS, Bernard et KENNEDY Foster: «Traumatismes craniens à la phase aiguë.1000 cas.» Surg.Gyn.Obst.55, 365 (sept.) 1932.Clovis VINCENT: « Leçon inaugurale de la chaire de neuro-chirurgie de la Fac.de Méd.de Paris.» La Presse Méd., 20 mal et 10 juin 1939.A PROPOS DE PNEUMOPATHIES AIGUÉS DU JEUNE ENFANT ' Par Jean-Charles COTE Assistant au service de Pédiatrie \u2014 Hôpital Enfant-Jésus (Québec).J\u2019ai accepté, peut-être avec trop d\u2019empressement, l\u2019aimable invitation du docteur Bissonnette de venir causer devant vous des affections pulmonaires aiguës les plus fréquentes que l\u2019on rencontre dans la première enfance.Apres plusieurs jours d\u2019hésitation, j'ai pensé qu\u2019une leçon théorique sur les pneumopathies ne serait pas aussi pratique que la présentation de quelques observations cliniques.J\u2019ai donc choisi deux dossiers d\u2019enfants que nous avons actuellement dans le Service de Pédiatrie à l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.Je vous indiquerai sommairement les lésions pleuro-pulmonaires que nous avons rencontrées, le traitement qui leur a été fait, et pour terminer, je dirai quelques mots sur la thérapeutique courante employée dans les pneu- mopathies aiguës chez les jeunes enfants.Observation I.Rita L., née le 31 mai 1939, vient consulter au dispensaire pour température, cyanose, 1.Communication présentée à la Société Médicale de Québec.toux et vomissements.Dans les antécédents familiaux, on remarque que la mère a fait 4 fausses couches de 3 à 6 mois; en consultant son dossier à l\u2019hôpital, l\u2019on apprend qu\u2019elle est syphilitique, mais nous ignorons jusqu\u2019à quel point elle a été traitée.Elle a cinq autres enfants vivants qui paraissent en bonne santé.L\u2019enfant est née à terme.La grossesse, puis l\u2019accouchement se sont faits normalement.À la naissance, Rita pèse 9 livres et demie.Nourrie au sein 1 mois et demi, puis par la suite, au lait pasteurisé, l\u2019enfant quoique hypoali- menté paraît se développer assez normalement, et rien n\u2019attire l\u2019attention des parents jusqu\u2019à la maladie actuelle.Le 6 novembre, l\u2019enfant entre dans le service de Pédiatrie.On se trouve en présence d\u2019un nourrisson hypotrophique, âgé de 6 mois, et pesant 12 livres.L\u2019ensemencement du nez, que l\u2019on fait systématiquement chez tous nos enfants hospitalisés, ne montre pas de bacille diphtérique, l\u2019examen des urines est normal, la cuti-réaction est négative. 490 Le Bordet Wasserman et le Kahn sont fortement positifs.La température à son entrée est de 98°, le lendemain matin 103° Far.On remarque des battements des ailes du nez, un léger tirage et l\u2019examen révèle la présence d\u2019un foyer pulmonaire à la base droite, caractérisé par la submatité et des râles sous- crépitants.Un examen d\u2019oreilles fait le lendemain par le docteur Larochelle nous indique, après paracentèse des tympans, qu\u2019il y a du pus des deux côtés.Une radiographie prise le 8 novembre, deux jours après son hospitalisation, nous fait voir une opacité en nappe à droite, et formant une large bande isolant le bord pulmonaire du gril costal.Une ponction exploratrice ne retire aucun liquide.L\u2019on institue aussitôt un traitement antispécifique, et une série de 15 frictions consécutives à l\u2019onguent napolitain est commencée.Le même jour nous lui donnons du Dagenan avec autant de bicarbonate à la dose de un quart de comprimé toutes les 4 heures jour et nuit, pendant 12 jours; ce qui fait 0.gramme 125 par kilo de poids; puis L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 pendant 6 jours un quart de comprimé toutes les 6 heures.Il n\u2019y a aucune intolérance de la part du bébé, pas de vomissement, sauf peut-être le premier jour, et la cyanose qui existait au début due à son état pulmonaire est disparue assez rapidement.En même temps que le Dagenan, nous prescrivons en lavement à garder, 7 gouttes de créosote 2 fois par jour.Sous l\u2019effet du traitement, l\u2019état pulmonaire s\u2019améliore lentement, nous trouvons qu\u2019il est plus vigoureux, bien que son poids reste stationnaire.La toux a cessé complètement.Nous étions contents des résultats obtenus, i ! i A i Ÿ 2 = # 4 x re 4 x Lad cs 2 5 et nous espérions une guérison complète et rapide (c\u2019est d\u2019ailleurs pour cette raison que j'avais choisi le dossier de cette enfant) lorsque subitement le 4 décembre la dyspnée apparaît, la température s\u2019élève et nous trouvons à l\u2019examen, une abolition complète des vibrations et une matité absolue \u2018de tout l\u2019hémothorax droit.Notre interne lui fait une ponction exploratrice, il retire environ une quinzaine de ce.d\u2019un liquide verdâtre qui est aussitôt envoyé au laboratoire pour l'identification du microbe en cause.Et voici la réponse du CÔTÉ: PNEUMOPATHIES AIGUËS DU JEUNE ENFANT docteur LeBlond: « Après 48 heures de culture, 1l n\u2019a pas encore poussé de microbes sur les divers milieux ensemencés.Il n\u2019y a pas de microbes non plus à l\u2019examen direct.Nous donnerons d\u2019autres rapports des cultures.» En présence de cette amélioration relative des signes généraux, avec persistance de l\u2019état local, et aussi à cause de la longue évolution de la maladie, l\u2019enfant est confié à la chirurgie et le 6 décembre, le docteur Paquet lui fait une costotomie.Les suites opératoires immédiates sont normales et j'espère cette fois que la guérison sera complète.* * * Cette observation mérite de retenir notre attention, car il est arrivé à deux ou trois reprises différentes que des petits malades que nous avons traités dans le service pour des pleurésies consécutives soit à des bronchop- neumonies ou à des congestions pulmonaires, et traités uniquement avec le Dagenan, l\u2019on ait pas trouvé de microbes à l\u2019examen direct, et ce n\u2019est qu\u2019après 3 ou 4 jours que ie microbe poussait sur les différents milieux ensemencés.Ceci probablement dû au fait que le Dagenan atténue considérablement la virulen- \u2018ce du microbe surtout quand il s\u2019agit du pneumocoque.On peut donc, dans bien des cas, espérer des guérisons complètes et définitives avec le traitement médical et l\u2019emploi du Dagenan.Observation II.Les parents de Jean-Yves viennent consulter parce que depuis plusieurs jours l\u2019enfant fait des poussées de température allant jusqu\u2019à 104°, il tousse beaucoup.Dans les antécédents héréditaires, il n\u2019y a rien de particulier à rapporter.Dans les antécédents personnels, on note que cet enfant a été hospitalisé à deux reprises différentes; une première fois pour des troubles digestifs dus à une alimentation insuffisante, une deuxième fois, pour une adénite sous-maxillaire aiguë suppurée.À son entrée dans le service le 4 octobre, on se trouve en présence d\u2019un enfant âgé de 10 mois, la tem- 491 pérature est normale, le lendemain elle remonte à 102° et le surlendemain à 106°.L\u2019enfant présente de la dyspnée, à un léger battement des ailes du nez, il n\u2019y a pas de cornage ni de tirage.L\u2019examen révèle la présence d\u2019un foyer pulmonaire à la base droite, caractérisé par une diminution notable du murmure vésiculaire et une submatité qui s\u2019étend de la partie moyenne à la base.Il y a aucun souffle, aucun râle.Le diagnostic porté est celui de congestion pulmonaire droite.Le traitement prescrit est le suivant: 10 gouttes de créosote en lavement à garder dans 2 onces de lait tiède 2 fois par jour.Vaccin Sherman\u2019s No 38 à la dose de 44, 15, 34, 1 c.c.tous les deux jours.Dagenan, un demi comprimé toutes les 4 heures, ce qui fait 1 grm 50 par jour.Ou en rapport avec le poids de l\u2019en- fent, environ 0 grm 16 par kilo.Ces doses sont continuées régulièrement pendant 7 jours.Le 11 octobre, on constate une amélioration de l\u2019état général, la température se maintient 24 heures entre 99° et 99°4\".Le 12 octobre, la température remonte à 104°.Il existe une raideur de la nuque très marquée, du dermographisme et une hyperes- 492 thésie cutanée évidente.Du côté pulmonaire, il n\u2019y a pas de changement.A la demande du docteur Turcot, une ponction lombaire lui est faite, il est retiré environ 10 c.c.d\u2019un liquide clair et ne présentant rien d\u2019anormal.Le 13 octobre, les signes stétacoustiques sont un peu changés.Il existe une matité de tout l\u2019hémithorax droit, les vibrations sont abolies et le murmure vésiculaire est très faible.La radiographie nous montre une opacité en nappe couvrant la base droite.On lui fait une ponction exploratrice et on retire 45 c.c.d\u2019un liquide jaune citrin dans lequel on trouve du pneumocoque et du staphilocoque en culture.La température revient aussitôt à la normale, l\u2019état général s\u2019améliore, et le 16, on cesse de lui donner du Dagenan.Le 25 octobre: dyspnée assez intense, vomissement alimentaire depuis la veille.Une nouvelle ponction pleurale retire 160 c.c.d\u2019un liquide encore jaune citrin ne contenant que du pneumocoque.Nous lui redonnons du Da- genan, du 26 au 31 octobre à la dose d\u2019un demi comprimé toutes les 4 heures.Le 26, poussée subite de température à 103° due à une otite moyenne bilatérale.Aussitôt après la paracentèse, la température revient L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 à la normale et s\u2019y maintient.Une nouvelle radiographie prise le 16, nous montre qu\u2019il s\u2019est formé un épaississement pleural et un pneumothorax qui s\u2019est probablement fait lors d\u2019une ponction exploratrice.À la veille de quitter l'hôpital, il contracte une grippe, et fait durant la convalescence un nouvel abcès otique.Une dernière radiographie prise le 8 décembre, indique toujours une condensation pulmonaire très marquée, notre radiologiste nous dit même qu\u2019il s\u2019agit probablement d\u2019un épanchement pleural, mais deux nouvelles ponctions faites profondément et à des jours différents ne ramènent aucun liquide.L'on perçoit une résistance notable lorsque l\u2019on traverse la plèvre.On peut bien se demander s\u2019il ne s\u2019agit pas ici uniquement de pachypleurite.Depuis une dizaine de jours, la température du petit malade est normale, l\u2019appétit est excellent, le poids progresse lentement, l'enfant est gai, il a un sommeil paisible.Nous avons donc raison de croire que le traitement lui a été favorable, et que dans un avenir rapproché il pourra quitter l\u2019hôpital complètement guéri. CÔTÉ: PNEUMOPATHIES AIGUËS DU JEUNE ENFANT * * Pour terminer, disons quelques mots du traitement des affections pulmonaires aigués dans la première enfance.Cette thérapeutique doit être révulsive, expectorante et stimulante.1° La révulsion: elle se fait de différentes manières.Tout d\u2019abord les bains, la température de l\u2019eau devant être environ de 2 à 4 degrés en-dessous de la température du corps du malade.L'enfant, pendant le bain, semble éprouver du bien-être.Si l'immersion dans l\u2019eau ne le fatigue pas, on peut le laisser une dizaine de minutes.Ces bains pourront être répétés 2 ou 3 fois pendant la journée.Mais il n\u2019est pas toujours facile dans certains milieux de faire donner des bains, soit à cause du préjugé des parents, ou encore parce que l\u2019endroit ne s\u2019y prête pas facilement; on pourra alors avoir recours aux enveloppements frais, à la température de 80° à 85° Far.L\u2019enfant doit rester une heure dans l\u2019enveloppement.Il faut les renouveler toutes les 3 heures, si la température du petit malade se maintient à 102° ou davantage.Le linge humide doit être recouvert d\u2019une couverture de laine et non d\u2019une toile imperméable.Pour éviter la macération, on doit mettre sur la peau un peu de vaseline, surtout si l\u2019on prévoit que les enveloppements doivent se faire fréquemment.La révulsion sinapisée sous forme d\u2019enveloppement ou de bain, est surtout indiquée au cours des broncho-pneumonies précoces de la rougeole, lorsque l\u2019éruption sort mal ou a tendance à s\u2019effacer.L\u2019hydrothérapie est une bonne médication des broncho-pneumonies, on obtient grace a elle une chute thermique, une amélioration de la respiration et une diurèse parfois importante.2° La médication expectorante.Il est bon d\u2019administrer des potions à base de sirop de tolu, et Desessartz et contenant de l\u2019acétate d\u2019ammoniaque ou du benzoate de soude.493 3° Médication stimulante.Il est bon chez les nourrissons de donner un peu de cognac soit v.g.1 à 2 c.à thé dans 2 ou 4 onces d\u2019eau selon l\u2019âge, et leur faire prendre par c.a thé dans les 24 heures.La Coramine a ici son indication, et dans des cas sévères peut se donner à la dose d\u2019une demie à une ampoule toutes les 6 ou 8 heures.En plus de cette triade thérapeutique (révulsive, expectorante et stimulante) il faut faire une mention spéciale à des médications adjuvantes.La sérothérapie, la vaccinothérapie.Pour Ribadeau-Dumas et Chabrun, les vaccins n\u2019exercent qu\u2019une action de choc et ne représentent somme toute qu\u2019une protéinothérapie.Il semble que les broncho-pneumonies primitives observées en ville bénéficient du traitement par les injections de vaccins; par contre, les résultats ne semblent pas aussi probants pour les broncho-pneumonies survenant à la suite de coqueluche ou de rougeole, et soignés à l\u2019hôpital.On a aussi conseillé les transfusions; les métaux colloidaux sous forme de collargol ou d\u2019électrargol au 1/1000 en injections.de 5 c.c.tous les 2 ou 3 jours peuvent donner d\u2019utiles résultats.On a même employé l\u2019abcès de fixation.La chimiothérapie antibactérienne vient de réaliser un progrès par la découverte d\u2019un nouveau produit, le Dagenan ou 693.L\u2019on obtient des résultats merveilleux en le donnant a dose suffisante: De 1 à 3 mois: un quart de comprimé aux 4 heures.De 6 mois à 1 an: un demi comprimé aux 4 heures.De 2 ans: deux tiers de comprimé aux 6 heures.Mais si l\u2019on continue le traitement de 10 jours, il est conseillé de faire un examen de sang (numération globulaire et formule sanguine).Chez les deux petits malades dont je viens de vous présenter les observations, ces examens ont été faits et ils n\u2019ont montré aucune modification.Le Dagenan doit être employé du- 494 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014- Montréal, mai 1940 rant toute la période fébrile, et quand la température redevient normale, il faut continuer son emploi pendant 2 ou 3 jours à des doses plus petites.Il faut enfin rappeler, en terminant, que ces petits malades doivent être placés dans des chambres bien éclairées et bien aérées.Ne jamais maintenir une température au dessus de 66°.Le sommeil d\u2019un enfant doit toujours être respecté, et autant que possible attendre son réveil pour lui donner les médicaments et les soins que requiert son état.Il est aussi important de placer auprès de ces enfants une personne dévouée qui saura appliquer rigoureusement le traitement prescrit, donnant à l\u2019alimentation, à l'hygiène et aux soins courants, le rôle primordial qu\u2019ils jouent.PLAIE PÉNÉTRANTE DE LA CORNÉE AVEC HERNIE DE L\u2019IRIS Par Emile BLAIN, Hôpital Notre-Dame, Montréal.Observation.Le 14 novembre 1939, Monsieur L.T., 40 ans, reçoit violemment dans l\u2019œil droit, un clou que son marteau a fait dévier accidentellement.Sur le coup, le blessé ressent une vive douleur; quelques instants plus tard, il remarque que son œil touché n\u2019y voit plus.Comme trop souvent, l\u2019accident est suivi de quelques heures d\u2019hésitation, de tentatives pharmaceutiques plus ou moins à propos, et de manipulations fantaisistes.L'aventure se produit dans un milieu septique où les chances de contamination sont presque parfaites.Le patient nous arrive cinq heures après avoir servi de cible à la malheureuse trajectoire du clou.L\u2019examen ophtalmologique présente alors le tableau suivant: Examen des lésions.Les paupières recouvrent à demi un globe rouge et larmoyant.L\u2019extrémité pointue du clou a perforé la cornée tout près du limbe, vers IX heures.Par l\u2019ouverture ainsi pratiquée, jaillit sous pression un bourrelet noirâtre d\u2019iris du volume d\u2019un petit pois.La chambre antérieure effacée et teintée 1.Communication faite à la Société Médicale de Montréal, séance du 20 février 1940, tenue à l\u2019hôpital Notre-Dame.de sang dans son segment inférieur, laisse entrevoir une pupille décentrée et piriforme.A ce moment, 'acuité visuelle est nulle, et l\u2019œil, indolore.Nous voilà en face d\u2019un œil «crevé qui se vide », ou plus scientifiquement, d\u2019une plaie pénétrante de la cornée avec hernie de l'iris.Opération.La réparation chirurgicale immédiate est proposée, acceptée sur le champ, et effectuée d\u2019après la technique suivante: A.Résection d\u2019un morceau d\u2019iris hernié et non réductible.B.Chauffage au galvano-cautère des lèvres de la plaie limbo-cornéenne.C.Recouvrement conjonctival complet.Résultats.Lors du débridement différé de la conjonctive, au huitième jour, l\u2019œil nous apparaît en bon état.La pupille reste encore légèrement dilatée, mais les bords en sont nets et réguliers.L'écran iridien, d\u2019une belle couleur claire, laisse voir entre le limbe et le disque pupillaire, un orifice arrondi bien tranché: espèce de pupille artificielle, éclairant le fond de l\u2019œil et occupant l\u2019emplacement du lambeau d\u2019iris sacrifié.La cornée a retrouvé sa limpidité dans toute son étendue.\u2014 BLAIN: PLAIE PÉNÉTRANTE DE LA CORNÉE Le patient, congédié de l\u2019hôpital dix jours après l\u2019opération, subit deux mois plus tard un nouvel examen.Il n\u2019y a alors aucune apparence de cataracte traumatique.Sauf la minuscule brèche de l'iris, rien n\u2019y paraît plus de l\u2019accident.La réfraction de l\u2019œil endommagé nous révèle un léger degré d\u2019astigmatisme, également présent dans l\u2019autre œil.Un faible verre cylindrique procure à chaque côté une vision d\u2019environ 8/10, un peu moindre à droite, mais sensiblement équivalente: Commentaires Les plaies pénétrantes de la cornée compromettent sérieusement l'intégrité anatomique et physiologique de l\u2019organe visuel.Elles menacent le globe par leurs complications infectieuses possibles, et la cornée, par les taies souvent définitives qu\u2019elles y impriment.495 Leur pronostic s\u2019assombrit d\u2019autant plus qu\u2019on gaspille généralement un temps précieux à tenter contre elles toutes sortes de moyens puérils et inefficaces: genre graines de lin, lavages hyperboriqués, et coups de mouchoir anti-poussiéreux, etc.L\u2019œil blessé se passe admirablement bien de ces procédés populaires.Il ne demande qu\u2019une chose; la réparation d\u2019urgence.L\u2019intervention chirurgicale pratiquée dans de bonnes conditions reste la meilleure assurance contre les risques de panophtalmie, d\u2019irido-cy- clite, et de leucomes: secondaires.En plus d\u2019illustrer cette assertion, le présent cas semble démontrer que le recouvrement conjonctival, suffisamment prolongé, prévient souvent l'infection imminente, et diminue l\u2019astigmatisme ultérieur en favorisant la coaptation rapide de la surface cornéenne. MOUVEMENT MÉDICAL LES AVITAMINOSES DE L\u2019ADULTE' Par Roméo PEPIN, René DANDURAND et Roland DUSSAULT, Médecins de l'Hôtel-Dieu (Montréal).Depuis quelques années, il n\u2019est pas de journées où nous n\u2019avons pas l\u2019occasion de lire dans quelques journaux médicaux un ou deux articles traitant de vitamines.Les avitaminoses font l\u2019objet de beaucoup d\u2019études à la clinique comme au laboratoire.Cette question se précise de plus en plus et constitue un vaste champ d\u2019observation.On utilise l\u2019action des vitamines dans toutes les maladies, s\u2019inspirant des notions générales physio-bio- logiques acquises par l\u2019expérimentation.On tend à étendre cette action à une série de syndromes dont la pathogénie, la physio-patho- logie ressemblent étrangement à d\u2019autres maladies.Aussi voyons-nous quelques-uns de ces syndromes, autrefois bien établis, disparaître d\u2019un chapitre et flirter un autre chapitre de la médecine.Le syndrome neurologique de Landry n\u2019est-il pas aujourd\u2019hui considéré par certains auteurs, comme un syndrome de l\u2019avitaminose B?D\u2019autre part, l\u2019être humain présente rarement en pratique un type bien défini d\u2019une SYSTÈMES.1.Peau et autres tissus épithéliaux.2.Système nerveux.A.Névrite: 1) Douleur, 3) faiblesse, avitaminose particulière.La diète, parce que déficiente en plusieurs vitamines peut éventuellement produire un syndrome clinique complexe.Il s\u2019en suit que le médecin reconnaîtra fréquemment deux ou trois avitaminoses chez la même personne.Il y a trois facteurs qui entraînent l\u2019avitaminose: 1° l\u2019ingestion insuffisante des éléments nutritifs essentiels; 2° l\u2019absorption déficiente au niveau du tractus gastro-intestinal; 3° une mauvaise utilisation par les cellules ou un besoin exagéré de la part de l\u2019organisme.C\u2019est ainsi que l\u2019organisme exige un apport plus abondant de vitamines au cours de la grossesse, de la lactation, de la croissance, de la fièvre, de l\u2019exercice, de l\u2019insomnie, de l\u2019hyperthyroïdie.Ces trois facteurs peuvent coexister, de même que les carences en plusieurs vitamines.Nous nous permettons de citer le tableau de Haden.Il illustre bien la symtomatologie de l\u2019insuffisance vitaminique, insuffisance d\u2019apport ou insuffisance d'utilisation.LESIONS OBSERVEES COMME MANIFESTATIONS D'UNE CARENCE.1) Atrophie, 3) dermatite, 5) ulcération, 2) desquamation, 4) pigmentation, 6) kératinisation.2) paresthésie, 4) paralysie.B.Dégénérescence des cordons spinaux: 1) Colonne latérale, 2) colonne postérieure.C.Cerveau: troubles mentaux.1.Travail présenté à la Société Médicale de Montréal, séunce du 16 juin 1940. PEPIN, DANDURAND Er DUSSAULT: AVITAMINOSES DE L\u2019ADULTE 497 3.Tube digestif.1) Anorexie, 2) stomatite, 3) glossite, 4) atrophie de la langue, 5) achlorhydrie, 6) perte de certains ferments, 7) diarrhée, 8) perte du tonus gastro-intes- 9) ulcération de l\u2019intestin.tinal, 4.Système hématopoiétique.1) Anémie microcytique, 2) \u201d hypochromique, 3) ?\u201d macrocytique.5.Système cardiovasculaire.1) Hémorragie, 2) suintement facile, 3) œdème, 4) maladie cardiaque par hypo- Nous inspirant de ce tableau schématique et de ces notions préliminaires, nous essaierons de résumer, aussi brièvement que possible, les avitaminoses de l\u2019adulte.Avitaminose À Rappelons que la vitamine À préside au maintien des muqueuses épithéliales et que le développement normal du système nerveux et son bon fonctionnement dépendent d\u2019elle.Elle remplit aussi un rôle important vis-à-vis la régénération du pourpre visuel.Ce dernier traduit, comme on le sait, les premiers signes d\u2019une déficience en vitamine À.Si le pourpre visuel ne se reproduit pas d\u2019une manière adéquate, il en résulte de la cécité nocturne.La vitamine À du sang passe à travers la choroïde et les couches pigmentées pour atteindre la rétine où elle se combine à une protéine.Sous l\u2019effet d\u2019une réaction thermique, la conjonction protéine \u2014 vitamine A donne lieu au pourpre visuel.La vitamine A devient-elle insuffisante, le pourpre visuel ne se régénère plus de manière convenable, d\u2019où cécité dans une faible lumière.Un degré plus prononcé de carence provoque une kératinisation des épithéliums, dont les débris, par l\u2019obstruction des Vaisseaux qu\u2019ils entraînent, constituent un terrain de culture favorable pour les bactéries.La désagrégation des muqueuses permettra éventuellement l\u2019invasion du milieu oculaire par les micro-organismes.L'absence de la vita- nutrition.mine À donne lieu à l\u2019ulcération de l\u2019œil ou xérophtalmie.Chez l\u2019animal soumis à un régime carencé en vitamine À, on observe des suppurations oculaires, auriculaires, sinusales ete.On admet aujourd\u2019hui que la résistance de l\u2019organisme contre l\u2019infection dépend surtout de la présence de la vitamine À.(Anarinesco, Presse médicale, 25 décembre 1937.) En dermatologie, certains auteurs ont signalé l\u2019utilité de la vitamine A comme agent thérapeutique.Ces auteurs auraient amélioré des pellades anciennes, des érythrodermies, des sclérodermies ete.Prescrite comme thérapeutique adjuvante de la fièvre typhoïde, la même vitamine aurait donné de bons résultats: durée plus courte de la maladie et suppression de certaines complications qui en marquent la marche.Avitaminose B Nous jugeons préférable avant que d\u2019aborder l\u2019étude succincte de la vitamine B, d\u2019envisager les facteurs multiples que les chercheurs ont isolés dans cette vitamine.Si nous savons qu\u2019il existe des syndromes correspondant à une insuffisance de tous les facteurs, nous n\u2019ignorons pas que la pathogénie de telle ou telle maladie ressort souvent d\u2019un facteur vitaminique univoque.La vitamine B! ou thiamine ou aneurine représente l\u2019un des plus importants de ces facteurs.La vitamine B?complexe ou G comprend tous les constituants thermostables de la vi- 498 tamine B, même le facteur préventif de la pellagre: 1.La riboflavine à laquelle les biologistes conservent le nom de B° ou G.L\u2019insuffisance d\u2019apport de cette vitamine détermine, chez le rat, un arrét de la croissance, le développement de cataractes et une dermatose spéciale; 2.La vitamine B® produit de la vitamine B?complexe apres traitement approprié par la terre a foulon.Si la carence de cette dernière vitamine engendre la pellagre chez le rat, la prescription de ce facteur ne prévient pas la pellagre humaine; 3.L\u2019acide micotinique (PP).Il constitue une partie du facteur préventif de la pellagre; 4.Le facteur filtré, On dénomme ainsi le résidu que l\u2019on retire de la vitamine B après en avoir extrait les substances précédentes.Le facteur filtré prévient et guérit chez le poulet une dermatose, la pellagre.Nous nous contenterons de citer les maladies que prévient ou guérit la vitamine B, mais nous traiterons plus longuement de quelques syndromes dont l\u2019amélioration ou la guérison relèvent de cette vitamine.Les avitaminoses par carence du facteur d\u2019utilisation nutritive ne s\u2019observent guère au Canada.Seuls, quelques Orientaux qui vivent dans notre pays, souffrent de béribéri dont les trois symptômes caractéristiques sont la névrite périphérique, l\u2019ædème et les troubles cardiaques.Si nous n\u2019observons pas le béribéri dans sa forme pure, nous soignons souvent des malades qui souffrent d\u2019une forme dégradée de cette avitaminose.Les polynévrites éthyliques, la polynévrite gravidique, le syndrome de Korsakoff, l\u2019anémie pernicieuse, le diabète, la sprue et la côlite, ne réalisent-elles pas une forme ébauchée de cette carence en vitamine B*?Les journaux médicaux ont publié de nombreux cas de polynévrite traités avec succès par la vitamine B*.Cette thérapeutique améliore les lésions médullaires qui marquent volontiers l\u2019évolution de l\u2019anémie pernicieuse; ainsi en est-il des névrites diabétiques.On admet aujourd'hui que ces syndromes névritiques relèvent d\u2019une insuffisance d\u2019apport de L'UNTON MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 la vitamine B!.Nous savons aussi qu\u2019au cours du béribéri, il apparaît des altérations portant sur le système cardiovasculaire, altérations dont témoignent la dilatation du cœur, surtout du ventricule droit, la tachycardie, la chute de la pression diastolique ete.Dans les affections cardiaques, en général, on complè- tera avantageusement la thérapeutique ordinaire par l\u2019adjonction de la vitamine B*!.Plusieurs cardiologues considèrent même cette médication comme indispensable.L\u2019avitaminose B! peut aussi engendrer des œdèmes.Nous avons personnellement traité des malades dont les œdèmes tenaces ont disparu à la faveur de la prescription de vitamine Bl.Nous nous devons de faire état du retentissement de l'avitaminose B! sur le tractus gastro-intestinal: il se traduit par des troubles sécrétoires et moteurs.L\u2019anorexie et la constipation ne témoignent- elles pas d\u2019une hypotonie gastro-intestinale, incipiente dont l\u2019expression aggravée se traduirait par de la gastro-entéroptose.Il en résulte une absorption alimentaire viciée accompagnée d\u2019amaigrissement et de troubles généraux de la nutrition.Abderhalden note une dystrophie de lintestin, Rowlands une atonie de cet organe, McCarrison une dégénérescence du plexus d\u2019Averbach, Cowgil et Gilman, de I\u2019hypochlorhydrie et parfois de l\u2019achlorhydrie.Certains auteurs soutiennent même que l\u2019ulcère de l\u2019estomac présuppose une déficience en vitamine B*, Quoique le temps et l\u2019espace nous soient mesurés, nous ne pouvons passer sous silence l\u2019étude de l\u2019acide nicotinique.Nous laisserons de côté les autres facteurs de la vitamine B?, puisque chez l\u2019homme les symptômes qui marquent leur déficience ne sont pas encore connus; nous retiendrons que ces facteurs, surtout la riboflavine et la vitamine Bf, sont essentiels.L\u2019acide nicotinique guérit la pellagre.Cette maladie, absente dans nos climats, se rencontre très fréquemment dans les pays chauds.Cliniquement, elle se manifeste par trois grands symptômes: dermatose, diarrhée, dé- \u2014 i A> whe w= PEPIN, DANDURAND kr DUSSAULT: AVITAMINOSES DE L\u2019ADULTE mence.Avant d\u2019arriver à ce stade bien caractérisé de la maladie, le pellagreux présente des signes prémonitoires: anémie, amaigrissement, troubles buccaux (glossite douloureuse), troubles gastriques; troubles intestinaux (diarrhée alternant avec de la constipation) ; troubles rectaux et génitaux (rectite, lésions au prépuce, à la vulve, au vagin, à l\u2019anus).Bref, les lésions atteignent surtout les muqueuses.L'étude de la pellagre a permis cette déduction d\u2019ordre pratique, à savoir que plusieurs autres entités pathologiques dépendaient d\u2019une déficience en acide nicotinique.Boulin et Jus- tin-Bézanson ont présenté à la « Société Médicale des Hôpitaux de Paris » deux cas de porphyrinurie améliorés et même guéris par l\u2019acide nicotinique.Avitaminose D On croyait autrefois que l\u2019action principale de la vitamine D consistait en un stimulus s\u2019exerçant surtout sur les glandes parathy- roïdes: d\u2019où élévation du calcium sanguin.Il est maintenant prouvé que ce n\u2019est pas là le mécanisme d\u2019action de cette vitamine.Elle augmente la teneur en calcium du sang, en favorisant l\u2019absorption du calcium alimentaire à travers la paroi intestinale, tandis que l\u2019extrait parathyroïdien produit le même résultat apparent par mobilisation du caleium (sous forme de phosphate) des réserves osseuses.Pour cette raison, on préconise la vitamine D pendant la grossesse, et l\u2019allaitement chez la mère; pendant la période de croissance, chez les enfants.Vitamine C Chacun a lu des récits historiques sur les épidémies de scorbut survenant chez les équipages des navires au long cours, chez les soldats des armées en campagne, chez les civils des villes assiégées.Que la vitamine C soit le facteur anti-scorbutique, personne ne l\u2019ignore, mais rares sont ceux parmi nous qui peuvent se vanter d\u2019avoir observé du scorbut chez l\u2019adulte.Aussi bien, ne doit-on pas s\u2019étonner de constater la tendance, en certains milieux, 499 à sous-estimer l\u2019utilité de la vitamine © chez ce dernier.Par réaction peut-être, des auteurs ont employé l\u2019acide ascorbique «à vue de nez » ; ils l\u2019ont, peut-on dire, accommodé à toutes les sauces.Nous essayerons de dégager de ce chaos les notions acquises sur la question.Il semble que la vitamine C soit nécessaire à l\u2019intégrité des substances intercellulaires du tissu mésenchymateux, collagène, ciment qui réunit les cellules endothéliales des vaisseaux, etc, et que les hémorragies, principal symptôme de la carence en acide ascorbique, témoignent précisément de la conséquence d\u2019une défectuosité dans ces matériaux inter-cellu- laires.S'il est rare de constater du scorbut véritable chez l\u2019adulte, on observe peut-être plus volontiers des états pré-scorbutiques ou des carences frustes; on soupçonnera l\u2019existence éventuelle de ces états chaque fois que le régime alimentaire ne comporte pas la ration suffisante de légumes verts et de fruits crus.Questionnez nos chômeurs, examinez leurs gencives et vous serez édifiés sur ce point.S\u2019il vous arrive d\u2019imposer un régime restrictif à votre malade, il vous faudra tenir compte de la carence possible en vitamine ©.L\u2019exemple du régime médical souvent prescrit aux malades souffrant d\u2019ulcère de l\u2019estomac est à ce point de vue démonstratif; témoins les taux d\u2019élimination de l\u2019acide ascorbique trouvés chez ces malades.Fait intéressant, on a noté expérimentalement la lenteur de la cicatrisation chez de pareils malades, opérés sans avoir reçu un apport suffisant de vitamine C.Comme on ne peut pas toujours relever de manifestations cliniques évidentes d\u2019avitaminose C, l\u2019on a recours à des dosages d\u2019acide ascorbique dans les urines et dans le sang.Parce que l\u2019on a souvent trouvé chez les fébricitants, les vieillards, les tuberculeux, les rhumatisants des taux très faibles en acide ascorbique, on en a conclu que ces derniers en requéraient une quantité plus grande, que l\u2019utilisation de la vitamine C était moins parfaite chez eux.C\u2019est pourquoi on en a préconisé l\u2019emploi.L\u2019un de nous a employé la vitainine C chez 500 des pneumoniques et des broncho-pneumoni- ques avec des résultats en apparence excellents.A cause de son action curative sur les hémorragies du scorbut, on a préconisé l\u2019acide ascorbique contre d\u2019autres hémorragies, soit hémophiliques, soit hémorragiques, soit pur- puriques.Plusieurs auteurs ont rapporté en pareils cas des résultats prometteurs.La vitamine C a fait l\u2019objet de bien d\u2019autres essais thérapeutiques.Nous mentionnerons l\u2019amélioration immédiate et durable que nous avons obtenue personnellement dans un cas d'asthme qui remontait à 5 ans; dans un autre cas, échec complet de l\u2019acide ascorbi- que; chez deux cas d\u2019urticaire rebelle à la thérapeutique médicale habituelle, urticaire durant depuis plusieurs mois, guérison apparente qui se maintient; chez plusieurs coquelucheux, amélioration rapide et durable.Des recherches expérimentales récentes permettent de dissocier les manifestations cliniques de l\u2019avitaminose C.Il s\u2019agirait de phé- nomènes- complexes dus à la carence d\u2019acide ascorbique ou vitamine C et à la carence d\u2019un autre facteur, la vitamine P.Celle-ci, qui appartient au groupe des flavones, contrôlerait la perméabilité capillaire et, conséquemment, les phénomènes hémorragiques.Vitamine E Existe-t-il une avitaminose E chez les humains?Si oui, elle n\u2019a pas encore fait sa preuve.Chez le rat mâle, l\u2019avitaminose E entraîne l\u2019arrêt de développement des tubes séminifères, et chez la femelle en gestation, la mort et la résorption du fœtus.Dans le cas de femmes qui ne réussissaient pas habituellement à conduire leur grossesse à terme et dont les avortements répétés restaient inexpliqua- bles, des auteurs anglais et américains ont employé des germes de blé, riche, comme l\u2019on sait en vitamine E.Dans un certain pourcentage, la grossesse se prolongea normalement, et il naquit un enfant vivant.On a utilisé la vitamine E dans des cas de stérilité sans cause connue, mais les résultats que rapportent les auteurs ne semblent pas ici concluants.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 L\u2019on a prétendu que la vitamine E intervenait dans le métabolisme du magnésium et du calcium.Il n\u2019y a pas encore de test clinique qui permette de diagnostiquer l\u2019avitaminose E.Vitamine K Si les recherches cliniques sur la vitamine K ne datent que d\u2019une couple d'années, un grand nombre de vies cependant auraient été sauvées grâce à son emploi.Rappelons brièvement les étapes de cette découverte.Dès 1929, Dam et ses collaborateurs soupçonnent son existence: nourrissant des poulets avec une diète carencée en corps gras, ils constatent le développement d\u2019une maladie hémorragique chez ceux-ci.Des expériences subséquentes de Dam, et d\u2019Almguist, de Californie, apportèrent quelques précisions, savoir: a) la vitamine K se retrouve en grande quantité dans certains légumes verts, et dans l\u2019intestin où elle se produit sous l\u2019action de la putréfaction bactérienne; b) la maladie hémorragipare des poulets provient d\u2019une déficience de la prothrombine dans le sang.Des auteurs américains, quelques années plus tard, essayèrent la vitamine K dans les hémorragies des ictériques.À l\u2019heure actuelle, à la suite d\u2019un grand nombre de travaux de laboratoire et de plusieurs essais cliniques, voici la théorie d\u2019ensemble à laquelle se rallient les divers chercheurs.On a constaté, depuis longtemps, qu\u2019un pourcentage élevé de malades qui subissent certaines interventions chirurgicales sur les voies biliaires, et en particulier pour des calculs du cholédoque, succombent à des hémorragies pendant les suites opératoires.On a prouvé que ces hémorragies relèvent d\u2019un déficit en prothrombine.Si l\u2019on se rappelle que, suivant la théorie de Howell, le schéma de la coagulation, s\u2019inserit ainsi: prothrombine + thromboplastine + calcium = thrombine; thrombine + fibromogène = fibrine.On voit que la prothrombine joue le rôle d\u2019un proferment dont l'importance dans le méca- PÉPIN, DANDURAND Er DUSSAULT: AVITAMINOSES DE L\u2019ADULTE nisme de la coagulation n\u2019a été révélée qu\u2019à la suite de ces travaux récents.La vitamine K est nécessaire à la formation de la prothrombine dont l\u2019élaboration s\u2019opère dans le foie.Facteur liposoluble, cette vitamine se trouve en abondance dans le régime mixte d\u2019un sujet normal, mais ne peut au cours des ictères par obstruction, être absorbée dans l\u2019intestin en raison de manque de bile.La diète restrictive que l\u2019on prescrit couramment aux malades souffrant des voies biliaires et les lésions du parenchyme hépatique que l\u2019on observe souvent chez ces malades expliquent volontiers la carence en facteur K, et secondairement le déficit en prothrombine.Les essais cliniques confirment ces déductions théoriques, à tel point qu\u2019un chirurgien prudent ne doit plus se permettre d\u2019opérer sur les voies biliaires sans rechercher au préa- \u2018lable le taux de prothrombine de son patient et sans donner, dans le cas d\u2019un abaissement notable de ce taux, de la vitamine K.Rappelons que le dosage de la prothrombine peut se faire par plusieurs méthodes, dont deux, d\u2019application courante, celle de Quick, et celle de Smith, ne sont pas spécifiques, mais comportent une précision suffisante à tous les besoins de la clinique.Elles ont en plus l\u2019avantage de s\u2019exécuter avec une grande facilité.La vitamine K s\u2019administre d\u2019ordinaire par la bouche et nécessite l\u2019association de sels biliaires.Si le sujet montre un taux de prothrombine inférieur à la normale, le médecin devra instituer le traitement quelques jours avant l\u2019opération et le poursuivre après l\u2019intervention chirurgicale.| 501 Pour résumer la question, nous dirons que l\u2019avitaminose K se manifeste cliniquement par des hémorragies survenant dans des conditions particulières, par exemple à la suite d\u2019un ictère par obstruction, et qu\u2019elle peut se prévoir par un test de laboratoire, le dosage de la prothrombine.Les conditions d\u2019apparition de cette avitaminose sont les suivantes: 1° absence de facteur K ou des aliments qui le contiennent; 2° absence de bile dans l'intestin; 3° lésions du parenchyme hépatique; 4° lésions de la muqueuse intestinale, comme dans la côlite ulcéreuse et certaines polyposes, qui empêchent l\u2019absorption des aliments vecteurs de cette vitamine ou de la vitamine elle-même.# * + Ce résumé, si court soit-il, que nous venons de faire de la question des avitaminoses, comporte des déductions pratiques.Le médecin, qui puise uniquement à la source d\u2019information qu\u2019alimentent les courtiers en produits pharmaceutiques, ne tarde pas à considérer la médication vitaminique comme une panacée, à moins qu\u2019il se contente de la prescrire à titre de pierre de touche, de thérapeutique diagnostique.Si les avitaminoses n\u2019existent parfois que sous la forme larvée, parcellaire, on observe certains syndromes qui les extériorisent sous un jour tel que leur identification s\u2019impose.Des indications nombreuses militent en faveur de l\u2019emploi des vitamines et les observations médicales, en s\u2019accumulant, apporteront de plus en plus de précision dans l\u2019usage de ces agents thérapeutiques. ORIENTATION ACTUELLE DES RECHERCHES SUR LE CANCER ! Par James B.MURPHY, Membre de l\u2019Institut Rockefeller.Il est d\u2019usage courant dans les milieux cliniques de dire que nos connaissances actuelles sur le cancer sont si restreintes que l\u2019origine de cette maladie est encore du domaine de la légende.Cette conception est absolument fausse: tout ce qui manque actuellement, c\u2019est la corrélation entre l\u2019immense quantité de faits accumulés par les chercheurs.Dans le but d\u2019unifier la recherche, un comité fut nommé l\u2019an dernier par le Gouvernement des Etats-Unis.Il fut chargé de définir certains termes généraux et en même temps de tracer des directions favorisant une collaboration plus efficace.Ce comité a formulé la définition suivante du cancer: maladie résultant d\u2019une potentialité de croissance anarchique et illimitée, commune à toutes les cellules vivantes, cette propriété étant consécutive à des changements organiques et héréditaires.Une fois acquise, elle devient immuable et communicable.Cette définition générale résume nos connaissances actuelles sur la question.Il est intéressant cependant de savoir comment elles ont été acquises.Depuis le début de ce siècle, les chercheurs ont travaillé suivant trois grandes directives: la première en date fut la transposition des tissus cancéreux, puis on attaqua le problème de la production expérimentale des tumeurs.Finalement, depuis l\u2019avènement de Morgan et de son école, les principes de la génétique furent avantageusement appliqués à cette étude.Voyons ce que chacune de ces méthodes a pu donner.TRANSPOSITION DES TISSUS.Cette technique consiste comme on le comprend bien, soit à porter sur un sujet neuf ou 1.Conférence recueillie et résumée par le docteur Léonad F.Bélanger, actuellement à l\u2019Université d\u2019Harvard.sur une partie saine du même animal, des fragments de tissus cancéreux, soit encore à maintenir ceux-ci vivants in vitro.Ces opérations soumises aux lois générales des greffes ont donné lieu aux constatations suivantes: 1) l\u2019état de malignité est un caractère qui est demeuré immuable chez l\u2019hôte nouveau; 2) les cellules normales de ce dernier cependant ne deviendront jamais cancéreuses comme conséquence de la transposition.3) Quoique chaque cellule soit fixée dans son mode évolutif, il y a de très nombreuses différences entre les divers types de tumeurs, ce qui tend à démontrer que le cancer est une maladie cellulaire et non organique.Le seul caractère commun à tous les types est l\u2019insubordination aux lois générales de la division cellulaire.4) La présence de parasites, de microbes ou de toxines tend à activer la prolifération de ces éléments.PRODUCTION EXPÉRIMENTALE DE TUMEURS.La première expérience en ce domaine remonte à 1914, alors que l\u2019on pût réussir à produire une tumeur maligne par des applications répétées de substances bitumineuses sur l\u2019oreille d\u2019un lapin.Par la suite, on est arrivé aux mêmes résultats avec une multitude de produits chimiques et histologiques.Il faut noter parmi ceux-ci, la vitamine «D » et les hormones folliculaire et testiculaire dont la formule chimique est étrangement semblable.Actuellement à l\u2019Institut Rockefeller, on étudie l\u2019action d\u2019une multitude de composés organiques et on a constaté le fait suivant: les produits cancérigènes sont tous de poids moléculaire élevé.On a même trouvé une formule idéale, c\u2019est-à-dire un corps qui donne presque 100% de «réussites » lorsqu'il est appliqué aux animaux.Cet élément est constitué «grosso modo » de 64% de nucléopro- téides et de 36% de protéides. MURPHY: ORIENTATION DES RECHERCHES SUR LE CANCER On peut faire ici, un rapprochement biologique troublant: ce même « agent idéal » peut maintenant être extrait des tissus embryonnaires par centrifugation! La question suivante vient alors à l\u2019esprit: cet élément est-il la véritable cause du cancer et dans l\u2019affirmative, quel peut être son mode d\u2019action?N\u2019est-il pas d\u2019autre part, un simple catalyseur dont la présence serait nécessaire pour déclancher le processus sans que lui- même soit l\u2019agent efficient?La clinique et l\u2019expérimentation nous ont révélé par contre, une quantité de facteurs qui ont sûrement un rôle quelconque à jouer dans la génèse du processus.Citons l\u2019irritation chronique, l\u2019influence du mauvais état général, l\u2019action des rayons X, des parasites, de la tuberculose, de la syphilis.La tendance actuelle est de penser que ces éléments peuvent jouer un rôle considérable en déclanchant le processus.Une fois celui-ci en œuvre cependant, on ne leur concède plus aucune action.En certains milieux, on croit encore en une origine infectieuse du phénomène néoplasique.Cette croyance est basée sur la possibilité de transmettre d\u2019un animal à un autre, un certain agent de l\u2019ordre du virus.Le sujet contaminé développerait consécutivement un papillome qui à son tour deviendrait souvent malin.Cependant on n\u2019a jamais pu mettre en évidence l\u2019agent en question au niveau des tumeurs.Jusqu\u2019à preuve du contraire, on devra donc considérer ce virus à l\u2019égal de tous les autres agents microbiens, c\u2019est-à-dire ne pas lui attribuer un rôle plus important que celui de facteur adjuvant.503 HÉRÉDITÉ.La prédisposition héréditaire au cancer est maintenant un fait établi quoique le mode de transmission soit encore très obseur.Dans certaines familles de rats cancérisés, Machlin a démontré que la proportion de «chances» augmente avec les générations.Par exemple: un sujet de la quatrième génération serait mille fois plus cancérisable que l\u2019individu directement issu de parents cancéreux.La clinique a révélé d'autre part des faits étrangement significatifs.Témoins sont ces jumeaux fraternels qui développent synchroniquement des cancers de même nature dans le même organe! Chez le rat on a finalement constaté que le surmenage, l\u2019hyperactivité physiologique, favorisait l\u2019apparition des tumeurs chez les sujets à l\u2019hérédité cancéreuse.Citons en exemple la fréquence des cancers utérins et mammaires chez les femelles soumises à des grossesses répétées.En terminant, nous dirons que le cancer, maladie de la cellule, est de toute probabilité, le résultat d\u2019une perturbation de son métabolisme intime.Récemment, on a attaché une grande importance à l\u2019étude des mitochondries que l\u2019on veut considérer dans certains milieux, soit comme l\u2019agent efficient de la révolution cellulaire, soit comme le vecteur de ce dernier.Espérons que !\u2019histologiste nous donnera bientôt une réponse à cette question qui peut être la clef de tout le problème. 504 Bulletin de l'Association des Médecins de Langue française de l'Amérique du Nord L'UNION MÉDICALE DU CANADA Mai 1940 HIBERNATION ARTIFICIELLE ET LA LUTTE CONTRE LE CANCER La physiothérapie couvre un vaste champ d'action en thérapeutique.Les agents thermiques à application topique ou à action générale y occupent une position de première importance.Jusqu'à tout dernièrement, on se servait surtout de la chaleur.Et, à ce propos, on ne peut manquer d'évoquer tout particulièrement les très grands services rendus à la médecine par Wagner Von Jauregg, lorsqu'il institua l\u2019emploi de la malariathé- rapie contre la paralysie générale; on doit aussi se rappeler les applications maintenant nombreuses de la pyrétothérapie et des heureux résultats obtenus par elle dans nombre d'affections qui n\u2019ont rien à voir avec la syphilis nerveuse.La pyrétothérapie peut être réalisée par élévation passive de la température du corps.La pyrétothérapie physique par élec- tro-induction ou plus simplement par chauffage dans une atmosphère saturée d'humidité, provoque précisément cette hyperthermie passive.La chaleur est transmise à un sujet qui ne peut, par l'action de ses centres thermorégulateurs, la remettre, en transpirant, à une atmosphère sursaturée de vapeur d\u2019eau.Cette pyrétothérapie physique possède maintenant sa contre-partie dans l\u2019hiber- nisation artificielle ou ce qu\u2019on pourrait très justement appeler la «cryothérapie », c'est-à-dire la réfrigération du malade maintenu dans un milieu à basse température.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 Et voici précisément des précisions sur ce procédé thérapeutique très intéressant, ingénieux et audacieux à la fois, qui n\u2019est encore qu'à l\u2019état expérimental.Relatons son histoire en raccourci.On constate d'abord que des écarts appréciables de température existent entre les différents segments du tégument du corps humain.On remarque ensuite, que les tumeurs cancéreuses primitives ou métastatiques, se développent dans des zones où la température régionale est la plus élevée.On fait intervenir les expérimentations sur la croissance des embryons, des plantes et des cellules normales ou tumorales et on en déduit que la température possède une importance d'autant plus grande sur la croissance des tissus, le développement et la vie des cellules, que ces dernières sont moins différenciées, plus jeunes ou cancéreuses.Et il semblerait exister une température critique de 95° F.audessous de laquelle la vie de ces cellules serait compromise.Par déduction, on en a conclu que les tumeurs malignes n\u2019apparaissaient à peu près pas dans certaines régions de l'organisme et avec fréquence beaucoup plus étonnante dans d\u2019autres, parce que les conditions de température locale étaient diverses et favorisaient a degrés variés la croissance des tumeurs malignes.C\u2019est alors qu\u2019on tenta de tirer profit de ces constats et postulats en réalisant, en clinique, la réfrigération contre la croissance et l'existence même des tumeurs cancéreuses.Réfrigération locale directement portée sur les masses tumorales par le truchement d\u2019un instrument tenu en contact intime avec elles et dans lequel passe un courant d\u2019eau glacée.1.D.L.W.Smith et Temple Fay: «Facteurs thermiques dans la croissance de la cellule embryonnaire et cancéreuse.» J.A.M.A, 113: 653 (19 août) 1939. ÉDITORIAL Réfrigération générale ou hibernation artificielle par effectuation d\u2019un abaissement de la température du corps au dessous de 95° F.le malade étant privé de nourriture, placé dans une atmosphère, de préférence climatisée, d\u2019une température de 50-60 F., étant de plus entouré de sacs de glace qui aide énergiquement à la réfrigération.L'emploi d\u2019hypnotiques (Averti- ne, barbituriques, etc.) rend: le procédé plus acceptable par le malade.Pendant la période de refroidissement, qui fut effectivement maintenue pendant 4-5 jours d'affilée, les fonctions rénales et intestinales sont suspendues, le métabolisme pratiquement nullifié.Les auteurs qui eurent la hardiesse de recourir à une telle thérapie purent l'appliquer à 38 malades cancéreux à processus très avancé, qui avaient précédemment passé par la chirur- cle et la roentgenthérapie.Les résultats immédiats auraient été des plus encourageants.Ils affirment que la tumeur primitive diminua manifestement de volume, de 50 pour cent des dimensions antérieures dans certains cas.Chez quelques malades, elle disparut complètement.Cette régression fut beaucoup plus accentuée quand on adjoignit l\u2019action de l\u2019hibernation artificielle qui, par ailleurs, put agir sur les métastases.Chez deux malades, le cancer du sein disparut et des métastases osseuses furent réparées par ostéogénèse.Dans plusieurs cas, les symptômes dus aux métastases s'évanouirent et certains malades morphi- nisés survécurent sans douleur ni morphine.Une malade à cancer du sein demeura sans aucune manifestation tumorale pendant plus de deux ans.Bref, l\u2019hibernation artificielle, réduisant au minimum le métabolisme basal, et au demeurant toutes les fonctions physiologiques, abaissant jusqu'à 85° F.la température somatique, exerce «in vivo» une influence incontestable sur la vie cellulaire des tumeurs malignes.Ces expériences au- 505 ront-elles une portée plus étendue et surtout comporteront-elles une valeur pratique?Il est difficile de se prononcer maintenant.On peut toutefois se demander si l\u2019action favorable constatée par Smith et Temple Fay n\u2019est pas uniquement due à l\u2019extrême ralentissement du métabolisme des sujets.Le froid agit-il directement sur la tumeur?Dans le seul domaine de la biologie et de l\u2019ingéniosité, elles sont d'un grand intérêt.Elles ont même pris auprès du public, et par le truchement de la grande presse et des publications illustrées, le caractère d'un événement sensationnel: «L'homme réduit à l'état de marmotte .» \u2014 « Un avant-goût du refroidissement cadavérique.» \u2014 « Que faire dans le froid à moins que de s\u2019engourdir?» De fait, ces tentatives possedent un certain côté grand-guinolesque par l\u2019inédit du procédé et l'état de mort apparente qu\u2019elles déterminent.Il est possible que la médecine de l'avenir utilise la « cryothérapie » avec autant d'ampleur que la pyrétothérapie.Cette méthode, perfectionnée sans doute, servira-t-elle efficacement à lutter contre le cancer?Aura-t-elle d'autres fins?A tout événement, même si elle n\u2019avait renseigné que sur son action sur les tumeurs cancéreuses et sur la résistance de l\u2019organisme humain à un degré de refroidissement inattendu, elle aurait instruit et ouvert des perspectives imprévues.L\u2019arsenal thérapeutique prend de plus en plus de l'ampleur.Depuis quelques années la médecine va d\u2019audaces en adventures.Elle combat des maladies incurables par d\u2019autres maladies qu\u2019elle peut contrôler; c\u2019est le cas de la paralysie générale, de la syphilis nerveuse traitées par la malaria, le sodoku, la fièvre récurrente et d'autres infections aussi malignes.Elle ébranle.l'organisme par des chocs violents et répétés dans des tentatives désespérées de cure de maladies mentales 506 L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 inexorables: ainsi la thérapie convulsivante par le cardiazol ou métrazol, par anoxémie, le malade ne respirant pratiquement que de l'azote, ou encore par stimulation électrique de l\u2019encéphale; ainsi, le coma insulinique.Elle joue avec le chaud et le froid, portant la température du corps à 105°-107° F.pendant des heures ou I'abaissant a 85° F.pendant des jours.Elle veut a tout prix arriver a ses fins: guérir.Admirons la foi et 'inébranlable énergie de ceux qui la servent en appliquant ses desseins.Ne réprouvons pas d\u2019emblée leurs essais, ne les ridiculisons pas, même s\u2019ils brusquent et blessent nos façons conformistes de juger les faits médicaux et les coutumes classiques de traiter les malades; surtout quand ces essais sont destinés à vaincre des affections impitoyables contre lesquelles la médecine se sent totalement désarmée.Roma AMYOT.2%.ve LA PASTEURISATION DU LAIT La pasteurisation du lait est acceptée par la plus grande partie du corps médical.Elle a cependant des adversaires.Il n\u2019est pas superflu de faire, une fois de plus, le procès de ce procédé qui, efficace comme on l\u2019a prétendu et relativement simple de réalisation, doit rendre des services inappréciables à la société et, par dessus tout, ne pas l\u2019abuser en lui accordant une fausse sécurité.D'aucuns prétendent que la pasteurisation détruit toute vie dans le lait; celle des microbes, celle des vitamines.Sous prétexte de prévenir l'infection, elle dévitaliserait le lait et le priverait d\u2019une partie importante, sinon primordiale, de sa valeur nutritive.On lui a fait d\u2019autres griefs.Que faut-il en croire?Doit-on accorder sa confiance à la pasteurisation du lait effectuée selon les règles et bien contrôlée?C\u2019est sous cet aspect pratique que le problème mérite d\u2019être envisagé.Le travail du regretté docteur Bolduc, que contient la présente livraison, répond congrûment aux objections portées contre la pasteurisation du lait et renseignera ceux qui désirent se documenter sur cet important sujet médico-social.Quoique ce mode d\u2019asepsie, comme le rappelle le docteur LeSage dans son très intéressant Bulletin, date de 1865, bien qu'il soit maintenant passé, depuis plusieurs années, dans les coutumes sanitaires des grandes agglomérations urbaines, il n\u2019est pas intempestif d\u2019en reparler; nos médecins pourront en être instruits pertinemment et s\u2019en faire une juste opinion.R.A.Messieurs les médecins qui changent de domicile sont priés de donner leur nouvelle adresse au secrétariat: 326 est, Boulevard St-Joseph \u2014 LA: 9888, afin qu'ils puissent recevoir l'« UNION MEDICALE DU CANADA » sans aucune interruption. MEDECINE SOCIALE PASTEURISATION DU LAIT Par A.BOLDUC, Surintendant de la division des Laboratoires.Service de santé, Montréal.DEFINITION La pasteurisation est un traitement que l\u2019on fait subir au lait dans le but de détruire tous les germes pathogènes qu\u2019il peut renfermer, tout en causant le moins de dommage possible au lait lui-même.Elle consiste à chauffer le lait à une température inférieure au point d\u2019ébullition, à le maintenir à ce degré de chaleur durant un temps déterminé, et ensuite à le refroidir rapidement.PROCÉDÉS DE PASTEURISATION.Trois procédés sont actuellement utilisés dans les ateliers de pasteurisation: 1.La pasteurisation rapide ; 2.La pasteurisation en bouteilles; 3.La pasteurisation lente.I.Pasteurisation rapide ou sans arrêt.Cette méthode comporte un chauffage ininterrompu du lait à une température de 165° F.pour une durée de 15 secondes; ce chauffage est suivi d\u2019un refroidissement immédiat à 50° F., après quoi le lait est distribué dans des bouteilles stériles et conservé à basse température jusqu\u2019au moment de la vente.Les points faibles de cette méthode et les raisons pour lesquelles elle est peu utilisée en Canada sont les suivantes: 1.On doute jusqu\u2019à un certain point que toutes les bactéries pathogènes soient détruites; 2.La température exacte est d\u2019une vérification difficile ; 1.Conférence donnée au personnel du service de Santé, samedi le 18 novembre 1939.3.Il semble que lon a moins de crème, parce que les globules de la matière grasse ne s\u2019élèvent pas aussi rapidement ni aussi complètement que dans le lait pasteurisé à basse température (142° à 145° F.).II.Pasteurisation en bouteilles.Le lait traité suivant ce procédé est embouteillé, bouché, plongé dans de l\u2019eau que l\u2019on chauffe graduellement jusqu\u2019à une température de 142° à 145° F., maintenu à ce degré de chaleur durant 30 minutes, refroidi aussi rapidement que possible à 50° F., et conservé à la glacière jusqu\u2019au moment de la vente.Avec certaines machines, le chauffage du lait s\u2019effectue en pulvérisant de l\u2019eau chaude sur les bouteilles.Au point de vue sanitaire et bactériologique, la pasteurisation en bouteilles est la méthode idéale: elle présente cet avantage sur les autres procédés qu\u2019elle élimine tout danger de contamination du lait après le chauffage.Malheureusement, c\u2019est une méthode dispendieuse et de ce fait n\u2019a jamais été pratiquée sur une haute échelle.IT.Pasteurisation lente.Sur le continent nord-américain, l\u2019assainissement du lait et de la crème est effectué suivant la méthode de la pasteurisation lente ou prolongée.C\u2019est le procédé utilisé à Montréal et c\u2019est celui dont nous nous occuperons au cours du présent entretien.Voici la définition de la pasteurisation lente, donnée par le Comité sur la pasteurisation du lait et de la crème, de l\u2019Association internationale des inspecteurs de laiteries et du lait: 508 «La pasteurisation est un procédé suivant lequel toutes les parties du lait traité sont chauffées à une température d\u2019environ 145° F., et jamais moins de 142° F., maintenues à ce degré de chaleur pendant au moins 30 minutes puis refroidies à une température de 45° Fou au-dessous.Le degré de chaleur, l\u2019heure, la durée de chauffage et le refroidissement doivent invariablement être notés par un appareil automatique éprouvé, dont les graphiques sont inscrits quotidiennement et vérifiés à intervalles réguliers par les autorités sanitaires.Immédiatement après la pasteurisation, et à l\u2019endroit même ou cette pasteurisation est faite, le lait doit être déposé dans les contenants définitifs, et conservé à une température inférieure à 50° F.jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit livré aux consommateurs.La répétition de la pasteurisation est inutile; elle est mauvaise et devrait être interdite.Toute modification apportée aux procédés qui viennent d\u2019être cités, fait que les produits résultants, en ce qui concerne le lait destiné à l\u2019alimentation des villes, n\u2019ont pas le droit d\u2019être dits pasteurisés.» Opérations diverses de la pasteurisation.A) Une fois rendu à l\u2019atelier et admis à la pasteurisation, tout le lait subit d\u2019abord un nettoyage; il est dirigé vers un appareil rotatif (clarificateur), qui a pour fonction spéciale d\u2019en extraire les grosses saletés, auxquelles, en France, les spécialistes du lait donnent le nom de « boues » ; celles-ci constituent la souillure ordinaire de tout lait cru, quelle que soit sa provenance ou son origine.La composition de cette boue est ordinairement du foin, de la paille, des matières terreuses, et parfois du sang et du pus; elle entre dans une proportion de quelques onces à une livre dans chaque 1,000 livres de lait produit.B) Une fois nettoyé, le lait s\u2019en va aux bassins dans lesquels s\u2019effectue la pasteurisation proprement dite: il est chauffé à une température de 142° à 145° F.durant 30 minutes.C) Puis du bassin de pasteurisation, il passe immédiatement au réfrigérant qui dans les 45 minutes qui suivent doit en abaisser la tem- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M L.F.A.N.-\u2014 Montréal.mai 1940 pérature à au moins 45° F; à partir de cet instant le lait est maintenu à cette basse température jusqu\u2019au moment de la vente.D) Du réfrigérant, le lait est dirigé vers l\u2019embouteilleuse; la mise en bouteilles et la fermeture de celles-ci se font mécaniquement.E) Enfin, le lait est remisé dans la chambre de réfrigération où il est conservé à basse température et d\u2019où il ne sortira que pour sa distribution aux consommateurs.Les voitures utilisées pour la livraison du lait pasteurisé ne servent pas à d\u2019autres fins et sont réfrigérées.S1 vous me le permettez, nous verrons plus en détail chacune de ces opérations.Chauffage du lait.On emploie pour chauffer le lait des bassins de différents genres.Les plus utilisés sont les bassins rectangulaires et cylindriques, à double paroi, d\u2019acier inoxydable.La chaleur est fournie par de l\u2019eau chaude ou de la vapeur circulant entre les feuillets de la double paroi.Dans l\u2019un ou l\u2019autre de ces bassins, un chauffage uniforme du lait est obtenu grâce à des palettes qui maintiennent celui-ci en constante agitation.Au cours de ces dernières années, un pas- teurisateur nouveau genre a été mis sur le marché: c\u2019est le pasteurisateur À.P.V.Le lait est porté à la température de 145° F.en passant en couche mince entre des plaques chauffantes; la «retenue » se fait dans de grands bassins cylindriques.Pour que la pasteurisation soit efficace, c\u2019est-à-dire pour que tous les germes pathogènes soient détruits, il est très important que tout le lait soit chauffé à 145° F.et maintenu à ce degré de chaleur durant 30 minutes.À cet effet, des thermomètres indicateurs et enregistreurs de température sont reliés aux bassins; les thermomètres enregistreurs inscrivent sur des graphiques le degré de chaleur et le temps de «retenue ».Les thermomètres indicateurs et enregistreurs sont vérifiés fréquemment par les inspecteurs laitiers à l\u2019aide de thermomètres portatifs précis.Quant aux graphiques de température, ils sont remis aux autorités sanitaires qui les gardent. BOLDUC: PASTEURISATION DU LAIT Durant le chauffage, les bassins doivent être tenus hermétiquement clos pour empêcher l\u2019évaporation et prévenir la contamination du lait.Refroidissement du lait.Il existe dans le commerce deux genres de réfrigérants généralement employés: le tubulaire à surface ouverte et le tubulaire interne.Réfrigérants tubaires à surface ouverte.Ces appareils sont construits en deux ou trois sections: l\u2019eau ordinaire passe à travers les tubes ou tuyaux des sections supérieures et l\u2019eau glacée ou la saumure à travers la section inférieure.Le lait coule en couche mince sur les parois externes des tubes; il est recueilli dans une auge et dirigé ensuite vers l\u2019embou- teilleuse.Dans les grands ateliers, ces réfrigérants sont munis de couvercles pour éliminer tout contact du lait avec l\u2019air extérieur.Réfrigérant tubulaire interne.Ce réfrigérant consiste en une série de tubes ou tuyaux, de diamètres différents, emboîtés les uns dans les autres.Le lait coule par les tuyaux intérieurs, tandis que l\u2019eau froide ou la saumure passe à travers les tuyaux extérieurs, et dans une direction opposée.Le lait, avec ce réfrigérant, n\u2019est pas exposé à l\u2019air et tout danger de contamination se trouve ainsi éliminé.Dans certaines formes de pasteurisation régénératrice, le lait froid, non encore traité, coule à travers la section supérieure du réfrigérant, puis de.là au pasteurisateur.Le lait froid subit ainsi un commencement de chauffage et il en résulte une économie de vapeur et d\u2019eau.Embouteillage et conservation du lait.Le lait doit étre mis dans des bouteilles bouchées, immédiatement après le refroidissement.On trouve sur le marché différentes machines à embouteiller et à boucher.Dans les petits établissements, on utilise des machines manœuvrées à la main.Dans les grands ateliers, on se sert d\u2019embouteilleuses et de boucheuses du type automatique.Une machine remplit et bouche des caisses entières de bouteilles en une seule opération.809 Après l\u2019embouteillage, le lait est dirigé vers la chambre froide.Durant ce trajet, les caisses de bouteilles passent sous une douche d\u2019eau froide qui enlève toute trace de lait de I'extérieur des bouteilles et des bouchons.Lorsque toutes les opérations sont terminées, et jusqu\u2019au moment de sa livraison aux consommateurs, le lait est conservé dans une chambre réfrigérée et propre, à une température inférieure à 45° F.La pasteurisation détruit tous les germes pathogènes contenus dans le lait, mais elle laisse subsister certaines bactéries du lait, telles que bacilles et streptocoques lactiques, bactéries sporulées protéolytiques; ce n'est que par de basses températures que l\u2019on peut empêcher la végétation des organismes vivants qui restent dans le lait.: Lavage et stérilisation des appareils et réci- prents.Tous les appareils utilisés au cours :de la pasteurisation \u2014 bassins, réfrigérants, tuyaux, etc., \u2014 tous les récipients (bouteilles et bidons) sont nettoyés, lavés, rincés, puis stérilisés au moyen de solutions antiseptiques spéciales et surtout par la vapeur d\u2019eau.Toutes ces opérations sont dirigées par des techniciens avertis, intéressés a ce que leurs employeurs ne mettent sur le marché qu\u2019un lait de première qualité au point de vue sanitaire.Elles sont en outre surveillées par les inspecteurs laitiers et contrôlées par des analyses bactériologiques, afin d\u2019en assurer la plus parfaite efficacité.| Principaux avantages de la pasteurisation lente.1.Destruction certaine de tous les germes pathogènes contenus dans le lait.2.Pourcentage de bactéries détruites plus élevé qu\u2019avec le procédé rapide.3.La basse température de cette méthode ne nuit pas à la séparation de la crème d\u2019avec le lait, et ne donne pas au lait un goût de « cult ».4.C'est la méthode la moins dispendieuse. 510 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 ACTION DE LA PASTEURISATION SUR LES CARACTÈRES PHYSIQUES DU LAIT D\u2019après Heineman, les changements physiques apportés au lait par le chauffage à 145° F.durant 30 minutes sont tellement minimes, s\u2019ils se produisent, qu\u2019il est très difficile de les apprécier.L\u2019apparence, le goût et l\u2019odeur du lait ne subissent aucune modification.Quant à sa digestibilité, elle est probablement augmentée; la pasteurisation, en effet, tend à rendre le caillot du lait plus mou, partant plus facile à digérer.ACTION DE LA PASTEURISATION SUR LES CARACTÈRES CHIMIQUES DU LAIT D\u2019après McCollum, professeur de chimie biologique à l\u2019Université Johns Hopkins, de Baltimore, les seuls changements chimiques constatés dans le lait pasteurisé à 145° F.sont les suivants: augmentation d\u2019environ 6% de la teneur en calcium insoluble, diminution d\u2019environ 20% de la teneur en iode, destruction partielle de la vitamine C.L\u2019on sait par ailleurs, et ceci est admis partout, que le chauffage à une température de 145° F.durant 30 minutes n\u2019affecte en aucune façon la matière grasse du lait \u2014 c\u2019est même cette raison qui a rendu possible la pasteurisation du lait sur une vaste échelle; qu\u2019il est sans effet sur la lactose \u2014 celle-ci n\u2019est décomposée qu\u2019à partir de 120° C, soit 248° F.De plus, à cette température, l\u2019albumine ne coagule pas, les phosphates solubles ne précipitent point, l\u2019acidité s\u2019abaisse légèrement.En 1934, en Grande-Bretagne, un comité spécial fit une étude approfondie de la pasteurisation industrielle.Il résulte des recherches faites en cette occasion que: 1.La pasteurisation commerciale n\u2019a pas d'effet délétère sur la teneur en calcium et en phosphore du lait; 2.La pasteurisation commerciale n\u2019affecte aucunement la valeur biologique et la digestibilité des protéines du lait; à.La pasteurisation n\u2019affecte pas la teneur en vitamine À et en carotine du lait; 4.La pasteurisation fait perdre au lait à peu près pour 20% de sa teneur en vitamine C; 5.La pasteurisation cause une légère diminution de la vitamine B; 6.Le lait employé comme seule nourriture des jeunes rats (avec addition de fer, de cuivre et de manganèse), qu\u2019il soit pasteurisé ou nature, n\u2019offre aucune différence en valeur nutritive pour le gain en poids, la taille et la composition du corps, et les rats en boivent sans faire de différence entre l\u2019un ou l\u2019autre.VALEUR NUTRITIVE DU LAIT PASTEURISÉ COMPARÉE À CELLE DU LAIT CRU Nous venons de voir que chez les jeunes rats, le lait pasteurisé s\u2019est montré l\u2019égal du lait cru au point de vue nutritif.Voyons maintenant ce qu\u2019il en est pour le jeune humain.Deux études à ce sujet méritent d\u2019être rapportées.La première, en 1931, fut poursuivie dans le Lanarkshire, en Ecosse, et porta sur 20,000 enfants.Parmi ceux-ci, 10,000 reçurent une ration quotidienne de 15 onces de lait, en plus de leur alimentation ordinaire; les autres 10,000 servirent de témoins (c\u2019est-à-dire ne reçurent pas de lait).Le groupe recevant du lait fut partagé en deux: 5,000 à qui l\u2019on donna du lait pasteurisé et 5,000 à qui l\u2019on donna du lait cru de première qualité.Cette expérience qui dura assez longtemps démontra d\u2019une façon indiscutable que l\u2019addition de lait à l\u2019alimentation régulière était très profitable aux enfants \u2014 ceux qui reçurent du lait se développèrent mieux que ceux qui n\u2019en reçurent pas.Par contre, on ne remarqua aucune différence appréciable entre le groupe recevant du lait pasteurisé et le groupe recevant du lait cru.Le seconde étude fut poursuivie aux Etats- Unis, en 1935, grâce à l\u2019initiative de Leslie C.Frank et de collaborateurs du Service Fédéral de Santé Publique.L'expérience porta sur 3,637 enfants, habitant 39 villes et 10 états différents, et dont l\u2019âge variait de 6 mois à 10 ans.De ce nombre, 1,875 reçurent du lait chauffé et 1,762, du lait cru.Aux en- BOLDUC: PASTEURISATION DU LAIT fants des deux groupes, en plus du lait, on donna les éléments riches en vitamines que l\u2019on donne couramment à l\u2019enfant américain moyen, à savoir: jus de fruits, légumes verts, huile de foie de morue, ete.À la fin de l\u2019expérience, les collaborateurs dans les différentes villes en vinrent aux conclusions suivantes: «Chez l\u2019enfant américain moyen, âgé de 6 mois à 10 ans, et à qui on a donné du lait additionné des aliments fortifiants usuels, le lait chauffé ne s\u2019est pas montré inférieur au lait cru comme stimulant de la croissance.» PASTEURISATION ET SANTÉ PUBLIQUE Il est aujourd\u2019hui admis que pour l\u2019approvisionnement d\u2019une grande ville, il n\u2019existe qu\u2019un lait qui présente les qualités sanitaires voulues: c\u2019est le lait pasteurisé convenablement.Pour prévenir les maladies transmissibles par le lait, la pasteurisation bien faite constitue le seul moyen vraiment efficace mis à notre disposition.Il a été démontré en maintes circonstances que le chauffage à 145° F.durant 30 minutes détruit d\u2019une façon certaine le bacille tuberculeux humain et bovin, le bacille typhique, les bacilles paratyphiques, les bacilles dysentériques, le bacille diphtérique, les streptocoques de la scarlatine et de l\u2019angine septique, les bactéries du groupe Brucella (agents de la fièvre de Malte et de la fièvre ondulante), le virus de la fièvre aphteuse, et toutes les bactéries non-sporulées causant une infection quelconque chez l\u2019humain.L\u2019un des premiers devoirs d\u2019un service de santé, c\u2019est de fournir à la population un lait sain et exempt de tout danger.Pour arriver à ce résultat, dans l\u2019état actuel de nos connaissances, la pasteurisation est le procédé le plus sûr, le plus économique et le plus facile d\u2019application.L\u2019inspection fournira un lait propre et de bonne qualité, mais seule la pasteurisation fournira un lait pouvant étre consommé sans danger.Malgré toute la bonne volonté possible, les inspecteurs laitiers ne peuvent étre présents partout en méme temps.Ils ne peuvent prévenir toute contamination accidentelle du lait par des germes pathogènes, soit d\u2019origine animale, soit d\u2019origine humaine.Chez 511 l\u2019animal, les cas de tuberculose bovine, de mammite suppurée et d\u2019avortement épizootique restent parfois longtemps méconnus.De plus, il ne faut pas oublier que l\u2019épreuve à la tuberculine, si elle est d\u2019une aide précieuse dans l\u2019élimination de la tuberculose dans les troupeaux, présente cependant certains aléas et ne protège pas toujours le consommateur de lait cru.En effet, elle n\u2019est pas exacte dans une proportion de cent pour cent: elle peut être négative à la période ultime de la maladie, dans certains cas.Elle peut encore être négative dans les circonstances suivantes: si deux épreuves sont pratiquées sur un animal tuberculeux à un intervalle moindre de soixante jours, la réaction qui a été positive lors de la première épreuve est très souvent négative lors de la seconde \u2014 certains commerçants peu scrupuleux, connaissant ce détail, réussissent parfois à l\u2019utiliser dans un but de fraude.D'autre part, si l\u2019épreuve à la tuberculine constitue un excellent moyen de diagnostic, elle n\u2019assainit pas le lait et ne prévient point l\u2019infection tuberculeuse pouvant survenir à tout moment chez l\u2019animal: entre deux épreuves faites à un an d\u2019intervalle, une ou plusieurs bêtes peuvent s\u2019infecter et fournir un lait contaminé pendant trois, six, dix et même onze mois avant que la seconde épreuve révèle la maladie.Cette éventualité s\u2019est produite au cours de 1939 dans deux ou trois troupeaux produisant du lait spécial vendu à l\u2019état cru dans notre ville.Les statistiques les plus récentes démontrent qu\u2019en ce qui concerne Montréal, une vache sur environ quatre cent (400) souffrirait de tuberculose, nonobstant l\u2019épreuve à la tuberculine pratiquée tous les ans sur 100% des troupeaux.Chez l'humain, malgré l\u2019exclusion de tout contact avec le lait des cas actifs de maladies contagieuses, certaines sources de danger échappent malgré tout au contrôle des inspecteurs laitiers: ce sont les cas méconnus de ces diverses infections, les cas non soupçonnés de tuberculose, les « porteurs de germes ».La pasteurisation éliminera tous ces dangers que l\u2019inspection ne peut contrôler. 512 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.mai 1940 Le lait cru, fût-il de la meilleure qualité, est toujours une source potentielle de propagation des maladies contagieuses propres à l\u2019homme.Le lait certifié lui-même n\u2019offre que des garanties sanitaires relatives: de fait, il a déjà causé des épidémies de diphtérie, de scarlatine et: d\u2019autres maladies.Rosenau, dans son manuel de « Médecine préventive et d\u2019hygiène publique », édition de 1935, cite le cas de deux épidémies massives d\u2019angine septique causées par du lait cru de la meilleure qualité.La première survint à Boston, en 1911, avec plus de 2,000 cas et 48 décès.Elle fut propagée par une laiterie qui durant 28 années avait été considérée comme un établissement modèle (troupeau subissant régulièrement l\u2019épreuve à la tuberculine, vacherie et laiterie très propres, contrôle chimique et bactériologique du lait, stérilisation des appareils et récipients).La majorité des victimes, en cette circonstance, était constituée par des vieillards et des invalides.La seconde épidémie survint à Portland, Orégon, en 1922.Elle ne dura qu\u2019une semaine, du 24 au 31 mars, mais malgré cela compta 487 cas avec 22 décès.Ici encore, la laiterie responsable passait pour l\u2019une des meilleures de la ville.Malgré ce qu\u2019on en dise, il n\u2019est fait mention nulle part dans les statistiques qu\u2019une épidémie quelconque ait été propagée par du lait pasteurisé convenablement.Toutes les fois que du lait pasteurisé a été mis en cause, l\u2019enquête épidémiologique a révélé que la pasteurisation avait été mal faite.On ne peut donc, dans ces cas, blâmer le procédé; le coupable est plutôt l\u2019élément humain, parfois négligent et souvent plus soucieux de ses intérêts matériels que de la santé publique.Deux maladies propagées par le lait cru, et exerçant leurs ravages chez les enfants, ont diminué d\u2019une façon appréciable depuis l\u2019avènement de la pasteurisation: ce sont la gastro-entérite et la tuberculose non pulmonaire.Tout en faisant la juste part d\u2019autres facteurs (éducation du public, propagation de l\u2019hygiène infantile, etc), cet heureux résultat n\u2019aurait probablement pas été atteint sans la pasteurisation, laquelle, en effet, s\u2019attaque aux bactéries causant ces infections.Dans l'opinion des hygiénistes, la pasteurisation du lait constitue l\u2019une des belles conquêtes de la médecine préventive et de l\u2019hygiène publique modernes.Elle prévient la maladie et sauve des vies.Elle est pour le lait ce que l\u2019épuration est pour l\u2019eau: pour fournir à la population d\u2019une grande ville une eau exempte de tout danger, nous recourons à la filtration et à la chloration; pour fournir à cette même population un lait pouvant être consommé sans danger, nous recourons à la pasteurisation.OBJECTIONS CONTRE LA PASTEURISATION Depuis sa mise en application, la pasteurisation a toujours compté des adversaires.Les principales objections apportées par ceux-ci sont les suivantes: 1.La pasteurisation modifie les caractères physiques et chimiques du lait: celui-ci a un goût de «cuit», il contient moins de crème et de lactose que le lait cru, les sels minéraux sont rendus inassimilables.2.La pasteurisation détruit les ferments lactiques et laisse subsister les bactéries protéolytiques (agents de putréfaction).3.La pasteurisation diminue la valeur nutritive du lait; elle « dévitalise » celui-ci par la destruction des enzymes et des vitamines qu\u2019elle occasionne.4.La pasteurisation favorise la malpropreté et la négligence chez le cultivateur.5.La pasteurisation n\u2019est pas infaillible, par conséquent, elle n\u2019offre qu\u2019une sécurité relative.6.La pasteurisation favorise les gros laitiers au détriment des petits.La plupart de ces objections, au point de vue scientifique, ne reposent sur aucune base sérieuse et sont vieilles de vingt ans.Quelques-unes, d\u2019un autre côté, sont des affirmations gratuites, non appuyées par les faits.La réponse à plusieurs de ces objections se trouve en substance dans l\u2019exposé qui précède. BOLDUC: PASTEURISATION DU LAIT Nous avons vu, en effet, que le chauffage à 145° F.durant 30 minutes n\u2019apporte aucun changement appréciable dans les caractères physiques et chimiques du lait.Ce chauffage n\u2019affecte pas la matière grasse ni la lactose; il est sans effet délétère sur la teneur en calcium et en phosphore du lait; de plus, il n\u2019affecte aucunement la valeur biologique et la digestibilité des protéines du lait.Quant au goût de «cuit », les nombreuses observations et expériences faites à ce sujet ont démontré qu\u2019il est impossible de distinguer par le goût le lait cru du lait pasteurisé à 145° F.Cette saveur particulière n\u2019apparaît que lorsque le lait est chauffé à 165° F., par conséquent à une température bien supérieure à celle de la pasteurisation.Une objection que l\u2019on invoque fréquemment contre la pasteurisation, c\u2019est la prétendue destruction des bactéries lactiques ou bactéries « bienfaisantes » et la survivance des bactéries protéolytiques ou bactéries « malfaisantes ».Deux bactériologistes américains, Ayers et Johnson, ont fait une étude particulière de cette question, en 1912 et 1913 (Bull.161, Bureau of Animal Industry, Dept.of Agriculture, U.S., mars, 1913).Cette étude a mis en évidence les points suivants: 1.« Le chauffage du lait à 145° F.durant 30 minutes ne détruit pas toutes les bactéries lactiques \u2014 il y en a même une variété (le streptococcus lacticus) qui résiste durant 30 minutes à une température de 168° F.Il en résulte que le lait pasteurisé sûrira normalement comme le lait cru, quoique plus tardivement.» 2.« Quant aux bactéries protéolytiques, la pasteurisation en laisse subsister un certain nombre; toutefois, leur nombre est moins élevé que dans le lait cru, et la putréfaction du lait pasteurisé, de ce fait, est plutôt rare.D'autre part, les bactéries protéolytiques du lait pasteurisé, atténuées par la chaleur, présentent moins de danger que les mêmes bactéries se trouvant dans le lait cru.» 513 3.« Il est arrivé dans des cas exceptionnels que du lait pasteurisé dans de bonnes conditions se soit putréfié sans sûrir.La même éventualité s\u2019est produite avec du lait cru très propre et de la meilleure qualité.» Au cours des mois de juin et juillet derniers, nous avons effectué dans notre laboratoire une série d\u2019essais pour nous assurer s\u2019il était exact que le lait pasteurisé ne caillait pas, qu\u2019il se putréfiait au lieu de sûrir, comme le prétendent certains oppositionnistes, À cet effet, les inspecteurs laitiers nous apportèrent un nombre égal d\u2019échantillons de laits crus et de laits pasteurisés provenant de divers modèles de pasteurisateurs (bassins rectangulaires, bassins cylindriques, A.P.V.).Une partie des échantillons fut gardée à la température de la pièce, les autres furent conservés à la glacière (40° F.).À la température de la pièce, le lait pasteurisé a.sûri normalement et dans le même temps que le lait cru.A la glacière, le lait pasteurisé a sûri normalement, mais un peu plus tardivement que le lait cru.Un seul échantillon de lait pasteurisé s\u2019est putréfié, mais le phénomène ne s\u2019est produit qu\u2019au bout de dix jours.Par contre, un échantillon de lait spécial a mis environ un mois avant de coaguler.Dans les conditions normales, le lait devant se consommer dans les 24 heures qui suivent sa livraison, nous pouvons en conclure que le lait cru ne présente aucun avantage sur le lait pasteurisé en ce qui concerne le sûrissement ou l\u2019acidification.Quant à la putréfaction, elle survient si tardivement qu\u2019il n\u2019y a pas lieu d\u2019en parler.L\u2019objection la plus en vogue parmi les adversaires de la pasteurisation est celle-ci: le chauffage diminue la valeur nutritive du lait; il « dévitalise » ce dernier en détruisant les enzymes et les vitamines qu\u2019il contient.L\u2019avancé concernant la valeur nutritive a été quelque peu démenti par les expériences rapportées plus haut: celles chez l\u2019humain, en Ecosse et aux Etats-Unis, et portant sur près de 25,000 enfants, et celles chez le rat, poursuivies en Angleterre par un comité spécial de recherches. 514 L\u2019avancé concernant les enzymes est plus ou moins exact.Les principales enzymes du lait de vache sont: la lactokinase, la galac- tase ou protéase, l\u2019amylase, la catalase, la lipase, l\u2019oxydase, les peroxydases, la réductase et la phosphatase.Quelques-unes de ces enzymes ou ferments sont sécrétées par la glande mammaire; les autres sont d\u2019origine bactérienne.Le chauffage a 145° F.durant 30 minutes agit différemment sur ces divers ferments: quelques-uns ne sont nullement affectés (lactokinase et peroxydases), d\u2019autres ne sont qu\u2019affaiblis (réductase et catal- lase) ; il en est un (phosphatase) qui est complètement détruit et sa disparition est un indice que la pasteurisation a été bien faite.Si les ferments ou enzymes sont de quelque utilité au cours de la digestion, il ne faut pas oublier que le lait de vache est destiné au veau, non à l\u2019humain, et que ce qui peut être profitable au jeune animal ne l\u2019est pas nécessairement à l\u2019être humain.En ce qui concerne les vitamines, nous avons vu tout à l\u2019heure quels avaient été les résultats de recherches faites en Angleterre, en 1934: 1.«La pasteurisation n\u2019affecte pas la teneur en vitamine A et en carotine du lait »; 2.« La pasteurisation cause une légère diminution de la vitamine B.» 3.«La pasteurisation fait perdre au lait environ 20 pour cent de sa teneur en vitamine C.» Quant aux autres vitamines (D et E), il est admis que la pasteurisation ne les affecte pas.Considérée au point de vue médical, l\u2019action nocive du chauffage sur les vitamines du lait n\u2019est pas aussi importante que les adversaires de la pasteurisation semblent le croire.L\u2019on sait aujourd\u2019hui que le lait de vache, même si c\u2019est un lait cru de la meilleure qualité, ne contient pas en quantités suffisantes les vitamines dont l\u2019organisme humain a besoin pour sa nutrition, sa croissance, ses activités et sa santé.D'un autre côté, le lait est pauvre en fer, cuivre et manganèse.Voilà pourquoi, en pédiatrie moderne, on préconise l\u2019addition au lait, de jus de fruits, L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014- Montréal.mai 1940 de légumes verts, d'huile de foie de morue, ete, si l\u2019on veut que l\u2019enfant croisse et se développe bien.Il est une autre objection dont les adversaires de la pasteurisation font grand cas, c'est celle-ci: la pasteurisation favorise la malpropreté et la négligence chez le cultivateur; c\u2019est un manteau dont on recouvre le lait sale.C\u2019est là une affirmation gratuite, non conforme aux faits.Dans notre ville, le lait destiné à la pasteurisation est soumis à la même surveillance que le lait cru de la part du service de santé.Les inspecteurs visitent toutes les fermes, vacheries et laiteries.Les cultivateurs malpropres et négligents sont interdits.A son arrivée aux ateliers de pasteurisation, tout lait sale, malpropre, trop vieux ou insuffisamment refroidi est confisqué, dénaturé à l\u2019aide d\u2019un colorant inoffensif, et retourné à son lieu d\u2019origine.D\u2019un autre côté, bon nombre d\u2019établissements de pasteurisation ont leurs propres inspecteurs et leur propre laboratoire.Du fait de ce double contrôle, les cultivateurs qui expédient leur lait à Montréal ont tout intérêt à livrer un produit de bonne qualité.Certains adversaires du procédé aiment à répéter que la pasteurisation n\u2019est pas infaillible, parce qu\u2019elle peut être faite avec négligence.Nous leur répondrons que si le lait soumis à la pasteurisation est encore dangereux, ou contient des germes pathogènes, c\u2019est qu\u2019il n\u2019a pas été pasteurisé.Ceci n\u2019enlève rien à la valeur du procédé.La dernière objection à la pasteurisation est la suivante: c\u2019est une entreprise qui favorise les gros laitiers au détriment des petits.Encore une affirmation plutôt gratuite.Nous avons, à Montréal, dix ateliers qui font la pasteurisation pour des petits commerçants; de plus, quiconque le désire peut se livrer au commerce du lait, à condition qu\u2019il se conforme au règlement n° 891.En réponse aux adversaires de la pasteurisation qui habitent Montréal, il est un point que je veux porter à votre connaissance: ce sont certains résultats d\u2019analyses bactériologiques, relatifs au lait pasteurisé et au lait cru -\u2014 AEE > \"ee BOLDUC: PASTEURISATION DU LAIT (spécial) vendus dans notre ville au cours des cinq dernières années.Trente-deux ateliers produisent du lait pasteurisé (environ 67,000 gallons impériaux par jour); trente-cing laitiers vendent du lait spécial (environ 2,500 gallons par jour).Un échantillon du produit de ces 67 laiteries est analysé bactériologique- ment toutes les semaines.Depuis le ler janvier 1934, nous avons analysé environ 16,000 échantillons de lait pasteurisé et 10,000 échantillons de lait spécial.Les résultats d\u2019analyses démontrent, qu\u2019au point de vue bactériologique, le lait pasteurisé l\u2019emporte sur le lait spécial.Pour les mois d\u2019été, alors que la gastro-entérite exerce ses ravages chez les nourrissons, 80% des échantillons de lait pasteurisé n\u2019ont pas présenté de colibacille dans un centimètre cube; seulement 45% des échantillons de lait spécial ont accusé le même résultat, c\u2019est-à-dire moins de la moitié des échantillons soumis.MOYENS À NOTRE DISPOSITION POUR CONTRÔLER L\u2019EFFICACITÉ DE LA PASTEURISATION Ces moyens sont au nombre de trois: 1.L\u2019énumération bactérienne sur gélose, en boîtes de Pétri; 2.Recherche du colibacille; 3.Epreuve de la phosphatase.Enumération bactérienne : Le chauffage à 145° F.durant 30 minutes détruit de 90 à 95% des bactéries présentes dans le lait.Le lait pasteurisé convenablement renferme de 10,000 à 25,000 colonies au centimètre cube.Un échantillon renfermant plus de 100,000 colonies au centimètre cube a été mal pasteurisé et n\u2019est pas conforme à notre règlement du lait qui fixe 100,000 colonies comme chiffre maximum.Recherche du colibacille.La recherche du colibacille se fait en milieu liquide (bile lactosée au vert-brillant).Le colibacille fermente la lactose, c\u2019est-à-dire, transforme ce sucre en anhydride carbonique et alcool.Une réaction positive est indiquée par l\u2019apparition de gaz dans un petit tube renversé que l\u2019on dépose dans le milieu de culture.On considère comme lait de bonne qualité et convenablement pasteurisé celui qui ne fer- 515 mente pas la lactose avec des ensemencements de 1 centimètre cube et moins (0.1 ou 0.01 c.c.).Epreuve à la phosphatase.La phosphatase est une enzyme qui se trouve toujours dans le lait cru et qui est détruite par le chauffage nécessaire à une pasteurisation efficace (145° F.durant 30 minutes).L'épreuve dite « de phosphatase », telle que pratiquée dans notre laboratoire, fut mise au point, en 1935, par W.D.Kay et W.R.Graham Jr., savants anglais.Elle est basée sur la propriété que possède cette enzyme de décomposer le phosphate de phényle disodique en libérant du phénol; il suffit d\u2019estimer la quantité de phénol ainsi libéré pour apprécier la teneur approximative du lait en phos- phatase.Cette épreuve nous permet de vérifier les points suivants: a) si un lait a été chauffé ou non; b) si la pasteurisation a été efficace.D'une manière générale, l\u2019absence de phos- phatase, dans un lait pasteurisé, indique que la pasteurisation a été bonne, tandis que sa présence révèle une pasteurisation défectueuse: température trop basse, durée de chauffage trop courte ou contamination par addition de lait cru, ajouté volontairement ou résultant de défectuosités des appareils.L'épreuve de la phosphatase est d\u2019une grande utilité, car elle nous permet d\u2019atteindre deux objectifs: contrôle de la pasteurisation et prévention des fraudes (lait cru vendu pour du lait pasteurisé ou vice versa).BIBLIOGRAPHIE Paul G.HEINEMAN: Milk, W.B.Saunders Co.Philadelphia, 1919.M.J.ROSENAU: Préventive Medecine and Hygiene, New-York, 1935.Helen G.CAMPBELL: Pourquoi on pasteurise le lait, Feuillet n° 580, 1937, Ministère de l\u2019Agriculture, Ottawa, Canada.Bulletin Sanitaire, Ministère de la Santé, Québec.39: (mars-avril) 1939.American Journal of Public Health.24: bre) 1934.W.F.JONES et A.H.WHITE: La pasteurisation du lait, de la crème et des sous-produits laitiers.Bulletin n° 59, 1926, Ministère de l\u2019Agriculture, Ottawa, Canada.Rapport du Comité de Santé publique de la Cité de Québec, 1938-1939.(septem- MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES Od ++ LE RÔLE DU SPASME DANS L\u2019ANGINE DE POITRINE + Par C.LIAN, et Professeur agrégé, Médecin des Hôpitaux de Paris.Diverses constatations cliniques donnent à penser que dans l\u2019angine de poitrine intervient, à côté de lésions organiques dont la nature et l\u2019étendue varient suivant les cas, un important facteur spasmodique.C.Lian et A.Abaza (1) discutent dans un récent article cette question, qui a été également étudiée par M.Rosenrauch (2).I.Le spasme vasculaire dans les angors cardio-artériels.\u2014 Dans les angors cardio-ar- tériels qui représentent les 4/5 de la totalité des angines de poitrine, l\u2019observation clinique impose la notion d\u2019un élément vaso-moteur intervenant dans la genèse des crises.L\u2019angor coronarien est une affection organo spasmodique: 1° Ainsi, le mode de déclenchement des crises est variable d\u2019un sujet à l\u2019autre.Alors que dans l\u2019insuffisance cardiaque il y a habituellement un grand parallélisme entre le dyspnée et le degré d\u2019effort physique qui la provoque, par contre, dans l\u2019angine de poitrine, il n\u2019y a pas de rapport quantitatif rigoureux entre le degré d\u2019effort musculaire et l\u2019apparition et l'intensité de la crise angineuse.Le role particulier de telle ou telle variété d\u2019effort, l\u2019influence du froid, des émotions, mettent bien en évidence l\u2019importance du facteur vaso-moteur.2° Les renvois, phénomènes critiques: * Extrait de: l\u2019Année Médicale Pratique, volume annuel publié sous la direction du Dr C.Lian, Prof.Agrégé à la Faculté, Médecin de l\u2019hôpital Tenon.300 articles courts, classés par ordre alphabétique exposant les acquisitions nouvelles et pratiques (méd., chir, obst., spécial, et questions prof.).25% de réduction aux souscripteurs.Envoyer avant le 15 avril: étranger, Union Postale, 24.\u2014 autres pays, 26, à R.Lépine, 39, r.d\u2019Amsterdam, Paris.c/Chèques Postaux: Paris 712.04.J.FACQUET, Interne des Hôpitaux de Paris.sueurs, tremblement, polyurie, qui peuvent se produire à la fin de la crise angineuse s\u2019expliquent mal par la simple cessation d\u2019un facteur mécanique, mais témoignent au contraire de existence de perturbations neuro-végétatives d\u2019origine spasmodique.3° Au cours de la crise angineuse elle-méme se manifestent souvent des phénomènes vasomoteurs: sensation de froid dans le bras gauche, pâleur du visage pouvant s\u2019étendre au bras, et faire place à la fin de la crise à une intense rougeur.Il existe une véritable forme vaso-motrice des angors cardio-artériels sur laquelle ont insisté plusieurs auteurs.4° Des spasmes fonctionnels au niveau des organes intrathoraciques peuvent accompagner les accès angineux.Au niveau du larynx ils causeront la sensation classique d\u2019étouffement avec resserrement de la gorge.Gallavar- din a insisté sur la sensation particuliére de « respiration bouchée » qui accompagne certains angors et peut, dans certaines conditions, réaliser un véritable équivalent du paroxysme angineux.Le spasme angineux peut causer également des sensations dysphagiques, comme l\u2019a signalé Dumas.5° L'intervention d\u2019une perturbation vasomotrice se révèle aussi dans le fait qu\u2019il n\u2019est pas rare de voir une poussée hypertensive accompagner la crise angineuse (Huchard, Pal, Mackenzie, Vaquez, Lian, Aubertin et Gam- billard).Aubertin a considéré que cette crise hypertensive était la conséquence de l\u2019effort et la cause de l\u2019accès.Pour Lian et pour Da- nielopolu, l\u2019hypertension artérielle est la conséquence de la surcharge cardiaque causée par l'effort, elle est due à un réflexe vaso- LIAN Er FACQUET: LE SPASME DANS L\u2019ANGINE DE POITRINE moteur parti des plexus cardiaques au début même de la souffrance cardiaque qu\u2019elle va amplifier ct extérioriser.6° L\u2019angor cardio-artériel peut enfin s\u2019associer avec d\u2019autres affections artérielles spasmodiques telles que maladie de Raynaud, amaurose transitoire, paralysie transitoire du bras gauche ou du type hémiplégique, accès migraineux, crises épileptiques, etc.La coexistence de l\u2019angine de poitrine et de la claudication intermittente est enfin une éventualité fréquente.Il est suggestif de trouver associées ces deux affections.Le rôle du spasme au cours des crises de claudication intermittente est indéniable.Etant donné la communauté d\u2019origine et l\u2019allure évolutive très voisine de ces deux affections, il serait paradoxal de penser que le spasme joue -un rôle important dans l\u2019une et négligeable dans l\u2019autre.7° L\u2019heureuse action des prescriptions vasodilatatrices souligne enfin le rôle capital de la vaso-constriction dans la genèse des crises d'angor cardio-artériel.En résumé, les conditions particulières de déclenchement des crises angineuses, les phénomènes associés à la douleur, la poussée hypertensive, l\u2019action immédiate des agents pharmacologiques vaso-dila- tateurs, la coexistence d\u2019autres affections artérielles spasmodiques constituent un faisceau de preuves à l\u2019appui de l\u2019existence d\u2019un facteur vaso-moteur conditionnant l\u2019allure paroxystique du syndrome angineux.On peut concevoir que cette intervention vaso-motrice puisse intervenir de deux façons.Ou bien elle consiste en un phénomène de vaso-constriction générale qui accroît la disproportion entre les possibilités énergétiques du myocarde et le travail cardiaque exigé par l\u2019effort.Ou bien elle consiste en une vaso-cons- triction coronarienne qui accroît encore le déficit de l\u2019irrigation myo-cardique dû à la lésion coronarienne.Ces deux modes d\u2019action sont susceptibles de coexister et d\u2019additionner \u2018leurs effets.II.Le spasme vasculaire dans les angors cardiaques réflexes, névrosiques, toxiques.\u2014 017 Dans les angors non cardio-artériels qui représentent seulement 1/5 de la totalité des angors, les lésions des coronaires manquent complètement.Les perturbations cardio-vasculaires responsables de l\u2019angor ne peuvent être que d\u2019ordre fonctionnel.On peut envisager 3 mécanismes principaux: 1° la distension aiguë du ventricule gauche, éventualité à envisager seulement dans certains cas d\u2019angor cardiaque ou toxique; 2° l\u2019ébranlement nerveux du plexus cardiaque sous l'influence d\u2019une incitation réflexe, névrosique ou toxique; 3° le spasme coronarien.Il est probable que la vaso-constriction -coronarienne est souvent le chaînon intermédiaire entre les divers facteurs étiologiques envisagés et l\u2019ébranlement douloureux du plexus cardiaque.Dans les observations d\u2019hypertension paroxystique, les crises angineuses qu\u2019accompagnent souvent des crises solaires et céphaliques semblent bien relever d\u2019un spasme coronarien.II.Le spasme vasculaire et le traitement de l'angine de poitrine.\u2014 Les données thérapeutiques concernant l\u2019angine de poitrine viennent souligner le rôle du spasme vasculaire dans cette affection.La quasi totalité des prescriptions faites contre les angors cardio-artériels sont destinées à diminuer la sensibilité du système nerveux des angineux et surtout à exercer une action vaso-dilatatrice, antispasmodique vasculaire.Il en est ainsi dans le traitement médical d'urgence.On connaît les effets immédiatement favorables de l\u2019ingestion d\u2019une dragée de trinitrine ou de l\u2019inhalation d\u2019une ampoule de nitrite d\u2019amyle, dont l\u2019action vaso-dilata- trice brutale met fin subitement à la crise vaso-constrictive conditionnant l\u2019angor.Il en est de même dans la thérapeutique médicamenteuse de fond.Tous les médicaments ci-dessous agissent en tant que modérateurs des réactions spasmodiques vasceulai- res: injections sous-cutanées de nitrite de soude (Schlesinger), théobromine à petites doses, papavérine, benzoate de benzyle, gar- 518 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 dénal associé ou non à la belladone, acéthyl- choline, injections sous-cutanées d\u2019acides aminés (Halbron et Lenormand, Véran), extraits pancréatiques désinsulinés (Vaquez, E.Gley et Kisthinios), insuline (Bickel), extraits musculaires (Schwarzmann), ete, etc.Personnellement, en dehors des injections intraveineuses iodées qui agissent surtout sur l\u2019athérome, nous utilisons volontiers les injections sous-cutanées et les inhalations de gaz carbonique du commerce.Le gaz carbonique est considéré en effet comme vasodilatateur à petites doses (3).Les méthodes physiothérapiques interviennent également dans le sens antispasmodique, particulièrement la radiothérapie qui diminue la sensibilité des nerfs du plexus cardiaque; la diathermie et les ondes courtes, la réflexothérapie, s\u2019adressent également au système nerveux.Les bons résultats obtenus par la thérapeutique hydrominérale de l\u2019angor cardio-artériel relèvent d\u2019une action vaso-dilatatrice et antispasmodique vasculaire.Dans la cure de Bains- les-Bains intervient surtout la radio-activité des eaux, dans celle de Royat l\u2019action vasodilatatrice hypotensive des bains carbo- gazeux.Au bain carbo-gazeux classique peuvent être associées les injections sous-cutanées de gaz thermal carbonique de Royat que l\u2019un de nous a préconisées (4).La thérapeutique chirurgicale elle-même ne vise que le sympathique.La section du sympathique cervical supprime une bonne partie des voies centripètes de la sensibilité viscérale cardiaque et s'oppose à l\u2019apparition du spasme vasculaire général et coronarien.Ainsi donc la presque totalité des prescriptions thérapeutiques est dirigée contre l\u2019élément spasmodique vasculaire.BIBLIOGRAPHIE .Progr.Méd., 18 mai 1935.2.Rosenrauch, Progr.Méd., avril 1935.3.C.Lian, A.Blondel et M.Racine, Soc.Méd.Hôp.13 nov.1931; Année Méd.Prat.XI, 1932, p.27; XIII, 1934, p.41; XIV, 1935, p.462.\u2014 C.Lian, Barrieu, Kovatchieff, Ménétrel, Facquet, Ann.de la Soc.d\u2019Hydr.et de Clin.de Paris, 19 fév.et 16 avril 1934.4.C.Lian et R.Barrieu, Presse Méd., 22 oct.1932; Soc.d\u2019Hydr.et de Cli.de Paris, nov.et déc.1932; Presse Méd., 23 sept.1933.is COMPLICATIONS DES TRAUMATISMES Ces Complications peuvent être immédiates, précoces ou retardées.Les plus usuelles sont: 1° d\u2019ordre local et régional, à savoir, suppuration locale, phlegmon , lymphangite, adénite, adéno-phlegmon, ostéo-myélite.2° d\u2019ordre général: la gangrène gazeuse, le choc traumatique, la septicémie, le tétanos.A) Les infections à prédominance locale et régionale, ci-haut mentionnées, ont des signes locaux (rougeur \u2014 douleur \u2014 chaleur \u2014 tuméfaction \u2014 collection purulente) et des signes généraux (température \u2014 accélération du pouls \u2014 céphalalgie \u2014 sensation de malaise \u2014 insomnie \u2014 urines diminuées) habituellement non _inquiétants.B) La gangrène gazeuse est, une infection où les signes locaux et les signes de toxémie sont constamment associés.GÉNÉRALITÉS.S\u2019individualise par étiologie, par lésions locales de gangrène rapidement extensive avec production de gaz, par atteinte de l\u2019état général.ETroLocre.Rôle des anaérobies capital, surtout par l\u2019intervention de microbes associés.Rôle des tissus contus, ischémiés et dévitalisés.SymerômEs.Début très rapide.Signes locaux et généraux apparaissent simultanément.Signes locaux.Douleur \u2014 sensation de pansement trop serré \u2014 tuméfaction rapide \u2014 œdème assez dur \u2014 peau tendue, froide et insensible.L'infiltration des tissus suit: phlyctènes \u2014 crépitation dans la zone envahie \u2014 escarres \u2014 puis l\u2019extrémité distale se mortifie \u2014 noireit \u2014 devient froide.Processus d\u2019envahissement ultra-rapide.Signes généraux.Etat général très grave dès le début.Blessé anxieux, agité; prostration profonde; faciès (pâleur terreuse; yeux excavés; pupilles dilatées) ; langue sèche.Subictè- re, vomissements; dyspnée; urines rares; pouls petits, rapide, arythmique; température variable.Evolution, fatale en 36 ou 48 heures, surtout 4 à 5 jours.TRAITEMENT préventif et curatif: sérothérapie.C) Le choc traumatique peut compliquer les contusions comme les plaies \u2014 c\u2019est un état de dépression, de collapsus dont l\u2019élément essentiel est hypotension vaseulaire.Il survient à la suite de traumatismes importants.La fatigue physique, le surmenage, la sous- alimentation et les tares antérieures y prédisposent, ainsi que l\u2019anxiété, la peur et les émotions vives.VARIÉTÉS.Choc primitif ou secondaire.Primitif.Pâleur du blessé; état quasi syncopal; pouls petit, rapide; nausées; cyanose des lèvres et des extrémités; sueurs froides; regard vague; pupilles dilatées; prostration ou agitation; urines rares; sensation de froid; P.À.abaissée.Le choc primitif est très grave.Choc secondaire.L\u2019état du blessé ne semblait pas alarmant quand, brusquement ou progressivement, surviennent les accidents analogues au choc primitif.Ce choc peut alors être la conséquence de la continuation, de la reprise de l\u2019hémorragie ou encore des aceci- dents toxiques par autolyse.TRAITEMENT.Réchauffer le malade et relever la tension artérielle.E.D. ANALYSES Dans le but d\u2019uniformiser les indications bibliographiques qui accompagnent les analyses, afin de les rendre plus complètes et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le «Quarterly Cumulative Index Medicus»: nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article, nom du périodique, le volume, la page, le mois (le jour du mois, si le périodique est hebdomadaire), l\u2019année.Exemple: J.Beerens.\u2014 Tuberculose et démence précoce.«Ann.Med.\u2014 psychol.» 94:1 (juin) 1938.MEDECINE Polypes du côlon et du rectum.Considérations générales et observations.'\u2018Proceedings of the Staff Meetings of the Mayc Clinic\u201d, 15: (14 février) 1940.Selon la Metropolitan Life Insurance Company, New-York, 160,000 personnes, par année, aux Etats- Unis, meurent de cancer.De ce nombre, 50% soit 80,000, meurent d\u2019un cancer du tube digestif : 50,000 meurent de cancer d\u2019estomac et 30,000 d\u2019une néo- plasie atteignant le côlon ou le rectum.Selon cette statistique, par conséquent, 17% de toutes les mortalités est dû au cancer du côlon et du rectum.Toujours selon ce rapport, le cancer du côlon et le cancer du rectum est le second après le cancer d\u2019estomac (le plus fréquent), et est actuellement plus fréquent que le cancer de l\u2019estomac et celui du sein.Cette étude, unique en son genre, démontre qu\u2019il y a actuellement aux Etats-Unis 500.000 personnes ayant un cancer, mais que seulement un tiers est au courant; ce qui veut dire qu\u2019il y a 300,000 personnes, par année, ayant un cancer au début et, en quelque sorte, sans le savoir.Si l\u2019on se rapporte au chiffre de 17% cité plus haut, il y aurait environ 50,000 personnes ayant un cancer du côlon et du rectum, lequel serait cliniquement silencieux.C\u2019est à propos de cette statistique impressionnante que l\u2019auteur insiste sur le fait que tout polype du côlon ou du rectum doit être considéré comme une lésion pré-cancéreuse, susceptible de dégénérescence maligne, si elle n\u2019a déjà pas eu lieu lorsqu\u2019on voit le malade pour la première fois.Il rapporte ensuite une série de 8 cas qui en sont malheureusement la preuve.Yves CHAPUT.C.F.ILLINGWORTH.\u2014 Les hémorragies dans la jaunisse.\u201cThe Lancet\u201d, 1: 1031 (6 mai) 1939.On connaît les dangers d\u2019hémorragie chez les ictériques, Ils ne saignent pas au cours d\u2019une opération, + + mais saignent facilement quelques jours après, surtout entre le 3e et le 6e jour.C\u2019est soit un simple suintement dans les lèvres de la plaie formant un hématome ou encore une absence de suture de la plaie opératoire.Moins souvent, ce sont des hémorragies des gencives, du nez, ou de la muqueuse intestinale.12 à 13% des morts post-opératoires chez les ictériques sont dues à des hémorragies.Les causes: 1) Retard de la coagulation.2) Formation d\u2019un caillot volumineux et irrétrac- tile.3) Fragilité capillaire semblable à celle que l\u2019on rencontre au cours du scorbut, mais qui ne répond pas au traitement par la vitamine C ou la vitamine P.Ces trois facteurs que l\u2019on rencontre chez les ictériques prouvent que la cause des hémorragies est une dyscrasie sanguine.De ces trois facteurs, le plus important c\u2019est le retard dans la coagulation sanguine.La goutte de sang peut prendre 10, 15 et même 20 minutes à se coaguler.Parfois la coagulation est normale, mais le test à la prothrombine (décrit plus loin) révèle un trouble dans la coagulation sanguine.On a prétendu que, chez les ictériques, le calcium se fixait sur les pigments biliaires et cette déficience calcique engendrait des troubles de coagulation.Cependant l'administration de calcium n\u2019a jamais ramené la coagulation à sa capacité normale.Le facteur essentiel est une déficience du sang en prothrombine.Le sang normal contient un excès de prothrombine et si celle-ci descend en bas d\u2019un certain niveau, comme elle le fait chez les ictériques, des hémorragies surviennent par trouble de coagulation.Cette même chute de la prothrombine du sang explique les hémorragies des porteurs de fistule biliaire.L\u2019ictére et la fistule biliaire sont donc les deux causes qui engendrent une chute de la prothrombine du sang.Un fait commun s\u2019observe chez ces deux sortes de malade: la bile n\u2019atteint pas le tube digestif.Il semble donc que l\u2019absence de bile dans le tractus digestif permette l\u2019absorption d\u2019une substance qui fasse tomber le niveau de la prothrombine dans le sang.: Dam (1935) de Copenhague, a démontré que la diathése hémorragique qui survient chez les jeunes poulets est due & une diminution de la prothrombine du sang due elle-même à une déficience en « Koagulation-Vitamin » ou vitamine K.Butt, Snell ge ANALYSES et Osterberg, aux Etats-Unis, ont poursuivi des études sur cette vitamine (1938).Il semble tout de même que la plus ou moins grande atteinte du foie chez l\u2019ictérique soit un autre facteur d\u2019hémorragie.Il semble que la synthèse de la prothrombine se fasse dans la cellule hépatique et que par conséquent ces deux facteurs, défaut d\u2019absorption suffisante de vitamine K et trouble du métabolisme de la prothrombine soient les deux causes des hémorragies chez ces malades.Cette vitamine K se rencontre dans de nombreux aliments et en grande abondance surtout dans l\u2019alfalfa.L'auteur a essayé de prouver: A) S'il existait une déficience en prothrombine dans la jaunisse et s\u2019il en existe une, quelle est la relation qui existe entre elle et l\u2019intensité de la jaunisse, sa durée, ou l\u2019intensité de l\u2019atteinte de la cellule hépatique.B) Si on pouvait établir une relation directe entre cette déficience en prothrombine et la tendance aux hémorragies.C) Si on pouvait prévenir ou guérir cette tendance aux hémorragies par la vitamine K.1) L\u2019auteur a dosé la prothrombine suivant la méthode de Quick.La théorie de la coagulation admise aujourd\u2019hui est celle-ci: la prothrombine existe normalement dans le sang; la thrombokinase, ou extrait tissulaire, en présence du calcium, active la prothrombine et la transforme en thrombine et celle- ci transforme le fibrinogène soluble en fibrine qui engendre le caillot.La méthode de Quick consiste à ajouter à du sang oxalaté du chlorure de calcium et de la thrombokinase sous forme d\u2019extrait de cerveau.D\u2019après cette méthode, le sang se coagule rapidement en 20 à 40 secondes.Dans les déficiences en prothrombine, la coagulation peut prendre 3 ou 4 fois plus de temps à s\u2019accomplir.On indique l\u2019index en prothrombine en pourcentage par rapport à la normale.Les observations de l\u2019auteur ont porté sur 200 sujets normaux et 20 sujets atteints d\u2019ictère.Ces 20 ictériques avaient un index abaissé.Cette déficience en prothrombine est beaucoup plus considérable dans les ictères par rétention que dans les ictères toxiques.Cependant il n\u2019y a pas de relation directe entre l\u2019intensité et la durée de la jaunisse et la chute de la prothrombine.2) Les études de l\u2019auteur sur ces 20 cas lui permettent d\u2019affirmer que le test à la prothrombine permet d'apprécier la tendance aux hémorragies d\u2019un individu d\u2019une façon sure, plus sûre que tous les autres tests de la coagulation sanguine.3) L'auteur a employé, comme vitamine K, le Ce- rophyl.un produit américain.La petite quantité qu\u2019il a pu expérimenter lui a permis de constater des résultats satisfaisants dans trois cas d\u2019ictère et un résultat nul chez un porteur de fistule biliaire.521 Dans les cas observés, il a vu des chutes rapides de la prothrombine et des hémorragies survenir chez des ictériques opérés, des hémorragies qu\u2019il a vu juguler par l\u2019administration de vitamine K, soit seule.soit associée à des sels biliairess en même temps qu\u2019il observait une augmentation rapide du taux de la prothrombine du sang.Sylvio LEBLOND.G.K.WHARTON.\u2014 L'Hypothyroïdie méconnue.\"Canad.Med.Assoc.Journal\", 40: 371 (avril) 1939.L\u2019hypothyroidie, dans ses formes légères ou atypiques, diffère tellement du myxœdème et du crétinisme, qu\u2019il est important d\u2019avoir des notions précises sur la symptomatologie variée de cette insuffisance.Le goitre simple traduit une déficience absolue ou relative de l\u2019organisme en iode.Le degré de cette hyperplasie est en proportion inverse du contenu de cette glande en iode.Lorsque la glande thyroïde est devenue complètement privée d\u2019iode, l\u2019hyperplasie se transforme en atrophie qui traduit l\u2019épuisement de la glande.La glande thyroïde, la surrénale et le système nerveux sympathique agissent ensemble et dans le même sens.L\u2019activité de la thyroïde augmente le tonus du sympathique; c\u2019est pourquoi, la plupart des symptômes de l\u2019hyperthyroïdie sont réellement l\u2019expression de l\u2019hyperactivité sympathique.Et, cette hyper- activité accrue du vague se traduit par de l\u2019hypersécrétion, la spasmodicité colique, la constipation.On ne doit pas se fier uniquement et aveuglément au résultat du métabolisme basal pour apprécier le fonctionnement de la glande thyroïde.En effet, le métabolisme basal ne mesure que la consommation d\u2019oxygène, ce qui n\u2019est, en somme, qu\u2019une partie de toute l\u2019activité de la thyroïde.D\u2019autant plus que différents facteurs tels que la diète, les émotions.la race et le climat sont responsables de plus de 15% d\u2019erreurs.Le dosage du cholestérol sanguin peut fournir des renseignements intéressants sur le fonctionnement de la thyroïde; il est reconnu que l\u2019hypothyroïdie s'accompagne d\u2019hypercholestérinémie.L\u2019épreuve de la tolérance à l\u2019iode fournit également des renseignements précis.Les individus normaux montrent une rétention d\u2019iode de 9 à 23%; chez les hypothyroïdiens, ce pourcentage de rétention iodée est très augmenté.Mais les difficultés techniques ainsi que les inconvénients pour le malade que comporte cette épreuve la rendent habituellement inutilisable en pratique.Read a établi, pour l\u2019appréciation du métabolisme basal, une formule qui se lit comme suit: 3% de la vitesse du pouls + % de la pression différentielle \u2014 72 = métabolisme basal. re 522 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 Constatations cliniques.Les symptômes que l\u2019on rencontre le plus souvent dans l\u2019hypothyroïdie sont les désordres menstruels (règles profuses et irrégulières; fréquence des avortements et de la stérilité), les troubles gastro-intestinaux (constipation du type spasmodique, flatulence), anorexie, fatigue, migraine.La peau est sèche, les poils et les cheveux sont secs et cassants.L\u2019insuffisance thyroïdienne, par l\u2019intermédiaire du système nerveux sympathique, serait la cause principale de la migraine.Des troubles associés du fonctionnement de l\u2019hypophyse et des ovaires s\u2019ajouteraient à l\u2019hypothyroïdie pour conditionner cette affection.Les arthrites chroniques connaîtraient la même cause.Environ 40% des sujets souffrant d\u2019arthrite ont un métabolisme basal abaissé et sont améliorés par une thérapeutique pluriglandulaire (thyroïde, parathyroïde et ovaire).L\u2019insuffisance de la thyroïde augmente le tonus du vague.Or, cette hyperactivité du para-sympa- thique qui se traduit par une hypersécrétion des glandes sébacées, est à l\u2019origine de l\u2019acné vulgaire.Tous les cas d\u2019acné ne sont pas dus à une déficience de la thyroïde, mais une telle déficience prépare le patient à une telle affection.Bien des cas d\u2019hypertension artérielle qui surviennent à la ménopause sont sous la dépendance d\u2019une hypothyroïdie et cèdent heureusement à une thérapeutique par les extraits thyroïdiens.L\u2019insuffisance thyroïdienne, par l\u2019intermédiaire de l\u2019hypophyse, amène des perturbations dans le fone- tionnement génital.L\u2019hypothyroïdie est très souvent à l\u2019origine de troubles sexuels.ménorragies.impuissance, stérilité, avortements, acoouchements prématurés.Alors que les cellules acidophiles du lobe antérieur de l\u2019hypophyse règlent l\u2019augmentation du nombre des cellules dans l\u2019organisme, la glande thyroïde règle la vitesse de différenciation de ces cellules.Et il est possible que le cancer soit la résultante d\u2019un déséquilibre de ces facteurs de croissance.Antonio MARTEL.P.CONSTANTIN, de Biarritz.\u2014 Une méthode nouvelle d'exploration du système va- go-sympathique: l'oscillométrie différentielle radio-tibiale.\u2019Le Monde Médical\u201d, 49: (15 juillet) 1939.La plupart des épreuves réflexes, habituellement utilisées pour la détermination de l\u2019équilibre vago- sympathique.sont basées sur les modifications provoquées du rvthme cardiaque.La méthode que l\u2019auteur préconise repose sur une notion différente, celle du tonus vasculaire mis en évidence par un oscillomètre; il l\u2019appelle «l\u2019oscillométrie différentielle ra- dio-tibiale ».parce qu\u2019elle est basée sur la mesure comparative des indices oscillométriques des artères radiale et tibiale, relevée au poignet et à la cheville avec un sphygmo-oscillomètre de Pachon ou un kymomètre de Vaquez, Gley et Gomez.En inscrivant les résultats obtenus sur un même graphique sur lequel sont portés en abscisses les contre-pressions manométriques et en ordonnées les indices, on obtient deux courbes (celle de la radiale et celle de la tibiale) comparables.Normalement, à pression égale, les indices de la radiale sont plus faibles que ceux de la tibiale: la courbe tibiale coiffe la courbe radiale avec un écart appréciable de 2 ou 3 unités, l\u2019indice radial maximum valant 2 ou 3, et l\u2019indice tibial maximum 4 ou 6.Chez les hyper-vagotoniques, les 2 courbes sont très écartées: la tibiale est haute et la radiale est basse; chez les hyper-sympathicotoniques, les courbes sont rapprochées ou inversées; entre ces 2 types extrêmes, se trouvent naturellement tous les intermédiaires.L\u2019examen des courbes fournit donc 2 ordres de renseignements: leur hauteur indique le tonus général du système vago-sympathique (hyper ou hypo-amphotonie), leur écartement renseigne sur l\u2019équilibre de ces 2 éléments, vagotonie ou sympa- thicotonie.Cette méthode, d\u2019après l\u2019expérience qu\u2019en a l\u2019auteur, confirme constamment les cas où le R.O.C.donne une réponse nette; lorsque ce dernier est in- différent, les signes cliniques permettent un diagnostic en accord avec les courbes.De plus, l\u2019auteur a expérimenté que les tests pharmacodynamiques confirment ceux de son épreuve.Pour avoir de la valeur, les variations du réflexe oculo-cardiaque doivent être très accusées; l\u2019oscillo- métrie différentielle réussit même lorsque ce dernier échoue parce qu\u2019il est indifférent; de plus, elle n\u2019a pas les inconvénients des épreuves pharmacodynamiques qui, pour être plus décisives, n\u2019en sont pas moins dangereuses et irréalisables en clientèle.Guy DROUIN.PHTISIOLOGIE Etienne BERNARD.\u2014 Le tuberculeux au sortir du Sanatorium.\u2018Revue de la Tuberculose\u2019, 5: 1081, 1939-40.Que deviennent les tuberculeux au sortir du Sanatorium?C\u2019est de cette question importante que traite l\u2019auteur.Certains tuberculeux peuvent retravailler totalement comme auparavant.D'autres peuvent reprendre leur travail, mais partiellement.Enfin, plusieurs autres peuvent s'adonner a un travail moins dur.Par contre, un grand nombre demeurent incapables de travailler; aussi n\u2019ont-ils même pas la capacité de changer d\u2019occupation ou de travailler partiellement.Par conséquent, un certain pourcentage de tuberculeux deviennent-ils des chômeurs.Ap- gros york 13 de ot ste di fl tl fi ANALYSES proximativement sur 100 sujets qui quittent le sanatorium, 1/3 font un travail total et cela sans incident, 1/3 ne peuvent travailler à cause du mauvais état de santé, 1/3 nécessitent des soins supplémentaires.C\u2019est à cause de cela que de nombreuses œuvres ont été fondées: aide privée (Amicales de malades), associations d\u2019hygiène sociale, œuvres d\u2019assistances, ateliers de réadaptation, etc.«Le problème de réadaptation ne peut être résolu par une formule.C\u2019est une création continue, car il est fonction de facteurs mouvants».La récupération d\u2019un tuberculeux au sortir du sanatorium dépend: lo de son degré de guérison qui dépend lui aussi d\u2019un diagnostic précoce, d\u2019un traitement précoce et d\u2019un bon traitement; 20 de sa réadaptation au sanatorium ; 3° de sa situation professionnelle et sociale.Tout cela relève d\u2019une infinité de problèmes forcément divers, «il n'y a pas une tuberculose, il y a des tuberculeux très divers, il n\u2019y a pas une réadaptation, mais des sujets diversement récupérables».Les formules sont innombrables.L\u2019auteur suggère la formation d\u2019un service social dans tous les sanatoriums.d\u2019un secrétariat dans tous les dispensaires afin de bien lier toutes ces associations.Il convient aussi de créer des bureaux de placement, des assurances sociales, des organismes patronaux et des syndicats corporatifs afin de faire l\u2019éducation des intéressés.Tout cela nécessite du temps, des démarches et de la volonté.Paul-René ARCHAMBAULT.GASTRO-ENTEROLOGIE F.F.CHESLEY, J.DUNBAR et L.A.CRAN- DALL: Les facteurs du complexe vitaminique B et les troubles digestifs fonctionnels.\u201cAm.Journ.of Dig.Dis.\u201d, 7: 24 (janvier) 1940.Les troubles gastro-intestinaux fonctionnels sont tres fréquents et leur traitement difficile.Les auteurs ont voulu étudier l\u2019influence de la vitamine « B» sur ces troubles; ils furent pressés à ce travail par des faits cliniques et expérimentaux nombreux qui démontrent l\u2019influence du complexe B sur le fone- tionnement du tube digestif et aussi par le fait que la carence en vitamine «B» est fréquente chez les américains.44 malades chez qui les examens radiographiques et de laboratoire étaient rigoureusement négatifs, ont été étudiés.Ils reçurent, pendant des périodes variant de trois mois à un an, 8 grammes par jour d\u2019un concentré de levure contenant, par gramme, 125 unités internationales de thiamine ou vitamine B,, et 35 unités Sherm \u2014 Boniquin de riboflavine ou vitamine « G», 523 Les symptômes accusés par ces malades étaient les suivants: flatulence, malaises abdominaux, alternatives de diarrhée et de constipation, constipation ou diarrhée seule, faiblesse et fatiguabilité, nervosité.Dans une très grande proportion des cas ces différents symptômes furent influencés très favorablement par cette thérapeutique.La vitamine «B,» et la vitamine «G» donnée séparément ne produisent aucun effet thérapeutique.L\u2019acide nicotinique agit de la même façon que le complexe « B».Cherchant la déficience en vitamine «B» chez ces patients, les auteurs l\u2019ont constaté chez presque tous par un taux d\u2019excrétion anormalement bas dans les urines.En conclusion, les auteurs disent qu\u2019un fort pourcentage de patients avec des troubles digestifs fonctionnels sont améliorés par l\u2019administration du complexe vitaminique B donné à hautes doses.Jean-Paul DUGAL.E.G.VAN LIERE et C.K.SLEETH.\u2014 L\u2019influence des acides et des alcalins sur 1'horaire de l'évacuation gastrique.\u2018Am.Jr.of Digest.Diseases\u2018, 7: 118 (mars) 1940.On admet généralement que les acides retardent l\u2019évacuation gastrique et que les alcalins l\u2019accélèrent.Cette opinion semble basée sur de nombreux travaux expérimentaux.Les A.ont revu la littérature à ce sujet et trouvent que les preuves concluantes manquent encore.Ils ont donc entrepris de vérifier par eux-mêmes.Pour ce faire, ils ont soumis à un repas d\u2019épreuve contenant 15 grammes de farine et 50 grammes de sulfate de barium, un certain nombre de jeunes adultes normaux, présentant tous de l\u2019acide chlorhydrique libre dans leur estomac à jeun.L\u2019horaire de l\u2019évacuation gastrique fut vérifiée pour chaque sujet à plusieurs reprises.D\u2019un individu à l\u2019autre, les variations étaient considérables, mais pour le même estomac, les chiffres concordaient d\u2019un jour à l\u2019autre.On administra d\u2019abord une solution thérapeutique d\u2019acide chlorhydrique, soit 100 cc.d\u2019une solution à 2%; chez 9 sujets, on nota un retard de 9% de l\u2019évacuation \u2014 ce qui ne permet pas de conclure.On continua l\u2019expérience avec une solution banale de bicarbonate de soude, 5 grammes dans 100 c.c.d\u2019eau, et cette fois on constata une accélération de 163% dans l\u2019évacuation gastrique de 10 sujets; ce résultat semble avoir une grande valeur aux yeux des A.Pour éliminer le rôle possible de l\u2019oxyde de carbone dans la solution de bicarbonate de Na, Van Liere et Sleeth ont repris l\u2019expérience avec du phosphate de Na, avec une moyenne d\u2019accélération de 17.1%, Péquivalent du 16.1% du bicarbonate de Na.L\u2019alcalin seul peut donc accélérer le transit gastrique. 524 et l\u2019opinion courante citée au début paraît donc être confirmée.Roger-R.DUFRESNE.NUTRITION A.F.FOWLER, E.H.BENSLEY et J.M.RA- BINOWITCH.\u2014 Le coma diabétique.C.M.A.].\", 42: 336 (avril) 1940.En 1937, les A.avaient rapporté dans le même journal une nouvelle méthode de traitement du coma diabétique consistant en une injection simultanée d\u2019insuline ordinaire et d\u2019insuline-protamine-zinc qui avait pour effet de baisser rapidement la glycémie à un niveau normal et de l\u2019y maintenir longtemps en dépit de l\u2019administration d\u2019une grande quantité d\u2019hydrates de carbone.L'usage combiné des deux insulines peut se faire de différentes manières, mais les A.ont adopté la suivante qui leur semble la meilleure, à savoir: 100 unités d\u2019insuline ordinaire en injection intraveineuse, 100 unités d\u2019insuline en injection sous-cutanée et 200 unités d\u2019insuline-pro- tamine-zinc en injection sous-cutanée.Cette facon de procéder a les avantages suivants: lo Forte dose initiale qui permet de baisser la glycémie rapidement et sans crainte car la mort dans le coma diabétique survient par quantité insuffisante d\u2019insuline plutôt que par une trop forte dose d\u2019insuline.- 20 Action rapide de l\u2019insuline en injection intraveineuse, ce qui est très précieux dans les cas graves.3° L'administration simultanée de glucides favorise l\u2019emmagasinage du glycogène et fait disparaître rapidement l\u2019acidose.40 L\u2019ingestion fréquente de glucides empêche en même temps les réactions d\u2019hypoglycémie qui pourraient se produire, bien que les À.avouent n\u2019en avoir jamais rencontrées.La meilleure façon d\u2019établir la valeur d\u2019un traitement.c\u2019est d\u2019en calculer l\u2019effet sur le taux de mortalité.Or avec cette nouvelle méthode, d\u2019après les A.le taux de mortalité du coma diabétique est passé de 39.6 pour cent à 25 pour cent, en dépit du fait que deux de leurs malades, sur 26, étaient déjà des moribonds lors de leur admission.Les À.nous donnent ensuite une série de tableaux résumant clairement la conduite du traitement et la réponse du malade à ce traitement.En résumé, les A.ont traité 26 comas diabétiques par des doses massives et simultanées d\u2019insuline ordinaire et d\u2019insuline protamine-zine, ils n\u2019ont pas eu de réactions hypoglycémiques car ce traitement comporte en méme temps pour le malade de fréquentes ingestions d\u2019hydrates de carbone (sérums glucosés, etc.); les malades ont guéri plus rapidement et le taux de mortalité a diminué.Armand GRATTON.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 CHIRURGIE Irvine H.PAGE.\u2014 L\u2019effet de la constriction chronique de l'aorte sur la pression artérielle du chien.\"Am.Heart J., 19: 218, 1940.Des résultats qu\u2019il a obtenus expérimentalement, PA.conclut que l\u2019aorte du chien peut être comprimée ou même oblitérée au niveau de la crosse aortique sans nécessairement entraîner une hypertension artérielle dans le segment proximal de l\u2019occlusion.Il attribue l\u2019absence de modifications ten- sionnelles au fait que chez le chien il existerait une riche circulation collatérale.Mercier FAUTEUX.M.SOKOLOW, L.N.KATZ et A.N.MUS- COVITZ.\u2014 L'électrocardiogramme dans l\u2018'embolie pulmonaire.\u201cAm.Heart J.\u2019, 19: 166, 1940.Il s\u2019agit d\u2019une étude d\u2019électrocardiogrammes provenant de quinze cas d\u2019embolie pulmonaire dans le but de voir la fréquence et le caractère des modifications des tracés au cours de cet accident.Il fut trouvé que les changements ne sont pas constants.que chez plusieurs les tracés apparaissent normaux et que chez d\u2019autres les modifications observées existaient avant l\u2019apparition de l\u2019embolie.Les A.con- client qu\u2019au cours de l\u2019embolie pulmonaire, il n\u2019y a aucun tracé électrocardiographique pouvant orienter vers un diagnostic.Mercier FAUTEUX.H.J.STEWART et R.L.BAILEY, Jr.\u2014 L'effet du pneumothorax spontané unilatéral sur la circulation de l'homme.\u2018\u2018J.Clin.Invest\u201d, 19: 321, 1940.Les effets du pneumothorax artificiel sur le débit cardiaque ont été étudiés expérimentalement par plusieurs chercheurs qui, dans la plupart de leurs expériences, ont observé une diminution du débit cardiaque laquelle semblerait proportionnelle à l\u2019importance du pneumothorax.Ces auteurs ont observé quatre malades présentant un pneumothorax unilatéral spontané d\u2019origine inconnue.Par ailleurs, il est bon de noter que chez aucun de ces patients il fut possible de mettre en évidence soit des troubles pulmonaires, soit des lésions cardiaques.Ils notent que dans le pneumothorax petit ou modéré, le débit cardiaque fut diminué, mais parfois indifférent ou augmenté.Dans les cas où le pneumothorax est très important le débit cardiaque est tantôt faiblement diminué tantôt très abaissé.Ils concluent qu\u2019étant donné que le collapsus pulmonaire unilatéral entraîne une diminution du volume de sang chassé par le cœur à chaque minute, il importe avant de produire un pneumothorax chez un malade de s\u2019assurer qu\u2019il ne présente L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 pas déjà des lésions diminuant le débit cardiaque vu que cette diminution sera probablement exagérée par le pneumothorax.Mercier FAUTEUX.DESMAREST.\u2014 Cancer du sein.Le Monde Médical\", 50: 33 (fev.) 1940.Se plaçant du point de vue pronostic, Desmarest abandonne la classification internationale en 4 degrés des cancers du sein pour conseiller la division en deux classes: 1.Cancers du sein sans ganglions; 2.Cancers du sein avec ganglions.Les premiers seuls sont curables.D\u2019après sa statistique, il prétend que l'opération des seconds hâte l\u2019évolution fatale du cancer.Des 146 cas opérés par lui et présentant des ganglions axillaires néoplasiques, tant du point de vue clinique qu\u2019à l\u2019examen histologique extemporané, 1l trouve: 79 morts en dedans de 3 ans; 68 morts la quatrième année; 7 survies: 2 depuis 5 ans; 2 depuis 7 ans; 1 depuis 8 ans; 2 depuis 10 ans.Il déduit de plusieurs statistiques étudiées, que le néo du sein avec ganglions donne 20% de survie après 5 ans.La récidive axillaire sur un tissu sclérosé donne des douleurs atroces que la morphine n\u2019arrive pas à calmer.La généralisation est plus fréquente.Conclusions.Il faut opérer les cancers du sein sans ganglions.Il ne faut pas opérer les cancers du sein avec ganglions, car c\u2019est agraver le mal.Il faut faire de la rœntgenthérapie dans le but de retarder l\u2019évolution du cancer.Si le néo menace d\u2019ulcérer la peau.on peut enlever le sein, mais ne pas vider l\u2019aisselle.Pierre JOBIN.GYNECOLOGIE M.J.COTTALORDA.\u2014 Des ruptures de pyo- salpinx en péritoine libre (d\u2019avrés 6 ~hser- vations personnelles).\"Gaz Méd.de France, 15 avril 1938.Lorsque l\u2019on parle de rupture de pyo-salpinx en péritoine libre, il faut tout d\u2019abord s\u2019entendre sur les deux termes de cet énoncé.Par «rupture », C.entend deux ordres de faits cliniquement semblables, mais anatomiquement différents dans ce sens que l\u2019irruption intrapéritonéale de pus peut s\u2019effectuer, soit par une effraction de la trompe malade, soit par le pavillon même de celle-ci dont la fermeture prophylactique peut ne pas s\u2019être faite ou, plutôt, a cédé secondairement à la surdistension de l\u2019organe.Pour ce qui est de la définition du terme « péritoine libre », elle entend un péritoine n'ayant pas formé.525 avant la rupture, de barrière protectrice.et n'ayant pas eu le temps d\u2019en créer après l'accident.Or.cette absence de protection est facile à vérifier par lapa- rotomie, mais elle ne peut qu\u2019être déduite dans les cas non opérés, d\u2019où les difficultés de comparaison entre les résultats obtenus par le traitement chirurgical et ceux dans lesquels une thérapeutique médicale a été mise en œuvre.Ces réserves faites, C.a busé son travail purement anatomo-clinique sur 6 cas opérés.Aspects cliniques.Les 6 observations se sont présentées sous trois aspects cliniques différents: 19 Syndrome de rupture brutale avec inondation péritonéale.20 Syndrome de péritonite progressive par poussées successives.3° Syndrome de péritonite toxique.I.Syndrome de rupture brutale par inondation péritonéale.Le tableau clinique est ici plus ou moins cata- clysmique, mais toujours extrêmement dramatique.La douleur brutale, l\u2019état lipothymique, le pouls, peuvent facilement donner le change avec une grossesse ectopique.Une première malade fut opérée séance tenante et l\u2019on trouva une poche pyo-sal- pingienne gauche rompue avec diffusion dans toute la cavité péritonéale deux heures après le début apparent des accidents.D'ailleurs ici, la défense généralisée imposait le diagnostic de péritonite.Dans les trois autres cas, ce début apparent avait été précédé de prodrome.Dans un cas la réaction salpingienne existait depuis quelques jours au moins.Dans un autre cas, appelé dix jours avant, C.avait constaté des signes nets d\u2019appendicite subaigué avec réaction sal- pingienne droite.Enfin, dans le dernier cas la rupture fut déclenchée par un avortement provoqué suivi de rétention placentaire.Quoiqu'il en soit de la diversité du début, les phénomènes de rupture ont toujours été brutaux et toujours imposé l\u2019intervention d\u2019extrême urgence.IT.Syndrome de péritomite progressive par poussées SUCCESSIVES.C.ne possède qu\u2019un cas de cette forme, opéré.Le tableau était le tableau banal de la pelvi-péri- tonite: début brutal, douleurs, vomissements, défense péritonéale sous-ombilicale.La malade fut mise en surveillance et l\u2019on institua un traitement médical.Arrêt de quelques heures du processus, puis nouvelles poussées successives douloureuses et péritonéales en même temps que l\u2019on nota une tuméfaction sus-pubienne, déjà constatée antérieurement.qui s\u2019étend vers l\u2019ombilic.On décida d\u2019intervenir à la trente-sixième heure.Il semble à l\u2019auteur que l\u2019expectative que le plastron semble conseiller, doit être repoussée lorsque 526 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.mai 1940 l\u2019on constate dans les premières heures du processus une aggravation par poussées successives d\u2019allure progressivement croissante.IT.Syndrome de péritonite toxique.Dans un cas C.a constaté cliniquement l\u2019existence d\u2019un tableau toxique sans que l\u2019examen révélât l\u2019existence de lésions locales.Le tableau était celui d\u2019une infection par rétention placentaire, huit jours après un avortement vraisemblablement provoqué.Un curettage n\u2019améliora pas la situation.Une laparotomie montra l'existence de la rupture d\u2019une trompe gauche.Constatations opératoires et étiologiques.1° Dans tous les cas C.a constaté une péritonite généralisée.20 Dans tous les cas C.a constaté l\u2019absence absolue de barrière protectrice bloquant ou tendant à bloquer le petit bassin.La tendance spontanée au moment de la rupture est, certainement comme dans toutes les ruptures d'organes creux abdominaux, à l\u2019obturation de la perforation par un organe voisin, ici l\u2019anse sigmoide.3° La rupture peut siéger sur le corps de la trompe lui-même ou peut résulter de l\u2019isue du pus par le pavillon non obturé ou dont l\u2019obturation cède secondairement par suite de la susdistension de l\u2019organe.4° Enfin, dans une des observations il y avait association évidente d\u2019une appendicite pelvienne diagnostiquée avant l\u2019apparition des phénomènes de rupture.5° Au point de vue étiologique, C.a noté que deux des observations avaient comme point de départ une infection utérine secondaire à un avortement avec rétention placentaire.\u2018 Dans un cas, la rupture d\u2019une énorme poche sal- pingienne est survenue un mois après un accouchement normal et de suites apparentes normales.Deux des autres cas étaient secondaires à une salpingite présentant les caractères d\u2019une infection gonococcique de la trompe.Enfin, dans une des observations il y avait association d\u2019appendicite et de salpingite.Considérations thérapeutiques.Dans tous les cas où l\u2019expectative était possible C.a employé au début un traitement médical d\u2019attente.Au point de vue chirurgical les traitements employés sont les suivants par ordre d\u2019importance : 1.Mikuliez simple: 1 cas.2.Salpingectomie unilatérale avec ou sans appendicectomie: 2 cas.3.Hystérectomie abdominale subtotale: 3 cas.Résultats et indications.Les six cas rapportés se sont terminés par la guérison après 15 à 20 jours d\u2019hospitalisation.Chaque fois que la chose est possible le traitement causal doit être employé et l\u2019organe malade enlevé seul lorsque la lésion est franchement unilatérale et la femme jeune.On peut y joindre l\u2019appendicectomie si elle est facile, et surtout si elle paraît avoir Joué un rôle étiologique.Selon l\u2019avis de C., les indications du traitement des perforations tubaires en péritoine libre seraient les suivantes: 1° Il y a d\u2019abord les cas indiscutables dont l\u2019allure cataclysmique impose l\u2019intervention d\u2019urgence.20 Les cas d\u2019évolution successive oll une expectative de quelques heures, sous réserve d\u2019une observation minutieuse, est possible.Mais dès que les poussées successives sont nettement diagnostiquées le traitement chirurgical immédiat s\u2019impose.Samuel LETENDRE.NEURO-PSYCHIATRIE Benjamin COHEN, Nathaniel SHOWSTACK et Abraham MYERSON.\u2014 Synergie du phénobarbital, du Dilantin et autres substances médicamenteuses dans le traitement des épileptiques hospitalisés.\u2018J.AM.A.\u201d, 114: 480 (10 février) 1940.L'histoire thérapeutique de l\u2019épilepsie peut être divisée en plusieurs périodes.Vers 1853, on commence à employer les bromures; ces médicaments donnent d\u2019excellents résultats, mais des accidents de bromisme assez fréquents limitent souvent leur emploi.| En 1912 apparaît le phénobarbital; les résultats thérapeutiques sont encore supérieurs et les bromures sont vite relégués au second plan.Enfin, en 1938, Merrit et Putnam proposent un autre médicament dans le traitement de l\u2019épilepsie, le «Sodium diphenyl hydantoinate» ou «Dilantin Sodium ».Ce dernier produit a déjà donné d\u2019excellents résultats que les auteurs analysent au cours du présent article.Ils étudient l\u2019action de ce médicament employé seul ou en association avec la phénobarbital.Chez 16 malades recevant une dose «optimum » de phénobarbital on ajoute à la médication une certaine quantité de Dilantin, la cure dure cinq semaines, la dose de phénobarbital restant la même.Pendant les cinq semaines précédentes, le total des crises avait été de 41, avec l\u2019administration du Di- lantin le nombre des crises s\u2019abaisse à 19 (réduction de 54%).Dans les trois semaines suivantes la dose de phénobarbital est réduite graduellement, puis le médicament est supprimé complètement et le Dilantin est administré seul pendant 20 semaines à la dose de 6 capsules par jour (0.60 centig.par jour).Au cours de cette expérience, le Dilantin, employé seul, s\u2019est montré moins efficace que le phénobarbital.Le total des crises pendant cette période, s\u2019est accru de 203.Quatre malades qui n\u2019avaient plus de crises avec le phénobarbital, présentent 15 crises en 20 semaines \u2014 - 0 ANALYSES 527 avec le Dilantin seul.L\u2019addition de phénobarbital au Dilantin fait baisser le nombre de crises dans la proportion de 89%.L\u2019association du Dilantin et du phénobarbital fait voir l\u2019existence d\u2019une action synergique de ces deux médicaments.Les malades (23) reçoivent une dose «optimum » de phénobarbital (4 grains ou 0.26 grm.), la dose de Dilantin est de 0.30 (4% grains) par jour.Le nombre total des crises survenues au cours de cette expérience fut de 330, alors qu\u2019il était apparu 660 crises pendant une période de même durée pendant laquelle les malades ne recevaient que du phénobarbital.La réduction du nombre des crises a donc été de 50%.Les incidents relevés en cours de traitement par le Dilantin se sont traduits par une tendance presque invincible au sommeil, des vertiges, etc.; accidents qui disparurent rapidement par l\u2019administration de 30 à 40 mgms par jour de sulfate d\u2019amphétamine (benzédrine sulfate), sans qu\u2019il fut besoin de réduire la dose de Dilantin.Il ressort des expériences cliniques de ces auteurs que le Dilantin présente des propriétés anticonvul- sivantes manifestes.Cependant, dans l\u2019ensemble, son action n\u2019est pas supérieure à celle du phénobarbital.L\u2019association du Dilantin et du phénobarbital donne des résultats bien supérieurs à ceux obtenus par l\u2019emploi isolé de l\u2019un ou de l\u2019autre médicament.Les auteurs concluent que dans les cas où le phénobarbital a été impuissant à faire disparaître les crises, il est indiqué de lui associer le Dilantin.En réalité, on a toutes les raisons d\u2019employer les deux médicaments associés chez tous les épileptiques.Honoré NADEAU.OTO-RHINO-LARYNGO-OPTHALMOLOGIE Kenneth C.SWAN et James H.ALLEN.\u2014 Conjonctivites pseudo-membraneuses à streptocoque traitées par le sulfanilamide.\u201cAmer.Jour.Ophth.\u201d, 22: 1255 (nov.) 1939 Les conjonctivites pseudo-membraneuses à streptocoque peuvent être aiguës ou chroniques.L'état chronique de cette maladie peut montrer des exacerbations et rémissions et donc, occasionnellement, peut être rapporté à une conjonctivite pseudo-membra- neuse récurrente.Trois cas de conjonctivites pseudo-membraneuses à streptocoque furent traités par le sulfanilamide.Tous furent de sérieuses infections qui progressèrent en dépit de toute autre forme de traitement.Le premier patient avait perdu un œil dans une attaque antérieure de la maladie et les essais d\u2019élever une immunité active spécifique ne furent pas effectifs.Les trois patients représentaient différents groupes d\u2019âge et différents signes de la maladie, mais leur évolution clinique, après l\u2019institution de sulfanila- mide, fut semblable.Les signes d\u2019amélioration clinique furent évidents après 2 à 3 jours de traitements.Il y eut une diminution d\u2019écoulement et les fausses-membranes ne se réformèrent pas et la culture n\u2019avait pas révélé, par la suite, la présence de streptocoques.Le premier patient eut une légère rechute 7 mois après le traitement par le sulfanilamide.Cette rechute fut contrôlée par une nouvelle administration du médicament.Le Bicarbonate de soude fut prescrit comme préventif contre l\u2019acidose.Conclusion.L'administration buccale de petites doses de sulfanilamide fut effective dans le traitement de trois cas de conjonctivites pseudo-membraneuses à streptocoque.Un nouvel essai clinique est indiqué.Emilien MARANDA.RADIOLOGIE Georges PFAHLER.\u2014 Rœntgenthérapie de l'hyperthyroïdisme.\u2018Radiology\u2019, 34: 43 (janvier) 1940.En général, les résultats de la rœntgenthérapie dans l\u2019hyperthyroïdisme montrent: 65% de guérisons, 20 à 21% d\u2019améliorations nettes, 10% d\u2019échecs, soit globalement 90% des cas qui peuvent reprendre leur travail.Il faut se rappeler que les résultats finals sont à peu près les mêmes que pour la chirurgie.Là où il y a hyperthyroïdisme, il faut présumer qu\u2019il existe une hypertrophie, une néoplasie ou une hyperfonction de la glande à son volume normal.Le traitement chirurgical ou rœntgenthérapique peut ramener l\u2019état normal sous le contrôle du métabolisme basal.Le traitement doit être cessé quand le métabolisme atteint 15%.La rœntgenthérapie est indiquée dans tous les cas d\u2019hyperthyroïdisme où la patiente n\u2019est pas en crise ou n\u2019accuse pas de signes de compression.Chirurgie, dans tous les goitres simples non-toxiques.Les avantages de l\u2019irradiation sont: suppression de la mortalité opératoire, pas de crainte de l\u2019opération, pas de douleur ni de choc, pas de chéloïde.De plus, le patient peut, en général, vaquer à ses occupations, Et les résultats finals sont -comparables à ceux de la chirurgie.Quelles sont les objections formulées contre la rœntgenthérapie?L'auteur les discute et les réfute dans l\u2019ordre suivant: 1) Danger des brûlures.2) Télangiectasies et atrophie cutanée.3) Exacerbation des symptômes après le premier traitement.4) Myxæœdème.5) Pourrait rendre le traitement chirurgical subséquent difficile.6) Lenteur dans les résultats de l\u2019irradiation.CR es a 528 7) Le développement d\u2019une altération cardiaque permanente pendant l\u2019irradiation.8) Danger de transformation épithéliomateuse des adénomes toxiques.Le diagnostic d\u2019hyperthyroïdisme sans hypertrophie glandulaire est difficile à poser, mais ces cas relèvent essentiellement de la thérapie.Jean BOUCHARD.J].L.ROUX-BERGER et A.TAILHEFER.\u2014 Cancer de la partie mobile de la langue.Traitement des adénopathies, 494 cas.\u2018Acta de l'Union Internationale contre le cancer\u201d, 9: 803, 1939.Les auteurs sont d\u2019avis que les adénopathies des tumeurs de la cavité buccale postérieure (en arrière du V lingual) relèvent de la rœntgenthérapie tandis que le traitement des adénopathies des tumeurs de la cavité buccale antérieure (en avant du V lingual) doit être surtout chirurgical.Leur thèse s\u2019appuie sur la comparaison des résultats obtenus dans 494 cas de cancer de la partie mobile de la langue traités de diverses façons, à l\u2019Institut du Radium de Paris.Un premier groupe de 185 cas, dont 21 seulement sans adénopathie clinique initiale, a été soumis à un traitement ganglionnaire précoce par les radiations, sans chirurgie.Il a fourni 19% de guérisons après cinq ans.Un deuxième groupe de 54 cas a été soumis à un traitement ganglionnaire par la chirurgie et les radiations combinées.Ce deuxième groupe comprenait 18 cas sans adénopathie clinique initiale qui ont fourni 22% de guérisons, et 36 cas avec adénopathie clinique initiale, qui ont fourni 16% de guérisons.Un troisième groupe de 100 cas a été soumis à un évidement ganglionnaire chirurgical, sans adjonction de radiations.Ce troisième groupe comprenait 42 cas sans adénopathie clinique initiale qui ont fourni 45% de guérisons et 58 cas, avec adénopathie clinique initiale, qui ont fourni 33% de guérisons.Une notion d\u2019une extrême importance pratique se dégage de cette étude; c\u2019est l\u2019impossibilité du diagnostic clinique de l\u2019état des ganglions.Sur la moitié des cas qui ne présentaient aucune adénopathie cliniquement appréciable, l\u2019examen histologique des pièces a montré l\u2019envahissement réel des lymphatiques.(33 cas sur 60.) Par ailleurs, sur la moitié des cas qui présentaient une adénopathie clinique initiale l\u2019examen histologique des pièces a montré que cette adénopathie n\u2019était pas due à un envahissement néoplasique.(27 cas sur 58.) [On paraît done en droit de conclure que la supériorité de 50% du traitement chirurgical sur les radiations comporte une rançon obligatoire de 50% de mutilations inutiles \u2014 Note personnelle.] G.PINSONNEAULT.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.JLF.A.N.\u2014 Montréal.mai 1940 Simone LABORDE.\u2014 Que peut-on attendre actuellement de la radiothérapie des cancers?(Conférence donnée à Lisbonne, dans le service du Professeur Gentil.) \u2018Arquivo de Patologia\u2019, 11: 28 (avril) 1939.La premiére partie du travail est consacrée aux principes généraux de la radiothérapie.Les radiations X ou Gamma ont une action élective sur les cellules tumorales.Cette action élective paraît basée sur l\u2019activité caryocinétique, sur le degré de différenciation des cellules néoplasiques et peut-être aussi sur une propriété générale de la chromatine à l\u2019égard de divers excitants physiques.Le perfectionnement des techniques vise à augmenter cette sélectivité des radiations à l\u2019égard des cellules cancéreuses ou en d\u2019autres termes, à agrandir l\u2019intervalle de radio-sensibilité entre les tissus normaux et les tissus néoplasiques.A Regaud revient le mérite d\u2019avoir démontré que l\u2019on augmente énormément l\u2019efficacité du rayonnement si l\u2019on diminue l\u2019intensité de l\u2019irradiation pour accroître la durée de son action.Lacassagne et Monod en France, Alberti et Polit- zer en Allemagne ont tenté d\u2019analyser l\u2019action des rayons X ou Gamma sur l\u2019activité reproductrice des tissus.Le premier phénomène observé est une disparition des caryocinèses existantes, quelle que soit la dose de rayons; le second est une phase d\u2019amitose de durée proportionnelle à la dose de rayonnement.À ces deux phénomènes succède une phase de mitoses atypiques dans les cas de restitutio ad inte- grum, ou bien une phase d\u2019amitose définitive dans le cas où la stérilisation de la tumeur a été obtenue.Une seconde irradiation faite pendant la première phase amitotique n\u2019a pas d\u2019effet amplificateur.Si elle est effectuée au contraire pendant la phase des mitoses atypiques, elle a un effet doublé ou triple des deux doses partielles additionnées.Les petites doses de rayons, longtemps répétées, semblent avoir une action excitante et cancérigène sur les tissus sains et parfois une action de « vaccination» sur les tissus néoplasiques.L\u2019auteur, avec Roussy et Leroux, attribue la radio-vaccination à un mauvais état du stroma conjonctivo-vasculaire.D'une façon générale, le milieu dans lequel se développent les éléments cancéreux, paraît jouer un rôle très considérable.C\u2019est la seule explication qu\u2019on soit actuellement en mesure d\u2019apporter à certains faits d\u2019apparence paradoxale dont la clinique radiologique nous fournit tous les jours des exemples.Un épithélioma buccal se montrera très radiosensible, alors que le même épithélioma récidivé dans les ganglions du cou, apparaîtra radiorésistant.Un épithélioma du sein sera radiorésistant, alors que reproduit dans le squelette, il deviendra très radiosensible.La deuxième partie de la conférence étudie les résultats acquis dans l\u2019irradiation des divers cancers. ANALYSES Pour les épithéliomas cutanés, le succès varie avec la localisation, l\u2019étendue et l\u2019infiltration.Ceux de la bouche sont rendus difficiles par la radiorésistance des métastases ganglionnaires, d\u2019où la pratique à l\u2019Institut du cancer de Paris, du curage ganglionnaire complet, toutes les fois que la chose est possible.Les cancers du pharynx et du larynx sont traités exclusive- -ment par rœntgenthérapie.Le cancer du col utérin jouit d\u2019une technique thérapeutique à peu près fixé.Par contre celle de l\u2019épithélioma du sein est remplie d\u2019incertitudes.À l\u2019Institut du cancer de Paris, on a adopté la conduite suivante: Les petits épithéliomas mobiles, sans métastases ganglionnaires (Stade I) sont traités chirurgicalement et irradiés après l\u2019opération.Les épithéliomas légèrement adhérents et compliqués de métastases ganglionnaires (Stade IT) sont irradiés avant et après l\u2019opération.Les épithéliomas volumineux et fixés avec adénopathies importantes (Stade III) sont traités exclusivement par les radiations.L\u2019examen histologique extemporané et la transil- lumination ont amélioré sensiblement le diagnostic.G.PINSONNEAULT.J.DUCUING.- Le recul de la chirurgie devant les adenopathies cancéreuses secondaires du cou.\u2018Acta de l'Union Internationale contre le cancer\u2019, 9: 774; 1939.En raison de la radiorésistance souvent marquée des métastases ganglionnaires des épithéliomas de la bouche, on a l\u2019habitude depuis quelques années de pratiquer le curage chirurgical des ganglions.L\u2019au- 529 teur discute cette règle de conduite et essaie d\u2019on fixer les indications.Les restrictions opératoires viendraient : 1.De la résistance du malade.2.Du siège de la tumeur.L'auteur divise les tumeurs bucco-pharyngées en deux groupes: Celles qui sont situées en avant du V lingual et celles qui sont situées en arrière du V lingual.Les premières retentissent sur les ganglions maxillo-carotidiens qui sont extirpables, les secondes sur les ganglions sous-ma- xillo-carotidiens, rétro-styliens et rétro-pharyngiens.Or, ces deux dernières variétés sont inextirpables.3.De l\u2019étendue de la tumeur qui peut atteindre la ligne médiane.Avec ou sans résection de la deuxième jugulaire, l\u2019auteur considère que les résultats éloignés de l\u2019évidement bilatéral sont aléatoires.4.Du degré de malignité de la tumeur.Les épi- théliomas intermédiaires et les lympho-épithéliomas ne bénéficient pas de l\u2019évidement.5.Du «contrôle » de la lésion primitive c\u2019est-à-dire de la certitude d\u2019en obtenir la guérison.6.Du caractère évolutif des ganglions.Quand l\u2019adénopathie grossit rapidement, se ramollit ou appa- lait au cours mêmæ du traitement de la lésion primitive.on est battu d\u2019avance.7.Des difficultés ou aléas de l\u2019exérèse des masses ganglionnaires quand celles-ci sont: A) bilatérales; B) rétro-styliennes; ou C) Adhérentes.8.De l\u2019absence de ganglions perceptibles.L\u2019évidement « prophylactique » est inutile dans 40% à 50% des cas.Il est dangereux parce qu\u2019il supprime des organes nécessaires à la défense locale et peut-être aussi à la défense générale de l\u2019organisme.G.PINSONNEAULT. CONGRÈS ET SOCIÉTÉS L\u2019 « Union Médicale du Canada » publie les comptes rendus scientifiques de toute société savante de langue française de l'Amérique du Nord.Ces comptes rendus doivent cependant être rédigés succinctement en dactylographie par les secrétaires respectifs et être adresses, sans retard, à la Rédaction.| ASSOCIATION CANADIENNE DES RADIOLOGISTES DE LA DIVISION DE L'EST DU CANADA Compte rendu de la réunion d\u2019hiver 1940 Par Origène Dufresne, radiologiste de l\u2019Institut du Radium.Les 6, 7 et 8 janvier derniers, les membres de l\u2019Association Canadienne des Radiologistes demeurant dans l\u2019Est du Canada, tenaient leur réunion d\u2019hiver à Québec.Malgré les nombreuses occupations tant militaires que civiles de plusieurs\u2018 d\u2019entre eux, trente radiologistes, d\u2019Ottawa, Halifax, Toronto, Kingston, Québec, London, Oshawa, Ste-Catherine et Montréal, se réunissaient dans les divers hôpitaux de la vieille ville de Champlain, pour discuter des problèmes scientifiques et s\u2019occuper de leurs intérêts professionnels.Les travaux présentés à cette occasion furent les suivants: Traitement du cancer de la langue MM.J.-E.GENDREAU et Origène DUFRESNE (Montréal) Jusqu\u2019au milieu du 18e siècle, les médecins ne s\u2019occupérent du cancer de la langue, que pour signaler «les douleurs affreuses et les puanteurs insoutenables de ce mal qui faisait mourir de pourriture et d\u2019hémorragie ».Vers 1760, le secrétaire de l\u2019Académie Royale de Chirurgie, Louis, convaineu que la langue n\u2019est pas le principal instrument de la parole, commença à opérer sur la langue.Entraînés par son prestige, les chirurgiens se mirent à pratiquer la résection des cancers de la langue.Apprenant peu à peu, à faire l\u2019'hémostase et à connaître le trajet et l\u2019aboutissement ganglionnaire des lymphat!- ques de la langue, les chirurgiens virent les résultats de leurs opérations s\u2019améliorer progressivement.| Les connaissances acquises dans le domaine de la biologie du cancer, l\u2019initiation des chirurgiens à l\u2019action du Radium et des rayons X sur la vie des cellules cancéreuses et les résultats thérapeutiques obtenus par les radiations dans les grands centres anticancéreux de Stockholm, Paris, New-York, ete., ont amélioré considérablement le pronostic du cancer de la langue.Actuellement, il semble que la curie-puncture, lorsqu\u2019elle est praticable, est le traitement de choix du cancer de la langue.Le traitement des adénopathies sous-mentonnières, sous-ma- xillaires ou carotidiennes qui accompagnent le plus souvent, les cancers linguaux, soulève un.problème beaucoup plus difficile à résoudre.D'\u2019une part, ces métastases ganglionnaires : guérissent difficilement; d\u2019autre part, la curiethérapie de surface, la roentgenthérapie pénétrante et l\u2019évidement ganglionnaire se partagent les succès thérapeutiques.Sur 44 cas de cancer lingual traités à l\u2019Institut du Radium de Montréal, exclusivement par les radiations interstitielles et externes, 11 cas sont guéris depuis sept à quatorze ans; soit un pourcentage de 25%.De ces cas guéris, 7 ne présentaient pas d\u2019adénopathie perceptible, tandis que 4 présentaient une adénopathie sous-maxillaire cliniquement cancéreuse.En face de ces résultats, il est permis d\u2019espérer que l\u2019amélioration progressive des techniques radiothérapiques jointe au dépistage plus précoce du cancer, et à un meilleur contrôle des patients après leur départ, permettra à l\u2019avenir, d\u2019éviter les vastes évidements mutilateurs de la région cervicale et améliore- CONGRÈS ET SOCIÉTÉS ra considérablément le pronostic du cancer de la langue.Lithiase biliaire et médicaments W.L.MINTO (Montréal) Après une chute, une femme d\u2019âge moyen, se présente chez l\u2019auteur pour se faire radiographier les côtes.Le cliché ne révèle aucun trait de fracture costale, mais il montre une ombre floue dans la région sous-costale droite.Bien que cette patiente n\u2019ait jamais présenté de troubles vésiculaires auparavant, elle cède aux instances du radiologiste et consent à faire radiographier sa vésicule, en mai 1933.Vingt- cinq gros caleuls polyédriques y sont.aperçus.Refusant l\u2019opération, cette patiente.est soumise au traitement par la Pancrobilin, et radiographiée dé nouveau en mai, \u20181936 pour sa vésicule.Les caleuls sont moins denses et sont disposés en collier de perles.Le traitement médical est continué, et sur la radiographie prise en août, 1937, il n\u2019existe pratiquement plus de traces de calculs dans la vésicule.Une radiographie de contrôle prise en juin 1939, ne montre plus aucune trace de calculs.C\u2019est une preuve scientifique de la disparition de calculs biliaires sous l\u2019influence du traitement médical.L\u2019avenir nous dira ce qu\u2019il faut penser de cette observation.\u201c Sériescopies MM.H.LAPOINTE et J.GOSSELIN (Québec) Film cinématographique démontrant la technique et-plusieurs observations sur la « Séries- copie pulmonaire».Cette nouvelle méthode sério-radiographie verticale et latérale est appliquée régulièrement à l\u2019hôpital Laval: hopi- tal de tuberculeux.Les observations choisies sur une centaine de cas font voir nettement les bienfaits de cette méthode qui peut être utilisée pour démontrer la localisation des cavités pulmonaires et des adhérences pleurales.Cette amélioration dans la technique radio- graphique pulmonaire a été très utile jusqu\u2019à date, aux chirurgiens, et nous a permis de faire 531 des localisations exactes des cavités ou des corps étrangers.Tumeurs primitives des os _ M.C.MORRISON (London, Ont.) - Après avoir esquissé les caractères saillants des tumeurs des os, décrits en 1939, dans le «Registry of Bone Tumours », de l\u2019« American College of Surgeons » l\u2019auteur illustre ces caractères par l\u2019histoire clinique, les clichés radiographiques et les constatations anatomo- - pathologiques de vingt cas bien démonstra- : tifs.Bien qu\u2019il ne faille jamais négliger de pren- - dre en considération, l\u2019âge, le sexe, les antécédents personnels et les signes cliniques ob- \u2018 jectifs pour établir le diagnostic de tumeur des os, la radiographie est, sans aucun \u2018doute, après la biopsie, le plus important moyen de \u201c diagnostic.Dans certaines lésions, telles que le ) \u2018 sarcome d\u2019Erving et les tumeurs à cellules géantes, ce procédé peut même être plus précis que l\u2019examen microscopique du tissu tumoral fait par l\u2019anatomo-pathologiste., Les classifications établies sur l\u2019histogénèse ne sont pas entièrement satisfaisantes au point.de vue radiologique.Cela est dû aux divergences d\u2019opinion concernant le type histologique.\u2018d\u2019une part, et aux.fréquentes contradictions entre les constatations anatomopathologiques, _ l\u2019aspect radiologique et la réponse radiothé- \u2018rapique, d'autre part.vu l\u2019insuffisance de la classification histo- \u201c logique, on devrait songer à faire une \u2018elassi-.fication radiologique des tumeurs.Illusions et réalités sur la compression dosée dans l'exploration radiologique - de l'estomac M.Albert JUTRAS (Montréal) Les pionniers du radiodiagnostic tentèrent d\u2019étudier le relief muqueux de l\u2019estomac dès les premières années du siècle.Cependant, ce n\u2019est qu\u2019en ces dernières années qu\u2019on a pu obtenir des méthodes pratiques et précises pour la vulgarisation de ce genre d'exploration.Les plis et les sillons gastriques peuvent être mis en évidence soit par une mince couche opaque, 532 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.mai 1940 soit par compression ; ce dernier procédé étant beaucoup plus facile et beaucoup plus précieux pourvu que l\u2019on dispose d\u2019un appareillage convenable.L\u2019étude du relief muqueux ne représente qu\u2019un complément aux soi-disant méthodes classiques, notamment l\u2019analyse des contours, des plis muco-membraneux et du péristaltisme, tel qu\u2019il apparaît après remplissage opaque à l\u2019inspection radioscopique ou sur des radiographies en série.Soumise à plusieurs facteurs d\u2019erreur, l\u2019étude radiologique de la muqueuse gastrique demande un entraînement technique spécial, et une certaine discipline d\u2019interprétation.Dans la recherche de la gastrite chronique, l\u2019étude des muqueuses est très imprécise.Les plis peuvent apparaître normaux et même diminués dans la gastrite hypertrophique.Ils peuvent aussi se montrer normaux et même élargis dans la gastrite atrophique.Le meilleur signe de gastrite hypertrophique est l\u2019aspect polyoïde; il est extrêmement rare.Le meilleur signe de gastrite atrophique est la disparition facile des plis quand, ayant opéré.un léger remplissage, on exerce une pression relativement faible.Quelles que soient les images que l\u2019on obtienne, la radiologie n\u2019apporte que de vagues probabilités sur l\u2019existence, la forme et l\u2019étendue de la gastrite chronique.Le diagnostic de cette affection relève presque exclusivement de la gastroscopie.La compression sert à établir le diagnostic différentiel entre l\u2019ulcère simple et l\u2019ulcère malin, entre une tumeur bénigne et un cancer; mais il est rare qu\u2019elle puisse à elle seule, résoudre le problème.Elle doit s\u2019appuyer sur les miéthodes anciennes d\u2019exploration radiologique, qui demeurent fondamentales, essentielles.Rapport entre les constatations cliniques, opératoires et roentgénologiques dans les sinusites MM.G.HILTON et E.M.CRAWFORD (Montréal) Les auteurs ont étudié quatre-vingt-un malades souffrant de sinusite, en comparant les constatations cliniques et opératoires d'une part, avec les constatations radiologiques d\u2019autre part, faites indépendemment par le clinicien et le radiologiste, et inscrites de côté et d\u2019autre d\u2019une carte imprimée spécialement à cet effet.Sur ces quatre-vingt-un cas, les auteurs ont trouvé entre la clinique et l\u2019opération d\u2019une part, et la radiographie d\u2019autre part, une concordance dans 75% des cas, une discordance dans 21%, et un manque de renseignements suffisants dans 4% des cas.Il est à noter que la cause la plus fréquente de cette discordance est attribuable aux mauvais films (148%).Pour étudier leurs malades, les auteurs ont établi quatre degrés de sinusite: 1° minime X; 2° modérée XX; 3° marquée XXX; 4° très marquée XXXX.Ces degrés qui varient avec les modifications des sinus \u2014 présence de liquide, épaississement de la muqueuse, dégénérescence polypeuse de la muqueuse, altération de l\u2019os (ostéo- périostite), \u2014 ne se correspondent pas toujours, dans les constatations clinico-patho- logiques et radiologiques; mais ce qui importe, c\u2019est que les modifications cliniques et pathologiques se traduisent par des modifications radiologiques évidentes, même si les degrés ne se correspondent pas.Les conditions requises pour une telle étude comparative, sont: un examen radiologique précis, avec une technique qui donne le plus de détails possible, en tenant compte des différences d\u2019épaisseur des os du crâne chez les divers individus, ou en refaisant les radiographies avant l'intervention chirurgicale.s\u2019il y a déjà quelques semaines que les sinus ont été radiographiés.Car les auteurs ont observé des régressions des polypes comme de l\u2019inflammation de la muqueuse des sinus.La radiographie des sinus doit être faite, avec Putter Bucky, sous quatre incidences différentes: a) de face haute, pour bien montrer les sinus frontaux et etmoidaux; b) de face basse, pour les sinus maxillaires; c) de profil, pour l\u2019ensemble des sinus; et enfin, c) en incidence verticale.La plupart du temps, CONGRÈS ET SOCIÉTÉS il n\u2019est pas nécessaire d\u2019opacifier les sinus avec du Lipiodol, pour déterminer le degré de modification de la muqueuse des sinus.Les clichés doivent être révélés et fixés immédiatement après leur prise.En suivant les critères ci-dessus indiqués, les résultats sont très satisfaisants, tant pour le clinicien que pour le radiologiste.Radiologie de guerre M.Edmour PERRON (Québec) Comme il s\u2019est créé, depuis des temps déjà anciens, une médecine et une chirurgie, dites de guerre, de même, s\u2019est-il créé depuis l\u2019avè- »nement des Rayons X en 1895, une Radiologie dite de guerre.Utilisés pour la localisation et l\u2019extraction des projectiles, dès la guerre sud-africaine en 1897 les Rayons X ont pris part à tous les conflits nés durant les quarante dernières années.Les méthodes de vérification, de localisation et d\u2019extraction des projectiles, préconisées à la fin de la guerre 1914, étaient si nombreuses et si variées qu\u2019elles créaient une sorte de confusion entre les divers groupes de chirurgiens et de radiologistes de l\u2019armée.Il conviendrait donc que nous, radiologistes canadiens, nous nous entendions sur un mode de faire, facile à adopter dans ses grandes lignes et satisfaisant pour tous les radiologistes de Vancouver à Halifax.Pour cela, l\u2019entente devrait se faire sur les points suivants: a) Le système métrique devrait être employé par tous, pour mesurer les distances des projectiles à la paroi thoracique; b) la localisation du corps étranger pourrait être faite par le matériel radiologique habituel, sans accessoires spéciaux; ce) la radioscopie serait une méthode suffisante de localisation dans les cas de routine; d) le volume du projectile pourrait être exprimé en recourant à des comparaisons simples, telles: 1° d\u2019une poussière métallique à un grain de blé, 2° d\u2019un grain de blé à un pois, 3° d\u2019un pois à une fève, 4° d\u2019un diamètre plus grand qu\u2019une fève, alors mesurable en centimètres; e) l\u2019extraction sur la table à Rayons X par le chi- 533 rurgien, sous le contrôle intermittent fait par le radiologiste devrait être considérée comme le procédé le plus sûr et le moins dangereux pour la production de radiodermite; f) enfin, pour maintenir une uniformité désirable entre les radiologistes des deux groupes ethniques du Canada qui puisent leurs connaissances à des sources culturelles différentes, il faudrait adopter un manuel uniforme, susceptible de procurer à tous, les mêmes renseignements; g) le précis de Médecine et de Chirurgie de Guerre intitulé « Localisation et extraction des projectiles », écrit par un chirurgien et un radiologiste français compétents et bien connus, Ombredane et Ledoux-Lebard, et traduit en anglais, pourrait servir de guide à tous les radiologistes canadiens, et uniformiser ainsi, à travers tout le Canada, les trois phases de la recherche des projectiles: 1° la vérification, 2° la localisation, 3° l\u2019extraction.Traitement du cancer de la langue M.G.E.RICHARDS (Toronto) N.B.Ce travail paraîtra bientôt in extenso, dans «The Canadian Medical Association Journal ».Le docteur Richards réaffirme que le cancer est surtout curable dans les premiers stades.D\u2019où la nécessité de classifier les cancers de la langue et leurs métastases en quatre stades.A.Classification.a) Lésions primitives: Stade I \u2014 Lésion unique du bord ou du dos de la langue dont le diamètre de l\u2019infiltration ne dépasse pas trois centimètres.Stade II \u2014 Lésion unique du bord ou du dos de la langue, dont le diamètre dépasse trois centimètres.Lésions multiples \u2014 Lésion sur la face inférieure.Stade III \u2014 Lésion étendue, mais n\u2019ayant pas envahi plus de la moitié de la langue.Ulcération infiltrante de la région marginale postérieure.Ulcération profonde à la base linguale.Stade IV \u2014 Masse envahissant plus de la moitié de la langue. 534 b) Lésions secondaires: Stade I \u2014 Petite glande unique dont le diamètre est plus petit qu\u2019un centimètre.Stade II \u2014 Glande unique dont le diamètre est plus grand que un centimètre ou glandes multiples mais petites.Stade III \u2014 Glande volumineuse unilatérale ou petites glandes bi-latérales.Stade IV \u2014 Glandes bi-latérales volumineuses.B.Localisation.Sur 165 cas traités de 1929 à 1938, le Dr Richards a observé 56 cas de localisation latéro- marginale gauche.44 cas de localisation marginale droite, 20 cas de localisation dorsale, 3 cas de localisation à la pointe, 42 cas de localisation à la base.C.Traitement.Après avoir nettoyé la bouche durant environ une semaine, l\u2019auteur commence son traitement par une irradiation externe sous un voltage supérieur à 200 Kv \u2014 de préférence 400 Kv \u2014 en utilisant plusieurs portes d\u2019entrée.\u2014 (rétro-angulo-maxillaire, sous-maxillaire, sous-mentonnière, jugale) à la distance de 1 mètre 10, et en administrant une dose de 2,400 r par porte.Si la lésion linguale disparaît complètement, elle est sous contrôle.Si elle ne disparaît pas complètement, elle n\u2019est pas sous contrôle; enfin, si elle ne reçoit pas la dose prescrite et jugée convenable, elle a été incomplètement traitée.À la fin de la quatrième semaine, si la lésion de la langue est sous contrôle (disparue) l\u2019auteur ne fait aucun traitement interne; mais si cette lésion primitive n\u2019est pas disparue (non sous contrôle), il la traite soit par roent- genthérapie intrabuccale, soit par curie-punc- ture (0.5 m.c.d.par em°).D.Résultats.| Sur 59 cas de cancers de langue au stade I, 52 cas furent contrôlés, tandis que 7 ne le furent pas.Sur ces 59 cas, 24 ne présentaient aucune adénopathie, alors que 35 présentaient des glandes, lesquelles furent contrôlées dans 19 cas, et non contrôlées dans 16 cas.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LF.A .N.\u2014 Montréal.mai 1940 À noter que, des 35 cas d\u2019adénopathie, 17 furent traités exclusivement par la radiothérapie et 18, par la chirurgie et la radiothérapie associées.| Métabolisme du calcium et radiographie osseuse MM.Jean BOUCHARD, A.-R.POTVIN et L.-R.PAYEUR (Québec) L'importance de la connaissance du métabolisme normal du calcium pour le radiologiste est une chose indiscutable.Ce métabolisme dépend de l\u2019absorption, de l\u2019utilisation et de l\u2019excrétion du calcium.Deux facteurs jouent un rôle essentiel dans la régularisation du métabolisme calcaire: la vitamine D et les parathyroïdes.Les auteurs développent ces notions fondamentales avant d'envisager les changements osseux dus à des troubles du métabolisme calcaire général et local, qui sont appréciables plus par la radiographie que par toute autre épreuve du laboratoire en général.Les troubles généraux se manifestent sur presque tout le squelette et dépendent soit d\u2019un excès, soit d\u2019un défaut d\u2019absorption d\u2019utilisation ou d\u2019excrétion du calcium.Le rachitisme et ses différentes formes, l\u2019ostéomalacie, l\u2019ostéite fibreuse kystique de Recklinghau- sen, l\u2019ostéite déformante de Paget et la maladie de Marie-Strumpell, illustrent bien ces derniers avancés.| Les troubles locaux relévent de perturbations du systéme vaso-moteur, et les auteurs s\u2019efforcent de démontrer que les images ra- * diographiques montrant soit une ostéoporose, soit une hypercalcification, soit un mélange des deux, sont toutes compréhensibles et facilement explicables lorsque envisagées à la lumière des idées émises par Leriche et Poli- card.Ces derniers avancent en effet, que l\u2019ostéoporose est en rapport avec une augmentation de la vascularisation, tandis qu\u2019au contraire, une hypercalcification relève d\u2019un défaut de vascularisation.À l\u2019aide d\u2019un grand nombre de radiographies, les auteurs démontrent le bien fondé des idées préconisées par Leriche et Policard, en particulier dans les ostéoporoses secondaires à un traumatisme, CONGRÈS ET SOCIÉTÉS 535 avec ou sans fracture, à la compression locale, à l\u2019inflammation ou encore, à l\u2019immobilisation: le Kummel, l\u2019ostéochondrite du scaphoïde, du tarse et de la tête fémorale, la résorption d\u2019un greffon servent les besoins de la démonstration.Nombre d\u2019autres radiographies montrant une hypercalcification seule ou accompagnée de décalcification, sont aussi facilement expliquées.Les auteurs concluent en recommendant aux radiologistes, la lecture des travaux de Leriche et Policard, sur la physiopathologie osseuse, dans le but de mieux comprendre le problème d\u2019interprétation de la radiographie osseuse, et afin d\u2019y chercher une inspiration pour de nouveaux travaux sur le problème du métabolisme calcaire.Anatomie roentgénologique du thorax.Distribution des bronches M.C.B.PIERCE (Montréal) Une terminologie spéciale pour les bronches est devenue indispensable.Adaptée particulièrement à l\u2019anatomie, elle devra être utile aux bronchoscopistes, aux chirurgiens, aux médecins et aux radiologistes, qui ont à s\u2019oceu- per d\u2019un même malade.En effet, pour la localisation, le pronostic et la thérapeutique d\u2019une lésion, tous doivent avoir présente à l\u2019esprit, une image précise de l\u2019arbre trachéo-bronchique et des ramifications vasculaires qui accompagnent ses, arborisations.Le radiologiste se perd dans la terminologie classique lorsqu\u2019il veut traduire à ses collègues, son impression visuelle de la distribution des vaisseaux pulmonaires et bronchiques en rapport avec une lésion donnée.Il y aurait avantage à employer une, terminologie plus ou moins analogue pour les deux poumons.De plus, il est superflu de conserver l\u2019adjectif « principale » ou celui de « grosse » pour désigner les bronches-souches.Il n\u2019est pas nécessaire non plus, d\u2019ajouter l\u2019adjectif hypar- tériel aux bronches gauches, vu la grande rareté d'une bronche épartérielle du côté gauche.De même l\u2019adjectif c'épartérielle » est de trop pour désigner la bronche du lobe supérieur droit, puisque cette bronche est presque toujours épartérielle.Excepté à l\u2019origine de la bronche droite supérieure, la distribution des bronches dans le plan transversal se fait plutôt dans trois directions que dans deux.Voici la nouvelle nomenclature proposée par l\u2019auteur, basée plutôt sur l\u2019anatomie fonctionnelle que sur l\u2019anatomie comparée.La superposition de plusieurs lobes pulmonaires sur la radiographie de face, produit une mosaïque complexe difficile à interpréter.La projection oblique antérieure droite donne le maximum de visibilité pour la région postérieure du poumon droit, pour l\u2019arbre bronchique droit, ainsi que pour les sinus cos- to-diaphragmatiques postéro-latéral droit et antéro-latéral gauche.| La projection antérieure gauche donne le maximum de visibilité pour le poumon gauche, pour l\u2019arbre bronchique droit, ainsi que pour les sinus costo-diaphragmatiques postéro-laté- ral gauche et antéro-latéral droit.Enfin, l\u2019étude bronchique d\u2019un poumon entier lors d\u2019un premier examen, et du poumon contralatéral lors d\u2019un second examen, est préférable à l\u2019injection d\u2019une partie de l\u2019un des poumons seulement ou des deux poumons à la fois.ee ++ SOCIETE DE GASTRO-ENTEROLOGIE DE MONTREAL Séance du 23 janvier 1940 Présidence de M.J.-A.Mousseau Un cas de hernie diaphragmatique \u201cM.Louis BERNARD Après un bref historique de la question, où les auteurs s\u2019accordent à souligner la fréquence actuelle d\u2019une lésion qui était très rarement découverte il y a 20 ans, il cite la classification généralement acceptée: hernie diaphragmatique congénitale, la plus fréquente, puis hernie traumatique et hernie acquise, toutes lésions qu\u2019il faut savoir distinguer du mégadiaphragme, de la distension diaphragmatique et de l\u2019ectopie gastrique.Le Dr Bernard rafraîchit ensuite nos notions 536 embryologiques et anatomiques et cite à ce propos la classification de Gutmann qui donne une place spéciale à la hernie de l\u2019hiatus œso- phagien.Le diagnostie de cette dernière anomalie est fait de plus en plus fréquemment, à tel point, qu\u2019un auteur Allemand en aurait rapporté 300 cas vus dans un an.La clinique a divisé le symptôme en manifestations thoraciques, cardiaques ct pulmonaires, et en troubles digestifs.Le rapporteur énumère et décrit brièvement chaque symptôme en insistant sur la douleur haute rétro- sternale et la douleur du décubitus.Il donne ensuite l\u2019observation suivante: Une femme de 35 ans, souffrait depuis l\u2019enfance de crises de douleurs rétro-sternales hautes et de douleur du décubitus, très souvent accompagnées de vomissements alimentaires qui la soulageaient.La radiologie montra une poche sus-gastrique, juxta-œsophagienne et non réductible, et qui semblait bien communiquer avec l'estomac.Le diagnostic de hernie de l\u2019hiatus œsophagien fut posé et l\u2019intervention réparatrice pratiquée par voie trans-pleu- rale, après insufflation préalable d\u2019air dans la cavité pleurale droite.On tomba sur une poche juxta-œsophagienne qui fut difficilement libérée de l\u2019æsophage et refoulée dans la cavité abdominale.La brèche fut ensuite suturée, mais sans exagérer la fermeture, à cause de la présence de l\u2019æsophage.Les suites opératoires, agrémentées d\u2019un pneumo-hémothorax, bien excusable, furent excellentes et les résultats encourageants pour le malade et le chirurgien.En conclusion, le Dr Bernard est d\u2019avis que de telles anomalies seront plus fréquemment identifiées de nos jours du vivant du malade et que la clinique pourra, de ce fait, venir plus tôt au secours de ces pauvres victimes de la hernie diaphragmatique, trop souvent rangés, parmi les névrosés et les déséquilibrés du système végétatif.Discussion M.Origène DUFRESNE est aussi d\u2019avis que les progrès de la radiologie expliquent l\u2019augmentation de cas de hernie diaphragmatique retrouvés.Il croit tout de même qu\u2019il L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 faut se méfier de certains chiffres, publiés par des auteurs qui semblent trouver beaucoup plus de cas de hernie diaphragmatique que d\u2019autres.M.ALLAIRE rapporte qu\u2019à la clinique Mayo, où l\u2019on pratique un grand nombre d\u2019examens radiologiques de routine, la hernie diaphragmatique est loin d\u2019être rare.Encore faut-il chercher cette lésion.M.R.DUFRESNE cite les chiffres de Rit- vo, Morrison et ceux du « Toronto General Hospital » qui arrivent à peu près à 2% sur quelques milliers d\u2019examens radiologiques.Il rappelle la phrase de Kirklin qui prétend que le plus grand obstacle connu à la découverte de la hernie diaphragmatique, c\u2019est la négligence du radiologiste à rechercher cette lésion.Importance de la gastroscopie au cours des syndromes gastritiques M.René ROLLAND Le docteur R.Rolland rappelle d\u2019abord que le renouveau d\u2019intérêt constaté autour de ce vieux problème des gastrites est dû uniquement à la vulgarisation de la gastroscopie, grâce à laquelle bon nombre de pseudo-né- vrosés et de supposés fonctionnels ont pu être rangés parmi les «organiques » de l\u2019estomac et surtout traités comme tels.Il dit d\u2019abord un mot de la gastrite aiguë simple, dont Schindler a observé un cas chez un alcoolique; la muqueuse était alors revêtue d\u2019un enduit mince et vitreux, l\u2019hyperémie était notable et l\u2019on retrouvait même certains placards hémorragiques.La gastrite corrosive, secondaire à l\u2019ingestion de substances irritantes ou astringentes, s\u2019accompagne habituellement d\u2019une œsophagite qui empêche la gastroscopie immédiate.Schindler en a décrit un cas, examiné 6 semaines après ingestion de lessive de Na et qui présentait encore des placards hémorragiques et des érosions.L'auteur cite ensuite les gastæites que l'on rencontre au cours des infections aiguës ou subaiguës, entre autres celle qui accompagne L'UNION MÉDICALE DU CANADA -\u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 537 EST-CE DE LA GOUTTE ?Sensibilité, raideur, léger gonflement des jointures des phalanges (les autres articulations peuvent être prises), motilité affaiblie, ralentissement graduel des fonctions.se manifestant surtout vers l'âge moyen.tel est le tableau-symptômes que présentent de nombreux cas.|! peut indiquer un cas de goutte, ou bien un cas d'arthritisme.\u201c YXANTHINE ASTIER donnée per os, à dose d'une cuillerée à thé, une, et même deux fois par jour, amène ordinairement une rapide amélioration de cet état, et, si on continue le traitement, la disparition complète de tous les symptômes.La Lyxanthine Astier produit cet effet en vertu de ses éléments synergiques associés: iode, calcium, soufre, bitartrate de lysidine 1.ce dernier, puissant dissolvant et éliminateur des déchets métaboliques.1.Méthylglyoxalidine ou éthylethenyldiamine.\u2014 \u2014\u2014 \u2014\u2014 === 2 2 \u2014 220 \u2014 222225 \u2014\u2014 \u2014 \u2014 2 0 2222 22 \u201c222 222 22 2 mee ts sr pea QT re) % 4 [A Lh ROUGIER FRERES, 350, rue Le Moyne, Montréal Veuillez m\u2019envoyer de la littérature et un échantilion: LYXANTHINE ASTIER 538 la syphilis et qui se manifesterait sous la forme hémorragique et exsudative.Mais le chapitre des gastrites chroniques est de beaucoup plus important: il y a d\u2019abord la gastrite superficielle, où l\u2019on trouve habituellement un antre pylorique hyperémié, de l\u2019œdème et de l\u2019exsudation.Vient ensuite la gastrite atrophique dont l\u2019importance clinique n\u2019échappe plus aux gas- tro-entérologues, à cause des troubles subjectifs, nerveux surtout, accusés par les malades.Ici, la muqueuse de l\u2019antre est grise, les plis sont atrophiés, disparus même parfois, laissant voir un réseau artério-veineux beaucoup plus net que dans un estomac normal.La radiographie est actuellement incapable de donner de tels renseignements.La gastrite hypertrophique affecte aussi beaucoup l\u2019équilibre nerveux des malades.Ceux-ci souffrent habituellement d\u2019une sensation de faim tenace, c\u2019est-à-dire d\u2019apparition très précose après un repas et calmée très passagèrement même par une alimentation abondante.Le gastroscope révèle l'hypertrophie plus ou moins considérable des plis, leur teinte et leur distribution spéciale.L\u2019endoscopie gastrique rend enfin des services appréciables au cours de certains syndromes hématologiques, entre autres l\u2019ané- mie-biermérienne.Elle permet de confirmer le diagnostic, de suivre les progrès de la thérapeutique et d\u2019assister parfois à la rénovation de la muqueuse gastrique.Mais son plus grand mérite, conclut le rapporteur, c\u2019est encore d\u2019arracher au troupeau des «nerveux » et des « fonctionnels », une importante catégorie de patients qui trouvent dans leur estomac d\u2019excellentes et légitimes raisons « organiques » de faire le désespoir de leur médecin.Discussion M.O.DUFRESNE rapporte au crédit de la radiothérapie certain succès dans le traitement de gastrites hypertrophiques diagnostiquées gastroscopiquement.Est-ce par action sympathicolitique ou en diminuant l\u2019ædème, L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 ou en stimulant les glandes à mucus?Il est impossible de le dire, mais l\u2019amélioration sub- Jective était remarquable.La confirmation du progrès anatomique par le gastroscope manquait malheureusement.M.MOUSSEAU cite, sur le même sujet, l\u2019opinion de Schindler qui avoue n\u2019avoir pas constaté d\u2019amélioration anatomique au gas- troscope, malgré l\u2019amélioration clinique amenée par les meilleures thérapeutiques possibles.Une autre lésion que le gastroscopiste rencontre souvent, continue le Dr Mousseau, c\u2019est la gastrite péri-orificielle des gastrostomisés.L'intervention a peut-être eu lieu sur une muqueuse malade.La gastroscopie rendrait de grands services à la chirurgie dans ces cas, en s\u2019assurant de l\u2019état de la muqueuse avant l\u2019opération.M.le Dr Bernard est sur ce point de l\u2019avis du Dr Mousseau.Le Secrétaire, Roger R.DUFRESNE.SOCIETE MEDICALE DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUEBEC Séance du vendredi, le 16 février 1940 Présidence de M.Edmour Perron M.Marcel Langlois et Roland Thibaudeau.Considérations sur la broncho-pneumonie infantile en milieu hospitalier 1930-1940.M.Florian Trempe.Deux abcès du foie.M.Renaud Lemieux et Guy Drouin.Une acquisition récente (Le Prosympal ou 883 F) dans le traitement des syndromes angineux.M.Henri Pichette et J.-Edmour Perron.Malformations cranio-faciales en rapport avec les déséquilibres musculaires: Hétérophories et strabismes.(Film cinématographique.) Séance du vendredi, le ler mars 1940 Présidence de M.J.Caouette M.J.-B.Jobin et Carlton Auger.Considérations sur le cancer du corps thyroïde.M.Emile Gaumond.Maladie de Paget du sein (deux cas). L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 Ta and # EPIDERMOPHYTIE De l'avis de Jacobson*, environ un tiers de la population est atteinte d'affections cutanées relevant de divers champignons.L'épidermophytie au niveau des espaces interdigitaux des pieds (appelée communément \u2018\u2019pied d'athlète\u2019) est, de toutes ces mycoses, celle que l'on rencontre le plus souvent et, de ce fait, le corps médical se rend bien compte du problème important qu'elle pose au point de vue de la santé publique.Le \u2018Mersagel\u2019 est particulièrement indiqué pour le traitement de l'épidermophytie.Les résultats observés au cours de nombreuses observations cliniques semblent indiquer qu'il est presque un spécifique dans les affections mycosi- ques de la peau.* Jacobson, Harry P.: Fungous Diseases (Charles C.Thomas.Baltimore, Md.), 1832.Dessin d'une culture d'un mois de l'Epidermophyton inguinale; ensemencement sur gélose de Sabouraud; grossie environ 400 fois.+ A CR CO es me ECAR: TR ROI OTe ays ICONS GF ag g Mas EM Ft ERED Pharewiic + Phen 0 oN 139 Gelée & base d'acétate de phényle mercurique, fungicide puissant, soluble dans l'eau, le \u201d\"MERSAGEL\u201d pénètre efficacement dans la peau, exerce une action destructive immédiate et prolongée sur le champignon en cause, tout en adoucissant les régions où siège l'infection.Il est non toxique, ne graisse pas, ne tache pas, est sans odeur et d'une grande facilité d'emploi.Littérature sur demande.AYERST, McKENNA & HARRISON LIMITEE Biologistes et Pharmaciens MONTREAL CANADA 540 M.Charles Vézina et Arthur Bédard.Hydronéphroses à symptomatologie fruste.M.J.-B.Jobin et Jean Sirois.Un cas de hernie du disque intervertébral.(Projection de film.) M.Jean Bouchard, A.-R.Potvin et Léo Payeur.Métabolisme du calcium et radiographie osseuse (projections).Séance du vendredi, le 15 mars 1940 M.René Simard.Recherche sur la fibromatose expérimentale.M.E.Dechêne.Syndrome hémorragique chez le nouveau-né.M.P.-A.Cliche.Sang stabilisé d\u2019origine placentaire.M.A.Lapointe.Broncho-aspiration de substances alimentaires chez les nourrissons.M.Fabien Gagnon.Môle hydatiforme et dosage des prolans.Séance du vendredi, le 5 avril 1940 M.Georges Grégoire.Pneumectomie chez un enfant de 5 ans.M.Maurice Giroux.Action des sulfamidés sur la tuberculose expérimentale du cobaye (notes complémentaires).M.Roland Desmeules.Association de l\u2019intervention sur le phrénique au pneumothorax dans la tuberculose pulmonaire.M.Léo Côté.Considérations sur la tuberculose de l'oreille.M.Jules Gosselin.Sériescopie (film cinématographique).M.Maurice Giroux, et Louis Rousseau.Sta- phylococcémie chez un tuberculeux.LA SOCIETE MEDICALE DE QUEBEC Séance du 8 novembre 1939 Présidence de M.Eugène Bissonnette Des sulfamidés, leur mode d'administration et ce qu'on doit en attendre.M.E.GAUMOND Le Dr Gaumond donne l\u2019histoire de la découverte de ce produit, insiste sur l\u2019identification des différentes marques et modes de pré- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.mai 1940 sentations commerciales; sur la posologie; exposé, détails des indications et de la posologie dans chaque cas concernant le streplo, pneumo, gono, méningo et colibacille, de même que sur d\u2019autres affections microbiennes au sujet desquelles l\u2019action du médicament n\u2019est pas encore complètement élucidée; parle des accidents que l\u2019on peut rencontrer et insiste sur les contre-indications; termine en espérant que la Société émette le vœu que la vente de ce médicament ne soit réservée que sur ordonnance médicale.Un nouveau traitement de la poliomyeélite M.Jacques TREMBLAY Ce travail a été publié en entier dans l\u2019Union Médicale du Canada, janvier 1940, p.35.Procédés de laboratoire applicables au lait et à la crème pasteurisée M.D.GAUVIN Le conférencier fait une revue des tests de Laboratoire employés au département municipal de la Santé pour la vérification et la classification des produits de laiterie de la région de Québec.II donne l\u2019exposé détaillé de chacune de ces techniques.Le Secrétaire, C.-A.GAUTHIER.Séance du 13 décembre 1939 Présidence de M.Eugène Bissonnette Affections pulmonaires chez l'enfant M.J.-C.COTE Ce travail sera publié «in extenso » dans l\u2019Union Médicale du Canala.Primo-infection tuberculeuse: mise au point de la question M.R.DESMEULES La primo-infection tuberculeuse s\u2019applique surtout à l\u2019enfance et est engendrée par la contagion.La période clinique d'envahissement est silencieuse, mais non muette.Les moyens de recherche de cette primo-infection sont: la cuti-réaction, les examens radiogra- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 541 8 3 EXTRAITS DE MUSCLES SQUELETTIQUES | OL i NA.NUCLEOCARDOL TRAITEMENT DE BASE DE TOUTES LES AFFECTIONS CARDIAQUES ET VASCULAIRES.En comprimés \u2014 forme buccale \u2014 et en ampoules pour injection sous-cutanée.Dépositarre pour le Canada : ANGLO-FRENCH DRUG CIE - MONTREAL 542 phiques, la recherche du B.K.dans le liquide gastrique.Le pronostic immédiat de la lésion initiale ordinaire est bon.Le pronostic éloigné est difficile; il est conditionné par les mêmes facteurs qui ont provoqué l\u2019éclosion.« L\u2019infection se réveille parce que mal endormie.» Le traitement consiste en éloignement de la source de contagion et le repos.L'otite chez l'enfant M.Paul PAINCHAUD Symptomatologie: dysphagie, température pas toujours très élevée, image tympanique.Traitement: local: incision, lavage, poudres.Analyse du pus et sulfamidés si indiqués, traitement général des infections.Le Secrétaire, C.-A.GAUTHIER.Séance du 10 janvier 1940 Présidence de M.Eugène Bissonnette Projet de réorganisation à l'hôpital Civique M.Berchmans PAQUET Etude approfondie et détaillée des principales améliorations à apporter dans tout ce qui a rapport aux activités médicales de l'hôpital Civique pour les contagieux.Longue discussion et finalement adoption d\u2019un factum assez élaboré qui dans la suite doit être présenté au Comité Administratif de la cité de Québec.Le Secrétaire, C.-A.GAUTHIER.Séance du 14 février 1940 Présidence de M.Eugène Bissonnette A propos des réactions tuberculiniques.Fréquence des tuberculino-réactions négatives chez les adultes sains MM.R.DESMEULES et Ph.RICHARD Ce travail sera publié «in extenso » dans l\u2019Union Médicale du Canada.Considérations sur l'action du sérum physiologique en thérapeutique M.Fr.ROY L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 Encéphalographie normale M.Jean SIROIS Ce travail sera publié plus tard dans l\u2019Union Médicale du Canada.Le Secrétaire, C.-A.GAUTHIER.Séance du 13 mars 1940 Présidence de M.Eugène Bissonnette Choléra infantile et mastoïdite latente M.Roland THIBAUDEAU Les troubles de la fonction respiratoire chez le nouveau-né et le nourrisson M.de la BROCQUERIE FORTIER Le problème de l\u2019hypertrophie thymique M.Marcel] LANGLOIS La prophylaxie de la rougeole par les globulins placentaires.M.Donat LAPOINTE Anémie ferriprive M.Charles TURCOT Tous ces travaux seront publiés «in ex- tenso » dans l\u2019Union Médicale du Canada.Le Secrétaire, C.-A.GAUTHIER.REUNION SCIENTIFIQUE DU BUREAU MEDICAL DE L\u2019'HOPITAL NOTRE-DAME Séance du 14 décembre 1939 Présidence de M.Roma Amyot Calculs du pancréas MM C.-E.GRIGNON, G.LECLERC, E.AUGER Cette communication paraît «in extenso ) dans le présent numéro de l\u2019Union Médicale, pag> 473.Discussion M.L.-H.GARIEPY.Le cas rapporté est très intéressant.Les caleuls du pancréas sont généralement des constatations d\u2019autopsie.M.Grignon a eu le mérite de faire le diagnostic du vivant du malade.L\u2019an dernier, j'ai rencontré un cas superposable.Le syndrome clinique était le même. L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mai 1940 LE PAUVRE VIEILLARD NE POUVAIT S'ASSEOIR La douleur et le malaise sont le partage de celui qui souffre d\u2019hémorroïdes, qu\u2019il soit jeune ou vieux.Mais les hémorroïdes et autres maladies rectales sont particulièrement pénibles pour les personnes âgées.Il y a plus de danger que leur état s'aggrave ou devienne chronique et bien souvent une opération qui apporterait le soulagement est contre-indiquée.C\u2019est pour apporter un soulagement confortable à ces patients que les Suppositoires ANUSOL sont préparés.Dès que le suppositoire fond à la température du corps, les ingrédients émollients, calmants et protecteurs que contient l\u2019Anusol exercent leur action favorable.L'\u2019irritation et I'inflammation sont soulagées; la congestion et le saignement enrayés.L.\u2019Anusol n\u2019endort pas le mal par un narcotique, ou un anesthésique ou analgésique.Il ne contient pas de drogues qui pourraient apporter une fausse sensation de sécurité.Toute amélioration ressentie est véritable.Rendez-vous compte par vous-même que l\u2019Anu- sol est indiqué pour le traitement rationnel des hémorroïdes et autres maladies rectales.Un échantillon d'essai sera envoyé à titre gracieux si vous en faites la demande sur votre papier à en-tête.ANUSOL 543 E ÿ à | 4 ZZ EE 7 ZZ NW _\u2014\u2014\u2014
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