L'union médicale du Canada, 1 janvier 1941, Janvier
[" FF mme Bulletin de l\u2019Association des (Médecins de Langue francaise de Amérique ou Mord | L'Union \u2018BDédicale ou Canada prie ses amis, ses collaborateurs, ses annonceurs d'accepter ses remerciements et ses voeur sincères de Bonne et Deureuse Hlnnée 1941 BULLETIN NOTRE MENTALITE LE CITOYEN \u2014 LE MÉDECIN I.LE CITOYEN.Les uns la louent en empruntant à notre histoire des hauts faits dignes d\u2019être rappelés à cause de leur héroïsme; d\u2019autres la critiquent en attribuant nos fréquents insuccès à des déficiences qui faussent notre conception de l\u2019esprit public ou national; les plus- modérés, tenant compte de notre dénuement dans le passé et de notre constante ascension, quand même, se contentent d\u2019observer sans porter de jugement préconcçu et définitif sur notre avenir, tout en s\u2019efforcant de maintenir la tradition avec confiance et fermeté malgré les assauts qu\u2019elle subit.Laquelle de ces trois méthodes convient le mieux à l\u2019heure: actuelle?R.S.V.P.?A) Les « laudator temporis acti », ceux de la première colonne, s\u2019empressent, à certains anniversaires, de déposer des couronnes au pied de nos historiques mausolées dont ils racontent les « journées glorieuses ».Là se borne, chaque fois, leur intervention au nom de la race.Ils croient, ainsi, en assurer la survivance.Douce illusion !\u2026 Le culte des morts est louable mais difficile à situer dans le: présent, car la vie, depuis ces époques lointaines, a suivi le cours.imprévu et vertigineux des événements.Nos habitudes ont évolué tandis que nos ambitions ont recherché et trouvé de nouveaux objectifs.La rapidité de l\u2019heure a empêché, trop souvent, sauf exception, l\u2019homme actuel d\u2019atteindre à la taille de l'homme d\u2019autrefois, si bien que sa vision n\u2019embrasse plus aussi complètement que l\u2019ancien les contours, si mobiles, des nouveaux horizons dont l'aspect n\u2019est pas toujours très- rassurant pour.nous,\u2026, Il.-Évoque, en vain, le souvenir des ancêtres tandis.gite à effrifent.\u201cper à peu, sans heurt véritable, à cause de notre .extréme condescendance, les derniers: remparts si patiemment et chèrément édifiés qui protégeaient notre BULLETIN patrimoine.Ils oublient ou feignent d\u2019ignorer l\u2019héroïsme innombrable et silencieux des temps actuels au service d\u2019une humanité désormais sourde à l\u2019énoncé de leur platonique et dangereux « non serviam ».* kk B) Les critiques.Ceux de la seconde colonne, sont d\u2019autant plus nombreux que plus idéalistes ou simples rhéteurs.Ils ne courent aucun risque et ne veulent assumer aucune responsabilité: ce sont nos véritables francs-tireurs nationaux.Leurs appels sont nombreux et intransigeants; leurs revendications, incessantes ou inopportunes; leurs discours, acerbes ou académiques, sont vaguement tendancieux et manquent de précision.Leurs requêtes s\u2019entassent dans les archives, tandis que leurs cris de colère se perdent dans le bruit de vaines controverses.Bref, de guerre lasse, ils se défilent, incompris, disent-ils, mais satisfaits d\u2019avoir défié, un instant, l\u2019adversaire d\u2019en face, d\u2019une voix tonitruante; celui-ci, témoin de tant de pétulance et de si peu d\u2019élan persuasif, attend vainement, interdit, I\u2019argument plausible en pareilles circonstances.Le probléme demeure done entier, et \u2019équivoque continue, sans issue, en marge d\u2019un séparatisme inquiétant pour notre avenir.* kk C) Les modérés.Ceux de la troisième colonne, songent à tout autre chose.Ils croient, logiquement, qu\u2019ils vaut mieux s\u2019outiller d\u2019abord, puis se fréquenter, se connaître et s\u2019estimer mutuellement.Cela est possible et très profitable.L\u2019isolement, quel qu\u2019il soit, engendre la mésintelligence et la stérilité, sinon le préjugé et la haine.La vie utile, en effet, ne consiste pas dans le seul effort individuel, presque toujours voué à l\u2019échec; c\u2019est l\u2019effort collectif qui est fécond parce que ses aptitudes sont nombreuses, variées et inépuisables.Il est aussi durable qu\u2019invincible parce qu\u2019il s\u2019appuie sur la solidarité dont la force d\u2019inertie est quelquefois si utile en attendant l\u2019heure qui doit bientôt sonner.Il pose un acte de fol.La fermeté n\u2019est ni violente ni déclamatoire, mais sobre, tenace et clairvoyante.Elle appuie ses demandes, qu\u2019elle croit justes et raisonnables, sur des faits concrets dépouillés de tout chauvinisme.Sénèque a écrit, quelque part, que le vrai courage ne consiste pas à appeler la mort, mais à lutter contre l\u2019infortune.94611 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LF.AN.\u2014 Montréal, janvier 1941 Bref, tel est, selon nous, un aspect du problème de notre vie nationale, du point de vue citoyen canadien-français.* * Xk II.LE MEDECIN.Quelles sont les déductions qu\u2019on en peut tirer?Pourrait-on les appliquer à la profession médicale du Canada, en particulier dans la province de Québec?Comme pour le citoyen, les médecins de toute catégorie, anglais et canadiens-français, peuvent se classer également en trois groupes: les praticiens, les médecins des hôpitaux et les purs universitaires.Ces trois classes n\u2019ont pas encore atteint, chez nous, cette unité si désirable en vue d\u2019une action concertée lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une question sociale, universitaire ou professionnelle.C\u2019est le règne de l\u2019entente tacite.Les critiques, parmi eux, ne chôment guère, et ils sont nombreux.Ils ressemblent aux trois catégories précédentes.Quelle serait la solution désirable?Envisageons cet épineux probléme selon son double aspect: 1° Nos relations avec nos confrères anglais; 2° Nos relations entre nous, médecins canadiens-français.- A) Notre confrère anglais.Ici s'affrontent deux races, deux écoles, deux universités: de religion, de mœurs et de doctrines différentes, mais soumises aux mêmes disciplines scolaires, professionnelles et universitaires.Quelle pourrait être leur attitude réciproque en vue d\u2019un rapprochement plus intime et durable?La confraternité, d\u2019abord, car c\u2019est, pour nous, la condition essentielle dans nos rapports quotidiens.Le respect d\u2019autrui ne provient-il pas du respect de soi-même et de la profession à laquelle on appartient?Nous le croyons, parce que les médecins sont solidaires en face du public.L'impression, chez celui-ci, doit être telle qu\u2019il ne puisse tirer aucune ligne de démarcation entre les deux groupes, anglais et français, puisque nous sommes régis par le même code et enseignés selon la même doctrine fondamentale; seules, certaines méthodes non essentielles peuvent différer dans l\u2019application. lind ét BULLETIN La différence, si elle s'impose, tiendra donc, plutôt, de la valeur morale que de la valeur scientifique ou pédagogique des groupes.\u2014 Le problème est d\u2019importance, car cela nous conduit, logiquement, à la question vitale de confiance.Nous devons donc mettre tout en œuvre pour diriger les courants d\u2019opinions, redresser certaines 1m- pressions fâcheuses et dissiper, dès leur.apparition, des erreurs regrettables engendrées par l\u2019ignorance ou le préjugé.Nous devrions essaimer davantage dans tous les milieux afin de nous mieux renseigner.Or, je ne sais pas de meilleure école d\u2019entraînement, d\u2019éducation et de saine propagande, en pareille matière, que les contacts fréquents et opportuns, chez nous et à l\u2019étranger, pour prévenir de telles méprises: soit dans les sociétés savantes, soit dans les Congrès et les Universités.Avouons que, sur ce point, les médecins retardent, c\u2019est indiscutable.La distance qui nous sépare les uns des autres, à l\u2019heure actuelle, est encore trop grande.Si nous, médecins canadiens-français, saisissions, plus souvent, l\u2019occasion de la franchir, nous serions agréablement surpris et charmés de l\u2019accueil qu\u2019on nous réserve.Je pourrais en citer de nombreux exemples qui le prouvent.La bienveillance, quoi qu'on dise, n'est pas un monopole.Certes, nous pouvons obtenir d\u2019utiles collaborations de la part de nos collègues anglais; 1l suffit de leur en exprimer le désir et d\u2019en démontrer l\u2019opportunité.N'oublions pas qu\u2019ils ont, eux aussi, des problèmes à résoudre, des opinions à redresser et des préjugés à combattre.C\u2019est inévitable dans la province de Québec.En retour, ces Messieurs sont assurés qu\u2019ils recevront, chaque fois, de leurs confrères français, les mêmes attentions malgré la gêne qui les opprime actuellement.Mais cela empêche nullement de nouer des relations cordiales en attendant de meilleurs jours.Plusieurs, parmi eux, nous ont maintes fois pressentis pour venir chez nous y poursuivre certaines recherches; mais nous ne pouvons pas les accueillir parce que nos laboratoires sont trop exigus.Nous en éprouvons un vif regret.Efforcons-nous donc de rééduquer notre mentalité sur ce point en recherchant, avec eux, l\u2019unité d\u2019action sinon l\u2019impérieuse unité de pensée lorsqu\u2019il s\u2019agit de questions de pédagogie, de sociologie ou d\u2019intérêt public.Ainsi, notre profession entière deviendra un corps représentatif important dans les nouveaux organismes de la société future.C\u2019est un premier vœu que nous formulons pour l\u2019année 1941.B) Confrère canadien-français.Envisageons, maintenant, pour conclure, la situation chez nous, médecins canadiens-francais.Nous avons le nombre, la qualité, le talent et l'instruction doublée d\u2019une L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 excellente éducation.Nous posséderons, bientôt, une Université digne de nous car le moment est venu de réaliser ce projet.Trêve de plaintes, d\u2019hésitations et de réticences, de discussions, surtout, d\u2019abstention.Notre Chancelier, l\u2019archevêque de Montréal, est admirablement préparé à résoudre notre problème.Sommes-nous prêts à le seconder avec l\u2019appui magnifique de tous les amis de cette grande cause?Nous en doutons encore.Nous en avons eu l\u2019impression, tout récemment, à propos de la belle démonstration dirigée par la jeune Chambre de Commerce de Montréal en faveur de l\u2019Université de Montréal, aux édifices de la montagne.Depuis des semaines, on avait fait des efforts pour rallier toutes les classes de la société à ce noble mouvement national.Or, les médecins canadiens-français, anciens élèves, y sont venus en nombre trop restreint.Les organisateurs en ont été vivement impressionnés.Est-ce indifférence ou excès de confiance?À savoir! Mais c\u2019est pénible et regrettable.Unissons-nous donc sans discrimination ; serrons nos rangs autour de notre Université; nouons solidement les liens qui unissent nos hôpitaux entre eux et autour d\u2019elle.D\u2019accord avec nos facultés et écoles affiliées, nous deviendrons une force sur laquelle nous pourrons et devrons compter.N\u2019allons pas, en nous dépréciant nous-mêmes injustement, causer de graves préjudices à la cause.Comparons le présent au passé: nous avons accompli des miracles de persévérance et d\u2019énergie si on tient compte de la sommation de nos connaissances et de notre organisation malgré le nombre sans cesse croissant d\u2019obstacles dressés sur notre route.Nous méritons mieux et davantage, soyons plus diligeants tout en tenant compte de la rigueur des temps actuels puisque nous avons su faire fructifier, seuls, le mince héritage légué par nos pères.Nous ne pouvons ni devons ralentir notre élan.La France intellectuelle s\u2019est tue depuis de longs mois; c\u2019est un grand malheur pour le monde et pour nous, surtout le Canada français.Mais nous pouvons y remédier, du moins temporairement.Nous avons entendu, ici, quelques voix françaises parmi celles qui ont pu quitter la France envahie.Elles pourraient peut-être se fixer au Canada et continuer, dans nos laboratoires et du haut de nos tribunes françaises et catholiques, des recherches et un enseignement qui seraient.avec la renaissance de la France dans le Québec, la gloire de notre Université et de notre Faculté de Médecine.Je souhaite que nous puissions coordonner nos efforts afin de donner un nouvel essor à notre expansion scientifique tout en sauvegardant nos doctrines séculaires. BULLETIN Notre avenir est dans le présent!.Lorsqu\u2019on entend le récit tragique des atrocités commises dans les pays conquis par un odieux vainqueur, surtout envers les intellectuels: écoliers, étudiants, professeurs, prêtres et religieux: les élites, ne doit-on pas chérir son pays, sa liberté et ses Universités avant que le rêve ne se dissipe!.Des décisions rapides s'imposent: qu\u2019on les prenne en s\u2019inspirant de l\u2019Université, que nous devons placer sur un plan supérieur où toutes les Facultés intéressées doivent constituer un faisceau unique qui en assure la stabilité et qui contribue « à la ramener dans un sillon défini ».Il nous semble que l'heure est propice pour recueillir, ici même, de véritables chefs, comme ceux que nous possédons déjà depuis quelques années dans certaines chaires, qui serviraient de guides pour les générations actuelles, plus jeunes, qui les réclament depuis si longtemps.\u2014 Nous souhaitons que ce second et dernier vœu se réalise tôt en 1941.Albert LeSAGE. CONGRÈS DE L\u2019A.M.L.F.A.N.TROIS-RIVIÈRES, 9, 10, 11, 12 septembre 1940 CONSIDÉRATIONS SUR 179 CAS D\u2019ULCERE GASTRO-DUODENAL TRAITÉS À L\u2019HÔTEL-DIEU DE QUEBEC AU COURS DES ANNÉES 1937-38-39\" Par J-B.JOBIN, Professeur tittulaire de clinique médicale.et J.-P.DUVAL, Assistant du Service Médical.Hôtel-Dieu (Québec).Cette compilation a été faite en vue d\u2019établir une comparaison entre les résultats obtenus avec et sans la Larostidine dans le traitement de l\u2019ulcère gastro-duodénal.Au cours des 18 premiers mois des années 1937-38-39, nous avons soumis tous nos ulcéreux au traitement par la Larostidine tandis que ceux qui ont été traités pendant les 18 autres mois ne recevalent pas ce médicament.Le traitement médical était le même par ailleurs.Après avoir établi les grandes lignes du traitement, nous en apprécierons les résultats et terminerons par quelques réflexions d\u2019ordre général ou conclusions qui nous semblent se dégager de ce travail de compilation.* * * Nous avons traité de la sorte 179 ulcéreux auxquels nous avons récemment écrit une lettre circulaire; 132 d\u2019entre eux nous ont répondu et c\u2019est sur les renseignements tirés de nos dossiers et recueillis dans ces lettres que nous avons dressé notre statistique.89% de ces ulcéreux sont du sexe masculin et leur âge varie entre 20 et 50 ans dans la proportion de 95% des cas.L'usage du tabac et de l\u2019alcool ne semble pas être un facteur étiologique bien fréquent de l\u2019ulcère lui-même, mais il semble que les ulcéreux qui abusent du tabac et surtout de 1.Travail présenté au Congrès de l\u2019'A.M.L.F.A.N, Trois-Rivières, septembre 1940.l\u2019alcool, soient plus exposés que les autres aux accidents graves.Les 2/3 au moins de nos malades avaient une histoire clinique typique avec son évolution cyclique classique qui permettait à elle seule de porter le diagnostic d\u2019ulcus, mais comme on peut le constater il en reste une bonne proportion chez lesquels nous avons dû concourir à la radiologie pour établir le diagnostic.Et ici je me permets d\u2019insister sur l\u2019extrême importance de recourir à la collaboration d\u2019un radiologiste expérimenté chaque fois que nous voulons faire une exploration complète du tractus digestif, car dans un grand nombre de cas, l\u2019ulcère se cache sous des apparences d\u2019une dyspepsie banale et il faut toute la sagacité d\u2019un vieux radiologiste pour le dépister.Il faut se méfier tout particulièrement d\u2019un rapport négatif qui ne peut avoir la valeur d\u2019une réponse positive.En effet si le radiologiste n\u2019a rien vu, il ne s\u2019ensuit pas nécessairement qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019ulcère.Dans 73% de nos cas, l\u2019ulcère siégeait au duodénum.* * + Durée d'évolution et complications La plupart de nos malades sont de vieux ulcéreux, en effet, la moyenne de durée de leur maladie est de 614 ans.Et ceci nous permet de comprendre, du même coup, que nous avons noté un assez grand nombre de complications, à savoir: 23 perforations, 22 hématémèses gra- JOBIN rr DUVAL: 179 CAS D\u2019ULCÈRE GASTRO-DUODÉNAL 9 ves et 6 sténoses, sans compter ceux qui ont résisté au traitement médical.Traitement Du point de vue thérapeutique, nos malades ont été divisés en trois groupes: un premier comprenant 53 malades soumis au traitement médical classique avec en plus une ou deux séries de Larostidine; un deuxième, traité par la médication classique avec Bi ou trisilicate, mais sans Larostidine; et enfin un troisième qui comprend les ulcéreux qui ont été opérés.A son admission a l\u2019hôpital, tout ulcéreux est soumis à l\u2019examen médical de routine, on lui fait en plus une épreuve à l\u2019histamine, une exploration radiologique complète et une recherche systématique et répétée du sang dans ses selles.Chez 17 de ces malades dont l\u2019histoire clinique avait éveillé en nous l\u2019idée d\u2019une néo- plasie, nous avons pratiqué en plus une gastroscopie.Le diagnostic étant posé, l\u2019ulcéreux est mis au repos complet au lit avec une vessie de glace à l\u2019épigastre; on lui donne 2 litres de lait par jour en doses fractionnées à raison de 10 onces toutes les deux heures, et l\u2019on ajoute un peu de crème glacée au lait pour en augmenter la valeur nutritive et pour lutter contre l\u2019hyperacidité gastrique.Il est à noter que notre régime ne comporte pas une très grande quantité de graisses.L\u2019atropine, la teinture de belladone, ete.sont régulièrement utilisés comme antispasmodiques, et conformément à l\u2019usage classique, nous donnons abondamment des alcalins, soit sous forme de bicarbonate de soude dont il ne faut pas nier toute valeur sous prétexte que des produits nouveaux ont fait leur apparition; soit sous forme de carbonate de Bi à raison de 4 grammes avant chaque prise de lait; soit sous forme de trisilicate d\u2019alumine (Amphogel) ou de magnésie (Neusorb).Le malade est soumis à ce traitement, que l\u2019on pourrait appeler traitement d\u2019attaque, pendant 8-10 jours, puis progressivement l\u2019on augmente son alimentation et on lui permet plus d\u2019activité.C\u2019est ainsi que l\u2019on ajoute progressivement au lait des bouillies de farines ordinaires ou maltées, des œufs, bouillons de légumes, puis des purées, pâtes, légumes cuits, fruits cuits, biscuits secs, puis des viandes bien cuites, jambon maigre et poulet bouilli, etc.Pendant ce temps on continue les antispasmodiques et les alcalins, pour en arriver à un régime complet et une activité normale après trois semaines de traitement.Ceux de nos malades qui ont été traités par la Larostidine, en ont reçu une ampoule par injection intramusculaire tous les jours de ces trois semaines.Après cette cure, le malade est soumis à un contrôle radiologique, et si l\u2019amélioration est jugée satisfaisante, il est autorisé à retourner dans sa famille avec instruction de suivre un régime normal dont il excluera tout simplement, les épices, les aliments crus, la charcuterie, les gibiers, le pain frais, et surtout le café en excès et tout alcool.Ce qui revient à dire que l\u2019ulcéreux doit éliminer de son régime les aliments qui sont irritants pour son estomac, soit par leur composition chimique comme les épices, soit par leur état physique comme les aliments crus ou les liquides trop chauds ou trop froids, et peut- être serait-il opportun d\u2019insister sur l\u2019inconvénient pour ces malades d\u2019abuser des « Ginger Pups» qui ne peuvent être responsables de l\u2019ulcère lui-même, mais qui peuvent facilement, nous croyons, réveiller une nouvelle poussée ulcéreuse.Il lui est par ailleurs permis de fumer modérément mais il lui est bien recommandé d\u2019éviter soigneusement le surmenage, les jeux de bourse et tout ce qui constitue la vie intensive que nos confrères anglais qualifient de «Strenuous Life » et qu\u2019ils croient responsable d\u2019une foule de poussées ulcéreuses.Advenant une nouvelle poussée de sa maladie ulcéreuse, le malade fera bien de se mettre quelques jours au repos, au lait, et aux alcalins afin d\u2019obtenir ce repos physique et gastrique si utile dans le traitement de l\u2019ulcère, puis de revenir rapidement à une activité normale et à un régime complet. 10 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 Car s\u2019il faut craindre le surmenage et les écarts de régime chez les ulcéreux, il faut également être en garde contre les régimes de carence trop longtemps prolongés et contre cette espèce d\u2019hypochondrie qui guette ceux qui souffrent pendant trop longtemps de leur estomac et qui finissent par être des loques humal- nes se promenant constamment d\u2019un médecin à un autre et d\u2019un hôpital à l\u2019autre toujours à la recherche d\u2019un soulagement qu\u2019ils ne peuvent malheureusement plus obtenir sans avoir recours à la chirurgie.C\u2019est d\u2019après ces données que nous avons traité nos malades, les uns avec, les autres sans la Larostidine, mais tous par le repos, le régime de Sippy, les alcalins et les antispasmodiques.La statistique comparative que nous avons dressée avait pour but de nous renseigner sur la valeur relative des différents traitements et en particulier de la Larostidine.Voyons donc maintenant les résultats que nous avons obtenus.De nos 53 malades qui ont été traités par la Larostidine: 20 ont quitté l\u2019hôpital avec la mention «très amélioré », 32 autres étaient assez améliorés pour être autorisés à retourner à leurs occupations normales; un seul n\u2019avouait aucune amélioration.Ce qui fait un pourcentage de près de 100% de résultat satisfaisant.De ces 53 malades, 31 ont répondu à notre lettre circulaire ce qui nous a permis d\u2019apprécier les résultats éloignés de notre traitement.Disons, entre parenthèse, que tous ces malades avaient recu instruction de se faire administrer une nouvelle série de 21 piqûres de Larostidine un mois après leur sortie de l\u2019hôpital.Des 31 malades dont nous avons reçu des nouvelles, 14 seulement avaient subi cette seconde série de Larostidine, mais il faut immédiatement ajouter qu\u2019une étude soignée des dossiers ne montre pas que cette seconde série ait été bien utile car ceux qui n\u2019en avaient reçu qu\u2019une ont fourni le même pourcentage de bons résultats.À tout événement, voici le résultat: 23 sur 31 se disent nettement améliorés ce qui veut dire qu\u2019ils poursuivent une vie normale, qu\u2019ils n\u2019ont plus de troubles digestifs ou que leurs cycles douloureux ont diminué de fréquence, de longueur et d\u2019intensité.23 sur 31 (soit 74.5%), il faut avouer que c\u2019est un beau résultat.7 autres malades sont dans le même état et un seul se dit moins bien.Si nous éliminons les 52 malades qui ont été opérés, les 53 qui ont été traités par la Larosti- dine et les 2 qui sont morts après quelques jours à peine d\u2019hospitalisation, nous restons avec un groupe de 25 malades traités par le repos, le régime et les alcalins sous forme de bismuth ou de trisilicate d\u2019alumine ou de magnésie, etc.que nous pouvons comparer au premier groupe traité par la Larostidine.De ces 25 malades, un seul a quitté l\u2019hôpital apparemment guéri, 21 étaient nettement améliorés et 3 étaient dans le même état.De ces 25 malades nous avons reçu 13 lettres nous disant qu\u2019aucun d\u2019entre eux ne se déclarait guéri, que 5 seulement avaient conservé leur amélioration, tandis que 7 autres étaient retombés dans leur état antérieur, et qu\u2019un dernier était mort d\u2019hémorragie au cours d\u2019une nouvelle poussée ulcéreuse.Si l\u2019on compare les résultats obtenus chez ces deux groupes de malades, l\u2019on constate que la balance penche nettement en faveur de ceux qui ont reçu de la Larostidine.Les bons résultats immédiats 52/53 (soit 98%) dans le premier cas, et 22/25 (soit 88%) dans le second cas, peuvent peut-être se comparer mais les résultats éloignés 23/31 (74%) dans le premier groupe par comparaison avec 5/13 (38.4%) dans le second groupe, montrent nettement que les malades traités par la Larostidine, non seulement ont fourni un résultat immédiat plus favorable, mais surtout qu\u2019ils sont dans l\u2019avenir moins exposés aux rechutes et aux acel- dents.Ce n\u2019est pas un plaidoyer que nous voulons faire en faveur de ce médicament, mais l\u2019étude objective des faits que nous avons compilés nous force à conclure dans ce sens.Nous savons fort bien que de nombreuses expériences de laboratoire ont été faites et ont JOBIN Er DUVAL: 179 CAS semblé infirmer la valeur thérapeutique de l\u2019histidine.Nous avons beaucoup de respect pour les chiens qui ont prêté leur estomac aux expérimentateurs, mais nous en avons encore davantage pour le clinicien, qui, en jonglant en quelque sorte avec les impondérables de la clinique, et surtout en faisant rendre à l\u2019observation des malades tout ce qu\u2019elle peut faire, en dégage des faits qui, bien étudiés, permettent au médecin, responsable en dernière analyse de la conduite du traitement, de porter un jugement sain et d\u2019établir une ligne de conduite qui ne risque pas trop d\u2019errer.Voilà ce que nous avons fait pour nos ulcéreux en poussée évolutive ordinaire.Voyons maintenant ce qu\u2019il faut faire contre les complications de la maladie ulcéreuse.Contre la grande crise ulcéreuse, avec douleurs violentes et vomissements incoercibles, qu\u2019il faut bien se garer de confondre avec la perforation, il faut mettre le malade au repos complet au lit, avec glace à l\u2019épigastre, diète absolue pendant plusieurs jours, alimentation artificielle, calmants, antispasmodiques et surtout installer dans l\u2019estomac un goutte à goutte alcalin.Après 6-8-10 jours d\u2019un tel traitement, on peut mettre le malade au traitement de la poussée ulcéreuse ordinaire que nous avons décrit tout a I\u2019heure.52 de nos malades ont dû se soumettre à l\u2019intervention chirurgicale pour des raisons différentes.23 d\u2019entre eux ont été opérés d\u2019urgence pour perforation de leur ulcus.Il va sans dire que la perforation est une indication opératoire indiscutable, mais il ne faut pas s\u2019imaginer que la perforation donne toujours naissance au drame abdominal classique; au contraire, il arrive parfois que la perforation se fasse à bas bruit et nous expose à des erreurs de diagnostic.En voici deux exemples: un jour un de nos bons amis nous consulte pour des troubles digestifs anciens, nous croyons à un ulcus et le faisons radiographier; l\u2019examen révèle l\u2019existence d\u2019un ulcère duodénal.En sortant de l\u2019hôpital, un samedi à midi, il ressent à l\u2019épigastre D\u2019ULCÈRE GASTRO-DUODÉNAL 11 une douleur étrange qui dure jusqu\u2019au lendemain avant qu\u2019il ne nous fasse appeler et le lendemain à 9 heures A.M., il n\u2019y avait encore aucune défense abdominale, ce n\u2019est que vers 3 heures P.M.que cette défense fit son apparition et nous incita à faire opérer le malade: il avait une perforation de son ulcère.Donc, l\u2019ulcère s\u2019était vraisemblablement perforé le samedi et 24 heures plus tard, la défense abdominale caractéristique, ce fameux « ventre de bois », n\u2019était pas encore apparue.Dans l\u2019autre cas il s\u2019agit d\u2019un vieux monsieur arrivant debout à l'hôpital, se plaignant de troubles digestifs anciens mais aggravés depuis quelques mois et faisant penser à une évolution néoplasique.L\u2019on découvrit sur la radiographie, un énorme abcès dû à une lente perforation d\u2019un vieil ulcère.Ces deux malades furent opérés et guérirent.Cela pour démontrer qu\u2019il faut penser à l\u2019existence d\u2019une perforation en face d\u2019une douleur intense et persistante, même si les autres signes de perforation et en particulier la défense, n\u2019existent pas.De nos 23 perforés nous avons reçu 16 réponses et onze d\u2019entre eux se déclarent guéris depuis leur opération.Six autres malades ont été opérés parce que porteurs d\u2019une sténose pylorique.Nous savons bien que certains sténosés peuvent guérir médicalement, mais il n\u2019en reste pas moins vrai que la sténose pose une indication opératoire dans la très grande majorité des cas.Mais avant d\u2019être opéré, le sténosé a besoin d\u2019une bonne préparation médicale.En effet, derrière la sténose pylorique l\u2019estomac, constamment baigné par le liquide de stase, est infecté et par conséquent le siège d\u2019une gastrite intense, et si le chirurgien intervient dans ces conditions, il risque fort les complications infectieuses locales ou pulmonaires.Le sténosé qui doit être opéré, doit recevoir tous les jours un tubage gastrique pour évacuer le liquide de stase et un lavage de l\u2019estomac avec une solution de collargol à 1/4000, en vue de désinfecter la muqueuse gastrique.On lui fait également de d\u2019atropine 1/150 de grain par injection intramusculaire 3 fois par jour, 12 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 de la Soluprotine (qui est une médication de choc parfois très utile), et enfin de la vacei- nation ou une cure préventive par les sulfa- midés.Grâce à ce traitement, la sténose cède parfois et toujours la résorbtion et l\u2019intoxication diminuent, permettant alors au chirurgien d\u2019intervenir avec de plus grandes chances de succès.Le chirurgien fera une gastro-entérostomic ou une gastrectomie selon ses préférences et surtout suivant les constatations qu\u2019il fera au moment de son intervention, mais toujours l\u2019on peut dire que si les indications opératoires ont été bien posées et si le malade a été bien préparé, les résultats de l\u2019opération seront excellents.C\u2019est dans ces conditions que nos six sténosés ont été opérés.L'un d\u2019entre eux est mort des suites opératoires, les 5 autres se déclarent guéris 18 à 24 mois après leur opération.Il semble donc que l\u2019opération les a guéris non seulement de leur sténose mais aussi de leur maladie ulcéreuse.22 de nos 179 malades ont fait des hématémèses graves.6 d\u2019entre eux ont été opérés au cours de l\u2019hématémèse elle-même, et un seul plus tard à cause de la répétition des hématémèses.De ces 6 malades, deux sont morts malgré leur opération et un troisième est mort 4 ans plus tard d\u2019une nouvelle hématémèse.Les 16 autres ont été traités médicalement de leur hémorragie; de ces 16 malades, 14 ont guéri, les deux autres sont morts de leur hémorragie malgré tous les traitements médicaux mis en œuvres, Si l\u2019on se fie à cette courte statistique, l\u2019on constate qu\u2019en cas d\u2019hématémese grave le traitement médical comporte une mortalité de 12.5%, tandis que ceux qui ont été opérés au cours de leur hématémèse sont morts dans la proportion de 33.1/3% et il semble logique de conclure qu\u2019en face d\u2019une hématémèse grave, il vaut mieux avoir recours au traitement médical qu\u2019à la chirurgie.Les opinions sont extrêmement partagées à ce sujet et nous respectons celles de ceux qui ne pensent pas comme nous, mais, à notre humble avis, et en se basant sur la statistique que nous venons de vous fournir, il ne faut pas faire opérer les ulcéreux qui saignent mais les mettre au repos complet, avec glaçage de l\u2019épigastre, à la diète absolue avec alimentation artificielle pendant plusieurs Jours, les gaver de coagulants tels le Coagulen, l\u2019Hémostyl, la Pextose et surtout leur faire des transfusions sanguines répétées pour lutter contre l\u2019anémie aiguë et favoriser la formation du caillot.En agissant ainsi, on sauvera à mon avis, plus de malades qu\u2019en les faisant opérer.Mais nous voulons mettre une sourdine à cette affirmation peut-être trop absolue.En effet, s1 l\u2019ulcéreux qui saigne a dépassé la cinquantaine, il faut penser que ses artères moins souples que celles d\u2019un jeune, favoriseront mal la formation du caillot et que par ailleurs ses organes hématopoiétiques quelque peu ralentis dans leur fonction, répareront mal la déperdition sanguine causée par l\u2019hémorragie, de sorte qu\u2019il ne faut pas attendre que ses réserves soient épuisées et qu\u2019il vaut mieux le confier immédiatement aux mains du chirurgien.Enfin si les hémorragies se répètent à une allure inquiétante, 11 faudra nous croyons choisir le moment opportun et faire opérer le malade.* * Autant il faut être conservateur en face d\u2019une hémorragie gastrique, autant il faut être interventionniste quand il y a la moindre suspicion de néoplasie.En effet si l\u2019ulcère du duodénum n\u2019est pratiquement jamais suspect d\u2019être de nature néoplasique, il n\u2019en est pas de même de l\u2019ulcère siégeant sur l\u2019estomac.Et en particulier si l\u2019ulcère siège sur les faces antérieure ou postérieure de l\u2019estomac ou encore, sur la grande courbure; s\u2019il apparaît chez un sujet déjà avancé en âge; s\u2019il s'accompagne d\u2019une altération inquiétante de l\u2019état général, s\u2019il donne naissance à une hémorragie occulte qui se prolonge au delà de 15 à 20 jours; s\u2019il donne à la radiologie des signes suspects 1l faut toujours penser à la nature néoplasique de cette affection et ne pas lâcher le malade avant d\u2019en être arrivé à un diagnostic bien clair. JOBIN gr DUVAL: Pour ce faire, on doit répéter les explorations radiologiques, et la recherche du sang dans les selles, tenir compte de l\u2019épreuve du clinostatis- me: si le repos au lit n\u2019amende pas les troubles dans les délais normaux, ce syndrome digestif que l\u2019on croyait être conditionné par un ulcère, peut bien être de nature néoplasique.Et enfin il faut avoir recours à la gastroscopie si on est en mesure de le faire.L'un de nous a pratiqué de nombreuses gastroscopies et il a pu ainsi, à maintes reprises, découvrir des lésions qui ont conduit les malades à la salle d'opération, assez tôt dans l\u2019évolution de leur cancer pour en être guéris.Dans la lutte contre le cancer de l\u2019estomac, le gastroscope manié par des mains expertes est une arme particulièrement précieuse à laquelle nous avons eu recours dans tous les cas suspects de néoplasie gastrique et dont nous n\u2019avons maintenant qu\u2019à nous louer.Donc, s\u2019il y a la moindre suspicion de néo, il faut tout faire pour conduire le malade à la salle d\u2019opération.Enfin, si depuis quelques années la maladie ulcéreuse a cessé d\u2019être une maladie chirurgicale pour passer graduellement sous l\u2019égide de la médecine, il n\u2019en faut pas moins reconnaître que la médecine a des limites et quand un ulcéreux voit sa périodicité disparaître; quand l\u2019épreuve du clinostatisme est négative, c\u2019est- à-dire, quand le repos au lit ne procure aucun soulagement; quand les troubles par leur persistance empêchent le sujet de poursuivre une vie sociale normale; en résumé quand le traitement médical a échoué, il faut passer la main au chirurgien sans attendre la déchéance physique et psychique qui guette ces ulcéreux récalcitrants.Sur nos 179 malades, 13 entrent dans ce groupe et ont été opérés, 9 de gastro-entéros- tomie et 4 de gastrectomie.Des 9 gastro-entérostomisés, 8 ont obtenu un résultat excellent et l\u2019autre n\u2019a été qu\u2019amélioré.Des 4 malades gastrectomisés, un a guéri, deux ne sont qu\u2019améliorés et le dernier a succombé à des complications post-opératoires.179 CAS D\u2019ULCÈRE GASTRO-DUODÉNAL 13 Conclusions En résumé, messieurs, il semble logique de conclure de ce travail analytique: 1, \u2014 Que la Larostidine, utilisée comme complément au traitement médical classique, a produit des résultats indéniables et qu\u2019il semble que son échec constitue une indication opératoire.° 2.\u2014 Que le traitement médical doit varier avec les phases de la maladie, mais qu\u2019il doit toujours être à base de repos physique et psychique, de diététique, d\u2019alcalins et d\u2019antispasmodiques.3.\u2014 Que le surmenage et les abus de tabac et d\u2019alcool exposent aux reprises de la maladie et surtout à ses complications.4.\u2014 Que l\u2019hématémèse traitée médicalement comporte une mortalité moins grande que si on lui applique une cure chirurgicale.5.\u2014 Qu'il faut faire opérer d\u2019urgence les perforés et qu\u2019il faut se méfier de la perforation lente.6.\u2014 Qu'il faut accorder une grande attention au traitement pré-opératoire des sténosés.7.\u2014 Qu'il faut rechercher avec un soin seru- puleux les signes de néoplasie et faire opérer tout ceux chez qui l\u2019hypothèse d\u2019une néoplasie n\u2019a pu être écartée catégoriquement: en effet les cancéreux de l\u2019estomac qui ont guéri sont ceux qui ont été opérés avant même que n\u2019apparaissent les signes classiques du cancer.8.\u2014 Enfin que si l\u2019ulcère gastro-duodénal a une tendance de plus en plus grande à passer dans le domaine de la médecine, il n\u2019en faut pas moins reconnaître qu\u2019un ulcère qui résiste à un traitement médical bien fait, doit immédiatement être confié au chirurgien.En dernière analyse, c\u2019est par une observation clinique bien faite, une interprétation soigneuse des faits et surtout une collaboration étroite entre médecins, chirurgiens et radiologistes, que nous aurons conscience d\u2019avoir fait tout notre devoir à l\u2019égard des ulcéreux. LA VACCINATION PAR LE B.C.G.' Par Albert GUILBAULT, (F.A.A.P.), Médecin des hôpitaux Sainte-Justine et Notre-Dame (Montréal).Directeur Médical de la clinique du B.C.G.de Montréal Incorporée.L\u2019exposé que j'ai l'honneur de soumettre à votre attention porte sur la vaccination antituberculeuse par le B.C.G., telle que pratiquée à la « Clinique B.©.G.de Montréal Incorporée, » dont je suis le directeur médical.En 1935, l\u2019honorable Athanase David, alors secrétaire provincial et aussi en fait ministre de l\u2019hygiène, prêtant l\u2019oreille aux conseils du professeur Sergent de Paris et, d\u2019un autre côté, ne pouvant fermer les yeux sur la triste situation des enfants qui viennent de naître dans un foyer tuberculeux et pauvre, surtout quand une telle situation lui était décrite par les autorités de l\u2019Assistance Maternelle, n\u2019hésita pas un instant à fonder une institution pour fournir un abri temporaire à ces nouveau-nés.Depuis 1935, tout nouveau-né qui naît de parents tuberculeux et pauvres, ou encore qui devient exposé à la tuberculose de ses frères ou sœurs, en un mot de tout cohabitant tuberculeux, peut être transporté à la clinique B.C.G.La clinique dont j\u2019ai la direction est unique de son genre au monde.Elle reçoit, immédiatement après leur naissance, avant que toute contamination puisse se produire, les enfants nés dans un foyer où la tuberculose exixste sous quelque forme que ce soit.Une infirmière se rend à l\u2019accouchement pour prévenir tout contact entre l\u2019enfant et ses parents tuberculeux.Aussitôt né, l\u2019enfant est transporté à la clinique avec une infinité de précautions pour le protéger contre le froid.Après avoir été tenu quelques jours sous observation, il reçoit le B.C.G.Un mois après la vaccination, des réactions à la tuberculine sont pratiquées pour bien se rendre compte que l\u2019organisme a été imprégné du vaccin.À l\u2019âge de quatre mois, il est remis à ses parents, il est mis en contact avec la tuberculose.Permettez-moi de vous présenter nettement 1.Travail présenté au Congrès de l'A.M.LF.A.N, Trois-Rivières, septembre 1940.la situation qui est faite à cet enfant.Le fait d\u2019enlever cet enfant au contact tuberculeux, de prendre un organisme vierge de toute contamination tuberculeuse antérieure, de lui injecter le B.C.G.et en troisième lieu, de le plonger dans un amas de bacilles de Koch, constitue une véritable expérience de laboratoire Calmette et Guérin ne faisaient rien de plus quand ils prenaient un cobaye sain, lui injec- talent le B.C.G., et après quelques mois, inondaient l\u2019organisme de bacilles de Koch virulents.Une fois remis à leur famille, les enfants de la clinique sont suivis par le service social de la clinique.À un an et trois ans, ils ont été revaccinés.Ils le seront de nouveau à 7 ans et 15 ans.Tous les mardis, les parents peuvent conduire l\u2019enfant à la clinique, où il y a consultation externe.Cette consultation externe et le service social ont pour but de tenir toujours un contact intime avec l\u2019enfant.Voici expliqués sommairement le but et le fonctionnement de la clinique: 1.\u2014 recevoir immédiatement après leur naissance, les enfants nés dans un foyer tuberculeux et pauvre, où une contamination tuberculeuse les guette, cette contamination ayant toutes les chances de se produire avant que le B.C.G.protège l\u2019enfant; 2.\u2014 vacciner par le B.C.G.ces enfants transportés sous un toit sain.Quand le vaccin a profondément imprégné l\u2019organisme, ce dont on peut se rendre compte par les réactions à la tuberculine, l\u2019enfant est remis à ses parents; 3.\u2014 surveiller les vaccinés, exposés dans leur famille, à la contamination tuberculeuse.1) NOMBRE DE PATIENTS HOSPITALISÉS DEPUIS L\u2019OUVERTURE AU ler AoÛûT .245 2) NOMBRE D\u2019ENFANTS VACCINES: per 08 .2 12 204040404685 4 4 +600 27 sous-cutané .+ 2 4 4 4 4 + 4 + +26 185 percutané .1.404044 42564505 30 GUILBAULT: VACCINATION PAR LE B.C.G.15 a) NOMBRE DE REVACCINÉS .70 à 3 ans 165 4 1 an 3) ABCES FROIDS .= « + + + = + + + .25% 4) ONT DOUBLÉ LEUR POIDS DE NAISSANCE: 30 à 3 mois; 45 à 4 mois; 46 à 5 mois; 25 à 6 mois; 4 a 7 mois.5) NOMBRE DE MORTS UNE FOIS REMIS À LEUR FAMILLE ., + « + 404044 ++ 00 10 6) NOMBRE DE MORTS A LA CLINIQUE .3 7) QUI EST MALADE A LA MAISON: Crachats positifs ou négatifs Grands malades - « - + + + 2 + +4 + + +00 55 Mères: 105 positives .92 négatives .13 Pères: 47 positifs .42 négatifs 5 Pères et mères: 12 positifs 8 négatifs 4 Nous avons vacciné les enfants de trois manières différentes: VOIE BUCCALE.Un certain nombre, 27, ont reçu la vaccination par voie buccale.La vaccination pas voie buccale se pratique en faisant ingérer à l\u2019enfant le contenu de trois ampoules de vaccin B.C.G., préparé spécialement pour la vaccination par voie buccale.Chaque ampoule contient un centigramme de bacilles.Une ampoule, diluée dans un peu d\u2019eau ou de lait, est donnée à l\u2019enfant, à jeun, les 5, 7 et 9èmes jours après la naissance.Aucun des 27 cas n\u2019a présenté de diarrhée.Les médecins, en général, sont trop enclins à attribuer à la vaccination par le B.©.G., toute diarrhée qui apparaît chez un nouveau-né qui a reçu la vaccination buccale.On doit rechercher une autre cause à ce dérangement intestinal.Le même calme fut observé au point de vue général: ni hyperthermie, ni agitation, ni retard dans le redressement de la courbe du poids.Les enfants qui sont tous, de par la force des choses, soumis à l\u2019alimentation artificielle, recupèrent leur poids de naissance vers le 4ème jour, ce qui leur donne une avance de 3 jours sur la plupart des enfants nouveaux- nés qui, normalement, recouvrent leur poids de naissance vers le 7ème jour.La vaccination par le B.C.G., qu\u2019elle soit buccale, sous-cutanée ou transcutanée, n\u2019affecte nullement l\u2019état général de l\u2019enfant, à brève ou à longue échéance.Pour le prouver, l\u2019étude de la courbe du poids jusqu\u2019à 7 mois, est intéressante ; La cuti-réaction à la tuberculine a toujours été positive, deux mois après la vaccination buccale.VACCINATION SOUS-CUTANÉE.Des 245 enfants admis à la clinique, 185 ont reçu la vaccination par voie sous-eutanée.Cette vaccination se pratique par le B.C.G.S.C.ou le B.C.G.sous-cutané, dont chaque ampoule contient Om 00004 ou 1/25 de milligramme On injecte la moitié de l\u2019ampoule ou 1/50 de milligramme, sous la peau de la région de l\u2019omoplate, à droite et à gauche.Réaction locale.25% des vaccinés ont fait des abcès froids à l\u2019endroit de l\u2019injection.Ces abcès, ponctionnés quand leur contenu est parvenu à un certain stade de fluidité, guérissent complètement.Quelques-uns de ces abcès se sont ouverts spontanément, même après la pratique des ponctions.Ils guérissent dans l\u2019espace de 2 ou 3 mois, en laissant une petite cicatrice qui devient pratiquement imperceptible à 3 ans.Réaction générale.Aucune.Réaction focale (pulmonaire).Trois enfants dont l\u2019âge variait de 9 à 14 mois, ont été hospitalisés à l\u2019hôpital Notre-Dame pour infection grippale aiguë.La radiographie pulmonaire, qui est faite de routine, chez tous les vaccinés a révélé une adénopathie médiasti- nale énorme, qui pouvait donner le change pour une pleurésie médiastinale.Ces enfants ne souffraient nullement de dyspnée.Ils ont complètement guéri de leur infection aiguë.Des radiographies pratiquées à certains intervalles ont montré que l\u2019adénopathie était complètement disparue, sans aucun traitement, douze mois après leur constatation.Réaction à la tuberculine.La réaction à la tuberculine est plus précocement positive chez les vaccinés par voie sous-cutanée.Elle fut 16 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 constamment positive un mois après la vacei- nation.VACCINATION PERCUTANÉE.Une goutte de B.C.G.pour voie buccale, c\u2019est-à-dire contenant un centigramme de bacilles par ampoule, est déposée sur la peau de la région deltoïdienne inférieure, la peau ayant été au préalable dégraissée et stérilisée à l\u2019éther.Puis à l\u2019aide d\u2019une aiguille à injection sous- cutanée, montée sur une seringue si on le désire, on pique légèrement la peau à travers la goutte de vaccin.La piqûre doit atteindre le derme sans toutefois provoquer de saignement.On pique une trentaine de fois, puis ce qui reste de la goutte est grossièrement enlevé, en épongeant plutôt qu\u2019en frictionnant.Réaction locale.Aucune, ni cutanée, ni ganglionnaire satellite.Réaction générale.Aucune.Réaction focale (médiastinale).Ce mode de vaccination est d\u2019usage trop récent pour permettre la constatation de l\u2019adénopathie médiastinale.Réaction à la tuberculine.Inconstamment positive après le ler mois; constamment positive au 2ème mois.La vaccination percutanée est facile d\u2019application: elle n\u2019expose pas aux abcès froids.Elle semble tenir le milieu entre la vaccination par voie sous-cutanée et celle par voie buccale.MORTALITÉ PENDANT LE SÉJOUR À LA CLINIQUE.Un enfant est mort à 3 mois de broncho- pneumonie à staphylocoques, en 1939; le 2ème de bronchopneumonie en 1935; le 3ème de tuberculose transplacentaire (cas publié dans l\u2019Union Médicale du Canada, en 1939): la tuberculose était généralisée, le bacille était du type humain (se rappeler que le B.C.G.est du type bovin), l\u2019enfant est mort à 11 jours, la mère est morte deux mois après la naissance de l\u2019enfant, l\u2019autopsie de la mère a révélé la présence, dans l\u2019utérus, d\u2019ulcères ca- séeux remplis de bacille de Koch type humain.LES RÉACTIONS À LA TUBERCULINE ONT ÉTÉ PRATIQUÉES 1° à l\u2019aide de la tuberculine dépourvue de protéine P.P.D.(de Parke Davis) : « Purified Protein Derivative ».Cette tuberculine est présentée sous deux forces: La première force (First strength) est de 0.0002 ou deux dimilligrammes par comprimé.Ce composé étant dissous dans un centimètre cube de liquide solvant, on injecte dans le derme un dixième de centimètre cube de cette solution, réalisant ainsi une dose de médicament de deux centimilligrammes.La première force (First strength) est de de 0.05 par comprimé.Ce comprimé est dissous dans 1 ce du liquide solvant.Un dixième de ce est injecté dans le derme réalisant une dose de cinq milligrammes.La deuxième dose est 250 fois plus forte 9\u201d la première.Pour mettre en lumière l\u2019allergie des vacei- riés, la première force fut toujours suffisante.2° On s\u2019est servi aussi du « Vollmer Tuberculin Patch Test » (Lederle).Le monde d\u2019emploi du « Patch Test » est des plus simples et des plus commodes.Il évite l\u2019injection toujours désagréable à faire aux enfants.Les réactions obtenues par le « Patch Test» ont été aussi constantes que injection intradermique.REVACCINATION., \u2018Tous les enfants ont été revaccinés a un an et 3 ans, le cas échéant.La revaccination a été faite par la bouche.MORTALITÉ DES ENFANTS UNE FOIS SORTIS DE LA CLINIQUE: Dix sont morts sur 242.Comme les enfants sont remis à leur famille vers l\u2019âge de quatre mois, la mortalité porte sur des enfants de 4 mois à 5 ans.Ce taux de mortalité est au-dessous de la normale.Le B.C.G.n\u2019affecte donc pas la santé des enfants.Aucun de ses enfants n\u2019a souffert de tuberculose sous quelque forme que ce soit.La plupart ont été autopsiés. GUILBAULT: VACCINATION PAR LE B.C.G.17 INNocUITÉ DU B.C.G.D'uilleurs l\u2019innocuité aujourd\u2019hui est reconnue ae tous.À certains médecins qui en douteraient, je cite l\u2019erreur bien involontaire qui fut commise à la clinique.Quatre enfants ont reçu en injection sous- cutanée une ampoule de B.C.G.pour vaccination buccale, contenant un centigramme de bacilles, au lieu de recevoir une ampoule contenant 1/25 de milligramme; ils ont done recu 250 fois la dose ordinaire.L\u2019état général ne fut nullement atteint; la courbe de poids fut normale.D\u2019énormes abcès se sont produits, ils ont suppuré.Une légère cicatrice est maintenant tout ce qui reste.Avant de clore cet exposé, quelques réflexions d\u2019ordre général s'imposent : 1° La tuberculose n\u2019est pas une maladie héréditaire.2° Nous n\u2019avons jamais observé de supposé conflit entre le virus tuberculeux qu\u2019un enfant pourrait recevoir par hérédité, et le vaccin B.C.G.Ce conflit nous semble avoir été une vue de l\u2019esprit.3° La vaccination par le B.C.G.s\u2019est montrée efficace dans la protection des enfants issus de parents tuberculeux et vivant dans un milieu tuberculeux.Résumé Aucun des enfants n\u2019est mort et ne souffre, à l\u2019heure actuelle, de tuberculose sous quelque forme que ce soit, quoique vivant dans des milieux pauvres, et exposés pour la plupart à une contamination massive et répétée.En terminant, je tiens à faire mention du zèle inlassable de l\u2019infirmière du service social, Garde Farley, qui suit avec une attention constante tous les vaccinés remis à leur famille.Madame Jean Raymond, présidente de la clinique, entourée de ses dévouées collaboratrices, nous a toujours accordé le support le plus complet dans l\u2019oeuvre que nous poursuivons.Un recul plus lointain dans le temps nous permettra de juger, à son entière valeur, l\u2019immunisation antituberculeuse par le B.C.G.Souhaitons que dans 30 ans, ce soit l\u2019un de nos anciens vaccinés, resplendissant de santé, qui vienne exposer au « Congrès des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord », les bienfaits du B.C.G.En attendant, pratiquons tous cette sage maxime: « Mieux vaut prévenir que guérir ».Répandons l\u2019emploi du B.C.G. RECUEIL DE FAITS CONSIDÉRATIONS SUR UN CAS DE CHORIO-ÉPITHELIOME ! Par Léon GERIN-LAJOIE, F.R.C.S.(C), A.LABERGE et J.GAUTHIER, de l\u2019hôpital Notre-Dame (Montréal).Observation (Dossiers 5783 et 7244).Histowre subjective.Madame M.St-D., 29 ans, est amenée en ambulance à l\u2019hôpital le 30 juin 1940, en état d\u2019hémorragie utérine très abondante depuis trois jours: 27, 28, 29 juin 1940.Le début de ses pertes sanguines remonte au ler juin 1940; il ne s\u2019agissait pas alors d\u2019hémorragie aussi considérable qu\u2019en ces derniers jours.Histoire gynécologique.La puberté chez cette malade, est apparue à 11 ans.Le cycle menstruel est de 30 jours, ies règles ne sont pas douloureuses et durent 4 à 5 jours.Elle est mariée depuis 4 ans soit à 25 ans.Cinq mois, plus tard, en février 1937 elle dit avoir fait une «môle hydatiforme ».Par la suite, elle n\u2019accuse aucun trouble menstruel et fait un accouchement normal le 5 novembre 1939.Depuis cette date, elle accuse des pertes sanguines tous les 15 jours jusqu\u2019au ler juin 1940 alors qu\u2019elle ne cesse plus de perdre.Histoire objective.La malade présente un facies excessivement anémié, des muqueuses presque totalement décolorées et un état d\u2019asthénie marqué.Le cœur est rapide; la pression artérielle est de 100/50; la formule sanguine montre: globules rouges 2,250,000, globules blancs 13,000.hémoglobine 44%, valeur globulaire 0.9, polynucléaires 75%, grands mononucléaires 4 p.100, lymphocytes 21%.Le B.W.revient H+++# +++.Kahn: ++++.(1) Travail du Service de gynécologie de l\u2019hôpital Notre-Dame, présenté à la réunion scientifique du Bureau médical, le 4 novembre 1940.Les urines contiennent des traces d\u2019albumine; les autres systèmes sont normaux.L\u2019examen gynécologique révèle un col légèrement entr\u2019ouvert et un ovaire gauche un peu gros.On fait le diagnostic de rétention placentaire post-abortum.Traitement.Le 5 juillet 1940 un curettage est pratiqué.On retire des débris de membrane.Evolution.L\u2019évolution se fait normalement.La patiente reçoit son congé le 16 juillet 1940; elle ne saigne plus.Rapport histo-pathologique.Débris de muqueuse utérine: Les fragments montrent une activité mitotique marquée tant au niveau des glandes qu\u2019au niveau du chorion.Les glandes sont constituées par des cellules cylindriques, hautes, à noyau juxta- basilaire, pas de différenciation secrétoire.Les couches superficielles de certains fragments sont aussi infiltrés de polynucléaires qui dénoteraient peut-être une métrite, mais la muqueuse semble être celle d\u2019une phase folliculinique exacerbée.(Dr A.Bernier.) READMISSION Histoire subjective.Le 16 août 1940 exactement un mois après son congé, la patiente revient parce qu\u2019elle présente une nouvelle hémorragie excessivement abondante.Son anémie a augmenté et son état général est mauvais.Histoire objective.Au point de vue cardiaque on note de la tachycardie, une P.A.à 95/50.La formule leu- GÉRIN-LAJOIE, LABERGE gr GAUTHIER: ÉPITHÉLIOME 19 cocytaire donne: globules rouges 2,075,000; globules blancs 65,000; hémoglobine 38% ; valeur globulaire, 0.9; polynucléaires 65% grands mononucléaires 1 p.100; lymphocytes 33% ; éosinophiles 1 p.100; anisocytose légère; poïkilocytose légère; hématies nucléées rares.Histoire gynécologique.Le toucher vaginal montre un utérus en antéversion, dur, mobile et peu douloureux.Hystérographie montrant un utérus déformé, dévié à gauche, à cavité irrégulière, avec lacunes et bords déchiquetés.caractéristiques de l\u2019épithélioma du corps.De plus, les trompes ne se sont pas injectées.Diagnostic.On fait une utéro-salpingographie.Le cliché révèle un utérus baseculé à gauche.L\u2019un des bords, dans la région de l\u2019isthme, comporte de grosses images lacunaires, à bords irréguliers et anfractueux.On pose le diagnostic de débris placentaires ou d\u2019épithélioma du corps.Traitement.On pratique l\u2019hystérectomie subtotale; les annexes normales sont laissées en place.A la salle d\u2019opération, on ouvre l\u2019utérus pour constater la présence d\u2019une masse polypoïde implantée au fond utérin par une large base.L'anatomopathologiste consulté à ce moment pose le diagnostic de polype placentaire et ne conseille pas de compléter l\u2019opération nar l\u2019ablation des annexes et du col restants.Evolution.On note de légères poussées de température dans les 15 jours qui suivent l\u2019intervention.La malade reçoit son congé le 14 septembre 1940.Elle est guérie.Rapport de la pièce anatomique.Sur le fond utérin de la cavité utérine est implantée une masse d\u2019aspect fibreux, assez solide cependant, et datant vraisemblablement de plusieurs semaines.\u2018 Au microscope: la masse est bien constituée par de la fibrine infiltrée par du pus.À la limite de l\u2019implantation de la masse fibrineuse prolifèrent des éléments syncitiaux qui découpent des amas de cellules de Langhans.Cette prolifération, bien qu\u2019elle ne pénètre pas profondémnt dans le muscle, doit être considérée comme un chorio-épithéliome au début.(Dr L.-C.Simard.) Commentaires Le chorio-épithéliome n\u2019est pas une affec- iion que l\u2019on rencontre très fréquemment.C\u2019est une forme très maligne d\u2019épithélioma développé au dépens des couches épithéliales qui recouvrent le chorion.Il est généralement associé à l\u2019avortement et dans 50% des cas, suit la môle hydatiforme.Dans une communication antérieure, l\u2019un d\u2019entre nous insistait sur la nécessité de toujours faire examiner par un anatomo-pathologiste les débris retirés au cours d\u2019un curettage.Le dernier rapport histo- pathologique nous révèle la présence de tumeur maligne, mais il est évident que l'aspect que présentait les débris retirés au cours de l\u2019intervention de juillet n\u2019étaient pas de ceux que l\u2019on rencontre généralement à la suite d'un curettage pour rétention placentaire.D\u2019ailleurs le chorio-épithéliome comme tel, n\u2019est pas une tumeur superficielle: il est une manifestation du chorion et il se peut que les ma- nœuvres de la curette ne ramènent pas de débris caractéristiques permettant au pathologiste de poser un diagnostic précis.Il peut également apparaître à la suite d\u2019une grossesse à terme.Certains auteurs nient cette 20 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 possibilité, mais les obstétriciens sont d\u2019accord pour affirmer que cette forme d\u2019épithélioma est toujours associée à la grossesse.Certains chirurgiens ont écrit que des tumeurs simulant le chorio-épithéliome ont été rencontrées on seulement chez les femmes, en dehors de la grossesse, mais même chez des hommes, et qu\u2019il s\u2019était développé sur des tératomes déjà existants.Les obstétriciens nient cependant que ces tumeurs soient réellement du chorio-épi- théliome.; La symptomatologie de l\u2019affection est essentiellement constitué par des pertes rosées, puis très rouges, devenant brunes et odorantes.On note le développement rapide de l\u2019utérus qui est mollasse en certains endroits.Ici l\u2019utéro- salpingographie nous a été d\u2019un précieux secours en nous faisant poser un diagnostic qui commandait une laparotomie.De plus l\u2019évolutfon de l\u2019affection est rapide.Des dépôts métastatiques même plus malins aue la tumeur originale apparaissent rapidement au niveau du corps, surtout au vagin et aux poumons.Le traitement du chorio-épithéliome est celui de l\u2019épithélioma du corps c\u2019est-à-dire l\u2019'hystérectomie totale.Dans notre cas, celle-ci n\u2019a pas été pratiquée; l\u2019examen microscopique de la pièce ne pouvait laisser soupçonner une telle lésion.Après examen microscopique et coupes en séries les pathologistes sont d\u2019avis due toute la tumeur maligne a été enlevée et qu\u2019elle ne dépasse pas la coque du corps de l\u2019utérus.À nouveau ils ne nous recommandent pas l\u2019ablation du col non plus que des annexes.Nous suivons cette malade à périodes fixes pour observer s\u2019il y aura réveil de la lésion et intervenir au besoin. REVUE GÉNÉRALE LA PRIMO-INFECTION TUBERCULEUSE Par Roland DESMEULES, Surintendant médical de l\u2019hôpital Laval (Québec).Debré et Lelong écrivaient dans la Presse Médicale du 27 novembre 1937: « Il y a moins d\u2019un demi-siècle, la propagation de la maladie était discutée dans son principe et les modalités de la contagion paraissaient assez obscures.La tuberculose était considérée surtout comme une maladie de l\u2019adulte; à cet âge de la vie, on en étudiait les manifestations organiques d\u2019un point de vue anatomo-clinique et l\u2019on en cherchait la cause et le début à courte distance dans les antécédents immédiats; on ne reliait pas la phtisie aux états pathologiques survenus longtemps auparavant dans l\u2019enfance du sujet.En vérité, sans l\u2019aide des réactions tuberculiniques, sans le secours si précieux de la radiologie, comment aurait-on pu dépister les épisodes morbides réellement initiaux ?Leur insi- diosité et leur apparente bénignité ne masquent- elles pas le lourd destin dont ils sont chargés ?» Il me paraît difficile de souligner plus nettement l'importance de connaître les données fondamentales de la primo-infection puisque la tuberculose de l\u2019âge adulte, à caractères en général si graves, est étroitement liée à la phase initiale de l\u2019infection tuberculeuse.La primo-infection appartient en tout premier lieu à l\u2019enfance.Il faut savoir, cependant, qu\u2019elle existe aussi chez le jeune adulte et même chez l\u2019adulte.Si nous avons dans l\u2019esprit que vers l\u2019âge de 20 ans, 16 à 40% des individus ont une réaction négative à la tuberculine, nous ne sommes pas étonnés que ces anergiques adultes peuvent développer, comme l\u2019enfant, un ensemble symptomatique provoqué par l\u2019installation dans l\u2019organisme de l\u2019infection tuberculeuse.Ces adultes seront infectés au contact de malades atteints de tuberculose ouverte, au bureau, à l\u2019atelier, à l\u2019université.Mais, sachons immédiatement qu\u2019il n\u2019y a pas de groupes plus exposés que ceux constitués par des gardes- malades ou des étudiants en médecine.Toutes les recherches faites dans les meilleures universités et les meilleures écoles de gardes-malades du monde entier ont démontré que près de 100% des élèves anergiques au début de leurs études, sont devenus positifs à la tuberculine à leur année de graduation.Insistons immédiatement sur l\u2019obligation que nous avons de surveiller, au point de vue tuberculose, les élèves gardes-malades et les étudiants en médecine.QUELLES SONT LES CAUSES DE LA PRIMO-INFECTION TUBERCULEUSE CHEZ L'ENFANT?Après la découverte de l\u2019agent pathogène de la tuberculose, il devint classique d\u2019admettre que la tuberculose de l\u2019enfant résultait toujours d\u2019une contamination exogène, post-natale.Le passage du bacille de Koch à travers le placenta, semble en effet très rare.Dans toute la littérature médicale on ne trouve que 200 à 250 cas de tuberculose congénitale démontrée.La non-hérédité bacillaire est donc acceptée par l\u2019immense majorité des médecins.Nous admettons cependant que les parents tuberculeux peuvent transmettre à leurs enfants un terrain spécial, apte à se tuberculiser.Nous croyons que la source de contagion est post-natale et qu\u2019elle est d\u2019origine humaine ou bovine.La contagion d\u2019origine humaine est la plus fréquente.C\u2019est le contact en milieu familial qui prime tous les autres.Au moins 75% des contagions sont d\u2019origine familiale: mère, père, frères ou sœurs.N\u2019oublions pas non plus les servantes qui peuvent apporter l\u2019infection chez nos enfants.La contagion d\u2019origine bovine peut aussi être en cause.C\u2019est le lait provenant de vaches tuberculeuses qui transmet la maladie.Park, à New York; a trouvé environ 2% de contagion bovine chez 100 enfants tuberculeux.Il est probable que ce chiffre est plus élevé dans les cen- 22 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 tres où le lait pasteurisé n\u2019est malheureusement pas encore obligatoire.COMMENT L\u2019ORGANISME DE L'ENFANT VA-T-IL RÉAGIR VIS-À-VIS LA PREMIÈRE INFECTION TUBERCULEUSE ?La clinique est souvent silencieuse mais, ainsi que l\u2019écrit Debré, elle n\u2019est pas toujours muette.L'\u2019infection initiale tuberculeuse peut se révéler par un des syndromes suivants: la typho-bacillose de Landouzy, qui, en somme, n\u2019est qu\u2019une fièvre d\u2019invasion tuberculeuse due à un foyer bacillaire qui apparaîtra un jour ou l\u2019autre devant nos yeux; la fébricule tuberculeuse solitaire ; la kérato-conjonctivite phlycté- nulaire; un rhume ou une congestion pulmonaire à caractères trop prolongés; et surtout la pleurésie et l\u2019érythème noueux.Je n'hésite pas à dire, après un grand nombre d\u2019auteurs, que l\u2019érythème noueux est presque toujours une manifestation éclatante d\u2019une primo-infection tuberculeuse.Assez souvent, l\u2019un ou l\u2019autre de ces beaux ensembles symptomatiques n\u2019existe pas et pourtant, il faut penser au stade initial de la tuberculose en présence d\u2019un enfant qui maigrit sans cause apparente, qui perd l\u2019appétit, transpire facilement et n\u2019a pas l\u2019entrain d\u2019un enfant de son âge.Il faut y penser, même si aucun de ces symptômes n\u2019existe chez tout enfant qui a subi un contact tuberculeux.N\u2019oublions pas, en effet, que la phase initiale peut être d\u2019un silence clinique complet.QUELS RENSEIGNEMENTS VA NOUS DONNER L'EXAMEN STÉTHACOUSTIQUE ?En général rien.La séméiologie ancienne, classique, de l\u2019adénopathie trachéo-bronchique n\u2019a pratiquement pas de valeur.Elle supposait l\u2019existence de volumineux ganglions dans le médiastin au stade initial de la tuberculose.Mais, il est démontré par la radiologie que les adénopathies massives sont très rares.Pendant douze ans de travail en milieu sanatorial où le service d\u2019enfants est assez considérable je n\u2019en ai rencontré qu\u2019au plus deux cas.Laissons dans l\u2019oubli les signes d\u2019Espine, d\u2019Oelsnitz, le souffle inter-scapulaire, la matité para-sternale ou para-vertébrale.Recherchons cependant avec soin des râles fins, ou un souffle en foyer, qui indiquent un état congestif ou pleuro-congestif, réaction péri- focale tuberculeuse.Cette symptomatologie minima est à peu près tout ce que l\u2019examen stéthacoustique peut nous donner, et encore d\u2019une façon presque exceptionnelle.Nous avons heureusement, grâce à l\u2019apport de la science médicale moderne, d\u2019autres moyens nous permettant d\u2019établir, presqu\u2019en tous les cas avec facilité, le diagnostic de la primo- infection.Ces agents merveilleux de renseignement sont la tuberculino-réaction, la radiologie et la recherche des bacilles tuberculeux dans le liquide gastrique.A) La tuberculino-réaction.L'entrée des bacilles de Koch dans l\u2019organisme produit une sensibilité des tissus aux protéines tuberculeuses.Cette sensibilité prend 4 à 12 semaines à apparaître et elle est mise en évidence par un test positif à la tuberculine.On peut employer la cuti-réaction de Von Pirquet ou l\u2019intradermo-réaction de Mantoux.Cette dernière réaction permet d\u2019explorer la sensibilité de la peau à des doses progressivement croissantes de tuberculine.Elle a le désavantage d\u2019être un peu délicate à manier et peut être remplacée facilement par la cuti-réaction, beaucoup plus simple de technique et qui donne des résultats presque aussi certains.Dernièrement, on a mis sur le marché ce qu\u2019on a appelé « Tuberculine Patch Test » une méthode qui permet d\u2019obtenir une réaction positive aussi souvent qu\u2019avec la cuti-réaction.La valeur extraordinaire de la tuberculino- réaction c\u2019est que le début vrai de la tuberculose correspond au moment où l\u2019on peut déterminer la première réaction positive à la tuberculine.Une réaction positive est toujours la preuve de l\u2019existence dans l\u2019organisme d\u2019un foyer tuberculeux.Ce qu\u2019il faut établir en pratique, par des épreuves répétées, c\u2019est le moment où la réaction de négative qu\u2019elle était, devient positive.Ce virage de la tuberculino- réaction signale le début de la maladie, l\u2019éclosion initiale.On ne saurait trop insister sur la haute va- DESMEULES: PRIMO-INFECTION TUBERCULEUSE 23 leur de la tuberculino-réaction.Elle est facile à employer et donne des renseignemnts si importants pour le dépistage de la primo-infection qu\u2019on comprend difficilement qu\u2019elle soit encore d\u2019un usage trop rare.Sachons nous faire un devoir de vulgariser le test à la tuberculine et de prêcher sa pratique périodique chez l\u2019enfant et l\u2019adolescent et même chez le jeune adulte.B) Un procédé qui donne de magnifiques résultats c\u2019est l\u2019exploration radiologique.Cette exploration doit être faite non seulement à l\u2019occasion de tout érythème noeux, d\u2019un syndrome typho-bacillaire, mais aussi chaque fois qu\u2019on assiste à un virage de la tuberculino-ré- action.Nous ne trouverons pas toujours des images anormales car, il y a, heureusement, un grand nombre de phases initiales qui donnent des foyers si petits qu\u2019ils sont invisibles aux rayons X.Il arrive aussi que la lésion initiale soit cachée par l\u2019ombre cardiaque ou située dans la profondeur d\u2019un cul-de-sac pleural inexplorable radiologiquement.Cependant, assez souvent, la radiographie nous montre des opacités qui ont des caractères particuliers.Debré, Lelong et Mignon dans la Presse Médicale du 18 décembre 1935 ont fait une étude des signes radiologiques de la lésion initiale.1° Le foyer primaire se traduit par une ombre solitaire et unilatérale, parfois arrondie, qui tranche sur la clarté normale, voisine.2° L\u2019ombre de la lésion initiale est généralement volumineuse, occupe une partie importante d\u2019une plage pulmonaire ou prend même tout un hémithorax.Ceci s\u2019explique par les réactions congestives, périfocales, qui s\u2019établissent autour du foyer tuberculeux primitif.3° L\u2019ombre correspondant à la lésion initiale est homogène.Il s\u2019agit toujours d\u2019une opacité uniforme, bien différente des ombres en foyers multiples rencontrées dans la tubereu- lose pulmonaire commune.4° Il faut souligner la très grande fréquence des opacités juxta- hilaires et des ombres à caractère scissural.Notons que les opacités de la lésion initiale sont environ deux fois plus fréquentes à droite qu\u2019à gauche.5° L\u2019évolution de l\u2019image est intéressante.L'ombre vient rapidement et est complète en quelques jours.La régression est lente et le nettoyage prend 12 à 18 mois à s\u2019accomplir.Il peut arriver qu\u2019il ne persiste rien du volumineux foyer ou bien un noyau calcifié demeure en plein parenchyme ou à la région hilaire.Il arrive des cas, surtout chez les jeunes enfants qui ont été soumis à une infection massive où survient l\u2019ulcération du foyer primaire.Alors apparaît une caverne parfois géante.Chez d\u2019autres malades, la lésion initiale se ramollit sur place et essaime dans le même poumon ou dans le poumon opposé donnant des symptômes de broncho-pneumonie ou de granulie mortelle.C) La preuve de la nature tuberculeuse d\u2019un foyer ganglio-pulmonaire primitif peut s\u2019établir, dans la majorité des cas, par la constatation des bacilles tuberculeux dans le liquide de lavage gastrique.C\u2019est le mérite d\u2019Armand Delisle d\u2019avoir mis au point cette méthode de recherche.Elle est maintenant devenue classique et donne des renseignements du plus haut intérêt.J\u2019ajoute qu\u2019elle est très sensible et qu\u2019en certains cas elle nous a démontré l\u2019existence de foyers pulmonaires tuberculeux, invisibles aux rayons X, chez des enfants à tuberculino-réaction positive.Pour donner toute sa valeur ce moyen de recherche ne doit pas consister en un simple examen direct, mais, s\u2019il est nécessaire soit en \u2019homogénéisation, en l\u2019ensemencement sur milieu de Lowenstein ou en l\u2019inoculation au cobaye.Certains auteurs comme Sayé, ont trouvé le bacille de Koch dans le liquide gastrique chez 50% des enfants atteints de lésions initiales.A l\u2019Hôpital Laval, nous avons eu 33.3% de résultats positifs.En résumé, le diagnostic de la primo-infection se fait d\u2019habitude facilement grâce à l\u2019his- totre de famille, la tuberculino-réaction, l\u2019examen radiologique et la constatation de bacilles tuberculeux dans le liquide de lavage gastrique.QUEL EST LE PRONOSTIC DE LA LÉSION INITIALE TUBERCULEUSE ?Le pronostic immédiat est généralement bon. 24 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 Dans la grande majorité des cas, la guérison est définitive.Il y a bien à tenir compte des formes qui évoluent avec des caractères broncho-pneu- moniques ou granuliques, mais elles sont rares.Le plus souvent le foyer tuberculeux primitif marche vers la résolution et peut disparaître totalement sans laisser de traces ou bien encore il y a persistance d\u2019une cicatrice fibro-calcaire, séquelle du nodule central caséeux.Ce qui est difficile à établir c\u2019est le pronostic éloigné.Il faut avoir dans l\u2019esprit que les reprises évolutives rapprochées ou tardives sont conditionnées, ainsi que l\u2019ont établi Ribadeau- Dumas et Debré, par les facteurs qui ont provoqué l\u2019éclosion du foyer initial: l\u2019âge du sujet et la qualité de la contagion.Les poussées secondaires tuberculeuses, si graves d'habitude, surviennent surtout chez des personnes qui ont subi une contamination à un âge très jeune et qui ont été infectées massivement et d\u2019une fa- con prolongée par le bacille tubereuleux.Les réveils de l\u2019adolescence et de l\u2019âge adulte arrive chez les sujets dont la lésion initiale était imparfaitement guérie.Debré a écrit: « L\u2019infection se réveille parce qu\u2019elle est mal endormie ».AFIN DE CHERCHER À ENDORMIR DÉFINITIVEMENT LE PREMIER FOYER TUBERCULEUX, II, EST NÉCESSAIRE D\u2019ÉTABLIR UN TRAITEMENT D\u2019UNE EFFICACITÉ PRESQUE CERTAINE.En premier lieu, puisque la répétition des contacts aggrave la maladie, l\u2019enfant doit être séparé le plus tôt possible du milieu de contagion.D\u2019où la nécessité absolue de trouver la source de contagion.En second lieu, je fais miennes les directives thérapeutiques établies par le grand clinicien qu\u2019est Robert Debré: « Tout enfant dont la réaction tuberculinique vient de devenir positive doit être mis au repos.Ce qui crée l\u2019ind1- cation thérapeutique, ce n\u2019est point la réaction positive, mais la date récente de l\u2019apparition de la sensibilité tuberculinique.Le repos est la base du traitement de la tuberculose: seul il permet d\u2019espérer une guérison définitive.Le travail scolaire sera supprimé, l\u2019activité physique diminuée, le sommeil prolongé.La durée du séjour au lit pendant la journée sera fixée suivant la gravité du cas et suivant l\u2019âge de l\u2019enfant; il faut de l\u2019ingéniosité pour garder au repos un enfant un peu grand.Le repos sera complété par le séjour au grand air et une alimentation convenable en qualité et en quantité.La surveillance médicale sera minutieuse, fondée non seulement sur l\u2019établissement d\u2019une courbe de poids et de température, mais encore sur une prise fréquente de clichés: seul l\u2019examen radiologique permet de contrôler la régression de la lésion, si celle- ci est visible.Le repos sera absolu, au lit ou sur une chaise longue, tant que la température ne sera pas normale.Le repos sera relatif lorsque la température deviendra normale et comportera seulement un séjour au lit de 12 à 14 heures par jour, 2 à 4 heures de chaise longue et le reste du temps une activité peu fatigante.La période de repos devra être suivie d\u2019une phase intermédiaire pendant laquelle l\u2019enfant reprendra progressivement sa vie normale.Le travail scolaire ne sera autorisé que très prudemment et le moment de la puberté, surtout chez les filles, sera minutieusement surveillé, car c\u2019est souvent à cette époque de la vie que cesse la période latente.La durée de la cure de repos sera d\u2019environ 3 mois lors d\u2019une tubereulino-réaction positive qui vient d\u2019apparaître et qui ne s'accompagne pas de signes cliniques ni radiologiques.Elle sera d\u2019au moins un an dès que nous aurons des symptômes radiologiques d\u2019infiltrations tuberculeuses.La résorption de l\u2019image radiogra- phique nous indiquera la cessation du traitement.Cet ensemble thérapeutique n\u2019est pas aisé a réaliser, mais, l\u2019on ne peut oublier ce fait essentiel qui nous oblige à un effort maximum: « La guérison complète de Uaccident initial est l\u2019assurance la meilleure contre l\u2019éclosion des acei- dents ultérieurs de la tuberculose.» : ee a JOURNÉES MÉDICALES DE L\u2019HÔPITAL DU SACRÉ-CŒUR, du 26 au 31 août 1940 L\u2019ORGANISATION SOCIALE DE LA LUTTE ANTITUBERCULEUSE Par J.-A.JARRY, Président de l'Association canadienne antituberculeuse.La tuberculose, nous l\u2019avons tous appris, est une «maladie » sociale.Il est donc logique qu\u2019elle soit combattue par des moyens médicaux et sociaux.Les moyens médicaux ont été appliqués les premiers, et c\u2019était encore logique, puisqu'il faut avant tout le reste, trouver le tubereu- leux, le diagnostiquer, rechercher des moyens plus sûrs de diagnostic précoce et puis imposer un traitement et découvrir le traitement le plus efficace.Les médecins et les savants ont, en quelques décades, établi et mis au point une science phtisiologique, basée sur les découvertes de laboratoire et sur l\u2019expérimentation clinique; science vraiment admirable.Il n\u2019est pas un pays qui n\u2019ait apporté sa part à l\u2019édification de cette science ou qui n\u2019en ait répandu les connaissances.Les médecins, spécialisés en tuberculose, se sont multipliés et, mieux encore, se sont perfectionnés.Mais cette concentration de la pensée scientifique dans cette recherche, et l\u2019éclat de ces connaissances, ont peut être trop détourné le médecin et les organisateurs de la lutte à la tuberculose, de l\u2019organisation sociale.On ne l\u2019a pas dédaignée certes, car les Maîtres en ont fait une partie classique de la lutte, mais là où elle existait en embryon, elle a été délaissée, inutilisée.Il y a quelque 20 ans, quel emploi en faisait le médecin spécialisé, quand il découvrait et soignait un tuberculeux?Le regretté Dr.Stewart nous le dit: «Il y a 20 ou 25 ans, notre objectif était la Jeune personne souffrant d\u2019un rhume passager ou d\u2019une fièvre légère et qui venait voir son médecin.Nous étions là à attendre l\u2019entrée dans.notre salon de ce spécimen tout particulier, et nous n\u2019avions d\u2019intérêt que pour lui.Nous choisissions les personnes dont les symptômes.étaient juste assez perceptibles, mais pas trop.Notre objectif aujourd\u2019hui n\u2019est plus l\u2019homme qui est malade et le sait, mais l\u2019enfant qui est infecté et l\u2019ignore.» Le médecin ne s\u2019occupait de son malade que pour le diagnostiquer, avec le moins d\u2019erreur possible; 1l ne voyait pas, avant lui, le tuberculeux qui l\u2019avait infecté et non plus, les enfants qui vivaient au contact de ce nouveau foyer de contagion.Il le soignait aussi de son mieux.Il se mettait au courant des développements de la phtisiologie et il ne craignait pas d'innover; mais il oubliait le milieu où le malade avait vécu, dans lequel il vivait ou devait vivre encore.Quand il l\u2019isolait à l\u2019hôpital, il semblait ignorer \u2019ame du tuberculeux, brisant tous les liens qui l\u2019unissaient à sa famille et l\u2019imaginant vide de sensations, sans espérance, sans besoin d'affection, sans besoin de soutiens, sans aucune vue sur le monde.Il diagnostiquait son malade, mais fort peu, lui parlait des précautions à prendre envers son entourage et même lui-même; et bien moins encore, faisait l\u2019éducation de la famille.Ne croyez pas que je fais ici, le procès des spécialistes d\u2019il y a quelque dix ans.Je ne suis pas et ne veux point paraître «le contemptor sui temporis »; mais je désire marquer cette absence presque totale et presque universelle aussi, du point de vue social, dans la lutte à la tuberculose. 26 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 Pour être juste, disons que quelques médecins de nos prédécesseurs comprenant parfaitement les méfaits de la contagion et les bienfaits de la cure hygiéno-diététique, ont fait, tenant compte des accommodations de cure et de diagnostic de leur époque, plus que certains médecins de nos jours.En 1916, Calmette écrivait: « Le dispensaire doit être un établissement d\u2019hygiène sociale et de préservation antituberculeuse.» C\u2019est la formule du dispensaire qu\u2019il avait lui-même fondé à Lille, quelques années auparavant.Or, l\u2019on créait, en général, des dispensaires, pour assurer le diagnostic et le traitement des malades qui s\u2019y présentaient.Combien d'organisations antituberculeuses alors, même encore aujourd\u2019hui, avaient-elles recours à la réaction tuberculinique, pour rechercher les enfants contaminés ?Vous pouvez juger maintenant de l\u2019usage que faisait de ces moyens sociaux, le médecin praticien, livré à lui-même.À l\u2019Université, à peine avait-il eu quelques vagues notions sur le problème tuberculeux.Il ignorait l\u2019auscultation\u2026 et les installations ra- diographiques étaient rares.Le consultant était diagnostiqué, à toute extrémité, quand il portait la signature de son mal sur tout un corps décharné.Il y avait, çà et là, quelques organisations où le diagnostic était déjà plus précoce et plus certain, où le laboratoire apportait une aide ou une confirmation; où l\u2019expérience de quelques spécialistes aurait pu l\u2019éclairer.Le médecin l\u2019ignorait volontairement, par une étrange conception du rôle de ces dispensaires.Seul, sans expérience et sans conseil, il continuait de traiter son tuberculeux, tant qu\u2019il en tirait bénéfice.Le plus souvent, hanté par l\u2019idée de l\u2019incurabilité de la tuberculose, il conseillait à son malade, le repos à la campagne.Que de familles dans les maisons de pension, qui abritaient des contagieux, ont été plus tard décimées.N\u2019a-t-on pas vu en un certain endroit, sous prétexte qu\u2019un sanatorium était installé, affluer nombre de malades, sans surveillance médicale ; ce qui a fait appelé cette petite ville: le cimetière des tuberculeux.Le médecin aurait pu confier son malade aux organisations, aux hôpitaux spécialisés et le faire profiter des traitements qui entraient alors, en s'imposant, dans l\u2019arsenal thérapeutique.Le problème de la contagion, plus ou moins admise, n\u2019entrait guère en ligne de compte dans le soin d\u2019un tuberculreux.Qu\u2019il y ait des contaminés qui deviendront tôt ou tard des tuberculeux, que le foyer contagieux demeure constamment et promène partout son bacille, la chose n\u2019avait pas d\u2019intérêt.L\u2019éducation de la famille, la surveillance du malade, le médecin n\u2019y pensait même pas.Depuis nous avons fait des pas de géant, et l\u2019étude de la tuberculose, commencée à l\u2019Université, continuée dans les congrès, dans les associations, imposée peut-être aussi par la population qui a été éduquée, a donné à l\u2019organisation sociale, la grande place qu\u2019elle mérite.Car, l\u2019organisation sociale de la lutte à la tuberculose dans la société, dans la famille, dans les intitutions spécialisées, est absolument nécessaire pour détruire ce fléau et elle est inséparable du traitement médical.Dans la société, 1l faut que l\u2019éducation populaire soit suffisante pour promouvoir, dans toutes les familles, les mesures prophylactiques et le souci de se faire examiner, au moindre symptôme.Il faut l\u2019éducation populaire conduite par des institutions spécialisées afin de déterminer que les habitations doivent être salubres, les locaux de travail hygiéniques, les approvisionnements de denrées alimentaires surveillés pour relever le niveau de l\u2019hygiène publique.Paul Jullierat trace un tableau bien simple, mais qui donne à penser.Pendant 15 ans, de 1894 à 1908, la moyenne de mortalité tuberculeuse, dans les cas de Lumière et richesse a été de 67 par 100,000 Lumière et pauvreté .380 \u201d \u201d Obscurité et pauvreté .674 \u201d \u201c Qu'il y ait aujourd\u2019hui, quelques différences, la chose est admissible, vu les progrès que nous avons faits.Elles n\u2019en démontreraient pas moins la nécessité de l\u2019organisation sociale.À JARRY: LUTTE ANTITUBERCULEUSE 27 Montréal, nous avons vu dans certains quartiers, surpeuplés et peu salubres, le pourcentage des déficiences chez les enfants baisser de 25 à 30%.Le niveau de la santé générale a baissé, plus, peut-être, qu\u2019on ne l\u2019imagine.On constate, tous les jours, dans les cliniques, le nombre d\u2019enfants déficients en poids et en taille; d\u2019enfants contaminés qui ont déjà perdu leur allergie et qui ne réagissent à la tuberculine qu\u2019après des doses répétées et progressivement multipliées; on le constate chez les adolescents, chez les jeunes filles qui ne pourraient certainement pas surmonter une contamination massive.La cause de cet abaissement?on pourrait dire les causes; mais il en est une qu\u2019il ne faut pas oublier, c\u2019est le chômage, avec toutes ses conséquences: alimentation incomplète et insuffisante, habitation à petit loyer et par conséquent moins ventilée (en hiver surtout pour épargner le chauffage) moins ensoleillée, dans les quartiers moins protégés; vêtement inadéquat pour les changements de saisons, en un mot: nécessités vitales amoindries! Il y a à notre connaissance certains centres d'accueil pour les enfants qui sont de véritables foyers de contagion, et où la jeunesse n\u2019est nullement protégée.Or, il faudrait donner plus d\u2019assistance aux familles pauvres, il faudrait entraîner la jeunesse à une culture physique rationnelle, qui soit de la culture et non le goût immodéré du sport; il faudrait des terrains de jeux, où l\u2019enfant aérerait sûrement ses petits poumons, en y prenant ses ébats; et enfin pour les temps chauds, des camps où la jeunesse se referait un organisme plus fort, plus résistant, où elle apprendrait en même temps, la pratique des règles de l\u2019hygiène; sans compter cette santé morale qui pourrait faire de nos adolescents une génération plus saine et mieux préparée pour la vie.C\u2019est parce que la tuberculose ne s\u2019attaque qu\u2019aux organismes faibles ou affaiblis, originairement ou par suite des erreurs de conduite, qu\u2019il faut fortifier l\u2019enfant et exiger de l\u2019adulte le respect des lois de l'hygiène.L'état de chose actuel invite la tuberculose à s\u2019établir à demeure chez nous.Les taudis sont des incubateurs, où le bacille de Koch se développe, comme dans un milieu de culture favorable.Les enfants s\u2019étiolent dans les rues des grandes cités sans air et sans discipline.La société a le devoir impérieux de prévenir la tuberculose, chez les enfants contaminés, en leur procurant des préventorium-écoles; abris contre la contamination massive et prolongée, maison de relèvement physique et d\u2019éducation de l\u2019hygiène.Pour guérir les tuberculeux adultes, la société doit apporter aux organismes de lutte, des moyens financiers afin d\u2019augmenter leur efficacité; ordinairement le dévouement ne manque jamais.Elle doit également, je dirais même davantage, offrir aux tuberculeux, le même standard de lits d'hôpital.La mortalité ne diminue pas rapidement ou cesse de diminuer, quand les tuberculeux doivent continuer de vivre chez eux.C\u2019est un autre devoir de charité de soutenir la famille du tuberculeux hospitalisé, ou incapable de travailler.Souvent, quand il s\u2019agit d\u2019hospitaliser un membre de la famille, ou de placer un enfant aux Camps de Santé, ou le Placement familial, le tuberculeux ou les parents de l\u2019enfant refusent, pour ne pas voir diminuer l\u2019allocation du chômage.La dislocation de la famille est un fait antisocial.Il appartient donc à la société de protéger contre cette dislocation, la famille du tuberculeux, victime d\u2019un mal social.Déterminer sur qui retombent ces responsabilités, est difficile; est-ce à la population individuellement ou en bloc?est-ce aux gouvernements?Il est évident que tous ont un devoir à remplir, soit par solidarité, soit par bonne administration.Mais dans la famille, les moyens sociaux mis en œuvre, pour combattre la tuberculose, sont mieux définis, d\u2019un côté, le travail des organisations de lutte, de l\u2019autre, la coopération de la famille.Quand le tuberculeux est diagnostiqué à la clinique, le Service social de l\u2019institution visite, immédiatement, la famille; l\u2019infirmière vi- 28 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 siteuse la met au courant de la situation, détermine selon l\u2019avis du médecin, les chances prochaines ou lointaines ou nulles de guérison, encourage le malade et son entourage, ct leur propose d\u2019établir, dans le foyer, une prophylaxie rigoureuse.Elle enseigne au malade comment disposer de ses expectorations, comment s\u2019interdire tout rapport personnel, avec les enfants surtout.Elle surveille sa cure, en attendant l\u2019entrée à l\u2019hôpital.Elle apprend à la famille, comment éviter, le plus possible, les nouvelles contaminations, lui enseigne, sur place et d\u2019après les conditions de vie de la maisonnée, les règles d\u2019hygiène à suivre.Enfin, elle dirige tous les membres de la famille vers la clinique pour l\u2019examen médical et la recherche des enfants contaminés, par la réaction tuberculinique.L\u2019infirmiére du Service social s\u2019intéresse au foyer pour le maintenir en bon état ou pour le modifier.Elle le fait profiter de l\u2019assistance qui lui est offerte par des personnes généreuses ou qu\u2019elle sollieite d\u2019organisations charitables.Elle conseille de confier les jeunes contacts au Placement familial, d\u2019abord, pour leur bien- être et pour le soulagement de la famille, surtout, quand la mère est malade.Chaque année, elle aide les parents à faire les démarches pour placer garçons, fillettes, aux camps de Santé.Il y a aussi les bébés naissant en milieu tuberculeux.L\u2019infirmière fait consentir les parents de se séparer, pour un moment, de leur nouveau-né, afin de le prémunir contre la tuberculose, par le vaccin B.C.G.C\u2019est en résumé le travail du service social de nos organisations de dépistage, service très important, service nécessaire qui devrait exister dans toute clinique et qui gagnerait à s\u2019intensifier de façon à pouvoir visiter les familles dont les enfants ont réagi à la tubereu- line et chez lesquelles nous sommes en droit de soupçonner un foyer de contagion.Sans la surveillance du Service social, la contamination poursuit ses ravages; après un tuberculeux, c\u2019en est un autre.La preuve en est faite et constatée, plus d\u2019une fois, malheureusement; c\u2019est dans les familles indociles, qui se dérobent à la surveillance du service social, que surviennent d\u2019autres cas.Depuis un long temps déjà, l\u2019influence du service social a réduit la morbidité tubereu- leuse, en maintenant, dans les familles, une stricte prophylaxie.C\u2019est dire, en conclusion, que la famille doit dans ce domaine, sa coopération la plus entière; que sans son aide l\u2019application des moyens sociaux est inutile, ou tout au moins inefficace.Il faut qu\u2019elle comprenne que sa participation à l\u2019œuvre du service social doit lui assurer une protection contre la tuberculose, protection qui, autrement serait aléatoire, et surtout illusoire.Seulement, l\u2019exemple de cette collaboration doit venir évidemment des médecins spécialisés dans les cliniques et les hôpitaux.S'il est des endroits où les moyens sociaux doivent être le plus scrupuleusement mis en œuvre, c\u2019est bien là où se détermine la maladie du patient et où se poursuit sa cure.Il est donc nécessaire que le médecin de clinique pulmonaire ne sépare pas son consultant de son milieu; dans l\u2019histoire des familles, il s\u2019enquiert attentivement de tous les autres membres et si quelques faits dressent chez lui un doute, il demande l\u2019examen médical de tous les membres.Quand ce consultant est diagnostiqué tuberculeux, il doit lui donner les notions générales de prophylaxie que le malade peut lui-même exercer.Il établit, consciencieusement, l\u2019état de l\u2019affection, sans exagération.Surtout il ne diagnostique pas un enfant tuberculeux sans preuves suffisantes; les conséquences de ce diagnostic pouvant lui être fâcheuses dans l\u2019avenir.Il crée chez le tuberculeux, par l\u2019intérêt sincère qu\u2019il lui porte, une confiance inébranlable qu\u2019aucune erreur, aucun geste, aucune parole ne devra briser.Cette éducation sera complétée et l\u2019exécution des mesures prophylactiques surveillées, à domicile, par l\u2019infirmière- visiteuse.Le médecin mettra l\u2019infirmière au courant des faits qu\u2019il connaît et cette dernière JARRY: LUTTE fera des rapports fréquents du travail institué dans la famille.La confiance du malade et de son entourage, en l\u2019institution qui les assiste est chose nécessaire pour assurer une vraie collaboration.Elle facilitera tous les sacrifices, aidera à résoudre certaines difficultés ou certaines incompréhensions.Le médecin s\u2019intéresse aux conditions sociales de son patient.Il sait qu\u2019elles ont, sur l\u2019individu, une influence morale, décisive, qu\u2019elles peuvent aider ou ruiner l\u2019espoir d\u2019un traitement ou d\u2019une guérison.Le père de famille, qui se voit du jour au lendemain, incapable de gagner la vie de ses enfants, manifeste d\u2019abord un violent sentiment de résistance, lui ne compte pas.Mais quand on lui aura expliqué que sa famille n\u2019en souffrira pas trop, 1l accepte de risquer la cure.Pour la mère, le plus grand obstacle est l\u2019abandon de ses enfants.On lui fait comprendre que ces derniers seront placés dans d\u2019excellentes familles, à la campagne.Quand les conditions sociales de la famille ne sont pas bonnes et affectent le moral du patient, 11 a recours à l\u2019intervention de l\u2019infirmière, pour les faire corriger.En un mot, le patient est pris tout entier avec sa famille.Le tuberculeux est maintenant à l'hôpital.Il s\u2019agit de l\u2019y garder.Or le médecin sait que le patient subit toujours l\u2019influence de sa famille.Il veillera à ce que cette influence ne détourne pas le malade de sa cure, et qu\u2019il n\u2019entame pas sa décision.D'un autre côté, il créera à l\u2019entour du malade, une ambiance de bien-être et de camaraderie, laquelle se traduira par un intérêt, un encouragement, un support mutuel, parfois sous forme d\u2019association d\u2019anciens de l\u2019hôpital.L\u2019hôpital devra être un centre de cure, indépendant.Il y a entre l\u2019esprit des sanatoria des différences frappantes à tel point qu\u2019on y reconnaît facilement l\u2019animateur de telle ou telle époque.Il faudrait faire entrer dans la pensée populaire qu\u2019un hôpital pour tuberculeux, n\u2019est pas une prison ni un camp de concentration pour des malades dangereux.Il faut que convergent vers lui des sympathies de la population et ANTITUBERCULEUSE 29 l\u2019aide de tous, les gâteries de tous.Si nous le demandons de l\u2019extérieur, à plus forte raison, doit-on l\u2019exiger du personnel médical et hospitalier.Ces tuberculeux ont une âme que le Dr.Knoff a décrite il y a plusieurs années: « Ame qui s\u2019est peu à peu aigrie dans la longue souffrance ou dans l\u2019inertie totale presque, âme qui dresse instinctivement, un mur à tous ses espoirs, âme tourmentée qui ne sait qui rendre responsable de sa condition ».Mais cette âme il faut la comprendre, la respecter, la consoler, l\u2019encourager, tendrement la gronder à l\u2019occasion, toujours se l\u2019attacher et jamais la rebuffer.Le tuberculeux hospitalisé ne doit pas être une entité distincte, il doit être une partie d\u2019un tout, mais d\u2019un tout bien organisé ou passe une vie intellectuelle, morale et sociale.Laisser le malade à lui-même, face à son mal, face à un avenir sans clarté, le laisser sans distraction, sans vie commune, c\u2019est le plus sûr moyen de le démoraliser.Il faut des \u2018amusements, des distractions qui intéressent sans fatiguer.Il faut donner au tuberculeux jugé facilement curable, l\u2019assurance de pouvoir reprendre une place dans la société; il ne pourra peut-être pas continuer le même travail, probablement trop dur.Le médecin, (j\u2019opinerais plutôt pour un comité d\u2019orientation professionnelle), devrait diriger son malade vers une nouvelle profession, qu\u2019il pourrait apprendre durant son séjour à l\u2019hôpital.La rééducation professionnelle est un moyen social de combattre la tuberculose, car elle offre au tuberculeux guéri, les possibilités de s\u2019adonner à une besogne qui convient bien à son état et qui maintient sa guérison.Le médecin d'hôpital spécialisé sait avec quelles grandes difficultés parfois, on arrive à faire l\u2019éducation d\u2019un tuberculeux; comme malaisément, on obtient la collaboration des familles et leur confiance en l\u2019institution qu\u2019elles fréquentent.Dès lors il ne contredit pas devant le malade, l\u2019institution ou le médecin qui a fait le diagnostic, ou entrepris le traitement.Nécessité de l\u2019organisation sociale, voilà, je 30 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 l\u2019espère, un problème bien élucidé.Il nous reste à voir ce qui nous manque.En réalité, nous avons beaucoup d'organes sociaux, nous employons fréquemment ces moyens dans les familles et envers nos T.B.mais tout cela est éparpillé, inorganisé, sans action générale et prolongée.Il nous faudrait organiser la lutte, comme une lutte sociale et non pas seulement individuelle.« Il faudrait que la profession et le public, comprissent enfin que les deux aspects médical et social doivent se confondre chez nous, en un seul.» La lutte contre la tuberculose ne doit pas être un engagement individuel, sans coordination ; mails une offensive généralisée, une offensive publique.Elle doit en même temps, comme premier objectif, viser à la défense de l\u2019enfant.(rapport, disp.I.B.1927-1928.) Nos déficiences sont-elles dues à l\u2019apathie ou l\u2019incompréhension ?Nos services sociaux n\u2019ont pas l\u2019ampleur voulue; ils devraient augmenter avec le nombre des tuberculeux dépistés.Les hôpitaux n\u2019ont pas suffisamment de lits pour accommoder les malades et il en faudrait un certain nombre pour enfants tuberculeux.Le problème de l\u2019organisation sociale attend sa solution, nous avons admirablement bien résolu le problème médical de la tuberculose et nous pouvons dire que notre arsenal thérapeutique, bien que limité, peut aujourd\u2019hui faire face aux nécessités.Cessons maintenant d\u2019envisager la lutte antituberculeuse sous deux aspects séparés.Apprenons à ne pas les dissocier; mais à les unir si intimement que notre conception s\u2019impose à tous, et surtout au public et aux administrations civiles.Nous ne leur avons que trop laissé entendre jusqu\u2019ici, que la lutte devait surtout atteindre le tuberculeux pour le guérir.Et la chose leur semblait fort possible, avec un armement rudimentaire et le dévouement sans borne des médecins.Aujourd\u2019hui ce principe est sur le point de faire faillite, a moins que nous lui associons sans tarder, le principe d\u2019une lutte sociale et d\u2019une organisation sociale réalisées, le plus complètement possible.Je voudrais vous citer un cas où l\u2019organisation sociale aurait pu limiter les ravages d\u2019un foyer tuberculeux.C\u2019est un grand garçon de 20 ans, dans l\u2019enseignement.Il est dans une grande institution.A un certain moment, il fait une poussée de tuberculose et le médecin lui ordonne le repos et la cure.Après 3 mois, les autorités lui confient des besognes manuelles, entre autres, le travail à la cuisine.À l\u2019automne 1l reprend son enseignement.En janvier, nouvelle poussée.Comme il n\u2019a pas encore fait ses vœux, on lui conseille de quitter la communauté.Ce jeune homme invalide, n\u2019a d\u2019autre domicile que chez deux sœurs qui ont une jeune famille.Combien d\u2019enfants ce pauvre tuberculeux, soumis à l\u2019autorité a-t-il du contaminer sans le vouloir et quel gain pour la lutte à la tuber- eulose si une organisation sociale avait pu empêcher cette contamination.En terminant, je voudrais vous donner le plaisir d\u2019entendre quelques réflexions typiques du regretté Dr.D.Stewart, ancien président.de l\u2019association canadienne antituberculeuse: «Il n\u2019y a pas lieu d\u2019endurer la maladie ou de la guérir lorsqu\u2019on peut la prévenir.Il est plus sage et plus économique d\u2019entretenir la santé que de la regagner.On nous a accoutumés de payer le prix d\u2019une maladie évitable comme nous payons une amende en cour de police avec ou sans emprisonnement.Mais nous.apprenons à payer par prévention, une maladie évitable tout comme nous payons pour ur pneu antidérapant.Il vaut mieux payer d\u2019avance pour sa sécurité et en jouir que d\u2019avoir à payer de longue main une calamité dont on a été la victime.Il y a 20 ans ou plus, la première question qui se posait était celle-ci: Pourquoi cet homme est-il tuberculeux ?Aujourd\u2019hui, la première question est celle-ci: qui a rendu cet homme tuberculeux?Même si une seule personne est.atteinte de T.B.la communauté est tuberculeuse.Nous avons à nous occuper de la maladie de Smith, Jones et Brown mais aussi de Smithville Jonestown et Brownburg.Tel est l\u2019envers de ce tableau compliqué que nous appelons notre civilisation. JARRY: LUTTE ANTITUBERCULEUSE 31 Guérir un homme malade en nous apitoyant sur son sort, est une belle et bonne chose; mais apporter la guérison à une communauté, autrement dit, pratiquer la doctrine de «safety first » rapporte les plus gros dividendes.Le varioleux qui est enfermé, en toute sécurité, dans un hôpital, est le cadet des soucis du médecin hygiéniste; mais conduire un tuberculeux au sanatorium n\u2019est que le commencement et non la fin de notre besogne.La santé publique est plus importante même qu\u2019une cure privée.Si dans les champs ensemencés à nouveau, on remarque de l\u2019ivraie parmi le bon grain, c\u2019est que la semence précédente contenait de l\u2019ivraie.Il y a 20 ans, nous nous occupions principalement de l\u2019adulte.Nous savons maintenant qu\u2019en tuberculose, comme dans la vie, l\u2019enfant est le père de l\u2019homme.La prévention doit commencée quand commence l'infection, ce qui veut dire, habituellement dans la tendre enfance.Et la prévention doit commencer habituellement à la maison.On a appelé la tuberculose une maladie type.Un visiteur de la planète Mars, ne pourrait guère trouver de meilleur juge que la tuberculose pour mesurer notre civilisation.» LA TUBERCULOSE EST UNE MALADIE CONTAGIEUSE Par A.-R.FOLEY, M.D., M.P.H., Dr.P.H., F.A.P.H.A., Epidémiologiste de la Province de Québec.Un savant diagnostique chez son patient une tuberculose pulmonaire avec caverne: ce diagnostic clinique ne fait pas de doute; 1l est de plus confirmé par une réaction à la tuberculine, des examens de laboratoire et une radiographie positive.Il prélève du sputum et en fait un culot; du bout de son fil de platine, il prélève une gouttelette qu\u2019il étend sur un verre, traite et colore: le microscope révèle la présence du bacille de Koch.Du même culot, il prélève encore une certaine quantité de liquide, l\u2019injecte dans un cobaye, reconnu comme non infecté, et quelques semaines après l\u2019animal présente toute la symptomatologie tuberculeuse; \u2019animal est sacrifié, et à l\u2019autopsie, on trouve les lésions tuberculeuses macroscopiques que l\u2019on sait être spécifiques de la tuberculose; on prélève du matériel, une nouvelle plaque est faite et au microscope on retrouve la bacille de Koch.Par cette expérience, ce savant vient de prouver que la tuberculose est une maladie microbienne causée par le bacille de Koch, son agent spécifique.Il y a une expérience corollaire, qui malheureusement, se répète trop souvent dans notre belle province: une personne tuberculeuse traitée à son foyer qui contamine son entourage, surtout les jeunes enfants.Pour ne pas être voulue par un savant, bien ordonnée et contrôlée à chacun des stages expérimentaux, l\u2019expérience n\u2019en manque pas moins d\u2019être très probante, la contagion a eu lieu, quand elle aurait pu être évitée.M\u2019adressant a des phtisiologues, je pose les deux cas hypothétiques suivants: Cinquante enfants naissants sont examinés et reconnus, par les moyens que nous avons à notre disposition, être indemnes de tuberculose ; on les donne en garde à des personnes également reconnues comme étant saines, pour une période de trois mois.Cinquante enfants également reconnus indemnes de tuberculose sont par contre confiés à des personnes tuberculeuses bacillifères, pour la même période de temps.Qu\u2019arrivera-t-il à chacun de ces deux groupes de bébés ?Votre réponse ne fait pas de doute: le premier groupe sera sujet à la morbidité et à la mortalité de la première enfance, mais sera plus favorisé que le groupe d\u2019enfants du 32 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 même âge de la population générale, en ce qui concerne la tuberculose; le deuxième groupe en plus d\u2019être atteint des affections rencontrées dans le jeune âge sera imprégné par l\u2019infection tuberculeuse et la morbidité ainsi que la mortalité par cette maladie sera beaucoup plus élevée.Car, vous savez tous par expérience que la tuberculose est une maladie contagieuse.Smith et Ruffer ont démontré la présence de bacilles tuberculeux dans des vertèbres cariées de momies égyptiennes.En essayant d\u2019établir la cause de son décès d\u2019une manière rétrospective, on a cru que Tut-Ank-Ammon, dont le tombeau fut découvert en 1922 par Lord Car- navon et Howard Carter, serait mort de tuberculose.Hippocrate avait une intéressante conception de la tuberculose pulmonaire; il croyait que la maladie pouvait étre causée: a) par une résolution incompléte de la pneumonie, b) une hémoptysie, et, ¢) par une pleurésie purulente; il concevait encore que dans la phtisie, il y a une croissance dans les poumons.Il y a dans la littérature grecque ainsi que dans la romaine d\u2019instructives considérations sur la tuberculose et sa contagiosité.Isocrates, au quatorzième chapitre de son livre Aeginetieus, parle des craintes d\u2019un homme qui devait avoir soin d\u2019un consomptif dont il avait été nommé l\u2019héritier.Aristote (Problemata, Sec.VII, 8,) inclut la consomption parmi les maladies contagieuses, parce qu\u2019elle vicie l\u2019air à la manière d\u2019une peste.Le sage Platon a une note mordante pour les médecins de son temps (428-347 B.C.) \u2014 Legg.916-A \u2014 lorsqu'il dit: « Si une personne vend un esclave malade de consomption ou d\u2019une autre maladie de langueur ou incurable que ne saurait reconnaître un homme ordinaire, il n\u2019y aura pas de restitution si l\u2019acheteur est un médecin.» Aretaeus, Galien, Celse, Pline l\u2019Ancien, Horace et Senèque, pour ne mentionner que les vieux auteurs les mieux connus, font d\u2019intéressantes considérations sur la tuberculose.On en déduit que la consomption était fréquente chez les Grecs et les Romains, certainement autant que de nos jours chez les peuples civilisés (ou considérés comme tels) ; que l\u2019on croyait à la contagiosité de la maladie sans pouvoir en expliquer le mode ; que l\u2019on connaissait l\u2019existence de la tuberculose bovine; que les Romains ont acquis leurs connaissances sur la tuberculose des Grecs et enfin que la symptomatologie, le pronostic ainsi que le diagnostic de la maladie étaient bien observés.Les médecins hindous, plusieurs siècles avant notre ère, permettaient à leurs patients consomptifs de manger des viandes et de boire du vin bien que ces nourritures soient interdites par le code légal des Hindous.La décadence des Empires romains et byzantins n\u2019a rien apporté à nos connaissances sur la tuberculose; il faut arriver à Bayle (1774-1816) qui réclame dans son livre que la phtisie pulmonaire n\u2019est pas une maladie locale, mais le résultat d\u2019une infection générale.En même temps, Laénnec (1781-1826), le père de l\u2019auscultation, enseignait l\u2019unité de la tuberculose et démontrait dans les lésions anatomiques les nodules isolés ou l\u2019infiltration tuberculeuse des tissus.En 1865, Villemin établit une fois pour toutes, par ses expériences remarquables, l\u2019unité de la tuberculose et la contagiosité de la maladie d\u2019un animal à un autre.Villemin doit être regardé comme le fondateur de nos connaissances modernes sur la tuberculose.Il établit non seulement l\u2019unité des différentes lésions tuberculeuses de l\u2019homme, mais il a établi l\u2019existence de la maladie chez les animaux.Il fit tomber la théorie de l\u2019hérédité directe et celle de cause à effet entre le froid, les autres maladies et la tuberculose.I] en vint même à suggérer que l\u2019infection par cohabitation est un facteur important de dissémination de la maladie.Les expériences de Villemin suscitèrent énormément de travaux de recherches, il eut ses supporteurs et ses détracteurs, mais le temps est venu confirmer la vérité de ses découvertes.Enfin, en 1882, Koch, après de longues et patientes études, réussit à isoler de matériel tu- FOLEY: LA TUBERCULOSE, MALADIE CONTAGIEUSE 33 berculeux l\u2019organisme spécifique, qu\u2019il cultiva en culture pure et dont il démontre la patho- génicité.Il est depuis ce temps reconnu qu\u2019il ne peut y avoir de tuberculose s\u2019il n\u2019y a pas infection par la bacille de Koch.L\u2019impulsion de la découverte de Koch fit faire des recherches par tout l\u2019univers et la littérature \u2014 ou ce qu\u2019on est convenu chez nous d\u2019appeler de ce nom \u2014 la littérature sur la tuberculose est telle qu\u2019un homme, au cours d\u2019une vie, ne saurait lire tout ce qui a été écrit sur le sujet.Il est impossible de prédire ce que l\u2019avenir nous permettra encore d\u2019apprendre, mais pour le moment les études épidémiologiques et les programmes de lutte anti-tuberculeuse sont entrepris en acceptant comme bases que: (1) Il n\u2019y a pas de tuberculose sans infeec- tion par le bacille spécifique; (2) Les enfants naissants n\u2019hébergent pas le bacille tuberculeux; (3) L\u2019infection tuberculeuse est cumulative proportionnellement à l\u2019âge, de sorte qu\u2019à l\u2019âge adulte de cinquante à cent pour cent des populations civilisées sont atteintes par l\u2019infection ; (4) L\u2019infection tuberculeuse chez un grand nombre de personnes ne se développe pas pour devenir une maladie tuberculeuse.La contagion de la tuberculose peut être d\u2019origine animale ou interhumaine.Les bacilles acido-résistants de la nature he semblent jouer aucun rôle dans la transmission de la tuberculose; il en est de même de la tuberculose des poissons et pratiquement de la tuberculose aviaire, cette dernière ayant très peu tendance à produire chez les mammifères des formes aiguës généralisées.Le bacille bovin, qui est très probablement une race adaptée de l\u2019espèce bacille tubereu- leux, peut être retracé dans des lésions humaines.Le lait des vaches atteintes de mammite tuberculeuse peut être extrêmement riche en bacilles tuberculeux et le pouvoir infectant de ce lait est très marqué pour la plupart des mammifères.Le rôle du lait dans la transmission de la tuberculose doit être considéré comme d\u2019importance; heureusement nous connaissons bien le moyen de protéger la population, malheureusement nous ne l\u2019appliquons pas: c\u2019est la pasteurisation obligatoire du lait consommé en nature.Le rôle de la viande d\u2019animaux tuberculeux est, de beaucoüp de moindre importance, bien qu\u2019on y donne plus d\u2019attention: les muscles des animaux ne contiennent pas de bacilles et dc plus la viande est mangée cuite.Enfin la virulence du bacille bovin est moindre pour l\u2019homme que pour les animaux.« La contagion interhumaine est la véritable cause de la transmission de la tuberculose et se fait par les crachats ».Cette assertion proclamée par Villemin en 1865 est aujourd\u2019hui acceptée comme la norme des phtisiologues.La notion d\u2019ubiquité du bacille tuberculeux est erronée.Le bacille de la tuberculose n\u2019est pas partout; il est là ou sont des tuberculeux et des tuberculeux qui crachent sans prendre de précautions.Cornet et Krunz n\u2019ont pu mettre en évidence le bacille dans les poussières des rues, Carace dans celle des écoles, Gotschlich dans celle des gares et des maisons de commerce.La sueur des tuberculeux n\u2019est pas contagieuse parce qu\u2019elle ne renferme pas de bacilles; il en est de même de l\u2019air expiré et le pus des plaies est plutôt pauvre en bacilles vivants et virulents.Dans les lésions rénales, la bacille est excrété par le rein et il peut y avoir alors un danger de contagion.Les selles des tuberculeux, qu\u2019ils aient ou non de l\u2019entérite tuberculeuse, sont souvent très riches en bacilles: elles sont dangereuses pour les infirmiers, les blanchisseuses et constituent un apport conta- minateur aux eaux usées.Il devient:done du devoir du médecin d\u2019exiger que les urines, mais surtout les selles, soient désinfectées avant d\u2019être intégrées à la collection des égouts ou à la fosse en usage.Il existe 1ci une deuxième porte d\u2019apport infectieux que nous savons comment fermer, mais que nous laissons malheureusement trop souvent ouverte.Nous en arrivons maintenant à l\u2019agent pfi- maire de l\u2019infection: le crachat des tuberculeux, dans la terminologie duquel nous incluons, pour les fins de notre travail, les gout- 34 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 telettes de salive émises à l\u2019occasion de la parole, du rire, du bâillement, de l\u2019éternuement et de la toux, les gouttelettes de Flugge.Le danger du crachat comme agent contaminateur se comprend facilement étant donné sa richesse extraordinaire en bacilles tuberculeux; des malades peuvent rejeter, par jour, de 7 à 20 milliards de bacilles.Les crachats sont une source de contagion et quand ils sont humides, et quand ils sont desséchés à l\u2019état de poussière.Tappeiner dans ses expériences sur les chiens a établi que des crachats délayés dans l\u2019eau et vaporisés dans la cage des animaux contaminent les chiens qui meurent de tuberculose.Villemin avait auparavant démontré que les crachats desséchés gardent leur virulence.La vitalité des bacilles dans les crachats desséchés persiste dix-huit jours s\u2019ils restent à l\u2019obscurité; elle va en diminuant à partir du neuvième jour s\u2019ils sont exposés à la lumière diffuse; l\u2019action directe des rayons solaires les tue cependant rapidement; par contre l\u2019action de la lumière est presque nulle sur les crachats qui se dessèchent lentement par suite des conditions d\u2019humidité du local et la vitalité du bacille peut persister plusieurs semaines.Enfin la contagion peut se faire indirectement par la voie digestive, lorsque des enfants ou même des adultes souillent leurs mains, des aliments ou autres objets, avec des crachats pour les porter ensuite à leur bouche.Cependant les expériences de Chaussé montrent que par ingestion il faut pour tuberculiser les cobayes des doses de 1,000 fois ou 100,000 fois plus élevées que celles exigées par l\u2019inhalation.Nous ne considérons pas ici les conditions qui favorisent la contagion, conditions aujour- d\u2019hui très bien établies: L\u2019âge du sujet, on sait que le jeune enfant est d\u2019une sensibilité extrême à la tuberculose; Le sexe, surtout à certaines époques physiologiques de la vie; La cohabitation: la contagion de la tuberculose n\u2019est pas comparable à celle de la rougeole ou de la variole; il ne s\u2019agit pas d\u2019un contact passager avec un tuberculeux pour que la contamination se réalise: la fréquence des contages et la massivité des doses sont né- cessalres; La misère physiologique, par l\u2019encombrement, la mauvaise hygiène, l\u2019alimentation insuffisante qu\u2019elle entraîne, est également une condition ou un facteur qui favorise l\u2019éclosion de la tuberculose.Il résulte des considérations précédentes que le grand danger de contagion est constitué par le tuberculeux et par ses crachats.Il faut done que la société soit protégée contre ce danger et le moyen, le plus sûr, le plus efficace est Phospitalisation.Au cours de sa cure sana- toriale, on éduque le malade et on lui apprend à disposer de ses crachats d\u2019une manière sanitaire; les autorités médicales ne sauraient trop insister sur ce point; le médecin ne doit pas trop se fier à l\u2019action suppléante de l\u2019infirmière; il lui appartient \u2018de faire cette éducation au même titre que d\u2019instituer le traitement et je termine en paraphrasant une célèbre parole de retraite: « que sert au médecin de guérir un malade s\u2019il laisse contaminer toute une famille.» Bâtissons autour du tuberculeux une muraille que ne sauraient franchir les bacilles et nous aurons vaineu la tuberculose.ASSISTANCE POST-SANATORIALE Par Paul DUFAULT.Directeur du Sanatorium antituberculeux (Rutland).Pa D\u2019après Webster, « to rehabilitate is to restore to a former capacity; to restore to good repute; to restore to solvency; to fit to make one\u2019s livelihood again, as to rehabilitate disabled soldiers ».Le sens impliqué dans la dernière phrase est bien celui qui nous intéresse.Malheureusement, Larousse n\u2019en fait pas mention quand il nous dit que réhabiliter c\u2019est DUFAULT: ASSISTANCE POST-SANATORIALE 35 « rétablir dans son premier état, dans ses droits celui qui était déchu, particulièrement pour une condamnation judiciaire; réhabiliter un condamné, réhabiliter un failli ».Or le tuberculeux n\u2019est ni un condamné, ni un failli.Les revues françaises font parfois usage du mot réadapter mais l\u2019inexorable Larousse ne lui donne pas droit de cité.Ce mot est pourtant bien clair, et je me demande si le professeur Bruneau ne l\u2019admettrait pas sans plus de façons.Le terme le plus fréquemment employé en France est celui d\u2019assistance post- sanatoriale.Il comprend tous les procédés mis en œuvre pour assurer au malade sortant du sanatorium le moyen de pourvoir, en tout ou en partie, à sa propre subsistance.Si l\u2019on veut s\u2019en tenir à la lettre, il n\u2019est pas non plus adéquat, car on le verra plus loin, cette assistance Fost-sanatoriale doit commencer au sanatorium même, durant la période de traitement.Assurons-nous d\u2019abord que le problème d\u2019assistance post-sanatoriale existe et réclame une solution; étudions ensuite ce qui s\u2019est déjà fait dans ce domaine et, à la lumière de ces données, envisageons la question au point de vue pratique, en ce qui nous concerne tout spécialement dans la province de Québec.IMPORTANCE DE L'ASSISTANCE POST-SANATORIALE.On reproche parfois à la médecine de ne s\u2019intéresser qu\u2019à la maladie et de négliger le malade.Il faut bien avouer que l\u2019attitude des médecins donne trop souvent raison à cette assertion.Imbus de données scientifiques, nous allons droit au mal sans nous arrêter un instant, ne serait-ce que par politesse, à la forme souffrante qui l\u2019abrite.Le malade s\u2019en formalise et il nous rend en épigrammes notre manque de courtoisie.Des siècles de satires n\u2019ont pas réussi à corriger ce travers commun à trop de membres de notre profession, s\u2019il faut en juger par la littérature.Car, si Moliè- er s\u2019est rendu célèbre en faisant de l\u2019esprit à nos dépens, Léon Daudet a pu, trois cents ans plus tard, écrire « Les Morticoles ».Nous avons à faire un mea culpa, nous les phtisiologues, peut-être plus que tous les autres.Jusqu\u2019à quel point nous préoccupons- nous, au cours de nos visites journalières, de la santé morale de nos malades ?Se plaignent- ils d\u2019une toux, d\u2019une douleur au côté ou d\u2019un mal d\u2019estomac, qu\u2019avec zèle nous examinons et prescrivons.Mais sont-ils désœuvrés, l\u2019ennui et le decouragement les accablent-ils, que nous ne nous en doutons même pas.Nous savons pourtant bien que les états de dépression sont inévitables au cours d\u2019un traitement aussi long et aussi monotone que celui de la tuberculose.Mais notre insouciance va plus loin et a des conséquences plus graves.Combien d'entre nous se préoccupent du sort qui attend nos malades au sortir du sanatorium?Et pourtant nous sommes tous au courant des difficultés nombreuses auxquelles ils ont à faire face.« Nous ignorons ces problèmes, nous dit un éminent médecin anglais, et nous n\u2019ouvrons de nouveau les yeux que quand le malade reparaît parmi nous dans un état très aggravé, profondément découragé, sa soi-disant guérison n\u2019étant plus qu\u2019un souvenir.On l\u2019hospitalise de nouveau.On le soumet à de nouvelles expériences médicales et chirurgicales.Et la triste histoire recommence.À aucun moment le malade n\u2019est rétabli dans sa situation antérieure.Il n\u2019y a de « réhabilitation » ni à ses yeux, ni aux yeux du monde.Cependant, nous poursuivons cette besogne ingrate, et nous nous retranchons derrière un arsenal grossissant de méthodes et d\u2019accessoires cliniques, en excusant notre incompétence en des termes si magnifiques que la critique est confondue par la splendeur de leur érudition.» (1) Sir Pendrill Varrier Jones est sévère.Qui osera dire qu\u2019il est injuste?Il n\u2019est d\u2019ailleurs pas le seul à constater que nos efforts s\u2019arrêtent à mi-chemin.Le président de la National Tuberculosis Association disait à la convention de 1933 tenue à Toronto.« The unfinished task in the treatment of tuberculosis is the complicated problem of the after-care or post-sanatorium assistance.After-care is a correlated part of the recovery program and is the one obligation to the tuberculous patient that has not been satisfactorily performed, or even satisfactorily begun ».(2) 36 Divers relevés faits parmi les anciens malades, quelques années après leur départ des sanatoriums, nous apportent, de temps à autre des statistiques déconcertantes.Celui par exemple, de la N.T.A.fait en 1931 sur un groupe de 238 malades sortis en 1928, on trouve 32 p.100 de morts et 13 p.100 à suivre de nouveau la cure.Durant ce court interval 36 p.100 ont dû retourner au sanatorium.(3) Langmuir, Williams et Pope constatent que 57 p.100 des malades sont décédés cinq ans après leur départ.(4) ) Une proportion de 37 a 40 p.100 des anciens de Rutland, congédiés entre 1922 et 1924 sont en état de travailler en 1932.Les autres, représentant de 59 à 63 p.100 sont, ou morts ou incapables de faire quoi que ce soit.(5) Au congrès annuel de la N.T.A.tenu à Cleveland en juin dernier, Terrcy C.Foster (6) rapporte les résultats d\u2019une étude conduite dans 75 sanatoria différents à travers 16 des Etats de l\u2019Union.Sur 6,906 malades de toutes catégories ayant obtenu leur congé en 1933, 52 p.100 sont vivants en 1938, 31 p.100 sont décédés et 17 p.100 n\u2019ont pu être retracés.Il serait difficile de dire exactement jusqu\u2019à quel point le travail excessif entre comme base dans les couleurs sombres qui prédominent dans ces tableaux.G.J.Wherrett nous en donne pourtant une idée lorsqu\u2019il constate que les besognes trop ardues sont responsables de 29 p.100 des rechutes, alors que l\u2019insuffisance du traitement, les maladies intercurrentes, les abus volontaires, etc, ne le sont que dans une proportion de 19, de 11 et de 10 p.100 respectivement.(7) Les médecins de sanatorium à qui les réadmis racontent leur triste histoire savent très bien que les tâches laborieuses, acceptées en désespoir de cause, le manque d\u2019emploi et le difficultés financières qui en résultent sont suivies d\u2019un grand nombre de récidives inattendues.Et ce sont celles- là qui sont les plus tragiques.Sachant que la plupart des malades nous arrivent encore à une période avancée, il faut s\u2019attendre à une survie limitée et ne pas trop se décourager en L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 face des chiffres établis précédemment.Mais les autres, ceux qui entrent avec des lésions légères et sortent avec des cicatrices apparemment solides, pourquoi nous reviennent- ils?C\u2019est précisément parce que ce sont ceux- là qui cherchent des emplois, et ceux-là qui se trouvent aux prises avec les difficultés que nous allons voir.Répondons d\u2019abord à certaines questions.Combien de malades retournent à l\u2019ouvrage une fois rentrés chez eux?Sur 238, retracés par la N.T.A.en 1931, 48 p.100 firent un travail quelconque pour un temps plus ou moins long, variant entre un mois et trois ans.Au moment du relevé, 27 p.100 seulement travaillaient.(8) Une enquête du même genre que je fis à Rutland en 1933 m\u2019apprit qu\u2019à peine un tiers (35 p.100) des malades traités dix ans plus tôt s\u2019étaient remis au travail, à un moment donné, durant cette période.La Ligue Anti-tuberculeuse du Massachusetts qui s\u2019occupe tout spécialement de cette question depuis deux ans, a retracé, 5 ans après leur départ, 550 malades sortis en bonne condition des divers sanatoria de l\u2019Etat.Cinquante et un p.100 gagnaient leur vie tandis que quarante-neuf p.100 étaient à la charge des leurs ou du public.On peut dire qu\u2019une bonne moitié de nos guéris deviennent des sans-travail.Quel genre d\u2019occupation cherchent-ils ?Un assez grand nombre retournent à leur premier emploi: 56 p.100 d\u2019après W.F.Lawrence (9); de 75 à 85 p.100 d\u2019après René Courtois et Edgar Olbrechts, co-rapporteurs bruxellois à la Haye en 1932 (10).Les autres changent leur genre d\u2019occupation ou sont forcés de chômer.A qui s\u2019adressent-ils ?Toujours d\u2019après W.F.Lawrence, vingt-six p.100 comptent sur leur propre initiative; 16 p.100 se placent par l\u2019entremise de leur ancien patron et 16 p.100 en s\u2019adressant à une association antituberculeuse.Quarante-deux y i gh! DUFAULT: ASSISTANCE POST-SANATORIALE 37 p.100 n\u2019ont donné aucun renseignement a ce sujet.(11) Mais la tâche n\u2019est facile ni pour les uns ni pour les autres.Ceux qui suivent un tant soit peu les tuberculeux après leur sortie du Sanatorium se rendent vite compte du sort peu enviable qui les attend au moment où ils essaient de reprendre leur place dans les rangs des travailleurs.Quelques-uns des obstacles contre lesquels ces malades ont à lutter son intérents à leur condition; le autres naissent des préjugés des patrons et surtout de l'ignorance du public.Pour le malade qui vient de passer un an ou deux au Sanatorium, la question de santé prime toutes les autres.Il doit de toute nécessité éviter les travaux laborieux.On le lui a dit et répété.La pelle du terrassier, le marteau du casseur de pierres, le pic du mineur, la brouette du débardeur s\u2019échapperaient bientôt de ses mains affaiblies s\u2019il avait la témérité de vouloir les saisir.Des conseillers trop peu familiers avec les susceptibilités de la tuberculose ou avec les exigences de la ferme recommandent encore le travail aux champs.On rechante les avantages du grand air, quand on ne s\u2019emballe pas tout à fait dans la vieille rengaine de la vie à la campagne, de la noblesse de l\u2019agriculture, de la poésie des soleils couchants et des sons de cloches dans l\u2019air tiède du soir, etc.La vision du paysan est plus réaliste.Il l\u2019exprime dans trois mots: arracher sa vie.Rien de plus juste.C\u2019est en effet à force de bras qu\u2019il l\u2019arrache, sa vie, avec la terre qu\u2019il sort du fossé, avec la pierre qu\u2019il déloge et transporte avec la glèbe qu\u2019il retourne, avec le foin qu\u2019il fauche et le blé qu\u2019il moissonne.Ces tâches qui ne souffrent pas de délai et qui doivent s\u2019accomplir sous le grand soleil de la belle saison, ne sont pas taillées à la mesure des anciens malades.À moins que le cultivateur ait le moyen de faire faire ses travaux lourds et de ne se réserver que les tâches faciles, il vaudra mieux pour lui de renoncer à la culture générale.II pourra, cependant, s'orienter vers des spécialités comme l\u2019aviculture, l\u2019apiculture, ete.D\u2019une manière générale, l\u2019ouvrier fera bien de rentrer à son usine, à moins qu\u2019on y fabrique des articles évidemment trop lourds à manier.Mais il ne saurait en être question s\u2019il doit se trouver exposé à la fumée, à la poussière ou aux matières abrasives dont les effets ne peuvent être que nocifs sur un appareil respiratoire déjà endommagé.Les menuisiers, les ébénistes, les orfèvres retourneront à leur établi sans inconvénient.L\u2019électricité, la T.S.F., les laboratoires sont autant d\u2019avenues sûres pour les linitiés de même que la comptabilité et la sténographie.Toute la série des services domestiques s'offre aux moins favorisés, qui chercheront des postes de chauffeurs, de concierges, de gardiens, de surveillants, d\u2019inspecteurs, ete.Les professionnels et les spécialistes n\u2019ont pas à s\u2019inquiéter.Ils ne représentent pourtant qu\u2019une légère proportion des malades dans les sanatoriums publics.La majorité vient plutôt des couches laborieuses de la société.Sur 384 hommes sous traitement à Bligny, en 1923, 137 étaient des ouvriers et des artisans, 93 des employés de commerce, 54, des employés de chemin de fer, etc.Sur 518 femmes, 171 travaillaient comme employées de commerce ou comme sténos-dactylos.Il y avait 84 ouvrières, 78 couturières, 24 domestiques, 25 ménagères, 11 lingères, 12 modistes et 81 femmes sans profession.Ces chiffres varient d\u2019ailleurs avec les pays et même avec les régions.Ils ne peuvent être les mêmes, par exemple, à l\u2019hôpital du Sacré- Coeur et au Sanatorium de Mont-Joli.Ce dernier, recevant des malades d\u2019une région aux neuf-dixièmes adonnée à l\u2019agriculture et à la pêche, aura à faire face à un problème d\u2019assistance post-sanatoriale infiniment plus difficile.Dans une computation hâtive des dossiers de Rutland, je trouve 50 domestiques 31 ouvriers, 28 journaliers, 20 artisans, 49 commis ou employés de bureaux, 11 professionnels et 25 étudiants.La plupart de ces der- 38 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 niers sont tout simplement des élèves de l\u2019école secondaire.C\u2019est sur les bancs de l\u2019école, en effet, que la tuberculose va souvent chercher ses victimes.Ces adolescents, forcés de donner au rétablissement de leur santé les années qu\u2019ils auraient normalement consacrées à leurs études se trouvent refoulés bien malgré eux, dans la masse des sans instruction en attendant d\u2019aller grossir, plus tard, les rangs déjà si pressés des sans métiers et des sans travail.C\u2019est chez ceux-là, tout particulièrement, que notre zèle a de quoi s\u2019exercer, comme nous le verrons plus loin.En outre des limites qu\u2019ils se voient imposer en raison de leur santé et de leur manque d\u2019instruction, les anciens malades ont aussi à lutter contre des préjugés aussi tenaces qu\u2019irraisonnés de la part de leurs compagnons de travail et, trop souvent même, de leurs patrons.Il n\u2019y a rien de plus déprimant pour eux que cet aspect de la situation.Après des mois, des années de patience et de courage consacrés à leur guérison, ils voient le vide se faire autour d\u2019eux et les portes se fermer à leur approche.Ils en sont réduits à changer de milieu et à cacher, comme une tare, leur passé de malade.Outre les dérangements et les pertes financières qu\u2019ils occasionnent, ces déplacements compliquent la tâche des bureaux d\u2019hygiènes et des dispensaires post-sanatoriaux.Tout cela, par crainte de la contagion, crainte sans fondement, qu\u2019une connaissance incomplète de la question entretient dans l\u2019esprit des gens.VOYONS MAINTENANT CE QUI SE FAIT AILLEURS.L'entreprise la mieux connue est celle de Papworth, en Angleterre.Tous les phtisiologues savent le nom de ce village de la tuberculose où les anciens malades peuvent s\u2019adonner à un travail compatible avec leur santé et mener une vie normale au sein de leur famille.Preston Hall, ouvert pour les vétérans de la guerre 1914-1918, emploie une population de 555 tuberculeux guéris ou en voie de guérison.En France, la Fédération des Blessés du Poumon a tenté, en 1933, d\u2019appliquer sur une vaste échelle l\u2019idée de Papworth en construisant la cité sanitaire de Salagnac, capable de recevoir 3,000 malades dans ses villas et dans ses pavillons.Pour des raisons dont la complexité serait trop longue à expliquer ici, l\u2019entreprise n\u2019a pas marché.Des organisations semblables existent en Hollande, en Belgique, en Tchécoslovaquie, en Norvège et en Italie.Les Etats-Unis ont fait assez peu de chose dans ce sens jusqu\u2019à dernièrement.Aux Altro Work Shops, dans la ville de New-York, 135 convalescents peuvent se remettre graduellement à l\u2019ouvrage dans la confection des vêtements.Dès qu\u2019un malade est en état de faire une journée d\u2019ouvrage, il retourne dans l\u2019industrie et donne sa place à un autre.À Potts Memorial, Livingston, N.-Y., une cinquantaine de tuberculeux guéris s\u2019occupent d\u2019imprimerie durant un an avant d\u2019aller reprendre leur emploi régulier.Au Camp du Lac Tomahawk, Wisconsin, on entraine une quarantaine d\u2019hommes a divers travaux manuels.Enfin le Rutland Training Centre, a Rut- land, Mass., de colonie industrielle qu'il était depuis quinze ans est devenu une école de rééducation où l\u2019on enseigne aux malades sortant des sanatoria à faire des travaux de comptabilité, de menuiserie, d\u2019ébénisterie, d\u2019orfèvrerie, etc.Ces diverses entreprises émanent de deux idées maîtresses.Les uns préparent graduellement le malade à retourner à son occupation première ou lui enseignent un métier plus approprié à sa nouvelle condition.Une fois ce but atteint, l\u2019ancien tuberculeux retourne chez lui.Ces centres de réadaptation forment une sorte de station temporaire entre le sanatorium et le retour à la vie normale d\u2019avant la cure.Ce sont des chambres de compression où le malade s\u2019acclimate graduellement à l\u2019atmosphère normale de la vie dans le monde industriel.Les entreprises américaines énu- DUFAULT: ASSISTANCE POST-SANATORIALE 39 mérées plus haut appartiennent toutes à cette catégorie.Les autres ont un caractère de permanence.Le malade s\u2019y installe avec sa famille et il peut y demeurer indéfiniment.Ce sont les colonies ou villages de tuberculeux comme Papworth, Preston Hall et Salagnac.Comme on l\u2019aura déjà constaté, les écoles de réadaptation et les colonies industrielles sont surtout remarquables à titre de démonstration.Le nombre de malades qu\u2019ils contribuent à restituer à la vie active et productive est à peine perceptible si l\u2019on songe aux milliers de tuberculeux qui sortent chaque année des sanatoriums.C\u2019est que, bien qu\u2019elles prétendent défrayer une partie de leur entretien, ces entreprises coûtent encore assez cher et les gouvernements préfèrent employer leurs fonds à des fins de traitement et d\u2019isolement.Le recrutement des sujets présente quelques difficultés.Dès qu\u2019un malade est guéri, c\u2019est chez lui qu\u2019il veut retourner.Il en a assez du sanatorium.S\u2019il est incapable de trouver ou de garder un emploi, il se rabattra sur les agences de secours plutôt que de quitter de nouveau son foyer.Et il faut bien avouer que la multiplicité de ces agences, durant les années passées, a contribué à accentuer cette tendance.Papworth est demeuré une remarquable exception qu\u2019on a essayé d\u2019imiter, sans beaucoup de succès, dans divers pays d\u2019Europe.La raison de cette réussite réside dans la ferme et habile direction de son fondateur et dans le caractère industriel du pays.CE QU\u2019IL FAUT FAIRE ICI.Mais venons-en à la province de Québec qui nous occupe.Plusieurs raisons, toutes aussi valables les unes que les autres s\u2019opposent ici, pour le moment, à la création de centres de réhabilitation ou de villages de tubereu- leux.Il vaut mieux faire tendre nos efforts vers l\u2019érection des sanatoriums dont nous avons si grand besoin et vers le dépistage encore incomplet.Commençons par retirer les contagieux du sein de la population qu\u2019ils contaminent.N\u2019allez pas conclure, toutefois, qu\u2019il n\u2019y a rien à faire pour la réadaptation des malades.Au contraire, le travail à accomplir est immense.Et cette fois-ci, on n\u2019a pas la sempiternelle excuse du manque de fonds.Tout ce qu\u2019il faut, c\u2019est de la conviction, de la bonne volonté et du travail.Et cela ne coûte rien en monnaie courante.Eliminons d\u2019abord les malades dont la voie, au sortir du sanatorium, est clairement tracée.Ce sont les femmes mariées et les femmes célibataires \u2018de 30 ans et plus.Les premières reprendront graduellement le soin de leur maison.Ls autres retourneront, pour la plupart, À leur occupation première, car le travail des femmes n\u2019est pas du genre laborieux.Nous n\u2019avons guère à nous inquiéter, non plus, des hommes de profession, des commis, des employé de bureaux, de concierges, des surveillants etc, des cultivateurs un tant soit peu à l\u2019aise ou que leurs enfants sont en mesure d\u2019aider, des artisans, des gens de métier et de la plupart des ouvriers d\u2019usine.Il importe toutefois de s\u2019assurer, dans chaque cas, des conditions de travail et de commencer un entraînement graduel durant les derniers mois du traitement.Ce triage étant fait, nous restons en présence de deux catégories de malades: les moins de vingt ans des deux sexes et les journaliers.Un certain nombre de ces derniers trouveront de l\u2019emploi par l\u2019entremise du service social ou d\u2019agences philanthropiques.Les autres devront apprendre un métier.C\u2019est ici que l\u2019initiative personnelle des directeurs de sanatoriums doit s\u2019exercer.À eux de s\u2019aboucher avec les industriels de leur région pour leur exposer leurs problèmes, et pour s\u2019assurer de leur coopération.Si chaque patron, dans chaque manufacture comprenait l\u2019importance des services qu\u2019il peut rendre à la société en prenant à son emploi un ancien malade qui serait autrement à la charge du public, la question serait en partie résolue.Si un temps d\u2019apprentissage est nécessaire, durant lequel le malade r\u2019a droit à aucun salaire, l'Etat assumera les frais de son entretien, tout comme il le faisait 40 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 durant la période de traitement.Un service social actif, pratique et intelligent rend ici des services inappréciables.Mais c\u2019est aux jeunes malades, représentant un bon tiers de la population des sanatoriums, qu\u2019il faut surtout s\u2019intéresser.Ils ont toute une vie à vivre, pour laquelle un grand nombre sont bien mal préparés.Si j'en juge par Rutland, la plupart ont laissé l\u2019école volontairement ou forcément avant d\u2019obtenir leur certificat d\u2019études.intermédiaires (High School).Plusieurs l\u2019ont fait avant même de compléter le- curriculum des matières élémentaires.Au moment de prendre congé, après un, deux ou trois ans de cure, ils sont trop vieux pour rentrer en classe.Leur instruction rudimentaire leur interdit l\u2019accès des bureaux et ils doivent se rabattre sur les travaux où les bras ont une plus large part que la tête.Il s\u2019agit donc de hisser d\u2019un cran ces sans instruction.Cette œuvre de préparation éducative peut s\u2019accomplir en même temps que celle de la restauration physique du malade.Elle doit commencer avec elle, dès les premiers jours du traitement et se continuer aussi longtemps que lui.La plupart des sanatoriums retiennent les services d\u2019un directeur de travail thérapeutique et ce n\u2019est pas sans besoin.Le bien qu\u2019une institutrice peut accomplir est pourtant d\u2019une nature plus élevée et d\u2019une portée infiniment plus grande.Plusieurs Etats de l\u2019Union ont une « Division of University Extension » chargée de donner des cours par correspondance, sous la direction de professeurs compétents et ayant le droit d\u2019accorder des diplômes officiellement reconnus par le Département de l\u2019Instruction Publique.Cette Division rend des services inestimables dans les sanatoriums et dans tous les hôpitaux où de jeunes malades doivent séjourner pendant un certain temps.Au lieu d\u2019y perdre un temps précieux, beaucoup d\u2019entre eux ont ainsi l\u2019avantage de préparer efficacement leur avenir.L\u2019instruction qu\u2019ils acquièrent durant ce temps de repos forcé leur ouvre, au moment de leur départ, de plus larges et de plus faciles avenues.L'Ecole des Hautes Etudes commerciales offre les mêmes avantages aux habitants de la province de Québec.D\u2019après l\u2019Annuaire Statistique, 494 élèves étaient déjà inscrits en 1938.Le programme couvre les matières suivantes: Comptabilité, Mathématiques, Matières juridiques, Langue française, Economie politique, Géographie et Histoire, Langue anglaise, Langues étrangères, Cours de la Spécialité comptable, Cours spéciaux pour employés de banque.Peut-on souhaiter un choix plus varié et plus judicieux?L'étude, nécessaire aux jeunes, est grandement utile aux plus âgés.Enlevés temporairement à une vie active, où les préoccupations intellectuelles avaient peu ou point de place, ils ont maintnant la chance d\u2019ouvrir leur esprit à d\u2019autres pensées.Tout adulte normalement intelligent est susceptible de prendre goût aux choses de l\u2019esprit pourvu qu\u2019elles soient mises à sa portée.Le rendement utilitaire des efforts tentés dans cette direction peut difficilement se computer, mais leur valeur morale est sans limites.Pour mettre ce programme à exécution une bibliothèque, une bibliothécaire et des institutrices sont absolument nécessaires.On exigera de ces dernières un jugement pratique et une psychologie appropriée à la tâche qui les attend.C\u2019est à elles qu\u2019il incombera d\u2019agir comme guides dans le choix des études.J\u2019ai mentionné tout à l\u2019heure le travail thérapeutique.Ce serait une erreur de le considérer comme un simple passe-temps.Qu\u2019il soit orienté, au contraire, vers un but pratique d\u2019après le talent, les goûts et le degré d\u2019instruction d\u2019un chacun.Les uns choisiront la dactylographie, le dessin ou même la peinture; les autres opteront pour l\u2019orfèvrerie, l\u2019ébénisterie, la sculpture, la reliure, la T.S.F., l\u2019électricité, ete.L\u2019espace et le matériel nécessaires à toutes ces branches de l\u2019art et de l\u2019industrie sont à la portée de tous les budgets.C\u2019est à un programme de ce genre que la N.T.A.s\u2019est finalement arrêtée après une DUFAULT: ASSISTANCE POST-SANATORIALE 41 étude sérieuse de la question sous tous ses aspects.Au lieu de recommander la construction et la subvention d\u2019établissements séparés, elle préconise la coordination du travail des institutrices et des bibliothécaires des sanatoriums dans un but d\u2019orientation professionelle et d\u2019instruction pratique; elle conseille l\u2019utilisation du travail thérapeutique comme moyen d\u2019apprentissage; elle dirige les activités de ses agents ainsi que celle du service social vers le placement de l\u2019ancien malade dans le milieu le plus approprié à son cas particulier.Le sanatorium lui-même doit faire sa part en employant autant que possible les tuberculeux guéris, qui pourront ainsi continuer le genre d\u2019existence qui leur convient sous la surveillance du médecin.En résumé, Le problème de réadaptation des tuberculeux convalescents et d\u2019assistance post-sana- toriale se pose partout et demande une solution plus complète qu\u2019il n\u2019a regue jusqu\u2019ici.L'exemple donné par certaines entreprises indique pourtant qu\u2019il faut avancer avec précaution après avoir étudié la question sous son aspect local.Il est évident que latpart la plus importante du programme de réadaptation commence dès l\u2019entrée du malade au sanatorium par l\u2019instruction et l\u2019orientation professionnelle du jeune malade et la rééducation du sans métier.À nous de mettre en fonction les organismes existants et de leur faire donner leur plein rendement.Souhaitons la fin prochaine de la période de chômage qui complique grandement la question qui nous occupe et l\u2019avènement d\u2019un système d\u2019économie sociale plus en rapport avec la réalité, d\u2019un système qui permette à tous les hommes de contribuer à la prospérité de leur pays dans la mesure de leurs forces, tout en assurant leur propre subsistance.La terre généreuse de la vallée laurentienne et les abondantes richesses naturelles du sol québecquois_ ne demandent qu\u2019à nourrir un plus grand nombre de Canadiens.BIBLIOGRAPHIE (1) JONES, Sir Pendrill Varrier: «La réadaptation des tuberculeux au travail.» Bulletin de l'Umon Inter.Contre la Tuberculose, avril 1940, P.155.(2) PECK, John H.: « The unfinished task in tuberculosis.» Transactions of the twenty-ninth annual meeting of the N.T.A., 1933, P.18.(3) LAWRENCE, W.F.: «What happens to patients discharged from tuberculosis sanatoria.» N.T A.Social Research Series No.3, Table IV, P.22.(4) LANGMUIR, WILLIAM and POPE.New England Journal of Medicine, Vol.211, 1935, P.26.(5) DUFAULT, Paul: «Prolonged bed rest treatment in Pulmonary Tuberculosis.» The New England Journal of Medicine, Vol.209, P.184- 188, juillet 1933.(6) FOSTER, Terry C.: « Study of the after-history of patients discharged from sanatoria» Abstracts of Papers presented at the Thirty-Sixth Annual Meeting of the N.T.A., Cleveland, June, 1940, P.10.(7) WHERRET, G.J.: «Follow up information on 2,031 tuberculous patients one to thirteen years after discharge from sanatoria.» Am.Rev.of Tuber.1935; 31; p.62.(8) LAWRENCE, W.F.: «What happens to patients discharged from tuberculosis sanatoria.» N.T A.Social Research Series No.3, P.21.(9) LAWRENCE, W.F.: « What happens to patients discharged from tuberculosis sanatoria.» N.T.A.Social Research Series No.3, P.18.(10) COURTOIS, René et OLBRECHTS, Edgar: « Assistance Post-Sanatoriale.» Co-rapports sur l\u2019Assistance Post-Sanatoriale, VIII 1ère Conférence de l'Union Inter.contre la Tuber.La Haye, Amsterdam, 6-9 sept.1932, P.16.(11) LAWRENCE, W.F.: «What happens to patients discharged from tuberculosis sanatoria.» N.T.A.Social Research Series No.3, P.18. L'ORGANISATION DE LA LUTTE ANTITUBERCULEUSE DANS LA PROVINCE DE QUEBEC Par Lasalle LABERGE, Directeur de la Division de la tuberculose.Ministére de la Santé de la Province de Québec.Pour combattre la tuberculose, plaie sociale, c\u2019est une lutte gigantesque qu\u2019il faut entreprendre et soutenir constamment.Que fait la province de Québec contre cette maladie?Quels sont ses moyens de défense et ses armes d\u2019attaque?Le travail que j'ai l\u2019honneur de présenter devant les médecins qui suivent la semaine clinique de l\u2019hôpital du Sacré-Coeur portera donc sur l\u2019organisation dans ses grandes lignes de la lutte antituberculeuse dans notre province.C\u2019est à Montréal, que s\u2019ouvrit le premier dispensaire antituberculeux, celui du Royal Edward, en 1910.Celui de Québec entra en fonction en 1911, et un troisième, celui de l\u2019Institut Bruchési, fut organisé en 1913.Ces trois dispensaires restèrent seuls en lice jusqu\u2019en 1923, alors qu\u2019une vaste campagne antituberculeuse fut déclenchée.On vit se constituer un peu partout dans la province, avec l\u2019aide financière du gouvernement, une vingtaine d\u2019organismes modelés sur ceux de Montréal et de Québec, et qui firent un travail considérable de dépistage et de surveillance des tuberculeux pendant quelques années.Puis en 1926, vinrent les unités sanitaires qui en plus de répandre partout l\u2019évangile de l\u2019hygiène, avaient l\u2019avantage de s\u2019attaquer à toutes les maladies contagieuses, et spécialement à la tuberculose, au moyen des cliniques ambulantes antituberculeuses.Cette lutte a porté ses fruits, puisqu\u2019au cours de leurs quinze premières années d\u2019existence, notre taux de mortalité par tuberculose qui s\u2019élevait à 170 en 1910, est descendu à 127 en 1926.En 1926, les principaux centres de la province ayant chacun une organisation pour dépister et combattre la tuberculose, il restait à s\u2019occuper de la population rurale proprement dite, et c\u2019est alors que le gouvernement décida de créer un organisme spécial pour le dépistage de la tuberculose dans les campagnes.Tout programme de lutte antituberculeuse devant comporter plusieurs facteurs principaux qui sont la base fondamentale du contrôle de la tuberculose dans un pays, nous parlerons successivement: 1.\u2014 De la nécessité d\u2019une campagne d\u2019éducation populaire prolongée, 2.\u2014 du dépistage de la tuberculose par les dispensaires et les cliniques ambulantes, 3.\u2014 de l\u2019hospitalisation et du traitement des tuberculeux et 4.\u2014 de la surveillance des milieux contaminés par les infirmières attachées aux dispensaires et aux unités sanitaires.Campagne d'éducation populaire Un programmeede lutte antituberculeuse ne saurait aboutir à un résultat efficace sans la collaboration active et intelligente d\u2019une population éclairée sur les dangers de cette maladie.Aussi, dès sa formation en 1937, le Comité Provincial de Défense contre la Tuberculose a-t-il compris la nécessité d\u2019entreprendre et de poursuivre une vaste campagne d\u2019éducation populaire dans toute la province.Pendant les premiers mois de 1938, les organisateurs de la campagne se sont d\u2019abord assurés la coopération des dispensaires, des unités sanitaires, des ligues antituberculeuses, et en même temps, ils ont demandé l\u2019active collaboration du corps médical de la province.Quels ont été les fruits de cette vaste campagne d\u2019éducation populaire et quels bénéfices notre population en a-t-elle retirés?A force d\u2019avoir son attention attirée sur le lourd tribut que nous payons à la tuberculose et sur les moyens de prévenir et d\u2019éviter cette maladie, et enfin, sur la nécessité de la traiter dès qu\u2019elle LABERGE: LUTTE ANTITUBERCULEUSE DANS LA P.DE QUÉBEC 43 a envahi notre organisme, la population n\u2019est pas restée sourde à l\u2019appel du Comité.Elle s\u2019intéresse de plus en plus au problème tuberculeux dans la province et utilise davantage les moyens de dépistage mis à sa disposition par toutes les organisations antituberculeuses qui s\u2019occupent activement de la lutte contre ce terrible fléau.Une compilation faite au Secrétariat du Comité démontre que le nombre des nouvelles admissions et des examens aux rayons X a augmenté considérablement en 1939.Cliniques ambulantes antituberculeuses C\u2019est en 1927, que le premier clinicien commença à tenir des cliniques ambulantes dans les comtés ruraux organisés en unités sanitaires, et à mesure que le nombre de ces dernières augmenta, plusieurs cliniciens munis d\u2019appareils à rayons X portatifs, consacrèrent tout leur temps à ce travail de dépistage.Actuellement, des 70 comtés ruraux de la province, 54 sont organisés en unités sanitaires et reçoivent la visite des cliniciens ambulants, même dans les campagnes les plus reculées.Dans ces 54 comtés, comptant une population globale de 1,386,000 âmes, 12 cliniciens ambulants consacrent tout leur temps au dépistage des tuberculeux et font un travail de prévention en faisant l\u2019examen de tous les contacts qui leur sont référés par les médecins praticiens et les infirmières visiteuses.Au cours de 1939, les cliniciens ont fait un total de 32,000 examens et ont diagnostiqué 1,230 nouveaux cas de tuberculose.Quelques-uns de ces médecins font en même temps du service sanatorial, et nous tendons actuellement à faire du sanatorium, le centre de la lutte antituberculeuse dans la région qu\u2019il est appelé à desservir.C\u2019est ainsi que les médecins attachés aux sanatoria, de Mont-Joli, Roberval, Chicoutimi, Hull, Trois-Rivières et bientôt Sherbrooke, seront chargés du dépistage de la tuberculose dans les centres environnant ces sanatoria.Ce travail combiné, au sanatorium et à la clinique, n\u2019en sera que plus intéressant pour ces médecins et plus profitable pour les malades.Il faut avouer cependant, que 15 de nos comtés ruraux ne sont pas encore organisés en unités sanitaires et sont ainsi privés de toute organisation antiberculeuse.Les villes de Montréal et de Québec ont leurs propres organisations.Les dispensaires de Montréal, de Québec et des autres centres de la province ont reçu 18,400 consultants nouveaux et diagnostiqué 1,813 nouveaux cas de tuberculose au cours de 1939.Les médecins des organisations antituberculeuses de la province, dispensaires et cliniques ambulantes, ont donc examiné en 1939, environ 45,000 consultants nouveaux et diagnostiqué 3,043 nouveaux cas de tuberculose.Le Ministère de la Santé a créé en 1938, une nouvelle division, celle de la Tuberculose.Un de ses premiers actes a été de centraliser les cliniques.Au lieu de tenir une clinique annuelle dans chacune de nos paroisses, comme auparavant, le clinicien choisit dans chaque comté deux ou trois centres faciles d\u2019accès pour la population environnante et y tient des cliniques \\ tous les mois et même plus fréquentes, selon le chiffre de la population.Ces cliniques répétées, à date fixe, dans la plupart des cas, donnent déjà un meilleur rendement.Une autre initiative de la division de la Tuberculose a été de mettre en marche la constitution d\u2019un fichier central de tous les tuberculeux de la province rurale.Hospitalisation Pour faire face à nos 2,650 décès annuels, la province n\u2019a à offrir actuellement que 2,789 lits de sanatorium.Un sanatorium de 300 lits est en contruction à Sherbrooke, mais la plupart de nos sanatoria voient leurs listés d\u2019attente s\u2019allonger indéfiniment.Deux de nos régions les plus affectées, le Lac St-Jean et la Gaspésie ont leurs sanatoria qui contribueront à améliorer la situation dans ces parties de la: province.Les lointains comtés du Témiscamingue et de l\u2019Abitibi qui se développent rapidement et qui présentent un problème grave à cause de leurs industries minières considérables, n\u2019ont. 44 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 encore aucun moyen d\u2019hospitalisation, et comptent sur les autres sanatoria de la province pour hospitaliser leurs tuberculeux.Un autre problème ardu à résoudre, c\u2019est le coût d\u2019hospitalisation.D\u2019après une enquête faite en Ontario, 10% environ des tuberculeux de cette province ont les moyens de se payer une cure complète en sanatorium.Dans Québec, nous devons reconnaître que 5% à peine de nos tuberculeux peuvent faire les frais d\u2019une cure d\u2019un an, et nous pouvons juger par là quel fardeau incombe à la province.Dans bien des cas, le Ministère de la Santé est obligé de solder même les frais de déplacement.En prenant pour acquis, d\u2019après l\u2019expérience de la ville de Framingham, que pour chaque décès annuel, on peut compter neuf tuberculeux actifs, la province compterait ainsi un total de 26,500 tuberculeux, en ajoutant les décès annuels.L\u2019obstacle paraît presque insurmontable de vouloir réaliser un standard de lutte antituberculeuse conforme aux données actuelles qui exigent deux lits de sanatorium pour chaque décès annuel.A cause de la période difficile que traverse notre pays du fait de la guerre européenne, il ne faut pas songer à surmonter immédiatement ces difficultés.Raison de plus alors pour faire donner à nos sanatoria le meilleur rendement possible.Messieurs, nous manquons de lits pour lhospitalisation de nos tuberculeux actifs, et nous utilisons mal ceux que nous avons.Entre un cas de tuberculose chronique fibro- sée et un cas porteur d\u2019une lésion au début et évoluant rapidement, le simple bon sens nous dit que c\u2019est l\u2019hospitalisation de ce dernier qui est la plus urgente, parce qu\u2019une intervention immédiate par le pneumothorax empêchera souvent ce malade d\u2019évoluer vers une lésion avancée, et en même temps on éviterait à la province les dépenses excessives qu\u2019entraînent les cures prolongées.De même, entre un père de famille nombreuse et un célibataire tuberculeux, porteurs de lésions évolutives, il n\u2019y aurait pas à hésiter, c\u2019est le premier qui devrait être appelé.Surveillance des milieux contaminés Dans notre province, à cause du manque de lits pour hospitaliser tous nos tuberculeux connus, un travail de surveillance à domicile s\u2019impose et ce travail est dévolu à l'infirmière visiteuse.Soit dans les dispensaires, soit dans les unités sanitaires, les infirmières ont donc un rôle de premier plan à remplir dans la prévention de la tuberculose.Leurs visites fréquentes aux domiciles des malades, leurs conseils appropriés pour prévenir la contagion et la surveillance des contacts par des examens répétés aux dispensaires et aux cliniques ambulantes, contribueront pour beaucoup à diminuer la contamination dans nos familles tuberculeuses.Protection de l'enfance Tant que nous n\u2019aurons pas le nombre de lits suffisants pour isoler nos tuberculeux bacillifè- res et les empêcher ainsi de semer la contagion dans leur entourage, nous devons autant que possible développer des moyens de prévention pour suppléer à cette déficience.Si le tuberculeux ne peut être hospitalisé, faisons le vide autour de lui en éloignant au moins les jeunes enfants.L\u2019Œuvre du Placement Familial des petits à la campagne a fait ses preuves ici même, si l\u2019on en juge par les quelque deux mille enfants qui en ont déjà bénéficié.Encore faudrait- il que ce moyen de prévention soit développé considérablement et mis à la portée de milliers d\u2019enfants choisis dans les milieux contaminés.Il en est de même des camps de santé de l\u2019Institut Bruchési, des Trois-Rivières et de l\u2019hôpital Laval qui devraient recevoir pendant les mois de l\u2019été un beaucoup plus grand nombre de nos enfants vivant dans un milieu contaminé ou réagissant déjà à la tuberculine.Enfin, une voix plus autorisée que la mienne, dans la personne du docteur Frappier, vous a exposé tous les avantages de B.C.G.chez les enfants naissants, et il serait urgent que la diffusion de ce vaccin s\u2019accroisse considérablement pour en venir à assurer la protection de tous les enfants exposés fatalement à la contagion dans les milieux contaminés. LA VACCINATION PRÉVENTIVE CONTRE LA TUBERCULOSE Par Armand FRAPPIER, Directeur de l\u2019Institut de Microbiologie et d'Hygiène de Montréal.I.Nécessité de la vaccination spécifique.On ne connaît pas de traitement spécifique de la tuberculose.L'efficacité des traitements adjuvants ne laisse pas d\u2019illusions sur la gravité de la maladie.Le travail de monsieur J.Renaud, cité par Savy dans sa Thérapeuttique clinique, sur l\u2019avenir des bacillaires, conclut: «Si l\u2019on prend 100 malades tuberculeux, comprenant toutes les formes possibles, et qu\u2019on envisage ce qu\u2019ils sont devenus cinq ans après le moment où on a fait chez eux le diagnostic de lésion évolutive et où on a commencé à les traiter avec toute la compétence et la persévérance possibles, on voit que, quoi qu\u2019on ait fait, sur ces 100 malades, 50 sont morts, 40 sont cliniquement absolument guéris et 10 seulement sont devenus des tuberculeux chroniques.» Dans la plupart des maladies contagieuses, l\u2019insuffisance des moyens curatifs, spécifiques ou non, a naturellement fait tourner le gros des efforts vers la prévention.C\u2019est d\u2019ailleurs une vérité de La Palice que « Mieux vaut prévenir que guérir.» Quelques médecins paraissent douter encore de cet adage, mais la majorité de nos confrères et une masse de plus en plus grande de populations se rallient de nos jours à la prévention par l'hygiène et les vaccins.Dans la lutte contre la tuberculose et d\u2019autres maladies infectieuses chroniques, dont le traitement actuel, plus ou moins empirique et efficace, toujours très long, occasionne de lourdes dépenses aux individus et aux gouvernements, la prévention réalise une triple économie de vies, de temps et d\u2019argent.Il est vrai qu\u2019en tuberculose, certains moyens de guérison, comme la cure sanatoriale, servent indirectement de moyens préventifs de la contagion.Quoi qu\u2019il en soit, et jusqu\u2019à ces dernières années, on ne connaissait pas non plus de moyen spécifique de prévention de la tuberculose, ce qui revient à dire, de méthode efficace de vaccination antituberculeuse.Il fallait bien se contenter des procédés généraux de prévention fournis par l'hygiène.Valsalva avait été l\u2019un des premiers médecins à pratiquer l\u2019isolement et la ségrégation des phtisiques.Il conseillait même la déclaration des cas à l\u2019Etat.Je note, en passant, que son élève, Morgagni, considérait la phtisie comme tellement contagieuse, qu\u2019il refusait d\u2019autopsier les cadavres de phtisiques.Inversement, Grancher obtint beaucoup de succès en retirant de leur milieu les enfants nés de parents tuberculeux.Depuis le début du 20e siècle, de nombreux pays ont utilisé systématiquement ces moyens préventifs non spécifiques avec le résultat d\u2019une chute importante du taux de la mortalité et même de celui de la morbidité.Il est bon d\u2019insister sur le fait que le taux de la morbidité n\u2019a cependant jamais suivi la même pente que celui de la mortalité, preuve évidente que ces moyens préventifs non spécifiques ne suffisaient pas encore à enrayer complètement la diffusion si dangereuse du bacille tuberculeux.A mon sens, ce serait une grave erreur de croire que, par les seuls moyens préventifs non spécifiques, on puisse un jour enrayer complètement la diffusion du B.tuberculeux.Les plus beaux succès réalisés de cette façon, ceux qu\u2019on nous cite en exemple et qui sont proportionnels, semble-t-il, au nombre de lits de sanatorium, sont constatés, notons-le bien, surtout chez les peuples qui font peu d\u2019enfants par famille, chez lesquels l\u2019indice de diffusion, par voie familiale, ne saurait avoir l\u2019importance de celui qu\u2019on trouve au sein des nations dont la plupart des familles comprennent de 5 à 10 enfants ou plus.Tenant compte de cette première restriction et aussi des innombrables et insurmontables difficultés qu\u2019on rencontrerait en vou- 46 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 lant pratiquer à fond l\u2019isolement et la ségrégation des tuberculeux au sein d\u2019une population chargée de grosses responsabilités familiales (à moins que la pratique de la médecine sociale ne soit immensément plus avancée qu\u2019aujourd\u2019hui), je doute, que chez nous, dans le Québec, en utilisant les seuls et mêmes moyens que l'Ontario ou la Saskatchewan, on puisse atteindre des résultats proportionnels.Je ne parle pas du coût d\u2019une telle entreprise, qui serait plus élevé ici à cause du nombre de malades et de la fréquence de la contagion.Et d\u2019ailleurs, nulle part encore, la mortalité n\u2019a atteint le 0.Quand on décide d\u2019isoler un tuberculeux, beaucoup de mal est déjà fait quant à la contagion.Et c\u2019est pourquoi, il semble qu\u2019il y aura toujours des tuberculeux.Même, si on parvenait à libérer une population totale de tout germe tuberculeux, cette population ne serait pas encore à l\u2019abri d\u2019un porteur de germes tuberculeux indécelé, voyageur solitaire, sorte de corsaire en liberté, capable d\u2019infecter sournoisement toute une partie de cette collectivité avant même que l\u2019alarme ne soit donnée.Cette population serait encore moins à l\u2019abri d\u2019un tel corsaire qu\u2019elle ne l\u2019est actuellement parce que, nous le verrons plus loin, les sujets qui la composeraient, privés de contact avec le B.tuberculeux, ne seraient plus vaccinés naturellement, comme aujourd\u2019huit la plupart des adultes, par une infection bénigne, contre la contagion semée par ce porteur de germes inconnu.Pour réaliser davantage la valeur de ces arguments en faveur d\u2019une vaccination antituberculeuse, rappelons-nous l\u2019insuffisance lamentable des méthodes générales de dépistage, d\u2019isolement et d\u2019hygiéne dont on se servait jadis contre la variole, la diphtérie, la fièvre typhoïde, avant la découverte des vaccins spécifiques.En Hollande, je crois, il y a quelques années, on a tenté de relâcher la sévérité de la loi de la vaccination obligatoire contre la variole.Immédiatement, les taux de mortalité et de morbidité firent un bond tel qu\u2019on s\u2019empressa de resserrer l\u2019application de cette loi salutaire.C'est la prévention spécifique, la vaccination seule qui a vaincu les plus affreuses contagions dont ait souffert l\u2019humanité.Pourquoi en serait-il autrement dans la tuberculose, cette maladie encore plus diffusible parce que de propagation plus sournoise que les autres?IL.Bases scientifiques de la vaccination antituberculeuse.Nous allons immédiatement faire une revue de l\u2019évolution des idées dans le domaine de la lutte préventive spécifique contre la tuber- eulose.Nous n\u2019insisterons pas trop sur les nombreuses hypothèses erronées et stériles qui ont retardé la découverte et l\u2019essor de la vaccination antituberculeuse.Soit dit sans aucun reproche car la science ne procède que par la réfutation patiente des erreurs et la reconstruction continuelle des hypothèses.On se rappelle les méprises de Koch lui-même au sujet de la présence de spores dans le B.tuberculeux, au sujet de l'identité des bacilles humain et bovin, au sujet de la guérison et de la prévention de la tuberculose par la tuber- line, méprise tragique s\u2019il en fut jamais.Je mentionne encore les hypothèses erronées de Lumière sur l\u2019hérédité de la tuberculose et la négation de la contagion, les hypothèses non prouvées sur la résistance naturelle de certaines races ou au contraire sur la prédisposition spécifique, naturelle et héréditaire, de certains individus, nés ou non de parents tuberculeux, l\u2019hypothèse encore soutenue de nos jours que l'allergie, au sens d\u2019hypersensibilité, soit responsable de l\u2019état de résistance, ou la prétention contraire que l'allergie soit une propriété dangereuse.Pour éclairer ces divers sujets, en apparence contradictoires, Calmette a apporté de nouvelles données expérimentales et épidémiologiques qui lui permirent d\u2019élaborer une conception plus homogène de l\u2019immunité en tuberculose.On s\u2019explique maintenant pourquoi il s\u2019est écoulé presque un demi-siècle entre la découverte du B.tuberculeux par Koch en 1882 et la mise au point d\u2019une méthode efficace de vaccination antituberculeuse.Il ne suffit donc pas d\u2019isoler l\u2019agent étiolo- FRAPPIER: VACCINATION PRÉVENTIVE CONTRE LA TUBERCULOSE 47 gique d\u2019une maladie infectieuse pour en arriver rapidement à l\u2019établissement d\u2019une méthode efficace de vaccination préventive.Ce n\u2019est même pas une nécessité.Pasteur, qui a dompté la rage, n\u2019a jamais réussi à en isoler le virus.Pour établir et utiliser rationnellement une méthode de vaccination préventive, beaucoup d\u2019autres facteurs que le virus lui-même sont à considérer.En tuberculose, il fallut, en premier lieu, prouver la contagiosité de la maladie et détruire les hypothèses de l\u2019hérédité du germe, de la prédisposition ou de la résistance spécifique naturelles.De quelle utilité serait un vaccin chez un sujet déjà infecté?Calmette a démontré d\u2019autre part que l\u2019apparence de prédisposition ou de résistance naturelles est due en réalité à l\u2019établissement précoce du microbe tuberculeux lui-même dans l\u2019organisme après la naissance.En second lieu, la contagion se propageait- elle directement ou indirectement?Les deux modes jouent un rôle important, mais il ne semble pas qu\u2019on soit encore suffisamment convaineu de la façon extrêmement sournoise par laquelle se transmet le plus souvent la tuberculose.On ne peut savoir où, quand et comment une grande partie des tuberculeux a pu s\u2019infecter.Voilà une première limite imposée au dépistage et aux enquêtes épidémio- logiques individuelles.Sera-t-il jamais possible de dépister tous les porteurs de germes insoupçonnés?Les docteurs Renaud et Nobé- court, que je cite de mémoire, n\u2019ont pu trouver l\u2019origine de l\u2019infection tuberculeuse que chez 38 à 50% des nourrissons tuberculeux sous leurs soins.Que de cas ne pourrions-nous pas rapporter d'infection tuberculeuse contractée par des sujets vivant dans les milieux apparemment sains et pour lesquels l\u2019enquête épi- démiologique est demeurée sans conclusion! Il n\u2019est pas possible de retracer tous les contacts probables.En troisième lieu, par quelle voie le B.tuberculeux pénétrait-il dans l\u2019organisme?Tant qu\u2019eût subsisté l\u2019opinion que seule l\u2019inhalation servait de porte d\u2019entrée au virus tuberculeux, on a négligé la protection de ceux qui s'infectent par voie digestive, avec du lait contaminé, par exemple.On a laissé ainsi de côté l\u2019aspect le plus important de l\u2019infection des nouveau-nés, puisque d\u2019après Calmette, c\u2019est dans le jeune âge que se contractent le plus souvent les infections tuberculeuses, meurtrières à plus ou moins brève échéance.Behring avait coutume de dire que la tuberculose de l\u2019adulte est le refrain d\u2019un chant entonné au berceau par la mère.D'autre part, toujours d\u2019après Calmette, c\u2019est dans le jeune âge que se contractent aussi les infections bénignes qui vaccinent contre les réinfections moissonnées au cours de la vie.Du coup, en montrant que l\u2019infection tuberculeuse pénètre la plupart du temps par la voie digestive et au cours de l\u2019enfance, Calmette explique la résistance des adultes aux réinfections.Il y voit en même temps une indication d\u2019appliquer précocement toute vaccination antituberculeuse, dès après la naissance, avant que ne pénètre aucun germe tuberculeux.Sinon telle vaccination arriverait trop tard.En quatrième lieu, on se rendit bientôt à l'évidence qu\u2019en tuberculose, les phénomènes d\u2019hypersensibilité ou d\u2019allergie chevauchent avec ceux de l\u2019immunité.La primo-infection confère ordinairement l\u2019allergie, c\u2019est-à-dire, une hypersensibilité de caractère spécial vis- à-vis du B.tuberculeux ou de ses extraits comme la tuberculine.Depuis la découverte du phénomène de Koch, la littérature médicale a regorgé de publications tendant à démontrer les relations entre l\u2019allergie et l\u2019immunité.Voici le description du phénomène de Koch, dont la véritable et complète interprétation permettrait non seulement la solution du problème des relations de l\u2019allergie et de la résistance, mais probablement la solution du problème très complexe de l\u2019immunité en tuberculose.Une première inoculation, sous la peau d\u2019un cobaye sain, d\u2019une dose moyenne de B.tuberculeux virulent, donne au point d\u2019inoculation vers le 12e jour un abcès qui s\u2019ouvre bientôt et persiste jusqu\u2019à la mort de l\u2019animal par tuberculose généralisée.Chez ce même cobaye, si, quelques semaines après la première in- 48 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 fection, on inocule en un point différent de la peau une autre dose modérée de B.tuberculeux virulent, un nouvel abcès se formera à cet endroit de réinoculation, mais en 24 ou 48 heures.Il se nécrosera et se videra rapidement.Cet abcès guérira bientôt pendant que le premier abcès persistera, comme nous l\u2019avons dit, jusqu\u2019à la mort de l\u2019animal.La deuxième infection a donc avorté, sans que le cours de la première infection en eût été le moins du monde affecté.Koch n\u2019avait vu dans ce phénomène qu\u2019une réaction d\u2019hypersensibilité capable de rejeter violemment au dehors les bacilles de la deuxième infection en même temps que les tissus nécrosés.Calmette voit en plus et d\u2019une façon dissociable, un phénomène de résistance vis-à-vis la deuxième infection ou réinfection (ou superinfection).En effet, on peut tuer rapidement l\u2019animal en augmentant la deuxième dose infectante: l\u2019animal meurt de la réaction allergique seule, sans que l\u2019immunité puisse se manifester.Au contraire, si on injecte une très minime dose de bacilles lors de la deuxième infection, il ne se produit même pas de phénomène local, pas de phénomène d\u2019hypersensibilité ni même aucun autre phénomène traduisant l\u2019infection surajoutée (Ro- mer).Cette dernière, que l\u2019on sait tout de même capable d\u2019infecter un cobaye neuf, est ici tenue in situ, comme le démontre l\u2019étude de la dispersion bacillaire dans l\u2019organisme.Graduellement et silencieusement, les bacilles sont conduits vers les émonctoires naturels.Dans ce dernier cas, seule donc l\u2019immunité joue, l\u2019hypersensibilité est muette.Par conséquent, ces deux phénomènes sont dissociables.Dans le phénomène de Koch typique, ils coïncident à cause de la proportion calculée des doses infectantes et réinfectantes.Ces faits éclairent la route à suivre pour la prévention spécifique de la tuberculose.L\u2019organisme humain ne possède pas d\u2019immunité naturelle spécifique contre la tuberculose.Les plus beaux sujets, s\u2019ils sont vierges de toute infection tuberculeuse, sont aussi spécifiquement susceptibles que les malingres.Seul l\u2019organisme infecté une première fois a la propriété de résister à la tuberculose se présentant sous la forme d'infections surajoutées, sans qu\u2019il ne possède toutefois, je le répète, aucune défense spécifique contre la primo-infection.On sait comment la tuberculine peut déceler l\u2019hypersensibilité.Or, pour sensibiliser l\u2019organisme à la tuberculine, il faut une dose de bacilles appréciable.Il se peut qu\u2019un sujet soit atteint d\u2019une infection minime sans montrer aucune réactivité cutanée à la tuberculine.Ces cas échapperaient donc au dépistage à la tuberculine.Mais cette minime infection peut quand même vacciner ce sujet contre une réinfection possible.Ce qui explique que, même chez les personnes négatives à la tuberculine, il s\u2019en trouve quelques-unes en apparence plus spécifiquement résistantes que les autres à la contagion, non par immunité naturelle spécifique, mais par cette résistance acquise naturellement et discrètement.Tout au contraire, l\u2019allergie à la tuberculine peut persister chez des sujets qui ne sont pourtant pas résistants, ou qui sont très faiblement résistants aux infections surajoutées, si telle allergie est causée par des bacilles morts en voie d\u2019élimination.En effet, seuls les bacilles vivants peuvent mettre l\u2019organisme en état de résistance.Les bacilles morts ne procurent pas de résistance appréciable bien qu\u2019ils aient des propriétés sensibilisatrices.Disons cependant que, dans la majorité des cas, allergie et résistance coïncident chez un même sujet.Ces faits sont assez faciles à démontrer chez l\u2019animal.Pour les mettre en évidence chez l\u2019homme, il ne serait pas exact de comparer au moyen de statistiques la plus ou moins grande incidence de la tuberculose maladie chez les sujets allergiques et chez les sujets non allergiques.Il faut plutôt rechercher expérimentalement dans quelle proportion, ces deux groupes de sujets présentent des manifestations d\u2019infection exogène après que tous deux sont mis en contact connu avec des cas de tuberculose bacilliféres.L'expérience classique de Heimbeck à l\u2019Hôpital antituberculeux d\u2019Oslo a démontré que les gardes-malades, spontanément allergiques à la tuberculine ou artificiellement rendues FRAPPIER: VACCINATION PRÉVENTIVE CONTRE LA TUBERCULOSE 49 allergiques au moyen du B.C.G.à leur entrée à l\u2019hôpital, contractaient la tuberculose beaucoup moins fréquemment que les gardes-malades non allergiques, au cours de leur stage au service de patients tuberculeux dans cet hôpital.L\u2019intensité de la réaction cutanée à la tuberculine ne saurait non plus servir de baromètre indicateur de l\u2019évolution et de la gravité de la maladie, ni du degré de résistance.D'autre part, notons bien que la réactivité cutanée à la tuberculine ne traduit pas nécessairement l\u2019état d\u2019hypersensibilité des organes profonds aux protéines bacillaires.Il y aurait dissociation entre la réactivité cutanée à la tuberculine et l\u2019allergie organique, soit à la tuberculine, soit aux protéines bacillaires.De sorte qu\u2019un tuberculeux, présentant une faible réaction cutanée à la tuberculine, pourrait cependant posséder une hypersensibilité organique permettant le développement de grosses lésions avec perte énorme de tissu organique au cours de surinfections endogènes ou exogènes, caractéristiques, d\u2019après Ranke, de la tuberculose chronique et caverneuse.En outre, Calmette, étudiant l\u2019épidémiologie de la tuberculose, avait noté la constatation de Marfan que les enfants ayant souffert d\u2019écrouelles contractent rarement la tuberculose chronique au cours de leur vie: ils semblent avoir été protégés par cette primo-infection locale et bénigne.Calmette avait constaté encore que, malgré l\u2019extrême diffusion de la tuberculose, malgré que presque tous les adultes soient parasités par le B.tuberculeux, il ne se trouve qu\u2019environ le 1/5 de chaque génération qui meure de tuberculose.Les quatre autres cinquièmes ont résisté.Comment?Grâce précisément à ce parasitisme, c\u2019est-à-dire, à une primo-infection bénigne, prémunisante contre les réinfections.Cette primo-infection, c\u2019est donc un bouclier, comme le démontre expérimentalement le phénomène de Koch.Mais c\u2019est aussi une arme à deux tranchants.Malgré sa bénignité apparente chez l\u2019homme, la primo-infection est causée par des bacilles dont on ne connaît ni le nombre, ni les possibilités de retour à la virulence.Des circonstances adjuvantes, maternité, déchéance physique et morale, excès de sport ou d\u2019exercice, maladies anergisantes (ainsi apportées parce qu\u2019elles font disparai- tre l\u2019allergie cutanée), telles circonstances font que cette primo-infection se réveille de sa bénignité.Les germes qui l\u2019ont causée entrent en multiplication (leur virulence n\u2019était pas définitivement atténuée) et causent une tuberculose évolutive, endogène, fatale qui range le sujet dans ce cinquième de chaque génération sacrifiée à la tuberculose.Depuis 30 ans Calmette recueillait ou établissait des données expérimentales et épidé- miologiques concernant l\u2019immunité en tuberculose.Dans le creuset de son génie, de nouvelles conceptions s\u2019élaborèrent.Jamais il ne cessa de répéter que pour lutter contre la tuberculose, on ne doit pas abandonner les moyens d\u2019hygiène générale, mais ii voyait bien en même temps leur limite d\u2019efficacité: la non-spécificité d\u2019abord; ensuite, la sournoiserie incroyable de la contagion tuberculeuse, l'impossibilité d\u2019interner tous les tuberculeux etc, notions si convaincantes et que, pourtant, trop de médecins sont portés à oublier.Après tant d\u2019autres savants, Calmette recherchait un moyen préventif spécifique, une méthode de vaccination contre la tuberculose.Il réussit, là ou d\u2019autres avaient échoué, parce cu'il établit sa méthode de vaccination sur des faits et des hypothèses dont la juste interprétation avait toujours échappé aux immu- tiologistes.En tuberculose, l\u2019immunité ne se comporte pas comme dans la plupart des autres maladies infectieuses.La méthode de Cal- mette s\u2019appuie en résumé su l\u2019hypothèse suivante, dont les faits cités plus haut ont confirmé la véracité: en imprégnant l\u2019organisme du nouveau-né, ou de tout autre sujet vierge de tuberculose, par des microbes tuberculeux vivants, mais dont la virulence ne pourrait jamais se réveiller, il deviendrait possible de causer une première infection, c\u2019est-à-dire une vaccination, ou prémunition, immunisante sans être redoutable. 50 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 Je ne veux pas faire l\u2019historique de la découverte du B.C.G.Cette fois encore, un heureux hasard a favorisé un esprit bien préparé.Vers 1906, Calmette et son ami, le médecin- vétérinaire Guérin, s\u2019aperçoivent qu\u2019une souche de B.tuberculeux d\u2019origine bovine, qu\u2019ils utilisent dans leurs expériences sur la vaccination des bovidés par la méthode de Behring, perd continuellement de sa virulence quand elle est cultivée sur pomme de terre biliée et glycerinée.Après 13 ans de repiquages méthodiques sur ce milieu, cette souche semblait définitivement atténuée.Par aucun artifice de laboratoire connu, Calmette parvient-il à ressusciter cette virulence.Le voilà donc en possession d\u2019une souche atténuée et fixée, vivante mais inoffensive, capable cependant de protéger efficacement les animaux d\u2019expérience contre une infection d\u2019épreuve.C\u2019est le Bacille Calmette-Guérin le B.C.G., pouvant enfin être utilisé chez l\u2019homme, puisque après d\u2019innombrables expériences chez les animaux les plus divers, ce vaccin paraît inoffensif.Les sujets de l\u2019innocuité et de l\u2019efficacité du B.C.G.ont alimenté la littérature médicale des 20 dernières années.Jamais vaccin ne fut plus expérimenté, passionnément plus discuté.Il a survécu à toutes les critiques.~ III.Innocuite et efficacité du B.C.G.L\u2019innocuité du B.C.G., c\u2019est un fait scientifiquement et universellement reconnu.Ce n\u2019est plus une opinion.Le B.C.G.est le plus inoffensif de tous les vaccins et nous ne perdrons pas de temps à discuter cette question aujour- d\u2019hui surannée.Quant à l\u2019efficacité du B.C.G., elle est relative, bien entendu.Aucun vaccin ne donne 100% de résultats positifs.Pourquoi en exiger plus du B.C.G.?Chez les bovins, particulièrement, on obtient des résultats quasi absolus, c\u2019est-à-dire qu\u2019on réussit à protéger complètement la plupart des sujets contre des infections expérimentales ou naturelles.Chez les petits animaux de laboratoires, cobayes et lapins, la protection semblait beaucoup plus relative, parce qu\u2019on n\u2019obtenait qu\u2019un retard dans l\u2019évolution de la maladie, retard appréciable en vérité, retard de 3 à 5 mois sur les témoins non vaccinés.Cette relativité des résultats chez ces animaux dépend, semble-t-il, de leur extrême susceptibilité à la tuberculose.Cependant, nous avons dernièrement démontré, au Congrès international de New-York, en 1939, avec notre collègue Forté, qu\u2019il est possible de protéger des cobayes d\u2019une façon absolue contre une infection virulente d\u2019épreuve à faible dose, en les vaccinant par des doses fractionnées de B.C.G.même de très petites doses fractionnées.Ceci démontre aussi qu\u2019on obtiendra sûrement plus d\u2019efficacité du B.C.G.à mesure que l\u2019on saura manier les doses et les voies d\u2019inoculation.Chez l\u2019homme, il est plus difficile d\u2019apprécier exactement le degré d\u2019efficacité du B.C.G.que chez l\u2019animal.Chez ce dernier, on étaye la preuve sur une injection d\u2019épreuve d\u2019une dose connue de B.tuberculeux virulent, ce qui ne saurait jamais être fait chez l\u2019homme.Or on peut imaginer facilement combien variables doivent être les doses infectantes que récoltent les sujets humains en diverses circonstances.Il est impossible de présager, pour chaque cas, la valeur du vaccin puisqu\u2019on ignore contre quelle dose virulente il aura à lutter.Aucun vaccin ne peut tenir contre des doses virulentes massives ni même contre des doses moyennes, si elles sont trop souvent répétées.Je crois que le B.C.G.réalise sa véritable valeur contre des doses infectantes moyennes et espacées raisonnablement.Contre des doses de plus en plus fortes de bacilles virulents, les risques d\u2019échec du B.C.G.deviennent de plus en plus grands.Chez l\u2019homme, il a donc fallu établir le degré d\u2019efficacité du B.C.G.sur des statistiques.Presque tous les auteurs, dans le monde entier, qui ont étudié les effets du B.C.G.chez l\u2019homme, concèdent que ce vaccin donne des résultats encourageants, qu\u2019il abaisse appré- ciablement la mortalité tuberculeuse, particulièrement chez les enfants en bas âge chez lesquels le B.C.G.a été le plus expérimenté. FRAPPIER: VACCINATION PRÉVENTIVE CONTRE LA TUBERCULOSE 51 Ordinairement, les statistiques portent sur la mortalité tuberculeuse, sur la mortalité générale, par toutes causes (ce qui élimine toute erreur de diagnostic) et aussi sur la morbidité.On choisit deux groupes d\u2019enfants, dont l\u2019un est vacciné et l\u2019autre non vacciné.Tous deux doivent vivre rigoureusement dans les mêmes conditions d\u2019hygiéne.L\u2019interprétation des résultats suivra strictement les lois de la statistique.Plusieurs auteurs, Calmette lui-même au début, ont oublié ce point.Ce fut la cause d\u2019amères critiques.Cependant, malgré ces oublis du début, l\u2019abondance et l\u2019universalité des faits laissent nettement voir des résultats encourageants.Ainsi, au Canada, depuis 16 ans, le Conseil national des Recherches conduit une enquête sur le B.C.G.C\u2019est le Dr.Baudouin qui le premier en 1926, entreprit d\u2019étudier la vacei- nation des enfants par le B.C.G.à Montréal et de rechercher, sous la surveillance du Comité sur la tuberculose du Conseil des recherches, l\u2019efficacité de ce vaccin.Les statistiques du Dr.Baudouin ont été anlysées par les meilleurs experts du Dominion.Dernièrement, au Congrès de l\u2019Association canadienne antituberculeuse, à Montréal, le rapport de ces experts sur le travail du Dr Baudouin a démontré, avec encore plus de force qu\u2019on ne s\u2019y attendait, toute la valeur du B.C.G., chez les nouveau-nés: la mortalité par tuberculose est réduite d\u2019environ 70% dans le groupe des vaccinés par rapport à celui des témoins non- vaccinés.De même la mortalité générale est réduite d\u2019environ 50% dans le premier groupe par rapport au deuxième, ceci dû au fait, en apparence, exclusif, de la réduction de la mortalité tuberculeuse.Et j'ajoute que chacun de ces groupes, vaccinés et témoins, se compose d\u2019au moins 500 enfants dont la plupart des vaccinés n\u2019ont même pas été isolés après leur vaccination et n\u2019ont jamais été revaccinés.Tous vivent en pleine contagion, prouvée par l\u2019examen des crachats de l\u2019entourage habituel.Les résultats portent sur cinq ans et il faut dire que les vaccinés ont reçu beaucoup moins de visites que les témoins non-vaccinés, ce qui n\u2019est pas fait pour favoriser les résultats chez les premiers, bien au contraire.Le Dr Baudouin mérite toutes nos félicitations pour ce travail de bénédictin qu\u2019il s\u2019est imposé au nom de l\u2019humanité.C\u2019est la plus grande expérience du genre au monde et elle fut entreprise sous les auspics de la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal.Dans toute question scientifique, il faut douter jusqu\u2019au moment où des faits positifs et cruciaux ne le permettent plus.Pour ce qui est du B.C.G., on ne doit plus douter qu\u2019il puisse protéger contre la tuberculose d\u2019une fa- con relative et appréciable.Mais on peut bien se demander combien de temps dure cette protection.Une seule et unique vaccination par le B.C.G.ne suffit pas pour la vie.À peine suffit-elle pour 5 ans, d\u2019après Weil-H'allé, à moins que ne se soit superposée une légère infection tuberculeuse, à laquelle le sujet a résisté grâce à sa vaccination par le B.C.G.Cette infection renforce la résistance décroissante due au B.C.G.À moins également que le sujet n\u2019ait été périodiquement revacciné au cours de sa vie.Car le B.C.G.s\u2019élimine lentement mais sûrement et il faut le remplacer.Il en est ainsi pour tous les vaccins, mais plus particulièrement pour le B.C.G.En pratique, les réactions à la tuberculine restent le seul moyen à notre disposition pour juger d\u2019abord si le vaccin a été absorbé, ensuite, quand elles persistent dans la négativité, si l\u2019organisme a besoin d\u2019être revacciné.Mais, on peut revacciner par la bouche sans se préoccuper de l\u2019allergie du sujet.On voit donc nettement indiqué le devoir de revacciner périodiquement les sujets déjà vaccinés, sans quoi on risque de laisser à découvert des sujets que l\u2019on croirait encore vaccinés, on risque aussi d\u2019attribuer à l\u2019inefficacité du B.C.G.des échecs dus en réalité à une administration incomplète et défectueuse de ce vaccin.Reste à savoir si les doses et les voies d\u2019administration du B.C.G.n\u2019auraient pas quelque influence sur la durée de l\u2019immunité. 52 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 IV.Modes d'administration.Le vaccin B.C.G.est préparé dans les laboratoires du B.C.G.de l\u2019Institut de Microbio- lagie et d\u2019Hygiène de l\u2019Université de Montréal, selon la rigoureuse technique de Calmette et Guérin.Il peut être administré sous deux formes principales: par voie buccale (B.C.G.) et par voie sous-cutanée (B.C.G.-Sc).L\u2019espace ne me permet pas d\u2019expliquer les détails de chacun de ces modes de vaccination.Qu\u2019il soit dit cependant que la dose de B.C.G.-Sc est beaucoup plus faible que celle du B.C.G.ordinaire et que seuls les médecins doivent l\u2019administrer, exclusivement chez les sujets nouveau-nés ou négatifs à la tuberculine.Il est certain que la voie parentérale apporte plus rapidement l\u2019allergie et la résistance mais elle ne doit être employée que dans des localités où le médecin, advenant la formation d\u2019abcès de vaccination (10% des cas, environ), peut être facilement atteint pour traiter ceux de ces abcès qui ont tendance à s\u2019ouvrir spontanément.Il faut alors les ponctionner non pas les ouvrir et il est rare qu\u2019il faille le faire plus d\u2019une fois.La guérison est toujours de règle sans que la santé du vacciné en souffre le moins du monde.Nous distribuons, à demande, des feuillets sur la manière de procéder pour la vaccination buccale et parentérale.Nous croyons que, pour établir la vaccination par le B.C.G.dans une localité, il faille d\u2019abord utiliser la voie buccale.Elle a bien, elle aussi, son efficacité et l'immense avantage de la simplicité.Elle favorise la vulgarisation rapide du B.C.G.Les revaccinations par voie buccale se font sans épreuves à la tuberculine.Elles suffisent à l\u2019entretien de la résistance.Le vaccin B.C.G.contient des microbes vivants qui ne peuvent se conserver tels que pendant 10 jours.D\u2019où l\u2019impossibilité de créer des stocks et d\u2019expédier les doses à l\u2019avance.Celles-ci sont envoyées dès que la demande en est faite soit par télégramme aux frais de l\u2019envoyeur lui-même, soit par lettre ou par téléphone.LE VACCIN EST GRATUIT.Il se converse a la glaciere.V.Quels sujets doit-on vacciner avec le B.C.G.?1.\u2014 Les nouveau-nés, parce qu\u2019il faut les prémunir avant qu\u2019ils ne récoltent quelque infection tuberculeuse virulente qui rendrait la vaccination tardive inutile et inefficace.D\u2019autant plus que la vaccination par voie buccale réalisera son maximum d\u2019efficacité si elle est faite dans les dix jours qui suivent la naissance, parce que, à ce moment, la muqueuse intestinale possède une perméabilité remarquable qui favorise une meilleure absorption du vaccin.2.\u2014 Pratiquement tous les nouveau-nés, les descendants de familles soi-disant saines aussi bien que ceux de familles contagieuses ou suspectes.On vaccinera tous les enfants nés viables, même les prématurés.On s\u2019abstiendra cependant de vacciner les sujets atteints d\u2019ictère persistant, de malformations congénitales ou de débilité évidente pour que leurs familles ne soient pas tentées d\u2019attribuer au B.C.G.les accidents mortels que peuvent entraîner ces états pathologiques.Maintenant que le B.C.G.a été employé dans toutes les parties du monde, qu\u2019on a acquis la certitude de son innocuité et de son efficacité, il n\u2019y a aucune raison d\u2019en priver les enfants nés de parents soi-disant sains, attendu que ces enfants sont fréquemment exposés à des contacts accidentels, très souvent ignorés, avec des personnes tuberculeuses (vieux tousseurs, parents, amis porteurs de germes).Nous l\u2019avons dit: la transmission de la tuberculose se fait d\u2019une façon très sournoise.Qu\u2019on se rappelle nos citations des travaux des docteurs Renaud et Nobécourt.En collaboration avec le Dr Lapierre et le personnel du Service Social de l\u2019hôpital Ste-Justine, nous avons dernièrement démontré que 45% environ d\u2019un groupe de 200 enfants de O0 à 6 ans, vivant dans des familles en apparence indemnes de tuberculose, réagissait à la tuberculine, preuve que ces enfants, encore si jeu- FRAPPIER: VACCINATION PRÉVENTIVE CONTRE LA TUBERCULOSE 53 nes et que l\u2019on croit à l\u2019abri, ont déjà récolté quelque part les germes de la tuberculose.3.\u2014 Les enfants et les adultes, en apparence de bonne santé qui, par deux fois, à une semaine d'intervalle, ne réagissent pas à la tuberculine.Cependant, si on emploie la voie buccale, point n\u2019est besoin, nous le répétons, chez un sujet apparemment sain, de pratiquer les réactions tuberculiniques.On pourra denc vacciner avec avantage les enfants d\u2019âge scolaire, les étudiants, particulièrement les étudiants en médecine, les sœurs hospitalières, les gardes-malades et toute autre personne exposé au contact des tuberculeux.4.\u2014 L'administration du B.C.G.par la bouche aux doses ordinaires, chez les tuberculeux, ne paraît pas influencer en mal le cours de la maladie.Elle ne saurait le faire non plus en bien.Elle est inutile.Vaut mieux l\u2019éviter, en toute justice pour le vaccin.Quant à la vaccination parentérale (sous-cutanée, intradermique, ou intramusculaire) les doses minimes de B.C.G.employées ne paraissent pas produire d\u2019effets nocifs, tant chez l\u2019animal d\u2019expérience que chez l\u2019homme tuberculeux.Mais, encore une fois, il ne faut prendre aucun risque.C\u2019est pourquoi avant d\u2019utiliser cette voie parentérale, on insiste pour que les sujets soient négatifs aux examens clinique et radioscopique et à la tuberculine.Chez les nouveau-nés, la tuberculose héréditaire étant rare, on se dispense de ces précautions.VI.Isolement.L\u2019isolement s\u2019impose surtout dans les milieux tuberculeux ou suspects.Il durera au moins six semaines.S\u2019il est impossible de le réaliser, le médecin ou la garde-malade donneront à l\u2019entourage les conseils voulus pour éviter les contaminations.Il ne faut pas oublier que l\u2019immunité antituberculeuse s\u2019établit lentement.Qu'on lui permette donc de s\u2019installer avant toute infection virulente.L'œuvre accomplie par le docteur Guilbault, dans ce domaine, est admirable.A la clinique du B.C.G.de l\u2019Assistance maternelle, il reçoit les nouveau-nés, les vaccine et ne les rend à leur milieu que lorsqu\u2019ils sont positifs à la tuberculine.VII.Soin des vaccinés.Revaccinations.La vaccination ne dispense pas d\u2019éviter les contacts massifs ou répétés à courts intervalles.Aucun vaccin ne peut tenir longtemps contre de telles infections.L\u2019hygiène continue d\u2019exister pour les vaccinés comme pour les autres.La raison des revaccinations, c\u2019est que le B.C.G.s\u2019élimine de l\u2019organisme au bout d\u2019un certain temps.La jprémunition s\u2019évanouit alors à moins que, avons-nous dit, l\u2019immunité n\u2019ait été renforcie par quelques contacts ba- cillifères bénins et accidentels.On revaccine au bout des 1ère, 3ième, 5ième, 10ième années ou périodiquement suivant les occasions de contacts.Les revaccinations par voie parentérale seront nécessairement précédées des examens dont nous avons parlé plus haut.VIII.Allergie chez les vaccines.D\u2019après notre expérience sur des centaines de sujets, particulièrement chez le groupe de vaccinés à l'hôpital Ste-Justine, le B.C.G.administré par voie buccale, aux nouveau-nés, leur confère une allergie à la tuberculine très nette qui est décelable dans 97% des cas à la fin de la première année après la vaccination.Cela nous paraît suffisant pour ne pas dédaigner ce mode de vaccination.C\u2019est une supposition gratuite de croire que le B.C.G.sensibilise l\u2019organisme au point qu\u2019il réagisse violemment et dangereusement lors d\u2019une introduction éventuelle d\u2019une infection virulente de bacilles tuberculeux.Aucune donnée expérimentale ou statistique ne confirme telle hypothèse.La sensibilité conférée par le B.C.G.est toujours relativement faible, en particulier celle qui est causée par les doses ordinaires de vaccination.IX.Stabilité du B.C.G.Loin de douter de l\u2019innocuité du B.C.G., certains auteurs prétendent maintenant qu\u2019il perd graduellement de sa vitalité et de son cfficacité.Cette dernière hypothèse n\u2019a pas encore été vérifiée.Nous ne croyons pas qu\u2019elle 54 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 réponde aux faits.Bien au contraire, de nombreux chercheurs ont établi dernièrement que le B.C.G.possède les mêmes propriétés biologiques qu\u2019autrefois.Avec mes collègues, j'ai montré que ce vaccin cause encore chez ies animaux de laboratoire les lésions caractéristiques décrites par Calmette au tout début de ses expériences; que, au cours de deux périodes successives, la fréquence d\u2019apparition de ces lésions caractéristiqus chez ces animaux fut la même; finalement que la capacité d\u2019immunisation du B.C.G.pour le cobaye n\u2019a pas changé depuis qu\u2019elle a été décrite 1l y a près de 25 ans par Calmette.X.La position actuelle du B.C.G.Malgré que la vaccination par le B.C.G.ne jouisse guère de la propagande officielle, elle se répand à un taux surprenant.En France, on vaccine environ le tiers des nouveau-nés chaque année.En 15 ans, plus de 2,500,000 sujets répartis dans le monde entier ont impunément reçu ce vaccin.S\u2019il existait quelque danger, on l\u2019aurait constaté depuis longtemps.\u2018Aux États-Unis, le B.C.G.fait des progrès lents mais substantiels: dernièrement, les autorités fédérales ont entrepris la vaccination des Indiens.À Chicago, le docteur Rosenthal dirige une clinique de vaccination.Je ne parle pas des travaux de Aronson, dans le Tennessee et de Park, à New-York.Au Canada, le Conseil national des recherches, satisfait de l\u2019enquête qu\u2019il a instituée sur le B.C.G.et qui a duré 14 ans, encourage les autorités provinciales à continuer l\u2019étude et l\u2019emploi du vaccin.Les \u2018demandes pour le B.C.G.augmentent constamment.En 1926, le laboratoire du B.C.G.de l\u2019Université de Montréal, distribuait dans la ville de Montréal 240 ampoules de B.C.G.En 1939, 23,072 ampoules furent distribuées, non seulement dans Montréal, mais dans toute la province de Québec (dans plus de 100 villes et villages et 23 unités sanitaires) dans plusieurs parties de l\u2019Ontario et de la Saskatchewan.Dans cette dernière province, l\u2019organisation officielle de lutte antituberculeuse a entrepris de vacciner les Indiens, les nouvau-nés et de tous les adultes qui le désirent.Dans le Québec, les autorités du ministère de la santé, convaincus de la valeur du B.C.G., ont toujours aidé ceux qui s\u2019occupaient de répandre cette méthode et c\u2019est à cause de cette clairvoyance qu\u2019il est possible d\u2019accomplir le vœu de Calmette, à savoir la distribution gratuite du B.C.G.En face de tous ces faits, comment peut-on éliminer la vaccination d\u2019un programme de lutte contre la tuberculose?Bien entendu, le B.C.G.ne remplace aucun autre moyen «ie combat.C\u2019est une arme nouvelle qui peut aider à obtenir des résultats plus nombreux et plus rapides.Son utilisation coûte très peu en regard de l\u2019économie de vies et d'argent qu\u2019elle réalise.Dans la province de Québec, à cause de l\u2019éloignement des agglomérations, des familles très nombreuses et de la diffusion marquée de la tuberculose, la vaccination devrait jouer un rôle très important.Nous avons déjà une organisation prête à collaborer davantage avec les services de santé: c\u2019est le Service du B.C.G.de l\u2019Université de Montréal.Si le B.C.G.est inoffensif, s\u2019il possède un certain degré d'efficacité, s\u2019il coûte si peu, on doit l\u2019employer à fond, car, je le répète, les phtisiologistes sérieux ont toujours affirmé que, dans la lutte contre la tuberculose, toute mesure prophylactique dont les résultats, quoique relatifs, peuvent conduire à un abaissement des taux de mortalité et de morbidité, mérite l\u2019attention et vaut qu\u2019on l\u2019applique. MÉTHODES MODERNES DE DÉPISTAGE DE LA TUBERCULOSE Par Léo LADOUCEUR, Directeur de la Section de tuberculose du Service de Santé de Montréal.Le dépistage de la tuberculose pulmonaire s\u2019appuie aujourd\u2019hui sur un trépied solide: premièrement, la réaction à la tuberculine qui nous indique ceux qu\u2019il faut radiographier; deuxièmement, l\u2019examen fluoroscopique ou mieux radiographique qui nous montre des plages, nettes ou des ombres pathologiques de conformation diverse; troisièmement enfin, les examens de laboratoire, expectorations, contenu gastrique, qui, sous la lentille du microscope ou inoculés au cobaye, nous renseigneront sur la nature exacte des ombres entrevues.Seule la présence du bacille peut nous permettre d\u2019affirmer qu\u2019il s\u2019agit de tuberculose pulmonaire.Tous les autres moyens de dépistage: interrogatoire, examen clinique, crachements de sang ou hémoptysies ne sont que des moyens accessoires, discutables, qui, s\u2019ils peuvent nous faire soupçonner la lésion tuberculeuse, font à peu près toujours'défaut dans la tuberculose inci- piens.S\u2019appuyer exclusivement sur l\u2019examen clinique nous exposerait dans bien des cas a ignorer une tuberculose qui débute et dont hélas on ne ferait le diagnostic qu\u2019à une période déjà avancée.Si j\u2019énumère aujourd'hui suceincte- ment tous les moyens de dépistage à notre disposition, anciens comme plus récents c\u2019est pour en bien établir la valeur, l\u2019importance respective, pour en quelque sorte faire ressortir davantage les moyens modernes, indiscutables que la science a mis, ces dernières années, à notre disposition.Il y a quelque dix ans lorsqu\u2019un patient, suspect de tuberculose pulmonaire, se présentait au cabinet de consultation il s\u2019agissait d\u2019abord par un interrogatoire fouillé tant sur les antécédents héréditaires que personnels, sur les symptômes subjectifs, d\u2019orienter déjà le diagnostic vers un état pathologique pulmonaire.Le patient tuberculeux se devait à lui-même de tousser, d\u2019expectorer, d\u2019avoir craché ou vomi des quantités plus ou moins considérables de sang, d\u2019avoir maigri, de transpirer la nuit, de présenter des douleurs thoraciques, de nature vague ou précise.L\u2019on sait couramment que quelques-uns de ces symptômes peuvent exister en l\u2019absence de toute tuberculose et que par ailleurs des lésions à leur début peuvent avoir modifié le parenchyme pulmonaire en l\u2019absence ou avec un minimum de symptômes cliniques.L\u2019examen clinique sur lequel on s\u2019est pendant tant d\u2019années appuyé avec confiance ne donne point toute certitude et, si à un stade modérément ou très avancé de la maladie, l\u2019oreille perçoit une variété extraordinaire de bruits adventices, au début, la lésion peut exister de façon si discrète que l\u2019oreille la plus avertie ne peut à son niveau percevoir le moindre bruit révélateur ou les signes entendus sont à ce point ténus qu\u2019ils réussissent tout au plus à inquiéter, sans nous permettre d\u2019affirmer la présence d\u2019une évolution tuberculeuse quelconque.Au premier plan des méthodes de dépistage et surtout chez l\u2019enfant jusqu\u2019à 15 ans l\u2019épreuve tuberculinique ainsi que je l\u2019ai dit plus haut permet de trouver les suspects ou ceux qu\u2019il faut radiographier.Négative, elle indique de façon indiscutable que l\u2019organisme n\u2019a pas été infecté par le bacille tuberculeux.Positive elle signifie qu\u2019au niveau des ganglions hilaires, au centre de noyaux calcifiés existent, vivants et virulents, des bacilles tuberculeux.En ces dernières années des chercheurs pourront avoir réussi à trouver quelques cas d\u2019exception où la réaction tuberculinique aura semblé fautive, il n\u2019en persiste pas moins qu\u2019en règle générale la réaction a une signification précise et qu\u2019on peut avoir toute confiance en elle.L\u2019intensité de la réaction indique-t-elle l\u2019atteinte plus ou moins grave du poumon?Non, elle établirait 56 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 tout au plus un pouvoir de résistance faible ou accru de l\u2019organisme infecté.Le R.X., vous ne serez point surpris de me l\u2019entendre hautement réaffirmer demeure l\u2019arme de choix dans le dépistage de la tuberculose pulmonaire.Et si la fluoroscopie, parce qu\u2019elle repose sur une acuité visuelle variable, peut quelquefois prêter à erreur, la radiographie bien faite à l\u2019aide d\u2019un appareil suffisamment puissant, interprétée avec la prudence voulue ne permet qu\u2019une marge d\u2019erreurs infimes, erreurs que le perfectionnement des appareils et l\u2019expérience de celui qui interprète le film devraient réduire au minimum.Peu de lésions tuberculeuses pulmonaires parlantes à l\u2019oreille ne sont point révélées par l\u2019appareil radiographi- que alors qu\u2019au contraire nombre de lésions apparentes sur le film ont échappé à l\u2019oreille du spécialiste.Une fois l\u2019image pathologique perçue le laboratoire doit nous permettre d\u2019affirmer s\u2019il s\u2019agit oui ou non d\u2019une lésion tuberculeuse.Les examens de crachats devront être répétés plusieurs fois, un seul résultat négatif ne nous permettant en aucune façon d\u2019écarter d\u2019emblée l\u2019infection tuberculeuse.Chez l\u2019enfant et même chez l\u2019adulte il faudra quelquefois par l\u2019examen du contenu gastrique aller surprendre le bacille ingéré alors qu\u2019en l\u2019absence d\u2019expectoration ce moyen de diagnostic nous manquait.L\u2019inoculation au cobaye des excrétas dans certains cas difficiles réussira à étiqueter une lésion sur laquelle on était jusque-là resté perplexe.Certains voudront tirer de mes avancés des conclusions fausses.Il est bien entendu que je n\u2019entends parler ici que du dépistage et non point du traitement de la lésion tuberculeuse en cours.Armés comme nous le sommes il ne nous est plus permis aujourd\u2019hui d\u2019ignorer la tuberculose à son début, 11 ne s'agit que d\u2019user avec discernement des moyens de dépistage à notre disposition.Les cas d\u2019exception qui auraient pu nous échapper ne doivent aucunement nous arrêter, ils permettront tout au plus à quelques esprits chagrins des critiques faciles et oiseuses.Il ne faudra plus à l\u2019avenir se contenter de faire le diagnostic de la tuberculose à un stade modérément ou très avancé parce que déjà à ce stade de la maladie la guérison est difficile à obtenir, de très longue durée, les récidives sont fréquentes et il n\u2019est guère qu\u2019au stade incipiens où l\u2019on ait chance dans une proportion importante de guérir totalement et définitivement les ravages du bacille de Koch.Pour me résumer, je dirais qu\u2019aujourd\u2019hui le médecin a le devoir impérieux chez l\u2019enfant malingre, tousseur, enfin suspect de recourir à l\u2019épreuve tuberculinique si simple d\u2019emploi, si facile d\u2019interprétation.Chez le réacteur positif, l\u2019examen clinique ne suffit absolument pas, en l\u2019absence de signes stéthacoustiques, à éliminer la tuberculose pulmonaire, la radiographie est non plus seulement utile mais nécessaire, indispensable; le médecin qui n\u2019y retourrait point manquerait à son devoir, risquant presqu\u2019à coup sûr d\u2019ignorer la lésion qui débute pour n\u2019arriver au diagnostic précis qu\u2019à un stade déjà avancé de la maladie.Voilà au- jourd\u2019hui ce qu\u2019il faut croire et pratiquer.Il n\u2019est plus permis d\u2019avoir sa petite opinion personnelle.L\u2019expérience mondiale, basée sur des statistiques irréfutables, établissent surabondamment que la ligne de conduite plus.haut décrite est la seule permise si l\u2019on veut continuer de mériter le beau et très noble titre de médecin. ÉDITORIAL 57' JBulletin de l'Association _ des (Dédecins de Langue jfrançaise de l\u2019uamérique du Moro (Fondée à Québec en 1902) TW'Union (Médicale OU Canada (Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872) Tome 70 \u2014 N° 1 Montréal, janvier 1941 L\u2019IMPOT SUR LÉ REVENU ET LA PROFESSION MEDICALE Le Gouvernement Fédéral a adopté une législation visant à augmenter son revenu.L\u2019un des articles de cette législation, et non le moindre, est celui touchant l\u2019augmentation de l\u2019impôt sur le revenu.À maintes reprises, l'Association Médicale Canadienne a présenté, aux autorités chargées de formuler les règlements de cette Loi, les revendications des médecins pour qu'ils \u2018incluent dans leurs dépenses non taxables, des sommes représentant des déboursés indispensables à la conduite de leur art, alors qu\u2019ils sont taxables dans d\u2019autres professions où l\u2019utilisation d\u2019un même matériel représente véritablement un luxe.L\u2019Association Médicale Canadienne n\u2019a pas réussi dans toutes ses demandes, mais nous croyons, pour avoir assisté à certains débats sur cette question, qu\u2019elle a toujours travaillé dans l'intérêt de la profession et qu\u2019elle a obtenu de précieux privilèges.Avec l'avènement des dépenses toujours croissantes encourues par le pays à l\u2019occasion de la guerre, le peuple tout entier se voit surtaxer et la profession médicale, malgré son dévouement toujours inlassable pour l\u2019indigent et le chômeur, et ses services gratuits ou à demi payés, doit tout de même fournir sa quote-part sur ses revenus qui dépassent l\u2019excédent de ses déboursés nécessaires à l\u2019exercice de son art.Encore récemment l'Exécutif de l\u2019Association Médicale Canadienne s\u2019est entretenu avec le percepteur de l\u2019'Impôt sur le Revenu, afin d'obtenir une interprétation aussi avantageuse que possible pour le médecin, tout en restant dans la juste limite de l\u2019aide financière qu\u2019il peut apporter pour diminuer la dette nationale et soutenir l\u2019effort de guerre que certains de nos confrères et de nos compatriotes paient de leur personne.| Nous avons reçu récemment le mémorandum suivant qui doit servir de guide à tous les médecins, pour leur faciliter la tâche, toujours ardue, de compléter de façon adéquate la formule d'impôt sur le revenu.Nous osons espérer, que les lecteurs de l\u2019Union Médicale, se conformeront aux stipulations de ce texte, évitant ainsi des difficultés inutiles et des ennuis certains.Ce memorandum annulle tous les autres publiés précédemment.Léon GERIN-LAJOIE Président de la Division de Québec de l\u2019Ass.Médicale Canadienne * + * IMPOT SUR LE REVENU FEDERAL Rapports par les membres de la profession médicale Pour la gouverne des membres de la profession médicale et afin d\u2019obtenir plus d\u2019uniformité dans les \u2018données qui doivent être soumises à la branche de l\u2019Impôt sur le Revenu du Ministère du Revenu National dans les rapports d\u2019impôt sur le revenu annuel.nous signalons spécialement les points suivants: REVENU 1\u2014Le médecin devrait tenir un compte exact de ses revenus tant de source professionnelle que de placements.Ce compte devrait être précis et de comparaison facile avec le rapport de revenus soumis.Il peut être fait sur des cartes ou dans des livres tenus à cette fin.DEPENSES 2\u2014Sous la rubrique de dépenses, les comptes suivants devraient être maintenus et les pièces justificatives être toujours disponibles pour vérification à l\u2019appui des charges faites: a) Articles de médecine, de chirurgie et autres semblables.b) Aides de bureau, garde-malade, servante et comptable; blanchissage et primes d\u2019assurance contre la négligence dans la pratique de la profession 8 Nea\u201d c d) \u20ac sl h) L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 (Notez que la loi de l\u2019impôt de guerre sur le revenu n\u2019alloue pas à titre de déduction le salaire payé par l\u2019époux à son épouse et vice-versa.Ce salaire, si payé, devra être réajouté au revenu).Dépenses de téléphone.Honoraires des assistants.I] faut donner les noms et adresses des assistants qui reçoivent des honoraires.Ce renseignement doit être fourni chaque année, le ou avant le dernier jour de février sur la formule d\u2019impôt sur le revenu appelée formule T.4 que l'on obtient de l'inspecteur de l\u2019impôt sur le revenu.Ne pas confondre avec la formule T.1 qui doit être soumise le ou avant le 30 avril de chaque année).Loyers payés: Il faut donner le nom et l'adresse du propriétaire, de préférence, ou de son représentant ou agent (voyez ]); Dépréciation de l'outillage médical: Les taux suivants seront alloués, à condition que la dépréciation précédemment déduite n\u2019ait pas égalé la valeur totale de l\u2019article déprécié; Instruments.\u2014 Ceux dont le coût n\u2019excède pas $50.00 pourront être chargés au compte des dépenses et leur valeur déduite du revenu pour l\u2019année d'acquisition.Ceux dont le coût excède $50.00 ne peut être chargés au compte des dépenses de l\u2019année d\u2019acquisition mais le coût doit en être capitalisé et réparti sur les années de leur durée approximative à un taux de 15 p.100 à 25 p.100 à être fixé par le médecin et le bureau de l'impôt d\u2019après la nature de l'instrument et ce taux fixé sera toujours utilisé par la suite.Bibliothèque.\u2014 Le prix des livres neufs pourra être entré au compte des dépenses.Ameublement et accessoires de bureau.\u2014 Le taux de dépréciation, ici, sera de 10% par an.Pour l\u2019année 1940 et par la suite, l'allocation pour la dépréciation d\u2019une automobile, mais jusqu\u2019à concurrence d\u2019un prix d\u2019achat de $1,800 seulement, sera la suivante: Vingt pour cent \u2014 lère année; Vingt pour cent \u2014 2ième année; Vingt pour cent \u2014 3ième année; Vingt pour cent \u2014 4ième année; Vingt pour cent \u2014 5ième année; Cette allocation ne sera faite que pour les automobiles utilisées dans la pratique de la profession; elle ne s\u2019applique pas aux automobiles employées pour usage personnel.i) Dépenses d\u2019automobiles: (une auto) Dans ce compte, entreront le coût de la licence, de l'huile, de la graisse, de la gasoline, de l\u2019assurance, du lavage, du garage et des réparations; (Alternativement à (h) et (i) pour l\u2019année 1940 par la suite.Au lieu des dépenses ci-haut énumérées, y compris l'allocation pour dépréciation, un médecin pourra réclamer 0.0414 cents du mille pour la distance réellement parcourue dans l'exercice de sa profession.Lorsqu'une automobile n\u2019est pas utilisée exclusivement pour l\u2019accomplissement de devoirs professionnels, le nombre maximum de milles considérés comme ayant été réellement parcourus dans l'exercice de la profession sera 75% du nombre total de milles parcourus durant l'année d'imposition; Pour l'année 1940 et par la suite, lorsqu\u2019'un médecin emploie un chauffeur tant pour l\u2019exercice de sa profession que pour ses affaires personnelles, seule, cette proportion du salaire du chauffeur qui couvre le temps durant lequel son patron l\u2019a employé pour l\u2019exercice de sa profession, sera allouée a titre de dépense nécessairement encourue par ce médecin pour gagner ses honoraires.j) Dépenses proportionnelles des médecins dont le bureau et la résidence ne font qu\u2019un; (a) médecin propriétaire; (b) médecin locataire.(a) Lorsqu'un médecin pratique d\u2019une maison qui lui appartient dans laquelle il réside, il lui sera allouée une proportion des dépenses de la maison pour son cabinet de travail, son laboratoire, son bureau et son antichambre, au prorata de l\u2019espace occupé par ces pièces.Ces dépenses de maison comprennent les taxes, le coût de l\u2019éclairage, du chauffage, de l\u2019assurance, des réparations, de l\u2019allocation pour dépréciation et de l'intérêt sur hypothèque (le nom et l'adresse du créancier hypothécaire devront être donnés); (b) Le médecin locataire \u2014 Seul le coût du loyer sera proportionné vu que le propriétaire paie toutes les autres dépenses.Les allocations ci-dessus ne dépasseront pas le tiers du total des dépenses du médecin propriétaire ou locataire, à moins qu\u2019il ne puisse établir son droit à une allocation plus élevée pour fins professionnelles.k) Dépenses diverses (non autrement classifiées) \u2014 Les dépenses entrées sous ce chef devront être détaillées et les pièces justificatives s\u2019y rapportant, disponibles.Les dons aux organisations de charité, jusqu\u2019à concurrence de 10% du revenu net et ceux aux organisations patriotiques jusqu\u2019à concurrence de 50% du revenu net, seront alloués comme déduec- tion sur production des reçus officiels.Les dûs annuels payés au collège des médecins dont relève le contribuable et les contributions pr A ÉDITORIAL 59 annuelles a son association professionnelle ne dépassant pas chacun $100.00 seront alloués à titre de déduction s\u2019ils sont mentionnés spécifiquement sur la formule de rapport.Les dépenses encourues pour suivre des cours subséquemment à l'admission à la pratique de la profession et celles occasionnées par les conventions médicales ne seront pas allouées.1) Frais incidents: L\u2019intérét payé pour argent emprunté sur valeurs données comme garantie collatérale ne peut-être déduit que du revenu de placements et non du revenu professionel.m) La taxe d'affaire sera allouée à l\u2019item dépenses imais l'impôt fédéral, provincial ou municipal sur le revenu ne le sera pas.HOMMES DE PROFESSION SOUS CONTRAT : DE SALAIRE 3.\u2014Pour l'année 1939 et par la suite, le salaire des hommes de profession sera taxé en entier et il n\u2019y sera alloué aucune déduction autre que celles spécifiées dans la loi de l\u2019impôt de guerre sur le revenu.tels que les dons aux organisations charitables ou patriotiques et les versements aux fonds de retraite ou de pension.Le coût d\u2019entretien d\u2019un automobile, dépréciation comprise et les contributions annuelles au collège et aux associations des médecins, en particulier, ne seront pas alloués.C.-F.ELLIOTT, Commissaire de U'Impot sur le Revenu.TUBERCULOSE Tous doivent lutter contre la tuberculose.Chacun peut contribuer utilement à cette lutte.Le motif est d'importance: la tuberculose constitue la principale cause de mortalité des adolescents et des jeunes adultes, sujets qui représentent le capital humain le plus précieux, le plus productif, la vraie richesse de la nation.Le taux de mortalité par tuberculose est.dans la province de Québec, le plus élevé de toutes les provinces du Dominion.Tous le savent, nous dira-t-on; ce n\u2019est pas une raison de le taire, de ne pas le répéter et.s\u2019en pénétrer profondément.Chacun peut- être s\u2019efforcera-t-il par ses propres moyens, quels qu\u2019ils soient, à améliorer cet état de chose déplorable et, risquons l\u2019épithète, humiliant pour tous.Le Ministère de la Santé, nos phtisiologues ont produit ces dernières années, un effort sérieux dans le but d'organiser une campagne coordonnée et efficace contre la tuberculose.Nous faisons paraître dans le présent numéro de L\u2019Union Médicale quelques travaux de phtisologues distingués, mettant en lumière l\u2019ardeur de leur activité et quelques-uns des nombreux aspects du problème étiologique, social, préventif et thérapeutique de la tuberculose pulmonaire.Nos lecteurs voudront bien approfondir ces travaux, afin d'en retirer le plus grand profit pour nos concitoyens et pour répondre avec justice à l\u2019œuvre zélée et instructive de ceux qui les ont rédigés.Ces médecins nous font profiter de leur expérience, résultat immédiat de leurs actes.À ces actes répondons par des actes.R.À. MÉDECINE SOCIALE L\u2019HYGIÈNE PUBLIQUE (suite et fin) Par Ad.GROULX, Directeur du Service de Santé de Montréal.L'organisation du service de santé de la ville de Montréal Le service de santé de la ville de Montréal a été établi en 1876; il a progressé lentement et a subi maintes transformations et améliorations; toutefois, c\u2019est en 1918 qu\u2019il a connu son plus grand essor.Réorganisé et amélioré en 1928, à la suite d\u2019un «survey » il a été établi sur des bases modernes en vue d\u2019accorder à la population le maximum de rendement.L'ORGANISATION ACTUELLE DU SERVICE DE SANTÉ COMPREND: _ I \u2014 L\u2019administration générale 1 \u2014 le directeur et le cabinet du directeur, deux assistants-directeurs, le secrétariat et le bureau légal.9 \u2014 la section de l\u2019enseignement de l\u2019hygiène et de la publicité.IT \u2014 Huit divisions qui sont: 1 \u2014 la division des statistiques vitales et de la démographie; 2 \u2014 la division des maladies contagieuses; a \u2014 section de la tuberculose; 3\u2014Ila division de l\u2019hygiène de l\u2019enfance: - a \u2014 section de l\u2019hygiène prénatale, infantile et préscolaire; b \u2014 section de l\u2019inspection médicale des écoles, de l'hygiène mentale; e \u2014 section de l\u2019hygiène dentaire; d \u2014 section des infirmières visiteuses ; e \u2014 districts sanitaires urbains.4 \u2014la division de la salubrité: à \u2014 section 1 \u2014 construction et plomberie b\u2014 section 2 \u2014 inspection sanitaire ¢ \u2014 section 3 \u2014 application des règlements.5 \u2014 la division de inspection des aliments: a \u2014 section no 1 de inspection du lait: groupe A, en ville groupe B, a la campagne b \u2014 section no 2 de l\u2019inspection des viandes; e \u2014 section no 3 de l\u2019inspection des restaurants, salles-à-manger, boulangeries; 6 \u2014 la division des laboratoires; 7 \u2014 la division du contrôle médical; 8 \u2014 la division de l\u2019assistance municipale.T \u2014 ADMINISTRATION GÉNÉRALE.L'administration du service de santé dépend du directeur, qui est, comme nous l\u2019écrivions dans l\u2019article précédent, «le trait d\u2019union entre les administrateurs de la ville, le public et les diverses divisions du service ».Il est responsable de l\u2019état de la santé de la population.Il administre un budget de plus de quatre millions ($4,000,000.) de dollars (ceci ne comprend pas les $2,000,000 pour le sous-service du chômage) ; il surveille, dirige et coordonne le travail de plus de 350 employés.Ce budget comprend les dépenses d\u2019administration pour l\u2019hygiène proprement dite et les dépenses pour l\u2019assistance municipale.En 1939, on a dépensé $606,461.00 pour l'hygiène publique soit 0.674 par tête de population, et $500,145.79 pour l\u2019hospitalisation des contagieux.Dans l\u2019exécution de ses fonctions, le directeur du service de santé est aidé par deux assis- tants-directeurs, par les surintendants de di- GROULX: HYGIÈNE PUBLIQUE 61 vision et par le personnel du cabinet du directeur.L\u2019enseignement de l\u2019hygiène et l\u2019éducation du public est fonction importante du service de santé et fait l\u2019objet d\u2019une section spéciale confiée à l\u2019un des assistants-directeurs.L\u2019hygiène publique est surtout un problème d\u2019éducation.Le contrôle de la discipline et du travail des employés est aussi confié à un des assistants- directeurs.La commission d\u2019hygiéne.Conformément au programme énoncé dans Particle précédent au sujet des « municipalités », il y a & Montréal une « commission municipale d\u2019hygiéne» formée en vertu du règlement no 1044.Elle comprend le président du comité exécutif de la ville et le directeur du service de santé, tous deux membres ex-officio; trois représentants du conseil de ville et quatre représentants .des universités dont deux du McGill et deux de Montréal.Cette commission n\u2019a aucun pouvoir exécutif; elle étudie la politique préconisée et les règlements soumis à son attention.II \u2014 LES DIVISIONS DU SERVICE DE SANTÉ Les autres fonctions du service de santé sont définies par les activités des huit divisions qui le composent.Je décrirai les six divisions qui s\u2019occupent de la santé publique proprement dite.1\u2014 La division des statistiques vitales.Les statistiques vitales jouent un rôle considérable dans un service de santé et lui fournissent les renseignements qui lui sont essentiels pour diriger son programme d\u2019action.Ses fonctions sont: l\u2019enregistrement et la classification des naissances par sexe, âge, religion (légitimes et illégitimes) ; la vérification des certificats et des causes de décès; les permis d\u2019inhumation, de transport et d\u2019entrée ; leur classification par cause, âge, état civil et nationalité.la référence au coroner des morts soudaines, accidentelles, etc.2 \u2014 La division des maladies contagieuses.L\u2019une des fonctions capitales du service de santé est de prévenir les maladies contagieuses et les épidémies et cette charge est confiée à la division des maladies contagieuses.Son objet principal est la recherche des foyers de contagion.On emploie tous les moyens possibles pour empêcher la maladie de se propager: dépistage, surveillance étroite, enquêtes épidémiologiques, isolement, quarantaine, désinfection, etc.Les cas de maladies contagieuses sont en général assez bien rapportés; mais c\u2019est surtout par la voie des écoles que la déclaration est faite.La visite des cas se fait dans les 36 heures qui suivent leur déclaration; ensuite, un avis est transmis aux écoles.L\u2019affichage des maisons reste strictement obligatoire pour les maladies majeures.Des circulaires sont laissées dans les familles, contenant les instructions nécesaires, relativement à l\u2019isolement et à la désinfection pour chacune des maladies contagieuses et des précautions a prendre pour en éviter la transmission.Cette division fait aussi la distribution gratuite de produits biologiques pour la prophylaxie et le traitement de la scarlatine et de la diphtérie et pour la prévention de la variole.La section de la tuberculose.La section de la tuberculose est un organisme de corrélation entre le service de santé et les diverses organisations de lutte antituberculeuse.Elle a charge de contrôler l\u2019évolution de la tuberculose, de faire les enquêtes, de tenir un fichier central de tous les cas de tuberculose à Montréal, et d\u2019exercer une surveil\u2018ance sur l\u2019hospitalisation des tuberculeux.Pour compléter l\u2019organisation de la lutte antituberculeuse, le service de santé a aussi institué un système de distribution gratuite de tuberculine aux médecins et aux institutions.Cette épreuve à la tuberculine est également faite dans les cliniques municipales et dans les écoles.Elle a aussi établi au centre d'hygiène Laurier un poste d\u2019examens radiologiques pour \u201802 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.janvier 1941 venir en aide aux médecins praticiens, chez leurs clients pauvres, dans le dépistage précoce de la tuberculose.Pour coopérer avec le comité provincial de défense contre la tuberculose, le service de santé a aussi lancé une campagne de propagande et d\u2019éducation en utilisant les moyens suivants: distribution à plusieurs milliers d\u2019exemplaires de circulaires, de pancartes illustrées, ete.; tenue de réunions publiques, séances dans les \u2018écoles où l\u2019on prononce des conférences, joue des sketches et projette des films.À cet effet, le service de santé a acheté un appareil de cinématographie et des films éducatifs.3 \u2014 La division de l\u2019hygiène de l\u2019enfance.La division de l\u2019hygiène s\u2019occupe de l\u2019enfant depuis sa naissance et même avant, jusqu\u2019à sa sortie de l\u2019école.Elle a pour fonction la protection de la santé de la femme enceinte, la lutte contre la mortalité infantile, la surveillance du développement physique normal de l\u2019enfant.Les consultations prénatales et de nourrissons, l\u2019enregistrement des naissances, les visites des nouveau-nés par les infirmières visiteuses et la distribution de littérature aux mères, constituent des articles importants du programme d\u2019action adopté à Montréal pour lutter efficacement contre la mortalité infantile et remettre en honneur «l\u2019alimentation maternelle ».Les principales causes de la mortalité infantile chez nous dont le taux de 71.5 pour 1,000 nouveau-nés est encore trop élevé, sont surtout dues à la prématuration, à la débilité congénitale et aux malformations qui, à elles seules, sont responsables de près de la moitié des décès et de la diarrhée qui cause 19% de la mortalité à cet âge.D'autre part, plus de 60% des décès surviennent dans les trois premiers mois de la vie de l\u2019enfant.A \u2014 Le travail de la section de l\u2019hygiène prénatale, infantile et préscolaire se divise comme suit: a.\u2014 Quatre « consultations prénatales municipales » fonctionnent dans certains districts - populeux de la cité.Ces consultations jouent un grand role pour la protection de la future mere.La consultation prénatale a pour but de préparer la future maman a accomplir sa mission, à l\u2019éduquer et à la renseigner de telle sorte qu\u2019elle puisse s\u2019adapter à sa nouvelle situation, surtout si c\u2019est son premier enfant, à garantir à la mère comme à l\u2019enfant le maximum de sécurité et les bienfaits de la science moderne.Il y a Montréal 15 consultations de nourrissons et préscolaires, dont 47 municipales, dirigées par l'hygiène de l\u2019enfance; les autres sont dirigées: 9 par le Child Welfare Association et 19 par la Fédération d\u2019hygiène infantile.« Les consultations de nourrissons » ont pour but de sauvegarder la santé et la vie du nourrisson et du jeune enfant.Ce sont des « centres de prévention » (et non de traitement) et le moyen par excellence de faire l\u2019éducation des mères.A la consultation, on examine l\u2019enfant, on enseigne à la mère la supériorité de l\u2019alimentation maternelle, on l\u2019aide à diriger l\u2019alimentation artificielle et on lui indique quels sont les soins nécessaires au nourrisson.C\u2019est le moyen le plus efficace de prévenir les troubles digestifs (diarrhées, entérites) d\u2019origine alimentaire et infectieuse.On y surveille, de plus, la nutrition et la croissance normale de l\u2019enfant de 1 à 6 ans, par la recherche et la correction des défectuosités physiques, en particulier les dents cariées, les amygdales hypertrophiées, les végétations adénoïdes et la dénutrition.Une attention spéciale est donnée au régime alimentaire des enfants.Les consultations sont aussi utilisées comme bureaux de vaccination contre la variole, l\u2019immunisation contre la diphtérie et pour l\u2019épreuve à la tuberculine.Pour permettre aux mères de conduire leurs bébés dans les pares et les faire bénéficier de Pair pur, deux « garderies de nourrissons » sont ouvertes durant les mois de juillet et d\u2019août, au parc Lafontaine et à l\u2019Ile Ste-Hélène; à la garderie du parc Lafontaine une consultation de GROULX: HYGIENE PUBLIQUE 63 nourrrissons, sous la direction d\u2019un médecin et d\u2019infirmières graduées, est ouverte tous les jours.La ligue d\u2019hygiène infantile est un excellent moyen d\u2019enseigner les notions élémentaires d\u2019hygiène du nourrisson aux jeunes filles et d\u2019en propager les préceptes dans les milieux familiaux.Chaque année, au début des vacances et au cours de l\u2019année scolaire, des groupes de cette «ligue » sont organisés parmi les jeunes filles âgées de 13 ans et plus, qui fréquentent les écoles.Les jeunes filles qui s'inscrivent dans cette ligue suivent un cours de « puériculture » dont le programme a été préparé par le service de santé; il comprend 13 leçons accompagnées de «démonstration.Les maisons de pension pour enfants et les hôpitaux privés sont l\u2019objet d\u2019une surveillance assidue de la part du service de santé en vertu des règlements municipaux nos 1096 et 1024 «qui les régissent.Deux infirmières visiteuses de la division sont spécialement chargées de cette surveillance.Actuellement, il y a à Montréal 12 hôpitaux privés et 9 maisons de pension licenciées.B \u2014 L\u2019inspection médicale des écoles.L\u2019inspection médicale des écoles a pour objet d\u2019exercer une surveillance assidue de la santé des élèves, de veiller à leur développement nor- \u2018mal par la recherche et la correction des défauts physiques, de prévenir la propagation des \u2018maladies contagieuses, et d\u2019assurer a l'enfant un milieu scolaire salubre.Au cours de l\u2019année scolaire 1939-40, l\u2019inspection médicale a été faite dans 297 écoles dont 222 étaient sous le contrôle de la Commission des écoles catholiques de Montréal, 48 sous la direction de la Commission protestante et 27 écoles indépendantes.Ces 297 écoles représentaient une population écolière de 150,- 789 enfants.L\u2019inspection médicale des écoles fonctionne en vertu d\u2019une entente intervenue en 1929 entre le service de santé et les commissions scolaires (catholique et protestante) qui donnent leur plus entière coopération.L\u2019inspection médicale des écoles consiste dans a \u2014 l\u2019enseignement de l\u2019hygiène aux élèves et aux professeurs; b \u2014 la surveillance sanitaire des écoles en con- trolant observance des lois d\u2019hygiene concernant la construction, \u2019équipement et l\u2019entretien des écoles; ¢c \u2014 la prévention des maladies contagieuses qui est faite au cours des visites du personnel inspecteur dans les écoles: 1 \u2014 par l\u2019examen des enfants pour découvrir s\u2019ils présentent des signes de maladie; 2 \u2014 par la recherche des causes d\u2019absences; 3 \u2014 par la surveillance de l\u2019application des règlements concernant ces maladies et spécialement le retour à l\u2019école de ceux qui en ont été atteints.L\u2019examen physique périodique et l\u2019examen de routine.A l\u2019ouverture des classes, en septembre, et chaque fois qu\u2019il visite une école, le personnel inspecteur fait un examen de routine des élèves qui lui sont référés par les instituteurs.Quatre fois durant le stage scolaire, l'élève est soumis à un examen médical complet; à son entrée à l\u2019école, deux fois durant le cours de ses études et une dernière fois avant de quitter l\u2019école.Pour compléter ce système, un examen médical complet est fait chez tous les élèves nouveaux dans les écoles supérieures et d\u2019enseignement secondaire, françaises et anglaises.L\u2019examen est complet et porte sur tous les systèmes; les renseignements obtenus sont inscrits sur une « fiche individuelle » qui doit suivre l\u2019enfant durant tout son stage à l\u2019école.Le médecin inspecteur signale aux parents les défectuosités physiques que présente l\u2019enfant et les invite, au moyen d\u2019un «avis» à consulter leur médecin de famille ou un dispensaire, à qui il appartient de préciser le diagnostic et d\u2019instituer un traitement.Les parents ont tout intérêt à assister à l\u2019examen de leur enfant.Leur présence permet 64 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 au médecin inspecteur de leur indiqur lui-même les défectuosités lorsqu\u2019il en découvre.En 1934, le service de santé a inauguré une nouvelle organisation qui consiste dans « l\u2019examen médical complet » fait durant les mois de juillet et août dans les consultations municipales de nourrissons et préscolaires, dirigé par un médecin du service de santé, de tous les enfants âgés de 6 ans et plus qui doivent faire leur entrée pour la première fois dans une école de Montréal.Les médecins inspecteurs font en outre l\u2019examen médical annuel des professeurs laïques de la Commission des écoles catholiques, à laquelle ils font rapport.Deux examens spéciaux sont aussi faits: 1 \u2014 un examen spécial de la vision pour recherches les élèves qui pourraient être recommandés pour les classes spéciales appelées « classes de prévention de la cécité » 9 \u2014 un examen de l\u2019audition à l\u2019aide d\u2019audiomètres par des infirmières spécialement entraînées.L\u2019hygiène mentale fait partie de la section de l\u2019inspection médicale des écoles.Le dépistage des anormaux et arriérés mentaux au moyen du test Binet-Simon, revision Stanford et adaptation canadienne, est fait dans les classes de 1ère, 2ième et 3ième année.Le but de cet examen est de classifier les élèves selon leur quotient intellectuel, de découvrir les déficients mentaux ou les arriérés et de les diriger vers les classes auxiliaires et les écoles techniques spéciales.Une consultation d\u2019hygiène mentale est maintenue au centre d'hygiène Laurier où on fait le test psychométrique et l\u2019examen psychologique de certains cas spéciaux qui sont référés; un jour de consultation mentale sera incessamment ouvert au centre d\u2019hygiéne Mai- sonneuve.C \u2014 La section d\u2019hygiéne dentaire a été réorganisée dernièrement avec la nomination d\u2019un chef de section.Le nombre des dentistes est actuellement de 7.Les fonctions de cette section consistent dans l'inspection dentaire et le maintien de six cliniques dentaires.1 \u2014 L\u2019inspection dentaire dans les écoles a pour objet de surveiller l\u2019éruption normale des dents, de prévenir les maladies et les troubles consécutifs à la carie dentaire.Cette inspection est faite par nos dentistes dans les écoles.Le travail de prophylaxie dentaire dans les écoles consiste dans des conférences données aux élèves concernant le soin des dents, dans l\u2019examen de la bouche et l\u2019organisation de «campagnes dentaires ».2 \u2014 Six cliniques dentaires dont «une elini- que d\u2019orthodontie», ouverte derniére- ment grâce à la collaboration de la Faculté dentaire de, l\u2019université de Montréal, où l\u2019on fait les traitements suivants: le nettoyage, l\u2019extraction et l\u2019obturation des dents.La clinique d\u2019orthodontie s\u2019occupe du redressement des dents des enfants pauvres.D \u2014 La section des districts sanitaires.L\u2019organisation des districts sanitaires urbains a été confiée à la division de l\u2019hygiène de l\u2019enfance.\u201c Ces centres d\u2019hygiène sont des organismes locaux où sont régies les activités d\u2019un territoire défini.On a tendance aujourd'hui, à vulgariser ce système de décentralisation dans les régions rurales, par l\u2019organisation des unités sanitaires de comté et dans les grands centres, par des «districts sanitaires».Il y a avantage, à diviser le territoire d\u2019une grande ville en un certain nombre de districts; le champ d\u2019action y est illimité, mais la coopération et la direction doivent cependant demeurer les bases du succès de ces organismes.L\u2019objet des « districts sanitaires » est d\u2019obtenir la décentralisation des services, un contact plus intime avec la population, une étude plus suivie des problèmes locaux d\u2019hygiène, un contrôle plus efficace de la mortalité infantile, de la mortalité maternelle et de la mortalité attribuable à la tuberculose tr il, it à GROULX: HYGIÈNE PUBLIQUE 65 ou aux autres maladies contagieuses, une coopération plus suivie avec les médecins et les divers organismes sociaux en vue d\u2019obtenir un rendement meilleur.Cette forme d\u2019organisme permet en plus un contact individuel et familial dans le milieu même où vivent ces individus et ces familles.Chaque district doit être pourvu d\u2019un centre administratif appelé «centre d\u2019hygiène » qui comprend les bureaux du médecin «chef de district» et de son personnel; les locaux pour les diverses consultations de nourrissons, préscolaires ou prénatales; pour les cliniques dentaires, les cliniques d\u2019hygiène mentale, etc.Le service de santé, grâce à la collaboration des administrateurs de la ville, depuis 1 an, a organisé les deux premiers districts sanitaires à Montréal.4 \u2014 La division de la salubrité.Les fonctions de cette division sont multiples et de la plus haute importance.Elle surveille la salubrité générale de la ville.Ses attributions sont divisées en trois sections: a\u2014 section 1: construction et plomberie; Elle s\u2019occupe des projets de construction et des bâtiments que l\u2019on se propose de modifier.C\u2019est cette division qui examine les plans et devis de plomberie.b \u2014 section 2: inspection sanitaire et casier sanitaire.Elle est particulièrement chargée de l\u2019inspection des logements, des édifices publics, usines, théâtres, écoles.Elle est chargée aussi de dresser le casier sanitaire de la ville.e\u2014section 3: application des règlements spéciaux.Elle surveille la mise en vigueur de plusieurs règlements spéciaux dont ceux des boutiques de barbiers, des salons de massage, salons de coiffure, buanderies, de la confection des matelas, des bains publics, de la fumigation, des teintureries et établissements de nettoyage à sec, du double approvisionnement d\u2019eau de certains établissements, des mauvaises herbes, des directions de funérailles et des entrepreneurs de pompes funèbres.5 \u2014 La division de l\u2019inspection des aliments.Le service de santé doit assurer à la population de Montréal un lait et des aliments sains, et à cette fin, les attributions de la division des aliments sont divisées en 3 sections: \u2018 1\u2014 la section de l\u2019inspection du lait et de surveillance de la pasteurisation.A ce point de vue, cette division surveille attentivement la production du lait depuis le moment de la traite jusqu\u2019à sa livraison au consommateur; elle inspecte les fermes à la campagne et surveille la manipulation et le transport du lait.En ville, elle contrôle les établissements de pasteurisation et les laiteries vendant du lait spécial, aussi bien que les sous-produits du lait: crème, crème glacée, fromage, beurre, yogourt, etc.2 \u2014 Au point de vue de l'inspection des viandes, on fait la surveillance des étaux de boucher, des abattoirs et des stations d\u2019inspection des viandes où il passe annuellement 200,000 carcasses d\u2019animaux provenant de la campagne.3 \u2014 La troisième section est celle de l\u2019inspection des boulangeries, des salles à manger, restaurants, épiceries, etc.Il y a près de 900 de ces établissements à surveiller.L\u2019examen médical des manipulateurs d\u2019aliments, des coiffeurs, des masseurs, des barbiers est obligatoire et est confié a la divi- - sion du contrdle médical, qui s\u2019occupe aussi de la vaccination dans les industries.Il y a plus de 35,000 manipulateurs d\u2019aliments qui tous doivent être pourvus d\u2019une «carte de santé ».6 \u2014 La division des laboratoires.Le travail des laboratoires consiste en analyses bactériologiques et chimiques.C\u2019est avant tout un «service de diagnostic» pour analyses cliniques et bactériologiques; c\u2019est une contribution au dépistage des maladies contagieuses par les examens de crachats; les analyses du sang, des sécré- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 tions de la gorge et autres sécrétions et prélèvements.On y fait les analyses bactériologiques et chimiques du lait, de l\u2019eau et des aliments.On procède à la différenciation des divers types de pneumocoque.: Les développements et les progrès réalisés au service de santé ont contribué à assurer à la population de Montréal une meilleure santé.Le taux de la mortalité infantile, de la mortalité maternelle, de la mortalité par tuberculose ont baissé graduellement et de fa- con continue.Le tableau qui suit montre quelques résultats intéressants.Années .1915 1939 Population .516,000 900,000 Naissances par 1,000 ames 40.10 19.02 Décès par 1,000 âmes 19.48 10.21 MORTALITE MATERNELLE taux par 1,000 naissances viv.4.11 3.16 MORTALITE INF.(0-1 an) par 1,000 naissances vivantes .182.6 71.5 Décès par diarrhée (0-1 an) par 1,000 naissances 1 82.73 13.9 1.Le nombre des décès par diarrhée \u2014 0-1 an \u2014 n\u2019est pas indiqué dans le rapport de 1915.Il a été évalué en retranchant 6.62 pour cent des décès attribuables à cette cause de 0 à 2 ans.Ce pourcentage de 6.62% a été calculé sur la moyenne des cing années 1920-25.TUBERCULOSE par 100,000 .205.81 70.10 a\u2014pulmonaire .160.66 60.2 b\u2014autres formes 45.15 99 BIBLIOGRAPHIE ROSENAU: «Preventive Medicine and Hygiene » (1935).BEAUDOIN: « Cours d\u2019hygiène » (1937).VALIN: «Précis d\u2019hygiène.» «Report of the Committee on Municipal Health Dept.» \u2014 Practice (1923).«Study of the Distribution of Medical Care and Public Health Services in Canada» (1939).«Enquête sur les Activités en hygiène publique »,.Montréal, 1928.«Rapports annuels du Service de Santé.» BOUCHER, S.: « Organisation sanitaire canadienne .»- Bulletin d\u2019hygiène 1934.Vol.20, no 4.«Loi de l\u2019hygiène publique (de Québec).» SR.Q.1925, chap.186 et amend.MUSTARD: «Introduction to Public Health.» CHAPIN: « The Evolution of Preventive Medicine.» FREEMAN: «Public Health Organization.» GROULX, Ad.: «Cours d\u2019hygiéne scolaire.» GROULX, Ad.: «La situation de la tuberculose a.Montréal.» GROULX, Ad.: «Les fonctions du service de santé- de Montréal et le role de linfirmiére visiteuse.» MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES RÉFLEXIONS DERMATO-SYPHILIGRAPHIQUES La ponction lombaire, qui doit être faite chez tout syphilitique, secondaire, tertiaire, latent ou nerveux, provoque une céphalée spéciale dans la proportion d\u2019un cas sur cinq.Cette céphalée peut durer douze heures, mais aussi se prolonger durant trois semaines.Le moyen le plus recommandable d\u2019y obvier ou du moins de l\u2019atténuer, consiste à injecter sous la peau un centimètre cube d\u2019une solution anhydre contenant dix centigrammes de chlorure d\u2019acétylcholine et cela, avant et après la rachicentèse, et au besoin durant les trois jours suivants.+* * Les sels d\u2019argent employés en médecine, sous la forme de pilules de nitrate d\u2019argent, de pommade au collargol, et surtout d\u2019argyrol (ce dernier comme antiseptique des voies respiratoires supérieures) sont capables, s\u2019ils sont employés pendant longtemps, de déterminer une hyperchromie tégumentaire que l\u2019on a appelée «argyrie ».Cette affection, on le sait, est caractérisée par une coloration bleutée, ardoisée de la peau, qui donne sous certains angles lumineux, des reflets métalliques.Cette coloration prédomine aux parties découvertes et exposées à la lumière.Elle est indélébile, parce qu\u2019on n\u2019a pas encore trouvé un moyen de réduire ou du moins de mobiliser les particules d\u2019argent déposées dans les fibres élastiques et les capillaires du derme atteint d\u2019ar- gyrie.C\u2019est donc dire que l\u2019on doit à tout prix éviter les causes d\u2019une maladie aussi inesthétique et fatalement incurable.Or, l\u2019usage de sels d\u2019argent, sous forme d\u2019argyrol (qui a pris des proportions inaccoutumées en O.R.L.surtout), y prédispose certainement, s\u2019il est immodéré et prolongé.Nous en voulons comme exemple, cette malade qui, étant venue au dispensaire de Notre-Dame pour nous demander de traiter sa peau argyrique, avoua que depuis sept ans elle introduisait chaque soir dans son nez des gouttes d\u2019argyrol, parce que son médecin, sans poser une limite au traitement, le lui avait conseillé dans le but de combattre une rhinite chronique.! Cette femme a peut-être stérilisé son conduit nasal; par contre, elle s\u2019est stigmatisée elle-même pour la vie.L\u2019argyrol ne devrait donc étre utilisé que pendant de courtes périodes et le malade qui s\u2019en sert devrait savoir ce à quoi il s\u2019expose, s\u2019il outrepasse ce simple conseil de prudence.* * * L\u2019usage du tabac prédispose indiscutablement à la production de la leucoplasie de la bouche, accident si souvent rencontré dans la syphilis tertiaire et sur lequel peut se greffer ultérieurement un épithélioma spino-cellulaire.S1 l\u2019on admet que l\u2019homme fume beaucoup plus que la femme, il faut bien reconnaître en cela une des explications de la plus grande fréquence de la leucoplasie et du cancer buccal dans le sexe masculin.+ * * Dans le traitement de l\u2019eczéma, l\u2019on doit éviter les dépuratifs, parce qu\u2019ils contiennent très souvent de l\u2019iodure de potasse, substance qui intensifie le processus eczémateux.La même remarque s\u2019applique aux purgatifs alcalins qui, en alcalinisant, même légèrement et temporairement, le milieu sanguin, modifie le pH de la peau, diminue son acidité naturelle et en font ainsi un terrain plus favorable au développement de l\u2019eczéma.Adrien LAMBERT, Service de Dermato-Syphiligraphie de l\u2019hôpital Notre-Dame. 68 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 PLAIES ARTICULAIRES GÉNÉRALITÉS Les plaies articulaires sont des plaies pénétrantes qui intéressent la synoviale et font communiquer l\u2019articulation avec l\u2019extérieur.Elles sont de deux variétés: plaies de dehors en dedans (piqûres \u2014 sections nettes ou contuses \u2014 plaies contuses) ou plaies de dedans en dehors (fractures et luxations ouvertes).ANATOMIE PATHOLOGIQUE Dans les piqûres ou les coupures, la plaie est habituellement nette et ne donne qu\u2019une lésion simple de la synoviale qui se referme facilement.L\u2019articulation peut rester béante par destruction de l\u2019appareil ligamentaire dans ies plaies contuses.Lors des grands délabrements, les lésions de l\u2019os et de parties molles s\u2019associent aux lésions des organes propres de l\u2019article.La présence de corps étrangers et l\u2019infection sont les deux facteurs principaux de gravité.Dans l\u2019arthrite traumatique, les lésions débutent par la synoviale et y restent prépondérantes.Le liquide, exsudé par la couche externe de la synoviale, transsude à travers la couche interne fibreuse vers la cavité articulaire.L\u2019épanchement, d\u2019abord séreux, devient séro- purulent, puis franchement purulent.Le cartilage conjugal résiste longtemps, mais à la longue les extrémités articulaires s\u2019altèrent, les cartilages se décollent, s\u2019éliminent et ne se reproduisent jamais.Le pus est arrêté par la capsule, mais si les ligaments cèdent, il se produit des fusées purulentes extra-articulaires.ÉTUDE CLINIQUE A) Plaies articulaires récentes.La pénétration articulaire est facile à reconnaître dans les plaies à ouverture large, dans les fractures et les luxations ouvertes.Elle est moins facile à affirmer dans les plaies étroites.{ La plaie peut être insignifiante en apparence et intéresser l\u2019articulation.Le diagnostic de pénétration, dans ces cas, repose sur une base topographique (savoir déterminer les rapports entre le point de pénétration, la direction de l\u2019agent vulnérant et la situation de la syno- viale articulaire et de ses prolongements), sur la recherche des signes de propagation: douleur à la mobilisation et épanchement articu- lawe (manifeste au genou, difficile à reconnaître à la hanche, au coude, au poignet) et sur l'écoulement par la plaie de liquide synovial.La vérification radiologique est indispensable pour déceler les corps étrangers et faire connaître l\u2019état des os intéressés.Dans de rares cas, l\u2019examen direct par débridement peut être indiqué.Évolution clinique des plaies récentes.L'évolution des plaies articulaires est commandée par l\u2019infection ou primitive, qui est causée par l'agent vulnérant, ou secondaire qui peut être consécutive aux pansements.Les plaies articulaires non infectées guérissent assez lentement, car l\u2019épanchement articulaire, sanglant ou séro-sanguinolent, qui est en principe amicrobien, se résorbe sans hâte.L\u2019amyotrophie de voisinage est constante et persistante dans les plaies articulaires et celles-ci peuvent, en plus, laisser de la raideur de l\u2019article, mais sans ankylose.B) Plaies articulaires infectées.C\u2019est l\u2019arthrite traumatique.Elle résulte soit de l\u2019agent vulnérant, de sa pénétration intra-articulaire, soit de la rétention d\u2019un corps étranger septique, soit de lésions ultérieures causées par des pansements mal faits.Le microbe causal (strepto-staphylo-pneumo- bacilles) peut être variable, agir seul ou associé.Dans sa forme habituelle, l\u2019arthrite traumatique se manifeste par des signes locaux nets et des signes généraux qui n\u2019y ont rien de particulier.Les signes locaux sont l\u2019œdème, le gonflement, la chaleur, la rougeur, le blocage articulaire en position de capacité maxima.Ce sont les signes de l\u2019épanchement.La douleur spontanée est marquée; provoquée, elle est MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES 69 atroce au moindre contact ou à l\u2019essai de mobilisation.Les signes généraux consistent en une température très élevée (103°, 104° F.) oscillante ou en plateau, un pouls rapide, une langue sèche, un facies pâle; les urines sont rares, les frissons fréquents.L\u2019état général paraît sérieusement atteint.À côté de cette forme typique, on note une forme septicémique qui évolue avec grand fracas: température très élevée, pouls très accéléré, grands frissons, subictère, atteinte grave de l\u2019état général, délire et issue fatale et on décrit également une forme torpide, qui se montre sous un aspect plus discret: modifications locales moindres, épanchement modéré.L\u2019évolution clinique peut étre mortelle dans chacune de ces variétés.ProNoOsTIC Les plaies articulaires non infectées peuvent guérir avec restitutio ad integram de la jointure atteinte.Les plaies infectées, sans lésion osseuse, donnent par ankylose fibreuse une grande diminution de la capacité fonctionnelle.Les plaies compliquées de dégâts osseux sont d\u2019un pronostic vital réservé et d\u2019un pronostic fonctionnel très sombre.TRAITEMENT a) Principes généraux La sérothérapie antitétanique préventive s impose dans tous les cas; elle doit être accompagnée de la sérothérapie anti-gangrène gazeuse également prophylactique dans les cas à grands dégâts.La précocité du traitement initial est d\u2019extrême rigueur.Son but doit être de prévenir l\u2019infection par un débridement large, une excision des tissus contus, dévitalisés, souillés, l\u2019ablation des corps étrangers, le lavage de la cavité articulaire au sérum chaud ou à l\u2019éther, la régularisation des surfaces articulaires.La précocité s\u2019impose, car l'infection de la syno- viale ne se fait que 18 à 24 heures après l\u2019accident.Les plaies articulaires infectées sont graves, car la défense de la synoviale, qui ne se cloisonne pas, mais absorbe vite et beaucoup, est peu efficace.L\u2019immobilisation est essentielle et l\u2019ankylose, si elle est le seul mode de guérison, doit.être fixée en bonne position.La radiographie doit toujours précéder l\u2019application thérapeutique.b) Modalités Une plaie articulaire, vue dans les douze heures, peut être mise sous une surveillance rigoureuse avec immobilisation stricte et ponction aseptique de l\u2019épanchement, s\u2019il s\u2019agit d\u2019une simple plaie de la synoviale.Le débridement de la plaie, sous anesthésie locale ou générale, avec excision des tissus meurtris, hémostase de la brèche synoviale, nettoyage au sérum chaud ou à l\u2019éther de la cavité articulaire s\u2019impose dans les formes un peu plus complexes.Dans les plaies larges avec corps étrangers inclus, les principes thérapeutiques sont les mêmes, l\u2019extraction seule est à ajouter.Le traitement particulier (esquillectomie, résection) des lésions osseuses est de règle, en présence de celles-ci.Une plaie articulaire, vue après douze heures et infectée, demande de grands soins.L\u2019application des principes généraux, déjà énumérés, trouve ici une indication péremptoire.Dans les cas limites, le traitement chirurgical peut exiger l\u2019arthrotomie de drainage.L\u2019immobilisation plâtre est la règle dans les cas heureux ou pour parer à l\u2019ankylose, la mobilisation active et passive doit être peu retardée.Edouard DESJARDINS. \u201cR'Union Medicale\u201d\u2019 en 1872 La connaissance de l\u2019histoire fournit l\u2019expérience des événements et des hommes, enseigne la modestie, le respect et très souvent une fierté raisonnée.Elle est une condition essentielle de l\u2019évolution naturelle et progressive des institutions.Sans elle l\u2019avenir est une aventure; avec elle, a crée «la liaison du temps » et permet l\u2019accomplissement d\u2019œuvres prévues et définies.«L'Union Médicale du Canada » a un passé dont la durée et les directives furent une tradition.Cette tradition se compare avec la mission qu\u2019elle doit remplir.On doit se pénétrer de l\u2019une et de l\u2019autre, afin qu\u2019elles servent à notre avancement.Les légitimes ambitions et les efforts de nos prédécesseurs peuvent être notre ressort moral.Encore faut-il les connaître.C\u2019est la raison, encore plus que la simple curiosité historique, de cette rubrique que nous inaugurons en ce premier numéro de janvier 1941.Chaque mois, une page ou deux de « L\u2019Union Médicale » d\u2019il y a 69 ans nous sera ouverte.Nous tonnaî- trons les anciens et nous revivrons avec eux les soucis et les espoirs du passé, afin d\u2019y puiser plus de fierté dans notre lutte pour survivre et nous surpasser.Nous puiserons dans toutes les rubriques: articles de rédaction, travaux scientifiques, nouvelles, comptes rendus de Sociétés etc, tout ce qui pourra intéresser le lecteur.La première évocation reprodurra quelques paragraphes de l\u2019article de rédaction qui présenta, en janvier 1872, le premier numéro de « L'Union Médicale ».C\u2019est la préface d\u2019une œuvre considérable; c\u2019est aussi le programme d\u2019une entreprise qui dure encore et qui est bien vivante.Il nous faut rendre hommage à tous ceux Gui se sont dévoués à cette œuvre, l\u2019ont maintenue, l\u2019ont fortifiée et nous l\u2019ont transmise après 69 ans d\u2019activité ininterrompue.Nous ne réitérerons pas les éloges qui, en maintes circonstances, ont souligné la solidité et la stabilité agissante de « L\u2019Union Médicale ».Mais c\u2019est notre devoir de nous souvenir de ses fondateurs et de leurs héritiers immédiats.Leur but, leur idéal furent énoncés dans cet article de rédaction.Ils sont ceux que nous poursuivons encore: groupement des médecins de langue française autour d\u2019un Journal médical qui puisse les représenter, leur servir d\u2019intermédiaire pour l\u2019expression de leurs pensées et de leur savoir; qui puisse les instruire sur la science médicale et sur une inébranlable volonté de contribuer à l\u2019essor du groupe médical français selon les traditions de langue et de culture françaises.Les médecins qui fondèrent «L\u2019Union Médicale» voulaient créer une école canadienne-française pouvant se comparer avec avantage avec les plus réputées.Leur idéal est le nôtre et nous avons la conviction que la réalisation de cet espoir est possible.La contribution de « L\u2019Union Médicale », à cette fin, ne fera jamais défaut.S\u2019il est vrai que, selon le mot d\u2019Auguste Comte: « Les vivants sont gouvernés par les morts », nous ne devons pas nous écarter de la voie indiquée par nos prédécesseurs.Leur pensée est avec nous; qu\u2019elle nous conduise là où ils désiraient que nous fussions.R.A.A nos confrères Montréal, ler janvier 1872.Nous envoyons aujourd\u2019hui à nos confrères de la province le premier numéro de l\u2019Union Médicale du Canada, dont nous avons entrepris la publication.Nous osons espérer que ce journal de Médecine sera bien reçu par tous les membres de la profession.Le peu de succès que les publications de ce genre ont eu jusqu\u2019à ce jour, doit suffire pour convaincre tout le monde que ce n\u2019est pas un motif de spéculation qui nous porte à faire cette entreprise.Il est aussi à peu près certain que ce travail aurait été entrepris depuis longtemps, si on avait pu espérer dans l\u2019avenir .Une rémunération suffisante pour les sacrifices qu\u2019il exige.Notre parole ne devra donc pas être mise en doute, si nous déclarons que notre seul but, c\u2019est « L'UNION MÉDICALE » EN 1872 71 Yintérét du public, l\u2019intérêt de la science, et notre unique motif, l\u2019accomplissement d\u2019un devoir.Ce devoir est loin d\u2019être un plaisir, et nous concevons combien il devra être pénible pour nous surtout, qui, obligés de nous livrer entièrement à la pratique de notre profession, avons dû négliger de suivre d\u2019une manière régulière les progrès que la science médicale a pu faire dans toutes ses branches, et avons dû perdre l\u2019occasion d\u2019acquérir, par la pratique, cette habitude d\u2019écrire si essentiellement nécessaire au succès d\u2019une telle publication.Aussi, nous aurions été des plus heureux, si ceux qui sont si bien connus du public, et dont la réputation d\u2019habiles écrivains est si bien méritée, se fussent dévoués à cette œuvre.Ce n\u2019est donc qu\u2019à la dernière heure, en désespoir de cause, pour ainsi dire, que nous nous imposons cette tâche, et que nous nous efforçons de combler cette lacune qui existe déjà depuis trop longtemps parmi nous.C\u2019est parce qu\u2019une plus longue attente nous exposerait à mériter les reproches qu\u2019on fait si souvent aux Canadiens de manquer d\u2019énergie, d\u2019esprit d\u2019entreprise.On ne peut pas se défendre d\u2019un certain sentiment de malaise, de honte même, en voyant qu\u2019il n\u2019y a pas un seul Journal de médecine en langue française dans une province qui compte au delà de 600 médecins cana- diens-français.Nous sommes pressés, poussés, par un certain nombre d\u2019hommes pleins d\u2019énergie et d\u2019amour pour la science, qui veulent en suivre les progrès, contribuer même à les étendre, par la publication de leurs travaux, l\u2019échange de leurs idées, l\u2019encouragement mutuel.Nous voulons faire disparaître cet isolement dans lequel nous vivons les uns vis-à-vis des autres, véritable vide qui existe au milieu de nous et qui nous prive d\u2019un des charmes de la vie.Nous l\u2019entreprenons parce qu\u2019il y a un bien immense a faire dans ce vaste champ encore à peine exploré.Cependant, messieurs, dans l\u2019intérêt de la science, dans l\u2019intérêt de l\u2019humanité, il faut absolument entreprendre la lutte; s\u2019abstenir serait pour ainsi dire un crime.Il faut mettre nos idées, nos travaux au jour, les discuter, les commenter, et s\u2019efforcer d\u2019éclaircir ces questions obscures qui, en trop grand nombre, déparent la science médicale.Il faut surtout s\u2019attacher a détruire ces théories nouvelles et fausses présentées par des médecins distingués par leurs talents et leur position dans le monde, et qui, si elles étaient adoptées, non seulement retarderaient les progrès de la science médicale, mais encore la feraient rétrograder jusqu\u2019au temps d\u2019Hippocrate.C\u2019est dans ce but done que ce journal a été fondé.Cependant, malgré notre bon vouloir, malgré nos efforts, et tous ces sacrifices, il est évident que nous ne pourrons pas obtenir un succès complet et permanent, si nous n\u2019obtenons pas l\u2019appui de la profession en général.Nous serions profondément surpris si ce journal n\u2019était pas reçu avec le plus grand plaisir par toute la profession, car cet isolement dans lequel nous nous trouvons doit peser à tout le monde.Le sentiment d\u2019amour-propre national devrait être à lui seul capable de nous déterminer à faire les plus généreux efforts non seulement pour soutenir un journal de cette nature, mais encore pour travailler au perfectionnement même de la médecine.Un des plus beaux titres de gloire pour l\u2019Allemagne, la France, l\u2019Angleterre, et les Etats-Unis, n\u2019est-ce pas cette pléiade de médecins célèbres que l\u2019on voit briller au premier rang de l\u2019échelle sociale.Pourquoi ne pas suivre leurs traces, pourquoi ne pas tenter de les approcher.Certainement, nous ne nous ferons pas l\u2019injure de croire que nous ne pouvons pas monter jusqu\u2019à eux.Nous avons parmi nous des hommes de talent: tout ce qu\u2019il leur faut, c\u2019est un peu d\u2019aide, un peu d\u2019encouragement; tout ce que nous leur demandons, c\u2019est du travail et de la persévérance, et avant longtemps nous les verrons parvenir à la célébrité; et cette auréole de gloire qui ceindra leurs fronts s\u2019étendra sur tout notre Canada.De sorte que nous sommes laissés entièrement à nos propres forces.Voilà pourquoi l\u2019union entre nous est si nécessaire, si indispensable.Ce journal de médecine sera donc le premier pas vers le but que l\u2019on veut atteindre.Nous le mettons entièrement sous la protection de la profession.Nous sollicitons encore une fois la coopération de tous.L\u2019intérêt du journal augmentera en proportion de la variété des communications.Quant à nous, tout en laissant dans notre journal une large part pour les écrits étrangers, nous ferons en sorte que les productions indigènes, obtenues de nos hôpitaux et de la pratique privée, soient assez nombreuses pour qu\u2019il puisse être considérée comme une gazette médicale canadienne dans toute l\u2019acception du mot.J.P.ROTTOT, M.D, A.DAGENAIS, M.D, L.J.P.DESROSIERS, M.D.Janvier 1872. ANALYSES Dans le but d\u2019uniformiser les indications bibliographiques qui accompagnent les analyses, afin de les rendre plus compléte et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le «Quarterly Cumulative Index Medicus»: nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article, nom du périodique, le volume, la page, le mois (le jour du mois, si le périodique est hebdomadaire), l\u2019annéefl Exemple: J.Beerens.\u2014 Tuberculose et démence précoce.« Ann.Méd.\u2014 psychol.» 94: 1 (juin) 1938.MEDECINE Edward W.BOLAND.\u2014 L'oxygène à haute concentration contre la douleur par thrombose coronarienne et l'angine de poitrine.\"TI.A.M.A.\u201d, 114: 1512 (20 avril) 1940.Si l\u2019effet bienfaisant de l\u2019administration de l\u2019oxygène pour aider à la fonction cardio-respiratoire est bien connu, il n\u2019en est pas de même de son pouvoir analgésique contre la douleur associée à la thrombose de l\u2019artère coronaire et l\u2019angine de poitrine.Plusieurs auteurs ont pu se rendre compte que l\u2019oxygénothérapie peut réussir dans des cas où les opiacés, même administrés à bonne dose, se montrent inefficaces.Après Rizer, Barach, Barach et Levy, ont observé des cas de thrombose de la coronaire, dont la douleur a été calmée pendant le séjour sous la tente à oxygène; dans leurs cas, l\u2019oxygène était administré à une concentration de 40 à 60%.L'auteur prétend qu\u2019à cette concentration l\u2019efficacité de l\u2019oxygénothérapie est rarement complète; il faudrait atteindre la concentration de 80 à 100% , ce qui est possible avec le nouvel appareil inhalateur de Boothby, Lovelace et Bulbylian.L'auteur rapporte quelques cas où l\u2019oxygène administré selon sa méthode a supprimé une douleur que des doses, même fortes, de morphine n\u2019avaient pas réussi à calmer: dans un cas l\u2019oxygénothérapie fut le seul traitement appliqué; dans un autre cas, l\u2019inhalation d\u2019oxygène prévenait les crises d\u2019angine de poitrine; l\u2019inhalation d\u2019oxygène à une concentration de 100% s\u2019est montrée effective dans un cas où le séjour sous une tente d\u2019oxygène à une concentration de 40% n'\u2019avait produit aucun résultat appréciable.L\u2019oxygène doit être inhalé pendant quelques jours presque continuellement avec interruption d\u2019une dizaine de minutes à toutes les 3 ou 4 hrs.L\u2019administration d\u2019oxygène pur augmente de 10 à 15 volumes pour 100 la concentration de ce gaz dans le sang artériel; c\u2019est la présence de ce sang hyperoxygéné dans la circulation coronaire collatérale qui expliquerait le mécanisme d\u2019action de cette thérapeutique.À noter que dans les observations rapportées, la douleur a été calmée dès la dixième minute après l'institution du traitement.L'auteur, de méme que Boothby, Mayo et Lovelace dans 800 cas, n\u2019a pas observé d\u2019irritation pulmonaire consécutive à la haute concentration de l\u2019oxygène, comme cela se produit chez l\u2019animal lorsque la concentration dépasse 70%.Guy DROUIN.Walter A.STRYKER.\u2014 La nature des lésions rénales causées par le sulfapyridine.\u201cJ, A.M.A., 114: 953 (16 mars) 1940.L'auteur rapporte l\u2019observation d\u2019un enfant de cinq mois souffrant d\u2019une méningite à pneumocoque type VIII.Après 442 grammes de Dagenan et 10 jours d\u2019hospitalisation, l\u2019enfant eut une hématurie qui persista jusqu\u2019à la mort, 4 semaines après l\u2019entrée.A l\u2019autopsie, méningite à pneumocoque et gravelle blanchâtre dans les deux reins avec 4 calculs, de plus de 1.5 millim.dans le rein droit.Après une étude de ces calculs, l\u2019auteur conclut qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une précipitation de sulfapyridine sous sa forme acétylée.D\u2019après lui, la dilatation marquée des tubes corticaux et des espaces glomérulaires dans les accidents toxiques rénaux dus au 693 dépend d\u2019une précipitation intratubulaire du médicament ou de ses dérivés.E.GAUMOND.La transmission des sulfamidés par voie placentaire.(Current Comment) \u201cJ.A.M.A.\u201d, 114: 1271 (30 mars) 1940.L'auteur chez des rats en expérience, a pu démontrer le passage de la sulfanilamide de la mère au fœtus; il a pu noter, par exemple, que le taux de concentration du sang en sulfamidé était le même chez la mère et le fœtus.Une administration prolongée du produit à des femelles pleines, augmente la mortalité intra-utérine et post-natale et fait diminuer le poids des foetus naissants.Speert conclut que si on connaît mieux chez les humains les effets de cette thérapeutique, ils ne doivent être employés qu\u2019avec précaution pendant la grossesse.On devrait dans ces cas porter une attention toute particulière au développement, et au poids et à la croissance des enfants nés de mères ayant été soumises pendant longtemps à une thérapeutique sulfamidée pendant leur grossesse.E.GAUMOND. ANALYSES 73 W.F.SCHWARTZ et H.E.FREEMAN.\u2014 Traitement du chancre mou par le sulfani- lamide.\"J.A.M.A.\"\u201d, 114: 946 (16 mars) 1940.On rapporte de partout d\u2019excellents résultats dans le traitement du chancre mou par le 1162.Les auteurs ont obtenu des succès qui se comparent à ceux obtenus ailleurs.La guérison est obtenue deux fois plus rapidement, d\u2019une facon générale, avec ce traitement qu\u2019avec les thérapeutiques habituelles.Le chancre mou siégeant en dehors des organes génitaux et le bubon non ulcéré fournissent les plus beaux résultats.E.GAUMOND.A.GRIMBERG.\u2014 La transfusion continue, goutte à goutte.\"Presse Médicale\", 47: 1399 (11 oct.) 1939.La transfusion continue, goutte à goutte, est une opération par laquelle on introduit dans le courant sanguin du malade une masse considérable de sang (plus de 6 litres) avec une lenteur extrême, 100 cc.à l\u2019heure.Le but de la transfusion continue est de relever le taux de l\u2019hémoglobine au voisinage de la normale chez le malade anémié.Les transfusions de 500 ce.telles que pratiquées actuellement sont totalement insuffisantes; elles n\u2019élèvent le taux d\u2019hémoglobine que de 9 à 10 pour 100.Le sang représente 1/11 du poids du corps.Ainsi un sujet pesant 66 kg.ayant donc 6 litres de sang, si son hémoglobine est à 25% la transfusion devra comporter 4 litres, 5 de sang et devra être faite en 45 heures.Pour un bébé de 3,500 kg, 45cc.de sang équivalent à une transfusion de 1 litre chez un adulte.Pour certains auteurs la transfusion lente s\u2019applique seulement au traitement de l\u2019anémie de quelque nature qu\u2019elle soit.L'application de cette méthode aux patients présentant un taux d\u2019hémoglobine normal pourrait être dangereuse.D\u2019autres l\u2019ont employée avec succès chez de grands brûlés polyglobu- liques.Cette technique offre une sécurité absolue et peut être employée avec avantage chez les malades présentant des réactions post-transfusionnelles.La cueillette et la conservation du sang sont les mêmes que dans la transfusion ordinaire.Le débit de la transfusion goutte à goutte doit être d\u2019environ 100 cc.à l\u2019heure.Au cours de la transfusion le sang doit être maintenu à une température voisine de celle du corps; il doit être agité continuellement afin de maintenir la suspension des globules (envoi au fond du récipient de bulles d\u2019oxygène qui ont l\u2019avantage d\u2019oxygéner le sang avant son injection) ; de plus, il doit être filtré (toile métallique) pour retenir les caillots qui auraient pu se former au cours de la cueillette.Comme anticoagulants on peut employer soit le sérum I.H.T., soit le citrate de soude (3%), soit l\u2019héparine.Cette dernière substance se montre supérieure au citrate de soude; elle provoque de la polynucléose et conserve l\u2019alexine rapidement détruite par le citrate de soude; de plus, elle peut être injectée en assez grande quantité sans aucun inconvénient.En terminant les auteurs insistent sur les effets merveilleux de la transfusion goutte à goutte, spécialement chez les malades déficients.H.NADEAU.Henri SHAEFFER.\u2014 Le traitement de la migraine par le tartrate d\u2019ergotamine.La Presse Médicale\u201d, 47: 60 (14 janvier) 1939.Acceptant comme vraie l\u2019idée de Dubois-Reymond que la céphalée migraineuse relève d\u2019un spasme vasculaire dans le territoire des branches de la carotide externe lié à une excitation du sympathique, survenant chez des sujets qui possèdent sans doute une sensibilité excessive ou un mode de réactivité particulier de leur système autonome, Tzanck eut l\u2019idée, pour faire cesser ce spasme, de s\u2019adresser au tartrate d\u2019ergotamine qui a une action antagoniste de celle de l\u2019adrénaline sur les fibres lisses.Cet auteur a traité 101 cas composés de 44 cas de migraine typique et 57 cas d\u2019états migraineux.C\u2019est parmi cette seconde catégorie de malades que les résultats furent les plus favorables.Dans les migraines vraies, les guérisons complètes sont plus rares.Lennox et von Storch ont traité 120 sujets migraineux.Il s\u2019agissait, dans tous les cas, de migraines typiques qui n\u2019avaient été soulagées par aucune autre thérapeutique.Sur les 120 patients, 109 recurent le médicament en injection intraveineuse, intramuseu- laire ou sous-cutanée.Dans 90% des cas, la guérison de la crise fut soudaine et complète.Et ceci, dès la première administration du médicament.Lors des crises ultérieures, le tartrate d\u2019ergotamine donna des résultats sensiblement comparables.Tous, hormis un, furent guéris par chaque injection d\u2019ergotamine.Ainsi donc, il ne semble pas y avoir d\u2019accoutumance au médicament.D'autre part, l\u2019ergotamine ne semble pas avoir d\u2019action appréciable sur la fréquence des crises.Dans l\u2019ensemble, Lennox et von Storch ont même l'impression que les céphalées guéries par l\u2019er- gotamine ont tendance à se reproduire plus fréquemment pendant les premières semaines ou les premiers mois de traitement.O\u2019Sullivan constate également que le tartrate d\u2019er- gotamine est le seul médicament qui donne des résultats constants dans la migraine.1,042 cephalées migraineuses furent complètement guéries chez 89 malades.De son côté, von Storch a soumis 189 malades au traitement par le tartrate et 90.4 pour 100 d\u2019entre eux ont vu leur céphalée disparaître sous l\u2019action du médicament. 74 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 Les résultats obtenus par les auteurs américains précités portent sur un grand nombre de cas et leurs résultats sont trop concordants pour ne pas être vrais.Le tartrate d\u2019ergotamine semble donc bien être le médicament héroïque de la céphalée migraineuse, puisque les échecs ne dépassent pas 10% des cas.Doses et mode d\u2019introduction.On utilise de préférence la voie intraveineuse, parce qu\u2019elle n\u2019est pas douloureuse et parce que l\u2019effet du médicament est plus rapide.La céphalée disparaît environ 15 à 30 minutes après l\u2019injection, tandis qu\u2019il faut avec la même dose de médicament par la voie sous-cutanée \u2018ou intra-musculaire attendre 45 à 90 minutes.L\u2019injection semble avoir un inconvénient, celui de provoquer plus fréquemment les divers malaises qui \u2018peuvent résulter du traitement ergotamique.O\u2019Sullivan a utilisé dans la grande majorité des cas la voie sous-cutanée.La dose minima doit dépendre de l\u2019intensité de la crise et aussi du moment de la crise où on la donne Une dose moindre est nécessaire tout au début de la crise, que celle indispensable quand la crise est :à son acmé, chez un patient prostré, avec des nausées et des vomissements.Pratiquement, O\u2019Sullivan commence toujours par 14 de milligramme.Si la crise n\u2019est pas guérie en 2 ou 3 heures ou si la céphalée réapparaît 2 à 12 heures après l'injection, on fera \u2018une dose plus forte de 5 ou % de milligramme.Le tartrate d\u2019ergotamine peut également étre pris par la bouche.La dose pour être active doit être plus \u2018élevée, et O\u2019Sullivan conseille de donner en une fois la dose suffisante pour faire avorter la crise de migraine, soit 5 mg, plutôt que de la donner en plusieurs fois.L'action du médicament pris par la bouche est beaucoup plus inconstante et le pourcentage de guérison est moins élevé.Cet auteur signale en outre l'utilité qu\u2019il y a à faire allonger le malade aussitôt après l\u2019injection d\u2019ergotamine, et à le laisser couché jusqu\u2019à ce que la céphalée ait disparu.Notons que l\u2019ergotamine n\u2019a donné aucun résultat comme médicament préventif.Symptômes associés.Au cours des crises de migraine traitées par l\u2019ergotamine, on peut voir survenir \u2018des malaises dont les plus fréquents sont des nausées et des vomissements.L\u2019injection de 45 mg d\u2019atropine ou d\u2019un composé calcique est susceptible de les atténuer.Signalons encore une sensation de fatigue et de lassitude, des myalgies, des arthralgies, des paresthé- \u2018sies, des engourdissements et brûlures des doigts et «des orteils.D\u2019après la majorité des auteurs, on ne doit pas considérer ces symptômes comme des signes d\u2019ergotisme et ils ne sont pas alarmants, à moins \u2018qu\u2019ils ne deviennent persistants et progressifs.Contre-indication.Malades atteints de lésions artérielles, à cause de l\u2019action hypertensive de l\u2019ergo- tamine.Les femmes enceintes.Les céphalées non migraineuses.Mode d\u2019action du tartrate.1° On a émis l\u2019idée que le tartrate pouvait agir dans la migraine par une action analgésique sur les terminaisons nerveuses du système autonome.Mais le fait que cette médication reste le plus souvent sans action sur les céphalées banales et sur toutes les autres formes d\u2019algie, rend bien douteuse cette action analgésique.2° Le tartrate d\u2019ergotamine vaso-dilitateur.Le fait que l\u2019inhalation de nitrite d\u2019amyle est susceptible de faire cesser la céphalée pendant 5 à 45 minutes; le f«it que la sympathectomie périartérielle de l\u2019artère temporale peut faire disparaître les crises pendant un temps variable, avaient rendu logique de croire que l\u2019ergotamine guérit la céphalée migraineuse en faisant cesser un spasme vasculaire.Mais les recherches de Pool, Storch et Lennox ont montré que chez la plupart des sujets, on note, après l\u2019administration d\u2019ergotamine, une augmentation de la tension céphalo-rachidienne, ce qui contredit l\u2019hypothèse vaso-dilatatrice.3° Le tartrate d\u2019ergotamine vaso-constricteur.Il est actuellement prouvé que les céphalées de la migraine ont pour siège d\u2019origine les vaisseaux de la dure-mère et les vaisseaux craniens et qu\u2019elles sont dues, en réalité, non à une vaso-constriction, mais à une vaso-dilatation douloureuse des artères craniennes.L\u2019action vaso-constrictrice du tartrate d\u2019ergotamine a été prouvée expérimentalement, alors qu\u2019au cours d\u2019une trépanation, l\u2019examen montra une diminution d'amplitude de 20% des pulsations de la méningée moyenne après injection d\u2019ergotamine.Conclusions.Le tartrate d\u2019ergotamine en injection est une remarquable médication curative de la céphalée migraineuse, puisqu'elle fait disparaître celle-ci dans 90% des cas environ.La dose minima nécessaire du médicament varie entre 4 et 14 mm.dans la majorité des cas.L\u2019ergotamine n\u2019a pas d\u2019action appréciable sur les autres céphalées; son action est presque spécifique à l\u2019égard de la céphalée migraineuse.Au cours de la crise migraineuse, les artères craniennes sont le siège de troubles vaso-moteurs qui irritent leur gaine sympathique et conditionnent la céphalée.L\u2019ergotamine agit en modifiant ce désordre vaso-moteur et vraisemblablement par une action vaso-constrictive.Le tartrate d\u2019ergotamine se présente donc comme une médication purement symptomatique de la crise migraineuse.Il ne s\u2019adresse pas aux causes quelles qu'elles soient qui déclenchent la crise, encore moins au terrain sur lequel elles se développent.Il n\u2019a d\u2019objet que lorsque la crise existe pour la faire cesser.Aussi, l\u2019emploi de l\u2019ergotamine gagne-t-il à s'associer aux traitements étiologiques de la migraine.Antonio MARTEL. ANALYSES 75 PHTISIOLOGIE L.FILLIOL et BLIAH.\u2014 Les scissurites de la petite scissure droite.\u2018Paris Médical\u201d, 30: 110 (juillet) 1939.\u201cDe face l\u2019image radiologique se présente sous l'aspect d\u2019une plage en triangle isocèle dont la base \u2018répond au bord droit du cœur; le bord supérieur est -oblique de haut en bas et de dedans en dehors; le \u2018bord inférieur est oblique de haut en bas et dehors -en dedans; le sommet est situé plus ou moins près :du bord externe du thorax.L\u2019intensité de l\u2019image est dégradée du haut vers le bas.Le bord supérieur est très net, linéaire; l\u2019inférieur est plus imprécis.En position oblique antérieure droite, cette plage devient \u2018une bande opaque, oblique de haut en bas et d\u2019arriére -en avant\u201d.Trente-deux malades présentaient ce syndrome radiologique nettement individualisé au cours des -consultations faites par les auteurs.L\u2019étendue et l\u2019intensité des images ont seules changé.On remarque ce syndrome presque exclusivement -dans la première et la deuxième enfance: 30 malades -sur 32 avaient entre deux à douze ans; les deux autres «des adultes.C\u2019est plutôt une opacité scissurale sans participation parenchymateuse qu\u2019une lobite moyenne.Cliniquement, le syndrome est latent, ces malades, s\u2019ils sont tousseurs quelque peu, peuvent présenter parfois quelques signes de bronchite banale.Pas de bacilles dans les crachats décelés, ils n\u2019ont même pas de point de côté.Ils ne maigrissent pas et n\u2019ont pas .d\u2019hyperthermie.Excepté chez trois malades, l\u2019auscultation est silencieuse.Les rayons X ont montré que chez 14 malades «la Tésorption des signes radiologiques était complète ».D'ailleurs chez tous, l\u2019évolution de la maladie a été favorable, la tuberculose ouverte ne s\u2019était jamais manifestée.Il semble donc que dans ces cas de scissurite de la petite scissure droite, le rôle de la tuberculose est à négliger.La cuti-réaction à la tuberculine a été négative chez 12 malades.Chez 18 autres ou la cuti- Téaction positive a été trouvée, on n\u2019a pu prouver l'existence de la tuberculose.Enfin, ce syndrome comporte un bon pronostic.Paul-René ARCHAMBAULT.GASTRO-ENTEROLOGIE J.M.RUFFIN, I.BROWN.\u2014 Incidence de la gastrite constatée au gastroscope au cours de névroses gastriques.\"Am.Jr.of Dig.Dis.\u201d, 7: 414 (oct.) 1940.«Troubles fonctionnels ou, si l\u2019on préfère, névrose gastrique y.Le patient qui se voit ainsi classifié est venu se plaindre de sa région épigastrique.La clinique, le laboratoire, la radiologie ont été incapables de déceler une lésion organique.Cela prouve qu\u2019on n\u2019a pas su la découvir, mais non qu\u2019elle n\u2019existe pas.Tel était le raisonnement d\u2019un bon nombre de médecins.Aussi, la gastroscopie fut-elle accueillie avec enthousiasme par quelques-uns, avec intérêt par les autres.Cette inspection directe de la muqueuse permettrait probablement de déceler des lésions inaccessibles autrement, et conférerait un caractère d\u2019organicité à bon nombre de ces névrosés gastriques.Les travaux se multiplièrent, cherchant tous à établir si possible, une relation entre l\u2019aspect de la muqueuse et les troubles subjectifs accusés par les malades.On a rapporté que 30 à 50% de ces malades semblaient souffrir de gastrite chronique.Schindler, prétend que 41% de tous les patients qu\u2019il a gastros- copés, faisaient de la gastrite, à différents degrés.Ruffin et Brown trouvent ces affirmations exagérées, s\u2019ils consultent leur propre expérience de 543 gastroscopies pratiquées en deux ans et demie, au Duke Hospital \u2014 240 de ces 543 examens furent faits chez des patients étiquettés fonctionnels.La muqueuse gastrique de 63% de ces malades a été trouvée rigoureusement normale; 25% des autres présentaient uniquement des suffusions hémorragiques sous- muqueuses et des taches pigmentaires.Le dernier 12% avait des lésions de gastrite, superficielles, hypertrophiques ou atrophiques telle que décrite par Schindler.Il n\u2019y a aucun rapport entre les symptômes présentés et l\u2019aspect gastroscopique de la mugneuse.Il semble donc, de l'avis des rapporteurs, que l\u2019on a montré trop d\u2019enthousiasme pour les renseignements fournis par la gastroscopie au cours des troubles fonctionnels.Nous en sommes encore, continue Ruffin, à décider de l'aspect de la muqueuse normale, à fixer la limite où les altérations constatées devront être considérées comme pathologiques.Dans l\u2019état actuel de nos connaissances en gastroscopie, il semblerait plus sage de se contenter de décrire ce que l\u2019on voit, sans vouloir à tout prix parler de gastrite à la moindre anomalie de la muqueuse.Cette communication de Ruffin et Brown, présentée au Congrès de l\u2019American Gastro-Enterological Association, tenu en juin dernier, a fait l\u2019objet d\u2019une discussion animée, à laquelle prirent part nombre de gastro-en- térologues américains éminents, discussion très intéressante pour tous ceux que cette question de la gastroscopie touche de près ou de loin.L\u2019impression d\u2019ensemble qui se dégage de ce débat est qu\u2019il faut v aller avec prudence en matière de diagnostic gas- troscopique, quoique les résultats obtenus jusqu\u2019ici par ce mode d\u2019exploration aient fait faire un grand pas à la pathologie gastrique.Roger R.DUFRESNE.pti) nll ans wo Ce CRE mt 76 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 CHIRURGIE R.D.McCLURE, L.S.FALLIS.\u2014 La gastrectomie partielle dans le traitement de l\u2019ulcère peptique.\u2018Surgery, 85: 575: 1940.Les A.rapportent 74 observations consécutives et personnelles de gastrectomies partielles pour ulcères peptiques.La mortalité de ce groupe fut de 53 p.100; et tous les décès furent causés par la péritonite.Aucun décés fut enregistré dans les 34 derniers cas, de cette série.Les résultats éloignés furent excellents ou bons dans 75 p.100 des cas.Les auteurs attribuent l\u2019abaissement du taux de la mortalité à une technique de mieux en mieux réglée, à l\u2019usage de l\u2019anesthésie rachidienne, aux transfusions sanguines systématiques au cours de l'intervention, à l\u2019administration d\u2019oxygène au cours et après l\u2019opération afin d\u2019éviter l\u2019anoxémie et les complications pulmonaires.Mercier FAUTEUX P.B.ASCROFT, M.S.(Londres).\u2014 Traitement chirurgical de l'hypertension.\u2018\u2019The Lancet\", 237: 113 (15 juillet) 1939.Une mort sur quatre après 50 ans est due à l\u2019hypertension ou à une de ses conséquences.Feshberg appelle hypertension essentielle celle à laquelle on ne peut accoler une étiologie rénale.Cette dernière tue en moyenne vers l\u2019âge de 55 ans.Sur 420 hypertendus 60% ont succombé à une défaillance cardiaque, 20% à des accidents cérébraux; 10% à des accidents rénaux.L\u2019hypertension est secondaire à un rétrécissement des artérioles.Le cœur n\u2019envoie pas plus de sang que d'habitude.La pression capillaire ne change pas et puisque les échanges se font dans les capillaires, il s'ensuit donc que les tissus n\u2019ont plus besoin ni ne reçoivent plus d\u2019oxygène qu\u2019auparavant.Le rein filtre bien avec une pression de 100 mm.Hg.au niveau de ses artères, au-dessous de 40 mm.Hg.la filtration cesse.Une sclérose rénale élève la pression dans l'artère rénale et conséquemment dans tout le système artériel.Cette explication vaut pour l\u2019hypertension d\u2019origine rénale mais pas pour l\u2019essen- elle qui ne présente pas de lésions rénales.Les facteurs qui contrôlent la pression artérielle.La P.A.est facteur de débit cardiaque et de résistance périphérique.Dans l\u2019hypertension essentielle et celle d\u2019origine rénale le débit cardiaque n\u2019est pas élevé.L\u2019élévation de la pression est donc due à l\u2019augmentation de la résistance périphérique, la diminution du calibre de vaisseaux.La lumière de ces vaisseaux est réduite soit à cause d\u2019un changement dans la structure de la paroi ou à cause d\u2019une contraction de sa couche musculaire.L\u2019artério-sclérose accompagne cependant rarement l\u2019hypertension.Il reste donc qu\u2019elle doit être due à une vaso-constriction des vaisseaux.Les facteurs de cette vaso-constriction sont nerveux ou chimiques.Facteur nerveux.Le facteur nerveux vaso-constricteur est très attrayant et a donné lieu à de nombreuses interventions sur le sympathique, cependant Pickering, Prinz- metal et Wilson ont démontré chacun de leurs côtés qu\u2019en coupant toutes les ramifications vaso-motrices du bras, la pression ne s\u2019abaissait pas et la masse sanguine n\u2019augmentait pas dans ce bras.Facteurs chimiques.Hulse a utilisé une méthode qui permet de mettre en évidence l\u2019adrénaline dans le sang à la dose de 1/700 millions.Il n\u2019en a pas trouvé de trace dans le sang des hypertendus.Les petites doses d\u2019adrénaline dilatent les vaisseaux.Les malades souffrant d\u2019hypertension d\u2019origine rénale ou essentielle ne sont pas plus sensibles à l\u2019adrénaline.Les hypertensions par tumeur de la surrénale offrent un syndrôme bien défini.L\u2019innervation de la surrénale et la destruction de la médullaire n\u2019influencent pas l\u2019hypertension essentielle.Corticale surrénale.L\u2019hyperplasie de la corticale n\u2019a pas de rapport avec l\u2019hypertension.Elle peut exister sans hypertension et vice-versa.Pituitaire.Cushing a attribué l\u2019hypertension du basophilisme- à l\u2019action du principe presseur de la pituitaire postérieure.Mais on ne peut facilement comparer le syn- drôme de Cushing avec l'hypertension essentielle.De plus il faudrait d\u2019abord retrouver ce principe presseur dans le sang et le L.C.R.des hypertendus.Au*res vaso-constricteurs.Les substances toxiques qu\u2019on incriminait autrefois comme cause de l\u2019hypertension se résumaient en- anglais dans le mot GLASS G pour Gout L pour Lead A pour Alcohol S pour Syphilis S pour Strain.On tient peu compte de la goutte et du plomb- comme facteurs actuellement.Les alcooliques sont plutôt des hypertendus.Les abus de viande ont été- incriminés.Cependant Stefannson a passé neuf ans de sa vie- à ne manger que de la viande, dans le nord et sa pression se maintenait à 115/55.Cependant la gloutonnerie contribue à faire élever la pression de même- le tabac.La syphilis est un facteur pas plus important que les autres.Le surmenage mental et émotionnel contribue à l\u2019élévation de la pression quoique- les neurasthéniques soient des hypotendus. ANALYSES 77 Rôle du rein.Une série d\u2019expériences a démontré qu\u2019il existe dans le rein normal une substance hypertensive, la renine qui est éliminée ou détruite normalement.L\u2019action de cette substance est sous la dépendance de la corticale surrénale.Si la filtration rénale se fait plus difficilement avant qu\u2019il en apparaissent des signes cliniques la rénine passe dans le sang et la pression s\u2019élève.Si on enlève la corticale surrénale la rénine n\u2019agit pas.Cette substance a été isolée des reins par Tiger- dtedt et Sergmann il y a 40 ans.Ces auteurs ont démontré sa puissante action hypertensive.Traitement chirurgical.Presque toutes les opérations propres à faire baisser la tension ont porté sur les nerfs du rein, des surrénales ou sur les splanchniques.On se basait sur le fait que l\u2019hypertension est due à une vaso-cons- triction.Depuis l\u2019opération de Pende en 1923 (la section du splanchnique gauche) de nombreuses autres ont été proposées.Les seules interventions d\u2019énervation qui ont semblé donner des résultats ont porté sur les sympathiques de la région splanchnique.Les techniques ont varié avec les auteurs et tous prétendent avoir eu certains succes.Interprétation des résultats.Il n\u2019y a pas de doute que chez certains cas la section des splanchniques a donné des résultats merveilleux.Des malades impotents jusque-là ont pu reprendre leur travail.Cependant la chirurgie a ses indications précieuses.On sait que le repos au lit peut faire baisser la pression et amender les symptômes.La chirurgie doit être réservée aux vieux hypertendus, ayant une tension se tenant aux environs de 200/120 et plus qui fatiguent et que le repos n\u2019améliore pas.Malheureusement on ne peut savoir à l\u2019avance quels sont les cas qui profiteront de l\u2019intervention.Expérimentation et chirurgie.La moindre diminution de l\u2019apport sanguin dans le rein par constriction des vaisseaux engendre la production de rénine qui passera dans le sang en plus grande quantité et entretiendra l\u2019hypertension.Autres moyens chirurgicaux.L\u2019omentoplexie faite sur un rein ischémié et décap- sulaté apporte une dérivation au sang venant du rein et abaisse la pression.(Samaan).Encore mieux si on lui joint la splanchnicectomie.Sylvio LEBLOND.GYNECOLOGIE G.JEANNENEY et PALMER.\u2014 Diagnostic et traitement de la stérilité.\u2018Gaz.Méd.de France\u201d, 47: 121 (1 mars) 1940.Les auteurs commencent leur article en soulignant | les difficultés du problème à résoudre.La conduite à tenir doit être méthodiquement réglée, s\u2019attachant à dépister les causes absolues et relatives.L\u2019interrogatoire précisera la date du mariage, les antécédents pathologiques, les caractères de la puberté, des règles, des phénomènes intermenstruels.On établira s\u2019il s\u2019agit d\u2019une stérilité primaire ou secondaire.Enfin on s\u2019enquerra de la fréquence des rapports sexuels et de leur caractère.L\u2019examen de la malade sera fait avec précision et méthode.Noter le type morphologique de la femme, procéder à l\u2019examen des principaux appareils et passer enfin à l\u2019examen gynécologique.Déceler toute malformation de la vulve, l\u2019intégrité ou non de l\u2019'hymen.L\u2019examen au spéculum renseignera sur l\u2019état du vagin et du col.En cas de vaginite, rechercher le trichomonas ou l\u2019existence de levures.On étudiera l\u2019état du col, sa position et sa configuration.La présence de lésions métritiques devra retenir particulièrement l\u2019attention: ces lésions seront traitées avant toute exploration plus poussée.La sténose congénitale ou acquise sera également notée.Enfin on procédera à l\u2019étude des sécrétions vagino- cervicales en établissant, à différentes époques du cycle menstruel, le pH de ces mêmes sécrétions.Le toucher vaginal, combiné au palper abdominal, intervient alors.Il relève les causes grossières de la stérilité.Il pré cise l\u2019état du vagin, du col, du corps et des annexes.L\u2019examen physique terminé peut laisser subsister un gros point d\u2019interrogation.Il faudra recourir alors à des examens spéciaux.Le mari doit également être l\u2019objet d\u2019une enquête soignée.La connaissance de ses antécédents génitaux et pathologiques en général, l\u2019examen des organes génitaux et particulièrement du sperme.Si le conjoint se dérobe il y a un moyen indirect d\u2019avoir une opinion, c\u2019est l'examen du mucus cervical de la femme de une à quatre heures après un rapport.Cet examen sera fait 14 ou 15 jours avant la date présumée des règles.On constatera alors la présence ou l\u2019absence des spermatozoïdes et leurs caractères.Si l'examen de la femme et du mari s\u2019est révélé négatif il faudra procéder alors à des investigations spéciales.La recherche de la perméabilité tubaire sera d\u2019abord entreprise.Se rappeler que 40% des stérilités sont dues à des lésions oblitérantes bilatérales des trompes.J.et P.s\u2019étendent alors sur la \u201cmeilleure façon de réaliser cette exploration» par l\u2019insufflation utéro- tubaire kymographique.Cette méthode consiste, comme on le sait, à injec- 78 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 ter dans l\u2019utérus, à l\u2019aide d\u2019un appareillage spécial, du gaz carbonique au débit de 60 centimètres cubes à la minute et d\u2019enregistrer, sur un tambour, les variations de la pression au cours de l\u2019opération.On ausculte en même temps les régions tubaires.Si les trompes sont perméables (normales) la pression cesse de s\u2019élever aux environs de 6 à 8 cms.de mercure et dessine des oscillations périodiques cependant qu\u2019on entend le gaz passer pendant les périodes descendantes des oscillations.Si les trompes sont obturées, la pression s\u2019élève régulièrement et on coupe quand elle atteint 20 cms.de mercure.La courbe obtenue est en plateau et la douleur, par son siège, est supposée déceler approximativement le siège de l\u2019obstacle.Les auteurs s\u2019étendent complaisamment sur ce mode d\u2019exploration qui en plus d\u2019être un procédé aveugle ne fournit pas plus de précisions que la métro-salpin- gographie.Sur ce dernier mode d\u2019exploration ils passent rapidement'et pourtant c\u2019est l\u2019aide le plus précieux que nous puissions avoir dans l\u2019étude des lésions occultes congénitales ou acquises non seulement des trompes mais de l\u2019utérus.Il permet de visualiser la lésion et les aspects physio-morphologiques des organes en cause.J.et P.terminent ce chapitre par l\u2019exploration fonctionnelle de l\u2019ovaire à l\u2019aide de la biopsie de l\u2019endomètre et des dosages hormonaux.Le traitement est ensuite envisagé dans le cas où on a trouvé des causes nettes de stérilité et dans celui où on n\u2019a rien découvert de précis.Dans les stérilités de cause masculine J.et P.parlent des traitements de la pyospermie, de la né- crospermie, de l\u2019azoospermie totale, lesquelles relèvent toutes de l\u2019urologue.Dans les stérilités féminines ils font une revue des différents traitements des lésions de la vulve et du vagin, des métrites cervicales, des sténoses du col, des rétroversions utérines, des lésions oblitérantes des trompes en insistant sur la nécessité des insufflations répétées, pour déboucher ces mêmes trompes mais en ayant garde de mentionner le remplissage tubaire au lipiodol, sous pression haute et continue lequel rétablit véritablement la perméabilité, quand il est possible de le faire, contrairement à l\u2019insufflation où les tentatives sont bien souvent inutiles en raison de la compressibilité du gaz, chose qui ne se produit pas avec les liquides.Les auteurs discutent également des différents troubles fonctionnels et lésionnels de l\u2019ovaire et de leurs traitements.Enfin, quand rien de précis n\u2019a pu être décelé Jet P.énumèrent les traitements atypiques à instituer; insémination artificielle, traitement des incompatibilités humorales.Ils admettent également l\u2019existence de troubles hormonaux et vitaminiques insuffisants pour donner des signes cliniques ou histologiques et dans lesquels les vitamines E et C associées à de petites doses de- folliculine et de progestérone ont donné les meilleurs- résultats.J.et P.concluent en résumant les lésions majeures et mineures de la stérilité.Les premières, difficilement curables, représentent 40% des causes d\u2019infécondité.Les dernières aisément curables puisqu\u2019elles permettent d\u2019atteindre 40% de succès.Raymond SIMARD L.IMBERT.\u2014 Cancer du col uterin.\u201cRevue: de Chirurgie\", 58: 241 (avril) 1939.Quatre stades du cancer (Société des Nations) : 1) Cancer très limité ne dépassant pas le col.2) Cancer étendu au paramètre.Mobilité utérine- conservée.3) Idem.Mobilité diminuée; ganglions envahis.4) Utérus fixé.Envahissement de la vessie, du.rectum.Relevés du centre anti-cancéreux de Marseille.\u2014- Radium seul.375 cas.Recul de 5 ans.1) Cancers du ler Stade.14 cas, 9 guéris, 5 morts.65% de guérison.La chirurgie et le radium ont à peu près les mêmes résultats 70 à 75%.Il est plus facile de bien appliquer du radium que de faire un bon Wertheim.(10% de mortalité opérat.).Si le radium échoue, on peut encore opérer à ce stade.Donc il faut mettre du radium au ler stade, sauf pour les cancers cylindriques qui sont radio-résistants et pour les cancers intracervicaux dont la limite est difficile à apprécier.2) Cancers du 2ème Stade.92 cas.30 guéris, 62 morts.32% de guérison.3) Cancers du 3ème Stade.128 cas.19 guéris, 109 morts.14% de guérison.La mortalité opératoire augmente rapidement avec l\u2019extension du cancer et les guérisons diminuent vite.Aux 2ème et 3ème stades, on peut opérer les cylindriques, mais on doit irradier les autres ie.mal- pighien, spino ou baso-cellulaires.4) Cancers du 4ème Stade.141 cas.3 guéris, 138 morts.2.55% de guérison.Ils sont inopérables.Tenter- le radium qui donne 2 à 4% de chance.Résumé Stade 1.Radium: Cancer malpighien; baso ou spino-cellulaire.Stades 2 et 3.Radium meilleur que chirurgie.Chirurgie: cancer cylindrique peu avancé.Stade 4.Radium.2 à 4% de chance.Ne rien faire si généralisation.Pierre JOBIN ANALYSES Dr LEVITZKY.\u2014 Lysatothérapie.\u2018La Gynécologie\u201d, 37: 129 (mars) 1938.Le problème de la thérapie par les lysats attire de plus en plus l\u2019attention des spécialistes des différentes sciences biologiques.On peut expliquer cet intérêt toujours croissant pour la lysatothérapie par la tendance à agir sur le métabolisme des protéines de l\u2019organisme malade, par les produits mêmes de leur désagrégation.Suivant la doctrine du Prof.Touchnoff, les produits de désagrégation cellulaire jouent un rôle très important dans le métabolisme.Cette conception fut déjà énoncée à la fin du XVe siècle.On commença par pratiquer le traitement des organes malades par les organes du même nom d\u2019animaux sains.A la fin du XVIIe siècle, la transfusion sanguine devint un mode de traitement.Depuis 1901, l\u2019emploi des préparations protéiniques entra dans la pratique courante.L'idée de l\u2019organo-spécificité est combattue puis entre de nouveau en scène quelque temps plus tard.En 1922, Abderhalden appliqua en thérapeutique les produits de l\u2019hydrolyse des tissus et des organes des animaux.Plusieurs auteurs font des recherches dans le domaine de la lysatothérapie et ont chacun leurs arguments et leurs hypothèses.L'hypothèse la plus répandue dans la lysatothé- rapie est la théorie de l\u2019action organo-spécifique.L\u2019essence de cette hypothèse se résume en ceci: la lysatothérapie est l\u2019action organo-spécifique des produits normaux de l\u2019organisme, provenant de la désagrégation des cellules et des tissus, c\u2019est-à-dire que les lysats d\u2019un organe déterminé possèdent une action élective sur l\u2019organe homologue.Afin de déceler l\u2019action des lysats préparés selon la méthode du Prof.Touchnoff, on procéda à une série d\u2019expériences et de travaux de contrôle sur les animaux.Se basant sur les acquisitions modernes de l\u2019immunologie, des auteurs ont déduit que tout antigène possède une action spécifique sur l\u2019organisme tout entier de l\u2019animal et ne peut limiter cette action à un organe isolé.On peut résumer ainsi les propriétés caractéristiques des lysats: 1) Les produits de la désagrégation de poids molé- eulaire élevé constituent une partie très active des lysats; 2) Les lysats contiennent des corps chimiques en quantité abondante: phosphore, soufre, métaux, colloïdes.En s\u2019unissant aux protéines, ces substances peuvent acquérir une grande activité pharmacologique; 3) Les lysats sont riches en hormones.79 Logoff a effectué des travaux sur le traitement par les lysats, travaux contrôlés par les observations cliniques, et qui présentent un grand intérêt pratique.Les malades sont divisés d\u2019après leurs affections en deux groupes: 1) Dysfonctionnement de la thyroïde, de l\u2019hypophyse: dysménorrhée.2) Affections cardio-vasculaires et autres.En se basant sur les travaux dont il disposait dans ce domaine et tenant compte des résultats effectifs obtenus par la lysatothérapie, Levitzky est arrivé aux conclusions suivantes: 1) La lysatothérapie est une des méthodes thérapeutiques actives dans le domaine de l\u2019organothérapie.2) La lysatothérapie n\u2019est pas la panacée de toutes: les maladies: son application nécessite des indications très précises et il faut être en possession du tableau de l\u2019activité endocrinienne du sujet.3) La lysatothérapie nous fournit une méthode de- traitement non sans danger, nécessitant des doses déterminées et un contrôle très sévère.4) Quant à la méthode d\u2019application des lysats, la clinique de l\u2019auteur a adopté le principe de la poly- lysatothérapie.5) La lysatothérapie n\u2019exclut point l\u2019administration simultanée d\u2019autres traitements (médicaments, physiothérapie).6) La question de la nature des lysats et le mécanisme de leur action n\u2019étant pas suffisamment élucidés, la clinique de l\u2019auteur appliquera successivement aux différents groupes de malades les lysats- avec produits des désagrégations de poids moléculaire élevé et avec ceux de poids moléculaire faible.Samuel LETENDRE CHIRURGIE INFANTILE ET ORTHOPEDIE M.S.HENDERSON et G.A.POLLOCK.\u2014 Traitement chirurgical de l\u2019ostéo-arthrite- chronique de la hanche.\"Journal of Bone and Joint Surgery, (octobre) 1940.Ces médecins nous présentent une statistique de 77 patients traités à la Clinique Mayo de janvier 1927 à décembre 1937.L\u2019ostéo-chondrite chez ces patients est le résultat de facteurs pathologiques multiples dont l\u2019obésité, certaines malformations de l\u2019extrémité \u2018supérieure du fémur telles: coxa-vara, valga sont des: causes prédisposantes.En laissant de côté l\u2019ankylose de l\u2019articulation de la hanche, considérée comme traitement radical dans ces cas, ces médecins nous présentent les traitements en trois groupes, non pas d\u2019après les indications préopératoires, mais d\u2019après les résultats fournis par différentes méthodes de traitements. 80 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 Groupe A.Ce groupe comprend les individus dont la maladie est à son début: raréfaction osseuse ou condensation, sans modification hyperplasique très marquée.Ce groupe fut traité par manipulation, forage de l\u2019extrémité supérieure du fémur ou par les deux méthodes associées.La mobilisation forcée des os de l'articulation permet de briser les adhérences ou de relâcher les spasmes musculaires.La correction des difformités se fait par des plâtres, des appareils d\u2019extension et d\u2019abduction.Des patients traités par manipulations, 44% se disent améliorés.La méthode de traitement par forage du grand trochanter et du col du fémur stimule l\u2019ostéo-genèse.Sur 28 cas traités de cette façon, 36% ont été améliorés et 16% furent grandement soulagés.Groupe B.Ces patients présentent des modifications hypertrophiques de la tête du fémur et de la cavité, ce qui limite de beaucoup les mouvements.Dans ce groupe, différentes méthodes d\u2019arthroplastie ont été utilisées.D'abord l\u2019ostéotomie de la tête fémorale est pratiquée sans résultat.L\u2019arthoplastie de la tête du fémur et de l\u2019acétabulum produit une amélioration dans 50% des cas traités de cette manière.Dans trois cas, à l\u2019ar- throplastie, fut associé le forage de l\u2019os iliaque immédiatement au-dessus de l\u2019acétabulum.On note une amélioration dans deux cas, le troisième n\u2019ayant pas répondu à l\u2019enquête.L\u2019ostéotomie sous-trochantérienne chez un patient n\u2019a amené aucun résultat après quatre mois.L\u2019acétabuloplastie est faite selon la méthode Smith- Petersen décrite en 1936.A cette opération fut associée de la physiothérapie.Sur cinq patients, quatre sont satisfaits de l\u2019intervention.L\u2019opération reconstruction de Whitman n\u2019a pas donné de résultats satisfaisants dans les cas traités.Groupe C.Ces patients se plaignent de douleurs que la physiothérapie habituelle ou le repos n\u2019ont pas calmées.Ils présentent des malformations dans les contours de la tête fémorale ou de l\u2019acétabulum.L\u2019arthrodèse est l\u2019opération pratiquée dans ces cas.La technique Smith-Petersen décrite en 1939 semble être une méthode encore meilleure.L\u2019arthrodèse intra-articulaire fut utilisée dans deux cas, l\u2019extra-articulaire, dans quatre cas en se servant d\u2019un greffon iliaque.L\u2019immobilisation plâtrée par un double spica semble être la meilleure méthode.Il peut arriver que dans l\u2019ostéo-arthrite la consolidation ne se fasse pas; elle ne se fait qu\u2019au bout de six à neuf mois dans ces cas.L\u2019arthrodèse fait disparaître la douleur et a permis à plusieurs patients, ainsi traités, de retourner à leur travail.Le pourcentage des résultats appréciables est de 80%.En résumé, sur les soixante-dix-sept cas traités, les hommes sont le plus souvent atteints de cette maladie dans la proportion de cinquante-cinq à vingt- deux.L\u2019arthrodése semble donner les meilleurs résultats.Le procédé est accepté en Europe; les patients en Amérique sont difficiles à convaincre.La technique de Smith-Petersen, décrite ces dernières années peut modifier notre opinion.R.TETRAULT.A.THORNDIKE.\u2014 Myositis ossificaris trau- matica.\u2018Journal of Bone and Joint Surgery\u2018\u2019, 22: 315 (avril) 1940.Selon l\u2019auteur, les choses se passent ainsi: 1) C\u2019est d\u2019abord une contusion profonde et forte d\u2019une masse musculaire qui entraîne une déchirure musculaire et capillaire et la mise en liberté de cellules périostiques.2) Une hémorragie accompagnée d\u2019une réaction inflammatoire qui forme l\u2019hématome.3) L\u2019absorption de l\u2019hématome, c\u2019est le stage de l\u2019ossification.Que deviennent ces myosites ossifiantes post-trau- matiques?Quelques-unes disparaissent seules, d\u2019autres, non.L\u2019auteur sur 25 cas a vu 9 cas se résorber seuls; le volume, la localisation surtout, de même que la diathèse individuelle sont les principaux critères de l\u2019absorption.Les petites ossifications disparaissent mieux, sauf près du coude; celles qui surviennent dans le corps du muscle ne causent que très peu de troubles ordinairement.Mais une ossification qui se produit à l'insertion d\u2019un muscle près d\u2019une articulation, bien qu\u2019elle puisse ne donner que peu de trouble, habituellement limite le mouvement.Le fémur est atteint le plus souvent: 14 cas sur 25: vient ensuite l\u2019humérus avec 7 cas sur 25.Diagnostic facile par la clinique et les Rayons X, cependant ce n\u2019est pas avant le 16ième jour que la radiographie peut montrer quelque chose.Traitement.a) Préventif: Protéger les parties exposées aux coups durant la pratique de certains sports.Applications froides et pansement compressif pour arrêter l\u2019hémorragie.Eviter le massage sur la région directe.b) Curatif: Ne pas enlever un hématome ossifié situé dans le corps du muscle ou sur la diaphyse de l\u2019os.Il faut faire l\u2019ablation de l\u2019ossification quand elle est située à une insertion tendineuse et qu\u2019elle nuit, mais pas avant 12 à 24 mois après l\u2019accident, autrement il peut y avoir récidive.Ls-Ph.ROY. ANALYSES 81 DERMATO-SYPHILIGRAPHIE Charles W.LAWRENCE, Nicolas WERTRIES- SEN.\u2014 La dyscrasie endocrinienne dans l\u2018acné vulgaire chez la femme.\u2018Endocrinology\"', 5: 755 (novembre) 1940.L\u2019acné vulgaire voit d\u2019année en année sa pathogénie s\u2019éclairer de données nouvelles.Ainsi, les auteurs reprenant la théorie que l\u2019acné a des relations évidentes avec les endocrines sexuelles, ont cherché et prétendent avoir réussi à faire un dosage adéquat de l\u2019excrétion urinaire des substances œstrogé- niques et androgéniques, chez huit femmes normales et huit acnéiques.Après avoir donné la technique de laboratoire qu\u2019ils ont dû imaginer, pratiquement de toutes pièces, ils en arrivèrent aux conclusions suivantes: Chez la femme acnéique, l\u2019excrétion dans l\u2019urine de la substance œstrogénique est sensiblement diminuée, tandis que celle des substances androgéniques paraît être portée à un chiffre supérieur à la normale.Se basant sur ces données de laboratoire et sur les faits cliniques certains, d\u2019après lesquels l\u2019on admet que l\u2019acné est limité à la période pubertaire, qu\u2019elle coïncide souvent avec des troubles menstruels, et qu\u2019elle semble être suractive sinon déterminée par l\u2019injection de testostérone, ils en concluent qu\u2019un déséquilibre androgénique, chez la jeune fille, doit être tenu comme très important dans la production de l\u2019acné vulgaire.Adrien LAMBERT Louis H.WINER.\u2014 Hyperplasie pseudo-épi- théliomateuse.\"Archives of Dermatology and Syphilology\", 42: 856 (nov.) 1940.Après avoir rappelé la difficulté du diagnostic différentiel entre les hyperplasies pseudo-épithélioma- teuses et l\u2019épothélioma spino-cellulaire, l\u2019auteur passe en revue la bibliographie de cette condition.Il rappelle les surprises des pathologistes de voir certains supposés cancers guérir spontanément, puis les essais successifs à différencer cette condition.Les classes un et deux ne comportant que de l\u2019acanthose et de l\u2019a- canthose plus prononcée et des prolongements épidermiques excessivement irréguliers, sont relativement faciles à diagnostiquer.Il n\u2019en est pas de même de la troisième classe qui a une texture anatomo- pathologique presque typique.Le diagnostic différentiel ne peut être fait que par des détails infimes telles que mensuration des noyaux, présence de cellules embryologiques, etc, etc.Ces pseudo-épithéliomas se présentent dans les affections suivantes de la peau: tuberculose, syphilis, épidermophytie profonde, actinomycose et blastomycose.L\u2019auteur rappelle l\u2019étude de Touraine et Duperrat en juin 1936.L\u2019A.résume ensuite la bibliographie, rappelle les aspects histologiques et le nombre de cas rapportés dans chacune des conditions ci-haut mentionnées.En concluant l\u2019auteur rappelle qu\u2019il est parfois impossible de faire un diagnostic histologique différentiel exact, que le cancer qui guérit spontanément n\u2019est pas un cancer, et qu\u2019en cas de doute, il faut faire plusieurs biopsies.F.L.BOULAIS.RADIOLOGIE Arthur U.DESJARDINS.\u2014 La Rœntgenthé- rapie dans les états inflammatoires.\u2018The Am.Journal Rœntgen.Rad.Therapy\u201d, 44: 594 (octobre) 1940.L\u2019auteur déplore la méconnaissance du milieu médical et même de certains radiologistes à l\u2019égard des propriétés thérapeutiques des rayons X dans les états inflammatoires.Le moment n\u2019est peut être pas loin dit-il, où la roentgenthérapie sera appelée à jouer un rôle aussi considérable dans le traitement des infections que dans celui des tumeurs.À titre d\u2019ex- exemples, Desjardins relate les travaux effectués, concernant l\u2019efficacité des rayons X dans le trachome et dans l\u2019anurie des néphrites aiguës.Il expose ensuite les grandes lignes d\u2019une théorie, déjà émise par Pordes et maintes fois défendue par lui-même depuis 1926, à savoir que les rayons X agissent dans l\u2019infection par destruction des leucocytes qui infiltrent le tissu conjonctif et par la mise en liberté des anticorps qui résultent de cette destruction.Dans les états inflammatoires aigus, une petite dose pratiquée à la période présuppurative suffit souvent à faire avorter l\u2019infection.Quand la suppuration est amorcée, celle-ci est hâtée par les rayons X.Dans les cas de suppuration avancée, la roentgenthérapie n\u2019a généralement pas d\u2019effet appréciable.Dans les états inflammatoires chroniques, où l\u2019infiltration leucocytaire est plus ou moins dominée par la prolifération d\u2019un tissu conjonctif radio-résis- tant, il importe d\u2019agir précocement, de donner des doses plus fortes et répétées.G.PINSONNEAULT Henry OLIN.\u2014 La participation du disque intervertébral dans les fractures et la pathologie du rachis.\u2018Am.Journ.Roentg.and Radiumtherapy\", 42: 335 (août) 1939.L\u2019auteur base son rapport sur 56 cas.C\u2019est maintenant un fait accompli et reconnu que dans 80% des cas de fractures vertébrales le disque est intéressé, et dans 38%, le nucléus pulposus.La partie centrale du disque est le nucléus pulpo- sus qui est formé d\u2019une substance fibro-gélatineuse molle, espèce d\u2019amortisseur situé au centre du disque.L'ensemble du disque est en quelque sorte un « shock- absorber ». 82 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 Le nucléus joue un rôle particulier dans l\u2019étiologie des douleurs dorsales basses, des lésions rhumatismales chroniques vertébrales, dans certaines compressions médullaires, dans les lésions articulaires inter- -vertébrales.Il est parfois lésé au cours de la ponction lembaire.Diagnostic radiologique des lésions du nucléus pul- posus.«Schmorl\u2019s node »: hernie dans le corps vertébral, calcification subséquente.La hernie peut se faire en avant, en arrière ou latéralement.L\u2019ostéo-arthrite se manifestant par des becs de perroquet se produit souvent après hernie du nucléus et aplatissement du disque par pression due au poids du corps, surtout lorsque l\u2019ostéo-arthrite n\u2019existe qu\u2019au niveau de deux ou trois vertèbres, La hernie peut se faire également dans le canal médullaire et comprimer soit la mæœlle, soit la racine.Pathologie du disque.1) Primitive: Traumatisme; ponction lombaire: fracture et hernie du disque; compression médullaire.2) Secondaire: aux fractures; T.B.; ostéomalacie ; tumeur maligne, primitive et métastatique: maladie de Paget; arthrites vertébrales; malformations congénitales; pression des troncs nerveux; scoliose.Jean BOUCHARD LABORATOIRE Léonard F.BELANGER.\u2014 Une étude du segment respiratoire du poumon des mammifères marins.\u2018Am.J.Anat.\u201d, 67: 437 (1940).Les baleines, les marsouins, les phoques possèdent comme tout le monde sait, la capacité de vivre sous l\u2019eau pendant des périodes plus ou moins longues durant lesquelles ces animaux sont en apnée.L'auteur a entrepris, à la lumière de l\u2019anatomie comparée, une étude systématique de l\u2019appareil respiratoire de ces espèces.La question avait, d\u2019ailleurs, intéressé antérieurement des anatomistes comme Lacoste, Baudri- mont, Wislocki et Fiebiger.Ces auteurs et plusieurs autres d\u2019autre part, s\u2019étaient cependant contenté jusqu\u2019ici d\u2019étudier des espèces particulières.Le présent travail réunit les monographies antérieures, leur ajoute la description des nouveaux individus, comme les grosses baleines et en particulier le cachalot austral, le phoque de l\u2019Atlantique nord et le marsouin canadien.Il apporte, à cette étude, des techniques précises comme la microdissection, les colorations différentielles et la reconstruction de coupes sériées.Ces différents moyens ont donné à l\u2019auteur une vue totale du segment respiratoire.Je passe sous silence les descriptions particulières des espèces ainsi « disséquées»; les illustrations qui les accompagnent sont dignes de la réputation de l\u2019école de Harvard, où le travail fut accompli.L'auteur conclut que le segment terminal de l\u2019arbre pulmonaire s\u2019est graduellement éloigné du type terrestre dans l\u2019organe des animaux étudiés, les différences se manifestant par quatre points principaux: 1.la disparition graduelle des segments bronchiques à paroi non cartilagineuse, à savoir la bronchiole respiratoire et la bronchiole vraie.2.la modification des différentes régions du complexe respiratoire, consistant en un agrandissement progressif du canal alvéolaire et des saccules par rapport à la capacité de l\u2019alvéole qui demeure à peu près fixe.3.l\u2019hypertrophie du système myo-élastique du canal et des saccules.4.la densification du tissu conjonctif de la paroi alvéolaire, nécessitant un dédoublement des capillaires.Chaque vaisseau sanguin sera ainsi définitivement confiné & un seul alvéole.Certains mammifères marins comme le marsouin, le dauphin et la petite baleine blanche de nos eaux, s\u2019éloignent davantage du type général: la portion terminale de leur arbre bronchique montre de très nombreux embranchements dans la lumière desquels se voient, à intervalles réguliers, des valves myo-élasti- ques circulaires.De plus, ces bronches spécialisées s\u2019ouvrent dans des cavités respiratoires simplifiées, ne montrant qu\u2019un seul saccule bordé par des alvéoles.Enfin, la présence d\u2019une plèvre viscérale très épaisse chez un grand nombre de ces espèces, a révélé à l\u2019auteur, une constatation du plus haut intérêt.Depuis longtemps, anatomistes et pathologistes sont divisés en deux groupes sur la question du revêtement \u2018de la paroi alvéolaire.Alors que la plupart admettent que ces cavités sont recouvertes, comme le veulent les classiques, par une membrane épithéliale très mince, certains auteurs, comme Policard et Loosli, prétendent que l\u2019air alvéolaire est immédiatement en contact avec la paroi du capillaire sanguin.Les alvéoles, situées immédiatement sous la plèvre épaisse du poumon des siréniens et des gros cétacés, ont montré à l\u2019auteur une rangée régulière de cellules cubiques possédant toutes les caractéristiques d\u2019un épithélium et différant en tous points des éléments sous-jacents.Ce phénomène serait dû à l\u2019absence de distension des parois à ce niveau à cause de la résistance opposée par la rigidité pleurale.Cette constatation viendrait confirmer une description d\u2019un phénomène comparable observé expérimentalement par Gazayerbi en 1936 à la suite d\u2019un gonflement pleural artificiel chez le lapin.Elle apporterait, ainsi, un argument très fort à la théorie de l\u2019épithélium alvéolaire.On comprend facilement l\u2019importance de la question.De plus, le fait de la variation de volume des différents segments de l\u2019arbre pulmonaire n\u2019est vraisemblablement pas limité aux poumons des mammifères ANALYSES 83 marins.L'auteur me dit qu\u2019il a déjà entrepris l\u2019étude comparée du poumon «terrestre ».Celle-ci ne manquera pas d\u2019amener des constatations biologiques intéressantes et peut-être, aussi, une compréhension plus générale de certains phénomènes pathologiques obscurs, tels que l\u2019asthme bronchique.Albert LESAGE.S.SHERRY, G.J.FRIEDMAN, K.PALEY, J.BFRKMAN et E.P.RALLI.\u2014 Mécanisme de l'excrétion de la vitamine C par le rein chez le chien.\"Am.J.of Physiology\u201d, 130: 276, 1940.Ces auteurs étudient l\u2019excrétion de la vitamine C, chez le chien qui la synthétise.Avec un régime spécial et une créatinémie constante, ces auteurs font varier le taux de l\u2019acide as- corbique par injection intraveineuse; son excrétion étant contrôlée par analyse d\u2019urine.L\u2019élimination de la Vitamine C, peu mportante quand la concentration du sang est faible en acide ascorbique, s\u2019élève graduellement quand cette concentration augmente, mais il y a une limite à Ja réabsorption de la Vitamine C par les tubes contournés au-dessus de laquelle l\u2019excès passe dans les urines.Chez le chien, ce taux maximum est 0,52 mgm.par 100 cc.de filtrat glomérulaire et chez l\u2019homme, 12 à 2.1 mgm.De plus la quantité d\u2019urine n\u2019influence aucunement le taux d\u2019excrétion de la Vitamine C.Rosario ROBILLARD Milan A.LOGAN.\u2014 Notions récentes sur la chimie de la calcification.\u2018Physiol.Rev.\u201d, 20: 522, 1940.L\u2019auteur résume et analyse les expériences faites depuis quelques années dans ce domaine.Tout en reconnaissant le caractére fragmentaire de nos connaissances dans cette matiére, il admet comme prouvée l\u2019influence de certains facteurs sur la calcification; comme par exemple le rapport calcium-phosphate de la diète, l\u2019équilibre acide base, les vitamines C et D, les glandes parathyroïdes, thyroïdes et pituitaires.Ces facteurs agiraient soit sur l\u2019absorption phos- pho-calcique au niveau de l\u2019intestin, soit sur l\u2019élimination urinaire de ces mêmes substances, soit enfin sur le métabolisme des cellules osseuses.La précipitation des sels calciques au niveau de l\u2019os n\u2019est pas spontanée; l\u2019étude physico-chimique de ces sels dans le sang normal montre cependant qu\u2019ils y existent à un taux très voisin d\u2019une saturation physiologique.(200 notes bibliographiques) Arthur GAGNON.R.GOHIER, J.PORNET et G.BERNIER.\u2014 Diagnostic sérologique de la mononucléose infectieuse par le test d\u2019agglutination (réaction de Paul Bunnell).Sa valeur pratique.\u201cBull.et Mém.de la Soc.Méd.des Hôpitaux de Paris\u201d, 18: 846 (5 juin) 1939.La mononucléose infectieuse découverte depuis une cinquantaine d\u2019années, a été étudié sous différents noms: fièvre ganglionaire, mononucléose infectieuse, angine à monocytes, adénolymphoïdite aiguë bénigne.On a décrit, à côté de la maladie classique avec angine, adénopathies, leucocytose modérée et mononucléose, une quantité de formes plus ou moins frustes ou atypiques, de telle sorte que, en l\u2019absence d\u2019un critère de diagnostic certain, on pouvait difficilement reconnaître cette mononucléose infectieuse.Aujourd\u2019hui existe le test d\u2019agglutination de Paul Sunnell qui cherche à mettre en évidence dans le sang de ces malades la présence d\u2019agglutinines anti- mouton.Pour que le test d\u2019agglutination soit positif, il y a deux conditions essentielles: a) Le sérum du malade doit agglutiner les globules rouges de mouton au moins au taux de 1/56; b) Ces agglutinines doivent étre absorbées par les extraits de globules rouges de boeuf et peu ou pas les extraits de rein de cobaye.Elles ne doivent done pas être du type « Forssmann », agglutinines banales anti-mouton, que la sérothérapie fait apparaître et qui existent, en général, à un taux inférieur à 1/56 et qui sont absorbées, d\u2019ailleurs, par les extraits du rein de cobaye et pas par les hématies du bœuf.Les auteurs se sont préoceupés de la valeur spécifique de ce test biologique et l\u2019ont expérimenté pendant plus d\u2019un an, de telle sorte qu\u2019ils se pensent en mesure d\u2019en dire « la valeur pratique ».Cette réaction s\u2019est montrée négative dans toutes les affections de la bouche et du pharynx qui s\u2019accompagnent de signes hématologiques voisins de ceux de l\u2019adénolymphoïdite aiguë bénigne.Cette constatation a été faite non seulement par Gohier et ses collaborateurs, mais aussi par tous ceux qui ont étudié cette réaction d\u2019agglutination «des anticorps hétérophiles» comme l\u2019appellent les Américains.Gohier l\u2019a essayée dans un certain nombre de maladies infectieuses, dans des infections à virus plus ou moins connus, à virus filtrants s\u2019accompagnant ou non d\u2019hypertrophie ganglionnaire de mononucléose ou d\u2019hypertrophie de la rate.La réaction a toujours été négative, en particulier aans les angines avec adénopathies, la maladie de Hodgkin,\u201d des micropolyadénopathies chroniques lymphocytaires, l\u2019adénopathie bacillaire, la leucémie, la typo-bacillose, le paludisme, la scarlatine, les oreillons, la rubéole, l\u2019ictère infectieux, l\u2019ectodermose érosive pluri-artificielle. 84 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 Le taux de positivité adopté fut de 1/80.Quelques malades (3) ont eu un taux assez élevé (1/60\u20141/180) mais les agglutinines étaient du type Forssmann (absorption par le rein de cobaye).Auéun n\u2019avait reçu de sérum thérapeutique, mais l\u2019un d\u2019eux mangeait beaucoup de viande de cheval.Evolution de la réaction sérologique.a) Il n\u2019est pas facile de dire à quelle époque de la mononucléose la réaction devient positive; mais elle est assez précoce: 10ème, 11ème, 12ème jour.b) Chez six malades, le test d\u2019agglutination a disparu après 29 ou 115 jours, et, en général, à un moment où le malade est guéri cliniquement et héma- tologiquement.Il y a quelques exceptions où le test devient négatif avant la guérison clinique.On ne peut donc pas faire le diagnostic rétrospectif de la maladie.c) Dans deux cas, la réaction est restée constamment négative bien que tous les signes cliniques et hématologiques aient été en faveur de la mononucléose infectieuse et l\u2019on note que l\u2019un de ces malades avait été traité par les sulfamidés.d) Une réaction négative, d\u2019après le professeur Le- mierre ne permet pas d\u2019écarter un diagnostic pas plus au cours de la mononucléose qu\u2019au.cours des autres maladies infectieuses.Henri MARCOUX.Earl O.BUTCHER.\u2014 Des effets des irritants et de la thyroxine sur la poussée du poil de rats albinos.\u201cAm.J.Physiol.\u201d, 129; 553; 1940.© L\u2019A.démontre que tout irritant, appliqué sur la peau de rats tondus, augmente la vascularisation capillaire de la région irritée.Ce qui active la poussée du poil.Il en est de même de la thyroxine, injectée seule ou appliquée avec un irritant.(7 notes bibliographiques).Philippe RIOPELLE.David C.BULL et Chs R.DREW.\u2014 La conservation du sang.\u2018Annals of Surgery\", 112: 498 (octobre) 1940.Il appartient à la clinique de fournir un verdict ultime sur la valeur du sang conservé mais le laboratoire peut prévoir les avantages et les dangers possibles résultant de cette thérapeutique.Les auteurs ont étudié les changements qui se produisent dans le sang conservé dans divers anticoagulants et ont noté les faits suivants: Les globules rouges du sang héparné se maintiennent à un niveau constant pendant 30 jours alors qu'avec le citrate de soude le taux des globules rouges d\u2019abord fixe pendant 15 jours baisse de 1 million = à un million et demi à la fin du premier mois.Ceci n\u2019empêche pas les globules qui restent de conserver leur pouvoir de fixer l\u2019oxygène.Le diamètre moyen des globules rouges décroît progressivement et passe de 7.6 microns à 58 microns en 35 jours.La vie moyenne des globules rouges transfusés est influencée par la durée de leur conservation.Les cellules conservées 3-10-14 jours survivent 80-60 ou 20 jours respectivement si on les compare aux cellules fraîches qui survivent 95 jours dans l'organisme du receveur.L\u2019index volumétrique décroît progressivement.Le nombre des globules blancs baisse de 50% dans les 24 heures et après 16 jours il ne reste plus que des débris amorphes.Les polynucléaires disparaissent les premiers.La chute des thrombocytes est également rapide de même que la résistance globulaire et la prothrombine.Le potassium qui joue un rôle important comme base minérale des globules rouges diffuse rapidement dans le plasma.beaucoup plus vite que l\u2019héino- globine.Certains coagulants peuvent prévenir l\u2019hémolyse, aucun ne peut arrêter la diffusion du potassium.L\u2019agitation accroît cette diffusion de même que la forme du récipient contenant le sang.Plus la surface de contact entre globules et plasma est large, plus la diffusion est prononcée.Bien que la toxicité du potassium pour l\u2019homme ne soit pas déterminée il est préférable d'éviter la transfusion avec du sang conservé chez le patient ayant un potassium élevé.Le sang de cadavre contient un taux de potassium élevé et qui correspond à celui du sang conservé depuis 5 jours.Le sodium a un mouvement inverse du potassium; il quitte le plasma pour imprégner les globules.On peut retarder ces déplacements en prélevant le sang sous une faible tension en COZ.Le calcium du plasma se maintient à un taux à peu près constant et le magnésium diffuse lentement dans le plasma.En résumé les changements importants observés dans le sang conservé sont: perte de globules blancs et de globulins, augmentation du potassium dans le plasma et diminution de la prothrombine.Malgré ces changements, le sang conservé est aussi efficace que le sang frais dans de nombreux cas; il lui est inférieur dans les cas d\u2019infection, les états de choc, les déficiences de prothrombine.Utilisé d\u2019une manière intelligente.dans la première semaine après son prélèvement.le sang conservé ne devrait être ni dangereux ni décevant.Albert BERTRAND. ?SOCIÉTÉS L\u2019 « Union Médicale du Canada » publie les comptes rendus scientifiques de toute société savante de langue française de l'Amérique du Nord.Ces comptes rendus doivent cependant être rédigés succinctement en dactylographie par les secrétaires respectifs et être adressés, sans retard, à la Rédaction.LA SOCIETE MEDICALE DE MONTREAL Rapport annuel du Secrétaire Général pour l\u2019année 19401 C\u2019est avec un sentiment de légitime fierté que je vous présente le quarantième rapport annuel de la Société Médicale de Montréal.Fondée en 1900, incorporée en 1929, notre société s\u2019est affirmée cette année comme jamais elle ne l'avait fait jusqu'ici, grâce au dynamisme de son président, à la parfaite entente qui n'a cessé d'exister entre les membres de votre exécutif, mais aussi grâce surtout à votre coopération, messieurs, sans laquelle tous nos efforts eussent été vains.Aussi, nous vous sommes profondément reconnaissants d\u2019avoir contribué si efficacement au succès de la présente année, qui a été marquée mar la célébration du quarantiéme anniversaire de notre société.Nous avons cru qu\u2019il convenait de fêter cet anniversaire de la plus ancienne société de médecine à Montréal, chez les Canadiens de langue française et d\u2019y associer nos collègues de langue anglaise de la Montreal Medico-C hirurgical Society, avec qui nous avons toujours eu les relations les plus courtoises.À cette occasion, des « Journées Médicales » ont eu lieu les 9, 10, 11 et 12 octobre dernier dans quatre de nos hôpitaux et un banquet conjoint, sous la présidence d'honneur de l\u2019honorable Henri Groulx, ministre de la Santé, réunissait le vendredi soir 11 octobre, à l\u2019hôtel Ritz-Carlton, les membres des deux sociétés.Afin de laisser un souvenir durable de ces fêtes du quarantième anniversaire de la Société Médicale, nous avons publié un Album-Souvenir qui a été gracieusement remis aux membres et à leurs invités, le matin dans les hôpitaux, au moment de l\u2019inscription.Un exemplaire de cet Album-Souvenir a été déposé aux archives.1.Rapport présenté, lors de la dernière séance de l\u2019année 1940, le 17 décembre, à l\u2019Hôtel-Dieu, sous la présidence de M.Oscar Mercier.Ce rapport, qui fut adopté à l\u2019unanimité, ne comprend pas le programme des «Journées Médicales», qu\u2019on trouvera dans «l\u2019Album-Souvenir» ou dans L\u2019Union Médicale du Canada (N°° de novembre et décembre 1940).En février, la Société Médicale a repris la tradition du banquet annuel inauguré par M.Léon Gérin- Lajoie, en 1938.À cette occasion, Ringuet, l\u2019auteur de «Trente Arpents», notre distingué confrère, M.Philippe Panneton, fit une spirituelle causerie intitulée: «Le médecin peut-il prendre des vacances?».Les activités de la Société Médicale ne se bornèrent point toutefois à ces brillantes manifestations.Comme par le passé, nos séances eurent lieu régulièrement le ler et le 3ème mardi de chaque mois et nous avons continué à mettre au programme les grandes questions de l'actualité scientifique, notamment les vitamines, le traitement de la syphilis, l\u2019angine de poitrine, les syndromes parathyroïdiens, le rachitisme.Il West pas sans intérêt de souligner que le nombre des membres qui assistèrent à nos 13 séances, au cours de l\u2019année, a été de 1,500 et la moyenne des présences de 114.Il y eut en tout 61 communications.En intersifiant- la propagande au secrétariat, nous avons réussi à porter le nombre de nos membres à 462, alors que ce nombre atteignait déjà 380 l\u2019an dernier.Il y.a donc dans l\u2019ensemble un progrès sensible, si l\u2019on en juge par ces chiffres qui sont particulièrement éloquents.Une mention spéciale doit être faite à propos des membres correspondants régionaux, dont 54 maintenant font partie de notre société.C\u2019est là une heureuse initiative de notre président et je suis heureux de lui en reconnaître le mérite publiquement.Depuis la dernière séance de décembre 1939, la Société Médicale a perdu quatre de ses membres les plus distingués: MM.Yves Lefebvre, Antonio Bolduc, Daniel Ladouceur (de Ste-Geneviève) et François De Martigny.En terminant ce rapport très incomplet de nos activités, il me reste un agréable devoir à remplir: celui de remercier tous ceux qui m\u2019ont aidé dans ma tâche de secrétaire général, et plus particulièrement mon président et mon vice-président, dont la collaboration m'a été si précieuse.À l\u2019instar de mes prédécesseurs, je termine mon rapport par la liste des travaux scientifiques présentés à la Société Médicale au cours de l\u2019année. 86 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.- Montréal, janvier 1941 lère SEANCE le mardi 16 janvier 1940 tenue à l'Université de Montréal consacrée aux \u2018\u2019VITAMINES\u201d 1.Acquisitions récentes sur les vitamines et la vi- taminothérapie.M.Gaston Gosselin.2.Les avitaminoses de l'adulte.MM.J.-Roméo Pépin, René Dandurand et Roland Dussault.3.Les avitaminoses de l\u2019enfant.M.Albert Guil- beault.2ème SEANCE le mardi 20 février 1940 tenue à l'hôpital Notre-Dame 1.Nouvelle technique pour la recherche des sucres urinaires en clientèle.MM.L-H.Gariépy et Paul Riopel.2.Traitement actuel de la maladie d\u2019Addison et de l\u2019insuffisance surrénale.MM.C.-E.Grignon et Georges Leclerc.3.A propos des groupes sanguins.\u2014 Note sur les agglutinines à froid.M.Albert Bertrand.4.Plaie pénétrante de la cornée avec hernie de liris.M.Emile Blain.5.Diagnostic précoce du volvulus intestinal.M.An- tomo Bellerose.6.Ostéopathie parathyroïdienne.M.Henn Gélinas.3ème SEANCE le mardi 5 mars 1940 tenue à l'hôpital Notre-Dame consacrée au \u201cTRAITEMENT DE LA SYPHILIS\u201d 1.Le laboratoire dans le traitement de la syphilis.M.Jules Archambault.2.Les médications antisyphilitiques.M.Paul Poi- Trier.3.Conduite du traitement de la syphilis.M.Albéric Marin.» 4ème SEANCE le mardi 19 mars 1940 tenue à l'hôpital Pasteur 1.Diagnostic des angines aiguës.MM.J.-A.Leduc et J.Duplessis.2.Sur l\u2019ophtalmie purulente des nouveau-nés.M.H.Michaud.3.Les diverses causes de tirage chez l\u2019enfant et leurs traitements.M.J.-H.Charbonneau.4, Toxine, anatoxine et antitoxine diphtérique.MA.Frappier.5.Otite et mastoïdite dans la scarlatine.M.Marcel Ostiguy.6.Techniques thérapeutiques (tubage, transfusion).Présentation d\u2019appareil (pulmo-respirateur).Visite de l\u2019hôpital.MM.J.-A.Leduc, J.-H.Charbonneau et J.Duplessis.5ème SEANCE le mardi 2 avril 1940 tenue à l'Hôtel-Dieu consacrée à \u2018L'ANGINE DE POITRINE\u201d 1 L'angine de poitrine.\u2014 Etude clinique et électro- cardrographique.M.Albert De Guise.2.Traitement médical de l\u2019angine de poitrine.M.Rodrgue Lefebvre.3.Traitement chirurgical de l\u2019angine de poitrine.M.Mercier Fauteux.6ème SEANCE le mardi 16 avril 1940 tenue à l'hôpital Sainte-Justine 1.Pneumococcie.M.Hermile Trudel.2.Formule de Schilling.M.W.Boileau.3.À travers les clichés radiographiques.M.Albert Comtots.4.Le traitement des scolioses.M.J.-C.Favreau.5.L\u2019énurésie et son traitement.M.René Benoît.6.Présentation d\u2019un film sur le service des prématurés.M.Antonio Léveillé.7ème SEANCE le mardi 7 mai 1940 tenue à l'hôpital Notre-Dame 1.Quelques aspects de la thérapeutique actuelle par les sulfamidés.MM.J.-Roméo Pépin et René Dan- durand.2.À propos de certaines complications de la gastro- entérostomie.M.Yves Chaput.3.Résultats immédiats et éloignés (un an de recul) de la chimio-vaccino-pyrétothérapie de la syphilis nerveuse.M.Albéric Marin.4.Diagnostic entre l\u2019appendicite et les affections rénales droites (avec projection d\u2019un film).M.Oscar Mercier.8ème SEANCE 21 mai 1940 tenue à l'Institut Bruchési le mardi 1.Tuberculose et diabète.M.Lionel Patoine.2.Images radiologiques chez les cardiaques.M.Gérard Poupart.3.Considérations sur les réactions à la tuberculine : Mantoux, Von Pirquet et Vollmer.M.John Corrigan.4, Tuberculose familiale.M.J-E.Marion.5.Sur les médiastinites.M.Omer Manseau.6.A propos du traitement des adhérences pleurales par le procédé de Jacobaeus (avec présentation de malades).M.A.-M.Choletie. eo L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 87 J EST-CE DE LA GOUTTE?Sensibilité, raideur, léger gonflement des jointures des phalanges (les autres articulations peuvent être prises), motilité affaiblie, ralentissement graduel des fonctions.se manifestant surtout vers l'âge moyen.tel est le tableau-symptômes que présentent de nombreux cas.I! peut indiquer un cas de goutte, ou bien un cas d\u2019arthritisme.\u201c YXANTHINE ASTIER donnée per os, à dose d'une cuillerée à thé, une, et même deux fois par jour, amène ordinairement une rapide amélioration de cet état, et, si on continue le traitement, la disparition complète de tous les symptômes.La Lyxanthine Astier produit cet effet en vertu de ses éléments synergiques associés: iode, calcium, soufre, bitartrate de lysidine !.ce dernier, puissant dissolvant et éliminateur des déchets métaboliques.1.Méthylglyoxalidine ou éthylethenyldiamine.we > Le ay = \" RTE pS ROUGIER FRERES, 350, rue Le Moyne, Montréal Veuillez m'envoyer de la littérature et un échantillon: LYXANTHINE ASTIER AAAI ESSEC eeinriiersissssnensosasssssssesscsssssssssenssassasessasse sascsmsseuc0s ossesssssvecsenseesanescnecese0s evrautons Va = dan pain Ville G80OP ORONO RORRP0ON0SCNOOROBRIORYIYSEIS s0C0000000000 Province 00.necotdeueso Gao tue0aan002o0000MA00 88 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 9ème SEANCE le mardi 22 octobre 1940 tenue à l'hôpital Sainte-Jeanne d'Arc 1.Téléradiographie et orthodiagramme.Leur interprétation.M.Georges Garneau.2.Certains aspects de la circulation coronarienne normale et pathologique.M.Mercier Fauteux.3.De l\u2019insufflation utéro-tubaire kymographique.M.Samuel Letendre.4.Gastrectomies dans les ulcères de l\u2019estomac et du duodénum.Indications opératoires et résultats.M.C- A.Bohémaier.| 5.Un cas d\u2019atrophie optique traité par le cobranyl (avec présentation de malade).MM.A.-L.Guertin et Luc Mailloux.6.Clinique et radiologie.M.H.Lacharité.10ème SEANCE le mardi 5 novembre 1940 tenue à l'Hôtel-Dieu consacrée aux \u201cSYNDROMES PARATHYROIDIENS\u201d 1.Conception actuelle du rôle des parathyroides.M.Paul Dumas.2.Diagnostic et traitement de l\u2019hypoparathyroïdie.M.C.-E.Grignon.3.Diagnostic et traitement de l\u2019hyperparathyroïdie.M.Georges-E.C'artier.11ème SEANCE le mardi 19 novembre 1940 tenue à l'hôpital Saint-Luc 1.A propos du traitement de l'hypertension artérielle.M.Paul Morin.2.Les grands traumatismes de l\u2019appareil urinaire chez les accidentés.M.J-Auguste Hébert.3.Infarctus de l\u2019intestin grêle à début insidieux.M.Jean Le Sage.4.Pouls paradoxal en chirurgie.M.Louis Bernard.5.Les dérivés sulfamidés dans les complications de la blennorragie.M.Rodolphe Lallemand.6.Ostéite spécifique de l\u2019humérus.Importance du traitement.MM.Eugène Garceau et Albert Couturier.12ème SEANCE le mardi 3 décembre 1940 tenue à l'hôpital Notre-Dame consacrée au \u201c\u2019RACHITISME\u201d 1.Prophylaxie du rachitisme.M.J-A.Baudouin.2.Traitement médical du rachitisme.M.William Major.3.Traitement chirurgical du rachitisme.M.J.-E.Samson.13ème SEANCE le mardi 17 décembre 1940 tenue à l'Hôtel-Dieu 1.Considérations pratiques sur la syphilis de l\u2019œil.M.Rolland Blais.2.Le sulfathiazole dans le traitement des plaies.M.Jean-Paul Legault.3.Un cas de maladie de Paget.M.J.-H.Legendre.4.Phoceol dans les cataractes.M.Charles Mathieu.5.A propos d\u2019un cas d\u2019endométriose du côlon sigmoïde.M.Charles Lefrançois.6.Les plaies qui ne veulent pas guérir.M.Georges- E.Cartier.* + +* Ce rapport, messieurs, vous est maintenant humblement soumis !.Le Secrétaire Général, Paul LETONDAL, i LA SOCIETE MEDICALE DE MONTREAL Séance du 22 octobre 1940 Tenue à l'hôpital Sainte-Jeanne d'Arc Présidence de MM.Oscar Mercier et Léon Gérin-Lajoie Téléradiographie et orthodiagramme.Leur interprétation M.Georges GARNEAU Les nouvelles méthodes d\u2019exploration du cœur- téléradiographie, orthodiagramme, électro-cardio- gramme, ne doivent pas être opposées, mais associés a la clinique, qui doit les diriger.C\u2019est au médecin qu\u2019il appartient d\u2019en préciser les indications et d\u2019en faire l\u2019interprétation, après les- avoir confrontées avec la clinique.Le rapporteur limite son travail à la téléradiographie et à l\u2019orthodiagramme.Ces deux méthodes d\u2019exploration radiologique du coeur permettent d\u2019en apprécier les contours, les dimensions.Le rapporteur accorde se préférence à l\u2019orthodia- gramme et insiste sur les indices de Chaumet.Discussion M.Paul LETONDAL estime que dans la première enfance la téléradiographie est préférable à l\u2019orthodiagramme; l\u2019orthodiagramme nécessite une immobilisation du sujet qui est impossible à réaliser chez le nourrisson.1.Après la lecture de ce rapport, MM.Antonio Barbeau et Albert Jutras proposèrent un vote de félicitations qui fut adopté à l\u2019unanimité. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 89 Les vitamines B, la vita- mine C et les sels minéraux sont présentés dans des \"comprilles\u201d sous une forme stable et à l'état sec Les vitamines liposolubles A, D et E sont présentées dans un véhicule d'huiles naturelles dans des capsules de trois minimes.Une thérapeutique de bon aloi et conforme à des données scientifiques\u2014 L'Alphamin constitue un excellent supplément diététique au cours de la grossesse et de l'allaitement, pendant l'adolescence, les longues maladies, la convalescence et pour les patients soumis à des régimes de restriction.\u2018MONTRÉAL PRESCRIVEZ DES PRODUITS CANADIENS 90 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 Certains aspects de la circulation coronarienne normale et pathologique M.Mercier FAUTEUX Le cœur est une pompe, un organe de propulsion, qui, avec une précision remarquable, adapte constamment la circulation générale du sang aux besoins toujours variables de l\u2019organisme.Cette adaptation s\u2019obtient par des changements dans la force ou dans la fréquence de ses contractions.Elle oblige donc le cœur à un travail variant dans de larges limites; et ce travail est rendu possible, grâce à la circulation coronarienne qui voit à la nutrition du myocarde et au maintien de ses fonctions.Le cœur, en effet, s\u2019arrête aussitôt que la circulation coronarienne est suspendue définitivement.La vascularisation du cœur est tellement essentielle qu\u2019il n\u2019est pas étonnant que l\u2019on se soit attaché à étudier l\u2019arborisation coronarienne, non seulement dans son ensemble, mais encore dans les territoires circonserits, tels qu\u2019au niveau des oreillettes, des valvules, du septum interventriculaire, sur le trajet du faisceau de His.Les méthodes utilisées à ces fins sont variées: a) la dissection; b) l\u2019injection de substances diverses, les unes déterminant la solidification de tout le réseau coronarien et sa conservation définitive, les autres permettant par leur opacité aux rayons X la prise de clichés.Aucune de ces méthodes par elle-même n\u2019est suffisante cependant pour une étude complète des artères et des veines coronaires.La dissection, en plus de demander beaucoup de temps, de soin et de minutie, demeure toujours incomplète.Par ailleurs, les substances opaques aux rayons X, de par leur consistance, ne pénètrent pas dans les ramifications les plus fines et le lit capillaire.I] faut avoir aussi recours aux études histologiques.M.Fauteux rappelle alors le rôle de l\u2019artère coronaire droite et de l\u2019artère coronaire gauche dans l\u2019irrigation du myocarde.Il montre ensuite comment à la suite d\u2019accidents divers: embolies, thrombose, hémorragie intra-murale, sclérose, la circulation se trouble; et par quels mécanismes compensateurs elle peut retrouver son équilibre.En terminant, il projette à l\u2019écran des coupes d\u2019artères coronaires lésées, et de magnifiques radiographies des vaisseaux du coeur provenant de malades morts de lésions coronariennes, mettant clairement en évidence différents processus pathologiques.De linsufflation utéro-tubaire kymographique ! M.Samuel LETENDRE En 1919, I.C.Rubin (de New-York), au cours de travaux concernant la production d\u2019un pneumo-péri- 1.Paraîtra comme revue générale dans un prochain numéro de L'Union Médicale du Canada.toine pour la radiographie des organes abdominaux, découvrit l\u2019insufflation des trompes de Fallope, comme moyen de diagnostic et de traitement de la stérilité d\u2019origine tubaire.Le principe de la méthode réside en ce fait que les trompes sont animées de contractions rythmées, véritables mouvements péristaltiques, et que ces contractions tubaires entraînent des variations de pression du gaz utilisé au cours de l\u2019insufflation, variations s\u2019inscrivant sur le kymographe.L'insufflation utéro-tubaire kymographique est indiquée 1° dans les cas de stérilité tubaire; 2° après certaines opérations gynécologiques.Il va sans dire que l\u2019insufflation comporte aussi des contre-indications: une grossesse soupçonnée, les infections générales graves ou les maladies constitutionnelles graves, inflammations du tractus génital ménorragies ou métrorragies, névropathie marquée.Les accidents sont plutôt rares et s\u2019observent surtout lorsqu\u2019on n\u2019a pas tenu rigoureusement compte des contre-indications et qu\u2019on a négligé de suivre strictement les règles de la technique.Discussion M.Pierre MEUNIER demande au rapporteur comment on peut prouver que les contractions enregistrées sur le kymographe ne sont pas des contractions utérines.M.LETENDRE répond à M.Meunier que si, aussitôt après son ablation, on place un utérus féminin avec au moins une trompe perméable, dans une solution de Locke, de préférence aux environs de 38°C, et qu\u2019on l\u2019insuffle à l\u2019aide d\u2019oxygène, on constate si l\u2019on pratique, en même temps, un enregistrement sur le tambour kymographique, que le tracé montre une série d\u2019oscillations synchrones avec des contractions tubaires observées à l\u2019œil nu.Si par ailleurs on lie des trompes perméables, le tracé ne change pas.Mais si l\u2019on pince la deuxième trompe, il s\u2019ensuit un arrêt complet des oscillations sur le tracé.Preuve qu\u2019il est nécessaire que les trompes soient perméables pour que les oscillations s\u2019inscrivent sur le tracé.Gastrectomies dans les ulcères de l'estomac et du duodénum.Indications opératoires et résultats M.C.-A.BOHEMIER De plus en plus la gastrectomie devient l\u2019opération de choix de l\u2019ulcus tant de l\u2019estomac que du duodénum.Cette technique, qui consiste à enlever les % au 4/5 de l\u2019estomac, a été élaborée à cause de l\u2019insuffisance de la gastro-entérostomie.La gastrectomie donne des guérisons plus parfaites que la gastro- entérostomie: 10 elle enlève la lésion; 20 elle enlève le pylore réflexe de la sécrétion acide; 3° elle enlève L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.janvier 1941 91 VLES EXTRAITS DE MUSCLES SQUELETTIQUES (Nucl otrices) ouv uh 4 ou elle à lafthër NJ ue cardio 4: v YI 1 Pa, he Us 75 O> \u201ca, Ur ce \u201c%» \u20ac, K, 7 Se, 7 = \u201c0 © & De Le A )SSESSE EN A in wh .ES fs \u2018æ ai 4 Au moyen d PROLUTON, l'hormone futéi ue pure de Scher ing Kane réussit a condinue à à terme 36 d\u2019une série de 40 fe mes q avortaient \u2018habituellement.Krohn, Falls et Lackner obt ren succès analogy \u20ac dans 14 cas su 9, et ils font la remarque sui vante ob Chez \u2018les femmes sujettes à l'avortemen abituel, cette héra pie rmonale devrait être employée préventivement avan pparit n des prem ers signes de la nace d'avortement.\u201d PROLUTON (progestérone) et ANONE (anhydro-oxyprogéstérone) nt AS Ze 1 aussi indiqués da onsion prémenstruell ns certaines dysménorrhées, ur émorragies fo ionnelles (ménométrerragie ; CHERING CORPORATION LIMIT TTI 7 BOITE POSTAL 358 (PLA D'ARMES MONTRÉAL, P.7 7 7 i ik 100 que sans métastases.D'où l\u2019importance, conclut le Dr Chaput, de répérer ces cas de linite auxquels la résection chirurgicale peut aider beaucoup plus que les épithéliomas rapidement métastatiques.Après discussion générale sur ce cas, la séance fut levée et les réunions suivantes de la Société remise à l\u2019automne.Le secrétaire des séances, Roger R.DUFRESNE.SOCIETE MEDICALE DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUEBEC Séance du 4 octobre 1940 Tenue à l'Hôtel-Dieu Chs VEZINA et Gust.AUGER.Le traitement des phlébites.J.-B.JOBIN et J.P.DUGAL.Considérations sur 179 cas d\u2019ulcère gastro-duodénal traités à l\u2019Hôtel- Dieu de Québec au cours des années 1937-38-39.Chs.VEZINA et Frs.ROY.Trois cas d\u2019ulcère sur bouche de gastro-entérostomie.Séance du 18 octobre 1940 Tenue à la Clinique Roy-Rousseau Sylvio CARON et Mathieu SAMSON.Tumeur du cervelet.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 Gustave DESROCHERS.Sclérose latérale amyo- trophique.Traitement par la vitamine E.G.H.LARUE et A.PELLETIER.L'emploi de la strychnine dans certaines intoxications (alcool et barbiturique).Séance du 8 novembre 1940 Tenue à l'hôpital du Saint-Sacrement F.TREMPE.a) Une gastrectomie totale; b) Anévrysme de l\u2019artère poplitée.H.PICHETTE.Traitement opératoire des strabismes.R.THIBAUDEAU.Suppuration et hyperglycémie chez le nourrisson.Séance du 22 novembre 1940 Tenue à l'hôpital Laval Léo COTE.Tuberculose et bronchoscopie.M.GIROUX et P.RICHARD.De l'utilité du lavage gastrique et de son inoculation au cobaye.R.DESMEULES et L.ROUSSEAU.Silicose - pulmonaire.R.DESMEULES, L.ROUSSEAU, M.GIROUX et A.SIROIS.Cancer pulmonaire et amiantose.REVUE DES LIVRES Clinical Roentgenology of the Alimentary Tract.By Jacob BUCKSTEIN.(W.B.Saunders Co, éditeurs, Philadelphie et Londres, 1940.) ;\u2018 L\u2019auteur est un radiologiste de grande expérience qui est attaché comme consultant à la clinique radiologique de gastro-entérologie de l\u2019hôpital Bellevue de New-York, depuis près de vingt ans.Il y a vu défiler un nombre considérable de malades et il s\u2019est donné la peine de vérifier dans des milliers de cas, les constatations post-opératoires ou post-mortem des malades examinés en radiologie./ Son livre est donc de ce point de vue d\u2019une valeur inestimable pour le gastro-entérologue ou le radiologiste.Abondamment illustré, il nous présente un nombre de documents d\u2019une valeur incontestable dans nombre de cas mal éclaircis jusqu'ici (ulcères de l\u2019œsophage, etc.).Nous croyons que depuis l\u2019original travail de Cole, père, et de ses collaborateurs, il n\u2019a pas existé d\u2019étude radiologique aussi documentée sur le tractus digestif.Ph.BELISLE. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 101 Que pensez-vous de L'hiver dernier, nous avons Sulphathiazole de Squibb : traité plus de 100 cas avec pu ce médicament.Il est efficace.dans la Pneumonie?Et beaucoup moins toxique que Sulphapyridine.«Naturellement, dans la pneumonie, on obtient de meilleurs résultats lorsque le traitement est institué dans les premières 36 heures de la maladie.Dans n\u2019importe quel cas, avec une dose adéquate, une amélioration manifeste devrait être remarquée dans l\u2019espace de 72 heures.» «Que désigneriez-vous comme dose adéquate pour adultes?» «3 grammes ou plutôt 6 comprimés Squibb, premièrement, \u2014 suivis de 2 comprimés toutes les quatre heures.» CEt si vous n\u2019obtenez pas un résultat probant dans les 72 heures?» « Alors, il faut songer à modifier la médication.» « Est-ce que Sulphathiazole cause moins de nausées que Sulphapyridine?» « Qui, en effet, mais vous devez tout de même surveiller rigoureusement la médication.Les fièvres et éruptions médicamenteuses sont assez fréquentes.La numération globulaire doit être faite régulièrement.Dans le cas d\u2019une réaction grave, la médication doit être interrompue et les liquides donnés en grande quantité.Sulphathiazole est un bon et puissant médicament et, comme tel, il doit être employé avec prudence.» * Nous désirons remercier les cliniciens canadiens dont les observations inédites sont résumées dans cette annonce.Lorsque vous prescrivez SULPHATHIAZOLE, veuillez spécifier SQUIBB.D\u2019un emploi régulier au Canada depuis décembre 1939.Ecrire à 36 Caledonia Road, Toronto, concernant la littérature.ER:-SQUIBB & SONS OF CANADA, Ltd.Fabricants de Produits Chimiques pour le Corps Médical depuis 1858.\"x NOUVELLES COURS DE MEDECINE MILITAIRE à l'Université de Montréal (1941) 1.\u2014 Les gaz de combat et les moyens de se protéger contre eux.Professeur Lours BouraourN, 15 janvier 1941.2.\u2014 Les méthodes de transfusion sanguine et la détermination des groupes sanguins.Docteur ALBERT BERTRAND, 17 janvier 1941.3.\u2014 Les procédés de localisation et d\u2019extraction des nrojectiles de guerre.Docteur Léo PARIsEAU, 20 janvier 1941.4.\u2014 Le traitement des plaies de guerre.Docteur L.BLAGDON, 22 janvier 1941.+ + 5.\u2014 L'organisation et le fonctionnement des services ambulanciers militaires.Docteur J.M.RoussEL, 24 janvier 1941.6.\u2014 L'histoire de la médecine militaire et de ses grands hommes.Professeur EucÈNE ST-JAcquEs, 27 janvier 1941.7.\u2014 Les phénomènes de choc.Docteur MErcIEr FAUTEUX, 29 janvier 1941.8.\u2014 L\u2019hygiène des camps militaires.Professeur J.A.BaupourN, 31 janvier 1941.9.\u2014 Les fractures ouvertes.Docteur ARMAND PARÉ, 3 février 1941.10.\u2014Les maladies vénériennes.Professeur ALBÉRIC MARIN, 5 février 1941.CLINIQUES DE DERMATO-SYPHILIGRAPHIE DE L'UNIVERSITE DE MONTREAL ! 1940 \u2014 1941 TITULAIRE: Professeur Albéric MARIN ( Notre-Dame) ASSISTANTs: Paul POIRIER (Hôtel-Dieu) F.-L.BOULAIS (Notre-Dame) Présentation de malades.Moulages.Photos.(10 à 11 hrs) Lésions élémentaires.Formes pharmaceutiques Diagnostic de la syphilis primaire.secondaire, tertiaire et latente.Lésions élémentaires.Formes pharmaceutiques.Diagnostic de la syphilis primaire.secondaire, tertiaire et latente.Eczéma.Urticaire.Purpura.Dermites artificielles.Bismuth et mercure: variétés, posologie, incidents.Traitements de la syphilis primaire, secondaire, tertiaire et latente.Cancers; précancers; leucoplasie; tumeurs bénignes.Syphilis nerveuse.Classification.Traitements.Leçons pratiques.Récapitulation.Etude des dossiers.Impétigo.Ulcère variqueux.Furoncles.Teignes.Pelade.Phtiriase.Lésions élémentaires.Formes pharmaceutiques.Diagnostic de la syphilis primaire, secondaire, tertiaire et latente.Eczéma.Urticaire.Purpura.Dermites artificielles.Tumeurs.Verrues.Etc.Biopsie.Traitements.Leçons Mois Date Jour Lieu (9 à 10 hrs) Oct.31 Jeudi N.-D.Nov.4 Lundi N.-D.\u201c 7 Jeudi N.-D.Psoriasis.Pityriasis rosé.Eczématides.\u201c 8 Vendr.H-Dieu \u201c 14 Jeudi N.-D.Arsénicaux: variétés, posologie.incidents.\u201c 15 Vendr.H-Dieu \u201c 18 Lundi N.-D.\u201c 21 Jeudi N.-D.\u201c 22 Vendr.H.-Dieu Psoriasis.Pityriasis rosé.Eczématides.\u201c 25 Lundi N.-D.\u201c 28 Jeudi N.-D.\u201c 29 Vendr.H-Dieu Arsénicaux: variétés, posologie, incidents.Déc.2 Lundi N-D.\u201c 5 Jeudi N.-D.\u201c 6 Vendr.H-Dieu \u201c 9 Lundi N.-D.\u201c 12 Jeudi N.-D.\u201c 13 Vendr.H.-Dieu Tuberculose.Tuberculides.1941 Jan.9 Jeudi N.-D.Psoriasis.Pityriasis rosé.Eczématides.és 10 Vendr.H.-Dieu Acné.Lichen.Herpès et Zona.é 13 Lundi N.-D.Arsénicaux: variétés, posologie, incidents.\u201c 16 Jeudi N.-D.\u201c 17 Vendr.H-Dieu \u201c 20 Lundi N.-D.Bismuth et mercure: variétés, posologie, incidents.1.Les praticiens sont cordialement invités à assister i ces lecons cliniques faites & \u2019hopital Notre-Dame et à l\u2019Hôtel-Dieu, sans aucune formalité à remplir.ares L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 NEPTAL vec rhéophymine DIURÉTIQUE RAPIDE ET EFFICACE Les propriétés diurétiques des composés mercuriels ont été reconnues et utilisées depuis longtemps.Parmi ceux-ci, les composés organo-mercuriels de la série cyclique se sont montrés les plus actifs et les moins toxiques.C'est à cette dernière classe qu'appartient le Neptal (hydroæy-propanolamide de l\u2019acide ortho-carboxy- phénoxyacétique).Des expériences récentes ont démontré que l'addition de la Théophylline (1-3 diméthylæanthine) augmente les propriétés diurétiques du Neptal, rend son absorption plus complète et plus rapide et diminue sa toxicité envers les tissus.INDICATIONS Œdème d'origine cardiaque ou rénale Œdème cardio-rénal Cirrhose hépatique avec ascite PRÉSENTATION p OSOLOGIE Ampoules de 1.5 c.c.paie boîtes de 5 et 20 ampoules Suppositoires boîtes de 5.La dose moyenne est de: une ampoule par semaine.103 LABORATOIRES POULENC FRE RES pu CANADA, Ltée 204, Place Youville - - Montréal L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 Cancers, précancers, leucoplasie; tumeurs bénignes.Syphilis nerveuse.Classification.Traitements.Leçons pratiques.Récapitulation.Etude des dossiers.Leçons pratiques.Récapitulation.Etude des dossiers.Eczéma.Urticaire.Eczéma.Dermites artificielles.Bismuth et mercure: variétés, posologie, incidents.Traitements de la syphilis primaire, secondaire, tertiaire et latente.Traitements de la syphilis primaire, secondaire, tertiaire et latente.Cancers, précancers, leucoplasie; tumeurs bénignes.Co Impétigo.Ulcère variqueux.Furoncles.Teignes.Pelade.Phtiriase.Syphilis nerveuse.Classification.Traitements.Co Impétigo.Ulcère variqueux.Furoncles.Teignes.Pelade.Phtiriase.Tumeurs.Verrues, ete.Biopsie.Traitements, ete.Leçons pratiques.Récapitulation.Etude des dossiers.\u201c 23 Jeudi N.-D.24 Vendr.H.-Dieu Syphilis.Traitements.\u201c 27 Lundi N.-D.\u2018 30 Jeudi N.-D.\u201c 31 Vendr.H-Dieu Fév.3 Lundi N.-D.\u201c 6 Jeudi N.-D.\u201c 7 Vendr.H.-Dieu \u201c 10 Lundi N.-D.13 Jeudi N.-D.\u20ac 14 Vendr.H.-Dieu \u201c 17 Lundi N.-D.\u201c 20 Jeudi N.-D.\u201c 21 Vendr.H-Dieu Tuberculose.Tuberculides.24 Lundi N.-D.Tuberculose.Tuberculides.\u201c 27 Jeudi N.-D.Acné.Lichen.Herpès et Zona.« 28 Vendr.H.-Dieu Acné.Lichen.Herpès et Zona.Mars 3 Lundi N.-D.\u201c 6 Jeudi N.-D.\u201c 7 Vendr.H.-Dieu Leçons pratiques.Récapitulation.Etude des dossiers 1.PREVENTION DES MALADIES PROFESSIONNELLES Relever le niveau général de la santé chez l\u2019ouvrier, prévenir et contrôler les maladies professionnelles, voilà l\u2019objet de la division d\u2019hygiène industrielle du ministère provincial de la santé et du bien-être social que dirige l\u2019honorable Henri Groulx.Au cours de l\u2019année, le chef de cette division et ses collaborateurs ont conduit 22 études techniques dont un bon nombre durèrent plusieurs semaines.Ces études techniques portèrent sur les substances ou conditions suivantes: fumées d\u2019arsénic, poussière de silice, poussière d\u2019amiante, poussière de plomb, ventilation et température, gaz d\u2019anhydride sulfureux et gaz d\u2019oxyde de carbone.Ces études techniques ont été complétées ou commencées dans les industries suivantes: industrie métallurgique dont huit fonderies; industrie minière dont deux mines d\u2019or; industrie du caoutchouc: un établissement; industrie de la machinerie: un établissement; industrie de la chaussure: trois établissements; industrie du vêtement: deux établissements; industrie du textile: un établissement.Divers: trois établissements.Dans le laboratoire La seule énumération de ces différentes études techniques trahit l\u2019importance que de tels travaux peuvent avoir pour la protection de la santé de nos ouvriers.De plus, les études techniques faites sur les poussières de silice, d\u2019amiante, de plomb et sur les fumées d\u2019arsénic nécessitèrent le prélèvement sur place de 161 échantillons et d\u2019un nombre encore plus grand de déterminations de laboratoire.Dans nos laboratoires d\u2019hygiéne industrielle, on a fait 23 analyses chimiques d\u2019arsénic, une d\u2019anhydrate sulfureux et une de silice.Des recherches furent aussi entreprises sur les diverses méthodes d\u2019analyse des gaz, des vapeurs, des fumées et des poussières toxiques susceptibles de charger l\u2019atmosphère des locaux de travail; ces recherches ont pour but de faire un choix des meilleures méthodes d'analyses, de les perfectionner s\u2019il y a lieu et d\u2019en créer de nouvelles si possible.La fatigue industrielle Une étude sur la fatigue industrielle dans trois manufactures de chaussures a été complétée: cette étude nécessita un nombre considérable d\u2019observations; ce travail avait pour objet de rechercher si les convoyeurs mus ou non par un moteur pouvaient constituer un facteur sérieux de fatigue excessive chez les ouvriers de la chaussure travaillant dans les divisions du « montage », du « fonçage » et du « finissage ».À ces chiffres, il convient d\u2019ajouter un aperçu des consultations diverses données par le service technique d\u2019hygiène industrielle.Plus de deux cents consultations touchant les substan - L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, janvier 1941 105 AMessieurs les Médecins La pharmacie d'ordonnances ARTHUR HIRBOUR est tout indiquée pour la préparation de vos ordonnances 37 ans d'expérierce comme pharmacie professionnelle.Nous n'employons que les produits chimiques supérieurs.Angle ST-DENIS & DE MONTIGNY LAncaster 7356 \u2014 MONTREAL a.MESSIEURS LES MEDECINS sont invités à consulter - r'ENCYCLOPEDIE MÉDICO - CHIRURGICALE AU SECRETARIAT dans l'après-midi de 2 à 5 heures 326 est, boul.Saint-Joseph, Montréal z\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 106 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 ces ou matières premières, les méthodes de détermination, les procédés ou opérations, les maladies comme la silicose et la tuberculose, les mauvaises odeurs, la température et le degré d'humidité, la législation, l\u2019examen médical, les commodités sanitaires, les masques à poussières, ont été données.Un total de 42 inspections ou visites ont été faites dans 25 établissements industriels.On sait que la routine de l\u2019inspee- tion est faite par les inspecteurs du ministère du travail et du département des mines.Rappelons en outre que le service d\u2019inspection sanitaire des campements industriels a effectué 3,531 inspections et qu\u2019on a trouvé 761 campements dont les conditions sanitaires et l\u2019installation étaient très bonnes.ee ee NOUVEAUX \u201cFELLOWS\u201d DU COLLEGE ROYAL DES MEDECINS ET CHIRURGIENS DU CANADA Les médecins de Québec dont les noms suivent ont été récemment nommés membres du Collège Royal: Jean-Baptiste Jobin, J.-L.Pe- ticlere, Paul Garneau, J.-Emile Fortier, Syl- vio Caron, Lucien Larue, Gustave Desrochers.2e -0-\u20ac NOMINATIONS Le docteur Jean Bouchard, de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, vient d\u2019être nommé assistant radiologiste à l\u2019hôpital Royal Victoria.L'hôpital du Saint-Sacrement de Québec a organisé un nouveau service d\u2019obstétrique en mars dernier et M.le dècteur Fabien Gagnon en a été nommé directeur.Depuis mai 1940, M.le docteur Jules Mercier, qui tenait le rang de major dans le service médical de l\u2019armée canadienne, a été promu lieutenant-colonel.Le lieutenant-colonel Mercier est l\u2019officier médical du district militaire No 5.M.le professeur Albert Paquet a été appelé à faire partie du bureau de direction de la Société de Géographie de Québec.Le docteur C.-A.Gauthier a été, en juin, officiellement nommé directeur médical du Comité de Protection Civile pour la zone métropolitaine de Québec.Il occupait ce poste bénévole depuis le début de la guerre.A l\u2019hôpital du Saint-Sacrement, à Québec, M.le docteur Renaud Lemieux a été élu président du bureau médical et M.le docteur Edouard Morin, vice-président.ee NOUVEL EXECUTIF DE LA SOCIETE MEDICALE DE MONTREAL La Société Médicale de Montréal, la plus ancienne des sociétés de médecine dans notre ville, chez leg Canadiens de langue française, tenait récemment, à l\u2019Hôtel-Dieu, une intéressante séance au cours de laquelle on procéda à l\u2019élection du bureau pour l\u2019année 1941.Le nouvel exécutif se compose comme suit: président, le docteur Hector Sanche; vice- président, le docteur G.-L.Prud'homme; secré- taire-trésorier général, le docteur Paul Leton- dal.Après l'élection, des travaux scientifiques furent présentés par les Drs Rolland Blais, Jean-Paul Legault, J.-H.Legendre, Charles Mathieu, Charles Lefrançois et Georges-E.Cartier.Le secrétaire général, le Dr Paul Letondal, donna ensuite lecture du rapport annuel des activités de la société, établissant que d\u2019importants progrès ont été accomplis.Il rappelle que la société avait fêté avec éclat cette année son quarantième anniversaire par des «Journées Médicales » et par la publication d\u2019un Album-Souvenir.La séance se termina par une allocution du président sortant, le Dr Oscar Mercier, qui remercia tous ceux qui avaient contribué au succès de la présente année.ee LE CENTENAIRE DU \u201cBRITISH MEDICAL JOURNAL\u201d Malgré les violents bombardements de Londres et les modifications radicales dans le cours régulier des activités de la capi- UN L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 107 | Une thérapeutique efficace pour.[ Otite Moyenne DOIT ÊTRE ANALGÉSIQUE - BACTÉRICIDE et PRODUIRE LE DÉSHYDRATATION des TISSUS Aanrakaan THE DOHOW CHEMICAL COMPANY, LTD.Montréal \u2014 New-York \u2014 London ~ Le LAIT JOUBERT est une NOURRITURE Tout comme les oeufs, la viande, les légumes, et autres comestibles, le lait Joubert fournit des éléments nécessaires à la santé.Pour les jeunes comme pour les vieux, pour les malades comme pour les bien portants, le lait Joubert reste un aliment de première importance.L\u2019outillage perfectionné qui assure la pasteurisation parfaite du lait Joubert doit vous inciter à vous en assurer une provision quotidienne pour vous et pour les vôtres.Arrêtez le livreur Joubert ou téléphonez directement à nos bureaux.LIMITÉE TÉLÉPHONE: FRONTENAC 3121 AMherst 8900-3733 MONTY, GAGNON & MONTY Ambulances de luxe, chauffées Pompes funèbres : ; 1926, Plessi Salons mortuaires Salons mortuaires: 4156, Tue Adam.Ambulanciers de l'Hôpital Notre-Dame Transport des malades à la ville et à la campagne.Service prompt et sûr. 108 tale anglaise, le « British Medical Journal y, comme d\u2019ailleurs la plupart des journaux médicaux anglais édités à Londres, continue d\u2019é- tre publié régulièrement.Ses exemplaires hebdomadaires nous parviennent, comme avant le début des hostilités, au secrétariat de l\u2019«Union Médicale » qui fait l\u2019_échange avec lui.En octobre dernier, ce périodique avait cent ans d\u2019existence.Des félicitations lui furent envoyées à cette occasion de la part des principaux journaux médicaux des nations amies.ct qui furent reproduites dans le numéro du centenaire.Bien que l\u2019événement ait quelques mois de recul, nous nous faisons un plaisir de présenter, à notre tour, nos sincères félicitations à notre honorable confrère anglais.\u201cMEDECINE DE GUERRE\u201d L\u2019« American Medical Association » vient de fonder un nouveau périodique médical mensuel intitulé «War Medecine ».Le premier numéro sera livré en janvier 1940.Nous avons cru utile de souligner la naissance de ce nouveau journal médical américain qui ne peut être plus opportun.Il pourra rendre des services appréciables à ceux qui s\u2019intéressent plus particulièrement aux problèmes médicaux en rapport avec les activités militaires et à la pathologie de guerre.&>-& hd \u201cNOS ENFANTS\u201d C\u2019est la dénomination d\u2019un nouveau supplément mensuel à la Revue « La Famille ».Ce supplément est redigé sous la direction médicale du docteur Albert Guilbault.Nous souhaitons la bienvenue à cette nouvelle publication qui, il est vrai, n\u2019a pas un caractère purement médical, mais qui n\u2019a pas moins comme fin ultime la santé de nos enfants cana- diens-français.C\u2019est un objectif d'importance primordiale dont aucune organisation médicale ne doit se désintéresser.Espérons qu\u2019il se- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 ra franchement atteint.« La Famille » conduit directement aux enfants, on ne pouvait trouver un meilleur guide et un soutien plus solide.Plein succès à l\u2019initiative du docteur Guil- bault.ee + HOPITAL SAINTE-JUSTINE Des élections récentes ont donné les résultats suivants: 1° Bureau Médical: Président, M.Donat Bussières; Secrétaire, M.Hermile Trudel.2° Conseil Médical: MM.E.Dubé, G.Lapierre, H.Baril, J.-E.Samt-Onge, G.Caisse, L.Coutu (secrétaire).ee ++ TRAVAUX SUR L'ENDOCRINOLOGIE En 1935, le « Journal of the American Association » publia une importante série de travaux sur l\u2019endocrinologie, écrits par des spécialistes des questions traitées.Ces articles avaient tous été analysés dans l\u2019« Union Médicale ».Une autre série de travaux portant sur le même sujet a été inaugurée avec le numéro du 7 décembre 1940 du même Journal américain.Comme en 1935, des spécialistes, à peu près les mêmes d\u2019ailleurs, redigeront ces articles.Ils nous feront connaître ainsi les acquisitions en endocrinologie qui se sont manifestées durant les années intercalaires.Comme habituellement pour ces séries d\u2019articles paraissant sous les auspices du « Council on the Pharmacy and Chemistry of the American Medical Association », ils seront réunis plus tard en un volume-symposium et vendu par l\u2019« American Medical Association ».ee + \"MONTREAL NEUROLOGICAL SOCIETY\u201d A L'HOPITAL NOTRE-DAME La \u201cMontreal Neurological Society\u201d s\u2019est réunie à l\u2019hôpital Notre-Dame, le 11 décembre 1940.Messieurs Jean Saucier et Roma Amyot y ont fait deux communications cliniques. NÉCROLOGIE LE DOCTEUR ALEXIS BOUTHILLIER Le docteur Alexis Bouthillier est décédé le 4 décembre, à l\u2019âge de 70 ans, à la suite d\u2019un accident d\u2019automobile.Il avait fait ses études médicales à l\u2019Université Laval de Montréal et avait reçu son doctorat de médecine en 1894.Il pratiquait à Saint-Jean depuis 1904.Le docteur Bouthillier était connu de tous ron seulement dans la ville de Saint-Jean dont il fut maire pendant 4 ans, dans le comté qu\u2019il représentait à l\u2019Assemblée Législative de Québec depuis 21 ans, mais aussi dans toute la province.Il était non seulement connu, mais hautement estimé comme homme public intègre et comme médecin de tous, riches ou pauvres.Sa salle d\u2019attente, son cabinet de con- \u2018sultation faisaient office de dispensaire, tant étaient nombreux les malades qui désiraient le consulter, qui sollicitaient ses conseils et ses services, tant aussi étaient désintéressée l\u2019attention qu\u2019il prêtait à leurs requêtes.Sa bonté sous des couverts de brusquerie, d\u2019emportement et même de rudesse parfois, était proverbiale, à tel point, qu\u2019on abusait de lui et qu\u2019on ne rétribuait pas ses soins, comme on aurait dû le faire.Le docteur Bouthillier ne refusait jamais de traiter un malade, et trop souvent il oubliait de réclamer ses honoraires.La profession perd, dans la personne du docteur Bouthillier, un de ses membres des plus estimables, prototype du médecin ami, conseiller et soutien de ses malades.Les citoyens du comté de Saint-Jean seront privés d\u2019un député d\u2019une probité absolue, suprême attribut d\u2019un représentant du peuple; le parti libéral de la province, d\u2019une unité in- ¢branlable, ayant résisté, avec quelques collègues, aux assauts d\u2019une irrésistible bourrasque qui le faisait crouler, lors d\u2019une élection provinciale mémorable.Le docteur Bouthillier, fort de l\u2019estime de ses compatriotes du comté de Saint-Jean, soutint le choc avec succès.Il n\u2019en faut pas plus pour démontrer la solidité d\u2019une influence morale, celle que peut exercer un médecin de la qualité du regretté disparu.R.A.HENRY HEAD Henry Head, éminent neurologiste anglais, est mort le 8 octobre 1940, à l\u2019âge de 79 ans.Déjà depuis plusieurs années, Henry Head avait été réduit à l\u2019inactivité par un syndrome parkinsonien assez sévère.Sa disparition mérite d\u2019être signalée, car il était universellement connu; certains de ses travaux sont encore cités dans les traités et font autorité sur maints sujets.Dès 1892, Henry Head, par sa thèse de doctorat, soutenue à Cambridge, portant sur les troubles de la sensibilité somatique au cours des affections viscérales, s\u2019imposa à l\u2019attention de la médecine contemporaine.Il mettait en lumière un fait physiopathologique confirmé depuis et il dressait des zones cutanées de projection sensitive pour chaque organe profond et qui sont nommées, à juste titre, les « zones de Head ».Plus tard, mu par un enthousiasme scientifique inusité et voulant se rendre compte par lui-méme du mode de récupération des sensibilités du tégument au cours de la régénération nerveuse, sectionna quelques-unes des branches sensitives de ses propres nerfs.De là naquit la notion de sensibilité protopathique ou grossière et épicritique ou plus fine, qui est passée dans la tradition classique de la neurologie.A l\u2019époque où la physiologie et la pathologie du thalamus commencaient à être connues Henry Head mit en lumière le caractère affectif des douleurs thalamiques, émit la conception que le noyau était un centre important, sinon le seul, de la sensibilité protopathique, et que M +. 110 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, janvier 1941 les algies du syndrome thalamique de Deje- rine-Roussy prenaient naissance par interrup- A of , : tion des fibres unissant le cortex au thalamus 99d | ; et conséquemment par libération de ce noyau d\u2019une action inh_bitrice des cellules corticales.y Head étudia également le mécanisme des a p : troubles du langage observés au cours de l\u2019aphasie.L'école neurologique anglaise cite in- : variablement la conception de ce distingué FLavORED WITH WALT, SUGAR AND SALT neurologiste sur le mécanisme des troubles de Ë la parole au cours de l\u2019aphasie., : Head, il va sans dire, manifesta sa maitrise dans de très nombreux domaines de la neuro- } logie.Nous avons cité ses plus importants F travaux.Il fut un grand neurologiste dont la § mémoire mérite d\u2019être vénérée par la méde- | cine contemporaine.DUE TO DIET DEFICIENCY OF \"BULK\" A, LTD.LONDON, ONT.Roma AMYOT.LE DOCTEUR A.-J.BOISVERT Le docteur A.-J.Boisvert est décédé le 25 décembre à l\u2019âge de 68 ans.Le défunt avait été diplômé de l\u2019Université Laval de Québec en 1897.Il était gouverneur et vice-président du Collège des Médecins et chirurgiens de la Province de Québec et président de l\u2019Association Médicale du district d\u2019Arthabaska.LE DOCTEUR LUCIEN OUIMET Le docteur L.Ouimet est décédé le 29 décembre à l\u2019âge de 43 ans.Diplômé de l\u2019Université Montréal en 1924.LE DOCTEUR L.-J.MONTREUIL Le docteur Montreuil est décédé le 2 janvier à l\u2019âge de 64 ans.Diplômé de l\u2019Université { Laval de Québec en 1901. TABLE DES ANNONCEURS Pages American Can Co.(Le calcium qu'il faut à l'homme) 2e page de couverture Anglo-French Drug Cie (Nucléocardol) .91 Avyerst, McKenna & Harrison Ltée (Alpha- min) .89 Ayerst, McKenna & Harrison Ltée Proges térone) .111 British Drug Houses (Canada) Ltd.(Radio- stoleum) .oo.112 Capada Drug Co.Ltd.(Paveral) 112 Casgrain & Charbonneau, Ltée (Trisilex) 7 Casgrain & Charbonneau, Ltée (Silicrine) 13 Dohow Chemical Co.Ltd.(Auralgan) 107 Compagnie Ciba Ltée (Di-Ovocyline) .20 Eddé, J.Ltée Hémosty) .26 Eddé, J.Ltée (lodogénol)) .26 Frosst, Charles E., & Co.(Streptocide) .1 Frosst, Charles E., & Co.(Sulfapyridine) .1 Frosst, Charles E., & Co.(Sulfathiazole) .1 Herdt & Charton Inc.(Uroprazine) .105 Hirbour, Arthur (La pharmacie d\u2019 ordonnances) .105 Hoffmann-La Roche Ltée La Perle Vi.Penta) .28 Kellogg (All Brom) 110 Pages Joubert, J.]., Ltée (Le lait Joubert est une ° nourriture) .107 Knox Gelatine (Gélatine Knox) 022 27 Laboratoires Abbott Ltée (Pentothal Sodique) .3 Laboratoire du BisMol (Fertinic) 4e page dé la couverture Laratoires Jean Olive (Lantol) .31 Laboratoires Jean Olive (Normogastryl) .31 Laboratoires Poulenc Frères du Canada Ltée (Neptal) .103 Librairie Beauchemin Ltée (La Croix pollen ne).30 Mead Johnson & Co.Lid.(Dextri-Maltose) 29 Merck & Co., Ltd (Pyridium) .5 Merck & Co.Ltd.(Erythrol Tetranitrate) 9 Millet, Roux & Cie, Ltée (Total Magnésien) 19 Monty, Gagnon, Monty .107 Rougier Frères (Hémoglobine Deschiens) .3 Rougier Frères (Digitaline Nativelle) .3 Rougier Frères (Lyxanthine Astier).87 Sanatorium De Blois .24 Sanatorium Prévost Inc.22 Schering Corporation Lid.(Le Proluton) .99 Shuttleworth, E.(Hypobyn B.Chemical Co.Ltd.Minérovite \u2014 Neurovit) 95 injections intramusculaires.No 476 \u2014 1 mg.No 477 \u2014 5 mg.MONTREAL Avortement habituel et menace d un avortement \u201cL\u2019'usage de la progestine dans les avortements habituels ou chez les femmes menacées d\u2019un avortement spontané constitue une thérapeutique logique et de valeur.Nous avons traité 41 de ces cas par l\u2019hormone du corps jaune dont 34 avec succès.\u201d Falls, F.H., Lackner, J.E., et Krohn, Leon; JAM.A.106: 271, 25 janvier 1936.Plusieurs autres cliniciens sur ce continent et en Europe ont aussi démontré le mérite de la progestérone comme traitement préventif de l\u2019avortement.PROGESTÉRONE- mone du corps jaune en solution huileuse stérile; présenté en deux teneurs pour (1 unité int.) par c.c.(5 unités int.) par c.c.La progestérone est aussi indiquée dans la métropathie hémorragique, l\u2019'aménorrhée et pour soulager les tranchées utérines.AYERST, McKENNA & HARRISON LIMITÉE Biologistes et Pharmaciens extrait standardisé et stable de l\u2019hor- } Boîtes de 4 et 10 ampoules d\u2019un c.c.CANADA we -_ rs pue À Table des Annonceurs (suite) Pages Pages Squibb & Sons of Canada Ltd., E.R.(Sul- Vinant Limitée (Génésérine) .15 phathiazole) .101 Vinant Limitée (Génatropine) .15 Société d'Expansion Pharmaceutique Inc.Vinant Limitée (Génoscopolamine).15 (Paraben) .9 VWinant Limitée (Pulmo-Bailly) .17 Upjohn Co.(Gonadogen).ll Vitagrane Foods, Ltd.(Nutrim) .23 Usines Chimiques du Canada Inc.(Chlo- Warner, William R.& Co., Lid.(Agarol) .93 roval) .3e page de la couverture White Laboratories, Inc.(Aspergum de Vinant Limitée (Pipérazine Midy) .15 Dillard) .95 Vinant Limitée (Thiodérazine Midy) .15 Wyeth & Bro.Canada Ltd.John (Citri- .Vinant Limitée (Thiodacaine Midy) .15 Cerose) .21 RADIOSTOLEUM (Vitamines A et D standardisées) Radiostoleum, en raison de son standard d\u2019action uniforme, a été adopté comme prototype invariable durant les premiéres recherches pour déterminer la valeur clinique des vitamines A et D.Radiostoleum est la préparation idéale pour l\u2019administration des vitamines A et D dans la pratique générale.On peut se le procurer sous les formes suivantes pour les besoins individuels ou le gout du malade.Pour la prophylaxie: Pour le traitement: RADIOSTOLEUM EN CAPSULES.RADIOSTOLEUM LIQUIDE.Comme supplément à l\u2019alimentation .PP Pour un traitement intensif: infantile: RADIOMULSIN (ÉMULSION DE RADIO- RADIOSTOLEUM CONCENTRÉ EN STOLEUM AVEC VITAMINES B; et C).INJECTION.Radiostoleum est en vente chez les principaux pharmaciens du Dominion, renseignemen's complets fournis par: THE BRITISH DRUG HOUSES (CANADA) LTD.Terminal Warehouse Toronto 2 Ont.\u2014 Rstm/Can/411 reste toujours un médicament de choix pour le traitement scientifique de la .COQUELUCHE .Le Pavéral est journellement prescrit avec succès pour les cas de coqueluche et des toux Coqueluchoïdes.\u2014 Ne cause ni intolérance, ni complication.© Littérature sur demande.see CARMEN VEND MND IV LCA ON (Ce) 1 1] 4 \\MICRCRR Re "]
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