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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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Références

L'union médicale du Canada, 1941-03, Collections de BAnQ.

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[" CONGRÈS DE L'\u2019A.M.L.F.A.N.TROIS-RIVIERES, 9, 10, 11, 12 septembre 1940 EN MARGE DU TUBAGE DUODENAL Par Sylvio LEBLOND, Médecin de l\u2019hôpital Saint-Sacrement (Québec).Je ne vous apporte ici rien de nouveau.Je ne viens vous faire part d\u2019aucune découverte.Au contraire, le sujet dont je vais vous entretenir a eu sa vogue de presse et actuellement il ne se prête plus à aucun travail de grande envergure.Le tubage duodénal n\u2019a pas véeu, mais on en parle moins.Depuis l\u2019article original de Meltzer, en 1917, jusqu\u2019en 1935, les journaux médicaux l\u2019ont ressassé, tiraillé, expliqué, eri- tiqué, et les cliniciens l\u2019ont utilisé.Il semble que le laboratoire ait vidé à fond l\u2019étude de la bile que le tube apportait: pigments, acides, cholestérine, etc., indices, rapports, cellules etc.et on l\u2019a laissé tomber.Il est vrai que le thème n\u2019offrait pas de nombreuses variations.Le tube entre ou n\u2019entre pas dans le duodénum.S'il y entre on obtient ou on n\u2019obtient pas de bile, ou, plus souvent on soutire ou on ne soutire pas de bile B, et cette bile B c\u2019est le clou, le but, du tubage duodénal.Et pourtant il existe une variation qui a prêté à de nombreuses harmoniques: la bile B c\u2019est la bile que la vésicule éjacule sous l\u2019influence d\u2019une excitation chimique de la muqueuse duodénale.Elle est plus foncée que les autres biles A et C, parce que la vésicule a pour fonction de concentrer.Mais il y a des gens qui n\u2019ont pas de vésicule et chez qui on retire de la bile B, absolument comme des gens à qui on a enlevé des calculs, et souvent la vésicule avec eux, et qui font 1.Travail présenté au Congrès de l'A.M.LF.A.N, Trois-Rivières, septembre 1940.encore des crises de colique semblables à celles qu\u2019ils faisaient avant l\u2019opération.On a prétendu que le cholédoque complaisant jouait alors un rôle semblable à celui de la vésicule absente.On en a profité pour nier le fait que la bile B soit réellement la bile vésiculaire.Einhorn, lui-même, qui n\u2019avait jamais pensé que son tube aurait une telle vogue dans un autre sens que celui pour lequel il l\u2019avait construit, affirmait que la bile B était un produit du foie.Le sulfate de magnésie était absorbé par la muqueuse duodénale, arrivait au foie par l\u2019appareil circulatoire, provoquait un surcroit de travail dang le foie et une bile d\u2019urgence naissait, riche en éléments, pauvre en eau, par conséquent plus foncée.C\u2019était la bile B.Einhorn avait mis son tube a point pour obtenir, chez les ulcéreux, l\u2019alimentation jéju- nale: il n\u2019avait jamais cru qu\u2019il servirait à étudier les fonctions biliaires.Son explication du foie surpris, serait plausible si Sachs, Lessuer et Freiden-Wald, Stepp et Twao Matsuo n\u2019avaient pas démontré d\u2019une façon précise l\u2019existence des contractions vésiculaires sous l\u2019influence de l\u2019excitation magnésienne.Twao Matsuo opéra chez deux patients au cours d\u2019interventions chirurgicales.Chez les deux, il avait préalablement mis en place le tube duodénal.Il injecta du sulfate de magnésie directement sur la muqueuse duodénale.Il vit l\u2019affaissement de la vésicule et l\u2019écoulement de la bile B.Il injecta alors dans la vésicule une substance colorée, l\u2019azorubine S.Sous l\u2019excitation magnésienne, il vit cette substance colorée s\u2019écouler de la vésicule.Il est donc bien 234 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 prouvé que la vésicule se contracte, que le sulfate de magnésie arrivant sur la muqueuse duodénale, la fait contracter et que la bile qui en sort est brun foncé; que c\u2019est la bile B.Si l\u2019on en doute, comme disent Chabrol, Bé- nard et Gambillard, il n\u2019y a qu\u2019à doser les pigments biliaires et la cholestérine.La bile vésiculaire en contient trois fois plus que la bile À.Dans le service de médecine de l'hôpital du Saint-Sacrement à Québec, nous avons fait beaucoup de tubages duodénaux.Depuis 1931, il a été fait en moyenne un tubage par jour.Des jours en ont vu trois ou quatre, d\u2019autres jours deux, et d\u2019autres pas du tout.Ce qui fait, en comptant 365 jours par année un total de plus de 3,000 tubages.Et ceci sans exagération.Presque tous ces tubages ont été faits dans un but à la fois diagnostique et thérapeutique.Ils ont été, comme je suis sûr que vous le pensez, et pour un bon nombre, prescrit parfois sur un diagnostic d'impression, d\u2019autres fois à titre suggestif, mais jamais pour le plaisir de faire quelque chose ou amuser le malade en attendant qu\u2019on le voit mieux.Je ne vous dirai pas que dans 1,000 cas nous avons eu des succès, dans 999 autres des insuccès, et dans 1,001 des demi-succès.Je crains les chiffres et les respecte trop pour les faire parler.Notre technique a toujours été la même.Nous sommes restés fidèles au tube d\u2019Einhorn, mesurant un mètre de long orné d\u2019une olive oblongue chromée ou dorée, et percée de trous latéraux et d\u2019un trou à l\u2019extrémité distale.Les marques indicatrices du tube servent peu.Le malade reste à jeun à partir de minuit.Vers neuf heures du matin il avale le tube.Rarement avons-nous eu besoin d\u2019utiliser la cocaïnisation du pharynx.Aux sujets à pharynx chatouilleux et à haut-le-cœur faciles nous donnions 1/100ième de grain d\u2019atropine en injection sous-cutanée une heure avant la mise en place du tube.Cette atropine a calmé ces états nauséeux et n\u2019a jamais apparemment entravé la marche du tubage et de l\u2019épreuve de Meltzer-Lyon.Chez les malades pusillanimes, la traction extérieure de la langue et l'introduction de l\u2019olive à sa base étaient suffisantes pour provoquer le réflexe de la déglutition et faire passer l\u2019olive dans l\u2019æsophage.De longs mouvements inspiratoires par le nez font disparaître les nausées et le tube chemine ensuite facilement par de simples mouvements de déglutition à travers l\u2019æsophage jusque dans l\u2019estomac.Le malade est alors couché sur le côté droit, un peu en avant, la tête basse.Il continue d\u2019avaler lentement pour éviter que les frottements du tube sur la luette ne provoquent des nausées.Parfois des crises nauséeuses subintrantes surviennent et le malade craignant d\u2019étouffer ou d\u2019asphyxier arrache tout d\u2019un coup de main.Il n\u2019en est quitte que pour recommencer peu après ou le lendemain.L\u2019olive arrive dans le duodénum.Elle y arrive vite ou lentement, et parfois elle n\u2019y arrive pas du tout.Le tube peut s\u2019enrouler dans l\u2019estomac.Il faut le retirer lentement jusque dans l\u2019æso- phage et le faire avaler de nouveau en variant souvent, un peu, la position du sujet.Un de nos malades ne réussissait a introduire l\u2019olive dans le duodénum que lorsqu\u2019il se couchait à plat ventre.À deux ou trois reprises, le tubage avait été tenté sans succès.Un jour on s\u2019avise d\u2019aller voir au fluoroscope ce que faisait le tube dans l\u2019estomac.Notre malade présentait un estomac biloculaire étagé.Le tube s\u2019enroulait dans la poche supéro-postérieure.En couchant le sujet sur le ventre, le tube prenait contact avec l\u2019ouverture qui unissait ces deux poches, il atteignait la poche inférieure, et cheminait ainsi facilement jusqu\u2019au duodénum.Quand, au bout de trois heures de tentative, le tube n\u2019a pas atteint la muqueuse duodénale, il est retiré et on recommence le lendemain ou le surlendemain.L\u2019olive arrive enfin au duodénum.Il ne vient plus de gaz dans la seringue qui aspire, _ \u2014 \u2014 LEBLOND: TUBAGE DUODÉNAL la réaction du liquide retiré devient alcaline, (bleue au papier tournesol).Ce liquide est blanchâtre (suc duodénal) ou jaune d\u2019or (bile A).On injecte alors lentement 25 à 30 cc de sulfate de magnésie à 30%.Quand, au bout de 20 à 30 minutes, il n\u2019est pas apparu de bile B on répète l\u2019instillation.On injecte lentement, car l'injection forcée provoque des nausées.Si au bout de 20 autres minutes, il n\u2019est pas encore apparu de bile B, on injecte 60 cc d\u2019huile d\u2019olive chaude.Il est assez rare que l\u2019huile ne donne pas de résultat presque immédiat.Si, malgré tout cela, et que l\u2019on soit en présence d\u2019une atonie de la vésicule, on n\u2019obtient pas de bile B, on injecte alors sous la peau un centimètre cube d\u2019extrait de lobe postérieur d\u2019hypophyse.La vésicule se vide, si elle ne l\u2019a pas fait encore.Les quantités de bile B obtenues ont varié entre 40 et 60 cc, 100 ce dans quelques cas de cholécystatonie.Toutes ces biles ont été examinées au laboratoire où on a dosé pendant un certain temps la cholestérine, les pigments biliaires et les acides.On ne se contente plus maintenant que d\u2019y faire la recherche des cellules, ou plutôt l\u2019examen du culot de centrifugation sur lame microscopique.Ces derniers examens ont donné quelquefois des résultats intéressants.Ils nous ont permis de déceler certaines angiocholites, des globules blancs et des cellules épithéliales dans la bile C.Cette bile C, supposée représenter la bile qui s\u2019écoule des canaux hépatiques doit être aseptique et indemne de débris cellulaires.Le tiers inférieur du cholédoque seulement est normalement atteint par la poussée microbienne, du type entérocoque, venue de l\u2019intestin.Que l\u2019infection remonte plus haut ou qu\u2019elle vienne par voie sanguine, il y aura angiocholite et la bile C sera souillée.Ces angiocholites, souvent à forme subai- guê, ont réagi à merveille aux antiseptiques 235 biliaires: urotropine et benzoate de soude, et parfois même au tubage.Un jour, cette étude cytologique du culot Ge centrifugation de la bile a causé une surprise.Une jeune femme, de 45 ans environ, venant des Cantons de l\u2019Est, est adressée à Phôpital pour des troubles digestifs et une douleur dans l\u2019hypochondre droit, symptômes ne datant que de quelques mois.Elle avait vaguement maigri et la palpation profonde réveillait une douleur dans la région vésiculaire.Elle est soumise au tubage duodénal, comme bien d\u2019autres de ses semblables, et on retire les trois biles qui sont adressées au laboratoire.Le docteur Ed.Morin qui examine le culot est surpris d\u2019y trouver des cellules d\u2019allure néoplasique.Il fixe ce culot dans la paraffine et l\u2019examine en coupe comme on fait d\u2019une biopsie et il reconnaît des cellules en mitoses d\u2019origine cancéreuse.Ce rapport est accueilli avec scepticisme par les cliniciens, d\u2019autant plus que l\u2019examen radiologique est négatif, que la malade s\u2019améliore, les troubles digestifs disparaissent, l\u2019état général est meilleur.La malade rentre chez elle.Elle revient environ trois mois après avec un ictère progressif et un amaigrissement considérable.La laparatomie met en évidence un cancer des voies biliaires.La biopsie biliaire l\u2019avait révélé trois mois auparavant.Un autre malade, qui présentait des troubles mal définis dans son carrefour sous-hépatique, fut tubé.Dès l\u2019arrivée du tube sur la muqueuse duodénale on retire du sang presque pur.C'était un ulcère duodénal avec périduodénite qui fut confirmé par l\u2019examen radiologique.Les dosages de cholestérine, des pigments ou d'acides biliaires ne nous ont jamais permis d\u2019établir la valeur ou l\u2019intensité de la maladie en cause.La présence de petits calculs ou calculins, des cristaux de cholestérine en abondance, de cristaux de bilirubinate de chaux se rencontrent surtout chez les caleuleux et se trouvent dans les trois biles même lorsque des calculs laissent dans la vésicule encore de la place pour un peu de bile B. 236 Les lithiasiques n\u2019ont pas de bile B.C\u2019est une règle générale qui souffre bien peu d\u2019exceptions, car même s\u2019il existe encore de la place dans la vésicule pour de la bile, la muqueuse vésiculaire, la plupart du temps, atteinte par l\u2019infection a été dépolie et ne joue plus son rôle de concentration.Les malades qu\u2019il est intéressant d\u2019étudier et surtout à tuber sont ceux qui constituent la grande classe décrite par Chiray, Pavel et Milochevitch, sous le nom de cholécystatoni- ques.En réalité la cholécystatonie n\u2019est pas une entité.Elle n\u2019est qu\u2019une manifestation d\u2019un état morbide généralisé, l\u2019atonie: atonie vésiculaire, atonie digestive, atonie cérébrale, atonie circulatoire, atonie végétative, atonie musculaire.Ces malades présentent tous un syndrome à manifestations identiques, avec une prédominance particulière d\u2019un symptôme sur les autres.Ce sont des individus jeunes, en général, de 20 à 40 ans, des femmes plus souvent que des hommes.On retrouve dans leurs antécédents peu de maladies graves, mais ils ont un passé pathologique chargé.Souvent ils ont fait des stages fréquents dans les hôpitaux et cela dès leur jeune âge pour des manifestations neuro-végétatives, des états de faiblesse dite constitutionnelle, des manifestations digestives.Ils ont dû souvent abandonner l\u2019école en plein milieu de leur année scolaire pour des faiblesses, des pertes de connaissance, des pertes d\u2019appétit et se reposer chez eux.Souvent ils ont même dû quitter l\u2019école complètement à 13 ou 14 ans.Les menstruations sont apparues d\u2019une façon un peu dramatique et chaque mensualité s\u2019accompagne d\u2019une recrudescence des manifestations végétatives: céphalée, vomissements, vapeurs, états lipothymiques.Et dans leur famille, bien souvent, ces malades ne sont pas les uniques phénomènes du même genre.Ils se plaignent, et c\u2019est pourquoi ils consultent, de leur digestion.Ce sont des trou- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 bles mal définis, sans horaire, sans cycle.Ce sont des lourdeurs, des pesanteurs survenant peu après les repas et durant souvent jusque à l\u2019autre repas.Ou encore ces malades ont l\u2019impression qu\u2019ils sentent leur estomac comme une masse appendue à l\u2019épigastre et tiraillant tout auour.Quatre ou cinq heures après le repas qui a produit cette lourdeur, l\u2019estomac se vide tout d\u2019une pièce et ils se sentent débarrassé de ce poids qui leur pesait sur le cerveau.Tout ce temps, ils avaient des éructations, des montées d\u2019aliments à la gorge, des sensations de gonflement gazeux qu\u2019ils essayaient d\u2019évacuer par la bouche.Le ventre est ballonné et ils ont l\u2019impression d\u2019être gonflé comme une outre.L\u2019intestin est paresseux.Ils évacuent tous les trois ou quatre jours ou encore ils ont une ou deux selles par jour, mais sans satisfaction complète.Une douleur profonde, sourde, et siégeant dans l\u2019hypocondre droit, sous les fausses côtes accompagnent ces lourdeurs digestives.La tête est pesante.Ils sont inquiets, harassés de ces malaises qui durent et se répètent avec de très courtes interruptions.Ces malaises occupent leurs pensées et ils ne peuvent rien entreprendre dans cette situation.Ils ont l\u2019esprit ralenti, la compréhension difficile, l\u2019attention suivie, impossible.Ils sont comme obnubilés, intoxiqués, infiltrés par cet état de lourdeur qui se généralise.Les membres sont lourds, pesants.Ils ont l\u2019impression que les veines des membres inférieurs sont gorgées, dilatées.Marcher devient un gros effort.Aux membres supérieurs surviennent des paresthésies, des engourdissements, des douleurs à la saignée du bras.Le cœur frappe dur et des palpitations désagréables ajoutent aux autres malaises.Le pouls est lent et la pression artérielle est basse.La respiration leur semble difficile et ils ont besoin d\u2019air.Des soupirs s\u2019échappent de leurs lèvres à tout instant, bruit sonore d\u2019une expiration suivant immédiatement une grande inspiration.Ils ont des vertiges; tout tourne LEBLOND: TUBAGE DUODÉNAL en tout sens, ils sont comme des hommes ivres.Tout départ est un effort s\u2019accompagnant de titubation pour les premiers pas.Ils finissent par craindre de sortir seul de peur de perdre connaissance.Ils fuient les foules et les endroits clos qui leur donnent des vapeurs et des vertiges.Ils ont sur la tête une lourdeur, comme un casque d\u2019acier qui leur pèse sur les paupières supérieures et fixer les yeux longtemps les fatigue.La vision est moins nette.L\u2019accommodation se fait mal.Ils voient des mouches volantes et ils ferment les yeux ou les baissent pour les reposer.Ils sont fatigués, toujours fatigués, n\u2019osent plus rien faire, rien entreprendre par crainte de l\u2019effort qu\u2019ils auront à soutenir.Ils dorment généralement asesz bien, mais d\u2019un sommeil qui ne les repose pas et le matin ils sont aussi las qu\u2019à 5 heures où à minuit.Ils ne veulent plus lire ni sortir, ni rien faire.Ils ne demandent qu\u2019à rester couchés.Leur lit est encore l\u2019endroit où ils se sentent le mieux.Ils se découragent facilement, pleurent et se plaignent, avec raison souvent, qu\u2019on ne les comprend pas.Leur aspect physique est assez bien caractérisé.Ils ne sont jamais très gras.Leur teint est gris brun ou jaunâtre.La conjonctive est parfois teintée de jaune le matin.Les yeux sont cernés ou bordés de petites taches de xanthélasma au canthus externe, la paupière supérieure est terne et foncée.Des pustules d\u2019acné apparaissent de temps à autre sur la face, le cou et le dos.La peau de la figure est grasse et huileuse.La langue est saburrale, sale.Ils se plaignent d\u2019amertume ou de sensation que la langue leur emplit la bouche.Leur facies est terne, inexpressif, triste et le sourire est tou- Jours forcé comme un sourire de complaisance.Pas d\u2019éclats de rire, parce que pour eux rien n\u2019est drôle à ce point.Le thorax fonctionne normalement et malgré cette dyspnée, cet essoufflement dont ils se plaignent, les mouvements respiratoires ont un rythme normal.237 Le cœur n\u2019offre rien à l'examen malgré les manifestations cardiaques qu\u2019ils éprouvent.Le ventre est flasque, étalé ou très légèrement ballonné, et pourtant ils se sentent gonflés.La paroi abdominale est atone, la peau s\u2019y plisse facilement, le contact les laissent indifférents ou bien est douloureux.La palpation profonde réveille des douleurs un peu partout, en particulier le long du cadre colique, au point solaire et sous les fausses côtes droites.Les lombes sont sensibles au palper.Ils accusent d\u2019ailleurs des douleurs lombaires et des douleurs dans le dos entre les deux épaules, en particulier dans la station debout.Les lombes sont sensibles au palper dans leur ensemble, sans point douloureux spécial.Les mains et les pieds sont froids, mollasses et moites comme des mains et des pieds de cadavre.Vous allez me dire que ce que je vous décris là n\u2019est pas autre chose qu\u2019un syndrome psychasthénique.Peut-être, mais avec la différence que ce syndrome s\u2019atténue et s\u2019efface avec les tubages répétés.Beaucoup de ces malades sont étiquetés psychasthéniques qui s\u2019améliorent avec le tubage duodénal.Et le tubage duodénal est un bien mauvais traitement psychothérapique.L\u2019état ci-dessus décrit peut être permanent ou évoluer par poussées.Tous ces malaises atteignent un acmé qui se traduit par une crise migraineuse avec vomissements bilieux et décharges biliaires par l\u2019intestin: le malade a vidé sa vésicule dans son intestin.Il a nettoyé ses humeurs et son humeur.Il se sent revivre pour quelque temps; mais, lentement, tous les malaises reparaissent et il prépare une autre crise.D\u2019autres malades se plaignent surtout de douleurs à l\u2019hypochondre droit et de troubles digestifs.Ils ne peuvent avaler une bouchée d\u2019un aliment gras sans avoir des nausées.Le tubage les améliore.Une malade très nerveuse, éprouve une déception.Son ami se marie, sans lui en parler \u2014 avec une autre femme.Ajoutant à cela un 238 surcroît de travail comme téléphoniste de bureau, elle n\u2019en peut plus.Les crises de pleurs se succèdent avec vomissements incoercibles, céphalées, et, surtout, une douleur dans l\u2019hypocondre droit.L\u2019état nerveux se calme, mais la douleur à l\u2019hypocondre persiste.Cette douleur existait depuis de nombreuses années et on l\u2019avait rattachée à un rein légèrement ptosé.Le tubage duodénal a ramené une bile B foncée et abondante, et la douleur est disparue temporairement pour reparaître quelques semaines après et céder encore avec le tubage.Un autre malade faisait des crises migraineuses périodiques environ tous les mois.Une céphalée frontale rétro-oculaire gauche survenait au cours de l\u2019avant-midi, gagnait la nuque, s\u2019exagérait par la lumière intense, les soubresauts, se terminait par des vomissements bilieux abondants vers 10 heures du soir et un sommeil de plomb réparateur pendant une heure.La crise passée, le malade se sentait un homme neuf et au bout d\u2019un mois tout recommençait.Les tubages duodénaux ont fait disparaître complètement ces crises migraineuses périodiques.On n\u2019en finirait de citer les cas particuliers tournant autour d\u2019un malaise prédominant du tempérament bilieux poussé à l\u2019extrême.Les rayons X nous montrent presque toujours une vésicule qui tarde à s\u2019opacifier par le tétraiode et qui élimine lentement ensuite cette substance iodée.Le repas baryté tombe en masse dans un estomac atone, souvent allongé et ptosé.Des contractions lentes et nonchalantes s\u2019amorcent parfois 5 à 10 minutes après l\u2019ingestion de la bouillie barytée et on retrouve encore de celle-ci 5 heures après son ingestion dans le bas-fond stomacal.Le tubage duodénal chez ces grands atoniques n\u2019est souvent qu\u2019une partie importante, mais une partie seulement, du traitement.La diététique, l\u2019hygiène ajoutent leurs bienfaits et de ces malades, on fait bientôt des sujets bien portants.Tous ces atoniques présentaient une choles- I UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN AM.L.F.AN.\u2014 Montréal, mars 1941 térinémie élevée, variant entre 2.00 et 3.00 grammes au titre, en moyenne 2.50 grammes avec.pour la plupart, une insuffisance choles- térolytique du sérum sanguin s\u2019étendant de 10 à 45%.Chauffard avait dit: « La lithiase biliaire s\u2019accompagne toujours d\u2019hypercholes- térinémie.» Il avait oublié de dire que l\u2019hy- percholestérinémie pouvait exister chez des malades non lithiasiques.Nous avons fait des dosages de cholestérine en très grand nombre et nous avons trouvé des chiffres variables allant de 1.80 à 16.00 grammes au litre.Ce dernier chiffre a été rencontré chez un malade diabétique porteur d\u2019une xanthomatose généralisée.Son sérum sanguin devenait lactescent peu après son extraction de la veinc.Les fortes hypercholestérinémies à 5 et 6 grammes au litre ne se rencontrent jamais chez les lithiasiques.Ces fortes hypercholestériné- mies constituent un syndrome à part et les gens qui les portent se plaignent habituellement de troubles de la vue, de baisse de la vision avec corps flottants abondants dans le vitré.Ces états sont ou permanents ou transitoires et on voit les cholestérines de ces gens descendre lentement vers la normale ou encore chuter rapidement, pour se relever et descendre encore sous l\u2019influence du traitement et du régime alimentaire.Ces malades souffrent d\u2019un trouble dans le métabolisme physico-chimique des stérols, du cholestérol en particulier.Cette question a intéressé fortement les docteur Pi- chette, Morin et Cliche, de l\u2019hôpital Saint- Sacrement, qui s\u2019y sont adonnés et leurs travaux ont fait l\u2019objet de démonstrations magistrales à la « Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec » et ont été publiés dans le Bulletin des Recherches Scientifiques à Ottawa.Ces atoniques, dont je vous ai décrit le type et qui répondent si bien au drainage biliaire médical, sont en somme une image exagérée et pathologique de ce qu\u2019on appelle le tempérament bilieux.Nombre d\u2019entre eux sont pris pour des psychasthéniques et cherchent partout le soulagement à ce manteau de plomb qui les LEBLOND: TUBAGE DUODÉNAL recouvre, à ce mercure qui court dans leurs veines.Ce syndrome n\u2019aurait-il pas pour substratum un trouble dans le métabolisme du cholestérol?Widal et Abrami ont créé la monumentale classification physiologique des néphrites au point de vue clinique.Ils ont proposé une classification semblable pour les troubles de la fonction biliaire.Une rétention des pigments biliaires engendre l\u2019ictère, la rétention des sels biliaires amène une série de malaises bien connus; prurit nerveux, bradycardie, hypotension artérielle etc, et, disent-ils, la rétention de la cholestérine se traduit par l\u2019hypercholestérinémie.Pourquoi cette élévation du taux de la cholestérine du sang ne se manifesterait-elle pas par un syndrome clinique qu\u2019il resterait à décrire ?On sait que le sérum sanguin peut acquérir vis-à-vis de la cho- lestérine le pouvoir de la lyser ou de la précipiter plus ou moins.Loeper et Lemaire l\u2019ont bien démontré.Ces lysats et ces précipités se feraient dans l\u2019organisme, et celui-ci ne réagirait pas?Ce serait bien étonnant.Les grandes précipitations de la cholestérine aboutissent a la formation de calculs, a la formation de plaques athéromateuses sur l\u2019aorte et les grosses artères, à des troubles de la vision par accumulation de corps flottants dans le vitré et un œdème, de la cornée.Tous les cholestériniques ne se rendent pas jusqu\u2019à ce stade ultime et il doit exister un syndrome intermédiaire de l\u2019hypercholestéri- némie moyenne.Ce syndrome de cholécysta- tonie décrit par Chiray est-il réellement dû à l\u2019atonie vésiculaire où plutôt à l\u2019augmentation de la cholestérine du sang, ou mieux à un trouble du métabolisme du cholestérol dans l\u2019organisme?En un mot, ne vaudrait-il pas mieux penser que ce syndrome constitue le syndrome clinique de l\u2019hypercholestérinémie?L'\u2019atonie vésiculaire ne serait qu\u2019une manifestation de ce syndrome clinique de l\u2019hypercholestérinémie.En réalité les ptosés de l\u2019estomac, les ptosés rénaux, les ptosés de l\u2019intestin sont de grands 239 atoniques aussi et leur cholestérinémie est souvent normale; ils ne présentent pas toujours ce syndrome d\u2019intoxication bilieuse progressive, et leurs malaises ne sont pas toujours améliorés par le tubage duodénal.Tandis que les vésicules atoniques offrent à peu près toujours la même symptomatologie générale avec des variantes dans la prédominance des symptômes: vésicule atone, contenant une bile abondante et foncée, syndrome d\u2019intoxication bilieuse, hypercholestérinémie modérée avec insuffisance cholestérolytique moyenne du sérum sanguin.Et le drainage biliaire médical les améliore et abaisse la cholestérine élevée du sang.Toutes ces idées que je vous soumets sont le résultat de tubages duodénaux nombreux, d'observations aussi nombreuses, de gloses variées sur les faits et méfaits de la cholestéri- ne.Je vous les soumets pour ce qu\u2019elles valent.Comment le tubage duodénal peut-il faire du bien?On n\u2019appelle pas pour rien cette thérapeutique: drainage biliaire médical.C\u2019est bien un drainage que font le tube d\u2019Einhorn et l'épreuve de Meltzer-Lyon quand ils parviennent à vider une vésicule allongée, atone, contenant une bile abondante et hyperconcen- trée.La vésicule qui a pour rôle de se remplir, concentrer et se vider en période digestive, amène indirectemnt une décharge bilieuse continue du foie qui envoie régulièrement le produit de sa sécrétion biliaire dans le reservoir qui lui est dévolu.| Ce retard à l\u2019évacuation de la vésicule amène une stagnation des éléments de la bile dans le foie et la circulation, la cholestérine en particulier, et produit cette intoxication.L\u2019accélération du travail de la vésicule habituellement endormie, dégorge le foie et les canaux biliaires et fait disparaître la stagnation.Il n\u2019y a plus pléthore et la vie reprend son cours normal.Je m\u2019excuse d\u2019avoir jeté sur ce papier des notes: « En marge du tubage duodénal ».Je serais satisfait si elles amenaient la publication de constatations faites ailleurs dans notre 240 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 pays au cours ou à la suite des tubages duodénaux faits en grand nombre et sur une durée d\u2019années, car beaucoup de ces malades dont je vous ai parlé, que le tubage duodénal améliorait, il y a 5 ou 6 ans, continuent de l\u2019être encore.Certains se sont munis de tube d\u2019Einhorn et se font chez eux un drainage biliaire quand nécessaire.Je pourrais vous signaler de mémoire une malade de Taschereau, une autre du Bic qui se sont fait régulièrement des tubages duodénaux chez elles pendant au moins 2 ou 3 ans.D\u2019autres viennent régulièrement encore à l\u2019hôpital passer un avant-midi pour y être tubé.Le tubage duodénal, comme je vous le disais au début, fait moins parler de lui, mais il n\u2019a pas vécu.Il restera toujours le meilleur moyen d\u2019obtenir un drainage médical des voies biliaires sans avoir à utiliser le bistouri et aller aboucher la vésicule à la peau.Il a servi à bien d\u2019autres usages, ce tube d\u2019Einhorn.Il remplace de plus en plus le tube Fauché dans les explorations gastriques no- temment dans l\u2019épreuve à l\u2019histamine.On s\u2019en est servi pour aller porter jusque dans le duodénum des substances médicamenteuses en particulier des anthelmintiques.Mais son grand mérite restera le drainage des voies biliaires.® BIBLIOGRAPHIE M.GARNIER et R.PRIEUR: «Le tubage duodénal.» Nouveau Traité de Médecine, fase.XVI, p.844.F.WIDAL et P.ABRAMI: « Les ictéres.» Nouveau Traité de Médecine, fase.XVI, p.207.L.CAMUS et LEVASSOR: «Le tubage duodénal rapide sous contrôle radiologique.» La Presse Médicale, No 55, p.1116.1933.M.ROYER: « Les pigments de la bile obtenus par 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repasser devant vous le chapitre de la pathologie du col utérin, m\u2019arrêtant surtout à l\u2019étude des lésions que l\u2019on rencontre le plus souvent dans la consultation.Le col utérin est un organe souvent ignoré.Dans l\u2019examen gynécologique, les doigts touchent le col utérin, mais l\u2019attention se porte plutôt vers le corps utérin que palpe la main posée sur l\u2019abdomen.De même, sommes-nous enclins à rendre l\u2019endomètre du col utérin seul responsable de tout écoulement pathologique apparaissant à l\u2019orifice du col.Le col utérin mérite cependant toute notre attention.Pour juger des retentissements sur l\u2019organisme que peuvent causer les lésions de cet organe, il suffit de se rappepler ses rapports avec les organes voisins.En avant, c\u2019est la vessie et les ligaments utérovésicaux; en arrière, ce sont les ligaments utérosacrés et le rectum.Tout autour, c\u2019est un réseau d\u2019artères, de veines, de lÏymphatiques et de nerfs; ceux-ci reliés au plexus iliaque, ceux-là s\u2019abouchant aux troncs des ligaments larges et aux troncs iliaques.La souffrance du col utérin causera la souffrance des tissus environnants, l\u2019irritation du plexus lombo-sacré et la congestion des ligaments utéro-sacrés se traduiront par des accès de ballonnement abdominal, par des douleurs 1.Travail présenté au Congrès de l\u2019A.M.LF.AN, Trois-Rivières, septembre 1940.dans les lombes et à la partie supérieure des cuisses; la stase dans les vaisseaux sanguins au niveau du col sera la cause des varices des ligaments larges et des douleurs qui accompagnent la congestion du petit bassin.Le contact avec la vessie et le rectum pourra être la cause de cystite et de ténesme.Les lésions du col utérin sont fréquentes.Sa situation anatomique en est une explication.En effet, le col utérin étant organe externe par son orifice inférieur et organe interne par son orifice supérieur, subit les infections des deux voies.Même s\u2019il n\u2019est pas infecté, étant à la partie déclive de l\u2019utérus, il restera congestionné longtemps après la guérison complète du corps utérin.En plus, exposé, comme nous le savons, aux traumatismes de l\u2019accouchement, il guérira mal de ses déchirures, si souvent infectées.Pour étudier de façon plus pratique les maladies du col utérin, représentons-nous l\u2019un après l\u2019autre chacun des différents aspects pathologiques de cet organe tels que vus à travers le spéculum.L'image le plus fréquemment rencontrée est celle de la cervicite infectieuse.Le col utérin est surtout exposé à l\u2019infection parce qu\u2019il baigne dans les sécrétions vaginales, lesquelles contiennent toujours des micro-organismes pathogènes ou non pathogènes, de même que des levures, etc.Les glandes du col sont en plus un habitat idéal pour le gonocoque, qui semble s\u2019y plaire tout particulièrement.Un gros col rouge, tuméfié, ayant perdu son lustre, d\u2019où s\u2019écoule une traînée de sécrétions muco-purulentes ou purulentes, tel est l\u2019aspect de la cervicite aiguë.Il faut bien se garder de confondre cette image avec celle que donne la congestion du col utérin si fréquente, elle aussi, depuis que les femmes abusent des sports, de l\u2019automobile, de la danse, ete.Dans ce 242 dernier cas, le col sera turgescent, sa coloration sera violacée ou rouge foncé, conservant son lustre, porteur souvent à son orifice d\u2019une goutte de mucus sanguinolent.Dans le cas de congestion du col, on prescrira le repos au lit, les douches chaudes prolongées, avec ou sans antiseptique, ou encore avec une cuillerée à soupe de bicarbonate de soude ou de chlorure de sodium par chaque pinte d\u2019eau.À l\u2019intérieur, une préparation de Viburnum.Dans la cervicite aiguë, aucun traitement directement sur le col durant les premiers jours.Se contenter du repos au lit et des douches à basse pression, que l\u2019on rendra antiseptiques par l\u2019addition d\u2019eau oxygénée, de Lysol, ou de permanganate de K., surtout s\u2019il y a gonococcie.Lorsque la phase aiguë diminue, on peut faire des applications de mercurochrome, de teinture de Métaphène, d\u2019iode, directement sur le col.J\u2019ai employé souvent une solution d\u2019argyrol à 20% (fraîchement préparée).Pour que le médicament reste plus longtemps en contact avec la partie infectée, j'imbibe une mèche de un pouce de largeur et l\u2019étends dans le vagin, du cul-de-sac postérieur à la vulve, évitant de la tasser, pour ne pas nuire au libre écoulement des sécrétions.Si la cervicite aiguë se présente presque toujours sous le même aspect, il n\u2019en est pas de même de la cervicite chronique, qui présente plusieurs formes différentes.Ainsi, l\u2019aspect de la lésion ne sera pas le même selon que la femme aura eu un enfant ou qu\u2019elle n\u2019en aura pas eu.Chez la nullipare, le col présentera un renflement à mi-hauteur, comme un barillet.C\u2019est que les sécrétions remplissent, en la dilatant, la cavité entre l\u2019orifice interne et l\u2019orifice externe.La muqueuse qui tapisse l\u2019intérieur du col, épaissie, rouge, dépassera l\u2019orifice externe, entraînée par les sécrétions.Le col de la multipare présente des modifications plus accentuées lorsqu\u2019il y a cervicite chronique.Les deux lèvres s\u2019écartent, et la muqueuse, épaissie, rouge, fait saillie à la surface.Il est fréquent de rencontrer dans ces cas le col parsemé de petits kystes muqueux ou muco-purulents.Les kystes, que l\u2019on appelle L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 œufs de Naboth, prennent leur origine dans la profondeur de la muqueuse cervicale, et se développent en se frayant un chemin à travers les fibres musculaires, pour sourdre sous la muqueuse externe du col.Les œufs de Nabot donnent au col un aspect bosselé, irrégulier.Mais la leucorrhée est commune à ces deux formes de cervicite chronique.C\u2019est un écoulement muqueux, épais, filant, opalin ou teinté de sang, quelquefois jaunâtre quand il est mélangé de pus.Cette sécrétion est adhérente à la muqueuse; elle ne s\u2019imbibe pas dans les tampons, contrairement à la leucorrhée vag1- nale, qui est plutôt laiteuse.Comment traiter la cervicite chronique ?D\u2019abord, il faut favoriser le drainage parfait des sécrétions, puis désinfecter la muqueuse malade.Le col de la femme nullipare se remplit de sécrétions trop épaisses pour franchir librement l\u2019orifice externe.Pour s\u2019en convaincre, il suffit d\u2019entr\u2019ouvrir cet orifice, avec une pince, pour voir sourdre l\u2019écoulement.Il sera avantageux dans ce cas d\u2019élargir à l\u2019électrocautère l\u2019orifice externe du col, de façon à mettre à jour la muqueuse interne, favorisant ainsi le drainage et permettant les applications médicamenteuses.Avant d\u2019entreprendre la désinfection de la muqueuse malade, il est très important de la débarrasser de l\u2019écoulement de mucus qui y adhère.Autrement, les médicaments ne pourraient atteindre cette muqueuse.J\u2019ai employé dans ce but l\u2019eau oxygénée, le bicarbonate de soude, la poudre de carroïde ainsi que l\u2019aspiration; ce qui m\u2019a donné le meilleur résultat a été une solution de nitrate d\u2019argent à 10%.Ce médicament a pour effet de coaguler et de rendre plus ferme le mucus du col, permettant son enlèvement à la pince.Lorsque la muqueuse est bien à nu, la médication antiseptique peut être appliquée.J'ai employé avec succès les bougies au Protargol (de Schering), l\u2019onguent au Pyridium en application à l\u2019intérieur du col au moyen d\u2019un tube spécial, l\u2019Immunizol (Grémy) sur une mèche, les bougies radioactives Leucagine, etc.Je fais le plus souvent des applications - \u2014 DUGRÉ: LÉSIONS DU COL UTÉRIN d\u2019acide phénique pur, suivi d\u2019alcool, ou des applications de solutions fortes de nitrate d\u2019argent suivies d\u2019une solution salée.La teinture d\u2019iode, la teinture de Métaphène ou le Mercurochrome sont aussi recommandables.Après l\u2019application, il est bon de laisser dans le vagin, au contact du col, un tampon imbibé d\u2019une solution à 10% de glycérine-ichtyol.Après 24 heures, le tampon sera enlevé et suivi d\u2019une douche chaude.Les traitements seront répétés 2 ou 3 fois par semaine jusqu\u2019à guérison.Il arrive parfois que cette guérison se fasse attendre.C\u2019est lorsqu\u2019on a sous traitement des cols de nullipares profondément infectés, avec ou sans kystes, ou des cols lacérés depuis longtemps, farcis d\u2019œufs de Naboth et dont la muqueuse est épaissie par une infection interne et de très longue durée.Il faut alors cautériser la muqueuse malade ou l\u2019enlever au bistouri ou à la curette.La technique de la cautérisation est la suivante: le col est bien exposé avec le spéculum, nettoyé et asséché.Avec l\u2019électrocautère, des cautérisations sont faites de toute l\u2019épaisseur de la muqueuse s\u2019étendant de l\u2019orifice interne à l\u2019orifice externe et en dehors jusqu\u2019à la muqueuse normale.Deux ou trois au plus de ces cautérisations en raie de roue sont faites sur chaque lèvre.Lorsque la gravité de l'état du col nécessite des cautérisations profondes, il vaut mieux avoir recours à l\u2019anesthésie locale, et alors, il est préférable de traiter une lèvre seulement à la fois, répétant le traitement sur l\u2019autre lèvre deux semaines après.Lorsqu'il y a présence d'œufs de Naboth, il faut ouvrir ces kystes avec une pointe fine d'électrocautère laissant le contact jusqu\u2019à coagulation complète du mucus.Ce dernier traitement n\u2019est pas douloureux et peut être très utile aussi, lors même qu\u2019il n\u2019y aurait pas de kyste, dans les cas de congestion du col, soit à l\u2019occasion de surmenage ou par suite de mauvaise circulation sanguine chez les cardiaques ou les cirrhotiques, ou encore lors des congestions dues à la ménopause.Dans ces derniers cas, en provoquant une légère hémorragie, on soulagera beaucoup les malades.Après les 243 cautérisations ou l\u2019ablation des granulations ou des glandes à la curette ou au bistouri, 11 est bon d\u2019appliquer sur la surface cruentée de l\u2019acide phénique pur suivi d\u2019alcool, ou un antiseptique et un tampon.On recommande aussi la cautérisation des glandes du col au caustique néo-Filhos, ou leur ablation au couteau électrique, mais je n\u2019ai pas d'expérience personnel de ces traitements.Il est des cas où l\u2019état du col est tel, qu\u2019il faille l\u2019enlever complètement sous anesthésie générale.Le col utérin peut présenter d\u2019autres troubles que les cervicites aiguës et chroniques et leurs complications.Témoin cette malade nullipare ou multipare, au-dessus de trente-cinq ans d\u2019ordinaire, qui vient vous consulter pour un écoulement vaginal sanguin peu abondant.mais journalier.Vous pouvez vous trouver en présence de deux cas différents.Dans le premier, à l\u2019examen, vous constatez un col de couleur et de grosseur normales.De Porifice externe du col pendent de petites tumeurs rouge clair, ayant l\u2019apparence d\u2019un repli de muqueuse.Il s\u2019agit d\u2019un polype du col.Cette tumeur, qui peut être fibreuse ou simplement muqueuse, est pédiculée, et son point d\u2019attache est la muqueuse intracervicale.Le traitement est aussi simple que le diagnostic.Avec une pince à anneau, on saisit la base du pédicule fermement et on fait subir à la tumeur une dizaine de tours sur elle-même jusqu\u2019à ce qu\u2019elle se détache.Pas d\u2019analgésie, pas d\u2019hémorragie.Si le suintement continue dans le cours des semaines qui suivent cette intervention, c\u2019est qu\u2019il y aura des polypes qui n'auront pas encore franchi l\u2019orifice externe.Un coup de curette antérieur et postérieur dans le col aura eu raison du trouble.Le deuxième cas est autrement sérieux.Il s\u2019agit cette fois-ci de lésions cancéreuses du col utérin.« L\u2019examen au spéculum permet de constater les formations nodulaires ou papilloma- teuses qui constituent le stade initial du cancer.Elles siègent, en général, au voisinage de l\u2019orifice cervical.C\u2019est d'habitude une surface sail- 244 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 lante d\u2019un rouge vif, se détachant sur le fond rosé de la muqueuse, au point même où l\u2019on a perçu, par le toucher, une induration.Le moindre attouchement, avec le spéculum, avec une pince ou un hystéromètre, amène un peu de sang.« Dans la forme plus avancée, on constate une véritable ulcération, parfois régulière et lisse, parfois bourgeonnante.L\u2019aspect de l\u2019ulcération cancéreuse varie infiniment, suivant qu\u2019on se trouve en présence d\u2019une forme végétante avec bourgeons parfois énormes et remplissant tout le fond du vagin, ou d\u2019une forme ulcéreuse ou même atrophique qui détruit complètement le col et le remplace par une excavation profonde à bords irréguliers.» (Faure.) La biopsie sera tout indiquée pour renseigner sur la nature exacte de la lésion et sur la conduite à tenir au point de vue traitement.On excise un petit morceau de la tumeur avec le bistouri, ou mieux avec une pince emporte-pièce spéciale.On le conserve dans le liquide de Bouin, ou dans une solution faible de formaline, jusqu\u2019à ce qu\u2019on le remette à un anatomo-pathologiste averti.Le temps qui m\u2019est alloué ne me permet pas de parler longuement des lésions syphilitiques ou tuberculeuses qui peuvent affecter le col utérin.Je me contenterai donc de les mentionner.En terminant, permettez-moi d\u2019attirer l\u2019attention sur une lésion du col, qui, si elle n\u2019est pas grave, est ennuyeuse pour la femme qui en souffre.Il s\u2019agit des hypertrophies du col utérin en longueur.Dans l\u2019allongement du col, l\u2019orifice externe vient s\u2019appuyer bas sur le périné ou même reste continuellement en dehors de la vulve.Le toucher vaginal permet de constater que l\u2019utérus n\u2019est pas ptosé, les culs-de-sac vaginaux étant à leur hauteur normale, mais que le col s\u2019est allongé pour atteindre parfois jusqu\u2019à six pouces de longueur.Dans les cas de déchirures profondes du col, l\u2019allongement peut porter seulement sur une des deux lèvres, la lèvre antérieure le plus souvent.La leucorrhée est augmentée sans pertes sanguines.Le traitement dans les cas d\u2019allongement du col consistera simplement dans l\u2019amputation, ce qui sera accepté comme une bonne nouvelle par la malade qui s\u2019attendait à pis, croyant souffrir de prolapsus génital complet.CULTURE ET PSYCHIATRIE ! Par L.-P.MARS (Port-au-Prince, Haïti).Avant de développer aucun point de vue à propos du problème « Culture et Psychiatrie », il vaut mieux définir le sens dans lequel nous employons le terme « Culture » et par ce fait nous aurons situé la question.Dès sa plus tendre enfance, l'homme entre en contact avec la culture; la famille lui transmet le dépôt des traditions de la communauté où il est appelé à grandir.La société lui offre un ensemble de mœurs, coutumes, croyances et techniques venus du plus lointain passé et conditionnés par les processus d\u2019évolution historique de cette communauté.L'homme pourrait se définir un animal vecteur de civili- 1.Travail présenté au Congrès de l\u2019A.M.LF.A.N, Trois-Rivières, septembre 1940.sation.Du Parisien le plus raffiné au pygmée de l\u2019Afrique Equatoriale, sur toute la surface de la Terre et le long du Temps, la Géographie et l\u2019Histoire présentent différents types de cultures; celles plus avancées sont appelées civilisations.Comment l\u2019homme s\u2019y est-il adapté?Tel est le problème qu\u2019étudient les anthropologues avec une efficience de plus en plus grande.Mais le corollaire d\u2019une telle question vient automatiquement.Tout comme dans les communautés de 1'Occident, les hommes échouent à la tâche de s\u2019y ajuster, ce sont les psychopathes, et on peut faire remonter à Hippocrate, Aulius Cornelius- Celse, Arétée de Cappadoce, donc quelque qua- MARS: CULTURE ET PSYCHIATRIE tre cents ans A.C.et aux premières années de l\u2019ère chrétienne, les premières descriptions médicales de la folie.Il est à présumer que les communautés primitives comptent également des aliénés.Les observations scientifiques pour peu nombreuses qu\u2019elles soient, ont permis cependant de signaler l\u2019aspect original des maladies mentales chez les primitifs.C\u2019est ce que nous discuterons bientôt.Elles ont soulevé certains problèmes nouveaux tels que celui de la norme psychologique dans les cultures primitives.Ce préambule s\u2019impose de lui-même avec le profond regret de ne pouvoir nous y arrêter qu\u2019à une légère esquisse.* * * La norme psychologique dans les cultures primitives.Dès 1904, Emil Kraepelin signalait dans la revue Journal Central des maladies nerveuses et mentales, l\u2019importance d\u2019une enquête scientifique sur les maladies mentales dans les sociétés primitives.Nous voulons employer cette épithète avec toute la réserve qui est nécessaire en l\u2019occurrence.Pouvons-nous porter l\u2019appréciation d\u2019anormalité sur les primitifs, parce que certains aspects de leur comportement nous choquent et rappellent les aliénés de l\u2019Europe?En France, les œuvres de Levy-Brühl ont faussement orienté les travaux de psychiatrie en amenant à considérer l\u2019existence d\u2019un primitif synthétique dont les mécanismes mentaux s\u2019agenceraient comme des pièces d\u2019horlogerie et fonctionneraient de même où que vous le rencontriez; rappelez-vous le prélogis- me et la loi de participation.L\u2019on sait, et il serait imprudent de citer la liste des travaux, ceux d'un Malinowski, Boas, Herskovits, Benedict, Mead, Rivet, Frobenius, Westermann, j\u2019en passe et non des moindres, qu\u2019il n\u2019en est pas ainsi.Au surplus celui qui juge du normal ou de l\u2019anormal dans telle ou telle culture primitive ou dans les cultures primitives ne doit- 245 il pas chercher une réelle évaluation de la culture qu\u2019il étudie?Sapir n\u2019a-t-il pas raison de dire que «the cultural anthropologist has the healthiest of all scepticisms about the validity of the concept of behaviour.It cannot deny the useful tyranny of the normal in a given society but it believes the external form of mormal ajustment to be an exceedingly elastic thing.» H.Scudder Mekeel raconte qu'un jour, un psychiatre reçoit dans son hôpital un garçon indien âgé de 10 ans qui a donné un coup de canif à son père.L'enfant lui expliqua qu\u2019il avait agi ainsi sur l\u2019ordre des esprits.Première impression clinique qui orienterait vers le pathologique.Le médecin voulut confirmer le fait et questionna la mère.Flle lui répondit: « Quoi! il a toujours entendu les esprits.Nous tous, nous en entendons et quand nous ne comprenons pas ce qu\u2019ils désirent, nous allons au médecin indien pour savoir ce qui se passe! ».« Why he always heard them! we all hear the spirits and when we do not understand what they want, we go to an Indian doctor to find out! ».Fortune et Ruth Benedict ont décrit une société où le sentiment de persécution est la morne.Les Dobu considèrent une belle moisson comme un vol, parce que le cultivateur ne peut y parvenir qu\u2019au détriment de son prochain en jetant des sorts sur son jardin, de telle sorte qu\u2019une telle productivité résulte de l\u2019improductivité des jardins limitrophes.Le spectre de l\u2019empoisonnement les poursuit toujours et la cuisinière se gardera de laisser s\u2019éloigner son enfant même pendant une minute.Un cadeau provoque la réplique suivante: «Et si vous m\u2019empoisonnez, comment pour- rai-je vous remettre ce poison! ».Les Kiatkiutl de la Côte Nord du Pacifique (Amérique du Nord) exaltent la vanité dans des chants consacrés à cet effet.Qui pensez-vous que le Dobu considère comme anormal?L'homme confiant prêt à venir en aide à autrui.Fortune lui-même les a vus imposer la sanction d\u2019aberrant à un homme pa- 246 reil, qui répond pourtant aux exigences de la morale chrétienne.Donc le critérium externe le plus pratique de l\u2019anormal, ce nous semble, restera le critérium statistique.L\u2019anormal désignera tout individu qui présentera un comportement différent de celui que l\u2019on reconnaît comme général à la communauté.Il s\u2019agit de différences choquantes susceptibles d\u2019entraîner la condamnation de la communauté et non pas de différences légères, celles qui surviennent d\u2019un individu à un autre.Un exemple concret, s\u2019il en était besoin, éclairera mon point de vue.La façon de se tenir à table indique dans notre civilisation le degré de finesse du convive.On s\u2019imagine que de tenir la fourchette de trop près ou de trop loin n\u2019implique point que ce convive est détraqué; s\u2019il lui prenait l\u2019envie de tourner le dos à la table pour dîner, on conclurait tout de suite qu\u2019il a perdu la carte.Imaginons un moment qu\u2019une de ces tribus océaniennes ait adopté comme code de savoir-vivre de tourner le dos à la table ou de manger dos à dos; l\u2019acte en soi resterait absolument normal en fonction de la culture polynésienne.Donc toute manifestation extérieure atypique singularise le névrotique, mais il reste d\u2019autres caractères à la névrose pour qu\u2019elle soit identifiée comme telle.Karen Horney en signale deux: 1°.C\u2019est d\u2019abord la perte de cette souplesse d\u2019adaptation qui nous permet de nous plier à différentes situations.Elle cite des exemples (en fonction de notre culture): « La personne normale est méfiante dans les cas où ses sens ou sa raison l\u2019y induisent; une névrosée peut l\u2019être à tout moment avec ou sans raison.Une personne normale est apte à distinguer un compliment sincère d\u2019un autre qui ne l\u2019est pas; le névrosé n\u2019y voit pas de différence ou peut le sous-estimer dans les deux cas.Une personne normale peut hésiter en certaines circonstances; le névrosé hésite en toutes les circonstances.» L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 2°.C\u2019est la faille * qui existe entre les potentialités de l\u2019individu et ses réalisations, même si les conditions externes sont favorables.Je ne prétends nullement parler ici du mécanisme profond de la névrose.Freud a porté l\u2019attention sur le rôle de la sexualité et sur la prévalence de l\u2019âge infantile dans la recherche des racines de la névrose.Horney a insisté sur le rôle de l\u2019anxiété dans l\u2019installation de la névrose.Je prétends que pour une plus large compréhension de ces phénomènues, il serait hautement appréciable de contrôler ces faits dans les différentes cultures et de chercher si les mêmes mécanismes ou si d\u2019autres mécanismes, dans le cas qu\u2019il en existerait, ne créent pas des types de névroses autrement descriptibles.Evidemment comme nous le disions précédemment seule une mission scientifique armée de l\u2019outillage nécessaire est susceptible d\u2019arriver à une claire intelligence des maladies mentales dans les cultures primitives.Pour débuter, le Dr Nolan Lewis, directeur de l\u2019Institut de Psychiatrie de New-York, de concert avec Margaret Mead, anthropologue de notoriété, propose un plan d\u2019études de cinq années, de la culture des indigènes de Madagascar.L'équipe se composerait: 1° d\u2019un spécialiste de l\u2019anthropologie physique et sociale; 2° d\u2019un spécialiste de l\u2019ethnologie linguistique; 3° d\u2019un spécialiste du métabolisme basal; 4° d\u2019un «child behaviorist »; 5° d\u2019un psychiatre.En attendant qu\u2019un tel projet se réalise au bénéfice des différentes communautés humaines réparties sur les cinq continents, et de la science en général, il n\u2019est pas interdit de rappeler l\u2019attention sur quelques psychopathies qui sont prévalentes dans quelques cultures primitives ou métissées, plus ou moins, de civilisation occidentale.1.The discrepancies between the potentialities of a person and his actual achievement. ma etc tre MARS: CULTURE ET PSYCHIATRIE Sans préjuger nullement de la nature réelle de quelques-unes de ces affections mentales que nous allons décrire, l\u2019originalité de leur aspect convaincra de l\u2019opportunité d\u2019en arriver à une compréhension profonde de ces cas.Nous parlerons de l\u2019Amok, du Lattah et de la crise de Load.\"Amok a été d\u2019abord signalé par Kraepe- lin en 1904 dans le Journal Central des Maladies nerveuses et mentales, sous le nom de Psychiatrie comparée.Ce travail me semble être la pierre angulaire de cette nouvelle spécialité 2.Van Loon, psychiâtre et neurologue hollandais qui a séjourné à l\u2019asile provisoire de Batavia, en donne également une description de première main.Il a eu l\u2019occasion de soigner des coureurs d\u2019Amok.Sur les malades admis dans l\u2019asile ?près de la moitié font de la confusion mentale aiguë résultant de causes diverses: malaria, syphil- lis, pneumonie, typhoïde, etc.et également avant-coureur de la démence précoce.Sur 333 cas de confusion aiguë, il a trouvé 176 relevant de la malaria et 57 de la syphilis et 29 suivis de démence précoce.Il a noté que ces malades pour la plupart d\u2019entre eux se montraient très agressifs.Sur 176 paludéens, 45 attaquaient les gens qui passaient près d\u2019eux, tandis que 4 couraient l\u2019Amok d\u2019une façon classique.En comparant sa description clinique avec les rapports d\u2019autres observateurs, il ressort que l\u2019Amok est un raptus anxieux, accompagné d\u2019impulsions homicides.Avant la perte de la conscience, le Malais dit avoir vu un ennemi ou un serpent ou un tigre.Pendant la fuite, il dit ne s\u2019être souvenu de rien.2.Une importante bibliographie est donnée par J.-M.Cooper sur les maladies mentales dans les cultures primitives in Journal of Abn.and Soc.Psy.avril-juin 1934.3.Van Loon n\u2019a pas donné la date de son séjour dans cet asile, mais l\u2019article date de 1926 et il réfère à un Congrès sur l\u2019Amok, à Singapore en 1923.Il est infiniment probable qu\u2019il y ait demeuré entre 1921 et 1925.247 Il est extrêmement intéressant de comparer ces observations avec celles d\u2019autres psychiatres coloniaux.Personnellement, jusqu\u2019à plus ample informé, je ne connais pas de fait de ce genre en Haïti où le paludisme est fréquent.A la Jamaïque, un fait de ce genre a été signalé dans un quotidien d\u2019information, le « Daily Gleaner », fév.1940, sans aucune analyse scientifique du cas.Nous ne le retenons pas.A Marseille, H.Aubin signale l\u2019apparition de phénomènes similaires chez des Sénégalais internés dans un hôpital colonial.Sans précisément entrer dans tous les détails, il est intéressant d\u2019avancer certains faits: une religieuse infirmière s\u2019approche d\u2019un Sénégalais admis pour confusion infectieuse d\u2019origine paludéenne, pour lui administrer une pigûre.Il bondit sur elle et l\u2019abat avec un couteau qui se trouvait sur la table.Deux tirailleurs sénégalais s\u2019approchent pour le maîtriser, il les blesse; enfin il se barricade et se tranche la gorge.Un Guinéen, sans antécédent notable, soupçonné d\u2019avoir empoisonné un tirailleur décédé subitement, est pris au cours de la nuit d\u2019une crise anxieuse; puis déchaîné, hors de lui, il hurle son innocence tout en menaçant les voisins de sa baïonnette.Il n\u2019est maîtrisé qu\u2019à grand\u2019peine et après avoir blessé l\u2019un d\u2019entre eux, Quelques jours après, tout rentre dans l\u2019ordre.Et le Lattah, qu\u2019est-ce?Le Lattah est une affection mentale qu\u2019on rencontre chez les Malais et les Indochinois surtout de sexe féminin et d\u2019Âge moyen.Il consiste dans le fait que le patient sous l\u2019emprise de la frayeur répète automatiquement les gestes et les propos de l\u2019interlocuteur qui est en face de lui: echopraxie et echolalie.Il accomplit tous les actes que vous lui ordonnez, même ce qui peut lui être défavorable: automatisme de commande.Van Loon a retrouvé dans quelques-uns des cas la précession de réves de nature sexuelle: pénis en érection, hommes nus, etc.Il insiste sur le rôle de la peur comme cause déclan- 248 chante de cette psychose d\u2019imitation qui semble être une variante de l\u2019hystérie: ce n\u2019est pas précisément l\u2019opinion de van Loon qui en fait une affection spécifique aux races malaises.Il a insisté sur l\u2019hypersuggestibilité et la grande labilité affective des Malais.Il est intéressant de faire remarquer que le commandant Aubin a également insisté sur la grande labilité affective de ces Africains de l\u2019Ouest sensibilisés par des facteurs pathogènes: protozooses, helminthiases, alcool, syphilis, entre autres facteurs, pour expliquer les accès de fureur qui surviennent chez eux, semblables aux réactions explosives décrites par Kretschmer.Puis-je me permettre d\u2019attirer l\u2019attention sur une forme d\u2019hystérie religieuse qui se remarque chez les campagnards haïtiens: je veux parler de la crise de Lod.Pour situer la question, il est nécessaire d\u2019esquisser brièvement la physionomie de la culture haïtienne.Le peuple haïtien est issu de la colonie d\u2019esclaves importée vers 1600 dans l\u2019île de Saint- Domingue.Il se compose de 3,500,000 habitants environ, dont les 4/5 sont des paysans qui vivent à la campagne et le 1/5 se trouve installé dans les villes.Il est reconnu aux 4/5 qui ont fait l\u2019objet de recherches anthropologiques, une culture africaine dont l\u2019élément le plus apparent reste la religion du Vaudou et ses complexes rituels, le folklore et la technique agricole.Cette culture ne s\u2019est pas conservée intacte, elle a été entamée par le contact de la civilisation occidentale que les Français ont apportée dans l\u2019Île et que la bourgeoisie des villes maintient et défend dans le bassin des Antilles.Le Vaudou et la crise de Lod Le Vaudou est une religion primitive que pratiquent les paysans haïtiens.Il comprend des sacrifices rituels de volaille, accompagnés de danses, de chants et de phénomènes de possession, L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 Danses et chants jouent un rôle considérable dans les cultures nègres.Un mot à cet égard trouve sa place dans la discussion actuelle: il éclaire la mentalité de la communauté en question.La danse et le chant dans les cultures nègres constituent un mécanisme de défense contre Cérémonie du Vaudou, au cours de laquelle surviennent les crises de lo.les affects refoulés et même une voie de libération: un véritable moyen de défoulement.Supposons que des travailleurs haïtiens aient à protester contre la sous-évaluation de la main-d\u2019œuvre et que différentes circonstances les handicappent, ils créent la chanson suivante et résolvent le conflit en chansonnant la compagnie au rythme des machettes qui coupent la canne: Roye! la Hasco! Gardé-ça rou fait moin Ou ban moin trois bô Garde-non la Hasco Suspend peté moin *.Le fait est commun aux cultures nègres.Herskovits cite plusieurs faits de ce genre en Afrique et dans la Guyanne hollandaise.Le plus démonstratif est le lobi singi.Deux femmes À et M se querellent à la suite de l\u2019infidélité du mari de M.L\u2019offensée M va prendre sa revanche.Elle en appelle à des musiciens et un chœur se forme dans la cour de A, 4.Roye! la Hasco Voyez ce que vous m\u2019avez fait Vous m\u2019avez embrassé deux fois, trois fois, Ecoutez! la Hasco! Ne me trompez pas! MARS: CULTURE ET PSYCHIATRIE l\u2019offenseur.M et sa troupe se parent de leurs plus beaux atours, robes, etc.Et devant la maison de l\u2019offenseur, celle qui a ravi son mari à l\u2019autre femme, on entonne l\u2019air suivant: C\u2019est l\u2019abandonnée qui entonne: Tous dansent en levant la robe dédaigneusement.Que peut faire une fourmi Avec une tête de vache! Ha! Ha! Elle peut manger la viande et laisser les os Ha! Ha! L\u2019offensée continue: Vous êtes plus jolie que moi, Vous êtes plus grasse que moi, Mais je suis plus attachante que vous, Ha! Ha! C\u2019est pourquoi mon trésor, Mon trésor ne peut abandonner Une rose si attachante Pour aller vivre chez un crabe\u201d.Et puis l\u2019abandonnée se retire satisfaite, elle s\u2019est débarrassée de ses chagrins et de ses peines.Ces chants et ces danses offrent une compensation culturelle similaire à celle que Beaglehole a trouvé dans les communautés polynésiennes.Dans la même culture se situe la crise de Load.Le Loi est considéré par les servants du Vaudou comme un esprit susceptible de s\u2019incarner.Le Loä peut posséder le vaudouisant au cours de multiples circonstances de sa vie: sa survenue peut être indifférente ou liée à certains malheurs qui accablent l'individu ou un membre de sa famille, la maladie par exemple.La communauté tire un double bénéfice d\u2019une telle faveur des dieux: l\u2019esprit accuse l\u2019individu responsable d\u2019avoir causé la maladie et indique la médication mystique adéquate.Surtout il se manifeste au cours de cérémonies vaudouesques de différentes façons.5.What can an ant do with a cow\u2019s head?You are handsomer than I, You are fatter than I, But I am sweeter than you.Ha! Ha! 249 ESQUISSE DE QUELQUES CAS SUIVIS PERSONNELLEMENT.D\u2019abord je vais décrire un signe prémonitoire de la crise de Loä; je l\u2019appelle l'absence vaudouïque l\u2019homme du peuple considère que l\u2019esprit « soûle » individu; le lod sotlé.L\u2019individu flanche subitement, la tête renversée sur le côté et tâche de s\u2019agripper à un appui quelconque.Ses yeux sont fermés.On observe parfois qu\u2019il transpire beaucoup: c\u2019est une preuve pour le croyant que la personne en question a beaucoup résisté à la prise de possession par l\u2019esprit.Cette absence peut durer quatre à cinq minutes.Questionnée après, elle vous répond: « Je ne sais pas, l\u2019esprit a voulu me posséder.J'ignore ce qui s\u2019est passé.» En général, on considère ces gens comme des têtes fortes.Vaincue, elle se met à danser d\u2019une façon plus trépidante, elle marque des pas étranges, dont quelques-uns sont désordonnés et même aberrants.C\u2019est déjà une preuve que l\u2019esprit est présent; le Lo se confirme d\u2019une façon nette et claire, car voici notre possédé qui entame le nouveau chant qui annonce le nouveau dieu: « C\u2019est papa Dambal- lah ou papa Hogou », etc.Pour le dieu Hogou, dieu de la guerre, que les fidèles comparent à Saint-Jacques-le-Ma- jeur, fier cavalier sur un cheval blane, le possédé imite le canon par sa bouche: « Bo! Bo! Bo! Bo! c\u2019est moi Hogou ».Et de nouveau les fidèles saluent, le possédé saute à califourchon sur les gens.Cas No 1.René X.Lieu: de Port-de-Paix.Chute brusque sur le sol, mais la face est dirigée vers le flanc d\u2019un bœuf percé d\u2019un coup de poignard.En pleine cérémonie de Vaudou.Pas de convulsions cloniques, ni toniques.Au réveil, il ignore ce qui s\u2019est passé; amnésie post-critique.Après avoir repris connaissance, 20 à 25 minutes plus tard, il reprend contact avec le monde extérieur, cause, reçoit un accueil complaisant de la foule.La crise est passée.une ferme dans le faubourg 250 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 Cas No 2.Hystérie infantile, avec ébauche d'idées délirantes, de persécutions à thème mystique et de possession à thème vaudouïque.Orista Ju.F., âgée de 8 ans, originaire de la Grande Rivière est entrée dans le service de médecine, le 2 décembre 1935, pour des idées délirantes de possession, de l\u2019hétéro-accusation mystique: on veut prendre son âme; de l\u2019agitation psycho-motrice et des pleurs.Antécédents héréditaires: aucun renseignement.Antécédents personnels: fièvre d\u2019origine inconnue.Antécédents collatéraux: une cousine souffrant d\u2019helminthiase.Aucun renseignement sur le passé physiologique de l\u2019enfant qui n\u2019a que deux ans de vie domestique chez sa protectrice, Mme X.Le matin du 2 décembre, Mme X.rentre de la ville et trouve l\u2019enfant par terre, poussant les cris suivants: « Je vois mon cercueil.Le voici, ma tante, (c\u2019est ainsi qu\u2019elle appelle Mme X.).On a fouillé un trou devant la porte, hier soir, on y a enterré une poule.» Le fait est qu\u2019à 5 heures du matin, trois heures avant la crise, l\u2019enfant s\u2019est levée pour faire le café et a vu un ergot de coq au seuil de la porte et l\u2019a signalé à la dame qui lui a dit de ne pas s\u2019en occuper.A huit heures, l\u2019enfant tombe dans l\u2019état que nous allons décrire ci-dessous, ameutant tout le quartier par ses cris.C\u2019est sur ces entrefaites que Mme X.vint à rentrer et l\u2019amena à l'hôpital par peur des responsabilités judiciaires.Aspect de la malade: nous sommes en présence d\u2019une enfant qui est loin d\u2019être calme.Le facies est vultueux.Les conjonctives oculaires injectées de sang.L\u2019enfant présente de l\u2019agitation psychomotrice.Elle ne se tient pas dans son lit.Elle ne reste ni assise, ni couchée, mais agitée de mouvements désordonnés, tantôt elle se met debout, tantôt elle se jette la tête sur son oreiller, lève un pied, abaisse l\u2019autre en poussant des cris, en pleurant.Un instant après, elle ne parle plus, elle écarquille les yeux et regarde son entourage; elle donne l\u2019impression d\u2019être stupéfaite.Elle recommence encore à parler.Thème délirant: vaudouïque.« On a pris mon âme pour la mettre dans une bouteille, mais ° mon cheval est fort.Il ne tombera pas.Mon cheval ne mourra pas pour une vétille.» Un houngan (un sorcier) avait pris chez elle une tasse de café avant-hier et lâché devant la porte une bouteille rouge.«C\u2019est M.Antoine Fi-Lolo qui a mis mon âme dans une bouteille blanche.» Le thème délirant ne s\u2019enrichit pas davantage.Elle intervertit le sens des propositions: « C\u2019est M.Antoine Fi-Lo qui a mis mon âme, etc.» Un hougan avait pris chez elle une tasse de café.Quelques moments après, l\u2019enfant cesse de parler et se met à pousser des beuglements: «houm! houm! houm!».La mâchoire reste crispée et le facies vultueux.L\u2019enfant est dans le décubitus dorsal.On en profite pour la contenir dans son lit grâce à des morceaux de drap noués à ses bras et à ses pieds.Et un peu de bromure de potassium et de sodium lui est prescrit.Le lendemain, 3 décembre, après avoir passé toute la nuit à répéter le même thème délirant, l\u2019enfant est tranquillement couchée dans sont lit, ignorant entièrement ce qui s\u2019est passé.Malgré un questionnaire serré, l'enfant ne peut nous dire de quelle façon elle se trouve à l\u2019hôpital.Elle ne se rappelle pas du tout avoir parlé de «cheval», de son «âme enfermée dans une bouteille ».Examen physique: tous les appareils fonctionnent bien.Examen neurologique: pendant la crise du 9 décembre 1935 nous avons cherché les réflexes: 6.On désigne par ainsi l\u2019esprit ou le lo qui possède l\u2019individu.Le mot cheval a été toujours employé en ce sens; au moyen age, en Europe, le diable chevauchait les possédés pendant le Sabbath.\u2014\u2014\u2014a wa MARS: CULTURE ET PSYCHIATRIE réflexes rotuliens: un peu exagérés.Pas de signe de Babinski ni d\u2019Oppenheim.Le lendemain 3 décembre, nous avons de nouveau cherché les réflexes: réflexes rotuliens légèrement exagérés; pas de signes de Babinski ni d\u2019Oppenheim.L'enfant est sortie avant que nous ayons eu le temps de pratiquer des examens de laboratoire.Cas No 3.Herskovits présente dans « Life in a Haitian Valley » un cas de possession tout a fait intéressant d\u2019un homme, catholique de religion.Il n\u2019avait jamais pratiqué le vaudou et s\u2019en vantait; issu d\u2019une famille de servants, il en était resté curieux; le « medecine-man », prêtre du culte, lui avait bien promis de lui envoyer un loû.Un jour, en assistant à une danse cultuelle, esprit le saisit avec une violence inouie; il se roula dans la boue, les yeux hagrds, se redressa et se mit à danser au rythme des tambours en protestant, protestant contre l\u2019emprise du dieu.Damballah! O Damballah é! Damballah! O Damballah é! Gadé ca ros fait moin! Damballah! O Damballah é! Voyez done ce que vous m\u2019avez fait! La crise cessa quand on l\u2019eut isolé dans une maisonnette un peu éloignée de la scène.* * * Après la crise, les possédés en gardent une certaine pudeur: ils en parlent difficilement et disent qu\u2019ils ne savent pas ce qui s\u2019est passé exactement et quand la crise a été violente comme le cas cité par Herskovits, 1ls en gardent une certaine honte.En général, la physionomie générale de la possession se résume en les éléments suivants: a) troubles de la personnalité: l\u2019individu accuse une nouvelle personnalité, se dit être tel ou tel dieu et en conséquence change la tonalité de sa voix, accuse un visage hypermi- mique, ajoute quelques falbalahs à son costume; 251 b) hallucination psycho-motrice verbale: le dieu fait mouvoir sa langue et il prononce des paroles inintelligibles, il est un oracle: glossomanie; c) on a signalé de l\u2019anesthésie de certaines zones de la peau et même la danse sur le feu.Nous ne pouvons pas confirmer l\u2019authenticité de ces faits, nous ne saurions les retenir.Faut-il s\u2019en référer au jugement de la collectivité qui considère tous ces gens au moment de leur crise comme favorisés par le Ciel, excepté quand elle dure une quinzaine de jours; dans ce cas, on les amène au «mede- cine-man » pour qu\u2019ils en soient guéris?Ces états de crise de possession pour peu durables qu\u2019ils soient n\u2019en constituent pas moins des phénomènes anormaux.Peu importe, à notre avis, que la communauté les considère comme des signes évidents de supériorité: c\u2019est là tout simplement un barème auquel certaines communautés reconnaissent les êtres extraordinaires.Le shama- nisme en est encore une autre illustration.Le cas n° 1 exigerait un examen sérieux.Une électro-encéphalographie permettrait d\u2019isoler entièrement toute hypothèse d\u2019épilepsie.C\u2019est le cas pareil que j'ai vu et je n\u2019ai pas eu la chance de connaître personnellement l\u2019intéressé.On a semblé me dire qu\u2019une telle violence de possession est familière à un dieu du Vaudou.Je n\u2019ai pu confirmer le fait et savoir le nom de ce dieu, mais en cas de confirmation l\u2019aspect d\u2019une telle crise me rappellerait nettement le « rotstellreflex » de Kretsch- mer.Les autres cas relèvent de l\u2019hystérie religieuse, une autre version de l\u2019hystérie du moyen age qui a mené des milliers d\u2019individus sur le bûcher: victimes de la science démono- logique des docteurs de l\u2019Europe médiévale, trop attachés à l\u2019infaillibilité de ce fameux « sigilum diaboli ».A l\u2019heure actuelle, on les considére comme les sociopathies.Arthur Ramos, Fernando Ortiz au Brésil et à Cuba et Oesterreich, de Tubingue, ont présenté des cas sk Epreuve de la vitesse de la circulation au dycholium intraveineux: 18 secondes.Dr G.Leclere \u2014 B.Fortier.Ponction sternale (myélogramme) Normale Polynucléaires neutro 23 24 éosino 1 1 Lymphocytes 8 13 Grands mono 1 2 Métamyélocytes 15 10 Myélocytes 25 30 Cellules souches 2 Promyelo 1 1 Normoblastes 21 15 Macroblastes 3 Mégaloblastes 0 2 Plasmocytes 1 1 100 Dr G.Leclerc.100 SUC GASTRIQUE Epreuve à histamine.1° Dosage de l\u2019acide chlorydrique libre: 10 minutes après 1.1 20 « « 2.3 40 « « 29 50 « « 3.0 60 « « 3.2 70 « « 3.3 80 « « 3.6 90 « « 2.7 À l\u2019état normal le « suc d\u2019histamine » apparaît après 10 à 15 minutes, continue à être sécrété pendant 1 à 2 heures, est abondant (100 à 200 c.c.) est riche en acide chlorhydrique libre (2 à 2.50 grammes au litre).P.Riopel. LÉGER: ÉRYTHRÉMIE gr ROENTGENTHERAPIE 265 2° Dosage de la pepsine (Méthode de Me lt et Linossier) : 1.Echantillon avant histamine, longueur d\u2019albumine digérée 6 mm.2.« 30 minutes après histamine, longueur d\u2019albuminurie digérée 8.5 mm.3.« 60 « « « « « « 7.5 mm.4.« 90 « « « « « « 9.5 mm.Pour un suc gastrique normal les longueurs d\u2019albuminurie digérées sont de 2.4 à 3 mm.P.Riopel.* * * TRAITEMENT Doses radiothérapiques et technique suivie juin 1940, région épigastrique.195 RW, 15 cui- par le docteur D.Léonard, radiologiste à l'hô- vre, 1 aluminium, distance 50 centimètres.pital Notre-Dame.2,000 R.du 13 mai au 18 Porte 10 em x 15.Résultats obtenus: 1940 G.R.G.B.H VG N GM.L E P.S.Mai (4) 7,400,000 11,000 95 0.66 74 6 19 1 440,000 Apres trait.Juil.(3) 5,725,000 8,000 92 0.8 81 17 1 | Sept.(8) 4,750,000 9,350 88 0.9 77 17 1 Nov.(3) 4,750,000 10,500 92 0.9 74 4 19 1 DV ND * +* 3 Conclusions et commentaires aux extraits de foie de veau peut éviter une 1° Résultats hématologiques persistent après catastrophe.5 mois.Cliniquement, amélioration corres- 3° Pareille thérapeutique ne présenterait pas pondante et qui dure encore au 18 décem- la même sécurité dans une polyglobulie (type bre 1940, chez une malade qui souffrait de- Blumenthal), ot il existe une hyperplasie non puis 6 ans.des glandes de l\u2019estomac, apparemment, mais 2° Pareille thérapeutique qui réduit l\u2019acti- des organes myéloïdes comme en témoigne la vité des organes producteurs du facteur anti- myélocytémie qui accompagne et caractérise pernicieux, peut, à mon sens, être renouvelée ce syndrome.Danger ici et sans recours: une au besoin.En cas de dosage exagéré, le recours hypoplasie ou aplasie médullaire. REVUE GÉNÉRALE LE DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DE LA GROSSESSE NORMALE ET PATHOLOGIQUE La valeur et l\u2019intérêt de cette réaction hormonale dans le dépistage précoce de la môle hydatiforme et du chorio-épithéliome malin post-môlaire Par Samuel LETENDRE.La découverte des hormones a complètement remanié nos connaissances sur la physiologie génitale féminine.L\u2019une des applications les plus utiles de cette découverte est, certes, la « réaction biologique de la grossesse », qui s\u2019est rapidement imposée par l\u2019exactitude presque absolue de ses résultats; et nul médecin ne doit ignorer, aujourd\u2019hui, les renseignements qu'il est en droit d\u2019en exiger.D\u2019importants perfectionnements ont été apportés, en ces dernières années, aux réactions primitivement utilisées.A la simple « détection » des hormones gravidiques, on a pu substituer le « dosage biologique » de ces mêmes hormones, et cette substitution d\u2019une réaction « quantitative » à une réaction simplement « qualitative » a permis de différencier de la grossesse normale un certain nombre de grossesses pathologiques.La valeur et l\u2019intérêt des méthodes qualitatives du diagnostic biologique de la grossesse (Réaction de Aschheim et Zondek et ses variantes) ne sont plus à démontrer.Cependant, dans certaines circonstances pathologiques prenant naissance au cours de la grossesse, ces techniques qualitatives présentent des défaillances et quelques insuffisances.Lorsque le praticien demande au laboratoire la confirmation d\u2019un diagnostic de grossesse, les méthodes qualitatives (toutes causes d\u2019erreur mises à part) suffisent, mais il faut ajouter ici qu\u2019elles apportent la même réponse positive en cas de môle hydatiforme, en cas de chorio- épithéliome et en cas de grossesse normale en évolution.Ainsi la recherche qualitative de l\u2019hormone gonadotrope, excellente quand il s\u2019agit de poser uniquement un diagnostic de grossesse normale, est incomplète le plus souvent pour diagnostiquer une môle vésiculaire et est incapable après une interruption de grossesse de fixer le début d\u2019un chorio-épithéliome.À la suite de ce bref exposé, plusieurs questions se posent à notre examen: D\u2019abord, combien de jours après la conception la réaction se montre-t-elle positive?Puis combien de temps la réaction se montre- t-elle positive après la fin de la grossesse?Que donne la réaction après la mort du fœtus «in utero »?Quels renseignements peut nous apporter cette méthode dans le diagnostic de la grossesse extra-utérine et dans les cas de grossesse tubaire rompue?Quel est l\u2019intérêt diagnostique et pronostique du dosage quantitatif dans le diagnostic précoce de la môle hydatiforme et du chorio- épithéliome?Voilà autant de questions du plus haut intérêt auxquelles nous nous efforcerons de répondre le plus brièvement possible.x ® EJ Il y a environ 13 ans que S.Aschheim présentait au Congrès de la Société Allemande de Gynécologie et d\u2019Obstétrique une communication dans laquelle il annonçait la présence de deux hormones dans les urines des femmes enceintes.Cet auteur y avait trouvé, de fait, en quantités considérables, l'hormone œstrale, donnant le test d\u2019Allen, et une hormone agissant comme celle du lobe antérieur de l\u2019hypophyse, dont l\u2019action se manifeste sur les ovaires LETENDRE: DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DE LA GROSSESSE des animaux impubères et qu\u2019on appelle hormone gonadotrope.Aschheim pensa alors que la présence de l\u2019hormone gonadotrope dans les urines pourrait fournir une méthode qui permettrait de diagnostiquer une grossesse, particulièrement une grossesse précoce, par la voie biologique.Nous savons aujourd\u2019hui toute la justesse et la portée immensément pratique de cette hypothèse de travail, puisque depuis cette découverte, dans tous les pays, on a repris et répété dans des milliers et des milliers d\u2019expériences cette réaction hormonale de la grossesse soit par la méthode originale, soit par des méthodes modifiées qui reposent cependant toutes sur le même principe, avec des résultats vraiment étonnants par leur fidélité et leur exactitude.Ultérieurement cette méthode trouva une application dans le diagnostic de certains troubles hormonaux.Il y a une douzaine d\u2019années environ, on considérait que les hormones étaient des substances précieuses que l\u2019organisme ne produisait qu\u2019en petite quantité.En 1927, on ne connaissait que la communication de Loewe qui disait avoir trouvé dans un litre d\u2019urine de substance œstrogène.Or, il est intéressant de femme normale une ou deux unités-souris de savoir que lorsque Aschheim annonça que dans l\u2019urine des femmes enceintes on trouvait des milliers d\u2019unités-souris d\u2019hormone œstrogène ainsi que d\u2019hormone gonadotrope, il rencontra la plus grande méfiance, même chez son propre collaborateur.Cependant, l\u2019exactitude de l\u2019affirmation d\u2019Aschheim n\u2019était pas à discuter.Et bientôt l\u2019urine des femmes enceintes devint un matériel précieux pour l\u2019extraction chimique des hormones et la préparation industrielle des produits hormonaux.L'historique du diagnostie biologique de la môle hydatiforme et du chorio-épithéliome qui peut en prendre naissance est étroitement lié à celui des tentatives de diagnostic de la grossesse.Ce problème, qui n\u2019a reçu sa solution qu\u2019en 1927 par les travaux d\u2019Aschheim et Zon- dek, a été abordé il y a fort longtemps par de nombreux auteurs.Nous allons résumer rapi- 267 dement les tentatives antérieures a celles d\u2019Aschheim et Zondek.Parmi les trés nombreuses méthodes qui furent préconisées pour un diagnostic de laboratoire de la grossesse, nous ne mentionnerons ici que les principales.A la suite des travaux de Calmette sur le pouvoir hémolysant du venin de cobra, on étudia le pouvoir activant des divers sérums sur le phénomène.Or, on crut pouvoir constater que le sérum de la femme enceinte avait un pouvoir activant beaucoup plus marqué que le sérum d\u2019individus pris en dehors de la gestation.Des travaux systématiques ont montré que cette méthode était dépourvue de toute spécificité.Il en fut de même d\u2019une réaction basée sur la vitesse de sédimentation des globules rouges.Les globules de la femme enceinte se sédimentent très vite, mais cette propriété est partagée par un très grand nombre d\u2019états pathologiques.Les réactions sérologiques ont fait l\u2019objet de recherches en vue de leur application au diagnostic de la grossesse.On a essayé la réaction de fixation du complément, en utilisant comme antigène un extrait de placenta.On a étudié les intradermo-réactions.Aucune de ces méthodes ne s\u2019est montrée suffisamment spécifique.Le pouvoir antitryptique du sérum semble être considérablement accru dans le sérum des femmes enceintes.Cependant, cette même augmentation s\u2019observe dans un certain nombre de maladies infectieuses, dans des tumeurs, des affections annexielles, etc.La tentative la plus intéressante fut celle qui était basée sur la réaction des antifer- ments d\u2019Abderhalden.En pratique, on recherchait si le sérum de la femme présumée enceinte exerçait une action diastasique sur les protéines placentaires.Ecalle a expérimenté la réaction d\u2019Abderhalden et a constaté que cette réaction était, en effet, toujours positive dans la grossesse, mais elle l\u2019était également dans un tiers des cas chez les femmes non enceintes.Dans ces derniers cas positifs, il s\u2019a- 268 gissait d\u2019infections annexielles, de tumeurs, etc.Il semble donc que la réaction d\u2019Abderhalden n\u2019est pas suffisamment spécifique.Elle permet néanmoins d\u2019éliminer la grossesse lorsqu'elle est négative.Disons encore un mot de la réaction de Kammitzer et Joseph, basée sur la grande sensibilité de la femme enceinte pour la glycosurie phloridzinique.Alors que chez un sujet normal il faut 5 mgrs.de phloridzine pour provoquer la glycosurie, chez la femme enceinte 2 mgrs.suffisent.Cette réaction a été expérimentée par un grand nombre d\u2019auteurs qui en ont contesté la spécificité.Aucune de ces réactions n\u2019a été appliquée au diagnostic de la môle hydatiforme.Il est, d\u2019ailleurs, vraisemblable qu\u2019elles n\u2019auraient fourni aucune indication utile, pour des raisons que l\u2019on conçoit aisément à la lumière des connaissances actuelles.La solution du problème du diagnostic biologique de la grossesse a été apportée par les recherches sur les hormones génitales.On sait que depuis une quinzaine d\u2019années nos connaissances concernant ces hormones ont fait des progrès considérables.Les deux hormones ovariennes, la folliculine et la progesterone, sont parfaitement connues au point de vue de leur constitution chimique.Nous possédons au- jourd\u2019hui des méthodes biologiques qui permettent de les déceler et même de les doser dans les humeurs de l\u2019organisme.Ces méthodes ont donc fourni des bases techniques pour un diagnostic biologique de la grossesse.Des recherches nombreuses ont montré, en effet, que les deux hormones ovariennes sont sécrétées pendant la gestation en quantités très abondantes.Le taux de la folliculine augmente dès le début de la grossesse dans le sang et dans les urines.À partir du troisième ou quatrième mois, il est facile de déceler la folliculine dans les humeurs, en les injectant à des souris castrées.La mise en évidence de la folliculine n\u2019a cependant pu devenir la méthode de diagnostic de la grossesse, car elle ne devient nettement positive qu\u2019au bout de la huitième semaine (Simonnet) et surtout elle n\u2019est pas spécifique.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 La folliculine existe, en effet, dans le sérum et dans les urines au cours du cycle menstruel.L'hyperfolliculinémie ou l\u2019hyperfolliculinurie est particulièrement fréquente au cours de certaines affections ovariennes et même dans certains cas d\u2019aménorrhée (aménorrhée hyper- hormonale), pouvant prêter à confusion avec une grossesse.En cas de chorio-épithéliome, le taux de la folliculine est bas (Smith et Smith).On a également tenté d\u2019utiliser la mise en évidence de l\u2019hormone lutéinique pour le diagnostic de la grossesse.Au cours de celle-ci, la lutéine ou progesterone augmente dès le début et beaucoup plus précocement que la folliculine.Cependant la recherche de la lutéine n\u2019a pu devenir la base d\u2019une méthode rationnelle à cause de certaines difficultés techniques.Les méthodes de dosage de la lutéine sont, en effet, difficiles et ne peuvent guère servir que pour la recherche scientifique.Ce sont les travaux d\u2019Aschheim et Zondek qui, en 1927-1928, ont montré que la modification hormonale la plus caractéristique de la grossesse était l\u2019apparition dans les humeurs d\u2019une substance que les auteurs identifièrent avec l\u2019hormone gonadotrope du lobe antérieur de l\u2019'hypophyse.Au point de vue purement technique, la méthode a évolué depuis 1927-28.À ce moment- là, Aschheim et Zondek utilisaient la souris femelle impubère.Sur ce matériel, la réaction est assez longue et nécessite souvent l\u2019examen microscopique de l\u2019ovaire.Aussi, dès 1929, Brouha, Hinglais et Simonnet s\u2019adressent au souriceau mâle; cette méthode présente l\u2019avantage de ne pas réagir à la présence éventuelle de la folliculine mais, par contre, à l\u2019inconvénient de n\u2019apporter une réponse que tardivement.Enfin, en 1931, A.Brouha et, en même temps, Friedmann préconisent l\u2019utilisation de la lapine pour le diagnostic biologique de la grossesse.C\u2019est la réaction dite de Fried- mann-Adèle Brouha qui est d\u2019exécution et de lecture plus facile et permet une réponse beaucoup plus rapide.Aussi est-elle actuellement la plus couramment utilisée. LETENDRE: DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DE LA GROSSESSE Lorsqu\u2019on pratique un diagnostic biologique de la grossesse, on ne fait qu\u2019une réaction qualitative.On sait, en effet, que le prolan, d\u2019origine placentaire n\u2019est décelable dans le sérum ou dans l\u2019urine que pendant la gestation.Pour que cette réaction pût être utilisée en vue d\u2019un diagnostic de pathologie gravidique.par exemple, une môle et un chorio-épi- théliome, il était indispensable de la rendre quantitative.Dés 1930, Zondek a mis au point une méthode permettant de doser le prolan en unités-souris.L\u2019unité est la plus petite quantité permettant de déterminer les modifications ovariennes caractéristiques.Or, cet auteur a montré que la grossesse môlaire s\u2019accompagnait d\u2019une très forte concentration hormonale, de même que le chorio-épithéliome.En 1932, Brindeau et Hinglais ont préconisé l\u2019emploi de la lapine pour le titrage de \u2019hormone dans le sérum, en vue du diagnostic des grossesses pathologiques et anormales.Depuis cette époque, la méthode a fait ses preuves et est universellement employée.: > pa > Comme nous le disions plus haut, en 1927 Aschheim annonça qu\u2019il trouvait de grosses quantités de deux substances hormonales dans les urines de la femme gravide: 1° l\u2019hormone œstrale; 2° l\u2019hormone gonadotrope.Depuis des années, on emploie le test d\u2019Allen pour déterminer l\u2019hormone œstrale.Il y a soixante années déjà, Lataste, Moreau et Retterer, en France, avaient montré que les transformations des ovaires et du vagin au cours du rut, chez les rats, souris et cobayes, étaient parallèles.Au moment maximum du rut, les ovaires contiennent de gros follicules et le vagin qui, au commencement n\u2019avait que deux à trois rangées de cellules, en avait alors dix à douze, dont les couches supérieures étaient kératinisées.Ces travaux importants des savants français étaient tombés dans l\u2019oubli jusqu\u2019à ce qu\u2019ils eussent été repris par Stockard et Papa- nicolaou, Long et Evans, et Allen.Stockard et 269 Papanicolaou ont montré que l\u2019on pourrait, par des frottis de la sécrétion vaginale, établir la période du rut.Allen reconnaît que si l\u2019on injectait à des souris castrées le liquide des follicules, on pouvait obtenir l\u2019apparition de l\u2019œstrus, ct qu\u2019on pouvait, par des frottis vaginaux, constater avec sûreté la présence ou non de substance œstrogène dans un liquide qu\u2019on injectait à des souris castrées.Si l\u2019on trouvait, après soixante à soixante-douze heures, suivant l\u2019injection d\u2019un liquide, la présence de cellules kératinisées, ce liquide contenait de la substance œstrogène.On appelle « substances gonadotropes » des substances qui peuvent porter à maturation les gonades d\u2019animaux infantiles et stimuler la production des hormones de ces glandes.Déjà, en 1905, Heape avait pressenti que la maturation des gonades était due à une substance indépendante des gonades et l\u2019avait appelée « generative ferment ».Long et Evans avaient trouvé que, chez les jeunes rats, des injections intrapéritonéales d\u2019extraits de lobe antérieur de l\u2019hypophyse, poursuivies pendant des semaines ou des mois, amenaient la formation du corps jaune.Le rut était très rare ou manquait totalement.À l\u2019encontre des résultats obtenus par Long et Evans avec des doses massives d\u2019extrait du lobe antérieur de l\u2019hypophyse, Zondek et Asch- heim et, indépendamment, Philipp Smith et Engle trouvèrent que par l'implantation de petits morceaux de tissu de lobe antérieur, on amenait le rut vaginal chez des souris et rats impubères après soixante heures et que, à l\u2019autopsie, les ovaires contenaient de gros follicules et du corps jaune avec ou sans œufs inclus.Particulièrement, dans les expériences de Zondek et Aschheim, on trouvait aussi des follicules hémorragiques.Comme critérium pour la détermination des substances gonadotropes hypophysaires, Zon- dek et Aschheim donnèrent trois réactions ovariennes que l\u2019on obtenait chez les souris impubères quatre-vingt-seize heures après 'm- jection de la substance: 270 Réaction I: formation de gros follicules accompagnée de l\u2019œstrus; Réaction II: formation de follicules hémorragiques; Réaction III: formation de corps jaune.Iscovesco, Fellner, Hermann avaient montré que la croissance de l\u2019utérus de lapines infantiles ou castrées était provoquée par des extraits ovariens et, de même, par des extraits placentaires.Or, les résultats de ces recherches ont été confirmés par le test d\u2019Allen.Grâce à ce test très sensible, on pouvait montrer la présence de l'hormone œstrale dans 2 à 3 centimètres cubes de sérum de femmes enceintes.Par les recherches de Comte, Launois et Mulon, ainsi que d\u2019Erdheim et Stumme, on savait, depuis longtemps déjà, que le lobe antérieur de l\u2019hypophyse, chez les femmes enceintes, est augmenté et contient des cellules spéciales, appelées cellules de grossesse.On admettait en général que cette hyperplasie était en rapport avec une augmentation de la fonction hypophysaire.Ces données amenèrent Aschheim à se demander si on ne pouvait trouver les substances gonadotropes dans le sang et les tissus des femmes enceintes.Il trouva, en effet, des substances qui avaient la même action gonadotrope que le lobe antérieur de l\u2019'hypophyse chez les souris impubères; de même dans le placenta, particulièrement dans les premiers mois de la grossesse; dans la déci- dua, dans les membranes, dans le liquide amniotique, dans l\u2019extrait embryonnaire, dans les ovaires des femmes enceintes et dans le sang.Ces constatations, vraiment intéressantes, semblaient affirmer que la glande hypophysaire aurait une fonction acerue au cours de la grossesse, mais Aschheim pensa aussi que le placenta était également un organe de production de ces substances.Depuis cette époque, d'autres auteurs se sont intéressés à cette question, et les travaux de Collip de même que les expériences de Philipp ont laissé à penser que l\u2019hormone gravidique ou la substance active trouvée dans les humeurs de la femme enceinte n\u2019était pas le principe hypophysaire gonado- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 194] trope, mais une substance d'origine placentaire.Elle est trés vraisemblablement sécrétée par le syncitium des villosités.Elle est très voisine des gonadostimulines, dont elle partage l\u2019action physiologique, mais en est néanmoins distincte par son origine.C\u2019est pour accuser cette différence qu\u2019on lui réserve actuellement le nom de « Prolan ».Cette constatation, il va sans dire, rend la méthode d\u2019Aschheim et Zondek encore plus spécifique.A la suite de recherches ultérieures, Asch- heim trouva que dans les deux ou trois jours « post-partum », les substances gonadotropes et œstrogènes étaient encore présentes dans le sang, mais, plus tard, on ne peut les y retrouver après des injections de 2 ou 3 c.c.de sérum.Une question alors se posait: où restent les hormones?Que deviennent-elles?Etaient-elles transformées dans l\u2019organisme, ou détruites, ou éliminées?La dernière hypothèse seule pouvait être déterminée expérimentalement, et Aschheim entreprit d\u2019examiner les urines des femmes « post-partum ».Ces recherches donnèrent, dans les premiers jours qui suivaient l\u2019accouchement, un résultat positif: on peut retrouver les deux hormones dans l\u2019urine en injectant 1 c.c.d\u2019urine à des souris impubères ou castrées.Ce résultat reste positif jusqu\u2019au troisième jour; ensuite la quantité d\u2019hormone diminue et, au huitième jour, l\u2019injection de 3 c.c.ne donne aucun résultat.On savait maintenant qu\u2019il était possible de découvrir dans les urines de la femme gestante deux hormones: l\u2019une, œstrale, l\u2019autre gonadotrope.Ces faits connus, il devenait intéressant de savoir si les deux substances étaient éliminées également par les urines au cours de la grossesse.Le résultat de ces recherches fut qu\u2019on trouvait l'hormone œstrale en grande quantité dans la dernière moitié de la grossesse (1,000 unités-souris et plus), alors que, dans les premières semaines, on ne trouve pas constamment une aussi grande quantité; les souris castrées injectées avec 4 c.c.d\u2019une ne donnaient pas toujours le test d\u2019Allen.Sur 75 échantillons d'urine examinés dans les huit premières semaines de la grossesse, 17 seule- LETENDRE: DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DE LA GROSSESSE ment donnèrent, avec 4 c.c., un test d\u2019Allen positif; 25 étaient douteux, 33 négatifs.Ainsi, la détermination de l\u2019hormone œstrale n\u2019était pas valable pour le diagnostic de la grossesse dans les premières semaines.Au contraire, Aschheim trouva que l\u2019hormone gonadotrope était présente cinq jours après l\u2019arrêt des règles, et la constance de la présence de cette hormone dans les urines pendant toute la grossesse amena cet auteur à l\u2019utiliser pour le diagnostie biologique de la grossesse.L\u2019expérimentation de la méthode montra que certaines urines provenant de femmes enceintes ne donnaient que la réaction I; c\u2019est-à- dire la formation de gros follicules chez les animaux d\u2019expérience et non la formation de follicules hémorragiques ni de corps jaune; et, par la suite, Aschheim s\u2019aperçut aussi que les urines provenant de femmes à la période climatérique ou de femmes présentant une aménorrhée de vieille date donnaient aussi la réaction, d\u2019où il conclut que « seules les réactions II et III pouvaient être utilisées pour le diagnostic de la grossesse ».Si seule la réaction I est obtenue, on doit recommencer avec de nouveaux échantillons d\u2019urine, et ces derniers échantillons donnèrent la réaction II et IIT quand il y avait grossesse.Rappelons, à titre de renseignement, qu\u2019une réaction I a pu être obtenue avec les urines de femmes quelque temps après l\u2019avortement, après la rétention d\u2019œuf mort ou dans certains cas de grossesse extra-utérine.Alors, cette réaction I en symbiose avec la clinique pouvait aiguiller vers un diagnostic.e = #0 ck Avec 98 à 99 pour cent de résultats corrects et 1 & 2 pour cent seulement d\u2019erreurs, nous pouvons conclure que le diagnostic biologique de la grossesse est d\u2019une exactitude presque absolue et nous savons aujourd\u2019hui combien cette méthode s\u2019est montrée utile pour le diag- nostie de la grossesse, particulièrement dans les premières semaines de la gestation, alors 271 que la clinique ne permettait même pas d'en soupçonner l\u2019existence.Nous essaierons maintenant de répondre aux quelques questions que nous nous posions au début de ce travail.1° Combien de jours après la conception, la réaction se montre-t-elle positive?2° Combien de temps la réaction se montre- t-elle positive après la fin de la grossesse ?Pour y répondre, nous accepterons les conclusions d\u2019Aschheim.Et, à la première question, nous pourrons donner la réponse suivante: Dans certains cas, d\u2019après la littérature, on trouve une réaction positive avant l\u2019arrêt des règles.Aschheim avoue n\u2019avoir obtenu dans ces cas que la réaction I.Dans un cas, la réaction était positive 10 jours après la cohabitation; dans un autre cas, 14 jours après; cet auteur admet avoir trouvé une fois, 16 jours après la cohabitation, un résultat positif.Le nombre des expériences est trop minime pour pouvoir donner une réponse valable.Il faut bien préciser qu\u2019une réaction positive ne peut être obtenue que lorsque l\u2019œuf implanté peut déverser des substances dans le\u2019 sang maternel par l\u2019ouverture des vaisseaux de la mère.Pour ce qui est de la deuxième question, à savoir combien de temps après la fin de la grossesse, on peut retrouver l\u2019hormone dans les urines, on peut répondre que huit jours après l\u2019accouchement on ne l\u2019a plus retrouvée après injection de 3 c.c.d\u2019urine.Après avortement, au début de la grossesse, on peut retrouver parfois l\u2019hormone neuf à douze jours après.Après l\u2019extirpation d\u2019un utérus gravide, la réaction s\u2019est montrée positive encore au quatorzième jour.Nous pouvons dire que la durée de la présence de l'hormone après la fin de la grossesse varie dans les divers mois; de même, elle varie à la même période de la grossesse selon les femmes.Parfois, nous obtenons la réaction I quelques jours avant la disparition totale de la réaction. 272 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 Lorsqu\u2019il s\u2019agit seulement de savoir s\u2019il y a gravidité ou non, la réaction qualitative suffit amplement; un dosage hormonal serait une inutile complication.Par contre, quand il s\u2019agit de différencier de la grossesse normale une «grossesse arrêtée » (rétention de l\u2019œuf mort) bien différent est le problème.Ici la réaction quantitative peut donner des renseignements de premier ordre, et, en affirmant le diagnostic, permettre d\u2019envisager et de préparer une thérapeutique active.Veut-on savoir si la réaction qualitative est négative après la mort du fœtus et peut- on conclure qu\u2019une réaction négative est le signe de la mort du fœtus?Dans certains cas, Aschheim a pu observer que huit à douze jours après la mort du fœtus la réaction était négative, mais il lui fut donné aussi d\u2019observer une réaction positive dans certains cas où le fœtus était mort et l\u2019utérus avait cessé de grossir.Parfois cet auteur a pu constater que le placenta enlevé montrait encore des villosités bien conservées.Il ne faut pas perdre de vue que la réaction est due au contact biologique du trophoblaste et du sang maternel.Cw : Conséquemment, dans les cas où cliniquement on suppose la mort du fœtus et que la réaction est négative, a-t-on le droit d\u2019enlever le fœtus?Etant donné que la réaction n\u2019est pas 100 pour cent sûre, que l\u2019on a signalé quelques cas où malgré une grossesse normale, la réaction avait été plusieurs fois négative, on n\u2019a pas le droit, d\u2019après Asch- heim, sur un simple examen du laboratoire, d'interrompre la grossesse.Car il est advenu qu\u2019après un résultat négatif de la réaction, alors que la clinique supposait la grossesse arrêtée, on avait enlevé le fœtus, et, avec regret, on se rendit compte que ce fœtus était encore vivant.Dans de tels cas, lorsque la réaction a été plusieurs fois négative, on doit rechercher l'hormone œstrale dans les urines et les hormones dans le sang, et si les résultats sont encore négatifs, c\u2019est la clinique qui doit prédominer.(Aschheim.) Nous savons que la réaction qualitative est positive tant que les villosités placentaires restent en activité.Or, une telle activité peut persister longtemps après la mort du fœtus: pour Brindeau et Hinglais, l\u2019éventualité serait même fréquente.Seul le titrage hormonal, en montrant que cette activité est très faible, et absolument incompatible avec les besoins normaux du fœtus, permet d\u2019affirmer sans retard un diagnostic qui, cliniquement, ne devient certain qu\u2019au prix d\u2019une observation suffisamment prolongée.L'utilisation de la réaction pour le diagnostic de la «grossesse extra-utérine » est très importante et a été très souvent discutée.Il est aujourd\u2019hui connu de tous que la réaction indique la présence du tissu chorio-épithélial vivant, tissu qui est en contact avec le sang maternel, et qu\u2019elle cesse d\u2019être positive si ce tissu est dégénéré, de même que si ce contact n\u2019existe plus.La gestation ectopique provoque les mêmes réactions biologiques que la grossesse normale (elle les provoquerait même, semble-t-il, d\u2019une façon encore plus précoce avant tout retard de règles et à un «taux» volontiers supérieur).Aussi, pouvons-nous compter que dans le cas d\u2019une grossesse extra- utérine avec œuf mort, la réaction ne peut pas rester positive.Si l\u2019œuf n\u2019est mort que depuis peu de temps, la réaction est faible, et souvent nous n\u2019obtenons la réaction I, précédant le moment où la réaction devient totalement négative.En un mot, si nous obtenons une réaction positive, pouvons-nous en conclure que la grossesse est encore vivante et croissante?Si nous obtenons une réaction I nous pouvons supposer que la grossesse n\u2019est plus croissante.Si la réaction est négative, ce n\u2019est pas absolument en contradiction avec la clinique, mais elle la confirme et prouve que l\u2019œuf est mort et que la grossesse est arrêtée.Dans les cas suspects de grossesse ectopique, la réaction de Friedmann est préférable, car elle donne un résultat en 20 à 40 heures.Pour plus de sûreté, on pourrait s\u2019aider simultanément de la réaction chez les souris. LETENDRE: DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DE LA GROSSESSE D\u2019après ce qui précède, nous pouvons dire que ce n\u2019est pas au séro-titrage hormonal qu\u2019il faut demander un diagnostic de grossesse ectopique: la clinique reprend ici tous ses droits.Par contre, le séro-titrage peut fournir sur l\u2019« évolution » d\u2019une grossesse ectopique des renseignements tout à fait précieux.Dans la grossesse tubaire, la mort de l\u2019œuf est une éventualité possible et plutôt favorable.Suivant que cette mort entraîne une disparition totale ou simplement partielle de l\u2019activité « villositaire », les réactions hormonales deviendront négatives ou persisteront faiblement positives.Elles resteront, au contraire, fortement positives si l\u2019œuf ectopique est en pleine vitalité.Or, il est généralement admis que les accidents aigus de la grossesse ectopique (rupture tubaire, hémorragie importante) sont sous la dépendance directe de la vitalité de l\u2019œuf; les déductions pratiques sont faciles à saisir, et R.Accart, dans une étude très documentée, aboutit aux conclusions suivantes: « Dans les grossesses tubaires, une réaction fortement positive, dosée quantitativement, commande une intervention urgente, \u2014 que la malade ait eu ou non un accident menaçant: l\u2019œuf est vivant et déclenchera sûrement des accidents; il faut les prévenir.Une réaction quantitative faible permet, au contraire, d\u2019attendre; l'intervention demeure nécessaire, mais n\u2019a plus un caractère d\u2019urgence: la grossesse, morte ou en train de mourir, ne saurait plus déclencher un accident cataclysmique ».Le très haut intérêt pratique du séro-titrage hormonal (prolan B) n\u2019a pas besoin d\u2019être souligné, puisque l\u2019«urgence» d\u2019une sanction chirurgicale peut découler des renseignements qu\u2019il fournit.Le praticien ou l\u2019accoucheur qui soupçonne une grossesse extra-utérine ne saurait négliger désormais ce moyen d\u2019investigation.Dans les cas de « grossesse tubaire rompue » avec des signes d\u2019hémorragie interne, l\u2019emploi d\u2019une réaction biologique n\u2019est pas nécessaire, il va sans dire: l\u2019opération doit s\u2019instituer C\u2019urgence.273 3 Le diagnostic de grossesse normale et pathologique par la mise en évidence de l\u2019hormone d\u2019origine placentaire semble être actuellement au point.On admet d\u2019une façon unanime que la réaction est pratiquement spécifique.Tous les auteurs insistent néanmoins sur la nécessité d\u2019une technique rigoureuse.Lorsqu\u2019il s\u2019agit du diagnostic de la grossesse môlaire ou du déciduome, il est indispensable de recourir à un procédé de titrage quantitatif.La môle hydatiforme est caractérisée anatomiquement par une prolifération anarchique du tissu chorial, donnant naissance à de petites formations kystiques.On est d\u2019accord pour envisager aujourd\u2019hui cette lésion comme une néoformation prenant son origine dans les villosités choriales.Ces villosités étant considérées comme de véritables formations glandulaires, la môle constitue un adénome appelé chorio-adénome (Mathieu et Palmer).La môle hydatiforme est donc une tumeur bénigne aboutissant à la formation de kystes ou de vésicules, d\u2019où le nom de môle vésiculaire donné encore à cette affection.Très fréquemment (deux tiers des cas), les lésions utérines s\u2019accompagnent d\u2019altérations ovariennes caractérisées par la formation de kystes lutéi- niques.Ces kystes peuvent prendre parfois des dimensions considérables, allant jusqu\u2019à 15 em.de diamètre.Dans une proportion importante des cas, cette prolifération anarchique du tissu chorial reste bénigne; mais parfois aussi (dans 10 à 12% des cas), elle devient l\u2019origine d\u2019une tumeur extrêmement maligne constituant le chorio-épithéliome ou déciduome malin.Or, ces formations se développant aux dépens des villosités choriales assument les mêmes fonctions physiologiques et sécrétrices que ce tissu.Comme ce sont ces villosités qui constituent le lieu d\u2019origine de l\u2019hormone gravidique, on conçoit aisément que leur prolifération s\u2019accompagne d\u2019une hyperproduction de prolan.Le principe de la méthode est le dépistage d\u2019un taux hormonal anormalement élevé, témoignant de sa production exagérée, donc 274 d\u2019une hyperplasie du tissu qui en assure la formation.Comme point de repère, disons tout de suite que dans une grossesse normale le taux du prolan par litre de sérum varie de 1,000 à 4,500 unités-souris ou de 750 à 1,500 unités- lapine (Brindeau et Hinglais).Par contre, lorsqu\u2019il y a grossesse môlaire, le taux est toujours supérieur à 60,000 unités-lapine et peut atteindre 500,000 et plus.Il en est de même du chorio-épithéliome.Le dosage du prolan dans les tumeurs se pratique actuellement selon trois méthodes que nous avons déjà mentionnées: la méthode primitive d\u2019Aschheim et Zondek, la méthode Brouha, Hinglais et Simonnet et enfin la méthode de Friedmann-Brouha.Ces méthodes ne sont en réalité que des procédés qualitatifs, mais c\u2019est la réaction qualitative qu\u2019elles utilisent qui sert de base au dosage.Pour transformer une telle réaction qualitative en procédé de dosage, il a été indispensable de définir une unité dans laquelle on ex- trime les quantités d\u2019hormones.On admet que, d\u2019une façon générale, les humeurs des femmes gestantes contiennent à la fois le prolan A et le prolan B.Qu'il s\u2019agisse de la présence simultanée des deux hormones ou bien qu\u2019en réalité les deux ne fassent qu\u2019une seule et même substance, le procédé de dosage est le même.Tous les procédés actuels sont basés sur la provocation de follicules hémorragiques sous l'influence de l\u2019hormone gravidique.On appelle «unité » la plus petite quantité d\u2019hormone qui détermine la formation d\u2019au moins un follicule hémorragique.Dans la technique de Zondek et Aschheim, la souris femelle doit être impubère et peser 7 à 8 grammes (la puberté n\u2019apparaît que vers 11 ou 12 jours).La technique d\u2019Hinglais et Brouha définit l\u2019unité différemment: c\u2019est la plus petite dose d\u2019hormone qui, chez un mâle de 3 à 4 semaines recevant une injection de 0.3 cc.par jour fait monter en 10 jours le poids des vésicules séminales à 10 mgrs.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, mars 1941 La définition de l'unité est beaucoup plus simple dans la méthode de Brindeau et Hin- glais, dérivant du procédé quantitatif de Fried- mann-Brouha.L'unité dans ces cas, est la plus petite quantité d\u2019hormone qui en une seule injection intraveineuse détermine chez une lapine de deux kilogrammes, sacrifiée au bout de 48 heures, la formation d'un follicule hémorragique.On conçoit l\u2019inconvénient d\u2019utiliser des unités multiples dans l\u2019évaluation du taux hormonal.Aussi a-t-on cherché à établir des rapports entre les différentes unités couramment employées.Il n\u2019en reste pas moins que la thérapeutique hormonale est de ce fait très compliquée; et tant que les auteurs et les pays n\u2019en seront pas arrivés à une entente internationale qui adoptera une mesure pondérale telle que le milligramme, par exemple, ou une fraction de milligramme, le maniement des hormones au point de vue thérapeutique demeurera toujours un problème complexe.Brin- deau et Hinglais ont essayé d'établir des équivalences entre leur unité-lapine et l\u2019unité- souris d\u2019Aschheim et Zondek.L\u2019équivalence varie considérablement selon les diverses circonstances.Lorsqu'on tente d\u2019établir le rapport avec des injections d\u2019hormone hypophysaire, une unité-lapine semble correspondre en moyenne à 15 unités-souris.Lorsqu\u2019on fait des injections de sérum de femme enceinte le rapport est différent: dans ce cas, une unité- lapine correspondrait à 7.5 unités-souris en moyenne, avec de larges variations de 5 à 10.Le mieux vaut d\u2019avoir recours toujours au même procédé pour que les résultats soient comparables.Dans ce présent travail, nous nous en tiendrons à la méthtode de Brindeau et Hinglais.Le dosage s\u2019effectue soit dans l'urine, soit dans le sérum ou le plasma citraté.Selon Brin- deau et Hinglais.il est indispensable de recourir au sérum ou plasma, car l\u2019excrétion urinaire de l'hormone dépend de multiples facteurs qui rendent son taux extrêmement variable.Néanmoins, dans certains cas, il peut LETENDRE: DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DE LA GROSSESSE être indispensable de recourir à l\u2019urine.L'appréciation du taux de l'hormone gravidique obtenu a une valeur plus grande lorsque le dosage a été effectué sur le sérum que lorsque l\u2019urine a été employée.Néanmoins, Chosson et Donnet ont pu employer l\u2019urine sans inconvénient et ces auteurs pensent qu\u2019en dépit des variabilités de l\u2019excrétion urinaire, l\u2019urine du matin contient la même quantité d\u2019hormone que le sang.Avant d\u2019aller plus loin dans l\u2019étude du diagnostic biologique et du pronostic de la môle hydatiforme, arrêtons-nous quelques instants à la clinique.En effet, du point de vue clinique, deux ordres de faits caractérisent la grossesse môlaire: des signes d\u2019intoxication gravidique et des signes locaux.Les signes toxiques ne sont pas absolument constants.Très souvent, cependant, ces femmes présentent des vomissements incoercibles et de l\u2019albuminurie précoce.Localement, deux signes importants: les dimensions trop importantes de l\u2019utérus pour l\u2019âge de la grossesse (le volume de l\u2019utérus est généralement le double de ce qu'il devrait être) et les métrorragies.La môle évolue presque toujours vers l\u2019avortement et il est exceptionnel que la grossesse mô- laire dépasse six mois d'âge.L\u2019avortement est précédé de la mort du fœtus « in utero ».Le placenta, siège d\u2019une dégénérescence kystique, ne peut plus, en effet, remplir son rôle et le fœtus succombe.Cependant, l'expulsion du fœtus mort peut traîner en longueur.Lors de l\u2019expulsion, il reste à peu près constamment dans l\u2019utérus des fragments de tissu décidual adé- nomateux et ce sont ces fragments qui seront le point de départ de la dégénérescence maligne, donnant naissance au chorio-épithéliome.Les points importants qu\u2019il s\u2019agit de connaître au point de vue clinique sont les suivants: 1° Est-on en présence d'une male?2° L\u2019œuf est-il vivant ou mort?3° L\u2019expulsion a-t-elle abouti à l\u2019évacuation de l\u2019utérus?4° Y a-t-il dégénérescence épithéliomateuse?275 On conçoit l\u2019intérêt considérable qui s\u2019attache à la pratique du dosage de l'hormone gravidique qui nous permet de répondre à ces questions.Pour interpréter les résultats fournis par le dosage, Brindeau et Hinglais, à la suite de nombreuses recherches, ont défini trois zones fondamentales correspondant à trois états de l\u2019activité placentaire: 1.Grossesse avec hypoactivité placentaire.Taux voisin de 750 à 1,500 unités-lapine B.H.Dans ces cas, on peut toujours craindre l\u2019interruption de la grossesse et au-dessous de 500 unités, la mort de l\u2019œuf «in utéro » peut être tenue pour certaine.II.Grossesse avec activité placentaire normale.C\u2019est la grossesse normale.Taux hormonal: 1,000 à 4,500 unités-lapine.III.Grossesse avec hyperactivité placentaire.Taux hormonal entre 25,000 et 50,000 unités- lapine: formes toxiques de la grossesse avec ou sans vomissements incoercibles.T'aux hormonal au-dessus de 60,000 unités: l\u2019existence d\u2019une môle hydatiforme est certaine.Bien entendu, ce schéma, comme tous les schémas, peut comporter des exceptions mais, d\u2019après les auteurs, elles sont très rares Depuis que l\u2019on sait que l'hormone gravidique est sécrétée par le placenta, on comprend fort bien que la môle se caractérise par un taux hormonal extrêmement élevé.Le tissu chorial hyperplasié conserve sa fonction pendant que le fœtus est vivant et la quantité accrue de cellules déciduales lance dans la circulation maternelle de fortes doses d\u2019hormone.Lorsque le fœtus meurt, le tissu molaire perd peu à peu son pouvoir sécrétoire.Le dosage de l\u2019hormone gravidique peut rendre parfaitement compte aussi bien de l\u2019existence de la môle que de la mort du fœtus dans une grossesse môlaire.L\u2019étude du taux hormonal rend compte également de la persistance de fragments de môle dans l\u2019utérus. 276 Avant même que les méthodes quantitatives se soient suffisamment répandues, un certain nombre d\u2019auteurs ont pu faire le diagnostic hormonal de la môle hydatiforme par une simple réaction d\u2019Aschheim-Zondek.Madame Chevrel-Bodin et P.Brault, de Rennes, en ont publié une observation en 1933.En 1934, Har- teman a publié également une observation où le diagnostic de môle a été fait par la même réaction.Il semble bien qu\u2019une telle réaction ne peut donner de résultats que lorsque sa positivité coincide avec des signes cliniques d\u2019ar- réts de la grossesse.On peut done conclure avec Mme Chevrel-Bodin et Brault que « des signes cliniques d\u2019arrét de la gestation coincidant avec une réaction d\u2019Aschheim et Zondek fortement positive devront faire penser a la mole hvdatiforme ».Autrement précises sont les indications fournies pour une réaction quantitative.Selon le chiffre fourni par le dosage de I\u2019hormone, on peut faire le diagnostic de mole, savoir si le processus môlaire est en évolution, si l\u2019évacuation de l\u2019utérus a été complète et enfin surtout s\u2019il v a danger de formation d\u2019un chorio-ép1i- théliome.En dehors des travaux de Brindeau et Hin- glais, un grand nombre d\u2019auteurs ont publié des cas montrant l\u2019exactitude des résultats fournis par la méthode biologique quantitative (Brouha et Kridelka, Feenders, Gernez, La- melin, Schoenneck, etc.) Brindeau et Hinglais ont montré que dans la mole hydatiforme avec foetus vivant, le taux hormonal est toujours supérieur à 60,000 unités.Lorsque la môle est morte, le taux, tout en étant supérieur à celui que l\u2019on trouve dans une grossesse normale, est inférieur à 60,000 unités.Ces chiffres ont été confirmés dans un grand nombre de cas.Dans la statistique de Brindeau et Hinglais, il s\u2019agissait de môles en évolution dans 24.6 pour cent des cas; le taux hormonal dans le sérum était toujours supérieur à 60,000 unités.Dans 13 pour cent des cas, la môle avait-cessé d\u2019évoluer et la concentration hormonale du sérum était toujours in- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 férieure à 60,000 unités.Il en était de même dans les 62.4 pour cent des cas où, malgré de fortes présomptions cliniques, il n\u2019y a pas eu de môle.Il semble donc établi d\u2019une façon certaine que la constatation d\u2019un taux hormonal supérieur à 60,000 unités-lapine est toujours caractéristique de la môle hydatiforme en évolution ou d\u2019une complication de celle-ci.Reste donc la question des môles non évolutives qui montrent une concentration en hormone gravidique inférieure à 60,000 unités, mais supérieure à celle d\u2019une grossesse normale.Reeb, Nerson et Klein ont fait, à ce propos, certaines réserves sur la valeur du dosage de l'hormone gravidique dans le diagnostic de la mole.Il est certain que des taux de 20,000 à 50,000 U.L.ne sont pas caractéristiques de la môle, car ils peuvent se voir dans certaines grossesses toxiques par hyper- activité placentaire.Les auteurs plus haut cités ont raison de dire que toute concentration hormonale forte ne veut pas dire forcément qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une môle.Théoriquement la distinction serait facile.Si l\u2019on a constaté d\u2019abord un chiffre supérieur à 60,000 et si alors ce taux subit une baisse, on conclut na- rellement qu\u2019il y a une môle et que celle-ci a cessé d\u2019évoluer.En pratique, très souvent, le cas est plus délicat.On voit une femme qui est cliniquement suspecte de môle.On fait un dosage et l\u2019on trouve un chiffre entre 20,000 et 50,000 U.L.S\u2019agit-il d\u2019une môle morte ou simplement d\u2019une grossesse avec hyperactivité placentaire?La méthode biologique se voit dans l\u2019impuissance d\u2019éclairer alors le diagnostic qui doit reposer sur les seuls éléments cliniques.Que devient le taux hormonal après l\u2019expulsion de l\u2019œuf môlaire?Cette question est extrêmement importante, car c\u2019est sur elle que repose l\u2019application de la méthode au diagnostic du chorio-épithéliome.On sait que dans une grossesse normale ou dans un avortement, la réaction qualitative devient négative dès le quatrième jour environ.Il n\u2019en semble pas LETENDRE: DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DE LA GROSSESSE être de même dans la grossesse môlaire.Brindeau et Hinglais ont étudié les modalités d\u2019évolution du taux hormonal après l\u2019évacuation de la môle.Or, ces auteurs distin- quent deux de ces modalités.PREMIER Cas.La brusque évacuation d\u2019une erande quantité de tissu môlaire se traduit immédiatement par une diminution rapide et progressive du taux de l\u2019hormone sanguine.En cas d\u2019évacuation totale, cette diminution se poursuit et au bout de trois semaines la quantité d\u2019hormone n\u2019est plus décelable ou reste aux environs de cent ou tout au plus de quelques centaines d\u2019unités.La réaction purement qualitative devient alors négative.DEUXIÈME CAS.Après la chute rapide qui suit l\u2019évacuation de la majeure partie de la -môle (comme dans le cas précédent), le taux hormonal se stabilise à un niveau variable et relativement élevé, entre 500 et 2,000 unités.\u2018En l\u2019absence de complications, le taux tombe alors à O0, mais très lentement, pouvant aller jusqu\u2019à trois mois.Insistons, cependant, sur «ce fait que dans certains cas et sans qu\u2019il y ait lieu pourtant de conclure à des suites malignes, l\u2019élimination hormonale peut se prolonger pen- -dant plusieurs mois.La question de la dégénérescence maligne -de la môle hydatiforme pose dans la pratique \u2018un problème très délicat.Et s\u2019il est une application des plus importantes du dosage de l\u2019hormone gravidique, c\u2019est bien celle qui concerne le diagnostic précoce de la dégénérescence maligne des villosités choriales, le chorio-épithé- liome.Grâce à cette méthode, l\u2019intervention chirurgicale peut être pratiquée en l\u2019absence de tout signe clinique et avant même que ceux- -cici n\u2019apparaissent.On parvient ainsi à sauver des malades qui jusqu\u2019ici étaient exposés à une mort certaine.On sait, en effet, que le chorio-épithéliome est une tumeur extrêmement maligne, déter- -minant des métastases d\u2019une façon à peu près constante, au point que certains auteurs dé- 277 crivent les métastases dans la symptomatologie méme de la maladie.Dans le plus grand nombre des cas, l\u2019épithélioma décidual succède à une grossesse môlaire, celle-ci pouvant parfois passer inaperçue lorsqu'il y a eu avortement.À titre de renseignement clinique et anato- mo-pathologique, ajoutons que le chorio-épi- théliome ne se rencontre pas seulement dans les suites de grossesse môlaire; « on le trouve dans certaines tumeurs, particulièrement dans le tératome; il se comporte alors histologique- ment et physiologiquement comme la néopla- sie dérivant des villosités choriales, avec une réaction biologique positive.Le siège de ces chorio-épithéliomes peut se trouver dans différentes parties du corps, particulièrement souvent dans les testicules.« En dehors du tératome avec chorio-épithé- liome, on peut trouver dans les testicules d\u2019autres tumeurs donnant une réaction positive.Ces tumeurs appartiennent à la classe des séminomes et paraissent être une classe spé- clale de séminomes, que Pick a nommés, il y a trente ans environ, chorio-épithéliomes ectodermiques et considérés comme tératomes avec un développement limité des cellules de Langhans.«Comme des tumeurs de cette espèce ont été conservées par Pick également dans l\u2019ovaire, il est possible qu\u2019une fois une tumeur ovarienne donne une réaction positive et que le clinicien, ne connaissant pas ces cas, puisse faire le diagnostic de grossesse du fait que la réaction de grossesse est positive.« Dans certains cas de maladies hypophysaires, par exemple l\u2019acromégalie, on a obtenu, quelquefois, une réaction.positive et, même dans des cas de pression rachidienne élevée, dans la ménopause, dans de rares cas de carcinome utérin.» (Aschheim.) Nous voyons par là que la réaction n\u2019est pas spécifique de la grossesse et que l\u2019on peut seulement la considérer comme très caractéristique de l\u2019état de gravidité.Nous savons qu\u2019après l\u2019expulsion de l\u2019œuf môlaire, il reste très souvent des débris cho- 278 riaux dans l\u2019utérus.Ces débris sont généralement incrustés profondément dans la muqueuse utérine et le curettage est souvent impuissant à les en arracher.Ce sont ces débris qui seront le point de départ de la dégénérescence maligne.Cette conséquence redoutable de la grossesse môlaire n\u2019est pas constante, mais n\u2019est pas non plus très rare.On estime généralement que la môle donne lieu à un chorio- épithéliome dans 10 à 12% des cas.Cependant cette proportion paraît excessive à Cou- velaire qui pense que le chorio-épithéliome est relativement rare.D\u2019autre part, cette transformation maligne de la mole est insidieuse et ne se révèle nullement à son début par des signes cliniques très nets, Ce qui rend le diagnostic clinique du chorio-épithéliome extrêmement difficile.Au moment où ce diagnostic devient possible, il est presque toujours trop tard, car la tumeur a envahi les tissus péri- utérins et a déjà semé des métastases.Lorsqu\u2019elle s\u2019est installée, cette tumeur maligne tend à évoluer de façon si rapide et si implacable que l\u2019expectative crée un danger très grand pour la malade.Sous des apparences cliniques rassurantes peut s\u2019amorcer la dégénérescence maligne, tandis qu\u2019inversement des suites physiologiquement bénignes peuvent exister avec un tableau clinique inquiétant.Bien souvent ce sont ces dernières qui révèlent l\u2019existence de la tumeur utérine.Nous disons qu\u2019aucun élément clinique de certitude ne permet de reconnaître régulièrement, en temps utile, la dégénérescence maligne des restes môlaires; en effet, ni la persistance éventuelle des kystes lutéiniques, ni le volume de ces kystes, ni la présence ou l\u2019absence des hémorragies utérines, ni l\u2019examen histologique des produits de curettage, ni l\u2019état général de la malade dans les semaines qui suivent l\u2019avortement n\u2019apportent à cet égard de renseignements précis.Il a été démontré, d\u2019autre part, que les méthodes biologiques courantes ne tranchent pas non plus la question.Le procédé le plus efficace qui puisse don- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 ner la certitude à un moment suffisamment précoce pour permettre une intervention heureuse est la réaction biologique quantitative de l'hormone gravidique.Depuis les premiers travaux de Zondek, montrant une réaction positive dans le déci- duome malin, un grand nombre d\u2019auteurs ont pu confirmer le fait.Une première série de travaux se sont attachés à montrer que le chorio-épithéliome se caractérise avant tout par un taux hormonal très élevé.Selon Zon- dek, chaque fois que la réaction sur la souris est positive avec 0.05 c.c.d\u2019urine, 1l s\u2019agit d\u2019un chorio-épithéliome.Tel est l\u2019avis d\u2019un grand nombre d\u2019auteurs qui ont donné des observations en faveur de cette notion: Browen, Gran- zow, Ikeda, ete.Certes, c\u2019est dans le chorio- épithéliome que l'on trouve les taux les plus élevés d\u2019hormone gravidique que l\u2019on connaisse aujourd\u2019hui.Il semble néanmoins que la simple constatation d\u2019une prolanémie ou prolanu- rie importante est insuffisante pour faire le diagnostic.Ceci, d\u2019autant plus que bien souvent l\u2019on se contente d\u2019évaluer l\u2019importance de la concentration selon l\u2019apparence de la réaction.Or, disent Brindeau et Hinglais, «il n\u2019existe aucune espèce de relation régulière entre l'intensité apparente de la réaction ovarienne et la quantité d\u2019hormone injectée à l\u2019animal.On peut observer des réactions très faibles avec 10,000 unités d\u2019hormone ou très fortes avec 100 unités.Toutes autres conditions identiques d\u2019ailleurs.La régularité d\u2019action n\u2019existe qu\u2019au voisinage des doses limites, et c\u2019est sur quoi, du reste, repose la méthode de titrage ».Ceci montre une fois de plus la nécessité de recourir à une méthode quantitative.D'autres auteurs pensent, avec Bourg, que c\u2019est la persistance d\u2019une réaction positive après l\u2019expulsion d\u2019une môle qui doit faire le diagnostic de déciduome.Or, on doit cesser de répandre cette notion qui est tout à fait inexacte.Car si cette règle était exacte, les deux tiers des cas de môle environ devraient être suivis d\u2019une hystérectomie.Ce qui n\u2019est pas.Et nous savons que la réaction de Asch- LETENDRE: DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DE LA GROSSESSE heim-Zondek (et toutes ses variantes par conséquent) reste fréquemment positive pendant quatre à six semaines après l\u2019expulsion de la môle, voire, en certains cas bien davantage encore, « sans que la femme soit en danger ».Chez d\u2019autres femmes, au contraire, bien avant ces délais, la dégénérescence maligne est déjà avancée.« Lorsque l\u2019évolution maligne a lieu, le début du phénomène est en général très précoce et particulièrement insidieux ».Or, rien dans l\u2019aspect des réactions biologiques habituelles ne différencie ces suites môlaires malignes des suites môlaires bénignes.La nature de l\u2019hormone sécrétée, l\u2019aspect des réactions biologiques restent les mêmes dans les deux cas.Ajoutons, en passant, que la rétention de débris môlaires a pu s\u2019accompagner de réactions complètement négatives (Loewenstein, Bleuler, Philipp).Il s'agissait, dans ces cas, de grossesses môlaires remontant à plus d\u2019un an.Les fragments de chorion étaient englobés dans une gangue fibrineuse qui expliquerait que l\u2019hormone sécrétée par le tissu n\u2019a pu passer dans la circulation.Il peut s\u2019agir plus vraisemblablement d\u2019un tissu chorial n\u2019ayant plus le pouvoir de sécréter l\u2019hormone.Les recherches systématiques de Brindeau et Hinglais ont démontré que ni l\u2019existence d\u2019une forte réaction biologique, ni la persistance de celle-ci ne suffisent pour poser avec certitude le diagnostic.Ces auteurs insistent sur importance d\u2019une réaction quantitative, c\u2019est-à-dire d\u2019un « titrage », d\u2019une part, et sur la nécessité de suivre l\u2019évolution du taux hormonal, c\u2019est-à-dire d\u2019établir une courbe de la sécrétion hormonale post-môlaire, d\u2019autre part.Cette opinion est partagée par Gernez, par Kelly et Woods, par Leventhal, par Lantué- joul et Michon, ete.Schématiquement, il est vrai que le chorio- épithéliome se caractérise par une forte concentration hormonale persistant ou survenant après une grossesse môlaire.Cependant, pour être sûr, il faut procéder méthodiquement et établir une courbe du taux hormonal dans les semaines et dans les mois qui suivent l\u2019évacuation de la môle.Au moment où cette éva- 279 cuation se produit, rien ne permet a prior: de nrévoir l\u2019évolution clinique et anatomo-patho- logique.On peut dire actuellement que la contribution de la clinique est nulle à ce problème pronostique.Mathieu et Palmer, en 1935, ont donné à cet égard une observation très instructive.La méthode de titrage hormonal utilisée par Brindeau et Hinglais consiste essentiellement dans la détermination d\u2019une courbe de la sécrétion hormonale post-môlaire.Cette méthode est fondée sur le principe suivant, établi au cours de recherches antérieures: la quantité de prolan (ou de prolan B, si nous voulons) circulant dans l\u2019organisme de la femme enceinte est en rapport de proportion directe avec la vitalité et l\u2019abondance des éléments choriaux (Brindeau et H.et M.Hin- glais).Or, après l\u2019expulsion d\u2019une môle, il reste, même après le nettoyage complet de la cavité utérine, des restes actifs du chorion, éléments cellulaires ou îlots isolés, plus ou moins profondément implantés dans le tissu utérin.Dans le cas d\u2019évolution favorable, ces éléments isolés perdent progressivement leur vitalité et disparaissent.Dans le cas inverse, au contraire, ils conservent avec leur vitalité leur tendance agressive et dégénèrent en un tissu néoplasique rapidement envahissant.Le titrage hormonal en série doit donc donner, dans l\u2019un et l\u2019autre cas, des résultats totalement différents.Tous les titrages hormonaux sont effectués dans le sérum sanguin.La surveillance doit s\u2019exercer pendant les semaines mêmes qui suivent l\u2019expulsion de la môle.Car c\u2019est dans cette période qu\u2019il est intéressant de révéler le début de processus malin.Au delà d\u2019un certain délai, la découverte du diagnostic risque d\u2019être déjà trop tardive pour permettre de sauver la malade.On pratiquera donc une série de titrages réguliers du prolan dans le sérum sanguin parfois pendant les 10 à 12 semaines qui suivent l\u2019expulsion ou l\u2019évacuation de la môle.Chaque point de cette courbe traduit directement en langage chiffré l\u2019activité des éléments plasmodiaux au moment du titrage correspondant. 280 Un premier dosage sera donc fait entre le huitième et le douzième jour après l\u2019expulsion, puis sera suivi d\u2019examens répétés à intervalles de 10 à 12 jours environ.Le contrôle biologique doit ainsi se prolonger dans certains cas, nous l\u2019avons dit précédemment, pendant dix à douze semaines après l\u2019évacuation môlaire.Les résultats expérimentaux nous apporteront donc, comme on peut le prévoir, deux sortes de courbe dont l\u2019une sera la courbe de disparition normale de l'hormone gonadotrope après l\u2019expulsion d\u2019une môle, et l\u2019autre, la courbe de la sécrétion hormonale en cas de transformation maligne des restes môlaires.L'évolution vers la guérison normale s\u2019inscrit dans une série de chiffres progressivement descendante jusqu\u2019au zéro, en un délai très variable.Nous avons déjà établi que dans le cas typique d\u2019une môle vivante le taux de l\u2019hormone dans le sang s\u2019inscrit entre 60,000 et 250,000 unités ou davantage.Au-dessus de 60,000 unités, le diagnostic de môle est certain.Au-dessous de ce chiffre, le diagnostic de môle ne peut être affirmé (certaines grossesses toxiques avec hyperactivité placentaire pouvant, en effet, s'accompagner de taux hor- GrapHIQUuE I .0e semaines Evacuation de la môle monaux élevés: de 30,000 à 50,000 unités).Après l\u2019expulsion de la môle, la brusque élimination de la grande masse du tissu chorial se traduit immédiatement par une diminution rapide et progressive du taux de l'hormone sanguine.Dans certains cas, où l\u2019évolution a L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 été absolument totale, cette chute se poursuit jusqu\u2019au zéro et l\u2019hormone disparaît définitivement en 10 à 20 jours (cf.graphique 1).Mais le plus souvent, après l\u2019expulsion de la plus grande partie de la môle, des éléments plus ou moins actifs du chorion restent encore dans l\u2019utérus et la diminution rapide de l'hormone ne va pas alors d\u2019emblée jusqu\u2019au zéro.La chute brusque s\u2019arrête à un certain niveau, en général assez bas, à partir duquel l'hormone disparaît beaucoup plus lentement à mesure de la résorption progressive des éléments choriaux inclus dans la paroi utérine.Ainsi, dans les cas d\u2019évolution vers la guérison normale et qui sont les plus fréquents, la disparition de l\u2019hormone s\u2019effectue suivant un rythme double: d\u2019abord rapidement, puis lentement décroissant avant d\u2019atteindre le zéro (ef.graphique II).GrarurQue IT semaines Evacuation de la môle Ainsi donc dans la pratique, on observe deux types de courbes caractérisant les suites mô- laires bénignes normales, que schématisent les deux graphiques I et II, ci-dessous reproduits.Dans les cas de transformation maligne des restes môlaires, les phénomènes se passent d\u2019abord exactement comme dans le cas précédent, c\u2019est-à-dire qu\u2019après l\u2019évacuation de la plus grande partie de la môle, on observe une chute rapide du taux du prolan sanguin.C\u2019est dans la seconde partie de la courbe qu\u2019apparaît l\u2019anomalie.On observe, en effet, par une série de titrages hormonaux qu\u2019après avoir obtenu des chiffres d\u2019abord décroissants ou pen- LETENDRE : DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DE LA GROSSESSE dant quelque temps stationnaires, il survient une élévation marquée du taux de l\u2019hormone gravidique venant interrompre la courbe descendante, amorcée après l\u2019expulsion de la môle.C\u2019est la preuve que les éléments choriaux restés en place au lieu de se nécroser et de disparaître, reprennent une activité insolite et rapide.La tendance envahissante des résidus môlaires se trouve ainsi révélée à son extrême début.Le graphique III schématise l\u2019aspect caractéristique de la courbe hormonale obtenue dans les suites môlaires malignes.« Cette forme de la courbe caractérise la dégénérescence maligne et commande l'intervention.» GRAPHIQUE III Evacuation de la môle Conclusions I Nous pouvons affirmer, en terminant, que la réaction hormonale de la grossesse a bien rempli son but, qui était de donner un diagnostic de la grossesse avec une sûreté telle qu\u2019on peut l\u2019attendre d\u2019une méthode biologique.En outre, elle a rendu possible le diagnostic de quelques états pathologiques de la grossesse, le diagnostic précoce de certaines tumeurs et a contribué à l\u2019identification des troubles fonctionnels des glandes génitales et de l\u2019hypophyse.Les villosités choriales constituant le lieu d\u2019origine de l\u2019hormone gravidique, le titrage hormonal donne l\u2019image de la vitalité du revêtement chorial dans toutes les circonstances où cet élément histologique peut exister à l\u2019état actif dans l\u2019organisme.Cette méthode biologique quantitative permet done d\u2019obtenir, à tout moment de la gros- 281 sesse, un renseignement précis sur la condition de l\u2019œuf fixé dans l\u2019utérus.II Le séro-titrage hormonal permettra: 1° de confirmer un diagnostic de môle hy- datiforme posé cliniquement.2° de poser en 48 heures avec certitude le diagnostic de môle vésiculaire à un stade où aucun signe clinique n\u2019impose cette certitude.En cas de réponses positives dans ces deux cas, le taux hormonal sera égal ou supérieur à 60,000 unités de Brindeau et Hinglais, le titrage pouvant s'élever jusqu\u2019à 500,000 unités.3° Enfin, ce séro-titrage présente surtout un intérêt tout à fait spécial dans la surveillance des suites de môle, permettant de suivre avec une précision remarquable la destinée des éléments môlaires restés dans l\u2019organisme, il est la seule méthode posant avec certitude le diagnostic de bénignité ou de malignité des suites de la mole, ce que les constatations cliniques (méme les hémorragies répétées) ne peuvent faire.III Dans le cas de transformation maligne des restes môlaires, ce n\u2019est pas l\u2019élévation extrême du taux hormonal, ni la seule persistance d\u2019une réaction qualitative positive qui permettent de diagnostiquer un chorio-épi- théliome; c\u2019est la constatation par une série de titrages hormonaux d\u2019une élévation mar- ouée du taux de l'hormone gravidique venant interrompre la courbe d\u2019abord descendante, amorcée après l\u2019expulsion de la môle.Le principe consiste à titrer l\u2019hormone dans le sang à des dates régulières: 8 jours, 20 jours, 30 jours après l\u2019_évacuation de la môle.1° Si le taux hormonal tombe à zéro dans ce délai et s\u2019y maintient, la femme peut être considérée comme hors de danger; 2° Si le taux reste étalé après avoir rapidement baissé, la surveillance hormonale sera poursuivie jusqu\u2019à disparition complète de l'hormone; 3° Si le taux remonte après avoir baissé, la 282 dégénérescence maligne est certaine: l\u2019intervention est indiquée.Le grand mérite de cette méthode quantitative sera donc d\u2019éviter aux malades le double risque d\u2019une hystérectomie souvent inutile malgré les symptômes cliniques, ou d\u2019une intervention trop tardive pour pallier à la tendance métastatique rapide de la tumeur.Nous ne voyons à la méthode qu\u2019un seul inconvénient, sur lequel il nous est un devoir d\u2019insister.Elle est d\u2019une application délicate par le matériel animal et la compétence technique qu\u2019elle exige.Or, elle ne souffre aucune imperfection.Il ne faut pas y recourir si elle ne doit pas être exécutée avec toutes les garanties nécessaires.Bref, concluons avec Aschheim, que l\u2019analyse hormonale de l\u2019urine est devenue aujour- d\u2019hui une méthode usuelle, dont le clinicien, familiarisé avec ses principes ainsi qu\u2019avec ses limites, peut en utiliser les résultats concurremment avec les autres méthodes de diagnostic.BIBLIOGRAPHIE ACCART (R.): Thèse de Lyon, 1936.ASCHHEIM (S.): «Le diagnostic précoce de la grossesse, de l\u2019épithéliome du chorion et de la môle hydatiforme par le test 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PATHOGÉNIE ET TRAITEMENT DE LA TOXÉMIE PRÉ-ÉCLAMPTIQUE ! Par Hervé GIBEAULT, Hôpital Notre-Dame (Montréal).La toxémie pré-éclamptique est l\u2019ensemble de prodromes survenant chez les femmes enceintes, tels que céphalée très intense et persistante, des troubles de la vue, douleur épigastrique violente, vomissements, œdème, albuminurie et hypertension, que l\u2019ont doit considérer comme signes avant-coureurs des crises convulsives caractéristiques de l\u2019éclampsie.Nous tenterons un essai pathogénique de la toxémie pré-éclamptique considérée isolément, et ensuite nous déduirons des faits exposés, des conclusions thérapeutiques qui nous paraissent dignes de figurer en regard des données les plus classiques.Pathogénie En ce qui concerne la pathogénie de la toxémie pré-éclamptique, il est assez curieux de constater que la plupart des traités classiques consacrent à la pathogénie une place importante; place où de très nombreuses théories sont en présence sans qu\u2019aucune d\u2019ailleurs ne donne pleinement satisfaction à l\u2019esprit.| Tous les auteurs sont actuellement d\u2019accord pour la considérer comme une intoxication qui va en croissant, jusqu\u2019au moment où, le point d\u2019excitabilité des centres nerveux étant atteint, les convulsions se produisent.Voici d\u2019ailleurs ce qu\u2019écrivait le Professeur Bar, en 1898: « Le poison accumulé dans le sang agit sur le système nerveux et de nombreux symptômes en résultent dans la sphère motrice de ce système.» L\u2019état d\u2019intoxication est surabondamment démontré d\u2019ailleurs au cours de la toxémie pré- éclamptique par la clinique tout d\u2019abord, au moyen d\u2019un symptôme témoin qui n\u2019est autre que l\u2019abuminurie, la réalité de l\u2019intoxication, par l\u2019anatomie pathologique ensuite; en effet le 1.Communication faite lors des Journées Médicales de la Société Médicale de Montréal, 9 octobre 1940, à l\u2019hôpital Notre-Dame.Professeur Bar attestait à l\u2019époque, que les lésions rénales chez°les femmes enceintes décédées à la suite de convulsions éclamptiques étaient constantes.C\u2019est Marcel Bonafor qui, dans un essai pathogénique, écrit: « La cause cfficiente, la cause essentielle sans laquelle l\u2019é- clampsie est impossible, c\u2019est l\u2019intoxication gravidique qui entraîne une déchéance organique surabondamment démontrée par les protocoles d\u2019autopsie.» Cette intoxication peut être produite par une insuffisance des organes chargés d\u2019éliminer les poisons de l\u2019organisme: foie et rein, ou bien par une production exagérée de poisons pendant la grossesse.On a longtemps admis avec Pinard qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une hépato-toxémie gravidique par mauvais fonctionnement de l\u2019intestin et ralentissement de la nutrition, les substances toxiques arrivant en abondance au niveau du rein, irriteraient l\u2019organe et finiraient par en altérer le fonctionnement.Peut-être cette albuminurie est-elle une conséquence d\u2019une exagération de la rétention chlorurée qui normalement est toujours un peu augmentée chez la femme enceinte.Mais tous les travaux publiés n\u2019ont fait que confirmer la conclusion formulée en 1911 par Bar: « L\u2019insuffisance de la fonction rénale n\u2019est pas une condition nécessaire à l\u2019apparition de l\u2019éclampsie.» Au cours des dernières années, on a omis l\u2019hypothèse que l\u2019état pré-éclamptique ne constituait pas une affection primitive du foie ou des reins, ou d\u2019un organe individuel quelconque, mais qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une affection de toutes les petites artérioles terminales.Cette conception fut émise pour la première fois par Volhard en 1918, et reprise ultérieurement par Irving en 1936.D\u2019après lui, le spasme des artérioles efférentes empêcherait la sortie du sang par les artérioles afférentes, endommageant ainsi 284 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 les tubes.Le spasme des vaisseaux afférents produit de l\u2019anoxémie des parois des anses glomérulaires, d\u2019où il résulte une perméabilité exagérée de ces parois permettant le passage de l\u2019albumine.En fait, c\u2019est très bien mais les origines du spasme restent à déterminer.En outre, actuellement le terme de toxémie est considéré comme ne répondant qu\u2019imparfaitement à cet état, car aucune toxine n\u2019a été isolée dans l\u2019éclampsie; le sang des éclamptiques n\u2019est pas plus toxique que celui des autres femmes enceintes.Il n\u2019est pas sans intérêt de rappeler ici que l\u2019hypertension artérielle est un symptôme couramment observé de nos jours au cours de la phase de la toxémie pré-éclamptique.Quelle que soit l\u2019origine de cette hypertension, les désordres qu\u2019elle est capable de produire dans les divers territoires vasculaires, notamment dans le territoire des artères cérébrales, permettent sans doute d\u2019y porter toute notre attention.Il est assez surprenant que l\u2019hypertension, symptôme de très grande valeur, considérée même par beaucoup d\u2019auteurs actuels, comme de valeur supérieure à celle de l\u2019albuminurie pour témoigner de l\u2019état pré-éclamptique, ait été relativement négligée par les classiques.Nous ne le trouvons en effet nulle part mentionné dans les traités déjà anciens.Quoi qu\u2019il en soit le fait est là, et il importe de le souligner qu\u2019au cours de l\u2019intoxication gravidique, le symptôme hypertension existe et se trouve chaque fois mentionné dans les observations publiées, et assez souvent comme le seul signe avant-coureur de la toxémie pré-éclamptique.Quant aux causes de cette hypertension, il est certain qu\u2019elles sont multiples et agissent a des degrés divers.L\u2019augmentation de la masse sanguine considérable à la fin de la grossesse y prédispose; le refroidissement brusque par la vaso-constriction périphérique qu\u2019il entraîne en est souvent l\u2019agent déterminant.M.Jeannin insiste beaucoup sur la fréquence d\u2019éclampsie a la suite des refroidissements et c\u2019est un fait d'observation courante que chacun est à même de constater.Parmi ces hypothèses, la plus logique semble de la rattacher à une toxémie à point de départ ovulaire.Elle est admise à l\u2019heure actuelle depuis Veit par un grand nombre d\u2019auteurs; elle est du reste fort séduisante et semble s\u2019appuyer sur des bases logiques; l\u2019éclampsisme est une affection de la grossesse et rien que de la grossesse, c\u2019est donc vraisemblablement dans l\u2019œuf qu\u2019il faut rechercher l\u2019origine de la toxémie.Les accidents cessent dans la plupart des cas après évacuation spontanée ou provoquée de l\u2019œuf; en supprimant la grossesse, il est légitime d\u2019espérer la cessation de l\u2019éclampsisme.Mais cette théorie ovulaire n\u2019est pas prouvée de façon certaine et elle ne doit pas être admise sans réserves.Qu\u2019il y ait cependant à la fin de la grossesse une hypersécrétion du lobe postérieur de l\u2019hypophyse, est rendu très probable par les intéressantes découvertes d\u2019Anselmo et Hoffman: ceux-ci ont en effet mis en évidence dans le sang des femmes enceintes atteintes d\u2019éclampsisme une quantité notable de vaso-pressine, hormone hypertensive et oligurique du lobe postérieur.Or cette hormone n\u2019est pas décelable dans le sang des sujets normaux ou des femmes enceintes non éclamptiques.Comme d\u2019autre part l\u2019injection à l\u2019animal de fortes doses de vaso- pressine détermine un tableau clinique assez voisin de celui de l\u2019éclampsie et que Cushing a observé à l\u2019autopsie de femmes mortes de cette affection une infiltration basophile considérable du lobe postérieur, il est certain que la théorie hyperpituitaire de l\u2019éclampsisme repose sur des bases sérieuses.Il est probable qu\u2019il existe à la fin de la grossesse une hypersécrétion du lobe postérieur, mais alors que normalement cette hypersécrétion est limitée à l\u2019ocytocine, dans certains cas, cette hyperproduction hormonale est globale, portant à la fois sur l\u2019ocytocine et la vaso-pressine, ce qui conditionne l\u2019apparition des accidents éclamptiques.La multiplicité de ces théories pathogéniques montre, comme nous l\u2019avons dit plus haut, l\u2019insuffisance de chacune, aucune d\u2019elles ne saurait entièrement satisfaire l\u2019esprit.La nature même de la toxine éclamptique et du facteur GIBEAULT: TOXÉMIE PRÉ-ÉCLAMPTIQUE causal est inconnue.La théorie ovulaire semble la plus plausible et la plus séduisante puisque l\u2019éclampsisme est essentiellement une maladie de la puerpéralité et rien que de la puerpéralité; mais elle est loin d\u2019être démontrée de manière indiscutable.L\u2019éclampsie est toujours la maladie de l\u2019hypothèse.Comment ne pas concevoir l\u2019intérêt qu\u2019il y a, à supprimer la toxémie pré-éclamptique à sa base, « primum movens » de cette évolution fâcheuse, puisque c\u2019est d\u2019elle que découle toute la filiation des phénomènes.Nous allons exposer plus loin comment y parvenir.Traitement L'importance du traitement de la toxémie pré-éclamptique est extrême étant donnée la gravité de certains accidents engendrés par cette affection.Ce traitement n\u2019est du reste, autre que le traitement prophylactique de l\u2019é- clampsie dont l\u2019albuminurie est un prodrome d\u2019alarme plus ou moins lointain; de ce fait, 1l faut l\u2019instituer le plus précocement possible.La multiplication des consultations des femmes enceintes et le développement, parmi celles-ci, de l\u2019idée qu\u2019elles ont le plus grand intérêt à être suivies régulièrement au cours de la gestation, a fait diminuer notablement la fréquence et la gravité des accidents albuminuriques.C\u2019est par l\u2019analyse méthodique et périodique des urines chez la femme enceinte que l\u2019on peut, dans la plus grande majorité des cas, conjurer les menaces de l\u2019éclampsie.En présence de cette intoxication maximum, le traitement doit être un véritable traitement d\u2019urgence.On instituera donc immédiatement le traitement médical de l\u2019éclampsie confirmée, mais il faut également envisager la question de l\u2019évacuation de l\u2019utérus.Le traitement symptômatique de la toxémie pré-éclamptique comme nous le savons tous, a un triple but: 1.favoriser la désintoxication ; 2.combattre l\u2019hypertension; 3.calmer l\u2019irritabilité nerveuse.L\u2019évacuation complète et rapide de l\u2019intestin par des purgatifs drastiques, des lavements purgatifs, de grandes entéroclyses, une diète 285 hydrique absolue avec repos absolu au lit favorise grandement la désintoxication.Nous rappelerons l\u2019axiome thérapeutique de Tarnier qui conserve encore aujourd\u2019hui toute sa valeur: « Une albuminurique mise au lait pendant huit jours.n\u2019aura pas d\u2019éclampsie.» La saignée qui est une méthode des plus anciennes et des plus répandues a pour but d\u2019abaisser la pression artérielle, favoriser la diurèse en retirant de l\u2019organisme une certaine quantité de poisons.Cette saignée systématique, nous ne l\u2019employons que très rarement, n\u2019ayant qu\u2019une notion approximative sur ses résultats, du fait qu\u2019elletest rarement employée seule.Elle abaisse la pression très passagèrement.Nous ne l\u2019employons qu\u2019en dernière ressource.Certains auteurs, Levy Solal et De Pariente, ont utilisé l\u2019acethylcholine au cours de la phase pré-convulsive dans le but de lutter contre l\u2019hypertension artérielle.Ces auteurs ne semblent pas avoir rechercher la lutte contre le spasme vasculaire.Quoi qu\u2019il en soit, nous pensons qu\u2019il n\u2019est pas inutile de mentionner ce médicament: il nous paraît devoir être retenu parmi ceux susceptibles de rendre service au cours de la phase pré-convulsive.Il y a une méthode que nous employons pour modifier la tension superficielle du plasma sanguin: cette méthode consiste à injecter par voie intraveineuse une certaine dose de sérum glucosé hypertonique.Leriche, Foley et Putnan l\u2019ont utilisée chez l\u2019homme et ont constaté une diminution de la masse encéphalique au cours d'interventions suivant immédiatement l\u2019injection.Alajouanine, Petit-Dutaillis, Baruk et Suzor ont exposé dans leurs détails, les résultats rapides de cette méthode.Cette méthode, simple et pratique ne représente aucun inconvénient; au contraire nous pouvons la répéter au bout d\u2019un certain temps.Les avantages sont par contre multiples.En dehors de la grande simplicité de la technique, il est bon de rappeler que la glucose constitue un médicament de premier ordre.Il nous paraît inutile de rappeler que bien des auteurs ont signalé les avan- 286 tages du sérum sucré en pareil cas (Stander, Marcel Labbé, Miller).Par ailleurs M.Le Lo- rier à publié une observation où la malade avait reçu des injections intraveineuses de sirop de chloral et cet auteur a signalé que l\u2019action du chloral lui paraissait plus efficace, lorsqu\u2019il était administré sous cette forme.Au total non seulement, il n\u2019y a aucun inconvénient à utiliser le glucose, mais son heureuse action sur l\u2019acidose, son action diurétique en font un médicament de premier ordre.Nous avons utilisé cette méthode dans plusieurs cas à l'hôpital Notre- Dame.Les résultats que nous en avons obtenus, nous ont paru suffisants pour la considérer comme digne de figurer en regard des procédés les plus classiques.Nous ne pouvons nous empêcher toutefois de souligner combien 1l est intéressant d\u2019envisager la possibilité de diminuer l\u2019hypertension cra- nienne ou d'éliminer les spasmes vasculaires par le sérum glucosé hypertonique et par conséquent d\u2019enrayer le mal à sa base.Pour calmer l\u2019irritabilité nerveuse, nous employons le chloral associé ou non, selon la gravité des cas, à la morphine.Nous pouvons donner le chloral à la dose de 4 à 10 grammes par 24 heures.Ces médicaments très dangereux pour les urémiques, sont au contraire indiqués chez les pré-éclamptiques; ils favoriseront la diurèse en faisant cesser le spasme vasculaire rénal.Browkin préconise les injections intramusculaires de sulfate de magnésium 30 centimètres cubes à 20% chez les malades en état d\u2019é- clampsisme.L\u2019injection peut être répétée 4 à 5 fois pendant les 24 heures.Comme boisson, l\u2019auteur ne permet qu\u2019un peu d\u2019eau très sucrée, s\u2019abstenant de morphine.Le sulfate de magnésium agissant comme antispasmodique, il a obtenu de bons résultats.Mais, quelquefois, le traitement systématique, n'ayant pas donné de résultats sensibles et le fœtus ayant atteint l\u2019âge de viabilité, surtout si la tension artérielle s\u2019élève, si l\u2019albumine augmente et si la quantité des urines di- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, mars 1941 minue, nous croyons bon d'interrompre la grossesse, en rupturant largement la poche des eaux.L'effet favorable de la rupture des membranes est dû à la diminution du volume utérin et la moindre distension de la cavité abdominale Cela diminue la pression intra-péritonéale et améliore la circulation sanguine du foie, des reins, de la rate, etc, et favorise leur fonctionnement.La diaphragme s\u2019abaisse, la dilatation des poumons devient plus profonde et plus vaste, l\u2019oxydation du sang et des tissus devient plus parfaite.Je suis persuadé que le manque d\u2019oxygène dans le sang de ces malades éclamp- tiques est une des causes principales de leur décès.Le cœur est placé dans des conditions meilleures, grâce à l\u2019abaissement du diaphragme et à la diminution de la pression abdominale, la circulation du sang s\u2019effectue avec moins de difficulté.La résorption des eaux amniotiques qui contient non seulement des corps extractifs, mais aussi des ferments, devient moins facile.Plusieurs auteurs ayant trouvé de la pituitrine dans le liquide amniotique, la rupture de la poche des eaux se montre encore plus rationnelle.Il est possible que la diminution du volume utérin rende plus difficile le passage des éléments placentaires dans le sang de la mère.On peut présumer que les influences nerveuses, et en particulier les influences vaso-motrices jouent un grand rôle qu\u2019il nous est encore impossible de préciser.En tout cas, les faits démontrent qu\u2019après rupture de la poche des eaux chez les femmes pré-éclamptiques, l\u2019accouchement s\u2019accélère, et que les symptômes cessent cu deviennent plus faibles et finissent par disparaître totalement.En agissant ainsi, nous croyons respecter au mieux d\u2019une part les intérêts de la mère dont la principale chance de guérison repose dans la cessation de son état de grossesse, d\u2019autre part ceux de l\u2019enfant qui, en pareille circonstance, est si gravement menacé tant qu'il reste dans l\u2019utérus maternel. ÉDITORIAL Bulletin de l\u2019Assoctation des Médecing de Langue Francaise de l\u2019Himérique du Mord (Fondée & Québec en 1902) IL\u2019 Wnion Medicale du Canada (Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872) Tome 70 \u2014 N° 3 Montréal, mars 1941 LA GASTRECTOMIE Les problèmes du cancer et de l\u2019ulcère dominent encore le chapitre des affections organiques de l'estomac et du duodénum.Tout le monde s\u2019émeut, à l'heure actuelle, de la fréquence du néoplasme gastrique et, surtout, chacun déplore le fait qu'un seul cancéreux sur quatre puisse encore, au moment où sa lésion est reconnue, subir l\u2019exé- rèse totale.On n\u2019a pas manqué de suggérer à maintes reprises un plan d'ensemble, pour attaquer ce problème par tous les côtés à la fois: éducation du public, mot d\u2019ordre a donner au corps médical, entraînement de radiologistes et de gastroscopistes compétents, préparation de chirurgiens spécialisés, puisque, en définitive, la chirurgie constitue actuellement notre seule arme efficace contre le cancer.On ne saurait affirmer la même chose à propos de l\u2019ulcère gastrique et duodénal.Il y a plus d\u2019un siècle, maintenant, que Cruveilhier décrivait l\u2019ulcère rond de l'estomac, et plus de cinquante ans que Bucquoy parlait pour la première fois de l\u2019ulcère duodénal.Vinrent ensuite, au début du XXe siècle, les frères Mayo, Moynihan et autres qui démontrèrent la fréquence, insoupçonnée jusque- là, de la lésion qu\u2019avait décrite Bucquoy.La radiologie « d\u2019après guerre», d\u2019après l'autre guerre, est ensuite venue aider à mettre la chose au point.De nos jours, la clinique, les rayons X et la gastroscopie permettent de faire, dans la majorité des cas, un diagnostic sûr et facile d\u2019ulcère.Mais la pathogénie, l\u2019étiologie et le traitement 287 de cette affection excitent encore en vain la curiosité et surtout la scriptorrhée des chercheurs et des cliniciens.Comme le disait Tate Miller, au dernier Congrès de la « National Gastro - Enterological Association »*: « C\u2019est une bien piètre année qui ne voit éclore une nouvelle théorie patho- génique de la maladie ulcéreuse, et une plus piètre encore qui n\u2019assiste pas à la description d\u2019au moins deux cures inédites de la dite affection.» Toute cette nouvelle thérapeutique qui permet de soulager plus ou moins rapidement la majorité des crises douloureuses périodiques de l\u2019ulcus, n\u2019a, jusqu'ici, à notre connaissance, rien obtenu d'efficace contre la maladie ulcéreuse elle- même et ses complications.L\u2019on doit donc, ici encore, s\u2019adresser au chirurgien.Or, la gastrectomie a pris, en ces dernières années, la première place dans cette chirurgie du cancer et de l\u2019ulcère gastrique et duodénal.L'accord est loin d\u2019être fait, cependant, sur les dangers et surtout sur la valeur de cette intervention comme traitement radical de l\u2019ulcère.On souligne, d\u2019un côté, son taux de mortalité opératoire élevé, ses difficultés techniques, le délabrement qu'elle laisse, l\u2019anémie grave qu\u2019elle pourrait provoquer, les récidives qu\u2019elle n\u2019empêcherait pas, et l\u2019on se dit satisfait des excellents résultats obtenus dans un grand nombre de cas, 90% pré- tend-on, avec la simple gastro-entérostomie.Les partisans de la gastrectomie rétorquent que le meilleur moyen d\u2019avoir des troubles post-opératoires, avec les ulcères du duodénum surtout, c\u2019est justement de se limiter systématiquement à la gastro-entérostomie ou à la chirurgie plastique du pylore; ils admettent le risque de la gastrectomie, mais ils prétendent qu\u2019en choisissant bien ses cas, un chirurgien d\u2019expérience peut arriver, grâce à la minutie des soins pré et post- 1.Review of Gastroenterology, 7: 403 (septembre- octobre) 1940. 288 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 opératoires, à un taux de mortalité qui vaudra bien celui de réinterventions si fréquentes pour complications de la gastro- entérostomie.La gastrectomie est donc l\u2019un des problèmes de l\u2019heure.Comme tel, elle était au programme du Congrès annuel de l\u2019 « American Gastro - Enterological Association », tenu à Atlantic City en juin dernier.Le président du Congres, Irvin Abell 2, s\u2019efforça de résumer l'opinion courante du monde chirurgical sur les indications et la valeur de la gastrectomie.Cette valeur, comparée à celle des autres interventions que l\u2019on a l'habitude de pratiquer sur l\u2019estomac des ulcéreux, repose d\u2019abord sur le risque opératoire et sur les possibilités de guérison ou d'amélioration que présente la gastrectomie.Disons d\u2019abord, à propos du cancer gastrique, qu\u2019en ces cas la chirurgie a encore bien mauvaise réputation auprès du grand public et de beaucoup de médecins.Cela tient surtout aux piètres résultats, immédiats et lointains, obtenus couramment par la chirurgie de dérivation, la seule que l'on puisse le plus souvent pratiquer, dans le simple but d\u2019empêcher le malade de mourir de faim, étant donné l\u2019état d\u2019envahissement néoplasique, de cachexie et de déshydratation dans lequel la majorité des cancéreux de l\u2019estomac se présentent au chirurgien.Il faudra donc, pour que la situation et l\u2019opinion changent, un dépistage plus précoce permettant une chirurgie plus radicale.Et ce progrès, nous l\u2019avons déjà écrit plus haut, dépend du corps médical tout entier.Actuellement, lorsque l\u2019envahissement gastrique permet la gastrectomie partielle, on semble d\u2019avis qu\u2019il faut la tenter chez des malades choisis, malgré les métastases évidentes, surtout s\u2019il s'agit de lutter contre l\u2019obstruction.Dans les cas, plus rares, où 2.Amer.Jr.of Digest.Diseases, 7: 495 (nov.) 1940.l'on peut espérer une cure radicale et des résultats durables, on préconise une gastrectomie large, avec exérèse de tous les ganglions de la région, fermeture du duodénum et gastro-entérostomie.En somme, fait remarquer Abell, l'étendue de la résection dépend de deux facteurs: le degré d\u2019envahissement néoplasique et l\u2019état général du malade; l'expérience et l'audace réfléchie du chirurgien qui voudra bien affronter le taux de mortalité élevé de ces amputations larges.Le traitement chirurgical de l\u2019autre affection majeure de l\u2019estomac et du duodénum, l\u2019ulcère, est devenu beaucoup plus radical et plus limité depuis vingt ans.On convient aujourd\u2019hui que la seule présence de l\u2019ulcus sur la muqueuse gastrique ne constitue nullement une indication opératoire.Les ulcus pénétrants, ceux qui résistent au traitement médical adéquat, ceux qui saignent abondamment ou à répétition, ceux qui se compliquent de gastrite étendue et grave ou d\u2019obstruction, ceux, enfin, qui, logés dans l\u2019estomac, sont susceptibles de transformation maligne, appartiennent aux chirurgiens qui ont tendance, actuellement, à pratiquer dans ces cas des gastrectomies plus ou moins larges, d\u2019après la lésion et l\u2019audace de l'opérateur.Le traitement chirurgical de l\u2019ulcère doit viser, d\u2019après les partisans de la gastrectomie, à éliminer l\u2019ulcus et le segment qui le porte; à restaurer le fonctionnement normal des organes intéressés et à prévenir les récidives et les complications.On réséquera donc les ulcus gastriques renaces, susceptibles de transformation néoplasique, et les ulcus duodénaux compliqués; et l\u2019on amputera largement, en faisant partir, si possible, les 3/4 ou les 4/5 de l\u2019estomac, pour éliminer la zone acidogène.On semble donc se rallier de plus en plus à l\u2019opinion de Finsterer, le chirurgien vien- nois qui prétendait, il y a vingt ans, qu'il gi dar ÉDITORIAL suffirait de faire disparaître l'acidité gastrique pour avoir raison de l\u2019ulcère.| La gastrectomie subtotale, ainsi pratiquée dans les cas d\u2019ulcère, a encore, aux Etats- Unis, une moyenne de mortalité opératoire de 10%.C\u2019est une chirurgie dangereuse, mais qui semble donner, à date, d'excellents résultats.Le taux d\u2019acidité post-opératoire, lorsque la résection est assez large, est habituellement très bas, les récidives sont moins nombreuses et le bien-être plus complet et plus tenace qu\u2019après n'importe quelle autre intervention.Le nombre respectable de gastrectomies totales et subtotales pratiquées avec succès depuis nombre d'années, semble prouver qu\u2019au sens strict du mot, l\u2019estomac ne doit pas être considéré comme un organe essentiel.C\u2019est bien l\u2019avis de À.C.Ivy 8, le physiologiste de Chicago, qui a pu comparer les effets de l\u2019'amputation gastrique plus ou moins complète chez différents animaux.Dans la majorité des cas, cliniques et expérimentaux, les résultats fonctionnels sont bons, les malaises légers et transitoires; ce qui semble indiquer que le grêle supplée adéquatement et rapidement, surtout avec le concours de la diététique, à la suppression brusque des fonctions de l'estomac, y compris le rôle présumé de la muqueuse gastrique dans l'hématopoïèse.Après les travaux de Castle, en 1929, l\u2019on accepta l'hypothèse qu\u2019il pouvait y avoir dans cette muqueuse gastrique, et seulement là, sécrétion d\u2019un principe intrinsèque indispensable a la formation des hématies; 3.Amer.Jr.of Digest.Diseases, 7: 500 (nov.) 1940.289 on s'inquiéta donc de répercussions probables des gastrectomies larges, et surtout totales sur la formule sanguine.Il semble bien, aujourd\u2019hui, que ces craintes furent vaines.Ce qui remet en question le site du facteur intrinsèque et stimule les recherches du côté de l'intestin grêle.On a rapporté quelques cas d\u2019anémie micro ou macrocytaire grave après gastrectomie, mais la médication hépatique et ferrugineuse a rapidement rétabli la situation.Il suffit d\u2019ailleurs, comme le disait Chester Jones *, d'inclure dans le régime des gas- trectomisés de petites quantités de foie de veau et de fer pour prévenir habituellement toute complication du côté de la formule sanguine.La gastrectomie constitue donc, à l\u2019heure actuelle, le traitement radical le plus satisfaisant du cancer opérable et de l\u2019ulcère chirurgical.Soulignons que ces réussites dépendent non seulement de la valeur théorique de l'intervention, de l\u2019habileté et de l'expérience du chirurgien, mais aussi des progrès réalisés dans le diagnostic des lésions, dans la préparation des malades avant l'opération et du soin apporté à leur surveillance immédiate ou lointaine, après.Il ne s'agit donc plus, pour médecins ou chirurgiens, de discuter opiniâtrement de la grandeur et des misères de leur thérapeutique respective, mais de collaborer; ce qui vaudra mieux pour tout le monde, surtout pour le malade.Roger-R.DUFRESNE.4.Amer.Jr.of Digest.Diseases, 7: 502 (nov) 1940. MÉDECINE SOCIALE POUR OU CONTRE LA PASTEURISATION DU LAIT Par J.-Ernest SYLVESTRE, M.D., D.P.H.Parmi les médecins résidents des villes, en est-il un seul à qui on n\u2019a pas, à maintes reprises, demandé: « Docteur, la pasteurisation du lait est-elle une bonne chose?» Qu\u2019avez- vous répondu?Oui ou non?Si oui, nos convictions sont les mêmes.Si non, parlons-en un peu, voulez-vous?Depuis quelque 10 ans, l'hygiène publique a fait des progrès considérables dans notre province, autant sinon plus que partout ailleurs.Le nombre des individus soucieux de leur santé augmente rapidement.Dans toutes les classes de la société, les particuliers comme les groupes s\u2019intéressent chaque jour davantage aux problèmes collectifs dont la solution adéquate est de nature à protéger la santé des populations.De ces problèmes, la distribution d\u2019un lait sain n\u2019est pas le moindre; on le réalise de plus en plus; la population s\u2019inquiète; les gens sont indécis.Les chefs de famille veulent bien protéger leurs enfants, mais de nombreuses polémiques engagées ici et là ont fait naître dans l\u2019esprit de nos gens des doutes que certains malins se plaisent à entretenir.On ne sait plus vraiment que penser et on se demande: Le lait cru est-il vraiment un danger?Le lait pasteurisé est-il aussi nutritif que le lait cru?Pour se former une opinion, on questionne, mais les réponses ne concordent pas toujours; on lit des articles sur le sujet; malheureusement les opinions sont souvent contradictoires.Enfin, le crâne bourré de préjugés, on s\u2019adresse au médecin, celui-là même auprès de qui on aurait dû d\u2019abord s\u2019informer, parce que ce problème se rattachant à la santé, personne mieux que lui n\u2019est en mesure de donner un renseignement clair et juste.La grande majorité des médecins, libres de toute contrainte, sans parti pris, conscients de leurs devoirs contractés par le serment qu\u2019ils ont prêté au jour où ils ont reçu le droit d\u2019exercer leur profession, donnent, à qui les interroge, des réponses conformes à leur savoir et à leur expérience: un savoir qui a évolué avec la science, et une expérience basée sur des faits observés méthodiquement.Pourquoi les médecins ne sont-ils pas tous d\u2019accord?Pourtant, il semble impossible qu\u2019un homme de science n\u2019admette pas des faits établis aussi clairement.Le lait cru, consommé tel quel, constitue généralement un danger pour la santé.Un médecin ne peut pas dire le contraire.En effet, il n\u2019est pas, de nos jours, un seul médecin qui ne croit pas en l\u2019existence de microbes pathogènes.Aucun médecin à la page n\u2019ignore non plus que le lait est un excellent milieu de culture pour les microbes pathogènes aussi bien que pour les saprophytes.Ces deux points étant admis, est-il possible d\u2019oser espérer que la production du lait, avec toutes les manipulations qu\u2019elle comporte, sera faite constamment dans des conditions d\u2019asepsie idéale, par des personnes saines au sens le plus strict du mot, écartant de ce groupe même les porteurs de germes?Non! Un médecin quelque peu expérimenté ne peut croire ni espérer qu\u2019un tel miracle puisse se répéter aussi communément.D'abord, le lait doit provenir d\u2019animaux sains.On fait examiner les troupeaux de vaches laitières tous les ans.C\u2019est vrai.Mais SYLVESTRE: POUR OU CONTRE LA PASTEURISATION DU LAIT une bête saine ne peut-elle pas devenir malade entre deux examens annuels?Certainement.Et alors on distribue à la population pendant des semaines, des mois, sans même s\u2019en douter, un lait contaminé, dangereux.La traite et toutes les manipulations du lait prennent un temps assez long, et si toutes possibilités de contamination doivent être évitées, il faut des précautions minutieuses pour chaque temps des opérations et une attention soutenue depuis la traite jusqu\u2019à la livraison au consommateur.Durant cette longue période, il peut se présenter bien des circonstances qui feront oublier ou négliger, ne fut-ce qu\u2019un moment, l\u2019application des mesures dont l\u2019importance est reconnue par les hygiénistes du monde entier.Vraiment, il serait présomptueux de croire que la totalité des producteurs de lait puisse s\u2019astreindre à suivre toutes les lois de la prudence, sans y manquer une seule fois, pendant des semaines, des mois, des années, quarid on sait par ailleurs que tant de - malades se laissent tenter et se lassent de suivre certaines ordonnances médicales, alors que dans ce cas il y va de leur vie, tandis que dans l\u2019autre cas, les délinquants ne sont pas directement intéressés.Ils ne réalisent même pas tous que leur insouciance ou leur négligence peut nuire à la santé et même causer la mort de quelques-uns de leurs clients.D\u2019ailleurs, pourquoi s\u2019en feraient-ils?En est-il beaucoup de ces coupables qui ont été inquiétés sérieusement ou tenus criminellement responsables des dommages causés par leur lait?Les familles atteintes elles-mêmes ne soup- connent même pas, la plupart du temps, que c\u2019est le bon lait cru, auquel elles tiennent tant, qui est la cause de maladies continuelles et même parfois de deuil chez eux.Enfin, est-il possible d\u2019avoir l\u2019assurance, qu\u2019au premier indice de maladie, on s\u2019abstiendra de manipuler le lait ou les ustensiles, quand on sait toutes les peines qu\u2019il faut se donner pour garder chez eux les malades contagieux?Non! En fait, ce qui arrive trop souvent, c\u2019est qu\u2019un beau jour, un laitier ou quelqu\u2019un de sa famille commence une ma- 291 ladie contagieuse, on ne se sent pas assez mal pour cesser de travailler, on manipule le lait quand même, inconsciemment on le contamine avec les germes de la maladie dont on ne souffre pas encore beaucoup, mais ces microbes, absorbés avec le lait par d\u2019autres personnes, causeront chez ces dernières une maladie souvent grave et parfois même mortelle.Si ce lait avait été pasteurisé, il n\u2019eut pas causé un tel désastre.Ces quelques réflexions étant faites, il est évident que le lait peut aisément être contaminé et s\u2019il est consommé à l\u2019état cru, il constitue un danger réel pour la santé.La pasteurisation du lait, faite suivant la technique moderne tue tous les microbes pathogènes.C\u2019est un fait que personne ne peut mettre en doute.C\u2019est donc une mesure préventive qui s\u2019impose.Il peut se glisser, au cours des opérations, des fautes de technique, je le concède, mais en somme, surveillées de près, les usines de pasteurisation ne peuvent pas répéter impunément leurs erreurs aussi fréquemment que les producteurs, car il est plus facile et moins coûteux de visiter chaque semaine 10, 15, 20 usines de pasteurisation et même davantage, que de surveiller attentivement 100, 200, 300 producteurs de lait cru et souvent plus nombreux pour une même municipalité.Le lait une fais pasteurisé n\u2019a pas perdu grand\u2019chose de sa valeur nutritive.En effet, les résultats d\u2019analyses du lait nous démontrent que la pasteurisation ne change pratiquement rien à sa valeur nutritive.Les vitamines du lait sont thermostables sauf la vitamine « C » qui est grandement affectée par la chaleur; mais, même dans le lait cru, cette vitamine étant rendue inactive par oxydation au contact de l\u2019air, sa présence est bien souvent presque nulle au moment de la consommation.D'ailleurs, il faut bien se rendre à l\u2019évidence des faits et la meilleure preuve que nous ayons de la haute valeur nutritive du lait pasteurisé, ce sont les résultats excellents obtenus chez les nourrissons élevés au lait pasteurisé, bouilli ou évaporé.Tous ces laits, 292 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 quoique traités par la chaleur, se sont montrés tellement propres à l\u2019alimentation que, de nos jours, les pédiâtres et les médecins soucieux de la santé des petits, non seulement les préfèrent au lait cru, mais défendent tout à fait l'usage de ce dernier, parce que, ont-ils constaté, les troubles d\u2019estomac et d\u2019intestin se rencontrent plus fréquemment chez les enfants nourris au lait cru que chez les enfants nourris au lait pasteurisé, bouilli ou évaporé.Le lait pasteurisé est donc aussi nutritif que le lait cru et surtout il ne comporte pas les dangers constants du lait cru.Voila des faits souventes fois énoncés, dont les maîtres en médecine et en hygiène ont démontré l\u2019exactitude par des preuves irréfutables.Pourquoi ne se rend-on pas à l\u2019évidence.Personne n\u2019a jamais prétendu que la pasteurisation du lait est une mesure idéale; tout de même, «entre deux maux inévitables, 1 faut choisir le moindre ».Que les idéalistes descendent donc enfin des sphères de l\u2019idéologie pure où ils planent et se rendent compte que, sur la terre, avec des humains et des bêtes, 11 faut traiter d\u2019autre façon qu\u2019avec les anges.Les médecins, quels qu\u2019ils soient, doivent protéger la santé des familles qui se confient à leurs soins et, pour y arriver plus sûrement, il leur faut appuyer les autorités civiles dans toutes les mesures d'hygiène publique propres à conjurer un danger pour la santé.La pasteurisation obligatoire est une de ces mesures qui s\u2019impose.Quelques-uns s\u2019y opposent sous prétexte que c\u2019est une mesure coercitive.Est-ce attenter à la liberté des gens que de les protéger, même malgré eux, contre un mal réel qui fait chaque année de nombreuses victimes?Evidemment non.Malgré tout, si un médecin n\u2019est pas suffisamment convaincu de sa responsabilité publique sur ce sujet au point d\u2019appuyer de toute son influence la pasteurisation obligatoire du lait vendu pour la consommation humaine, il ne peut tout de même pas nier l\u2019efficacité de la pasteurisation du lait comme mesure préventive de certaines maladies et, par le fait même, il doit au moins dire la vérité à ceux qui l\u2019interrogent.Si tous les médecins disaient en toute franchise et clairement ce qu\u2019ils savent de la pasteurisation, si aucun d\u2019eux ne masquait, par de faux prétextes, un parti pris évident, bien plus, si on ne mélait pas, aux questions de principe et de fait, des possibilités financières et économiques, l\u2019usage du lait cru diminuerait rapidement, parce que les parents, éclairés sur les dangers du lait cru et rassurés sur la valeur intrinsèque de la pasteurisation et les qualités nutritives du lait pasteurisé, n\u2019attendraient pas d\u2019y être forcés pour protéger leur santé et leur vie ainsi que la santé et la vie de leurs enfants, en ne consommant plus que du lait pasteurisé. VARIÉTÉS + + ALLOCUTION DU NOUVEAU PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL ! Par Hector SANCHE, Professeur agrégé à la Faculté de Médecine, Médecin de l\u2019hôpital de la Miséricorde.En accédant à la Présidence de la Société Médicale pour l\u2019année 1941, je ne saurais rester insensible à l\u2019honneur que vous m'\u2019avez fait, et je vous suis reconnaissant de cette marque d\u2019estime.Cependant, je ne puis m\u2019empêcher, en jetant un regard en arrière, d\u2019éprouver une certaine inquiétude.Depuis quelques années, la Société Médicale a poursuivi une marche ascendante qu\u2019il faut à tout prix continuer.J'espère pouvoir être à la hauteur de la tâche confiée.Le nombre des membres de la Société s\u2019est augmenté considérablement, l\u2019assistance aux réuniors est devenu plus nombreuse, les travaux sont plus variés, intéressants et scientifiques, l\u2019influence de la Société devient plus grande, son rayonnement plus étendu grâce aux membres correspondants régionaux, dont la création est due à l'initiative du président de l\u2019an dernier, le docteur Oscar Mercier; des « Journées Médicales » ont été inaugurées avec succès, et le nombre de médecins présents à ces séances a été une preuve évidente de l\u2019intérêt qu\u2019elles ont suscité.Cette marche vers l\u2019avant doit être conti- ruée, et notre ambition pour la Société Médicale ne doit pas se limiter.Nous comptons pour cela sur la collaboration des présidents les dernières années qui demeurent membres du Comité de Régie et qui nous feront profiter de leur expérience; nous sommes assurés du concours de notre Vice-Président, le docteur G.-L.Prud'homme, homme de pondération et d'action; enfin, nous sommes heureux d\u2019avoir 1.Allocution prononcée.lors de la première séance académique, tenue à l\u2019Hôtel-Dieu le 21 janvier 1941.comme Secrétaire-Trésorier Général, le docteur Paul Letondal, qui depuis trois ans est véritablement l\u2019âme dirigeante de la Société.C\u2019est à lui, en particulier, que nous devons la belle tenue de nos programmes et l'intérêt de nos séances.Nous espérons qu\u2019il continuera, comme par le passé, à mettre ses talents au service de la Société Médicale.Dans ces conditions, nous sommes assurés de réussir.D'autre part, nous entendons pousser encore le recrutement.Si nous tenons compte du nombre des médecins de langue française à Montréal et aux environs, 462 membres, malgré que ce chiffre soit le plus élevé encore atteint, c\u2019est trop peu, il faut l\u2019augmenter encore.Pour la Société, le nombre plus élevé de ses membres est une garantie d\u2019assistance plus nombreuse aux réunions, de plus grande diffusion de la science médicale.Pour les membres, c\u2019est l\u2019assurance d\u2019y trouver plus d\u2019intérêt parce que les sujets et les discussions seront plus variés.Pour tout médecin, spécialiste ou non, il faudrait un travail de plusieurs jours, des lectures prolongées, qu\u2019il n\u2019a pas toujours le loisir de faire, pour mettre au point un sujet d'actualité qui, à la Société, est traitée sous plusieurs aspects, en une seule séance, dans une ambiance agréable, avec des objections et des discussions qu\u2019un volume pourrait difficilement contenir.D\u2019autre part les séances cli- viques exposent des cas variés, les traitements les plus récents et des expériences diverses.Ces raisons, il me semble, devraient inciter un plus grand nombre de médecins de toute 294 catégorie, praticiens et professeurs, spécialistes et médecins des services de santé, à se Joindre à nous.Nos « Journées Médicales » d\u2019octobre dernier ont été intéressantes et appréciées.L\u2019automne prochain nous recommencerons et nous espérons que ces Journées deviendront traditionnelles.Trop de profit nous arrive à tous par ces séances cliniques pour que nous les laissions jamais tomber.Le dîner de la Société Médicale qui d\u2019habitude avait lieu en février sera cette année reporté à l\u2019automne, à l\u2019occasion de nos « Journées Médicales » annuelles.Un projet nous intéresse particulièrement.C\u2019est la publication d\u2019un bulletin mensuel.Ce projet n\u2019est pas nouveau, mais je crois qu\u2019il a son importance.Ce bulletin mensuel contiendrait les programmes des réunions du mois de la Société Médicale et de toutes les sociétés spécialisées.Cet ensemble grouperait et démontrerait les activités des médecins de langue française à Montréal.Evidemment ce projet supposerait un groupement de toutes les sociétés spécialisées autour de la Société Médicale.Là, à toujours été la pierre d\u2019achoppement.Mais je ne crois pas qu\u2019il y ait avantage à diviser nos forces, et il devrait y avoir une formule, un moyen pour réunir toutes ces sociétés de façon que chacune d\u2019elles conserve ses aspirations, ses activités, sa régie interne, mais de façon aussi que chacune d\u2019elles, par là même, aide au progrès et à l\u2019avancement du groupement entier.Nous invitons chacune de ces sociétés à étudier le projet en particulier, et nous nous proposons au cours de l\u2019année de réunir leurs différents exécutifs pour étudier la question.Nous continuerons cette année les séances académiques et hospitalières alternées.Cependant si quelques membres veulent exposer certains sujets qui n\u2019entrent pas dans le cadre des séances scientifiques organisées en sym- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 posium, nous les prions de nous faire parvenir les sujets qu\u2019ils désirent traiter et dès que possible nous organiserons, ainsi que nous l\u2019avons fait I'an dernier, une ou des séances libres, en vue de donner à chacun l\u2019occasion d\u2019exposer ses travaux.Nous voudrions aussi, au cours de l\u2019année, que la Société Médicale puisse faire venir de l\u2019extérieur quelques conférenciers qui vien- draïient nous entretenir de sujets d\u2019actualité médicale sur lesquels ils se sont particulièrement renseignés.Ces conférenciers créeraient un nouvel intérêt au sein de nos réunions.Ce dernier projet nous amène à parler d\u2019une lacune que nous avons constatée: notre insuffisance budgétaire.Une motion est à l\u2019ordre du jour, qui sera discutée tout à l\u2019heure, et je ne voudrais pas pécher contre la procédure.Sans anticiper sur le sujet, je dois vous dire aue notre budget est insuffisant pour faire face aux frais qu\u2019occasionne le fonctionnement d\u2019une société dont les activités vont sans cesse croissantes; qu\u2019il est insuffisant aussi pour apporter certaines améliorations dont chacun de nous bénéficierait, que le secrétariat est aevenu une charge dans le vrai sens du mot, qu\u2019il est injuste de demander à un confrère qui a déjà ses occupations professionnelles de consacrer une bonne partie de son temps à la Société Médicale pour une rémunération à peu près nulle, et que si le secrétariat depuis quelques années a fonctionné à merveille, mais par pur dévouement, nous sommes assurés que nous pourrons dorénavant dédommager dans une mesure plus équitable le temps consacré à l\u2019organisation des séances, la correspondance, les convocations aux réunions.Voilà, Messieurs, ce que nous nous proposons de faire dans l'intérêt de la Société Médicale de Montréal: conserver ce que nos prédécesseurs ont fait et pousser encore un peu plus de l\u2019avant. MEDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES e-e- ee TRAITEMENT DE L\u2019 INTOXICATION PAR LES GAZ DE COMBAT ON DISTINGUE LES GAZ SUFFOCANTS, VESI- CANTS, IRRITANTS ET TOXIQUES GENERAUX.a) Gaz suffocants Considerations générales.Ce sont des substances d\u2019agressivité immédiate qui lèsent plus ou moins profondément le poumon.Elles sont représentées par le chlore et le phosgène, etc.Dans les formes graves \u2014 plus fréquentes que les formes foudroyantes, où la mort survient brutalement en quelques minutes par asphyxie totale \u2014 on constate une phase in- tale d\u2019irritation avec angoisse respiratoire, prostration et toux spasmodique.Puis, survient la phase de rémission, où tous les symptômes s\u2019atténuent; elle dure quelques heures, parfois même un ou deux jours.C\u2019est une phase trompeuse à laquelle succède une crise d\u2019ædème aigu qui peut être mortelle.Il s\u2019y surajoute des troubles asystoliques ou des complications infectieuses broncho-pneumoniques ou pneumoniques.Dans les formes légères.tout se borne à la toux quinteuse, à l\u2019asthénie, à la dysphagie, à quelques râles de bronchite et au ralentissement du pouls.L'évolution est variable: on observe soit la mort par œdème aigu.asystolie ou broncho- pneumonie, soit la guérison complète mais lente, soit des séquelles qui réalisent le type de la sclérose pulmonaire avec asthme et emphysème.Conduite thérapeutique dans l'intoxication par qaz suffocants Les règles suivantes doivent être systématiquement appliquées avec une rigueur proportionnelle à l\u2019état de gravité.Le malade doit être immobilisé, même s\u2019il ne présente aucun symptôme objectif, même s\u2019il ne ressent rien d\u2019anormal.Son système cireu- latoire est en état d\u2019équilibre instable, et tout effort peut provoquer la crise d\u2019ædème.Il ne doit pas marcher et sera transporté sur un brancard ou en automobile.Il ne quittera le lit sous aucun prétexte, et le médecin l\u2019auseultera en position couchée.On le réchauffera et on l\u2019alimentera avec du café ou du thé léger: la diète liquide est nécessaire.La médication sédative sera réalisée en pla- cant le malade dans une ambiance calme; on le rassurera et, contre la dyspnée, on prescrira, de préférence à la morphine, une perle d\u2019éther toutes les dix minutes.On a conseillé l\u2019ipéca, mais il est plus prudent de s\u2019abstenir, pour peu que l\u2019état cardiaque \u2014 et c\u2019est la règle \u2014 laisse à désirer.La saignée représente l\u2019élément thérapeu- fique principal.Indispensable, elle doit être abondante (500 à 700 centimètres cubes) et précoce, car la viscosité du sang s\u2019établit peu à peu.On injectera en même temps 0 gr.25 de caféine.Si l\u2019évacuation par la veine est insuffisante, on appliquera les ventouses scari- fiées et au besoin on sectionnera l\u2019artère radiale.Dans les vingt-quatre heures qui suivent, si l\u2019amélioration n\u2019apparaît pas suffisante, on retirera encore une ou deux fois 300 centimètres cubes de sang.Les inhalations d\u2019oxygène seront pratiquées avec le masque de Legendre et Nicloux sans pression et tant que les lèvres demeureront cyanosées.Le traitement sera complété par l'emploi des toni-cardiaques habituels, de préférence le camphre ou la coramine.On prescrira les diurétiques au besoin sous forme de neptal.L\u2019acidose sera combattue par le bicarbonate de soude, l'agitation par des sédatifs anodins, la constipation par des lavements.Enfin, pour éviter les complications respiratoires, on désinfectera les narines avec de l\u2019huile goménolée, et le pharynx avec des gargarismes.Certaines pratiques sont à éviter: l\u2019adrénaline doit être proscrite.La respiration artifi- 296 cielle et les inhalations de carbogène sont inutiles et dangereuses, car le centre respiratoire est plutôt excité qu\u2019inhibé.b) Gaz vésicants Considérations générales.L\u2019ypérite \u2014 du nom d\u2019Ypres, ou le corps fut utilisé pour la premiére fois par les Allemands en 1917 \u2014 est un sulfure d\u2019éthyle dichloré.C\u2019est le gaz moutarde ou substance à croix jaune.Elle frappe de mort toutes les cellules avec lesquelles elle entre en contact.Elle ne s\u2019épuise pas sur les premières couches cellulaires et pénètre dans les tissus, qu\u2019elle attaque profondément.Les vêtements ordinaires sont traversés par ses vapeurs.La permanence et l\u2019insidiosité représentent deux caractères importants de l\u2019action de l\u2019ypérite: la terre imprégnée conserve le toxique pendant des semaines; d\u2019autre part, le corps n\u2019étant pas irritant ne provoque aucune sensation pénible ni sur les voies respiratoires, ni sur la peau.Les symptômes de l\u2019intoxication par l\u2019ypérite se développent insidieusement après une période latente de plusieurs heures.Les premiers signes sont généralement des nausées et des vomissements.Puis se manifestent l\u2019inflammation oculaire et des accidents cutanés d\u2019érythème analogues au coup de soleil et parfois compliqué de phlyctènes.Le deuxième jour surviennent la dysphagie et l\u2019enrouement.Puis s\u2019installent des lésions broncho-pulmonatres graves avec bronchite pseudo-membraneuse, qui souvent amènent la mort.L\u2019anorexie, l\u2019épi- gastralgie, la diarrhée sanglante, l\u2019albuminurie avec cylindrurie, l\u2019asthénie et la torpeur, la fièvre, la tachycardie, l\u2019amaigrissement complètent la symptomatologie.Conduite thérapeutique dans l'intoxication par les gaz vésicants Il faut considérer tout ypérité comme un contagieux dangereux pour l\u2019entourage.Après avoir retiré les chaussures et les vêtements qui seront placés dans des récipients étanches et désinfectés ultérieurement, on institue aussitôt que possible les mesures pré- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, mars 1941 ventives destinées à supprimer le toxique avant qu'il ait pénétré dans la profondeur des tissus: frictions au chlorure de chaux rigoureusement sec, puis douche d\u2019eau chaude avec savonnage sans frictionner ni brosser.Sur la région où la peau est fine, il suffit de laver à l\u2019eau chaude et au savon, et on rince à l\u2019eau bicarbonatée.On prescrit des gargarismes et l\u2019ingestion d\u2019eau bicarbonatée, qui, au taux de 22,5 p.1000, servira également à laver les yeux.On évitera les pansements serrés, qui favorisent l\u2019apparition des phlyctènes, les pansements humides et les pommades.Les mesures curatives consisteront à soigner les yeux, qu\u2019on lavera avec une solution de permanganate à 0.5 p.1000 en utilisant au besoin, pour calmer la douleur, une goutte de la solution cocaïne-adrénaline.On appliquera sur les paupières une pâte à l\u2019eau composée de tale, carbonate de chaux, eau de chaux, glycérine à 30° à parties égales.Contre les accidents cutanés, il faut laisser les phlyctènes intactes, ne pas renouveler le pansement trop souvent \u2014 il doit être d\u2019ailleurs très lâche et très rembourré \u2014 et si les vésicules s\u2019ulcèrent, on les lavera à l\u2019eau d\u2019Alibour, et on appliquera du tulle gras ou une pommade à la percaïne.Enfin, on traitera les accidents respiratoires, digestifs et nerveux par les méthodes sédatives et désinfectantes habituelles.Lorsque les gaz vésicants sont représentés par les arsines, on utilise les mêmes méthodes de désinfection pour éviter la contagion de l\u2019entourage.La méthode préventive consiste à oxyder le corps pour le transformer en arsenic pentavalent, moins agressif que les composés trivalents.Des lotions cutanées seront pratiquées avec une solution de permanganate à 2 p.1000, avec de l\u2019eau de Javel ou de l\u2019eau oxygénée, ou encore une solution iodo-iodurée à 5 p.100 préparée extemporanément.Ces lotions seront suivies de lavages abondants à l\u2019eau savonneuse tiède.Elles pourront suffire dans les régions où la peau est fine, et on les fera suivre d\u2019un rinçage à l\u2019eau bicarbonatée.Les yeux et le pharynx seront désinfectés avec MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES une solution de permanganate à 0,5 p.1000.Les troubles digestifs seront traités par l\u2019administration, chaque heure, de cinq cuillerées à soupe de lait de magnésie *.Les mesures curatives seront à peu près les mêmes que pour l\u2019ypérite.c) Intoxication par les gaz irritants Considérations générales.Ce sont des corps qui ont la propriété d\u2019exciter les extrémités des nerfs sensibles, mais qui ne provoquent pas de lésions anatomiques définitives.On distingue les gaz lacrymogènes et les gaz sternutatoires.Ces derniers traversent les masques ordinaires, et le chlorure de diphényl- arsine fut utilisé en 1917 par les Allemands dans le but de provoquer des symptômes qui obligeraient les hommes à retirer leur masque et les exposeraient ainsi à l\u2019action des gaz suffocants ou toxiques.Effectivement, après quelques secondes, apparaissent des éternuements, du larmoiement, de la salivation, une toux in- 297 coercible, phénomènes passagers, mais qui parfois peuvent être suivis d\u2019ædème pulmonaire.Conduite thérapeutique dans l'intoxication par les gaz irritants On calme rapidement les symptômes irritants par inhalation du mélange suivant versé sur une compresse : Alcool .80 p.100 Ether lan 10 Chloroforme { 4% «+ + Ammoniaque .V gouttes (Moynier.) Les premières inhalations donnent l\u2019impression d\u2019exacerber les symptômes, mais les bouffées suivantes font disparaître toutes sensations pénibles.d) Gaz toxiques Ils sont représentés par l\u2019acide cyanhydrique et par l\u2019oxyde de carbone.Le traitement de ces deux variétés d\u2019intoxication sera indiqué dans le prochain numéro.Paul SAVY 2 L'HYDARTHROSE GÉNÉRALITÉS L\u2019hydarthrose consiste dans la distension d\u2019une synoviale par un liquide séreux.De même que l\u2019épanchement pleurétique est un mode de réaction de la plèvre, l\u2019hydarthrose est un mode de réaction de la synoviale articulaire.L\u2019hydarthrose constitue un symptôme d\u2019une affection et non une entité pathologique.La réaction de la synoviale n\u2019est qu\u2019un symptôme d\u2019une affection ostéo-articulaire ou ligamentaire.Ce n\u2019en est même pas l\u2019élément le plus important, bien que nettement perceptible cliniquement.L\u2019hydarthrose peut se rencontrer au niveau de toutes les articulations avec maximum de fréquence au genou.Le coude, l\u2019épaule, la hanche et l\u2019articulation tibio-tarsienne peuvent aussi en être le siège.1.Magnésie Lait .Eau bouillie .1 cuillerée à soupe .4 cuillerées à soupe .Q.S.P.un demi-litre (Moynier.) ETUDE CLINIQUE Le début est en général torpide et insidieux et survient chez un malade qui éprouve une très légère gêne articulaire depuis quelques semaines.L\u2019épanchement synovial se produit lentement.Les troubles fonctionnels sont peu aceu- sés: lourdeur des membres, gêne articulaire, impotence relative.La douleur et la géne sont calmées par le repos, sauf chez certains qui présentent des crampes nocturnes.Au lever, la géne est peu accentuée, mais elle augmente au fur et a mesure de l\u2019activité déployée.Les phénomènes douloureux sont plus intenses au lever qu\u2019à la fin de la journée.À l\u2019inspection, les tissus au niveau de l\u2019articulation montrent leur couleur et leur aspect normaux: pas de rougeur, ni œdème, ni circulation supplémentaire.2.Thérapeutique Clinique, vol.3, édit.1938. 298 L'aspect extérieur de l\u2019article a changé.Les méplats et les dépressions ont disparu et sont remplacés par des saillies plus ou moins prononcées.L\u2019atrophie musculaire contraste avec le gonflement articulaire.Le tissu cellulaire, les aponévroses, la peau paraissent également atrophiés.L\u2019attitude du membre malade est caractéristique.L\u2019articulation malade est toujours placée dans la position de repos qui correspond au maximum de capacité de la synoviale articulaire.La palpation montre deux ordres de symp- tomes, l\u2019un en rapport avec l\u2019atrophie péri- articulaire caractérisée par la fonte museu- laire avec atrophie de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané et l\u2019autre en rapport avec l\u2019épanchement intra-articulaire.L\u2019épanchement donne la sensation de souplesse, de mollesse des culs-de-sac synoviaux.On y percoit la fluctuation d\u2019autant mieux que la quantité de liquide intra-articulaire n\u2019est pas trop abondante.La recherche du choc rotulien est facile.La main gauche étalée empaume l\u2019extrémité inférieure de la cuisse et refoule de haut en bas le liquide.La main droite saisit le genou au-dessous de la rotule et refoule le liquide de bas en haut.L\u2019index droit fléchi presse la rotule sur les condyles fémoraux et cette propulsion détermine un léger choc typique: le choc rotulien.Les signes fonctionnels sont variables.La limitation des mouvements est presque constante, bien qu\u2019ils ne soient pas ordinairement douloureux.La laxité articulaire avec mobilité anormale est possible.La recherche de certains signes surajoutés (points douloureux osseux, modifications de l\u2019axe du membre malade), l\u2019étude approfondie de l\u2019état général, l\u2019examen des lymphatiques collecteurs de la région, la radiographie doivent toujours compléter l\u2019examen local.DIAGNOSTIC Le diagnostic de l\u2019épanchement de liquide est facile.L\u2019hémarthrose, la pyarthrose, les lipomes synoviaux sont des causes possibles d\u2019erreur.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 Le diagnostic de la nature de l\u2019hydarthrose est moins aisé; l\u2019épanchement articulaire n\u2019est parfois qu\u2019un épiphénomène au milieu du tableau clinique de l\u2019affection causale.L\u2019hydarthrose peut être de cause médicale, d\u2019origine vasculaire et survenir chez les cardiaques et les albuminuriques.Elle peut être d\u2019origine traumatique consécutive & une contusion articulaire.Elle peut être d\u2019origine statique et elle est alors un signe de fatigue articulaire.Elle peut survenir sur le membre opposé chez un blessé qui s\u2019efforce de soulager le côté malade en reportant tout le poids de son corps sur le membre sain.Elle peut être d\u2019origine blennorragique et venir, dans ces cas, compliquer une urétrite, une bartholinite ou une salpingite gonococ- ciques.Elle peut être d\u2019origine syphilitique et se présenter comme une manifestation de la période secondaire.Elle est habituellement bilatérale et indolore; elle s\u2019accompagne d\u2019abolition des réflexes rotuliens et d\u2019une réaction sérologique positive.Elle peut être de nature tuberculeuse.Il peut s\u2019agir alors d\u2019une tumeur blanche au début.Ses signes associés sont un léger épaississement de la synoviale, une limitation des mouvements articulaires et surtout une adénopathie marquée des territoires lymphatiques correspondants.Elle peut être d\u2019origine arthritique et se présenter comme une poussée aiguë avec épanchement au cours d\u2019une arthrite sèche.Elle peut également apparaître chez l\u2019adolescent au cours d\u2019une poussée de croissance (hydarthrose de la puberté).Elle s\u2019accompagne de douleur osseuse juxta-épiphysaire à la pression, mais l\u2019examen radiologique ne montre ni ostéite, ni pincement articulaire, ni décalcification.TRAITEMENT Le traitement est celui de la maladie causale bien entendu, ce qui montre l\u2019importance d\u2019un diagnostic étiologique exact et précoce.Les traitements locaux sont l\u2019immobilisation, la ponction, l\u2019arthrotomie.E.DESJARDINS. \u201cWT'Union Médicale\u201d en 1872 Le \u201cCondurango\u201d Le public médical devra enfin se réjouir de l\u2019arrivée du fameux Condurango, si vanté par certains médecins des Etats-Unis et que l\u2019on regarde comme un spécifique sûr contre le cancer et ses différentes variétés, et contre la syphilis constitutionnelle.Au mois de juillet dernier, si je me souviens bien, quelques journaux de cette cité firent mention de la découverte de cette plante, mais ne donnèrent aucun détail vu le peu de renseignements qu\u2019ils avaient sur le sujet.Aujourd\u2019hui, je suis à même de renseigner le public d\u2019une manière plus certaine, plus claire et plus étendue, car j'ai reçu une circulaire qui donne toute l\u2019histoire de ce remède nouveau, grâce à la générosité de MM.Lafon et Vernier, pharmaciens de cette cité, qui viennent d\u2019en recevoir une certaine quantité.Je traduis: « Dans le sud de l\u2019Equateur, près des bornes du Pérou, et sur le penchant fertile des vieilles montagnes des Andes qui environnent la belle vallée de la ville de Loja, se trouvent les vignes de Condu- rango.Les indigènes croyaient que le fruit de cette vigne était un poison violent, et il est parmi eux une tradition qui dit qu\u2019une femme voyant son mari presque aux portes du tombeau, par suite d\u2019un cancer qui le faisait souffrir horriblement, lui donna, non dans l\u2019intention de le faire guérir, mais de le faire mourir plus sûrement, de hautes doses de décoction de Condurango.Le remède, de fatal qu\u2019il devait être.devint bienfaisant, car ce pauvre Indien revint à la vie et guérit complètement de son cancer.Malgré cette tradition, il paraît que personne, pendant de nombreuses années, n\u2019eut le courage de répéter la même expérience, jusqu\u2019à ce qu\u2019enfin, un certain médecin, nommé Eguiguren, frère du gouverneur actuel de la Province de Loja, désirant mettre à l\u2019épreuve les propriétés de la plante, l\u2019administra à plusieurs de ses patients atteints soit de cancer ou de syphilis, et obtint d\u2019excellents résultats.Par malheur, dans l\u2019intervalle, il fut obligé de quitter la province de Loja et alla à Quito pour y occuper une position politique et ne pensa plus à son Condurango.Son frère, le gouverneur de Loja, qui avait eu vent de cette découverte, voyant un jour un pauvre nègre qui souffrait d\u2019un ulcère, se souvint du Condurango et l\u2019administra au malade qu\u2019il avait fait venir spécialement à sa maison de campagne de Malecatos, et le guérit complètement dans l\u2019espace de six semaines.Ce bon gouverneur de Loja, fier de son succès, vint, peu de temps après, à Quito, emportant avec lui quelque peu de Condurango, et les cures merveilleuses qu\u2019il opéra dans les hôpitaux de ce pays attirèrent d\u2019abord l\u2019attention du président de la République de Quito, Senor Don Garcia Morena, sur ce qu\u2019une nouvelle source de revenus pour son gou- Mars 1872.vernement n\u2019attendait que sa propre protection pour se répandre par tout l\u2019univers.Alors, Senor Don Garcia Morena adressa une note qu\u2019il fit parvenir à plusieurs autorités des principales villes de l\u2019Europe et de l\u2019Amérique, laquelle note était accompagnée d\u2019un échantillon de Condurango et insistait fortement sur l\u2019importance de cette plante.Le Département d\u2019Etat, à Washington, agita aussitôt la question, par l\u2019entremise de son ministre à Quito, l\u2019Hon.Rumsey King, et lança dans le monde américain une circulaire constatant tout ce que je viens de rapporter sur le Condurango.Cette circulaire tomba entre les mains du Dr Bliss, de Washington, docteur éminent qui avait alors sous ses soins la mère de l\u2019Hon.Scuzler Colfax, vice- président actuel des Etats-Unis.Le Dr Bliss parvint à se procurer, à grands frais, il est vrai, une certaine quantité de Condurango et en fit immédiatement l\u2019application sur son honorable patiente qui souffrait d\u2019un cancer mammaire et laquelle revint bientôt à la santé, grâce à l\u2019action bienfaisante du Condurango.Il commença son traitement le 27 avril de l\u2019année dernière, et le 2 juin, madame Colfax était en parfaite convalescence et complètement guérie de son cancer, du moins d\u2019après ce qu\u2019il constata dans le Medical Journal de New-York, à cette époque.Le Dr Bliss rapporte aussi qu\u2019il a guéri d\u2019un cancer mammaire, durant le mois de juin de l\u2019année dernière, une dame de la famille de l\u2019Hon.Gorham, secrétaire du Sénat des Etats-Unis.Comme on le voit, le Dr Bliss semble n\u2019avoir soigné que les grands personnages de la grande République américaine, et il faut avouer que la cherté du remède est bien propre à en éloigner les patients pauvres, car une seule bouteille d\u2019une pinte coûte à New-York, chez MM.Bliss, Keene & Co., la modique somme de dix dollars.Maintenant, il est important pour nous, médecins, de faire une application immédiate de ce remède, quand un chacun de nous en aura l\u2019occasion, et d\u2019en faire connaître publiquement les effets, soit dans notre journal de Médecine ou dans toute autre feuille publique, pour savoir à quoi s\u2019en tenir; et si les résultats sont aussi satisfaisants ici qu\u2019ils l\u2019ont été aux Etats-Unis, la botanique médicale aura alors à se glorifier de deux noms qui lui seront chers, MM.Bliss et Keene, car ils auront contribué grandement à l\u2019avancement de la science médicale, en se faisant les propagateurs d\u2019un agent thérapeutique puissant et précieux d\u2019après leur propre autorité*.J.O.MOUSEAU, M.D.1.Malheureusement, le grand enthousiasme manifesté pour le condurango comme médication anticancéreuse, ne fut qu\u2019un feu de paille.Aujourd\u2019hui comme en 1872, on cherche la substance médicamenteuse qui guérira le cancer.Soucis d\u2019autrefois, soucis de maintenant! ANALYSES Dans le but d\u2019uniformiser les indications bibliographiques qui accompagnent les analyses, afin de les rendre plus complètes et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le «Quarterly Cumulative Index Medicus»: nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article nom du périodique, le volume, la page, le mois (le jour du mois, si le périodique est hebdomadaire), l\u2019année.Exemple: J.Beerens.\u2014 \"Tuberculose et démence précoce.« Année Méd.\u2014 psychol.», 94: 1 (juin) 1938.MEDECINE Martin HYNES.\u2014 La ponction du sternum.\"The Lancet\u201d, 236: 1373 (17 juin) 1939.La première biopsie de moelle humaine fut faite en 1908, par Ghedini, dans le tibia.Les études de Peabody (1927) sur l\u2019anémie pernicieuse ont rendu l\u2019étude de la moelle osseuse plus intéressante.La moelle tibiale contient peu de globules rouges.De plus, dans les maladies du sang, elle éprouve ses changements très tardivement.La moelle sternale est plus riche en globules rouges et les changements morbides y sont précoces.C\u2019est Arinkin, en 1927, qui a préconisé la ponction sternale.Des ponctions répétées chez un même sujet dans des conditions identiques donnent une formule semblable à elle-même.Nordensen, en 1935, a démontré que les formules étaient les mêmes dans les moelles du sternum, des vertèbres, des côtes, de l\u2019os iliaque et du tibia.Dans certains cas, la biopsie du sternum faite à la tréphine rend plus de services que la simple ponction.Technique L\u2019auteur a utilisé l\u2019aiguille de Salah modifiée par Allen et Hanbury.Cette aiguille est stérilisée dans l\u2019huile.Une demi-heure avant l\u2019intervention, le malade reçoit 10 grains d\u2019Aspirine et 15 gouttes de Nepenthe.La ponction est faite au niveau de la 3e côte.On fait, au préalable, une injection intradermique d\u2019une solution à 2% de procaïne; puis la peau, les tissus sous-cutanés et le périoste sont infiltrés avec 1 centimètre cube de cette solution à 2% de procaïne.L\u2019aiguille est introduite sous la peau, puis l\u2019ajustage est réglé à 14 de pouce au-dessus de la peau.L\u2019aiguille est introduite au moyen de quelques coups de marteau.On a la perception que l\u2019aiguille penètre dans le vide quand la cavité médullaire est atteinte.On enlève alors le mandrin et on ajuste une seringue de 1 cc.bien sèche, et on aspire.La succion détermine un malaise chez le malade.L'auteur retire 44 de c.c.qu\u2019il introduit dans un tube contenant du mélange oxalaté de Wintrobe.La moelle coagule très vite, plus vite que le sang; aussi faut-il faire ce mélange très rapidement.L\u2019étalage sur lame et la coloration au Leischman doivent se faire dans la demi-heure qui suit.Plus tard les globules rouges seraient détruits.L\u2019auteur a étudié 109 ponctions sternales faites sur des cas différents, dont 13 normaux, 44 leucémies, 7 anémies pernicieuses, 6 anémies aplastiques et 6 myo- scléroses.Voici la formule qu\u2019il donne d\u2019une moelle sternale chez l\u2019homme normal.Formule normale Neutr.Eosino.Baso.Polynucléaires segmentés .9-30 0-3 0-0.5 Polynucléaires non segmentés .20-40 0-2 0-1 Métamyélocytes .25-12 0-25 \u2014 Myélocytes .28 0-1 -\u2014 Prémyélocytes .05-5 Myéloblastes .0-25 Lymphocytes .5-20 Cellules plasmatiques .0-1 Monocytes .0-5 Normoblastes .7-19 Erythroblastes .2-7 Mégaloblastes .0-4 Total: 25,000 à 100,000 cellules au cm.Rapport myéloide-érythroblastique: 2:1-8:1.Pathologie Les leucémies.Le rapport myélo-érythroblastique est altéré dans les leucémies, par l\u2019élévation considérable du nombre des globules blancs primitifs, ou non complètement différenciés.Les érythroblastes et les normoblastes sont en nombre à peu près égal.Le défaut de maturation cellulaire est remarquable.C\u2019est dans la leucémie aleucémique que la ponction sternale rend surtout service.Leucémie myéloïde aiguë.Les cellules très primitives de la série blanche atteignent une proportion allant parfois jusqu\u2019à 99%.Ce sont surtout les myéloblastes et les prémyélocytes qui prédominent.On y trouve quelques globules rouges nucléés, des érythroblastes et des normoblastes.Leucémie myéloïde chronique.Au début de la maladie, les myéloblastes et les prémyélocytes doublent leur nombre habituel.Il y a peu ou pas de lymphocytes et de monocytes.A la période terminale, la formule est presque celle de la leucémie myéloide aiguë.Leucémie myéloïde aiguë.70 à 90% des cellules sont des lymphocytes primitifs.Les cellules de la ANALYSES série myéloïde présentent ce défaut de maturation signalé plus haut.Leucémie lymphoïde chronique.40 à 90% des cellules sont des lymphocytes plus ou moins normaux dans leur taille ou leur structure nucléaire.Les cellules de la série myéloïde n\u2019ont pas évolué.Leucémie à monocytes.L'auteur en a observé deux cas, dont une leucopénique.Un cas aigu présentait 93.5% de monocytes primitifs; l\u2019autre, un chronique, présentait 30% de monocytes primitifs et 4.5% de monocytes normaux.Le traitement radiothérapique des leucémies ramène la formule médullaire à la normale ou à peu près comme dans le sang, et cette influence des rayons X sur la moelle osseuse ouvre des horizons.Polyeythémie.La formule médullaire de la poly- cythémie donne une hyperplasie des éléments blancs et rouges.Anémie pernicieuse.Elle se caractérise par la prédominance des mégaloblastes et des érythroblastes, qui atteignent 25 à 40% de la totalité des cellules.La moitié de ces érythroblastes sont des éléments jeunes possédant un noyau réticulé, l\u2019autre moitié possède un noyau en forme de roue de charrette (cart wheel).Ces derniers érythroblastes sont plus grands que des érythroblastes normaux.Il existe aussi une hémoglobinisation prématurée.Les polynucléaires sont considérablement diminués de nombre.Le foie de veau améliore rapidement la formule.On a trouvé des formules semblables d\u2019anémie macrocytique dans la sprue, chez un cas de cancer d\u2019estomac, chez un opéré de lintestin (résection large), dans un cas de syphilis du foie et dans une cirrhose.Anémie aplastique.Le type de cette anémie, c\u2019est celle produite par une intoxication benzolée.On a alors soit une hypoplasie médullaire considérable.avec comme cellules des petits lymphocytes primitifs et rares, ou bien une hyperplasie médullaire mais bourrée de cellules primitives du type lymphocyte non différencié.Agranulocytose.Ici encore, deux cas peuvent se présenter: 1° il y a aplasie médullaire, et ce sont les myéloblastes qui prédominent dans les éléments de la série myéloïde, ou 2° il y a un défaut de maturation cellulaire, et ce sont les cellules plasmatiques et les lymphocytes primitifs qui occupent le champ cellulaire.Le lymphosarcome et la maladie de Hodgkin n\u2019ont rien de spécifique au médullogramme.On peut faire le diagnostic de maladie de Gaucher par la ponction sternale.On retrouve dans la moelle la cellule de Gaucher, la grande cellule claire spécifique de cette affection.Dans la malaria, on trouve plus d\u2019hématozoaires dans la moelle que dans le sang.301 Discussion En réalité, c\u2019est dans la leucémie aleucémique que la ponction sternale rend le plus de services, quelle que soit la formule sanguine.Dans toutes les autres affections du sang ou des organes hématopoïétiques, son utilité est moindre.La biopsie sternale à la tréphine pourra parfois rendre plus de services, mais pas toujours.Sylvio LEBLOND.R.H.MAJOR et L.H.LEGER.\u2014 La con- vallane dans la thérapeutique cardiaque.\u201cAmerican Heart Journal\", 18: 444 (octobre) 1939.La convallaria maialis (muguet, lis de la vallée) est connue depuis longtemps pour ses propriétés cardio-toniques et diurétiques.Jusqu\u2019à récemment, on employait des infusions ou des extraits fluides des feuilles, ou des racines ou de toute la plante, qui ne se montraient pas très actifs.En 1921, Marvin et White ont démontré que l\u2019action de la convallaria était due à certains glucosides ressemblant à la digitale.En 1929, Karrer a extrait de cette plante, au moyen du chloroforme, un glucoside qu\u2019il a appelé convallatoxine et qui est, pour la grenouille, le plus toxique des glucosides à action cardiaque.En 1937, Straub, en traitant une solution aqueuse de convallane, et qu\u2019il a trouvé contenir 20% de con- vallatoxine et 70% de convallamarine, autre glucoside cristallisé et hydrosoluble, extrait qui est donc moins toxique que la convallatoxine.Cet extrait a été dosé en unités-grenouille (c\u2019est-à-dire, la plus petite dose par gramme du poids de l\u2019animal suffisante pour entraîner sa mort).L'étude des propriétés pharmacologiques de la con- vallane a permis à Von Bergmann de constater que ses effets thérapeutiques se plaçaient entre ceux de la digitaline et ceux de la strophantine, et qu\u2019elle était beaucoup moins toxique que ces deux dernières.Ces conclusions ont été confirmées par Buttner, qui a établi en outre que la dose effective minimum était de 3,000 unités-grenouille, que la dose maximum était de 20,000 U-G., et que l\u2019on pouvait administrer sans danger 12,000 U.-G.par jour.Il a aussi trouvé que la convallane, ne se fixant pas, pouvait étre employée pendant un assez long temps.Pour lui, à hautes doses, elle agit d\u2019une façon semblable à la digitaline et à la strophantine, tandis qu\u2019à petite dose, elle serait plus diurétique qu\u2019elles.Depuis deux ans, les auteurs l\u2019ont employée abondamment.Ces nombreux essais leur ont permis de faire les constatations suivantes: 1) La convallane n\u2019influence pas mieux, et souvent moins bien, que la digitale les décompensations cardiaques consécutives à des lésions valvulaires.2) C\u2019est dans les cas de décompensation cardiaque s\u2019accompagnant de blocage, partiel ou complet, auri- 302 culoventriculaire, qu\u2019elle produit les meilleurs résultats.En effet, les électrocardiogrammes qu\u2019ils ont enregistrés ont montré qu\u2019un blocage n\u2019est jamais accentué, et qu\u2019au contraire, il est souvent amélioré.Elle serait donc très utile dans ces cas, où la digitale n\u2019est pas indiquée.3) Sur deux cas de néphrose lipoïdique, un a été complètement asséché.4) Les auteurs ont été très impressionnés par les effets diurétiques de la convallane.5) Les doses employées furent de 2 a 3,000 U.-G.par jour.Co Les auteurs n\u2019indiquent pas la voie d\u2019administration qu\u2019ils ont employée; il semble que ce doit être l\u2019injection intraveineuse, car en France des essais ont été faits avec la convallatoxine et la convallamarine, et l\u2019on s\u2019est servi de cette voie.Guy DROUIN.H.CHABANIER et C.LOBO-ONELL.\u2014 Sur le traitement du diabète par l'insuline.\u2018Presse Médicale\u201d, 47: 1454 (novembre) 1939.Après quelques années de tâtonnement et d\u2019hésitation de la part des médecins praticiens, le traitement insulinique du diabète est entré dans la pratique courante et est beaucoup plus répandu depuis 4 ou 5 ans.Mais ce traitement est encore institué et réglé purement et simplement en vue de la réduction de la glycosurie.La glycémie est rarement répérée, ou, du moins, elle sert rarement de base en vue de la conduite du traitement.Cependant, la plupart des médecins tendent actuellement à instituer l\u2019administration continue ou presque de l\u2019insuline, mais le plus souvent on la donne à très faibles doses.C.et L.attachent une très grande importance à la baisse de la glycémie au cours du traitement du diabète.«La détermination de la glycosurie ne renseigne nullement sur la valeur de la glycémie; la suppression de la glycosurie au cours d\u2019un traitement de restriction ne signifie nullement: retour de la glycémie à la normale.» Pour ces auteurs, il y à un intérêt essentiel à ce que la glycémie soit ramenée à la normale.La fragilité des diabétiques vis-à-vis une maladie quelconque (infections, opération, etc.) est en rapport avec le degré d\u2019hyperglycémie et non avec l\u2019importance de la glycosurie.Le traitement d\u2019un diabétique doit viser non seulement à dissiper la glycosurie, mais aussi, et surtout, à ramener le sucre sanguin à la normale.Le régime doit être assez restreint pour faciliter la réduction du diabète et assez riche pour assurer l\u2019équilibre de forces et de matière des patients.Les doses d\u2019insuline varient selon les besoins de chaque malade.Le plus souvent il faut les répartir en plusieurs injections afin d\u2019éviter les accidents d\u2019hypoglycémie.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 Les résultats de ce traitement ne sont pas douteux.C.et L.ont pu ainsi préparer 111 cas de diabète, de gravité inégale, sévères la plupart du temps, à diverses interventions.Dans aucun cas il n\u2019y eut de manifestations cliniques d\u2019acétonémie.Par ailleurs, l\u2019acidose est apparue dans 21 cas dont le traitement avait consisté dans la réduction simple de la glycosurie.Chez les malades soumis à ce traitement, on n\u2019a relevé aucun anthrax; dans 11 cas où un furoncle est apparu, il cst resté unique et n\u2019a point été le départ d\u2019une furonculose qui a fait complètement défaut chez les malades ainsi traités.De même, les complications organiques ou sensorielles se présentent moins fréquemment et sont beaucoup moins graves.Chez les malades soumis au traitement visant à réduire la glycémie, les auteurs ont constaté que la progression du diabète est exceptionnelle, mais sa régression, à des degrés divers d\u2019ailleurs, se montre presque la règle.Et les auteurs de conclure, avec une expérience longue et étendue, que le traitement du diabète le plus profitable à tous égards est celui qui vise à la réduction constante non seulement de la glycosurie, mais aussi de l\u2019hyperglycémie.H.NADEAU.PHTISIOLOGIE Jean MINET et D.WAREMBOURG.\u2014 Le traitement de l'état de mal asthmatique par les chocs insuliniques répétés.\u2018\u2019Paris Médical\u201d, 17: 357 (29 avril) 1939.Innombrables sont les thérapeutiques de l'asthme qui, hélas! peut durer des mois.Il suffit de mentionner les principales pour se rendre compte de ses complexités: saignées, anesthésie chloroformique, injections intramusculaires ou intraveineuses de gardenal sodique, pyrétothérapie par l\u2019huile soufrée ou le Dmelcos, abcès de fixation, infiltration cocaïnique des ganglions stellaires, vaccinothérapie, autohémothéra- pie, autosérothérapie, radiothérapie, etc.Si parfois les résultats sont remarquables, ils n\u2019en sont pas moins trop souvent inconstants et peu durables dans de trop nombreux cas.Les auteurs nous font part de leurs succès obtenus par l\u2019état de mal insulinique (choc insulinique).Les premiers essais remontent en 1932, tandis que les auteurs l\u2019emploient depuis 1936.Pour eux, lorsque la plupart des moyens cités plus haut ont été employés sans succès, il est indiqué d\u2019avoir recours au choc insulinique, surtout de préférence à l\u2019anesthésie chlo- roformique et à l\u2019abcès de fixation.Bien entendu.les asthmes dont l\u2019origine est ou anaphylactique ou col- loïdoclasique sont les moins influencés par le choc; il est alors plus logique de tenter la désensibilisation.«Les asthmes dits bronchiques, dans le mécanisme desquels s\u2019intrique une épine irritative respiratoire à prédominance fréquente de vagotonie, sont essentielle- ANALYSES ment justiciables de chocs insuliniques.Toutefois, nous répétons qu\u2019il s\u2019agit là de distinctions souvent difficiles à saisir de manière certaine et dont on ne tiendra compte en pratique que de façon très relative.» Cette thérapeutique insulinique peut aussi bien s\u2019appliquer à l\u2019enfant qu\u2019à l\u2019adulte.La technique diffère selon les différents auteurs.M.et W., grosso modo, suivent cette méthode-ci: tous les jours, à jeun, ils injectent des doses d\u2019insuline par progression régulière.Le premier jour, ils injectent disons 10 ou 20 unités afin de tâter la tolérance du malade et la dose est augmentée de 10 unités jusqu\u2019à ce que la dyspnée cesse (ce qui ne tarde pas) et que le malade se rende jusqu\u2019au bord du coma (condition nécessaire, si l\u2019on veut obtenir une guérison durable de l\u2019asthme).D\u2019ordinaire, 60 à 90 unités suffisent pour produire cette guérison.Cette dose optima connue, on injecte à nouveau tous les jours jusqu\u2019à la terminaison de la cure, ce qui prend 12 à 15 chocs intenses.Ce traitement ne comporte aucun danger, à \u201cla condition de soumettre le malade à une surveillance incessante et éclairée qui nécessite le séjour à l\u2019hôpital».C\u2019est là un des points essentiels au succès de la cure, et ce avec sécurité.De nombreux malades ainsi traités n\u2019ont pas eu de crises d\u2019asthme depuis un an et même deux ans.Un seul a eu une rechute au bout de six mois, alors qu\u2019un autre en a eu une après la fin de la cure.Il s\u2019agit alors de recommencer le traitement pour les voir disparaître complètement.C\u2019est une thérapeutique intéressante, elle vaut la peine d\u2019en faire l\u2019essai à certaines conditions bien définies.Paul-René ARCHAMBAULT.René BURNAND.\u2014 La tuberculose à l'œuvre dans un groupe familial de 90 personnes.De la phtisie à la paratuberculose.\u2019Annales de Médecine\u201d, 46: 106; 1939.L\u2019auteur prétend que la descendance d\u2019un tuberculeux est toujours lourdement tarée et qu\u2019en particulier on y voit constamment, et pour plusieurs générations, de multiples manifestations de ce qu\u2019il appelle la paratuberculose (affections intéressant tous les systèmes du corps humain et favorisées par un terrain tuberculisé, de telle sorte qu\u2019un bacille tuberculeux ou un virus très atténué continue à y produire des désordres que l\u2019on rattacherait, n\u2019était la souche tuberculeuse, à une tout autre étiologie).Il cite en exemple la biographie d\u2019une famille.Le père est né en 1844 et l\u2019on a pu suivre trois générations de cette famille.1) Père, mort en 1889, de tuberculose pulmonaire.A eu 20 enfants: a) 7 sont morts en bas âge de cause indéterminée (mort attribuable à la tuberculose, selon l\u2019auteur), b) 13 ont souffert ou sont morts de tuberculose, 5 vivent encore mais souffrent de tuberculose franche ou plus ou moins larvée, les 8 autres sont 303 morts de tuberculose, pour la plupart à un âge assez avancé.2) Enfants.Chez tous les enfants, la tuberculose a été précédée ou suivie de débilité constitutionnelle ou patraquerie.La patraquerie comprend des déséquilibres fonctionnels chroniques ayant de fausses apparences de dyspepsie, psoriasis, nervosisme, dermatoses plus ou moins atypiques.C\u2019est une tuberculose larvée évoluant très longtemps sur un terrain préparé; ce sont des états bacillaires relevant d\u2019un bacille à pouvoir très atténué.3) Petits-enfants (48).A) 11 ont fait de la tuberculose et 7 en sont morts.a) 5 ont fait de la tuberculose pulmonaire ; b) 4\u201c \u201c « méningée ; c) 1 a fait \u201c \u201c« osseuse.B) 27 autres ont fait des syndromes d\u2019imprégnation tuberculeuse.Troubles dyspeptiques chroniques, maigreur: 14.Troubles mentaux, retards de développement physique et intellectuel: 5.Troubles nerveux: 5.Goitre, troubles endocriniens: 6.Eczémas, psoriasis: 3.Accidents inflammatoires récidivants des voies respiratoires: 3.Scoliose: 1.A noter que malgré l\u2019énorme morbidité, le virus semble très atténué.4) Arrière-petits-enfants (21).Aucun n\u2019a fait de tuberculose franche, mais onze ont fait des accidents d\u2019imprégnation tuberculeuse (paratuberculose).La gravité de la tuberculose familiale continue à s\u2019atténuer.10 sont absolument sains.Rachitisme: 1.Ganglions bronchiques: 2.Asthme : 4.Rachitisme, dystrophie ou asthme: 8.Anémie, nervosité: 1.En résumé, 89 personnes observées.Petits- Arrière- Enfants enfants p.-enfants Morts de tuberculose 8 6 0 Morts de tuberculose manifeste .À 5 0 Imprégnation bacillaire 1 27 10 Sains .0 9 10 Mortalité: 22 sur 89: 25%.Morbidité: 38 sur 89: 42% sont valétudinaires.répondant à la définition des syndromes d\u2019imprégnation tuberculeuse atténuée.Les évolutifs, les lésionnels.les cavitaires ne présentent pas ces accidents para- tuberculeux.On les trouve dans la catégorie des imprégnés de tuberculose.Cet assemblage de malades ne peut être, selon l\u2019auteur, fortuit.Chez tous ceux qui ont eu des réactions sérologiques on a pu éliminer la syphilis.Les syndromes d\u2019imprégnation tuberculeuse forment une sorte de diathèse qui peut toucher tous les organes, et de cette façon, c\u2019est la tuberculose-maladie qui s\u2019infiltre un peu partout dans la pathologie. 304 Ces paratuberculeux doivent être surveillés, mais on ne doit pas les envoyer au sanatorium.Henri MARCOUX.GASTRO-ENTEROLOGIE David W.NORTHUP et Edward J.VAN LIERE.De l'influence du sulfapyridine sur l'évacuation de l'estomac humain normal.\u2018J.Phar.and Exp.Therapeutics\u2019, 70: 297 (novembre) 1940.Les A.déterminent chez 10 sujets le temps normal d\u2019évacuation de l\u2019estomac pour un repas de 15 gr.de farine Quaker préparée dans de l\u2019eau ad 200 cc.Puis ils constatent qu\u2019un gr.de sulfapyridine administré par voie buccale retarde l\u2019évidement de l\u2019estomac de 8.5 à 59.5%.Ils concluent à l\u2019inhibition de la motricité stomacale.Philippe RIOPELLE.Howard GRAY.\u2014 Le cancer gastrique.\u2018J.AM.A\u201d, 116: 22 (4 janvier) 1941.Le cancer d\u2019estomac est une affection malheureusement fréquente et redoutable à laquelle la science médicale ne peut opposer à l'heure actuelle que la cure radicale par la chirurgie, lorsque celle-ci est possible.Chacun connaît et déplore le taux d\u2019inopérabilité de cancers gastriques accueillis dans les centres hospitaliers.C\u2019est donc une question de «diagnostic précoce ».Il faut penser au cancer devant tout syndrome dyspeptique banal mais tenace, et savoir qu\u2019il n\u2019y a pas de tableau clinique particulier du cancer gastrique au début.Trop de médecins attendent, pour parler de cancer d\u2019estomac, que soit réalisé dans toute sa splendeur le tableau classique du cancer avancé: cachexie, vomissements, anémie, etc.Dans la grande majorité de ces cas, on peut sentir la tumeur à la palpation, et à ce stade-là, il n\u2019y a habituellement plus rien à faire d\u2019efficace et de radical.On semble aussi attacher trop peu d\u2019importance à la possibilité de transformation des ulcères gastriques bénins.Cette éventualité doit être considérée dans chaque cas d\u2019ulcère; elle peut amener la gastrectomie.comme le conseillent actuellement les chirurgiens de la clinique Mayo dans les trois quarts des cas d\u2019ulcères gastriques.Si l\u2019on n\u2019intervient pas de cette façon.il faut suivre étroitement le malade, par la clinique et la radiographie, ne pas craindre de répéter les clichés, à tous les deux ou trois mois, et se souvenir que certaines évolutions radiologiques, rassurantes en apparence, se constatent parfois chez des cancers authentiques.Cette communication de Gray n\u2019expose rien de nouveau sur le problème capital du cancer d\u2019estomac.L\u2019auteur a le mérite de redire des vérités dont on a peine à se convaincre en beaucoup de milieux; bana- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 lité du tableau clinique du cancer gastrique au début, d\u2019où nécessité de faire radiographier par ceux qui s\u2019y connaissent en dyspeptiques rebelles, de toute condition et de tout âge, et danger de la transformation néoplasique des ulcères bénins de l\u2019estomac; ce qui impose le devoir de suivre ces malades aux rayons X et de ne pas s\u2019illusionner sur l\u2019amélioration clinique et souvent même radiologique de ces ulcères « soi- disant bénins».Il est intéressant de retrouver sous une plume américaine des idées et des règles de conduite que l\u2019on a vu exposer avec tant de maîtrise, il y a quelques années en France, à une époque où la littérature médicale n\u2019en faisait pas encore mention.Roger-R.DUFRESNE.M.FELDMAN et T.MORRISON.\u2014 Le duodénum inversé.Sa signification clinique avec rapport de 14 cas.\u2018Am.Jour.Med Sc.\u201d, 200: 67; 1940.Les anomalies de la première partie du duodénum sont rares.La plupart proviennent du manque de rotation.Dans les 14 cas rapportés par les auteurs, le duodénum inversé ne se trouve pas associé à d\u2019autres anomalies gastro-intestinales.Cependant, des anomalies pancréatiques, ainsi qu\u2019un attachement mésentérique défectueux, peuvent se rencontrer.Les symptômes n\u2019ont rien de caractéristique; cependant, la douleur à l\u2019épigastre avec nausée suivie souvent d\u2019ictère et diarrhée, font leur apparition; et surtout en présence d\u2019une stase duodénale, la céphalée à type migraineux fait croire à des troubles fonctionnels graves.L\u2019examen radiologique offre le seul moyen de poser un diagnostic.Il faut reconnaître quatre types de duodénum inversé: a) duodénum inversé total (excepté le bulbe) ; la direction du duodénum est vers le haut, à gauche et en arrière; b) l\u2019inversion de la deuxième partie du duodénum; c) type duodénum allongé, complètement mobile, déplacé vers la droite; d) duodénum inversé, avec non-rotation congénitale de l\u2019intestin ; absence de l\u2019angle duodéno-jéjunal.Comme traitement, les auteurs préconisent un traitement strictement médical: repos; drainage et lavage transduodénal au sulfate de magnésie; régime riche en vitamines.L'intervention chirurgicale et sa modalité dépendront de la condition locale.A.CANTERO.William GOLDIE.\u2014 La thérapeutique de l'ulcère peptique.\u2018The Can.Med.Ass.Journ\", 43: 236 (septembre) 1940.L\u2019auteur fait une étude compléte de la question de l\u2019ulcère gastro-duodénal, historique.pathogénique et clinique.I! y collige les seules données vraiment certaines de cette maladie.pie ANALYSES Il n\u2019y a pas encore de médicament spécifique de l\u2019ulcère.Mais, pour faciliter le traitement, il faut considérer quatre groupes distincts: 1° Ceux qui ont un ulcère simple avec un horaire bien marqué; 2° Ceux qui ont de la gastrite et qui souffrent vingt-quatre heures par jour; 3° Ceux qui présentent des hémorragies ou des perforations; 4° Ceux qui ont une sténose.Groupe n° 1.\u2014 C\u2019est la sensation de vacuité stomacale, ou d\u2019évacuation trop rapide, de crampes, de faim douloureuse avec un horaire toujours semblable à lui- même.Ces troubles sont dus à une contraction exagérée de la musculature.Le traitement doit viser à la corriger par les alcalins, les sédatifs, les antispasmodiques et l\u2019agencement des repas.Les alcalins diminuent la violence de la contraction musculaire, tout en étant indépendant du taux d\u2019acidité gastrique.Le meilleur alcalin est le bicarbonate de potassium, 6 à 7 grains par jour.Il faut choisir les sédatifs nervins qui agissent le mieux à une dose si petite que leur emploi prolongé soit inoffensif.Le phosphate de codéine, 1/32° de grain, et le bromure de potassium, 1 à 2 grains, sont les meilleurs.L\u2019atropine, pour bien agir, doit être prescrite à des doses si fortes qu\u2019elles produisent des symptômes désagréables.Les petites doses ordinaires ne paraissent pas soulager beaucoup.Les substances absorbantes sont utiles en cas d\u2019hyperchlorhydrie.Les meilleures sont le sulfate de baryum et l\u2019Amphojel.On peut en prendre indéfiniment sans danger, mais il est plus sage d\u2019essayer de suspendre après quelques semaines, quitte à reprendre si les symptômes reviennent.I] faut augmenter le nombre des repas, ?.e., en plus des trois repas ordinaires, il faut prendre trois petites collations faites de lait et de biscuits.Il n\u2019est ni nécessaire ni désirable de réduire l\u2019alimentation.Les crudités, fruits, légumes et œufs, doivent être suspendus pour deux semaines.Groupe n° 2.\u2014 Gastrite.L\u2019inflammation s\u2019étend.L\u2019œdème inflammatoire peut causer une sténose temporaire, une petite hémorragie ou des adhérences péritonéales.Le traitement comprend: repos au lit, glace, petits repas à toutes les heures, alcalins, Amphojel et baryum.Groupe n° 3.\u2014 En cas de grosse hémorragie, il faut demander une consultation médico-chirurgicale immédiate.Si la transfusion est sans effet, il faut opérer sans attendre que le choc hémorragique se produise.Le chirurgien doit se contenter de faire de simples ligatures vasculaires autour de l\u2019ulcère, sans plus.305 En cas de perforation, les résultats sont d\u2019autant meilleurs que l\u2019opération est plus hâtive.Groupe n° 4.S\u2019il y a sténose, il faut placer un tube duodénal qui sert à l'alimentation et donner des alcalins par la bouche avant d\u2019opérer.L'auteur termine en rappelant que l\u2019ulcère existe souvent avec des foyers infectieux, de l\u2019entérite, du tabagisme, etc, tous troubles qu\u2019il faut d\u2019abord corriger si l\u2019on veut guérir complètement l\u2019ulcère gastro- duodénal.Pierre JOBIN.E.B.BENEDICT.\u2014 La valeur de la périto- néoscopie en gastro-entérologie.The American Journal of Dig.Diseases\u201d, 6: 512 (octobre) 1939.L'auteur fait l\u2019historique de l\u2019endoscopie de l\u2019abdomen et du bassin qui fut préconisée pour la première fois par Kelling en 1901.Les avantages de cet examen sur la laparotomie explorative sont les suivants: 1) Il y a moins de risque pour le patient et aussi moins de souffrance ; 2) Cet examen ne demande qu\u2019un jour d\u2019hospitalisation; 3) Anesthésie locale et une incision « stab » suffisent.Une biopsie peut être faite.Ce procédé a de la valeur dans le diagnostic des néoplasmes, cirrhoses, péritonites T.B., tumeurs fibreuses, grossesses ectopiques, et les cas de dysfonctionnement ovarien.Etude de certains cas particuliers.1) Cancer.Le pronostic et le traitement du cancer peuvent être changés par la découverte de métastases au niveau du foie et du péritoine.A) Estomac.C\u2019est surtout dans le cancer de l\u2019estomac que l\u2019auteur a employé le péritonéoscope.Pour l\u2019auteur, la laparotomie exploratrice a un pourcentage de mortalité élevé et il est très important de savoir s\u2019il y a des métastases.Un petit cancer peut en avoir donné, et un gros, non.B) Cæcum, côlon, rectum.Les mêmes considérations peuvent être énoncées.2) Maladies du foie.Dans neuf cas où le diagnostic était hésitant entre une cirrhose, un néoplasme, une péritonite T.B.ou une ascite d\u2019origine indéterminée, la péritonéoscopie fut employée.Dans sept cas, la vision d\u2019un foie granuleux fit faire le diagnostic de cirrhose.3) Variétés.Péritonites tuberculeuses: chez les six malades ayant subi l\u2019examen, son utilité fut démontrée.Dans deux cas, la péritonéoscopie infirma le diagnostic de T.B.généralisée, et dans les quatre autres le confirma avec biopsie à l\u2019appui.Jean-Paul DUGAL. 306 D.R.BERCOVITZ.\u2014 Progrès récent dans le traitement de la côlite chronique ulcéreuse.\u201cMed.Clinic North Amer.\u201d, 683 (mai) 1940.Les causes de la côlite sont multiples: réaction allergique, virus, facteur mental ou nerveux, déficience vitaminique, et maintes autres causes inconnues.Il faut aussi noter des guérisons spontanées, ainsi que des rechutes cycliques et saisonnières.Tout cas de côlite ne devrait être considéré guéri qu\u2019après un recul de cinq ans.L'auteur met en garde contre l\u2019enthousiasme de nouvelles méthodes thérapeutiques et de leur efficacité spécifique dans cette maladie.Au point de vue diagnostic, le toucher rectal est un aide important.Il faut surtout penser aux infections amibiennes et à la possibilité d\u2019une lymphogranulomatose du rectum.Les examens des selles et le test de Frei doivent aider à préciser le diagnostic.L\u2019auteur préconise comme traitement de la côlite ulcéreuse: a) 2,000 à 6,000 mg.d\u2019acide ascorbique par jour; b) injection de chlorhydrate d\u2019histidine ; c) prontosil ; d) petites transfusions répétées; e) un régime riche en protéines; et finalement, élimination de tout foyer d\u2019infection, et surtout celle située aux voies urinaires.A.CANTERO.CARDIOLOGIE E.N.BREWSTER et ELKINS.\u2014 Hypotension orthostatique.Traitement par le sulfate de benzédrine.\u2018Digest of Treatment\u201d, 4: 455 (décembre) 1940.L\u2019hypotension orthostatique est caractérisée par les symptômes suivants: 1) étourdissement suivi de syncope, lorsque le sujet passe de la position horizontale à la position verticale ; 2) une baisse immédiate et importante de la tension artérielle, surtout la pression systolique ; 3) le maintien du pouls au même rythme malgré la variation de la tension ; 4) étourdissement, faiblesse et perte de connaissance par le passage à la position verticale ou même assise.Les vaso-constricteurs sont la médication de choix de cet état, en élevant la tension par une action vaso- pressive sur les artérioles splanchniques.Après avoir successivement employé l\u2019éphédrine, l\u2019adrénaline, l\u2019auteur rapporte le plus récent cas traité, et aver succès, par le sulfate de benzédrine.La posologie varie de 25 milligrammes toutes les heures, jusqu\u2019à la dose d\u2019entretien de 50 milligrammes, 3 fois par jour.À retenir, les effets secondaires fréquents: arythmie.palpitation, nervosité, myoclonie et surtout l\u2019insomnie.Médication par conséquent très utile, mais aussi de surveillance quotidienne.Yves CHAPUT.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 Basil BLUMENTHAL et John REISINGER.\u2014 Douleur prodromique dans la thrombose coronarienne.\u2018American Heart Journal\u201d, Vol.20, No 2, août 1940, p.141.L\u2019obstruction des coronaires est précédée, soit d\u2019aucun avertissement, soit de douleurs angineuses à l\u2019effort, soit de douleurs angineuses au repos.Ce sont ces douleurs au repos que les auteurs appellent \u201c prodromiques ».Il est important de les connaître, à cause de la tendance qui existe à ne pas attribuer de signification à certaines douleurs thoraciques atypiques, de peur de porter le patient à trop penser à son cœur.Sur 32 cas d\u2019obstruction des coronaires, les auteurs ont pu retracer que 12 d\u2019entre eux (soit 37%) avaient été précédés de sensations douloureuses au repos, pour lesquelles l\u2019observation détaillée de ces 12 cas permet d\u2019établir certains caractères distinctifs: 1) La douleur apparaît brusquement, sans que l\u2019on puisse y trouver de cause déclenchante, à un moment où celui qui la ressent semble être en bonne santé.2) La douleur se fait sentir pendant que le sujet est au repos.Dans quelques cas, la douleur était associée à l\u2019effort, mais elle n\u2019était pas calmée par la cessation de l\u2019effort, ou encore ne débutait qu\u2019au moment où le sujet cessait de faire quelque chose.3) Dans 9 des 12 cas, le sujet, la journée même de l\u2019attaque, pouvait accomplir un travail assez énergique; 4) La longueur de temps durant laquelle les attaques se sont répétées avant que les coronaires se bouchent a varié de quelques jours à quelques années.5) La durée de chaque attaque douloureuse a varié de 15 minutes à plusieurs heures.6) L\u2019intensité de la douleur a été très variable.Elle était décrite comme une sensation de brûlure, de rongement, de constriction, de douleur ressemblant à un mal de dent, de colique, d\u2019endolorissement, d\u2019enflure, ou de broiement.Cependant, la douleur demeure de même caractère durant toute la période prodromique; l\u2019intensité de la douleur, sa durée, et la surface où elle est ressentie ont tendance à s\u2019accroître d\u2019une attaque à l\u2019autre.7) Siège de la douleur: le plus souvent elle a été localisée à la région thoracique antérieure, entre les lignes mi-claviculaires, et en hauteur du quatrième au sixième espace intercostal.Quelquefois, pour les premières attaques, elle siège ailleurs (épaule gauche, membre supérieur gauche, nuque), mais le plus sou- vnt, au cours des attaques subséquentes, elle est également ressentie à la région thoracique antérieure.8) La douleur s'accompagne le plus souvent d\u2019une sensation de fatigue limitée à la région douloureuse, et d\u2019une transpiration généralisée.9) Entre les attaques, le sujet se sent très bien, sauf parfois se sent faible, fatigué d\u2019une façon passagère. ANALYSES Il n\u2019a aucun signe à l'examen physique, ni à l\u2019examen électro-cardiographique.Pour ce qui est du mécanisme de ces signes prodromiques, on n\u2019en est encore qu\u2019à des hypothèses : a) D\u2019après une des observations rapportées, où il y a eu autopsie, les auteurs se rapprochent de l\u2019opinion d\u2019autres auteurs pour qui les signes prodromiques sont consécutifs à la rupture d\u2019un abcès athéromateux dans la paroi de l\u2019artère, ce qui est suivi de formation d\u2019un anévrisme disséquant de cette paroi.Cette hémorragie de la paroi entraîne une diminution du calibre du vaisseau et un infarctus plus ou moins partiel et passager; ou bien le foyer hémorragique devient un excitant des nerfs de la paroi vaseu- laire: dans un cas comme dans l\u2019autre, survient la douleur.b) Ou bien, la douleur est contemporaine de la formation de plusieurs petits infarctus du myocarde aux dépens de très petits vaisseaux, prélude de ce qui se passera plus tard dans un vaisseau plus important.Guy DROUIN.ENDOCRINOLOGIE S.A.POLLOCK.\u2014 Effets de l'œstrone sur la consolidation des fractures expérimentales.\u201cProc.Staff Meet.Mayo Clinic\u201d, 15: 209 (3 avril) 1940.L'auteur a expérimenté sur des rats femelles castrées, chez qui il a pratiqué des fractures: ces animaux se sont montrés déficients quant à la formation du cal, en comparaison avec des femelles normales.Croyant que l\u2019œstrone pourrait avoir un rôle dans la formation du cal, il en a donné à des femelles normales porteuses de fractures: la formation du cal fut de beaucoup plus rapide.Rapportant ces faits à la clinique, l\u2019auteur souligne le fait bien connu suivant: les fractures survenant chez les femmes ménopausées sont toujours très longues à guérir, et quelquefois la consolidation ne se fait pas, notamment pour les fractures du col du fémur.Que ce soit dû à une déficience hormonale ou non, il semble que cette thérapeutique soit à retenir, et l\u2019expérience future en démontrera ou non le bien- fondé.Yves CHAPUT.G.K.WHARTON.\u2014 L'hypothyroïdie méconnue.\u2018\u2019Coanad.Med.Assoc.Journal\", 40: 371 (avril) 1939.L'hypothyroïdie, dans ses formes légères ou atypiques, diffère tellement du myxœdème et du crétinisme, qu\u2019il est important d\u2019avoir des notions précises sur la symptomatologie variée de cette insuffisance.Le goitre simple traduit une déficience absolue ou relative de l\u2019organisme en iode.Le degré de cette 307 hyperplasie est en proportion inverse du contenu de cette glande en iode.Lorsque la glande thyroïde est devenue complètement privée d\u2019iode, l\u2019hyperplasie se transforme en atrophie qui traduit l\u2019_épuisement de la glande.La glande thyroïde, la surrénale et le système nerveux sympathique agissent ensemble et dans le même sens.L'activité de la thyroïde augmente le tonus du sympathique; c\u2019est pourquoi la plupart des symptômes de l\u2019hyperthyroïdie sont réellement l\u2019expression de l\u2019hyperactivité sympathique; tandis que dans l\u2019hypothyroïdie, il y a hypertonie du para-sym- pathique.Et cette hyperactivité du vague se traduit par de l\u2019hypersécrétion, la spasmodicité colique, la constipation.On ne doit pas se fier uniquement et aveuglement au résultat du métabolisme basal pour apprécier le fonctionnement de la glande thyroïde.En effet, le métabolisme basal ne mesure que la consommation d\u2019oxygène, ce qui n\u2019est, en somme, qu\u2019une partie de toute l\u2019activité de la thyroïde.D'autant plus que différents facteurs, tels que la diète, les émotions, la race et le climat sont responsables de plus de 15% d\u2019erreurs.Le dosage du cholestérol sanguin peut fournir des renseignements intéressants sur le fonctionnement de la thyroïde: il est reconnu que l\u2019hypothyroïdie s\u2019accompagne d\u2019hypercholestérinémie.L'épreuve de la tolérance à l\u2019iode fournit également des renseignements précis.Les individus normaux montrent une rétention d\u2019iode de 9 à 23% ; chez les hypothyroïdiens, ce pourcentage de rétention iodée est très augmenté.Mais les difficultés techniques ainsi que les inconvénients pour le maladé que comporte cette épreuve la rendent habituellement inutilisable en pratique.Read a établi, pour l\u2019appréciation du métabolisme basal, une formule qui se lit comme suit: % de la vitesse du pouls plus % de la pression artérielle moins 72 égale métabolisme basal.Constatations cliniques.Les symptômes que l\u2019on rencontre le plus souvent dans l\u2019hypothyroïdie sont les désordres menstruels (règles profuses et irrégulières; fréquence des avortements et de la stérilité), les troubles gastro-intestinaux (constipation du type spasmodique, flatulence), anorexie, fatigue, migraine.La peau sèche, les poils et les cheveux sont secs et cassants.L'insuffisance thyroïdienne, par l\u2019intermédiaire du système nerveux sympathique, serait la cause principale de la migraine.Des troubles associés du fone- tionnement de l\u2019hypophyse et des ovaires s\u2019ajouteraient à l\u2019hypothyroïdie pour conditionner cette affection.Les arthrites chroniques connaîtraient la même cause.Environ 40% des sujets souffrant d\u2019arthrite ont un métabolisme basal abaissé et sont améliorés par une 308 thérapeutique pluriglandulaire (thyroïde, parathy- roïde et ovaire).L\u2019insuffisance de la thyroïde augmente le tonus du vague.Or, cette hyperactivité du para-sympathique, qui se traduit par une hypersécrétion des glandes sébacées, est à l\u2019origine de Pacné vulgaire.Tous les cas d\u2019acné ne sont pas dus à une déficience de la thyroïde, mais une telle déficience prépare le patient à une telle affection.Bien des cas d\u2019hypertension artérielle qui surviennent à la ménopause sont sous la dépendance d\u2019une hypothyroïdie et cèdent heureusement à une thérapeutique par les extraits thyroïdiens.L\u2019insuffisance thyroïdienne, par l\u2019intermédiaire de l\u2019hypophyse, amène des perturbations dans le fonctionnement génital.L\u2019hypothyroïdie est très souvent à l\u2019origine de troubles sexuels: ménorragies, impuissance, stérilité, avortements, accouchements prématurés.Alors que les cellules acidophiles du lobe antérieur de l\u2019hypophyse règlent l\u2019augmentation du nombre des cellules dans l\u2019organisme, la glande thyroïde règle la vitesse de différenciation de ces cellules.Et il est possible que le cancer soit la résultante d\u2019un déséquilibre de ces facteurs de croissance.Antonio MARTEL.CHIRURGIE James H.SAINT.\u2014 L'incision oblique des muscles dans l\u2019appendicite aiguë.\u2018Surg., Gyn.and Obst.\u201d, 71: 504 (octobre) 1940.Bien que intervention pour appendicite simple et libre soit relativement facile, il n\u2019en est pas toujours ainsi lorsque l\u2019appendice est le siège d\u2019une inflammation aiguë.Dans ces circonstances, le chirurgien même le plus habile éprouvera de la difficulté, surtout lorsqu\u2019il aura affaire à un appendice en position rétro- cæcale ou rétro-colique ou extrapéritonéal, ou encore s\u2019il y a abcès.L\u2019incision de Morrison permet un plus grand jour sur l\u2019organe malade et facilite l\u2019extériorisation de l\u2019appendice et du cæcum, lequel peut être abordé de dehors en dedans.Cette incision n\u2019est pas nouvelle; elle fut préconisée par Rutherford Morrison alors que McBurney décrivit son incision.L\u2019incision commence dans le flanc droit à mi-chemin entre le rebord costal et la créte iliaque et descend parallèlement à l\u2019arcade crurale sur une longueur de 4 à 5 pouces.Elle est plus en dedans et plus en haut que lincision de McBurney.Le grand oblique, le petit oblique, le transverse et le facia transversalis et le péritoine sont incisés dans la même direction que la peau.Les vaisseaux importants rencontrés sont des branches de l\u2019épigastrique et une branche venant de l'iliaque profonde.et passant au niveau de l\u2019épine iliaque supérieure entre le petit oblique et le transverse.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 Les avantages de cette incision sont les suivants: 1° Elle permet une excellente vision sur les régions cæcale et appendiculaire et donne une large ouverture pour les manipulations chirurgicales; ces avantages permettent d\u2019enlever l\u2019appendice avec le minimum de traumatisme à la plaie et à l\u2019intestin.2° L\u2019angle supéro-postérieur de l\u2019incision étant au niveau du plancher de la fosse colique et de la fosse iliaque, le drainage sera plus efficace et plus sûr.3° Dans tous les cas, le cæcum est accessible par son bord externe; et les avantages de cet abord sont nombreux: a) le petit intestin est peu ou pas touché.ce qui permet d\u2019éviter la diffusion de l'infection dans la cavité abdominale et l\u2019iléus paralytique; b) c\u2019est l\u2019idéal lorsque l\u2019appendice est en position rétro-cæcale ou rétro-colique ou extra-cæcale; c) lorsque des adhérences inflammatoires ont exclu l\u2019appendice et le cæcum de la cavité péritonéale.l\u2019appendice peut être enlevé sans briser ces adhérences; d) l\u2019opération est souvent une intervention extrapéritonéale; e) les abcès localisés peuvent être ouverts sur leur bord externe sans peur de diffuser l\u2019infection dans la grande cavité.4° Dans les cas de symptômes dus à une pathologie chirurgicale dans le côté droit de l\u2019abdomen ou du pelvis, autre que d\u2019une appendicite aiguë, cette incision procure suffisamment d\u2019espace pour une exploration et une intervention.5° Si l\u2019incision est soigneusement fermée, la fréquence des hernies post-opératoires n\u2019est pas plus grande qu\u2019avec toute autre incision.Les nombreux avantages énumérés ci-haut portent l\u2019auteur à croire que cette incision est la meilleure dans l\u2019appendicite aiguë et qu\u2019elle devrait être employée plus souvent.Ant.PETTIGREW.GYNECOLOGIE René S.MACH et Gilbert MEYRAT (Geneve).Hémorragies méningées récidivantes survenant à la période d'ovulation.\u2018\u2019La Presse Médicale\", 48: 292 (13-16 mars) 1940.Depuis la première communication de Letulle et Lemierre, en 1904, les observations d\u2019hémorragies méningées dites spontanées coincidant avec le début des règles se sont multipliées.C\u2019est une notion actuellement classique que celle des épanchements sanguins sous-arachnoïdiens habituellement curables, survenant sans cause apparente chez des jeunes femmes au moment des menstruations.L'observation apportée ici par M.et M.diffère de toutes les précédentes, du fait que l\u2019hémorragie méningée n\u2019est pas survenue en période menstruelle.mais est apparue chaque mois exactement quatorze et seize Jours après le début des règles.Chez cette malade il a été constaté à quatre reprises, au milieu de la période intermenstruelle, un état méningé grave big 0 M ti ER ANALYSES dont la nature hémorragique fut chaque fois confirmée par la ponction lombaire.Les auteurs ont pensé que ces hémorragies étaient peut-être sous la dépendance d\u2019un état d\u2019hyperfolliculinie.Un traitement par les extraits de corps jaune a été institué après la quatrième hémorragie et depuis lors les crises ne se sont pas répétées.Il s'agissait d\u2019une malade hypertendue, âgée de 31 ans, sans lésion tuberculeuse ou syphilitique, qui présenta à quatre reprises des hémorragies méningées survenant 14 et 15 jours après le début des règles; donc, avec un rythme précis et chez une femme jeune.Il est intéressant de noter que l\u2019ovulation peut parfois se traduire par des manifestations cliniques pathologiques et, plus spécialement, par des phénomènes hémorragiques: règles de quinzaine, hémorragies péritonéales, existence d\u2019hémorragies gingivales et de purpura précédant chaque mois de neuf jours l\u2019apparition des règles.Chez la malade dont il est ici question, I\u2019hormone folliculinique ne fut dosée ni dans le sang ni dans les urines.Les auteurs ont seulement constaté l\u2019action nettement favorable des injections d\u2019extrait de corps jaune.Samuel LETENDRE.CHIRURGIE INFANTILE ET ORTHOPEDIE A.CALWELL.\u2014 Le traitement de la gangrène gazeuse provoquée.\u2018The Journal of Bone and Joint Surgery\", 28: 1 (jan.) 1941.Depuis 1892, on a tenté de contrôler l'infection causée par le bacille de Welch.Chimiothérapie, vaccins, radiothérapie, mesures chirurgicales, tout fut employé.Des expérimentations récentes sur souris ont prouvé l\u2019action bactériostatique du sulfanilamide sur ce microbe.De plus, des faits cliniques sont venus confirmer cette nouvelle acquisition: l'implantation de ce médicament dans les plaies des fractures compliquées y a réduit considérablement la fréquence de la gangrène gazeuse.Ces dernières années, on a relaté l\u2019arrêt de la gangrène gazeuse par la rœntgenthérapie.Mais on n\u2019avait pas d\u2019expérimentation pour appuyer cette assertion.Le bacille de Welch est essentiellement anaéro- bique.Aussi, a-t-il peu de chance d\u2019envahir un muscle bien oxygéné.C\u2019est pourquoi on a employé plusieurs sortes d\u2019oxydes en vue de combattre sa pullulation.Et c\u2019est la pâte au peroxyde de zinc qui a semblé donner certains résultats.Plan des expérimentations de l\u2019auteur.Les sujets sont des cobayes.Anesthésie à l\u2019éther, incision au bord externe de la cuisse droite, aponévroses et muscles coupés, pratique de plusieurs trous au fémur.introduction d\u2019une culture du bacille de 309 Welch, sutures de l\u2019incision à la soie, et une à six heures après, institution des traitements suivants: a) 19 cobayes ainsi préparés.Débridement des plaies sans irrigation.15 à 30 milligrammes de sulfani- lamide pour saupoudrer l\u2019os et les muscles.Résultat : 15 morts, six à quarante-huit heures après; 4 vivants.(8 cobayes, inoculés seulement, moururent quatorze à quatre-vingt-six heures après.4 cobayes pour contrôler l\u2019effet du choc opératoire, de l\u2019anesthésie et de la toxicité de l\u2019agent thérapeutique, sont demeurés en vie.) b) 9 cobayes.Plaies débridées, irriguées par du sérum physiologique et laissées ouvertes.Introduction de 50 milligrammes de sulfanilamide dans la cavité péritonéale, et répétition toutes les six heures.Résultat: 7 vivants, 2 morts.c) 5 cobayes.Débridement, irrigation à l\u2019eau salée, peroxyde de zinc dans les plaies.Résultat: 4 vivants, 1 mort.N.B.Le peroxyde était devenu cireux et brunâtre dans le cas du cobaye mort, tandis qu\u2019il n\u2019avait subi aucune transformation apparente dans celui des survivants.d) 10 cobayes.Gangrène produite.100 à 200 unités rœntgen pour l\u2019irradiation de chacun.Résultat: 3 de vivants, 7 de morts huit à dix-huit heures après.L'auteur croit que l\u2019emploi simultané du sulfanila- mide dans la cavité péritonéale et du peroxyde de zinc dans les plaies promet probablement des résultats encore plus satisfaisants.Joseph SAINE.NEURO-PSYCHIATRIE C.H.SHELDEN.\u2014 La vitamine E et l'alpha- tocophérol synthétique comme traitement de certaines affections nerveuses.\u2018\u2019Proceedings of the Staff Meeting of the Mayo Clinic\u201d, 15: 577 (11 sept.) 1940.Dans le but de contrôler certains travaux rapportant des résultats heureux de l\u2019emploi de la vitamine E dans certaines affections dégénératives neuro-museu- laires, notamment la sclérose latérale amyotrophique et les myopathies à type familial, l\u2019auteur a employé cette substance chez 8 cas de myopathie, 6 cas de sclérose amyotrophique et 4 cas d\u2019atrophie musculaire progressive.Il employa soit l\u2019huile de germe de blé à la dose de 45 c.c.par jour, soit 100 milligrammes d\u2019alpha-tocophérol 2 fois par semaine par injection intramusculaire ou par voie buccale à la dose de 50 milligrammes par jour.La durée du traitement dépassa, dans tous les cas, la période de 3 mois.Tous les malades, sauf deux, pouvaient marcher au début du traitement.Aucun résultat satisfaisant ne fut observé, par l\u2019auteur, de cette thérapeutique.Ses constatations infirment donc ce que rapportèrent d\u2019autres auteurs (Bicknell, Weschsler, Spies et Viller, Stone) et ne 310 manquent pas de refroidir l\u2019enthousiasme qu\u2019avaient suscité, chez les neurologistes, les rapports des auteurs plus haut cités.Roma AMYOT.OTO-RHINO-LARYNGOLOGIE QUIX.\u2014 Maladie de Ménière.\u2018Annales d'oto-larynaologie'\u2019, 57: 598 (juillet) 1938.On parle de \u201csyndrome de Ménière» lorsque l\u2019oreille interne, le nerf auditif ou les centres et voies vestibulaires centrales sont le siège d\u2019une affection assez bien définie ou localisée.Ces affections peuvent être de nature très différente, par exemple: traumatisme du crâne, infection du labyrinthe, méningite, intoxication, hémorragies par l\u2019artériosclérose ou infiltration par la leucémie, la syphilis, ete.Parmi les affections du nerf, nous connaissons les tumeurs du nerf auditif.Dans l\u2019organe central, nous connaissons plusieurs affections qui produisent le syndrome; d\u2019abord les tumeurs qui exercent souvent de loin une pression sur les centres vestibulaires.On peut alors parler tout au plus d\u2019un syndrome de Ménière.Mais, par ailleurs, il existe la maladie de Ménière classique, maladie typique dont les mêmes symptômes forment la seule et unique plainte du malade et dans laquelle on ne sait pas exactement ni le siège ni la nature de l\u2019affection et où toutes les causes mentionnées ci-dessus peuvent être éliminées avec certitude.Nous connaissons très bien cette maladie qui existe chez des personnes jeunes ou d\u2019ige moyen et d'une santé, comme Menière l\u2019a dit, irréprochable, sans qu\u2019on puisse trouver le moindre signe d\u2019une maladie quelconque dans le corps entier.Ménière croyait que la maladie qui porte son nom était causée par une hémorragie dans les canaux semi-circulaires.Nous savons maintenant que les hémorragies dans les canaux sont très rares.Ces hémorragies sont la plupart du temps causées par un traumatisme du crâne, ou par une altération du sang, comme dans la leucémie.C\u2019est alors un syndrome de Ménière plutôt que la maladie de Ménière.; Symptomatologie Les symptômes de la maladie de Ménière se composent ordinairement de troubles acoustiques et de troubles vestibulaires, attendu que les deux sens situés dans l\u2019oreille interne, celui de l\u2019ouïe et celui de l\u2019équilibre, sont atteints tous les deux à la fois.Dans les cas très graves de la maladie de Ménière, la paralysie de l\u2019organe vestibulaire et souvent aussi celle de l\u2019organe de l\u2019ouïe du côté malade est complète.Le labyrinthe est bloqué entièrement aux excitations périphériques qui déclenchent normalement des réflexes (injections d\u2019eau froide ou d\u2019eau chaude ne provoquent plus de nystagmus).Après une durée de quelques heures, ordinairement de quelques jours, l\u2019état maladif s\u2019améliore, les symptômes perdent leur L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 caractère violent et la paralysie se transforme en une parésie où l\u2019organe vestibulaire est de nouveau excitable par les injections.La surdité diminue et les bourdonnements s\u2019apaisent.Le malade entre alors dans l\u2019état intermédiaire où la sensation de vertige est devenue vague, et seulement les symptômes cochléaires (ouïe) lui rappellent la crise.Pour la recherche de la nature de cette affection, il est important de savoir qu\u2019il y a encore d\u2019autres symptômes qui nous fournissent une indication où localiser le siège de l\u2019affection.Le symptôme le plus important pour arriver à ce but est l\u2019altération de la sensibilité de la cornée du côté malade en touchant la cornée avec une petite ouate.La voie nerveuse de la sensibilité de la cornée est située dans le trijumeau.Le siège de l\u2019affection doit se trouver à un endroit où le nerf auditif et le nerf trijumeau se trouvent dans un voisinage intime.Pronostic.Les cas ne sont pas rares que la crise apoplectiforme ne se répète pas et que c\u2019est seulement une surdité de caractère labyrinthique qui demeure.Mais, ordinairement, les crises se répètent à des intervalles de quelques jours, de quelques semaines ou de quelques mois.Les crises deviennent de plus en plus légères et ne se traduisent plus après quelque temps que par une sensation de malaise et une incertitude dans la marche.Il ne reste finalement qu\u2019une surdité unilatérale plus ou moins grave.Remarquons bien cette particularité de la maladie de Ménière: c\u2019est le retour complet de la fonction normale de l\u2019organe vestibulaire.La maladie de Ménière diffère sur ce point de toutes les autres affections de l\u2019oreille interne qui causent les «syndromes de Ménière» et qui consistent en une destruction de l\u2019organe; comme c\u2019est le cas pour les labyrinthites suppurées, les traumatismes, les tumeurs et les hémorragies.Ces affections sont caractérisées par le fait que, la crise vertigineuse finie, l\u2019organe vestibulaire ne reprend pas son excitabilité.Si les troubles vestibulaires guérissent sans séquelles, les troubles cochléaires (ouïe), au contraire, ne guérissent presque jamais et vont en s\u2019aggravant.Pathogénie.On a expliqué le caractère variable et fugitif de cette maladie par des troubles vasculaires dans le labyrinthe; on parle d\u2019une congestion et d\u2019une anémie du labyrinthe, de crises angio-neurotiques, de l\u2019angio-spasme dans un labyrinthe sain ou altéré.Selon d\u2019autres, des modifications vaso-sécrétoires des milieux liquides labyrinthiques seraient en jeu, ce qui augmenterait la tension dans le milieu endo-labyrin- thique et provoquerait comme le «glaucome» de l\u2019oreille interne.Ce qui rend l\u2019étude de la pathogénie si difficile, c\u2019est le fait qu\u2019on ne meurt jamais d\u2019une crise de cette maladie, et qu\u2019on peut seulement trouver dans l\u2019oreille interne, après la mort, survenue des années après la crise, une dégénérescence de l\u2019organe de l\u2019ouïe, qui ne diffère pas des dégénérescences ayant d\u2019autres origines.Jean LACERTE. ANALYSES 311 DERMATO-SYPHILIGRAPHIE J.Ferreira MARQUES et Marcia VIEIRA.\u2014 Maladie de Lipschütz (ulcus vulvæ acu- tum).\u2018Arquivo de Patologia\u2019, 12: 124 (avril) 1940.A propos d\u2019une observation personnelle très étudiée, les auteurs font une excellente revue générale de la question.Une fillette de 12 ans, menstruée, sans antécédent pathologique important, présente brusquement de la fièvre accompagnée d\u2019une sensation de chaleur et d\u2019une forte démangeaison à la vulve.Le troisième jour, apparaît sur les membres, un érythème papulo- pustuleux dont les éléments sont circulaires, violacés, les uns, des dimensions d\u2019une lentille, les autres, d\u2019une pièce de cing francs.L\u2019examen gynécologique est pratiqué seulement le 12e jour parce que la malade avait caché les symptômes génitaux à son entourage.L\u2019écartement des cuisses, la marche et la miction provoquent une vive douleur.L\u2019hymen est intact.Les deux petites lèvres sont rouges et tuméfiées: toute leur face interne est occupée par une énorme ulcération enduite d\u2019un pus jaunâtre.L\u2019ulcération empiète sur les grandes lèvres: la droite est détruite dans sa moitié postérieure, la gauche, dans sa moitié antérieure.L\u2019état fébrile et l\u2019éruption persistent.Traitement local par bains de siège, pansements au dermatol et au sérum physiologique.Traitement interne par le Prontosil.Un mois après le début de la maladie, l\u2019ulcération vulvaire est en grande partie cicatrisée, les troubles fonctionnels sont nuls, la fièvre à disparu et l\u2019érythème a pâli.Après six semaines, la guérison paraît complète.Le diagnostic différentiel est discuté.La recherche de Ducrey et l\u2019intradermoréaction au Dmelcos sont négatives.De même la recherche du gonocoque, du spirochète, la réaction de Wassermann et la réaction de Frei.La diphtérie et la tuberculose sont éliminées autant par les données cliniques que par les données du laboratoire.I\u2019 «ulcus rotundum » de Zahn siège au fond du vagin, sans inflammation locale ni réaction générale.L\u2019ulcère vénéroïde de Welander est bien une maladie des jeunes filles vierges, mais il évolue lui aussi sans réaction générale.L\u2019«uleus vulvæ simplex chronicum » de Simon est une affection particu- liere aux femmes castrées ou ménopausées.L\u2019ulcére gangréneux de la vulve est une maladie rare, s\u2019accompagnant d\u2019écoulement fétide et d\u2019adénopathies douloureuses.Dans le cas présent, l\u2019examen bactériologique a d\u2019ailleurs montré la présence abondante du Bacillus Crassus qui est considéré comme l'agent pathogène de la maladie de Lipschütz.En résumé, l\u2019«uleus vulvæ acutum » se manifeste surtout chez les jeunes filles vierges.Ce n\u2019est pas une maladie vénérienne.Il a tendance à récidiver, parfois pendant plusieurs années.Il est causé par le « Bacillus Crassus », qu\u2019on croit identique au \u201cScheidenbacil- lus» de Däderlein, un hôte habituel du vagin.Ce bacille, d\u2019une façon générale, disparaît avec les rapports sexuels et revient à nouveau avec l\u2019état de grossesse.La maladie de Lipschütz n\u2019est pas toujours une maladie locale, surtout dans sa forme gangréneuse où elle peut être accompagnée de manifestations cliniques et bactériologiques de septicémie, avec métastases bactériennes.L\u2019évolution dure en général de deux à trois semaines.Le pronostic est bon.Les références bibliographiques sont très nombreuses et bien indiquées.G.PINSONNEAULT.H.J.TEMPLETON et Robert T.SUTHERLAND.L'exanthème de la mononucléose aiguë.\u201cJ.A.M.A., 113: 1215 (23 sept.) 1939.Les auteurs ne sont pas les premiers à parler de cette éruption ; Tydy, Lyght, Sadusk et Isaacs en ont déjà fait mention.La mononucléose aiguë est connue depuis Pfeiffer en 1889 qui l\u2019appela: fièvre glandulaire.Maladie infectieuse aiguë, chez les jaunes, avec malaise, fièvre et adénopathies.Début par mal de gorge, malaise, fièvre et quelquefois nausées et vomissements.L\u2019adénopathie est généralisée, mais surtout marquée aux ganglions cervicaux postérieurs.Hypertrophie légère de la rate.Il y a des poussées moins aiguës où la convalescence est plus longue.Examens de laboratoire: Hyperleucocytose, 10,000 à 20,000.Mononucléaires, 60 à 90%.« Agglutination test» positif.Il semble, d\u2019après les auteurs déjà cités, que l\u2019éruption soit très variable, mais apparaîtrait surtout au début avant l\u2019adénopathie et pouvant fausser le diagnostic.Il y aurait toutefois deux types surtout d\u2019éruption: un type maculeux et un type rubéoliforme surtout chez les jeunes enfants.Les auteurs, à l\u2019Université de Californie, ont observé 91 cas de mononucléose aiguë avec 185% d\u2019éruption.La plupart du temps, les auteurs ont fait un diagnostic de rougeole (German measles) avant de reconnaître la maladie, par la formule sanguine et le test d\u2019agglutination.L\u2019éruption fut du type maculeux en général avec quelquefois des éléments papuleux surtout marqués sur le tronc, la face étant prise en dernier lieu.L\u2019éruption, selon les auteurs, était semblable à celle de la rougeole purpurique; le prurit, léger ou nul.L\u2019éruption est apparue à toutes les périodes de la maladie, du 3e au 20e jour, d\u2019une durée de 3 à 7 jours, sans desquamation consécutive.Les auteurs admettent qu\u2019un certain nombre de ces patients ont pris des médicaments, et que pour quelques-uns on peut admettre l\u2019origine médicamenteuse de l\u2019éruption; mais comme, par ailleurs, d\u2019autres patients, pour des troubles de l\u2019arbre respiratoire, ont pris les mêmes médi- 312 caments et n\u2019ont pas fait d\u2019éruption, ils admettent que, dans la majorité des cas, il s\u2019agissait d\u2019une éruption due à la mononucléose aiguë.E.GAUMOND.Robert BROUDT et Schley GATEWOOD.\u2014 Diagnostic précoce du granulome inguinal.\u201cAm.Jour.of Syphilology, Gonorrhea and Venereal Dis.\u201d, 25: 48 (janvier) 1941.L'effet thérapeutique de l\u2019antimoine sur le granu- .lome inguinal diminue en proportion de la durée de la maladie.Un diagnostic précoce est donc nécessaire en vue d\u2019un traitement efficace, et dans la plupart des cas on peut y arriver par la recherche des corps de Donovan.Certains signes cliniques imposent la répétition de cet examen malgré de premiers résultats négatifs.Ces lésions au début sont surélevées, ce qui les différencie des inflammations chroniques telles que balanites ou chancrelles.La surface rouge veloutée saignottante et sa structure molle la différencie de la syphilis primaire ou secondaire.L\u2019absence des bubons est importante.Les lésions «en forme de bouton» peuvent donner le change pour des papules secondaires.Cependant, la clinique peut les différencier.Des réactions positives de Wassermann et des tests cutanés positifs de chan- crelle ou de lymphogranulomatose inguinale n\u2019excluent pas le granulome inguinal.La biopsie permettra un diagnostic exact.F.-L.BOULAIS.LABORATOIRE J.de Oliveira CAMPOS.\u2014 Leucémie myélo- blastique à manifestation tumorale.Arqui- vo de Patologia\u2019, 12: 146 (avril) 1940.La conception des leucémies en tant que processus hyperplasiques distincts des néoplasies a toujours soulevé des difficultés, depuis le fait signalé par Türk, et maintes fois constaté depuis, d\u2019une leucémie lymphatique coïncidant avec une lésion d\u2019allure nettement tumorale.La tentative de Sternberg de créer un L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 groupe intermédiaire de leucosarcomatose a nettement fait faillite, et de plus en plus la pathologie expérimentale et la «clinique portent à revenir à l\u2019ancienne opinion de Bard, de Ribbert et de Banti qui assimilaient les leucémies aux processus néoplasiques.Un homme de 26 ans entre à l\u2019hôpital pour phlébite du membre inférieur droit, une hypertrophie splénique moyenne et une leucocytose à 30,000 composée à peu près exclusivement de myéloblastes.Il meurt 8 jours après.À l\u2019autopsie, on trouve une rate de 300 grammes, un foie un peu hypertrophié, et derrière la vessie, une masse indurée de la grosseur d\u2019une orange, infiltrant les gros vaisseaux dans le pli inguinal droit, remontant le long du psoas et comprimant les uretères.Cette masse fait corps avec la prostate, infiltre le cul-de-sac de Douglas et comprime le rectum à 5 em.au-dessus de l\u2019anus.L\u2019examen histologique montre, au foie, des capillaires dilatés, farcis d\u2019éléments un peu plus grands que les lymphocytes, à noyau unique non lymphocytaire, nettement nucléolé, parfois échancré, et à protoplasme relativement abondant, sans granulation.Ces cellules forment des amas qui s\u2019infiltrent parmi les trabécules autour des veines et des canalicules biliaires.Nulle part cependant on ne remarque d\u2019infiltration des parois vasculaires pouvant faire penser à une infiltration néoplasique.Dans la .rate, les follicules de Malpighi sont encore visibles, mais extrêmement réduits.Dans les mailles de la pulpe, on trouve une abondance d\u2019éléments leucocytaires identiques à ceux constatés dans le foie.De même, dans les ganglions périaortiques et dans les amygdales.Dans la tumeur prostatique, les éléments propres de la glande ont disparu pour faire place à un tissu monotone dans sa structure générale et composé de leucocytes à type myéloblastique dont quelques-uns sont nettement échancrés comme des promyélocytes.La vascularisation de la tumeur se fait par des capillaires qui, en certains endroits, semblent montrer un revêtement par les cellules tumorales, mais qui en d\u2019autres, ont un revêtement endothélial assez net.G.PINSONNEAULT. SOCIÉTÉS L\u2019 « Union Médicale du Canada » publie les comptes rendus scientifiques de toute société savante de langue française de l'Amérique du Nord.Ces comptes rendus doivent cependant être rédigés succinctement en dactylographie par les secrétaires respectifs et être adressés, sans retard, à la Rédaction.REUNION SCIENTIFIQUE DU BUREAU MEDICAL DE L'HOPITAL NOTRE-DAME Séance du 12 décembre 1940 Présidence de M.Jean Saucier Méningite à méningocoque guérie par le sulfapyridine.Protocole thérapeutique M.Roma AMYOT Cette communication paraîtra comme article original dans un prochain numéro de l\u2019Union Médicale du Canada.Discussion M.J.SAUCIER.On peut guérir la méningite à méningocoques en employant du Soludagenan en injection intramusculaire uniquement.Toutefois, cela ne veut pas dire qu\u2019on ne peut pas employer la voie intrarachidienne, mais il est toujours préférable d\u2019éviter ces traumatismes.M.R.AMYOT.Les remarques du docteur Saucier sont tout à fait pertinentes; cependant, certains auteurs préfèrent injecter, au moins une fois, les sulfa- midés par la voie intrarachidienne, lors de la première ponction lombaire.Diamètre moyen des globules rouges.Signification \u2014 Mesure M.A.BERTRAND L\u2019érythropoiése normale chez l\u2019homme se poursuit selon un rythme régulier bien déterminé.Une cellule souche indifférenciée, évolue, se transforme et devient successivement mégaloblaste, érythroblaste, normo- blaste, réticulocyte puis normocyte, stade ultime du globule rouge dans la circulation.Comme toutes les autres cellules du sang, le globule rouge voit sa taille diminuer progressivement au cours du processus de maturation.Le mégaloblaste de la moelle mesure de 14 à 19 microns; devenu érythrocyte, il n\u2019a comme diamètre moyen que de 72 à 7,6 microns.Bien que sur un frottis de moelle ou de sang normal certains mégaloblastes, tout comme nombre de globules rouges, soient plus grands ou plus petits que ceux décrits plus haut, il n\u2019en reste pas moins intéressant de pouvoir mesurer le diamètre moyen des hématies puisqu\u2019en maintes circonstances Celui-ci est en relation directe avec la quantité d\u2019hémoglobine contenue dans la cellule, et partant, avec la valeur globulaire.Cette dernière représente la quantité d\u2019hémoglobine que le globule rouge, pris comme unité, contient, et varie normalement de 0,85 à 1,15, mais tend vers l\u2019unité.Dans les cas pathologiques, la valeur globulaire peut être normale, augmentée ou diminuée.Ces changements ont pour cause: 1° soit une augmentation ou une diminution de I\u2019hémoglobine, le volume globulaire restant constant; 2° soit une augmentation ou une diminution de l\u2019hémoglobine, le volume globulaire étant modifié.Toutefois, l\u2019augmentation de l\u2019hémoglobine dans un globule rouge de dimension normale est plus théorique que réelle, puisque normalement le globule rouge est saturé d\u2019hémoglobine et peut difficilement en contenir davantage.Une valeur globulaire supérieure à l\u2019unité indique done que le globule rouge est plus grand que normalement et non qu\u2019il est sursaturé d\u2019hémoglobine.La valeur globulaire dépend en définitive du volume des globules rouges et de la concentration en hémoglobine.Mais considérée seule, la valeur globulaire peut induire en erreur.Une valeur globulaire plus grande que l\u2019unité indique toujours une « macrocytose », sauf dans les cas de «sphérocytose »; une valeur globulaire inférieure .à l\u2019unité ne signifie pas nécessairement une « micro- cytose ».De gros globules rouges peuvent être pauvres en hémoglobine et donner une V.G.inférieure à l\u2019unité.Il est donc intéressant de pouvoir séparer valeur globulaire et volume cellulaire pour établir un traitement rationnel des anémies.La présence de macrocytes est l'indication d\u2019une thérapeutique par les extraits de foie; la constatation des microcytes suggère le traitement par le fer.Le procédé le plus juste de mesurer le volume globulaire consiste à centrifuger une quantité déterminée de sang jusqu\u2019à ce que la sédimentation des globules rouges ne soit plus modifiée par la centrifugation prolongée, à faire la lecture du dépôt des hématies et à rapporter le chiffre lu à 100.Chez l\u2019individu normal, le volume globulaire correspond 3 42-43 c.c.%.Par un simple calcul, on obtient ensuite 314 le volume globulaire moyen qui est d\u2019environ 86 microns cubes.Cette technique nécessite des calculs, l\u2019usage d\u2019une centrifugeuse, et demande une certaine précision dans la mesure exacte du sang prélevé.On peut contourner la difficulté en recherchant le diamètre moyen des globules rouges.Sauf dans les cas de sphérocytose, volume globulaire moyen et diamètre moyen des globules rouges varient parallèlement.Une augmentation de 1 micron dans le diamètre des globules correspond à une augmentation de 44% dans le volume globulaire moyen.La mesure du diamètre moyen des globules rouges se fait de deux manières différentes: directement, selon la méthode de Price-Jones; indirectement, par diffraction.Par la méthode de Price-Jones, on mesure avec la chambre claire le diamètre de 500 à 600 globules rouges et on établit une moyenne dont la valeur est d\u2019autant plus rigoureuse que le nombre de globules mesurés est plus grand.Cette méthode est longue fastidieuse et rarement utilisée.3 La mesure par diffraction, moins précise que la précédente, mais suffisamment juste pour les besoins de la clinique, ne requiert qu\u2019un appareil peu compliqué à manipuler et se fait en moins d\u2019une minute.Le principe de la méthode par diffraction peut se résumer ainsi: lorsqu\u2019un faisceau de lumière franchit une ouverture très étroite percée dans un écran, la lumière ne continue pas son chemin en ligne droite de l\u2019autre côté de l\u2019écran ; les rayons semblent s\u2019éparpiller.C\u2019est ce qu\u2019on appelle le phénomène de diffraction.La conséquence de ce phénomène est la produe- tion de bandes alternativement brillantes et obscures placées de part et d\u2019autre de la ligne droite qui joint la source lumineuse et le bord de l\u2019écran.Les bandes ainsi éclairées sont des bandes de diffraction.Un mince frottis de sang peut servir d\u2019écran et provoquer la diffraction.La lumière vue à travers un tel frottis se traduit par un halo ou spectre circulaire.Le diamètre du halo ou du spectre dépend de la grosseur des hématies formant grillage et varie en sens inverse de la dimension des cellules.En rapprochant ou en éloignant le frottis de la source lumineuse, il est possible de modifier le diamètre du halo ou du spectre et de le faire coïncider avec des points de repère déjà établis.Un système de graduation gravé sur l'appareil permet de lire en microns le diamètre moyen des globules.Il existe dans le commerce plusieurs variétés d\u2019appareils destinés à mesurer le diamètre moyen des globules rouges.Nous présentons aujourd\u2019hui un appareil que nous avons fabriqué avec de vieilles pièces de microscope et qui comparé avec un autre genre d\u2019appareil nous donne entière satisfaction.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 Discussion M.Y.CHAPUT.L\u2019anémie hypochrome macrocy- taire est-elle possible?M.A.BERTRAND.Oui, on peut avoir toutes les combinaisons possibles, et l\u2019anémie hypochrome ma- crocytaire est possible.Il y a plusieurs procédés pour mesurer les dimensions des globules rouges, et le docteur Bertrand en profite pour expliquer le fonctionnement d\u2019un appareil qu\u2019il a construit lui-même à cette fin.M.A.BERNIER.Je tiens à féliciter le docteur Bertrand de son génie inventif.M.A.LEGER.On peut classifier les anémies en anémie hypochrome, anémie hyperchrome, anémie normochrome.Chacune de ces catégories peut à son tour se subdiviser en microcytaire, normocytaire et macrocytaire.M.A.BERTRAND.Le globule rouge est chargé d\u2019hémoglobine à sa pleine capacité, et si on essaie de le sursaturer, on le fait éclater; par conséquent, pour moi, le terme hyperchrome serait mal choisi.Asthme et bronchiectasie améliorés par la bronchoscopie M.V.LATRAVERSE Dame Hervé Bélair, au service du professeur Léger, âgée de 32 ans, se plaint d\u2019asthme depuis l\u2019âge de 6 ans: crises saisonnières, automne et printemps; durée de 15 jours depuis 1934, à la suite d\u2019une hernio- tomie sous anesthésie générale au CHL3, les crises augmentent en fréquence et en intensité; elles sont déclenchées par le changement de température, les périodes menstruelles, l\u2019ingestion de pain ou de viande.Polypectomie en 1926.En 1929, fausse couche non traitée suivie d\u2019un eczéma tenace qui se maintient malgré tous les traitements; il s\u2019accentue par l\u2019ingestion abondante de pain ou d\u2019œufs.Système respiratoire.Nez et sinus: Coryza à répétition.La patiente dit que son nez coule, que les sécrétions tombent dans sa gorge, qu\u2019elle commence à tousser, puis se sent de plus en plus oppressée.Déviation du septum nasal \u2014 polypes dr.et g.Eclairage des sinus, positif.Crachat (23/10/40) : absence de cristaux, de spirilles et de B.K.Signes cliniques d\u2019asthme.Bronchoscopies.29 oct.1940.\u2014 Bronche dr.: peu de sécrétions muco-purulentes, orifices libres.Bronche g.: réaction inflammatoire intense, muqueuse œdématiée, lumière un peu rétrécie.Sécrétions muco-purulentes très abondantes, gélatiniformes; pré- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 315 _ EST-CE DE LA GOUTTE ?Sensibilité, raideur, léger gonflement des jointures des phalanges (les autres articulations peuvent être prises), motilité affaiblie, ralentissement graduel des fonctions.se manifestant surtout vers l\u2019âge moyen.tel est le tableau-symptômes que présentent de nombreux cas.|| peut indiquer un cas de goutte, ou bien un cas d\u2019arthritisme.\u201c YXANTHINE ASTIER donnée per os, à dose d'une cuillerée à thé, une, et même deux fois par jour, amène ordinairement une rapide amélioration de cet état, et, si on continue le traitement, la disparition complète de tous les symptômes.La Lyxanthine Astier produit cet effet en vertu de ses éléments synergiques associés: iode, calcium, soufre, bitartrate de lysidine !\u2026 ce dernier, puissant dissolvant et éliminateur des déchets métaboliques.1.Méthylglyoxalidine ou éthylethenyldiamine.ROUGIER FRÈRES, 350, rue Le Moyne, Montréal Veuillez m'envoyer de la littérature et un échantillon: LYXANTHINE ASTIER Dette iii iii irate eer rereressnsssnssteensoanarsnnsonnaans wr tesnsssesesensarenensnranninsraanassos po Ay 316 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 lèvement pour analyse et auto-vaccin: présence de pneumo-catarrhales \u2014 B.fusiformes.Lipiodolage du poumon: bronchiectasie ampullaire.Système endocrinien.Jusqu\u2019à 1938, menstruations régulières, non douloureuses, de durée moyenne de 5 jours.Depuis, dysménorrhée, oligoménorrhée, prodrome ménopausique.Hémogramme: Eosinophilie 20%.Traitement: 1) Auto-vaccin: depuis le 2 novembre, 14, Ve, 34 c.c., etc., une injection tous les 2 jours ou 3 jours.2) Folliculine, 0.001 mg.le 16/11/40.3) Drainage et lavage bronchoscopique: le 5 et le 12 novembre 1940.Instillation de mercrésine 10%, 10 c.c., et Ephédrine 1%, 5 cc.4) Polypectomie le 8 et le 22 novembre 1940.Commentaires.Voici un des trois cas similaires dirigés à la clinique broncho-œsophagologique du service d\u2019OR.L.Le tableau précédent prouve que l'infection nasale (polype ou sinusite) est une des causes les plus fréquentes de la bronchiectasie qui, à son tour, prédispose à l\u2019asthme.En un mot, l\u2019asthme et la bronchiectasie ont une remarquable réversibilité de cause à effet.Depuis les travaux de Chevalier Jackson et de son « école », la bronchoscopie agit favorablement, apportant au malade une amélioration très appréciable.La bronchoscopie a permis de préciser les indications opératoires dans les bronchiectasies chroniques tenaces.Apparemment, grâce au drainage bronchosco- pique, les crises d\u2019asthme sont moins fréquentes, moins intenses; les sécrétions bronchiques, fortement diminuées: de 250 c.c., le 28 novembre, le volume descend a 100 c.c.Augmentation de poids: 10 livres du 10 au 16 novembre 1940.Dans les trois cas, l\u2019origine allergique endocrinienne et nasale répond bien aux données des auteurs modernes.À la suite d\u2019une observation de 46 cas de bronchiectasie, Watson et Kibler considèrent l\u2019asthme, la rhinite vaso-motrice, les polypes nasaux, la dermite eczémateuse et l\u2019éosinophilie comme les signes évidents d\u2019allergie.Dans nos trois cas, il est à noter: 1° que le terrain endocrinien est très favorable aux phénomènes d\u2019allergie ; 2° Que la dégénérescence polypoïde des fosses nasales ou la sinusite provoquent une réinfection continuelle de l\u2019arbre bronchique ; 3° que le drainage bronchoscopique élimine de façon importante l\u2019épine infectieuse qu\u2019est la présence des sécrétions muco-purulentes dans les bronches; 4° que l\u2019examen minutieux des fosses nasales et des sinus est indiqué dans tous les cas d\u2019asthme ; 5° que l\u2019examen bronchoscopique s\u2019impose dans tous les cas d\u2019asthme ou de bronchiectasie, puisque réciproquement, l\u2019un peut être la cause de l\u2019autre.Discussion M.V.LATRAVERSE.Il ne faut pas demander à la bronchoscopie plus qu\u2019elle ne peut donner.Elle aide cependant beaucoup à éclairer le diagnostic dans la recherche de la cause de l\u2019asthme, soit en trouvant la présence de corps étrangers, la tumeur bénigne des bronches, etc.Au point de vue traitement, la bronchoscopie est très utile parce qu\u2019elle permet d\u2019assurer le drainage des bronches.L'évolution d\u2019une exstrophie vésicale MM.B.-G.BOURGEOIS, P.BOURGEOIS, L.FOURNIER Paraîtra comme article original dans un prochain numéro de l\u2019Union Médicale du Canada.Discussion M.P.BOURGEOIS.Je ne tiens qu\u2019à ajouter quelques mots, à savoir: que cette malade est suivie par nous depuis 19 ans et que grâce à cette intervention, «transplantation des uretères », elle put se marier et avoir deux enfants normaux.Sclérodermies et concrétions calcaires Syndromes de Thibierge MM.Louis FORTIER, Victor BROSSEAU et A.LACOURSIERE Madame X, 50 ans, mariée et mère de plusieurs enfants.Ménopausée il y a deux ans et demi.Peu après, la patiente éprouva certains troubles qui ont débuté insidieusement et successivement dans l\u2019ordre suivant: 1) Engourdissements des doigts de la main droite et du gros orteil droit avec raideur et douleurs articulaires ; 2) Apparition des mêmes troubles aux doigts de la main et du pied gauches; 3) Limitation progressive des mouvements des doigts; 4) Sensation de brûlure aux articulations des doigts; 5) Coloration rougeâtre, épaississement et induration de la peau; 6) Durcissement et limitation des mouvements des poignets, coudes, épaules, genoux; 7) Modification des ongles; 8) Troubles de la préhension et de la marche; 9) Atrophie progressive des muqueuses; 10) Epaississement de la peau de la face; 11) Amaigrissement de 70 livres depuis 2 ans.Ces troubles ont débuté aux extrémités et s\u2019étendent à la racine des membres.La douleur est à prédominance nocturne, et plus marquée au début des mouvements.Les sédatifs L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULIETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 Une Crise d\u2019Asthme SOULAGEMENT IMMEDIAT ET PROLONGE de l'ASTHME BRONCHIQUE ET CARDIAQUE SANS NARCOTIQUE Pour prévenir une attaque: Poser le contenu d\u2019un paquet de FELSOL sur la langue et l'avaler avec un peu d\u2019eau.Traitement d'entretien: Une prise trois fois par jour après les repas.Présentation du FELSOL: En boîtes de 15 et 90 prises.ANGLO-FRENCH DRUG CIE, - MONTREAL 317 318 amènent le sommeil.Il existe, de plus, une douleur coccygienne depuis 1 an; elle ne semble pas en rapport avec un traumatisme obstétrical ou autre.Examen des membres supérieurs.1) Rétraction des aponévroses palmaires avec fléchissement plus prononcé des doigts de la main droite.2) Atrophie des muscles de la main.3) Peau: Jusqu\u2019à la région supérieure des bras, on note une pigmentation prononcée; un épaississement et une perte d\u2019élasticité.Les plis de la peau sont disparus.Le plissement de la peau sur les tissus sous- jacents ne se fait pas sans difficulté.Il existe même une adhérence quasi complète de la peau aux os dans les régions du coude et du genou.À ce niveau, on sent des nodules intracutanés.Les tissus épaissis permettent de percevoir, au palper, des excavations canaliculaires dues au passage des veines.Les ongles sont incurvés et il existe une fine desquamation de la peau.Remarques.Individualisé pour la première fois par les auteurs en 1910.Concrétions peuvent se rencontrer dans toutes les formes cliniques, mais plus souvent avec sclérodermie diffuse à début sclérodactylique.Dans forme typique apparaissent insidieusement, sans douleur, à la pulpe des doigts, des nodules durs, mobiles sur les plans profonds, plus ou moins adhérents à la peau, augmentant lentement de volume.A leur niveau la peau s\u2019amincit, laisse voir par transparence grains jaunes ou blanchâtres, finit par s\u2019ulcérer, donnant concrétion pierreuse ou magma crémeux.Siège: le plus souvent à la face palmaire ou sur faces latérales des doigts, on peut en trouver n\u2019importe où, en particulier aux faces d\u2019extension des membres, dans les régions juxta-articulaires.L\u2019élimination peut s\u2019accompagner de phénomènes inflammatoires.R.X.: concrétions calcaires analogues dans différents viscères.Constitution chimique.Sels de Ca surtout (phosphates et carbonates) \u2014 de plus présence de fluor, soufre \u2014 Mg \u2014 quantité appréciable de fer.Matières organiques, surtout protides, peu de lipides et de \u2018cholestérol.: Différence avec tophi \u2014 ceux-ci ont urates à 50 à 70%.Diagnostic.Etude anatomo-histologique.Révèle que les lésions -consisteraient surtout en, 1° sclérose du collagène dermique et de grosses lésions vasculaires, oblitération et endartérite, et 2° altération des vaisseaux du réseau papillaire.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 Les papilles sont souvent normales, mais plusieurs sont dépourvues d\u2019un capillaire, et à sa place il existe quelques cellules tuméfiées sans lumière apparente.Etiologie \u2014 Pathogénie.Quatre théories: 1) nerveuse (névrite périphérique) ; 2) vasculaire (sclérose péri-vasculaire) ; 3) sympathique (disposition métamérique) ; 4) endocrinienne (surtout les parathyroïdes).Nous ne désirons pas discuter longuement de l'état anatomique anormal chez cette malade, ni du mécanisme possible de l\u2019apparition des lésions.Nous présentons ce cas afin d\u2019obtenir des suggestions thérapeutiques qui seraient pour le moins palliatives.Discussion M.A.GRATTON.A-t-on fait le dosage du calcium sanguin ?M.A.BERNIER.Oui, par deux fois, et les résultats ont été normaux.A-t-on fait radiographier les os pour voir s\u2019il y avait ostéoporose?On peut se demander d\u2019où viennent ces dépôts calciques?peut-être des os?Au point de vue pathogénique, je serais porté à croire que la théorie endocrinienne expliquerait bien cette maladie, car tous les troubles sont apparus chez cette malade à la ménopause, et il ne semble pas exister de signe de névrite.C\u2019est plutôt la mobilisation de ses articulations qui est douloureuse.M.A.LAMBERT.Je félicite le docteur Fortier de nous fournir l\u2019occasion de voir un cas de sclérodermie.Ces cas sont assez rares, surtout ceux qui présentent des concrétions calcaires.On peut se demander, tout de même, s\u2019il y a des décalcifications de ce squelette.On pourrait aussi suggérer une ponction lombaire afin de savoir s\u2019il y a une réaction lymphocytaire du liquide céphalo-rachidien, car peut-être pourrions- nous penser à une hérédo-syphilis?Au point de vue thérapeutique, il y aurait peut-être trois suggestions à faire: 1° une sympathectomie péri- artérielle en vue de combattre la cyanose et les vaso- spasmes; 2° une parathyroïdectomie totale; 3° localement: cold cream à base d\u2019iodure de potasse à 2% contre les concrétions calcaires.M.J.SAUCIER.Je crois que le facteur vasculaire n\u2019est pas négligeable ici; j'ai employé dans un cas semblable de l\u2019acécholine avec de très bons résultats.Si on obtient des résultats aussi bons dans un cas, à plus forte raison pouvons-nous croire que la sympa- thectomie serait indiquée.M.J.-H.GARIEPY.La malade a 50 ans et est une scléreuse.Avec une sympathectomie péri-artérielle on risquerait d\u2019ouvrir l\u2019artère et d\u2019avoir de grands ennuis.Je préférerais ici faire une sympathectomie lombaire et ainsi remonter à la source même du mal.M.A.BERNIER.Au point de vue endocrinien.je crois que la théorie endocrinienne est la plus L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 319 9\u201d FROTTEMENT L\" soulagement des douleurs et du malaise causés par les hémorroïdes dépend en grande partie de l\u2019élimination du frottement.C\u2019est pourquoi les Suppositoires Anusol sont à base d\u2019un onguent qui recouvre les membranes qu 1 muqueuses rectales \u2014 une couche calmante et protectrice qui prévient le frottement, rend la marche confortable et l\u2019évacuation alvine facile et sans douleurs.= L\u2019amélioration ressentie en employant 1\u2019Anusol est véritable.L\u2019Anusol n\u2019endort pas le mal pour apporter une fausse sensation de sécurité, parce qu\u2019il ne contient aucun narcotique, analgésique > ou anesthésique.Par conséquent, les Suppositoires Anusol apportent un soulagement symptomatique dans les cas d\u2019hémorroïdes et autres inflammations rectales d\u2019une manière rationnelle et sans suites fâcheuses.CC Rendez-vous compte par vous-même de la valeur des Suppositoires Anusol en en L faisant essai.Nous nous ferons un plaisir de vous en envoyer si vous en faites la demande sur votre papier a S U PPOSI TO IRES en-tête.Disponibles pour ordon- HEMORROIDAUX nances, en boîtes de 6 et de 12.WILLIAM R.WARNER & CO., LTD., 727 King Street, West - Toronto, Ont. 320 plausible, et comme traitement je conseillerais une parathyroïdectomie.M.Roma AMYOT.Je crois qu\u2019il faut donner la préséance au traitement endocrinien qui va s'adresser directement à la cause.Je comprends que cette méthode est difficile, mais on a l'impression de faire quelque chose de logique.En effet, elle apparaît comme étant une thérapeutique pathogénique et qu\u2019elle centralise son action.Le traitement chirurgical est ici palliatif et doit être dispensé aux parties malades.M.A.LAMBERT.C\u2019est surtout un processus de la déposition du calcium qui compte chez cette malade, et non pas le taux du calcium sanguin.Diverticule duodénal MM.L.-P.BELISLE et Y.CHAPUT Mme M., 53 ans, admise dans le service le 31/10/40, pour douleurs post-prandiales, survenant deux ou trois heures aprés les repas, et avec maximum d\u2019intensité la nuit \u2014 douleurs situées à l\u2019épigastre et à la région de l\u2019hypocondre droit, plus ou moins calmées par l\u2019ingestion d\u2019aliments ou d\u2019alcalins \u2014 quelques vomissements acides \u2014 jamais d\u2019hématémèse \u2014 irradiation dans le dos.Ceci dure depuis 7 ou 8 ans.L\u2019interrogatoire n\u2019arrive pas à préciser un rythme bien précis: il y a quand même un semblant de périodicité.Hystérectomie il y a 7 ans: actuellement, un état de nervosité prononcée et un complexe de ménopause chirurgical.Examen clinique.Sensibilité à la région de l\u2019hypocondre droit et projection dorsale de la douleur spontanée et provoquée.Absence de sang dans les selles.Radiographie.Estomac normal, mais gros; diverticule de D2.(Dr Bélisle.) Traitement médical et sédatif: malade va bien; sera suivie par le dispensaire.Nous ne croyons pas qu\u2019il y ait indication opératoire.M.F., 44 ans, admis dans le service le 5/11/40, pour mœlena ayant commencé le 31/10/40; douleurs abdominales depuis 7 ans, analogues à des crampes, localisées au creux épigastrique et à la région de l\u2019hypocondre droit, survenant 4 heures après les repas, calmées par l\u2019ingestion d\u2019aliments.Douleurs disparaissent lors des hémorragies: il en eut trois depuis 7 ans; l\u2019interrogatoire montre une périodicité assez nette, avec un rythme de 3 semaines.Antécédents.Ethylisme assez marqué; à noter que chaque poussée douloureuse fut précédée d\u2019une ingestion plus exagérée d\u2019alcool.Examen clinique.Pâleur marquée; foie un peu augmenté de volume.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 Radiographie.Estomac normal; bulbe toujours mal rempli et douloureux.Gros diverticule de D2.Evacuation gastrique normale.(Dr Bélisle.) Lavement baryté.Gros intestin normal; aucune image de diverticule.Recto-sigmoïdoscopie.Pénétration facile de l\u2019instrument jusqu\u2019à 12 pouces; muqueuse colique normale.Traitement.Actuellement, traitement médical anti- anémique; aucun trouble digestif, va bien.Devons-nous faire opérer ce malade?Nous croyons que oui (forme hémorragique).Demandons l\u2019avis du chirurgien.Commentaires.Diverticule duodénal.Fréquence.Représente 1% à 2% des troubles digestifs; vient après le diverticule du côlon ; prédomine chez l\u2019homme, en général après 50 ans.Pathogénie.Congénital: état embryologique persistant.Acquis: déformation secondaire à des processus récents duodénaux ou de voisinage.Ne pas confondre avec le pseudo-diverticule accompagnant l\u2019ulcère.Anatomie pathologique.Localisation: par ordre de fréquence: 2e portion du duodénum 4e portion du duodénum angle de Treitz 3e portion du duodénum lère portion duodénale.Variétés: pédiculés sessiles pré-pancréatiques rétro-pancréatiques intra-pancréatiques.Symptomatologie.Latent: trouvaille radiologique.«Les diverticules qui ne se remplissent pas ne- provoquent pas de troubles.» Troubles digestifs.Syndrome pseudo-ulcéreux; syndrome hépato-biliaire \u2014 syndrome pancréatique \u2014- syndrome hémorragique \u2014 syndrome duodénal (T° \u2014 nausées \u2014 céphalée).Complications.Ictère par compression secondaire- du cholédoque \u2014 ulcération et hémorragie \u2014 perforation et pancréatite \u2014 cancérisation (rarissime).Radiologie et diagnostic.1.Diagnostic clinique impossible sans les examens: radiologiques.(Dr Bélisle.) La première description radiologique est de Case- (1916).Du point de vue radiologique, le diverticule duodénal se présente sous la forme d\u2019une poche ronde dont.les dimensions peuvent varier de quelques millimiètres- Le SULPHATHIAZOLE E.B.S.s\u2019est avéré d\u2019une grande efficacité dans le traitement de certaines infections rebelles au sulphanilamide, surtout celles de nature staphylococcique.Le Sulphathia- zole est un dérivé du Sulphanilamide, étant l\u2019analogue du thiazole du Sulphapyridine.Une particularité intéressante repose sur le fait que son ensemble incorpore un succédané du noyau de thiazole, tel qu\u2019on le rencontre dans la vitamine B,.INDICATIONS: Le SULPHATHIAZOLE F.B.S.ne remplace pas ses prédécesseurs comme agent médico-chi- mique, mais il est très utile comme agent chimique dans le traitement d\u2019infections internes.Il a été employé dans plus de 2,000 cas de pneumonie et semble tout aussi efficace que le Sulphapyridine.Des rapports concernant les infections staphylococciques indiquent que le Sulphathiazole est souvent un agent de grande valeur pour contrôler ces infections.Le Sulphanilamide est préférable dans les infections streptococciques.Le Sulpha- thiazole ne s\u2019absorbe pas dans le liquide céphalo- rachidien d\u2019une façon efficace et, par conséquent, ne devrait pas être employé dans les cas de méningite.H.F.Helmholz * rapporte: «que le Sulpha- thiazole est bactéricide a six des microbes ordinaires des infections urinaires.Une concentration sanguine de 300 mg.par 100 cc.§ devrait étre suffisante pour la guérison de presque L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 321 C.T.N° 681 SULPHATHIAZOLE ess.7Y2 grs.Avec 1/8 Gr.d'acide nicotinique toutes les infections.L\u2019efficacité du médicament contre les différents microbes sur une échelle ascendante, est comme suit: Pseudomonas æruginosa Streptococcus fæcalis Escherichia coli Æirobacter ærogenes Proteus ammoniæ Staphylococcus aureus La variation de concentration microbienne sanguine est de 300 à 25 mg.par 100 ce.Il y a variation dans l\u2019effet du médicament à différents taux du pH, particulièrement manifeste dans le streptococcus fæcalis.» TOXICITÉ En général, le SULPHATHIAZOLE E.B.S.est, moins toxique que ses prédécesseurs, sa toxicité étant 65% de celle du Sulphapyridine ; les nausées.et les vomissements sont moins graves et moins fréquents.Il a une moindre tendance à se transformer en formes actives.Il s\u2019absorbe et se sécrète rapidement et, quoique ses doses doivent être plus fréquentes, les symptômes d\u2019intoxication peuvent se contrôler plus facilement.Cependant, le Sulphathiazole peut être un médicament dangereux dans des mains inexpérimentées et doit être administré avec grand soin.L\u2019observation constante du malade est essentielle et des examens minutieux doivent être pratiqués avant et pendant le traitement.* Proceedings of the Staff Meetings of the Mayo Clinic.Des renseignements complets sur l\u2019action et l'administration du Sulphathiazole E.B.S.seront fournis sur demande.Autres formes de présentation :\u2014 C.T.No.680 Sulphapyridine Æ.B.S.\u2014 comprimés de 714 gr.C.T.No.683 Sulphonamidol F.B.S.\u2014 comprimés de 5 gr.(blancs ou roses) C.T.No.684 Sulphonamidol Æ.B.S.\u2014 comprimés de 715 gr.(blancs) THE E.B.SHUTTLEWORTH CHEMICAL CO.LIMITED TORONTO @0%.8 + MANUFACTURING CHEMISTS ® #.#: CANADA SPECIFIEZ E.B.S.SUR VOS ORDONNANCES 322 à plusieurs centimètres de diamètre et reliée par un col étroit au duodénum où elle s'implante.On peut voir se prolonger, dans ce col, les plis de la muqueuse duodénale normale.Le diverticule est rarement situé au bulbe ou en D-I; il est la plupart du temps ulcéreux ou accompagné d\u2019ulcère, dans ces cas.La localisation la plus familière est le rebord interne de l\u2019anneau duodénai en D-2.Le baryum qui le remplit forme souvent, en position debout, une image hydro-aérique comme dans la niche de Haudeck.Case prétend, pour cette raison, qu\u2019ils sont plus faciles à voir en position debout.Le péristaltisme duodénal est impuissant à vider le diverticule, à moins qu\u2019ils ne communiquent très librement avec la lumière duodénale (diverticule en doigt de gant).Les diverticules de D-3, et au delà, sont plus rares, et ne se perçoivent généralement qu\u2019en décubitus.Il faut donc varier les positions d\u2019examen.Les diverticules duodénaux multiples sont rares.Diagnostic différentiel a) Le cancer ulcéré de la tête du pancréas peut parfois donner le change pour un diverticule.Mais l\u2019ulcération est de contours anfractueux, se creuse ou change de forme au cours de différents examens; elle s\u2019accompagne aussi d\u2019agrandissement et d\u2019arrondissement du cadre duodénal, avec signes de compressions sur la paroi interne de l\u2019anneau.b) L\u2019ulcére de D-2 s\u2019accompagne en général de duodénite segmentaire constrictive.Le diverticule possède un col étroit où pénètrent les plis de la muqueuse; à moins que la diverticulite ne vienne compliquer de façon presque identique le tableau radiologique.c) Une rétention occasionnelle de l\u2019ampoule de Vater peut être très difficile à distinguer du petit diverticule, étant donné la fréquence de ce dernier dans cette région.L\u2019image «à double bec» de l\u2019ampoule de Vater peut parfois mettre sur la piste.d) La rétention de baryum dans la vésicule biliaire, après cholécysto-duodénontomie, peut simuler l\u2019image diverticulaire.(Air ou baryum dans les voies biliaires dans ces cas.) e) Ou encore la fistulisation spontanée entre la vésicule et le duodénum.f) On pourrait prendre pour une niche de la petite courbure un diverticule le D-3.(Incidences à varier.) 2.Eliminer autre affection digestive ou générale.3.Complications et Radiologie \u2014 image radiologique d\u2019interprétation délicate.Pronostic.Forme latente: surveillance.Forme hémorragique: hémorragie mortelle possible, mais très rare.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 Forme douloureuse: difficulté du traitement médical.Traitement.Médical; diététique et médication ulcéreuse; position statique pouvant vider le diverticule.Chirurgical: 1° résection et enfouissement: opération de choix; difficulté de l\u2019intervention; 2° gastro- entérostomie: opération palliative.Discussion M.R.ROLLAND.Dans la seconde observation, vous marquez: estomac normal; il est à se demander s\u2019il n\u2019y aurait pas dans ce cas-là un ulcère bulbaire.M.Roger DUFRESNE.Dans les hémorragies, il faut aussi penser à une autre cause; je me rappelle fort bien un malade du docteur Gratton mort de cirrhose typique et qui avait présenté auparavant des hématémèses abondantes laissant croire à un ulcus de l\u2019estomac.M.Y.CHAPUT.Nous avons l\u2019intention de vérifier par une investigation complète, s\u2019il n\u2019y a pas d\u2019autres causes à ce diverticule.Les deux malades diffèrent complètement au point de vue clinique.La première malade semble apparemment souffrir de spasme et de troubles réflexes à la suite de sa ménopause, tandis que la deuxième malade est un cas complexe et a présenté trois graves hémorragies.M.L.-P.BELISLE.Les diverticules qui ne se remplissent pas de baryum sont ceux qui sont entourés de cellulite et d\u2019inflammation ; ce sont aussi ceux qui donnent des complications très graves telles que péritonite.M.J.-U.GARIEPY.En effet, dans ces diverticules, il est préférable de s\u2019abstenir de toute intervention à cause du grand danger de péritonite qui en résulte ; il est préférable de faire en premier lieu une gastro- Jéjunostomie, et lorsque l\u2019état général du malade est meilleur, peut-être alors pouvons-nous essayer de faire une cure du diverticule.Radiographies d'\u2019intéret (& consulter au négatoscope) Deux cas de sialogramme M.L.-P.BELISLE Cas I.Gonflement de la région sous-maxillaire gauche, au moment de la mastication.Cathétérisme du canal de Wharton, et lipiodol démontrant la présence d\u2019un et de peut-être deux calculs suspects sur la radio simple.Cas II.Depuis quelques mois, apparition dans la région sous-maxillaire gauche, d\u2019un nodule dont le volume s\u2019accroît progressivement.Radio simple: gros nodule calcifié de la glande.Après lipiodol du canal de Wharton: poche kystique attenante, par dilatation et stase canaliculaire due à l\u2019obstruction.Pas de discussion. 1941 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BurLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 323 a ve ce = =f NE S x 2 -, 38 S 5 > = # # a 44 à = Hy 4 $ y 5 & À = = + se pe 5 = 3 NS = Se i Ra se = & Se TR Fg er) 4 te.= + ES 8 a c E 4) & 33 59 & FE & \u20ac RE a on se.Hg 2 A Be x PA Be z Bet, Ë sé.x, ie 60, 2 A vis, Se Por, es Io, to by #, $ rg = À a d « fe & = f & = = RN FS *) À cé 3 ue = 3 = i a ,- LA LA arose : Y > 5 ?.fi a a : on i A £7 i = IQUE NJ % SH # #% 5 aH a 2 E 7 5 « Z: 7, Ë \u201cEs NS EUR 2 % sas 5 2 ET 2 7 Fe 5 Z 7.3 i Ë 7% GE = 7 É 2 > 4 Z Sit % 25 7 7 > .7 Zz 7 7 ASR 7 2 se je 7 5 78 Ge 2 / 2 él a 7 54 te.; Pr SOCIETE: ANS ION 3 PHARMACEUTI QUE = IN I) 917.RUE CH ERRIER M ONTRÉAL 2 i 3 NE 324 LA SOCIETE MEDICALE DE MONTREAL Séance du 17 décembre 1940 tenue à l'Hôtel-Dieu ! Présidence de M.Oscar Mercier Un cas de maladie de Paget M.J.-H.LEGENDRE M.Legendre relate tout d\u2019abord l\u2019observation d\u2019un cas d\u2019ostéite de Paget chez une femme de 57 ans.La malade présentait des lésions au stade nodulaire pour le crâne et au stade fibro-plastique pour le bassin.Le rapporteur rappelle ensuite ce qu\u2019est la maladie décrite en 1876 par sir James Paget, sous le nom d\u2019ostéite déformante.C\u2019est essentiellement une maladie du squelette, chronique et progressive.Elle débute, en général, après la quarantaine par des douleurs rhumatoïdes.Une fois constituée, elle se traduit par la déformation et l\u2019hypertrophie d\u2019un certain nombre d\u2019os.La maladie de Paget est moins rare que ne le laissent croire certaines statistiques américaines.L\u2019affection est en réalité relativement fréquente, si on la recherche systématiquement.C\u2019est ainsi qu\u2019à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, on en observe une bonne douzaine de cas chaque année.La pathogénie en est encore obscure, malgré les études récentes sur le métabolisme du calcium et les glandes endocrines.Tout au plus pouvons-nous dire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un trouble de la nutrition, donnant lieu à des perturbations humorales modifiant la fonction cellulaire de l\u2019os.Le traitement, quoique peu efficace, n\u2019est pas tout à fait inutile.On luttera contre les progrès du mal par les modifications du métabolisme phospho-cal- cique: vitamines, ultra-violets, cure solaire; par des moyens hygiéno-diététiques: alimentation substantielle, grand air; enfin, par la radiothérapie qui atténue la douleur et améliore les déformations osseuses.Discussion M.Albert JUTRAS précise les caractères radiologiques de la maladie de Paget et interprète les radiographies de la malade présentée par M.Legendre.Considérations sur les troubles du labyrinthe M.L.de G.JOUBERT M.Joubert présente une étude d\u2019ensemble des troubles du labyrinthe et montre les services que peut rendre en médecine l\u2019examen de l\u2019oreille interne.1.Trois communications inscrites au programme de cette séance ne purent être données, en raison de la grippe qui sévissait à ce moment à Montréal.Pour le programme complet de cette séance.voir l\u2019Union Médicale du Canada, 70: 88 (janvier) 1941.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 A propos d'un cas d\u2019endométriose du côlon sigmoide M.Charles LEFRANÇOIS M.Lefrançois présente l\u2019observation d\u2019une malade chez laquelle on pratiqua, en janvier 1939, un anus iliaque pour une crise d\u2019obstruction intestinale aiguë causée par une tumeur du sigmoïde.Cinq mois plus tard, la patiente revenait à l\u2019hôpital pour subir l\u2019exérèse radicale de sa tumeur, et contrairement à ce qu\u2019on s\u2019attendait chez une personne ayant un cancer, elle avait engraissé de plusieurs livres et son aspect était florissant.On pratiqua la colectomie partielle en plusieurs temps et l\u2019annexectomie gauche, car la tumeur était adhérente à un gros hématosalpinx.La malade guérit sans incident.Le rapport histologique révéla qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une endométriose du côlon et de la trompe.\u2019 Le rapporteur parle ensuite de la pathogénie de l\u2019endométriose, qui est une maladie bénigne caractérisée par le développement aberrant de fragments de muqueuse utérine.Suivant la théorie de la greffe.des fragments de muqueuse, à la faveur d\u2019un reflux menstruel ou d\u2019opérations sur l\u2019utérus, iraient se développer à distance sous l\u2019influence de l'ovaire.Au chapitre des symptômes, il insiste surtout sur le fait que dans l\u2019endométriose du rectum et du sigmoide, il peut y avoir des hémorragies rectales et des crises d\u2019occlusion à l\u2019époque des menstruations.Le traitement logique de l\u2019endométriose serait la castration chirurgicale ou radiothérapique; mais comme le diagnostic de la lésion n\u2019est le plus souvent fait que par le pathologiste, c\u2019est surtout dans les récidives qu\u2019on emploiera la radiothérapie.Discussion M.J.-L.RIOPELLE félicite le rapporteur de la belle tenue de sa communication et insiste sur l\u2019intérêt de son observation d\u2019endométriose rectale.L\u2019endométriose pelvienne est une lésion fréquente, et quasi banale pour l\u2019anatomo-pathologiste.Son diagnostic mériterait d\u2019être plus souvent envisagé par le chirurgien.La pathogénie de cette lésion est très discutée.La théorie la plus communément acceptée est celle de Sampson, pour qui l\u2019endométriose extra-utérine résulterait d\u2019une véritable greffe de la muqueuse utérine.Cette greffe se produirait soit au cours des interventions chirurgicales, soit lors des menstruations, et cela, par reflux de lambeau de muqueuse dans la cavité de la trompe, puis dans le péritoine pelvien.On a aussi invoqué diverses théories, entre autres une dysembryoplasie ou une métaplasie progressive de l\u2019endothélium péritonéal, qui conserverait dans certaines conditions, même à l\u2019âge adulte, un potentiel évolutif étendu.Cette dernière hypothèse est très ingénieuse, mais par malheur n\u2019a pas encore recu de confirmation expérimentale. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 325 Le ra dé {Tr lact IIS qu Xo rhée et d\u2019hémorragie fonctionnelle = Ph QM y SE 08 Sc IF > = : na BOITE 326 4 \u201cM.Paul POIRIER fait allusion à un cas d\u2019endo- métriose localisée à la région ombilicale, qu\u2019il a pu observer l\u2019an dernier, lors d\u2019une séance de la Société de Dermatologie, à l'hôpital Royal Victoria.La tumeur était de la grosseur d\u2019une cerise et avait l\u2019apparence d\u2019un botryomycome; elle donnait lieu, au moment des menstruations, à des douleurs et à d\u2019abondantes hémorragies.Les plaies qui ne veulent pas guérir M.Georges-E.CARTIER M.Cartier nous fait part de six observations personnelles de plaies des extrémités des membres qui n\u2019avaient aucune tendance à guérir; cinq d\u2019entre elles étaient très douloureuses.Pour améliorer les plaies qui ne veulent pas guérir, il faut commencer par faire un bon diagnostic, grâce à un interrogatoire bien dirigé et à un examen complet du malade.Il ne faut pas se contenter d\u2019un diagnostic positif, mais discuter également le diagnostic différentiel.Chaque fois que cela sera possible, on fera un traitement étiologique ou tout au moins pathogénique.Certaines plaies n\u2019ont aucune tendance à guérir, bien souvent parce qu\u2019il existe un état de vaso-cons- triction locale, auquel on peut remédier en agissant sur le système nerveux sympathique.M.Cartier le démontre, à l\u2019aide d\u2019observations personnelles, où l\u2019amélioration a été obtenue par des injections locales de novocaine.En terminant, le rapporteur explique au tableau noir par un dessin approprié le mécanisme de la guérison de ces plaies.RAPPORT ANNUEL DU SECRETAIRE GENERAL «Comme par le passé, nos séances eurent lieu régulièrement le ler et le 3e mardi de chaque mois et nous avons continué à mettre au programme les grandes questions de l'actualité scientifique, notamment les vitamines, le traitement de la syphilis, l\u2019angine de poitrine, les syndromes parathyroïdiens, le rachitisme.«Le nombre des membres qui assistèrent à nos 13 séances au cours de l\u2019année a été de 1,500 et la moyenne des présences de 114.Il y eut en tout 61 communications.« En intentifiant la propagande au secrétariat, nous avons réussi, à porter le nombre de nos membres à 462, alors que ce nombre atteignait déjà 380 l'an dernier.«Il y a donc dans l\u2019ensemble un progrès sensible, si l\u2019on en juge par ces chiffres qui sont particulièrement éloquents.Hd L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 « Notre Société a fêté cette année son 40e anniversaire par des « Journées Médicales», qui eurent lieu les 9, 10, 11 et 12 octobre dernier.À cette occasion, un.Album-Souvenir a été publié et un exemplaire en a été déposé aux archives.« En février, la Société Médicale a repris la tradition du banquet annuel inaugurée par M.Léon Gérin- Lajoie en 1938.«En octobre avait lieu le banquet conjoint de la.Société Médicale de Montréal avec la « Montreal Medico-Chirurgical Society\u201d, à l\u2019occasion des « Journées Médicales ».«Depuis la dernière séance de décembre 1939, la Société a perdu quatre de ses membres les plus.distingués: MM.Yves Lefebvre, Antonio Bolduc, Daniel Ladouceur (De Sainte-Geneviève) et François De Martigny.» Le Secrétaire termine son rapport par la liste des travaux scientifiques présentés au cours de l\u2019année 1940.Ce rapport est adopté à l\u2019unanimité, sur proposition de M.Antonio Barbeau, secondée par M.Albert Ju- tras.MM.Barbeau et Jutras proposèrent, en plus, un vote de félicitations, qui fut également adopté.ELECTION DU BUREAU POUR L\u2019ANNEE 1941 M.Oscar Mercier proclame élu par acclamation à la Présidence de la Société Médicale pour 1941, M.Hector Sanche; à la Vice-Présidence, M.G-L.Prud\u2019homme; au Secrétariat et à la Trésorerie, M.Paul Letondal.Le Secrétaire-Trésorier Général, Paul LETONDAL.LA SOCIETE MEDICALE DE MONTREAL Séance du 21 janvier 1941 tenue à l'Hôtel-Dieu \u2018 Présidence de M.Hector Sanche Diagnostic et traitement de la grippe chez l'adulte \u201c MM.A.LEGER et J.PREVOST M.Prévost présente une étude d\u2019ensemble de la grippe chez l\u2019adulte, en insistant sur le diagnostic et le traitement.Ce Les modalités cliniques en sont variables suivant les épidémies.C\u2019est une maladie infectieuse spécifique, caractérisée dans sa forme pure par: 1° un syndrome infectieux: malaise général, température 1.Séance académique consacrée à la grippe.9 Cette communication paraîtra comme article original dans un prochain numéro de l\u2019Umon Médicale. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 FNEUMONIE.RE COMME THÉRAPEUTIQUE Dose moyenne pour adultes, 4 grammes (environ 60 grains) de Sulphathiazole de Squibb, au début, suivis de 1 gramme (15 grains) toutes les 4 heures.Pour les enfants et les bébés.1 grain par livre de poids, au début, suivi de 14 de grain par livre de poids toutes les six heures.POUR LA CONVALESCENCE Le Composé de Malt Navitol, 2 cuillerées à thé trois fois par jour.SULPHATHIAZOLE DE SQUIBB Le Thiazole analogue au Sulphapyridine possède les principaux avantages suivants: (1) Moins enclin à causer des nausées (3) Moins enclin à se transformer en graves ou à provoquer des vomis- formes actives.sements.(4) Les complications urinaires sont (2?) Absorption plus uniforme.plus rares.Présenté en comprimés de 7.7 grains (0.5 gm.) en bouteilles de 50, T00, 500 et 1,000.LE COMPOSÉ DE MALT NAVITOL Un supplément alimentaire utile contenant de l\u2019Extrait de Foie, du Calcium, du Phosphore et les Vitamines A, B,, D et le Complexe de la Vitamine B.Présenté en bouteilles de 1, 1 et 2 livres.Écrire à 36 Caledonia Road, Toronto, concernant la littérature.ER:SQUIBB & SONS OF CANADA, Ltd.Fabricants de produits chimiques pour le corps médical depuis 1858. 328 (V grippal), pouls accéléré; 2° un syndrome des muqueuses: coryza, larmoiement, expectoration ; 3° un syndrome nerveux: céphalée, courbature généralisée, quelquefois méningisme.Dans cette forme, la maladie se manifeste d\u2019abord par des phénomènes de trachéite.Si celle-ci persiste, elle peut alors se transformer en laryngite avec toux coqueluchoïde et picotements de la gorge.La guérison est habituelle, mais la convalescence est longue; il existe dans la plupart des cas une asthénie post- grippale.La grippe compliquée est celle qui s'accompagne de congestion pulmonaire, de broncho-pneumonie ou de pneumonie.Cette forme, habituellement grave, parfois foudroyante, s\u2019observe principalement durant les grandes épidémies.Que la grippe soit pure ou compliquée, il convient d\u2019en faire le diagnostic différentiel avec le coryza, la fièvre typhoïde, la pneumonie vraie, la méningite cérébro-spinale et la rougeole.Le traitement est essentiellement variable.Dans les formes bénignes, repos au lit, diète lacto-fruito- végétarienne, antithermiques, désinfection du nez et du rhino-pharynx, alcalins suffiront dans la plupart des cas.Dans les formes graves, il faudra en plus avoir recours aux toni-cardiaques et à la sulfamidothérapie, plus particulièrement au sulfathiazole, à la dose de 5 à 6 grammes par jour.La convalescence devra être surveillée.On combattra l\u2019asthénie post-grippale par la Kola et les extraits cortico-surrénaux.Discussion M.J-Roméo PEPIN, dans les formes graves, préfère les sulfamidés aux vaccins et aux sérums: sulfapyridine ou sulfathiazole, suivant les cas.D'autre part, il estime qu\u2019il faut se garder de prescrire «à la tonne» les antipyrétiques; il convient d\u2019en réserver l\u2019emploi aux sujets présentant de fortes algies.Dans un autre ordre d\u2019idées, il insiste pour que la convalescence soit étroitement surveillée: une tachycardie persistante devra toujours faire penser à une atteinte du myocarde.M.Yves CHAPUT est porté à croire que l\u2019asthénie post-grippale a des rapports avec l\u2019insuffisance surré- nalienne, comme semblent le démontrer les bons résultats obtenus avec l\u2019extrait cortico-surrénal.Cette hypothèse pourrait être vérifiée, en dosant le potassium et le chlorure de sodium chez ces malades.M.Oscar MERCIER a eu l\u2019occasion de traiter récemment certaines complications urinaires de la grippe.Dans les pyélites causées par le colibacille associé au staphylocoque, le sulfathiazole s\u2019est montré supérieur à la sulfapyridine.Celle-ci n\u2019est pas toujours sans dangers.Elle peut donner lieu à des coliques néphrétiques et à de l\u2019anurie, nécessitant la sonde à demeure.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 M.A.-J.MILLIER s\u2019est toujours bien trouvé de l\u2019emploi de la vaccinothérapie dans la grippe, particulièrement dans les formes traînantes et chez les femmes enceintes.Ses expériences ont été effectuées avec le vaccin Sherman n° 38.M.PREVOST répond: à M.Pépin qu\u2019il s\u2019associe volontiers à ses remarques qui complètent heureusement son exposé; à M.Chaput qu\u2019il est tout à, fait d\u2019accord avec lui sur l\u2019intérêt du dosage du potassium et du chlorure de sodium dans l\u2019asthénie post-grippale.Comme lui, il a constaté, en pareil cas, les bons effets de l\u2019extrait cortico-surrénal ; à M.Mercier qu\u2019il croit que le sulfathiazole est moins toxique et supérieur à la sulfapyridine ; à M.Miller qu\u2019il réserve l\u2019emploi de la vaccinothérapie aux formes prolongées.Diagnostic et traitement de la grippe chez l'enfant MM.H.BARIL et A.MARTEL M.Martel décrit les particularités de la grippe chez l\u2019enfant.Dans la forme commune: signes nerveux prédominants, catarrhe des voies respiratoires supérieures, troubles digestifs.D\u2019une façon générale, la convalescence chez l\u2019enfant est plus rapide que chez l\u2019adulte.Dans les formes sévères, qu\u2019on rencontre surtout au cours des grandes pandémies, la grippe peut revêtir: 1° une forme laryngée suffocante; 2° une forme intestinale, simulant parfois le choléra; 3° une forme nerveuse ou méningée; 4° une forme thoracique ou broncho-pulmonaire, souvent compliquée d\u2019oto-mastoïdite.Le pronostic est plus grave chez le nouveau-né et le nourrisson que chez l\u2019enfant plus âgé, mais dans l\u2019ensemble moins sévère chez l\u2019enfant que chez l\u2019adulte.Dans le traitement des formes légères, 11 faut être sobre de médicaments, soutenir la résistance des malades par une alimentation appropriée et lutter contre l\u2019hyperthermie par l\u2019hydrothérapie.Dans les formes sévères, il convient en plus d\u2019y joindre les toni-cardiaques et les sulfamidés, à des doses en rapport avec l\u2019âge et l\u2019état de l\u2019enfant.Pendant la convalescence, le régime alimentaire sera l\u2019objet d\u2019une attention particulière; on pourra y associer avec avantage la vitaminothérapie.Discussion M.J.-H.CHARBONNEAU, après avoir félicité le l'apporteur, attire l\u2019attention sur deux formes cliniques, qu\u2019il a eu l\u2019occasion d\u2019observer lors de la récente épidémie, en décembre dernier: la forme encéphalique ct la forme coqueluchoïde, liée à l\u2019existence d\u2019une adénopathie trachéo-bronchique.Contre la première, les sulfamidés, de même que la vaccinothérapie, ne donnèrent aucun résultat; par t 1 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 Le LAIT JOUBERT est une NOURRITURE Tout comme les oeufs, la viande, les légumes, et autres comestibles, le lait Joubert fournit des éléments nécessaires à la santé.Pour les jeunes comme pour les vieux, pour les malades comme pour les bien portants, le lait Joubert reste un aliment de première importance.L\u2019outillage perfectionné qui assure la pasteurisation parfaite du lait Joubert doit vous inciter à vous en assurer une provision quotidienne pour vous et pour les vôtres.Arrêtez le livreur Joubert ou téléphonez directement à nos bureaux.LIMITÉE TÉLÉPHONE: FRONTENAC 3121 (SE MESSIEURS LES MEDECINS sont invités a consulter - ENCYCLOPÉDIE MÉDICO- CHIRURGICALE AU SECRÉTARIAT dans l'après-midi de 2 à 5 heures 326 est, boul.Saint-Joseph, Montréal 329 330 contre, l\u2019uroformine et le salicylate de soude en injection se sont montrés efficaces.Contre la toux persistante et tenace, de même que contre la température vespérale habituelle de la seconde, la pyridine et surtout la thiazole se sont révélées d\u2019une spécificité remarquable.M.Paul ARCHAMBAULT demande au rapporteur ce qu\u2019il pense des métaux colloïdaux dans le traitement de la grippe chez l\u2019enfant?Il fait allusion à l\u2019épidémie de 1918, où cette médication était très employée.M.MARTEL répond: à M.Charbonneau en le remerciant de faire bénéficier les membres de la Société Médicale de sa vaste expérience clinique; à M.Archambault qu\u2019il a traité récemment avec succès un cas de grippe par le Lantol, chez un enfant qui présentait de l\u2019intolérance aux sulfamidés.Epidémiologie et prophylaxie de la grippe MM.A.GROULX et J.-H.GERVAIS M.Groulx montre, à l\u2019aide des statistiques officielles du service de santé de notre ville, l\u2019importance de la grippe à Montréal, de 1905 à 1940.La fréquence de la grippe atteignait le maximum en 1918, avec une recrudescence en 1920 et en 1928.Ainsi, en 1918, le nombre des cas déclarés est de 19,299 et celui des décès atteint 3,639.La grippe, dont la contagiosité est extrême, procède avec une violence explosive et peut atteindre jusqu\u2019à 50 p.100 de la population.On admet actuellement que l\u2019agent infectieux est un virus filtrant.La contagion peut être directe ou indirecte.Le virus se transmet par les sécrétions de la bouche et du nez et pénètre dans l\u2019organisme par les mêmes voies.La prophylaxie de la grippe est individuelle ou collective: a) Individuelle: elle relève du médecin praticien, dont le rôle est primordial dans l\u2019éducation des familles en matière d\u2019hygiène et dont les conseils sont si utiles.b) Collective: elle appartient aux services de santé, qui en temps et lieu, tout en se gardant d\u2019apeurer la population, font connaître les mesures d\u2019hygiène générale à prendre pour enrayer l\u2019épidémie.A cet égard, il est nécessaire dans les grandes villes qu\u2019il existe une étroite collaboration entre les hôpitaux et le service de santé.Il va sans dire que, pour que la prophylaxie soit efficace, il faut dans tous les cas isoler le malade, déclarer la maladie et pratiquer une asepsie médicale rigoureuse.On expérimente actuellement aux Etats-Unis un nouveau vaccin contre la grippe.Sa valeur n\u2019est pas encore démontrée.Discussion M.J.-A.BAUDOUIN souligne tout d\u2019abord les L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 progrès accomplis en hygiène publique à Montréal dans ces dernières années.Il estime que notre service de santé possède maintenant une organisation de premier ordre et que nous devons, sans la moindre hésitation, lui faire confiance.Néanmoins, il croit que, du point de vue scientifique, le dernier mot n\u2019a pas encore été dit sur l\u2019étiologie et la prophylaxie de la grippe.Malgré les travaux poursuivis, il soutient que nous ne disposons pas, à l'heure présente, d\u2019armes suffisamment efficaces pour protéger la population.comme nous le voudrions, contre cette maladie si répandue.La vaccinothérapie, dont on espère beaucoup, malheureusement n\u2019a pas encore fait ses preuves chez l\u2019homme, mais d\u2019importantes recherches se poursuivent, plus que jamais, à la fondation Rockefeller de New-York, sur le virus de la grippe et les possibilités.d\u2019une vaccination effcace dans la race humaine.Allocution du nouveau Président\u2019 M.Hector SANCHE M.Sanche expose son programme.Il espère conserver ce que ses prédécesseurs ont fait et aller encore un peu plus de l\u2019avant.Il se propose de faire venir, au cours de l\u2019année, quelques conférenciers de l\u2019extérieur, si notre situation financière le permet.Rapport audité du Trésorier pour l\u2019année 1940 M.Paul LETONDAL M.Letondal soumet le rapport financier de la Société Médicale pour l\u2019année 1940.Il résulte de l\u2019audition de nos livres par les comptables Anderson et Valiquette: 1° que 98% de nos membres ont acquitté leur cotisation annuelle; 2° que nous terminons l\u2019année avec, comme fonds en banque, la somme de $337.51.A ce propos, le Trésorier fait quelques brefs commentaires.Malgré les apparences, notre budget est.nettement insuffisant.Sans les revenus de l\u2019Album- Souvenir, publié à l\u2019occasion de notre quarantième anniversaire, en octobre dernier, nous terminerions l\u2019année avec un déficit.Avec les développements de la Société, les activités du secrétariat sont devenues plus considérables et la Société Médicale ne peut continuer sa marche ascendante sans améliorer sa situation financière.Comme une motion est inscrite sur l\u2019ordre du jour à cet effet, M.Letondal se borne à ces quelques remarques et propose l\u2019adoption de son rapport.Il est secondé par M.G.-L.Prud\u2019homme.Le rapport est adopté à l\u2019unanimité.Le Trésorier profite de la circonstance pour remercier les membres de la Société Médicale de la confiance qu\u2019ils n\u2019ont cessé de lui témoigner depuis deux ans 1.Paraît in extenso dans le présent numéro, p.293. SOCIÉTÉS et pour dire toute sa reconnaissance à ses collègues de l\u2019Exécutif pour leur précieuse collaboration.MOTION A l\u2019effet de modifier l\u2019article 24 des règlements qu concerne la cotisation annuelle des membres Le Secrétaire lit d\u2019abord l\u2019avis de motion présenté à la dernière séance à ce sujet par MM.M.-H.Lebel, Raymond Larichelière, Edouard Desjardins, Jules Brault et Léon Gérin-Lajoie.Cet avis de motion, qui devient motion, se lit comme suit: \u201cNous soussignés, tous membres titulaires de la Société Médicale de Montréal, et suivant le paragraphe (a) de l\u2019article 32 des règlements, donnons avis de motion qu\u2019à la prochaine réunion nous ferons une motion à l\u2019effet de remplacer l\u2019article 24, qui se lit: « La contribution annuelle est fixée à trois dollars pour les membres titulaires seulement» pour qu\u2019il se lise: «La contribution annuelle est fixée à cinq dollars pour les membres titulaires seulement » et qu\u2019on ajoute à l\u2019article 24: «La contribution annuelle pour les membres correspondants est de trois dollars ».Cette motion est ensuite expliquée par MM.Léon Gérin-Lajoie et M.-H.Lebel, qui font observer que nos revenus, malgré les apparences, sont insuffisants.Nous n\u2019avons pas de fonds de réserve, et à l\u2019occasion des Journées Médicales, nous avons dû contracter un emprunt de $1,000, qui a été remboursé, mais dal dont le Président et le Secrétaire ont dû se rendre personnellement responsables.Au surplus, le Secrétaire-Trésorier Général rémunère lui-même la secrétaire du bureau de la Société Médicale, à même ses honoraires, depuis deux ans.Enfin, la diminution du chômage et l\u2019amélioration de la situation financière de la plupart d\u2019entre nous est une des raisons \u2014 et non des moindres \u2014 pour justifier cette mesure.M.Saint-Jean Desrosiers demande si les membres des sociétés spécialisées en retireront certains avantages?M.Paul Letondal lui répond que, si la Société Médicale peut reprendre la publication de son Bulletin mensuel, comme elle se le propose cette année, les programmes des sociétés spécialisées y seront inscrits.En plus, dans ces conditions, le secrétariat se fera un plaisir d\u2019envoyer chaque mois aux membres de ces sociétés leur carte de convocation.Satisfait de ces explications, M.Saint-Jean Desro- siers se déclare carrément en faveur de la motion, qui est ensuite adoptée à mains levées à l\u2019unanimité.ELECTION DE MEMBRES MM.Paul-A.Bélanger, Louis-Henri Gatien, Elzéar Hamel, G.-H.Handfield, Rosario Robillard et Régis Tougas sont élus membres titulaires de la Société Médicale de Montréal.Le Secrétaire-Trésorier Général, Paul LETONDAL. NOUVELLES 2e ++ LE DOCTEUR HENRI LAUGIER NOMME PROFESSEUR DE PHYSIOLOGIE A L'UNIVERSITE DE MONTREAL Le docteur Henri Laugier vient d\u2019être nommé professeur titulaire de physiologie à la Faculté de Médecine et à la Faculté des Sciences.Il en assumera les fonctions pour une période d\u2019au moins deux années, y dirigeant l\u2019enseignement aux élèves et des travaux de recherches poursuivis par lui-même et ses assistants canadiens.Le nouveau titulaire est un savant distingué; il y a quelques mois, il était directeur du Centre de la recherche scientifique en France et membre du Comité d'honneur parisien de l\u2019Institut franco-canadien.Nous saluons chaleureusement la nomination du Dr Laugier; nous croyons qu\u2019elle sera d\u2019un très grand profit pour les deux facultés.Elles pourront bénéficier de sa science et de son expérience de savant.Nous lui souhaitons le plus grand succès dans l\u2019accomplissement de son importante mission.0) J MORT DE SIR FREDERICK BANTING La disparition tragique du docteur Banting cause un chagrin immense non seulement à la profession médicale du Canada, mais à toute la population du Dominion et à tous ceux qui, de par le monde, respectent et admirent les bienfaiteurs de l\u2019humanité.Le docteur Banting était incontestablement un de nos plus éminents concitoyens et probablement celui dont le nom était le plus répandu à l\u2019étranger.Combattant de l\u2019autre guerre, prix Nobel, son activité scientifique et sociale ne s\u2019était pas ralentie, loin de là, depuis sa brillante et bienfaisante découverte de l\u2019insuline, en collaboration avec Best et MacLeod.Il était président du Comité des recherches médicales du National Research Council, membre d'un comité médical pour l\u2019établissement d\u2019un centre de transfusion de sang pour les soldats canadiens et anglais et pour les civils; il avait découvert, tout récemment, des antidotes puissants contre les gaz toxiques; il poursuivait également des études des plus importantes sur la pathologie des aviateurs.Le docteur Banting s\u2019intéressait à toute recherche médicale sérieuse s\u2019effectuant au Canada.Sa mort est une lourde perte pour notre pays.Nous en sommes profondément attristés et comme médecins et comme citoyens canadiens.CONSEILS DES HYGIENISTES PROVINCIAUX TOUCHANT L'ALIMENTATION La quinzaine de Noël et du jour de l\u2019An, période que l\u2019on appelle généralement les fêtes, est un temps de réjouissances pour la plus grande partie de la population.Ce n\u2019est pas un mal, au contraire, l\u2019ambiance gaie qui règne un peu partout, durant ces jours, est de nature à produire des effets bienfaisants sur la santé.Les réunions joyeuses, multiples à cette époque, font oublier les tracas de la vie.L\u2019esprit subit une détente salutaire qui peut avoir une répercussion des plus heureuses sur l\u2019état physique.Hélas, le contraire arrive trop souvent et un bien grand nombre de gens se trouvent, à la fin du carnaval, dans un état pitoyable.Les abus inconsidérés commis durant cette période ont imposé aux organes intéressés dans la digestion et la nutrition un surmenage tel que leur fonctionnement est profondément troublé, quand toutefois ces organes ne sont pas sérieusement endommagés.En effet, durant les fêtes, on perd souvent le sens de la mesure, dans le boire et le manger; ce n\u2019est plus la raison qui mène, c\u2019est la bête qui recherche la satisfaction de ses goûts, de ses appétits et de ses caprices.RE L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BurreTIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 333 CORYPHEDRINE sn ASSOCIATION TRES EFFICACE DE: we RR, : ; Lg moe Acide acétylsalicylique O gr .50 oh Chlorhydrate d\u2019éphédrine Lévogyre O gr .015 ! L'association de l\u2019acide acétylsalicylique et du chlorhydrate d\u2019éphédrine lévogyre réalisée par la CORYPHEDRINE présente de nombreux avantages thérapeutiques.Prise dès l\u2019apparition des premiers signes du rhume de cerveau, la CORYPHEDRINE constitue un véritable médicament abortif de cette affection.Lorsque le rhume est nettement déclaré, la CORYPHEDRINE atténuera d\u2019une façon sensible les différents symptômes pénibles qu\u2019il engendre.POSOLOGIE ADULTE: l à 4 comprimés par jour PRÉSENTATION Tubes de 20 comprimés flacons de 100 comprimés Echantillon médical fourni aux médecins, sur demande Lagsoraroires POULENC FRÈRES bu CANADA, Ltée 204, Place Youville - - Montréal 334 Est-ce à dire qu\u2019il faudrait faire jeûne et abstinence?Jamais de la vie; mais parce que les fêtes sont des occasions de réjouissances, ça n\u2019est pas une raison pour se rendre malade.Rirait-on de moins bon cœur, si on prenait une alimentation rationnelle et balancée durant cette période tout comme on devrait le faire toute l\u2019année?Il n\u2019est pas défendu d\u2019avoir un menu un peu différent de celui des Jours ordinaires.Loin de là! Il pourrait comprendre une plus grande variété de mets ou des aliments d\u2019un choix plus dispendieux, mais ce que chacun devrait éviter, c\u2019est de manger trop, de consommer une trop grande quantité de certains aliments dont l\u2019excès est dommageable à la santé tels que les viandes et les graisses.Les aliments gras rendent la digestion plus pénible et sont responsables d\u2019une grande proportion des troubles digestifs si fréquents chez nous.Un repas trop riche en aliments gras déclanche souvent des troubles graves dans un foie dont les fonctions jusque-là étaient, sans qu\u2019on le soupçonne, en équilibre instable.Les viandes, chai des animaux de quelque calibre et de quelque espèce qu\u2019ils soient, sont riches en substances azotées.L\u2019excès de ces substances dites protéiques occasionne un surcroît de travail, au foie, constituant ainsi un danger réel de fatigue pour cet organe vital.De plus, les protéines non utilisées pour la réparation des tissus usés subissent, dans l\u2019organisme, une transformation qui libère l\u2019azote, partie constituante des protéines.L\u2019azote une foie libre devient de l\u2019urée, de l\u2019acide urique, de l\u2019ammoniaque, ete, substances toxiques qui doivent être éliminées le plus tôt possible par les reins.L\u2019abus prolongé des aliments azotés produit généralement une irritation des reins, maladie qu\u2019on appelle néphrite (mal de Bright).Ceux qui sont atteints de cette maladie ont presque toujours une pression artérielle élevée.Ils sont, par conséquent, exposés aux hémorragies cérébrales, complication tragique dont on meurt parfois rapidement et, si on en revient, c\u2019est avec une paralysie qui ne disparaît pas Coed L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 toujours.Quand les reins sont ainsi lésés, il suffit trop souvent de quelques écarts de régime, que l\u2019on se croit permis à l\u2019occasion des fêtes, pour faire éclater la bombe et mettre fin à tous les plaisirs même les plus légitimes.En face de ces faits, aux conséquences si graves, ne serait-il pas sage, même dans le temps des fêtes, d\u2019éviter les abus signalés plus haut et de mettre immédiatement en pratique certains conseils que nous donnent les experts en nutrition.Chaque dollar dépensé pour la nourriture devrait être partagé comme suit: 20 sous au plus pour le lait et le fromage, 20 sous ou plus pour les fruits et les légumes, 20 sous ou moins pour la viande, les œufs et le poisson, 20 sous ou plus pour le pain et les céréales.(Une partie de ce groupe devrait comprendre des aliments constitués de grains entiers: pain de blé entier, gruau d\u2019avoine, blé entier ou autres préparations similaires.) 20 sous ou moins pour les aliments sucrés, le beurre et autres substances grasses.Il suffirait d\u2019observer ces proportions dans l\u2019achat des aliments, pour améliorer considérablement le régime alimentaire suivi jusqu\u2019à date par un nombre considérable de nos familles canadiennes.Une alimentation saine et rationnelle aurait une répercussion des plus heureuses sur la santé des individus et le bien-être de toute la société.Le Ministère provincial de la Santé et du Bien-Etre social.LA MENINGITE CEREBRO-SPINALE Chaque guerre apporte avec elle son contingent de maladies épidémiques; le conflit actuel est encore trop récent pour que l\u2019on puisse prévoir les maladies dont il causera l\u2019éclosion, mais déjà la grippe et certaines autres maladies infectieuses se sont déclarées et les L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 des toux Coqueluchoïdes.\u2014 reste toujours un médicament de choix pour le traitement scientifique de la COQUELUCHE .Le Pavéral est journellement prescrit avec succès pour les cas de coqueluche et Ne cause ni intolérance, ni complication.Littérature sur demande.ER Ce RY FL eX oR eg TV RES AMherst 8900-3733 Pompes funèbres Salons mortuaires MONTY, GAGNON & MONTY Ambulances de 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Angleterre, depuis que les populations se réfugient dans les abris, on a constaté un grand nombre de cas de diphtérie et de méningites cérébro-spinales.Parmi ces affections, il en est une qui, dans le Québec, pourrait devenir plus menaçante, c\u2019est la méningite cérébro-spinale.Depuis huit ans, on observait chez nous une moyenne de trente-cinq à cinquante cas par an.Brusquement, en 1940, on en a constaté le double, soit une centaine.Bien plus, en novembre dernier, il y en eut dix, en décembre dix-huit, en janvier vingt-deux.C\u2019est dire que, sans atteindre des proportions alarmantes, la méningite cérébro-spinale fait un plus grand nombre de victimes depuis quelque temps.Le public doit donc prendre les précautions nécessaires pour prévenir la diffusion de cette maladie.Les soins généraux d'hygiène sont plus importants que jamais.Les enfants et les adolescents surtout sont sujets à cette affection.La période d\u2019incubation est de deux à dix jours et le malade peut être contagieux pendant deux semaines, surtout par ses secré- tions nasales et les linges qui en sont souillés.On se rend compte immédiatement de l\u2019importance d\u2019une bonne aération et de la propreté quand il s\u2019agit de méningite.Le patient doit être isolé pendant 14 jours à compter du début de la maladie.En somme, on doit prendre toutes les précautions élémentaires d\u2019hygiène pour supprimer tout danger de conta- sion.Ceci est d\u2019autant plus évident que le nombre des cas de méningite augmente ré- oulièrement.Pour la protection du public, de la famille et du malade lui-même, il faut que le bureau de santé le plus proche de la résidence du patient soit avisé de chaque cas afin d\u2019établir autour du malade une muraille de protection.Il va sans dire qu\u2019à la première alerte il faut consulter sans délai le médecin de famille.NOUVELLE NOMINATION DU DOCTEUR L.-M.EMARD Le Major L.-M.Emard, il y a quelques mois.surintendant médical à l\u2019hôpital Notre-Dame, vient d\u2019être nommé à la très importante fonction de directeur des services médicaux, district numéro 3, pour l\u2019entraînement des aviateurs.Ce district, dont le docteur Emard a la direction médicale, comprend les provinces de Québec, du Nouveau-Brunswick, de l\u2019Ile du Prince-Edouard, une partie de l\u2019Ontario et de la Nouvelle-Ecosse.Nous offrons nos chaleureuses félicitations au Major Emard et nos vœux de plein succès dans l\u2019exercice de ses nouvelles fonctions.UN QUART DE SIECLE AU SERVICE DE L'ENFANCE Les autorites de l'hôpital Sainte-Justine rendent hommage à cinq de leurs fidèles collaborateurs Le 4 février dernier, les autorités de l\u2019hôpital, un grand nombre de religieuses, le personnel médical et un groupe de gardes-malades offrirent leurs vœux et leurs hommages à deux religieuses et à trois médecins de l\u2019hôpital qui célébraient leur vingt-cinquiéme année de service.Unis depuis un quart de siècle dans une étroite collaboration au service de l\u2019enfance, les docteurs J.-E.St-Onge, A.Ferron et A.-Z.Crépault, secondés dans leur tâche par le zèle intelligent et éclairé des Révérendes Sœurs Valérie de la Sagesse et Sainte-Albertine, ont vaillamment gagné leurs épaulettes et l\u2019hôpital reconnaissant s\u2019incline devant leurs mérites.Madame L.de G.Beaubien, présidente de l\u2019hôpital, rend d\u2019abord hommage aux dévouées religieuses, rappelant leur état de service et louant le tact et la délicatesse avec lesquels elles se sont toujours acquittées de leur tâche.Madame Beaubien rappelle ensuite le dévouement sans défaillance du docteur, J.-E.St-Onge, son habileté et sa compétence; puis ry a \u2014 \u2014 NOUVELLES elle déplore l\u2019absence du docteur A.Ferron, actuellement en repos, cet artiste de la chirurgie dont le docteur Ombredanne, lors de son passage à Montréal, citait la virtuosité.Enfin elle évoque la belle carrière du docteur A.-Z.Crépault, dont elle a pu suivre l\u2019évolution puisqu\u2019il fut le premier interne de l\u2019hôpital Sainte-Justine.Le docteur Edmond Dubé, directeur médical, complimente à son tour ses illustres confrères qui furent ses compagnons d\u2019armes dans les services hospitaliers et dont la cordialité ne s\u2019est jamais démentie.Deux enfants offrent des fleurs à Mesdames J.-E.St-Onge et A.-Z.Crépault, les remerciant de la bonté que leur mari témoigne aux petits malades et les assurant de leur affection reconnaissante.Madame Beaubien donne un souvenir à cha- eun et cette fête se termine par un déjeuner des plus joyeux où règne cet esprit de franche camaraderie qui fait le charme de l\u2019hôpital Sainte-Justine.LE DOCTEUR ALBERIC MARIN AU CLUB KIWANIS SAINT-LAURENT Le docteur Albéric Marin, professeur de dermatologie et de syphiligraphie à l\u2019Université de Montréal et chef de service à l\u2019hôpital Notre-Dame, était l\u2019invité d'honneur au dé- jeuner-causerie du mercredi 19 février.À cette occasion, le docteur Marin fit une très intelligente conférence sur la syphilis.Il en vulgarisa les notions les plus importantes et surtout s\u2019efforca de démontrer qu\u2019elle était une plaie sociale et devrait être combattue sans merci, au besoin à l\u2019aide d\u2019une législation spéciale.LE CONSEIL SUPERIEUR DE L'ORDRE DES MEDECINS FRANÇAIS Le numéro du 20 novembre 1940 du « Journal de Médecine de Lyon », que nous avons reçu récemment, nous donne la composition 337 de cet organisme dont nous disions un mot dans notre numéro de février.Le voici: Président: M.René Leriche, professeur au Collège de France et à la Faculté de Médecine de Lyon; Membre du Comité: MM.Gabriel Boudet, professeur à la Faculté de Médecine de Montpellier; Jean Combes, médecin des Hôpitaux de Marseille; Marcel Fèvre, professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Paris; Charles Gerney-Rieux, professeur agrégé à la Faculté de Lille; H.Grenet, médecin des Hôpitaux de Paris; Hollier, médecin à Epinay-sur-Orge (Seine-et-Oise) ; Nédelec, chirurgien de l\u2019Hôpital d\u2019Angers; Roux-Berger, chirurgien des Hôpitaux de Paris; Emile Thibaudet, médecin des Hôpitaux de Lorient; Joseph Viaud, nphtalmologiste des Hôpitaux de Bordeaux; Villegier, médecin à Limoges.MALADIES INFECTIEUSES DANS LA VILLE DE TORONTO Des statistiques parues récemment, il ressort qu\u2019aucun cas de diphtérie ne fut rapporté dans la ville de Toronto durant l\u2019année 1940.C\u2019est la troisième année où il ne fut enregistré aucune mortalité par cette maladie, les années 1934 et 1932 étant les précédentes.Douze cas seulement de fièvre typhoïde y furent traités.Durant 1940, la morbidité par typhoïde, scarlatine, rougeole, coqueluche, scarlatine et diphtérie ne compta que 1,905 cas comparativement à 12,250 en 1939, avec mortalité de 12 en regard de 39.Cette très faible mortalité est la plus basse jamais enregistrée dans la ville de Toronto encourue par les infections citées plus haut.La mortalité par tuberculose fut de 29.9 pour 1,000 durant 1940, alors qu\u2019elle avait été de 30 en 1939, et de 36.9 en 1937 le taux antérieurement le plus bas.Cela démontre une amélioration constante et très importante dans le taux de mortalité par tuberculose dans la Ville Reine.Les mesures d\u2019hygiéne sociale ap- 338 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 pliquées à Toronto sont, à coup sûr, d\u2019une grande efficacité pour apporter des effets aussi manifestes et progressifs.BUREAU MEDICAL DE L'HOPITAL DU SACRE-CŒUR Les membres de ce bureau pour l\u2019année 1941 viennent d\u2019être désignés par élection et sont les suivants: Président: M.J.-E.Samson.Vice-Président: M.J.-A.Vidal.Secrétaire-Trésorier: M.J.-P.Paquette.LE DOCTEUR GAETAN JARRY DANS LA MARINE CANADIENNE Le docteur Gaëtan Jarry, engagé dans la marine canadienne comme médecin militaire, a quitté l\u2019hôpital du Sacré-Cœur, jeudi le 6 janvier, pour entrer incessamment en service actif.Ses confrères d\u2019hôpital se sont réunis, à cette occasion, pour lui présenter leurs meilleurs vœux.TRAITEMENT DES BRULURES DE GUERRE Tout dernièrement à la Société Royale de Médecine de Londres, le chirurgien contre- amiral Wakelley discuta longuement du traitement des brûlures de guerre.Diverses notions importantes y furent développées, en particulier concernant l'importance primordiale de la déperdition de plasma par les surfaces brûlées sur l\u2019apparition de l\u2019état de shock.D\u2019où le traitement qui s\u2019impose consisterait dans l\u2019administration de plasma au malade shocké.Ainsi des réserves de plasma desséché doivent se trouver dans les hôpitaux, afin de suppléer la protéine du plasma qui doit rétablir la pression osmotique et restaurer la distribution normale des fluides entre les vaisseaux et le milieu interstitiel.XXVIe CONGRES ANNUEL DES HOPITAUX CATHOLIQUES DU CANADA ET DES ETATS-UNIS Sous le patronage et à l\u2019invitation de son Eminence le Cardinal Dougherty, archevêque de Philadelphie, les officiers et le Bureau Exécutif de l\u2019Association des Hôpitaux Catholiques du Canada et des Etats-Unis, annoncent que le XXVIe Congrès de l\u2019Association aura lieu à la Convention Hall, Philadelphie.Pennsylvanie, du 16 au 20 juin 1941.ETUDE SUR LA POLIOMYELITE EN AUSTRALIE Le docteur F.M.Burnet, par des recherches poursuivies à l\u2019Institut Walter et Eliza Hall de Melbourne sur l\u2019épidémie de poliomyélite survenue à Victoria en 1937-38, en vint récemment à des conclusions intéressantes.Ainsi, aucune modification pathologique ne fut trouvée dans les bulbes olfactifs de 10 malades sur 11 qui moururent durant la phase aiguë de la maladie.Cette observation, jointe à la fréquence avec laquelle le virus fut trouvé dans les amygdales, dans les fèces et le naso-pharynx, porte à croire qu\u2019il y a d\u2019autres portes d\u2019entrée importantes du virus que les nerfs et les bulbes olfactifs.Contrairement à des épidémies antérieures, celle de Victoria frappa surtout les jeunes enfants, elle causa dans presque tous les cas des symptômes paralytiques et montra par ce dernier caractère que le virus, à l\u2019avis du docteur Burnet, se transforme graduellement au contact des ag- olomérations civilisées, devenant beaucoup plus neurotrope, en même temps que moins infectieux et antigénique.D\u2019où il s\u2019ensuit que le réservoir de contagion chez les adultes diminue, que conséquemment les très jeunes enfants sont beaucoup moins exposés, mais que, par contre.ceux d\u2019Âge scolaire sont soumis à un danger plus grand de paralysie.© L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BuULIETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 339 M.ARTHUR VALLEE EN DEUIL DE SON PERE M.Arthur Vallée, président de la Commission d\u2019administration de l\u2019Université de Montréal, membre de la Société d\u2019administration et président des anciens diplômés de l\u2019Université, vient de perdre son père, M.Pierre Vallée, décédé à l\u2019âge de 89 ans.Nous offrons à M.Arthur Vallée nos plus sincères condoléances.SUGAR AND SALT FLAVORED WITH MALT, L'UNIVERSITE DE LEYDE FERMEE E 2 for.PAR LES ALLEMANDS p a .\u2019 Les Allemands ont décidé récemment la fer- Ë a FICIENCY meture de la célèbre Université de Leyde en Ë a.DUE To BULK\u201d Hollande, illustrée tout particulièrement par Ë ; Boerhaave, un des fondateurs de la médecine | TI a, LTD, LONDON, ONT moderne.Il paraît que les étudiants y faisaient es \u2018 de l\u2019obstruction.Quand on manifeste sa désapprobation à l\u2019égard d\u2019un envahisseur brutal -et sans serupules, cela s\u2019appelle faire de l\u2019« obstruction », selon les Allemands.MASQUES COMME MOYEN DE PREVENTION DE L'INFECTION Un comité de la Chambre des Communes à Londres a recommandé le port, dans les abris anti-aériens, d\u2019un masque très simple constitué d\u2019un tampon de gaze blanche retenu par du ruban gommé.Ce masque a prouvé son efficacité durant l\u2019épidémie d\u2019influenza de 1918.Il pourrait rendre de grands services en évitant la diffusion de cette infection, maintenant encore.On devrait, à l\u2019avis du Comité, l\u2019utiliser non seulement dans les abris, mais aussi dans les usines et les ateliers où la présence des ouvriers est actuellement d\u2019une né- -cessité vitale.CONFERENCE BANTING La doyen annonce que la Faculté de Médecine organise une séance publique qui aura lieu bientôt, sur Banting et son œuvre.Le professeur Laugier en sera le conférencier.Nous an- Toncerons la date prochainement. 340 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 Une thérapeutique efficace pour.l'Otite Moyenne DOIT ÊTRE ANALGÉSIQUE - BACTÉRICIDE et PRODUIRE la DÉSHYDRATATION des TISSUS Aaralqan THE DOHOW CHEMICAL COMPANY, LTD.Montréal \u2014 New-York \u2014 London PLAQUES D\u2019AUTOMOBILES À L\u2019USAGE DES MÉDECINS.\u201cUne série spéciale de plaques d\u2019automobiles à l\u2019usage des médecins, portant les numéros 1000 à 3000 a été émise par le gouvernement provincial.\u201d \u201cPour le district de Montréal, les plaques portent les numéros 2001 à 3000; pour le reste de la province, 1000 à 2000.\u201d \u201cCes plaques ne peuvent être obtenues, à Montréal, qu\u2019au bureau central de distribution du gouvernement provincial, 445, rue Saint-Gabriel, dans le nouveau Palais de justice.\u201d | BUREAU A LOUER.Bureau du docteur Edgar Langlois, 281 est, rue Sherbrooke.Trois pièces, $50.00 par mois.Pour renseignements: Gérard Michaud, notaire; Tél.HA.6777, 10 ouest, rue Saint-Jacques.DISPENSAIRE À LOUER.3763 ouest, rue Notre-Dame, Montréal.Contenant 5 bureaux pour médecins et dentistes.Aussi à vendre meubles de bureau, contenu de la salle d'opération, cabinet avec instruments de chirurgie, 2 chaises d\u2019opération et d\u2019examen, tables, tablettes en verre, etc.Conditions avantageuses.S\u2019adresser: Succession du docteur Roma Tremblay, 661 avenue Rockland, Outremont.Tél.CAlumet 4256. 5, d, de gt jos ne NECROLOGIE LE DOCTEUR EDGAR LANGLOIS Le docteur Edgar Langlois vient de nous quitter bien vite.Beaucoup trop précocement et trop rapidement, si nous nous reportons à nos sentiments douloureusement remués, et au rôle important qu\u2019il aurait pu jouer pendant de nombreuses années encore auprès de ses nombreux et fidèles clients, au sein des institutions hospitalières auxquelles il était attaché.En fait, il n\u2019avait que 47 ans, et c\u2019est bien jeune pour tout laisser, les choses et les hommes, sa famille et ses amis.Le docteur Langlois avait fait ses études médicales à l\u2019Université de Montréal; il y reçut son doctorat en 1917.C\u2019est après avoir été interne à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, puis au Sanatorium Prévost dès la fondation de cette institution, que le docteur Langlois devint l\u2019élève, l\u2019ami et le collaborateur du regretté docteur Prévost.Le Sanatorium fut dès lors pour Langlois l\u2019objet de ses plus chères ambitions professionnelles et de ses plus importants soucis.A la mort du docteur Prévost, il en prenait la direction médicale et y fut, pendant deux années, le seul médecin traitant.Lourde tâche et périlleuse responsabilité à assumer en même temps que réputation et renommée difficiles à maintenir! Langlois réussit avec élégance et succès à perpétuer l\u2019Œuvre de Prévost, à diriger avec avantage le Sanatorium et à rendre ainsi au public de la Province des services inestimables; services qui ont fait de l\u2019Institution de Cartierville, malgré son caractère de clinique privée, et grâce à l\u2019impulsion donnée par son fondateur, une institution d\u2019utilité publique.Langlois eut donc ce grand mérite de perpétuer, par son travail, son savoir et son jugement sûr, l\u2019entreprise de son Maître.ee ++ A l'hôpital Notre-Dame, il avait été l\u2019assistant du docteur Prévost dans le service de neurologie.Il lui succéda comme chef en 1926 et devint, en 1938, membre du Conseil d\u2019Administration.Langlois doit donc être considéré comme l\u2019élève immédiat de Prévost.C\u2019est par les conseils et les leçons de son Maître qu\u2019il acquit des connaissances étendues en pathologie nerveuse, l'expérience et la maîtrise qui donnent la délicate compétence à traiter les nerveux.Elève de Prévost au point de vue scientifique, Langlois fut par-dessus tout l\u2019héritier d\u2019un patrimoine spirituel, le continuateur d\u2019une attitude morale bien définie du neurologiste à l\u2019égard de son malade.Cette tradition est d\u2019importance capitale; elle comporte un respect inaliénable du malade, une sympathie compréhensive et communicative pour ses souffrances morales, qui captent la confiance et procurent un sentiment de sécurité et d\u2019optimisme.Ce fut le secret du grand succès de praticien du docteur Prévost; ce fut aussi celui qui créa une clientèle nombreuse et fidèle au docteur Langlois.Et dans l\u2019application de cette conception, absolue sincérité, intérêt constant porté au malade, désir ardent de sa guérison, la rétribution matérielle couronnant avanta- veusement une action médicale et morale doublement efficace.Tel fut Langlois comme médecin.Comme personnalité, ses amis, ses collègues ont connu un parfait gentilhomme par l\u2019éducation, par les qualités du cœur et de l\u2019esprit.Délicatesse de sentiments; esprit pondéré, dénué de tout fanatisme, de toute passion ; loyauté et franchise absolues; spontanéité dans expression des sentiments et jovialité sans re TETE a RCE \u2019 342 vulgarité, tels étaient les traits caractéristiques de la personnalité morale de Langlois.Doué d\u2019une auto-critique aiguë et d\u2019un sens avisé du ridicule, il considérait la vie avec un sérieux éclectique, portant sur lui-même une juste appréciation.Jamais de morgue, de fatuité conquérante ou d\u2019autoritarisme irraisonné; toujours la juste mesure et beaucoup d\u2019humour.Il fut pour ses assistants d\u2019une extrême gentillesse et d\u2019une justice sans reproche.À ce dernier titre, il pourra servir de modèle.Mon cher Langlois, tu nous as laissé un souvenir comme tu l\u2019aurais souhaité, c\u2019est-à- dire serein, sans ce goût d\u2019âcreté qui parfois accompagne la mémoire des disparus.Nos regrets sont immenses de ne jamais plus te revoir, mais ces regrets sont amoindris par notre conviction que tu es heureux après avoir véeu une existence d\u2019honnête homme et de bon chrétien.Cette pensée doit alléger le chagrin de ton épouse, de tes enfants auxquels tu étais si intimement uni.Et si la sympathie doit encore aider à supporter la triste épreuve d\u2019un deuil, nous leur offrons nos plus sincères condoléances.Roma AMYOT.LE DOCTEUR JOSEPH-L.GAGNON Le docteur J.-L.Gagnon est décédé le 11 février à l\u2019âge de 54 ans.Il avait fait ses études de médecine à l\u2019Université Laval de Québec qui lui accorda son doctorat en 1912.Il pratiquait à Montmagny.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, mars 1941 LE DOCTEUR LOUIS-FRANÇOIS LEPAGE Le docteur L.-F.Lepage vient de mourir à un âge très avancé.En fait, il était le doyen des médecins de Rimouski et avait fêté, il n\u2019y a pas très longtemps, ses cinquante années de pratique médicale.Le docteur Lepage n\u2019exerçait plus depuis quelques années.LE DOCTEUR LOUIS-AUGUSTE BOURBEAU Le docteur L-A.Bourbeau est décédé le 6 février à l\u2019âge de 38 ans.Le défunt avait été chirurgien à l\u2019hôpital Général de Verdun, chirurgien en chef de l\u2019hôpital de Montréal-Est, enfin depuis 1937 chef du service de chirurgie de l\u2019hôpital de Noranda.Il avait obtenu son doctorat en médecine de l\u2019Université de Montréal en 1928.LE DOCTEUR MEDERIC LEMOYNE Nous avons le regret d\u2019annoncer le décès du docteur Lemoyne, de Montréal, survenu soudainement ces jours-ci.Nous nous empressons de rendre hommage à ce médecin modeste et distingué que tous aimaient et consultaient avec confiance.Ancien élève des hôpitaux de Paris, il avait une clientèle considérable.Il accordait volontiers ses soins a tous les pauvres gens qui les réclamaient sans autre rémunération qu\u2019un merci et un bon sourire.Grand lecteur, son érudition était immense et son commerce infiniment agréable.Nous adressons à son fils nos vives condoléances.+ + "]
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