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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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L'union médicale du Canada, 1942-07, Collections de BAnQ.

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[" IN MEMORIAM -e- 06 LE DOCTEUR JOSEPH VAILLANCOURT 1881 - 1942 Après une autre de ses journées si régulièrement pleines de travail.le docteur Joseph Vaillancourt mourait foudroyé le 3 juin, moins de trois heures après avoir vu ses derniers malades.Bien que se sachant depuis quelques mois menacé d\u2019un accident grave et rapide, il voulut cependant ne rien diminuer de ses activités coutumières préférant, disait-il, « mourir debout » et persistant à fournir un travail très ardu et toujours aussi régulièrement soutenu.Le docteur Joseph Vaillancourt était originaire de St-Anselme, comté de Dorchester, et était né en 1881.Fils de feu le docteur Cyrille Vaillancourt, député à la Chambre des Communes de 1891 à 1896, et de Marie- Louise Larochelle, il était issu de deux familles distinguées des plus avantageusement connues.Il fit ses études classiques au Séminaire de Québec et ses études médicales à l\u2019Ecole de Médecine de l\u2019Université Laval à Québec dont il sortait diplômé en 1906.Il partit peu de temps après pour l\u2019Europe, à Paris.afin d'y parfaire ses études en oto-rhino- laryngologie et en ophtalmologie; il étudia dans différents hôpitaux de la capitale française sous les maîtres du temps en spécialités médicales.De retour à Québec, il s\u2019installa au numéro 46 de la rue St-Louis où il maintint ses bureaux toute sa vie durant.Il fut d\u2019abord nommé assistant au service d\u2019O.-R.-L.-O.à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, il quitta plus tard cette institution et fut peu après parmi les médecins-fondateurs du premier groupe médical de l'hôpital de l\u2019Enfant- Jésus.Il devint rapidement chef de l\u2019important service d\u2019O.-R.-L.-O.de cet hôpital, poste qu\u2019il a conservé et activement tenu jusqu\u2019à sa mort; il était vice-président du Conseil mé- re, 3 v eo ° v 04 # .Tu = Le ° ve v C0 Lee < \u20ac Le ne - .4 .U 8.+ se .,$ 2° - A » Pa ® : v a + 2 *, © oe ome au 75, © se .: to.\u2019 , + oe ar Coe a .»+ + $e 4 Lo dical et président du Comité de l\u2019Internat de ce même hôpital.A l\u2019hôpital il était reconnu comme un fort travailleur de tous les jours, étant presque toujours rendu à la salle d\u2019opération aux environs de huit heures le matin pour n\u2019en sortir très souvent qu\u2019aprés onze heures; on le savait comme étant d\u2019une juste sévérité dans tous les points se rapportant à la discipline médicale et aux règlements qui la régissaient; il était reconnu pour la minutie qu\u2019il apportait dans la solution des moindres problèmes jusque dans leurs menus détails; sévérité que d\u2019ailleurs il faisait vite oublier quand d\u2019un air moqueur il racontait les multiples petites anecdotes qui avaient le don de dérider et dont il possédait un répertoire inépuisable.En plus de ce poste important qu\u2019il oceu- pait à l'hôpital de l\u2019Enfant-Jésus et où s\u2019exer- caient ses principales activités hospitalières, le Dr Vaillancourt était chef du service d\u2019O.-R.-L.-O.à l\u2019hôpital St-Michel-Archange et était titulaire de la chaire d\u2019oto-rhino- laryngologie à l\u2019Ecole de Médecine de l\u2019Université Laval depuis quelques années.Il était membre du Collège Royal des Médecins et Chirurgiens du Canada, membre correspondant de la Société de laryngologie des hôpitaux de Paris, membre de la « Montreal Ophtalmological Society », membre de l\u2019Association des O.-R.-L.-O.canadiens-français, membre de l\u2019Association Médicale Canadienne, membre de la Société Médicale de Québec dont il avait été président, membre de la « Canadian Ophtalmologisal Society » dont il avait été président de congrès à Québec en 1941, vice-président de la « Pan-American Medical Association » et membre de l\u2019Association des Médecins de langue française de e - erm oe * Ls sue » ° v + +\u201c 03 ca 672 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, juillet 1942 l\u2019Amérique du Nord dont il avait été secré- taire-général lors du congrès dit « Jacques- Cartier » à Québec en 1934.Il s\u2019était toujours activement mêlé au mouvement paroissial, avait été marguiller de la paroisse Notre-Dame de Québec où il avait toujours demeuré depuis son retour d'Europe et avait aussi occupé maints postes importants dans diverses œuvres catholiques; il était un croyant fervent et actif.Malgré toutes ces activités il trouva le moyen d\u2019être activement utile à sa ville et à son pays dans les domaines social et militaire: il fut en effet président de la Section de Québec de l\u2019Association Ambulancière St-Jean, œuvre si admirablement humanitaire.En reconnaissance de ses services, Sa Majesté le Roi lui avait décerné le titre d\u2019Officier de l\u2019Ordre Vénérable de St-Jean-de-Jérusalem.Il avait oceupé la présidence du Comité de la Section Notre-Dame de Québec au cours des deux emprunts de la Victoire.Il était capitaine (R.C.M.C.) de l\u2019armée canadienne durant la période 1914-18, et était demeuré ensuite dans la réserve.Dans le domaine de la politique, il était un ardent et un convaincu, et fournissait un support d\u2019une solidité tout aussi marquée que celle de sa conviction.Mais tout ce surcroît de travail, le Dr Vaillancourt avait trouvé le temps d\u2019écrire quelques articles médicaux de sa spécialité dans le « Bulletin de l\u2019Association », le « Laval Médical », et autres périodiques médicaux.Il fut un dur travailleur, dirigeant ses efforts sans crainte ni détour vers ce qu'il croyait juste et à propos.Il avait surtout deux distractions préférées, bien que la pêche à la truite et au saumon de même qu\u2019un bridge occasionnel lui avaient laissé de bien agréables souvenirs: il se délectait à écouter la musique symphonique et croyait se reposer en jouant au golf.C\u2019étaient là ses deux grands plaisirs et alors qu\u2019il cherchait le second dans les belles campagnes de son pays qu\u2019il aimait tant, il jouissait du premier dans le calme de son foyer au cours des quelques heures de repos mérité qu\u2019il prenait dans la soirée.La disparition soudaine de cet homme par ailleurs solidement bâti, relativement jeune et en pleine activité si longtemps soutenue, constitue une perte sensible pour son milieu et pour la profession médicale du Canada français.À son épouse, Mme Vaillancourt, si péniblement éprouvée et au Dr Paul LaRochelle, son beau-frére et collaborateur depuis plus de douze années, l\u2019Union Médicale du Canada et l\u2019Association des Médecins de Langue française de l\u2019Amérique du Nord offrent les hommages de leur respectueuse et sincère sympathie et l\u2019expression de leur regret profond à l\u2019occasion de l\u2019épreuve cruelle qui les frappe si durement.C.A.GAUTHIER.or ea IT 2 BULLETIN LE 17° CONGRÉS DE L'ASSOCIATION DES MÉDECINS DE LANGUE FRANÇAISE DE L\u2019AMERIQUE DU NORD L\u2019Association des Médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord tiendra son 17° Congrès à Montréal en l\u2019hôtel Mont-Royal les 14-15-16 et 17 septembre 1942.Elle fut fondée en 1900 à Québec par le professeur Brochu pour maintenir et propager la médecine française en cette terre d\u2019Amérique.Les événements mondiaux actuels imposent aux membres de notre association une responsabilité d\u2019autant plus grande que la France, temporairement vaincue et enchaînée, ne peut faire rayonner à l\u2019étranger sa culture et son génie, qui ont été la source de notre survivance.L\u2019Exécutif de l\u2019Association des Médecins de langue francaise de l\u2019Amérique du Nord, conscient de son devoir et anxieux de réaliser une manifestation médicale française importante, a dressé un programme, pour son 17° congrès, capable d\u2019attirer à ces assises un nombre considérable de médecins.Les démonstrations scientifiques seront nombreuses, modernes et intéressantes.L\u2019ouverture du Congrès aura lieu lundi soir le 14, à l'hôtel Mont- Royal.Après les discours officiels, nous entendrons le professeur agrégé Gaston Gosselin, chimiste et physiologiste connu, nous entretenir des vitamines ; il sera le conférencier officiel du Collège Royal des Médecins et Chirurgiens du Canada.Les dames sont invitées à cette séance d\u2019ouverture.Les hôpitaux recevront à tour de rôle, le matin, les congressistes.Les communications scientifiques qui seront données dans les institutions hospitalières sont spécialement faites pour les médecins praticiens; ils seront certains d\u2019y puiser des connaissances capables de les aider dans l\u2019exercice de leur clientèle.L\u2019après-midi, les sessions se tiendront au Mont-Royal, les 15-16 et 17 septembre, de 2 heures à 5 heures.Une séance sera consacrée à 674 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 l'étude du « syndrome hémorragique ».Cette question, dont l\u2019importance est grande, sera étudiée entièrement tant au point de vue scientifique que pratique.Durant les deux autres après-midi, nous entendrons plusieurs conférenciers nous exposer de nombreux sujets _ médicaux; tous ont une orientation à la fois scientifique et pratique.En même temps que se dérouleront les séances plénières du matin et de l'après-midi, les sections de notre congrès tiendront leur réunion et auront un programme spécialisé.Ces sections sont les suivantes: Section d'hygiène.Section d'oto-rhino-laryngologie et d\u2019ophtalmologie.Section de radiologie.Section de phtisiologie.Enfin, notre exécutif, pour augmenter l\u2019intérêt et multiplier les activités, a dressé un exhibit scientifique et fera projeter sur l\u2019écran à certaines heures des films médicaux.Des confrères des Etats-Unis se joindront à nous au cours de ces manifestations scientifiques.Nous aurons le plaisir de recevoir le docteur Pemberton, de Philadelphie, autorité incontestée sur le rhumatisme, qui nous exposera ses idées sur cette maladie, et le docteur Chevalier Jackson, de Philadelphie, déjà connu, qui nous parlera de la bronchoscopie et de certaines affections des bronches.Pour réhausser encore nos agapes médicales, nous avons invité des médecins éminents de l\u2019Amérique du Sud et déjà nous croyons pouvoir réaliser une soirée médicale sud-américaine où trois ou quatre confrères de l\u2019Amérique du Sud nous exposeront en français des sujets intéressants.Il va sans dire que l'Exécutif a non seulement réalisé un programme scientifique capable de fixer l\u2019intérêt de nos confrères, mais a velllé a l\u2019organisation des activités mondaines et sociales qui retiendront l\u2019attention des congressistes et de leurs épouses.Le tricentenaire de Montréal et de son Hôtel-Dieu est une occasion unique pour favoriser ces démonstrations.De plus, l\u2019Université de Montréal ouvrira en septembre ses nouveaux édifices à la Montagne.Notre association a vu la nécessité de mettre en relief cet événement important à notre survivance française et fera une visite des nouveaux immeubles où le président de l\u2019Université et son conseil ainsi que BULLETIN M.le doyen de la Faculté de Médecine recevront en fin d\u2019après-midi les médecins.| L\u2019exposé succinct du programme général de notre 17° congrès suffit, je crois, à attirer déjà l\u2019attention de nos confrères.Le mois prochain paraîtra, dans l\u2019Union Médicale, l'exposé détaillé des Journées des 14-15-16 et 17 septembre.Dès maintenant, nous faisons un appel énergique aux médecins français de l\u2019Amérique du Nord d\u2019assister nombreux à cette réunion scientifique.Le nombre plus considérable de présences sera la plus éclatante démonstration de la survivance française en Amérique; il stimulera nos énergies dans l\u2019exercice de notre pratique médicale quotidienne et dans le chemin de la recherche scientifique.Oscar MERCIER, Président du 17° congrès de 'A.M.L.F.A.N.675 LES JOURNÉES MÉDICALES La Société Médicale de Montréal a convié de nouveau ses membres et leurs invités à quatre jours de récollection scientifique.Les 15, 16, 17 et 18 juin, se tenaient, en effet, à Notre-Dame, à Sainte-Justine, à Saint-Luc et à l\u2019Hôtel-Dieu les Journées Médicales Annuelles.Le programme de chaque séance était bien fourni et varié, susceptible de plaire et d\u2019instruire.Présentations de malades, communications courtes sur des aspects nouveaux, exhibits scientifiques, travaux originaux, recueils de faits personnels, se sont succédé dans un ordre parfait, captivant l\u2019attention et retenant l\u2019intérêt des auditeurs.Quant à l'assistance, elle dépassa chaque jour les prévisions les plus optimistes; ce qui combla de joie conférenciers et organisateurs.La réussite de ces Journées Médicales est une preuve nouvelle que ces assises annuelles de la profession sont utiles, même nécessaires, que leur répétition s'impose.Leur tenue est à l\u2019origine d\u2019une tradition qui doit durer.Plusieurs centaines de médecins ne se déplacent pas chaque matin sans être sûrs de retirer quelque profit de leur assistance à ces réunions.Même si certains rapports sont un peu faibles et ne rendent pas toujours justice à ceux qui les donnent ou les signent, ce qui est inévitable, la grande majorité des travaux présentés mérite une audition soutenue et la prise de notes.Initiative heureuse de la Société Médicale de Montréal, ces Journées trouvent auprès des praticiens, qu\u2019ils soient de la ville ou de la campagne, un tel accueil qu\u2019ils ont acquis droit de cité.Les médecins des hôpitaux, qui en font les frais scientifiques, se réjouissent de pouvoir par elles participer à l\u2019effort scientifique et de contribuer ainsi à resserrer les liens qui les unissent à leurs collègues de l\u2019extérieur.| La Médecine et la guerre \u2014 l\u2019œuvre de conservation et l\u2019agent de destruction \u2014 ne peuvent s\u2019ignorer.Aussi la Société Médicale s\u2019estelle cette année attachée particulièrement à l\u2019étude des problèmes posés par la guerre. BULLETIN 677 \u2019 Problèmes nombreux que les rapporteurs, faute de temps, n'ont pu qu\u2019esquisser ; énoncés suffisants toutefois pour offrir aux auditeurs des sujets de méditation et les incliner à la coopération.S\u2019il est utile de connaître les grands faits généraux, s\u2019il est bon de se pénétrer de l\u2019idée qu\u2019il faut servir, il est encore meilleur de se tenir prêt à toute éventualité et de s'organiser en vue du moins bien.Il est temps d\u2019agir ; l\u2019heure des discours est passée.N\u2019aurions-nous appris aux Journées Médicales que cette nécessité urgente de la collaboration et n\u2019eussions-nous pris que la résolution de servir que cela serait déjà suffisant pour valoir au président, le docteur G.-L.Prud\u2019homme, et à l\u2019enthousiaste et dévoué secrétaire, le docteur Paul Letondal, toute notre reconnaissance.Epovarp DESJARDINS. \u2018 SOUS LES PLATANES DE CCS\u201d (Juin 1942) Mon collègue, très distingué et très érudit, le professeur Antonio Barbeau, vient d\u2019éditer un livre dont le titre est un appel à la curiosité de tous les médecins qui veulent se renseigner sur les questions de « psychologie » et dont l\u2019actualité est indiscutable.Ce livre est destiné à faire l\u2019éducation non seulement du médecin, mais du citoyen qui s\u2019intéresse à toutes les questions sociales et paramédicales.Dans sa préface, il débute par un acte d\u2019humilité qu\u2019il convient de citer: « L\u2019auteur de ce recueil d\u2019écrits », dit-il, « n\u2019est ni littérateur, ni artiste, ni philosophe, ni savant.Il est médecin, seulement médecin.S\u2019il aime tout ce qui est humain, il le doit à la féconde doctrine hippocratique, née il y a plus de deux mille ans sous les platanes de Cos.» Il est médecin seulement.dit-il, c\u2019est-à-dire qu\u2019il est à la fois littérateur, artiste, philosophe et savant.Il m\u2019excusera de lui rétorquer par cette controverse.La table des matières comporte six chapitres.Le médecin est « placé entre l\u2019atome et l\u2019étoile », pour qui il réclame une forte culture.Il est donc forcé d\u2019aller quérir son bien ou il se trouve en communiant en quelque sorte « avec tout l\u2019univers dans l\u2019orbite de ses préoccupations spéciales.» Cela veut dire, toujours d\u2019après le même auteur, que le médecin ne doit pas s\u2019attendre à découvrir le monde dans sa chambre et autour de lui exclusivement; car, ajoute-t-il, «il y a, chez le médecin, trois sagesses: celle de son métier, celle de sa culture générale, et celle de sa philosophie de la vie.Ce sont ces trois vertus qui pourront, seules, empêcher l\u2019assimilation anglo-saxonne et américaine qui devient de plus en plus menaçante à cause de notre éloignement de la France.Elles peuvent, si nous le voulons, conserver à notre médecine française ses caractéristiques essentielles pour assurer l\u2019orthodoxie des directives sociales dans la cité future.* * Dans un deuxième chapitre, l\u2019auteur traite de la Biologie humaine, en particulier «la stérilisation des inaptes ».Il cite des chiffres impressionnants sur l\u2019augmentation de l\u2019aliénation mentale et de la criminalité, tandis qu\u2019il étudie l\u2019hérédité de tous les ascendants entachés de psychose et de prédispositions pathologiques.Connaissant le rôle formidable de l\u2019hérédité chez les psychopathes, il passe en revue les théories émises dans les différents pays, en particulier aux Etats-Unis, et il étudie, avec chacun des auteurs, les moyens proposés pour prévenir la transmission de ces tares héréditaires, en particulier la stérilisation des inaptes.Sur ce sujet, il en cite un grand nombre.«Ces individus », dit-il, «ne peuvent, laissés à eux-mêmes, que causer des dégâts terribles et impossibles à prévenir.Que devons-nous en faire?».« Alors le médecin se trouve non seulement en présence de sa science, mais aussi en présence de sa conscience et de sa foi.Pour le médecin catholique, il n\u2019y a pas de stérilisation possible.» * * x Dans un troisième chapitre, il traite de l\u2019évolution de la neurologie moderne.Il étudie les organisations actuelles parmi nos institutions canadiennes-françaises et il mentionne, en passant, les neurologues parfaitement qualifiés que nous possédons.Cette mention a une grande importance pour nous, Canadiens français, dont le public ignore, trop souvent, les importantes et fécondes activités.Après une étude sommaire des causes que l\u2019on invoque pour expliquer et comprendre les BULLETIN névropathies humaines, il énumère les principaux processus neuro-psychologiques chez l\u2019homme, à savoir: l\u2019excitation, l\u2019inhibition, l\u2019irradiation, la dynamogénie, l\u2019automatisme, les réflexes, des facteurs biologiques tout particulièrement neuro-végétatifs et endocriniens.L'auteur ajoute une remarque heureuse de la plus haute importance: «Pour la compréhension de sa spécialité, pour l\u2019exercice de son art, il est aussi indispensable au neurologiste d\u2019aujourd\u2019hui de connaître à fond les travaux des psychologues que de posséder de vastes et précieuses notions de physiologie générale.Le plus grave défaut dans toute formation culturelle et professionnelle sera toujours l'unilatéralité.» Telle est donc l\u2019évolution de la neurologie, selon l\u2019auteur.Nous ne voulons pas ajouter à ce que vient de dire le professeur Barbeau, mais tant que le spécialiste, comme le médecin, n\u2019auront pas acquis, conservé et développé les notions fondamentales anatomo-physiologiques qui constituent la base de la médecine, aucune évolution durable ne peut s\u2019accomplir.Je suis de son avis lorsqu\u2019il ajoute que la médecine devrait reprendre haleine « sous les platanes de Cos », afin de se réfugier un instant dans ses plus vieilles traditions avant de tant se confier aux théories ultra-modernes et d\u2019oublier, à côté de ses humeurs, l\u2019homme, qui est son objet, « l\u2019homme total, être de chair et de sentiment».* * + Dans la chapitre suivant, l\u2019auteur aborde la question d\u2019une actualité si impressionnante concernant l\u2019enfant et la criminologie.Dans nos milieux actuels, surtout depuis la guerre, les méthodes nouvelles de ce prétendu patriotisme, ou la femme déserte son foyer pour aller travailler dans les usines, abandonnant, pour ainsi dire, ses enfants à des autorités anonymes, sinon dans la rue, contribuent à augmenter la criminologie de jour en jour.C\u2019est un problème aussi inquiétant pour la société que pour la morale.679 Après une étude sommaire de quelques statistiques et de la mentalité de l\u2019enfant, il arrive à la conclusion que l\u2019enfant délinquant doit être traité autrement que l\u2019adulte; qu\u2019il doit attendre son procès dans des maisons de détention spéciale; que l\u2019emprisonnement est, en soi, une mauvaise méthode et que la notion de punition et de vengeance doit être remplacée par celle, plus féconde, de la réhabilitation et de la rééducation.Il fait accompagner l\u2019exposé de cette question, en tirant les lignes de démarcation entre les influences du milieu et de l\u2019hérédité.Mais il attribue à l\u2019éducation un rôle de la plus haute importance; car elle peut corriger des tendances héréditaires qui; sans elle, se développent dangereusement dans ces jeunes cerveaux, voués à leurs propres instincts et libérés de toute surveillance.* * * Dans un court chapitre, il suit, avec intérêt, l\u2019évolution de la médecine canadienne-fran- çaise.Ce passage gagnerait à être un peu plus élaboré, car 1l renferme, pour nous, des aperçus si nouveaux, en les comparant avec notre médecine ancienne, que les générations auraient grand profit à connaître tous les aspects de ce problème, car les luttes les plus vives contre la routine et les méthodes surannées d\u2019un hippocratisme stérile ont longtemps retardé la marche et l\u2019ascension de la médecine cana- dienne-française.L\u2019auteur formule l\u2019espoir que « nous devrons nous imprégner toujours de la France, mère de toute culture et de toute sagesse ».Il incite ceux d\u2019entre nous qui peuvent publier, de s\u2019y consacrer pour conserver notre esprit et nos traditions francaises.« Informée d\u2019humanités », dit-il, «la médecine, soucieuse de toute culture, catholique par conviction, ne peut pas, sans renoncer à l\u2019une de ses caractéristiques essentielles, cesser d\u2019être française.car elle commettrait alors le pire des crimes, le plus impardonnable de tous après le crime contre l\u2019Esprit\u2026 le crime contre la Vie.» * * * 680 Le dernier chapitre est consacré aux fous que j'aime.Qui sont-ils?Ce sont les autres.Après avoir énoncé quelques paradoxes sur les fous de la rue, comparés à ceux des asiles, il cite, en passant, un passage emprunté au vieil Erasme: «Sans la folie, Terre et Olympe ne se seraient jamais peuplés, puisque l\u2019acte d\u2019amour est par excellence un acte de folie.Sans elle, que deviendrait notre vie?Il n\u2019y a pas d\u2019enfance, pas de jeunesse sans illusions! La vieillesse, sans le retour à l\u2019enfance, n\u2019est plus que de la vieillesse.Et l\u2019âge mûr, s\u2019il n\u2019était que de sagesse, serait morne à mourir.Autant dire que la folie est la condition normale de l\u2019humanité.La conclusion d\u2019Erasme démontre bien la supériorité de la philosophie sur la science.».Après une étude très subtile sur le génie et la folie, il essaie, en vain, de poser une classification.Elle est impossible à l\u2019heure actuelle, parce que, dit-il, il n\u2019y a pas de maladies; il n\u2019y a que des malades.Chez les uns, il y a des lésions du système nerveux; chez les autres, il n\u2019y en a pas que l\u2019on puisse déceler par nos moyens actuels.Et il met fin à ce duel entre génie et la folie par la citation suivante: « En somme, la légende de la filiation pathologique du génie s\u2019appuie sur des bases bien fragiles.Le génie, fait de transcendance et d\u2019harmonie, s\u2019oppose, point par point, à la folie, marquée d\u2019Emoindrissement et de déséquilibre.Le génie crée pour les autres, la folie s\u2019exprime pour elle seule.» L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 En quittant ces fous qu\u2019il aime, l\u2019auteur les fait défiler devant nous: 1° Les aliénés enfermés dans les hôpitaux spécialisés, qui sont des êtres humains comme tous les autres.Redevenus enfants, ils ont droit à notre science, à notre compréhension et à nos tendresses.2° Les héréditaires, qui s\u2019écartent de la norme conventionnelle et qui succombent sous le poids d\u2019un passé lourdement chargé.3° Les saints, les héros, les génies, qui se dépassent eux-mêmes.4° Les névrosés, qui cherchent, angoissés, à se libérer de toutes leurs obsessions.5° Les scientifiques, les littérateurs, les sculpteurs, les musiciens, les peintres, dont les sens exaspérés engendrent la sublime transmutation de la beauté.« Tous, je les aime », ajoute-t-il, « parce qu\u2019ils sont le sel de la terre, le levain de l\u2019humanité, que leur folie engendre notre sagesse et que, dans nos jours misérables, ils apportent plus de bonheur et plus de lumière.» J\u2019adresse mes félicitations à l\u2019auteur.Le médecin devrait lire ce bouquin avec attention.L\u2019exposé en est simple et solide, le style est attrayant et l\u2019érudition puisée aux meilleures sources.| Albert LeSAGE. LE 17° CONGRÈS DE L\u2019ASSOCIATION DES MÉDECINS DE LANGUE FRANÇAISE DE L\u2019AMÉRIQUE DU NORD Montréal 14 - 17 septembre 1942 C\u2019est à l\u2019hôtel Mont-Royal, de Montréal, que se tiendront les assises du prochain Congrès, le 17e, de l\u2019Association des Médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord.Nous n\u2019avons pas à démontrer tous les attraits qu\u2019offre la Métropole au point de vue social et intellectuel pour les visiteurs et les touristes, au point de vue médical pour les congressistes, membres de l\u2019Association.Montréal est un centre universitaire de première valeur; facultés, c\u2019est-à-dire la réalisation du grand rêve, d\u2019une entreprise qui tarda si longtemps à se réaliser.Cet événement national devra être marqué de démonstrations publiques quand l'heure en sera venue, afin que les nôtres comprennent bien que quelque chose d\u2019em- minement heureux et respectable s\u2019est produit, qu\u2019une grande œuvre est en formation et que nos aspirations culturelles ne seront dorénavant que plus amplement servies.elle comporte deux grandes institutions d\u2019enseignement universitaire dont l\u2019une nous est particulièrement chère: elle est, en effet, l\u2019« Alma Mater » pour un très grand nombre de médecins de langue française de ce continent; pour tous, elle est avec Laval de Québec, le bastion de la langue, de la culture et des traditions qui forment l\u2019essence de notre entité canadienne-française.Un événement d\u2019une importance vitale dans l\u2019histoire de l\u2019Université de Montréal coïncidera avec la tenue du Congrès: l\u2019ouverture officielle de l'immeuble de la Montagne, enfin terminé, et son occupation par les différentes Tous les Canadiens français de toutes les régions du pays devront rendre un témoignage de gratitude à l\u2019égard de ceux qui ont voulu et réalisé l\u2019œuvre nationale de notre Université de Montréal.L\u2019imposant monument de la Montagne dont la façade contemple nos Lau- rentides, fait partie d\u2019ore et déjà de notre trésor commun; il représente le symbole de notre existence ethnique et de nos justes ambitions.L\u2019Association saura, au cours de son Congrès, souligner dignement et publiquement cet essor de l\u2019Université de Montréal.Le Congrès dans la Métropole signifie aussi le concours des hôpitaux français de la ville 682 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 aux activités scientifiques.Les communications de l\u2019après-midi au siège du Congrès pourront être, de la sorte, amplifiées, complétées et illustrées par les séances dans les hôpitaux durant la matinée.Nous publions ci-après le programme préliminaire du Congrès.On pourra constater que des sections de spécialités figurent également dues.Ce n\u2019est que partie remise et nous souhaitons que dans un avenir très proche nous pourrons de nouveau resserrer les liens qui ne sont que matériellement brisés.Ce changement nous vaudra de nous rapprocher de nos amis les Américains.Le docteur Ralph Pemberton, qui est une autorité de renommée internationale dans l\u2019étude du rhu- au programme.Une section a été définitivement annexée pour la première fois; c\u2019est celle de films scientifiques; elle intéressera sûrement les congressistes et permettra un enseignement plus imagé.Des exhibits scientifiques seront groupés, s1 possible, en plus grand nombre que par le passé et on s\u2019efforcera pour qu\u2019ils soient d\u2019une portée pratique dans leur démonstration.En ce qui concerne le programme des séances plénières de l\u2019après-midi, l\u2019état pénible dans lequel se trouve la France nous empêche d\u2019y faire professer nos Maîtres respectés.les médecins dont nous tenons tous, plus ou moins directement, l\u2019enseignement qui nous a été prodigué.Leurs leçons, claires et précises, exposées dans une langue impeccable qui nous charmait tous en nous instruisant, ne seront pas enten- matisme et Chevalier L.Jackson, bronchosco- piste et oésophgoscopiste de très grande réputation.viendront nous parler en français.Tous deux sont de Philadelphie.Tous deux ont des élèves parmi nos collègues.Ils sauront sûrement nous intéresser et nous instruire en même temps que contribuer à la collaboration méd:cale américaine et franco-canadiennc.La formule du programme des communications aux séances plénières est éclectique.Elle comporte un symposium ou l\u2019étude détaillée d\u2019une seule question selon l\u2019usage des grands Congrès européens; elle comprend aussi l\u2019exposition pratique et succincte de plusieurs sujets à l\u2019ordre du jour, par divers rapporteurs.Ainsi, tous y trouveront leur profit.Nous donnerons plus tard des détails plus complets sur le Congrès, en même temps que le LE 17e CONGRÈS DE L\u2019A.M.L.F.A.N.programme définitif.Dès maintenant rous pouvons affirmer que les organisateurs s\u2019efforceront d\u2019offrir aux congressistes ample matière à instruire.683 Le 17e Congrès pourra se comparer avec avantage aux précédents.On fera en sorte qu\u2019il fasse honneur à l\u2019Association et aux médecins canadiens-français.R.A.PROGRAMME SCIENTIFIQUE PRELIMINAIRE A) COMMUNICATIONS AUX SEANCES DE L\u2019APRES- MIDI A L\u2019HOTEL MoNT-ROYAL.1° Symposium sur les SYNDROMES HEMORRA- GIQUES au point de vue DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT.PAUL BOURGEOIS RICHARD LESSARD LÉOPOLD MANTHA J.-A.MOUSSEAU RENÉ SIMARD J.-A.VIDAL ET LOUIS PILON 90 RALPH PEMBERTON, Philadelphie CHEV.L.JACKSON, Philadelphie ET MAURICE BONNIER ANTONIO MARTEL EMILE GAUMOND ALBERT BERTRAND J.-P.DUGAL EUGÈNE GAULIN PAUL DUFAULT GUY BERTRAND ORIGÈNE DUFRESNE « L\u2019hématurie.» «Les hémorragies dyscrasie sanguine.» « L\u2019entérorragie.» « L\u2019hématémèse.» «Les hémorragies génitales de la femme.» par « L\u2019hémoptysie.» « Rhumatisme chronique.» (Titre à venir.) «Les troubles endocriniens de la puberté.» « Les indications thérapeutiques des sulfami- dés.» « Sang et substituts du sang dans la transfusion.» « La côlite ulcéreuse d\u2019étiologie inconnue.» «Le forage de la prostate.» «La part du praticien dans la lutte antituberculeuse.» « L\u2019ulcére peptique.» « Importance de la radio- re dans le cancer du thérapie pré-opératoi- sein.» EPHREM PERRAS E.RIOUX G.Er C.DUMONT J.-A, DENONCOURT O.GARANT GUY DROUIN J.-B.JOBIN LÉONIDE REID ET F.-X.DEMERS 30 M.GIROUX G.-L.COTE J.-A, COUILLARD ET HERMAN GAUTHIER R.DESMEULES, L.ROUSSEAU ET P.RICHARD A.L\u2019ESPÉRANCE J.-A.COUILLARD ET J.-M.FILIATRAULT A.-M.CHOLETTE « Ménorragies et Rayons X.» « Dix années de lever précoce chez nos opérés.» «Quelques considérations sur l\u2019abdomen aigu.» « Méthode d\u2019ostéo-syn- thèse du col du fémur.» « Indications de la césarienne haute et basse.» «Symptômes et traitement de l\u2019angine de poitrine.» « Les migraines.» «La gonorrhée chez la femme.» SECTION DE LA TUBERCULOSE « Traitement de la tuberculose de ré-infection du cobaye par la sul- fapyridine et le sulfa- thiazole.» « Tuberculose latente de l\u2019amygdale.» «Diagnostic précoce et traitement de l\u2019entérite tuberculeuse.» «'Tuberculose et diabète.» « Présentation de quelques observations de pneumothorax bilatéral.» «'Traitement de l\u2019empyème.» | « Quand faut-il interrompre un pneumothorax thérapeutique?» 684 M.POWERS «'Taylorisme dans le diagnostic de tuberculose pulmonaire.» 4° SECTION DE L\u2019ÉLECTRO-RADIOLOGIE PAUL BRODEUR « Organisation de la lutte anticancéreuse dans la province d\u2019Ontario.» « La radiumthérapie dans l\u2019épithélioma primitif du limbe.» « Contribution radiologique au traitement non sanglant des cholécys- topathies avec ou sans calculs.» « Ménorragies et Rayons X.» « Maladie de Paget à son début, localisée à l\u2019aile iliaque.» « Bases physiologiques et résultats du traitement électrothérapique de la maladie de Basedow.» « Classification radiologique de la tuberculose pulmonaire.» « L\u2019urographie chez l\u2019enfant.» « Contrôle des métastases osseuses dans le cancer du sein.» E.-P.GRENIER A.JUTRAS E.PERRAS J.-N.ALLAIRE O.DUFRESNE H.LACHARITE L.-A.GAGNIER JEAN BOUCHARD Autres communications par MM.HENRI La- POINTE, MATHIEU SAMSON, PAUL DE VARENNES.5° SECTION D\u2019OPHTALMOLOGIE ET D\u2019OTO- RHINO-LARYNGOLOGIE DEMONSTRATIONS DE TECHNIQUE OPERATOIRE mardi le 15 septembre 1942 Hopital Notre-Dame JULES BRAULT « Dacryo-rhinostomie \u2014 voies combinées externe et endo-nasale.» PHILIPPE PANNETON« Nouvelle technique de correction pour sym- blépharon.» L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, juillet 1942 ALFRED DESLOGES « Strabisme \u2014 problèmes de technique opératoire.» LUCIEN GÉLINAS « Opération de cataracte complétée du recouvrement conjonctival.» « Laryngoscopie directe \u2014 technique simplifiée applicable au bureau.» « Un cas de leucoplasie de la corde vocale droite.Extraction endoscopique.» « Examen musculaire des yeux.» V.LATRAVERSE ÉMILE BLAIN Hôpital Notre-Dame mercredi le 16 septembre 1942 Président: Dr PHILIPPE PANNETON C.T.MATHIEU, Montréal ANTONIO GODIN Er GUSTAVE DUBUC, Montréal PAUL PAINCHAUD, Québec « La diathermie dans les otites catarrhales.» «Un cas de cataracte atypique.» « Stéréoradiographie li- piodolée d\u2019un volumineux abcès du lobe temporospénoidal gauche.» « Les céphalées d\u2019origine réfractionnelle.» « L\u2019amygdalectomie à chaud.» « Considérations sur la.névralgie du trijumeau.Traitement et.résultats éloignés.» « L\u2019imprégnation tuberculeuse de l\u2019amygdale.» ÉMILE BLAIN, | Montréal ERNEST PLANTE, Sherbrooke LUCIEN GELINAS, Montréal LEO COTE, Québec Hotel Mont-Royal mercredi le 16 septembre 1942 Président: Dr TrEMBLAY (Chicoutimi) ERNEST CHARRON, Montréal JEAN SAUCIER, Montréal «Le problème des dents.incluses.» «Les vertiges vus par un neurologiste.» LE 17e CONGRÈS DE L\u2019A.M.L.F.A.N.CHEV.L.JACKSON, (Titre à venir.) Philadelphie ALBÉRIC MARIN, «Les cancers de la fa- Montréal ce.» Hopital Notre-Dame jeudi le 17 septembre 1942 Président: Dr J.L.CouraL (Ottawa) «Un cas d\u2019abcès cérébral d\u2019origine otogène; opération-guérison.» «Suture totale après mastoïdectomie.» « L\u2019incision cornéenne dans l\u2019extraction ex- tra-capsulaire de la cataracte sénile.» « Les otites tuberculeuses.» « Quelques aspects du problème « glaucome et glaucomateux.» « Nouveau traitement des suppurations bron- cho-pulmonaires par le sulfathiazole intra- bronchique.» « Les blessures de la face.» J.E.PELLETIER Québec JEAN LAPOINTE, Montréal A.PANNETON, Trois-Rivières JULES BRAHY, Montréal JEAN LACERTE.Québec V.LATRAVERSE, Montréal P.PANNETON, Montréal 6° SECTION DE L\u2019HYGIÈNE (qui tiendra ses séances durant l\u2019avant- midi à l\u2019hôtel Mont-Royal pendant les trois jours du Congrès) (Programme à venir) 7° SECTION DES FILMS SCIENTIFIQUES Cette nouvelle section présentera des films médicaux d\u2019intérét pratique durant les trois jours du Congrès, à des heures définies pour chaque film inscrit au programme.B) PROGRAMME DES HÔPITAUX.Les séances hospitalières auront lieu durant l\u2019avant-midi.Deux hôpitaux, chaque matin, recevront les congressistes et leur offriront un enseignement coordonné portant sur deux questions dont plusieurs aspects seront traités.685 1° HôPITAL SAINT-LUC a) Les arthropathies: ROMEO BOUCHER «La péri-arthrite aiguë fibrosante de l\u2019épaule.» GABR.LAFRESNIERE « Arthrite et rhumatisme goutteux.» P.-R.ARCHAMBAULT « Arthrite tuberculeuse et érythème noueux.» «Rhumetisme articulaire aigu.» « Polypose intestinale et arthropathies des membres.» « Arthralgie de l\u2019épaule et cancer du poumon » « Arthropathies gonococ- ciques.» « Arthropathies syphilitiques.» « Arthropathies de la grossesse.» « Arthropathies d\u2019origine nerveuse.» PAUL MORIN JEAN LESAGE GABRIEL LEROUX ROD.LALLEMAND EUGÈNE GARCEAU A.LEROY J.PANET-RAYMOND b) Syndromes aigus de l\u2019abdomen: R.LAUZER A.COUTURIER S.LETENDRE « Grossesse ectopique.» « Fracture du bassin.» « Accident de l\u2019ovulation simulant l\u2019appendicite aiguë.» L.BERNARD « Appendicite aiguë.» P.ROBIN « Péritonite pelvienne.» J.-A.LABELLE « Occlusion du gréle.» P.SMITH « Ulecère perforé de l\u2019estomac.» A.HÉBERT «Traumatisme de l\u2019arbre urinaire.» P.-E.CHICOINE « Occlusions coliques.» 20 HoOpiTAL PASTEUR Revue des données récentes en maladies contagieuses « Les diverses causes de tirage et leur traitement.» «La sulfamidothérapie dans les maladies infectieuses.» J.-H.CHARBONNEAU J.-A.LEDUC 3° HOPITAL SAINTE-JUSTINE a) Le diabéte infantile: HENRI BARIL chez «Les glucosuries l\u2019enfant.» « Le diabète infantile vu par l\u2019anatomo-patho- logiste.» PAUL MARTIN b) Les affections de la hanche chez l\u2019enfant: EDMOND DUBÉ Er CHRISTOPHE BISSON « Affections aiguës.» J.-C.FAVREAU « Affections chroniques.» J.-H.RIVARD ET « Affections traumati- ERNEST CABANA ques.» 4° HôTEL-DIkv bE MONTREAL Conduite du médecin civil en cas de bombardement aérien GERARD SAINT-ONGE « Considérations générales sur le choc traumatique.» « Le choc chez les brii- lés.» « Les traumatismes de la région rénale et de la région vésico-uréthra- le.» çÇ « Les gaz de combat.» «Ce qu\u2019il ne faut pas faire dans les traumatismes crâniens et rachidiens.» «Les traumatismes abdominaux.» « Considérations sur les fractures.» ED.DESJARDINS J.-PAUL LEGAULT Er J.-PAUL BOURQUE P.-P.GAUTHIER ANTONIO BARBEAU ARMAND PARE DONALD HINGSTON 5° HôPITAL DU SACRÉ-CŒœUR a) Traitement médical de la tuberculose pulmonaire: J.-A.MILLET « Hygiéne du tuberculeux.» Y.LAURIER « Cure de repos et d\u2019alimentation.» « Thérapeutique.» « Résultat du traitement médical de la tuberculose pulmonaire.» J.-P.PAQUETTE M.VERSCHELDEN L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 b) Suppurations pulmonaires \u2014 Lasbecto- mie \u2014 Pneumonectomie: G.DESHAIES c) Traumatisme du cou-de-pied: PAUL POTVIN « Rappel anatomique.» ROGER GARIÉPY « Statistiques du service.» Traumatismes récents: « Entorses et fractures malléolaires.» « Fractures complexes.» Consolidations vicieuses : « Considérations ana- tomo-pathologi- ques.» « Traitement des séquelles.» C.-E.LAMOUREUX ET MAURICE FORTIER ULRIC FRÉNETTE ET J.-E.SAMSON 6° HôPITAL NOTRE-DAME a) Le problème de la stérilité: GEORGES HEBERT «Facteurs étiologiques généraux.» « Le point de vue urolo- gique.» « Le point de vue gyné- \u201c cologique.» « Etiologies et traitements endocriniens.» PAUL BOURGEOIS ARTHUR MAGNAN CHARLES GRIGNON b) Aspects nouveaux du problème de l\u2019ulcère gastrique et duodénal: YVES CHAPUT « Etiologie et traitement.» « Symptomatologie et diagnostic différentiel.» « Radiologie.» « Gastroscopie.» « Chirurgie.» ROGER DUFRESNE PHILIPPE BELISLE RENE ROLLAND B.-G.BOURGEOIS ES *% * LORS DE LA SÉANCE D'OUVERTURE DU CoNGRÈSs Conférence sur Le problème de la nutrition et la guerre par GAsToN GOSSELIN (conférencier agréé par le Collège Royal des Médecins et Chirurgiens du Canada.) JOURNÉES ANNUELLES de la Société Médicale de Montréal - \u2014 L\u2019ENSEIGNEMENT DE LA MÉDECINE ET LA GUERRE ! Par Urgal GARIEPY, F.R.C.S.(C).Rien ne pouvait m\u2019enchanter et me combler davantage que d\u2019étre l'invité d\u2019honneur de la « Société Médicale de Montréal » pour participer à ces « Journées » qu\u2019elle a instituées, depuis deux ans, et qui ont attiré une assistance sl nombreuse qu\u2019elle constitue une éclatante marque de succès.Cet appel à mon concours ne manque pas de rappeler nécessairement et intensément à ma mémoire les « Dimanches du Praticien », submergés aujourd\u2019hui dans les brumes du passé mais qui, en ce temps-là, disons vingt ans, inaugurèrent un mode tout-à-fait nouveau des activités de cette même Association qui me procure le plaisir infini de paraître devant vous.Autrefois comme maintenant, les buts sont les mêmes: satisfaire la curiosité naturelle du travailleur, l\u2019instruire de faits nouveaux, offrir à son appétit des mets médicaux qui le rassasieront, lui ouvrir la porte de voies nouvelles, le mettre à même de profiter des labeurs qu\u2019ont pu mettre à point les chercheurs de laboratoires, de partager les avantages que la clinique peut procurer à ceux qui ont la bonne fortune de pouvoir pousser à fond l\u2019examen des malades, en un mot de se retremper dans l'expérience des plus favorisés qui ont à leur disposition tous les moyens dont peut disposer une institution hospitalière moderne.C\u2019est donc de toute l\u2019ardeur et de la foi de mon âme que je salue ce renouveau qui prouve péremptoirement que notre Société a élaboré une ordonnance qui lui assure une réjuvénation perpétuelle.D\u2019autre part, comme président de la « Société de Chirurgie de Montréal », je ne puis qu'être agréablement flatté du témoignage insigne de considération qui m'est conféré, qui rejaillit sur mes collègues chirurgiens et, à travers votre invitation, j'y découvre le désir 1.Conférence prononcée le 15 juin 1942, à l\u2019hôpital Notre-Dame, lors des Journées médicales de la Société Médicale de Montréal.d\u2019un rapprochement et d\u2019une coopération intime du monde médico-chirurgical.Cette attitude campe bien dans l\u2019idée générale le bon esprit qui règne chez les animateurs de la Société qui n\u2019ont qu\u2019un objectif: l\u2019intérêt général de la profession et sa progression scientifique.Tout le comité, en exercice, aiguillonne ce mouvement en avant mais 1l n\u2019est que juste d\u2019épingler au tableau d\u2019honneur et tout particulièrement le nom du docteur Paul Letondal, l\u2019infatigable et entreprenant secrétaire de la Société qui reste l\u2019artisan principal de la poussée et de la montée vers les altitudes impersonnelles de la science.| Les pilotes de ces manceuvres ne sauraient donc étre trop félicités de ces dispositions qui consignent, hors de tout doute, qu\u2019ils se placent sur un plan général dont les horizons sont infinis: le vent de ces tendances balaiera les brouillards qui flottent devant le paysage pénombré du savoir et les discussions ou les considérations qui émergent des séances reculeront ou déplaceront les bornes des inconnus, rivés encore au sol scientifique, et de nombreuses notions toujours mystérieuses ou inexplorées s\u2019éclaireront pour libérer un diagnostic rationnel ou une thérapeutique conséquente.Ces assises annuelles marqueront dans l\u2019histoire de la Médecine canadienne-française par l\u2019élan de l\u2019esprit, la justesse et le mérite des réflexions, la vivacité de l\u2019imagination, la logique des inductions et des déductions, l\u2019« amicalité » des débats, l\u2019indépendance des opinions, le sens clinique des exposés et des répliques dans les cas soumis à l\u2019appréciation des auditeurs, la psychologie et la compréhension des status pathologiques, l\u2019ingéniosité et la variété du traitement, mais par-dessus tout, s\u2019avéreront la démonstration plus qu\u2019évidente du serupule professionnel, la vérité scientifique, la conviction et l\u2019impartialité des tenants des différentes théories, la probité des idées et le dévouement 688 inlassable en vue du soulagement ou de la guérison des misères ou des maladies humaines.C\u2019est certainement une manière de faire le point.Depuis bientôt trois ans, nous assistons à une lutte titanesque où le sens crapuleux du mal s\u2019acharne à détruire ou à démolir les raisons de vivre, savoir: la démocratie, la liberté de conscience et de religion, le droit à respirer un air moral pur, à pouvoir exprimer une opinion sans la crainte de l\u2019espion aux aguets, la prescription inattaquable de tout être humain à disposer de lui-même en conformité avec les lois de son pays, la faculté de poser, à son gré, les actes et les décisions de sa vie, la légitimité de l\u2019individu à conduire ses affaires, son métier ou sa profession sans que n\u2019intervienne une autorité brutale qui l\u2019abaisse au rang d\u2019ilote, ni que ce pouvoir établi sur la force n\u2019arrache au père et à la mère de famille des privilèges qui leur sont garantis par la nature ou consacrés par la coutume des siècles, le canon immuable à l\u2019affranchissement intellectuel, l\u2019autonomie de la pensée, la libération des tutelles imposées par la violence.L\u2019emblême négatif qu\u2019on lit sur les figures ou les terreurs qui transparaissent dans les regards affolés des vaineus, la systématisation de la cruauté ou de la barbarie à leur égard, les serrements de cœur ou ces yeux sans larmes où bouillonnent des volcans intérieurs que seul le sang répandu peut éteindre, tout dans l\u2019homme et jusqu\u2019à la nature dévastée qui ne proteste avec indignation et véhémence contre les turpitudes, la dépravation et la déliquescence morale des monstres qui ont, pour devise première, la domination du monde pour établir leur ordre nouveau, expression du ridicule, de l\u2019injustice et de la prétention innommables.C\u2019est à travers ces excès, ces deuils ou ces perturbations physiques ou mentales, souvent logés dans un cadre de ruines, que le médecin militaire remplit sa mission.Il est là, constamment au poste, se prodiguant sans compter au- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 près de blessés ou malades que l\u2019on amène, suivant l\u2019intensité des assauts, en nombre plus ou moins grand, parfois en groupes considérables.Ce sera des soldats atteints par les gaz asphyxiants dont n\u2019ont pas encore usé les belligérants ennemis, par crainte de représailles, sans doute.Ils demeurent, quand même, une menace de la dernière heure.Ces substances toxiques exercent des ravages profonds sur la peau, dans les yeux ou les poumons où ils laissent souvent des séquelles inextirpables.Le médecin aura parfois affaire à des choqués, démolis moralement par la déflagration des obus, des torpilles ou des bombes, cas définitivement rangés aujourd\u2019hui dans la catégorie des psychoses.Je me souviens d\u2019avoir vu, pendant la dernière grande guerre, des centaines de ces névrosés qui semblaient de véritables épaves humaines, que ni le raisonnement ni les thérapeutiques les plus variées n\u2019arrivaient à décrocher de leurs idées fixes.Les différentes maladies contagieuses retiendront son attention dont la fièvre typhoïde avec ses succédanés para-À et para-B que l\u2019on ne retrouve guère aux armées, à l\u2019heure actuelle, puisque la prévention en a été faite pour chaque individu, avant ou après son enrôlement.Si la preuve peut en être démontrée, ce ne sera toujours que des cas isolés.Elle est à peu près effacée du tableau des maladies chez les soldats.Tout autre est le typhus qui a été, durant l\u2019hiver 1941-1942, l\u2019accompagnement « obliga- to » des armées allemandes d\u2019où il a envahi la Pologne et quelques autres pays.L\u2019allure de la maladie a pris forme d\u2019épidémie que l\u2019on ne peut rencontrer que dans les groupements nombreux qui sont privés des moyens de propreté tels que le bain, le changement de linge ou de sous-vêtements.La fatigue, la promiscuité, l'inquiétude de l\u2019esprit ont certainement contribué à accroître la virulence de l\u2019infection.Les poux de corps sont les agents habituels de la transmission de la maladie.Les puces des rats joueront un rôle endémique.Cette infection, toujours grave et parfois mortelle, GARIÉPY: L'ENSEIGNEMENT DE LA MÉDECINE ET LA GUERRE suit les troupes en campagne et peut fort facilement se propager à la population civile.Le devoir du médecin sera de veiller au décrassage corporel et vestimentaire de ses soldats, de constituer des équipes sanitaires pour combattre cette condition morbide qui tue parfois mieux et en plus grand nombre que les projectiles de toutes sortes.Quand le virus manifeste ses effets, le médecin verra à l\u2019évacuation des infestés sur les hôpitaux où l\u2019on procédera à l\u2019épouillage complet du corps humain, de l\u2019uniforme et des sous-vêtements; ces derniers seront désinfectés et stérilisés à l\u2019étuve.Il est un fait amplement démontré de nos jours.Le typhus ne franchit plus le seuil des institutions créées à cet effet quand ont été prises les mesures protectrices ci-dessus mentionnées.Il est parfois bien difficile, sinon impossible, une fois l\u2019infection ancrée, d\u2019empêcher la propagation du typhus de par les unités énormes qui composent les armées modernes.Il existe toutefois une prophylaxie à établir par la vaccination, par une série d\u2019injections à intervalles de sept à dix jours, à raison d\u2019un centimètre cube sous-cutané pour chaque dose.La fièvre jaune ou « vomito negro » est encore un des agents pathologiques qui accueille le soldat qui s\u2019en va combattre sous les tropiques.Le moustique est le véhicule du germe pathogène qui est un virus filtrant.La vaccination préventive, à cachet d\u2019immunisation de plusieurs années de durée, devra être appliquée aux régiments ou divisions à destination des pays chauds.L\u2019encéphalomyélite équine peut se communiquer aux palefreniers militaires, causer des dégats parmi eux et comporter un taux de mortalité élevée.L\u2019ennemi dangereux, dans cette affection, réside dans l\u2019existence de types biolo- giquement distincts, saisonniers et à distribution régionale.Le diagnostic ne peut en être établi pendant la phase aiguë.Ce n\u2019est que deux semaines ou plus, après le début, que les tests de neutralisation du sang pourront être pratiqués sur le sang des malades.La contre- attaque s\u2019organise par le contrôle de la mala- 689 die chez les chevaux et l\u2019élimination des moustiques.Les parasitoses, telles que la gale ou autres maladies cutanées devront être l\u2019objet d\u2019une surveillance attentive.Toutes les autres maladies contagieuses, rougeole, diphtérie, rubéole, scarlatine, variole, varicelle pourront assaillir la santé du militaire et le médecin devra tenir l\u2019œil constamment ouvert pour le dépistage.Les maladies vénériennes creusent dans les rangs des bataillons des trous plus larges que ne le font les armes modernes.Le médecin mettra à contribution sa sagacité et possédera une connaissance étendue des modes plus ou moins larvés ou trompeurs sous lesquels elles se cachent et cette remarque vise la syphilis surtout, affection protéiforme par excellence.Quand le chancre est classique, aucune possibilité d\u2019erreur mais il peut s\u2019agir d\u2019une simple raquelure muqueuse, d\u2019une exulcération enfouie dans un replu ou d\u2019une lésion qui en impose pour une autre entité morbide.Il est bien entendu que le soldat, de par la vie mouvementée qu\u2019il mène, est exposé à toutes les infections générales ou locales: pneumonies, grippes, rhumatisme articulaire aigu, pleurésie sèche, séro-fibrineuse ou purulente, coryzas, sinusites, otites, etc.Tout le cadre no- sologique peut s\u2019adapter à sa réceptivité pathologique.Mais le rôle du médecin militaire se situe, par excellence, dans l\u2019application des règles d'hygiène qui pourvoient au bien-être physique et moral du soldat, à l\u2019établissement des campements à l\u2019avant et à l\u2019arrière du front où il sera placé dans des conditions les plus favorables au repos, à la détente générale et à la récupération de ses forces et de ses énergies.L'installation du bivouac moderne ne se compare nullement avec celle du XIXe siècle ou de la dernière grande guerre.Les combats de l\u2019heure présente commandent une série de ma- nœuvres qui réalisent des déplacements continus, des retraits ou des avances incessantes. 690 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LF.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 Une hygiène assidue et serrée est de rigueur dans ces conditions.Les hécatombes de blessés posent un problème d\u2019évacuation où la vitesse de transit et de transport compte énormément dans l\u2019évolution ultérieure des blessures ou des maladies.Les tueries gigantesques du front ou les avances rapides en « blitzkrieg » ont fait des monceaux de victimes qu\u2019il fallait ramasser ou enlever avant que n\u2019éclosent des contagions dues à la putréfaction cadavérique.Les Allemands qui ont semblé, à l'origine de ce conflit, avoir tout prévu, tout excepté la victoire finale, avaient résolu cette question cn brûlant leurs morts.Nul doute que les Russes ont une organisation similaire ou ont 1ma- giné un autre procédé aussi sinon mieux perfectionné.L\u2019approvisionnement de l\u2019eau potable sera une des préoceupations primordiales de l\u2019hygiéniste militaire.C\u2019est dans les sables et les dunes des déserts lybiens que la question doit prendre une acuité surprenante et recevoir une réponse adéquate, pratique surtout.Ce n\u2019est évidemment qu\u2019une des formes du ravitaillement et elle dépend des services d\u2019ordonnance.Enfin, le médecin militaire devra voir à l\u2019administration du vaccin antitétanique et du sérum anti-gangréneux puisqu\u2019il est à l\u2019avant- scène et que les blessés doivent presque tous défiler devant lui.Il dépendra de lui, la plupart du temps, que la maladie ou la blessure évolue bien ou mal par la suite.Sa fonction de médecin régimentaire inclut une foule de soins qu\u2019il serait fastidieux d\u2019énumérer ici.J\u2019ai dû, certainement, oublier bien des affections du domaine médical et mes confrères en médecine doivent sûrement s\u2019étonner de me voir fouler leurs plates-bandes, mais comme je sens le terrain glisser sous mes pieds, je ne veux pas leur fournir plus longtemps l\u2019occasion de crier: « Mais que diable! allait-il faire dans cette galère! » Aussi ne voulant pas appuyer davantage, je vais me retirer sur le sol chirurgical où je puis, en toute quiétude, évoluer beaucoup plus à mon aise.= * * Lecène parle ainsi dans son livre sur l\u2019évolution de la chirurgie: « La chirurgie, déclare- t-il, c\u2019est qu\u2019une branche de la thérapeutique, but souverain de toutes les connaissances médicales, puisque aussi bien la définition de la médecine, c\u2019est la guérison ou tout au moins le soulagement des maladies et des blessés.Tout le reste, anatomie, physiologie, pathologie générale est commun à la médecine et à la chirurgie.Il existe une pathologie plus spécialement chirurgicale depuis plus de deux mille ans, celle des fractures, des luxations et des plaies de guerre ».La trépanation crânienne à l\u2019époque préhistorique, les pratiques chirurgicales chez les sauvages les plus variés (Amérique du Nord, Afrique, Australie, Polynésie), la chirurgie rudimentaire et empirique des Egyptiens, la chirurgie à tendances surnaturelles et astrologiques des Chaldéens, la chirurgie inintéressante et ignorante des Hébreux, qui ont tout emprunté aux Egyptiens et aux Babyloniens mais surtout aux Grecs; la chirurgie des Hin- doux aux IVe et Ve siècles qui a abondé dans le sens de l\u2019autoplastie, la chirurgie chinoise, fatras incroyable d\u2019anatomie fantaisiste, la collection hippocratique, la chirurgie très avancée des Grecs, dont une partie militaire est relatée par Xénophon dans l\u2019Anabase, les pratiques chirurgicales des Ve et VIe siècles qui passe de l\u2019empirisme à la science, l\u2019école d\u2019Alexandrie qui dura trois siècles et dont s\u2019inspirèrent toutes les autres écoles, la chirurgie romaine qui a dépendu en tout des Hellènes, les compilations de Celse qui rapportent les faits chirurgicaux du début de l\u2019ère chrétienne, Vé- sale, Galien, la chirurgie romaine qui comprenait des médecins militaires de profession, des infirmiers, des hôpitaux dénommés valetudina- ria, la chirurgie byzantine, compendium des œuvres médico-chirurgicales grecques, la chirurgie arabe, nulle et même néfaste, la chirurgie du Moyen-Age où la nuit règne en maîtresse sur les arts professionnels, où la chirurgie se trouve ostracisée par l\u2019Eglise qui crie: « Ec- a GARIÉPY: L'ENSEIGNEMENT DE LA MÉDECINE ET LA GUERRE clesia abhorret sanguine », l\u2019Ecole de Salerme des XIe et XIIe siècles, la chirurgie de la Renaissance et du XVIIe siècle où elle se releva de la déchéance médiévale, ère tout particulièrement illustrée par Ambroise Paré (1516- 1590) où il mit en pratique régulière les ligatures artérielles, connues déjà des chirurgiens de l\u2019antiquité (il ne fut pas de plus grand chirurgien avant lui), la chirurgie du XVIIe siècle, fondée sur des bases plus précises, caractérisée par les progrès techniques, l\u2019impulsion donnée par Larrey et Percy pendant les guerres napoléonniennes pendant lesquelles ils créèrent les ambulances volantes, l\u2019anesthésie par l\u2019éther et le chloroforme, en 1847, les travaux de Pasteur, la méthode antiseptique de Lister, l\u2019école de Terrier, tous ces modes, toutes ces méthodes, tous ces procédés, toutes ces inclinations intellectuelles et techniques, que j'ai fait défiler devant vous, contiennent le bilan du passé médico-chirurgical qui nous mène à la chirurgie moderne et qui en est l\u2019aboutissant naturel.Que me soit pardonnée par vous ma peut-être trop longue énumération historique, mais il me semble bon, à l\u2019occasion, de dénombrer et de remémorer les faits d\u2019antan pour démontrer conclusivement que la science constitue une série d'observations, d\u2019expériences, d\u2019expérimentations qui s\u2019enchaînent les unes aux autres et ne peuvent autrement que découler des déductions de l\u2019esprit humain à travers les âges.Les guerres de la deuxième moitié du XIXe siècle auront peu ajouté au bagage scientifique de la médecine et de la chirurgie.La conflagration mondiale de 1914-1918 devait changer la face de bien des choses ou des croyances semblant jusque-là inébranlables.L\u2019écharpe- ment des officiers médicaux et chirurgicaux, agissant comme brancardiers sur les champs de bataille, devait réagir sur le bon sens des Français, comme inutile, dangereux et funeste et leur logique leur fit bientôt mettre en pratique une collecte, un transport et une évacuation des blessés qui atteignit presque la perfection aux approches de l\u2019armistice de novem- 691 bre 1918.L\u2019émondage des plaies, la suture primitive possible, le traitement des fractures, la multiplicité et l\u2019ingéniosité des appareils de contention, le sérum antitétanique, les transfusions sanguines, la carrellisation des blessures, une neuro-chirurgie bien au point pour ce temps-là, les techniques orthopédiques, le triage des blessés au sortir du front, lequel triage décrétait l\u2019immobilisation pour les uns dans les ambulances de campagne et l\u2019envoi pour les autres sur les hôpitaux de l\u2019arrière, toutes ces améliorations firent figure de révolution dans l\u2019ordre scientifique, parce qu\u2019elles établirent ou stabilisèrent des notions pathologiques ou thérapeutiques jusqu\u2019alors confuses.La chirurgie civile bénéficie grandement des découvertes ou des traitements institués à l\u2019avant et dans les institutions militaires de base.La guerre civile espagnole augmenta et consolida les connaissances dont les prémisses avaient déjà été posées lors de la lutte universelle de 1914-1918.Trueta, s\u2019inspirant des idées de ses devanciers franco-anglais et de savants américains, expérimenta et érigea en dogme inébranlable le traitement des blessures de guerre par le débridement large, l\u2019épluchage, le nettoyage de tous les tissus contus des régions atteintes, la suture primitive ou la non fermeture de la plaie, mais, dans les deux cas, la garniture de la ligne suturée ou de la surface cruentée par la vaseline blanche et neutre, doublée d\u2019une épaisse couche de compresses, débordant généreusement la région en cause et par-dessus tout l\u2019immobilisation du membre dans un appareil plâtré qui emprisonnait les articulations sus et sous-jacentes à la lésion.Les pansements devinrent rares et les chances de contamination par les instruments, la gaze, les mains des gardes-malades et des chirurgiens, par l\u2019air environnant, diminuèrent d\u2019autant.La température demeura pratiquement normale parce que l\u2019espacement : des pansements élimina complètement ces ascensions thermiques, forme plus ou moins atténuée de septicémie qu\u2019amenait la fréquence des pansements, avec arrachement des bourgeons char- 692 nus de guérison.La répétition de ces ma- nœuvres crée de multiples micro-traumatismes qui ouvrent les voies à des résorptions toxiques, expliquent les élévations de température après le dressage des blessures.L\u2019application du plâtre avait comme effet de supprimer les mouvements ou les trépidations musculaires environnants et par là de prévenir le brassage des détritus tissulaires et leur entrée dans les canaux lymphatiques pour envahir secondairement la circulation sanguine et intoxiquer les blessés quand le virus inoculé dans la blessure était particulièrement violent.Cette formule réalisait le pansement occlusif dont la systématisation amena des résultats étonnants.La gangrène gazeuse se raréfia, la douleur disparut comme par enchantement, les amputations se clairsemèrent, les hémorragies ulcéreuses apparurent peu fréquentes, les blessés accusèrent un mieux-être, une récupération fonctionnelle et anatomique non comparable avec les procédés antérieurs.Cette méthode fut éprouvée dans les plaies simples, compliquées et les fractures ouvertes.Elle se montra également satisfaisante dans tous les cas.Le plâtre, levé au bout de plusieurs semaines ou même de plusieurs mois, on avait sous les yeux une plaie rouge, granuleuse, ne contenant pas de microbes que l\u2019on trouvait pourtant au pourtour de la zône contuse, mais ils étaient inoffensifs.Les fractures ouvertes, considérées comme plus spécialement dangereuses en temps de guerre, prirent une autre tournure.Les interventions s\u2019avérèrent souvent inutiles si ce n\u2019est, occasionnellement, une esquillectomie.Les suppurations se glissèrent peu souvent dans ces prisons plâtrées.Les plaies des guerres précédentes présen- talent fréquemment un aspect inquiétant, et, quand l\u2019amputation n\u2019intervenait pas à temps, la septicémie, la pyohémie ou la septico-pyohé- mie emportaient les malades.Autrement, ces grands traumatisés sombraient lentement, minés par une dégénérescence jaune du foie ou L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LF.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 traînaient, quand leur défense organique résistait, une convalescence longue, pénible et ennuyeuse.Ils devenaient délaissés pour compte qui, à la longue, représentaient des décrets qui fluctuaient en marge de l\u2019économie socicale d\u2019un pays.Ils constituèrent un problème financier que les gouvernements ne résolurent qu\u2019imparfaitement et injustement par une législation et un budget spéciaux qui aigrirent très souvent ces malheureux éclopés et obérèrent les finances générales.La technique renouvelée et perfectionnée de Trueta a changé la face des choses et les moyens qu\u2019il préconisa ont aujourd\u2019hui force de loi dans la pratique coutumière de la chirur- gile militaire et civile.Laisserai-je entendre que, bien des années avant la guerre civile d\u2019Espagne, les chirurgiens de Notre-Dame préconisaient déjà la méthode des pansements rares dans le traitement des ostéomyélites ?Trueta peut donc revendiquer le droit d\u2019avoir expérimenté et d\u2019avoir réussi une tactique chirurgicale qui a produit les plus heureux résultats, puisque la mortalité est demeurée inférieure à 1% sur une seule série de 1,200 cas de blessures et de fractures composées.La neuro-chirurgie a pris, en 1914, un essor insoupçonné et a constitué un vaste champ d'exploitation qui s\u2019est sans cesse accru depuis et d'autant plus que, dans la guerre actuelle, les bombardements des avions-plongeurs et le mitraillage des populations civiles et militaires ouvrira des voies nouvelles au traitement des blessures de l\u2019axe cérébro-spinal en même temps que se développeront des aperçus inédits sur la physiopathologie des désaxements ou des perturbations nerveuses d\u2019ordre traumatique.Les sutures nerveuses, améliorées à la dernière grande guerre, connaîtront sûrement une expansion qui accentuera les fouilles dans un domaine où viendront s\u2019unir les expériences de physiologie, les constatations cliniques en même temps que s\u2019amendera la technique de ces sutures.Les plaies de poitrine profiteront des données acquises qu\u2019elles soient pénétrantes mais GARIÉPY: L'ENSEIGNEMENT DE LA MÉDECINE ET LA GUERRE fermées ou qu\u2019elles soient franchement ouvertes, elles ne différeront que par le volume du pneumothorax que le Major Morelli avait voulu systématiquement provoquer, en 1916, méthode qui ne trouva pas d\u2019écho.La guerre civile espagnole avait prouvé l\u2019efficacité des mesures conservatrices, telles que le repos et les sédatifs.Il est admis présentement que la pression du sang ne réprime pas les hémorragies qui, venues des artères intercostales, commande une simple ligature mais, si elles proviennent des vaisseaux pulmonaires, elle peut donner lieu à un hémothorax plus ou moins considérable, suivant le calibre du vaisseau lésé.C\u2019est la pression négative qui domine toute la scène.La cessation de l\u2019irruption sanguine doit être attribuée au pneumothorax qui collabe complètement ou partiellement le poumon, action qui abolit la pression négative dans l\u2019espace pleural et détermine la contraction des vaisseaux du poumon par sinuosité forcée, de sorte que la pression des tubes sanguins pulmonaires n\u2019est plus assez puissante pour expulser du sang.Le pneumothorax rétrécit mécaniquement ou ferme la plaie du poumon.Il faut surveiller le poulx, la respiration et l\u2019état général du patient si l\u2019_émission sanguine continue après l\u2019induction du pneumothorax qui, inopérant, devient une indication définie d\u2019une opération hâtive.A part d\u2019arrêter l\u2019écoulement sanguin, le pneumothorax pousse à la guérison du poumon en l\u2019immobilisant et celui-ci reprendra ensuite sa position et son volume normaux.Les lésions ouvertes du thorax doivent, après excision soignée de la blessure, être transformée en plaies fermées par une suture à l\u2019épreuve de l\u2019air parce que la pression intra- pleurale négative aspire les exsudats infectés circonvoisins dans la cavité thoracique.S\u2019il y a blessure du poumon, il faut retirer tout le sang de la plèvre et pratiquer un pneumothorax, s\u2019il n\u2019existe déjà.Il faut empêcher le pyo-pneumothorax.L\u2019entrée et la sortie libre de l\u2019air dans la plèvre finit par produire un « flutter » cardiaque.693 Le pneumothorax à haute pression accompagne souvent les blessures des vaisseaux pulmonaires et se double d\u2019un emphysème chirurgical gagnant souvent le médiastin.Il se produit alors une compression du cœur et des grosses veines du cou.Le traitement sera résolu par l'installation d\u2019une grosse aiguille dans la ligne axillaire postérieure du côté atteint, canule reliée à un tube de caoutchouc plongeant dans une bouteille d\u2019eau stérilisée.La pression intrapleurale égalera bientôt la pression atmosphérique.La déflagration des bombes à forts explosifs ne fera qu\u2019ébranler la paroi thoracique mais avec répercussion sur les alvéoles internes.Hémoptysie modérée et toux seront les symptômes que l\u2019on traitera par la morphine, la codéine et le repos.Si la plèvre est rupturée avec hémothorax consécutif, un pneumothorax artificiel complètera le premier pour prévenir la pneumonie traumatique et arrêter l\u2019hémorragie.Le pneumothorax artificiel, par le collapsus pulmonaire subséquent, le repos du poumon, l\u2019abolition de la douleur, la réduction du choc, l\u2019adaptation du poumon opposé au changement de condition permet au patient d\u2019être en meilleure posture pour subir une intervention chirurgicale.La transfusion sanguine s\u2019impose naturellement, s\u2019il y a une grosse perte de sang.Pour conclure, le pneumothorax artificiel doit avoir une place permanente dans la chirurgie thoracique, surtout en temps de guerre.Resterait à détailler les différentes plaies par contusion, par lacération, par avulsion, par ponction, par projectiles explosifs mais elles rentrent toutes dans la classification des blessures dont j'ai exposé le traitement dans le cours de cette conférence.Le médecin militaire aura encore à s\u2019oceu- per des hémorragies, des phénomènes du choc qui ont été récemment et longuement décrits par les auteurs américains et qui se soignent, maintenant, avec très grand succès, par le plasma sanguin dont il faudra parfois utiliser 694 plusieurs litres chez le blessé avant de pouvoir remonter son hydraulique humoral au niveau de la norme physiologique.Toutes les considérations que je viens d\u2019énoncer amorcent la question de la compétence dans le traitement des plaies de guerre.Seul un chirurgien qualifié, on disait autrefois chirurgien juré, sera à la hauteur des circonstances thérapeutiques.Les responsabilités sont lourdes et elles réclament des épaules solides pour les supporter.Il faut des connaissances chirurgicales complètes, de l\u2019habileté, du jugement, du coup d\u2019œil et un sens aigu d\u2019observation.Je profite de l\u2019occasion pour soumettre aux autorités de la Faculté de Médecine la nécessité impérieuse de donner, en marge du cours de Pathologie externe, une série de leçons sur la traumatologie et la chirurgie militarre.Cet enseignement servirait de préliminaires et nantirait le futur médecin ou chirurgien d\u2019armée du bagage d\u2019instructions aujourd\u2019hui précises qu\u2019il doit connaître avant d'aborder ses devoirs sur le terrain des conflits armés.Le long exposé dont j\u2019al saisi votre attention a certainement éveillé dans votre imagination la grandeur et la noblesse de la mission, je dirais méme la vocation, du médecin ou du chirurgien servant à l\u2019avant ou à l\u2019arrière du front.Toujours sur la brêche, ne dormant pas ou peu ou mal, ne se préoccupant dans l\u2019exercice de ses fonctions que de ses seules obligations envers le serment qu\u2019il a prêté envers l\u2019humanité, guidé par la bonté naturelle de son cœur, appuyé sur son éducation et sur ses études, fort de son expérience acquise ou de son néophytisme, ne différenciant pas les amis et les ennemis, ne connaissant que les prescriptions rigides du devoir et de l\u2019honneur, se plaçant au-dessus des animosités ou des petitesses de la vie, cherchant à faire le bien dans toute l\u2019intransigeance du terme, chevalier sans peur et sans reproches, gardant un sang-froid imperturbable dans les situations les plus tragiques, domptant ses nerfs, quand ils flanchent, pour dominer les L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, juillet 1942 circonstances, rempli d\u2019un zèle évangélique pour accomplir sa charge, versant le calme dans les âmes remplies d\u2019angoisse ou dans les cœurs débordant d\u2019inquiétudes, quand les fronts sont assombris et qu\u2019une nuit d'encre enveloppe les facultés, quand de pauvres corps sont là tenaillés par des souffrances intolérables, que la chair crie sa douleur d'une voix désespérée ou dolente, que ces soldats redeviennent de petits enfants pour clamer leur effroi, que ces êtres ressemblent à des loques plutôt qu\u2019à des hommes, lorsque tout paraît s\u2019engloutir autour d\u2019eux ou qu\u2019ils ont la sensation de sombrer dans un abime sans fond, que le grand voyage vers l\u2019inconnu hallucine leur conscience, quand ils sont figés dans une résignation ou une indifférence pénible, ou qu'une agitation extrême les secoue dans toute leur personne, quand les grands blessés font entendre leurs plaintes, leurs gémissements, parfois leurs hurlements, quand l\u2019insomnie douloureuse les cramponne de ses serres cruelles ou que les cauchemars affreux viennent peupler leurs rêves, aux réveils anéantissants, lorsque l'horreur et l\u2019appréhension d\u2019une opération chirurgicale bouleversent leur cerveau troublé ou épouvanté par les affres du doute, lorsqu\u2019un flegme trompeur met du vague dans leurs regards, que le stoïcisme est un masque emprunté pour céler les douleurs effroyables d\u2019un pansement difficile, compliqué et long, quand leur convalescence laisse entrevoir un avenir aléatoire, quand, dans toutes les conjonctures qui peuplent leur existence de combattants ou de blessés, ils ont besoin d\u2019un soutien, quand leur moral ou leur état physique nécessitent le secours, le médecin ou le chirurgien est toujours là pour affermir les natures vacillantes, pour épauler les courages qui fléchissent, pour alléger les souffrances de ces grands torturés, pour les aider à franchir les passages ardus, pour leur inspirer confiance dans l\u2019opération.Se renonçant à lui-même, oubliant ses fatigues, refrénant son humeur, négligeant son bien-être, ne regardant pas à son temps, écornant le repos de ses nuits, mettant un zèle. GARIÉPY: L'ENSEIGNEMENT DE LA MÉDECINE ET LA GUERRE une charité, une science, un dévouement sans bornes au soin de ses patients, le chirurgien ou le médecin se consacre entièrement à ses obligations professionnelles.Ses forces défaillent parfois mais il hisse ses forces à la hauteur de son cœur.Il trouvera toujours le mot consolateur, la phrase qui redonne l\u2019espoir, il prendra même un faux air bourru pour cacher son émotion, il dispensera le baume qui guérit les plaies internes, il sera sans cesse là pour répondre aux appels de détresse morale et physique.Quelle mission plus noble à remplir que celle qui cadre si bien avec les dispositions du médecin ou du chirurgien qu\u2019une longue pratique ou un contact longtemps prolongé avec des aînés a préparé à affronter les aléas de l\u2019existence militaire.Saluons bien bas cet humble, ce savant, ce dévoué qui donne le meilleur de lui-même et personnifie le renoncement et l'honneur dans leur essence même.Gloire et reconnaissance lui soient rendues parce qu\u2019il est le sauveur de nombreuses vies, le réconfort de l\u2019affliction et le père spirituel de ces enfants morts ou blessés au service de la patrie.De cette dissertation touffue découle impérieusement, logiquement et en accord avec les temps que nous vivons, la nécessité d'adapter les études médicales aux besoins de la guerre actuelle.Notre Faculté de Médecine a tendu ses voiles dans la direction du vent et elle a engagé sa barque dans le courant qui la mènera à bon port.Elle a accordé une attention spéciale à l\u2019enseignement des maladies vénériennes, fléau général mais pestilence aussi pour l\u2019armée; des leçons nombreuses ont été données par le professeur Marin avec sa science reconnue, son sens clinique et pratique, appuyé par une thérapeutique éprouvée, consacrée par de longues années d\u2019expérience.La dermatolo- gle a trouvé en lui un clinicien éclairé en même temps qu\u2019un thérapeute averti.Le cours de médecine opératoire a été aussi inclus dans le programme d\u2019études de guerre et il sert d\u2019avant-propos à des notions plus.étendues de traumatologie.Le professeur Bourgeois a insisté, au cours de la dernière année universitaire, sur l\u2019urgence de faire des clini- 695 ques aux élèves en rapport avec les nécessités de l\u2019heure militaire actuelle.Si la Faculté de Médecine doit être complimentée pour avoir compris l\u2019importance du sujet sur lequel j'ai appuyé si longuement, je suis assuré, Messieurs, que vous ferez corps avec moi pour remercier la « Société Médicale de Montréal» d\u2019être toujours à l\u2019affût des questions qui peuvent séduire la profession et d\u2019inscrire à son agenda des problèmes comme ceux que peut susciter la guerre ou l'actualité scientifique.C\u2019est de cette façon que notre Association, après avoir construit des assises inébranlables, continue d\u2019édifier dans le plan du savoir, de l\u2019intérêt général et de l\u2019avancement scientifique.Pour faire honneur à son blason, la « Société Médicale » doit saisir la nécessité, l\u2019opportunité et la valeur pratique des épisodes ou des occurrences qui lui feront lever haut et ferme le flambeau de la science, à elle léguée par les tenants qui, depuis sa fondation, l\u2019ont passée de générations en générations.La « Société Médicale » est fidèle à ses traditions, elle reste acquise à l'honneur professionnel, elle va sans cesse montant vers les cimes éternelles, car elle ne peut déposer son flambeau qui continue d\u2019éclairer la route pour percer les ténèbres qu\u2019elle s\u2019est donné pour inandat de dissiper.Ainsi elle accomplit pleinement sa mission, le succès couronnera scs efforts, sa constance et sa foi lui garderont la place qu\u2019elle doit toujours oceuper, à l\u2019avant- garde.BIBLIOGRAPHIE WARFIELD M.FIROR ODELBERG, AXEL: « Surgical War experience.» British Medical Journal.2: 43 (13 juillet) 1940 in International Surgical Digest.ORR, H.WINNETT: « Early Treatment of Gunshot Wounds and Fractures.» Journal of the Indiana State Medical Association.33: 442 (septembre) 1940.Canadian Medical Association Journal, (Décembre) 1940.TRUETA J.and BARNES M.: British Medical Journal.2: 46 (13 juillet) 1940 \u2014 p.235.KRESTGSCHNER, CEROL H.: Lancet.238: 882 (Mai 4) 1940 in International Surgical Digest.J-U.GARIEPY: «Le traitement des plaies de guerre.» L\u2019Union Médicale du Canada.(Mai) 1941.Tome 70 n° 5. LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE EN MÉDECINE ET LA GUERRE ! Par L.-C.SIMARD, La guerre moderne et tout ce qu\u2019elle comporte de déchéances physiques a provoqué dans les milieux médicaux des pays alliés, des recherches qui ont pour but de prévenir, chez les soldats, les maladies inhérentes à leur métier, et de traiter efficacement les blessures de la population civile et militaire.L\u2019aviation, la marine et l\u2019armée offrent des problèmes biologiques et pathologiques qui avaient peu attiré l'attention jusqu\u2019ici mais qui ont pris, avec le perfectionnement de ces trois armes, une importance considérable.La fatigue chez le pilote de combat et les aviateurs de grandes randonnées; l\u2019intoxication aiguë et l\u2019asphyxie chez le pilote de char d\u2019assaut; le mal de l\u2019air, l\u2019embolie gazeuse des aviateurs; la protection de la peau contre les lance-flammes.ne sont que quelques problèmes, parmi tant d\u2019autres, dont la solution prend l\u2019importance d\u2019un facteur de victoire.La conservation du sang pour les tranfusions, l\u2019alimentation rationnelle aux armées et même de nouvelles maladies sont des difficultés que les biologistes, les hygiénistes et les médecins doivent également surmonter.Les Conseils nationaux de Recherches médicales des pays alliés se sont mis à l\u2019œuvre très tôt, mais les débuts ont été lents.Les recherches ont été laissées d\u2019abord à l'initiative personnelle; peu à peu cependant les problèmes ont été classés, posés clairement et proposés ensuite aux chercheurs des laboratoires des diverses écoles de médecine et de science.Au Canada, le Comité de Recherches médicales du Conseil national de Recherches, organisé il y a quelques cinq ans, avait un budget dont les fonds étaient consacrés aux recherches médicales dites de paix.Ce budget a plus que doublé et la plus grande partie sert 1.Conférence faite à l\u2019hôpital Ste-Justine, le 16 juin 1942, lors des Journées médicales de la Société Médicale de Montréal.actuellement aux recherches dites de guerre.Le Comité se réunit quatre fois l\u2019an, et l\u2019Exécutif, au moins tous les mois.Toutes les facultés de médecine du Canada ont des représentants officiels ou officieux dans le Comité central.Une dizaine de sous-comités dont les rapports sont présentés au Comité principal, s\u2019occupent des détails de l\u2019organisation scientifique de la recherche.Dans ces sous-comités on trouve des cherheurs qui sont disséminés par tout le Canada., Des résultats importants ont déja été publiés.Certains d\u2019entre eux ont incité le gouvernement fédéral à organiser de véritables industries de produits biologiques comme celle du sérum desséché, installé à Toronto.D\u2019autres résultats sont gardés secrets parce qu\u2019ils ont conduit à la fabrication d\u2019appareillage nouveau de combat, qui pourrait être utile à l\u2019ennemi.Quelle a été la part des Canadiens français dans cet ensemble de travaux subventionnés par le Comté médical de Recherches; quelles ont été les fonds octroyés aux chercheurs de l\u2019Université de Montréal?Des octrois au montant de plusieurs milliers de dollars ont été accordés jusqu'ici, soit pour des recherches de courte durée, soit pour des travaux qui doivent s\u2019étendre sur plusieurs années.Ceux du professeur Beaudoin, par exemple, qui ont débuté il y à trois ou quatre ans, constituent l\u2019une des statistiques les plus intéressantes sur l\u2019efficacité du B.C.G.et sont l\u2019un des plus beaux compléments de l\u2019œuvre des bactériologistes français.Messieurs Laugier et Dugal, Frappier, Gosselin, Gendreau et Simard ont utilisé ou utilisent encore quelques octrois, mais, dans l\u2019ensemble, il faut bien dire que le nombre de chercheurs canadiens-français en médecine n\u2019est pas grand, pas assez grand.Certes, il se fait de la recherche chez nous, je n\u2019en veux comme preuve que les publications parues dans la nouvelle « Revue Canadienne SIMARD: RECHERCHE SCIENTIFIQUE EN MÉDECINE ET LA GUERRE .de Biologie » et les articles originaux de nos revues médicales, \u2014 mais il apparait a tous que jusqu\u2019ici les véritables travaux de recherche sont plutôt rares dans nos laboratoires de la faculté.Il y a à cela plusieurs raisons: manque de local, manque de personnel, manque de budget.Et même si nous avions tout cela, il me semble que ce ne serait pas suffisant pour que la recherche atteigne son plein rendement.Car, dans cette jeune faculté de médecine qu\u2019est la nôtre, les laboratoires ne font que commencer à s'organiser et peu d\u2019hommes sont entraînés aux diverses disciplines de la recherche et de l\u2019expérimentation.L'initiative personnelle est certes excellente, c\u2019est elle qui donne parfois les meilleurs résultats; elle mérite d\u2019être soutenue.Mais, à mon sens, elle seule ne suffit pas si l\u2019on veut que la médecine du Canada français ait quelque rayonnement dans le monde scientifique.Il faut organiser la recherche: encourager les étudiants à travailler dans les laboratoires: habituer les assistants aux méthodes expérimentales; ne pas étouffer à leur naissance les vocations scientifiques; et, par une collaboration intelligente et continue avec diverses organisations, obtenir des bourses et des octrois.697 Il faudrait pour accomplir cette tache, créer à l\u2019Université même un Comité de propagande de la reherche, composé d\u2019hommes actifs, dévoués à l\u2019œuvre universitaire et à la recherche, capables de mener à bien une telle entreprise.Ce Comité s\u2019occuperait de promouvoir la recherche non seulement en médecine mais dans toutes les facultés où la recherche est nécessaire.Du point de vue financier, le fait mérite d\u2019ê- tre souligné, un tel Comité apporterait à l\u2019Université des sommes considérables qui contribueraient a améliorer l\u2019outillage des laboratoires et la bibliothèque.Il faut que les chefs des gouvernements comprennent que si les démocraties peuvent dépenser des milliards de dollars pour les œuvres de guerre, elles doivent être prêtes, en temps de paix, à subventionner largement les recherches dont le but ultime est la conservation de la vie.Et il faudrait dès maintenant que nous puissions, dans notre milieu canadien- français, préparer les équipes qui pourront utiliser une partie de cet argent et placer notre faculté de médecine, notre Université, sur le même palier que les autres. LE SYNDROME DE L\u2019ARTÈRE CÉRÉBELLEUSE SUPÉRIEURE Troisième observation clinique Par Roma AMYOT, Chef de Service de Neurologie, Julio VASQUEZ, Interne, Hôpital Notre-Dame (Montréal).L'un de nous publiait dans la livraison d\u2019octobre 1939 de l\u2019Union Médicale du Canada un travail portant sur le syndrome de l\u2019artère cérébelleuse supérieure.Ce travail comportait deux observations de malades étudiés à l'hôpital Notre-Dame.Nous y rapportions le résumé d\u2019une observation anatomo-clinique de Guillain, Bertrand et Peron, publiée dans la Revue Neurologique de décembre 1928 par laquelle les auteurs établissaient clairement le syndrome neurologique déclenché par la thrombose de l'artère cérébelleuse supérieure.Tel qu\u2019objectivé par la malade de ces auteurs qui eurent l'avantage d\u2019étudier les pièces anatomiques et de pouvoir ainsi confronter la symptomatologie minutieusement étudiée et la distribution topographique des lésions malaciques, ce syndrome comporte les signes essentiels suivants: Hémi-syndrome cérébelleux aux membres du même côté que la lésion.Hémi-anesthésie dissociée à type syringo- myélique du côté opposé au siège de la lésion.Marche impossible ou difficile par déviation irrésistible vers le côté de la lésion.Elargissement de la base de sustentation.Pas de paralysie des paires crâniennes.Pas de signes pyramidaux d\u2019importance.L'examen des pièces anatomiques de la malade de Gillain, Bertrand et Peron, qui était âgée de 60 ans, permit de constater de l\u2019athé- romatose importante de tout le système artériel de la base du cerveau; un processus de ramollissement de la calotte protubérantielle, à droite, détruisant le pédoncule cérébelleux supérieur avant la décussation, et de la face supérieure de l\u2019hémisphère cérébelleux droit.Ce processus malacique était l\u2019effet d\u2019une thrombose de l\u2019artère cérébelleuse supérieure droite.Comme les auteurs l\u2019indiquent dans les conclusions de leur travail, les signes neurologiques s\u2019expliquent parfaitement par les lésions causées par l\u2019obstruction de l\u2019artère cérébelleuse et le ramollissement des régions parenchymateuses qu\u2019elle irrigue: l\u2019hémi-syndrome cérébelleux et la latéro-pulsion du côté de cet hémi-syndrome dépend des lésions de l\u2019hémisphère cérébelleux homolatéral et du pédoncule cérébelleux supérieur; les mouvements involontaires des membres (observés chez la malade des auteurs) qui sont le siège du syndrome cérébelleux, sont rattachables à l\u2019altération du pédoncule cérébelleux homolatéral; la dissociation des sensibilités superficielles à type syrin- gomyélique observée du côté opposé à l\u2019hémi- syndrome cérébelleux est la conséquence du ramollissement hétéro-latéral de la calotte pro- tubérantielle, atteignant l\u2019extrémité externe du ruban de Reil médian où se trouve le contingent des fibres sensitives conduisant vers le cerveau, les sensibilités douloureuse et termi- que.Voilà donc le schéma de ce syndrome assez rarement observé et dont quelques observations seulement ont été publiées jusqu\u2019à date.En fait, selon Walter Freeman et Daniel Jaffe qui publièrent tout récemment une étude sur ce sujet, 22 cas seulement furent rapportés depuis 1908.Les deux observations publiées par l\u2019un de nous figurent parmi ces 22 cas.Nous avons donc été assez heureux de pouvoir étudier 3 cas de ce syndrome depuis 3 ans.Notre contribution est cependant, et par la force des choses, incomplète, puisque notre étude clinique de ces 3 malades n\u2019a pas été cor- AMYOT ET VASQUEZ: SYNDROME DE L'\u2019A.CÉRÉBELLEUSE SUPÉRIEURE raborée et notre diagnostic confirmé par l'investigation anatomique.Toutefois, le syndrome clinique typique a une telle allure objective, que le clinicien qui en connaît le tableau peut l\u2019identifier assez facilement et est autorisé à formuler assez péremptoirement son diagnostic.Il en est de ce syndrome comme des autres de l\u2019axe encéphalique provoqués par l\u2019ocelu- sion de certaines autres artères nourricières et dépendant du ramollissement parenchymateux dans des territoires bien circonserits: la stéréotypie du groupement des symptômes dirige for- cémeht l\u2019observateur vers le diagnostic topographique.Avec cette différence cependant, que les autres syndromes vasculaires du tronc cérébral s\u2019accompagnent habituellement de l\u2019atteinte fonctionnelle de certains nerfs eri- niens qui situent la lésion à des niveaux divers, alors que le syndrome pur de l'artère cérébelleuse supérieure possède ce caractère exceptionnel et distinctif qu\u2019il n\u2019est marqué d'aucune anomalie de fonction des paires cräniennes et que son diagnostic découle de la distribution homolatérale des signes cérébelleux, et de la dissociation syringomyélique aux membres et au trone à disposition croisée.Nous rapportons dans ce travail notre troisième observation.Elle mérite de figurer dans la littérature neurologique par la pureté de sa symptomatologie qui illustre bien la description claire et précise qu\u2019ont fait Guillain, Bertrand et Peron du syndrome que nous étudions.Observation.Mme Edouard G., âgée de 50 ans, fut admise à l'hôpital Notre-Dame le 26 décembre 1941 pour des troubles neurologiques qui débutèrent brusquement le 19 du même mois.Voici ce qui survint alors: à son travail, la malade ressentit des vertiges violents groupés en 3 accès durant la journée et accompagnés de vomissements; ces vertiges lui firent perdre littéralement l\u2019équilibre sans occasionner de perte de connaissance ni même d\u2019obnubilation mentale; ils furent aussi accompagnés d\u2019une céphalée lancinante localisée à la région occipito- 699 pariétale droite; elle constata une gêne marquée de la vision de l\u2019œil droit comme si un brouillard rendait moins nettes les images à percevoir.Elle fut transportée à son domicile où elle constata qu\u2019elle ne pouvait se tenir debout du fait qu\u2019elle se sentait irrésistiblement attirée vers le côté droit et que, effectivement, elle déviait de ce côté au point de tomber.Sa vision fut affectée: elle est moins précise sans être diplopique, et la malade est constamment agacée par une sensation désagréable à l\u2019œil droit.La malade a maigri de 25 livres depuis environ un an.Depuis deux mois, elle est prise de céphalée frontale et durant les derniers dix jours qui ont précédé l\u2019aceident aigu, elle était troublée par des étourdissements et se sentait faible.Les antécédents familiaux et personnels ne révèlent aucune particularité digne de mention ; la malade n'a jamais été enceinte.D'autre part, elle ne se plaint d\u2019aucun trouble digestif, urinaire ou cardio-vasculaire.Examen neurologique.L'examen neurologique de cette malade fut fait le 31 décembre 1941, c\u2019est-à-dire 12 jours après le début de la maladie.Cette malade, amaigrie et de taille petite, ne pouvait se tenir debout; aussitôt qu\u2019elle se portait sur ses pieds, elle était entraînée à droite et tombait.La marche était des lors impossible.Le réflexe photo-moteur était normal.Il existait un nystagmus rotatoire horaire.Le réflexe cornéen droit était moins fort que le gauche.On pouvait constater un très léger strabisme divergent de l\u2019œil droit qui ne pouvait pas atteindre le cantus interne dans le regard vers la gauche.Les sensibilités à la piqûre et à la température étaient diminuées à l\u2019hémi- face droite.On trouva une anesthésie à la douleur et à la température à gauche aux membres, au tronc et au cou.Le tact et les sensibilités profondes étaient normales.La force musculaire des membres était normale des deux côtés. 700 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 Les réflexes tendineux se montrérent normaux et symétriques, sauf peut-étre le rotulien gauche qui était plus fort que le droit.Les réflexes abdominaux et plantaires étaient normaux et symétriques.L\u2019épreuve de Mingazzini était positive a gauche, l\u2019épreuve de Barré, par contre, manifestait un abaissement un peu plus rapide de la jambe droite.Au point de vue cérébelleux on nota les signes suivants exclusivement à droite: adiadococinésie, dysmétrie par les épreuves de l\u2019index-nez-oreille, signe du renversement de la main, dysmétrie dans l\u2019épreuve du talon droit sur le genou gauche.Examens complémentaires.Les urines contenaient des traces de sucre et d\u2019albumine, des cristaux d\u2019oxalate de chaux et de phosphate.L\u2019urée sanguine était de 0.50°/,,; la glycémie de 1.06 °/,,.L\u2019examen oculaire révéla une acuité visuelle de 20/70 à droite, de 20/100 à gauche et une cataracte polaire antérieure aux deux yeux; le champ visuel était normal, ainsi que le fond de l\u2019œil.Acuité auditive normale.Pression artérielle 180/110.Aucune anomalie au cœur, aux poumons et aux organes et viscères de l\u2019abdomen.Evolution.Cette malade fut traitée dans le service de neurologie.Elle y fut soumise à un traitement par l\u2019acéthylcholine dont elle reçut 20 centigrammes tous les jours dans les muscles, du 9 décembre 1941 au 4 mars 1942, et à l\u2019iodure de potasse à la dose de 3 grammes par jour «per os ».On put assister, comme on le verra par les notes suivantes prises au cours d\u2019examens périodiques, à une régression graduelle des symptômes de son affection.Ainsi, le 8 janvier 1942, soit environ 20 jours après le début de la maladie et 9 jours après le début du traitement, la malade pouvait marcher sans soutien, déviait un peu vers la droite ou du moins se sentait entraînée de ce côté.Le nystagmus était moins marqué.La dissociation symingomyétique à gauche s\u2019était atténuée.Le 28 février 1942, la démarche était satisfaisante.L\u2019épreuve de Romberg était négative, cependant la station sur un seul pied amenait du déséquilibre par inclinaison vers la droite.Les réflexes tendineux, ostéo-périostes et cutanés étaient normaux.La force musculaire, le tonus et les épreuves de Barré et de Min- gazzini ne montraient aucune anomalie.Les sensibilités profondes étaient normales.En ce qui concerne les sensibilités superficielles: le tact était normal; il y avait une hypoesthésie à la piqûre sur tout le côté gauche excepté à la face, peut-être à l\u2019hémiface droite; le chaud et le froid étaient bien perçus à gauche, la sensation déclenchée par le froid était même hyper- esthésique et désagréable.Au point de vue cérébelleux, on ne trouvait plus, à droite, qu\u2019une légère dysmétrie à la fin du mouvement dans l\u2019épreuve de l\u2019index- oreille.Il y avait un nystagmus rotatoire dans le regard vers la droite.La pression artérielle était de 130/80.En résumé Il s\u2019agit d\u2019une malade de 50 ans, hypertendue, qui fut prise brusquement d\u2019accès vertigineux violents accompagnés de céphalée et qui laissèrent un déséquilibre d\u2019une sévérité telle que la marche devint impossible, la malade étant irrésistiblement attirée vers la droite.L\u2019examen neurologique démontra un hémi- syndrome cérébelleux droit, une hémi-anesthé- sie gauche à la douleur et à la température couvrant tout le côté jusqu\u2019à la face.Il y avait en plus un nystagmus rotatoire horaire et une hypoesthésie à l\u2019hémiface droite.L\u2019état de la malade s\u2019améliora sensiblement en quelques semaines de traitement.COMMENTAIRES.1) Cette observation, encore une fois, est la réplique des deux précédentes que l\u2019un de nous publia dans l\u2019Union Médicale du Canada jo gi jt AMYOT ET VASQUEZ: SYNDROME DE L\u2019A.CÉRÉBELLEUSE SUPÉRIEURE 701 d\u2019octobre 1939.Par coïncidence, la disposition spatiale des syndromes cérébelleux et sensitifs fut similaire dans les trois cas.Dans le cas actuel et dans l\u2019un des deux du travail antérieur, le début fut identique: vertiges sévères accompagnés d\u2019une céphalée violente à localisation au vertex chez un malade, pariéto-occipitale droite chez l\u2019autre.Cet ictus vertigineux ne fut pas accompagné de perte de conscience.La lecture d\u2019autres observations et nos constatations autorisent à affirmer que le début brusque, comme pour tout ramollissement important à l\u2019encéphale, est plus particulièrement marqué ici de phénomènes vertigineux violents sans perte de connaissance.L\u2019accès de vertige abat littéralement le malade comme au cours des paroxysmes les plus forts du syndrome de Ménière.Il est logique de croire que les noyaux vestibulaires de la protubérance sont alors soit touchés par la lésion, comme il est arrivé chez cette troisième malade, soit fortement ébranlés par le foyer de ramollissement qui siège dans un voisinage très étroit.Les caractères du syndrome neurologique dans les trois cas ne peuvent faire douter de la localisation de la lésion et de son origine vasculaire; de même qu\u2019ils portent à accepter que cette lésion fut la conséquence d\u2019une occlusion de l\u2019artère cérébelleuse supérieure droite.Et pourtant, dans les trois cas, il ne fut constaté aucune hyperkinésie des membres homolaté- raux à la lésion et au syndrome cérébelleux.D'autre part, la description du syndrome de l\u2019artère cérébelleuse supérieure basée sur certaines observations cliniques contrôlées par des constatations histologiques comme chez le malade de Guillain, Bertrand et Peron, comme chez trois malades des neuf observations ana- tomo-cliniques de Davison, Goodhart et Sa- vitsky, comporte la présence- fréquente de mouvements involontaires, tout particulièrement un tremblement des membres qui sont le siège des signes cérébelleux.Ce tremblement appartiendrait en propre à Jl\u2019atteinte du pédoncule cérébelleux supérieur.Ce phénomène hyperkinétique n\u2019est certainement pas à placer au même niveau d\u2019importance que le syndrome cérébelleux et le déficit des sensibilités thermiques et douloureuses.En fait, sur 9 observations rapportées par Davison et ses collègues où le contrôle anatomique fut effectué, qui comportaient en plus, soit des lésions d\u2019obstruction partielle, soit des zones de ramollissement appartenant à d\u2019autres artères que la cérébelleuse supérieure, 2 seulement mentionnent la présence de tremblement.D\u2019après l\u2019étude de nos trois malades, la la- téro-pulsion vers le côté de la lésion constitue un signe d\u2019une grande fréquence et d\u2019une importance beaucoup plus grande.C'est cette latéro-pulsion qui compromet la marche, qui oblige à élargir la base de sustentation, qui peut entraîner la chute et porte les malades à se servir de points d\u2019appui lorsqu\u2019ils veulent se déplacer.Elle est irrésistible comme si le sujet était littéralement tiré par une force ou comme si son corps, beaucoup plus lourd d\u2019un côté, avait perdu son centre de gravité et penchait dans cette direction.Ce phénomène se manifeste les yeux du malade ouverts ou fermés; il peut s\u2019aggraver si les yeux se ferment, mais son existence peut se rencontrer en dehors de toute intervention labyrinthique - grossière que souligneraient la sensation d\u2019un vertige objectif ou un nystagmus évident et stable.Il se montre donc par-dessus tout comme un accident d\u2019ordre cérébelleux.Notre malade de ce présent travail avait un nystagmus rotatoire horaire.Nous n\u2019entrerons pas dans une discussion qui tenterait d\u2019exposer le paradoxe d\u2019un nystagmus rotatoire horaire déclenché par une lésion protubéran- tielle droite, alors qu\u2019on admet assez généralement: 1° qu'un nystagmus rotatoire se rencontre plutot au cours des lésions bulbaires; 2° qu'un tel nystagmus a secousse bréve vers la gauche, c\u2019est-a-dire horaire, est de préférence la conséquence d\u2019une lésion gauche du 102 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, juillet 1942 bulbe.Sans la pièce nécropsique en main, une telle discussion serait académique, du fait qu\u2019elle comporterait des hypothèses assez mal étayées.A tout événement, le nystagmus a été constaté dans des observations d\u2019autres auteurs.Il ne fait pas partie intégrante du syndrome; on doit le considérer, comme d\u2019ailleurs plusieurs autres signes épisodiques, comme un élément accidentel ou aberrant.Chez notre malade, qui n\u2019offrait par ailleurs aucun phénomène neurologique dépendant d\u2019une autre topographie lésionnelle que celle du territoire artériel de la cérébelleuse supérieure droite, on peut croire avec vraisemblance que les centres vestibulaires protubérantiels, plutôt que la bandelette longitudinale postérieure, étaient exceptionnellement et en partie irrigués par une branche de la cérébelleuse supérieure et participèrent au processus malacique.Il est à noter aussi, que la partie protubérantielle du noyau sensitif du trijumeau droit fut touché par la lésion, ce qui provoqua une hypoesthésie à l\u2019hémiface droite avec hyporéflexie cornéenne.Cette particularité n\u2019est pas d\u2019une constatation régulière quoique non invraisemblable; elle suppose un foyer de ramollissement qui s\u2019étend plus bas dans la partie latérale de la protubérance droite.D\u2019ailleurs, il est à remarquer qu\u2019ici l\u2019anesthésie dissociée couvrait tout le côté gauche du corps, la face exceptée, alors que chez nos deux malades précédents elle ne montait dans un cas que jusqu\u2019à D4, et dans l\u2019autre cas jusqu\u2019à D6.Ce qui contribue à renforcer l\u2019opinion que le ramollissement pénétrait plus loin dans l\u2019extrémité ou se trouvent les fibres des sensibilités douloureuse et thermique, groupées par faisceaux selon une topographie telle que les plus extérieures conduisent les excitations venant des dermatomes les plus inférieurs.Cette notion de fasciculation topographique du contingent intra-protubérantiel des fibres à sensibilité thermique et douloureuse semble être démontrée par nos constatations cliniques.La preuve absolue devrait être faite par le contrôle histologique ou par l\u2019expérimentation.Nous n\u2019insistons pas sur les phénoménes cérébelleux; ils étaient mis en lumière chez cette malade comme chez les deux autres par les épreuves classiques.Ils démontraient une fois de plus que les troubles cérébelleux sont pardessus tout dus aux membres, comme l\u2019a démontré notre maître André-Thomas, à une perturbation dans la mesure du mouvement volontaire, qu\u2019ils sont à base d\u2019hypermétrie par hy- posthénie des antagonistes du mouvement exécuté.Le syndrome de l\u2019artère cérébelleuse offre à ce propos un champ d\u2019étude assez intéressant, puisque les membres homolatéraux à la lésion n\u2019offrent le plus souvent qu'une symptomatologie exclusivement cérébelleuse.Cette malade s\u2019est améliorée considérablement, dans tous les constituants de son syndrome.Il est probable que la médication a contribué à cette amélioration.Nous pouvons croire plutôt que, d\u2019une part la disparition, de certains éléments d\u2019inhibition fonctionnelle et, d\u2019autre part, la rééducation et la réadaptation statique et cinétique concernant les accidents cérébelleux, ont été les facteurs les plus importants de réhabilitation.2° Charles K.Mills publia en 1908, une observation clinique d\u2019un malade qui présentait des signes neurologiques dont le schéma peut entrer dans les cadres du syndrome de l'artère cérébelleuse supérieure.Il s\u2019agissait d\u2019un homme de 34 ans, alcoolique dont la pression artérielle n\u2019est pas indiquée dans l\u2019observation ; d\u2019un malade qui pourrait être comparé à un de ceux dont l\u2019un de nous a rapporté l\u2019étude clinique.Mills situa la lésion à proximité du thalamus.L\u2019observation de cet auteur serait la première ayant trait au syndrome de l\u2019artére cérébelleuse supérieure.Observation forcément incomplète puisque manquant du contrôle essentiel de l\u2019examen anatomique, et ne comportant pas le vrai diagnostic topographique.La première observation vraiment complète possédant le complément nécessaire de l\u2019examen anatomo-pathologique et le diagnostic topographique précis de la lésion, est celle de ça AMYOT ET VASQUEZ: SYNDROME DE Guillain, Bertrand et Péron.Les autres qui ont été publiées subséquemment ont bénéficié de la contribution de ces auteurs français.La cérébelleuse supérieure est selon la nomenclature de Foix et Hillemand, une artère circonférentielle longue de l\u2019axe encéphalique, et plus exactement de la protubérance annulaire.Elle naît de l\u2019artère basilaire à sa partie # [} 4 (ER ! I fe Ta TT CIES Fic.1.\u2014 Vue latérale d\u2019ensemble semi-schématique des artères de l\u2019axe encéphalique.Les trois cérébelleuses (circonférentielles longues).Les circonférentielles courtes du pont et du buibe.a) cérébrale postérieure; b) cérébelleuse moyenne ; c) cérébelleuse inférieure; d) circonférentielle courte protubérantielle; e) tronc basilaire soulevé pour montrer en arrière une paramédiane; f) tronc basilaire; g) artère latérale du bulbe; h) vertébrale; 1) bulbe; 7j) protubérance; k) cérébelleuse supérieure.Extrait de Ch.Foix et P.Hillemand.Revue Neur.2: 705 (décembre) 1925.presque terminale, elle longe le sillon pédon- eulo-protubérantiel et se distribue à la face supérieure du lobe latéral correspondant du cervelet.(Fig.1).Elle irrigue principalement le pédoncule cérébelleux supérieur, la partie postéro-interne des tubercules quadri-jumeaux, la face supérieure du lobe latéral du cervelet.Mais, au cours de son parcours circonférentiel, elle fournit des branches collatérales peut-être d\u2019importance secondaire par leur volume, mais d\u2019une valeur indiscutable en ce qui concerne la pathogénie du syndrome et l\u2019explication de certaines lésions de la protubérance.Les figures 2, 3 et 4 incluses dans le texte et tirées du travail de Guillain et ses collabora- L\u2019A.CÉRÉBELLEUSE SUPÉRIEURE -2 © C9 teurs, montrent bien la situation des lésions déterminées par l\u2019occlusion de l\u2019artère cérébelleuse supérieure.La figure 2 montre l\u2019aspect macroscopique du ramollissement de la face supérieure du lobe cérébelleux correspondant.La figure 3 fait voir une zone blanchâtre de dé- myélinisation dans la calotte protubérantielle droite, correspondant à la destruction du pédoncule cérébelleux supérieur et du ruban de Reil latéral.Ici le ruban de Reil médian ne | Fic.2.\u2014 «Cervelet vu par sa face supérieure, montrant la thrombose de l\u2019artère cérébelleuse supérieure droite et le ramollissement hémisphérique homologue.» (In Guillain, Bertrand et Péron.Revue Neur.2: 835 (déc.) 1928.) paraît pas altéré grossièrement, mais si on compare le côté gauche indemne avec le côté droit de la calotte, on peut voir que l\u2019extrémité externe du lemniseus médian est amputée du côté droit, ce qui explique bien l\u2019hémi-anes- thésie croisée à la douleur et à la température.Des coupes histologiques au Marchi illustrant le travail de Freeman et Jaffe et reproduisant des sections exécutées à différents étages du tronc encéphalique de leur malade, font voir encore mieux l\u2019atteinte de l\u2019extrémité externe du ruban de Reil médian où se tiennent groupés les fibres des sensibilités douloureuses et thermiques qui viennent de la moelle et montent vers le thalamus.La figure 4 reproduit un pédoncule cérébral dont le noyau rouge gauche, aboutissant du pédoncule cérébelleux supérieur 704 droit, est complètement démyélinisé par processus secondaire à l\u2019atteinte du cortex cérébelleux droit, puis du noyau dentelé et des fibres, qui en partent pour former le pédoncule cérébelleux supérieur correspondant.L\u2019occlusion de la cérébelleuse supérieure ne provoque, en principe, un ramollissement pathogène que du pédoncule cérébelleux supérieur et du cervelet.La symptomatologie ne devait se réduire qu\u2019aux signes cérébelleux homo- latéraux et à l\u2019hyperkinésie plus ou moins rythmique.Mais, comme nous l\u2019avons dit, cette L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 RÉsuUM Nous présentons un cas de syndrome de l\u2019artère cérébelleuse supérieure à début brusque par un ictus vertigineux chez une femme de 50 ans, hypertendue, chez laquelle la symptomatologie était faite: 1° d\u2019un hémi-syndrome homolatéral cérébelleux sans mouvements involontaires; 2° d\u2019une hémi-anesthésie croisée à la douleur et à la température, respectant la face.Il y avait en plus un nystagmus et une hypoesthésie à la face du côté de la lésion.Certaines particularités du syndrome sont commentées parmi lesquelles on insiste sur la no- Frc.3.\u2014 « Protubérance haute.\u2014 Coupe passant par l'émergence des nerfs pathétiques.Ramollissement de la portion latérale de la calotte détruisant le pédoncule cérébelleux supérieur.» (In Guillain, Bertrand et Péron, loc.cit.) artère dans son trajet circonférentiel fournit des collatérales qui ont une importance anatomique variable.Et ce fait explique la présence d\u2019un processus malacique plus ou moins étendu horizontalement et plus ou moins profond à un niveau donné et peut-être aussi couvrant un territoire variable selon l\u2019axe du tronc encé- phalique.D\u2019où il s\u2019en suit ces variations qui paraissent capricieuses dans la dimension de la zone d\u2019anesthésie dissociée, et dans la présence de certains phénomènes comme le nystagmus, comme l\u2019hypoesthésie dans le domaine du trijumeau homolatéral à la lésion par atteinte de son noyau sensitif protubérantiel.Fic.4.\u2014 « Pédoncule cérébraux.Hémiatrophie du pédoncule cérébral gauche, surtout du noyau rouge, complètement démyélinisé.» (In Guillain, Bertrand et Péron, loc.cit.) tion de fasciculation topographique du groupe des fibres à sensibilité thermique et douloureuse de l\u2019extrémité externe du leumiscus médian protubérantiel.Puis suit la description schématique de l\u2019a- natomo-pathologie de la lésion, expliquée par la distribution des branches de la cérébelleuse supérieure.Enfin, on donne le crédit de la connaissance précise du syndrome, à Guillain, Bertrand et Péron, quoique la première observation clinique publiée fût celle de Mills qui cependant ne put renseigner sur la localisation précise de la lésion ni sur l\u2019identification de l\u2019artère thrombosée. AMYOT Er VASQUEZ: SYNDROME DE L\u2019A.CEREBELLEUSE SUPERIEURE \"05 BIBLIOGRAPHIE 1.C.DAVISON, S.P.GOODHART et N.SA- VITSKY.« The syndrome of the superior cerebellar artery and its branches.»Arch.Psy.33: 1143 (juin) 1935.2.Ch.FOIX et P.HILLEMAND.« Les artères de l\u2019axe encéphalique jusqu\u2019au diencéphale inclusivement.» Revue Neur.2: 705 (décembre) 1925.3.Walter FREEMAN et Daniel JAFFE.« Occlusion of the superior cerebellar artery (ce travail contient la bibliographie jusqu\u2019à date sur le sujet).» Arch.Psy.Neur.46: 115 (juillet) 1941.4.G.GUILLAIN, J.BERTRAND et N.PERON.«Le syndrome de l\u2019artère cérébelleuse supérieure.» Revue Neur.2: 835 (décembre) 1928.5.C.K.MILLS.« Hemianesthesia to pain and temperature and loss of emotional expression on the right side with ataxia of the upper limb on the left.» J.Nerv.and Mental Dis.35: 331, 1908.6.C.WORSTER-DROUGHT et I.M.ALLEN.« Thrombosis of the superior cerebellar artery.» Lancet.2: 1137 (30 nov.) 1929.7.R.AMYOT.« Le syndrome de l\u2019artère cérébelleuse supérieure.» L'Union Médicale du Canada, 68: 1067 (octobre) 1939. RECUEIL DE FAITS TRAUMATISMES OCULAIRES AVEC RAPPORT D\u2019UN CAS D\u2019'EXTRACTION D\u2019UN CORPS ÉTRANGER MÉTALLIQUE INTRA-OCULAIRE PAR SEGMENT POSTÉRIEUR ! Par Emilien MARANDA, Assistant au Service d\u2019Ophtalmo-oto-rhino-laryngologie de l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus, Québec.L\u2019œil situé dans l'orbite osseuse paraît être assez bien protégé contre les traumatismes.Les paupières, qui par réflexe se ferment rapidement, présentent cependant l\u2019endroit de moindre résistance et ne protègent l\u2019œil que contre les traumatismes peu violents.La conformation même de l\u2019orbite, offre dans de nombreux cas, une protection efficace contre les traumatismes de nature diverse.La position variable du globe, reposant sur les coussins graisseux de l'orbite qui lui fournit un appui mobile, évite dans certains cas des délabrements graves.Le globe oculaire lui-même est protégé par la sclérotique dont la résistance est assez élevée.Malgré ces protections naturelles, la fréquence des traumatismes oculaires est encore très élevée; ils représentent 7% des traumatismes atteignant l\u2019ensemble du corps et 10 à 15% des cas ophtalmologiques.Une statistique de Blessig portant sur 37.979 malades observés en 29 ans, montre 4,119 traumatismes oculaires, soit 10.8% de la totalité des cas; de cette statistique sont exclus des traumatismes légers, tels que corps étrangers de la cornée, contusions légères, érosions cornéennes.Les traumatismes professionnels sont en majorité dans la traumatologie oculaire.Garrow, dans ses statistiques, arrive au pourcentage de 74.7 tandis que les non-professionnels n\u2019y entrent que pour 25.3%.Les hommes sont 1.Communication à l\u2019Assemblée scientifique du Bureau médical de l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus (Québec) le 20 mars 1942.beaucoup plus fréquemment atteints que les femmes (84%).Dans la grande majorité des cas de traumatismes oculaires professionnels, l\u2019œil est blessé par un fragment de l\u2019objet travaillé, par un éclat de l\u2019outil qui sert à faire le travail ou par l\u2019outil lui-même.L\u2019ouvrier métallurgiste est le plus souvent atteint.À côté des traumatismes professionnels, les traumatismes de la vie journalière occupent une place moins importante; ils se présentent aussi bien chez les femmes et les enfants et peuvent survenir à tout âge, tandis que les traumatismes professionnels surviennent surtout chez les hommes de 16 à 50 ans.Chez les enfants, les traumatismes sont très fréquents: chutes sur un objet dur (coin de table, de chaise ou de meuble), les coups au cours de jeux ou de disputes, les pointes de couteaux, de ciseaux, d\u2019aiguilles, projectiles de carabines et pistolets automatiques, fusées, pétards, cartouches, balles à jouer, boules de neige, pierres, coups de pied, poing, bâton, etc.Ces mêmes causes occasionnelles se rencontrent également chez l\u2019adulte.Le développement considérable qu\u2019ont pris les sports a également augmenté le nombre des traumatismes oculaires; l\u2019automobile provoquant des plaies oculaires par éclats de verre et autres corps étrangers, la chasse et le tir par ses contusions par ricochet et par plaies pénétrantes, la pêche par ses blessures dues aux hameçons, le ski par ses plaies perforantes et ses contusions, le foot-ball, le tennis, la boxe, la lutte et l\u2019escrime, surtout par leurs plaies contuses et leurs contusions. MARANDA: TRAUMATISMES OCULAIRES Enfin les armes de guerre avec leurs projectiles de toute espèce, balles de fusil, éclats d\u2019obus, balles de shrapnell, éclats de grenade sont capable de provoquer les différentes variétés de traumatismes.Les traumatismes qui atteignent le globe oculaire dans sa totalité sont en général d\u2019origine mécanique; ils sont de deux espèces: la contusion du globe oculaire et la plaie du globe oculaire; la contusion peut être simple ou s\u2019accompagner de rupture du globe; la\u2019 plaie peut être pénétrante ou non pénétrante; elle peut être pénétrante avec ou sans persistance de corps étranger.* * Nous tenons à passer rapidement en revue les plaies pénétrantes avec persistance de corps étranger.La pénétration d\u2019un corps étranger à l\u2019intérieur de l\u2019œil est un accident dont la fréquence a augmenté considérablement avec le développement de l\u2019industrie moderne.Tout ouvrier frappant un ciseau ou un outil quelconque avec un marteau est exposé à cet accident; c\u2019est en effet bien plus souvent un fragment de l\u2019outil, fait en métal dur et cassant, qu\u2019un fragment de la pièce travaillée, qui se détache et est projeté avec violence dans l\u2019œil.Les forgerons, les ajusteurs, les mécaniciens, les maçons, les houilleurs, les tailleurs de pierre et ouvriers carriers sont les plus exposés.A côté de ces corps étrangers de fer ou d'acier, d\u2019autres sont rencontrés plus rarement; ce sont le cuivre, le zine, le bois, le plomb, les fragments d\u2019os, des morceaux de pierre, des particules de chaux.Les explosions de mines, d\u2019obus, de grenades sont susceptibles également de faire pénétrer dans l\u2019œil des fragments divers.Le plomb de chasse peut perforer l\u2019œil soit directement, soit après ricochet.Les lésions produites par un corps étranger intra-oculaire sont d\u2019origine mécanique, bactériologique ou chimique, les deux premières étant des lésions immédiates, la dernière étant une lésion tardive.-2 © 2 a) Lésions mécaniques.Les lésions mécaniques produites par la pénétration d\u2019un éorps étranger dans l\u2019œil sont très variables; elles dépendent de la grandeur et de la forme du corps étranger, de sa force de projection, de sa direction et de l\u2019endroit de pénétration.Le corps étranger perforant la partie antérieure, peut s\u2019arrêter dans la chambre antérieure, dans l\u2019iris ou dans le cristallin: c\u2019est le corps étranger antérieur.La force de projection étant plus grande ou orifice de pénétration se trouvant latéralement, le corps étranger peut s\u2019arrêter dans le corps ciliaire, dans le vitré, dans les membranes profondes; c\u2019est le corps étranger postérieur.La force de projection étant encore plus grande, le corps étranger peut traverser l\u2019œil de part en part, il existera un orifice d\u2019entrée et un orifice de sortie dans la coque oculaire et le corps étranger se localisera dans l\u2019orbite.Toutes les parties de l\u2019æœil touchées par le corps étranger pourront être atteintes: déchirures, perforations, arrachements, déplacements, pertes de substance.Le cristallin peut étre atteint soit directement à travers la pupille, soit à travers l\u2019iris, ou bien latéralement à travers le corps ciliaire; il pourra s\u2019y développer une cataracte traumatique, ou il pourra être déplacé, luxé ou subluxé.Le corps étranger peut s\u2019arrêter dans le corps vitré et se déposera sur la rétine inférieure; si, en passant par une partie vaseu- larisée, il provoque une hémorragie, le corps vitré se remplira de sang.Dans la rétine et la choroïde, le corps étranger amènera des décollements et des déchirures.Enfin, tout corps étranger en ignition entraînera à côté des lésions mécaniques, des lésions de brûlure.b) Lésions bactériologiques.Certains corps étrangers sont aseptiques ct ne provoquent aucune réaction inflammatoire; tels sont les fragments d\u2019outil qui sont portés à 708 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 une certaine température par le choc qui a provoqué la formation de l\u2019éclat, les plombs de chasse, lorsqu\u2019ils ne pénètrent pas dans l\u2019œil par ricochet.D\u2019autres, et ce sont les plus nombreux, entraînent avec eux des microbes pathogènes qui sont à l\u2019origine de diverses complications septiques tels que l\u2019ulcère de la cornée, l\u2019iritis, l\u2019iridocyclite, l\u2019abcès du corps vitré, l\u2019endophtalmite et la panophtalmie.c) Lésions chimiques.Les complications tardives sont d\u2019origine chimique.Certains corps étrangers, insolubles dans les milieux physiologiques, n\u2019exercent aucune action chimique sur l\u2019œil, tels que Vor, l\u2019argent, le verre; d\u2019autres, au contraire, solubles et oxydables agissent sur les différentes parties de l\u2019œil en se décomposant.Leber a étudié la question expérimentalement en 1881 et ses travaux sont à la base de l\u2019étude de l\u2019action chimique des corps étrangers métalliques sur l\u2019œil; ses expériences sur les animaux sont confirmées par la clinique.Sidérose oculaire.En faisant pénétrer aseptiquement un fragment de fer dans l\u2019œil d\u2019un animal, on ne provoquera au début qu\u2019une légère réaction inflammatoire; mais si ce fragment de fer continue à séjourner dans les milieux oculaires, le métal se décompose.L\u2019acide carbonique absorbé par les liquides oculaires transforme le fer en bicarbonate ferreux; par oxydation, ce bicarbonate se transforme en oxyde de fer hydraté insoluble qui se précipite et se combine à nouveau avec l\u2019albumine pour former un albuminate de fer.La sidérose n\u2019atteint pas d\u2019une manière identique toutes les parties de l\u2019œil.La cornée présente fréquemment de la sidérose directe à la suite d\u2019un fragment de fer qui s\u2019y est implanté depuis quelque temps.Dans la chambre antérieure, l\u2019humeur aqueuse peut prendre une coloration jaunâtre, nettement visible à l\u2019éclairage oblique de la lampe à fente.L\u2019examen chimique d\u2019une telle humeur aqueuse y décèle la présence de fer.L\u2019iris et le corps ciliaire sont toujours fortement entrepris; l\u2019iris prend une coloration spéciale suivant sa couleur propre et la durée de la sidérose: verdâtre, verte, vert jaune, jaune brun, brune, brun rougeâtre.Dans le cristallin, la sidérose se caractérise soit par l\u2019apparition sous la capsule d\u2019un fin piqueté brun, discret, soit plus fréquemment par la formation d\u2019une couronne de foyers ocreux correspondant au bord pupillaire.Le cristallin peut également s\u2019opacifier, soit directement par le fait du traumatisme, soit plus tardivement par action chimique.Dans le corps vitré, le corps étranger a tendance à s\u2019enkyster et il s\u2019y oxyde très rapidement.Dans la majorité des cas, la choroïde n\u2019est pas atteinte par la sidérose.Par contre, la rétine présente fréquemment de la sidérose directe et indirecte.Le diagnostic de la sidérose s\u2019appuiera donc sur les symptômes suivants: fins dépôts bruns sur la face postérieure de la cornée, couleur jaunâtre de l\u2019humeur aqueuse, couleur spéciale de l'iris, paresse des mouvements pupillaires, couronne ocreuse du cristallin, cataracte, aspect de rétine pigmentaire, lésions maculaires, diminution de la vision centrale et périphérique, cécité crépusculaire, amaurose.Si la présence d\u2019un éclat de fer dans l\u2019œil constituent par lui-même un accident des plus graves, l\u2019établissement de la sidérose assombrit encore davantage le pronostic; la grandeur, la situation du corps étranger et la durée de son séjour à l\u2019intérieur de l\u2019œil ont une influence prépondérante sur ce pronostic.La sidérose est incurable, même si la cause de la lésion est enlevée; l\u2019affection continue son évolution car les produits de décomposition du fer ne peuvent être extraits.Les rares cas dans lesquels on a cru à une guérison totale de la sidérose se sont terminés en général par une complication rétinienne abolissant la vision.En effet, les éléments nobles de cette membrane étant précocément entrepris ne reprennent jamais leur fonctionnement physiologique. MARANDA: TRAUMATISMES OCULAIRES DIAGNOSTIC DES CORPS ÉTRANGERS INTRA-OCULAIRES Le diagnostic précoce du corps étranger intra-oculaire est de la plus haute importance au point de vue du traitement et du pronostic, il se basera sur différents moyens.L\u2019interrogation du blessé signalera le moment et les circonstances de l\u2019accident, les outils utilisés, le genre de travail exécuté, la douleur brusque, l\u2019écoulement de liquide chaud sur la joue, la perte subite de la vision ; ce sont des symptômes importants, mais ils peuvent faire défaut soit partiellement, soit totalement.L\u2019acuité visuelle peut aussi diminuer progressivement et l\u2019anamnèse peut même induire en erreur; il arrive fréquemment que le blessé ne se doute pas qu\u2019il est porteur d\u2019un corps étranger intra-oculaire; il prétend que le morceau n\u2019a fait que toucher l\u2019æœil sans y pénétrer ou qu\u2019il a été blessé par l\u2019objet travaillé et non par un éclat de son outil.L\u2019examen direct permettra de situer parfois l\u2019orifice d\u2019entrée du corps étranger et cela surtout lorsque l\u2019accident est récent; cette plaie qui parfois se cicatrise en quelques heures est souvent linéaire, petite, à bords nets et un examen biomicroscopique sera souvent nécessaire pour l\u2019apercevoir.Les corps étrangers de la chambre antérieure, de l\u2019iris et du cristallin pourront être reconnus de cette manière; il sera parfois nécessaire de dilater la pupille pour pouvoir examiner le cristallin.Tous ces examens seront évidemment complétés par un examen biomicroscopique.La détermination de l\u2019acuité visuelle montrera souvent une diminution de la vision.L'examen ophtalmoscopique, s\u2019il n\u2019est pas rendu impossible par la présence d\u2019une occlusion pupillaire, d\u2019une cataracte, d\u2019un trouble du corps vitré ou d\u2019une hémorragie trop abondante, permettra de découvrir des opacités cristalliniennes, des hémorragies ou des opacités du corps vitré, des lésions du fond de l\u2019œil.Parfois on peut découvrir le corps étranger lui-même ou les lésions mécaniques qu\u2019il a produites, ainsi que les lésions dues à son séjour plus ou moins prolongé dans l\u2019œil.709 Un dernier moyen commun à la recherche de tous les corps étrangers quelle que soit leur nature est la radiographie.Peu après leur découverte, les rayons X ont été employés pour la recherche des corps étrangers intra-oculaires.La radiographie, par contre, a pris une extension énorme et les techniques employées sont innombrables.La radiographie permet non seulement de déceler un corps étranger, mais encore de la localiser.Nous passons intentionnellement les conditions indispensables pour localisation d\u2019un corps étranger.Nous vous parlerons d\u2019un autre élément pouvant nous aider au diagnostic: c\u2019est l\u2019électro-aimant.Il existe deux espèces d\u2019électro-aimant: ceux dits à main, dont le type est l\u2019électro-aimant d\u2019Hirschberg, ayant une force attractive faible, et les électro-aimants géants, dont il existe de nombreux modéles (Haab, Volkmann, Schu- maker).Ces derniers instruments sont volumineux et lourds et sont suspendus par des moyens divers, afin de les rendre maniables.Lorsqu\u2019on approche un œil porteur d'un corps étranger magnétique d\u2019un de ces électro- aimants, au moment du passage du courant électrique, le corps étranger, s\u2019il n\u2019est pas enkysté, se déplace et provoque une douleur plus ou moins vive.Si le corps vitré est transparent, l\u2019examen ophtalmoscopique combiné à l\u2019action de l\u2019électro-aimant permettre quelquefois de voir ce déplacement.Si le corps étranger est antérieur, l\u2019observation simple ou l\u2019observation au biomicroscope combiné avec l\u2019action de l\u2019électro-aimant, permettra de voir le déplacement du corps étranger.Celui-ci peut soulever un secteur du stroma de l\u2019iris.PRONOSTIC Quant au pronostic d\u2019un corps étranger intra-oculaire, tout ceci est variable.Dans un article paru dans les Annales d\u2019Oculistique d\u2019août 1939, sur « l\u2019Etude expérimentale de l\u2019action produite par le séjour de 710 \u2014 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LF.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 corps étrangers dans l\u2019œil », par Viel et Desvi- gnes, il semble résulter que la plupart des corps étrangers sont assez bien tolérés par l\u2019œil sauf le mercure, le cuivre et le nickel.Mais, on ne peut pas déduire de ces expériences les effets de ces corps étrangers sur l\u2019œil humain.Les expériences ont surtout porté sur l\u2019œil de lapin, lequel ne se comporte pas comme l'œil humain (en particulier, le décollement rétinien est facile à provoquer chez le lapin).D'autre part, Danis, dans un chapitre sur «Traumatisme oculaire », paru dans le grand traité d\u2019Ophtalmologie en 1939, dit que la tolérance d\u2019un corps étranger varie surtout avec sa nature chimique; le fer et le cuivre sont les moins tolérés.D'après Morax, des fragments de pierre, de verre, de plomb et d\u2019or peuvent séjourner indéfiniment dans le corps vitré ou les membranes oculaires sans déterminer de complications.Ce sont des corps étrangers indéfé- rents.Il n\u2019est pas de même du cuivre, de l\u2019acier et du fer qui provoquent presque tou- Jours des lésions secondaires.Après une étude clinique de 300 cas de corps étrangers intra-oculaires, présentée par William Stokes dans les « Archives ophtalmologiques » parues en février 1938, l\u2019auteur attache une grande importance d\u2019avoir une localisation exacte du corps étranger avant d\u2019en faire l\u2019extraction, et ceci ne peut être obtenu que par la radiographie.De ces 300 cas, la radiographie fut facile et le corps étranger fut démontré et exactement localisé dans 97.5% des cas.Dans 2.5%, de très petits corps étrangers furent consécutivement enlevés par l\u2019électro-aimant.Un corps étranger localisé dans le segment antérieur s\u2019enlève par la route antérieure.De 67 patients dont le corps étranger fut enlevé par la route antérieure, 33 ont gardé une bonne vision, sans correction.Les autres malades ont présenté une cécité de l\u2019œil traumatisé.Par contre, dans le cas d\u2019un corps étranger situé dans le segment postérieur, et dont l\u2019ablation fut faite par voie sclérale, 49% des cas ont obtenu une bonne vision sans verre et 33% ont perdu la vision complètement.De ces 300 cas, l\u2019énucléation fut nécessaire 67 fois consécutivement soit à panophtalmie, soit à l\u2019irido-cyclite ou à une réaction glauco- mateuse.De la variété non magnétique, le cuivre fut présent dans 3 cas, le bronze dans 5 cas, le plomb dans 5 cas, le verre dans 2 cas et enfin la pierre dans 1 cas.Consécutivement à la présence de ces différents corps étrangers dans le vitré, l\u2019œil a été perdu sous forme de complications secondaires soit par uvéite, soit par panophtalmie.Observation.Nous allons maintenant vous faire part d\u2019une observation personnelle.Il s\u2019agit d\u2019un accident survenu le 9 janvier 1942, à 10 heures du soir, et subi par une jeune fille de 23 ans employée dans une industrie de guerre.Celle-ci, au moment de l\u2019accident, se servait d\u2019un instrument appelé « punch » ; celui- ci se cassa et alors, elle se sentit frapper à l\u2019œil gauche.Notre examen nous révéla une coupure de la paupière supérieure gauche et, à quelques mil- limêtres du limbe scléro-cornéen, une coupure de l\u2019œil, intéressant la conjonctive, la sclérotique et l\u2019iris et s\u2019étendant de la région de 11 heures à 1 heure.Il y avait une ouverture béante de la plaie avec une grosse hernie irienne; sortie de l\u2019humeur aqueuse ainsi que du liquide vitréen; hyphéma très marquée, œil complètement hypotone; en un mot, l\u2019œil était en voie de désorganisation complète.Aussitôt après le choc, l\u2019accidentée accusa une perte totale de la vision de l\u2019œil traumatisé.En présence de symptômes aussi graves, et surtout, craignant l\u2019existance d\u2019un corps étranger métallique, nous avons dirigé l\u2019accidentée à l'hôpital où nous lui avons fait subir un examen à l\u2019électro-aimant, lequel, du reste, n\u2019apporta aucun résultât.Donc, nous avons fait l\u2019iridectomie suivie d\u2019un recouvrement conjonctival.Comme la malade, les jours suivants, continuait à accuser des douleurs dans son œil, et MARANDA: TRAUMATISMES OCULAIRES 711 que nous constations une sidérose irienne, (en effet l\u2019iris présentait une teinte verditre) nous soupçonnions la présence d\u2019un corps étranger métallique malgré le résultât négatif de l\u2019examen à l\u2019électro-aimant; nous avons demandé une radiographie de l\u2019œil intéressé.Voici le rapport: «Région oculaire gauche: corps étranger oculaire gauche du volume d\u2019un petit grain de maïs et situé à 6 heures; densité métallique.» Nous avons alors demandé une copie pour obtenir la localisation exacte de ce corps étranger.Ce nouvel examen nous révéla la présence d\u2019un corps étranger métallique situé dans le quadrant inféro-externe de l\u2019æœil gauche, dans l\u2019hémisphère antérieur.En présence de ces faits, et craignant le danger d\u2019ophtalmie sympathique par infection secondaire, il a fallu faire subir à l\u2019accidentée, une nouvelle intervention pour l\u2019extraction du corps étranger.Voici notre technique: vu la position du corps étranger dans la région de 6 heures, nous avons pris la route sciérale.Après anesthésie locale rétro-bulbaire et akinésie palpébrale, nous avons fait une dissection conjonctivale et mis la sclérotique à nu; avec un couteau de Graefe, nous avons fait une incision sclérale jusqu\u2019à la choroïde, dans la région de 6 à 5 heures, où était localisé le corps étranger métallique.Dans les lèvres de la plaie, nous avons appliqué l\u2019électro-aimant; aussitôt, nous avons fixé le corps étranger.Vu sa grosseur, nous avons dû agrandir l\u2019incision.Nouvelle mise en place de l\u2019électro-aimant; alors, l\u2019extraction se fit sans trop de résistance.Suture au fil de soie et recouvrement conjonctival.Les suites opératoires furent normales.Aucune infection secondaire.Si nous avons fait une seconde intervention, c\u2019était dans le but unique de conserver à cette jeune fille de 23 ans, son globe oculaire et non dans le but d\u2019améliorer sa vision, qui du reste, n\u2019était pas beaucoup améliorable vu les lésions des membranes de l\u2019œil et l\u2019opacité vitréenne.Il y a perception lumineuse seulement.Résumé Nous tenons à faire remarquer que le travail précédent est le résumé d\u2019un chapitre sur «Traumatismes oculaires» par Danis et ayant été publié dans le grand traité d'Ophtalmologie française en 1939.(Vol.XIII.) Dans ce travail, nous passons en revue l\u2019étiologie des dilférents traumatismes oeu- laires.Nous parlons aussi des plaies pénétrantes avec persistance de corps étrangers ' intra-oculaires, des lésions produites par ces corps étrangers.Nous passons ensuite au pronostic et au diagnostic des corps étrangers intra-oculaires.Nous terminons enfin par une observation personnelle. REVUE GENERALE ee ee LE TYPHUS EXANTHÉMATIQUE ! Microbiologie Par Wilfrid LeBLOND, Chef de laboratoire à l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus (Québec).La transmission expérimentale du typhus exanthématique a été réalisée pour la première fois en 1900 par Moczjutkowski qui s\u2019injecta le sang d\u2019un malade atteint de typhus et vit après une période d'incubation de dix-huit jours la maladie évoluer sur lui-même.En 1909, Nicolle, de l\u2019Institut Pasteur de Tunis, a démontré le rôle du pou de corps dans la transmission de la maladie.Sans pou, pas de typhus.Le pou de tête peut transmettre la fièvre exanthématique; les poux de pubis semblent devoir être mis hors de cause.En 1910, les Américains Ricketts et Wilder ont décelé dans le sang des malades atteints de typhus un bâtonnet court, immobile, disposé souvent en diplobacille et se colorant davantage aux extrémités.Ce micro-organisme n\u2019est pas cultivable sur les milieux ordinaires.En outre les auteurs constatèrent sa présence constante dans le contenu intestinal des poux infectés par la succion du sang des typhiques, alors que les fèces des poux normaux ne le montrèrent que très rarement.Gavino et Girard au Mexique, et vers le même temps, Von Prowazek, à Belgrade, décrivirent des micro-organismes analogues.Ricketts et Von Prowazek moururent peu de temps après leur découverte atteints eux- mêmes de la maladie.On donna le nom de Rickettsia-Prowazeki au micro-organisme qu\u2019ils avaient découvert et que l\u2019on reconnaît à peu près universellement dans le monde de la microbiologie comme l\u2019agent du typhus exanthématique.1.Communication à la Société Médicale de Québec, le 11 février 1942.Les Rickettsia sont décrits actuellement comme des corpuscules très petits (0.3 micron à 0.5 micron), intracellulaires, contenus dans les globules blancs.On n\u2019a pas encore déterminé s\u2019il s\u2019agit de bactéries ou de protozoaires.On les trouve encore dans les cellules intestinales et dans les déjections des poux.Les Rickettsia ne prennent pas les colorants usuels, mais se colorent bien par le Giemsa.Leurs affinités tinctoriales, leur habitat intracellulaire, la difficulté pour ne pas dire l\u2019impossibilité d\u2019obtenir des cultures sur milieux usuels semblent devoir les faire placer plutôt parmi les protozoaires.RÔLE pu ProTéus X-19 DANS LE TYPHUS EXANTHEMATIQUE En 1915, Weil et Félix crurent un moment avoir découvert l\u2019agent de la maladie: un B.protéus qu\u2019ils avaient isolé des urines d\u2019un typhique et qui était agglutiné par le sang des malades atteints du typhus exanthématique.Ils l\u2019appelèrent le Protéus X-19.On découvrit ainsi successivement les protéus X-2, X-K, X-H, OX-2.Pas plus que le X-19 n\u2019in- terviennent-ils spécifiquement dans la produe- tion du typhus.Il y a tout de même le fait de la séro-agglu- tination du B.protéus dans le typhus à expliquer.Il y a bien des théories.D\u2019après Brill, puis Dopter et Sacquépée, il s\u2019agirait d\u2019une agglutinine hétérologue qui existe normalement dans le sérum de tout sujet normal, et cette agglutinine subirait un renforcement sous l\u2019influence du typhus exanthématique.gi jé i sob i fir fl W.LEBLOND: TYPHUS EXANTHÉMATIQUE 713 Ne voulant pas être en reste de fantaisie sans doute, Nicolle, après avoir manifesté des doutes sur la spécificité des Rickettsia, émis l'hypothèse suivante: le virus se présente sous trois aspects différents: une forme ancestrale, non infectante: le Protéus X-19; une forme moyenne pathogène: les Rickettsia Pro- wazeki; et enfin une forme particulièrement virulente: le virus invisible, ultra-filtrant.QUELS SONT LES MOYENS MIS À NOTRE DISPOSITION PAR LE LABORATOIRE POUR LE DIAGNOSTIC DU TYPHUS EXANTHEMATIQUE?Suivant les données des dépositaires des meilleures traditions pastoriennes ces moyens sont: a) L\u2019hémoculture que l\u2019on doit pratiquer non pas dans le but de mettre en évidence les Rickettsia, mais simplement pour éliminer les états septicémiques, les infections typhoïdiques et mélitococciques.b) L\u2019examen du sang à l\u2019état frais dans le but encore d\u2019éliminer le spirille de la fièvre récurrente et l\u2019hématozoaire du paludisme, mais aussi de faire la numération des globules blancs et d\u2019établir la formule leucocytaire.Il y a dans le typhus exanthématique une hyper- leucocytose variant entre 13,000 et 20,000 éléments par mm/3.D\u2019apres Brill et Baehr qui ont étudié la maladie en Amérique du Nord particuliérement, il n\u2019y aurait pas de modifications importantes, caractéristiques, de la formule leucocytaire.Par ailleurs Calmette, Boquet et Nègre nous disent que la polynucléose est abondante, que le protoplasma des globules blancs ainsi que leur noyau sont altérés, que l\u2019éosinophilie atteint 5 à 6 pour cent des éléments.Vers la fin de la période fébrile, du 10ème au 15ème jour il y à disparition des éosinophiles et une évolution vers la mononucléose.En somme, les deux premiers moyens de diagnostic ne sont que des procédés d\u2019élimination.e) Les séro-agglutinations.Le séro-diagnostic se pratique suivant la méthode de Widal et permet d\u2019éliminer les infections typhiques, les infections à B.paratyphique À ou B, ou à M.Melitensis.On doit pratiquer plus spécialement pour le diagnostic du typhus la séro-agglutination avec le Pro- téus X-19.Du reste les antigènes stabilisés mis actuellement dans le commerce pour le diagnostic des infections typhiques par la méthode de Welch et Stuart sont présentés en groupe de cinq: Typhique, Para-A, Para-B, B.Abortus et Protéus OX-2 et permettent de faire en routine le séro-diagnostic du Typhus exanthématique.Un séro-diagnostic positif pour le B.protéus X-19 n\u2019a de valeur qu\u2019à partir de la dilution au 100ème, car d\u2019après Weil et Félix eux- mêmes: «le sérum des malades atteints de fièvre typhoïde peut agglutiner le B.Protéus X-19 entre 1/25ème et 1/40ème dans 10% des cas, ceci est vrai aussi des sujets Vaccinés.» Au cours du typhus exanthématique, les ag- glutinines pour le Protéus X-19 apparaissent entre le 4ème et le 8ème jour, elles atteignent leur maximum vers le 11ème jour, et elles diminuent très rapidement après le 20ème jour; elles persistent cependant dans le sérum des convalescents jusqu\u2019à la fin du 2ème mois après la guérison.Weil et Félix en ont mis en évidence dans le sang du cadavre plusieurs semaines après la mort.Nous pratiquons de routine lorsqu\u2019un sérodiagnostic de Widal nous est demandé une séro-réaction avec un B.Protéus X-19 stabilisé, ceci depuis deux ans.Il nous est arrivé d\u2019avoir une agglutination de cet antigène en moins de 5 minütes, à une dilution au 1/50ème, chez des individus qui n\u2019avaient ni typhoïde, ni typhus, ni fièvre ondulante, ni reçu de vaccins contre ces états infectieux, mais qui présentaient des urines très chargés en B.protéus vulgaris.d) L'inoculation au cobaye du sang du malade est le moyen le plus sur de diagnostic en- 114 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 core qu\u2019il soit le plus lent.L\u2019injection dans le péritoine d\u2019un cobaye de 2 c.c.5 du sang d\u2019un malade atteint de typhus exanthématique donne apres une période d\u2019incubation une maladie expérimentale.Ces renseignements on le conçoit ne peuvent être appréciés que par un personnel expérimenté en matière de typhus et doivent parfois être contrôlés par des passages en série sur des animaux.On obtiendra encore des renseignements du même ordre en inoculant sous la peau du cobaye le produit du broyage des poux qui auraient pu piquer le malade pendant les premiers jours de sa maladie.e) Enfin, la ponction lombaire.\u2014 Il y a réaction cellulaire du ler.au cours du typhus exanthématique, mais là encore rien de spécifique.La réaction cellulaire serait précoce et variable suivant l\u2019évolution et la gravité de la maladie.C\u2019est pourquoi les auteurs recommandent de pratiquer la ponction tous les deux jours afin de suivre le pourcentage et les variations qualitatives des leucocytes.«Au début de la période fébrile il y aurait prédominance des polynocléaires à protoplas- ma vacuolaire et karyorhexie; après quelques jours, apparition des mononucléaires dont la moitié est formée de cellules de Turck avec dégénérescence karyorhexique, puis, 2 à 3 jours avant la chute de la température, apparition des lymphocytes ».(Calmette, Nègre et Bo- quet).HISTOIRE ET DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE DU TYPHUS EXANTHEMATIQUE! Par Berchmans PAQUET, Médecin-hygiéniste (Québec).Cette maladie est reconnue depuis plusieurs siècles.Il y eut des épidémies à Carthage en l'an 253, durant la guerre de 30 ans, pendant les guerres de la Révolution et de l\u2019Empire.Pendant la guerre mondiale, il a sévi avec une grande intensité.Ce typhus des armées comme l'appelle Nicolle est aussi le typhus de famine.Il frappe les familles entassées dans des taudis, les prisonniers, les vagabonds et les chemineaux privés de soins de propreté et d'hygiène.C\u2019est en Russie et en Pologne principalement que l\u2019on rencontre le typhus.En Russie entre 1919-1922, c\u2019est par millions que les décès ont été enregistrés.En Allemagne orientale, il y a des foyers endémiques.En Asie, plus particulièrement en Arabie, en Perse, en Chine, en Indochine et au Japon, la maladie se rencontre.L'Algérie et la Tunisie, l\u2019Italie iné- ridionale, l\u2019Espagne n\u2019en sont pas exempts.Le 1.Communication faite à la Société Médicale de Québec, le 11 février 1942.Portugal a été atteint à plusieurs reprises.Dans les Iles Britanniques, l\u2019Irlande constitue un foyer d\u2019endémie.En France, le typhus existe en Bretagne dans le Finistère, les côtes du nord et le Morbihan.Sur le nouveau continent, le tabardille mexicain ou typhus décrit par Brill se rencontre.Ce typhus est transmis non pas par le pou, mais par les puces du rat.Au Mexique, au Chili, au Pérou et en Bolivie, on a observé des épidémies de véritable typhus propagées par le pou.L\u2019AGENT DE TRANSMISSION : LE POU Sans le pou, pas de typhus exanthématique possible: telle est la notion capitale que Ni- colle et ses collaborateurs ont découverte.C\u2019est plus particulièrement le pou de corps ou le pou de vêtement « Pediculus Corporis » qui est l'agent de transmission du typhus.Le pou de tête peut aussi jouer un certain rôle alors que les poux de pubis semblent devoir être mis hors de cause. B.PAQUET: TYPHUS EXANTHEMATIQUE 715 Au point de vue expérimental, c\u2019est à la période fébrile de la maladie que le sang des typhiques est infectant pour le pou.Le pou ne devient infectant qu\u2019au bout d\u2019un certain temps, en moyenne 7 jours après avoir piqué l\u2019homme malade.Avant le 7e jour, mais surtout du 9 au lle jour, sa pi- qâre est particulièrement virulente.Il semble que l\u2019agent pathogène du typhus pour devenir infectant doit subir dans l\u2019organisme du pou une évolution particulière.Nicolle prétend que ce n\u2019est pas par piqûre, mais par écrasement que le pou se dégage des rickettsiae qu'il contient et que c\u2019est au niveau des lésions de grattage que ce dernier pénètre dans l\u2019organisme.ETIOLOGIE C\u2019est le Rickettsia de Prowaseki qui est l\u2019agent étiologique du typhus.Ce microorga- nisme se trouve à l\u2019intérieur des cellules intestinales du pou et aussi dans les crottes de ce parasite.Les rickettsiae sont des microbes immobiles qui ne se développent pas sur les milieux hab1i- tuels, mais cultivent en partant du plasma et des tissus sur des milieux vivants.À côté du rickettsia de Prowaseki qui est reconnu comme l\u2019agent pathogène du typhus, il faut se demander quel rôle joue le Protéus X-19 dans l\u2019étiologie de la maladie.On sait en effet que le sang des typhiques agglutine le Protéus X-19, mais il semble bien démontré que Pro- téus X-19 n\u2019est pas l'agent étiologique du typhus.Nicolle émet I'\u2019hypothése que le microbe du typhus se présente sous trois aspects différents.Une forme non infectante, le Protéus X-19; une forme moyennement pathogène, le Rickettsia Prowaseki, et une forme particulièrement virulente, le virus invisible ultrafiltrant.L\u2019HYGIÈNE PROPHYLACTIQUE ET LES VACCINATIONS PRÉVENTIVES Il y a moyen d'arrêter une épidémie commençante par des mesures d\u2019hygiène prophylactiques.Pour atteindre ce but, il faut se rappeler: 1.Que la contagion du typhus obéit essentiellement à la loi des contacts.2.Se rappeler certaines notions relatives à la biologie des poux.3.Il faut essayer de briser la chaîne des contacts d'homme à homme et d'homme à poux.4.Il faut pratiquer des vaccinations préventives.1.Les règles d\u2019épidémiologie et la lou des contacts.La période d\u2019incubation du typhus est en moyenne de 12 jours.Il faut donc en temps d\u2019épidémie surveiller pendant 12 jours au moins tout individu qui vient d\u2019une région où sévit le typhus ou qui a vécu avec des typhiques ou leur a donné des soins.Le typhique n\u2019est contagieux que dans la période fébrile et le pou n\u2019est contagieux et n\u2019est infectant lui-même que 8 jours après avoir piqué le malade et s\u2019être infecté.Un nouveau cas de typhus ne peut donc se produire que 20 jours en moyenne après le premier cas (8 jours d\u2019incubation pour le pou et 12 jours d\u2019incubation pour l\u2019homme).Le deuxième cas se produira 32 jours après le premier cas si le premier malade est arrivé au début de la période d\u2019incubation puisqu\u2019il n\u2019a pu être infectant que 10 à 12 jours plus tard, c\u2019est-à-dire au début de la période fébrile.2.La biologie des pou.Le pou le plus dangereux est le « Pediculus Corporis » de couleur blanc sale, il vit caché dans les vêtements et 2 à 3 fois par 24 heures, il va prendre ses repas sur la peau de son hôte.Il est armé de griffes puissantes, il est vorace et succombe à l\u2019inanition s\u2019il reste quelques jours sans nourriture.Il fuit l\u2019odeur de certaines essences, mais résiste au froid comme à une température assez élevée d\u2019ailleurs. 716 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 3.La lutte contre les contacts humains.Le typhus obéit à la loi des contacts et pour le vaincre, il faut briser à la fois la chaîne de l\u2019homme et la chaîne du pou.Pour briser la chaîne de l\u2019homme, il faut isoler de manière absolue le typhique après qu\u2019on l\u2019a lavé, savonné, rasé et qu\u2019on a envoyé à la désinfection les vêtements dont il était porteur.4.La lutte contre le pou.Pour briser la chaîne du pou, il faut avoir recours aux mesures de protection individuelles et collectives: a) En temps normal.Les mesures d'hygiène corporelle, de propreté individuelle suffisent pour se préserver des poux.b) En temps d\u2019épidémie.On peut se servir de petits sachets de l\u2019Institut Pasteur, sachets dits de « Legroux » que l\u2019on peut porter sur soi et qui sont composés de: Essence d\u2019eucalyptus .300 gr.Essence de menthe .300 \u201d Essence de lemon gras .Naphtaline pulvérisée .On peut en outre, s\u2019enduire le corps d\u2019une pommade qui contient deux parties de ce mélange parasiticide et huit parties de vaseline, ou d\u2019une pommade à base de xylol.Pour réaliser une protection collective efficace au cours d\u2019une épidémie, il faut pratiquer l\u2019épouillage systématique de tous les individus suspects, de tous ceux qui ont vécu au contact des malades, des vagabonds, de tous les habitants d\u2019un douar, et installer dans ce but des postes d\u2019épouillage.Ces postes comprennent: a) Une salle d\u2019attente.b) Une salle de déshabillage où le coiffeur coupe à ras les cheveux, la barbe, les poils du corps, tandis que les vêtements dont on a débarrassé le patient sont dirigés dans une chambre attenant à cette salle de déshabillage et qui est: c) Une chambre de désinfection, contenant soit une étuve à vapeur fluente ou à vapeur dormante sous pression, soit du soufre, soit du formol.La formolisation par les pulvérisations du formol du commerce à 10% est particulièrement efficace et permet l\u2019utilisation des vêtements.d) Une salle de bains-douches où les malades sont savonnés au savon noir ou au savon de Marseille, puis enduits d\u2019une pommade pa- rasiticide ou de vaseline au xylol (100 gouttes pour 30 grammes), la tête étant frottée avec du sublimé acétique.e) Une salle de repos et de rhabillage où le patient déparasité reçoit d\u2019un guichet de la chambre de désinfection ses vêtements également déparasités.Il est bien évident qu\u2019avec de l\u2019eau, du savon, du soleil on peut réaliser rapidement un épouillage efficace.Le personnel employé à l\u2019épouillage, les médecins et les infirmières qui soignent les typhiques devront prendre des précautions particulières.Le personnel choisi, quand on le peut, parmi d\u2019anciens typhiques, revêtira un vêtement de toile imperméable hermétiquement fermé au cou, aux poignets, aux chevilles, un peu de pommade parasiticide étant placée aux points où s\u2019arrête le vêtement; la tête sera protégée par un calot enduit de cette même pommade.Il faudra également préserver le personnel soignant à l\u2019aide d\u2019injections de sérum de convalescents dont l\u2019action préventive, quoique de courte durée, paraît certaine.Cette prophylaxie sérique donnera le temps de faire, en milieu épidémique, des vacinations préventives.5.Les vaccinations préventives ont pu déjà être étendues, par milliers; elles ont paru réaliser une préservation efficace contre le typhus.Les vaccins actuellement employés sont au nombre de trois: a) Le vaccin de Weigl.b) Le vaccin de Ruiz Casténéda et Zinsser.2 \u2014 \u2014 = \u2014\u2014 B.PAQUET: TYPHUS EXANTHÉMATIQUE c) Le vaccin de Blanc, Noury, Balthazard et Barnéroud.\u201c Le Vaccin de Weigl, le premier en date (1930), est celui qui a donné jusqu\u2019à présent les résultats les plus certains.Weigl, partant de cette idée que les rickettsiae ne peuvent être cultivées « en vitro », mais seulement « in vivo » dans l\u2019intestin du pou infecté, dissèque des intestins du pou, les broie dans l\u2019eau physiologique, puis les tue avec un peu d\u2019acide phénique.Chaque intestin de pou contient de 10 à 100,000 millions de rickettisiae.Pour vacciner, on inocule 150 intestins de pou en 3 fois, à 8 jours d\u2019intervalle, c\u2019est-à-dire 1 cm 3 la première fois, puis 1 em 3 et demi la seconde et enfin 1 em.3 troisième.Sur 2,750 personnes vacei- nées en Pologne, aucune n\u2019a été atteinte de typhus exanthématique, sauf un cas douteux, alors qu\u2019il s\u2019agissait de personnes particulièrement exposées à la contagion.Dans le Nord de la Chine, une mission catholique belge perdait chaque année depuis 20 ans, 4 ou 5 de ses membres par typhus exanthématique.Aucun décès n\u2019a été enregistré depuis 2 ans qu\u2019on utilise le vaccin de Weigl.Mais ce vaccin nécessite un outillage considérable, un personnel nombreux et devient par conséquent très onéreux.Aussi bien Zanowski et Moosing, après avoir constaté au laboratoire de Weigl que, conformément aux recherches de Nicolle, les crottes de poux étaient contagieuses et qu\u2019elles fourmillaient de rickettsiae, eurent-ils l\u2019idée de fabriquer un vaccin avec les crottes de poux faciles à ramasser et ne nécessitant pas la technique délicate de l\u2019inoculation du virus typhique dans le rectum des poux.Ce vaccin a déjà été expérimenté sur l\u2019animal, mais n\u2019a pas encore été employé chez l\u2019homme.Le vaccin de Casténéda et Zinsser part d\u2019une idée différente; de la notion d\u2019immunité croisée entre le typhus murin et le typhus historique.Or le virus murin détermine chez le cobaye une périorchite considérable et le liquide de la vaginale, ainsi que les cellules endothéliales fourmillent de rickettsiae.On a donc là un moyen commode de récolter facilement des 717 rickettsiae, qui, additionnées de formol, constitueraient un vaccin efficace à la fois contre le typhus murin et contre le typhus historique.Ce vaccin est actuellement très employé au Mexique, mais n\u2019a pas encore fait définitivement ses preuves contre le typhus historique.Enfin, le vaccin de Blanc part de la même notion d\u2019immunité croisée et s\u2019adresse aux rickettsiae venant de cobayes infestés par le virus murin de Casablanca, mais le virus est employé vivant, à peine atténué avec de la bile.Il est obtenu par broyage de la vaginale et de la rate du cobaye infecté.Les premiers résultats obtenus, pour immuniser contre le typhus murin et même contre le typhus historique, ont paru encourageants.Ainsi, en atteignant le réservoir humain à l\u2019aide des vaccinations préventives et en détruisant le pou par les mesures d\u2019hygiène individuelles et collectives, on peut espérer que le typhus exanthématique aura bientôt cessé d\u2019être un fléau de l\u2019'humanité.Epouillage.Les meilleures méthodes d\u2019épouillage ne devraient pas être seulement de détruire les poux et leurs œufs, mais aussi le virus transmis par l\u2019insecte.Heureusement, les virus de la fièvre récurrente, de la fièvre typhique et de la fièvre de tranchée sont comparativement périssables et sont détruits à 70° C.de chaleur humide pendant 30 minutes.Les poux et les lentes sont tués à cette température ainsi qu\u2019à 55° C.de chaleur sèche en 5 minutes.C\u2019est comparativement une manière simple de tuer les poux et leurs lentes, seulement, l\u2019importance de certains aspects du problème présente des difficultés administratives.Les méthodes les plus fréquemment employées sont la chaleur, l\u2019emmagasinage ou les produits chimiques.Chaleur.La chaleur sèche est nécessaire, mais elle n\u2019est pas efficace dans la plupart des opérations parce qu\u2019elle manque de pouvoir de pénétra- 718 tion.La chaleur sèche présente des avantages dans les cas du cuir et des marchandises caoutchoutées, qui peuvent être désinfectées sans aucun dommage.Les souliers sont rarement infectés.Les articles de cuir et de caoutchouc ne sont pas traités à moins qu\u2019il s'agisse d\u2019une infection sérieuse ou d\u2019une épidémie grave.La vapeur désinfecte plus rapidement et d\u2019une manière certaine parce qu\u2019elle pénètre beaucoup mieux que la chaleur sèche.On peut employer la chaleur sous plusieurs modalités: eau bouillante, barils serbiens, vapeur, fer plat, étuve, boîtes à air chaud ou huttes et désinfecteurs à vapeur.Le fer plat qui fut employé dans quelques armées, durant la Guerre mondiale, est cef- fectif, mais impraticable sur une grande échelle.Le nombre de repasseuses employé pour un plan d\u2019épouillage devrait égaler le nombre de bains de manière que les habits soient prêts pour les hommes à la sortie du bain, car il s\u2019écoule environ 15 minutes pour le repassage d\u2019un uniforme et des sous-vêtements.Désinfection à l\u2019étuve.Cette méthode peut être appliquée sur une petite échelle.Il faut prendre soin de ne pas brûler le vêtement.Une méthode efficace d\u2019épouillage par la chaleur est la hutte à air chaud décrite par le Capitaine Orr de l\u2019Armée Canadienne.Eau chaude.Les poux et leurs œufs sont tués dans l\u2019eau avec certitude à 70° durant 30 minutes.Cette méthode n\u2019est pas praticable sur une grande échelle.Désinfecteurs à vapeur.La manière la plus directe pour épouiller une grande quantité d\u2019habits est d'employer la désinfection à vapeur avec l\u2019aide d\u2019un vacuum.La pénétration est sûre et les matériels ou étoffes sont désinfectés.La vapeur peut aussi être employée en improvisant ces méthodes dans L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BUILETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 un char de fret et à bord de bateaux quand la vapeur est obtenue des bouilloires.L\u2019épouillage avec vapeur au moyen du baril Serbien est une des méthodes les plus employées.L\u2019entreposage.Les poux affamés meurent sur les habits mis en emmagasinage.Nuttall nous dit que les habits doivent être mis en entreposage à une température humide pendant deux à trois semaines.Etant donné que l\u2019éclosion est retardée 30 jours avec une basse température, on doit mettre les vêtements 30 à 40 jours consécutifs à une température froide.Les produits chimiques.Les produits chimiques sont employés pour détruire les poux et les lentes sur les habits et les cheveux.L'expérience a démontré que beaucoup de ces produits ne sont d\u2019aucune nécessité.Quelques-uns peuvent détruire les poux mais rarement les lentes.La substance la plus efficace pour l\u2019épouillage est la kérosène, la naphtaline, le bisulfure de carbone et l\u2019ammoniaque sont aussi efficaces.Les poudres telles que la N.C.I.poudre anglaise contenant de la naphtaline 96%, de la créosote 2%, de l\u2019iodoforme 2% sont employées, mais pas toujours avec succès.Plusieurs méthodes de désinfections ont été recommandées, mais l\u2019expérience a démontré que nombre de ces produits chimiques, tels que le bioxide de soufre et la formaldéhyde ne détruisent pas les lentes.L\u2019acide cyanydrique dans les proportions de 10 onces de cyanure de sodium par mille pieds cubes est suffisant pour détruire les lentes adultes et pour prévenir l\u2019éclosion des œufs quand les habits sont librement exposés aux émanations durant deux heures.Lorsque les habits sont entassés dans des valises, 6 onces par 100 pieds cubes doivent être employés durant deux heures.La chloropicrine a été recommandée par Moore, qui prétend qu\u2019elle pénètre dans les habits où elle tue les poux et les œufs.Il emploie 4 c.c.pour un pied cube pendant 30 minutes. TYPHUS EXANTHÉMATIQUE Symptômes - Complications - Diagnostic ' Par Sylvio LeBLOND, (Québec).Je n\u2019ai jamais vu de typhus exanthématique et j'espère bien ne jamais en voir.Mais comme cette maladie accompagne très souvent les armées, qu\u2019on l\u2019a signalée en Allemagne dernièrement, il faut au moins en connaître l\u2019allure clinique, pour être prêts à la dépister le plus tôt possible.C\u2019est au cours de cette infection qu\u2019on rencontre l\u2019état typhique par excellence.Murchison qui a étudié cette maladie d\u2019une façon particulière, considère dans son évolution, six périodes: 1° l\u2019incubation, 2° l'invasion, qui s\u2019étend du début de la maladie à l\u2019apparition de l\u2019exanthème, 3° un stade d\u2019excitation nerveuse, 4° un stade typhoide, 5° une période de rémission, 6° la convalescence.La maladie dure environ 14 à 15 jours, en moyenne 10 à 22 jours.INCUBATION Cette période est très variable.On lui donne comme moyenne 12 jours, mais elle peut varier entre 5 et 21 jours, et Marsh a rapporté des cas où l\u2019invasion a été brusque, immédiate, en face du contact ou du pou infestant.INVASION Le début de la maladie est ordinairement brusque.Parfois il aura été précédé de deux ou trois jours marqués par des malaises vagues: lassitude, vertiges, céphalalgie, inappé- tence, un ensemble de malaises mal définis qui n\u2019ont rien de spécifiques.1.Communication à la Société Médicale de Québec, le 11 février 1942.Puis, brusquement, la maladie s\u2019installe par un grand frisson ou une série de petits frissons, de la courbature généralisée, une soif intense et surtout un mal de tête atroce, céphalée frontale tenace.La fièvre monte brusquement à 104°.C\u2019est la pneumonie sans le point de côté, ni la toux.Le malade est terrassé, il ne peut pas souvent même se rendre chez lui sans aide, ou bien il s\u2019y traîne avec peine.Sa figure est vultueuse, les conjonctives sont injectées, le malade se plaint qu\u2019il a froid et pourtant sa température est à 104°.Le pouls et la respiration s\u2019accélèrent.Le lendemain, cette rougeur de la figure est frappante, les paupières sont gonflées, il y a du larmoiement.Le malade est haletant, il respire vite et difficilement.Il tousse continuellement: une petite toux sèche comme quelqu\u2019un qui veut se débarrasser de quelque chose qui l\u2019oppresse.Il n\u2019y a pourtant encore aucun signe pulmonaire.Le ventre n\u2019est pas douloureux; la rate et le foie sont normaux, le malade est constipé et les urines se font rares.La langue devient pâle d\u2019abord puis se recouvre d\u2019un enduit jaunâtre.Il a mal au cœur mais ne vomit pas.La température baisse un peu d\u2019un degré environ pour remonter le lendemain.Une faiblesse générale l\u2019envahit, il a des bourdonnements d'oreilles, des vertiges, de l\u2019insomnie, une perte de mémoire.Le facies respire l\u2019abattement, la stupeur puis l\u2019indifférence.Entre le 41ème et le 7ième jour une éruption apparaît, éruption qui a donné son nom à la maladie.De petites taches rosées, maculeuses, disparaissant sous le doigt qui presse, font leur apparition sur l\u2019abdomen, les plis des membres, puis couvrent tout le corps, surtout les parties 720 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 déclives, les points de support, mais respectent la face et le cou.Elles foncent rapidement et deviennent en trois ou quatre jours des pétéchies, des taches purpuriques, confluentes en certains endroits et constituent de grands placards d\u2019un rouge foncé qui ont fait appeler cette maladie « le pourpre » ou « fièvre pourprée ».STADE D\u2019EXCITATION NERVEUSE Cette éruption apparaît du 4ième au 7ième jour.En même temps s\u2019installe un état d\u2019excitation nerveuse avec délire.Les symptômes nerveux dominent la scène.La céphalée est intense; des rêves douloureux entrecoupent des périodes d\u2019insomnie fatigante.Le délire s\u2019installe, léger d\u2019abord puis plus intense.Le malade marmotte des paroles inintelligibles, il répond laconiquement aux questions posées; réponses imprécises.Il tremble, les muscles sont atteints de fibrillations, les mains et la langue ont des mouvements intempestifs.Puis le délire est plus violent; il veut se lever, parle sans cesse, se croit perséeuté.Il veut se suicider, se détruire.Pendant toute cette période, l\u2019exanthème se développe et prend son plein épanouissement.STADE TYPHOÏDE Cette agitation et ce délire durent deux ou trois jours et font place à un état de stupeur marqué.Au début de la deuxième semaine l\u2019état du malade est frappant.Il est prostré.Couché sur le dos, immobile, amaigri, desséché, les yeux à demi-fermés, les pupilles en myosis, les lèvres et la langue couvertes de fuliginosités, i} marmotte des sons, ne répond pas aux questions.Son facies est indifférent, il semble vivre dans un autre monde.Il a des mouvements et des soubresauts inconscients.Il ne s\u2019aide plus, ouvre à peine la bouche pour boire, urine peu ou pas du tout.Le pouls est petit, rapide; le cœur est sourd, lointain, la respiration est rapide et le malade tousse.Les bases pulmonaires sont congestionnées.La peau est sèche et brûlante, les parties déclives sont rouges violacées, des escarres se forment.L\u2019exanthème s\u2019atténue et va disparaître.Les taches pétéchiales jaunissent, pâlissent, et le corps prend un aspect marbré.La température se maintient en plateau.Tout le malade dégage une odeur spéciale, odeur de souris ou de vagabond.PÉRIODE DE RÉMISSION Vers le 14ième jour, la crise survient semblable à celle de la pneumonie d\u2019autrefois, avant les sulfamidés.Le malade s\u2019endort profondément pendant plusieurs heures dont il sort rénové.Il recouvre conscience, mais son intelligence et sa mémoire sont encore très obtuses.Le pouls se raffermit et se ralentit, la figure s\u2019éveille, elle perd son état de stupeur, elle s\u2019anime et prend de l\u2019intérêt à ce qui l\u2019entoure.La langue et la peau se dessèchent, le malade transpire abondamment, il fait une décharge urinaire abondante.La température tombe et en douze heures elle a atteint la normale.CONVALESCENCE Il entre dans sa période de convalescence.Tout danger n\u2019est pas passé.Les troubles congestifs des bases pulmonaires doivent s\u2019éliminer, l'appareil circulatoire se relever et prendre du tonus.Le rein doit reprendre sa perméabilité et se nettoyer de l\u2019albumine qui était apparue très souvent, les forces doivent se refaire.Le malade a un appétit vorace, son intelligence se nettoie lentement, s\u2019éclaireit et au bout de dix ou douze jours il peut quitter le lit.* Voici un tableau de cette affection typhique par excellence Le malade entre dans sa fièvre brusquement; celle-ci atteint tout d\u2019un coup 104° et s\u2019y maintient avec une rémission journalière d\u2019un demi- S.LEBLOND: TYPHUS EXANTHEMATIQUE 721 degré, et une rémission un peu plus importante au 2ième jour et au 14ième jour.Elle tombe brusquement à la normale en 12 heures.La maladie dure environ 14 à 15 jours.On l\u2019a vue cependant s\u2019allonger pendant 22 jours.L\u2019éruption, la courbe thermique, l\u2019état typhique constituent le trépied symptomatolo- gique du typhus.Il manque rarement dans les formes ordinaires.L\u2019exanthème, d\u2019abord érythémateux, devient vite pétéchial, recouvre l\u2019abdomen, le thorax et les parties déclives, respecte le cou et la tête.Il dure 5 ou 6 jours et s\u2019estompe.Les larges ecchymoses des parties déclives peuvent être le point de départ d\u2019escarres, d'infections secondaires, d\u2019abcès, de phlegmons qui guériront lentement ou contribueront à emporter le malade.Toute la première semaine, les troubles nerveux sont marqués par une céphalée violente, une courbature généralisée, un état d\u2019excitation délirante et d\u2019instabilité marquée.La deuxième semaine est caractérisée par cet état typhique qui a donné à la maladie une partie de son nom et parfois un état comateux.Les bases pulmonaires se congestionnent dès la première semaine.Une congestion intense avec bloc pneumonique peut s\u2019organiser et être une des causes de mort chez le typhique.Le pouls dès le début est rapide, petit, dé- pressible.À la deuxième semaine apparaissent parfois des signes de myocardite qui doivent être surveillés pendant la convalescence.La.myocardite est fréquente et très souvent une des causes de la mort.Le typhique est constipé, d\u2019une constipation qui résiste souvent aux purgatifs.Le ventre n\u2019est pas douloureux.Le foie ne s\u2019hypertrophie pas, la rate très peu.Les urines diminuent, deviennent foncées et toxiques.On y trouve souvent de l\u2019albumine.A la défervescence, il y a une crise polyuri- que considérable; l\u2019albumine disparaît.FORMES CLINIQUES Des formes différentes ont été décrites suivant la prédominance de certains signes; tels le broncho-typhus, le pneumo-typhus.La forme dite typhus inflammatoire s\u2019observe surtout chez les sujets jeunes et robustes.Tous les signes prennent une intensité particulière; la fièvre est élevée, le visage est très vultueux, la céphalée intense, le délire aigu avec tentative de suicide.Le typhus siderans, survenant au cours d\u2019une épidémie, tue en quelques jours.Le typhus léger ou levissimus est une forme très atténuée qu\u2019on ne peut reconnaître qu\u2019en cas d\u2019épidémie.Tous les symptômes sont atténués, sauf la fièvre cependant qui garde son caractère habituel.L\u2019exanthème peut ne pas apparaître.Le typhus est beaucoup plus grave chez le vieillard que chez l\u2019adulte ou encore l\u2019enfant.L'enfant, le tout jeune enfant en particulier, oppose une résistance spéciale à l\u2019agent du typhus et il présente de ces formes très atténuées, caractérisées par une légère insomnie, un peu d\u2019inappétence, de la céphalée et une fièvre peu élevée.Ces sujets comme ceux exposés longtemps à la contagion subissent ce qu\u2019on appelle la ty- phisation lente, aux symptômes peu marqués comme ceux qu\u2019on rencontre parfois chez l\u2019enfant et qui concourent passablement à la diffusion inconsciente de la maladie.MarcHE \u2014 TERMINAISON Le typlus est une maladie excessivement grave.Murchison qui a bien étudié cette maladie donne comme chiffre moyen de mortalité un cas sur cinq; Lyons, 1 sur 3.Il est un fait bien admis que les gens vivants dans un pays où la maladie est endémique résistent plus facilement.Il n\u2019y a pas de signes pronostiques véritables.On ne peut jamais affirmer que le malade va mourir; ni l\u2019intensité de l\u2019éruption, ni celle de la température ou la gravité des phénomènes cardiaux-pulmonaires 722 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 ne sont des signes pronostiques fatals.Il y a très souvent des résurrections surprenantes, mais d\u2019un autre côté, le malade peut partir brusquement sans qu\u2019on puisse soupçonner une mort si rapide, ou bien traîner une maladie peu grave en apparence et aboutir à une cachexie fatale.Le malade meurt habituellement pendant la période typhique soit par défaillance cardiaque ou aggravation des phénomènes nerveux.COMPLICATIONS Les complications peuvent toucher tous les organes.L'état de la bouche peut donner lieu à des otites moyennes suppurées ou une parotidite.Celle-ci survient à la fin de la période d\u2019état ou au début de la convalescence.Très souvent elle suppure.Les phlegmons, les panaris, les abcès sont des complications fréquentes.Les bronchites et congestions pulmonaires peuvent prendre allure de complications graves; il faut les rechercher, car elles évoluent d\u2019une façon torpide sans point de côté.Les phlébites, les escarres, les gangrènes des membres, dues au ralentissement de la circulation ont été observées avec fréquence dans certaines épidémies.Le typhus provoque l\u2019apparition prématurée des règles et l\u2019avortement chez la femme enceinte.dans la moitié des cas.DIAGNOSTIC Le diagnostic clinique se base surtout sur la triade fièvre, exanthème et état typhique.Le diagnostic sérologique se sert du protéus X-19 comme agent quasi spécifique.On vous.en a parlé ailleurs.La notion d\u2019endémie ou d\u2019épidémie, la notion de contagion sont de grands facteurs diagnostiques, mais c\u2019est surtout avec la fièvre typhoïde, la fièvre récurrente, la rougeole, la méningite cérébro-spinale et l\u2019influenza qu\u2019il faut établir des données différentielles.La typhoïde et les paratyphoïdes ont un début moins brusque.La courbe thermique initiale et terminale est différente: elle se fait en lysis.Les signes abdominaux manquent rarement: météorisme, gargouillements douloureux de la fosse iliaque droite, parfois la diarrhée.La rate s\u2019hypertrophie nettement.L\u2019éruption est plus discrète et se localise presque uniquement à l\u2019abdomen.Il n'y a pas dans le typhus cette dissociation entre le pouls et la température qu\u2019on rencontre dans la typhoïde.La réaction de Widal tranchera le différend dans les cas douteux.Le typhus récurrent évolue par accès, variant entre 3 et 5 jours entrecoupés par des périodes de répit de 5 à 7 jours.L\u2019aspect typhique est moins marqué.I! n\u2019y a pas d\u2019éruption.La rate est nettement hypertrophiée.Très souvent il existe un ictère par hépatite sans rétention qui apparaît dès le début, du 3ième au 51éme jour.La rougeole se caractérise aussi par une injection des conjonctives, un facies vultueux, mais l\u2019éruption n\u2019offre pas les caractères pétéchiaux du typhus exanthématique.D\u2019ailleurs dans la rougeole, la fièvre tombe dès l\u2019apparition de l\u2019exanthème, et cette éruption se répand avec une prédilection particulière sur la face et le cou, endroits que l\u2019exanthème typhique respecte.Les symptômes nerveux dans la rougeole n\u2019atteignent jamais la même intensité.Il faut cependant se défier de la coïncidence d\u2019une épidémie de typhoïde avec une de rougeole.Souvent ces deux épidémies n\u2019en font qu\u2019une et tous ces cas sont des typhus exanthématiques vus à des angles différents.La méningite cérébro-spinale avec ses vomissements, sa céphalée angoissante, la raideur de la nuque prête peu à confusion.La ponction lombaire tranchera vite la question.Le paludisme dans ses formes continues, avec son état de dépression marquée, sa température élevée peut prêter à confusion.La S.LEBLOND: TYPHUS EXANTHEMATIQUE céphalée est cependant moins intense, la rate est plus grosse.Il n\u2019existe pas d\u2019éruption.La recherche de l\u2019hématozoaire sera tout de même d\u2019un précieux apport.L\u2019influenza peut parfois donner lieu à une éruption ressemblant un peu à celle du typhus, mais elle est plus précoce et plus fugace.728 Les phénomènes nerveux sont moins marqués dans les formes ordinaires, mais les formes prolongées de l\u2019influenza ont très souvent donné le change à un typhus léger.L\u2019évolution de la maladie, la notion épidémiologique et l\u2019examen du sang remettront les choses dans leur vrai cadre nosologique.+ + TRAITEMENT DU TYPHUS EXANTHÉMATIQUE ! Par Richard LESSARD, PROPHYLAXIE Elle est basée sur la destruction des poux transmetteurs de la maladie (par une seule piqûre).1° Mesures à prendre pour les malades.Déclaration obligatoire.Isolement précoce et absolu dans un hôpital.Epouillage: déshabillage lent et méthodique; recueillir le linge de corps et les vêtements dans des caisses métalliques où on les aspergera de benzine (qui tue les poux vivants en 20 minutes).Si le malade est très parasité, le rouler dans des draps imbibés de benzine.Savonnage au savon de pétrole: Pétrole Savon mou aa 100 g.Eau 1000 g.Onctions sur les parties velues avec huile camphrée à 1/10e, ou vaseline au xylol: xylol XC gouttes vaseline 30 ?ou cuprex Merck (inflammable).\u2014 Acétone, cuivre, tétraline, paraffine.Contre les poux du pubis: onguent gris ou cuprex.Le malade doit entrer dans les salles d\u2019hôpitaux débarrassés de ses poux.1.Résumé d\u2019une communication à la Société Médicale de Québec, le 11 février 1942.(Québec).Si le malade est porteur de nombreux poux, le tondre et le raser.Le personnel doit revêtir un costume spé- clal: combinaison serrée au cou, fermoir-éclair aux poignets et aux chevilles, il devra porter des gants et un bonnet.2° Détruire les poux dans les vêtements et le linge.Utiliser la chaleur.Les poux et les lentes sont détruits en 10 minutes par la chaleur à 80°.Repasser les doublures des vêtements avec un fer chaud.Pour les locaux, utiliser SO, et chloropicrine.3° Mesures vis-à-vis de l\u2019entourage des malades.Rechercher les porteurs de poux, les épouiller et les isoler pendant 12 jours à partir de l\u2019épouillage.Séro-prévention par le sérum de convalescent guéri.4° Vaccination (encore à l\u2019étude).Vaccin de G.Blanc.Vaccin de Weigl.Vaccin de Nicolle et Laigret: poudre de cerveau de rats et de cobayes infectés de typhus murin.Atténuation par dessication.Emulsion huileuse (Institut Pasteur de Tunis). 724 MESURES D\u2019ORDRE GÉNÉRAL Création de station d\u2019épouillage avec salles de déchabillage, douches, étuves pour les vêtements.Surveillance des forains et des nomades.Hygiène des asiles de nuit.POLICE SANITAIRE MARITIME Régime des navires infectés.Débarquement des malades, épouillage, désinsectisation.POLICE SANITAIRE INTERNATIONALE Convention internationale de Paris, 1926.Déclaration réciproque par les gouvernements signataires.Visite médicale aux frontières terrestres et mise en surveillance des voyageurs provenant des circonscriptions infectées.TRAITEMENT Celui des grandes pyrexies.(Urotropine?Salicylate de soude?Electrargol?Abcès de fixation?) \u2018 Toni-cardiaques habituels.Grands bains: 28° à 38°.Solution de glucose avec 1 c.c.d\u2019adréaline (voie sous-cutanée ou rectale).Hygiène de la peau.Désinfection des cavités naturelles.Boissons diurétiques.Boissons alcooliques parfois recommandables.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 Diète hydrique et sucrée, si le taux d\u2019urée est élevé.Diète hydrique lactée, s\u2019il est normal.Traitement spécifique.Sérum de Ch.Nicolle et Blaisot (sérum d\u2019âne ou de cheval), 10 à 20 ce.par voie sous-cutanée tous les jours jusqu\u2019à la défervescence.Traitement chirurgical: des foyers purulents et gangréneux.Le malade atteint de typhus ne devra pas retourner trop rapidement à ses occupations habituelles après la guérison apparente.CoNCLUSION « Le traitement spécifique du typhus, biologique ou chimique, reste encore à trouver » Benhamou.BIBLIOGRAPHIE BENZANCON, F.: Pathologie médicale, Tome II, Masson, 1926, page 404.COLLET, F.J.: Précis de Pathologie interne, 9e édition, Doin, 1926, page 773.ENRIQUEZ, Ed.; Nouveau traité de Pathologie interne, Doin, 1926, page 585.JOURNE, M.et DESCHAMPS, P.N.: Manuel de Pathologie médicale, Masson, 1935, page 70.LEMOINE et MINET: Manuel de Thérapeutique clinique, Vigot, 1926, page 819.MERCK MANUAL: Seventh edition, 1940, page 1215.ENCYCLOPEDIE MEDICO-CHIRURGICALE: Maladies infectieuses.Le typhus exanthématique, Ed.Benhamou, 8103. ÉDITORIAL Bulletin de Association des ({Dédecins de Langue Francaise de l\u2019Himérique du Mord (Fondée à Québec en 1902) TL Wnion \u2018(Médicale DU Canada (Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872) Tome 71 \u2014 N° 7 Montréal, juillet 1942 LA TROISIÈME ET DERNIÈRE PÉRIODE DE L\u2019ÉVOLUTION CHIRURGICALE Les fondements scientifiques inébranlables de la chirurgie sont bien peu nombreux.On pourrait même dire qu\u2019il n\u2019y en a qu\u2019un, la notion de l\u2019infection sur laquelle repose toute la chirurgie.moderne.J.-L.FAURE.L\u2019asepsie est ou elle n\u2019est pas.Tant qu\u2019on ne l\u2019a pas atteinte, il faut s\u2019efforcer d\u2019y arriver, sans chercher à décorer d\u2019épithètes consolatrices les états imparfaits que l\u2019on traverse en chemin.Pierre DELBET.L\u2019étude de la constitution et du fonctionnement d\u2019un bloc opératoire idéal, doit être au premier rang des préoccupations de tout chirurgien.GossET.Tout chirurgien en opérant d\u2019après la méthode actuelle dite aseptique commet une faute d\u2019asepsie inhérente à la méthode.GUDIN.Le fait qui domine toute l\u2019évolution de la chirurgie est sans contredit la lutte des chirurgiens contre l'infection opératoire.Trois périodes, nettement distinctes, caractérisent cette lutte.La première, de durée millénaire et se prolongeant jusqu\u2019à la fin du siècle dernier, correspond à l'ignorance des causes d\u2019infection: les microbes.Matériel opératoire et milieu ambiant sont, l\u2019un et l\u2019autre, septiques.C\u2019est la période de la cicatrisation des plaies par « seconde intention » avec ses conséquences habituelles terribles: septicémie, pyochémie, gangrène gazeuse, tétanos, 725 etc.Longue période désastreuse, ou la chirurgie cherchait sa voie à travers des monceaux de cadavres.La deuxième période débute avec Pasteur et la découverte des microbes, agents essentiels d'infection.Elle est caractérisée par les moyens partiels de contrôle de l\u2019infection, par la méthode antiseptique de Lister d'abord, et la méthode d\u2019asepsie relative de Terrier ensuite.Asepsie relative, sans doute, car si le matériel opératoire est stérilisé par les fours et les autoclaves, le milieu ambiant, c'est-à-dire les salles d'opération restent septiques par l'air et les poussières qu\u2019elles contiennent en suspension et qui souillent plus ou moins le matériel et la plaie opératoires.Et malgré cette cause constante d'infection, on note la possibilité fréquente, mais malheureusement trop aléatoire et trop inconstante de guérisons par première intention.Les résultats d'ensemble, comparés à ceux de la première période, sont beaucoup plus consolants, malgré les accidents innombrables inhérents à la méthode.La troisième et dernière période, celle de l\u2019asepsie totale, commence en 1929, avec le Professeur GuUpIN de Rio-de-Janeiro.C\u2019est bien l'asepsie totale cette fois: car le matériel opératoire et salle d\u2019opération sont stériles et le resteront pendant tout le cours de l'acte opératoire.Le but ultime est atteint.* * * Pasteur lui-même voyait déjà la nécessité sinon la possibilité de la stérilisation totale.Il a d'ailleurs très nettement formulé cette conception, au point de vue expérimental, et parfaitement bien prévu la difficulté de sa réalisation.Songeant à obtenir une plaie opératoire «à l\u2019air pur », parfaitement stérile, il disait, en janvier 1875, à l\u2019Académie des Sciences, que « l'expérience serait très délicate.» L\u2019infection par les germes de l'air n\u2019aurait jamais dû faire de doute pour personne, 726 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 puisque c\u2019est encore Pasteur lui-même qui nous l\u2019a appris dans sa géniale communication à l\u2019Académie de Médecine, en 1878: « Je n'aurais à craindre que les germes en suspension dans l\u2019air autour du lit du malade.» Et plus tard, Jean-Louis Faure nous le rappelle encore très explicitement: « Depuis de longues années, à la suite d'expériences et d\u2019observations prolongées \u2014 culture de l\u2019air et des poussières flottant dans la salle d'opération, étude approfondie d'accidents inexplicables par les causes d'infection communes \u2014 j'ai acquis non seulement la conviction mais la certitude, que la contagion ou plutôt l'infection par les germes de l'air existe.Lorsque l'opérateur et ses aides ont fait leur examen de conscience, si l\u2019eau est trouvée stérile, si les autoclaves marchent bien, c\u2019est ailleurs qu\u2019il faut chercher la cause du mal: c\u2019est dans l'air qu\u2019on la trouvera.» Et les conséquences de l'infection restent toujours présentes et menaçantes.Neuraf et Hauses (1930) mentionnent que sur 800 autopsies consécutives à des opérations diverses, « l'infection était la cause de la mort dans 40 à 50 pour cent des cas, et que très souvent, la mort n'avait pas été attribuée à cette cause.» Bien d\u2019autres travaux prouvent, sans conteste, l'insécurité de l\u2019asepsie relative dans laquelle nous continuons d\u2019opérer.Dans le domaine des réalisations pratiques objectives que ces travaux et recherches suscitèrent, nous ne retiendrons, pour l\u2019instant, que celles de Gudin, basées sur les lois fondamentales qu\u2019il énonce: «Il est impossible d\u2019introduire une substance stérile dans un contenant contaminé par les microbes sans que cette substance devienne contaminée ».« Il est également impossible de stériliser une substance dans un contenant si le procédé de stérilisation ne stérilise pas à la fois le contenant et le contenu.» C\u2019est l\u2019oubli de ces deux faits bactériologiques fodamentaux, qui ont entaché d\u2019échecs tous les autres procédés de stérilisation des salles d\u2019opération.(Gudin) C\u2019est également cet oubli qui nous fait croire que lorsqu'on a chaussé des bottes, utilisé un masque, des gants stériles et tous les petits moyens usuels, réduit l'assistance opératoire au minimum, construit un mur vitré pour permettre aux spectateurs du dehors de la salle de regarder, etc, etc, on atteint le summun de l\u2019asepsie.Certes toutes ces mesures sont bonnes et nécessaires.Gudin les utilise toutes et au mieux.Mais de plus, et cela est fondamental, l\u2019air de sa salle d'opération est stérilisée.Au moyen d\u2019un appareil «Stérilisateur total », fabriqué d\u2019abord en France et présentement à Rio-de-Janeiro, placé dans la salle d\u2019opération hermétique, l'air est automatiquement aseptisé par l\u2019aldéhyde formique sous pression, neutralisé secondairement par l\u2019ammoniaque et rendu ensuite respirable à l\u2019aide d\u2019une solution d\u2019acide tartrique, dans des conditions de température et d'humidité connues (climatisation et conditionnement).Ce procédé chimique de stérilisation totale peut être utilisé dans les installations anciennes, mais dans ce cas, il n\u2019est valable que pour la première opération.Tout le matériel et toute l'instrumentation chirurgicale nécessaires à l\u2019opération, préalablement stérilisés au four et à l\u2019autoclave, sont introduits dans la salle d\u2019opération et ils subissent ainsi une deuxième stérilisation.Le procédé de Gudin a donné à celui-ci des suites opératoires inconnues jusque-là.Pour s\u2019en convaincre, il suffit de relire les publications de cet auteur énumérées ci- dessous, publications dont maints passages sont relevés ici textuellement.Il s\u2019en dégage un grand espoir: les chirurgiens connaîtront infiniment moins d'incidents, d\u2019accidents et de morts post-opératoires, qu'ils ne méritent certainement pas. ÉDITORIAL * * Cette innovation marque le début de la troisième et dernière période de l\u2019évolution chirurgicale.Dorénavant, aux noms de Pasteur, de Lister et de Terrier, il nous faut associer celui de Gudin.La stérilisation totale existe donc enfin.C\u2019est un devoir impérieux pour les chirurgiens de travailler à ce qu\u2019elle soit réalisée le plus tôt possible dans les différents hôpitaux.Chirurgiens, bactériologistes, administrations hospitalières, ingénieurs, architectes, gouvernements mêmes, doivent travailler de concert dans ce but.Dans le domaine médical, c\u2019est, au nombre des réalisations récentes, celle dont la portée est le plus universelle et aussi la plus humanitaire, en même temps que la plus urgente.GUDIN M.« Méthode opératoire stérile».Presse Méd.16 avril 1930.GUDIN M.« Asepsie fictive et stérilisation totale ».Presse Méd.4 mars 1936.GUDIN M.«Infection opératoire et stérilisation totale ».Bull.et Mém.Soc.Nat.de Chir.20 juillet 1935.GUDIN M.« The third phase of Surgery ».Ann.of Surg.mars 1942.Pierre SMITH.ee ee LE TYPHUS Il y a quelques semaines, les quotidiens du pays annonçaient que les officiers de Santé de l'URSS prenaient des mesures sanitaires pour contrôler l'expansion de quelques cas de typhus qui venaient d\u2019être découverts à l\u2019arrière du front de l\u2019est.Deux semaines plus tard, on rapportait de nombreux cas de typhus, cette fois sur le front russo-allemand.Quelques jours plus tard, on nous apprenait que la maladie avait progressé vers l\u2019ouest et que l\u2019on en rencontrait beaucoup de cas déjà en Pologne et en Allemagne orientale.Comme toujours la maladie dirigeait définitivement sa marche vers l\u2019ouest.707 Les directeurs de la « Société médicale de Québec » ont cru qu'il était de leur devoir de mettre cette question d'actualité médicale à l\u2019ordre du jour et, grâce à la collaboration de ceux que vous entendrez ce soir il a été possible de réaliser ce projet en très peu de temps (1).La besogne a été divisée, comme vous le voyez, pour réaliser un travail d\u2019équipe et ainsi diminuer la besogne de chacun; et nous ne croyons pas que l\u2019'homogénéité du plan d'ensemble ne souffre aucunement de la diversité des chapitres présentés par divers conférenciers; au contraire, la variété des modes personnels de présentation nous semblerait plus invitante l\u2019étude du sujet.Et ce n\u2019est pas parce qu\u2019une chose peut ne pas arriver que l\u2019on doive l\u2019ignorer.D'où la revue de ce soir (2).Le typhus qui a déjà été moult fois baptisé, a porté le nom de fièvre des vaisseaux, fièvre de guerre, fièvre de camp, fièvre des tranchées, fièvre des prisons, fièvre d\u2019hôpital et finalement dans l\u2019est des Etats-Unis, maladie de Brill, parce que M.Nathan Brill en aurait découvert et présenté des cas sporadiques dans l\u2019état de New-York.* * * On peut définir cette maladie polynom- mée de deux façons selon l\u2019époque durant laquelle on fait ses études médicales: ceux de la plus vieille période, mais pas si loin pourtant, donneraient une définition à ten- \u2018dance négative et pourraient dire que c\u2019était une maladie exotique, à peu près inconnue, sauf dans des pays très lointains, maladie qui ne méritait pas l'honneur d'une place pour une description schématique et un mode de traitement dans le livre de «thérapeutique médicale et médecine journalière » du temps.Pour répondre de cette façon, il fallait aussi ignorer ou oublier l\u2019histoire de son propre pays; mais l\u2019un et l\u2019autre se sont déjà vus.1.Séance du 11 février 1942.Co 2.On pourra lire les articles de cet intéressant symposium dans le présent numéro. 728 Ceux des temps plus avancés, c\u2019est-à-dire plus jeunes, répondraient probablement que c\u2019est une maladie infectieuse, et feraient bien d'arrêter là s'ils ne veulent pas empiéter sur un autre chapitre que celui de la stricte définition.Nous laisserons donc aux autres le soin de vous dire par quoi cette maladie est transmise et ce qui la caractérise.# * * Mais avant de leur laisser ce souci, nous dirons un très court mot de l\u2019histoire de cette maladie, puisque tant comme Canadien français que comme médecin, nous sommes doublement intéressé.Comme médecin, nous devons savoir que Frascastorius la décrivit durant le sixième siècle dans son « De contagione et conta- giosis morbis »; et que c\u2019est là, la maladie propre (c\u2019est une manière de dire) aux grandes agglomérations.On dit que toutes les guerres ont été terriblement accompagnées du typhus, sauf la franco-allemande de 1870 et la russo-japonaise de 1907.En 1915, la maladie éclata en Serbie et les armées austro-allemandes furent atteintes, mais le front ouest en fut préservé.Il est facile de tirer la conclusion que si la maladie ne fut pas « généralisée » pour ainsi dire, le mérite en revient nécessairement aux médecins des pays centraux; cela semble médicalement assez bien établi et accepté.Espérons de toutes façons que le rempart sera encore au même endroit.Comme Canadien, il est temps de dire que nous devons avoir la puce à l'oreille, car dans le passé notre pauvre région a eu à supporter des assauts terriblement foudroyants de la maladie.C\u2019est en 1659 qu\u2019éclata ici la première épidémie à la suite de l\u2019arrivée du bateau qui ramenait Jeanne Mance de France.Cependant Québec en avait vu en 1608 et Trois-Rivières en 1634 et 1635.Puis ce furent les explosions de 1664, 1665, 1670 et 1685 surtout, toujours après les arrivées de vaisseaux.Au sujet de la dernière, Soeur Françoise Juchereau de l\u2019Hôtel-Dieu disait que « M y avait tant de malades à bord que L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 bientôt salles, chapelle, granges, poulaillers et les terrains d\u2019hôpitaux où l\u2019on avait partout dressé des tentes furent complètement remplis.Nous les recevions à moitié morts.» En 1690, les Anglais prétendirent que la petite vérole et le typhus avaient eu beaucoup à faire avec la retraite de Phipps.En 1718, nouvelle épidémie, et en 1734, avec l\u2019arrivée du vaisseau Rubis, chargé de troupiers et de prisonniers pouilleux «il en mourait vingt à la fois ».De 1740 à 1760, il y eut neuf épidémies de typhus à Québec.Celle de 1756 éclata après l\u2019arrivée du vaisseau « Léopard ».qui plus tard transportait Montcalm à Montréal.(Gaultier, élève de Sarrasin, mourait au cours de cette épidémie).En 1760, après la reddition de Québec, 685 soldats anglais meurent de la maladie en dedans de nos murs.En 1775, les armées américaines en souffrent devant Québec.Après 67 années de calme relatif, on voit la grande épidémie de 1847, triste accompagnement de l'immigration irlandaise en masse.C\u2019est à ce moment que James Douglass avait, tout comme lors de l\u2019épidémie de choléra en 1832, pris ses précautions à l'avance et aménagé un hôpital temporaire à Beauport avant l\u2019arrivée des premiers cas de la maladie.Des 89,738 émigrants partis des Iles Britanniques, 5,923 moururent en mer; 4,734 à Québec et Montréal; près de 6,000 à la Pointe Saint-Charles; 5,274 à la Grosse Ile dont quatre médecins: Benson (de Dublin), Pinet (de Varennes), Mailhot (de Verchè- res) et Jameson (de Montréal).30,265 cas furent traités dans les hôpitaux de Grosse Ile, Québec et Montréal.Et c\u2019est à la suite de cette hécatombe que furent établis sur le long du St-Laurent les cordons de Santé et les premières lois sévères de quarantaine à la Grosse Ile.Bien que la maladie soit encore vue sur le continent de façon sporadique, il n\u2019y eut plus de véritable épidémie de typhus au pays depuis ce temps.C.-A.GAUTHIER. MÉDECINE SOCIALE ee ee CONSIDÉRATIONS PRATIQUES EN MARGE DE LA LOI POUR PRÉVENIR LES MALADIES VENERIENNES' Par I\u2019Hon.Henri GROULX, Ministre de la Santé a Québec.INTRODUCTION Jusqu\u2019à ce jour, le fait de parler de maladies vénériennes ou de tout ce qui a trait à ces maladies a été considéré comme un peu osé, pour ne pas dire de mauvais goût.On s\u2019est contenté jusqu\u2019à ces derniers temps de fermer les yeux et de faire semblant de ne pas comprendre quand ceux qui réalisaient les ravages que causent ces maladies parmi les nôtres, élevaient la voix pour réveiller l\u2019opinion publique.Fermer les yeux à la clarté et les oreilles à l\u2019entendement ne sont pas précisément de bons moyens pour comprendre un problème, encore moins pour en trouver la solution.Aujourd\u2019hui, l\u2019opinion publique a changé, et les préjugés entretenus par l\u2019ignorance sur les maladies vénériennes tendent à disparaître pour faire place à une meilleure compréhension des faits, et à la mise en œuvre de moyens pratiques pour les enrayer.C\u2019est dans cet esprit, et en réalisant l\u2019affreuse situation créée dans le Québec par les maladies vénériennes, que les autorités religieuses et civiles, les dirigeants de la profession médicale, les associations de bien- être social et les hygiénistes s\u2019émurent à juste titre et demandèrent au gouvernement de légiférer pour contrôler ces maladies.C\u2019est exactement ce que firent les législateurs lorsqu\u2019ils acceptèrent la loi que je présentais dans ce sens, l\u2019an dernier, à la Législature provinciale.Cette loi, sanctionnée par le Lieute- nant-Gouverneur, le 20 mars 1941, porte le titre de «Loi pour prévenir les Maladies Vénériennes ».Mais afin d\u2019en mieux comprendre toute la portée, il serait, il me semble, intéressant de connaître le problème qu\u2019elle se propose de résoudre.1.Allocution devant les membres du Club Saint- Laurent Kiwanis, le mercredi, 17 juin 1942.PROBLÈME DES MALADIES VÉNÉRIENNES Quel est-il brièvement exposé?Nous savons qu\u2019il existe un grand nombre de syphilitiques dans la province de Québec.Environ 125,000, d\u2019après les statistiques les plus « conservatrices ».De plus, les hygiénistes nous disent que l\u2019existence de la blennorragie est encore plus élevée.Toujours d\u2019après ceux-ci, la syphilis tiendrait avec la tuberculose et la pneumonie le premier rang comme cause de décès parmi les maladies contagieuses; la blennorragie serait plus répandue que la rougeole; la syphilis serait responsable de 12% des maladies du cceur, de 10% des cas de folie.La blennorragie serait une des causes les plus fréquentes de stérilité, et la raison d\u2019un grand nombre d\u2019opérations chirurgicales et mutilantes chez les femmes.Au point de vue économique et d\u2019après une enquête sérieuse, le coût de la syphilis à Montréal seulement s\u2019élèverait au delà de $350,000 annuellement.Au point de vue social, l\u2019on sait que les maladies vénériennes sont une cause de désunion des familles.La syphilis et la blennorragie sont responsables de l\u2019abaissement du taux de la natalité.La syphilis qui se transmet aux descendants, fait de ceux-ci des dégénérés.Elle retarde l\u2019éducation des enfants au point de nuire gravement à leur valeur sociale et de compromettre leurs énergies intellectuelles.Nombre de jeunes paresseux, délinquants, maladifs, doivent leur condition à la syphilis qui les conduit parfois à l\u2019immoralité, voir même au crime.Voici, en résumé, le problème que présentent ces maladies.Nous avons déjà dit qu'il était dû en partie à l\u2019ignorance dans laquelle se trouve la population en général au sujet de ces maladies.Il est donc évident que la première mesure qui s'impose en vue de leur \"30 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 contrôle, c'est l\u2019éducation.Je reviendrai un peu plus loin sur ce sujet.Cependant, pour une certaine catégorie d\u2019infectés, ce moyen ne suffit pas, et des mesures plus sévères accompagnées de sanctions s\u2019imposent; c\u2019est, le but de la «Loi pour prévenir les Maladies Vénériennes ».LÉGISLATION La dernière guerre avait fait lever un coin du rideau sur les ravages causés par les maladies vénériennes.Au Canada, les gouvernements firent un louable effort pour les enrayer.Dans les dernières années de la guerre et durant celles qui suivirent, les provinces édictèrent des lois, et le pouvoir central vint à leur aide en créant une division du contrôle des maladies vénériennes; celle-ci devait disparaître, il est vrai, mais elle rendit de réels services dans le temps.La province de Québec fit largement sa part elle aussi; mais elle devait demeurer, jusqu\u2019à l\u2019année dernière, la seule province du Dominion à ne pas avoir de législation antivénérienne.Quelle est donc cette loi?Elle peut se résumer à ce qui suit: 1° Elle oblige qui de droit à déclarer tous les cas de maladies vénériennes en respectant toutefois l\u2019identité des malades.2° Elle rend obligatoire le traitement de ces maladies pour tous ceux qui en sont atteints au stage contagieux.3° Elle donne à l\u2019Etat le pouvoir d\u2019intervenir quand la chose s\u2019avère nécessaire.Le premier de ces points, la déclaration obligatoire de tous les cas, fera ressortir toute l\u2019étendue du problème vénérien dans la province, et indiquera aux officiers de cette division de mon ministère les moyens de le contrôler.Le deuxième, rendant obligatoire le traitement des vénériens contagieux, tend à la suppression de la contagion.Le traitement des vénériens à ce stage de la maladie est le grand moyen d\u2019enrayer la contagion et par conséquent de protéger la santé publique.Enfin, la loi donne à l\u2019État le pouvoir d\u2019intervenir dans certains cas en ordonnant.aux délinquants contagieux de se soumettre au traitement.Ce n\u2019est que dans ces cas, je le répète, que l\u2019Etat intervient.C\u2019est bien, il me semble, l\u2019esprit de la loi, de ne viser que ces malades qui, avertis du tort qu\u2019ils pourraient faire aux autres et à eux-mêmes, va sans dire, refusent ou négligent quand même de se faire traiter.Pour les autres, l\u2019éducation qu\u2019ils auront reçue et le sens de leur responsabilité les conduiront régulièrement chez le médecin ou à la clinique, et dans ces cas, leur condition ne sera connue que d\u2019eux-mêmes et du médecin à qui ils se seront confiés.Si cette manière de procéder peut paraître un peu forte à certains, je leur rappellerai que la société a le droit et le devoir de se protéger et que le ministre de la Santé et du Bien-Etre social a la grave responsabilité de faire respecter ce droit et ce devoir.Depuis longtemps déjà et dans tous les pays, des mesures d\u2019isolement et de quarantaine sont prises contre les maladies contagieuses de beaucoup moindre importance, exemples: la rougeole, la varicelle, les oreillons.Et nous permettrions à la syphilis, une maladie grave entre toutes, d\u2019opérer ses méfaits dans la province sans employer tous les moyens disponibles pour la contrôler! La plus simple des logiques s\u2019y oppose, et, si une telle situation a pu être tolérée, c\u2019est que jusqu\u2019ici la société a cru que rien ne pouvait être fait pour prévenir ou guérir les maladies vénériennes et que par conséquent on ne devait même pas en parler.Cependant, grâce à des esprits éclairés qui n\u2019ont jamais perdu une occasion de faire l\u2019éducation de la population au sujet de ces maladies au point que celle-ci exige que l\u2019on prenne des mesures pour la protéger, les législateurs ont formulé la loi dont je viens de vous parler.Je suis loin d\u2019être d\u2019avis cependant que les mesures légales sont le seul grand moyen de contrôler les maladies vénériennes.Je connais trop les citoyens de ma province et j'ai trop confiance en leur jugement pour ne pas être GROULX: LOI DES MALADIES VÉNÉRIENNES 731 assuré de leur plus entière collaboration quand ils auront une idée juste de ce que sont les maladies et lorsqu\u2019ils connaîtront les moyens à employer pour les prévenir.Cette mesure de contrôle que je crois la plus efficace, relève en premier lieu de mon ministère et je vous dirai plus loin ce que l\u2019on y fait dans ce sens.Il ne faut pas oublier cependant que l\u2019éducation du public est du ressort d\u2019autres organismes de la société qui ont pour mission de la diriger et de l\u2019éclairer.Votre association, à l\u2019instar de plusieurs autres, a toujours été à la hauteur de sa tâche quand il s\u2019est agi d\u2019œuvres philantropiques et de bien-être social.Soyez-en chaleureusement félicités! Et le ministère de la Santé de notre province compte une fois de plus sur vous pour le seconder dans ce travail de propagande qui contribuera en définitive à enrayer des souffrances et des misères inutiles de toutes sortes engendrées par le mal vénérien.Misères inutiles parce qu\u2019évitables puisque d\u2019un côté la science possède les armes nécessaires pour guérir ces maladies, et que de l\u2019autre, la société n\u2019a qu\u2019à le vouloir pour se protéger, comme nous lui en donnons les moyens.Je reviens maintenant à la promesse que je vous faisais tout à l\u2019heure de vous dire ce qui a été fait jusqu\u2019ici à la division des maladies vénériennes de mon ministère dans le domaine de l\u2019éducation.Je vous prie, Messieurs, de vous rappeler qu\u2019il y a à peine un an que la nouvelle législation a été passée, et l\u2019on peut dire que son fonctionnement normal ne date que du début de la présente année.EDUCATION Puisque le public, la profession médicale et les malades sont directement intéressés dans la lutte antivénérienne, nous avons mis tout en œuvre pour que ces différents groupes reçoivent de la part du ministère de la Santé toute l'assistance possible susceptible de les éclairer et de les diriger.Pour le public, le ministère a fait publier des milliers de tracts, rédigés dans les deux langues et les a distribués par l\u2019entremise des unités sanitaires, des dispensaires, des agences sociales, et à tous ceux qui en ont fait directement la demande.Nous n\u2019avons pas oublié les militaires; tous les camps de la province ont été largement pourvus de littérature éducative à l\u2019usage de nos soldats, marins et aviateurs.A ces tracts ont été ajoutées des affiches murales mettant en évidence les méfaits des maladies vénériennes, et donnant la ligne de conduite à suivre en cas d\u2019infection.Les industries de la province à qui nous nous sommes adressés dernièrement en demandant leur collaboration pour faire l\u2019éducation de leurs employés, ont répondu très favorablement à notre appel.La Radio-Canada nous prête son généreux concours en diffusant de nombreuses annonces-éclairs sur la syphilis.Je profite de l\u2019occasion pour en remercier ses directeurs.Nous aurons recours de nouveau aux divers postes de radio de la province pour irradier des conférences préparées par des maîtres en la matière.Des causeries ont aussi été données dans les deux langues par les officiers de la division et, à l\u2019avenir, pour les illustrer, nos médecins hygiénistes disposeront de films sonores du genre de celui qui vous sera présenté dans un instant.Nous avons l\u2019intention de continuer et d'\u2019intensifier si possible cette propagande.À ce propos, nous n\u2019avons voulu rien laisser au hasard.Les quelque cinquante hygiénistes qui dirigent les unités sanitaires de la partie rurale de la province auront tous bientôt fait un stage de perfectionnement en maladies vénériennes a notre centre d\u2019enseignement à Montréal et seront particulièrement bien qualifiés pour faire l\u2019éducation du public.Il en a été de même de nos infirmières visiteuses sociales qui, en plus de faire l\u2019entraînement usuel relatif au travail social, ont suivi un cours spécial de sept mois à l\u2019Ecole de Service social de Montréal où elles viennent d\u2019obtenir leur certificat.Ce sont autant de groupes spécialisés qui répandront la bonne parole et qui feront une propagande intelligente et au point.La profession médicale, ce pilier sur lequel 732 repose le succès de la lutte antivénérienne, a bénéficié depuis deux ans d\u2019une large distribution de travaux scientifiques publiés par des syphiligraphes, des urologistes et des hygiénistes attachés aux universités et à la division des maladies vénériennes.Il me fait plaisir en ce moment de rendre hommage aux médecins praticiens de toute la province pour le précieux concours qu\u2019ils apportent au ministère de la Santé.La profession médicale a toujours répondu généreusement aux appels faits en faveur d\u2019œuvres scientifiques ou sociales.Son dévouement a été souvent mis à l\u2019épreuve.Mais dans aucune circonstance, elle n\u2019a failli à la tâche.Je prie ses membres d\u2019accepter au nom des nombreux malades auxquels ils se dévouent, l\u2019expression de ma plus vive reconnaissance.Ils peuvent être en outre assurés du plus entier dévouement des officiers de la division des maladies vénériennes.Nous mettons à leur portée tous les renseignements qu\u2019ils peuvent désirer et tous autres services tels que laboratoires, distribution gratuite de médicaments antisyphilitiques, ete.De plus, nous avons créé des centres d\u2019enseignement, de diagnostic et de traitement dans nos hôpitaux universitaires de Montréal et de Québec.Messieurs les médecins praticiens pourront s\u2019y diriger et recevoir toute l\u2019aide nécessaire pour le diagnostic ou le traitement de tous leurs cas difficiles.Enfin, pour les malades eux-mêmes.le ministre de la Santé maintient un service social chargé de les instruire sur leur condition, de les diriger et de les encourager.Ce service qui s\u2019étend à toute la province, puisqu\u2019en dehors des villes de Montréal et de Québec, il est effectué par le personnel des Unités sanitaires, est une mesure de contrôle essentielle.Sans lui, en effet, un bon nombre de malades négligent ou cessent de se faire traiter et un nombre plus considérable de sources d\u2019infection et de contacts ne sont pas retracées.C\u2019est l\u2019infection qui continue à se propager.Il est de toute nécessité de briser cette chaîne infectieuse; ce sont là les fonctions du \u2018service social.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 D\u2019après ce que je viens de dire, il s\u2019avère que le traitement des vénériens à la période contagieuse est la méthode par excellence de contrôle, et la loi n\u2019a pas manqué de la rendre obligatoire.Le gouvernement s\u2019est bien rendu compte d\u2019un autre côté qu\u2019en obligeant ces malades à se faire traiter, il lui fallait leur en fournir les moyens.C\u2019est précisément ce que nous avons fait en établissant de nouveaux dispensaires et en réorganisant des dispensaires déjà existant pour le traitement des malades indigents.À date, seize de ces dispensaires fonctionnent normalement à Montréal, Québec et dans sept autres villes de la province.Le ministère de la Santé fournit gratuitement les médicaments à ces dispensaires et à tous les médecins praticiens qui en font la demande et accorde de plus à tous les médecins une rémunération pour le traitement de leurs malades indigents.Il en est de même pour le traitement de cette catégorie de malades dans les prisons où le traitement est confié à des spécialistes, sous la direction de professeurs de nos universités pour ce qui est de Montréal et Québec.Comme vous pouvez le constater, Messieurs, nous n\u2019avons jamais pensé, je le répète, que des mesures légales seules pouvaient être le moyen héroïque de contrôler les maladies vénériennes.Nous avons plutôt cru qu\u2019une saine éducation, un appel au bon sens et à la responsabilité individuelle, des facilités adéquates de traitement, un personnel qualifié et bien entraîné aux méthodes modernes, techniques et administratives réussiraient beaucoup mieux dans ce domaine que tous les moyens coercitifs mis à notre disposition par la loi.Nous ne perdons pas de vue cependant que celle-ci est un facteur de haute importance, sans lequel les autres moyens perdraient sensiblement de leur valeur.RÉSULTATS Si nous nous basons sur les résultats déjà obtenus, nous pouvons sans crainte affirmer que nous sommes au moins dans la bonne voie.Pour établir le bien fondé de ce que GROULX: LOI DES MALADIES VÉNÉRIENNES je viens de dire, permettez que je cite quelques chiffres.Dans la seule ville de Montréal, et durant les quatre.derniers mois, on nous a rapporté 218 malades ayant abandoné leur traitement alors qu\u2019ils étaient encore contagieux.Notre Service social a ramené 116 de ces malades au.traitement.Les autres font encore le sujet d\u2019enquêtes.160 personnes nous ont été rapportées comme sources probables d\u2019infection.De ce nombre 72 ont été retracées, examinées et mises sous traitement quand il y avait lieu.Pour ce qui est de la prostitution, 217 femmes ont déjà goûté aux bienfaits d\u2019un traitement approprié, à la prison des femmes.De ce nombre, 138 ont déjà été libérées.Par conséquent, depuis quelques mois seulement et grâce à notre nouvelle législation et au travail social, un peu plus de 400 personnes susceptibles de propager, soit la syphilis, soit la blennorragie, ont été, ou ramenées au traitement ou isolées et traitées.Cela fait autant de personnes chez qui l'infection a été contrôlée et le mal enrayé.Et le travail se continue; il se continuera avec d\u2019autant plus de succès si tous les intéressés nous assurent leur collaboration.CONCLUSION Le ministère de la Santé est prêt à faire face au problème.Il est prêt à faire les sacrifices voulus et il me semble que nous en 733 avons déjà donné une preuve évidente.Par contre ses efforts seront grandement amoindris sans le concours de tous.Nous savons pouvoir compter sur la générosité de la profession médicale.Elle fera son devoir qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019application de la loi ou du traitement des malades.Les autorités religieuses et civiles nous ont déjà donné des signes non équivoques de leur approbation.Les organismes de Bien-Etre social comme le vôtre sont à nos côtés pour lutter contre la peste des maladies vénériennes.Je leur suggère de continuer leurs magnifiques efforts de propagande.Il reste le public et les malades.Quand la masse sera bien informée, elle nous secondera tout en se rendant à elle-même de fiers services.Enfin quand les malades auront approfondi l'importance du traitement au point de vue individuel, familial et social, ils s\u2019y soumettront en général de bonne grâce.À nous qui les dirigeons de les traiter humainement et charitablement.Ce sont nos semblables.Pour un grand nombre, ils ont été les malheureuses victimes des circonstances.Il me semble donc, et c\u2019est par là que je conclus, qu\u2019avec les armes que nous possédons et que j\u2019appellerai « spécifiques », qu\u2019avec un public bien informé, un service social bien compris et bien appliqué, une législation sociale, enfin le problème de la syphilis et des maladies vénériennes en général ne devrait pas exister dans la province de Québec.L\u2019ALLAITEMENT MATERNEL ' Par J.-C.COTE, Assistant au Service de Pédiatrie de l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus (Québec).A la demande de quelques médecins, j\u2019ai choisi pour ma causerie, un sujet de puériculture.Je demanderais donc aux chirurgiens, aux 1.Communication à l\u2019Assemblée scientifique du Bureau Médical de l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus (Québec), le 24 avril 1942.oto-rhino-laryngologistes et aux autres médecins qui ne s\u2019intéressent pas aux soins des enfants, leur indulgence et même leur attention bienveillante, car l\u2019allaittement maternel dont je veux vous entretenir ce matin est pour ainsi dire l\u2019A.B.C.de la médecine infantile. 734 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LLF.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 Ce n\u2019est pas mon intention de traiter au complet un si vaste chapitre; je veux seulement vous parler de deux choses: la nécessité de l\u2019allaitement maternel, et les principaux obstacles à son accomplissement, c\u2019est-à-dire l\u2019hypogalactie et les gercures.* * * La mère doit nourrir son enfant, c\u2019est la règle primordiale, et aussitôt après la naissance, l\u2019enfant ne peut pas se priver du lait maternel sans en éprouver de graves inconvénients.La rupture du lien entre la mère et le nouveau-né est si fréquente qu\u2019on peut la considérer comme une véritable plaie sociale.En Norvège et en Irlande où presque toutes les mères allaitent, la mortalité infantile était inférieure à 10%, d\u2019après les statistiques données au commencement du siècle.En Allemagne et en Autriche, d\u2019après la même source d\u2019information, où l\u2019allaitement est le plus abandonné, elle atteint 25%.Nous ne voulons pas méconnaître les progrès qu\u2019a fait l\u2019allaitement artificiel, mais nous connaissons assez toutes les causes de souillures du lait pour ne pas ignorer les dangers qu\u2019elles font courir à l\u2019enfant.Mais la corruption du lait animal n\u2019est qu\u2019un des facteurs de l\u2019infériorité de l\u2019allaitement artificiel.C\u2019est d\u2019abord la différence de composition entre le lait de femme et le lait animal; ce sont aussi les propriétés toxiques qu\u2019acquiert le lait des animaux qui sont nourris de certains résidus industriels, de feuilles de choux, de blé d\u2019inde, etc.Vous parler de la composition des différents laits, des enzymes propres à chacun, et des propriétés physiques et chimiques risquerait de prolonger le sujet de cette causerie, que je veux faire aussi courte que possible, tout en étant aussi pratique.Il est vrai de dire avec M.Guéniot que c\u2019est un art, et un art difficile que d\u2019élever un enfant sans le secours du lait maternel, bien que les progrès réalisés par l\u2019allaitement artificiel soient considérables.Nous devons donc lutter pour répandre l'allaitement maternel et, comme le disait Marfan, « si nous réussissons, non seulement nous aurons contribué à rétablir l\u2019accomplissement par l\u2019espèce humaine d\u2019un devoir de nature, auquel aucune espèce animale ne s\u2019est jamais soustraite, mais encore nous ferons appliquer la méthode la plus sure et la moins dispendieuse pour diminuer la mortalité infantile ».Nous savons que les seuls cas ou une mère ne doit pas nourrir ne sont pas si fréquents qu\u2019en le croît.Parmi les maladies contagieuses, il y a celles qui affaiblissent la mère, et qu\u2019elle peut communiquer, comme la tuberculose; ou encore une maladie sérieuse, comme le cancer; une maladie des reins ou du cœur; et, enfin, lorsqu'il existe une malformation du mamelon impossible à corriger.Quant à l'insuffisance de sécrétion lactée, si souvent invoquée, elle n\u2019est que très rarement un obstacle à l\u2019allaitement.Encore faut-il donner le temps à la montée laiteuse de s\u2019établir.Il y a aussi d\u2019autres causes; vous aurez parfois à lutter contre l\u2019égoïsme du mari, parce que que ça les fait renoncer pour quelque temps à leur vie de distractions, de réceptions et de soirées.Il faut dire aux mamans que l'allaitement ne nuit pas à la santé ni à la beauté.On accuse l\u2019allaitement maternel de déformer la taille et d\u2019amollir les seins; c\u2019est faux, car les Géorgiennes, les plus belles femmes du monde, dit-on, pratiquent presque toutes sans exception l'allaitement maternel.Il est prouvé que les mères qui nourrissent se rétablissent plus vite après l\u2019accouchement et qu\u2019elles sont moins exposées aux infections utérines.Qu\u2019on leur rappelle cette parole de Mare- Aurèle.« Une femme n\u2019est qu\u2019à moitié mere si elle n\u2019allaite pas.» Dans la classe pauvre c\u2019est souvent parce qu\u2019on en ignore la nécessité; c\u2019est donc aux pi CÔTÉ: ALLAITEMENT MATERNEL 735 médecins que revient la tâche de faire comprendre à la mère la nécessité de nourrir son enfant.C\u2019est souvent la misère dans laquelle se trouve les parents qui est une cause de cet abandon.Parfois aussi il s\u2019agit d\u2019une mauvaise éducation acquise soit dans la famille, soit à l\u2019école, mais c\u2019est aussi souvent par nécessité du travail.Contre ces dernières causes, :l est assez difficile de lutter.Quels sont les soins que doit prendre une femme enceinte pour se préparer à l\u2019allaitement?On lui conseillera une médication minéralisante et végétarienne, des préparations calciques, des vitamines.Mais il est important que dans les derniers temps de la grossesse, elle se prépare les mamelons, en les frottant avec un linge fin imbibé d\u2019alcool dilué.Ainsi elle enlèvera les écailles épidermiques, et les parcelles de colostrum qui peuvent irriter la peau et sont souvent la cause de gerçures.Le succès de l\u2019allaitement dépend dans une certaine mesure de la manière qu\u2019il est conduit pendant les trois ou quatre premières semaines.Les difficultés qui surviennent dépendent de la nourrice ou du nourrisson.Mais laissons de côté celles qui dépendent du nourrisson, pour ne s'occuper que de celles qui dépendent de la mère.Les deux principales sont: l\u2019hypogalactie et les gerçures.L\u2019hypogalactie La première, plus rare qu\u2019on ne pense, peut être facilement surmontée.La montée laiteuse qui s\u2019établit généralement vers le 3ème jour chez la multipare, et le 4ème jour chez la primipare, ne sécrète au début que du colostrum, et en petite quantité.On attribue au colostrum des propriétés laxatives, et il passe pour favoriser l\u2019expulsion du méconuim.Comme l\u2019enfant ne manifeste aucun appétit dans les premières heures de la vie, il ne faut pas, comme le conseillent certaines matrones, lui faire prendre de l\u2019huile de ricin ou encore de l\u2019eau de fleurs d\u2019oranger; mais bien plutôt de l\u2019eau sucrée ou lactosée pour obvier aux effets de la perte d\u2019eau qui s\u2019effectue par les poumons dès que l\u2019enfant respire, et on diminue la perte de poids des premiers jours.Il ne sera pas mis au sein avant 24 à 48 heures.La mère donnera les deux seins successivement pendant pas plus de 4 à 5 minutes.Les premières tétées sont parfois douloureuses et provoquent souvent des douleurs utérines.Ces contractions constituent un phénomène favorable puisqu\u2019elles aident à l\u2019involution utérine.Dans les premiers jours l\u2019enfant prend les deux seins successivement pendant 5 à 6 minutes, puis dès que la mère a suffisamment de lait, elle peut ne donner qu\u2019un seul sein à la fois, mais pas plus de 15 minutes.Les règles concernant le nombre, l\u2019intervalle et la durée des repas, durant les premiers jours, n\u2019ont rien d\u2019absolu, elles peuvent être modifiées selon les circonstances particulières.Voici le moment d\u2019établir les difficultés qui peuvent surgir.Pendant les premiers jours de la montée laiteuse, l\u2019enfant prend très peu de lait, surtout si la mère est primipare, aussi l'enfant subit une perte de poids qui peut aller jusqu\u2019à 10-12 onces, et c\u2019est pour réduire au minimum cette perte de poids que l\u2019on a conseillé de donner à l\u2019enfant après la mise au sein du lait animal ou ses succédanés.Cette pratique est souvent une cause d\u2019hypogalactie, car il ne faut pas perdre de vue que cette sécrétion est le résultat d\u2019un acte réflexe dont le point de départ est la succion énergique du mamelon; l\u2019on a conseillé plusieurs moyens et médicaments pour hâter et activer cette sécrétion, mais il n\u2019y a aucun galactagogue qui n\u2019a de réelle valeur, le seul et unique moyen est la succion du mamelon par le nourrisson.Mais pour juger de l\u2019opportunité de faire l\u2019allaitement mixte, les pesées serviront de guide.Si le poids de l\u2019enfant reste stationnaire trop longtemps ou a tendance à s\u2019abaisser un 736 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 peu trop, on doit alors compléter les tétées insuffisantes.Mais il arrive souvent que le lait soit en quantité suffisante, mais qu\u2019il ne soit pas suffisamment riche, on peut alors instituer ce que l\u2019on appelle l\u2019alimentation en « sandwich » c\u2019est-à-dire au milieu de la tétée on fait prendre & l'enfant 15 x lc.à thé de lait condensé pur, et vous verrez alors l\u2019enfant prendre du poids; mais direz-vous comment se rendre compte que le lait est pauvre en matière grasse, mais qu\u2019il est en quantité insuffisante.On a qu\u2019à peser l\u2019enfant de temps à autre dans la journée avant et après la têtée, la différence de poids indique ce qu\u2019il prend à chaque repas.Mais cet allaitement mixte peut se faire de deux manières soit en remplaçant 1 ou 2 tétées par un ou deux biberons ou encore en complétant avec le lait qu\u2019on a choisi, les tétées jugées insuffisantes; on réussit en général beaucoup mieux en adoptant la seconde méthode, bien qu\u2019elle soit un peu plus compliquée; mais il n\u2019est pas nécessaire de le peser à chaque repas, en général ce sont les tétées de l\u2019après-midi et du soir qui sont insuffisantes.La seconde méthode qui consiste à mettre l\u2019enfant au sein à chaque tétée stimule davantage la sécrétion lactée, et souvent après quelques jours, on peut cesser cet allaitement mixte, mais il ne faut jamais commencer par donner le biberon d\u2019abord et le sein ensuite.En pratique, on doit conseiller aux mères d\u2019allaiter pendant six semaines à deux mois, même lorsque la quantité de lait est insuffisante, en fin de compte le résultat est bon, et pour la mère et pour l\u2019enfant.L\u2019allaitement des jumeaux peut soulever des difficultés, mais dans tous les cas, surtout quand les jumeaux sont un peu débiles, la meilleure solution est que la mère essaie de les allaiter tous les deux, au moins dans les premiers mois, chaque enfant prendra tantôt le sein, tantôt le biberon.Si cependant un des enfants est vigoureux et l\u2019autre débile, on pourra nourrir le premier exclusivement avec du lait de vache, et pour le second réserver le sein maternel.Les gerçures du mamelon Dans les premiers jours de l'allaitement, on peut voir se produire sur le mamelon des lésions en apparence bénignes, mais qui vont devenir une source de souffrance et de difficultés.Ce sont des érosions, des fissures ou gerçures.Ces lésions apparaissent chez près de la moitié des femmes qui commencent à nourrir.Inutile de vous décrire ces lésions.La cause essentielle de ces lésions ulcéreuses est la succion de la bouche de l\u2019enfant.Mais il y a des causes prédisposantes.Les gerçures sont plus fréquentes chez les primipares que chez les secondipares.Celles dont le mamelon et son aérole sont fortement pigmentées sont moins exposées que les autres.Celles qui ont un vice de conformation du mamelon en rendent la production plus facile.La malpropreté y prédispose chez celles qui ne se nettoient pas le bout de sein après chaque tétée; le mélange de salive et du lait qui séjourne dans les replis, peut irriter le tégument.Les maladies de la bouche du nouveau-né sont aussi une cause.Ces lésions se montrent en général du 3ème au 5ème jour de l\u2019allaitement.Lorsqu\u2019elles ne se sont pas produites après le 6ème jour, il y a de grandes chances pour que la femme y échappe.Tant qu\u2019il n\u2019existe pas de fissures, on doit se borner à essuyer et à laver le mamelon après la tétée avec de l\u2019eau bouillie additionnée d\u2019un tiers d\u2019alcool à 90%.On sèche et on protège le bout de sein avec un carré de gaze aseptique.Celui-ci peut être supprimé une quinzaine de jours après l\u2019accouchement, et à partir de ce moment la toilette du mamelon après la tétée pourra être faite simplement avec de l\u2019eau bouillie.Les traitements préconisés sont nombreux, mais il y a plusieurs écueils à éviter.Les pansements humides ramollissent, l\u2019épiderme et favorisent assez souvent le dévelop- ji al = f CÔTÉ: ALLAITEMENT MATERNEL 737 pement des gerçures; le pansement sec aide à la formation de croûtes qui saignent lorsqu\u2019on enlève le gaze et retarde aussi la cicatrisation de la crevasse.L'usage des corps gras donne des résultats médiocres; les topiques renfermant une certaine quantité de glycérine donneraient de meilleurs résultats.La teinture de benjoin associée à partie égale au baume de Pérou ou de tolu agit bien.L'alcool, le mercurochrome, le métaphen sont fréquemment employés.Grâce à un traitement approprié, ces gerçures guérissent généralement en 15 jours ou 3 semaines.Quand les gerçures sont petites, quand elles siègent au sommet du mamelon et qu\u2019elles ne provoquent qu\u2019une légère douleur, on peut mettre l\u2019enfant au sein sans l'intermédiaire d\u2019aucun appareil; mais quand la tétée provoque des douleurs et des hémorragies, on se sert de bouts de sein ou téterelles.Mais souvent le nouveau-né ne veut pas prendre ces téterelles, on doit alors avoir recours au tire-lait; il y en a plusieurs sortes sur le marché, mais le meilleur et celui que tout hôpital bien organisé devrait avoir, c\u2019est le tire-lait électrique du Dr Abt.Il ne provoque aucune douleur, même lorsqu\u2019il y a des gerçures.Mais si malgré tout les douleurs persistent, on aura recours à l\u2019allaitement artificiel.* * * Je vais vous énumérer sommairement quelques règles concernant l'allaitement maternel.Le nourrisson doit être mis au sein à des intervalles réguliers.En général, l\u2019intervalle de 3 heures, est celui qui convient le mieux.De 6 heures du matin à minuit.Quelques-uns se contenteront même de 6 repas, et finiront à 10 heures le soir.J\u2019ai déjà eu sous mes soins un enfant qui à l\u2019Âge de deux mois ne prenait rien de 6 heures le soir, à 6 heures le matin, et il engraissait normalement.Dans presque tous les cas, nous conseillons de laisser au jeune bébé un repos de 6 heures la nuit, ce qui profite en même temps à la jeune maman.Nous avons remarqué que les cris nocturnes du jeune bébé ne sont pas toujours dus à la faim, mais c\u2019est souvent parce que l'enfant veut être changé de position, ne pouvant se remuer lui-même, ou encore parce que ses couches sont souillées ou que ses langes sont trop serrées.Pour se rendre compte que l\u2019allaitement maternel est bien conduit, on doit se baser sur le poids de l\u2019enfant qui doit augmenter de 6 à 8 onces par semaines pendant les 4 premiers mois.En général, les troubles digestifs survenant chez l\u2019enfant au sein sont sans importance, et nécessite rarement un changement de régime.Si les médecins donnaient à leurs accouchées tous les conseils nécessaires, et leur faisaient comprendre les avantages de l\u2019allaitement maternel, ils réussiraient dans bien des cas à sauver des vies, et diminueraient ainsi le pourcentage encore un peu trop élevé de la mortalité infantile. SUR UN PROJET DE LÉGISLATION FÉDÉRALE EN MATIÈRE D\u2019ASSURANCE-MALADIE ! Par Marie-Louis BEAULIEU, C.R., L.L.D., Ç ; Avocat et professeur de Législation ouvrière et de Prévoyance sociale à la Faculté de Droit et à l\u2019Ecole des Sciences Sociales à l\u2019Université Laval, (Québec).Je ne sais pas si je dois expliquer ma présence ici ce soir.Quelques-uns de mes confrères, qui connaissaient l'invitation que vous m'\u2019avez adressée, m\u2019ont demandé ce que je pourrais bien faire devant une société médicale, surtout pour vous entretenir d\u2019une loi qui n\u2019existe pas encore \u2014 la loi n\u2019est pas encore passée.\u2014 En guise d\u2019explication, je dirai les quelques mots que voici: tout en consacrant la majeure partie de mon temps au droit, à l\u2019étude et à la pratique du droit pour lequel j'ai une sorte de culte, depuis quelques années je m\u2019oceupe de questions économiques et de questions sociales.Et c\u2019est ce qui m\u2019a fait lier certains contacts, dont l\u2019un est la cause de ma présence ici.J\u2019ai connu, dans le courant de l\u2019été dernier, le révérend Père Emile Bouvier, S.J., qui a eu l\u2019occasion d'étudier le côté social de l\u2019assurance-maladie, des assurances en général.Je n\u2019ai pas à vous signaler les courants d\u2019opinion qui se manifestent depuis quatre ou cinq ans, spécialement dans l\u2019ouest du pays et l\u2019Ontario, sur cette question d\u2019assurance-maladie.Le sujet a attiré l\u2019attention de nos gouvernants à Ottawa en 1936, en 1937 et en 1939, spécialement à la suite d\u2019interventions de la part de certains députés de l\u2019ouest à tendances socialisantes, de la part de quelques députés de l'Ontario à tendances plus modérées, et il me semble mériter une étude approfondie des gens de la province de Québec.C\u2019est une question à l\u2019ordre du jour, une question qui fait l\u2019objet de l\u2019attention des dirigeants dans tous les milieux.Voici comment j\u2019ai l\u2019intention de diviser les remarques qui vont suivre: je vous dirai en premier lieu quels sont les procédés de législation qui peuvent être adoptés, de quelle façon 1.Causerie prononcée devant la Société Médicale de Québec, le 25 février 1942.les autorités, soit les autorités exclusivement provinciales ou les autorités exclusivement.fédérales, soit les autorités fédérales et provinciales pourraient procéder pour nous donner un mécanisme d'\u2019assurance-maladie je vous dirai en deuxième lieu ce que j'ai pu obtenir de renseignements sur ce qui se fait actuellement à Ottawa.Si vous me le permettez, je terminerai par certaines suggestions sur ce que je crois que devraient être les activités de votre profession en face de ce problème.Ce que je dirai ici, j'ai eu l\u2019occasion de le dire au président du Collège des Médecins et Chirurgiens, le docteur Desrochers, lors d\u2019une réunion convoquée par le Dr Jules Dorion.Quel sont les procédés législatifs que la Constitution nous présente ?Il y a quatre procédés.PREMIER PROCÉDÉ.Il y a un premier procédé qui est celui de la législation uniquement provinciale.J\u2019aurais dû d\u2019abord dire que nous sommes dans une matière qui relève de la compétence des législatures; c\u2019est une matière qui tombe dans l\u2019énumération de l\u2019article 92 de l\u2019Acte de l\u2019Amérique britannique du Nord; c\u2019est une matière qui appartient aux provinces.Mais vous êtes assez au courant de certaines nécessités qui sont imposées par les circonstances dans l\u2019application des articles 91, concernant le fédéral, et 92 concernant le provincial.Parfois, il faut concilier les deux juridictions, et avoir certains accomo- dements dont les résultats ne rencontrent pas toujours les exigences sociales ou économiques des provinces, spécialement la nôtre.Cependant, ces exigences des faits, de la vie pratique ne peuvent changer dans son fondement l\u2019Acte de 1867, et faire que ce qui appartient aux lé- gi nel BEAULIEU: ASSURANCE-MALADIE gislatures leur soit enlevé, sans leur consentement, par le pouvoir central.Le premier procédé qui s\u2019offre au législateur en matière d\u2019assurance-maladie, c\u2019est donc le procédé de législation provinciale, uniquement provinciale.C\u2019est le procédé qui a été suivi en 1927, pour la Loi de l\u2019assistance aux mères nécessiteuses: S.R.Q.1941, chapitre 180.DEUXIÈME PROCÉDÉ.Celui qui consiste dans une législation um- quement fédérale, que le parlement, c\u2019est-à- dire, l\u2019autorité législative centrale adopte avec le consentement des provinces.C\u2019est le procédé qui a été suivi il y a deux ans en matière d\u2019assurance-chômage.TROISIÈME PROCÉDÉ.Le troisième procédé est celui que nous désignons, nous au Palais, ou que l\u2019on désigne dans les milieux législatifs par l\u2019expression «Législation concurrente» c\u2019est-à-dire, une loi fédérale et une loi provinciale sur le même sujet, pour le même objet, concourant au même but, mais chacune dans son domaine respectif.Ainsi, la matière formelle, les droits sur lesquels on légifère relèvent des provinces, v.g., les assurances sociales, mais le fédéral veut aider financièrement.C\u2019est le procédé qui a été suivi pour les pensions de vieillesse.(Loi fédérale: S.R.C.1927, ch.156.Loi provinciale: S.R.Q., 1941, ch.179.) Autre champ d\u2019application de ce procédé: Le fédéral passe une loi, qui, pour une partie, porte sur ces objets provinciaux, et dit que cette partie de sa loi est subordonnée a des lois que les provinces, qui le voudront bien, devront passer pour s\u2019y assujettir.C\u2019est le cas de la Loi des Enquêtes en matière de différends industriels, communément appelée « Loi Le- mieux ».(Loi fédérale: S.R.C.1927, chapitre 112; Loi provinciale: S.R.Q.1941, chapitre 168.) 739 QUATRIÈME PROCÉDÉ.Ce qu\u2019Ottawa, du moins dans le cas qui nous occupe, a appelé à tort « enabling legislation », mais qui n\u2019en est pas, comme nous le verrons dans un instant, car il s\u2019agit là de législation concurrente à forme imposée.Et je reprends maintenant le deuxième, le troisième et le quatrième procédé, pour vous donner à leur sujet des développements supplémentaires; je laisse ici le premier procédé, c\u2019est- à-dire, le procédé de législation uniquement provinciale, car il ne demande pas d\u2019éclaircissement.Le deuxième procédé: législation uniquement fédérale.Nous savons déjà que lorsqu\u2019Ottawa légifère seul sur une matière qui relève des provinces, parce que comprise dans l\u2019énumération de l\u2019art.92 de l\u2019Acte de 1867, il demande leur consentement.Ce consentement se présente sous la forme de la participation des provinces à un amendement à la Constitution et est donné, règle générale, par la voix d\u2019un arrêté ministériel, c\u2019est-à-dire, qu\u2019il émane du pouvoir exécutif et non du pouvoir législatif.Vous savez que nous avons ce que nous appelons les trois pouvoirs: le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.Rappelons que l\u2019Acte de l\u2019Amérique britannique du Nord est un statut impérial, (30-31 Victoria, chapitre 3), ce qui fait que la loi l\u2019amendant doit venir de Londres, qui la passe à la demande d\u2019Ottawa.Cette demande prend la forme d\u2019une adresse que le Sénat et les Communes réunis en Parlement, présentent à Sa Majesté, priant celle-ci de bien vouloir soumettre un projet de loi au Parlement du Royau- me-Uni, amendant notre Constitution.Nous avons dit « avec le consentement des provinces ».Peut-être est-il bon de vous rappeler qu\u2019au point de vue juridique, ce consentement n\u2019est pas nécessaire: au regard du droit constitutionnel, Ottawa peut obtenir de la mère-patrie un amendement à l\u2019Acte de 1867, sans consulter Québec.En pratique, la chose n\u2019est pas susceptible de se présenter.Lorsque le fédéral croit nécessaire ou simplement utile 740 de légiférer sur une matière qui relève des provinces, il demande leur consentement; agir autrement serait impolitique au plus haut degré, on le comprend.Donc, pour ce deuxième procédé: loi fédérale avec le consentement des provinces; consentement qui prend la forme d\u2019un arrêté-ministériel; consentement qui amène un amendement à la Constitution; procédé, suivi, comme nous venons de le voir, pour l'assurance chômage.(Loi Impérial: 1940, chapitre 36.Loi fédérale: 4 Georges V, chapitre 44.) Le troisième procédé: législation concurrente.Voici une illustration, et nous la prendrons dans la première des deux hypothèses que nous avons vues, 1l y a un instant.Le fédéral passe une loi qui est, dans un de ses principaux éléments du moins, une loi de financement sur une matière qui, par le fond, relève des législatures, et il dit: voici ce que nous sommes disposés à faire au bénéfice des provinces qui, elles, passeront les lois dont elles auront le choix, mais qui devront cependant rencontrer certaines exigences fédérales.Il y a un instant, Je vous ai donné le cas des Pensions de Vieillesse.Le fédéral, en 1927, a passé une loi disant ceci: « Le gouverneur en son Conseil peut conclure une convention avec le lieutenant-gouverneur en son Conseil d\u2019une province, pour le versement d\u2019une somme égale aux trois-quarts de la somme payée par la province pour des pensions, en conformité d\u2019un statut provincial autorisant ces pensions, décrétant des dispositions pour en effectuer le versement aux personnes et aux conditions que désigne la présente loi et les règlements établis sous son empire » (art.3).La loi dit qui sera éligible à la pension, en fixe le maximum et établit des règlements pour sa distribution.C\u2019est une loi de financement et de contrôle des dépenses, des deniers publics.Les provinces.sont libres d\u2019en bénéficier en passant les lois nécessaires, leurs propres lois, basées évidemment sur leurs institutions politiques, économiques, sociales, religieuses, culturelles, ce qui respecte l'autonomie provinciale.Elles doivent faire approuver par Ottawa le projet de L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 réglémentation qu\u2019elles se proposent d\u2019établir et ne peuvent le changer sans le consentement fédéral.Ici, nous avons évidemment une restriction à l\u2019autonomie.Cette étude sommaire de la solution qu\u2019on a apportée au problème des pensions de vieillesse par le procédé de la législation concurrente fait voir ce que ce procédé offre comme formule d\u2019assurance-maladie.Quatrième procédé: « enabling legislation ».L\u2019expression « enabling legislation » qu\u2019on peut traduire par «loi d\u2019autorisation » est une mesure législative passée par un pouvoir qui a juridiction pour se faire, autorisant un autre pouvoir à accomplir tel acte qu'il ne pourrait pas accomplir sans cette autorisation.Exemple: Les municipalités exercent des pouvoirs qu\u2019elles détiennent des législateurs et ces pouvoirs sont limités; voici qu\u2019il semble avantageux que les municipalités adhèrent à tel plan proposé par le gouvernement fédéral, mais cette adhésion n\u2019est pas dans les limites de leur attribution; la province alors passe une loi pour les autoriser.C\u2019est ce qui s\u2019est fait dans les provinces anglaises, il y a deux ou trois ans, et dans la province de Québec, en 1940 en matière d\u2019améliorations municipales (Lor fédérale, 2 Geo.VI, chap.33.Loi provinciale, 4 Geo.VI, ch.47.) Nous avons dit que ce qu\u2019Ottawa appelle de «l\u2019enabling legislation », en matière d\u2019assurance-maladie, n\u2019en est pas, mais qu\u2019il s\u2019agit plutôt de « législation concurrente à forme 1m- posée.» Nous savons ce que signifient respectivement les expressions « enabling legislation » et «legislation concurrente ».Pour que vous voylez sur quoi repose mon affirmation à l\u2019effet qu\u2019Ottawa donne à l\u2019expression « enabling legislation » un sens qu\u2019elle n\u2019a pas, il me reste à dire que l\u2019autorité fédérale dans le cas que nous étudions du moins, se sert de cette expression pour désigner une loi qu\u2019elle passerait sur des objets fédéraux et provinciaux, et qui ne se contenterait pas de stipuler que les provinces, pour y adhérer, doivent adopter leurs propres lois sur la matière, mais renfermerait le texte même des lois provinciales.Ce n\u2019est pas a I fy IL BEAULIEU: ASSURANCE-MALADIE 741 là de la législation d\u2019autorisation en autant qu\u2019il s\u2019agit du fédéral vis-à-vis du provincial, puisque l\u2019objet fondamental de la loi relève des provinces.Ce qui serait de la loi d\u2019autorisation, ce serait une loi provinciale autorisant le fédéral à faire sa loi.Ainsi, Ottawa renverse les rôles, à moins que ces messieurs du fédéral, à qui revient la paternité de cette conception de « l\u2019enabling legislation », professent l\u2019opinion que les pouvoirs en matière d\u2019assurances sociales leur appartiennent.Il est facile de voir que ce quatrième procédé est très dangereux pour l\u2019autonomie des provinces.Que nous annonce-t-on comme loi d'assurance-maladie ?Car, vous savez tous qu\u2019une loi s\u2019en vient.Vous savez probablement aussi que c\u2019est une loi fédérale.Notre législature, comme celles des autres provinces, laisse le champ libre au parlement central.Alors, il faut mettre de côté, du moins pour le temps présent, l\u2019espérance d\u2019avoir une loi provinciale.De ce que je vous ai dit dans la première partie de cette causerie, vous savez qu\u2019il y a trois procédés que le fédéral pouvait adopter.Le procédé de législation concurrente, dans sa forme ordinaire, à date, a été écarté, et alors, il reste celui de la législation uniquement fédérale avec le consentement des provinces, et ce qu\u2019Ottawa a qualifié « d\u2019enabling legislation.» D\u2019après les renseignements que nous avons, Ottawa a d\u2019abord fait faire une première rédaction de certains projets qui ont ensuite été abandonnés, et actuellement, il y a entre les mains du docteur J.J.Heagerty, le directeur des services de la Santé publique, deux projets de loi, l\u2019un basé sur le procédé de la législation uniquement fédérale, et l\u2019autre « a federal enabling bill drawn up which includes a definite provincial act that must be passed by any province desiring to take advantage of federal aid », pour employer les expressions dont se sont servis récemment les représentants d\u2019un des principaux corps professionnels concernés.C\u2019est ce deuxième projet, qui vraisemblablement, sera choisi.Quant au premier, voici ce que nous apprenons de la source d\u2019information que nous venons de mentionner: \u2014 « As an alternative to this Federal Enabling Act there 18 a proposed federal act.While this possesses some advantages over a provincial act it could only be made legal if all provinces would waive their rights as in the case of unemployment insurance.For this reason the Federal Enabling Act may be practicable ».Nous avons en main des extraits du projet qu'Ottawa préfère, et qui est actuellement à l\u2019étude, et ils serviront dans la discussion que nous aurons au cours de cette réunion.À date, le projet a été étudié par les autorités médicales fédérales, par la Canadian Medical Association, par un comité de gardes- malades, un comité de dentistes, par The Canadian Hospital Council et, vraisemblablement par les autorités médicales des différentes provinces.D\u2019autres réunions des autorités gouvernementales et des professions concernées doivent avoir lieu.Un comité interdépartemental a été constitué, et il est composé des hauts fonctionnaires du ministère de la Santé et des Pensions, du ministère des Finances et des autres ministères dont les activités sont reliées à la Santé publique.Le 14 février dernier, un arrété-ministériel a décrété la formation d\u2019un comité consultatif de pas moins de 10 membres et de pas plus de 11, qui seront vraisemblablement choisis parmi les membres les plus qualifiés de la profession médicale, de la chirurgie-dentaire, des services d\u2019hospitalisation, des gardes-mlades, etc., ete.Que peut faire la province de Québec, spécialement les professions et les services qui ont en main la santé et l'hygiène, en la circonstance ?D'abord, je vous rappellerai que nous sommes souvent nous-mêmes à blâmer si nous n\u2019obtenons pas davantage du gouvernement central.Et ce qui est déplorable, absolument 742 déplorable, c\u2019est que, lorsqu\u2019il s\u2019agit de problèmes purement matériels, de dollars et de centins, les Canadiens français se rendent à Ottawa, présentent leur point de vue et font en sorte de réussir; mais quand ce sont des problèmes de spiritualité qui sont en cause, problèmes culturels, sociologiques, etc, les Canadiens français, trop souvent, restent chez eux.Ensuite, ils se plaignent.Un de nos principaux ennemis, est nous-mêmes.D\u2019autres l\u2019ont dit bien avant moi.Vous êtes environ 3,500 médecins dans la province; je suis convaincu que si vous présentez bien votre point de vue, vous ferez inclure dans la loi fédérale d\u2019assurance-maladie, qui s\u2019en vient, les dispositions nécessaires à la sauvegarde de nos institutions sociales et économiques, à la protection de nos droits culturels.Il ne s\u2019agit pas de dire que vous êtes contre la loi; elle sera passée quand même, et nous serons ignorés.Il faut tirer le meilleur parti possible des circonstances dont nous ne sommes pas les maîtres, mais que nous pouvons jusqu\u2019à un certain point modifier.J\u2019ai suggéré au président du Collège des Médecins et Chirurgiens, différents modes d\u2019action pour atteindre les autorités législatives et leur faire accepter, du moins partiellement, le point de vue canadien-français.Un de ces modes d'action aurait consisté dans la rédaction, comme suggestion aux autorités, d\u2019un projet de loi que vous auriez présenté à l\u2019exécutif provincial L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LF.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 et dont celui-ci aurait pu s\u2019inspirer.Un deuxième mode d\u2019action était de former, conjointement avec l\u2019administration, un comité composé de fonctionnaires ou représentants gouvernementaux et de représentants des médecins, des hôpitaux, etc, etc, qui aurait rédigé la loi.Quand j\u2019ai fait ces suggestions, je pensais que la province rédigerait sa propre loi, le procédé législatif suivi, devant être celui de la législation concurrente sous sa forme ordinaire, mais il n\u2019en est pas ainsi: les provinces n\u2019auront pas le choix de leur loi, puisque d\u2019après les renseignements que nous avons, elles devront voter le text renfermé dans la loi fédérale, mais elles auront jusqu\u2019à un certain point, le choix de la réglementation qu\u2019elles adopteront.Pour ce qui est de la loi elle-même, il faut donc abandonner les deux premiers modes d\u2019action qui ont été envisagés.Voici, à mon point de vue, de quelle façon vous devez procéder: rédigez un mémoire que vous présenterez aux officiers fédéraux, et que vous discuterez avec eux; allez en délégation avec les médecins les plus influents rencontrer les ministres concernés; enfin, quand le projet de loi viendra devant les Chambres, faites-vous entendre aux comités.Votre champ d\u2019action sera plus vaste quand la province rédigera la réglementation nécessaire à l\u2019application de la loi.Ici, vous pourrez adopter un des deux modes d\u2019action mentionnés plus haut. MÉDECINE PRATIQUE THÉRAPEUTIQUE DU NOURRISSON Les aliments de régime.- Préparations à base de lait: babeurre, poudre de lait, lait évaporé.La question des laits acidifiés.Babeurre ,[ Le babeurre est le sous-produit de la fabrication du beurre.C\u2019est un lait écrémé acide, dont une partie du lactose a été transformée en acide lactique, sous l\u2019influence des microbes saccharolytiques (ferments lactiques).Non sucré, il donne 350 calories au litre.Additionné de sucre dans la proportion de 10%, il fournit 750 calories au litre, soit autant de calories que le lait de vache pur.La préparation du babeurre comprend deux temps: l\u2019écrémage et la fermentation du lait par addition de ferments lactiques sélectionnés.Le babeurre ne doit pas être stérilisé, mais on doit y ajouter des hydrates de carbone, sous forme de sucre, dans la proportion de 10%.Ses indications thérapeutiques sont nombreuses, mais il donne surtout des résultats dans les syndromes dysentériques, les diarrhées communes à forme prolongée et particulièrement chez les cachectiques infectés.Il est contre-indiqué à la phase aiguë toxique du choléra infantile.C\u2019est un des meilleurs aliments de régime du nourrisson.Poudre de lait ou lait sec La poudre de lait ou lait desséché est le résidu sec du lait ayant perdu par évaporation presque complètement son eau de constitution (le lait contient environ 87% d\u2019eau).«C\u2019est donc un produit qui renferme tous les principes du lait, excepté l\u2019eau et qui mélangé à l\u2019eau en proportions convenables doit reconstituer le lait originel (Marfan) ».On peut préparer le lait en poudre, soit par le procédé du brouillard ou du « spray », soit par le procédé du tambour ou des cylindres.1.Voir l\u2019Union Médicale du Canada, novembre 1936, p.1105.; À On trouve dans le commerce du lait entier, du lait partiellement écrémé, du lait totalement écrémé ou maigre.Le lait partiellement écrémé est celui qui est généralement employé dans l\u2019alimentation des nourrissons, atteints de troubles digestifs.Il est particulièrement indiqué dans le choléra infantile après la phase aiguë toxique, lorsqu\u2019il s\u2019agit de procéder à la réali- mentation à la suite de la diète hydrique.Pour reconstituer un litre de lait demi- écrémé, il faut ajouter 110 grammes de poudre demi-grasse à 890 grammes d\u2019eau.Un litre de lait demi-écrémé représente environ 510 calories, alors qu\u2019un litre de lait complet donne 700 calories.Lait évaporé Le lait évaporé est ce que les pédiatres français appellent le lait condensé non sucré.C\u2019est un lait qui a perdu la moitié de son eau de l\u2019autoclave.Il suffit de lui ajouter une quantité égale d\u2019eau bouillie pour obtenir un lait complet.La question des laits acidifiés Le babeurre est un lait acidifié par la fermentation lactique.C\u2019est en plus un lait écrémé.Si on veut avoir un lait acidifié complet, préparé avec de l\u2019acide lactique, le mieux est de se servir de lait évaporé, suivant la méthode de Marrioot 1.Ce lait donne 1,000 calories par litre.Il est particulièrement indiqué dans les états de dénutrition et la débilité congénitale.C\u2019est un lait médicamenteux, comme tous les laits modifiés du reste et son usage s\u2019il peut être exclusif ne doit pas être prolongé.Paul LETONDAL. \u201cUnion Médicale du Canada\u201d en 1873 Relations du médecin praticien avec les spécialistes, médecins ou autres, par le docteur A.RICARD, de Montréal.(Lu devant la Société Médicale.) Juillet 1873.Nous travaillons pour le bien de l\u2019humanité.Toutes nos facultés s\u2019appliquent à ce noble but.Je considère le corps médical comme une armée, toujours en activité, guerroyant sans cesse contre le plus grand ennemi du genre humain qui se rencontre sous toutes les formes en nous attaquant continuellement.Nous n\u2019avons pas de repos.Nous combattons suivant la mesure de nos connaissances et de nos forces.Nous n\u2019obtenons pas toujours le succès, il s\u2019en faut, mais nous n\u2019en avons pas moins la satisfaction d\u2019avoir fait notre devoir.Cependant notre désir serait de réussir plus souvent, et le moyen d\u2019avoir plus de succès, c\u2019est de nous servir des spécialistes.Je disais que nous sommes comme une armée, nous formons le gros de l\u2019armée, le corps de l\u2019infanterie, sans laquelle il n\u2019est pas d\u2019armée.Mais une armée est composée de plusieurs armes particulières, ce qui aide grandement à obtenir la victoire sur l\u2019ennemi.Il y a le génie, la cavalerie; il y a les troupes d\u2019éclaireurs, ete, etc, dont on obtient les plus grands services dans certains cas et pour certaines fonctions, quand un soldat de ligne ne serait que de peu d\u2019utilité.De même dans la profession médicale.Le champ de notre profession est si étendu, si varié que nous ne pouvons être maîtres dans toutes ses parties.Nous nous appliquons généralement à quelques parties qui sont plus dans nos goûts et nous ne pouvons connaître autant certaines autres.Les spécialistes y suppléent.Ils sont nos aides dans la grande affaire dont nous sommes chargés.Prenant certaines parties de la médecine, ils deviennent habiles et peuvent se prononcer avec connaissance de cause là où nous le ferions qu\u2019avec hésitation.Il est très heureux qu\u2019il en soit ainsi pour les patients et pour les médecins.Ceux-là trouvent pour leurs maux des personnes habiles et expérimentées, leur offrant plus de chance de conserver leur santé et les meilleurs moyens de remédier à leurs infirmités, les médecins sont heureux de profiter de la science de ces hommes pour leur aider à mieux soulager les souffrances de leurs patients.Il est donc de l\u2019intérêt de nos patients et de notre intérêt propre, d\u2019encourager efficacement les spécialistes en médecine.Je suis pris à l\u2019improviste pour pouvoir développer amplement cette pensée, mais vous y suppléerez, je l\u2019espère.J\u2019ai pris sur moi d\u2019entamer ce sujet sans préparation, afin de fournir une riche matière à discussion.* % 4 Une partie de la médecine dont le fardeau et la responsabilité nous sont ôtés, c\u2019est celle de la pathologie dentaire.L\u2019hygiène et le traitement des dents est une partie importante de la chirurgie.Depuis un certain nombre d\u2019années, elle est l\u2019objet des études et de l\u2019occupation d'hommes instruits, qui en font leur spécialité.Cet art est encore dans l\u2019enfance au Canada.Nos dentistes sont bien habiles à extraire, à plomber les dents, à poser des dentiers, etc.Ils ne vont pas au delà.L\u2019art du dentiste s\u2019étend plus loin.En Europe, ils secondent merveilleusement l\u2019action des chirurgiens.C\u2019est surtout pour remédier aux défauts du voile du palais et du palais lui- même par la prothèse qu\u2019ils rendent des services très grands.Nelaton disait: cette infirmité n\u2019est plus une affaire grandiose.Il s\u2019agit de boucher la fissure ou le trou, et le patient parlera parfaitement bien.Il n\u2019est plus question d\u2019aller dans la bouche faire des opérations difficiles, etc., non, le défaut de la nature est réparé heureusement par un petit appareil ingénieux et simple fait par l\u2019habileté de l\u2019homme de l\u2019art.Cela nous démontre la nécessité d\u2019encourager nos dentistes, afin qu\u2019ils se perfectionnent et se mettent en état de nous bien seconder, non seulement pour la pathologie dentaire, mais aussi pour nous aider à remédier aux défauts congénitaux du palais.Je voudrais bien faire voir les grands bienfaits opérés par les oculistes, auristes, etc.Je vous laisse cette tâche.% x La vaccination est nécessaire, mais, telle qu\u2019elle se pratique au Canada, elle est loin de donner les garanties dont cette importante opération doit être revêtue., La vaccination animale est celle qui seule peut- être semblera, dans quelque temps, pouvoir donner des garanties suffisantes.Les praticiens ordinaires n\u2019ont pas le temps de s\u2019en occuper, il faut done que cette partie de la médecine passe entre les mains des spécialistes.Il existe un grand nombre d\u2019autres spécialités que j'aimerais voir s\u2019établir telles que les spécialistes sur les maladies de l\u2019utérus, les voies urinaires, les maladies du larynx, gorge, etc, sur les maladies traitées par les eaux minérales comme en France, etc.N\u2019ayant pas le temps de développer mes idées sur ces diverses spécialités, j'en parlerai plus tard.Lais- sez-moi cependant vous dire un mot d\u2019une partie qui n\u2019est pas précisément de la médecine mais qui en est un accessoire, je veux dire l\u2019art du bandagiste.Les hernies sont d\u2019une grande fréquence, comme chacun le sait, et surtout à la campagne durant les durs travaux des champs.Suivant l'habitude, les médecins, en général, ne prennent pas soin de ces personnes blessées et croient avoir tout fait en les envoyant dans une pharmacie chercher un bandage.Un bon nombre de médecins des villes et surtout des campagnes ne savent pas ou ne pensent pas que « L\u2019UNION MÉDICALE » EN 1873 745 nous avons à Montréal un bandagiste expérimenté.Les bandages des pharmacies sont faits en gros avec des matériaux inférieurs; outre qu\u2019ils ne durent pas, ils ne s\u2019appliquent bien que pour peu de temps; ils sont quelquefois cause d\u2019un grand mal chez les personnes qui sont obligées de se livrer à des travaux durs.Ces bandages perdent vite leur élasticité et leur force de résistance; ils ne retiennent les hernies réduites que pour un certain temps; ils ne tardent pas, au moindre effort, à laisser glisser l\u2019intestin, tout en continuant à presser sur le col, causant ainsi l\u2019engorgement du sac herniaire, enflammant les bords de l\u2019ouverture et favorisant ainsi des adhésions anormales en mettant empêchement et formant des obstacles à la rentrée de l\u2019intestin.Chacun comprend bien les inconvénients de ces bandages achetés ainsi à tout hasard.Il n\u2019est pas besoin de raisonnement pour montrer les avantages d\u2019envoyer ces pauvres affligés chez un bandagiste connu ou même seulement d\u2019envoyer la mesure exacte à celui qui est responsable de son ouvrage.Alors tous les bandages sont faits de bons matériaux, bien adaptés pour chaque cas.Si après un certain temps d'usage, il y a un peu de relâchement dans l\u2019appareil, le bandagiste en le retrempant, le rend fort pour un temps indéfini.Par ce moyen.la hernie est empêchée, tout en permettant les travaux leg plus forçants.Je crois rendre service en faisant connaître un homme qui, sous ce rapport, peut être utile à la profession.Mr Wanless, 43.rue Notre-Dame est ce bandagiste aussi habile que modeste et dont le talent se manifeste surtout duns la fabrication des bandages herniaires.Séance du 11 juin, 1873.Le docteur J.-G.Bibaud.président, au fauteuil.Le procès verbal de la précédente séance est lu et adopté.Propo:é par le docteur A.Dagenais, secondé par le docteur Ed.Desjardins, que les docteurs C.-A.Le- sage (de Sainte-Claire) et A.Mathieu (de Montréal) soient admis membres actifs.\u2014 Adopté.Le Secrétaire rend compte du résultat des démarches faites par les membres délégués auprès des MM.du Séminaire de Saint-Sulpice afin de s\u2019assurer d\u2019un local dans les salles du Cabinet de Lecture paroissial pour y tenir les séances de la Société.Proposé par le docteur J.W.Mount, secondé par le docteur J.-C.Poitevin, et résolu: que l\u2019offre généreuse des MM.du Séminaire de Saint-Sulpice soit accepté.Le docteur A.Ricard, donne lecture d\u2019un travail sur les relations du médecin praticien avec les spécialistes.Le docteur Dagenais dit que la comparaison faite par le docteur Ricard du corps médical à une armée fait honneur à son imagination.Cependant il ne peut approuver toutes les idées du docteur sur le sujet important qu\u2019il vient de traiter.Si l\u2019on veut avoir des spécialités pour toutes les branches de la médecine, spécialités pour les accouchements, spécialités enfin pour presque chaque maladie dans ces différentes branches, que restera-t-il alors au médecin?Il serait dangereux pour notre pratique d\u2019adresser nos malades à des spécialistes qui font de la médecine en général, car il est bien probable qu\u2019ils iraient les consulter ensuite pour toutes les maladies dont ils pourraient être affectés.Il y aurait moins d\u2019objection à encourager un spécialiste qui ne s\u2019occupent que d\u2019une seule branche à l\u2019exclusion de toutes les autres.La discussion de ce sujet est remise à la prochaine séance, après l\u2019adoption d\u2019un vote de remerciements proposé par le docteur A.Dagenais secondé par le docteur Ed.Desjardins.La séance est levée.Dr Georges GRENIER.att od ANALYSES Dans le but d\u2019'uniformiser les indications bibliographiques qui accompagnent les analyses, afin de les rendre plus completes et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le «Quarterly Cumulative Index Medicus»: nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article, nom du périodique.le volume, la page, le mois (le jour du mois si le périodique est hebdomadaire), l\u2019année.Exemple: Beerens.\u2014 \"Tuberculose et démence précoce.« Ann.Méd.-psychol.», 94: 1 (juin) 1938.MEDECINE Wallace SAKO, Chester A.STEWARD et Joél FLEET.\u2014 Traitement de la méningite grippale (influenza) par la sulfadiazine.\u201cJ, A.M.A.\u201d, 119: 327 (23 mai) 1942.La méningite grippale est des méningites purulentes celle qui se montre la plus réfractaire a la thérapeutique.Les sulfamidés même ne sembleraient pas l\u2019influencer, les sérums de cheval et de lapin communément employés contre elle ne sont que des moyens de fortune.Pour démontrer la gravité de cette méningite, les auteurs citent les statistiques suivantes émanant de «Charity Hospital de New Orleans»: Tripoli en 1936 rapporte que de 1925 à 1934, sur 20 cas traités, aucun ne guérit.Aleman, en 1940, apprend que durant la période de 1935 à 1940, 27 cas furent traités sans guérison.Bryan et Musser mentionnent en 1941 que durant les 5 dernières années, sur 57 cas traités, 2 seulement guérirent.Ces statistiques comportent des malades traités depuis l\u2019emploi des sulfamidés et l\u2019on se rendra compte cependant que le pronostic ne soit guère amélioré de ce fait.D\u2019autre part, les auteurs croient qu\u2019avec le dernier sulfamidé mis en essai, la sulfadiazine, on pourra guérir la méningite grippale avec autant de succès que les autres méningites purulentes le furent par les autres sulfamidés.Ils rappellent que la sul- fadiazine est peu toxique, qu\u2019elle pénètre avec grande facilité dans les espaces sous-arachnoïdiens, qu\u2019elle est éliminée plus lentement, qu\u2019elle est peu sujette à l\u2019acétylation et que conséquemment on peut plus facilement maintenir son taux de concentration dans le sang et le liquide céphalo-rachidien à un niveau élevé.Pour démontrer la vraisemblance de leur avancé optimiste, ils rapportent les observations de 7 enfants à méningite purulente due au bacille de l\u2019influenza dont 5 furent guéris.Chez deux qui succombèrent, la mort de l\u2019un fut due à une ponction sous-occipitale, celle de l\u2019autre à l\u2019arrêt trop précoce de la médication et à une surinfection varicelleuse.L\u2019âge des enfants s\u2019étendit de 5 mois à 3 ans.Ils reçurent, par voie digestive, de 134 à 214 grains de sulfadiazine par livre de poids par jour après une dose initiale de 11 à 30 grains.Les concentrations sanguine et liquidienne varie- rent respectivement, selon les cas, de 138 milligrammes pour cent à 25 mgms, et de 9.7 à 15.La température redevint normale chez les survivants du 4ième au 20ième jour, et le liquide fut amicrobien du 3ième au 23ième jour.Le seul incident toxique observé au cours du traitement fut de la leucopénie chez un sujet.Deux malades furent traités conjointement par la sulfadiazine et le sérum antigrippal; les auteurs croient, par ailleurs, que le traitement biologique r\u2019ajoute rien à l\u2019efficacité de la chimiothérapie.Cet article est un travail préliminaire sur la question.Il se pourrait qu\u2019il soit l\u2019annonce d\u2019une défaite d\u2019une des dernières méningites aiguës qui avait résisté jusqu\u2019à maintenant à tout genre de thérapie.Roma AMYOT.E.F.ROSENBERG.\u2014 Etat actuel du trdite- ment du rhumatisme chronique par les sels d'or.\u2018Proceedings of the Staff Meetings of the Mayo Clinic\u201d 17: 264 (29 avril) 1942.Dans cet article très complet, l\u2019auteur étudie l\u2019état actuel de l\u2019aurothérapie pour l\u2019arthrite rhumatoïde.Robert Koch, en 1890, fut le premier à mentionner l\u2019action inhibitrice de l\u2019or sur le bacille tuberculeux.Déjà, à cette époque, l\u2019or fut proposé comme traitement de la tuberculose: pulmonaire, laryngée et cutanée.En 1924, Mollgaard introduit le thiosulfate sodique d\u2019or comme agent chimique spécifique de la tuberculose.L\u2019enthousiasme du début ne s\u2019est pas confirmé.Forestier, en 1929, préconisa l\u2019or dans le traitement de l\u2019arthrite avec des résultats étonnants: il considéra l\u2019arthrite rhumatoïde comme une forme clinique de tuberculose.Cette thérapeutique fut bientôt généralisée par toute l\u2019Europe.Ce n\u2019est qu\u2019en 1936 qu\u2019apparurent aux Etats-Unis les premiers travaux.Il faut avouer qu\u2019aux Amériques, l\u2019aurothérapie n\u2019a pas la popularité qu\u2019elle connaît en Europe.Les préparations employées contiennent de 37 à 50% de sels d\u2019or solubles dans l\u2019eau ou dans les solutions huileuses.Dosage et mode d\u2019administration.Dose initiale de 5 à 10 milligrammes deux fois par semaine en augmentant jusqu\u2019à une dose maxima de 100 milligrammes continuée pour une série totale de 1 à 1 gr.50 avec repos de 2 mois.Reprise du traitement ou non selon les indications: Voies intraveineuses: thiosulfate sodique d\u2019or.Voies intramusculaires: myochrisine. ANALYSES Métabolisme de l\u2019or.Le sel d\u2019or se retrouve partout dans l\u2019organisme et surtout dans le foie, la rate, les reins et la peau; 75 à 90% est éliminé par les urines et les selles.Le taux d\u2019excrétion est très lent, ce qui en rend toujours plus dangereux les phénomènes de toxicité.Mode d'action.Il ne s\u2019agit pas d\u2019une action bactéricide: l\u2019or agirait peut-être par la stimulation des facteurs d\u2019immunité naturelle.L\u2019auteur insiste pour mentionner que tout cela n\u2019est encore qu\u2019au stade d\u2019hypothèse.Etudiant le résultat de cette thérapeutique pour l\u2019arthrite rhumatoïde, ses conclusions sont à peu près les suivantes: sans partager l\u2019enthousiasme des Européens, il reconnaît dans l\u2019or un agent thérapeutique important mais dangereux à cause de ses réactions toxiques; dans ces dernières, les complications observées sont les suivantes: prurit, stomatite, érythrodermie fatale dans quelques cas, gastro- entérite, côlite, hépatite, néphrite; au point de vue nerveux, névrite périphérique et encéphalopathie; au point de vue sanguin, on a rapporté des cas d\u2019agra- nulo-cytose.d\u2019anémie aplastique, de purpura-throm- bocytopénique survenant quelquefois subitement ou très rapidement.Les signes de toxicité doivent être dépistés en quelque sorte par le contrôle de la formule sanguine: chute du nombre des plaquettes à moins de 75,000, leucopénie à moins de 4,000, éosinophylie.Albuminurie et apparition de globules rouges dans les urines, de même quelquefois le prurit sont des signes de danger.À noter l\u2019apparition de complications tardives et même fatales rapportées chez quelques patients n\u2019ayant présenté aucun des signes de laboratoire rencontrés plus haut.Conclusion: l\u2019attitude de l\u2019auteur est très conservatrice à l\u2019égard de cette thérapeutique.L\u2019expérimentation clinique ultérieure permettra des conclusions plus démonstratives, sans compter les dangers très grands de cette thérapie.L'auteur ne considère pas que cette thérapeutique puisse être mise à la portée de tous les médecins sans contrôle de laboratoire.A ne pas oublier les améliorations spontanées au cours de l\u2019arthrite rhumatoïde.Y.CHAPUT.Paul W.SEARLES.\u2014 Anesthésie par injection intraveineuse.\u201cJ.A.M.A.\"\u201d, 118: 117 (10 janvier) 1942.Les premiers essais ont été faits en France par Ore, en 1872.avec le chloral et ensuite avec l\u2019Hédonal en 1905 Les anesthésiques volatifs tels que l\u2019éther et le chloroforme ont été l\u2019objet d\u2019expérimentations en 1909, mais avec peu de succès.Le paraldéhyde, l\u2019alcool méthylique et l\u2019Avertin n\u2019ont pas présenté suffisamment d\u2019intérêt pour passer dans la routine journalière.En France, on commença à utiliser le 747 Somnifène en 1924; c\u2019était le premier de la série des barbituriques à donner par voie intraveineuse.Le Pernoston, introduit en Allemagne en 1927, trouve encore certains adeptes.Entre-temps, l\u2019Amytal sodium, le Nembutal ont permis de faire d\u2019assez bonnes anesthésies mais avec un réveil trop prolongé.Le Sonéryl, l\u2019Eunarcon, le Luminal et le Thio-amytal n\u2019ont pas donné les succès obtenus avec les deux derniers barbituriques que nous étudierons en particulier: l\u2019Evipal et le Pentothal.L'Evipal fut introduit en Allemagne, en 1932, par Weese et Scharpff tandis que le Pentothal sodium le fut par Lundy et Towell de la Clinique Mayo, en 1934.De ces deux derniers barbituriques à action très courte, le Pentothal s\u2019est montré supérieur comme anesthésique intraveineux parce qu\u2019il est beaucoup plus puissant que l\u2019Evipal et permet un meilleur relachement musculaire.Indications.Le but de l\u2019auteur est de démontrer que l\u2019Evipal et le Pentothal peuvent être employés dans des interventions majeures comme dans les mineures et avec beaucoup d\u2019avantages pour les mauvals risques opératoires.Dans les opérations ma- Jeures, on doit l\u2019associer à l\u2019Avertin, au blocage des troncs nerveux ou au protoxyde d\u2019azote.Depuis 2 ans, on a fait toute la chirurgie crânienne avec une anesthésie de base à l\u2019Avertin, une infiltration des plans de section à la nupercaïne à 1/15,000 et de petites doses de Pentothal qui ont rarement dépassés 1 gramme pour des interventions de 4 à 5 heures.L\u2019injection se fait au moyen d\u2019une seringue fixée à un robinet à 3 branches qui permet en même temps l\u2019administration de sérum.Si les voies respiratoires ne sont pas bien libres, on introduit un tube intra- trachéal par où on insuffle de l\u2019oxygène: cette combinaison paraît idéale pour la chirurgie du cerveau et réduit le choc opératoire.Le Pentothal rend service pour les blocages de la paroi abdominale et les injections splanchniques; il évite la douleur au cours des manipulations préliminaires et diminue le choc opératoire si on ajoute en même temps du sérum intraveineux et de l\u2019oxygène en inhalation.L\u2019expérimentation faite chez les chiens a démontré que le choc opératoire est moindre avec les barbituriques qu\u2019avec l\u2019éther en inhalation; c\u2019est pourquoi on l\u2019a préconisé dans les mauvais risques opératoires tels les cas d\u2019anémie les débiles, les séniles.Lundy et ses associés ont démontré que les organes intervenant dans la destruction des barbituriques ne sont pas encore bien déterminés et que les hépatiques et les rénaux supportent aussi bien le Pentothal que les sujets normaux, mais il recommande d\u2019être très prudent chez les insuffisants du foie ou de rein.Les diabétiques, les vieillards retirent des avantages de l\u2019anesthésie intraveineuse à 748 condition d\u2019éviter l\u2019injection préliminaire de morphine chez ces sujets qui sont exposés à des complications pulmonaires.Le Pentothal doit s\u2019employer de routine pour la petite chirurgie où la résolution musculaire n\u2019est pas importante, tels les biopsies pour tumeurs du sein, les résections costales, les curettages, les sutures du périnée, les pansements douloureux, les réductions de fracture, les greffes cutanées, les cystoscopies, certains cas de résection prostatique, les œsophagosco- pies et bronchoscopies moyennant anesthésie profonde et cocaïnisation.On l\u2019emploie aussi comme médication préliminaire chez les grands craintifs de la salle d\u2019opération ou du masque à inhalation, comme préparation au blocage nerveux ou complément à l\u2019anesthésie rachidienne ou dans certains cas où l\u2019on redoute des explosions avec des substances volatiles et inflammables Administration.Une injection préliminaire de morphine et atropine diminue la dose à injecter de même que les spasmes, la toux et le hoquet.Les solutions employées sont habituellement à 2.5%; on injecte en I.V.quelques c.c.pour voir la tolérance du patient en le faisant compter; les doses sont individuelles et non en rapport avec le poids et la taille du sujet et l\u2019anesthésie chirurgicale se reconnaît par l\u2019absence de réaction à un contact douloureux.La dose toxique apparaît par une faiblesse de la respiration qui va jusqu\u2019à arrêt et cyanose.Le traitement consiste à faire de la respiration artificielle avec inhalation de carbogène et stimulants comme le mé- trasol ou la picrotoxine I.V.C'ontre-indications.Les fortes doses sont à éviter pour éliminer les grandes dépressions post-opératoires et les manifestations toxiques d\u2019hyperthermie ou de rash; on doit plutôt compléter par un autre mode d\u2019anesthésie si nécessaire.Les cardiaques, les dys- pnéiques sont à ménager de même que les enfants en bas de 10 ans à cause de leur grand besoin d\u2019oxygène.Dans les opérations du nez ou de la gorge, on doit établir une bonne ventilation pulmonaire en évitant l\u2019arrivée de sang ou de mucus dans les bronches.En résumé: l\u2019usage du Pentothal n\u2019est pas limité aux interventions mineures, mais à la grande chirurgie moyennant qu\u2019on l\u2019associe à l\u2019Avertin à blocage nerveux ou au protoxyde d'azote.Il protège les mauvais risques contre le choc.Eugène ALLARD.OBSTETRIQUE GOLDMAN, KESSLER et WILDER.\u2014 La réaction au colostrum dans le diagnostic de la grossesse.\u2018\u2019J.A.M.A., 119: 130 (9 mai) 1942.Les auteurs ont repris la réaction, telle que pré- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 conisée par Falls et Freda et en concluent que bien quelle ait une base scientifique, la dite réaction ne semble pas étre un moyen fiable pour le diagnostic de la grossesse, puisque pour eux le coefficient d\u2019exactitude n\u2019est que de 70%.Les auteurs tirent leurs conclusions de l\u2019étude de 500 cas.Chez les prénatales normales, 70% d\u2019exactitude ; chez les post-natales (soit de 3 à 26 semaines après l\u2019accouchement), 56%.Chez des femmes normales non-enceintes et prises comme contrôles, 65.6% d\u2019exactitude; chez des hommes, 75%.Chez des femmes à l\u2019époque de la ménopause, période à laquelle le diagnostic présente de l\u2019importance et de la difficulté, on a une exactitude de 61.9%.Comme on le voit, si on se fie au travail en question, on est loin du 96-98% annoncé.C.-A.ATTENDU.PEDIATRIE Théodosio VALLEDOR.\u2014 Action des sulta- midés à petites doses dans un cas d'orchi- épididymite chez un nourrisson de douze mois, atteint de granulie.\u2018Boletin de la Sociedad Cubana de Pediatria\u201d, 13: 479 (décembre) 1941.L\u2019auteur présente une observation de tuberculose du nourrisson à forme dissimulée, localisée aux organes génitaux.Il fait ressortir non seulement la rareté de cette affection à cet âge, mais aussi ses divers aspects symptomatologiques, pronostiques, diagnostiques et thérapeutiques, et, en dernière ana- &yse, attire l\u2019attention sur les trois points suivants: 1° La survie, de plus d\u2019un an, de ce petit patient après installation d\u2019une tuberculose miliaire avec grosse adénopathie trachéo-bronchique, la conservation, pendant toute son évolution, d\u2019un état nutritif pratiquement normal, l\u2019augmentation progressive du poids, tout contraste avec l\u2019évolution habituelle de ces processus quasi-mortels en quelques semaines.Il attribue cette survie à l\u2019emploi systématique des sulfamidés à petites doses.Ce cas illustre, une fois de plus, l\u2019utilité des sulfamidés dans le traitement des infections secondaires de tuberculeux dystro- phiques.2° Le second aspect intéressant de cette observation est l\u2019installation, au cours d\u2019une dissémination gra- nulique, d\u2019un ensemble de troubles nerveux dus à la formation d\u2019un ou plusieurs tubercules encéphali- ques réalisant, à certains moments, le tableau d\u2019une véritable méningite tuberculeuse.Ultérieurement l\u2019auteur a eu l\u2019occasion d\u2019observer 4 cas de cette nature dont deux avec constatations nécropsiques montrant la relative fréquence des tuberculomes encéphaliques au cours des disséminations hémato- gènes et dans la pathogénie de la méningite tubercu- ANALYSES 749 leuse, laquelle serait due à l\u2019ouverture d'un de ces tuberculomes dans les méninges.3° Le troisième point intéressant, c\u2019est la localisation orchi-épididymaire de la tuberculose, sa rareté à cet âge, la preuve histo-pathologique qui a été faite et surtout l\u2019heureux effet des sulfamidés à petites doses.P.CLERMONT.NEURO-PSYCHIATRIE I.SSOTTOWE.\u2014 Les troubles mentaux de la grossesse et de l'état puerpéral.\u2018Practitioner'\u2019, 148: 157 (mars) 1942.L'auteur, surintendant de l\u2019hôpital psychiatrique du comté de Ruckinghamshire, rapporte que 22,969 naissances s\u2019effectuèrent dans le comté, de 1936 à 1940, et que 26 mères souffrirent de maladie mentale rattachable à la grossesse, soit 1 cas pour 883.Par ailleurs, de semblables relevés faits au « Rotunda Hospital» de Dublin, ont montré une fréquence de 1 pour 666; au «Queen Charlotte\u2019s Hospital » de Londres, une fréquence de 1 pour 1192.L\u2019auteur tire de ses observations les conclusions suivantes: 1) Les chances qu\u2019a une femme en couches d\u2019avoir une psychose importante sont dans la proportion de 1 pour 1000.2) La psychose n\u2019est pas spécifique à la grossesse ; cela peut être de la confusion, de la schizophrénie ou tout autre désordre affectif.Des états psychasthé- niques peuvent être observés.3) La confusion est la plus fréquente des psychoses de la grossesse.En fait, elle sy montre six fois plus fréquemment que chez la femme non enceinte et constitue la moitié de toutes les psychoses de la grossesse.4) On trouve toujours un autre facteur causal: dans la moitié des cas, il s\u2019agit d\u2019une prédisposition héréditaire; du surmenage mental ou physique dépendant directement de la grossesse dans les 2/3.Le surmenage physique amène surtout les états confusionnels alors que le surmenage mental, les désordres affectifs.5) De 30% à 50% des cas deviennent malades durant les deux premières semaines de l\u2019état puerpéral.6) Les états confusionnels amènent la mort dans 15 à 20% des cas; si la malade survit, elle guérit habituellement.7) Les schizophréniques guérissent très rarement.Elles sont peu fréquentes chez les multipares.8) Les états affectifs graves débutent plus tard durant la grossesse.Les états légers, qui guérissent spontanément, débutent plus précocement.9) Environ la moitié des cas auraient pu être prévus.10) Les 2/3 des cas présentent un danger d\u2019infanticide ou d\u2019homicide.11) Le traitement à domicile peut être réalisé pour les cas de confusion calme ou les états affectifs légers.Les autres requièrent un hôpital psychiatrique sans nécessiter, en Grande-Bretagne, le certificat d\u2019aliénation mentale.(British Medical Information Bureau \u2014 Traduction).Roma AMYOT.W.J.WALTER.\u2014 L'électro-encéphalogra- phie chez les mentaux.\u2018Journal ot Mental Science\u201d, 88: 11 (janvier) 1942.Soixante douze sujets présentant des troubles mentaux furent examinés.On rechercha si l\u2019électro-encé- phalographie pouvait être d\u2019une valeur pratique quant au diagnostic différentiel chez les mentaux hospitalisés.Des anomalies évidentes des tracés furent trouvées chez les épileptiques (12 sur 18), les malades à atrophie cérébrale (3 sur 3), chez un sujet ayant une lésion cérébrale d\u2019origine vasculaire et chez deux cata- toniques D.P.Les schizophréniques, les maniaques, les mélancoliques, les psychonévrotiques ne donnèrent aucune réponse électrographique franchement anormale.L'intérêt de l\u2019électro-encéphalographie chez les mentaux semble être de distinguer les affections franchement organiques des vésanies.Les anomalies occasionnelles observées chez certains schizophréni- ques catatoniques peuvent être dues aux modifications de résistance électrique des parties superficielles de la tête par changement dans l\u2019hydratation des tissus.(British Medical Information Service \u2014 Traduction).Roma AMYOT.D.WILLIAMS.\u2014 La signification d'un élec- tro-encéphalogramme anormal.\u2018Journ.of Neur.and Psy.\u201d, 4: 257 (uillet-octobre) 1941.Ce travail découle de l\u2019examen clinique et électro- encéphalographique de 900 sujets divisés en 5 groupes: 1° sujets normaux choisis; 2° sujets normaux; 3° des psycho-névropathes; 4° des épileptiques; 5° des sujets présentant le syndrome post-trauma- tique.L\u2019auteur se proposa d\u2019établir la signification d\u2019un électro-encéphalogramme chez des sujets normaux et anormaux (surtout épileptiques) et la valeur des modifications anormales du tracé sous l\u2019effet de l\u2019hyper-ventilation par rapport aux anomalies constatées sans hyper-ventilation.L'auteur se servit côm- me critère de tracés anormaux d\u2019une expérience de l\u2019encéphalographie maintenant vieille d\u2019au moins 5 ans et des travaux sur le sujet de Lennox, de Gibbs et Gibbs, de Davis, de Jasper et Kershman. 750 Le pourcentage d'anormalité varie de 5 pour cent chez les sujets très normaux à 60% chez les épileptiques, 75,9% des sujets présentant des anormalités électro-encéphalographiques au cours de l\u2019hyperventilation montrèrent également des tracés anormaux au repos.Chez les épileptiques l\u2019épreuve donna une réponse pathologique dans 55% à 90%, selon qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019épileptiques à crises convulsives typiques seulement ou de malades à manifestations comitiales multiformes.L\u2019auteur est d\u2019avis qu\u2019un diagnostic de l\u2019affection épileptique devrait être porté sur la foi d\u2019une électro-encéphalographie anormale, mais que seule l\u2019observation clinique est en mesure de faire identifier le type de la crise.On conclut du présent travail et des recherches d\u2019autres auteurs, que: 1° un électro-encéphalogramme anormal chez un sujet normal par ailleurs suggere fortement la présence d\u2019une constitution anormale innée affectant le système nerveux central.2° Cette anomalie ne se montre pas spécifique et peut se manifester chez le sujet ou ses descendants comme étant un trouble fonctionnel de nature psycho-névro- tique, psychopathique ou psychotique, ou enfin épileptique.3° Quarante pour cent des épileptiques ont un électro-encéphalogramme.anormal entre leurs crises; mais le pourcentage monte à 90% pour les comitiaux qui sont l\u2019objet de crises de plus d\u2019un seul type.(British Medical Information Bureau \u2014 Traduction) Roma AMYOT.OPHTALMO-OTO-RHINO-LARYNGOLOGIE W.E.ADAMS.\u2014 Atélectasie post-opératoire.\u201cAmerican Journal of Surgery\u2019, 56: 180 (avril) 1942.I\u2019auteur cite Rink et King qui affirment que 14% des opérations abdominales sont suivies de complications pulmonaires consistant dans une broncho-pneumonie associée à un bloc d\u2019atélectasie.Or, l\u2019A.veut démontrer que c\u2019est l\u2019atélectasie postopératoire qui donne naissance à la pneumonie.Etiologie.Elle trouve son explication dans les 3 théories suivantes: 1.l\u2019obstruction bronchique par les mucosités d\u2019où absorption aérienne insuffisante et inhibition du réflexe tussigène ; 2.la déficience du pouvoir inspiratoire du poumon; 3.l\u2019excitation réflexe du vague produisant de la broncho-constriction.Physiopathologie.Les lobes inférieurs sont le plus souvent atteints par zones ou en masse.Plusieurs cas d\u2019atélectasie du lobe inférieur en foyers limités guérissent à la faveur du changement de la position du malade dans son lit.L\u2019anatomie pathologique démontre la présence d\u2019une bronchite exsudative qui peut évoluer en passant par les stades de la pneumonie.Selon Coryllos, la bronchite post-opératoire, l\u2019atélectasie et la pneumonie sont les 3 phases d\u2019un même processus.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 T'ableau clinique.L'apparition a lieu 24 à 72 heures, parfois 7 à 10 jours après l\u2019intervention chirurgicale.La triade symptomatique est à peu près constante: élévation de la température, pouls rapide, dyspnée.On peut ajouter les signes suivants: frissons, points de côté, puis cyanose des doigts et des lèvres.L'examen objectif démontre un déplacement du médiastin et du cœur vers le côté malade, l'élévation du diaphragme c-à-d.la diminution de amplitude respiratoire du même côté, matité massive ou en foyers, râles crépitants nombreux, murmure vésiculaire disparu.L\u2019examen radiologique est indispensable.Il illustre les signes précédents.L'até- lectasie en foyers est ici souvent confondue avec la broncho-pneumonie.L\u2019hyperleucocytose (15,000 à 20,000) est constante.L\u2019exploration bronchoscopique s'impose pour rechercher l\u2019obstruction bronchique et pratiquer le drainage thérapeutique au besoin: les sécrétions sont épaisses, visqueuses, adhérentes.Traitement.a) Traitement prophylaxique.1.Antisepsie de la bouche, drainage postural préopératoire.2.Eviter l\u2019atropine et l\u2019hyoscine qui favorisent la sécheresse des sécrétions et les rend plus adhérentes et visqueuses, done plus difficiles à expectorer.3.L\u2019anesthésiste doit s\u2019efforcer de surveiller le retour du réflexe tussigène et de pratiquer la broncho- aspiration.4, Cette complication pulmonaire apparaît surtout après les opérations abdominales et pelviennes ce qui ordonne une plus grande surveillance du malade.5.Chez les patients souffrant de bronchite chronique ou de bronchiectasie, il faut administrer un traitement médical associé au drainage postural; pratiquer la broncho-aspiration à l\u2019aide de la sonde de Nélaton intratrachéale avant, au cours et après l\u2019opération; demander le drainage bronchoscopique dès les premiers jours.6.Eviter de diminuer le pouvoir respiratoire c.-à-d.éviter les bandes abdominales ou thoraciques trop serrées et les sédatifs en trop grande abondance; prescrire l\u2019inhalation d\u2019un mélange protoxyde d\u2019azote, oxygène à divers intervalles; favoriser la ventilation de la chambre après l\u2019opération.7.Respecter la toux c-à-d.le réflexe tussigène qui constitue le meilleur moyen de défense contre la stagnation des sécrétions.La douleur empêche la toux.Alors, la plaie devrait être fermée de façon à restreindre le moins possible les mouvements respiratoires.b) Traitement actif.Sédatifs de la douleur mais écarter tout inhibiteur de la respiration.Administrer un mélange oxygène 95% et azote 5%.Drainage postural en Trende- lenburg.Atmosphère humide.Aspiration avec cathéter et sonde.Drainage bronchoscopique au lit du malade.Sulfapyridine I.V.V.LATRAVERSE. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 751 EST-CE DE LA GOUTTE ?Sensibilité, raideur, léger gonflement des jointures des phalanges (les autres articulations peuvent être prises), motilité affaiblie, ralentissement graduel des fonctions.se manifestant surtout vers l'âge moyen.tel est le tableau-symptômes que présentent de nombreux cas.|| peut indiquer un cas de goutte, ou bien un cas d\u2019'arthritisme.2 YXANTHINE ASTIER donnée per os, à dose d'une cuillerée à thé, une, et même deux fois par jour, amène ordinairement une rapide amé- .lioration de cet état, et, si on continue le traitement, la disparition compléte de tous les symptômes.La Lyxanthine Astier produit cet effet en vertu de ses éléments synergiques associés: iode, calcium, soufre, bitartrate de lysidine !.ce dernier, puissant dissolvant et éliminateur des déchets métaboliques.1.Méthylgiyoxalidine ou éthylethenyldiamine.a As au Page ) ur ROUGIER FRÈRES, 350, rue Le Moyne, Montréal Veuillez m'envoyer de la littérature et un échantillon: LYXANTHINE ASTIER CONGRÈS ET SOCIÉTÉS L'« Union Médicale du Canada» publie les comptes rendus scientifiques de toute société savante de langue française de l'Amérique du Nord.Ces comptes rendus doivent cependant être rédigés succinctement en dactylographie par les secrétaires respectifs et être adressés, sans retard, à la Rédaction.TROISIÈME RÉUNION DE L\u2019ASSOCIATION DES OPHTALMOLOGISTES ET OTO-RHINOLA- RYNGOLOGISTES C.-FRANCAIS La troisième réunion de l\u2019« Association des Ophtalmologistes et Oto-rhino-laryngologistes canadiens-français » eut lieu, le 9 mai, à l\u2019hôpital St-Joseph des Trois-Rivières, sous la présidence du Dr Auguste Panneton.Les communications variables et nombreuses intéressèrent hautement les médecins présents à en juger par l\u2019importante participation aux discussions.Le désir général réclame des travaux cliniques et non livresques, pratiques et courts, sans en oublier la tenue scientifique.Travaux dans lesquels les auteurs doivent épargner à l\u2019assistance un long tableau historique, une interminable énumération d\u2019examens négatifs, mais où, par contre, ils doivent savoir faire ressortir les faits importants en une synthèse brève, claire et précise, laissant ainsi un temps plus long à la discussion.Cette discussion libre, amicale, bien disciplinée est sans contredit l\u2019Âme animatrice de ces réunions.Ces dernières doivent conserver leur caractère de « forum scientifique » où les plus jeunes viennent puiser en peu de temps toute une richesse documentaire et où les ainés doivent écouter, respectueusement et avec bienveillance parfois, les confrères cadets.C\u2019est, à notre avis, cet esprit qui a valu à notre association une robuste naissance et lui assurera le développement normal d\u2019une heureuse adolescence.Les communications suivantes furent présentées: 1.\u2014 Dr J.-A.Tousignant (Québec) : Céphalées et troubles oculaires d\u2019origine dentaire.2.\u2014 Dr Emile Blain (Montréal) : Corrections optiques et verres teintés.3.\u2014 Dr P.-E.Julien (Shawinigan Falls) : Kératite parenchymateuse d\u2019origine staphylococcique.4, \u2014 Dr Philippe Panneton (Montréal) : Un cas rare du mycosis fongoïde de la conjonctive.5.\u2014 Dr Léo Côté (Québec) : a) Epithélioma bronchique.b) Dilatations polykystiques des bronches.6.\u2014 Dr Jules Brault (Montréal) : Tuberculose du sac lacrymal.7.\u2014 Dr Jean Lacerte (Québec) : Epithélioma de l\u2019oreille moyenne; évidemment pétro-mastoidien; roentgenthérapie.Guérison (2 ans).8.\u2014 Dr A.Plante (Roberval) : Histamine chez un sujet présentant depuis six ans un état vertigineux et de l\u2019ataxie labyrinthique.9.\u2014 Dr François Letarte (Québec) : Fibrome naso-pharyngien chez un adolescent.Ablation par voie palatine.10.\u2014 Dr Auguste Panneton (Trois-Rivières) : Angiome du voile du palais.11.\u2014 Dr Emile Pelletier (Québec).Strabisme avec déviation oblique.12.\u2014 Drs V.Latraverse et A.Godin (Montréal) : a) Papillomes récidivants du larynx.b) Diverticule de l\u2019æsophage.Films.L\u2019assistance a tout particulièrement apprécié les heureux débuts cinématographiques des docteurs V.Latraverse et A.Godin.Le président, secondé à l\u2019unanimité, proposa une motion de remerciements aux Dames Religieuses de l\u2019hôpital St-Joseph pour leur bienveillante hospitalité.Au cours du déjeuner servi au château de Blois et présidé par le docteur R.Hébert, le docteur Philippe Panneton, de Montréal, fut élu président de la IVe réunion devant avoir Si 5 PET\u201d Tp ISM UROPRAZINE 'GOUTTE LL ARTHRLT % e A : YSTITES LE AN q 3h ; VELLE- \u201cURIQUE.CALCOLEOL T1 } .TROUBLES \\ DRAGEES .A ; 3 JK ANCE LAY D TAN A 2 \u201cÉTATS.nh TROUBLE DE NESS TRICALCINE AU COURS DE Ivy GROSSESSE POUDRE \u2014 COMPRIMES \u2014 CACHETS \"T@FD.E \u201cA CUA IT E MENT, DURANT WN dal 2 DENTITIONÿET@DE NGE ANÉMIESCONVALESGENCES® PHOSPHATURIE AL BU URIE VEINOTROPE DU MASCULIN FEMININ TROUBLE SYSTEM VEINEUX VARIGO OPITES VARICES p d HEMORR I] EREST VARI 59 TROUBLES POSTPHLE BITIQUES, MASCULIN ®ETTEÉMININ PEPTALMINE MAGNÉSIÉE % : N k INSU aA UE) = ; : : TI OÙ : \u2014T RO UB PEPTALMINE RES PRURIGO PURE J Es 1 Bes \u201cFS OP HULUS:X 8 APR a ZÉMA®S NC A5 \u2014 @ Ta og 8 6 INC a PAG vy 2027, Ne \"DU COLLÈGE.M if MONTREAL \u2018 te \"54 lieu à Montréal, en septembre prochain, conjointement au congrès de l'Association des Médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord.Le secrétaire, Paul PAINCHAUD.JOURNEES MEDICALES ANNUELLES DE LA SOCIETE MEDICALE DE MONTREAL les 15, 16, 17 et 18 juin 1942 PREMIERE JOURNEE | A l'hôpital Notre-Dame Lundi, 15 juin 1942 Présidence de MM.G-L.Prud'homme et Charles-E.Hébert L\u2019ouverture de ces importantes assises eut lieu à l'hôpital Notre-Dame (Pavillon des Gardes- Malades) devant une assistance nombreuse.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 Symposium sur l'endocrinologie ! Biopsie de l'endomètre et frottis vaginal.Interprétation du point de vue hormonal M.L.-C.SIMARD Le docteur Simard, au moyen de projections, présente les différents aspects de la muqueuse utérine au cours du cycle menstruel.Il en décrit les différentes particularités en insistant sur les caractères différents des glandes et du chorion, selon le stade post-menstruel ou folliculinique, pré-menstruel ou folliculo-lutéinique.La biopsie de l'endomètre, facile d\u2019exécution, permet d\u2019établir avec assez de précision l\u2019étape de la muqueuse, la qualité de la secrétion hormonale ovarienne, et les menstruations sans ovulation.Quand à l\u2019examen du frottis vaginal il est basé sur l\u2019état des cellules desquamantes qui se kératinisent lorsqu\u2019il y a secrétion folliculinique, et sert surtout à dépister l\u2019existence de la sécrétion folliculinique dans la période pré-ménopausique.le président, le Dans son allocution, docteur G.-L.Prudhomme rappela le but des Journées Médicales.« Inaugurées il y a deux ans, dit-il, grâce à l\u2019esprit d\u2019initiative de notre dévoué secrétaire, le docteur Paul Letondal.ces «Journées» sont organisées pour faire connaître à-la profession, au moyen de présentation de malades ou de démonstration pratique, la valeur des nouveaux procédés de diagnostic et de traitement en médecine.» Au début de la séance, il est proposé par le docteur Bélisle, secondé par le docteur A.Desloges, que l\u2019on observe quelques minutes de silence à la mémoire du regretté docteur A.Ferron, récemment décédé.1.Le compte rendu des Troisième et Quatrième Journées paraîtra dans le prochain numéro.2.Vice-président du Bureau Médical de l\u2019hôpital Notre-Dame.Traitement chirurgical des goitres M.Roland DECARIE Le docteur Décarie parle de la préparation préopératoire des goitreux et du choix de la date de l\u2019intervention.Il faut à ces malades un repos prolongé autant psychique que physique qui favorisera l\u2019éloignement de leurs malaises habituels et la suppression de toutes les causes d\u2019ennui et de tracas familiaux et autres.Ce repos peut être aidé d\u2019ailleurs par une médication sédative, l\u2019administration d\u2019iode à doses fortes et continues jusqu\u2019à l\u2019opération, et un régime riche en glucides.Il faut également surveiller, avant l\u2019intervention, les émonctoires foie et reins dont dépendra le sort du malade dans les premières 48 heures qui suivront la thyroïdectomie.Le temps 1.Sous la direction du docteur C.-E.Grignon. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, juillet 1942 755 Première fois au Canada UN AURMONL OR DARDIAQUE < l.Augmente le tonus cardiaque.2.Dilate les artères coronaires.3.Augmente la réserve cardiaque.BROCHURE EXPLICATIVE ENVOYÉE SUR DEMANDE ANGLO-FRENCH DRUG CIE \u2014 MONTREAL 106 le plus opportun pour intervenir peut varier avee chaque malade.Il faut attendre une amélioration marquée de l\u2019état général, une diminution de la nervosité et la stabilité cardiaque.On opérera lorsque le métabolisme sera descendu à la normale, ou, du moins, lorsqu\u2019il se sera stabilisé.De cet exposé ressort la nécessité impérieuse d\u2019une collaboration médicale et chirurgicale.Indications chirurgicales des goitres M.C.-E.HEBERT La thérapeutique interne doit être essayée dans certains cus.Si la médication interne reste inefficace, il faut considérer le traitement chirurgical qui est indiqué dans les goitres kystiques, les goiires nodulaires (toxiques), les goitres compliqués d\u2019hémorragie, d\u2019infection, de compression, les goitres en évolution active entre 40 et 60 ans, les thyrotoxicoses primitives hyperplasiques (goitres exophtalmiques), les thyrotoxicoses secondaires qui s\u2019établissent sur une glande altérée par une néo-formation goitreuse banale (adénome toxique).L'intervention précoce est le but auquel il faut tendre et ne pas tarder pour diriger à la chirurgie les formes chroniques évoluant depuis des années et ayant résisté au traitement médical., Le traitement pré-opératoire doit être bien conçu pour bien préparer à l\u2019acte chirurgical: ce qui nécessite une collaboration médico-chirurgicale bien comprise.Discussion | M.LAMIE fait remarquer que la toxicité d\u2019un goitre n\u2019est pas toujours en rapport avec le taux du métabolisme basal.Si: l\u2019intervention radicale paraît dangereuse, mieux vaut pratiquer des résections fractionnées en 2 ou 3 temps.M.C.-E.GRIGNON souligne qu\u2019un goitre toxique a toujours un métabolisme élevé, sauf certains adénomes dégénérés.Le goitreux à opérer est toujours préparé pour une résection en un temps de Ia thyroïde, et ce n\u2019est que sur la table d\u2019opération que le médecin et le chirurgien décident de l\u2019étendue de l\u2019ablation.A l'hôpital Notre-Dame, l\u2019intervention en deux ou trois temps est abandonnée actuellement, puisque l\u2019on a l'impression que le choc post-opéra- toire dépend de la quantité de tissu thyroïdien laissé en place.Au point de vue anesthésie, il faut bien se rappeler que ce qui importe, c\u2019est d\u2019éviter au malade le choc nerveux des heures d\u2019attente.Il faut alors tenir secrète la date de l\u2019intervention et procéder, avant de sortir le patient de sa chambre, à une anesthésie de base, à «l\u2019avertin» par exemple.On a tendance actuellement à délaisser le cyclopropane toxique et hypertenseur pour revenir au protoxyde d\u2019azote.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LL.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 Au point de vue «test hépatique », le docteur Grignon met en doute la valeur de l\u2019excrétion provoquée de l'acide hippurique qui ne dépendrait que du rein.Il demande à ce sujet au docteur L.Morissette ce que l\u2019on pratique à la clinique Mayo.\u2018 Le docteur Grignon met ensuite en garde contre l'enthousiasme opératoire devant le goitre de la jeune fille ou de la jeune femme qui a souvent beaucoup plus besoin de psychothérapie que de thvroïdectomie.Il faut décider également le myxé- dème post-opératoire, fruit d\u2019une exérèse trop complète du tissu thyroïdien.M.MORISSETTE dit qu\u2019à la clinique Mayo, on emploie simultanément plusieurs épreuves de la fonction hépatique.Les goitreux sont d'ailleurs traités d'emblée comme des insuffisants hépatiques.Traitement de la ménopause M.A.MAGNAN Il comprend les moyens thérapeutiques que l\u2019on emploie pour guérir les différents troubles qui accompagnent la période de regression de la vie génitale féminine.On ignore quand commence ou finit la ménopause.Les différents systèmes glandulaires qui conditionnent la période menstruelle sont à la base des symptômes et des traitements de la ménopause.Le traitement œstrogénique est le premier traitement.Il comprend trois substances: l\u2019œstrodiol, l\u2019æstrone et l\u2019œstriol.À ceux-ci se joint le stilbœstrol.Les doses sont massives au début, diminuant avec l\u2019atténuation des symptômes semblent donner les meilleurs résultats.La voie intramusculaire semble la meilleure.La voie orale est employée pour le traitement d\u2019entretien.Dernièrement on prétend que la voie vaginale a un pouvoir d\u2019absorption supérieur à la voie intramusculaire.Le progesterone à petite dose à été employé pour aider au métabolisme œstrogénique.Il en est ainsi pour les extraits totaux ovariens et la thyroïde.Le calcium par voie intraveineuse stabilise la dissociation vago-sympathique.Trois moyens jugent l\u2019efficacité du traitement: 1° La diminution des symptômes.20 La biopsie vaginale.3° Le dosage de l'hormone gonodotropique dans l\u2019urine.Les principes endrogéniques sont employés pour diminuer l\u2019hyperactivité gonodotropique.Les rayons X agissent sur les ovaires et la glande pituitaire dans certains cas.La médication sédative, les vitamines et la psy- chotérapie complètent l\u2019arsenal thérapeutique. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 757 Il arrive trop fréquemment qu\u2019une personne qui a tendance à avoir des dérangements gastriques soit portée à avoir de mauvaises habitudes en ce qui concerne son alimentation.Pour corriger ces gens-là, il faut du temps et de la patience.Entre-temps, un produit pharmaceutique anti- acide, comme le Cal-Bis-Ma, peut servir de traitement palliatif.Une cuillerée à thé de Cal-Bis-Ma peut faire un bien surprenant en soulageant, promptement et pour un temps prolongé, des douleurs causées par l\u2019hyperacidité gastrique Pouvons-nous vous envoyer des échantillons?Veuillez en faire la demande sur votre papier à entête.La poudre Cal-Bis-Ma se vend en boîtes de 134 once et de 4 onces Le Cal-Bis-Ma, préparation agréable au goût, est très facile à prendre.WILLIAM R.WARNER & Co., Ltd.- 727 King Street, W., Toronto, Ont. 758 Les métrorragies de la ménopause doivent attirer une attention spéciale.Il faut en premier lieu faire une biopsie pour éliminer les lésions malignes et suivant les cas donner le traitement indiqué.Hirsutisme surrénalien.Surrénalectomie MM.Chs-E.GRIGNON et ].-Paul-M.RICARD Les A.rappellent quelques noms de femmes à barbe célèbres dans l\u2019histoire, puis rapportent l\u2019histoire de cas d\u2019une de leurs patientes.Il s\u2019agit d\u2019une fille de 21 ans qui est hospitalisée à l\u2019hôpital Notre- Dame en juin 1939 (dossiers 4,363 et 6,516) pour hirsutisme généralisé avec barbe noire en progression depuis sa puberté vers l\u2019âge de 13 ans, ce qui loblige à se raser jusqu\u2019à deux fois par jour.Elle n\u2019a eu que deux ou trois menstruations.Sa voix est celle d\u2019un mâle; sa taille est de 5 pieds et 5 pouces; et son poids de 212 au plus haut et se maintient à 170 livres; les diamètres épaules \u2014 bassin sont inverses et du type masculin.Les seins se sont atrophiés et le clitoris s\u2019est hypertrophié par 4 à 5 fois.Le caractère et l\u2019instinct sexuel sont changés ou plutôt indécis, pratiquement nuls.Pression artérielle élevée à 152/95.Les antécédents personnels et héréditaires sont sans intérêts.Les A.ont procédé à différentes recherches de laboratoires ou anatomiques en vue de départager la cause de ce virilisme-hirsutisme entre les glandes suivantes: pituitaire, ovaire ou surrénale.La radiographie de la selle turcique s\u2019est montrée normale.44 La biopsie des 2 ovaires n\u2019a pas permis de déceler la présence d\u2019inclusion embryonnaire androgyne ou de glande aberrante surrénale.La surrénalographie bilatérale a été faite après injection d\u2019air dans la capsule péri-rénale de Gérotia, concuramment avec une pyélographie par voie veineuse.Ces radios ont visualisé les surrénales, sans cependant démontrer d\u2019aspect tumoral, ni malformation des calices des reins.Les hormones masculines androgénes et féminines estrogènes ont été dosées dans les urines.Les À.en sont venus à conclusion qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019hirsutismes et virilisme d\u2019origine surrénalienne par hyperplasie probable.Ils énumèrent les différentes causes du virilisme : 10 Les tumeurs de la corticale surrénale (adénome ou cancer).20 L\u2019hyperplasie de la corticale surrénale.3° Les tumeurs sur des surrénales aberrantes, du ligament large ou autres lieux.40 Tumeurs embryonnaires de l\u2019ovaire: linoblastome ou arrhénoblastome).(mascu- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, juillet 1942 5° Le basophilisme pituitaire (adénome), maladie de Cushing.(Cas de Gratton.) Ils citent les différentes classes cliniques de dyscri- nie de la corticale surrénale, soit par tumeur ou par hyperplasie (d\u2019après Cahill), suivant l\u2019absence ou le changement des excrétions hormonales, i.e.androgènes estrogènes, ou substances stéroïdes gouvernant le métabolisme.Ils insistent sur les variations des rapports normaux des substances A/E, conditionnant les types cliniques suivant le sexe en cause et suivant la puberté (pré ou post-puberté ou ménopause).L\u2019un des A.(R) discute au mérite du choix des voies d\u2019abord chirurgicales de la surrénale.a) La voie transthoracique préconisé par Broster.b) La voie transpéritonéale antérieure, préconisée surtout par Georges Cahill.c) La voie rétropéritonéale lombaire employée surtout par Crile, Young et son auteur Walter.Il opte pour la voie lombaire de Walter; ce qui lui permet d\u2019explorer les deux surrénales par lombotomie bilatérale.Surrénalectomie gauche par exclusion en masse de la glande à la suite d\u2019hémorragie et de choc grave, le 25 octobre 1939.Inhibition opposée.Atrophie.Les A.insistent sur le traitement antichoe préopératoire et post-opératoire par le sérum salé concentré, le percorten, l\u2019eschatin et cite le fait que Cecil trouve 39% de mortalité par choc.Walter prétend que le facteur le plus important dans cette chirurgie est l\u2019anticipation préventive et le contrôle au cours et après l\u2019opération du choc causé par l\u2019insuffisance aiguë adrénalo-corticale.» Comme résultat les A.rapporte chez leur malade: l\u2019apparition des menstruations, l\u2019installation définitive d\u2019une voix féminine et le passage persistant des cheveux noirs aux cheveux blonds, la disparition de la barbe et besoin de se raser pour les premiers six mois, le changement du caractère et de l\u2019appétit sexuel.La malade reçoit des doses importantes d\u2019extraits folliculaires et bientôt (après 6 mois) voit réapparaître sa barbe ce qui oblige à lui donner des doses plus fortes, ce qui entraîne des hémorragies utérines \u2014 d\u2019un utérus à muqueuse atrophique.Les A.hésitent et finalement décident de castrer la malade le 18 novembre 1941, dans l\u2019espoir de découvrir peut-être quelques restes androgènes embryonnaires dans l\u2019ovaire (doute de l\u2019anatomo-pa- thologiste lors de la première biopsie (17/8/39), et aussi de faciliter l\u2019administration des extraits follicu- liniques sans avoir d\u2019hémorragie.Le résultat fut un peu décevant au début, car le poils et la barbe poussaient de plus belle, mais finalement la pousse s\u2019arrêta, le besoin de se raser s\u2019éloigna et finalement aux dernières nouvelles, la malade ne s\u2019est pas rasée depuis février 1942. PROCURE UN SOULAGEMENT DURABLE DANS L'HYPERTENSION Veratrite apporte un soulagement durable aux hypertendus qui présentent des périodes d'exacerbation et de rémission.Il aide a prévenir les bouffées et les accès explosifs de l'hypertension et évite ainsi au malade des périodes de profond malaise et d'incapacité.Veratrite contient du Veratrum Viride, du nitrite de soude et du phénobarbital, principes dont l'efficacité thérapeutique est reconnue.Il s'administre par la bouche et comme il est standardisé chimiquement et biologiquement, l'on doit en établir la dose pour chaque cas individuel en se basant sur l'abaissement de la tension artérielle.Veratrite ne comporte aucun danger pour le malade si on ne dépasse pas les doses thérapeutiques.Nous fournirons sur demande une documentation plus détaillée ainsi que des échantillons médicaux.IRWIN NEISLER & CO.\u201825.DECATUR, ILLINOÿ REPRESENTANTS POUR LE CANADA HERDT & CHARTON, INC.MEDICAMENTS DE MARQUE 2027 AVENUE DU COLLEGE McGILL \u2014 MONTREAL { Tous les autres caractéres qui avaient changés lors de la surrénalectomie se maintiennent, ce qui nous fuit espérer une guérison définitive.Nomenclature des produits endocriniens M.C.-E.GRIGNON Le rapporteur passe en revue tous les médicaments opothérapiques proposés par les différentes maisons de commerce à l\u2019emploi en clientèle courante.Il précise les médications et la nature de chacun et insiste sur le fait que les résultats obtenus expérimentalement chez les animaux de laboratoire avec ces produits ne permettent pas toujours d\u2019en attendre des succès identiques en thérapeutique humaine.760 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, juillet 1942 (Cet article doit paraître in extenso dans l\u2019Union Médicale.) Ce symposium sur l\u2019endocrinologie une fois terminé, le docteur J.-U.Gariépy, professeur de médecine opératoire à l\u2019Université de Montréal, prononça une conférence sur un sujet de grande actualité « L\u2019Enseignement de la Médecine et la Guerre ».Il fut présenté par le docteur Jean Saucier, président du Bureau Médical de l\u2019hôpital Notre-Dame, et remercié par le docteur G.-L.Prud\u2019homme.Pour clore cette Première Journée, un Buffet froid fut gracieusement offert aux congressistes par le Bureau d\u2019Administration de l\u2019hôpital Notre-Dame.Le Secrétaire des Assemblées Scientifiques, Roger-R.DUFRESNE.DEUXIEME JOURNEE A l'hôpital Sainte-Justine Mardi, 16 juin 1942 Présidence de MM.G.-L.Prud\u2019homme et A.-Z.Crépault?Les sulfamidés en médecine infantile M.Willie MAJOR Le docteur Willie Major ouvre la séance en faisant rapidement l\u2019exposé des différents composés employés en médecine, constatant que le sulfamidé idéal n\u2019est pas encore trouvé.Après avoir dit quelques mots des principales réactions toxiques dues au médicament, le rapporteur.passe aux applications cliniques en médecine infantile.Grâce aux sulfamidés, la durée de la pneumonie est sensiblement diminuée.Avec un dosage suffisant la température tombe à la normale en 48 heures.Dans les broncho-pneumonies le médicament donne de bons résultats, quoique ici, l\u2019effet ne soit pas aussi remarquable.Dans les méningites, le sulfamidé est un excellent médicament et son emploi a considérablement diminué la mortalité due à cette maladie.À remarquer que le sulfathiazole n\u2019est pas à conseiller car il pénètre difficilement dans le liquide céphalo-rachidien.Les sulfamidés sous une arme puissante surtout dans les cas de méningite à méningocoques et de méningites à pneumocoques, et l\u2019activité de ces produits est supérieure à toutes les thérapeutiques employées jusqu'ici.Dans la scarlatine leur valeur est douteuse car la complication rénale est à craindre.Cependant quelques auteurs ont remarqué que chez les scarlatineux qui ont reçu du sulfamidé pendant la maladie, les complications secondaires ont été moins fréquentes.1.Président du Bureau Médical de l\u2019hôpital Sainte- Justine.Dans le traitement de la rougeole et de la coqueluche, le médicament ne semble pas avoir d\u2019action sur la maladie mais sont utiles dans les complications, surtout les complications auriculaires et pulmonaires.Dans la chorée et dans la fièvre rhumatismale les sulfamidés ne donnent pas de résultats satisfaisants.Dans la dysenterie infantile, bacillaire, la sulfa- guanidine a une bonne valeur thérapeutique.Ce médicament s\u2019absorbe peu.il agit donc localement dans le milieu intestinal et serait par conséquent le médicament de choix dans le traitement des affections intestinales.Les sulfamidés dans les brûlures M.Edmond DUBE Le docteur Edmond Dubé traite de l\u2019emploi des sulfamidés dans les cas de brûlures.En présence d\u2019un patient avec brûlures étendues, il faut avant tout éviter le choc en mettant le malade au repos, et en lui injectant du plasma sanguin en quantités suffisantes, 30 c.c., 50 c.c., jusqu\u2019à 200 c.c.et méme 300 c.c.Pour lutter contre la toxémie possible, on donne du sérum glucosé et des protéines.Comme traitement local, il faut d\u2019abord nettoyer et débrider les plaies, sous anesthésie générale si nécessaire à condition que cette anesthésie soit de la plus courte durée possible.Comme application locale le choix est à faire entre différents médicaments: acide tannique, acide tannique avec violet de gentiane, violet de gentiane, triple dye » (violet de gentiane, acriflavine et vert brillant) et enfin le sulfamidé.Les sulfamidés sont employés sous trois formes, en poudre, en émulsion et en vaporisation.D\u2019après l\u2019expérience du rapporteur, la sulfadiazine en vaporisation lui a donné de brillants résultats, car sur 15 malades qu\u2019il a récemment traités, la durée 0D = a s = we oo a - OD THE E RL B.SH UTTLEWORTH CHEMICAL CO.LIMITED © & MANUFACTURING CHEMISTS CANADA NS vos ORDONNANCES pour sur SSSR PBPLCIFIEZ E est recommandé B S pour le t ral flatulence des nausé tement de l\u2019hyperaci , de la d i yspepsie, es de la grossesse.dité, de la duodénite, de la de l\u2019ulcère peptique et ENSENNS 3 SN ESS SE aay ESS as AEE.maa.SSS == pe | as.n raison des nt, le Di @nt à la paroi é lé alcalose s elle ne dé des pour les neutrali remarquable de se comb ser.jour la muqueuse de | gast , ments de nature coll laxol consti rique tue un revê O1 .dale qu estomac et empéche tout tement protecteur 1 con- acel- ordonnances.commodes pour les Egalement f POUDRE, en paquets ourni en pese é i cal 'olongé 10iqu\u2019il ai rec les aci .use pas d L'anti tre | 3 e mal e, et il a l : l\u2019'hyperaci crétion hyperaci grâce ; DILAXOL E di AGREABLE AU GOUT \u2019 ment aux alcali t une ré ns é de acti cal d e corps média proprié s 7\u2019 gastri té Le Dilaxol neutralise 1 « à mérité à t sure contre tout accident a 1 sa haute efficaci que et I\u2019 a epuis té la protecti a parol gast dans le contrd range pas la di approbati Son acti gesti 3 s recommand de trente ans plus rique on alcaline, le Dilaxol, cont F on qu nergiques, ne provoque pas de de 1 ) on du Corps rai- le il 1- iner on est on et ne acide original \u20ac par PROTECTEUR Tri et liqui Sous Bi sù de l l Ferments digestifs smu magnesium DOSE: eau.th drachmes liquides, dans -salycilate de hydroxyde Chaque once icate, carbonate UNE de contient 4 à 19 de grains rain 75 grains deux re FANS NE ISSN St ss SSS L'UNION MI ~ + a DICALE DU CANADA \u2014 BUIIETIN À.M.L.F.A.N.Montr éal, jui llet 194 2 162 moyenne du traitement, de 3 mois qu\u2019elle était, n\u2019est plus que de 3 semaines.Voici la technique du traitement: le patient est placé dans un lit fermé contenant des lumiéres qui permettent une température de 80° F.On fait une vaporisation toutes les heures pendant le premier jour, toutes les 2 heures durant le deuxième jour, toutes les 3 heures le troisième jour et toutes les 4 heures le quatrième jour.On obtient alors l\u2019escharre qu\u2019on enlève du 15 au 20e jour alors que la guérison est obtenue.Chez les malades à brûlures de petites étendues la guérison s\u2019obtient aussi beaucoup plus rapidement par l\u2019emploi de la sulfadiazine.En résumé, sans préconiser d\u2019une façon absolue le traitement des brûlures par les sulfamidés, le L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 tuberculeuse, bénéficient grandement de cette thérapeutique; il en est de même pour les abcès d'origine appendiculaire et pour les appendicites aiguës avec liquide louche.; La dose employée est de 4 grammes de poudre de sulfamidés; cette dose peut être augmentée à 12 grammes chez l\u2019adulte.L\u2019emploi de ce médicament par voie endoveineuse doit être poursuivi durant les jours qui suivent l\u2019opération.L'usage de la poudre nous a paru d\u2019une plus haute valeur thérapeutique que les solutions et les onguents.La crainte des adhérences post-opératoires ne peut être mise en ligne de compte car elles sont inévitables dans tous les cas de péritonite qui survivent, même si l'on n\u2019introduit pas de sulfamidés.rapporteur conclut qu\u2019en face des résultats obtenus, les sulfamidés se classent parmi les premiers rangs dans le maniement de ces affections chirurgicales.L'emploi des sulfamidés dans les lésions aiguës de l'abdomen M.Christophe BISSON Depuis leur apparition sur le marché, l\u2019usage des sulfamidés dans la cavité intrapéritonéale s\u2019est révélé d\u2019un précieux secours pour réduire le taux de mortalité.Tous les cas de péritonite, sauf celles d\u2019origine- Enfin cette drogue agit localement car les suppurations au lieu d\u2019être interminables cessent rapidement et le temps d\u2019hospitalisation est de beaucoup raccourci.Les sulfamidés en oto-rhino-laryngologie et en optalmologie M.Donat BUSSIERES Après avoir donné quelques généralités le docteur Donat Bussières dit que, depuis quelques années, il a préconisé l\u2019emploi des sulfamidés sur une grande L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 aire tie BREE | artoux Sulfste Exaiqoéted\u201d - HEBULON L SOUIBE Yor Caro, F rique Sa) Sésame D'après de nombreux rapports de cliniques, le fer à l\u2019état ferreux s\u2019avère plus efficace à petites doses que sous n\u2019importe quelle autre forme et offre moins d\u2019inconvénients.Parmi les nombreux régénérateurs sanguins qui portent l\u2019étiquette Squibh, trois contiennent du fer à l\u2019état ferreux.Afin de répondre aux besoins particuliers de chaque patient et de satisfaire aux préférences des médecins, l'un de ces produits contient du fer seul, un autre du fer et de la B, et un troisième du fer, de la B, et du foie.COMPRIMÉS DE SULFATE FERREUX .DESHYDRATE SQUIBB Pour emploi lorsque le fer seul est indique.S\u2019obtiennent en bouteilles de 100 et de 1000 comprimés recouverts d\u2019une 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quantités appréciables de certains facteurs du complexe B,.y compris la riboflavine et les facteurs du filtrat.S\u2019obtiennent en bouteilles de 100, 500 et 1000 capsules.# *\u201c Hebulon \" est une marque déposée de E.R.Squibb & Sons.Pour obtenir des notices descriptives, écrire à 36 Caledonia Road, Toronto, Canada.E-R-SquiBB & SONS OF CANADA, Ltd.Fabricants de Produits Chimiques pour le Corps Médical depuis 1858.6 63 164 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 échelle avec des résultats aussi surprenants et encourageants qu'ailleurs.Il a traité presque tous ses cas d\u2019oto-rhino-laryngologie, otites, mastoïdites, amygdalites, etc, avec ce nouveau médicament.Il applique le sulfamidé localement et en même temps 1l le donne par voie buccale.Pour les otites il emploie de préférence le sulfathiole sodium à 5% et les guérisons sont le plus souvent rapides.Les sinusites ont été l\u2019objet de ses premiers essais avec les sulfamidés et il a pu compter de nombreuses guérisons sans intervention chirurgicale.En ophtalmologie, de résultats extraordinaires ont été obtenus et le rapporteur mentionne entre autres deux cas de trachome traités avec ces médicaments et qui ont été complètement guéris.Le docteur Bussières termine en remarquant qu\u2019avec l\u2019ère des sulfamidés les guérisons sont particulièrement rapides et cela avec le minimum d\u2019interventions.Les sulfamidés dans les affections cutanées M.C.-H.TRUDEAU Le docteur Charles-H.Trudeau a essayé les sulfa- midés dans certaines affections cutanées qui souvent résistaient aux autres médicaments.Dans la vulvo- vaginite par exemple, la durée de l\u2019écoulement gonococcique se trouve raccourcie par l\u2019emploi des sulfamidés mais il peut se rencontrer des cas de vulvo-vaginites gonococciques sulfamido-résistantes.Dans certaines affections purulentes ou séro-puru- lentes de l\u2019épiderme, ces médicaments en poudre ou en pommade à 5% se sont avérés d\u2019une grande utilité.Ainsi ont été traités des eczémas infectés, des impétigos tenaces, certaines pyodermites, des folliculites, des plaies infectées et tout particulièrement des cas difficiles d\u2019ecthyma où la nouvelle médication est en train de détrôner l\u2019auto-bouillon- vaccin.Le rapporteur termine en donnant quelques conseils sur la manière d\u2019employer les sulfamidés dans les affections cutanées.Si la lésion est humide et a tendance à couler, la poudre doit être employée.Si, au contraire, la lésion fait facilement des croûtes et a tendance à sécher, la pommade doit avoir la préférence.De toute façon il faut viser à obtenir le contact le plus intime du médicament avec les tissus affectés, et au besoin enlever les croûtes, la sérosité et le pus.Dans certains cas il est utile d\u2019associer la médication interne aux applications locales.Il conclut en affirmant que le sulfamidé a permis de réaliser un progrès thérapeutique important dans certaines affections rebelles aux autres topiques, et d\u2019obtenir certaines guérisons dans un espace de temps plus court qu\u2019il n\u2019était possible de les obtenir avant leur apparition.+ + Les sulfamidés.Pharmacologie: toxicité et dosage dans le sang M.N.-R.BOUZIANE L'histoire de la découverte est rapidement esquissée et l\u2019on voit comment une collectivité d'hommes se sont inspirés les uns des autres.Les formules des différents produits usuels sont expliquées et le docteur Bouziane passe au métabolisme et fait voir le sens de la forme libre, de la forme conjuguée, le mécanisme des intoxications, etc.Des conclusions pratiques sont déduites et il termine par une méthode facile de dosage que le praticien peut effectuer au lit du malade.* * * Cette séance sur les sulfamidés fut suivie d\u2019une conférence sur «La recherche scientifique en Médecine et la Guerre » par le docteur L.-C.Simard, professeur agrégé d\u2019anatomie-pathologique à l\u2019Université de Montréal.Présenté par le docteur A.-Z.Crépault, le docteur Simard fut remercié par le président de la Société Médicale, le docteur G.-L.Prud\u2019homme.Cette Deuxième Journée, comme la précédente, se termina par un Buffet froid, gracieusement offert aux membres de la Société Médicale par le Bureau d\u2019Administration de l'hôpital Sainte-Justine.Le Secrétaire du Bureau Médical, Hermile TRUDEL.SOCIETE MEDICALE DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES- DE QUEBEC Séance à l'Hôtel-Dieu de Québec Vendredi le 6 mars 1942 Goitre à la puberté M.Pierre JOBIN L'auteur rapporte l\u2019observation d\u2019une jeune fille qui, à l\u2019époque de la puberté, présente simultanément un goitre exophtalmique, de l\u2019asthme, de l\u2019épilepsie et de l\u2019eczéma.Il émet l\u2019opinion que le traitement de l\u2019un quelconque de ces syndromes aurait une chance d\u2019améliorer tous les autres à la fois, car l\u2019influence du sympathique paraît ici manifeste, comme dans toute réaction pluriglandulaire.Il traite le goitre et tous les syndromes sont guéris en moins d\u2019un an.Cholécystites aiguës M.Tacques TURCOT ler groupe: Cholécystite aiguë avec péricholéeys- tite intense: 2 cas à peu près identiques qui furent opérés et subirent une cholécystostomie.Guérison. \u2026.LE \" nb | av) + ts x * PLFA yo \" UNE A ST 3 \u2019 A * ' vu Le v CR var * \u2018or Le AS sut \u2018 .Po 0 Sa 44» paca it esr : fire Bl: vepit ART \" 20 CER A C445 Ar LE RAT AC PERN ha fig! + dN J oe PRT Ree pp SR iS pps) a D LA RE! Ki Tre VPN AA FERC OAT RET] STIRRED {iden , ISMOFAK est indispensable à la défense nationale.Osmopak est un paquetage osmotique contenant du sulfate de magnésium, de la benzocaïne et du vert brillant.Il est beaucoup plus pratique et plus efficace que les pansements humides pour le traitement des plaies inflammatoires ou septiques.Osmopak contribue à l'effort de guerre en abrégeant les périodes d'incapacité dans la main-d'oeuvre.Osmopak excelle à circonscrire l'infection.C'est pourquoi des praticiens éminents de la médecine industrielle l'emploient afin d'abréger la durée de la convalescence de leurs blessés et leur permettre de poursuivre leur travail avec une incapacité fonctionnelle minime.Présentation en pots d'une livre et demie.Ecrire pour plus ample documentation.ano en -\u2014 w.ERLE 7 Cov EER LS hy.© 4 130 [I o ase bv SH IRWIN NEISLER & CO.= DECATUR, ILLINOIS REPRESENTANTS POUR LE CANADA HERDT & CHARTON, INC.MEDICAMENTS DE MARQUE 2027 AVENUE DU COLLEGE McGILL \u2014 MONTREAL 766 2e cas: Mucocèle infecté: signes cliniques marqués.Grosse masse à l\u2019hypocondre droit, avec tension et douleur.À l\u2019opération on ne trouve pas d\u2019adhérences: cholécystectomie.Suites opératoires trés bonnes.3e groupe: Un cas de gangréne du fond de la vésicule.Clinique: syndrome aigu de l\u2019étage supérieur de l\u2019abdomen.Cholécystectomie.Et un cas de perforation qui s\u2019était enkystée secondairement entre le côlon transverse, le foie et le ligament rond.Cho- lécystostomie.La précocité de l\u2019opération est admise partout.La cholécystostomie est à conserver quand il y a bien des adhérences et un mauvais état général.La cholécystectomie se pratique sur une grande échelle dans les bons cas et dans les cas de gangrène.Le drainage de la plaie est recommandé dans les cholécystites aiguës.Considérations sur le strabisme convergent MM.Jean LACERTE et Emile PELLETIER Le strabisme convergent est la plus fréquente des déviations oculaires.Son mode de production, l\u2019âge où il apparaît, le moment le plus opportun de sa correction, le choix d\u2019un traitement approprié, l\u2019opération ayant le plus de chance de succès font qu\u2019il peut être étudié sous plusieurs aspects.Certaines notions sont essentielles dans l\u2019étude du strabisme convergent: soit l\u2019accommodation, la convergence, l\u2019hypermétropie infantile, \u2018la faculté de fusion, les obstacles à la vision binoculaire, l\u2019anatomie et la physiologie des muscles extra-oculaires.Il y a surtout deux grandes variétés de strabisme convergent: a) monoculaire, b) alternant.Les méthodes d\u2019examen sont nombreuses et demandent beaucoup de précision.Dans le traitement du strabisme convergent, l\u2019on ne doit pas négliger l\u2019état général.La correction à l\u2019aide de verres, l\u2019occlusion de l\u2019œil fixateur, le développement de la vision binoculaire, sont des moyens utiles dans la correction du strabique.Si après environ six mois ces derniers moyens ne donnent aucun résultat ou un résultat insuffisant, il faut dès lors, sans attendre plus longtemps, intervenir chirurgicalement.L\u2019on ne doit pas hésiter à opérer un strabique même au cours de la quatrième année lorsque les mesures non chirurgicales sont insuffisantes.Les méthodes chirurgicales sont nombreuses.Le reculement du droit interne avec insertion sclérale de manière à conserver la convergence, associée, suivant les cas, à une résection avec ou sans avancement du droit externe donnent généralement de bons résultats.S\u2019il y a une déviation verticale en L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, juillet 1942 plus, l\u2019on peut suivant les circonstances, pratiquer une ténotomie du muscle oblique inférieur.En conclusion, le strabisme est un problème de l\u2019enfance.Erythremie M.Richard LESSARD L\u2019auteur rapporte une observation typique d\u2019é- rythrémie ou maladie de Vaquez-Osler.Il s\u2019agit d\u2019un homme de 52 ans, qui est venu consulter pour des fourmillements et des crampes douloureuses dans les membres inférieurs.L\u2019examen somatique révèle la présence d\u2019une splénomégalie solitaire.L\u2019'hémogramme donne: 6,776,000 globules rouges et l\u2019hémoglobine est à 146%.Les globules blancs sont au nombre de 10,428.Le teint du malade n\u2019est que très légèrement éry- throsique mais on note des taches purpuriques au niveau des jambes.Le sujet a été soumis à la roentgenthérapie avec une amélioration peu importante.Le prurit vulvaire M.O.GARANT De tous les prurits partiels, le prurit vulvaire est probablement le plus fréquent.On le rencontre à tous les âges, et principalement durant la période d\u2019activité génitale chez la femme.La symptomatologie et le diagnostic positif en sont des plus simples, mais il est beaucoup plus difficile de découvrir la cause locale, générale ou réflexe qui déclenche la crise prurigineuse.Avant la puberté, ce sont les vers intestinaux qui habituellement cause du prurit.Chez la femme, toutes les maladies génitales et même les règles peuvent en donner.Après la ménopause, c\u2019est surtout à la suppression de la fonction ovarienne qu\u2019il faut attribuer les démangaisons vulvaires.Le traitement consiste à calmer d\u2019abord le système nerveux, et ensuite la démangeaison.Deuxièmement, donner une médication désensibilisante, telle que l\u2019hyposulfite de soude en injection intraveineuse; enlever du régime tous les mets excitants, et enfin traiter la cause qui déclenche chaque crise.ee + SOCIETE DE GASTRO-ENTEROLOGIE DE MONTREAL Séance du 15 avril 1942 Présidence de M.Pierre Smith Anémie aplastique associée à une anomalie gastrique M.René ROLLAND Il s\u2019agissait d\u2019une malade d\u2019une quarantaine d\u2019années, entrée à l\u2019hôpital à cause d\u2019une diarrhée intermittente et d\u2019un amaigrissement marqué.L\u2019examen I'\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, juillet 1942 767 A se = A 6 £53 «3 Er vt SPT SARA on cn aa a \u20ac \u201c GER = Ne os : o> = ce cs ee ue 2 roe le = on JS es 2 as SE se 2 7 3 2 Langs 22 = J £2 7 ï $ 32 2 ore 3 Er Be : Ÿ a ; a % 0 av ai Sr og pi ca CE 2 a sé A 2 = 5 # > 7 he | Ze 5 Of = oY.a 22.RS * Ce JO ur on a vou ou \u201cok x Ie 5 M \"æ a te & & Hs a; Re 5 3 Ÿ # 23 Ad oF Fy 7 iy iS 2 2 ig $2 2 pa ab ec LA BIÈRE QUE VOTRE ARRIÈRE-GRAND-PEÈRE BUVAIT nee 168 objectif ne révélait rien autre chose que l\u2019anémie.La radiographie pulmonaire était négative, le tractus digestif montrait aux rayons X un dolichocôlon et sur l\u2019estomac une biloculation permanente et une déformation suspecte de la grosse tubérosité.Les hémogrammes pratiqués à répétion révélaient une anémie hypochrome progressive.La gastroscopie a montré une région antro-pylorique normale, avec une muqueuse pâle, légèrement atrophiée.La région de la grosse tubérosité semblait normale et malgré une légère sensation de résistance au cours de l\u2019introduction de l'instrument, on ne pouvait constater de biloculation.Le traitement à base de fer et de foie de veau ne donnant rien, on fit des petites transfusions répétées qui amenèrent une amélioration passagère de l\u2019anémie.Cette patiente qui ne se plaignait d\u2019aucun malaise digestif a été de nouveau radiographiée en novembre dernier.La biloculation persistait mais les images suspectes de la grosse tubérosité étaient disparues.Le chimisme gastrique a révélé une hypochloridrie nette à deux reprises, la ponction sternale a donné le tableau d\u2019une anémie du type aplastique.En février dernier, la malade a laissé l\u2019hôpital avec un hémogramme amélioré.Elle s\u2019est présenté ce matin même à la consultation parce que sa diarrhée avait repris.La formule sanguine s\u2019est encore améliorée.Le Dr Rolland présente alors les clichés et sollicite l\u2019avis des membres présents sur la nature de cette biloculation gastrique.Les radiologistes, MM.JUTRAS et BELISLE, sont d\u2019avis qu\u2019il semble s\u2019agir ici d\u2019une biloculation par situation anormalement haute du côlon transverse.Le rapport erythroblastique normal et l\u2019évolution de l\u2019anémie ne sont plus en faveur du type aplasti- que.C\u2019est une malade qui sera hospitalisée de nouveau et l\u2019examen de son tube digestif sera repris pour déceler la cause de cette anémie hypochrome et de cette diarrhée tenace.Tout le monde est d\u2019accord à trouver ce cas très intéressant et bien digne d\u2019être présenté de nouveau à la Société en temps et lieu.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 Achalasie duodénale M.Antonio CANTERO L'auteur insiste surtout sur le point de vue neuro- musculaire qu\u2019il faut adopter pour envisager cette question.C\u2019est une entité clinico-radiologique qui a exigé la collaboration du clinicien et du radiologiste afin d\u2019être individualisée et définie.L\u2019achalasie duodénale ou stase duodénale intermittente, c\u2019est au point de vue physiologie-pathologique une dyssynergie sympathique atteignant surtout les derniers segments du duodénum, pris entre le sphincter anatomique du pylore et les sphincters fonctionnels latents qu\u2019on a cru identifier en certains points de la région duodéno- jéjunale.Cette stase fonctionnelle intermittente peut être isolée; souvent elle accompagne les lésions les plus communes du tractus digestif, ulcus, lithiase, appendicite etc.Elle dépendait donc d\u2019une hyperexci- tabilité du système sympathique et répondrait très bien à la médication adverse: l\u2019acétylcholine qui facilite la transmission des excitations vagales.Les succès cliniques remportés par le Dr Cantero avec cette médication approuvent fortement cette façon de voir.Le docteur JUTRAS souligne la fréquence de ces dilatations duodénales que l\u2019on peut retrouver associées à bon nombre d\u2019affections courantes, telles que plus haut citées.Il rappelle le rôle prédominant que l\u2019on accordait depuis longtemps à ce popos, à la compression par la pince mésentérique.Le facteur, bien qu\u2019indéniable dans ce temps-là, ne doit pas être évoqué devant une stase duodénale radio- logiquement constatable, avant que l\u2019on ait interrogé tout le reste du tractus digestif et pensé aux dilatations d\u2019origine neuro-musculaire, dites fonctionnelles.La discussion s\u2019amorce alors sur la nécessité de l\u2019exploration complète du tractus digestif dans ces cas et la thérapeutique à employer.Sur ce dernier point le Dr Cantero donne des précisions au sujet du lavage duodénaux et des préparations d\u2019acétylcho- line qu\u2019il préconise chez ces stases fonctionnelles.Le secrétaire, Roger-R.DUFRESNE. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 | \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 = \u2014 THE Un sédatif et antispasmodique puissant mais sûr J.F.HARTZ Co.PULVETS LIMITED BUTYLONE TORONTO - MONTREAL HART Le Butylone de Hartz exerce une action hypnotique ra- Comme pide quoique relativement bréve et, par conséquent, il s\u2019avére trés avantageux comme sédatif pré-anesthésique.traitement SON ADMINISTRATION N\u2019EST SUIVIE D'AUCUN EFFET DÉSAGRÉABLE.efficace Le Butylone de Hartz est l\u2019un des composés barbituriques agissant le plus rapidement.On peut donc l\u2019administrer 4; à des doses assez élevées avec le minimum de danger spécifiez pour le malade.Le Butylone de Hartz est un analgésique efficace en HARTZ obstétrique et peut être associé à l\u2019hyoscine ou à la morphine.dans VOS POSOLOGIE: COMME HYPNOTIQUE, 1 PULVET.COMME SEDATIF PRE-ANESTHESIQUE: 2 PULVETS.ordonnances Présenté sous forme de Pulvets de 14 grains, et sous forme de Caplets de 34 ou de 14 grains.LE BRANDY SUD-AFRICAIN est reconnu pour sa haute teneur en esters L'efficacité des esters du brandy sud-africain est , .reconnue par la profession médicale britannique qui D'autres excellents vins de ê ue p prote que a l\u2019Afrique du Sud utilise grandement ce brandy dans les hôpitaux.Le se vendant au Canada: soleil et le sol sud-africain et les soins apportés à sa PAARL SEC BLANC: production, assurent l\u2019invariable qualité de cet exce!- PAARL WITZENBERG; lent brandy.Il est garanti par le gouvernement sud- PAARL SEC ROUGE (Type Bourgogne) ; PAARL BOURGOGNE MOUSSEUX; PAARL WINTERHOEK MOUSSEUX: (Type Champagne) ; PAARL SAUTERNES; PAARL VERMOUTHS (sec ou doux) ; PAARL MUSCATEL; africain quant à son âge et à sa pureté.Gagnant de la médaille d\u2019or dans le concours de tous les produits similaires de l\u2019Empire au \u2018Royal Agricultural Hall\u201d, Londres, Angleterre, en 1937.OLD LIQUEUR BRANDY, NOUVELLES LES \u201cJOURNEES\u201d DE LA SOCIETE MEDICALE DE MONTREAL Pour la troisième année consécutive, la Société Médicale de Montréal a tenu des « Journées » les 15, 16, 17 et 18 juin dernier, sous le haut patronage de l\u2019honorable Henri Groulx, ministre de la Santé et du Bien-Etre social.Ces « Journées » ont eu lieu successivement à Notre-Dame, à Sainte-Justine, à Saint-Luc et à l\u2019Hôtel-Dieu.À l\u2019ouverture de ces importantes assises, le président, le docteur G.-L.Prud\u2019homme, rappela le but des « Journées Médicales ».« Inaugurées il y a deux ans, dit-il, grâce à l\u2019esprit d\u2019initiative de notre dévoué secrétaire, le docteur Paul Letondal, ces « Journées » sont organisées pour faire connaître à la profession, au moyen de présentation de malades ou de démonstration pratique, la valeur des nouveaux procédés de diagnostic et de traitement en médecine.» Dans l\u2019ensemble les « Journées Médicales 1942» sont en progrès sur les précédentes.Elles ont davantage tenu compte de l\u2019actualité et des besoins de la pratique.C\u2019est ainsi qu\u2019il y eut à Notre-Dame un symposium sur l\u2019endocrinologie, et qu\u2019à Sainte-Justine une séance était entièrement consacrée à l\u2019étude des sulfa- midés en clinique infantile.À Saint-Luc eut lieu une « exposition clinique », qui occupa tout un étage et précéda la séance à l\u2019amphithéâtre.Enfin, l\u2019Hôtel-Dieu, en plus d\u2019un programme scientifique des plus intéressants, réservait aux congressistes, à l\u2019occasion de son Troisième Centenaire, la visite du Cloître avec exposition d\u2019objets d\u2019art et de documents historiques.Après chacüne de ces matinées cliniques, une conférence susceptible d\u2019intéresser toute la profession était prononcée par un invité d\u2019honneur.2 ve Grâce à la Société Médicale, il nous a été permis d\u2019entendre le docteur J.-U.Gariépy sur « L\u2019Enseignement de la Médecine et la Guerre »; le docteur L.-C.Simard, sur « La Recherche scientifique en Médecine et la Guerre »; le docteur Adélard Groulx, sur « Le C.P.C.et la Profession Médicale »; le docteur Oscar Mercier, sur « Trois siècles de Médecine au Canada français ».Les «Journées » se terminèrent jeudi soir le 18, au Cercle Universitaire, par le Banquet annuel de la Société Médicale.À cette occasion, suivant une tradition établie par le docteur Léon Gérin-Lajoie, l\u2019on procéda à la nomination de nouveaux membres honoraires.Furent élus: sir Eugène Fiset, lieutenant-gouverneur de la province de Québec, docteur en médecine; le docteur Henri Laugier, professeur de physiologie à l\u2019Université de Montréal; le docteur C.-N.Valin, ancien président de la Société Médicale de Montréal, professeur honoraire à la Faculté de Médecine.La soirée se termina par une spirituelle causerie de M.Louis Bourgoin, I.C., sur un sujet paramédical.À la table d'honneur: le docteur G.-L.Pru- d\u2019homme, président de la Société Médicale de Montréal; l\u2019honorable Henri Groulx, ministre de la Santé et du Bien-Etre social; le docteur Albert LeSage, doyen de la Faculté de Médecine, représentant Son Honneur le Maire de Montréal; le brigadier général E.de B.Panet, chef du District Militaire No 4; le commodore Albert de Niverville, commandant de la région d\u2019entraînement aérien No 3; Commander C.-G.Stuart, R.N.R., Naval Officer in charge, Montréal; M.Louis Bourgoin, I.C., conférencier invité; le docteur J.-E.Desrochers, président du Collège des Médecins et Chirurgiens de la province de Québec; Doctor E.-G.-D.Murray, President of the Montreal Medico-Chirur- gical Society; le docteur C.-A.Gauthier, pré- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 HYPNOTIQUE AVEC EFFET ANALGÉSIQUE Le Sonéryl associe à une action hypnotique très sûre et s'exerçant à faible dose, des effets analgésiques qui le rendent efficace contre les insomnies d'origine nerveuse et douloureuse.Chez les malades à estomac rebelle et nauséeux, on peut administrer les suppositoires Sonéryl.Les Comprimés Sonéryl dosés à O gr.10 sont présentés en tubes de 20 et en flacons de 100, 500 et 1,000.Les Suppositoires dosés à O or.20 sont offerts en boîtes de 10. 772 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.sident de la Société Médicale de Québec; le docteur Oscar Mercier, président du 17e Congrès de l\u2019Association des Médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord; le docteur Adélard Groulx, vice-président de la Société Médicale de Montréal; le docteur Gabriel Lord, président de la Société Dentaire de Montréal; le docteur Hector Sanche, ancien président de la Société Médicale de Montréal; le docteur Paul Letondal, serétaire général de la Société Médicale de Montréal.ee ee UNIVERSITE DE MONTREAL Faculté de médecine.DocTEURS (Promotion 1942) DOCTEURS AVEC GRANDE DISTINCTION.Beaulieu, Roger Bourque, Jean-Maurice Dontigny, Paul.Monsieur Dontigny a aussi obtenu: 1° la médaille d\u2019or «sir William Hingston », accordée à l\u2019élève qui a conservé le plus grand nombre de points sur l\u2019ensemble du cours de médecine; 2° le prix de «Son Excellence Monseigneur Alphonse Deschamps », décerné à l\u2019élève finissant qui a le mieux réussi dans ses études de médecine.Joannette, Jean-Paul.Monsieur Joannette a aussi obtenu la médaille du lieutenant-gouverneur de la province, décernée à l\u2019élève de 5ième année qui a le mieux réussi dans les matières de laboratoire.Leduc, André Leduc, Paul-Emile.DOCTEURS AVEC DISTINCTION.Archambault, Remi Béique, Léon Charbonneau, Jean Croisetière, Fernand Ethier, Jacques Gagnon, Joseph .Genest, Jacques \u201c> Jarry, Léo.\u2014 Montréal, juillet 1942 Monsieur Jarry a aussi mérité le 2éme prix d\u2019internat offert par les Laboratoires Nadeau Limitée.Laperrière, Aubert.Monsieur Laperrière a aussi obtenu le prix E.-P.Lachapelle ($50.00) décerné à l\u2019élève de 5iéme année qui a obtenu le plus grand nombre de points dans ses examens du doctorat.Laroche, Noël Leduc, Gaston Leger, Jacques.Monsieur Leger a aussi mérité le 2ième prix d\u2019internat ($20.00) offert par les Laboratoires Nadeau Limitée.Marcoux, René Prévost, Guy Vigneau, Paul.Docteurs.Albert, Philippe Alvarez, Eduardo Barette, Rosaire Beaudoin, Robert Blais, Joseph-Antoine Bourbonnais, Earl Charbonneau, Roméo Danais, Edouard Deschambault, Jacques Gagnon, Edouard.Monsieur Gagnon a aussi obtenu: 1° le prix Rodolphe Boulet ($50.00) décerné à l\u2019élève qui a le mieux réussi dans les matières de 5ième année; 2° le ler prix d\u2019internat ($30.00) offert, par les Laboratoires Nadeau Limitée et décerné à l\u2019élève de Sième année dont le succès a été le plus marqué au cours de l\u2019internat.Gauthier, Jean-Charles Gendron, Roland.Monsieur Gendron a aussi mérité le 2iéme prix d\u2019internat ($20.00) offert par les Laboratoires Nadeau Limitée.Trois élèves: MM.Jarry, Gendron et Léger se sont classés ex-aequo; après tirage au sort, le prix a été attribué à Monsieur Gendron.\\ L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 BIS KAM OIL Hyperchlorhydrie \u2014 Affections de l\u2019estomac.1 à 3 cuillerées de poudre délayées dans de l'eau froide.TREPHONYL du Dr Roussel (Hemostyl et extrait de foie) Anémies.Déficiences organiques.1 ampoule dans 44 de verre d'eau par jour de préférence avant les repas de midi.TAXOL Rééducateur physiologique de l\u2019intestin.2 à 4 comprimés avant le repas du soir.(Dose moy.2 comprimés.) NEURIN ASE Sédatif et hypnotique sans accoutumance.1 à 2 tablettes au coucher.ALEPSAL Epilepsie.Convulsions (Non dépressif).Comprimés dosés a 0 Gr.015 et a 0 Gr.10.INOTYOL Affections de la peau.Démangeaisons.Brûlures.Applications journalières.PLURIGLANDINE Extrait opothérapique total.Déficiences organiques.2 à 4 dragées glutinisées par jour.VEINATONE Affections veineuses.2 à 4 dragées glutinisées par jour.ARTICHOBYL Maladies du foie.(Action très douce.) 4 à 10 pilules à intervalles réguliers.J.EDDÉ Limitée Edifice New Birks, MONTRÉAL VA L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 Gratton, Bernard-Albert Hébert, Jean-Paul Joly, Raymond Klemchuck, Etienne Landry, Henri-Georges Langlois, Denis Lavoie, Vial Légaré, Laurier Lewis, Georges-André Miller, Frank Nadeau, Georges Saint-Martin, Jean Saint-Martin, Maurice Simard, Roland Vigneau, Jean.PRIX OFFERTS AUX ÉLÈVES DE 4ième ANNÉE.PRIX DE PÉDIATRIE ($50.00), offert par l\u2019hôpital Sainte-Justine et décerné à l\u2019élève de 4ième année qui a le mieux réussi aux examens de pédiatrie: Roussel, Léonard.Prix DE LA BANQUE D\u2019EPARGNE.Deux prix de $5.00 sont offerts annuellement et décernés aux élèves de 4ième année: Longtin, Madeleine Rinfret, Gilbert.PRIX OFFERT PAR LES LABORATOIRES NADEAU LIMITÉE ($25.00), à l\u2019élève de 4ième année qui a le mieux réussi dans ses examens de d\u2019année: Roussel, Léonard.PRIX OFFERT AUX ÉLÈVES DE 3ième ANNÉE.PRIX OFFERT PAR LES LABORATOIRES NADEAU LIMITÉE ($25.00), à l\u2019élève de 3ième année qui a le mieux réussi dans ses examens de fin d\u2019année.Trois élèves, MM.J.A.Delaney, A.Parenteau et R.Poirier, se sont classés ex- aequo; apres tirage au sort, le prix a été attribué à monsieur | Poirier, Roger.Chaire d'Histologie de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal Déclaration de vacance Le Conseil de la Faculté de médecine, en sa séance du 27 mai 1942, a déclaré vacante la chaire d\u2019Histologie.Les candidats à cette chaire sont priés d\u2019adresser leur application au Directeur des études de la Faculté de médecine.Conditions Article 10.\u2014 1° Etre professeur agrégé à la Faculté de médecine de l\u2019Université de Montréal.2° Avoir fait partie du personnel enseignant de la Faculté comme assistant, chargé de cours, ou professeur agrégé, pendant une durée minime de 10 ans.Article 11.\u2014 Dans un délai de 30 jours après fermeture de la liste d\u2019inscription, les candidats agrégés devront déposer à la Faculté de médecine: 1° Un exposé de titres et travaux scientifiques, dactylographié en 6 exemplaires, dont un sera déposé aux archives de la Faculté de médecine.a) L\u2019exposé de titres comporte un curriculum vitae, l\u2019énumération des grades universitaires, titres honorifiques et autres, avec leurs dates d\u2019accession ; b) L\u2019exposé de travaux comporte une analyse de tous les travaux et articles parus en librairie, et copie des rapports scie: tifiques.Les manifestations purement verbales ne sauraient être prises en considération.Epreuves d'agrégation Le Conseil de la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal, en sa séance du 11 mars 1942, a décidé qu\u2019il était opportun d\u2019ouvrir certains postes d\u2019agrégés en vue de promouvoir notre enseignement.Il y aura donc concours d\u2019Agrégation a) MÉDECINE GÉNÉRALE, comprenant pathologie médicale, pathologie générale et clinique médicale.6 agrégés L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 Bur1rTIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 775 Une thérapeutique efficace pour.[ Otite Moyenne DOIT ÊTRE ANALGÉSIQUE - BACTÉRICIDE et PRODUIRE la DÉSHYDRATATION des TISSUS Aaralhan THE DOHOW CHEMICAL COMPANY, LTD.Montréal \u2014 New-York \u2014 London AMbherst 8900-3733 MONTY, GAGNON & MONTY Ambulances de luxe, chauffées ® Transport des malades à la ville et à la campagne.Service prompt et sûr.1926, Plessi Salons mortuaires Salons mortuaires: 4156, rue Plessis Ambulanciers de l'Hôpital Notre-Dame Pompes funèbres 776 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 b) CHIRURGIE GÉNÉRALE, comprenant pathologie chirurgicale, clinique chirurgicale, médecine opératoire .6 agrégés c) MATIÈRE MÉDICALE ET PHARMACOLOGIE 2 agrégés d) PHTISIOLOGIE .« + + « + + - .1 agrégé e) UROLOGIE .« « + « «+ + + « 1 agrégé f) PSYCHIATRIE .« « « + + « « - 1 agrégé g) CHIRURGIE INFANTILE ET ORTHOPEDIE * 1 agrégé Ceux qui désirent poser leur candidature sont tenus de le faire le ou avant le 15 sept.1942.+ CONDITIONS REQUISES D'UN CANDIDAT AU CONCOURS D\u2019AGRÉGATION Art.5.\u2014 Peut être candidat au concours ou aux épreuves d\u2019Agrégation, tout médecin ayant fait un stage d\u2019au moins trois ans comme assistant à l\u2019une des chaires d\u2019enseignement de la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal.Néanmoins le comité peut diminuer la durée de ce stage à un ou deux ans en raison de certaines équivalences; v.g.: a) un médecin n\u2019ayant fait qu\u2019une ou deux années d\u2019assistance à la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal et ayant suivi un cours de perfectionnement au Canada ou à l\u2019étranger; b) un médecin ayant fait de l\u2019enseignement dans une autre Faculté et pouvant fournir les titres équivalents à ceux que la Faculté exige de ses assistants, peut devenir candidat à l\u2019Agrégation.Il devra néanmoins au préalable avoir fait comme assistant de l\u2019enseignement chez nous pendant une année.Dans les deux cas, il devra être fourni au Comité, des lettres de créances du ou des professeurs auprès desquels les candidats auront travaillé.Art.6.\u2014 Dans les délais prévus à l\u2019art.7 ci-dessous, l\u2019aspirant devra déposer au Secrétariat: A) Un exposé de ses titres (curriculum vi- tæ, grades universitaires, titres honorifiques, etc.) et travaux scientifiques, dactylographié (ou imprimé) en sept exemplaires dont un sera annexé à son dossier.Co | Remarque.\u2014 Il ne s\u2019agit pas ici d\u2019une liste de travaux, mais d\u2019un résumé intelligible de chacun d\u2019eux.Il va de soi que seuls peuvent être pris en considération des travaux imprimés et parus soit en librairie, soit dans les Revues scientifiques.B) Un exemplaire de chaque tirage mentionné dans l\u2019exposé de travaux scientifiques.C) Le titre de la thèse accompagné d\u2019un plan et d\u2019un court résumé du sujet qui y sera traité.Le Doyen et Directeur des études, Albert LeSAGE.6-6 ++ NOUVEAUX TITULAIRES A LA FACULTE DE MÉDECINE DE L'UNIVERSITE LAVAL Le docteur Jean Grégoire, sous-ministre de la Santé, a été nommé titulaire de la chaire de législation sanitaire.Le docteur Berchmans Paquet, hygiéniste de la cité de Québec, a été désigné à la chaire de clinique des maladies contagieuses.Le docteur Rosaire Gingras devient titulaire à la chaire de biochimie.Le docteur Henri Marcoux sera titulaire à la chaire de chimie clinique.LA FONDATION W.F.KELLOGG ET L'ACCELERATION DES ETUDES MEDICALES AUX ETATS-UNIS ET AU CANADA La Fondation Kellogg a offert à chacune de cent cinquante écoles: de médecine, d\u2019art dentaire, d'hygiène publique, d\u2019infirmières, aux Etats-Unis et au Canada, une somme de $10,000 devant être consacrée à aider financièrement certains élèves pauvres de ces écoles.L\u2019accélération des cours, rendue nécessaire par la guerre, prive certains étudiants d\u2019une période de vacances pendant laquelle ils pouvaient gagner de l\u2019argent en travaillant.La Fondation Kellogg, par ses donations pourra suppléer, dans une certaine mesure, aux sacrifices exigés de ces élèves.La somme octroyée pourra servir soit à des donations, soit de préférence à des prêts à très bas intérêt et à termes de remboursement très faciles. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 DEPUIS PRÈS D'UN DEMI-SIÈCLE Toujours le même but: REDUIRE LE TAUX DE LA MORTALITE INFANTILE reste toujours un médicament de choix pour le traitement scientifique de la .COQUELUCHE .Le Pavéral est journellement prescrit avec succès pour les cas de coqueluche et des toux Coqueluchoïdes.\u2014 Ne cause ni intolérance, ni complication.° Littérature sur demande.ii La a CEA PRO ENV ND A MID VCH MOR YoY yf {FR CCS A VENDRE.Un Rayon X, une Dyathermie, Ultra-Violet, Instruments de chirurgie en parfaite condition.Cause de maladie.S\u2019adresser au docteur J.-B.Drouin, 207, rue Notre-Dame, Victoriaville, P.Q. 178 Nous savons pertinemment que la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal, nous présumons que l\u2019Ecole de Médecine de Québec ont bénéficié de ce don de la Fondation Kellogg qui facilitera d\u2019autant la mise en train de l\u2019accélération des cours par le racour- cissement des vacances.ee ++ PROTECTION DES ENFANTS ET DES MERES DE FAMILLE Deux médecins attachés au département provincial de la Santé et du Bien-Etre Social viennent de donner chacun une conférence sur les soins dont on doit entourer les enfants et les mères de famille.Ce sont le docteur Louis-René Vézina, chef de la division des hôpitaux des maladies mentales, et le docteur Bruno LaHaye, chef de la division des unités sanitaires.Protection des enfants «Que devez-vous faire pour assurer à vos enfants une croissance normale et les mettre à l\u2019abri des risques que comportent leur âge et le milieu dans lequel ils vivent?» Telle est la question à laquelle répondait dans sa conférence le docteur Louis-René Vézina.Après avoir insisté sur la nécessité de se conformer toujours aux avis du médecin de famille qui « connaît votre passé qui, partant, est en mesure de prévoir certaines conséquences éloignées ou immédiates de l\u2019hérédité », le docteur Vézina suggère aux populations rurales de cette Province de profiter de nos unités sanitaires: « soyez donc disposés à profiter de ces organismes nouveaux qui ont déjà sauvé tant de vies.L'immunisation contre la diphtérie, la vaccination contre la variole et la ty- phoide sont autant de mesures préventives qui vous sont offertes par l\u2019Unité sanitaire et que vous avez le devoir d\u2019accepter avec empressement.» Tout en insistant sur l\u2019excellence des consultations pour nourrissons et sur l\u2019importance des cliniques antituberculeuses, le docteur Vézina trace aux mères de famille le programme suivant: « Maintenir et améliorer si L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juillet 1942 possible l\u2019état actuel de santé, prévenir la maladie et appliquer dès les premiers symptômes le traitement approprié; prévenir les accidents et donner au blessé, en attendant le médecin, les soins qui assurent une prompte guérison tout en évitant les complications de l\u2019infection, toujours aussi dangereuse que la blessure elle- même.» Le conférencier donne ensuite quelques conseils sur les premiers soins et termine en invitant les chefs de famille à établir chez leurs enfants, dès le plus jeune âge, des habitudes de vie régulière.Il suggère cn particulier d'éviter « d\u2019ébranler leur système nerveux par d\u2019inutiles bouleversements d\u2019habitudes.» Une alimentation appropriée en qualité et quantité doit présider à la préparation des repas, chaque jour.N\u2019oublions jamais, dit-il, que les abus sont plus souvent néfastes que les privations.Donc, tempérance et dans le boire et dans le manger.» Protection des mères de famille «L'état de grossesse, bien qu\u2019il doive être considéré comme une fonction normale de l'organisme féminin, comporte certains dangers que l\u2019on peut éviter la plupart du temps.» La santé de la mère de famille doit être surveillée pour elle-même et son enfant.La maman est un membre précieux dans la famille et si elle veut remplir son rôle de mère, elle n'a pas le temps d\u2019être malade.La maladie dans un foyer occasionne bien des dépenses d\u2019argent, alors il va sans dire que non seulement elle n\u2019a pas le temps d\u2019être malade, mais elle n\u2019en a pas les moyens.Elle doit donc apporter des restrictions à son travail journalier, et observer certaines règles d'hygiène indispensables pour sa protection et celle de son enfant.Il lui faudra éviter les travaux durs et fatigants, se reposer de temps à autre, renouveler l\u2019air vicié de ses poumons en prenant une marche à l'extérieur, conserver sa bonne humeur qui est un facteur important.Elle surveillera attentivement le bon fonctionnement des organes qui servent à l\u2019élimination des produits toxiques.À cette fin elle se main- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, juillet 1942 tiendra dans un état de grande propreté et évitera la constipation.L\u2019hygiène de la bouche ne saurait être négligée de même que la question des vêtements et des chaussures.En observant ces conseils, la maman se préparera heureusement à remplir un autre devoir qui lui incombe: « celui de nourrir son enfant ».C\u2019est une obligation à laquelle elle ne doit pas se soustraire sans raisons majeures.Toute mère de famille, à exception près, est capable de nourrir son enfant, encore ceci à condition qu\u2019elle observe à peu près les mêmes règles d\u2019hygiène que durant sa grossesse.LE DOCTEUR J.-A.COUILLARD Le docteur Couillard vient d\u2019être élu président de l\u2019Association canadienne anti-tuber- culeuse pour 1943-44.C\u2019est la seconde fois que cet honneur est déféré à notre collègue.Nous lui offrons nos félicitations.DIPHTERIE 1941 Décès par diphtérie (toute la Province) 1941 12 mois .«+.144 Morbidité par diphtérie (toute la Province) 1941 \u2014 12 mois .+ + +
de

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