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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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L'union médicale du Canada, 1942-08, Collections de BAnQ.

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[" 8 ed IN MEMORIAM LE DOCTEUR ALPHONSE FERRON (1884-1942) Avec la mort récente du docteur Alphonse Ferron, le 12 juin 1942, Sainte-Justine a perdu un de ses plus anciens et plus estimés collaborateurs.En effet, le docteur Ferron a fait partie de Sainte-Justine à son début en 1911 et pendant plusieurs années, parfois sans aide, a assuré le fonctionnement du service de Chi- rurgie-orthopédie, malgré un développement sans cesse grandissant.Le docteur Ferron naquit le 7 juillet 1884, à Sainte-Flore, comté Champlain, et fit ses études classiques au séminaire des Trois- Rivières et au collège St.Dunstan à Charlottetown, Ile-du-Prince-FEdouard.Issu d\u2019une famille où la tradition médicale était fortement ancrée: fils de médecin \u2014 son père, le docteur Edouard Ferron, a pratiqué de nombreuses années à Sainte-Flore, \u2014 Alphonse Ferron commence ses études de médecine en 1905 à so l\u2019Université Laval de Montréal.Diplômé en 1909, il s\u2019inscrivit aussitôt à l\u2019hôpital Notre- Dame comme médecin interne et après un an, il accepta la charge de chef-interne qui lui était offerte.Il fut maintenu à ce poste pen- 784 : L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 dant huit mois et, dans ses moments libres, s\u2019occupait tout particulièrement de chirurgie, spécialité qui l\u2019attirait fortement.Se rendant bien compte que le métier de chirurgien exigeait des études approfondies, il n\u2019hésita pas à compléter sa formation en séjournant à Paris de 1911 à 1913.Pendant son stage en France, il étudia surtout l\u2019urologie, la chirurgie infantile et l\u2019orthopédie en fréquentant les services réputés d\u2019Albarran, de Legueu, d\u2019Auguste Broca, de Calot, alors en vogue à Paris et de Ménard, de Berck-sur-mer.À cette période si peu éloignée cependant, la chirurgie infantile et l\u2019orthopédie étaient peu connues dans nos milieux universitaires et hospitaliers et Ferron, avec l\u2019intuition qui le caractérisait, entrevoyait des horizons intéressants dans ces domaines.Après deux années d\u2019étude en Europe, où il visita plusieurs pays, il revint au Canada en mai 1913 et s\u2019installa à Montréal.Sachant dès lors que les connaissances qu\u2019il avait acquises à l\u2019étranger ne pourraient s\u2019appliquer sans un milieu favorable pour les mettre à exécution, Ferron offrit ses services à l'hôpital Notre-Dame qui l\u2019accepta comme chirurgien et il attendait le jour où il lui serait possible de faire partie d\u2019un hôpital d\u2019enfants.Sainte-Justine venait d\u2019être fondé et ses débuts étaient bien modestes, l\u2019hôpital ne comptant que 34 lits, logés dans une maison d\u2019occasion sise au numéro 820 (aujourd\u2019hui 4100) de l\u2019avenue De Lorimier.Malgré le nombre restreint de lits, on y faisait quand même un peu de chirurgie infantile et orthopédique et ce service avait été confié aux docteurs B.-G.Bourgeois et P.-Z.Rhéaume qui forcément occupés ailleurs, s\u2019étaient associés les docteurs Falardeau et Ferron.C\u2019est à cette période, en octobre 1911, que Ferron commença son travail actif à Sainte- Justine qu\u2019il devait poursuivre pendant 30 ans.S\u2019intéressant davantage à un champ d\u2019action où il avait été bien préparé, il y donnait presque tout son temps et avec la disparition subite du docteur Falardeau, en octobre 1918, Ferron prenait presque toutes les responsabilités du service de Chirurgie-orthopédie avec très peu d\u2019aide des rares assistants qui firent alors une apparition fugace.J'ai connu Ferron pour la première fois en 1914, alors qu\u2019il fut mon premier professeur de dissection et un peu plus tard, à Sainte- Justine où il m\u2019enseigna la chirurgie infantile et, dés lors, je fus fasciné par sa facilité d\u2019expression, sa mémoire prodigieuse et il fut responsable du goiit que j\u2019acquis pour la chirurgie des enfants.En 1919, je commençai une association plus intime avec celui qui fut véritablement un professeur et un ami pour moi; sur son conseil, Je n\u2019hésitais pas à me diriger dans la voie où il s\u2019était distingué.À cette époque, Sainte-Justine, installé dans un édifice nouveau, rue St-Denis, avait déjà 150 lits dont environ 50, réservés à la chirur- vie infantile et orthopédique, tous sous la direction du docteur Ferron qui accomplissait un labeur écrasant, assurant le service du dispensaire et des salles et pratiquant les opérations dont le nombre augmentait sans cesse avec la réputation de l'hôpital.Notre public montréalais et nos médecins acceptaient de plus en plus la nécessité d\u2019un hôpital d\u2019enfants et comprenaient les avantages qu\u2019ils pouvaient y retirer.Vers cette période, le docteur Ferron formait un nouvel assistant dans la personne du docteur A.-Z.Crépault qui continue encore aujourd\u2019hui à nous faire bénéficier de sa grande expérience.En 1920, Ferron avait inauguré un procédé chirurgical nouveau pour la correction du bec-de-lièvre et après l\u2019avoir utilisé pour un nombre considérable de malades, eut l\u2019avantage de le démontrer en 1922, au professeur L.Ombrédanne de Paris, de passage à Montréal, à l\u2019occasion du Congrès des Médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord.Ombrédanne fut très impressionné par le procédé Ferron et eut l\u2019obligeance de le citer dans son Précis de Chirurgie Infantile, publié à Paris en 1923, dans son chapitre sur le traitement des becs-de-lièvre.Cette technique de Ferron, publiée dans l\u2019Union Médicale du Canada, en juin 1924, est une contribution sé du gi 0 va ble CE qu pi QU n IN MEMORIAM véritable à la Chirurgie, infantile et orthopédique et les nombreux cas chez qui cette opération a été pratiquée depuis plus de vingt ans, ont grandement bénéficié de cette intervention.En effet, nous avons pu contrôler les résultats éloignés chez un nombre considérable de malades et nous sommes convaincus de la grande valeur du procédé Ferron qui continue à être utilisé à Sainte-Justine.Ferron a publié également d\u2019autres travaux parus dans l\u2019Union Médicale du Canada et dans les Annales Médico-Chirurgicales de l\u2019hôpital Sainte- Justine.En 1928, il était nommé « Fellow of the Royal College of Surgeon » du Canada.En 1923, Ferron fut chargé comme agrégé par la Faculté de Médecine, d\u2019une série de cours théoriques de pathologie chirurgicale et continua dans cette fonction pour une période de six années.Le ler juin 1926, il fut désigné comme le premier titulaire de la chaire de chirurgie infantile et orthopédique et nombreux sont les étudiants qui ont bénéficié de son enseignement, toujours mêlé d\u2019anecdotes qui en rendait l\u2019absorption plus facile, jusqu\u2019à environ il y a deux ans, alors que son état de santé le forçait au repos.Il fut le véritable initiateur de la Chirurgie infantile et orthopédique chez nous et possédait sa matière à fond.Son habileté opératoire faisait l\u2019admiration de tous ceux qui le voyaient à l\u2019œuvre et n\u2019était égalé que par la sûreté de son jugement lorsqu'il s\u2019agissait de poser un diagnostic en présence d\u2019un cas difficile.Il a procédé simplement et ne fut jamais attiré par les grandes démonstrations.De nature timide, parfois même à l\u2019excès, il accordait sa confiance avec prudence.Une fois décidé cependant, il ne connaissait pas les demi-mesures.Il permettait alors toutes les + + 785 initiatives et il ne ménageait pas son encouragement.Toujours au poste, il exigeait la ponctualité et je sais qu\u2019il y attachait une importance considérable.Pendant toute la durée de son association à Sainte-Justine, Ferron a rendu de nombreux services à l\u2019hôpital.Il fut le chirurgien attitré des Filles de la Sagesse et cette communauté, qu\u2019il a vu progresser rapidement à Montréal, lui en garde un souvenir reconnaissant.Pour moi, il fut un véritable professeur.Je crois que j'ai su gagner sa confiance et j'ai lieu de croire qu\u2019il se rendait compte de mon admiration et de mon attachement.Il présida toujours avec patience à ma formation chirurgicale, et je lui suis redevable des connaissances que j'ai pu acquérir.Son amitié ne m\u2019a jamais fait défaut et quelques mois avant sa mort, il m'\u2019en a fourni une preuve certaine, alors qu\u2019il me fit venir chez lui et se remettait entière- rement entre mes mains, pour le conseiller dans le traitement que son état de santé pouvait nécessiter.Tous les chirurgiens de Sainte- Justine lui sont redevables, au moins en partie, de leurs connaissances et je sais qu\u2019ils en conservent tous un excellent souvenir.Le nom de Ferron restera longtemps associé à Sainte-Justine.Son travail assidu et sa réputation de chirurgien ont contribué pour une large part à la progression constante de notre hôpital.Ses services méritent d\u2019être reconnus et peut-être pourrons-nous un jour le faire officiellement.oo C\u2019est avec un sentiment de véritable sympathie que le personnel entier de Sainte-Justine offre à madame Ferron et à toute sa famille, ses condoléances sincères.Edmond DUBE. BULLETIN LE XVIIe CONGRÈS DE L\u2019A.M.L.F.A.N.Montréal, 14-17 septembre L'Association des Médecins de langue française de l'Amérique du Nord trace toujours son sillon bienfaisant dans le domaine de la vie médicale en ce pays.Non contente de réunions scientifiques qui se tiennent tous les deux ans, notre Association vient en contact mensuel avec tous ses membres par le truchement de la plus ancienne revue médicale française d\u2019Amérique, l\u2019Union Médicale, devenue son organe officiel depuis janvier 1938.Pendant la Grande Guerre 1914-1918, les Congrès furent interrompus.Mais depuis 1939, l\u2019attitude de l\u2019Exécutif de notre Association s\u2019est basée sur les désirs de nos gouvernants qui ont exprimé l\u2019espoir que toutes nos sociétés, nos corps publics continuent de remplir le rôle qui leur est dévolu.En 1940, nos collègues des Trois- Rivières organisaient une chaleureuse réception à un grand nombre de nos membres.Les 14, 15, 16, 17 septembre prochain, Montréal tiendra son XVIIe Congrès sous la présidence du docteur Oscar Mercier, assisté de son dévoué secrétaire, le docteur Roma Amyot.Ces messieurs'n\u2019ont rien épargné dans l\u2019élaboration d\u2019un programme d\u2019une haute valeur scientifique qui s\u2019adapte aux nécessités de l\u2019heure présente.Depuis bientôt trois ans, dans une hideuse et'infernale tuerie, des centaines de milliers d'hommes s\u2019entrechoquent et s\u2019entretuent dans presque tous les coins de l\u2019univers.Le génie créateur de l\u2019homme invente des engins de plus en plus meurtriers qui vont semer la mort dans les rangs des pauvres hères qui n\u2019en peuvent plus.Sur terre, sur mer et dans les airs, des monstres géants, plus horribles que les animaux préhistoriques, se guettent et lancent, au moment opportun, la torpille mortelle sur l\u2019adversaire.Dans ce carnage indeseriptible, le médecin militaire remplit sa noble tâche qui le met en face de blessés sans nombre et de toutes les variétés.Pour lui, aucune haine, aucune animosité ; des ennemis d'hier, tous réunis dans la commune souffrance, sa science sert à sauver les vies.Sur les champs de bataille, en arrière des lignes, dans les hôpitaux de base, sur les mers, partout on le rencontre prodiguant ses soins, sans se soucier des dangers auxquels il s\u2019expose.Le médecin civil doit, lui aussi, faire sa part dans la guerre actuelle.La guerre aérienne expose la population entière des pays à l\u2019extermination.Lorsque, du haut des airs, une pluie de bombes s\u2019abat sur BULLETIN une ville, des centaines de foyers d\u2019incendies sèment la mort et la désolation; des milliers d\u2019êtres sans défense, hommes, vieillards, femmes et enfants sont ensevelis sous les décombres.Qui vient au secours de ces malheureux?Le médecin civil.La guerre fait donc surgir des problèmes nombreux auxquels doivent faire face, à la fois, le médecin militaire et le médecin civil.Pour ces raisons, le Comité du Congrès a voulu organiser une séance exclusivement consacrée à la médecine militaire.Grâce à l\u2019obligeance du Commandant d\u2019escadre, P.M.O.(Wing Commander), L.-E.Emard (avant son enrôlement, directeur médical de l\u2019hôpital Notre-Dame), des officiers médicaux canadiens-français de nos armées de terre, de mer et de l\u2019air donneront des travaux instructifs sur les différents problèmes suscités par la guerre.| En conséquence, les membres de notre Association auront l\u2019occasion exceptionnelle de connaître les traitements les plus récents des blessures de guerre, de se familiariser avec les rouages de nos services médicaux militaires et d\u2019apprendre les méthodes les plus urgentes de venir en aide à la population civile en cas de bombardements aériens.À tous, notre infatigable Directeur général, monsieur le docteur R.-E.Valin, adresse un vibrant appel de répondre à l\u2019invitation du Comité d\u2019organisation du XVIIe Congres.Docteur Donatien MARION, Secrétaire-trésorier général.787 \u201cL\u2019UNION MÉDICALE \u201d, l\u2019ASSOCIATION DES MÉDECINS DE LANGUE FRANÇAISE ET LES FRANCO-ONTARIENS APPEL Il est assez remarquable qu\u2019au Canada français une revue médicale ait atteint soixante-dix années d\u2019existence.Ceux qui doutent de la valeur de notre culture nationale pourraient avantageusement chercher un motif d\u2019édification dans cette institution au service d\u2019une profession bien française.Maints pays hautement civilisés et maintes autres cultures n'ont pu maintenir aussi longtemps un organe médical d'aussi grande envergure et d'aussi grand intérêt.TI] fallait donc que cette revue soit l\u2019expression d\u2019un groupe bien homogène, soucieux de perfectionnement scientifique et d\u2019amélioration sociale non équivoques, pour durer aussi opiniâtrement en dépit des obstacles inhérents à sa survie.Les artisans de la durée de cette inappréciable revue méritent à plus d\u2019un titre des éloges et des hommages.Ce n\u2019est certes pas sans d'énormes difficultés de finance, d\u2019administration et de collaboration qu\u2019ils ont pu se maintenir.Car, en effet, l\u2019Union Médicale est le bulletin officiel de l\u2019Association des Médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord.Déjà, plusieurs médecins de langue française de l\u2019Ontario ont donné leur adhésion à l\u2019Association et en sont membres depuis plusieurs années.Trop de nos compatriotes médecins, cependant, ne font pas partie de cette Association.Et pourtant, pour plus d\u2019un motif devraient-ils en être membres.Si l\u2019on néglige l\u2019argument des avantages nettement scientifiques qui peuvent résulter de notre collaboration immédiate à l'Association, il y a lieu de considérer également l\u2019élément de force qu\u2019un plus grand nombre de membres peut donner à cette déjà vaste organisation médicale.Les congrès bisannuels, la lecture du Bulletin officiel qui sont de nature à conserver la tradition française au sein de la profession médicale, rallieraient du même coup plus de membres, et notre influence française par la médecine, dans les divers centres où nous exerçons notre profession, serait par le fait même beaucoup plus étendue.D'ailleurs, les médecins franco-ontariens ont, jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, été assez favorisés par l\u2019Association, puisqu\u2019elle a bien voulu consentir à tenir ses réunions bisannuelles à deux reprises dans notre XVII° CONGRÈS DE L\u2019 A.M.L.F.A.N.province, à Ottawa.En outre, un éminent médecin franco-ontarien, le Dr R.-E.Valin, en est le directeur général et plusieurs autres médecins de notre province sont membres du conseil de l\u2019Association.Cette année aura lieu, à Montréal, les 14, 15, 16 et 17 septembre, le XVIIe congrès de l\u2019Association des Médecins de langue française.A l\u2019occasion de sa coïncidence avec la célébration du IIIe centenaire de Montréal, il conviendrait que les médecins de langue française de l\u2019Ontario qui ne font pas encore partie de l\u2019Association s\u2019empressent de demander leur adhésion et assistent au Congrès.Ce serait là accomplir un geste attendu depuis longtemps, et qui rejaillirait forcément, et de toutes manières, sur les individus et sur l\u2019Association elle-même.Nous espérons que cet appel sera entendu, et que nous nous retrouverons nombreux au XVIIe congrès, à Montréal.J.-M.LAFRAMBOISE, (Ottawa), Directeur de 'A.M.L.F.A.N.789 PROGRAMME SOCIAL DU CONGRÈS DE L\u2019ASSOCIATION DES MÉDECINS DE LANGUE FRANÇAISE DE L\u2019AMERIQUE DU NORD Montréal, 14-17 septembre Les épouses des congressistes qui désireront s\u2019occuper et se divertir durant le prochain Congrès de septembre à Montréal, n\u2019auront pas à se préoccuper outre mesure.La Métropole offre des occasions multiples de se distraire.Ce sont les théâtres, les cinémas, les musées, les visites dans les grands magasins à rayons.Ce sera aussi des réceptions privées ou des visites à des amis ou à des parents.Mais l\u2019Association tient à ce que les épouses de nos médecins participent à ses activités, s\u2019intéressent à sa vie, aux buts qu\u2019elle veut atteindre et aux moyens dont elle se sert.Elle ne veut pas être privée de leur encouragement et, par-dessus tout, au cours de certains événe- ments d\u2019ordre plus social, de leur charme.Aussi, chaque Congrès prépare soigneusement son programme social.En septembre prochain, les dames auront l\u2019occasion de se joindre aux congressistes en de multiples circonstances.Elles vivront de l\u2019Association pendant les trois jours, et nous croyons que cette collaboration ne leur sera pas monotone ni ennuyeuse.Nous sommes plutôt persuadés qu\u2019elle leur rendra ces trois jours agréables et d\u2019un souvenir doux à évoquer.Nous faisons paraître ce mois-ci le programme social.* +* * Nous ajoutons le programme provisoire de la section d\u2019hygiène que nous n\u2019avons pu faire paraître en juillet.Nous publierons au début de septembre le programme du Congrès, en entier.Lundi, 14 septembre 9.00 heures P.M.Séance solennelle d\u2019ouverture à l\u2019hôtel Mont- Royal \u2014 Salle Dorée.Mardi, 15 septembre 3.30 heures P.M.Promenade à la Montagne en tramway observatoire et en « Tally-Ho ».Thé servi au Chalet.9.00 heures P.M.Soirée de médecine militaire avec projection d\u2019un film.Mercredi, 16 septembre 12 heures P.M.Déjeuner offert par la Cité de Montréal aux Congressistes et leurs épouses; Hotel Mont-Royal, Salle Jacques-Cartier.5.30 heures P.M.Réception à l\u2019Université de Montréal et visite de l\u2019immeuble de la Montagne.9.00 heures P.M.Séance publique médico-sociale sud-américaine.Musique sud-américaine et danse.Buffet froid (Tenue de ville).Jeudi, 17 septembre 4.30 heures P.M.Réception à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.Visite du Cloître et du Trésor.5.30 heures P.M.Visite du nouveau pavillon de LaDauver- sière.Thé.8.00 heures P.M.Banquet \u2014 Hôtel Mont-Royal \u2014 Salle Jacques-Cartier.* * * XVII CONGRÈS DE L\u2019 A.M.L.F.A.N.SECTION DE L'HYGIENE Programme scientifique Séances tenues à l'hôtel Mont-Royal, durant l\u2019avant-midi des 15-16-17 septembre.1° SÉANCE CONSACRÉE À LA TUBERCULOSE.Président: Dr J.-A.Couillard.LaSalle Laberge: Le dépistage de la tuberculose parmi les membres enseignant de la province de Québec.Paul Dufault: Le rôle du sanatorium dans la lutte antituberculeuse.Léo Ladouceur: La lutte contre la tuberculose à Montréal.Albert Guilbault: Emploi du B.C.G.à Montréal.90 SÉANCE CONSACRÉE AUX MALADIES VÉNÉRIENNES.Président: Dr Jules Archambault.Albérie Marin: Traitement d\u2019attaque de la syphilis récente.791 Emile Gaumont: Traitement des syphilis anciennes et de la syphilis congénitale.E.Lalande et G.Choquette: La lutte anti- vénérienne dans la province de Québec; organisation, législation, service social.Jules Archambault: Laboratoire.Lucien Sylvestre: Traitement de la blen- norragne.30 SÉANCE CONSACRÉE À L\u2019HYGIÈNE EN GÉNÉRAL.Président: Dr J.-A.Baudouin.J.-A.Baudouin: L\u2019enseignement de l\u2019hygiène dans les écoles de langue anglaise du Canada.Ernest Couture: Urgence d\u2019un plan d\u2019action défini dans les entreprises de santé publique.A.-R.Foley: Pasteurisation du latt.J.-A.Landreville: Fonctionnement du premier district sanitaire à Montréal.E.Sylvestre: Nutrition.Al Marcotte: Psycho-clinique au service de l\u2019hygiène. JOURNÉES MÉDICALES de la Société Médicale de Montréal LE CPC ET LA PROFESSION MÉDICALE! Par Ad.GROULX, M.P.H., F.R.S.l.(E), F.A.P.H.A., Directeur du service de Santé de la Ville de Montréal.La poursuite de la guerre et ses moyens d\u2019attaque ont créé de nouveaux modes de défense.Le soldat, le marin et l\u2019aviateur ne sont plus seuls à combattre.Les populations civiles étant aussi exposées et attaquées doivent se défendre contre les bombardements aériens.Dans cette guerre, l\u2019armée, la marine et l\u2019aviation forment la force active; en marge des armées, il faut organiser la défense passive appelée dans notre pays: ARP ou CPC, selon les provinces.L'organisation actuelle du comité de pro- teetion civile à Montréal a débuté fin de décembre 1941.Antérieurement, certains groupes de citoyens en avaient charge; ils ont fait du bon travail.Une réorganisation locale a suivi celle d\u2019Ottawa et elle fut confiée aux autorités municipales.L'organisation du comité de protection civile dans une ville ou une municipalité est une mesure de guerre établie en vertu des règlements de la Défense du Canada, paragraphe 33, qui se lit comme suit: Paragraphe 33 (1): « Le ministre de la Défense nationale, ou le ministre des Pensions et de la Santé nationale peuvent prescrire par ordonnances les mesures que doivent prendre les personnes au Canada pour se protéger contre les dangers que comporte une attaque ennemie.» Conformément à la procédure qu\u2019exige la constitution canadienne, les autorités fédérales ont d\u2019abord communiqué, suivant la marche hiérarchique habituelle, avec les autorités provinciales et, ensuite, avec les minucipalités.1.Conférence à l'hôpital Saint-Luc, le mercredi, 17 juin 1942, lors des Journées médicales annuelles de la Société Médicale de Montréal.L'organisation du CPC est basée sur l\u2019organisation sanitaire fédérale qui est sous l\u2019autorité du ministre des Pensions et de la Santé nationale qui a nommé l'honorable docteur Manion, officier national du ARP.Ce dernier est responsable de l\u2019organisation des comités de protection civile dans toutes les parties du Canada.La protection des populations civiles est, je le répète, une mesure de guerre.C\u2019est la tâche et la responsabilité de chaque individu d\u2019abord, et ensuite de la collectivité.Ça été le devoir du fédéral d\u2019en établir les grandes lignes; c\u2019est celui des provinces de suivre ces données et l\u2019obligation des municipalités de les réaliser.Leur rôle est de diriger, d\u2019aider et de coordonner le travail et les initiatives individuelles.La collaboration de tous les citoyens de chaque ville, de chaque province et du pays tout entier est donc nécessaire.Pour arriver à de bons résultats, chaque citoyen doit donner sa collaboration volontairement et généreusement.Pour faire suite à la réorganisation du ARP fédéral et à la nomination de Me M.Gaboury, directeur de la police provinciale, comme officier provincial, avec bureaux à Montréal, Son Honneur le maire a délégué Me Honoré Parent, directeur des Services municipaux et administrateur de la Commission municipale comme président du comité local.L\u2019officier provincial est chargé de la préparation et de l\u2019opération d\u2019un plan de défense adopté aux conditions locales.Il doit agir comme conseiller et guide général.«Il est la cheville ouvrière dans cette province et sous sa direction l\u2019organisation devra collaborer dans toute la mesure nécessaire aux initiatives entreprises par les diverses autorités.» COMITE MÉTROPOLITAIN DES DIRECTEURS DE SANTE DE L'ILE DE MONTREAL COMITE DE PROTECTION CIVILE VILIAN PROTECTION COMMITTEE \u2018ésident COMITE LOCAL COMMITTEE MONTREAL M® HONORE PARENT chairman CA CENTRALE CONTROL CENTRE lo11.e/c _CHS BARNES olf.l/c METROPOLITAN COMMITTEE OF LIRECTORS OF HEALTH LoF THE ISLAND OF MONTREAL directeur SERVICES MÉDICAUX MEDICAL SERVICES GROULX director COMITÉ MEDICAL MEDICAL COMMITTEE Dead.oxieeyr 9qvisory] TE PUBLIQUE-PUBLIC HEALTH service Soparimant de centé of hestth EDUCATION BECTION 6e l'ÉDUCATION I SECTION of EDUCATION division da lo DEMOGRAPHE] divislen of DEMOGRAM INSPECTIONS éivision de l'INSPECTION des ALIMENTS division of FOOO CY LOM MALADIES 1 division dos CONTAGIEUSES IMMUNISATION =.|SOLEMENT IMMUNIZATION - ISOLATION de l'HYOIEME FANCI EN \u20ac à CHILD YGIENE | ENTRAINEMENT OU PERSONNEL TRAINING OF PERSONNEL | PREMIERS SECOURS PAR L'ASSOCIATIONE AMBULANCIERE ST-JEAN FIRST Ab a ST-JOHN AMBULANCE TRAITEMENT DES GAZES TAEATMENT OF GAS CASUALTIES DÉSINFECTION DES OAZES DECONTAMINATION OF GAS CASUALTIES | | | | | BRIGADE AMBULANCIÈRE ST- JEAN ST-JOHN AMBULANCE BRIGADE 1 ANDE CIVILE - SECOURISTE [HARDEN- FIRST AID PARTIES FT | CHAMP \u2014 SOINS DES VICTIMES GIVILES CARE OF CIVILIAN VICTIMS CU MÔPITAUX | GEMERAUX 1 BASE A HOSPITALS | HÔPITAUX HOSPITALS HÔPITAUX AUXILIAIRES MÉDECINS PHYSICIANS DISPOSITION DES MORTE (sous-comté) DISPOSAL OF DÉCEASED (sub-commitsen) auxiant | \u2014 HOSPITALS ~~ SOCIÉTÉ DE LA CROIX-ROUGE RED CROSS SOCIETY SERVICES AMBULANCIERS AMBULANCE SERVICES INFIRMIERES NURSES Neb CENTRES D'EVACUATION CASUALTY CLEARING STATIONS POSTES DE PREMIERS SECOURS FIRST AID POSTS | + EQUIPES MOBILES-POLIGE pue mate 4 ! | \u2014_ J D'ACTION | I GARDE CIVILE - SECOURISTES | WARDEN-FIRST AID PARTIE: FIELD OF EMERGENCY SANS -ABR( NECESSITEUX HOMELESS ~ HUNGRY VACUATION ABRIS EVACUATION SHELTERS ENREGISTREMENT DES VICTIMES REGISTRATION OF YICTINS SERVICE DE LA POLICE POLICE DEPARTMENT, Or.Ad GROULX -Mars.Merch.1942 X\"INOHD OUd VI LH Od0 HT HN NOISSEA qTVOIG \u20ac6L 794 Quant à la cité ou la municipalité, elle est responsable à l\u2019officier provincial de l\u2019organisation et du fonctionnement de son comité local de protection civile.Conformément à la charte fédérale, ce comité local, pour Montréal, est composé de six directeurs: les services de police, les services pour lutter contre l\u2019incendie, le service d\u2019information, les services essentiels et la colonne mobile.Il comprend les chefs des services publics de la ville et des officiers de liaison; il est composé comme suit: le président: Me Honoré Parent, directeur des services municipaux et administrateur- délégué de la commission municipale de Québec ; le directeur des services médicaux: le docteur Ad.Groulx, directeur du service de Santé; le directeur des services de police: Me Fernand D'ufresne, directeur de la Police; le directeur des services pour la lutte contre l\u2019incendie: M.Paré, directeur du service municipal de l\u2019incendie; le directeur des services essentiels: M.Gibeau, directeur des travaux publics; le directeur de l\u2019information et secrétaire du comité: M.R.Tanghe; le commandant local de la Colonne mobile: Col.McCuaig; un officier en charge de la «centrale »: M.Charles Barnes, assistant-directeur du service de la Police.D'après le plan fédéral, le directeur de service de Santé local est, de préférence, choisi pour être le directeur des services médicaux du CPC; d\u2019où de nouvelles obligations et des charges additionnelles qui s\u2019ajoutent à celles qu\u2019il a déjà.Dans l\u2019exercice de cette fonction nouvelle et pour répondre aux instructions fédérales, le directeur d\u2019un service de Santé à qui on a confié l\u2019organisation du CPC, doit maintenir et augmenter, si possible, le bon état de la santé publique de sa ville.Pour cela, il doit compter davantage sur la coopération de son personnel L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 à qui seront confiés des travaux spéciaux dans l\u2019organisation préventive des désastres.La guerre actuelle et l\u2019organisation de la protection civile sont venues, ici comme ailleurs, apporter de nouvelles obligations et augmenter les responsabilités de l\u2019hygiéniste.Elles prennent nécessairement une très grande partie de son temps et il ne faut pas, pour cela, diminuer en rien son travail régulier d\u2019éducation et de prévention de la maladie.Je ne suis pas prêt à dire que ce travail prend ici le même temps que dans les villes anglaises; cependant, sans connaître l\u2019expérience de mes collègues des autres villes du Canada, je crois pouvoir affirmer que le travail du CPC requiert près des deux tiers de notre temps, pour fins d\u2019organisation, de réunions diverses de comités et de sous-comités, de déplacements de toutes natures, pour la correspondance, les téléphones, les entrevues, cte.Dans un discours public, lors du congrès de A.P.H.A.à Atlantic City, en octobre 1941, Sir Wilson Jameson, chef du Ministère de la Santé en Angleterre, et hygiéniste de réputation internationale, déclarait que le Medical H.C.d\u2019une grande ville anglaise dépensait 90% de son temps à des travaux d\u2019urgence nécessités par la protection civile et la guerre et 10% seulement à ses occupations ordinaires du temps de paix.Pour assurer l\u2019organisation des services médicaux et, toujours en conformité avec la charte fédérale, il devra faire appel et s\u2019assurer de la collaboration des hôpitaux, des médecins, des gardes-malades, des associations volontaires, etc.La fonction du directeur devient délicate et difficile: difficulté diminuée grâce à la bienveillance de chacun, à l\u2019aider en face du danger commun.La nomination d\u2019un comité médical aviseur comprenant les têtes dirigeantes des sociétés et associations déjà mentionnés, des représentants des sociétés médicales, des hôpitaux, ete, vient lui prêter main-forte. GROULX: LE CPC ET LA PROFESSION MÉDICALE Ce comité est composé comme sut: Dr Ad.Groulx, président; Dr A.Lapierre, du Ministère provincial de la Santé; Dr A.-T.Bazin, président de la Société de la Croix-Rouge; Dr A.L.C.Gilday, de l\u2019Association des hôpitaux de Montréal; : Dr L.Gérin-Lajoie, des hôpitaux canadiens- français; Dr A.Grant Fleming, directeur médical du Bell Telephone Co.; Major A.H.Coates, de la Brigade ambulancière St-Jean ; Lt-Col.A.Gaboury, de l\u2019Association ambulancière St-Jean; Dr G.-L.Prud\u2019homme, président de la Société médicale de Montréal; Le président de la Montreal Medico-Chirur- gical Society; M.A.Cousineau, ingénieur sanitaire du service de Santé; M.L.de G.Sylvestre, le secrétaire.Je m\u2019en tiendrai aux fonctions suivantes de la division des services médicaux qui font voir, en méme temps, les responsabilités de la profession médicale, au point de vue hygiéne et soins des victimes.Pour plus de facilités, nous pourrions diviser l\u2019organisation de cette division en trois sections principales: 1° la santé publique; 2° les soins aux victimes; 3° la disposition des morts.1° Il faut d\u2019abord conserver le bon état de la santé publique par l\u2019éducation de la population, par la prévention des maladies épidémiques, au moyen de la vaccination contre certaines affections contagieuses, par une surveillance plus soignée de l\u2019approvisionnement de lait et d\u2019aliments sains, et par une inspection sanitaire plus sévère.795 2° Ensuite, organiser avec minutie les soins à donner aux victimes; cette partie du travail comprend: l\u2019entraînement du personnel en secourisme et l\u2019organisation des divers organismes qui s\u2019y rapportent.3° La disposition des morts constitue un comité à part.I.\u2014 SANTÉ PUBLIQUE Les attributions de la ville au point de vue hygiène publique, se résument aux trois fonctions suivantes: éducation, prévention et inspection.Ce travail est entre les sept divisions fondamentales du service de Santé municipal dont elles sont d\u2019ailleurs des fonctions régulières.a) La division de la démographie et la section de l\u2019enseignement de l\u2019hygiène sont chargées de l\u2019éducation de la population avec la collaboration nécessaire de toutes les autres divisions, attendu que le service de Santé est, avant tout, un organisme d\u2019éducation.b) La prévention des maladies épidémiques, l\u2019inoculation, l\u2019isolement, ete, sont fonctions de la division du contrôle des maladies contagieuses, des laboratoires et de la division de l\u2019hygiène de l\u2019enfance.c) Enfin, la division des aliments et celle de la salubrité se chargent des inspections sanitaires et de celles des aliments, plus nécessaires que jamais en temps de guerre et en cas de désastres.Le personnel sanitaire, de quelque classe qu\u2019il soit, médecin, infirmière, vétérinaire et inspecteur sanitaire, doit être maintenu dans ses fonctions, même si, occasionnellement, il est appelé à remplir, en cas d\u2019urgence, d\u2019autres fonctions que ses fonctions habituelles.Au début de cette guerre, en Angleterre, on avait retiré le personnel de ses fonctions régulières pour lui confier du travail de secourisme ou d\u2019urgence dans les hôpitaux.Cependant, dès 1939, on a jugé à propos de le retourner à son travail ordinaire de surveillance de la santé publique.On a insisté particulièrement pour que le personnel sanitaire 796 reprit la visite régulière de l\u2019inspection des écoles (la vermine s\u2019y répandant à son aise), du contrôle des institutions et des « day- nurseries », dont le nombre avait augmenté; ce personnel dut aussi s\u2019occuper de la surveillance sanitaire dans les abris souterrains; en ces derniers endroits, l\u2019immunisation contre la diphtérie fut facilitée.Dans les écoles, on à aussi porté une attention particulière à l\u2019alimentation des enfants comme article régulier du programme, du «lunch du midi », repas complet et bien balancé au point de vue nutritif.En période de guerre, certains problèmes épidémiologiques doivent être le sujet d\u2019études spéciales.Une plus grande attention doit être exercée sur l\u2019éclosion et l\u2019évolution possible de maladies contagieuses épidémiques telles: la typhoïde, le typhus, la scarlatine, la méningite cérébro-spinale, l\u2019influenza.Des plans de lutte doivent être prêts pour parer à toutes éventualités.L\u2019immunisation contre certaines d\u2019entre elles assurera la protection de la population.Montréal est protégé, et complètement, de la variole; un travail intense est poursuivi en faveur de l\u2019immunisation contre la diphtérie dont nous espérons débarrasser notre ville.Les maladies vénériennes doivent être l\u2019objet d\u2019un contrôle sévère.Un autre problème d\u2019importance majeure, l\u2019alimentation, doit intéresser le H.O.au plus haut point.Le manque possible de certains aliments essentiels et le rationnement de certains autres, entraînent les autorités sanitaires à organiser des campagnes spéciales de nutrition et à donner des directives à la population.Pour cela, il devra s\u2019entourer de techniciens.L\u2019inspection des aliments doit être faite avec encore plus de soin que jamais; les viandes et le lait doivent être particulièrement surveillés, le lait surtout, à cause de certaines difficultés actuelles de production, devrait être totalement pasteurisé.Des districts spéciaux d\u2019inspections sanitaires doivent être organisés, pour exercer une plus grande surveillance en cas de désastre L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 et de raids aériens, de telle sorte que l'autorité sanitaire soit mise immédiatement au courant des conditions qui prévaudront en cas d'urgence.Le travail des mères de famille dans les industries de guerre crée aussi certains problèmes sociaux et sanitaires qui entraînent l\u2019organisation de « day-nurseries » qu\u2019il importe aussi de réglementer.II.\u2014 LES VICTIMES CIVILES Les soins à donner aux victimes d\u2019un raid, en cas de désastres, est une des plus importantes attributions du directeur des services médicaux.Le directeur de la Santé doit, lui, voir à coordonner l\u2019effort de chacun et à ce qu\u2019on s\u2019organise conformément au plan général prévu.Les principaux groupes intéressés dans l\u2019organisation des services médicaux, sont, en plus du service de Santé local: l'association ambulancière St-Jean, la Brigade ambulancière St-Jean, la Société de la Croix-Rouge, les hôpitaux, la profession médicale, les gardes- malades, et, pour la disposition des cadavres, j\u2019ajouterai le clergé et les entrepreneurs de pompes funèbres.Cette section importante comprend l\u2019entraînement du personnel auxiliaire en secourisme, les postes de premiers secours, les centres d\u2019évacuation, les services d\u2019ambulances, les hôpitaux de base et les hôpitaux auxiliaires.1° L\u2019entrainement du personnel Il importe d\u2019abord d\u2019assurer la compétence du personnel qui volontairement secouriste, membre de la garde civile ou autre, sera appelé à porter secours aux victimes et deviendra un auxiliaire compétent.Cet entraînement porte sur: a) les premiers secours aux blessés, et b) le traitement et la désinfection des gazés, Les cours de secourisme, sous la direction du Lt-Colonel A.Gaboury, sont donnés à tous GROULX: LE CPC ET LA PROFESSION MÉDICALE les groupes qui font appel au service de l\u2019Association ambulancière St-Jean: industries, grands magasins, compagnies, membres du CPC, élèves dans les écoles, infirmières, etc.Cette association est responsable de cet enseignement dans toute la province.Depuis 1940 jusqu\u2019au 30 avril 1942, cette association a qualifié 18,870 personnes et 12,000 autres étaient à l\u2019entraînement à Montréal, seulement; ceci ne comprend pas plus de 9,000 enfants des écoles.Depuis le ler janvier 1942, cette même association a qualifié plus de 12,700 personnes dans la province dont 12,000 à Montréal même.La Brigade ambulancière St-Jean, sous la direction du Major Coates, est chargée de l\u2019entraînement du personnel qui sera affecté au traitement et à la désinfection des gazés dans les centres de décontamination.20 Les soins à donner aux victimes civiles Constituent une partie des plus importantes et seront assurés par les moyens suivants qui apparaissent dans le graphique À et dont nous suivrons la marche générale.Cet exemple est relatif.Equipes mobiles, gardes civiles.Dans les soins à donner aux victimes civiles, les membres de la force policière municipale et les membres de la garde civile, qualifiés en secourisme, sont équipés du nécessaire pour donner les premiers soins aux blessés sur les lieux de l\u2019accident en attendant l\u2019arrivée des brancardiers ou des ambulances.Du champ d\u2019action, c\u2019est-à-dire, de la rue, de son domicile, d\u2019un édifice, etc, où le civil a été frappé et où il reçoit les premiers soins d\u2019urgence, il est dirigé ou transporté vers un poste de premiers secours.| Postes de premiers secours.Les postes de premiers secours sont organisés dans la ville de Montréal par la Brigade ambulancière St-Jean.Pour fin générale d\u2019organisation des services médicaux, nous avons divisé la ville en 25 districts appelés Districts de CPC.She 797 En nous basant sur la densité de la population, 130 postes de premiers secours ont été établis dont cent postes permanents dans les édifices situés a des points stratégiques de la ville.Le choix de ces endroits n\u2019a pas été facile.Aux quartiers généraux de la Brigade, environ 30 postes mobiles seront disponibles pour service spécial la ou les victimes seront nombreuses.A la porte de chaque poste une enseigne sera placée afin que la population se familiarise avec la localisation de ces endroits.Chaque poste de premiers secours comprend un brigadier, une aide-garde-malade et deux porteurs de civières, équipés d\u2019un nécessaire pour premiers soins, havre-sacs, civières, etc, le tout fourni par Ottawa.Le personnel actuel de la Brigade ambulancière St-Jean comprend 400 hommes et 300 femmes.S'il s\u2019agit d\u2019une victime gravement blessée, on le dirigera vers un « poste d\u2019évacuation » et même directement vers un hôpital, en faisant appel au service des ambulances.Ici, il n\u2019y a pas de loi absolu; tout est relatif, on doit juger des circonstances.En général, cependant, le blessé est dirigé vers le « centre d\u2019évacuation» ou de sélection des blessés, d\u2019où les grands blessés, à l\u2019aide des ambulances, sont transportés aux hôpitaux.Telle est la marche théorique à suivre dans les secours aux victimes.Centres d\u2019évacuation (CCS).Les « centres d\u2019évacuation », ou mieux, selon l\u2019expression suggérée par le docteur Bazin de la Croix-Rouge, les « Collecting Posts » sont des endroits où il faut conduire toutes les victimes sans abri, blessées ou non, et qui se trouvaient dans les postes de premiers secours.Là, on fera le triage; les grands blessés seront dirigés vers les hôpitaux et, les sans-abri, vers des habitations temporaires.L'organisation de ces centres est confiée à la Société de la Croix-Rouge, à Montréal.Il doit y en avoir 1 par district de CPC et être situé dans les écoles, églises ou autres salles appropriées à cette fin.Ils seront dirigés par des mé- 798 decins et des gardes-malades; leur personnel volontaire comprendra, en plus des brancardiers, des commis, des messagers, etc.Services ambulanciers.Le comité des transports de la Croix-Rouge, présidé par M.Perry, a charge de trouver, pour le transport des blessés, en plus des ambulances régulières, un certain nombre de camions légers.Un appel a été fait à diverses compagnies et plus de 1000 camions peuvent être utilisés.Ces camions sont enregistrés ci l\u2019on a en filière, à la Croix-Rouge, l'endroit où ils sont garagés et l\u2019adresse du chauffeur.Les hôpitaux.Les hôpitaux sont appelés à jouer un rôle essentiel, en cas de désastre.« Hospitals are the pivotal centers of the emergency medical service for civilian defense » écrit le docteur Bachr, chief medical officer, U.S.officer of Civilian Defense.Hôpitaux de base.Il y a à Montréal, 14 hôpitaux de base.Leur personnel médical doit être disponible; on devra faire des arrangements pour que tous les médecins, les gardes-malades et le personnel auxiliaire s\u2019y rapportent immédiatement en cas d\u2019urgence ou d\u2019alerte.Les hopitaux doivent étre liés (connected) directement avec le centre de contrôle ou avec le directeur des services médicaux, d\u2019où partent tous les appels.Les hôpitaux doivent être préparés pour pouvoir évacuer leurs patients dans d\u2019autres institutions situées dans les quartiers excentriques de la ville.Ils doivent aussi pouvoir augmenter leur capacité si cela devient nécessaire, suggère le docteur Baehr: 1° en évacuant les convalescents à leur domicile ; 2° en transférant certains patients dans d\u2019autres institutions, etc.3° en ajoutant des lits dans les salles à manger, les classes, etc.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 L'organisation des hôpitaux, tant au point de vue médical que sécurité est sous la responsabilité du H.O.Un sous-comité composé des docteurs Gilday, Gérin-Lajoie, Bazin, de la Croix-Rouge et Bourdon, du service de Santé, en a la charge.Les services médicaux ont été chargés d\u2019agir comme agent de liaison entre les hôpitaux et le CPC pour tout ce qui les concerne, tant pour assurer la sécurité des institutions et de leurs patients, que pour assurer les nécessaires aux victimes.Les hômtaux auxiliaires.Les hôpitaux devront organiser, pour répondre à leurs besoins supplémentaires, ou pour évacuer leurs patients en cas de raids, des hôpitaux auxiliaires situés loin du centre de la ville.Ces derniers peuvent être installés dans les sous-sols des églises ou dans des écoles de la banlieue.La société de la Croix-Rouge leur prêtera main-forte dans cette organisation.Une réserve de 1500 lits avec literie complète, sont gardés pour les besoins de Montréal, aux quartiers généraux de la milice.Les médecins et les gardes-malades.Pour donner l\u2019aide nécessaire aux hôpitaux et pour assurer le fonctionnement des « centres de triage des blessés » la collaboration des médecins et des gardes-malades est nécessaire.L\u2019enrôlement des gardes-malades se fait à l\u2019aide d\u2019un comité conjoint de l\u2019Association des gardes-malades enregistrées de la province de Québec et de la Croix-Rouge; Miss Upton, la registraire de l\u2019association, en est la secrétaire.De plus, ce comité conjoint, agissant comme sous-comité de la Croix-Rouge, s\u2019est assuré un bureau pour appels d\u2019urgence, grâce à la collaboration de la compagnie de Téléphone Bell.Des téléphonistes expérimentées seront mises à la disposition de ce comité en cas d\u2019urgence.Quant aux médecins, la division des services médicaux s\u2019est assurée la collaboration des présidents * des deux sociétés médicales: le docteur G.-L.Prud'homme, président de «La Société Médicale de Montréal» et le GROULX: LE CPC ET LA docteur F.H.MacKay, président de la « Montreal Medico-Chirurgical Society » qui, avec le docteur Bazin, forment le sous-comité des médecins.Par les sociétés qu\u2019ils représentent, ils feront appel aux médecins de la ville pour qu\u2019ils s\u2019enregistrent dans les services médicaux du CPC, et soient prêts à servir dans les centres de triage.Dans ces centres, les médecins auront la surveillance des premiers soins à donner.Le mot d\u2019ordre des traitements, écrit le docteur Bazin, aux Sociétés médicales sera: « Premiers soins adéquats, immobilisation efficace, évacuation rapide ».Les gardes-malades seront continuellement en devoir afin d\u2019assister les médecins.Le personnel auxiliaire assurera le bon fonctionnement des centres.III.\u2014 DISPOSITION DES MORTS Dans un désastre, il n\u2019y a pas que des blessés, mais il y a aussi, malheureusement, des morts.À cet effet, la charte fédérale de ARP prévoit l\u2019organisation d\u2019un sous-comité formé d\u2019officiers sanitaires, de membres du clergé, d\u2019entrepreneurs de pompes funèbres, etc., pour s\u2019oceuper de la disposition des morts.A Montréal, l\u2019organisation de ce sous-comité a été confié à l\u2019ingénieur sanitaire du service de Santé, M.A.Cousineau.Il y à un problème sanitaire, mais il faut aussi considérer le transport et l\u2019inhumation des cadavres et assurer aux victimes un service religieux.CONCLUSION En terminant, je résume le rôle de chacun: celui du service de Santé est d\u2019intensifier les campagnes d\u2019éducation, d\u2019augmenter la surveillance sanitaire afin de prévenir les épidémies.L\u2019Association ambulancière St-Jean est chargée de l\u2019entraînement des auxiliaires en premiers secours aux victimes.La Brigade ambulancière St-Jean est responsable de l\u2019éducation du personnel dans le traitement et la désinfection des gazés.Elle doit surtout voir dans les endroits stratégi- PROFESSION MEDICALE 799 ques de la ville de Montréal, à l\u2019établissement et au fonctionnement des « postes de premiers secours ».La Société de la Croix-Rouge a assumé les 5 responsabilités suivantes, considérées « services essentiels aux victimes» (Dr Bazin): a) organiser, maintenir et équiper «30 centres d\u2019évacuation » dont le personnel se composera de médecins et de gardes-malades; b) organiser le transport par ambulance entre les postes de premiers secours, les centres d\u2019évacuation et les hôpitaux; c) aider les hôpitaux dans l\u2019organisation et l\u2019équipement des hôpitaux auxiliaires; d) organiser, diriger et équiper des endroits de logement temporaire; e) organiser un registre des victimes et établir un bureau central d\u2019enquêtes.Quant aux obligations de la profession médicale, je me permets de les résumer comme suit en terminant cette étude.I.\u2014 Au point de vue hygiène et santé.L\u2019hygiéne a le devoir de sauvegarder la santé de la population, c\u2019est son rôle et nous avons, je crois, suffisamment insisté sur ce point.Les médecins en clientèle ne sont pas exempts de certains devoirs à cet égard, vis-à- vis leurs clients.Ils ont une directive a leur donner concernant leur régime de vie et leur alimentation en ces temps particuliers de guerre.Situation établie, qu\u2019il nous faut réaliser.Dans la prévention des maladies contagieuses, de certaines en particulier, il doit contribuer à leur prévention.Je mentionne par exemple, la diphtérie, qui tout comme la variole l\u2019a été, devrait être complètement éliminée de nos murs.CU Il y a aussi un rôle à jotter.dad Fd a- tion de la population ay point de vue Santé; Ail a les plus belles opportunités pour.ce faire, Je client va à lui, que ce.soit à son, cabinet, que ce soit à l\u2019hôpital ou à la clinique.| lu.(AVES i 800 II.\u2014 Au point de vue soins des victimes.En cas de raid ou de désastre, le role du médecin se partage entre celui de l'hôpital et le médecin en clientèle.1° Le médecin d\u2019hôpital.Le rôle qu\u2019il a à jouer est déterminé à l\u2019avance par la charte fédérale \u2014 quelle que soit sa spécialité \u2014 devant l\u2019urgence et le danger, il n\u2019y a pas de classes \u2014 il se rapporte à l'hôpital auquel il est attaché et se tient à son entière disposition pour tout service qu\u2019il peut rendre dans les soins premiers des blessés qu\u2019on amène \u2014 laissant à la chirurgie les grands blessés.Il doit aussi se tenir prêt à répondre à l\u2019appel de son institution pour prendre charge ou prêter son concours dans le fonctionnement des hôpitaux auxiliaires.La place du médecin attaché régulièrement aux hôpitaux est done à l'hôpital et à l\u2019hôpital auxiliaire.Il est d\u2019ailleurs enregistré dans le CPC (services médicaux) par les soins de son surintendant médical.De même pour les médecins appartenant au service de Santé.2° Le médecin en clientèle.L\u2019un des grands devoirs du médecin praticien est de prêter son concours en cas de désastre.Je l\u2019ai dit anté- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 rieurement, ses services seront requis dans les « centres d'évacuation » qu\u2019organisent et dirigent la société de la Croix-Rouge.Par l\u2019intermédiaire des sociétés médicales et de leurs présidents respectifs, cette société fera appel à votre dévouement et à votre générosité pour venir en aide aux pauvres victimes qui seront transportées dans ces centres où les premiers soins médicaux leur seront donnés par des médecins.À plus d\u2019un endroit les services d\u2019urgence de la part des médecins pourront être requis.Endroits et circonstances que nous ne sommes peut-être pas en mesure de désigner maintenant.Le médecin n\u2019est pas l\u2019auxiliaire dont on a le moins besoin en période de désastre et son auxiliaire l\u2019infirmière a un rôle aussi de tout premier plan.La Société de la Croix-Rouge a la responsabilité d\u2019en assurer le recrutement par les moyens déjà indiqués.Pas un instant, nous n\u2019avons douté de la réponse à l\u2019appel qui sera lancé à la profession médicale.Déjà les gardes-malades se sont inscrites nombreuses.Les médecins voudront suivre cet exemple. TROIS SIÈCLES DE MÉDECINE AU CANADA FRANÇAIS Par Oscar MERCIER, Professeur titulaire à l\u2019Université de Montréal.Chef du service d\u2019Urologie à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.Seule, ma fonction de président de l\u2019Exécutif du Bureau médical de l\u2019Hôtel-Dieu en cette année de son tricentenaire m\u2019autorise a re- vétir la toge de I\u2019historien médical.Lorsque notre dévoué secrétaire, le docteur Letondal, s\u2019adressa à moi pour vous exposer «'Trois siècles de Médecine au Canada fran- cais», je me récusai spontanément, lui demandant de s\u2019adresser à un confrère versé dans l\u2019histoire de la Médecine.J\u2019acceptai en définitive à cause du tricentenaire de l\u2019Hôtel- Dieu.Je n\u2019ai donc aucunement l\u2019ambition de faire œuvre d\u2019historien, d\u2019une part à cause de mon incompétence, et d\u2019autre part parce que le sujet traité ne peut être développé suffisamment dans le court laps de temps qui m\u2019est alloué.Je me restreindrai donc à une synthèse générale dont le but est de mettre devant vos yeux le travail, l\u2019effort de nos prédécesseurs, pour que nous puissions en tirer une leçon capable d\u2019activer nos énergies, pour égaler et même surpasser nos confrères disparus afin de maintenir haut la Médecine au Canada français.Notre histoire médicale commence en 1606 à Ste-Croix, près de Québec, par l\u2019arrivée en Nouvelle-France de deux médecins, Deschamps de Honfleur, et maître Estienne, qui accompagnent Champlain et retournent avec lui.Bonnerme, médecin de Dieppe assiste à la fondation de Québec en 1608 et est le premier à exercer la médecine au Canada.Il est mêlé à un complot dont le but est d\u2019empoisonner Champlain et il est mis aux arrêts.Cependant, il prouve son innocence et est acquitté.Il meurt de scorbut à Québec en 1609.1.Conférence prononcée à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, lors des Journées médicales de la Société M édicale de Montréal, le 18 juin 1942.C\u2019est un chirurgien de l\u2019année, Boyer de Rouen, qui pansa Champlain lorsqu\u2019il fut blessé en 1610 lors d\u2019une campagne contre les Iroquois.Robert Giffard, sieur de Beauport, originaire de Montagne au Perche en France, est probablement le premier médecin de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec; son nom reste attaché au village de Beauport dont la seigneurie lui avait été donnée par la Compagnie des Cent Associés.Parmi les premiers maires de Québec, nous trouvons le nom d\u2019un chirurgien, Jean Madry, qui meurt en cette ville en 1669.Il pratiqua la médecine de 1653 jusqu\u2019à sa mort en la vieille capitale et fut attaché à l\u2019Hôtel-Dieu; 1l est le premier médecin à occuper une fonction publique au Canada.Le premier Canadien français à pratiquer la médecine en notre pays est Louis Maheu, né à Québec, le 12 décembre 1650, il fut médecin de l\u2019Hôtel-Dieu de cette ville.La fameuse taverne de Québec « Le Chien d\u2019Or » dont le frontispice porte l\u2019inscription si connue: Je suis un chien qui ronge l\u2019os, En rongeant, je prends mon repos.Un temps viendra qui n\u2019est pas venu, Que je mordrai qui m\u2019aura mordu.à été construite en 1693 par Thimothé Roussel pour y loger et pratiquer son art médical.Ce n\u2019est que plus tard que cette résidence privée fut transformée en taverne.La gloire médicale de la période française de notre pays, fut Michel Sarrazin, né à Nuits en France en 1659.Il fut chirurgien de l\u2019hôpital Général et de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec de 1693 à 1734, où 1l mourut le 8 septembre. 802 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 Dès sa nomination à ces hôpitaux, il part en 1694 pour poursuivre des études de perfectionnement en France; il est le premier médecin du Canada à se diriger vers l\u2019Etranger pour se perfectionner.- ; Le 4 mars 1697, il est élu membre correspondant de l\u2019Académie des Sciences de France, honneur insigne que lui méritent ses travaux.Ceux-ci sont nombreux.En 1698, il présente à l\u2019Académie des Sciences de France un travail fouillé sur l\u2019anatomie du castor, puis, en 1670, un autre sur le rat musqué.En 1718, il expose l\u2019étude de ses recherches sur la loutre de mer.En 1730, il étudie l\u2019érable à sucre et indique que la sève de cet arbre au printemps peut être réduite en sirop; il ouvre donc la porte à notre industrie du sirop d\u2019étable.La même année, il découvre une plante, connue dès lors en Europe sous le nom de « Sarracema cana- densis purpurea » qui a la propriété de guérir la variole.Ce médecin consacra sa vie à la recherche, comme nous le constatons par la longue liste de ses communications à l\u2019Académie des Sciences en France.Il est véritablement le premier savant canadien.Cependant il semble aussi avoir été un excellent praticien, il aurait opéré pour un cancer deux religieuses de Montréal: Sœur Marie Barbier de la congrégation Notre- Dame et Sœur Ste-Anne de l\u2019Hôtel-Dieu.Un autre médecin distingué et savant de la période française fut Jean-François Gauthier, né en France en 1711.Il fut nommé médecin du Roy en Canada en 1741 et attaché à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec.Il fut le premier à utiliser le thermomètre, celui de Reamur, et fit un rapport sur l\u2019usage de ce thermomètre en 1745 à l\u2019Académie des Sciences de France.Intéressé dans la botanique, il découvre la propriété médecinale de la plante thé des bois, et constitue une huile dite « l\u2019Huile de Gaul- terie », connue depuis pour ses propriétés sédatives lors du rhumatisme.Les derniers médecins de la période française à exercer en la ville de Québec sont: André Arnoux et Philippe Badelard.Le premier\u2019 panse les plaies de Montcalm qui meurt dans sa maison sur la rue St-Louis.Le second est le chirurgien des troupes françaises à la bataille des Plaines d\u2019Abraham, il est fait prisonnier, puis relacher après la conquête, et pratique la médecine à Québec jusqu\u2019à sa mort survenue le 17 février 1802, il laisse à l\u2019Hôtel-Dieu 12,000 livres.Voici, Messieurs, très succintement exposé, l\u2019histoire des pionniers de la médecine en la ville de Québec.Voyons maintenant celle de ceux de Ville-Marie.Le premier médecin de Montréal se nommait Jeau Pouppé*.Il assista à la première messe que célébra le Père Vimont dans l\u2019île de Montréal et devint le premier médecin et chirurgien du petit hôpital que Mlle Mance avait fait construire dès la fin de 1642.Au mois de novembre 1648, nous retrouvons dans les papiers de l\u2019étude de Jean de Saint Père, la signature de Jean Pouppé qui assista à la naissance des premiers enfants issus de parents européens à Montréal.Entre-temps, le petit hôpital devenait une réalité.Le 12 janvier 1644, le contrat de fondation de l\u2019Hôtel-Dieu fut signé à Paris par Mme de Bullion.Maisonneuve et Jeanne Mance firent alors exécuter promptement les travaux en 1645, et bientôt la construction de l\u2019Hôtel-Dieu devenait un fait accompli.Le premier médecin qui ait passé un contrat régulier avec les autorités de notre hôpital se nomme Etienne Bouchard.Arrivé en 1653, avec la recrue, il demeure à Montréal jusqu\u2019à sa mort, survenue en 1676.Avant son départ de France, il s\u2019était engagé par contrat à demeurer cinq ans à Montréal.Pendant ce temps, il devait être logé et couché, fourni de tous les instruments nécessaires pour exercer son art et recevoir 150 livres de vingt sous par an.Il est intéressant de noter que le premier curé Sulpicien de Montréal l\u2019abbé Gabriel Souart, débarqué en 1657, donna des soins aux malades de l\u2019Hôtel-Dieu entre 1660 et 1684.Il avait étudié la médecine et on prétend que le Souverain Pontife l\u2019autorisa à soigner, 2.Extrait du discours prononcé lors de la pose de la pierre angulaire du pavillon Jérôme le Royer de la Dauversière à l\u2019Hôtel-Dieu, novembre 1941. MERCIER: TROIS SIÈCLES DE MÉDECINE AU CANADA s\u2019il était nécessaire.Il fut l\u2019exécuteur testamentaire de Mlle Mance qui mourut le 18 juin 1673.Il veilla à l\u2019accomplissement de son vœu suprême: le dépôt de son cœur dans la chapelle de l\u2019Hôtel-Dieu.Nous sommes justifiés à nous demander si l\u2019abbé Souart, puis- qu\u2019il était médecin, n\u2019aurait pas été celui qui aurait prélevé le cœur de notre héroïne.En même temps que lui, Rapin dit la Musette est inscrit sur la liste des chirurgiens de notre hôpital pour les années 1679 et 1686.Deux chirurgiens de l\u2019Hôtel-Dieu, Antoine Forestier et Jean Martinet de Fonblanche sont engagés par cet hôpital par un acte de Mauzue en date du 13 juillet 1681.Les deux chirurgiens s\u2019engagent à servir l\u2019hôpital, à panser et médicamenter tous les malades à se rendre par quartier de trois en trois mois assidus à visiter les malades sur les sept heures du matin, par chaque Jour et autres heures si nécessaire, l\u2019un pour l\u2019absence de l\u2019autre, à requisition, moyennant 75 livres par an, chacun, les remèdes étant fournis par l\u2019hôpital.Ils indiquèrent ainsi aux générations futures des médecins de l\u2019Hôtel-Dieu de commencer leur service tôt.L\u2019un et l\u2019autre semblent posséder le sens des affaires.Forestier fit établir par le tribunal (24 avril 1711) que les officiers des troupes n\u2019avaient droit d\u2019être traités gratuitement que pendant leur séjour à l\u2019Hôtel- Dieu.Martinet de Fonblanche est le premier médecin de Montréal qui ait recours à un avocat pour réclamer les honoraires.En effet, le 11 février 1670, le juge de Montréal condamnait Louis Losel à lui payer 20 livres pour services de chirurgie.Martinet de Fonblanche a encore le mérite d\u2019avoir été le premier professeur de médecine au Canada.Il fit école.Le 15 février 1674, il engage son beau-frère Paul Prud\u2019Homme.Le 16 décembre 1681, François Tardy devient son engagé pour trois ans.Enfin le 19 novembre 1686, Pierre Malidor, fils d\u2019un chirurgien lyonnais, choisit le sieur Martinet pour lui enseigner l\u2019art de chirurgie pendant 4 ans.Le premier écrivain médical de Montréal fut un 803 médecin de notre hôpital, J.-C.Gaillard qui, en 1667, écrit un curieux rapport sur le décès d\u2019un consomptif à la Pointe St-Charles.Joseph Benoist est le premier montréalais à exercer la médecine dans cette ville.Né à Montréal en 1712, il semble être l\u2019élève de Thaumur de la Sorce, chirurgien de notre hôpital en 1689.Il figure sur la liste de nos chirurgiens entre les années 1715 et 1726.C\u2019est avec lui qu\u2019eut lieu au Canada la première dispute avec les Irlandais.En effet, en 1718, arriva à Montréal un médecin irlandais Timothy Sullivan, dont le nom francisé répondait à celui de Timothée Silvain.Débarqué sur nos rives, il se serait installé à Varennes où, en 1720, 11 épousa Marie-Renée Gauthier, fille de la Vérendrye.Il obtient par l\u2019influence du sieur Gauthier, qui venait de découvrir les montagnes Rocheuses un brevet de médecin du Roi.Ses démêlés avec la justice sont nombreux et ses chicanes avec les autres médecins du temps, multiples.Son nom n\u2019apparaît sur la liste de nos médecins que durant les années 1725 à 1730; il est probable que les autorités \u2018de l'Hôtel-Dieu ne l\u2019ont eu à leur service que durant 5 ans à cause de son violent caractère.Le temps s\u2019écoule rapidement et nous voilà déjà au centenaire de l\u2019Hôtel-Dieu.Etaient alors médecins et chirurgiens de cette institution: messieurs Joseph Benoist, décédé en 1742; Laboisière, originaire de St-Corentin et Charles-Joseph-Alexandre-Ferdinand de Feltz, né à Rabstat en Autriche.En Nouvelle- France, les familles sont nombreuses et nous notons qu\u2019un des chirurgiens de l\u2019Hôtel-Dieu était père de 22 enfants.Il s\u2019agit de Nicolas Landriaux, dit La Lancette, surnom médical sans doute, chirurgien de notre maison en 1760 lors de la sécession.La domination anglaise est une période plus rapprochée de nous.De 1760 à 1860, date de l\u2019établissement de l\u2019hôpital sur les terrains actuels, les chirurgiens et médecins suivants figurent sur notre liste: D.de Bonne, F.Auger A.Val- lière, Ed.Sym.W.Siebi, P.Beaubien, R.Nelson, célèbre au cours de la rébellion de 1837, W.Vallée, P.Munro, L.-G.Bibaud, G.Pelle- 804 tier, J.-C.Coderre, E.-H.Trudel, Thomas D\u2019Orsonnens, L.Boyer, J.-P.Rottot.Au début de la domination anglaise, jusqu\u2019en 1872, les médecins anglais sont les seuls artisans de la profession.En 1822, ils fondent l\u2019Université McGill, et en 1847, le Collège des Médecins et Chirurgiens de Québec.En somme la médecine canadienne-française est inexistante au point de vue influence.L\u2019Hôtel- Dieu a bien en 1860 déménagé et construit sur le site actuel, l\u2019hôpital le plus moderne alors d\u2019Amérique, les médecins canadiens-français n\u2019ont aucune influence sur les directives médicales.Le College des Médecins et des Chirurgiens de Québec est dirigé par les médecins anglais et seule.l\u2019Université McGill enseigne la médecine à Montréal jusqu\u2019en 1872.Vers cette époque, l\u2019Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, dite Ecole Victoria, fondée en 1843 par des médecins anglais, passe au contrôle de nos confrères et prend un caractère nettement français.Son personnel comprend des médecins de l\u2019Hôtel-Dieu, Munro, Nelson, Bibaud, Pelletier, Boyer, Coderre, Trudel, D\u2019Orsonnens.En 1874, grace à l\u2019aide généreuse de notre hôpital, un édifice sera construit sur l\u2019avenue des Pins face à nos immeubles pour y loger l\u2019Ecole Victoria.Celle-ci jusqu\u2019en 1878 enseignera seule à Montréal la médecine française.Le ler janvier 1872, le premier numéro de l\u2019Union Médicale du Canada paraissait.La majorité de ses parrains étaient médecins de l\u2019Hôtel-Dieu.Son rédacteur en chef, le docteur J.-P.Rottot, quitta notre institution en 1880 pour fonder l\u2019hôpital Notre-Dame.A.-T.Brosseau qui devient chirurgien en chef de la nouvelle institution et E.-P.Lachapelle, futur doyen de la Faculté de Médecine de l\u2019Université Laval, l\u2019accompagnent.Ils sont de chez nous.En 1877, le Collège des Médecins et Chirurgiens de Québec qui avait été depuis sa fondation en 1847 sous le contrôle anglais, passe sous la direction de nos compatriotes.Trois médecins de l\u2019Hôtel-Dieu en 1877 en dirigent les destinées; Rottot est le président, Dagenais le secrétaire et E.-P.Lachapelle le L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 trésorier.Sir William H.Hingston qui a jeté tant d\u2019éclat dans notre institution est le second président de 1886 à 1889.En 1900, la médecine canadienne-française franchit une autre étape dans son perfectionnement scientifique.La Société Médicale de Montréal est constituée et son premier président en est Hervieux, médecin chef de l\u2019Hôtel- Dieu.Entre-temps, notre institution fournit des éléments à la direction des affaires de Montréal et du pays.Sir William H.Hingston est élu maire de Montréal et membre du Sénat.J.-J.Guérin occupe le poste de premier magistrat de la métropole et est député de Sainte-Anne à la législature fédérale.Au point de vue scientifique, les médecins de l\u2019Hôtel-Dieu continuent la course en avant.Marien, imbu des idées de Pasteur, revient d\u2019Europe en 1898 et installe les premières salles d\u2019opérations aseptiques.De plus, nous voyons plusieurs de nos médecins nous quitter pour répandre les notions scientifiques ailleurs ou fonder de nouveaux hôpitaux.Le professeur J.-E.Dubé est le premier président du bureau médical de l\u2019hôpital Sainte-Justine que des dames charitables, parmi lesquelles figure Mme Beaubien, viennent de fonder (1907).Il crée en 1911 l\u2019Institut Bruchési et plus tard ses colonies de vacances.Après la grande guerre, un nouvel hôpital Sainte-Jean- ne-d\u2019Arc est érigé en 1919 pour répondre au besoin hospitalier croissant; son fondateur le docteur François de Martigny est chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu.Enfin, le dernier hôpital construit à Montréal, Saint-Luc, a pour organisateur scientifique le professeur P.-Z.Rhéaume, chirurgien de notre maison de 1910 à 1982.L\u2019hospitalisation des malades est un des fruits de la chrétienté, de sorte que les premiers hôpitaux datent des débuts de l\u2019ère chrétienne.Déjà, à la découverte du Canada, des hôpitaux importants existaient en France.Il était donc naturel que le premier souci de nos ancêtres en colonisant le pays ait été la construction d\u2019instituts hospitaliers.Les Français désiraient surpasser les Espagnols, qui avaient MERCIER: TROIS SIÈCLES DE MÉDECINE AU CANADA 805 érigé en 1524 à Mexico, l\u2019hôpital l\u2019Immaculée Conception.Le premier hôpital fondé au Canada, et le deuxième en Amérique, est l\u2019Hôtel-Dieu de Québec construit en 1639 grâce à l\u2019aide généreuse de Mme la duchesse d\u2019Aiguillon.Celle-ci s\u2019adressa pour fonder cette institution hospitalière, aux religieuses hospitalières de la Miséricorde de Jésus à Dieppe, dites religieuses Augustines, dénomination qu\u2019elles donnent à leur fondateur saint Augustin.Les premières Augustines débarquent à Québec le ler août 1639 et sont au nombre de trois, Sœur Saint Ignace, Sœur Saint Bernard et Sœur Saint Bonaventure.Trois ans après la fondation de l\u2019Hôtel- Dieu de Québec, Jeanne Mance met le pied à Montréal le 17 mai 1642 avec M.de Maison- neuve.Elle a pour mission de construire et d\u2019administrer à Ville-Marie un hôpital qui se nomma l\u2019Hôtel-Dieu.Ce projet a été conçu par M.Jérôme le Royer de la Dauversière et réalisé par la générosité de Mme de Bullion qui fournit 42,000 livres.Jusqu\u2019en 1692, ces deux hôpitaux seront les seuls à hospitaliser les malades en Nouvelle- France.En cette année, Mgr de Saint-Valier, deuxième évêque du Canada, fonde l\u2019hôpital Général de Québec qui est sous la direction des religieuses Augustines.Cet hôpital jusqu\u2019en 1850 servira pour les soins des malades et deviendra alors un hospice pour vieillards.La même année est fondé à Montréal l'hôpital Général qui sera jusqu\u2019en 1747 sous la direction des Freres Charron.A cette époque, Mme d\u2019Youville fonde la communauté des «Sœurs Grises » et prend possession de l\u2019hôpital Général.En 1870, celui-ci est reconstruit sur le site actuel au coin de la rue Dorchester et Guy et cesse de soigner les malades pour hospitaliser les vieillards et les enfants trouvés.Jusqu\u2019en 1880, l\u2019Hôtel-Dieu de Québec et celui de Montréal sont en réalité les seuls hôpitaux au Canada français à prendre soin des malades.Voyons maintenant les activités médicales au Canada français en dehors du milieu hospitalier de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.En 1847, le docteur Morin fonde à Québec l\u2019Ecole Incorporé de Médecine de la ville de Québec qui deviendra en 1852 la Faculté de Médecine de l\u2019Université Laval lors de sa fondation.Les premiers professeurs de cette première faculté de médecine française en Amérique sont: M.Fremont, James Sewell, Jean Nault, Jean Blanchet et Jean-Etienne Gaudry.Ce n\u2019est qu\u2019en 1878 que Montréal a une Faculté de Médecine.En effet, l\u2019Université Laval ouvre en notre ville cette année-là une succursale.Nous ne pouvons nous arrêter à développer les controverses entre l\u2019Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal et la Faculté de Médecine de Laval à Montréal.Ces disputes aboutissent à la fusion de l'Ecole et de la Faculté en 1890 et son premier doyen en est le docteur J.-P.Rottot.Enfin, le 20 novembre 1919, l\u2019Université de Montréal est érigée.\u2018 La première revue médicale fondée au Canada et le Journal de Médecine de Québec dont le numéro liminaire porte la date de janvier 1826.Son rédacteur en chef en est le docteur Xavier Tessier.Il est publié quatre fois l\u2019an en langues française et anglaise.Sa vie est éphémère et il disparaît après deux ans de publications.En 1872, l\u2019Union Médicale du Canada est fondée.Les fondateurs sont: MM.Beaubien, Beaudet, Bibaud, Brosseau, Coderre, Danse- reau, De Bonald, Deschamps, Desjardins, D\u2019Orsonnens, Dubue, Duchesneau, Dugas, For- tier, Grenier, Himpton, Lachapelle, E.-P.La- ramée, Leblanc, McDonnell, McMahon, Mous- seau, Nelson, Peltier, Rottot, Dagenais, Desrosiers.Entre-temps apparaissent l\u2019Abeille Médicale (1879-1882), puis la Gazette Médicale de Montréal (1887) qui fusionne avec l\u2019Union Médicale.Puis, en septembre 1889, est publié le Bulletin Médical de Québec dont le premier 806 comité de rédaction comprend: MM.Ahern, Catellier, Dussault, Fortier, Hamel, Mathieu, Simard, Belleau Franche, Gauthier, Jobin Pa- quin, Brochu, Godin, Marois, Rousseau et Turcot.Jusqu'en 1924, l\u2019Union Médicale du Canada et le Bulletin Médical de Québec sont les seules publications importantes.À cette époque est fondée à Montréal l\u2019Action Médicale dont le but est la défense des intérêts de la profession.Les premiers rédacteurs et fondateurs sont MM.Henri Dorval, Godreau, Langevin, Robert, Louis Roux et Robichaud.En janvier 1932, le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal sort son numéro, ses fondateurs sont MM.Mercier, Léo Parizeau, Ernest Prud\u2019homme et Ernest Trottier.Enfin les derniéres publications médicales au Canada francais sont le Bulletin des Médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord publié en janvier 1937 qui fusionne en 1939 avec l\u2019Union Médicale du Canada et l\u2019Hôpital dont le premier numéro date de décembre 1936, et le dernier de septembre 1938; son fondateur et rédacteur en chef est le docteur Roméo Boucher.L\u2019histoire des Sociétés Médicales au Canada débute avec la fondation de la Société Médicale de Québec le 4 décembre 1826.Son président est le docteur Joseph Morin, vice-président le docteur Charles-Norbert Perrault et le secrétaire le docteur Xavier Tessier.Il est intéressant à noter que le Canadian Medical Association a été fondé grâce à l\u2019initiative de L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 la Société Médicale de Québec qui adopta en octobre 1867 une résolution demandant la formation de l\u2019Association Médicale Canadienne.En 1900, la Société Médicale de Montréal prenait naissance et le premier président en était le docteur Hervieux.Puis, en 1902, le docteur Brochu de Québec fonde l\u2019Association des Médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord.Les premiers officiers sont: président: professeur Brochu; vice-présidents: E.-D.Lachapelle, Montréal, docteur Archambault, C.Provost, Ottawa; secrétaires généraux: docteurs Simard, Lepage; trésoriers: docteurs Marois, Cléroux.Entre-temps, de nombreuses sociétés médicales régionales prennent naissance.En 1922, MM.Desrochers et L.-P.Dorval ont l\u2019idée de créer un organisme pour diriger les différentes \u2019 sociétés régionales et ils fondent la Fédération des Sociétés Médicales de la Province de Québec.Comme je vous le disais au début de cette conférence, je n\u2019ai nullement l\u2019ambition d\u2019avoir fait œuvre d\u2019historien en vous exposant très incomplètement et trop succintement l\u2019œuvre des confrères qui nous ont précédé au cours de l\u2019évolution de la médecine au Canada.En cette année du tricentenaire de la fondation de la ville de Montréal, nous avons cru intéressant de faire avec vous un retour sur le passé, pour étudier, admirer l\u2019œuvre et les travaux de nos prédécesseurs, afin d\u2019y puiser l\u2019énergie qui sera capable de nous faire porter dignement la réputation de la Médecine au Canada français.~~ CHIRURGIE DU SYMPATHIQUE Périphérographie artérielle (artériographie) Par Urgel GARIEPY, F.R.C.S.(C), chirurgien, \u2018 Doriva LEONARD, chef du service de Radiologie, René GRIGNON, interne sénior du service de Chirurgie, Hôpital Notre-Dame (Montréal).Ad astra per ardua.Dans la préface qu\u2019il a consacrée à l\u2019excellent livre de Raynaldo Dos Santos, sur l\u2019artériographie des membres et l\u2019aortographie abdominale, Leriche fustige impitoyablement les faux prophètes de catastrophes et les sombres sybilles masculines qui prédisent des désastres et des cataclysmes, qui fulminent le nolz me tangere, encroûtés et encrassés qu\u2019ils sont dans leur routine et leurs préjugés, devant des méthodes nouvelles de diagnostic et d\u2019exploration qu\u2019ils décrètent dangereuses et dont ils contestent les résultats ou l'utilité.La chirurgie pose un grand nombre de problèmes dont la solution ne peut être trouvée que sur l\u2019homme vivant.L\u2019autopsie rend assurément beaucoup de services en permettant de matérialiser les stades initiaux d\u2019un certain nombre de maladies, mais ce ne sont pas des lésions en activité qu\u2019elle déniche, en un mot, ce n\u2019est pas la vie qu\u2019elle saisit.Elle n\u2019en demeure pas moins un mode fondamental de la médecine.Voilà, certes, une raison majeure pour l\u2019esprit humain de tendre vers la découverte des phénomènes qui président à la marche des processus pathologiques.Que soient considérées les maladies des tissus ou des organes, c\u2019est la circulation, 7.e., le sang, qui est un des facteurs primordiaux des perturbations qui ravagent l\u2019économie \u2018animale ou humaine.L\u2019innervation n\u2019apparait que comme principe secondaire dans le temps et, ordinairement, elle intervient par la vaso-motricité; c\u2019est donc par le sang que se constituent la plupart des status morbides.C\u2019est la diminution de l\u2019apport sanguin ou sa recrue qui règle le développement et l\u2019évolution du trouble circulatoire.C\u2019est ce que l\u2019un de nous * n\u2019a cesse de prôner, depuis une dizaine d\u2019années, dans des articles, des conférences ou des discussions scientifiques où il proclamait que le sang c\u2019est la vie, que toutes les fonctions de l\u2019organisme relevaient du tonus vasculaire qui règlemente la distribution du liquide nourricier dans les tissus et maintient la teneur saline du milieu humoral, que le bon ou le mauvais fonctionnement d\u2019un organe est lié à l\u2019hypo ou à l\u2019hypersalinité des humeurs cellulaires et que c\u2019est dans cette interprétation qu\u2019il faut chercher les défaillances ou les hyperactivités des systèmes neuro-végétatifs, somatiques ou organiques.La question des échanges intercellulaires joue aussi un rôle de premier plan parce que l\u2019agencement de ces trocs fonctionnels assure l\u2019évacuation des détritus tissulaires et la rénovation des cellules vieillies ou dévitalisées.Toute cette biochimie ne s\u2019équilibre que par le débit des robinets capillaires qui assurera la tension ou le ravitaillement nécessaire en oxygène ou en matériaux indispensables à l\u2019existence des expressions initiales des tissus, les cellules.Les considérations précédentes nous portent à croire que les progrès seraient immenses si nous pouvions croquer sur le vif les modalités successives et fugitives jusqu'ici insaisissables, de l\u2019organisation artérielle des maladies.L'hypothèse des coordinations serait serrée de plus près et des thérapeutiques nouvelles en seraient les corollaires.C\u2019est précisément ce que nous fournit Dos Santos avec l\u2019artériographie qui ouvre des horizons neufs sur le cours du sang périphérique.1.Le Dr Urgel Gariépy. 808 Nous avions bien l\u2019oscillométrie, la périphéro- thermie avant et après le blocage ganglionnaire sympathique, mais il restait des aléas, des incertitudes, résultats de méthodes, bonnes sans doute, mais manquant d\u2019exactitude.La périphérothermie exprimait une vérité physiologique, cependant que sans évidence anatomique.L\u2019artériographie vient combler cette lacune et redresser l\u2019ordre oscillant des processus d\u2019investigation.C\u2019est pourquoi, de concert tous les trois, nous nous sommes attelés à la tâche et nous sommes parvenus à apprécier, de façon juste, l\u2019anatomie et le fonctionnement des collatérales et de la vascularisation nouvelle.Les vues de Dos Santos ne furent pas acceptées d\u2019emblée.Il y eut discussion, et, comme nous l\u2019écrivions au début, certains clamèrent le danger d\u2019injecter des substances plus ou moins nocives pour les vaisseaux et les tissus.Tant il est vrai que l\u2019ambulation sur des terres, couvertes de forêts épaisses, est entourée d\u2019ombres et de mystères et il y a toujours des doutes, des hésitations, des inquiétudes, des efforts sur soi qui nous assaillent quand nous sortons des sentiers battus pour nous engager dans des lieux inexplorés.L\u2019imagination précède souvent ia concrétisation d\u2019une idée, mais que de consolations quand le concept mental devient une réalité! Malgré les objections et les prophéties mal venues, l\u2019artériographie est entrée définitivement dans la pratique courante.L\u2019injection opaque des artères est une méthode générale qui consiste à rendre visible, «in vivo », la circulation artérielle des différents organes et régions \u2014 des membres, de la tête et de l\u2019abdomen.Ce procédé visuel d\u2019exploration des vaisseaux n\u2019est pas une découverte récente.Il revient vraisemblablement à l\u2019école allemande, avec Frank U.Alvens et Schepelman (1910), d\u2019avoir, par ses directives, posé les fondements de l\u2019artériographie.Il s\u2019écoula ensuite une période de silence jusqu\u2019au moment où, en France, Sicard et Forestier (1923-1924), en Allemagne, Berberich et L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 Hiesch (1923), en Amérique, Barney, Brooks, firent les premiers essais sur l\u2019homme vivant.À ces premières recherches succédèrent celles de Forgue (1925), celles de Perla (1925), celles de Meleney et Miller (1925), celles de Des- plats, Brilliat et Mériel (1926), celles de Har- vier et Lemaire (1927), celles de Cannet, Greenbaum et Singleton (1928), celles de Charbonnel et Massé (1929), celles de P.Duval (1930).Jusque-là on n\u2019avait étudié que les artérites, les gangrènes et les anévrysmes.1927, avec Egas Moniz, de Lisbonne, planta une borne nouvelle: Moniz créa l\u2019angiographie cérébrale et, in potentia, l\u2019artériographie viscérale, si bien qu\u2019en 1928 furent présentés les résultats obtenus dans les artérites, les anévrismes, les ligatures artérielles, les paralysies de Volkmann, les tumeurs des os et des parties molles, les ostéomyélites.Mais c\u2019est Dos Santos qui, s\u2019inspirant des travaux de Moniz, conçut, en 1928, l\u2019artériographie des membres et l\u2019aortographie pour les viscères dont les conclusions furent consignées dans le numéro du 6 janvier 1928 de la Médecina Contemporanea de Lisbonne et présentées par l\u2019auteur lui- même à la séance du 20 mars 1929 de la Société de chirurgie de Paris, suivis bientôt du rapport du professseur Gosset (Bull.Soc.Chir., séance du 24 avril 1929, t.LV, No 14).Depuis, aucune modalité nouvelle dans la méthode, si ce n\u2019est l\u2019injection avec de nouvelles substances opaques mais sans résultantes meilleures.Dos Santos fut le seul à pratiquer l\u2019aortographie pendant deux ans.Il fut suivi dans cette voie par Legueu, à l\u2019hôpital Necker de Paris (1930) et par Holfender qui communiqua ses expériences au Congrès de la «Société allemande de Radiologie » de Ba- den-Baden (avril 1931).Durant le cours de ces essais, de nouveaux produits à injection furent essayés: l\u2019huile bis- muthée, bromure de potasse, composés de thorium, combinaisons de fer, de zinc, de cuivre, de nickel et de manganèse, collargol, lipiodol, iodure de soude, uroselectan, Abrodil, etc.Tour à tour ils furent éliminés, les uns étant emboligènes, certains ne donnant pas une opa- GARIÉPY: ARTÉRIOGRAPHIE 809 cité suffisante, d\u2019autres étant douloureuses: seul l\u2019iodure de sodium a gardé une place d'honneur.ELÉMENTS INDISPENSABLES À L\u2019ARTÉRIOGRAPHIE DES MEMBRES 1° L'\u2019artériographie vise à surprendre toute la circulation dépendante du vaisseau injecté, et permet d\u2019étudier la diversité des aspects du territoire vasculaire.Pour avoir une image fidèle des finesses du réseau qu\u2019elles traversent, seules des substances solubles se mélangeant rapidement au torrent circulatoire peuvent réaliser l\u2019idéal d\u2019une bonne injection.Elles seules laissent apprécier les ectasies, les néoformations vasculaires, la collatéralisation, les obstructions, ete.Le courant sanguin charrie promptement aux extrémités des membres la solution opaque.Il faut donc faire la radiographie pendant l\u2019injection si l\u2019on veut surprendre cette opacité fugace.L\u2019un de nous ?avait essayé, en 1934, de pratiquer une artériographie du membre inférieur dans un cas d\u2019artérite sénile.Malheureusement, son inexpérience et l\u2019appareillage à rayons X, inapproprié, avaient concordé pour faire rater l\u2019essai.Il s\u2019était servi d\u2019une solution d\u2019iodure de sodium à 25%.Le film ne montra aucune trace du passage de cet élément, et partant, ce fut une radiographie blanche.Quand nous avons décidé récemment de reprendre l\u2019artériographie, nous avons adopté le Diodrast, qui est une solution contenant environ 50 pour 100 d\u2019iode, en combinaison ferme.C\u2019est une solution stable, neutre, limpide, presque incolore, aqueuse (35 pour 100 volumétri- quement) qui ne doit pas être exposée à la lumière directe.2° La ponction artérielle.La rétractilité de la tunique moyenne des artères rend leur ponction complètement inoffensive.Les recherches expérimentales sur les plaies artérielles, les examens macro et microscopiques d\u2019artéres ponctionnées, les travaux de Goyanes et Oppel sur l\u2019anesthésie 2.Le Dr Urgel Gariépy.artérielle, l\u2019expérience de plus de 200 ponctions artérielles par le chirurgien lisbonnais, contrôlées par l\u2019évolution clinique ou étudiées sur des pièces d\u2019autopsie, confirment la bénignité de cette ponction.On peut découvrir l\u2019artère pour la ponctionner ou ne faire qu\u2019une petite boutonnière pour la palper ou la piquer directement à travers la peau dans les zones où elle est facilement accessible (fémorale à l\u2019aine, poplitée, humérale au coude).Comme nous n\u2019avons eu que des fémorales à injecter, nous nous sommes servi d\u2019aiguilles de 9/10 mm.Si l\u2019on met l\u2019artère à nu, il se produit, en retirant l\u2019aiguille, un léger suintement sanguin, plus ou moins rythmique, que nous contrôlons toujours par le pincement et la ligature d\u2019un petit paquet d\u2019adventice.Si l\u2019on ponctionne à travers la peau, il suffit de comprimer àn situ durant quelques minutes.La ponction est d\u2019autant moins sérieuse que le vaisseau est plus gros.L'importance et l\u2019élasticité de la tunique moyenne garantissent l\u2019innocuité de la ponction.3° Principe de l\u2019injection.Dos Santos a fait construire un appareil qui règle mathématiquement et chronométrique- ment le débit de l\u2019injection.Nous, nous nous servons d\u2019une seringue de 50 c.c.avec embout métallique surajouté, auquel fait suite un tube de caoutchouc dont l\u2019extrémité distale s\u2019adapte à un embout de verre qui entre à frottement dans l\u2019aiguille.Cette instrumentation nous a donné parfaite satisfaction, malgré la pression variable de la main, au hasard parfois de la docilité du piston.Nous sommes arrivés à contrôler la pression du liquide et à régler le débit manuel de façon à obtenir des images parfaites, tel que le suggèrent les radiographies reproduites plus loin, avec nos histoires de cas.La concentration de la substance opaque non dans la solution mais dans le sang rend compte de l\u2019importance du débit pour obtenir une ombre suffisante des vaisseaux.Il faut une dilution d\u2019environ 5% pour que la radiographie soit concluante.Donc la netteté de l\u2019image et 810 la finesse des détails requièrent intimement trois facteurs: 1) concentration de la solution opaque; 2) début ou pression sous laquelle on l\u2019injecte; 3) quantité totale injectée dans l\u2019artère.Nous avons insisté sur la nécessité de radiographier pendant l'injection parce qu\u2019on ne trouve plus rien quelques secondes après.Il faut remplir les branches les plus fines et les plus lointaines et n\u2019employer les rayons X qu\u2019après avoir injecté 30 c.c.du liquide opaque, quantité que nous avons mise nous-mêmes à l\u2019essai; et c\u2019est amplement suffisant pour un membre inférieur.Si l\u2019on dépasse cette dose, la substance opaque sera inutilement élevée et l\u2019on risquera de saisir la circulation de retour, ce qui compliquerait l\u2019interprétation déjà si délicate du réseau artériel.La tête de l\u2019injection prend 8 à 10 secondes pour atteindre le pied, la pression manuelle devant débiter 3 c.c.à la seconde.L\u2019on obtient ainsi une reproduction intéressante de la physiologie de la circulation.Quelques centimètres cubes de la solution ne donnent qu\u2019une effigie des troncs principaux.L\u2019anatomie et la physiologie pathologique de la circulation étant plus intimement liées aux troubles artériolaires qu\u2019aux altérations des branches maîtresses, l\u2019intérêt de l\u2019artériographie, au point de vue scientifique et clinique, consiste dans l\u2019étude comparée de la circulation des petits vaisseaux.Pour y arriver sûrement, il faut que l\u2019iodure sanguin soit bien concentré et que les vaisseaux soient remplis jusqu\u2019aux capillaires.La concentration peut se régler, avec la même solution, par le jeu de la pression.La quantité à injecter, avant la radio, variera avec la distance de la zone à étudier par rapport au vaisseau piqué.Si l\u2019on artériographie une artère humérale, on emploiera 15 c.c.de la solution opaque que l\u2019on injectera au pli du coude et dans l\u2019aisselle pour la sous-clavière.4° Radiographie.Comme la radiographie se fait pendant l\u2019injection, on n\u2019arrêtera celle-ci qu\u2019une fois la pose finie.L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 D\u2019aprés R.Dos Santos, l\u2019examen devrait se faire sur gille antidiffusante (Potter-Bucky).L\u2019auteur préconise un temps de pose de 14 seconde avec 70 K.V.30 Ma.Nous avons pensé pouvoir nous dispenser du Potter-Bucky et réduire concurremment la durée de l\u2019exposition.Nous avons fait les premiers examens avec 65 K.V.20 Ma., à 5/10 de seconde.Ce temps de pose a été trouvé trop long; nous l\u2019avons réduit et avons exécuté nos radiographies avec 65 K.V.à 1/3 de seconde, 20 Ma.Nous avons obtenu une image encore trop grillée.Nous avons diminué le K.V.à 60 et nous avons gardé 20 Ma.et avons décru le temps d'exposition à 1/5 de seconde.Les derniers item, c\u2019est-à-dire 60 K.V.20 Ma.à 1/5 de secondes et à 30 pouces, nous ont donné des reproductions tout à fait satisfaisantes (Dori- va Léonard).Le membre sera placé suivant Je lieu de l\u2019injection et la lésion à étudier.Le membre supérieur sera disposé en antéro-postérieure, le membre inférieur, en position latérale, afin de dissocier l\u2019ombre des vaisseaux principaux de celle des os.Si l\u2019on veut étudier la circulation de face et de profil, on n\u2019aura qu\u2019à répéter l\u2019injection.5° La douleur.Avec l'emploi du Diodrast, nous n\u2019avons jamais eu a noter aucune sorte de douleur.Dans les jours qui suivent, les injectés ne ressentent absolument aucun malaise et n\u2019ont accusé, en aucun temps, de sensibilité particulière.Pour les besoins de la cause, 1.e., pour avoir les mains libres et ne pas subir de mouvements intempestifs de la part du malade, nous recourons systématiquement à l\u2019anesthésie générale.L\u2019on pourrait utiliser l\u2019anesthésie artérielle de Goyanes qui consiste à injecter 10 c.c.de novocaïne à 5%, après garrotage du bras.Quelques minutes après, on pousse le Diodrast qui, indolore par lui-même, trouve les tissus assez insensibilisés.Pour la fémorale, la technique est moins sûre parce qu\u2019il est plus que difficile de poser un garrot à l\u2019aine et d\u2019y faire l\u2019injection.Nous n\u2019avons pas pratiqué ce genre d\u2019anesthésie, hb tas GARIÉPY: ARTÉRIOGRAPHIE mais nous le signalons en passant.Peut-être nous y adonnerons-nous un jour.6° Technique.Il faut remplir la seringue, avant l\u2019intervention, à la quantité de 30 c.c.pour le membre inférieur et 15 c.c.pour le membre supérieur.La ponction de l\u2019artère peut être percutanée, auquel cas un bouton dermique de nupercaine suffit.Nous avons été tentés d\u2019épouser cette manière parce que combien simple.D\u2019un autre côté, nous avons l\u2019expérience d\u2019avoir vu opé- ratoirement des artères complètement inanimées et sur les battements desquelles nous n\u2019aurions pu nous guider pour y planter notre aiguille.Conséquemment, nous découvrons toujours le vaisseau selon les règles de la médecine opératoire.Les premières fois, nous dégagions complètement l\u2019artère, ce qui la rendait très mobile et l\u2019injection plus difficile.Maintenant, nous la laissons dans son lit et l\u2019opération en est d\u2019autant plus facilitée.Pour le membre inférieur, nous avons incisé à l\u2019aine, à la pointe du triangle de Scarpa et à l\u2019anneau des adducteurs.Nous avons opté définitivement pour la région du pli de l\u2019aine.Si l\u2019on se décide pour la ponction à travers la peau, on la fera au-dessous de l\u2019arcade de Fallope pour la fémorale, celle de la poplitée au milieu de l\u2019espace, en pleine pulsation artérielle bien repérée.De petits jets rouges, bien rythmés, affirmeront l\u2019implantation correcte de l\u2019aiguille.Ce n\u2019est qu\u2019à ce moment que l\u2019on adoptera la seringue à l\u2019équipement instrumental.Pour la sous-clavière, l\u2019on ponctionne après une section de la peau et de l\u2019aponévrose de 3 centimètres de longueur.Pour l\u2019avant- bras et la main, on pique l\u2019humérale au pli du coude avec une aiguille de 8/10 mm.Tout étant prêt pour la radiographie, avec le membre disposé selon les positions voulues, on pousse 15 c.c.dans l\u2019humérale ou 30 c.c.dans la fémorale, à raison de 3 c.c.par seconde.La radiographie s\u2019opère sans interrompre l\u2019injection.On donnera le signal à 28 c.c.pour la fémorale et à 12 c.c.pour l\u2019humérale, cependant que l\u2019on continue la poussée des 2 811 ou 3 c.c.restants pendant le temps de pose.Quelques centimètres cubes se sont encore ainsi écoulés pendant la radiographie et viennent renforcer le cliché.On enlève l\u2019aiguille et comme habituellement du sang sort en bavant ou en giglant de l\u2019orifice de ponction, on pince l\u2019adventice locale que l\u2019on ligature et tout est dit.INCIDENTS ET COMPLICATIONS Nous n\u2019avons jamais rencontré aucun incident digne de mention.Pas d\u2019hématome, pas d\u2019hémorragie secondaire et aucune douleur.Le Diodrast est un élément qui s\u2019élimine dans les quarante-cinq minutes qui suivent l\u2019injection.Nous avons même fait radiographier les membres quelques heures, un jour, deux jours après l\u2019injection et nous n\u2019avons jamais trouvé de trace, même attardée, du liquide opaque ni dans les membres, ni dans les reins, ni dans la vésicule biliaire.Par conséquent, avec le Diodrast, toute sécurité, toute garantie et tout succes.LES MALADIES ARTERIELLES Nous n\u2019entrerons pas dans tous les détails des indications de l\u2019artériographie.Nous énumérerons seulement les affections qui relèvent de la méthode.Endartérite oblitérante (Buer- ger, artérite sénile, artérite sénile-diabétique), thromboses consécutives à la ligature, suture ou résection artérielle, gangrènes (juvénile, sénile, diabétique, embolique ou traumatique), anévrismes, ostéomyélites et ostéo-ar- thrites, tumeurs.ANALYSE DES CAS Observation 1.Damase V., 71 ans, marchand, hospitalisé le 16 mars 1942.Douleurs au pied gauche et petite plaque de sphacèle au 4e orteil gauche.Artériosclérose généralisée, syndrome diabétique.Oscillométrie montre des oscillations très diminuées à droite et absentes à gauche.Le 19 mars 1942, radiographie de la jambe laisse voir des vaisseaux atteints de calcification assez marquée.Pas d\u2019ostéite des orteils.Pas de pulsations à la pédieuse gauche et battements presque disparus à droite. 812 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 Diagnostic: Observation 2.Artérite sénilo-diabétique.Eugène C., 45 ans, journalier, s\u2019est présenté Artériographie du membre inférieur gau- à l\u2019hôpital le 18 février 1942, pour nécrobiose che, le 27 mars 1942.(Voir fig.1.) de la racine du 2e orteil gauche.Début, un an FIG.1.\u2014 On note la présence de substance opaque dans les ramifications artérielles de la région plantaire et antérieure du pied.Les arborescences de la moitié inférieure de la jambe sont beaucoup moins visibles qu\u2019on pourrait l\u2019espérer.Les artères apparaissent raides et droites.Artérite sénilo-diabétique et thrombose vasculaire encore perméable.(D.Léonard.) GARIÉPY: ARTÉRIOGRAPHIE 813 auparavant.Douleur généralisée à tout le pied.Claudication intermittente.Froidure.Amputation antérieure du 2e orteil dont la plaie opératoire n\u2019a jamais guéri.Battements artériels pratiquement disparus aux deux membres inférieurs.Les oscillations vasculai- res sont pratiquement absentes à la jambe gauche.Le 19 mars 1942, la périphérothermie (Dermatherm) nous montre, pour les deux membres inférieurs, une température oscillant entre 23 et 25 degrés centigrades, au lieu de 31°5, index vaso-moteur normal.Fig.2.\u2014 Artériographie du membre inférieur gauche.On voit que les vaisseaux se sont très peu opacifiés dans la région postérieure de la jambe et un peu plus dans la région antérieure jusqu\u2019en avant du calcanéum et pas du tout dans la région du talon et de la surface plantaire du pied.Les vaisseaux opacitfiés ne représentant apparemment que des collatérales et non des artères principales.Artérite pré-sénile chronique et thrombose artérielle complète.(D.Léonard.) L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LF.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 814 Diagnostic: Observation 3., ., .Mathilde P., 37 ans, couturière, entre à Artérite pré-sénile avec gangrène parcellaire ,,, , .; l'hôpital le 20 mars 1942, pour syncope blan- secondaire.212 che et asphyxie bleue des extrémités des mem- Artériographie, le 20 mars 1942.(Voir bres.Les troubles circulatoires remontent à 25 fig.2.) ans et se sont accentués progressivement.Sé- t IT) ta qa Ho Fra.3.\u2014 La poplitée est ici bien en relief; la tibiale postérieure ainsi qu\u2019une des branches de la fourche plantaire derrière la malléole interne, laquelle se prolonge à la voûte du pied.La pédieuse est bien en évidence.Les collatérales manquent pratiquement.Le mollet est blanchâtre, probablement à cause de ; la densité musculaire qui doit contribuer à empêcher la vue des néo-vaisseaux, s\u2019il y en a.Maladie de Reynaud avec Cuergérisation des collatérales.J (D.Léonard.) GARIÉPY: ARTÉRIOGRAPHIE quelles de rhumatisme déformant.Phénomènes vaso-moteurs typiques des pieds, des mains et du bout du nez.L\u2019oscillométrie enregistre des oscillations très diminuées aux quatre membres.La périphérothermie démasque une température variant entre 23 et 25 degrés centigrades, laquelle température n\u2019est pas modifiée par le blocage nupercaïnique du nerf tibial postérieur.Diagnostic: Maladie de Raynaud buergérisée.Artériographie du membre inférieur droit.On voit très bien les trones principaux des artères mais les collatérales sont très rares.(Dr Léonard.) (Voir fig.3.) Observation 4.René L., 25 ans, commis de bar, gros fumeur de cigarettes, admis à l\u2019hôpital le 3 février 1942, pour plaie dorsale à l\u2019union du gros orteil et du métatarsien droits.Les troubles circulatoires ont originé au mois de juillet 1936.Claudication intermittente, fatigabilité, crampes aux membres inférieurs, tous symptômes accrus par la chaleur et décroissant au froid.Plaques de sphacèle intermittentes sur les orteils, alternativement à droite et à gauche qui guérirent après sympathecto- mie lombaire et sympathectomie péri-fémo- rale.Le 5 novembre 1940, une zone de gangrène cutanée força le malade à l\u2019hospitalisation.Oscillométrie: oscillations très diminuées aux deux membres inférieurs.Artériographie du membre inférieur droit.C\u2019est le plus beau et le plus détaillé de nos périphérogrammes.(Voir fig.4.) Observation 5.Roland R., 30 ans, journalier, fumeur de cigarettes invétéré et grand buveur, est hospitalisé le 7 avril 1942, pour froidure de la jambe droite, douleurs sous forme de lancine- ments, surtout la nuit où il ne peut supporter le poids de ses couvertures.Claudication intermittente.La palpation du gros orteil et de la région du ler métatarsien est très douloureuse ainsi qu\u2019à la partie inféro-externe de la jambe 815 droite.Aucun battement sur tout le trajet des artères où, même au pli de l\u2019aine, on ne perçoit aucune pulsation.Oscillométrie: les oscillations sont très amoindries au membre inférieur droit.Diagnostic: Artérite juvénile oblitérante.Artériographie, le 12 mai 1942.(Voir fig.5.) Observation 6.Joseph M., 49 ans, menuisier, gros fumeur, est admis à l\u2019hôpital le 2 mai 1942, pour douleurs intenses et cyanose du pied gauche.Les symptômes premiers remontent à juillet 1941, où le patient nota des fourmillements, une sensation de brûlure au gros orteil gauche, troubles qui s\u2019accentuent jusqu\u2019en décembre et qui lui font quitter son travail.La coloration actuelle des orteils s\u2019installa pour aller en progressant.Le patient ne pouvait plus se chausser.La chaleur et les couvertures du lit intensifient la douleur.Aucun battement dans la pédieuse.L\u2019oscil- lométrie est presque normale.Diagnostic: Artérite pré-sénile et thrombose artérielle.Artériographie, le 25 mai 1942.(Voir fig.6 et 7.) ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE CLINIQUE Le contraste est frappant entre l\u2019image d\u2019une artériographie normale et celle d\u2019une gangrène, d\u2019une thrombose ou de phénomènes vaso-moteurs.La première montre l\u2019ombre des trones principaux qui est homogène et de ces troncs au calibre régulier, émergent des collatérales dont les courbes prouvent la souplesse des vaisseaux jusqu\u2019à la terminaison des branches effilées sous la peau.Dans la seconde, le dessin des vaisseaux reproduit des contours inégaux, sinueux et ampullaires comme des veines variqueuses et les collatérales qui s\u2019en détachent sont maigres, ténues, s\u2019appauvrissent vite après un parcours presque dépourvu de ramifications.Certaines figures sont encore plus suggestives parce que l\u2019on aperçoit les tu- 816 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 bes vasculaires à trajet, tantôt flexueux, tantôt raide, formant un calibre très irrégulier avec des rétrécissements multiples.Dans tous ces cas, on peut déduire que la circulation est mal assurée.TR I CRT En réalité, les artériogrammes révèlent que l\u2019endartérite des vaisseaux de grand et de moyen diamètre réduit la perméabilité de par la sclérose de la paroi et constitue un obstacle à la circulation sanguine qui harasse rapide- \u2018a Fra.4.\u2014 La tibiale antérieure est très apparente jusqu\u2019au cou-de-pied où elle cesse abruptement.La pédieuse manque en totalité.Des collatérales fines et nombreuses remplacent, dans le haut du mollet, le trone de la tibiale postérieure et se prolongent en descendant jusqu\u2019au tiers inférieur où l\u2019on voit une double branche vasculaire, reprise vraisemblable de la tibiale postérieure pour poursuivre son trajet jusqu\u2019à la fourche des plantaires qui sont, ici, très distinctes et avec des sinuosités très marquées.La collatéralisation plantaire est touffue.Il y a donc amputation de la pédieuse et de la tibiale postérieure.Artérite juvénile oblitérante et thrombose.(D.Léonard.) gl git pl pio?| pe 5 GARIÉPY: ARTÉRIOGRAPHIE ment la propulsion du sang.La voie collatérale artériolo-capillaire assure encore la nutrition des tissus à ce niveau et malgré que cette présomption échappe à l\u2019artériographie, elle laisse supposer un ralentissement du courant bed LIAL HEL wo 817 sanguin dont la pression s\u2019exténue par la rigidité des branches visibles.Ce n\u2019est pas la perméabilité des gros vaisseaux qui assure la vitalité des tissus mais c\u2019est la circulation collatérale.Dans la périphérographie, c\u2019est moins Fra.5.\u2014 L\u2019anatomie des vaisseaux est bien en évidence.Le réseau artériel de la région postérieure de la jambe et du pied est très visible et paraît quelque peu augmenté.On n\u2019aperçoit pas de substance opaque à la face antérieure de la jambe et au dos du pied, si ce n\u2019est au tiers supérieur où l\u2019on discerne la fourche du tronc tibio-péronier et une certaine longueur de la tibiale antérieure.La néo-vascularisation est abondante au talon et dans le domaine des plantaires.Il y a donc effacement de la tibiale antérieure dans ses deux tiers inférieurs et de la pédieuse.Les artères sont rigides.Thrombo-angéite oblitérante juvénile.(D.Léonard.) 818 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 le siège de l\u2019obstruction que le status circulatoire qu\u2019il faut rechercher.Or, la circulation périphérique est la résultante d\u2019un fait d\u2019ordre fonctionnel \u2014 la pression sanguine \u2014 et d\u2019un fait d\u2019ordre anatomique \u2014 la perméabilité vasculaire.Une insuffisance circulatoire se déduit de deux facteurs: l\u2019expression fonctionnelle (oscillomé- trie) et l\u2019image anatomique (artériographie).Devant le déficit des épreuves cliniques (Mo- Fra.6.\u2014 Le tronc tibial postérieur est bien en évidence dans les deux tiers supérieurs.Le tiers inférieur ainsi que la fourche des plantaires sont absents.La tibiale antérieure -n\u2019apparaît qu\u2019au cou-de-pied d\u2019où la pédieuse est très estompée.La cireulation collatérale est profuse au mollet, à la voûte plantaire, au dos du pied,\u2018aux orteils et au talon.Les artères sont irrégulières, inégales comme course et \u2018comme volume.Artérite chronique pré-sénile et thrombose artérielle.(D.Léonard.) - Co GARIÉPY: ARTÉRIOGRAPHIE 819 skowicz, etc.), il faut recourir systématiquement à l\u2019oscillométrie et à l\u2019artériographie qui augmentent considérablement les chances d\u2019un traitement adéquat, lorsque les deux concordent.Un Pachon positif mérite la confiance mais, négatif, il ne traduit pas immanquablement une circulation collatérale défectueuse ni même une imperméabilité du vaisseau principal.L\u2019artériographie peut corriger le pessimisme Fre.7.\u2014 Continuation de la vignette 6 où, quelques secondes après cette pose, nous avons une image toute différente des vaisseaux, laquelle image paraît être celle du réseau veineux.En effet, la distribution et la forme de ces trones vasculaires ne répondent pas du tout à la structure artérielle.C\u2019est bien la circulation veineuse de retour que nous avons eu la chance et que nous sommes heureux d\u2019avoir saisie au passage.(D.Léonard.) 820 de l\u2019oscillomètre et nous donner, par sa précision, non seulement des renseignements anatomiques, mais aussi, fonctionnels.La circulation collatérale se forme surtout aux dépens du réseau artériolo-capillaire.En fin de compte, ce sont les arborescences vasculo-tis- sulaires, que n\u2019atteint pas l\u2019artériographie, que l\u2019on voudrait analyser.Ces suppléances anatomiques restent inopérantes si la force vive qui pousse le sang n\u2019est pas appuyée par l\u2019élasticité des gros vaisseaux.Le jeu des vaso-moteurs des petits vaisseaux peut influencer la pression par les obstacles qu\u2019il met en branle mais la sclérose artérielle empêche qu\u2019il ne la crée.L'importance des vaisseaux de gros et de moyen calibre s\u2019efface devant le rôle des petits vaisseaux dont le calibre et l\u2019élasticité règlent le débit de la masse sanguine, le maintien de la pression et de la force propulsive du sang.La circulation des capillaires n\u2019est pas démontrée par l\u2019artériographie mais les possibilités anatomiques et fonctionnelles de l\u2019irrigation sont entrevues par le calibre, la perméabilité, les ramescences et les limites de visibilité de la circulation artérielle.L\u2019injection d\u2019une substance opaque dans un vaisseau représente une expérience physiologique que la radiographie suit et surprend.L\u2019étendue et la richesse de la route parcourue par le diodrast, c\u2019est-à-dire par le sang, c\u2019est le reflet d\u2019une fonction, comme l'interruption subite du liquide opaque signifie moins un fait d\u2019obstruction anatomique qu\u2019une conséquence de la chute de la pression et de la vitesse du sang.L\u2019essence pathogénique de tous les troubles cireulatoires dépend de cette déficience fonctionnelle qui mettra en cause la vitalité des tissus et, dans le cas d\u2019une amputation, permettra de situer les lambeaux.L\u2019artériographie prendra donc la vedette dans la se- méiologie des gangrènes et c\u2019est avec ce concept qu\u2019il faudra l\u2019interpréter.La bonne qualité des vaisseaux, garantissant mieux la cir- eulation supplémentaire des tissus survivants, commandera souvent une amputation plus basse qu\u2019habituellement pratiquée.Il y aura donc lieu, dès maintenant, de reviser le niveau des moignons d\u2019amputation puisque l\u2019artério- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 graphie nous renseignera fidèlement sur les chances de réussite liée à l'irrigation sanguine des futurs lambeaux.Et cette nouvelle règle s\u2019appliquera intégralement à toutes les maladies des vaisseaux sanguins.La thrombo-angéite oblitérante, l\u2019artérite sénile ou sénilo-diabétique, la maladie de Raynaud à son stade ultime d\u2019obstruction, les tumeurs, les ostéomyélites, les ostéo-arthrites, les gangrènes, les thromboses consécutives aux ligatures, suture ou résection artérielles relèvent de l\u2019artériographie qui déterminera les différentes indications thérapeutiques.La maladie de Buerger, par exemple, permettra par l\u2019artériogramme de se diriger vers une amputation économique ou de tenter une sympathectomie ganglionnaire ou, devant la pénurie circulatoire périphérique manifeste, d'imposer d\u2019emblée une amputation basse, moyenne ou haute, ou relation avec l\u2019image que produira l\u2019artériographie.Conclusions Avec ce fait nouveau, avec ce moyen d\u2019investigation sûr que nous préconisons, nous ne marchons plus dans des sentiers obscurs, nous sortons des règles établies jusqu\u2019à présent où nos données étaient plus ou moins précises, où nous nous basions sur des épreuves plus ou moins exactes car, là où nous amputions à la cuisse, nous aurions pu couper à un niveau plus bas et conserver une plus grande longueur de membre.À moins d\u2019urgence extrême où le temps manque, où la vie du patient est en jeu, où les heures comptent, dans toutes les maladies chroniques des artères qui menacent l\u2019intégrité et la vitalité des tissus, je me rallie pleinement au procédé de l\u2019artériographie qui seul, je le répète une dernière fois, éclairera nettement l\u2019anatomie et la physiologie de la cireu- lation périphérique.Je n\u2019entreprendrai plüs jamais de traitement des affections vasculaires chroniques sans mettre en marche d\u2019abord la périphérographie artérielle.C\u2019est une méthode simple, facile à exécuter et digne de nous inspirer entière confiance, parce qu\u2019elle est absolument scientifique. RECUEIL DE FAITS PÉRITONITE BILIAIRE SANS PERFORATION VÉSICULAIRE Par Charles LeFRANCOIS, F.A.C.S., Chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu.Nous avons eu dernièrement l\u2019occasion d'observer un cas de péritonite biliaire sans perforation décelable des voies biliaires.Comme ce cas présente de l\u2019intérêt au point de vue pathogénique, nous avons cru intéressant de le rapporter.Observation.Monsieur E.P., 71 ans, est admis à l\u2019Hôtel- Dieu, vendredi le 30 avril 1942, pour des dou- _ leurs abdominales et du ballonnement.Le début de ses troubles remonte à deux jours.Mercredi matin, le 28 avril, il est allé à son bureau comme d\u2019habitude, mais dans le courant de l\u2019avant-midi, il ne se sentit pas bien, eut des nausées et revint à son domicile.Mercredi après-midi, à 2 heures, il ressentit une douleur très vive au creux Épigastrique, douleur qui le fit s\u2019aliter.Le soir, le malade souffre toujours beaucoup, mais comme il eut déjà dans le passé des crises abdominales douloureuses, il attend au lendemain avant d\u2019appeler son médecin, le docteur Rodrigue Lefebvre.Celui-ci le voit dans l\u2019après-midi du jeudi, le revoit le soir et nous fait demander.Nous voyons un malade avec un bon état général.Le faciès est cependant très rouge.Le pouls est à 100 et la température à 100°.Le patient se plaint toujours de douleurs généralisées à tout l\u2019abdomen.Il n\u2019a pas vomi une seule fois; il a eu trois selles dans la journée du jeudi et il passe des gaz.Il a subi une prostatectomie par voie vésicale en plusieurs temps, quatre ans auparavant.A l\u2019examen objectif, nous trouvons l\u2019abdomen tendu, douloureux, mais sans défense musceu- laire véritable: nous parvenons, quand le malade se relâche, à le déprimer.La douleur, à la palpation, siège dans l\u2019hypocondre droit et dans la fosse iliaque droite.La matité hépatique n\u2019est pas disparue et l\u2019abdomen n\u2019est pas teile- ment balloné.Au toucher rectal, le cul-de-sac de Douglas est normal et le doigt ne ramène pas de sang.La malade urine normalement.Nous penchons, avec son médecin, du côté de la cholécystite aiguë, mais comme le début de la maladie a été brusque et que les douleurs sont généralisées à tout l\u2019abdomen, nous faisons hospitaliser immédiatement le malade.Nous prescrivons dans la soirée de la glace et du sérum salé-glucosé intraveineux.Le lendemain, aucun changement important dans l\u2019état du malade; 1l souffre cependant toujours et fait un peu d\u2019ictère.L\u2019azotémie, la glycémie et l\u2019analyse des urines sont normales.L\u2019hématocrite est à 44% et la leucocytose à 20,000.Nous voyons le malade plusieurs fois dans la journée.Plusieurs internes l\u2019ont également examiné: un pense à l\u2019ulcère perforé, un autre à la cholécystite aiguë ou l\u2019appendicite.Nous pensons plutôt à l\u2019infarctus intestinal et nous décidons d\u2019intervenir le vendredi soir, après avoir fait mettre un tube de Levine intra-stomacal.Laparatomie médio-rectale droite sus et sous-ombilicale.A l\u2019ouverture de la cavité abdominale, il s\u2019écoule une assez grande quantité de bile presque pure, environ 400 c.c.Nous agrandissons l\u2019incision par le haut pour explorer l\u2019estomac et le duodénum: aucune perforation.La vésicule biliaire est très légèrement tendue; sa paroi est un peu épaissie, mais elle n\u2019est adhérente nulle part et son aspect n\u2019est pas du tout celui que l\u2019on rencontre dans la choléeystite aiguë.Nous palpons un petit caleul dans le cholédoque, près du cystique, caleul que nous parvenons à faire monter faci- 822 lement dans la vésicule.Nous cherchons attentivement la perforation du côté de la vésicule et des voies biliaires, nous n\u2019en trouvons pas.Rien à l\u2019appendice, ni aux intestins, ni au pancréas.: Nous pensons alors à la péritonite biliaire sans perforation et nous ouvrons la vésicule pour faire une cholécystostomie.On en sort un petit calcul gros comme un pois et du sable biliaire.Un tube dans la vésicule, deux drains cigarettes dans la cavité abdominale et fermeture en trois plans.Le lendemain de l\u2019opération, le patient ne va pas trop mal.Nous lui donnons du sérum intraveineux, du sulfathiazole, ete.La bile s\u2019écoule par le tube de la cholécystostomie en quantité modérée.Il ne semble plus y avoir de bile dans l\u2019abdomen, les compresses n\u2019étant pas souillées.Le malade commence à tousser le deuxième jour, son ventre se ballonne et en dépit du tube de Levine et des sérums, il meurt en hyperthermie, le troisième jour.L\u2019examen post-mortem fut pratiqué par le docteur J.-L.Riopelle.Résumé du protocole.Adhérences fibreuses multiples des deux plévres avec pleurésie fibrineuse bilatérale.Atélectasie de la région postérieure du lobe pulmonaire inférieur gauche.Broncho-pneumonie du lobe inférieur droit à la base.Vésicule biliaire.Cholécystomie récente.Extérieurement, absence d\u2019adhérences mais coloration porcelainée du péritoine vésiculaire.Absence de toute perforation vésible à l\u2019œil nu.Après ouverture, surface interne dépourvue de replis et de coloration blanchâtre, d\u2019aspect cicatriciel.Dans le cystique, calcul de 3 mm.de diamètre à surface verdâtre rugueuse.Dans le cholédoque, 2 calculs: l\u2019un de même aspect et de même grosseur que le précédent, l\u2019autre du volume d\u2019un gros pois.Boue biliaire dans le cholédoque.Malgré les calculs, voies biliaires perméables.Duodénite aiguë pseudo-membraneuse, avec un certain degré de dilatation.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 Examen microscopique.Absence de toute nécrose de la vésicule.Effacement des replis de la muqueuse.Desquamation de l\u2019épithélium (altération cadavérique).Infiltration inflammatoire chronique du chorion de la muqueuse.Sclérose interfasciculaire des musculeuses avec réaction inflammatoire chronique.Epaississement de la sous-séreuse avec adipose et sclérose.Grosses lésions vasculeires du type des endartérites végétantes, lésions fréquentes dans les cholécystites chroniques, mais pas à ce point accusées.Dans la partie proximale de la vésicule, nombreux diverticules d\u2019Aschoff- Robitanski, la plupart dilatés et kystiques mais ne présentant ni ulcération, ni perforation.En somme, cholécystite chronique avec péricholécystite fibro-plastique, sans perforation décelable.Au duodénum, nécrose du sommet des replis avec exsudation fibrino-leucocytaire et zooglées microbiennes superficielles.Fortes lésions de stase, avec œdème et pétéchies de la sous-muqueuse.Pas de perforation.En somme, duodénite aiguë pseudo-membraneuse.Foie: congestion antrolobulaire avec dégénérescence graisseuse discrète.À noter, en plusieurs endroits, une dilatation des canaux biliaires intrahépatiques, avec sclérose péricho- langitique et infiltration inflammatoire chronique de l\u2019espace-porte, indice d\u2019une angiocholite.COMMENTAIRES Les péritonites biliaires les plus fréquentes sont celles qu\u2019on rencontre à la suite des cholécystites aguës perforées.On peut constater également la présence de bile dans certaines péritonites dues & l\u2019ulcére perforé du duodénum, mais alors il ne s\u2019agit pas d\u2019une vraie péritonite biliaire.Ce qui est plus rare c\u2019est, comme chez notre malade, la péritonite biliaire vraie avec épanchement considérable de bile et cela sans perforation des voies biliaires.La péritonite biliare sans perforation a été reconnue dès 1911 par Clairmont et Von Ha- berer.Depuis, dans tous les pays, on a publié un assez grand nombre d\u2019observations sur cette LEFRANCOIS: PERITONITE BILIAIRE mystérieuse affection.Mais encore aujourd'hui, la pathogénie en reste très obscure.Il y a 7 ou 8 ans, à la « Société de Chirurgie de Paris », il y eut à ce propos une discussion qui a duré plusieurs mois.On a rapporté de nombreuses observations, mais, à la fin, le problème restait toujours le même.Certains ont trouvé, au niveau de la vésicule en état de tension, des perforations ponc- tiformes invisibles à l\u2019œil nu.D\u2019autres ont trouvé qu\u2019en essuyant la vésicule d\u2019apparence normale avec une compresse, ils voyaient au bout de quelques instants perler de la bile sur sa paroi.Ils n\u2019admettaient donc pas qu'il n\u2019y eut pas de perforation.Certains autres, au contraire, après avoir bien vérifié et à l\u2019opération et quelquefois à l\u2019autopsie l\u2019état de la vésicule, n\u2019y trouvèrent aucune perforation.Les premiers répondaient que des perforations minimes pouvaient se cicatriser en quelques heures et on n\u2019était pas plus avancé.Tous admettaient cependant que la bile venait de la vésicule et que la muqueuse de l\u2019organe devait être levée pour laisser filtrer la bile vers la cavité abdominale.En effet, dans plusieurs observations, on peut lire que la muqueuse de la vésicule était souvent atteinte et même quelquefois gangrenée.Ce qui peut expliquer l\u2019état poreux de la vésicule.On s\u2019est demandé ensuite quelle était la cause de cette gangrène localisée à la muqueuse vésiculaire.On a pensé à une ischémie consécutive à une thrombose vasculaire; on a pensé à une infection microbienne virulente; enfin, on a pensé au reflux du suc pancréatique dans la vésicule, l\u2019inverse de ce qui se passait dans certains cas de pancréatite aiguë nécro- sante.823 D\u2019après cette théorie tryptique, le suc pancréatique, à la faveur d\u2019un obstacle au niveau du sphincter d\u2019Oddi, pouvait remonter dans la vésicule et y déterminer une nécrose partielle de la muqueuse.Souvent dans les cas de péritonite biliaire sans perforation, on a trouvé des calculs du cholédoque et même quelquefois dans l\u2019abdomen des taches de cyto- stéatonécrose.Alnauteur, pour prouver l\u2019hypothèse du réflux pancréatique, a ligaturé chez un chien le canal cholédoque, a injecté du suc pancréatique dans la vésicule et a constaté que la paroi vésiculaire laissait alors filtrer la bile.Les adversaires de la théorie tryptique prétendaient de leur côté que dans plusieurs observations on n\u2019a remarqué ni calcul, ni aucun obstacle au niveau des voies biliaires et que la cyto-stéatonécrose observée par plusieurs pouvait être causée par d\u2019autres ferments que ceux du pancréas, certains ferments par exemple qui pouvaient venir de tissus autolysés au cours de l\u2019infection vésiculaire.Enfin, ils apportaient contre l'hypothèse du reflux pancréatique, les anastomoses pratiquées par les chirurgiens entre le duodénum et la vésicule, où on n\u2019a jamais observé de péritonite biliaire consécutive.Et ainsi, comme on le voit, lors de ces discussions, le problème des péritonites biliaires sans perforation ne fut pas résolu.Pour revenir à notre malade, l\u2019examen postmortem a révélé qu\u2019il y avait trois petits calculs dans le cholédoque, mais sans obstruction.On a trouvé aucune perforation même après un examen soigné microscopique et surtout, ce qui n\u2019est pas pour simplifier la question, le pathologiste, le docteur J.-L.Riopelle, n\u2019a pas trouvé de lésions ni aiguës, ni nécrosantes de la muqueuse vésiculaire.Tout au plus, y a-t-il trouvé des lésions de choléeystite chronique. FIBROME NASO-PHARYNGIEN CHEZ UN ADOLESCENT Ablation par voie palatine ! Par F.-J.LETARTE, F.Hôtel-Dieu Observation.Sylvio T., âgé de 16 ans, cultivateur, entre dans le service d\u2019O.R.L.de l\u2019Hôtel-Dieu en décembre dernier parce qu\u2019il ne peut plus respirer par le nez.Il raconte que ses parents jouissent d\u2019une excellente santé et que lui- même n\u2019a jamais été malade avant 1941.A 15 ans, après une grippe, il reste enchifrené et il éprouve une gêne respiratoire qui ne s\u2019améliore pas.Au cours de l\u2019été, la narine droite est totalement obstruée; il respire par la bouche, se mouche difficilement et nasonne.Les secrétions apparaissent muco-purulentes.Les épistaxis se répètent et durent plus longtemps.A cause de la progression des troubles, vers la fin de novembre, le malade est confié à un hôpital régional où le chirurgien doit suspendre le traitement en présence d\u2019une hémorragie inquiétante.Le patient nous arrive trois semaines plus tard; il est pâle, anémié, la bouche ouverte.Dans la fosse nasale droite, une tumeur rouge comble toute la lumière et saigne au contact du stylet; elle est peu mobile.L\u2019examen rhi- noscopique postérieur permet de voir une masse haut située qui semble occuper toute la région.Les examens des autres appareils sont normaux.La réaction de Wassermann est négative.Le temps de saignement ne dépasse pas trois minutes.Une biopsie par voie nasale provoque une hémorragie abondante qui nécessite le tamponnement serré de la fosse nasale gauche.Le rapport anatomo-pathologique indiquera que le prélèvement est constitué par du tissu fibreux partiellement nécrotique en surface et par des néocapillaires; il ne contient aucun 1.Communication à la 3e Réunion de l\u2019Association des Ophtalmologistes et des Oto-rhino-laryngologistes, le 9 mai 1942, Trois-Rivières.ROY et J.TURCOT, (Québec).élément malin et semble correspondre à un fibrome.Après dix-huit jours de traitement général à la sérothérapie associée aux extraits glandulaires, le malade est anesthésié au Pentothal.L\u2019exploration rétro-palatine par le toucher permet de reconnaître que la tumeur est sessile et implantée dans le recessus sphéno-ethmoi- dal droit avec prolongement nasal.On tente d\u2019extirper la masse à l\u2019aide d\u2019un serre-nœud par voie bucco-pharyngée, mais sans succès.Les manœuvres sont compliquées d\u2019une hémor- ragle assez grave.A cause de cette nouvelle perte de sang, on institue une médication hématopoiétique et la désinfection nasale pendant seize jours.Quant à la technique opératoire, bien que la tumeur était justifiable de l\u2019opération de Mou- re ou transmaxillo-nasale, la voie transpala- tine est choisie d\u2019après les indications des auteurs américains.L\u2019anesthésie au Pentothal et Cyclopropane est effectuée.Le premier temps de l\u2019intervention consiste à ligaturer la carotide externe droite dans le but d\u2019éviter les hémorragies qui avaient anémié le patient antérieurement.Une fenêtre de 12 mm.par 15 mm.environ est pratiquée dans la voûte palatine après incision de la muqueuse et décollement du périoste à droite du raphé médian.L\u2019apophyse palatine du maxillaire supérieur est ensuite réséquée à la gouge et au burin.On obtient alors une vue sur l\u2019étage moyen et inférieur de la fosse nasale et sur le pharynx nasal.Après exploration de la base d\u2019implantation de la tumeur, on glisse l\u2019anse du serre-nœud qui enserre le fibrome et le sectionne.L\u2019hémorragie inonde subitement les fosses nasales et le cavum.Un tamponnement serré avec Mickulicz et gaze lodoformée est mis en place après avoir vainement tenté de cautériser la surface à l\u2019électro- cui ol.A LETARTE, ROY er TURCOT: FIBROME NASO-PHARYNGIEN 825 coagulation.La voûte palatine est ensuite suturée.Le pouls est alors de 140.L\u2019examen de la tumeur présente une base d'implantation large et très adhérente.Au point de vue macroscopique, c\u2019est une tumeur dure, très vascularisée, plus dense près de la base que dans le prolongement nasal.L'état du patient s\u2019améliore jusqu\u2019au cinquième jour où la température atteint brusquement 104°; on décide d\u2019enlever les mèches.L\u2019hémorragie est provoquée et menace au point de commander la ligature de la carotide externe gauche.Malgré cette ligature, il est urgent de faire sauter la suture de la voûte et de tamponner de nouveau.Des hémorragies secondaires réapparurent, mais moins abondantes lors du démèchage.La plaie chirurgicale du palais dur est baignée avec une solution de Streptocide toutes les quatre heures avant d\u2019entreprendre la plastie.Elle consistera en deux lambeaux de muqueuse palatine qu\u2019on rapproche en les basculant sur leurs bords et en suturant à la soie.Le pouls et la température sont normaux.Le poids progresse.La fosse nasale et le cavum sont libres.La voix est améliorée.COMMENTAIRES Si nous étudions l\u2019évolution du traitement, nous constatons que la voie d\u2019accès transpala- tine offre une lumière suffisante pour les actes chirurgicaux et l\u2019avantage d\u2019éviter une mut:- lation de la face.De plus, aurait-on pu diminuer les hémorragies?Il est vrai que par leur définition, les tumeurs fibreuses naso-pharyn- çiennes de l'adolescent saignent facilement.La ligature des carotides externes en deux temps ne nous a pas semblé très efficace, sans doute à cause des anastomoses du groupe des trois artères palatine supérieure, vidienne ct ptérygo-palatine.La ligature des deux carotides externes à titre préventif au premier temps opératoire aurait diminué l'importance des hémorragies opératoires et post-opératoi- res; c\u2019est l\u2019avis de Morrison et l\u2019enseignement des récents traités. REVUE GENERALE te ve LA MALADIE RHUMATISMALE vs RHUMATISME POLYARTICU- LAIRE AIGU Par Albert LeSAGE.On est fortement impressionné des décès causés par les maladies du cœur et des reins.Dans la province de Québec seulement, en 1932, il y a eu 3,720 décès, soit 10% de la mortalité totale.Le taux était de 110 pour 100,000 en 1926.En 1938, il atteint le chiffre de 130 pour 100,000.En 1940, il y a eu plus de 5,000 décès par maladies du cœur.Nous avons là la preuve d\u2019une progression ascendante, car le taux de la mortalité a presque doublé depuis quinze ans.Comme la maladie rhumatismale est une des causes les plus fréquentes des cardiopathies, j'ai cru opportun de traiter cette question en vue de prévenir, si possible, certaines complications cardiaques, pourvu que le médecin prescrive une médication active dans chaque cas.Si je désigne le rhumatisme polyarticulaire aigu sous le vocable de maladie rhumatismale, c\u2019est que cette affection, malgré son siège électif sur l\u2019endocarde, peut aussi, et fréquemment, se localiser sur toutes les séreuses de l\u2019organisme, sans exclure les autres viscères, en particulier le poumon, le système nerveux et les méninges.Nous croyons, de plus en plus, que cette maladie est une infection microbienne à germe inconnu; qu\u2019elle est faiblement contagieuse et qu\u2019elle est caractérisée, au point de vue ana- tomo-pathologique, par une lésion fibro-plas- tique constituée par des leucocytes dont l\u2019exsudat siège à une petite distance du bord de la valvule, où elles prennent la forme « d\u2019un collier de petites élevures arrondies, d\u2019un blanc nacré », appelées « efflorescence perlée ».Cette lésion anatomique pénètre même dans le tissu interstitiel du myocarde où elle forme des foyers nécrotiques dont la cicatrisation constitue une lésion que l\u2019on désigne sous le nom de nodule d\u2019Aschoff.Symptomes I.LOCALISATION ARTICULAIRE.C\u2019est la crise habituelle, accompagnée de tous les signes inflammatoires: douleurs, tuméfaction, rougeur, puis pâleur des tissus locaux.Je n\u2019insiste pas sur d\u2019autres détails à ce point de vue, mais nous devons admettre que cette crise peut se manifester sous d\u2019autres formes, telles: 1° Le rhumatisme cervical, avec torticolis et.contracture du sterno-cléido-mastoïdien ; 2° Le rhumatisme cervico-sciatique, avec syndrome méningé, accompagné ou non du signe de Lasègue (sciatique) ; 3° Les myosites, dues à une inflammation du biceps et du quadriceps; 4° L\u2019arthrite monoarticulaire qui peut être aussi de nature rhumatismale, sans lésions gonococciques; 5° Le rhumatisme chronique secondaire, fibreux et déformant, secondaire au rhumatisme aigu.Toutes ces formes peuvent être d\u2019origine rhumatismale, car, dans la plupart des cas, on les guérit par le salicylate de soude.II.FORMES EXTRA-ARTICULAIRES DE LA MALADIE.La maladie rhumatismale peut revêtir d\u2019autres formes, et il importe de le savoir.1° La cardite rhumatismale, comprenant.certaines lésions cardiaques qui relèvent du rhumatisme: a) La péricardite; b) La myocardite; c) L\u2019endocardite simple ou maligne; LESAGE: MALADIE RHUMATISMALE d) Le rhumatisme cardiaque évolutif.Ces formes principales s\u2019accompagnent de signes cliniques constitués par des souffles, de l\u2019arythmie et des frottements.Dans chaque cas, le médecin doit en faire le diagnostic et en situer le siège principal.Il doit, chaque fois, songer au rhumatisme afin de lui appliquer la médication spécifique du salicylate de soude.2° Il y a, aussi, la forme pleuro-pulmonaire, qui peut évoluer assez rapidement, tout en se prolongeant deux à trois mois, dans certains cas.Cette forme est caractérisée par des foyers d\u2019apoplexie, d\u2019atélectasie, des épanchements fibrino-hémorragiques ou sero-albumi- neux, des foyers d\u2019alvéolite et de bronchiolite ulcéreuse, des thromboses multiples, des endo- phlébites et des endartérites.Ici, encore, le médecin doit songer au rhumatisme, car ces lésions pleuro-pulmonaires sont souvent traitées isolément, tandis qu\u2019on en ignore la cause réelle.Je n\u2019insiste pas sur les signes cliniques, tels que la matité, la sub-matité, le silence respiratoire localisé.Tout cela est bien connu au point de vue clinique mais, ce qui est essentiel, c\u2019est de les rattacher au rhumatisme.Cette longue introduction, bien que sommaire, est faite en vue de nous conduire au traitement.Traitement de la maladie rhumatismale Le salicylate de soude est le médicament spécifique de la maladie rhumatismale dont nous venons de tracer un tableau succinct de l\u2019aspect clinique et de l\u2019anatomo-pathologie.Si nous voulons obtenir un effet décisif, surtout au début, sur ces lésions rhumatismales, le médecin devra prescrire le salicylate de soude à hautes doses, en choisissant un médicament chimiquement pur et en adoptant une méthode qui permette au malade de le tolérer durant longtemps, sans malaises.La méthode la plus pratique est sans contredit celle de l\u2019ingestion.Voici comment l\u2019on peut procéder: 827 Salicylate de soude chimiquement pur .2 grammes Bicarbonate de soude pur .4 grammes Pour un paquet.En préparer pas plus de vingt-cinq à la fois.Faire dissoudre un paquet dans un demi-verre d\u2019eau tiède.Faire absorber cette quantité durant cinq minutes à épuisement, suivie de la moitié ou du tiers d\u2019un verre de lait, additionné d\u2019un peu d\u2019eau de Vichy.Répéter cette dose toutes les trois heures, jour et nuit, ce qui fera environ quinze à seize grammes de salicylate de soude par vingt-quatre heures.Note: L\u2019addition de bicarbonate de soude au salicylate de soude est faite en vue de neutraliser l\u2019excès d\u2019acide salicylique mis en liberté dans l\u2019estomac après ingestion.Nous prévenons, ainsi, l\u2019irritation de la muqueuse stomacale et l\u2019apparition des nausées, suivies, quelquefois, de vomissements.Il faut, à tout prix, rechercher la tolérance, afin d\u2019obtenir un effet décisif sur la maladie elle-même.L\u2019action du médicament est suivie d\u2019une atténuation de la douleur, d\u2019un abaissement de la fièvre, et d\u2019une diminution de la tuméfaction.Les douleurs de céphalée et de rachialgie, dues au rhumatisme, disparaissent peu à peu avec l\u2019insomnie.Le malade en éprouve beaucoup de soulagement et de satisfaction.D\u2019autre part, l\u2019affaiblissement du premier bruit cardiaque, dû à un épaississement du bord libre de la valvule, peut s\u2019atténuer, et le souffle léger, apparu à un certain moment, peut disparaître.Ceci indique qu\u2019il y a une légère résorption de l\u2019exsudat.C\u2019est donc un excellent moyen de prévenir une lésion définitive de la mitrale, dont les conséquences sont très sérieuses.L\u2019injection intraveineuse de salicylate de soude est une autre méthode, mais elle ne peut être employée que dans certains cas et par un médecin très habile à ponctionner les veines.Nous savons, en effet, que le salicylate de soude provoque une sclérose des veines dans lesquelles on pratique l\u2019injection.Si le médecin se croit autorisé à pratiquer cette méthode durant une courte période, pour exercer une action plus rapide au début durant quelques 828 jours seulement, il devra faire suivre l\u2019injection du médicament, contenu dans des ampoules spéciales, d\u2019une injection d\u2019eau distillée, afin de chasser complètement les sels de soude qui pourraient se déposer à la porte d\u2019entrée.De plus, il devra placer un pansement humide chaud au siège de l'injection, légèrement compressif, afin de favoriser la transsudation des dépôts éventuels du médicament.Traitement local Application de compresses froides de toile à fromage, en plusieurs plis, autour des articulations des membres, où c\u2019est possible.Les renouveler toutes les heures, les recouvrir de soie huilée afin de conserver l\u2019humidité, et les maintenir en place avec une serviette sèche sans appliquer de bandage compressif ou hermétique.En sus de ce pansement humide, on peut faire des applications d\u2019une pommade salicylée, ou de l\u2019essence de wintergreen.Ce pansement fait disparaître l\u2019inflammation, puis la douleur.Telle est, dans toute sa simplicité, la médication contre la maladie rhumatismale.Le médecin devra user de son jugement pour augmenter, diminuer ou suspendre temporairement les doses, en vue de ménager la susceptibilité de son malade.Je ne mentionne pas la diète, que tous les médecins connaissent, dans laquelle on doit supprimer la viande, les épices, le café, les mets acides, les boissons douces, L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 pour remplacer tout cela par le lait, les céréales, les jus de fruits, l\u2019eau de Vichy, et l\u2019eau en abondance.Accidents de la médication salicylique 1° Troubles auditifs: bourdonnements d\u2019oreilles, hypoacousie.2° Troubles digestifs: nausées, sensations de brûlures, avec ou sans vomissements et diarrhée.3° Troubles nerveux: délire, crampes, dyspnée, état comateux chez des malades souffrant d\u2019une lésion rénale ignorée.Un examen préalable peut prévenir ces accidents.4° Troubles cardiaques: arythmie extra- systolique ou rythme couplé.Dans ce cas, on suspend la médication et on remplace le bicarbonate de soude par le carbonate de calcium, puis on applique une vessie de glace sur la région précordiale.Que penser des sulfamidés?Je n\u2019hésiterais pas à les employer afin d\u2019en observer l\u2019effet et les résultats, mais avec prudence en me guidant sur les analyses du sang.Je ne sais rien de plus sur ce point.Telles sont les directives générales dont le médecin peut s\u2019inspirer pour traiter cette maladie grave, à cause des complications cardiaques qui en constituent les séquelles souvent redoutables. CONSIDÉRATIONS SUR LES RELATIONS DE L\u2019ÉTAT GRAVIDE AVEC CERTAINS SYNDROMES NEUROLOGIQUES ! Par C.-A.GAUTHIER, Chargé de la Section de Neurologie à l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus (Québec).Le sujet que nous entreprenons semble vaste et un grand nombre de ses items nous paraît éminemment discutable.Nous devons done nous limiter et faire un choix sur les syndromes neurologiques qui nous semblent les plus fréquemment rencontrés, les plus importants et les plus facilement atteints par la thérapeutique.Au cours de cette causerie il ne sera pas tant question de l\u2019enfant que des syndromes se rapportant directement à la mère.Nous avons l'intention de diviser notre travail en deux parties: il nous semble préférable et indiqué de parler d\u2019abord de l\u2019influence de l\u2019état de gestation sur des maladies nerveuses préexistantes; puis dans une seconde partie, peut- être un peu plus étendue, nous insisterons sur certains syndromes neurologiques se développant'au cours de la grossesse.INFLUENCE DE L\u2019ÉTAT GRAVIDE SUR QUELQUES SYNDROMES NEUROLOGIQUES PRÉEXISTANTS Chorée.On se souvient de l\u2019extrême gravité de la chorée du jeune âge qui réapparaît au cours de la grossesse; on se rappelle aussi que l\u2019on accepte comme vérité l\u2019origine rhumatismale de la chorée Sydenham.Quel est exactement le mécanisme déclenchant qui, au cours d\u2019un état de gravidité, favorise la réapparition d\u2019un syndrome qui quelquefois était resté silencieux depuis de très nombreuses années, est une chose à laquelle il est assez difficile de répondre, et jusqu\u2019à date les discussions d\u2019ordre étiologique ne semblent aider en rien le mode de traitement à notre disposition.Ce qu\u2019il importe de dire en ce moment, c\u2019est qu\u2019il ne faudra jamais se presser de porter un pronostic définitivement favorable dans les cas de chorée chez les jeunes 1.Travail présenté à la Société Médicale de Sherbrooke, le 17 mai 1942.\u2018 filles puisque nombreux sont les cas de réveil de cette affection au cours de grossesses futures; ce n\u2019est pas non plus parce qu\u2019une première grossesse peut se passer sans incident que la malade est à l\u2019abri de toute rechute puisque de nombreux cas sont rapportés de réactivité choréiforme au cours d\u2019une deuxième grossesse alors que la première s\u2019était développée sans incident fâcheux.Nous reviendrons sur le traitement de cet état dans un paragraphe ultérieur.Epilepsie.Quelle est l\u2019influence de l\u2019état de gravidité sur l\u2019épilepsie?On sait que dans le cours des vingt-quatre à quarante-huit heures précédant la crise épileptique, la réserve sanguine alcaline monte pour subir immédiatement avant la crise une chute brusque et rapide alors que se fait une décharge acide dans le courant sanguin.On connaît de plus, le facteur ischémique précédant immédiatement la crise épileptique.On est aussi au courant de la théorie, confirmée par les faits, théorie qui prétend que des dérivés toxiques de source endocrinienne peuvent provoquer la crise épileptique.Tous ces facteurs endo-toxiques sont réalisés à merveille par l\u2019état de parturition.L\u2019école française dit que la grossesse influence l\u2019épileptique de trois façons: 1° Elle l\u2019aggrave dans la majorité des cas, jusqu\u2019à une proportion de 50%.2° Elle peut améliorer cet état, ce qui est excessivement rare et dont on peut douter.3° Elle ne modifie pas l\u2019état épileptique dans une proportion qui pourrait atteindre 25% des cas, et on doit alors se demander pourquoi. 830 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 On a parlé d\u2019épilepsie puerpérale, terme qui ne doit être réservé qu\u2019à celles qui présentent leur première crise alors qu\u2019elles sont enceintes, en l\u2019absence de tout phénomène éclamptique et de mal comitial' antérieurs.Il semblerait que le terme est impropre et ne devrait pas constituer une entité nosologique.On ne saurait dire si les attaques sont occasionnées par une urémie transitoire, des toxines placentaires ou des variations tensionnelles artérielles; de toute façon, c\u2019est surtout durant les derniers mois de la grossesse qu\u2019on les voit apparaître, fréquemment répétées et quelquefois accompagnées d\u2019amaurose transitoire; malheureusement elles sont fréquemment fatales.Certaines écoles sont d\u2019une sévérité absolue et interrompent immédiatement la grossesse, ce qui d\u2019ailleurs n\u2019amène pas toujours la cessation des crises.Il n\u2019est pas question ici de discuter de l\u2019à-propos de l\u2019intervention.Les seuls points qui nous intéressent sont que d\u2019abord la grossesse augmente l'intensité et la fréquence des crises épileptiques dans une forte proportion des cas; ensuite l\u2019enfant qui naîtra, s\u2019il se rend à terme, a, selon nos connaissances actuelles sur l\u2019hérédité, un pourcentage très élevé de chance de devenir lui-même épileptique.Traitement.On peut dire sans exagération que depuis l\u2019avènement du di-phényl-hydantoïnate-sodique le problème est changé du tout au tout; alors qu\u2019autrefois l\u2019épileptique voyait arriver avec frayeur un temps de grossesse, il est remarquable de constater qu\u2019avec ce nouveau médicament la proportion des cas où l\u2019on voit la fréquence des attaques augmenter durant la grossesse, demeure très basse contrairement à ce qu\u2019elle était auparavant.Je n\u2019ai pas eu le temps de relever complètement les statistiques que je possède à ce sujet, mais je me souviens fort bien d\u2019avoir toujours été frappé par la métamorphose des événements depuis 1938, c\u2019est- à-dire le temps du premier emploi du médicament.Sclérose en plaques.Jusqu\u2019à quel point la grossesse aura-t-elle de l\u2019influence sur un cas confirmé de sclérose en plaques.Brièvement repassée, la symptomatologie consiste, on se rappelle, en tremblement intentionnel, paroles scandées et explosives, nystagmus, ataxie, hyperréflectivité tendineuse avec perte des réflexes cutanés abdominaux.Le tout souvent accompagné de rire ou de larmes spasmodiques, comme dans les syndromes pseudo-bulbaires.En voulant évaluer l\u2019influence de la grossesse sur cette maladie à lésions disséminées, il ne faut pas d\u2019abord oublier la notion que l\u2019on rencontre tout de même quelquefois des cas de rémission spontanée, rémission pas très fréquente il est vrai, mais tout de même certaine, puisque presque tous les auteurs en font mention.Il m\u2019a été donné d\u2019en voir un cas chez chaque sexe depuis 1928.On devra donc se montrer prudent quant à l\u2019évaluation de l\u2019influence de l\u2019état gravidique sur l\u2019évolution de la maladie, et mal avisé sera le médecin qui donnera un pronostic assuré à.ce sujet puisqu\u2019en effet chez quelques cas la maladie a semblé cesser d\u2019évoluer pendant la grossesse pour redonner des signes d\u2019activité après la délivrance, alors que par ailleurs Wilson rapporte un cas où trois grossesses successives chez une patiente ont intensifié tous les signes de sclérose disséminée.Personnellement je n\u2019ai vu qu\u2019une seule femme enceinte atteinte de sclérose en plaques, et après la délivrance nous la vimes dans un état beaucoup plus déplorable que lors du troisième mois de la grossesse, date où nous l\u2019avions examinée pour la première fois.On peut ajouter que Balint d\u2019Allemagne, de même de Gowers ont rapporté quelques rares cas dont le début semblait remonter au temps de parturition ou immédiatement après la délivrance.Tous les auteurs que nous avons lus qui rapportaient les deux observations ci-dessus les ont tous longuement discutées et finalement mises en doute.° GAUTHIER: ÉTAT GRAVIDIQUE ET SYNDROMES NEUROLOGIQUES Traitement.On sait que le traitement est aléatoire et que les destructions médullaires disséminées sont irréparables.Tout au plus peut-on espérer ralentir ou peut-être arrêter le processus de dégénérescence par l\u2019administration intramusculaire ou intraveineuse de tous les facteurs du complexe B auquel on adjoint l\u2019administration orale de sulfate de quinine à doses variables.Maladie de Parkinson.Bien que l\u2019on lise fréquemment dans quelques traités de neurologie que l\u2019influence de l\u2019état de gravidité sur le parkinsonnisme est négligeable, je suis personnellement porté à croire que cette influence est désastreuse; en effet, de toutes les malades atteintes de ces maladies, malades que j\u2019ai vues enceintes, et le nombre en est assez imposant, pas une seule n\u2019a pas vu son syndrome s\u2019aggraver à pas de course durant la grossesse et demeurer tel apres la délivrance, quels qu\u2019aient été les efforts de traitements tentés.SYNDROMES NEUROLOGIQUES SE DEVELOPPANT AU COURS DE LA GROSSESSE Polynévrite.Point n\u2019est besoin d\u2019avoir fait beaucoup de neurologie pour avoir constaté que l\u2019on rencontre les polynévrites au cours de la gestation et durant les suites de couche.Durant la parturition, l\u2019état nauséeux matinal limitant la quantité des aliments ingérés et provoquant une déficience en vitamines B, les vomissements incoercibles causant une réelle avitaminose passagère de même qu\u2019un état aci- dosique, les demandes augmentées de vitamines B que nécessitent et le fœtus et le métabolisme accru de la mère sont tous autant de causes qui peuvent expliquer l\u2019apparition de signes de polynévrite; à plus forte raison si on est en plus en présence d\u2019une infection localisée.Il sera cependant beaucoup plus difficile d\u2019offrir une explication satisfaisante si le même syndrome apparaît sans qu\u2019aucun des facteurs précités puissent être mis en cause; Ely, Weber 831 et d\u2019autres ont alors incriminé un facteur toxique occulte dû à l\u2019état de grossesse, facteur qu\u2019ils n\u2019ont d\u2019ailleurs pas pu mettre en évidence.Il est certes difficile de comprendre le pourquoi d\u2019une polynévrite chez une jeune femme saine dont l\u2019état de grossesse se passe sans aucun incident et cependant de nombreux cas sont rapportés et les théories vont leur train.Il semble raisonnable de croire que l\u2019on ait affaire à un trouble du métabolisme si on se souvient que les facteurs B jouent un rôle considérable dans les phénomènes d\u2019oxydation au cours de l\u2019ensemble des échanges respiratoires.On peut aussi rencontrer un type de mono- névrite, celui-ci de cause strictement mécanique, c\u2019est-à-dire par pression longue et soutenue de la tête au cours d\u2019un accouchement laborieux; c\u2019est alors dans le domaine du nerf erural antérieur qu\u2019on en retrouvera les signes.D\u2019une façon générale, cette dernière variété n\u2019est pas grave et l\u2019on assiste ordinairement à une rémission ad integrum des syndromes rencontrés après l\u2019accouchement.Si l\u2019on se souvient que les polynévrites traduisent une atteinte du neurome inférieur, on se rappellera aussi les syndromes cardinaux qui consistent en des phénomènes paralytiques des membres atteints avec chute des poignets et des cous-de-pieds, des crampes musculaires et douleurs à la pression, des diminutions ou pertes des réflexes tendineux, des troubles excessivement variés des sensibilités, le tout souvent accompagné d\u2019élévation thermique variable.Par-dessus tout cela, des troubles trophiques variés dont ceux de la peau, le « glossy skin » de la nomenclature anglaise.La tachycardie au cours d\u2019une polynévrite devra retenir l\u2019attention et dans les cas malins on a vu une dilatation cardiaque entraîner la mort.Les auteurs prétendent qu\u2019en général les membres supérieurs sont les premiers atteints; cependant nous en avons rencontré au moins deux cas chez qui le début fut noté aux mem- 832 bres inférieurs; dans ces cas il ne faudra pas oublier la possibilité d\u2019une myélite ascendante dégénérative.Le pronostic est généralement favorable bien qu\u2019on ne doive pas se hâter de le porter au début de l\u2019affection puisqu'il est alors impossible de préciser jusqu'où ira le processus de démyéli- nisation Wallérienne.Si on réussit à contrôler par les traitements c\u2019est environ après vingt et un jours que l\u2019on peut voir réapparaître une ébauche des réflexes et encore pas dans tous les cas.On assiste ordinairement à la guérison dans un temps variant de quelques mois à un an ou même davantage, tout dépendant de la sévérité de l\u2019état aigu.Traitement.Sans entrer dans le détail du traitement, on doit dire d\u2019une façon générale que puisque dans les cas présents il n\u2019est pas question d\u2019enlever le facteur causal, on doit s\u2019efforcer d\u2019aider la malade à terminer sa grossesse dans les meilleures conditions possibles.Pour cela, repos pour les membres affectés, soutien de la nutrition neuro-musculaire par des agents thérapeutiques et physiques (chaleur, massages, traitements électriques) et prévention des difformités.La médication sera d\u2019abord le sulfate de strychnine, s'il n'y a pas de contre-indication, à des doses variant de 1/30 à 1/10 de grains par jour en injection sous-cutanée ou de 1/30 de grains deux ou trois fois par jour en administration orale, ou une solution de chlorhydrate de strychnine dont on donne cinq gouttes une ou deux fois par jour augmentant lentement à un maximum de quinze gouttes par jour.Puis, comme aide que j\u2019appellerais volontiers physiologique, l\u2019adjonction de la vitamine B.Les suggestions sont multiples quant à la façon de procéder; personnellement les résultats les plus rapides et les meilleurs que J'ai obtenus le furent de la façon suivante: vitamine B, (hydrochlorure de thiamine) 50 à 75 milligrammes en injection intraveineuse à tous les deux jours intercalant entre chaque, une injection intramusculaire de vitamine B complexe de 2 c.c.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LF.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 Chorea gravidarum.Il est reconnu depuis longtemps que l\u2019état gravide peut engendrer les premières attaques de chorée; Beer le rapportait déjà à Berlin en 1846.Romberg en présentait des cas dans les rapports de l\u2019hôpital Guy de Londres en 1850 et Lever y consacrait un chapitre spécial dans son Traité des Maladies mentales, en 1853.Depuis ce temps, nombreux sont les écrits qui sont venus confirmer et compléter ces premières données.La plupart du temps, le déclenchement se fait au cours d\u2019une première grossesse mais on a rencontré cette manifestation dans une proportion assez forte au début de la deuxième grossesse seulement.S\u2019il est vrai que c\u2019est généralement au cours des premiers mois que les symptômes se manifestent, d\u2019un autre côté Barnes et Gowers dans les Transactions of the Obstetrical Society de Londres ont présenté 28 cas chez qui le maximum des attaques avait lieu du troisiéme au sixiéme mois inclusivement, chez d\u2019autres auteurs on a noté le début de ces manifestations seulement en fin de la grosssesse.La chorée de la femme enceinte est tout aussi grave pour la mère que pour l\u2019enfant; pour la mère à cause des grands dangers d\u2019endocardite, pour l\u2019enfant à cause de la grande fréquence des avortements.Cette chorée cesse ordinairement avec la délivrance et quelquefois avant, et d\u2019une façon générale recommence avec chaque nouvelle grossesse, si elle n\u2019a pas été fatale à la grossesse précédente.Le facteur précipitant incriminé est une toxémie d\u2019origine gravidique, mais il semble qu'un terrain prédisposant soit essentiel à l\u2019éclosion de la maladie puisque sur un total de 292 cas rapportés par Buist, Wall et Andrews, French et Hicks, cas provenant de milieux différents, 79 présentaient une histoire antérieure de rhumatisme et 104 de chorée de Sydenham.Il n\u2019est pas nécessaire d\u2019insister longuement sur la description de la maladie.On sait que l\u2019ensemble symptomatique consiste en des mou- GAUTHIER: ÉTAT GRAVIDIQUE ET SYNDROMES NEUROLOGIQUES vements spontanés, involontaires et incoordon- nés, augmentés par les émotions, accompagnés de faiblesse musculaire et avec température.Le mouvement semble avoir un but mais ne l\u2019atteint jamais, ce qui le différencie du mouvement athétosique qui lui, est sans but et reptatoire.C\u2019est donc au cours de la grossesse que l\u2019on rencontre les formes les plus sévères et les plus graves de la chorée.C\u2019est aussi au cours de la chorea gravida- rum que l\u2019on voit le plus souvent les manifestations psychosiques de la chorée depuis la simple dépression jusqu\u2019a la forme maniaque en passant par le délire hallucinatoire; en somme les signes d\u2019une psychose toxi-infec- tieuse.| La mortalité maternelle est plus de 25% et la mortalité fœtale, plus de 50%.Les lésions anatomo-pathologiques rencontrées sont les mêmes que celles que l\u2019on trouve à l\u2019autopsie des cas de chorée rhumatismale, c\u2019est-à-dire celles de l\u2019encéphalite rhumatismale avec lésions parenchymateuses et mé- sodermales.Traitement.Déjérine avait dit: « au lait et au lit»; il semble que cet aphorisme soit un peu trop intransigeant surtout en ce qui concerne les cas de chorée au cours de la grossesse parce qu\u2019alors nous serons à peu près sûrs de dévelon- per une avitaminose importante.Kinnier Wilson a trouvé qu\u2019il obtenait les meilleurs résultats avec une administration orale d\u2019aspirine, 10 grains trois fois par jour, produit moins toxique que l\u2019acide acétylsalicylique et beaucoup plus actif que les salicylates.Nous avons eu l\u2019occasion d\u2019expérimenter ce traitement une fois qui a semblé donner des résultats remarquablement surprenants; c\u2019est qu\u2019en effet il faut être très prudent avec l\u2019administration des produits barbituriques puisqu\u2019il ne faut pas oublier leur influence toxique sur le fœtus.On n\u2019a qu\u2019à se rappeler l\u2019aspect étonné de certains enfants dont la mère avait reçu des doses importantes de barbiturates avant l\u2019accouchement.833 Narcolepsie.En littérature neurologique on a beaucoup écrit sur les narcolepsies se développant au cours de la grossesse.Par ailleurs il ne m\u2019a été donné de n\u2019en voir qu\u2019un cas depuis 1926; c\u2019était en 1940 et il s\u2019agissait d\u2019une femme de 29 ans à sa troisième grossesse, qui n\u2019était ni épileptique ni parkinsonnienne, On sait que l\u2019attaque narcoleptique est caractérisée par un irrésistible besoin de dormir, souvent provoqué par un stimulus extérieur d\u2019ordre émotif, accompagné de mouvements de nature hyperkynétique, le tout cessant assez rapidement alors que la patiente reprend son état normal de veille.Dans l\u2019appréciation étiologique de ce syndrome dont la fréquence est peut-être plus élevée qu\u2019on aurait tendance à le croire, si on y songe bien, il ne faut pas oublier les points suivants: d\u2019abord Lion, après des recherches très poussées, a cru devoir dire que cette manifestation neurologique ne se rencontrait presque exclusivement que chez les vagotoniques.Deuxièmement, Jelliffe et surtout Notkin ont fortement insisté sur la relation qui semble exister entre la narcolepsie et l\u2019épilepsie.Pour soutenir leur thèse 1ls ont offert comme arguments le caractère de paroxysme des attaques, la fréquence d\u2019un aura antérieur tel que le rire, les mouvements involontaires que l\u2019on voit souvent au cours de l'attaque, la présence des deux syndromes chez le même malade, enfin l\u2019histoire de certains membres d\u2019une même famille, les uns atteints de nar- \u2018colepsie, les autres d\u2019épilepsie.En somme, nous devons, je crois, retenir que si, d\u2019un côté, des syndromes narcoleptiques ont été déclenchés au cours de la grossesse, d\u2019un autre côté, il est osé de ne vouloir y voir là qu\u2019une seule et unique cause sans tenir compte des prédispositions constitutionnelles du sujet atteint.Un autre fait est certain, c\u2019est que les femmes atteintes d\u2019un syndrome post- encéphalitique antérieur présentent en grand nombre des poussées narcoleptiques à des degrés variables au cours de leur grossesse.Il est 834 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 intéressant de constater dans la littérature que pas une seule autopsie a été pratiquée à date dans les cas de narcolepsie au cours de la grossesse.Traitement.Quoi qu\u2019il en soit au sujet de ces points assez difficiles à élucider, le traitement est essentiellement symptomatique et consiste en l\u2019administration du sulfate de benzédrine par la bouche à la dose de 10 à 20 milligrammes deux fois par jour.On doit se souvenir que la deuxième dose ne doit pas être donnée tardivement dans l'après-midi si l\u2019on veut que la malade puisse dormir au moins durant la nuit.Syndrome parkinsonnien.Peut-on raisonnablement croire et affirmer qu'un parkinsonnisme peut reconnaître comme origine et cause un état de grossesse?Tout le monde a présent à l\u2019esprit le triste spectacle qu\u2019offre comme conséquence cette atteinte mésodiencéphalique.En 1928, j'avais l\u2019occasion de présenter une série de dix-sept cas de maladie de Parkinson chez lesquels on ne semblait retrouver aucun autre syndrome infectieux aigu que des manifestations pyrétiques au cours de grossesses.J\u2019émettais alors l\u2019opinion qu\u2019il semblait que l\u2019on devait considérer certains états infectieux de la grossesse comme franchement causes d\u2019une encéphalite et plus tard d\u2019un état par- kinsonnien.En 1939, dans une conférence donnée devant les membres de la « Société Médicale du Bas du Fleuve » le total de ces cas atteignait 29, et je croyais devoir dire alors qu\u2019il fallait se montrer très réservé quant au pronostic immédiat et tardif dans ces cas.Je n\u2019étais pas, au contraire, si catégorique dans la discussion des facteurs étiologiques.On sait, en effet, que le syndrome parkinson- nien chez les moins de 40 ans reconnaît surtout comme cause une encéphalite que, jusqu\u2019à plus ample informé, on dit «a virus» lequel virus se localiserait alors principalement sur les noyaux gris centraux.Que penser alors de ces encéphalites apparaissant au cours de la grossesse et donnant lieu comme manifestations tardives à des syndromes de Parkinson?D'abord il est possible que la phase aiguë ait eu lieu au cours d\u2019une pseudo-grippe antérieure à forme bénigne et soit passée totalement inaperçue.Il est très fréquent de constater en faisant l\u2019anamnèse d\u2019un parkinsonnien que la phase aiguë est très souvent ignorée du malade.Dans ces cas, l\u2019état gravide ne ferait que déclencher l\u2019apparition d\u2019un état latent et ne constituerait qu\u2019une cause précipitante.Reste les cas des femmes qui n\u2019auraient jamais été malades antérieurement.L'\u2019état de grossesse diminue la résistance générale du sujet surtout s\u2019il évolue en compagnie d\u2019un état d'infection locale quelconque.Je ne sais si on peut parler de symbiose virus-microbes, mais il est permis de croire que l\u2019évolution de ces derniers puisse favoriser l\u2019apparition des premiers ou tout au moins leur « pathogénisation » si on peut s\u2019exprimer ainsi.Car bien que l\u2019on ait prétendu en certains milieux incriminer un diplostreptocoque, ou en d\u2019autres milieux un membre quelconque de la famille des strepto, il n\u2019en reste pas moins vrai qu\u2019aucune inoculation de ces agents supposés en cause n\u2019ait réalisé le syndrome et que jusqu\u2019à date l\u2019agent causal reste un virus filtrant non isolé.D'où 1l s\u2019ensuit qu\u2019il semble imprudent pour le moins, de dire que l\u2019état de grossesse avec ou sans infection localisée est cause réelle d\u2019une encéphalite et plus tard d\u2019un parkinsonnisme.Tout au plus doit-on la considérer comme une des causes adjuvantes ou précipitantes.Traitement.Quelle que soit la conclusion que l\u2019on veuille tirer de ces considérations, le traitement des manifestations encéphalitiques au cours de la grossesse doit surtout avoir comme base l\u2019administration intraveineuse de salicylate de soude à 10%, préférablement glucosé, au moins 10 c.c.par jour avec l\u2019adjonction des vitamines B complexes en intramusculaire, chaque facteur semblant jouir de propriétés particuliéres mais les uns renforcissant l\u2019action des autres. GAUTHIER: ÉTAT GRAVIDIQUE ET SYNDROMES NEUROLOGIQUES Et encore ne pourra-t-on jamais être certain d\u2019avoir évité à la malade les manifestations tardives consécutives à l\u2019état aigu.Myélite.Si on songe à l\u2019origine toxi-infectieuse des myélites, on se rend compte que certains états de grossesse réalisent encore toutes les conditions favorables à l\u2019apparition du syndrome médullaire.Krupp prétend que toutes reconnaissent une cause toxique; à premier abord il semblerait que les événements lui donnent raison, puisque l\u2019on s\u2019imagine qu\u2019une infection pourrait peut-être plutôt donner un abcès de la moelle plutôt qu\u2019une myélite franche.Il ne s\u2019agit en somme que de s\u2019entendre sur le terme «myélite» puisque tout abcès entraîne fatalement le syndrome myélitique.Mais le syndrome de toxi-dégénérescence de la moelle se rencontre soit au cours de la grossesse, soit durant les suites de couche.Le point de départ peut être utéro-annexielle ou urinaire tel qu\u2019on le voit dans les « paraplégies urinaires ».Les symptômes dépendent évidemment du segment atteint et sont toujours sérieux.Certaines écoles n\u2019y vont pas de main morte et prétendent que l\u2019apparition de signes myé- litiques constitue une «indication absolue et immédiate d\u2019avortement provoqué ».Il y a dans cette opinion une prétention outrée en plus d\u2019être inacceptable puisque après des avortements d\u2019ordre traumatique ou autre mais non provoqués on est bien loin de toujours voir une amélioration des signes médullaires; au contraire, le cas est exceptionnel.L\u2019on sait, en effet, la rapidité désespérante du processus dégénératif auquel on a à faire face.D\u2019un pronostic sévère la maladie doit être traitée sérieusement et si l\u2019on n\u2019a que très peu d\u2019espoir d\u2019en enrayer l\u2019évolution les efforts doivent être cependant soutenus et de longue durée.D'une façon générale, sels de quinine, sulfates de strychnine à doses pas trop élevées, complexes B et courants galvanofaradiques pru- 835 dents a oscillations lentes et de peu d\u2019amplitude sont à conseiller, avec cependant une réserve pour ce dernier traitement qui doit être décidé après mûre réflexion et plutôt retardé à la période suivant l\u2019expulsion.Phénomènes aphasiques.Il n\u2019est pas très rare de rencontrer au cours de la grossesse des phénomènes d\u2019aphasie transitoire du type sous-cortical.On peut du reste en lire plusieurs observations.D\u2019une façon générale, ce syndrome est bénin et semble dépendre soit d\u2019un spasme vasculaire, soit possiblement d\u2019une localisation endartérielle de produit endotoxique.Il est bon de connaître cette complication qui effraie toujours et la malade et -son entourage, qui tous doivent être rassurés prudemment à ce sujet.Il en est de même des hémiparésies et hémianesthésies qui accompagnent évidemment presque toujours la manifestation aphasique.Le traitement sera désintoxiquant et vasodilatateur, le chlorhydrate d\u2019acécholine à 10 centigrammes intramusculaire une ou deux fois par jour étant indiqué.Enfin, pour terminer il nous a été donné d\u2019observer depuis 1939 une jeune femme qui, à la suite d\u2019un premier accouchement, a présenté un syndrome de la mœlle simulant soit une tumeur soit un glissement progressif de disques intervertébraux.Bien que ce cas doive faire le sujet d\u2019une présentation ultérieure détaillée je puis dire immédiatement que le neuro-chirur- gien de l'hôpital de l\u2019Enfant-Jésus et moi fü- mes assez surpris de trouver après laminectomie des paquets variqueux très étendus des veines intrarachidiennes, sur une longueur telle que toute intervention radicale était impossible; alors que par ailleurs nous ne notions aucun signe de faiblesse des parois veineuses.L'accouchement ayant été normal en tout point, il est assez difficile d\u2019expliquer la pathogénie de ce syndrome variqueux d\u2019une façon satisfaisante; inutile d\u2019ajouter que l\u2019avenir est sombre dans ce cas.Seule la décompression par laminectomie peut amener une halte peut-être 836 temporaire des phénomènes dégénératifs à la suite de cette compression.* * * Nous aurions pu peut-être aborder le sujet de ce travail d\u2019une façon plus normale en discutant des syndromes par ordre toxique, infectieux et vasculaire.Mais nous avons plutôt voulu parler des syndromes préexistant à l\u2019état de grossesse pour la raison suivante: c\u2019est que souvent on demande au médecin si, étant donné la présence d\u2019une maladie du système nerveux chez une jeune fille, cette dernière peut-elle tout de même envisager les possibilités du mariage et de la grossesse.C\u2019est là, on en conviendra, une question fort pertinente et certes très embarrassante.Il n\u2019est pas possible de fixer de règles absolues qui déterminent la nature de la réponse à donner, mais il est une chose certaine et c\u2019est qu\u2019avant de répondre, le médecin devra bien penser à la pesanteur psychologique d\u2019une déclaration dans le sens négatif.Avant d\u2019assombrir définitivement les perspectives souvent roses du jeune âge et de prendre une responsabilité très lourde quant à ce qui concerne l\u2019aspect purement humain de la question, le médecin devra bien étudier le caractère évolutif de chaque problème et obtenir une anamnèse aussi détaillée que possible.S\u2019il est certain de la congénitalité de l'affection en cause, s\u2019il est certain qu\u2019une réponse affirmative serait désastreuse pour la future mère, il L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 devra plutôt, je crois, en faire part à un membre responsable de la famille plutôt qu\u2019à la jeune fille elle-même à moins qu\u2019il ne soit directement chargé de ce pénible devoir.Une deuxième conclusion qui semble s\u2019imposer est la suivante: sauf en ce qui concerne les polynévrites, le pronostic dans les affections nerveuses tout aussi bien existant antérieurement à la grossesse que celles déclenchées par l\u2019état gravide ou les suites de couche, ce pronostic doit être excessivement réservé et ne doit pas être donné trop hâtivement après le début ou l\u2019aggravation du syndrome.Troisièmement, bien que le traitement par le di-phényl-hydantoinate-sodique ait totalement altéré l\u2019évolution des syndromes de grand mal épileptique, il ne faut pas se montrer trop tranchant dans son attitude et songer que nos connaissances actuelles nous permettent de croire que l\u2019hérédité a encore un grand rôle qui lui est assigné dans l\u2019apparition de cette maladie nerveuse de même que dans celle de beaucoup d\u2019autres, chez les descendants.Enfin, une fois de plus, on doit retenir que les facteurs de la vitamine B conservent actuellement et semble-t-il à bon droit une place de première importance dans la thérapie des syndromes d\u2019ordre neurologique.Finalement, pour une fois en médecine, il n\u2019est pas facile d\u2019appliquer dans ces cas l\u2019aphorisme médical « sublata causa tollitur effectus » et le médecin doit assister souvent impuissant aux ravages sur lesquels il a malheureusement souvent très peu d\u2019emprise. ÉDITORIAL Bulletin de l'Association des (Dédecins de Langue Francaise de l'Amérique du Mord (Fondée à Québec en 1902) L'Union Médicale du Canada (Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872) Tome 71 \u2014 N° 8 Montréal, août 1942 LE SYNDROME POST-COMMOTIONNEL Des incidents et des complications cliniques qui se montrent à la suite des traumatismes crâniens, il n\u2019y en a pas de plus troublants que ceux qu\u2019on a groupés sous la dénomination de «syndrome subjectif des traumatisés du crâne » magistralement décrit par Pierre Marie en 1916.Les médecins de langue anglaise les désignent plutôt par «syndrome post-commotionnel ».À tout événement, ce qui rend difficile l\u2019étude de ce syndrome et son appréciation exacte chez les malades, c\u2019est par-dessus tout le caractère subjectif des troubles et leur ténacité chez certains sujets.Nous pourrions ajouter aussi qu\u2019un fort contingent des blessés du crâne réclament une indemnité et que leur état psychologique, découlant de l\u2019occasion qui s\u2019offre soit d'exploiter pécuniairement l\u2019accident, soit de satisfaire des griefs fondés ou non, concourt à créer des plaintes de simulateur ou de « procédistes » chez les premiers, les fait naître ou les entretient par inquiétude, par état passionnel même, chez les seconds.Il n'en reste pas moins vrai que le syndrome possède une entité réelle et quand un malade, ayant subi un traumatisme crânien important avec ou sans fracture du crâne, relate, sans être « pistonné », les éléments du syndrome, on doit lui donner confiance et ne pas le classer d'emblée dans la catégorie des simulateurs ou des hystériques, ou dans celle des revendicateurs.Quels sont ces éléments?837 De la céphalée, des vertiges subjectifs sans perception de déplacement des objets environnants et habituellement sans nystagmus, se manifestant particulièrement quand le malade se déplace; de l\u2019insomnie; de la fatigabilité physique et psychique; de l\u2019'hyperémotivité avec tendance dépressive.On trouve aussi une certaine instabilité de la pression artérielle et de la fréquence des battements du cœur.Ces accidents sont habituellement passagers et personne ne s'en plaindra.D'autre part, ils n\u2019interviennent pas systématiquement dans tous les cas de traumatismes cra- nien avec commotion.Cependant que chez certains blessés ils persistent avec une ténacité déconcertainte et réduisent a des degrés variables leur capacité de rendement.Et .cette diversité dans l'allure du syndrome post-commotionnel n\u2019aide pas a la connaissance exacte du mécanisme des troubles.déclenchés.La constitution neuro-psy- chiatrique du sujet intervient sûrement pour une certaine part.Ici, comme pour bien d\u2019autres syndromes généralement transitoires et a manifestations subjectives, on peut grouper les avis des auteurs en deux grandes classes.Il y a d'abord les partisans d\u2019une pathogénie strictement fonctionnelle, soit qu\u2019on crole à une origine psychogénique des accidents, soit qu'on admette que ces derniers dépendent plutôt de perturbations physiques, surtout vaso-motrices, mais sans substratum organique.Mais c\u2019est la théorie organiciste, lésionnelle qui rallie la grande majorité des auteurs; elle comporte cependant, dans la grande majorité des cas, des lésions passagères ou reversibles.Ainsi, Temple Fay! attribue une importance primordiale à l'hypertension intracrânienne causée par l\u2019ébranlement cérébral.Elle amênerait par elle-même des troubles nerveux et même des lésions cérébrales 1.Annals of Surgery, 101: 76 (janvier) 1932. 838 secondaires capables de les entretenir et même d\u2019en créer d'autres.Aussi cet auteur conseille-t-il une thérapeutique de désydra- tation par la réduction des liquides ingérés durant la phase aiguë et un régime alimentaire de restriction relative des liquides pendant une période d'environ 3 mois.Selon cet auteur et d'autres qui l\u2019ont appliqué ?, ce régime réduirait manifestement la durée de l\u2019hospitalisation, de l\u2019inactivité et la fréquence du syndrome post-commotionnel.Penfield 3, sur la foi de constatations visuelles faites au cours d'opérations, est d\u2019avis que la céphalée post-commotionnelle et même certains autres éléments du syndrome, surtout les étourdissements, sont dus à des adhérences arachnoïdo-duremériennes consécutives à de petites hémorragies survenues entre ces deux feuillets méningés.Ces adhérences provoqueraient, à l\u2019occasion des changements de position de la tête, soit des tractions sur les zones sensitives de la dure-mère, d\u2019où la céphalée, soit des tiraillements sur le cerveau lui-même, d\u2019où les vertiges.Cet auteur, pour éliminer ces adhérences, recourt à l\u2019insufflation d'air par voie lombaire; par des positions circonstanciées de la tête du sujet, il dirige l\u2019air de l\u2019espace sous-arachnoïdien cérébral vers le siège des adhérences.L'air passerait de l\u2019espace sous- arachnoïdien dans l\u2019espace sous-dural par des déchirures accidentelles de l\u2019arachnoïde et dès lors repousserait la masse cérébrale vidée de son liquide ventriculaire au cours de la ponction lombaire et romprait les adhérences qui reliaient l\u2019arachnoïde déplacée avec le cerveau, à la dure-mère.Enfin, le plus grand nombre des auteurs croient que les éléments du syndrome sont rattachables à des lésions, le plus souvent reversibles, des centres neuro-végétatifs supérieurs: région hypothalamique, parois des 3e et 4e ventricules *.2.M.M.Scott: Arch.Neur.Psy, 40: 605 (septembre) 1938.3.Arch.Neur.Psy., 36: 75 (juillet) 1936.4.Minkowski: Rev.Neurol., 1: 1177 (juin) 1933.J.Y.Malone: J.À.M.A., 119: 861 (11 juillet) 1942.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 Ces lésions engendreraient des phénomènes d'ordre neuro-végétatif, dont les perturbations vaso-motrices sont les plus apparentes et probablement les plus importantes dans la genèse des symptômes ressentis par les malades: céphalée, vertiges, instabilité du pouls et de la pression artérielle, etc.Des examens histologiques furent effectués, on procéda à des investigations cliniques des fonctions neuro-végétatives et ils démontrèrent le bien-fondé des allégations.Aussi, la thérapeutique recherche-t-elle à agir sur le système neuro-végétatif.Elle comporte surtout le repos, l\u2019emploi de sédatifs et de substances régulatrices de ce système.Tout dernièrement, un auteur américain * affirma qu\u2019il avait obtenu des résultats très encourageants de l'emploi de la Prostig- mine chez les sujets où le syndrome s\u2019était avoué rebelle à tout autre traitement.La Prostigmine est une substance qui agit sûrement sur le système neuro-végétatif.Son action est à prédominance vago-mimétique.En plus, elle paraît posséder une influence réelle sur le métabolisme de l\u2019acétylcholine du tissu nerveux en intervenant sur l\u2019activité d\u2019une estérase qui détruit ou amoindrit l\u2019effet de l\u2019acétylcholine aux synapses et aux jonctions myo-neurales.Quoi qu\u2019il en soit, elle est un agent vasodilatateur réel et ce serait vraisemblablement par cette action qu\u2019elle pourrait déterminer un allégeage du syndrome post- commotionnel.Les otologistes l\u2019emploient couramment dans le traitement des bourdonnements d\u2019oreilles et des étourdissements de l'otite dite scléreuse.Et c\u2019est sans doute en rectifiant la circulation locale qu\u2019elle atténue ces phénomènes auriculaires, tout comme elle le ferait dans le syndrome que nous étudions.Il s\u2019agit d\u2019une thérapeutique simple qui vaut la peine d\u2019être essayée chez les traumatisés du crâne à syndrome subjectif tenace qui ne peuvent, de ce fait, reprendre toute leur activité productive.Roma AMYOT.5.J.Y.Malone, loc.cit. VARIÉTÉS + LA MACROBIOTIQUE À TRAVERS LES ÂGES ! Par Louis BOURGOIN, I.C., Professeur à l\u2019Ecole Polytechnique de Montréal.C\u2019est dans le cadre sobre et élégant du Cercle Universitaire qu'avait lieu encore cette année le Banquet Annuel de la Société Médicale de Montréal, sous la présidence du docteur G.-L.Prud\u2019homme.L'invité d\u2019honneur, ce soir-là, était M.Louis Bourgoin.M.Bourgoin est à la fois un chimiste et un lettré.A cela rien d\u2019étonnant, car « Toute Science, touche à l\u2019Art par quelques points, tout Art a son côté scientifique: le pire savant est celui qui n\u2019est jamais artiste; le pire artiste est celui qui west jamais savant» (Trousseau, Introduction à la clinique).Présenté par le docteur Paul Letondal, secrétaire général de la Société Médicale, le conférencier fut remercié par le docteur Adélard Groulz, vice-président de cette Société.N.D.L.R.# * Si l\u2019on voulait faire créance aux mauvaises langues, la macrobiotique serait simplement l\u2019inverse de la médecine.La pratique de celle- ci aboutirait à faire mourir les gens, tandis que la recette de celle-là en prolongerait l\u2019existence.Vous remarquerez tout de même que la macrobiotique ?, qui est proprement l\u2019art de prolonger la vie, peut se situer en dehors de la médecine et de l\u2019hygiène, ce qui rend son exercice accessible aux illuminés, aux savants, aux charlatans autant qu\u2019aux médecins.1.Causerie prononcée le 18 juin 1942, au Cercle Universitaire, sous la présidence d'honneur de l\u2019honorable Henri Groulx.Ministre de la Santé et du Bien-Etre Social, lors du banquet annuel de la Société Médicale de Montréal.2.Le mot macrobiotique a été introduit dans le langage par le célèbre médecin allemand Hufeland, au XVIIIe siècle, qui, en 1796, fit paraître à Iéna: L'art de prolonger la vie des hommes.Je ne chercherai pas à dégager pour quel motif les hommes, depuis qu\u2019ils sont sur terre, font tant d\u2019efforts pour vivre longtemps.Disons, pour aller vite, qu\u2019ils sont victimes de la fameuse théorie de l\u2019insatiabilité de nos désirs découverte par saint Thomas, mais pratiquée bien avant son époque.A l\u2019orée de la civilisation, quand Adam n\u2019avait pour s\u2019abîmer le tempérament que le serpent, Eve et sa pomme, les risques de casse étaient limités et il put fort bien vivre 930 ans.Si quelques autres après lui renouvelèrent sa prouesse, tel Seth qui vécut 912 ans et le barbu Mathusalem 969, il est notoire que la durée de la vie humain s\u2019est considérablement abrégée surtout lorsqu\u2019on a su faire usage des calendriers pour fixer l\u2019état civil.Durer 100 ans, beau chiffre rond, est une ambition accessible aux hommes ordinaires.Etre plus que centenaire est devenu une rareté à cause, disent certains, du développement de la civilisation qu\u2019il est de bon goût de maudire tout en profitant de ses bienfaits.On est d\u2019accord cependant pour constater que la durée moyenne de la vie des individus s\u2019est augmentée depuis l\u2019antiquité.Le nombre des centenaires vrais semble être soumis à une loi statistique immuable, car on en déniche toujours quelques- uns dans tous les siècles.Contentons-nous d'en citer deux qui ont vécu en des époques distantes: Théophraste, le successeur d\u2019Aristote qui enseignait encore la philosophie à l\u2019âge de 100 ans, et le chimiste français Chevreul qui trottait encore à l\u2019âge de 103 ans dans son laboratoire et dans les rues de Paris, au siècle dernier.La préoccupation de vivre vieux semble hanter chacun de nous au fur et à mesure que nous vieillissons et les jeunes qui tempêtent. 840 périodiquement contre la gérontocratie deviennent toujours des vieillards intransigeants, tenaces et tyranniques.L'histoire de la macrobiotique s\u2019incorpore dans celle de l\u2019humanité.De tous temps, l\u2019homme s\u2019est montré friand d\u2019utopies et il est toujours content de nourrir des espoirs même saugrenus.Ses désirs sont d\u2019ailleurs entretenus, justifiés et renouvelés en partie par les conquêtes successives et magnifiques que l\u2019esprit gagne sur les éléments naturels.Il s\u2019ensuit que l\u2019on ne sait plus à quel point nos prétentions deviennent des audaces chimériques.En vous signalant, du coq à l'âne, sans ostentation scientifique, quelques-uns des moyens qui ont été les plus vantés comme propres à prolonger la vie, vous ne manquerez pas d\u2019apercevoir dans mon exposé un ordre qui suit de très près les conceptions philosophiques, les observations médicales ou les découvertes biologiques apparues aux différentes époques.Je n\u2019ai pas besoin d\u2019insister à vous dire combien la question de la prolongation de la vie est complexe.Il existe bien là un problème biologique passionnant pour les savants, inquiétant pour les gens qui ne veulent pas capituler devant l\u2019inéluctable et menaçante sénilité, angoissant pour le plus grand nombre de ceux qui veulent jouir éternellement des biens de la terre et c\u2019est aussi un problème vital pour les charlatans assoiffés d\u2019or et d\u2019honneurs.De tout temps il y a eu des macrobes, pour beaucoup on a exagéré leur âge afin de laisser à l\u2019histoire des légendes fabuleuses qui deviennent historiques, mais toujours les centenaires ont été l\u2019objet d\u2019'hommages et d\u2019honneurs publics, tel ce pauvre anglais du nom de Thomas Parre (Old Parr) qui, né en 1423 battait encore son blé à l\u2019âge de 130 ans.S\u2019étant remarié à 120 ans, cela incita le roi Charles 1\" à faire sa connaissance.On fit venir à Londres le vieux Parr.Le souverain le traita si royalement que le bonhomme mourut, en 1635, à l\u2019âge de 152 ans et 9 mois.Avec un jeu de rosserie Flourens remarque qu\u2019il est plutôt mort d\u2019accident que de mort naturelle.Ce phéno- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 mène eût l\u2019honneur d\u2019être autopsié par William Harvey et ses restes se trouvent au milieu des rois et hommes célèbres de l\u2019Angleterre, à l\u2019abbaye de Westminster.Seulement Thomas Parr n\u2019a laissé aucune formule ou recette de longue vie, son expérience est demeurée égoiste et Harvey lui-même n\u2019a pas trouvé que son corps fut différent de celui des autres hommes.Vous savez sans doute qu\u2019il existe une loi biologique (Flourens) qui pose que la vie d\u2019un animal dure 5 fois le temps de sa croissance, en dehors de toute excitation artificielle ou accident.Pour nous, si l\u2019on fixe à 23 ans le moment de la perfection de croissance, à l\u2019os- séification des jointures, 115 ans devrait être la durée de la vie dans la perfection biologique.L'homme est donc loin de cette mathématique et il doit être un animal bien singulier puisque l\u2019on compte à peine un individu sur 100,000 qui devienne centenaire.Biologi- quement, nous sommes donc la proie d\u2019une mort prématurée.Les égyptiens s\u2019en étaient déjà aperçus et ils croyaient fermement qu\u2019ils pouvaient vivre plus vieux sous leur climat peu salubre en suant copieusement tous les jours et en se faisant vomir une ou deux fois chaque mois.La formule de politesse égyptienne «comment suez-vous » témoigne toujours de cette préoccupation.Le nettoyage de la tuyauterie est demeuré longtemps une des méthodes faciles pour se tenir en santé, et sous Louis XIII on donnait plaisamment des « clystères de précaution ».Chez les anciens Grecs, on professa de bonne heure que l\u2019exercice constant était le plus sûr moyen à prendre pour prolonger l\u2019existence.De là est née la gymastique et, pendant longtemps, les maîtres de Palestre furent plus écoutés que les médecins.Dans les gymnases ont fit de la chirurgie, de la médecine autant que des mouvements.Hérodicus de Selymbrie, maître de Palestre qui vivait un peu avant Hippocrate, se rendit célèbre pour avoir préconisé la santé par l\u2019exercice.On dit qu\u2019il fut aussi, avec Eurypton de Cnide, l'inventeur des régimes.Hérodicus faisait marcher et suer BOURGOIN: LA MACROBIOTIQUE A TRAVERS LES AGES tout le monde, au sens propre, et sur des malades atteints d\u2019affections chroniques il obtint beaucoup de succès.Il fit par contre claquer tant de fiévreux et de vieillards cacochymes que Platon lui en fit amèrement le reproche, l\u2019accusant même de déloyauté envers de pauvres diables qu\u2019il forçait à supporter jusque dans un âge très avancé une vie précaire et peu plaisante.On trouve que Plutarque a enseigné l\u2019art de conserver et de prolonger la vie.Certains préceptes ont chez lui leur origine, tels que «tenir la tête fraîche et les pieds chauds », « faire souvent la diète pour avoir le ventre libre » et «ne pas sacrifier le corps à l\u2019esprit ».De bonne heure est née la gérokomique ou la méthode de prolonger la vie des vieillards en leur procurant une force et une nouvelle jeunesse par le maintien dans la même atmosphère que des jeunes, frais et dispos.Vous savez que, d\u2019après le Livre des Rois, le saint Roi David, alors qu\u2019il était vieux, fut réchauffé au lit par le contact d\u2019une jeune vierge.L'empereur Tibère eût à combattre une décadence sénile par le moyen de l\u2019action du flux vital.Au 16e siècle, le savant astronome Tycho-Brahé ne dédaigna pas cette pratique.Il en fit usage en se couchant entre deux jeunes filles.Il mourût néanmoins d\u2019une rétention d\u2019urine à l\u2019âge de 55 ans en 1601.Le grand médecin hollandais Boerhaave, au siècle suivant, n\u2019hésita pas à ordonner le même traitement à un vieux bourguemestre d\u2019Amsterdam; il nous dit que cette manière de sandwich fit recouvrer la santé, la gaieté et la force à son patient.Je vous laisse le soin, messieurs, de fixer à partir de quel Age cet accord tripartiste devient une position de tout repos.Les romains et les grecs croyaient aussi à la haute efficacité de l\u2019aspiration d\u2019une haleine fraîche et saine, et si la publicité des gommes à mâcher ne s\u2019est pas encore emparée de la recette pour atteindre à la longévité c\u2019est que les agents publicitaires ignorent que Claudius Hermippus vécut 115 ans alors que, directeur d\u2019une école de filles à Rome, il s\u2019exposait tous les matins et tous les soirs au souffle de vier- 841 ges jeunes et naturellement innocentes.Les anciens voyaient dans le souffle la matière première de la vie.Ces fantaisies toutes issues de principes admis étaient à peu près sans dangers.Leur pratique se maintint jusqu\u2019au moyen-âge, époque où les choses se compliquèrent du fait de l\u2019inquiétude et de la confusion des idées car, avant l\u2019enfantement du monde moderne, les idées les plus bizarres, les plus extravagantes et monstrueuses créations de l\u2019esprit, les superstitions les plus intolérantes eurent cours dans toutes les classes de la société.Il suffisait d\u2019être obscur et autoritaire pour faire croire aux ignorants inquiets les choses les plus invraisemblables.Ce fut l\u2019âge d\u2019or des charlatans.On ne parlait que de forces occultes, d\u2019ensorcellement, de sympathie des corps, de la pierre des sages.C\u2019était la belle époque de la chiromancie, de la kabale extraite des livres indéchiffrables de l'Egypte.L\u2019alchimie toute entourée de mystère basait ses ralsonnements sur la philosophie hermétique et plus on était obscur, plus on paraissait savant et redoutable.Devant non pas tant de ténèbres, mais tant de mystères, de problèmes mal posés on croyait ferme à la possibilité de conserver la vie, secret perdu depuis l\u2019antiquité historique et, comme on observait des changements dans la matière soumise aux opérations des alchimistes, on pouvait bien croire aux transmutations.En distillant des corps on remarquait que la quantité de matière allait toujours en diminuant, on en concluait que la vie était captive dans les alambics et qu\u2019à force de patience, on isolerait la quintescence qui devait être l\u2019élixir de longue vie.Jusque vers 1800 les alchimistes cherchèrent la pierre philosophale qui devait transmuter les métaux vils en métaux précieux, la panacée ou le remède universel à toutes les maladies et l\u2019élixir de longue vie.Le moine Roger Bacon, au XIIe siècle, qui fut un bel esprit et un grand précurseur, dans son «'Traité des secrets de l\u2019art et de la nature » (réédité à Lyon en 1557) recommandait pour prolonger l\u2019existence des préparations d\u2019or, des perles et pierres précieuses 842 en dissolution, de l\u2019ambre, des bézoars comme l\u2019acide antimonieux, les concretions d\u2019animaux malades comme les pierres de pore, le nacre de perle, les yeux d\u2019écrevisse, l\u2019agaric minéral, etc, en l\u2019espèce du carbonate de chaux.Il cite avoir vu la comtesse Desmont qui vécut 140 ans grâce à la consommation de la liqueur d\u2019or.Cette antique douairière aurait fait trois dentitions et deux pousses de chevelure.Bacon avait tellement confiance en l\u2019élixir de longue vie ou liqueur d\u2019or que, pour obtenir sa grâce et son élargissement de la prison, il écrivit à l\u2019intention du Pape Nicolas IV « Des moyens d'éviter les infirmités de la vieillesse ».Il conseillait au Souverain Pontife de boire de «l\u2019or potable ».La préparation était faite d\u2019une dissolution d\u2019or dans l\u2019eau régale de l\u2019époque ! additionnée d\u2019alcolat de romarin.Il suffisait d\u2019en boire tous les jours quelques gouttes dans un verre d\u2019eau.La formule d\u2019un autre élixir de longue vie traina longtemps dans les pharmacopées sous le nom de liqueur dorée ou élixir de quinquina et de safran 2.préparation originelle stipulait qu\u2019il fallait y ajouter une dissolution de sucre dans de l\u2019eau de vie dans laquelle on devait plonger 30 fois une pièce d\u2019or rougie au feu.Je crois la première recette plus héroïque pour ingurgiter de l\u2019or.La thérapeutique a fait mieux sans prétendre allonger la vie très longtemps.Ceux d\u2019entre vous qui ont subi la mode des injections d\u2019or colloïdal se souviennent de la violence des réactions qui auraient bien laissé croire aux médecins du moyen-âge qu\u2019ils étaient sur la voie du succès.Il n\u2019est pas invraisemblable de penser que dès le XITe siècle les alchimistes pratiquaient la distillation des liquides fermentés pour obtenir les eaux ardentes, l\u2019esprit de vin, bref l\u2019eau de vie qui devint plus tard le véhicule 1.L\u2019eau prime était de l\u2019acide nitrique, fabriquée par Albert le Grand, et, servant à séparer l\u2019argent de l\u2019or \u2014 l\u2019eau seconde était une sorte d\u2019eau régale (eau royale) faite de 4 parties d\u2019eau prime et une partie de sel ammoniac.2.Ne pas confondre avec la Liqueur d\u2019or ou Eau de vie de Dandzig qui est une liqueur alcoolique ou Kummel contenant un excès de mou qui cristallise en petits cubes; dans la liqueur on ajoute quelques feuilles d\u2019or pur battu.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 d'un grand nombre de préparation nommées Elixir, mot emprunté de l\u2019arabe et qui signifiait pierre philosophale, ou substance la plus fine, la plus pure extraite des corps.L'ère des Elixirs de longue vie serait bien amusante à conter.Tous ont une histoire et des titres de noblesse es-thérapeutique, tels que l\u2019Eau de mélisse des Carmes Deschaussés qui, depuis 1611, fut un peu la panacée chère aux vieilles demoiselles et aux dames concierges; l\u2019Elixir de Garus, formule rajeunie de l\u2019Elixir proprie- tatis de Paracelse, ce médecin fameux que je baptise volontiers l\u2019as des charlatans tout en lui accordant une réelle valeur comme chimiste.Philippe Auréolus Theophrastus Paracelsus Bombastus ab Hohenheim est né en Suisse en 1493.Il fit son éducation en parcourant l\u2019Europe en quête de recettes et de secrets.Esprit original, certes, il voulut ne pas faire comme tout le monde et se Mit à étudier dans les mines pour surprendre les secrets de la nature.Sa grande force fut l\u2019insolence et le mépris des Ecoles; il se disait être le premier médecin et philosophe du monde et déclarait que la médecine des autres était une illusion des démons.Pour lui, la longue vie était d\u2019au moins 600 ans, jusqu\u2019à 900 et 1000 ans même, et il prétendait posséder la « pierre de l\u2019immortalité ».On croyait ferme à cette époque que le corps humain était composé de mercure, de soufre et de sel, ces termes étant employés avec leur signification alchimique, c\u2019est-à-dire que le mercure ou l\u2019humide était la substance subtile, le soufre ou le chaleur était l\u2019huile inflammable qui sortait après l\u2019esprit dans la décomposition ou la distillation des corps; le sel ou la sécheresse donnait la consistance et la saveur.Le raisonnement de Paracelse était le suivant: puisque durant la vie 1l se dégage de la chaleur c\u2019est que le soufre brûle; il suffit done de le remplacer par des élixirs qui en contiennent, préparés en retirant l\u2019essence des êtres ou la quintessence.Son grand remède était un soufre végétal (qu\u2019il ne faut pas confondre avec le soufre des artificiers qui est la poudre de lycopode), ou Elixir de pro- BOURGOIN: LA MACROBIOTIQUE A TRAVERS LES AGES priété composé de teinture de myrrhe, teinture de safran, teinture d\u2019aloés et d\u2019acide acétique ou sulfurique ou bien du carbonate de potasse quand on le voulait alcalin.Ce n\u2019était pas trés malin et on comprend que malgré son culot et ses engueulades, Paracelse mourut comme beaucoup à 48 ans, à l'hôpital de Salzbourg.Rendons justice quand même à la mémoire de celui qu\u2019on a désigné le « Luther médical » en disant que Paracelse a introduit la médication chimique en thérapeutique, osant employer l\u2019antimoine, le soufre vrai et l\u2019arsenic.L\u2019usage des Elixirs ou liqueurs de longue vie s\u2019est prolongé pendant des siècles, entretenu par une publicité habile, bien habillée de légendes confuses mais pleines d\u2019espoir.Il se vendait des sels sidéraux, des teintures d\u2019or, des essences d\u2019esprit de sel avec une phraséologie alléchante.Citons, après l\u2019introduction du thé en Europe, le Thé de vie du comte de Saint-Germain, au milieu du 18e siècle, qui était simplement fait de bois de santal, de feuilles de séné et de fenouil.Et tant de préparations qui sont entrées dans la médecine populaire et sur lesquelles médecins et pharmaciens n\u2019ont plus aucun pouvoir.Heureusement que leur consommation ne présente pas de dangers graves.Citons l\u2019Elixir de longue vie suédois, l\u2019Essence de vie du chevalier Tref- fenscheidt ou celle de Rozenweig, préparations dont le nom seul est purgatif, on y trouve toujours de l\u2019aloès, de la gentiane, du safran de l\u2019agaric, de la rhubarbe, de l\u2019alcool et parfois de la vieille thériaque, du quinquina, de la cascarille.Avec du miel au lieu d\u2019alcool, Parisel en fit les pilules de longue vie qui se vendaient argentées.Le plus célèbre de ces élixirs fut lancé par le charlatan italien Ca- gliostro qui vécut entre 1743 et 1795.C\u2019était un stomachique au quinquina, canelle, safran, orange amère, alcool et vin.Le comte Alexandre de Cagliostro, ou l'homme merveilleux, de son vrai nom Balsamo, répétait le truc de la pièce d\u2019or rougie au feu et trempée dans du sucre.C\u2019est aussi durant cette période des 15ième, 843 16 et 17e siècles qu\u2019apparurent des préparations compliquées faites de la macération d\u2019un grand nombre de plantes dans de l\u2019alcool et dont le type est l\u2019Elixir de vie de Matthiole, la recette comprend 22 plantes aromatiques, plus de l\u2019ambre gris et du muse.Sont demeurés célèbres et de vente lucrative, les Elixirs de la Grande-Chartreuse, Bénédictine, I'Eau d\u2019arquebusade des Frères Maristes d\u2019Italie, ete.Ces liqueurs n\u2019ont plus d\u2019autres prétentions aujourd\u2019hui que d\u2019être digestives.À la fin du 16e siècle, le chancelier François Bacon s\u2019intéressa au problème de la prolongation de la vie.Il émit des idées neuves basées sur la conception que la vie était une flamme qui brûle, dont la combustion était activée par l\u2019air environnant.Pour se préserver de la décomposition lente résultant de ce phénomène, Bacon recommandait des bains froids, des frictions faites avec des huiles aromatisées.Pour modérer la décomposition intérieure, il fallait la tranquilité de l\u2019esprit, un régime tempérant et l\u2019usage des opiacés qui, en ralentissant les mouvements, diminuait l\u2019usure.Pour s'opposer à la dessication des sucs vitaux que l\u2019âge amène, le mieux était de se soumettre tous les deux ou trois ans à la diète et d\u2019évacuer du corps toutes les humeurs vi- viciées, puis, par un régime réconfortant, de remplir les vaisseaux de sucs vivants, neufs; le tout aboutissant à la rénovation et au rajeunissement.Ces conseils étaient trop sages pour être monayés et manquaient des éléments surnaturels dont l\u2019esprit des gens était friand à cette époque.Bacon mourût malgré tout cela, sans miracle, à 65 ans.En même temps que des charlatans plus ou moins conscients, des savants inconscients qui vendaient des préparations alchimiques pour faire vivre vieux, opéraient une autre classe de savants charlatans, peut-être encore plus convaincus et écoutés que les alchimistes: les astrologues.Si les chimistes pouvaient au moins empoisonner les individus pour mériter salaire, les astrologues furent beaucoup plus subtils en ne vendant que des paroles et parfois des calendriers.Les astrologues ont tou- 844 jours joui d\u2019un prestige très grand pour faire avaler des couleuvres aux rois et aux gens de toutes les classes.Quand il leur arrivait de se tromper, dans 90% des cas les puissants leur faisaient couper le cou et les remplaçaient par un autre \u2014 dans le peuple on trouvait toujours une explication pour excuser leur erreur.Pour les astrologues du moyen âge, la longévité était attribuée à la conjonction des étoiles humides et du signe de la Vierge.Cela fait en somme une belle image.Chacun ayant sa planète et sa constellation, connaissant la date, l\u2019heure et la minute de la naissance, les initiés pouvaient annoncer le tempéremment, la capacité intellectuelle, les accidents et maladies et aussi le jour de la mort.Ce déterminisme faisait l\u2019objet d\u2019études spéciales dans les Universités et les Tables de nativité étaient dressées avec des soins laborieux.Un des astrologues les plus célèbres en prédiction et en macrobiotique vivait au 17e siècle à Berlin.Aussi chimiste, chirurgien, faiseur de calendriers, imprimeur, sa réputation couvrait toute l\u2019Europe.Il recevait des messages, même d\u2019Angleterre, lui indiquant l\u2019heure exacte de la naissance d\u2019enfants, il en tirait un horoscope que les parents n\u2019hésitaient pas a payer fort cher.Thurneisen fit une fortune considérable comme conseiller technique en macrobiotique parce que pour prolonger la vie, du moment, que l\u2019on savait par quel astre on était influencé, il suffisait d\u2019en annihiler l\u2019influence par son contraire.Thurneisen conseillait alors de changer de lieu, de manger ou boire des aliments et boissons choisis ou préparés sous l\u2019influence de planètes contraires.C\u2019était fort compliqué et il fallait autant de doigté que de toupet pour commander aux gens toutes sortes de singeries.Ficinus, qui écrivit un « Traité sur la prolongation de la vie», recommandait de consulter un astrologue au moins tous les 7 ans afin d\u2019apprendre les dangers menaçants dans les 7 années à venir.Celui-ci entretenait la clientèle et recommandait les préservatifs contre la mort tels que l\u2019or, l\u2019encens et la myrrhe.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LF.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 Il y eût aussi les talismans et les amulettes aux formes les plus bizarres: (médailles faites d\u2019ailliages de métaux choisis sous le signe des constellations).Les combinaisons étaient nombreuses et individuelles, ce qui en augmentait le prix.On peut suivre ces pratiques jusqu\u2019à la fin du XVIIIe siècle.Cagliostro acquit dans ce domaine une réputation qu\u2019il sut maintenir longtemps.A ces remèdes fatalistes et externes s\u2019ajou- talent des interventions plus ou moins audacieuses in vivo.Bien avant le 16e siècle, les purges et saignées furent l\u2019objet de dissertations savantes en vue de forcer les gens à vivre longtemps.Toute personne riche et respectable avait son médecin, son chirurgien et son apothicaire, chacun étant chargé de besognes bien définies.Est-il besoin de rappeler les abus que l\u2019on faisait subir aux patients?Louis XIII, dans les dix derniers mois de sa vie, dût subir 47 saignées, avaler 215 purges et recevoir 210 lavements, dans le but de prolonger son existence.On tenait des raisonnements qui semblaient pleins de ce bon sens qui fait plaisir aux masses mais qui entretient trop souvent l\u2019erreur.Il faut saigner disait-on pour enlever le vieux sang afin qu\u2019il s\u2019en refasse du neuf; « n\u2019est-il pas vrai que plus on tire d\u2019eau croupie d\u2019un puits plus il en revient de la bonne » ?Depuis longtemps la théorie des humeurs était acceptée et on cherchait par tous les moyens à influer sur les humeurs véhiculées dans l\u2019organisme.L'histoire nous dit que dès 1492 le Pape Innocent VIII voulut échapper à la mort en se faisant injecter du sang de trois jeunes gens.Il en mourût, mais l\u2019idée ne parût pas absurde et timidement on songeait qu\u2019il serait possible un jour de vider le corps d\u2019un vieil homme pour y remettre du sang plus jeune en circulation.Cette audace fut essayée en Angleterre d\u2019abord sur des animaux vivants.On prit des moutons, des veaux, des chevaux vieux, sourds et à demi-paralysés, on leur fit une abondante saignée et on réinjecta du sang d\u2019animaux en santé.Les animaux vécurent quelque temps, assez pour justifier que la BOURGOIN: LA MACROBIOTIQUE A TRAVERS LES AGES méthode n\u2019était pas mauvaise.On expérimenta même en injectant à des animaux craintifs du sang d\u2019animaux féroces.C\u2019est que, après la magnifique découverte de Harvey (en 1628) sur la circulation, les physiologistes faisaient des expériences sur des animaux dans l\u2019intention d\u2019essayer un jour sur l\u2019homme l'injection des médicaments dans le torrent sanguin.Ce fut l\u2019origine de la médication intraveineuse.On prétend que Folli, en Italie, pratiqua la première transfusion vraie en 1654.On est plus certain que Denis de Montpellier, en 1667, fit une transfusion sur un jeune homme de 16 ans atteint de léthargie après avoir subi 20 saignées.Denis lui injecta du sang d\u2019agneau.Il obtint un succès, le malade ne mourut pas.Fort de ce résultat, d\u2019autres s\u2019essayèrent; par exemple, on injecta du sang de veau à des aliénés avec l\u2019espoir d\u2019en venir par ce procédé à rejeunir les vieillards.Mais, après des tentatives plus ou moins réussies en Italie, de transfusions vraies d'homme à homme, faites par Fracassati, Riva, Manfredi, la pratique naissante fut condamnée et interdite pour longtemps, ainsi que la médication par injection intraveineuse, qui ne réapparût pas avant la fin du 19e siècle.L'accès au système sanguin étant interdit aux chirurgiens, les macrobiologues qui n\u2019étaient plus intéressées aux banales interventions de médication par les ouvertures naturelles du corps, placèrent leurs espoirs ailleurs, dans la grande découverte scientifique du 18e siècle: l\u2019électricité.En 1766, François Mesmer soutenait à Vienne, pour l\u2019obtention du grade de docteur en médecine, une thèse intitulée: « De l'influence des planètes sur le corps humain ».Il rattachait les lois de la physiologie à l\u2019attraction newtonienne.Pour lui le système nerveux était spécialement influencé par le fluide subtil qui remplit l\u2019univers.Vers 1772, Mesmer, de concert avec un astronome, le jésuite Hell, entreprit des recherches sur les vertus médicales de l\u2019aimant minéral dont les physiciens parlaient beaucoup.Il fut conduit à l\u2019idée qu\u2019il devait exister dans la nature, une force 845 analogue à celle de l\u2019aimant et il imagina le magnétisme animal dont il essaya les effets en médecine.Ayant eu quelques succès dans ses cures magnétiques, il publia sa découverte en 1775 et fonda à Vienne un hôpital pour perfectionner sa méthode.Comme il devint vite assez encombrant on le fit partir de Vienne et, en 1778, il vint s\u2019installer à Paris pour exploiter le Mesmerisme, méthode scientifique basée sur le magnétisme animal pour traiter toutes les maladies, depuis les paralysies jusqu'aux maux de dents et prolonger l\u2019existence des hommes.Mesmer se révéla lui-même être un aimant pouvant magnétiser les autres personnes et les choses par des attouchements ou par son regard.Avec cette force singulière il pouvait, moyennant finance, distribuer à volonté la santé, la sagesse et la longue vie.Son premier hôtel, Place Vendôme, fut vite achalandé.L\u2019atmosphère de curiosité et de science amusante qui régnait dans les salons de la capitale française était propice à l\u2019éclosion d\u2019un engouement fanatique.Mesmer eût vite une vogue extraordinaire chez les gens du monde, surtout chez les femmes que son accent germanique, l\u2019élégance autrichienne et ses manières, et ses attouchements magnétiques faisaient pâmer.Il ralia même quelques médecins à sa doctrine et son succès devint tel qu\u2019il s\u2019installa somptueusement à l\u2019hôtel Bullion où il imagina son fameux baquet pour traiter plus de monde en même temps.Le « baquet » merveilleux de Mesmer devint à la mode et eût beaucoup de petits.C\u2019était une cuve en chêne d\u2019environ deux mètres de diamètre et un demi de hauteur.Il renfermait de la limaille de fer, du verre pilé, de l\u2019eau.Sur ce lit était disposées un premier rang de bouteilles pleines d\u2019eau, le goulot tourné vers le centre, puis un second rang de bouteilles, mais le goulot tourné en sens inverse; des tiges de fer ayant un bout recourbé sortaient du baquet qui était fermé par un couvercle.Mesmer chargeait son baquet de son fluide et 10 à 15 personnes pouvaient être magnétisées ensuite en s\u2019appliquant les tiges de fer aux endroits malades ou en les tenant dans la main.Mes- 846 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 mer dirigeait le fiuide selon la théorie des pô- les de l\u2019aimant.Ce truc fit fureur jusqu\u2019en 1785.Mesmer était devenu l\u2019homme de la Providence chargé de renouveler l\u2019espèce humaine et de prolonger la vie.Le roi Louis XVI lui fit offrir la forte somme et une pension pour qu'il révéla son secret et ouvrit une clinique magnétique.Je vous fais grâce des détails financiers et mondains, des concerts à l\u2019harmonica et au piano, nouvel instrument qui agrémentait les réceptions chez Mesmer pour dire la fin naturelle de toutes les opérations du même genre.Devant la fortune grandissante et l\u2019influence du Mesmérisme sur les gens, l\u2019Académie des Sciences et l\u2019Académie de médecine obtinrent en 1784 qu\u2019une Commission royale examinât les choses du magnétisme.Franklin, alors à Paris, agit comme président et, malgré l\u2019avis contraire de Monsieur de Jussieu et sans trop se compromettre pour l'avenir, la Commission émit l\u2019avis que les pratiques de Mesmer n\u2019avaient rien d\u2019admirable et surtout qu\u2019elles ne pouvaient pas aboutir à prolonger la vie.Interdiction fut faite à Mesmer de pratiquer sa méthode; mais il avait fait des disciples le Père Hervier et surtout le régent de la Faculté de Médecine, Deslon, qui fit donner un cours sur le magnétisme à la Faculté.Quant à Mesmer, il passa en Angleterre, mais ne réussit pas longtemps à faire chavirer les sens des anglaises.À Paris, une figure aérostatique représentant un baquet: «le Vendangeur » s\u2019éleva en brûlant dans les airs avec les mots « Adieu baquet, vendanges sont faites ».Mesmer mourut pauvre et ignoré en 1815 à 82 ans.Vers la même époque fut lancé le «lit céleste » du docteur Graham.En couchant dans ce lit admirable, on recouvrait des forces vitales nouvelles, surtout des forces génératrices.Il en coûtait fort cher pour passer quelques heures enchantées dans le lit céleste qui, de ce fait, n\u2019était accessible qu\u2019aux gens riches ayant des loisirs.Ceux qui en sortaient contaient des histoires extraordinaires ayant subi toutes sortes de sensations.On faisait courir le bruit que l'homme assez riche qui aurait pu s\u2019offrir d'acheter le lit pour lui seul afin d\u2019y passer ses nuits aurait probablement vécu aussi longtemps que les anciens patriarches.Mais le lit de Graham ne dura pas longtemps, des créanciers impitoyables le firent vendre à l\u2019enchère.Le lit fut démonté et on trouva que le secret résidait dans un agencement de courants électriques qui faisaient frisonner les patients que l\u2019on cuisinait savamment au moyen d\u2019excitants aphrodisiaques, l\u2019odeur de parfums, de la musique et autres apparitions ou sensations surprises.Tout cela sentait bien un charlatanisme sans vergogne.Plus sérieuse fut la mode des régimes et les cures de rajeunissement.Depuis le régime de famine qui fit vivre Cornaro 100 ans, jusqu\u2019à l\u2019américain Sylvestre Graham qui pensait faire merveille avec son régime au pain entier tant vanté dans son journal « Santé et Longévité » publié à Boston en 1837, jusqu'aux croisades des végétariens contre les excès de table des carnivores, aux actions des Ligues antialcooliques, contre l\u2019abus du tatac et autres produits de consommation et, bien que le Coran ait probablement un semblant de raison en enseignant que « Le régime est père des remèdes », il faut se résigner à constater que trop de cas s\u2019opposent dans le domaine de l\u2019alimentation selon des formules absolues, pour que l\u2019on soit en droit de faire du régime ou du mode de vie, une pratique scientifique adéquate et suffisante aux fins de la macrobiotique.Malgré les échecs successifs subis jusqu\u2019au 19e siècle pour prolonger la durée de l\u2019existence, les hommes n\u2019ont pas perdu l\u2019espoir de trouver l\u2019absolu, la panacée ou le procédé qui influerait sur les processus physiologiques pour accéder à la longévité avidement convoitée par le plus grand nombre.Le travail des chercheurs nous livre toujours des trouvailles et ce qui devait arriver arriva, pour redonner, à la fin du siècle dernier, une orientation nouvelle à la macrobiotique.En 1869, le physiologiste Brown-Séquard, parlant des tares physiques des eunuques, disait: « ces faits (les constatations ordinaires que vous connaissez) montrent clairement Coa BOURGOIN: LA MACROBIOTIQUE A TRAVERS LES ÂGES que les testicules fournissent au sang, soit par résorptions de certaines parties du liquide fécondant, soit autrement, les principes qui donnent de l\u2019énergie au systéme nerveux et probablement aux muscles.» «J'ai toujours cru que la vieillesse est en partie due à l\u2019amoindrissement des fonctions du testicule.» Autrement dit, dès cette époque, Brown-Séquard avait conçu la pensée généreuse de rembourser les eunuques.En 1889, le célèbre expérimentateur démontrait l\u2019existence d\u2019une sécrétion interne du testicule et, qui plus est, n\u2019hésita pas à s\u2019injecter lui-même une petite quantité d\u2019un extrait frais.Il déclara s\u2019être senti rajeuni du fait de ce traitement.La découverte d\u2019une sécrétion interne d\u2019une glande cannue \u2018pour sa sécrétion externe, ouvrait un nouveau chapitre de la biologie: l\u2019endocrinologie.L\u2019annonce d\u2019une action physiologique d\u2019un extrait glandulaire donnait un nouveau moyen thérapeutique: l\u2019opothérapie.Le problème de la macrobiotique se trouvait reposé d\u2019une autre façon.Au lieu de chercher à prolonger la vieillesse, on entrevoyait le moyen de rajeunir les vieillards.Chose beaucoup plus audacieuse et surtout plus amusante pour eux.Afin de bien situer les espoirs, je vous rappelle, à propos de ce qu\u2019on désigne maintenant sous le beau nom d'homme testiculaire, le test de Pézard ou de la crète de coq.(Hormone: j\u2019excite (1905) Starling.) Si à un coq castré on injecte, fait ingérer ou applique sur la crête une petite quantité d\u2019hormone mâle, on voit au bout de quelque temps la crête augmenter de surface, et même s\u2019hypertrophier, si la dose d'hormone a été suffisante.En même temps, les glandes génitales aceessoires atrophiées depuis longtemps reprennent leur volume normal et leurs fonctions.De ces constatations découle le raisonnement logique suivant: pour rajeunir un animal il suffit de régénérer ses glandes génitales.Continuons le raisonnement en suivant les progrès de la science.Puisque les hormones, substances excitantes, sont engendrées par des cellules vivantes, au lieu d\u2019injecter des hormones pendant longtemps, pourquoi ne pas greffer tout simplement du 847 tissu spécifique dans l'organe a réveiller?Alexis Carrel n\u2019a-t-i1l pas réussi des greffes véritables de quelques glandes endocrines sur les chiens et les chats par anastomose directe des vaisseaux?Vous voyez où je veux en venir.L\u2019idée de greffe testiculaire remonte à 1767.Hunter avait tenté de greffer des testicules d\u2019un coq à une poule \u2014 fantaisie comme une autre.La greffe animale fut répétée bien souvent mais sans succès réels, semble-t-il, jusqu\u2019en 1917, époque à partir de laquelle le docteur Serge Voronoff réussit à faire de la greffe animale, puis humaine, en faisant vivre le greffon sur le porte-greffe.Vous savez sans doute que cet audacieux chirurgien ne se contente pas de transplanter un morceau d\u2019organe d\u2019un être vivant dans un autre.Il a trouvé, c\u2019est là je crois sa grande originalité, le moyen de créer des conditions artificielles permettant, selon son expression, « une riche alimentation humorale de la glande aussitôt transplantée ».Je m\u2019excuse, mais il est peut-être intéressant de résumer la méthode de Voronoff pour ceux qui l\u2019aurait oubliée.Ma causerie prendra un peu d\u2019allure scientifique et la macrobiotique ne perdra rien.Pour créer les conditions permettant une alimentation humorale de la glande ou de sa partie transplantée, Voronoff a pensé profiter de la facilité avec laquelle se produit une hydrocèle à la suite d\u2019un traumatisme sur les bourses.Afin de provoquer cet exsudat du plasma sanguin, il a tout simplement irrité la tunique vaginale du testicule en la sacrifiant légèrement au bistouri.Au lieu de transplanter un testicule entier, Voronoff procède en découpant des tranches du testicule, 4 ou 6, et il en place 2 ou 3 dans chaque tunique vaginale du testicule à greffer.Des examens histologiques périodiques faits par le professeur Ratterer ont confirmé qu\u2019il y avait une véritable greffe et non pas une simple action opothérapique.Les résultats physiologiques de ces greffes furent manifestement intéressants sur de nombreux animaux.En 1920, Voronoff s\u2019est risqué à faire des greffes humaines.Il lui a fallu d\u2019abord trouver des greffons.Pour les 848 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LF.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 animaux, on prend à l\u2019un et on donne à l\u2019autre.Pour l\u2019homme c\u2019est un peu plus délicat.Il y aurait bien eu les condamnés à mort, mais il est probable que personne n\u2019aurait consenti à se faire greffer des testicules d\u2019assassin.Quelques personnes se sont offertes, mais le médecin a heureusement encore quelques seru- pules et la législation manque de précision sur ce point de droit éminemment nouveau! Voilà bien un sujet pour un débat universitaire! Il y avait une autre solution.Dans la série animale nous avons un copain, biologiquement parlant, le chimpanzé.Sa constitution anatomique diffère très peu de la nôtre; son sang a la même composition que le nôtre et possède une formule globulaire identique; son cerveau est analogue au nôtre en ce point qu\u2019il possède des hémisphères cérébraux assez développés pour recouvrir le cervelet, chose unique chez les animaux.Pour nous consoler, disons que le chimpanzé a un cerveau d\u2019enfant.Biologique- ment, des organes empruntés à ce singe an- tropoïde doivent trouver dans notre corps des conditions de nutrition sanguine, un terrain anatomique et biologique adéquat.On savait que les hétérogreffés étaient voué à une nécrose rapide; le monde savant douta donc beaucoup que Voronoff puisse obtenir sur les hommes des succès aussi marqués que sur les animaux.On fit appel à l\u2019histologie pour savoir si la greffe chimpanzé à homme devait être considérée comme hétérogreffe.Le professeur Retterer nous dit: « Voronoff a examiné les greffons de chimpanzé prélevés à un homme 15 mois après leur transplantation dans la tunique vaginale et il a constaté la survivance des cellules glandulaires sans trace de nécrose ».Je ne parle pas des résultats, ils sont connus de tous.Il faut reconnaître qu\u2019on assiste à des changements vers un rajeunissement.Disons, par contre, qu\u2019à ma connaissance, le renglan- dage n\u2019a pas encore fait de centenaire.Le problème de la longévité se repose donc périodiquement.L\u2019autrichien Steinach a pensé un moment avoir trouvé le secret de la vie éternelle en rajeunissant les gens âgés, tout simplement en réduisant l\u2019usure par stérilisation des glandes prodigues.Pour les femmes il proposait les rayons X et pour les hommes la ligature du canal déférent des testicules.Par ces mesures protectionnistes sur les glandes interstitielles, l\u2019organisme entier bénéficierait des apports vitaux des sécrétions internes.Steinach, dit-on, a surtout rajeuni de vieux rats.Je vous fais remarquer que sa méthode du « tout-pour- soi» est bien plus égoïste et avaricieuse que celle de Voronoff et que ce dernier, par contre, ne se préoccupe pas du tout de rajeunir les viellles dames.Je passe sur d\u2019autres façons biologiques d'envisager le problème de la longévité qui ne paraît pas du tout insoluble à beaucoup de physiologistes sérieux.Je vous rappelle les espoirs de Raspail avec sa théorie de la pathologie cellulaire s\u2019opposant à la théorie humorale et sa médication au camphre.Je vous signale la conception de Metchnikoff de l\u2019empoisonnement lent par les microbes intestinaux et son remède pour prolonger la vie par la bactériothérapie intestinale avec l\u2019alimentation au lait bulgare riche en bacilles lactiques.Toutefois l\u2019usage du lait fermenté n\u2019a pas prolongé la vie du savant sous-directeur de l\u2019Institut Pasteur au delà de 71 ans.Je laisse à votre sagacité d\u2019observateurs de découvrir des candidats au titre de centenaire par l\u2019inspection du larynx, tel que préconisé par le chirurgien anglais Duncan qui vivait au siècle dernier.Il paraît que, sont seuls destinés à vivre vieux, les hommes ou les femmes qui, après 60 ans, ont l\u2019épiglotte verticale.L\u2019affaissement de ce cartillage serait le signe que l'individu ne dépassera pas 70 ans.En définitive, nous sommes contraints d\u2019admettre que nos connaissances biologiques sont insuffisantes pour faire à coup sûr des ma- crobes.Il est probable que nos erreurs résultent d\u2019observations mal faites ou d\u2019expériences incomplètes, et que nous généralisons trop hâtivement.Fort de cette constatation, laissons la biologie et tournons-nous vers le relativisme. BOURGOIN: LA MACROBIOTIQUE À TRAVERS LES ÂGES Nous avons d\u2019ailleurs été devancés par Buffon qui a écrit: « La vieillesse est un préjugé résultant de notre arithmétique ».Je crois pouvoir alors proposer une solution temporaire au problème de la macrobiotique.Comme il semble que nous sommes surtout impressionnés par les grands nombres; les centenaires, les millionnaires, les mille-pattes, etc., et puisque l\u2019homme a osé bousculer le soleil en décrétant l'heure avancée, pourquoi ne ferions-nous pas l\u2019année de 10 mois au lieu de 12?Il suffirait de s\u2019entendre et, par exemn- ple, un monsieur de 80 ans actuels, faisant un gain de 2 mois par an, soit 160 mois ou 16 849 années de 10 mois, serait porté à l\u2019âge plus respectable de 96 ans.Par ce moyen je pense qu\u2019on pourrait décupler le nombre des centenaires sans rien emprunter au singe ni à la médecine.Combien d\u2019entre vous accepteraient, pour être rajeunis, de se faire ligaturer le canal dé- férent?Combien parmi vous consentiraient à être Voronoffés?Dans votre dignité et fierté d'homme ne seriez-vous pas portés à répondre à la proposition d\u2019une greffe au chimpanzé.Non, ne pas grimper bien haut peut-être, mais tout seul. PETITES MANIES ET MISÈRES DES INTELLECTUELS! Par Arthur ARCAND, _ (Québec).Je vais essayer, malgré certaines difficultés, de vous rappeler les petites manies et misères des intellectuels.Tout d\u2019abord, un principe s\u2019inpose: celui de l\u2019habitude.Une définition judicieuse nous en est fournie par les grands esprits du XVIIIe siècle.L'habitude, affirment ceux-ci est une force intérieure qui porte l\u2019homme à faire sans réflexion, ou, au moins, sans qu\u2019il s\u2019aperçoive lui-même qu\u2019il ait réfléchi, les actes qu\u2019il a déjà faits bien des fois: plus ces actes ont été souvent répétés, plus il se sent entraîné, d\u2019une manière invincible, à les répéter encore.Les animaux peuvent, aussi, contracter des habitudes; on peut dresser plusieurs espèces d'oiseaux à chanter des airs; le perroquet apprend à prononcer certains mots, etc.D\u2019aucuns vont même jusqu\u2019à affirmer que les végétaux ont des habitudes mais, là, abandonnons promptement cette voie si nous voulons conserver notre sourire et toute la sérénité d\u2019esprit qu\u2019exigent nos occupations à la sortie de cette enceinte sympathique.L'homme est si fier de son titre d\u2019être raisonnable, qu\u2019il lui répugne d\u2019accepter le joug de cette puissance en quelque sorte machinale, qui l\u2019entraîne à faire des actes irréfléchis; mais s\u2019il consultait, de bonne foi, sa raison, elle serait la première à lui conseiller de se soumettre.Elle est un guide plus éclairé, en apparence du moins; mais elle marche lentement et si l\u2019homme ne devait jamais aller plus vite qu\u2019elle, il ne ferait pas la dixième partie des actes qu\u2019une nécessité absolue lui impose.Il va sans dire, comme les habitudes peuvent être louables ou répréhensibles, que les mœurs, qui sont des habitudes collectives et particulières à un pays ou à une classe d\u2019hommes, peuvent être, selon les cas, bonnes ou mauvaises.1.Conférence prononcée au Kiwanis de Québec, par M.Arthur Arcand, chimiste du département industriel du gouvernement de la Province de Québec.Si l\u2019on prend les grandes nations, depuis leur apparition jusqu\u2019à nos jours, on trouve en elles un groupe d\u2019instincts, d\u2019aptitudes qui n\u2019ont pas varié, et pour ne citer qu\u2019un exemple entre mille, considérons les Gaulois, nos pères.Les Romains disaient qu\u2019ils se piquaient de deux choses: bien combattre et parler avec esprit.Il en est ainsi pour chaque peuple; il suffit de comparer une époque, dans une histoire, à l\u2019époque contemporaine d\u2019une autre histoire, pour retrouver, sous des altérations secondaires, le fond national toujours intact et persistant.Voilà le granit primitif, il dure une vie de peuple et sert d\u2019assise aux couches que les périodes successives viennent déposer à la surface.Arrivons maintenant à nos intellectuels qui commencent à se demander pourquoi ils figurent en titre à cette conférence.Le métier d\u2019homme de lettres (artistes, littérateurs, savants, philosophes, ete.) ou d\u2019orateurs, comporte un travail qui exige une activité intense de l\u2019intelligence et de la sensibilité de la personne qui le pratique.Ces hommes sont amenés à de grandes dépenses d\u2019énergie nerveuse et à une usure progressive de leur personnalité: en un mot, la prédominance du système nerveux sur l\u2019ensemble des fonctions organiques, caractérise ces professions.Dans l\u2019état actuel de nos connaissances, on évalue encore difficilement, par les méthodes habituelles, les dépenses d\u2019énergie entraînées par ce genre de travail.Peut-être ne s\u2019agit-il que d\u2019un changement qualitatif du métabolisme, qui ne se traduit par aucune modification dans le bilan des échanges nutritifs.C\u2019est pourquoi, bon nombre d\u2019auteurs pensent qu\u2019un homme de lettres ou de sciences n\u2019a pas besoin d\u2019une forte et substantielle nourriture, semblable à celle du travailleur manuel, dont les dépenses de force musculaire exigent des réparations quantitatives grossières.Cependant, la gourmandise n\u2019est pas une rareté chez les gens de lettres et les éloges de la table entrent pour une bonne part dans les ARCAND: PETITES MANIES ET MISÈRES DES INTELLECTUELS œuvres des disciples de Rabelais.À vrai dire, il semble que le travail intellectuel en soi prévient l\u2019obésité et l\u2019on cite à ce sujet de grands hommes dont le cerveau a produit des œuvres immortelles, et qui étaient loin de ressembler à des obèses: Démosthène, Alberti, Beethoven, Chopin, Verdi, Donizetti, Dante, etc.La consommation de l\u2019alcool est une question très discutée lorsqu\u2019il s\u2019agit du travail intellectuel.On le considère, depuis toujours, comme un stimulant des fonctions psychiques.On prétend qu\u2019Eschyle et Aristophane travaillaient comme Edgar Poë, Alfred de Musset et Verlaine, et produisirent la plupart de leurs chefs-d\u2019œuvre en absorbant des liqueurs fortes.Mais, en opposant à ces noms ceux des créateurs de génie, comme Dante et Gœthe, qui n\u2019abusèrent jamais des boissons alcooliques, on peut conclure que tout travailleur intellectuel peut se passer d\u2019alcool.L\u2019alcool proprement dit ou esprit de vin provient de la fermentation des liquides sucrés: c\u2019est un des principes constituants de toutes les boissons fermentées, celui qui leur donne leurs propriétés et qui leur a valu le nom de boissons spiritueuses.L\u2019alcool éthylique pur et qui a pour formule chimique C°H*OH, est un liquide transparent, très fluide, volatil, d\u2019une odeur pénétrante, d\u2019une saveur caustique et d\u2019une action énergique sur l\u2019économie.L\u2019abus des boissons alcooliques trouble les fonctions de la digestion, éteint l\u2019appétit, agit chimiquement sur les parois de l\u2019estomac dont il crispe les tuniques: de là, des épaississements, des indurations qui portent le plus souvent sur la portion pylorique, et qui, avec le concours de prédispositions spéciales, se convertissent en cancer.L\u2019alcool n\u2019est éliminé par aucun appareil sécréteur; une petite portion est seulement évaporée par les poumons, et, il est détruit dans le sang sous l\u2019influence de l\u2019oxygène inspiré, en se transformant en acide carbonique et en eau.L'influence de l\u2019alcool sur le système nerveux et particulièrement sur l\u2019encéphale se manifeste par une série progressive mais constante 851 de symptômes qui, à leur intensité près, se reproduisent chez tous les individus.L\u2019alcool produit une véritable intoxication qui se traduit par les trois phases suivantes: surexita- tion, perturbation, destruction de l\u2019axe ceré- bro-spinal.Tous les troubles qui surviennent dans les autres appareils vitaux, dérivent de ces trois modifications du système nerveux.L'ivresse n\u2019est autre chose qu\u2019une aliénation aiguë et passagère; la répétition de l'ivresse finit par amener à sa suite, sous une forme ou sous une autre, un délire chronique, c\u2019est-à- dire une aliénation mentale véritable et définitive.Sous l\u2019action lente et continue de l\u2019alcool, on voit se produire toute une série de désordres qui se rapportent à l\u2019intelligence, aux sensations et aux mouvements, et dont la réunion constitue le delirium tremens.L\u2019alcoolisme chronique est formé de tout un cortège de phénomènes progressifs aboutissant à ce que les médecins appellent la cirrhose alcoolique avec ictère, et, à ce stade, la mort apparaît à brève échéance.Les toxicomanes, parmi les intellectuels, sont heureusement peu nombreux.Ils utilisent comme excitants les substances les plus variées et les plus néfastes et je vais essayer de vous en décrire quelques-unes avec leurs effets respectifs.Tout d\u2019abord, l\u2019op/um.L\u2019opium est une résine qui est extraite sous forme de suc des capsules ou tête de pavot somnifère (papaver somniferum).C\u2019est une substance compacte, solide, d\u2019une couleur rougeâtre, d\u2019une odeur spéciale et d\u2019une saveur amère.L\u2019opium n\u2019est pas utilisé directement par les fumeurs de cette funeste drogue, car il brûlerait mal, en raison des matières incrtes qu\u2019il renferme.Pour le rendre propre à être fumé, on le dissout dans une petite quantité d\u2019eau et l\u2019on en forme une sorte de sirop épais qui, une fois filtré, est ensuite amené à consistance d\u2019extrait par évaporation, et c\u2019est précisément cet extrait que l\u2019on met dans la pipe des fumeurs. 852 L'influence physiologique de cette drogue comprend trois degrés: dans le premier, l\u2019organisme lutte contre le narcotique, et l\u2019on voit se produire des symptômes de souffrances ou des réactions analogues à ceux qu\u2019on éprouve au début de l\u2019usage du tabac; dans le serond degré, l\u2019organisme est dompté, l\u2019opium produit alors des sensations de plaisir factice et c\u2019est cette excitation générale du système nerveux que recherchent les habitués; au troisième et dernier degré, le corps et l\u2019esprit se désorganisent et succombent: c\u2019est le narcotisme chronique qui aboutit à la mort.L\u2019opium fournit en thérapeutique plusieurs alcaloides dont les principaux sont: la morphine, la codéine qui est une méthylmorphine, l'héroïne qui est une diacéthylmorphine, la dionine qui est une éthylmorphine, la papavérine, etc.Tous ces corps que l\u2019on trouve dans la pratique sous forme de bromhydrates et de chlorhydrates, sont des hypnotiques notoires.Le haschisch, cher à Baudelaire, et dont il note méticuleusement l\u2019effet dans ses « Paradis Artificiels », est une préparation narcotique extrait du Cannabis Indica (chanvre indien), dont l'emploi produit une sorte d\u2019ivresse accompagnée d\u2019hallucinations.C\u2019est une substance que l\u2019on mâche ou que l\u2019on fume à la manière de l\u2019opium.) L\u2019action du haschisch est connue depuis l\u2019antiquité la plus reculée, et le fameux népenthès, dont il est question dans Homère, semble avoir eu le haschisch pour base, à en juger par les effets qu\u2019il produisait.Quelques heures après l\u2019absorption de cette substance, suivant les tempéraments, on commence à ressentir une sorte de torpeur voluptueuse, très différente de l\u2019ivresse des alcooliques, et infiniment plus agréable que la somnolence agitée produite par l\u2019opium.Il donne aux uns des accès de gaieté très prononcés; il rend les autres farouches.L'usage souvent répété du haschisch amène un état d\u2019imbécilité et de marasme assez comparable à celui produit par l\u2019abus de l\u2019alcool.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LF.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 Je vous fais grâce de la cocaïne, de l\u2019éther, etc.Toutefois, il faut nous arréter un instant sur l'abus du café pratiqué à peu près par tous les intellectuels; Balzac en absorbait chaque nuit d'innombrables tasses, et Flaubert ne pouvait travailler que lorsqu\u2019il avait à côté de lui un grand récipient rempli de ce breuvage, qu\u2019il considérait comme un stimulant indispensable.Cependant, il est clair que pour faire du bon travail, il n\u2019est pas nécessaire de s\u2019exciter artificiellement, car toute excitation épuise : s\u2019équilibrer, au contraire, est nécessaire et le maximum de forces intellectuelles ne peut être obtenu qu\u2019à cette condition.Tout le monde sait que le café est une infusion préparée avec les grains du caféier brûlé et moulu.L'action principale du café consiste à stimuler et à éveiller le cerveau sans toutefois l\u2019échauffer comme l\u2019alcool.L\u2019on sait également que le café donne lieu à une excitation nerveuse qui, surtout chez les personnes non habituées à son usage, provoque l\u2019insomnie.Voltaire, Fontenelle, Delille, Frédéric II, Harvey, Mirabeau, et une foule d\u2019hommes célèbres, en prenaient avec excès.Le café a de nombreux partisans, certes, mais les détracteurs ne lui manquent pas non plus et il est prouvé qu\u2019à la longue il entraîne de par l\u2019alcaloïde qu\u2019il contient (la caféine), des troubles cardiaques prononcés.L'abus du tabac est très répandu parmi les écrivains et les savants et, pour ne citer que de grands noms, rappelons que Flaubert, Byron, Urbain, furent de grands fumeurs.Mais ici, encore, les hommes de lettres qui détestaient le tabac s\u2019opposent aux précédents, et, à en juger d\u2019après leur nom, il ne s\u2019agit pas de ceux de moindre importance: Théophile Gautier, Barbey d\u2019Aurevilly, Sainte-Beuve, Henri Heine.On a prétendu que l\u2019usage du tabac arrête le développement des facultés physiques et intellectuelles, mais il est clair que l\u2019action nuisible du tabac a été exagérée.À dose modérée, il n\u2019est pas, chez l\u2019adulte, malfaisant ARCAND: PETITES MANIES ET MISÈRES DES INTELLECTUELS pour la santé, d\u2019ailleurs, il trouve son correctif dans le café qui, comme lui, pendant longtemps, a passé pour un poison, et qui est aujourd'hui d\u2019un usage presque universel.Comme tous les excitants, il ne devient dangereux que par l\u2019abus ou les prédispositions individuelles.Les esprits chagrins auront beau comparer la bouche d\u2019un fumeur à une cheminée d\u2019usine, le nez d\u2019un priseur à un cloaque ou les lèvres d\u2019un chiqueur à un égoût collecteur, on fumera, on prisera, on chiquera; car fumer, c\u2019est obtenir une trève à la tristesse, aux préoceu- pations irritantes, aux petites et grandes misères de la vie, et même aux tracasseries d\u2019un ménage mal assorti.Quant aux vêtements portés en période de travail, les intellectuels en utilisent parfois de burlesques.Balzac avait l\u2019habitude, par exemple, de porter dans ces occasions, un froc monacal qui, lorsqu\u2019on y réfléchit, n\u2019est au fond qu\u2019une ample robe de chambre.En ce qui concerne la mise en train, il semble que la plupart des écrivains adoptent une lecture d\u2019une demi-heure de quelque chef- d\u2019œuvre, comme stimulant de l\u2019association des idées; d\u2019autres préfèrent un peu de déclamation à haute voix.Un orateur célèbre, le prédicateur Bourdaloue, jouait un air de violon avant d\u2019entreprendre la rédaction d\u2019un de ses sermons.À propos des heures de travail, les intellectuels n\u2019observent aucune règle précise, mais ils préfèrent travailler la nuit à l\u2019abri de toute agitation et de tout mouvement.Il n\u2019y aurait certes pas d\u2019inconvénient à cette manière de procéder, si, dans chaque cas, la fatigue se trouvait annulée par une période de sommeil compensateur, et si, au point de vue de l\u2019éclairage, le travail nocturne ne se trouvait pas dans une situation d\u2019infériorité évidente .vis- a-vis du travail à la lumière du jour.En effet, la fatigue des yeux a engendré la cécité de grands écrivains comme Milton, Montesquieu, Augustin Thierry.853 La question de savoir dans quelle attitude de travail les gens de lettres se trouvent le plus favorisés, n\u2019a jamais été résolue d\u2019une manière uniforme: Hugo et Mistral marchaient en faisant des vers, par contre, Descartes et Liebnitz travaillaient volontiers couchés.Le bruit est certes une cause d\u2019entrave pour la plupart des penseurs.Les exceptions sont cependant assez nombreuses et l\u2019on connaît de ces lettrés qui ne travaillent bien que dans le sabbat des tavernes et le tumulte des cafés.(Théophile Gautier, Verlaine).D\u2019autre part, il est certain qu\u2019une mise en pratique rigoureuse des lois de l'hygiène rencontre des obstacles assez sérieux chez la plupart des intellectuels.Il est clair qu\u2019il faut compter ici avec les variations individuelles de la volonté et les caractéristiques partieu- lières de l\u2019esprit de chacun.Une autre considération doit également rentrer en ligne de compte, c\u2019est la position sociale de l\u2019écrivain ou du savant; très souvent, il s\u2019agit de bohêmes, d\u2019indisciplinés, qui ne produisent que dans les conditions déterminées où ils se trouvent, la suppression de ces conditions équivalant, dans certains cas, au bannissement de la muse inspiratrice.Cependant, sans parler du charme proprement dit qu\u2019une œuvre produite dans de telles circonstances peut exercer sur le lecteur, il faut tenir compte du fait que, très souvent, on y rencontre une âme mise à nu, qui permet au philosophe ou au moraliste d\u2019approfondir la psychologie humaine.On conçoit d\u2019ailleurs facilement qu\u2019il serait ridicule pour le médecin de prescrire à un écrivain de remonter le ressort de son esprit à heure fixe et de le détendre à un autre moment, et c\u2019est une erreur de vouloir règler au compas la verve, mesurer l\u2019enthousiasme et doser l\u2019inspiration.Toutefois, 1l existe dans la plupart des pays du monde des organismes qui s\u2019occupent de la 854 physiologie du travail et de l'hygiène des travailleurs.Ces organismes s\u2019occupent surtout des industries mais il n\u2019y a aucun doute que, dans un temps prochain, ils parviendront à étendre leur rayon d\u2019action dans les domaines les plus variés de l\u2019effort humain.De tout ce qui précède, on peut conclure \u2018qu\u2019il est encore difficile de poser des règles uniformes au sujet de l'hygiène de l\u2019intellectuel.Comme il s\u2019agit, dans ce cas, de gens cultivés et conscients, des dangers qu\u2019ils courent en agissant contre les règles de l'hygiène générale, 11 semble que le meilleur moyen qui L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 puisse leur garantir une bonne santé soit de porter à leur connaissance ces dites règles qui, une fois respectées, constituent des conditions favorables pour le travail de l\u2019esprit.Il est vrai que les résultats ne seront pas toujours satisfaisants, car ici, peut-être plus que partout ailleurs, l\u2019aspiration à la liberté individuelle est des plus accentuées et chacun veut imprimer à sa vie le cachet de sa personnalité. MEDECINE PRATIQUE THÉRAPEUTIQUE DU NOURRISSON Les aliments de régime.- Préparations à base de lait: lait condensé sucré, lait albumineux, soupe au beurre.La bouillie épaisse.Lait condensé sucré Le lait condensé sucré est un lait qui a perdu les trois quarts de son eau de constitution et qui est hypersucré.Cette concentration s\u2019opère dans le vide- à basse température, ce qui explique pourquoi ce lait n\u2019est nullement scorbutigène, lorsqu\u2019il est consommé moins d\u2019un an après sa fabrication.Le sucre généralement employé est le sucre de canne dans la proportion de 12 à 15%.Le lait condensé sucré est un véritable « sirop de lait», se présentant sous forme d'une pâte légèrement jaunâtre, de saveur sucrée.Un litre de lait condensé sucré étendu de 4 parties d\u2019eau donne 850 calories.Le lait condensé sucré rend de précieux services, en particulier dans les vomissements du nouveau-né, permettant de réaliser, dès les premiers jours, le régime sec, sous forme de «colle » de lait concentré.Dans l\u2019allaitement maternel, il permet de réaliser la « sandwich » de lait condensé, au milieu de la tétée, lorsque le lait maternel, quoique abondant, n\u2019est pas suffisamment riche.Lait albumineux Dans certaines diarrhées rebelles avec fermentation acide et s\u2019accompagnant d\u2019érythème fessier, il y a intérêt parfois à employer le lait albumineux qui est susceptible de provoquer une réaction alcaline dans le tube digestif.C\u2019est le principe de ce lait modifié, proposé par Finkelstein, dans lequel la quantité de matières protéiques est augmentée par addition de caséine.Sa préparation à domicile est peu pratique.Le mieux est d\u2019avoir recours aux poudres de lait albumineux qu\u2019on trouve facilement dans le commerce, ou encore à l\u2019addition de poudre de caséinate de calcium au lait.La valeur énergétique de cet aliment est de 600 calories au litre.Soupe au beurre La soupe au beurre de Czerny et Klein- schmidt, encore désignée sous le nom de lait au roux, est un mélange de beurre et de farine que l\u2019on fait roussir et auquel on ajoute de l\u2019eau, du sucre et du lait en quantité variable.Il a une valeur calorique élevée: 869 calories au litre.Cette préparation, qui était beaucoup employée, il y a quelques années, dans les états de dénutrition, est maintenant avantageusement remplacée par le lait acidifié complet, lorsqu\u2019il n\u2019existe pas de troubles digestifs.La bouillie épaisse Chez les vomisseurs, le régime sec donne d\u2019excellents résultats.Si, chez le nouveau-né, il est préférable d\u2019utiliser la «colle» de lait condensé, à partir de l\u2019âge d\u2019un mois, on peut employer la bouillie épaisse avec avantage dans les syndromes gastriques.Beaucoup de formules spéciales ont été inutilement proposées.Le mieux dans la pratique est d\u2019ajouter tout simplement 15% de farine à la formule de lait, d\u2019eau et de sucre pour les 24 heures.Le mélange doit être chauffé 45 minutes au bain-marie et réparti en repas toutes les 4 heures, que l\u2019on donnera à la cuillère.Paul LETONDAI. \u201cUnion Medicale Ou Canada\u2019 en 1873 SOCIETE MEDICALE DE MONTREAL Séance du 16 juillet 1873 Le Dr J.-G.Bibaud, président, au fauteuil.Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté.Le Dr À.Dagenais donne lecture d\u2019une observation sur un cas de paracentèse de la poitrine.Le Dr Hingston est d\u2019avis, comme le Dr Dage- nais, qu\u2019il ne faut pas trop craindre l\u2019entrée de l\u2019air dans la cavité pleurale.Dans certains cas, on doit même permettre cette entrée.Souvent une seule ouverture ne suffit pas, il est nécessaire d\u2019en faire une deuxième pour permettre l\u2019introduction du tube à drainage de Chassagnac.Cette introduction étant difficile avec les instruments ordinaires, le Dr a fait construire un trocart crescentique pour faciliter l\u2019opération.Le Dr a pratiqué cette opération plusieurs fois.Il se rappelle, entre autres, une dame opérée il y a quatorze ans et qui avait été condamnée comme phtisique à la dernière période.Plusieurs enfants ont été opérés aussi et chez quelques- uns le tube à drainage a été introduit.L\u2019été dernier, une dame avait été envoyée à l'hôpital presque mourante.Elle portait une fistule thoracique qui laissait échapper un pus d\u2019une odeur abominable.L'introduction du tube à drainage et les injections d\u2019acide carbolique amenèrent en peu de jours une amélioration notable qui continue encore.Le Dr préfère introduire le trocart entre la cinquième et la sixième côte de peur de léser le diaphragme.Le Dr Perrault ne craindrait pas beaucoup l\u2019introduction de l\u2019air, car il a eu occasion de traiter un cas de perforation du thorax avec fracture de plusieurs côtes et hernie du poumon qui a guéri parfaitement malgré l\u2019entrée de l\u2019air.Il pense pouvoir présenter le malade lui-même à la Société, si on juge le cas assez intéressant.Le Dr Brosseau dit qu\u2019il y a une distinction très importante à faire par rapport à l\u2019opération de la thoracocentèse.Le traitement doit varier en effet selon que la pleurésie est séreuse ou purulente.Dans le premier cas, il est utile d\u2019éviter l\u2019introduction de l\u2019air; dans le second, toute précaution dans ce but est inutile vu qu\u2019il doit nécessairement rester une fistule.Le nouveau procédé de la thoracocentèse par aspiration présente de nombreux avantages sur les anciens procédés.La dimension très atténuée des trocarts et la douleur presque nulle que le malade éprouve par leur introduction fait accepter l\u2019opération bien plus facilement.Ensuite, en cas d\u2019erreur de diagnostic, la ponction capillaire est inoffensive.De plus, les quintes de toux qui surviennent habituellement dans l\u2019opération ordinaire sont presque nulles dans la thoracocentèse par aspiration.Au- jourd\u2019hui, en Europe, on se hâte de pratiquer l\u2019opération, aussitôt que la présence du liquide est constatée et avant que le poumon ne soit comprimé et agglutiné par les fausses membranes.Béhier, grand partisan de l\u2019opération, la pratique tous les deux ou trois jours, à mesure que le liquide se reproduit.Il est combattu par Germain Sée, mais la pratique de Béhier tend à se vulgariser.Lorsque l\u2019épanchement est purulent, on attend un peu plus pour pratiquer l\u2019opération, on introduit ensuite une canule à demeure et l\u2019on fait des lavages répétés et des injections d\u2019iode et autres substances irritantes, comme dans un abcès ordinaire.L'air ne paraît pas avoir un mauvais effet sur le pus et la septicémie est rare.Peut-être les vaisseaux qui se forment dans les fausses membranes ne peuvent-ils pas absorber comme les vaisseaux à l\u2019état naturel.Le Dr Grenier a eu occasion de rencontrer quelques cas de pleurésie purulente.Une femme de la campagne, âgée d\u2019une trentaine d\u2019années, de constitution lymphatique, portait une fistule thoracique depuis deux ans lorsqu\u2019elle se mit sous ses soins.A cette époque, elle avait eu une pleurésie trés grave et la respiration était devenue tellement gênée que l\u2019on croyait sa fin prochaine, lorsque la nature fit ce que le médecin aurait dû imiter plus tôt.Une ouverture se fit entre la troisième et la quatrième côte gauche de la poitrine qui laissa échapper une grande quantité de pus.Un soulagement immédiat fut la conséquence.Depuis, une quantité assez notable de pus assez fétide continua de s\u2019écouler.Quand le Dr la vit, il existait une forte tendance à la guérison, car les côtes s\u2019étant affaissées et la cavité thoracique se trouvant ainsi diminuée, le poumon avait presque repris sa position normale, en sorte qu\u2019il ne restait qu\u2019un sac de peu d\u2019étendue.Cependant la malade avait une fièvre hectique assez prononcée.Des injections d\u2019acide carbolique faites pendant plus d\u2019un mois, deux fois par jour, amenèrent la cessation presque totale de l\u2019écoulement purulent.La fièvre hectique disparut et la santé généralé s\u2019améliora considérablement.Un autre cas que le Dr eut occasion de traiter à l\u2019Hôtel-Dieu présentait des complications qui ôtaient tout espoir d\u2019une guérison définitive.En effet, cet homme, âgé de vingt-cinq ans, était rendu au troisième degré de la phtisie et portait des cavernes considérables dans les deux poumons.Il était déjà depuis quelque temps à l\u2019hôpital, lorsque, sans phénomènes généraux très apparents, il se forma une collection très considérable du côté gauche de la poitrine.Bientôt tous les symptômes d\u2019un pneu- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 857 EST-CE DE LA GOUTTE ?Sensibilité, raideur, léger gonflement des jointures des phalanges (les autres articulations peuvent être prises), motilité affaiblie, ralentissement graduel des fonctions.se manifestant surtout vers l'âge moyen.tel est le tableau-symptômes que présentent de nombreux cas.|! peut indiquer un cas de goutte, ou bien un cas d'arthritisme.2 YXANTHINE ASTIER donnée per os, à dose d'une cuillerée à thé, une, et même deux fois par jour, amène ordinairement une rapide amelioration de cet état, et, si on continue le traitement, la disparition complète de tous les symptômes.La Lyxanthine Astier produit cet effet en vertu de ses éléments synergiques associés: iode, calcium, soufre, bitartrate de lysidine 1.ce dernier, puissant dissolvant et éliminateur des déchets métaboliques.1.Méthyliglyoxalidine ou éthylethenyidiamine.5 2 ss ss ss ss 2 22 2 22 \u2014E\u2014\u2014_\u2014\u2014\u2014\u2014 TT TTT QUTTS Ci ROUGIER FRERES, 350, rue Le Moyne.Montréal Veuillez m\u2019envoyer de la littérature et un échantilion: LYXANTHINE ASTIER Ville cocncasasesaucesseuunse os ees PrOVINCE.{0 seence sec ssnes Sesssces ssssescsns scsssss 858 mopyothorax se manifestèrent.Malgré la communication qui existait évidemment entre la cavité et les bronches et la quantité très considérable de pus expectorée par le malade, la dilatation était toujours très exagérée du côté gauche qui présentait de la matité dans une grande étendue.Malgré l\u2019état générale peu satisfaisant de ce malade et vu que le pus avait déjà de la tendance à se frayer une voie au dehors, le Dr se décida à faire la ponction.En pénétrant avec le bistouri ent'e \u2018e cinquième et le sixième espace intercostal, il jaillit aussitôt, avec une grande force.un liquide purulent, mélangé de gaz qui s\u2019échappèrent en le faisant bouillonner.Trois crachoirs de pus furent remplis et une quantité considérable continua ensuite de s\u2019écouler.Chaque fois que le malade toussait.l\u2019air s\u2019échappait en sifflant set le pus était projeté au loin avec une certain force.Le malade éprouva un soulagement notable et, sans attendre son congé, il quitta l\u2019hôpital peu de temps après et se rendit à pieds à sa résidence au faubourg Québec.Cependant 1l revint au bout de peu de jours et mourut à peu près un mois plus tard par les progrès toujours constants de la phtisie.A l\u2019autopsie, la plèvre tapissée d\u2019une couche de matière purulente, était macérée partout et noirâtre à la partie antérieure du diaphragme.Le poumon revenu sur lui-même occupait la gouttière vertébrale.Les deux poumons contenaient des tubercules et des cavernes remplies du pus.Les cas de ce genre qui ne présentent presque aucune chance de guérison L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 démontrent cependant que l'opération est justifiable pour procurer du soulagement au malade.Le Dr A.-T.Brosseau fait ensuite quelques observations sur plusieurs nouveaux instruments de chirurgie.Il fait fonctionner devant l\u2019assemblée l\u2019aspirateur de Potain ct explique les différents autres appareils qui ont été inventés dans le même but.Le vide nécessaire peut s\u2019obtrnir par une simple seringue (appareil de Dieu'afoy) munie de robinets à double effet.On l\u2019obtient éga'ement dans des récipients.soit par la condensation de la vapeur (appareil Regnard et Tenot), soit par une pompe pneumatique (appareil Castiaux).Ces appareils trouvent leur application dans un grand nombre de circonstances soit, par exemple.pour évacuer un liquide quelconque dans tcutes les cavités cellulaires, soit pour faciliter la réduction des hernies étranglées.ete., ete.Le Dr montre ensuite le fonctionnement d'un nouveau lithotriteur et fait quelques observations sur l\u2019histoire de cette opération et les indications qui doivent nous la faire préférer à la litho-omie dans les cas convenables.Sur motion du Dr F.-X.Perrault, secondé par le Dr J.W.Mount, des remerciements sont votés aux Drs Dagenais et Brosseau.Le Dr Ed.Desjardins donne avis qu'il proposera a la prochaine séance le Dr G.-O, Beaudry.comme membre actif.Dr Georges GRENIER. ttes alin.alii.sac wT xe > Uf GW TET CV QE ger Carney gp x | UROPRAZINE OUT RHUMA | à RT | es rey Ys ; IT À : PYÉ LIT A Eur ati URIQUES SULPHO- LAC a a \"nf a UE LEUS É 4 D JAVERESSS DE ca s ia V/ TEE ÉRYTHÉMATEU 4 CI | R OL CC AM RAIÎTEMEN T SCIENTIFIQUE & Injections Intramusculaires 2 (WY | ARS RN sue oy: da) ir hy Ph i = dE pa Ms RESPIRATOIRES, SUPÉRIEURES I Ÿ EAU PRECIEUSE DEPENSIER De DE LA PEAU Or DEMANG, AISONS o NN ACNE \"PSORIASIS; DART RES AAR VARIQUEUX 5 BILIFLUINE NEA 1] a + BILIAIRE\u2018 | TERE; GATARRHA ESL.TION ONGESTION DU?FOIE IRRHÇ E ER PE EE HERD TEE il HIP RE 20 7, AVENUE.DU COLLÈGE Creu ONTREAL [PE AS ANALYSES Dans le but duniformiser les indications bibliographiques qui accompagnent les analyses, afin de les rendre plus completes et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le «Quarterly Cumulative Index Medicus»: nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article, nom du périodique, le volume, la page, le mois (le jour du mois si le périodique est hebdomadaire), l\u2019année.Exemple: J.Beerens.\u2014 Tuberculose et démence précoce.« Ann.Méd-psychol.», 94: 1 (juin) 1938.MEDECINE Henry A.CHRISTIAN.\u2014 Diagnostic précoce de l\u2019endocardite subaiguë au streptocoque viridans.\u2018\u2019J.A.M.A.\u201d, 116: 1048 (15 mars) 1941.Le diagnostic précoce de l\u2019endocardite subaiguë à streptocoques viridans est très important puisqu'\u2019il permet la mise en œuvre d\u2019une chimiothérapie qui a d'autant plus de chances d\u2019être efficace que des végétations valvulaires n\u2019ont pas encore eu le temps de s'organiser.Parmi les signes précoces et constants, il y a d\u2019abord les manifestations de la toxémie qui apparaît graduellement et progresse lentement.Cette toxémie se manifeste, dès le début, par une sensation de malaise, de la fatigabilité, une perte d\u2019énergie.Cette perte de forces est présente dans 70% des cas.52% des malades se plaignent, en même temps, d\u2019être fiévreux, frissonneux.Une perte d\u2019appétit, une perte de poids ainsi que des nausées se voient dans 24% des cas.11% des malades se plaignent, à cette période, de céphalée.Tous ces signes du début font habituellement porter le diagnostic de fièvre typhoïde, de tuberculose, d\u2019influenza, de fièvre ondulante ou de fièvre rhumatismale.Des douleurs articulaires ou musculaires apparaissent dans 47% des cas.On peut même voir, au niveau des articulations, de la chaleur, de la rougeur, du gonflement; plusieurs articulations peuvent être prises ensemble ou alternativement.On pense alors d\u2019autant plus au rhumatisme, que plusieurs de ces patients ont déjà fait antérieurement des poussées rhumatismales.Mais la fièvre et les signes généraux sont habituellement hors de proportion avec les manifestations articulaires.Les embolies surviennent plus tardivement.Elles peuvent survenir au niveau du cerveau, de la rate ou des reins.Souvent elles siègent aux doigts ou aux orteils; elles prennent parfois la forme de pétéchies.La dyspnée apparaît assez fréquemment au début de l'affection.Sur les 150 patients, 47 (soit 31%) ont eu de la dyspnée comme signe précoce.Il est impossible de déterminer à quel moment, dans l\u2019évolution de la maladie, l\u2019hémoculture commence d\u2019être positive.Sur les 150 malades observés, .139 ont eu une hémoculture positive pendant la vie.Les 11 autres qui avaient eu des hémocultures négatives durant leur vie, ont présenté une hémoculture à la nécropsie.16 autres malades qui avaient des signes cliniques analogues, ont toujours présenté des hémocultures négatives.11 autres malades présentant des affections de même allure clinique que les précédentes, ont fourni des hémocultures positives pour le - gonocoque ou le staphylocoque.En somme, sur un grand total de 177 malades, pour lesquels on avait fait, à l\u2019hôpital, un diagnostic d\u2019endocardite subaigué au streptocoque viridans, on a pu mettre en évidence le streptocoque dans 150 cas.Si les signes cliniques plus haut décrits apparaissent chez un patient qui a une histoire de fièvre rhumatismale, ou qui a présenté autrefois des signes d\u2019insuffisance aortique sans Wassermann positif, ou une histoire de sténose aortique, de sténose mitrale ou de cardiopathie congénitale, il y a tout lieu de croire que le streptocoque viridans est en cause.La persistance des symptômes et surtout de la fièvre, même sans hémoculture positive et si l\u2019on ne peut pas faire la preuve d\u2019une autre affection, est un fort argument en faveur de l\u2019endocardite et elle autorise à instituer une thérapeutique par les produits chimiques appropriés.L\u2019apparition d\u2019embolies est un autre signe de confirmation en faveur de l\u2019endocardite.Antonio MARTEL.B.J.CLAWSON.\u2014 Le rhumatisme cardiaque.\u201cAm.Heart Journ.\u201d, 20: 454 (octobre) 1940.De 1910 à 1937, à l\u2019Université de Minnesota, ont été faites 27,957 autopsies; de ce nombre, 4,254 furent pratiquées chez des patients ayant souffert de maladie de cœur non congénitale; dans 1,598 de ces derniers cas, l\u2019infection était à l\u2019origine de la maladie, et dans 796 cas c\u2019était le rhumatisme qui était en cause, soit donc dans à peu près 50% des cas de maladies de cœur infectieuses.L'analyse de ces 796 cas de maladies de cœur rhumatismales a permis à l\u2019auteur de conclure que: 1) Il y a 4 types de ces maladies: L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 861 Première fois | au C anada RA JRMONE of G JAIL < 1.Augmente le tonus cardiaque 2.Dilate les artères coronaires 3.Augmente la réserve cardiaque BROCHURE EXPLICATIVE ENVOYEE SUR DEMANDE ANGLO-FRENCH DRUG CIE MONTREAL 862 a) L\u2019endocardite rhumatismale aiguë, caractérisée par la présence de végétations verruqueuses surdes valvules non épaissies 12.31% b) L\u2019endocardite rhumatismale récurrente, dans laquelle les végétations siègent sur des valvules épaissies par des attaques antérieures de rhumatisme .9.54% ¢) Les déformations valvulaires cicatrisées: incomplétement 19.28% complètement .40.78% valves aortiques calcifides, nodulaires 39.93% d) Les cas où la mort semble être due premièrement à des adhérences péricardiques -4.52% 2) Pour les deux premiers types, la mort survient dans les premières décades; pour les deux premières formes du troisième type, la mort survient au milieu de la vie, et pour la troisième forme, elle survient dans les dernières décades.3) Les femmes meurent un peu plus jeunes que les hommes, ce qui s\u2019explique par le fait que chez elles c\u2019est la valvule mitrale qui est le plus souvent atteinte, tandis que c\u2019est l\u2019aortique chez l\u2019homme.4) La réaction inflammatoire ressemble de très près à celle qui est constatée au cours de l\u2019endocardite subaiguë d\u2019origine streptococcique.5) Dans la grande majorité des cas, le processus atteint les valves de la moitié gauche du cœur, avec une égale fréquence les aortiques ou les mitrales.6) Les végétations siègent sur la face ventriculaire des valves de la base du cœur et sur la face auriculaire des valves auriculo-ventriculaires, i.e.là où les vaisseaux sont plus nombreux, ce qui suggère l\u2019idée de l\u2019origine embolique de l\u2019infection.7) L\u2019atteinte du péricarde (inflammation ou adhérences) n\u2019est pas fréquente et les cas de mort qui lui seraient dus peu nombreux.8) La maladie de cœur rhumatismale est responsable d\u2019environ 20% de tous les décès consécutifs à une maladie de cœur non congénitale.Guy DROUIN.À.J.PEARSE, Ralph I.FRIED et Vera A.GLOVER.\u2014 Le test épidermique à la tuberculine et l'épreuve intradermique de Man- toux.Etude comparative chez 700 écoliers.\u201cT.A.M.A\u201d, 114: 227 (20 janvier) 1940.Au département de la Santé du comté de Cuyahoga, on fait l\u2019épreuve à la tuberculine aux élèves de 1ère, 7e et 10e année des écoles sous le contrôle du département.Les auteurs se sont appliqués à faire en même temps que l\u2019épreuve de Mantoux celle du «patch test» à la tuberculine.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 Après avoir dit leur technique, les auteurs qui sont très favorables au dernier procédé prétendent qu\u2019il est beaucoup plus facile à faire, qu\u2019il est moins coûteux que le Mantoux et que les résultats, sans être absolument comparables, sont suffisamment concordants pour qu\u2019il soit préféré au premier comme épreuve de routine, surtout dans les établissements scolaires.La concordance des résultats avec les deux épreuves faites et lues par le même médecin est de 87%.Emile GAUMOND.John D.STREWART.\u2014 Signification clinique de la déficience en prothrombine et son traitement.\u2018Annals of Surgery\", 114: 907 (novembre) 1941.On admet, aujourd\u2019hui, que la prothrombine du plasma, le calcium ionisé et la thromboplastine des tissus ou des globulins-se combinent dans la première phase de la coagulation pour former la thrombine.La thrombine agit, à son tour, sur le fibrinogène plasmatique et produit la fibrine.On ne sait pas encore jusqu\u2019à quel point la coagulation est une réaction diastasique, parce qu\u2019on n\u2019en connaît pas parfaitement le mécanisme.Il est cependant certain que, physiologiquement, la rapidité de la coagulation est en rapport direct avec le taux de la thrombine.Le taux de la thrombine dépend du taux de la prothrombine; et la fabrication de la thromboplastine, du calcium ionisé et des agents antiprothrombiques.La qualité du caillot formé est aussi extrêmement importante et dépend de la qualité et du taux du fibrinogène.L\u2019hémostase relève de la vitesse de coagulation du sang.Dosage de la prothrombine plasmatique.On emploie des méthodes indirectes, parce qu\u2019on ne peut ni isoler, ni peser, ni faire entrer la prothrombine dans des combinaisons chimiques bien définies et dosables.Deux méthodes surtout sont utilisées: celle de Warner, Brinkhous et Smith et celle de Quick.La première, plus compliquée, convient surtout aux recherches; la seconde, plus pratique pour les dosages courants, répond parfaitement aux besoins de la clinique.Le dosage par la technique dite au lit du malade » comporte bien un certain nombre d\u2019erreurs, mais elle est bien préférable à la simple détermination du temps de coagulation suivant le procédé habituel.Incidence de l\u2019'hypoprothrombinémie.La vitamine K naturelle, lipo-soluble, est fort répandue dans les végétaux à feuilles vertes et dans certains.tissus animaux.Son absorption nécessite la présence d\u2019une quantité suffisante de sels biliaires L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 QUEL QUE SOIT LE POINT DE VUE En examinant Alka-Zane à tous les points de vue cliniques, on s'aperçoit qu'il remplit parfaitement le rôle d'un alcalinisant systématique bien équilibré.Alka-Zane fournit du sodium, du potassium, du calcium et du magnésium sous forme de citrates, de carbonates et de phosphates facilement assimilables.Et il est bon de noter qu'une dose d'Alka-Zane fournit autant de sous-calcium que 12 grains de lactate de calcium ou 18 grains de gluconate de calcium.Alka-Zane fait une boisson rafraiîchissante.Son goût agréable est très rs- cherché surtout dans les cas tels que les nausées du matin \u201c pendant la grossesse.Pourquoi ne reconnaîtriez-vous pas l'utilité d'Alka-Zane en en faisant l'essai dans ces cas-là et dans d'autres qui nécessitent un alcalinisant ?Nous vous en enverrons volontiers un échantillon si vous en faites la demande sur votre papier à en-tête.Alka-Zane se vend en flacons de 4 onces.AILKA-ZAN: WiLLiam R.WARNER & Company, Lip.- 727 King St, W., Toronto, Ont.863 .a He au 864 dans le petit intcstin.Après son absorption par la muqueuse intestinale, la vitamine K provoque l\u2019apparition de la prothrombine.Il n\u2019y a pas, apparemment, d\u2019emmagasinage de vitamine K et de prothrombine dans l\u2019organisme.On est donc en droit de supposer que l\u2019hypopro- thrombinémie peut être la conséquence de: 1.un déficit alimentaire en vitamine K; 2.une diminution des sels biliaires dans le grêle, avec ou sans ictère ; 3.une mauvaise absorption des aliments par l\u2019intestin ; 4.un hypofonctionnement du foie quand la cellule hépatique est lésée et qu\u2019elle devient incapable d\u2019utiliser convenablement la vitamine qui lui est fournie.C\u2019est dans ces circonstances que l\u2019on voit, en clinique, une hypoprothrombinémie.A.Dans l\u2019ictère par obstruction.Par synthèse hépatique et défaut d\u2019absorption de la vitamine K.L'auteur a observé, au Massachusett\u2019s General Hospital, 50 de ces malades.Le taux de la prothrombine est toujours bas: 65%, en moyenne, dans l\u2019obstruction lithiasique; 45%, dans l\u2019obstruction néoplasique.La prothrombine a toujours augmenté après l\u2019administration parentérale de vitamine K ou l\u2019ingestion de vitamine K et de sels biliaires.112 malades ont été opérés, à ce même hôpital, de 1931 à 1936 inclusivement, pour lithiase avec ictère.15% moururent d\u2019hémorragie massive post-opératoire.L\u2019auteur assure, d\u2019après son expérience, que l\u2019emploi, à doses convenables, de la vitamine K, avant et après les interventions, a fait complètement disparaître ce danger quand on y ajoute une alimentation bien équilibrée et quel que soit le taux de la prothrombine lors de l\u2019hospitalisation du malade.On a démontré qu\u2019immédiatement après l\u2019intervention chirurgicale la diminution de la prothrombine est constante, se produit dans les quatre premiers jours et peut atteindre 30 ou 40%.Cette diminution ne se voit pas chez des malades qui ont un foie intact et qui ne font pas d\u2019ictère par obstruction.Elle apparaît même après anesthésie locale ou rachidienne.Il est donc évident qu\u2019il faut étroitement surveiller le taux de la prothrombine avant d\u2019opérer les ictériques.B.Dans l'hépatite aiguë.L\u2019hypoprothrombinémie est modérée.Elle n\u2019est pas proportionnelle à l\u2019intensité de l\u2019ictère; et cette notion est à la base du diagnostic différentiel de l\u2019ictère par hépatite ou par blo- quage extrahépatique au moyen du dosage de la prothrombine.Quand l'hépatite évolue vers l\u2019atrophie Jaune aiguë ou la défaillance hépatique, le taux de la prothrombine baisse et entre dans la zone hémor- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 ragique, soit au-dessous de 40%.La cirrhose s\u2019accom- pi gne aussi d\u2019hypoprothrombinémie modérée ; le taux peut être inférieur à 40%, quand les varices œso- phagiennes saignent.Les interventions chirurgicales pour péritonites (appendicite avec perforation, ulcère peptique perforé, abcès sous-diaphragmatiques et pelviens) sont souvent suivies d\u2019hépatite toxique, d\u2019ictère et d\u2019hémorragie massive.On remarque que cette complication est excessivement fréquente après les péritonites d\u2019origine gastro-intestinale.On conseille fortement, dans ces cas, de toujours doser à intervalles réguliers la prothrombine et la protidémie sérique, parce que l\u2019hypoprothrombinémie peut descendre très bas.C.Sulfamidothérapie.Le sulfanilamide, la sulfa- pyridine et le sulfathiazole peuvent abaisser le chiffre de la prothrombine, parce que ces médicaments exercent sur le foie une action toxique.Les infections aiguës graves sont capables, à elles seules, de diminuer le taux de la prothrombine et la vitamine K peut se montrer incapable de remédier à cet état de chose.L\u2019hypoprothrombinémie consécutive à la sulfamidothérapie s\u2019est avérée un signe très précoce de l\u2019hépatite et précède généralement l\u2019ictère.D.Les fistules biliaires.On constate de l\u2019hypo- prothrombinémie quand le malade n\u2019ingère pas assez de sels biliaires pour remplacer ceux qu\u2019il perd.L\u2019auteur a vu des hémorragies intracrâniennes excessivement graves et un taux de prothrombine inférieur à 10% chez deux malades qui avaient refusé de prendre la quantité prescrite de sels biliaires et de vitamine K.E.Apport alimentaire insuffisant.Il n\u2019est pas encore irréfutablement prouvé que la carence d\u2019aliments contenant de la vitamine K peut, à elle seule, provoquer de l\u2019hypoprothrombinémie.Chez des rachitiques avérés, des béribériques et des pellagreux, Scarborough a trouvé une prothrombinémie normale.D\u2019autres auteurs ont trouvé une diminution de la prothrombine au cours des avitaminoses.L\u2019insuffisance d\u2019absorption de la vitamine K est à craindre toutes les fois que la digestion et l\u2019absorption des lipides sont sérieusement troublées.La stéatorrhée idiopathique sans lésion du foie peut entraîner la production d\u2019hémorragies spontanées et de tétanie hypocalcémique par manque de vitamines K et D.La vitamine K peut être mal absorbée au cours de la côlite ulcéreuse chronique et l\u2019hypopro*hrom- binémie consécutive sera facilement améliorée par le traitement vitaminé.F.Maladie hémorragique des nouveau-nés.Il y a une forte hypoprothrombinémie.L\u2019injection parentérale de vitamine K arréte les hémorragies et doivent être évités VERATRITE aide à prévenir les accès ou les effets explosifs de l'hypertension et évite au malade des périodes de profond malaise et d'incapacité.II s'administre par la bouche et comme il est standardisé chimiquement et biologiquement l'on doit en établir la dose pour chaque cas individuel en se basant sur l'abaissement des pressions systolique et dyastolique.Vendu en flacons de 50 et 100 comprimés.Ecrire pour plus ample documentation.IRWIN NEISLER & CO.%&™ DECATUR, ILLINOIS REPRESENTANTS POUR LE CANADA HERDT & CHARTON, INC.\u201cMEDICAMENTS DEF MARQUE\u201d 2027, AVENUE DU COLLEGE McCILL \u2014 MONTREAL 866 sauve la vie de l'enfant.La pathogénie de cette affection est probablement un manque de vitamine K plutôt qu\u2019un fonctionnement imparfait du foie.On fait aussi remarquer que le taux de la prothrombine est, chez le nouveau-né, plus haute que la moyenne, quand on a, avant l\u2019accouchement, donné à la mère de la vitamie KG.Etats hémorragipares.Il n\u2019y a pas d\u2019insuffisance de prothrombine au cours du purpura hémorragique (maladie de Werlhof), de la rétinite hémorragique, de l\u2019anémie aplastique, de la leucémie, de la polyglobulie, de l\u2019hémophilie et de l\u2019angiomatose congénitale.Toutes les fois qu\u2019on ne connaît pas exactement l\u2019étiologie d\u2019une hémorragie, on doit doser la prothrombine; et il n\u2019y a aucune raison de donner de la vitamine K quand la prothrombine est à un taux normal.Conséquences de Uhypoprothrombinémie.Après un traumatisme cutané, plusieurs facteurs luttent contre l\u2019hémorragie.La quantité de prothrombine dans le sang et les tissus voisins ont de l\u2019importance pour l\u2019hémostase.Quand il n\u2019y a pas de blessure une absence complète de prothrombine peut passer totalement inaperçue, mais elle peut se révéler brusquement lors d\u2019une incision chirurgicale.Le danger d\u2019hémorragie devient sérieux quand une blessure est continuellement traumatisée ; c\u2019est le cas de l\u2019ulcère duodénal, des ulcères de la côlite ulcéreuse chronique et des varices œsophagiennes.Une baisse de la prothrombine affecte le mécanisme de la coagulation.Les pétéchies ne se voient pas couramment du fait de l\u2019'hypoprothrombinémie.La prothrombine joue un rôle important dans la résistance aux infections.La thrombose des lymphatiques et des capillaires, à la périphérie des processus inflammatoires, et la coagulation du plasma qui a infiltré la région peuvent être défectueuses si la prothrombine est insuffisante.Hyperprothrombinémie.L\u2019hyperprothrombinémie est rare.L'auteur, après avoir examiné beaucoup d'individus normaux ou souffrant d\u2019affections diverses, n\u2019a vu que trois fois une prothrombinémie supérieure à 110%.Même après l\u2019administration de doses énormes de vitamine K, le chiffre de la prothrombine ne dépasse pas 100%.Prothrombine et exploration fonctionnelle du foie.La prothrombine étant formée principalement dans le foie, il est logique de penser que les causes qui peuvent modifier les fonctions du foie peuvent aussi diminuer le taux de la prothrombine.En fait.l\u2019hy- poprothrombinémie serait un signe précoce et sensible d\u2019une diminution dans le fonctionnement hépatique.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 Traitement de l\u2019hypoprothrombinémie.On peut donner aux malades de la vitamine sous forme de: a) extraits crus associés aux sels biliaires, en ingestion ; b) vitamine K synthétique lipo-soluble associée aux sels biliaires qui est donnée par voie buccale ou in- Jectée seule par voie intramusculaire ; c) vitamine K synthétique hydro-soluble qui peut être administrée par les voies buccale, sous-cutanée, intramusculaire ou intraveineuse.Une dose quotidienne de 2 à 4 mgr.de 2 méthyl-1, 4 naphtoquinone ou son équivalent associée ou non à 1 ou 2 grammes de sels biliaires suffit.Il est inutile de donner plus si la prothrombinémie ne s\u2019améliore pas avec cette quantité de vitamine K.Quand les lésions du foie sont graves, il vaut mieux donner la vitamine par voie parentérale sans y ajouter de sels biliaires.En cas d\u2019urgence, la voie parentérale est la meilleure.L'auteur ajoute que la vitamine K sera inopérante sur le taux de la prothrombine chez les hépatiques dont le foie est tellement lésé qu\u2019il ne peut pas utiliser la vitamine K et chez les porteurs d\u2019infections chroniques sérieuses du genre pyélonéphrite, ostéomyélite, abcès sous-diaphragmatiques.Dans ces cas, il faut employer la transfusion de sang frais dont 500 ce.doivent remonter temporairement la pro- thrombinémie d\u2019environ 10%.A la vitaminothérapie, il faut toujours associer une alimentation contenant beaucoup de glucides, des protides, des vitamines en abondance, toute l\u2019eau et tous les minéraux dont l\u2019organisme a besoin.Henri MARCOUX.PHTISIOLOGIE F.R.EDWARDS, G.LEGGATT et H.M.DAVIES.\u2014 Le traitement de la tuberculose pulmonaire par la thoracoplastie.''British Med.Journ.\u201d, 2: 901 (27 décembre) 1941.Les auteurs sont d\u2019avis qu\u2019au point de vue de la santé publique en général, les personnes qui ont des bacilles positifs dans leurs crachats devraient être mises à part.La thoracoplastie est une méthode de traitement favorable dans un nombre de cas restreint.Mais, les résultats obtenus sont alors tellement satisfaisants que lcin d\u2019être une menace publique, ces cpérés deviennent capables de mener à bonne fin leurs propres entreprises.Au Lancashire, dans une clinique.on est venu à la conclusion que les indications idéales pour une thoracoplastie sont les suivantes: N ETERS Ra C= + .QO : oO > = 3 Sun ow gS a, | = œ 2 o > ss SE gage = .\u2014_ > ; © 3 pt - QL [ | ES ST 225 euogs CÉ = © > = = QD 3 > © Sef $35 8; ÉéSS 22 So, SLR ISS.: \u2018 © SSE SDEHÉE oS sc = y Fi > gs: 2 5857 So£s © 4 s = 8 3 un mm a= = pi \u2014s\u2014 s + oo li » i Ba.vo © fo) wn [ob] © = vw P ec = = 3 \u20ac Suid 252%:8 Ze2 Sh EE < .pet ws ® ss Oo.TT UC OQ LO 2 O cs TT = © + SEER EZoEe®RT Fig © gg - p do Ww a « ÉT OS QÉÉeus SE oi \u20ac < 28= 5 ~ 2888 a S% ich [5 > v E = Qo > 5T%.8 gifig2z oft EZ, = > mn = 8 E $C TH = _0 SET = A \"0 \u2014_ wid eo Tue E EEXES oO ga = 4 3 E 5 fo, SSS 2728 5 a, = = \u2014 - c E%.0 S85E588 278 = : : v O0 £ | = Ésiz CEA2LE gel,» pe = QQ.Qo.Qo =z E+ OC £3 o.oo EPS = - ER HT ag 3S\u2014 Sr.> .a © OV 8s#=.SEH QO -~ wn = © = \u201cmn = Q Ta 9 bn À ct 9 5 SE5F O5 SÉLSE 21 70 = : > oO += 8 daéi ésesiss 2255 5 22 Q e OU Lai 222 0E828,°% 23 2 Si 23 EF Z nN & WT=3 c0f8%2,8 24527 EWE EE = © 9 S 2-0 g\u2014.=sSS oS Fh © - \", PT vu © -o = Rif EgresET TRIE EINE = = nw og © Ire Q = wind EE VU = 20 mega SY © S © ve \u2014 \u201d Oo or bn ld & > oad = a0 \u2014 Les 0 \u201d e \u2014æ OC D TEE go SS ne À a 22338 @as-2 CÉ2S27E 8835 21 à\u201d 24883 ess S583E5E8 222 5 868 1) La forme de la tuberculose doit avoir une tendance vers la fibrose.Une thoracoplastie pratiquée dans le cas d\u2019une forme exsudative a pour effet de s\u2019aggraver très souvent.Comme il y a des cavernes dans le plus grand nombre de cas de tuberculose fibreuse, pour les bien localiser, c\u2019est la tomographie qui les fait voir le mieux.2) La principale lésion tuberculeuse à traiter par cette méthode doit être unilatérale.Mais, s\u2019il y a des lésions de l\u2019autre côté, elles doivent être éteintes, il pourrait autrement se produire une extension des lésions, puisque c\u2019est le poumon libre qui est forcé de compenser l\u2019action du poumon collabé.Les cavernes plus grandes que 5 centimètres sont difficiles à contrôler par la thoracoplastie surtout si elles sont situées près du hile ou à la base.3) Dès le premier abord, on doit tenter le pneumothorax dans tous les cas de tuberculose pulmonaire là où un collapsus est nécessaire.Si le pneumo est inefficace, on doit donner le temps à l\u2019air de se résorber, avant de tenter la thoracoplastie.4) L'âge de la thoracoplastie se limite*entre 15 et 45 ans avec quelques rares exceptions.5.Plus l\u2019état général du patient est bon, plus les chances de succès sont grandes.Les contre-indications sont la dégénérescence amyloïde, l\u2019atteinte tuberculeuse, la laryngite tuberculeuse ulcéreuse, la tuberculose avancée des os et de l\u2019arbre génito-urinaire.Comme règle générale, c\u2019est la condition du poumon qui fait foi de tout, avant de tenter quoique ce soit.La thoracoplastie des 10 premières côtes, près des vertèbres, y compris la partie transversale de la côte est l\u2019opération de choix.A cette clinique, on a fait rarement des thoracoplasties partielles pour des lésions apicales, pour la raison qu\u2019on a assisté à la dissémination de la maladie dans la région inférieure du poumon.On pratique l\u2019anesthésie avec le cyclonal, avec l\u2019évipal intraveineux, accompagné d\u2019inhalation d\u2019oxygène et de vapeur de chloroforme.On injecte tout le champ opératoire avec une solution de procaine à 1%.Durant la période de 1933-40, les résultats obtenus sont les suivants: 158 opérations ont été faites sur 59 malades avec une mortalité immédiate postopératoire nulle.Des 52 malades opérés, 35 (67%) au moment où cet article est écrit se portent bien, ayant une expectoration négative et 30 (86%) sont au travail; 8 (15%) sont morts et 9 (17%) sont encore au repos, parce qu\u2019ils ont des crachats positifs, tandis que 7 ont été opérés pour un empyème tuberculeux.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 Cinquante pour cent des cas qui se présentent pour une thoracoplastie sont rejetés après avoir subi un examen clinique et radiologique.Paul-René ARCHAMBAULT.S.T.DUDLEY.\u2014 Contrôle de la tuberculose pulmonaire dans la Marine Royale par la radiographie miniature.\u2018\u2019Proc.of the Royal Society of Medicine\", 34: 401 (mai) 1941.Faisant l'historique de la tuberculose dans la Marine Royale, l\u2019auteur rapporte d\u2019abord qu\u2019au milieu du XIXe siècle, la tuberculose existait approximativement au taux de 8 pour 1000, soit un taux quatre fois plus élevé qu\u2019à présent.Le déclin n\u2019a pas été continuel.L\u2019état présent n\u2019est pas meilleur que celui d\u2019il y a 35 ans, quoique dans l\u2019ensemble le taux est diminué de moitié en cette période, au pays.Les conditions hygiéniques ont été grandement améliorées.Cependant, un facteur inchangé est constitué par la densité de la population (donc opportunité de contact) sur les bateaux.L\u2019auteur remarque que le pesée périodique n\u2019est pas d\u2019un grand secours pour le diagnostic de la tuberculose au début.L\u2019examen physique est encore insuffisant dans un nombre considérable de cas.En général, dans la Marine, quand le diagnostic est posé, la bacilloscopie est déja positive depuis quelque temps.Pour enrayer ce danger, il est nécessaire de découvrir rapidement les cas insoupçonnés.Pour cela, rien comme l'examen radiologique de toute la marine, répété périodiquement.La radiographie miniature en masse offre une solution et elle a été entreprise.Trois appareils ont été installés en différents dépôts.Tous les marins y passent environ une fois par trois ans.Des 18,751 sujets examinés à date, 3.7 pour 1000 font penser à la tuberculose.Chez les hommes en service depuis plus de 5 ans, le taux a été de 3.4 fois plus élevé que chez ceux ayant moins de cinq ans de service.Chez les hommes du métier âgés de 30 ans et plus, l\u2019incidence est de 48 fois plus grande que chez les moins de 30 ans.Les chiffres démontrent que dans la marine on est deux fois plus exposé à la tuberculose pulmonaire que chez les hommes de même type travaillant sur terre.Des 69 cas suspects, 49 avaient des lésions activées (24 avec bacilloscopies positives) 20 avaient une lésion arrêtée.On doit les ré-examiner plus tard.Deux seulement n\u2019avaient aucune maladie appréciable lors d\u2019examens ultérieurs.On n\u2019a pas fait de diagnostic définitif sur les miniatures seules.Les 47 hommes étaient en service L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 LES PRODUITS SQUIBB À BASE DU COMPLEXE J ag a Gg aq UN A UN CHLORHYDRATE DE THIAMINE Microcaps de 1, RIBOFLAVINE Microcaps de 1 et de 5 mg.CHLORHYDRATE DE PYRIDOXINE Microcaps de 1 et de 10 mg.NICOTINAMIDE Microcaps de 50 mg.PANTOTHENATE DE CALCIUM Microcaps de 10 mg.- 3,5 et 10 mg.» MICROCAPS SYNTHEPLEX B Association en quantités thérapeutiques des cinq facteurs du Complexe B.Petites capsules faciles à avaler.Squiss aren 8 COMPLEX ons sre SYR peus.SIROP À PASE DU COMPLEXE B Extrait du Complexe entier B, tel qu\u2019obtenu du son de riz et enrichi de chlorhydrate de thiamine et de riboflavine.satisjont a toutes Vos extgence$ Squitt Vitamin 8 Coats Cansutos ; * ; CAPSULES DE COMPLEXE B Contient tous les facteurs du Complexe B tel qu\u2019obtenu de la levure de bière, la source par excellence de ces substances.Enrichi de cing vitamines cristallisées.COMPRIMES DE COMPLEXE B Préparé a partir du Complexe B, extrait spécialement de la levure de bière et additionné de cinq vitamines cristallisées.Efficace et économique.Pour obtenir des notices descriptives, écrire à 36 Caledonia Road, Toronto, Canada.869 870 actif et la plupart ne sentaient aucun malaise.Ils étaient même indignés d\u2019être hospitalisés.Le travail se continue.J.-P.PAQUETTE.(British Medical Information Service-Traduction.) A.ARNSTEIN.\u2014 Pneumoconiose, pneumo- conio-tuberculose et tuberculose non-indus- trielle des ganglions médiastinaux et tra- chéo-bronchiques chez les sujets âgés.\u201cTubercle\u201d, 22: 281 (décembre) 1941.L\u2019anthracose des ganglions médiastinaux et tra- chéo-bronchiques se rencontre souvent chez les sujets âgés qui ont vécu dans l\u2019atmosphère poussièreuse et enfumée des districts industriels On ignore parfois qu\u2019il s\u2019agit d\u2019anthraco-silicose ou de silico-tubercu- lose.L'auteur a déjà publié, en 1934, les résultats de nombreuses observations cliniques et nécropsiques portant sur des patients de plus de 60 ans.Le présent article est basé sur la continuation de son expérience et l\u2019étude de la littérature récente.Il en tire les conclusions suivantes: 1.Les conditions morbides du thorax causées par la pneumoconiose, la pneumoconio-tuberculose et la simple tuberculose trachéo-bronchique sont fréquentes chez les vieux citadins.Dans les tuberculoses médias- tinales et ganglionnaires, on ne peut assumer les métiers de poussière.2.Si le diagnostic différentiel entre la pneumoconiose et la pneumoconio-tuberculose ganglionnaire est difficile même par l\u2019histologie, les conditions ana- tomo-cliniques qui s\u2019ensuivent sont similaires dans les trois cas.3.Les bronches, les vaisseaux sanguins, l\u2019æsophage, les nerfs peuvent être endommagés.Comme conséquence, l\u2019atélectasie et la fibrose du poumon, dues à la sténose bronchique, peuvent survenir.La perforation d\u2019un ganglion ramolli dans un tronc bronchique peut causer une pneumonie par aspiration avec ou sans abcès.L\u2019envahissement de l\u2019æsophage peut causer une obstruction par sténose ou bien des diverticules.L\u2019altération d\u2019un vaisseau sanguin peut produire un envahissement hématogène ou des hémorragies mortelles.L\u2019envahissement des nerfs amène la paralysie: le récurrent, le phrénique ou la dixième paire peuvent être atteints.4.L\u2019incidence de ces troubles augmente avec l\u2019âge; on les rencontre plus souvent chez la femme que chez l\u2019homme.5.L\u2019étude de la pathologie des pneumoconioses et pneumoconio-tuberculoses non industrielles ouvrira probablement des horizons nouveaux sur le mode de réactivation des vieux foyers tuberculeux encapsulés des ganglions médiastinaux et probablement du poumon.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.AN.\u2014 Montréal, août 1942 6.On devra inventorier sur l\u2019incidence de ces lé- SIONS en rapport aux régions et à la quantité et la qualité des poussières de l'air.7.L\u2019incidence de ces cas en Grande-Bretagne est étudiée; un cas de tuberculose caséeuse chez une femme de 55 ans (séquelle de rupture ganglionnaire dans une bronche) est aussi rapporté.8.Les mêmes conditions morbides peuvent se trouver dans la scoliose lente de la petite industrie.9.L\u2019occurrence, comme maladie non industrielle de la pneumoconiose et de la pneumoconio-tuber- culose semble importante tant du point de vue hygiène générale que du point de vue hygiène particulière.J.-P.PAQUETTE.(British Medical Information Service-Traduction.) NUTRITION C.Cabell BAILEY et Alexander MARBLE.\u2014 L'histone-zinc-insuline, la globine-zinc-insu- line et l\u2019insuline-protamine-zinc limpide.\u201cJ.A.M.A.\u201d, 118: 683 (28 février) 1942.L\u2019insuline-protamine-zinc qui a été mise sur le marché en février 1937 ne représente qu\u2019une des multiples modifications que la chimie puisse faire subir à l\u2019insuline ordinaire cristallisée.Cette nouvelle préparation d\u2019insuline possède de grands avantages sur l\u2019insuline ordinaire, puisque son action se prolonge plus de 24 heures après son administration.Son usage a cependant montré qu\u2019elle n\u2019était pas sans défaut: 1° Il s\u2019agit d\u2019une suspension plutôt que d\u2019une solution, elle doit donc être agitée et bien mélangée avant l\u2019usage, afin d\u2019assurer l\u2019uniformité des doses.2° La préparation n\u2019est pas complètement stable et perd quelque peu de son efficacité lorsqu\u2019elle est laissée quelque temps à la température de la chambre.3° A cause de la lenteur de son action, il est parfois indispensable de lui adjoindre une certaine quantité d\u2019insuline à action rapide.4° Dans des diabètes sévères, il est parfois difficile de contrôler la glycosurie qui survient à la fin de l\u2019après-midi et le soir, avec une seule injection administrée.le matin avant le déjeuner, il est parfois nécessaire de répéter la dose au cours de la journée.5° Elle provoque assez fréquemment des réactions locales désagréables.6° L'administration d\u2019une forte dose d\u2019insuline-protamine-zine est souvent suivie de réactions hypoglycémiques nocturnes, si l\u2019on ne prend la précaution de faire ingérer un léger repas le soir au coucher.Les chimistes ont mis au point d\u2019autres préparations d\u2019insuline qui semblent offrir certains avantages sur les préparations antérieures: (AU VERT BRILLANT) ACCELERE LE REMDEMENT del MAINDOEUS Abrège les périodes d'incapacité RE L'arsenal thérapeutique contribue à la défense nationale en réduisant au minimum les périodes d'incapacité et d'inaction chez les travailleurs blessés ou infectés.Plusieurs praticiens éminents de la médecine industrielle recourent à Osmopak pour abréger la durée de la convalescence de leurs patients et les maintenir en circulation avec un minimum d'incapacité fonctionnelle.La double action d'Osmopak \u2014 bactériostatique et osmotique, \u2014 aide à circonscrire l'infection et aussi - à prévenir une intervention chirurgicale en favorisant la guérison spontanée du processus infectieux.Osmopak est un pansement émollient contenant 58% de sulfate de magnésie, 42% de benzocaïne, 1-25,000 de Vert brillant dans une base hydro-soluble.Il doit être , appliqué par le médecin lui-même et recouvert d'un : WT pansement protecteur imperméable.On peut se le E Wg procurer en pots d'une livre et demie.Ecrire pour plus \\ amples documentations.: de sO confé\u201d pelle les 10 ext pelle Pre s de PC perche al an est UN nos {10 sul an and ns pou\u201d de \"°° gue\u2019 ns | me ont ps \u20ac tel en lé TU cien nus ¢ 5 bienv® not?ons e pouves Royal Sint ère ents Roy Hote | Mon NE péral GE y GÉTAT eee GE prés! dent © vice Tt Le il | à\u201d +b 0 JA\u201d Wl.me was * ¥ ade FF Te Za re 902 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.AN.\u2014 Montréal, août 1942 sieur, il faut bien tenir les toiles basses, car le soleil décolore mes tapis et il brûle mes tentures et mes rideaux ».« Peut-être, madame, mais ce bon soleil auquel vous défendez d'entrer ne colore-t-il pas par contre les joues des mères et des enfants.Pourquoi lui fermez- vous la porte, c'est lui pourtant qui dorc les blés.D'ailleurs, en entrant il y a un instant, J'ai vu sur la galerie des belles plantes vermeilles et pleines de parfum, pourquoi les lais- sez-vous dehors?» « Il a bien fallu les sortir, me dites-vous, car après avoir passé l'hiver renfermées, elles étaient en train de s\u2019étioler, de périr ».« Et pourtant, dans cette autre pièce sombre que j\u2019entrevois, n\u2019est-ce pas votre bébé qui dort?» Et tout doucement, à pas feutrés, pour ne pas troubler les beaux rêves exclusifs à cet âge, nous nous approchons du berceau.« Gras, mais un peu pâle; lui aussi, madame, il à passé l\u2019hiver renfermé.Pourquoi, ne le faites-vous pas dormir au milieu des plantes, le nez dans le vent et face aux montagnes verdoyantes, au ruisseau qui chante, ou au bosquet fleuri! Et, si l\u2019hiver passé dans votre maison est aussi défavorable au bébé comme aux plantes, comme à vous-même peut- être, ne croyez-vous pas que vos pièces manquent un peu d\u2019aération, de ventilation?Le chauffage parfois exagéré, la combustion imparfaite, la respiration, les émanations humaines et animales, les odeurs de cuisson, ete, vos fenêtres me paraissent bien closes pour permettre à toutes ces causes d\u2019insalubrité de l\u2019air de disparaître.» 6-6 ++ MEDICAMENTS DE REMPLACEMENT Académie de Médecine À cause des conditions de rationnement dans tous les domaines, dans lesquelles se trouve actuellement la France, on y est obligé de réduire considérablement l\u2019arsenal thérapeutique et de le modifier en substituant certains produits d\u2019approvisionnement plus facile à d\u2019autres à peu près manquants, afin de permettre, du moins pendant un certain temps, de maintenir la thérapeutique courante.La liste qui suit et dressée il y a déjà un an, permettra de se rendre compte de ces conditions pénibles.Heureusement que le formulaire médicainen- teux est vaste et permet une certaine souplesse d\u2019adaptation aux circonstances.Le professeur Loeper indique dans un rapport à l\u2019Académie de Médecine les médicaments de remplacement qu\u2019on peut, qu\u2019il faut utiliser: Pour Pestomac: Associer les sels de soude et les sels de magnésie.Remplacer le bismuth par le kaolin et le talc.Pour l\u2019intestin: Utiliser surtout la courdaine.Les alcalino-terreux plus que le bismuth.La belladone et l\u2019atropine plus que l\u2019opium et les alcaloïdes.Réduire l\u2019huile de ricin et la paraffine.Pour le fore: Employer I'artichaut plus que le combretum et le boldo.Les graines de courge et la fougère mâle plus que la pelletierine et le kousso.Pour le cœur: Utiliser l\u2019aubaïne exclusivement par voie veineuse.La digitale lanata et le muguet à l\u2019égal de la digitale commune.Le camphre synthétique plus que le naturel.Réduire les sels de quinine, la spartéine et la caféine.Pour les vaisseaux: Utiliser l\u2019acétylcholine et l\u2019ail plus que la théophylline.Le marron d\u2019inde plus que l\u2019'hamamelis et l\u2019hydrastis.Réduire les 10dures.Pour le rein: La scille plus que la théobromine. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 903 \u2014 J ° ° Dans les cas d anorexte, piescivez L\u2019ELIXIR VITABOLONE de Hartz Un élixir à base de vin.de saveur agréable, dont chaque once liquide représente deux mille unités internationales de vitamine Bs.Cette préparation est indiquée dans le traitement de l\u2019inappétence, de la faiblesse musculaire, de l\u2019hypotension artérielle et de l\u2019hypothermie.Aussi dans les affections cardio- .vasculaires, certaines formes de polynévrites, d\u2019atonie gastrique et dans les vomissements incoercibles de la grossesse.Particu\u2018ièrement avantageux durant les périodes d\u2019élévation du métabolisme, aussi bien que dans l\u2019hyperthermie, l\u2019hyperthyroïdisme, le surmenage et durant l\u2019enfance et la grossesse.POSOLOGIE Nourrissons\u2014Diæ gouttes trois fois par jour durant les repas.Enfants\u2014Une demie à deux drachmes, trois fois par jour, duraant les repas.Adultes \u2014Une à trois cuillerées à dessert, trois fois par jour, après les repas.THE J.F.HARTZ Co., LIMITED Fabricants de produits pharmaceutiques.TORONTO MONTRÉAL Spécifiez les excellents produits pharmaceutiques de Hartz.mr Une thérapeutique efficace pour.[ Otite Moyenne DOIT ÊTRE ANALGÉSIQUE - BACTÉRICIDE et PRODUIRE la DÉSHYDRATATION des TISSUS incl THE DOHOW CHEMICAL COMPANY, LTD.Montréal \u2014 New-York \u2014 London AMherst 8900-3733 MONTY, GAGNON & MONTY Ambulances de luxe, chauffées Transport des malades à la ville et à la campagne.Service prompt et sûr., lessi Salons mortuaires Salons mortuaires: 1925 rue nous Ambulanciers de l'Hôpital Notre-Dame Pompes funèbres 904 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 Pour le poumon: Employer la jusquiame, l\u2019aconit et la belladone et leurs dérivés plus que l\u2019opium et ses alcaloïdes.Le chlorhydrate d\u2019ammoniaque plus que l\u2019hyposulfite de soude.Utiliser les ventouses plus que la farine de moutarde, le benjoin plus que l\u2019eucalyptol, le goménol ou le baume de tolu.Pour le système nerveux: On peut employer la datura et la jusquiame plus que l\u2019hyosciamine.Les barbituriques et le bromure.Utiliser le cratoegus plus que l\u2019ésérine.On doit réduire les glycérophosphates et la strychnine.On devra se passer de coca, sinon tout à fait de cocaïne et utiliser plutôt la novocaïne.Pour la nutrition et les glandes: Il faut réduire le soufre et l\u2019iode.Etre d\u2019une ëxtrême discrétion dans l\u2019application de toute l\u2019opothérapie sans exception.Limiter strictement l\u2019usage, souvent excessif, des extraits de foie.Pour le diabète: Employer l\u2019insuline-retard plus que l\u2019insuline.Pour la dermatologie: Réduire le bismuth, le goudron de houille.Préférer l\u2019oxyde de zinc au soufre et à l\u2019huile de cade.Renoncer au baume du Pérou.Limiter l\u2019usage de la vaseline, de la lanoline.Utiliser les solutions plus que les pommades.Traiter la gale au benzoate de benzyle.Pour les voies urinaires: Réduire les sels d\u2019argent.Pour les enfants: Ne pas abuser de l\u2019acide arsénieux, des sels de calcium et de fer.Réduire l\u2019huile de ricin, la santonine.Remplacer l\u2019huile de foie de morue et de flétan par les vitamines.Pour les maladies infectieuses: Réduire les sels de quinine, le bismuth, le mercure.Ne pas craindre d\u2019user des sulfamidés; et choisir trois ou quatre tisanes, tilleul, stigmates de maïs, menthe, uvaursi plutôt que le chiendent et la camomille.Ensuite, il faut prêcher l\u2019économie, même pour ce qui reste à notre disposition, car ce qui existe aujourd\u2019hui peut, en raison d\u2019une demande accrue, venir à manquer demain.(Copie du Journal de Médecine de Lyon, du 5 juillet 1941.) # L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 905 rafraîchissantes © Les Sweet Caps plaisent aux fumeurs: elles sont \u20ac 4 tellement délicieuses, W tellement douces! Faites de Mélanges Groupés (procédé additionnel) provenant de 38 classifications de tabacs virginiens du meilleur choix, elles sont, paquet pour paquet, \u2018 B les meilleures cigarettes que vous puissiez acheter.CIGARETTES 4 sweet caporal \u201cLa forme la plus pure sous laquelle le tabac peut être fumë\u201d Une étude de l'emploi et des avan- Vous pouvez les recommander tes de ce tame produits vous récompensera amplement.Nous en toute confiance.avons à votre disposition, sans au- 1.un petit calculateur de poche Composés d\u2019hydrates de carbone sous leur forme la plus facilement assimilable \u2014 les sirops de Mais, \u201cCROWN BRAND\u201d et \u201cLILY WHITE\u201d servis avec le lait, constituent la nourriture la plus substantielle et la plus économique pour les bébés.Leur coût modique, leur qualité qui ne le cède en rien aux préparations d\u2019hydrates de carbone les plus dispendieuses, en font la nourriture d\u2019enfants la plus économique dont vous puissiez vous servir ou que vous puissiez recommander.Nombre de médecins réputés recommandent depuis des années ces deux célèbres marques, sachant qu\u2019elles sont fabriquées dans les conditions les plus hygiéniques.SIROPS de MAÏS ; EDWARDSEURG CROWN BRAND et LILY WHITE\u2019 Manufacturés par THE CANADA STARCH COMPANY, Limited contenant les différents régimes d\u2019enfants; 2.un traité scientifique, sous forme de livret, sur l'alimentation des enfants; 3.des tablettes de prescriptions; 4.un intéressant petit livre sur les soins prénataux; 5.un livret sur le produit \u2018Dex- trosol\u2019.Veuillez nous adresser le coupon ci- dessous et ces choses utiles vous seront adressées immédiatement.The CANADA STARCH CO., Ltd.Montréal Veuillez m'envoyer () CALCULATEUR O Livret: \u201cLES SIROPS DE MATS DANS L'ALIMENTATION DES ENFANTS\u201d () TABLETTES DE PRESCRIPTIONS La brochure: \u201cLA FEMME ENCEINTE\u201d La brochure: \u201cDEXTROSOL\u201d REVUE DES LIVRES Les Annales Médico-Chirurgicales de l'hôpital Sainte-Justine, mai 1942.Les « Annales » de cette année viennent d'être publiées.Comme par le passé, la contribution des médecins de Sainte-Justine permet la publication d\u2019un volume très instructif et des plus substantiels.Certains travaux présentent une iconographie démonstrative et variée.D\u2019autres ont trait à des questions qui sortent des sentiers battus; il en est ainsi de l\u2019« autopyothéra- pie » qui semble, sous un jour nouveau, offrir certaines garanties d\u2019efficacité contre certaines affections d\u2019étiologie infectieuse.La majeure partie des articles est faite de revues générales pendant que l\u2019autre contingent est constitué d\u2019observations cliniques complétées de commentaires appropriés.Le travail qui rend compte des activités bronchologiques et œsophagologiques s\u2019accompagne de \u2018vignettes représentant tout un arsenal d\u2019objets hétéroclites qui avaient pénétré dans les voies respiratoires et digestives et qui purent en être délogés.Nous ne pouvons pas commenter chaque travail, puisque notre désir serait de rendre justice à chaque auteur.Nous félicitons cependant les médecins de Sainte-Justine de leur travail et nous leur répétons ce que nous leur avons déjà adressé dans le passé: que l\u2019Union Médicale du Canada est toujours à leur disposition et qu\u2019elle espère encore en un jour prochain où la collaboration de tous les médecins, de tous les hôpitaux, de tous les centres universitaires français du Québec convergera vers un Journal médical qui pourra rendre justice, par l\u2019union des valeurs, à notre groupe médical canadien-français.R.A.CES CELEBRES PRODUITS pour LA TOILETTE ou BÉBÉ Les médecins et les mamans savent toute l\u2019importance que peut avoir le choix de préparations de confiance, pour la toilette du bébé.© IE SAVON Baby\u2019s Own est le préféré des médecins et des mamans depuis plusieurs générations.Il est fait des meilleurs et des plus purs ingrédients.Le savon Baby\u2019s Own contient de la lanoline qui a la propriété d\u2019adoucir la peau du bébé.© LA POUDRE Baby\u2019s Own est un tale boriqué, fabriqué tout spécialement pour le bébé, selon une formule scientifique, en vue de prévenir l\u2019irritation ou l\u2019échauffaison de la peau.® IHUILE Baby\u2019s Own est une huile douce, pure, sans antiseptique.Elle est soigneusement préparée afin de protéger l\u2019épiderme délicat du bébé.Elle forme un film protecteur, prévenant l\u2019humidité ou l\u2019irritation de la peau.Ces trois produits sont spécialement destinés aux bébés.Des conditions sanitaires parfaites entourent la fabrication de ces produits qui répondent aux exigences des cliniques.Vous pouvez recommander les produits Baby's Own en toute confiance. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 907 Un superbe Brandy à l\u2019usage de la profession médicale Le Brandy Sud-Africain a reçu l\u2019approbation de la profession médicale britannique à cause de sa haute teneur en esters.Ces esters sont le résultat du D\u2019autres superbes vins de grand soin apporté à la fabrication de ce produit, l\u2019Afrique du Sud Ç ainsi qu\u2019au soleil et au terrain de l\u2019Afrique du se vendent au Canada: | Sud.Ce Brandy est largement employé dans les hôpitaux de Grande-Bretagne.Il est renommé pour ses procédés de fabrication perpétués traditionnellement depuis prés de 300 ans.PAARL SEC BLANC; PAARL WITZENBERG; PAARL SEC ROUGE (Type Bourgogne): PAARL BOURGOGNE MOUSSEUX; PAARL WINTERHOEK MOUSSEUX; (Type Champagne) ; S | D - AF RI Al N PAARL SAUTERNES; PAARL VERMOUTHS (sec ou doux) ; PAARL MUSCATEL; a remporté la Médaille d\u2019Or dans le concours de tous les produits similaires de l\u2019Empire au Royal Agricultural OLD LIQUEUR BRANDY.Hall, Londres, Angleterre, en 1937.Garanti quant a l\u2019âge et la pureté par le Gouvernement Sud-Africain.La BANQUE CANADIENNE NATIONALE est la banque du public aussi bien que la banque des hommes d\u2019affaires.Le gérant de succursale se tient à votre entière disposition, qu\u2019il s'agisse de dépôts, d'emprunts personnels, de remises, de recouvrements ou de toute question d'ordre financier au sujet de laquelle vous désireriez le consulter.Actif, plus de $170,000,000 534 bureaux au Canada 908 L'Annuaire 1942 de la Société Médicale de Montréal.La Société Médicale de Montréal, juin 1942, continue ses excellentes activités, son action instructive et stimulatrice.Cette année, comme il avait été inauguré l\u2019année dernière, elle a réalisé ses «Journées médicales» avec un plein succès.Cet événement s\u2019est montré un véritable congrès local.On pourra s\u2019en rendre compte en lisant dans l\u2019Union Médicale de juillet et de ce mois-ci, les conférences prononcées et les travaux rapportés au cours des 4 journées.Ces réunions médicales, dans 4 hôpitaux français de Montréal, furent présentées par un Pro- gramme-Annuaire, vraiment impressionnant.Il couvre 64 pages d\u2019un grand format; il contient le programme scientifique des « Journées » ; il évoque la figure de deux anciens présidents de la «Société»: le docteur C.-N.Valin (1903-04), le docteur O.-F.Mercier (1904-05).Encore dans la veine historique, et à propos du troisième Centenaire de Montréal, l\u2019Annuaire porte à l\u2019attention des lecteurs quelques-unes de nos institutions médi- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, août 1942 cales de la Cité les plus respectables par la valeur et la durée: l\u2019Hôtel-Dieu, la Faculté de Médecine, l\u2019Union Médicale du Canada, le Service de Santé, la Société Médicale de Montréal.Ces esquisses mettent en lumière des œuvres qui sont parmi les plus importantes et qui forment la charpente du Corps médical français de la Métropole.Puis, suivent certains renseignements pratiques sur les institutions hospitalières de Montréal, et la liste des membres de la « Société » en regard de leur adresse respective.La publication de l\u2019Annuaire a été généreusement encouragée par les annonceurs.Sa composition, sa présentation intéressante et variée démontrent le zèle de l\u2019Excutif de la Société Médicale et, par-dessus tout, de son secrétaire-général, le docteur Paul Leton- dal.L\u2019Union Médicale, si intimement liée à toute activité médicale française en Amérique du Nord, ne peut manquer d\u2019offrir ses chaleureuses félicitations, non seulement pour le succès des « Journées », mais aussi pour l\u2019à propos et l\u2019intérêt de l\u2019Annuaire.R.A, AVIS \u2014 SERVICE MILITAIRE \u2014 ARTILLERIE.On demande un médecin-chirurgien canadien-français pour occuper un poste de chef dans un régiment d'artillerie canadien-français pour service au Canada.Prière de s'adresser à la Faculté de Médecine de l'Université de Montréal.COTTAGE A VENDRE.Appartenant à la succession du docteur Edgar Langlois.En parfait état.A proximité de l'Université de Montréal, des collèges et couvents.1908, Van Horne.Tel.: ATlantic 2544.reste toujours un médicament de choix pour le traitement scientifique de la COQUELUCHE .Le Pavéral est journellement prescrit avec succès pour les cas de coqueluche et des toux Coqueluchoïdes.\u2014 Ne cause ni intolérance, ni complication.° Littérature sur demande.AGENTS CANADA DRUG.CO.MONTREAL NÉCROLOGIE ee ++ LE DOCTEUR J.-E.-L.MILLER On apprendra avec regret la mort soudaine de M.le docteur Jacques-Ernest-Lucien Miller (1866-1942) survenue à sa résidence de Montréal le 18 juin dernier.Ancien élève de Laval et de Harvard, parfait gentilhomme, clinicien averti et excellent thérapeute, le docteur Miller était un homme de bon coneeil, hautement apprécié dans tous nos milieux professionnels.Pendant plusieurs années, médecin de Notre-Dame et de Bruchési, le docteur Miller eut une carrière bien remplie dont on venait de célébrer le cinquantième anniversaire.Plusieurs œuvres et institutions de bienfaisance perdent avec ce médecin distingué, un serviteur actif et dévoué.Jusqu\u2019au moment de sa mort, il avait tenu à conserver la présidence de la Fédération d\u2019Hygiène infantile dont il était un ouvrier de la première heure.On sait l\u2019excellent travail de cette fédération de Gouttes de Lait paroissiales, qui, sous sa direction, contribua à baisser considérablement la mortalité infantile à Montréal.Sa nombreuse clientèle qui lui restait toujours si attachée, les confrères de plus d\u2019une génération qui aimaient toujours revoir ce vieux médecin sympathique et tous ceux qui l\u2019avaient approché, regretteront sa disparition.L\u2019Union Médicale se joint à tous ses amis, pour offrir à la famille, et en particulier à son fils, le docteur Jean-Charles Miller de Québec, sa profonde sympathie.\u2018 LE DOCTEUR A.MATHIEU Le docteur A.Mathieu est décédé le 24 juillet à l\u2019âge de 64 ans.Le défunt avait reçu son doctorat de l\u2019Université Laval de Québec, en 1906, et avait été coroner adjoint à Montréal. TABLE DES ANNONCEURS oies «cé Pages Abbott Laboratories Ltée (Pentothal Sodique) .36 American Can Co.(Conserves alimentaires pour bébés et jeunes enfants) 2e p.de couverture Anglo-French Drug Cie (Cortunon) .861 Ayerst, McKenna & Harrison Ltée (La Digitalis Folium) 1 Ayerst, McKenna & Harrison Ltée (Prémarine) .2 Baby's Own .908 Banque Canadienne Nationale .907 Bard-Parker Company.Inc.(Bard-Parker Formaldehyde Germicide) 873 Borden Co.Limited, The (Travaillants aux Munitions) 895 Brandy Sud-Africain 907 Bristol-Myers Co.(Sal Hepatica) 883 Canada Drug Co., Ltd.(Paveral) .908 Canada Starch Company Ltd.(Sirops de mais Edwards.burg \u201cCrown Brand\u2019 et \"Lily White\") .905 Canadian Tampax Corporation Ltd.(Tampax) .875 Carnation Company, Ltd, (Lait Carnation) .32 Casgrain & Charbonneau, Ltée (Levure Fer & Vitamine) \u2014 (Micrigène) \u2014 (Cécrinyl \u2018\u2019adultes\u2019) \u2014 (Micrines \"gr complexes) \u2014 (Décrigéne) \u2014 (Germinol) .15 Casgrain & Charbonneau, Ltée (Ferro-Crine No 34) \u2014 (Elixir Bécrinol) \u2014 (Comprimés Bécrinol) \u2014 (Quini- tone et VitamineB) .23 Chas.H.Phillips Chemical Co.The Le lait de magnésie Phillips) .877 College Royal des Médecins et ; Chirurgiens du Canada 30 Compagnie Ciba Ltée (La \u201cCiba\u201d transfère ses bureaux et laboratoires) .24 Cow & Gate (Canada) Ltd.Diète basse en Gras pour bébés) .7 Denver Chemical Manolactaring Company (Antiphio gistine) .11 Dohow Chemical Company.Ltd.The (Auralgan) 903 Eddé, J.\u2026.Ltée (Bis Kam Oil) \u2014 (Trephonyl du Dr Rous- sel) \u2014 (Taxol) \u2014 (Neurinase) \u2014 (Alepsal) '\u2014 (Ino- tyol) \u2014 (Pluriglandine) \u2014 (Veinatone) \u2014 (Artichobyl) 889 Eli Lilly and Company (Canada) Lid.lère page de la couverture Frosst, Charles E., & Co.17 Frosst, Charles E,& Co - .18 Frosst, Charles E, & Co.19 Frosst, Charles E., & Co.ea 20 Hartz, J.F.Co.Ltd., The (Elixir \"Vitabolone\") 903 Herdt & Charton, Inc.(Uroprazine \u2014 Sulpho-Lac \u2014 Camirol \u2014 Eau précieuse Dépensier \u2014 Bilifluine) 859 Herdt & Charton, Inc.(Veratrite) 865 Herdt & Charton, Inc.(Osmopak) - 871 Hôtel Mont-Royal (Lettre ouverte) .- 901 Johnson & Johnson Lid.(Sutures en Catgut * \u2018Ethicon\u2019\u2019) 33 Knox Gelatine (La gélatine Knox) .\u2026 879 Laboratoires DesBergers-BisMol (Phezine) 4e page de la couverture Laboratoire Jean Olive (Glésion) .- 28 Laboratoires Jean Olive (Nucléarsitol Robin) .28 Libby.McNeill & Libby of Canada, Limited | (Aliments pour bébés) .+6 31 Librairie Beauchemin Lice .887 Mead Johnson & Co.Ltd.(La levure de bière de Mead) 25 Merck & Co., Ltd.(Pyridium) .- cee 5 Millet, Roux & Cie, Ltée (Endo- Plex- D Cee 21 Molson .893 Monty, Gagnon & Monty .oe 903 Parke, Davis & Company (Pitocin) Cee ee 29 Pages Pharmacie d'ordonnances, Arthur Hirbour .4 Poulenc Frères (Propidex) - 899 Rougier Frères (Bes-Min) .22 © 3 Rougier Frères (Hémoglobine Deschiens) eee.3 Rougier Freres (Digitaline Nativelle .3 Rougier Freres (La Lyxanthine Astier) 857 Sanatorium de Blois (46e année d'existence) 891 | Sanatorium Prévost Inc.+» 26 Shuttleworth, E.B.Chemical Co.Lid.(Dilaxol) E.3.s.867 { Spencer Corsets (Canada) Lid.(Nouveau livre pour les médecins) - .\u2026 881 Squibb & Sons of Canada, Ld.E.B.(Les Produits à ji base du Complexe B satisfont à toutes les exigences) 869 Sweet Caporal .905 Upjohn Co.(Le concentré ferrugineux de foie Upjohn) 9 Usines Chimiques du Canada Inc.(Vitaval) 3e page de lu couverture Victor X-Ray Corporation of Canada, Ltd.(Appareil à rayons X combiné G.E.modèle D3-38) 885, Vinant Limitée (Neurotrophol Byla \u2014 Splénarmone | Byla) .+ 24444412 18 Vinant Limitée (Gélogastrine Licardy) .- .13 | William R.Warner & Company, Ltd.(Alka-Zane) 863# Winthrop Chemical Company, Inc.(L'Histaminase) - 27 Wyeth & Bro., (Canada) Lid.\u2026 John (Amphoijel) 34-358 Wyeth & Bro., (Canada) Ltd, John (Kaomesne pour la diarrhée) .907-910# DIARRHÉE "]
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