L'union médicale du Canada, 1 juin 1943, Juin
[" IN MEMORIAM Ce + LE PROFESSEUR ÉMILE SERGENT Les journaux nous ont appris ces jour derniers la mort du professeur Emile Sergent de Paris.Les regrets des médecins français, en pays occupés ou à l\u2019étranger, sont partagés par les Canadiens français.Sergent ne s\u2019imposa toutes particulières d\u2019estimer le professeur Sergent.Sa mort nous rappelle de multiples et chers souvenirs.Il n\u2019y a pas encore si longtemps que nous entendions en nos murs sa voix grave et douce.Et nous avons dans nos pas seulement à l\u2019admiration de la profession médicale chez nous; mais aussi à l\u2019estime des autorités civiles et des classes dirigeantes, intéressées à la santé publique.Les médecins de l'Institut Bruchési et de l\u2019hôpital du Sacré- Cœur de Cartierville avaient des raisons bureaux a la place d\u2019honneur, une photographie du professeur Sergent en tenue de clinicien, prise à l\u2019Institut même, lors de ses premières cliniques.Je dois à sa mémoire un témoignage d\u2019admiration et de franche amitié.Je voudrais rap- 626 peler à mes collègues les divers aspects sous lesquels s\u2019est manifestée pour nous .sa vie médicale: le professeur, l\u2019écrivain, le missionnaire, l\u2019ami.Né à Paris, il y demeura toujours, ne s\u2019absentant que pour des missions scientifiques.Sergent fut médecin de l\u2019hôpital de la Charité à Paris.Cet hôpital avait connu d\u2019illustres maîtres, et de tous le plus grand: Laënnec.En entrant dans cet hôpital mémorable, Sergent prenait contact avec une magnifique tradition qu\u2019il devait maintenir et grandir.Il estimait Laënnec à ce point qu\u2019il avait fait de l\u2019amphithéâtre où il avait enseigné, un lieu de vénération et de pèlerinage.Dans ce milieu favorable à l\u2019épanouissement de ses qualités scientifiques, il mena des travaux remarquables se rapportant à des sujets divers en médecine générale, plus particulièrement sur la maladie des capsules surrénales, maladie d\u2019Addison.Il en attribuait la cause a une dégénérescence tuberculeuse de la capsule.Il en trouva la confirmation dans une autopsie, immédiatement après la mort d\u2019un de ses patients.La communication qu\u2019il fit à l\u2019Académie de Médecine de Paris attira l\u2019attention du monde médical sur le jeune savant et le posa devant la Faculté de Médecine comme un maître que l\u2019on doit sortir de l\u2019ombre.C\u2019est probablement à cause de cette découverte et des observations cliniques qui la confirmaient, que Sergent dut d\u2019être nommé professeur, sans avoir à passer sous les four- ches-caudines des concours.Dans son nouveau champ d\u2019action, le professeur Sergent étendit ses vues et son travail.Le problème tuberculeux le fascine; mais, avec.le réalisme qui le caractérise, il ne peut séparer son malade du milieu où il à vécu et où 1l pourra vivre encore.Toute sa vie sera une large contribution, plus large que toute autre probablement, à la création, autour du problème tuberculeux, d\u2019une science nouvelle dite médico-sociale.C\u2019est bien le caractère qu\u2019il donne à toutes ses cliniques, soit à la Charité, soit à l\u2019Insti- \u2018tut Forlanini de Rome, soit à Québec, à Montréal, soit en Amérique du Sud.A son hôpital 1l réunissait des élèves français; mais aussi beaucoup de médecins étrangers et par- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juin 1943 | ticulièrement des médecins venant de l\u2019Amérique du Sud et du Canada français, tous attirés par la renommée scientifique et professorale du professeur Sergent.Nos jeunes médecins qui l\u2019ont connu alors, au lit de ses malades, se souviennent avec quel doigté il conduisait son interrogatoire, pour éclairer le champ où se délimiterait la recherche pathologique.Ses cliniques avaient ce caractère particulier, qu\u2019il n\u2019était pas seul à observer.Il faisait observer ses élèves.Nous n\u2019ou- blirons pas le charme tout nouveau que nous éprouvions dans ses cliniques à l\u2019Institut Bruchési.Assis sur nos sièges, comme de jeunes étudiants, nous suivions l\u2019évolution de son interrogatoire gradué, bien à la portée du patient.Il savait découvrir tout un passé, proche ou lointain, avec des mots simples et des interrogations compréhensives.Quand, par hasard, le malade ne comprenait pas tel mot, d\u2019usage courant en France, il savait prendre le mot correspondant, plus utilisé au Canada, dans les milieux populaires.Il avait une manière délicate et bien à lui, de mettre son consultant bien à l\u2019aise.Il savait dire une parole plaisante, faire à l\u2019occasion un petit compliment, lorsque la malade répondait avec intelligence et finesse.Et cependant ce n\u2019était que l\u2019ambiance.Nous sentions que la trame clinique se poursuivait ,plus serrée et plus forte et nous voyions, à chaque étape, s\u2019éclairer à nos yeux un diagnostic précis.En nous donnant ainsi le spectacle d\u2019une clinique pulmonaire, le professeur Sergent voulait inculquer à ses auditeurs le sens et la priorité de l'observation.Il répétait à ses amis: «'N\u2019oublions pas les préceptes de Laénnec et souvenons-nous que l\u2019observation n\u2019a de valeur que si elle est maintes et maintes fois répétée.» Il \u2018avait écrit en 1934 dans la Presse Médicale, en marge de son cours d\u2019enseignement clinique médical à Québec: «J'ai pu faire cette constatation au cours de mes missions dans les divers pays étrangers; j'ai pu la faire en percevant l'intérêt que prennent à suivre nos démonstrations cliniques, notre enseignement clinique, les médecins étrangers qui viennent nous voir chez nous, en France.Ils ne sont pas séduits par IN MEMORIAM nos laboratoires, dont la plupart, hélas! sont insuffisamment outillés; la façade ne les attire pas; mais, quand ils pénètrent dans nos services hospitaliers, quand ils suivent notre enseignement clinique proprement dit, 1ls sont séduits et intéressés.Le clinicien français \u2014 celui qui n\u2019a pas rompu avec les vieilles et solides méthodes dont la base anatomo-clinique, fondée par Laënnec, demeure inébranlable \u2014 possède l\u2019art de dégager de l\u2019examen du malade les notions scientifiques sur lesquelles repose la vraie clinique; il cherche méthodiquement, rigoureusement, les signes, les symptômes, qui traduisent le trouble apporté par la maladie au fonctionnement de l\u2019organe malade; il est rompu aux exigences et aux finesses des techniques cliniques d\u2019exploration ; il ne méconnaît pas la valeur des résultats apportés par les techniques de laboratoire; mais il ne leur donne pas ,a eux seuls, une signification indiscutable; il confronte, les uns avec les autres, les résultats fournis par tous les moyens d\u2019exploration et il cherche, en les interprétant sans parti pris, à leur donner leur véritable sens, c\u2019est-à-dire à faire un diagnostic exact.» Cette méthode, Sergent l\u2019appliqua toujours et nous apprit à l\u2019appliquer, parce qu\u2019elle est «cientifique.Les leçons cliniques qu\u2019il donnait partout, il les avait vécues dans une longue et abondante pratique d\u2019hôpital.Et c\u2019est pourquoi, ses écrits sont encore imprégnés de réalité et vérité.L\u2019écrivain.Un clinicien international comme Sergent ne peut pas ne pas confier à des livres, un enseignement plus large, de sa méthode et de sa science.Ne nous étonnons pas de l\u2019ampleur de ses grandes, comme de ses petites publications.Une simple liste dira mieux la grandeur de son œuvre: Travaux sur la maladie d\u2019Addison \u2014 Questions cliniques d\u2019actualité \u2014 Leçons professées à la Charité \u2014 Traité de sémiologie médicale, qui n\u2019a rien perdu de son intérêt et actualité, Tuberculose, en collaboration avec Ribadeau-Dumais et L.Ba- bonneix, de la série «'Traité de pathologie médicale et de thérapeutique appliquée » \u2014 Etudes cliniques et radiologiques sur la tuberculose et les maladies de l\u2019appareil res- 627 piratoire \u2014 Un bel atlas en deux volumes: Exploration radiologique de l'appareil respiratoire, en collaboration avec Francis Bor- \u2018et et Henri Durand, avec la collaboration technique de J.Couvreux; La Tuberculose et la mortalité infantile, leçons données à l\u2019Université Laval et à l\u2019Université de Montréal par le professeur Sergent avec la collaboration de Francis Bordet et de Ribadeau- Dumas, publiées par le Service Provincial d\u2019Hygiène de Québec, sur recommandation particulière de l\u2019honorable A.David, Ministre de la Santé.Ajoutons à cela de nombreuses contributions aux revues médicales: « La Presse Médicale » \u2014 à la « Revue de Phtisiologie », devenue plus tard « Revue de la Tuberculose » \u2014 aux « Annales de Médecine » \u2014 aux « Archives Médico- chirurgicales ».Notons parmi toutes ces contributions scientifiques, celles très importantes sur les abcès et le cancer du poumon et celles qui ont ouvert un champ nouveau à l\u2019exploration radiologique; l\u2019emploi du lipiodol pour le radio-diagnostic.Les livres du professeur Sergent, sont au- jourd\u2019hui dans la plupart de nos bibliothèques médicales; élèves et professeurs, médecins praticiens, tous peuvent y puiser leurs connaissances sans crainte de retarder.C\u2019est un privilège qui n\u2019est pas donné à beaucoup d\u2019écrivains, à encore moins de savants, de demeurer À la page, malgré l\u2019évolution des idées et des concepts.Parmi les œuvres de Sergent, il faut faire une place particulière à celles qui portent le cachet de ses missions.Le professeur Sergent fût en effet, un missionnaire de la science française et sa prédication avait un but précis.Le Missionnaire.L\u2019Intérêt soutenu que des médecins de l\u2019étranger prenaient à ses intéressantes cliniques, de la Charité et d\u2019ailleurs, l\u2019avait con- vaineu que la science médicale française a une mission à remplir: celle d\u2019apporter, aux nations latines, le prototype de leur propre science.Il n\u2019y avait pas là, d\u2019orgueil raciste; la science est de tous les pays.Mais l\u2019emploi des moyens scientifiques et la méthode à suivre pour tirer la vérité des faits, un diagnostic et 628 une thérapeutique de l\u2019observation multipliée, diffèrent pour des groupes de peuples.La méthode française répond mieux au besoin de réflexion et de spéculation de l\u2019esprit latin.Or, quand le professeur Sergent nous demandait de multiplier nos observations et de n\u2019accueillir les données du laboratoire que pour une confrontation mutuelle, il nous invitait à travailler selon une méthode propre à notre formation et à notre vieil atavisme.Mais il n\u2019oubliait pas une autre réalité: nous vivons tout près d\u2019une race anglo-saxonne et bien proche d\u2019un pays américain, doué d\u2019un tour d\u2019esprit particulier.Il avait confiance en l\u2019avenir du Canada- français.Il disait en 1931: « Les vieilles races sont comme les chênes séculaires ,transplantés sur un sol neuf, elles voient leur sève s\u2019épanouir en pousses nouvelles et florissantes; une greffe, une bouture, ne vaudront jamais une transplantation.» Le professeur Sergent prévoyait que petit à petit ,nous chercherions à créer, nous-mêmes, une méthode scientifique, en rapport avec notre ambiance et avec nos relations nationales.I] voyait se lever déjà toute une jeunesse d\u2019élite qui ne vivrait pas toujours de l\u2019héritage ancestral.Aussi suggérait-il que nous formions une étroite union, hommes de science canadiens français et hommes de sciences canadiens anglais, pour créer une Ecole médicale véritablement canadienne.Cette mission, le professeur Sergent ne l\u2019a Jamais oubliée, dans ses rapports avec les autorités universitaires françaises et anglaises, avec les représentants des gouvernements de la 3e République et de la Province de Québec, surtout avec ses amis qui, par leur situation sociale, pouvaient, plus aisément ,soutenir et réaliser le projet.Nous savons gré au professeur Sergent de cette sollicitude éclairée.Nous lui devons, ainsi qu\u2019à l\u2019Institut franco-canadien, les relations scientifiques plus faciles et plus nombreuses avec la France, l\u2019accueil chaleureux que reçurent dans les milieux scientifiques L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juin 1943 français, nos jeunes médecins désireux de parfaire leurs études ou de choisir une spécialité.Le missionnaire que la France envoya au Canada-français a bien accompli sa tâche délicate.Nous devons lui rendre le témoignage qu'il ne sacrifiait pas l'avenir au présent.Il savait que des périodes difficiles peuvent survenir où tous les ponts sont coupés et les relations impossibles.Certes, nous souffrons de ne pas trouver, sous la main, cet enseignement français; mais si nous n\u2019avions compté que sur lui, nous eussions été pris au dépourvu.Le missionnaire a compris que son rôle doit se borner à rassembler des fidèles, des amis, et que le soin de leur existence et de leur continuité doit être remis entre leurs mains propres.Cette manière de concevoir était plus le fruit d\u2019une grande amitié pour le Canada- français, qu\u2019une vue de l\u2019esprit.Il nous voulait beaucoup de bien et il nous le prouva.L\u2019Ami.Le professeur Sergent fût un ami sincère et dévoué pour ses élèves canadiens qu\u2019il suivait, particulièrement, dans leurs études et qu\u2019il revoyait toujours, au Canada, avec un extrême plaisir.Plus d\u2019un jeune médecin peut se flatter de l\u2019avoir vu s\u2019intéresser paternellement à ses travaux et à ses progrès.Les médecins qui ont confié leurs fils à ce grand ami, lui gardent une pensée reconnaissante, pour la formation médicale toute spéciale qu\u2019il donna à ses jeunes élèves.Dans les sphéres universitaires ou gouvernementales, où il remplissait sa mission, il sut se faire partout de véritables amis, par la valeur de sa science médicale et la compréhension de nos problèmes nationaux.Parmi ses amis étaient: Les Doyens Rousseau et Dagneau de Québec, les Doyens de Lotbi- nière Harwood, Parizeau, LeSage, et le professeur J.-E.Dubé, de Montréal.Il avait pour l\u2019Institut Bruchési une estime toute particulière.En 1931, notre Bureau d\u2019administration, à la demande pressante du pro- IN MEMORIAM fesseur J.-Edmond Dubé et de moi-même, avait consenti à payer une partie des dépenses de voyage du professeur Sergent.Il était donc notre hôte et nous fâmes heureux des magnifiques cliniques qu\u2019il donna aux médecins, dans notre local.Après une visite à nos Camps de Santé au Lac Lachigan, qui prenaient de l\u2019ampleur, il fut vivement intéressé par l\u2019œuvre croissante de « Bruchési ».L'hôpital du Sacré-Cœur de Cartierville l\u2019avait reçu pour des matinées cliniques.Il s\u2019était fait là de grands amis.Il avait témoigné au docteur Edward Archibald de l\u2019Université McGill, à Montréal, une grande admiration pour ses travaux de chirurgie pulmonaire.Mais cette admiration était mutuelle et avait fait naître entre les deux maîtres une indéfectible amitié.J\u2019ai à ce propos un agréable souvenir à rapporter.Lors du Congrès des médecins de Langue française de l\u2019Amérique du Nord, que je présidais, à Mont- téal en 1936 ,le professeur FE.Sergent, le docteur Paul Coryllos de New-York, le professeur Ed.Archilbald et Chevalier Jackson participèrent à une joute clinique des plus intéressantes, sur la question, des abcès pulmonaires.Ce furent des passes d\u2019armes toutes pacifiques; mais où se révélèrent la maîtrise et la délicatesse de chacun dans le maintien de ses opinions.S\u2019il aimait les gens de notre pays il aimait notre pays lui-même.Il avait pu admirer au cours d\u2019excursions dans les Laurentides et vers la région Nord, tout le pittoresque et l\u2019inattendu du paysage.La multitude des lacs ne l\u2019avaient pas moins étonné.En souvenir de cette noble amitié pour notre pays, le gouvernement provincial a donné son nom à un lac des Laurentides.Madame Sergent qui accompagnait toujours son mari, s\u2019était créée elle aussi, à Québec comme à Montréal, des cercles d\u2019amis, par son amabilité, sa simplicité conquérantes et par l\u2019estime qu\u2019elle nous portait.Le professeur Sergent restera longtemps 629 dans les souvenirs pour tout le bien qu\u2019il a fait à la profession médicale, en France et au Canada.Son enseignement se perpétuera à l'avantage de la communauté toute entière.Pour nous qui vouons nos efforts à la lutte contre la Tuberculose, nous considérons les progrès qu\u2019il a fait accomplir à la ~cience phtisiologique comme un grand appoint, pour nous aider à réduire ce fléau.Nous n\u2019oublions pas qu\u2019il avait été nommé ,par l\u2019Académie de médecine, membre d\u2019un jury, nour faire enquête sur la valeur et les aspects cliniques du B.C.G.Il était convaineu alors qu\u2019il fallait en faire bénéficier tout enfant qui devait vivre au contact d\u2019un tuberculeux.Plus tard, quand il nous revint en 1934, il était de plus en plus persuadé que la prémunition par le B.C.G.devait s\u2019étendre à tous les enfants, attendu que la contamination tuberculeuse est à ce point endémique que l\u2019on ne sait jamais si l\u2019enfant ne sera pas un jour ou l\u2019autre contaminé.À sa mort, le professeur Sergent était Président de l\u2019Académie de médecine, témoignage de reconnaissance pour sa science et son dévouement.Nous croyons facilement, c\u2019était tellement dans son caractère, qu\u2019il a dû travailler en vue de cet avenir de relèvement national, que l\u2019après-guerre solliciterait de la science médicale francaise.S\u2019il a vu poindre, par des effondrements partiels de la puissance axiste, une lueur d\u2019aurore au ciel de son pays, il n\u2019a pas eu la joie d\u2019assister à la libération de sa France; mais il a formé d\u2019autres hommes qui poursuivront son œuvre.C\u2019est pourquoi l\u2019homme de bien ne meurt pas tout entier.La mort du professeur Sergent nous fut une surprise et une douleur.En écrivant cet article à sa gloire et à son souvenir, je l\u2019ai davantage ressenti.A Madame Sergent, et à sa famille, j'adresse mes sincères condoléances et celles de tout le Canada-français.J.-A.JARRY. La France vient de perdre un de ses Maîtres les plus réputés dans l\u2019enseignement médical, et les Canadiens français un bien vieil ami et très sûr: le Prof.Emile Sergent.Tous les médecins canadiens se rappelleront l\u2019homme distingué et sympathique, à la figure plutôt sévère, mais si parfait gentilhomme.Le Prof.Sergent est maintes fois venu au Canada nous faire profiter de son incomparable maîtrise dans l\u2019enseignement.Sa spécialité, nous en avons tous mémoire, était la tuberculose.Il était profondément intéressé à tout ce qui touchait à son progrès et toujours il fut un propagateur de la doctrine de sa contagiosité, sans nier l'importance de l\u2019hérédité.Nous avons bonne mémoire de sa vénération pour Laënnec, ce pionnier en tuberculose pulmonaire et quel intérêt il prenait à nous montrer les souvenirs qu\u2019il avait amassés de son grand prédécesseur à l\u2019hôpital de la Charité, à Paris, Rue Jacob.D'ailleurs n\u2019avait-il pas enseigné dans le même amphithéâtre que Laënnec! Plus tard il continuait à « Broussais », si j'ai bonne souvenance, le même enseignement, toujours avec une maîtrise consommée.Son Traité de Thérapeutique qui se trouve sur tous les rayons de bibliothèque médicale bien à date ajouta à sa renommée mondiale.Sergent avait d\u2019abord organisé son enseignement en marge de celui de la Faculté, je crois, et il l\u2019avait si bien et si magistralement LE PROFESSEUR ÉMILE SERGENT organisé que l\u2019on vint le chercher pour l\u2019enseignement officiel.Il était très tranché dans ses opinions médicales et les exposait avec une réelle maîtrise.Il s\u2019intéressait activement aux progrès thérapeutiques de sa spécialité: le pneumothorax, le désossement costal de la cage thoracique, lorsque la maladie le requiérait.Avec Archibald, il fut un des grands pionniers de cette chirurgie d'attaque contre la tuberculose pulmonaire.Avec sa renommée grandissante et devenue internationale, il avait vu les élèves affluer à sa chaire venant de tous les coins du monde.Deux fois il fut délégué officiellement par le Gouvernement de France à nos congrès cana- diens-français, car il fut toujours un de nos bons et dévoués amis.Il le fut également, vers la république de l\u2019Argentine où il alla représenter la science française.Combien il déplorait l\u2019accaparement qu\u2019avait su acquérir l\u2019élément israélite dans le Conseil Médical de la Faculté à Paris où il avait fini par dominer: il était un vrai patriote.La Faculté se ressaisira-t-elle ?Espérons-le.Sur cette tombe fraîchement fermée, apportons l\u2019'hommage sincère d\u2019une admiration réelle et l\u2019appréciation de tout ce que le Prof.Sergent fit pour la profession médicale canadienne- française.Aussi de ce vieil ami devrons-nous conserver longtemps un souvenir sympathique.Eugène SAINT-JACQUES. UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL + + DOCTEURS \u2018\u201cHONORIS CAUSA\u201d Le Professeur Télesphore PARIZEAU Nous nous empressons de mentionner le titre honorifique que l\u2019Université de Montréal vient de décerner au professeur Télesphore Pari- zeau.Sans porter la moindre atteinte à son humilité bien connue, nous croyons devoir signaler ce fait à nos lecteurs.Le docteur Pari- zeau a toujours été identifié à l\u2019enseignement, à la Faculté de médecine, depuis 1896.Ses titres et ses activités justifient amplement l\u2019honneur qui lui est échu.Premier professeur de bactériologie, chirurgien de l'hôpital Notre-Dame, directeur des études durant 15 ans, sauf erreur, ancien doyen, il a participé à toutes les innovations qui se sont accomplies durant les quarante années de son règne.Mentionnons quelques-unes d\u2019entre elles.1° Internat obligatoire pour les élèves de de 5e année.Cet internat assure aux hôpitaux un service permanent sur lequel ils peuvent compter.Cette innovation a été l\u2019une des meilleures entre toutes, à cause des avantages qu\u2019en retirent nos élèves et des services considérables rendus à nos hôpitaux.2° Institut de Bactériologie.C\u2019est le docteur Parizeau qui, le premier, eut l\u2019idée de cette fondation en utilisant les services d\u2019un de nos jeunes assistants au laboratoire à cette époque, M.le docteur Armand Frappier, directeur actuel, et pour qui il sollicita des privilèges particuliers auprès de l\u2019Institut Pasteur.Aujourd'hui, cet Institut est l\u2019un des plus utiles à cause des services qu\u2019il est appelé à rendre à la population canadienne dans la fabrication des sérums et des vaccins, et des avantages qu\u2019il nous procure en recrutant de jeunes médecins ou pharmaciens ayant la vocation de la recherche.3° L\u2019Institut d\u2019anatomie pathologique qui fut fondé tandis qu\u2019il était directeur des études.Le docteur Parizeau a aussi participé, à la Faculté de médecine, à un grand nombre d'innovations dont j'ai été le témoin, à savoir: L\u2019institution du P.C.N.qui nous a valu, de la part de l\u2019Institut Rockefeller, un don de $25,000.00 par an, durant dix ans, car il avait posé cette condition.Je puis mentionner aussi ses activités au sujet du programme des études et de l\u2019élargissement des cadres de la Faculté de médecine, conjointement avec quelques-uns de ses collègues.Enfin, ajoutons qu\u2019il a participé, d\u2019une façon toute personnelle, à l\u2019élaboration des plans actuels de l\u2019Université de Montréal, en particulier ceux concernant la Faculté de médecine: l\u2019espace réservé aux laboratoires, les salles de cours, les amphithéâtres, les bureaux, et l\u2019hôpital universitaire.Tout a été réalisé selon ses plans.Seul, l\u2019hôpital universitaire est debout, attendant en vain qu\u2019on le complète et qu\u2019on l\u2019anime de cet enseignement indispensable pour nos élèves, et si utile au point de vue des services qu\u2019il est appelé à rendre au public.La guerre est venue déranger tous ces plans, mais notre Faculté le réclame et l\u2019urgence exige l\u2019exécution immé- 632 diate des plans.Nous pouvons dire à notre éminent collègue que la Faculté de médecine a fait des efforts constants pour atteindre ce but si désirable, mais nous nous butons à des résistances injustifiables, sinon à des préférences particulières et regrettables.On nous saura gré de ne pas en dire davantage dans les circonstances, mais si cela devient nécessaire, nous essailerons de nous faire entendre.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juin 1943 Je pourrais ajouter d\u2019autres détails concernant ses travaux, son enseignement et ses directives, mais ils sont connus de tous ses élèves et l\u2019énumération que je viens de faire suffit pour démontrer que l\u2019Université a placé son titre de Docteur « Honoris Causa» sur des épaules dignes de le porter avec honneur.LESAGE, Doyen.Le Professeur La Faculté des Sciences a demandé que l\u2019Université de Montréal accorde un diplôme « Honoris Causa » à son secrétaire.Mais je n\u2019oublie pas que le professeur Baril est, aussi, vice-doyen, professeur a la Faculté de médecine où il prend une part très active à la direction de l\u2019enseignement et à la rédaction des horaires.C\u2019est donc, pour nous de la Faculté de médecine, un honneur dont nous devons nous réjouir.Cette distinction ne saurait être accordée à un homme qui possède de plus haut mérite pour la recevoir.Ancien élève de l\u2019Université Laval de Montréal, le docteur Baril s\u2019est dirigé, d\u2019abord, vers la médecine ou peut-être, vers la chirurgie, car il a été, durant de longues années, l\u2019élève préféré, à l\u2019Hôtel-Dieu, du professeur Amédée Marien, de regrettée mémoire.Puis, un jour, il opte pour la chimie, à la grande surprise de ses amis, car, fils de médecin, 1l avait hérité de son père ce sens aigu de la pratique de la médecine, qui comporte autant de psychologie que de dévouement et de bienveillance.Après un séjour prolongé en Europe, 1l revient à l\u2019Université et il offre ses services en chimie.Isolé ou refoulé dans les laboratoires de chimie de la Faculté des sciences, dont il a été l\u2019un des fondateurs, il a conservé, quand même ,toutes les qualités précieuses qui le distinguent.Possédant l\u2019esprit scientifique où la recherche est associée à l\u2019enseignement, il Georges BARIL est devenu un maître dans les deux fonctions.Il a poursuivi, personnellement, des recherches très nombreuses et il a vulgarisé des connaissances acquises en Europe où il à fait de longs et fréquents séjours.Il a eu le mérite de former des élèves qui sont devenus, plus tard, des maîtres dont il utilise les talents et le dévouement.Son enseignement est très recherché.il possède le don rare d\u2019exposer clairement et simplement des questions difficiles et il sait, dans ses leçons, résoudre tous les problèmes dans une formule unique et compréhensive: la simplicité.Le professeur Baril est un esprit actif et clairvoyant.Il ne s\u2019attarde pas dans les théories anciennes et périmées parce qu\u2019on les lui a enseignées, mais 1l va de l\u2019avant, soucieux avant tout de la vérité.À la Faculté de médecine, son concours est très précieux.Son esprit, vif et bienveillant, lui fait apercevoir rapidement les côtés scientifiques, sans négliger le côté humain de toutes les questions.Cela permet, souvent, de résoudre certains problèmes avec aisance, en les adaptant aux circonstances, et en comptant sur l\u2019avenir pour les solutions définitives.Il a publié des travaux scientifiques que l\u2019on connaît à l\u2019étranger.Il joue un rôle très important dans la direction des laboratoires de \u2018l\u2019Hôtel-Dieu et de l\u2019hôpital Sainte- Justine, à part ceux de la Faculté de mé- DOCTEURS « HONORIS CAUSA » decine.Il possède la confiance de la Commission des Liqueurs, où ses rapports sont admis sans discussion concernant les vins de messe.Sur cette question, le clergé s\u2019en remet absolument à son autorité et à sa réputation.J'ai cru devoir ajouter ces quelques renseignements et impressions à une heure aussi solennelle.On a pris le soin de le distinguer parmi tant d\u2019autres, car on se souvient que le docteur Baril a travaillé sans relâche, 633 depuis les débuts à l\u2019édification des plans de l\u2019Université de Montréal.On lui a exprimé, ainsi, sa reconnaissance pour sa fidélité et son dévouement.La Faculté de médecine s\u2019empresse de concourir dans ces vues et de lui adresser ses félicitations.Albert LESAGE, Doyen. LE RÔLE DE LA BRONCHOSCOPIE DANS LA MÉDECINE MODERNE ! Par Chevalier L.JACKSON, Philadelphie, Professeur de broncho-œsophagologie, Temple University, Philadelphia.Le bronchoscope, comme tout autre spéculum, est un auxiliaire précieux pour le diagnostic et le traitement des affections broncho- pulmonaires.Le médecin et le pédiâtre notent certains symptômes et découvrent certains signes que le bronchoscopiste doit expliquer par .l\u2019exploration endoscopique.Le radiologue voit des ombres qui souvent fournissent la clef du diagnostic; mais, celles-ci requièrent, de plus, une confirmation endoscopique.A l'heure présente, presque tous les spécialistes de la chirurgie thoracique ont réalisé que la bronchoscopie est une intervention d\u2019importance capitale dans l\u2019étude et le traitement des maladies broncho-pulmonaires.Si bien que, chacun exécute ses propres examens bronchos- copiques ou s\u2019adjoint comme collaborateur, un bronchoscopiste spécialisé.Le médecin, et plus spécialement le phtisiologue, doivent connaître les indications de la bronchoscopie.En un mot, ils doivent être au courant de la « bronchologie ».Parmi les indications de la bronchoscopie, la plus urgente est celle qui correspond au syndrome d\u2019obstruction bronchique, se manifestant par des signes cliniques et radiologiques.Une zone d\u2019atélectasie ou d\u2019emphysème par obstruction se caractérise par des signes cliniques, par des phénomènes observés soit sous l\u2019écran fluoroscopique.soit sur le cliché radiologique ou simplement par le son des sibilances entendues au niveau de la bouche ouverte.Ce tableau révèle un certain degré d\u2019obstruction bronchique dont une bronchoscopie précisera la cause.Comme autres indications médicales de la bronchoscopie, citons la toux, particulièrement 1.Travail présenté au XVIIe Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord, Montréal, septembre 1942.la toux grasse; les crachats hémoptoïques avec bacilloscopie négative constituent un appel urgent au diagnostic bronchoscopique.Chez de nombreux cracheurs de bacilles, l\u2019usage du bronchoscope s\u2019impose également soit pour éclaircir la présence de signes et de symptômes obscurs, soit pour compléter le traitement d\u2019une lésion bronchique.LES CORPS ÉTRANGERS Au début, la bronchoscopie fut appliquée à l\u2019extraction des corps étrangers.Déjà dans son premier traité sur l\u2019endoscopie perorale publié en 1907, Chevalier Jackson écrivait: « The brilliant work in the removal of foreign bodies has led to the impression that tracheo-bron- choscopy is useful for this only.The near future, however, will see the bronchoscope, and even more the tracheoscope and tubular speculum, in frequent use for the diagnosis and treatment of diseased conditions.» La prophétie se réalise aujourd\u2019hui car, 80 à 90% du travail bronchoscopique accompli dans nos cliniques spécialisées porte sur le diagnostic et le traitement des maladies autres que celles qui reconnaissent comme origine un corps étranger.Entre-temps, les techniques bronchosco- piques pour l\u2019extraction des corps étrangers ont continué à se développer à un tel point qu\u2019à l\u2019heure actuelle, peu de corps étrangers présentent un problème mécanique impossible à résoudre.L\u2019emploi du « bronchoscope cos- tophrénique » sous l\u2019écran fluoroscopique biplan a facilité l\u2019extraction des corps étrangers opaques (v.g.des épingles ordinaires) situés à la périphérie du poumon.À l\u2019aide de pinces spéciales et variées, presque tout objet peut être délogé et extrait de la bronche dans laquelle il a pénétré. JACKSON: BRONCHOSCOPIE DANS LA MÉDECINE MODERNE TUMEURS BENIGNES ET MALIGNES Il est à propos de mentionner les tumeurs bronchiques comme jouant un rôle primordial dans le mécanisme de l\u2019obstruction bronchique.Comme nous l\u2019a démontré l\u2019étude des phénomènes produits par des corps étrangers tels que les arachides, l\u2019occlusion bronchique peut provoquer de l\u2019atélectasie ou de l\u2019emphysème par obstruction ou simplement produire un sifflement asthmatiforme.Des phénomènes identiques sont engendrés par des tumeurs bronchiques et par d\u2019autres lésions obstructives.Cependant, l\u2019emphysème résultant de l\u2019obstruction par une tumeur s\u2019observe beaucoup plus rarement que celui produit par l\u2019obstruction d\u2019un corps étranger.Ceci est dû, très probablement, à ce que les malades en cause ne sont pas examinés au stade de l\u2019emphysème.L\u2019atélectasie par obstruction a été rencontrée dans la grande majorité des cas de tumeurs bronchiques.Chez un certain nombre de malades, le sifflement asthmatiforme constaté conduisit à tort à poser un diagnostic d\u2019asthme bronchique.Si la biopsie bronchoscopique a révélé la présence d\u2019une tumeur bénigne, celle-ci peut être traitée par voie endoscopique: soit l\u2019enlever à l\u2019aide d\u2019une pince, soit la cautériser à l\u2019électro-coagulation.Parmi les tumeurs bénignes des bronches, nous rencontrons des papillomes, des granulomes, des lipomes, des ostéo-chondromes, des fibromes; mais, les plus communes sont les adénomes.Depuis bientôt dix ans, ce groupe intéressant de tumeurs est l\u2019objet d\u2019une étude de plus en plus poussée.Anatomo-pathologistes, bronchoscopistes et chirurgiens du thorax, unissent leurs efforts pour identifier leur entité morbide et en établir les données histologiques, cliniques et thérapeutiques, sur des bases solides.635 On rapporte, de plus en plus, des cas de tumeurs broncho-pulmonaires ayant des caractères histo-pathologiques et cliniques qui se superposent et dont la guérison suit le traitement endoscopique ou chirurgical.Ces résultats encourageants paraissent définitifs puis- qu\u2019on cite des cas, déjà nombreux, dont l\u2019histoire clinique remontait à plus de dix ans.Au début de ces travaux sur les adénomes, une confusion régnait parmi les anatomo- pathologistes qui ont toujours le dernier mot à dire dans les cas de ce genre.Ils refusaient d\u2019admettre le caractère bénin de ces tumeurs à structure histologique d\u2019aspect quelque peu malin et les étiquetaient adéno-carcinomes.Les anatomo-pathologistes les plus compétents en cancérologie niaient aux adénomes leur bénignité jusqu\u2019au moment où quelques observations cliniques très concluantes aient été publiées.A la lumière de ces publications, la question a été mise au point et les adénomes bénins reconnus et individualisés.Mais, des erreurs de diagnostic se commettent encore dans les deux sens, le carcinome bronchique étant pris parfois pour un adénome bénin.Il y a six ans, nous avons rapporté 12 cas d\u2019adénomes bronchiques dont 9 vivent encore aujourd\u2019hui.Quant aux 3 autres, l\u2019un est décédé d\u2019une maladie générale; les deux derniers portaient des adéno-carcinomes peu malins.Lorsqu\u2019il s\u2019agit de tumeurs malignes, le bron- choscopiste doit jouer un rôle important dans le dépistage des cas où la lobectomie ou la pneumonectomie sont indiquées, afin de les diriger sans délai, vers le chirurgien spécialisé en chirurgie thoracique.Cette chirurgie s\u2019est développée considérablement en ces dernières années, malgré le caractère radical de ses interventions.Si bien que, le taux de mortalité a fortement baissé.Les observations bronchoscopiques, la biopsie étant positive ou non, apportent une aide considérable soit pour décider si oui ou non une opération est justifiée, soit pour déterminer l\u2019étendue de la résection si celle-là est requise. 636 LES AFFECTIONS SUPPURÉES BRONCHO- PULMONAIRES Bronchectasie.Dans les cas bien établis de bronchectasie, l\u2019aspiration bronchoscopique présente une valeur palliative importante, mais n\u2019offre malheureusement pas grande chance de guérison.Une guérison relative peut être obtenue dans quelques cas traités dès le début, lorsque la dilatation n\u2019est pas encore très avancée et quand les modifications dues à l\u2019inflammation ne sont pas trop étendues.Dans les lésions unilatérales, les résultats sont peut-être meilleurs que ceux obtenus dans les lésions bilatérales.Si on trouve des granulations ou tout autre cause d\u2019obstruction, leur ablation peut produire une amélioration très nette.Une série de bronchoscopies aspiratrices est de très grande valeur comme acte préliminaire à une lobectomie.L\u2019abcès pulmonaire.Tout patient souffrant d\u2019un abcès pulmonaire doit être traité en collaboration avec le médecin, le chirurgien du thorax et le bronchoscopiste ou bronchologiste, sans omettre bien entendu le radiologiste.Parmi les soins médicaux généraux d\u2019une importance fondamentale, il faut citer d\u2019abord les transfusions de sang répétées, les injections intra-veineuses de néoarsphénamine et les sulfamidés par voie buccale.Le drainage postural et le drainage bronchoscopique doivent être appliqués selon les indications; au moment opportun, il est nécessaire de recourir au drainage chirurgical dans un certain nombre de cas.Chez la majorité des malades, le traitement conservateur doit être maintenu pendant au moins deux mois; toutefois, des indications chirurgicales définies peuvent se présenter à n\u2019importe quel moment.La bronchoscopie diagnostique s\u2019est montrée d\u2019une haute valeur dans la recherche des corps étrangers, des tumeurs, des sténoses bronchiques aussi bien que dans la découverte L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juin 1943 du pus à la bronche particulière d\u2019où il provient.Dans un certain nombre de cas, la bronchoscopie a suffi à titre de mesure curative et cela en modifiant le cours des symptômes chez des patients qui répondaient mal au simple traitement médical.Le drainage et l\u2019instillation des médicaments tel que le sulfathiazole sodé (Latra- verse) se trouvent parmi les manœuvres bron- choscopiques les plus importantes.Est aussi de grande valeur, l\u2019emploi des solutions éphé- drinées en badigeonnage ou en instillation, pour faciliter la ventilation et le drainage à la suite de l\u2019affaissement de la muqueuse par action constrictive.Empyème.Il a été admis comme axiome, parmi les bronchoscopistes, qu\u2019il est impossible de drainer la plèvre à travers un bronchoscope.Cependant, même dans l\u2019empyème, la bronchoscopie est souvent indiquée comme méthode de diagnostic.Dans quelques cas, on découvrira la présence d\u2019une obstruction quelconque, soit un corps étranger, soit une tumeur; la suppression d\u2019une telle obstruction hâtera la guérison par le drainage chirurgical.Il est certain que l\u2019obstruction bronchique de n\u2019importe quel genre doit être invoquée comme facteur étiologique dans plusieurs cas d\u2019empyème, et, que la persistance de la cause d\u2019obstruction rend la guérison impossible par le drainage externe seul.TUBERCULOSE À l'heure actuelle, le bronchoscopiste n\u2019hésite plus à faire une bronchoscopie chez un tuberculeux, à condition cependant qu\u2019il y ait une indication à la bronchoscopie, tels que des signes d\u2019obstruction et que le larynx ne soit pas sérieusement infiltré.Toutefois, si le patient souffre de laryngite tuberculeuse, seules des indications urgentes peuvent justifier l\u2019introduction du bronchoscope.On rencontre assez souvent une sténose chez un tuberculeux.La dilatation est indiquée dans certains cas, particulièrement chez un JACKSON: BRONCHOSCOPIE DANS LA MÉDECINE MODERNE malade où la sténose siège au niveau d\u2019une bronche souche et donne suite à une suppuration secondaire du territoire pulmonaire correspondant.Assez souvent, on rencontre des ulcérations ou des lésions ulcéro-granuloma- teuses de la muqueuse, qu\u2019on peut très facilement traiter par le nitrate d\u2019argent ou l\u2019élec- tro-coagulation avec des résultats excellents.Il ne faut pas oublier cependant, lorsqu\u2019on traite de la bronchoscopie en tuberculose, que l\u2019endoscopie diagnostique rend possible le prélèvement de sécrétions ou de tissus endobron- chiques au niveau de la bronche du lobe malade, d\u2019où naît le diagnostic précis qui n\u2019avait pu jusqu\u2019alors être prouvé par l\u2019examen répété des crachats.Conclusion Dans ce communiqué, je n\u2019ai fait qu\u2019esquisser à grands traits quelques-uns des emplois les plus importants du bronchoscope à l'heure actuelle.Permettez-moi d\u2019y ajouter comme matière à sérieuse considération la quéstion suivante: « Qui doit faire la bronchoscopie?» La bronchoscopie fut développée par les laryngologistes; plusieurs d\u2019entre eux sont d'avis qu\u2019elle doit demeurer dans le domaine exclusif de la laryngologie.Cependant, après l\u2019avènement de la chirurgie thoracique transformée en spécialité, les chirurgiens du thorax ayant 637 reconnu l'importance de la bronchoscopie, certains d\u2019entre eux se sont mis à la pratiquer eux-mêmes.Dans quelques institutions, la bronchoscopie est pratiquée par des médecins ou des phtisiologues.Dans plusieurs cliniques spécialisées, on ne fait exclusivement que de l\u2019endoscopie pérorale, ou que de la chirurgie du larynx et de l\u2019endoscopie perorale.A mon point de vue, je crois qu\u2019à l\u2019avenir, le laryngologiste continuera à faire de la bronchoscopie particulièrement pour extraire les corps étrangers.De son côté, il est probable que le spécialiste en chirurgie thoracique fera la majorité de ses propres bronchoscopies, s\u2019il n\u2019a pas la bonne fortune d\u2019avoir la collaboration d\u2019un bronchoscopiste ou d\u2019un laryngologiste entraîné en bronchoscopie; que beaucoup de médecins spécialisés en maladies broncho- pulmonaires feront la même chose.Nous continuerons toujours sans doute, d\u2019avoir un certain nombre de bronchoscopistes ou bronchologistes, si vous préférez, qui n\u2019exerceront que cette spécialité.Chaque clinique doit donc résoudre ce problème selon ses propres moyens.En tout cas, il est important que les indications de la bronchoescopie soient reconnues, et qu\u2019il se trouve là quelqu'un de bien entraîné pour accomplir le travail d\u2019une manière habile et efficace. LES SYMPTÔMES ET LE TRAITEMENT DE L\u2019ANGINE DE POITRINE! Par Guy DROUIN 1 Professeur Agrégé à la Faculté de Médecine, Assistant à l\u2019hôpital du Saint-Sacrement (Québec).Il est difficile de résumer en quinze minutes tout ce qu\u2019il y aurait d\u2019intéressant à dire au sujet des symptômes et du traitement de l\u2019angine de poitrine; en effet, plus on lit ce qui est publié dans les traités de médecine et les revues médicales concernant ce syndrome, plus il devient compliqué d\u2019en tracer le cadre symptomatique et thérapeutique.Symptomatologie A) SUBJECTIFS.Lorsque, dans le cabinet de consultation, on se trouve en présence d\u2019un sujet qui a déjà fait une ou plusieurs crises douloureuses thoraciques médianes antérieures et en craint la répétition, le médecin doit se rappeler que le questionnaire méthodique et serré est probablement l\u2019acte le plus important parmi ceux qui permettent de faire le diagnostic.Il est plus ou moins facile suivant les malades; les uns décrivent d\u2019eux-mêmes leur crise d\u2019une manière parfaite, ce qui souvent oriente suffisamment le diagnostic; les autres attendent d\u2019être interrogés par le médecin qui devra se garder de suggérer les réponses et tâcher de faire préciser les caractères de la douleur angineuse.Ces caractères sont au nombre de cinq: 1) Le siège de la douleur est le plus souvent rétro-sternal, au niveau de l\u2019union du tiers supérieur et du tiers moyen, ce qui n\u2019exclut pas la possibilité qu\u2019il soit à la région moyenne ou à la région xyphoïdienne, ou au delà du sternum à la fourchette sternale ou à la région épigastrique (angor abdominalis) ; la douleur peut aussi être précordiale, ou au niveau du 1.Travail présenté au XVIIe Congrès de l\u2019Asso- cation des Médecins de Langue Francaise de l\u2019Amérique du Nord, Montréal, septembre 1942.sein gauche; rarement elle siégera le long du bord droit du sternum ou dans le dos.2) La douleur angineuse est angoissante, caractère constitué d\u2019une sensation thoracique de griffe, d\u2019étreinte, de ceinture de fer, de poids, d\u2019écrasement, de gonflement ou d\u2019éclatement interne, de brûlure de fer rouge, de corps étranger, ou simplement de gêne imprécise, et d\u2019une sensation psychique de peur, de crainte ou de mort imminente.3) La douleur ärradie le plus souvent dans le domaine du plexus brachial, et dans la zone innervée par le nerf cubital gauche, c\u2019est-a- dire suivant la face interne du bras et de l\u2019avant-bras gauches et dans les deux derniers doigts; l\u2019irradiation dans le membre supérieur gauche peut être partielle et consister en une sensation de constriction douloureuse localisée à l\u2019épaule, au coude ou au poignet, ou aux trois articulations à la fois; l\u2019irradiation peut aussi être bilatérale, mais il est rare qu\u2019elle n\u2019intéresse que le membre supérieur droit.Assez souvent la douleur irradie dans le domaine du plexus cervical, vers le cou, le menton, la mâchoire inférieure, l\u2019oreille, la nuque.Plus rarement l\u2019irradiation est basse, vers l\u2019épigastre, le rebord des fausses côtes, les lombes, la région scrotale, les membres inférieurs.4) La douleur angineuse est essentiellement paroxystique, survenant par crises provoquées par l\u2019effort, s\u2019accentuant parallèlement à lui, pour ne disparaître que lorsqu'il a cessé, sauf dans les crises d\u2019angor nocturne que ne provoque aucun effort apparent.5) La douleur de l\u2019angor d\u2019effort ne dure que de quelques secondes à quelques minutes, et elle cesse le plus souvent sans laisser de traces; elle est parfois suivie d\u2019une sensation DROUIN: ANGINE DE POITRINE d\u2019endolorissement.Dans l\u2019angor de décubitus, la douleur dure plus longtemps, de quinze minutes à quelques heures, et à la suite persiste d\u2019une façon prolongée un endolorissement de la région précordiale et du bras gauche.| B) OBJECTIFS.a) Dans l\u2019intervalle des crises.Le questionnaire terminé, le médecin doit procéder à un examen minutieux de l\u2019appareil cardio-vasculaire; dans la majorité des cas il sera négatif.Tout de même on pourra parfois entendre au foyer aortique un éclat clan- goreux du deuxième bruit, un bruit de souffle systolique ou diastolique, ou les deux à la fois; à la pointe un bruit de galop ou un souffle d\u2019insuffisance mitrale fonctionnelle; ou encore un souffle systolique en écharpe s\u2019étendant de la partie interne de second espace intercostal droit jusqu\u2019à la pointe et même jusque dans l\u2019aisselle gauche.Souvent la pression artérielle est supérieure à la normale.Avant de se prononcer, il est important de conseiller avec insistance au patient de subir un examen radiologique et un examen électro- cardiographique.À l\u2019écran radioscopique, on cherchera à dépister une augmentation de volume du cœur qui généralement intéresse uniquement ou surtout le ventricule gauche, ou bien une augmentation de calibre, d\u2019opacité ou de flexuosité de l\u2019aorte.Sur le tracé électrique, on recherchera des altérations du complexe ventriculaire portant sur le groupe QRS, sur le segment S-T ou sur l\u2019onde T; au niveau du groupe QRS, diverses altérations pourront être notées: bas voltage, en D III onde Q dont l\u2019amplitude égale au moins le quart de la plus grande onde R des deux autres dérivations, crochetage ou épaississement des branches ou des sommets des ondes R ou 8, élargissement de la base d\u2019une de ces ondes; le segment R-T ou S-T sera tantôt simplement dénivelé 639 positivement ou négativement, tantôt en forme de demi-dôme ou de demi-cuvette; l\u2019onde T pourra être négative, et plus ou moins pointue, dans les trois dérivations, ou seulement dans une ou deux d\u2019entre elles.En terminant il est important de faire une prise de sang pour la recherche de la réaction de Wassermann.b) Au cours de la crise.Au cours de la crise d\u2019angine d\u2019effort, l\u2019examen clinique ne révèle généralement rien de plus que dans l'intervalle des crises; cependant seront parfois notées une légère accélération cardiaque et quelques extrasystoles; la pression artérielle est souvent légèrement élevée; de même, dans la plupart des cas, le tracé électrocardiographique demeure inchangé; exceptionnellement se produisent d\u2019une façon transitoire des modifications du segment S-T ou de l\u2019onde T, semblables à celles de l\u2019angor aigu coronarien fébrile.Au cours de la crise d\u2019angine de décubitus, il est plus fréquent d\u2019entendre des bruits anormaux à l\u2019auscultation: bruit de galop gauche, souffle systolique d\u2019insuffisance mitrale fonctionnelle, râles aux plages pulmonaires.D\u2019après certains auteurs il est rare que tous les examens restent négatifs et dans 75% des cas (même dans 7/8 des cas pour Lian) on constate quelque chose d\u2019anormal à l\u2019examen clinique, radiologique ou électrocardio- graphique; il reste tout de même 25% des cas où le diagnostic ne peut être basé que sur le syndrome fonctionnel, ce qui explique toute l\u2019importance d\u2019un questionnaire bien conduit.Traitement Pour ce qui est du traitement, nous puiserons largement dans une communication que nous avons présentée il y a deux ans devant les membres de la « Société Médicale des Hopi- taux Universitaires de Québec », en collaboration avec le docteur Renaud Lemieux, chef du Service de Médecine de l\u2019hôpital du Saint- Sacrement. 640 A) TRAITEMENT DE LA CRISE.À l\u2019occasion d\u2019une crise d\u2019angine de poitrine, le malade a la plupart du temps devancé le médecin qui le voit immobile et silencieux, en position assise ou demi-assise; il devra lui demander de rester le plus calme possible et de respirer tranquillement, et veillera à ce que la chambre soit bien aérée.Si la crise est assez forte pour ne pas être calmée par le seul repos, il faudra employer un médicament.Mais il arrive que le médecin se trouve auprès d\u2019un angineux en état de crise, par hasard, sans y avoir été appelé, et est alors privé de sa trousse d'urgence; dans ce cas, il pourra lui faire boire un peu de cognac ou respirer de l\u2019ammoniaque aromatique, placer sur son thorax un sinapisme ou une vessie d\u2019eau chaude, ou encore immerger ses pieds ou ses mains et avant-bras dans de l\u2019eau chaude; il arrive que ces petits moyens se montrent efficaces.Le médicament à utiliser devra être un vaso-dilatateur à action rapide; le plus puissant est le nitrite d\u2019amyle, présenté en ampoules qui en contiennent de trois à dix gouttes et que l\u2019on brise dans un \u2018mouchoir pour le faire inhaler; il a l\u2019inconvénient de provoquer une sensation de chaleur et de violents battements dans la tête, sensation parfois si désagréable que le médicament est refusé par celui qui le connaît; par contre il a l\u2019avantage de calmer rapidement la crise et de demeurer toujours aussi actif malgré la fréquence possible de son emploi chez le même malade; il peut ne pas être sans danger chez les artérioscléreux par suite de la chute brusque de la tension artérielle qu\u2019il entraîne.Quoiqu\u2019un peu moins active, la dragée de trinitrine caféinée, croquée et conservée dans la bouche pendant deux ou trois minutes avant d\u2019être avalée, est d\u2019une efficacité si remarquable qu\u2019en général on n\u2019hésite pas à la donner préalablement au nitrite d\u2019amyle; la chute de la pression artérielle est moins prononcée et moins brusque, la sensation subjective de chaleur est mieux supportée; cette dragée a été formulée par Vaquez, elle contient trois gouttes de la solution de trinitrine au 1/100e associée à de l\u2019éther, de l'héroïne et de la caféine en L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juin 1943 petites quantités; elle peut être répétée sans danger jusqu\u2019à huit fois par 24 heures.Le nitrite d\u2019amyle doit calmer la crise en quelques secondes et la trinitrine en quelques minutes; s\u2019ils se montrent sans effet au bout de ce temps, on doit injecter sous la peau 14 de grain de morphine, que l\u2019on peut associer à Vatropine et à la papavérine; cette injection sera répétée jusqu\u2019à effet, de 30 minutes en 30 minutes.En France, Paul Halbron, Jacques Lenormand et Pierre Dartigues ont injecté loco dolenti, dans le derme, des acides aminés qui ont un tropisme nerveux particulier et une action manifeste sur le sympathique; ils se sont servis d\u2019une solution mixte d\u2019histidine & 4% et de tryptophane & 2%, a la quantité de 45 eme.; ils ont rapporté qu\u2019en état de crise la douleur disparaît après deux ou trois minutes.Des injections intradermiques de novocaïne dans la région précordiale réussissent assez souvent à calmer la crise.Au cours de l\u2019accès, surtout celui de décubitus, peuvent être observés des signes d\u2019insuffisance cardiaque, particulièrement d\u2019ædème aigu du poumon; il faut alors pratiquer une sargnée d\u2019une manière prudente et retirer l\u2019aiguille dès que le sujet manifeste des signes d\u2019amélioration, puis on donne une injection de 15 mgm.de ouabaine dans une veine, dose qui peut être répétée au bout de quelques heures; 11 est bon de compléter avec une injection sous- cutanée de 14 de grain de morphine.B) TRAITEMENT DANS L\u2019INTERVALLE DES CRISES.Le traitement de fond de l\u2019intervalle des crises d\u2019angine de poitrine se résume en des prescriptions hygiéno-diététiques, - médicamenteuses et physiothérapiques.L\u2019angineux doit éviter toute fatigue physique et les émotions; sa vie doit être réglée, et les efforts physiques ne doivent être entrepris que d\u2019une manière lente et graduée; il doit éviter les montées d\u2019escaliers, se reposer environ une heure après le repas avant de sortir, et à l\u2019extérieur ne pas s\u2019exposer au froid ou contre le vent.Quant au régime alimentaire, il sera mixte, hypograisseux, excluant les aliments de diges- DROUIN: ANGINE DE POITRINE tion difficile; ce qui importe, c\u2019est de ne pas prendre de repas abondants et de rationner aussi la quantité de chaque ingestion de liquides; parmi ces derniers, l\u2019alcool, le thé et le café forts sont à proscrire.Pour ce qui est du tabac, qui est un toxique, l\u2019idéal serait de le supprimer complètement, ce qui est souvent pratiquement impossible; tout au plus permet- tra-t-on quelques cigarettes (une dizaine) par jour et on interdira le cigare.Les voyages seront permis, à condition de fragmenter les distances.On interdira les bains très chauds ou très froids et les expositions prolongées au soleil.Les médicaments entre lesquels le choix est à faire sont nombreux: des vaso-dilatateurs pour lutter contre la coronarite sténosante, des sédatifs pour calmer l\u2019hyperexcitabilité du plexus cardiaque, des analgésiques et quelques autres dirigés contre une étiologie spéciale.Parmi les vaso-dilatateurs, la première place est occupée par les nitrites; la plupart des auteurs français conseillent de réserver la tri- nitrine pour le traitement de la crise, ou encore comme moyen prophylactique immédiatement avant un effort physique; pour le professeur Schlessenger, de Vienne, entre les crises, le nitrite de soude aurait une influence plus heureuse, à condition d\u2019être injectée sous la peau, trois fois par semaine, pendant six à huit semaines, à la dose d\u2019une ampoule de 2 eme.contenant 0.02 gm.de nitrite de soude.La théobromine (0.50 gm.3 fois par jour) dilaterait électivement les vaisseaux coronaires, Sont aussi employés: le benzoate de benzyle en solution alcoolique à 20% à la dose de 30 à 40 gouttes 3 à 4 fois par jour; la papavérine à la dose de 0.05 gm.3 fois par jour; et les injections intramusculaires d\u2019acétylcholine a raison de 0.20 gm.2 fois par jour pendant 1 semaine, et 1 fois par jour pendant les 2 semaines suivantes.Les extraits pancréatiques dé- sinsulinés, de même que les extraits musculaires, n\u2019ont pas fourni de résultats encourageants.Récemment, ont été publiées des observations d\u2019angineux qui se sont trouvés gran- 641 dement améliorés par des injections de pro- pionate de testostérone (extrait testiculaire) ; d\u2019après la posologie proposée il faudrait injecter une ampoule de 25 mgms.3 fois par semaine pendant une couple de mois, puis diminuer graduellement la dose à une ampoule par mois, ce qui suffirait à maintenir les bons effets obtenus.Un autre produit glandulaire, d\u2019apparition également récente, consisterait dans une hormone cardiaque sécrétée par le foie; entre autres il serait doué de bons effets contre le syndrome angineux; nous n\u2019en avons pas assez d\u2019expérience pour apporter une conclusion intéressante.Les dérivés xanthiques ont acquis une grande vogue, apparemment méritée, au cours de ces dernières années; aux Etats-Unis, Morton Brown et J.E.F.Riseman en ont fait l\u2019étude et sont venus à la conclusion que la théophylline associé à l\u2019acétate de soude (215 grains) serait la forme la plus efficace; elle se prescrit à la dose de 9 à 12 grains par 24 hrs.; ces auteurs se sont aussi rendus compte que l\u2019association de sédatifs n\u2019augmentent pas l\u2019activité de la théophylline; ils croient la théobromine aussi active que la théophylline, mais souvent elle est moins bien tolérée.Les sédatifs les plus employés sont le gardénal à la dose de 0.02 gm.3 à 5 fois par jour, le bromure de sodium à la dose de 1 gm.3 fois par jour, la teinture d\u2019aubépine et de passiflore à la dose de 15 gouttes 3 fois par jour.Parmi les médicaments analgésiques les acides aminés en injection intradermique méritent une mention spéciale; ils ont surtout été employés en France par Halbron, Lenormand et Dartigues qui se sont servis d\u2019une solution d\u2019histidine à 4% qu\u2019ils ont injectée en un point quelconque, par exemple à la face externe du bras, à la dose de 44 cmc.; l\u2019injection est quotidiennement répétée pendant 2, 3 ou 4 semaines selon l\u2019amélioration clinique; les auteurs ont constaté que leur méthode donne des résultats qui, s\u2019ils sont incomplets et de courte durée, n\u2019en sont pas moins constants.Il importe de mentionner aussi les injections paravertébrales de no- 642 vocaïne qui, entre les mains du docteur Paul Morin, ont donné 60% de bons résultats; selon lui elles auraient plus de chances de succès dans les angors purs, c\u2019est-à-dire dans ceux où le diagnostic n\u2019est basé que sur le syndrome fonctionnel.Nous venons de passer en revue les médicaments vaso-dilatateurs, les sédatifs et analgésiques les plus employés dans le traitement de fond de l\u2019angine de poitrine; il en existe un autre qui est de date récente et possède physiologiquement ces trois propriétés, le pro- sympal ou 883 F.Au point de vue chimique, c\u2019est un diéthyl-aminométhyl-benzodioxan ; il appartient au groupe des benzodioxans qui ont été préparés par Messieurs Fourneau et Bovet et se sont placés en physiologie au premier rang des sympatholytiques.Ses effets en thérapeutique humaine ont surtout été recherchés dans les services des professeurs Clerc et Guillain.C\u2019est dans l\u2019angine de poitrine que ce médicament a donné les plus beaux succès; Jean Sterne, collaborateur du professeur Clerc, a précisé les règles de son administration.Le prosympal est présenté en comprimés dosés à 0.01 gm.et en ampoules de 2 eme, d\u2019une solution à 2,5% (soit 0.05 gm.de produit actif par ampoule) ; la voie buccale est la plus fréquemment utilisée, la voie sous- cutanée ne devenant nécessaire qu\u2019au cas de troubles digestifs.La dose varie suivant trois périodes: une première où est déterminée la susceptibilité du malade, une seconde durant laquelle est maintenue la dose maxima, et une troisième où se fait la recherche de la dose minima nécessaire, suffisante pour maintenir l\u2019équilibre du malade.On donne 5 comprimés le premier jour, 10 comprimés le deuxième jour, et on augmente de manière à atteindre dès le troisième ou le quatrième jour la dose maxima nécessaire pour faire disparaître les crises; elle est en général de 15 à 20 comprimés, et on ne doit jamais dépasser 30 comprimés; cette dose maxima est maintenue en moyenne pendant un mois, puis elle est diminuée de 1 ou 2 comprimés par jour jusqu\u2019à ce que soit atteinte la dose minima L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juin 1943 nécessaire à la persistance des bons effets; cette dose est maintenue pendant des mois, de façon continue ou intermittente, car il n\u2019y a pas d\u2019accoutumance.Chaque dose ne doit pas être supérieure à 5 comprimés, ni inférieure à 2 comprimés.Le prosympal est bien toléré, les réactions toujours possibles sont bénignes; peu de temps après l\u2019ingestion des comprimés peut survenir une sensation de congestion céphalique et de battements des vaisseaux qui disparaît en quelques instants; après quelques jours de traitement, le malade peut se plaindre de brûlements d\u2019estomac et d\u2019anorexie; pour prévenir ces troubles il suffit souvent de faire ingérer les comprimés au milieu du repas ou avec de la solution de Bourget ou de l\u2019eau de Vichy.Les accidents tardifs, consécutifs à une administration prolongée, sont également bénins et consistent dans de la tendance à de la bronchite chronique et, rarement, dans des douleurs osseuses avec chute de la calcémie, pour la prévention desquels il est sage de prescrire de temps en temps du calcium et de la vitamine D.Il faut signaler aussi que de la lassitude et de la somnolence sont fréquemment observées au cours des premiers jours du traitement.Ce sont dans les angors purs que le prosympal donne les plus beaux résultats; dès le moment où la dose maxima est atteinte, les crises s\u2019atténuent, puis elles s\u2019éloignent et disparaissent même; le médicament est sans effet sur la crise elle-même; it demeure un traitement symptomatique capable de fournir des résultats si importants qu\u2019ils voisinent la guérison.Son mode d\u2019action est peu connu; on croit qu\u2019il agit surtout en paralysant le système végétatif et qu\u2019il influence favorablement la contraction du myocarde et de la circulation coronarienne.De plus il est souvent possible d\u2019instituer un traitement étiologique.Même en l\u2019absence de signes cliniques, il est légitime de penser que l\u2019athérome puisse être à l\u2019origine des manifestations angineuses, c\u2019est pourquoi la médication iodée est en honneur depuis longtemps; 1l semble que lorsqu\u2019elle est administrée par la bouche elle donne des résultats qui sont loin DROUIN: ANGINE DE POITRINE d\u2019être probants; il est de beaucoup préférable de l\u2019injecter dans les veines; Lian a préconisé l\u2019emploi de l\u2019Iodaseptime renforcée par l\u2019adjonction d\u2019iodure de sodium: il injecte 3 fois par semaine, pendant 6 semaines, des ampoules de 5 cme.dosées à 0.06 gm.par cme.; il prétend avoir ainsi obtenu 33% de grande amélioration; la série d\u2019injections doit être répétée à intervalle de quelques semaines ou de quelques mois.L\u2019iode serait douée d\u2019une action vaso-dilatatrice et trophique.Fréquemment l\u2019angineux avoue avoir contracté la syphilis, ou en présente les stigmates, ou la réaction de son sang est positive, si bien que 33% des angors cardio-artériels seraient de nature spécifique; il est recommandé d\u2019attaquer avec des injections intraveineuses de cyanure de mercure, puis de continuer avec des injections intramusculaire d\u2019arsenic (acétylar- san ou sulfarsenol), suivies d\u2019injections intramusculaires de bismuth; on pourra séparer les séries de médicaments spirochéticides par des séries d\u2019injections iodées; si les crises persistent ,on sera autorisé à prescrire des injections intraveineuses d\u2019arsenie (novarsenoben- zol ou mapharsen).S\u2019il y a anévrysme de l\u2019aorte, on pourra croire d\u2019emblée à l\u2019origine spécifique et traiter en conséquence.Si on constate les signes d\u2019aortide avec insuffisance aortique (maladie de Hodgson), et si la spécificité n\u2019est pas évidente, le traitement d\u2019épreuve s\u2019impose.Même en l\u2019absence de tout signe d\u2019atteinte cardio-vasculaire, il arrive que le traitement anti-syphilitique se montre efficace.En présence de signes d\u2019insuffisance cardra- que on recourra à la digitale, la théobromine ou la ouabaine.Après échec des traitements médicamenteux, il reste à utiliser la physiothérapie.Il était naturel de penser que la diathermie, grâce à ses propriétés sédatives et vaso-dilatatrices, pourrait se montrer utile; les résultats qu\u2019elle a fourni ne sont pas encourageants; quant aux ondes courtes, il semble qu\u2019elles ne donnent que des résultats transitoires.En Allemagne, aux Etats-Unis et en France, on s\u2019est servi la radiothérapie qui agit en diminuant le seuil de l\u2019excitabilité du plexus cardiaque, et proba- 643 blement aussi, en dilatant les vaisseaux coronaires; d\u2019après Lian qui en a une certaine expérience il faut débuter par des séances à faible dose et n\u2019augmenter que progressivement; on pourrait s\u2019attendre à une bonne amélioration dans les 24 des cas.C) TRAITEMENT CHIRURGICAL.L\u2019angine de poitrine est certainement l\u2019une des affections les plus redoutées des gens en santé; après cetté revue d\u2019ensemble du traitement médical, il faut avouer que cet état d\u2019esprit est aussi celui du médecin à qui l\u2019angineux confie le soin de sa guérison ; s\u2019il est possible d\u2019améliorer ce mal à un degré variable, le succès complet et définitif reste toujours problématique.Cependant depuis vingt-cinq ans, , les chirurgiens, en apportant leur concours, ont fait sonner une note d\u2019encouragement; les uns se sont attaqués au point de vue nerveux du problème, les autres au point de vue vasculaire.Aux interventions nerveuses qui con- .sistent dans la résection du sympathique cer- .vical, tantôt total, tantôt partiel, on reproche de n\u2019agir que contre l\u2019élément douloureux et spasmodique.Si l\u2019on admet que la coronarite sténosante est à l\u2019origine de 75% des cas d\u2019angine de poitrine, il semble plus logique de tenter de modifier l\u2019apport sanguin dans des zones myocardiques qui en sont plus ou moins privées; c\u2019est dans ce but qu\u2019ont été préconisés différents procédés de revascularisation du myocarde par l'intermédiaire de greffe tissulaire: tels sont la cardiomyorraphie de Beck, la cardio-omento-pexie de O\u2019Shaugnessy, et la cardio-pneumopexie de Lézius.Mais il faut se demander si, à la suite de ces interventions, les néo-vaisseaux atteignent bien les zones vers lesquelles ils sont dirigés.Nous sommes portés à croire que la coronariectomie segmentaire associée à la ligature de la veine coronaire gauche est théoriquement plus susceptible de satisfaire à ces desiderata, et nous sommes heureux que ce soit un de nos compatriotes, le docteur Mercier Fauteux, qui se soit intéressé à cette audacieuse intervention.En résumé, le traitement chirurgical marque un pas important dans l\u2019évolution de la thérapeutique anti-angineuse. INDICATIONS DE LA CÉSARIENNE HAUTE ET BASSE ' Par Oscar GARANT (Québec).Si l\u2019on en croit les légendes, l\u2019opération de la césarienne a été pratiquée dès les temps les plus reculés.En mythologie, on parle de fœtus extrait à travers le ventre de la mère, et la littérature grecque mentionne des hystéroto- mies faites sur des mères mortes au cours de leur grossesse, afin de sauver l\u2019enfant.On ne s\u2019accorde guère cependant sur l\u2019étymologie du mot.Pour les uns, l\u2019expression est tirée de la forme même de l\u2019opération, c\u2019est- à-dire de la naissance d\u2019un enfant a cæso matris utero, tandis que d\u2019autres affirment que ce nom lui a été donné en l\u2019honneur de Jules César, qui naquit au moyen d\u2019une césarienne exécutée sur le cadavre de sa mère (?).Mais cette deuxième hypothèse semble plutôt inadmissible, puisque la mère de cet empereur vécut encore longtemps après la naissance de son fils.Quoi qu\u2019il en soit, jusqu\u2019au XVIe siècle, elle ne fut pratiquée que sur des femmes mortes et dans le seul but de sauver l\u2019enfant.Le premier qui osa le faire sur une femme vivante fut Jacques Nufer, un châtreur de porcs, qui opéra sa propre femme, en l\u2019an 1500, avec un tel succès que celle-ci accoucha de jumeaux quelques années plus tard.Quarante ans après lui, un chirurgien italien, du nom de Christophe Maini, accomplissait le même travail.| En 1581, un chirurgien francais cette fois, François Rousset, publie un livre énumérant les différentes indications de la césarienne, qu\u2019il qualifie d\u2019intervention heureuse et bénigne.Hélas! son bel optimisme ne réussit pas à convaincre ses contemporains qui doutent de l\u2019efficacité d\u2019un tel procédé; et, en 1777, Ségault lui donnera le coup de grâce en présentant à l\u2019Académie de chirurgie un fameux mémoire dans lequel il préconise, à la place de 1.Communication au XVIIe Congrès de l\u2019Asso- citation des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord, Montréal, septembre 1942.la césarienne, la section du pubis, c\u2019est-à-dire la symphyséotomie, dans le cas de dystocie pelvienne.Elle renaîtra cependant, au cours du XIXe siècle, avec Eldoardo Porro qui, en 1876, pratiquera la première césarienne destructive, qui consiste à faire suivre l\u2019hystérotomie d\u2019une amputation utérine avec extériorisation et fixation du moignon du col à- la paroi abdominale.Six ans plus tard, soit en 1882, Kehrer et Saenger se feront à nouveau les champions de la première césarienne conservatrice en proposant non plus l\u2019ablation de l\u2019utérus après la césarienne, mais simplement la suture de la plaie utérine après l\u2019extraction de l\u2019enfant.En fait, ce furent Léopold et Bar, en France, qui consacrèrent définitivement cette dernière méthode, et tous ceux qui vinrent ensuite n\u2019eurent plus qu\u2019à en perfectionner les indications et la technique.Principales variétés de césariennes La césarienne fut d\u2019abord presque exclusivement réservée aux femmes opérées en fin de grossesse ou au tout début du travail.Les résultats étaient excellents puisque la mortalité maternelle se chiffrait à 3% ou 4%; mais quand les accoucheurs voulurent agrandir le champ des indications et opérer des parturientes en travail depuis plusieurs heures, dont les membranes étaient rupturées ou qui présentaient déjà une légère élévation du pouls et de la température, la mortalité monta jusqu\u2019à 30% | Les risques devenaient vraiment trop graves; et la voie abdominale ne valait guére mieux que la voie basse, car, si elle sauvait plus d\u2019enfants, par contre elle tuait malheureusement trop de mères.Et c\u2019est pour éviter ces risques de mort qu\u2019un certain nombre d\u2019accoucheurs ont proposé les différentes variétés de césariennes que voici. GARANT: INDICATIONS DE LA CÉSARIENNE HAUTE ET BASSE CÉSARIENNE CLASSIQUE OU CÉSARIENNE HAUTE La plus simple, la plus rapide, mais celle dont les indications sont de beaucoup les plus restreintes.L\u2019incision abdominale est longue, surtout lorsqu\u2019on extériorise l\u2019utérus.Elle porte sur la ligne médiane en commençant à 6 ou 7 centimètres en bas de l\u2019ombilic et remonte à une dizaine de centimètres au-dessus.L'utérus, une fois extériorisé, est incisé en plein corps, sur la ligne antéro-médiane, en une région où le péritoine est intimement adhérent, loin du col et dans la zone avaseulaire.L\u2019enfant étant extrait, on décolle l\u2019arrière-faix avec les mains; il ne reste plus qu\u2019à suturer l\u2019utérus en deux plans et à fermer l\u2019abdomen: la manœuvre dure au plus vingt minutes.CÉSARIENNE BASSE OU SUPRA-SYMPHYSAIRE Celle qui a bouleversé toutes nos conceptions obstétricales touchant l\u2019accouchement prématuré, la symphyséotomie, la version, voire même les forceps dans les cas difficiles, mais dont abusent parfois certains accoucheurs malhabiles ou qui, il faut l\u2019avouer, profitent de cet acte chirurgical pour toucher de gros honoraires.Les procédés de la césarienne basse sont nombreux, mais tous ont pour principe de faire porter l\u2019incision sur le segment inférieur de l\u2019utérus, après ouverture de la cavité péritonéale.On avait tout d\u2019abord essayé la césarienne « extra-péritonéale », mais on s\u2019est vite aperçu qu\u2019elle présentait de sérieux inconvénients techniques; sans qu\u2019il y ait maladresse, le péritoine se déchirait lors du décollement, et, en dépit de la suture immédiate, l\u2019exclusion de la cavité n\u2019était plus garantie.Et que dire des fréquentes lésions de la vessie, des uretères et des gros vaisseaux, ajoutées à la durée de cette intervention qui est sensiblement plus longue que la transpéritonéale, cette dernière raison assez importante dans les cas exigeant une action rapide.645 Ces différents motifs l\u2019ont donc fait rejeter, et elle a été remplacée par la césarienne trans- péritonéale, au cours de laquelle on ouvre la cavité péritonéale comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une laparotomie ordinaire.L\u2019incision utérine, au lieu de porter sur le corps, comme dans la césarienne classique, portera sur le segment inférieur, à la zone décollable du péritoine viscéral.Suivant les goûts ou l'habitude de chacun, on sectionne l\u2019utérus transversalement ou perpendiculairement, on extrait le fœtus, et l\u2019on ferme la plaie utérine.Sur le surjet mus- culo-musculaire, on rabat le lambeau péritonéal supérieur, le fixant aussi bas que possible ; par dessus cette première couverture péritonéale, on remonte le lambeau inférieur qui entraîne la vessie et on le fixe par son extrême limite.OPÉRATION DE PORTES La césarienne haute classique corporéale, de même que la césarienne segmentaire, ne pouvaient être entreprises dans tous les cas où s\u2019imposait une intervention par voie abdominale.Pour pouvoir élargir le champ des indications opératoires sans risquer l'infection secondaire, il fallait avoir recours à d\u2019autres techniques.Ce fut Portes qui découvrit.une nouvelle manière de traiter l\u2019utérus après la césarienne, de façon à laisser à la femme ses organes génitaux internes et lui permettre d\u2019autres conceptions.| Tous les accoucheurs s\u2019apercevaient bien que la péritonite était la grande responsable de la mortalité maternelle après la césarienne.Cette complication est due à la contamination du péritoine par le liquide amniotique s\u2019écoulant au moment même de l\u2019ouverture de l\u2019utérus; ou encore la contamination peut se faire, après l\u2019opération, par les trous des fils de la suture utérine qui laissent passer des liquides plus ou moins septiques, venant de la matrice.Alors, pour ne pas souiller le péritoine, on extériorisera l\u2019utérus, comme dans toute césarienne classique, on l\u2019entourera de grandes gazes stériles, et avant de faire l\u2019hystérotomie, 646 \u201con fermera la paroi abdominale en arrière de \u2018l\u2019utérus; les liquides nocifs ne tomberont pas dans le ventre, au moment de notre incision utérine.L\u2019incision utérine sera celle de toute césarienne corporéale; apres \u2019extraction du fetus et du placenta, on suturera l\u2019utérus et on le \u2018laissera sorti, la rétraction s\u2019effectuant en dehors de la cavité abdominale.S\u2019il y a désunion de la cicatrice utérine, comme c\u2019est souvent le cas lorsqu\u2019on opère longtemps après que le travail est commencé, les liquides provenant de la matrice seront collectés à l\u2019extérieur et non dans la grande cavité abdominale, excluant ; tout danger d\u2019infection de ce côté.La réintégration, dans le bassin de l\u2019utérus cicatrisé, se fera dans les 3 ou 4 semaines qui suivront la première opération.C\u2019est le temps à peu près nécessaire pour une involution génitale parfaite.CÉSARIENNE SEGMENTAIRE DE JEANNIN Bien que le procédé de Portes soit excellent dans les cas douteux d\u2019une patiente en travail depuis plusieurs heures, ou à membranes rup- turées, chez qui on aurait fait des touchers répétés et suspects, ayant peut-être subi des tentatives d\u2019extraction par voie basse, il pré- \u2018sente toutefois deux inconvénients, autres que les accidents post-opératoires: 1° Dans les cas heureux, il faut intervenir une seconde fois pour replacer l\u2019utérus, ce qui prolonge considérablement le temps d\u2019hospitalisation, toujours assez onéreux.2° Dans les cas moins heureux, l'utérus Jaissé hors du ventre s\u2019infecte, sa réintégration dans le bassin s\u2019avère impossible, et on doit se résoudre à effectuer l\u2019hystérectomie qu\u2019on avait tant voulu éviter.Jeannin recommande un autre provéd£ très ingénieux qui possède tous les avantages «du précédent sans en offrir les inconvénients.Il incise verticalement toute la paroi abdominale jusqu\u2019à l\u2019extérieur du péritoine; rendu à la paroi pariétale, il fait un vaste décollement de la membrane péritonéale qu\u2019il incise en forme L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, juin 1943 de « V» renversé, le sommet du « V » rejoignant l'angle supérieur de l\u2019incision cutanée, les deux branches se dirigeant obliquement vers l\u2019orifice interne du canal inguinal.L'incision du péritoine utérin est également faite en « V » renversé, le sommet du « V » se trouvant sur la ligne médiane, à la limite des solides attaches du péritoine.Cette incision est done parallèle à l\u2019incision du péritoine pariétal.Puis il relie solidement les deux péritoines, pariétal et viscéral, constituant ainsi un cul- de-sac qui protégera la cavité abdominale au moment de l\u2019hystérotomie.L\u2019incision du segment inférieur de l\u2019utérus et l\u2019extraction du fœtus se fait comme dans une césarienne segmentaire ordinaire; la suture du segment inférieur s\u2019effectue aussi en deux plans, et sur la plaie utérine, il pose un gros Mikulicz absorbant les liquides qui pourraient suinter a travers la paroi utérine, empéchant ainsi I'infection des espaces cellulaires sous-périto- néaux.Puis il ferme le ventre sans découdre le péritoine viscéral du pariétal.CÉSARIENNE MUTILATRICE OU CÉSARIENNE SUIVIE D\u2019HYSTÉRECTOMIE Dans certaines circonstances, les conditions absolument requises nous autorisant à tenter une des césariennes antérieurement décrites, font défaut.Les signes d\u2019infection du liquide amniotique sont nettement installés: élévation du pouls et de la température, odeur nauséabonde des lochies, mauvais état général de la malade.En ce cas-là une césarienne conservatrice, bien que dans le but louable de sauver un utérus, nous conduirait à un échec presque certain.Il sera de beaucoup préférable, et quoi qu\u2019il en coûte, de castrer la femme, même si elle est jeune, après avoir extrait l\u2019enfant par césarienne.Les premiers temps de cette opération mutilatrice sont ceux de la césarienne haute classique.Dès que l\u2019enfant a été enlevé, on réunit les deux lèvres de l\u2019incision utérine à l\u2019aide de deux fortes pinces de Museux, pour faciliter GARANT : INDICATIONS DE LA CÉSARIENNE HAUTE ET BASSE le maintien de l\u2019organe, et l\u2019on pratique l\u2019hystérectomie généralement sub-totale.Et c\u2019est ici que le Porro reprend son droit de cité, surtout s\u2019il faut agir rapidement ou si l\u2019opérateur n\u2019a pas l\u2019habitude de la grande chirurgie.L\u2019hystérectomie supra-vaginale basse, avec réintégration du moignon cervical dans le ventre, apres ligature des pédicules vasculaires et péritonisation de ce moignon, reste l\u2019opération de choix pour les experts consciencieux, en dépit des risques de mort qu\u2019elle comporte.Indications générales 1.Disproportion entre la grosseur de l\u2019enfant et la grandeur de la filière pelvienne.2.Délivrance rapide d\u2019une femme à terme, si la présence de l\u2019enfant dans le sein maternel est cause d\u2019accidents probablement mortels.3.Certaines affections, absolument indépendantes de la grossesse, ne permettant pas à la mère de subir, sans danger, les fatigues d\u2019un travail long et pénible.4.Difficultés de l\u2019accouchement par voies naturelles compromettant la viabilité de l\u2019enfant.5.Rétrécissements vulvaires dus à un traumatisme accidentel ou chirurgical; ou encore certaines altérations abdominales imputables à une laparotomie antérieure.DISPROPORTION ENTRE LA GROSSEUR DE L\u2019ENFANT ET LA GRANDEUR DE LA FILIÈRE PELVIENNE.C\u2019est incontestablement dans les cas de dystocies pelviennes que la césarienne trouve ses plus belles indications; et c\u2019est aussi, malheureusement, l\u2019occasion pour quelques chirurgiens profanes dans l\u2019art obstétrical d\u2019exécuter des hystérotomies inutiles.Car si, dans les bassins obstrués ou fortement rétrécis, la césarienne s\u2019impose, il n\u2019en est pas de même pour les bassins « limites ».647 L\u2019accoucheur expérimenté conformera sa conduite aux différentes phases du travail et décidera, d\u2019après l\u2019évolution, si l\u2019accouchement doit se terminer normalement ou s\u2019il y a lieu d\u2019intervenir chirurgicalement; se rappelant toujours que la césarienne, quoique simple et facile, comporte malgré tout les sérieux dangers d\u2019une laparotomie, et que la mortalité en est plus élevée que dans n\u2019importe quelle autre intervention abdominale.Les obstructions pelviennes ne dépendent pas uniquement du bassin, mais diverses tumeurs, telles que: fibromes, kystes ovariens enclavés dans l\u2019excavation, susciteront des obstacles à l\u2019accouchement par voies naturelles, et la voie abdominale deviendra obligatoire.DÉLIVRANCE RAPIDE D\u2019UNE FEMME À TERME, SI LA PRÉSENCE DE L'ENFANT DANS LE SEIN MATERNEL EST CAUSE D\u2019ACCIDENTS PROBABLEMENT MORTELS.Le pronostic du « placenta previa », autrefois si sévère, a été grandement amélioré depuis qu\u2019on a ajouté la césarienne aux procédés obstétricaux, savoir: accouchement forcé, rupture des membranes, tamponnement.Nombre d\u2019accoucheurs manifestent un grand enthousiasme pour cette intervention et la pratiquent systématiquement dans chaque cas de « placenta previa » qui saigne, du moment que la grossesse a atteint I\u2019Age de 36 semaines.C\u2019est une méthode dangereuse.Dans toute insertion basse du placenta, il faut tenir compte de la parité de la-patiente, de l\u2019état du col et de l\u2019abondance de l\u2019hémorragie.On réservera la césarienne aux primipares à col long et rigide; quelquefois aux multipares dont le col est cicatriciel; mais si chez ces dernières les membranes sont facilement accessibles, le col souple et dilatable, notre préférence ira vers les méthodes obstétricales.Par contre, nous choisirons encore la césarienne pour éviter de nouvelles pertes de sang, à la suite d\u2019hémorragie déjà importante, et on fera suivre cette césarienne d\u2019une hystéree- tomie. 648 Quand, dans le décollement prématuré du placenta normalement inséré, les symptômes de toxémie et d\u2019hémorragie intra-utérine dominent la scène, plusieurs obstétriciens se montrent partisans de la rupture des membranes.D\u2019autres, plus interventionnistes, adoptent l\u2019hystérotomie qui leur permet de contrôler, ventre ouvert, l\u2019état anatomique de l\u2019utérus et de reconnaître l\u2019existence d\u2019une apoplexie utéro-placentaire, laquelle nécessitera à tout prix et toujours la césarienne suivie d\u2019hystérectomie.Puisque l\u2019éclampsie est une complication de la grossesse et de l\u2019accouchement, qui semble avoir ses éléments d\u2019origine dans la présence de l\u2019œuf « in utero », il apparaît donc tout à fait logique de vouloir vider la cavité utérine pour en prévenir les crises.S\u2019il est vrai qu\u2019il faille libérer l\u2019utérus, l\u2019évacuation hâtive est une prétention pour le moins exagérée.Lorsqu\u2019il n\u2019existe pas de signes alarmants, tels que: troubles brusques de la vue, oligurie, anurie, le traitement strictement médical à base de chloroforme, morphine ou chloral demeure le plus satisfaisant, à tous points de vue.La césarienne abdominale ne trouve de réelles indications que dans certains cas particuliers: grossesse de sept mois et demi, enfant vivant, femme non en travail, primipare au tout début du travail avec présentation élevée, et manifestant des signes sérieux d\u2019une intoxication générale, qui feront souvent penser à des lésions d\u2019infiltration sanguine de l\u2019utérus.CERTAINES AFFECTIONS, ABSOLUMENT INDÉPENDANTES DE LA GROSSESSE, NE PERMETTANT PAS À LA MÈRE DE SUBIR, SANS DANGER, LES FATIGUES D\u2019UN TRAVAIL LONG ET PÉNIBLE.Le célèbre adage de Peter sur les personnes souffrant de lésions valvulaires, qui dit: « Fille, pas de mariage », « Femme, pas de grossesse », « Mère, pas d\u2019allaitement », nous semble aujourd\u2019hui une exagération, car toutes les cardiopathies n\u2019entraînent pas fatalement des accidents, aussi bien durant la L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN AM.LF.A.N.\u2014 Montréal, juin 1943 grossesse que pendant le travail ou après l\u2019accouchement.Aussi longtemps qu\u2019une cardiaque enceinte ne présentera pas de troubles caractérisés d\u2019insuffisance, on la traitement médicalement.Si l\u2019évolution de la cardiopathie chez une primipare en fin de grossesse s\u2019achemine nettement vers l\u2019asystolie, on lui doit de lui éviter les fatigues d\u2019un accouchement laborieux par voie basse, qui pourrait la conduire à un dénouement fatal.DIFFICULTÉS DE L\u2019ACCOUCHEMENT FAR VOIES NATURELLES COMPROMETTANT LA VIABILITÉ DE L'ENFANT.Il arrive fréquemment que, au cours d\u2019un accouchement d\u2019apparence normale, surviennent des complications pouvant compromettre la vie de l\u2019enfant.Par exemple, la descente du cordon dans le segment inférieur, en avant de la présentation, est une irrégularité qui peut aboutir à la mort de l\u2019enfant.La césarienne basse, si les circonstances sont favorables, et si, à cette procidence, se surajoute une autre indication telle qu\u2019un rétrécissement du bassin ou une malformation utérine, sera le moyen le plus sage à employer pour obtenir un enfant vivant.L'accouchement à terme en présentation de l\u2019épaule est impossible.Contre une telle attitude du fœtus, le muscle utérin se fatigue en vain, et finit presque inévitablement par se rompre; l\u2019enfant meurt avec la mère.Pour tenter d\u2019attendre la dilatation complète, il faut respecter soigneusement les membranes; si l\u2019on ne réussit pas à les conserver, la situation devient franchement défavorable, et il faut se résoudre à pratiquer d\u2019urgence une césarienne qui ne sera pas toujours conservatrice.Il est bien rare que les méthodes manuelles ne suffisent pas à faire l\u2019extraction du siège.Une césarienne serait cependant recommandable chez une primipare âgée, possédant des parties molles peu dilatables et qui désire, coûte que coûte, avoir un enfant viable, le seul qu\u2019elle puisse raisonnablement espérer. GARANT: INDICATIONS DE LA CÉSARIENNE HAUTE ET BASSE Les mêmes raisons s\u2019avéreraient pour une présentation du front, pourvu que la laparo- tomie ne soit pas faite lorsque sont déjà apparus les signes d\u2019infection du côté de la mère.Dans un cas de présentation normale d\u2019un gros fœtus qui risque de mourir au cours d\u2019un accouchement prolongé, on pourra condescendre à pratiquer une laparotomie, pour satisfaire aux désirs légitimes d\u2019une mère déjà frustrée par des accidents antérieurs.RÉTRÉCISSEMENTS VULVAIRES DUS À UN TRAUMATISME ACCIDENTEL OU CHIRURGICAL; OU ENCORE CERTAINES ALTÉRATIONS ABDOMINALES IMPUTABLES À UNE LAPAROTOMIE ANTÉRIEURE.Il est de règle de faire accoucher dans un hôpital les femmes qui ont déjà subi une hys- térotomie.Cela n\u2019implique pas nécessairement que toutes ces femmes seront césarisées.On n\u2019opérera que celles qui sont atteintes d\u2019une dystocie permanente commandant la voie haute, d\u2019une façon absolue.Si la première grossesse a été compliquée d\u2019une insertion vicieuse du placenta, d\u2019éclamp- sie, ou d\u2019une autre affection qui n\u2019existe plus au second accouchement, c\u2019est-à-dire, si la première indication n\u2019a été que transitoire, à moins que ne survienne une rupture de la cicatrice utérine, complication assez fréquente chez les sujets déjà opérés, la césarienne est à rejeter.La fixation opératoire de l\u2019utérus à la paroi abdominale amène habituellement le col très haut en arrière de la symphyse pubienne et l\u2019adaptation de la tête au segment inférieur devient, par la suite, impossible.Plutôt que de risquer un accident de rupture, nous croyons qu\u2019il vaut mieux opter pour une laparotomie.Certains traumatismes génitaux aboutissent à des délabrements du vagin extrêmement sérieux par la cicatrisation qui peut déterminer des déformations, des rétrécissements vaginaux importants, susceptibles de causer une future dystocie.Lorsque ces sténoses font suite à la réparation d\u2019une déchirure complète du périnée ou sont secondaires à une opération pour fissure 649 vésicale ou stercorale, on ne permettra jamais l\u2019accouchement par les voies naturelles.Le passage de l\u2019enfant par le vagin déterminerait presque infailliblement une nouvelle déchirure ou une autre fistule dont la fermeture reste toujours problématique, ce qui crée une infirmité vraiment intolérable; tandis que l\u2019hysté- rotomie faite au début du travail donnera d\u2019excellents résultats, et n\u2019amènera presque jamais de complications sérieuses.Quand ferons-nous la césarienne haute et la césarienne basse?Maintenant, pour être à la hauteur d\u2019une science qui cherche toujours et davantage le plus grand bien de l\u2019humanité, il nous reste à appliquer à chaque parturiente qui se confie à nos soins la méthode propre à son cas particulier.Certains sujets exigent une intervention prompte et rapide.D\u2019autres, dont le diagnostic avant le début du travail est précis, permettront un temps d'attente.Enfin quelques-uns seront opérés tardivement au cours d\u2019un accouchement qui n\u2019a plus de chance de se terminer par les voies naturelles.Nous en sommes donc venus à considérer laquelle des deux césariennes, haute ou basse, il nous faudra choisir dans les: Cas d\u2019urgence, | Cas opérés à une heure fixée d\u2019avance, Cas opérés tardivement.D\u2019une façon générale, lorsqu\u2019on doit intervenir rapidement à la fin de la grossesse ou au tout début du travail, il est tout à fait exceptionnel qu\u2019on ait en mains un sujet infecté.Les conditions changeront si l\u2019on opère tardivement, et plus on s\u2019éloïgnera du début du travail, plus les dangers infectieux augmenteront.Or, il est universellement admis de tous les accoucheurs, de nos jours, que la péritonite est la grande responsable de la mortalité chez les césarisées.La broncho-pneumonie, le shock opératoire, l\u2019hémorragie, l\u2019obstruction intestinale, l\u2019intoxication par anesthésie, sont les complications susceptibles d\u2019amener un dé- 650 nouement fatal, mais elles sont infiniment plus rares que l\u2019infection péritonéale.Si l\u2019on veut par conséquent, par des moyens chirurgicaux, obtenir des résultats vraiment plus avantageux que ceux que nous donnent les procédés obstétricaux, il faut chaque fois tenir compte: 1) du facteur infectieux; 2) du facteur: durée opératoire; 3) du facteur: difficultés opératoires.Dès qu\u2019une technique opératoire, qu\u2019elle s\u2019appelle césarienne haute ou basse, n\u2019offre pas dans tel cas particulier une bonne garantie contre la contamination de la cavité abdominale, elle doit être écartée et remplacée par autre technique qui permettra d\u2019éviter cet accident.Il ne faut pas non plus perdre de vue que, à part l'infection pré ou post-opératoire, la durée de l\u2019intervention constitue souvent un facteur primordial pour certaines patientes qui, capables de supporter un traitement chirurgical d\u2019une vingtaine de minutes, mourraient si on les gardait trop longtemps sur la table d\u2019opération.Certaines difficultés opératoires, survenant au cours même d\u2019une césarienne, forceront quelquefois le chirurgien à terminer par une mutilation, alors qu\u2019avant l\u2019ouverture du ventre, une simple hystérotomie s\u2019avérait suffisante.Toutes ces raisons bien considérées, nous réserverons la CÉSARIENNE HAUTE Pour les femmes en fin de grossesse ou au début du travail, avec des membranes intactes ou récemment rupturées, c\u2019est-à-dire, pour celles qui ne présentent aucun signe d\u2019infection pré-opératoire.Pour certains cas de placenta prævia très hémorragique, ou en face d\u2019un décollement prématuré d\u2019un placenta normalement inséré, lorsqu\u2019il faut agir le plus rapidement possible pour empêcher une femme de mourir au bout de son sang.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, juin 1943 Les grandes cardiopathes, dont il faut absolument ménager les muscle cardiaque, nécessiteront la césarienne haute, qui est de beaucoup la plus rapide.Il ne sera aucunement question de césarienne basse si des altérations anatomiques de l\u2019utérus, soit par l\u2019existence d\u2019une tumeur prævia sur le segment inférieur, soit encore par une malformation utérine, rendent absolument impossible l\u2019incision ailleurs que sur le corps utérin proprement dit.Les opérateurs inexpérimentés feront bien de l\u2019utiliser aussi dans les cas urgents, pourvu que des contre-indications sérieuses de césarienne haute ne les en détournent pas impérieusement.Enfin, la césarienne haute servira de premier temps à l\u2019opération de Portes, de même qu'elle sera le prélude à une hystérectomie nécessitée par la présence d\u2019une grave infection préopératoire.Dans ces deux derniers cas particulièrement, la césarienne haute, en permettant l\u2019extériorisation de l\u2019utérus, offrira de meilleures garanties contre l\u2019infection abdominale, au cours même de l\u2019intervention.CÉSARIENNE BASSE OU SUPRA-SYMPHYSAIRE.La césarienne basse, au contraire, aura nos préférences quand le sujet ne sera pas en fin de grossesse ou au tout début du travail.Si, dans les « dystocies » pelviennes très prononcées, l\u2019hystérotomie s\u2019impose d\u2019une façon absolue et toujours dès l\u2019apparition des premières douleurs, il ne faut pas agir trop hâtivement si l\u2019obstacle est moins important; et dans les bassins «limites » par exemple, on doit faire l\u2019épreuve du travail afin d\u2019éviter des césariennes inutiles.Que de femmes on croyait devoir césariser, auxquelles un accoucheur expérimenté a permis d\u2019accoucher par les voies naturelles, après une épreuve du travail bien conduite et bien dirigée.Cependant, certaines patientes à bassins «limites » n\u2019accouchent décidément pas d\u2019une manière naturelle; si l\u2019on a eu le malheur de GARANT: INDICATIONS DE LA CÉSARIENNE HAUTE ET BASSE prolonger un peu trop l'attente, l\u2019incision devra nécessairement porter sur le segment inférieur de la matrice.C\u2019est l\u2019unique moyen de péri- toniser parfaitement la plaie utérine, après l\u2019hystérotomie, pour réduire, sinon éliminer tout à fait, les risques d\u2019infection post-opé- ratoire.Il arrive parfois que, au cours d\u2019un accouchement qu\u2019on escomptait voir finir normalement, il survienne une complication, telle une procidence du cordon, qui oblige de terminer rapidement le travail; si, de plus, la femme a subi de nombreux touchers présumés suspects, l\u2019infection des voies génitales basses est à redouter.L\u2019enfant sera évidemment sauvé par la césarienne, mais la vie de la mère restera dangereusement compromise, même si l\u2019intervention se fait sur le segment inférieur, et à plus forte raison si l\u2019on ouvre sur le corps utérin.Enfin, lorsqu\u2019une gestante arrive dans un milieu hospitalier munie d\u2019un tamponnement vaginal, ou après avoir subi sans succès une ou plusieurs tentatives d\u2019extraction par les voies naturelles, la césarienne haute sera réso- 651 lument écartée.La basse, par le procédé ordinaire, ne sera guère plus recommandable, sauf si elle n\u2019est utilisée que comme premier temps de l\u2019opération de Jeannin.* * * Voilà à peu près les indications générales et particulières à chacune des deux césariennes; mais avant de terminer, je m\u2019empresse d\u2019ajouter qu\u2019il faut toujours nous défier de l\u2019apparence bénigne de ce traitement qui sauve beaucoup d\u2019enfants, mais aussi fait mourir bien des mères; s\u2019il nous semble facile d\u2019exécution, ses répercussions sur le péritoine sont des plus dangereuses.Science et conscience doivent s\u2019unir en médecine pour sauvegarder les vies humaines; en obstétrique, deux vies, quand ce ne sont pas cinq « Dionnelles »! nous sont confiées qu\u2019il faut défendre contre la mort.Usons du procédé chirurgical comme adjuvant de la nature en défaut, mais préférons- lui, autant que faire se peut, les méthodes obstétricales, parfois très difficiles, mais combien plus sûres en définitive. RECUEIL DE FAITS TUBERCULOME INTRA-MÉDULLAIRE Roma AMYOT, Chef du Service et Julio VASQUEZ, Interne, Service de Neurologie de l\u2019hôpital Notre-Dame, Montréal.L'observation anatomo-clinique que nous rapportons renseigne sur une localisation quasi exceptionnelle du tuberculome au sein des centres nerveux.C\u2019est au cerveau, au cervelet et dans l\u2019axe encéphalique que l\u2019on trouve habituellement le tuberculome, où il représente, selon les constatations de Cushing (1) portant sur l\u2019étude Frc 1.\u2014 Moselle cervicale.Au niveau où cette coupe a été effectuée, les deux tiers de la surface de section à droite, sont constitués par le tuberculome.de 2,033 tumeurs endocrâniennes vérifiées histologiquement, 1.6% des néoplasmes encé- phaliques.En fait, Jaffé et Schultz (2) du « Cook County Hospital » de Chicago, sur 7,000 autopsies trouvèrent 49 tuberculomes des centres nerveux qui se départagèrent en 1 tuber- culome intramédullaire et 48 encéphaliques.Uehlinger, cité par les mêmes auteurs, aurait observé 1 tuberculome dans la moelle contre 50 dans l\u2019encéphale, ce qui constitue une proportion identique.La rareté de cette lésion dans la moelle peut aussi être figurée par les cas rapportés dans la littérature médicale et par le pourcentage de tuberculomes sur la totalité des tumeurs intramédullaires de toute origine et de toute nature histologique.Thalheimer et Hassin, dans leur travail de 1922, citent 67 cas publiés antérieurement, ajoutent une observation personnelle et adjoignent un résumé de 58 déjà parues dans des journaux médicaux.En 1934, Jennings (4) publie une autre observation de tuberculome de la moelle épinière et affirme que depuis la publication de Thalheimer et Hassin, 5 cas additionnels figurent dans la littérature médicale, ce qui constitue à cette date un total de 74 cas.Le cas de Jennings fut l\u2019unique sur 5,344 observations de malades tuberculeux.En 1938, l\u2019observation de Kupka et Olsen (5) porte le nombre d\u2019observations publiées à 88.La même année, le cas de Webster (6) s\u2019ajoute aux précédents, ce qui fait un total de 89.Nos recherches bibliographiques dans le « Quarterly Index Medicus » nous ont permis de trouver la mention de quelques cas rapportés depuis 1938.Nous n\u2019avons pas pu malheureusement nous procurer tous les travaux inscrits (7-8-9-10).A tout événement, notre observation apporterait à la littérature 2 =
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