L'union médicale du Canada, 1 septembre 1943, Septembre
[" BULLETIN e.+\u2014 LE CENTENAIRE DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE L\u2019UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL 1843-1943 Il vaut mieux apprendre tard que d'ignorer toujours.\u2014 Lours XIV.I.La fondation (novembre 1843) L'ère hippocratique.Un centenaire est une date mémorable pour une institution de haut enseignement.La Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal a été fondée au mois de novembre 1843.Elle célébrera donc son centenaire très prochainement.Il convient de rappeler, même sommairement, quelques souvenirs de ce long passé, et qui puissent servir un jour pour en écrire l\u2019histoire complète afin de rendre à ses fondateurs l'hommage de notre fidélité et de notre reconnaissance.Citons leurs noms: le Dr Francis Thomas Arnoldi, protestant, qui en fut le Président jusqu\u2019en 1849, date à laquelle il quitta l\u2019Ecole pour devenir professeur de médecine légale à l\u2019Université McGill; le Dr Badgely, protestant, qui se retira en 1849 pour, lui aussi, devenir professeur à McGill; le Dr Sutherland, protestant, versité McGill; le Dr Badgely, protestant, qui se retira en 1849 pour devenir, lui aussi, professeur à MeGill ; le Dr Sutherland, protestant, Dr MeNider, protestant, diplômé de l\u2019Université d\u2019Edimbourg, médecin du Montreal General Hospital, fondateur de la Maternité de Montréal; le Dr Munro, catholique, chirurgien, descendant d\u2019une famille d\u2019Ecosse, les Munro de Foulis, dont la fille épousa, en 1805, .le dernier marquis de Lotbinière ; elle fut done la bisaieule de notre ancien doyen, le Dr Louis de Lotbiniére Harwood; le Dr Horace Nelson, catholique, fils du Dr Wolfred, un des héros de 1837.L\u2019ouverture des cours fut annoncée dans la Minerve, en novembre 1843; on informe le publie que l\u2019Ecole possède une bibliothèque de 1,000 volumes, un laboratoire de chimie, des instruments de physique et un commencement de musée d\u2019anatomie et de pathologie.Comme c\u2019était une Ecole mixte, les honoraires d\u2019une année académique, en une seule langue, étaient de $25; et l\u2019enseignement dans les deux langues fut fixé à $35.Les sujets du programme des études comprenaient : 1° Accouchement et maladies des femmes et des enfants; 2° Matière médicale et thérapeutique ; 994 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 3° Principes et pratique de la chirurgie; 4° Anatomie et physiologie ; 5° Pathologie générale et spéciale et pratique de la médecine ; 6° Chimie et pharmacie.L\u2019enseignement clinique est donné au dispensaire, ouvert tous les jours à midi.C\u2019est le 29 mars 1845 que la Loi constituant en corporation l\u2019Ecole de Médecine et de Chirurgie reçut la sanction du Gouverneur général.Rappelons, en passant, que le premier assistant du Dr Munro, ancien chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu, était le Dr Wm.Hingston.À cette époque, le chloroforme n\u2019était pas encore connu.La charte de cette Ecole de Médecine imposait des obligations très onéreuses à ses membres.T'ous étaient personnellement et solidairement responsables des dettes de l\u2019Institution.Puis, l\u2019Ecole devait donner, en français et en anglais, 120 leçons d\u2019une heure au moins sur chaque branche de la science médicale, de sorte que les professeurs donnaient deux leçons par jour durant l\u2019année académique : l\u2019une en français, le matin; l\u2019autre en anglais, l\u2019après-midi.D\u2019autre part, la charte autorisait l\u2019Ecole à accorder à ses diplômés un certificat qui donnait droit à la licence pour pratiquer la médecine; celle-ci était émise par le Gouverneur général.Il y avait deux salles de cours dans un immeuble très ancien situé sur la rue Saint-Urbain près de la rue Craig (fig.1).Les fondateurs de cette Ecole furent remplacés, au fur et à mesure de leur disparition, par d\u2019autres collègues.Nous citons la liste publiée dans la Minerve du mois d\u2019octobre 1847: les Drs Bibaud, Arnoldi, Badgely, Coderre, Munro, Pelletier.Boyer.Le Dr Coderre, un des fondateurs, mérite une mention spéciale.« Né à Saint-Denis en 1815, il vient à Montréal où il occupe un emploi comme commis dans un magasin de la rue Saint-Paul.N\u2019ayant aucun goût pour le commerce et voulant à tout prix devenir médecin, il s\u2019est préparé pour l\u2019admission à l\u2019étude en sacrifiant, nuit après nuit, le repos dont pourtant il avait besoin après les fatigues de la journée » (Mignault).En 1838, il fut mis au cachot dans la prison du Pied-du- Courant d\u2019où il sortit bientôt sur ordre du tribunal parce qu\u2019on ne pouvait porter contre lui aucune accusation formelle.«Très courtois dans son langage; franc, studieux, il ne cachait Jamais sa pensée; il était doué d\u2019une volonté intangible, adoré par sa famille, respecté de tous: il était certainement la figure la plus intéressante des membres de l\u2019Ecole de son temps» (cit.idem).T1 était médecin de l\u2019Hôtel-Dieu en 1852.Le docteur Coderre est l\u2019aïeul du docteur G.- H.Baril, vice-doyen et professeur de chimie.Ce rapprochement ne manque pas d\u2019intérêt.En 1849, la démission des Drs Arnoldi, Badgely et Sutherland exigea une réorganisation et permit l\u2019admission de nouveaux pro- BULLETIN fesseurs parmi lesquels nous voyons MM.Trestler, Beaubien, Trudel et d\u2019Orsonnens; celui-ci descendait d\u2019une famille noble de Fribourg, en Suisse.Il fut nommé professeur de chimie en 1850 et en fit partie jusqu\u2019en 1892.« Gentilhomme et courtois, il était toujours digne même au milieu des situations les plus difficiles» (Mignault).Fig.1.\u2014 Ecole de Médecine 1843.Vers la même époque, l\u2019Ecole fit des instances auprès du Montreal General Hospital et des religieuses de l\u2019Hôtel-Dieu pour les prier d\u2019admettre leurs élèves et leurs professeurs dans deux salles, durant l\u2019année académique.Les étudiants en médecine de ce temps-là se procuraient des cadavres en visitant le cimetière catholique du Carré Dominion et le cimetière protestant du Carré Dufferin.Il y avait aussi le cimetière militaire situé sur le Chemin Papineau et « plus d\u2019un guerrier d\u2019A]- bion, voire même une fois un général authentique, a fait après la mort un voyage qui n\u2019était pas prévu par le code militaire » !, En mai 1846, il n\u2019y avait que deux Canadiens français parmi les membres de l\u2019Ecole, mais, quelques mois plus tard, un concours leur donna la majorité.1.Citation du Dr Mignault.995 996 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 En mai 1847, l\u2019Ecole de Médecine de Montréal a été affiliée à l\u2019Université du Collège McGill, mais, bientôt, la fondation du Collège des Médecins et Chirurgiens, en 1847, allait retirer toute valeur au certificat de l\u2019Ecole en vertu de l\u2019article 6, prescrivant que « personne ne pourra recevoir une licence pour pratiquer la médecine, la chirurgie ou l\u2019art obstétrical dans le Bas-Canada avant d\u2019avoir obtenu un certificat de qualification du dit Bureau Provincial de Médecine ».L\u2019Article 7 \u201cexempte de l\u2019examen précité les porteurs d\u2019un diplôme en médecine de toute Université ou Collège dans les domaines de Sa Majesté ».Notre Ecole de Médecine pouvait donc accorder à cette époque des diplômes à cause de son affiliation récente avec McGill en 1847.Elle en avait eu le pressentiment.Plus tard, le Conseil de l\u2019Ecole, « trouvant la position humiliante et ruineuse pour une institution qui représentait les cinq dixièmes de la population, a décidé de s\u2019adresser à la Législature ».Il serait trop long de relater ici tous les incidents de cette lutte de nos anciens fondateurs pour obtenir ce privilège du Parlement de la province du Bas-Canada qui siégeait à Toronto en 1850.La députation montréalaise, à cette époque, était entièrement de langue anglaise et, sur les 36 gouverneurs du Collège, il n\u2019y avait que 15 Canadiens français.L\u2019Ecole échoua; elle rencontra même de l\u2019opposition à Québec de la part de certains adversaires anglais de Québec affirmant que l\u2019Université Laval, récemment fondée, pouvait amplement suffire aux besoins des Canadiens français; de sorte que les élèves de l\u2019Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal durent se présenter devant le Bureau des examinateurs du Collège, tandis que les élèves de McGill n\u2019avaient qu\u2019à présenter leur diplôme pour recevoir la licence.Certains événements récents créent l\u2019impression que les choses n\u2019ont guère changé.En ce temps-là, l'Ecole comptait une cinquantaine d\u2019élèves.Au mois de mai 1856, l'Ecole se transporte dans un nouvel immeuble sur la rue Lagauchetière (fig.2).La maison était longue et basse, la salle des cours était située au rez-de-chaussée et la salle de dissection sous le toit.C\u2019est à cette date qu\u2019une entente définitive fut établie avec l\u2019Hôtel-Dieu, qui offrit le service en permanence aux membres de l\u2019Ecole, auxquels S \u2018ajoutèrent les dispensaires de la Providence et des Sœurs Grises.Mais la question des diplômes revenait sans cesse sur le tapis.On fit done de nouvelles démarches en présentant une demande d\u2019affiliation à l\u2019Université Laval, en 1860.Celle-ci, par la voie de son recteur, déclara que son Conseil ne pouvait pas y consentir.Des entrevues, auprès des évêques, réunis à Saint-Hyacinthe, n\u2019aboutirent à aucun résultat.L\u2019Ecole essuya un autre refus de la part de l\u2019Université d\u2019Ottawa; elle présenta donc une demande d'affiliation à l\u2019Université Victoria de Cobourg, située dans la province d\u2019Ontario; BULLETIN elle fut acceptée de part et d\u2019autre.L\u2019Ecole devint la Faculté de Médecine de l\u2019Université Victoria, et ses professeurs devinrent membres du Sénat Universitaire.Les diplômés de Montréal se rendaient à Toronto aécompagnés d\u2019un ou de deux délégués de l'Ecole de Médecine de Montréal pour y recevoir leur diplôme.D\u2019autre part, l\u2019Université Victoria College avait le droit d\u2019envoyer deux visiteurs chaque année pour s\u2019assurer que le curriculum médical était bien suivi, et assister aux examens de fin d'année.Frc.2.\u2014 Ecole de Médecine 1856.Le 5 septembre 1859, le Dr Jean-Philippe Rottot avait été nommé professeur à la chaire de médecine légale.Plus tard, il enseigna la botanique.En octobre 1861, le Dr A.-T.Brosseau, ancien chirurgien en chef de l'hôpital Notre-Dame, fut nommé démonstrateur d\u2019anatomie et, plus tard, professeur de botanique.Les anciens créent une impression d\u2019omniscience!\u2026 En 1869, l'Ecole quitta les locaux de la rue Lagauchetière pour se transporter sur la rue Craig, dans la maison d\u2019une dame Quesnel, sur le terrain occupé actuellement par l\u2019édifice des Tramways.En 1871, le docteur Hingston, diplômé d\u2019Edimbourg, plus tard sir William, et le docteur Edouard Desjardins, devinrent membres de l\u2019Ecole.997 998 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 En 1875, l'Ecole quitte la rue Craig pour habiter un nouvel immeuble situé en face de l\u2019Hôtel-Dieu, avenue des Pins, construit au coût de $20,000, dont tous les membres étarent personnellement et solidairement responsables (fig.3).Quel geste admirable de patriotisme canadien et de dévouement à la cause de l\u2019enseignement supérieur! Combien, parmi nous, le savent?Ayons davantage le culte de notre histoire médicale: on y apprendra, pour le transmettre, comment nous avons, chaque fois, enfanté dans la douleur, contre des adversaires puissants, sans compter les luttes intestines qui ont sans cesse ralenti notre élan en nous divisant.Fic.3.\u2014 Faculté de Médecine Victoria, 1875.Que ne devons-nous pas à tous ces anciens et admirables Maîtres! Si jai pris le soin de rédiger ces quelques notes, c\u2019est pour apprendre aux générations actuelles, qui ignorent tout de notre histoire, même les noms des anciens fondateurs de notre Faculté de Médecine.* kk En 1876-77, I'Ecole devait subir une série d\u2019assauts qui allaient mettre son existence en péril et lui attirer les foudres de l\u2019Eglise.Mgr Bourget, évêque de Montréal, faisait des instances réitérées auprès de la Propagande, à Rome, pour obtenir l'autorisation de créer une Université catholique à Montréal.Certains catholiques canadiens, ultramontains, insinuaient que l\u2019affiliation de l\u2019Ecole avec l\u2019Université protestante de Cobourg constituait une anomalie, sinon un scandale et un danger pour la doctrine catholique.Rome fut informée et pressentie.La Propagande écrivit, à ce sujet, un texte dont je cite un paragraphe: « En tout cas, au mois BULLETIN 999 de février 1876, la Congrégation de la Propagande, selon le texte du Décret, a mis de nouveau à l\u2019examen l'instance de l\u2019'Evêque de Montréal pour l\u2019érection d\u2019une Université dans son diocese »; et, se basant sur le tort que cette érection pourrait faire à l\u2019Université Laval, L.-D.Mignault.Ancien secrétaire Victoria-Laval.à cause de ses grands sacrifices personnels et pécuniaires, un Décret fut émané autorisant la création d'une succursale a Montréal.Ce Décret, soumis au Pape Pie IX, fut approuvé, et Laval reçut en même temps une érection canonique par la Bulle «Inter varias Sollicitudines ». 1000 L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 Ce fut le début du fameux duel Laval-Victoria ou Mgr Taschereau, plus tard le premier cardinal de l'Amérique du Nord, joua un rôle de premier plan dans le Québec et à Rome.L'Université Laval, fondée en 1852, à Québec, jugea opportun, vers 1876-78, d'établir une succursale & Montréal.En 1877, le recteur Hamel vint à Montréal faire des offres à plusieurs médecins, membres de l'Ecole.Il n\u2019obtint aucun résultat dans une série de ee PM A Fig.4.\u2014 Château Ramesay 1878.Ecole de Médecine suceursale Laval à Montréal.démarches.Il traita donc directement avec l\u2019Ecole sur les conseils du délégué apostolique.Après quelques entrevues avec Mgr Fabre, qui avait succédé à Mgr Bourget, en 1876, les deux parties signèrent un contrat.Il y avait donc, désormais, une Université catholique à Montréal.En ce temps-là, 1878, les professeurs de l\u2019Ecole Victoria étaient les Drs Trudel, président, d\u2019Orsonnens, secrétaire, Bibaud, Coderre, Pelletier, Munro, Rottot, Brosseau, Hingston, auxquels nous devons ajouter, en 1882, le Dr L.-D.Mignault, ancien secrétaire de la Faculté de Médecine de Montréal. BULLETIN 1001 La nouvelle succursale de Laval, à Montréal, s\u2019installa au Château Ramesay (1878) et ses élèves suivaient les cliniques du Montreal General Hospital (fig.4).H.Desrosiers.ler secrétaire après la fusion.Ses professeurs avaient été recrutés parmi ceux de l\u2019Ecole Victoria.Les Drs Brosseau et Rottot avaient quitté, les premiers, leur chaire.Ils y avaient été remplacés par les Drs Craig, Durocher, Beaudry et, plus tard, Chartrand, en chimie.D\u2019autres médecins se joignirent à la succursale Laval: les Drs E.-P.Lachapelle, Laramée, Desrosiers, S.Lachapelle, Lamarche, Fafard, Demers, Dagenais, 3 des dates ultérieures et successives. 1002 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 Chaque Faculté donnait ses cours, les élèves recevant leur diplôme, les uns de Victoria, les autres de Laval.Le statu quo se prolongea jusqu\u2019en 1883, début de la période critique.La Charte Royale de Laval ne permettant pas l\u2019établissement d\u2019une succursale, l'Ecole de Médecine Victoria, de Montréal, porta cette question devant les tribunaux et gagna son point.Mais la Législature de Québec autorisa Laval à fonder des suceursales.Le 22 mars 1883, trois jours après la signature d\u2019un nouveau contrat entre l'Ecole et l\u2019Hôtel-Dieu, Mgr Fabre communique un Décret, de Rome, interdisant à l\u2019Hôtel-Dieu de recevoir les médecins de l'Ecole Victoria et ses élèves dans ses salles.Flle avait, à cette époque, 140 élèves.L'Ecole consentait à rompre son affiliation avec Victoria de Cobourg « pourvu qu\u2019on lui rende les privilèges universitaires perdus par cette désaffiliation ».| Bref, cette longue controverse se termina par une excommunication de I'Ecole et de ses professeurs, datée du 27 juillet 1883, sous le prétexte de révolte contre les décrets de Rome.Le contrat avec l'Hôtel-Dieu cessait d\u2019exister.Tout semblait perdu.Heureusement, l'envoi d\u2019un délégué à Rome, le Dr Edouard Desjardins, le 12 août 1883, obtint un succès complet.La fameuse dépêche du 25 août, « Suspende omnia », mit fin aux condamnations basées sur une fausse interprétation des décrets.L'Ecole continuera done, comme par le passé, d\u2019enseigner la médecine à Montréal.De 1884 à 1889, on reprit les conversations pour trouver un terrain d\u2019entente entre les deux Ecoles.Des personnages importants cherchent un moyen de les rapprocher, chacune posant ses conditions, dont l\u2019une des plus importantes, de la part de l\u2019Ecole Victoria, était la nomination de tous ses professeurs par le Conseil universitaire: aucun d\u2019eux ne pouvant être révoqué sans l\u2019approbation de l\u2019archevêque de Montréal.Le vice-recteur de Laval, à cette époque, l\u2019abbé Proulx, a joué un rôle important dans cette affaire.La Chambre des députés de la province de Québec, grâce à l\u2019influence du Premier Ministre Mercier, clôt ce débat en adoptant un Bill contenant les clauses de l\u2019Union des deux Facultés, et adopté le 30 décembre 1890.La réunion définitive des professeurs des deux Ecoles eut lieu le samedi 2 juillet 1891, au St.Lawrence Hall, puis elle fut aujournée au mardi 5 juillet, à l\u2019édifice de la Place Jacques-Cartier.La paix était signée après une courte trêve.Le Dr Desrochers, un professeur de l\u2019Ecole Victoria, fut élu doyent*, le Dr Desrosiers, de Laval, secrétaire.Le Dr Duval enseignait la physiologie aux élèves de première année, et le Dr L.-D.Mignault, 1.Au moment de la fusion les doyens respectifs étaient Hingston à Victoria, et E.-P.Lachapelle à Laval.Ils se sont retirés pour faciliter les douloureuses opérations d\u2019une entente définitive et permanente. BULLETIN aux élèves de deuxième année.J\u2019ai été son élève et je me plais à reconnaître le grand intérêt de son enseignement.Il dessinait avec talent et il nous facilitait la tâche par tous les moyens à sa disposition.Nous ne possédions pas, comme aujourd\u2019hui, ce musée splendide qui sert, actuellement, à l\u2019enseignement de la physiologie.Fic.5.\u2014 Ecole de Médecine (rue St-Denis) 1895.Au moment de l\u2019union, en 1891, il y avait 22 membres dans la corporation de l\u2019Ecole.Peu : à peu, les rangs se sont éclaircis.Il a fallu combler les vides et, au début de l\u2019année 1914, le Conseil de la Faculté était composé des Drs E.-P.Lachapelle, Desjardins, Hingston, Duval, Guérin, Foucher, Villeneuve, de Cotret, Harwood, Benoît, Marien, Mercier et Mignault.Hervieux est décédé en 1912.En 1894, le Dr Rottot succéda au Dr Durocher comme doyen.En 1914, le Dr E.-P.Lachapelle succéda au Dr Rottot comme doyen.Il meurt en 1918.Le Dr Ls de Lotbinière Harwood lui succède.Il en fut le doyen durant quinze ans.Puis ce furent le Dr T.Parizeau, enfin le Dr Albert LeSage, en 1938.Les derniers élus au Conseil de la Faculté de Médecine, avant la fusion à l\u2019Université de Montréal, au mois de novembre 1919, furent MM.Fortier, Parizeau, Bernier et LeSage.Le Conseil comptait douze membres: MM.Harwood, 1003 1004 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 Mignault, Guérin, Foucher, Fortier, Benoît, Mercier, Parizeau, Ma- rien, Bernier, LeSage, Delorme.En 1895, la Faculté de Médecine avait quitté le Marché Bon- secours pour aller habiter les somptueux édifices de la rue Saint-Denis, construits grâce à la générosité des Messieurs de Saint-Sulpice (fig.5).Sir William Hingston, chirurgien en chef de l\u2019Hôtel-Dieu, était décédé en 1907.Terminons ce premier chapitre en mentionnant quelques-unes des fondations que nous devons aux Pères de notre Faculté de Médecine.1° IL\u2019 Association Médicale Canadienne (Canadian Medical Association), dont le Dr Rottot fut un des membres et dignitaires; 2° La vaccination obligatoire contre la variole après la grande épidémie de Montréal en 1885; 3° Le Conseil Provincial dH ygiène, dû à l\u2019initiative du Dr E.- P.Lachapelle; 4 L'Union Médicale du Canada, fondée en 1872, dont le Dr Rottot fut le premier rédacteur en chef; 5° La Société Médicale de Montréal, réorganisée en 1900 ; 6° L\u2019Hôpital Notre-Dame, en 1880, dont la fondation est due au Dr E.-P.Lachapelle, aidé des Sulpiciens et des Sœurs Grises ; ; 7° Une influence majoritaire canadienne-française au Collège des Médecins et Chirurgiens de la P.Q.due aux Drs Rottot et Lachapelle ; 8° L'Ecole des Gardes-malades.\u2014 N\u2019oublions pas de mentionner que c\u2019est à l'Hôpital Notre-Dame que fut fondée la première Ecole de Gardes-malades avec le concours de la Révérende Sœur Mailloux et du Dr E.-P.Lachapelle, en 1914 ou 1915.Depuis, on a créé une Commission des Gardes-malades, dirigée par le professeur Benoît, comprenant toutes les écoles des hôpitaux du district de Montréal dont les membres reçoivent un diplôme ou certificat universitaire pourvu qu\u2019elles acceptent le curriculum officiel.Cette distinction les autorise à occuper des postes avantageux dans les provinces du Canada, et même, sauf erreur, aux Etats-Unis.Enfin, mentionnons la très grande influence de nos anciens maîtres sur l'opinion publique à cause de leur personnalité et de leur haute valeur morale. BULLETIN Ajoutons, pour terminer, que certains d\u2019entre eux ont occupé des postes importants dans les banques, les grandes institutions financières, les gouvernements fédéral, provincial et municipal.Quelques- uns ont été ministre et maire de la ville de Montréal.Tout cela démontre leur prestige et leurs qualités indiseutables de citoyens influents: bel exemple a suivre!.Tels sont, à peine esquissés, les principaux événements de cette ère hippocratique à laquelle allait succéder, bientôt, une autre ère: celle d\u2019une génération nouvelle qui devait tant innover à cause des progrès accomplis en Europe, surtout en médecine: l\u2019ère pasteurienne, qui eut au Canada français, à compter de 1893-1894, des adeptes fervents et convaincus.II.L\u2019évolution.L' x - ere pasteurienne.Les découvertes mémorables de Pasteur avaient révolutionné la médecine et la chirurgie en Europe depuis plus de vingt ans.Malgré le retentissement de ce dogme nouveau, aucune application réelle de la microbiologie n\u2019avait recu un accueil sympathique dans les milieux officiels au Canada, du moins à Montréal.On savait, mais on agnorait!!.Durant mes études, en 1892, nous apprenions les rudiments de l\u2019histologie avec Brennan, mais la microphobie régnait indiscutablement et on guettait, avec impatience, après chaque opération, l\u2019apparition du pus, de bonne ou de mauvaise nature, le pus sauveur ou le pus mortel, selon les cas.L\u2019appendicite était inconnue ; seule \u201cl\u2019inflammation des intestins» existait, emportant les malades dans des souffrances indicibles, sous les yeux d\u2019un médecin ignare ou d\u2019un chirurgien désarmé.La fièvre puerpérale atteignait un grand nombre de jeunes mères, victimes expiatrices des amours sanctifiées, après les longs et souriants espoirs maternels, trop souvent déçus.Les fractures relevaient du charlatan, le « persécuté» a cause de ses «dons»; 1l était le refuge des préjugés sinon la cause de tant d\u2019infirmités.La très grande mortalité infantile semait la terreur autour des berceaux, et la contagion réunissait, en un vaste holocauste, les enfants et les adultes de tout age, surtout les jeunes, privés de la seule immunité qui pût exister, alors, pour eux: l\u2019immunité naturelle, si précaire à cet âge.| La tuberculose, sans freins, en ce temps-là, séparait, dans un adieu précoce, deux êtres chers qui avaient échangé, depuis peu d\u2019années et avec amour, des germes de vie et de mort.1005 1006 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 Bref, le citoyen était exposé à tous les méfaits de la maladie, et le médecin, dévoué mais ignare, assistait, ému sinon impassible, sous le règne des ténèbres, à la curée de la mort, invincible et cruelle, accomplissant son œuvre de destruction malgré les élans d\u2019une race jeune et pure: aryenne.Oscar Mercier.Pionnier de l\u2019antisepsie à l\u2019hôpital Notre-Dame 1892-93.L\u2019ère pasteurienne changea tout, en peu d\u2019années, grâce à la microbiologie, la sérothérapie, la vaccinothérapie, l\u2019antisepsie, l\u2019asepsie, l\u2019isolement et l\u2019assainissement de l\u2019eau potable.Un groupe nombreux d\u2019élèves de l\u2019Université Laval à Montréal se dirigent à Paris, en 1894, et chaque année, pour s\u2019initier aux / BULLETIN méthodes pasteuriennes en vue de régénérer la pratique médico-chi- rurgicale au Canada, surtout à Montréal et à Québec.Le premier qui fut de retour pour en faire l\u2019application est le Dr Oscar Mercier, ancien assistant en chirurgie dans le service du professeur Brosseau à l\u2019hôpital Notre-Dame, plus tard chirurgien en chef.Il obtint tant de succès opératoires que tous en furent émerveillés.La comparaison était si impressionnante que son Maître dut se rendre à l\u2019évidence et adopter les méthodes nouvelles d\u2019antz- sepsie et, plus tard, d\u2019asepsie.C\u2019est aussi Mercier qui, le premier, introduisit, à Montréal, la méthode d\u2019analgésie locale à la cocaïne, dite de Reclus, son Maître à Paris.C\u2019était en 1892-93.Il en fut de même à l\u2019Hôtel-Dieu où l\u2019arrivée de Marien imposa ses méthodes par ses résultats, en 1896-97.Le public fut aussitôt alerté et déserta les hôpitaux qui n\u2019avaient pas adopté ces procédés opératoires nouveaux.En médecine, la résistance fut plus longue à pénétrer dans l\u2019enseignement et la pratique journalière, à cause de l'incertitude des résultats, moins évidents qu\u2019en chirurgie.La méthode anatomique de Bichat et la vie cellulaire semblaient prédominer malgré les atteintes mortelles des microbes variés dont la liste s\u2019allongeait constamment.Sans doute, l\u2019armature réticulo-endothéliale oppose une résistance magnifique à l\u2019envahissement microbien ; mais elle fint par céder sous les coups répétés de l\u2019infection ou de l\u2019intoxication, à moins d\u2019être secourue.C\u2019est la notion admise, plus tard, du terrain.Mais ne valait-il pas mieux prévenir?Le temps poursuit son œuvre, et la vérité scientifique, basée sur l\u2019observation et la logique, ouvrit la voie aux théories nouvelles.Un règne nouveau surgit, refoulant l\u2019empirisme et groupant la profession médicale entière aux pieds de cette nouvelle idole personnifiant la Vérité actuelle.Quelles furent ces innovations?1.Les laboratoires, en 1896.La Faculté de Médecine adhéra peu à peu à toutes les méthodes pasteuriennes, cédant à la pression des nouvelles générations.Elle créa et aménagea, d\u2019un rythme aussi accéléré que le permettaient ses finances, des laboratoires d\u2019histologie, de bactériologie et d\u2019anatomie pathologique dont elle confia la direction à ces nouveaux disciples, parmi lesquels nous pouvons mentionner Marien et T.Parizeau.Rappelons, en passant, que le premier laboratoire de bactériologie fut installé, privément, au dernier étage d\u2019un édifice situé à l\u2019angle sud- est des rues Saint-Denis et Sainte-Catherine.Tout ce matériel avait été acheté à Paris, par les Drs Harwood, Dubé, T.Parizeau et LeSage.C\u2019est ce matériel qui servit en partie à la Faculté après la nomination de Parizeau comme professeur de bactériologie.Elle fit donc l\u2019acquisition d\u2019un matériel nouveau pour répondre aux exigences 1007 1008 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 de ce nouvel enseignement et attirer des élèves plus nombreux.Plus tard, elle compléta ses laboratoires de chimie et de physique que le professeur Foucher affectionnait tout particulièrement.Les cours théoriques durent évoluer afin de s\u2019adapter aux nouvelles conceptions de la pathologie médico-chirurgicale.L.de L.Harwood.Ancien doyen 2, Bientôt, on institua le P.C.B., inconnu ici, afin d\u2019initier nos élèves aux sciences physiques, chimiques et biologiques; et on en confia la direction à la Faculté des sciences *.Cette année préparatoire, avant Ce sont MM.Parizeau et LeSage qui en proposèrent l\u2019adoptation dans un rapport très élaboré.Il fut accepté d\u2019emblée.| 2.A joué un rôle avec le Dr Desloges dans l\u2019octroi de Rockefeller. BULLETIN d\u2019aborder l\u2019étude des sciences médicales, a déjà rendu de grands services à nos élèves.L'Institut Rockefeller, pour reconnaître les progrès accomplis, en ce temps-là, par la Faculté de Médecine, nous a versé $25,000 par année durant 10 ans.Cet octroi est dû aux Drs Desloges et Harwood.Puis, à notre demande, des bourses nombreuses nous ont permis d\u2019envoyer nos meilleurs étudiants s\u2019initier, chaque année, aux méthodes de l\u2019Ecole française en vue de secourir leurs chefs avant de recueillir, plus tard, des successions éventuelles.Bien entendu, nous avons dû fonder de nouvelles chaires, telles que la pathologie expérimentale, la bactériologie, la neurologie, la phtisiologie, la psychiatrie, l\u2019urologie, la pédiatrie, la pharmacologie, la physique médicale, la propédeutique, la pathologie générale et l\u2019anatomie pathologique.Tel est, dans les grandes lignes, le programme réalisé dans les laboratoires et les cours théoriques avec le concours des anciens et de leurs élèves, durant les premières décades, et du Gouvernement provincial.IT.Les cliniques.L\u2019antisepsie et l\u2019asepsie.La Faculté de Médecine réorganisa ses cliniques en y introduisant l\u2019antisepsie et l\u2019asepsie.Les hôpitaux d\u2019enseignement, à cette époque, étaient: l\u2019Hôtel-Dieu, l'Hôpital Notre-Dame et la Maternité.Ces hôpitaux firent l\u2019acquisition de stérilisateurs et d'instruments perfectionnés, et on y installa des laboratoires pour répondre aux exigences de la clinique et de l\u2019enseignement.On débuta par l\u2019antisepsie pour continuer par l\u2019asepsie.Ceci permit de raccourcir le temps de séjour dans les hôpitaux, puisque les malades guérissaient plus vite, et d\u2019en augmenter le nombre total durant l\u2019année.Le public en bénéficiait, sans compter l\u2019enseignement.Quelques innovations ultérieures : 1° Médecine et art dentaire.\u2014 Nous avons organisé, il y a quelques années, mais surtout depuis deux ans, des cours d\u2019anatomie, de physiologie, de biologie, de chimie organique et d\u2019histologie, pour les élèves de la Faculté dentaire ; car, selon le programme américain, adopté par nous et les dentistes canadiens, les élèves en art dentaire doivent posséder des connaissances complètes sur ces sciences basales.Le dentiste, aujourd\u2019hui, n\u2019est plus un simple technicien: il devient un homme de science, pouvant établir les rapports qui existent entre les maladies de la cavité buccale et les maladies générales.Les mêmes connaissances s'appliquent à l\u2019étudiant en médecine qui doit en connaître aussi les conséquences lentes ou immédiates et graves.La Faculté de Médecine a donc conjugué ses efforts avec ceux de la Faculté dentaire afin que les étudiants des deux Facultés, réunis, suivent les mêmes cours concernant les sciences basales, durant les deux premières années.Cette innovation a exigé, de notre part, un 1009 1010 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 personnel plus nombreux, sans compter la révision de nos programmes et de nos horaires.Nous devançons, ainsi, un grand nombre d\u2019écoles américaines auxquelles nous avons communiqué nos programmes, et qu\u2019elles étaient anxieuses de connaître afin de suivre notre exemple.Ceci a provoqué, chez les dentistes, une vive émulation et une compréhension telles qu\u2019ils ont senti la nécessité d\u2019organiser une campagne d'hygiène dentaire pour éduquer le public et attirer l\u2019attention de tous sur les conséquences heureuses d\u2019une telle initiative.Cette question a fait l\u2019objet d\u2019une vaste enquête en 1942-43 aux Etats-Unis et en Amérique du Sud, par les doyens de la Faculté dentaire et de la Faculté de Médecine, MM.Dubeau et LeSage.Leurs conclusions ont été acceptées par l\u2019Association Américaine.- 2° Pharmacologie.\u2014 Il importe, aussi, d\u2019attirer l\u2019attention sur une autre innovation importante que nous avons faite en pharmacologie, il y à trois ans environ.Les élèves de 2e année reçoivent d\u2019abord un enseignement en pharmacologie ; ils font des stages dans les laboratoires spéciaux de la Faculté de pharmacie durant six heures par semaine où ils manipulent les médicaments et s\u2019initient à la pratique de la pharmacie.Ils apprennent, aussi, à reconnaître les médicaments: fonctions et incompatibilités, en vue des études ultérieures de 3e année consacrées à la matière médicale et à la thérapeutique.3° Ecole d\u2019infirmières hygiénistes.\u2014 Depuis deux ans, nous avons affilié à la Faculté de Médecine l\u2019Ecole d\u2019Infirmières H ygiénistes, une de nos plus importantes organisations, à cause de l\u2019enseignement qu\u2019on y donne à des gardes-malades qui se destinent à la pratique de l\u2019Hygiène sociale, et des statistiques colligées dans toute la province de Québec sur les progrès accomplis en hygiène.| Le programme d\u2019études comporte l\u2019hygiène maternelle, la puériculture, la tuberculose, les maladies vénériennes, l\u2019hvgiène buccale, l'hygiène urbaine.On y enseigne la nutrition, l\u2019hygiène mentale, la psychologie, la sociologie, le service social, la morale médicale et l\u2019art oratoire.Notre Ecole coopère très étroitement avec le Service de Santé de la ville de Montréal et le Service d\u2019Infirmières visiteuses de la Compagnie d\u2019Assurance-Vie Métropolitaine.On a conçu le projet de coopérer avec l\u2019Assistance Maternelle, afin de permettre aux élèves de cette Ecole d\u2019assister aux accouchements à domicile.Le professeur J.-A.Beaudoin en a été le fondateur en 1925.La directrice est Mlle Girard.| 4° Institut de Microbiologie et d\u2019 Hygiene de Montréal.\u2014 Cet Institut existe depuis quelques années.Quoiqu\u2019il soit indépendant de la Faculté de Médecine, il y est intimement lié parce que les laboratoires de bactériologie et de l\u2019Institut de Microbiologie sont contigus et dirigés par notre professeur agrégé : le Dr Frappier.Il importe, quand même, de savoir qu\u2019il est en pleine expansion et que, depuis plusieurs BULLETIN mois, on y fabrique des produits biologiques, notamment des vaccins et des sérums: diphtérie, tétanos et autres.Il comprend, aussi, l\u2019Institut Vaccinal.Cet Institut doit collaborer avec les services de santé, avec l\u2019Université de Montréal et les autres universités, ainsi que les industries biologiques et pharmaceutiques.Il contribue, ainsi, à créer de nouvelles carrières scientifiques pour les nôtres, à la formation d\u2019experts, de chercheurs et de techniciens, à l\u2019éducation et à la propagande scientifique et hygiénique dans la province de Québec et au Canada.Une banque de sang y a été organisée cette année, en collaboration avec le gouvernement fédéral et l\u2019Université McGill.C\u2019est l\u2019Institut de Microbiologie qui fabrique et contrôle le B.C.G.dans la province de Québec.Les nombreux rapports publiés par le professeur Beaudoin, qui a été l\u2019un des plus fervents propagandistes sinon le pionnier, en démontrent les bienfaits sur la morbidité tuberculeuse.5° L'Institut de Diététique.\u2014 Depuis deux ans, nous avons fondé, à l\u2019Université de Montréal, Faculté de Médecine, un Institut de Diététique avec Laboratoire de Nutrition.Il y a plusieurs années, la Faculté de Médecine avait concu un programme très intéressant sur l\u2019organisation de cet Institut.Mlle Smith, directrice, est en train d\u2019organiser ce département et de le mettre sur un pied d\u2019égalité avec les meilleurs en Amérique.La Faculté de Médecine a pu obtenir, de la Société d\u2019Administration, les crédits indispensables pour en assurer l\u2019existence.Peu à peu, on les augmentera avec les progrès réalisés; car les maladies de la nutrition prennent une importance de plus en plus grande au fur et à mesure des restrictions imposées par la guerre.Mais l\u2019après- guerre nous imposera d\u2019autres responsabilités et de nouvelles directives à cause des exigences sociales et de la réputation grandissante de notre Université.C\u2019est pour répondre à ces besoins que nous avons créé cet Institut, appelé à jouer un rôle important dès maintenant.6° L'Institut d\u2019Anatomie pathologique existe et groupe tous nos hôpitaux affiliés.Il est dirigé par le professeur Pierre Masson, autrefois de l\u2019Université de Strasbourg.7° L'Institut de Chimie est une autre fondation de la Faculté de Médecine et de la Faculté des Sciences.Il est dirigé par le professeur Georges Baril.8° Prêts et bourses d\u2019études.\u2014 Je mentionne, enfin, la question de L\u2019Aide à la Jeunesse Etudiante, sous la forme de prêts ou de bourses d\u2019études.La Faculté de Médecine a aussi reçu, en 1942.un don de dix mille dollars ($10,000) de la Fondation Kellogg, qu\u2019elle a affecté a des préts, remboursables durant les deux années qui suivent la 1011 1012 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 graduation de nos jeunes médecins.Elle en a déjà consenti, à certaines conditions, pour une somme d\u2019environ $9,000, exclusivement aux élèves de P.C.B.et de première en Médecine.Telles sont les conditions du donateur.Nous avons reçu un nouveau don de $5,000, en 1943.D'autre part, les étudiants peuvent recevoir des bourses du Gouvernement provincial, après entente avec le Gouvernement fédéral, sur recommandation de la Faculté de Médecine et du Recteur de l\u2019Université de Montréal.Voici donc des avantages nouveaux et exceptionnels pour les élèves peu fortunés qui ne pourraient pas, autrement, entreprendre leurs études en médecine, ou même les continuer à certains moments.9° Service militaire.\u2014 Je signale, en terminant, certaines innovations au point de vue du service militaire.Les élèves en médecine, à compter de la 3e année, peuvent s\u2019inscrire au service militaire actif pourvu qu\u2019ils s'engagent, en quittant l\u2019Université, à se mettre à la disposition du Gouvernement fédéral.En retour, ils reçoivent la solde du soldat, soit $2.30 par jour, avec congé, pour leur permettre de terminer leurs études.Seuls les élèves du P.C.B.font de l\u2019entraînement militaire pendant 110 heures durant l\u2019année, et quinze jours de camp durant l\u2019été.En première et deuxième années de médecine, ils suivent des cours de médecine militaire durant cinq heures par semaine.10° Accélération des cours.\u2014 Les exigences de la guerre concernant le nombre des médecins nous ont imposé l\u2019obligation d\u2019accélérer nos études, afin d\u2019anticiper, chaque année, la date de la graduation de nos élèves.Sans rien changer dans nos programmes, nous avons peu à peu accédé à la demande du Gouvernement fédéral; si bien que la date habituelle de la graduation, fixée à la fin de juin, a été arrêtée, cette année, au mois de mars.D'autre part, l\u2019année académique, qui se termine à la fin de juin, s\u2019est terminée, cette année, en mars.La nouvelle année académique a débuté le 3 avril 1943 pour suspendre ses actiyités au milieu de juillet et les reprendre le 23 août, après un mois de vacances au lieu de trois mois.De sorte que l\u2019année académique se terminera au début de décembre 1943.Nous aurons done gagné six mois depuis trois ans.Les élèves de P.C.B.et de 1ère année commenceront la nouvelle année au début de septembre.Cette mesure d\u2019accélération nous conduit rapidement à un échec complet à cause du surmenage imposé à nos élèves et à nos professeurs, et sans profit pour qui que ce soit.Voilà les grandes lignes générales de l\u2019accélération de nos études \u2018 1.A une réunion de tous les doyens des Facultés de Médecine du Canada, à Ottawa en sep.1943, on a résolu de discontinuer l\u2019accélération pour les nouveaux élèves qui A .+ * \u2019 s'inscrivent cet automne à cause des mauvais résultats obtenus. BULLETIN III.Nos hôpitaux.L\u2019exiguïté de nos hôpitaux canadiens-français devint telle, à cause de l\u2019augmentation rapide de la population de Montréal, qu\u2019on songea à en augmenter le nombre et la capacité.À maintes reprises on posa la question devant le public afin de le préparer aux campagnes futures pour l\u2019agrandissement des anciens hôpitaux et la construction de nouveaux.Voici quelle est la situation aujourd\u2019hui.L\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, fondé en 1644, s\u2019était transporté sur l\u2019avenue des Pins.Il fut le seul, durant longtemps, à servir aux fins de l\u2019enseignement.C\u2019est là que les professeurs de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal faisaient leurs cliniques.Aujourd\u2019hui, cette vénérable institution possède 525 lits, en y comprenant ceux du nouveau pavillon qui a été inauguré en 1943.E.-P.Lachapelle.Ancien doyen, fondateur du Conseil d\u2019Hygiène provincial et de l\u2019hôpital Notre-Dame.L\u2019Hôpital Notre-Dame, fondé par le Dr E.-P.Lachapelle, en 1880, sur la rue Notre-Dame, construisit de nouveaux édifices sur la rue Sherbrooke est, grâce à l\u2019appui généreux de financiers de Montréal, surtout les Forget.On y transporta les malades et le matériel en 1924.En 1931, on construisit une aile nouvelle du côté sud-est.Le nombre actuel de lits est de 742, en y comprenant les berceaux.L\u2019aile de la rue Champlain fut construite grâce à l\u2019énergie et au dévouement de M.Tancrède Bienvenu, directeur de la Banque Provinciale, du 1013 1014 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 Dr Oscar Mercier aîné, chirurgien en chef, et du Dr L.de L.Har- wood, doyen.La Faculté de Médecine en bénéficia largement, car des services nouveaux s\u2019ajoutèrent aux anciens et plusieurs professeurs purent se consacrer à l\u2019enseignement des spécialités.Madame Louis Beaubien.Co-Fondatrice de I\u2019h6pital Ste-Justine.L\u2019Hôpital Sainte-Justine fut fondé en 1907 et affilié à la Faculté de Médecine en 1926.Avec cette fondation, due au dévouement de BULLETIN 1015 Mlle Levasseur, M.D., du Dr J.-E.Dubé et de Mme Louis Beaubien, la pédiatrie entrait dans une phase nouvelle, et nos élèves continuent de bénéficier de cet enseignement.Le nombre de lits est d\u2019environ 500.L\u2019enseignement comprend aussi les maladies contagieuses.pa J.-E.Dubé.Co-Fondateur de l\u2019Institut Bruchési et de l\u2019hôpital Sainte-Justine.L'Hôpital du Sacré-Cœur, à Cartierville, fondé en 1897, agrandi et transformé depuis cette date, est devenu un hôpital d\u2019une capacité d\u2019environ 1,000 lits.Il comprend un département affecté aux maladies incurables, un autre à l\u2019orthopédie et un troisième, le plus important, à la tuberculose.Cet hôpital est affilié à l\u2019Université depuis 1926, et nous y envoyons nos élèves à qui on enseigne les maladies du poumon, en particulier la tuberculose.Je ne.puis, dans un article succinct, ajouter d\u2019autres détails, car je dépasserais l\u2019espace qui m'est assigné.L'Institut Bruchesi, situé sur la rue Saint-Hubert, a été fondé en 1911.Les principaux fondateurs sont M.Auguste Richard, le 1016 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 Dr J.-E.Dubé aidé du Dr Eugène Grenier.Affilié à l\u2019Université depuis de longues années, nos élèves y reçoivent un enseignement à la clinique externe, car l\u2019Institut a été fondé surtout en vue du dépistage de la tuberculose à domicile.Il peut hospitaliser 50 malades seulement.Le directeur actuel est le professeur Jarry.L\u2019Hôpital Saint-Luc a été inauguré en 1932 et a une capacité de 450 lits.Il a été affilié à l\u2019Université de Montréal le 20 septembre 1935.Nos élèves y reçoivent un enseignement en propédeutique.L\u2019Hopital Pasteur, fondé en 1934, 350 à 400 lits, consacré exclusivement aux maladies contagieuses.L'Hôpital Sainte-Jeanne-d\u2019Arc fut fondé en 1919 par le juge Desaulniers, les Drs Villard et François de Martigny.Il occupa durant plusieurs années un local sur la rue Saint-Denis, puis déménagea rues Prince-Arthur et Saint-Urbain dans un édifice acquis de la Montreal Maternity Hospital.Le nombre de lits est d\u2019environ 300.Son affiliation à l\u2019Université eut lieu une première fois en septembre 1926.L'Hôpital de Verdun a été inauguré en 1932.Il possède 250 lits.Cet hôpital n\u2019est pas encore affilié à la Faculté de Médecine.L'Institut du Radium a été fondé en 1922.Le Gouvernement a fourni la somme de $100,000 pour l\u2019achat d\u2019une quantité de radium et la direction en a été confiée au professeur Gendreau.Logé d\u2019abord au rez-de-chaussée de l\u2019Université de Montréal, sur la rue Saint- Denis, il déménagea bientôt dans l\u2019ancien hôtel de ville de Maison- neuve, où il est actuellement, jusqu\u2019à son installation dans les édifices de la Montagne, où on lui avait assigné un vaste espace dans l\u2019aile destinée à l'hôpital universitaire.T1 possède environ 50 lits.T1 n\u2019a pas encore pris possession du local qui lui avait été affecté primitivement.Il se maintient grâce à des octrois des Gouvernements provincial et municipal.L\u2019Hôpital Saint-Jean-de-Dieu fut fondé en 1873.Le nombre des malades qui y sont hospitalisés actuellement atteint ou dépasse 6,000.Il a été affilié à l\u2019Université en décembre 1925.C\u2019est là que nos élèves reçoivent l\u2019enseignement des maladies mentales.L\u2019Hôpital de la Maternité, fondé en 1845.Contient 650 lits dont 500 pour enfants.Nos élèves y pratiquent des accouchements.L\u2019Hôpital de la Merci, situé dans un quartier excentrique de la ville de Montréal, a été fondé en octobre 1932.Il possède 600 lits et prend soin des vieillards ou de certaines classes d\u2019indigents.Le Sanatorium Prévost, à Cartierville, est plutôt une institution privée, mais elle a comblé une lacune importante. BULLETIN 1017 Tels sont les renseignements succinets concernant nos principaux hôpitaux.Depuis 1897, nous avons donc fait des progrès énormes, grâce aux campagnes incessantes entreprises par certains des professeurs de la Faculté de Médecine, entre autres les Drs Harwood et JE.Dubé, décédé.T.Parizeau, doyen honoraire.; Premier professeur de bactériologie, et premier directeur des études médicales U.M.Il y a d'autres institutions hospitalières, mais elles ne sont pas affiliées.Nous avons pu obtenir ce résultat magnifique grâce à des octrois des gouvernements municipal et provincial.Non seulement nous avons 1018 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 pu secourir nos malades canadiens-français qui se dispersaient dans les hôpitaux anglais, mais nous avons considérablement augmenté notre champ d'action en vue de notre enseignement.Nous avons, aussi, rendu un grand service à tous nos hôpitaux d\u2019enseignement affiliés en instituant l\u2019internat obligatoire pour les élèves de cinquième année, avec roulement dans les différents services.Cette initiative, de la part de la Faculté de Médecine, dont le mérite revient au Dr T.Parizeau, ancien doyen, a procuré à nos élèves de cinquième année un avantage exceptionnel pour la pratique de la médecine de la chirurgie et des spécialités.IV.La direction des études médicales.Pour diriger cette nouvelle machine compliquée de l\u2019enseignement moderne de la médecine, nous avons fondé un poste nouveau : le directeur des études, qui devait y consacrer tout son temps.Le Dr T.Pari- zeau en fut le premier titulaire durant plus de quinze ans.Telles sont, dans une vue d\u2019ensemble, les principales fondations hospitalières dont quelques-unes sont imputables à la Faculté de Médecine, ancienne et nouvelle.S1 j'ai pu commettre quelque omission dans ce chapitre, on voudra bien attirer mon attention afin de réparer les oublis.Mais on ne peut tout dire en un si court chapitre.V.Sociétés savantes.Quelles ont été les activités scientifiques nouvelles de cette ère pasteurienne?Au début, en 1896, il n\u2019y avait aucune Société savante où les médecins pussent annoncer les résultats de leurs observations et soumettre leurs opinions à la critique de leurs confrères.La première organisation de ce genre fut le Comité d\u2019 Etudes fondé par Marien en 1896-97, avec les laboratoires d\u2019Histologie et d\u2019Anatomie pathologique de la Faculté de Médecine Laval, à Montréal.Il en fut le premier président.Un certain nombre de médecins se réunis- salient, deux fois par semaine, pour y étudier le microscope et les techniques de laboratoire.Au bout de quatre années, en 1900, ce comité devint la Société Médicale de Montréal, dont le premier président fut Hervieux, professeur de matière médicale.La Société Médicale de Montréal, depuis cette date éloignée, s\u2019est toujours maintenue très active, elle a rendu de grands services, et elle continuera sans doute de représenter dignement l\u2019opinion médicale canadienne-francaise.Elle est dirigée par son Secrétaire le Dr Paul Letondal.L\u2019 Association des Médecins de Langue Française de l'Amérique du Nord fut fondée en 1902, à Québec, avec le concours des Facultés BULLETIN 1019 de Médecine Laval, de Québec et de Montréal.Tous les deux ans, elle a tenu ses Congrès soit à Québec, soit à Montréal, soit aux Trois- Rivières.Plus tard, elle a siégé à Ottawa.Elle a groupé non seulement les médecins canadiens-français au Canada mais aussi aux Etats- A.Marien.Le pionnier de l\u2019antisepsie et de l\u2019asepsie à l\u2019Hôtel-Dieu.Fondateur du Comité d\u2019Etudes des labo.d\u2019Histologie et d\u2019Anatomie pathologique.Unis.Cette Association a créé des liens nouveaux avec les médecins de France.C\u2019est à compter de cette époque que le livre français arrive au Canada: littérature, sciences, médecine et arts.C\u2019est elle qui attirait, ici, des délégations nombreuses de médecins français, pour y représenter non seulement leur Gouvernement à nos congrès, mais toutes les Ecoles de Médecine de France.C\u2019est grâce à ces activités et 1020 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 à ces délégations françaises, au Canada, et canadiennes, en France, que nous avons pu, un jour, recevoir et appointer, chez nous, des Maîtres français qui ont fait école au Canada et à qui nous sommes redevables de créations importantes dans notre enseignement, sans Henri Hervieux.Premier Président de la Société Médicale de Montréal, 1900.compter la formation de nos élèves, dont quelques-uns sont devenus des Maîtres.C\u2019est cette Association qui a fourni aux Gouvernements l\u2019occasion de nous accorder des bourses! permettant à nos meilleurs élèves d\u2019aller étudier en France, ainsi que des équivalences de la part de l\u2019Université de Paris, dont ils ont bénéficié.N\u2019est-ce pas à elle 2j : : qe \u2018| | que nous devons l\u2019édification de la « Maison des étudiants canadiens » 1.Les premières bourses en médecine datent de 1921. BULLETIN à Paris grâce à l\u2019influence de notre ancien Ministre à Paris, le Dr Philippe Roy, et à la générosité d\u2019un mécène canadien, le sénateur Marcelin Wilson, décédé.Elle a, aussi, joué un rôle très important parmi nous en unissant tous les médecins canadiens-français en un groupe homogène, et elle à attiré sur nous non seulement l\u2019attention de la France, mais aussi celle des Etats-Unis et de l\u2019Angleterre.Son Directeur actuel est le Dr Valin, d'Ottawa.C\u2019est cette Association qui a provoqué, dans la province de Québec, la fondation de l\u2019Institut Franco-Canadien*.Ce Comité a eu le mérite d\u2019inviter, au Canada français, des savants de haute réputation qui nous ont éclairés et orientés dans les lettres, les sciences, les arts, la philosophie, le génie civil et l\u2019économie sociale et politique.Je n\u2019oublie pas l\u2019A.C.F.A.S, fondée, sauf'erreur, par l\u2019encyclopédiste Dr Léo Parizeau, et dont les activités ne se sont pas ralenties.Ajoutons que d\u2019autres sociétés savantes existent.Ce sont: la Société de Phtisiologie, la Société de Gastro-entérologie, la Société de Chirurgie, la Société de Neuro-psychiatrie, la Société d'Ophtalmologie, la Société de Dermato-syphiligraphie.Il y a aussi l\u2019Assocition générale des Etudiants.VI.Nos Revues de Médecine.L'ancienne Ecole de Médecine et de Chirurgie avait fondé un journal: la Lancette, qui eut une existence éphémère.C\u2019est en 1872 que l\u2019Union Médicale du Canada fut fondée par un groupe de professeurs de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal.Je n\u2019ai pas l\u2019intention de faire, ici, l'historique de ce Journal, dont j'ai longuement et fréquemment parlé en maintes circonstances.Disons seulement qu\u2019il s\u2019est maintenu jusqu\u2019en 1900.Le premier rédacteur fut le Dr Rottot, ancien doyen.À cette époque, un groupe de jeunes médecins, retour d\u2019Europe, en fit l\u2019acquisition, et le premier numéro de cette nouvelle organisation parut en mai 1900.Depuis cette date mémorable, l\u2019Union Médicale a pris une expansion considérable à cause de son évolution et de la répercussion des idées pasteuriennes au Canada.Les premiers propriétaires se sont bientôt adjoint tous les chefs de services de nos hôpitaux en se constituant en Société Limitée.Il a joué un rôle considérable à la Société Médicale de Montréal et à 1\u2019 Association des Médecins de Langue Francaise de l\u2019Amérique du Nord.Au début de la guerre actuelle, il était répandu 1.Un souvenir à Dalbis, en passant, ancien professeur d\u2019Histologie à notre Faculté, un ami fidèle du C.f.et auteur d\u2019un livre sympathique: Le Bouclier canadien-français.1021 1022 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 dans le monde entier.Nous comptons beaucoup sur son influence, car il est un des organes qui jouent un rôle important dans les questions scientifiques, hygiéniques et sociales *.Le Bulletin de l\u2019Association des Médecins de Langue française de l\u2019Amérique du Nord a été fondé en 1934.Mais bientôt il a fusionné avec l\u2019Union Médicale, en 1938.L\u2019 Action Médicale a été fondée il y a plusieurs années.C\u2019est un Journal consacré exclusivement aux questions d\u2019intérêt professionnel.J.-P.Rottot.Premier rédacteur en chef et l\u2019un des fondateurs de l\u2019Union Médicale du Canada.Ancien doyen.Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu a été fondé en 1932.C\u2019est un Journal de haute tenue scientifique publié et rédigé en collaboration par les médecins de l\u2019Hôtel-Dieu.Le rédacteur est le Dr Antonio Barbeau.La dernière publication en médecine est un journal fondé il y a un an à l\u2019Université de Montréal, bilingue, et consacré exclusivement aux travaux de recherche inédits: la Revue Canadienne de Biologie.Mentionnons aussi l\u2019Action Universitaire, organe des anciens élèves.Enfin, le Quartier Latin, rédigé, avec beaucoup d\u2019esprit et d\u2019érudition, par les étudiants de toutes nos Facultés.1.Le rédacteur actuel, le Dr Albert LeSage, occupe ce poste depuis mai 1900. BULLETIN 1023 VII.La Faculté de M édecine en 1943.En 1919, toutes les Facultés et Ecoles de l\u2019Université Laval, succursale de Montréal, ont fusionné pour créer l\u2019Université de Montréal.f Les Edifices de l\u2019Université de Montréal.Septembre 1943 Le mérite, sauf erreur, en revient à Mgr Bruchési et à Mgr Gauthier qui en était le recteur à cette époque.Cette fusion a causé beaucoup d\u2019émoi et de discussion à cette époque.A la Faculté de Médecine, nous avions longuement discuté la clause importante de la limite d\u2019âge et 1024 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 de la pension de retraite, car nous versions tout notre avoir dans la caisse commune, soit $100,000 environ, à une condition expresse: il n\u2019y aurait pas de limite d\u2019âge pour tous les membres actuels du Conseil de la Faculté; au nombre de douze, ils pourraient se retirer de l\u2019enseignement à une date prévue, mais ils conservaient leurs privilèges de membres délhibérants et éligibles aux diverses fonctions, et ils obtenaient une pension de retraite jusqu\u2019à leur mort.Cette clause fut acceptée et insérée dans les statuts.Nous possédions donc, enfin, notre autonomie et la suceursale Laval à Montréal cessait d\u2019exister après une entente entre le Saint-Siège et l\u2019Université Laval de Québec.Le vœu de Mgr Bourget s\u2019accomplissait.Nous avons continué d\u2019occuper l\u2019immeuble de la rue Saint-Denis de 1895 jusqu\u2019en septembre 1942.Mais nous y avons subi deux incendies qui nous ont obligés de le reconstruire presque complètement.Ce fut une dure épreuve qui éveilla l\u2019attention du publie de Montréal.Une campagne de souscription fut lancée.Elle rapporta une somme d\u2019environ $2,000,000 ou moins.On eut aussitôt l\u2019ambition de construire sur une plus vaste échelle afin de loger mieux, et plus dignement, toutes les Facultés, sans exception, de la grande Université de Montréal.On fit l\u2019acquisition d\u2019un terrain à Outremont, au flanc du Mont-' Royal, et l\u2019on éleva la construction actuelle, qui constitue un immeuble splendide et unique qui fait l\u2019orgueil de la race canadienne-française et de la ville de Montréal.Cet édifice a pu être construit grâce à des octrois très importants consentis par les Gouvernements de la province de Québec qui se sont succédé depuis vingt ans.Le coût de cette immense construction dépasse déjà certainement $10,000,000, et elle n\u2019est pas terminée.Mais la Faculté de Médecine n\u2019a pas réalisé toutes ses espérances.Il lui manque l'hôpital Universitaire dont les murs seuls indiquent l\u2019endroit et l\u2019espace qu\u2019il occupera, car 1l fait partie des splendides édifices de l\u2019Université.On lui a consacré les trois ailes immenses situées à gauche de la cour d'honneur.Malheureusement, il n\u2019est pas terminé ; le projet primitif était le suivant: 1° Capacité de 500 lits, dont 300 publics et 200 privés; 2° Le soin des malades serait confié à une communauté religieuse et il y aurait une école d\u2019infirmières ; 3° Le service des dispensaires occuperait un espace de 50,000 pieds carrés.La Faculté de Médecine a fait des efforts incessants pour que l\u2019on termine ce magnifique hôpital, absolument indispensable à notre enseignement, mais nous nous sommes butés à une question financière.Pour le compléter, il nous faudrait un million et demi environ.Nous comptons qu\u2019un jour nous pourrons obtenir la somme nécessaire pour terminer ce grand œuvre, car une Faculté de Médecine qui ne possède BULLETIN pas un hôpital universitaire manque d'un élément essentiel de succès pour son bon fonctionnement, le recrutement de son personnel, la formation des gardes-malades spécialisées et son ascension constante à côté des grandes universités du monde.L'Institut Rockefeller nous avait promis un octroi important si nous pouvions réussir à construire cet hôpital.Nous n\u2019obtiendrons rien d\u2019eux tant que l\u2019état actuel subsistera.Nous avons entendu dire que des personnages politiques avaient exprimé l'opinion que cet hôpital n\u2019était pas utile en ce moment.Un tel langage indique une méconnaissance absolue de la question.Les médecins la connaissent mieux que quiconque et ils dénoncent vivement une telle opinion.En tenant compte des services rendus à l\u2019enseignement, le public le réclame à cause de l'insuffisance notoire des lits et des secours requis de plus en plus par nos soldats blessés retour du front.Nous possédons le personnel et nous le réclamons.Nous voudrions que ceux-là seuls qualifiés pour exprimer une opinion sur ce sujet soient entendus.Son Excellence Mgr Charbonneau.Chancelier 1943.Etat actuel.Le Chancelier: Son Excellence Mgr Charbonneau, archevêque de Montréal.Le Recteur: Mgr Olivier Maurault.Le Vice-recteur: Mgr Emile Chartier.1025 1026 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 Le Secrétaire général: M.Edouard Montpetit.Le Trésorier général: M.Casaubon.Les professeurs émérites sont au nombre de 7: MM.L.-E.Fortier; Télesphore Parizeau ; Damien Masson ; E.-P.Benoît; Albert LeSage Eugène Saint-Jacques: J.-N.Roy.Le nombre de nos éléves en médecine, en y comprenant le P.C.N,, est de plus de 450.Les membres du Conseil de la Faculté de Médecine sont au nombre de 28: MM.Louis-Edouard Fortier; Télesphore Parizeau ; Emmanuel Persillier-Benoit; Albert LeSage; Georges Baril; J oseph Mgr Olivier Maurault.Recteur 1943.Leduc; Ernest Gendreau; J.-Arthur Jarry; Anselme Léger; Pierre Masson : Joseph-A.Baudouin : Donald-A.Hingston ; Edmond Dubé; Urgel Gariépy : Gaston Lapierre: Albérie Marin; J.-Roméo Pépin: Roméo Boucher; J.-Oscar Mercier; Léon Gérin- Lajoie : Jean-B.De- lage; Emile Legrand; Antonio Barbeau; Albert De Guise; J.-Alfred Mousseau; Wilbrod Bonin; Hector Sanche; Rosario Fontaine.Professeur de physiologie a titre étranger: le Dr Laugier, de Paris.Les professeurs agrégés sont au nombre de 26.Les assistants-professeurs sont au nombre de 80.Soit un total de 184, à des titres divers, en comptant un personnel subalterne important.Le Doyen et Directeur des Etudes: Albert LeSage.Le Vice-doyen: Georges Baril.Le Secrétaire: E.-P.Benoît.Comité exécutif: MM.A.LeSage; Georges Baril: E.-P.Benoît; J.-A.Jarry; Edmond Dubé; Albéric Marin; Oscar Mercier. BULLETIN Chaires d\u2019enseignement: Anatomie, Anesthésie, Bactériologie, Chimie physiologique, Chirurgie infantile et Orthopédie, Cliniques médicales (2), Cliniques chirurgicales (3), Déontologie, Dermato- syphiligraphie, Ecole d\u2019Infirmières hygiénistes; Gynécologie, Histoire de la Médecine, Histologie et Embryologie, Hygiène, Institut de Diététique, Maladies contagieuses, Matière médicale et Pharmacologie, Médecine légale et Toxicologie, Médecine militaire, Médecine opératoire, Médecine sociale, Morale médicale, Neurologie, Ostétrique, Ophtalmo-oto-rhino-laryngologie, Pathologie générale, Pathologie médicale, Pédiatrie, Phtisiologie, Physiologie, Physique médicale, Propédeutique, Psychiatrie, Radiologie et Physiothérapie, Urologie.Chef du secrétariat et Appariteur: M.Edouard Provencher.Conclusions.Trois générations se sont succédé à la Faculté de Médecine depuis sa fondation au mois de novembre 1843.Bientôt une quatrième.À qui doit-on accorder les plus grands mérites?La réponse est facile : à tous sans distinction.Il est opportun de citer, ici, un passage du Secrétaire actuel, M.le Dr E.-P.Benoît, publié en 1932 à l\u2019occasion du soixantième anniversaire de l\u2019Union Médicale du Canada, vol.60: « Mais l\u2019effort que nous faisons actuellement, pour placer notre Université sur un plan de premier ordre, mérite d\u2019être respecté.Nos ambitions sont plus grandes parce que les méthodes sont plus nombreuses, plus variées, et que nous avons à satisfaire à des besoins plus larges.Au fond, si l\u2019on tient compte de la distance et des dates, nous sommes dans la position de nos devanciers et leur esprit nous anime: nous ne fondons pas des hôpitaux, nous les agrandissons; nous ne créons pas une Faculté, nous voulons la remodeler suivant les besoins du jour .nous faisons, avec des moyens nouveaux, ce que voulaient faire nos vieux maîtres avec leurs moyens limités: donner à la profession médicale ce qu\u2019il lui faut et faire de Montréal un centre d\u2019activité médicale.» Il me semble que cette conclusion est juste.Nous avons un personnel compétent à l\u2019Université et dans nos hôpitaux.Nos Sociétés scientifiques montrent de l\u2019activité.Nous commençons à publier quelques timides travaux de recherche.Nous n\u2019avons guère de temps pour nous y consacrer.En ce moment, nos ressources financières gênent beaucoup notre évolution ; d\u2019autre part, nous sommes privés d\u2019un élément essentiel qui a tant contribué à notre formation: l\u2019Kcole française.Nous espérons en de meilleurs jours pourvu qu'\u2019existe, parmi notre personnel, le respect de la hiérarchie, plus de discipline, de coopération et de solidarité qui, seuls, nous serviront et sans lesquels nous sommes voués à une amoindrissement constant de nos valeurs spirituelles.Ces notes sont sans doute incomplètes, mais elles n\u2019ont pas la prétention d\u2019avoir tout dit.On devra, pour se mieux renseigner, con- 1027 1028 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 sulter nos archives et l'Union Médicale du Canada, qui est l\u2019image fidèle de nos ambitions, de nos revers et de nos succès |.Quel sera notre avenir dans ce splendide édifice?Je ne saurais mieux dire qu\u2019en citant, ici même, sous la forme d\u2019une conclusion, les paroles de notre Chancelier, Son Excellence Mgr Charbonneau, archevêque de Montréal, prononcées à l\u2019inauguration de ce grand œuvre, le 3 juin 1943.Après avoir rappelé que nous devons notre culture aux « deux plus nobles civilisations qui ont illuminé le monde: la gréco-latine et la chrétienne, l\u2019humaine et la divine, à la croisée des routes à Rome », il ajoute qu\u2019elles sont venues aboutir à Québec, plus tard, à Montréal.« Les voici, toutes les deux, Fides et Scientia, dans cette Ecole.» Après avoir payé un tribut d'hommage aux anciens, il continue en ces termes: « Une université, quel qu\u2019en soit le site et la latitude, nous place nécessairement sous le signe de l\u2019universel.C\u2019est l\u2019exigence de son nom et de sa destination.« Messieurs, l\u2019Université de Montréal ne manquera pas à ses responsabilités.À l\u2019âge où nous recevons nos étudiants, le temps de la formation générale est fini, celui de la spécialisation commence.Toutefois, les techniques particulières n\u2019auraient rien à gagner à s\u2019enfoncer dans l'isolement.La synthèse doit refaire l\u2019unité originelle de tous les produits de l\u2019analyse, car la vie si ramifiée, si compliquée, demeure une dans son principe.Et c\u2019est pour la vie que l\u2019Université travaille.Aussi nos pavillons, qui s\u2019avancent hardiment sur ce promontoire, nefs en partance pour des mers inexplorées, restent-ils attachés les uns aux autres, comme pour figurer cette unification du savoir, dont la construction a été le rêve de tant de grands esprits, du moyen âge à nos jours.« Rien me te soit inconnu.Nous savons bien que l\u2019audacieuse devise de l\u2019humaniste de la Renaissance est de plus en plus chimérique.L\u2019horizon du savoir est trop vaste, l\u2019esprit de l\u2019homme trop étroit, sa vie trop courte.Pourtant, toutes les branches du savoir s\u2019étalent devant nos yeux, et la mission de l\u2019université sera toujours de donner des clartés de tout, et plus que des clartés, pour former I\u2019honnéte homme, qui est la fleur de la civilisation.« L'université embrasse tout l\u2019ordre du réel, tout l\u2019ordre de la vérité, ce qui est la même chose.C\u2019est sur le réel, pour l\u2019appréhender et le développer, qu\u2019elle centre tous ses efforts.Comment une université catholique surtout pourrait-elle se détourner de son étude?Elle tient de l\u2019Eglise la doctrine de l\u2019accord de la foi et de la science.Car le réel, c\u2019est Dieu et l\u2019œuvre de Dieu.La création ne contredit pas son créateur.C\u2019est à Dieu toujours que nous aboutissons au terme de nos recherches et de nos méditations, si elles sont conduites selon la logique intérieure de l\u2019être.L\u2019intelligence n\u2019est pas une fin.La philosophie n\u2019est pas un système fermé.La science est faite pour donner, elle aussi, le sens du mystère.Les malfaçons de l\u2019homme sont patentes: l\u2019histoire impartiale les enregistre: elles concourent à faire éclater la vérité de Dieu.Nous avons pris à l\u2019école des anciens l\u2019habitude de soumettre notre esprit à l\u2019idée et l\u2019idée à l\u2019objet.Ce n\u2019est pas seulement notre philosophie péripatético-scolastique, c\u2019est toute notre culture et toutes ces méthodes qui doivent être pénétrées de sain réalisme et d\u2019intellectualisme.« Dès lors, si le réel est notre champ d\u2019étude, il est aussi notre champ d\u2019action.L\u2019université serait-elle digne de sa mission, qui se contenterait d\u2019enseigner sans 1.Je me suis beaucoup inspiré des notes publiées par le Dr L-D.Mignault, ancien secrétaire, publiées dans l\u2019Union Médicale du Canada de 1926 et des renseignements recueillis dans le vol.60, Union Médicale du Canada, soixantième anniversaire en 1932.rie ns sn A BULLETIN former?Il ne suffit pas de savoir, il faut encore savoir pourquoi l\u2019on sait, et demain, il faudra vouloir ce que l\u2019on sait.L'homme ne vaut, que par la pensée, mais la pensée est faite pour éclairer et pour conduire.De toutes parts, l\u2019université fait appel à l\u2019intelligence pour comprendre et pour connaître, mais aussi pour aimer et pour unir.Toutes seules, la littérature peut corrompre les cœurs, la philosophie sophistiquer les cerveaux, la science stériliser les âmes.« La science «n\u2019a pas de morale: elle crée le bien ou le mal avec la même indifférence, selon « l\u2019usage qu\u2019on en fait.» Mais le savant ne peut être neutre à la croisée du bien et du mal.« La seule certitude que l\u2019on puisse tirer de la société en détresse, c\u2019est « que bien plus que de progrès industriel et scientifique, c\u2019est de progrès moral «que l\u2019humanité a aujourd\u2019hui besoin.» Sept années ont passé depuis que Georges Claude émettait ce diagnostic.Comme le temps a donné raison aux réflexions du célèbre physicien français! Il importe donc de garder toujours le sens spirituel du savoir.Littérature, philosophie, sciences, sont soumises à une loi commune: servir.Ce n\u2019est point pour leur diminution, mais pour leur grandeur.Ces servantes de la foi ont toute la liberté des enfants de Dieu.Tous les épanouissements leur sont promis.Et elles auront fait avancer la civilisation.«'Nos étudiants seront demain avocats, médecins, pharmaciens, ingénieurs, professeurs, littérateurs, publicistes, hommes d\u2019affaires, agriculteurs et chercheurs.Quel sera leur comportement dans la vie domestique, professionnelle et civique?Tous ne seront pas faits pour conduire.Tous devront être porteurs de lumière.« Ils le seront, s\u2019ils savent unir la compétence à la conscience, s\u2019ils savent remplir tout leur devoir d\u2019hommes.Car la fière protestation du Homo sum est insuffisante pour cette tâche cyclopéenne.Rien d\u2019humain ne devra leur être étranger.Ce serait peu, cependant, s\u2019ils n\u2019ajoutaient pas avec saint Bernard: « Je ne puis regarder comme m\u2019étant étrangère aucune des affaires de Dieu.» Les affaires de Dieu, c\u2019est l\u2019'humanité et sa destinée surnaturelle.«Toute solution à ses problèmes qui ne sera pas profondément chrétienne ne sera pas humaine.Elle ne sera pas nationale davantage, dans l\u2019ordre du moirs du sain naturalisme.Nos jeunes hommes sauront-ils prendre leur part du travail commun de réforme ou plutôt de refonte?« Messieurs, je.n\u2019ai pu faire qu\u2019effleurer le sens de cette cérémonie d\u2019inauguration, qui reçoit tant d\u2019éclat de votre présence, Pour nous, de Montréal, il reste un dernier aspect que je me dois d\u2019évoquer avant de terminer.En 1643, M.de Mai- sonneuve plantait la croix sur la montagne de Montréal.À trois cents ans de distance, en 1943, nous inaugurons sur cette même montagne du mont Royal la cité du savoir.Fides et Scientia.Cette rencontre merveilleuse scelle plus étroitement leur accord indissoluble.La Foi et la Science, toutes les deux se tiennent ainsi par la main.'Et toutes les deux reprennent le programme des Messieurs et Dames de Montréal pour la grandeur de l\u2019Eglise, de la cité et du pays.» : 1029 1030 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 Nous avons cru sage et opportun de rapporter ces nobles paroles qui expriment une doctrine chrétienne et catholique, par conséquent humaine.Elle inspire nos pensées et nos actes; elle symbolise notre existence dans la province de Québec.Elle accueille toutes les formes du haut savoir et elle oriente notre vie universitaire vers ses hautes destinées sans rien ignorer de la science et de la foi.Albert LeSAGE, Doyen.SUPPLEMENT FONDATIONS ET PRIX 1943-1944 Nore.\u2014 Nous ajoutons ce supplément afin de mentionner les fondations et les prix annuels dont nous avons bénéficié depuis la fusion.C\u2019est une suggestion pour l\u2019avenir si quelques nouveaux mécènes veulent bien favoriser la Faculté de Médecine.Fondation Rougier-Armandie.\u2014 Une somme de cent mille dollars ($100,000.00) a été versée par M.P.-Victor Rougier, les revenus annuels de cette somme devant aider les recherches scientifiques à la Faculté de médecine.M.J.-Auguste Richard.\u2014 Dix mille dollars ($10,000) pour la fondation d\u2019une chaire de phtisiothérapie avec un revenu annuel de $400.Fondation W.K.Kellogg.\u2014 Une somme de dix mille dollars ($10,000) en vue de venir en aide aux étudiants de première année de médecine et à ceux de l\u2019année prémédicale a été mise à la disposition de la Faculté pour l\u2019année 1942-43.Un nouvel octroi de $5,000 nous a été accordé cette année pour 1943-1944.Médaille du Lieutenant-Gouverneur.\u2014 La Commission des Etudes ayant attribué à la Médecine, pour les trois dernières années, la médaille en argent du Lieutenant-Gouverneur de la Province, cette médaille est décernée à l\u2019élève de 5e année qui a le mieux réussi dans les matières de laboratoire.Médaille du Gouvernement français.\u2014 Par l\u2019intermédiaire de l\u2019Institut Scientifique franco-canadien, la Faculté de médecine a recu du Gouvernement français une médaille en or, destinée à l\u2019élève de 2e année dont le succès, dans les sciences de laboratoire, a été le plus marqué.Prix Lachapelle.\u2014 Une bourse de cinquante dollars est octroyée chaque année à l\u2019élève finissant qui a obtenu le plus grand nombre de points dans ses examens de doctorat.Cette fondation est due à la générosité du Dr E.-P.Lachapelle, ancien doyen. BULLETIN Prix Hingston.\u2014 Une médaille en or destinée à perpétuer la mémoire de Sir William Hingston, est accordée chaque année par Lady Hingston, à l\u2019élève qui conserve le plus grand nombre de points sur toutes les matières primaires et finales.Prix Rodolphe Boulet.\u2014 Le Dr Rodolphe Boulet a laissé une somme d\u2019argent destinée à fournir annuellement un prix de cinquante dollars ($50.00) à l\u2019élève qui a le mieux réussi dans les matières de cinquième année.Prix de S.G.Mgr A.-E.Deschamps.\u2014 Par disposition testamentaire, S.E.Mgr A.-E.Deschamps a légué à la Faculté de médecine une somme de $2,000.00.Un prix annuel de $20.00 doit être attribué à l\u2019élève le plus méritant en Médecine.Prix Hervé Nadeau pour l\u2019internat de 5e année.\u2014 Deux sommes, l\u2019une de $30 et l\u2019autre de $20, sont offertes aux deux élèves de cinquième année dont le succès a été le plus marqué au cours de leur internat.Autres prix offerts par les Laboratoires Nadeau Limitée.\u2014 1° À l\u2019élève de 4e année qui a le mieux réussi dans ses examens de fin d\u2019année ($25.00) ; 2° À l\u2019élève de 3e année qui a le mieux réussi dans ses examens de fin d\u2019année ($25.00).Prix de | Justine offre: 1° Une somme de $50.00 à l'élève de 4e année qui aura le mieux.réussi aux examens de Pédiatrie; 2° Une somme de $50.00 à l\u2019interne-médecin qui, au cours de son séjour dans cet hôpital, aura donné à tous points de vue la plus entière satisfaction.Prix de la Banque d'Epargne de la Cité et du District de Montréal.\u2014 Deux prix de $5.00 sont offerts annuellement aux deux élèves les plus méritants de 4e année.Concours Casgrain- Charbonneau.\u2014 La maison Casgrain & Char- bonneau offre à l\u2019Université un prix de $500 attribué, chaque année, au meilleur travail de recherche scientifique en médecine, pharmacie, chirurgie dentaire, chimie ou biochimie; \u2014 ce qui comprend toute découverte médicale ou pharmaceutique, toute amélioration importante de traitement médical ou d\u2019opération chirurgicale, toute découverte scientique d\u2019ordre médical.Ce prix est attribué au concours.Le jury a stipulé ce qui suit: 1.Le concours est ouvert aux diplômés de l\u2019Université de Montréal; 2.Les travaux doivent être envoyés au Recteur de l\u2019Université, avant le ler avril de chaque année; 3.Les travaux seront inédits.L.1031 CONSIDÉRATIONS SUR LES FORMES PATHOLOGIQUES DE L\u2019OSTEOCLASIE ET LES MANIFESTATIONS CLINIQUES DE L\u2019OSTEITE FIBREUSE, AVEC QUINZE OBSERVATIONS PERSONNELLES ! Par J.-E.GENDREAU Directeur de l\u2019Institut du Radium.On sait que le tissu osseux est en perpétuel renouvellement.Chaque portion du squelette passe alternativement par une période de destruction et par une période de reconstruction.On dirait les deux phases d\u2019un même cycle qui s\u2019enchaînent.L\u2019os néoformé a une vie plus ou moins éphémère, suivant que ses éléments cellulaires vivants sont isolés plus ou moins précocement par la prise calcique.Quand toutes les communications avec l\u2019extérieur sont coupées, les cellules s\u2019atrophient et meurent.Mais la présence d\u2019os mort dans un milieu vivant commande immédiatement la résorption de cette parcelle de l\u2019organisme qui est devenue un corps étranger.Des bourgeons conjonctifs, issus des formations haversiennes, médullaires ou périostiques, se frayent un chemin vers le foyer d\u2019os mortifié.Des cellules mésenchyma- teuses se détachent de ces bourgeons, se fusionnent et donnent naissance à de grands macrophages polynucléés, qui sont les ostéo- clastes ou les cellules géantes préposées à la résorption et à l\u2019élimination des tissus squelettiques où la vie a cessé d\u2019exister.Les ostéo- clastes déblayent le terrain et libèrent la chaux.L\u2019espace libre prend l\u2019aspect d\u2019un foyer hémorragique qu\u2019envahissent des néoformations conjonctives.Le tissu conjonctif néoformé, qui baigne dans un milieu anormalement riche en calcium et faiblement irrigué, se condense, s\u2019organise, s\u2019oriente suivant les conditions mécaniques auxquelles il est soumis et finalement s\u2019ossifie par métaplasie.Les cycles reconstruc- tifs se succèdent à une cadence d\u2019autant plus 1.Travail de la Clinique Anticancéreuse de l\u2019Institut du Radium.et G.PINSONNEAULT, Radiologiste de l\u2019Institut du Radium.précipitée que le territoire est soumis à des actions mécaniques plus intenses, (Loi de Kolliker) et que l\u2019os néoformé est encore plus jeune et plus imparfait, (Loi de Leriche) car chaque reconstruction marque un pas de plus dans le perfectionnement architectural.Et c\u2019est ainsi, après d\u2019innombrables recommencements, que les minces trabécules ostéoïdes du squelette embryonnaire, qui poussent timidement, comme au petit bonheur, font place peu à peu aux travées osseuses savamment élaborées du fémur d\u2019un adulte, qui semblent défier l\u2019art et la mécanique.Le tissu osseux, vu sous cet angle, ne serait encore qu\u2019un système de soutien perfectionné, se rattachant au système musculaire et à la vie de relation.Mais son rôle ne se réduit pas à des fonctions mécaniques.L\u2019os participe aussi à une fonction métabolique qui le rattache à la vie végétative des autres tissus.C\u2019est lui qui tient en entrepôt toute la réserve de calcium de l\u2019économie et qui en libère suivant les besoins de l\u2019organisme en général et des neurones en particulier.Dans l\u2019interaction du système nerveux et du système osseux, il existe des relais dont l\u2019importance est énorme, mais dont le rôle exact est encore loin d\u2019être déterminé: ce sont les parathyroïdes.Quand on injecte de la parathormone, il se détruit du tissu osseux dans l\u2019heure qui suit l\u2019injection et il y a libération de calcium dans le sang circulant.Cette destruction ultra rapide ne peut être et n\u2019est pas, sur le moment du moins *, un effet d\u2019ostéoclasie.L\u2019organisme, pour les besoins calciques urgents, doit alors disposer d\u2019un procédé de 1.L\u2019ostéoclasie survient beaucoup plus tard ou après des doses répétées. GENDREAU ET PINSONNEAULT: OSTÉITE FIBREUSE libération plus rapide du calcium.Ce procédé, c\u2019est l\u2019ostéolyse.Donc, en plus de la destruction lente et totale du tissu osseux mort par un phénomène cellulaire qui est l\u2019ostéoclasie, on peut assister à une destruction rapide et partielle du tissu osseux vivant par un phénomène physico-chimique et humoral qui est l\u2019ostéolyse.Destruction, reconstruction, perfectionnement architectural, orientés tous trois en vue de la double fonction mécanique et métabolique, voilà la vie du tissu osseux.Quand l\u2019os vivant est troublé dans son « économie » par une cause locale ou générale, mécanique, physique, chimique, microbienne, néoplasique ou diathésique, il réagit par les deux seuls procédés qu\u2019il a à sa disposition: il détruit sa propre substance aux endroits trop directement menacés et s\u2019en fabrique de la nouvelle, avec le calcium récupéré, aux endroits qui résistent.La destruction est rapide et partielle par ostéolyse, ou lente et totale par ostéoclasie.La régénération est prompte et directe par ossification fibreuse.Si la réaction de défense est disproportionnée ou mal « calculée » ?, c\u2019est ici qu\u2019intervient le rôle régulateur des endocrines, le processus d\u2019ostéoporose ou d\u2019os- téosclérose commandé, qui devait être primitivement et essentiellement physiologique, prend une allure pathologique.Ces deux phénomènes d\u2019ostéoporose et d\u2019ostéosclérose, isolés ou plus souvent intriqués, constituent tout le tableau de cette réaction.du tissu osseux qu\u2019on a convenu d'appeler «l\u2019ostéite fibreuse » ou, pour parler plus correctement, « l\u2019ostéofibrose ».Elle est caractérisée schématiquement par trois aspects différents qui peuvent voisiner, mais qui représentent toujours les trois stades d\u2019un seul et même processus réactionnel.1° Le stade de destruction consiste en une raréfaction diffuse ou lacunaire.L\u2019ostéolyse laisse la matrice de l\u2019os intacte et fournit une amorce directe au stade suivant.L\u2019ostéoclasie ne laisse que des débris d\u2019os mort dans un foyer hémorragique et peut aboutir à une sorte de 2.Leriche a bien déjà parlé «d\u2019intelligence tissulaire » ! 1033 caverne ou même à une véritable cavité kystique, si le stade suivant tarde ou fait complètement défaut.Du calcium est libéré dans un cas comme dans l\u2019autre.Suivant des conditions que nous connaissons mal, il reste sur place et donne lieu à une simple surcharge calcique locale ou il est entraîné dans le torrent circulatoire et produit une augmentation de la calcémie générale.2° Le stade de prolifération fibreuse de remplacement comporte un simple remaniement de la matrice conjonctive laissée par l\u2019ostéolyse ou une édification architecturale nouvelle, au milieu du foyer hémorragique laissé par l\u2019ostéoclasie.Cette prolifération fibro-conjonctive abondante, plus ou moins touffue, plus ou moins serrée et plus ou moins ordonnée, fournit l\u2019explication de l\u2019image radiologique polymorphe du Paget.Elle explique également l\u2019aspect encapsulé et aréolaire de la tumeur à cellules géantes comme son absence complète rend compte de l\u2019image claire laissée par certains kystes osseux.3° Le stade de calcification de la substance pré-osseuse débute précocement ou tardivement.La caractéristique de cette calcification -réactionnelle et réparative est de se faire irréguliérement dans l\u2019espace et dans le temps.De là, les images bigarrées d\u2019ostéite fibreuse sur les clichés.(On dirait que le souci architectural est négligé pour les besoins du moment!) Le calcium utilisé dans la reconstruction ne peut provenir que de la surcharge calcique locale ou du sang circulant.Il est vraisemblable que cette phase doit avoir parfois comme la première, un retentissement sur la calcémie.Nous répétons que la succession dans le temps et dans l\u2019espace de ces trois stades de l\u2019ostéite fibreuse est absolument schématique.L\u2019exposition dans cet ordre ne sert qu\u2019à faire comprendre l\u2019ensemble du processus.Dans la réalité, un foyer d\u2019ostéite fibreuse comportera simultanément des points ressortissant de chacun des trois stades et des phénomènes destructifs relevant à la fois de l\u2019ostéolyse et de l\u2019ostéoclasie.Dans l\u2019ostéite déformante de Paget, la destruction, la fibrose et la calcification sont par- 1034 ticulièrement intriquées.D\u2019une façon générale, il semble que la phase destructive soit plus marquée au début de la maladie, et la phase de calcification, plus active dans la dernière période.D\u2019ordinaire, dès la période d\u2019état, les phénomènes de régénération prennent le pas sur les phénomènes destructifs et il n\u2019y a pas de libération de calcium dans le sang.Mais, dès cette époque également, les mutations calciques locales et la fixation du calcium deviennent très importantes et expliquent probablement l\u2019augmentation considérable de la phos- phatase sanguine.Il serait intéressant de savoir si la phosphatasémie suit une marche ascendante avec les progrès de la maladie.L\u2019ostéite fibrokystique de Recklinghausen présente une phase destructive beaucoup plus aiguë et partant, des déformations et des troubles fonctionnels beaucoup plus importants que la maladie de Paget.A l\u2019inverse de'celle-ci, les édifications calciques diminuent d\u2019importance à mesure que l\u2019affection progresse.C\u2019est probablement ce qui fait que les deux affections, prises au début, peuvent se ressembler et se confondre.Mais à aucun moment, la fixation calcique, dans le Recklinghausen, n\u2019arrive à compenser les pertes et si la phosphatase sanguine reste modérément élevée, la teneur du sang en calcium est en général très augmentée.Dans l\u2019état actuel des idées sur la pathogénie du Recklinghausen, nous avons tendance à tout expliquer par l'hormone parathyroidienne.La réalité n\u2019est peut-être pas aussi simple.Il y a une interdépendance certaine entre la teneur du calcium sanguin et osseux, et le fonctionnement des parathyroides.Mais la certitude s\u2019arréte 1a.Nous ne devons pas oublier qu\u2019on provoque une hyperplasie des parathy- roides en réduisant simplement les apports calciques, qu\u2019il y a des Recklinghausen sans adénome parathyroidien et sans hypercalcémie, et que le fameux cas de Mandl, amélioré par la parathyroidectomie, s\u2019est révélé neuf ans plus tard comme étant un Paget authentique.Ces faits et d\u2019autres que nous pourrions citer, contradictoires en apparence, prouvent une chose: que le tissu osseux considéré en lui- L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 même en tant que simple tissu osseux, n\u2019est pas un tissu mort, figé dans l\u2019immutabilité et uniquement voué à des fonctions mécaniques, comme on l\u2019a cru longtemps, mais une substance vivante, fondamentale, conditionnant, pour une bonne part, certains phénomènes métaboliques essentiels à la vie.Dans le squelette, la fonction mécanique et la fonction métabolique paraissent intimement liées.Toute perturbation de l\u2019une semble donner lieu à une perturbation de l\u2019autre.Et on peut même ajouter: toute perturbation.osseuse entraîne une perturbation générale et inversement.Les lignes d\u2019arrêt de croissance consécutives à des infections diverses qu\u2019on a découvertes ces dernières années sur les métaphyses des os longs en sont une preuve parmi d\u2019autres.La maladie de Paget, la maladie de Reck- linghausen, le kyste de l\u2019os et la tumeur à cellules géantes ont des caractères anatomo- cliniques distinctifs indiscutables, mats en établissant des barrières étanches entre ces divers groupes, au lieu de les considérer comme des formes pathologiques variables d\u2019un même processus réachonnel, on a créé du même coup une kyrielle de lésions qui ne trouvent plus leur place nulle part.Ces barrières étanches semblent motivées en partie par l\u2019augmentation du taux de l'hormone parathyroïdienne dans l\u2019ostéite fibro-kystique et par l\u2019allure évolutive nettement néoplasique de la tumeur à cellules géantes.Or, dans le domaine cutané, on trouve également un phénomène réactionnel superposable par bien des points au phénomène réactionnel de fibrose du tissu osseux: c\u2019est celui de la sclérodermie.On sait qu\u2019il y a des sclérodermies localisées et d\u2019autres plus ou moins généralisées.On en voit qui évoluent comme une lésion torpide, solitaire, sans aucune répercussion appréciable, d\u2019autres qui régressent spontanément, d\u2019autres enfin qui sont de véritables affections systémiques et comportent un cortège extrêmement riche de signes locaux et généraux.Il n\u2019est évidemment pas question d\u2019insinuer que l\u2019ostéite fibreuse est au tissu osseux ce que la sclérodermie est à la peau, mais la comparaison est d\u2019autant GENDREAU ET PINSONNEAULT: OSTÉITE FIBREUSE plus justifiable que les travaux récents de Leriche, de Pautrier et de leurs collaborateurs, tendent à rattacher les « états sclérodermi- ques » (la chéloïde y comprise) à des troubles du fonctionnement des parathyroïdes et du métabolisme calcique.Et Leriche va même jusqu\u2019à dire qu\u2019il n\u2019y a pas de sclérodermie sans ostéoporose.Le tableau clinique des diverses manifestations de l\u2019ostéite fibreuse est différent, parce que la réaction se poursuit dans des conditions 1035 devons convenir cependant que dans l\u2019état actuel des idées, nous ignorons la plupart des facteurs qui font que l\u2019ostéofibrose reste au stade d\u2019ostéoporose ou évolue vers l\u2019ostéo- sclérose.Le schéma suivant est établi sur une conception de l\u2019ostéite fibreuse qui peut paraître fantaisiste.Mais il suffit pour le justifier de jeter un coup d\u2019œil sur la littérature des cinquante dernières années et de constater qu\u2019il n\u2019existe pas de donnée orthodoxe dans ce do- TABLEAU OSTÉITE FIBREUSE La n ( ( LÉSIONS EN SURACTIVITÉ: TUMEURS À .\u201d CELLULES GÉANTES.2 i LOCALISEES LESIONS EN ACTIVITÉ RÉDUITE: KYSTES AIGUS.FORMES LESIONS ETEINTES: KYSTES LATENTS.a 2 DYSTROPHIQUES LATENTS i 3 LÉSIONS ÉTEINTES: OSTÉITE FIBRO- FORMES y GÉNERALISÉES KYSTIQUE SIMPLE.PRÉDOMIN { LÉSIONS ACTIVES: MALADIE DE RECKLINGHAUSEN.2 osTéocLasiQE y, MÉCANIQUES: RARÉFACTION ANÉVRYSMALE OU PAR CORPS < FORMES TRANGER (?) cy ë PSEUDO- PHYSIQUES: RADIONÉCROSES OSSEUSES.a O INFLAMMATOIRES CHIMIQUES: OSTÉITE PHOSPHORÉE, PLOMBIQUE.J | INFECTIEUSES: MALADIE DE BESNIER-BOECK (9) ZZ w CAUSES MECANIQUES: RAREFACTI gv 5.OSTÉOPOROSES ÉFACTION DES MEMBRES IMMOBILISÉS.xW CH PHYSIOLOGIQUES CAUSES VICARIANTES: RARÉFACTION AU VOISINAGE DES FOYERS D 4 Laon .\u2019 Gz con D\u2019 OSSIFICATION.FORME nN = oF FORMES #88 CAUSES TRAUMATIQUES: OSTEOPOROSES DES LESIONS 22 PRÉDOMINANC g FR ARTICULAIRES.a, |0 ÉOLYTIQUE LEZ OSTÉOPOROSES CAUSES INFECTIEUSES: OSTÉITE TUBERCULEUSE.Fa 25 PATHOLOGIQUES CAUSES TROPHIQUES: OSTEOPOROSES DES LESIONS NERVEUSES (9) 28 EC CAUSES TOXIQUES: ÉTATS D' ACIDOSE (9) un Oo CAUSES INCONNUES: OSTÉOMALACIES.du 52 nid FORMES LOCALISEES: LEONTIASIS OSSEA (?) EXOSTOSES.Yo FORMES VO DYSTROPHIQUES , ZE À og GÉNÉRALISÉES: MALADIE D\u2019 ALBERS-SCHONBERG (9) Oo 9 PREDOMINANCE due z FIBRO- 206 FORMES 63 CALCIFIANTE Haw PSEUDO- OSTÉOPÉRIOSTITES CONDENSANTES - \"CHÉLOIDES\u201d DES OS.ok O 9 INFLAMMATOIRES: Z Yl FORMES INTRIQUÉES: PAGET.différentes.Il va de soi que, toutes choses étant égales du côté du mécanisme causal, l\u2019ostéo- fibrose se traduira différemment sur un os d\u2019enfant et sur un os d\u2019adulte, sur une diaphyse et sur une métaphyse, sur une métaphyse et sur une épiphyse, sur un os plat et sur un os long, sur la couche compacte ou sur la couche spongieuse, etc.Et il est évident aussi que l\u2019influence des conditions pathologiques générales associées doit compter ici comme ailleurs.Nous maine.L\u2019ostéite fibreuse, depuis les études de Recklinghausen, est devenue le « dumping ground » où on donne et où on prend suivant les besoins.Il ne peut s\u2019agir pour le moment d\u2019expliquer tous les faits, mais seulement d\u2019éclaircir les principaux.Tant qu\u2019on ne saura pas identifier par leur cause les différentes manifestations de l\u2019ostéite fibreuse n'est-il pas plus simple et plus logique de les laisser où elles sont?(Voir tableau.) 1036 L'évolution des tumeurs à cellules géantes et des kystes osseux semble régie par deux lois générales qu\u2019on peut exprimer ainsi: A.\u2014 LES FORMES PATHOLOGIQUES DE L\u2019OSTÉOCLASIE SONT APTES À SURVENIR DANS LA MESURE DES REMANIEMENTS TISSULAIRES NÉCESSITÉS PAR LA LIBERATION DES ELEMENTS PROVISOIRES DU SQUELETTE ET DE SES ANNEXES.B.\u2014 LA NAISSANCE ET LA CROISSANCE DES OSTÉOCLASTOMES SONT NORMALEMENT ENRAYÉES PAR L\u2019OS COMPACT ET LE TISSU FIBREUX PÉRIOS- TIQUE.Si ces lois sont fondées, on doit pouvoir en déduire les corollaires suivants et être en mesure de les vérifier.A.\u2014 Les lésions squelettiques du type ostéoclasique sont à peu près exclusives aux os cartilagineux et aux portions cartilagineuses des os fibreux.Les os strictement membraneux comme le frontal et les pariétaux sont exempts de tumeurs a cellules géantes.Le maxillaire inférieur ne peut comporter d\u2019os- téoclastomes (épulis mises à part) qu\u2019au niveau de la symphyse et de l\u2019extrémité supérieure de la branche ascendante.Les lésions ostéoclasiques du maxillaire supérieur, (épulis toujours mises à part) viennent en réalité de l\u2019ethmoïde qui «dérive »3 entièrement du cartilage.Les lésions des fosses temporales viennent en réalité des ailes du sphénoïde, pour la même raison.Les épulis sont des odontoclas- tomes assimilables aux ostéoclastomes squelettiques *.Elles sont produites par une viciation du processus de résorption qui a pour but de libérer les mâchoires de la première dentition.Elles ne se rencontrent pas au niveau des molaires qui sont des dents permanentes.Il 3.Le terme est impropre, mais il est légitimé par l\u2019usage: le tissu osseux ne dérive pas du cartilage, mais lui succède dans certains cas.4.Le cement, qui forme la couche extérieure des racines dentaires, est du tissu osseux résultant de la métaplasie du sac fibreux dentaire, et le tissu fibro-conjonctif, qui engaine le cement.est l\u2019équivalent du périoste.\u2014 Au moment de la libération des dents temporaires (odontoclasie) des cellules géantes (odontoclastes) issues de l\u2019enveloppe péri- cementaire, s\u2019attaquent au cement et le détruisent.(Geschickter et Copeland.) L\u2019'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 n\u2019y a pas d\u2019odontoclastome avant 6 ans, âge où commence la libération des premières dents.Les xanthomes et les tumeurs à cellules géantes péri-articulaires sont en réalité des ostéoclastomes formés aux dépens des os sésamoïdes, lesquels sont des os dérivés du cartilage.Les tumeurs à cellules géantes péri-arti- culaires n\u2019existent que là où il y a des os sésamoïdes.Les soi-disant tumeurs à cellules géantes des parties molles sont toujours rat- tachables à des éléments ou à des dépendances du squelette.(Geschickter et Copeland.) B.\u2014 Les ostéoclastomes squelettiques ont leur maximum de fréquence et de malignité dans les pièces qui comportent le plus de tissu spongieux et dans la région de la pièce où la corticale est au plus mince.Ce qui veut dire que les ostéoclastomes des os longs sont d\u2019autant moins malins qu\u2019ils siègent plus loin de l\u2019épiphyse et que l\u2019os porteur est plus petit.La phase fibro-calcifiante dans les lésions ostéo- clasiques s\u2019amorce d\u2019autant plus précocement et se poursuit d\u2019autant plus rapidement que l\u2019os compact et le tissu fibreux périostique sont plus proches et en quantité plus importante.Ce qui veut dire que les ostéoclastomes des os plats ont en général une évolution éphémère et bénigne, et sont promptement étouffés par la couche corticale.Les tumeurs à cellules géantes sont d\u2019autant plus malignes que l\u2019âge du malade est plus avancé parce que l\u2019activité de la corticale et du périoste va en diminuant avec les années.De là, la bénignité relative de l\u2019ostéoclasie généralisée régressive (ostéite fibro- kystique) chez l\u2019enfant et la malignité de l\u2019ostéoclasie généralisée progressive (syndrome de Recklinghausen) chez l\u2019adulte et chez les vieillards.Le pronostic des ostéoclastomes, considéré à un moment donné de leur évolution, est d\u2019autant meilleur que leur coque ostéofibreuse est plus intacte et plus épaisse.Les odonto- clastomes sont sujets à guérir par fibrose comme les ostéoclastomes: c\u2019est ce qui explique qu\u2019un certain nombre d\u2019épulis à cellules géantes deviennent en vieillissant des épulis fibreuses.L'étude des tumeurs à cellules géantes, orientée dans la direction que nous venons d\u2019indi- GENDREAU ET PINSONNEAULT: OSTÉITE FIBREUSE quer par Geschickter et Copeland en 1931, a jeté énormément de clarté dans cette question autrefois si embrouillée des formes pathologiques de l\u2019ostéoclasie.Evidemment, toutes les fois qu\u2019on veut se faire une vue d\u2019ensemble dans un domaine pathologique, on est exposé au danger des conclusions prématurées.Mais le parti de stagner dans des considérations histologiques analytiques, qui n\u2019ont abouti à rien en cinquante ans, paraît aussi lourd de conséquences pratiques que celui de s\u2019exposer à une synthèse prématurée, basée sur des observations anatomocliniques insuffisamment nombreuses ou insuffisamment poussées.La méthode clinique a toujours été essentiellement une méthode de synthèse, et c\u2019est par ce caractère synthétique de la clinique que la médecine est restée et restera un art.Le mécanisme de production et de croissance des tumeurs à cellules géantes paraît donc résider dans un affaiblissement de l\u2019os compact et de la couche fibreuse du périoste.Or, il n\u2019est pas douteux que les causes de cet affaiblissement peuvent être multiples.Dans certains cas, par exemple, l\u2019origine de cette dystrophie paraît liée à des troubles circulatoires engendrés par un traumatisme ou une infection locale.Dans d\u2019autres, on dirait qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une véritable maladie du collagène pré- osseux, où le fonctionnement des parathyroïdes paraît bien jouer un rôle de premier plan.L\u2019étude concrète des formes pathologiques de l\u2019ostéoclasie confirme cette facon de voir.Dans la formation de l\u2019os enchondral, des bourgeons conjonctifs, issus de la face profonde du périoste, traversent l\u2019os périchondral et font irruption dans la zone du cartilage caleifié.Des cellules mésenchymateuses libérées, s\u2019agglomèrent et donnent naissance aux cellules géantes qui s\u2019attaquent à la résorption des tissus squelettiques où les éléments vivants sont disparus.Cette résorption s\u2019exerce à son maximum dans trois conditions.5.Lire à ce sujet le beau livre de P.Delore: «Tendances de la Médecine contemporaine.» Paris.Masson.1936.1037 1° Elle débute dans la diaphyse des os longs, chez l\u2019embryon et chez l\u2019enfant, lors de l\u2019élaboration de la cavité médullaire.2° Elle se poursuit dans la métaphyse, chez l\u2019adolescent, durant la période de croissance, quand le cartilage calcifié doit disparaître pour céder la place à l\u2019os spongieux.3° Elle se continue enfin dans l\u2019épiphyse, chez l\u2019adulte, durant toute la vie, quand l\u2019os mort cède la place à l\u2019os vivant.Geschickter, en pratiquant des coupes transversales sur un os long, au niveau de la cavité médullaire, chez un embryon humain de 10 centimètres, a trouvé que l\u2019aspect histologique de cette région répond absolument à celui de la tumeur à cellules géantes.Ces données expliquent les faits suivants: La tumeur à cellules géantes épiphysaire ne se rencontre à peu près pas avant l\u2019âge de 15 ans.On en trouve pendant toute la vie adulte.On en a même vu chez des vieillards de 70 ans.Elle a son maximum de fréquence vers 25 ans, au moment où les exigences mécaniques et la réfection de l\u2019os spongieux sont à leur maximum.La tumeur à cellules géantes épiphysaire a toujours une origine excentrique par rapport à l\u2019axe de l\u2019os.Elle naît sous la corticale et progresse dans le tissu spongieux jusqu\u2019au cartilage articulaire exclusivement en haut, et jusqu\u2019à la métaphyse en bas.Quand la tumeur a rempli toute l\u2019épiphyse, la coque fibreuse de celle-ci se laisse distendre dans une certaine mesure, puis l\u2019éclatement se fait, généralement là où la couche corticale est normalement la plus mince, c\u2019est-à-dire au voisinage du cartilage articulaire.Quand on sectionne cette tumeur au bistouri, on trouve une masse rougeâtre, friable, saignant comme une éponge et et parsemée de cloisons fibreuses.Un fragment prélevé au voisinage de la capsule et examiné au microscope, montre des nappes caractéristiques de petites cellules rondes, farcies de grands éléments, à noyaux très nombreux, toujours plus de quinze en moyenne.(Cette donnée numérique a une grande valeur diagnostique, d\u2019après Geschickter, pour distinguer 1038 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 la cellule géante de l\u2019ostéoclastome bénin, de la cellule géante du sarcome ostéolytique.) La tumeur à cellules géantes à une prédilection marquée pour l\u2019épiphyse des grands os longs parce que le tissu spongieux y est plus abondant qu\u2019ailleurs, et parce que c\u2019est dans le tissu spongieux que les remaniements architecturaux sont les plus importants.Quatre- vingt-dix pour cent de toutes les tumeurs de l\u2019extrémité inférieure du radius sont des ostéo- clastomes.La raison de cette fréquence réside probablement dans le fait que l\u2019épiphyse inférieure du radius.représente le foyer d\u2019os spongieux le plus exposé au traumatisme.Or, dans l\u2019étiologie des tumeurs à cellules géantes, le traumatisme joue, comme nous l\u2019avons déjà dit, un rôle de premier plan, parce qu\u2019il amène des troubles circulatoires dans le périoste et que le contrôle de l\u2019ostéoclasie est conditionné par l\u2019intégrité du périoste et l\u2019importance de la couche corticale.Dans la portion métaphysaire de l\u2019os où l\u2019épaisseur de la couche corticale augmente, la fréquence et la malignité de l\u2019ostéoclastome diminuent.Ces tumeurs à cellules géantes de la région métaphysaire sont de deux sortes.Certaines ne dépassent pas la région sous- périostique parce que leur marche est enrayée de bonne heure par l\u2019ostéofibrose.C\u2019est ce qui leur a valu le nom de tumeurs à cellules géantes sous-périostiques.On les rencontre en général chez des individus plus jeunes que dans le cas des tumeurs épiphysaires.Elles ont eu pendant quelque temps une réputation imméritée de malignité®.D\u2019autres tumeurs 6.C\u2019est pourquoi, certains auteurs américains, sous l\u2019impulsion de Bloodgood, les classaient autrefois dans les «border line tumors».Cette malignité était plutôt déduite de l\u2019aspect histologique que de l\u2019évolution clinique.Le chapitre sur les tumeurs à cellules géantes de la «ligne de bordure» (sic) dans le « Traité des tumeurs malignes des os» de Nové Josserand et Tavernier comporte une faute de traduction qui détonne un peu dans un ouvrage de cette importance.La question de la malignité des tumeurs à cellules géantes ne se pose plus.Les ostéoclastomes sont dénués du caractère essentiel de la malignité qui est l\u2019aptitude à métastaser.Leur pouvoir destructeur et récidivant local peut être élevé, mais les choses ne vont jamais plus loin.Ils appartiennent métaphysaires qu\u2019on a décrites sous le nom de kystes aigus, sont d\u2019authentiques tumeurs à cellules géantes qui évoluent spontanément vers la fibrose et la guérison.Ces kystes surviennent d\u2019ordinaire chez des individus jeunes, au cours de la résorption du cartilage.Contrairement aux ostéoclastomes épiphysaires, leur grand axe est souvent dans l\u2019axe de l\u2019os porteur.Les troubles fonctionnels sont moins marqués que dans la tumeur à cellules géantes épiphysaire, et au contraire de celle-ci, ils vont en s\u2019atténuant.Ils sont d\u2019autant plus bénins qu'ils poussent loin de la ligne épiphysaire.Sur les clichés, ils sont souvent trabéculés comme les ostéoclastomes épiphysaires.Ils représentent, au point de vue importance pathologique, l\u2019intermédiaire entre la tumeur « classique » de l\u2019épiphyse et le kyste fortement encapsulé de la diaphyse.Le kyste diaphysaire se rencontre chez l\u2019enfant, et sa présence se décèle le plus souvent par une fracture.Parfois aussi, il persiste silencieusement jusqu\u2019à l\u2019Âge adulte et on le découvre fortuitement au cours d\u2019un examen aux rayons X.Ces kystes diaphysaires silencieux, joints aux kystes métaphysaires qui ont guéri par fibrose, et qui sont devenus plus tard diaphysaires par suite de l\u2019allongement de l\u2019os, constituent le groupe des kystes latents.Il n\u2019y a donc pas en réalité de tumeurs à cellules géantes à forme infiltrante et à forme encapsulée, comme le pensait Nelaton, mais des lésions d\u2019ostéite fibreuse où la phase ostéo- clasique est plus ou moins intense suivant le caractère local de la substance osseuse qui réagit, suivant l\u2019Âge du sujet et suivant aussi des facteurs étiologiques variables sur lesquels nous ne sommes pas fixés.Il existe deux formes d\u2019ostéoclasie généralisée.La première comporte des tumeurs à cellules géantes en pleine activité, à côté de lésions fibreuses éteintes du type kystique ou du type Pagétoïde.C\u2019est l\u2019ostéoclasie progressive de Geschickter et Copeland.Elle a été à cette catégorie de tumeurs que Masson a qualifiées de «semi malignes».Les tumeurs à cellules géantes qu\u2019on a vu métastaser ne pouvaient être dans la réalité que des sarcomes ostéolytiques. GENDREAU Er PINSONNEAULT: OSTÉITE FIBREUSE identifiée et décrite par Recklinghausen en 1891 et porte son nom.C\u2019est une affection progressive et semi-maligne de l\u2019âge adulte.La deuxième forme est une maladie plus spéciale à l\u2019enfance et ne comporte d\u2019ordinaire que des lésions éteintes du type kystique.C\u2019est l\u2019ostéite fibro-kystique simple ou ostéoclasie régressive de Geschickter et Copeland.Elle est en général dénuée de tout caractère de malignité et présente une évolution torpide qui ne se manifeste la plupart du temps que par la production de fractures.Les tumeurs à cellules géantes des os plats et des petits os présentent souvent, comme les localisations sous-périostiques de la même affection, une variante histologique qu\u2019on a parfois interprétée à tort comme un caractère de malignité.C\u2019est la présence d\u2019une proportion importante ou même la prédominance d\u2019éléments fibroblastiques sur les cellules rondes de l\u2019ostéoclastome épiphysaire, jointe à une diminution du nombre des ostéoclastes.Cette particularité traduit au contraire l\u2019amorce d\u2019un processus de fibrose et une tentative spontanée de retour ad integrum.Si certains petits os se laissent déborder facilement par l\u2019ostéoclas- tome, ce n\u2019est pas, comme le dit Geschickter, à cause d\u2019un surcroît de malignité de la tumeur, mais à cause de l\u2019extrême minceur de leur cortex.La question des tumeurs à cellules géantes des petits os amène celle des xanthomes à cellules géantes des gaines tendineuses que Gres- chickter interprète comme des ostéoclastomes des os sésamoides.Pour lui, la présence dans ces tumeurs de cellules xanthélasmiques (foam cells) est un phénomène inconstant et secondaire.Sur 27 lésions présentant la coloration typique des xanthomes, ces cellules n\u2019exis- talent que dans 9 cas.Par ailleurs, les cellules xanthélasmiques se retrouvent dans 5% des tumeurs à cellules géantes des os longs.La couleur jaunâtre des ostéoclastomes des sésamoïdes viendrait de ce que ces lésions ont une évolution de plusieurs années qui permettrait une décomposition du pigment sanguin.Or, on sait que les dépôts sanguins sont toujours 1039 très abondants dans les tumeurs à cellules géantes.Sur 300 cas de tumeurs à cellules géantes péri-articulaires Geschickter et Copeland ont vérifié que la localisation correspondait exactement aux sites des os sésamoides: les 5 articulations inter-phalangiennes et mé- tatarso-phalangiennes, les articulations inter- phalangiennes du pouce, de l\u2019index, du premier et du deuxième orteil, la rotule, le cuboïde, le premier cunéiforme etc.Il reste un mot à dire des tumeurs à cellules géantes des os du crâne et de la face.Si on met de côté les épulis du rebord alvéolaire, on voit que les ostéoclastomes du crâne et de la face sont très rares.Sur les 309 cas de la statistique de Pollosson et Bérard, on n\u2019en trouve que 10 pour les os plats réunis du crâne, de la hanche et de l\u2019épaule, mais, par ailleurs, la même statistique comporte 168 cas d\u2019épulis.Et ceci demande une explication, car cette proportion infirmerait ce que nous disions plus haut relativement à la fréquence des tumeurs à cellules géantes.La statistique de Pollosson et Bérard a été produite au Congrès de chirurgie de Paris en 1899.Or, au siècle dernier, l\u2019hygiène dentaire n\u2019existait pas chez les malades des dispensaires.C\u2019est probablement là le secret de cette affluence d\u2019épulis.À l\u2019Institut du Radium, au cours des quinze dernières années, nous n\u2019avons pas vu plus d'un cas d\u2019épulis pour quatre cas d\u2019ostéoclas- tomes squelettiques.Et Geschickter et Copeland, sur le matériel des 35 années antérieures à 1931 de l\u2019hôpital Johns Hopkins, ont trouvé 39 cas d\u2019épulis pour 226 cas d\u2019ostéoclastomes squelettiques.L\u2019épulis naît d\u2019un point de l\u2019alvéole et peut progresser soit vers la cavité buccale, soit vers le tissu spongieux du maxillaire.Les odonto- clastes issus du mésenchyme de la couche fibro-conjonctive péricementaire, laquelle est assimilable au périoste, s\u2019attaquent au cement des racines des dents provisoires et se comportent vis-à-vis de celui-ci comme les ostéoclastes vis-à-vis du cartilage calcifié.(Geschickter et Copeland.) Si les épulis sont plus fréquentes au maxillaire inférieur, c\u2019est que les dents de 1040 celui-ci sont plus exposées à l\u2019infection et à la carie.Par ailleurs, si les épulis du maxillaire supérieur sont plus infiltrantes et plus malignes que celles du maxillaire inférieur, c\u2019est tout simplement parce que les formations d\u2019os compact y sont moins résistantes.Nous avons puisé, dans le matériel de l\u2019hôpital, 15 observations assorties pour illustrer ces données.Le diagnostic de chaque cas est établi par un examen radiologique; six seulement comportent en plus un diagnostic histologique.Il y a deux raisons à cet état de choses: la première, c\u2019est qu\u2019en matière de tumeurs osseuses, la radiologie fournit des données diagnostiques bien supérieures en général à celles de la biopsie, et la deuxième, c\u2019est que, dans le même domaine, les objections à la biopsie sont « nombreuses et sérieuses » \u201d.* Observation 1.Ostéite fibreuse généralisée Type Recklinghausen (Dossier 23,686.) Une femme de 50 ans est envoyée à l\u2019Institut du Radium le 14 janvier 1943 pour une tumeur de l\u2019épaule gauche.La lésion à commencé au début du mois de novembre 1942 et a progressé depuis.Les troubles fonctionnels occasionnés par la tumeur sont assez marqués.La malade éprouve des douleurs dans l\u2019épaule et de la pesanteur dans le bras gauche.Mais elle souffre davantage dans la région lombaire droite, dans la cuisse et dans le creux poplité du même côté.Elle se plaint aussi de troubles digestifs accentués.Son appétit est diminué.Flle a du ballonnement et de la pesanteur au creux épigastrique.La constipation est très marquée.L\u2019état général laisse à désirer depuis nombre d\u2019années.7.Cfr.James Ewing: « Neoplastic diseases.» 4e édition 1940.Au chapitre des tumeurs osseuses, page 312: «The objections to a biopsy are numerous and serious.» Au chapitre des tumeurs a cellules géantes, page 327: «Biopsy may fail to establish an accurate diagnosis, thus leading to misconceptions, and it often aggravates the condition and interferes with radiations.» L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 La malade est pâle, affaissée et d\u2019une extrême fatigabilité.Elle a eu ses premières règles à 12 ans, a été menstruée régulièrement jusqu\u2019à 40 ans et a été ménopausée à 41 ans.Elle a 1 enfant vivant en bonne santé, 2 enfants morts en bas âge, 1 mort-né et deux fausses-couches.Deux grossesses ont été compliquées d\u2019éclampsie.Il y aurait eu une ovariectomie à l\u2019âge de 35 ans.La malade a également présenté à différentes reprises, des petites tumeurs bénignes sous- cutanées qui se seraient révélées à l\u2019examen comme étant de simples lipomes.A l'examen physique, sur la face antérieure de l\u2019épaule gauche au niveau de la tête humérale, on trouve une tumeur du volume d\u2019une grosse orange.La consistance est ferme ou semi-fluctuante.Il y a peu ou pas de douleur à la pression.Les mouvements du bras sont très réduits.La peau qui recouvre la tumeur est tendue et luisante.La circulation veineuse y est très apparente.L\u2019examen physique des divers appareils ne présente rien de particulier à part une pression artérielle à 210 et de petits signes d\u2019insuffisance cardiaque.Le B.W.dans le sang est négatif.Les urines ne contiennent ni sucre, ni albumine.L\u2019examen du sang fournit les données suivantes: V.G.: 0.90; Hémoglobine: 80%; G.R.: 4,000,000; G.B.: 7,800; Poly.: 66%; Lympho.: 28% ; Grands Mono.: 5% ; Eosino.: 1%.La calcémie est à 150 mm.L'examen radiologique de l\u2019épaule montre une ostéoporose très marquée de tout l\u2019humérus.(Figure 1.) Cette ostéoporose est à la fois diffuse et lacunaire.L'image de la corticale est complètement effacée et la destruction porte sur l\u2019os compact aussi bien que sur l\u2019os spongieux.Elle est complète au niveau du col chirurgical.La coque, à l\u2019endroit de la tête, apparaît comme soufflée et éclatée, son insertion diaphysaire antérieure a cédé dans toute sa longueur, et la tumeur a envahi les parties molles.La limite de cette invasion est en partie visible sur le cliché, et la lésion présente une image nette de réencapsulement partiel.La réaction fibro-calcifiante intratumorale et para-tumorale est à peu près nulle. GENDREAU ET PINSONNEAULT: OSTÉITE FIBREUSE Les signes d\u2019ostéofibrose constatés sur la diaphyse humérale et sur la clavicule, nous incitent à pratiquer un examen radiologique complet du squelette.Il n\u2019y à pas de lésion au niveau du crâne.Au bassin, on remarque un Figure 1.Figure 2.remaniement complet de la structure osseuse avec présence abondante de géodes (figure 2).C\u2019est absolument le bassin pagétique avec des signes ostéoclasiques et ostéolytiques beaucoup plus marqués.(Confronter avec le bassin de la figure 3 qui est un bassin pagétique typique, observé chez un autre malade et reproduit pour les besoins de la comparaison.) Les os longs 1041 sont également farcis de géodes.Sur le tibia gauche (figure 4), à l\u2019union du tiers moyen et du tiers inférieur, on trouve une image kysti- Figure 3.Figure 4.que occupant toute la largeur de la diaphyse et haute de 6 centimètres.Les contours sont nets dans la portion inférieure de la lésion, ils sont flous et partiellement masqués par la 1042 régénération dans la partie supérieure.Noter aussi l\u2019absence d\u2019élargissement de la diaphyse à cet endroit qui traduit une lésion relativement jeune, encore au stade destructif.Comparer cette formation kystique à celle de l\u2019observation 8.Observation 2.Tumeur à cellules géantes de la clavicule gauche Trartée et guérie aux rayons X Une jeune fille de 17 ans se présente à l\u2019hôpital le 18 juillet 1934 pour une tumeur de l\u2019épaule gauche.Dans les antécédents, on L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 reçoit 5,500 r en deux champs.Trois mois après le traitement, les troubles fonctionnels sont à peu près disparus.Sur une seconde radiographie, en date du 22 novembre (figure 6), on découvre une tumeur possédant une coque osseuse très marquée avec lames de refend épaisses et nombreuses.Le tiers externe de la clavicule est complètement disparu.Le moignon diaphysaire se perd en pointes effilées dans la masse tumorale.Les os voisins et les articulations sont nettement respectés.Il s\u2019agit bien d\u2019une tumeur à myéloplaxes en voie de récalcification.Figure 5.trouve une fracture de la clavicule en 1933.La lésion actuelle a débuté au mois de décembre de cette même année par du gonflement et de la douleur.À l\u2019examen, on trouve une tuméfaction du volume d\u2019un œuf, douloureuse, plutôt mollasse et siégeant au niveau de l\u2019extrémité externe de la clavicule gauche.La radiographie, en date du 19 juillet (figure 5), montre une destruction complète du tiers externe de cet os.Dans la zone de destruction, on note la présence de quelques fines tra- bécules osseuses qui laissent penser à un ostéo- clastome très évolué dont la capsule a cédé.La radiothérapie est entreprise le 19 juillet et poursuivie jusqu\u2019au 24 août.La lésion Figure 6. GENDREAU ET PINSONNEAULT: OSTÉITE FIBREUSE Le 24 mars 1941, l\u2019extrémité claviculaire présente une tuméfaction et une déformation notables, mais la récalcification est très avancée et la pièce osseuse apparaît bien consolidée (figure 7).Figure 7.Observation 3.Ostéoclastome épiphysaire inférieur du radius traité et guéri chirurgicalement (Dossier: 21,948.) Une jeune fille de 24 ans nous est adressée le 21 octobre 1941 par la Commission des Accidents du Travail.Elle 1043 souffre d\u2019une tumeur du poignet droit consécutive à un traumatisme sur lequel nous n\u2019avons pas de détails.L\u2019examen montre une tuméfaction accentuée du poignet droit avec douleur et impotence fonctionnelle marquée.Sur un cliché radiographique en date du 21 octobre, on constate une destruction accentuée de presque toute l\u2019extrémité inférieure du radius qui paraît soufflée et parsemée de fines trabécules.La corticale externe est amincie, mais elle n\u2019a pas cédé à l\u2019extension de la tumeur.Celle-ci présente la situation excentrique caractéristique des ostéoclastomes épi- physaires.Le cartilage articulaire est respecté et l\u2019articulation, indemne (figure 8-A et 8-B).L\u2019image soufflée épiphysaire, asymétrique, avec présence d\u2019une coque et de trabécules fibreuses, signe indiscutablement le diagnostic de tumeur à cellules géantes.Le traitement est entrepris le 22 octobre.La malade reçoit 4000 r.en deux champs.Le 16 décembre, elle abandonne le traitement sans prévenir et s\u2019en va consulter un chirurgien.(Nous avions pris soin de bien spécifier que les résultats thérapeutiques dans la Roent- F'gure Ba.Figure 8b. 1044 genthérapie des tumeurs à cellules géantes sont tardifs et qu\u2019il se produit, au cours et à la fin du traitement, une réaction qui peut faire penser à tort à une aggravation de la lésion.) Un radiogramme du poignet après intervention nous a été montré par le docteur L.-A.Gagné.L\u2019extrémité inférieure du radius à été réséquée et remplacée par une greffe.Les résultats thérapeutiques sont parfaits en autant qu\u2019on peut en juger par le cliché.Observation 4.Ostéoclastomes costaux multiples à évolution stationnaire (Dossier: 18,318.) Un homme de 29 ans est adressé à l\u2019Institut du Radium le 6 avril 1939 pour des lésions costales.Le malade se plaint de douleurs à la base thoracique gauche, douleurs sourdes, vagues, peu marquées et plutôt intermittentes.La radiographie du thorax (figure 9) montre des lésions multiples toutes situées sur l\u2019arc Figure 9.postérieur des côtes et la plupart, du côté gauche.Les deux plus importantes siègent au niveau des 9 et 11e côtes gauches.Sur la 11e côte gauche, la lésion débute à 2 cm.de la vertèbre et s\u2019étend sur presque L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 toute la longueur de la côte, soit environ 12 cm.Elle est caractérisée par une formation soufflée et trabéculée comme de la mousse de savon.L\u2019os costal à cet endroit n\u2019est absolument pas reconnaissable.Le diamètre de la tumeur, au niveau de la partie moyenne, est d\u2019environ 345 cm.Il est difficile de suivre partout les contours de l\u2019image à cause de la superposition des organes thoraciques, mais on a très nettement l'impression d\u2019une lésion encapsulée.Sur l\u2019arc postérieur de la 9e côte, on trouve une formation pathologique analogue à la précédente, mais un peu moins étendue, et probablement stabilisée à un stade moins avancé, parce que les signes de restauration fibreuse y sont plus importants.Sur la 8e côte gauche, la lésion est plus circonscrite.Elle a 345 em de longueur par 115 de largeur, et un aspect nettement encap- sulé.Mêmes constatations sur la 7e.La 4e côte gauche et la 5e côte droite comportent aussi des lésions vraisemblablement guéries à un stade peu évolué.Au niveau de la 9e côte droite, le processus pathologique paraît plutôt limité à la moitié inférieure de l\u2019os.Il en est un peu de même sur la 10e côte droite.L'image d\u2019une tumeur à cellules géantes costale ne peut guère se confondre qu\u2019àavec celle d\u2019un chondromyxome.Mais le chondromyxome costal a un siège fixe qui est le voisinage du sternum.Il ést donc vraisemblable qu\u2019il s\u2019agit ici d\u2019ostéoclastomes costaux multiples.L\u2019examen radiologique du reste du squelette est entièrement négatif.Ce malade est actuellement en bonne santé.La comparaison d\u2019un cliché récent avec les radiographies prises en 1939 et en 1940, montre que les lésions sont absolument stationnaires.Observation 5.Empulis de la mâchoire inférieure.Prolifération à la fois osseuse et extériorisée.Traitement par les radiations et guérison (Dossier: 2143.) Un enfant de 14 ans est amené à l\u2019Institut du Radium le 11 mars 1929 pour une tumeur de la portion antérieure du GENDREAU ET PINSONNEAULT: OSFÉITE FIBREUSE maxillaire inférieur.Le début de la maladie remonte au mois de décembre 1928.En décembre 1927, l\u2019enfant a subi un traumatisme sur cette partie de la mâchoire (coup de hockey).{ Les troubles fonctionnels sont à peu près nuls.À l\u2019examen de la cavité buccale, on trouve une tuméfaction dure, régulière, ovoïde, entourant l\u2019extrémité antérieure de la branche droite du maxillaire inférieur.La tumeur est de coloration rouge violacé.La canine inférieure droite a été extraite à l\u2019hôpital Victoria lors d\u2019une biopsie.Les incisives sont branlantes.La tumeur atteint le volume d\u2019un petit œuf de poule.L\u2019examen histologique pratiqué à l'hôpital Victoria montre des nappes de cellules fusiformes, farcies de myéloplaxes plus ou moins volumineux et conclut à un « sarcome à cellules géantes du type épulis ».A la radiographie, la portion antérieure du maxillaire présente une zone de raréfaction aréolaire où la.corticale est amincie et soufflée.La radiothérapie, entreprise le 11 mars, est poursuivie jusqu\u2019au 23 avril 1929.La lésion reçoit environ 3000 r.en deux champs.À la fin du traitement, les douleurs sont nettement plus intenses, mais le 6 mai, elles sont à peu près disparues et la tumeur commence à régresser.Du 6 au 10 mai, le malades reçoit huit nouvelles séances de rayons X, soit environ 800 r.Quelques mois plus tard, les douleurs sont totalement disparues et la tumeur a régressé de moitié.En août 1931, le malade revient au dispensaire avec de la tuméfaction et de la douleur à l\u2019endroit de la lésion ancienne.Du 10 août au 14 septembre 1931, il reçoit de nouveau une dose de 3,500 r.en deux champs.En janvier 1932, les troubles fonctionnels sont disparus, mais on note encore un certain gonflement du maxillaire à l\u2019endroit de l\u2019ancienne tumeur.Le malade est revu en juillet 1936.La lésion paraît définitivement enrayée, mais il existe toujours une certaine déformation de la mâchoire consistant dans une augmentation de volume au niveau de la canine.Dernière consultation en mars 1942.L\u2019état de guérison se maintient.1045 Observation 6.Epulis de la gencive inférieure, sans envahissement osseux, traitée et guérie par les radiations (Dossier: 3045.) Une jeune fille de 19 ans est adressée à l\u2019Institut du Radium le 26 avril 1930 pour une tumeur de la mâchoire inférieure, au niveau des prémolaires droites.Celles-ci ont été enlevées il y a 5 semaines.A leur place, on trouve une tumeur ovale, ferme, du volume d\u2019une noisette, absolument adhérente à la mâchoire et ulcérée sur une surface d\u2019un em*.L'examen histologique pratiqué par le docteur L.-J.Jutras, montre une tumeur formée de nappes de petites cellules rondes parsemées de myéloplaxes et entourées de fortes travées conjonctives.Il s\u2019agit d\u2019une épulis à réaction fibreuse marquée.À la radiographie, on constate une intégrité relative du maxillaire.L\u2019os à réagi au niveau de l\u2019insertion de la tumeur, mais il n\u2019y a pas a proprement parler, de signe d\u2019envahissement de la mâchoire.Le traitement a consisté en roentgenthérapie.La dose administrée a été de 4,000 r.sur deux champs, en un mois.Au mois d\u2019août suivant, on ne trouvait plus qu\u2019un léger gonflement de la gencive à l\u2019endroit de la lésion.La guérison s\u2019est maintenue depuis.La malade a été revue la dernière fois le 3 septembre 1942.Cette épulis représente la forme la plus bénigne qui soit: 1° bénignité clinique: tumeur dure, de consistance fibreuse, à croissance relativement lente; 2° bénignité histologique caractérisée par une prolifération conjonctive abondante; 3° bénignité radiologique marquée par l\u2019absence de participation de l\u2019os maxillaire.Observation 7.Ostéoclastome métaphysaire du tibia traité et amélioré par la roentgenthérapie (Dossier: 11,709.) Nous n\u2019avons personnellement jamais vu cette malade.Celle-ci a été traitée et suivie par le docteur Albert Jutras durant son séjour à l\u2019Institut du Radium. 1046 Il s\u2019agit d\u2019une femme dans la quarantaine qui présentait depuis quelques années, des douleurs sourdes dans le haut de la jambe gauche.Une radiographie en date du 10 octobre 1934 (figure 10), montrait les lésions sui- Figure 10.vantes: « Le tiers supérieur du tibia est augmenté dans tous ses diamètres.Les contours sont nets, mais ondulés.La corticale de l\u2019os est amincie dans sa partie supérieure, formée de stries plus ou moins parallèles.Le canal médullaire est élargi dans sa partie supérieure.L\u2019os est constitué ,surtout au niveau de la métaphyse, d\u2019épaisses trabécules, délimitant des géodes plus ou moins régulières.A quatre ou cinq centimètres de l\u2019épine tibiale antérieure se trouvent deux zones de raréfaction ovalaires, limitées par une petite bande L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 d\u2019os densifié.En résumé, il s\u2019agit d\u2019une tumeur à cellules géantes évoluant vers la calcification.» (Dr Albert Jutras.) Le traitement a consisté en Roentgenthé- rapie.Du 10 octobre au 8 novembre, la malade a reçu en deux champs, une dose de 4,000 r, Figure 11.Le 4 décembre suivant, l\u2019amélioration constatée par un cliché ne fait aucun doute (figure 11).Observation 8.Kyste solitaire du tibia (Ostéoclastome régressif) (Dossier: 17,612.) Un jeune homme de 18 ans consulte en septembre 1938 pour des douleurs vagues dans le haut de la jambe droite qu\u2019il ressent depuis quelques années lorsqu\u2019il a à séjourner longtemps dans la position à genoux. GENDREAU ET PINSONNEAULT: OSTÉITE FIBREUSE Sur un radiogramme en profil (figure 12) on trouve, au niveau de la région diaphyso- métaphysaire du tibia droit, une zone d\u2019ostéoporose lacunaire de 8 cm de hauteur par 3 cm.de largeur.La teinte de la lésion tranche nettement sur celle de l\u2019os environnant et lui donne l\u2019aspect d\u2019une vaste caverne.Le dia- 1047 haut, la lésion s\u2019arrête sans transition en plein tissu spongieux de la métaphyse.Il n\u2019y a pas de bordure de condensation à la limite de l\u2019os sain.Le pôle inférieur du kyste est également bien délimité, sauf en plein centre où il paraît communiquer avec le canal médullaire.-La structure générale est nettement aréolaire.Aux extrémités du kyste, on note la présence Figure 12.mètre antéro-postérieur de l\u2019os n\u2019est pas modifié.Le bord antérieur de la lésion présente une ligne de démarcation absolument nette et tranchée qui est la surface profonde de la couche corticale.Celle-ci est plus mince et plus dense que sur la portion saine de la diaphyse.Le bord postérieur paraît moins net sur le cliché à cause de la superposition du péroné, mais on perçoit quand même l\u2019amincissement de la corticale.Il n\u2019y a nulle part la moindre ébauche de réaction périostique.En Figure 13.de grosses travées fibreuses faiblement calcifiées.Sur le radiogramme de face (figure 13), on observe un léger allongement du diamètre transversal avec renflement fusiforme correspondant à la lésion.La corticale interne est fortement amincie.La paroi externe est plus épaisse que les autres, soit que le processus destructif y ait été moins intense, ou soit que la paroi elle-même ait été le point de départ de phénomènes réparatifs.Cette particularité 1048 donne au kyste vu de face, un siège asymétrique par rapport à l\u2019axe du tibia.Conclusion: Cette lésion ne peut être qu\u2019un kyste.L\u2019abcès de Brodie n\u2019a pas de prédilection pour la métaphyse.Il n\u2019atteint pas de proportions pareilles.Les troubles fonctionnels y sont plus aigus et plus importants et il ne présente jamais la structure aréolaire et géo- dique des lésions ostéoclasiques.Ce malade a subi un curettage.Le tibia paraît actuellement récalcifié et consolidé.Observation 9.Epulis du maxillaire supérieur.Envahissement du massif facial.Mort (Dossier: 20,007.) Une jeune fille de 17 ans est envoyée à l\u2019Institut du Radium le 6 juin 1940 pour une lésion du maxillaire gauche qui dure depuis quelques mois.La maladie a commencé par une petite tuméfaction au niveau de la canine supérieure gauche.Lors de son entrée à l\u2019hôpital, la malade présentait une déformation importante du massif facial caractérisée par une tuméfaction arrondie de la joue gauche dont le pôle antérieur était situé au niveau du lobule du nez.La peau recouvrant la tumeur avait gardé sa couleur et sa mobilité normale, mais présentait un certain degré d\u2019œdème à l\u2019endroit de la lèvre.L\u2019examen de la cavité buccale permettait de constater une tuméfaction importante de la mâchoire supérieure gauche et de la voûte palatine.Il n\u2019y avait nulle part de ganglion, et les troubles fonctionnels paraissaient peu marqués en comparaison de l\u2019importance de la lésion.Une biopsie avait été pratiquée à la fin du mois d\u2019avril.L\u2019examen des coupes montrait une tumeur constituée par des nappes uniformes de petites cellules arrondies ou vaguement fusiformes, parsemées de grands éléments multinucléés.L\u2019examen histologique concluait nettement à une tumeur à myélo- plaxes.A la radiographie du maxillaire, on trouvait un voile assez épais du sinus.Sur les clichés en L\u2019'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 stéréo de profil, on constatait une destruction de la paroi inférieure du sinus maxillaire.Le traitement a consisté en radiothérapie administrée du 11 juin au 8 août 1940.La dose totale a été de 6,000 r.en deux champs.L\u2019amélioration consécutive au traitement a été peu importante.La malade est décédée dans sa famille le 18 octobre 1940.Quinze jours avant sa mort, la tumeur avait détruit tout le maxillaire supérieur gauche et la joue n\u2019était plus qu\u2019une vaste ulcération dont le fond s\u2019ouvrait dans la cavité buccale.Les phénomènes d\u2019infection surajoutée paraissaient importants.Observation 10.Epulis du mazillaire inférieur.Prolifération à peu près exclusivement osseuse.Roent- genthérapie.Evolution stationnaire apparemment kystique Une femme de 44 ans vient consulter en mai 1940 pour une augmentation de volume de la gencive inférieure gauche.A l\u2019examen, on trouve une légère tuméfaction dure, lisse et ovale, qui bombe dans le sillon gingivo-jugal inférieur au niveau de la canine et des prémolaires gauches.La lésion fut constatée par le dentiste lors d\u2019une extraction totale des dents, il y a 14 ans.Elle aurait progressé légèrement depuis.Les troubles fonctionnels sont à peu près nuls.La radiographie montre (figure 14) une zone d\u2019ostéoporose alvéolaire qui couvre toute la largeur du maxillaire, et qui s\u2019étend depuis la symphyse jusqu\u2019au niveau du bord antérieur de la branche ascendante.La lésion présente l\u2019image claire et trabéculée des ostéoclastomes, mais elle n\u2019en a pas l\u2019aspect soufflé, et par là, elle fait plutôt penser à une formation kystique quiescente.(Comparer le cliché actuel à celui de l'observation 13.) La structure multilobulée, avec empreintes cérébriformes sur l\u2019intérieur de la coque, plaide également dans ce sens.Les crêtes osseuses se continuent par des cloisons fibreuses, faiblement calcifiées, qui convergent.toutes vers la partie moyenne du bord alvéolaire, au siège de la première prémolaire.À cet endroit, on trouve la trace d\u2019un foyer d\u2019os- GENDREAU ET PINSONNEAULT: OSTÉITE FIBREUSE 1049 téite ancien, marqué par de petites zones claires, arrondies et entourées d\u2019un halo de condensation.La malade nous dit que vers l\u2019âge de 8 ou 9 ans, probablement au moment de la chute de ses premières dents, elle a fait un abcès assez sérieux sur cette partie de la gencive.La lésion a été irradiée (rayons X) entre le ler mars et le 14 mai 1940.La dose totale en un champ a été de 3,900 r.Figure 14.Nous avons revu et radiographié cette patiente dernièrement.Le nouveau cliché n\u2019est pas sensiblement différent de l\u2019ancien.Les signes physiques ne sont pas plus importants qu\u2019autrefois, et les troubles fonctionnels sont toujours à peu près inexistants.C\u2019est ce qui porte la malade à différer indéfiniment le curettage que nous lui avons conseillé à plusieurs reprises.Observation 11.Tumeur à cellules géantes sous-périostique de l'extrémité inférieure du radius, traitée et guérie aux rayons X (Dossier: 22,559.) O.R., 57 ans ,cordonnier, vient consulter le 21 mars 1942 pour de la douleur au poignet droit.A l\u2019examen, on note une tuméfaction douloureuse de la face antérieure du poignet au niveau de l\u2019épiphyse radiale.La maladie a débuté il y a quelques mois, et les troubles fonctionnels ont\u2019 progressé depuis.Sur un radiogramme de face (figure 15-A), on note un placard oval d\u2019ostéoporose de 6 à 7 cm\u201c, dont la limite externe atteint le SSSR Figure 15abord externe de l\u2019os et dont la limite inférieure effleure le cartilage articulaire.Le périoste offre une surface légèrement mamelonnée depuis le sommet de l\u2019apophyse styloïde jusqu\u2019à 4 cm.plus haut, mais ne présente nulle part de solution de continuité.Le radiogramme de profil (figure 15-B) montre, sur l\u2019extrémité inférieure du bord antérieur du radius, une bordure claire de 4 cm.de longueur atteignant en moyenne 15 cm de largeur.Examinée à la loupe, cette bordure claire apparaît parsemée de fines trabécules.Il s\u2019agit donc d\u2019un ostéoclastome de la face antérieure du radius, de situation nettement sous-périostique, mesurant 1% cm d\u2019épaisseur et environ 6 & 7 em?de surface.La lésion a été irradiée (Rayons X) du 8 avril au 8 juillet.La dose totale a été de 1,700 r.À la fin de l\u2019été, la tuméfaction et les douleurs étaient disparues. 1050 Figure 15b.Des renseignements pris en mars 1943 nous apprennent que ce malade est employé dans une manufacture et qu\u2019il n\u2019éprouve plus aucun ennui du côté de son poignet.Observation 12.Ostéite fibreuse type Recklinghausen compliquée d\u2019une lésion vraisemblablement maligne de l\u2019omoplate En cherchant parmi d\u2019anciens dossiers, nous sommes tombés sur cette observation.Malgré qu\u2019elle soit très incomplète, elle reste intéressante à plusieurs points de vue.(Dossier: 15,813.) Une femme de 63 ans fut envoyée à l\u2019Institut du Radium le 13 juillet 1937, par un chirurgien, pour un « énorme sarcome de l\u2019omoplate ».La malade avait été en assez bonne santé jusqu\u2019au mois de mars L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 1936.À cette époque, au cours d\u2019un accident sur lequel nous manquons de détails, elle subit un traumatisme assez violent de l\u2019épaule droite.Durant l\u2019été 1936 et tout l\u2019hiver 36-37, elle suivit des traitements d\u2019ondes mystérieuses que d\u2019authentiques médecins lui administraient au moyen de machines non moins mystérieuses.Au mois de juillet, les ressources vinrent à manquer en même temps que les résultats, et un chirurgien mit fin à cette exploitation.La malade présentait alors une énorme voussure de l\u2019épaule droite, de consistance plutôt ferme, avec circulation veineuse apparente et impotence fonctionnelle marquée.L\u2019état général était mauvais.La perte de poids avait atteint 36 livres dans les douze derniers mois.Les analyses usuelles (B.W., urines, hémogramme) ne révélaient rien d\u2019anormal.Sur un cliché radio- graphique (figure 16), la structure de l\u2019omoplate est modifiée par un processus tumoral apparemment malin, caractérisée par une ombre granuleuse à contours flous, parsemée de petits foyers calcifiés.En revoyant les pièces de ce dossier, nous avons été frappés par l\u2019âge de la malade.Il n\u2019est pas dans l\u2019ordre de rencontrer un sarcome ostéogénique après 50 ans.Le fait peut quand même se produire dans deux conditions.La première réside dans une dystrophie osseuse pré-existante, le plus souvent réalisée par un ostéochondrome.Or, on conçoit très bien qu\u2019un ostéochondrome passe inaperçu, et que sa cancérisation donne le change, dans certains cas, pour une tumeur maligne d\u2019emblée.La deuxième condition est plus facilement contrôlable: elle est réalisée par les états d\u2019os- téofibrose systémique de toutes natures.Nous avons vu plusieurs sarcomes ostéogéniques à des âges avancés chez des Pagétiques et nous avons eu l\u2019occasion de suivre pendant quelques années une malade souffrant d\u2019ostéite fibreuse généralisée due à une intoxication par des substances radioactives et qui mourut vers l\u2019âge de 35 ans d\u2019un ostéosarcome de la hanche.L\u2019apparition du sarcome ostéogénique semble bien liée en général à l\u2019activité du tissu osseux.Cette notion nous a incités à rechercher, dans le (à ¢ {' { deg | Wi | ify ole GENDREAU ET PINSONNEAULT: OSTÉITE FIBREUSE cas présent, si cette malade de 63 ans ne présentait pas en dehors de sa tumeur, d\u2019autres anomalies du système osseux.Nous en avons trouvé deux sur les clichés dont nous disposions.1051 énorme kyste de 20 cm?de surface.Il s\u2019agit bien d\u2019un kyste et non d\u2019une image due à une superposition de reliefs parce que la coque est trop bien dessinée, parce qu\u2019elle porte d\u2019énormes empreintes cérébriformes et enfin, parce Figure 16.La première est une ostéoporose diffuse apparemment généralisée à tout le squelette.Partout les os plats sont pâles, décalcifiés, d\u2019une transparence nettement exagérée aux rayons X.Nous savons combien il est facile de se tromper dans ce domaine avec les variations de technique.Mais il y a des ostéoporoses qui ne trompent pas.Et celle-ci semble en être une.Elle est d\u2019ailleurs explicitement notée, mais comme un fait accessoire sur les comptes rendus des radiographies faites à l\u2019époque du premier examen clinique.Elle est confirmée aussi par le fait que la corticale des os longs, et de l\u2019'humérus en particulier, est réduite au quart de son importance normale (figure 16).Deuxième constatation qui concorde bien avec la première, on voit dans la région tro- chantérienne du fémur gauche (figure 17), un Figure 17. 1052 qu\u2019au lieu d\u2019y trouver la trame normale de l\u2019os, on y voit un feutrage de fines travées fibreuses enchevétrées, a calcification variable.Ces faits nous paraissent suffisants pour affirmer que l\u2019ostéosarcome scapulaire (si ostéosarcome il y a, car il peut très bien s\u2019agir d\u2019un simple ostéoclastome en suractivité, avec destruction de la coque) s\u2019est développé sur un fond d\u2019ostéite fibreuse généralisée, type Recklinghausen.Observation 13.Ostéoclastome de la branche ascendante du maxillaire inférieur traité et guéri par les radiations.(Dossier: 1890.) Un enfant de 8 ans est amené à l\u2019Institut du Radium le 2 septembre 1928 pour une tumeur de la joue droite.La tumeur part de l\u2019arcade zygomatique, soulève et Le Figure 18.refoule en arrière le pavillon de l\u2019oreille et s\u2019étend jusqu\u2019à la branche horizontale du maxillaire.La lésion présente une consistance dure, une forme régulièrement arrondie et semble faire corps avec la branche ascendante.Sur la radiographie (figure 18), on trouve une masse encapsulée du volume et de la forme L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, septembre 1943 d\u2019un: petit œuf de poule.La base d\u2019insertion se confond avec la branche ascendante du maxillaire.Celle-ci est considérablement amincie dans toute sa longueur et particulièrement dans sa moitié supérieure.L'ensemble de la tumeur présente un aspect clair, soufflé et aréolaire.La coque osseuse est absolument intacte.Le malade est soumis à un traitement de roentgenthérapie du 4 au 18 septembre 1928.Il reçoit en un seul champ la dose de 2,500 r.Un mois après le traitement, la lésion est diminuée de moitié.En juin 1929, on ne trouve plus qu\u2019un épaississement notable.de la branche ascendante du maxillaire.Le malade a été revu la dernière fois en avril 1942.Le seul reliquat de sa lésion est une très légère atrophie des tissus de la joue droite.Observation 14.Ostéoclastome de l\u2019extrémité inférieure du cubitus traité et guéri par la chirurgie (Dossier: 16,445.) Une femme de 22 ans était adressée à l\u2019hôpital le 14 décembre 1937 pour une tumeur du poignet droit.On notait une tuméfaction assez considérable de la région, avec un peu d\u2019impotence fonctionnelle, et des douleurs assez marquées, surtout durant la nuit.La radiographie montrait une tuméfaction aréolaire et soufflée de l\u2019extrémité inférieure du cubitus, caractéristique d\u2019une tumeur à myéloplaxes.La radiothérapie fut entreprise le 14 décembre 1937 et poursuivie jusqu\u2019au 11 janvier 1938.La dose totale administrée fut de 1,400 r.Comme les phénomènes destructifs étaient très marqués, on douta, à ce moment, de la possibilité d\u2019une restauration à la normale par les radiations et on décida d\u2019intervenir chi- rurgicalement.La tumeur fut réséquée avec l\u2019extrémité inférieure du cubitus, et ce dernier fut remplacé par un greffon tibial.(Dr J.-E.Samson.) GENDREAU ET PINSONNEAULT: OSTÉITE FIBREUSE L\u2019examen histologique pratiqué par le docteur G.Manseau a montré qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un sarcome à myéloplaxes typique.La malade a été revue ces derniers temps.Les résultats thérapeutiques sont absolument satisfaisants.Observation 15.Ostéoclastome de Uextrémité inférieure du fémur avec évolution fibrokystique spontanée (Dossier: 4,115.) Le 16 mars 1931, Madame C.B.nous est envoyée par le service de chirurgie de l'hôpital Notre-Dame avec le diagnostic « d\u2019ostéome de la partie condylienne du fémur ».La lettre souligne que le diagnostic clinique a été confirmé histolog:- quement.Il s\u2019agit d\u2019une femme de 39 ans, qui présente au niveau de l\u2019épiphyse inférieure du fémur gauche, une tumeur arrondie, ferme, non adhérente à la peau, mais faisant corps avec l\u2019os de la cuisse.La lésion a débuté il y a une dizaine d\u2019années.On ignore le diagnostic qui a été porté à cette époque.On sait que le\u2019 traitement a consisté en un repos au lit qui a duré 11 mois.Par la suite, le volume de la tumeur est resté stationnaire, mais les troubles fonctionnels ont été en s\u2019aggravant.La déformation accentuée en valgum rend la marche difficile.La peau est marquée par une cicatrice opératoire récente qui témoigne de la biopsie pratiquée.L\u2019examen radiologique est fait le 22 mars.Il fournit les données suivantes.Radiogramme de face (figure 19).La déformation axiale en valgum est très marquée et dépasse 30°.Le condyle externe, qui est le plus atteint, a manifestement cédé sous la pression tibiale.Le diamètre de l\u2019épiphyse présente un élargissement notable.L\u2019architecture normale du fémur est méconnaissable au niveau de la portion condylienne.A 9 centimètres au-dessus de l\u2019interligne articulaire, la diaphyse se perd dans une sorte de mailloche vaguement conique, où on ne distingue 1053 plus ni spongieuse, ni corticale, ni condyles.À la limite supérieure de ce qui répondait normalement au condyle interne, on trouve une brèche périostique d\u2019un em.de longueur.Si on en juge par les traces de pansements visibles sur la peau avoisinante, cette brèche correspond au fragment biopsique.En dehors d\u2019elle, il n\u2019existe nulle part de solution de Figure 19.continuité dans le périoste.Il n\u2019y a pas d\u2019envahissement articulaire.L\u2019interligne articulaire paraît brouillé au niveau du condyle externe parce que celui-ci est malléable et qu\u2019il a cédé sous le plateau tibial.La projection du condyle externe en arrière arrive à déborder le niveau du plateau tibial.En y regardant de plus près, on suit très bien l\u2019espace clair du cartilage diarthrodial qui a la même épaisseur au niveau des deux condyles.La structure osseuse dans la zone tumorale est méconnaissable.C\u2019est 1054 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 un enchevêtrement et une superposition de géodes de volume variable où les signes de restauration sont nuls dans certaines et très marqués dans d\u2019autres.Figure 20.Radiogramme de profil (figure 20).La mailloche tumorale appendue à l\u2019extrémité de la diaphyse donne l'impression d\u2019une énorme bulle de savon soufflée au bout d\u2019un chalumeau.Le relief de la coque est plus saisissant encore ici que sur le cliché en position de face.Par ailleurs, c\u2019est le même aspect fibro-kystique enchevêtré.Conclusions: il n\u2019est pas permis d\u2019avoir de doutes sur le diagnostic radiologique de cette lésion.Il s\u2019agit d\u2019une tumeur à cellules géantes à la phase de restauration.Tout y est: l\u2019aspect soufflé, la structure aréolaire, la localisation épiphysaire, le siège à prédominance excentrique, l\u2019intégrité de la coque, l\u2019absence de modification du côté de la diaphyse, l\u2019âge de la malade, l\u2019évolution prolongée et bénigne, etc.Il faudrait vraiment se mettre en peine pour penser à autre chose.Madame B.fut traitée aux rayons X en avril, mai et juin 1931.La lésion fut irradiée en 3 champs: un externe, un interne et un postérieur.La dose par champ fut de 1,800 r.et la dose totale de 5,400 r.Les conditions d\u2019appareillage et de technique étaient: T = 200 Kv., I = 3 mA, D = 50 em, F = 2 mm de Cu.et 3 mm.d\u2019Al., Ch.= 100 cm?, Dose par jour = 85 r.Au mois d\u2019août, le volume de la tumeur était resté le même et les troubles de la marche n\u2019étaient pas sensiblement amendés, quoique les clichés de cette époque nous montrent une récalcification remarquable de la lésion.Ceci nous porte à croire que l\u2019aggravation des troubles fonctionnels chez cette malade durant les années qui ont précédé sa venue à l\u2019hôpital étaient attribuables non pas à une aggravation de la lésion qui évoluait spontanément vers la guérison, mais à une déformation progressive en valgum par la marche, étant donné la consolidation encore insuffisante du condyle externe.Le mieux que cette malade était en droit d\u2019attendre de la roentgenthérapie était une récalcification de son fémur qui comportait déjà une déformation à peu près incompatible avec la marche.En d\u2019autres termes, même guérie de son ostéoclastome, elle serait restée une infirme.Elle a donc eu raison, en juin 1932, d\u2019aller se confier au docteur J.-E.Samson qui pratiqua un curettage de la tumeur la même année, une ostéotomie correctrice du genou valgum en 1933, et de la mobilisation sous anesthésie en 1935.Les pièces opératoires ont fait l\u2019objet d\u2019une étude détaillée par le professeur Pierre Masson.Le texte nous a été obligeamment communiqué par le docteur Samson.Service du docteur J.Ed.Samson, 5 décembre 1932.Pour Madame C.B.\u2014 -\u2014# tt 0 [a-3 _\u2014 GENDREAU ET PINSONNEAULT: OSTÉITE FIBREUSE Diagnostic clinique: Tumeur à cellules géantes du fémur gauche.Examen microscopique « Les fragments soumis à mon examen comportent: 1° Une sorte de calotte osseuse en forme de macaron, dont la concavité est formée par une lame osseuse lisse, et la base, par un tissu osseux spongieux, à lacunes médullaires vastes et adipeuses.Au milieu de cette base, tissu et moelle ont disparu, laissant la place à une masse gélatineuse jaunâtre, à section circulaire de 144 cm de diamètre, logée dans une niche creusée dans le tissu osseux et faisant corps avec lui.2° Des fragments de tissu compact, d\u2019aspect fibreux, de consistance ferme, avec quelques travées osseuses adhérentes à leur surface.3° L\u2019un d\u2019eux est creusé d\u2019une cavité arrondie remplie par un caillot.La masse gélatineuse du fragment 1, les blocs fibreux des fragments 2 et 3 ont la même texture et répondent à des états différents d\u2019un même tissu.Le fragment 1 contient des fibrilles collagènes dissociées par un liquide albumineux.Les fibrilles sont sans orientation définie, entrelacées en un feutrage confus.Ça et là dans leurs interstices, on trouve des cellules conjonctives étoilées, fort peu nombreuses et pas de Vaisseaux.Les fragments 2 diffèrent du précédent par une abondance plus grande de fibres qui forment un feutrage très serré.Le liquide inter- titiel est d\u2019autant moins abondant que les fibres sont plus nombreuses.Les cellules conjonctives sont très espacées ou absentes.Le fragment 8 ne contient qu\u2019un feutrage collagène dense, presque hyalin, creusé d\u2019une cavité à parois lisses, nettes.Cette cavité contient un feutrage de fibrine hyalinisée.En somme, ce tissu est formé surtout par un feutrage collagène plus ou moins lâche, plus ou moins compact.Les cellules y sont peu 1055 nombreuses, rares ou absentes.Nulle part, elles ne montrent une seule figure de division.Ce tissu pauci-cellulaire n\u2019a aucun caractère tumoral.Pourtant, il est en voie d\u2019accroissement aux dépens des tissus osseux, mais selon un processus très particulier que l\u2019on peut facilement étudier sur les bords des blocs fibreux ou gélatineux.Ce processus est particulièrement frappant lorsqu\u2019on considère les travées osseuses adhérentes aux blocs fibreux.A distance, ces travées sont calcifiées: leur surface de contact avec la moelle adipeuse est plane et dépourvue d\u2019ostéoblastes.Ce ne sont donc pas des travées en accroissement.Plus près des blocs fibreux, la surface de ces travées est décalcifiée et remplacée par une couche de tissu fibreux à fibres feutrées en tout sens.À mesure qu\u2019on se rapproche des blocs, la substitution de tissu fibreux à l\u2019osséine gagne en profondeur.Les ostéoblastes sont peu à peu inclus dans cette substance fondamentale et changent de caractère; ils se transforment en cellules étoilées d\u2019aspect conjonctif.Peu à peu, le tissu fibreux atteint la région profonde de la travée qui dès lors ne présente plus de traces d\u2019osséine.La travée devenue fibreuse se continue directement avec le bloc fibreux voisin.Des phénomènes analogues se produisent aux dépens de la moelle.Il n\u2019y à done pas de destruction de l\u2019os et de la moelle, par une tumeur envahissante en raison de la fertilité de ses cellules, mais transformation, métamorphose in situ des travées osseuses et de la moelle, dont les cellules deviennent conjonctives et dont la substance fondamentale subit un changement de forme.Les tissus récemment transformés viennent s\u2019ajouter à ceux plus anciens des blocs fibreux et accroissent leur masse par apposition.En somme, l\u2019os n\u2019est pas détruit par une tumeur fibreuse.Ce sont ses éléments propres, osséine, ostéoblastes, cellules adipeuses médullaires qui se métamorphosent peu à peu en un tissu conjonctif sans vaisseaux, ou presque. 1056 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.LF.AN._\u2014 Montréal, septembre 1943 Cette pauvreté en vaisseaux explique la disparition par atrophie des cellules dans certaines portions du tissu fibreux, sa liquéfaction, et la production de pseudo-kystes.En aucun point, on n\u2019observe de lésions inflammatoires.En somme, cet ensemble de lésions caractérise une « ostéite fibreuse et kystique », mais ce mot est aussi mauvais que possible, l\u2019absence de lésions inflammatoires osseuses rend le mot d\u2019ostéite absolument impropre.Le terme qui caractériserait le mieux les lésions décrites ci- dessus serait celui de métamorphose conjonctive de l\u2019os.» (Signé) Pierre Masson, patholologiste.Montréal, 19 décembre 1932.Nous avons revu et radiographié cette malade tout dernièrement (fig.21).Il persiste une anomalie structurale marquée de l\u2019épiphyse inférieure du fémur.L'aspect géodique est fortement atténué, mais on en trouve la trace dans deux zones lacunaires, situées au niveau de chaque condyle, et qui sont encore imparfaitement comblées.La déformation en valgum paraît définitivement enrayée, mais le degré d\u2019ankylose reste important.Figure 21. DIAGNOSTIC PRÉCOCE ET TRAITEMENT DU CHOC! Le Sous-comité sur le Choc et les Substituts du Sang du Comité des Recherches médicales, Conseil National des Recherches, Canada 2.Ce mémoire a pour but d\u2019étudier d\u2019une manière concise et pratique les divers problèmes du choc.En règle générale, tout accidenté, quelle que soit la nature de sa blessure ou la façon dont celle-ci s\u2019est produite, est susceptible de devenir une victime du choc.Les recherches cliniques et expérimentales récentes ont fourni de nouvelles précisions sur ce sujet.On connaît maintenant plusieurs des facteurs qui produisent le choc et on a établi des méthodes efficaces pour son traitement préventif.Il en résulte qu\u2019aujourd\u2019hui on peut, dans maintes circonstances, prévenir le choc, et fréquemment le guérir, lorsque le.diagnostic en est établi précocement.CHOC PRIMAIRE ET CHOC SECONDAIRE Immédiatement après ou peu après un accident, il peut arriver qu\u2019une personne entre dans un état qu\u2019on pourrait décrire comme un collapsus circulatoire: c\u2019est ce qu\u2019on ap- 1.Traduction par le docteur À.Bertrand, professeur agrégé à l\u2019Université de Montréal et bactériologiste à lhôpital Notre-Dame (Montréal).Sous-comité sur le choc et les substituts du sang.2.C.H.Best (président), J.S.L.Browne (secrétaire), J.B.Collip, (ex-officio), A.Bertrand, R.A.Cleghorn, R.A.Farquharson, Fraser Gurd, R.I.Harris, R.L.Noble, P.H.T.Thorlakson, Rep.DS.M.(J.M.Cruikshank), Rep.D.PSN.(L.I.Pugsley), Rep.CMARC.(E.W.Archibald), Rep.MRC.(A.McCallum).Comité régional de Montréal.J.S.L.Browne (président), R.L.Noble (secrétaire), À.Bertrand, W.Bourne, W.C.Cone, O.Den- stedt, L.G.Duff, S.Freeman, A.Frappier, G.Fournier, F.B.Gurd, J.P.Henry, R.D.H.Heard, C.P.Martin, J.C.Meakins, E.S.Mills, E.G.D.Murray, A.H.Neufeld, H.Selye, F Smith, J.A.F.Stevenson, D.L.Thomson, G.Toby, P.G.Weil, A.Wilkie, C.Yuile.Comité régional de Toronto.R.F.Farquharson (président), R.Cleghorn (secrétaire), W.R.Campbell, W.G.E.Eggleton, A.W.Farmer, J.M.Fisher, P.H.Greey, D.Graham, R.E.Haist, R.I.Harris, H.E.Pugsley, C.H.Robson, E.Sellers, W.A.Scott, H.J.Shields, D.Y.Solandt, N.B.Taylor.pelle « choc primaire ».Si un choc « secondaire» se produit, il survient habituellement plus tardivement après l\u2019accident.L\u2019expression «choc primaire » a été consacrée depuis longtemps par l\u2019usage, mais elle laisse croire, à tort, que « le choc primaire » et le « choc secondaire » sont fondamentalement identiques et qu\u2019ils ne diffèrent que par le moment de leur apparition, ce qui est loin d\u2019être la vérité.En réalité, ce sont deux conditions essentiellement différentes.Le choc primaire ou neurogène (syncope) résulte d\u2019une vasodilatation réflexe et d\u2019un ralentissement du cœur.Il apparaît tôt et se développe rapidement après une blessure qui n\u2019est pas nécessairement grave.Il peut se produire encore dans d\u2019autres circonstances variées, comme au cours de pansements ou pendant une opération comportant des manipulations excessives des viscères.La frayeur ou la douleur peut l\u2019aggraver, même le provoquer.Le patient devient froid, a la peau moiîte, est d\u2019une pâleur excessive; son pouls est faible et lent, sa pression artérielle tombe rapidement et souvent ne peut se mesurer.Il peut même exister de l\u2019inconscience.Bien que le rétablissement soit fréquemment spontané, on obtient un soulagement rapide en supprimant la douleur ou l\u2019anxiété chez le patient et en plaçant ce dernier en position horizontale ou la tête abaissée.Toutefois, il faut surveiller chez tous les grands blessés l\u2019apparition du choc secondaire.Le choc secondaire est un syndrome clinique grave, qui se greffe souvent sur les blessures, particulièrement sur celles qui sont accompagnées de lésions tissulaires étendues, d\u2019hémorragie ou de brûlure.La déshydratation ainsi qu\u2019un retard dans le traitement du patient aggravent sérieusement ces facteurs.Il n\u2019est pas possible de donner une définition 1058 exacte et précise du choc secondaire !.On peut le décrire brièvement comme un état marqué par une réduction de volume du sang circulant, un ralentissement de la circulation périphérique, une diminution du débit cardiaque et une chute de la pression artérielle.Rarement, il se manifeste moins d\u2019une heure après l\u2019accident.Une extrême faiblesse, une peau froide et moite, de couleur grisâtre, de la cyanose des lèvres, des oreilles et des extrémités digitales, un pouls rapide et faible, une pression artérielle abaissée, de la soif et des vomissements caractérisent la derniére phase de ce syndrome.Le tableau clinique complet de cet état se reconnait donc facilement, mais, à ce moment, le traitement est souvent inefficace, « L\u2019efficacité du traitement repose sur la reconnaissance des signes précoces de cet état.Il est donc important de bien connaître le genre de blessure ou d\u2019opération qui peut provoquer le choc et de prévoir son éclosion.» MÉCANISME DE PRODUCTION DU CHOC Quoique le mécanisme de production du choc soit encore une question controversée, on admet généralement que la réduction de volume du sang circulant constitue un facteur fondamental du choc.L\u2019hémorragie grave est une cause évidente d\u2019une telle réduction de volume.Cependant, le choc peut s\u2019associer facilement à une hémorragie dans les tissus ou dans les cavités internes, à une diffusion de plasma dans les tissus lésés, à une perte de plasma au niveau des brûlures, ou à d\u2019autres conditions variées.Dans la plupart des blessures de guerre, il se produit et de l\u2019hémorra- gle et une perte de plasma.Un corps sain a la faculté de supporter une réduction considérable de son volume sanguin, parce que la vasoconstriction immédiate maintient une circulation efficace.Lorsque la perte est plus grande, le débit cardiaque s\u2019en trouve sérieusement réduit; la pression artérielle 1.Jusqu\u2019à la fin de ce mémoire le mot «choc» signifie « choc secondaire ».(Synonymes: choc par blessure, choc chirurgical, choe traumatique.) L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 commence à baisser et la circulation se ralentit graduellement.Au premier stade de cet état, le remplacement du liquide perdu par une transfusion de sang total, de sérum ou de plasma, donne habituellement de bons résultats.Toutefois si cette condition n\u2019est pas traitée d\u2019une manière adéquate, le débit cardiaque et la pression artérielle baissent à un niveau qui entrave sérieusement le transport de l\u2019oxygène vers les tissus et le syndrome se développe dans son entier.Toutes les méthodes de traitement peuvent alors être inefficaces.Dans certains cas de choc, l\u2019'hémorragie et la perte de plasma ne semblent pas devoir justifier cet état.Il appert que du sang peut également s\u2019accumuler dans les vaisseaux dilatés en permanence.Une telle dilatation du lit vasculaire causerait une réduction de volume du sang circulant ou effectif sans qu\u2019il y ait perte de liquide hors des vaisseaux.La dilatation progressive du lit vasculaire pourrait vraisemblablement expliquer la faillite du traitement par transfusion à la phase terminale du choc et dans le choc qui n\u2019est pas compliqué d\u2019hémorragie massive ou de perte de plasma.CHOC PROVOQUÉ PAR L\u2019HÉMORRAGIE Le degré de choc produit par la perte d\u2019une quantité déterminée de sang dépend du volume de l\u2019hémorragie et de la quantité de liquide disponible dans les espaces tissulaires.L\u2019organisme supplée aux hémorragies par de la vasoconstriction et par une dilution de ce qui reste de sang avec les liquides des tissus.Ce procédé d\u2019hémodilution commence immédiatement, mais peut ne pas remonter complètement le volume sanguin avant 24 heures ou plus.À mesure que la dilution s\u2019accentue, le pourcentage d\u2019hémoglobine baisse proportionnellement à un niveau plus bas.L\u2019hémorragie peut se faire si rapidement que le passage des liquides tissulaires dans les vaisseaux soit trop lent pour compenser le sang perdu.Les conditions dans lesquelles se LT em DIAGNOSTIC PRÉCOCE ET TRAITEMENT DU CHOC fait le service actif conduisent souvent à une perte des réserves d\u2019eau de l\u2019organisme.Une telle déshydratation retarde le processus de dilution.Chez les personnes blessées, le passage du plasma dans les tissus lésés réduit davantage le volume sanguin et tend à neutraliser cette dilution.Dans de telles circonstances, toute hémorragie devient encore plus dangereuse.CHOC PRODUIT PAR UNE PERTE DE PLASMA La réduction du volume sanguin par perte de plasma se produit surtout dans les cas de brûlures et dans les accidents causés par un écrasement marqué ou par une compression prolongée des tissus accompagnée d\u2019ischémie.Ces sujets seront étudiés en détail plus loin.Par suite de la perte de plasma, la proportion des globules rouges augmente (hémoconcen- tration), et le sang devient plus visqueux; il en résulte un ralentissement de la circulation et une augmentation de l\u2019anoxie.FACTEURS QUI CONTRIBUENT À LA PRODUCTION DU CHOC Tous les facteurs qui ont pour effet d\u2019influencer défavorablement la circulation vont aggraver le choc.Ces facteurs comprennent la déshydratation, la fatigue, la peur, la douleur, l\u2019infection, les températures excessives, l\u2019absorption de substances toxiques au niveau des tissus lésés et l\u2019anoxie par toute cause.Une déficience circulatoire périphérique grave, présentant plusieurs signes du choc, peut apparaître dans nombre de conditions telles que thrombose coronarienne, infection suraigué et empoisonnement par les gaz toxiques.Ces conditions peuvent se rencontrer chez le blessé et se confondre avec le choc ou aggraver le choc par blessure.IMAGE CLINIOUE Le diagnostic précoce du choc est d\u2019une importance vitale.Lorsque le choc est constitué dans son ensemble, il est souvent trop tard pour sauver le patient.Puisque les premières 1059 manifestations du choc sont facilement méconnues, il est important de prévoir celui-ci chez tous les patients qui souffrent de blessures étendues, de brûlures ou d\u2019hémorragies.Le début du choc est insidieux.Quelle que soit la manière dont le patient réagit à ses blessures (douleur, appréhension, crainte ou bravade), il se calme peu à peu, sa faiblesse et sa fatigue augmientent et il commence à se sentir mal à l\u2019aise.Une agitation maîtrisée et plutôt sans motif se manifeste.La peau est pâle et déjà froide.Les assistants constatent que le patient n\u2019est pas aussi bien qu\u2019à l\u2019ordinaire, mais peuvent en méconnaître la cause, à moins qu\u2019ils n\u2019aient déjà eu l\u2019occasion d\u2019observer des cas semblables.Puis apparaît une transpiration froide.La pression systolique commence à baisser, la tension du pouls diminue, allant jusqu\u2019au pouls filiforme et rapide; la soif s\u2019accentue.À mesure que ces signes progressent, la faiblesse augmente et l\u2019agitation devient de plus en plus marquée.Le patient est exténué, mais ne peut dormir.Le pouls devient extrêmement rapide et presque imperceptible.La peau qui est pâle, froide et moîite, prend une teinte grise, cyano- tique, la couleur revenant lentement après une pression.Les lèvres, les lobes des oreilles et les extrémités digitales se cyanosent.La température, sauf complication, devient sub- normale.La pression artérielle, basse en permanence, tombe progressivement et peut atteindre 50 à 60 mm.de mercure.La soif est intense, mais les liquides ingérés sont vomis immédiatement.Il existe rarement de l\u2019inconscience dans les cas non compliqués.L\u2019esprit reste souvent lucide et actif, mais demeure tourmenté jusqu\u2019à la fin.La gravité du choc ne se trahit pas toujours par des changements dans la pression artérielle et la vitesse du pouls.Dans certains cas, une vasoconstriction peut prévenir la chute de la pression artérielle pendant quelques heures.Dans les cas de blessures de la tête, une pression intracrânienne augmentée peut, par réflexe, provoquer une vasoconstriction suffisante pour empêcher la chute de la pres- 1060 sion artérielle.Chez les blessés civils, il existe quelquefois des patients hypertendus chez lesquels une chute de la pression artérielle ramène celle-ci dans les limites de la normale.Dans certains cas, la vitesse du pouls peut ne pas être modifiée, bien que le débit cardiaque soit grandement réduit et le pouls petit et filiforme.EPREUVES DE LABORATOIRE DANS LE CHOC La détermination du volume de sang circulant dans le choc ne constitue pas un procédé pratique puisque les méthodes en sont trop compliquées pour avoir de la valeur dans les cas d\u2019urgence.Lorsque le liquide perdu est constitué surtout de plasma, l\u2019hé- moconcentration qui en résulte produit une augmentation du pourcentage de l\u2019hémoglobine, du nombre des globules rouges, du volume cellulaire, de la viscosité et de la densité du sang.On mesure toutefois ces modifications par la détermination du pourcentage de I\u2019hémoglobine ou par celle du volume cellulaire (hématocrite), deux méthodes qui fournissent des résultats parallèles et qui sont simples et fidèles.Il faut répéter à plusieurs reprises l\u2019une de ces déterminations au moins, particulièrement dans les cas de brûlures, afin de guider le traitement.L\u2019hémoconcentration n\u2019existe que dans les cas de choc dans lesquels il y a,eu une perte prépondérante de plasma, comme dans les brûlures et dans le syndrome d\u2019écrasement (crush syndrome), ou une perte d\u2019eau et d\u2019électrolytes, comme dans les cas de déshydratation grave.L\u2019hémodilution constitue un sighe qui ne se manifeste pas d\u2019emblée.Elle résulte de l\u2019hémorragie produite par le traumatisme ou l\u2019opération.Son degré relève de facteurs tels que l\u2019abondance et la vitesse de l\u2019hémorragie, l\u2019intervalle de temps qui s\u2019écoule entre la perte de sang et le moment de l\u2019examen de ce dernier, etc.L\u2019hémodilütion peut ne pas être complète avant plusieurs heures.Ainsi une estimation précoce du taux de l\u2019hémoglobine peut ne fournir aucune indication sur l\u2019am- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 pleur de la perte de sang, mais reste tout de même utile en ce qu\u2019elle permet les comparaisons subséquentes avec les autres déterminations.Dans les hôpitaux, cette épreuve n\u2019a de réelle valeur que dans les limites indiquées plus haut.Traitement PRINCIPES GÉNÉRAUX DE TRAITEMENT: 1.\u2014 Prévention ou réduction de nouvelle perte de volume sanguin ; arrêt de l\u2019hémorragie.2.\u2014 Fermeture précoce des blessures du thorax; bandage adhésif ou sutures simples.3.\u2014 Position: tête basse.4.\u2014 Soulagement de la douleur: administration de morphine.5.\u2014 Prévention de blessures subséquentes: clissage des fractures et pansement des plaies.6.\u2014 Conservation de la chaleur corporelle.7.\u2014 Reconstitution précoce et maintien du volume sanguin: transfusion.8.\u2014 Contrôle de la déshydratation.9.\u2014 Augmentation du confort et de la confiance.10.\u2014 Evacuation aussi rapide que possible vers un centre d\u2019opération.Dans toutes les blessures graves, il faut tenter de prévenir le choc.Il est possible de prévoir son éclosion lorsque certaines variétés de blessures ont été produites ou que des brûlures dépassent certaines limites.Le paragraphe suivant a pour but de servir de guide au chirurgien sur qui repose la responsabilité de classifier et de traiter les patients gravement brûlés.Dans les brûlures qui intéressent 40% à 50% de la surface du corps, un choc grave se produit inévitablement.Le plus tôt un traitement anti-choc sera institué, le plus bas sera le taux de mortalité.Lorsque des brûlures graves couvrent plus de 60% de la surface corporelle, la survie est peu probable.Dans les brûlures qui portent sur 10% à 15% de la surface du corps, un choc grave ou dange- 4 DIAGNOSTIC PRECOCE Er TRAITEMENT DU CHOC reux ne se produit pas habituellement.Toutefois, chez les enfants et les personnes âgées, de telles brûlures mineures sont plus sérieuses.On peut prévoir que les blessures causées par une force violente et qui se traduisent par des lésions étendues des tissus mous ou du squelette, évolueront vers le choc grave.Voici quelques exemples de blessures au cours desquelles il faut prévoir le choc et instituer son traitement avant apparition de ses manifestations: fractures ouvertes des os volumineux accompagnées de lacérations étendues des tissus mous; fracture de deux os importants, e.g., un fémur et un humérus; amputation traumatique d\u2019une extrémité; blessures par écrasement, même lorsque la peau n\u2019est pas déchirée et les os rompus; blessures pénétrantes des grandes cavités séreuses, particulièrement celles qui sont compliquées d\u2019infection.Les hémorragies brusques et abondantes provoquent toujours un choc.Dans les cas de fractures ouvertes et de blessures des tissus mous, l\u2019histoire de l\u2019hémorragie et la présence d\u2019une quantité considérable de sang sur les vêtements et les pansements du patient peuvent indiquer que l\u2019hémorragie a été grave.Il est quelquefois difficile d\u2019interpréter la quantité de sang perdue dans les tissus mous, les cavités internes ou dans le tractus digestif.Le gonflement des tissus mous ou la présence de matité à la percussion des cavités internes est utile pour apprécier l\u2019étendue de l\u2019hémorragie.Certaines opérations, lorsqu\u2019elles sont particulièrement grandes, prolongées ou accompagnées d\u2019hémorragie considérable, produisent fréquemment un choc.De telles opérations comprennent le débridement de blessures larges ou multiples, la réduction à ciel ouvert de fractures des os volumineux, certaines greffes osseuses, des opérations gastro-intestinales majeures, des opérations intrathoraciques, ete.TRAITEMENT D'URGENCE Puisqu\u2019un traitement précoce est essentiel, il faut pourvoir aux exigences du traitement d'urgence.Ces exigences varieront grandem ent 1061 et seront sous la dépendance des circonstances au cours desquelles les blessures seront produites (action navale, terrestre ou aérienne, ville bombardée, accidents dans les usines, etc.).En toute circonstance, il faut prendre les mesures qui suivent.CONTRÔLE DE L\u2019HÉMORRAGIE ET DE LA PERTE DE PLASMA Un bandage serré sur un volumineux pansement, i.e., un pansement compressif contrôlera habituellement l\u2019hémorragie et pourra également réduire le passage du plasma dans les tissus lésés.L\u2019hémorragie par un gros vaisseau devrait se contrôler par pression digitale, ligature ou hémostase.On ne devrait employer de tourniquet que si l\u2019hémorragie ne peut s\u2019arrêter par les moyens ci-haut décrits ou que si le membre a été blessé sans espoir de conservation.Lorsqu\u2019on utilise un tourniquet, il faut prendre les précautions suivantes: 1) appliquer le tourniquet aussi bas que possible, sur une partie charnue; 2) le serrer suffisamment pour exclure la circulation arté- melle; 3) si on ne peut conserver le membre, laisser le tourniquet jusqu\u2019au moment de l\u2019amputation.Le danger de provoquer des lésions permanentes par l\u2019emploi du tourniquet est plus grand lorsque celui-ci est appliqué sur l\u2019extrémité supérieure d\u2019un membre plutôt que sur l\u2019extrémité inférieure.La température d\u2019un membre sur lequel on applique un tourniquet tombe bientôt au niveau de la température de l\u2019air ambiant.Le refroidissement du membre à une température d\u2019environ 50° F.peut prolonger grandement sa vitalité.Par temps chaud, on atteint ce résultat par l\u2019application de compresses froides.Lorsqu\u2019il y a hémorragie interne, on devrait transporter immédiatement le patient à l\u2019hôpital pour une transfusion et une opération.FERMETURE DES BLESSURES DU THORAX Les blessures du thorax qui pénètrent dans la cavité pleurale provoquent un déplacement du médiastin, une gêne de la respiration et 1062 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal], septembre 1943 causent une mortalité élevée si elles ne sont pas traitées promptement.On doit fermer immédiatement de telles blessures, soit par simple suture de la peau, soit par des bandages adhésifs.POSITION: TÊTE BASSE Pour activer la circulation vers le cœur et le cerveau, on recommande, non seulement que le patient soit couché, mais que ses pieds soient élevés de 12 à 15 pouces plus haut que la tête.Lorsqu\u2019il s\u2019agit de blessures de la tête, ce procédé n\u2019est pas à conseiller.Le patient qui souffre de blessures du thorax bénéficie de la position assise.SOULAGEMENT DE LA DOULEUR Pour soulager la douleur, on peut donner de la morphine en injection sous-cutanée en doses allant jusqu\u2019à 45 grain.La dose de 4 de grain peut se répéter au besoin.Il faut éviter toutefois de ralentir la respiration à moins de 12 par minute.Pour amener le soulagement d\u2019une forte douleur, on peut administrer par voie intraveineuse 14 de grain de morphine.Il importe d\u2019indiquer, sur une carte de même que sur le front du patient, la quantité de morphine administrée ainsi que l\u2019heure du traitement.PRÉVENTION DE BLESSURES SUBSÉQUENTES La blessure initiale peut s\u2019aggraver considérablement, particulièrement au cours du transport, si les premières mesures prises ne sont pas suffisantes.Il faut éviter les blessures subséquentes et la contamination des plaies.On doit clisser les fractures le plus tôt possible, afin de prévenir les lésions des tissus mous par les extrémités libres des os fracturés.Lorsqu\u2019il s\u2019agit de fracture des os longs, on doit poser des appareils de traction basés sur la méthode de Thomas.Les blessures des tissus mous doivent être supportées par des pansements compressifs.Par ce procédé, non seulement on diminue la douleur, mais en plus on réduit la perte de sang et de plasma dans les tissus traumatisés.CONSERVATION DE LA CHALEUR CORPORELLE Il importe de protéger le patient contre le froid.Pour ce faire, on l\u2019enveloppe dans des couvertures et on le couvre d\u2019une toile imperméable.Il est important de placer des draps ou des couvertures entre le patient et le brancard tout autant que sur le patient même.MESURES GÉNÉRALES Il faut donner en abondance de l\u2019eau et des boissons chaudes (thé ou café sucré, soupe contenant du sel), sauf aux patients qui souffrent de blessures du tractus gastro-intestinal.Il faut aussi encourager le patient et le rassurer, le déplacer le moins possible et ne pas lui donner d\u2019alcool.Nulle autre médication que les opiacés n\u2019a montré de réelle valeur dans le traitement du choc.RECONSTITUTION PRÉCOCE DU VOLUME SANGUIN En autant que faire se peut, il faut avoir sous la main du sérum ou du plasma dans des récipients appropriés (voir appendice 1), et administrer généreusement ces produits comme soins d\u2019urgence.Si les circonstances ne permettent pas cette procédure, le transport à l'hôpital du patient en état de choc s\u2019impose.Ce transport doit se faire rapidement et de manière à ne pas favoriser un choc ultérieur.Si la distance à parcourir est grande, on doit préférer le transport par avion.Toutefois, comme les patients en état de choc supportent difficilement l\u2019anoxie, il faut prévoir une provision d\u2019oxygène qu\u2019on administre durant l\u2019envolée.TRAITEMENT LORS DE L\u2019ADMISSION À L\u2019HÔPITAL Les hôpitaux doivent être pourvus de tout ce qu\u2019il faut pour établir le diagnostic et procéder au traitement précoce des patients en état de choc.Un officier compétent, chargé DIAGNOSTIC PRECOCE Er TRAITEMENT DU CHOC de l\u2019admission des patients, doit choisir ceux qui sont en éminence de choc ou qui, par la nature de leurs blessures, peuvent le devenir.Ces patients, identifiés par une carte de couleur, seront dirigés vers une salle spéciale pour observation et traitement.Là, les patients seront placés dans des lits chauds dont les pieds ont été élevés, et les premières mesures de traitement seront prises.Il faut soulager la douleur et commencer le traitement contre le choc.Les patients en état de choc supportent mal les opérations.D\u2019une manière générale, il ne faut pas commencer le traitement chirurgical avant que le choc ne soit sous contrôle.Si une opération immédiate s\u2019impose pour arrêter une hémorragie ou prévenir l\u2019infection, la transfusion doit se faire immédiatement et se poursuivre pendant les manœuvres chirurgicales.Il peut être nécessaire d\u2019injecter de grandes quantités de sang, jusqu\u2019à 2,000 c.cou plus.Même si le patient ne souffre pas de choe, l\u2019opération peut y conduire.Si on prévoit qu\u2019une grande quantité de sang sera perdue, il faut commencer la transfusion avant l\u2019opération.TRANSFUSION DE SANG OU DE SUBSTITUTS DU SANG L'idéal est de reconstituer le volume sanguin en injectant la variété de liquide qui a été perdue.La quantité qu\u2019on injecte doit être suffisante pour restaurer la circulation.C\u2019est une grave erreur de croire qu\u2019une transfusion de 500 c.c.constitue toujours une thérapeutique efficace.Il faut quelquefois donner 1,000 c.c.& 2,000 e.c.ou encore davantage.Le sang total, si on en a, constitue le médicament de choix dans les cas compliqués d\u2019hémorragie et les cas d\u2019anémie.On peut encore l\u2019utiliser avec profit lorsque le volume sanguin se trouve réduit par une perte de plasma.Cependant, lorsque la perte de plasma a été abondante et qu\u2019il y a hémoconcentration, .il faut lui préférer le plasma ou le sérum.Même après une hémorragie, la restauration 1063 du volume sanguin par l\u2019injection de plasma augmente le pouvoir qu\u2019a la circulation de transporter l\u2019oxygène et peut sauver la vie du patient.L\u2019injection de sérum ou de plasma doit se faire dès l\u2019admission du patient dont on établit également le groupe sanguin.La transfusion de sang total débute dès que le groupe sanguin est connu.Le plasma et le sérum se conservent plus facilement que le sang total et ne nécessitent pas .la détermination préalable du groupe sanguin du patient.Le sérum desséché se conserve indéfiniment.On peut le reconstituer rapidement par l\u2019addition d\u2019une quantité appropriée d\u2019eau stérilisée ou de sérum physiologique.Son administration ne provoque que peu de réactions et celles-ci sont légères.(Voir appendice 2.) Lorsque le choc est grave, il faut donner le sang ou le sérum rapidement: 500 c.c.dans une période de 15 à 30 minutes (voir appendice 3).Di la pression artérielle est encore au-dessous de 90 mm.et que l\u2019état du patient est indubitablement meilleur, la vitesse de l\u2019injection doit être réduite au goutte à goutte.La quantité requise dans le choc par blessure dépend de la réaction du patient.Rarement moins de 1,000 c.c.suffiront, et, dans certains cas, il faudra donner 2,000 c.c.ou plus.ARRÊT DE LA PERTE DE VOLUME SANGUIN Alors qu\u2019on tente de remonter le volume du sang circulant il faut éviter que d\u2019autres pertes ne se produisent.Le plus tôt possible après l\u2019admission du patient, il faut réexaminer le siège de ses blessures et mettre sous contrôle toute hémorragie persistante.Si on a appliqué un tourniquet, il faut l\u2019enlever et prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir les hémorragies ultérieures.Lorsque la circulation revient dans un membre gravement lésé, il peut se produire une perte abondante de plasma, même si l\u2019hémorragie est légère.On peut prévenir cet incident en employant un bandage compressif, lequel constitue la méthode de choix pour arrêter et l\u2019hémorragie et 1064 la perte de plasma, sauf dans les cas d\u2019hémorragie violente.Toutefois, lorsque le membre a été blessé sans espoir de conservation, le tourniquet placé juste au-dessus de la blessure y est maintenu jusqu\u2019au moment de l\u2019opération.Par ce procédé, on obstrue complètement la circulation au niveau des tissus lésés et on prévient la perte de sang et de plasma.CoNTRÔLE DE LA DÉSHYDRATATION Une réserve limitée d\u2019eau avant ou pendant l\u2019engagement, une transpiration abondante durant la bataille (les deux pouvant s\u2019accentuer au cours d\u2019une attaque prolongée), des vomissements consécutifs à des blessures, de la diarrhée par troubles intestinaux concomitants, sont autant de facteurs qui causent une réduction de volume sanguin.Si un homme, déjà déshydraté pour l\u2019une de ces causes, reçoit en plus une blessure ou une brûlure, la perte d\u2019une quantité même minime de sang ou de plasma réduit davantage le volume sanguin et conduit au choc grave.L\u2019injection intraveineuse de sang ou de substitut, donnée d\u2019abord dans le but de remonter le volume sanguin, aidera à corriger la déshydratation.La reconstitution d\u2019une réserve de liquide dans les tissus déshydratés doit se compléter par l\u2019administration orale de liquides.Il faut en donner souvent et par petites quantités à la fois.Dans les cas de déshydratation, il y a eu perte d\u2019eau et de sel.En conséquence, il convient d\u2019ajouter du chlorure de sodium (45 cuillerée à thé par chopine) aux liquides prescrits (eau, bouillon, thé, café, cacao, gruau, jus de fruits, ete.).Si le patient ne peut garder les liquides pris par la bouche, il faut donner, par voie veineuse, une solution appropriée.La solution salée isotonique (sol.de chlorure de sodium à 0.99%) avec ou sans glucose, qu\u2019on emploie généralement, peut suppléer, mais non remplacer le sang ou les substituts.Il faut injecter ces liquides lentement (150 c.c.par heure).Les patients déshydratés doivent recevoir environ 3,000 c.c.dans les premières 24 heures.S\u2019il s\u2019est produit une perte abondante de liqui- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 de dans ou par le tractus gastro-intestinal, il faut donner encore davantage.L\u2019injection intraveineuse d\u2019une quantité excessive de solution salée est nuisible dans les chocs graves.La solution passe rapidement de la circulation dans les tissus et peut causer un œdème pulmonaire.CONSERVATION DE LA CHALEUR Il est réconfortant pour le patient de se trouver dans un lit chaud et sec, mais sa peau demeure froide parce que la circulation périphérique est diminuée.A mesure que les con- - ditions générales s\u2019améliorent, la circulation au niveau de la peau augmente et le patient se réchauffe.I] ne s\u2019ensuit pas cependant que le fait de réchauffer le patient au moyen de bouteilles d\u2019eau chaude, d\u2019appareils électriques ou de toute autre méthode thermique constitue une bonne thérapeutique.Au contraire, de telles mesures peuvent provoquer une vasodilatation, augmentant ainsi le lit vasculaire périphérique, et partant, la transpiration, laquelle draine davantage les liquides tissulaires.Dans le traitement des états de choc, il faut conserver la chaleur du corps en couvrant convenablement le patient, 1.e., en l\u2019isolant tout en évitant l\u2019application excessive et continue d\u2019une chaleur externe.TRAITEMENT PAR L\u2019OXYGÈNE Il faut donner de l\u2019oxygène en abondance à tous les patients qui présentent de la cyanose, de la soif d\u2019air ou toute autre indication d\u2019un manque d\u2019oxygène.Cette pratique est tout particulièrement indiquée lorsque l\u2019oxygénation du sang dans les poumons est gênée, comme il arrive dans la congestion ou l\u2019œdème pulmonaire, ou quand le mécanisme de la respiration est diminué par des blessures du thorax ou des voies respiratoires.Si la respiration est superficielle et lente, comme dans l\u2019empoisonnement par le monoxyde de carbone, il faut ajouter à l\u2019oxygène du dioxyde de carbone, jusqu\u2019à une concentration de 5%.Un appareil à inhalation, comprenant un \u2014\u2014=\u2014 ed em ey DIAGNOSTIC PRÉCOCE ET TRAITEMENT DU CHOC masque qui couvre la bouche et le nez, constitue un moyen simple et facile d\u2019administrer l\u2019oxygène en concentration suffisante et sans perte inutile.INFECTION La présence d\u2019une infection généralisée ou localisée aggrave le choc.Il importe de la prévenir si possible.On peut administrer des sulfamidés par voie buccale ou intraveineuse, lorsqu\u2019il y a indication de le faire.BRÛLURES PAR LA CHALEUR Un mémoire sur les brûlures a déjà été publié!.Il importe done de ne discuter ici que le traitement du choc dans les brûlures.Dans ces dernières, le choc est précédé d\u2019une réduction marquée du volume plasmatique.L\u2019hémoconcentration dans les brûlures résulte de la perte locale de plasma, tant à la surface des régions brûlées que dans les tissus adjacents.La perte de plasma se continue ainsi pendant les 48 heures environ qui suivent la brûlure.La quantité de plasma perdue dépend de l\u2019étendue et du degré des brûlures.Comme on l\u2019a indiqué dans le mémoire sur les brûlures: « Même lorsqu\u2019une brûlure est suffisamment étendue pour provoquer éventuellement le choc, et même la mort, le comportement et l\u2019apparence du patient pendant les premières heures ne fournissent que peu d\u2019indications sur le danger qui le menace.Le brûlé peut avoir conservé toute sa raison et sa conscience, se mouvoir, s\u2019asseoir dans son lit, boire en abondance des liquides, etc.Il peut ne présenter aucune des manifestations habituelles du choc.Cependant, même en l\u2019absence de signes cliniques sérieux, la perte de plasma s\u2019installe déjà et le dosage de l\u2019hémoglobine, etc, peut révéler une hémoconcen- tration marquée.Pour cette raison, il faut commencer le plus tôt possible la détermination du taux de l\u2019hémoglobine.» La réduction du volume plasmatique et l\u2019hémoconcentration consécutive produisent 1.Publié par le Conseil National des Recherches du Canada.Le manuel sur la ressuscitation, de l\u2019Office de guerre anglais, donne des détails nombreux et importants sur l\u2019équipement, l\u2019organisation, l\u2019entraînement et les procédés.1065 une augmentation de la viscosité sanguine, une diminution de l\u2019oxygénation des tissus et une augmentation de l\u2019effort cardiaque.Lorsqu\u2019il y a perte de plasma dans les régions brûlées, les liquides sont soutirés des tissus, amenant un état de déshydratation générale.Dans ces conditions, l\u2019injection de grandes quantités de solutions salées dilue les protéines plasmatiques au-dessous du niveau des œdèmes et il en résulte un œdème généralisé qui peut s\u2019accompagner d\u2019œdème pulmonaire.On ne saurait trop insister sur le fait que ni l\u2019ingestion de liquides ni l'injection intraveineuse de solutions salées ou glucosées ne constituent des substituts qui remplacent la transfusion de plasma ou de sérum dans le traitement des brûlures.La mesure la plus importante dans le traitement du choc par brûlure consiste dans le remplacement immédiat du plasma perdu.Il faut en conséquence donner du plasma ou du sérum en quantité suffisante pour remonter le volume sanguin à un niveau qui permettra de maintenir efficacement la circulation, d\u2019oxygéner convenablement les tissus, de prévenir la déshydratation et de réduire la viscosité sanguine.La perte de plasma étant continue pendant les premières 48 heures (plus grande pendant les premières 24 heures), il faut donner du sérum ou du plasma en permanence pendant toute cette période.Si la réserve de sérum est limitée, il faut diluer celui-ci avec une égale quantité de sérum physiologique et régler son administration de manière à ne pas épuiser toute la quantité dans les premières heures qui suivent la brûlure.Dans ces conditions on peut tolérer un taux d\u2019hémoglobine aussi élevé que 115% à 120%.Il importe de contrôler la quantité et la vitesse du sérum transfusé par de fréquentes déterminations du pourcentage de l\u2019hémoglobine.Lorsqu\u2019au contraire, on dispose de grandes réserves de sérum ou de plasma, il faut maintenir le taux de l\u2019hémoglobine dans les limites de 90% à 110%.(Dans les désastres civils, se produisant chez des personnes qui souffraient peut- 1066 être d\u2019anémie avant l\u2019accident, la détermination de l\u2019hémoglobine seule peut induire en erreur.Dans les cas d\u2019anémie hypochrome, la numération des globules rouges en plus de la détermination du taux de l\u2019hémoglobine est d\u2019une grande utilité pour apprécier le degré d\u2019hémoconcentration.Dans les cas de brûlures (ou de syndrome d\u2019écrasement), compliqués d\u2019hémorragie, le taux de l\u2019hémoglobine, influencé par deux processus opposés, l\u2019hémoconcentration et l\u2019hémodilution, peut également tromper sur l\u2019ampleur de la rédue- tion du volume sanguin).La perte de plasma peut se faire si rapidement que si on cesse la transfusion, même pendant une heure seulement, il peut s\u2019ensuivre une diminution marquée et grave du volume plasmatique.Dans ces cas, il est nécessaire de faire l\u2019estimation du taux de l\u2019hémoglobine toutes les deux heures.Puisque l\u2019étendue de la brûlure détermine la proportion de plasma perdue, la quantité de sérum nécessaire sera d'autant plus grande que la brûlure sera plus étendue.Lorsqu'il est impossible de déterminer le taux de l\u2019hémoconcentration faute de moyens appropriés, le tableau suivant peut servir de base grossière pour le traitement des brûlures du deuxième degré ou des brûlures plus profondes.La quantité de sérum requise dans les deuxièmes 24 heures dépendra de la condition du patient et du taux de son hémoconcentra- tion.Environ la moitié de la quantité donnée pendant les premières 24 heures peut être nécessaire.Etendue de la brûlure c.c.de sérum pendant les premières 24 hres 20% 2,000 c.c.30% 3,000 c.c.40% 4,000 c.c.50% 5,000 c.c.Les possibilités de toxémie (voir mémoire sur le traitement des brûlures) seront grandement réduites par un traitement approprié au cours de la période de choc.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 SYNDROME D\u2019ÉCRASEMENT OU DE COMPRESSION Ce syndrome est consécutif aux blessures par écrasement des extrémités.La nécrose des tissus se produit par suite de pression prolongée et par obstruction de la circulation.Lorsqu\u2019on supprime la compression, il y a perte de plasma dans les tissus et le choc se produit.Il en résulte aussi des lésions rénales graves.En dépit du traitement efficace du choc, le patient succombe à des troubles rénaux dans les 6 à 10 jours, qui suivent.Il faut prévoir cette condition dans les cas de blessure par écrasement ou par compression, tout particulièrement si la pression a été continue pendant plusieurs heures.À l\u2019examen initial le patient peut sembler en bon état, ne présenter que du gonflement du membre écrasé, de l\u2019anesthésie locale et un œdème ortié.Cependant, avec l\u2019augmentation de la perte de plasma dans les régions écrasées, le choc se développe.À ce stade le traitement du choc s'impose et doit comprendre la transfusion de plasma ou de sérum et quelquefois de sang total.Les signes de déficience rénale se manifestent précocement et peuvent progresser même si on a amputé le membre écrasé.L\u2019urine est teintée de sang et contient de l\u2019albumine et de nombreux cylindres pigmentés en noir.Le débit urinaire, faible au début, décroît subséquemment.La pression artérielle monte progressivement à un taux élevé et on note d\u2019autres signes d\u2019insuffisance rénale, tels que l\u2019augmentation du taux de l\u2019urée sanguine, de l\u2019azote non protéique, des phosphates et du potassium.La réserve alcaline baisse.Dans les cas fatals, le patient devient de plus en plus somnolent et présente par moment de l\u2019appréhension.On a rapporté que l\u2019application précoce d\u2019une pression, soit par bandage compressif, soit par appareil pavaex, soit par appareil plâtré, peut prévenir le développement complet de ce syndrome.Dans le but d\u2019empêcher la déficience rénale, on conseille l\u2019administration d\u2019alcalins le plus tôt possible.Une telle thérapeutique se donne de la manière décrite DIAGNOSTIC PRÉCOCE ET TRAITEMENT DU CHOC à l\u2019appendice 2, pour le traitement des réactions post-transfusionnelles.Afin de soulager la douleur pendant la libération du blessé enseveli sous les décombres d\u2019une maison bombardée ou captif dans les débris d\u2019un avion ou d\u2019un véhicule-moteur écrasé, on peut utiliser l\u2019anesthésie intraveineuse par l\u2019évipal ou le pentothal (les barbituriques à action brève), en ayant soin toutefois de faire l\u2019injection lentement et de surveiller le ralentissement de la respiration.S\u2019il est possible, il faut en même temps donner de l\u2019oxygène.L\u2019ANESTHÉSIE DANS LE CHOC Le choix d\u2019un anesthésique demande beaucoup de soins.Il faut choisir celui qui est le moins toxique et qui produit des conditions d\u2019opération satisfaisantes.L\u2019anesthésiste n\u2019utilisera que les méthodes qui lui sont familières.Sauf pour l\u2019anesthésiste entraîné, l\u2019éther est l\u2019anesthésique de choix.Dans les cas appropriés, on doit employer l\u2019anesthésie locale.Il ne faut jamais employer l\u2019anesthésie rachidienne lorsqu\u2019un état de choc existe ou lorsqu\u2019on le prévoit.Au cours de l\u2019opération, il est très important d\u2019éviter l\u2019anoxie, car, lorsque celle-ci se prolonge, elle est par elle-même une cause de choc.Il ne faut en aucune façon gêner l\u2019apport d\u2019oxygène par des fautes de technique de quelque nature que ce soit ou par une anesthésie inutilement profonde.On doit encore, si possible, éviter l\u2019anesthésie profonde, au troisième degré, parce qu\u2019il s\u2019ensuit une mauvaise ventilation pulmonaire consécutive à des paralysies intercostales.Si une anesthésie chirurgicale profonde s\u2019impose, il convient de la pratiquer au moyen de l\u2019intubation trachéale.Cette technique, nécessaire pour les opérations dans la cavité thoracique, se recommande également pour les patients qui sont couchés sur le ventre.Dans tous les cas de choc, il faut donner de l\u2019oxygène au cours de l\u2019anesthésie.L\u2019anesthésiste a la responsabilité de surveiller apparition des premiers signes de choc 1067 dans toutes les opérations, et tout particulièrement l\u2019abaissement de la pression artérielle, l\u2019augmentation du rythme cardiaque, la transpiration, les changements de température et la circulation cutanée.Il faut prendre la pression artérielle toutes les cinq minutes pendant l\u2019opération, puis à des intervalles dont la fréquence dépend de la nature du cas, lorsque le patient est retourné dans sa salle.Le traitement pour remonter le volume sanguin doit s\u2019instituer dès l\u2019apparition du premier indice de défaillance.Le protoxyde d\u2019azote requiert une telle concentration qu\u2019il entraîne habituellement une diminution de l\u2019oxygène.Il ne convient donc pas pour les opérations majeures à moins d\u2019être accompagné d\u2019éther ou de cyclopropane.Le cyclopropane permet un début facile et un contrôle satisfaisant même chez les sujets difficiles.Etant un anesthésique puissant, il peut se combiner avec l\u2019oxygène à haute concentration.Si l\u2019anesthésie est nécessaire pour un patient en état de choc, le cyclopropane, entre les mains d\u2019un anesthésiste expérimenté, est l\u2019agent de choix.Comme le chloroforme toutefois, il sensibilise le cœur aux médicaments sympathomimétiques, tels que l\u2019épiné- phrine et l\u2019éphédrine.L\u2019emploi de ces médicaments avec le cyclopropane est dangereux.De plus, le cyclopropane tend à augmenter le débit cardiaque et la pression artérielle pendant l\u2019opération.Pour des mains non expérimentées, l\u2019éther constitue l\u2019anesthésique le plus sûr.Une anesthésie profonde peut aggraver, même provoquer le choc, mais, à un degré moindre, elle peut se donner avec sécurité et satisfaction.La méthode d\u2019absorption du dioxyde de carbone en circuit fermé, lorsqu\u2019on peut l\u2019utiliser, est préférable à celle du masque ouvert.Le chloroforme et le chlorure d\u2019éthyle sont plus toxiques, ont un effet déprimant sur la circulation et sont par conséquent contre- indiqués pour une anesthésie continue.Le pentothal et l\u2019évipal par voie intraveineuse produisent une anesthésie satisfaisante 1068 pour les opérations mineures, mais, étant déprimants pour la circulation et pour la respiration, doivent se donner avec prudence en présence d\u2019un état de choc.On obtient un meilleur contrôle avec des solutions à 215% plutôt qu\u2019avec des solutions plus concentrées.Une anesthésie supplémentaire avec une proportion de 50% de protoxyde d\u2019azote dans l\u2019oxygène réduit sensiblement la quantité de barbituriques requise .(On a préparé une bibliographie qu\u2019on peut se procurer en s\u2019adressant au secrétaire de ce comité.) APPENDICE I * x % On prépare pour le compte du Gouvernement de Sa Majesté, au Canada, du sérum humain desséché, provenant du sang de donneurs normaux, sains et volontaires, choisis par la Société de la Croix Rouge canadienne.On mélange, dans les mêmes proportions qu\u2019on les rencontre dans la population, les sérums de divers groupes.Ce sérum desséché peut se donner indistinctement à tous les patients, quel que soit leur groupe sanguin.Le produit desséché est distribué dans des bouteilles dans lesquelles on ajoute de l\u2019eau distillée stérilisée et ne contenant pas de substances pyrogènes, pour dissoudre la matière solide.RECONSTITUTION ET ADMINISTRATION DU SÉRUM On ne doit pas reconstituer le sérum desséché avant le moment immédiat de son emploi.Dans aucune circonstance, on ne doit conserver pour usage futur du sérum desséché auquel on a ajouté \u201cde l\u2019eau.On peut ramener le sérum desséché à son volume normal par l\u2019addition d\u2019eau distillée stérilisée, ne contenant pas de substances pyrogènes, ou par l\u2019addition de sérum physiologique de la manière suivante: 1.Enlever le bouchon de caoutchoue qui recouvre la bouteille de sérum desséché et celui qui recouvre la bouteille d\u2019eau distillée en évitant avec soin de contaminer le dessous des bouchons qui est stérilisé.2.Verser 250 c.c.d\u2019eau dans la bouteille de sérum desséché.La graduation qui existe sur les nouvelles bouteilles peut servir de mesure.3.Remettre les bouchons sur chaque bouteille.Agiter la bouteille de sérum jusqu\u2019à dissolution complète de la matière solide.Ceci requiert habituellement L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 quelques minutes.Le sérum desséché se dissout plus facilement si, après l\u2019addition d\u2019eau, on réchauffe le mélange dans un bain-marie porté à la température du corps et si on agite légèrement.Il faut éviter avec soin le surchauffage qui provoque la coagulation du sérum lorsque celui-ci devient trop chaud.Le sérum reconstitué peut être administré de l\u2019une des manières suivantes: A.Par l\u2019emploi du mécessaire à transfusion du CM.ARC., lequel est régulier.On verse le sérum dans un entonnoir et on le filtre sur un carré de gaze stérilisée placé au fond de l\u2019entonnoir.On peut employer indifféremment, soit l\u2019appareil à transfusion de Baxter, soit celui d\u2019Abbott, qui sont tous deux fournis aux hôpitaux du Canada et à ceux d\u2019outre-mer.B.Par l\u2019emploi du nécessaire à transfusion qui accompagne certains emballages spéciaux de sérum.Si ce nécessaire existe, il convient de procéder comme suit: 1.Essuyer la partie supérieure du bouchon de la bouteille contenant le sérum reconstitué avec un antiseptique convenable tel que l\u2019alcool.2.Insérer la longue aiguille (6 pouces) à prise d\u2019air dans la partie centrale du bouchon et l\u2019enfoncer aussi loin que possible.Fixer le tube en verre qui sert à l\u2019entrée de l\u2019air sur le côté de la bouteille en le glissant sous le galon qui supporte la bouteille.3.Découvrir la courte aiguille (1 pouce), qui est fixée au nécessaire à transfusion et l\u2019enfoncer dans la partie centrale du bouchon de caoutchouc.4, Serrer la vis à pression et suspendre la bouteille de sérum en position renversée à un crochet placé près du patient en utilisant pour cette fin le support en galon qui entoure la bouteille.5.Relâcher la vis à pression et remplir le nécessaire à transfusion avec du sérum pour chasser l\u2019air.Assujettir l\u2019appareil à transfusion à une aiguille ou à une canule placée dans la veine.6.Après l\u2019usage, laver le nécessaire avec du sérum physiologique ou de l\u2019eau distillée, l\u2019égoutter et le stériliser à l\u2019autoclave, les tubes étant droits (non recourbés ou enroulés), pour usage ultérieur.Au moment du lavage, faire passer l\u2019eau à rebours de manière à rincer le filtre en verre qui fait partie de l\u2019appareil.C.On pourra disposer sous peu d\u2019un équipement spécial pour l\u2019administration rapide du sérum dans les zones avancées.St DIAGNOSTIC PRÉCOCE ET TRAITEMENT DU CHOC APPENDICE II SUGGESTIONS DE TECHNIQUES POUR FACILITER L\u2019ADMINISTRATION INTRAVEINEUSE DE LIQUIDES AUX PATIENTS EN ÉTAT DE CHOC 1.La chaleur produit une dilatation des veines.Chez les patients souffrant de choc grave et dont les extrémités sont froides, les veines périphériques sont habituellement contractées.Il devient alors difficile d\u2019introduire une aiguille dans la lumière du vaisseau à travers la peau.On peut provoquer la dilatation des veines en appliquant des bouteilles d\u2019eau chaude aux extrémités des membres, en immergeant ceux-ci dans de l\u2019eau chaude ou en faisant du massage.Laisser pendre le bras hors du lit facilite le remplissage des veines et leur distension.Par suite du calibre réduit des veines, l\u2019écoulement du liquide administré par gravité peut être lent.Dans de tels cas, on peut augmenter la vitesse d\u2019écoulement du liquide en enroulant le tube de caoutchouc autour de deux ou plusieurs bouteilles d\u2019eau chaude (température de 120° à 130° F.).Cette mesure est particulièrement efficace pour accélérer l\u2019écoulement du sérum ou du plasma humain qui, donné à la température de la chambre, dans des veines de calibre petit ou moyen, se fait très lentement.Le liquide chaud dans les veines produit une distension de celles-ci.On peut accélérer davantage la vitesse de l\u2019injection en exerçant une pression de haut en bas sur les tubes en caoutchouc, soit au moyen des doigts enduits de savon, soit au moyen de rouleaux spéciaux.2.Technique de la ponction veineuse.Une des veines de l\u2019avant-bras fournit habituellement le meilleur point pour l'introduction de l\u2019aiguille.Celle-ci, d\u2019un calibre n° 18, permet l\u2019écoulement rapide du liquide et s\u2019introduit plus facilement dans la veine qu\u2019une aiguille plus grosse.Il faut pousser l\u2019aiguille dans la lumière du vaisseau et l\u2019assujettir à la peau au moyen de bandes gommées afin de prévenir son déplacement.Il est préférable de ne pas utiliser une veine du pli du coude, car la flexion de cette articulation peut pousser l'aiguille à travers la paroi postérieure de la veine.S'il devient nécessaire de faire une dissection de la veine, pour introduire l'aiguille ou la canule, on choisit d\u2019ordinaire la saphène interne en un point qui se trouve au-dessus et en avant de la malléole interne.3.Administration de liquides par la moelle osseuse.Il est quelquefois impossible d\u2019administrer les liquides par les veines périphériques, soit par suite de brûlures étendues, soit pour d\u2019autres raisons d\u2019ordre technique.Dans ces cas, on peut injecter les liquides par la moelle osseuse sternale à travers laquelle ils passent facilement pour atteindre la circulation.1069 Chez les adultes ou les enfants de plus de 3 ans, le point d\u2019élection pour l\u2019injection est soit le manubrium du sternum, soit le corps du sternum, à mi- chemin entre l\u2019angle de Louis et I'appendice xyphoide.On pratique l\u2019anesthésie locale de la peau et du périoste au point choisi avec une solution de procaïne à 1%.On peut aussi faire une légère boutonnière dans la peau.On introduit dans le sternum, à un angle de 45° environ, une aiguille de calibre n° 15 1 garnie de son mandrin et mesurant 3 centimètres de long.On traverse la table externe du sternum en exerçant une pression ferme et en tournant légèrement l\u2019aiguille tout en pressant.On perçoit une brusque cessation de la résistance lorsque l\u2019aiguille pénètre dans la cavité médullaire.Il faut éviter de traverser la paroi postérieure du sternum.On enlève alors le mandrin, on adapte à l'aiguille une petite seringue et on aspire légèrement.Si l\u2019aiguille est bien en place, du sang et de la moelle montent dans la seringue sans effort et l\u2019aspiration provoque généralement une légère douleur.On injecte 1 c.c.de sérum physiologique pour libérer l\u2019aiguille de la moelle qui se coagule rapidement.On communique alors le tube de caoutchouc à l'aiguille sternale et on laisse le liquide s\u2019écouler goutte à goutte par gravité.Par cette méthode, on peut injecter du sang citraté, du plasma, du sérum ou des solutions salées ou glu- cosées.APPENDICE III RÉACTIONS CAUSÉES PAR LES INJECTIONS INTRAVEINEUSES Les réactions qui accompagnent ou qui suivent les injections intraveineuses sont de deux types principaux: les réactions pyrogéniques et les réactions d\u2019incompatibilité.Elles se produisent généralement par suite d\u2019une erreur de technique.Comme on ne peut déterminer immédiatement la cause de la réaction et son degré de gravité, il faut cesser tout de suite toute injection intraveineuse, mettre de côté tout appareil ou tout liquide pour examen de contrôle, et, s\u2019il s\u2019agit de transfusion de sang, refaire les examens séro- logiques.Dans certaines circonstances tout à fait particulières, il est permis de faire une transfusion de sang sans la recherche préalable de l\u2019agglutination croisée, mais le sérologiste doit conserver un échantillon du sang transfusé jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit prévenu que la transfusion s\u2019est faite sans incident.Lors de la transfusion, il faut conserver pour le sérologiste les 10 derniers ce.de sang.Cependant, comme avec le sérum ou le plasma il ne se produit que des réactions pyrogéniques, on peut négliger ces 1.On peut se procurer une aiguille spéciale avec mandrin et garde pour ponction sternale.De même, on peut utiliser avec satisfaction une aiguille à ponction lombaire, de calibre n° 15, raccourcie, ou une aiguille de Kaliski. 1070 dernières si elles sont légères, lorsqu\u2019il est urgent de remonter le volume sanguin.Un troisième type de réactions, réactions allergiques, est beaucoup plus rare.Parmi celles-ci, les réactions d\u2019urticaire sont les plus fréquentes; occasionnellement on voit des crises d\u2019asthme, et très rarement le véritable choc anaphylactique.Des injections sous-cutanées ou intramusculaires répétées de petites doses d\u2019adrénaline au 1/1000 contrôlent les réactions les plus faibles.Dans les cas les plus graves, on peut ajouter au traitement la morphine et l\u2019atropine.Réactions pyrogéniques ou fébriles.Elles constituent la grande majorité de toutes les réactions infusionnelles.Elles peuvent survenir au cours de l\u2019introduction de tout liquide dans le sang et résultent de la présence dans les liquides injectés de produits de microbes saprophytes et ultrafiltra- bles.On peut réduire au minimum ces substances pyrogènes en employant de l\u2019eau fraîchement distillée et des appareils à transfusion minutieusement nettoyés.Une sensation de frisson pouvant aller jusqu\u2019au frisson grave et à la contracture, avec élévation de la température à 104° F.ou plus, peut se manifester au cours de l'injection ou rarement plusieurs heures après.Les réactions graves peuvent provoquer l\u2019inconscience et le collapsus circulatoire.Les formes les plus légères et les plus fréquentes cèdent au traitement purement symptomatique.On peut traiter le collapsus circulatoire par l\u2019injection de solutions salées et glucosées à 10% dans de l\u2019eau non pyrogénique, par la chaleur, l\u2019élévation du pied du lit.L\u2019extrait pituitaire postérieur en injection intraveineuse à la dose de 44 c.c.peut aider à remonter la pression artérielle et peut se répéter au besoin.Réactions d\u2019incompatibilité (Réactions tiques).hémoly- La transfusion d\u2019un sang incompatible provoque l\u2019agglutination et l\u2019hémolyse des globules du donneur.L\u2019injection de 200 cc.de sang incompatible est souvent fatale.Dans la majorité des cas, cet accident est dû à une erreur dans la détermination des groupes sanguins.La prévention en est le meilleur traitement.La rapidité d\u2019action dès l\u2019apparition des premiers symptômes, l\u2019arrêt immédiat de la transfusion, peuvent cependant sauver la vie du patient.Les symptômes les plus significatifs sont l\u2019appréhension, la douleur dans le dos, une sensation de constriction au niveau du thorax, de l'essoufflement, de la toux, des nausées et des vomissements.L\u2019un quelconque de ces signes peut s\u2019accompagner d\u2019une sensation de chaleur ou de plénitude dans la tête.Puis survient la fièvre.Quelquefois, il n\u2019y a pas de symptôme prémonitoire.La réaction peut apparaître alors avec frisson et fièvre L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 plusieurs heures après la fin de la transfusion.L'urine, prélevée par cathétérisme, est de coloration rouge ou brune, par suite de l\u2019hémoglobine libre et des produits de décomposition de l\u2019hémoglobine qu\u2019elle contient.L\u2019hémoglobinurie est la signature des réactions d\u2019incompatibilité 1.Au début de cet état, le traitement est semblable à celui des réactions pyrogéniques.Les patients qui présentent de l\u2019hémoglobinurie peuvent mourir précocement de collapsus circulatoire ou tardivement d\u2019insuffisance rénale.De l\u2019oligurie, puis de l\u2019anurie accompagnée de rétention d\u2019azote non protéique dans le sang, d\u2019irritabilité, de contracture, de somnolence et de coma \u2014 en fait de toute la symptomatologie de l\u2019urémie vraie \u2014 peuvent se produire et le patient succombe après quelques jours de bien-être relatif.T1 peut exister également des lésions du foie.Quelquefois de l\u2019ictère et du purpura viennent ajouter à la gravité du tableau.Dès que l\u2019incompatibilité est reconnue, une thérapeutique vigoureuse par les alcalins s'impose pour alcaliniser les urines le plus tôt possible.On donne 10 grammes de bicarbonate ou de citrate de soude par la bouche et on répète toutes les heures.Si la chose est possible, on administre par voie intraveineuse 500 ce.d\u2019une solution à 5% de bicarbonate ou de citrate de soude que l\u2019on fait suivre de 3000 c.c.d\u2019une solution de glucose à 10% dans de l\u2019eau distillée.Par la suite, il est indiqué de donner par la bouche, en doses fractionnées, 20 grammes d\u2019alcalin par jour.Afin de ménager le rein, on réduit le taux des protéines dans la diète tandis qu\u2019on arrête le clivage excessif des protéines en fournissant des hydrates de carbone et des graisses.Lorsque les restrictions de la diète se prolongent, l\u2019addition de vitamine B est très utile.Il faut donner beaucoup de liquide et limiter la quantité de sel.On peut aussi donner en injection intraveineuse une solution de glucose à 10% dans de l\u2019eau distillée de manière à porter la quantité des liquides pris journellement à 2000 c.c., et pour augmenter le nombre de calories.Plus on pourra protéger efficacement le patient contre la rétention azotée, plus sûrement les reins reviendront à la normale.Il peut toutefois s\u2019écouler des mois avant que ceux-ci ne recouvrent le pouvoir de concentrer l\u2019urine, et pendant toute cette période de grandes quantités de liquide ainsi qu\u2019une diète riche en hydrates de carbone, mais pauvre en protéines, s'impose.1.De l\u2019hémoglobinurie légère et subséquemment de l\u2019ictère peuvent survenir après la transfusion de sang prélevé dans de mauvaises conditions (sang partiellement hémolysé), ou de vieux sangs entreposés dans lesquels l\u2019hémolyse se produit facilement in vitro et in vivo.Cet état est relativement bénin, mais demande une surveillance toute particulière surtout lorsqu\u2019on soupçonne l\u2019existence de maladies rénales. RECUEIL DE FAITS UN CAS DE TUMEUR DU NASO-PHARYNX Par Paul La ROCHELLE, Chef du Service d\u2019ophtalmo-oto-rhino-laryngologie, Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus (Québec).Observation.Mlle Marie-Anna M., âgée de 72 ans, vient consulter à mon bureau le 12 décembre 1942 pour une obstruction nasale.Elle est traitée, nous dit-elle, pour une sinusite depuis une quinzaine de jours.De plus la malade se plaint d\u2019une surdité surtout localisée à l\u2019oreille droite.Cette surdité remonterait à six mois environ.Mais ce qui ennuie surtout notre malade, c\u2019est cette obstruction nasale intense et plus marquée à droite.Elle ne se plaint pas d\u2019aucune douleur cependant.Une chose nous frappe en écoutant la malade raconter son histoire; c\u2019est sa voix nasonnée.Mademoiselle M.-Anna nous fait l'impression d\u2019avoir un coryza intense ou d\u2019avoir une boulette de gomme à mâcher dans la bouche.Un examen rapide du nez ne nous découvre rien.À ma grande surprise, à l\u2019examen de la gorge j'aperçois une tumeur qui vient dépasser le bord inférieur du voile du palais à droite.Le voile du palais est fortement bombé dans toute sa partie droite.La partie apparente de la tumeur ne dépasse pas la luette à gauche.Un toucher pharyngien pratiqué aussitôt nous fait percevoir une masse dure et bosselée de la grosseur d\u2019une noix environ.La masse remonte plus haut que jusqu\u2019où nous pouvons explorer avec notre doigt.Un nouvel examen du nez pratiqué après cocaïnisation des fosses nasales nous permet d\u2019apercevoir une partie de la tumeur dans le fond de la fosse nasale droite.La palpation du cou découvre un gros ganglion induré à droite, juste en dessous de l\u2019angle du maxillaire inférieur.L\u2019examen des oreilles ne décèle qu\u2019une légère sclérose des deux tympans.La malade est très amaigrie et d\u2019une nervosité intense.Une biopsie est conseillée.La malade entre à l'hôpital le 13 décembre et nous pratiquons cette biopsie le 14 décembre.Le rapport du docteur Berger est celui-ci: « Biopsie en ma- Jeure partie écrasée, ne permettant plus qu\u2019un diagnostic d'impression qui est en faveur d\u2019un épithélioma atypique et indifférent d\u2019origine salivaire.» Avec les signes cliniques et quoique nous n\u2019ayons qu\u2019un rapport de grande probabilité de la part de l\u2019anatomo-pathologiste, nous opinons pour un cancer du naso-pharynx.La malade est envoyée au radiologiste, le docteur Lapointe.Celui-ci commence un traitement de radiothérapie profonde le 21 novembre 1942 et le termine le 7 janvier 1943.Ce premier traitement ou plutôt cette première série comprend 25 traitements de 200 r.Après cette première série, la tumeur a diminué considérablement, elle ne déborde plus le voile du palais et la malade constate que son obstruction nasale s\u2019est améliorée d\u2019une façon appréciable.Le toucher pharyngien, la rhinoscopie et l\u2019examen du cavum au moyen du releveur du voile nous montrent que la tumeur a diminué d\u2019au moins de moitié; de plus, le ganglion est presque complètement disparu.Notre malade sortie de l\u2019hôpital après son premier traitement nous revient le 22 février 1943, en nous demandant si elle ne pourrait se faire donner d\u2019autres traitements parce que son obstruction nasale s\u2019est accentuée.Une nouvelle série est commencée le 24 février et terminée le 16 mars, cette deuxième série a été de dix traitements de 200 r.Une deuxième biopsie est pratiquée le 18 mars et 1072 cette fois le rapport du docteur Berger se lit comme suit: «Le prélèvement est complètement envahi par un néoplasme très nécroti- que; les cellules persistantes sont très indifférentes ou atypiques et leurs caractères intrinsèques sont autant compatibles avec une origine épithéliale que conj onctive; leur groupement est toutefois nettement en faveur d\u2019un épithélioma indifférent et atypique.» La malade est morte le 30 avril 1943.Le rapport de l\u2019autopsie faite par le docteur Berger est le suivant: « Sarcome ayant envahi toute la région du pharynx et se propageant le long de l\u2019æsophage dont il englobe toute la portion cervicale.Métastases ganglionnaires cervicales, surtout à droite, et médiastinales.LES TUMEURS DU NASO-PHARYNX Les tumeurs malignes du naso-pharynx sont des néoplasmes qui naissent et prennent leur origine dans les tissus de la cavité naso- pharyngienne.Le cavum est une région profonde et cachée où les néoplasmes naissent et se développent sous un camouflement, pour employer un mot d\u2019actualité.C\u2019est la raison pour laquelle ces tumeurs ne sont diagnostiquées qu\u2019à une période avancée.| Le développement de ces tumeurs se fait le plus souvent, latéralement, vers les régions tubaires et péri-tubaires, et supérieurement vers les trous de la base du crâne d\u2019où il s\u2019ensuit que nous aurons à un moment donné des symptômes se rapprochant de ceux des tumeurs de la base du crâne.Ces tumeurs du naso-pharynx ne sont pas rares aujourd\u2019hui; peut-être est-ce parce qu\u2019elles sont plus étudiées qu\u2019elles ne l\u2019étaient autrefois.Suivant Canuyt ce n\u2019est seulement depuis 1900 que les travaux se multiplient sur cette question.Cependant les thèses de Veillon en 1874, de Hollade en 1880 et de Montbouyran en 1895 commencent à attirer l\u2019attention sur le cancer du cavum.Depuis 1914, c\u2019est l\u2019Ecole lyonnaise sous la direction du professeur Lamois et du professeur Collet, qui apporte L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 des travaux sérieux destinés à montrer de la marche et de l\u2019envahissement de ces tumeurs.En Angleterre, en Allemagne, en Italie et aux Etats-Unis les travaux se.sont multipliés sur le sujet depuis quelques années.Etrologre.L\u2019étiologie des tumeurs malignes du cavum est la même que celle des cancers en général.Le cancer du cavum peut survenir à tout âge; il semble que les sarcomes surviennent chez des sujets jeunes et les épithéliomes chez des sujets plus âgés.Les tumeurs malignes du naso-pharynx sont plus nombreuses aujourd\u2019hui qu\u2019autrefois, mais nous pouvons en dire autant du cancer en général.En effet, tous semblent s\u2019accorder pour dire que le nombre des cas de cancer augmente.Il est certain que le cancer est plus souvent diagnostiqué et cela grâce à la biopsie qui est devenue plus systématique.Au point de vue anatomo-pathologique nous ne parlerons brièvement que de l\u2019étude macroscopique.En cas d\u2019épithélioma on est en présence soit d\u2019une tumeur bourgeonnante charnue plus ou moins largement implantée, soit d'une tumeur ulcérée à fond sanieux, quelquefois cra- .tériforme.Dans la majorité des cas, il s\u2019agit d\u2019une tumeur infiltrante recouverte d\u2019une muqueuse saine en apparence ou de quelques bourgeons végétants.Les sarcomes se présentent sous forme de tumeurs lisses de couleur blanc rosé, durs dans certains cas, molles dans d\u2019autres; leur point d'implantation est toujours très large.Les sarcomes ont une grande tendance à obstruer tout le naso-pharynx.Le point de départ des tumeurs est difficile à déterminer, car dans la plupart des cas on ne les voit pas au début de leur évolution.Etude clinique.Depuis la thèse de Laval (Toulouse 1904-05, Archives internationales de laryngologie, No 1, 1905) on divise l\u2019étude clinique en trois périodes. LAROCHELLE: TUMEUR DU NASO-PHARYNX 1.\u2014 Période de début ou de latence.2.\u2014 Période d\u2019état.3.\u2014 Période d\u2019envahissement local et à distance.Escat et Laval ont décrit trois formes: respiratoire, auriculaire et ganglionnaire auxquelles Abouker a ajouté une quatrième forme névralgique ou céphalalgique; c\u2019est done dire que l\u2019on peut avoir des signes auriculaires, respiratoires, douloureux et ganglionnaires.Signes auriculaires.Au début ces signes auriculaires se manifestent sous forme de surdité unilatérale intermittente, d\u2019abord, puis continue.Cette surdité sera accompagnée de bourdonnements ou non; suivant le développement de la tumeur dans la région tubaire et péri-tubaire les signes fonctionnels de l\u2019oreille augmentent.Signes respiratoires.Le malade se plaint d\u2019une gêne respiratoire nasale qui peut être unilatérale ou bi-latérale suivant l\u2019étendue de la tumeur.Difficulté pour se moucher et sensation de corps étranger en arrière du nez sont aussi accusées.Chez notre malade ce sont l\u2019obstruction nasale à peu près complète et l\u2019apparence d\u2019une gorge pleine qui attire notre attention.Signes douloureux.Otalgie unilatérale avec crises paroxystiques.Les douleurs augmentent avec l\u2019envahissement de la tumeur et de l\u2019atteinte du nerf trijumeau.Signes ganglionnarres.Adénopathie unilatérale, généralement du même côté que la tumeur quoiqu\u201dil soit rapporté que l\u2019adénopathie ait été localisée au côté opposé.Examen clinique.L\u2019examen rhinoscopique antérieur donne peu de renseignements au début.Lorsque la tumeur aura atteint un certain développement, la rhinoscopie antérieure après cocaïno-adré- nalisation nous permettra d\u2019apercevoir la tumeur dans le fond de la fosse nasale.L'examen de l\u2019arrière-gorge peut ne rien nous montrer si 1073 la tumeur n\u2019est pas assez volumineuse, il peut aussi nous montrer simplement un trouble de la motilité du voile due à une infiltration tumorale.S1, comme dans notre cas, la tumeur est déjà développée, nous la voyons faire bomber le voile du palais et même dépasser celui-ci.Mais l\u2019examen du naso-pharynx ne sera complet que si la rhinoscopie postérieure, le toucher pharyngien \u2018et la salpingoscopie sont pratiqués.La rhinoscopie postérieure faite à l\u2019aide du releveur du voile du palais nous permettra de voir l\u2019aspect et la couleur de la tumeur.Le toucher pharyngien nous permettra d\u2019en apprécier la consistance et aussi un peu de son étendue.Depuis quelques années on insiste beaucoup sur la radiographie pour aider à reconnaître l\u2019existence d\u2019une tumeur du rhino-pharynx.C\u2019est à la radiographie de profil que l\u2019on a recours.F.Baclosse et G.Dulac, dans les archives d\u2019Electricité Médicale (juillet 1938) ont étudié l\u2019aspectradiologique du rhino-pharynx normal: Dans l\u2019échancrure coronoïdienne de la branche montante.du maxillaire inférieur on note la clarté tubaire; en arrière l\u2019ombre formée par le pli salpingopharyngien, nettement dissociée de l\u2019ombre de la paroi postérieure du pharynx, dont elle est séparée par la clarté de la fossette de Rosenmuller.Plus en arrière de cette région est la ligne verticale de la paroi postérieure du pharynx, qui peut être, à sa partie postérieure, projetée en avant par des végétations adénoïdes.En avant de la clarté de la trompe, se trouvent les contours de la fosse ptérygo-maxillaire et des ailes ptérygoïdien- nes.Dans ces régions, des ombres remplacent les clartés, ou des saillies anormales éveillent l\u2019attention sur cette radiographie de profil.Gunnar Jansson (Stockholm) se sert lui aussi de l\u2019air du naso-pharynx comme moyen de contraste.D\u2019après lui, les tumeurs donnent généralement une image caractéristique.Il prend deux radios: une radiographie de profil du naso-pharynx et une radiographie ordinaire 1074 de la colonne dans la projection submento- pariétale.Les tumeurs malignes donnent une ombre diffuse dans la radiographie latérale, ombre généralement située dans la voûte et la partie supérieure de la paroi postérieure du pharynx.Il insiste sur un point pour distinguer une tumeur d\u2019avec les végétations adénoïdes ou la tuberculose; les tumeurs sont presque toujours situées d\u2019une façon asymétrique alors que les adénoïdes et les processus tuberculeux sont situés sur la ligne médiane.Si,en plus de l\u2019ombre, il y a image de destruction de la base du crâne, on peut presque à coup sûr porter le diagnostic de tumeur maligne.Période d\u2019extension et d\u2019envahissement.Ces tumeurs malignes peuvent s\u2019étendre dans toutes les directions, mais elles évoluent surtout vers la voute du rhino-pharynx ou vers les parois latérales.Envahissement supérieur.Elles ont une facilité extraordinaire à pénétrer dans le crâne.Les tumeurs effondrent le sinus sphénoïdal, la selle turcique, la lame criblée de l\u2019ethmoïde et pénètrent dans la cavité crânienne en déterminant les signes des tumeurs de l\u2019étage antérieur ou de l\u2019étage moyen qui sont: Les signes d\u2019hypertension.Caractérisés par la céphalée profonde, les vomissements faciles, névrite optique et enfin par les troubles de l'intelligence, de la mémoire et du caractère.Les signes de localisation.La tumeur qui pénètre dans l\u2019étage supérieur peut se manifester par l\u2019atteinte des deux premiers nerfs crâniens; olfactif et optique.Envahissement latéral.Dans l\u2019envahissement latéral la tumeur se développe vers l\u2019étage moyen de la base du crâne et donne le syndrome du carrefour pétro- sphénoïdal de Jacod.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 Envahissement antérieur.Dans ce cas les tumeurs envahissent la fosse nasale et peuvent pénétrer dans le sinus maxillaire, l\u2019ethmoïde, l'orbite, etc.Envahissement inférieur.Cette propagation est rare.Marche.La marche et l\u2019envahissement sont variables.Les tumeurs de la région tubaire sont lentes au début.Elles peuvent exister depuis plusieurs mois avant de se manifester; la surdité uni-latérale est pendant longtemps le seul symptôme.La lenteur de ce début serait liée à la lenteur de l\u2019évolution anatomique en raison des plans aponévrotiques et surtout osseux résistants qui engrainent la tumeur à son début.La durée est fonction de la forme histologique, de la malignité, de l\u2019âge du malade et surtout du résultat du traitement (Canuyt).Les tumeurs infectées et ulcérées ont une marche plus rapide.Le crâne est le plus souvent envahi à l\u2019étage antérieur ou à l\u2019étage moyen et la mort survient alors rapidement.Les tumeurs malignes du naso-pharynx peuvent donner plusieurs syndromes paralytiques d\u2019association.Canuyt, dont nous avons emprunté largement, donne une longue description de ces syndromes paralytiques.C\u2019est ainsi qu\u2019il étudie longuement le syndrome total du carrefour pétro-sphénoïdal (Jacod) et le syndrome partiel (Lannois-Gradenigo) le syndrome du trou déchiré postérieur (Collet-Vermet), le syndrome du trou condylo-déchiré postérieur (Collet), le syndrome de l\u2019espace rétro-paro- tidien postérieur (Villaret).Diagnostic.Comme nous l\u2019avons vu au début, le diagnostic du cancer du naso-pharynx est bien difficile.Le ou la malade peut accuser simplement une otalgie, ou bien un trouble visuel, ou encore une anosmie, ou tout simplement un ganglion cervical.Cette période de début est la période des erreurs, dit Baranger.Notre malade LAROCHELLE: TUMEUR DU NASO-PHARYNX se plaignait de surdité unilatérale et d\u2019obstruction nasale.Elle était traitée nous a-t-elle dit « pour sinusite ».Il faut donc être bien prudént et examiner complètement le malade accusant une surdité unilatérale sans cause apparente, ou encore une gêne respiratoire unilatérale.L\u2019unilatéralité de la lésion surtout doit donner l\u2019éveil.Jérôme Hauser et Durwin Hall Bronwell ont communiqué au Congrès Américain de laryngologie de 1938 les enseignements qu\u2019ils ont pu recueillir dans les dix années précédentes, sur les tumeurs malignes du naso- pharynx qu\u2019ils ont observées à l\u2019Université Médicale de Michigan.Au point de vue signes fonctionnels, l\u2019otalgie et la surdité unilatérales sont assez souvent les premiers symptômes; puis viennent la céphalée et les douleurs de gorge et la gêne respiratoire nasale.S\u2019il s\u2019agit d\u2019un lymphosarcome, l\u2019obstruction nasale est le symptôme du début, l\u2019atteinte d\u2019une partie crânienne est tardive.Le premier signe physique, dans la moitié des cas, est l\u2019apparition d\u2019adénite cervicale; elle est haute au-dessus de l\u2019angle de la mâchoire.Dans le cinquième des cas, l\u2019examen du tympan est assez particulier, il a une teinte rouge pourpre presque hémorragique; un exsudat séro-sanguinolent peut rompre le tympan et se faire jour à l\u2019extérieur.Notons, en passant, que le chirurgien est fréquemment consulté pour un ganglion cervical et que c\u2019est là le seul symptôme accusé.Le diagnostic différentiel devra se faire avec la syphilis, la tuberculose, les végétations adénoïdes, les tumeurs bénignes, les affections auriculaires, les tumeurs de la base du crâne et les corps étrangers.La syphilis.La syphilis tertiaire se présente sous forme de gomme non ulcérée ou ulcérée.Cette gomme siège de préférence sur la paroi postérieure du pharynx et sur le voile.Cette gomme lorsqu\u2019elle est ulcérée présente ses caractères d\u2019ulcération cratériforme à bords 1075 anfracteux saillants, taillés à pic.Les examens du sang et la biopsie aideront à trancher le diagnostic.| La tuberculose.Le mal de Pott sous-occipital ne ressemble guère au cancer; par contre le lupus sous la forme ulcéro-tuberculeuse peut nous induire en erreur.Ici l'examen des poumons, l\u2019analyse des crachats et encore la biopsie nous orientent vers un diagnostic certain.Les végétations adénoïdes.Plusieurs erreurs de diagnostic chez l\u2019enfant et chez l\u2019adulte sont, paraît-il, citées dans la littérature.Il s\u2019agissait de végétations adénoïdes récidivantes qui auraient éveillé l\u2019attention de l\u2019opérateur jusqu\u2019à lui faire faire une biopsie.Les affections auriculaires.C\u2019est dans l\u2019erreur la plus fréquente.Il faut toujours se méfier de surdité unilatérale et faire l\u2019examen complet du cavum.Les tumeurs bénignes du cavum comprennent le kyste du naso-pharynx, les papillomes, les chondromes, le polype fibro-muqueux et le fibrome dur saignant de la puberté masculine.Ici encore la biopsie sera d\u2019un aide précieux.Les tumeurs de la base du crâne et de l\u2019en- docrâne.Rappelons que si une tumeur du ca- vum envahi le crâne, elle peut se révéler par l\u2019atteinte d\u2019un nerf crânien.Comme nous le voyons lorsqu\u2019il y a le moindre doute, il faut utiliser la biopsie.La biopsie est une règle absolue, dit Canuyt.Cette biopsie est facile si l\u2019anesthésie a été bien faite.Il sera utile de faire deux ou trois prises.Le traitement.Les avis sont partagés sur le traitement.Les uns prônent la chirurgie avant tout, les autres conseillent les agents physiques: le radium, les rayons X, l\u2019électro-chirurgie ou l\u2019électro-coagulation.Certains auteurs conseillent d\u2019abord l\u2019exérèse chirurgicale suivie soit d\u2019application de radium ou de radiothérapie 1076 profonde, Il est clair que tout dépend de l\u2019étendue de la tumeur, de sa nature et de la période ou le malade est vu.Les voies d\u2019accès sont: 1° Les voies naturelles: voie nasale et voie buccale; elles ne sont pas suffisantes pour enlever une tumeur maligne.2° Les voies artificielles: la voie palatine, la voie nasale avec le procédé de Rouge; la voie L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 latéro-nasale (Jean-Louis Faure, Sébileau) ou la transmaxillo-nasale de Moure; la voie trans-faciale du côté opposé proposé par Jacod et la voie par résection fenêtrée du maxillaire supérieur (J.et L.Ducuing).Aujourd\u2019hui, on semble se servir plutôt des agents physiques parce que les tumeurs malignes du cavum sont reconnues lorsqu\u2019elles ne sont plus opérables.DEUX CAS DE NANISME ' Par Eugène DUFRESNE, Chirurgien à à l\u2019hôpital Saint-Jean-de- Dieu (Montréal).Rita B.a été admise à l'hôpital St-Jean- de-Dieu le 10 avril 1942, sous l\u2019étiquette d\u2019idiote.Flle venait d'un hôpital d\u2019une petite ville de la province: Elle avait 4 ans, était gâteuse, ne parlait et ne marchait pas.Elle pesait 11 livres, mesurait 26 pouces, B.W.négatif.Une petite fille normale de 4 ans pèse 34 livres et mesure 38 pouces.: Il aurait été extrêmement intéressant de connaître son histoire antérieure et son hérédité, de savoir l\u2019âge, lai taille, l\u2019état de santé de ses père et mère et de ses frères et sœurs.Nous avons écrit deux fois à l\u2019hôpital d\u2019où, elle venait et on n\u2019a pas doigné nous honorer d\u2019une réponse.| , Les renseignements au dossier sont assez maigres.On peut y lire:qu\u2019elle était de taille normale à sa naissance, qu\u2019elle pesait 6 ou 7 livres et qu\u2019elle n\u2019a pas reçu les soins et l\u2019alimentation qu\u2019elle aurait dû recevoir, qu\u2019elle a, comme on dit, «mangé de la misère ».On ne sait rien sur les maladies de l\u2019enfance qu\u2019elle aurait pu avoir, ni sur les accidents, traumatismes crâniens par exemple (Wolf), dont elle aurait pu être victime.On peut y lire aussi que son père serait alcoolique et que sa mère était en prison pour acte indécent.Ils auraient eu 4 autres enfants, deux seraient 1.\u20acCommunication à la Société Médicale de Montréal, séance du 18 mai 1943.morts en bas âge et les deux autres seraient anormaux et placés dans des institutions de charité.À part son exiguïté corporelle, Rita présente plusieurs particularités intéressantes.+ On n\u2019a qu\u2019à regarder pour voir qu\u2019elle est microcéphale.La tête de l\u2019enfant est relativement beaucoup plus grosse que celle de l\u2019adulte, mais comme le corps croît plus vite que la tête ne grossit, la proportion s\u2019établit peu à peu, de sorte qu\u2019à l\u2019âge adulte la hauteur de la tête est le septième de la hauteur totale du sujet (Louis Ramon).Si Rita se décide à grandir, sa microcéphalie sera beaucoup plus apparente qu\u2019aujourd\u2019hui.(Fig.1.) Elle présente encore une main bote radio- palmaire à droite, une absence de pouces et une syndactylie serrée des deux tiers de ses index et majeurs de chaque main.Notre radiologiste, le docteur Léglius Gagnier jr, nous fait le rapport suivant: «Membres supérieurs droits: radius normal; cubitus volumineux présentant une an- gulation latérale; absence du premier métacarpien et des phalanges correspondantes.(Fig.2.) « Membres supérieurs gauches: radius et cubitus quasi-normaux; absence du premier métacarpien et des phalanges correspondantes; retard d\u2019ossification des épiphyses radiales des deux côtés.» (Fig 3.) DUFRESNE: DEUX CAS DE NANISME La main bote est une affection rare.Elle affecte aussi souvent un sexe que l\u2019autre et siège aussi souvent à droite qu\u2019à gauche.On \u2018à rapporté des m.b.doubles.Les m.b.radio- Fic.1.\u2014 Main bote droite.Syndactylie des index et mageurs.Absence de pouces.palmaires serait une trentaine de fois plus fréquentes que la cubito-palmaire.Le radius et le cubitus sont totalement ou partiellement absents.L'absence partielle a le même effet que l\u2019absence totale.Il y a des cas où l\u2019os se réduit & un simple cordon fibreux.1077 Dans la m.b.radio-palmaire, l\u2019absence du radius est la règle dans 10 cas pour 1 cas d\u2019absence partielle.Les deux premiers os du carpe, le scaphoïde et le trapèze, le premier métacarpien et le pouce manquent.Dans la m.'b.cubito-palmaire, l\u2019absence partielle du cubitus est au contraire la règle et l\u2019absence Fic.2.totale est l\u2019exception.Le nombre des doigts est réduit.L\u2019os restant est épaissi, hyperostosé et infléchi.Les uutres éléments anatomiques sont bien souvent anormaux, l\u2019humérus est plus ou moins déformé, les muscles, les nerfs, les vaisseaux, sont absents, ou atrophiés ou déplacés.D\u2019autres malformations se rencontrent souvent chez le même sujet: luxations congénitales de la hanche, pieds bots, genu valgum, becs de lièvre, spina-bifida, etc.La cause de ces malformations a fait naître bien des hypothèses.On parle d\u2019hérédité, de 1078 syphilis comme toujours, d\u2019utérus trop petit, de compression amniotique, etc.Je crois qu\u2019il serait beaucoup plus simple d\u2019avouer une complète ignorance.Fra.3.Le traitement consiste en des manipulations, des massages, le port d\u2019appareils d\u2019orthopédie dès le plus bas âge, des ostéotomies, des greffes, des arthodèses, etc.Rita est anormale jusque dans ses anomalies.Elle a des radius normaux et n\u2019a pas de pouces.Elle n\u2019a pas de pied bot, ni bec de L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 lièvre, ni genu valgum, ni spina-bifida, mais elle a une syndactylie double et une belle luxation congénitale de la hanche droite, c\u2019est- à-dire du même côté que sa main bote.(Fig.4.) Y a-t-il relation entre ces deux anomalies ou simplement coïncidence?Fig.4.On s\u2019est vite aperçu dès qu\u2019elle eut commencé à marcher qu\u2019elle avait la jambe droite plus courte que la jambe gauche.Une radiographie a été demandée et le docteur Gagnier nous a fait rapport que « la diaphyse fémorale droite est plus gréle que la gauche, le col est plus court; il existe une aplasie du noyau épi- physaire qui est perchée tout au sommet du col fémoral comme un point sur un i.Le cotyle est aplati et le talus cotyloidien fait défaut. DUFRESNE: DEUX CAS DE NANISME La tête fémorale s\u2019est creusé une cavité aux dépens de l\u2019os iliaque.Diagnostic: luxation congénitale de la hanche droite.» Nulle part je n\u2019ai trouvé d\u2019explication au fait que cette malformation est plus fréquente chez les filles que chez les garçons dans la proportion de 1 à 8 ou 9.On ignore aussi pourquoi on en voit tant dans certains pays ou plutôt certaines régions de certains pays, en Allemagne, en Autriche, en France, en Italie et si peu en Angleterre, aux Etats-Unis et au Canada.J\u2019ai vu plus de luxations congénitales de la hanche pendant les quelques mois que j'ai suivi la consultation de Kirmisson à l'hôpital des Enfants-malades que pendant plus de trente ans de service d'hôpital à Montréal.Au cours des dix dernières années, il s\u2019est présenté 35 cas de luxations congénitales de la hanche à l'hôpital Sainte-Justine.Cette moyenne de 3 cas et demi par année est bien basse, si on considère le nombre d\u2019enfants traités pendant cette période.Je ne sais pas ce qu\u2019on fera de la luxation de Rita, elle est si petite, sl malingre qu\u2019on n\u2019ose pas lui toucher de peur de la casser.Les doigts syndactylés sont ordinairement le majeur et l\u2019annulaire.Chez Rita, ce sont les index et les majeurs.Ils sont sensiblement plus petits que ses autres doigts.Il n\u2019y a pas a songer à la correction de son infirmité pour le présent, il n\u2019y a pas assez d\u2019étoffe.Il paraît que ces infirmes acquièrent une habileté surprenante à se servir de leurs mains.En somme, Rita est une naine avec quelques malformations congénitales.Je confesse qu\u2019en matière de nains je n\u2019ai que des connaissances livresques.Un nain est un individu de très petite taille comparé à des individus de même race et de même âge.Il n\u2019y a pas de limite supérieure à la taille d\u2019un nain pas plus qu\u2019il n\u2019y a de limite inférieure à la taille d\u2019un géant.1079 Henry Meige divise les nains en plusieurs classes.Il y a les nains rachitiques qui ont les jambes déformées en X ou en parenthèses, des noyaux chondro-costaux, une grosse tête, un gros ventre, etc.Ils sont maigres et maladifs.Il y a les nains achondroplasiques, qui ont le tronc de dimensions normales, la tête grosse et de petits membres.Cette apparence les fait reconnaître facilement.Ils sont vigoureux et possèdent tous les caractères de leur âge.Leurs organes génitaux sont normaux; quelques-uns sont même des exaltés génésiques.Il y a en- sellure lombaire et bassin rétréci.Si une naine achondroplasique devient enceinte, la césarienne s\u2019impose.L'état intellectuel est assez variable, quelquefois brillant, plus souvent inférieur, puéril.L\u2019hérédité directe et familiale n\u2019est pas niable, mais elle ferait bien souvent défaut.Les autres causes ne sont qu'hypothèses.On rapporte des grossesses gémellaires donnant un homme normal et un nain achondroplasique.On ne connaît aucun traitement.Il y a les nains myxœdémateux, qui sont plutôt gros et gras.Ils ont la figure ronde, un air de petit vieux, ils ont peu de cheveux et encore moins de poils.Génitalement ils sont faibles ou nuls, mais il y a des exceptions surprenantes.Intellectuellement ils sont pauvres, quelquefois même de parfaits idiots.Il n\u2019est pas toujours facile de classer un nain.Presque tous présentent des caractères de deux classes, aussi a-t-on fait la classe des nains complexes.On peut voir souvent aux environs du coin des rues St-Denis et Sherbrooke, une naine d\u2019environ 40 ans qui serait une achondropla- sique pure si elle n\u2019avait des tibias en parenthèses, c\u2019est-à-dire rachitiques.Il y a quelques années, il y avait à Montréal un ménage de nains.Le mari était myxœdé- mateux, il avait la figure caractéristique du petit vieux, avait les mains difformes, et passait pour un «trousseur de cotillons ».Il est mort il y a quatre ou cinq ans.Un de ses frères, 1080 de taille normale, est interné à St-Jean-de- Dieu.La femme est une achondroplasique avec des tibias rachitiques.Elle était plus grande que son mari.Leurs parents, pères, mères, sœurs, frères sont tous de taille normale, à ce qu\u2019ils m\u2019ont dit.Elle a accouché par césarienne d\u2019un garçon de taille ordinaire, il y à une douzaine d\u2019années.On me dit que le gars est beaucoup trop petit pour son âge, qu\u2019il est turbulent et peu intelligent.Mon ami Albert G.a été interné en janvier 1935.C\u2019est un beau type de nain myxœdéma- teux.Il a 36 ans, mesure 47 pouces, B.W.négatif.Il est bien proportionné pour un nain.Sa figure est légèrement mongoloïde, son ventre proéminent correspond à une forte ensel- lure lombaire qui l\u2019oblige à se tenir bien droit, les épaules en arrière.Il a une bonne chevelure, mais seulement quelques poils à la figure et au pubis.Les testicules sont plutôt petits, mais la verge est plus que normale et le médecin de service me dit qu\u2019il ne la laisse pas inactive.Les mains sont petites, molles, potelées et ses gestes sont lents.Il a de petites rancunes, fait des bouderies, mais cela s\u2019arrange avec un chocolat.Son âge mental est d\u2019environ 5 ans.(Fig.5.) On peut lire dans son dossier qu\u2019il a été interné parce que dangereux.«Il a été surpris souvent à faire des actes répréhensibles sur les petites filles.Il en guettait toujours «sur le coin ».Sa mère lui a fait des reproches, il s\u2019est fâché et a tenté de la frapper avec un couteau.» Les myxœdémateux ne souffrent done pas tous de sérénité génitale.L\u2019extrait de glandes thyroïdes l\u2019aurait amélioré.* * + Rita ne peut être classée dans aucune des catégories ci-dessus.Elle n\u2019a aucune trace de rachitisme et c\u2019est bien étonnant, quand on sait dans quelles conditions hygiéniques elle a passé sa première enfance.Elle n\u2019a rien d\u2019une achondroplasique; ses membres et son buste sont bien proportionnés.Elle est si éveillée L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 qu\u2019elle ne tient pas en place: cela exclut le myxœdème.Fic.5.\u2014 Nain myxœdémateux.Il y a bien les lésions de l\u2019hypophyse et la.tuberculose qui peuvent retarder la croissance et faire des individus qui restent des adolescents, mais rien ne nous autorise à les mettre en ; DUFRESNE: DEUX CAS DE NANISME cause.Il y a aussi les petits bossus.Leurs membres sont de longueur normale et si on pouvait redresser leur colonne vertébrale angulaire et tassée, ils ne seraient plus ni petits ni bossus.Je crois-que Rita doit être classée sous l\u2019étiquette de chétivisme (A.Bauer), c\u2019est-à-dire une naine totale.Moure dit que ce sont les plus nains des nains; ce sont des adultes vus par le gros bout de la lunette.La plupart des nains dont parle l\u2019Histoire étaient des chétifs.On dit même que Catherine de Médicis et Pierre Lefranc essayèrent d\u2019obtenir une lignée de nains en les mariant ensemble.L\u2019expérience n\u2019a pas réussi et c\u2019est heureux.Rita a bien quelques malformations congénitales, mais cela ne change pas l\u2019harmonie de ses formes.Elle est susceptible de développement; n\u2019oublions pas qu\u2019elle n\u2019est que dans sa sixième année.Depuis 13 mois qu\u2019elle est à St-Jean-de-Dieu, elle a vite cessé d\u2019être gâteuse, elle à appris à marcher, elle parle beaucoup, mais comme un enfant d\u2019un an.Elle a grandi de 2 pouces 14 et pèse 1314 lbs.grâce à de bons soins et à une alimentation convenable.1081 Il ne faut pas perdre espoir.Rolande G., 14 ans, B.W.positif, a été admise à St-Jean- de-Dieu en août 1936.Elle avait 8 ans, était très petite et avait la tête trop grosse.Elle ne marchait pas, parlait un jargon incompréhensible, faisait des convulsions, etc.et était étiquettée idiote.Le milieu, le temps, l\u2019hygiène en ont fait une jolie petite fille à tête un peu grosse, mais elle marche comme tout le monde et parle bien et beaucoup.Elle a la taille et le poids d\u2019un enfant de 12 ans.Le diagnostic d\u2019idiotie a été revisé; elle est maintenant une débile, comme on en rencontre,-à des degrés divers, tous les jours et un peu partout.BIBLIOGRAPHIE OMBREDANNE et MATHIEU: Traité de chirurgie orthopédique.WOLF: Endocrinology in Modern Practice.Louis RAMON: Conférences de clinique médicale pratique.Henry MEIGE: Pratique médico-chirurgicale.Albert MOUCHET: Pratique médico-chirurgicale.R.PROUST: Précis de pathologie chirurgicale. MOUVEMENT MÉDICAL TECHNIQUE MODIFIÉE DE L\u2019ANESTHÉSIE CAUDALE CONTINUE 1 Par Eugène ALLARD, Chef du Service d\u2019Anesthésie, hôpital de l\u2019Enfant-Jésus (Québec).L'étude des nombreuses publications sur les procédés nouveaux d\u2019anesthésie caudale, dont la littérature médicale est remplie depuis quelque temps, nous a porté à faire certaines modifications qu\u2019il me fait plaisir de vous présenter.Il ne s\u2019agit pas, en effet, de vous offrir une innovation complète de la méthode, mais plutôt de vous dire quel agencement des appareils préconisés par les différents auteurs nous avons utilisé pour arriver à un rendement plus sûr et plus efficace.Mais nous ne nous attarderons pas à vous énumérer les indications chirurgicales et obstétricales de l\u2019anesthésie caudale, que vous connaissez tous, mais je me contenterai de vous parler de certains désavantages de chacune des méthodes préconisées jusqu'ici et de vous dire comment nous avons tenté d\u2019obvier à ces inconvénients.Au temps où nous étions interne dans les hôpitaux, nous avons eu l\u2019occasion de faire fréquemment des injections épidurales dans le but d\u2019obtenir la sédation des douleurs de névrites sciatiques ou de radiculites.En 1934, à la suite d\u2019études sur les blocages nerveux, nous avons pratiqué quelques anesthésies caudales associées à la trans-sacrée pour des interventions chirurgicales, mais la difficulté de la technique, la lenteur du procédé et le peu d'intérêt que les chirurgiens ont manifesté pour cette méthode, nous l\u2019ont fait délaisser sans que nous ayons eu de complications sérieuses.Récemment, à la suite des travaux de Hingson et de Edwards (1-2), nous avons 1.Travail présenté à la Société des Anesthésistes de Montréal, Québec, 29 juin 1943.employé leur méthode avec des succès relatifs et sans aucun accident.Peu après, à la suite des publications de Manalan (3) et de Lundy (4), nous avons employé le cathéter urétéral au lieu de l\u2019aiguille flexible dans le but d\u2019éviter les accidents possibles occasionnés par la rupture ou le traumatisme de l\u2019aiguille, ou la pénétration dans le canal rachidien.En même temps, les accidents rapportés par Block et Rochberg (5) nous ont rendu plus défiant et nous avons cru bon d\u2019emprunter à leur méthode la technique du goutte-à-goutte pour éviter les ennuis causés par l\u2019absorption trop rapide de la solution anesthésique.INSTRUMENTATION 1.Un bock gradué en verre de 250 c.c., avec tube en caoutchouc de 4 pieds ou est intercalé le goutte-à-goutte et terminé à son extrémité par un adapteur Luer, en verre.2.Un gradué en verre de 250 c.c.pour préparer la solution.3.Un cathéter urétéral nylon n° 5.4.Un trocart ou aiguille Love-Barker n° 13.5.Une aiguille n° 21 ou 22 pour adapter au cathéter.Une seringue 10 c.c.Une aiguille n° 25 34\".Une aiguille n° 22 2\u201d.Ampoules Métycaïne 5 c.c.à 20%.10.Sérum physiologique.S®N le tout étant absolument stérilisé.L\u2019anesthésiste se prépare avec les mêmes soins d\u2019asepsie que pour une intervention chirurgicale. ALLARD: ANESTHÉSIE CAUDALE TECHNIQUE SPÉCIALEMENT ADAPTÉE POUR L\u2019OBSTETRIQUE Après évacuation de la vessie et de l'intestin, la parturiente doit garder le lit, à sa chambre ou à la salle d\u2019obstétrique jusqu\u2019au moment de l\u2019expulsion.La parturiente est couchée sur le côté dans la position génu-pectorale.Il est 1083 permet de vérifier si la pointe de l\u2019aiguille n\u2019a pas traversé les méninges ou un vaisseau sanguin.Si l\u2019on a la certitude d\u2019être en bonne position, le cathéter est introduit dans la lumière de l\u2019aiguille qui est retirée avec soin en prenant garde de ne pas déplacer le cathéter; une nouvelle aspiration est faite et après contrôle, le cathéter est relié au goutte- Fra.1.\u2014 Plateau contenant toute l\u2019instrumentation nécessaire pour l\u2019anesthésie caudale continue par le procédé du goutte-à-goutte.essentiel de faire une asepsie complète au Métaphen de toute la région sacro-coccy- gienne et d\u2019isoler le champ opératoire par des draps stérilisés.L\u2019anesthésie locale de la peau et des tissus sous-jacents est pratiquée au moyen d\u2019une injection de 5 c.c., de la solution de Méty- caïne à 114% que l\u2019on introduit jusqu\u2019à l\u2019entrée du canal sacré.Après insensibilité complète de la région, une aiguille n° 13 est passée à travers la membrane sacro-coccygienne et montée au centre du canal jusqu\u2019au niveau du troisième trou sacré.Une aspiration légère à-goutte de la solution de Métycaïne à 114% ; il est fixé solidement au moyen de diachylons et d\u2019une gaze antiseptique de manière à éviter tout déplacement et à bien protéger la région contre l\u2019infection.On laisse écouler lentement 10 c.c.de la solution et si après 15 minutes il ne s\u2019est produit aucun phénomène alarmant, on ajoutera 20 c.c., ce qui est habituellement suffisant pour produire une anesthésie complète dans l\u2019espace de 20 à 30 minutes.Pour continuer l\u2019analgésie, il faudra ajouter environ 20 c.c.toutes les 40 à 50 min.et ceci pendant toute la durée du 1084 travail et de l\u2019expulsion.Il serait imprudent de faire remonter la limite de l\u2019anesthésie au delà de l\u2019appendice xyphoïde.Pour faciliter le contrôle de la quantité de liquide donné, on inscrit sur une bande de papier collée sur la longueur du gradué, l'heure et la quantité de liquide de même que les autres observations sur le comportement de la malade.Fic.2.\u2014 Appareil en position.Le «bock » doit être élevé à environ 4 pieds au-dessus du lit de la parturiente.AVANTAGES Nous croyons retirer de cette méthode des avantages appréciables.Il n\u2019y a aucune crainte de rupture de l\u2019aiguille et la patiente est beaucoup plus libre dans ses mouvements sans que l\u2019on craigne les déplacements qui pourraient faire pénétrer l\u2019aiguille dans le canal rachidien ou à travers un vaisseau sanguin.L\u2019écoulement lent de liquide sous faible pression écarte les dangers d\u2019absorption brusque de la solution anesthésique; il évite les cé- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 phalées, les étourdissements, les nausées, les douleurs lombaires souvent occasionnés par une injection trop rapide, dans le canal sacré.L\u2019inconvénient de cette méthode est l\u2019utilisation d\u2019une grosse aiguille qui peut offrir une voie d\u2019entrée plus facile à l\u2019infection si toutes les précautions aseptiques ne sont pas prises; le traumatisme à l\u2019intérieur du canal avec un trocart de ce calibre est aussi à considérer, mais ne paraît pas offrir de dangers sérieux.Conclusion Les suggestions de Lundy et de Block, associées ensemble, nous ont permis d\u2019améliorer la technique d\u2019anesthésie caudale continue, préconisée par Hingson et Edwards.Les avantages du cathéter, sur l\u2019aiguille, nous offrent plus de sécurité et de bien-être pour la patiente; le goutte-à-goutte tel que nous l\u2019employons permet un contrôle plus précis et plus physiologique que l'injection rapide à la seringue.Il nous a fait plaisir de vous offrir cette nouvelle méthode, que nous avons employée avec succès dans un bon nombre de cas, et nous espérons avoir apporté notre humble contribution à perfectionner la méthode d\u2019anesthésie caudale continue, qui est une des plus grandes découvertes modernes dans le domaine de l\u2019obstétrique et de la chirurgie.BIBLIOGRAPHIE 1.R.A.HINGSON et W.B.EDWARDS: «Continuous caudal anesthesia in obstetrics.» American Journal of Surgery, 57: 459 (septembre) 1942.2.Idem: « Continuous caudal anesthesia during labor and delivery» Current researches in anesthesia and analgesia, 21: 301 (novembre-décembre) 1942.3.S.A.MANALAN: «Caudal block anesthesia in obstetrics.» Journal of the Indiana State Medical Association, 34: 564 (octobre) 1942.4, J.S.LUNDY, Charles R.ADAMS et H.Thomas SELDOM: J.A.M A, 122: 152 (15 mai) 1943.5.N.BLOCK et S.ROCHBERG: «Continuous caudal anesthesia in obstetrics.» American Journal of Obstetrics and Gynecology, 45: 645 (avril) 1943. ÉDITORIAL Bulletin de l'Hssoctation des Médecins de Langue Francaise de l\u2019HAmérique du Mord (Fondée à Québec en 1902) L'Union Médicale DU Canada (Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872) Tome 72\u2014N° 9 Montréal, septembre 1943 LA PNEUMONIE ATYPIQUE (pneumonie à virus) Depuis quelques années (1-2-3), on a décrit sous des appellations différentes une affection pulmonaire aiguë d\u2019étiologie imprécise.Cette maladie qui ne paraît pas être d'origine bactérienne a été étiquetée: pneumonie atypique, pneumonite (pneu- monitis), pneumonite interstitielle, pneu- monle à virus, pneumonie aiguë causée par l\u2019influenza, bronchiolite aiguë diffuse avec atélectasie lobulaire, bronchopneumonie d'origine indéterminée, etc.Cette maladie s'attaque de préférence à l'adulte jeune.Elle peut sévir à l\u2019état épidémique dans les pensionnats, les hôpitaux, les camps militaires.Elle est cependant beaucoup moins contagieuse que l\u2019influenza et n\u2019atteint qu\u2019un pourcentage limité des sujets exposés.Elle est beaucoup plus contagieuse que la pneumonie à pneumocoques.Assez fréquente, elle paraît constituer de 20% à 50% des cas de pneumonie.Il est généralement facile de distinguer la pneumonie atypique de la pneumonie franche.Le début en est insidieux et généralement non accompagné d\u2019un point de coté ou d\u2019un frisson violent.Souvent le malade se plaint d\u2019une céphalée intense.A La température élevée au début \u2018(102° à 1.A.BOWEN: «Acute influenza pneumonitis.» American Jour.of Roentgenology, 34: 168-174 (août) 1935.2.W.H.ALLEN: « Acute pneumonitis.» Ann.Int.Med., 10: 441-446 (octobre) 1936.3.H.A.REIMANN: « An acute infection of respiratory tract with atypical pneumonia; a disease entity probably caused by filtrable virus.» J.A.M.A, 113: 2377-2384 (24 déc.) 1938.1085 104°) est\u2019 irrégulière, rémittente.Elle s'abaisse d'habitude en lysis et non brusquement comme dans la pneumonie franche.Le malade est rarement dyspnéique.Il se plaint par contre d\u2019une toux pénible et de malaises rétrosternaux.L\u2019expectoration, souvent absente, est muco-purulente.Elle est sanguinolente dans 5% des cas seulement et ne prend l'aspect rouge brique de la pneumonie franche que très exceptionnellement.On note une dissociation du pouls et de la température, le pouls étant à peine accéléré; l\u2019herpès labial est exceptionnel.L'examen pulmonaire objectif peut être complètement négatif les premiers jours.On trouvera à l\u2019auscultation des râles sibilants et humides avec ou sans matité et diminution du murmure vésiculaire.On ne constatera l\u2019existence d\u2019un souffle tubaire ou bronchique que dans une petite proportion de cas.La formule leucocytaire n\u2019est que peu modifiée; le nombre des leucocytes ne dépasse pas 10,000.Le pourcentage des neutrophiles est peu ou pas augmenté.Fait important, la flore microbienne des expectorations est indifférente et ne contient pas d'agent microbien prédominant pouvant avoir une signification pathogène.Les rares pneumocoques repérables n\u2019appartiennent généralement pas aux groupes communément classifiés.L'aspect radiologique de la lésion pulmonaire est bien différent de celui rencontré au cours de la pneumonie commune.La trame pulmonaire dans la zone atteinte est accentuée, les arborisations bronchiques sont densifiées.La plage pulmonaire est ir- réguliére, nuageuse.Il y a bronchiolite et péribronchiolite avec lobulite et atélectasie lobulaire.La zone densifiée n\u2019est pas aussi homogène que dans la pneumonie franche.De plus, sa distribution n\u2019est pas lobaire.Si on répète les radiographies, on verra le processus ou migrer de proche en proche ou s'attaquer au poumon opposé.Le sommet du poumon est souvent atteint.On conçoit qu\u2019alors la distinction puisse être 1086 difficile à faire avec la tuberculose pulmonaire.Souvent la maladie peut se prolonger pour durer jusqu'à un mois.L'image radiologique peut demeurer anormale durant 2 mois ou plus.Bon nombre d'auteurs rapportent des erreurs de ce genre (4).Ces malades ont été envoyés dans un sanatorium ou soumis à un pneumothorax thérapeutique inutile.Il faut évidemment avoir à l\u2019esprit ces faits et faire une recherche soigneuse du bacille de Koch.La durée de la pneumonie atypique est généralement courte, quelques jours tout au plus.Elle peut néanmoins se prolonger et atteindre 20 ou 30 jours.Incidemment, nous avons eu une telle expérience il y a un an chez une malade.Elle souffrait depuis deux semaines d\u2019une affection fébrile indéterminée, accompagnée d\u2019une céphalée intense, au point de faire craindre un état méningé.L'examen radiologique nous a permis de voir une image typique.La maladie a duré un mois.Le pronostic est bon.Si parfois on constate l'existence d\u2019un petit épanchement, celui-ci se résorbe toujours spontanément.La mortalité est faible.C\u2019est pourquoi les autopsies ont été rares dans cette maladie.L\u2019exsudat alvéolaire est aseptique et contient surtout des grands mononucléaires.Les bronchioles sont épaissies, souvent obstruées par des sécrétions, d\u2019où atélectasie plus ou moins étendue, lobulaire, parfois lobaire.On constate également de la péri- bronchiolite.Le traitement est purement symptomatique.Les sulfamidés sont inefficaces.C\u2019est pourquoi il y a lieu de soupçonner l\u2019existence d\u2019une pneumonie atypique, quand cette médication se révèle inopérante au cours d\u2019une pneumopathie aiguë.L'absence de bactéries pathogènes, tant dans l\u2019expectoration que dans l\u2019exsudat alvéolaire, fait supposer que cette maladie est due à 4.BEN E.GOODRICH et Henry A.BRADFORD: « The recognition of virus pneumonia.» J.A.M.S,, 204: 163-179 (août) 1942.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 un virus.Ce virus n\u2019est sûrement pas celui de l'influenza A ou B.Les déjections des malades ne sont pas virulentes pour le furet.De plus, I'incubation est longue de 10 a 25 jours.On aurait réussi a trouver un animal particulièrement sensible à cette infection (5).Les expériences de contrôle n\u2019ont cependant pas été absolument concluantes.Dernièrement, on a prétendu que l'agent causal de la pneumonie atypique présente des analogies avec les virus de la méningite lymphocytaire bénigne, de la lymphogranulomatose inguinale bénigne, de la psittacose et de la méningo-pneumonite des souris.Ces divers virus pourraient provoquer des réactions sérologiques voisines.En fait, H.A.Reimann et ses collaborateurs (6) ont pu obtenir une réaction de complément positive pour la psittacose dans 4 cas sur 8.Les malades n\u2019avaient pas été en contact avec des perroquets.On peut invoquer parfois le contact de divers oiseaux \u2014 pigeon, poule, etc.Il s'agirait alors d'ornitho- se.Ces faits sont intéressants, mais peu étudiés encore.Il est possible que plusieurs virus puissent être incriminés, virus apparentés et difficiles à distinguer les uns des autres parce que possédant des propriétés immunologiques en partie communes.Dernièrement, O.L.Paterson, et ses collaborateurs (7) ont trouvé que le sang de ces malades contient une agglutinine active à froid pour les globules rouges humains normalement non agglutinables.Cette réaction est réversible à la température du laboratoire.On utilise des tubes contenant 1 c.c.de sérum dilué de 1 pour 4 à 1 pour 4096.On ajoute à chaque tube 0.1 c.c.d'une 5.J.M.WEIR et F.L.HORSFALL: «The recovery from patients with pneumonitis of a virus causing pneumonia in the Mongoose.» J.Exper.Med, 72: 595-610 (nov.) 1940.6.Hobart A.REIMANN, W.Paul HARENS et A.H.PRICE: Arch.of Internal medecine, 70: 513-522 (oct.) 1942.7.O.L.PATERSON, T.H.HANS et Maxwell FINLAND: «Cold agglutinine (autohemoag- glutinine in primary atypical pneumonia ).» Science 97: 167 (février) 1943. ÉDITORIAL suspension à 2% de globules rouges de sujets appartenant au groupe O.Le tout est placé à la glacière à la température de 0° centigrade pour la nuit.Les tubes sont examinés le lendemain dès qu\u2019on les a sortis de la glacière et plusieurs heures après avoir été exposés à la température du laboratoire.Au bout de 7 à 10.jours de maladie, cette réaction est positive dans 90% des cas de pneumonie atypique.Elle est très peu fréquente au cours de la pneumonie franche aussi bien que dans les diverses infections propres à nos climats.Elle peut tout de même se rencontrer, mais de façon exceptionnelle.D.M.Horsman, H.T'allock (8) relatent une observation où 6 mois après le décès de la malade, cette réaction était encore positive a 1 pour 1024.Le décès a été consécutif à une déglobulisation massive avec hémoglobinurie.L\u2019autoagglutina- tion s\u2019opérait même à la température ordinaire, au point de rendre impossible la 8.Dorothy M.HORSMANN et Hugh TALLOCK: «Cold agglutinine a diagnostic aid in certain types of primary atypic pneumonia.» JAMA, 122: 369 (5 juin) 1943.1087 numération des globules rouges, un peu avant la mort.L\u2019hémoglobine était tombée de 12 gr.5 4 4 gr.1.La malade avait pris de la sulfadiazine au début de la maladie, mais pas les neuf derniers jours ayant précédé le décès.Il est possible que cette iso- agglutinisation ne soit pas due ici à la médication, mais soit plutôt attribuable à une exagération d\u2019un phénomène courant chez les malades souffrant de pneumonie atypique.La connaissance de cette maladie présente un grand intérêt pratique.Le pronostic est favorable.Il y a cependant la plus grande importance à ne pas la confondre en certains cas avec la tuberculose pulmonaire.Il est également indiqué de ne pas administrer de sulfamidés, de façon du moins trop prolongée, à ces malades quand le diagnostic est précisé et que manifestement cette médication n\u2019a pas agi.Henri GELINAS MÉDECINE PRATIQUE Dd FORMULAIRE DE LA GOUTTE HYGIENE Exercice modéré sans jamais aller jusqu\u2019a la fatigue.Pas de surmenage cérébral.Hydrothérapie tiède.Frictions générales.Veiller à l\u2019évacuation régulière des selles et prendre au besoin de temps à autre une pincée ou une cuillerée à café de sulfate de soude le matin à jeun.RÉGIME Bien mastiquer et manger lentement.Réduire la ration alimentaire, surtout s\u2019il y a tendance à l\u2019obésité.Aliments interdits: tous les viscères, ris-de-veau, cervelle, rognons, foie, tripes, boudins; viandes d\u2019animaux jeunes et viandes gélatineuses telles que la tête et les pieds de veau; poissons gras et laitance; oseille et champignons; les œufs si le malade est un hépatique; le chocolat, le café et le thé forts: les mets épicés, faisandés, et les boissons alcoolisées, particulièrement les vins de Bourgogne et de Champagne, les liqueurs, la bière anglaise, etc.Aliments permis: café au lait, thé très léger, potages; viandes rôties ou grillées au repas de midi seulement; jambon maigre; poissons maigres et très frais; légumes frais, de préférence aux légumes secs, et à l\u2019exception de l\u2019oseille et peut-être de la tomate; pâtes, riz, pommes de terre; fromages frais, fruits, miel, confitures.Réduire la quantité de pain si le malade est obèse.Comme boissons, de l\u2019eau ordinaire ou de Vittel, Con- trexéville, Evian, coupée de très peu de vin.MÉDICAMENTS DANS LA GOUTTE CHRONIQUE Prendre chaque mois pendant dix jours consécutifs, le matin à jeun, avec un verre d\u2019eau de Vittel ou d\u2019Elvian un cachet avec: Acide phényl-quinoléine carbonique (atophan) 0 gr.40 ou encore un cachet avec: Phényl-cinchoninate d\u2019allyle (atoquinol) 0 gr.50 Les dix jours suivants, prescrire le matin à jeun, avec une infusion de feuilles de frêne ou de boldo, l\u2019une ou l\u2019autre des préparations suivantes qui peuvent se prendre également, si l\u2019on veut augmenter les doses, aux repas du midi et même du soir: Benzoate de lithine (ou carbonate ou salicylate) .\u2018Ogr.50 0 gr.25 Pour un cachet; n° 20.Un ou deux par jour.Carbonate de lithine 0 gr.50 Pour un paquet; n° 20.Un à deux par jour à prendre dans de l\u2019eau de Seltz.Bicarbonate de soude Pipérazine .10 gr.Eau 300 gr.Une cuillerée à soupe dans un peu d\u2019eau aux repas, deux fois par jour.La médication analgésique sera représentée par deux à quatre comprimés d\u2019aspirine, ou un à deux cachets avec 0 gr.25 de pyramidon.MEDICAMENTS DE LA GOUTTE AIGUE Prescrire la diète hydrique pendant un ou deux jours, puis du lait, des potages, des légumes, des fruits et des compotes.On appliquera localement sur l\u2019articulation immobilisée soit un cataplasme de farine de lin, soit un badigeonnage de laudanum, soit du baume tranquille ou encore un limiment avec: MÉDECINE PRATIQUE Salicylate de méthyle .3 gr.Menthol \u2018 1 gr.Vaseline ââ 20 gr.Lanoline On prescrira, si l\u2019accès n\u2019est pas trop douloureux, de l\u2019aspirine (2 à 3 gr.), de l\u2019anti- pyrine (2 à 3 gr.) ou du pyramidon (0 gr.50 à 1 gr.), si le malade ne présente pas d\u2019intolérance habituelle à ces médicaments; ou encore.deux à trois cachets d\u2019atoquinol ou d\u2019atophan.Mais le médicament le plus actif est le colchique: Teinture de semences de colchique 10 gr.1089 En prendre XX à XXX gouttes le premier jour en deux fois et, au besoin, les deux jours suivants; puis XX à X gouttes pendant encore deux ou trois jours.La dose sera portée à L ou LX gouttes si l\u2019accès est particulièrement tenace, en surveillant le malade et en cessant s\u2019il y a diarrhée profuse.Liqueur de Laville 50 gr.Une à trois dem-cuillerées à café, ou une à trois cuillerées à café entières, au maximum.Granules de colchicine dosés à un milligramme.Un à trois granules au maximum par jour. \u201cUnion (Médicale Trois cas d'opération césarienne après la mort; par le docteur F.-X.Perrault, de la Pointe-aux-Trembles Septembre 1874.La correspondance du Dr Charbonneau, publiée dans le dernier numéro de l\u2019Union Médicale, m\u2019engage à rapporter les trois cas suivants, d\u2019opération césarienne post mortem, que j'ai eu occasion de pratiquer et qui pourront, peut-être, intéresser les lecteurs: I.Ayant perdu les notes du premier cas que je rencontrai, je le rapporterai de mémoire, ce qui sera d\u2019autant plus facile pour moi qu\u2019étant jeune médecin alors, il était de nature à me laisser une impression ineffacable.C\u2019était en 1849 et je pratiquais alors à Saint-Valentin.comté de Saint-Jean.Au mois de novembre ou décembre, on vient me quérir, par un froid rigoureux, pour donner des soins à une femme demeurant à trois ou quatre milles de chez moi.J'étais appelé là pour la première fois.Je ne connaissais pas cette famille qui habitait un logis très étroit.Lorsque j\u2019arrivai sur la fin de l\u2019après- midi, il faisait sombre dans cette maison éclairée seulement par la lueur du poêle.Un lit de misère était préparé.Comme rien ne paraissait pressant, je m\u2019assis près du poêle et commençai à faire quelques questions à la malade.Celle-ci se mit alors à arpenter l\u2019appartement.Agée d\u2019environ 22 à 24 ans, grandeur moyenne, d\u2019une forte constitution, elle m\u2019apprend que ses trois accouchements antérieurs ont été assez heureux, qu\u2019elle pense la grossesse arrivée à son terme, que les douleurs ont commencé depuis 5 ou 6 heures, mais faibles et irrégulières, que depuis le sixième ou septième mois, elle souffre d\u2019une grande gêne de la respiration et qu\u2019actuellement lorsque la contraction se manifeste, elle éprouve un sentiment de suffocation.En faisant cette dernière remarque, elle s\u2019arrête près de moi et s\u2019affaisse dans mes bras en s\u2019écriant à deux reprises: ah! que je suis mal.Je la dépose sur son lit et je demande aussitôt de la lumière.Je procède tout de suite à un examen vaginal croyant à une de ces délivrances promptes, après un travail en apparence peu énergique, mais je constate, à ma surprise, que le col est à peine dilaté d\u2019un pouce de diamètre.On m\u2019apporte enfin de la lumière, j'aperçois la tête affaissée sur l\u2019épaule, la figure gonflée, livide, une écume sanglante à la bouche et au nez, le pouls n\u2019est plus perceptible, la résolution des membres est complète.J\u2019applique l\u2019oreille à la région du cœur, aucune pulsation.La mort a été instantanée.Je songe aussitôt à sauver l\u2019en- ou Canada\u2019 en 1874 fant, je m\u2019empare d\u2019un scalpel et je pratique l\u2019opération césarienne.Le fœtus est extrait de la matrice, mais il est déjà asphyxié.Tous les moyens usités en pareils cas sont tentés pour le rappeler à la vie, mais sans aucun résultat.Il n\u2019existait rien d\u2019anormal au corps de l\u2019utérus ainsi qu\u2019aux annexes, non plus qu\u2019aux autres organes de l'abdomen.Je n\u2019ai pas poussé l\u2019autopsie plus loin, mais je crois que, d\u2019après les symptômes, on peut rapporter la mort de la mère à une congestion pulmonaire.II.Le ler février 1864, M.le Dr A.Marien, de la Riviére-des-Prairies, étant obligé de s\u2019absenter, me pria d\u2019aller voir l\u2019épouse de Narcisse Dufort, de la même paroisse.Cette femme était affectée de fièvre typhoïde et enceinte de sept mois.Je constatai en arrivant qu\u2019il n\u2019y avait rien à faire pour elle, tous les symptômes d\u2019une mort prochaine étant évidents.Je prévins le mari et la famille et je fis demander M.Alf.Toupin, curé du lieu.Je m\u2019assurai alors de la grossesse et de la vie du fœtus.Après que la malade eut reçu ses derniers sacrements, comme elle n\u2019avait que peu d\u2019heures à vivre, je résolus d\u2019attendre sa fin pour pratiquer l\u2019opération césarienne et je priai M.le curé de vouloir bien demeurer, ce qu\u2019il fit.La mort étant survenue sur les 11 heures P.M., je pratiquai, aussitôt après sa constatation, l\u2019opération césarienne, et j\u2019eus la satisfaction d\u2019extraire un enfant vivant.M.le curé lui administra le baptême.L\u2019enfant mourut deux heures et demie après.Si la mère n\u2019avait pas eu une maladie aussi longue, qui avait dû nécessairement altérer la vigueur du fœtus, je crois qu\u2019il aurait pu vivre, quoique à sept mois, car il était bien constitué.ITI.Le 4 mai 1870, mon confrère, le Dr A.Laporte fut appelé pour accoucher l\u2019épouse de Joseph Lafrance.du village de la Pointe-aux-Trembles.Cette femme, d\u2019un tempérament pléthorique, d\u2019un embonpoint con- \u2018sidérable, ayant déjà eu plusieurs enfants, était cependant fatiguée par des privations et autres causes et avait eu une grossesse très pénible.Au commencement du travail, une attaque d\u2019éclampsie s\u2019étant déclarée, le Dr Laporte me fit demander.Les convulsions étaient très intenses et le col n\u2019était presque pas dilaté.Une saignée fut pratiquée et quelques autres moyens furent tentés, mais la femme ne tarda pas à succomber.Je pratiquai aussitôt, avec l\u2019aide de mon confrère, l\u2019opération césarienne, et j\u2019eus encore une fois la satisfaction d\u2019extraire le fœtus vivant.Cet enfant qui était à terme fut baptisé tout de suite et mourut peu de temps après. ANALYSES Dans le but d\u2019uniformiser les indications bibliographiques qui accompagnent les analyses, afin de les rendre plus complètes et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le «Quarterly Cumulative Index Medicus»: nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article, nom du périodique, le volume, la page, le mois (le jour du mois si le périodique est hebdomadaire), l\u2019année.Exemple: J.Beerens.\u2014 Tuberculose et démence précoce.« Ann.Méd-psychol.», 94: 1 (juin) 1938.PHTISIOLOGIE W.P.WARNER.\u2014 La tuberculose dans l'armée canadienne.\u2018Canadian Medical Association Journal\u201d, 47: 193 (septembre) 1942.L'auteur étudie les cas de tuberculose qui ont été découverts avant ou après l\u2019admission dans l\u2019armée du ler septembre 1939 au ler mars 1943.Par routine, dès le début de la mobilisation, on a radiographié toutes les recrues au point de vue pulmonaire.On a accepté tous les sujets qui présentaient de très petites lésions calcifiées.Les porteurs de plus grosses lésions, bien que considérées guéries, ont été systématiquement mis de côté.Tous ceux qui avaient fait une pleurésie avec ou sans épanchement en déca de 5 ans ont été aussi refusés.Des 400,000 sujets ainsi examinés, un pour cent a été rejeté.Si l\u2019on avait accepté ces hommes, il n\u2019y a aucun doute que le taux de la tuberculose eût été augmenté à cause du surmenage qu\u2019occasionne l\u2019entraînement et du contact de ces tuberculeux avec des gens sains.Ces tuberculeux sont méconnus dans la vie civile et sèment la maladie partout.Par ces faits on doit conclure que la radiographie joue un grand rôle dans le dépistage de la tuberculose.À noter que de nombreuses recrues, s\u2019ils désirent absolument s\u2019enrôler, sont intéressés à cacher aux médecins des signes importants.Sur 1,334 cas trouvés tuberculeux, 270 ont pu être diagnostiqués tuberculeux cliniquement alors que les autres ne présentaient que des signes radiographiques uniquement.Du ler septembre 1939 au ler mars 1942, cent quatorze cas de tuberculose se sont déclarés dans l\u2019armée, mais dix avaient dû être admis dans l\u2019armée sans avoir eu à subir l\u2019examen radiologique obligatoire.Des 104 autres, 96 avaient des radiographies négatives et 8 des lésions si petites qu\u2019ils avaient été jugés aptes au service militaire.Sur ce nombre, 31 avaient été admis après avoir fait une pleurésie avec épanchement, 20 une T.B.modérée, 20 une T.B.légè- + + rement avancée, 16 une T.B.extrapulmonaire.Enfin, le diagnostic a été fait et le traitement a été commencé en moyenne 2 mois après le début de la maladie.Paul-René ARCHAMBAULT R.T.ELLISON et C.R.TITTLE.\u2014 Paralysie du diaphragme et fermeture de cavités tuberculeuses.\"Am.Rev.of Tuberculosis\u201d, 67: 269 (mars) 1943.Après étude de 100 cas, les A.concluent que la valeur de ce procédé de collapsothérapie dépend de la bonne sélection des cas.Le but de ce travail est de discuter l\u2019effet de l\u2019élévation du diaphragme sur les cavités sus-jacentes en divers endroits du parenchyme pulmonaire.Dans la série de cas observés, les cavités se sont fermées au taux de 50% à droite et de 33% à gauche.Les A.expliquent ces résultats par l\u2019étude ana- tomo-physique du diaphragme.Ce dernier est sous tension continuelle entre le tissu pulmonaire élastique et la pression intra-abdominale.Lorsqu\u2019il est paralysé, le diaphragme est attiré en haut par l\u2019élasticité pulmonaire et repoussé en haut encore par la pression abdominale.L'effet sur les cavités dépend de leur site.Dans les 2/3 inférieurs, il y a habituellement un taux considérable de substance pulmonaire refoulée de tous les, côtés de la cavité et la fermeture de cette dernière résulte d\u2019un alignement de la tension élastique.Si la cavité est à l\u2019apex où il y a moins de tissu à refouler, la perte du tonus diaphragmatique laisse là pression positive intra- abdominale neutraliser et refouler le tissu pulmonaire en entier.Les résultats plus probants à d\u2019une considération anatomique.Le hile droit diffère du gauche sur trois points: 10 l\u2019angle de la bronche souche avec la trachée est plus grand à droite; 2° la relation entre bronches et artères pulmonaires est différente des deux côtés.La bronche du lobe supérieur droit naît au-dessous du point où l\u2019artère pulmonaire traverse la bronche souche; à gauche c\u2019est le contraire; 3° il y a plus de nodules lymphatiques à droite qu\u2019à gauche.Résultat: l\u2019élévation marquée du diaphragme à droite donne souvent une torsion et une obstruction de la bronche épiartérielle donnant l\u2019atélectasie du lobe supérieur.droite dérivent 1092 On a aussi fréquemment observé que les cavités des lobes inférieurs ne sont pas influencées par une élévation satisfaisante du diaphragme surtout à droite.Les auteurs expliquent que, sous pression venant du bas, les cavités sont soulevées comme des bulles d\u2019air sur l\u2019eau sous réduction.À droite, la paralysie soulève le centre du diaphragme et les cavités sont poussées dans le triangle postérieur et restent béantes.A gauche, le même triangle étant amoindri par la présence du cœur, en avant, les cavités sont plus souvent réduites.J-P.PAQUETTE.J.A.FARKER et W.T.CLARK.\u2014 Tuberculose méconnue dans un hôpital général.\u201cAmer.Rev.of Tub., 2: 129 (février) 1943.Analyse de 100 patients admis dans un hôpital général pour des maladies autres que la tuberculose et qu\u2019on trouve tuberculeux dans la suite.Ces cas non reconnus de tuberculose créent un problème d\u2019hygiène - publique parce qu\u2019ils constituent un danger important pour le personnel hospitalier et les autres patients.Les cas cités ont été découverts bien plus en raison des symptômes subjectifs qu\u2019ils présentent qu\u2019à cause de signes physiques.Au moment du diagnostic 81% de ces sujets étaient des cas très avancés de tuberculose pulmonaire.Il y a eu 1497 jours d\u2019hospitalisation et de contact avant l\u2019échange pour les départements de tuberculose.Les A.recommandent pour tous les adultes admis dans les hôpitaux généraux, un film des poumons.Les A.exposent en plus le danger perpétuel de la tuberculose insoupçonnée dans un hôpital général.J-P.PAQUETTE.CHIRURGIE J.J.McCALLIG et W.W.HEYERDALE.\u2014 Diagnostic des varices aux membres inférieurs.\u2018Proceedings of the Statf Meetings of the Mayo Clinic\u201d, 16: 820 (24 décembre) 1941.En cas de varices visibles et palpables, les veines saphènes superficielles, ou la veine fémorale profonde, ou les petites veines qui les font communiquer, peuvent être affectées; toutes ces veines sont munies de valvules, dont la plus importante est celle qui est située à la jonction saphéno-fémorale.Il faut examiner le membre inférieur nu, noter le degré et la distribution des sinuosités, la présence ou l\u2019absence d\u2019eedéme, les modifications de la peau.a) Pour démontrer l\u2019insuffisance de la grande veine saphène superficielle, on la palpe au niveau de la fosse L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BUTLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 ovale, et on percute (de la même manière que pour rechercher la présence d\u2019ascite) au niveau du segment distal dilaté: si on perçoit une pulsation à la fosse ovale, il faut suspecter que les valves sont insuffisantes et que le tronc de la saphène est dilaté.On peut faire la preuve en pratiquant le procédé d\u2019une manière inverse, c\u2019est-à-dire en palpant au niveau du segment distal dilaté et en percutant à la fosse ovale: si on sent une pulsation à la portion distale, c\u2019est que la veine est insuffisante et qu\u2019elle ne recouvrera jamais sa fonction.Si l\u2019obésité ou le degré prononcé des sinuosités empêche de percevoir une pulsation, on peut pour faire l\u2019épreuve se servir d\u2019un tourniquet : on l\u2019applique au haut de la cuisse après que la jambe a été élevée et que les veines se sont vidées; lorsque le sujet se remet debout et que le tourniquet est relâché, si les veines se remplissent rapidement de haut en bas, c\u2019est que les valves ne retiennent pas et que la veine est dilatée.Il faut explorer de la même façon le petit système saphène qui draine les faces postérieure et latérale de la jambe.b) Pour explorer les veines communicantes dont l\u2019insuffisance accompagne presque toujours celle des veines saphènes superficielles, on se sert encore du tourniquet: on le place au haut de la cuisse après que le membre a été élevé et que les veines se sont vidées; le sujet se replace debout, le tourniquet laissé en place; si les varicosités se remplissent rapidement, en moins de 30 secondes, c\u2019est que le système profond s\u2019est déversé dans le système superficiel, que les veines communicantes sont dilatées et que leurs valvules sont insuffisantes.c) Il ne faudrait pas scléroser des veines superficielles qui ne sont dilatées que par compensation pour le système profond lorsqu\u2019il y siège une obstruction permanente.Bien que, dans ce cas, il y ait toujours œdème marqué et des modifications cutanées, il faut s\u2019en assurer par le test suivant: on applique un bandage circulaire du cou-de-pied jusqu\u2019au genou; le sujet marche avec ce bandage; si la dilatation superficielle est compensatrice, la constriction amène un malaise; si la dilatation superficielle n\u2019est pas compensatrice, la constriction soulage.Guy DROUIN.W.W.HEYERDALE et E.M.ANDERSON.\u2014 Diagnostic et occurrence des veines communicantes dans le traitement des varices.\u2018Proceedings of the Staff Meetings of the Mayo Clinic, 17: 221 (8 avril) 1942.On a l'habitude de diagnostiquer l\u2019insuffisance des veines communicantes à l\u2019aide du test de Trende- lenburg qui consiste à appliquer un tourniquet au haut de la cuisse, la jambe élevée; le résultat est ANALYSES positif si les varicosités çe remplissent rapidement en-dedans de 30 secondes lorsque le sujet se remet dans la position debout.Les auteurs ont remarqué que, dans tous les cas où il n\u2019y avait pas d\u2019histoire antérieure de thrombo-phlébite profonde, en comprimant la petite veine saphène superficielle, au creux poplité (ceci au cours de la recherche du test de Trendelenburg), ils ont empêché le remplissage rapide des varicosités superficielles; ils en concluent que, même si les veines communicantes sont suffisantes, les varicosités superficielles peuvent se remplir rapidement par reflux provenant de la petite veine saphène superficielle.D'ailleurs, pour eux, l\u2019état de suffisance ou d\u2019insuffisance des veines communicantes n\u2019a pas d\u2019importance, et le traitement est le même.parce qu\u2019ils ont remarqué que lorsque le système superficiel est bien oblitéré, les veines communicantes deviennent sans conséquence.Guy DROUIN.W.W.HEYERDAIE et L.K.STALKER.\u2014 Le traitement des varices des membres inférieurs.\u2018Proceedings of the Staff Meetings of the Mayo Clinic\u201d, 16: 827 (24 décembre) 1941.Bien que les variétés de varices, au point de vue de leur distribution et de leurs dimensions, soient presque aussi nombreuses qu\u2019il v a de sujets qui en présentent, on peut les diviser en trois groupes en ce qui concerne leur thérapeutique: A) Les petites dilatations télangiectasiques, superficielles, disposées en forme d\u2019araignées, auxquelles on ne reproche que leur apparence.Il est difficile de les oblitérer.parce que, ce faisant, il est facile d\u2019injecter de la solution sclérosante à côté de la veine et de produire une escarre qui restera pigmentée et laide.On peut tout de même le faire en employant une solution plus faible de morrhuate de Na, à 1 ou à 25%; on peut aussi se servir d\u2019une solution de monoétha- nolamine oléate à 5%, agiter la seringue, et n\u2019injecter que les bulles qui se seront produites.B) Les varices moyennes, sans signes d\u2019insuffisance du grand ou du petit système saphène.qu\u2019elles doivent tcut de même faire suspecter, ce qui explique qu\u2019elles récidivent fréquemment et que, par conséquent, il faut avertir le ma'ade de cette possibilité.Traitement : a) Employer la solution de morrhuate de Na à 5%.Commencer par injecter le bout proximal, le bout distal s\u2019oblitérera mieux par la suite.1093 b) Injecter chaque fois environ 2 c.c.; on pourra parfois injecter 4 c.c.chez ceux dont la tolérance est particulièrement bonne.c) N\u2019injecter qu\u2019un endroit par séance.d) Les injections ne seront répétées qu\u2019aux deux jours, ou deux fois la semaine.e) Pendant quelques semaines, le ma\u2019ade portera un bandage élastique qui facilite la thrombose et prévient les malaises.C) Les varices moyennes ou plus marquées, s\u2019accompagnant des signes d\u2019insuffisance des veines saphènes: dans 50% des cas.Il importe de les traiter, parce que ce sont elles qui engendrent les troubles de stase.Les récidives dépendent d\u2019un traitement inadéquat.Traitement : a) Ligature et séparation de la veine insuffisante suivies d\u2019injections sclérosantes.b) Technique opératoire: La fosse ovale se trouve à 1 pouce en-dedans et en bas de l\u2019endroit où l\u2019ôn perçoit la plus grande pulsation de l\u2019artère fémorale; inciser parallèlement au ligament de Poupart.Pratiquer une double ligature de la veine saphène au catgut chre- mique; pincer le bout distal, pour pouvoir y injecter de la solution sclérosante et l\u2019irriguer au sérum salé, après qu\u2019on aura ligaturé les veines tributaires.Ces tributaires sont au nombre de 5: il y en a 3 près de la jonction saphéno-fémorale (la superficielle circonflexe iliaque, l\u2019épigastrique superficielle, la veine des organes génitaux externes), et un peu plus bas il y en a deux autres (les veines fémorales superficielles médiane et latérale); il faut couper et ligaturer toutes ces tributaires, sans quoi il y aurait risque de récidive par recanalisation de la portion distale de la grande veine saphène; à noter que les veines fémorales superficielles n\u2019apparaissent dans le champ opératoire que dans 10% des cas, qu\u2019elles peuvent se dilater au point d'atteindre un calibre supérieur à celui de la grande veine saphène, ce qui peut les faire confondre avec cette dernière.c) Avant l\u2019opération, il faut noter l\u2019endroit de la cuisse ou de la jambe où siègent les plus grandes sinuosités et l\u2019accumulation localisée des varices.d) Pour prévenir une réaction locale excessive secondaire a linjection sclérosante faite au cours de l\u2019opération.et pour assurer une sclérose uniforme, il faut placer un bandage sur la cuisse et sur la jambe après l\u2019opération.Après quelques heures, on peut être obligé 1094 de lever temporairement ce bandage par suite de l\u2019apparition d\u2019une forte douleur et d\u2019un œdème secondaire à de la phlébite et de la périphlébite; dans le cas contraire, on laisse le bandage jusqu\u2019au lendemain; le bandage de la jambe doit être enlevé le malade étant couché et la jambe étant élevée, puis on le replacera sur la jambe pendante.e) Après l\u2019opération, surviennent parfois de l\u2019anorexie, des nausées et une température légère, de la douleur et de la rougeur le long de la veine; dans ce cas, élever l\u2019extrémité du membre et placer des sacs chauds.f) Le malade est revu le lendemain de l\u2019opération; enlever le bandage sur la cuisse; renouveler le pansement si nécessaire; enlever et replacer le bandage de la jambe.g) S\u2019il y a de la réaction, on sentira de l\u2019induration et on provoquera de la sensibilité le long de la veine; s\u2019il y en a, ne pas répéter d'injection sclérosante.Parfois il faut réinjecter le deuxième et même le troisième jour pour compléter la sclérose, par petites quantités.En cas de périphlébite marquée, prescrire le repos au lit, élever le membre, placer des sacs chauds et donner des calmants.h) Enlever les points le sixième jour.Guy DROUIN.R.E.WEISMANN et W.W.HEYERDALE.\u2014 L'emploi préliminaire d'une dose d'essai et technique de l'injection sclérosante dans les varices des membres inférieurs.\u2018\u2019Proceedings of the Staff Meetings of the Mayo Clinic\", 16: 820 (24 décembre) 1941.Il est possible de prévoir de quelle facon seront supportées les injections en injectant une dose préliminaire (test-dose) de 0.5 4 1 c.c.de la solution de morrhuate de soude à 5%; si elle ne produit aucune réaction fâcheuse, le traitement est généralement bien toléré.Ce n\u2019est que 24 heures plus tard que l\u2019on commence le traitement.Technique: a) faire placer le sujet debout sur une table, et lui demander de se porter presque uniquement sur la jambe à injecter, ce qui a l\u2019avantage de rendre la veine moins mobile; b) employer une aiguille n° 26, à biseau court, montée sur une seringue de 2 ou de 5 c.c.; c) piquer la peau et établir une pression négative dans la seringue; puis piquer la veine, et la solution est aspirée dans la veine; d) l\u2019injection faite, mettre un bandage qui sera tenu en place pendant 2 heures.Guy DROUIN.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 J.M.WAUGH.\u2014 Ligature et injection sclérosante de la veine saphène.\u2018Proceedings of the Staff Meetings of the Mayo Clinic\u201d, 16: 827 (24 décembre) 1941.A) Pourcentage des récidives: a) Injections sclérosantes seules: 50 à 60%.b) Injections et ligature de la veine saphène: 15% (Statistique de l\u2019American College of Surgeons).c) Injections, ligature de la veine et séparation de ses tributaires: 2 à 3% (Clinique Mayo), mais le recul n\u2019est peut-être pas suffisant.B) Mortalité: à la suite du traitement par injections et ligature de la veine, par suite d\u2019hémorragie, d\u2019infection ou d\u2019embolie pulmonaire: 033 a 1% (American College of Surgeons).C) Il n\u2019est pas nécessaire d\u2019attendre les modifications cutanées et l'apparition des ulcères pour appliquer le traitement complet; à la Clinique Mayo, on a opéré avant ce stade dans 80% des cas., Guy DROUIN.F.L.SMITH.\u2014 Solutions sclérosantes et résultats obtenus des divers genres de traitement employés à la Clinique.\"Proceedings of the Staff Meetings of the Mayo Clinic\u201d, 16: 820 (24 décembre) 1941.De 1851 à 1911, on injectait des solutions sclérosantes dans les varices, mais la chirurgie procurait de meilleurs résultats.En 1911, Linser remarqua que le chlorure de mercure qu\u2019il injectait à un syphilitique sclérosait ses veines; il l\u2019employa alors pour traiter les varices, mais il observa des signes d\u2019intoxication; c\u2019est pourquoi il se mit à employer du sérum salé hypertonique à 15 ou 20%.En 1913, Hanschell suggéra l\u2019emploi d\u2019une solution de quinine; en 1916, Nobel celui d\u2019une solution sucrée; en 1921, Genevrier celui de quinine-uréthane; et en 1926, Wright, de Londres, celui de morrhuate de soude.A la Clinique Mayo, c\u2019est en 1928 que Dixon, Counseller et MecIndoe ont introduit le traitement des varices par les injections sclérosantes; ils ont débuté avec des solutions de quinine; ils ont observé qu\u2019elles sclérosaient bien, mais qu\u2019elles avaient plus de tendance à produire des réactions toxiques que le morrhuate de soude qu\u2019ils ont adopté en 1931; ils ont été satisfaits de son pouvoir sclérosant et ont observé qu\u2019il produisait moins d\u2019escarre que les autres solutions lorsqu\u2019une petite quantité était injectée en dehors de la veine. ANALYSES Pour prévenir les réactions d\u2019allergie, il importe de faire un bon examen clinique avant le début du traitement et de tâter la susceptibilité du sujet par une première dose «test».Sur une série de 491 cas, dont l\u2019âge moyen était de 48 ans, la moyenne d\u2019injections par cas a été de 8, et dans 10 cas le traitement a été compliqué d\u2019embolie pulmonaire qui a été guérie.Guy DROUIN.CHIRURGIE INFANTILE ET ORTHOPEDIE Major Gene D.CALDWELL.\u2014 Traitement de la dislocation acromio-claviculaire complète et permanente par arthrodèse chirurgicale.\u2018The Journal of Bone and Joint Surgery\", 25: 368 (avril) 1943.La nécessité du traitement chirurgical des dislocations acromio-claviculaires complètes et permanentes est généralement admise.On a préconisé plusieurs méthodes chirurgicales de restitution pour cette application, mais elles sont toutes des modifications de celle pratiquée en 1925 par Watkins et basée sur le principe qui tend à restaurer les ligaments acromio-claviculaires et coroco-claviculaires par des bandes de tendon, de la soie, du métal.Tentée par plusieurs chirurgiens, cette opération n\u2019a presque jamais donné de résultats entièrement satisfaisants, car la réduction ne tenait pas et la douleur persistait.Memford, se basant sur la théorie qu\u2019une épaule non douloureuse et de fonction normale peut coexister avec une solution de continuité dans l\u2019axe de la clavicule, résèque la portion distale de la clavicule et rapporte de bons résultats dans quatre cas de sub-luxation chroniqué avec dislocation partielle de l\u2019articulation acromio-claviculaire.Cependant, dans les cas de dislocation acromio-claviculaire complète et permanente, cette dernière opération n\u2019a pas été tentée; Memford conseillant plutôt la suture tendineuse de l\u2019apophyse corocoïde et de la clavicule.Ces- derniers dix-huit mois, trois soldats se sont présentés avec une dislocation acromio-claviculaire complète et permanente.Tous trois se plaignaient de faiblesse et de douleur à l\u2019épaule occasionnées par la pression des courroies du fusil et des sacs sur la clavicule.Tenant compte de l\u2019obligation où se trouve le soldat de travailler sous de nombreuses et dures conditions, on décida que, pour rendre le soldat apte au service militaire, tout traitement orthopédique de cette infirmité partielle devait remplir les trois conditions suivantes: 19 l\u2019épaule devait fonctionner normalement sous toutes les conditions de travail; 2° elle ne devait jamais être douloureuse ; 3° elle ne devait pas être limitée sérieusement dans ses mouvements.La résection de la partie distale de la 1095 clavicule ne remplissait pas ces conditions parce qu\u2019on n\u2019a jamais obtenu par cette méthode des restaurations complètes de l\u2019épaule.Une faillite complète de la réparation tendineuse des téguments obligea, dans le ler cas à tenter la soudure chirurgicale de l'articulation acromio-claviculaire et ainsi fut fait pour les autres.Opération.On pratiqua une incision ant.en demi- lune au niveau de l\u2019articulation et on mit à nu la portion distale de la clavicule et de l\u2019acromion.On réséqua tout le cartilage articulaire et on met en présence les deux surfaces articulaires.Dans le ler cas, on a enfoncé une vis de vitallium de la pointe de l\u2019acromion jusque dans la médulla claviculaire, puis on immobilisa le bras et l\u2019_épaule pendant 11 semaines avec une bande Velpeau.Par la suite, physiothérapie, mouvements actifs.Dans le 2e cas, la fixation fut obtenue par 2 broches de Kischner, immobilisation par spica de l\u2019épaule, le bras en abduction de 90° pendant 4 semaines.Dans les deux ces, de petits copeaux osseux arrachés de la clavicule et de l\u2019acromion furent entassés autour des surfaces osseuses mises en contact.f Le troisième cas vient d\u2019être opéré de la même manière.Résultats: Cas n° 1: Joints acromio-claviculaires solides.Rotation interne et externe parfaite.Flexion et extension complètes.Abduction scapulo-humérale de 80° et abduction totale de 180°.Cas n° 2: Joints cliniquement solides \u2014 mouvements actifs et passifs complets dans toutes les directions.Commentaires: La diminution des mouvements du cas n° 1 peut être expliquée: 1° par l\u2019immobilisation prolongée en adduction déterminant de la fibrose périarticulaire et des adhérences; 2° par la formation d\u2019une pointe osseuse au haut de l\u2019acromion limitant l\u2019abduction scapulo-humérale; 3° par le défaut de rotation complète de l\u2019omoplate.Conclusion: 1° l\u2019arthrodèse chirurgicale de l\u2019articulation acromio-claviculaire est possible et ne présente aucune difficulté technique; 2° le\u2019 procédé a donné des .résultats supérieurs à ceux obtenus jusqu\u2019ici par les autres méthodes.Léon LEBEL.PEDIATRIE J.H.LAPIN, W.KLEIN et A.GOLDMAN.\u2014 Cryptorchidie.\u2018Journ.of Pediatrics\u2019, 22: 175 (fév.) 1943.Les A.depuis neuf ans, eurent à traiter, à la Clinique d\u2019Endocrinologie de l'hôpital Bronx de 1096 New-York plus de 200 garçons atteints de cryptor- chidie à des degrés divers.De ce nombre 39 furent suivis pendant une période suff.samment longue, 2 à 9 ans, pour servir d\u2019étude sur l'efficacité thérapeutique de l\u2019endocrinologie au cours de cette affection.Les résultats cbtenus sont colligés en des tableaux synoptiques d\u2019un grand intérêt.Le tableau I montre que sur 35 enfants âgés de 5 à 14 ans la thérapeutique endocrnologique s\u2019est montrée effective chez 14 d\u2019entre eux alors qu\u2019elle fut inefficace chez les 21 restants.Les tableaux suivants constituent une étude détaillée des résultats obtenus.Nous y lisons les différentes préparations endocrinologiques employées, les dcses utilisées, la durée du traitement et la situation des testicules avant et après le traitement ainsi que quelques observations sur les résultats obtenus.Vu les opinions divergentes des différents auteurs sur le meilleur traitement à utiliser en présence de la cryptorchidie, les A.font une revue des principales questions concernant le traitement des testicules classés non comme en migration ou ectopique.I.Un traitement est-il nécessaire?Les raisons qui cbligent à instituer un traitement sont 1) L'\u2019insuffisance de la sécrétion hormonale andro- génique des testicules ou de leur activité spermato- génique.2) La fréquence du développement de tumeurs malignes, d\u2019étranglement ou de torsion du testicule ectopié.3) L'effet psychique que le traitement peut avoir.Les arguments que l\u2019on préconise contre l\u2019application d\u2019un traitement endocrinologique sont: 1) le danger de la puberté précoce; 2) le retard de l\u2019ossification.Les A.croient que si l\u2019on adopte une technique particulière l\u2019on évite ces dangers.II.A quel âge doit-on instituer ce traitement?De l\u2019ensemble des opinions des auteurs il semble préférable de recommander d\u2019attendre jusqu\u2019à 14 ans avant de commencer tout traitement ou opération.III.Ce traitement doit-il être chirurgical, endocrinien ou les deux à la fois?En raison des échec- survenus lors de l\u2019emploi de la méthode chirurgicale et des difficultés rencontrées au cours de l\u2019opération, les A.croient que devant un testicule qui n\u2019est pas franchement ectopique un traitement endocr'nien d\u2019essai doit être tenté et qu\u2019il est pleinement justifié.IV.Quelle préparation doit-on employer?Il faut faire appel aux hormones gonadotropiques.L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 L\u2019extrait du lobe antérieur de l\u2019hypophyse s\u2019e t montré inefficace.Les hormones gonadotropiques d\u2019urine de jument ne sont pas sans danger.Aussi conseillent- ils l'emploi de l\u2019hormone gonadotropique chorionique.V.A quelle dose doit-on employer cette hormone?À ce sujet les opinions sont partagées: les uns.comme Talbots.préconisent 6.000 unités rats, d\u2019autres, comme Pool, de 2,000 à 10.000 un'tés rats.Pour les A, la dose de 6,000 unités leur semble la dose maximum à administrer.VI.Comment administrer cette dose maximum?Depuis que l\u2019on sait qu\u2019après 6 semaines, il se forme des antihormones en quantités impcrtantes.il semble préférable de donner la dosc maximum de 6.000 unités internationales par doses fréquentes fractionnées en-dedans de 6 semaines.VIT.Si ce traitement est insuffisant, que faire?Lorsque le traitement endocrinologique s\u2019est montré insuffisant, il faut recourir au traitement chirurgical.Il leur a semblé que l\u2019acte chirurgical pouvait.avec profit, être suivi d\u2019un autre traitement endrcrino'o- g que.VIIT.S\u2019il s\u2019agit d\u2019un testicule ectopique, que! traitement?C\u2019est à l\u2019opération qu\u2019il faut recourir.mais il faut avant et après utiliser le traitement endocr/nologique à la dose de 6,000 unités.de la Broquerie FORTIER.ANESTHESIE R.A.HINGSON et W.B.EDWARDS.\u2014 Anesthésie caudale continue pendant le travail et l'accouchement.\u2018Anesthesia and Analgesia\u2019, 21: 301 (nov.-déc.) 1942.Cette méthode est employée depuis janvicr 1942 et elle permet par introduction de doses fractionnées de dérivés cocaïnés dans le canal sacré une anesthésie prolongée pendant toute la durée du travail et de l\u2019expu'sion, tout en conservant l\u2019état de conscience de la mère.Le travail n\u2019est pas retardé et l'enfant n\u2019a pas à souffrir de cette anesthésie.Une solution de Métycaïne à 144% dans du sérum physiologique a donné les meilleurs résultats.65 cas ont été observés dont 52 primipares et 13 multipares avec une durée moyenne de 6% heures d\u2019anesthésie; dans un cas, l\u2019anesthésie a été prolongée pendant 2845 heures sans cemplications pour la mère et le fœtus.Chez les sujets sous observation, il n\u2019y eut pas de baisse importante de la tension artérielle, pas de modifications du cœur fœtal et tous les nouveau-nés sont arrivés en criant sans aucun procédé de résurrection.à ANALYSES L\u2019injection de la substance anesthésique dans le canal sacré permet d\u2019imprégner tous les nerfs sensitifs de l\u2019utérus et du périné dans l\u2019espace de 5 à 10 minutes et pour toute la durée du travail et de l\u2019expulsion.Technique.Ce procédé doit être réservé pour les cas soup- connés assez laborieux.La patiente est placée en position génu-pectorale, couchée sur le côté.On repère la pointe du coccyx et on remonte à l\u2019hiatus sacré qui est situé à environ 1% à 2 pouces de la pointe du coceyx, après désinfection locale on introduit une aiguille flexible, malléable à travers le ligament sacro-coccygien en suivant l\u2019axe du canal à une distance de 1% à 2 pouces, on enlève le mandrin et on contrôle par aspiration légère si l\u2019aiguille n\u2019a pas pénétré jusque dans le canal rachidien ou s\u2019il n\u2019y a pas de sang.Si on a la certitude d\u2019être bien en place, on adapte le tube de caoutchouc à l\u2019aiguille et on injecte lentement 8 c.c.de la solution de méty- caïne, après quelques minutes on injecte 20 cc.et l\u2019on devra répéter la dose de 30 c.c.toutes les 30 ou 40 minutes d\u2019après les exigences de la malade pour soulager ses souffrances.Pendant la période d\u2019anesthésie la parturiente doit rester couchée sur le côté et peut se mouvoir suffisamment sur le dos pour permettre les examens nécessaires pour suivre le progrès du travail.Complications.« La rupture de l'aiguille est toujours à redouter, mais elle est habituellement assez facile à enlever.On aura parfois de la difficulté à introduire l\u2019aiguille dans le canal sacré, surtout chez les obèses, et lorsque le canal a des malformations qui sont d\u2019ailleurs très fréquentes à cette région.L\u2019anesthésie est quelquefois unilatérale; il faudra dans ces cas changer la direction de l'aiguille.L\u2019injection doit être faite avec lenteur, sinon on s\u2019expose à de la céphalée ou des étourdissements.Une sensation de lourdeur dans les jambes, des crampes se rencontrent parfois, mais ce ne sont là que de petites incommodités bien acceptées en rapport avec le soulagement que ressent la malade.Les douleurs dorsales sont souvent éliminées si on a soin de garder la patiente couchée sur le côté ou de lui placer un coussin à la région lombaire au cours des examens.Signes physiques.L\u2019anesthésie commence d\u2019abord au coccyx, gagne le périné pour atteindre le clitoris en dernier lieu.Les piedeg, les jambes deviennent rouges, chauds et secs, les muscles du périné sont complètement relachés et le sphincter anal laisse facilement passer 3 doigts.La vessie devient souvent distendue et sans besoin de miction pour la patiente; on doit donc surveiller 1097 et faire un cathétérisme si nécessa\u2019re.Le col utérin se dilate facilement et le forceps s\u2019applique sans résistance, le tonus utérin se maintient et I\u2019hémorragie est minime.Suites de couches.Elles sont normales et les complications n\u2019ont pas été plus fréquentes que chez les parturientes traitées par les anciens procédés.L\u2019auteur recommande d\u2019employer cette méthode avec prudence dans les hôpitaux d\u2019obstétrique, afin d\u2019en trouver les avantages et les inconvénients, de la confier à des médecins bien entraînés et d\u2019avoir l\u2019entière coopération de l\u2019anesthésiste et de l\u2019accoucheur.Eugène ALLARD.M.L.MEINSTEIN et G.A.LIGHT.\u2014 L'emploi du Pentothal sodium par voie rectale comme anesthésie de base: 1,500 cas rapportés.Anesthesia and Analgesia\u2019, 22: 68 (mars-avril) 1943.L\u2019anesthésie de base consiste dans un état d\u2019inconscience avec insensibilité relative.Dans cet état le patient perd tout contrôle subjectif et peut subir certaines opérations qui ne sont pas trop douloureuses.Cette technique employée tel que recommandée par l\u2019auteur est considérée comme suffisante dans les interventions mineures, mais doit être complétée par un anesthésique quelconque pour les interventions majeures.Il y a certains avantages à ce procédé; 1° Il ne se produit aucun traumatisme de la peau, des muscles ou des veines tel que nous pouvons rencontrer lorsque la médication est introduite par voie hypodermique ou intraveineuse; 2° L'administration est simple et ne nécessite aucune précaution d\u2019ascepsie; 3° L'\u2019absorption lente permet un contrôle plus sûr que la méthode intraveineuse; 4° Les effets sont très convenables dans un grand pourcentage de cas; 5° Ce procédé absolument indolore se fait dans le lit du malade; il évite l\u2019anxiété pré-opératoire occasionnée par la crainte d\u2019une piqûre, le transport à la salle d\u2019opération ou les préparatifs opératoires; il élimine aussi la période d\u2019excitation si fréquente chez les sujets nerveux.Historique.En 1847, Roux utilisait le mélange d\u2019eau et d\u2019éther Plus tard Magendie remplaçait cette solution par des vapeurs d\u2019éther; puis, en 1915, Gwathmey améliorait cette technique par l'introduction de l\u2019huile-éther.En 1927, Eichols introduisait l\u2019Avertin.Cet anesthésique quoique supérieur à l\u2019éther ne fut pas en grande faveur à cause des nombreux inconvénients qu\u2019il présente tels que: un sommeil prolongé, une grande 1098 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 dépression, l'instabilité de la solution et la grande quantité de liquide à injecter.En 1936, Gwathmey et Weinstein ont utilisé l\u2019Evipal avec succès, mais un sommeil post-opératoire trop prolongé, la dépression respiratoire de même que les spasmes musculaires l\u2019ont fait remplacer par le pen- tothal sodium.De très nombreuses publications ont démontré les avantages et la sûreté du pentothal sodium pour l\u2019anesthésie par voie intraveineuse.Les expériences faites sur les lapins et les chiens ont permis de conclure que de fortes doses de pentothal injectées par le rectum ne produisent ni irritation ni inflammation.A la suite de ces expérimentations 1,500 cas d\u2019anesthésie rectale au pentothal ont été faits au Chicago Memorial Hospital sans aucune mortalité ou complication sérieuse attribuable à l\u2019anesthésie.La pression artérielle et la respiration n\u2019ont pas subi de modification dans la plupart des cas; aucune cyanose ne s\u2019est produite.Actuellement l\u2019administration de pentothal comme anesthésie de base par voie rectale est passée dans la routine journalière.On complète par une anesthésie supplémentaire à l\u2019ethylène, au cyclopropane, au n° 20, à la locale, à la rachidienne ou au pento- thal en injection intraveineuse.La quantité d\u2019anesthésique nécessaire pour obtenir un bon relâchement musculaire dans les interventions abdominales a été réduite par cette méthode de 25% à 50%.L\u2019anesthésie rachidienne précédée de l\u2019injection rectale de pentothal a paru idéale dans les mauvais risques chirurgicaux; on évite de cette façon la baisse de la tension artérielle qui se produit toujours quand on emploie une autre médication pré-opératoire.Toutes les interventions de courte durée telles que la mise en place de radium, les cystoscopies, les cautérisations vésicales, les curettages, les réductions de fracture ou des luxations, l\u2019exérèse des polypes du rectum ou du vagin, les biopsies.les ouvertures d\u2019abcès ou toute autre intervention mineure ne requièrent aucune anesthésie additionnelle.L\u2019injection intraveineuse de pentothal telle qu\u2019employée au- jourd\u2019hui est un complément très précieux à l\u2019anesthésie de base.L\u2019obstétrique a aussi bénéficié de l\u2019usage du pento- thal par voie rectale et on rapporte 30 cas au Chicago Memorial Hospital sans effets nocifs pour le fœtus, sans arrêt des contractions et sans délire.La sédation de la douleur est rapide et la dilatation se produit sans retard.La dose employée est de % ou 2/3 de la quantité requise pour la chirurgie.Cette anesthésie\u2019 s\u2019est montrée précieuse pour les enfants dont la manipulation est toujours difficile faute de collaboration de leur part.Méthode.Aucun opiacé ou barbiturique n\u2019est nécessaire ; aucun lavement n\u2019est requis ou, s\u2019il est prescrit, on doit le faire avec de l\u2019eau ordinaire ou du sérum physiologique.Il est à noter que le lavement savonneux diminue l\u2019effet du pentothal.La technique est celle d\u2019une simple injection rectale au moyen d\u2019un cathéter.La dose de pentothal est d\u2019un gramme par 50 lbs.du poids du sujet.Cette poudre est dissoute dans 4 à une once d\u2019eau que l\u2019on injecte environ 15 minutes avant le transport du malade à la salle d\u2019opération.Dans le but de diminuer les sécrétions on donne habituellement 1/150 ou 1/100 gr.d\u2019atropine par voie hypodermique ou buccale une demi-heure avant l\u2019intervention.L\u2019anesthésie est complète de 15 à 20 minutes après l\u2019injection et dure de une à deux heures.On a rarement observé de nausées ou vomissements.Contre-indications.1.Obstruction de la trachée, l\u2019œdem de la glotte, la médiastinite ou toute autre condition qui peut entraver sérieusement la respiration.2.Décompensations cardiaques.3.Anémie primaire grave.Précautions.On devra avoir une surveillance attentive de ces malades.Le relachement du maxillaire peut causer de l\u2019asphyxie si l\u2019on ne surveille pas le libre passage , de l\u2019air dans les voies respiratoires supérieures.Eugène ALLARD. L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 1099 VALERAMONE LAURIN de \\ emploi ofte dents ne jent I tement des Acer 5 les onven all ux Pe.Tear prculatioT.Sinso ne ot ges er Sle de V Aner de et Ce crite & av ditionne moteur.e me aad 0 ALERE NE ont i TOUEL J'actio edatt .ale atæg riétés T lot Fabricants et Concessionnaires ROUGIER FRÈRES, 350, rue Le Moyne, Montréal, P.Q.DERMOPHYL Le DERMOPHYL est une association d'agents antiseptiques, antipruritiques et cicatrisants, sous / leur forme la plus active, et combinés à une base e A hydrophile favorisant une meilleure absorption de ses composants.£ 7 : ® COMPOSITION PAR 100 GRMS Soufre colloidal .3 grammes el C LL ROH lg wed Réscr¢ine .©.3 \u201c : > Péroxyde de Zine .15 \u201c / \u2019 Co Oxyde de titane .3 \u201c e P atoses Baume du Pérou .3 \u201c .Conforme aux plus récentes données scienti- © pf idyriadid fiques, la pommade DERMOPHYL, outre la supériorité de son action thérapeutique, offre e S codés l'avantage d'une crème dermique qui ne tache pas et s'enlève facilement à l'eau.Elle peut donc être utilisée par tous, en tout temps, en toute e Pioriatis circonstance.ROUGIER FRÈRES, 350, ze Le Moyne, Montréal, P.Q. SOCIÉTÉS L\u2019 « Union Médicale du Canada» publie les comptes rendus scientifiques de toute société savante de langue française de l'Amérique du Nord.Ces comptes rendus doivent cependant être rédigés succinctement en dactylographie par les secrétaires respectifs et être adressés, sans retard, à la Rédaction.LA SOCIETE MEDICALE DE MONTREAL Séance du 6 avril 1943 Tenue à l'Hôtel-Dieu Présidence de M.Adélard Groulx SYMPOSIUM SUR LES TROUBLES FONCTIONNELS DU PIED Les troubles fonctionnels du pied chez l'adulte M.J.-E.SAMSON Ceux qui souffrent des pieds sont nombreux et se recrutent surtout parmi les individus que leur travail oblige à demeurer debout longtemps.Les patients viennent consulter habituellement parce qu\u2019ils souffrent, parce qu\u2019ils boîtent, parce que leurs pieds sont difformes et qu\u2019ils ont de la difficulté à se chausser.Il importe d\u2019éliminer d\u2019abord chez ceux qui se plaignent de douleurs aux pieds, les affections organiques d\u2019ordre circulatoire, nerveux ou post-trauma- tique.Les déformations du pied sont variées.M.Samson les illustre par des photographies.Il y a, parmi les plus fréquentes, le varus équin, le pied creux, le pied talus et surtout le pied plat.Ce dernier peut être souple et les ennuis qu\u2019il provoque disparaissent avec le massage, la gymnastique, l\u2019hydrothérapie et une correction adéquate.Le pied plat rigide appartient à la chirurgie qui devra défaire les adhérences, immobiliser le pied en flexion dans un appareil plâtré pendant 1 mois et faire subir ensuite à la chaussure la correction voulue.Si l\u2019on a affaire à un pied plat antérieur, seul, avec durillons et déviation du pied, il faut remettre et maintenir le pied dans l\u2019axe en réséquant la tête des métatarsiens et en immobilisant par le plâtre.Une autre déformation courante, l\u2019hallux valgus, se traitera par l\u2019arthrodèse métatarso- phalangienne.Discussion.M.A.COUTURIER attire l\u2019attention sur les troubles fonctionnels post-traumatiques, œdème, raideur articulaire, douleur et impotence résultant souvent de la consolidation en position vicieuse qu\u2019il vaut mieux prévenir que réparer.2-0.ee Les troubles fonctionnels du pied chez l'enfant M.Raymond LARICHELLIERE Cette pathologie fonctionnelle du pied chez l\u2019enfant se résume aux troubles occasionnés par le pied plat statique, qu\u2019il faut dépister et traiter le plus tôt possible.Pour ce faire, il faut éliminer d\u2019abord les causes générales, \u2014 déficiences alimentaires, obésité, infections, éliminons les facteurs locaux, anomalies congénitales et traumatismes, et veillons surtout à apporter une bonne correction par la chaussure qui devra être de longueur et de largeur suffisantes, épousant bien la forme du pied.Il faudra, au be y v du cours de perfectionnement, 418 est, rue Sherbrooke.Droit à verser: cinq dollars.Les auditeurs recevront avant chaque leçon un plan détaillé du cours et un certificat sera décerné aux médecins qui auront régulièrement suivi cet enseignement.PROGRAMME DU COURS Lundi 4 octobre 4 h.\u2014 Ouverture du cours.\u2014 Honorable M.Henri Groulx.4 h.15.\u2014 Introduction à l\u2019étude de la pathologie respiratoire du nourrisson.\u2014 M.Paul Letondal.5 h.\u2014 Les végétations adénoïdes.\u2014 M.Philippe Panneton.Mardi 5 octobre 4 h.\u2014 Abcès rétro-pharyngien.\u2014 M.G.-E.Pouliot.5 h.\u2014 Les syndromes laryngés.\u2014 M.Henri Charbonneau.Mercredi 6 octobre 4 h.\u2014 L\u2019asthme.\u2014 M.Gérard Casgrain.5 h.\u2014 L\u2019hypertrophie du thymus et les syndromes médiastinaux.\u2014 M.Daniel Long- pré.Jeudi 7 octobre 4 h.\u2014 Les bronchites et les broncho- pneumonies aiguës.\u2014 M.Paul Letondal.5 h.\u2014 Les bronchites et les broncho- pneumonies chroniques.\u2014 La bronchiectasie.\u2014 M.Marcel Verschelden.Vendredi 8 octobre 4 h.\u2014 Les pleurésies purulentes et l\u2019abcès du poumon.\u2014 M.Georges Deshaies.5 h.\u2014 Les oto-mastoidites.\u2014 M.Philippe Panneton. A ee 5 SA % = sx js se ze $3 i AY a SR > + i Xe ERF ce i = $ w SE pe 5 88 \u20ac pe Ny Tw = si oe = SN ee = = se % JMO- i = se a = 5 se = SRE » 3 SE \u20ac SRA SH iN = a $ = NE 5 = Lo RIQUE = se A ss s si AR SES va 3 Ra se EN = GE = ee 3 SE se R ge = SX Ti ve = SE 3 +4 i .SOULAG X x i x 5 Ad SG Ele REA ERE = 1 # i > => ert FT 0 > pe 5 3 A rm = pe 3 8 i ps ta Dore x 2200 ING as Ja Zr EE Nal pi + , Ui LL ~.RT a mme i pre senten eratr perten es te apporte un soulagement dur exacerbation ¢ emiss 0 ir tes DOU périodes cn et evi I 4d u mal 110 acces explos s de l'hypertensi mala ise \u20ac er te co ieh eratrum Hae profo = incapacite i 5 = trite de so F phen 51 est re i \u20ac > 10 p ar a ogiq id i F 2 ta Os dalsseme e SSIONS % n Qevra GA Z aura to 2 nistre par O 2 sa a 2 5 = se i ous vou 2 t CA 9 Æ i id 2 # a 4 Æ 2 7 i \u201ca 7 ; 7 dé a Gir 2 4 RE d EA SEE A 72 = FA £4 ad 4 2 Jr 2 sen A 25 25 2 Frs i Zi 2 5 % GE 2 os # i i i > 6 #2 LE Le 2 Lok 2 : 27 2 5 Si Fis 57 7 i LEE i ; z a i ps 2 eo 2 x 7 7 Ti i 7 7 SE 5 Ss 5 2 yh 2 25 = : i 24 7 FA # pr 6, x as # Æ DE Vig x 5! pit i or i \u201cis: 2 GA 7.Ln CA 5 i 5 7 A AR x i 7 7 2 5h 7 \u201c 2 i Ze # 2 4 Cn 5 mé ÿ a dE, 7 py % 2027 \u2018 ¥.2 ne GE E 2e 2 2 ei Zi à 2 Gey 2 2 i 7 Fh.3 7% a i = = i a 7 4 5 i SE % 7 2 4 4 # É 7 7 2 2 5 # # ; y 2 4 5 # Zi i i i i pe 2 = 1112 Samedi 9 octobre 4 h.\u2014 Adénopathie trachéo-bronchique et tuberculose.\u2014 M.Albert Guilbeault.5 h.\u2014 Coqueluche.\u2014 M.Henri Charbon- neau.PROGRAMME DES CONFERENCES CLINIQUES Mardi 5 octobre à l'Hôpital Général de Verdun 9 h.\u2014 Séméiologie respiratoire.\u2014 Les troubles fonctionnels.\u2014 M.Paul Letondal.10 h.\u2014 Exploration radiologique.\u2014 M.Albert Jutras.11:4.\u2014 Conférence clinique.avec présentation de malades.\u2014 M.J.-P.Bombardier.Mercredi 6 octobre à l'hôpital Saint-Luc 9 h.\u2014 Séméiologie respiratoire.\u2014 Les signes physiques.\u2014 M.Paul Letondal.10 h.\u2014 Exploration endoscopique.\u2014 M.V.Latraverse.11 h.\u2014 Conférence clinique avec présentation de malades.\u2014 M.Daniel Longpré.Jeudi 7 octobre à l'hôpital du Sacré-Cœur 9 h.\u2014 Les réactions à la tuberculine.\u2014 M.Georges Manseau.10 h.\u2014 La recherche.du bacille de Koch dans le liquide gastrique.\u2014 M.Armand Frap- plier.11 h.\u2014 Conférence clinique avec présentation de malades.\u2014 M.Louis Pilon.Vendredi 8 octobre à l'hôpital Pasteur 9 h.\u2014 Thérapeutique clinique.\u2014 L\u2019alimentation et la médication interne.\u2014 M.Paul Letondal.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 10 h.\u2014 La médication externe.\u2014 M.L.-J.Gauthier.11 h.\u2014 Conférence clinique avec présentation de malades.\u2014 M.Henri Charbonneau.Samedi 9 octobre à l'hôpital Notre-Dame 9 h.\u2014 Thérapeutique clinique.\u2014 Oxygénothérapie.\u2014 Transfusion.\u2014 M.Norbert Vézina.10 h.\u2014 Les agents physiques.\u2014 M.D.Léonard.11 h.\u2014 Conférence clinique avec présentation de malades.\u2014 M.Albert Guilbeault.oe \u2014.\u2014 LE DOCTEUR GEORGES-H.BARIL Le docteur Georges-H.Baril, vice-doyen de la Faculté de Médecine de l'Université de Montréal, vient d\u2019être nommé président du « Dominion Medical Council ».NOUVELLES MILITAIRES Le Major Lucien Ostiguy, depuis 3 ans en Angleterre et ayant été attaché à la 9e Ambulance de Campagne, ayant servi également dans le Royal 22e Régiment, le Régimert des Fusiliers Mont-Royal, le Régiment de Mai- sonneuve, vient de rentrer au Canada.Le Major Paul Roger, du District militaire No 5, vient d\u2019être promu au rang de Lieute- nant-Colonel.+-+- ++ LA TUBERCULOSE, ANTICHAMBRE DE LA MORT 4,364 personnes examinées durant 218 cliniques antituberculeuses La tuberculose est le fléau des agglomérations.La façon de vivre, l\u2019alimentation et les occasions de contact sont les trois principaux facteurs à surveiller pour quiconque veut se préserver de la peste blanche.Une bonne hy- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 1113 | La thérapeutique hormonale sexuelle par excellence.OESTROFORM et EST IN B.D.HL'emploi considérable de l'Oestroform et du Progestin B.D.H., aussi bien en pratique privée que dans les centres de recherches, a clairement démontré que l\u2019administration de ces deux préparations hormonales sexuelles produit un effet spécifique dans les cas associés à l\u2019hypofonctionnement du follicule ovarien et du corps jaune respectivement.En raison de l'efficacité bien établie en clinique de I'Oestroform et du Progestin B.D.H., aussi bien que leur pureté chimique et leur standardisation précise, le praticien peut compter sur un résultat thérapeutique maximum lorsqu'ils sont administrés dans le traitement de nombreux cas pour lesquels ils sont spécifiquement indiqués.OESTROFORM, l'hormone oestrogène naturelle standardisée en unités internationales et en unités internationales benzoïques, est indiqué dans le traitement des symptômes ménopausiques, le retard de la puberté, l\u2019aménorrhée, l\u2019oligoménorrhée, la stérilité et la dysménorrhée dues à l\u2019hypoplasie utérine, le prurit et le kraurosis vulvaires.PROGESTIN B.D.H., I'hormone du corps jaune standardisée en unités internationales, est indiqué dans la menace d\u2019avortement habituel, la ménorragie et la métrorragie.Oestroform et Progestin B.D.H.sont en vente chez les principaux pharmaciens au Canada et l'on peut obtenir des détails complets en s'adressant à: THE BRITISH DRUG HOUSES (CANADA) LTD.Toronto Canada SHor/Can/439 |] 1114 giène personnelle, de l\u2019air pur, de la boñne nourriture augmentent les facultés de résistance de l\u2019organisme.Au contraire, les moindres maladies peuvent ouvrir la porte à l\u2019infection.Parce qu\u2019elles affaiblissent leurs victimes, la rougeole, la coqueluche, et la syphilis, pour n\u2019en nommer que trois, sont souvent suivies de phtisie.Prenons garde aux autres maladies contagieuses: elles diminuent la résistance et préparent le terrain.Au cours du mois de mai, le rapport des Unités sanitaires indique la découverte de 1,463 cas de maladies infectieuses dont 728 seraient restées inconnues si les cliniciens ne les avaient dépistées.Ce sont autant de fourriers de la tuberculose.Aujourd'hui on sait que les deux agents de transmission les plus dangereux de la peste blanche sont l\u2019homme et les bestiaux ; en conséquence, les hygiénistes qui veulent prévenir ce mal conseillent deux moyens au public: éviter les occasions de contagion et augmenter la résistance du corps humain par une bonne hygiène personnelle.La division de la tuberculose au ministère de la santé et du bien-être social exerce une surveillance étroite à cet égard dans la province et collabore non seulement avec les Unités sanitaires, mais avec les bureaux de santé urbains et tous les organismes.Durant le mois de mai, dans les seuls comtés pourvus d\u2019Unités sanitaires, la population a bénéficié de 218 cliniques au cours desquelles on a examiné 4,364 personnes et on leur a donné les conseils appropriés, le cas échéant.Les armes les plus efficaces contre la tuberculose sont la propreté, le soin de la santé, l\u2019air pur, la sobriété, la bonne conduite, le soleil, une alimentation saine et abondante.+ + PREPAREZ VOS ENFANTS A LA RENTREE DES CLASSES Faites immuniser vos enfants A l\u2019occasion de la prochaine rentrée des classes, les autorités du ministère provincial L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 de la santé et du bien-être social viennent de donner quelques conseils aux parents touchant les soins qu\u2019ils doivent prendre de leurs enfants à cette époque de l\u2019année.Ces sages conseils peuvent se résumer comme suit: Faites vacciner vos enfants contre la variole; Faites-les protéger contre la diphtérie; Faites-leur subir un examen chez votre médecin de famille ou à l\u2019un des différents services sociaux qui sont mis à votre disposition ; Enfin faites corriger les défauts physiques que l\u2019on trouvera.«Rien n\u2019est plus important pour les enfants, déclarent nos hygiénistes, que de surveiller étroitement leur croissance.Les parents doivent à ceux-ci tous les moyens que la science possède pour les protéger contre les maladies si fréquentes à leur âge.«Si vous voulez que vos enfants obtiennent des succès à l\u2019école ou au collège, au couvent ou dans les autres institutions où ils passeront l\u2019année, ajoutent nos hygiénistes, vous devez d\u2019abord veiller sur leur santé.Un enfant en bonne santé fait un travail magnifique.Cela lui facilite ses études.La maîtresse ou le professeur ont moins de difficulté à lui inculquer les notions du savoir.Son intelligence devient un réceptacle beaucoup plus souple et plus propre à retenir ce qu\u2019il apprend.Surveillez done la santé de vos enfants! Que de soucis vous vous épargnerez.» 6-6 ++ L'ALIMENTATION DES MERES DE FAMILLE Le premier devoir d\u2019une bonne mère, c\u2019est de mettre au monde des enfants jouissant d\u2019une santé parfaite.Un des facteurs essentiels pour obtenir pareil résultat, c\u2019est d\u2019avoir une alimentation convenable que tout médecin de famille compétent ne manque pas de prescrire à toute femme enceinte qui le consulte.Au régime alimentaire, des habitudes régulières, de l\u2019air pur et frais, un sommeil réparateur, de l\u2019exercice, une élimination régulière et le respect des règles de propreté, telles sont les prescriptions générales des L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 1115 La \u201cSUPPLAVITE\u201d\u2014 préparation plurivita- minique ayant de nombreuses indications\u2014 renferme sous forme de comprimé des quantités adéquates des vitamines les plus essentielles.La teneur de chaque comprimé correspond aux besoins quotidiens minima de l\u2019organisme tels que précisés par le Conseil de Pharmacie et de Chimie de l\u2019Association médicale américaine.De cette façon, la \u201cSupplavite\u201d fournit au patient un supplément vitaminique suffisant et bien équilibré.$ % Chaque comprimé contient: Vitamine A .5,000 unités int.VitamineD .500 unités int.Vitamine B; .333 unités int.(1 mg.) Riboflavine .2mg.Nicotinamide .10mg.VitamineC .35mg.AYERST, McKENNA & HARRISON LIMITÉE s Biologistes et Pharmaciens eo MONTREAL, CANADA 157F 1116 hygiénistes pour mener à bonne fin une grossesse heureuse.Les techniciens du ministère de la Santé et du Bien-être social de la province de Québec sont à la disposition des mères de famille et donnent fréquemment des conférences et démonstrations publiques à ce sujet.Au cours de mai, nos hygiénistes ont fait 2,031 visites pré-natales et 1,179 démonstrations à domicile.Les Unités sanitaires recommandent de suivre le Programme National de saine alimentation.Ce programme ayant été tracé par des experts en nutrition, convient parfaitement à la majorité des individus.Toutefois, la femme enceinte doit augmenter la quantité d\u2019aliments essentiels qui sont: le lait, les légumes, les fruits et les céréales entières.On pourra augmenter la consommation du lait jusqu\u2019à une pinte, en le faisant entrer dans la préparation des mets: soupes au lait, sauces au lait, desserts au lait, etc.Les légumes doivent compter deux services par jour \u2014 à part des pommes de terre dont on mangera une fois ou deux par jour, ayant soin de les faire cuire avec la pelure la plupart du temps.On donnera la préférence aux légumes jaunes, carottes, courges, navets jaunes, ainsi qu\u2019aux feuilles comestibles.Ces légumes peuvent être mangés crus en salades.Ils conservent ainsi toute leur valeur nutritive naturelle.Les fruits frais, en conserve ou secs, doivent entrer dans l\u2019alimentation quotidienne à raison de deux services au moins et l\u2019un de ces services doit être constitué de fruits citrins ou agrumes: oranges, citrons, pamplemousses, quand il est possible de s\u2019en procurer.Les tomates fraîches ou en conserves peuvent remplacer ces fruits.Afin d\u2019augmenter la consommation de fruits, on peut les prendre comme desserts.Ils sont certes plus nutritifs que la plupart des autres desserts et plus faciles de digestion que les pâtisseries.Les céréales entières doivent aussi prendre place dans l\u2019alimentation.Le Pain Vita- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 mine B approuvé Canada, par le fait qu\u2019il se rapproche davantage du pain de blé entier, doit être préféré au Pain Blanc ordinaire.Le pain de blé entier et le pain brun approuvé Canada, quand ils sont bien tolérés par le tube digestif, valent encore mieux.On devrait consommer chaque jour 4 à 6 tranches de l\u2019un de ces pains plus riches en vitamine B que le pain blanc ordinaire.En plus, afin d\u2019assurer à l\u2019organisme une quantité suffisante de cette vitamine B, il est important de consommer tous les jours un service (4 onces au moins) de ces céréales entières telles que gruau d\u2019avoine ou de blé, ou encore de ces céréales toutes prêtes à manger, mais choisissant de préférence celles qui sont à base de grains entiers.| Ajoutez à ces aliments un œuf par jour ou du moins 3 ou 4 par semaine; puis un service de viande ou de poisson par jour.Evitez les fritures, car elles pourraient vous causer des ennuis.La future maman doit éviter également les mets très épicés, les viandes faisandées et naturellement les boissons alcooliques.Faire usage de thé et de café n\u2019est pas défendu, mais avec la plus grande modération.Enfin, la future maman doit penser que les aliments ne contiennent pas de vitamine D nécessaire à la formation des os et des dents de son enfant ainsi qu\u2019à la conservation de ses propres os et de ses propres dents.C\u2019est pourquoi, en été, elle prendra des bains de soleil (toujours avec prudence) et durant l\u2019automne, l\u2019hiver et le printemps, il lui faudra prendre de l\u2019huile de foie de morue ou de flétan ou encore un substitut que son médecin pourra lui conseiller afin de ne pas manquer de cette vitamine essentielle.La future maman a donc intérêt à suivre ce programme d\u2019alimentation tout comme en temps normal et même davantage parce qu\u2019elle n\u2019est plus seule en cause, l\u2019enfant qu\u2019elle porte comptant bien sur l\u2019alimentation de sa mère pour se développer normalement et naître fort et robuste. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 1117 Nous venons de recevoir un beau témoignage de la valeur et de l'efficacité de votre appareil à rayons X portatif modèle F3, à l'épreuve des chocs, pour radiographie et fluoroscopie.Elle nous vient du garde-côtes \u2018Spencer\u2019, qui a récemment coulé un sous-marin dans le nord de l'Atlantique et capturé plus de quarante membres de son équipage.L'officier médical du cutter déclara: \u2018Plusieurs de nos hommes furent blessés par des shrapnells.Malgré que notre infirmerie soit située tout pres d'un canon de 5 pouces, dont le tir brisait toutes les ampoules électriques du voisinage, notre appareil à rayons X pour radiographie et fluoroscopie GE n'a jamais fait défaut.Il nous a permis de classer la gravité des blessures et de traiter les cas les plus graves les premiers.Tous ces hommes purent ainsi reprendre leur poste en peu de temps.\u201d Le service des garde- côtes vous félicite de l'excellence de cet appareil.| eA Vo | VICTOR X-RAY CORPORATION of CANADA, Ltd.DISTRIBUTORS FOR GENERAL (@S) ELECTRIC X-RAY CORPORATION TORONTO: 30 Bloor St.W.- VANCOUVER: Motor Trans.Bidg., 570 Dunsmuir St.MONTREAL B00 Medical Ats Buiding - WINNIPEG: Medical Arts Buiing | Mess Best Buy = Wir Savings Crrificates 2 1118 92,577 NAISSANCES DANS LA PROVINCE La santé du bébé dépend de celle de sa mère La qualité des naissances, les conditions dans lesquelles elles se produisent, les conséquences qu\u2019elles peuvent avoir sur la santé de la mère comptent au nombre des principales préoccupations des hygiénistes du ministère de la santé et du bien-être social de la province de Québec.La mère, comme l\u2019enfant, est un capital pour la nation.Il convient, par conséquent, de préserver et de protéger les femmes pour qui la maternité, en raison de leur état de santé, comporte des risques graves.Par ailleurs, il est légitime de prendre toutes les précautions que conseillent l\u2019hygiène et la médecine préventive afin de mettre au monde des sujets sains physiquement et moralement, qui seront un gain pour la société et ne représenteront pas un fardeau pour la collectivité.Le rapport démographique préliminaire de l\u2019année 1942 nous révèle qu\u2019il y a eu, durant cette période, 92,577 naissances, ce qui indique qu\u2019autant de mères ont rendu leur enfant à terme en bonnes conditions.Sans attribuer uniquement ces excellents résultats à l\u2019œuvre des hygiénistes, il est permis de dire que leur travail a joué un rôle bienfaisant.Leur propagande prévient une bonne proportion des périls de certaines maternités en conseillant les précautions appropriées; elle assure le développement normal des nouveau- nés.En présence d\u2019un tel résultat, il ne faut pas perdre de vue non plus le rôle important que joue le praticien tant par la thérapeutique directe que par les conseils distribués avant et après l\u2019accouchement.En 1942, on note une augmentation appréciable des naissances.Les chiffres préliminaires donnés plus haut dépassent tout ce que l\u2019on a enregistré à date dans notre province.Si l\u2019on en soustrait le nombre total des décès, on constate que l'accroissement naturel est de 59,152 âmes, soit un taux de 17.69.Signe évident d\u2019une physiologie normale, la bonne santé des mères influence nécessaire- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 ment celle des enfants.Un immense effort a été fait chez nous depuis 1926, en particulier, dans l\u2019intérêt de la santé publique.Grâce à la propagande des Unités sanitaires et des autres organismes, la population se montre de plus en plus disposée à tenir compte des préceptes de l\u2019hygiène et de la médecine préventive.Aussi, on constate que notre mortalité reste à peu près stationnaire.En effet, 1942 enregistre 33,425 décès.Il se fait même de grands sacrifices dans certaines familles pour assurer une bonne santé aux mères et aux nourrissons.Cela commence dès avant la naissance, comme le prouvent les 21,420 visites pré-natales faites au cours de 1942 par les infirmières visiteuses du département, les 8,918 démonstrations à domicile, les conférences mensuelles ainsi que 7,507 cliniques de puériculture au cours desquelles 522,491 enfants furent examinés.o-& ++ 750 MILLIONS DE BACILLES TUBERCULEUX Gare à la contagion de la tuberculose Médecins et hygiénistes fixent à 720 millions le nombre des bacilles émis chaque jour par certains tuberculeux très avancés.Le bacille peut pénétrer dans l\u2019organisme humain par plusieurs voies.La contamination la plus fréquente, cependant, provient, estime-t-on, de l\u2019inhalation des bacilles rejetés avec les produits d\u2019expectoration des phtisiques.En conséquence, il importe de stériliser tout ce qui provient des tuberculeux.On sait que les hygiénistes estiment que chaque quinte de toux rejette en dehors de l\u2019organisme du malade des milliers de bacilles.Qu'on songe à toutes les occasions de contagion qui existent autour des tuberculeux et l\u2019on comprendra l'importance qu\u2019il faut attacher à la prévention de la peste blanche qui emporte en moyenne, chaque année, dans notre province, 2,500 à 2,600 personnes.Grâce aux cliniques antituberculeuses, tenues régulièrement dans les différentes Unités sanitaires, il est possible d\u2019examiner chaque mois près de Te : {i ki .{ À 104 } EC [RS FA NN | il IE ! { \\ | if | À A \\ \\ ï 4 A 1 i | A y : A 5 | | | 1! | A) a [SN | A \\ A D RE [ XL) \\\\ IRE, I \\ à p a A | Da LX] N (00 A \\ en NG q N : k PR © \u20ac AN N \\ | \\ a Pa % Lan (¥ 4 \\ pg | RE (3 à N LC 3 J ON = \\ ven vt! Ny LE ax A) .q \\ À SL NS ni à Vu y) Je Nu RSS De À N ; 3 A Y\\ \\ A ee n Of tr 4 \\ Si VHS - Shs Ur EN | f Wi \\ I A) WJ NS \\ KR) i \\ | A fi IY a on AU N wr i \\ ! N PORN ; Ù \\ (ai AR! J ) 01 \u2014_\u2014 a ral \\ NS 1 N \\Y} + i 0} PERMANENT > ) \\ 3 rH RN NN N ed pad TEE \\ h) + | RD pen 8 == Sod Cored AY {| (9 [XU | Q SION \u2014 NS ne a BAL £7 Hh - a) s > JR NN A id = Ls qd Xd y | AIX À ex Ÿ - À [i a > CES dc : Td P pu NS AN Rd - pe = ed A =! \\ d'Epargne de Guerre NS NS.Li N A A 4 i ih \\ 4 \\ \\ \\ i a A) N \\ \\ Al \\) 4 À NN \\ \\ \\ \\} \\ À î A È IN ; Al ane LY N 0 = \\ À NN \\ =.| \\ , hie.Xd UNE IN x, ve = AD BR \" AN 7 NN N À Qu WY | h ; +4 NS LR A À 0 X : N UN IN NN WR \\ A À \\ \\ POUR GAGNER CETTE G WN ANY A SN \\) ALY oh Th 1 gu NA CN ih \\ ÿ \\ Achetez des Timbres et des Cert 1120 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.septembre 1943 cing mille personnes.Le cas échéant, les cliniciens leur donnent les conseils requis et dépistent de nouveaux cas.On dirige les malades vers un médecin qui recommandera l\u2019hospitalisation ou les fera suivre aux dispensaires.Au cours d'avril dernier, on a tenu 175 cliniques et visité à domicile 1,421 familles.Par ailleurs, soucieux d\u2019empêcher que les sources d'alimentation ne deviennent contaminées et ne transmettent la tuberculose aux consommateurs, le ministère de la santé et du bien-être social, par ses inspecteurs sanitaires, ct grâce à la collaboration de ses vétérinaires et des inspecteurs des autres corps publics, exerce une étroite surveillance sur les étables, les abattoirs, les boucheries et les laiteries.Ainsi, en avril dernier, nos inspecteurs sanitaires ont visité 226 boulangeries, 1,259 épiceries, 531 restaurants, 1,676 boucheries, 163 marchés publics, 33 beurreries et fromageries, 177 laiteries publiques, 191 usines de pasteurisation, 983 vacheries et laiteries du producteur.Au cours de leurs inspections, ils ont confisqué 11,393 livres d\u2019aliments impropres à la consommation.On serait reconnaissant à ceux qui voudraient bien disposer, en faveur de la bibliothèque du Service de la Santé, de numéros de \u2018L'Union Médicale du Canada\u201d antérieurs à 1913.S.V.P.communiquer avec le Dr Adélard Groulx.PLateau 6111.+ + RADIOLOGISTE DEMANDÉ avec expérience de Curiethérapie, pour un hôpital de 400 lits.Salaire: $8,.039.0N à $9,000.00.Prière de s'adresser à la Révérende Sœur Supérieure, hôpital Général d'Ottawa.reste toujours un médicament de choix pour le traitement scientifique de la .COQUELUCHE .Le Pavéral est journellement prescrit avec succès pour les cas de coquelucte et des toux Coqueluchoïdes \u2014 Ne cause ni intolérance, ni complication.e Littérature sur demande.J L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 1121 BIS KAM OIL Hyperchlorhydrie \u2014 Affections de l\u2019estomac.1 à 3 cuillerées de poudre délayées dans de l'eau froide.TREPHONYL du Dr Roussel (Hemostyl et extrait de foie) Anéêmies.Déficiences organiques.1 ampoule dans 44 de verre d'eau par jour de préférence avant les repas de midi.TAXOL Rééducateur physiologique de l\u2019intestin.2 à 4 comprimés avant le repas du soir.(Dose moy.2 comprimés.) NEURIN ASE Sédatif et hypnotique sans accoutumance.1 à 2 tablettes au coucher.ALEPSAL Epilepsie.Convulsions (Non dépressif).Comprimés dosés à 0 Gr.015 et à O Gr.10.INOTYOL Affections de la peau.Démangeaisons.Brûlures.Applications journalières.PLURIGLANDINE Extrait opothérapique total.Déficiences organiques.2 à 4 dragées glutinisées par jour.VEINATONE Affections veineuses.2 à 4 dragées glutinisées par jour.ARTICHOBYL Maladie du foie.(Action très douce.) 4 à 10 pilules à intervalles réguliers.J.EDDÉ Limitée Edifice New Birks, MONTRÉAL 1122 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 \u2019 Librairie BEAUCHEMIN Limitée EDITIONS BEAUCHEMIN A, de Saint-Exupéry LE PETIT PRINCE .Geneviève de la Tour Fondue RETOUR A IA VIGIE .Alain-Fournier LE GRAND MEAULNES .René Bazin MAGNIFICAT.« .+ + + + © Madeleine d\u2019Angreville LADY FLORENCE .Oscar Masse LA CONSCIENCE DE PIERRE LAUBIER Solange Chaput-Rolland FUMEES .+ + + + + + o o « = Léon Chancerel LES JEUX DRAMATIQUES .Maurice Bedel GEOGRAPHIE DE MILLE HECTARES .Mrs.James Roosevelt MON FILS FRANKLIN .C.-V.Johnson A TRAVERS LE TEMPS ET L'ESPACE .Fernand Rinfret PENSEES ET SOUVENIRS .Jean Bruchesi HISTOIRE DU CANADA POUR TOUS, 2 vol.Léon Marchal VILLE-MARIE.Les origines de Montréal .Mgr Camille Roy DU FLEUVE AUX OCEANS Emile Lengyel DAKAR.+ + + + + + + + + Elie-J.Bois LE MALHEUR DE LA FRANCE .Léon Marchal DE PETAIN A LAVAL .+ .© Général Eon LA BATAILLE DES FLANDRES.Emile Vaillancourt LE CANADA ET LES NATIONS UNIES .Arthur Maheux POURQUOI SOMMES-NOUS DIVISES?.Joseph Léolit LA CROIX FAIENNE.o = Joseph Ledit POLITIQUE ET EDUCATION .Abbé Charles Journet VUES CHRETIENNES SUR LA POLITIQUE Abbé Louis Bouhier, p.s.s.MADAME BRAULT, une mystique canadienne Abbé Paul Lachapelle PSYCHIATRIE PASTORALE .Gabrielle Carrière COMMENT GAGNER SA VIE .R.P.Adrien Malo LA BOITE AUX QUESTIONS .R.P.Denis PRIERES DE SAINTE GERTRUDE .$2.00 $1.00 $1.25 $1.25 $1.50 $0.75 $1.00 $0.76 $0.76 $1.25 $1.25 $1.50 $2.50 $1.25 $1.00 $1.50 $2.25 $1.50 $1.00 $0.75 $1.00 $1.00 $1.25 $1.00 $1.25 $1.25 41.00 $0.75 $1.00 430, rue St-Gabriel, Montréal 1123 L'UN \\10N MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 RN A S S S oN A a NN = = a 3 RR = a S NR NN RN RN NR \u20ac = = ND R sn = x DY DR Rs WN The = = 3 NS Th NE a.= .%.$ nN NI + vos SN 3 e 5 $ RX Se se .5 = = = 2 5 3 i i S = 5 $ se 3 A XX = ax Ni sate 3H REE ig J Se = = 3 ï = 3 3 i i 5, 2 HN BY = = S FR NE eS & NS = 3 + £ 3% = = 2 WN $ HR SN = ox A ne $ Es = aan = $e Se $ 3 = : = 2 Se Ne i = = S «x a NN ve RX = \" = = = > ad S ND Wh A NG + a a oF = a 33 = = 3 = Si - iS + = = GN = = SE x = 8 = S = Sa .3 EN A Sa = = aN WN se x RW S = = a & WN = = = iD Ses = SW a : 7: 55 = 8 ce = > = > RS = a = SN SN NE 5 .- £3 SS = = SR oN % a = Nl 5 5 £ S 3 NS SE = Ë $ SR 2 x Se a wil SB = | 3 .= \u20ac = = $ in Es 3 ES > S S.i SE 0 2 ; = Te \u20ac Ss s5 i = = § bl 9 SAR 5 4 i = 5 5 5 sat a ie Se | ss = ann \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 20 Te ee a % i : E A DOSÉES à p.100 BDOM R © 7 2 Ë a 47 23 hE æ 5, HY SULFE EME x \u201d ie Pi REGU RISE ÉQUILIB ERV U Æ 4 Zi $7 er ea Ze 2 7 Cr RR bg Z a pi i Ge EF IE i Hn: 5 5 A Hs Ait: te.= ce SOCIÉTÉ : D'EXPANSION PHARMACEUTIQUE INC.LA 1 (LLY \u2014 MONTRÉAL \u2014 Ld LV) (en > Te 7 N S N \\ NN N \\ .æ\u2014_\u2014#À__\u2014_\u2014 \u2014 _M_\u2014rr\u2014-x\u2014_RrRA_veeer COLLYRE ISOTONIQUE STABILISE Préparation sûre, commode, approuvée par un grand nombre de médecins, beaucoup employée sous les conditions rigoureuses qui existent dans les industries de guerre.Il est bien reconnu que les propriétés astringentes et toniques de la berberine et de l\u2019hydrastime exercent une action bienfaisante sur les délicates membranes muqueuses des yeux, du canal lacrymal et des voies nasales.Ce collyre contient de la berbe- rine et de l\u2019hydrastine sous forme de chlorhydrates; il a été créé par des oculistes à l\u2019usage de l\u2019hôpital et du foyer.Depuis longtemps cette préparation s\u2019est montrée très efficace dans le traitement des affections oculaires ordinaires.Cependant, depuis le début de la guerre, ce collyre a donné des résultats appréciables dans les postes de premiers soins et les hôpitaux de plusieurs industries de guerre, d\u2019un océan à l\u2019autre, au Canada et aux Etats-Unis.MURINE, dont le nom provient de la MURiate de berberINE, offre au médecin un collyre isotonique tamponné adoucissant dont l\u2019action est légèrement antiseptique.il coopère aux fonctions normales des glandes lacrymales sans provoquer la moindre irritation.MURINE a une pression osmotique identique à celle des larmes.elle est modérément alcaline.\u2026 peu astringente\u2026 elle aide à nettoyer le canal lacrymal de toutes les sécrétions albumineuses, et elle soulage l\u2019inflammation causée par l\u2019irritation ou la simple conjonctivite.Littérature descriptive sur demande.THE MURINE COMPANY TORONTO, ONTARIO \\ INGRÉDIENTS Bicarbonate de potassium.Borate de potassium.Acide borique Chlorhydrate de berbérine Glycérine Chlorhydrate d\u2019hydrastine Eau stérilisée.\u201cMerthiolate\u2019\u2019 (Ethyle mer- curethiosalicylate de soude, Lilly) .001%.Remarquez que l\u2019action libre du potassium et acide borique sont maintenus dans la lotion présentée HE / Contient à l\u2019once: Chlorure de thiamine (vitamine B,) 1500 unités internationales Riboflavine (vitamine B.) 1875 gammas (750 unités Bourquin-Sherman) Extrait de foie concentré .84 grains Sérum frais de cheval 40 gouttes Hémoglobine .6 grains Glycérophosphate de soude .4 grains Peptone ee 0 Q.S.POSOLOGIE: wne cuillerée à thé a prendre dans un peu d\u2019eau au repas.ANÉMIES SYMPTOMATIQUES CROISSANCE DIFFICILE AMAIGRISSEMENT PERTE D'APPÉTIT 0-VIT( OL ABORATOIRE MAROIS MONTRÉAL 7 er [= Ce rw ANT UN S 3 S = NR S S WN WN NN NS ENRAYEZ LA PHTIRIASE occasionnée par les poux de tête, les poux de corps et les poux du pubis avec CUPREX - Un produit Merck Une application suffit habituellement pour détruire les poux, les lentes et les œufs.Non collant.Aucune odeur désagréable.En vente dans toutes les pharmacies.7 MERCK & CO., LIMITED, MONTREAL J-O.GIROUX OPTICIEN Membre diplômé de 'A.E.P.O.de Paris LUNETTES, LORGNONS VERRES OPHTALMIQUES Assisté de MM.A.PHILIE A.ALLAIRE G.LAURIER Supuis Sreres MONTREAL Les régimes d\u2019épreuve démontrent l\u2019efficacité laxative du ALL-BRAN KELLOGG Pour s'assurer, du point théorique, si d'égales quantités de substance fibreuse, provenant de sources différentes, produiraient des résultats identiques, on soumit un groupe d'étudiants en médecine d\u2019une importante université à un régime d'épreuve exempt de substance fibreuse.On y ajouta ensuite une égale quantité de substance fibreuse, mesurée conformément aux tableaux que donnent les manuels de nutrition, puis on compara les effets laxatifs.Comme on le prévoyait, l'effet laxatif fut quelque peu différent chez les divers sujets, vu la diversité d'organisme d'un individu à l'autre.Mais, on remarqua des différences appréciables dans la digestibilité de la substance fibreuse provenant de sources naturelles diverses, soumises « l'épreuve.L'expérience a démontré que la substance fibreuse du chou et du ALL-BRAN KELLOGG avait une action uniforme.Le chou et le ALL-BRAN s'avèrent très efficaces pour former le volume nécessaire et ils possèdent des effets laxatifs bienfaisants.Les fruits et certains légumes donnent des effets inconstants et moins marqués.ÀA noter, cependant, que même le chou, en raison de diverses méthodes de préparation, peut varier dans son efficacité.Mais le ALL-BRAN KELLOGG, céréale uniformément préparée, a une teneur en substance fibreuse pour ainsi dire constante et, par conséquent, son action laxative est sûre.Des études publiées sur le relâchement intestinal sont à la disposition des médecins et autres personnes intéressées.Ecrivez à: KELLOGG COMPANY OF CANADA, LIMITED LONDON, CANADA 1126 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 Il est étonnant de voir ce qu\u2019un SUPPORT SPENCER peut faire pour les TRAVAILLEURS DE GUERRE Le support Spencer relève le bas abdomen, soutient de façon reposante le dos fatigué et douloureux, puis il améliore l'attitude.Tous ces avantages se liguent pour parer à la fatigue ou la soulager.Le support et la rectification de l'attitude qu'apporte le Spencer aident aussi à diminuer et à prévenir la fatigue des pieds.Comme les pieds font partie de la struc- ture du corps affectant l'attitude, ils ne peuvent subir un changement avantageux sans que toute la structure qui touche l'attitude reçoive une transformation harmonieuse.L E contrôle rigoureux exercé au laboratoire prévient l\u2019accumulation d\u2019alcalis ou d\u2019acides gras non combinés dans le savon Baby\u2019s Own.Ce savon ne contient aucune teinture Les supports Spencer s'en- ni parfum violent.Exceptionnellement filent et s'ajustent en un clin d'œil.Ils se lavent facilement, sont légers, flexibles et confortables.Si vous désirez du service, doux, il possède les propriétés rafrai- chissantes de la lanoline.Fait des meilleurs et des plus purs ingrédients, spécialement pour les bébés, le savon Baby\u2019s Own jouit de consultez le bottin du téléphone, sous la rubrique \u2018\u2019Corsetière Spencer\u201d, ou écri- vez-nous directement.la confiance des mamans, qui l\u2019emploient depuis des générations.Vous pouvez recommander en toute confiance le populaire savon Baby\u2019s Own, le talc et I'huile Baby\u2019s Own, a cause de leur pureté.Supports pour l\u2019abdomen, le dos et les seins dessinés individuellement par S P E N C E R SPENCER SUPPORTS (CANADA) LIMITED, Rock Island, Québec.Nous permet- Aux Etats-Unis: 137, avenue Derby, trez-vous de New Haven, Connecticut.vous adresser En Grande-Bretagne: Spencer (Banbury) Limited, une brochure ?Banbury, Oxon, Angleterre.Veuillez m'adresser la brochure « Comment les supports Spencer secondent le traitement du médecin ».PRODUITS 7 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, septembre 1943 1127 DEPUIS PRÈS D'UN DEMI-SIECLE Toujours le même but: RÉDUIRE LE TAUX DE LA MORTALITÉ INFANTILE Par la Qualité de nos Produits Une thérapeutique efficace pour.[ Otite Moyenne DOIT ÊTRE ANALGÉSIQUE - BACTÉRICIDE et PRODUIRE la DÉSHYDRATATION des TISSUS \u201coralgan THE DOHOW CHEMICAL COMPANY, LTD.Montréal \u2014 New-York \u2014 London \u2014 mr AMherst 8900-3733 MONTY, GAGNON & MONTY Ambulances de luxe, chauffées # e Transport des malades à la ville et & la campagne.Service prompt et sûr.Pompes funèbres ® Salons mortuaires Salons mortuaires: rs Te Plessis.Ambulanciers de l'Hôpital Notre-Dame TABLE DES ANNONCEURS Pages Abbott Laboratoires Ltée (Nembutal) .- - - 40 American Can Co.(Préservatifs) .30 Anglo-French Drug Cie (Cortunon) .1101 Ayerst, McKenna & Harrison Ltée (Alphamin) .2 Ayerst, McKenna & Harrison Ltée (3 produits contre la coqueluche) .- - - Cee 1 Ayerst, McKenna & Harrison Ltée (Supplavite) .1115 .1126 Baby's Own British Drug Houses (Canada) Lid., The (Oestrotorm et Progestin B.D.H.) 1113 Canada Drug Co., Lid.(Pavérdl) .1120 Casgrain & Chorbonneau, Ltée (Asthmagyl) 21 Casgrain & Charbonneau, Ltée (Sulphobyl) - - - 23 Ciba Compagnie Limitée (Lutocyline, Lutocylol, Mé- tandrène, Pérandren, Ampoules de Coramine, Comprimés de Digifoline, - - 20 Collège Royal des Médecins et Chirurgions du Canada - - 34 Denver Chemical Mansfocturing Company.The (Ga- latest) .7 Dohow Chemical Comparnz.Ltd.\u2018(Auralçan) .1127 Eddé, J., Ltée (Bis Kam Oil) \u2014 (Trephonyl du Dr Rous- sel) \u2014 (Taxol) \u2014 (Neurinase) \u2014 (Alepsal) \u2014 (Ino- tyol) \u2014 (Pluriglandine) \u2014 (Veinatone) \u2014 (Artichobyl) 1121 Eu Lilly and Company (Canada) Ltd.lère page de la couverture Frosst, Charles E.& Co.(Tonique NCF) .17 Giroux, J.-O.(Opticien) .1125 Gouvernement de la Province de Québec, Ministère de la Santé et du Bien-Etre Social (Solidarité des Médecins et des démographes) - + + +++\" 24 Herdt & Charton, Inc.(Uroprazine, Calcoléol, Trical- cine, Véinotrope, Peptalmine) .1105 Herdt & Charton, Inc.(Vératrite) .1111 Hoffmann-La Roche (Syntrogel) .- - - .37 J.J.Joubert Limitée (Produits) .1127 Kellogg Company of Canada, Ltd.(All-Bran) - .1125 Laboratoires DesBergers-Bismol (Oestrilin) \u2014 (Proges- tilin) - ce eee .4e p.de la couv.Laboratoires Jean Olive (Lantol) \u2014 (Argédrine) .26 Laboratoire Marois (Hemo-Vitol) - .1124 Laboratoires Poulenc Frères (Myochrysine) 2e p.de la couv.Lederle Laboratoires, Inc.(Solution concentrée d'Extrait Hépatique 1 cc.) - + .+ ~~ + =.9 Librairie Beauchemin Ltée .1122 Mead Johnson & Co.of Canada Ltd.(Dextri-Maltose) .19 Merck & Co., Ltd.(Pyridium) .+ + + + + + 5 Merck & Co.Ltd.(Tryparsamide) .- .33 Merck & Co.Ltd.(Cuprex) +2 ++ - 1125 Millet, Roux & Cie, Ltée (Sédantyl) .- - .ll Monty, Gagnon et Monty - .1127 Murine Co.(Collyre isotonique stabilisé) .1124 Merrell Company, The Wm.S.(Hexestrol Merrell) .36 Parke, Davis & Compagnie (\"Kapseals\u201d Digifortis) .28 Pharmacie d'ordonnances Arthur Hirbour, Le .4 Rougier Frères (Bes-Min) .+ .+ .3 Rougier Frères (Valéramone) \u2014 (Dermophyl) 1099 Sanatorium de Blois (47e année d'existence) .32 Sanatorium Prévost Inc.22 Ty Pages Schering Corporation Limited (Pour gagner cette guerre) .- 1119 Shuttleworth E.B.Chemical Co.Ltd.(Viplex) - .1107 Smith & Nephew Ltd.(Cellona) .- 35 Société d\u2019Expansion Pharmaceutique Inc.Giyposu fène) \u2014 (Jabosulfène) .1123 Spencer Corsets (Canada) Ltd.(Supports - Abdomen Dos - Seins) - .1126 Squibb, E.R.& Sons of Canada, Lid.(Sulmefrin) .1109 Stearns & Company of Canada Ltd., Frederick (Neo- Synephrin) .27 | Usines Chimiques du Canada Inc.(Tre rois Points) - 3e page de la couverture Victor X- Ray Corporation oi Canada, Lid.1117 Vinant Limitée (Pipérazine effervescente Midy, Thio- dérazine Midy, Thiodacaïne Midy, Sympthyl) - - 13 Vinant Limitée (Gélogastrine Licardy) \u2014 (Liqueur Laville) - .Lo 15 Waterbury Chemical Company.Ltd, (Lorate) .1103 White Laboratories Lid.(Dillard's Aspergum) .- 25 Whitlow, Fred.J.& Co.Lid.(Clinitest) .31 Winthrop Chemical Co., Inc.(Drisdol) .29 Wyeth & Bro., (Canada) Lid., John (B-Plex) 38-39 Wyeth & Bro., (Canada) Ltd.John (Kaomagma pour | la diarrhée .1120-1128 Librairie Beauchemin Limitée."]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.