L'union médicale du Canada, 1 novembre 1943, Novembre
[" IN MEMORIAM ee J.-ALFRED MOUSSEAU 1888-1943 Les Mousseaux \u2014 leur nom s\u2019écrivait alors Marie le 16 septembre 1658.Il s\u2019agit donc là avec un «x» \u2014 sont originaires de la Lorrai- d\u2019une de nos vieilles familles canadiennes- ne.Le premier ancêtre venu au Canada, françaises.Jacques, était natif d\u2019Azay-le-Rideau, situé, Un trait particulier à cette famille, c\u2019est la comme on sait, sur la Loire.Son mariage à conservation, de père en fils, de l\u2019initiale « J.».Marguerite Sauriot est enregistré à Ville- L'ancien premier ministre de la province de 1244 Québec, en 1882, signait J.-Alfred Mousseau.C\u2019était le frère du docteur J.-Octave Mous- seau, qui pratiquait à Saint-Polycarpe, et qui est le père de notre collègue 4 Un autre fils, avocat, signe J.-O.Mousseau, comme son père.C\u2019est ainsi qu\u2019on voit se perpétuer, chez certaines de nos familles canadiennes, une sorte de dynastie nominale.Un autre exemple, bien connu à la Faculté, est celui des René de Cotret.Né à Saint-Polycarpe en 1888, le professeur J.-Alfred Mousseau y recut son instruction primaire; puis, il fit ses études secondaires au séminaire de Valleyfield, qui lui conféra le titre universitaire de bachelier ès arts en 1909.Il s\u2019inscrivit alors à l\u2019Université Laval de Montréal, dont il reçut le titre de docteur en médecine en 1913, après un an d\u2019internat à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.Puis 11 exerca sa profession pendant huit à dix ans, épousa, durant cette période, sa femme, née Théoret, personne d\u2019une intelligence cultivée et d\u2019un dévouement à toute épreuve.Vers 1923, le ménage s\u2019installa à Paris pour un séjour de plusieurs années; le mari obtint le titre de docteur en médecine de l\u2019Université de Paris en 1926, puis revint s\u2019installer définitivement à Montréal.Il s\u2019était, durant son séjour à Paris, spécialisé dans les maladies du tube digestif, sous la direction des professeurs Lenoir et Benzaude.À cette époque, j'étais encore chef de service à Notre-Dame et j'avais été heureux de faire nommer J.-Alfred Mousseau assistant à la clinique médicale en 1928, et assistant du service en 1929.Trois ans plus tard, en 1932, le docteur Mousseau, après la soutenance d\u2019une thèse d\u2019agrégation remarquée, devint agrégé à l\u2019Université de Montréal; il fut ensuite chargé, pendant six ans, de 1933 à 1939, des leçons de gastro-entérologie du cours de médecine dirigé par le professeur Léger.La Faculté le chargea ensuite, en 1940, de donner le cours de matière médicale et de thérapeutique, cours dont il devint titulaire en 1942.Ce ne fut pas pour très longtemps, malheureusement, puis- qu\u2019il devait mourir le 15 septembre 1943.C\u2019est ainsi que souvent la vie nous traite: L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 elle nous enlève, au moment culminant de notre carrière, les joies sur lesquelles nous avions le droit de compter.J.-Alfred Mous- seau avait été heureux, en 1940, de trouver à son ancien hôpital de l\u2019Hôtel-Dieu, auprès de son grand ami Mercier, et de son collègue Pepin, la paix, la tranquillité et la sécurité qui convenaient à son âge et à son tempérament.Il avait été président de la Société Médicale de Montréal; il faisait partie du comité de direction de l\u2019Union Médicale; il était membre du Collège Royal des médecins et chirurgiens du Canada, membre de la Société Internationale de gastro-entérologie, membre fondateur de la Société de gastro-entérologie de Montréal et il était entré, l\u2019année dernière, au conseil de notre Faculté.Sa carrière était donc bien remplie; parvenu au sommet de sa profession, ayant à ses côtés des amis qui l\u2019estimaient, il avait donc toutes les raisons d\u2019être heureux.Mais c\u2019est précisément à ce moment qu\u2019une maladie grave et qui ne pardonne pas s\u2019était annoncée par des signes que sa perspicacité fut prompte à reconnaître.Il l\u2019accueillit avec une simplicité et une grandeur stoïques, cachant d\u2019abord son mal pour ne pas peiner son entourage, puis, ne pouvant plus dissimuler, admettant avec un calme souriant que la mort le suivait de près.C\u2019est dix jours à peine avant sa mort, après une dernière leçon professée à l\u2019Université, qu\u2019il disait à son collègue Sanche, récemment nommé au Conseil: « Ne cherchez pas une toge, bientôt vous pourrez avoir la mienne ».Quelques-uns, parmi nous, trouvaient que Mousseau, au milieu des plus jeunes, avec ses cheveux gris, détonnait un peu.C\u2019était le mal juger.Mousseau grisonnant était demeuré jeune de cœur, même si ce cœur était malade, jeune d\u2019esprit et tout à fait moderne dans sa science.C\u2019était aussi un gentilhomme et un caractère droit.Tous les professeurs de la Faculté ont estimé ce confrère et tous s\u2019inclinent avec respect devant la tombe de cet homme de bien.E.-P.BENOIT, Secrétaire de la Faculté de Médecine, Université de Montréal. LES INDICATIONS DES INFILTRATIONS ANESTHÉSIQUES DES GANGLIONS SYMPATHIQUES DANS LES SEQUELLES DES TRAUMATISMES Par Fr.BRATEK-KOZLOWSKI, Capitaine-chirurgien, Corps médical de l\u2019Armée Royale Canadienne, Hôpital militaire, Camp Borden.Au cours de cette guerre, nous avons obtenu des résultats remarquables par infiltrations anesthésiques des ganglions sympathiques dans les séquelles des traumatismes des membres et des nerfs.Dans le traitement des séquelles de plaies osseuses, articulaires ou musculo-tendineuses, quand il existe des raideurs articulaires, des œdèmes, des troubles vaso-moteurs ou trophiques importants, l\u2019infiltration anesthésique a une action étonnante; mais ce qui est plus étonnant encore, c\u2019est l\u2019action de cette thérapeutique sur les séquelles des plaies des nerfs.Dans certaines formes cliniques des sections nerveuses, telles que les formes douloureuses, avec algies à topographie sympathique et cau- salgies, avec œdème, cyanose et sudation des extrémités, dans certaines formes avec hypotonie marquée, l\u2019infiltration sympathique a une efficacité thérapeutique extraordinaire.Elle calme instantanément les douleurs.Elle peut même permettre le retour en quelques minutes de la motilité volontaire dans le territoire des muscles paralysés.Leriche et Hertz avaient déjà remarqué, en 1917, le rôle du sympathique, dans la contraction volontaire des muscles paralysés.La guerre a donné l\u2019occasion de vérifier leurs observations.La technique de l\u2019infiltration des ganglions sympathiques est simple; on donne maintenant la préférence à la voie postérieure mise au point par Demarez.Ceci ne veut pas dire que l\u2019abord chirurgical de l\u2019étoile doive emprunter cette voie.Salmon et Grisoli, qui ont soigneusement étudié sur le cadavre l\u2019accès du ganglion étoilé par la voie postérieure, nous ont montré les obstacles qui peuvent se présenter sur la route du chirurgien.Quelle que soit la forme du cou, le ganglion est très profond.Les muscles, très vascularisés, sont génants.La barrière osseuse qui protège le ganglion peut l\u2019être davantage encore, et il n\u2019est peut-être pas sans danger de réséquer l\u2019apophyse transverse de la première dorsale et la partie postérieure de la première côte à travers une voie d\u2019accès étroite et malaisée.BLESSÉS DES NERFS, Les blessés des nerfs sont très fréquents pendant la guerre.Le service de santé ne peut qu\u2019exceptionnellement s\u2019intéresser vraiment aux plaies des nerfs pour en faire le nettoyage et la suture immédiats.À vrai dire, en dehors de quelques cas où la plaie nerveuse est accompagnée de lésions vasculaires ou de délabrement osseux, la majorité des blessures des membres ne compromettant pas la vie du blessé, ne reçoivent aucun traitement chirurgical d\u2019urgence.De relais en relais sanitaires, ces plaies, qui pour la plupart sent des sétons, se cicatrisent spontanément après une courte période de suppuration.Nos traitements ont eu ce caractère particulier de porter uniquement sur des séquelles déjà anciennes de traumatismes nerveux qui, pour la plupart, n\u2019avaient subi aucun traitement et remontaient déjà à six mois, au moins.Les lésions nerveuses sont deux fois plus fréquentes aux membres supérieurs qu\u2019aux membres inférieurs.Elles sont, dans les trois quarts des cas, dues à des éclats de bombes d\u2019avions ou d\u2019obus.Dans un quart des cas seulement, elles sont la conséquence de plaies par balles ou par éclats de grenades. 1246 La position du soldat qui plonge à terre, sur le côté droit, ou qui se plaque face à un mur au moment de sa blessure, permet de comprendre pourquoi, dans les trois quarts des cas, le côté gauche a été lésé et pourquoi l\u2019orifice d\u2019entrée du projectile siège le plus souvent sur la face postérieure du corps.Immédiatement après la blessure, la paralysie complète est acquise.| Nous savons observé 11 cas de blessures intéressant les nerfs des membres.Parmi ces blessés, 7 ont reçu un traitement chirurgical: a) Interruptions nerveuses anciennes par compression intraneurale: quatre cas, soit: deux paralysies du médian, une paralysie cu- bitale et une paralysie sciatique; b) Interruptions nerveuses anciennes par compression extraneurale: trois cas, soit: une paralysie radiale, une paralysie du plexus brachial et une paralysie du nerf sciatique poplité externe; c) Interruption nerveuse due à une dilacération par un corps étranger encore inclus dans le nerf: un cas: une paralysie radiale; d) Interruption nerveuse par section anatomique complète du nerf: un cas: section du tronc du nerf sciatique.C\u2019est grâce à la thérapeutique combinée effectuée sur nos blessés des nerfs que nous avons obtenu des résultats excellents; par libération, résection partielle de cicatrices, infiltrations de l\u2019étoilé et des ganglions lombaires, bains chauds, ondes courtes et massages, etc.\u201cVoici le résultat des traitements des séquelles des nerfs: 2 paralysies radiales: guéries; 2 paralysies du médian: 1 guérison et 1 amélioration ; 1 paralysie cubitale: guérison; 2 paralysies sciatiques: 1 poplité externe: guérison ; 1 poplité interne: résultat nul; 1 paralysie du plexus - brachial: amélioration.L'UNION MÉDICALE DU CANADA - \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 Dans cet exposé, nous avons surtout tenu à établir le rôle utile que la neuro-chirurgie conserve vis-à-vis des séquelles éloignées des plaies nerveuses et le rôle des infiltrations sympathiques, sur les douleurs, les troubles trophiques, les contractures spasmodiques, les accidents vaso-moteurs et surtout les troubles moteurs et sensitifs.L\u2019exploration galvanique et faradique montrait, chez ces blessés, l\u2019intégrité des nerfs principaux des membres.L\u2019oscillométrie indiquait une insuffisance circulatoire du membre atteint.La ramisection temporaire réalisée par l\u2019infiltration anesthésique du ganglion stellaire a des effets et des répercussions considérables dont nous n\u2019apercevrons peut-être que les plus grossières, surtout quand nous les attendons, en l\u2019espèce celles touchant la vaso-motricité.Impotence douloureuse avec rétraction des fléchisseurs par plaies en séton du membre supérieur, soignée par infiltration anesthésique du ganglion stellaire.Observations.1) Soldat Pierre, blessé le 11 mai 1940, par une balle ayant traversé en séton l\u2019espace interosseux de l\u2019avant-bras gauche en causant un délabrement musculaire.À son entrée dans notre service, nous constatons que les doigts du patient sont fléchis en crochets irréductibles.Le redressement est très douloureux.Insensibilité absolue de la main et des doigts à la piqûre.La main est froide, le pouls radial nettement diminué.Différence dans l\u2019oscillo- métrie comparée des deux avant-bras; à gauche: 3.5, à droite: 4.5.On installe une extension continue sur les doigts par une anse métallique incorporée dans un collier plâtré antibrachial.En même temps, injection de 15 c.c.sol.de Novocaïne (sans adrénaline) dans le ganglion étoilé.Syndrome de Claude Bernard-Horner très net après huit minutes.Six heures après, le soldat perçoit le contact cutané.La main est chaude, les doigts se meuvent légèrement.Tous les jours, on enlève BRATEK-KOZLOWSKI: l\u2019extension continue pour une heure, pour faire fonctionner les doigts.Les doigts restent spontanément en extension, se fléchissent facilement jusqu\u2019à mi-distance de la paume de la main.La sensibilité est partout normale.L\u2019extension est supprimée le huitième jour.2) Un civil, S., blessé par un éclat de bombe et amputé de la cuisse gauche, se plaint de douleurs névralgiques dans son moignon de type tronculaire.La douleur est insupportable et le sujet ne peut plus dormir.L\u2019examen montre une cicatrice irrégulière.Le moindre contact est très douloureux.Il a épuisé toute la thérapeutique connue: Dial, Gardénal, morphine, Pantopon.Nous infiltrons la cicatrice à la Novocaïne et obtenons la cessation des douleurs pendant trois heures.Deux jours après l\u2019infiltration lombaire, la douleur disparaît complètement et n\u2019a jamais réapparu.Le blessé dort la nuit et reprend une vie normale.Cette observation, malgré le bon résultat obtenu, ne doit pas faire admettre sans réserve que l\u2019infiltration sympathique au niveau de la chaîne lombaire est suffisante pour faire disparaître la plupart des algies des amputés, car nous avons personnellement eu plusieurs échecs nécessitant une nouvelle intervention.Il semble que, dans une affection tenace, les indications de l\u2019infiltration lombaire ou du ganglion étoilé comme thérapeutique isolée soient relativement restreintes.Les succès qu\u2019elles nous donnent sont souvent trop passagers.Quelques cas paraissent plaider en faveur de la méthode.Lorsqu\u2019elle a soulagé l\u2019amputé, elle permet d\u2019envisager avec confiance le traitement définitif par la section des ganglions sympathiques ou des rameaux communicants.Les infiltrations lombaires recommandées par Leriche ont une action indis- eutable sur la douleur des amputés; presque toujours, les douleurs disparaissent pendant un certain temps, mais malheureusement celles-ci reviennent souvent assez vite, et plusieurs infiltrations ne les font pas toujours disparaître définitivement.INFILTRATIONS DU SYMPATHIQUE 1247 SYNDROME DE VOLKMAN.Syndrome de Volkman traité par des anesthésies répétées du ganglion stellaire.Funck-Brentano et Heff mettent en valeur le rôle du spasme des artérioles précapillaires, avec stase dans les capillaires et veinules post- capillaires dilatées, dans la production de la nécrose musculaire qui caractérise le syndrome de Volkman.Ils ont pratiqué la sympathee- tomie péri-humérale chez un garçon de 9 ans qui avait été atteint de fracture supracondy- lienne de l\u2019humérus à grand déplacement, et avec un résultat favorable.Observation.Léon, âgé de 15 ans, est hospitalisé en août 1940, à l\u2019hôpital semi-militaire de Son- vain, pour fracture supracondylienne du bras gauche.La main a été immobilisée dans un appareil plâtré circulaire par un médecin de campagne.Le malade ne dort pas depuis trois jours, la main lui fait très mal.Ablation immédiate de la gouttière plâtrée: le coude et l\u2019avant-bras sont gonflés.Les téguments sont blanchâtres avec quelques trai- nées livides.Quelques phlyctènes sont visibles dans le pli du coude et sur la face antérieure de l\u2019avant-bras.La main et l\u2019avant-bras sont froids et insensibles dans tous les territoires nerveux: médian, cubital, radial.Les doigts sont en demi-flexion.I\u2019extension passive peut étre facilement obtenue, mais cela est pénible au malade.L\u2019impotence fonctionnelle, la paralysie, est complète.Le pouls n\u2019est pas perceptible dans la gouttière radiale; au-dessus du pli du coude, la palpation de \u2019humérale permet de sentir quelques pulsations tres faibles.L\u2019oscillométrie du c6té sain donne comme indices: 3-6.Du côté malade, on perçoit quelques oscillations légères de 15 entre 3 et 6 au niveau du bras.Absolument rien à l\u2019avant- bras.La radiographie montre une fracture supracondylienne de l\u2019humérus avec déformation osseuse et un gros cal en formation.Donc, syndrome de Volkman typique, survenu 12 jours après des manœuvres de réduction. 1248 Le 11 août, anesthésie stellaire avec 8 c.c.de Novocaïne sans adrénaline à 0.50%.Le syndrome de Claude Bernard-Horner apparaît après cinq minutes; dans les deux heures qui suivent, la cyanose et le refroidissement de la main s\u2019atténuent.Dix heures après l\u2019anesthésie, l\u2019amélioration de la main est plus nette, les doigts semblent plus souples.Leur extension est plus aisée, seuls l\u2019index et le pouce gardent leur rigidité.L'indice oscillométrique est passé à 115.Les 14, 17 et 20 août, nouvelles anesthésies.Les trois derniers doigts s\u2019allongent avec facilité.Les troubles circulatoires ont disparu du point de vue coloration et température, mais la main conserve la même attitude du point de vue fonctionnel.L\u2019examen électrique n\u2019indique aucune amélioration.La sensibilité est très améliorée; il ne persiste qu\u2019une simple hypo-esthésie.Les 28 et 30 août, nouvelles anesthésies avec 15 c.c.de novocaine a 1% (Claude Ber- nard-Horner): trois heures après l\u2019injection, l\u2019oscillométrie au-dessus du coude nous donne au bras gauche: 11-6, I'indice oscillatoire: 114.Au bras droit: 12-7 et indice oscillatoire: 3.Les 7 et 16 septembre, anesthésies stellaires avec 1% de novocaïne.Le 18 septembre, l\u2019examen clinique nous montre que l\u2019extension passive complète des doigts est possible, de même que les mouvements actifs d\u2019éventail et d\u2019opposition du pouce.L\u2019examen électrique indique une hypoexci- tabilité des fléchisseurs, et l\u2019hypoexcitabilité des muscles innervés par le cubital.Inexcita- bilité galvanique et faradique des muscles innervés par le médian; donc, aucune amélioration dans le territoire du médian, amélioration dans le territoire du cubital.Le 22 septembre, dernière anesthésie stellaire.En octobre, le sujet quitte le service et peut être considéré comme pratiquement guéri.Pas de troubles trophiques; tension artérielle comparable des deux côtés.La rétraction a complètement disparu; toutefois, la force musculaire est un peu diminuée.L\u2019extension active est totale; l\u2019extension passive, presque complète.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 Examen électrique: excitabilité normale du bras et de l\u2019avant-bras; hypoexcitabilité simple du cubital et du médian à la main.pa * Sans vouloir entrer dans les discussions physio-pathologiques, il nous paraît que les injections anesthésiques des ganglions stellaires ont pu agir sur l\u2019évolution du syndrome de Volkman.Fèvre, Fontaine, enregistrèrent Fra.1.\u2014\u2014 Syndrome de Volkman.des succès par sympathectomie périartérielle; Stulz et Leriche, un succès complet, malgré une thrombose secondaire de l\u2019artère traumatisée; Lombard, une simple amélioration.L\u2019artériectomie a donné des succès à Leriche, Rousseau.Mathieu et Padovani; une amélioration temporaire à Fèvre, un demi-succès à Funck-Brentano, des échecs à Leveuf, Salmon, Perrot; Magandie a publié une observation du syndrome de Volkman d\u2019origine nerveuse guéri par une infiltration stellaire.Ni Leveuf, ni Leriche n\u2019ont eu de résultat en infiltrant un stellaire 52 jours après l\u2019apparition du Volkman.Pouzet, qui a pratiqué trois, fois des sympathectomies respectivement aux trente- deuxième, soixantième et quatre-vingt-dixiè- me jours, conclut que les opérations sympa- BRATEK-KOZLOWSKI: thiques tardives modifient la circulation, ne guérissent pas le Volkman, mais paraissent faciliter le redressement orthopédique.La sympathectomie, dont l\u2019effet s\u2019atténuerait peu à peu avec le temps, serait, dans ce cas, moins efficace que l\u2019anesthésie stellaire répétée.Celle-ci, par sa répétition même, modifie, au maximum, la vascularisation.Dans la pathogénie du syndrome de Volkman, les troubles capillaires, dont l\u2019origine est multiple, retentissent sur le trophisme cutané, museu- laire et nerveux.Les nerfs, éléments nobles, plus sensibles, sont les premiers atteints.Ce seront également les derniers éléments et les plus lents à reprendre leur état primitif.Les paralysies, traduction grossière de la souffrance nerveuse, guérissent après les troubles trophiques et la rétraction musculaire.Mais, cependant, les réactions électriques plus délicates, indiquent après la disparition des paralysies que la guérison est imparfaite encore du nerf.Les anesthésies stellaires agiraient alors en modifiant de façon importante et prolongée le trophisme musculaire et nerveux.Les infiltrations stellaires guérissent parfois le syndrome et amènent toujours une amélioration à condition que les injections soient commencées tout de suite après l\u2019apparition des premiers symptômes et répétées fréquemment pendant un temps prolongé.Leveuf dit que le syndrmoe de Volkman est susceptible d\u2019amélioration spontanée, mais le temps nécessaire qu\u2019il a donné pour pareille amélioration dépasse largement la durée de nos propres observations.La sclérose s\u2019aggraverait dans les six premiers mois, et l\u2019amélioration susceptible de se produire à ce moment- là est d\u2019évolution très lente et demande un à deux ans pour en arriver à la guérison.Cosacesco est partisan de la résection dia- physaire des os de l\u2019avant-bras, dans le syndrome de Volkman.Il a oztenu deux excellents résultats esthétiques et fonctionnels par raccourcissement des os.La majorité des chirurgiens avait critiqué la méthode opératoire de la résection, craignant qu\u2019avec la croissance, INFILTRATIONS DU SYMPATHIQUE 1249 l\u2019allongement des os n\u2019amenât une récidive.Cosacesco affirme que le squelette s\u2019atrophie en longueur pendant la croissance chez son premier opéré; le raccourcissement à la fin de la croissance est le double du sacrifice osseux initial Chez le second opéré, il y à eu, au bout d\u2019un an, un raccourcissement nouveau d\u2019un centimètre.C\u2019est un fait qui semble bizarre, puisque l\u2019on pratique la résection loin des cartilages épiphysaires, mais il peut s\u2019expliquer par des troubles trophiques en rapport avec les lésions des nerfs médian et cubital et les lésions sympathiques en particulier.L\u2019âge où l\u2019on pratique l\u2019opération n\u2019a donc pas d\u2019importance, dit Cosacesco.Les troubles nerveux et les lésions musculaires des fléchisseurs sont améliorés aussitôt après l\u2019opération de résection sans qu\u2019on intervienne sur les nerfs ou les muscles.Du moment que la rétraction musculaire est irréductible, même sous anesthésie.il faut opérer.Cosacesco conseille deux incisions latérales, un décollement sous-périosté, une section de l\u2019os à la pince de Liston ou à la scie de Gigli, une résection d\u2019os juste suffisante; une immobilisation plâtrée en supination sans ostéosynthèse.Selon lui, il n\u2019y à pas à redouter de pseudarthrose.DES ENTORSES.a) L\u2019entorse du genou.Etant donné le grand nombre d\u2019entorses du genou en temps de guerre, nous avons eu l\u2019occasion d\u2019en avoir de tout genre et de les soigner au régiment.La majorité des entorses ont bien peu de lésions matérielles, et, en corrigeant le trouble vasomoteur, on réduit souvent la maladie à rien.Selon Leriche, 11 y a deux grands mécanismes de lésions traumatiques du genou en dehors de ceux qui causent des fractures.Il y a des traumatismes qui s\u2019exercent du dehors sur les ligaments, généralement par rotation, et causent des entorses.Il y a ensuite des traumatismes qui atteignent les ligaments internes du dedans en dehors par l\u2019intermission du fémur et qui ébauchent des luxations.Ces deux 1250 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 sortes d\u2019accident ne doivent pas être confondues.Le premier ne produit pas de lésions matérielles graves; le second fait de gros dégâts.Dans les cas d\u2019entorse simple, quand le genou est gros, chaud et très douloureux, l\u2019infiltration immédiate fait des miracles.Quand il y a uniquement distension ligamentaire, il n\u2019y a pas de lésion visible, mais des troubles physiologiques, car nous constatons des effets vasomoteurs et amyotrophiques minimes, superficiels, peu importants.Ces cas-là sont le triomphe de la méthode de Leriche.Mais, s\u2019il y a déchirure complète ou arrachement partiel, la méthode de l\u2019infiltration va s\u2019avérer insuffisante, car elle est incapable de réparer les dégâts; et le mieux est alors de les réparer tout de suite par une intervention chirurgicale.Pour éviter de se tromper sur l\u2019état réel des ligaments, l\u2019important est de ne pas se contenter, après l\u2019infiltration, de regarder le malade mouvoir son genou ou son pied, mais d'explorer la région dans tous les sens.On trouve, en général, une mobilité anormale dans le sens latéral ou antéro-postérieur.Cette méthode de l\u2019examen après anesthésie locale permet de poser plus sûrement l\u2019indication opératoire.Quand on constate l\u2019existence d\u2019un épanchement à la partie interne du genou, et que le grand cul-de-sac est distendu, qu\u2019il y a choc rotulien, on peut être certain, d\u2019après Duval, que la capsule et l\u2019aileron internes sont déchirés et il se peut que le ménisque soit touché, surtout quand le liquide a fui par la brèche.Pour ces entorses-là, l\u2019arthrotomie est indiquée.Nous apportons ici une observation d\u2019entorse du genou de Gangolphe.Entorse interne du genou, avec hémarthrose et large arrachement de l'insertion osseuse du ligament latéral interne.Observation.Le soldat R., âgé de 38 ans, est hospitalisé le 12 juin 1940 à l\u2019hôpital (complémentaire 91) pour traumatisme du genou droit.Il est tombé d\u2019une motocyclette si malheureusement qu\u2019il s\u2019est trouvé assis sur son membre inférieur, complètement fléchi sous lui.Le membre inférieur droit était déformé, avec forte saillie du genou en dedans.Malgré l\u2019infiltration anesthésique, cing jours après l\u2019accident, le genou est distendu par un gros épanchement.Douleurs très vives sur l\u2019interligne en dedans, mais aussi sur toute la surface cutanée du condyle interne.Elle est particulièrement intense à la pression sur le point d\u2019insertion supérieur du ligament latéral interne.La radiographie de face du genou montre qu\u2019il existe un arrachement de Fic.2.\u2014 Entorse du genou de Gangolphe.Arrachement de l\u2019insertion du ligament interne remontant jusqu\u2019à la base du tubercule de l\u2019adducteur.toute la zone d\u2019insertion supérieure du ligament latéral interne.On distingue un trait de fracture immédiatement en-dessous du tubercule du grand adducteur.Le fragment détaché s\u2019est fissuré au moins en deux parties, et l\u2019une d\u2019elles a subi un petit déplacement en dedans.L\u2019interligne est normal et aucun autre dégât osseux n\u2019est appréciable.Le cliché de profil n\u2019offre pas d\u2019intérêt.L\u2019intervention a lieu le 28 juin 1940.Pour avoir un bon jour sur la région, on trace une incision curviligne, commençant à la limite dé ly ¢ BRATEK-KOZLOWSKI : postérieure du condyle et s\u2019arrondissant en bas et en dehors vers le ligament rotulien.On divise la capsule et on écarte en haut des dernières fibres du vaste interne.Une petite moucheture de la synoviale permet d\u2019évacuer une grosse hémarthrose, puis on découvre le condyle interne, et on note qu\u2019un gros fragment de la corticale est détaché de l\u2019os et abaissé d\u2019un demi-centimètre environ.Ce fragment, divisé en deux par un trait vertical, est recouvert par les insertions du ligament latéral interne dont on discerne très bien le bord antérieur et les fibres verticales entourées d\u2019une zone ec- chymotique.Il est très facile de remonter le fragment et de l\u2019enclouer sur le condyle.Fic.3.\u2014 Entorse du genou de Gangolphe.Enclouage de fragment osseux.Résultat deux mois apres l\u2019intervention.Les événements militaires obligent à évacuer brusquement l\u2019opéré, celui-ci n\u2019ayant pas encore posé le pied à terre.Le traitement de cette variété d\u2019entorse du genou ne me paraît pas discutable.C\u2019est la méthode que préconisent aussi Merlé d\u2019Aubigné et Cauchoix.Elle permet de tout voir et vérifier.L\u2019enclouage du fragment osseux condylien n\u2019est qu\u2019un jeu.b) Entorse tibio-tarsienne.L\u2019articulation tibio-tarsienne est simple, car ses ligaments INFILTRATIONS DU SYMPATHIQUE 1251 sont extérieurs.Ceux du genou sont extérieurs et intérieurs, ils traversent l\u2019articulation et en font une cavité compliquée, quand l\u2019entorse la distend; il peut en résulter des lésions superficielles à déceler, et des lésions profondes cachées, parfois impossibles à diagnostiquer.Il y a des chiffres publiés dans l\u2019armée anglaise pour l\u2019entorse tarsienne qui permettent d\u2019avoir une idée de sa fréquence.Dans l\u2019entorse typique de l\u2019articulation tibio-tarsienne, l\u2019ædème encadre exactement la malléole externe; il est plus marqué en avant et au-dessous d\u2019elle qu\u2019en arrière.Le point douloureux est très localisé au bord antérieur de la malléole.Les mouvements de flexion et d\u2019extension sont souvent normaux, mais douloureux.Dans les cas simples, l\u2019infiltration de novocaïne localement permet presque aussitôt au malade de marcher sans souffrir.D\u2019autres traumatismes plus sérieux réclament une exploration chirurgicale.RÉFLEXIONS SUR LES INDICATIONS DES MÉ- NISCECTOMIES.Quand il y a une lésion méniscale qui constitue une vraie maladie d\u2019origine traumatique, l\u2019infiltration lombaire ou locale peut atténuer l\u2019évolution des lésions.César Roux de Lausanne prétend la guérir facilement et simplement par des moyens purement physio- thérapiques parmi lesquels la kinésithérapie joue un rôle essentiel.Tandis que les auteurs français, intervenant chirurgicalement, trouvent un nombre impressionnant de grosses lésions anatomiques (sections, déchirures longitudinales, arrachements, etc.) qu\u2019à juste titre ils ne considèrent pas guérissables par des manœuvres purement externes.Un ménisque normal de l'articulation, sain, accidentellement pincé, ne se déchire ni ne s\u2019arrache la première fois.Il gonfle, il devient douloureux, etc\u2026 Si, à ce stade, il est soigné par la technique de Roux, il redevient normal, et, par l\u2019infiltration anesthésique et l\u2019immobilisation, nous pouvons obtenir une guérison 1252 intégrale.C\u2019est ce qu\u2019affiirme Roux; c\u2019est ce que nous tentons sur tous les ménisques contusionnés que nous avons eu l\u2019occasion de soigner, une dizaine seulement.Si cette guérison intégrale, qui suppose la récupération fonctionnelle complète des faisceaux moteurs du sous-crural, n\u2019est pas obtenue, des pincements ultérieurs ne peuvent manquer de se produire.Il aggrave chaque fois les lésions musculaires et celles de l\u2019anneau fibro-cartilagineux, jusqu\u2019au moment où, sous l\u2019effet de l\u2019amoindrissement des qualités d\u2019élasticité et de résistance de ce dernier, la pression des condyles fémoraux sur sa surface dépolie, qui est facilitée par son gonflement, le déchire ou l\u2019arrache.C\u2019est ce moment que les chirurgiens conseillent d\u2019attendre pour opérer avec fruit.Un ménisque ayant de grosses lésions anatomiques justifie une intervention, mais il est préférable d\u2019employer la méthode de Roux et s\u2019efforcer de restituer au ménisque son intégrité par un traitement précoce qui, comme il nous assure, y réussit presque toujours.La suppression d\u2019un ménisque est-elle sans importance pour la fonction statique et dynamique du genou?Ne faut-il pas faire tout le possible pour le conserver?Il faut se rappeler les signes cardinaux de la lésion du ménisque indiqués par Roux: la saillie du bourrelet mé- niscal dans l\u2019hyperextension est reconnue par l\u2019extrémité de la phalangette du pouce; cette saillie disparaît dans la flexion et réapparaît sous le doigt à l\u2019affût dans le creux fémoro- tibial au cours de la ré-extension.La pression sur cette saillie éveille une douleur aiguë, tandis que, moins d\u2019un centimètre au-dessous, sur le bord du plateau tibial, elle est indolore.Ces réflexions permettent d\u2019apprécier une fois de plus ce que nous devons à l\u2019éminent professeur de Lausanne dans la connaissance de la mé- niscite traumatique.\u2018 Il est donc nécessaire de procéder avec soin à un examen attentif, dans les cas où une hydarthrose chronique est le symptôme majeur: celui qui endort l\u2019attention des médecins consultés.Il arrive qu\u2019on porte le diagnostic L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 de lésion méniscale et que l\u2019opération ne confirme pas ce diagnostic.C\u2019est une éventualité regrettable qu\u2019il faut éviter autant que possible.Terracol et Coharien injectent de l\u2019air dans la cavité articulaire.Avant l\u2019injection d\u2019air, ils pratiquent une anesthésie à la novocaine de 0.50% suivie de brassage; la ponction | est faite avec une aiguille à ponction fine pour éviter une issue de l\u2019air vers les parties péri- articulaires.Ils se servent d\u2019une seringue de 50 à 100 c.c., en aspirant l\u2019air à travers la flamme d\u2019une lampe à alcool.Au bout de dix minutes, on peut injecter l\u2019air sans que la distension articulaire provoque des réactions douloureuses vraiment marquées.Aussitôt après l\u2019injection, les ménisques deviennent visibles à la radiographie.En cas de déplacement mé- niscal, on peut constater, en dehors de la base du ménisque, une traînée claire qui fait communiquer les portions sur et sous-méniscales de la cavité.Ce signe met en évidence la désinsertion du cartilage semi-lunaire correspondant.Avant de se décider à intervenir chi- rurgicalement, dans les cas où le tableau n\u2019est pas caractéristique, il est plus sage d\u2019avoir recours, pendant Une durée difficile à apprécier, au traitement physiothérapique: infiltration successive d\u2019ondes courtes, etc\u2026 Souvent, dans les cas bénins, on obtiendra ainsi une guérison ou une amélioration suffisante pour que l\u2019idée d\u2019une intervention soit rejetée par la suite.* Si ce traitement physiothérapique ne donne pas, au bout de quelques semaines, la preuve de son efficacité et de la bénignité de la lésion méniscale, il sera prudent de recourir à l\u2019opération.Je dirai peu de chose sur la technique.La voie transversale de Tavernier est recommandable, si le diagnostic est certain; en cas de nécessité d\u2019une exploration plus poussée de l\u2019interligne correspondant, l\u2019incision en «J» de Stéphani, avec luxation de la rotule vers le côté opposé, est indiquée.Au cas où une exploration totale de l\u2019articulation s\u2019impose, la longue arthrotomie transrotulienne d\u2019Ollier, qui permet de voir les deux côtés à la fois, est BRATEK-KOZLOWSKI: recommandée.Ces deux voies d\u2019accès nous paraissent surtout à retenir au cas où l\u2019articulation est distendue par une hydarthrose plus ou moins développée.Vandendops, Bastien et Vandecasteele discutent la valeur des techniques d\u2019arthrotomie.L\u2019arthrotomie verticale para-rotulienne a l\u2019avantage de ne pas sectionner le ligament latéral, elle permet une mobilisation et un lever plus précoces, mais l\u2019arthrotomie transversale interne avec section du ligament latéral, que Tavernier et Mouchet ont adoptée, permet plus aisément d\u2019enlever le ménisque en totalité; car, avec l\u2019incision longitudinale, on est obligé de laisser dans presque tous les cas la corne postérieure.Les auteurs estiment que, par l\u2019une et par l\u2019autre incision longitudinale, les résultats sont sensiblement les mêmes: les deux incisions de méniscectomie se valent.D\u2019après ces auteurs, les examens radiographiques faits après la méniscectomie montraient que les lésions d\u2019arthrite chronique existent dans peu de cas et sont peu marquées (déformation des épines tibiales, irrégularités des surfaces articulaires du côté de la méniscectomie).Plus rares encore sont les décalcifications localisées ou les ossifications dues vraisemblablement à un arrachement périosté au cours de l\u2019intervention.Les infiltrations du sympathique De nombreuses tentatives ont été faites pour supprimer les manifestations douloureuses par différentes techniques d\u2019infiltration, qui permettent, sans trop de difficultés, d\u2019atteindre les régions profondes où gît la chaîne ganglionnaire.Nous décrirons la technique des infiltrations du ganglion étoilé ainsi que de la chaîne lombaire.GANGLION ETOILE Disposition anatomique et physiologie.Ce ganglion est volumineux; il est situé au plus profond de la région sus-claviculaire dans la concavité du col de la première côte.Pro- INFILTRATIONS DU SYMPATHIQUE 1253 tégé en arrière par le gril costal, il est recouvert en avant par trois éléments importants: le dôme pleural, l\u2019artère sous-clavière et son rideau de branches collatérales et le plexus brachial.Par sa situation et par ses nombreux rami-communicants (chaîne sympathique) allant vers le membre supérieur et le médiastin, le stellaire joue un rôle trophique et moteur de première importance.Pour le membre supérieur, il donne le rameau communicant superficiel qui rejoint les trois dernières racines cervicales du plexus brachial et la première dorsale, et les rami profonds venus du nerf vertébral et qui se rendent vers C4, C5, C6, C7, C8; pour le cœur, le nerf cardiaque inférieur; pour les bronches, les nerfs splanchniques médiastinaux inférieurs.Sympathique u membre supérieur 0 Vaso-moteurs Corenariens Nerfs sensitifs \u2014Nerfs sensitifs du cœur \u2014 Cardio accélerateurs Vaso.motédurs pulmonaires Schéma des indications des interventions sur le ganglion etoilé Fic 4.\u2014 Disposition anatomique de ganglion étoilé.Indications de l\u2019infiltration.Elles sont très nombreuses; chaque jour, une nouvelle indication vient s\u2019offrir, plus souvent avec succes.a) Dans les troubles circulatoires du membre supérieur, la maladie de Raynaud, les troubles d\u2019asphyxie locale post-traumatiques, les ulcératioris atones, les œdèmes post-trauma- tiques du poignet, les névromes, la causalgie ou même les paralysies tronculaires, où elle 1254 fait merveille.L\u2019ostéoporose, les cals difficiles en cas de fracture de l\u2019avant-bras.Les douleurs des amputés.b) Affections du cœur: soit comme traitement d\u2019urgence d\u2019une crise angineuse brutale, soit comme test préalable à une stellectomie.c) Affections pulmonaires: l\u2019infiltration du ganglion étoilé comme traitement d\u2019urgence de l\u2019embolie pulmonaire; on lui doit des succès impressionnants, de véritables résurrections.Tout récemment, Bourgeois-Chauveau et dos Ghali l\u2019ont préconisée pour asséchement des dilatations bronchiques.Fontaine a également eu un très beau succès dans l\u2019œdème aigu pulmonaire post-traumatique.Alcoolisation du ganglion étoilé.Aux Etats-Unis, sous l\u2019impulsion de White, certains praticiens injectent de l\u2019alcool dans le stellaire pour réaliser dans l\u2019angor pectoris une section physiologique définitive (therapeutic nerve block).Ce procédé ne jouit d\u2019aucune faveur.C\u2019est une méthode aveugle et dangereuse; elle amène une sclérose étendue des tissus avoisinants qui rend impossible ou très difficile l\u2019intervention chirurgicale ultérieure.Techniques de l\u2019infiltration.Nous les classerons en: antérieure, externe, supéro-externe et postérieure.a) La voie antérieure.Aiguille très longue (10-12 em.) et très souple.Le malade couché à plat, sur le dos, tête soulevée par un coussin et regardant du côté opposé à l'injection.L\u2019aiguille doit être enfoncée au-dessus et immédiatement au contact du milieu de la clavicule.Elle pénètre dans la profondeur, en prenant une orientation oblique et de haut en bas, en avant et en arrière, visant l\u2019apophyse transverse de C7.Aussitôt que le contact osseux est obtenu, on imprime à l\u2019aiguille un double changement de direction.En relevant le pavillon, on fait descendre l\u2019extrémité de l\u2019aiguille d\u2019une vertèbre.En l\u2019inclinant de 30° en dehors, la pointe se rapproche du plan médian.L\u2019aiguille est en place.(Injecter 10-15 c.c.de novocaine a 1%: Leriche et Fontaine, Presse Médicale L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BuLLETIN AM.L.F.AN.\u2014 Montréal, novembre 1943 du 23 mai 1934.) Le syndrome de Claude Ber- nard-Horner est rapide et typique: myosis, enophtalmie, rétrécissement de la fente palpébrale, vaso-dilatation de l\u2019hémi-face, rougeur de la pommette et de l\u2019oreille.Le test le meilleur, c\u2019est la vaso-dilatation de tout l\u2019arbre circulatoire du membre supérieur avec hyperthermie et élévation de la tension artérielle.b) La voie externe.Chercher à percevoir par le palper du creux sus-claviculaire l\u2019arc de la première côte.Placer à son contact l\u2019extrémité de l\u2019aiguille et se laisser conduire par elle vers le ganglion.La position du malade est la même que pour le procédé de Leriche.L\u2019aiguille doit pénétrer au bord antérieur du trapèze, à l\u2019union du tiers inférieur et du tiers moyen.Après avoir, par la palpation, repéré l\u2019are postérieur de la première côte, on incline l'aiguille de 45° environ et l\u2019on vient faire buter sa pointe contre elle; ce contact est obtenu après un cheminement de 3-4 centimètres.On modifie alors la direction de l\u2019aiguille; pour cela, on abaisse son pavillon et l\u2019on redresse ainsi sa pointe.On la dirige alors vers le rachis, mais sans perdre le contact costal.Bientôt, on bute contre le plan vertébral: l\u2019aiguille est en place.ec) La voie supéro-externe.La chaîne thoracique supérieure prend une certaine part à l\u2019innervation sympathique du membre supérieur.L\u2019infiltration doit done chercher à l\u2019atteindre au même titre que le stellaire.Il faut les prendre en enfilade, en dirigeant le trajet de l\u2019aiguille parallèlement à la direction de la chaîne sympathique.Le malade doit se coucher sur le dos, coussins sous les épaules, la tête légèrement tournée du côté opposé.L'\u2019aiguille doit pénétrer 5 centimètres au-dessus de l\u2019union du tiers moyen et du tiers interne de la clavicule.Les doigts, profondément enfoncés dans le creux sus-claviculaire, palpent le plan des apophyses transverses cervicales.C\u2019est vers lui que l\u2019on dirige l\u2019aiguille qui vient prendre le contact osseux.Le pavillon de l\u2019aiguille est alors redressé de 60°, et celle-ci sera enfoncée plus profondément devant le rachis dont elle BRATEK-KOZLOWSKI: ne doit pas perdre le contact osseux.Poursuivant toujours sa progression, l\u2019aiguille est ainsi enfoncée de 8 à 10 centimètres.L\u2019injection est alors poussée et répartie sur une certaine hauteur, afin d\u2019imprégner à la fois stellaire et chaîne thoracique.d) Les voies postérieures.Différents procédés ont été proposés: ceux de Wertheimer, de Paraf et Dreyfus-Le Foyer et, enfin, celui de Demarez.Tous ces auteurs cherchent à atteindre le ganglion par le chemin le plus court en empruntant un espace intercostal et en poussant l\u2019injection dans le plan pré-costal, qui est formé par un trou celluleux décollable.Ce qui ne peut que faciliter la diffusion du liquide.Procédé de Wertheimer: repérer le premier espace intercostal et l\u2019emprunter pour atteindre le ganglion.Le malade doit être assis à califourchon sur une chaise, le dos plat, les épaules tombantes, la tête légèrement inclinée en avant, mais non fléchie.L\u2019aiguille doit pénétrer immédiatement au-dessous de la proéminante C7, repérer alors l\u2019apophyse épineuse de D1.Le point de pénétration est à 5-6 centimètres en dehors, sur l\u2019horizontale, menée par l\u2019apophyse épineuse de D1.L\u2019aiguille est enfoncée directement dans la profondeur, inclinée en avant et en dedans de 20° environ, mais elle reste toujours sur le plan horizontal.Aprés quelques centimetres, elle bute sur un plan osseux; c\u2019est l\u2019apophyse transverse de D1.Retirez légèrement l\u2019aiguille, et passez au-dessous.L\u2019aiguille reprend sa liberté sur 2-3 centimètres, puis elle est de nouveau bloquée par un contact osseux: c\u2019est le rachis; poussez alors l\u2019injection.Procédés de Paraf et Dreyfus-Le Foyer: le principe reste le même, mais le point de pénétration et de cheminement de l\u2019aiguille se situent plus près de la ligne médiane.L\u2019aiguille doit pénétrer à 4 centimètres de la ligne -mé- diane à la hauteur de l\u2019apophyse épineuse de C7.L\u2019aiguille, poussée perpendiculairement à la peau, bute contre le bord supérieur de la première côte.Elle doit le contourner, pénétrer encore d\u2019un centimètre et cesser là sa course, INFILTRATIONS DU SYMPATHIQUE 1255 qui n\u2019est plus limitée maintenant par un contact osseux.Procédé de Demarez: même principe que dans la méthode précédente; seul le point de pénétration est situé un peu plus bas que l\u2019apophyse épineuse de D1.L\u2019aiguille contourne le bord supérieur de l\u2019apophyse transverse de D2.Discussion et critique du procédé.Avant d\u2019essayer de discuter les avantages différents de l\u2019infiltration, il nous reste à faire la remarque suivante: toutes les techniques décrites sont bonnes, pourvu qu\u2019on applique la bonne technique et celle que l\u2019on possède bien en main.Infiltration stellaire.Voie antérieure de LERICHE.Fra.5.\u2014 Voie de pénétration de Leriche dans l\u2019infiltration stellaire.La voie antérieure de Leriche.Elle fut au début la plus employée, et son usage est encore très répandu et restera indiqué chez les malades impossibles à déplacer, par exemple, en cas d\u2019embolie pulmonaire ou d\u2019angor.Il faut donc bien la connaître.Mais il faut avouer que la voie antérieure est dangereuse.Difficulté du repérage dans l\u2019espace, aussi bien du point de vue apophyse transverse de C7 que des déplacements successifs de l\u2019aiguille.Blessure possible du dôme pleural, possibilité de lésions vasculaires.Dan- 1256 ger de briser l\u2019aiguille et de léser à tout instant les viscères.Pour rendre cette technique plus sûre, Malherbe (Presse Médicale, 14 mai 1938) a proposé de suivre le cheminement de l'aiguille sous écran radiologique.La voie externe.La saillie de l\u2019arc postérieur de la côte, repère essentiel, n\u2019est pas toujours perceptible, surtout chez les malades ayant un certain embonpoint.Le changement de diree- tion de 60° est bien souvent une cause de perte de repère et d\u2019échec.La voie supéro-externe.Le plan vertébral n\u2019est pas toujours très facile à palper, l\u2019aiguille doit parcourir un très long trajet, et cela dans une région riche en vaisseaux et nerfs, très importants; donc, il y a possibilité de piquer la première racine dorsale.Malgré ces critiques, ce procédé est assez séduisant, car l\u2019infiltration combinée du ganglion étoilé et des premiers ganglions thoraciques reste souvent très utile.Les voies postérieures utilisées - pour l'infi ration À stellaire.1.Point de pénétration de l'aiguille dons le procede de Wertheimer; ; Pe - ¢ \u2018 / 7, i.\u2018 7 2 pains 3 æ f ne ration ode l'aiguille dans le procedé 3.Point de penetration de l'oiquille dans le racéde de Paraf et Dreyfus -Le Foyer.?Fra.6.\u2014 Différentes voies postérieures de pénétration dans l\u2019infiltration stellaire.Les voies postérieures.Les avantages sont grands, les repères faciles à trouver, les organes dangereux sous-claviculaires très éloignés.Le procédé de Wertheimer est très anatomique et semble le moins dangereux; son seul défaut est une évaluation d\u2019angle.Les procédés de Paraf et de Demarez sem- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 blent peut-être moins à l\u2019abri des dangers profonds pour le seul inconvénient que, devant l\u2019aiguille, il y a une voie ouverte et aucune limite en profondeur; d\u2019où possibilité de danger.Lambert, Ramond et Decloux, dans leur traité, nous disent que les voies postérieures donnent beaucoup plus de sécurité, parce qu\u2019elles se basent sur des repères osseux beaucoup plus précis: les apophyses épineuses.Elles n\u2019imposent pas à l\u2019aiguille de changement de direction toujours dangereux et difficile.Infiltration stellaire.Voies postérieures, 1 Technique de WERTHEIMER.2.Technique de PARAF et DREvFUS LE FOYER 3.Technique de DÉMAREz Fic.7.\u2014 Différentes voies postérieures de pénétration dans l\u2019infiltration stellaire.Selon ces auteurs, les manœuvres se passent dans le dos du malade, ce qui diminue sa crainte et empêche les mouvements intempestifs.Ils préfèrent le procédé de Paraf et de Demarez, parce que l\u2019aiguille est enfoncée de 1 em., après avoir croisé le plan osseux; rien ne l\u2019arrête en avant.Une pénétration plus grande serait dangereuse.Par contre, les techniques, l\u2019une comme l\u2019autre, sont très simples.Repère précis, pas de changement de direction de l\u2019aiguille, pas d\u2019angulation nécessaire comme dans le procédé de Wertheimer.L\u2019infiltration a lieu dans le plan précostal, où il existe un espace celluleux décollable sur une grande longueur.Lambert, Ramond et Decloux ont pratiqué sur le cadavre une injection colorée par voie postérieure, et ils ont BRATEK-KOZLOWSKI: observé que le liquide passe dans la gouttière latéro-vertébrale sur une hauteur de 5 ou 10 em.vers le cou et dans le thorax.Or, ce point est très important: pour être efficace, l\u2019infiltration stellaire n\u2019a pas besoin d\u2019être intragan- glionnaire; elle doit déborder l\u2019étoile par en bas et atteindre en même temps les premiers ganglions thoraciques.Cette diffusion, toutes les voies postérieures la donnent, et c\u2019est là leur plus gros avantage.LA CHAÎNE SYMPATHIQUE LOMBAIRE Disposition anatomique et physiologie.La chaîne lombaire qui fait suite à la chaîne dorsale est latéro-vertébrale, mais refoulée en dedans par les insertions épaisses du muscle psoas; de latéro-vertébrale, elle tend, en bas, à devenir pré-vertébrale.Du côté droit, elle est entièrement cachée par la veine cave; du côté gauche, elle entre en contact avec l\u2019aorte.La chaîne lombaire et son prolongement, la chaîne sacrée, donnent naissance aux nerfs des membres inférieurs.Elle contribue à la constitution du plexus hypogastrique, origine de tous les nerfs sensitifs des viscères pelviens.Les indications de l\u2019infiltration.Les indications de l\u2019infiltration de la chaîne sympathique lombaire sont très nombreuses.Leur cadre s\u2019élargit quotidiennement, car des succès inattendus incitent à les utiliser de plus en plus (Kuhlin).Dans les syndromes artériels et veineux: les artérites, les phlébites des membres inférieurs.Dans les syndromes douloureux articulaires: coxarthries (Massart), séquelles d\u2019arthrites infectieuses, traumatiques (entorses) ou post-opératoires (méniscectomies).Dans les syndromes vaso-moteurs et trophiques: œdèmes post-phlébitiques, ostéoporoses, plaies atones, hyperhydroses et stase circulatoire.Dans les syndromes douloureux pelviens: prurit vulvaire, cystalgies, tuberculose, ete.Dans les syndromes nerveux: sciatique, moignon douloureux.| INFILTRATIONS DU SYMPATHIQUE 1257 Technique de l\u2019infiltration.La technique de Leriche est la meilleure.Une seringue de 10-20 cm.; 10 à 20 em.de seurocaïne ou de novocaïne à 1% sans adrénaline.L\u2019injection doit être faite sur le malade couché ou assis, le dos plat.En se souvenant que le niveau des crêtes iliaques correspond à l\u2019intervalle L-4, L.-5.On repère l\u2019apophyse épineuse de la deuxième lombaire.A deux travers de doigts en dehors d\u2019elle, l\u2019aiguille est enfoncée en avant et obliquement en dedans, comme si sa pointe devait rejoindre la ligne médiane à 7 ou 8 centimètres de profondeur.On bute contre l\u2019apophyse transverse de la vertèbre.Il suffit alors d\u2019incliner légèrement l'aiguille pour passer soit au-dessus, soit en dehors de l\u2019extrémité de l\u2019apophyse.Après deux ou trois manœuvres de va-et-vient, l\u2019aiguille n\u2019est plus arrêtée et peut continuer sa course vers la profondeur.Elle bute alors contre le flanc vertébral ou même, ayant pris la vertèbre en «tangente », elle ne rencontre pas d\u2019obstacle.À 10 centimètres de profondeur, on doit la considérer en place et on pousse l\u2019in- Jection.Test d\u2019une bonne infiltration: sensation de chaleur intense dans les membres inférieurs.Hyperthermie du côté de l\u2019injection.Augmentation d\u2019amplitude artérielle des oscillations du membre.Cessation presque immédiate des douleurs.La technique de cette injection est une des plus simples des infiltrations sympathiques.Elle peut être effectuée à tous les niveaux de la chaîne, mais le plus souvent l'injection doit être portée au niveau du deuxième ganglion lombaire, le plus gros, le plus constant, le plus important fonction- nellement.Procédé de Racine: cet auteur préconise, pour injection, la voie sur la bissectrice de l\u2019angle que forment la ligne bi-iliaque et la verticale passant par l\u2019épine iliaque postéro- supérieure et à 3 centimètres de celle-ci.Procédé de Gonde: l\u2019infiltration se pratique à la hauteur de L2, mais à 8-10 centimètres de la ligne médiane, l\u2019aiguille est alors inclinée de 45°. 1258 L\u2019alcoolisation du sympathique lombaire, préconisée par certains auteurs, doit être abandonnée pour les mêmes raisons que celles indiquées pour le sympathique thoracique.Infiltration du sympathique lombaire.Fic.8.\u2014 Voie de pénétration dans la direction du sympathique lombaire.Méthode de Leriche.Incidents.Le seul danger est de pousser l\u2019anesthésique dans un gros vaisseau.La piqûre vasculaire est bénigne, si l\u2019on prend soin d\u2019aspirer toujours avant l\u2019injection, pour éviter tout accident.La piqûre d\u2019un tronc nerveux rachidien s'accompagne d\u2019une vive douleur et parfois d\u2019un engourdissement passager du membre inférieur.Elle est impossible, si l\u2019aiguille est bien enfoncée dans le plan horizontal de l\u2019apophyse épineuse.L\u2019injection intrarachidienne peut se produire lorsque l\u2019aiguille est dirigée trop en dedans.L\u2019aspiration évitera pareille erreur dont le danger est de produire une véritable rachi-anes- thésie.Nassi rapporte deux cas de choc sympathique avec vertiges, transpiration, nausées, vaso-dilatation généralisée, mais sans gravité.Conclusion Pendant cette guerre, nous avons eu l\u2019occasion presque tous les jours de pratiquer l\u2019infiltration du sympathique dans les séquelles des L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 traumatismes des membres.Elle a une action étonnante dans les raideurs articulaires, avec œdèmes, troubles vaso-moteurs ou trophiques; dans certaines formes douloureuses, comme algies, causalgies, cyanose, sudation et syndrome de Volkmann.Elle calme instantanément la douleur; on observe, quelques minutes après l\u2019infiltration, le retour de la mobilité volontaire dans le territoire des muscles paralysés, la pression artérielle remonte et l\u2019indice oscillatoire augmente.L'entorse est, dans le plus grand nombre des cas, une maladie vaso-motrice d\u2019ordre réflexe.Il y a 10 à 15% des cas qui sont graves avec dégâts importants.C\u2019est là que l\u2019infiltration des ligaments ou des chaînes sympathiques lombaires donne d\u2019excellents résultats.La chirurgie seule, hâtive, sans méthode, dans les traumatismes des membres est dangereuse.BIBLIOGRAPHIE 1.WERTHEIMER: «Considérations sur la chirurgie de forme musculaire.» Journal de Chirurgie (juillet) 1925.2.FUNCK-Brentano et HEPP: «Le rôle du Spasme dans le Syndrome de Volkman.» Mémoires de l\u2019Académie de Chirurgie, 65: 129 (déc.) 1939.3.LEVEUF: «Le syndrome de Volkmann est susceptible d\u2019amélioration spontanée.» Journal de Chirurgie (février) 1938.4.COSACESCO (A.Jassy): « La résection d\u2019aphy- saire des os de l\u2019avant-bras dans le syndrome de Volkman.Résultats éloignés.» Journal de Chirurgie, 53: 1 (juillet) 1939.5.VANDENDORP, BASTIEN et BANDECAS- TEELE: «Résultats éloignés des méniscecto- mies.» Revue d\u2019orthopédie et de chirurgie de l'appareil moteur 26: (juin) 1939.6.J.C.WHITE: «Technique of paravertebral alcohol injection; methods and safeguards in its use in the treatment of angina pectoris.» Surg.Gynec.and Obst., 71: 334, 1940.7.LERICHE et FONTAINE: «L\u2019anesthésie isolée du ganglion étoilé.» Presse Médicale, 849 (23 mai) 1934. 10.11.12.13.BRATEK-KOZLOWSKI : .FLOTTOR: « Diagnostic and therapeutic injections of the sympathic nerves.» American Journal of Surgery, 591 (décembre) 1931.ARNULF: «Infiltration du ganglion stellaire et de la chaîne thoracique supérieure par voie supé- ro-externe.» Presse Médicale, 1726 (19 nov.) 1938.PENFIELD et CONE: «Traitement chirurgical de l\u2019hypertension artérielle.» L\u2019Union Médicale du Canada, 1154 (novembre) 1938.PARAF et DREYFUS LE FOYER: « Anesthésie du ganglion étoilé par voie para-vertébrale.» Société Médicale des Hôpitaux de Paris (1 fév.) 1937.DEMAREZ: «Note sur la technique d\u2019infiltration du ganglion étoilé par voie postérieure.» Echo Médical du Nord.BOURGEOIS-CHAUVEAU et DOS GHALI: «Infiltration stellaire dans la dilatation des bronches.» Société Médicale des Hôpitaux de Paris (février) 1939.INFILTRATIONS DU SYMPATHIQUE 15.16.17.18.20\" 1259 DANIELOPOLU: « Anesthésie directe et indirecte dans le traitement de l\u2019angine de poitrine.» Journal de Chirurgie, 51: 1, 1938.LEIBOVICI, DIUKIN et WESTER: « Tachycardie paroxystique traitée par infiltration stellaire.» Presse Médicale, 83 (18 janvier) 1939.LERICHE et FONTAINE: « Technique de l\u2019infiltration novocaïnique du sympathique lombaire.» Presse Médicale, 1843 (17 nov.) 1934.RACINE: Journal de Médecine et de Chirurgie pratique, octobre 1937.GONDE: Thèse, Paris, 1937.KUHLIN: «L\u2019infiltration du sympathique lombaire.» Journal Médical Français, 26: 66 (fév.) 1936.21.NASSI: «Infiltration anesthésique de la chaine lombaire.» Thèse de Lyon, 1935. ETUDES EXPERIMENTALES SUR LE TRAITEMENT CHIRURGICAL DES CORONARITES Par Mercier FAUTEUX, Assistant au Harvard University Medical School, Boston.Au cours du développement de la sclérose des artères coronaires, ce sont les lésions artérielles coronariennes qui commandent toute l\u2019évolution de l'affection.Elles conditionnent les perturbations circulatoires coronariennes; elles sont à l\u2019origine des troubles anatomiques et fonctionnels du myocarde observés dans cette affection.Ces lésions artérielles créent: a) des désordres purement mécaniques de la circulation coronarienne; b) des désordres de la vasomo- tricité coronarienne et de l\u2019appareil sensitif du cœur.Les premiers comprennent différentes conditions ischémiques du myocarde qui, selon leur intensité, se manifestent par la fibrose localisée ou diffuse du cœur, l\u2019infarctus, l\u2019anévrysme et la rupture myocardiques et s\u2019accompagnent d\u2019altérations du rythme et de la force de contraction cardiaque.Les seconds consistent en des spasmes coronariens et des douleurs angineuses.Ces notions semblent actuellement bien établies par l\u2019étude comparée des faits fournis par la physiologie expérimentale, l\u2019anatomie pathologique et les constatations cliniques.Le rôle respectif des perturbations nerveuses et des perturbations de l\u2019hydraulique circulatoire n\u2019a jamais été évalué d\u2019une façon précise.Les uns accordent aux désordres nerveux le rôle prépondérant; les autres considèrent l\u2019ischémie cardiaque comme le facteur essentiel de la plupart des troubles observés.Quoi qu\u2019il en soit, pour le moment, de ces appréciations diverses, il semble bien évident, à la suite de l\u2019étude des quelques faits énumérés brièvement plus haut, que toute action chirurgicale visant l\u2019amélioration des conditions pathologiques essentielles rencontrées dans la maladie coronarienne, doit agir à la fois contre les perturbations de la mécanique circulatoire coronarienne et les perturbations d'origine nerveuse.Dès le début de mes travaux expérimentaux en physiologie coronarienne et chirurgie du cœur (1935), ce point m\u2019est apparu fondamental, et j'en soulignais l'importance dans une communication à la Société médicale de Montréal en 1940.Aucune des interventions chirurgicales jusqu\u2019à aujourd\u2019hui proposées et utilisées dans le traitement des coronarites ne peut avoir la prétention d\u2019agir simultanément sur les deux éléments essentiels à corriger.Aussi, les résultats cliniques obtenus sont-ils souvent déconcertants et toujours plus ou moins imparfaits.Les interventions sur le système nerveux sympathique ne peuvent qu'\u2019influencer l\u2019élément douleur.Il n\u2019est pas définitivement démontré expérimentalement qu\u2019elles aient une action favorable sur la vasomotricité coronarienne.Les opérations, par ailleurs, proposées plus récemment et utilisées dans le but de développer la circulation anastomotique coronarienne telles que les différents procédés de révascularisation du cœur (Beck, O\u2019Shaugh- nessy) ou la ligature de la grande veine coronaire (Fauteux) négligent totalement l\u2019élément nerveux.Le but de cette note préliminaire à la Société de Biologie de Montréal est de communiquer le résultat d\u2019expériences entreprises avec l'intention d\u2019élaborer une méthode chirurgicale agissant simultanément sur les troubles ischémiques proprement dits et les perturbations du système nerveux cardiaque.Dans une première série d\u2019expériences il a été considéré essentiel de rechercher les causes initiatrices de la fibrillation ventriculaire au cours des occlusions coronariennes.FIBRILLATION VENTRICULAIRE ET ISCHEMIE.Chez plusieurs chiens, les deux artères coronaires furent simultanément liées à leur origine M.RCIER-FAUTEUNX : TRAITEMENT CHIRURGICAL pEs CORONARITES 1261 aortique.La pression carotidienne fut notée tout le long de l\u2019expérience; des tracés électro- cardiographiques furent pris continuellement jusqu\u2019à la mort de l\u2019animal.Immédiatement après cette occlusion des deux vaisseaux, le cœur se dilate graduellement, conserve presque jusqu\u2019à la fin un rythme régulier, et la force des contractions devient de plus en plus superficielle.Le cœur s\u2019arrête en diastole.Jamais la fibrillation ventriculaire n\u2019est apparue au cours de ces expériences.Les tracés électrocardiogra- phiques confirment cette observation.Ces expériences semblent démontrer que l\u2019ischémie n\u2019est pas la cause de la fibrillation ventriculaire dans les occlusions coronariennes; tout au plus son rôle peut-il être d\u2019en préparer favorablement le terrain en rendant le cœur plus susceptible au moindre stimulus qui, lui seul, peut déterminer la fibrillation.EFFETS DE VARIATIONS BRUSQUES DE LA TENSION INTRACORONARIENNE LOCALISÉES EN UN SEGMENT.Chez plusieurs chiens, environ 20 à 30 e.c.de sang fut aspiré du ventricule gauche du chien en expérience dans une seringue et immédiatement injecté dans une branche coronarienne sous une pression toujours plus élevée que la tension aortique.Chaque fois, il en est résulté une chute brusque de la tension artérielle (carotide) suivie en une ou deux minutes par le développement de la fibrillation ventriculaire et l\u2019arrêt du cœur.Ces expériences semblent démontrer que les variations brusques de la tension intracorona- rienne soit en amont ou en aval d\u2019une ocelu- sion coronarienne sont susceptibles d\u2019initier la fibrillation ventriculaire.Elles sont probablement la cause la plus fréquente de l\u2019apparition des trémulations sur un cœur déjà ischémié par une occlusion ou une thrombose récente.Dans le but de chercher s\u2019il était possible de prévenir l\u2019effet désastreux de ces variations tensionnelles brusques sur le rythme du cœur et en même temps prévenir les accidents ischémiques dus aux déséquilibres de l\u2019hydraulique circulatoire coronarienne, d\u2019autres expériences furent entreprises.Toutes portèrent sur les effets de la ligature de la circonflexe pratiquée dans des conditions variées.LIGATURE DE LA CIRCONFLEXE CHEZ LE CHIEN INTACT.L\u2019artère circonflexe fut liée à son origine, soit à 4 ou 5 millimètres de la naissance de l\u2019artère coronaire gauche chez 20 chiens.Le taux de mortalité fut de 80%.Apparemment la plupart moururent à la suite du développement de la fibrillation ventriculaire.Cette série fut faite dans un but de contrôle.LIGATURE DE LA CIRCONFLEXE CHEZ LE CHIEN À SINUS CORONARIEN OCCLU À L\u2019AVANCE.Le sinus coronarien fut lié chez 10 chiens.Cette intervention n\u2019entraîna aucune suite fà- cheuse.Environ un mois plus tard, l\u2019artère circonflexe fut liée au même niveau que dans la série de contrôle.Le taux de mortalité fut de 50%.Tous les animaux qui moururent présentèrent de la fibrillation ventriculaire.LIGATURE DE LA CIRCONFLEXE CHEZ LE CHIEN AYANT SUBI À L\u2019AVANCE UNE NEURECTOMIE PÉRICORONARIENNE.Tous les nerfs abordant ou quittant l\u2019artère coronaire gauche à son origine aortique furent réséqués et l\u2019adventice artérielle fut détruite.Il ne s\u2019agit pas ici d\u2019une sympathectomie péri- artérielle puisque tous les nerfs, à savoir branches sympathiques, vagales et sensitives, furent détruits.C\u2019est pourquoi j'appelle cette méthode la neurectomie péricoronarienne.Cette opération ne donna aucune mortalité, et les chiens ne semblèrent pas affectés dans leurs fonctions cardiaques par cette résection.Une semaine à un mois plus tard, l\u2019artère circonflexe fut liée au même niveau que dans la série de contrôle.Le taux de mortalité fut de 30%.Aucun animal ne mourut de fibrillation ventriculaire. 1262 LIGATURE DE LA CIRCONFLEXE CHEZ LE CHIEN AYANT SUBI À L\u2019AVANCE UNE NEURECTOMIE PÉRICORONARIENNE ASSOCIÉE À UNE LIGATURE DU SINUS CORONARIEN.Chez 15 chiens, dans une première opération, le sinus coronarien fut lié et une neurec- tomie péricoronarienne fut pratiquée.À la suite d\u2019un intervalle variant de 24 à 117 jours, l\u2019artère circonflexe fut liée au même niveau que dans la série de contrôle.Le taux de mortalité fut environ 12%.Les chiens qui moururent- (2) présentèrent de la fibrillation ventriculaire l\u2019un 8 minutes, l\u2019autre 15 à 20 minutes après la ligature.Le fait que les trémulations apparurent très tôt semble démontrer que la résection nerveuse ne fut pas très bien pratiquée.Chez aucun chien, dans la série où seulement fut pratiquée une résection nerveuse combinée à la ligature de la circonflexe, la fibrillation ventriculaire n\u2019apparut.Ces derniéres expériences semblent prouver que l'association de la ligature du sinus coronarien à une neurectomie péricoronarienne diminue très sensiblement la mortalité qui suit l\u2019occlusion très haute d\u2019une branche maîtresse coronarienne.Le mécanisme par lequel la mortalité semble être diminuée apparaît le suivant.Dans les occlusions coronariennes soudaines, il se pro- L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, novembre 1943 duit d\u2019abord et immédiatement des variations brusques de tension dans certains segments coronariens.Ces variations déclenchent des réflexes qui conduisent rapidement & la fibrillation ventriculaire.La neurectomie péricoro- narienne bloque l\u2019apparition de ces réflexes.Les animaux ne meurent pas de fibrillation, mais de troubles ischémiques qui s\u2019établissent plus lentement.Si une ligature du sinus coronarien est pratiquée à l\u2019avance, le réseau anas- tomotique coronarien se développe, l\u2019occlusion coronarienne soudaine dans ce cas pourra toujours permettre le développement de variations brusques tensionnelles et l\u2019apparition de réflexes conduisant à la fibrillation.Chez les animaux qui survivent à ce danger immédiat, le fait du développement du réseau anastomo- tique préviendra la mort secondairement aux accidents ischémiques.En combinant chez le même animal la ligature du sinus coronarien à la neurectomie péricoronarienne, les accidents immédiats et les accidents secondaires sont prévenus, et l\u2019occlusion coronarienne soudaine n\u2019entraîne pas, dans la majorité des expériences, la mort.Il ressort de ces expériences des possibilités intéressantes dans le traitement chirurgical des coronarites, surtout au sujet de la prévention des accidents de fibrillation ventriculaire et de l\u2019ischémie.rile LA STÉRILITÉ ! Facteurs étiologiques généraux Par Georges HEBERT, Médecin de l\u2019hôpital Notre-Dame, Montréal.C\u2019est un problème bien complexe que celui de la stérilité.Il ne s\u2019agit plus d\u2019étudier un seul individu, mais deux.Et chacun peut avoir non seulement une, mais plusieurs causes qui le rendent responsable de l\u2019absence du résultat désiré.Ces causes peuvent être d\u2019ordre local ou d\u2019ordre général.Le médecin devra donc, dans toute circonstance, faire un double examen: celui de la femme et celui du mari.En pratique, le médecin voit d\u2019abord la femme.C\u2019est elle qui vient demander le secours médical à la stérilité dont elle est l\u2019objet.Jusqu'ici, le gynécologue a étudié avec beaucoup de soin le problème local et, \u2014 on peut le dire sans se tromper \u2014 c\u2019est lui qui a été en mesure d\u2019améliorer le plus le sort de l\u2019épouse stérile.; J\u2019ai eu l\u2019occasion de consulter à l'hôpital Victoria les dossiers de sa clinique de stérilité et j'ai pu nettement me convaincre qu\u2019il en était ainsi.Lorsqu\u2019il n\u2019y a pas de lésions gynécologiques susceptibles d\u2019entraîner l\u2019absence de fécondité, le gynécologue s\u2019adresse à l\u2019endocrinologiste.Supposons que le problème reste en suspens, même après avoir été fouillé par le gynécologue et l\u2019endocrinologiste, il reste autre chose a faire: il faut que soit examiné le mari.La question, à ce moment, devient plus épineuse.Beaucoup d'hommes n\u2019aiment pas à se soumettre aux examens dont nous parlera le docteur P.Bourgeois.Beaucoup d'hommes ne désirent pas tellement voir leur femme trop féconde et, enfin, beaucoup d\u2019hommes sont convaincus que la stérilité ne peut pas venir de leur part quand ils réalisent qu\u2019ils ne souffrent pas d\u2019impuissance.1.Travail présenté au XVIIe Congrès de l\u2019Association Médicale de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord, Montréal, septembre 1942.Séance à l\u2019hôpital Notre-Dame.Pourtant, des statistiques ont été publiées où, sur 100 ménages stériles, la proportion de responsabilité de l\u2019homme et de la femme est respectivement de 40 et 60.Cette résistance de l\u2019homme à suivre des cliniques de la stérilité est une raison importante du retard à l\u2019avancement de la question.Il devient à peu près inutile d\u2019envisager et de pousser très loin des examens chez la femme, quand on trouverait aisément la solution chez le mari.Aussi, a-t-il fallu se contenter d\u2019étudier le problème non plus sur la majorité des ménages stériles, mais plutôt sur la minorité.Si l\u2019on admet qu\u2019il y a aux Etats-Unis et en Angleterre 10% des mariages stériles, \u2014 Je veux bien dire stériles involontairement \u2014 je me demande quelle proportion a consulté, et, sur cette proportion, combien y a-t-il eu coopération de l\u2019homme et de la femme.Je me demande en plus, sur ce petit nombre qui reste, combien de cas ont pu être étudiés d\u2019une façon minutieuse et complète.C\u2019est évident que tant de difficultés dans l\u2019étude des deux conjoints sont responsables des progrès insuffisants de cette question médico-sociale.De plus, les différentes sections de la médecine n\u2019ont pas toujours collaboré avec autant de solidarité qu\u2019elles le font au- jourd\u2019hui: une clinique de stérilité devrait en effet réunir d\u2019une façon parfaite la médecine en général, l\u2019endocrinologie et les spécialités des voies génitales masculines et féminines.Malgré l\u2019insuffisance relative des études faites sur la stérilité, les auteurs s\u2019entendent en général pour accorder à la pathologie interne un grand nombre de facteurs étiologiques en dehors même de l\u2019endocrinologie.Ces facteurs relèvent de causes multiples: ils sont d\u2019ordre infectieux, toxiques, nutritifs, nerveux, hygiéniques et physiques. 1264 ETIOLOGIE Facteurs infectieux.Toute infection importante survenant au cours de la vie et plus particulièrement après la puberté peut avoir sur l\u2019ovaire, le testicule, la thyroïde ou l\u2019hypophyse, un certain retentissement.Parmi ces infections, il faut mentionner: la typhoïde, certaines grippes, la sear- latine, etc.C\u2019est difficile, cependant, de faire la relation entre la maladie infectieuse et la lésion endocrinienne.Dans certains cas de lésions ovariennes, il faudrait attacher une certaine importance à un embonpoint survenant après ces infections et se localisant plus particulièrement à l\u2019abdomen.Tout le monde sait le rôle des oreillons sur le testicule.L\u2019orchite bilatérale peut sûrement être responsable de certaines stérilités.C\u2019est probable aussi que, chez la fillette, les oreillons peuvent avoir un retentissement analogue.L\u2019appendicite, et plus particulièrement l\u2019appendicite avec péritonite, serait responsable de certaines responsabilités, l\u2019ovaire ayant baigné dans le pus est facilement lésé.M.R.C.Gills a rapporté beaucoup de cas de destruction de l\u2019épithélium germinatif à la suite de pneumonie.Les infections chroniques, comme les amygdales infectées et les dents infectées, agiraient à la longue sur l\u2019ovaire.Je ne parle pas de la syphilis, qui ne doit pas être considérée responsable de la stérilité, mais plutôt responsable d\u2019avortements à répétition.C\u2019est bien difficile de dire si une affection comme la tuberculose pulmonaire peut être mise en cause dans certains cas de stérilité.Tout le monde sait que l\u2019appétit sexuel du tuberculeux n\u2019est pas diminué; et il semble peu probable que le tuberculeux soit stérile.Je ne parle pas, bien entendu, des tuberculoses généralisées, ni des tuberculoses ovariennes ou testiculaires, ni des tuberculoses à l\u2019état de cachexie.La colibacillémie aurait un effet secondaire sur les ovaires et pourrait occasionner certaines stérilités.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 Causes toxiques.L'intoxication qui nous vient la première à l\u2019esprit est sûrement l\u2019intoxication alcoolique.Elle agit en produisant, chez certains sujets, de l'impuissance, laquelle peut être temporaire ou permanente.Assurément, l\u2019alcoolisme aigu et chronique est une cause de stérilité.Parmi les autres facteurs toxiques, mentionnons l\u2019auto-intoxication par l\u2019urée.L'hypertension artérielle est encore citée comme produisant de la stérilité.L'intoxication par le plomb a une action destructive de l\u2019épithélium germinatif.Il serait intéressant d\u2019étudier, à l\u2019heure actuelle, le rôle des produits toxiques utilisés dans les différentes industries et particulièrement dans les usines de guerre sur l\u2019ovaire, le testicule, la thyroïde et l\u2019hypophyse.Facteurs nerveux.Il est assez fréquent de constater que la stérilité survient chez des sujets hypernerveux désirant avoir des enfants.Le psychisme de certains individus a un retentissement sur leur activité sexuelle.Il faut noter, cependant, que la frigidité chez la femme n\u2019est pas reconnue comme étant une cause de stérilité.Nombreux en effet sont les maris qui se plaignent de la frigidité de leurs épouses et qui pourtant les voient régulièrement enceintes.Personnellement, j\u2019'admets fort bien que la frigidité n\u2019est pas une raison absolue occasionnant la stérilité.J\u2019ai eu toutefois l\u2019observation d\u2019une femme qui, mariée depuis près de 5 ans, \u2014 alors qu\u2019elle avait 29 ans \u2014 s\u2019inquiète depuis quatre ans de ne pas devenir enceinte.Elle n\u2019a aucun plaisir à l\u2019acte sexuel; au contraire, il lui répugne.Or, il y à 4 mois, voilà qu\u2019elle commence à se plaire dans l\u2019accomplissement de son devoir.Conséquence?Elle ne voit pas survenir ses règles et elle est enceinte.Pouvons-nous nier qu\u2019il y ait une certaine relation entre cette conception et la disparition de la frigidité de la femme?Il semble bien que, chez les deux conjoints, rien d\u2019autre n\u2019ait été changé en aucune manière. HÉBERT: LA STÉRILITÉ Je rapporte cette observation pour ce qu\u2019elle vaut.Certains sujets nerveux, très anxieux de procréer, ont des relations trop fréquentes qui occasionnent chez l\u2019homme de l\u2019oligospermie, facteur de stérilité.Facteurs nutritifs.Les recherches les plus récentes sur la stérilité ont porté, en grande partie, sur les causes d\u2019ordre nutritif.On a cherché à reconnaître dans l\u2019alimentation des facteurs susceptibles d\u2019augmenter ou de diminuer la stérilité.Les vitamines ont été étudiées et aussi la question des protéines.Si l\u2019on veut bien se rappeler quelques maladies importantes de la nutrition,.comme le diabète et l\u2019obésité, on est frappé par le fait que la première affection amène souvent l\u2019impuissance ou la frigidité et que la deuxième coïncide souvent avec une basse fécondité.Il n\u2019y a pas de doute que beaucoup d\u2019obèses sont stériles \u2014 ce qui ne veut nullement dire tous les obèses.Cette constatation a fait étudier le métabolisme des protides.On en est venu à la conclusion que l\u2019ingestion insuffisante de protides, par rapport à celle des lipides et des glucides, est un des facteurs de stérilité.Les éleveurs d\u2019animaux connaissent très bien ce problème; ils savent que certaines protéines ont plus de valeur que d\u2019autres pour la vigueur et la fécondité.Certains amino-acides, dont l\u2019arginine et le tryptophane, sont plus particulièrement indiqués dans l\u2019étude de la stérilité chez les animaux.Chez l\u2019homme, on a aussi commencé à faire des recherches en ce sens.Elles ne sont pas au point.Il faut tout de même retenir qu\u2019il existe un rapport entre l\u2019obésité et une stérilité relative et chercher à améliorer le sort des obèses stériles en leur donnant comme régime alimentaire une forte proportion de protides.Quant au diabète, il a été constaté fréquemment que l'impuissance survenait au cours de cette affection, après une période d\u2019évolution plus ou moins longue.Il est difficile d\u2019établir le rôle joué par le diabète sur l\u2019ovaire, le testi- 1265 cule ou l\u2019hypophyse.Il a été constaté, d\u2019autre part, que certains diabétiques impuissants devenaient puissants après traitement de leur diabète.Que devient alors la valeur spermatique?On n\u2019est pas encore en mesure de répondre à cette question.Vitamines.Enfin, nous en arrivons aux vitamines.Les vitamines A, B et E auraient un rôle à jouer dans le problème de la stérilité.Il y aurait un lien étroit entre les vitamines À et E et le fonctionnement normal de l\u2019appareil de reproduction, du moins chez l\u2019animal de laboratoire.En effet, la déficience en vitamine E amène, chez le rat mâle, l\u2019atrophie des canaux sémi- nifères; chez la femelle, il n\u2019en va pas tout à fait ainsi: l\u2019estrus, l\u2019ovulation et la nidation de l\u2019œuf se font normalement, l\u2019embryon se développe normalement jusqu\u2019au 8e jour, puis il ne se développe qu\u2019avec lenteur jusqu\u2019au 20e jour, date à laquelle la mort survient.Si, au 5e jour, on administre de la vitamine E, le fœtus peut vivre.En ce qui regarde l\u2019homme, on croit de moins en moins à la valeur antistérile de la vitamine E.Quant à la vitamine À, sa déficience aurait pour résultat de diminuer l\u2019ovulation; il se ferait une kératinisation du vagin nuisible aux changements normaux de l\u2019estrus.Plus récemment, la vitamine B a été incriminée dans la question de la stérilité.Son action est très complexe et son rôle s\u2019effectuerait au niveau du foie.M.S.Biskind et G.R.Biskind, dans la revue Science du 14 novembre 1941 et dans la revue Endocrinology de juillet 1942, ont démontré que le complexe vitaminique B avait une action sur l\u2019estrone circulant dans le foie.Ces auteurs se sont inspirés des études de Rhoade et de ses associés.Ces derniers avaient prouvé que le complexe vitaminique B était capable d\u2019empêcher l\u2019apparition du cancer du foie survenant chez des animaux à qui l\u2019on administre de la diméthyl-amino-benzène. 1266 Biskind et Biskind se sont dit que si le com- nlexe vitaminique B pouvait jouer ce rôle de désintoxication, en rendant inactives certaines substances du foie, il lui était possible d\u2019inactiver d\u2019autres substances.Ils ont pu démontrer que le complexe vitaminique B jouait un rôle sur l\u2019estrone en l\u2019inactivant.De plus, Parker roit que la déficience en vitamine B aurait une action destructive sur l\u2019hypophyse, alors qu\u2019elle causerait peu de dommage au testicule, I] n\u2019y a pas entente générale à ce sujet.Facteurs hygiéniques.Les facteurs hygiéniques méritent d\u2019être mentionnés parmi les facteurs étiologiques de à stérilité: les exercices physiques et l\u2019hydrothérapie auraient de bons résultats sur la fertilité de l\u2019individu.Agents physiques.Les facteurs physiques: lumière, chaleur et \"ayons X ne doivent pas être négligés dans \u2018\u2019étude de la stérilité.Quelle est l\u2019action de la lumière et de la chaleur sur la fertilité de l\u2019homme?C\u2019est là un problème encore très mal Studié.Au point de vue lumière, on a fait L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN AM.L.F.A.N, \u2014 Montréal, novembre 1943 Pexpérimentation chez \u2019oiseau.On a pris un Junco, petit oiseau migrateur chez qui, physiologiquement, les testicules sont petits et inactifs en dehors des saisons de gestation.Leur plus petit poids est l\u2019hiver.Or, si l\u2019on met de la lumière artificielle pour faire semblant d\u2019allonger les jours pendant l\u2019hiver, il se fait une augmentation de testicules et l\u2019activité spermatique est nettement augmentée.Au point de vue température, il a été démontré expérimentalement, chez l\u2019animal, que l\u2019eau chaude ou l\u2019action directe du soleil peut produire des dommages sérieux sur le testicule.Que deviennent nos baigneurs qui s\u2019étendent au grand soleil des plages pendant des journées et des semaines entières?Quant aux rayons X, Albert et Shonberg ont découvert, en 1903, leur action néfaste sur les testicules.Je n\u2019insiste pas; les radiologues se protègent depuis longtemps contre cet ennemi.J\u2019en ai terminé avec les facteurs étiologiques généraux; ils n\u2019ont rien du charme que suscitent les problèmes endocriniens et, les pre- blèmes d\u2019ordre local. LE PROBLÈME DE LA STÉRILITÉ Le point de vue de l\u2019urologie* Par Paul BOURGEOIS, F.R.C.S.(C.), Chargé du Service d\u2019Urologie de l\u2019hôpital Notre-Dame (Montréal).Ce n\u2019est encore que tout récemment que la question de la fécondité du mari est entrée en ligne de compte dans l\u2019étude du mariage stérile.Trop souvent et pendant trop longtemps, la femme en a été toujours accusée et a dû en porter injustement la responsabilité.Même de nos jours, l\u2019examen du mari est fait de façon trop superficielle, lorsqu\u2019il n\u2019est pas la plupart du temps complètement ignoré.L\u2019étude de ce problème nécessite évidemment la collaboration entière des deux partenaires; facilement offerte à nos collègues américains, elle leur a permis, au moyen d\u2019expé- viences et d\u2019observations considérables, d\u2019établir que, dans 40% des mariages sans enfants, \u2018a faute en revient totalement ou partiellement au mari.C\u2019est pourquoi nous avons cru intéressant de venir aujourd\u2019hui vous entretenir brièvement du point de vue que l\u2019urologue doit envisager assez fréquemment, dans sa clientèle de ville ou hospitalière.Le temps qui nous est alloué ne nous permet pas de vider à fond la question; aussi, nous nous contenterons de passer rapidement sur les phénomènes de l\u2019impuissance et des malformations génitales pour nous attarder à étudier les renseignements excessivement précieux que nous fournit l\u2019examen du sperme.La partie du problème qui nous intéresse demande comme solution la démonstration de la fertilité du mâle.Comment expliquer qu\u2019un sujet masculin d\u2019apparence saine et robuste ne puisse arriver à féconder sa femme, démontrée normale par l\u2019endocrinologiste et le gynécologue?Si la terre est fertile et que le grain A.Travail présenté au XVIIe Congrès de l\u2019Association Médicale de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord, Montréal, septembre 1942.n\u2019y pousse pas, n\u2019allez-vous pas rechercher du côté de la semence la raison de cet état de choses! L\u2019examen du sperme fraîchement émis constitue le moyen le plus sûr du contrôle de la stérilité du mari.Jusqu\u2019à tout dernièrement, les difficultés de toutes sortes compliquaient l\u2019obtention de spécimens.Les travaux de Huhner ont contribué dans une large mesure à l\u2019établissement de ce que nous pourrions appeler la séméiologie séminale et ont fait accepter par les endocrino- logistes le test qui porte aujourd\u2019hui son nom.TEST DF HUHNER.« La constatation d\u2019un sperme normal, contenant des spermatozoïdes, dans le cul-de-sac postérieur du vagin, à la suite d\u2019un coît normal, démontre une spermatogenèse normale et un bon ensemencement; par le fait même, àl absout le mâle de toute responsabilité en cause.» Ce test est excessivement important, car il démontre la puissance à accomplir le coït et la fertilité de l'homme.Dans la grande majorité des cas, il suffira à résoudre le problème.Afin d\u2019éviter des ennuis fâcheux aux malades et au médecin, il devra toujours être exécuté avant d\u2019entreprendre le traitement d\u2019une femme stérile.Dans le petit nombre de cas ou il ne parviendra pas à établir la déposition des spermatozoïdes dans le vagin, ou encore lorsqu\u2019il fera soupçonner leur absence, nous devrons recourir aux méthodes habituelles qui régissent l\u2019examen des sécrétions génitales de l\u2019homme.On devra se rappeler que le moindre trouble constaté demande une correction immédiate, afin de compenser, par une fertilité exagérée du mari, la moindre aptitude de la femme. 1268 Pour ce qui est de la collection du sperme, la méthode la plus simple et la plus efficace est la suivante: à la suite de plusieurs jours d\u2019abstinence, elle sera recueillie, par une éjaculation extravaginale, dans une bouteille excessivement propre et à large goulot.Cette bouteille ne doit pas être tenue par la suite à la température du corps.La chaleur pendant le transport exagère le métabolisme des spermatozoïdes et les conduit à l\u2019épuisement.Une température plus froide, ralentissant l\u2019activité temporaire, favorisera une vie plus longue.L\u2019emploi du préservatif, par la poudre que celui-ci contient, affecte la motilité et la vitalité des spermatozoïdes pouvant aller jusqu\u2019à donner l\u2019impression d\u2019une fausse nécrospermie.D\u2019un autre côté, chez certains couples, le coït avec condom est peu satisfaisant et peut, suivant les circonstances, donner lieu à une éjaculation incomplète.TECHNIQUE DE L\u2019EXAMEN DU SPERME.Cet examen sera accompli en moins d\u2019une heure après l\u2019éjaculation.Il faudra estimer le volume, la viscosité et le pH approximatifs; déterminer le nombre, la motilité, la vitalité et la morphologie des spermatozoïdes, rechercher la présence d\u2019éléments anormaux et pathologiques.Le volume s\u2019établit par l\u2019aspiration au moyen d\u2019une poire de caoutchouc dans une pipette graduée de 10 c.c.; la viscosité est appréciée par la grosseur des gouttes et leur tension-liquide à l\u2019expression de la pipette dans un récipient; elle est augmentée, normale ou diminuée.Le pH est représenté par la coloration enregistrée sur le papier de nitrazine; une méthode plus précise n\u2019est pas nécessaire, car, sauf dans les échantillons anormaux, on enregistre peu de variations.Le nombre de spermatozoïdes est déterminé par la dilution d\u2019un centimètre cube de sperme complètement mélangé avec 9 centimètres cubes d\u2019une solution à parties égales de formaline à 1% et de bicarbonate de soude à 5%.1 c.c.de cette dilution est encore dilué dans 9 c.c.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 de la même solution de formaline bicarbona- tée, ce qui porte la dilution au millième.Une goutte de la solution est alors portée sur la chambre à compter de Thoma-Zeiss, et le comptage est fait suivant la technique habituelle de la numération globulaire.La motilité des spermatozoïdes est constatée, à l\u2019examen d\u2019une goutte fraîche de semence, au moyen d\u2019une lentille à fort grossissement et à l\u2019aide d\u2019un écran d\u2019Ehrlich.La motilité est normale lorsqu'elle est active et migratoire; elle diminue pour se traduire, dans les heures qui suivent, par une simple ondulation.La vitalité des spermatozoïdes s\u2019établit par des examens répétés d\u2019une goutte fraîche de sperme tenue à la température de la chambre pendant 24 heures.: La morphologie exige l\u2019examen à l\u2019immersion d\u2019une mince couche de sperme, colorée par la technique de Moench: 1° chauffer gentiment; 2° laver avec une solution de chlorozène à 1% pendant 30 secondes; 3° laver à l\u2019eau distillée ; 4° laver à alcool à 95, le laisser sécher; 5° colorer avec une solution fraîche, filtrée, consistant de 2 parties de carbofuschin.Ziehl- Neelsen et 1 partie de solution, saturée à l\u2019alcool, de bleu éosine et 1 partie d\u2019alcool à 95 pendant 3 minutes; 6° laver à l\u2019eau distillée; 7° recolorer avec une solution à 20% de bleu de méthylène de Loeffler pendant 15 secondes; 8° laver à l\u2019eau distillée et laisser sécher.Outre les spermatozoïdes, les autres éléments tels que les leucocytes, les corps amyloïdes, les cristaux de spermatine, se rencontreront dans la goutte étudiée pour la motilité.Les cellules telles que les spermatides, les spermatocytes primaires et secondaires et les cellules de Ser- toli seront différenciées seulement dans la lame colorée.-\u2014 BOURGEOIS: LA STÉRILITÉ CARACTÈRE DU SPERME NORMAL.Le sperme normal a une consistance de gelée à l\u2019éjaculation et devient liquide comme de la salive au bout de 30 minutes.L\u2019éjaculation complète, d\u2019un pH d\u2019environ 7.8, représente 4 c.c.et contient approximativement 400 millions de spermatozoïdes mobiles ou 100 millions par c.c.Environ 90% d\u2019entre eux montrent encore de la mobilité une heure après l\u2019éjaculation, et au moins 10% des spermatozoïdes conservent assez de vie pour garder leur pouvoir de migration à la température de la chambre pendant 24 heures.La morphologie démontrée par l\u2019examen à fort grossissement comprend plusieurs formes normales.Il ne faut pas cependant trouver plus de 20% de formes anormales.Le spermatozoïde normal est une cellule unique, composée de trois parties: la tête, le corps et 1a queue.La tête est ovale et mesure 4.5 microns de longueur; la partie antérieure prend une coloration acide et la partie postérieure, qui contient les chromatines, prend une coloration alcaline.Le corps a deux parties, un cou et une partie moyenne.Le cou consiste de 2 nodules; le caudal, qui donne le filament axial, s\u2019étendant jusque dans la queue du spermatozoïde.La partie moyenne est cylindrique, de même diamètre que le cou et légèrement plus longue que la tête.La queue est représentée par le filament axial entouré d\u2019une membrane.Le sperme normal contient 20% de formes anormales, constituées par des cellules incomplètement différenciées ou dégénérées.Le spermatozoïde qui n\u2019a pas atteint sa maturité est moins fréquent; il se caractérise par une quantité excessive de cytoplasmes autour du corps et par une queue rudimentaire.En petit nombre, ils n\u2019ont que peu de signification.Les formes dégénérées ont plus d\u2019importance, car elles indiquent un vice de développement à l\u2019un des stades de la spermatogenèse.Tout spermatozoïde qui ne ressemble pas à la moyenne est anormal.Les variations sont 1269 tellement nombreuses qu\u2019il est impossible de les décrire chacune en particulier.On peut cependant les diviser en trois groupes.Les anomalies de la tête portent sur la taille, la forme, le contenu de chromatine.Elle peut être anormalement petite, microzoospermie, ou énorme, macrozoospermie.Les têtes anormales le plus fréquemment rencontrées varient du simple tassement jusqu\u2019aux plus bizarres irrégularités.La chromatine située dans la partie postérieure de la tête peut être augmentée, diminuée, déplacée ou même absente.| Les anomalies du corps vont de la plus grande épaisseur à l\u2019absence complète; elles s\u2019accompagnent habituellement d\u2019anomalies de la tête.Les anomalies de la queue peuvent s\u2019illustrer des innombrables déviations de la normale en longueur, contour et modes d\u2019attachement à la tête et au corps.On peut également noter des queues surnuméraires.La mensuration de la longueur de la tête facilite le diagnostie dans les anomalies limitées.La moyenne normale est de 4.5 microns, et l\u2019on peut dire qu\u2019elle est à peu près constante; les modifications de longueur seront surtout fréquentes lorsque l\u2019examen démontrera beaucoup de formes anormales.Ces caractères ont été admis après des études sérieuses portant sur de grandes quantités de spermes fertiles.En général, le degré de fertilité du mâle décroît et tend à zéro avec la diminution du volume du sperme, la diminution du nombre des éléments et de leur vitalité et avec l\u2019augmentation des formes anormales.L\u2019azoospermie seule démontre la stérilité absolue du mâle.INTERPRÉTATION DES ANOMALIES DU SPERME.Le volume dépend de la quantité de sécrétions apportées par les glandes accessoires plutôt que du nombre des spermatozoïdes.Ceci est démontré par le fait que ni la vasectomie bilatérale ni l\u2019_épididymite bilatérale postblen- 1270 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 norragique ne produisent de diminution dans le volume du liquide séminal.L\u2019atrophie des glandes accessoires ou le rétrécissement des canaux éjaculateurs réduit le volume du sperme; l\u2019importance du volume vis-à-vis la fertilité est négligeable.Elle n\u2019a de signification que lorsqu\u2019elle s\u2019accompagne d\u2019autres symptômes tels qu\u2019une viscosité anormale ou pyo- spermie.La viscosité, de même que le volume, dépend du fonctionnement des glandes accessoires sexuelles.Leur inflammation produit une exagération de mucus; la liquéfaction, reconnaissable 30 minutes après son émission, est due vraisemblablement à une enzyme présente normalement.Le retard ou l\u2019absence de liquéfaction, dû à l\u2019absence de cette enzyme ou à une hypersécrétion de mucus, entrave la motilité et par conséquent nuit à la fertilité.Le pH est de 7.5 à 7.8.L\u2019acidité attaque irréparablement la motilité, comme il est démontré par l\u2019immobilité absolue des spermatozoïdes retenus dans le milieu acide du vagin plus longtemps que quelques heures.L\u2019alcalinité explique l\u2019affinité des spermatozoïdes et la facilité de leur migration vers le canal cervico- utérin.Alors que le nombre total des spermatozoïdes contenus dans une éjaculation est de première importance dans l\u2019évaluation de la fertilité, il faut admettre cependant de larges variations.Le minimum reconnu serait de 60 millions par c.c.ou 240 millions par éjaculation.Toutefois, dans 200 cas de fertilité établie, Hotchkiss et ses associés ont démontré des numérations inférieures & 60 millions par c.c.dans 25% du groupe, et au-dessous de 20 millions dans 10%.La tendance actuelle est d\u2019attacher plus d\u2019importance à la quantité de formes anormales plutôt qu\u2019au décroissement modéré du nombre des spermatozoïdes.Malgré tout, l\u2019expérience et la clinique justifient la présomption que plus grand est le nombre des éléments, plus grand devient le pouvoir fertilisant.La diminution de la fertilité de la femme serait compensée par l\u2019hyper- fertilité du mari.L'influence néfaste des coits trop fréquents sur le nombre des spermatozoïdes dans l\u2019éjaculation et la fertilité du mâle doit attirer attention.Chez l\u2019animal en expérience, l\u2019accouplement souvent répété conduit à une diminution des spermatozoïdes, sans amoindrir leur motilité et leur capacité de fertilité.Chez l\u2019homme, les coïts exagérés amènent une réduction de nombre et une diminution de maturité.Ceci est rectifié par une continence temporaire si la spermatogenèse est normale.Il devient par conséquent nécessaire de proscrire les rapports fréquents dans les mariages stériles.L'importance d\u2019une morphologie normale dans le processus de fertilisation et un développement normal de l\u2019embryon ne peut être trop fortement soulignée.La présence de plus de 20% d\u2019éléments anormaux implique que même ceux qui ne le semblent pas sont déficients fonctionnellement.On accepte unanimement que l\u2019excès de formes anormales est le- résultat d\u2019une spermatogenèse défectueuse.DIAGNOSTIC.Avant d\u2019entreprendre l\u2019étude du diagnostic différentiel des affections susceptibles de conduire à la stérilité masculine, il est nécessaire de rappeler très succinctement quelques notions d\u2019anatomie et de physiologie.L'appareil génital de l\u2019homme, comme vous le savez tous, se compose de plusieurs glandes ou organes qui président à la formation des spermatozoïdes et en assurent l\u2019émission.Les testicules, au nombre de deux, normalement situés dans le serotum, ont pour objet deux rôles bien connus aujourd\u2019hui: la sécrétion de- l'hormone appelée la testostérone et la sper- matogenèse.Soumis au contrôle direct du lobe antérieur de la pituitaire, comme les recherches expérimentales l\u2019ont démontré, ils subissent l\u2019influence accessoire de la thyroïde, de la sur- BOURGEOIS: LA STÉRILITÉ rénale et du pancréas.Les cellules de Leydig, mieux connues sous le nom de cellules intersti- tielles, sécrètent la testostérone à un stade un peu moins avancé, soit la déhydroandrostérone ou l\u2019androstérone.Ces hormones maintiennent le développement de la croissance et assurent le fonctionnement des glandes sexuelles accessoires telles que la prostate, les vésicules séminales, les glandes de Cooper, dont les sécrétions normales assurent la vitalité et la motilité des spermatozoïdes.La testostérone influence également le développement de la verge et du serctum; elle préside à l\u2019apparition des poils et au ton mâle de la voix.Elle détermine le désir de rapprochement sexuel et soutient la puissance copulatrice.Elle est aussi modératrice de la stimulation testiculaire.En résumé, l\u2019on pourrait dire que la fertilité du mâle est conditionnée par le propre fone- tionnement du lobe antérieur de l\u2019hypophyse et des testicules.Elle serait modifiée encore par l\u2019influence indirecte des autres glandes endocrines, soit sur la pituitaire, soit sur les testicules ou soit encore sur les deux.Ce point de vue véritablement endocrinien vous sera plus développé par l\u2019endocrinologiste.Nous prenons la liberté, cependant, de repasser avec vous les étapes qui président à la formation de l\u2019élément indispensable à la fécondation et que l\u2019on résume sous le mot de spermato- genèse.Le testicule est entouré d\u2019une capsule conjonctive, l\u2019albuginée, qui forme en un point un épaississement fibreux, appelé corps d\u2019High- more, d\u2019où partent des cloisons intérieures qui rayonnent en éventail et divisent le testicule en logettes.Celles-ci contiennent les tubes séminifères, qui se rassemblent au niveau du corps d\u2019Highmore, en tubes droits, puis s\u2019anas- tomosent en réseau pour former le «rete testis ».De celui-ci partent les canaux efférents qui débouchent dans le canal de l\u2019épididyme.Au microscope, les tubes séminifères sont entourés d\u2019une gaine conjonctive.Ils comprennent le syncitium de Sertoli, qui représente l\u2019élément nourricier, et les cellules séminales, 1271 dont les couches successives, étagées de la périphérie vers le centre, représentent les différentes phases de la spermatogenèse.Ces cellules épithéliales spécialisées, tapissant les tubes séminifères, passent par des phases de différenciation particulières.Les formes cellulaires les plus jeunes, appelées spermatogonies, reposent près de la membrane basale des tubes, et par leur division donnent le spermatocyte primaire.Celui-ci est plus gros que la spermatogonie et repose plus près de la lumière du tube.Le spermatocyte primaire se divise en secondaire qui, plus avancé et plus développé, donne les spermatides.Le spermatide perd ensuite un peu de son protoplasme, se développe une queue et émerge libre dans la lumière du tube, au stade de spermatozoïde incomplètement évolué.Le spermatozoïde se rend alors dans l\u2019épididyme où il complète sa maturation et descend vers la vésicule séminale.Le liquide séminal lui sert alors de véhicule nutritif et forme la masse nécessaire à sa migration.Il contient plus de phosphore, de calectum, de glucose et d\u2019urée que le sérum, mais sa teneur est plus faible en chlorures et en cholestérol.La modification chimique de son milieu s\u2019accompagne d\u2019anomalies des spermatozoïdes.Il n\u2019est pas absolument nécessaire à la fertilité, comme le démontre l\u2019insémination artificielle, réussie chez les animaux au moyen de spermatozoïdes prélevés par ponction testiculaire ou épididymaire.Il est entendu que le médecin qui cherche à étiqueter une stérilité masculine ne doit pas se contenter d\u2019un examen fait à la légère.TI devra instituer un questionnaire serré, s\u2019informer des difficultés sexuelles, le tout en mettant son malade le plus à l\u2019aise possible.Il recherchera les maladies, les antécédents vénériens et urinaires.L\u2019examen physique aura lieu le sujet complètement nu; de cette façon, les troubles endocriniens manifestés par une obésité marquée, des seins plus développés que normalement, 1272 des modifications dans la statique, dans la taille, ete., seront facilement reconnus par l\u2019œil averti.Les anomalies des organes génitaux, l\u2019hypo- spade, le phimosis, les cicatrices, les écoulements, seront notés soigneusement.La palpation attentive des canaux déférents, du scrotum, des testicules et des épididymes sera lente et méthodique.Les ectopies testiculaires, les nodules épidi- dymaires seront reconnus.Le toucher rectal démontrera ou non l\u2019intégrité de la prostate, des vésicules séminales et des glandes de Cooper.Le massage des vésicules et de la prostate permettra d\u2019analyser les sécrétions et de noter les caractères macroscopiques de ces liquides.Le liquide vésiculaire est visqueux, filant, semblable au sperme frais; le liquide prostatique est aqueux, fluide.L\u2019induration des vésicules dénote une inflammation interstitielle ou une péri-infection.L'analyse complète des urines, la formule sanguine, le B.W., l\u2019azotémie, la glycémie et le métabolisme basal feront aussi partie de l\u2019examen.Et, pour finir, l\u2019analyse du sperme frais démontrera les modifications pathologiques que nous vous résumons brièvement: L\u2019oligospermie est la diminution du volume du sperme.Nous vous rappelons que le volume moyen est d\u2019environ 4 c.c.par éjaculation complète.L\u2019oligozoospermie est la diminution du nombre des spermatozoïdes par éjaculation.De 60 à 100 millions par c.c.elle peut tomber à 10 millions et au-dessous.L\u2019azoospermie est l\u2019absence complète de tout spermatozoïde dans l\u2019éjaculation.L\u2019aspermie est l\u2019absence d\u2019éjaculation; elle peut être absolue lorsque le sujet n\u2019éjacule pas du tout ou relative lorsque l\u2019éjaculation se fait dans la vessie; une affection du veru mon- - tanum ou une lésion de l\u2019urètre postérieur empêchant l\u2019issue du sperme vers l\u2019extérieur.Elle L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.novembre 1943 se manifeste par l\u2019émission d\u2019urine trouble, quelques instants après le coit.La poïkilospermie et l\u2019anisospermie signifient la modification de forme et de volume du spermatozoïde.La nécrospermie représente la mort ou l\u2019absence de vitalité et de motilité des spermatozoïdes.La pyospermie est l\u2019émission de sperme mélangé de pus, tandis que l\u2019hémospermie est l\u2019émission de sperme mélangé de sang.Ces différentes modifications du sperme se rencontrent dans un grand nombre d\u2019affections portant non pas seulement sur l\u2019appareil génital, mais aussi sur l\u2019état général de l\u2019individu.L\u2019oligozoospermie est appelée essentielle ou testiculaire lorsqu\u2019elle relève d\u2019une spermato- genèse défectueuse.On la nomme mécanique ou obstructive lorsqu\u2019elle est due à une lésion quelconque, située sur le trajet de l\u2019arbre génital, entravant la libre émission du sperme.L\u2019oligozoospermie essentielle ou testiculaire peut être causée par des troubles endocriniens, des lésions ou des dysfonctions de la pituitaire, de la thyroïde, du pancréas, mieux connues sous le nom de maladie de Froehlic, le syndrome adiposogénital, l\u2019'hyper ou l'hypothyroïdie, l\u2019'hypogonadisme, ete.Le déséquilibre endocrinien influence défavorablement la sper- matogenèse et doit être tenu responsable du mauvais fonctionnement du testicule.Elle peut également exister sans facteur endocrinien.Toutes les lésions traumatiques du testicule, les maladies qui affectent sa nutrition, telles le varicocèle, l\u2019hydrocèle, la her- niotomie par la fermeture trop serrée et l\u2019étranglement du cordon, peuvent conduire à l\u2019atrophie de l\u2019organe et compromettre son rendement.Les testites syphilitiques acquises ou congénitales, les orchites vraies banales ou spécifiques, l\u2019orchite ourlienne, rare avant la puberté, conduisent à une destruction des tubes séminifères et sont responsables de l\u2019infécondité.Le malade est stérile mais puissant, pour un certain temps, grâce à l\u2019intégrité des cellules de Leydig.pl ll i 1 Ÿ { BOURGEOIS: LA STÉRILITÉ Les malformations tératogénitiques, les anorchidies, les cryptorchidies et toutes les autres anomalies des testicules expliquent facilement l\u2019absence complète ou le petit nombre de spermatozoïdes.L\u2019oligozoospermie essentielle ou testiculaire se rencontre également dans les désordres constitutionnels, débilité générale, dans les états fébriles prolongés, les anémies et les avitaminoses.L\u2019oligozoospermie mécanique ow obstructive est celle qui relève plus spécialement de l\u2019urologue.Elle est due, dans la grande majorité des cas, aux infections de l\u2019arbre génital et surtout aux complications qui surviennent, telles que les épididymites, les funiculites, les spermatocystites, les prostatites et les urétrites.La guérison de ces lésions entraîne malheureusement trop souvent la sclérose et l\u2019oblitération partielle ou complète des canaux excréteurs et rend impossible ou difficile la migration des spermatozoïdes normalement formés.Les anomalies congénitales ou acquises de l'appareil copulateur, l\u2019hypospadias, le phi- mosis, le rétrécissement de l\u2019urètre, les anomalies du veru montanum, pourront être responsables, eux aussi, de l\u2019oligozoospermie.La mise en évidence de la variété essentielle ou mécanique est aujourd\u2019hui relativement simple.La biopsie testiculaire, facile à pratiquer même dans le cabinet de consultation, s\u2019exécute de la façon suivante: L\u2019antisepsie de la peau du scrotum est réalisée au moyen de teinture de Métaphen ou d\u2019une autre solution.Le testicule est saisi de la main gauche et la peau qui le recouvre est tendue entre les doigts.Un bouton de Novocaïne ou de Nupercaïne anesthésie la peau et le dartos.Une incision de 115 centimètre est menée jusqu\u2019à la vaginale testiculaire.L\u2019albuginée est incisée et la simple pression 1273 fait hernier un petit cône de substance testiculaire.Ce petit cone est coupé au ras du testicule avec des ciseaux fins et déposé dans le liquide de Bouin.Deux petits points au catgut ferment linci- sion cutanée; un pansement au collodion est appliqué sous le couvert d\u2019un suspensoir.Au bout d\u2019un repos de deux heures, le patient peut retourner à ses occupations.Cette méthode ne présente aucun danger et a été exécutée, des deux côtés du même coup, sans aucun ennui.Elle peut être répétée aussi souvent que nécessaire sans produire d\u2019accidents.L'examen du tissu prélevé de cette façon démontre l\u2019intégrité ou la défectuosité de la spermatogenèse.Elle a le grand avantage, sur la ponction de l\u2019épididyme ou du testicule, de fournir des renseignements sur toute l\u2019évolution de la spermatogenèse, et de démontrer si l\u2019oligozoospermie est réellement essentielle ou testiculaire.La radiographie des voies séminales se réalise aujourd\u2019hui de deux façons: d\u2019abord, la ponction du canal déférent, telle que nous la pratiquons dans le lavage des vésicules séminales, permet d\u2019injecter dans ce canal une quantité variable de diodrast.Ce liquide est celui que nous employons couramment tous les jours pour réaliser la pyélographie intraveineuse.Si le canal déférent est perméable, le malade éprouve la sensation de liquide dans l\u2019urètre postérieur au bout de 2 ou 3 c.c.Sinon, une radiographie prise au bout d\u2019un certain temps montrera la présence de liquide opaque dans la vessie et, partant, la perméabilité des voies excrétrices.Une autre façon de pratiquer la vésiculo- graphie consiste dans le cathétérisme des canaux éjaculateurs avec l\u2019instrument spécial de McCarthy et à faire une vésiculographie rétrograde.Elle est plus difficile à exécuter que la méthode funiculaire et elle donne moins de renseignements.La petite sonde peut facilement buter dans les replis de la vésicule et 1274 refuser de pénétrer dans le canal déférent.On a accusé la vasotomie de produire un rétrécissement du canal déférent, mais on ne l\u2019a pas démontré.Une incision longitudinale ou une ponction peuvent difficilement produire une sténose.Ces deux méthodes rendront facile la classification de l\u2019oligozoospermie en essentielle ou mécanique.L\u2019azoospermie, ou si l\u2019on veut l\u2019absence de spermatozoïdes dans l\u2019éjaculation, se divise également en testiculaire et obstructive.L\u2019azoospermie essentielle ou testiculaire reconnaît les mêmes causes que l\u2019oligozoosper- mie; elle dénote une complète inactivité des tubes séminifères.On la rencontre dans les processus locaux de destruction testiculaire, dans les désordres d\u2019ordre général.dans les grandes intoxications, où elle peut être passagère, et dans les anomalies congénitales du testicule, où elle sera malheureusement définitive.L\u2019azoospermie mécanique ou obstructive est due à un blocage bilatéral complet des voies excrétrices, soit par une oblitération à l\u2019épididyme ou à un niveau inférieur.Les spermatozoïdes ne peuvent plus descendre de l\u2019épididyme vers les vésicules séminales ou sont arrêtés au niveau des orifices des canaux éja- culateurs.Le diagnostic de la variété s\u2019établira par la biopsie testiculaire.La nécrospermie ou mort des spermatozoïdes est attribuable soit à des produits toxiques du liquide séminal, soit à un examen tardif, soit encore aux saletés existant précédemment dans le flacon qui aura servi de moyen de transport du sperme.Elle existe rarement seule et s\u2019accompagne d\u2019oligozoospermie et de poïkilozoo- spermie.Les spermatozoïdes sont peu nombreux et présentent, malgré leur volume à peu près normal, des déformations considérables.Lorsqu\u2019elle existe seule, la nécrospermie dénote une altération cellulaire due à des sécrétions toxiques et non pas à une déficience sexuelle hormonale.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 La pyospermie se rencontre dans toutes les infections pouvant conduire à la pangénitalite, telles que la blennorragie, la tuberculose génitale.Le pus a le temps de se mélanger au sperme, il en fait partie.La présence de globules rouges devra faire penser à la tuberculose.La pyospermie affecte peu le pouvoir fertilisant; si ce n\u2019est lorsque la prostate et les vésicules séminales, par leur irritation chronique et prolongée, sécrètent un excès de mucus qui modifie la viscosité du sperme et nuit à sa migration.L\u2019hémospermie, malgré son effroyable impression sur le malade, ne constitue pas une modification importante du sperme; elle peut être due tout simplement à une congestion vésiculaire.Elle disparaît la plupart du temps sous l'influence d\u2019un traitement approprié.Sa persistance devra faire éliminer la possibilité de tuberculose ou encore de cancer.TRAITEMENT.Le traitement de la stérilité masculine comprend plusieurs considérations d\u2019ordre général, physique et local.Les maladies générales telles que la tuberculose, la syphilis, le diabéte, les avitaminoses, les anémies, les intoxications, seront reconnues et traitées suivant les données spéciales de la thérapeutique.Les grands syndromes endocriniens accompagnés de stérilité testiculaire ou essentielle relèvent avant tout de l\u2019endocrinologiste.La quantité de produits, actuellement sur le marché, en rend difficile même leur simple nomenclature.De plus, l\u2019endocrinothérapie n\u2019est pas sans danger, et il peut arriver que des doses intensives, administrées de bonne foi, compromettent irrémédiablement les chances de succès.Les facteurs d\u2019ordre physique tels que la mauvaise technique du coït, l'impuissance psychique, l\u2019éjaculation précipitée, la brutalité sexuelle, etc, seront aisément contrôlés par le soin et la délicatesse du médecin à gagner la confiance de son malade.Quelques bons _\u2014 _\u2014\u2014 x ~~ Lc BOURGEOIS: LA STERILITE conseils et l\u2019institution d\u2019un régime génital suffiront bien souvent à transformer des malheureux.Les facteurs d\u2019ordre local sont l\u2019apanage de l\u2019urologue.Il devra non seulement assurer la déposition de la semence au bon endroit, mais en permettre, auparavant, la libre émission en dehors des voies génitales de l\u2019homme.Les anomalies génitales telles que le phi- mosis, l\u2019hypospadias, demanderont la correction chirurgicale par la circoncision ou l\u2019urétro- plastie.Les lésions du frein de la verge seront traitées par la section ou l\u2019allongement.Les varicocèles, les hydrocèles, bénéficieront ou non des techniques spécialisées.La seule stérilité testiculaire qu\u2019il lui sera donné d\u2019améliorer sera celle qui menace le testicule ectopique.L\u2019abaissement dans le scrotum sera fait de façon aussi précoce que possible et surtout avant la puberté.Malheureusement, il nous faut admettre que la plupart du temps nos moyens sont limités: ce n\u2019est que dans la stérilité mécanique ou obstructive que nous pouvons réussir, avec un peu de patience, à rétablir la perméabilité des voies excrétrices génitales.Le traitement de la stérilité obstructive se divise en non opératoire ou chirurgical.Les vésiculites et les prostatites seront traitées par les massages deux fois par semaine et pendant six mois.Ces massages auront pour but de déplacer vers l\u2019extérieur les grumeaux de pus ou de mucus, qui encombrent les canaux déférents ou éjaculateurs, et assurer la libre vidange de ces organes.Un examen de contrôle du sperme fera réaliser ou non les progrès.De nouveaux efforts seront tentés, si le premier résultat n\u2019est pas satisfaisant.Les sulfamidés, malgré leur grande valeur dans les infections aiguës, présentent peu d\u2019avantages dans le traitement des affections chroniques.Ils ne font pas disparaître le rétrécissement et, de plus, diminuent dans un bon nombre de cas la motilité des spermatozoïdes; de plus, ils présentent une toxicité avec laquelle il est important de compter.Le lavage des vésicules sémi- 1275 nales, permettant la dilatation liquide des canaux éjaculateurs, rendra de précieux services; la dilatation de ces mêmes canaux par voie urétrale, au moyen du massage de l\u2019urètre postérieur sur un béniqué, assouplira la sclérose environnante.Finalement, l\u2019azoospermie obstructive ou mécanique pourra bénéficier de certaines opérations visant à la correction des oblitérations du pôle inférieur de l\u2019épididyme et réalisée par ce que nous appelons l\u2019anastomose épididymo- déférentielle et l\u2019implantation testiculo-défé- rentielle.L\u2019anastomose épididymo-déférentielle s\u2019applique aux lésions du pôle inférieur de l\u2019épididyme avec obstruction complète, empêchant les spermatozoïdes de passer dans la queue de l\u2019épididyme et de continuer leur voyage vers les vésicules séminales.Elle consistera à établir et déterminer un court-circuit, par l\u2019anastomose du déférent avec le pôle supérieur de l\u2019épididyme.C\u2019est une intervention délicate, exécutée sur des tissus minces et des organes ténus.Elle a heureusement donné quelques résultats consolants, et il faut espérer qu\u2019avec le perfectionnement des techniques, elle deviendra le traitement idéal de l\u2019azoospermie obstructive épididymaire.Les obstructions de la tête de l\u2019épididyme ne peuvent être contournées de cette façon.Dans ces cas, il ne reste plus qu\u2019à tenter l\u2019implantation du déférent dans la région du « rete testis », intervention plus facile que la première, mais dont les résultats sont plus aléatoires.EN RÉSUMÉ, la part de l\u2019urologue, dans le traitement des stérilités masculines, visera surtout les oligozoospermies et les azoospermies obstructives et mécaniques, elle consistera le plus souvent à traiter avec patience et modération les séquelles d\u2019infection des pangénita- lites.Elle pourra de temps en temps se compléter par des interventions délicates et minutieuses destinées à, apporter, espérons-le, des résultats de plus en plus heureux. CONTRÔLE DES MÉTASTASES OSSEUSES DANS LE CANCER DU SEIN Par Jean BOUCHARD, M.D., D.M.R.E.(Cambridge), Royal Victoria Hospital (Montréal).« A titre de méthode palliative, la radiothérapie produit une régression complète de maintes récidives locales.C\u2019est dans le contrôle des métastases osseuses que l\u2019on observe les résultats les plus frappants, alors que la douleur est soulagée, la structure osseuse restaurée et la vie prolongée.» Voilà ce qu\u2019écrit James Ewing dans la dernière édition de son Traité sur les Tumeurs, intitulé « Neoplastic Diseases », au chapitre du Cancer du sein en parlant du traitement par l\u2019irradiation.Trop souvent nous avons vu abandonner à leur sort des porteuses d\u2019un cancer du sein chez qui l\u2019on avait découvert des métastases osseuses, sous prétexte que la situation était sans espoir et que, quoi qu\u2019on fasse, la mort serait leur partage à brève échéance.Nous désapprouvons totalement cette attitude défaitiste.Aussi, c\u2019est dans le but de combattre cette attitude par des arguments concrets que nous avons entrepris l\u2019étude d\u2019une série de cas d\u2019épithélioma du sein ayant présenté au cours de leur évolution des signes indiscutables d\u2019envahissement néoplasique du système osseux.Depuis 1938, 180 cas de cancer du sein ont été traités à divers stages de leur maladie dans le Service de Radiologie du « Royal Victoria Hospital ».De ce nombre, 37 malades ont présenté des signes radiographiques de métastases osseuses dont 24 sont mortes à date.D\u2019après ces chiffres, nous ne croyons pas qu\u2019il nous soit permis d\u2019établir le taux de mortalité avec métastases osseuses dans le cancer du sein, pour le moment, vu qu\u2019un 1.Travail préparé dans le Service du Professeur Carleton B.Peirce, Royal Victoria Hospital (Montréal), et présenté au Congrès des Médecins de Langue française de l\u2019Amérique du Nord, Montréal, septembre 1942.Section d\u2019Electro-radiologie.bon nombre de ces malades sont encore vivantes.Ewing rapporte que Gross dans une série de 423 autopsies établit ce taux à 20.5%, pendant que de son côté Kaufman donne 83.0% pour 63 autopsies.Nous sommes d\u2019avis que ces chiffres sont aux extrémes et qu\u2019un moyen terme serait plus près de la réalité.Nul doute que des examens radiographiques répétés et systématiques portant sur une longue série de cas aideront à obtenir dans l\u2019avenir une plus grande précision à ce sujet.En parcourant la littérature, nous avons trouvé peu d\u2019études portant sur une série de cas de métastases osseuses dans le cancer du sein traitées par la Rœntgenthérapie.Lenz et Freid ont publié leurs observations sur 81 cas en 1931.Geschikter et Copeland, en 1936, ont.rapporté leurs résultats dans 34 cas.Le meilleur rapport, à notre avis, est celui de Wulff, de la Clinique de Lund, en Suède, portant sur 44 cas traités de 1929 à 1937.Au cours de la présente communication, nous étudierons 24 cas sur les 37 qui ont été traités au Royal Victoria depuis 1938, laissant de côté les 13- qui sont encore en vie.CLASSIFICATION DES CAS.En nous basant sur les renseignements cliniques et anatomo-pathologiques à notre disposition, nous avons classifié nos 24 cas de la façon suivante: tableau 1.Classification clinique et anatomo- pathologique (Portmann) Nombre de Groupe cas % I Tumeur limitée au sein 3 12.5 II Ganglions axillaires envahis 9 375 IIT Peau envahie, sein fixé au pectoral, métastases a distance 11 45.8 Impossible de classifier 1 42 TOTAL: 24 100.0 BOUCHARD: METASTASES OSSEUSES DANS LE CANCER DU SEIN Comme l\u2019on pouvait s\u2019y attendre logiquement, c\u2019est chez les malades des groupes II et III que les métastases osseuses sont plus fréquentes.Un seul cas n\u2019a pu être classifié faute de renseignements suffisants.Nous tenons à signaler que nous nous sommes écartés de la classification généralement employée de Stein- thal pour adopter celle de Portmann.Cette dernière est nettement plus logique et plus précise, car elle est basée non seulement sur les faits cliniques, mais encore sur le rapport anatomo-pathologique, permettant ainsi d\u2019apprécier d\u2019une façon précise le degré d\u2019extension de la maladie, surtout aux ganglions axillaires.Il ne faut pas oublier qu\u2019une classification rigoureusement exacte est essentielle pour l\u2019interprétation juste des résultats obtenus dans le traitement du cancer du sein.SITUATION DE LA TUMEUR PRIMITIVE.Il est généralement admis que le sein gauche est plus souvent atteint que le droit.C\u2019est aussi ce que nous avons observé.Aucun de nos cas n\u2019a été bilatéral d\u2019emblée, bien que dans cinq cas, le sein du côté opposé soit plus tard devenu cancéreux à son tour.Deux de ces cinq malades ont présenté la forme dite carcinomateuse aiguë.Une troisième avait été opérée pour un cancer du sein droit 16 ans auparavant sans présenter aucun signe de récidive ni de métastase à distance dans l\u2019intervalle, quand apparurent des signes de cancer au sein gauche; dans ce cas, nous n\u2019avons tenu compte que du cancer du sein gauche en y rattachant les métastases apparues subséquemment.C\u2019est en effet notre conviction personnelle qu\u2019un cancer qui apparaît dans le sein du côté opposé dix ans ou plus après le premier est un nouveau cancer.Il ne semble pas exister de relation entre la situation occupée dans le sein même par la tumeur au début de sa croissance et la fréquence des métastases osseuses.En d\u2019autres termes, que la tumeur débute dans la moitié supérieure ou inférieure, interne ou externe du sein, cela n\u2019a apparemment rien à faire 1277 avec la propagation à distance au système osseux des cellules néoplasiques.ANATOMO-PATHOLOGIE.Il y a eu biopsie de la tumeur primitive dans cinq cas seulement.Mais la preuvé histologique du cancer a été faite dans tous les cas par l\u2019examen des spécimens opératoires.L\u2019étude du matériel anatomo-pathologique ne nous fournit pas d\u2019indications précises sur la fréquence plus ou moins grande des métastases osseuses avec tel ou tel genre histologique de tumeur.La rapidité de croissance d\u2019une tumeur, son degré d\u2019anaplasie, le degré d\u2019infiltration dans le sein sont des renseignements histologiques qui peuvent donner plus d\u2019indications sur la probabilité de développement ultérieur de métastases osseuses.Lenz et Freid attribuent une importance primordiale à l\u2019étude histo-pathologique et plus spécialement à la gradation histologique selon le degré de malignité en établissant un rapport direct entre cette gradation d\u2019une part et la durée de survie ou le pronostic d\u2019autre part.Mentionnons ici que nous n\u2019avons obtenu la preuve histologique des métastases osseuses dans aucun cas.L\u2019évolution clinique et la preuve radiographique nous ont suffi pour établir le diagnostic.AGE.Le facteur âge ne semble pas jouer un rôle particulier.Chez nos malades, les âges varient entre 24 et 77 ans au moment de la découverte du cancer primitif.La moyenne d\u2019dge pour les 24 cas est de 44.4 années.Si l\u2019on jette un coup d\u2019æœil sur le tableau 2, Groupement des malades par décades d\u2019âge au début du cancer.Groupe Nombre de cas % De 20 a 30 ans 2 85 De 30 4 40 ans = 6 25.0 De 40 à 50 ans 10 413 De 50 à 80 ans 5 21.0 Age inconnu 1 42 TOTAL: 24 100.0 1278 l\u2019on se rend compte que le groupement par décades d\u2019âge n\u2019indique nullement que les métastases soient plus fréquentes chez les malades plus âgées que chez les plus jeunes; elles suivent simplement la courbe habituelle de fréquence du cancer.De même que c\u2019est antre 40 et 50 ans que le cancer du sein est le plus fréquent, ainsi, dans la même proportion, d'est chez les malades de cette décade que nous trouvons le plus de métastases osseuses.INTERVALLE ENTRE L\u2019APPARITION DE LA TUMEUR PRIMITIVE ET CELLE DES MÉTASTASES OSSEUSES.Il est généralement difficile de déterminer la late exacte du début du cancer.Toutefois, en sous basant sur la, connaissance des dates uxquelles les malades ont pour la première {ois remarqué la présence d\u2019une tumeur aug- mnentant de volume au niveau du sein et celles, l\u2019autre part, où l\u2019examen radiographique a oour la première fois révélé la présence de métastases osseuses, nous obtenons les chiffres .ndiqués dans le tableau 3.ntervalle en mois entre l\u2019apparition de la tumeur primitive et celle de la preuve radirographiques des métastases osseuses aux diverses décades d\u2019âge.L\u2019intervalle varie entre: 3 mois et 17 ans.Groupe Mois De 20 à 30 ans 22.0 De 30 à 40 ans 42.0 \u2019 De 40 à 50 ans 46.3 Me 50 à 80 ans 46.2 Moyenne d'intervalle: 453 mois.L'analyse de ces chiffres montre donc que l\u2019intervalle entre le début apparent de la tumeur au sein et l\u2019apparition indiscutable de la propagation à distance au squelette s\u2019étend de 3 mois à 17 ans.La moyenne est de 45.3 mois, pour tous les cas.Cependant, si l\u2019on exclut deux cas où cet intervalle a été d\u2019une longueur exceptionnelle, soit de plus de 9 et 17 ans respectivement, l\u2019on trouve un intervalle moyen de 34 mois.Il semble aussi que les métastases osseuses se produisent beaucoup plus précocement chez les malades du groupe L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 20-30 ans, correspondant d\u2019ailleurs à la décade où le cancer est en général le plus malin et évolue le plus rapidement.Comme on le verra plus loin, il nous a été également possible de vérifier l\u2019exactitude de la règle énoncée par Wulff à savoir que: plus l\u2019intervalle entre la découverte de la tumeur primitive et l'apparition des métastases squelettiques est long, plus la période de survie est longue.SURVIE AVEC MÉTASTASES OSSEUSES.Nous avons recherché le taux de survie, calculé en mois, pour les différents groupes d\u2019Âge depuis la découverte du cancer, le traitement de la tumeur primitive et celui des métastases squelettiques (tableau 4).Survie (en mois) depuis GROUPE : Découverte Traitement Traitement de de des tumeur tumeur métastases au sein primitive osseuses De 20 à 30 ans 33.0 18.0 125 De 30 à 40 ans 53.1 398 96 De 40 à 50 ans 65.5 313 172 De 50 à 80 ans 55.2 452 90 Moyenne: 529 354 13.6 Ici encore, il ne semble pas que l'on puisse se baser sur l\u2019âge de la malade pour pronostiquer la durée de survie à partir de la découverte des métastases.L\u2019intervalle écoulé entre le début apparent de la tumeur au sein et l\u2019application du traitement ne fournit pas plus d\u2019indices sur la survie probable après la mise en évidence et le traitement des métastases squelettiques.Nous constatons toutefois par ce tableau que la moyenne de survie de tous les cas, bons ou mauvais, est de 13.6 mois depuis l\u2019apparition et le traitement des métastases osseuses.C\u2019est chez les malades du groupe de 40 à 50 ans que la moyenne de survie est la plus élevée, soit 17.2 mois.Nous sommes porté à croire que la moyenne de survie chez celles de la décade 20-30 ans devrait être moindre que 12.5 mois; ce chiffre relativement élevé tient probablement au fait que nous n\u2019avons que deux malades dans ce groupe.D\u2019un autre côté, Lenz et Freid croient que les malades jeunes BOUCHARD: MÉTASTASES OSSEUSES DANS LE CANCER DU SEIN 1279 ne sont pas nécessairement l\u2019objet d\u2019un pronostic plus sombre.Mais, tel que mentionné plus haut, il existe une certaine relation quant à l\u2019intervalle entre l\u2019apparition de la tumeur au sein et celle des métastases osseuses pour les différents groupes cliniques.Plus cet intervalle est long, plus la survie se prolonge.Un coup d\u2019œil sur le tableau suivant le démontrera: Survie pour les divers groupes cliniques.Intervalle entre découverte Survie avec de tumeur primitive et métastases lésions osseuses osseuses GROUPES 1 18.3 mois 74 mois II 377 \u2014 152 \u2014 III 355 \u2014 146 \u2014 Lenz et Freid avancent avec des chiffres à l\u2019appui que la durée de survie varie plutôt avec le degré de malignité du cancer tel qu\u2019établi par l\u2019étude histologique de la tumeur primitive ou de ses métastases.Os ATTEINTS LE PLUS SOUVENT.C\u2019est un fait bien établi que, dans le cancer du sein, certaines parties du squelette sont atteintes avec une prédilection marquée.Ordre de fréquence des métastases au niveau des diverses parties du squelette.Os du bassin .750% Rachis lombo-sacré .710% Cotes .2.1.2.222 2 2.T10% Rachis dorsal .625% Fémur .« « « « .540% Vertèbres cervicales .33.0% Crane 11111112 2 -.250% Omoplate .250% Humérus 1111012222.125% Clavicule 1111212 1 83% Stenum .2.2.2.83% Cela tient souvent à des circonstances anatomiques indiscutables qui sont en rapport avec le mode d\u2019extension régionale du néoplasme.Le tableau 6 indique le taux de la fréquence avec laquelle certains os sont atteints.Dans l\u2019ensemble, nos chiffres sont assez en accord avec ceux publiés par d\u2019autres auteurs.Il est un fait patent qui se dégage de cette analyse: c\u2019est au niveau du bassin, du rachis lombo- sacré, des côtes, des vertèbres dorsales et des fémurs qu\u2019il faut plus spécialement rechercher les métastases osseuses dans le cancer du sein.Au-dessous du coude et du genou nous n\u2019avons.trouvé aucune métastase dans cette série de 24 cas; cependant Lenz et Freid, Copeland' ainsi que Clarkson et Barker en ont rapporté quelques cas.ASPECT RADIOGRAPHIQUE DES LÉSIONS OSSEUSES.Les lésions osseuses dans le cancer du sein sont en général multiples.Au moment où on les découvre, elles peuvent se présenter sous trois aspects différents.Radiographiquement l\u2019aspect ostéolytique est de beaucoup le plus fréquent; 11 est caractérisé par des plages de destruction osseuse plus ou moins taillées à l\u2019emporte-pièce au niveau de la partie spongieuse ou compacte de l\u2019os.Dans 75% des cas, c\u2019est sous la forme ostéolytique que nous avons découvert les métastases.La forme ostéoblastique offre une image tout à fait différente où l\u2019on trouve une augmentation considérable de la densité de l\u2019os atteint avec disparition des travées osseuses qui sont\u2018remplacées par un dépôt abondant et compact de sels calcaires et du tissu sclérotique.Nous avons observé cette forme ostéo- blastique franche dans 8.33% des cas seulement.Enfin le troisième genre de lésion que l\u2019on peut rencontrer est un type mixte dit ostéoly- tique-ostéoblastique où l\u2019on trouve un mélange de destruction osseuse et de sclérose avec tendance à la formation de tissu osseux nouveau, d\u2019apparence grossière et irrégulière; sur les radiographies, l\u2019on trouve des plages claires entourées de trainées très denses.Nous avons relevé cet aspect dans 16.7% des cas lors du premier examen radiologique démontrant l\u2019envahissement à distance du squelette. 1280 .Aspect radiographique des métastases OSSEUSES.Genre de lésion Nombre de cas % Ostéolytique .* - 18 75.0 Ostéoblastique 2 83 Ostéolytique-ostéoblastique 4 16.7 Le 24 100.0 Wulff, en se basant sur les trevaux de Hell- ner et Axhausen qui ont démontré qu\u2019au point de vue anatomo-pathologique toutes les tumeurs osseuses primitives ou secondaires sont au début ostéolytiques ou destructives, avance que, si les cas de métastases osseuses étaient radiographiés assez tôt et si les foyers néoplasiques sont suffisamment gros, l\u2019on trouverait toujours l\u2019image ostéolytique, les autres aspects n\u2019apparaissant que plus tard.Wulff prétend également que la prédominance ostéoblastique indique que la lésion osseuse croît lentement.DIAGNOSTIC.Dans presque tous les cas que nous rapportons, les métastases osseuses ont été découvertes après un ou plusieurs examens radiogra- phiques faits ou bien parce que les patientes se plaignaient de douleurs névralgiques ou rhumatismales, ou bien encore parce que l\u2019examen physique périodique avait révélé la présence de points douloureux.Il convient de remarquer ici que les douleurs précèdent souvent de plusieurs mois l\u2019apparition des signes radiographiques.Nous avons aussi remarqué, comme Lenz et Freid, que la douleur apparaît d'autant plus tôt et est d\u2019autant plus marquée que les métastases se développent en des régions du squelette où le poids naturel du corps et la traction musculaire sont plus prononcés.Parfois c\u2019est la découverte des métastases qui entraîne celle de la tumeur primitive.L\u2019une de nos malades se plaignait de douleurs sciatiques pour lesquelles elle fut traitée pendant 8 mois sans succès avant de nous arriver, et de nouvelles radiographies prises à son admission ont démontré la présence de lésions osseuses au bassin et au fémur suggérant des métastases; la recherche du foyer primitif amena la découverte d\u2019un petit cancer du sein.Dans quelques cas, et c\u2019est l\u2019exception, c\u2019est l\u2019examen radiologique de routine fait dans le but de s\u2019assurer de la présence ou L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 ~ \u2018.de l'absence de lésion osseuse, bien qu\u2019il n\u2019y ait pas de signes cliniques, qui a permis la découverte des métastases.La présence de récidives locales ou de métastases régionales doit toujours faire soupçonner l\u2019envahissement osseux par les cellules néoplasiques en voie de dissémination.PRINCIPALES MÉTASTASES ASSOCIÉES.Dans 17 cas sur 24, soit 62.5%, les métastases osseuses ont été les prem:ères à apparaître et les seules décelables pour quelque temps.Il n\u2019y a que 2 ou 8.3% de nos malades qui n\u2019ont présenté tôt ou tard des signes de métastases autres que celles du système osseux.Aussi nous avons nettement l'impression qu\u2019aussi longtemps que certaines de ces métastases ne sont pas associées, le pronostic immédiat n\u2019est pas aussi sombre qu\u2019on pourrait le croire.Ces métastases sont classifiées dans le tableau 8 d\u2019après leur ordre de fréquence.Principales métastases associées.Cutanées .60.8% Pleuro-pulmonaires .54.2% Médiastinales et para-sternales 41.6% Sus-claviculaires 37.5% Cérébrales 208% Hépatiques 16.6% TRAITEMENT DE LA TUMEUR PRIMITIVE.Avant de discuter du traitement des métastases osseuses, 1l serait sans doute intéressant d\u2019établir le traitement appliqué a la tumeur primitive.Le tableau 9 en donne un aperçu.Traitement de la tumeur primitive.Chirurgical: Nombre de cas Inopérable .3 Opération radicale .17 Mammectomie simple .3 Ablation de la tumeur seulement .1 TOTAL: 24 Roentgenthérapique: Seulement .Pré-opératoirement s.2.1 Post-opératoirement .10 Aucune irradiation .11 TOTAL: 24 BOUCHARD: MÉTASTASES OSSEUSES DANS LE CANCER DU SEIN À la lumière des renseignements que nous possédions, nous avons tenté d\u2019établir une relation entre le mode de traitement de la tumeur primitive d\u2019une part et la moyenne de survie d\u2019autre part, calculée en mois, depuis le traitement du néoplasme primitif et la mise en évidence des métastases osseuses.Nous devons admettre que le traitement appliqué au cancer du sein proprement dit a trop varié pour permettre d\u2019établir une telle relation.En effet, pas moins de huit variétés ou combinaisons différentes de traitement ont été utilisées pour 24 tumeurs du sein à divers stages cliniques.Il est cependant un fait qui vaut la peine d\u2019être signalé, c\u2019est que dans le groupe III trois malades n\u2019ont subi aucun traitement chirurgical, parce que jugées inopérables par les chirurgiens, et ont été traitées uniquement par la Rœntgenthérapie; ces malades ont survéeu deux fois plus longtemps avec leurs métastases osseuses, avec amélioration subjective et objective considérable, que les autres du même groupe.Ceci, à mon avis, est un argument de plus contre l\u2019emploi de la chirur- ie chez les malades du groupe III.TRAITEMENT DES MÉTASTASES OSSEUSES ET RÉSULTATS.Sur les 24 patientes que comprend cette série de cancers du sein avec métastases osseuses, 23 ont été traitées à l\u2019aide de la Rœntgenthérapie.Les facteurs techniques employés sont les suivants: 200 kV, filtration de 1.0 à 2.0 mm.de cuivre, 50 ems de distance de l\u2019anode à la peau, H.V.L.de 1.35 à 2.0 mm.de cuivre, et une longueur d\u2019onde effective de 0.13 A° et 0.11 A° respectivement.Pour chaque région traitée.des doses variant en moyenne de 2,000 r à 4,000 r mesurées dans l\u2019air ont été données à raison de 150 r par porte d\u2019entrée, deux champs étant en général traités chaque jour, six jours par semaine.Quels sont les résultats obtenus?On peut les grouper en trois catégories: Premièrement les résultats nuls où nous n\u2019avons obtenu à peu près aucun soulagement de la douleur et aucune amélioration des signes radiographi- 1281 ques pendant les semaines ou mois qui ont suivi l\u2019administration du traitement; les pé- peu près aucun soulagement de la douleur et aucune amélioration des signes radiographi- ques pendant les semaines ou mois qui ont suivi l'administration du traitement; les périodes de survie ont oscillé entre 3 et 24 mois après le traitement palliatif, la moyenne étant de 9.3 mois.Sur 23 cas, 8 ou 34.88% n\u2019ont nullement bénéficié du traitement.Dans la deuxième catégorie, nous avons obtenu une amélioration subjective; ici les douleurs ont été nettement soulagées en général après 4 à 6 traitements pour disparaître complètement pendant des semaines et des mois.Chez plusieurs de ces cancéreuses, les séries d\u2019irradiation ont été répétées jusqu\u2019à deux ou trois fois avec les mêmes succès lorsque la douleur réapparaissait.Cependant pas de changement apparent dans l\u2019aspect du début à l\u2019examen radiographique.Dans cette catégorie, les périodes de survie avec métastases osseuses varient entre 6 et 25 mois, la moyenne étant de 13.6 mois.Quinze malades, soit 65.23%, ont accusé au moins une amélioration subjective.Enfin la dernière catégorie et la plus intéressante est celle des patientes qui non seulement ont vu leurs douleurs soulagées, mais encore ont montré des signes radiographiques évidents d\u2019amélioration objective.Les lésions destructives du début ont cessé de s\u2019étendre et il y a eu augmentation de densité, sclérose puis réapparition des travées osseuses.Souvent l\u2019on voit les plages de destruction osseuse se combler graduellement de la périphérie vers le centre qui demeure plus longtemps clair pour finalement se remplir à son tour de sels calcaires.En d\u2019autres termes, on passe successivement de l'aspect ostéolytique à l\u2019aspect ostéolytique-ostéoblastique, puis ostéo- blastique et parfois l\u2019on voit ensuite le retour à l\u2019apparence anatomique quasi normale.Il arrivera aussi, mais plus rarement, qu\u2019une lésion ostéoblastique, au début, devienne moins dense avec retour vers la normale, à la suite du traitement.Dans cette troisième catégorie, nous avons six cas, soit 26.1%, où une amélioration subjective et objective indiscutable 1282 est survenue, avec une moyenne de survie de 17.5 mois, la durée de survie variant de 8 à 29 mois.Dans 3 cas, l'on a eu recours en plus de l\u2019irradiation palliative à l\u2019irradiation de l\u2019hypophyse et la castration ovarienne respectivement sans résultat appréciable.Résultat du traitement des métastases OSSEUSES.Traitement palliatif : Rœntgenthérapie dans 23 cas Nombre Survie en Résultats: de cas % mois Nuls .8 348 93 Amélioration objective et subjective 6 26.1 17.5 Amélioration subjective seulement .9 39.1 13.6 Groupes Total I II IIT Nuls .1 1 86 8 Amélioration i subjective seulement .1 4 4 9 Amélioration objective et subjective .1 4 1 6 3 9 1 23 Le tableau 10 montre également que dans le Groupe I deux malades sur trois ont bénéficié du traitement palliatif de leurs métastases osseuses; dans le Groupe II, huit sur neuf; tandis que dans le Groupe III cinq malades seulement sur onze ont obtenu un certain soulagement par l\u2019irradiation.Ce sont les malades du Groupe IT qui ont le mieux répondu à la thérapeutique, puisque quatre sur neuf ont non seulement obtenu le soulagement de leurs douleurs, mais encore ont montré des signes radiographiques de réparation osseuse.Mais, en plus d\u2019obtenir des résultats palliatifs et même.objectifs, dans quelle mesure avons-nous augmenté la durée de survie?À ce sujet nous ne sommes pas en mesure d\u2019apporter des chiffres personnels, car nous n\u2019avons pas étudié de cas non traités pour tenter d\u2019établir une comparaison.Cependant Geschikter et Copeland ont montré que le traitement des métastases osseuses par la Rœntgenthérapie augmente la durée de survie de 22 à 6.5 mois L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 selon le mode de traitement appliqué au cancer primitif.FRACTURES PATHOLOGIQUES.Nous avons observé des fractures pathologiques des vertèbres, des côtes, du fémur et de l\u2019humérus.D\u2019après Copeland, ces fractures se rencontrent chez 15.0% des malades présentant des métastases osseuses, le fémur en étant le siège dans 13.0% des cas.Lenz et Freid ont trouvé de ces fractures dans 26.0% des cas avec prédominance au niveau du fémur et de l\u2019humérus.Quant à nous, nous avons relevé des fractures dans 11 cas sur 24, soit 45.8%, les écrasements de vertèbres étant les plus fréquents.Plusieurs de ces fractures se sont apparemment consolidées, après avoir reçu des doses modérées de radiothérapie, soit en moyenne 1,500 r.Il faut toutefois être très conservateur dans la dose et éviter de donner des doses susceptibles d\u2019empêcher la consolidation.Inutile d\u2019ajouter que les supports orthopédiques habituels doivent être employés.aussi Conclusions Nous nous sommes efforcés de présenter une étude minutieuse et précise portant sur 24 cas de métastases osseuses dans le cancer du sein.En résumé, il faut retenir que: 1) 87.5% de ces métastases sont apparues chez des malades classées dans les groupes IL et III de la maladie au moment où la tumeur primitive a été traitée.2) Le facteur âge ne semble pas jouer un rôle particulier ni dans la fréquence ni dans le degré de malignité de ces métastases osseuses.Le pourcentage s\u2019élève et s\u2019abaisse normalement avec le taux nabituel de fréquence du cancer du sein aux diverses décades.3) L\u2019intervalle entre l\u2019apparition de la tumeur primitive et celle des métastases osseuses est en moyenne de 3 à 4 ans, sauf chez les malades de 20 à 30 ans où elles semblent survenir deux fois plus tôt.Plus cet intervalle est long, plus la survie est considérable.\u2014\u2014 OR \u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 == BOUCHARD: METASTASES OSSEUSES DANS LE CANCER DU SEIN 4) Il faut rechercher les métastases osseuses systématiquement tout autant que les métastases pulmonaires avant d'opérer une.malade.Cette recherche doit se faire cliniquement et radiographiquement.Elle doit aussi se renouveler au cours des examens périodiques des cancéreuses, surtout si la malade présente des douleurs dites névralgiques ou rhumatismales.C\u2019est surtout par l\u2019examen de la cage thoracique, du bassin et du rachis lombo-sacré qu\u2019on les décèlera.5) Au moins 75% des lésions osseuses présentent l\u2019aspect ostéolytique lorsqu\u2019on les découvre.Une lésion ostéoblastique indique une métastase qui croît lentement.6) Le pronostic quant à la survie est loin d\u2019être aussi sombre qu\u2019on est porté à le croire puisque la survie moyenne pour tout notre groupe est de 13.6 mois.Le pronostie doit s\u2019établir bien plus en fonction des autres métastases associées à celles du squelette.Les métastases pleuro-pulmonaires associées assombrissent de beaucoup le pronostic.7) Environ 66% des cas sont susceptibles d\u2019amélioration au moins subjective, tandis que 26% montrent en plus une amélioration objective, grâce à l\u2019emploi de la Rœntgenthé- rapie palliative, avec survie moyenne d\u2019un an et demi pour ce dernier groupe de cas.8) Les malades du groupe III ne doivent pas être opérées et la lésion néoplasique primitive tout comme les métastases doivent être traitées uniquement par l\u2019irradiation.1283 9) En terminant, nous tenons à insister sur la nécessité de prévenir ces métastases en autant que faire se peut en évitant de palper avec trop de vigueur toute tumeur du sein, ses récidives locales ou ses métastases régionales.Il ne fait pas de doute que les manipulations malhabiles sont malheureusement souvent la cause de dissémination des cellules néoplasiques à distance.Rappelons-nous aussi qu\u2019aucun cas n'est jamais si avancé qu\u2019il soit totalement désespéré: la radiothérapie palliative doit toujours être tentée et donnera souvent des résultats surprenants, même s\u2019ils ne sont pas permanents.BIBLIOGRAPHIE 1.CLARKSON et BAKER: «Five year cure of mammary cancer with multiple metastases to bone.» Amer.J.of Roent.and Rad.Ther., 36: 615, 1936.2.COPELAND, M.B.: «Bone Metastases.» Radiology, 16: 198, 1931.3.EWING, James: Neoplastic diseases.4e édition, 1941.W.B.Saunders Co.4.GESCHIKTER, C.F., et COPELAND, M.: «Tumors of Bone, Metastatic Carcinoma of bone.» Amer.J.of Cancer, 1931, chap.XVIII, 476.6.LENZ, M.et FREID, J.: « Metastases to the Skeleton, Brain and Spinal Cord from Cancer of the Breast and the Effect of Radiotherapy.» Ann.of Surg.93: 278, 1931.7.PORTMANN, U.V.: «Classification of Mammary Carcinoma to indicate Preferable Therapeutic Procedures.» Radiology, 29: 391, 1937.8.WULFF, H.B.: «Radiological Treatment of Skeletal Metastases in Mammary Cancer.» Acta Ru- diologica, 20: 40, 1939. ORGANISATION DE LA LUTTE ANTI-CANCÉREUSE DANS LA PROVINCE D\u2019ONTARIO ' Par Paul BRODEUR, Radiologiste et Directeur de la Clinique des Tumeurs, Hôpital Général (Ottawa).L\u2019organisation de la lutte anti-cancéreuse dans la Province d\u2019Ontario remonte à l\u2019année 1931, alors que le gouvernement, alarmé du nombre croissant des décès par cancer, nomma une commission royale pour s\u2019enquérir: 1° De la valeur du radium et des rayons X dans le traitement des cancéreux.2° De la nécessité pour la Province de se procurer du radium et d\u2019établir des laboratoires de recherches.3° De l\u2019opportunité de fonder un Institut du cancer et des cliniques pour traiter les malades.4° Du besoin d\u2019adopter des plans et méthodes de renseigner le public en ce qui a trait à la prévention du cancer.Le comité commença son enquête au Canada, en visitant les différentes cliniques et hôpitaux de la Province d\u2019Ontario et de la Province de Québec.Il constata qu\u2019il existait dans certains centres des facilités de traitement, et qu\u2019au point de vue chirurgical, les services hospitaliers ne laissaient rien à désirer, mais que les installations radiothéra- piques étaient peu nombreuses et inadéquates, sauf l\u2019Institut du Radium de l\u2019Université de Montréal dont il fait l\u2019éloge dans son rapport.Poursuivant leur enquête aux Etats-Unis, les membres de la Commission Royale visitèrent un grand nombre de centres anti-cancé- reux: à Buffalo, à Boston, à New-York, à Philadelphie, à Baltimore, à Chicago et enfin la Clinique Mayo de Rochester.Il est intéressant de noter que des opinions contraires furent émises dans ces différents centres américains sur la façon de procéder dans l\u2019organisation de la lutte anti-cancéreuse.D\u2019aucuns étaient en faveur de centraliser le 1.Communication présentée au XVIIe Congrès de YAMLF.AN.Montréal, septembre 1942.Section de l\u2019Electro-radiologie.traitement des cancéreux dans de grands établissements peu nombreux, tandis que d\u2019autres, comme la Clinique Mayo, suggérèrent au Comité la fondation de nombreuses cliniques attachées aux divers hôpitaux de la Province, avec un centre d\u2019étude et de recherches à Toronto, lequel centre formerait le noyau d\u2019où sortiraient des compétences.Leur principal argument était qu\u2019il ne fallait pas songer seulement à former des spécialistes, mais qu\u2019il fallait surtout offrir aux malades le plus de facilité possible à se faire traiter.Car, la géographie du pays, où les centres populeux sont si éloignés, entraîne nécessairement la dispersion des diverses cliniques.La Commission Royale poursuivit ses recherches en Europe; l\u2019on visita les centres de Grande-Bretagne, de France, de Belgique, d\u2019Allemagne, de Suède et de Danemark.À leur retour, les commissaires publièrent en 1932, un rapport très complet, dans lequel ils déclarent que le radium et les rayons X ont une grande valeur thérapeutique dans le traitement du cancer et d\u2019un grand nombre d\u2019affections non-malignes.Le Comité recommande au gouvernement de la Province d\u2019Ontario: 1° De se procurer du radium et le matériel nécessaire à l\u2019extraction du radon.2° La création d\u2019un laboratoire de recherches et d\u2019un Institut du cancer affilié à l\u2019Université de Toronto, pour la formation d\u2019un personnel compétent.3° L'établissement de nombreuses cliniques pour le dépistage et le traitement des cancéreux.4° D\u2019entreprendre incessamment une campagne d\u2019éducation du public en ce qui a trait aux premiers symptômes du cancer, et, pour BRODEUR: LUTTE ANTI-CANCÉREUSE EN ONTARTO que cette campagne réussisse, l\u2019on demande la coopération des médecins, des infirmières, des dentistes, des instituteurs et de la presse.Pour faire suite aux recommandations de la Commission Royale, le gouvernement d\u2019Ontario engagea immédiatement des pourparlers avec le bureau de direction de l\u2019hôpital Général de Toronto, et, le 24 novembre 1932, un contrat fut signé, par lequel le gouvernement s\u2019engageait à verser une somme de $450,000.00 en dix versements annuels.De plus, le gouvernement s\u2019engageait à fournir tout le radium et le radon nécessaires.L'hôpital, de son côté, devait établir une clinique de 50 lits, parfaitement équipée en laboratoires de recherches et d\u2019étude, ainsi qu\u2019en installations rœntgen- thérapiques pour le traitement des malades.En résumé, le gouvernement fournit le radium et le radon, et l\u2019hôpital pourvoit à tout le reste.Au cours des années qui suivirent, des contrats similaires furent passés entre le gouvernement et les hôpitaux universitaires de London et de Kingston.De plus, pour faciliter davantage le traitement des cancéreux, le gouvernement établit quatre autres cliniques réparties de la façon suivante: une à Hamilton et à Windsor et deux autres à Ottawa.La Clinique des tumeurs de l'hôpital Général d\u2019Ottawa (Tumour Clinic) fut fondée en 1935, grâce à l\u2019initiative du docteur R.E.Valin qui obtint du gouvernement provincial une certaine quantité de radium élément (165 mgms).En même temps, les\u2018Révérendes Sœurs Grises de la Croix firent l\u2019acquisition d\u2019un nouvel appareil de rœntgenthérapie profonde (Maximar 200 K.V.).Malgré de modestes débuts, notre clinique a rendu des services appréciables a la population de la ville d\u2019Ottawa et des environs, puisque, dès la première année de son existence, 63 malades y furent admis, et, au premier janvier 1941, nous atteignions le total de 637 admissions.Notre clinique est régie par un comité médical, composé de tous les chefs des différents services hospitaliers.Son président est M.le 1285 docteur R.E.Valin, et son directeur, le radiologiste de l\u2019hôpital.Le comité médical se réunit tous les seconds vendredis pour examiner les nouveaux malades et décider du mode de traitement.Il y a consultation toutes les après-midi, sauf le samedi et le dimanche.Nous devons ajouter qu\u2019aux réunions du comité médical, les médecins qui ont référé leurs malades à la clinique sont tout spécialement invités.Depuis l\u2019année 1938, le département de la statistique médicale de la Province a établi un système uniforme de dossiers pour les sept cliniques.Des feuilles spéciales pour l\u2019histoire des malades, leur examen clinique ainsi que leur traitement, sont distribuées par le département.En outre, un index sur cartes contenant un résumé clinique essentiel sur l\u2019état des malades lors de leur admission, le stage de la maladie, le traitement et ses suites, est fourni par la Province, permettant au Département de la Santé de se rendre compte en tout temps du travail accompli par les cliniques et facilitant la compilation des statistiques.Chaque malade doit être revu et examiné, annuellement, pendant une période d\u2019au moins cinq ans ou jusqu\u2019à sa mort, et les cartes de cet index doivent être envoyées tous les ans au Département.Deux fois l\u2019an, les directeurs des sept cliniques de la Province se réunissent sur l\u2019invitation du sous-ministre de la santé pour discuter les techniques de traitement et les résultats obtenus.Au cours de ces réunions, deux localisations importantes de cancer ont été l\u2019objet d\u2019étude spéciale avec publication de statistiques: les cancers du col utérin et les cancers du sein.Vous aurez une idée du travail accompli par la statistique de 1940.En effet, au cours de l\u2019année 1940, un total de 2,298 malades furent admis dans les sept cliniques de la Province, et, de ce nombre, 2,129 furent traités, soit par chirurgie, radiothérapie ou une combinaison radio-chirurgicale.Nous devons ajouter que les interventions chirurgicales palliatives sont exclues de cette statistique. 1286 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 FIVE YEAR NET SURVIVAL RATES IN CANCER (F CIRVIX UTERI* - ONTARIO AND OTHER CANCER CENTRES Stage of Disease ALL CENTRE 1 | 11 | 111 | IV sms Cases # ALL CENTRES 44 90 112 42 288 Toronto Study x 24 65 51 30 170 Nat .Rad.Com, 85 122 196 72 4175 league of Nations x 871 2,305 3,420 1,360 17,596 CENTRE Net Survival Rates - (Per Cent) TOTAL ALL CENTRES 75.0 47.4 17.3 0 32.1 Toronto Study x 83.3 41.5 17.6 0 32.9 Nat .Rad .Com.49.4 43.7 24.0 T2 31.1 League of Ngtions x 57.2 37.6 22.0 5.5 27.6 * Rates based on fewer then 15 cases are bracketed # Figures cover 1932-1935 for Ontario Cancer Centres,1930 far Nat.Rad Commission, 1929-1934 for Taronto Study and 1932 for League of \u201c Nations.x These are relative survivs i (cure) rates.THREE YEAR NET SURVIVAL RATES IN CANCER OF CERVIX UTERI?ONTARIO AND OTHER CANCER C3NTRES Stage of Disease ALL CENTRE 1 | no | mx | w STAGES Cases # ALL CENTRES 18 184 231 74 567 Toronto Survey 31 95 91 46 263 Nat ioral Rad.Com.370 539 798 ° 351 2,058 CENTRE Net Survival Rates - (Per Cent) TOTAL ALL CENTRES 81.7 56.1 28.6 2.8 41.2 Toronto Survey 87.0 49.4 26.3 2.1 37.6 National Rad.Com.61.1 48.4 29.8 12.6 37.3 *% Rates based on fewer than 15 cases are tracketed # Figures cover 1932-1937 far Ontario Cancer Centres ,}929-19% for Toronto Study and 1930-1932 for National Radium Commission. BRODEUR: LUTTE ANTI-CANCÉREUSE EN ONTARIO Ces cancers se répartissent de la façon suivante: Sein .451 Utérus 290 Cavité buccale 331 Voies respiratoires .61 Rectum.63 Autres localisations .1,102 ToTAL .2,298 Avant de terminer, je dois faire mention qu\u2019une section ontarienne de la « Canadian Society for Control of Cancer» a été fondée dans le but de promouvoir les recherches scientifiques et cliniques sur le cancer.Cette section, ou, pour l\u2019appeler par son nom, « Provincial Cancer Committee », a établi dans les divers hôpitaux de 100 lits ou plus de la Province, des « Study Groups ».Sous l\u2019habile direction de son président, le docteur G.Stewart Cameron, une vingtaine de ces groupes fonctionnent déjà, stimulant l\u2019intérêt des praticiens à rechercher les premiers symptômes du cancer et à diriger en toute hâte leurs malades vers les centres de traitement.1287 Quant aux résultats obtenus dans les sept cliniques de la Province, ils peuvent être comparés à ceux des grands centres à l\u2019étranger.Vous pourrez en juger vous-mêmes par le tableau synoptique qui va être projeté sur cet écran.Ce tableau donne le percentage de survie, trois et cinq ans après traitement, des cancers du col utérin traités dans les sept cliniques de la Province, au cours des années 1932 .à 1937.Cette statistique a été publiée en juin 1940 par le Département de la Santé de la Province d\u2019Ontario.BIBLIOGRAPHIE « Report of the Royal Commission on the use of Radium and X-Rays in the treatment of the sick, ete.» Herbert H.Ball, Printer to the King\u2019s Most Excellent Majesty.Toronto, 1932.Schedule «A».Copy of Contract dated November 24th, 1932, between His Majesty the King in the right of the Province of Ontario and the Trustees of the Toronto General Hospital.Fifth Annual Report on Cancer, 1940.Ontario Provincial Department of Health, No.14, Page 4 & 5.Table I & II.Appendix «D», Résumé and Minutes Clinical Cancer Conferences.Toronto, June 19, 20th, 1940. RECUEIL DE FAITS o > ILEITE REGIONALE Par Antoine PETTIGREW, Assistant du Service de chirurgie, hôpital de l\u2019Enfant-Jésus (Québec).Cette lésion ne peut être décrite comme une nouvelle maladie, mais son appellation qui détermine bien la région concernée de l\u2019intestin, le plus souvent l\u2019iléon terminal, lui a été donnée pour la première fois en 1932 par Crohn, Ginzburg et Oppenheimer (1); et depuis, plusieurs cas ont été publiés apportant un matériel suffisant pour bien établir la symptomatologie, le diagnostic et le traitement de cette inflammation du petit intestin, sans pouvoir cependant expliquer l\u2019étiologie qui reste toujours obscure.Dernièrement, il nous a été donné d\u2019opérer d'urgence un malade en état de péritonite par perforation d\u2019une iléite terminale.Après vous avoir présenté ce cas, nous vous donnerons les grandes lignes de cette affection.Observation.Monsieur J.B.est admis dans le service de chirurgie pour un «syndrome abdominal aigu ».C\u2019est un vieillard amaigri de 62 ans, marié et manœuvre, chez qui on ne relève aucun antécédent familial ou personnel particulier si ce n\u2019est des troubles digestifs, tels: une digestion lente, des crises de diarrhée fréquentes ainsi que des douleurs lombaires, depuis environ une douzaine d\u2019années.La, crise débuta vers les 4 heures du matin, le 28 décembre 1942, alors que le patient accusa une forte douleur en coup de poignard dans la région de l\u2019hémi-abdomen droit, avec vomissement bilieux et fétide.A l\u2019examen clinique, on constata un ventre rétracté, en contracture généralisée et une dureté ligneuse de l\u2019étage supérieur de l\u2019abdomen.Il n\u2019y avait pas de matité hépatique.Le patient était très souffrant, pâle, parlait difficilement en retenant sa respiration.Depuis 24 heures, l\u2019intestin n\u2019avait pas fonctionné, la température était à 96° Far.le pouls à 90, la respiration à 22, et la tension artérielle à 110/70.Il y avait état de choc.La formule leucocytaire montrait une augmentation des globules blancs à 12,000.On porta alors le diagnostic de perforation d\u2019un organe de l\u2019hémi-abdomen droit, soit appendice, soit duodénum.Après avoir remonté la tension artérielle de notre patient, on lui fit une laparotomie- para-médiane droite.On trouva un péritoine inondé, dans toute son étendue, d\u2019un liquide fétide et sale.L\u2019exploration de l\u2019étage supérieur montra un estomac et un duodénum sans lésion, mais une grosse vésicule noirâtre, distendue sous tension moyenne.Dans l\u2019étage- inférieur, l\u2019iléon était induré, phlegmoneux, rigide, cuireux, sur une longueur d\u2019environ deux pieds, ulcéré à un ou deux endroits.Dans le mésentère de cette portion enflammée,.on trouva plusieurs nodules dures.L\u2019appendice et le cecum ne présentaient rien de particulier.En face de cet état de choses, nous nous sommes avisé de faire une hémicolectomie droite avec résection de tout l\u2019iléon malade, en un seul temps avec saupoudrage de 10 grammes de sulfathiazol et drainage.Dans les trois premiers jours après l\u2019intervention, tout se passa dans le calme, mais alors notre malade commença de vomir en accusant une forte douleur dans la partie haute de son ventre; il mourut d\u2019une péritonite biliaire, par perforation, dans les 48 heures qui suivirent, malgré une intervention rapide. PETTIGREW: ILÉITE RÉGIONALE L\u2019examen anatomo-pathologique de la pièce réséquée démontre que le segment iléal présente une entérite subaiguë chronique avec de multiples petites ulcérations essentiellement iléales.DÉFINITION.L\u2019iléite régionale (2) est une inflammation granulomateuse au niveau de la partie iléale du petit intestin et le plus souvent à la portion terminale; laquelle donne un épaississement de la paroi intestinale intéressée avec congestion et une rigidité plus ou moins prononcée donnant l\u2019aspect de cuir.Cette affection est presque aussi fréquente que la colite à la proportion d\u2019un cas d\u2019iléite pour deux cas de colite: donc aucune de ces affections n\u2019est rare.Mais il nous faudrait plus d\u2019attention et plus d\u2019habileté clinique pour la diagnostiquer plus souvent et cela dans toutes les classes de la société sans distinction de race (3).Il semblerait que le sexe mâle est plus souvent touché que le sexe féminin dans une proportion de trois à deux; et cette maladie serait plus fréquente chez le jeune entre 15 à 58 ans, la plupart des vieux patients en ayant souffert chroniquement depuis plusieurs années.ETIOLOGIE.La cause de cette affection est obscure, et n\u2019a pas encore été déterminée.Certains auteurs ont suggéré une obstruction des lymphatiques de la région intéressée par un embolus (4); d\u2019autres une infection de la muqueuse gagnant l\u2019épaisseur de la paroi du petit intestin avec œdème du mésentère dû à l\u2019insuffisance de drainage des lymphatiques (5).Enfin l\u2019appendice a été mis en cause par certains (6); mais, comme le plus souvent celui-ci est intact dans l\u2019iléite et que cette affection s\u2019installe souvent alors même que l\u2019appendice a déjà été enlevé, il nous faut donc l\u2019exclure.Quant à la théorie 1289 bactérienne, la recherche dans les selles ou les spécimens enlevés a toujours été vaine.L\u2019apparence microscopique des cellules mononucléaires avec occasionnellement des cellules géantes, suggérant un tubercule, classerait cette affection comme une pseudo-tu- berculose?(7).Mais il est prouvé que cette maladie n\u2019est pas causée par le bacille de Koch.PATHOLOGIE.D\u2019après Crohn (8), le segment terminal de l\u2019iléon est le plus souvent touché; l\u2019inflammation origine d\u2019une façon bien marquée à la valvule iléo-cæcale et de là envahit le petit intestin sur une distance variable de 2 à 12 pouces et, dans certains cas, jusqu\u2019à 50 pouces.Parfois on a trouvé un envahissement du jéjunum en même temps que la portion terminale laissant un espace entre les deux.L\u2019étendu de la lésion est le plus souvent indiquée par la présence de nodules lymphatiques dans le mésentère attenant à l\u2019intestin malade.Ces nodules renseignent sur l\u2019étendu de la résection à faire.Cette inflammation peut aussi se faire d\u2019une façon discontinue laissant des sections saines entre les diverses portions malades.Il arrive quelquefois que le cæcum et le colon ascendant sont aussi envahis.SYMPTOMATOLOGIE.Le début est rarement aigu, mais habituellement il y a une histoire de chronicité progressant insidieusement.C\u2019est d\u2019abord un état de fatigue, de la diarrhée intermittente; ou parfois une simple douleur lombaire, puis, plus tard, une diarrhée fréquente s\u2019installe ainsi qu\u2019une douleur abdominale et lombaire, de la fièvre et un amaigrissement marqué, avec une leucocytose élevée.Le début peut remonter à quinze années \u2018en arrière alors que le diagnostic porté a été soit celui d\u2019une diarrhée nerveuse avec un fond 1290 de psycho-névrose, soit d\u2019une allergie alimentaire, ou soit d\u2019une fièvre ondulante (9).L'apparition d\u2019une masse dans le quadrant inférieur droit de l\u2019abdomen se fera tardivement et sera une preuve de l\u2019envahissement du mésentère par cette inflammation.Il en sera de même de la formation d\u2019un trajet fistuleux.Parfois on a une péritonite localisée et la masse perçue peut ressembler soit à un abcès appendiculaire, soit à une diverticulite avec perforation, ou soit à une tuberculose intestinale ou encore à un kyste de l\u2019ouraque.Il y a tendance à la fistulisation ou interne (avec les organes de l\u2019abdomen) ou externe (communiquant avec la paroi abdominale) ou péri-anale, rectale, et recto-vaginale.Ces tra- Jets fistuleux sont très difficiles à percevoir même avec le lipiodol.EVOLUTION ET PRONOSTIC.L'iléite aiguë peut guérir spontanément (10).Habituellement il y a opération; sinon l\u2019autopsie révélera une péritonite pelvienne avec suppuration diffuse dans l\u2019abdomen, ou des abcès avec fistules des organes pelviens.L'iléite chronique peut évoluer durant de longues années en présentant un état de marasme, de déséquilibre nutritif dû à une diarrhée fréquente et de l\u2019anémie, et finit éventuellement par la formation de fistules multiples, ou par une obstruction intestinale partielle.La guérison spontanée d\u2019un cas chronique n\u2019a jamais été observée.DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL.Le diagnostic peut se faire cliniquement avant l\u2019opération, puisque l\u2019évolution clinique est typique.Lorsqu\u2019on est en présence d\u2019une diarrhée tenace, et que le lavement baryté ainsi qu\u2019une sygmoïdoscopie ne relèvent pas de colite ou d\u2019autre lésion, on doit tout de suite penser au petit intestin.Alors la radiographie et le repas baryté nous montreront très bien le signe de la ficelle (11), L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 et l\u2019insuffisance de la lumière de la portion terminale de l\u2019iléon (12).Il y aurait à diagnostiquer la diarrhée chez les thyroïdiens; alors ici le métabolisme et les signes cliniques sont bien expressifs.Il faudrait aussi penser au cancer du tube digestif, à l\u2019intoxication alimentaire; puis à l\u2019entérite alors que les selles sont purulentes et contiennent souvent du sang.Quant à la maladie de Hodgkin et aux sarcomes du petit intestin, ceux-ci sont plutôt rares en comparaison avec l\u2019iléite et ces deux lésions sont habituellement situées sur la partie haute du petit intestin et donneront probablement une hémorragie profuse de l\u2019intestin, ce que l\u2019iléite ne donnera pas.Dans le passé, on interprétait cette lésion comme tuberculeuse, mais alors il aurait fallu trouver un foyer primitif ailleurs dans l\u2019organisme.TRAITEMENT.On peut dire qu\u2019à part une diète non irritante et une médication tonifiante, le traitement médical est nul vu qu\u2019on ne connait pas l\u2019étiologie.Evidemment, si on est en présence d\u2019un cas où tout le petit intestin est affecté, il ne nous reste que les moyens médicaux pour soutenir notre patient et parfois son état peut s'améliorer d\u2019une façon surprenante.La chirurgie est le traitement de choix, excepté dans les cas aigus.Et c\u2019est la résection qui sera le procédé à suivre pour obtenir la meilleure chance de réussite permanente.On fera l\u2019exclusion et l\u2019iléo-colostomie.La résection en un temps donnera une mortalité plus élevée, mais offrira une meilleure chance de succès permanent (13).Les récidives (14) sont dues le plus souvent à l\u2019inhabileté du chirurgien à reconnaître les limites de l\u2019envahissement de la lésion.BIBLIOGRAPHIE 1.B.B.CROHN, L.GINZBURG et S.D.OPPENHEIMER: «Regional Ileitis.» JAM.A, 99: 1323, 1932.2.CHRISTOPHER: Text book of Surgery, p.1168. PETTIGREW: ILÉITE RÉGIONALE 3.B.B.CROHN: « Regional Ileitis.» Surg.Gyn.& Obst, 68: (février) 1939.4.J.L.DECOURCY : « Terminal Ileitis simulating acute appendicitis.»'J.Med., 15: 216, 1934.5.L.P.BELL: « Mesenteric lymphadenitis simulating an acute abdominal condition.» Surg.Gyn.& Obst., 45: 465, 1927.6.John HOMANS: «Regional Ileitis.A clinical, not a pathological entity.» N.England J.Med., 209: 1315, 1933.J.SNAPPER: «Pseudotuberculosis Amsterdam, Holland, 1938.In man.» \u201cI 1291 8.B.B.CROHN: Surg.Gyn & Obst., 68: (février) 1939.9.SPROUL: Am.J.Roentgenol., 36: 910, 1936.10.H.KOSTER, L.P.KASMAN et W.SCHEIN- FELD: Arch.Surg., 32: 789, 1936.11.J.FELSEN: Am.J.Roentgenol., 37: 190, 1937.12.J.L.KANTOR: JAMA.103: 2016, 1934.13.R.LEWISOHN: Surg, Gyn.& Obst., 66: 215, 1938.14.G.D.OPPENHEIMER: JAM.A., 110.1103, 1938.LES CORPS ETRANGERS POINTUS DU TUBE DIGESTIF Par Eugéne DUFRESNE, Chirurgien de l\u2019hôpital Saint-Jean-de-Dieu (Longue-Pointe, Montréal) .Si un client entrait dans le bureau de son médecin et lui disait qu\u2019il vient d\u2019avaler quelques aiguilles de couturière, il est probable que le médecin serait fort embarrassé.Peut- être le ferait-il radiographier pour confirmer, peut-être l\u2019enverrait-il à son chirurgien par le plus court chemin.C\u2019est sans doute cette éventualité qui a inspiré l\u2019intéressante communication que faisait le professeur Ombrédanne à l\u2019Académie de chirurgie de Paris en mars 1938.M.Ombrédanne dit qu\u2019il est pratiquement impossible de trouver une aiguille ou une épingle dans l\u2019intestin et je le crois sans peine.Le reste de la communication est très optimiste.Il dit qu\u2019il se présente une douzaine de cas de corps étrangers pointus du tube digestif par année dans son service et qu\u2019il n\u2019a qu\u2019à faire manger des queues d\u2019asperges pour en amener l\u2019évacuation.Il rapporte le cas d\u2019un enfant de deux mois et demi qui avait avalé sa petite barrette.T1 lui fit manger une bouillie sucrée de queues d\u2019asperges et la barrette fut évacuée dans les 12 heures sans que la digestion du bébé en fût troublée.Le professeur Pierre Duval raconte que sa petite-fille de 4 ans avait avalé une épingle à cheveux qui n\u2019était pas encore évacuée après 17 jours.Il en parla à son collègue Ombré- danne qui lui conseilla l\u2019ingestion de queues d'asperges et l\u2019épingle fut promptement récupérée.Comme toutes les communications intéressantes, celle de M.Ombrédanne en provoqua plusieurs.Le docteur Bachy rapporta, entre autres cas, celui d\u2019une femme qui avait avalé 4 grandes aiguilles à repriser.Il fit manger à sa malade une soupe aux poireaux épaissie de tapioca et de paillettes de coréine.Trois des aiguilles furent éliminées le cinquième jour et la quatrième, deux jours plus tard.La soupe aux poireaux du docteur Bachy et les queues d\u2019asperges du professeur Ombré- danne reposent sur le même principe.Ce sont des filaments de cellulose plus ou moins longs qui traversent le tube digestif sans être modifiés par les différents sucs et forment un bol fécal mollasse.Les filaments s\u2019accrochent à la moindre aspérité du corps étranger et l\u2019entraînent au dehors.Les Américains se servent de la ouate dans la « soupanne », de la soupe, du pouding, ete.C\u2019est encore la cellulose qui agit de la même façon.On n\u2019a pas toujours des asperges ou des poireaux sous la main, mais on a toujours de la ouate.On trouve dans la littérature quantité et diversité incroyables de corps étrangers pointus du tube digestif: broches, barrettes, clous, aiguilles, épingles, cure-dents, tire-nerfs de 1292 dentistes, arêtes, fragments d\u2019os de petits gibiers qui sont, paraît-il, plus dangereux que des aiguilles, etc, ete.La plupart de ces corps étrangers s\u2019éliminent sans incidents quand ils sont parvenus à l\u2019estomac, surtout si on les a enrobés de cellulose.En octobre 1939, le docteur Mercier Fau- teux présenta un cas bien intéressant à la Société de Chirurgie de Montréal.Il s\u2019agissait d\u2019une fillette qui avait avalé une aiguille de phonographe.Après plusieurs semaines l\u2019aiguille n\u2019était pas encore évacuée.Des radiographies prises en différents temps montraient l\u2019aiguille toujours dans la même région, la fosse illaque droite, mais dans des positions différentes.Enfin le docteur Albert Jutras la localisa dans l\u2019appendice.Fauteux enleva l\u2019appendice et trouva son aiguille à l\u2019intérieur.Il n\u2019en est pas toujours ainsi cependant.Il arrive que le corps étranger s\u2019implante dans les parois du tube digestif, les perfore et provoque des accidents divers, presque toujours très graves.Quand le corps étranger perfore le pharynx ou l\u2019œsophage cervical, il infecte le tissu cellulaire de la loge aponévrotique profonde du cou et un phlegmon péri-æsophagien est imminent.Comme cette loge se continue sans obstacle dans le médiastin, une médias- tinite suppurée ne tarde pas à se produire.Si la perforation se fait dans l\u2019æsophage thoracique, la médiastinite se produit d\u2019emblée.Il existe des techniques pour le drainage des médiastins antérieurs ou postérieurs, mais cette infection n\u2019en est pas moins d\u2019une gravité extrême.Si le corps étranger perfore l\u2019estomac ou l\u2019intestin, c\u2019est souvent une péritonite généralisée qui apparaît avec le pronostic que vous connaissez, ou une péritonite localisée par des adhérences plus ou moins solides et qui donne une mortalité d\u2019environ 50%.C\u2019est dans ces cas que l\u2019on rapporte la production de fistules recto-vaginales ou recto-vésicales qui sont des infirmités terribles.Quelques cas ont guéri spontanément, mais c\u2019est l\u2019exception, il faut presque toujours intervenir.La proportion des échecs est énorme et la mortalité considérable.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 Les corps étrangers pointus du tube digestif sont heureusement assez rares.Depuis 30 ans que je suis chargé de la chirurgie à Saint-Jean-de-Dieu, je n\u2019en ai vu que 4 cas.Il a dû y en avoir plusieurs autres, mais ils sont passés inaperçus du personnel et peut- être même des malades.En avril 1926, une malade nouvellement arrivée est trouvée pendue.C\u2019était une grande agitée.À l\u2019autopsie on trouva du pus dans le péritoine, des fausses membranes sur l\u2019intestin et une dizaine de petits bouts de broche qu\u2019elle avait arrachés à son sommier et qui avaient fait autant de perforations.Cette courte et dramatique histoire ne surprendra pas ceux qui ont déjà traité des grands agités.En septembre 1939, on m\u2019amène une malade d\u2019environ quarante ans en me disant qu\u2019elle avait avalé onze aiguilles deux jours avant.La radio n\u2019en montrait que cing.Elle ne présentait rien d\u2019anormal.Je l\u2019ai mise à la bouillie de ouate et j'ai demandé une radio quotidienne.La deuxième et la troisième radios ne montraient plus que deux aiguilles, la quatrième était négative.La malade est encore ici et se porte bien.Quelques semaines plus tard, un infirmier m\u2019amène un malade qui avait avalé quelques épingles, la veille.Comme l\u2019infirmier était sûr de la chose et que le malade ne présentait aucun symptôme, je lui ai prescrit la bouillie à la ouate en recommandant bien de chercher les épingles dans les selles et de me prévenir au premier incident.Je n\u2019ai pas demandé de radio, j'ai eu tort et je le regrette.Trois jours plus tard, l\u2019infirmier est revenu avee son malade qui continuait à se bien porter.Il m\u2019a dit qu\u2019il avait trouvé quelques épingles dans les selles, mais qu\u2019elles n\u2019étaient pas enrobées de coton.Je n\u2019ai plus entendu parler du cas.S\u2019il était survenu quelque incident, le médecin de service me l\u2019aurait renvoyé en vitesse.Le ler août 1941, une malade arrive à la consultation avec sa radio et le rapport du docteur Gagnier disant qu\u2019elle avait plusieurs corps étrangers métalliques non identifiés dans l\u2019intestin et une aiguille implantée dans la \u2014\u2014\u2014 ue DUFRESNE: CORPS ÉTRANGERS POINTUS DU TUBE DIGESTIF paroi postérieure de l\u2019æsophage au niveau de la 4e cervicale.Les corps étrangers de l\u2019intestin n\u2019étaient pas intéressants et ont été évacués sans qu\u2019on s\u2019en occupe.L\u2019aiguille de l\u2019æsophage était une tout autre affaire.Je crois qu\u2019il aurait été facile de l\u2019extraire par œsophagoscopie, mais cela ne mettait pas la malade à l\u2019abri d\u2019une infection possible, sinon probable.J'ai cru qu\u2019il était imprudent de risquer le phlegmon et sur le champ, je suis allé la chercher par voie externe.L'opération est intéressante parce que délicate et, pourrait-on dire, bien anatomique, les organes et leurs rapports n\u2019étant pas modifiés par un processus inflammatoire ou néoplasique.En incisant le long du bord interne du sterno, on arrive vite dans la loge profonde du cou.Le muscle et les vaisseaux carotidiens sont réclinés en dehors, le larynx et la thyroïde, en dedans.La thyroïdienne supérieure traverse le champ opératoire.Je n\u2019ai pas eu à la ligaturer, elle ne gênait pas.Le clivage se fait avec une facilité étonnante.On peut traverser d\u2019un côté à l\u2019autre du cou presque sans s\u2019en apercevoir en passant par entre l\u2019œsophage et l\u2019aponévrose pré-vertébrale.Une exploration délicate de la face postérieure de l\u2019æsophage a été négative.Mon assistant, le docteur Cabana, a exploré à son tour et il a vite perçu la pointe de l\u2019aiguille qui traversait bel et bien le canal œsophagien.Avec une Péan l\u2019aiguille fut prestement et délicatement extraite.Suture partielle de l\u2019aponévrose.Petite mèche et agrafes sur la peau.La petite mèche a donné quelques gouttes de pus pendant 3 ou 4 jours et la guérison s\u2019est faite dans le délai ordinaire.La malade est toujours ici et je n\u2019ai 1293 pas connaissance qu\u2019elle ait renouvelé son exploit.ee À part ces 4 cas de notre hôpital, j'en ai eu 2 autres en clientèle, il y a une vingtaine d\u2019années.Le premier cas concernait un enfant de 8 ou 9 ans qui avait avalé une petite médaille en forme d\u2019étoile.Le docteur Foucher avait essayé, mais sans succès, de l\u2019extraire par l\u2019æsophagoscope.Les pointes étaient enfoncées dans la muqueuse.Je l\u2019ai enlevée par œsophagotomie externe.Le malade est mort 3 jours plus tard.Le deuxième cas était celui d\u2019un confrère qui se plaignait de douleurs dans la région ano-rectale depuis plusieurs mois.Il n\u2019avait ni hémorroïdes ni fistule ni fissure.Un toucher rectal a permis d\u2019extraire un cure-dent que le confrère ne se rappelait pas avoir avalé.En résumé, je crois que la meilleure conduite à tenir en cas de corps étrangers pointus de l\u2019æsophage serait la suivante: pas de purgatifs qui augmentent les mouvements péristaltiques, donner plutôt des antispasmodiques qui les diminuent.Confirmer le diagnostic par la radio.Si le corps étranger ne semble pas implanté, faire manger des queues d\u2019asperges ou de la soupe aux poireaux ou de la bouillie à la ouate, pas trop épaisse.S\u2019il y a constipation, prescrire un lubrifiant (l'huile de para- fine), «larga manu ».Faire radiographier le malade une ou deux fois par jour et savoir attendre.Sil apparaît des signes de réaction péritonéale, surtout du hoquet et le faciès spécial, il faudra intervenir et l\u2019opération sera grave. PLAIES PÉNÉTRANTES DE L\u2019ABDOMEN PAR EMPALEMENT DU PERINEE Par Paul-A.POLIQUIN, F.A.C.S., (Québec).Il est classique de diviser les traumatismes de l\u2019abdomens en contusions et plaies, selon qu\u2019il y a absence ou présence d\u2019une solution de continuité dans le tégument externe, de diviser les plaies en plaies non pénétrantes et en plaies pénétrantes selon qu\u2019il y a en plus absence ou présence de solution de continuité dans le péritoine pariétal, de diviser les plaies pénétrantes en plaies pénétrantes simples et en plaies pénétrantes avec lésions viscérales.Ajoutons que les plaies viscérales peuvent ne concerner qu\u2019un seul viscère ou en intéresser plusieurs.Il est tout aussi classique de rappeler que les lésions intéressant les viscères pleins, tels la rate, le foie, donnent lieu à des hémorragies, tandis que les lésions intéressant des viscères creux donnent lieu à des péritonites.Vous verrez souvent les traumatismes de l\u2019abdomen divisés et étudiés sous d\u2019autres titres.Par exemple, en considérant surtout l\u2019étiologie, vous aurez les plaies pénétrantes par armes blanches ou coups de feu de la pratique militaire; en considérant le viscère légé ou la porte d\u2019entrée de l\u2019agent traumatisant, vous aurez les plaies du foie, de la rate, de l\u2019estomac, etc, ou encore les plaies pénétrantes de l\u2019épigastre, des hypocondres, de l\u2019hypogastre, du périnée, que sais-je.Après avoir énuméré ces notions banales, où on a l'impression de voir passer sous nos yeux les en-têtes de chapitre d\u2019un volume de pathologie externe, je vous rapporterai trois observations de plaies pénétrantes de l\u2019abdomen par empalement accidentel du périnée.Ces plaies sont essentiellement graves parce qu\u2019intéressant dans l'immense majorité des cas l\u2019ampoule rectale, éminemment septique.Elles peuvent être graves par les délabrements que l\u2019on découvre à l\u2019intervention et par la multiplicité des viscères lésés.Observation 1.Un fils de cultivateur, âgé de 15 ans, présentant un passé parfait et une robustesse extraordinaire, finit une journée de travail, en février 1937, en jetant du foin du haut d\u2019une « tasserie », histoire de nourrir le bétail.Une fois satisfait de sa besogne, il fait un saut dans le tas de foin; c\u2019est sa manière habituelle de descendre.Mais dans sa chute il tombe sur le manche d\u2019une malencontreuse fourche qui, déchirant ses habits, lui pénètre dans le rectum.Ne perdant pas conscience, il se relève péniblement, arrache le manche de fourche de sa personne, et peut retourner seul à sa demeure, tout en souffrant horriblement de son abdomen.Immédiatement, il sent un besoin impérieux de défécation, mais ne réussit qu\u2019à passer du sang rouge clair ou noirâtre.La nuit est très mauvaise: elle se passe dans l\u2019agitation et l\u2019angoisse, les frissonnements sont nombreux, les transpirations profuses, et la température ne fait plus de doute pour personne.Le lendemain, la douleur abdominale augmente et le malade a de nouvelles selles noirâtres.Alors apparaissent des vomissements qui ne tardent pas à devenir fréquents, une soif inténse ronge le malade, ce dernier se sent très mal.Effrayée, sa famille l\u2019hospitalise.À son entrée à l'hôpital, ce jeune homme est dans un état qui fait peine à voir.L\u2019hyperesthésie de sa paroi abdominale, sa défense généralisée, sa paroi encore au stade de rétraction et en état d\u2019immobilité, ne permettent guère d\u2019ignorer l\u2019état et la gravité de la péritonite qui existe.Avec une pareille anamnèse et de pareils signes, la plaie pénétrante de l\u2019abdomen ne peut faire de doute.Un examen soigné du périnée et de la marge æ_- ee\u2014 POLIQUIN : PLAIES PÉNÉTRANTES pe L\u2019ABDOMEN Par EMPAL.nu PÉRINÉE de l\u2019anus reste vierge du moindre signe apparent de traumatisme; c\u2019est donc sans lésion externe, en passant tout simplement par un orifice naturel, que l\u2019agent traumatisant a causé cette plaie pénétrante de l\u2019abdomen.Malgré son extrême mauvaise condition, car la péritonite est généralisée, \u2014 la perforation date déjà de 22 heures \u2014 malgré, dis-je, une partie qui semble perdue, le service décide d\u2019intervenir.Songez au fait que ce jeune homme est bâti en athlète et que dans l\u2019intervention réside sa seule chance de survie, bien aléatoire, il est vrai; songez aussi aux surprises que donnent les sulfamidés en chirurgie.Sérum et siphonage dans l\u2019heure qui précède l\u2019intervention.Puis, scus anesthésie au Cyclopropane, nous pratiquons une laparotomie médiane.Nous constatons une péritonite généralisée, les anses sont énormément distendues et recouvertes de fausses membranes, avec du pus fétide ici et là.La paroi rectale repérée nous présente sur son bord libre une déchirure avec déchiqueture des bords sur une longueur de : plus de 20 centimètres; des matières fécales ont même passé dans la grande cavité abdominale, et des fragments de vêtements y sont reconnaissables.Il est manifestement impossible de suturer cette plaie, tant le délabrement est important.Il nous faut procéder à une section du rectum en aval de la lésion, à la manière de Hartman pour certains néos, et implanter le bout supérieur en anus permanent.Une toilette rapide de la cavité pelvienne et un large drainage à la Mickuliez terminent cette opération qui augure mal.Le résultat fut celui que tous avaient redouté: le malade décédait 24 heures après son intervention.- Observation 2.Un garçonnet d\u2019un physique parfait est à jouer avec de petits amis en juillet 1937.Pour se reposer de ses jeux, il s\u2019assied sur un siège un peu particulier: le train d\u2019arrière d\u2019une voiturette d\u2019enfant composé de deux petites roues de broche réunies par un essieu, une 1295 roue étant placée à plat sur le parquet, et l\u2019autre lui servant de siège.A un moment donné, l\u2019épaulement qui maintenait les deux roues à leur distance respective manque, la roue supérieure servant de siège s\u2019enfonce subitement vers l\u2019inférieure en coulissant sur l\u2019essieu.L'enfant pousse un cri de douleur et se lève en toute hâte.Un petit ami, qui le voit partir avec tout cet appareillage fixé à sa personne, tente de lui rendre service en arrachant le tout.L\u2019enfant se rend à la chambre de toilette et ressent un besoin impérieux de déféquer, besoin qu\u2019il ne peut satisfaire, ne réussissant tout au plus qu\u2019à passer quelques gouttes de sang.Le médecin de famille appelé trouve l\u2019enfant en état de shock; le ténesme rectal persiste ainsi qu\u2019une forte douleur abdominale, mais bien amoindrie, au dire de la mère.Le médecin glace l\u2019abdomen, maintient l\u2019enfant au repos et à la diète, et, inquiet, se promet de repasser voir son malade dans quelques heures.À sa seconde visite, le ténesme rectal est pratiquement disparu ainsi que le shock, mais les douleurs abdominales, qui étaient disparues, sont réapparues: une miction sanglante est venue créer de l\u2019inquiétude.et le médecin croit à une perforation.Lorsque je suis appelé à voir l\u2019enfant, 16 heures après son accident, je le trouve encore souffrant et s\u2019immobilisant dans son lit; l\u2019hyperesthésie cutanée de sa paroi abdominale, la défense de tout son bas-ventre remontant à l\u2019ombilie, l\u2019immobilisation de tout son abdomen, le tout avec un pouls à 120 et une respiration déjà accélérée auxquels s\u2019ajoutent un état nauséeux, un nez pincé et des vomissements en ma présence ne laissent aucun doute sur la péritonite en voie de diffusion rapide.La vessie forme un globe bien constatable, pas de matité dans les flancs ni sonorité pré- hépatique.Pas la moindre lésion apparente ni au périnée, ni a la marge de I\u2019anus; un toucher rectal fait sur le velours permet de percevoir des 1296 irrégularités de la paroi et réveille le ténesme.Avec une telle anamnèse et de tels signes, la plaie pénétrante ne peut faire de doute; tout au plus peut-on faire quelques réserves sur la vessie présentant deux signes en apparence contradictoires de plaies vésicales: une miction sanglante et la conservation d\u2019un globe vésical.La laparotomie s\u2019imposait d\u2019urgence.Sous anesthésie à l\u2019éther, et assisté du docteur Reid, nous constatons, à l\u2019ouverture de l\u2019abdomen, des anses intestinales distendues avec fausses membranes bien constituées et particulièrement abondantes dans la cavité pelvienne.Nous trouvons une infiltration œdé- mateuse intéressant le péritoine pelvien et gagnant le méso-rectum et même sigmoïdien; dans le cul-de-sac de Douglas, quelques petits fragments de vêtements et des portions de muqueuse rectale; il n\u2019y a pas d\u2019urine dans la cavité abdominale.Cherchant l\u2019orifice au travers de tous ces tissus œdématiés, nous trouvons un trajet fistuleux d\u2019une longueur de 6 à 7 centimètres qui gagne le rectum en passant entre le muscle vésical et son péritoine qui a été décollé.Le muscle vésical lui-même nous semble intact.Nous drainons largement avec un Mickulicz.Nous plaçons un tube rectal que nous faisons monter soigneusement en amont de la lésion.Les suites post-opératoires furent bonnes jusqu\u2019au 6e jour; à ce moment, nous eÜümes la surprise de voir survenir une fistule urinaire; une lésion de la vessie avait-elle passé inaper- cue lors de notre intervention?une nécrose secondaire due & la septicité de cette contamination s\u2019était-elle produite?Nous ne le savons pas, mais la derniére hypothése nous semble la plus plausible.Heureusement pour notre malade, cette fistule s\u2019est fermée spontanément et en vitesse, ce qui lui permettait de quitter l'hôpital 25 jours après son entrée.Revu en plusieurs circonstances dans la suite, l\u2019enfant ne semble pas présenter de séquelles consécutives à cet accident.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 Observation 3.Un ouvrier, travailleur dans les constructions métalliques, fait en août 1940, alors qu\u2019il se trouvait sur un échafaudage, une chute d\u2019une dizaine de pieds.Il tombe assis sur une pièce métallique présentant à son centre un boulon qui lui est fixé et qui fait une saillie de 9 pouces.L\u2019ouvrier a l\u2019impression d\u2019être frappé à mort et ne peut se relever; à l\u2019éclat de rire de ses compagnons, qui ont cru d\u2019abord à un incident sans importance, fait suite une stupeur générale quand il leur est nécessaire littéralement d\u2019arracher de ce pivot nouveau genre le malade qui hurle de douleur et ne peut par lui- même se dégager.Ce dernier perd alors conscience; le médecin, aussitôt appelé, constate un état de shock important et une plaie périnéale qui donne et hospitalise le patient dans les heures suivantes.A l'hôpital, le médecin de la compagnie qui a pris charge du patient lui fait un cathétérisme qui ne ramène que quelques centicubes de sang et lui laisse le cathéter en place.Je suis appelé à voir le malade.C\u2019est le plus beau type physique qui se puisse voir; le malade est horriblement souffrant, et je ne me souviens pas dans ma vie médicale d\u2019avoir vu de malade aussi souffrant malgré les calmants que le médecin lui a administrés en face de la certitude d\u2019une plaie pénétrante qui demande intervention.\u201c Le malade est nettement sorti de son shock.Un examen de son abdomen démontre une défense de bois dans la partie sous-ombilicale, une défense de degré moindre et décroissante de l\u2019ombilie à l\u2019appendice xiphoïde; l\u2019hyperesthésie cutanée est intense et l\u2019immobilisation de la paroi abdominale, des plus nettes; la matité hépatique est conservée, la matité des flanes reste indiscutable; malgré ce tableau, le pouls est à 90 et la respiration ne dépasse pas 22.ce qui peut surprendre.Le malade est couvert de sueurs profuses.Le périnée présente une plaie de la grandeur d\u2019une pièce de 50 cents située à 4 heures eu égard à l\u2019anus.- ee eu POLIQUIN : PLAIES PÉNÉTRANTES ne L\u2019ABDOMEN Par EMPAL.nv PÉRINÉE Un examen au gant du canal anal nous révèle deux autres orifices dont l\u2019un, intéressant la partie haute du sphincter, fait suite à notre orifice d\u2019entrée, et dont l\u2019autre, en sens opposé et sus-sphinctérien, semble se diriger directement vers la vessie; nous croyons constater un écoulement d\u2019urine.Il n\u2019y a pas de doute, nous avons affaire à une plaie pénétrante de l\u2019abdomen avec péritonite au début tendant à se diffuser; l\u2019agent traumatisant a percé le périnée, a transfixé l\u2019extrémité inférieure de l\u2019intestin de part en part, a transfixé la vessie.Deux viscères creux sont intéressés dont l\u2019un éminemment septique.Le malade, horriblement souffrant, aspire à un soulagement et accepte l\u2019intervention avec la même facilité que les perforés gastro-duo- dénaux.Laparotomie à l\u2019éther.Nous constatons un épanchement considérable d\u2019urine et de sang dans la cavité abdominale; la cavité pelvienne est déjà en pleine poussée de péritonite, après 7 heures; les anses intestinales qui s\u2019y logent sont dilatées et même recouvertes de fausses membranes; le cul-de-sac de Douglas contient des souillures, fragments de selles et de vêtements que nous enlevons.La face postérieure de la vessie nous présente un large orifice à bords déchiquetés qu\u2019il nous faut régulariser pour en préparer la suture vésicale aussi soignée que possible et à médiane et sur une moitié de sa circonférencé pour traiter la plaie recto-vésicale qui, elle, se trouve placée au centre, à égale distance des deux orifices urétéraux, une moitié de la plaie dans le trigone et l\u2019autre moitié lui étant postérieure.Nous devons régulariser cette plaie, décoller les plans vésicaux de manière à faire une suture vésicale aussi soignée que possible et à éviter une fistule vésico-rectale qui nous paraît inévitable et qui causerait chez notre malade une complication essentiellement grave et de cure difficile.Nous refermons notre vessie en conservant un orifice antérieur où nous plaçons un tube 1297 Lefur, nous soignons la péritonisation de la face postérieure de la vessie de manière à maintenir la vessie et l\u2019urine qui échappera rigoureusement en dehors de la grande cavité.Nous sommes forcé de drainer la grande cavité par un drainage de Mickuliez que nous faisons sortir par la partie haute de notre plaie abdominale pour l\u2019éloigner de notre drainage vésical.Notre pronostic restait sombre à cause de la septicité toute particulière de ces inoculations, à cause d\u2019un drainage double et de la cavité abdominale et de la vessie se voisinant d\u2019une manière inquiétante.Contre toutes attentes, les suites furent excellentes; si excellentes que notre malade pouvait quitter l\u2019hôpital, guéri, après 35 jours d\u2019hospitalisation.Le seul trouble que le malade a présenté dans la suite fut un peu de fréquence des mictions occasionnée par une capacité vésicale nécessairement réduite.Revu depuis, ce malade est en excellente condition.Comme on le voit ici, le diagnostic ne présentait dans aucun de ces cas la moindre difficulté: l\u2019anamnèse et la richesse des signes cliniques l\u2019imposaient.* * * Dans ces plaies pénétrantes, les chances de guérison sont fonction d\u2019horaire.Si ce principe reste exact pour les perforations en général, telles les perforations d\u2019uleus, pour citer les plus connues, ce principe demeure infiniment plus important ici à cause de la haute septicité du contenu de l\u2019ampoule rectale et de la virulence exceptionnelle des accidents péritonéaux.Malgré l\u2019aide si extraordinaire que les sul- famidés apportent au chirurgien, ces accidents donnent encore un pourcentage élevé de mortalité dans la plupart des statistiques, et c\u2019est surtout de la précocité de l\u2019intervention qu\u2019on est en droit d'attendre une amélioration.Pour arriver à un diagnostic précoce et ne pas laisser passer l\u2019heure chirurgicale, le mé- 1298 decin, tout en tenant compte de l\u2019anamnèse, devra se demander s\u2019il y a plaie pénétrante de l\u2019abdomen, quels viscères sont lésés, s\u2019il y a hémorragie ou péritonite, si le shock est amendé: toutes réponses qui demandent un certain sens clinique.Pour terminer, je rappellerai les signes de perforation viscérale dans les plaies pénétrantes de l\u2019abdomen, signes si bien étudiés et surtout si bien classés par Mondor, dans ses L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, novembre 1943 Diagnostics urgents de l\u2019abdomen: les signes trompeurs: température, vomissements, facies péritonéal; les signes inconstants: douleur, selles sanglantes, météorisme, sonorité pré-hépa- tique, pouls rapide; le signe révélateur: la contracture de la paroi.J\u2019ajouterai que la hernie épiploïque, du sang viscéral et des matières intestinales faisant issue par la plaie seraient pathognomoniques.ÉPITHÉLIOMA DE LA CONJONCTIVE LIMBIQUE GUÉRI PAR LE RADIUM ! Par E.-P.GRENIER, Institut du Radium (Montréal).La communication qui va suivre est une simple présentation de faits: deux cas d\u2019épi- thélioma de la conjonctive limbique traités au radium.Dans une circonstance antérieure, j'ai déjà fait connaître le premier cas.Observation 1.En mars 1934, Monsieur A.-L.R., 72 ans, avalt consulté feu le docteur Bousquet pour une tumeur oblongue de l\u2019œil gauche, de plus d'un em.45 de longueur par 1 cm.de largeur et d'épaisseur, située sur le globe oculaire dans la fente palpébrale et s\u2019étendant du côté externe également de chaque côté de la conjonctive limbique.Elle se prolongeait donc sur la cornée jusque tout près de la pupille et menaçait la vue du patient, l\u2019œil droit avait été accidentellement perdu à l\u2019âge de 6 ans.La biopsie fut faite par le docteur Bousquet, rapport: « La structure cordonale du néoplasme, la largeur des massifs épithéliaux, les globes cornés permettent de poser le diagnostic d\u2019épithélioma.» Docteur J.-L.Riopelle (Pièce vue par le professeur Masson.) Le début de cette tumeur remontait à deux ans.Je fis un traitement au radium le 24 mars 1934: 14 m.c.d.en 70 heures.Résultat après 8 ans: voici ce que m\u2019écrit le patient le 7 septembre 1942: « J\u2019ai 80 ans, 9 mois, ma santé 1.Communication présentée au XVIIe Congrès de l\u2019'A.M.L.F.A.N., Montréal, septembre 1942.Section de l\u2019Electro-radiologie.est bonne, mon œil est bien, ma vue est bonne.Je cultive encore ma terre.Je ne porte pas de verres.Je peux lire et écrire.Votre très reconnaissant client.A.-L.R., St-Pie-de-Bagot.» Observation 2.À part quelques petits détails en plus, on dirait que ce 2e cas a été copié sur le premier.M.R.Hénault de Ste-Elisabeth-de-Joliette, 80 ans, m'a consulté en avril 1940, il avait une petite tumeur un peu plus grosse qu\u2019un pois, lui aussi sur l\u2019æil gauche, exactement dans la fente palpébrale sur le côté externe et s\u2019étendant de la pupille sur les conjonctives de la cornée, du limbe et du bulbe, lui aussi avait perdu accidentellement l\u2019œil droit à l\u2019âge de 8 ans; mais, détails en plus, c\u2019est que Monsieur R.H.avait été opéré d\u2019une petite tumeur située au même endroit sur son œil gauche le 20 mai précédent, soit en 1939, la tumeur était revenue et il avait été opéré une seconde fois le 7 novembre 1939, et une seconde fois la tumeur réapparut de nouveau; c\u2019est alors qu\u2019il me consulta le 12 avril 1940.La biopsie avait été faite à l\u2019hôpital Notre-Dame, où il avait été opéré et se lit comme suit: « Epithélioma malphighien spino-cellulaire à globes cornés.» Docteur L.-C.Simard.Je fis donc le traitement au radium le 15 avril 1940, exactement de la même façon que GRENIER: ÉPITHÉLIOMA DE LA CONJONCTIVE pour mon premier cas.Même charge de radium, même dose en même temps.Trois semaines plus tard, la tumeur avait diminué des deux- tiers, mais le patient qui était anxieux de voir disparaître complètement -son mal, demanda avec insistance au docteur Joubert d\u2019enlever ce qui restait.Ce qui fut fait le 8 juin 1940 comme un simple curettage, et il est plus que probable que tout serait disparu dans les 15 jours ou 3 semaines sans rien autre, n\u2019eût été la hâte du patient de se voir guéri.Alors devant ce traumatisme récent, craignant une récidive possible, je lui fis un second traitement au radium, toujours d\u2019après la même technique, le 15 juin 1940, détruisant 16 m.c.d.Comme on pouvait s\u2019y attendre, il y eut une réaction un peu plus forte de la conjonctive oculaire, mais tout disparut dans les dix jours qui suivirent le traitement.Après un peu plus de deux ans, voici la lettre que m\u2019a adressée M.R.H, en réponse à ma demande de renseignements à son égard.Je cite textuellement: «Cher Monsieur, «Je réponds avec plaisir à vos questions.Ma santé est passablement bonne J\u2019ai 82 ans, mon œil est bien en ce qui a rapport à la tumeur que vous m\u2019avez fait disparaître en juin 1940.Ma vue, malgré que je fasse de la cataracte depuis 8 ans (il y avait déjà un peu d\u2019opacité du cristallin) est encore bonne pour mon âge.Je ne travaille plus.Je porte des verres à double vision depuis plus de 12 ans.Oui, je lis et j'écris encore, surtout la lecture que je fais tous les jours dans les journaux, en ce qui a rapport à la guerre mondiale, que les Alliés vont gagner, mais peut-être pas avant deux ou trois ans, et avec de grands sacrifices de toutes sortes ! » Votre bien dévoué, R.H,, Ste-Elisabeth-de-Joliette.5 sept.1942.» 1299 Evidemment, il aurait été plus scientifique de présenter le rapport d\u2019un examen fait par un ophtalmologiste, mais dans les circonstances actuelles j'ai dû me contenter de ces attestations personnelles, qui, je crois, ont leur valeur.Voici du moins la photographie en couleur de l\u2019æil gauche de M.R.H., avant le premier traitement au radium, avril 1940, et la seconde sept mois plus tard, soit novembre 1940.Monsieur R.H., 80 ans.Epithélioma du limbe.du limbe.J\u2019ai pensé rapporter ces deux cas dans tous les détails: 1° Afin de réfuter le fait ordinairement admis, autrefois du moins, que le traitement au radium sur l\u2019œil causait la cataracte.2° Afin d\u2019établir que l\u2019æil supporte généralement bien les traitements par irradiation, mais à la condition qu\u2019on évite tout rayon caustique primaire ou secondaire, par une filtration aussi parfaite que possible et une gammathérapie bien dosée.3° Afin de démontrer expérimentalement que la récidive suit très souvent l\u2019exérèse chirurgicale.4° Afin de bien faire remarquer que ces deux patients, sans la radiumthérapie, étaient voués à la cécité et à la mort. 1300 5° Afin d\u2019attirer l\u2019attention, qu\u2019une collaboration étroite et bien organisée s\u2019impose en cancérologie, peut-être plus qu\u2019en aucune autre thérapeutique.6° Que la radiumthérapie guérit l\u2019épithé- lioma primitif de la conjonctive limbique sans récidive ni complication.7° Que par conséquent la radiumthérapie est le traitement de choix dans le cancer de la conjonctive du limbe.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 BIBLIOGRAPHIE V.MORAX: Le cancer de l'appareil visuel.Alexandre DNANE: Tex-Book of ophtalmology.E.-P.GRENIER: «Epithélioma primitif de la conjonctive limbique.» Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu, n° 3, mai-juin 1939.L.-G.JOUBERT: « Epithélioma du limbe scléro-cor- néen.» Le Journal de l\u2019'Hôtel-Dieu, n° 3, mai- juin 1940. REVUE GÉNÉRALE LE TUBE DIGESTIF SYNDROME DOULOUREUX TARDIF | Par Albert LeSAGE.La douleur, dans les maladies du tube digestif, est un syndrome trés important dont la signification mérite de retenir un instant notre attention, si on veut tenir compte de son horaire, c\u2019est-à-dire de l\u2019heure à laquelle elle apparaît.On peut dire qu\u2019elle est réglée sur l\u2019heure des repas.Habituellement, elle apparaît sous forme de crises: une, deux ou trois heures après le déjeuner; une autre après le repas du midi, et une dernière dans la soirée.C\u2019est cet intervalle entre le repas et l\u2019apparition de la douleur qui caractérise ce syndrome, et elle est en rapport avec la quantité du repas ingéré, soit: 1 heure et à 15 heure après le petit déjeuner, et trois heures après les deux principaux repas.Elle apparaît sous forme de douleur brève, localisée dans la région épigastrique, quelquefois plus bas, dans la région périombilicale, ou plus haut, dans la région xyphoïdienne, et elle est ressentie comme des crampes violentes ou un serrement intérieur de toute la région.D\u2019autres fois, les malades la comparent à une brûlure, aux élancements d\u2019une plaie à vif.Enfin, elle peut aussi se manifester sous la forme d\u2019une transfixion dite «douleur en broche ».Elle peut aussi se répercuter jusque dans la région vertébrale ou revêtir d\u2019autres formes telles que: une gêne, une lourdeur gastrique, une pesanteur abdominale, mais elle garde son caractère essentiel: elle est tardive.À cette douleur s\u2019ajoutent d\u2019autres signes tels que: malaises gastriques, crises d\u2019éructations, sialorrhée, céphalées, vertiges, lassitude.Un autre point important à noter est le suivant: le malade se plaint davantage quand son estomac est vide, si bien que, pour arrêter la douleur ou l\u2019atténuer, il suffit d\u2019ingérer un aliment quelconque: lait, infusion, etc.Mais ce calme est momentané; la douleur reprend jusqu\u2019au repas suivant.Fréquemment, vous entendrez ces malades avouer qu\u2019ils ont réussi à la calmer en absorbant du bicarbonate de soude.Un autre aspect, c\u2019est qu\u2019elle procède par périodes: elle disparaît pendant huit jours, quinze jours, six mois, puis s\u2019installe de nouveau pendant une ou plusieurs semaines, pour réapparaître à la suite d\u2019une fatigue physique ou intellectuelle, ou un surmenage moral.Une chose importante à signaler, c\u2019est sa réapparition subite durant les intervalles du calme, à la suite d\u2019une émotion vive, du froid, ou d\u2019écarts alimentaires.Ce syndrome est donc caractérisé par l\u2019apparition d\u2019une douleur tardive et fixe, plus ou moins intense après les repas, calmée par une nouvelle ingestion d\u2019aliments, ou par le bicarbonate de soude.Elle survient par périodes rapprochées, sous diverses influences.D\u2019autres signes peuvent accompagner cette douleur, à savoir: régurgitation acide remontant de l\u2019estomac à la bouche, avec sensation de brûlures le long de l\u2019æsophage.Cette sensation peut être suivie d\u2019un vomissement aqueux ou alimentaire plus ou moins abondant.Pathogénie Je n\u2019ai pas l\u2019intention de discuter, ici, toutes les théories mises de l\u2019avant pour expliquer ce syndrome.On a voulu l\u2019attribuer à la présence d\u2019acide chlorhydrique libre dans l\u2019estomac, après l\u2019évacuation du chyme stomacal, en se basant sur la disparition de la douleur après l\u2019absorption de bicarbonate de soude qui en neutraliserait l\u2019excès.Mais l\u2019expérience montre que la muqueuse de l\u2019estomac n\u2019est sensible ni au contact ni à l\u2019action de l\u2019acide chlorhydrique.Dans certaines douleurs tardives, le suc acide est normal et il est souvent absent dans 1302 les cas de cancer de l\u2019estomac.Seule la muqueuse malade est sensible et réagit douloureusement à toutes les excitations.On doit donc admettre que l\u2019inflammation de la muqueuse est nécessaire pour que le malade ressente de la douleur.Celle-ci serait causée par des lésions nerveuses au cours des gastrites.La gastrite peut donc expliquer et justifier l\u2019élément essentiel de la douleur.Mais la cause principale siège ailleurs.On à pu observer, à la suite d\u2019expériences de physiologie, que la douleur apparaît lors de la contraction spasmodique du pylore évacuant les dernières portions du bol alimentaire.Les contractions péristaltiques de l\u2019estomac s\u2019accompagnent d\u2019une tension intragastrique, à cause de la contracture du pylore sur lequel viennent buter les ondes de contraction.Rappelons, ici même, le mécanisme physiologique de l\u2019évacuation de l\u2019estomac, basé sur l\u2019action du vague et du sympathique.Normalement, la contraction du corps de l\u2019estomac correspond au relâchement musculaire du pylore; si cet équilibre est rompu, la douleur apparaît.On peut donc admettre que la douleur tardive, dans les maladies de l\u2019estomac, est due à une contraction du pylore qui s\u2019oppose à l\u2019évacuation du chyme stomacal.Nous en avons la preuve dans le cancer du pylore et de la région antrale de l\u2019estomac lorsque, chez ces cancéreux qui accusent une douleur constante et tardive, on pratique une gastro-entérostomie; la douleur disparaît aussitôt parce que l\u2019estomac évacue plus facilement.La douleur tardive de l\u2019estomac est donc due à une lutte entre la paroi de l\u2019estomac et l\u2019anneau pylorique.Telle est la pathogénie de ce syndrome.Les causes Ce sont celles qui contribuent à rétrécir, d\u2019une façon passagère ou permanente, le calibre du canal pyloro-duodénal.Nous allons tout simplement les énumérer: 1) Cicatrice rétractile d\u2019ulcère ancien, le cancer du pylore, les tumeurs, la syphilis, la tuberculose, les périviscérites, les tumeurs du voisinage, pancréatite, ou cancer du pancréas; L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 2) Les causes provoquant les spasmes du pylore: l\u2019ulcère, quel que soit son siège, le cancer de la grande courbure, les gastrites éthyliques ou toxiques, la cholécystite chronique, lithiasique ou calculeuse, à cause du rapport très étroit qui existe entre le plexus solaire inervant tous les organes du quadrilatère py- loro-duodénal.Estomac normal; antre pylorique; canal pylorique: bulbe duodénal, duodénum.\u2018 Diagnostic Après cet exposé sommaire de la douleur tardive dans les affections de l\u2019estomac, diseu- tons-en maintenant le diagnostic.Le meilleur moyen d\u2019y arriver logiquement est d'interroger le malade avec précision afin d'obtenir, de lui, l\u2019horaire exact de sa douleur et sa fixité d\u2019un jour à l\u2019autre.En premier lieu, le médecin doit savoir, heure par heure de la journée, l\u2019histoire chronologique de son état.Afin de préciser le symptôme douleur, son intensité et ses modifications, on essaie d\u2019éliminer certains symptômes que l\u2019on rencontre fréquemment dans ces cas, à savoir: la gêne épigastrique en barre, accusée par le.malade LESAGE: SYNDROME DOULOUREUX TARDIF durant les heures qui suivent les repas au cours des ptoses gastriques.Ce signe débute fréquemment après les repas, n\u2019est pas calmé par l\u2019alimentation, et est soulagé par le décubitus latéral gauche.Il s\u2019agit, dans ces cas, comme je viens de le dire, de ptoses gastriques.C\u2019est ce que l\u2019on est convenu d\u2019appeler la douleur signal.Ptose gastro-colique, clapotage.On peut songer à l\u2019aortite abdominale, s\u2019il s\u2019agit de gens âgés et souffrant d\u2019artério-sclé- rose généralisée.Il y a, aussi, les crises gastriques du tabes, qui surgissent subitement, sans horaire particulier, et qui se greffent sur d\u2019autres symptômes dont le plus important est la démarche particulière à ces malades: le coup de talon en marchant, et l\u2019astasie abasie, surtout si cela s'accompagne d\u2019un B.W.positif, après ponction lombaire.COMMENT ÉLIMINER LES CAUSES D\u2019ERREUR 1° Examen physique: a) L\u2019inspection révèle quelquefois un gonflement ou une voussure au creux épigastrique, traduisant une contracture du pylore, une sté- 1303 nose, ou une tumeur possible.Cette sensation peut s'accompagner d\u2019un mouvement péristaltique visible à l\u2019æil, surtout chez les personnes maigres; b) La palpation, qui permet de localiser un point douloureux; on doit la pratiquer méthodiquement, de gauche à droite, en partant de la région sous-costale, pour atteindre celle du côté opposé.Cette recherche nous révèle fréquemment quatre points douloureux principaux: le point xyphoïdien, le point ombilical, le point para-ombilical et le point vésiculaire.Le point xyphoïdien fait songer à l\u2019ulcère de l\u2019estomac; le point ombilical peut révéler une lésion de l'intestin grêle; le point para-ombi- lical droit peut incriminer l\u2019appendice ou une maladie infectieuse telle que la typhoïde; enfin, le point vésiculaire, sur la ligne mamelon- naire droite, peut provenir de la vésicule: cholécystite due à une rétention, à une lithiase biliaire, à un calcul, ou périviscérite.La ptose du rein droit, accompagnée de crises intermittentes d'hydronéphrose, peut provoquer le spasme du pylore.On doit, chaque fois, pratiquer le papier bi-manuel.Enfin, on doit rechercher un autre signe: le clapotage gastrique qui persiste six ou sept heures après un repas: indice de rétention.(Voir Fig.2.) 2° Le tubage pratiqué à jeun: Il peut ramener une certaine quantité de liquide contenant des aliments plus ou moins bien digérés.On peut, aussi, y déceler deux choses: une augmentation de l\u2019acide chlorhydrique, ou une absence complète.Dans le premier cas, il s\u2019agirait d\u2019un ulcère possible; dans le second cas, d\u2019un cancer.On peut y déceler, même, la présence de sang.3° Examen des selles, pour la recherche du sang : Ce signe n\u2019a pas toujours une signification absolue, car, fréquemment, les gens souffrent d\u2019hémorroides.I] faudrait éliminer cette cause d\u2019erreur.Lorsque le sang est rouge, il provient probablement d\u2019une hémorroïde; lorsqu\u2019il est noir, pourvu que le malade n\u2019ait pas absorbé 1304 de fer ou d\u2019extrait de foie, il indiquerait une lésion ulcéreuse haut située.4° Examen radioscopique: La radioscopie nous fournit des renseignements très précieux dans ces cas.S\u2019il s\u2019agit d\u2019une obstruction pylorique par spasmes ou autrement, on y constate les signes suivants: Péri-duodénite causée par périviscérite.les contractions apparaissent avec rapidité, profondes, incisant, lobant la région pylorique, mais elles viennent mourir sur le pylore sans parvenir à chasser la bouillie dans le duodénum malgré l\u2019expression manuelle du bas fond gastrique.Dans d\u2019autres cas, la bouillie opaque a pu passer partiellement dans le bulbe duodénal, qu\u2019elle dessine plus ou moins nettement, mais les contractions suivantes restent inefficaces.On aperçoit, alors, une ombre externe séparée de l\u2019ombre interne par une plage claire qui correspond au canal pylorique contracturé.Il s\u2019agit, dans ces cas, de spasmes du pylore.La radioscopie révèle aussi d\u2019autres images: par exemple, des diverticules ou des plages lacunaires coincidant avec le siege de la douleur.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F,A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 Le point douloureux de la vésicule pourra révéler la présence d\u2019un caleul ou un allongement de la vésicule.Progression de la contraction de l\u2019estomac vers le pylore de gauche à droite et de haut en bas pour venir buter sur le pylore.5° La gastroscome est une épreuve nouvelle qui apporte des renseignements très précieux ne coïncidant pas toujours avec ceux qui sont \u2014 Spasme gastri-colique, surprise duodénale.Pénétration partielle du baryum, arrêt par spasme.révélés par la radiographie, par exemple: la présence d\u2019un ulcère accompagnant les gastrites aiguës, ou l\u2019évolution d\u2019un ulcère cancérisé. LESAGE: SYNDROME DOULOUREUX TARDIF C\u2019est de l\u2019ensemble de toutes ces épreuves que se dégage la conclusion dans les cas douteux.L\u2019image lacunaire accompagne généralement le cancer.Le spasme, dit fonctionnel, du pylore révèle assez souvent une lésion des voies biliaires, du pancréas ou du rein.On devra donc se renseigner sur tous ces points avant de conclure d\u2019une façon précise.N\u2019oublions pas, aussi, dans ces cas de sténose du pylore, le rôle du système vagotonique, surtout dans les temps actuels où les émotions jouent un rôle de premier plan dans un grand nombre de cas.Tels sont les principaux renseignements qui servent à préciser le diagnostic dans les cas habituels.Traitement Nous devons nous inspirer des causes et du mécanisme de cette douleur tardive pour instituer le traitement qui convient dans chaque cas, en nous basant sur les trois éléments suivants: a) La sensibilité et l\u2019irritation anormales de la muqueuse gastrique dues à l\u2019inflammation, avec ou sans lésion des parois; b) Une acidité exagérée du liquide de sécrétion en cas de rétention plus ou moins prolongée; c) Le caractère spasmodique de la contraction pylorique.Contre l\u2019irritation de la muqueuse gastrique, on doit instituer une diète appropriée, c\u2019est-à-dire le repos complet, une diète hydrique durant 24 heures ou plus, comprenant des jus de fruits.À cette diète hydrique on substitue le régime lacté et farineux, puis lacto- végétarien.On doit prescrire les légumes sous forme de purée, bien cuits; aucun légume cru.On peut même y ajouter du jus de viande fraîche, fromage, puis graduellement, on ajoute la viande en quantité modérée, grillée et bien mastiquée.Le pain doit être permis en quantité restreimmte.On ne doit pas boire d\u2019eau froide, ni aucune boisson fermentée.1305 À cette diète on ajoute le traitement médicamenteux, afin de constituer un véritable pansement de l\u2019estomac.Ainsi, on peut prescrire le bismuth, carbonate ou sous-nitrate, à la dose de 5 à 10 grammes, sous forme de paquets, dilués dans l\u2019eau tiède le matin, le soir, et durant la nuit, si cela est nécessaire.On peut aussi remplacer le bismuth par d\u2019autres préparations équivalentes telles que: Bismol, à la dose d\u2019une cuillerée à dessert deux heures après chaque repas, ou Amphogel à la dose d\u2019une cuillerée à dessert, deux heures après chaque repas, ou son équivalent en comprimés.Ce traitement réussit à calmer les douleurs assez rapidement.La deuxième indication concerne l\u2019acide chlorhydrique: elle relève du même traitement.Il y a aussi la méthode dite de Sipy où l\u2019on donne une poudre à base de bicarbonate de soude, de demi-heure en demi-heure, alternant avec une certaine quantité de lait et crème, en parties égales, 30 c.c.La troisième indication consiste à supprimer le spasme pylorique qui est la cause de la douleur tardive.Un pansement humide chaud sur le creux épigastrique soulage très rapidement cette douleur.On peut laisser ce pansement en place, durant la nuit du moins.Nous pouvons y ajouter des antispasmodiques tels que teinture de belladone, extrait de valériane: 15 à 20 gouttes dans un peu d\u2019eau -une demi- heure avant les repas.On peut aussi y substituer le sulfate d\u2019atropine à la dose de 1/150e de grain, le matin, à jeun, ou le soir au coucher, selon l'horaire maximum de la douleur.On peut ajouter la teinture de jusquiame à la valériane et à la belladone.Recommandons au malade de se reposer au moins une demi-heure après chaque repas, assis ou à demi assis.Il importe, dans presque tous ces cas, de conseiller le port d\u2019une ceinture abdominale souple, élastique, comme celles qui sont fabriquées par la maison Bauer & Black, sous le nom de « bracer ».Telles sont les directives générales dans les cas où le syndrome douloureux de l\u2019estomac apparaît et persiste. L\u2019ENDOSCOPIE DANS LE CANCER DU RECTUM! Par Yves CHAPUT, Assistant du Service de Médecine, hôpital Notre-Dame (Montréal).Parmi les méthodes d\u2019examens endoscopiques utilisées en gastro-entérologie, il s\u2019en trouve une dont l\u2019utilité et la nécessité ne se discutent plus aujourd\u2019hui: c\u2019est celle de la rectosigmoïdoscopie.Trop souvent, malheureusement, ce procédé d'investigation est considéré comme superflu et accessoire: on se fie au toucher rectal, quand on le fait, et aux fameux rayons X auxquels on voudrait tout faire dire et tout faire voir! Nous n\u2019avons aucunement l'intention d\u2019établir un parallèle entre l\u2019exploration digitale et l\u2019exploration instrumentale: ce sont deux méthodes d\u2019examen qui, loin de s\u2019opposer l\u2019une à l\u2019autre, se complètent l\u2019une et l\u2019autre.La rectoscopie vérifie les données du toucher rectal lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une lésion bas située et permet le contrôle direct de la vue et la confirmation histologique par la biopsie; si la lésion est haut située, la rectosigmoïdoscopie pourra explorer facilement jusqu\u2019à 25 centimètres et plus, et permettra les mêmes constatations.Dans notre lutte constante contre notre grand ennemi le cancer, et pour ce qui nous intéresse spécialement aujourd\u2019hui, le cancer du rectum, la victoire n\u2019est possible qu\u2019à une condition: le diagnostic précoce.Les médecins qui m\u2019ont précédé ont très justement attiré Pattention sur la fréquence du cancer du rectum et sur son incidence survenant à des âges théoriquement non cancérigènes, si l\u2019on peut s\u2019exprimer ainsi.Très souvent, on se sera appuyé sur l\u2019âge du malade pour éliminer l\u2019idée de cancer.Il ne m'appartient pas de parler de l\u2019étiologie et du groupement d\u2019âÂge quant à l\u2019incidence du cancer du rectum; mais il faut combattre cette 1.Communication lors des « Journées Médicales », la Société Médicale de Montréal, le 17 juin 1943, à lhôpital Notre-Dame.notion de fausse sécurité reposant sur l\u2019âge du malade, si l\u2019on veut obtenir quelque chose dans notre lutte contre cette terrible maladie.Diagnostic précoce = intervention précoce.Voilà une équation importante, celle que nous devons viser.On nous dira et bien justement «les malades viennent nous voir trop tard »; très souvent, cela est vrai et l\u2019on doit admettre que les malades porteurs d\u2019un cancer rectal dont le diagnostic se fait facilement sont souvent inopérables.Est-ce à dire que nous sommes toujours battus ainsi à l\u2019avance?Heureusement non, si l\u2019on veut bien être averti et y penser: le cancer du rectum est celui qui peut se diagnostiquer avec le minimum d\u2019instrumentation et d\u2019exploration: un doigt, un rectoscope et un sigmoïdoscope au besoin.Point n\u2019est besoin d\u2019une installation extraordinaire, le milieu hospitalier n\u2019est pas requis, l\u2019anesthésie non plus.Si l\u2019on veut s\u2019intéresser à la question, et on devrait le faire davantage, la rectosigmoïdoscopie devient une méthode d\u2019examen de bureau.Sans vous ennuyer avec les variétés d\u2019instruments, les techniques d\u2019examens, nous voudrions simplement attirer votre attention sur l\u2019utilité et la nécessité de l\u2019endoscopie comme moyen de diagnostic précoce et ensuite comme complément indispensable dans les cancers plus avancés.Pour dépister le cancer du rectum, la rectoscopie devient une exploration dont la portée ets grande, dépassant de beaucoup la radiologie qui, ici et peut-être une des rares fois de la clinique, passe tout à fait au second plan.La Professeur Savignac, de Paris, à sa consultation de proctologie disait souvent pour attirer l\u2019attention de ses élèves: « L\u2019indolence est le premier signe du cancer du rectum », voulant par là démontrer qu\u2019il ne faut pas attendre la douleur pour suspecter le cancer du rectum. CHAPUT: ENDOSCOPIE DANS LE CANCER DU RECTUM Deux signes capitaux doivent immédiatement provoquer chez le médecin le réflexe «toucher rectal-rectoscopie »: le sang et le syndrome rectal.Toute perte de sang par l\u2019anus est un symptôme d\u2019alarme; que la perte soit unique, qu\u2019elle soit légère, encore plus si elle est abondante et se répète.À propos de ce symptôme, une notion importante: trop souvent le malade invoquera la présence d\u2019hémorroïdes pour expliquer cette perte de sang.Il ne faut jamais poser un diagnostic final d\u2019hémorroïdes sans avoir pratiqué auparavant un toucher rectal et une rectoscopie.Bensaude rapportait qu\u2019à sa consultation il avait trouvé un cancer recto-sigmoïdien chez 20% des malades envoyés comme hémorroïdaires.Si l\u2019on veut bien examiner tout hémorroïdaire dans ce sens, je crois que l\u2019on rendra service au malade.Par conséquent, n\u2019oublions pas cette notion capitale: toute perte de sang par l\u2019anus doit faire penser au cancer du rectum.La rectoscopie permettra souvent de voir une tuméfaction inaccessible au doigt, et c\u2019est pour cela qu\u2019elle doit compléter le toucher rectal; bien plus, elle permet de voir la muqueuse, d\u2019en apprécier sa vascularisation, la régularité ou l\u2019irrégularité de sa surface, ses ulcérations, etc.; toutes choses que le doigt ne peut pas apprécier, sans compter que souvent la lésion siège trop haut pour être perçue par le doigt.À ce propos, permettez-moi de vous rapporter quelques observations récentes.Une femme, âgée de 36 ans, mariée, référée avec une histoire de perte de sang pas l\u2019anus, se répétant 2 ou 3 fois par semaine depuis 2 mois.Elle nous dit être porteuse d\u2019hémorroïdes auxquelles elle attribue cette perte; aucun autre symptôme anormal; bon état général, bon appétit, pas d\u2019amaigrissement, pas de constipation ni diarrhée, pas de douleur.Son médecin, ayant pratiqué un toucher rectal négatif, nous l\u2019envoie pour une rectosigmoïdos- copie.Elle est effectivement porteuse d\u2019hémorroïdes externes et internes, la muqueuse de 1307 l\u2019ampoule rectale est congestive et, à la distance de 12 centimètres, on aperçoit un rétrécissement diaphragmatique à bords irréguliers et saignotants; la biopsie pratiquée a révélé un épithélioma.La malade a été opérée et, actuellement, elle est porteuse d\u2019un anus iliaque définitif.Une autre, âgée de 42 ans, nous fut dirigée avec le diagnostic d\u2019hémorroides en vue de lui faire des injections sclérosantes; au rectoscope, a la distance de 6 centimètres, nous trouvons une tuméfaction bourgeonnante à surface ulcéreuse dont la biopsie révèle la nature épithéliomateuse.La malade opérée est porteuse elle aussi d\u2019un anus iliaque définitif.Le syndrome rectal est le second signe d\u2019alarme, mais à ce stage la lésion est plus avancée.En présence des symptômes: diarrhée, fausses envies, tenesme, le toucher rectal et la rectoscopie s\u2019imposent; et pourtant, combien de malades arrivent à l\u2019hôpital présentant ces symptômes depuis assez longtemps sans que l\u2019on ait même pratiqué un toucher rectal.Dans ces cas où le cancer est plus avancé, que devons-nous attendre de l\u2019endoscopie?La rectoscopie pourra «de visu» situer la tuméfaction: son siège, antérieur, postérieur, latéral ou à type diaphragmatique, sa distance de l\u2019anus, son volume, son degré de fixité, l\u2019ulcération ou la régularité de sa surface, sa friabilité, le degré de sténose, etc.Habituellement, le cancer typique du rectum donne à l\u2019endoscopie l\u2019image suivante: il est rouge foncé et sa teinte vive contraste avec la muqueuse environnante; ses bords sont éversés, sa surface est végétante ou ulcé- ro-végétante; sa consistance est dure, mais très friable; dès qu\u2019on le touche avec le rectoscope il saigne facilement; enfin selon sa grosseur il empêche la progression de l'instrument à travers la lumière intestinale.Quelquefois, le cancer est masqué par du pus, des matières fécales ou encore caché derrière une valvule de Houston, mais en lavant le rectum nous pouvons facilement alors le trouver. 1308 A noter et Bensaude insiste sur ce fait: le cancer situé sur la paroi postérieure de l\u2019ampoule immédiatement au-dessus du canal anal peut passer inaperçu à la rectoscopie, mais non au doigt; raison de plus pour toujours faire un toucher rectal avant de pratiquer une rectoscopie.Les constatations du toucher rectal et de l\u2019endoscopie seront complétées par la biopsie dont la technique est d\u2019une élémentaire simplicité.Et pour conclure nous dirons que l\u2019endoscopie pourra aider au diagnostic différentiel des affections pouvant simuler le cancer du rectum: 1° Les hémorroides; 2° l\u2019entéro-célite muco-membraneuse, mieux nommée par Chiray colopathie muco- membraneuse, car il ne s\u2019agit pas d\u2019une côlite vraie; 3° les rectites: depuis la rectite congestive banale jusqu\u2019aux rectites ulcéro-hémor- ragiques et purulentes; 4° la syphilis rectale, affection très rare; 5° la localisation rectale de la maladie de L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 Nicholas Favre: affection peu fréquente dans notre pays; * 6° les tumeurs bénignes: polypes solitaires ou multiples; 7° la tumeur villeuse du rectum; 8° l\u2019angiome diffus du rectum: 9° l\u2019endométriose rectale.En résumé, nous avons voulu insister sur l\u2019utilité et la nécessité de la rectosigmoïdosco- pie, et nous sommes convaincu que son usage plus répandu peut contribuer de beaucoup au diagnostic précoce du cancer recto-sigmoïdien ; et pour conclure nous nous permettons de citer textuellement David Stanley Likely de New- York (The Review of Gastro Enterology: mai-juin 1943).« Popularize and .broaden the use of the sigmoidoscope, remove it from its sacred wrappings, take it out of the operation room, and put it into the office, or the sick room or the ward.Educate our interns in its use: institute a seminar to instruct practitionners in its use.This, I believe, is one sensible and practical way to make the diagnosis of cancer possible in many cases instead of a few.» ROENTGENTHERAPIE ET MENORRAGIE! Par J.-E.PERRAS, Radiologiste (Hull).Le traitement de la ménorragie par les rayons X n\u2019est pas nouveau.Il est aussi vieux que la découverte de ces fameux rayons.Il a eu ses succès et ses déboires.Dans un siècle qui pense chirurgicalement, le bistouri a nécessairement conquis droit de préséance.Il va sans dire que le radiologiste n\u2019est pas gynécologue et qu\u2019étant pris tous les instants du jour par des travaux très intéressants, il 1.Communication présentée au XVIIe Congrès de l\u2019A.M.L.F.AN., Montréal, septembre 1942.néglige peut-être de communiquer à ses confrères praticiens les résultats de sa spécialité au point de vue thérapeutique.Mon humble travail s\u2019adresse d\u2019abord aux praticiens généraux.Les ménorragies empoisonnent souvent leur existence; peut-être que le radiothérapeute viendra à leur secours.Voyons un peu de physiologie.Tous les mois, en suivant un cycle de 20 à 30 quelques jours, la femme normale subit dans ses organes sexuels et son état général - PERRAS: RŒNTGENTHÉRAPIE ET MÉNORRAGIE.une métamorphose assez compliquée.Dans ses ovaires le follicule de Graffe mûrit graduellement en développant son ou ses ovules.Pendant ce stage de maturation, la sécrétion interne du follicule produit à distance dans l\u2019utérus des phénomènes de congestion intense des capillaires sanguins.La muqueuse devient un champ fertile prêt à recevoir l\u2019ovule.Le follicule crève et laisse échapper l\u2019œuf.Si celui-ci n\u2019est pas fécondé et qu\u2019il ne s'implante pas dans la muqueuse utérine, il se produit alors un phénomène tout à fait étrange.Le résidu du follicule de Graffe se transforme en corps cicatriciel jaunâtre, lequel par sa sécrétion interne a pour fonction de faire rétrograder l\u2019utérus à son état original.Alors les capillaires se décongestionnent et un flot de sang s\u2019échappe du corps utérin.La perte de sang chez la femme signifie qu\u2019elle n\u2019a pas conçu.Cette saignée revient normalement tous les mois selon un cycle régulier; elle se prolonge quelques jours puis tout rentre dans l\u2019ordre.Cette hémorragie physiologique subit quelquefois des modifications dans son abondance et son cycle.c\u2019est la ménorragie.Pathogénie.Les causes de celle-ci sont multiples, mais la raison ultime est un hyperfonctionnement ovarien.En effet, que la musculature ou l'endomètre utérin soient malades, que les annexes soient pathologiques, qu\u2019il y ait constipation ou œdème cardiaque, que l\u2019utérus soit en mauvaise position, nous sommes toujours en face du même phénomène congestif.Les ovaires étant congestionnés, la maturation des follicules de Graffe s\u2019accélère et les corps jaunes se multiplient.Comme la fonction de ceux-ci est de déblayer l\u2019utérus, il s\u2019ensuit des pertes sanguines à intervalle rapproché et à flot abondant.Le traitement doit donc porter sur l\u2019ovaire.Traitement.Actuellement, le traitement par l\u2019urine de femelle enceinte ralentit l\u2019ovulation chez la jeune femme et les succès sont notoires.1309 Le curettage utérin chez la femme en ménopause agit sur l'endomètre seulement.Les résultats sont fugaces et les curettages se répètent souvent.La section des petits kystes sur les ovaires au cours des laparotomies donne de bons résultats, mais le bien-être n\u2019est que temporaire.Les kystes reviennent avec.leur cortège hémorragique.L\u2019hystéro-ovarectomie guérit indubitablement les femmes souffrant de ménorragies, mais les cardiaques, les diabétiques, les grandes anémiques ne peuvent pas toujours supporter le choc opératoire.Les pusillanimes trouvent rarement l\u2019énergie nécessaire pour se soumettre au bistouri du chirurgien.D\u2019autre part, c\u2019est peut-être un crime que de mutiler des jeunes femmes sans au préalable avoir essayé un traitement conservateur.Le radiothérapeute peut solutionner quelques- uns de ces problèmes.Radiothérapie.En effet, les rayons X à dose modérée arrêtent temporairement la maturation du follicule de Graffe et par le fait même suspendent la sécrétion du corps jaune.Cet arrêt fonctionnel peut se prolonger quelques années.La fonction revient lentement et les troubles originaux d\u2019ordinaire ne réapparaissent pas.Chez la femme en ménopause, la fonction ovarienne ne revient pas, car l\u2019ovaire, vu l\u2019âge de la malade, s\u2019est complètement éteint et sclérosé.Technique.5m.a 3\u201d étincelle.Distance: 10 pes.Temps: 8 minutes.Filtre: 5mm.aluminum Une première série de traitements au nombre de quatre: deux en avant et deux en arrière directement sur chaque ovaire.Deux jours d\u2019intervalle entre chacun.Repos d\u2019un mois.Deuxième série de traitements au bout d\u2019un mois.Même procédé.Ordinairement, les menstruations cessent après deux séries.Quelquefois chez la jeune femme, il faut répéter une troisième série, mais jamais plus. 1310 Résultats.Au cours des cinq dernières années, j'ai traité dans ma clientèle privée et d\u2019hôpital, trente-six cas de ménorragies.De ce nombre, six étaient des femmes de 18 à 30 ans.Quatre étaient des femmes non mariées et deux se- condipares.Les causes étaient communes: kystes ovariens, rétroflexion, cardiaques, etc.Vu leur âge, je n\u2019ai pas consenti à la castration.Toutes avaient un état général mauvais; des hémorragies répétées et douloureuses avaient causé une anémie \u2018sérieuse et un état nerveux pitoyable.Trois séries de traitements furent données et les hémorragies cessèrent.L\u2019une d\u2019elles revit ses règles deux ans après le traitement.Elles étaient tout à fait normales.Elle se maria et l\u2019an dernier elle accoucha d\u2019un bébé mâle tout à fait normal.Trois autres jeunes femmes non mariées n\u2019ont pas eu leurs menstruations depuis deux ans et demi.Leur condition générale est très bonne malgré leurs symptômes ménopausiques.Des deux jeunes femmes mariées ayant subi 3 séries de traitements, toutes deux ont revu leurs règles, mais le flot est minime et les espaces éloignés.Revues dernièrement, toutes deux vivent dans l\u2019angoisse, car, ne voyant pas leurs menstruations tous les mois, elles se croient enceintes.Femmes de 42 à 52 ans.30 cas.Ce sont tous des cas de pré-ménopause.Règles abondantes et fréquentes, anémie et névrose, en un mot syndrome fort ennuyeux pour le médecin et les malades.Dix de ces cas étaient des cardiaques; les autres avaient des L'UNTON MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 194: utérus fibromateux, des ovaires kystiques, des ptoses, ou des annexites chroniques, tous souffrant de dyscrasie ovarienne intense.De ces 30 cas, dix-neuf ont subi 3 séries de traitements et onze se sont contentées de deux séries.Vingt-deux ont vu leur menstruation disparaître complètement.Chez huit d\u2019entre elles, j'ai été obligé de donner une autre série de traitements 20 mois à 3 ans après les premières séries, car les menstruations avaient tendance à revenir.A la suite de ces ménopauses artificielles, malgré le cortège de symptômes désagréables, les patientes ont vu leur formule sanguine s\u2019améliorer de beaucoup et elles ont pris un certain embonpoint de bonne mise.CoNCLUSION La radiothérapie ne remplace pas la chirur- gile et l\u2019endocrinologie dans le traitement de la ménorragie, mais elle est un complément utile et même nécessaire dans plusieurs cas.Elle n\u2019abolit pas la fonction ovarienne chez la jeune femme, mais la suspend pour quelques années selon l\u2019intensité du traitement.Chez ces jeunes femmes, les menstruations d'ordinaire reviennent normales après ce laps de temps.L\u2019enfant conçu après ces traitements naît normal.Chez la femme en pré-ménopause, elle supprime complètement la fonction ovarienne tel que désiré et l\u2019état général de la femme s\u2019améliore grandement.Aucune complication et aucun danger. ÉDITORIAL Bulletin de l\u2019Hssociation des Meédecing de Langue Française de Amérique Ou Nord (Fondée & Québec en 1902) L'Union Médicale du Canada (Revue mensuelle fondée & Montréal en 1872) Tome 72 \u2014 N° 11 Montréal, novembre 1943 INSULINOTHERAPIE Nous rappelions ici, il y a quelques mois, les résultats des travaux entrepris pour mettre au point une insuline possédant une action plus prolongée que l'insuline régulière, mais se manifestant plus rapidement que celle de l\u2019insuline-protamine-zinc, travaux qui ont donné l'insuline histone, l\u2019insuline globine et l\u2019insuline protamine acide.De la lecture des rapports publiés sur l\u2019action des nouvelles insulines, on peut retenir les conclusions suivantes: l'insuline histone possède une action se rapprochant de celle de l\u2019insuline protamine zinc; l\u2019insuline protamine acide a une action irrégulière, due probablement à la précipitation d\u2019une fraction du produit dans les tissus, après son injection; l'insuline globine posséderait théoriquement les propriétés recherchées, mais dans la pratique, elle semble s\u2019être montrée inférieure à l'insuline protamine zinc employée couramment.Il est évident qu'aucun de ces produits ne possède les qualités nécessaires pour remplacer les insulines régulières, et que leur introduction dans la thérapeutique du diabète ne peut qu\u2019ajouter à sa complexité, que nos efforts doivent, au contraire, tendre à simplifier.La thérapeutique du diabète repose donc toujours sur l'emploi d\u2019une insuline à action rapide (insuline régulière, non-modi- fiée), et d\u2019une insuline à action lente (insuline protamine zinc).Bien que ces deux produits soient assez connus pour dispenser d\u2019énumérer à nouveau leurs propriétés respectives, il n\u2019est 1311 pas inutile de rappeler leurs inconvénients et la raison des améliorations qu\u2019on cherche à leur rapporter.On peut dire d\u2019une façon générale que la plupart des difficultés rencontrées dans le traitement du diabète, se ramènent à la difficulté de synchroniser l\u2019action hypogly- cémiante de l'insuline avec l'élévation de la glycémie pendant les heures qui suivent les repas.En d\u2019autres termes, nous aurons fait un grand pas vers la solution du problème, quand nous aurons trouvé une insuline dont une dose injectée le matin manifestera le maximum de son action pendant la journée, pour diminuer graduellement pendant la nuit.Or ce que nous connaissons des propriétés de l'insuline ordinaire et de l\u2019insuline protamine zinc, rend bien compte des difficultés éprouvées au cours du traitement, du moins dans les cas dont la gravité nécessite l\u2019emploi de doses relativement élevées: l\u2019action rapide de l'insuline ordinaire débute quelques minutes après l'injection, mais elle est épuisée en quelques heures et elle exige la répétition des injections; l\u2019'augmentation de la dose ne prolonge pas son action, elle ne fait que déprimer davantage la glycémie.L\u2019action de l'insuline prota- mine zinc peut être représentée par une courbe débutant très lentement dans les heures qui suivent l\u2019injection et atteignant son sommet entre 12 et 24 heures, pour revenir à son point de départ 36 heures, ou davantage après l'injection.Ces propriétés particulières de l'insuline protamine zinc ne lui enlèvent rien des qualités qu\u2019elle doit surtout à la régularité de son action, et qui en font un produit encore supérieur à l'insuline ordinaire.Dans les cas de gravité moyenne, elle permet d\u2019arriver à un contrôle parfait de la glycosurie et de l\u2019hyperglycémie, si on a soin de régler l\u2019heure et la composition des repas, et de les compléter par un goûter pendant la soirée, pour prévenir les réactions hypoglycémi- ques susceptibles de se produire pendant la nuit. 1312 Dans les cas graves, cependant, ces moyens se montrent insuffisants et l\u2019augmentation de la dose d\u2019insuline protamine zinc, tout en laissant persister de la glycosurie pendant le jour, entraîne des réactions hypo- glycémiques pendant la nuit ou dans les premières heures du jour suivant.Dans ces cas, aucun ajustement de l\u2019heure ou de la composition des repas, non plus que le changement du moment de l\u2019injection d\u2019insuline, ne peut avoir raison de la glycosurie, ni des crises d'hypoglycémie.Ce résultat, cependant, peut être obtenu dans la plupart des cas en injectant, en même temps que I'insuline protamine zinc, une dose généralement moins élevée d\u2019insuline ordinaire.Ceux qui ont l\u2019expérience de cette thérapeutique, qu\u2019on peut désigner sous le nom de traitement combiné (combined therapy des médecins américains), ont pu se rendre compte de son efficacité dans les cas difficiles.Lorsque les deux insulines sont ainsi employées, leur action se conjugue et se manifeste par un abaissement plus rapide de la glycémie, avec un maximum d'intensité pendant la journée, suivi d\u2019une diminution graduelle au cours de la nuit.Les choses se passent comme si l'insuline ordinaire, plus rapide, servait pendant le jour à abaisser l\u2019hyperglycémie post-prandiale, tandis que l\u2019insuline protamine zinc, employée de cette façon à une dose moins élevée, maintenait la glycémie normale pendant la nuit et jusqu'à l\u2019injection suivante.C\u2019est, en d\u2019autres termes, « l\u2019action intermédiaire » qu\u2019on demandait aux nouvelles insulines et qu\u2019on ne semble pas avoir obtenue.Dans la pratique, les avantages du traitement combiné se trouvent quelque peu diminués, du fait d\u2019avoir à manipuler deux insulines et de faire deux injections.Si ces inconvénients sont réduits au minimum dans un hôpital, il n\u2019en est pas de même pour les malades après leur sortie du service.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN AM.LF.AXN._\u2014 Montréal, novembre 1943 > Aussi quelques diabétologues recomman- dent-ils le mélange dans la méme seringue, des deux insulines, aux doses prescrites, et administrées dans une injection unique, ce qui, dans les conditions actuelles, peut sembler à première vue la solution la plus simple.Cette façon de procéder est cependant passible d\u2019une objection qu\u2019on prétend purement théorique, mais que de nombreux travaux exécutés depuis quelques années, ont montrée comme étant bien réelle.L\u2019insuline protamine zinc, en effet, contient un exces de protamine, auquel se combine l\u2019insuline ordinaire lorsqu\u2019on met les deux en contact, de sorte que le nouveau mélange ne contient plus que de l'insuline à action lente, du moins dans les proportions où les deux insulines sont ordinairement prescrites dans le traitement combiné, la dose d'insuline ordinaire étant moins élevée que la dose d\u2019insuline protamine zinc.MacBryde et Roberts ont démontré récemment que, dans un mélange a parties égales d'insuline ordinaire et d\u2019insuline pro- tamine zinc, toute l'insuline est précipitée et qu'il n\u2019existe plus d\u2019insuline à action rapide.Si la quantité d\u2019insuline ordinaire dépasse celle de l'insuline protamine zinc et que le rapport de l\u2019une à l\u2019autre soit de 2 à 1, ou de 3 à 1, il persiste une quantité proportionnelle d'insuline rapide non-précipi- tée, et le mélange possède alors les propriétés intermédiaires observées après l\u2019injection de doses séparées, soit: abaissement de la glycémie pendant le jour et épuisement graduel de l\u2019action pendant la nuit.Ces faits semblent bien démontrer que le mélange extemporané des deux insulines, en des doses variables, dans la même seringue, doive être suivi d\u2019une irrégularité d'action, qui ne peut que compliquer le traitement et que cette pratique n\u2019est pas recommandable.Ils démontrent également, et c\u2019est la conclusion pratique qui se dégage des travaux ÉDITORIAL des auteurs déjà cités, ainsi que de ceux de Colwell et Izzo, choisis parmi les derniers publiés, qu\u2019un mélange dans lequel l\u2019insuline ordinaire et l\u2019insuline protamine zinc sont unies dans un rapport déterminé et invariable de 2 à 1 ou de 3 à 1, possède l\u2019action la plus favorable permettant le contrôle des cas graves et difficiles, avec un résultat éagl ou supérieur à celui obtenu par le traitement combiné des deux insulines, administré en injections séparées.L'observation de glycémies en série, chez un nombre imposant de malades, présentés par ces auteurs, appuie d\u2019une façon indiscutable leurs prétentions.L'action du mélange se manifeste assez tôt pour influencer efficacement l\u2019hyperglycémie diurne et elle est à son maximum vers la huitième heure après l'injection.Le mélange employé par MacBryde et Roberts, dans leurs expériences, contient une partie d'insuline ordinaire et une partie d\u2019insuline protamine zinc, mais le pH du mélange est ensuite ajusté à 7.2.Cette correction modifie la solubilité du produit final qui contient alors une partie d\u2019insuline rapide et trois parties d'insuline lente.Colwell et Izzo mélangent plus simplement 2 parties d\u2019insuline rapide à 1 partie d\u2019insuline protamine zinc, soit a l'avance dans des flacons d\u2019insuline, soit au moment de l'injection, le point important étant que la proportion soit toujours la même.1313 Les résultats qu\u2019ils ont obtenus sont superposables à ceux rapportés par MacBryde et Roberts.Au point de vue pratique, les points importants à retenir sont les suivants: 1° Il est possible d'améliorer l\u2019action de l\u2019insuline protamine zinc en lui unissant l\u2019insuline ordinaire; 2° Les proportions des deux insulines doivent être telles qu\u2019elles laissent persister une certaine quantité d'insuline rapide, non précipitée par la protamine; 3° Le mélange de 2 ou de 3 parties d\u2019insuline ordinaire à 1 partie d\u2019insuline pro- tamine zinc, semble le plus satisfaisant au point de vue de l\u2019efficacité et de la simplicité.Il peut être réalisé au moment de l'injection ou préparé à l'avance, avec les précautions de précision et d\u2019asepsie nécessaires.4° Il ne semble pas y avoir d\u2019intérêt à employer des mélanges de proportions différentes, ce qui irait à l'encontre de la simplicité, qui reste toujours la première qualité du traitement.L'apparition de ces travaux doit être signalée, car ils offrent le grand intérêt d\u2019apporter une réponse précise à plusieurs questions, soulevées par les difficultés rencontrées au cours du traitement du diabète, et permettent d'espérer de meilleurs résultats du traitement insulinique ainsi modifié.L.-Henri GARIEPY. MÉDECINE SOCIALE e-e CONSIDERATIONS SUR L\u2019ORGANISATION DES DISTRICTS SANITAIRES DANS UNE GRANDE VILLE' Par C.-A.BOURDON, M.P.H., Chef des districts sanitaires et surintendant adjoint de la division de l\u2019hygiène de l\u2019enfance, Service de santé, Montréal.HISTORIQUE L\u2019idée et la formation d\u2019unités ou de districts sanitaires dans les grands centres urbains ont intéressé les autorités sanitaires de certaines grandes villes américaines dès 1914-1917, notamment New-York.Cette ville, durant cette période, tenta un premier projet d\u2019organisation qui fut discontinué.Par contre, en 1921, la Société de la Croix-Rouge américaine, a la suite de l\u2019expérience acquise outremer durant la grande guerre, organisa un district sanitaire, ou centre d\u2019hygiéne, dans le East Harlem.Elle contribua de ce fait grandement à la fondation et au développement des districts sanitaires.En 1926, la « Bellevue-Yorkville Health Demonstration », conjointement avec le « Mil- bank Memorial Fund » et le service de santé de la ville de New-York, jetèrent les bases réelles d\u2019un programme d\u2019organisation de districts sanitaires.Le premier centre d\u2019hygiène organisé par le service de santé fut ouvert dans le « Central Harlem » en 1930 et, en 1934, le plan général qui fonctionne actuellement était établi.A New-York, l\u2019organisation comporte l\u2019ouverture de 30 districts sanitaires.A Boston, George Robert White légua à la ville une somme d\u2019argent devant être employée pour le bien-être de ses concitoyens, et, en 1924, les fidéicommissaires, après entente avec les autorités locales, décidaient d\u2019ériger à leurs frais des districts sanitaires pour les 1.Causerie prononcée le jeudi, 17 juin 1943, à la séance d\u2019hygiène publique des Journées médicales de la Société Médicale de Montréal.besoins de certains quartiers.Le premier centre fut construit dans le nord de la ville, en 1924, et on en fit don au service municipal de la santé, qui se chargea d\u2019en assumer les frais de fonctionnement.D\u2019autres unités étaient établies en 1926, 1927, 1929, 1930 et 1933, ce qui représentait alors 7 centres d\u2019hygiène, et, qui, comme la première, sont administrées par le service de santé.L\u2019achat du terrain, la construction et l\u2019équipement de ces centres se chiffraient à trois millions de dollars.Il y à actuellement en tout sept unités sanitaires dans la ville de Boston.Au printemps de 1932, l\u2019école d\u2019hygiène publique de l\u2019Université Johns Hopkins organisa le premier district sanitaire de la ville de Baltimore, appelé « The Eastern Health District », grace a des subsides de la « Rockefeller Foundation » et avec le concours du service de santé local.Depuis cette date, la ville a ouvert trois autres districts et l\u2019on projette d\u2019en établir sept en tout.À son tour, la ville de Montréal, après avoir présenté à l\u2019automne de 1939 son projet de diviser la ville en huit districts sanitaires, pouvait, en 1940, inaugurer les deux premiers dont l\u2019un, en février, le district Maisonneuve, et un deuxième, en septembre, le district Saint-Jacques.Le troisième district: Sud- Ouest, débuta en avril 1941; le quatrième, Rosemont, en septembre 1941; le cinquième, Notre-Dame-de-Grâces, en janvier 1942, et le sixième, Delorimier, en juillet 1942.Il reste \u2018donc, d\u2019après le plan original, deux autres districts à organiser. BOURDON: DISTRICTS SANITAIRES BUT ET OBJET Les nombreux problèmes qui existent dans les agglomérations urbaines demandent une surveillance attentive et c\u2019est ce qui a incité les autorités sanitaires à décentraliser leurs services afin de permettre, dans une région circonscrite et moins étendue, de faire une étude plus approfondie des conditions locales et d\u2019adopter au besoin les meilleures méthodes pour améliorer la santé des citoyens.Cette décentralisation des services permet de développer certaines activités et d\u2019en modifier la forme selon les besoins du district.Par exemple, le contrôle des maladies infectieuses se fait plus efficacement par l\u2019application immédiate de l\u2019isolement, de la quarantaine, de l\u2019hospitalisation, et, selon la maladie, par la vulgarisation des mesures préventives, campagnes de vaccination ou d\u2019immunisation, qui permettront d\u2019éviter des épidémies graves et de diminuer ainsi la mortalité.Ces mesures préventives seront appliquées particulièrement pour la diphtérie, la typhoïde et la variole.Outre les campagnes de vaccination et d\u2019immunisation, il y a lieu, pour les besoins locaux du district, de faire des campagnes d\u2019éducation, soit pour combattre la mortalité infantile ou la mortalité maternelle, en organisant des groupes de mères, de futures mères et même de pères, à qui l\u2019on enseignera les notions de puériculture complétées par des démonstrations pratiques; soit encore des campagnes dentaires, des campagnes pour la lutte contre la tuberculose et des campagnes d\u2019alimentation rationnelle.Pour compléter ce programme d\u2019éducation, il faut procurer gratuitement au public indigent ou de la classe moyenne, et à des endroits choisis, des cliniques prénatales, des cliniques de nourrissons et préscolaires, des cliniques dentaires et des cliniques anti-tuberculeuses.Dans toutes ces campagnes, des séries de conférences doivent être faites et agrémentées par la présentation de films éducatifs et par la distribution de publications et de circulaires.1315 PERSONNEL ET ADMINISTRATION L'administration d\u2019un district sanitaire est confiée à un médecin à temps complet qui doit posséder un diplôme en hygiène publique et à qui on donne le nom de « chef de district ».En plus de connaissances générales en hygiène publique, ce dernier doit avoir certaines qualités, savoir administrer, savoir prendre ses responsabilités, avoir de l\u2019initiative, le sens d'observation, un jugement sûr et de la personnalité.Le chef de district représente, dans son territoire, le directeur du service de santé et il est responsable du bon fonctionnement du programme général, et s\u2019il y a lieu pour les besoins'de son territoire de promouvoir de nouvelles activités, il doit en discuter avec le bureau central.Une étude faite d\u2019après des relevés de statistiques fera connaître les groupements ethniques dont se compose le district ainsi que leurs conditions sociales et économiques.La préparation de graphiques montrant les taux de naissance, de la mortalité infantile, de la mortalité maternelle et générale, de la mortalité par certaines maladies infectieuses ou autres, sera une source précieuse de renseignements et aidera à l\u2019élaboration du programme à mettre à exécution.Le chef de district, dans son territoire, doit se faire connaître et s\u2019efforcer par tous les moyens possibles d\u2019obtenir la collaboration des médecins de famille et des associations médicales, des associations sociales volontaires et officielles, des associations patriotiques, du personnel enseignant, des pasteurs, etc.Comme je le disais plus haut, l\u2019enseignement des préceptes d'hygiène joue un très grand rôle et il incombe au chef de district de le vulgariser par des conférences ou causeries et des démonstrations de toutes sortes.L'efficacité du travail sera assurée par une direction éclairée du médecin en charge du district.Cependant, pour obtenir de bons résultats, ce dernier doit compter non seulement sur un personnel adéquat, mais compétent, 1316 composé de médecins et d\u2019infirmières.Les médecins sont ou à temps complet ou à temps partiel, soit comme médecins inspecteurs des écoles, soit comme médecins consultants dans les diverses consultations.Une infirmière chef de groupe qui a la direction des infirmières assiste le chef de district et est, pour ainsi dire, son bras droit.Elle doit le seconder dans l'exécution de son programme en lui donnant sa pleine et entière collaboration.Elle sera assistée d\u2019un nombre suffisant d\u2019infirmières bien entraînées qu\u2019elle dirigera avec compétence en répartissant le travail en vue d\u2019obtenir les meilleurs résultats.Les districts sanitaires, comprenant presque toutes les activités qui sont du domaine de l\u2019hygiène publique, servent avantageusement comme centres d\u2019entraînement, non seulement pour les étudiantes gardes-malades dans les hôpitaux et les étudiants en médecine, mais aussi pour les infirmières diplômées et les médecins qui désirent se spécialiser et se qualifier comme infirmières ou médecins hygiénistes.Un des développements récents et des plus importants depuis l'inauguration des districts sanitaires dans les grandes villes, notamment à New-York, a été une entente intervenue entre les universités et les services de santé en vertu de laquelle les chaires d\u2019hygiène sont établies dans les centres d\u2019hygiène, les districts sanitaires servant comme champ d\u2019action pour l\u2019enseignement aux étudiants en médecine, et aussi pour permettre de faire des études spéciales de problèmes locaux.Des bureaux sont réservés pour le professeur et son personnel.Le service de santé de Montréal projette de conclure la même entente avec les universités locales.A New-York, les étudiants en médecine de 2e ou de 3e année font à tour de rôle un stage L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 pour une période de temps déterminée selon le nombre d\u2019éléves inscrits.Les cours qu\u2019on y donne sont à la fois théoriques et pratiques.On leur fait d\u2019abord connaître les divers organismes de santé, officiels, non officiels et volontaires, tels le gouvernement fédéral, le gouvernement provincial, les municipalités, les unités sanitaires rurales et urbaines, les associations antituberculeuses, les associations des infirmières-visiteuses, les associations de bien-être social, les hôpitaux, les dispensaires, et, enfin, on enseigne à ces futurs médecins quels sont leurs devoirs et leurs obligations dans l\u2019application des lois passées par les organismes officiels.Au cours de leur stage dans les districts sanitaires, les étudiants ont l\u2019avantage de compléter au point de vue pratique les\u2019 cours théoriques qu\u2019ils ont eus sur la statistique démographique, l\u2019hygiène maternelle, l\u2019hygiène du nourrisson et préscolaire, l\u2019hygiène scolaire, l\u2019hygiène dentaire, l\u2019hygiène mentale, le contrôle des maladies infectieuses, de la tubereu- lose et des maladies vénériennes.CENTRES D'HYGIÈNE Des locaux convenables pour les districts sanitaires doivent être prévus.De préférence, ils doivent être la propriété de la ville, avec suffisamment d\u2019espace pour les bureaux du médecin en charge et de ses dactylos, un bureau pour l\u2019infirmière chef de groupe, une salle de réunion pour les infirmières, les cliniques dentaires et autres; une salle de conférences, une salle de démonstrations qui peut servir au besoin de salle d\u2019exhibits, une cuisine bien aménagée pour fins de démonstrations et pour les cours en alimentation rationnelle, des salles pour les associations sociales volontaires et, enfin, des pièces à l\u2019usage du gardien de la bâtisse. VARIÉTÉS UNE MISSION EN RUSSIE Cette énigme est grossie par l\u2019inconnu des projets de ce vaste pays, de cette force humaine gigantesque et par notre curiosité constamment tenue en éveil, exaltée même par les succès militaires obtenus par les Russes.Avant la guerre, des littérateurs, des intellectuels, en grand nombre favorables à l\u2019idéologie communiste et impressionnés par le programme de reconstruction matérielle et sociale des Soviets, ont fait le voyage à Moscou.La relation de leur visite là-bas n\u2019a jamais manqué d\u2019attirer vivement l\u2019attention, d\u2019exciter, moins souvent de satisfaire, la curiosité des élites et de la multitude qui lit.Une mission de chirurgiens anglo-américains vient de rentrer de Russie.Elle comprenait le docteur Penfield, neuro-chirurgien réputé de Montréal, qui y représentait le « National Research Council » du Canada.Le but de cette mission n\u2019avait rien de politique, et c\u2019est sûrement ce caractére négatif qui en fit son inté- rét et peut-étre son charme pour les membres qui la composaient.Elle devait plutôt s\u2019efforcer de rendre plus intimes les liens entre chirurgiens russes et anglo-américains, et faire bénéficier les uns et les autres des méthodes respectives pour le seul avantage des innombrables blessés de cette guerre.Le docteur Penfield à voulu satisfaire notre curiosité; il a voulu surtout nous intéresser et nous instruire, nous renseigner sur un as- «II y a toujours eu une énigme russe.Elle (la Russie) se sait indestructible.mais terriblement vulnérable, et le secret dont elle s\u2019entoure fait partie de son système de défense et d\u2019action avec son terrible climat, ses tempêtes de neige et ses étendues impénétrables.La guerre gigantesque qu\u2019elle mène aujourd'huile progrès extraordinaire qu\u2019elle a accompli à travers la plus grande révolution sociale, politique et scientifique de tous les temps, n\u2019ont en rien changé la psychologie de la Russie, ni non plus son attitude historique faite d\u2019énigme et de mystère.» (Henri de Kerillis, «Pour la Victoire», 9 octobre 1943.) pect des activités russes que seul, le plus souvent, notre esprit avide et curieux transforme en mystère Le distingué neuro-chirurgien fit la relation de son voyage dans une causerie prononcée tout récemment à la « Montreal Neurological Society », et qu\u2019il répéta à l\u2019Hôtel- Dieu une semaine plus tard, invité par le professeur Antonio Barbeau à une séance hebdomadaire du service de neurologie de l\u2019Hôtel-Dieu.Nous ne relaterons, pas, au cours de cet article, le contenu du rapport complet et consciencieux du Dr Penfield, qui a observé et noté scrupuleusement les faits et les notions qui avaient une valeur instructive.Nous ne reproduirons que ce qui nous a frappé de cette causerie, et que les impressions les plus fortes qui s\u2019en dégagent.La mission, en route vers la Russie, s\u2019arrêta en Chine.La Chine est un vaste pays assiégé et pratiquement isolé du reste du monde, ne pouvant recevoir de l\u2019assistance que de la Russie, par une longue route que des chariots prennent des mois à parcourir, et que par avions qui doivent survoler les Himalayas.Deux avions par semaine seulement transportent les passagers vers cette contrée aux innombrables habitants, en quasi-détresse et aux besoins impérieux d\u2019armes, de munitions et de secours médicaux. 1318 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 Les problèmes de la Chine se rattachent d\u2019abord à la déplorable nutrition de ses habitants dont l\u2019alimentation manque de protéines, de graisses et de vitamines, et qui sont forcément dans des conditions de santé les plus mauvaises; en second lieu, ils dépendent de l\u2019accroissement formidable des maladies infectieuse: malaria, dysenterie, affections cutanées, etc.Ce qui ajoute à ces problèmes d\u2019ordre médical, c\u2019est l\u2019absence de moyens de transport appropriés et l\u2019isolement dans lequel se trouvent forcément les groupements de nombreuses agglomérations dont on ne peut soulager les souffrances.Le traitement des blessures constitua une tâche du début de la guerre sino-japonaise; maintenant que la guerre d\u2019assaut s\u2019est transformée en guerre de siège, les complications strictement médicales et de nutrition occupent entièrement la scène.Les sulfamidés, la quinine, les vitamines ne peuvent à peu près pas être utilisés.Mais la Chine fait des efforts désespérés pour surmonter ces formidables obstacles à sa survivance; elle tient, elle est déterminée à tenir et elle tiendra.Puis, on passa en Russie où on séjourna 3 semaines, où on fut reçu avec grande courtoisie.Les médecins russes se montrèrent à l\u2019égard de ceux de la mission anglo-américaine d\u2019une grande camaraderie, et parurent heureux de rencontrer leurs collègues de langue anglaise.On visita surtout les hôpitaux: hôpitaux de base, hôpitaux de campagne et hôpitaux mobiles de seconde ligne situés plus en arrière, et des instituts dans les grands centres destinés à des buts variés.Les visites étaient organisées d\u2019avance dans chaque cas, afin de les rendre plus expéditives, sans perdre d\u2019efficience.Les hôpitaux les plus rapprochés du front (à 6 ou 8 kilometres) sont admirablement bien camouflés, sont creusés dans le sol et sont recouverts d\u2019un toit en dôme et en bois recouvert de goudron.Cette construction en profondeur présente des avantages nombreux: elle se fail rapidement, elle offre une protection très grande contre le froid, elle se camoufle très facilement et exige très peu de matériaux de construction.Un plancher en bois, un poêle à pétrole et des murs, des divisions en bois qui séparent l\u2019espace en pièces différentes, voilà l\u2019essentiel de- l\u2019intérieur.Ces hôpitaux de lère ligne et ceux de seconds ligne ! sont construits par le personnel même de l\u2019hôpital, homme et femmes.Telle femme médecin, telle infirmière en salopette le matin, les plus grossiers instruments de travail à la main, sera revue, le soir, plutôt élégamment vêtue d\u2019'habits féminins, manifestant au cours d\u2019une soirée dansante les charmes de son sexe, ce qui ne manque pas, d\u2019ailleurs, de causer une première réaction de surprise au visiteur non averti.Les femmes russes contribuent éminemment à la guerre, certain hôpital, visité par les membres de la mission, avait une femme comme médecin-chef et un personnel médical constitué de femmes dans la proportion de 90%.Elles ne vont pas jusqu\u2019à transporter des blessés sur leur dos, comme certains journaux d\u2019information l\u2019ont affirmé, mais leur travail est précieux en médecine comme dans les autres domaines.La chirurgie russe, du moins appliquée à la guerre actuelle, est bonne; elle est efficiente et moderne.Son travail a été et est encore fabuleux: jusqu\u2019à la fin de cet été, six millions de russes ont été blessés et, résultat vraiment étonnant, 70% de ces blessés seraient retournés à la ligne de combat.D'ailleurs, les chirurgiens russes ont une excellente opinion de leur valeur; ils ne seraient même pas loin de trouver malheureux que les chirurgiens anglo-américains ne connussent pas leurs méthodes, leurs découvertes, malheureux, bien entendu, pour ces derniers, qui pourraient bien avoir d\u2019ailleurs, à l\u2019égard de leurs collègues russes, la même opinion.En fait, les méthodes de traitement des blessures en Russie ne diffèrent pas sensible- 1.Ces hôpitaux sont mobiles ainsi que les premiers.Ils sont situés à environ 30 Kilomètres de la ligne de feu, ce sont les hôpitaux dits spéciaux (Special Hospital). AMYOT: MISSION EN RUSSIE ment de celles des armées anglo-américaines.Les résultats étonnants obtenus tiennent surtout de la merveilleuse organisation et je dirais même, toujours d\u2019après les observations du Dr Penfield, du taylorisme appliqué aux traitements des blessés.La catégorisation des blessés est établie dès les hôpitaux de lère ligne, où ils sont placés et traités par groupe dans des pièces différentes.Cette catégorisation des malades est maintenue et même complétée dans les hôpitaux d\u2019arrière et dans les grands centres de base.Les chirurgiens sont attribués à un travail qui ne varie pas, et qui est destiné, sinon aux mêmes genres de plaies, du moins à celles de la même partie du corps, plaies facio-maxillaires, thoraciques, des membres, de l\u2019abdomen, blessures neuro-chirurgicales, ete.Les membres de la mission ont pu voir défiler en série des blessés des membres inférieurs (avec fracture du fémur) auprès d\u2019un chirurgien qui les recevait derechef tous préparés: décrottés, désinfectés, anesthésiés à la rachi.Et les malades passaient ainsi à la chaîne, à la cadence de 1 par demi-heure pendant 16 heures par jour.Ce zèle dans l\u2019organisation contribue également à l\u2019évacuation très rapide des blessés et à l\u2019emploi, sur une très haute échelle, du sang et de substituts du sang contre le choc et les effets des grandes hémorragies.La récolte du sang, sa conservation et sa distribution sont affectées selon une méthode vaste et excellente.Dans un centre où on recueillait le sang, 97% des donneurs étaient des femmes et il en passait 600 par jour.Les donneurs sont rémunérés.D\u2019autre part, 85% de ces derniers, dit le docteur Penfield, retournent leur gratification aux autorités comme contribution à l\u2019effort commun.Des bocaux de sang recueilli portent le nom de la femme qui a donné son sang et qui pourra être identifiée et appréciée du soldat transfusé.Ce procédé a donné d\u2019excellents résultats psychologiques, paraît-il, et certain militaire dont l\u2019état exigeait une seconde transfusion aurait 1319 demandé qu\u2019on lui transfuse le sang de sa première bienfaitrice.Le sang de cadavre ne sert plus pour transfusion que dans un institut de Moscou; il n\u2019a jamais été envoyé au front.Les Russes n\u2019ont pas donné une très grande attention au traitement des brûlures.Les membres gelés sont placés dans une atmosphère à température ambiante, puis ils sont traités à la chaleur.Cinq ou six jours après l\u2019engelure, on pratique une incision longitudinale dans le tissu nécrotique: c\u2019est ce qu\u2019on appelle, là-bas, la nécrotomie.Cette incision a pour but d\u2019éliminer l\u2019ædème et de favoriser la momification.L\u2019amputation, si elle devient nécessaire, est faite dans le sillon d\u2019élimination, laissant quelques millimètres de tissu nécrotique, ce qui provoquerait une guérison plus rapide du moignon.Certaine méthode de traitement des fractures des membres comportant l\u2019injection dans les tissus avoisinant le trait de fracture d\u2019un liquide constitué d\u2019alcool et de novocaïne, hâterait le processus de guérison: l\u2019alcool imprégnant les terminaisons nerveuses périvas- culaires et intratissulaires, ferait office de sympathectomie chimique et opérerait ainsi de la vasodilatation et une nutrition meilleure de la région.Les plaies du crâne sont laissées ouvertes, probablement parce que le débordement de travail et la surabondance des blessés relativement au nombre de chirurgiens et au temps requis pour un traitement approprié et délicat de ces plaies ne permettent pas d\u2019appliquer ce dernier.Le docteur Penfield est d\u2019avis qu\u2019un pourcentage formidable de cas d\u2019épilepsie résultera de ces plaies crânio-cérébrales traitées ainsi au petit bonheur.En conclusion de sa très intéressante causerie, le docteur Penfield affirma que la mission avait retiré grand profit de son séjour en Russie.Il en est résulté un enseignement réciproque, un sentiment non équivoque de - sympathie et un désir de renouveler ces contacts et de créer des liens qui n\u2019existaient pas. 1320 Les médecins et chirurgiens russes ont semblé éprouver un réel plaisir à rencontrer les membres de la mission.En ce qui concerne le climat moral actuel de la Russie, son état d\u2019esprit, son sentiment et l\u2019impression qu\u2019on peut y subir, c\u2019est que les Russes sont résolument et froidement déterminés à vaincre l\u2019ennemi.Cette détermination ne se manifeste pas par des actes de haine passionnelle ou de violents transports de vengeance.C\u2019est plutôt une énergie froidement exécutée, inéluctablement tendue vers le coup décisif asséné à l\u2019Allemand.La chirurgie des.armées a pour chef le général Burdenko qui reflète bien ce que les Russes ont dans le cœur et l\u2019esprit.Ce général, neuro-chirurgien, membre d\u2019Académie et président polyvalent, organisateur d\u2019un Institut de neuro-chirurgie contenant 700 lits, professeur de neuro-chirurgie, est complètement sourd et a pu rééduquer son langage à la suite d\u2019un ictus qui le rendit aphasique, ce qui ne l\u2019empêche pas de manifester une activité débordante.| Tl paraît être un grand organisateur et jouit d\u2019un dynamisme contagieux.Il a la ferme volonté de tenir à sa tâche énorme tant que l\u2019ennemi ne sera vaincu ou jusqu\u2019à l\u2019extinction complète de ses propres forces, L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 En somme, les chirurgiens et médecins russes peuvent assumer avec avantage leur tâche comme leurs collègues anglo-américains dans cette guerre grâce aux facteurs suivants: 1) l\u2019emploi des sulfamidés; 2) le traitement des plaies excisées laissées ouvertes et incluses dans un plâtre qui immobilise le membre; 3) l\u2019emploi généreux du sang et de ses substituts contre le choc et l\u2019hémorragie; 4) la spécialisation des méthodes et des chirurgiens; 5) l\u2019évacuation rapide des blessés hors des zones de combat (les Russes emploient beaucoup de petits avions pouvant porter 1 et 2 blessés) ; 6), enfin, la tonalité du moral fermement tendu vers la victoire, ce qui élimine pratiquement les psy- cho-névroses.Les Russes traitent bien leurs blessés; leurs méthodes sont modernes dans l\u2019ensemble, quelques-unes forcément sont moins bonnes; à tout prendre, elles n\u2019offrent aucune nouveauté transcendante.Comme nos médecins d\u2019armée, ils font leur possible pour améliorer constamment ces méthodes qui ont pour mission sacrée de conserver la vie et la santé des soldats perdus dans les steppes ou le désert, emprisonnés dans la mer ou les nuages, plongés dans un enfer de fer et de sang.Roma AMYOT. MÉDECINE PRATIQUE a o> o CONDUITE THERAPEUTIQUE DANS LA GRIPPE CONDITIONS D\u2019APPLICATION DU TRAITEMENT.Toutes les évolutions se voient dans la grippe: guérison ou mort en vingt-quatre heures; guérison ou mort après quelques jours, ou quelques semaines dans les formes traînantes et compliquées.On a insisté, fort justement d\u2019ailleurs, sur les difficultés du pronostic de la grippe: en fait, il faut distinguer les formes sarsonnières généralement bénignes sous réserve d\u2019une complication broncho-pneumonique parfois évitable d\u2019ailleurs, lorsque sont observées les précautions nécessaires dès le début de la maladie, et les formes pandémiques, au cours desquelles souvent aucune prévision n\u2019est possible, puisque tel sujet simplement enchifrené le matin peut succomber quelques heures après à un œdème aigu pulmonaire, à l\u2019infection septicémique, ou à la syncope cardiaque.En général, doivent être considérés comme facteurs de gravité, en temps d\u2019épidémie, l\u2019état de grossesse et certains symptômes comme la violence du début, l\u2019intensité de la dyspnée et de la cyanose, la faiblesse et la rapidité du pouls.D\u2019autre part, si l\u2019âge avancé est un élément péjoratif, il est à remarquer que les jeunes sujets, les jeunes filles surtout, ont été particulièrement décimés au cours de l\u2019épidémie de 1918.D\u2019une manière générale, dans les formes saisonnières, les complications pulmonaires, qui assombrissent le pronostic, s\u2019observent surtout chez les grippés qui ont repris leurs occupations professionnelles, alors qu\u2019ils étaient insuffisamment remis d\u2019un premier épisode catarrhal.Cette notion de la variabilité du pronostic, suivant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019endémies ou d\u2019épidémies, est connue même des malades, à ce point que, en temps ordinaire, le diagnostic de grippe les rassure, alors qu\u2019il les épouvante lors des grandes pandémies meurtrières.Aussi bien, la thérapeutique doit-elle mesurer ses efforts, et peut-elle prévoir ses résultats, qui différeront naturellement suivant qu\u2019il s\u2019agira d\u2019une forme grave de la maladie.À priori, et quelque inoffensif que paraisse le virus grippal au début de l\u2019affection, toutes les formes seront d\u2019emblée considérées comme graves au cours des épidémies importantes.TRAITEMENT DES FORMES BÉNIGNES DE LA GRIPPE.Lorsqu'il s\u2019agit de la grippe sporadique, du catarrhe saisonnier, lorsque tout se borne à un mouvement fébrile accompagné de malaise général et d\u2019une inflammation légère des voies aériennes supérieures, la thérapeutique est simple et se borne aux prescriptions suivantes.Le repos au lit est nécessaire, puis le séjour à la chambre pendant quelques jours après la chute de la température.L'organisme, en état d'énergie grippale, étant devenu particulièrement sensible aux infections secondaires à streptocoques et à pneumocoques, la preserip- tion est indispensable.La diète liquide est d\u2019autant plus indiquée que l\u2019état saburral des voies digestives s\u2019accompagne souvent d\u2019anorexie; le lait pur ou additionné de café, les bouillons de légumes, le thé léger et les tisanes variées, les grogs (deux petits verres de rhum par jour) seront recommandés.La médication interne sera représentée par la quinine en cachets ou de préférence en suppositoires de 0 gr, 50 deux fois par jour; par l\u2019aspirine souvent mieux tolérée que les autres antithermiques analgésiques et qu\u2019on peut associer avec une petite dose de caféine; par une potion stimulante à l\u2019acétate d\u2019ammoniaque; par quelques gouttes de teinture d\u2019aconit, préférable à l\u2019opium pour calmer la toux, par les composés sulfamidés préventifs de l\u2019infection streptococcique. 1322 La médication externe a surtout pour but - de désinfecter la gorge à l\u2019aide des gargarismes habituels, les fosses nasales avec de l\u2019huile goménolée ou eucalyptolée.Quelques ventouses ou quelques cataplasmes seront indiqués en cas de bronchite, et on veillera à l\u2019évacuation régulière des selles au besoin à l\u2019aide de lavements.TRAITEMENT DES GRIPPES ÉPIDÉMIQUES GRAVES.En fait, en temps de grandes épidémies, aucune grippe ne doit être « a priori » considérée comme bénigne; on ne sait jamais si telle ou telle redoutable complication n\u2019apparaîtra pas chez un sujet en apparence à peine touché.Un double écueil est alors à éviter: l\u2019inertie thérapeutique par scepticisme \u2018ou optimisme systématique; la poly-pharmacie et la multiplication des antiseptiques, des toni-cardia- ques, des stimulants qui, surajoutés les uns aux autres, ne sont pas sans créer l\u2019intoxication de l\u2019organisme mal défendu par un rein et un foie que le processus infectieux a pu rendre insuffisants.On prendra les précautions hygiéniques nécessaires pour éviter la propagation de l\u2019affection: pour cela, on isole le malade; on évite qu\u2019il entre en contact avec les sujets particulièrement sensibilisés, comme les femmes en état de grossesse; on le désinfecte à l\u2019aide de la méthode de Milne; on lui fait laver fréquemment la bouche avec de l\u2019eau oxygénée diluée au cinquième, et on lui instille dans les narines, deux ou trois fois par jour, quelques gouttes d\u2019huile goménolée à 10 p.100 ou d\u2019huile résorsinée à 5 p.100.Les prescriptions indiquées pour les grippes bénignes sont naturellement valables, relatives au repos au lit, à la diète liquide, à la médication par la quinine, l\u2019aspirine et les stimulants.Des éléments thérapeutiques nouveaux doivent intervenir: injections sous-cutanées de camphre; ouabaine ou solution de digitaline au millième; deux milligrammes de strychnine pour éviter le collapsus cardio-vasculaire; deux à trois milligrammes d\u2019adrénaline par L\u2019UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.AN.\u2014 Montréal, novembre 1943 voie buccale; ventouses scarifiées; inhalations d\u2019oxygène contre les complications pulmonaires, et surtout copieuse saignée si la cyanose (grippe bleue) se surajoute aux symptômes respiratoires traduisant l\u2019œdème aigu du poumon, tandis que les enveloppements humides, plus faciles à utiliser que la balnéothérapie tiède, apporteront ici l\u2019appoint nécessaire au traitement des complications broncho-pneu- moniques; enfin contre l\u2019état infectieux interviendront l\u2019abcès de fixation, l\u2019injection d\u2019uro- tropine intraveineuse, et des métaux colloi- daux (or, argent, etc.) dans le tissu sous- cutané, et surtout les composés organiques soufrés (sulfamidés).Doit-on pratiquer la vaccinothérame?Elle n\u2019a pas en tout cas une action spécifique; peut-être agit-elle en tant que méthode protéinothérapique, et peut-elle dans une certaine mesure, je la crois modeste, prévenir les localisations broncho-pulmonaires.On peut utiliser soit le vaccin de l\u2019Institut Pasteur, préparé suivant la formule de Bezançon et Legroux (il renferme des pneumocoques, des streptocoques, des bacilles de Pfeiffer, le mi- crococcus aureus), dont on injecte le premier jour un quart de centimétre cube et les jours suivants de un quart à un centimètre cube; le vaccin de Weill et Dufourt, ete.Que penser de la sérothérapie?Il n\u2019existe pas de sérum spécifique, sauf peut-être le sérum de convalescent employé par Grigaut et Moutier, Chalier, etc.Le sérum anti- pneumococcique est pratiquement peu utilisé, du moins en France.Le sérum antistreptococ- cique de Vincent peut être prescrit lorsque les atteintes pleurales et pulmonaires sont dues au streptocoque !.Au cours de la convalescence, l\u2019état d\u2019asthénie persistant commande la prescription de kola, d\u2019adrénaline, etc.SAVY.1.La prophylaxie générale et spécifique peut être réalisée avec succès, en temps de grandes épidémies, par une série de mesures: interdiction des réunions publiques, isolement rigoureux des malades et, si possible, injections préventives de sérum de convalescent, certainement plus actives que la vaccination, mais qui se heurtent à de grandes difficultés pratiques. \u201cIL UWnion Medicale Ou Canada\u201d en 1874 Extraits du discours d'ouverture prononce à l'inauguration de l'année académique 1874-75 à l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, par A.-T.Brosseau, M, D., professeur de Botanique et de Médecine Opératoire, Chirurgien de 1'Hotel-Dieu, etc.' Novembre 1874.M.le Président.Messieurs, Appelé par les honorables collègues à faire, cette année, le discours d\u2019ouverture, j'ai accepté cette tà- che avec plaisir, mais aussi avec crainte et inquiétude.Je sens la gravité de ce devoir, et en même temps toute ma faiblesse pour le remplir.En effet, la responsabilité que j\u2019assume est grande, car une expression mal choisie, un mot mal placé, une opinion incomplétement énoncée ou mal comprise, peut influencer favorablement ou défavorablement ceux qui embrassent aujourd\u2019hui la carrière de la médecine.Je compte, Messieurs, sur votre indulgence et votre bienveillante attention dans l\u2019accomplissement de cette tâche difficile.Qu\u2019il me soit permis d\u2019exprimer à nos anciens élèves la satisfaction que leur retour nous cause; et vous, MM.les nouveaux, soyez les bienvenus.Non loin encore du temps où j\u2019écoutais, comme vous, la parole de nos maîtres, où je partageais cette existence à la fois soucieuse et enjouée et n\u2019ayant point interrompu mes rapports\u2018avec vous grâce aux exigences de l\u2019enseignement, je crois connaître tous vos besoins et pouvoir, aujourd\u2019hui, vous donner quelques conseils utiles.Puissé-je parvenir à diminuer les difficultés qui vous attendent au début de votre carrière, rendre vos travaux moins pénibles et plus fructueux, vous guider en un mot vers le but que vous cherchez.Pour bien étudier l\u2019art de guérir, il faut premièrement y croire, il faut en sentir toute l\u2019importance, il faut l\u2019aimer comme la plus noble et la plus utile des professions.Il y a une fois religieuse, il y a une foi politique, il faut une foi médicale; non pas, cependant, une foi aveugle qui croit parce qu\u2019elle croit, mais une foi intelligente qu\u2019éclaire le flambeau de la raison et que vient épurer l\u2019esprit d\u2019examen.Si, comme les incrédules du monde, vous appelez la médecine un art conjectural, une chimère, n\u2019embrassez point cette profession, prenez une autre carrière.«Pour connaître et approfondir cette belle partie des connaissances humaines, dit Réveillé-Parise, pour mesurer ses problèmes, pour comprendre le sens des idées acquises et des idées nouvelles, des principes vieillis et des principes qui germent, pour contribuer soi-même au progrès, il faut une croyance pleine et entière.Sans l\u2019ardeur et l\u2019enthousiasme, sans le mal sacré de l\u2019art, rien ne vous sera révélé des secrets de cette science sublime.» Il en est de méme pour la pratique.La médecine exige du savoir et de esprit, mais aussi du cœur et de l\u2019âme.Malheureusement on étudie la médecine, de nos jours, pour se faire un état, pour se créer une position comme on dit: on s\u2019engage dans la carrière sans avcir consulté ses forces, il faut bien faire quelque chose, toutes les routes sont encombrées.va pour la médecine.Que de déceptions, que de regrets vous vous créez dans l'avenir, vous qui sans vocation, sans goût, vous jetez dans cette voie périlleuse.\u2019 Ainsi donc d\u2019un côté, sacrifices immenses, études sévères, difficiles, travaux énervants et de l\u2019autre, position précaire, mal rétribuée, dévouement sans fin, qui n'a trop souvent comme récompense que l\u2019ingratitude des hommes et les angois-es du besoin.Ajoutez à cela la foule toujours croissante des charlatans sans titre qui, favorisés par une législation in \u2014 ANALYSES Le traitement en général ne dépasse pas deux mois.Les récidives éventuelles disparurent par la reprise du traitement, les insuccès purent être attribués dans presque tous les cas à des lacunes importantes dans l\u2019application du traitement.Thérapeutique à tenter et qui, appliquée pendant une courte période comme celle de 2 mois, ne devrait pas encourir des conséquences fâcheuses.Roma AMYOT.CHIRURGIE Shields WARREN et Victor N.TOMPKINS.\u2014 Signification de l'extension des métastases axillaires dans le cancer du sein.\u201cSurg.Gyn.and Obst.\u201d, 76: 327, 1943.Le facteur déterminant de la survivance des patients après une opération du cancer du sein est la présence ou l\u2019absence de métastases des ganglions lymphatiques axillaires.Or il n\u2019est pas toujours cliniquement possible de préciser le nombre de ceux qui sont atteints, bien qu\u2019il soit essentiel que des foyers cancéreux ne demeurent point en place après l\u2019intervention du chirurgien.Les A.analysent 171 cas et présentent une méthode d\u2019exploration qu\u2019ils ont appliquée à des sujets ayant subi une amputation radicale du sein et des ganglions lymphatiques axillaires.Après des études histologiques minutieuses, ils ont classé leurs 171 patients en 4 groupes: sans métastases des ganglions lymphatiques axillaires, avec métastases enveloppant moins de la moitié des ganglions lymphatiques, avec métastases enveloppant plus de la moitié des ganglions lymphatiques, et avec métastases enveloppant tous les ganglions lymphatiques.Du point de vue thérapeutique, la constatation la plus intéressante est que la guérison, sur la base de «5 ans sans récidive» ou davantage, pour des cas contrôlés, est en proportion inverse de l\u2019extension des ganglions axillaires.La durée de survivance postopératoire est également en relation avec l\u2019envahissement des ganglions axillaires.Les différents types d\u2019affections cancéreuses du sein sont ensuite étudiés.A la lumière de ces examens, les A.concluent en disant que la technique chirurgicale devra s'inspirer des conclusions qu\u2019ils comportent.Pierre SMITH.Earle B.KAY, \u2014 Observations expérimentales sur une anastomose reconstructive intra- thoracique œsophago-gastrique à la suite de la résection du cancer de l'œsophage.\"Surg.Gyn.and Obst.\u201d, 76: 300, 1943.Un des principaux obstacles au progrés du traitement chirurgical du cancer de l'esophage est inhérent aux caractères anatomiques de l\u2019œsophage: 1327 absence de séreuse, mauvaise vascularisation, position longitudinale des fibres musculaires, fixité relative de l\u2019æsophage, proximité du cancer et de structures vitales rendant l\u2019opération difficile, état de déshydratation et d\u2019anémie des malades, virulence des bactéries provoquées par l\u2019obstruction œsopha- gienne.L\u2019A.décrit l\u2019organe, les symptômes des cancers de l\u2019æsophage, et différentes techniques chirurgicales de résections en critiquant les dangers et difficultés qu\u2019elles présentent.Il propose, à la suite d\u2019expériences sur les chiens, une anastomose reconstructive intrathoracique œso- phago-gastrique, dont il expose longuement et illustre les temps opératoires; le nouvel œsophage étant reconstruit en utilisant un lambeau de la grande courbure de l\u2019estomac.Les conditions dans lesquelles cette opération peut être tentée sont: état général du patient satisfaisant, longue période de vie probable postérieure à l\u2019opération, obstruction partielle de l\u2019œsophage et largeur suffisante de l\u2019estomac.Les avantages de cette opération sont, selon l\u2019A.: possibilité d\u2019une alimentation variée, opération en deux temps, pas de déformation thoracique antérieure, anastomose gastro- œsophagienne immédiate, résultat palliatif en cas de cancer non opérable, etc.Deux inconvénients: nécessité de faire une opération majeure avant de savoir si le cancer est opérable et intensification du risque de mort opératoire.Pierre SMITH.Sir Hugh DEVINE.\u2014 Un procédé de colecto- mie dans les cas de colite ulcéreuse incurable.\u2018\u2019Surg.Gyn.and Obst.\u201d, 76: 136, 1943.Bien des patients n\u2019ont recours au chirurgien, dans des cas graves de colite ulcéreuse, que lorsqu\u2019ils ont épuisé tous les traitements médicaux, alors qu\u2019ils sont dans un état d\u2019anémie et de débilité qui compromet l\u2019intervention elle-même.Rendu à ce stade désespéré, les demi-mesures comme l\u2019appendicostomie, la cecostomie ou même l\u2019entérostomie ne suffisent plus.Seule la colectomie peut sauver la vie du patient; mais pratiquée dans les conditions usuelles, elle peut être néfaste au malade fortement anémié.Basant son exposé sur l\u2019étude d\u2019un cas, l\u2019A.explique sa méthode.Dans le cas énoncé, l\u2019A.a enlevé 2 pieds et 9 pouces du côlon en état d\u2019ulcération marquée.Il a procédé à l\u2019opération en quatre temps, afin d\u2019éviter à la malade un choc opératoire massif et lui permettre de récupérer ses forces.1) temps: \u2018incision sous-ombilicale médiane, entérostomie latérale gauche, anastomose iléo-recto-sigmoidienne, anus artificiel temporaire droit; applications de sulfanilamide.2) temps: pince Oschner-DeBakey appliquée à l\u2019iléo- recto-sigmoïdostomie.3) temps: fermeture de l\u2019ex- 1328 trémité de l\u2019iléon et du bout inférieur du sigmoïde.Tube en caoutchouc dans le rectum pendant 2 semaines pour faciliter l\u2019évacuation de l\u2019intestin grêle.4) temps: colectomie.: Pierre SMITH.NEUROLOGIE Mark H.LEPPER, Lewis K.SWEET et Harry F.DOWLING.\u2014 Le traitement des infections méningococciques par la sulfadiazine et la sulfamérazine.\u2018J.A.M.A.\u2019, 123: 134 (18 septembre) 1943.Le nombre de malades traités a été de 118 cas de méningite méningococcique et de 3 cas de ménin- gococcie.On administra une dose initiale de 6 grammes de sulfadiazine ou de sulfamérazine et on continua le traitement par 1 gramme toutes les 4 heures.Les enfants reçurent des doses proportionnellement plus petites.Chez les comateux et les malades à vomissements répétés, on recourut à la voie sous-cutanée et intraveineuse, en se servant du sel sodique du produit en solution de 0.1 ou 1 pour cent.En général, 7 jours de traitement actif furent nécessaires.On ne permit pas au sujet de se lever avant que les éléments cellulaires du liquide céphalo-rachidien ne fussent réduits au maximum de 30 par millimètre cube.; Certaines complications urinaires peuvent survenir au cours du traitement.Elles se manifestent par de la colique rénale, de l\u2019hématurie, de l\u2019oligurie ou l\u2019anurie avec ou sans hyperazotémie.Enfin, sur 96 cas traités à la sulfadiazine, 10 sujets eurent des accidents urinaires.On hydrata intensément ces malades, on suspendit la médication, on alcalinisa les urines.On ne fut obligé de recourir à la cystoscopie que dans un cas.Des 22 sujets traités à la sulfamé- razine, 3 eurent des accidents urinaires dont 1 eut une cystoscopie.On devrait faire absorber au moins 3,000 cc.de liquide aux malades traités par ces sulfamidés à de telles doses.De la sorte, les complications urinaires pourraient être en très grande partie évitées.Comme résultats, les auteurs ont traité 96 méningites méningococciques par la sulfadiazine: 10 moururent.Ils en traitèrent 22 à la sulfamérazine: 2 ne survécurent pas.Le coma à l\u2019admission, l\u2019âge avancé du malade sont les deux éléments les plus importants du pronostic.Le quart des malades comateux mourut.Presque un quart de malades dépassant 40 ans décéda.La grande quantité d\u2019éléments microbiens trouvés au premier examen et le taux bas du glucose dans le liquide céphalo-rachidien sont d\u2019autres témoins d\u2019un mauvais pronostic.La sulfadiazine et la sulfamé- razine, qui semblent avoir une valeur égale, sont des L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 agents thérapeutiques effectifs dans la méningite méningococcique.Roma AMYOT.DERMATO-SYPHILIGRAPHIE F.RONCHESE.\u2014 Atrophie icthyosiforme de la peau dans la maladie de Hodgkin.\u201cAmerican Archives of Dermatology and Syphilology\", 47: 778 (juin) 1943.Parmi les nombreuses manifestations cutanées non spécifiques de la maladie de Hodgkin, Nanta et Chatellier signalèrent en 1925 l\u2019hyperkératose icthyo- siforme.L'auteur rapporte l\u2019observation d\u2019un cas d\u2019atrophie icthyosiforme chez un malade présentant une maladie de Hodgkin typique.Le 4 mai 1936, un jeune homme de 24 ans se présente au Swedish Hospital, à Seattle, pour une masse tumorale recouvrant les régions sus-claviculai- res et cervicales droites.Le diagnostic clinique de maladie de Hodgkin est confirmé par un examen histologique.De mai 1936 à novembre 1941, le malade est traité à différentes reprises et en différents hôpitaux par les Rayons X.En novembre 1941, la peau du malade, qui jusque là semblait normale, devient sèche, ridée et hyperpigmentée.Cette transformation cutanée s\u2019accompagne d\u2019amaigrissement et d\u2019asthénie.Une biopsie faite à ce moment fait porter le diagnostic d\u2019atrophie icthyosiforme de la peau.Le malade continue à maigrir et à se cachectiser, et il meurt le 22 octobre 1942.L\u2019auteur est d\u2019avis que l\u2019atrophie cutanée icthyo- siforme est une des nombreuses complications toxiques et non spécifiques de la maladie de Hodgkin, complication annonçant peut-être le stade final de la maladie.Henri SMITH.Capt.Lawrence M.NELSON.\u2014 Lividité symétrique de la plante des pieds.\u2018\u2019Ame- ricon Archives of Dermatology and Syphi- lology\u2018, 47: 822 (juin) 1943.Quoique peu fréquente, la lividité symétrique de la plante des pieds, décrite pour la première fois en 1925 par Pernet, n\u2019est pas une dermatose rare.Dans un seul hôpital militaire, l\u2019auteur en a observé 18 cas, de juillet à septembre 1942.Ces 18 malades présentent à l\u2019examen des symptômes identiques: placards épais, rouges, violacés sur les bords et distribués symétriquement à la plante des deux pieds.Ces lésions cutanées s\u2019accompagnent d\u2019une transpiration abondante et malodorante.L\u2019examen direct du matériel obtenu par grattage et l\u2019ensemencement sur différents milieux de pièces anatomiques, ne donnent aucun renseignement quant à l\u2019agent causal de la dermatose. ANALYSES De tous les traitements essayés, le suivant est celui qui a donné les meilleurs résultats à l\u2019auteur: bains de pieds journaliers avec une solution a 1 pour 5,000 de permanganate de potassium et application d\u2019une poudre composée d\u2019alun, acide tannique, acide borique et talc.Le tableau clinique de la lividité symétrique de la plante des pieds est bien caractéristique.Cependant, la cause de la maladie n\u2019est pas connue.L\u2019auteur se demande s\u2019il ne s\u2019agirait pas d\u2019une hyperhidrose localisée à toute autre partie du corps.Sans doute, également la bromidrose des pieds est-elle bien différente de la simple odeur de transpiration observée aux aisselles par exemple.Cependant, ces différences ne peuvent-elles pas s'expliquer par la différence de localisation?La plante des pieds en effet est soumise aux traumatismes, à la pression, elle est peu ventilée et la circulation du sang y est gênée.De plus, chacun sait avee quelle facilité le stratum corneum peut se développer à la plante des pieds.Jusqu\u2019à plus ample informé, l\u2019auteur croit qu\u2019il vaut mieux considérer la lividité symétrique de la plante des pieds comme une forme d\u2019hyperhidrose localisée avec certaines particularités dues à sa localisation.Henri SMITH.Emmanuel GAHAN, Paul R.KLINE et Theodore H.FINKLE.\u2014 La chlorophylle dans le traitement des ulcères.\u2018American Archives of Dermatology and Syphilology\u201d, 47: 849 (juin) 1943.La matière colorante verte des plantes est connue depuis 1817 grâce aux travaux de Pelletier et Caven- tou.Ce n\u2019est qu\u2019entre les années 1906 et 1914 cependant que Willstatter et ses collaborateurs ont réussi, pour la première fois, à préparer une chlorophylle pure.Rollet, en 1930, et Gordonoff et Ludwig, en 1935, ont démontré expérimentalement l\u2019effet stimulant de la chlorophylle sur les tissus \u201cin vitro».Bürgi, en 1937, puis Gruskin, en 1940, obtinrent d\u2019excellents résultats avec la même matière colorante verte des plantes, le premier sur les animaux, le second chez l\u2019homme.Les auteurs font part des résultats qu\u2019ils ont obtenus avec une solution isotonique et un onguent à la chlorophylle chez des malades présentant des ulcères cutanés de causes variées.Sur 25 patients traités, 19 répondirent favorablement au traitement: sur 10 cas d\u2019ulcères variqueux ou hypostatiques, 7 guérirent rapidement, 1 malade discontinua le traitement avant guérison et 2 cas sont considérés comme des échecs.Chez 2 malades présentant des ulcères associés à l'acrcdermatite chronique atrophiante, la granulation des tissus ulcérés fut remarquable dans un cas; 1329 l'autre malade discontinua de lui-même le traitement.Un cas de brûlure par rayons X guérit en 4 semaines.Six cas d\u2019ulcères traumatiques ou par brulûres guérirent rapidement; l\u2019un de ces malades cependant développa une hypersensibilité cutanée à la chlorophylle qui nécessita l\u2019arrêt du traitement.Un ulcère pyogénique diminua des 3 après une semaine de traitement.Sur 5 cas d\u2019ulcères d\u2019origine inconnue, 4 furent guéris et le 5e malade ne fut pas revu à la consultation.La chlorophylle semble donc avoir pour effet de stimuler la granulation des tissus.Dans quelques cas d\u2019ulcères torpides, parmi ceux rapportés par les auteurs, la cicatrisation par granulation a été rapide.Henri SMITH.A.DOSTROVSKY et F.SAGHER.\u2014 Ulcère phagédénique (Pyodermite gangréneuse).\u2018American Archives of Dermatology and Syphilology\", 48: 164 (août) 1943.Les auteurs ont eu la rare opportunité d\u2019observer 54 cas d\u2019ulcères phagédéniques.Ils ont essayé presque toutes les méthodes proposées par différents auteurs comme traitement de cette affection rebelle.Les procédés chirurgicaux: excisions, greffes, sym- pathectomie, etc.ne donnèrent que peu de résultats.Le péroxyde de zine en application locale s\u2019est montré très douloureux et incapable d\u2019arrêter l\u2019évolution des ulcères.Dès l\u2019apparition des sulfamidés cependant, les auteurs traitèrent leurs malades par le sulfanilamide administré d\u2019abord par voie buccale, puis ensuite par voie parentérale.Ces deux modes d\u2019administration n\u2019ayant pas donné de résultats satisfaisants, le sulfapyridine et le sulfathiazol en poudre furent essayés.Ces deux derniers médicaments se montrèrent plus efficaces.Cependant, si le sulfa- pyridine et le sulfathiazol en poudre sont capables de rendre stériles, en un temps relativement court, les ulcères en cause, même s\u2019il s\u2019agit d\u2019ulcères phagédéniques larges et profonds, là s\u2019arrête leur action.La désinfection étant obtenue, les ulcères cessent de s\u2019accroître, mais ils n\u2019ont aucune tendance à se cicatriser.Pour obtenir la cicatrisation recherchée, les auteurs emploient le procédé dit de «chambre humide».Ce procédé consiste tout simplement à recouvrir l\u2019ulcère de bandes adhésives, lesquelles sont laissées en place de 5 à 7 jours.Après ce laps de temps, la chambre humide est enlevée, l\u2019ulcère est mesuré et recouvert d\u2019un pansement à l\u2019alcool, puis de nouvelles bandes adhésives sont appliquées.Pour les auteurs, les sécrétions qui s'accumulent sur la surface de l\u2019ulcère dans la chambre humide, seraient le facteur stimulant de la cicatrisation.Les auteurs rapportent les observations de 6 cas d\u2019ulcères phagédéniques qu\u2019ils ont traités par cette méthode.Dans tous les cas, la cicatrisation est obtenue en 3 à 12 semaines.L\u2019épithéliésation augmente Cm 1330 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, novembre 1943 de 4 à 7 cm\u201d par semaine en moyenne.La cicatrisation se fait plus ou moins rapidement suivant la grandeur de l\u2019ulcère et suivant sa localisation.Ainsi un large ulcère de la malléole, par exemple, sera très long à guérir.Ce traitement de l\u2019ulcère phagédénique, d\u2019abord par le sulfapyridine ou le sulfathiazol, puis, quand l\u2019ulcère est devenu aseptique, par le procédé de la chambre humide, est, pour les auteurs, une méthode de choix.Cependant, le procédé, malgré toute sa valeur curative, ne met pas à l'abri des récidives.Henri SMITH.Michael G.ROSENBAUM.\u2014 Dermite du pétrole.\"American Archives of Dermatology and Syphilology\", 48: 193 (août) 1943.Le pétrole, tout comme la paraffine, peut produire des lésions cutanées prurigineuses, érythémato- papuleuses ou papulo-pustuleuses, sur les mains, les bras et les cuisses, chez les individus qui manipulent ces produits constamment.Cependant, chez certains individus sensibilisés, le pétrole pourra déterminer une éruption vésiculeuse ou bulleuse sur les parois normalement couvertes, même après un seul contact, si certaines conditions sont réunies.Ces cas sont rares et, dans toute la littérature médicale, l\u2019auteur n\u2019en a trouvé que 5 observations.L\u2019auteur rapporte deux cas de dermites vésiculeuses ou bulleuses dues au pétrole.Dans le premier cas, il s\u2019agit d\u2019un ouvrier qui travaille dans une usine de verre.Son travail consiste à enduire une vitre de pétrole et, la vitre étant appuyée sur son abdomen, à la tailler avec un diamant.Durant la nuit qui a suivi la première journée de ce travail, l\u2019ouvrier en question développa, à l\u2019endroit précis de son abdomen où il avait appuyé la vitre dans la journée, une bulle prurigineuse et entourée d\u2019une aréole rouge.Dans le second cas, il s\u2019agit d\u2019un jeune homme qui, après avoir passé la nuit sur un matelas désinfecté avec du pétrole, développa, dès le lendemain, une éruption vésiculo-bulleuse sur tout le côté gauche du thorax.Dans le premier cas, l\u2019apparition d\u2019une bulle à l\u2019endroit exact de l\u2019abdomen \u2018où appuyait la vitre enduite de pétrole, ne laisse aucun doute sur le diagnostic.Dans le second cas, le diagnostic est également certain parce que l\u2019éruption n\u2019apparut que sur le côté gauche du thorax, côté sur lequel était couché le malade.De plus, dans ce cas, l\u2019auteur note l\u2019action favorisante de la transpiration; la jambe gauche, en effet, non couverte de sueur, est indemne.D\u2019après l\u2019auteur, le développement d\u2019une dermite du pétrole sur des parties du corps normalement couvertes nécessiterait la présence des 3 facteurs suivants: (1) l\u2019action du pétrole; (2) une susceptibilité ou hypersensibilité individuelle; (3) une transpiration abondante, une friction ou toute autre irritation mécanique de la peau.Au point de vue clinique, l\u2019éruption est caractérisée par: (1) des bulles ou vésicules d\u2019une coloration spéciale jaune-serin; (2) une flaccidité extraordinaire des bulles et des vésicules intactes; (3) une aréole rouge œdémateuse autour des bulles.Henri SMITH.CHANGEMENT D'ADRESSE.Messieurs les médecins qui changent de domicile sont priés de donner leur LAncaster 9888, afin de faciliter l'exactitude de la liste d'inscription.nouvelle adresse sans retard au secrétariat: 326 est, boulevard Saint-Joseph \u2014 SOCIÉTÉS L'« Union Médicale du Canada» publie les comptes rendus scientifiques de toute société savante de langue française de l'Amérique du Nord.Ces comptes rendus doivent cependant être rédigés succinctement en dactylographie par les secrétaires respectifs et être adressés, sans retard, à la Rédaction.REUNION SCIENTIFIQUE DU BUREAU MEDICAL DE L'HOPITAL NOTRE-DAME Jeudi, le 10 juin 1943 Présidence de M.Ch.Hébert Etude histologique de pancréas greffés dans la paroi abdominale chez le chien.(Persistance des glandes endocrines et exocrines, des ganglions nerveux et des complexes neuro-insulaires.) M.L.-C.SIMARD Le tissu caudal du pancréas a été greffé dans la paroi abdominale du chien, par le professeur Ivy, d\u2019après sa méthode.La glande est ainsi isolée du système nerveux extrinsèque.Dans un cas, la tranche de section du greffon fut ligaturée, et la greffe fut enfouie complètement dans la paroi.Dans le deuxième cas, la tranche de section fut abouchée à la peau de façon à créer une fistule destinée à l\u2019élimination de la sécrétion externe.Les deux greffons furent prélevés pour étude histologique après deux mois.Dans le premier cas, à fistule fermée, la glande pancréatique a presque complètement disparu.Dans le deuxième cas, à fistule ouverte, la glande est très bien conservée, et on y trouve le complexe neuro- insulaire que j\u2019ai décrit chez les mammifères adultes.Dans les deux cas, les ganglions nerveux paraissent intacts.Le système nerveux intrinsèque \u2014 métasym- pathique \u2014 du pancréas peut donc survivre après sa séparation du système nerveux extrinsèque.Il semble que ce qui conditionne la reprise et la survie globale de la greffe, est le pouvoir qu\u2019a le greffon d\u2019éliminer à l\u2019extérieur les produits de sa sécrétion externe.Le complexe neuro-insulaire peut survivre en dehors de toute connexion avec le système nerveux extrinsèque, mais à la condition, semble-t-il, que persistent elles aussi, au moins en partie, les glandes exocrines et endocrines.Pas de discussion.Observation M.Chs ATTENDU Au cours de la dernière séance d\u2019études, le docteur Gérin-Lajoie faisait remarquer qu\u2019il ne faut pas être trop interventionniste lorsqu\u2019on a affaire à un avortement; qu\u2019en effet, il arrive des cas où une expecta- + + tive prudente et judicieuse peut être suivie de résultats inespérés.Je veux vous présenter deux cas pour confirmer cette assertion.Mme A.R., le 15 juillet 1941, au soir, m'appelle pour une hémorragie vaginale.Elle baigne dans une mare de sang et présente les signes d\u2019une anémie grave et progressive: pâleur, transpiration abondante, surexcitation légère.On la transporte d\u2019urgence à l'hôpital.L'examen pratiqué montre une grossesse de 5 mois: le vagin est rempli de sang et caillots, le col est entr\u2019ouvert et permet d\u2019introduire 2 doigts, les membranes bombent.On est en face du syndrome d\u2019avortement dit inévitable.On donne une injection de Morphine 4 avec 5 cc.de Coagulen intramusculaire; 500 cc.de sérum intraveineux; on prescrit la position de choc avec repos absolu.De plus, convaincu que l\u2019avortement est inévitable et que l\u2019indication première est de limiter l\u2019hémorragie, on fait un tamponnement intracervical, puis intravaginal à la mèche.On met un bandage périnéal serré et un sac de glace sur l\u2019abdomen.On prescrit que la malade boive en quantité et qu\u2019elle mange de grandes quantités de « Jell-O », dès qu\u2019elle pourra le faire, dans le but d\u2019aider à la coagulation sanguine.Le lendemain, l\u2019hémorragie a cessé et on enlève la mèche dans l\u2019après-midi.Dans les jours qui suivent, on trouve le col de moins en moins ouvert et la malade quitte l\u2019hôpital, le 21 juillet, avec une grossesse qui continue, à son grand désappointement.Le 21 novembre, la malade accouche d\u2019un bébé de 6 livres et demie, bien conformé; l\u2019accouchement a été laborieux du fait d\u2019une sorte de cloisonnement.transversal du vagin, qui, dans mon idée, résulterait d\u2019une brûlure chimique probablement causée par l\u2019application d\u2019une substance irritante en vue de procurer l\u2019avortement (ce qui confirmerait l\u2019impression qu\u2019on a d\u2019abord eue en voyant la malade au début).Dans le 2e cas, il s\u2019agit d\u2019une patiente qui est enceinte d\u2019environ 3 mois et demi.Elle présente de l\u2019hémorragie vaginale sans grandes douleurs. 1332 Le col est légèrement entr\u2019ouvert, évasé, gros, bourgeonnant.On hospitalise la patiente; un examen au spéculum révèle un gros col, exulcéré, sans vaisseau sanguin apparent.Repos au lit.Injections de morphine.Glace sur abdomen.La patiente fait un peu de température.Après 1 semaine de ces traitements, voyant que les pertes sanguines continuent, parfois légères, parfois plus prononcées, on pense que le sang peut bien provenir d\u2019un vaisseau sanguin cervical inaccessible à la vue, d\u2019autant plus que la fausse couche ne progresse pas et qu\u2019il n\u2019y a presque pas de douleurs.On prescrit des douches antiseptiques chaudes et des ovules « Vagicaps»; le col s'améliore un peu Dans l'intervalle, la patiente fait de la température à 993°, 100°.Douze jours après l\u2019entrée à l\u2019hôpital, il se déclare des douleurs fortes et la fausse couche se complète.Il y a expulsion d\u2019un fœtus d\u2019environ 4 mois qui vit pendant 76 heure.Après curage et curettage, la convalescence est normale.* + +# Dans le premier cas rapporté, on avait affaire à ce qu\u2019on est convenu d\u2019appeler un avortement inévitable et malgré la dilatation avancée et l\u2019hémorragie marquée, malgré le paquetage intracervical, on à eu continuation inespérée de la grossesse.Chez la seconde malade, on avait persistance de I\u2019hémorragie sans, il est vrai, de dilatation progressive du col; on avait de la fièvre, ce qui aurait été en soi une indication de vider l\u2019utérus, et pourtant le fœtus était vivant.La plupart des auteurs conseillent dans des cas analogues de terminer l\u2019avortement et de vider l\u2019utérus; cependant, on doit se rappeler que la morale catholique interdit de faire un curage ou curettage à moins d\u2019être raisonnablement certain que le fœtus a été expulsé; et c\u2019est pour vous rappeler qu\u2019on doit être prudent avant d\u2019intervenir que j'ai tenu à rapporter ces deux observations.Pas de discussion.Rapport préliminaire sur un cas de spondylite ankylosante ou spondylite type Pierre Marie et Striimpell MM.Yves CHAPUT et Jean GRIGNON Synonymes.Spondylite déformante \u2014 Spondylose rhizomélique \u2014 Spondylite ossifiante ligamenteuse \u2014 Arthrite rhumatoide de la colonne vertébrale.La plupart des malades atteints d\u2019arthrite rhuma- toide présentent plus ou moins rapidement des symptômes d\u2019atteinte de la colonne vertébrale.Mais, il existe une forme spéciale d\u2019arthrite rhumatoïde dans laquelle la colonne vertébrale est touchée sans que les autres articulations soient prises: c\u2019est à L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 cette forme que l\u2019on donne le nom de spondylite ankylosante ou maladie de Pierre Marie et Strümpell.Symptomatologie.1° Apparaît surtout chez le jeune homme \u2014 de 25 à 40 ans \u2014 prédominance masculine \u2014 rare chez la femme.20 Localisation primitivement lombaire \u2014 évolue à la façon d\u2019une tache d\u2019huile: de bas en haut \u2014 l\u2019ankylose débute à la région lombo-sacrée et touche successivement les segments sus-jacents.39 Calcification progressive des ligaments pré- vertébraux \u2014 absence de lésion vertébrale: pas d\u2019ostéophytes.40 Extension progressive aux articulations des racines des membres.5° Colonne progressivement ankylosée et fixée.6° Sédimentation accélérée.do Anémie secondaire et légère leucocytose.8° Equilibre phospho-calcique normal.9° Radiographie: colonne vertébrale en «type de bambou ».10° Etiologie: multiple: toutes les causes d\u2019arthrite peuvent être invoquées: tuberculose - gonocoque - syphilis - r.a.aigu - psoriasis (quelquefois ancien) - facteurs endocriniens, alimentaires; déficience vitaminique.M.W.B., âgé de 30 ans, cuisinier depuis 17 ans.Le patient se présente à l\u2019hôpital le 12 avril 1943 accusant des douleurs polyarticulaires et présentant une limitation de certains mouvements.Il ne peut élever les bras au-dessus de la tête; il peut à peine mouvoir sa colonne vertébrale.Sujet amaigri, asthénique.Est apyrétique et marche avec difficulté.Yeux.Les pupilles répondent bien à la lumière et à l\u2019accommodation; pas de nystagmus; conjonctives bien colorées.Nez.Léger coryza \u2014 cloison déviée Bouche.Denture inférieure mal implantée; pas de pyorrhée; gorge légèrement œdématiée et présentant des amygdales quelque peu cryptiques et hypertrophiées.Cou.Pas d\u2019adénopathie, pas d\u2019hypertrophie thyroi- dienne.Rachis.La colonne est bien droite sans scoliose.Il y a pratiquement disparition de la xyphose dorsale; la lordose lombaire était disparue.Au point de vue fonctionnel: flexion légére, hyperextension nulle ainsi que les mouvements de latéralité, en un mot, colonne figée.Histoire.Début il y a 5 ans par des douleurs aux talons et chevilles qui sont un peu rouges et chaudes.Les douleurs alternent d\u2019un pied à l\u2019autre. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 \"AAC EST-CE DE LA GOUTTE ?Sensibilité, raideur, léger gonflement des jointures des phalanges (les autres articulations peuvent être prises), motilité affaiblie, ralentissement graduel des fonctions.se manifestant surtout vers I\u2019'age moyen.tel est le tableau-symptômes que présentent de nombreux cas.|! peut indiquer un cas de goutte, ou bien un cas d\u2019arthritisme.\u201cLYXANTHINE ASTIER donnée per os, à dose d\u2019une cuillerée à thé, une, et même deux fois par jour, amène ordinairement une rapide amélioration de cet état, et, si on continue le traitement, la disparition complète de tous les symptômes.La Lyxanthine Astier produit cet effet en vertu de ses éléments synergiques associés: iode, calcium, soufre, bitartrate de lysidine!.ce dernier, puissant dissolvant et éliminateur des déchets métaboliques.1.Méthylglyoxalidine ou éthylethenyldiamine.ROUGIER FRÈRES, 350, rue Le Moyne, Montréal Veuillez m\u2019envoyer de la littérature documentaire: LYXANTHINE ASTIER 1334 Il est difficile de rapporter ce début à une cause définie.Il se rappelle avoir été grippé à cette époque.Il avait également subi une herniotomie 6 mois auparavant sans aucun trouble post-opératoire.Etat assez stationnaire jusqu\u2019à il y a trois ans, si on excepte quelques crises semblables à la première et apparemment causées par la prise de bière ou autres boissons alcooliques.Il y a 3 ans, coryza \u2014 angine et il doit garder le lit.Il se plaint de ses chevilles, de ses articulations de ceinture.Il note à ce moment des douleurs lombaires basses puis quelque temps des douleurs cervicales.Depuis un an, les mouvements des épaules sont limités et il ne peut fléchir la colonne vertébrale.Les douleurs sont constantes (dans le dos et les ceintures) avec quelques accès.Il y 15 jours, il accuse une angine et des douleurs plus fortes et on nous l\u2019envoie.Laboratoire.Azotémie 0.26 Glycémie LL 1222 2.0,05 Sang Uricémie .064 (normal: 040 \u2014 0.50) Calcémie 0.102 (normal: 0.90 \u2014 0.110) B.W.: négatif.Urine: Légères traces d\u2019albumine \u2014 rares leucocytes \u2014 quelques cellules.Sédimentation: (Cutler) \u2014 14 avril: 29 27 avril: 22 3 mai : 16 12 mai : 22 Hémogramme: 4,075,000 66% 10,000 8% 72% 26% 0.9 Radiographies.Epaule gauche et genou droit: rien d\u2019anormal.Colonne vertébrale: les corps vertébraux ne présentent aucune déformation sauf la présence de gros becs osseux formant des ponts presque complets aux coins de quelques corps vertébraux.Tous les espaces inter-vertébraux sont bien conservés.Il y a sacralisation de l\u2019apophyse transverse gauche à la 5e lombaire.(Dr D.Léonard).Requête en urologie.(Dr L.Sylvestre).Aucun signe d\u2019uréthrite \u2014 pas de pus dans les sécrétions prostatiques.Le rapport de la culture des sécrétions prostatiques suivra.Traitement.Notion capitale: remettre l\u2019individu dans un équilibre physiologique.(Pemberton).L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, novembre 1943: Chez notre malade: Diète généreuse ; Repcs; Polyvitamino-thérapie ; Vitamine D concentrée: 150,000 à 300,000- unités par jour (Ostogen Forte) ; Gracieuseté de la maison Frosst.Conclusion.Il s'agit d\u2019un rapport préliminaire; nous avons l\u2019intention de traiter ce malade de cette façon pendant.plusieurs mois pour le présenter de nouveau devant cette société afin d\u2019en apprécier le résultat et de dis- euter cette thérapeutique «soi-disant nouvelle ».Discussion.M Charles ATTENDU.Quel est l\u2019état du malade?M.Roger DUFRESNE fait remarquer la fréquence des troubles digestifs et demande si le malade a présenté des symptômes digestifs.M.Albéric MARIN rapporte avoir traité un cas- de spondylite ankylosante par la pyrétothérapie; après cinquante heures de traitement, les symptômes fonctionnels sont disparus, notamnient les douleurs.mais l\u2019état d\u2019ankylose persistait.M.Jean GRIGNON.Ce n\u2019est pas sans raisons que l\u2019arthrite rhumatoïde a été nommée arthrite infectieuse chronique.En effet, si on regarde ce qui se produit à l\u2019articulation touchée, on constate qu\u2019il s\u2019y trouve un véritable tissu de granulation au niveau.du cartilage et de la synoviale surtout, et une cicatrice fibreuse qui l\u2019ankylose.Bien différente est l\u2019ostéo-arthrite qu\u2019on devrait: plutôt nommer ostéo-arthrose; car dans ce cas il ne se produit pas d\u2019inflammation, mais une dégénérescence qu\u2019on a déjà reproduite chez l\u2019animal en.ligaturant les principales artères nourricières d\u2019une articulation.Lorsqu'il s\u2019agit de l\u2019arthrite rhumatoïde, quoiqu\u2019on puisse accuser des antigènes divers pouvant amener une telle lésion inflammatoire, il est fort possible que l\u2019on doit penser surtout aux antigènes microbiens (Cecil et Nicholls montrent dans 65% des cas.la présence d\u2019un streptocoque hémolytique atténué).En partant de ce point de vue, comment supposer qu\u2019une substance comme la Vitamine D pourrait nettoyer l\u2019organisme d\u2019un tel processus À notre humble avis nous ne connaissons pas à l\u2019Ergostérol irradié un semblable pouvoir, si ce n\u2019est qu\u2019elle doit exister à un certain taux dans l\u2019individu qui veut se maintenir normal.Bien plus, il serait peut-être préjudiciable de la donner à de trop fortes doses; parce que l\u2019excès de Vitamine D amène parfois de l\u2019hypercalcémie aux dépens de l\u2019os qui manque déjà de calcium.C\u2019est bien ce que concluent W.Bauer et Abrams de Boston, à la suite d\u2019une étude très complète de plusieurs Cas: L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 1335 LES ALGIES RHUMATISMALES et SYNDROMES DOULOUREUX \u2014 Complexe médicamenteux de Po- lysalicylates, Soufre, Calcium, Thyroide et Parathyroide, en capsules glutinisées, ne se dissolvant que dans l\u2019intestin.PUISSANT MODIFICATEUR DU TERRAIN RHUMATISMAL DOSES: jusqu'à cessation des douleurs, la dose devra être forte, de 12 à 18 Capsules par 24 heures.Prendre de préférence une Capsule \u2014 ne jamais dépasser 2 capsules \u2014 toutes les heures ou toutes les deux heures.Après la cessation des douleurs, réduire la dose du tiers, puis de la moitié et plus.PRÉSENTATION: En flacons de 100 Capsules.ULFOSALYL Échantillon sur demande.ANGLO-FRENCH DRUG COMPAGNIE 209 Est, rue Sainte-Catherine, Montréal. 1336 L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 «Nos résultats montrent que l\u2019administration de doses massives de Vitamine D est de peu ou sans valeur pour changer le cours de la maladie.Les effets généraux de grandes doses ne semblent pas bien différents de ceux obtenus avec les doses thérapeutiques usuelles et ne justifient pas les dépenses et les dangers encourus.» Serait-il nécessaire d\u2019ajouter que Pemberton dit à peu près la même chose, croyant davantage à l\u2019effet des sels d\u2019or.Pour ce qui est de notre patient, nous avons voulu lui donner le bénéfice d\u2019une thérapeutique qui, si elle était fructueuse même contre notre expectative, l\u2019en réjouirait certainement.En attendant, nous surveillons les symptômes d\u2019intolérance et d\u2019hypercalcémie qu\u2019il pourrait présenter.M.Yves CHAPUT.Tel que mentionné dans le rapport, il s\u2019agit d\u2019une étude préliminaire d\u2019un cas de spondylose rhizomélique traité par la Vitamine D concentrée.Ce traitement préconisé depuis quelques années repose sur des données physiologiques bien obscures.Il a l\u2019intention de traiter le malade de cette façon pendant trois à six mois.Le produit employé est l\u2019Ostogen Forte, gracieusement fourni par la Maison Frosst, la posologie étant de 150,000 à 300,000 unités par jour.À surveiller l\u2019intolérance caractérisée par les brûlements d\u2019estomac, des nausées, des céphalées, etc.Actuellement, le malade a constaté une amélioration fonctionnelle assez marquée, caractérisée surtout par la disparition des douleurs.Il n\u2019accuse aucun trouble digestif à date.Le malade sera présenté de nouveau dans quelques mois, alors que sera étudiée cette thérapeutique d\u2019après les résultats obtenus.Une épidémie de chancrelle M.Albéric MARIN La chancrelle fut exceptionnellement observée dans le district de Montréal depuis les dix dernières années.Personnellement, je n\u2019en ai vu que deux cas au département de Dermato-Syphiligraphie de l\u2019hôpital Notre-Dame (il y a 7 et 4 ans).La même rareté de cette maladie fut aussi observée en France durant la dernière décade.Cependant, par un de ces mystères de l\u2019épidémiologie, dans les deux derniers mois, nous avons traité 12 cas de chancrelle: 7 étaient des soldats et 5 des civils.Tous étaient des patients du sexe mâle et de race blanche.Onze racontèrent à nos inquisiteuses du Service Social qu\u2019ils avaient été contaminés par des prostituées de Montréal, un à Sherbrooke.Leur âge allait de 19 à 54 ans.Les deux derniers cas présentaient une infection mixte: tréponème et bacille de Ducrey.Dans 10 cas, les signes cliniques étaient typiques: ulcère profond sous-miné, bords irréguliers, à contours hyperhémiés, le fond tout recouvert d\u2019un exsudat sale.Six seulement présentaient des lésions multiples.(2-3-4.) À l\u2019exception des 2 cas mixtes, l\u2019ultra fut négatif, de même que le Wasserman et le Kahn.Comme 11 des cas furent de oourte durée, l\u2019épreuve intradermique par la méthode d\u2019Ito-Reenstierna ne fut d\u2019aucune valeur.Elle donna une réponse positive dans un cas qui a duré 22 jours.La mise en évidence du B de Ducrey fut réussie dans 5 cas seulement.L\u2019auto-inoculation fut positive dans tous les cas.Positive en moyenne dans 48 heures.Pas de traitement local dans aucun des cas si ce n\u2019est lavage et savonnage 2 fois par jour.Les 10 premiers cas furent traités par le sulfa- thiazole seul, par la bouche à la dose de 4 grammes par jour.De ces 10 patients, 8 guérirent en moins de 10 jours (un en 6 jours, un en 13 jours et un autre en 19 jours).Le chancre d\u2019inoculation guérit environ dans 5-6 jours.° Un seul cas de bubon fut noté, il ne suppura pas.Les deux cas mixtes furent traités simultanément par le sulfathiazole et la thérapie arséno-bismuthique.Ils guérirent en 13 et 26 jours.Commentaires.Réapparition d\u2019une ancienne maladie vénérienne que nous espérions éteinte.L\u2019attention est attirée sur le fait que le diagnostic peut être facilement et rapidement fait par l\u2019auto- inoculation et sur le traitement rapide sans complication par le sulfathiazole et par la bouche.Discussion.M.Yves CHAPUT demande au docteur Albéric Marin un rappel clinique sur la symptomatologie et l\u2019évolution de la chancrelle.M.Albérie MARIN.La chancrelle est caractérisée par une ulcération profonde qui entame le derme, à configuration irrégulière et à bords décollés: le fond est vermoulu et granuleux avec réaction inflammatoire de voisinage; et adénopathies concomitantes après le contact vénérien.Il y a plusieurs années, le traitement consistait en des applications d\u2019antiseptique, localement.Vers 1923-1924, est apparue la vaccination par Dmelcos.La durée du traitement était d\u2019au moins quatre semaines.Vers 1940 jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, est apparue la thérapeutique par les sulfamidés, notamment le sulfathiazole: à la dose 4 1 L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 1337 Pour GARDER la RESERVE DE SELS ALCALINS Pour maintenir la réserve de sels alcalins, il faut peut-être alcaliniser le patient plus que son régime alimentaire seul ne peut le à faire.Dans ces cas, comme dans les cas de fièvre et pendant le traitement aux sulfona- ÿ mides, l'emploi d\u2019Alka-Zane sera définitive- ÿ ment utile.Composé des quatre sels alcalins principaux \u2014 sodium, potassium, calcium et magnésium \u2014 sous forme de carbonates, de citrates et de phosphates facilement assimilables, Alka-Zane a le double but d\u2019alcaliniser et de faire absorber du liquide.Une cuillerée à thé d\u2019Alka-Zane dans un verre d\u2019eau, dans un jus de fruit quelconque ou dans du lait, procure une boisson agréable et rafrai- chissante.Afin que vous puissiez constater par vous- même l\u2019efficacité et le goût agréable d\u2019Alka- Zane, nous vous suggérons d'écrire pour en demander une provision à titre gracieux.ALKA-ZANE WILLIAM R.WARNER & CO., LTD., 727 KING ST.WEST, TORONTO, ONTARIO bd | yes 1338 de 4 grammes par jour par la bouche, la guérison se produit dans les 8 à 10 jours.Et il rapporte un fait clinique démontrant que cette maladie que l\u2019on considérait comme pratiquement disparue semble connaître une recrudescence depuis quelques mois: en deux mois, il en a cbservé 12 cas dans son service.Les conséquences de la péricardectomie M.J.P.-M.RICARD (Présentation d\u2019un malade opéré, il y a 15 mois, de péricardectomie, pour péricardite constrictive.) Cas de péricardite MM.Armand GRATTON, Rolland SIMARD et Claire GELINAS Monsieur P.T.\u2026., 30 ans, mécanicien, est admis dans le service de médecine le 16 avril 1943.Ce patient se présente pour point de côté à l\u2019hémothorax gauche, dyspnée, toux légère sans expectoration.Début.Vers la mi-mars, par un état grippal, hyperthermie de 99° à 100°, courbature, asthénie qui dure environ 8 jours.Première consultation, au début d\u2019avril, avec le même syndrome ci-haut mentionné et une dyspnée plus intense qui, à ce moment, doit l\u2019empêcher de marcher: perte progressive de poids (40 livres environ dans un mois).Antécédents personnels.Aucun.Antécédents héréditaires.Père décédé à 61 ans: (angine?) : Mère décédée à 50 ans: (néo du foie).2 fréres et 4 sceurs en B.S.Habitudes.25 cigarettes par jour.Examen objectif.Type costaud; facies pale; poids 160 livres: (poids habituel, 190).L\u2019examen des yeux, nez, gorge, oreilles: ne révèle aucune pathologie.Au cou, on ne trouve ni adénopathie, ni hypertrophie thyroïdienne.Cœur: P.A.115/75.Augmentation de l\u2019aire cardiaque.(6e espace intercostal environ 11 cm.de la ligne médio-sternale et disparition du choc de la pointe.Rythme irrégulier (au début).Bruits très assourdis et lointains.Extrasystoles nombreuses: frottements péricardiques très nombreux et bien marqués surtout à la pointe.Souffle systolique au foyer pulmonaire.Poumons: Amplitude normale: \u2014 vibrations conservées, mais diminuées à la base gauche.Submatité de la base gauche.Râles sous-crépitants jusqu\u2019au 1/3 moyen du poumon gauche.Abdomen: Souple; pas de masse ; aucun point douloureux; foie et rate normaux.Réflexes ostéo-tendineux normaux.Examen des crachats.Bacille de Koch négatif: le 22 avril 1943.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 Sang: B.W.- négatif.19 avril 1943 Urée, 0.54 gr.Glucose, 1.06 gr.4 mai 1943 Cholestérine, 1.61 gr.Formules sanguines: Rouges Blancs Hb.V.G.Neu.Lym.Eos.19/4/43 4,075,000 7,000 70% 08 75% 18% 1% 28/4/43 4,500,000 9000 6% 07 63% 27% 3% Sédimentation globulaire: Variant de 25 cm.au début à 11 em.le 27 mai.Urines: Albumine, x x x \u2014 Sang \u2014 Cellules épithéliales \u2014 17/4/43.Ponction pleurale (Base gauche): 20/4/43.Aspect macroscopique: Liquide jaune citron (5 c.c.louche.Aspect microscopique:: 1° Lyse des éléments cellulaires.20 Flore microbienne variée.3° Cholestérine.Tension veineuse.17 cm: le 12 mai 1943; 21 cm: le 21 mai 1943; 1644 cm: le 28 mai 1943.Vitesse sanguine au dicholium.(du pli du coude à la langue).le 21 mai 1943: V.S.13 secondes; le 28 mai 1943: V.S.21 secondes.Expérience chez des sujets apparemment normaux.(2 cas.) Vitesse sanguine: 28 mai 1943 16 secondes 11 secondes Radics pulmonaires.20 avril 1943.\u2014 «Le cœur est énorme dans tous ses diamètres.Sa forme affecte celle d\u2019une carafe comme dans les péricardites avec épanchement.Léger épanchement de la cavité pleurale gauche.Troubles circulatoires marqués sur les 2 plages pulmonaires.» 7 mai 1943.\u2014 « L\u2019aspect de la silhouette cardiaque est encore celui d\u2019une carafe, mais beaucoup moins caractéristique et beaucoup moins étalé que lors du précédent examen.Il semble que véritablement la quantité de liquide qu\u2019il contient est diminuée de fa- con nette.Il existe encore un petit épanchement avec niveau de liquide de la cavité pleurale gauche.Les troubles circulatoires sont encore très marqués.» (Docteur Bélisle.) , 22 mai 1943.\u2014 « Les deux plages pulmonaires sont presque nettoyées; il persiste seulement des hiles un peu larges et denses avec une trame un peu marquée dans leur voisinage traduisant la persistance de certains troubles circulatoires.Vers les bases, bandelettes fibreuses mais disparition des épanchements.Le cœur est moins gros, et sa forme en carafe s\u2019est quel- UROPRAZINE ERR CEES ARTHRITISM ar id % A : PCYSTITES® AVELLE?URIQUE.\u2018 a \u20ac CALC OLE L _RACHITISME TROUBLE SSR DRAGEES of WY LYRE: 13 TEN > ÉTÉTANIE ET 3 ÉTATS SPASMOPHILES \u2014 TROUBLES, 05 paru | TRICALCINE OURS DE LA AE POUDRE \u2014 COMPRIMES \u2014 CACHETS [SY > ais (ho M0 | Ly gh 3 HR 3 as he A TET 0 ANEM IE PSS au eu pv.: VEINOTROPE TROUBLES Du SY ST EMEA MASCULIN FÉMININ WVEINEUX LA) Ene eg ARICES@PHEMORRO)DESQULGERESQVARI GUEUX MRTROU'BLE: FERGIE) MASCULINSETSFEM DURE : ET I PEPTALMINE MAGNÉSIÉE PEPTALMINE PURE Ç STRANGE A YW p fe à HY Men : poe 8 Are i 2) TN ; Rain.; yr rd oh , ! 3 ait ; 1340 que peu atténuée.Mais il est possible qu'il existe encore quelques petits épanchements intra-péricar- diques.» (Docteur Bélisle.) 31 mai 1943.\u2014 « La silhouette cardiaque semble continuer d\u2019évoluer vers la normale.Les hiles sont encore larges et denses avec trame de voisinage accentuée comme dans les troubles circulatoires.» Evolution.Auscultation du cœur.26 avril 1943.\u2014 Les bruits sont plus facilement perceptibles qu\u2019au début; les frottements sont disparus.Cependant l\u2019auscultation du malade en position penchée, les bruits s\u2019assourdissent davantage.10 mai 1943.\u2014 L\u2019auscultation du cœur se rapproche de plus en plus de la normale.Disparition des extrasystoles.14 mai 1943.\u2014 Rythme pendulaire, bruits bien entendus à tous les foyers, cependant voilés.21 mai 1943.\u2014 Les battements cardiaques sont perceptibles à jour frisant.Les bruits du cœur sont bien frappés à la pointe surtout.4 juin 1943.\u2014 Bruits à peu près normaux.Rythme régulier.Traitement.1° Repos absolu \u2014 2° Digitaline (2 cures de 100 gouttes) \u2014 3° Diurétiques \u2014 4° Vitami- no-thérapie composée \u2014 5° Ouabaïne per os.+ + Nous présentons ce malade: I.\u2014 En vue des particularités dans l\u2019évolution de la maladie.II.\u2014 Pour discuter le pronostic.T.\u2014 Particularités a) Se présente à l'hôpital pour pleurésie et le \u2018symptôme dominant, à l\u2019examen, c\u2019est la péricardite.b) Au repos complet, sans traitement particulier, l\u2019épanchement péricardique disparaît et le cœur semble revenir à des proportions normales.II \u2014- Pronostic.Cette péricardite va-t-elle évoluer vers la guérison, pure et simple ou vers la maladie de Pick?Discussion des deux dernières communications.M.René GRIGNON.Le docteur Ricard a-t-il eu l'occasion d\u2019observer et de vérifier, à l\u2019autopsie, l\u2019état anatomique des séreuses de ses malades?Par M.RICARD.Oui, elles sont épaissies secondairement aux épanchements d\u2019ordre mécanique.Le syndrome représente une entité clinique qui est la constriction du péricarde et ses conséquences mécaniques, dont les quatre points principaux du syndrome sont les suivants: 1) gros foie; 2) ascite; 3) petit cœur immobile; 4) hypertension veineuse.M.Charles SIMARD.L\u2019inoculation au cobaye a-t-elle été faite?Par M.RICARD.Oui, elle est positive dans le 2e, 3e et 4e cas.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 M.Alphonse BERNIER.ŸY a-t-il des procédés pour déceler la présence d\u2019adhérences péricardiques?Par M.RICARD.Oui, des procédés de clinique et de radiologie.M.Charles ATTENDU.Quelle est la signification du test de la vitesse sanguine?Par M.RICARD.Ce test se fait par l\u2019injection I.V.de Dicholium: la normale, du pli du coude à la langue, est de 8 à 10 secondes.Tout obstacle sur les vaisseaux du cœur et du médiastin et toute compression des cavités du cœur prolongent ordinairement le temps de la circulation.M.Armand GRATTON.L\u2019A.divise les péricardi- tes en aiguës, sub aiguës et chroniques.Il démontre qu\u2019elles évoluent avec épanchement séreux, séro- hémorragique ou purulent, ou qu\u2019elles sont sèches.La guérison se termine souvent pas des symphyses intra ou extra péricardiques.Les symphyses intra péricardiques qui guérissent avec constriction du péricarde, déterminent le syndrome de Pick.Par M.RICARD.Ce syndrome porte le nom de Pick: auteur qui l\u2019a décrit en 1898: «C\u2019est une médiastino-péricardite avec cirrhose du foie.» Ce syndrome est d\u2019ailleurs sujet à diagnostic avec la polysérite.Le malade présenté ce matin est âgé de 19 ans, a été opéré pour péricardectomie, il y a quinze mois, a repris son ouvrage cinq mois après l\u2019opération et se porte actuellement très bien.Dans le poumon gauche il existe une petite pleurésie hémorragique enkystée : reliquat post-opératoire du drainage trans- pleural du péricarde.Sa vitesse sanguine est normale.J'ai eu l\u2019occasion d\u2019opérer quatre cas semblables à date: le ler a vécu vingt mois, est mort d\u2019une lapa- rotomie, pour drainage de Talma.Le deuxième a survécu trois mois, la malade est morte de tuberculose généralisée.Le troisième a survécu cinq mois et est mort aussi de tuberculose.La quatrième se porte bien, après quiñze mois de survie.Le rapporteur présente son malade et un film en couleur sur l\u2019opération de péricardectomie pratiquée chez son malade.Le secrétaire adjoint du Bureau Médical, Yves CHAPUT.o SOCIETE DE BIOLOGIE DE MONTREAL Séance du 19 octobre 1943 Facteur R H, cause d\u2019avortements répétés M.Albert BERTRAND.Influence de variations de métabolisme sur la résistance à l'anoxie M.Charles-Philippe LEBLOND. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, novembre 1943 1341 + Indicated in Arteries Selernals, ; \u2018ension, CHmacterin Disorders, 1 FAR Dose: One tablet tw or chips times\u201d 4 à FE Say au indicated.: ¥ LA THÉOBROMINE produit trés peu d\u2019effet sur le systéme nerveux central, mais elle est employée depuis longtemps comme vaso-dilatateur parce qu\u2019elle relâche les artères coronaires d\u2019une façon très efficace.Son emploi est indiqué dans les cas suivants: faiblesse cardiaque, maladie du cœur causée par l'hypertension, ischémie des cordes vocales, angine de poitrine, douleurs cardiaques et la thrombose coronaire qui s'ensuit.LE NEUROBARB E.B.S.(phénobarbital) produit une sédation plus lente et plus durable que le barbital.Il agit sur le système nerveux central, spécialement sur le centre du cerveau.Cette action, jointe à l'effet direct du neurobarb qui dilate les organes circulatoires, soulage de l'hypertension d\u2019une façon notable.Le neurobarb est également précieux parce qu\u2019il assure un effet analgésique, manquant de théobromine, et tend à enrayer l\u2019action diurétique de la théobromine.J] DANS LE THEOBARB E.B.S., la combinaison de Théobromine et de Neurobarb agit d\u2019une façon synergique pour soulager le spasme et calmer l'appréhension.Le prompt soulagement qui suit son administration améliore grandement l\u2019état d'esprit du patient et son bien-être physique.Le Théobarb E.B.S.se vend en comprimés comme suit: Vasodilatateur et Sedatif Mental Sur vos ordonnances, .spécifiez \u201c\u2018E.B.S.\u201d C.T.#691 contient: C.T.#691A contient: Théobromine .gr.Théobromine .5gr Neurobarb .Yaogr.Neurobarb.Yagr.Bicarbonate de Soude 5 gr.Bicarbonate de Soude 5 gr.i.Le Théobarb E.B.S.est vendu à prix raisonnable et s\u2019obtient TORONTO ~~ ONTARIO facilement avec une ordonnance.Fondée en 1879 tes NOUVELLES LA SOCIETE MEDICALE DE MONTREAL Séance de médecine militaire sous les auspices de la Société Médicale Une séance de médecine militaire, présidée par le docteur Adélard Groulx, a eu lieu le 19 octobre dernier, sous les auspices de la Société Médicale de Montréal.C\u2019est grâce à la coopération du Commandant d\u2019Escadre L.-E.Emard, du Corps de l\u2019Aviation Canadienne, que le docteur Paul Letondal, président du Comité des programmes, a pu organiser cette réunion qui a été tenue dans une institution dont s\u2019enorgueillit notre ville à juste titre.Après quelques mots de bienvenue par le sous-directeur du Jardin Botanique, M.Jac- \u201c ques Rousseau, les travaux scientifiques suivants furent présentés: A) Marine: a) Le médecin dans la marine canadienne: le Lieutenant Commandant JEAN Boucxarp; b) Les devoirs des médecins marins: le Lieutenant Commandant Gafran JARRY.B) Armée: Les maladies vénériennes dans l\u2019armée canadienne: le Capitaine GEorcEes LECLERC.C) Aviation: a) Role du médecin attaché a une escadrille de chasse: le Lieutenant de Section FERNAND JoNcAs (de retour de la campagne d\u2019Afrique) b) Infection gonococcique - ävec manifestation oculaire traitée par la pénicilline: le Lieutenant ed Section RENÉ CHARBONNEAU; C) Le problème de l\u2019alimentation dans l\u2019aviation canadienne: le Chef d\u2019Escadrille J.-O.Roy.C\u2019est la Ville de Montréal qui recevait à cette occasion les membres de la profession, au Jardin Botanique, pour rendre hommage à nos médecins canadiens-français actuellement sous les drapeaux.-\u2026 Un goûter fut servi à l\u2019issue de la séance.SOCIETE DE BIOLOGIE DE MONTREAL HEURE DE BIOLOGIE organisée par la Société de Biologie de Montréal sous les auspices de l\u2019« ACFAS » et de la « Revue Canadienne de Biologie ».1943-1944 Premier semestre La réouverture des conférences appelées l\u2019« Heure de Biologie» aura lieu.jeudi, le 28 octobre courant, à 5 heures du soir.Ces conférences s\u2019adressent aux professeurs de tous les ordres d\u2019enseignement (écoles primaires, collèges, couvents, écoles normales, facultés), aux étudiants des diverses Facultés ou Ecoles, au publie désireux de suivre les progrès de la science.Ces conférences sont ouvertes à tous sans inscription préalable, et auront lieu à l\u2019Université de Montréal, 2900, boulevard du Mont-Royal, salle H 4.Le programme du premier semestre comportera les sujets suivants: 28 octobre.\u2014 M.Albert BErTRAND, M.D.\u2014 Groupes sanguins et banques de sang.18 novembre.\u2014 M.Armand FrarrIEr, M.D.\u2014 La pénicilline.25 novembre.\u2014 Fr.Marig-VicTorIN, D.Sc.\u2014 Quelques problèmes de botanique tropicale.2 décembre.\u2014 M.Georges MAHEUx, D.Se.\u2014 Hommes et Bétes.| 9 décembre.\u2014 M.Richard BerNarp, Ph.D.\u2014 Le sommeil hibernal chez les mammifères.16 décembre.\u2014 M.Charles OBerLING, M.D.\u2014 La science moderne devant les infiniment petits.Le programme particulier de chaque conférence sera affiché une semaine d\u2019avance à l\u2019Université de Montréal et publié dans les journaux locaux.\u2018 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A UJOURD'HUI, comme en 1875, l\u2019Huile de Foie de Morue de Squibb aide aux bébés à se bâtir des corps solides et sains.On ne le savait pas alors, mais on le réalise aujourd\u2019hui: ce n\u2019est pas l\u2019hule en elie- même qui compte, mais les vitamines qu\u2019elle renferme.L\u2019Huile de Foie de Morue de Squibb est deux fois plus riche en vitamines À et D que les huiles qui n\u2019atteignent que juste les exigences des pharmacopées officiel'es.C\u2019est à cause de cela que les mères doivent donner aux bébés une seule cuillerée à thé de l\u2019Huile de Squibb, chaque jour.au lieu des deux cuillerées qu\u2019il faut donner d'huiles moins actives.La haute qualité de l\u2019Huile de Foie de Morue Squibb est due à la clarification et au raffinage soigneux de folies spécialement choisis.Le chauffage excessif et l\u2019exposition à l\u2019air y sont évités et l'huile qui en résulte est carbonatée puis embouteillée sous pression de bioxyde de carbone pour éviter l\u2019oxyda- ticn de la vitamine À.L'Huile de Foie de Morue de Squibb fourn:t.par gramme, 1,800 Unités Internationales de vitamine À et 175 Unité : Internationales de vitamine D.Elle est présentée en flacons de 4 et de 12 onces soit simple, soit aromatisée à la menthe.Les enfants prématurés et les enfants à croissance rapide ont besoin de plus de vitamine D et l\u2019on doit leur donner l\u2019Huile de Fo\u2018e de Morue Squibb au Viosterol 10D.[Le bébé a besoin de cette aide pour se bâtir: .N.\u2014 Montréal, novembre 1943 + UN DOS DROIT ET SOLIDE À UNE TÊTE BIEN FORMÉE À DES DENTS SAINES ET EGALES IMPORTANT Augmentation de puissance de l\u2019Huile de Foie de Morue Squibb au Viosterol 10D.Pour l'effet immédiat, la tereur de vitamine de l\u2019'Huile de Foie de Morue Squibb au Viosterol 10D « été portée à 3,000 Unités Internationales de vit-mire A et 400 Unités Irternaticnales de vitamine D par gramme.ERSquUIBB & SONS OF CANADA, Ltd.Fabr:cants de Produits Chimiques pour le Co-ps Médical depuis 1858.1343 1344 {L'UNION MEDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 CONFERENCES DU DOCTEUR I.NEWTON KUGELMASS Le docteur I.Newton Kugelmass, de New- York, une autorité en pédiatrie et sur les maladies de la nutrition, prononça, le 5 octobre dernier, deux conférences à Montréal.La première était donnée, le matin à 11 heures, à l\u2019hôpital Général de Verdun; elle portait sur « la pathogénie et le traitement des syndromes hémorragiques chez les enfants » ; elle était une contribution personnelle du docteur Kugelmass au cours de perfectionnement en pédiatrie donné à cette institution, du 4 au 9 octobre dernier, sous la direction du docteur Paul Letondal.La seconde avait lieu l\u2019après-midi à 5 heures, à l\u2019Institut de Microbiologie et d\u2019Hygiène de l\u2019Université de Montréal, sous les auspices de la Société Médicale; présidée par le docteur J.-U.Gariépy, elle était consacrée au « diagnostic précoce des maladies par carence chez les enfants».A cette occasion, l\u2019éminent pédiatre fut présenté par le docteur Paul Letondal et remercié par le docteur Armand Frappier, directeur de l\u2019Institut de Microbiologie et membre titulaire de la Société Médicale de Montréal.NOUVELLES MILITAIRES Le docteur Hector Payette, lieutenant de l\u2019aviation, est maintenant médecin de l\u2019escadrille « Les Alouettes » opérant tout récemment en Afrique du Nord.Le lieutenant-colonel Pierre Tremblay, en Angleterre depuis 1940, sera bientôt à la tête d\u2019un hôpital général mobile, un des deux premiers du genre dans l\u2019armée canadienne.Cet hôpital général mobile sera placé immédiatement en arrière de la ligne de bataille et aura un appareillage chirurgical complet avec chirurgien, anesthésiste et une vingtaine d\u2019infirmières.VICE-PRESIDENT DE L'ASSOCIATION AME- RICAINE DE SANTE PUBLIQUE Le docteur Jean Grégoire, sous-ministre de la Santé et du Bien-Etre Social de Québec, a été élu tout récemment vice-président de l\u2019Association Américaine de Santé Publique.Nous sommes heureux d\u2019offrir au docteur Grégoire nos plus sincères félicitations pour cette très honorable nomination dont il a été l\u2019objet.MEMBRE HONORAIRE DE L'ASSOCIATION DES MEDECINS MILITAIRES DES ETATS-UNIS Le docteur L.-M.Emard.commandant d\u2019escadre et officier de santé au quartier général de la 3e région d\u2019entraînement aérien, vient d\u2019être nommé membre honoraire de l\u2019Association des médecins militaires des Etats-Unis qui lui a présenté une médaille de mérite au cours d\u2019un récent congrès tenu à Philadelphie.Nous félicitons chaleureusement le docteur Emard.A LA PRESIDENCE DE L'ASSOCIATION GENERALE DES DIPLOMES DE L\u2018UNI- VERSITE DE MONTREAL Le docteur L.-C.Simard, professeur agrégé à la Faculté de Médecine, anatomo-patholo- giste à l\u2019hôpital Notre-Dame et directeur de l\u2019Union Médicale du Canada, vient d\u2019être élu président de l\u2019Association générale des diplômés de l\u2019Université de Montréal.Nos sincères félicitations sont adressées à notre collègue et au dévoué directeur de notre Journal. CRT TY L) \\ LE UIT TN { $3 A TRAITEMENT DE LA CERVICITE PAR SMI PAK L'on connaît depuis longtemps l'efficacité du Sulfate de magnésie dans le traditionnel paquet humide (solution concentrée de sulfate de magnésie dans un mélange de glycérine et d'alcool).OSMOPAK est une pâte molle constituée de 58% de sulfate de magnésie et de14% de benzo- caine, laquelle contient à son tour le sulfate de tétra-éthyl-diamino-triphényl-méthane (vert brillant), le tout incorporé dans une base hydro-soluble.tienne entre 4 et 5.LA TECHNIQUE DE CE TRAITEMENT EST SIMPLE On pratique un soigneux examen bimamuel, on introduit le spéculum et on nettoie le col.Déposer environ une demie once d'Osmopak sur un morceau d'ouate de 3 pouces par 6 que l'on roule serré et que l\u2019on attache au milieu ar une ficelle de façon à ce qu'il ait une ongueur de 3 pouces.À l'aide d'une pince à pansement utérin, introduire le tampon à l\u2019intérieur du spéculum et le placer sur le col.La ficelle doit sortir d\u2019un pouce à l\u2019orifice de la vulve.On conseille à la patiente de retirer le tampon par simple traction sur la ficelle, au bout de 24 heures au minimum et de 48 heures au maximum, ou en moyenne au bout de 36 heures.L'on en a corrigé le pH de façon à ce qu'il se main- \u2019 \u201d RESUME L'expérience a montré que le traitement à l'OSMOPAK était particulièrement recommandable pour les patientes enceintes ou très nerveuses et sensibles chez qui la cautérisation ou des mesures plus radicales sont contre- indiquées.1 \u2014 OSMOPAK est efficace dans le traitement des cervicites banales.2 \u2014 Il est un adjuvant utile de la cautérisation du col.3 \u2014 ll est d'emploi facile.4 \u2014 C'est un mode de traitement peu co âteux.5 \u2014 ll ne cause aucune gêne à la patiente.6\u2014 ll n'entraîne aucune réaction douloureuse ou irritante.PRÉSENTATION en pots d'une livre et quart pour emploi au bureau.Échantillon médical et documentation sur demande IRWIN NEISLER & CO.\u2014DECATUR, ILLINOIS HERDT & CHARTON, 2027, avenue du Collège McGill, Montréal NOUVEAU et MODERNE 1346 PLUS DE CENT ENFANTS BENFFICIENT DU \u201cCAMP DE SANTE SAINT-HYACINTHE\" L\u2019Unité sanitaire de Saint-Hyacinthe, à laquelle la province doit déjà de nombreusés initiatives, compte parmi ses plus belles réalisations la création d\u2019une colonie de vacances qui porte le nom de « Camp de Santé Saint- Hyacinthe ».Dans une entrevue qu\u2019il nous accordait récemment, l'actif et dévoué directeur de ce bureau de santé, le docteur Mare Bergeron, nous exposait en ces termes l\u2019objet de cette initiative due à l'inspiration du docteur Gaudias Choquette.« Le but de cette œuvre, nous déclare le docteur Marc Bergeron, est de fournir pendant la saison d\u2019été aux enfants pauvres de Saint- Hyacinthe, une alimentation saine, un repos bien mérité, des exercices physiques appropriés exécutés dans les conditions hygiéniques propres à augmenter leur résistance à la maladie tout en développant leur éducation.Une surveillance étroite de la morale et une observance de la discipline journaliére en font un camp de formation.Le « Camp de Santé de Saint-Hyacinthe », caché dans un bois frais et touffu qui domine le Saint-Laurent, se dresse à quelque cinq milles du village de Contrecœur.C\u2019est dans ce décor où, selon l\u2019expression de la comtesse de Noailles, L\u2019air abondant et vif se donne comme un cœur, que le docteur Mare Bergeron nous expliquait les origines de cette œuvre éminemment patriotique et utile.«C\u2019est à l\u2019automne 1940, continue le directeur de l'Unité sanitaire et à la suggestion du docteur Gaudias Choquette, promu inspecteur régional des Unités sanitaires et assistant-di- recteur de la division provinciale des maladies vénériennes, que fut formé le Comité qui devait réaliser cette œuvre.Ce Comité se composait de MM.J.-A.Viger, m.d., président, Francois L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 Jetté, vice-président; madame Rodolphe Philie et mademoiselle Benoite Bonin, conseillères; Marc Bergeron, m.d., trésorier et directeur médical; mademoiselle Alice Girard, secrétaire.«Lors de la première réunion du Comité, l\u2019organisation prend le nom de « Association Anti-tuberculeuse des Comtés de Saint-Hya- cinthe-Rouville » et se trace un programme.«Entre temps, nous explique le docteur Bergeron, quelque 150 à 200 enfants sont examinés.70 seulement sont acceptés.Les plus pauvres, les enfants de familles nombreuses et ceux qui ont des antécédents tuberculeux se voient décerner le billet qui leur accordera un séjour au grand air.Pour la plupart, ce sera la première vacance.Mais, auparavant, chacun devra se débarrasser de ses mauvaises dents, de ses amygdales hypertrophiées, etc.En même temps, chacun devra se trouver assez de linge pour se couvrir convenablement.Grâce aux religieuses de nos communautés, aux médecins et aux dentistes de notre ville, tout s\u2019arrange sans trop de difficultés.En 1942, 82 enfants ont profité de tous les avantages d\u2019une véritable vacance.Ce nombre fut porté à 113 en 1943.» Ainsi les deux groupes choisis ont le plaisir d\u2019aller passer chacun un mois au Camp de Santé.Durant juillet, ce sont les fillettes; durant août, les garçonnets.Dans ce royaume de massifs verdoyants et de feuillage soleil- leux, les petits vont tour à tour faire provision d\u2019air pur, de vigueur nouvelle et de santé.Ils en reviennent bien portants, capables d\u2019affronter les miasmes de la ville.C\u2019est grâce aux recettes de la vente annuelle du Timbre de Noël que cette œuvre peut se maintenir.Cette année, la cité de Saint- Hyacinthe, la Chambre de Commerce des jeunes, le Club Canadien et les Chevaliers de Colomb ont contribué généreusement à son développement. LE-PREMIER GRAND,PAS -B Oleosum PUL L\u2019AUROTHERAPIE DANS LA POLYARTHRITE 4 DAT of boo Croate soutenu (5 Pr Cu Tr a de a ll plus\u2018 CN lus favorable Gh est fait en cliniqu pre une preuve.\u2019 qu ] premier grand \u2018pas.est fait dans a la lutte contre la polyarthrite déformante, L\u2019améliora tion produi par le LGANAL- BL I EIT frappante_qu avolr aucun il i LLL CR aux r ultats™ Parmi leg sels d or, J SOLCANAL-B LEOSUM, aveg une: teneur.en or de 5) pour cent, PT el ahr] maximum LE ei Leste Ga pi LR de eS Pour plus, amples cn 8° \u2018adresser LT Service de Recherche os Ca CORPORATION.LIMITED 137, rue Cv Montréal | Ù 1348 SAUVONS LES DENTS DE NOS ENFANTS « Sauvons les dents de nos enfants », tel est le mot d\u2019ordre que vient de lancer le chef de la division d\u2019enseignement d\u2019hygiène dentaire dans la province de Québec, le docteur Antonio Reny, du ministère de la santé et du bien-être social.L'importance de l\u2019examen médical de la bouche, soulignée récemment par le sous- ministre de la santé et du bien-être social, le docteur Jean Grégoire, vient d\u2019être démontrée de nouveau par les hygiénistes du département et c\u2019est pour cette raison qu\u2019une partie du travail accompli par le dentiste- hygiéniste dans les unités sanitaires, dotées de cliniques dentaires, consiste à nettoyer et à examiner les dents des enfants qui fréquentent les écoles.Le but de ce travail est de découvrir les plus petites cavités dentaires, dès leur origine, afin que vous les fassiez traiter avant qu\u2019il ne soit trop tard, car, quand bien même vos enfants se brosseraient les dents régulièrement, s\u2019ils possèdent quelques cavités dentaires, et imaginez bien qu\u2019au début ces cavités ne sont pas apparentes, la fermentation des aliments pourra se continuer quand même dans l\u2019intérieur de cette cavité, si minime soit-elle, puisque la brosse à dent ne pourra pas y pénétrer.Près de 26 districts , sanitaires ont à l\u2019heure actuelle leur dentiste- hygiéniste attitré et j'espère qu\u2019avant longtemps toutes les unités sanitaires de la province seront dotées du même service de manière à ce que tous les enfants qui fréquentent les écoles de la province aient leur bouche examinée tous les ans.Si nous réussissons à faire ce travail, et j'espère que nous pourrons y parvenir, la jeune génération qui pousse aura une meilleure dentition que ses aînés et partant une meilleure santé; il faut pour ce faire que vous nous aidiez, père et mère de famille, car ce n\u2019est pas tout de dire qu\u2019il faut manger tel ou tel aliment, se brosser les dents après chaque repas, et faire réparer ses dents cariées, tout ceci ne servira à rien si ces conseils ne sont pas mis en pratique.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, novembre 1943 Que le mot d\u2019ordre soit pour tout le monde: « Sauvons les dents de nos enfants » et soyez assurés, pères et mères de famille, qu\u2019en travaillant dans ce sens vous leur donnerez le plus bel héritage que vous puissiez leur procurer: une bonne santé.LES SECRETS D'UNE BONNE ALIMENTATION Le chef de la division de nutrition au ministère de la santé et du bien-être social, le docteur Ernest Sylvestre, vient de donner une causerie sur le programme national de saine alimentation.En voici les grandes lignes.« Dans ce programme, dit-il, on a classé les aliments suivant des catégories bien distinctes, chacune d\u2019elles ayant des caractéristiques bien définies en rapport avec la composition des produits qui en font partie.«Il importe d\u2019inclure dans notre alimentation toutes ces catégories, parce que, chacune des catégories étant une source particulièrement riche en une substance essentielle particulière, c\u2019est en faisant entrer toutes ces catégories d\u2019aliments, sans en excepter une seule, que nous pouvons être assurés d\u2019un tout complet répondant aux besoins du corps humain.« Reprenons ensemble, si vous le voulez bien, l\u2019énumération de ces catégories: nous signalerons en même temps les substances prédominantes qui caractérisent chacune d\u2019elles.ler groupe: Le lait et le fromage: particulièrement riches en calcium, substance qui, avec le phosphore, est indispensable à la formation des os et des dents ainsi qu\u2019à leur conservation en bon état.Sans la présence d\u2019au moins une chopine de lait par jour dans l\u2019alimentation des enfants et d\u2019un demiard dans celle des adultes, il est à peu près impossible d\u2019atteindre la quantité de calcium requise.Il en est de même pour la Riboflavine (Vitamine B» ou « G ») dont on a absolument besoin pour la régularité de certaines fonc- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 1349 \\ Ë / MER x veM 8 RE à x sr I ue Mar 13 g 11 9 30 3 \" 19 2 16 yRiÉ = 21 22 VÉ ven Je! AN 71 Mek wun.MAR 31 : 2 1 0 2 + 2 yR 28 ME MAR seu.VE y Si Wak Met Lu ot 9 19 Sa 73 & 4 à , 2 hy ; S À Nn S \u2026 Ÿ Ÿ NN S - = = \\ WN > , ., = , , ; > S XN \\ \u2026 \u2026 S WOW RES ek V5 | a \\ «BIS x\u201d S S out JY Wt WN 10Ÿ RS ae 3 xa\u201d 10 ç KO pot gate es oH \\ GE _ iii off qe© NN ii i 1e sont \\ 0) Xe et ., 0 ae | av?ne ie \\ ne Sa q HN at® D.a | | as got Mes S .p on O° ov \\ A .nes sO av es 1 G A i et ee nC = , pe y 0 Oe wm es se ex * S \\ .pte oN ae L , gop > Ô 40- \\ .| ox « pe \\ = rT ot ¥ VY in .ve .\u2026 S wo! ç N X S Se , AR .che e NS > SV S plus\u2019 1 70F AYERST, McKENNA & HARRISON LIMITÉE - Biologistes et Pharmaciens - MONTREAL, CANADA = - ES 1350 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 tions de l\u2019organisme.Le lait contient aussi des protéines de première qualité pour la formation et la réparation des tissus ainsi que de la vitamine «À » dont le lait nous fournit des quantités appréciables.Les mêmes remarques s\u2019appliquent au fromage qui peut remplacer en partie ou en entier le lait à raison d\u2019une once de fromage par 8 onces du lait requis.2e groupe: Les légumes.Ce groupe est divisé en trois catégories.D'abord les pommes de terre, riches en sels minéraux alcalins variés dont on a besoin pour neutraliser les résidus acides de quantité d\u2019autres aliments.Les pommes de terre peuvent aussi contribuer d\u2019une façon appréciable à nous assurer la quantité quotidienne de Vitamine « © » dont nous avons besoin pourvu naturellement qu\u2019on les fasse cuire convenablement.2e catégorie de légumes: Les feuilles vertes comestibles et les légumes à pigments jaunes, quoique deux catégories distinctes, on les groupe dans une seule, parce qu\u2019elles ont deux particularités communes: Les aliments qu\u2019elles comprennent sont généralement riches en vitamines À et peuvent être mangés crus, en salades.Cependant les feuilles vertes comestibles nous fournissent aussi des quantités appréciables de vitamines « C», les navets aussi d\u2019ailleurs; on trouve également dans les premières du calcium et du fer.On recommande deux services de légumes à part des pommes de terre, mais il ne faut pas oublier que l\u2019un de ces deux services devrait être constitué de feuilles vertes comestibles ou de légumes à pigments jaunes, mangés crus aussi souvent que possible.Enfin, troisième catégorie comprenant tous les légumes non spécifiés plus haut.Le deuxième service quotidien recommandé peut comprendre un ou plusieurs de ces légumes que l\u2019on variera le plus possible, afin d'assurer un approvisionnement satisfaisant de sels minéraux divers dont on a besoin.Les légumes de cette catégorie nous fournissent également des - aN, quantités variables de Vitamines « A », « B » et «©», quantités qui ne sont tout de même généralement pas à négliger.Les pois, les fèves et les lentilles sont particulièrement riches en vitamines « B » et contribuent d\u2019une façon appréciable à nos besoins de protéines.3e groupe: Les fruits: Ce sont là nos principales sources de vitamines «C».Aussi le Programme National de Saine Alimentation mentionne-t-il deux services de fruits par jour, dont un de ces deux services doit être constitué de fruits riches en vitamine «CC» (citrons, oranges, pamplemousses, fruits que l\u2019on désigne sous le nom générique d\u2019agrumes, ou fruits citrins).Les tomates, par leur haute teneur en vitamine « C» , entrent dans cette catégorie.Toutefois, certains fruits, quand ils sont mangés à l\u2019état frais, comptent parmi les plus riches en vitamine « C »; entre autres, citons les fraises, les cantaloupes.Comme deuxième service, on peut choisir, selon ses goûts et suivant les saisons, des fruits frais, en conserves ou secs.La variété contribue plus sûrement à la diversité des sels minéraux dont nous avons besoin parce que la composition chimique varie toujours un peu avec la sorte de fruits.4e groupe: Les Céréales.Une foule d\u2019aliments sont compris sous cette appellation: pain, pâtes alimentaires, patisseries, nourritures spéciales pour bébés, etc.Mais ce que l\u2019on veut désigner ici, ce sont les aliments faits de grains entiers, parce que c\u2019est dans les couches extérieures et le germe des grains que se trouvent les éléments essentiels, sels minéraux et vitamines normalement contenus dans les grains.Les céréales entières sont, parmi les aliments ordinaires, nos principales sources de vitamine « B ».Le blé et l\u2019avoine sont les plus en usage.Voyons donc à ce que chacun mange tous les jours des aliments qui en sont faits, soit sous forme de pain de blé entier ou pain de vitamine « B » Approuvé Canada, soit sous forme de céréales dites à déjeuner que l\u2019on fait cuire ou toutes prêtes à manger.Il est recomman- L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 194 1351 ss WR = = WN RE IR se © >.NRE a NN = NN SR A = AAR se TRE 3 i , 3 a TNE © 8 = cs oY 5 = a = SE x Be 35 SR = BN = .= a a = = ES s = Ÿ = 354 BN RE en = È 5 = 5 S - S 3 .= AN .= & NN = a Re a hd 2.+ & = A BY = LA = = À S = se = AQ ; 2% S = - a 0 = = S > À = ss.Se = = x = SE De RR = = = s = ç EE pr CAN ar ; PR À ne Fon vba A Bo oN Gi = sx se os Se SN a S SES HE SR = se Ss SE Ni 3 EX S = 72 i a ; FR Ne Sr i Hs $ = 5 22e $ 2e 53 57 0 3 PA; Sh injecte >.s 20 3 jours ZA i 1 sus le fame pod aires a tire at ison Inc.tral M ACEUTIQUE HAR 5 =.D Expansion ee SoCIE 50 02 i si $ an 5 & RSE a ae pate 20 2e Met 8] pis ie Bs proph a > ge oul # SE 907 er ix 4 bats Jue Gi d CAN: sure 5 omy ue, Be ram 59 = CHER gs Fe ne 9 4 a = Ne Lo 5 2 5 i w 3 7 4: i, \u201c2 4 ee 5 = 5 8 i 2 me 4 P i A Gh vi = 7 7 2 a a £5 4 Ga \u201ci 5 oh Gi Q 7 SE 7 % = Le i = 75 i Z ri 4 54 A 2 EE a 3 7 i, 7 Lis.2 5 Ty 7 OVESSIO hn ry e S es Se Se ah = ee E i 3 CG i i A PA i Gr Gi 2 2 57 52 a i: i à i i u CE M A Ss UL SE a 7 R D x URS 7 = 2 Li Er 2 i 7 UN ou DEU C OMPRIM ES ROIS FO AR JOUR 5 2) = % i Ze 5 2 Æ tre = ES CITE LEY) p ro INC.OL) [17 CHERRIER \u201d MONTRÉAL | CS by RE 1352 dable de prendre tous les jours 4 à 6 tranches de pain et une portion de 4 à 8 onces de ces céréales à déjeuner.Ces 4 groupes d\u2019aliments: lait, légumes, fruits et céréales sont désignés sous le nom d'aliments protecteurs parce que, en plus de nous fournir des substances convertibles en énergie, ils nous apportent des sels minéraux ct des vitamines indispensable s à la croissance normale ainsi qu\u2019au maintien de la santé et de la vigueur.Cependant il est désirable que l\u2019alimentation comprenne une certaine quantité de viande ou de poisson.Toutefois, on en abuse trop souvent et ces excès ont le grand désavantage de ne pas laisser assez de place aux aliments protecteurs ou d\u2019obérer tellement le budget qu\u2019il ne reste pas assez d\u2019argent pour se procurer les aliments essentiels requis.Il est aussi avantageux de faire entrer dans le régime alimentaire un œuf par jour ou du moins 3 ou 4 par semaine.Les œufs sont particulièrement riches en sels minéraux et en vitamines.Leurs protéines comme celles de la viande, du poisson et du lait sont de première qualité, et contribuent à la réparation de nos cellules usées, ainsi qu\u2019à la formation de houvelles.; Une fois que les aliments énumérés jusqu'ici sont compris dans le régime de chacun, il est loisible d\u2019y faire entrer tous les autres aliments que l\u2019on aime pourvu qu\u2019ils soient convenables aux capacités digestives d\u2019un chacun.~ Voilà, chers auditeurs et auditrices, les points saillants qui caractérisent l\u2019excellence du Programme National de Saine Alimentation.À l\u2019aide de ces cadres bien définis, on trace, pour chacun, le régime alimentaire qui convient suivant l\u2019âge, l\u2019oceupation, les susceptibilités organiques et certains états physiologiques particuliers.Ce qui nous intéresse davantage en rapport avec le thème de nos causeries: « Comment Bâtir des Canadiens », c\u2019est l\u2019alimentation de la future mère et des enfants; c\u2019est ce que nous verrons dans une couple de causeries à venir.L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 LA TUBERCULOSE TUE LES PERSONNES DE 15 A 45 ANS Dépenser pour enrayer la tuberculose, c'est une grande économie « Les trois quarts de nos tuberculeux meurent avant d\u2019avoir donné à leur province le plein rendement qu\u2019elle est en droit d\u2019attendre de chacun de nous.Non seulement un patient atteint de tuberculose ne peut pas contribuer à l\u2019économie productive, mais, habituellement, il est entretenu à même l\u2019économie productive des autres.En 1941, sur un total de 2,681 décès par tuberculose, 1,893, soit 66.8%, survenaient entre les Ages de 15 à 45 ans, avec un pourcentage plus élevé entre les âges de 20 à 29 ans.Il s\u2019ensuit que l\u2019enrayement d\u2019un cas de tuberculose, par les moyens actuels, est un double gain.C\u2019est pour cela que nombre de gens considèrent que les dépenses gouvernementales destinées à la prévention de la tuberculose constituent un placement favorable dans l\u2019économie productive présente et future de la nation.» C\u2019est ce que vient de déclarer le chef de la division de la tuberculose au ministère provincial de la santé et du bien-être social, le docteur LaSalle Laberge, m.d.« Le mal n\u2019est pas irrémédiable, si nous savons réagir en face du danger, ajoute-t-il.Sans doute, les faits démontrent que les plus de vingt ans ont été fortement touchés par la tubereu- lose.Les moins de vingt ans devront se tenir sur leur garde, afin de préparer pour l\u2019après- guerre une génération forte et en mesure de bien remplir la tâche qui lui sera dévolue.«La notion, partout admise aujourd\u2019hui, qu\u2019un tuberculeux provient de la contamination par un autre tuberculeux, doit servir de base à la lutte contre la tuberculose, dans le domaine de la prévention.Quelques dollars dépensés judicieusement dans cette voie veulent dire des milliers de dollars économisés en traitement.Est-il rien de plus désolant pour le médecin de famille, ou encore pour le spécialiste du dispensaire ou de la clinique antituberculeuse, que d\u2019avoir à annoncer à une jeune personne de 18 ou 20 ans qu\u2019il vient L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 1353 ÉDITIONS BEAUCHEMIN A.de Saint-Exupéry LE PETIT PRINCE .+.+.82.00 Geneviève de la Tour Fondue RETOUR ALA VIGIE .8100 Alain-Fournier LE GRAND MEAULNES .+.$125 Léon Bloy LA FEMME PAUVRE 22 14 + .$1.25 René Bazin MAGNIFICAT .2.2.2 « « + « + « + + 81.25 Madeleine d\u2019Angreville LADY FLORENCE e+ + + 4 1 + «+ .$150 Oscar Masse LA CONSCIENCE DE PIERRE LAUBIER .80.75 Solange Chaput-Rolland FUMEES .2.+ + « + « oo + + + .8100 Marie de Villers REPONSE A DESESPOIR DE VIEILLE FILLE .$0.75 Léon Chancerel LES JEUX DRAMATIQUES .80.7% Maurice Bedel GEOGRAPHIE DE MILLE HECTARES .$0.7 Mrs.James Roosevelt MON FILS FRANKLIN .$1.25 C.-V.Johnson A TRAVERS LE TEMPS ET L\u2019ESPACE .$1.25 Jean Bruchesi HISTOIRE DU CANADA POUR TOUS, 2 vol.$2.50 Léon Marchal VILLE-MARIE.Les origines de Montréal .$1.25 Mgr Camille Roy DU FLEUVE AUX OCEANS .$1.00 Emile Lengyel DAKAR .+.$1.50 Elie-J.Bois LE MALHEUR DE LA FRANCE .82-25 Léon Marchal DE PETAIN A LAVAL, .+.+.+.81.50 Général Eon LA BATAILLE DES FLANDRES .+ +.$100 Emile Vaillancourt LE CANADA ET LES NATIONS UNIES .$0.75 Arthur Maheux POURQUOI SOMMES-NOUS DIVISES?.$1.00 Abbé Charles Journet VUES CHRETIENNES SUR LA POLITIQUE .$1.00 Abbé Louis Bouhier, p.s.s.MADAME BRAULT, une mystique canadienne .$1.25 Abbé Paul Lachapelle PSYCHIATRIE PASTORALE .8125 Gabrielle Carrière 2 COMMENT GAGNER SA VIE .$100 Abbé C.-E.Roy ORGANISATION CATECHISTIQUE .$2.50 R.P.Denis PRIERES DE SAINTE GERTRUDE .$1.00 Librairie BEAUCHEMIN Limitée 430, rue St-Gabriel, Montréal 1354 d\u2019examiner, qu\u2019elle est porteuse d\u2019une lésion tuberculeuse?Le plus souvent, la contamination s\u2019est faite au foyer, dans la famille, au cours de l\u2019enfance ou des années subséquentes.Sous l\u2019effet de causes déprimantes affaiblissant l\u2019organisme, de vieilles lésions endormies se sont réveillées.La prophylaxie au foyer aurait pu empêcher cette contamination dangereuse, ou encore, la contamination ayant eu lieu, il aurait fallu à cet enfant une surveillance médicale constante pour tenir l\u2019organisme en état de résister au mal.Si la maladie n\u2019existait pas au foyer, la contamination est venue de l'extérieur, à l\u2019école ou au travail, et, là encore, une surveillance efficace aurait empêché ce malheur.» L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 LIVRES REÇUS L'Obstétrique des Gardes-Malades.Par E.-À.René de COTRET, M.D.Cinquième édition.Volume de 150 pages.En vente à la Librairie Déom, 1247, rue St-Denis, Montréal.Irrigacion Normal del Nodulo de Keith y Flack, Tawara, Haz de His y sus Ramas.Par Dr.Eduardo F.LASCANO, Buenos Aires.A VENDRE: Propriété du Docteur J.-B.Drouin à vendre, résidence et pharmacie, 209, rue Notre-Dame, Victoriaville, Province de Québec.À VENDRE: Bibliothèque de 5 rayons et livres de médecine.S\u2019adresser à: 943, rue Cherrier.Téléphone: CHerrier 2703. L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 LES CONVALESCENTS EN TEMPS DE GUERRE La Gélatine Knox ordinaire, facile à digérer, offre de la variêté et um aliment riche en .74 wv .protéine aux régimes des convalescents.Sur l\u2019envoi de ce coupon vous recevrez une brochure instructive.GÉLATINE KNOX U.S.P.CÉLATINE ORDINAIRE, NON AROMATISÉE.PROTÉINE ENTIÈRE, SANS SUCRE.Lens cu ms us us ss us us 0 LA GÉLATINE KNOX COMME SUPPLÉMENT DE PROTÉINE ET DE VARIÉTÉ est analysée dans une brochure gratuite intitulée: \u2018\u201cFeeding sick patients\u2019.Écrivez à Knox Gelatine, John- stown, N.Y.Dept.472.[NN [01's TPT vassspr sense senc scan ss s0000e vasscncue Adresse.\u2026.\u2026.\u2026.rcssccsersraracre rence rcssessaues sesrsrencuce AV AT | vansssagescecene cassssas races Quantité désirée [] 1355 I CS et rt on mn om all 1356 L\u2019UNION MÉDICALE DU-CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 CHAQUE DRAGÉE CONTIENT : Mandalate de Vragées glutinisées calcium 1 gr.Hydrate de terpine .% gr.Phosphate d\u2019ammonium 1 gr.Acide nicotinique .1s gr.Benzo \u2014 Méthyl \u2014 Oxyquinoléine .% gr.PYÉLOSE DIURETIQUE ACIDIFIANT MICROBICIDE x Réalise la désinfection des reins, des voies biliaires et urinaires.Indications : Pyélites, pyélonéphrites, lithiases, cystites, colicystites, toxémies colibacillaires.* Mode d\u2019emploi : Deux dragées trois fois par jour suivant l'avis du médecin.Littérature et échantillons sur demande.LABORATOIRES DESAUTELS Limitée, 1180, rue Benoît, Montréal.ITIL: \u201cFortement recommandée par Messieurs les Médecins USINE D\u2019EMBOUTEILLAGE Saint-Justin, Qué., La pureté de l\u2019eau \u2018\u201c\u201cNa- talka\u2019\u2019 est d\u2019une importance capitale pour la profession médicale et le ALCALINE bien des consommateurs.ETAT NAISSANT C\u2019est dans cet état que l\u2019eau alcaline possède son maximum d'énergie.Analyse Bactériologique: Colibacilles dans 100 cc.O Nitrites 0.00 Nitrates 0.0 Fer 0.0 PH 8.4 Température: 36 F.CASGRAIN & CHARBONNEAU Ltée Pharmacie en Gros 445, boul.Saint-Laurent Tél.: LAncaster 3292 Montréal \u2026._\u2014\u2014 00.Tél.: HArbour 8151 \u201cMASKI\u201d\u2019 Canada L'EAU \u201cJUSTIN\u201d Bicarbonatée, .Sodique, mise en bouteilles aux sources, avec Systéme Scientifique, de Ia Source à la bouteille sans le contact de l'air.COUVRETTE-SAURIOL Ltée 50, rue De Bresoles Montréal L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 1357 @OPAVAER\u201d reste toujours un médicament de choix pour le traitement scientifique de la .COQUELUCHE .Le Pavéral est journellement prescrit avec succès pour les cas de coqueluche et des toux Coqueluchoïdes \u2014 Ne cause ni intolérance, ni complication.© ey Littérature sur demande.J-0.GIROUX OPTICIEN Membre diplômé de A.E.P.O.de Paris LUNETTES, LORGNONS VERRES OPHTALMIQUES Assisté de MM.A.PHILIE A.ALLAIRE G.LAURIER MONTREAL tu à LME 1358 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal.novembre 1943 NN Nt COLLYRE ISOTONIQUE STABILISE Préparation siire, commode, approuvée par un grand nombre de médecins, beaucoup employée sous les conditions rigoureuses qui existent dans les industries de guerre.BEA Il est bien reconnu que les propriétés astringentes et toniques de la berberine et de l\u2019hydrastine exercent une action bienfaisante sur les délicates membranes muqueuses des yeux, du canal lacrymal et des voies nasales.Ce collyre contient de la berbe- rine et de l\u2019hydrastine sous forme de chlorhydrates; il a été créé par des oculistes à l\u2019usage a de l'hôpital et du foyer.Depuis longtemps cette préparation s\u2019est mon- SERFS trée tres efficace dans le traitement des affections oculaires ordinaires.= = A Cependant, depuis le début de la guerre, ce collyre a donné des résultats So i= =: 15 appréciables dans les postes de premiers soins et les hôpitaux de plusieurs = industries de guerre, d\u2019un océan à l\u2019autre, au Canada et aux Etats-Unis.INGRÉDIENTS EH MURINE, dont le nom provient de la MURiate de berberINE, offre 6 au médecin un collyre isotonique tamponné adoucissant dont l\u2019action Bicarbonate de potassium.| A est légèrement antiseptique\u2026 il coopère aux fonctions normales des Borate de Potassium.UR À glandes lacrymales sans provoquer la moindre irritation.Chiorhydrate de berbérine i MURINE a une pression osmotique identique à celle des larmes.elle Chlorhy Sete érastine 2) est modérément alcaline.peu astringente.elle aide à nettoyer le canal Eau stérilisée.50 4 lacrymal de toutes les sécrétions albumineuses, et elle soulage l\u2019inflamma- \u201cMerthiolate (Ethyle ner.25) tion causée par l\u2019irritation ou la simple conjonctivite.curcthiosaticy a 01 Se.soude, B= Littérature descriptive sur demande.Remarquez que l\u2019action Libre du potassium et 2 e THE MURINE COMPANY - > TORONTO, ONTARIO borique sont maintenus dans la lotion présentée SN S N 3 S Une thérapeutique efficace pour.l'Otite Moyenne DOIT ÊTRE ANALGÉSIQUE - BACTÉRICIDE et PRODUIRE la DÉSHYDRATATION des TISSUS THE DOHOW CHEMICAL COMPANY, LTD.Montréal \u2014 New-York \u2014 London AMherst 8900-3733 MONTY, GAGNON & MONTY Ambulances de luxe, chauffées ® Transport des malades & la ville et & la campagne.Service prompt et sir.Pompes funébres © Salons mortuaires Salons mortuaires: 1926, rue Plessis.; eon 4156, rue Adam.Ambulanciers de l'Hôpital Notre-Dame Sy L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N, \u2014 Montréal, novembre 1943 1359 Chlorure ie \"biamine.(vitamine B:) ANEMIES Riboflavine (vitamine B.) 1875 gaxnmes SYMPTOMATIQUES Extrait de foie concentré © © 84 grains M CROISSANCE DIFFICILE a en.Cotes AMAIGRISSEMENT D rate do soude 4 gaits PERTE D'APPÉTIT POSOLOGIE: une cuillerée à thé à prendre dans un peu d\u2019eau au repas.ABORATOIRE MAROIS MONTRÉAL DEPUIS PRES D'UN DEMI-SIECLE Toujours le même but: RÉDUIRE LE TAUX DE LA MORTALITE INFANTILE Par la Qualité de nos Produits LIMITÉE 1360 L'UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 1943 APRÈS UNE NÉPHRECTOMIE LE SUPPORT SPENCER procure une bonne protection sans nuire au rétablissement de la tonicité * On dessine aussi le support Spencer spécialement pour porter après: HYSTERECTOMIE HERNIOTOMIE CHOLECYSTECTOMIE COLOSTOMIE _ APPENDICECTOMIE CESARIENNE = ec port avaer minal, alors qu\u2019il est fermé.Dans l\u2019illustration ci-dessous, à gauche, on voit le Y méme corset alors qu\u2019il est ouvert, révélant le support abdominal intérieur qui s'ajuste à l\u2019extérieur du corset.Les patientes qui ont un emploi de guerre se sentent contraintes à retourner au travail plus tôt que vous ne le voudriez.Les ménagères passent également par-dessus les instructions, reprenant leur travail domestique et le soin de leurs enfants trop tôt après l\u2019opération.Le support Spencer, dessiné pour soutenir gentiment l'abdomen et le dos, puis corriger le maintien, sauvegarde contre la hernie et les troubles dorsaux dus à l\u2019affaiblissement des muscles abdominaux.Chaque -Spencer étant dessiné individuellement pour la patiente, il peut être \u2014 et est \u2014 garanti ne jamais perdre sa forme.Pourquoi prescrire un support qui se déforme et devient inutile?Les supports Spencer ne se vendent pas dans les magasins.Si vous voulez atteindre une spécialiste Spencer, consultez l\u2019annuaire du téléphone, sous la rubrique « Corsetière Spencer» ou écrivez-nous directement.divide par S P E N C ER \u2014_ \u2014 \u2014 Se \u2014 _\u2014 \u2014 \u2014 ___ \u2014 \u2014 VEE \u2014 \u2014\u2014 = = CL DIARRHÉE an SPENCER SUPPORTS (CANADA) LIMITED, Rock Island, Québec.Nous permet.En Angleterre: trez-vous de Spencer (Banbury) Limited, Banbury, Oxon.vous adresser Aux Etats-Unis: une brochure?Spencer Incorporated, New Haven, Conn.Veuillez m'adresser la brochure \u2018Comment les supports Spencer secondent le traitement du médecin\u201d.: ENRAYEZ LA PHTIRIAS! occasionnée par les poux de tête, les p de corps et les poux du pubis avec CUPREX - Un produit Mer Une application suffit habituellement pour détruire poux, les lentes et les œufs.Non collant.Aucune désagréable.En vente dans toutes les pharma MERCK & CO., LIMITED, MONTR E contrôle rigoureux exercé au laboratoire prévient l\u2019accumulation d\u2019alcalis ou d\u2019acides gras non combinés dans le savon Baby\u2019s Own.Ce savon ne contient aucune teinture ni parfum violent.Exceptionnellement doux, il possède les propriétés rafrai- chissantes de la lanoline.Fait des meilleurs et des plus purs ingrédients, spécialement pour les bébés, le savon Baby\u2019s Own jouit de la confiance des mamans, qui l\u2019emploient depuis des générations.Vous pouvez recommander en toute confiance le populaire savon Baby\u2019s Own, le tale et l\u2019huile Baby\u2019s Own, à cause de leur pureté.L\u2019UNION MÉDICALE DU CANADA \u2014 BULLETIN A.M.L.F.A.N.\u2014 Montréal, novembre 194: 1361 Résultats de recherches approfondies sur l'emploi du son Radiographie du repas de baryum dans le côlon où s\u2019exerce primiti- \\ vement l\u2019action \u2018À, laxative.Les observations démontrent que le ALL- BRAN de KELLOGG ne gêne aucunement la digestion dans l\u2019estomac ou le petit intestin.DES DECOUVERTES récentes sur l\u2019action laxative du ALL-BRAN ajouté aux régimes absolus et libres, offrent un intérêt considérable.Des examens effectués à l\u2019aide de méthodes de dosage éprouvées indiquent que: e Lorsqu\u2019on ajoute du son au régime, un changement appréciable s\u2019opère dans les matières fécales \u2014 elles deviennent plus volumineuses et plus molles?.e Le son exerce son action laxative tout d\u2019abord dans le côlon; il ne gêne pas le processus normal de la digestion dans l\u2019estomac ou le petit intestin 2, e Le son a peu d\u2019effet sur le temps d\u2019évacuation du côlon lorsque cette évacuation se fait normalement.Cependant, dans les cas où l\u2019évacuation est plus lente, le son a un pouvoir d\u2019accélération net\u201d.e Le contrôle rigoureux de la quantité de son absorbé n\u2019est pas nécessaire parce que 2 onces (le double de la portion ordinaire de céréales) ingérées tous les jours n\u2019ont pas pour effet une augmentation en rapport avec le relâchement intestinal 3.e Le son ingéré chaque jour pendant une période prolongée n\u2019a aucun effet contraire sur l\u2019intestin normal; son usage continu ne diminue ou n\u2019augmente son action laxative*.] \u2018Mode of Action of Bran,\u201d\u2019 Journal of Laboratory and Clinical Medicine, August, 1941.9 \u2018\u201cRoentgen Study of Intestinal Motility as Influenced by Bran.\u201d The Journal of the American Medical Association, February 3, 1940.N \u201cEffect of Long-Continued Consumption of Bran by Normal Men.\u201d Journal of American Dietetic Association, April, 1942.Tous ces rapports sont disponibles.Les demandes d\u2019extraits traitant de l\u2019action du ALL-BRAN de KELLOGG peuvent être adressées à KELLOGG COMPANY OF CANADA LIMITED, London, Ont. TABLE DES ANNONCEURS Pages Abbott Laboratoires Ltée (Penta-Kaps) .44 American Can Co.(Comment les conserves alimentaires pour bébés et jeunes enfants pourraient-elles être utiles dans l'alimentation de mon bébé?) .26 Anglo-French Drug Cie (Sulfosalyl) .1335 Ayerst, McKenna & Harrison Ltée (Supplavite) .2 Ayerst, McKenna & Harrison Ltée (Emménine) .1 Ayerst, McKenna & Harrison Ltée (Huile de foie de Morue \u2018\u201910-D\u201d) Ce .1349 Baby's Own (Produits) - .1361 British Drug Houses (Canada) Lid.The (Vaccins B.D.H.) 39 Canada Drug Co., Ltd.(Pavéral) .1357 Casgrain & Charbonneau, Ltée (Idrocol) .23 Casgrain & Charbonneau, Ltée (Decrigéne) oe 31 Casgrain & Charbonneau (Eau alcaline Natalka) .1356 Ciba Compagnie Limitée (Lutocyline, Lutocylol, Mé- tandrène, Pérandren, Ampoules de Coramine, Comprimés de Digifoline) .24 Couvrette-Sauriol, Ltée (Eau Justin) .- 1356 Denver Chemical Manufacturing Company.The (Ga- latest) .2.2° 22220 7 Corp.Pharmaceutique (Normogastryl) \u2014 (Panglandine) 30 Dohow Chemical Company, Ltd.1352 Eddé, ].Ltée (Bis Kam Oil) \u2014 (Hemostyl du Dr Rous- sel) \u2014 (Taxol) \u2014 (Neurinase) \u2014 (Alepsal) \u2014 (Ino- tyol) \u2014 (Pluriglandine) -\u2014 (Veinatone) \u2014 (Artichobyl) 42 (Auralgan) Eli Lilly and Company (Canada) Ltd.lère page de la couverture Lo.17-18-19-20 - 1357 Gouvernement de la Province de Québec, Ministère de la Santé et du Bien-Etre Social.(Il faut enrayer la Frosst, Charles E.& Co.Giroux, J.-O.(Opticien) syphilis) .38 Herdt & Charton, Inc.(Uroprazine) \u2014 (Calcoléol) \u2014 (Tricalcine) \u2014 (Veinotrope) \u2014 (Peptalmine, Magné- siée et pure) .ss.- - 1339 Herdt & Charton, Inc.(Csmopak) - 1345 Hoffmann-La Roche Ltée (Synkavite) .- 36 J.J.Joubert Ltée (Produits) - 1359 Kellogg Company of Canada, Ltd.(All-Bran) - 1361 Knox Gelatine (Les convalescents en temps de guerre) 1355 Laboratoires DesBergers-Bismol (B-ToTum) 4e p.de la couv.Laboratoires Désautels (Pyélose) - 1356 Pages .1359 Laboratoires Poulenc Frères (Coryphédrine) 2e p.de la couv.Laboratoire Marois (Hemo-Vitol) .Lederle Laboratoires, Inc.(Vi-Ferrin Lederle) .9 Librairie Beauchemin Ltée .1383 Mead Johnson & Co.of Canada Ltd.(Dextri-Maltose) 21 Merck & Co., Ltd.(Pyridium) .+ + © 5 Merck & Co.Lid.(Cuprex) .1360 Merrell Company, The Wm.S.Oravax) .32 Millet, Roux & Cie, Ltée (Sédantyl) .11 Monty, Gagnon et Monty .1358 Murine Co.(Collyre isotonique stabilisé) .1358 Pharmacie d'ordonnances Arthur Hirbour, La .4 Rougier Freres (Bes-Min) .3 Rougier Freres (Lyxanthine Astier) .1333 Sanatorium de Blois (47¢ année d'existence) .34 Sanatorium Prévost Inc.28 Schering Corporation Limited (Solganal-B Oleosum) .1347 Sharp & Dohme (Canada) Ltd.(Vacagen) .33 Shuttleworth E.B.Chemical Co.Ltd.(Théobarb E.B.S.) 1341 Smith & Nephew Ltd.(Elastoplast) .40 Société d'Expansion Pharmaceutique Inc.(Separsyl) 1351 Spencer Corsets (Canada) Lid.(Supports - - Abdomen Dos - Seins) 1360 Squibb, E.BR.& Sons of Canada, I Ltd.(Huile de foie de Morue) .1343 Stearns & Company of Canada Lid., Frederick (Mucilose) .eee eee 25 Usines Chimiques du Canada Inc.(Trois Points) .» 3e page de la couverture Vinant Limitée (Pipérazine Midy) \u2014 (Splenarmone) .13 Vinant Limitée (Spartoval) \u2014 (Génesténal) .- - 15 William R.Warner Co., Ltd.(Alka-Zane) 1337 Winthrop Chemical Co.Inc.(Chlorure de Zéphiran) - 29 Winthrop Chemical Co., Inc.(Betaxin) .35 Wyeth & Bro., (Canada) Lid., John (Hematinic Plas- tules) .2.222122011112 2 87 Wyeth & Bro., la diarrhée) Wyeth & Bro., (Canada) Lid., John (Kaomagma pour .1357-1360 (Canada) Ltd.John (Jubilé de Diamant) 43 Victor X-Ray Corporation of Canada, Ltd.(Service d'inspection et d'ajustement périodique) :.- 41 Whitlow, Fred J.& Co., Lid.(Clinitest) .27 Librairie Beauchemin Limitée."]
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