L'union médicale du Canada, 1 octobre 1955, Octobre
[" Tome 84 \u2014 Numéro 10 MONTRÉAL, OCTOBRE 1955 Bulletin de l'Association des Médecins de Langue Française du Canada Fondée à Québec en 1902 nion Médicale du Canada Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872 ADMINISTRATION ET SECRÉTARIAT 326 est, boulevard Saint-Joseph Montréal de Nati * UN SEDATIF ivelle .Nouveau \u2014 Efficace \u2014 Bien toléré NATISEDINE Comprimés à 100 mg.de Phényléthylbarbiturate de Quinidine Anxiété \u2014 Insomnies \u2014 Angoisses \u2014 Palpitations \u2014 Extrasystoles Cas rebelles aux autres sédatifs.l à 3 comprimés en entier ou en demi-comprimés répartis au cours de la journée.Flacons de 20, 100 et 500 comprimés.Créateurs de la Digitaline Nativelle, la grande marque d\u2019origine de renommée mondiale Plus d\u2019un demi-siècle consacré à l\u2019avancement des Sciences Médicales et Pharmaceutiques au Canada. Pour prévenir les attaques d\u2019angine chez 4 malades sur 5 En sa qualité de vasodilatateur coronaire à action prolongée, le Peritrate a démontré de façon répétée qu\u2019il pouvait maîtriser l\u2019angine chez 4 malades sur 5123 en leur procurant une prophylaxie qui contribue à produire les résultats suivants, en partie ou en totalité: ® diminution du nombre des attaques ® diminution de la gravité des attaques qu\u2019on ne peut prévenir ® diminution de la sujétion a la nitroglycérine ® augmentation de la tolérance © amélioration de l\u2019électrocardiogramme lorsque celui-ci n'est pas normal Peritrate Marque de tétranitrate de pentaerythritol Simple \u2026 sûr.résultats prévisibles.Le Peritrate est d'emploi facile: une dose de 1 ou 2 comprimés quatre fois par jour est ordinairement suffisante.Il est sûr; presque dépourvu de toxicité, 11 produit rarement la tolérance.Ses effets peuvent être démontrés sur un électrocardiogramme pris au repos.Peritrate \u2014 comprimés de 10 mg.en flacons de 100, 500 et 5000.Peritrate avec Phénobarbital (15 mg.de phénobarbital pour obtenir une sédation) \u2014 mêmes empaquetages.1.Winsor, T., and Humphreys, P.: (Feb.) 1952.Plotz.M.: New York State J.Med.52:2012 (Aug.15) 1952.3.Dailheu-Geoffroy, P.: (July) 1950.Angiology 3:1 Lo L\u2019Ouest Médical, vol.3 TÉTRANITRATE WARNER-CHILCOTT DIV.WM.R.WARNER & CO.LTD.TORONTO ONTARIO BULLETIN 2e +e LENDEMAIN DE CONGRÈS Nombreux sont les commentaires entendus à la clôture des congrès.Ceux qui qualifient le XXV° Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada sont, dans l\u2019ensemble, excellents et tout à l'honneur de ceux qui l\u2019ont organisé, de celui qui l\u2019a présidé et de son dynamique secrétaire.Dans les milieux médicaux, on sait trop peu le travail énorme que nécessite l\u2019organisation d\u2019un congrès national; on comprend mal le déclenchement d\u2019une telle mécanique; on ignore le zèle et le désintéressement d\u2019une multitude de collaborateurs anonymes; on sous-estime la participation des rapporteurs; on ne calcule pas les efforts nécessaires à la moindre présentation.Si tous savaient combien peinent ceux qui paraissent en gros plan, ils se feraient un devoir de venir plus nombreux aux séances; car la salle comble et attentive est la meilleure récompense qu\u2019attendent de leur réalisation organisateurs, participants et auxiliaires.L'Union Médicale du Canada est fière de son rédacteur-en-chef et veut être la première à lui dire bien haut les éloges et les félicitations qu\u2019il mérite; quitte pour le docteur Roma Amyot d\u2019en distribuer la juste quote-part à qui de droit.Commenter le congrès de Montréal exigerait un numéro entier du Journal, s\u2019il fallait relever en détail les travaux scientifiques, les conférences cliniques, les débats judicieux et instructifs, les forums animés, les discussions vivantes et les questionnaires inquisiteurs et documentés.Le médecin, en quête de pâture scientifique, a pu, sans mal, trouver pendant trois jours de quoi assouvir son appétit de connaissances.Beaucoup de nouveautés ont été abordées, des faits très prometteurs mis à nu, des espoirs promis.Une seule ombre au tableau: la durée trop courte de chaque communication.En plus de la science, le congrès a offert à ses membres une diversion para-médicale, alors qu'aux séances du soir, de nombreux orateurs vinrent les entretenir de certains aspects de leur profession, sous la forme et selon la conception qu\u2019ils en avaient.La séance d\u2019économie médicale a fait l\u2019objet de trois causeries, inégales de durée et de ton.L'une était de haute portée philosophique, l\u2019autre, franche et directe, mais apparemment compré- 1106 BULLETIN L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 hensive et sympathisante, la troisième acidulée, même caustique, où sous prétexte de discuter de la médecine humaniste ou scientifique, on a cru bon de faire le procès de la médecine et d\u2019acculer le médecin au banc des accusés.Charge injuste pour la profession et non justifiée, même si elle repose sur certains faits véridiques.Il est exact que tout n\u2019est pas parfait dans la demeure d\u2019Esculape et qu\u2019elle aurait besoin parfois de certaines restaurations.Il est malheureusement vrai que certains médecins préfèrent les réunions de la Chambre de Commerce à celles de leur société médicale.Il est possible que le dévouement ne soit plus ce qu\u2019il était.Les maux dont on accuse le médecin sont toutefois ceux du siècle, les mêmes dont souffrent les membres des autres professions libérales, les gens de la finance, de l\u2019industrie et du commerce, les syndiqués, à savoir un affaissement du sens moral, le remplacement des valeurs spirituelles par l'ambition du matériel, le nivellement des forces vives au plus petit commun dénominateur, la négation de la hiérarchie pour ne citer que les faiblesses majeures.C\u2019est à nous qu\u2019il incombe, reconnaissant le mal, d\u2019apporter le remède.Il ne faut pas craindre de s\u2019élever contre ceux des nôtres qui s\u2019éloignent des normes déontologiques.« Celui qui parle courageusement des défauts de sa patrie est le meilleur patriote et celui qui pousse à l'extrême les censures justes que mérite sa profession est celui qui la sert pleinement » (docteur Maranon).La profession médicale n\u2019a pas démérité, quoi qu\u2019on en pense.Ce bulletin serait incomplet, s\u2019il ne faisait mention de trois vœux qui ont été formulés à la séance de clôture.Le premier souhaite la formation de comités de médecins experts auprès des tribunaux, le second demande le secret professionnel de la part du personnel non médical des hôpitaux et le troisième formule l\u2019examen histologique obligatoire des pièces opératoires.En bref, beau congrès, congrès fructueux.Edouard DESJARDINS.LE PROCHAIN CONGRÈS DE L'A.M.L.F.C.À JASPER Le Conseil de l'Association des Médecins de Langue Française du Canada a le plaisir d'annoncer que le XXVIe Congrès aura lieu à Jasper, Alberta, les 13, 14, 15 et 16 septembre 1956.Nous vous invitons tous à y assister. ORGANISATION, CONTRIBUTIONS ET POSSIBILITÉS D'UN DÉPARTEMENT DE RECHERCHES CLINIQUES, DANS UN CENTRE MÉDICAL CANADIEN-FRANCAIS ALDOSTÉRONE ET HYPERTENSION ARTÉRIELLE Jacques GENEST, F.A.C.P., F.R.C.P.(C.), Directeur du Département de Recherches Cliniques, Hôtel-Dieu de Montréal.Permettez-nous, en commençant, d\u2019insister sur le fait que les travaux et les possibilités futures du Département de Recherches Cliniques à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, ne sont pas le fruit de notre seul travail, mais le fruit du travail d\u2019équipe de nos collaborateurs sans la loyauté et la coopération desquels les contributions et les espoirs de notre Département auraient été impossibles.Parmi ces collaborateurs, nous sommes heureux de mentionner les docteurs en médecine Lidia Adamkiewicz, Raymond Robillard, Gilles Tremblay, André Davignon, Guy Lemieux, Jean-Marc Pépin, Bernard Thérien et Bernard Vitye, et les docteurs en sciences: Moe Goldner, Wojciech Nowaczynski, Paul Steyermark, Monsieur Eric Koiw ingénieur-physicien, les infirmiéres Fernande Salvail et Lucette Salvail, et notre secrétaire, Mlle Thérèse Vien.Mentionnons aussi la collaboration constante de nos techniciennes Mme Pierrette Marcoux, Mme Lise Lachance, Mlle Thérèse Ferguson, Mlle Aline Daoust, Mlle Thérèse Colpron, Mlle Isabelle Morin et de M.Henri Schlegel.Claude Bernard écrivait dans ses « Principes de Médecine Expérimentale » que «le médecin praticien doit connaître la médecine expérimentale et s\u2019il n\u2019en fait pas, il doit profiter de ses conquêtes» (1).C\u2019est sans doute cette raison qui motiva l\u2019organisation de cette séance tout autant que l'intérêt que vous portez aux progrès de la médecine au Canada français, depuis le premier Congrès de l\u2019Association, en 1902.On nous a demandé de parler de notre Département à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, de son 1.Communication au XXVe Congrès de 'A.M.L.F.C., Montréal, septembre 1955.organisation et de ses recherches.Nous nous excusons à l\u2019avance de parler de nous.Nous nous efforcerons de donner une description impartiale de notre travail avec toute l\u2019objectivité désirable.: Nous jetterons un coup d\u2019œil sur le développement de la médecine au Canada français, jusqu\u2019à nos jours, ensuite nous décrirons ce que nous entendons par recherches cliniques, ses critères, ses moyens de financement et ses conditions d\u2019organisation et de succès.Finalement nous verrons les intérêts de notre Département de Recherches Cliniques dans les domaines métabolique et endocrinien, sa place dans le domaine médical, son rayonnement actuel et ses espoirs pour demain.1 \u2014 ETAPES DE LA MÉDECINE CANADIENNE- FRANÇAISE 1608-1850: Formation d\u2019Apprentis 1850-1940: Ecoles de Médecine, Laval 1847; Montréal 1943 Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec 1847.Enseignement essentiellement pratique 1940: Début d\u2019orientation vers la médecine scientifique et les recherches médicales Les Ecoles de médecine de Laval et de Montréal n\u2019ont été fondées que vers 1850.C\u2019est à la même époque aussi que l\u2019on fonda le Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec et que l\u2019on exigea des études spéciales avant de donner une licence officielle pour la pratique médicale.C\u2019est dire qu\u2019avant 1850, le Canada français, et nous pourrions dire le Canada tout court, ne pou- 1108 vait compter que sur des médecins préparés par l\u2019apprentissage direct ou par une tradition transmise de père à fils.Période empirique, sans plus.À partir de 1850, la médecine et l\u2019enseignement médical furent essentiellement une médecine et un enseignement de pratique individuelle.L'enseignement, encore à ses débuts, était assez piètre et mal organisé (2).L\u2019expérience pratique était souvent complétée par ce que l\u2019on appelait d\u2019un terme vraiment savoureux: le flair clinique, par lequel l\u2019assurance de la tenue, la « pontiférie », ou l\u2019énergie de la parole tenaient souvent lieu de la science.C\u2019est vers 1940 que l\u2019on situe généralement la période où notre médecine sort de son état de vassalité et prend une tournure plus scientifique et où la recherche médicale commence à faire son apparition.Notre milieu connaît une naissance ou, suivant les goûts, une « renaissance » scientifique (3) due à deux facteurs principaux: d\u2019abord cette nouvelle et impatiente attitude scientifique d\u2019un bon nombre de jeunes qui, mieux préparés, veulent rechercher les explications des phénomènes, les causes des faits observés, ce qui leur fait rejeter autant l\u2019impressionnisme clinique que le dogmatisme et la pontiférie, pour d\u2019abord se soumettre humblement aux faits; ensuite cette présence simultanée de quelques groupes d'hommes clairvoyants, courageux et mieux préparés qui, dans leurs spécialités, se sont consacrés à l\u2019expérimentation et à la recherche sérieuse.Nous tenons à signaler le rôle important joué par M.le Prof.Pierre Masson dont la haute valeur de l\u2019enseignement et l\u2019exemple tenace de travail scientifique de haute qualité nous ont aidés à être moins totalement tributaire de l\u2019étranger et à commencer nos propres efforts en vue de l\u2019avancement de la médecine.Ce début de maturité scientifique se remarque, depuis 1940, par la création de l\u2019Institut d'Hygiène et de Microbiologie par le docteur Armand Frappier, l\u2019Institut du Cancer dont les recherches sont dirigées par le docteur Antonio Cantéro récemment élu membre de la GENEST: RECHERCHES CLINIQUES L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 Société Royale, l\u2019Institut de Biologie de Laval dirigé par M.Louis Dugal, et plus récemment l\u2019Institut Lavoisier, le Département de Recherches Cliniques de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal et autres.Ces efforts des pionniers devraient stimuler nos professionnels, nos facultés et nos centres hospitaliers à encourager la recherche et la formation scientifique poussée chez les jeunes médecins; c\u2019est un vaste domaine qui s\u2019ouvre chez nous et où tout est promesse et avenir.2 \u2014 RECHERCHES CLINIQUES \u2014 DÉFINITION La recherche, le mot le dit, consiste à chercher.À chercher quoi?Eh bien, comme l\u2019exprime Claude Bernard, à chercher la cause et le mécanisme des phénomènes que nous observons.La recherche clinique, c\u2019est la recherche des causes prochaines et des mécanismes des faits observés tant à l\u2019état physiologique que pathologique chez l\u2019humain.C\u2019est aussi la recherche des causes de ce qui produit et guérit telle maladie, et des conditions nécessaires à la santé et au bien-être physique et mental.3 \u2014 RECHERCHES CLINIQUES \u2014 CRITÈRES Caractéristiques 1 \u2014 Sujets d\u2019étude: l\u2019homme normal ou malade; 2 \u2014 Milieu hospitalier; 3 \u2014 Applications de méthodes et techniques physiques ou chimiques ou expérimentales.La caractéristique des recherches cliniques, ou plutôt ce qui les différencie des recherches dans les autres domaines, c\u2019est le sujet à étudier: l\u2019homme malade ou normal, sujet passionnant entre tous.Une autre caractéristique, c\u2019est le milieu hospitalier, c\u2019est-à-dire que les recherches cliniques ne peuvent se faire adéquatement que dans des milieux hospitaliers spécialement organisés et équipés pour étudier le sujet dans des conditions satisfaisantes.En dernier lieu, ce qui caractérise la recherche clinique, c\u2019est qu\u2019elle se fait surtout par l\u2019application de méthodes et de techniques physi- L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 ques, chimiques, ou expérimentales qui ont déjà été établies en sciences fondamentales.4 \u2014 RECHERCHES CLINIQUES \u2014 CONDITIONS Si ces recherches cliniques doivent se faire dans un hôpital, quelles en sont les conditions si l\u2019on veut qu\u2019elles soient faites avec les plus grandes chances de succès?Conditions 1 \u2014 Direction d\u2019un « clinicien-chercheur » a) Synthèse entre clinique et laboratoire, b) Intégration des recherches, c) Trait d\u2019union entre service hospitalier, clinique externe, laboratoires et expérimentation animale.2 \u2014 Personnel médical « plein-temps ».3 \u2014 Autonomie administrative et scientifique.Un département de recherches cliniques doit être tout d\u2019abord sous la direction d\u2019un clini- cien-chercheur, c\u2019est-à-dire d\u2019un médecin qui soit clinicien compétent et en même temps chercheur expérimenté dans un domaine donné.Cette condition est essentielle si l\u2019on veut une synthèse harmonieuse entre la clinique et le laboratoire et une intégration parfaite des recherches, car il faut un trait d\u2019union entre le service hospitalier, la clinique externe et les laboratoires de recherches et d\u2019expérimentation animale.Cette condition présuppose donc, chez le clinicien-chercheur, une longue formation à la fois clinique et de laboratoire.Notre progrès sera d\u2019autant plus rapide que se multiplieront de tels hommes ainsi préparés.La juxtaposition d\u2019un clinicien et d\u2019un chimiste ou physicien pour des recherches, ou bien l\u2019emploi d\u2019un chimiste ou physicien pour faire les travaux du clinicien ignorant de la recherche, des techniques et des méthodes biochimi- ques et fondamentales, conduit le plus souvent à la mésentente et au manque d\u2019harmonie.Le sens de l\u2019équipe n\u2019existant pas, le travail est rarement fécond.Les jeunes médecins qui se destinent à la recherche clinique, doivent consacrer en plus GENEST: RECHERCHES CLINIQUES 1109 de trois ou quatre années de formation clinique, au moins trois années de formation de laboratoire de façon à être réellement en mesure de faire la synthèse entre les sciences de base et la clinique auprès de l\u2019homme.Le progrès médical ne peut venir que de cette synthèse, et il est heureux que des bourses généreuses, et de plus en plus nombreuses, permettent maintenant cette longue période de préparation.La deuxième condition de succès consiste dans l\u2019emploi d\u2019un personnel aussi bien médical qu\u2019extra-médical à plein-temps.La recherche clinique ne peut plus être l\u2019affaire d\u2019un à-côté ou d\u2019une curiosité momentanée.Elle est une occupation difficile qui requiert tout le temps, toutes les énergies et tous les efforts des personnes qui s\u2019y consacrent et qui, pour y réussir, doivent être libérées des nécessités de la clientèle et des visites à domicile par un salaire adéquat.En dernier lieu, une certaine autonomie administrative et scientifique est indispensable pour assurer une nécessaire liberté et indépendance d\u2019action.Les recherches cliniques qui ont été préconisées par ce grand précurseur qu\u2019était Claude Bernard et qui ont trouvé leur épanouissement depuis plus de 40 ans aux Etats-Unis, ont maintenant droit de cité sur le même pied que les sciences fondamentales de physiologie, de biochimie ou des sciences cliniques de médecine ou de chirurgie.Cliniciens ou praticiens qui n\u2019ont pas de préparation pour la recherche ou qui restent sans contact étroit avec les travaux et les découvertes des Centres de Recherches, risquent fort de demeurer dans une position stagnante et d\u2019être tôt dépassés.Ce n\u2019est plus le prestige de la clientèle ou le savoir-faire qui doivent faire la réputation ou consacrer la valeur scientifique du médecin.Un tel département de recherches ne rapporte pas évidemment beaucoup d\u2019argent, sauf d\u2019une façon indirecte.Son apport principal consiste dans le prestige scientifique qu\u2019il donne à l\u2019institution, tant dans le public qu\u2019à l'étranger.C\u2019est là, un placement judicieux à 1110 longue portée, très stable, et dont tous les participants d\u2019une institution hospitalière profitent également: la preuve en est faite à l\u2019hôpital John Hopkins, à la clinique Mayo et autres grands centres analogues.9 \u2014 RECHERCHES CLINIQUES \u2014 FINANCEMENT | Financement | 1 \u2014 Subventions des gouvernements 9__ \u201d 3 \u2014 ?\u201d Industries 4 \u2014 ?\u201d mécènes \u20185 \u2014 Budget institutionnel \u201d Fondations \\ 6\u2014 Fonds spécial provenant des honoraires des consultations.Les dépenses d\u2019un tel département peuvent être financées de plusieurs façons: subventions gouvernementales; subventions des grandes fondations philanthropiques; des industries et des mécènes; budget institutionnel; et en dernier lieu, comme cela se fait dans plusieurs grands centres, les fonds provenant des honoraires des consultations données dans des buts diagnostiques ou thérapeutiques par les membres du département de recherches.Ces honoraires sont versés dans un fonds spécial destiné uniquement au maintien et au développement du département de recherches et administrés par son directeur.Nous croyons que cette formule de l\u2019organisation d\u2019un département de recherches cliniques dans un centre médical est celle du présent et de l\u2019avenir immédiat.Elle est basée sur une étude approfondie de l\u2019état de la médecine actuelle dans le monde occidental et par la visite des grands centres tant européens qu\u2019américains.5 \u2014 DÉPARTEMENT DE RECHERCHES CLINIQUES À L\u2019HÔTEL-DIEU DE MONTRÉAL A) Intérêts a) HTA \u2014 Œdèmes généralisés 1) Mécanisme physio-pathologique 2) Valeur et mode d\u2019action de nouveaux agents thérapeutiques.GENEST: RECHERCHES CLINIQUES L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 b) Endocrinologie \u2014 Maladies rénales \u2014 Désordres électrolytiques 1) Etude approfondie de patients 2) Méthodes.Dans notre Département de Recherches Cliniques, fondé à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal en septembre 1952, nous nous sommes surtout intéressés à deux domaines particuliers: le domaine de l\u2019hypertension artérielle et des œdè- mes généralisés dont nous étudions le mécanisme physiopathologique et où nous recherchons la valeur et le mode d\u2019action de nouveaux agents thérapeutiques; puis le domaine des maladies endocriniennes, des maladies rénales médicales et des désordres électrolytiques.Cependant notre travail et nos publications manifestent, comme vous le verrez, que notre intérét médical est plus universel et dépasse le cadre des domaines mentionnés.B) Contributions 1 \u2014 HTA et œdèmes généralisés a) Aldostérone urinaire et plasmatique et rapport hydrocortisone/cortisone/aldostérone b) Clinique d\u2019hypertension artérielle c) Agents hypotenseurs 2 \u2014 Endocrinologie \u2014 Désordres électrolytiques: a) Syndrome de Cushing b) Développement hétéro-sexuel c) Méthodes d) « Unité électrolytique » 3 \u2014 Contributions diverses: a) Traitement du psoriasis et dermatoses b) Traitement du hoquet rebelle c) Traitement de la maigreur constitutionnelle d) Conférences post-universitaires e) Reconnaissance par Collége Royal Formation scientifique des jeunes médecins. L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 f) Service complet d\u2019illustration médicale, de photographie et de photocopie.g) Déterminations, épreuves spéciales.Nos apports dans l\u2019étude de l\u2019hypertension des œdèmes généralisés sont de trois ordres: en premier lieu, l\u2019élaboration précise des méthodes pour l\u2019hydrolyse, l\u2019extraction, la purification et la détermination de l\u2019aldostérone provenant des urines ou du plasma d\u2019hypertendus; deuxièmement, la connaissance de la maladie hypertensive par l\u2019étude de l\u2019évolution de plus de 400 patients à notre clinique d\u2019hypertension artérielle et en dernier lieu, la mise à l\u2019essai et l\u2019évaluation de nouveaux agents hypotenseurs.ALDOSTERONE Nous ne croyons pas superflu de vous donner ici un bref aperçu des méthodes qu\u2019il nous fallut mettre au point pour étudier le rôle des surrénales dans le mécanisme de l\u2019hypertension artérielle et des œdèmes généralisés d\u2019origine cardiaque, rénale ou cirrhotique.Une description bien sommaire de cette méthodologie suffira à faire comprendre la complexité et les difficultés des recherches que nous avons entreprises sur l\u2019aldostérone et permettra de réaliser qu\u2019il faut près de cinq à six semaines du temps complet d\u2019une personne pour hydrolyser, extraire, purifier, isoler et déterminer par essai biologique ou méthodes physico-chimiques, l\u2019aldostérone urinaire ou plasmatique d\u2019un seul sujet normal ou malade.Ces méthodes pour l\u2019isolement de l\u2019aldostérone urinaire ont été publiés en résumé dans Clinical Research Proceedings of the American Federation for Medical Research et ont fait le sujet d\u2019un symposium de la Montreal Phy- srological Society, en janvier 1955.Voici en résumé, leur description.1 \u2014 Urines de 24 ou de 72 heures \u2014 pH, \u2014 Extraction au HCCI3 2 \u2014 Re-extraction au HCCI; aprés incubation à pH 4,5 \u2014 24 hrs \u2014 37° C \u2014 B-Glucu- ronidase (300 u/ml) GENEST: RECHERCHES CLINIQUES 1111 3 \u2014 Lavage (x2) des extraits combinés avec HONa N/10 4 \u2014 Lavage (x1) des extraits avec eau distillée 5\u2014 Isolement de la fraction « corticostéroï- de » par chromatographie sur la colonne de silica gel (Wettstein) (procédure actuellement à l\u2019étude) 6 \u2014 Isolement de la fraction « aldostérone- cortisone » après chromatographie sur papier dans système de Zaffaroni 7 \u2014 «Isolement « de l\u2019aldostérone après chromatographie sur papier de la - fraction « aldostérone-cortisone » dans système de Bush C.et Bs.Les techniques que nous avons mises au point pour 'isolement de 1\u2019aldostérone plasmatique et qui ont fait l\u2019objet d\u2019une communication au Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism sont brièvement les suivantes: 1 \u2014 Dialyse continue \u2014 Appareil rotatoire 72 heures \u2014 14 sans et 14 avec B-glucuroni- dase (300 u/ml) Extraction HCCIs simultanée 2 \u2014 Isolement des corticostéroïdes après partition de l\u2019extrait entre éther de pétrole/- méthanol à 80% 3 \u2014 Isolement de la fraction aldostérone \u2014 Cortisone après chromatographie sur papier dans système de Zaffaroni 4 \u2014 Isolement de l\u2019aldostérone après chromatographie sur papier de la fraction « aldos- térone-E » dans systèmes de Bush C et Bs Une fois isolé à l\u2019état « pur », l\u2019aldostérone dont la concentration normale dans le sang est d\u2019environ 0,08% microgramme et dont l\u2019élimination urinaire ne dépasse pas 2 microgram- mes par 24 heures, est déterminée quantitativement soit par procédés physico-chimiques si la quantité dépasse quelques microgrammes ou par essai-biologique si la quantité est inférieure. 1112 GENEST: RECHERCHES CLINIQUES Identification et détermination de l\u2019aldostérone Procédés physico-chimiques: Quantitatifs: Absorption dans l\u2019ultra-violet à 240 mu Réduction du tétrazolium bleu Qualitatifs: Valeur RF dans divers systèmes chromatographiques.Spectres d\u2019absorption dans SO,H, Conc.ou dans POH; a 100% Essai biologique pour l\u2019aldostérone: Rats mâles de souche Sherman, pesant 150-180 gms Jour 0: Surrénalectomie totale bilatérale Jour 2: Expérience Heure 0: Injection S-C (0,1 ml) de solvent (ETOH) ou de extrait Ligature de l\u2019urethre Heure 4: Recueil complet de l\u2019urine contenue dans la vessie Détermination du Na et K urinaire au photomètre à flamme Critères d\u2019activité hormonale: Diminution du Na urinaire Diminution du rapport urinaire Na/K Expression des résultats: % du groupe-contrôle Equivalent d\u2019aldostérone avec indication des L\u2019Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 limites de confiance Ces méthodes qui ont été mises à l\u2019essai et éprouvées, et qui ont été confirmées ailleurs, constituent le travail fondamental de notre département.Elles permettent de dire que, dans ce domaine, nous sommes actuellement à l'avant-garde dans le monde scientifique.Grace à ces méthodes, nous avons pu étudier l\u2019aldostérone urinaire chez 5 sujets normaux et chez 6 patients souffrant d\u2019hypertension maligne et chez 7 autres souffrant d\u2019hypertension essentielle sévère.Les résultats individuels obtenus avec des extraits d\u2019aldostérone équivalent à 40 minutes d\u2019urine sont illustrés dans le graphique suivant (fig.I).Les résultats sont concordants, qu\u2019on les exprime d\u2019après les deux critères d\u2019activité de l\u2019aldostérone, soit la diminution du Na urinaire, soit celle du rapport Na/K.Ils indiquent clairement que les patients souffrant d\u2019hypertension essentielle sévère ou d\u2019hypertension maligne, éliminent plus d\u2019aldostérone dans leurs urines que les sujets normaux (table 1).Si l\u2019on fait la moyenne des valeurs individuelles de chaque groupe, on peut voir dans le graphique suivant (fig.II) que la différence est beaucoup plus nette dans les résultats provenant des extraits-équivalents de 40 minutes que dans ceux de 20 minutes; et que le critère de diminution du rapport urinaire Na/K est plus sensible.Une analyse statistique préliminaire des résultats provenant des doses équivalentes à 40 minutes d\u2019urine, montre l\u2019importance très grande de la différence que l\u2019on note entre les sujets normaux et les hypertendus (valeur T de 4,85 avec un index de probabilité 0,50.C\u2019est là un signe constant: en son absence, il n\u2019y a pas d\u2019éclampsie.Se maintient-il quand les signes cliniques s\u2019amendent, on peut craindre le pire.Plus tôt que l\u2019élévation du poids ou de la tension humérale, plus fidèlement que l\u2019albuminurie, cette augmentation de la pression rétinienne minima, plus forte même que le laisserait supposer la minima, est un symptôme fondamental.Et souvent c\u2019est l\u2019évolution de ce seul symptôme qu\u2019est venu confirmer le dénouement: interruption prématurée de la grossesse, mort du fœtus in utero, naissance d\u2019un enfant malingre, séquelles vasculaires chez la mère.Et ceci est particulièrement vrai et alarmant quand on voit, malgré le régime et le traitement, l\u2019indice rétino-huméral demeure: élevé.Même si les signes classiques s\u2019améliorent, il convient de demeurer réservé sur le pronostic: des rechutes sont possibles.* * x Au dela des fines nuances ophtalmoscopi- ques et tonoscopiques que nous venons de passer en revue et que l\u2019on verrait dès le début de la grossesse, comment apparaît done la rétinite gravidique véritable?On la rencontre, disent les statistiques, une GUILLAUMAT: OPHTALMOSCOPIE ET ÉCLAMPSIE L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 fois sur 3 000 grossesses et elle complique 60 à 75% des toxémies gravidiques.Elle survient dans les trois derniers mois de la grossesse, touche les multipares comme les primipares.Mais sa fréquence relative au cours des néphropathies gravidiques pures ou des toxémies accompagnées d\u2019hypertension ou de néphrite chronique est diversement appréciée.Les lésions rétiniennes sont provoquées par un état spastique artériolaire, conséquence des actions humorales sur le système sympathique.La perméabilité capillaire s\u2019en trouve augmentée, la pression artériolaire élevée.La pathogénie est la même sans doute au niveau des capillaires du rein, du cerveau, de la rétine mais sur cette dernière membrane, l\u2019ohp- talmoscope peut les observer.Elle traduit toujours une intoxication profonde.Cliniquement le début se marque et se remarque par des éclipses visuelles, des mouches volantes, parfois par un incident paroxystique impressionnant: des maux de tête, des crampes douloureuses, des sensations nauséeuses, puis survient brutalement une cécité passagère unilatérale ou bilatérale à prédominance unilatérale.La perte du réflexe photo- moteur, la fugacité extrême de cette obnubilation visuelle, l\u2019aspeet ophtalmoscopique aussi, contribuent à différencier ce spasme artériel rétinien de l\u2019amaurose totale d\u2019une cécité corticale avec conservation des réflexes comme la rétention chlorurémique peut en être la cause.Au fond de l\u2019œil, l\u2019image ophtalmoscopique apparaît bien particulière, car très rapidement la rétinite est constituée.L\u2019œædème surtout est considérable.Il infiltre et boursouffle la papille, soulevant ou noyant les vaisseaux qui s\u2019en échappent.Il s\u2019étale sur la rétine voisine du pôle postérieur, arrachant à la lumière de l\u2019ophtalmoscope des reflets vernissés, il épaissit rétine et même choroïde atténuänt la teinte rouge vif qui se nuance d\u2019une touche laiteuse.Les vaisseaux, artériels surtout, sont étroits de calibre irrégulier, encochés par des strictions spastiques, par des segments partiellement L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 thrombosés.La pression artérielle rétinienne difficile à apprécier sur un vaisseau masqué par un voile œdémateux, est fortement augmentée: 80,000 ou davantage.Les hémorragies sont peu nombreuses, mais les exsudats sont étendus.Les uns cotonneux, d\u2019un blanc mat, allongés le long des vaisseaux, semblent résulter d\u2019extravasations fibrineuses.Les autres brillants, fins, cristalliformes, ponctués, groupés dans la région interpapillo-maculaire, dessinent une étoile complète ou ébauchent un simple éventail.Toujours alors les troubles fonctionnels sont importants: l\u2019acuité visuelle est réduite par les lésions maculaires responsables de scotomes positifs, le champ visuel est rétréci par les thromboses vasculaire.voire les décollements secondaires, symptomatiques, qui se produisent à la périphérie.Ce tableau évolue au milieu des signes de l\u2019é- clampsie.Cette rétinite gravidique est fort grave par elle-même, pour la sauvegarde de la fonction, indépendamment même de sa signification pronostique générale.Des hémorragies chorio- rétiniennes profondes abaissent encore la vue qu\u2019un vaste décollement chorio-rétinien peut abolir en quelques heures.Il n\u2019est pas rare non plus de voir évoluer un douloureux et redoutable glaucome hémorragique.Même lorsque l\u2019évacuation de l\u2019utérus a été rapidement pratiquée, le pronostic fonctionnel demeure réservé puisque la cécité s\u2019observe 1 fois sur 10.Quand la régression s\u2019est pre- duite, que la rétine a été par l\u2019accouchement prématuré, balayée de ses exsudats et débarrassée de l\u2019œdème qui l\u2019infiltrait, il peut persister des séquelles, taches pigmentées cherio- rétiniennes, atrophie papillaire descendante, thromboses rétiniennes.Mais il est des aspects cliniques qui ne suivent pas toujours ce schéma: \u2014 des formes de rétinite gravidique à prédominance hémorragique, œdémateuse ou ex- sudative.\u2014 des formes compliquées de lésions oculaires graves qui exigent un traitement local par elles-mêmes: glaucome aigu ou décolle- GUILLAUMAT: OPHTALMOSCOPIE ET ÉCLAMPSIE 1147 ment de la rétine.Encore convient-il de distinguer parmi ces décollements deux formes: \u2014 les uns sont des décollements véritablement éclampsiques, contemporains d\u2019une rétinite grave diffuse, déterminée par l\u2019ædème rétinien, favorisés par les efforts de vomissements et les convulsions.Leur pronostic visuel est médiocre, leur pronostic vital est très sombre.\u2014 les autres sont plutôt des décollements secondaires aux exsudations ou transsudations choroïdiennes, ils soulèvent une rétine peu altérée et l\u2019ædème général une fois disparu, pourront guérir par le simple repos.Beaucoup d\u2019entre eux sont des décollements plutôt choroïdiens.On sait bien maintenant que la toxémie gravidique revêt deux aspects, comporte deux pronostics bien différents selon qu\u2019elle éclate sur un terrain cardio-vasculo-rénal absolument indemne ou qu\u2019elle complique une hypertension artérielle, unc insuffisance rénale, à l\u2019occasion d\u2019une grossesse mal supportée.La toxémie gravidique pure s\u2019oppose ainsi à la néphropathie accompagnée ou précédée.La première éclate en fin de grossesse, son éclampsie est parfois contemporaine de l\u2019accouchement chez une jeune primipare de moins de 30 ans.Céphalée, albuminurie massive, hypertension artérielle entre 15 et 20, œdème partiel ou généralisé, vomissements, crises convulsives à début brutal caractérisent cette néphropathie proprement gravidique.Les obnubilations visuelles, les spasmes rétiniens sont fréquents, mais l\u2019ophtalmoscope montre un fond d\u2019œil indemne de l\u2019explosion exsuda- tive d\u2019une franche rétinopathie: un léger œdè- me peut infiltrer papille et rétine, mais exsudats et hémorragies y restent exceptionnels.Les artères, étroites, battent sous une pression élevée de 80 à 100.En réalité la brusquerie de la crise éclamp- tique est seulement apparente.Car le début réel est annoncé par l\u2019apparition discrète d\u2019æ- dème plus ou moins manifeste: une bague que la femme ne parvient plus à retirer de son doigt, des chevilles enflées le soir, surtout une 1148 augmentation anormale dans sa rapidité el son importance, du poids de la femme enceinte.Puis la T.À.s\u2019élève, sa maxima dépasse 14 et 15, la minima 9 et 10.L\u2019albuminurie est plus tardive.La fin de la grossesse amène au milieu d\u2019une crise urinaire, la disparition de tous les phénomènes fonctionnels et nerveux et si la néphropathie, comme c\u2019est la règle, est tardive et courte, l\u2019enfant naît vivant, par césarienne.Le pronostic vaseulo-rénal est tout à fait favorable: c\u2019est une néphropathie contemporaine de la grossesse, déclenchée par elle, cessant avec elle sans laisser de séquelles et, 2 à 3 mois après l\u2019accouchement, le bilan rézial est redevenu normal.Il est pourtant des cas qui évoluent vers l\u2019hypertension artérielle permanente, peut-être chez des femmes prédisposées à une affection cardio-vaseulo-rénale par un terrain déficient ou une tare héréditaire.À l\u2019opposé et toujours schématiquement les néphropathies non particulières à la grossesse affectent plutôt des multipares de plus de 30 ans.On retrouve dans leurs antécédents des grossesses difficiles, des accidents imputables à l'hypertension artérielle ou à une néphrite chronique.Les troubles pré-éclampsiques s\u2019a- morçent au cours du 2e trimestre de la grossesse, toujours avant le 7e mois.Si l\u2019albuminurie est, variable, l\u2019ædème inconstant, la tension artérielle est par contre toujours élevée, les maux de tête violents et la rétinopathie exhibe tous ses caractères: œdème rétinien, glaucome aigu et hémorragique.À cause du début précoce, de l\u2019évolution prolongée, le pronostic est sombre pour \u2019enfant, l\u2019avortement, l\u2019acccuchement prématuré d\u2019un fœtus mort-né est fréquent, \u2014 pour la mère que menacent parfois des accidents immédiatement mortels et toujours une aggravation de la maladie vasculo-rénale.Les causes en sont: 1) l'hypertension artérielle permanente, révélée par la grossesse: et il faut commencer à se méfier à partir de chiffres égaux ou supérieurs à 14/9.Dans les cas moyens de T.A.: 17/10, quand le rein est encore suffisant, les altérations rétiniennes sont peu accentuées et GUILLAUMAT: OPHTALMOSCOPIE ET ÉCLAMPSIE L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 ne laisseront que peu de traces.Mais les cas sévères de T.A.supérieure à 17/10, où la réti- nopathie atteint rapidement les stades III et IV de Wagener et Keith, exigent d\u2019urgence une thérapeutique active.2) Plus rarement des affections rénales: néphrites chroniques, aiguës, reins polykysti- ques, néphroses lipoïdiques, pyélonéphrites.3) Certaines néphropathies gravidiques récidivantes semblent même extérioriser, au cours de la grossesse une hypertension artérielle potentielle qui demeure masquée entre les périodes de gestation.Dans cette distinction clinique, pathogéni- que, pronostique, comment insérer les manifestations oculaires de la rétinopathie gravidique?Pour Wagener, la rétinopathie spas- tique est moins fréquente dans les néphropathies gravidiques accompagnées (25%) que dans la toxémie gravidique pure (76%) sans hypertension préalable.Il ajoute que la présence de lésions rétiniennes antérieures à la grossesse ne constitue donc pas, par soi-même, d'indication à l\u2019avortement mais quegla constatation de lésions spasmodiques y pousse absolument a moins qu\u2019elles ne soient promptement et parfaitement maîtrisées par des mesures appropriées.Pour Bailliart, Milliez, Fritel, la rétinopa- thie serait au contraire plus souvent rencontrée dans les néphropathies gravidiques « accompagnées » que dans les toxémies gravidiques pures et les délabrements fonctionnels qu\u2019elle laisse sur la rétine seraient plus graves.Cette opposition peut n\u2019être qu\u2019apparente.Ce qui domine longtemps dans la toxémie pure, avant efflorescence œdémateuse finale et facultative, c\u2019est un état spastique des artérioles rétiniennes avec hypertension diastolique.Dans les néphropathies accompagnées, on peut constater très tôt tous les aspects que l\u2019hypertension artérielle permanente imprime au réseau rétinien: artères rétrécies et irrégu - lières, écrasant les veines aux croisements, fines hémorragies en flammèches, exsudats cotonneux ou stellaires.La permanence de ces L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 lésions assombrit le pronostic fonctionnel visuel.Quelles que soient la fréquence et la nature de la rétinopathie, appréciées diversement par les auteurs, elle possède une valeur pronostique sur laquelle par contre l\u2019opinion est unanime.Encore faut-il savoir que la distinction forcément schématiquement exposée ci-dessus n\u2019est pas toujours possible au cours de l\u2019expérience clinique aux innombrables nuances et que, dans bien des cas, il n\u2019y a pas de barrière bien tranchée entre hypertension gravidique et éclampsie.Le pronostic d\u2019une hypertension gravidique reste très difficile à porter mais l\u2019examen ophtalmoscopique et sphygmomanc- métrique rétinien peut largement contribuer à résoudre le problème.C\u2019est, dire la valeur pronostique qui s\u2019attache aux données ophtalmoscopiques pendant tout le cours d\u2019une gestation.Les statistiques le prouvent et, en ce qu: concerne le seul avenir fonctionnel, Couve- laire note, sur 140 femmes ayant survécu a l\u2019éclampsie compliquée de rétinite gravidique: 19 cécités; 82 récupérations partielles contre seulement 39 guérisons complètes.Des récidives sont possibles au cours des grossesses ultérieures ou si une hypertension artérielle permanente s\u2019est installée.Ce qui importe, c\u2019est davantage la durée de l\u2019œdème rétinien et papillaire et la généralisation du rétrécissement vasculaire que l\u2019abondance des hémorragies et des exsudats.Une récupération fonctionnelle complète est possible si la rétinopathie est de courte durée: ainsi le pronostic visuel est-il meilleur dans les éclampsies gravidiques pures que dans les accidents provoqués par l\u2019hypertension artérielle qui meurtrit la rétine et sa circulation pendant des mois et des années.Ceux-ci laissent, même après l\u2019évacuation de l\u2019utérus des lésions mma- culaires définitives, des dégénérescences cho- rio-rétiniennes ischémiques et des atrophies optiques qui grèvent lourdement l\u2019avenir vi- GUILLAUMAT: OPHTALMOSCOPIE ET ÉCLAMPSIE 1149 suel.Le danger n\u2019est pas moindre pour la vie même de la mère et de son enfant.Mais là encore, il convient de distinguer entre les diverses aspects étiologiques de l\u2019é- clampsie.Dans les toxémies gravidiques pures, le pronostic est en général très favorable parce que l\u2019apparition tardive des accidents laisse à l\u2019enfant (âgé de 8 à 9 mois) la possibilité de survivre à sa mise au monde, et parce que le traitement est assez efficace contre la rétention hydrosodée responsable des complications: régime désodé strict additionné de protides, repos au lit et restriction des liquides auxquels on ajoute parfois des résines échangeuses de cathions.La césarienne est pratiquée dès que le fœtus est viable ou dès les moindres convulsions si celles-ci éclatent plus tôt, cous couvert de doses massives de barbituriques et d\u2019antispasmodiques.Le danger est beaucoup plus grand dans les néphropathies non particulières à la grossesse: il s\u2019agit en effet de multipares, souvent âgées, hypertendues, au filtre rénal insuffisant.Sur ce terrain fragile, les accidents éclatent tôt; au cours du 2e trimestre et le fœtus peu viable succombe rapidement in utero.Aussi faut-il chercher par la surveillance et le traitement à en prévenir l\u2019apparition.Chez les hypertendues moyennes, \u2014 minima entre 7 et 10, aux reins parfaitement perméables, au réseau rétinien à peine sclérosé, on peut se contenter d\u2019un repos strict au lit sous régin:c désodé, restrictions liquidiennes, barbituriques et œstrogènes de synthèse, souhaitant merer la grossesse sans autre incident jusqu\u2019au Se mois qui permettra la césarienne.S\u2019agit-il d\u2019une hypertendue sévère avec albuminurie et rétinopathie?alors l\u2019expectative est dangereuse.Des sympathectomies étendues suivant les techniques de Peet et de Smith- wick ont pu donner des succès.Mais ces procédés paraissent justifiés surtout avant lu grossesse chez une jeune hypertendue désireuse d\u2019être mère.Ils ont l\u2019avantage d\u2019éviter des débats moralement douloureux et techniquement difficiles. REVUE GÉNÉRALE 2e ve QUELQUES VÉRITÉS SUR LE TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE EN 1955 Philippe RICHARD, F.C.C.P., Hôpital Laval (Québec).La médication antituberculeuse actuelle a modifié des notions reconnues comme classiques jusqu\u2019à l\u2019apparition des produits mycosi- ques et chimiques synthétiques.Les études histopathologiques des pièces opératoires ont mis en évidence la présence de lésions réversibles qui ont graduellement transformé en intervention de plus en plus conservatrices les actes opératoires des chirurgiens thoraciques, des orthopédistes, des gynécologues, des urologistes et des chirurgiens généraux.Le médecin est de moins en moins désarmé en présence des formes diverses de la tuberculose.Trois découvertes de la plus haute importance jalonnent, durant la dernière décade, les acquisitions médicamenteuses antibacillaires.1° En avril 1944, Selmon Waksman, de New-Brunswick dans l\u2019état du New Jersey, fournit aux chercheurs W.H.Hinshaw une quantité de Streptomycine suffisante pour traiter quatre cobayes mâles pesant environ cinq cents grammes chacun.Ils les inoculèrent à la région sous-cutanée sternale avec un dixième de milligramme d\u2019une souche humaine virulente de mycobacterium tuberculosis.La souche HvR 37 provenait des expectorations d\u2019un jeune homme de 21 ans traité au Sanatorium Trudeau de Saranac pour une tuberculose pulmonaire modérément avancée.En janvier 1945, 34 malades reçurent des doses quotidiennes de un à deux millions d\u2019unités de streptomycine durant plusieurs semaines.2° Seidel et Bittner connaissaient l\u2019existence de l\u2019acide paraaminosalicylique en 1902.Le PAS ou l\u2019acide paraaminosalicylique fut resynthétisé par le russe Gulinov, en 1927, mais ce fut Lehman qui remarqua le premier, en 1940, à l'hôpital Renstrum de Goteborg, en Suède, la stabilisation de la température, la diminution des sécrétions bronchiques et des bacilles des tuberculeux pulmonaires, à la suite de l\u2019emploi de ce médicament.Il l\u2019étudia davantage.Il fit des essais vraiment concluants chez l\u2019homme, en 1944.Subséquemment, il remarqua son action additive sur la streptomycine de Waksman et le retard à l\u2019apparition des souches bacillaires streptomycino- résistantes.Les études cliniques, radiographi- ques et bio-chimiques portèrent sur 378 cas en 1949-50.3° L\u2019hydrazide de l\u2019acide isonicotinique ou l\u2019isoniazide ou l\u2019INH fut synthétisé, en 1912, par les allemands Meyer et Malley.Fox le redécouvre en 1951.Ces trois acquisitions pharmaceutiques furent mises à profit.À la médication simple, s\u2019ajoutèrent la double et la triple association.Depuis 1953, les phtisiologues considèrent que le traitement électif ou optimal des formes graves de tuberculose consiste dans la synergie médicamenteuse des trois produits.Les observations remarquables de méningites bacillaires et de septicémies miliaires établissent la nécessité de l\u2019emploi de l\u2019'INH avec la SM et le PAS.Le taux décroissant de façon remarquable des mortalités établit la preuve indéniable de l\u2019action bénéfique de I'INH.L\u2019INH se trouve dans le commerce sous différents noms.La firme commerciale qui les fabrique ou qui les distribue se charge de les désigner en faisant approuver le produit. L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 Les comprimés sont dosés chacun à 50 milligrammes d\u2019INH.Il existe en plus une préparation domestique qui comporte l\u2019association de l\u2019'INH avec le PAS.Chaque comprimé entérique contient 0,100 de p-aminosalicylate calcique, 0,400 de p-aminosalicylate sodique et 0,020 d\u2019isonia- side.Le mode d\u2019emploi de l\u2019INH et du PAS-INH est régi par l\u2019âge du sujet, la toxicité et l\u2019étendue de la lésion tuberculeuse.On les utilise seuls ou en association avec la SM (streptomycine) ou ia DHSM (dihydro- streptomycine).L\u2019INH est à l\u2019heure actuelle le médicament le moins toxique, le moins dispendieux et probablement le plus efficace de la tuberculose pulmonaire ou de plusieurs formes de tuberculose.LE TRAITEMENT DES FORMES GRAVES DE LA TUBERCULOSE La tuberculose miliaire et la méningite tuberculeuse sont tributaires de la triple association.Il faut administrer la streptomycine par la voie intra-musculaire, d\u2019abord quotidiennement à la dose de 1 gr, ensuite 3 fois par semaine.On ajoute, chez l\u2019adulte, 18 à 24 comprimés entériques de PAS-INH par jour.La dose quotidienne est en rapport avec le poids corporel et l\u2019âge, chez l\u2019enfant.Lorsqu'il y a blocage méningé, il est souvent nécessaire d\u2019employer des méthodes auxiliaires ou ancillaires comme les hormones stéroïdes.La tuberculine intrathécale si vantée par l\u2019école d\u2019Oxford ne nous a pas permis d\u2019obtenir les mêmes résultats.La varidase, la trypsine, la streptokinase-streptodernose doivent être rejetées.L\u2019INH par voie rachidienne n\u2019est généralement pas nécessaire.La diffusibilité du produit administré per os se fait de façon rapide dans les méninges et le système cérébro- spinal.LE TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE PULMONAIRE Tout d\u2019abord, il faut admettre que le trai- RICHARD: TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE EN 1955 1151 tement apte à réaliser l\u2019éradication du bacille est à naître et que les récidives ou les réactions sont toujours possibles.Le traitement de la tuberculose pulmonaire n\u2019est pas seulement une affaire de médication.Il faut nécessairement lui adjoindre la cure d\u2019air et de repos pronée par Brehmer et Dettweiller et mise en application, sur ce continent, par Edward Levingstone Trudeau.Elle sera modifiée en plus ou en moins selon les événements favorables ou défavorables.Elle demeure la clef de voûte ou le sésame des résultats heureux.Il faut la pratiquer jusqu\u2019à l\u2019extinction même tomographique des lésions cavitaires et jusqu\u2019à la négativité des expectorations, du liquide de lavage bronchique ou gastrique à la culture sur le milieu de Lowen- stein.1° La pneumonie caséeuse nécessite la triple association.La synergie médicamenteuse retarde sûrement l\u2019apparition de la streptomy- cino-résistance.Elle minimise l\u2019étendue du sacrifice parenchymateux lorsque la lésion pulmonaire refroidie est soumise à l\u2019excision.2° La tuberculose cavitaire nettement circonscrite et récente relève de l\u2019INH jusqu\u2019à l\u2019acte chirurgical, s\u2019il est absolument nécessaire.Il faut, cependant, substituer le PAS à l\u2019INH quelque temps avant les explorations physiologiques cardio-respiratoires pour ne pas en fausser les résultats.La période postopératoire immédiate nécessite la streptomy- ne, l'INH-PAS.Plus tard, on cesse la streptomycine pour ne garder que l\u2019INH ou l\u2019'INH- PAS, selon l\u2019histopathologie de la pièce opératoire.3° La tuberculose cavitaire ancienne circonscrite, à lésions irréversibles, relève de l\u2019excision élective ou totale.Elle sera pratiquée beaucoup plus précocement lorsque le malade est préparé avec la triple association.4° La tuberculose pulmonaire minime relève l\u2019INH.Le couple SM-PAS est moins avantageux que le couple IHN-PAS.En effet, la streptomycine et son dérivé la dihydrostreptomycine 1152 exposent trop souvent le sujet traité à l\u2019atteinte de l\u2019auditif.Les dérivés SM et DHSM sont susceptibles d\u2019engendrer des troubles cochléaires ou vestibulaires qui s\u2019expriment par le vertige, par l\u2019hypoacousie ou même par la surdité qui peut être irréversible d\u2019emblée.Les personnes âgées présentant naturellement une certaine sclérose du tympan et les personnes jeunes qui accusent des troubles auditifs, même légers, ne doivent pas les employer.Enfin, l\u2019apparition de la résistance à leur action thérapeutique complète le cycle pathologique.Quant à l\u2019emploi simultané de la SM et de l\u2019INH, on objecte que la thérapeutique épuise ainsi les effets heureux des deux médicaments antibacillaires majeurs.Le clinicien n\u2019aurait alors recours qu\u2019à des produits mineurs comme - le PAS, le sulfate de viomycine, le marsilid, la cyclosérine et quelques autres médicaments d\u2019acquisition récente dans le domaine pharmacodynamique.En réponse, on peut admettre que depuis quelque temps, on fait appel à l\u2019action hormonale dont l\u2019une des modalités les plus effectives est fournie par le duracton ou ACTH retard.Une dose de 3 à 5 unités aux 2 jours durant 2 à 3 mois, en association avec la streptomycine, la viomycine, I'INH, le PAS et l\u2019'INH-PAS, peut rendre opérante une médication qui s\u2019était révélé jusque-là inefficace.On emploie l\u2019ACTH et la cortisone dans le même but.Lorsque l\u2019activité antituberculeuse des médicaments dits spécifiques de la tuberculose a amorcé une action thérapeutique bienfaisante, elle persiste parfois sans cette action additive hormonale.Une surveillance clinique et radiologique étroite, un régime déchloruré et dépourvu de sodium, la prise quotidienne de la pression artérielle, l\u2019enregistrement du poids, préviennent ou extériorisent les œdèmes et les poussées bacillaires.Lorsqu\u2019elles s\u2019aggravent, il faut supprimer immédiatement l\u2019hormonothérapie dont il serait préférable d\u2019étudier les effets avec le test de Thorn et la recherche des 17 corps stéroïdes avant, pendant et après la médication pour RICHARD: TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE EN 1955 L'Union Méd.Canada me 84 \u2014 Oct.1955 juger scientifiquement de son action thérapeutique.Le couple INH-PAS est sûrement l\u2019une des meilleures associations pour l\u2019obtention d\u2019une action positive sur les lésions parenchymateuses.En résumé, les formes graves, à type de l\u2019adulte, chez les enfants, relèvent surtout de la streptomycine.Les formes graves de l\u2019adulte bénéficient davantage de l\u2019INH-PAS.Le malade opposé à l\u2019hospitalisation et celui qui attend patiemment son admission, à la suite du dépistage ou d\u2019une consultation chez un médecin qui a fait tirer une radiographie révélatrice, qui a demandé un examen des expectorations en vue de la recherche du B.K.et qui a complété le tout par une sédimentation globulaire horaire, doivent être traités par l\u2019'INH-PAS.Les lésions résiduelles fermées et non bacillaires, par défaut de drainage endobronchi- que consécutif à un bouchon muqueux, purulent ou à une fibro-sténose serrée relèvent de l\u2019excision si l\u2019on peut en établir la nocivité.Les preuves pathologiques résultent d\u2019un ensemble de recherches.Les signes cliniques, les révélations radiographiques et tomographi- ques, la courbe pondérale, le chiffre de la pulsation, le taux de la sédimentation horaire par la méthode de Westergreen, le leucogramme étudié sous l\u2019angle de l\u2019identification spécifique des polynucléaires et des lymphocytes et la lecture attentive de l\u2019image d\u2019Arneth fournissent les éléments probants de l\u2019activité et de l\u2019évolution lésionnaire.L'intervention suivra une médication prolongée d\u2019au moins six mois de cure pendant lesquels le clinicien emploiera un traitement à base de cure et de médication spécifique.Cette ligne de conduite permettra d\u2019obtenir la réduction de l\u2019étendue des lésions réversibles.L\u2019INH-PAS trouve alors l\u2019une de ses meilleures indications.La médication antituberculeuse prolongée pendant longtemps et même de façon indéfinie, d\u2019après certains phtisiologues avertis, fait disparaître les essaimages homo ou controlatéraux.Une proportion trés importante de cas L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 susceptibles d\u2019évoluer ne subissent pas de mutation défavorable des lésions s\u2019ils sont surveillés adéquatement par la radiographie trimestrielle ou à intervalles plus rapprochés.Cette observation a l\u2019avantage de permettre de modifier la médication d\u2019après les constatations itératives.Les réactivations sont maintenant plus rares.Elles se rencontrent surtout chez les malades licenciés sur avis médical ou renvoyés des milieux sanatoriaux par suite d\u2019un manquement constant à la discipline.Flles surviennent surtout chez les malades qui négligent de se faire suivre par des médecins spécialisés dans le diagnostic et le traitement des affections thoraciques.Il ne faut jamais oublier que les tuberculeux sont des candidats idéaux à la réactivation de leurs foyers résiduels invisibles ou visibles radiographiquement.La surveillance sera plus vigilante s\u2019ils n\u2019ont pas bénéficié d\u2019une excision ou d\u2019une compression réversible ou irréversible.Le médecin traitant et le médecin préposé à l\u2019admission et au licenciement des malades ont l\u2019impérieux devoir de les mettre au courant de la possibilité de poussées post-opératoires.L\u2019ablation du foyer principal ne les met pas complètement à l\u2019abri de l\u2019activité et de l\u2019éclosion des foyers secondaires.Il leur fera remarquer avec une douceur imprégnée de fermeté que les altérations invisibles ou visibles ra- diographiquement ou tomographiquement ont un avenir chargé d\u2019incertitude et d\u2019imprévus.Une imprudence parfois insignifiante, un surmenage, et surtout l\u2019affranchissement trop hâtif de la cure ou même la cure abrégée à l\u2019occasion de certaines circonstances ou de conseils mal venus dans le foyer familial, fournissent des occasions de réveil des lésions mal éteintes.La meilleure prémunition à ces éventualités fâcheuses qui risquent de briser les plus légitimes ambitions et les plus belles espérances consiste dans l\u2019emploi indéfini de l'INH-PAS.Le dosage sera en rapport avec l\u2019état clinique et radiographique actuel du consultant et la RICHARD: TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE EN 1955 1158 gravité de la lésion enlevée, étudiée histologi- quement.L'art du thérapeute aborde alors le terrain des impondérables dont la juste appréciation signe la valeur.Le sens clinique différencie le médecin averti et instruit du simple thérapeute qui se borne, après un examen sommaire, à prescrire un médicament.Depuis l\u2019avènement des antibiotiques et des produits chimiques synthétiques employés durant les six mois qui précèdent l\u2019acte opératoire de façon concommitante avec la cure pratiquée en milieu sanatorial, les pathologistes remarquent de plus en plus la fréquence de lésions exsudatives réversibles dans la pièce opératoire étudiée.Les chirurgiens, en présence de ces faits, préfèrent les résections segmentaires, cunéiformes ou subsegmentaires afin de conserver le maximum de territoire pulmonaire susceptible de récupérer ses propriétés physiologiques.S\u2019ils doivent opter pour une thoracoplastie parce qu\u2019ils sont en présence de lésions bilatérales étendues, d\u2019un système cardio-vaseu- laire déficient, d\u2019une insuffisance cardio-res- piratoire marquée, d\u2019une atteinte rénale importante non tuberculeuse, ils préfèrent la plastie avec plombage à la thoracoplastie conventionnelle.Le célèbre et regretté Edward Archibald, de Montréal, en avait établi les indications et la modalité opératoire, vers 1910.L\u2019apicolyse et la thoracoplastie avec plombage aux billes de lucite ont l\u2019avantage de minimiser le choc opératoire.La thoracoplastie post-résectionnelle demeure l\u2019un des meilleurs moyens de traiter une fistule broncho-pleurale.La thoracoplastie s\u2019avère généralement efficace pour les pleurésies purulentes chroniques après leur drainage par costotomie.Enfin, la lobectomie ou la pneumonectomie post-thoracoplastie permet de solutionner les problèmes nés d\u2019une cavité résiduelle bacillaire.Toutes ces interventions nécessitent l\u2019emploi de médicaments dont la formule la plus heureuse est encore l\u2019'INH-PAS.Leur utilisation 1154 doit non seulement préparer à l'acte chirurgical, mais le suivre.Lorsque la lésion cavitaire est bacillaire de façon constante en dépit d\u2019un traitement de six mois, il est préférable, là où il y a possibilité de l\u2019entreprendre, de revenir à la méthode de Forlanini.Elle a l\u2019avantage d\u2019être réversible, de conserver un poumon ou des lobes susceptibles de récupérer leur fonction respiratoire.Maintes cliniques l\u2019ont définitivement et systématiquement abandonnée.Il faut se rappeler que la médication a minimisé les complications du pneumothorax.Il doit être employé plus souvent et il doit être rendu total de façon précoce par la section des brides adhérentielles par la méthode de Ja- cobaëus.Il sera abandonné dès qu\u2019il y aura le moindre soupçon qu\u2019il est inopérant.Cette attitude conservatrice est très controversée.L'opinion se fait plus unanime pour le pneu- mopéritoine.Il est universellement accepté comme thérapeutique pré-opératoire dans les lésions bilatérales exsudatives.Le traitement chirurgical suivra lorsque les lésions deviendront unilatérales ou à prédominance unilatérale à moins que l\u2019on préfère continuer une méthode qui s\u2019est révélée efficiente.Inutile de souligner qu\u2019il doit être entrepris ou créé et conservé sous le couvert des antibiotiques et des produits chimiques.Les contre-indications formelles à l\u2019emploi du pneumothorax sont les cavités volumineuses périphériques, les cavités à paroi fibreuse, les tuberculoses pulmonaires compliquées d\u2019une fibro-sténose endobronchique.Cette dernière éventualité se présente souvent avec un sifflement inspiratoire que les anglo-saxons ont surnommé Wheezing.Le pneumothorax ne contribue alors qu\u2019à gêner davantage la ventilation et l\u2019expiration.Il accentue l\u2019image cavitaire soufflée ou la cavité-ballon qui est très souvent additionnée d\u2019une opacité à la base, due à une rétention purulente mal drainée.Ces cas sont habituellement d\u2019excellentes indications à l\u2019exérèse même élective ou à la thoracoplastie avec plombage extra-museulo- RICHARD: TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE EN 1955 L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 périosté, lorsque les lésions sont suffisamment refroidies par la cure et la double association dont l\u2019une des meilleures est fournie par I'INH-PAS.LE TRAITEMENT DE LA PRIMO-INFECTION TUBERCULEUSE La primo-infection qui ne s\u2019exprime que par le simple virage récent de la réaction tuberculinique ou par la positivité du test cutané au B.C.G.de Frappier conditionne préventivement l\u2019INH, chez l\u2019enfant.La primo-infection récente de l\u2019adulte ou du jeune adolescent est parfois le signe avant- coureur d\u2019une méningite bacillaire ou d\u2019une septicémie miliaire.L\u2019INH ou l\u2019isonilyd prévient ces maladies très graves.LE TRAITEMENT DES MANIFESTATIONS EXTRA- PULMONAIRES DE NATURE TUBERCULEUSE La tuberculose laryngée et la tuberculose intestinale compliquent une tuberculose pulmonaire de même expression anatomo-patho- logique.Elles sont influencées par le traitement de la lésion causale.La tuberculose rénale nécessite l\u2019emploi de la triple association au stade initial.Elle n\u2019est plus un problème d\u2019emblée chirurgical.Elle le deviendra lorsque la localisation unilatérale établie par l\u2019étude cytologique, chimique et bactériologique de l\u2019urine prélevée élective- ment par le cathétérisme urétéral et inoculée à un cobaye ou cultivée sur le milieu de Lowenstein ne répond pas à la médication.Le lupus vulgaire et les adénopathies bacillaires au stade congestif répondent généralement très bien à l\u2019INH.Les ganglions suppurés réagissent mal à la triple association dans certaines formes malignes.On fait alors appel à l\u2019hormonothérapie additionnelle.Il est malheureux de voir succomber des adolescents ainsi atteints en dépit de tous les médicaments connus jusqu'ici! La tuberculose ostéo-articulaire est habituellement localisée de façon remarquable par la double ou la triple association.Le chirur- L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 gien n\u2019aura à intervenir que pour aider à tarir un abcès froid ossifluent dont le volume a diminué.Le lit de Berck, le corset orthopédique, permet une meilleure immobilisation des lésions qui ainsi traitées obéissent mieux et plus rapidement à la médication dans les maux de Pott.Les autres localisations osseuses bénéficient des différents appareils de contention.En un mot, on n\u2019est plus témoin, depuis l\u2019ère nouvelle médicamenteuse, d\u2019immobilisations de longues années.La tuberculose génitale féminine bénéficie d\u2019un traitement conservateur qui aboutit généralement à une intervention élective de la part du gynécologue sur cette localisation pelvienne qui était soumise la plupart du temps au sacrifice total des organes génitaux internes.L\u2019INH-PAS trouve, dans ces cas, une indication bienfaisante.La tuberculose péritonéale, à forme ascitique et l\u2019épanchement pleural séro-fibrineux obéissent à l\u2019INH.L\u2019INH possède donc un grand rayon d\u2019action.RICHARD: TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE EN 1955 1155 L\u2019INH-PAS sous forme de comprimés entériques répartis en quatre prises quotidiennes de sorte que l\u2019hémo-concentration atteigne constamment deux milligrammes et demi à cing milligrammes par kilogramme de poids corporel pour l\u2019adulte de taille moyenne, trouve de multiples indications.Conclusions Le phtisiologue possède enfin une thérapeutique médicale efficiente.Il la modifiera selon l\u2019évolution clinique et selon le polymorphine de la lésion.Il utilisera le traitement optimal en le modifiant avec les résultats.Les méthodes auxiliaires d\u2019observation objectiveront par les dosages bio-chimiques, par les radiographies standard ou laminaires, les incertitudes et le subjectivisme des sens.La clinique primera toujours sur le laboratoire qui pèse et dose sans se soucier de l\u2019homme.Le médecin remplira le rôle final de la médecine qui est d\u2019être utile.Il atteindra le but ultime d\u2019un art devenu une science en ne nuisant pas et en guérissant.Premium non nocere, secundum curare.LA GROSSESSE A TERME PROLONGE POST-MATURITÉ \u2014 PARTUS-SEROTINUS Jules KELLER.L'état actuel de nos connaissances en physiologie obstétricale ne permet pas de déterminer avec précision la durée de la grossesse ni le début du travail.Nous employons tous aujourd\u2019hui la règle Naegele qui, comme les compilations mathématiques établies depuis Hippocrate, donne une date approximative de l\u2019accouchement d\u2019après la connaissance de l\u2019époque des dernières règles, sans besoin de tests de laboratoires habiles.La mesure de la température basale permet les caleuls plus sûrs déterminant la date probable de l\u2019ovulation et de la fécondation.La durée ne dépasse pas généralement 280 - 285 jours.Les cas de grossesse prolongés de dix jours ou plus, au delà de la date prévue, deviennent non seulement un souci pour la mère et sa famille mais tendent, grâce aux données cliniques et recherches actuelles, à devoir être suivis d\u2019une attention spéciale par le médecin traitant.Une nouvelle nomenclature est apportée au dictionnaire obstétrical et nous nous demandons si un terme défini sera formulé.Dirons- nous: post-maturité, travail retardé, hyper- maturité, grossesse prolongée ou grossesse hors-terme?Dans cet article, nous essayerons de résumer les différents aspects de ce phénomène à la lumière des données physiologiques et pathologiques actuelles rapportées sur le plan clinique par plusieurs auteurs. 1156 Nous considérerons: La parturiente \u2014 La race, la couleur, l\u2019âge n\u2019ont pas permis de conclusion.Il paraît que les brunes ont plus souvent que les blondes porté leur enfant pendant 10 mois et que d\u2019une façon générale, on peut s\u2019attendre à un plus long terme chez les femmes présentant quelque anomalie de pigmentation cutanée.La classe sociale \u2014 Les femmes qui travaillent en sont pas plus affectées que les autres.L'âge et le poids n\u2019ont pas de rapport avec les grossesses prolongées.La parité \u2014 Aucune donnée n\u2019a été rapportée ; elle survient aussi bien chez les primipares que chez les multipares.On n\u2019a noté de différences constitutionnelles que lorsqu\u2019il s\u2019agissait\u2019 d\u2019un utérus hypoplastique ou d\u2019une perturbation du cycle menstruel.\u2018Les\u2019 patientes qui ont dû s\u2019aliter pour diffé- réfites raisons ont présenté quelque délai dans leur terme.\u201cLe placenta \u2014 Dans les grossesses prolongées, le placenta présente certaines lésions telles que des calcifications, épaississement des parois vasculaires par conséquence obturant la lumière et diminuant les échanges, suivies de nécroses partielles.Les processus biochimiques subissent des perturbations fone- tionnelles sans évidence de lésions anatomiques importantes, en accord avec l\u2019opinion (Grosser) que chaque tissu a une durée de vie prédéterminée.Les trophoblastes qui seut supposés vivre 280-290 jours subissent une dégénérescence progressive entraînant la mort du fœtus.L\u2019harmonie du métabolisme de la fonction hormonale placentaire et les besoins du fœtus, est interrompue par la prolongation de la grossesse.L\u2019absence de déclenchement du travail prouve la perturbation de la fonction de la substance ecbolique dans un placenta post-mature.Dans les grossesses ayant dépassé le terme, Tscherne et Engelhart ont montré que la quantité de corps jaune de placenta n\u2019était pas normale, tandis que l\u2019hormone folliculaire était déficiente.Il est probable que le rapport défectueux entre l\u2019hormone utérine et une faible quantité d\u2019hormone KELLER: GROSSESSE À TERME PROLONGÉ L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 folliculaire ait quelque influence sur la vie du ftetus.En résumé, on peut formuler de la façon suivante le résultat des recherches effectuées par différents investigateurs au sujet des placentas après-terme: « Des zones de dégénérescence avec des villosités montrant l\u2019endartérite fœtale, peu de syncytium, des calcifications prés de la surface maternelle et des fibres denses dans la gelée de Wharton du cordon.Remarquons que ces données sont assez vagues et ne constituent pas une entité pathognomonique de tout placenta à terme prolongé ».Le fœtus \u2014 Il constitue la question la plus importante.On doit diriger toute l\u2019attention pour mettre au monde un enfant vivant, en bonne santé.Un bon jugement clinique est essentiel et impérieux dans la conduite à tenir dans chaque cas.Le poids du fœtus varie dans les différentes observations.Il n\u2019existe aucune évidence d\u2019un rapport entre l\u2019hypermaturité et le poids du fœtus; il a été rapporté en effet que les enfants pesés entre 2200 gr et 3 800 ou 4000.Le plus grand pourcentage de bébés lourds ne rentrait pas toujours dans le groupe des bébés à terme prolongé.On a souvent trouvé des disproportions céphalo-pelviennes dans les cas de grossesse prolongée mais ceux-ci re- - présentent plutôt une condition associée qu\u2019une cause nettement établie de post-maturité.Les monstruosités du nouveau-né (anencé- phalie \u2014 hydrocéphalie ou anomalies multiples) ont été observées plus souvent au cours des grossesses prolongées que de celles à terme normal.On a observé les plus importantes pertes au cours du travail: quelques enfants sont morts de défaillance respiratoire ou d\u2019hémorragie intracranienne lors d\u2019accouchements difficiles.Les bébés « post-maturé » présentent une tête plus rigide et ne descendent pas facilement à travers le bassin.On rencontrera une difficulté certaine dans ces cas, quand on tentera de faire une rotation de la position ocei- pito-postérieure en occipito-antérieure.Les cas de mort-nés rapportés dans plusieurs centres importants montrent une fréquence plus L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 grande dans les cas de termes prolongés.Le critère principal de ce phénomène s'explique par la pauvreté de la nutrition placentaire qui est plus maternelle que fœtale.C\u2019est pourquoi le développement de la vie du fœtus s\u2019accomplit comme s\u2019il était extra-utérin, ce qui amène une rapide détérioration de son état.Le sexe \u2014 On a montré que les mort-nés étaient plus souvent des mâles que des femelles dans les cas de grossesse prolongée, sans doute à cause d\u2019une résistance plus faible des garçons à l\u2019asphyxie.Les changements physiologiques qui surviennent in utero chez les enfants « post-maturés » sont cliniquement prouvés par la disparition du vernix caseosa, ensuite par la perte de peau, à l\u2019opposé des enfants prématurés qui sont recouverts d\u2019une épaisse couche de vernis, celui-ci tombant dans le liquide amniotique alors que la maturité s\u2019accomplit.La perte de substance protectrice entraîne la macération de la couche cornée de l\u2019épiderme, et si l\u2019enfant survit, des lésions bulleuses peuvent se développer (maladie de Ritter).Le placenta arrête son développement juste avant le terme et le flux sanguin se trouve réduit alors que la tension utérine augmente avec la prolongation de la grossesse.La réduction progressive dc l\u2019apport d\u2019oxygène amène l\u2019anoxie fœtale qui peut causer une dépression cérébrale avec des conséquences graves même si l\u2019enfant survit.On a mentionné des cas de spasticité et convulsions, d\u2019atélecta- sie pulmonaire, emphysème, asphyxie causés par la présence de cellules cornées ou de membrane hyaline dans les canaux alvéolaires aussi bien que des cas de pneumonie à méconium.L\u2019accoucheur partage l\u2019anxiété de sa parturiente quand elle a passé son terme depuis longtemps et ne présente pas de signe de travail.On pense quotidiennement, dans ces cas, à l\u2019accouchement provoqué ou à l\u2019opération césarienne et on doit avertir la patiente de la mort possible du bébé in utero qui pose un problème de bon sens au médecin traitant.L'accouchement provoqué peut être pratique si la mère et sa famille obligent le médecin KELLER: GROSSESSE À TERME PROLONGÉ 1157 traitant à faire quelque chose, afin de ne pas mériter le reproche de négligence, mais je ne pense pas que le conservatisme puisse être considéré comme une faute de traitement.L\u2019accouchement provoqué doit être fait dans des conditions favorables mais il ne faut pas oublier l\u2019action offensive des substances ecboliques (pitocin) sur le placenta à cause de l\u2019action vasoconstrictrice qui diminue encore les échanges déjà si fréquemment réduits dans les grossesses prolongées.On doit penser à l\u2019hydramnios avec un utérus exagérément distendu.Un col long, non effacé, non dilaté n\u2019est pas prêt pour le travail.Une tentative d\u2019accouchement provoqué est une faillite dans de tels cas et présente un grand danger d\u2019une tête flottante et d\u2019une disproportion fœto-maternelle.Résumé Les opinions récentes des investigateurs sur le problème des grossesses prolongées sont très partagées quoique de nombreux auteurs nient toute donnée pathologique dans la post-matu- rité.Une analyse et une recherche attentives devraient établir combien de dommage une telle éventualité peut causer aux enfants.Toute prolongation de grossesse doit toujours être observée avec une attention accrue.Les proportions entre le bassin de la mère et le fœtus devraient être mesurées avec soin, grâce à la pelvimétrie radiologique en accord avec des standards de la mesure obstétricale et qui permettent en même temps de montrer la présence de noyaux d\u2019ossification sur l\u2019humérus, la coracoïde, les os du carpe qui apparaissent normalement après la naissance.On doit porter une attention particulière aux primipares âgées à cause de la rigidité des tissus mous et aux multipares avec de gros enfants.Il n\u2019y a pas d\u2019indications de pratiquer l\u2019accouchement provoqué ou la césarienne dans la simple grossesse prolongée.Dans ce sujet controversé nous devons pencher vers la conclusion raisonnable considérant la post-maturité comme une menace à la survie de l\u2019enfant ou une cause de préjudice.Malgré les opinions diver- 1158 gentes nous devons prendre en considération tout point important pour le salut de l\u2019enfant et le bien-être de la mère.BIBLIOGRAPHIE S.G.CLAYTON: Foetal Distress in Postmaturity.Proceedings of the Royal Society of Medicine, 46: 91 (fév.) 1953.S.G.CLAYTON: Foetal Mortality in Postmaturity.Journal of Obstetrics and Gynocology of the Brit- wish Empire, 48: 450 (août) 1941.Stewart H.CLIFFORD: Postmaturity with Placental Dysfunction.Clinical Syndrome and Pathologic Findings.Journ.of Pediatrics, 44: 1 (janv.) 1954.Isidore DAICHMAN, Edwin M.GOLD: Postdate Labor.Effects on Mother and Foetus.4.J.Obst.and Gyn., 68: 1129 (oct.) 1954.Curt DOLFF: A New Sign for Demonstration of the Intra-Uterine Fetal Death, at the Same Time a 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Pregnancy.Muncherner Medizinische Wochens- chrift, 37: 996 (sept.) 1940.H.RUNGE: Prolonged Pregnancy.Deutsche medi- zinische Wochenschrift, 65: 541 (avril) 1939.A.W.SCHWENZER: Blood Picture Alterations in Past-Term Newborns.Geburtshilfe und Frauen- heilkunde, 14: 69 (jan.) 1954.Andrew TEMESVARY: Prolonged Pregnancy and Its Consequences.Western Journ.of Surg.Obst.and Gyn., 60: 627 (déc.) 1952.Franz WITTENBECK: Induction of Labor in Cases of Prolonged Pregnancy.Zentralblatt fur Gyna- kologie, 52: 1759 (juil.) 1928. LA FATIGUE EN NEURO-PSYCHIATRIE ' Roma AMYOT (Montréal).Comme la céphalée et les vertiges, la fatigue se trouve dans, une multitude d\u2019états pathologiques.Par sa seule présence, elle n\u2019aiguille vers aucun diagnostic.Ce n\u2019est que par l\u2019étude du complexe clinique dont elle fait partie qu\u2019on peut l\u2019attribuer à une cause et à une pathogénie définies.Quand un malade se présente au médecin, parce qu\u2019il a mal à la tête, ou qu\u2019il a des vertiges ou enfin qu\u2019il est fatigué, alors doit commencer une analyse serrée pour en trouver l\u2019origine véritable et le traitement.La fatigue est un phénomène physiologique secondaire à une dépense d\u2019énergie.Elle devient pathologique, soit lorsqu\u2019elle est quantitativement disproportionnée à l\u2019intensité de cette dépense, soit lorsqu\u2019elle se manifeste sans le moindre effort apparent ou qu\u2019elle se maintient malgré une pause ou une période de repos qui devrait normalement la faire disparaître.La fatigue physique est ressentie sous la forme d\u2019une lassitude avec sensation de lourdeur, d\u2019impuissance, d\u2019accablement répartie dans toutes les parties du corps et rendant pénible tout déploiement d'effort physique.Cette fatigue physique s\u2019accompagne d\u2019une fatigabilité qui amplifie la lassitude préalable par l\u2019effet d\u2019une dépense anormalement minime et d\u2019une courte durée.La fatigue psychique ou mentale se caractérise par l\u2019impossibilité ou la grande difficulté à concentrer son esprit ou de maintenir son attention sur un sujet abstrait: lecture, étude, conversation.L\u2019esprit comprend et assimile imparfaitement.Il ne fixe pas.On ne peut suivre l\u2019enchaînement des idées et images subséquentes, on n\u2019a pas le souvenir des précédentes qui n\u2019avaient pas été fixées.Les sujets fatigués affirment qu\u2019ils ont perdu la mémoire et, amplifiant leur infirmité, qu\u2019ils oublient tout, précisément parce qu\u2019ils ne peuvent évo- 1.Communication aux Journées médicales de la Société médicale de Montréal, mai 1955.quer ce que la déficience de leur attention ne leur avait pas permis de capter.Les sujets fatigués se plaignent aussi que leur esprit est obnibulé, qu\u2019ils ne peuvent rassembler leurs idées; la synthèse mentale n\u2019opère pas avec la clarté et la netteté normales.À cette fatigue chronique s\u2019ajoutent, comme dans le domaine physique, de la fatigabilité et une douleur de tête insupportables.Cette céphalée est habituellement une sensation de pesanteur ou de striction, constante et qui s\u2019amplifie aux efforts d\u2019attention.Si on élimine toutes les causes organiques et le surmenage auquel peut être assujetti tout sujet à des degrés variables selon le seuil individuel de fatigabilité, on peut affirmer qu'il existe toute une catégorie de sujets dont la fatigue chronique est du domaine de la neuro-psychiatrie.En neurologie, la fatigue est plutôt de la faiblesse musculaire plus ou moins localisée, par atteinte des fonctions motrices neuro-mus- culaires.Des signes associés de la trophicité et du tonus des muscles, de la réflectivité ostéo-tendineuse et cutanée permettront de reconnaître et catégoriser les phénomènes.Dans ce domaine, la myasthénie peut offrir un certain intérêt.En effet, le phénomène fondamental de cette maladie est une fatigabilité excessive des muscles, plus particulièrement de certains groupes musculaires.Cette fatigabilité musculaire pathologique pourrait exceptionnellement passer pour de la simple fatigue chronique.Cependant, si on se rappelle que les signes neurologiques tels que la ptose palpébrale, la diplopie, la faiblesse des masticateurs et des muscles du cou se montrent rapidement à la suite de quelques contractions musculaires et surtout à mesure qu\u2019avance le jour, on pourra plus facilement identifier l\u2019affection.Certaines formes moins classiques se manifestent par les mêmes critères aux mus- 1160 cles des membres et du tronc et provoquent alors une sensation d\u2019épuisement qu\u2019on devra ne pas méconnaître.Mais c\u2019est surtout en psychiatrie que la fatigue tenace, durable se rencontre avec le plus d\u2019ampleur et de fréquence.Elle fait partie systématiquement d\u2019une constellation de symptômes dont bien souvent elle occupe le premier plan.Et dès maintenant, on doit affirmer en guise de postulat, étayé d\u2019ailleurs par les faits, que la fatigue est le produit des états dépressifs et anxieux.Couplée à d\u2019autres phénomènes psychiques et somatiques d\u2019égale valeur, elle occupe une place de premier plan dans des syndromes psychiatriques qui sont à caractère psychonévrotique.On peut admettre que certaines réactions dépressives ont une génèse biologique prépondérante sans que l\u2019on puisse préciser davantage et surtout sans qu\u2019il soit utile d\u2019énoncer les multiples hypothèses pathogéniques qu\u2019on leur a attribuées.Ainsi la psychose maniaco- dépressive, les états dépressifs de l\u2019involution n\u2019offrent très souvent que des manifestations d\u2019allure névrotique.Ces états se sont installés sans aucune cause psychogène actuelle décelable.Les malades étaient au préalable parfaitement adaptés, ils n\u2019ont été l\u2019objet d\u2019au- eun conflit, d\u2019aucune difficulté, d\u2019aucun choc émotionnel d\u2019importance, d\u2019aucune frustation.Voici qu\u2019ils deviennent soucieux, tristes et sans appétence.Les uns relativement jeunes ont parfois souffert dans le passé de phases dépressives semblables ou même d\u2019accès dépressifs de qualité psychotique ou encore d\u2019épisodes maniaques ou hypomaniaques.Actuellement, ils présentent le tableau d\u2019une mélancolie simple, d\u2019une réaction dépressive de type névrotique.Les autres se sont rendus jusqu\u2019à la ménopause, jusqu\u2019au cimetière, sans éprouver le moindre fléchissement de leur affectivité, et voici qu\u2019à 45 ou 50 ans, ils sont en phase dépressive et pourtant aucune conjoncture nouvelle, de caractère déprimant ou conflic- AMYOT: LA FATIGUE EN NEURO-PSYCHIATRIE L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 tuel, n\u2019est venu compromettre la sécurité et la sérénité de leur existence.Mais on doit reconnaître aussi que certaines dépressions ont une origine psychogénique.C\u2019est qu\u2019elles sont associées dans leur génèse et leur évolution à des situations conflictuelles d\u2019une importance ou d\u2019une durée vraisemblablement pathogènes, ou que leur début a été marqué d\u2019un choe émotionnel profondément traumatisant.On pourrait multiplier les exemples de telles situations ou de tels chocs.Il est vrai que tous ne fléchissent pas à de tels assauts.Les moins résistants, ceux dont la maturation affective est moins complètement évoluée et dont la stabilité émotionnelle est moins solide ne peuvent supporter sans dépression l\u2019effet de ces douleurs de l\u2019existence, chocs, conflits, frustations incessantes, générateurs d\u2019anxiété, d\u2019insécurité et de tristesse.La dépression mentale, bien sûr, se manifeste par de la fatigue.Cette fatigue est psychique selon une sévérité respective qui varie selon les cas.Et c\u2019est la constellation de symptômes de la réaction dépressive qui définit la génèse et la signification de la fatigue des déprimés, qui en établit l\u2019étiologie.Les malades se plaignent d\u2019insomnie, le réveil est pénible et la fatigue est le plus souvent plus grande le matin qu\u2019à la fin du jour.Ils n\u2019ont pas d\u2019entrain, d\u2019allant, ils n\u2019ont aucun goût pour le travail et les distractions usuelles, leur tâche habituelle et les initiatives les plus banales leur paraissent difficiles ou impossibles à réaliser.Ils sont inquiets, l\u2019avenir est sombre et ils sont bien souvent préoccupés de leur santé, appréhendant des complications pathologiques dont la perte de la raison.Ils se plaignent d\u2019une fatigue constante, mais ils sont avant tout tristes, inquiets et privés de la joie de vivre.Des troubles somatiques divers s\u2019ajoutent à cet ensemble psycho-pathologique où se trouve une céphalée sourde, tenace et encombrante plus qu\u2019intolérable par son intensité.Les phénomènes qui caractérisent avant tout la dépression sont la tristesse et l\u2019inapé- tence. L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 La fatigue, chez eux, peut être l\u2019effet de l\u2019anxiété; elle est aussi sûrement le produit d\u2019un abaissement indéniable du tonus affectif, de la thymie, que les travaux et recherches plus récents en biologie et physiologie nerveuses ont rattaché à une perturbation fonctionnelle des centres diencéphaliques ou hypotha- lamiques.C\u2019est d\u2019ailleurs au niveau de ce carrefour vital de la vie endocrine-instinctivo- affective que psychiatres biologistes et psycho- génistes pourraient éventuellement se rencontrer et échanger réciproquement leurs conceptions sur l\u2019étiologie de tout un groupe important d\u2019affections psycho-pathologiques.Un autre groupe de malades sont aussi des fatigués, mais ils ne sont pas déprimés mentalement.Ils n\u2019ont pas perdu ce goût à la vie; ils auraient l\u2019ardeur et l\u2019entrain nécessaire à une activité normale et productive, mais leur fatigue les en empêche ou une anxiété constante les rendent inadaptables à une vie normale.Eux aussi subissent les effets de conflits, de conflits entre leurs désirs, leurs inclinations, leurs aspirations, leurs goûts et les conditions existentielles dans lesquelles ils se trouvent.En établissant leur bilan vital, on trouve bien souvent dans le passé de ces sujets une enfance malheureuse écoulée dans un milieu familial où régnaient la crainte, l\u2019affolement et l\u2019anxiété entretenus en permanence, de l\u2019autoritarisme ou une sollicitude et une protection exagérées, ou encore un souci de minutie et d\u2019ordre exaspérant.On peut aussi découvrir, comme d\u2019ailleurs chez nos déprimés si sensibles aux duretés de la vie, des traits d\u2019une hérédité pathologique qui les prédisposent fortement à leur névrose.À tout événement, nous sommes en présence de névrose d\u2019angoisse, de psycho-névrose d\u2019anxiété, d\u2019asténie neuro-circulatoire, de névrose neurasthénique, et que d\u2019autres dénominations pourrions-nous ajouter, qui délimitent le même syndrome où l\u2019anxiété et la fatigue se partagent la vedette.La neurasthénie et l\u2019asthénie neuro-circulatoires mettraient en évidence la fatigue, la névrose d\u2019angoisse et la psycho- AMYOT: LA FATIGUE EN NEURO-PSYCHIATRIE 1161 névrose anxieuse placeraient au premier plan l\u2019anxiété.L\u2019insomnie et la tension nerveuse constantes de ces sujets sont la cause fondamentale de leur fatigue.Ils tremblent, ils vibrent, ils pleurent sans raison, ils sont impatients et irritables, ils appréhendent sans cesse, ils éprouvent des angoisses intolérables dans les endroits publics surtout à l\u2019église, au cinéma, dans les magasins et les transports en commun.Ils ne peuvent supporter les foules.Une céphalée occipito-nuquale reflète leur tension musculaire.Ils éprouvent des palpitations, des serrements thoraciques et au cou.La somatisation de leur anxiété se porte sur le tube digestif, l\u2019appareil génito-urinaire, sur l\u2019appareil cardio-vasculaire.Ils croient porter un cancer, une affection cardiaque, ils vont perdre la raison.La fatigue est la résultante d\u2019un surmenage tensionnel incessant qui les épuise avant d'entreprendre le moindre effort physique, et ils ne comprennent pas, ils ne s\u2019expliquent pas la genèse de leur lassitude, de leur épuisement nerveux.Les nuits d\u2019insomnie au lieu d\u2019être une source de repos, sont au contraire une cause additionnelle de fatigue, par le défaut de restauration physiologique et par la persistance de l\u2019anxiété épuisante.C\u2019est le devoir du médecin qu\u2019ils viennent consulter de leur fournir cette explication, de les rassurer en écoutant leurs doléances, de les examiner attentivement, de convenir avec eux qu\u2019ils sont réellement malades, mais non de leurs organes, mais que tout se trouve impliqué dans le domaine émotionnel, enfin que la tension nerveuse est la seule cause de leur fatigue par la déperdition d\u2019énergie qu\u2019elle entraîne, et qu\u2019elle ne causera pas la folie, une cardiopathie, le cancer et d\u2019autres maladies aussi graves et appréhendées par ces malades.Psychothérapie de soutien, de support mais aussi psychotérapie qui cherche à élucider les conflits fondamentaux et qui tente de les résoudre avec la coopération du malade.Des autres types de psycho-névrose, se trouvent l'hystérie et la névrose obsessionnelle. 1162 L\u2019hystérie n\u2019est pas anxiogène, elle n\u2019est pas essentiellement génératrice de fatigue.Le conflit quel qu\u2019il soit, se résout ou plutôt s\u2019apaise en s\u2019aiguillant sur une pathologie fonctionnelle qui prévient l\u2019anxiété.La névrose obsessionnelle au contraire maintient une angoisse constante qui devient telle chez certains sujets, qu\u2019elle transforme l\u2019activité en une série de gestes rituels et de conjuration préventive ou qu\u2019elle la fige dans une inhibition abstentionniste.La fatigue mentale et physique en résulte, mais toujours sur un plan inférieur à celui de la figuration idéo-affective de l\u2019obsession elle- même, de son thème et de l'anxiété qui l\u2019accompagne.Je ne puis parler longuement du traitement des états de dépression nerveuse et d\u2019anxiété pathologique.Mais il est un aperçu que je ne voudrais pas omettre de mentionner: quelque paradoxal que cela paraisse, on arrive bien plus facilement à diminuer la fatigue de ces malades par de légers sédatifs et en provoquant le sommeil, que par l\u2019usage de toniques ou de vitamines.AMYOT: LA FATIGUE EN NEURO-PSYCHIATRIE L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 La base du traitement des états dépressifs et anxieux et conséquemment de la fatigue qui y est liée, devra tendre à l\u2019obtention de la confiance du malade envers son médecin, envers lui-même et en sa guérison, et à la solution des conflits existentiels élucidés.Une médication palliative faite de sédation appliquée durant une certaine période, aidera à amorcer rapidement une amélioration appréciable et à faire germer cette confiance que le malade et le médecin désirent.Pour ce qui est des syndromes dépressifs, si un traitement psychothérapique et médicamenteux n\u2019apporte pas rapidement d\u2019amélioration sensible, nous croyons que l\u2019électrochoc- thérapie devra être employée pour couper court le plus tôt possible à l\u2019évolution d\u2019une affection qui pourrait passer facilement de l\u2019état de névrose à celui d\u2019une psychose avec le cortège des phénomènes intellectuels morbides qu\u2019elle peut comporter, comme un sentiment d\u2019indignité et de culpabilité et des idées délirantes franchement mélancoliques qui suscitent toujours le danger imminent du suicide.La fatigue, partie intégrante et secondaire des syndromes dépressifs et anxieux, disparaîtra avec l\u2019extinction de l\u2019anxiété et de la dépression. MOUVEMENT THÉRAPEUTIQUE à + e L\u2019ACÉTAZOLAMIDE (DIAMOX) DANS LE TRAITEMENT DE L\u2019EPILEPSIE?RAPPORT PRELIMINAIRE Jean-Marc BORDELEAU, Assistant du Service de Médecine de l\u2019hôpital Saint-Luc (Montréal).Le traitement de l\u2019épilepsie est devenu un problème passionnant de la médecine depuis le développement de l\u2019électro-encéphalogra- phie, la découverte de nouveaux médicaments anticonvulsifs et les recherches neuro-physio- chirurgicales des vingt dernières années.L\u2019arsenal thérapeutique que nous possédons maintenant a cependant été créé sur des bases empiriques et une expérimentation prudente, nous laissant avec plusieurs questions sans réponses.L\u2019addition du diamox dans cette série des médicaments anticonvulsifs nous permet d'avancer d\u2019un pas, puisque nous connaissons assez bien les propriétés pharmacologiques de cette substance.Avant d\u2019aborder le problème du diamox dans l\u2019épilepsie, il est bon de se rappeler quelques principes d\u2019ordre général.On avait remarqué (1-3) que le jeûne.provoquait dans certains cas un arrêt des crises convulsives ou une diminution du nombre de ces crises.Sachant que le jeûne s'accompagne d\u2019une acidose sanguine et d\u2019une acétonurie, Peterman (4) imagina de traiter les épileptiques avec une diète qui provoquerait le même état métabolique tout en fournissant un apport calorique suffisant: c\u2019est le régime cétogène qui consiste à donner une diète riche en graisses, normale en protéines et très pauvre en hydrates de carbone.Ce régime a donné de bons résultats dans le traitement du petit mal chez les 1.Travail du département de Neuro-Psychiatrie, Duval Medical Center, Jacksonville, Floride.Chef de service: Dr S.G.Bedell.Ce rapport préliminaire a été présenté à l\u2019Assemblée scientifique de l\u2019Hôpital Saint-Luc par permission du Dr S.G.Bedell.Nous tenons à remercier l\u2019American Cyanamid Company, Lederle Laboratories Division, pour l\u2019apport généreux de Diamox.enfants quoiqu\u2019il soit monotone à la longue.L\u2019acide glutamique a été employée dans l\u2019épilepsie avec la même idée de maintenir une acidose sanguine légère (5).L\u2019emploi d\u2019un diurétique n\u2019est également pas une nouveauté dans le traitement de l\u2019épilepsie et on a donné du chlorure d\u2019ammonium à certains patients qui s\u2019étaient montrés résistants aux médications habituelles.Il n\u2019est pas encore établi par quel mécanisme le chlorure d\u2019ammonium agit dans ces cas: action diurétique ou encore acidose métabolique causée par ce sel acidifiant.Plus récemment, Klingman (6) a rapporté les résultats obtenus avec les résines dans le traitement, des troubles paroxystiques du système nerveux central: épilepsie, syndrome de Ménière et migraine.L'action des résines serait possiblement de produire ici encore une acidose métabolique.La clinique nous a aussi appris que l\u2019absorption exagérée de liquide peut provoquer des crises convulsives et tout le monde sait que les épileptiques supportent très mal les boissons alcooliques.L\u2019intoxication produite chez les animaux par l\u2019ingestion de très grandes quantités d\u2019eau provoque des convulsions.Bridge (7) rapporte que 15 à 20% des enfants épileptiques boivent plus que la normale.Cliniquement il est possible de déclencher des crises épileptiques en donnant de grandes quantités d\u2019eau et une injection du principe hypophysaire antidiurétique (8).L\u2019hyperpnée prolongée, en causant une alcalose respiratoire, déclenche parfois des crises convulsives chez les patients prédisposés. 1164 PHARMACOLOGIE DU DIAMOX Le diamox est en fait l\u2019acétazolamide et possede la formule suivante: N ON [EE CH.CONH\u2014C C \u2014 SO:NH, NN./ S 2-acétylamino-1,2,3 thiodiazol-5-sulfamide Il s\u2019agit d\u2019un sulfamide hétérocyclique qui possède, comme presque tous ces composés, une action inhibitrice sur l\u2019anhydrase carbonique; en fait l\u2019inhibition de l\u2019anhydrase carbonique est la seule propriété chimique que l\u2019on connaisse actuellement au diamox et cette action ne s\u2019exerce sur aucun autre système enzymatique.L\u2019anhydrase carbonique agit comme catalyseur de la réaction réversible qui existe entre: \u2014\u2014 \u2014\u2014 CO, + H:0 H.HCO; Cette réaction qui peut se produire en l\u2019absence d\u2019anhydrase carbonique est considérablement accélérée par la présence de l\u2019enzyme.Il est même permis d\u2019imaginer que toute réaction organique qui nécessite un apport continu d\u2019ions H+ ou bicarbonate sera accélérée par l\u2019enzyme et déprimée par l\u2019inhibiteur de cette enzyme.L\u2019anhydrase carbonique peut être retrouvée dans les globules rouges, le cortex rénal, le pancréas, la muqueuse gastrique et enfin dans le système nerveux central.L\u2019action diurétique du diamox provient de sa propriété inhibitrice de l\u2019anhydrase carbonique au niveau du cortex rénal, prévenant ainsi les échanges H+ \u2014 Nat.En prévenant la réabsorption du NaHCO; par les cellules tubulaires et en empêchant l\u2019acidification des phosphates urinaires, le diamox permet l\u2019élimination d\u2019une urine alcaline et cause ainsi une acidose sanguine légère.Au contraire des mercuriels qui empêchent la réabsortion du CI et provoquent une alcalose métabolique, BORDELEAU: L\u2019ACÉTAZOLAMIDE DANS L\u2019EPILEPSIE L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 le diamox empêche la réabsortion du bicarbonate et provoque une acidose métabolique.Quoique le diamox possède une action inhibitrice considérable au niveau du rein, la concentration d\u2019anhydrase carbonique dans le sang circulant n\u2019est jamais assez forte pour empêcher l\u2019élimination du CO, au niveau des poumons; même en donnant des doses considérables de diamox, il ne se produira pas d\u2019acidose respiratoire.L'action du diamox au niveau du système nerveux n\u2019est pas encore aussi bien comprise qu\u2019au niveau du rein et la discussion actuelle consiste à savoir si la propriété anticonvulsive de cette substance est due à la production d\u2019une acidose métabolique ou à une action spécifique sur le système nerveux.Ashby (9, 10) a démontré que l\u2019anhydrase carbonique pouvait être retrouvée dans le système nerveux de différents animaux, dans la substance grise et dans la substance blanche.Elle existe en plus grande quantité dans l\u2019encéphale que dans la moelle; l\u2019endroit où on la retrouve en plus grande quantité serait au niveau des connexions cortico-corticales.Nous ne connaissons pas le rôle exact de l\u2019anhydrase carbonique dans le système nerveux central et jusqu\u2019à quel point cette enzyme peut être bloquée par le diamox.Récemment Millichap et Wood- bury (11) ont démontré expérimentalement que le pouvoir anticonvulsif du diamox et de certains sulfamides est proportionnel au degré d\u2019inhibition de l\u2019anhydrase carbonique; le degré d\u2019inhibition in vitro est de 100:1 et le pouvoir anticonvulsif est de 2:1.Cette différence est due à la propagation rapide des sulfamides au niveau du système nerveux et serait un argument en faveur de l\u2019action centrale.ETUDE CLINIQUE Les études cliniques sur l\u2019action du diamox dans l\u2019épilepsie ont été faites aux E.-U., en premier lieu, par Bergstrom et ses collaborateurs (12) qui donnèrent le médicament à 42 épileptiques avec de bons résultats dans un I 26 84 \u2014 Oct © ct.05 \u201c BORDELEAU: faible poarceutent de ce groupe.c est cepen- .dant la publication de Merlis (13) qui a attiré l\u2019attention sur ce sujet.Le diamox fut administré à 47 épileptiques internés dans un hôpital psychiatrique; de ce groupe, 35 étaient mal contrôlés par la médication antérieure et mière médication.Il est intéressant de noter que 10 de ces 12 patients furent également \u2018bien contrôlés par le diamox et les 2 autres patients durent recevoir une association médicamenteuse.Du groupe total, 12 patients ne montrèrent aucun changement dans l'incidence des crises convulsives, 6 furent améliorés et 29 patients furent très améliorés avec 80 à 100% de contrôle des convulsions.L'expérience que j'ai eue avec ce médicament est beaucoup plus limitée, puisque je n\u2019ai eu l\u2019occasion d\u2019assister qu\u2019au début de ce travail de recherche clinique.Le médicament fut donné aux patients de la clinique externe du Duval Medical Center: dans certains cas il s\u2019agissait de patients qui n\u2019avaient jamais été traités, mais en général nous avons donné le médicament aux cas rebelles à la médication qu'ils prenaient alors.J'ai pu observer 13 patients qui ont pris le médicament de 3 et 6 mois.Cette période est évidemment beaucoup trop courte pour donner une appréciation définitive de l\u2019utilité clinique de ce médicament mais nous a permis de faire quelques observations intéressantes.Les résultats obtenus dans ce groupe peuvent se résumer ainsi: Médication cessée .2 Pas de changement notable 2 Amélioration Co 5 Grande amélioration .4 Tous ces patients, sauf deux, étaient déjà traités et pendant cette période nous avons eu des associations médicamenteuses.Nous avons considéré comme améliorés les patients chez lesquels les crises convulsives étaient diminuées dans une proportion appréciable en comparaison de l\u2019état antérieur.Les 2 patients Qui ne reçurent que le diamox furent améliorés.En général, nous avons cherché à diminuer L'ACÉTAZOLAMIDE DANS L'ÉPILEPSIE 12 patients avaient bien répondu à cette pre- 1165 progressivement la médication antérieure et nous avons pu la cesser dans plusieurs cas.Un jeune patient de 14 ans qui prenait du diphé- nylhydantoin et du phénobarbital avait tous les jours entre 50 et 75 crises convulsives généralisées.Après une semaine de traitement, il n\u2019avait plus que des crises nocturnes, ce qui était une amélioration considérable de son état.Après un mois de traitement, ce patient n\u2019avait qu\u2019une crise toutes les deux nuits et, pendant les 5 mois qui suivirent, si nous avons pu cesser le diphenylhydantoin, nous n'avons pas réussi faire disparaître complètement les crises nocturnes.Chez ce patient nous avons poussé la médication jusqu\u2019à 2 gm par jour sans aucun effet secondaire, mais aussi sans amélioration notable, ce qui nous a fait revenir à la dose moyenne de 1 gm par jour.Dans deux cas, nous n\u2019avons obtenu une grande amélioration qu\u2019après avoir associé des hydantoins.Le facteur qui nous a semblé être le plus constant, dans le groupe des patients très améliorés, est l\u2019âge; les 4 patients qui constituent ce groupe avait entre 10 et 22 ans.Tous les cas que nous avons traités souffraient de petit mal, de grand mal ou d\u2019une association de ces deux formes cliniques d\u2019épilepsie.Nous n\u2019avons pas observé d\u2019amélioration particulière dans l\u2019un ou l\u2019autre de ces groupes.Le dosage que nous avons employé a varié entre 500 mg et 2 gm par jour.Sauf dans un cas, nous n\u2019avons pas observé d\u2019amélioration notable en donnant plus de 1 gm par jour.EFFETS SECONDAIRES Nous n\u2019avons pas observé d\u2019effets secondaires sauf dans un cas où peu de temps après le début de la médication la patiente se plaignit d\u2019étourdissements et de lipothymies.Certains patients accusérent des troubles digestifs mineurs, brûlement d\u2019estomac, gastralgies légères, anorexie, qui disparurent lorsque le médicament était pris au milieu du repas ou avec un verre de lait.Quelques patients se 1166 sont plaint de somnolence et une patiente a eu des céphalées tenaces.Aucun de ces patients a remarqué spontanément qu\u2019il avait eu de la polyurie ou de la pollakyurie, mais après avoir été questionné sur ce point quelques-uns ont cru avoir eu une augmentation de la diurèse pendant les premiers jours du traitement.Conclusions Nous avons nettement eu l\u2019impression clinique que le diamox possédait des propriétés anticonvulsives.C\u2019est un médicament peu toxique qui ne donne en général que des effets secondaires mineurs.L\u2019Âge des patients semblait être un facteur important en ce qui concernait le plus ou moins grand degré d\u2019amélioration clinique.Dans ce groupe le médicament a été efficace dans l\u2019un ou l\u2019autre type clinique d\u2019épilepsie.BIBLIOGRAPHIE (1) G.GUELPA, A.MARIE: La lutte contre l\u2019épilepsie par la désintoxication et la rééducation alimentaire.Rev.de thérap.méd.-chir., 78: aolt 1911.(2) H.R.GEYELIN: Fasting as a method for treating epilepsy.Med.Record, 99: 1037, 1921.(3) W.G.LENNOX, S.COBB: Studies in epilepsy: BORDELEAU: L\u2019ACÉTAZOLAMIDE DANS L'ÉPILEPSIE L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 clinical effects of fasting.Arch.Neurol and Psy- chiat, 20: 771 (oct.) 1928.(4) PETERMAN: The ketogenic diet.JAMA.257: 1979 (juin) 1925.(5) L.C.PRICE et coll.: dl Glutamic acid hypo- chloride in treatment of petit mal and psychomo- ter seizures.JAMA.122: 1153, 1943.(6) W.O.KLINGMAN: The effect of ion exchange resins in the paroxysmal disorders of the nervous system.Am.J.Psychiat, 111: 184-195, (sept.) 1954.(7) E.M.BRIDGE: Epilepsy and convulsive disorders in children, p.122.1st edition, McGraw- Hill Book Co., 1949.(8) I.McQUARRIE, D.B.PEELER: The effects of sustained pituitary antidiuresis and forced water drinking in epileptic children; 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L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 Bulletin de l\u2019Hssociation des Medecins de Langue Francaise du Canada (Fondée à Québec en 1902) VW'Union \u2018(IDédicale DU Canada (Revue mensuelle fondée à Montréal en 1872) Tome 84, No 10 \u2014 Montréal, octobre 1955 ÉDITORIAL À PROPOS DES CŒURS ARTIFICIELS De longue date, les physiologistes connaissent le secret de maintenir vivant et d\u2019entretenir les contractions rythmiques d\u2019un cœur isolé, en perfusion.La contrepartie de cette expérience: maintenir vivant un organisme privé de sa fonction cardiaque constitue un problème beaucoup plus complexe! Néanmoins, depuis une dizaine d\u2019années, des chercheurs s\u2019y sont attaqué, s'efforçant de mettre au point un cœur mécanique capable d\u2019assurer temporairement la relève de son congénère organique.Le principal motif de cette substitution rêvée étant de pouvoir offrir à la chirurgie intracardiaque une vision directe et un champ exsangue, il fallait exclure aussi les poumons, et réaliser un appareil cardio-pulmonaire artificiel.Après de longs et patients travaux d\u2019expérimentation en laboratoire où le biologiste côtoyait l\u2019ingénieur, le physicien et le mécanicien, certains appareils ont commencé de faire leur apparition dans des salles d'opération, il y a quelque deux ans.Une pompe circulante munie d\u2019une tuyauterie afférente et efférente constitue essentiellement le «cœur artificiel ».Ce système permet d\u2019installer une voie de dérivation pour le sang, et 1167 de maintenir à peu près vide la ou les cavités cardiaques désirées selon les connections établies.Ainsi, en dérivant le sang veineux arrivant à l'oreillette droite et en le conduisant à l\u2019artère pulmonaire, le Dr F.D.Dodrill, de Détroit, a pu intervenir, à champ ouvert, sur une valve pulmonaire sténo- sée.Il a également abordé de la même façon les valves mitrale et aortique à la faveur d\u2019une dérivation gauche, et aussi tenté la correction d\u2019une sténose pulmonaire infundibulaire accompagnée d\u2019une communication interventriculai- re durant un shuntage complet du cœur, conservant les poumons du patient dans le circuit.Adversaire de l\u2019amputation fonctionnelle des poumons au cours de ces manœuvres, il perfectionne actuellement une technique combinant le cœur mécanique et l\u2019hypothermie.Grâce à l\u2019'hypothermie, le volume sanguin circulant devenant minime, il serait possible d\u2019en assurer l\u2019oxygénation et la vidange carbonique par un seul lobe pulmonaire.Tout le reste du parenchyme se reposerait, ainsi que le cœur mécanique de qui on exigerait beaucoup moins de travail.Il reste à attendre les résultats de ces travaux.Les appareils cardio-pulmonaires artificiels joignent au cœur mécanique une chambre à gaz où le sang s\u2019oxygène et se débarrasse de son excès de gaz carbonique.Il en existe différentes variétés, mais le modèle du Dr John H.Gibbon jr, de Philadelphie, semble le plus à point et le plus prometteur.Le Dr Gibbon est le véritable pionnier dans ce domaine.Les principes qu\u2019il a mis en Jeu dans son appareil se retrouvent dans plusieurs autres versions, celle de la Clinique Mayo, entre autres. 1168 Quel que soit le modèle, un appareil cardio-pulmonaire efficace et sûr doit satisfaire à des exigences rigides: 1) intercepter toutes les voies veineuses afférentes: non seulement les veines caves supérieure et inférieure, mais également celles de Thébésius et le sinus coronaire; 2) assurer le transit sanguin extra-corporel avec un minimum d\u2019hémolyse, soit en decà de 100 mg d\u2019hémoglobine par 100 ml de plasma; 3) d\u2019une part saturer d\u2019oxygène le sang veineux, d\u2019autre part le débarrasser d'un excès de gaz carbonique sans toutefois descendre le seuil de ce gaz plus bas que le niveau physiologiques; 4) pouvoir fournir presque instantanément, par un réglage facile, différents débits tout en maintenant constant le volume sanguin de l\u2019appareil; 5) prévenir sûrement toute embolie, gazeuse ou autre; 6) pouvoir subir complètement et aisément le nettoyage et la stérilisation etc.Il va sans dire que la plupart de ces propriétés sont également requises d\u2019un cœur mécanique simple.Mais avec l\u2019appareil cœur-poumon, elles deviennent d\u2019une réalisation beaucoup plus compliquée et d\u2019une importance majorée.Trois cas de chirurgie intra-cardiaque ont été pratiqués par le Dr Gibbon alors que les fonctions cardio-respiratoires étaient assumées par l\u2019appareil.Résultats: un survivant et trois décès.Crafoord, en Suède, rapporte une exepérience heureuse, lui aussi.Mais les succès les plus marqués, à date, appartiennent à la Clinique Mayo, avec quatre survivants sur huit cardiopathes congénitaux opérés.Dans la livraison du 18 mai des Proceedings of the Staff Meetings of the Mayo Clinic, on peut lire une étude de ces huit cas.Tous, sauf un, présen- ÉDITORIAL L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 talent une communication interventri- culaire et une hypertension pulmonaire marquée.Leur état général faisait pitié et cette tentative représentait apparemment leur unique planche de salut.Dans de telles conditions, le taux de mortalité apparaît relativement bas malgré sa valeur numérique élevée.D'ailleurs, ce taux de mortalité appartient plutôt à la chirurgie puisqu\u2019un seul exitus paraît pouvoir être rattaché à la technique de substitution fone- tionnelle cardio-pulmonaire.Quoiqu\u2019il en soit, voilà des résultats très encourageants.En marge de ces quelques essais cliniques, l\u2019expérimentation animale, déjà longue, se continue.Les efforts tendent vers un plus grand automatisme mécanique pour éliminer le plus possible les accidents dûs à des erreurs de manipulation.Des complications d\u2019incidence aussi rare qu\u2019imprévisible restent à in- vestiguer pour leur élimination.Ainsi, chez l\u2019animal, tantôt une séance de substitution cardio-pulmonaire s\u2019accompagnera d\u2019une perte profonde de sodium plasmatique, tantôt d\u2019une acidose métabolique marquée nonobstant des cultures sanguines négatives.Parfois, on assiste à une disparition inexpliquée des protéines du plasma.Ces perturbations métaboliques pourraient bien découler de fonctions pulmonaires mal connues ou insoupçonnées escamotées par le poumon artificiel qui se limite à la seule hématose.Ces appareils cardio-pulmonaires ouvrent indiscutablement de nouvelles et merveilleuses perspectives devant la chirurgie intra-cardiaque.Ils permettent au chirurgien d\u2019ouvrir le cœur, de voir directement, dans un champ exsangue, la ou les lésions à corriger et L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 ce, dans n\u2019importe quelle cavité.L'hypothermie et la ligature cavale ne peuvent offrir autant.Et au lieu d'opérer à l\u2019aveuglette, en luttant contre l\u2019hémorragie et l'horloge, le chirurgien travaille calmement à ciel ouvert.Ces systèmes cœur-poumon artificiels \u2014 on peut l\u2019imaginer \u2014 joueront plus que ce rôle supplémentaire.Ils pourraient bien prendre place dans le grand arsenal thérapeutique moderne, dans un rôle complémentaire, à titre de « support » pour un cœur ou un poumon défaillant ou comme adjuvant au cours d\u2019une chirurgie majeure extra-cardia- que.Pour un tel emploi de l\u2019appareil, ÉDITORIAL 1169 au lieu d\u2019un shuntage central, on dériverait simplement le sang d\u2019une veine périphérique pour l\u2019artérialiser et le repomper dans une artère périphérique.En somme, les conquêtes actuelles et les recherches en cours permettent de prévoir une ère nouvelle \u2014 déjà ébauchée \u2014 dans la thérapeutique cardio- pulmonaire.Et ce, grâce au labeur commun de plusieurs disciplines mises au service de la Médecine et des malades.Belles répliques de la Science à qui on a parfois reproché de manquer de cœur.Emilien LABELLE. HYGIENE ET MEDECINE SOCIALE 2e ++ LE DÉPISTAGE PAR CAMION RADIOLOGIQUE DOIT-IL SUBIR UNE NOUVELLE ORIENTATION ?! Herman GAUTHIER (Mont-Joli).Le titre de l\u2019étude que l\u2019on m\u2019a demandé de présenter devant vous, est un peu sibyllique: en somme on me demande de prédire l\u2019avenir, c\u2019est-à-dire que l\u2019on désire savoir si l\u2019épreuve tuberculinique doit remplacer la radiographie pulmonaire et le Camion Radiologique pour le dépistage de la tuberculose.Je pourrais prédire l\u2019avenir à la manière de la pythonnisse d\u2019Endor, et donner une réponse telle que tout le monde serait satisfait et que chacun pourrait me faire dire ce qu\u2019il voudra.J\u2019avoue que le sujet est très délicat et que dans les quelques réflexions qui ont précédé ce travail, j'ai trouvé autant d\u2019arguments contre que pour.Finalement j'ai pensé que seul un jugement de Salomon pourrait résoudre ce dilemme.Je crois que la radiographie pulmonaire par le Camion Radiologique est la seule méthode efficace de dépistage contre la tuberculose actuellement dans nos campagnes, tandis que l\u2019épreuve tuberculinique pourra économiser beaucoup de radiographies pulmonaires dans les centres urbains considérables.Je crois d\u2019ailleurs que c\u2019était l\u2019intention du Comité de ce cours de perfectionnement de m\u2019attirer vers la défense du Camion Radiologique puisque immédiatement après moi, qui suis de la campagne et jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, une des plus reculées de la Province, la Gas- pésie, après-moi, dis-je, vous entendrez mon confrère et ami, le Dr Léo Ladouceur, directeur de la Division de la Tuberculose à Montréal, le plus grand centre de la Province, vous dire si l\u2019épreuve tuberculinique dans le dépistage de la tuberculose est systématiquement réalisable.1.Communication au Quatrième Cours de Perfectionnement en Tuberculose, Québec, mai 1955.En passant, au moment où doit finir ce cours de perfectionnement en tuberculose, per- mettez-moi de souligner particulièrement le magnifique programme que nous a soumis cette année le Comité de ce cuurs de perfectionnement.Je suis heureux d\u2019ajouter mon humble voix au concert de félicitations qui célébrera le succès de ce cours, succès dû à sa préparation si soignée.Le Sanatorium Saint-Georges de Mont-Joli a mis en marche en 1944, le premier Camion Radiologique sur les routes de la Province et Je crois que c\u2019est la même année que Montréal connaissait son premier dépistage massif.Nous avons ainsi, depuis onze ans, l\u2019occasion d\u2019étudier et sans doute d\u2019améliorer la mécanisation du dépistage antituberculeux.Je parle évidemment de la région que je connais particulièrement, la Gaspésie, mais j'imagine facilement que les principes généraux sont les mêmes: tout le succès d\u2019une campagne de dépistage par Camion Radiologique sera dû à la préparation et à la publicité dont on saura l\u2019entourer.Evidemment le nombre de jours dont on disposera pour faire cette campagne pourra faire varier les chiffres, mais la moyenne journalière n\u2019a pas de raison de varier beaucoup, excepté en plus, et l\u2019expérience nous montre bien que nous avons raison.J\u2019ai en main les chiffres depuis 1944, je ne veux pas tous les citer, mais J'en prendrai quelques-uns qui sont les plus intéressants: En 1944, nous avions une moyenne de 119 personnes par jour au Camion Radiologique; en 1948, nous atteignions 390 personnes par jour; en 1950, nous avions 548 personnes et en 1954, nous atteignions 612 personnes comme moyenne.Je pense que ceci est un chiffre maximum.Du premier mai 1954 au 30 octobre 1954, nous L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 GAUTHIER: DÉPISTAGE PAR CAMION RADIOLOGIQUE 1171 avons examiné 73 922 personnes.Ces chiffres Georges de Mont-Joli, et ceci a une énorme sont surprenants au premier abord et moi- même j'ai été agréablement étonné de voir ces statistiques.Je ne cache pas que j'ai entendu sur ce sujet des voix discordantes, je voudrais immédiatement faire une mise au point.Dans certains milieux on a prétendu que Mont-Joli avait soufflé ses chiffres, que ce n\u2019était pas possible de passer une moyenne de 612 personnes par jour, tous les jours; surtout en Gaspésie et sur la Côte Nord, où il n\u2019y a pas un grand nombre d\u2019industries considérables, c\u2019est-à-dire qu\u2019il n\u2019y à pas un grand nombre de masse de peuple, c\u2019est vrai; il faut cependant considérer qu\u2019il y a tout de même une certaine masse de peuple puisque nous avons fait toutes les institutions de notre région ce qui représente une vingtaine de mille personnes et à certaines occasions le personnel du Camion Radiologique a dû fournir un effort assez considérable, par exemple lorsqu\u2019il est allé à Labrieville, le Camion Radiologique est arrivé le vendredi soir s\u2019attendant passer à peu près 500 personnes le samedi, et il a dû travailler le samedi et le dimanche sans arrêt, même la nuit pratiquement, puisqu\u2019il y avait un chiffre de nuit à 2 heures du matin et nous avons ainsi passé du samedi au lundi matin près de 2000 personnes.Quant à l\u2019appareil lui-même, si on lui fourni le nombre de gens à examiner et si le personnel du Camion Radiologique connaît son ouvrage, il n\u2019y a aucune raison que ce Camion ne puisse passer facilement 150 personnes à l\u2019heure et même plus.J'ai voulu souligner la chose en passant, je n\u2019insisterai pas plus longtemps, nous n\u2019avons aucun intérêt à augmenter le nombre des examens faits à bord du Camion Radiologique et depuis 1944, même si nous avons multiplié par 20 le nombre de personnes examinées, ceci n\u2019a pas augmenté d\u2019un sou l\u2019octroi provincial qui nous était alloué en 1944.Nous avons simplement intensifié notre campagne du Timbre de Noël qui fournit la très grande partie des montants nécessités par le Camion Radiologique.Le Camion Radiologique dont nous nous servons est la propriété du Sanatorium Saint- valeur évidemment au point de vue de notre organisation de la campagne de dépistage comme d\u2019ailleurs a une valeur énorme, la centralisation au Sanatorium, de la campagne du Timbre de Noël pour toute la Gaspésie et la Côte Nord que nous desservons.L'utilisation rationnelle de la mécanisation du dépistage commande toute une organisation qui, en ce qui concerne ia population rurale doit être considérée en trois étapes.Les principes que j\u2019exposais en 1950 n\u2019ont guère varié dans leur application générale.Il faut une préparation lointaine, c\u2019est-à-dire trois ou quatre mois avant l\u2019enquête radiologique, une préparation prochaine: dans les 15 jours qui précèdent l'enquête radiologique et une préparation immédiate: dans les trois ou quatre jours qui précèdent le départ du Camion Radiologique.La préparation lointaine suppose d\u2019abord le nerf de la guerre: a) il faudra une centaine de dollars par jour non compris la dépréciation du Camion Radiologique, les films et les solutions.Ceci comprend le salaire du personnel qui doit être réduit à son strict minimum: c\u2019est-à-dire un technicien en radiologie qui sera responsable de la comptabilité et si la chose est possible, sera en même temps chauffeur qualifié pour le Camion Radiologique, ce que nous avons à Mont-Joli depuis quelques années et nous en sommes très heureux.Le salaire du technicien sera évidemment plus élevé que normalement puisqu\u2019il est chauffeur en même temps, cela fera l\u2019affaire de ce dernier et aussi l\u2019affaire du Sanatorium qui économisera tout de même une pension et une partie de salaire.Il faudra un préposé à l\u2019appareil sous la survéillance du technicien, un assistant au préposé à l\u2019appareil qui, lui, se chargera de placer les gens devant l\u2019appareil, enfin, un secrétaire à l\u2019extérieur qui préparera les cartes UC-10; c\u2019est-à-dire 4 personnes; à ce secrétaire on pourra adjoindre localement un autre secrétaire lorsque le besoin se fera sentir puis- qu\u2019il est toujours facile dans chaque paroisse de trouver soit une institutrice ou une autre personne de bonne volonté qui consentira avec 1172 une rénumération raisonnable à travailler la journée même sans que nous ayons à payer une pension.Nous n\u2019avons plus de médecin à bord du Camion Radiologique, tous les films sont envoyés au Sanatorium et étudiés par les médecins du Sanatorium.Le coût de la \u2018vie a augmenté depuis 1944, mais d\u2019autre part nous avons diminué à 4 le personnel qui était au nombre de 7 au début et le rendement a été triplé et quadruplé.Il reste encore la pension du personnel et les dépenses courantes, réparations, essense, pneus, ete.b) Il faut faire un relevé démographique des comtés à visiter, des villes et des villages.c) Un relevé géographique exact qui permettra de tracer l\u2019itinéraire pour éviter les marches et les contre-marches.d) La coopération étroite de l\u2019Unité Sanitaire du comté, de l\u2019officier médical et de toutes les infirmières visiteuses de façon à ce que chaque curé et chaque médecin soient mis au courant du dépistage, afin qu\u2019ils avisent autant que possible tous les sujets de la paroisse.e) Il faut ensuite faire l\u2019assemblage de tout le matériel nécessaire: solutions, cartes, régis- tres, etc.Préparation prochaine a) Il faut adresser une lettre au curé de chaque paroisse, lui exposant l\u2019utilité de l\u2019enquête et demandant son concours.Il faut même écrire une circulaire développant tous ces points au cas où le prêtre ne serait pas trop sûr de son sujet.b) A chaque médecin il faut envoyer une lettre l\u2019informant de la date exacte de l\u2019enquête et sollicitant sa coopération.c) À chaque Unité Sanitaire il faut envoyer des pancartes qui devront être affichées dans chacune des paroisses désignant les jours, les heures de la clinique gratuite.Il en faut une au moins par cent de population.d) Un technicien du service de cinéphoto- graphie de Québec qui donnera des représentations cinématographiques; celles-ci, accompagnées d\u2019une brève causerie sur la tubercu- GAUTHIER: DÉPISTAGE PAR CAMION RADIOLOGIQUE L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 lose, rendra les plus grands services et précédera le Camion Radiologique d\u2019une journée ou deux.e) Un programme de dépistage devra être distribué aux journaux locaux et aux postes de radio ainsi qu\u2019une série de « flashes » f) Il faut aussi avoir recours aux clubs sociaux ou à toute autre organisation susceptible d\u2019amener les gens à passer au Camion Radiologique.g) Surtout, dans la préparation prochaine, l\u2019élément le plus important sera l\u2019organisation d\u2019une journée des Unités Sanitaires au Sana- toritum.La chose existe maintenant partout, ses avantages sont bien connus et sa répercussion sur la campagne de dépistage et sur l\u2019éducation publique est immense et absolument nécessaire.Préparation immédiate: dans les trois jours qui précèdent le départ du Camion Radiologique.Il faut faire l\u2019épreuve de l'appareil et ce n\u2019est pas la moindre part puisqu\u2019il faut être certain qu\u2019aucun morceau de l\u2019appareil ne fera défaut, et ce sera une course à la victoire pour être prêt à partir au mois de mai, après avoir commencé la préparation dès le début de janvier.L\u2019an dernier notre campagne de dépistage à coûté $15 000.00 pour la période du 3 mai 1954 au 28 octobre 1954 et dans le même temps nous avons passé 73,922 personnes exactement.Je ne parle évidemment pas de la dépréciation de l\u2019appareil du Camion Radiologique lorsque je cite le montant de $15,000, je considère uniquement les dépenses; salaires, pensions et réparations urgentes sur le chemin.Evidemment il faudrait aussi considérer, encore une fois, la dépréciation, il faudrait considérer le prix des films et les solutions, tout ceci pourrait peut-être élever le coût à 0.25 par personne, mais ce n\u2019est pas encore dispendieux à ce chiffre à condition évidemment que la moyenne de présence au Camion Radiologique soit très élevée, c\u2019est-à-dire que le Camion Radiologique puisse donner toute son efficacité. L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 Les résultats valent-ils toutes ces dépenses considérables, je répondrai oui sans hésitation, car les résultats du Camion Radiologique se font sentir durant toute l\u2019année, surtout par le nombre de personnes qui grâce au Camion Radiologique sont dépistées à temps et amenées à nos cliniques ambulantes tôt 6u tard.Nous recommandons à chaque personne présentant une image anormale de se rendre aux cliniques ambulantes qui couvrent toute la région que nous desservons, afin de préciser le diagnostic et l\u2019Unité Sanitaire recevra les résultats de même que le médecin praticien.Le nombre de femmes et d'hommes qui se sont présentés au Camion Radiologique depuis 1947 est à peu près également réparti, je n\u2019ai \u201c pas les chiffres de 1944 séparément, mais pour 1947, par exemple, 15742 femmes s\u2019étaient fait examiner, tandis que 14 350 hommes s\u2019étaient aussi présentés.En 1950, 22 507 femmes contre 20 800 hommes; en 1954, 36 501 hommes contre 37 421 femmes.Il y a là évidemment un très grand nombre d\u2019enfants puisque 50% de ceux qui se présentent au Camion Radiologique ont moins de 20 ans.Ce sera l\u2019affaire de 1a Campagne d\u2019éducation que nous avons entrepris cette année, de multiplier les examens chez les adultes de plus de 40 ans particuliérement chez les hommes.L\u2019automne nous apportera le résultat de cette nouvelle orientation de notre campagne de dépistage.D\u2019ailleurs & mesure que les chif- res nous parviendront nous pourrons intensifier 1a campagne et lui donner la bonne direction.Nous avons aussi donné une nouvelle orientation au diagnostic sur le Camion Radiologique depuis quelques années; à moins de lésions énormes, nous ne posons plus de diagnostic précis sur le Camion Radiologique.Le cas est toujours référé à la clinique antituberculeuse de l'Unité Sanitaire qui fera le diagnostic précis.Permettez-moi de vous citer les chiffres de 1952 et 1954.En 1952, nous avons examiné 66 000 personnes au Camion Radiologique et 14 000 aux cliniques ambulantes, ce qui donne un total de 80000.Nous avons diagnostiqué GAUTHIER: DEPISTAGE PAR CAMION RADIOLOGIQUE 1173 244 tuberculeux sur le Camion Radiologique et 403 dans les cliniques ambulantes ce qui donne une proportion d\u2019a peu prés de un pour deux et une moyenne générale de 0.8%.En 1954, sur 90 000 personnes examinées dont près de 74000 à bord du Camion Radiologique, 16 000 dans les cliniques ambulantes; nous avons diagnostiqué 129 tuberculeux sur le Camion Radiologique tandis que nous en trouvions 372 dans les cliniques ambulantes, ce qui donne une proportion de 1 pour 3, et une moyenne générale de 0.55%.La baisse de l\u2019incidence de tuberculose de 0.8 à 0.5 est normale, tandis que la diminution de 244 du Camion Radiologique à 129 est une diminution de près de la moitié, alors qu\u2019aux cliniques ambulantes de 403 à 372 la différence est plutôt minime, ceci indique bien que nous posons de moins en moins un diagnostic précis sur le Camion Radiologique, le réservant aux cliniques ambulantes, ce qui est, je pense, la façon la plus précise de procéder.Je m\u2019excuse de m\u2019être étendu si longuement sur l\u2019organisation et la mécanisation du dépistage par Camion Radiologique tandis que J'insisterai beaucoup moins sur la seconde partie de mon travail: l\u2019épreuve à la tubereu- line.D'ailleurs je suis chargé de défendre la cause du Camion Radiologique parce que je la crois absolument nécessaire dans la campagne, J'ai voulu vous en faire la preuve d\u2019abord avec les chiffres.Je n\u2019ai pas le moindre doute sur l\u2019efficacité de l\u2019épreuve à la tuberculine pour dépister les foyers de bacilles de Koch, mais l\u2019épreuve à la tuberculine doit nécessairement conduire à la radiographie pulmonaire, ce sera à mon confrère le Dr Ladouceur, s\u2019il le juge à propos, de montrer que l\u2019épreuve à la tuberculine peut être moins dispendieuse que le dépistage massif par Camion Radiologique dans les grands centres; mais si l\u2019on prend nos campagnes, plus particulièrement nos campagnes éloignées comme celles de la région que nous desservons, il faudra de toute nécessité amener à la radiographie pulmonaire les sujets positifs à l\u2019épreuve tuberculinique, sans considérer tou- 1174 GAUTHIER: DÉPISTAGE PAR CAMION RADIOLOGIQUE tes les difficultés de l\u2019organisation de l\u2019épreuve tuberculinique massive de nos campagnes: à supposer que l\u2019on trouve encore sur une population moyenne paroissiale de 2 000 âmes, une vingtaine de cas positifs à la tuberculine, ce qui est une statistique très basse, puisque ça fait 1%, comment pourrons-nous amener à la radiographie pulmonaire, par exemple les gens de Grandes Bergeronnes, de Saint-Paul du Nord ou de Sault au Mouton qui sont à peu près 50, 75 et même 100 milles du prochain appareil de rayon X, je donne un exemple de la Côte Nord et je pourrais faire la même chose dans certaines colonies éloignées de chacun de nos comtés du Bas Saint-Lau- rent.Même cinq cliniciens avec chacun un appareil portatif n\u2019arriveraient pas à couvrir le territoire du Camion Radiologique dans une année complète et je vous laisse calculer le salaire de cinq médecins et toutes les dépenses accessoires sans compter que ce serait illusoire de penser qu\u2019il existe cinq médecins spécialisés en maladies pulmonaires qui accepteraient de faire un ouvrage aussi fastidieux.Lorsque les gens sont dépistés, ce n\u2019est pas facile de les amener au rayon-X si ce rayon-X est à quelques milles de distance.Au contraire de Mahomet qui se rendait à la montagne, il faut que la montagne se rende à Mahomet, c\u2019est-à- dire que toute l\u2019organisation doit se déplacer pour aller chercher le tuberculeux là où il est.À mon sens donc, la nouvelle orientation que doit subir le dépistage par radiographie pulmonaire, n\u2019est pas actuellement l\u2019épreuve tuberculinique pour nos campagnes, elle pourra évidemment rendre de grands services si l\u2019on peut l\u2019ajouter à la campagne de dépistage par Camion Radiologique; s\u2019il y a une orien- = tation nouvelle à donner, c\u2019est bien celle, L'Union Méd.Canada ome 84 \u2014 Oct.1955 comme d\u2019ailleurs le montre les statistiques, d'organiser notre campagne d\u2019éducation afin d'amener surtout les adultes au Camion Radiologique.Il n\u2019y a pas d\u2019inconvénient à y passer tous les enfants qu\u2019on y voudra, même si ce doit coûter quelques dollars de plus, mais il faut y amener tous les adultes et particulièrement tous les hommes, c\u2019est, dans ce sens que Je comprends la nouvelle orientation que doit subir le dépistage par radiographie pulmonaire dans notre population rurale.C\u2019est le but de notre campagne d\u2019éducation cette année et j'espère que les chiffres que nous pourrons montrer à l\u2019automne auront fait la preuve que nos efforts n\u2019auront pas été inutiles.Il faut évidemment, je le souligne en passant, multiplier les séances du soir et déplacer le Camion Radiologique le plus souvent possible au moins une fois par jour, à moins que l\u2019on soit dans un centre trop considérable, et très souvent deux fois par jour, si l\u2019on veut atteindre toutes les paroisses que l\u2019on doit desservir dans la région, et dans le court espace de temps dont nous disposons, même pas six mois par année, j'allais dire même pas 5, puisque le dernier mois est trop froid pour la campagne et qu\u2019il faut lui réserver les institutions régionales.Telles sont les quelques données que nous concevons à Mont-Joli du dépistage.Il est bien entendu que je n\u2019impose notre point de vue à qui que ce soit; nous concevons que les circonstances peuvent être totalement différentes dans d\u2019autres régions.Nous avons voulu simplement vous exposer notre expérience parmi une population rurale souvent très éloignée des centres, très difficile d\u2019accès, où évidemment l\u2019éducation a fait de grands pas, mais où elle a encore des pas de géant à marquer, et pas toujours avec des bottes de sept lieues. LA CUTI-RÉACTION B.C.G.PEUT-ELLE REMPLACER LA TUBERCULINE ?Léo LADOUCEUR, Surintendant, Division de la tuberculose (Montréal).Aux Etats-Unis en 1904, avec une mortalité tuberculeuse de 200 par 100 000, tous ou presque, réagissent positivement à la tuberculine à 20 ans ou plus.En 1954, dans certaines régions, 5% seulement des écoliers et 50% de la population dépassant 50 ans sont réacteurs positifs.La mortalité dans ces districts est d\u2019environ 5 par 100 000 et l\u2019on estime alors que la tuberculose est sous contrôle.A Montréal, nous sommes encore loin de cette réussite puisqu\u2019à la cuti B.C.G.le taux de positivité chez les écoliers oscille entre 24 et 45%.Il suit toujours étroitement la courbe de la mortalité et de la morbidité environnantes.TABLEAU 1 Concordance entre pourcentage de positivité à la cuti et au taux de mortalité environnant.District Mortalité Cuti Saint-Jacques .46 44 28 Sud-Ouest .21.7 29.97 Rosemont .173 23.95 Elle est donc à la fois un indice constant et sûr de la morbidité et prouve que, malgré nos gains, l'incidence d\u2019infection reste menaçant et qu\u2019il serait de la dernière imprudence de ralentir nos efforts.Un bas pourcentage de positivité au Mantoux comme moyen de dépistage permet donc d\u2019éliminer le plus grand nombre et de concentrer, ainsi, l\u2019enquête radiologique sur un pourcentage restreint.Elle requiert, d\u2019ailleurs, c\u2019est là son grand avantage, un personnel moins spécialisé et peu d\u2019outillage.Quant à son coût réel, il semble être plus élevé qu\u2019il n\u2019apparaît tout d\u2019abord puisqu'elle exige quand même, en complément, la radiographie des réacteurs positifs.1.Communication donnée à Québec le 7 mai 1955, a 9 heures 45 a.m., lors du Cours de perfectionnement, patronné par le Comité Provincial de Défense contre la Tuberculose.En remplacement du patch test et du Man- toux, la cuti B.C.G.préliminaire à la vacei- nation a été faite avec une suspension à 50 mgr par ce chauffée à 60 degrés centigrades pendant une heure.Elle a sur les autres méthodes les avantages suivants: 1\u2014 Sa facilité d\u2019application, une seule épreuve.2 \u2014 Réaction accélérée, c\u2019est-à-dire épreuve et lecture dans un temps record (48 heures) ce qui permet un stage écourté, et donc multiplication des déplacements de l\u2019équipe vacei- nante.3 \u2014 Pourcentage de positivité aceru lorsque mis en parallèle avec les méthodes jusqu\u2019ici employées.| 4 \u2014 Désavantage cependant vu la disparition, tout au moins momentanée, de l\u2019indice allergique, bien que le virage au positif ne se produise que dans 10% des cas et pour une période ne dépassant pas six mois.Le 17 novembre 1952, nous avons commencé la cuti B.C.G.préliminaire à la vaccination chez nos écoliers de Montréal.La vaccination est facultative et nous la complétons par l\u2019examen, non seulement de l'enfant réacteur positif, mais des contacts familiaux.À cette fin, aussitôt que possible après la cuti et sa lecture, nous adressons une lettre aux parents les invitant à se faire radiographier à des endroits et à des heures choisis.La Ligue Antituberculeuse a mis généreusement un appareil à notre disposition pour ce travail, et je voudrais vous résumer ici les résultats et les leçons à tirer de cette expérience. 1176 LADOUCEUR: CUTI-REACTION BCG.L'Union Médenada TABLEAU II a) Dans le follow-up consécutif à la cuti Pourcentage des tuberculous, et des tuberculeux B.C.G., les écoliers sont vaccinés et les posi- cL suspects.TB: tis radiographiés.Cette radiographie de l\u2019éco- Groupes divers TB.suspects lier réacteur positif ne permet de trouver 1952 1954 1952 1954 Clinique Laurier: Cas reférés par médecins et contacts de tuberculose 145 130 46 47 Ligue Anti-Tuberculeuse de Montréal: Population en général .030 018 11 1.10 Follow-up: Enfants réacteurs positifs à épreuve BCG, et famille \u2014 040 \u2014 1.17 La différence dans le nombre des tuberculeux décelés par la Ligue Antituberculeuse en 1952 et 1954 n\u2019est qu\u2019apparente et s\u2019explique par un plus grand nombre classifié à suspects en 1954: la colonne T.B.et suspects donnant le même total ou presque pour les deux années.A la Clinique Laurier un film sur 20, à la Ligue Antituberculeuse, un sur 80 montre des images anormales.Il faut dire qu\u2019à la Clinique Laurier nous examinons en presque totalité des patients référés par le médecin alors que la Ligue dépiste en milieu présumé sain.Une étude préliminaire des résultats obtenus dans ce que nous sommes convenus d\u2019appeler le Follow-up, révèle que le pourcentage ainsi que le coût des tuberculoses décelées est le même, ou presque, que celui de la Ligue dans ses enquêtes radiologiques usuelles.C\u2019est une surprise, puisque travaillant en milieu d\u2019infection, nous aurions cru trouver des chiffres chevauchant plutôt ceux de la Clinique Laurier.| TABLEAU III Pourcentage de T.B.pulmonaire et T.B.autres formes par rapport au nombre de personnes examinées, soit 10,493.Classification Act.Inact.Tnact.Ind.Total TB.I .3 3 7 8 21 TB.II .11 1 1 1 14 TB.III .3 3 Primo-infection .2 T.B.autres formes 2 S, 42 S QQ oo Q Cod Jt J a co © qu\u2019un pourcentage infime de tuberculeux, et le coût du dépistage devient à tel point prohibitif que l\u2019on peut se demander s\u2019il vaut vraiment la peine de continuer.b) Nous avons cru noter, par ailleurs, que l'intensité de la réaction à la cuti pourrait être un indice appréciable.Il semble que toute réaction à la cuti ne dépassant pas 5 milli signifie que les parents et contacts sont indemnes de tuberculose active tout au moins.Au contraire, toute réaction supérieure à 7 milli indiquerait un contact récent ou actuel avec un bacillaire.Il faut, il est vrai, tenir compte de facteurs accessoires comme: la légèreté ou l\u2019insistance de la main qui vaccine, les précautions prises au logis contre la contagion, la continuité du contact, le pullullement des bacilles, etc.Il faudrait done multiplier les observations dans ce sens avant de conclure.Et pour terminer, une digression mais qui découle des statistiques plus haut données: pourcentage beaucoup trop élevé des suspects.Ce pourcentäge que nous trainons comme un boulet, nous décidant un jour à le réduire pour l\u2019augmenter le lendemain parce qu\u2019une opacité discrète dissimulée derrière la clavicule, et que nous avions jugé insignifiante tout d\u2019abord, s\u2019avère à la tomo une mignonne cavité.C\u2019est d\u2019ailleurs une analyse des expectorations, positive à la culture, qui nous aura mis le plus souvent sur la piste.Et nous touchons ici à un problème délicat, celui des limites de la radiographie et des moyens à notre disposition pour corriger cette insuffisance.Nous pouvons dire en principe que nous demandons trop à la radiographie plane et que nous sommes loin de tirer tout le parti possible du laboratoire.Il faudrait multiplier les analyses, surtout chez nos chroniques que nous étiquetons, arrêtés, sans preuves suffisantes, chez ces suspects pour lesquels nous sommes inexcusables de ne pas prendre tous les moyens à notre disposition pour étayer un diagnostic.Il faut dire L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 aussi que les laboratoires à notre disposition manquent de l'outillage nécessaire et du personnel compétent parce qu\u2019insuffisamment rémunéré.À cause des insuffisances plus haut alléguées, recours à la tomo chaque fois qu'un B.K.positif présuppose la présente de cavité.En conclusion, nous pouvons dire que la cuti B.C.G.peut remplacer le Mantoux dans l\u2019épreuve préliminaire à la vaccination mais jusqu\u2019à plus ample informé, le Mantoux LADOUCEUR: CUTI-RÉACTION BC.G.1177 reste la méthode de choix dans toute enquête tuberculinique applicable à la population en général.Tant que le taux de positivité à la euti ou au Mantoux restera, chez l\u2019écolier, ce qu\u2019il est présentement, l\u2019enquête radiologique, modifiée selon les exigences de la statistique, reste encore le moyen de dépistage le plus adéquat et le moins coûteux dans la tubereu- lose pulmonaire. CORRESPONDANCE 2-0.++ LETTRE DE PARIS L\u2019Assistance Publique, qui régit les Hôpitaux de Paris et que beaucoup de nos amis du Canada connaissent bien est en train de se transformer.En effet, au mois de juillet dernier, le Conseil Municipal de Paris a décidé le principe qu\u2019un certain nombre de médecins et de chirurgiens des Hôpitaux seront à plein temps et recevront un traitement de base fixe.Rappelons que jusqu\u2019à la Libération du territoire, les fonctions des médecins et des chirurgiens étaient purement honorifiques.Ils recevaient seulement une indemnité pour frais de voiture qui s\u2019élevait, avant la guerre de 1914, à 1 fr, 25 par jour et qui, par le jeu des dévalorisations successives de notre monnaie avait été augmentée, mais ne dépassait pas 1000 frs par mois avant 1940.Depuis l\u2019institution de la Sécurité Sociale, le corps hospitalier recevait une part des honoraires payés pour chaque malade ou chaque opération par la Sécurité Sociale.Ces honoraires étaient rassemblés en une masse commune, qui était partagée entre les médecins, chirurgiens, spé- cralistes, internes et externes des Hôpitaux, suivants certains coefficients affectés à chaque catégorte.T'el est, très résumé, le principe de la rémunération qui est appliqué, encore actuellement, à l\u2019ensemble du corps hospitalier de Paris.Or, devant les frais considérables de l\u2019hospitalisation dans les hôpitaux, la Sécurité Sociale et l\u2019Assistance Publique se sont demandées s'il n\u2019y avait pas la possibilité de les réduire.Il est évident que si nos hôpitaux représentent assez bien, le matin, l\u2019activité bourdonnante d\u2019une ruche, c\u2019est le silence complet l\u2019après-midi, puisque les chefs de service, les assistants et les externes quittent l\u2019hôpital à 183 heures pour ne revenir que le lendemain.L\u2019après-midh, les internes sont seuls en permanence pour exécuter les urgences médicales et chirurgicales.Une usine moderne dont le matériel ne s'emploie que 4 heures sur 24 heures ne peut samortir que difficilement.Or, de plus en plus, les hôpitaux ont une atmosphère d\u2019usine où la machine comptable doit régner en maîtresse.Il est paradoxal, dans notre période de «rendement », de « productivité », de ne pas utihser les appareils coûteux et rapidement périmés de radiologie, par exemple, 18 heures sur 24; al est inconcevable de voir les labora- torres fermés l\u2019après-midi et les recherches remises au lendemain, faute de personnel et de crédits.Il en résulte que le « débit » de l\u2019hôpital se fait au ralenti, qu\u2019en dehors des cas où l\u2019urgence impose l\u2019opération immédiate, les examens sont remis au lendemain ou aux jours suwvants et que le malade reste, en attente, de longs jours.Si la moyenne de séjour à l\u2019hôpital, dans les hôpitaux d\u2019outre-atlantique est de 7 jours, en France, elle est plus longue, d\u2019où une augmentation des frais de séjour.Ceci est vrai surtout pour les services de chirurgie, mais tl en est de même dans les services de médecine où, souvent, les malades restent longtemps, avant que les examens indispensables aient été accomplis.On a donc pensé que l\u2019on raccourcirait considérablement le temps de séjour, que l\u2019on obtiendrait une meilleure rotation des lits et une rentabilité accrue des services, st on introduisait dans les services une certaine continuité de présence des médecins à l\u2019hôpital.Or, en France, à part les Médecins des Hôpitaux Psychiatriques et des Sanatoriums pour tuberculeux qui sont des médecins fonctionnaires et dotés d\u2019une législation spéciale, la lon hospitalière du 21 décembre 1941, qui régit nos hôpitaux, n\u2019a formulé aucune réglementation en ce qui concerne l\u2019exercice à plein temps de la médecine.Un certain nombre L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 d\u2019expériences ont été faites, elles ont été plus ou moins heureuses.Diverses modalités ont été envisagées.Toutes ont des avantages, toutes ont des inconvénients.Pour cette expérience de plein temps, car ne s\u2019agit que d\u2019une expérience limitée à 10 services et à 2 ans de durée, l\u2019Assistance Publique, en accord avec le Syndicat des Médecins et des Chirurgiens des Hôpitaux, a retenu deux modalités.Dans la première qua est intitulée « service à temps plein» (service est pris ict dans le sens d\u2019un ensemble de salles), la continuité du fonctionnement du service est assurée toute la journée par une équipe de médecins.Il s\u2019agit d\u2019une formule très souple où les médecins qui font partie de cette équipe, assurent leur service, soit ensemble, soit à tour de rôle dans l\u2019après-midr.Les examens, les admissions des malades sont faits toute la journée et les décisions ne sont pas renvoyées au lendemain.Cette formule est en somme l\u2019extension à l\u2019après-midi de ce qui se passe dans la matinée, les médecins sont tenus simplement à étendre davantage leur activité hospitalière.Elle reste dans l\u2019esprit traditionnel de la médecine française.Elle a été préconisée par l\u2019in- tersyndicat des médecins et des chirurgiens des Hômtaux de Paris.L\u2019autre formule est la « Médecine à plein temps ».Le médecin doit toute son activité médicale à l\u2019hôpital.Le chef de service assurera le service du matin dans les conditions habituelles et sera tenu en outre à assurer la contimuté du service dans l\u2019après-midi pendant six jours par semaine avec la collaboration des assistants ou attachés appartenant au cadre officiel de son service.Le chef de service, l\u2019assistant ou l\u2019attaché devra consacrer au service 40 heures par semaine, c\u2019est-à-dire au moins trois heures entre 8 et 13 heures et trois heures entre 14 et 19 heures.Des dérogations a cet horaire pourront être accordées dans les services de chirurgie pour tenir compte de l\u2019activité opératoire.Les membres du corps médical hospitalier exerçant leurs fonctions à plein temps devront CORRESPONDANCE 1179 réserver toute leur activité médicale au service hospitalier de l\u2019Assistance Publique auquel ils seront affectés.L\u2019exercice en clientèle privée et toutes les autres formes d\u2019exercice de la médecine: médecine de dispensaire, médecine scolaire, médecine du travail, etc.leur seront interdites.Toutefois à titre de dérogation, ils auront la possibilité de rencontrer, en ville, un confrère en consultation ou d\u2019effectuer des expertises à la demande d\u2019un tribunal ou en exécution d'une disposition légale.Ces activités devront se situer en dehors des heures de service.Le médecin à plein temps aura en outre la possibilité de recevoir a Uhopital des malades personnels, d\u2019une part, en consultation, d'autre part en hospitalisation dans des lits mis à sa disposition (5% au maximum de la capacité totale de son service).Par ailleurs, le médecin à plein temps aura la faculté de poursuivre, dans le service auquel il sera attaché, des travaux de recherches dans un but scientifique.Les rémunérations s\u2019élèveront \u2014 et les deux systèmes s\u2019équivalent à peu de choses près \u2014 par an, pour les médecins à 4 500 000 frs, pour les assistants à 8 000 000 frs, pour les attachés à 2000 000 frs, soit une dépense globale de 20 000 000 par an.Tel est l\u2019essentiel des dispositions de cette expérience qui ne portera, pour les années prochaines, que sur 10 services (5 par moda- tés, 8 services de médecine et 2 services de chirurgie pour chaque modalité) et qui ne s\u2019exercera que pendant 2 ans.Au bout de cette période, si l\u2019expérience est concluante, c\u2019est-à- dure si l\u2019Assistance Publique et la Sécurité Sociale y trouvent une économie, elle sera étendue à d\u2019autres services.Il est plus que probable que cette expérience commencera à fonctionner à partir du ler janvier 1956.L'annonce de ces dispositions a provoqué des réactions diverses.Malgré les précautions prises, certains redoutent que son extension amène, à plus ou moins brève échéance, la fonctionnarisation d\u2019abord des médecins des hôpitaux, puis du 1180 corps médical en entier.C\u2019est la fin de la médecine libérale, pensent-ils.Il faut remarquer, disent les autres que la liberté d\u2019exercice de la médecine est sauvegardée, que les émoluements qui sont attachés à ces fonctions sont basés sur les actes médicaux, qu\u2019ils sont plus élevés que les traitements des fonctionnaires et qu\u2019enfin le statut des fonctionnaires west pas applicable à ces médecins à plein temps.Les médecins praticiens, dont les difficultés de vie sont toujours croissantes et qui voient CORRESPONDANCE L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 leur clientèle diminuer chaque jour du fait de la pléthore médicale, considèrent que le temps plein des médecins hospitaliers leur enlèvera encore des clients.Quant aux médecins des hôpitaux, issus d\u2019un concours extrêmement difficile, attirés plus par la recherche scientifique que par les satisfactions de clientèle, ils y voient, surtout les jeunes, leur avenir matériel plus assuré.Sans nul doute en France, au point de vue médical tel essar expérimental peut être gros de conséquences.André PLICHET.LETTRE DE SUISSE Les aspects médicaux de la conférence atomique Genève, le 1er septembre 1955 La Conférence internationale pour l\u2019utilisation pacifique de l\u2019énergie atomique a suscité un intérêt considérable tant auprès des physiciens que des médecins.Les travaux étaient présentés dans trois sections: physique nucléaire et centrales nucléaires, problèmes chimiques et métallurgiques, aspects médico-biolo- giques.Problèmes de génétique Il est apparu que nous ne savions pas très bien quels étaient les effets de la radiation sur les gènes humains, que nos connaissances sont dérivées de ces effets sur les plantes, les insectes et quelques animaux à reproduction rapide, et que les conclusions ne sont pas très optimistes.Le prof.Gustafsson, de Suède, a précisé que pour chaque mutation favorable, il y a 500 mutations dangereuses.Tant que ces risques ne peuvent affecter qu\u2019un individu tsolé (le savant dans un accident de réacteur nucléaire, par exemple), le problème est limité.Le danger surgira avec l\u2019augmentation de la «radiation ambiante », c\u2019est-à-dire de la radiation naturelle a laquelle, de tout temps, les hommes ont été exposés du fait des rayons cosmiques et de la radioactivité naturelle de roches telles que le granit.Au stade actuel du développement des usines atomiques et de l\u2019emploi industriel et médical des radioisotopes, l\u2019augmentation de la radiation ambiante ne pose pas de problémes urgents.Mais il apparaît nécessaire d\u2019entreprendre dès maintenant des recherches, de prévoir les mesures nécessaires, d\u2019établir des conventions internationales et des codes de travail standardisé afin de se prémunir contre les effets génétiques sur l\u2019humanité dans son ensemble.Les risquent existent Les dangers industriels et les mesures de protection ont fait l\u2019objet de discussions approfondies et il a été rassurant d\u2019apprendre que les normes de sécurité pour les travailleurs des usines atomiques fixées à la suite de recherches indépendantes étaient identiques dans divers pays.Les Russes et les Américains ont fait état d\u2019accidents survenus dans des établissements atomiques.Dans le premier cas, il y eut deux blessés, dans le second, quatre.Tous ont survécu, bien que la dose de radiation reçue par certains ait dépassé de beaucoup la limite considérée comme fatale par les ra- L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 diologues.Personne ne s\u2019est hasardé à dire que de graves accidents, risquant d\u2019impliquer les populations voisines des usines atomiques puissent être évités.Les experts, cependant, ont expliqué qu\u2019il ne saurait être question qu\u2019un réacteur explose comme une bombe.Les isotopes en médecine Bien que les applications des isotopes en médecine soient bien connues, quelques nouveautés méritent d\u2019être signalées.C\u2019est ainsi qu\u2019on utilise les isotopes en chirurgie plastique pour étudier la néovascularisation au niveau du greffon; en obstétrique, pour localiser le placenta et la vascularisation utéro-placentar- re, en thérapeutique, pour étudier le mode d\u2019action des antibiotiques.En dehors des ap- plhications thérapeutiques du P°?et de l\u2019I*5! et des solutions colloïdales d\u2019Or, il faut mentionner les tentatives de traitement du cancer du poumon par des particules d\u2019oxyde d\u2019yttrium (Y?°) en injection directe dans l\u2019artère pulmonaire.En téléthérapie, il faut citer lem- ploi, en Angleterre depuis quelque temps du Caesium (Ca!5\u201d) qui est un produit de scission résultant de la combustion de l\u2019uranium dans une pile.Le caesium émet les radiations gamma les plus longues (demi-durée de 83 ans); aussi peut-il servir de source de radiations gamma sans qu\u2019on ait besoin de le remplacer fréquemment à cause d\u2019une diminution de son activité.Aujourd\u2019hui déjà le cobalt °° tend à remplacer les rayons X.En ce qui concerne le diagnostic des tumeurs cérébrales, des auteurs américains ont décrit une nouvelle méthode: utilisant l\u2019arsenic radioactif qui émet des positrons dont la période est extrêmement courte.Pour le traitement du glioblastome, on a proposé l\u2019injection de bore et son irradiation par des meu- trons qui rendent le bore radioactif au siège méme de la tumeur.Un domaine entièrement nouveau et où les recherches se poursuivent est celui de l\u2019utilisation d\u2019extraits de tissus vivants qui, « marqués » au moyen de radioéléments indicateurs, retourneront, une fois injectés dans l\u2019organts- CORRESPONDANCE 1181 me, à l\u2019organe dont ils proviennent.Ces recherches ouvrent de nouvelles possibilités pour apprécier le mode d\u2019action et les résultats des thérapeutiques tissularres.Le métabolisme de l\u2019os a fait l\u2019objet de plusieurs communications.On a étudié notamment le lait et l\u2019on a pu constater qu\u2019il constituait sans aucun doute possible le meilleur moyen de faire pénétrer le calcium dans l\u2019organisme vivant.Cette étude du calcium a porté sur tous les stades du développement: fœtus, femme enceinte, femme allaitant, enfant et jusqu\u2019au vieillard.Sur la piste des maladies Plusieurs communications avaient trait aux agents responsables de la transmission des maladies épidémiques, depuis la mouche domestique, qui peut être « marquée » avec des isotopes et suivie, jusqu'aux virus qui peuvent être « étiquetés » et étudiés au cours de leur transmission.Le Dr Dale W.Jenkins, du Con- seul national de recherches aux Etats-Unis, a présenté les résultats d\u2019une enquête mondrale sur l'immense variété des études épidémiologi- ques auxquelles on procède à l\u2019heure actuelle.Il a souligné que l\u2019étude de la dispersion et de la durée du vol des mouches domestiques est en cours depuis quelque cinquante ans, mais qu\u2019aujourd\u2019hui, les mouches transportant des particules radioactives peuvent être suivies partout.Les mouches « marquées », lâchées mar millers, peuvent être rattrapées dans une très large proportion, certaines ont été récupérées jusqu\u2019à près de 50 kilomètres de leur point de départ.Ainsi peut-on étudier le mode de vie des mouches qui ont un rôle important dans les épidémies de dysenterie et de poliomyélite.Un champ de recherches extrêmement prometteur est celui de l\u2019étiquetage des orgams- mes des maladies.Le Dr Jenkins a pu ainsi étiqueter le virus de la grippe, le bacille de la peste et le bacille de Koch.Etudiant ainsi la marche de ces microorganismes dans les vecteurs des maladies, on peut suivre l\u2019infection 1182 tant chez la tique, la puce et le pou que chez l\u2019homme.Des fleurs de l\u2019arctique ont été rendues ra- droctives de sorte que les moustiques absorbant les traceurs radioactifs contenus dans le nectar de la plante étaient ainsi marqués.En «marquant » des insecticides, on a pu découvrir comment les répandre de la manière la plus efficace, sans nuire aux oiseaux ou aux poissons qui, dans la nature, contribuent à détruire les insectes.Une autre façon de se débarrasser des insectes consiste non pas à les tuer, mais à les stériliser à l\u2019aide d\u2019isotopes radioactifs pour les empêcher de se reproduire.Prévoir l\u2019avenir de l\u2019ère atomique Les délégués, unanimes, ont insisté sur la nécessité de conventions internationales et de codes de pratique atomique du point de vue de Uhygiéne industrielle et de la santé publique.L'Organisation Mondiale de la Santé a proposé un programme de coopération et de recherches internationales comportant: 1) la formation d\u2019un personnel sanitaire adéquat pour faire face à l\u2019expansion de la technologie nucléaire; 2) la diffusion d\u2019informations sur les problèmes de santé que posent les radiations; 3) une étude scientifique mondiale sur CORRESPONDANCE L\u2019Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 les effets somatiques des radiations de faible intensité sur les être humains, et 4) une étude scientifique mondiale des effets génétiques produits par les radiations sur les races humaines.En dehors des séances scientifiques tenues au Palais des Nations, nous avons eu également l\u2019occasion de visiter l\u2019Exposition magnifiquement organisée.Le clou de l\u2019exposition était constitué par le réacteur dont la Suisse vient de faire l\u2019acquisition et qui permettra aux savants suisses de contribuer également aux recherches atomiques.L\u2019Angleterre avait fait un effort considérable et montré combien les travaux atomiques sont en avance dans ce pays.Enfin, on fut favorablement impressionné par l\u2019exposition de l'URSS où l\u2019on trouvait les maquettes de la première centrale hydroélectrique atomique destinée à fournir de l\u2019énergie électrique.Bénéficiant d\u2019une atmosphère absolument excephonnelle de confiance et d\u2019amitié, cette première Conférence mondiale pour l\u2019utilisa- iron pacifique de l\u2019énergie atomique marquera certainement dans l\u2019histoire de l\u2019Humanité comme le début de l\u2019ère atomique.Nous pouvons dire que «le futur a déjà commencé »\u2026.Dr P.RENTCHNICK. CONGRES & > L\u2019ANGEIOLOGIE Au Congrès International de Friboug (Suisse) L\u2019étude des vaisseaux et des maladies car- dio-circulatoires s\u2019est développée au point de donner naissance dans tous les pays à des Sociétés d\u2019Angéiologie et de faire l\u2019objet de Congrès Internationaux.Le dernier s\u2019est tenu à Fribourg, en Suisse, et nous y étions délégués par la Faculté de Médecine d\u2019Ottawa.Cette ville accueillante, calme, studieuse, la plus pittoresque, peut- être, de tout le pays et qui célébrera dans deux ans son huit centième anniversaire de fondation, se prêtait admirablement au recueillement et à la méditation sur ces problèmes de la circulation.Dans son discours de bienvenue, en français et en allemand, le recteur Oswald a mis l\u2019accent sur le caractère international de l\u2019Université de Fribourg qui, suivant l\u2019esprit de son fondateur, a toujours confié ses chaires à des hommes compétents d\u2019où qu\u2019ils viennent.Puis le bourgmestre a rappelé la dualité de langue, de race et de religion de la ville de Fribourg et a expliqué ses réalisations étonnantes, comme le nouvel édifice de l\u2019Université où se tenait le Congrès, par l\u2019unité dans la diversité, l\u2019entente sur les choses essentielles.Plus de six cents délégués de tous les points du globe ont présenté près de cent cinquante communications.Jamais congrès n\u2019aura réuni autant de spécialistes et savants de disciplines aussi diverses, chirurgiens, physiologistes, médecins, radiologistes, hématologistes, qui tous ont suivi les mêmes séances et discuté sur les mêmes sujets.Les uns étaient sortis de leurs laboratoires pour descendre dans l\u2019arène de la clinique, les autres avaient fait la pause pour retourner vers les principes de leur action.Seraiït-ce la formule des congrès à venir?et l\u2019esprit de synthèse du vieux monde aurait-il encore une fois montré la voie de l\u2019æcuménis- me médical?Le thème du congrès portait sur «les méthodes et moyens d\u2019examen de la circulation périphérique en général et de la circulation des organes en particulier ».Des films, des démonstrations en laboratoire et une exposition d\u2019appareils illustraient ces travaux.L'hémodynamique du cœur et des vaisseaux fait le principal objet des recherches basales, cliniques et radiologiques.L\u2019électrotonique si compliquée est en train de tout simplifier.Elle jongle avec les ondes, les transforme, les rend perceptibles à la vue, à l\u2019ouïe grâce à l\u2019amplification; elle affiche les résultats sur le papier ou l\u2019écran cardiosco- pique.Les sens sont dépassés et on doit s\u2019en remettre, avec une certaine nostalgie comme avec une conscience résignée des aléas de la mécanique, à cette science automate si on veut obtenir certains renseignements.Mais que de temps gagné, que de possibilités nouvelles! En voici un exemple: L'oxymétrie, ou le dosage de l\u2019oxygène dans le sang, demande des prises de sang Jans chaque cavité au cours du cathétérisme du cœur, puis l\u2019examen au laboratoire de chaque échantillon, huit, dix, douze parfois; au lieu que maintenant une cellule photoélectrique au bout du cathéter permet instantanément ces estimations.Même procédé sur le lobule de l'oreille pour l\u2019oxymétrie et la vitesse de circulation.Les diverses pressions artérielle, veineuse, capillaire, segmentaires sont également captées et visualisées synchroniquement; on n\u2019a plus à tendre l\u2019oreille, à douter de ses impressions ni à faire de calculs.La physiopathologie de l'hypertension se 1184 trouve éclairée à la suite de certaines expériences sur le sinus carotidien isolé de la circulation et des nerfs aortiques: les réflexes de déformation et d\u2019irritation locales importent beaucoup plus que la présence du sang dans le sinus.On a étudié la réponse des vaisseaux aux adrénergiques, aux cholinergiques et aux excitants métaboliques et démontré que leurs réactions varient suivant le milieu intérieur et certains réflexes d\u2019origine vasculaires.Le mécanisme de la vaso-constriction est beaucoup plus compliqué qu\u2019on ne croyait et dépasse la notion par trop simpliste du tube extensible.L\u2019enregistrement de la pression artérielle peut maintenant se faire de façon continue et aussi sur un seul segment; on peut ainsi déterminer, par exemple, le niveau d\u2019une embolie artérielle.L\u2019examen de la tension capillaire tissulaire apporte des renseignements nouveaux.La « plethysmographie » est la mesure des changements de volume d\u2019une extrémité ou d\u2019un organe par augmentation du volume du sang.La morphologie du pouls digital acquiert ainsi une valeur diagnostic au cours de certaines maladies des vaisseaux, compte tenu des facteurs externes.On peut faire l\u2019enregistrement continuel et simultané à l\u2019avant- bras et au doigt grâce à un système de transmission hydrique.La vitesse de circulation peut être mesurée par les isotopes radioactifs et la cinématographie accélérée.La circulation cutanée peut être appréciée par réflexion photoélectrique.La « Ballistographie », qui ne s\u2019apparente à la balistique que par la notion de « projectile », est l\u2019étude de l\u2019ébranlement du corps par le contre-coup et les remous du sang lors de son éjection des ventricules.Cette nouvelle science sert surtout à estimer le débit cardiaque et a une place dans le diagnostic des maladies vasculaires périphériques.Les affections des veines sont mieux connues depuis que le cinéma en couleurs a révélé au ralenti le mode de progression du courant sanguin.La phlébographie rétrograde sous CONGRÈS L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 effort éclaire le syndrome post-phlébitique et les récidives de varices.Enfin, des variations hémodynamiques étonnantes avec répercussions cardio-vasculaires surviennent dans les veines et dans l\u2019oreillette droite lors de la marche et aussi lors du soulèvement passif des membres inférieurs.Une part importante du Congrès avait été réservée à la radiologie en angéiologie.Etude a été faite des divers moyens de contraste triiodés, des techniques d\u2019injection, des prises de clichés et de leur interprétation.La « roent- gen-ciné-angiocardiographie» se rapproche de plus en plus du cinéma, passant jusqu\u2019à quatre clichés par seconde au moyen d\u2019éjecteurs minutés qui rappellent les changeurs de disques automatiques.Nous avons pu voir ces appareils «en action » à l\u2019Hôpital Bou- cicaut à Paris et assister à la progression au quart de seconde du moyen de contraste dans les cavités cardiaques.Les circulations aortique, spléno-portale, rénale, pulmonaire, osseuse nous sont tour à tour apparu à l\u2019angéiogra- phie sous des techniques parfaitement réglées.Dans le domaine purement pathologique on a montré certains aspects cliniques et spécialement neurologiques de l\u2019ischémie, l\u2019an- giopathologie du réchauffement rapide dans les engelures, les moyens d\u2019exploration de l\u2019anévrysme artério-veineux et des « shunts» circulatoires fonctionnels des muscles striées; enfin, dans l\u2019artériosclérose, il est possible de déceler les foyers embryonnaires de prolifération cellulaire et d\u2019expliquer leur rôle dans le mécanisme du rétrécissement et de l\u2019oblitération des artères cérébrales et coronaires.Une nouvelle méthode électrophorétique vient aider au diagnostie différentiel de cette maladie avec l\u2019artérite chronique oblitérante.Ces quelques aperçus sur le Congrès de Fribourg montrent comment l\u2019angéiologie intéresse tous les organes comme tous les médecins et cette collaboration en assure le développement.Antonio LECOURS (Ottawa). MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES 2-0 ee L\u2019EMPLOI DE LA PYRIBENZAMINE (TRIPELENNAMINE ) COMME ANESTHÉSIQUE LOCAL EN UROLOGIE Paul-Marcel BELANGER, Service d\u2019Urologie, Hôpital Général de Verdun (Montréal).La muqueuse urétrale possède un haut coefficient d\u2019absorption et des manifestations de toxicité ont été fréquemment rapportées après instillation de certains anesthésiques locaux.Lorsqu\u2019on revoit la littérature sur les réactions toxiques au cours des examens cys- toscopiques, on comprend la nécessité d\u2019employer un agent anesthésique local relativement non toxique.Chez certains patients, la sensibilité aux anesthésiques locaux peut être si grande que l\u2019on doive parfois procéder à des manipulations urétrales sans analgésie.Nous avons eu dernièrement une de ces réactions chez un malade de 83 ans, porteur d\u2019un hypernéphrome gauche.10 cc de pipe- rocaîne à 4% avaient été instillés dans l\u2019urètre avant de procéder à une pyélographie rétrograde.Presque immédiatement, de violentes contractions musculaires de la face et des membres suivies de cyanose et de dyspnée apparurent.Cet incident nous poussa à essayer la pyribenzamine en solution à 2% comme anesthésique local *.En effet, il a été démontré que la tripelennamine ou pyriben- zamine, en plus d\u2019être un antiallergique, possède des propriétés anesthésiques effectives.Ces propriétés ont été notées incidemment par Rennick et ses collaborateurs au cours de certains tests de tolérance.Ils avaient remarqué que les cristaux de tripelennamine placés sur les lèvres produisaient une anesthésie locale durant de 3 à 5 minutes, allant dans la majorité des cas jusqu\u2019à 15 ou 30 minutes.Yonkmann fut capable d\u2019anesthésier des sciatiques de grenouilles en appliquant sur le \u2019 1.Les cristaux et solutions de pyribenzamine ont été fournis gracieusement par la Compagnie Ciba.nerf disséqué de petites compresses imbibées d\u2019une solution à 2% de tripelennamine.En 1948, Moseley anesthésiait la muqueuse orale et pharyngée avec une solution à 1% employée en gargarisme.Landau, Nelson et Gay affirment qu\u2019au niveau des tissus cutanés humains, les composés antihistaminiques ont de 2,4 à 4 fois plus d\u2019action anesthésique.En 1952, Fitzpatrick rapporte 50 cas de manipulations urétrales faites à l\u2019aide de py- ribenzamine comme anesthésique.Il note que la solution à 2% est plus effective que la solution à 4%.Dans son article publié dans le Journal of the American Medical Association, il en recommande l\u2019emploi chez les patients qui saignent de leur urétre ou chez les patients qui ont une idiosyncrasie aux anesthésiques habituels.Reynolds, Kahn et Levy auraient remarqué que cette anesthésie durait environ une heure, ce qui est amplement suffisant pour procéder à un examen complet.Se fiant à ces évidences pharmacologiques et cliniques, nous décidions d\u2019essayer la solution de tripelennamine à 2% dont 15 ce sont instillés dans l\u2019urètre 15 minutes avant l\u2019introduction du systoscope.Nous avons fait plus de 300 examens cystoscopiques de cette façon chez des patients dont l\u2019âge varie de 15 à 84 ans, l\u2019âge moyen étant de 61 ans.Les résultats furent considérés comme bons, si le patient ne ressentait absolument aucune douleur.Les résultats furent considérés comme moyens, si le patient accusait une très légère douleur ou encore une sensation désagréable au passage de l'instrument dans l\u2019urètre postérieur.Les résultats furent considérés comme pauvres, si le patient se plaignait de dou- 1186 leur au passage de l'instrument ou durant l\u2019examen.TABLE 1 Examens Nombre de cas Cystourétroscopies .225 Cystoscopies et dilatations .15 Pyélographies ascendantes .65 Pyélographies ascendantes et insufflations d\u2019air rétropéritonéal .4 Dilatations urétérales .2 Biopsies de vessie .9 Méatotomie urétérale .1 Total 301 TABLE Il Résultats Nombre de cas Pourcentage Bons .175 .58% Moyens .90 .30% Pauvres .36 .12% Total 301 100% Le seul inconvénient que les malades accusent est une sensation de briilement au niveau de l\u2019urètre lors de l\u2019instillation du médicament.Ce brûlement disparaît progressivement à mesure que l\u2019anesthésie devient plus profonde.Plusieurs patients qui avaient expérimenté auparavant des examens cystoscopi- ques nous ont assuré que ce nouvel agent anesthésique était aussi effectif, et chez certains, même plus effectif que les agents employés antérieurement.Il est à noter que nous avons essayé cette solution chez des patients qui présentaient des hémorragies urétrales ou prostatiques.Nous n\u2019aurions pas osé le faire avec d\u2019autres anesthésiques locaux, sachant que l\u2019hémorragie urétrale est une contre- indication à l\u2019anesthésie topique.Chez aucun de ces patients, n\u2019avons-nous eu de réactions secondaires.De plus, il semble que les solutions préparées à l\u2019avance ne perdent pas de leur effet anesthésique après 3 ou 4 mois.Conclusion Les muqueuses de l\u2019appareil génito-urinaire, de l\u2019appareil digestif, aussi bien que des bronches ont un haut coefficient d\u2019absorption; ce serait une des principales causes de la sévérité des réactions rencontrées au cours des exa- BÉLANGER: PYRIBENZAMINE EN UROLOGIE L\u2019Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 mens endoscopiques sous anesthésie locale.Deuxièmement, il a été démontré dans la littérature que les composés antihistaminiques ont un potentiel d\u2019anesthésique local.Les études cliniques faites au cours des 300 anesthésies locales avec une solution à 2% de tripelennamine révèlent que cette préparation est effective et relativement sans danger.Troisièmement.l\u2019effet anesthésique dure de 20 à 60 minutes.Quatrièmement, elle peut être employée dans les cas d\u2019hémorragie urétrale ou prostatique avec inocuité apparente.Selon nous, la solution à 2% de pyribenza- mine se compare favorablement avec les autres anesthésiques locaux employés actuellement dans les examens urologiques.BIBLIOGRAPHIE 1.R.SCHINDLER: Results of questionnaire on fatalities in gastroscopy.Am.J.Digest.Dis., 7: 294, 1940.2.FJ.PHILLIPS, VL.CONGLETON et W.TUT- TLE: Pontocaine hydrochloride reaction relieved by dial.Anesth.and Analg.20: 233, 1941.3.JW.THOMAS et M.M.FENTON: Fatalities and constitutional reactions following use of pontocaine.J.Allergy, 14: 145, 1943.4.E.B.BENEDICT: Endoscopy.New Eng.J.Med.228: 253, 1943.5.A.A.CARABELLI : Laryngo-tracheo-bronchial anesthesia for bronchoscopy and bronchography with pontocaine.Dis.of Chest, 15: 532, 1949.6.RJ.FITZPATRICK, LM.ORR et FJ.STUB- BART: Antihistamines as local anesthetic agents for urethral manipulation.J.A.M.A., 150: 1092, 1952.7.B.RENNICK et al: Antianaphylactic and anti- histaminic activity and toxicity of N\u2019-pyridyl-N\u2019- benzyl-N-dimethyl ethylenediamine HCI.Federation Proc., 4: 133, 1945.8.FF.YONKMANN et all: Local anesthetic properties of Antistine and Pyribenzamine hydro- chloride.Current Res.Anesth.28: 170, 1949.9.V.MOSELEY: Use of Tripelennamine hydro- chloride (pyribenzamine) as topical anesthetic.Am.J.Digest.Dis, 15: 410, 1948.10.SW.LANDAU, W.A.NELSON et LN.GAY: Antihistaminie properties of local anesthetics and anesthetic properties of antihistaminic compounds.J.Allergy, 22: 19, 1951.11.J.REYNOLDS.A.G.KAHN.Jr.et JS.LEVY: Use of antihistaminic drves for local anesthesia for gastroscopy.Gastroenterology.14: 535, 1950. RECHERCHES ET DÉCOUVERTES MÉDICALES Une nouvelle méthode utilise l\u2019ammos pour la croissance des virus de la poliomyélite.L\u2019aspirine tamponnée utile dans la polyarthrite chronique évolutive.Une salle à air hautement humidifié s\u2019avère précieuse dans un hôpital pédiatrique.Le phosphore radioactif aide au diagnostic des tumeurs cutanées.Parmi les progres majeurs réalisés par les chercheurs médicaux des E.-U.d\u2019A.au cours du mois de juin, notons les résultats importants obtenus dans les domaines de la poliomyélite, du cancer et de la polyarthrite chronique évolutive.La Doctoresse Elsa M.Zitcer et ses collaborateurs de l\u2019Université de Californie (1) ont rapporté la mise au point d\u2019une technique employant le tissu amniotique pour le développement des virus de la poliomyélite.La nouvelle méthode fournit une «source aisément accessible de grandes quantités de cellules humaines normales convenant aux cultures tissulaires en masse » pour la production sur une grande échelle des virus de la poliomyélite.Le virus recueilli à partir des cellules d\u2019un amnios à terme est presque identique à celui recueilli à partir des cellules rénales du singe, et les membranes d\u2019un accouchement fournissent environ la même quantité de cellules que les reins d\u2019un singe.Les auteurs font remarquer que de grandes quantités de membranes et de placentas humains peuvent être obtenues des maternités et des hôpitaux et que les «avantages de cellules humaines normales n\u2019appartenant pas à un organe défini et étant aisément accessibles sont manifestes ».À ce jour, on a réussi à obtenir des préparations virales adéquates à partir des membranes de 10 accouchements.Le tissu amniotique s\u2019est montré capable de permettre la croissance de trois types majeurs de virus de la poliomyélite (types Mahoney, MEF-1 et Saukett).La sensibilité des cellules chorioni- ques à l\u2019infection par le virus est actuellement à l\u2019étude.Les auteurs sont d\u2019avis que les cellules de l\u2019amnios peuvent constituer une alternative convenable au tissu rénal du singe.Toutefois, ils avertissent que l\u2019on doit déterminer la présence éventuelle du virus de l'hépatite ou d\u2019autres virus étrangers dans le tissu amniotique, et prendre des mesures préventives adéquates contre les complications dues à la présence de tels organismes.* * * Se basant sur une étude comparative de l\u2019aspirine et de la préparation d\u2019aspirine tamponnée, désignée sous le nom de bufferin, dans le traitement de la polyarthrite évolutive, le Dr Paul Fremont-Smith conclut que la buffe- rin est bien tolérée par le tube gastro-intestinal, et semble ainsi «surmonter une des difficultés majeures » de la thérapeutique par les salicylates de la maladie en question (2).Dans un essai clinique à court terme de la bufferin (acide acétylsalicylique avec glycina- te d\u2019aluminium et carbonate de magnésium), on administra tant cette préparation que l\u2019aspirine à un groupe de malades atteints de polyarthrite chronique évolutive, et ayant révélé des antécédents à type d\u2019intolérance à l\u2019aspirine.Cette étude fut un «essai à l\u2019aveuglette », puisque les malades et le personnel infirmier ignoraient l\u2019identité du médicament qui était administré.Sur les 48 malades englobés dans cet essai, 37 furent trouvés réellement intolérants à l\u2019aspirine; 26 d\u2019entre eux tolérèrent la bufferin sans symptômes.11 autres malades n\u2019accusèrent aucune réaction fâcheuse soit au premier ou au second médicament, tandis que les 11 sujets restants se révélèrent intolérants tant à l\u2019aspirine qu\u2019à la bufferin.Aucun des malades qui tolérèrent l\u2019aspirine ne se montra intolérant à l\u2019égard de la préparation tamponnée. 1188 Dans une étude à long terme, on administra la bufferin à 25 malades arthritiques présentant une intolérance gastro-intestinale établie à l\u2019égard de l\u2019aspirine, pendant des périodes allant de 4 à 18 mois (2 comprimés quatre fois par jour).Une gastrite, avec douleurs et vomissements, se déclara chez un malade.Les 24 malades restants tolérèrent le régime thérapeutique sans symptômes indésirables.Selon le Dr Fremont-Smith, les malades atteints de polyarthrite chronique évolutive tendent à être plus sensibles à l\u2019aspirine que les sujets ordinaires.Dans un hôpital, 51 malades sur 200 arthritiques (26%) rapportèrent des troubles gastro-intestinaux dus à l\u2019aspirine.Ceci contraste avec le taux d\u2019intolérance à l\u2019aspirine, variant entre 3 et 10%, rapporté parmi les malades en général.* * * Se basant sur une expérience de cinq années acquise avec une « salle à air hautement humidifié » agencée à l\u2019Hôpital Pédiatrique de Vancouver (3), le Dr Harry Baker déclare que cette installation s\u2019est avérée précieuse dans le traitement des affections respiratoires des enfants.Il s\u2019agit d\u2019une salle de quatre lits, où un degré d\u2019humidité de 100% est maintenu au moyen d\u2019un système atomiseur automatique, et où la température demeure à 70 - 72°F (21,1 - 22,2° C).Les jeunes malades occupent des berceaux standard, dont les parois peuvent être doublées de plaques en matière plastique afin d\u2019aménager un récipient en forme de boîte pour l'administration d\u2019oxygène.Le tuyau amenant l\u2019oxygène est placé près de la face de l\u2019enfant, et l\u2019écoulement rapide élève la concentration de l\u2019oxygène contenu dans lair aspiré par le malade à un 46% du volume.Cette salle a été employée dans le traitement de plus de 140 cas de laryngotrachéo- bronchite aiguë, et dans plus de 300 cas de pneumonie, asthme et autres maladies respiratoires.Aucune trachéotomie ne fut jugée nécessaire et aucun décès ne survint.Selon les membres du personnel, la trachéotomie RECHERCHES ET DÉCOUVERTES MÉDICALES L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 aurait été nécessaire chez plusieurs malades si l\u2019on n\u2019avait pas disposé de cette salle.D\u2019après l\u2019auteur, la salle à air hautement humidifié procure à l\u2019enfant un bien-être rapide, « son nez commence à couler, il s\u2019arrête de tousser et sa température revient à la normale ».De plus, la déshydratation est réduite au minimum, et les gouttelettes d\u2019humidité en suspension dans l\u2019air éliminent les bactéries qui y circulent, parant ainsi à l'infection secondaire.Parmi les inconvénients de l'installation à haute humidité qu\u2019énumère le Dr Baker, il cite le prix de revient initial relativement élevé et la méfiance manifestée au début par le personnel hospitalier.Néanmoins, l\u2019auteur estime que ce dispositif possède de nombreux avantages sur les autres moyens d\u2019humidification en usage pour les jeunes malades, et qu\u2019il est apte à devenir un « facteur extrêmement important de la lutte contre l\u2019infection dans les hôpitaux pédiatriques à venir ».* * * Selon les Drs Frank K.Bauer et Charles G.Steffon de l\u2019Université de Californie et du Wadsworth General Hospital, Los Angeles (4), on peut obtenir à l\u2019aide du phosphore radioactif «des données qui sont utiles pour établir la distinction entre nævi et mélanomes malins ».Le nouveau procédé diagnostique consiste à injecter d\u2019abord par voie intraveineuse une solution stérile de PS2, à des doses variant entre 100 et 150 microcuries.Une à trois heures plus tard, la lésion suspecte et la zone normale contra-latérale sont évaluées avec un compteur de Geiger-Mueller, les résultats étant exprimés par le taux des chiffres relevés dans les zones anormales, en proportion à ceux enregistrés dans les zones normales.Cette étude porta sur 78 malades; 14 étaient atteints de mélanome malin confirmé, 10 étaient porteurs d\u2019un épithélioma squameux et 9 de carcinomes baso-cellulaires.Le restant des malades souffraient de diverses lésions non L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 malignes, telles que nævi, kératoses séborrhéi- ques, verrues et tissu de granulation.Les résultats montrèrent « qu'aucun malade atteint de tumeur bénigne n\u2019'accusa une augmentation de la concentration du P*°, et qu\u2019aucun malade accusant une concentration accrue n\u2019était atteint de lésion bénigne ».Les chiffres enregistrés par le compteur furent extrêmement élevés chez la plupart des malades atteints de mélanomes malin de la peau.Toutefois, par cette méthode, les carcinomes baso-cellulaires et les épithéliomas squamo- cellulaires ne purent pas être différenciés avec certitude des lésions cutanées bénignes.Les auteurs font remarquer qu\u2019une augmentation du taux tissulaire d\u2019isotope radioactif n\u2019indique pas nécessairement l\u2019existence d\u2019un processus malin, du fait qu\u2019une activité métabolique accrue \u2014 et par suite une plus RECHERCHES ET DÉCOUVERTES MÉDICALES 1189 grande fixation de phosphore \u2014 se manifeste également en présence d\u2019infection et de tissus de granulation.Par conséquent, l\u2019augmentation du phosphore n\u2019est qu\u2019une simple indication d\u2019un accroissement de la multiplication cellulaire; son rôle est d\u2019alerter l\u2019attention du clinicien et de le rendre conscient de la possibilité du cancer.BIBLIOGRAPHIE (1) E.M.ZITCOR et coll.: Human Amnion Cells for Large-Scale Production of Polio Virus.Science, 122: 30 (juil) 1955.(2) P.FREMONT-SMITH.Bufferin in the Management of Rheumatoid Arthritis.JA.M.A., 158: 386 (juin) 1955.(3) H.BAKER: Five Years\u2019 Experience with a High Humidity Room.C.M.A.J., 72: 914 (juin) 1955.(4) TF.K.BAKER, C.G.STEFFEN: Radioactive Phosphorus in the Diagnosis of Skin Tumors.JAMA.158: 563 (juin) 1955. ANALYSES Dans le but d\u2019uniformiser les indications bibliographiques qui accompagnent les analyses, afin de les rendre plus complètes et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le « Quarterly Cumulative Index Medicus» : nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article, nom du périodique, le volume, la page, le mois (le jour du mois si le périodique est hebdomadaire), l\u2019année.Exemple: J.Beerens.\u2014 Tuberculose et démence précoce.« Ann.Med.Psychol.», 94: 1 (juin) 1938.MEDECINE J.A.EVANS et I.STEINBERG.\u2014 Les com- \u201c plications pulmonaires de l'ACTH et de la cortisone.Observations radiologiques.(Pulmonary Complications of ACTH and Cortisone.\u2014 Roentgen Observations.) \u201cRadiology\u201d, 68: 515 (oct.) 1954.D\u2019après les auteurs, il semblerait que de graves complications pulmonaires surviendraient secondairement à l\u2019emploi de l'ACTH et de la cortisone.Ces complications pourraient facilement passer inaperçues parce que de nombreux signes seraient absents.En effet les médicaments suppriment les exsudats inflammatoires.Le malade se sent plutôt euphorique.Les auteurs rapportent cinq cas où l\u2019on voit que de graves complications pulmonaires sont venues aggraver la maladie de ces patients qui ont reçu ces hormones.Ces complications sont: , 1) Une tuberculose miliaire et pulmonaire; 2) Une congestion pulmonaire secondaire à la rétention de sodium et d\u2019eau; 3) Un infarctus du poumon secondaire à une hypercoagulabilité du sang et à un phénomène thrombo-embolique; 4) Une pneumonite diffuse interstitielle de cause inconnue, mais apparemment secondaire à l\u2019arrêt du processus inflammatoire.Ce qui rend ce travail encore plus intéressant, c\u2019est l\u2019opinion des auteurs qui croient que la question du dosage est le facteur principal dans l\u2019apparition de ces complications pulmonaires chez les malades traités par l\u2019'ACTH et la cortisone.De fortes ou de fai- + + e bles doses données durant une trop longue période de temps seraient des facteurs pré- disposants à ces accidents.Aussi, devient-il absolument indiqué de faire de nombreuses radiographies chez tout malade qui reçoit de ACTH et de la cortisone.Et encore, faut-il se montrer très prudent dans l\u2019emploi de ces hormones qui, comme nous venons de le constater, ne sont pas sans produire des accidents très souvent graves.Paul-René ARCHAMBAULT.PHTISIOLOGIE A.GOLDMAN, A.BRECKLER, E.STERN et R.ROBISON.\u2014 Le stress dans la tuberculose pulmonaire.(Stress in pulmonary tuberculosis.) \"Diseases of the Chest\u201d, 6: 608 (déc.) 1953.Le test de Thorn paraît être un examen très utile avant de tenter une opération vraiment sérieuse sur le poumon.Bien sûr, qu\u2019il faut pratiquer bien d\u2019autres examens cliniques et biologiques.C\u2019est ainsi qu\u2019il est possible de connaître l\u2019aptitude, la résistance à l\u2019opération chez ceux qui souffrent de tuberculose pulmonaire chronique et les auteurs ont trouvé chez 110 tuberculeux chroniques 25 (22,7%) un test de Thorn abaissé.Chez 81 malades qui doivent être opérés pour T.B.19 malades ou 23% ont aussi un test de Thorn abaissé.À noter que chez les 19 malades qui sont opérés avec ce test de Thorn abaissé, 12 ont des complications post-opératoires secondairement à une réaction affaiblie des glandes surrénales.Les auteurs étudient le taux de l\u2019éosinophilie après la pneumonectomie, la réaction limitée et la thoracoplastie.Chaque fois ils notent une réaction affaiblie des glandes surrénales après ces trois sortes d\u2019intervention.C\u2019est après le deuxième temps de la thoracoplastie que le choc des glandes surrénales est le plus remarquable. L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 Le test de Thorn aurait une signification pronostique dont nous avons tort de nous priver.Paul-René ARCHAMBAULT.P.A.THEODOS, F.F.ALLBRITTEN, Jr.et R.L.BRECKENRIDGE.\u2014 La biopsie pulmonaire dans les lésions pulmonaires diffuses.(Lung biopsy in diffuse pulmonary disease.) \"Diseases of the Chest\u201d, 27: 637 (juin) 1955.C\u2019est classique de faire un diagnostic par l\u2019histoire de la maladie, par l\u2019examen physique, par les tests cutanés, par la biopsie des ganglions lymphatiques périphériques, par l\u2019examen des sécrétions bronchiques après aspiration et par d\u2019autres moyens encore.Tous ces moyens offrent certaines difficultés, une perte de temps et trop souvent le diagnostic se fait attendre.Klassen et son groupe ont suggéré une étude histologique par biopsie directe sur le poumon à travers le thorax qui a été au préalable anesthésié.Ce sont les constatations radiologiques qui indiquent l\u2019endroit idéal pour la biopsie.Les auteurs décrivent cette technique fort simple.Cinquante poumons atteints de lésions pulmonaires diffuses ont été ainsi biopsiés et chez 27 d\u2019entre eux l\u2019étude histologique a permis un diagnostic précis et rapide.C\u2019est une méthode nouvelle qui est toute différente de la thoraco- tomie directe ou de la biopsie-aspiration par aiguille.Les auteurs trouvent que cette méthode de biopsie pulmonaire directe donne les résultats les meilleurs dans les lésions diffuses, telle que les pneumoconioses, la sarcoïdose, les métastases malignes et la tuberculose, parce qu\u2019alors les lésions anatomopathologiques sont bien définies.C\u2019est le contraire dans les cas de pneumonite, de fibrose et d\u2019emphysème.La moyenne d\u2019hospitalisation pour pratiquer cette pneumo-biopsie directe est de 5 jours.Cette méthode, selon les auteurs, n\u2019offre que des ennuis mineurs.Paul-René ARCHAMBAULT.ANALYSES 1191 R.L.HACKNEY, E.Q.KING, E.E.MARSHALL, K.À.HARDEN et H.M.PAYNE.\u2014 Observation clinique sur le sulfate de Viomycine dans le traitement de la tuberculose.(Clinical Observation on Viom- ycin sulphate in the Treatment of Tuberculosis.) \u201cDiseases of the Chest\u201d, 6: 591 (décembre) 1953.L\u2019emploi de la viomycine est efficace chez les malades qui ont des bacilles streptomycino résistants ou chez ceux qui ont une intolérance à la streptomycine.Ce médicament a été employé à la dose de 9 gr, deux fois par semaine tout en l\u2019associant au PAS à la dose de 12 gr par jour.La viomycine est faiblement toxique.Les bourdonnement d\u2019oreilles sont rares et peu graves.Le nerf auditif est rarement touché et s\u2019il l\u2019est, pas fortement.Ces constatations sont le fruit des observations des auteurs qui ont employé la viomy- cine chez leurs malades durant 6 mois après avoir noté que la résistance était plutôt rare.On admet que par la streptomycine associée au PAS les améliorations cliniques et radiologiques sont plus évidentes que par la viomycine associée au PAS.En conclusion, les auteurs souhaitent que la viomycine soit utilisée avec les nouveaux antibiotiques qui surgissent tous les jours.Paul-René ARCHAMBAULT.D.G.ALARÇON.\u2014 L'emphysème bulleux géant régressif au cours de la tuberculose de l'adulte.(Regressive Giant Bullous Emphysema in Tuberculosis of Adults.) \u2018Diseases of the Chest\u201d, 27: 31 (1 janv.1956.Il s\u2019agit d\u2019un malade âgé de 29 ans qui souffre d\u2019une tuberculose bilatérale cavitaire.A la partie supérieure des deux lobes, il se développe des bulles géantes.Pourtant le malade reçoit de la streptomycine, du PAS et de l\u2019isonizide.L\u2019auteur note que même sans l\u2019interruption du traitement, de nombreuses bulles sont disparues, tandis que d\u2019autres se sont rétrécies sensiblement.Il ajoute qu\u2019une fois le traitement commencé, il lui a été très 1192 difficile de trouver la présence de bacilles tuberculeux dans les crachats du patient.Paul-René ARCHAMBAULT.D.B.EFFLER, H.S.VAN ORDSTRAND, L.].McCORMACK et H.A.GANCEDO.\u2014 La biopsie pulmonaire.(Lung Biopsy.) \u201cAmer.Review of Tuberc.\u201d, 71: 668 (mat) 1955.L\u2019analyse directe du tissu pulmonaire c\u2019est l\u2019idéal au point de vue diagnostique.La biopsie directe par aiguille employée depuis plusieurs années n\u2019est pas une méthode exempte d\u2019ennuis et de complications, parce qu\u2019à prime abord elle se fait trop au hasard.Les auteurs l\u2019ont employée depuis 5 ans, ce qui leur a permis de faire un diagnostic de la maladie pulmonaire au point de vue histopa- thologique, clinique et bactériologique.Les auteurs donnent rapports de ces biopsies pulmonaires directes chez 65 malades faites à la clinique de Cieveland.Ils en donnent aussi la technique employée.Ils admettent que cette méthode ne doit pas en être une de routine.Ils en donnent les indications.Elle est employée surtout chez ceux qui sont atteints de lésions pulmonaires diffuses.Cette méthode, si elle est sagement employée, offre des avantages évidents; elle a ses limites.Paul-René ARCHAMBAULT.J.SILVEIRA et S.MEDEIROS.\u2014 La vaccination BCG pendant la primo-infection évolutive.\u2019Revue de la Tuberculose\u2018, 18: 731, No 7-8, 1954.La vaccination au moment de la primo- infection «époque où l\u2019allergie est particulièrement forte » pourrait, d\u2019après les uns, non d\u2019après les autres, « provoquer des réactions exsudatives séreuses ou pulmonaires».La meilleure méthode est de De Assis et c\u2019est la voie orale qui est choisie parce qu\u2019à ce moment de la primo-infection évolutive, elle n\u2019offrirait aucun inconvénient à la dose totale de 0,6 à 10 mg.Ces vaccinés ont été suivis de 2 ans et demi à 5 ans et demi.ANALYSES L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 L'historique de c>> Benzedrine* Sulfat Spansule* SULFATE D'AMPHÉTAMINE RACÉMIQUE, S.K.F.15 mg.traitement de la fatigue psychique pendant toute la journée J Dexedrine* Spansule* SULFATE D'AMPHÉTAMINE DEXTROGYRE, S.K.F.10 mg.et 15 mg.contrôle de l\u2019appétit dans l'obésité pendant toute la journée Dexamyl* Spansule* ASSOCIATION EQUILIBREE DE SULFATE D\u2019AMPHETAMINE DEXTROGYRE, S.K.F.ET D\u2019AMOBARBITAL No.1 et No.2 traitement ininterrompu des états névropathiques pendant toute la journée Eskabarb* Spansule* Jo PHENOBARBITAL, S.K.F.pour obtenir une sédation uniforme et continue avec le phénobarbital pendant toute la journée 1 grain et 1 grain % ou toute la nuit Prydon* Spansule* ASSOCIATION ÉQUILIBRÉE D'ALCALOIDES DE LA BELLADONE pour obtenir un effet anticholinergique soutenu et ininterrompu dans l'ulcère peptique, l'hyper- 04mg.et0.8mg.chlorhydrie et les spasmes gastro-intestinaux Prydonnal* Spansule* >> ASSOCIATION ÉQUILIBRÉE D'ALCALOIDES DE LA BELLADONE ET DE PHÉNOBARBITAL pour obtenir un effet anticholinergique soutenu et ininterrompu quand un effet sédatif complé- 0.4 mg.etl grain mentaire s'avère nécessaire S70F #% Marque déposée au Canada 1212 dation, déterminent les qualités du futur être humain.La première partie, replaçant l\u2019homme dans l\u2019évolution des êtres organisés, est consacrée aux mécanismes de l\u2019hérédité.Ensuite, l\u2019évolution du patrimoine héréditaire au sein des populations fait l\u2019objet d\u2019une mise au point extrêmement précise, tandis que l\u2019étude du couple permet d\u2019envisager la génétique médicale proprement dite, aussi bien que la démographie familiale.Après avoir consacré quatorze chapitres à l\u2019individu (réalisation du phénotype, action des facteurs externes sur la lignée gamétique, et aptitude à la fécondation), les auteurs abordent en une dernière partie les applications sociales de la Progénèse.En effet, bien au-delà d\u2019une stérilisante eugénique négative, des possibilités nouvelles se dessinent grâce à la confrontation des découvertes réalisées dans de nombreux domaines, et permettent de jeter les bases d\u2019une véritable prophylaxie progénésique.Loin d\u2019être une mosaïque de données partielles, cet ouvrage ordonne en un ensemble cohérent toutes les connaissances actuelles sur le déterminisme préconceptionnel de l\u2019homme.S\u2019adressant directement aux médecins responsables de l\u2019enfant (aussi bien pédiatres qu\u2019accoucheurs) il représente un instrument de travail très utile, tant pour les généticiens et les démographes que pour les médecins hygiénistes chargés de la Prévention maternelle et infantile et de la Santé Publique.Introduction: La progénèse.Nécessité et signification médicale des conceptions progénésiques, par R.Turpin.I.Les bases bliologiques de la progénèse: La place de l'homme dans l\u2019évolution des êtres organisés, par P.Grassé.\u2014 Les mécanismes de l\u2019hérédité, par M.Lamotte.II.Progénése et population: L'évolution du patrimoine héréditaire dans les populations naturelles, par G.Teissier.\u2014 Les agents producteurs de mutations.Les dangers pour les populations humaines de l\u2019utilisation industrielle et médicale des radiations, par Ph.L\u2019Héritier.\u2014 Géographie humaine, facteurs géographiques d\u2019attirance et de développement des populations, par M.Sorre.\u2014 Les structures élémen- REVUE DES LIVRES L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 taires de la parenté, par C.Levi-Strauss.\u2014 Aspects ethniques et individuels des mélanges de populations, par R.Gessain.\u2014 Facteurs sociaux de la stérilité, par A.Sauvy.III.Progénèse et couple: La confrontation des jumeaux, par M.Lamy.\u2014 Les résultats classiques de la génétique médicale, par J.Lejeune.\u2014 Influence du phénotype sexuel et de l\u2019âge sur les infections de l\u2019enfance, par R.Turpin.\u2014 Les maladies de l\u2019appareil visuel, par Van den Bosch.\u2014 La part réelle de l\u2019héridité dans les affections neurologiques, par L.Van Bogaert; dans les oligophrénies, par L.S.Penrose; dans les affections psychiatriques, par H.Duchêne.\u2014 Les facteurs héréditaires dans les maladies du sang, par M.Lamy.\u2014 La part réelle de l\u2019hérédité dans les maladies par hyperallergie, par B.Piguet; dans le maladies du métabolisme, par M.Lamy.\u2014 La prédisposition héréditaire à la tuberculose, par R.Turpin.\u2014 La part réelle de l\u2019hérédité dans le cancer, par P.F.Denoix.\u2014 Le choix du conjoint, par J.Sutter.\u2014 Les unions consanguines, par J.Sutter.\u2014 Les incompatibilités fœto- maternelles, par P.L.Mollison.\u2014 Les facteurs démographiques familiaux, par J.Lejeune.\u2014 Influence sur les particularités psychiques des facteurs démographiques familiaux, par H.Duchêne.IV.Progénèse et individu: Remaniement du patrimoine héréditaire humain, par J.B.S.Haldane.\u2014 Mécanismes biochimiques d\u2019action des gènes, par J.B.S.Haldane.\u2014 Mécanismes généraux d\u2019action des processus neuro-hormonaux, par M.Klein.\u2014 Influence des agents infectieux et parasitaires sur la lignée gamétique, par P.Chassagne.\u2014 Intoxications (toxicomanies, intoxications accidentelles et professionnelles), par L.Derobert.\u2014 Facteurs alimentaires, par F.Delbarre.\u2014 Facteurs socio-professionnels et démographie différentielle, par J.Daric.\u2014 Progénèse et facteurs endocriniens, par J.Varangot.\u2014 Critères aytologiques physico-chimiques et biologiques de la fertilité des gamètes chez les mammifères domestiques, par C.Thibault.\u2014 Capacité fécondante et valeur ontogénique du sperme humain, par H.Hin- glais.\u2014 La biopsie testiculaire dans les stérilités masculines du type sécrétoire, par C.Gouygou.\u2014 Physio-pathologie de la spermatogénèse et troubles de la fertilité sécrétoire, par H.Bayle.\u2014 Traitement de la stérilité féminine, par R.Palmer.\u2014 Pratiques anticonceptionnelles.Interruption de grossesse et stérilisation, par J.Varangot.V.Les applications sociales de la progénèse: Influence de la structure des sociétés sur l\u2019évolution des populations, par J.A.Book.\u2014 Les problèmes progénésiques devant les conceptions morales et re'igieuses, par P.Leroy.\u2014 Les législations progé- nésiques, par T.Kemp.\u2014 Les limites pratiques des conceptions eugéniques, par M.Lamy.\u2014 Les aspects L'Union Méd.Canada LIII Tome 84 \u2014 Oct.1955 he » SLR x5 e- EF Ce \u201c REC 4 +\u201d ee LA 3, te.BR, Pour Adultes Br Enfants + Chaque comprimé contient: Phénacétine .\u2026.0 gr.100 - A ide d\u2019At 1 600 ; Acide Acétylsalicylique .O gr.233 minoxide ropine /600 grain Acide Acétylsalicylique .1 grain Chlorhydrate d\u2019Aminoxide .res 3 .d\u2019Atropine ooo.0 gr.0005 Phénacétine SN 3 grain Chaque comprimé contient: Echantillon médical sur demande HERDT & CHARTON, INC.2027, avenue du Collège McGill, Montréal 2 Pe 1214 déontologiques de la progénèse en France, par R.Piedelièvre.\u2014 Les perspectives de la progénèse, par R.Turpin.Bibliographie.\u2014 Index alphabétique.\u201c Les cancers du côlon.par Marcel ROUX et F.CARCASSONNE, avec la collaboration de R.LE CANUET.Préface du prof.J.Sénèque.Un vol.de 368 pages, avec 140 fig.Broché: 2.600 fr.ou cartonné toile: 3.200 fr.\u2014 Masson et Cie, édit, Paris, 1955.Le traitement chirurgical des cancers du côlon a été fondamentalement remanié au cours de ces dernières années.Les conditions nouvelles de la pratique chirurgicale, la sul- famidothérapie, puis la mycothérapie permettant une bactériostase intestinale effective et presque totale, ont supprimé le risque d\u2019inoculation septique à la suite de l\u2019exérèse des cancers du gros intestin.La méthode de l\u2019aspiration intestinale par sonde duodénale ou iléale permet de combattre efficacement, dans un grand nombre de cas, l\u2019obstruction intestinale chronique.Les progrès de la radiologie clinique permettent d\u2019autre part de porter plus fréquemment le diagnostic des tumeurs du côlon gauche avant l\u2019occlusion confirmée.On peut donc dire que les conditions de l\u2019exérèse en un temps se trouvent désormais assez souvent réunies, aussi bien pour le côté gauche que pour le côté droit.Ainsi la thérapeutique chirurgicale des cancers du côlon aboutit-elle aujourd\u2019hui à une unification et à une systématisation qui réduit singulièrement le nombre des schémas techniques.C\u2019est surtout sur cet aspect actuel de la question \u2014 la généralisation de la colectomie en un temps \u2014 que les auteurs insistent.À côté de l\u2019étude proprement chirurgicale figurent des développements relativement importants sur l\u2019anatomie chirurgicale du gros intestin, sur laquelle des travaux récents ont apporté des précisions de grand intérêt, et sur l\u2019anatomie pathologique générale, dans son aspect macroscopique et ses caractères essentiels.Enfin les progrès de l\u2019investigation radiolo- REVUE DES LIVRES L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 gique ont justifié qu\u2019une place importante soit ménagée à une étude radiologique minutieuse, appuyée sur une iconographie importante, la radiologie restant l\u2019élément principal du diagnostic.Cette étude est due à R.Le Canuet.Il convient également de signaler qu\u2019alors que la plupart des chirurgiens ne s\u2019attachent plus qu\u2019au traitement des cancers non compliqués, les auteurs donnent une large place aux indications thérapeutiques dans les cancers compliqués: infection, occlusions aiguës et subocclusions; abcès et fistules; cancers adhérents; perforations.Comme le dit dans sa Préface le Professeur Sénèque: « le lecteur sera donc assuré de pouvoir trouver dans ce travail l\u2019exposé de tous les cas cliniques et des indications thérapeutiques correspondant à tous les divers stades auxquels les cancers peuvent se présenter au chirurgien ».Divisions de l\u2019ouvrage Etude anatomo-clinique (147 pages) I.Anatomie chirurgicale du côlon.\u2014 Délimitation topographique des segments chirurgicaux du gros intestin.\u2014 Anatomie générale des deux parties principales du côlon.\u2014 Irrigation artérielle du côlon.\u2014 Les veines.\u2014 Les lymphathiques.\u2014 IL.Etiologie.\u2014 Sexe.\u2014 Age.\u2014 Causes favorisantes.\u2014 II.Anatomie pathologique.\u2014 Siège.\u2014 Anatomie macroscopique.\u2014 Anatomie microscopique.\u2014 Mode d\u2019extension des cancers du côlon.\u2014 Retentissement du cancer sur l\u2019état de l\u2019intestin en amont de la tumeur et conséquences locales du néoplasme.\u2014 Tumeurs multiples.\u2014 IV.Symptomatologie.\u2014 Etude analytique des symptômes.\u2014 Temps écoulé entre l\u2019apparition des premiers signes et le diagnostic du cancer.\u2014 Forme topographique des cancers du côlon.\u2014 Formes compliquées.\u2014 V.Etude radiologique.\u2014 VI.Autres moyens d\u2019exploration.\u2014 Toucher rectal.\u2014 Rectosigmoïdoscopie.\u2014 Coloscopie peropératoire.\u2014 Cystoscopie.\u2014 Cytodiagnostic.\u2014 Laparatomie exploratrice.Thérapeutique (166 pages) I.Méthodes et procédés généraux de la chirurgie du côlon applicables au cancer.\u2014 Définition des méthodes générales de colectomie.\u2014 Colectomie en un temps.\u2014 Colectomies en plusieurs temps.\u2014 IT.Préparation du malade.\u2014 Examens préopératoires.\u2014 Mise en état de l\u2019intestin et prévention de l\u2019infection.\u2014 Schéma général de préparation.\u2014 Soins pré- et postopératoires.\u2014 III.Anesthésie: générale, L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 LIV DANS L\u2019EPILEPSIE Le DrAMox réprime à la fois la fréquence et la sévérité des crises, sans action sédative directe apparente.DANS LE GLAUCOME Le DrAMox produit une diminution significative de la tension intraoculaire dans le glaucome aigu.DANS L\u2019ŒDÈME CARDIAQUE ) Le Diamox, un inhibiteur de a l\u2019anhydrase carbonique, provoque une ample diurèse contrôlée.gn | Un diurétique oral efficace, sûr = \u2014 \u2014 et commode.J imé a Présenté en comprimés de 250 - mg.pour administration orale, pr et en ampoules de 500 mg.pour \u2014\u2014\u2014\u2014 administration intraveineuse.une seule drogue pour trois usages différents ats « 6° Acétazolamide Lederle «D LEDERLE LABORATORIES DIVISION North American Cyanamid Limited 5550, avenue Royalmount, Ville Mont-Royal, P.Q.*Marque déposée 1216 périphérique.\u2014 IV.Techniques opératoires.\u2014 Co- lectomies droites: Schéma opératoire.Choix de l\u2019incision.Exploration des lésions.Techniques.\u2014 Colectomies gauches: Hémicolectomie gauche.Variantes de l\u2019hémicolectomie gauche.Résection recto- sigmoïdienne par voie abdominale antérieure, avec rétablissement immédiat de la continuité colorectale.Colectomie gauche vraie.Colectomie subtotale.\u2014 V.Résultats de la chirurgie du cancer colique.\u2014 Le type d'opération pratiquée.\u2014 La tumeur.\u2014 Le terrain.\u2014 Expérience de l\u2019opérateur.\u2014 VI.Indications thérapeutiques.\u2014 Le terrain.\u2014 Siège du néoplasme.\u2014 Cancers compliqués.\u2014 Cas particuliers.\u2014 Radiothérapie.Bibliographie.\u2014 Index analytique.Vademecum clinique du médecin praticien.\u2014 Du symptôme à l'ordonnance, par V.FATTORUSSO et O.RITTER.Un vol.de 1.088 pages, avec fig.et tableaux.Cartonné: 2.670 fr.\u2014 Masson et Cie, édit.Paris, 1955.Ce Vademecum de 1.088 pages, de format pratique, est conçu comme un guide destiné à fournir au médecin, avec rapidité et sûreté, les renseignements dont il a besoin dans sa pratique quotidienne.On y trouve les notions essentielles, classiques et modernes, du diagnostic et du traitement, qui justifient le sous- titre: « du symptôme à l\u2019ordonnance ».La formule adoptée par les auteurs est originale et distingue nettement cet ouvrage des autres manuels écrits pour le même usage.Les 15 chapitres \u2014 qui correspondent à la division « par appareils » \u2014 comprennent chacun deux parties: La première présente les notions essentielles de sémiologie, d\u2019anatomo- physiologie, de radiologie, d\u2019électro-diagnostic et d\u2019exploration technique de l\u2019appareil étudié.La seconde comprend l\u2019exposé systématique des maladies, classées par ordre alphabétique; REVUE DES LIVRES L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 pour chaque maladie importante on trouve les paragraphes suivants: Synonymes, Définition, Etiologie, Physiopathologie, Anatomie pathologique, Epidémiologie, Incidence, Symptômes, Formes cliniques, Complications.Diagnostic positif, Diagnostic différentiel, Examens de laboratoire, Pronostic, Prophylaxie, Traitement.L'ouvrage est encyclopédique: à côté des maladies fréquentes et des grands syndromes cliniques, qui sont décrits en détail, on y trouve des renseignements sur les maladies et les symptômes plus rares.Un Index alphabétique, qui comporte plus de 3000 références, permet par exemple de répondre à des questions aussi diverses que le syndrome de Klinefelter, l\u2019aorte double, le syndrome de Millard-Gubler, l\u2019alastrim, etc.Des notions fondamentales de physiopathologie, basées sur les méthodes modernes d\u2019exploration clinique et paraclinique, permettent de comprendre certains phénomènes morbides et d\u2019instituer une thérapeutique rationnelle.Les traitements nouveaux sont mentionnés dans les schémas thérapeutiques, mais, dans l\u2019esprit d\u2019utilisation clinique et pratique de l\u2019ouvrage, seules ont été retenues les acquisitions récentes qui ont fait leurs preuves.Signalons enfin que l\u2019ouvrage est illustré de schémas, de dessins, d\u2019électrocardiogrammes, et que de nombreuses tables synoptiques accompagnent le texte.C\u2019est le type même du manuel indispensable sur la table de tout médecin praticien.Il intéresse aussi le débutant qui fait des stages cliniques, et le médecin spécialiste qui désire se renseigner rapidement dans un domaine qui n\u2019est pas le sien. L'Union Méd.Canada LV Tome 84 \u2014 Oct.1955 ARRETEZ CETTE TOUX INUTILE Mercodol «« Decapryn Son action béchique n\u2019entrave pas la toux productive (Mercodinone, le narcotique \u2018contrôle de toux\u201d supérieur) La Bronchodilatation soulage la congestion (Nethamine, soulage les bronchioles bouchées) Expectorant efficace {Le Citrate de Sodium fluidifie les sécrétions denses) Soulagement antihistaminique (Decapryn, pour toux allergique) Vous prescrivez un sou- Posologie: 1 cuillerée à thé lagement satisfaisant toutes les 3 ou 4 heures, En- quand vous prescrivez le fants,en proportion moindre.sirop au goût agréable Mercodol et Mercodol avec Decapryn ne s\u2019obtiennent que sur ordonnance, ® Mercodol e Decapryn ou Mercodol (Simple) Merrell Since 1828 MARQUES DE FABRIQUE \u2018\u2019MERCODOL\u2019\u2019, \u2018\u2019DECAPRYN**, \u2018\u2019MERCODINONE**, \u201cNETHAMINE?* Pionniers en médecine depuis plus de 125 ans THE WM.S.MERRELL COMPANY e St.Thomas, Ontario ».ER ER \u201cI ®nion Medicale du Canada\u2019 en 1886 Association Médicale du Canada.Discours prononcé par le Docteur T.K.Holmes, de Chatham, Président de l\u2019Association, à la réunion du mois d\u2019août 1886 Octobre 1886.Quand, il y a un an, vous m\u2019avez fait l\u2019honneur de m\u2019élire président de cette Association, cette marque de distinction de votre part, je n\u2019essaierai pas de le nier, m\u2019a été très sensible; d\u2019un autre côté, j'ai compris que cet honneur m\u2019imposait aussi des devoirs sérieux.Un de ces devoirs consistait à adresser, en cette circonstance qui nous réunit aujourd\u2019hui, la parole à un auditoire distingué par son savoir et son intelligence, et je ne me suis pas caché que l\u2019érudition et le talent de mes prédécesseurs ne me rendraient pas la tâche plus facile.De fait, jai compris et je comprends encore que le seul titre que je puisse avoir à la position que vous avez bien voulu me confier, était l\u2019immense intérêt que j'ai toujours porté au succès d\u2019une Association qui a exercé une influence si forte en même temps que si favorable sur la profession médicale de ce pays.Tout en vous exprimant mes remerciements les plus sincères pour l'honneur que vous m\u2019avez fait, je compte que votre indulgence saura me rendre faciles mes devoirs de président et que le même esprit de zèle qui a jusqu'ici caractérisé l\u2019œuvre scientifique de cette Association présidera encore la réunion actuelle.La légende s\u2019unit à l\u2019histoire pour faire de la cité de Québec l\u2019endroit le plus intéressant du Canada, et cette Association peut se féliciter d\u2019avoir aujour- d\u2019hui l\u2019occasion de se réunir dans une ville que tant de circonstances ont rendue célèbre.Les recherches aventureuses et l\u2019indomptable volonté des premiers navigateurs qui sont venus jeter les semences de la civilisation dans ce pays en plantant l\u2019étendard de la France sur les rives du St-Laurent doivent nous servir d\u2019exemple et nous encourager dans les investigations auxquelles, dans un champ plus pacifique, il est vrai nous nous livrons pour le plus grand bien de l\u2019humanité.Si nos efforts peuvent être comparés aux leurs nous pouvons compter voir nos travaux couronnés d\u2019un même succès.Je puis donc ici exprimer le souhait que l\u2019esprit de lumière et de progrès qui animait nos mères-patries la France et l\u2019Angleterre, puisse animer également leurs descendants en ce pays, et que la profession médicale canadienne ne soit pas indigne des grands noms de Harvey et de Lawrence, de Hunter et de Pasteur.Et si les deux races dont les ancêtres ont toujours marché à la tête de l\u2019Europe, s\u2019unissent ici pour former un corps professionnel égal à celui d\u2019aucun autre pays, ce sera certainement un véritable progrés dont la science médicale canadienne aura droit d\u2019être fière.L'examen de quelques-uns des moyens à prendre pour atteindre ce but fera l\u2019objet des observations que je veux vous présenter en ce jour.L'architecte qui vise à une renommée durable, non seulement donne à son œuvre de fortes et solides fondations, mais encore prévoit d\u2019avance tous les détails de l\u2019édifice jusqu\u2019au couronnement qui doit le terminer.Il choisit les matériaux, surveille la fabrication de chaque pièce, modèle le tout et l\u2019embellit jusqu\u2019au moment où l\u2019œuvre s\u2019élève, parfaitement symétrique, comme un monument glorieux et durable élevé à la mémoire du génie qui l\u2019a créé.Dans ce pays, il est un temple qui s\u2019élève actuellement sur les bases posées par les travaux collectifs de quelques-uns des plus grands architectes de l\u2019humaine félicité.Leurs noms brillent du plus vif éclat à travers les années écoulées; ils animent et éclairent tous ceux qui s'occupent aux mêmes travaux, et stimulent leur zèle et leur courage.Nous sommes les architectes privilégiés de ce temple de la médecine dans notre pays, au milieu de la génération actuelle, et je me flatte que les traces de notre travail resteront visibles dans l\u2019édifice qui s\u2019élève.Les progrès de la médecine scientifique dans les années dernières sont en grande partie le résultat du développement de cette science biologique qui a tant fait pour établir la médecine elle-même sur une base scientifique.Avant que l\u2019étude de la vie, dans ses formes élémentaires, fut devenue possible grâce aux instruments de précision, l\u2019empirisme avait une large part dans les progrès de l\u2019art médical, au point que celui-ci ne pouvait être considéré que comme un empirisme éclairé.C\u2019est bien là la vérité mais il ne pouvait en être autrement puisque, avant que la biologie fut devenue une science, la science médicale ne pouvait que rester dans le statu quo ou bien ne progresser que par une série de sauts empiriques qui parfois lui étaient d\u2019une incontestable utilité, et parfois la laissèrent absolument au même degré.Bien que l\u2019empirisme ait coûté de nombreux efforts dans les progrès qu\u2019il a fait faire à l\u2019art médical, il faut cependant admettre qu\u2019il y avait du bon, et quand il arriva à ne plus donner ce qu\u2019on en attendait, la faute en fut, non pas à l\u2019inutilité des efforts que l\u2019on faisait, mais à la difficulté de dégager, le vrai des nombreuses erreurs qui l\u2019entouraient.Chaque nouveau système, tout en contenant certains éléments de vérité, a échoué cependant et fait place à une nouvelle doctrine un peu plus parfaite, non pas qu\u2019elle ne contint a L'Union Méd.Canada LVI Tome 84 \u2014 Oct.1955 A ° .° | Aucune sensibilisation a l'antibiothérapie générale d'usage courant DRILITOL* SOLUTION solution nasale 'DRILITOL' SPRAYPAK* solution nasale en flacon nébuliseur Association: .\u2019 de deux antibiotiques.action antibacteérienne d'un agent vasoconstricteur .action décongestionnante d'un agent antihistaminique .action anti-allergique Rhinites Rhino-pharyngites Sinusites Coryzas, etc.Smith Kline & French - Montréal 9 *Marque déposée au Canada StoofF 1220 L'UNION MÉDICALE DU CANADA EN 1886 L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 rien de vrai, mais parce que le vrai y était incomplet.de l\u2019éducation domestique en même temps que de Quand, néanmoins, les études biologiques furent assises sur une base scientifique, la médecine, qui n\u2019est que la science appliquée à la biologie, devint moins empirique et plus scientifique, et, aidée de la physiologie et de la pathologie, qui sont les conséquences nécessaires des recherches biologiques, en est venue à atteindre le rang éminent qu\u2019elle occupe aujourd\u2019hui.Le seul fait que les processus morbides sont envisagés et étudiés au point de vue physiologique et que leur intensité et leur étendue sont calculées d\u2019après les lois qui gouvernent les phénomènes vitaux élémentaires, rend certain cet autre fait que les progrès des années dernières et d\u2019aujourd\u2019hui sont établis sur des bases plus solides et d\u2019après des règles plus sûres que jamais, et que l\u2019avenir de l\u2019art médical sera le glorieux corollaire du présent comme le présent est le glorieux corollaire du passé.Et ceci confirme et justifie la croyance que l'humanité devra retirer de ces progrès des avantages beaucoup plus grands que par le passé, et que la physiologie et la pathologie, qui ne sont encore que dans leur enfance, sont destinées à illuminer les parties obscures de la science médicale et à nous révéler les véritables causes d\u2019un grand nombre de maladies et de morts prématurées.Nous considérons avec étonnement les merveilles des inventions modernes dans l\u2019art de la guerre et les instruments perfectionnés qu\u2019un progrès destructeur met aux mains des belligérants modernes.Mais le général qui, ainsi armé, va livrer bataille à un ennemi non civilisé n\u2019a pas plus d\u2019avantages sur celui-ci que n\u2019en ont les chercheurs modernes de la médecine sur leurs frères de la période prébiologique, les empiriques.Etant donnés les avantages que nous possédons et l\u2019émulation qui anime le corps médical tout entier, il est raisonnable de supposer que, dans un avenir prochain, se lèveront des hommes qui, commençant au point précis où en seront restés Sanderson, Koch, Virchow et Pasteur, se distingueront à l\u2019égal de ceux-ci et contribueront ainsi au bonheur et à la longévité du genre humain.Le pays d\u2019où sortiront ces hommes sera celui qui offrira à ceux qui se destinent à la profession médicale les meilleurs ressources au point de vue des études et des recherches scientifiques.Aucun médecin en ce pays ne peut douter de la place importante qu\u2019oceu- pera le Canada dans cette lutte où tant d\u2019intelligences sont et seront appelées à concourir.L'avenir de la profession médicale en ce pays, comme ailleurs, dépend beaucoup des aptitudes naturelles ainsi que de l\u2019éducation morale et intellectuelle données à l\u2019enfance et à la jeunesse de ceux qui doivent entrer dans ses rangs, d\u2019où il suit que, en cherchant à établir ce que j\u2019appellerai le niveau de l\u2019éducation médicale, il faut de toute nécessité s\u2019occuper aussi celle qui est donnée dans nos écoles publiques.On naît poète, dit le proverbe, mais on ne le devient pas.Ce dicton a du vrai si on l\u2019applique aux médecins, car il entre dans le caractère de tous les grands médecins un mélange de qualités mentales et morales qui ne peuvent s\u2019acquérir tout à fait.Il est à regretter qu\u2019on ne mette pas plus de soin à diriger nos jeunes vers telle ou telle profession ou vers tel ou tel genre d\u2019affaires, et que bien souvent ce sont les convenances et non les aptitudes naturelles qui décident et déterminent le choix que doit nécessairement faire un jeune homme.Il y a tant d\u2019exemples d'hommes qui, de l\u2019obscurité où ils gisaient inconnus, se sont élevés aux premiers rangs, que cela a donné naissance à la croyance populaire que tous les obstacles ou défauts naturels peuvent être contre-balancés ou surmontés au moyen du travail et de la persévérance.On aurait certainement tort de méconnaître la valeur du talent et des aspirations supérieures, mais ces dons ne sauraient remplacer le génie.De même qu\u2019il est impossible de créer le génie par aucun système d\u2019éducation, de même il est presque impossible de le réprimer tout à fait par la négligence ou le manque de soins.« Je doute fort, a dit le Dr Allbutt, qu\u2019il y ait beaucoup de Miltons obscurs et inconnus gisant sous les dalles de nos cimetières; le feu sacré d\u2019un Burns ne se cache pas facilement sous le boisseau; mais de plus petits flambeaux peuvent être éteints et les meilleurs de ces hommes, comme Burns lui-même, peuvent être mis en oubli et réduits au désespoir ».Toutes choses égales d\u2019ailleurs, le sujet que, dès son enfance, l\u2019on habitue à penser et à raisonner correctement et à exprimer clairement ses pensées, sera une fois parvenu à l\u2019âge mûr, plus que l\u2019enfant laissé à lui-même, apte à atteindre le premier rang dans toutes les entreprises d\u2019ordre intellectuel.D'\u2019ailleurs, une éducation soignée \u2014 dès les premières années \u2014 est essentielle au succès des individus d\u2019aptitudes ordinaires, et est incontestablement importante pour tous.Les efforts qui se font en ce pays pour établir et maintenir un bon système d\u2019éducation sont dignes des plus grands éloges, mais la tâche en est difficile et il est à redouter que les législateurs, dépassent le but primitif, ne fassent de nos fils et de nos filles de simples réservoirs de connaissances variées au lieu d\u2019en faire des créateurs d\u2019idées, et cela, en méconnaissant le principe qu\u2019il est beaucoup plus important pour un individu de savoir penser et raisonner correctement que de posséder une multitude de faits et de définitions.L'es médecins manquant ainsi d\u2019éducation première sont comme des artificiers qui, bien que vendant des pièces pyrotechniques, ne savent pas s\u2019en servir.Ce n\u2019est pas de médecins de cette trempe que nous pouvons espérer voir nous venir le progrès; L'Union Méd.Canada LVII Tome 84 \u2014 Oct.1955 Médication de Choix RTT nour la Sinudile et les > y mjections des uoted 2 miratoires ESS PES Là RIE TT FORMULE : lodoforme Menthol lodures Camphre (En solution huileuse de faible acidité) [II I INJECTIONS INTRA-MUSCULAIRES (ampoules de 1 cc.) Représentants pour le Canada : HERDT & CHARTON, INC.2027, Avenue du Collège McGill, MONTREAL 1222 ils constituent la grande armée des praticiens par routine, qui s'inquiètent peu d\u2019approfondir les choses, et qui font absolument comme le Dr Sangrado qui, comme vous le savez, tenait pour certain que ceux de ses malades qui, mis sous les soins de son élève Gil Blas, mouraient par suite des saignées copieuses et de l\u2019ingestion de grandes quantités d\u2019eau chaude, ne trépassaient ainsi que parce que la médication n\u2019était pas appliquée avec assez de vigueur et de détermination.Il est probablement vrai de dire que la plupart des médecins canadiens sont d\u2019avis que le principal défaut de notre système d\u2019éducation est précisément celui que je viens de mentionner.Le curriculum suivi par les étudiants dans notre pays, doit être tel qu\u2019il établisse une moyenne plus élevée au point de vue intellectuel, parmi les aspirants à l\u2019étude de notre art, mais 1l n\u2019est pas douteux que le fait d\u2019étendre encore davantage le curriculum de manière à y inclure une connaissance plus étendue des sciences naturelles faciliterait beaucoup le but proposé.Il serait bon que l'élève eut au préalable une connaissance L'UNION MÉDICALE DU CANADA EN 1886 L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 suffisante des lois de la climatologie, car ce lui serait d\u2019un grand secours dans l\u2019étude des maladies épidémiques et endémiques, et dans l\u2019appréciation à faire de l'influence des climats sur les maladies en général.De même, si l\u2019étudiant pouvait nous arriver avec quelques notions des tissus histologiques et des micro-organismes, il serait tout prêt à entreprendre avec fruit l\u2019étude de la physiologie et autres sujets de cette nature.L\u2019élève qui ne fait connaissance avec la biologie, les cellules, les germes, les bactéries, etc, qu'après avoir commencé ses études médicales, se trouve passablement dépaysé, et perd une bonne partie de son temps à se mettre au courant des termes techniques, et je ne sais pas de plus grand ennui pour un professeur que d\u2019enseigner à une classe de jeunes gens aussi peu préparés.Les rapports existant entre les écoles de médecine et les bureaux provinciaux en ce pays sont si satisfaisants, qu\u2019on a peu éprouvé le désir de les changer, et il n\u2019y a pas de doute que c\u2019est à cette bonne entente que nous devons, en grande partie, l\u2019état actuel, satisfaisant il faut le dire, de notre enseignement médical.FRANK VW.Les enfants aiment son goût d\u2019orange et de pêche infantol Le supplément vitaminique pour enfants HORNER LIMITED L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 LA JEUNESSE est l\u2019époque du YUVRAL CAPSULES DE VITAMINES ET MINÉRAUX LEDERLE Pour le groupe d\u2019âge très considérable entre la pédiatrie et la gériatrie, Lederle offre les Capsules YUVRAL, un nouveau supplément diététique.Une formule d\u2019une très grande activité comprenant 11 vitamines, 12 minéraux et du Concentré Purifié de Facteur Intrinsèque \u2014 le tout dans une capsule de gélatine molle, remplie à sec, ne laissant aucun arrière-goût désagréable.Parmi les adolescents et les jeunes adultes, il se rencontre un grand nombre d\u2019individus \u201cnutritionnellement affamés\u201d: ceux qui ont des aversions prononcées pour certains aliments, ceux qui ne veulent pas boire du lait, les jeunes femmes qui s\u2019imposent leur propre régime amaigrissant.Une seule Capsule YUVRAL par jour leur assure un apport suffisant de vitamines essentielles et de minéraux.CAPSULES de Vitamines et Minéraux YUVRAL * Chaque capsule contient: Iode (sous forme de KI} .0.15mg.Bore (sous forme de Na,B,07.10H,40) 0.1 mg.Vitamine À .cvceeessecesee 5000 C.I.Cuivre (sous forme de CuO) .1 mg.Vitamine D cecececcvecscscescase 600 U.I.Fluor (sous forme de CaF,) .0.1 mg.Vitamine Biz .\u2026.eee 1 mMCE.Concentré Purifié de Facteur Mononitrate de Thiamine (B;) .8 mg.Intrins@que .ccc000000000 0.5 mg Riboflavine (Bz) .\u2026.\u2026000u000u00 3 mg.Magnésium (sous forme de MgO) .1 mg.Niacinamide .o0ccecceese \u2026.20m.Manganèse (sous forme de MnO;) .1mæ.Acide Folique .\u20260\u2026\u20260.000e 0.2 mg.Potassium (sous forme de K.;SQ,) .5 mg.Pyridoxine-HCl (Bg) .\u2026.\u202600u0000 0.5 mg.Zinc (sous forme de ZnO) .0.5 mg.Pantothénate de Calcium .1 mg.Calcium (sous forme de CaHPO,) .69 mg.Acide Ascorbique (C) .ccs:00 50 mg.Phosphore (sous forme de CaHPO,) 53.8 mg.Vitamine E (sous forme d\u2019acétates Phosphate Dicalcique .cc00000 236 mg.de tocophéryle) .cce.s wees BULL Molybdène (sous forme de Fer (sous forme de FeSO.) .15 mg.Nas M0O.2H20) .viveeeevscecocsse 0.2 mg.Marque enregistrée LEDERLE LABORATORIES DIVISION North American Cyanamid Limited aD Ville Mont-Royal, Montréal, Qué. NOUVELLES _ PHARMACEUTIQUES CHLORHYDRATE D'ARLIDIN Description: Chaque comprimé renferme 6 mg.de Nylidrin HCI (phenyl-1-butyl-norsuprifen HCI).Chaque cc de la solution parentérale contient 5 mg de Nylidrin HCI.Action et indications: Apporte un réconfort aux patients souffrant d\u2019affection vasculaire périphérique.Ce médicament, actif du point de vue pharmacologique, permet une vaso-dilatation rapide et prolongée et une vaso-relaxation.Il relâche le spasme des vaisseaux sanguins de manière à augmenter le courant sanguin périphérique et à fournir l\u2019oxygène au tissu musculaire épuisé.Il soulage la douleur et l\u2019engourdissement aux extrémités, facilite la marche, redonne la chaleur et la coloration aux pieds, aux jambes et aux mains, dissipe les crampes nocturnes, prévient et guérit les ulcères ischémiques.\u2026 dans la claudication intermittente, affection vasculaire du diabète, maladie de Raynaud, thrombo-angéite oblitérante, thrombophlébite, artérite oblitérante, ulcères ischémiques, gangrène diabétique, engelure et crampes nocturnes.Principaux avantages: augmente le flot sanguin particulièrement au niveau des muscles qui en ont plus besoin dans la claudication.Accélère le courant sanguin périphérique en accroissant plutôt qu\u2019en diminuant le flot sanguin cardiaque avec peu ou pas de diminution de la pression artérielle systolique.Mode d\u2019emploi: Usage oral, un (1) comprimé trois ou quatre fois par jour ou plus selon les besoins (avec un comprimé de plus au coucher pour les crampes nocturnes).Usage parentéral, au début 0,5 cc sous-cutané ou intra-musculaire; augmenter graduellement à 1 cc une ou plusieurs fois par jour tel que requis.Précautions: Il existe une grande marge de sécurité entre la dose thérapeutique et la dose toxique.On peut remarquer chez certains patients de la nervosité ou des palpitations, toutefois ces cas sont rares avec un dosage initial bas.Employer avec prudence dans les cas d\u2019hyperthyroidie, tachycardie paroxystique et angine de poitrine aiguë.Contre- indiqué dans la thrombose coronaire aiguë.e + à + BOURSES DES LABORATOIRES LEDERLE La Division des Laboratoires Lederle de l\u2019American Cyanamid Company annonce qu\u2019une des bourses substantielles Lederle aux Facultés de Médecine pour 1955 vient d\u2019être attribuée à un savant canadien. Tome 84 \u2014 Oct.1955 I L'Union Méd.Canada NOUVELLES PHARMACEUTIQUES 1225 C\u2019est le docteur Kenneth P.Strickland du département de biochimie de l\u2019Université de Western Ontario, à London, Ont.Le Docteur Strickland ce voit décerné un prix global de $18 550 réparti sur une période de trois ans.Cette bourse canadienne est une des 19 accordées cette année à des professeurs et des chercheurs renommés dans les écoles de médecine.Ces bourses qui, pour 1955, se chiffrent à un total de $279 808, sont probablement les premières du gen- | re dans le domaine de l\u2019enseignement médical.Elles sont destinées à suppléer les salaires ou à aider les écoles de médecine à remplir les cadres de leur personnel enseignant et de recherches, contribuant ainsi à permettre à des médecins pleins de promesses de poursuivre leur enseignement ou leurs recherches dans les départements précliniques des écoles et des universités.Ces bourses sont administrées par un comité indépendant formé de professeurs représentant la plupart des sciences précliniques et choisis dans des écoles de médecine d\u2019un bout à l\u2019autre des Etats-Unis.Toutes R= ° es les bourses accordées par ce comité sont pour une k B NT 5 fy périodes de pas plus de trois ans, et aucune subven- A WA ink, = = tion individuelle ne peut dépasser $10 000 par année.1 i IP AE P PE Fa i (4g iy.and] 5 y SRE NEURO-CENTRINE \u2014 DRAGEES ; Brit, RT es Fabricant: Bristol Laboratories of Canada, Limited, Montréal, P.Q.Description: Chaque dragée contient: Réserpine: 0.05 mg.; Phénobarbital: 15 mg.(34 gr.); et Centri- ne: 0,25 mg.; ; Action: \"Trois causes premières peuvent être à la a \u201cQuatre oo t-dix GO nacre cr x base de lirritabilité, de l\u2019hyperacidité et des états VCR a 3 pot = spastiques du tractus gastro-intestinal.Ces facteurs sont d\u2019origine: 1.Céphalique; 2.Parasympathique; et 3.Gastrique.Les troubles fonctionnels provoquent un état d\u2019appréhension et d\u2019anxiété.En retour, ces facteurs émotionnels intensifient le malaise et viennent compliquer l\u2019image clinique.La Neuro-Centrine, une formule à triple effet, est spécialement conçue pour le traitement de cet état.Elle allie pour la première fois trois agents thérapeutiques spécifiques: Réserpine, Phénobarbital et Centrine.La Réserpine procure la tranquillité et le bien- être; le Phénobarbital produit la sédation et la Centrine contrôle le spasme gastro-intestinal.La Neuro-Centrine agit donc sur les trois causes premières.Indications: Pour les états spastiques du tractus gastro-intestinal, plus particulièrement ceux qui sont associés à la tension, l\u2019anxiété et le stress.Comme adjuvant pour le traitement de la colite spastique, de la colique biliaire, de la sténose spasmodique du pylore, des ulcères peptiques et de l\u2019hyperémèse. 1226 NOUVELLES PHARMACEUTIQUES Posologie: Pour usage buccal seulement.La posologie dépendra des réactions de chaque patient, de la sévérité des symptômes et de la durée de la maladie.Adultes \u2014 Posologie ordinaire: 1 à 2 dragées, 3 à 4 fois par jour, selon le besoin.Enfants \u2014 Suivant l\u2019âge et le poids.+ + TRISOCORT L\u2019obstruction nasale est un des symptômes les plus désagréables du rhume ordinaire.Outre la gêne qu\u2019elle cause à ceux qui en souffrent, cette inflammation est généralement accompagnée d\u2019une modification du pH des sécrétions nasales: normalement acides, elles deviennent alcalines, ce qui favorise la multiplication de germes tels que les pneumocoques, les streptocoques, les staphylocoques et, en général, celle des autres germes qui accompagnent habituellement les infections nasales.Le but de toute thérapeutique doit être, d\u2019une part, de rétablir le pH acide normal des voies nasales, et, d\u2019autre part, de s\u2019opposer au développement et à la L'Union Méd.Canada Tome 84 \u2014 Oct.1955 multiplication des bactéries et de réduire ainsi l\u2019inflammation qu\u2019elles causent.C\u2019est pour répondre à ce besoin que les Laboratoires Smith Kline & French ont mis sur le marché une préparation nasale nouvelle à pH légèrement acide \u2014 le \u2018Frisocort\u2019.Ce produit contient deux décongestionnants puissants, l\u2019un à action rapide, mais fugace, l\u2019autre à action durable.On obtient de la sorte une rétraction immédiate et pourtant prolongée des muqueuses.Le \u2018Trisocort\u2019 contient, en outre, 3 antibiotiques \u2014 la polymyxine, la gramicidine et la néomycine \u2014 actifs contre les germes Gram-positifs et Gram-négatifs.Ces antibiotiques, peu ou pas utilisés par voie générale ne risquent pas de créer de sensibilisation aux antibiotiques d\u2019usage courant, tout en inactivant rapidement les germes qui peuvent causer des complications.Enfin le \u2018Trisocort\u2019 contient l\u2019hydrocortisone \u2014 antiphlogistique puissant \u2014 qui réduit rapidement l\u2019ædème et l\u2019inflammation nasales.Le \u2018Trisocort\u2019 est, pour ainsi dire, la préparation nasale complète \u2014 offrant au médecin une arme moderne pour lutter efficacement contre les symptômes et les complications du rhume ordinaire.Facile à prendre\u2014 Facile à administrer infantol Le supplément vitaminique pour enfants FRANK W.HORNER LIMITED "]
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