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Titre :
L'union médicale du Canada
Éditeur :
  • Montréal :[Revue L'union médicale du Canada],1872-1995
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Bulletin de l'Association des médecins de langue française de l'Amérique du Nord) ,
  • Gazette médicale de Montréal
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L'union médicale du Canada, 1957-12, Collections de BAnQ.

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[" TOME 86 \u2014 NUMÉRO 12 Fondée à Québec en 1902 Bulletin de l'Association des Médecins de Langue Française du Canada Union Médicale du Canada 1872 1957 TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES ._._-___.-_- 1339 TABLE ALPHABETIQUE DES ANALYSES _._.- 1345 TABLE ALPHABETIQUE DES AUTEURS .____._.__- 1350 BULLETIN Pierre SMITH Le XXVIile Congrès de l\u2019A.M.L.F.C.___.__ 1353 Paul DAVID Nos confrères néo-canadiens ____.___.2-20000000 000 1355 Université Laval et Université de Montréal ._____-__- 1358 e e © R.LECOURS Le pneumopéritoine __._.-._.2222000000000 0000000000 1360 RECUEIL DE FAITS Paul-René ARCHAMBAULT La, pleurésie séro-fibrineuse tuberculeuse traitée par 1377 A.-F.VALLEE EE A propos de l\u2019excrétion hétérotropique des milieux de contraste .__.1200000 00000 co cn anne C Co 00 Gemn nee e 1384 Maurice TREMBLAY et Juliot EDOUARD La rovamycine __._.-.-.-.00000000000000000 000000 ee - 1386 EDITORIAL J.-M.BEAUREGARD L\u2019analyse d\u2019urine \u2014 Banalité ____________________________ 1390 Pierre SMITH La section des fibres thalamo-corticales dans la recto- colite ulcéro-hémorragique .____._ __._____ _.__.___.1392 Roma AMYOT \u201cWorid Directory of Medical Schools\u201d ________________ 1394 Roma AMYOT Un nouveau journal médical: \u201cLe Journal Canadien de Chirurgie\u201d lo.1395 HYGIÈNE ET MÉDECINE SOCIALE Roger-B.COYETTE Assurance-hospitalisation ___.__.2.00000 000000000000 ns 1396 V.PAVILANIS Les virus de l\u2019influenza aaa.1401 Bernard LARAMEE Quelques considérations sur l\u2019allaitement maternel .-.1404 VARIÉTÉS XXVile Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada \u2014 Québec, septembre 1957 ___.__.___.02000000 0000 nee e en emn mens 1408 MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES Antoine PETTIGREW Le cancer des colons et du rectum: son diagnostic précoce.Rançon d\u2019une cure radicale _-_.-.- 1418 J.-M.BERGERON Anesthésie pour amygdalectomie chez les enfants .1421 CONGRES Francois CLOUTIER Bilan de Congrés emis 1425 CORRESPONDANCE Pierre RENTCHNICK Lettre de Suisse __._._.__.2200000000 00000 ne eee nee 0 0e es 1428 ANALYSES .000000000 0000000 nca ne conne e ne 00 0 nm me 1433 SOCIETES oo eee emans 1442 NOUVELLES __._.2000000000000000 00000000 conne eme 0000 1447 NECROLOGIE ___!_._.L.200000000 0e ce co cc encens encre 1450 REVUE DES LIVRES .____._.-.-.20000000000 0000 conne none 1452 COMMUNIQUES iia 1462 \u201cL\u2019Union Médicale du Canada\u2019, en 1888 ___.-.- 1464 NOUVELLES PHARMACEUTIQUES ._______._.1468 Univertellement reconnue.\u2026 COLCHICINE HOUDE \u201cLa colchicine par voie buccale demeure le traitement classique de l\u2019arthrite goutteuse aigué.\u201d\u2019* Colchicine Acide acétylsalicylique © Dans la diathése goutteuse ou rhumatismale.COLCHIPIRINE Vitamine B: Traitement de fond antiphlogistique \u2014 anti-algique \u2014 urico-éliminateur.Au cours des phases intercritiques et chroniques de la goutte.Plus d'un demi-siècle consacré à l\u2019avancement des Sciences médicales et pharmaceutiques au Canada MONTRÉAL, DÉCEMBRE 1957 Lorsque l'obésité est l\u2019expression physique d\u2019un état de malaise psychique et affectif.Le \u2018Dexamyl\u2019 s\u2019avère précieux pour traiter l\u2019obèse qui a tendance à \u201ccombler sa carence affective\u201d par un régime excessivement riche.Le \u2018Dexamyl\u2019\u2014association équilibrée de Dexedrine* et d\u2019amobarbital\u2014réduit l\u2019appétit et diminue la tension affective qui est à l\u2019origine des excès alimentaires et de l\u2019obésité qui s\u2019ensuit.comprimés DEXAMYL®* capsules Spansule* pour contrôler les facteurs qui causent les excès alimentaires Chaque comprimé de \u2018Dexamyl° est dosé à: \u2018Dexedrine\u2019 (sulfate d\u2019amphétamine dextrogyre, S.K.F.), 5 mg., et amobarbital, 32 mg.Capsules \u2018Dexamyl Spansule\u2019: La capsule No.1 équivaut à deux comprimés; la capsule No.2 équivaut à trois comprimés.@) SMITH KLINE & FRENCH « Montréal 9 ÿ11F *Marque déposée au Canada BULLETIN LE XXVII CONGRÈS DE L\u2019A.M.LF.C.C\u2019est de nouveau à Québec qu'avait lieu, cette année, le Congrès de l'Association des Médecins de Langue Française du Canada.Québec, séduisante et vieille capitale, imprégnée de souvenirs et chargée d'espoirs, nous réservait encore d\u2019émouvants inédits.En 1952, la tenue du Congrès coïncidait avec le centenaire de l\u2019Université Laval et le cinquantenaire de notre Association.Cette année soulignait simultanément: d\u2019une part le vingt-cinquième anniversaire de la Société Médicale des Hôpitaux Universitaires de Québec et de son organe officiel le Laval Médical \u2014 enrichi pour la circonstance d\u2019une volumineuse édition spéciale de luxe \u2014 et, d\u2019autre part, l'inauguration du nouveau pavillon de la Faculté de médecine dans la Cité Universitaire sur les hauteurs de Sainte-Foy.Ce nouveau pavillon, dénommé à juste titre Pavillon Ferdinand Vandry, bien dégagé dans l\u2019espace et la verdure, saturé d'air pur et inondé de soleil, a vraiment grande allure et visage souriant.À l\u2019intérieur, même impression de clarté lumineuse, de dégagements faciles, d'étagements heureux, de bureaux, de laboratoires, d\u2019amphithéâtres et de salles aux dimensions et commodités généreuses.C\u2019est dans ce bâtiment ultra-moderne et fort accueillant que se sont déroulées la plupart des manifestations et les séances scientifiques du Congrès, les 23, 24, 25 et 26 septembre 1957, sous la présidence assidue du docteur Lucien LaRue diligemment secondé par le docteur Pierre Jobin, secrétaire du Congrès.L'exécutif a été particulièrement heureux dans le choix de ses invités d'honneur: les professeurs F.Gaudart d\u2019Allaines, délégué officiel du Gouvernement français, et Raoul Kourilsky, de Paris; le professeur Pierre Delore, de Lyon, et le représentant officiel de la Canadian Medical Association, le docteur Arthur F.Vanwart, de Fredericton.Ces personnalités, soit par leur apport scientifique, soit par leurs messages d'ordre social ou professionnel ont suscité dans nos assises un intérêt renouvelé.Diversité, actualité, progressivité semblent avoir été les notes dominantes dans le déroulement du programme scientifique; tra- L'Union Méd.Canada 1354 BULLETIN \u2018Tome 86 \u2014 Déc.1957 vaux dans les différentes sections spécialisées : hygiène et médecine préventive, diabète, électro-radiologie médicale ; communications diverses d\u2019ordre médical et chirurgical intercalées dans les séances plénières; sujets vedettes présentés en symposium: les antibiotiques, la psychiatrie, les radio-isotopes, l\u2019'hématologie, l'alcoolisme, la médecine expérimentale à Québec.Ce dernier sujet, exposé sous forme de colloque ou forum, fut à la fois une habile concentration de travaux expérimentaux et le témoignage concret d\u2019une équipe de jeunes chercheurs, heureux de l\u2019occasion offerte de manifester leur pleine mesure dans un même élan collectif; c\u2019est un exemple à imiter, un geste à renouveler.Entre la fin des séances scientifiques de l\u2019avant-midi et le début de celles de l'après-midi, de multiples films cinématographiques \u2014 documentaires d\u2019actualités médicales et chirurgicales \u2014 attirèrent en grand nombre, les ciné-spectateurs.L'inépuisable question des droits, devoirs et intérêts professionnels ne fut point davantage oubliée; la Fédération des Sociétés Médicales de la Province de Québec, l\u2019Association des Bureaux Médicaux de la Province, l\u2019Association des Médecins reviseurs des Compagnies d\u2019Assurances canadiennes-françaises, la Société de Chirurgie de la Province de Québec, par l\u2019entremise de leurs représentants dans les divers comités, ont tenu leurs assises aux ordres du jour chargés.Enfin un programme social agréablement ménagé a su distraire au mieux les congressistes et aussi .leurs épouses sans lesquelles nos congrès ne sauraient être ce qu\u2019ils sont: un succès comme en témoigne une fois encore celui de Québec.Pierre SMITH. NOS CONFRÈRES NÉO-CANADIENS 2e ++ L\u2019excellent périodique médical américain \u201cPostgraduate M ed- icine\u201d a publié en juillet 1957 un numéro spécial entièrement écrit par des médecins Canadiens sous la direction du Dr Ray F.Farqu- harson de Toronto.Sur les quinze articles qui étoffent le journal, la seule contribution française a été rédigée par le Dr Jacques Genest sur « Le Traitement moderne de l'hypertension artérielle » (The Present Treatment of Patients with Arterial Hypertension).Il nous fait plaisir de féliciter ce médecin d\u2019avoir représenté la Médecine Canadienne-Francaise par un travail particulièrement bien rédigé, documenté et illustré.Dans ce bulletin, le Dr S.S.B.Gilder, rédacteur en chef de la \u201cCanadian Medical Association Journal\u201d a écrit un historique de la Médecine Canadienne et de ses médecins: Sir William Osler, Banting, Best, MacLeod, Collip, Bigelow, Abbott, Duff, Gallie, Penfield, Grilfith \u2026 etc.Sur trente médecins ainsi cités, deux noms représentent la contribution des nôtres, les Drs Hans Selye et Pierre Masson de l\u2019Université de Montréal.Que le Dr Farquharson ait négligé des collaborateurs éventuels de notre pensée médicale, c\u2019est probable.Que le Dr Gilder ait péché par omission, c\u2019est possible.Mais ce numéro spécial nous révèle l\u2019optique du milieu anglo-saxon sur le rôle et la valeur de la pensée française dans l'édification de la médecine canadienne.Le Dr Gilder en citant le Dr Selye et le Dr Masson a inspiré le présent bulletin.Il a illustré, sans arrière pensée, j'en suis certain, la contribution de médecins canadiens de naissance étrangère.Appe- lont néo-canadiens ces médecins.Nul ne peut contester les mérites, bien des fois prouvés, des deux médecins mentionnés.Nous sommes particulièrement heureux que leurs travaux, réalisés dans Notre Université, alent attiré l\u2019attention du milieu anglo-saxon.Cet exemple concret de la contribution de médecins néo-canadiens servant le prestige de l\u2019Université de Montréal devrait, me semble-t-il, faire réfléchir ceux qui veillent sur les destinées de la Médecine dans notre Province.Depuis la dernière guerre surtout, un nombre considérable de médecins gradués d\u2019Universités non Canadiennes ont immigré au Canada.Il était naturel pour ceux qui avaient une affinité franco- L'Union Méd.Canada 1356 BULLETIN Tome 86 \u2014 Déc.1957 phile de chercher à demeurer dans la Province de Québec.Depuis plus de quatre années, plusieurs ont fait des stages de résidence à l'Institut.En m\u2019intéressant à eux et à leurs problèmes, j'ai souvent éprouvé un je ne sais quoi de honte ou de pitié devant les conditions presque inhumaines de leur potentielle intégration dans notre profession.Je me demande si la multiplication des obstacles à l\u2019admission de ces médecins est une politique juste et réaliste.Certes, c\u2019est un excellent moyen pour décourager ces éléments étrangers francophiles à s'installer chez nous.Mais, a-t-on seulement intérêt à donner au milieu anglo-saxon des autres provinces ceux qui pour- ralent demain contribuer à la réputation de notre pensée médicale ?Je veux bien croire que le standard de notre enseignement médical universitaire soit exceptionnel.Est-il prouvé que celui de toutes les Universités étrangères soit tellement inférieur?Je comprends la nécessité de protéger les intérêts de la communauté en empéchant un trop grand nombre de médecins néo-canadiens de se partager la clientèle de la Province.Mais est-il prouvé que la Profession soit à ce point encombrée?A-t-on pensé à certains villages éloignés qui sont, à l'heure actuelle, privés de médecins?Dans notre coin canadien, le plus catholique du globe, l'idéologie chrétienne essentiellement basée sur l'amour du prochain ne devrait-elle pas nous dicter une attitude plus charitable vis-à-vis ces médecins qui se sont expatriés pour trouver chez nous une vie d\u2019homme libre et un avenir pour leur famille.Il est facile de deviner les multiples raisons qui ont motivé la présente réglementation du Collège.Mais, avec l\u2019expérience des années passées, je me demande si certaines modifications de la loi ne pourraient pas rendre plus sympathiques les relations entre ces médecins et le Collège.Actuellement, une requête d\u2019admission À la pratique n\u2019est étudiée que sur présentation du certificat de citoyenneté canadienne, c'est-à-dire après un séjour minimum de cinq années au Canada.Ne serait-il pas souhaitable que cette requête soit étudiée le plus vite possible après l\u2019arrivée du candidat.On pourrait, à la lumière des documents soumis, poser les conditions d\u2019obtention éventuelle du droit de pratique c\u2019est-à-dire énumérer les différents stages hospitaliers et les divers examens universitaires jugés indispensables.Une fois ces exigences satisfaites, ne serait-il pas logique de permettre à ces candidats de se présenter aux examens de la licence fédérale?Le confrère qui aurait satisfait aux conditions hospitalières, universitaires et passé ses examens fédéraux me semblerait pleine- L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 BULLETIN 1357 ment qualifié pour la pratique de la médecine.À ce stade, un droit de pratique temporaire ne pourrait-il pas être octroyé jusqu'à l\u2019obtention de la citoyenneté?Un tel programme exigerait de toute façon un minimum de trois ou quatre années.Même si le Collège ne consentait pas à lever la barrière des cinq ans de la citoyenneté, le sujet aurait l'assurance néanmoins de l\u2019octroi immédiat de son droit de pratique puisqu'il aurait, entre temps, satisfait à toutes les exigences.Il me semble que le Collège n\u2019aurait rien à perdre en orientant et en conseillant.Si un Comité spécial était constitué, vers lui pourraient être dirigées toutes les offres médicales, qu\u2019elles proviennent de villages ou d'hôpitaux.Bien vite, ce comité serait à même de conseiller ces médecins tout en servant les intérêts de nos centres hospitaliers ou nos régions particulièrement privées de services médicaux.Ne serait-ce que sur le plan psychologique cette attitude bienveillante et humaine créerait des relations favorables.Tous savent qu\u2019actuellement la majorité de ces médecins qui élisent domicile dans le Québec passent les cinq années d\u2019attente de la citoyenneté dans nos organisations hospitalières et essaient d\u2019éviter les examens universitaires en appliquant pour un \u201cenabling certificate\u201d dans les neuf autres Provinces.Certains réussissent.Pendant ces années d'adaptation difficile, plusieurs connaissent des misères matérielles énormes, surtout ceux qui ont charge de famille.Toutes ces difficultés aigrissent le caractère et remplissent le cœur de rancœur.Et puis, est-il tellement logique de leur confier un grand nombre de responsabilités hospitalières, une médecine ou une chirurgie d'urgence sous le couvert d\u2019un patron ou d\u2019une Institution, alors qu'ils sont jugés incompétents pour recevoir leur droit de pratique?Il faut reconnaître qu'en acceptant les services de ces médecins dans nos hôpitaux nous nous procurons une main d\u2019œuvre à bon marché qui rejoint quelquefois l\u2019exploitation.Aujourd\u2019hui, ces médecins néo-canadiens sont condamnés au silence.Mais demain, n\u2019aurons-nous pas à subir l\u2019aigreur de ces tristes débuts dans un pays qui devait être un monde idéal et qui fut seulement meilleur.L\u2019avenir nous rendra ce que nous avons semé.Car, en toute franchise, il y a parmi ces confrères néo-canadiens des intelligences supérieures, des hommes de science et d\u2019idéal qui méritent notre admiration, notre estime et notre encouragement.Des barrières trop rigides empêcheront ces médecins de s\u2019intégrer à notre milieu.Il convient peut- être de se rappeler qu\u2019Alexis Carrel en 1904 avait cru pouvoir trou- L'Union Méd.Canada 1358 BULLETIN Tome 86 \u2014 Déc.1957 ver dans la Province de Québec un idéal d'homme et de médecin et qu'après une courte expérience, il filait vers Chicago puis New- York.Par notre faute, au sens très large du mot, nous avons alors perdu un Prix Nobel.N\u2019existerait-il pas des Carrel parmi tous ceux qui ont cherché en vain un peu de sympathie et d'encouragement dans notre Province?Il n\u2019est peut-être pas trop tard pour réfléchir sur cet 1mpor- tant problème et se demander s\u2019il ne serait pas souhaitable et utile d'élargir nos vues sur l\u2019intégration plus humaine et plus courtoise des médecins néo-canadiens dans notre Province.L'importance même de la médecine canadienne d\u2019expression française mérite que nous fassions table rase des préjugés qui paralysent son dynamisme et entravent ses progrès.Paul DAVID.UNIVERSITÉ LAVAL ET UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Facultés de médecine RENSEIGNEMENTS UTILES AUX MEDECINS QUI DESIRENT OCCUPER UN POSTE DE RESIDENT ETRANGER DANS LE CADRE DU PERSONNEL MEDICAL DES HOPITAUX DE PARIS.Désignation.Les médecins étrangers attachés aux services hospitaliers de l\u2019Administration Générale de l\u2019Assistance Publique à Paris seront désignés sous le nom de « résidents étrangers ».Nomination.Leur nomination sera faite par le Directeur Général de l\u2019Administration de l\u2019Assistance Publique à Paris, sur proposition du Collège de Médecine des Hôpitaux de Paris, après examen de leurs titres universitaires et hospitaliers par cet organisme.Durée.Ils seront nommés pour une période d\u2019une année à l\u2019issue de laquelle ils pourront exceptionnellement être réinvestis pour une deuxième ou une troisième année.En principe, ils devront alors changer de service.La date d\u2019entrée en fonction est fixée au ler octobre de chaque année. L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 BULLETIN 1359 Fonctions.Les fonctions dévolues aux résidents étrangers seront en principe les mêmes que celles des Internes en Médecine de 3e et 4e année.Rémunération et prestation.Ils percevront une rémunération dont le montant sera égal à celle qui est attribuée à ces Internes, soit environ 520.000 Fr.par an.Ils bénéficieront dans les mêmes conditions que ces derniers des prestations de nourriture et logement ou des indemnités correspondantes.Ils ne peuvent toutefois avoir droit aux prestations de sécurité sociale.Attestation.A l\u2019issue de son stage, chaque résident étranger recevra une attestation de l\u2019Administration Générale de l\u2019Assistance Publique à Paris, un diplôme délivré par le Président du Collège de Médecine des Hôpitaux de Paris et une attestation technique détaillée du chef du service dans lequel il a travaillé.Procédure.La liste des candidats sera arrêtée par les doyens des Facultés de médecine de l\u2019Université Laval et de l\u2019Université de Montréal.La formule de demande de poste de résident étranger peut être obtenue de l\u2019un ou l\u2019autre de ces doyens, suivant le cas, et lui être retournée avant le 15 janvier de chaque année.Pour faire une telle demande, le candidat doit avoir fait au moins trois ans d\u2019internat, y compris l\u2019internat rotatif junior.N.B.\u2014 Des vacances sont permises le ler septembre, soit en fin de séjour, pour ceux qui désirent se présenter à l\u2019automne aux examens du Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec ou du Collège Royal du Canada. LE PNEUMOPÉRITOINE ASPECTS PHYSIOPATHOLOGIQUES ET INDICATIONS.R.LECOURS, Hôpital Notre-Dame de l\u2019Espérance (Ville Saint-Laurent).\u2026 l'homme, Pour parler, n\u2019a que des mots, Des mots sans vie et sans ailes, Pourquoi le poète a-t-il ajouté ce deuxième vers au premier?.Probablement parce que l\u2019homme lui-même, malhabile à traduire ses pensées obscures, tord souvent le cou et coupe les ailes à des mots jusque là bien vivants qui, par la suite, ont grand peine à retrouver la plénitude de leur signification originelle.Quoi qu\u2019il en soit, la nomenclature médicale pratique, celle de tous les jours, peut souvent paraître bizarre à qui considère le sens profond de certains mots patinés par l\u2019usage.Se permettrait-on, par exemple, d\u2019écrire que l\u2019air contenu dans l\u2019arbre broncho-pul- monaire constitue le plus naturel et nécessaire des pneumothorax?Ou encore, par similitude, oserait-on dire que l\u2019air normalement contenu dans le tube digestif appelle et mériterait le néologisme correspondant de « pneu- moabdomen »?Ces propositions ne semblent pourtant pas manquer de logique, surtout lorsqu\u2019on les compare à d\u2019autres propositions généralement admises bien que de caractère purement conventionnel.Ainsi, dès que l\u2019on découvre un tant soit peu d\u2019air dans une cavité pleurale, on s\u2019empresse de nommer cela un pneumothorax.A proprement parler, c\u2019est souscrire à une convention qui ne respecte que partiellement le sens étymologique.Sans doute, en employant ce terme, on est certain d\u2019être compris; et c\u2019est probablement la seule raison qui ait empêché quelqu\u2019un de suggérer le mot « pneumoplèvre » (gauche ou droite) pour désigner cette plèvre anormalement aéri- que, car ici le néologisme se révèle au premier coup d\u2019œil beaucoup plus conforme à une saine étymologie.Au surplus, dans des cas semblables, convenons honnêtement qu\u2019un néologisme adéquat éclaire beaucoup mieux la pensée qu\u2019un terme couramment apprêté à toutes les sauces et devenu, de ce fait, d\u2019autant plus suspect de semer partout la confusion qu\u2019il ne répond plus exactement à son sens primitif.A ne pas se soucier de la signification profonde d\u2019un terme, on en arrive fatalement à lui faire exprimer des notions qu\u2019il ne contient pas.Prenons comme exemple le teme pneumopéritoine.En soi, c\u2019est un mot très honnête et qui honore scrupuleusement ses origines grecques.Il exprime très bien et très complètement ce qu\u2019il veut dire: la présence d\u2019air libre dans la cavité péritonéale.Malheureusement pour lui, voilà que depuis quelques années on lui inflige un fils étymologiquement bâtard en lui adjoignant le prefixe «retro».Je m\u2019explique.Lorsque l\u2019on injecte 1000 ce.d\u2019air ou davantage dans l\u2019abdomen postérieur, c\u2019est-à-dire complètement en dehors et en arrière du péritoine, on ne dit pas, ainsi qu\u2019il serait assez convenable, que l\u2019on a pratiqué un «pneumoabdomen postérieur », mais on désigne cette utile procédure sous le vocable déjà consacré de rétro- pneumopéritoine.Pour qu\u2019il y ait rétropneu- mopéritoine, et je ne parviendrai jamais à justifier ce mot foncièrement équivoque, il faudrait d\u2019abord pousser l\u2019air à l\u2019intérieur de la séreuse péritonéale, et pratiquer ensuite une seconde insufflation en dehors et en arrière de la première.Du point de vue étymologique le terme rétropneumopéritoine appa- rait donc comme un pur barbarisme et, a mon avis, nous avons eu tort de l\u2019accréditer en lui attribuant faussement le sens d\u2019insufflation rétropéritonéale.Je termine ici cette digression à laquelle on voudra reconnaître une certaine importance.Je suis convaincu que c\u2019est précisement le sens abusif des termes, leur défaut de correspondance étymolo- gyque, qui nuit le plus à l\u2019étude adéquate et L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 à la solution éventuelle de nombreux problèmes cliniques fondamentaux.Je ne mentionnerai ici qu\u2019un seul de ces problèmes, celui des pressions abdominales, problème important et oublié qui, au cours de cet article, paraîtra intimement lié pour ne pas dire transcendant à celui du pneumopéritoine auquel j'arrive maintenant.On peut quelquefois constater la présence d\u2019air libre entre les feuillets du péritoine sans que la pénétration de ce gaz en cet espace anatomique ait été voulue ou provoquée par le médecin.Il s\u2019agit alors du pneumopéritoine dit spontané, trouvaille de radiologiste confirmant le plus souvent un soupçon de clinicien.Ce pneumopéritoine est ordinairement de faible volume par rapport au reste du contenu abdominal.Cela se comprend du fait que le gaz dont il est formé ne peut provenir que de deux sources: soit du contenu aérique normal du tube digestif, et c\u2019est de beaucoup le cas le plus fréquent, ou soit encore d\u2019une petite quantité d\u2019air extérieur ayant pu s\u2019introduire dans un abdomen traumatisé à la faveur d\u2019une pression interne fortuitement négative au moment de l\u2019accident.Par sa seule existence, le pneumopéritoine spontané constitue un symptôme toujours grave, pathognomonique d\u2019une perforation viscérale ou d\u2019une plate perforante du mur abdominal.I] n\u2019a pas d'autre avenir que sa propre pérennité en tant que symptôme fort utile à reconnaître le plus précocement possible.Du point de vue clinique, le pneumopéri- toine le plus intéressant est sans doute celui qu\u2019il nous est loisible de produire artificiellement par l\u2019introduction d\u2019un volume d\u2019air connu entre le feuillet pariétal et le feuillet viscéral de la grande séreuse.Celui-là seul mérite vraiment que l\u2019on s\u2019arrête un peu à le considérer, l\u2019autre n\u2019ayant besoin que d\u2019être constaté pour être compris.Afin d\u2019évaluer plus justement les services qu\u2019il nous a rendus et pour essayer de prévoir ceux qu\u2019il rendra peut-être dans l\u2019avenir, je crois bon de rappeler brièvement son passé.La pratique du pneumopéritoine est entrée dans nos moeurs vers la fin du siècle dernier.LECOURS: PNEUMOPÉRITOINE 1361 Certains chirurgiens au flair subtil ayant observé les effets parfois très heureux de la simple laparatomie sur l\u2019évolution de certaines formes de péritonite tuberculeuse, d\u2019autres médecins sont venus qui utilisèrent systématiquement les injections intrapéritonéales d\u2019air filtré ou d\u2019oxygène dans le traitement de ce syndrome grave et rebelle.Ils eurent bientôt à publier des résultats encourageants.Le succès engendrant toujours l\u2019audace, cette première indication fut rapidement suivie par plusieurs autres, si bien que des dizaines d\u2019années avant Banyai (1), le pneumopéritoine avait déjà montré des résultats parfois merveilleux dans le traitement de la cyanose pneumonique, de l\u2019emphysème pulmonaire, des péritonites septiques postopératoires, des adhérences également postopératoires, etc.Ce fut cependant avec Benyai que la popularité du pneumopéritoine atteignit un véritable sommet en l\u2019espace de 8 ou 10 ans.La méthode du collapsus par pneumopéritoines itératifs fut universellement appliquée au traitement de la tuberculose pulmonaire.Des centaines de rapporteurs de tous les coins du monde publièrent des séries de résultats régulièrement favorables dans une forte proportion des cas traités.Et depuis Banyai, souvent sous l\u2019influence directe de ce maître, on a laborieusement continué de faire servir le pneumopéri- toine au traitement de certaines entérites et colites non tuberculeuses, des troubles digestifs secondaires aux interventions sur le phrénique, des hémorragies pulmonaires ou digestives de causes diverses, ete, etce\u2026, jusqu\u2019à ce que, plus récemment, on en soit venu à l\u2019enchaîner fort avantageusement au diagnostic radiologique ou endoscopique de lésions abdomino-pelviennes autrement peu accessibles à l\u2019observation directe.À la lumière de ces rudiments historiques, le pneumopéritoine artificiel apparaît déjà comme une acquisition relativement récente dont les possibilités cliniques sont probablement loin d\u2019être épuisées; du moins si l\u2019on en juge par la constance sporadique plutôt que par le nombre des articles qu\u2019il continue de susciter dans la presse médicale.De la même 1362 perspective, si l\u2019on s\u2019arrête à penser que le pneumopéritoine n\u2019a jamais répondu qu\u2019à l\u2019appel souvent désespéré de simples cliniciens, que ses indications n\u2019ont jamais pu s\u2019appuyer sur une connaissance préalable de lois physiologiques solidement établies, on s\u2019étonne encore davantage des succès thérapeutiques portés à son crédit au cours du dernier demi- siècle.En vérité le pneumopéritoine illustre assez éloquemment le fait que l\u2019application arbitraire d\u2019une méthode de traitement peut quelquefois apporter du soulagement et même une amélioration définitive à un grand nombre de patients.Et devant une telle constatation qui pourrait facilement servir d\u2019éloge à notre ignorance, je crois qu\u2019il vaut mieux se demander sérieusement à quoi peut tenir l\u2019empirisme de telle méthode thérapeutique que de s\u2019arrêter à la contemplation béate de succès obtenus sans trop savoir pourquoi et comment.En ce qui a trait au pneumopéritoine, ma conviction personnelle est qu\u2019il ne perdra son caractère empirique que le jour où les pressions abdominales auront été explorées dans toutes leurs modalités.Alors que les pressions thoraciques, c\u2019est-à-dire les pressions pulmonaires, bronchiques, pleurales, cardiaques ou vasculaires, tant positives que négatives, ont fait l\u2019objet de nombreuses et profitables recherches au laboratoire ou à l'hôpital, les pressions abdominales ont été presque complètement oubliées.Une seule monographie existe sur le sujet.Publiée à Buenos-Aires en 1947 (2), elle décrit une technique de mesure indirecte des pressions abdominales humaines pendant le repos musculaire.Quant aux pressions abdominales de l\u2019effort musculaire, à ces pressions relativement énormes qui viennent de la contracture ou de la contraction pariétale, les auteurs de cette intéressante publication se contentent de déclarer en quatre lignes qu\u2019ils n\u2019ont pas voulu s\u2019attacher à leur mesure directe ou indirecte.Ils réfèrent ceux qui pourraient y être intéressés à une maigre douzaine d\u2019expérimentateurs dont les travaux s\u2019échelonnent péniblement entre 1865 et 1946 et parmi lesquels, dans une bibliographie vraiment trop complète, ils me font l'honneur LECOURS: PNEUMOPÉRITOINE L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 d'occuper la dernière place dans l\u2019ordre chronologique.Comme il ne s\u2019est rien publié de vraiment extraordinaire sur la question depuis 1947, on peut donc se demander si le médecin d\u2019aujourd\u2019hui est mieux informé que son père ou son grand\u2019père lorsqu\u2019il cherche à se renseigner sur le rôle véritable du muscle abdominal dans l\u2019effort de toux, de vomissement, de défécation, la phase expulsive de l\u2019accouchement, la poussée herniaire sous son aspect d\u2019accident du travail, l\u2019étiologie des nombreuses viscéroptoses y compris le prolapsus utérin à tous les degrés, et même la physiopathologie du pneumopéritoine thérapeutique.Apprendre à mesurer les diverses pressions abdominales, en établir les normes au repos et les variables physiologiques et pathologiques à l\u2019effort musculaire, voilà, me semble- t-il, la route qui nous conduirait sûrement à découvrir les vrais mécanismes d\u2019action et les indications précises du pneumopéritoine.Dans la conjoncture actuelle je crois cependant que le praticien ne peut pas et ne doit pas attendre les résultats d\u2019une étude expérimentale conclusive pour mettre au service de ses patients une méthode aussi facilement applicable que le pneumopéritoine.Sans doute il désirerait que son geste fût enfin dirigé et contrôlé par des lois positives, mais comme ces dernières ne peuvent sortir que d\u2019un patient travail de recherche incompatible avec l\u2019exercice courant de son métier, il doit en attendant se tirer d\u2019affaire tout seul et trouver des réponses satisfaisantes aux questions qu\u2019il ne manque jamais de se poser à lui-même avant que de décider d\u2019un traitement.D'ailleurs avec un optimisme de bon aloi basé sur les succès de nos prédécesseurs, je suis persuadé que le médecin livré aux seules ressources de son expérience personnelle peut tout de même arriver à une utilisation plus rationnelle du pneumopéritoine.Je vais donc maintenant m\u2019appliquer à défendre ce point de vue en tirant toute mon argumentation de simples faits cliniques observés en fonction de leurs influences certaines sur les pressions abdominales. L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 Si l\u2019on admet à l\u2019évidence que la grande cavité abdomino-pelvienne n\u2019est rien autre chose qu\u2019un immense sac musculaire appuyé sur une armature osseuse très solide, on comprend facilement que tout le contenu viscéral et vasculaire de cette cavité soit constamment soumis aux pressions exercées par le simple tonus ou par la contraction plus ou moins violente et totale de sa limitante périphérique.De méme, serrant de près une logique analogue, si l\u2019on admet qu\u2019un soufflage de 500, 1000 ou 1500 ce.d\u2019air entraîne forcément une augmentation correspondante du contenu abdominal, il faut bien admettre aussi, en corollaire directe, que cette augmentation de volume, ce pneumo-vo- lume additionnel détermine inévitablement une modification immédiate et prolongée de toutes les pressions abdominales du sujet soumis à l\u2019expérience.D\u2019où l\u2019on peut déjà soup- conner que le succès ou l\u2019insuccès du pneu- mopéritoine pourraient bien résulter de l\u2019influence utile ou nuisible qu\u2019il exerce sur le jeu des pressions abdominales.Mais alors, objectera-t-on, si l\u2019efficacité du pneumopéritoine repose directement sur la physiologie des pressions intra-abdomina- les, pourquoi le phtisiologiste ne s\u2019en est-il pas rendu compte, lui qui a toujours serupu- leusement enregistré un chiffre de pression péritonéale avant et après chacune de ses insufflations?Je reconnais que le phtisiologiste à su mieux que personne tirer parti du pneu- mopéritoine.Aussi s\u2019est-il toujours montré inquiet de l\u2019importance possible des pressions abdominales, et par acquit de conscience il s\u2019impose sans défaillir de mesurer et d\u2019enregistrer une pression abdominale avant et après chacun de ses traitements.Remarquons cependant qu\u2019il n\u2019utilise à cette fin que le manomètre à eau de son appareil à pneumothorax, seul instrument qui soit à sa portée au moment où il met en œuvre sa technique d\u2019insufflation.Il se trouve donc strictement obligé de toujours pratiquer ses lectures à l\u2019instant de la plus complète détente du muscle abdominal, car son manomètre est vraiment trop inerte pour enregistrer des sommets aussi élevés et aussi brefs que ceux de l\u2019effort mus- LECOURS: PNEUMOPÉRITOINE 1363 culaire, de l\u2019effort de toux par exemple.Au surplus, et même s\u2019il pouvait alors disposer d\u2019un système manométrique plus adéquat, on lui donnerait encore raison de ne pas faire tousser ou pousser violemment un ventre actuellement percé d\u2019un trocart.Malgré toute la bonne volonté dont il fait preuve, c\u2019est quand même en cela, c\u2019est-à-dire en choissis- sant l\u2019état de repos pour effectuer ses mesures, que le phtisiologiste se prive peut-être des renseignements les plus utiles.Depuis 20 ans et plus il inscrit sans se lasser des différentielles de 2 à 10 cm.d\u2019eau pour des insufflations de 500 à 1000 cc.d\u2019air.Il accumule ainsi dans ses filières des monceaux de chiffres relativement peu serviables, souvent même aberrants d\u2019une insufflation à l\u2019autre chez le même individu, des chiffres dont les séries disponibles sont probablement devenues innombrables et qui continuent pourtant de rester muettes.Jamais, que je sache, on en a pu tirer une seule loi permettant de préciser l\u2019indication élective du pneumopéritoine en dehors de la tuberculose, ou encore, de prévoir le degré pathologique des viscéroptoses encourues par le tuberculeux soumis à des insufflations péritonéales trop compressives.Aurait-on frappé une plus riche veine d\u2019information si, cherchant surtout à rattacher les effets du pneumopéritoine aux changements qu\u2019il imprime aux pressions abdominales par le volume qu\u2019il ajoute au contenu, on avait mesuré avec autant de constance les pressions de l\u2019effort plutôt que celles du repos?Il est permis de le penser, car après tout, le propre du muscle est de se contracter et non pas de se reposer.Et devant n\u2019importe quel muscle creux, que le contenu en soit homogène comme dans le cas du cœur, ou qu\u2019il en soit hétérogène comme dans le cas de l\u2019abdomen, la pression systolique a peut-être plus de chance d\u2019être significative que la diastolique.Ce que je viens d\u2019écrire ne doit pas être considéré comme un reproche à l\u2019adresse du phtisiologiste pour n\u2019avoir pas réussi à faire progresser davantage la connaissance pratique des pressions abdominales.Bien au contraire je suis convaineu que le spécialiste du poumon 1364 à plus fait dans le sens du progrès en ce domaine que tout autre spécialiste; et cela sans être intéressé de plus près au vaste problème des pressions abdominales que le cardiologiste, le chirurgien, le gynécologue, l\u2019accoucheur ou même l\u2019interniste.Du fait, une seule chose importe pour lui comme pour tous les autres, et c\u2019est le résultat positif du traitement qu\u2019il fait subir à son patient.Le phtisiologiste observe par exemple que le patient pneumo- péritonisé s\u2019oriente vers la guérison, que sa toux devient rapidement productive, qu\u2019il expulse de ses bronches le pus et le mucus toxique de la tuberculose, qu\u2019une fois ces toxines disparues il cesse de s\u2019esquinter, sa toux devient plus rare et sa température plus normale, il profite mieux de son assiette et il gagne enfin quelques livres ou plusieurs tout en stabilisant ses lésions radiologiques.Tout cela peut amplement suffire au contentement du spécialiste.Quant à expliquer comment cette chaîne de bienfaits a pu être déclenchée par la seule insufflation péritonéale, la question ne se pose pas seulement au phtisio- logiste; elle se pose à n\u2019importe qui veut s\u2019y intéresser; car jusqu\u2019à présent toute réponse proposée n\u2019a été qu\u2019une opinion.Que le repos du poumon tuberculeux en favorise la guérison et que le collapsus par pneumopéritoine soit un excellent moyen de réaliser indirectement le repos du parenchyme malade, voilà deux faits solides que personne n\u2019oserait contester.Mais que le pneumopéri- toine n\u2019ait d\u2019action thérapeutique que par l\u2019effet collapsus, là je n\u2019en suis plus du tout.S'il en était ainsi il faudrait que la pneumati- sation de l\u2019abdomen n\u2019influence aucunement la toux quinteuse, épuisante et inutile du tuberculeux.Or, il est avéré que le pneumopé- ritoine transforme cette dernière en une toux presque normale, c\u2019est-à-dire facile, productive et utile.Et comme la toux, même physiologique, est strictement un phénomène d\u2019effort, un phénomène qui exige pour atteindre son but, la vidange de l\u2019arbre bronchique, une mise en haute tension des contenus thoracique et abdominal, il semble juste de penser que le pneumopéritoine agisse d\u2019abord di- LECOURS: PNEUMOPÉRITOINE L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 rectement par l\u2019appui qu\u2019il apporte à l\u2019effort subit du muscle abdominal se contractant à glotte fermée.En normalisant l\u2019effort, en l\u2019intensifiant par l\u2019appui qu\u2019il procure au muscle abdominal contracté à son maximum, il rend immédiatement la toux plus efficace et productive.Ce n\u2019est done que secondairement qu\u2019il en diminue la fréquence et qu\u2019il contribue ainsi au repos désirable du poumon col- labé.\u2014 L\u2019observation clinique la plus superficielle semble d\u2019ailleurs ajouter du poids à cette hypothèse.Le tuberculeux en évolution est souvent un malade amaigri qui ne peut s\u2019alimenter suffisamment, un malade chez qui, pour toutes sortes de raisons, le contenu viscéral de l\u2019abdomen est relativement de faible volume par rapport à la capacité actuelle du contenant musculaire.À cause de cette disproportion volume-capacité, l\u2019effort de toux, mal appuyé, se multiplie jusqu\u2019à l\u2019extrême fatigue sans opérer le drainage bronchique nécessaire.Il suffit en ce cas de pratiquer un pneumopéritoine compensatoire, c\u2019est-à-dire de rétablir un rapport plus normal entre deux éléments fondamentaux de la physiologie abdominale, volume du contenu et capacité du contenant, pour qu\u2019aussitot la toux redevienne ce qu\u2019elle n\u2019aurait jamais dû cesser d\u2019être, le seul moyen prévu par la nature pour balayer rapidement les voies respiratoires.Arrêtons-nous maintenant au principe même de la collapsothérapie par pneumopéritoine.L'introduction d\u2019air libre en quantité suffisante dans l\u2019espace péritonéal produit instantanément une ascension importante et durable de la coupole diaphragmatique.C\u2019est à ce changement topographique de la cloison tho- raco-abdominale que l\u2019on attribue, avec ral- son d\u2019ailleurs, le reposant collapsus du poumon malade.Mais là où l\u2019on risque fort de se montrer imprudent et de contribuer à la survivance d\u2019erreurs assez néfastes, c\u2019est lorsque l\u2019on propose des explications plus ou moins obscures et fantaisistes à cette heureuse élévation du diaphragme chez le pneumopérito- nisé.Voici par exemple la première explication qui se présente à l\u2019esprit de Banyai (op. L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 cit.p.54): «In trying to ascertain the remarkable upward displacement of the diaphragm during artificial pneumopéritoneum treatment, the first thought that comes to mind is that the intraperitoneally injected air increases the intra-abdominal pressure and this, in turn, is sufficient to force the diaphragm to a higher position ».Telle qu\u2019énoncée la proposition ne satisfait pas pleinement son auteur; il le déclare d\u2019ailleurs en toute honnêteté quelques lignes plus loin.Pourquoi Banyai n\u2019est-il pas pleinement satisfait?Peut-être parce que chez lui la notion des pressions abdominales demeure assez confuse.Ce maître du pneumopéritoine thérapeutique n\u2019a évidemment pas eu le temps d\u2019expérimenter lui-même en ce domaine quasi-inexploré.Pour ne pas négliger le patient travail d\u2019observation clinique qui fait le substratum de son riche enseignement, on aime à croire que, peut-être à regret, il s\u2019est vu forcé de faire siennes les opinions les plus généralement admises, répétées avant lui de livre en livre, d\u2019article en article, et de ce fait, devenues prestigieuses avant même d\u2019avoir subi le test d\u2019une démonstration expérimentale sérieuse.Il eut suffi, semble-t-il, que Banyai remplace trois ou quatre mots pour qu\u2019immédiatement sa proposition devienne claire et acceptable par tout le monde.Reprenons son texte en y substituant à peine quatre mots.Relisons-le comme ceci: «In trying to ascertain the remarquable upward displacement of the diaphragm during artificial pneumopéritoneum treatment, the first thought that comes to mind is that the intra peritoneally injected air increases the volume of abdominal contents and this, in turn, is sufficient to force the diaphragm to a higher position »; et voici que déjà l\u2019on se sent d\u2019accord avec Banyai.Sans doute j\u2019admets avec lui que l\u2019air injecté dans le péritoine augmente quelque peu la pression abdominale au repos, mais cette augmentation est si faible qu\u2019elle en est presque négligeable, étant de l\u2019ordre de 2 à 10 cm.d\u2019eau par 500 à 1000 ce.d\u2019air injecté.Si l\u2019augmentation de pression pouvait être proportionnelle à l\u2019augmentation de volume du contenu, elle LECOURS: PNEUMOPÉRITOINE 1365 s\u2019exprimerait par des chiffres très élevés et témoignerait d\u2019une si puissante rigidité du contenant que la simple grossesse ou le plus sobre gueuleton deviendraient des tours de force impossibles.Fort heureusement pour nous cette augmentation de pression au repos est s1 minime qu\u2019elle prouve au contraire la parfaite élasticité de la limitante abdominale, l\u2019aisance avec laquelle le contenant musculaire obéit à de fortes augmentations de volume du contenu.En résumé, si le pneumopéritoine élève le diaphragme, ce n\u2019est donc pas tant parce qu\u2019il ajoute quelque peu à la pression abdominale au repos que parce qu\u2019il ajoute considérablement au volume même du contenu abdominal, ce sur-volume d\u2019air libre devant trouver place immédiatement quelque part.En une telle occurence, ce n\u2019est sûrement pas le périnée qui va descendre, car il est assez puissant pour résister.La paroi antéro- latérale bombera bien un peu pendant que.les masses dorsolombaires ne fléchiront pas d\u2019un poil, mais c\u2019est surtout la mince cloison diaphragmatique qui fera les frais de l\u2019expansion et s\u2019élèvera de façon appréciable même au repos le plus complet possible, celui que la respiration ne dérange que 32 fois par minute.L\u2019ascension prolongée du diaphragme sous l\u2019action du pneumopéritoine est un phénomène de toute première importance du point de vue de la thérapeutique pulmonaire.L\u2019explication que je viens d\u2019en donner est tellement simple qu\u2019elle aurait chance de passer pour une nigauderie si je n\u2019exposais pas dès maintenant les raisons pour lesquelles la théorie actuelle la plus en vogue ne me semble pas satisfaisante.Voici en bref les éléments de cette théorie à la mode: on part du fait expérimental qu\u2019il existe une pression négative dans l\u2019espace sous-diaphragmatique de la cavité abdominale.On affirme alors dans tous les manuels et on répète dans tous les articles spéciaux, sans autre preuve expérimentale, que cette pression négative ne peut venir d\u2019ailleurs que de la pression endopleurale toujours fortement négative, qu\u2019elle est « borrowed from that of the pleural cavity », qu\u2019elle n\u2019est rien autre qu\u2019une « normaly re- 1366 flected negativity of the endopleural pressure ».Cet article de foi étant généralement accepté, on déclare ensuite que la pression négative des plèvres attire normalement le diaphragme vers le creux thoracique et que de même la pression sous-diaphragmatique, elle aussi négative, tend naturellement à empêcher cette ascension.On décrète enfin que l'injection d\u2019air dans l\u2019espace péritonéal, en atténuant ou en faisant disparaître le négativité abdominale, annule toute résistance à la montée du diaphragme, ce qui permet à celui-ci d\u2019atteindre un niveau très élevé capable de produire le collapsus pulmonaire désiré.C\u2019est aussi simple que cela.Mais voyons un peu si l\u2019édifice est solide.Les pressions abdominales sous-diaphrag- matiques sont-elles toujours négatives?Certainement non.Elles ne le sont même pas de façon durable en dehors du sommeil ou du fasniente.Il est prouvé depuis longtemps que la moindre contraction totale du muscle abdominal produit des sommets de pression de 20, 30, 40, 60 mm.Hg qui se transmettent rapidement et intégralement à tous les points du contenu abdominal, y compris les espaces sous-diaphragmatiques ou pelviens.(3, 4).Cependant, il est vrai que les pressions abdominales sous-diaphragmatiques sont assez souvent négatives chez le sujet bien portant, ni trop gonflé par un repas volumineux, ni trop comprimé dans un corset, ni trop gros du ventre comme la femme enceinte avancée, l\u2019obèse jeune ou le bébé bien nourri.Il s\u2019agit donc d\u2019une vérité toute relative comme beaucoup de vérités physiologiques.C\u2019est une vérité soumise à plusieurs conditions dont les deux principales, sine qua non, sont la position verticale du sujet considéré et le repos le plus complet possible de la périphérie musculaire.Sitôt que le sujet est amené en décubitus horizontal, la pression négative quitte l\u2019espace sous-diaphragmatique et vient se situer en surface, région épigastrique et para-ombilicale.Sitôt que l\u2019on place le sujet en diverses positions déclives céphalad, c\u2019est maintenant vers l\u2019espace pelvien que se réfugie la pression négative.Dès 1945, avec le LECOURS: PNEUMOPÉRITOINE L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 concours de quelques étudiants en médecine, J'ai pu enregistrer graphiquement des pressions abdominales négatives à l'intérieur même de l\u2019estomac, le sujet étant debout, et des pressions encore plus négatives dans l\u2019ampoule rectale, le même sujet ayant assumé la position génu-pectorale.En ce dernier cas je n\u2019ai rien inventé, car un siècle auparavant, en décembre 1845 pour être précis, Marion Sims lui-même avait eu la surprise d\u2019observer pour la première fois l\u2019insufflation spontanée du vagin chez une femme délibérément placée en cette peu élégante position d\u2019examen.« The lady was in a position which allowed the air to rush into the vagina by its own mechanical pressure of fifteen pounds to the square inch., vn and this canal was suddenly dilated like a balloon » (5).Au temps de Sims on ne parlait évidemment pas encore des «upward pulling forces of the pleural negative pressure », et c\u2019est pourquoi le Père de la Gynécologie américaine n\u2019a même pas eu la tentation de rapprocher, comme de l\u2019effet à la cause, l\u2019insufflation vaginale spontanée de la position génu-pectorale à la négativité endo- pleurale.Devant le phénomène extraordinaire auquel il vient d\u2019assister avec un enthousiasme de néophyte, il arrive tranquillement à la conclusion que voici: « When the lady was in the position described, there being a natural tendency of the viscera to gravitate toward the epigastric region, it would require no great vis-a-tergo to produce the desired result ».Ce très simple raisonnement de Marion Sims contient une vérité si profonde que même de nos jours et malgré les progrès fantastiques de la physiologie, personne n\u2019oserait l\u2019attaquer.Il conserve encore aujourd\u2019hui tant de force qu\u2019il ébranle à lui tout seul la théorie moderne selon laquelle les pressions abdominales négatives ne seraient que le reflet des pressions endopleurales à travers la cloison diaphragmatique, théorie beaucoup plus basée sur un échafaudage d\u2019hypothèses gratuites que sur des faits prouvés par l\u2019expérimentation.On comprendra sans doute pourquoi je n\u2019ai pas résisté au plaisir L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 de rapporter l\u2019opinion de Sims dans toute la saveur du texte original.La critique est toujours facile, mais si l\u2019on ne veut plus adhérer à la croyance populaire du «reflet», comment faudra-t-il donc expliquer ces pressions abdominales négatives qui sont mesurables à des niveaux différents selon la position du sujet?Il faut les expliquer le plus simplement possible; et puisque le repos de la périphérie musculaire conditionne invariablement la possibilité même de pressions négatives dans l\u2019abdomen, je crois que l\u2019on pourrait accepter, au moins provisoirement et à titre d\u2019hypothèse de travail, l\u2019opinion suivante: Chez l\u2019adulte au repos, la capacité du contenant abdominal dépasse normalement le volume du contenu.Done, le sujet étant debout, les viscères plus ou moins retenus en place par leurs ligaments et mésos sont tout de même assez libres et assez lourds pour être entraînés vers le plancher pelvien, et ce tassement viscéral peut à lui seul déterminer une pression sous-diaphragmatique négative.Le sujet étant placé en position déclive céphalad, c\u2019est maintenant le contraire qui se produit: les viscères mobiles sont entraînés vers le diaphragme, la pression abdominale négative se transporte vers le pelvis, et c\u2019est le triomphe de Sims sur la fistule vé- sicovaginale.Partant de ce concept selon lequel les pressions abdominales négatives reconnaîtraient pour cause principale une disproportion naturelle entre le contenant et le contenu, j'ai proposé antérieurement (6) une classification des «abdomens cliniques» basée sur les états tensionnels observés par l\u2019examinateur.Je n\u2019ai pas l'intention de revenir ici sur les symptômes objectifs qui permettent de distinguer grossièrement un abdomen normal à ce point de vue d\u2019un abdomen fortement hypertendu ou hypotendu.J\u2019insiste cependant sur le fait qu\u2019il existe sans doute des gammes de pressions physiologiques vers le plus ou vers le moins, car même au repos les pressions abdominales peuvent sûrement bouger dans un sens ou dans l\u2019autre sans sortir de la normale.On comprendrait par exemple qu\u2019un repas vo- LECOURS: PNEUMOPÉRITOINE 1367 lumineux, une libation excessive de boisson carbonatée ou de bière, l\u2019état de gravidité plus ou moins avancé, pourraient porter les pressions de repos vers une hypertension transitoire assez bien tolérée et parfaitement physiologique.De même le jeûne prolongé, l\u2019évacuation complète de l\u2019intestin sous l\u2019effet subit d\u2019un laxatif, le post-partum immédiat ou récent, pourraient causer des hypotensions temporaires également physiologiques.Préciser les limites physiologiques des tensions abdominales au repos, déterminer avec exactitude le moment où ces pressions peuvent devenir pathologiques en hyper ou en hypo, c\u2019est évidemment là un objectif réservé à qui aurait le temps, les moyens, la patience et la passion de s\u2019en occuper.En somme, il s\u2019agirait de rapporter un nombre suffisant de mesures à un nombre suffisant de facteurs accidentels comme la taille, le poids, l\u2019âge, le sexe, les périmètres et profils abdominaux, etc., etc.Travail minutieux dont le rendement clinique, à mon humble avis, causerait des surprises aux sceptiques, car nombreux sont les problèmes qui en seraient probablement éclairés.Pour le moment, .et pour la consolation du praticien, il reste cependant que les cas extrémes d\u2019hyper ou d\u2019hypotension abdominales sont relativement faciles à diagnostiquer.Pourvu qu\u2019il soit juste de rattacher l\u2019action thérapeutique du pneumopéritoine à la physiologie des pressions abdominales, je n\u2019hésite pas à dire que l\u2019hypotension chronique de l\u2019abdomen me paraît la seule indication logique de cette méthode de traitement.Ce serait l\u2019indication générale, celle qui couvre à peu près toutes les autres.Il ne s\u2019agit pas ici d\u2019une déclaration de caractère dogmatique soutenable à coups de chiffres éloquents et de courbes sur papier quadrillé.C\u2019est tout au plus l\u2019énoncé timide d\u2019une théorie personnelle que je défends de mon mieux parce qu\u2019elle m\u2019a souvent rendu service; par exemple, dans le choix des patients à pneumati- ser, la détermination de la charge d\u2019air convenant à chaque insufflation, ete. 1368 L'hypotension abdominale pathologique re- connait au moins deux origines.Elle peut venir soit d\u2019une réduction relative du volume viscéral, soit d\u2019une augmentation relative de la capacité abdominale, d\u2019où l\u2019on entrevoit deux variétés d\u2019hypotension pathologique: l\u2019une de cause viscérale, l\u2019autre de cause pariétale.Et entre les deux, ainsi que l\u2019on doit toujours s\u2019y attendre lorsque l\u2019on se trouve en face d\u2019une alternative biologique, il existe de nombreux cas mitoyens où les étiologies viscérale et pariétale s\u2019emmêlent à ne plus savoir laquelle prédomine.Dans le premier cas, il s\u2019agit habituellement de petits ventres creux, rentrés à la taille par l\u2019affaissement antéro-postérieur de la base thoracique, dont les profils sont déprimés aussi bien dans le sens longitudinal xypho- pubien que dans le sens transversal bi-épi- neux, dont les parois sont ordinairement minces bien que constituées de muscles encore suffisants.Dans le second cas, il s\u2019agit de ventres parfois assez volumineux, souvent flasques et étalés vers les flancs lorsqu\u2019on les observe en position horizontale, relativement serrés à la taille et bombés sous l\u2019ombilic en position verticale, ventres qui miment parfois un début de besace mais qui ne sont pas assez lourds pour la réaliser complètement, ventres dont les parois antéro-latérales sont souvent dégénérées par l\u2019adipose régressive lâche et l\u2019hypotrophie correspondante de muscles trop longtemps distendus par des excès de table et de sédentarité chez l\u2019homme, par les mêmes causes ou par des grossesses multiples et rapprochées chez la femme.Il semble a prior: que le pneumopéritoine convienne surtout au traitement de l\u2019hypotension d\u2019origine viscérale.En effet, puisque l\u2019insufflation péritonéale peut en un tournemain rétablir à l\u2019optimum le volume réduit de n\u2019importe quel contenu abdominal, je crois qu\u2019elle trouve ici son indication principale.C\u2019est du moins la conclusion qui semble se dégager de mes observations cliniques des trois ou quatre dernières années.Une forte proportion de 60 cas choisis ont été favorablement influencés par de courtes séries de traitements LECOURS: PNEUMOPÉRITOINE L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 répétés, à 8, 10, 20 et même 30 jours d\u2019intervalle.En l\u2019espace de quelques semaines les profils abdominaux de ces sujets se normalisent visiblement, et l\u2019on voit souvent s\u2019atténuer ou disparaître en très peu de temps des symptômes et même des syndromes pour lesquels des mois et des années de traitements les plus divers n\u2019avaient jusque là apporté aucun soulagement.Je rapporterai tantôt quelques uns de ces cas.Pour le moment je désire ajouter que même l\u2019hypotension d\u2019origine pariétale peut quelquefois bénéficier, au moins temporairement, du pneumopéritoine.Je pense à cette pneumonique de 64 ans, à ventre délabré chez laquelle une seule insufflation de 1200 cc.a complètement différé l'échéance fatale en transformant pour le mieux une toux exténuante et improductive.Sans doute il s\u2019agit ici d\u2019un cas d\u2019exception: et pour des cas aussi avancés et aussi chroniques d\u2019hypotension pariétale, le corset demeure le seul moyen de rétablir un rapport diurne plus normal entre la capacité du contenant et le volume du contenu abdominal.Je considère le corset comme une véritable paroi artificielle qui peut quelquefois suppléer avantageusement l\u2019élasticité et la tonicité de la paroi musculaire.Malheureusement il n\u2019a pas la contractilité du muscle et le jour où les fabricants pourront faire tousser un corset est encore assez lointain.Je pense donc que cet appareil peut rendre de grands services lorsque suggéré à bon escient, mais pour les personnes jeunes qui le portent sans nécessité, il est le plus sûr moyen de réaliser l\u2019atrophie progressive du muscle abdominal au nom de l\u2019esthétique.Quelques mots maintenant sur la viscérop- tose.J\u2019ignore toujours si elle précède ou si elle suit l\u2019hypotension abdominale, si elle en est la cause ou la conséquence, mais je constate cliniquement qu\u2019il y a peu de viscéroptosés qui ne soient en même temps des hypotendus et vice versa.Dans le cas des organes pleins et relativement lourds, comme le rein, le foie, l\u2019utérus, organes dont le maintien en position normale est partiellement assuré par des ligaments ou mésos courts et par des hiles L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 vasculaires assez forts, je crois que l\u2019hypotension d\u2019origine pariétale précède presque toujours la ptose.Dans le cas des viscères creux, je n\u2019ai pas d\u2019opinion très précise.Je suis porté à croire que le poids cumulatif des matières circulant dans les voiles digestives favorise beaucoup la gastro-entéroptose, particulièrement si le transit se ralentit jusqu\u2019à la stagnation.Cependant, lorsque l\u2019on s\u2019intéresse au processus viscéroptogène en général, on se rend compte que d\u2019autres facteurs tout aussi importants ne doivent pas être oubliés.Les pressions abdominales de l\u2019effort musculaire constituent justement l\u2019un des facteurs et à ce titre elles interviennent peut- être plus souvent dans le mauvais sens que dans le bon.On rencontrera, par exemple, des nullipares chez qui les efforts répétés d\u2019une toux chronique ou d\u2019une constipation opiniâtre finiront par déplacer l\u2019utérus jusqu\u2019à un prolapsus quasi-complet.Chez les multipares à périnée affaibli, le même mécanisme agit d\u2019ailleurs dans le même sens et produit encore plus souvent le même résultat.Mais il arrive aussi que l\u2019on rencontre des multipares à plancher pelvien presque détruit qui ne font pas de prolapsus complet.Pourquoi?Probablement parce que chez ces dernières la musculature propre de l\u2019abdomen est aussi gravement atteinte que le périnée musculaire et qu\u2019elle n\u2019est plus capable d\u2019engendrer une pression intérieure suffisante.Ici l\u2019incompétence de la paroi antéro-latérale semble protéger contre la chute-limite un organe souvent déjà ptosé jusqu'au cysto- rectocèle; ce qui ne veut pas dire qu\u2019une telle incompétence soit désirable loin de là! Quoi qu\u2019il en soit, de tels faits prouvent que les problèmes relatifs à la ptose viscérale ne sont pas aussi simples à résoudre que le diagnos- tie de celle-ci est facile à poser.Je n\u2019ai pourtant effleuré jusqu\u2019ici que certains aspects étiologiques de la viscéroptose.Si l\u2019on en considère, même très superficiellement, les aspects pathologiques, on se trouve encore devant d\u2019autres inconnues.Il y a sans doute des ptosés qui ne se plaignent pratiquement pas.J'en conclus qu\u2019il existe un stade de viscé- LECOURS: PNEUMOPÉRITOINE 1369 roptose qui est pratiquement asymptomatique, mais je crois qu\u2019il faut se méfier de prendre pour des psychopathes les nombreux viscé- roptosés qui se plaignent.Je pense que l\u2019affection peut demeurer longtemps silencieuse pourvu que le sujet ne soit pas soumis aux causes habituelles de l\u2019aggravation: travail prolongé en postures verticales, efforts physiques violents et répétés, habitudes alimentaires défectueuses, nuits écourtées, ete., ete., Je crois aussi que la viscéroptose a chance de rester asymptomatique aussi longtemps que les organes ptosés conservent un certain « rebound », une certaine mobilité à rebours qui leur fait réintégrer leur place normale dès que le sujet assume la position horizontale.Dans le cas contraire, la viscéroptose atteint vite un stade où le tassement des organes ptosés devient plus ou moins permanent.Et alors, en raison des conséquences probables de ce tassement sur le péristaltisme gastro-intestinal et sur la circulation locale artérielle et veineuse, de nombreux et disparates symptômes commencent à faire souffrir le patient.On en voit de toutes les couleurs: malaises digestifs, gaz d\u2019estomac et d\u2019intestin, algies épigastriques ou iliaques, coliques, constipation droite ou gauche, ete., etc.sans compter le retentissement somato-psychique (qui augmente en proportion directe du nombre de médecins consultés) qui rebondit lui-même vers le ventre d\u2019une façon tout- à-fait vicieuse, créant sur place de véritables syndromes chroniques décrits depuis longtemps comme la dyspepsie nerveuse, la colite spastique, etc.Beaucoup de ces symptômes disparaissent et plusieurs de ces syndromes sont rapidement améliorés lorsque l\u2019on normalise pour un certain temps la tension abdominale trop basse de ces patients mal résignés.Le pneumopéritoine, surtout si on le combine avec le décubitus incliné céphalad pour la nuit, réussit souvent à restituer un « rebound » normal aux viscères tassés par la ptose chronique et probablement mal irrigués par des vaisseaux coudés, tordus et étirés à l\u2019extrême.On constate que l\u2019hypotendu sous traitement s\u2019alimente mieux digère mieux, éli- 1370 mine aisément son surplus de gaz par le plus proche orifice de son tube et vide plus facilement et plus régulièrement son ampoule rectale.Après des mois sinon des années de traitement inefficaces, il reprend confiance en lui-même et s\u2019il est le moindrement bien balancé du côté de ses endocrines, il gagne presque toujours du poids.En 8 ou 15 semaines il fixe habituellement dans son abdomen autant de grammes d\u2019adipose qu\u2019il a reçu de cc.d\u2019air à son premier pneumo.Le coussin d\u2019air est maintenant remplacé par un coussi- nage plus adéquat et plus permanent, et le traitement est discontinué.Il arrive quelquefois, surtout chez les sujets nerveux dont la thyroïde ou les gonades fonctionnent en hyper, que le patient n\u2019augmente guère de poids en cours de traitement, mais si on le débarrasse quand même de symptômes qui faisaient jusque là son désespoir, on a encore raison d\u2019être satisfait.C\u2019est précisément ce type de malade qui récidive et vous revient après 12 ou 18 mois pour réclamer quelques traitements supplémentaires.Je pourrais continuer de décrire ainsi en didactique les résultats à espérer du pneumopéritoine chez le patient qui souffre de son hypotension chronique, mais je préfère maintenant présenter quelques cas-types.Ce sera, je pense, la meilleure façon d\u2019illustrer la thèse que je soutiens.Observation 1.Femme, nullipare, 24 ans, 61\u201d, 98 lbs., hypotension viscérale.Histoire: Se plaint de troubles digestifs chroniques responsables d\u2019un invalidisme de 6 à 10 jours par mois depuis environ 6 ans.Crises de douleurs abdominales surtout localisées à la fosse illaque droite et à l\u2019épigastre, mais s\u2019étendant à tout l\u2019abdomen sous- ombilical à l\u2019approche de chaque menstruation.Depuis 4 ans un syndrome classique de colite muco-membraneuse s\u2019est installé.Au cours des périodes aiguës qui se répètent 3 à 5 fois par année, la patiente ne peut aucunement s\u2019alimenter pendant plusieurs jours à cause de vomissements sévères.Elle se déshydrate et reçoit des liquides intraveineux.LECOURS: PNEUMOPÉRITOINE L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 Divers traitements médicaux prolongés n\u2019ont apporté que des améliorations légères et de courte durée.Appendicectomie en mai 51, la- paratomie pour dégagement d\u2019adhérences en novembre 51, résection du présacré en février 52, hystérectomie subtotale et salpingo-ova- riectomie bilatérale en octobre 52, les mêmes crises douloureuses survenant au même rythme depuis la dernière opération.Patiente référée par son médecin le 15 février 55.Synopsis du traitement: 1/700 \u2014 2/700/15 \u2014 3/700/14 \u2014 4/800/14 \u2014 5/800/27 \u2014 6/800/27.(Le premier chiffre indique l\u2019ordre numérique des insufflations, le deuxième représente le volume en cc.de chaque insufflation, et le troisième marque le nombre de jours depuis l\u2019insufflation précédente.Résultats: Dès le second traitement, la patiente accuse une amélioration notable.Les douleurs subjectives sont diminuées de 75%, l\u2019appétit s\u2019aiguise et le poids augmente de 4 lbs.À l\u2019examen objectif le profil se normalise, le palper insistant de la fosse iliaque droite ne cause presque pas de douleur alors qu\u2019il était quasi-intolérable auparavant.L\u2019évacuation de l\u2019intestin n\u2019est plus précédée de coliques, les selles prennent une consistance normale.La patiente souligne spontanément qu\u2019elle digère maintenant les légumes crus alors qu\u2019elle n\u2019aurait pas osé pareil écart de diète avant le pneumopéritoine.Aucune précaution alimentaire depuis juillet 55 et la patiente accomplit son travail d\u2019infirmière à plein temps.Pas de récidive depuis 20 mois.Observation 2.Homme, 56 ans, 69\u201d, 126 lbs., Hypotension viscérale.Histoire: Aucune maladie sérieuse.Le poids habituel s\u2019est maintenu autour de 155 lbs.jusqu\u2019à ces dernières années, mais depuis 3 ans et à la suite de surmenage physique et mental, des troubles digestifs d\u2019allure chroniques se sont installés et l\u2019amaigrissement progressif s\u2019est produit.Se plaint de digestions lentes, constipation, céphalées fréquentes, légers vertiges, gaz d\u2019estomac et d\u2019intestin, fa- L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 tigabilité, sommeil troublé par des vagues douleurs épigastriques calmées par l\u2019émission de gaz.Traité depuis 3 ans par le même médecin.Deux séries complètes de radiographies de la vésicule biliaire et du tube digestif n\u2019ont rien montré d\u2019autres qu\u2019une gastro-en- téroptose et une néphroptose droite, une aéro- gastrie et aérocolie marquées.Patient référé le 16 juillet 53.Synopsis du traitement: 1/1600 \u2014 2/800- /9 \u2014 3/1000/64 \u2014 4/1000/15 \u2014 5/700/12.Résultats: Dès le deuxième traitement le patient rapporte qu\u2019il n\u2019est plus ennuyé par ses gaz et que l\u2019intestin fonctionne chaque jour sans laxatif.Après le quatrième traitement il déclare que son appétit est meilleur, qu\u2019il peut manger «comme un homme », que son sommeil est redevenu normal.Le poids est passé à 131 lbs.Objectivement, le profil abdominal est normal pour l\u2019âge, les côtes inférieures s\u2019étant arrondies, relevées, ainsi qu\u2019il arrive fréquemment chez des personnes plus jeunes soumises au même traitement.Le palper abdominal ne cause aucune douleur.Après le dernier traitement le poids est de 142 et il se maintient de 146 à 150 depuis 3 ans.Même travail, mêmes soucis, pas de récidive.Observation 3.Femme, 2-pare, 36 ans, 62\u201d, 106 lbs, hypotension surtout pariétale.Histoire: Appendicectomie et salpingo-ova- riectomie droite à 23 ans à la suite d\u2019une rupture de grossesse tubaire.Commence peu après à souffrir de constipation et prend des laxatifs régulièrement depuis.Accouchement dystocique et hémorragique à 32 ans.Au cours du post-partum et des mois qui suivent la constipation s\u2019exagère et l\u2019abus de correctifs détermine de violentes douleurs situées à droite et au centre paraombilical.Stase caecale souvent palpable et douloureuse.Apparition d\u2019un syndrome de colite chronique avec alternances de selles diarrhéiques et de rétentions fécales prolongées.Le repos, les diètes orthodoxes, les médications générales ou symptomatiques n\u2019amènent guère de soulagement.LECOURS: PNEUMOPÉRITOINE 1371 Au printemps 53 surviennent des crises de douleurs épigastriques accompagnées de gonflement exagéré de cette région.Le médecin traitant prescrit repas et lavement baryté.En date du 5 mai 53, le radiologiste adresse le rapport suivant: « Estomac légèrement hyper- tonique, pas de rétention gastrique à jeun, bulbe duodénal asymétrique et constamment déformé par une petite niche ulcéreuse en son centre.\u2014 Stase caecale, côlon normal» Un traitement médical atténue rapidement les symptômes épigastriques, mais la patiente continue à souffrir de son côlon: douleurs continuelles au niveau du caecum qui nuisent au sommeil, crises plus aigués au voisinage des menstruations, lesquelles sont réguliére- ment précédées de lowback-pain, diarrhées et coliques généralisées à tout l\u2019abdomen sous- ombilical.Asthénie progressive.Patiente référée le 18 décembre 53.Synopsis du traitement: 1/1000 \u2014 2/750- /16 \u2014 3/750/14 \u2014 4/750/28 \u2014 5/900/32 \u2014 6/700 /26.Résultats: Dès le second traitement «les gaz passent facilement et la digestion s\u2019améliore de 50% », les selles liquides disparaissent.Au quatrième, le poids est à 113 lbs.La patiente ne prend presque pas de laxatif.Au dernier traitement le poids atteint 117 lbs et un mois plus tard il est à 122 Ibs.Menstruations régulières et pratiquement indolores depuis.Patiente revue récemment après plus de 30 mois.Le poids s\u2019est maintenu entre 124 et 128, l\u2019intestin fonctionne quotidiennement sans laxatif, aucune douleur abdominale spontanée sauf au moment des menstruations, aucune diète spéciale.Observation 4.Homme, 32 ans, 68\u201d, 114 lbs., hypotension viscérale.Histoire: Digère mal depuis 3 ans.Traité régulièrement par des effets de diète, vitamines, minéraux, séries d\u2019injections toniques et antianémiques, etc.Se plaint de lenteurs digestives, gaz qui «ne reviennent pas », brû- lements épigastriques dès qu\u2019il absorbe des desserts sucrés.Restreint de lui-même son 1372 appétit déjà insuffisant par crainte des troubles consécutifs aux repas, comme la douleur épigastrique, le ballonnement, la sensation d\u2019étouffer si les gaz « ne reviennent pas ».Constipation à laxatifs nécessaires.Patient référé sous un diagnostie de dyspepsie nerveuse ct fatigue générale par surmenage au travail.Comme il n\u2019est pas inquiet de sa finance personnelle, la cessation du travail est recommandée pour 3 mois.Apéritifs, diète supplémentée par des repas intermédiaires comportant des acides aminés.Les troubles persistent et le malade ne gagne que 2 lbs.Traitement par pneumopéritoine proposé et accepté, mais des radiographies préalables sont exigées.Rapport du radiologiste: « Estomac: En scopie: poumon, cœur, aorte et œsophage normaux.Les clichés montrent de gros plis dans la région du cardia.Les courbures et les faces sont régulières.Pas de lésion organique décelable à l\u2019estomac, au bulbe et au duodénum.» \u2014 « Lavement baryté: Plaque simple: stase au fond du caecum qui se trouve assez bas situé.À cause de la stase, le fond du caecum se remplit assez mal.L\u2019angle hépatique est abaissé.» Synopsis du traitement: 1/1100 \u2014 2/650/6 \u2014 3/750/11 \u2014 4/750/22 \u2014 5/700/26.Résultats: Dès le deuxième traitement, le patient se dit débarrassé entièrement de ses gaz, 11 s\u2019alimente de mieux en mieux et son intestin fonctionne spontanément.Il reprend son travail régulier après le quatrième traitement.Son poids est alors à 123 lbs.Quelques mois plus tard le poids atteint 136, puis 139, et toute diète spéciale et médication sont abandonnées.Pas de récidive depuis 13 mois.Observation 5.Femme, 41 ans, 3-pare, 62\u201d, 93 lbs., hypotension mixte.Histoire: Typhoide a 15 ans, 3 accouchements normaux dont le dernier a 25 ans, pleurésie séro-fibreuse ponctionnée à 35 ans, symphyse pleurale droite après une série de pneumothorax à 36 ans, hémorroïdectomie à 37 ans.\u2014 Alternatives de constipation et diarrhée depuis 3 ans et plus, digestions difficiles LECOURS: PNEUMOPÉRITOINE L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 qui éveillent la nuit à cause de gaz et de nau- ses qui n\u2018amenent jamais de vomissement, céphalalgie matinale par périodes fréquentes de 5 à 20 jours consécutifs.Le poids n\u2019a pas dépassé 95 lbs.depuis 15 ans et la patiente se promène d\u2019un médecin à l\u2019autre.Patiente référée le 3 et hospitalisée le 8 octobre 53.\u2014 RX.: « Vésicule bien opacifiée de façon homogène sans évidence de lithiase.Le côlon ne présente pas de lésion pariétale.Le transverse est très long, en « V », la pointe du « V « étant presque au pubis.» Le traitement par pneumopéritoine est amorcé à l\u2019hôpital et la patiente congédiée 5 jours plus tard.Synopsis du traitement: 1/1000 \u2014 2/750 /23 \u2014 3/800/17 \u2014 4/800/16 \u2014 5/650/14 \u2014 6/500/21.Résultats: Avant le troisième traitement la patiente a pris 5 lbs de poids.Elle déclare qu\u2019elle n\u2019a «jamais si bien digéré », que sa «taille s\u2019est arrondie », que son « ventre est plus plein », qu\u2019elle «est forcée de se tenir plus droite ».La constipation et les flatulences disparaissent totalement et le poids est à 105 lbs.au moment de la dernière insufflation.Il se maintient depuis, c\u2019est-à-dire qu\u2019il ne bouge entre 102 et 107.Pas de récidive en 3 ans.Observation 6.Femme, 56 ans, 2-pare, 63\u201d 101 lbs, hypotension mixte.Histoire: Il s\u2019agit d\u2019une patiente sous traitement médical continu depuis 15 ans et plus pour hypertension artérielle bénigne et troubles digestifs variés accompagnés d\u2019anémie.Radiothérapie ovarienne à 51 ans pour juguler définitivement des méno-métrorragies attribuées au climatère.L\u2019année suivante, les troubles digestifs et la douleur épigastrique s\u2019aggravent.Le médecin traitant parle d\u2019ul- cus probable, prescrit un traitement de repos relatif, diète, alcalins et protéines artificielles.Après une amélioration de quelques mois, la patiente est transportée d\u2019urgence à l\u2019hôpital par suite de vomissements hémorragiques abondants.Gastrectomie partielle.Suites opératoires normales. L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 Patiente référée le 10 novembre 52.Raconte l\u2019histoire ci-dessus et consulte pour douleurs chroniques localisées surtout à la fosse 1iliaque droite, constipation sévère alternant avec des selles liquides précédées de coliques violentes et de ténesme rectal.Elle attribue ces derniers symptômes à l\u2019excès de laxatifs qu\u2019elle doit prendre.Passe fréquemment des glaires sanguinolentes.Le teint est pâle, la peau sèche, la tension artérielle à 172 max.La patiente observe fidèlement la diète prescrite au départ de l\u2019hôpital et reçoit 8 injections de B-complex par mois depuis 2 ans.À l\u2019examen physique on constate un épigastre creusé où l\u2019on peut observer à l\u2019œil les battements aortiques.On peut tenir entre les mains un rein droit ptosé.La fosse iliaque droite est douloureuse au palper et on y localise un caecum plein dont la mobilisation est pénible à supporter.Boudin sigmoïde palpable.Une étude radiologique du tube digestif est demandée dont voici le rapport: « On remplit le côlon jusqu\u2019au fond du caecum, l\u2019appendice est injecté et se montre normal.Le transverse est ptosé jusqu\u2019au dessus de la symphyse pubienne.L\u2019angle hépatique est à peine au-dessus de la crête iliaque.» \u2014 « Estomac: Personne gastrectomisée antérieurement.Estomac sans évidence de lésion organique.Le fonctionnement semble normal.» Par la suite et pour une période de 15 mois la patiente est traitée par le repos relatif, la diète et les médications les plus habituellement prescrites en ces cas d\u2019allure chronique.En février 1954, comme l\u2019état de cette malade ne s\u2019améliore aucunement, un traitement par pneumopéri- toines itératifs lui est proposé.Synopsis du traitement: 1/900 \u2014 2/700 /14 \u2014 3/700/22 \u2014 4/800/18 \u2014 5/800/21 \u2014 6/800/21 \u2014 7/450/28 \u2014 8/800/30.Résultats: Au dernier traitement le poids est à 111 lbs.alors qu\u2019au cours des 20 années précédentes 1l s\u2019était régulièrement maintenu entre 99 et 103 lbs.Le syndrome colique est complètement disparu, le profil abdominal est normal et on ne perçoit plus à l\u2019œil les battements aortiques à l\u2019épigastre, l\u2019intestin fonctionne journellement sans l\u2019aide de laxa- LECOURS: PNEUMOPÉRITOINE 1373 tifs.Depuis plus de 2 ans le poids s\u2019est maintenu entre 114 et 117 et il n\u2019y a plus à surveiller que la tension artérielle.Observation 7.Homme, 29 ans, 68\u201d, 120 lbs, hypotension viscérale.Histoire: Poussées diarrhéiques fréquentes depuis l\u2019âge de 15 ans à la suite d\u2019une entérite estivale sévère.Depuis 3 ans, à des intervalles de 5 à 10 jours, le patient fait ce qu\u2019il nomme une «révolution de bile».Ca commence par une lourdeur digestive dont la durée est de 12 à 24 hres, et ça se poursuit par une céphalée intense et des nausées qui entraînent bientôt des vomissements bilieux », si le patient n\u2019a pas eu la prudence d\u2019absorber assez tôt un sel cholagogue.Seules des selles liquides provoquées par des médicaments laxatifs semblent capables d\u2019éloigner les crises.RX.en date du 11 août 52: « Côlons redondants et bien perméables ainsi que la valvule iléo-caecale.Stase droite et images certaines de petites ulcérations de la muqueuse du côlon gauche.Etat prédiverticulaire sig- moidien ».\u2014 « Cholécyste radiologiquement normal.Aucun indice de lithiase ».\u2014 « Exploration gastro-duodénale négative ».RX.en date du 28 mai 53: « Tous les segments du cadre colique se laissent parfaitement opacl- fier; pas d'image de lésion organique.La valvule iléo-caecale se laisse facilement franchir; le bas-fond caecal est régulier et légèrement douloureux à la pression».\u2014 «Le transit oesophagien se fait normalement.L\u2019estomac ne présente aucune altération de ses parois qui sont souples et sans image d\u2019addition ou de soustraction.Le pylore est bien centré à la base du bulbe duodénal et celui-ci ne présente pas d\u2019altération muqueuse ».Un in- terniste compétent traite le patient depuis plus de 2 ans.Comme le traitement prescrit n\u2019apporte guère d\u2019amélioration, on soupçonne chez ce jeune professeur de mathématique des éléments psychogènes possiblement attribuables à l\u2019effort intellectuel intense et soutenu qu\u2019il doit s\u2019imposer, on lui propose de consulter en neuro-psychiatrie.Au cours de 53, une 1374 douzaine d\u2019entrevues auxquelles le patient se prête de bon gré et de façon intelligente.Pas de résultats pratiques, du moins en regard des symptômes rapportés ci-dessus.Patient référé le 8 mai 54.Synopsis du traitement: 1/950 \u2014 2/800/13 \u2014 3/750/28 \u2014 4/500/22.Résultats: Une seule crise dans les 30 jours qui suivent le premier pneumopéritoine.Une deuxième, moins sévère, 3 mois après le dernier pneumo.Aucune céphalée, aucun vomissement, aucune diarrhée.L\u2019intestin fonctionne normalement sans laxatif.Le poids se maintient entre 120 et 126.Pas de récidive.Observation 8.Femme, 53 ans, 5-pare, 63\u201d, 110 Ibs., hypotension mixte.Histoire: 5 grossesses à terme et 3 fausses couches.Hystérectomie totale et double sal- pingo-ovariectomie à 45 ans.\u2014 Consulte pour la première fois en novembre, 50.Se plaint de digestions laborieuses, gaz d\u2019estomac et d\u2019intestin, douleurs épigastriques et rétros- ternales accompagnées de sensations d\u2019étouffement, état nauséeux fréquent surtout l\u2019avant-midi, constipation variable plus sévère en saisons froides.\u2014 À l\u2019examen on note une ptose moyenne du rein droit, une douleur vive au creux épigastrique et un point vésiculaire antérieur positif, une sensibilité nette au palper de la fosse illaque droite où le caecum se devine profond et bas-situé.La patiente est avertie que sa vésicule contient probablement des calculs.L\u2019hospitalisation est recommandée mais différée pour des raisons familiales.Une diète sèche et hypograisseuse, Anabile, Desi- col, Triketol, et vitamines multiples soulagent quelque peu certains symptômes, mais la patiente continue de se plaindre de gaz, céphalées fréquentes, douleurs variables, fatigue, etc.Le poids descend à 105 Ibs.et s\u2019y maintient pendant 6 mois.\u2014 Hospitalisée en juillet 52.RX: « Vésicule biliaire: présence de nombreux calculs » « Estomac: normotonique, courbures et faces régulières sans lésion pariétale décelable à l\u2019estomac, au bulbe ou au duodénum.Dans la position verticale, le fond LECOURS: PNEUMOPÉRITOINE L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 se trouve à 4 travers de doigt au-dessous de la crête iliaque ».Cholécystectomie sans incident.\u2014 De retour chez elle, les mêmes douleurs et troubles digestifs réapparaissent.Le poids est à 106 en nov.52.Le pneumopéritoi- ne est proposé mais non accepté.Pendant l'année 53 la patiente est suivie par un confrère qui preserit du régime, des sédatifs, des vitamines et des séries d\u2019injections toniques.Elle revient en septembre 54 avec les mêmes symptômes: douleurs épigastriques et iliaques, céphalée matinale, constipation à 2 ou 3 jours, asthénie le poids est à 108 lbs.\u2014 Comme il s\u2019agit d\u2019une femme intelligente, institutrice plein-temps à l\u2019école primaire, qui s\u2019occupe de ses grands enfants le soir et accomplit ses travaux domestiques par temps libres, je ne la soupçonne pas de cultiver ses symptômes par intérêt, je lui propose de nouveau le pneu- mopéritoine.Synopsis du traitement: 1/900 \u2014 2/700/10 \u2014 3/800/21 \u2014 4/750/20.Résultats: A partir du deuxième traitement les gaz n\u2019incommodent plus, l\u2019appétit est meilleur, les digestions beaucoup plus faciles.La patiente peut « luncher » entre les repas et le poids atteint 112 lbs.Après le dernier traitement l'intestin fonctionne régulièrement sans laxatif et toute douleur iliaque disparaît.Le poids se maintient entre 118 et 126 depuis plus de 2 ans.Ne consulte plus que pour des poussées d\u2019urticaire sans gravité et pour contrôle de pression artérielle et palpitations émotives.Observation 9.Femme, nullipare, 55 ans, 58\u201d, 90 lbs., hypotension viscérale.Histoire: Ménopausée depuis 12 ans.Se plaint de douleurs épigastriques et tiraillements après les repas.Sensation de ballonnement haut, rétrosternal.Constipation de plus en plus rebelle nécessitant l\u2019usage régulier de laxatifs.S\u2019éveille la nuit 4 ou 5 fois par semaine et perd environ 2 hres de sommeil à absorber de petites doses de bicarbonate et à tenter des éructations qui ramèneraient des gaz.À l\u2019examen clinique: stase caecale cer- L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 taine et boudin sigmoïde palpable, RX: « Estomac élongé dont le fond est au-dessous de la ligne bi-épineuse de toute la largeur d\u2019une main ».Dolichosigmoide assez important, mais on ne trouve pas de lésion pariétale.Transverse à segment central bas situé ».Patiente référée le 31 octobre 53.Synopsis du traitement: 1/700 \u2014 2/450/7 \u2014 3/550/14 \u2014 4/700/28 \u2014 5/850/28 \u2014 7/700/35.Résultats: Dès le premier traitement, après quelques jours d\u2019adaptation au volume aéri- que au cours desquels la patiente accuse de fortes douleurs à la taille, une certaine gêne respiratoire et un malaise douloureux à l\u2019épaule droite, l\u2019appétit s'améliore et le ballonnement épigastrique disparaît.À la deuxième visite elle déclare: « Je n\u2019ai plus de gaz comme auparavant et si j'en ai après les repas, ils reviennent facilement.Je digère des mets que je ne me serais pas permis depuis 10 ans.Mon intestin fonctionne chaque matin sans pilule laxative.» Après la dernière insufflation, le poids se fixe à 96 lbs., et la patiente disparaît pour plus de 15 mois.Elle se présente à nouveau le 13 mai 55.À la suite d\u2019une période de travail excessif à la banque où elle est employée depuis 30 ans, les malaises digestifs sont réapparus.Elle réclame quelques insufflations.D\u2019où: 1/700 \u2014 2/600/11 \u2014 3/700/9 \u2014 4/600/21.Seconde cure superposable à la première, et pas de récidive depuis 24 mois.Observation 10.Femme, 1-pare, 45 ans, 64\u201d, 106 lbs., hypotension surtout viscérale.Histoire: Traitée par divers médecins depuis une dizaine d\u2019années pour côlon spasti- que, migraine à 2 ou 3 crises par mois et dysménorrhée.Se plaint de constipation chronique et douleurs fréquentes localisées à l\u2019abdomen inférieur droit.Selles liquides multiples précédées de coliques si elle force le moindrement la dose laxative qu\u2019elle absorbe chaque soir, ou encore si elle triche quelque peu la diète sèche et sans résidu.À l\u2019examen phy- LECOURS: PNEUMOPÉRITOINE 1375 sique il ne fait aucun doute qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une gastro-entéroptosée.Synopsis du traitement: 1/1050 \u2014 2/600/7 \u2014 3/400/7 \u2014 4/400/9 \u2014 5/650/13 \u2014 6/800/22 \u2014 7/800/36 \u2014 8/700/44.Résultats: Dès les premiers pneumo la patiente rapporte que ses digestions s\u2019améliorent et qu\u2019elle passe facilement des gaz.Elle continue de prendre un laxatif au coucher mais l\u2019évacuation de l\u2019ampoule se fait plus facilement et exige moins d\u2019effort.Après le cinquième elle abandonne le régime sec, se permet des salades de légumes crus qu\u2019elle digère facilement et note qu\u2019elle peut s\u2019abstenir de laxatif 3 ou 4 jours par semaine.Les migraines sont moins intenses et durables, la céphalée légère du matin disparaît complètement.Après le dernier traitement l\u2019intestin fonctionne spontanément une fois par jour pour des périodes de 10 à 15 jours.Si la stase survient, elle peut s\u2019aider avec une c.à table de magnésie et cascara sans risquer une fatigante débâcle.Pas de récidive depuis 26 mois.La patiente est encore menstruée régulièrement mais avec moins de tension douloureuse.La migraine, mensuelle ou bi-mensuel- le, est mieux tolérée.Le poids se maintient entre 112 et 114.Je pense qu\u2019il serait inutile et fastidieux de poursuivre plus longtemps ces histoires de cas particuliers.Celles que je viens de rapporter représentent l\u2019échantillon moyen de quelque 60 malades personnels soumis avantageusement à l\u2019action thérapeutique du pneu- mopéritoine.Pour compléter ma confession, je dois avouer une autre série de patients hypotendus, une quinzaine peut-être, chez qui le traitement suggéré a été suspendu après la première ou la seconde insufflation.Il faut se souvenir que l\u2019hypotension abdominale, pas plus d\u2019ailleurs que l'hypertension artérielle, ne protège le patient contre la crainte puérile du traitement proposé.Il faut se rendre compte que l'indication la plus objective peut parfois tomber sur un patient qui se réfugie consciemment ou non dans ses vieux symptômes pour conserver les avantages sociaux qu\u2019il en tire depuis longtemps.Ce vé- 1376 ritable psychosomatique est aussi fréquent chez l\u2019hypotendu de l\u2019abdomen que chez l\u2019hypertendu des artères, et dès qu\u2019on l\u2019a compris Je crois qu\u2019il vaut mieux suspendre le pneumo jusqu\u2019au signal d\u2019un psychiatre satisfait.Je termine ces considérations physiopatho- logiques en exprimant l\u2019espoir que les mécanismes d'action du pneumopéritoine thérapeutique soient bientôt éclairés par une étude expérimentale sérieuse et poussée de toutes les pressions abdominales humaines.Je suis d\u2019ailleurs convaineu que le jour où cette étude sera entreprise n\u2019est plus très lointain, car une revue sommaire des publications prouve incontestablement que l\u2019on s\u2019intéresse depuis des années et de plus en plus à des pressions abdominales relativement localisées telles que les pressions vésicales, utérines, tubaires, gastriques, duodénales, vésiculaires, coliques, por- tales, etc.ete.Au moment méme ou j\u2019écris ces lignes, le magazine Life (7) apprend au monde entier que les Drs V.K.Zworykin et J.Farrar viennent d\u2019introduire un poste de radio dans une capsule qui sera avalée par nos patients et qui transmettra à un poste récepteur toutes les pressions qu\u2019elle rencontrera au cours de son voyage dans les voies digestives.Evidemment, toutes ces pressions localisées offrent un intérêt immédiat qui ne peut être mis en doute, mais leur véritable importance clinique ne dépasse pas, à mon avis, celle que révélerait la mesure des grandes pressions abdominales, de ces pressions à la fois constantes, variables et généralisées LECOURS: PNEUMOPÉRITOINE LL Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 qui n\u2019ont pas d\u2019autres causes que le poids et le volume viscéral, la tonicité et la contractilité pariétales, et qui, de ce fait, influent très certainement sur toutes les autres.Pour exprimer sans gêne tout le fond de ma pensée, je dirais que la physiologie de l\u2019abdomen, en tant que cavité musculaire, me parait actuellement aussi avancée que le serait la cardiologie si le cardiologiste n\u2019avait jamais eu l\u2019occasion ou l'imagination d\u2019apprendre à mesurer la grosse pression artérielle systolique, celle qui témoigne vraiment de l\u2019effort intense, bref et total du muscle cardiaque, tout en sachant mesurer convenablement les pressions capillaires au niveau du rein, du cervelet ou du lobule de l\u2019oreille.BIBLIOGRAPHIE 1.Andrew L.BANYAI: Pneumoperioneum Treatment.C.V.Mosby Co., St-Louis, 1946.2.J.DUOMARCO et R.RIMINI: La Pression Intraabdominal en el Hombre.Libreria \u201cEl Ateneo\u201d, Buenos Aires, 1947.3.R.LECOURS: Intra-Abdominal Pressures.Can.Med.Assoc.Journal, 55: 450, 1946.4.R.LECOURS: La mesure des pressions abdominales humaines.L\u2019Union Méd.du Canada, 76: 1082 (septembre) 1947.5.J.Marion SIMS: Clinical Notes on Uterine Surgery.William Wood & Co., New-York, 1873.6.R.LECOURS: Considérations pressions abdominales et le L'Union Méd.du Canada, 82: 7.Radio Made to Swallow.Life 74 (29 avril), 1957.cliniques sur les pneumopéritoine.992 (sept.) 1953.(magazine), 42: RECUEIL DE FAITS LA PLEURÉSIE SÉRO-FIBRINEUSE TUBERCULEUSE TRAITÉE PAR L\u2019ACTH Paul-René ARCHAMBAULT, Médecin des Hôpitaux Saint-Luc et Maisonneuve (Montréal).Avant 1951, l\u2019emploi de la cortisone et de ACTH au cours de l\u2019infection tuberculeuse était considéré comme un acte dangereux.Depuis ce temps, les nombreux travaux expérimentaux ont démontré que chez le cobaye et la souris, les lésions tuberculeuses évoluaient vers le pire, lorsqu\u2019on leur injectait de la cortisone ou de ACTH.La caséification pouvait atteindre des proportions rapidement graves.Les apparitions, les extensions de ces lésions à cette époque faisaient l\u2019accord de tous les chercheurs pour écarter cette thérapeutique chez l\u2019homme.Cette unanimité ne pouvait durer bien longtemps.En effet, en 1951, Coste et Turiaf, en traitant par les hormones des malades souffrant de polyarthrite chronique évolutive ou d\u2019asthme, ne voient pas l\u2019état pulmonaire de ces malades s\u2019aggraver, bien qu\u2019ils soient porteurs de lésions tuberculeuses.Malgré ces constatations faites, à la suite de maints auteurs, I\u2019 « American Trudeau Society » en 1952, pour ne nommer que celle-là, continue à condamner l\u2019emploi de la cortisone et de l\u2019'ACTH non seulement chez les patients porteurs d\u2019une tuberculose active, mais aussi chez ceux qui souffrent de tuberculose latente.À cette époque, pour le plus grand nombre, l\u2019existence d\u2019une inflammation tuberculeuse comporte l\u2019une des premières contre-indications à l\u2019usage de l\u2019'ACTH et de la cortisone.Aussi les opinions devien- nent-elles de plus en plus controversées du fait qu\u2019il y a des chercheurs qui obtiennent de beaux résultats dans certaines formes d\u2019inflammation tuberculeuse.Il y a, par exemple, les faits qui sont rapportés par Turiaf en 1951, dans une revue générale sur la cortico- thérapie chez les tuberculeux pulmonaires.Aussi la notion de nocivité de 'ACTH et de la cortisone chez les porteurs d\u2019une infection tuberculeuse perd-elle du terrain, même si dans certains autres milieux, on continue à manifester une très grande réserve pour ne pas dire une complète réprobation.Mais avec les années, s\u2019accumulent des travaux faits dans différents pays.Ils nous donnent des idées nouvelles.Au tout début de 1955, Barré Danrigal et Richer rapportent leurs résultats obtenus par l\u2019emploi de la corticothérapie chez 25 malades de tuberculose pulmonaire: « Dans une certaine mesure, écrivent-ils, les lésions paraissent d\u2019autant mieux réagir à la thérapeutique hormonale, qu\u2019elles sont plus récentes et surtout plus congestives et évolutives.Tout se passe comme si la thérapeutique hormonale rendait aux antibiotiques une action qu\u2019ils avaient manifestement perdue depuis longtemps.» A la suite des succès obtenus chez leurs 25 tuberculeux pulmonaires traités par les hormones, Barré et ses collaborateurs espèrent que l\u2019on «va sortir de la classique réserve vis-à-vis l\u2019emploi de l'ACTH et de la cortisone chez les malades d\u2019une affection pulmonaire, tout en manifestant une grande prudence dans leur emploi ».En décembre 1955, Even, Sors Trocmé et leurs collaborateurs constatent que la situation n\u2019est plus la même.Ils s\u2019expriment ainsi: «Sur le plan clinique, plusieurs auteurs ont été amenés, à la faveur de résultats fortuits, à étudier plus avant l\u2019action de l\u2019hormonothérapie sur certaines formes de l\u2019inflammation tuberculeuse.Parallèlement, les techniques expérimentales se sont faites plus précises et ont permis de montrer que 1378 ACTH et la cortisone administrées a des doses semblables à celles qui sont utilisées chez l\u2019homme n\u2019ont pas l\u2019action systématiquement défavorable que les premiers auteurs leur avaient prêtée.Au surplus l\u2019association avec les antibiotiques renforce les possibilités d\u2019action; si bien que rien ne nous permet aujourd\u2019hui de refuser au traitement hormonal la grande part qui doit lui venir à juste titre dans la thérapeutique antituberculeuse ».Fig.1.\u2014 Malade à son arrivée.Les travaux cliniques, anatomiques et expérimentaux faits par Even, Sors Trocmé et leurs collaborateurs parus dans la Revue de la Tuberculose, déc.1955, donnent «une conception nouvelle de la phtisiogénèse, en attachant moins d\u2019importance au bacille tuberculeux.Si l\u2019on compare le nombre de travaux qui se sont attachés à préciser la constitution, le comportement, la sensibilité, la résistance du bacille de Koch et le nombre de ceux qui ont tenté de déprécier une ou plusieurs des conditions locales ou générales favorables ou défavorables à son développement, le divorce apparaît évident en faveur des premiers.Or comme tout processus infectieux, le développement de l\u2019inflammation tuberculeuse nécessite à la fois la présence ARCHAMBAULT: PLEURESIE TUBERCULEUSE.L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 d\u2019un germe pathogène et celle d\u2019un milieu favorable.À ne considérer, continuent-ils, la thérapeutique sous l\u2019angle bactéricide, sans chercher à modifier les conditions locales ou générales qui favorisent la pullulation ou la diminution du germe, on risque, tôt ou tard, une impasse.Il n\u2019est certes pas question de minimiser la valeur des antibiotiques, ni de contester la qualité des résultats que nous leur devons.Mais à l\u2019instar de ce qui se passe vis-à-vis d\u2019autres germes, leur action Fig.2.\u2014 Cinq jours plus tard.bactéricide ne semble plus aussi constante.Nous sommes actuellement frappés du nombre de malades atteints de tuberculoses, non seulement anciennes, mais aussi récentes et localisées, qui, loin de s\u2019améliorer, demeurent stationnaires ou même s\u2019aggravent sans antibiotiques.Des poussées évolutives, traduites, par une extension souvent importante de lésions, s\u2019observent dans les mêmes conditions avec une fréquence qui n\u2019est pas négligeable.Enfin, les récidives après traitements antibiotiques les plus correctement conduits sont loin d\u2019être rares.Il devient done chaque jour plus indispensable d\u2019apporter une aide aux antibiotiques en essayant d\u2019agir sur les facteurs tissulaires non spécifiques qui régissent l\u2019avenir de l\u2019inflam- L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 mation.C\u2019est dans cet esprit que doit être envisagé l\u2019aspect important du traitement par les hormones hypophyso-surrénales ».L\u2019ACTH et la cortisone ne sont pas systématiquement dommageables; si ces hormones sont employées seules sans antibiotiques, elles peuvent aggraver une infection tuberculeuse méme latente.Par ailleurs, si nous les utilisons avec les antibiotiques, elles peuvent rendre des services incalculables, surtout au Fig.3.\u2014 Huit jours plus tard.cours des tuberculuoses séreuses qui ont été l\u2019objet des premières tentatives du traitement hormonal.Plus récemment encore, le docteur Rent- chnick dans une lettre de Suisse adressée à L'Union Méd.du Canada, août 1956, écrit: «La place de la cortisone et de ses dérivés, dans le traitement de la tuberculose pulmonaire fait souvent l\u2019objet de discussions souvent contradictoires.on pense que les indications de la cortisone reposent avant tout sur son action anti-inflammatoire.Ce sont donc essentiellement les tuberculoses de type pneumonique, les miliaires récentes, les épanchements séreux qui réagiront à l\u2019hormonothérapie.La cortisone (ACTH) en diminuant la perméabilité capillaire et la perméabilité de la substance fondamentale, produi- ARCHAMBAULT: PLEURESIE TUBERCULEUSE.1379 rait une sorte d\u2019isolement fonctionnel des foyers tuberculeux.Dans les lésions anciennes, cette action est indésirable puisque les antibiotiques ne pourront plus parvenir dans les zones malades.Par contre, dans les 1é- sions exsudatives, ou le foyer spécifique est très peu important en regard de la lésion périlésionnelle, la cortisone apportera un bénéfice certain, car le malade est plus malade de cette réaction excessive que de sa tuber- Fig.4.\u2014 Trois jours après début de l\u2019ACTH.culose.La cortisone doit toujours être appliquée sous couverture d\u2019antibiotiques.» Une fois ces témoignages préliminaires rapportés abordons, sans plus tarder, l\u2019objet de cette communication.Le 16 mai 1955, nous sommes appelés auprès d\u2019un patient, jeune marin de 16 ans, costaud, et qui se dit malade depuis la veille.Il souffre d\u2019un point de côté au thorax gauche, accompagné de dyspnée intense, de frissons épuisants.La température oscille entre 100 et 103.L\u2019hémithorax gauche est immobilisé.La toux est quinteuse, déchirante.La diaphorèse est abondante.Il paraît intoxiqué, il est anxieux.Nous pensons à une atteinte pleurale avec évolution rapide vers un épanchement.Nous le faisons transporter à l\u2019hôpital St-Luc. 1380 Premier fait à noter.Au cours de l'hiver précédent, il contracte deux fortes infections grippales qui le forcent à prendre le lit.Deuxième fait: un oncle est décédé à 48 ans de tuberculose pulmonaire au cours de ce même hiver.Ce parent habitait chez notre jeune malade depuis de nombreuses années.Le contage est évident.Les principales analyses donnent les rapports suivants: Urine: rien de particulier; Fig.5 \u2014 Malade à sa sortie.Hémogramme: hémoglobine: 80; Gl.rouges: 4 580,000 ; Gl.blancs: 11,850.Val.gl., .90; polynucléaires, 82; lymph., 8; gr.monos.9; éosinophile, 1; Urée, 0.335; Glycémie, 0.96.Test de Montoux: fortement positif.Sédimentation corrigée à 25 (au départ, elle est à 12).La ponction exploratrice (10cc): Exsudat séro-fibrineux jaune citrin.Protéine, 4.5 g.; globules blanes 560.Nous n\u2019avons pu répéter la ponction.Dès son arrivée, nous institutons la médication suivante: Fortimycine à haute dose.Achromycine - 100 mg.en injection intramusculaire aux 12 heures.Erythromycine et sulfa par la bouche.Nous ajoutons l\u2019INH et le P.A.S.à raison de 3 comprimés 4 fois par jour.Malgré cette médication, la maladie évolue rapide- ARCHAMBAULT: PLEURESIE TUBERCULETUSE.I.'\"Union M/!d.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 ment et gravement.Le liquide augmente rapidement.La douleur, la dyspnée, la cyanose indiquent que le malade va de plus en plus mal.Quatre jours après son admission à l\u2019hôpital, le hasard nous met sous les yeux la «Revue de la Tuberculose », mars 1955, contenant un travail de Sors et Troemé intitulé: «'Traitement des pleurésies séro-fibrineuses tuberculeuses par l\u2019'ACTH ».Les auteurs rap- Fig.6.\u2014 Trois mois après sa sortie de l'hôpital.portent sept cas de pleurésie séro-fibrineuse tuberculeuse.Les sept malades reçoivent de ACTH avec succès surtout chez les quatre premiers qui souffrent de pleurésie séro-fi- brineuse aiguë.Ce sont tous des sujets jeunes, comme l\u2019est notre patient.L\u2019ACTH est employé selon la technique suivante une perfusion quotidienne intraveineuse (8 hres 15) de 10 à 20 me.d\u2019ATCH dans 250 cc.de sérum glucosé, durant une quinzaine de jours en moyenne.On ajoute au sérum 1 gramme de streptomycine associée ou non à l\u2019isoniazide ou au PAS.Les résultats rapportés par Sors et Trocmé sont les suivants: la guérison est rapide, mé- me spectaculaire, surtout dans les pleurésies primitives aigués.En moins de 15 jours, L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 on assiste à un nettoyage radiologique complet qui semble ne causer aucune symphyse, surtout si le traitement est institué précocement.Au cours des épanchements d\u2019allure sub- aiguë ou chronique, les auteurs disent qu\u2019au bout de quelques jours, à la suite des merveilleux résultats du début, 11 y a par apres, un certain ralentissement.La régression n\u2019est pas aussi complète.La guérison est plus Fig.7.\u2014 Huit mois après sa sortie de l\u2019hôpital.lente a venir.L\u2019hormonothérapie est toujours intéressante à tenter, surtout quand nous savons « que ces épanchements traînants sont spontanément intarissables et qu\u2019ils sont la source de pachypleurites étendues ».La vole intramusculaire peut aussi être employée.Mais la dose doit être augmentée.Au lieu de 10 à 20 mg, il faut monter à 75 ou 100 mg.d\u2019ATCH.Une recommandation essentielle des auteurs est à retenir: toujours associer les antibiotiques à l\u2019'ACTH.Ici tout le monde est d\u2019accord même aujourd\u2019hui.Quels sont les résultats notés par les auteurs?Au point de vue local: l\u2019épanchement disparaît rapidement en quelques jours pour se tarir en une quinzaine de jours sans laisser ARCHAMBAULT: PLEURESIE TUBERCULEUSE.1381 d\u2019adhérence ni de pachypleurite.Ces faits sont constatés au maximum dans les processus inflammatoire aigus, très exsudatifs et surtout si cette thérapeutique est employée hâtivement.Au point de vue général, l\u2019'hormonothérapie provoque une chute de la température, une disparition de la toux et de la dyspnée, l\u2019appétit revient, le poids augmente et le malade devient euphorique.Intrigué par cette thérapeutique vraiment extraordinaire, nous nous informons à cette époque auprès de plusieurs phtisiothérapeutes montréalais afin de savoir si on a tenté un semblable traitement chez de tels malades.Les réponses sont toutes négatives.Nous mettons de côté nos hésitations fort compréhensibles dans les circonstances, car notre malade va de plus en plus mal.Le 24 mai 1955, soit 7 jours après son admission ou 8 jours après le début de cette pleurésie, nous suivons le chemin tracé par Sors et Trocmé.Nous faisons des injections intra-musculaires d\u2019'ACTH à la dose de 35 mg aux 12 heures, tout en continuant les antibiotiques et cela durant 18 jours.Les heureux résultats ne se font pas attendre.Dès le lendemain de l\u2019hormonothérapie, nous assistons à une amélioration rapide des symptômes généraux et locaux comme ceux rapportés plus haut.Après la quatrième journée la température est presque normale.Le liquide pleural se dégrade sensiblement pour n\u2019en constater aucun vestige à son dé- 169 Fig.8.\u2014 Pleurésie séro-fibrineuse tuberculeuse traitée par TACTH. 1382 part, soit 22 jours après la première injection d\u2019ACTH.En scopie, les mouvements de la cage thoracique et des diaphragmes indiquent bien qu\u2019il ne paraît y avoir aucune adhérence, aucune séquelle.A n\u2019en pas douter notre malade souffre bien de pleurésie séro-fibrineuses tuberculeuse aiguë (Contage évident, Montoux positif, exsudat sérofibrineux, sédimentation 25).L\u2019ACTH trouve alors son indication idéale.La pleurésie séro-fibrineuse tuberculeuse n\u2019est pas une maladie banale.Elle s\u2019attaque assez souvent au poumon.Par sa pachy- pleurite, elle peut gêner considérablement la fonction respiratoire par ses adhérences pleurales qui s\u2019opposent au pneumothorax thérapeutique ou au pneumopéritoine toujours éventuels après cette atteinte tuberculeuse.De l\u2019avis de Sors et Trocmé, la morbidité est de 40 pour 100, alors que la mortalité se chiffre à 20 pour cent.Grâce à cette nouvelle thérapeutique, de tels dangers semblent pour le moins diminués.Heureusement, nous pouvons vous donner des nouvelles de notre malade.Bien sûr, à son départ, nous le prévenons des dangers toujours possibles.Nous insistons sur le repos d\u2019au moins une année.Comme chez bien d\u2019autres malades, celui-ci passe outre.Au bout de deux mois de repos, il s\u2019embarque sur son bateau et reprend ses activités maritimes.Le 19 novembre 1955, soit cinq mois plus tard, nous recevons une lettre de son médecin auquel nous l\u2019avons confié, lui-même phti- siothérapeute.Il nous éerit: «Le malade se porte très bien, il a engraissé de 14 livres, il travaille depuis quelques mois malgré nos conseils.Rien à faire.Il admet qu\u2019il se fatigue plus vite qu\u2019auparavant.Mais l\u2019auseul- tation ne révèle aucun signe de pathologie pleuropulmonaire.À la radioscopie, le thorax et les diaphragmes fonctionnent très bien.Les culs de sac s\u2019ouvrent bien.D\u2019ailleurs une radiographie récente à cette époque donne une image tout à fait normale.Puis en août ARCHAMBAULT: PLEURESIE TUBERCULEUSE.L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 1956, soit 15 mois après le début de la maladie, nous recevons une autre lettre de son médecin.Le patient travaille toujours et il va très bien.Le tout est accompagné d\u2019une autre radiographie qui est normale.Il y a trois mois, aux dernières nouvelles, la guérison se maintient toujours.Nous n\u2019avons pas la prétention d\u2019avoir inventé quoi que ce soit.Mais peut-être sommes-nous, du moins à Montréal, les premiers (retournons en mai 1955) qui avons employé l\u2019'ACTH au cours d\u2019une manifestation pleurale tuberculeuse aiguë.S'il ne s'agissait que de notre apport à l\u2019étude de cette question, cela ne comporterait pas un très gros atout.Mais en nous fiant aux nombreux travaux qui se font dans le monde, il est permis de conclure que les propriétés anti-inflammatoires des corps stéroïdes occupent une place de plus en plus importante dans la thérapeutique anti-tuber- culeuse, en les employant toujours sous le couvert des antibiotiques.G.Charpin et Béranger écrivent que «si l\u2019on considère le très grand nombre de malades qui sont traités de par le monde par les hormones, et que, parmi eux, il existe à n\u2019en pas douter, bien des porteurs de tuberculoses méconnues, on est frappé par la rareté de ces accidents ».Le risque tuberculeux en corti- cothérapie paraît assez négligeable.Il n\u2019en impose pas moins une surveillance pulmonaire lors de la mise en route et de la poursuite d\u2019un traitement hormonal.» Il est un fait évident.On ne peut affirmer que la cortisone et l\u2019'ACTH sont susceptibles d\u2019être recommandés dans le traitement standard de la tuberculose.Il est permis cependant de croire qu\u2019il y a des indications à son emploi.Ces indications se précisent de plus en plus avec les années, même si cette thérapeutique offre des dangers incontestables.A la suite de Bethori et Nerle, la plupart des travaux viennent confirmer l\u2019opinion que les indications et les résultats des corticostéroïdes dans la maladie tuberculeuse sont les mêmes que ceux de l\u2019'ACTH.L\u2019action cependant de l\u2019ACTH dans les pleuré- L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 sies avec épanchements semble plus évidente.C\u2019est ce que nous venons de démontrer.BIBLIOGRAPHIE C.SORS, J.ROUJEAU, Y.TROCME et R.TES- TARD: Indications et résultats du traitement des tuberculoses séreuses et de la tuberculose pulmonaire par ACTH associé aux antibiotiques.Revue de la Tuberculose, 18: 522, 1954.C.SORS, J.ROUJEAU, Y.TROCME et R.TES- TARD: Revue de la Tuberculose, 18: 584, 1954.J.A.MYERS: Tuberculosis Pleurisy with Effusion.Arch.of Internal Medicine, 96: 191 (août) 1955.H.P.KLOTZ et A.GUEZ: Les suites éloignées de quelques traitements cortisoniques au cours de la tuberculose pulmonaire.Bull.et Mémoires de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, 71: 320, 1955.V.LEDERER, P.MANNES, R.DERRIKS et R.NICAISE: Le traitement de certaines formes de tuberculose pulmonaire par l\u2019association d\u2019ACTH et d\u2019antibiotiques.Bull.et Mémoires de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, 71: 273, 1955.S.DOUBROW: Corticothérapie et tuberculose.Revue de la Tuberculose, 20: 249 (mars) 1956.H.WAREMBOURG et PAUCHANT : Essais de cor- ticothérapie en tuberculose pulmonaire.Revue de la Tuberculose, 19: 1352, 1955.E.BARRE, A.DANRIGAL et J.L.RICHIER: Résultats obtenus par la corticothérapie surrénale (ACTH et cortisone) au cours de la tuberculose pulmonaire (25 cas).Revue de la Tuberculose, 19: 698, 1955.H.WAREMBOURG, G.PAUCHANT, GUILLY et GRAILLOT: Essais de thérapeutiques antiinflam- matoires non spécifiques en tuberculose pulmonaire.Revue de la Tuberculose, 19: 750, 1955.G.BICKEL, M.CHAUVET, C.CHASSOT et J.DUFOUR: Tuberculose pulmonaire et corti- ARCHAMBAULT: PLEURESIE TUBERCULEUSE.1383 sone.Bull.et Mémoires de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, 71: 543, 1955.R.EVEN, C.SORS, A, DELAUDE, J.ROUJEAU, Y.TROCME, G.COMMARE: La place des hormones hypophyso-surrénales dans le traitement de la tuberculose, 19: 1249 (mai) 1955.G.BROUET, J.MARCHE, M.JAIS, J.CHRETIEN, M.SERFATI, Mme J.MALLET: Etude expérimentale et clinique de l\u2019hormonothérapie hypophyso-surrénalienne dans l\u2019infection tuberculeuse.Bull.et Mémoires de la Soc.Médicales des Hôpitaux de Paris, 79: 1303 (déc.) 1955.C.SORS et Y.TROCME: Le traitement des pleurésies séro-fibrineuses par l\u2019ACTH.Revue de la Tuberculose, 18: 167, 1954.E.LEBACQ et A.TIRZMALIS: Le traitement des épanchements séro-fibrineux tuberculeux par PACTH.Revue de la Tuberculose, 18: 898, 1954.J.LEDERER, P.MANNES, R.DERRIKS et P.NICAISE: Heurs et malheurs d\u2019un traitement hormonal dans un cas de Tuberculose.Bullet Mémoires de la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, 72: 249, 1956.POPP, G.CAROL, OTTENSEN, POUL et BRASHER: Cortisone and Pulmonary Tuberculosis.Journ.of the American Medical Association, 147: 241, 1951.R.HOADS, S.PAUL: ACTH and Cortisone in Active Infection.A.M.A.Archives of Internal Medicine, 87: 1, 1951.Théodore GREINER: The Current Uses of Cortisone and ACTH.American Journal of Medical Sciences, 223: 553 (mai) 1952.J.CHARPIN et J.BERANGER: Le \u201cRisque Tuberculeux\u201d en cortisonothérapie surrénale.La Presse Médicale, 64: 1507, 1956.P.RENTCHNICK: Premier symposium sur la prednisone.L\u2019Umon Médicale du Canada, 85: 67, 1956. À PROPOS DE L\u2019'EXCRÉTION HÉTÉROTROPIQUE DES MILIEUX DE CONTRASTE ! A.-F.VALLÉE, M.A., M.D., M.A.C.R., Hôpital Sainte-Jeanne-d\u2019Arc En novembre 1954, Mme O.G., 42 ans, est hospitalisée pour la première fois, avec un diagnostic d\u2019entrée de lithiase rénale droite, bronchite asthmatiforme, arthrite chronique et débilité générale ; son examen d\u2019urines, sa formule sanguine, son azotémie et sa glycémie sont sans particularité.A l\u2019examen physique, l\u2019on note une douleur à la région lombaire droite; les poumons sont remplis de râles sibilants et de rhoncus.Elle est référée au Service de Radiologie pour clichés pulmonaires, urographie endoveineuse et pyélographie rétrograde.Ces deux derniers examens sont pratiqués le même matin, à environ 1 heure d\u2019intervalle.Le cliché simple de l\u2019arbre urinaire révèle simplement la présence de gaz en grande quantité dans le tractus digestif; il n\u2019y a pas de calcul spontanément décelable; la vésicule biliaire n\u2019est pas visible.Après l\u2019in- Jection intraveineuse d\u2019Urokon, l\u2019excrétion bilatérale est immédiate.Le système excréteur du rein gauche est d'apparence tout a fait normale.Il y a légère dilatation du bassinet droit et stricture à la jonction pyélo-urétérale, attribuables à une compression à ce niveau, possiblement par vaisseau aberrant.Debout, l\u2019excursion rénale est en dedans de la normale et la vessie ne présente pas de particularité.Les uretères, visibles sur toute leur longueur, ne montrent ni déformation ni caleul.En somme, un examen radiologique révélant une fonction rénale absolument normale des deux côtés et morphologiquement, une malformation congénitale probable de la jonction urétéro-pyélique droite, sans importance particulière pour ce qui nous intéresse, mais expliquant jusqu\u2019à un certain point la douleur subjective et objective de la région lombaire de ce côté.Dans le seul but de compléter l\u2019examen, l\u2019on fait la pyélo- graphie rétrograde, sous anesthésie générale.Le premier cliché, exposé un peu plus d\u2019une 1.Travail présenté à la Société Canadienne-Franc.de Radiologie et d\u2019Electrologie médicales, 11 mai 1957.(Montréal).heure après l'injection d\u2019Urokon qui, entre parenthèses, a été pratiqué suivant la technique habituelle, c\u2019est-à-dire lente, montre une excellente coloration de la vésicule biliaire et du cystique.L\u2019examen par ailleurs ne fait que confirmer les constatations de l\u2019urographie en- doveineuse.Le phénomène de l\u2019imprégnation de la vésicule éveille notre intérêt et nous suggérons une cholécystographie orale au té- lépaque, qui est pratiquée le lendemain et démontre une vésicule de fonction ct de morphologie normales.Nous classons le cas a notre Index, et tout est dit.Cependant, dans les cing mois qui suivent, nous avons l\u2019occasion de voir se répéter 7 fois ce phénomène d\u2019imprégnation vésiculaire à la suite d\u2019un examen rénal par Urokon intraveineux et toujours dans des conditions à peu près identiques: pyélographie rétrograde de contrôle, urographie prolongée, lavement ou repas pratiqués le matin même de l\u2019urographie endoveineuse; dans les trois cas d\u2019urographie prolongée, il s'agissait de troubles de l\u2019excrétion d\u2019un seul côté, par obstruction partielle de l\u2019uretère, deux fois par envahissement d\u2019un épithélioma du col utérin et l\u2019autre fois par un calcul de l\u2019uretère inférieur; dans les quatre autres cas, l\u2019examen de l'appareil urinaire était radiologiquement normal.Frappé par ce phénomène qui nous semblait inusité et dont nous ne pouvions relever d\u2019exemple dans la littérature, nous avons décidé d\u2019exposer ces huit cas de «cholécystographie consécutive à une urographie endoveineuse» au Congrès de 1955 de l\u2019Association des Médecins de langue française du Canada.Et nous avons également résolu d\u2019étudier la question plus à fond : durant tout le mois d'octobre 1955, et pour tous les patients hospitalisés présentant une urographie endoveineuse normale, nous avons prolongé l\u2019examen par un cliché d\u2019une heure centré sur la région vésiculaire.Sur 45 cas ainsi examinés, nous avons été récompensés par l\u2019obtention de 25 imprégnations vésicu- L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 laires suffisantes pour ne laisser aucun doute sur l\u2019excrétion de l\u2019Urokon par les voies biliaires, soit un pourcentage de 56.6.Nous avions à notre avis, démontré que ce phénomène pouvait être considéré comme physiologique et comme toujours la paresse aidant, nous en étions resté là.Jusqu\u2019au moment où nous parvenait le volume de février 1957 de Radiology, contenant un article de Arendt et Zgoda (1), intitulé « The heterotropic Excretion of Intravenously injected Contrast Media ».Voici, traduite, la conclusion de ce travail : « on rapporte l\u2019observation rare de l\u2019élimination par le cholédoque et la vésicule biliaire d\u2019un colorant urographique (Hypaque), introduit par voie endoveineuse.Deux cas semblables, rapportés dans la littérature étrangère, sont passés en revue.L\u2019on discute des principes et des implications de cette excrétion hétéro- tropique des milieux de contraste.» Soulignons en passant que les trois cas présentaient un caractère commun: l\u2019absence d\u2019excrétion appréciable du colorant par l\u2019appareil urinaire.Depuis quelques années, les milieux de contraste des sphères que nous appellerons hépatique et rénale ont fait l\u2019objet de recherches pharmaco-dynamiques et radiologiques approfondies; ceci a amené les découvertes successives et rapprochées de colorants de plus en plus perfectionnés et permettant l\u2019étude radiologique chaque jour plus poussée des voies d\u2019élimination biliaires et urinaires, sans parler du cœur, des vaisseaux, des bronches et en somme de toutes les cavités et conduits de l\u2019organisme.En même temps que, grâce à ces recherches, l\u2019on découvrait des produits plus efficaces et moins nocifs, l\u2019on pénétrait plus profondément dans le mécanisme de leur élimination.C\u2019est ce point de vue surtout qui nous intéresse ici.A.A.Porporis (2), D.R.Neuhaus (3), B.Josephson (4) et N.P.G.Edling (5), de 1950 a 1956, établissaient indépendamment le mode d\u2019excrétion des colorants rénaux, démontrant qu\u2019a basse hémoconcentra- tion, le glomérule et le tube participaient tous les deux à l\u2019élimination de la substance iodée, alors qu\u2019à haute hémoconcentration, soit dans les conditions habituelles d\u2019examen, l\u2019excrétion VALLÉE: MILIEUX DE CONTRASTE 1385 ne relève uniquement que de la filtration tubulaire.A.A.Porporis (6) encore et B.Wall (7), en 1953 et 1951, expérimentant les résultats des injections intraveineuses rapides et massives d\u2019Urokon à 70% découvrent non seulement la néphrographie immédiate, mais la splénographie, l\u2019hépatographie et la cholégra- phie tardives; ils expliquent ces colorations par la saturation quasi instantanée de l\u2019organisme par le milieu de contraste.Dans le domaine de la cholégraphie endoveineuse, les travaux de À.Jutras (8) nous sont bien connus; en même temps que S.Nemour-Auguste (9), et K.Huber (10), il démontrait non seulement les avantages du Biligrafin, mais son caractère de test fonctionnel: en cas de diminution de la fonction hépathique, le colorant était éliminé par le rein, produisant une urographie sans cholégraphie.Toutefois, il y a un an, G.Theander (11) étudiant 452 cas consécutifs et non choisis de cholégraphie endoveineuse, démontrait une urographie associée et précoce dans 50% des cas, indépendamment de l\u2019état du foie ou des voies biliaires; il en conclut que dans l\u2019examen au Biligrafin, l\u2019urographie est un phénomène normal et précède la cholé- graphie.Il semble que nos recherches prouvent le même fait en ce qui regarde les colorants rénaux et en particulier l\u2019Urokon: la cholé- graphie ou pour être plus précis la cholécysto- graphie est un phénomène normal et suit l\u2019urographie entre une et deux heures.Ces deux constatations nous permettent peut-être d'espérer que dans un avenir rapproché nous pourrons obtenir successivement et pour une seule injection intra-veineuse une urographie et une cholégraphie; ceci représenterait à la fois pour le radiologue et le patient une économie de temps, d\u2019argent et de troubles, trois facteurs de première importance à tout point de vue.! 1.Après l\u2019envoi pour publication de ce travail, nous avons relevé dans le numéro d\u2019octobre 1957 de Radiology, un article de I.M.et coll.intitulé: « Gallbladder visualization following the use of 70 per cent Sodium Acetrizoate (Urokon Sodium) for Intravenous Pyelography », où les auteurs rapportent le même phénomène et dans des proportions presque identiques. 1386 BIBLIOGRAPHIE (1) I.ARENDT et A.ZGODA: The heterotropic excretion of intravenously injected contrast media.Radiology, 68: 238 (fév.) 1957.(2) A.A.PORPORIS et coll.: Mechanism of Urokon Excretion.Am.J.Roentg., 72: 995 (déc.) 1954.(3) D.R.NEUHAUS et coll.: Biochemical studies on Urokon, new pyelographic medium.J.Hab.and Clin.Med., 35: 43 (janv.) 1950.(4) B.JOSEPHSON: Mechanism of Excretion of renal contrast substances.Acta Rad.38: 299 (oct.) 1952.(5) N.P.G.EDLING et coll.: Comparison of Uro- graphy with selective clearance as Tests of Renal Function.Acta Rad.45: 85 (fév.) 1956.(6) A.A.PORPORIS: Routine clinical experiences VALLEE: MILIEUX DE CONTRASTE L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 using Urokon Sodium 70% in Intravenous Uro- graphy.Radiology, 60: 675 (mai) 1953.(7) B.WALL et D.K.ROSE: Clinical Intravenous Nephrogram: preliminary report.J.Urol, 66: 305 (août) 1951.(8) A.JUTRAS: Cholégraphie endoveineuse: nouveaux aspects de physiologie biliaire ; calculs flottants.L'Union Méd.du Canada, 83: 653 (déc.) 1954.(9) S.NEMOURS-AUGUSTE et N.BARAG: La cholangio-cholécystographie endoveineuse.Presse Méd., 61: 1244 (oct.) 1953.(10) K.HUBER et H.U.STOSSEL: Intravenous Cholangiography with Biligraphin.Schwetg.med.Wehnschr., 84: 117 (janv.) 1954.(11) G.THEANDER: On the visualization of the Renal Pelves in Cholegraphy.Acta Rad, 45: 283 (avril) 1956.LA ROVAMYCINE \u2018 Maurice TREMBLAY et Juliot EDOUARD, Service de Pédiatrie, Hôpital Hôtel-Dieu Saint-Vallier (Chicoutimi).La Rovamycine est un nouvel antibiotique qui a été découvert en France par Pinnert- Sindico (1).Son emploi clinique s\u2019est généralisé en Europe au cours des deux dernières années, et d\u2019après les travaux qui y ont été publiés, le médicament jouirait d\u2019une grande efficacité dans les infections à germes Gram positifs et plus spécialement dans les infections à staphylocoques (2-13).Au Canada, la Rovamyecine fait l\u2019objet d\u2019expérimentation clinique depuis au-delà d\u2019une année.Nous l\u2019avons employée avec beaucoup de succès dans le Service de Pédiatrie de l\u2019Hô- tel-Dieu et à l\u2019Orphelinat Immaculée.de Chi- coutimi, principalement dans de nombreux cas de pyodermite.Nous avons également traité avec succès avec la Rovamycine en association à d\u2019autres antibiotiques, un cas de méningite aiguë suppurée à staphylocoques.Les résultats rapides et satisfaisants que nous avons obtenus dans les infections sta- 1.Rovamycine, marque de commerce de la spi- ramycine, 5337 R.P.Ce produit a été gracieusement mis à notre disposition par Poulene Limitée, Montréal.phylococciques nous ont incité à utiliser ce nouvel antibiotique dans le traitement d\u2019affections causées par des germes autres que le staphylocoque et notamment dans la coqueluche.Les succès thérapeutiques obtenus là où les médications usuelles avaient échoué ont confirmé ceux rapportés par Dupoux et Khiari (14) et nous portent à attirer l\u2019attention des praticiens sur ce nouveau médicament.Nous rapportons ci-après, 12 observations qui nous paraissent particulièrement démonstratives.Observation 1.F.S., âgée de 3 mois, est hospitalisée le 9 mars 1957 pour quintes de toux persistantes depuis 8 jours et suivies de vomissements.Les examens cliniques et de laboratoire nous font penser à un cas de pneumo-coqueluche.Un traitement à la chloromycétine est institué en même temps que l\u2019enfant reçoit une médication adéquate destinée à améliorer son état général très affecté par suite des vomissements répétés. L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 Si la température redevient complètement normale après quelques jours et si une certaine amélioration est notée quant à l\u2019effet général, la toux persiste de plus belle et après une vingtaine de jours d\u2019hospitalisation, l\u2019enfant perd les forces qu\u2019elle avait pu récupérer.Les vomissements recommencent avec un caractère plus grave, les quintes de toux se montrent de nouveau de plus en plus marquées et fréquentes.En face de ce tableau nettement inquiétant que présente la petite malade, différentes médications sont essayées les unes après les autres sans aucun succès; la dénutrition, l\u2019anémie, l\u2019asthénie s\u2019installent progressivement.On est en présence d\u2019une enfant athrepsique.C\u2019est alors qu\u2019on essaie la Rovamycine à la dose de 1 capsule de 250 mg.4 fois par jour.Les résultats ne se font pas attendre.Dans l\u2019espace de quelques jours, les quintes diminuent d\u2019intensité et les vomissements se font moins fréquents.Notre malade commence à mieux s\u2019alimenter et prend du poids.L\u2019amélioration se poursuit durant tout le mois d\u2019avril et quand elle quitte l\u2019hôpital le 4 mai 1957, ses symptômes ont presque disparu et son état général est aussi satisfaisant.Par la suite, nous nous sommes informés de l\u2019état de cette patiente et avons appris que l\u2019enfant se portait à merveille.Observation 2.M.B., âgée de 1 mois, est admise à l\u2019hôp1- tal le 25 février 1957 pour quintes de toux suivies de vomissements.À son arrivée dans le Service, l\u2019enfant est presque moribonde, s\u2019étouffe avec ses sécrétions et présente une température de 104° F.Le diagnostic de pneumo-coqueluche est posé.La même thérapeutique que celle utilisée chez F.S.au début est prescrite également dans le cas de M.B.Ici encore, les quintes, au lieu de s\u2019améliorer s\u2019aggravent, les vomissements deviennent de plus en plus abondants et on note un affaiblissement progressif de l\u2019état général.Malgré toutes les médications essayées par la suite, l\u2019enfant s\u2019achemine lentement vers l\u2019athrepsie.TREMBLAY er EDOUARD: LA ROVAMYCINE 1387 La Rovamycine est prescrite le 29 mars 1957 à la même dose que celle précitée soit 1 capsule de 250 mg.4 fois par jour.En moins d\u2019une semaine, une amélioration nette de l\u2019état général est observée en même temps que les quintes de toux deviennent moins importantes et beaucoup plus espacées et que les vomissements se font de plus en plus rares.L\u2019enfant reprend son poids normal et quitte l\u2019hôpital complètement guérie 15 jours après le début du traitement à la Rovamycine.Observation 3.L.F., âgée de 15 mois, entre à l\u2019hôpital le 3 avril 1957 pour cause de coqueluche.Chez cet enfant, le traitement à la Rovamycine est institué immédiatement à la dose déjà mentionnée.Ici, du fait que la médication a été instituée dès l\u2019admission, la durée de l\u2019hospitalisation est beaucoup moins longue que dans les cas précédents.Les quintes et les vomissements diminuent progressivement et l\u2019enfant peut quitter le Service complètement guérie l mois après son arrivée.Observation 4.S.B., âgée de 7 ans, présente depuis plusieurs jours une coqueluche assez sévère allant jusqu\u2019à 24 quintes par jour suivies de vomissements abondants avec altération marquée de l\u2019état général.La Rovamycine est prescrite à la dose de 2 capsules de 250 mg.4 fois par jour.Dès le 3ème jour de traitement, les quintes sont réduites à 7 par jour et au bout de 8 jours la guérison est complète.Observation 5.E.B., 9 ans, souffre de coqueluche depuis plus d\u2019un mois au moment où nous sommes appelés en consultation.Nous nous trouvons en présence d\u2019une coqueluche très sévère.Les quintes sont tenaces et très rapprochées, allant jusqu\u2019à 32 par jour.L'enfant s\u2019étouffe et cyanose au cours de ces accès de toux.Il vomit presque tout ce qu\u2019il absorbe, ce qui le rend fatigué et abattu.Nous prescrivons immédiatement un traitement à la Rovamyeine à la dose de 1 cap- 1388 sule de 250 mg.4 fois par jour.Les résultats sont des plus satisfaisants et après 7 jours de traitement, les quintes passent de 32 à 10 par jour en même temps que les vomissements et les accès de cyanose diminuent de façon considérable.La guérison survient 8 jours plus tard.Observation 6.L\u2019observation No 6 est constituée d\u2019un groupe de 5 enfants d\u2019une même famille et souffrant tous en même temps de coqueluche.Vous pouvez facilement imaginer le bruit dans cette maison; c\u2019est à qui tousserait le plus et les pauvres enfants sont réellement incommodés.La Rovamycine est prescrite aux 5 et au bout de 3 jours, les enfants ne toussent presque plus.Observations 7, 8, 9, 10.Des résultats analogues à l\u2019observation No 6 ont été obtenus dans les cas suivants que nous ne ferons que citer.E.S, 10 ans, coqueluche avec vomissements abondants depuis plusieurs jours.Rovamycine 2 capsules de 250 mg.aux 5 heures.Diminution progressive des quintes de toux.Guérison en 15 jours.B.L., coqueluche vieille de 5 semaines.10 quintes par jour.3 jours après le début du traitement à la Rovamycine, une amélioration notable de son état se produit.La guérison est complete quelques jours plus tard.B.B., 10 mois, présente une coqueluche avec 15 quintes par jour.L'enfant reçoit d\u2019abord 125 mg.de Rovamycine 4 fois par jour, mais comme il présente une diarrhée, la dose est réduite à 125 mg.2 fois par jour.Tout se passe bien par la suite et l\u2019enfant est rapidement guéri.Deux enfants d\u2019une même famille O.L., 1 an et E.L., 5 ans, sont atteints de coqueluche a 15 jours d\u2019intervalle.La Rovamycine est prescrite aux doses de 125 mg.4 fois par jour chez O.L.et 250 mg.4 fois par jour chez E.L.Les quintes, de 10 environ au début, diminuent progressivement TREMBLAY er EDOUARD: LA ROVAMYCINE L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 et 8 Jours plus tard ces enfants sont complètement guéris.Observation 11.Denis M, âgé d\u2019un an, est hospitalisé le 10 mai 1957 pour quintes de toux persistantes accompagnées de cyanose ct de vomissements.Le diagnostic de coqueluche est posé et le traitement à la Rovamycine institué immédiatement à la dose de 125 mg.4 fois par jour.Du 10 au 18 mal, l\u2019enfant présente de très fortes quintes de 4 à 5 par jour.Du 18 au 28 mai, les quintes de toux passent à 2 puis à 1 par jour et l\u2019enfant se porte parfaitement par la suite.Observation 12.S.H., 8 mois, est admise à l\u2019hôpital le 13 mail 1957 pour coqueluche avee fortes quintes de toux et vomissements.Un traitement antérieur à d\u2019autres antibiotiques n\u2019a donné aucun résultat.Dès son admission, la Rovamycine est administrée à la dose de 125 mg.4 fois par jour.Du 13 au 17 mai, l\u2019enfant présente de fortes quintes de toux variant de 9 à 5 par jour.Du 17 au 19 mai, les quintes passent à 2 ou 3 par jour et finalement vers le 28 mai à 1 quinte.Entre temps, les vomissements cessent et l\u2019enfant obtient son congé parfaitement guérie.Nous avons traité de nombreux autres cas de la même façon avec autant de succès qu\u2019il serait trop long de rapporter.* * En présence des constatations faites, nous sommes fortement impressionnés des résultats réellement remarquables obtenus par suite du traitement de la coqueluche par la Rovamy- cine.Disposons-nous d\u2019une arme nouvelle contre cette affection?Si tel est le cas, la Rovamycine n\u2019en devient que plus importante quand on songe aux complications secondaires qui accompagnent souvent cette affection, surtout chez les nourrissons.Une question se pose.Comment la Rova- mycine agit-elle dans la coqueluche?S'agit- L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014- Déc.1957 il d\u2019un effet bactériostatique ou bactéricide sur le bacille de Bordet-Gengou?A prime abord, le spectre de cet antibiotique ne le laisse pas supposer, cependant, cette hypothèse ne peut être écartée quand on sait que l\u2019érythromycine, de spectre antibiotique très voisin de la spiramycine, est rapportée comme très active «in vitro» contre ce bacille (15».S\u2019agit-il d\u2019une action indirecte de la Rovamycine qui empêcherait le développement de germes secondaires et diminuerait ainsi la gravité et l\u2019intensité de l\u2019infection, permettant à l\u2019organisme de se remettre plus rapidement et plus facilement?Quoi qu\u2019il en soit, pour le moment, nous ne pouvons que constater l\u2019efficacité de la Ro- vamycine et présenter, comme nous venons de le faire, ces quelques observations où son emploi a été des plus encourageants.La tolérance à la Rovamycine, d\u2019après la littérature et notre expérience personnelle, est très grande et les nouveaux-nés la tolèrent très bien même à des doses très élevées.Actuellement, nous donnons à ces nouveau-nés 125 mg.4 fois par jour et chez l\u2019enfant plus vieux, nous portons la dose à 250 mg.4 fois par jour.Nous avons noté que l\u2019administration de l\u2019antibiotique pouvait causer certains troubles d\u2019ordre digestif, principalement de la diarrhée.Cet inconvénient est cependant bien vite contrôlé soit en diminuant la dose, soit en cessant totalement la médication, soit en lui associant des ferments lactiques.En terminant, qu\u2019il soit permis de dire que nous considérons la Rovamycine comme un des traitements de choix de la coqueluche et nous espérons qu\u2019on nous l\u2019offrira bientôt sous des présentations plus faciles d\u2019administration, en suppositoires, en gouttes ou en suspension aromatisée.BIBLIOGRAPHIE (1) S.PINNERT-SINDICO: Une nouvelle espèce de Streptomices, productrice d\u2019antibiotiques : Streptomices ambofaciens.Caractères culturaux.Ann.de l\u2019Institut Pasteur, 87: 702, 1954.TREMBLAY er EDOUARD: LA ROVAMYCINE 1389 (2) A.DARBON et R.CROSNIER: Un an d\u2019expérimentation clinique de la spiramycine en pathologie infectieuse.Presse Médicale, 63: 681, 1955.(3) M.P.DUREL: Un 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86, No 12 \u2014 Montréal, décembre 1957 ÉDITORIAL L\u2019ANALYSE D\u2019URINE \u2014 BANALITÉ ?La mode médicale actuelle veut, à juste titre, des évaluations biologiques orientées vers l\u2019électrophorèse, l\u2019ultra- centrifuge, le photomètre à flamme, le scintillateur, le chromatographe, etc.Sans aucun doute, cette tendance a fourni de précieux renseignements au diagnostic comme à la thérapeutique.Cependant, que l\u2019enthousiasme du début se transforme en engouement aveugle, serait une erreur ! Thomas Hale Ham mettait en garde, récemment, le monde scientifique contre ce danger.Il déplorait le fait que le plus inexpérimenté des chercheurs n\u2019osait entreprendre de travaux sans avoir à sa disposition le modèle dernier-cri du seintillateur ou de l\u2019ultra-centrifuge.Les exemples et les conséquences de cette attitude néfaste sont multiples.Citons simplement un incident pénible pour l'avenir de la médecine.Un résident américain, placé dernièrement en face d'un cas typique de goitre toxique, suggère de retarder le traitement pendant six mois, parce que le diagnostic ne peut être certifié par le dosage de l\u2019iode protéique, le malade ayant pris récemment une potion contre la toux à base d\u2019iodure! La bêtise poussée à ce point est inadmissible.L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 sans doute, devons-nous utiliser nos précieuses techniques modernes d\u2019investigation, mais n\u2019en soyons tout de même pas les esclaves! Parce que certains moyens d\u2019analyse plus simples ont été mis au point, il y a longtemps, ce n'est pas une raison valable pour négliger d\u2019en tirer profit.Quand la chose est possible, complétons les œuvres de nos pères, mais n\u2019allons pas abandonner leurs méthodes encore capables de fournir de précieux renseignements.Tel est le cas de la « banale » analyse des urines.Les jeunes médecins y négligent certains détails pourtant si révélateurs.Ainsi, on est trop souvent satisfait si le rapport montre une absence d\u2019albumine, de glucose, d\u2019acétone, de sang et de pus.On ne porte pas attention à la densité, au pH, aux bactéries, aux électrolyses, aux cristaux et autres substances anormalement présentes.On connaît parfaitement les techniques de l'insuline et du P.A.H., mais on oublie l'importance de la densité urinaire et de ses variations, des épreuves de concentration et de dilution ou de l\u2019effet de la pitressine sur ces phénomènes.On se fie encore au chiffre absolu de la densité sans apporter les corrections nécessaires en présence d\u2019albumine ou de glucose.La discussion porte souvent sur la balance électrolytique, la pression du CO» et la réserve alcaline, mais on n\u2019étudie par le pH urinaire, somme algébrique de nombreuses perturbations locales ou éloignées.Combien de malades bénéficieraient de modifications thérapeutiques apportées à cet L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 -\u2014 Dec.1957 élément méconnu de l'analyse d\u2019urine ! Parmi les changements chimiques, notons l'importance de l\u2019étude de la calciurie.En effet, c\u2019est par une recherche systématique que l\u2019on pourra découvrir non seulement les hyperpa- rathyroidies, mais encore les calciuries dites essentielles.Dans ce dernier cas, les pertes sont corrigées par l\u2019addition de bicarbonate ou de citrate de sodium à la diète; surtout si, en plus, on diminue l'absorption intestinale du calcium par l\u2019ingestion de phytates.L'évaluation postopératoire du sodium et du potassium urinaires peut encore prévenir bien des dépenses pour étude des électrolyses du sang.Enfin, bien que l'identification des sucres n\u2019ait souvent qu\u2019un intérêt scientifique, elle pourrait cependant permettre de trouver des pentosuries.Un autre syndrome soi-disant rare est la porphyurie.On se berce trop dans un sentiment de fausse sécurité devant l\u2019absence de coloration rouge vin des urines.Il faut se souvenir que l\u2019apparition de cette couleur particulière demande souvent un processus d\u2019oxydation à la lumière.C\u2019est pourquoi l'urine d\u2019un bon nombre de malades est de couleur normale.La recherche plus fréquente pourrait éviter des souffrances et même des interventions chirurgicales dans certains cas.Les trois éléments les plus méconnus de l'analyse d'urine sont les cristaux, les cylindres et les bactéries.Pour ne pas en avoir tenu compte, que de malades seront par la suite des handicapés ! Nous avons déjà parlé du calcium, mais il existe plusieurs autres ÉDITORIAL 1391 substances chimiques, capables, par cristallisations, de causer des calculs.Il existe même dans certains milieux des cliniques de lithiases urinaires où l\u2019on étudie les moyens d\u2019empécher des récidives calculeuses.On emploie, par exemple, le Benemid pour aider l\u2019excrétion de l\u2019acide urique, la diète pour prévenir le passage d\u2019acide oxalique, l\u2019acidification des urines pour corriger les phosphaturies.Le sujet principal, à l\u2019étude actuellement, est la cysti- nurie.La présence de bactéries dans les urines peut étre une contamination.Or, comme l\u2019urine n\u2019est pas normalement un milieu propice à la multiplication bactérienne, il a été proposé de cultiver ces microbes identifiés, dans l\u2019urine même, afin de s'assurer de leur pathogénicité.On peut encore compter les colonies sur culture d'urine diluée à 1/1000 et à 1/10000.Selon le nombre de colonies, on affirmera alors contamination ou pathologie.Cette étude de pathogénicité est importante, car la technique de prélèvement n\u2019est pas parfaite.On suggère toujours de cathétériser les femmes pour ces prélèvements.Or, des travaux récents ont démontré que 30 pour cent des cathétérismes contaminaient la vessie et son contenu.Ainsi, pendant des interventions abdominales, on a prélevé de l'urine par ponction vésicale, puis par cathétérisme.On retrouve chez 30 pour cent des cas des bactéries par cathétérisme alors que la ponction avait retiré une urine stérile.Evidemment, la stérilisation de l\u2019urèthre est impossible.Une dernière anomalie urinaire nous échappe trop souvent à cause 1392 d'un défaut presque inévitable dans la technique.C\u2019est la présence des cylindres hémorragiques et leucocytaires ou épithéliaux.En effet, les méthodes actuelles d'analyses en série empé- chent l'examen microscopique à l\u2019état frais, de sorte que les cylindres ont eu le temps de se désagréger pour ne laisser que quelques globules rouges, leucocytes et cellules épithéliales.Nous ne dépistons pas, pour cette raison, un certain nombre de glomérulo- néphrites aiguës qui échappent alors au traitement adéquat.Ne soyons donc pas surpris, dans les années suivantes, de revoir ces malades avec de l\u2019hypertension ou de l'insuffisance rénale.S'il est juste de donner en médecine une place toujours grandissante a l'instrumentation, il serait sage de conserver à l\u2019analyse complète des urines sa position acquise par de nombreuses années de service.J.-M.BEAUREGARD, F.R.C.P.(C.).6-6 ee LA SECTION DES FIBRES THALAMO-CORTICALES DANS LA RECTO-COLITE ULCÉRO- HÉMORRAGIQUE En France, comme ici d\u2019ailleurs, la recto-côlite ulcéro-hémorragique est devenue maladie fréquente, grave, souvent fatale.Il y a une quinzaine d\u2019années, on ne la rencontrait que sporadique: maintenant, rares sont les services hospitaliers où ne se voit quelque recto-colitique languissant dans l'espoir d\u2019une amélioration médicale, ou déjà affligé d\u2019un anus iléal que l\u2019on dit temporaire et qui ne sera trop souvent que définitif après colectomie sub-totale ou colo-protectomie.ÉDITORIAL L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 L'évolution de cette maladie, comme celle de l\u2019ulcère gastro-duodénal est imprévisible et déroutante; mêmes poussées récidivantes, mêmes accalmies intercalaires durant des mois ou des années faisant croire à la guérison.Si la maladie sommeille alors, les lésions pathologiques locales restent en veilleuse, les hémorragies peuvent réapparaître au moindre contact traumatique, l\u2019infection s\u2019exacerber.Les poussées peuvent aussi bien se rapprocher, s\u2019aggraver, emprunter l'allure septicémiques'accélérer vers l\u2019état cachexique et l'anémie aiguë; ou après une guérison apparente, présenter une rechute rapidement mortelle.L\u2019acquis étiologique est encore bien fragile; aucun germe spécifique décelable, aucune thérapeutique anti-bac- térienne exclusivement efficace, aucune théorie allergique ou infectieuse solidement assise; par contre, comme pour les lésions ulcéreuses gastro-duo- dénales, on retrouve souventes fois les facteurs hyper-émotifs, le milieu familial ou social désaxé, les dérèglements psychiques; d\u2019où ici encore, la conception psychosomatique et la psychothérapie souvent bienfaisante.Au point de vue anatomo-pathologi- que, on y voit les similaires désordres artériolo-capillaires d\u2019origine nerveuse, que Cattan et Frumusan ont établi pour l\u2019ulcère de l\u2019estomac ; comme pour l'estomac \u2014 et aussi maintenant pour bien d\u2019autres organes où des opérations nerveuses diverses ont modifié le cours de lésions organiques constituées, \u2014 il était tentant de « s\u2019adresser ici aux connexions nerveuses empruntées par les réflexes nociceptifs responsables au premier chef des lésions de départ de la maladie et des hémorragies, les en- L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 tretenant ou les répétant suivant les cas, tandis que les suppurations, exhé- mie, plasmatique, déprotéinisation, et l\u2019intervention secondaire de la flore microbienne intestinale ne viennent qu\u2019à la rescousse pour aggraver et compléter la maladie ».Le pronostic est incertain; ni test clinique ou biologique \u2014 «le taux de la sérinémie donne la note d'alarme mais ne saurait pour autant préjuger du lendemain » \u2014 ni précédents ou antécédents n\u2019éclairent assez l\u2019avenir ; aussi la décision et l\u2019heure chirurgicale restent encore affaire d'impression personnelle.Opérer tôt ou tard?« Diminuer la mortalité en opérant plus précocement des malades en meilleure condition est souhaitable, écrit Mialaret, encore ne faut-il pas que les statistiques s\u2019améliorent au prix d'interventions inutiles ».Il ne reste donc guère que l\u2019alternative: « sauvetage problématique, mutilation précoce et peut-être superflue », avec cet anus iléal contre-nature \u2014 autre facteur psycho-somatique additionnel \u2014 que l\u2019on promet transitoire mais qui s\u2019impose souvent définitif et Vis-à-vis duquel les appareils collee- teurs les mieux glorifiés à l\u2019étalage, ne s'affirment, à l'usage, qu\u2019infidèles et répugnantes contrefaçons.Il appartenait encore à l\u2019Ecole française d'apporter de l\u2019inédit dans les conceptions et bien mieux, dans les réalisations thérapeutiques de cette déroutante affliction.« Bucaille, pratiquant des infiltrations novocaïniques dans le lobe frontal, dans le but de détruire les fibres cortico-thalamiques chez des malades ÉDITORIAL 1393 atteints de douleurs cancéreuses que rien ne pouvait calmer, a vu dans ces cas les hémorragies diminuer.Chez un malade atteint de rhumatisme chronique et d\u2019hémorragie récidivante, Cat- tan fit pratiquer par Bucaille une infiltration anesthésique des deux lobes frontaux: les hémorragies s\u2019arrêtèrent.Cattan eut alors l\u2019idée devant l\u2019arrêt des hémorragies, de mettre cette méthode en pratique chez des malades atteints de recto-côlite hémorragique.Bucaille, après avoir modifié sa technique, pratique à l\u2019heure actuelle une électro-coagulation bilatérale, très limitée, au niveau du lobe frontal.Quand les lésions sont réversibles, une guérison spectaculaire s\u2019observe.Faute de recul nous ne pouvons dire si elle est définitive, en tous cas elle se maintient depuis trois ans chez des malades de Cattan.Quand elles sont irréversibles l\u2019électro-coagulation préfrontale, si elle ne guérit pas le malade, le transforme cependant sur le plan biologique et général, ce qui autorise une colecto- mie dans des conditions beaucoup moins graves, chez un sujet en très bon équilibre.Nous avons donc là un procédé qui permet sans danger d\u2019arrêter une poussée très grave de recto-côlite (Hillemand) » * 2.Les malades traités par l\u2019électrocoagulation préfrontale, dont Soupault, Cattan et Bucaille font état dans leur communication du 31 octobre 1956 à l\u2019Académie de Chirurgie \u2014 et base du 1.P.HILLEMAND, R.VIGUIE, J.NALLET et J.LUNEL.Recto-côlite hémorragique et section des fibres thalamo-corticales.Bull et Mém.de la Soc.Méd.des Hôp.de Paris, 71: 1228 (déc.) 1955.2.P.HILLEMAND.Les tendances actuelles des travaux gastro-entérologiques en France.Un.Méd.du Can, 85: 1188 (oct.) 1956. 1394 présent écrit \u2014 sont au nombre de 12, observés de 1953 à 1956 Tous rebelles au traitement médical, neuf de ces cas ont subi une électro-coagulation pré- frontale, trois \u2014 les plus anciens \u2014 une infiltration novocaïnique préfron- tale; aucune mort opératoire: trois décès aisément explicables dont deux inévitables; améliorations: 2 cas; guérisons 7 cas; un seul nécessita l\u2019iléos- tomie définitive « Ces résultats soutiennent la comparaison, tant au point de vue de la sécurité que de celui du résultat final, avec les meilleures statistiques des meilleurs chirurgiens et des plus expérimentés en matière de colectomie » *.Et pour conclure dans le sens des auteurs ci-dessus mentionnés, « l\u2019électrocoagulation préfrontale, laisse ainsi envisager avec moins de pessimisme le traitement d\u2019une maladie particulièrement redoutable ».Voilà donc enfin et au moins une lésion recto-colique qui plus souvent que naguère saura échapper à l\u2019agression chirurgicale.Pierre SMITH.« WORLD DIRECTORY OF MEDICAL SCHOOLS » Cette précieuse publication est effectuée par l\u2019« Organisation Mondiale de la Santé » dont le siège, comme chacun le sait, se trouve à Genève.au Palais des Nations.Nous venons d\u2019en recevolr I'édition 1957 (la premiére 3.R.SOUPAULT, R.CATTAN et M.BUCAIL- LE.L\u2019électro-coagulation du cerveau préfrontal dans le traitement de la recto-côlite ulcéro- hémorragique.Mém.de l\u2019Acad.de Chir, 82: 855 (oct.) 1956.ÉDITORIAL L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 parut en 1953) et nous en donnons le titre anglais, la version envoyée étant anglaise, et ignorant le titre exact de I\u2019édition francaise, s'il en existe une comme nous le présumons avec vraisemblance.Cette compilation parait compléte; elle fut le fruit d\u2019une recherche méticuleuse et méthodique des renseignements les plus importants concernant les facultés de médecine qui sont en opération de par le monde.Savez-vous qu'il y existe 638 écoles ou facultés de médecine qui ont décerné le diplôme de médecin, en l\u2019année de la compilation, à 66,722 jeunes professionnels ?1,235,789 médecins veillent à la santé de 2,653,399.000 humains qui habitent la terre, constituant une proportion globale de 1 médecin par 2,147 individus.Pour chaque pays, l'enquête comprend les faits suivants: la population, le nombre de facultés ou écoles de médecine, celui des médecins en exercice, des diplômés par année, l'indice de population par faculté et par médecin, celui des diplômés par 1000 médecins déjà établis et de la population en regard de ces diplômés.Pour chaque faculté, on peut y connaître l'autorité qui possède et administre la faculté, l\u2019année de sa fondation, le nombre de son personnel enseignant, celui de ses étudiants, de ses admissions annuelles, de ses diplômés de chaque année, enfin les frais de scolarité.En plus, l\u2019essentiel des informations est fourni sur l\u2019administration, les conditions d\u2019admission, le curriculum et les examens qui se rapportent à l\u2019enseignement de la médecine dans chaque pays, de même que les qualifications exigées pour l'ob- L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 tention du droit de pratique et le caractère de l\u2019enseignement primaire et secondaire qui conduisent aux études médicales.Pour ce qui est du Canada, la population y est établie à 15,195,000 ; nous avons 12 facultés de médecine, 16,031 médecins sont en exercice et chaque année, environ 817 nouveaux médecins sortent de ces 12 facultés.Ce qui représente pour chaque faculté une population de 1,266,000 individus et pour chaque médecin, de 948.Je ne me permettrai sûrement pas de recenser tous les pays du monde, dans cette perspective médicale et universitaire.Il serait sûrement intéressant et instructif de comparer certaines données statistiques et de les commenter.| Je laisse aux curieux de ces choses le soin de consulter cet inventaire capital mené à bonne fin par l\u2019Organisation Mondiale de la Santé, dont c'était vraiment le rôle et qui pouvait en plus bénéficier le plus facilement des sources les plus authentiques d\u2019informations.Roma AMYOT.UN NOUVEAU JOURNAL MÉDICAL: LE JOURNAL CANADIEN DE CHIRURGIE.Un nouveau journal médical vient de faire paraître sa première livraison.Il sera consacré exclusivement à la chirurgie.Son titre est bilingue et 1l est destiné à publier dans les deux langues du pays des travaux se rapportant ÉDITORIAL 1395 à la discipline chirurgicale.Il est publié par « The Canadian Medical Association ».Son titre est Canadian Journal of Surgery et Journal Canadien de Chirurgie.Le président du Comité de rédaction est le docteur R.M.Janes et son rédacteur en chef est celui du Canadian Medical Association Journal, le docteur S.S.B.Gilder.Le journal paraîtra, jusqu'à nouvel ordre, tous les trois mois.Cette première livraison contient 74 pages de texte scientifique précédé d\u2019une préface par le docteur Janes et des vœux de succès formulés par le British Journal of Surgery, l'American College of Surgeons et l\u2019Académie de Chirurgie de Paris.Les articles de langue anglaise sont tous suivis d\u2019un résumé en langue française, un travail rédigé en fran- cais comporte également un résumé en langue anglaise.Cette formule nous paraît garantir le succès du Journal Canadien de Chirurgie et créer, au sein des membres de cette spécialité, une saine solidarité et une plus étroite homogénéité.Comme le mentionne le docteur Janes dans son introduction, un pays de 16 millions d'habitants, possédant 12 facultés de médecine, mérite bien d\u2019avoir un journal national de chirurgie.Nous souscrivons entièrement à cette formulation et nous joignons nos souhaits de plein succès à cette nouvelle revue médicale pour le plus grand bien de nos collègues chirurgiens et le plein essor de leur science comme de leur technique.Roma AMYOT. HYGIENE ET MÉDECINE SOCIALE ASSURANCE-HOSPITALISATION ! Rogar-B.GOYETTE, D.P.H.(Ottawa).J'ai accepté avec plaisir la gracieuse invitation du Dr.Pomerleau de vous parler d\u2019as- surance-santé, ou plutôt des propositions fédérales de soins hospitaliers et de services diagnostiques car la loi fédérale actuelle, constituant le chapitre 28 des Statuts du Canada de 1957, comporte exactement cela et pas autre chose: « soins hospitaliers internes el externes et services de laboratoire et autres aménagements propres à aider au diagnostic.» Un tel programme aura naturellement comme effet de modifier le caractère de votre travail et de vos responsabilités.Etant responsables pour tous les aspects de la santé dans votre milieu vous devez vous adapter à des conditions toujours changeantes et l\u2019avènement de l\u2019assurance-hospitalisation obligatoire dans une province modifiera certainement le travail des hygiénistes.Historique Le 26 janvier 1956, le Gouvernement fédéral faisait connaitre son offre aux provinces.Je tiens immédiatement à souligner que l\u2019on ne propose pas un plan national d\u2019assurance- hospitalisation si l\u2019on entend par «plan national » un programme administré par l\u2019autorité centrale.Non.Ce qui est national dans le programme actuel c\u2019est la participation financière et l\u2019assistance technique seulement.Les responsabilités constitutionnelles des provinces en matière de santé sont clairement reconnues et le Gouvernement Fédéral laisse aux provinces le soin d\u2019organiser et d\u2019administrer des programmes de leur choix, conformes aux normes très flexibles, bien que précises, de l\u2019offre fédérale.1.Communication au XXVIIe Congrès de l\u2019A.M.L.F.C., Québec, septembre 1957.à la séance de la Société d\u2019Hygiène et de Médecine préventive de la Province de Québec.L'Acte de l\u2019Amérique Britannique du Nord de 1867, promulgué dans le but d\u2019unir en une fédération les Provinces du Canada, le Nou- veau-Brunswick et la Nouvelle-Ecosse, énu- mere les pouvoirs législatifs du fédéral et des provinces.En ce qui concerne la santé, l\u2019Acte accorde juridiction exclusive au fédéral pour la « quarantaine, l\u2019établissement d\u2019hôpitaux de la marine »; aux provinces, ce même Acte accorde juridiction exclusive en rapport avec « l\u2019établissement, le maintien et l\u2019administration des hôpitaux, asiles, institutions et hospices de charité ».L\u2019Acte accorde donc aux provinces une juridiction plus étendue qu\u2019au fédéral et les provinces ont accepté cette responsabilité depuis la Confédération.Le Gouvernement Fédéral de son côté a limité ses activités en matière de santé aux responsabilités qui lui sont assignées dans l\u2019Acte de l\u2019Amérique Britannique du Nord et à quelques autres que les provinces ne pou- valent normalement accepter.La « Loi sur l\u2019Assurance-hospitalisation et les services diagnostiques » respecte intégralement la constitution canadienne.Cette loi w\u2019offre qu\u2019une assistance technique et une aide financière.Chaque province organise et administre son propre programme conforme à ses traditions et pour répondre aux besoins de ses propres citoyens.De plus l\u2019offre fédérale de janvier 1956 n\u2019était pas une initiative strictement fédérale.Elle venait à la suite de longs pourparlers entre le fédéral et les Provinces, pourparlers où l\u2019assurance-santé fut mise à l\u2019ordre du jour à la demande des provinces.Certaines provinces proposaient même ou suggéraient un régime couvrant une beaucoup plus grande variété de services médicaux mais devant les difficultés financières des provinces moins for- L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 tunées, l\u2019unanimité se fit sur la formule : hospitalisation et services diagnostiques d\u2019abord.Et le 26 janvier 1956, le Premier Ministre annonça aux provinces l\u2019offre fédérale qui devait conduire à la « Loi sur l\u2019assu- rance-hospitalisation et les services diagnostiques ».Objectif.L'objectif de cette loi est de protéger les Canadiens contre l\u2019éventualité de dépenses élevées et imprévues pour frais d hospitalisation.Un à-côté intéressant de la Loi sera de placer les hôpitaux du Canada sur une base financière beaucoup plus solide.Entrée en vigueur.« Aucune contribution ne doit être versée sous le régime de la présente loi avant qu\u2019au moins six provinces, renfermant au moins la moitié de la population du Canada, aient conclu un accord, et avant que la loi provinciale, relativement à ces provinces, soit en vigueur.» L\u2019offre fédérale de janvier 1956 prévoyait que des contributions ne seraient pas faites avant qu\u2019une majorité des provinces représentant une majorité de la population du Canada aient des programmes d\u2019assurance-hospitali- sation en opération.La Loi modifie jusqu\u2019à un certain point cette condition.Le Gouvernement fédéral pourra faire des paiements à certaines provinces bien que des programmes d\u2019assurance-hospitalisation ne soient pas de fait en opération dans six provinces représentant la majorité de la population du Canada.Six provinces devront cependant avoir passé une loi et signé une entente avec Ottawa.En d\u2019autres mots, six provinces devront avoir des programmes en opération ou en voie d\u2019organisation.SERVICES ASSURÉS Quels sont les services auxquels donne droit la Loi ?La Loi prévoit comme services assurés des services internes et des services externes.SERVICES INTERNES Les services internes sont précis parce qu\u2019ils sont énumérés dans la Loi.Ils consistent en certains services essentiels exigés dans tous GOYETTE: ASSURANCE-HOSPITALISATION 1397 les cas et de toutes les provinces participantes et en certains services facultatifs.Les services essentiels constituent des services minimums que chaque province devra fournir à tous les citoyens.En autant que ce minimum est concerné les services seront uniformes dans chaque hôpital bien que l'importance des services puisse varier selon les aménagements et le matériel dont chaque hôpital disposera.Ces services minimums sont: (i) Le logement et les repas à l\u2019échelon de la salle ordinaire ou publique, (ii) les soins infirmiers nécessaires, (iii) Les méthodes de laboratoire, les procédés radiologiques et autres formes diagnostiques avec les interprétations nécessaires pour maintenir la santé, assurer la défense préventive contre la maladie et aider aux diagnostic et traitement d\u2019une blessure, maladie ou invalidité, (iv) Les produits pharmaceutiques, les substances biologiques et les préparations connexes ainsi qu\u2019il est prévu dans un accord, (v) L'utilisation des aménagements de salle d\u2019opération et de la salle d\u2019accouchement ainsi que des facilités anesthésiques, y compris l\u2019appareillage et les fournitures nécessaires, (vi) Les fournitures de chirurgie ordinaires.La Loi fixe ces services comme minimum mais elle laisse aussi de la latitude pour les cas où des services plus étendus sont disponibles et lorsqu\u2019une province désire y inclure des services supplémentaires: (vii) L'utilisation des facilités de radiothérapie, lorsque disponibles, (viii) L'utilisation des facilités de physiothérapie, lorsque disponibles, (ix) Les services rendus par des personnes qui re- coivent une rémunération de l'hôpital à cet égard, et (x) Tels autres services qu\u2019un accord spécifie.Cette énumération constitue l\u2019ensemble des services qui seront mis à la disposition des malades, c\u2019est-à-dire pour lesquels ils n'auront plus à payer directement.Je veux expliquer brièvement ces services auxquels la Loi donne droit comme services internes.(i) le logement et les repas à l\u2019échelon de la salle ordinaire ou publique.Il s\u2019agit ici d\u2019un service uniforme qui doit être inclus dans les services internes fournis par tous les hôpitaux.La qualité pourra naturellement varier d\u2019un hôpital à l\u2019autre.La 1398 Loi n'empêche pas un malade d\u2019être logé dans une chambre privée ou semi-privée.Dans ce cas le malade a droit comme service assuré à l\u2019équivalent du lit en salle ordinaire et il ne lui sera demandé que de payer la différence entre le coût de la chambre privée ou semi- privée et le lit en salle auquel il avait droit.Il importe aussi de remarquer qu\u2019il n\u2019existe aucune restriction sur le nombre de jours d\u2019hospitalisation.En autant que je sache tous les contrats actuellement en vigueur au Canada imposent certaines limitations.La Colombie- Britannique et la Saskatchewan limitent l\u2019hospitalisation des cas chroniques.Sous l\u2019empire de la présente Loi les soins hospitaliers seront fournis comme services assurés pendant toute la période de temps requise.En d\u2019autres mots tant que le médecin traitant Jugera l\u2019hospitalisation nécesaire.(11) les soins infirmiers nécessaires.Tout malade a droit aux soins infirmiers, c\u2019est-à-dire au nursing que requiert son état.(111) Les méthodes de laboratoire, les procédés radiologiques et autres formes diagnostiques avec les interprétentions nécessaires pour maintenir la santé, assurer la défense préventive contre la maladie et aider aux diagnostic et traitement d\u2019une blessure, maladie ou invalidité.Ceci veut dire tous les examens de laboratoire, de radiologie et de diagnostic qui font partie des soins hospitaliers et dont les médecins ont besoin pour diagnostiquer ou traiter une maladie.Ainsi le médecin pourra demander tous les examens nécessaires pour poser un diagnostic ou traiter un malade.Comme partie des services assurés le malade, qu\u2019il soit en chambre privée, semi-privée ou salle, subira les tests requis, et le médecin recevra les rapports appropriés.Les provinces devront donc prendre les arrangements pour la rémunération des pathologistes, radiologistes et autres spécialistes nécessaires pour l\u2019interprétation.Aucune limitation n\u2019est imposée soit sous le rapport du nombre d\u2019examens demandés soit sous le rapport de leur valeur en argent.(iv) Les produits pharmaceutiques, les substances biologiques et les préparations connexes ainsi qu\u2019il est prévu dans un accord.GOYETTE: ASSURANCE-HOSPITALISATION L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.19,7 En Colombie-Britannique et en Saskatchewan, la plupart des médicaments sont compris comme partie des services auxquels les bénéficiaires ont droit.Les contrats de la Croix- Bleue pourvoient aux produits pharmaceutiques ordinaires.La Loi prévoit qu\u2019une liste des produits pharmaceutiques, substances biologiques et autres préparations connexes que chaque province entend fournir comme service assuré devra figurer à l\u2019accord ou contrat intervenu entre le Fédéral et la Province.C\u2019est l\u2019opinion actuellement que les médicaments seront compris à quelques exceptions près: (v) L'utilisation des aménagements de salle d'\u2019opération et de salle d\u2019accouchement ainsi que des facilités anesthésiques, y compris l\u2019appareillage et les fournitures nécessaires.Ceci pourvoit à l\u2019utilisation des salles d\u2019opération et autres aménagements analogues des hôpitaux comme partie des services internes assurés.Ceci veut dire qu\u2019aucun patient protégé n\u2019aura a payer pour l'usage de ces salles qu\u2019il soit logé en chambre privée, semi- privée ou en salle ordinaire.(vu) L\u2019utilisation des facilités de radiothérapie, lorsque disponibles, et (viii) L\u2019utilisation des facilités de physiothérapie.lorsque disponibles.se passent de commentaires.(1x) les services rendus par des personnes qui re- coivent une rémunération de I\u2019hdpital a cet égard, Ce paragraphe permet aux provinces d\u2019inclure des services supplémentaires comme par exemple: médecine sociale, thérapie d\u2019occupation, gymnastique correctrice, etc.SERVICES EXTERNES La question des services externes en est une bien différente.L\u2019inclusion des services externes dans un programme d\u2019assurance-hos- pitalisation est entièrement laissée à la discrétion des provinces.Une province peut recevoir des contributions fédérales sans fournir aucun service externe, mais le fédéral ne contribuerait pas à un programme de services externes seulement.Autrement dit, la prestation de services internes est une condition L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 essentielle à la participation fédérale tandis que la prestation de services externes est facultative.Les services considérés comme services assurés sous un programme de services externes sont les mêmes que les services internes moins le logement et les repas évidemment et moins les produits pharmaceutiques, les substances biologiques et les préparations connexes.Une province n\u2019est pas tenue d'inclure tous les services dans un programme de services externes.Les services externes fournis comme partie du programme pourront done varier considérablement d\u2019une province à l\u2019autre, la liste étant courte dans l'une et longue dans l\u2019autre, l\u2019une ne fournissant que le traitement d\u2019urgence et l\u2019autre fournissant toutes les procédures et méthodes de diagnostic.FRAIS AUTORISÉS OU CO-ASSURANCE Passons maintenant à la question de coassurance ou de frais dissuasifs mentionnés dans la Loi comme fraïs autorisés.Les frais autorisés sont: « Les frais directement portés au compte des personnes assurées, en rapport avec un service spécifié, en plus de toute prime régulière d\u2019assurance, taxe de vente, ou autre impôt général pour le financement du programme d\u2019assurance .» La Loi ne requiert pas l\u2019imposition de ces frais mais permet simplement aux provinces de les imposer et les provinces ont toute liberté d\u2019exiger ou non de tels frais comme partie du programme provincial.Toutefois, si de tels frais sont imposés, ils devront être mentionnés dans le contrat intervenu avee le Fédéral et par le fait même autorisés par le Fédéral afin d\u2019empêcher qu\u2019ils soient excessifs.Actuellement, la Colombie-Britannique impose une co-assurance de $1 par jour dans le cas des services internes et de $2 par traitement dans le cas des services externes.La Saskatchewan n\u2019exige pas de frais de co-as- surance.Le régime en vigueur en Alberta comprend des frais de co-assurance qui varient d\u2019une région à l\u2019autre; en règle générale, ils GOYETTE: ASSURANCE-HOSPITALISATION 1399 sont assez semblables à ceux qui existent en Colombie-Britannique.CONTRIBUTION FÉDÉRALE Quelques mots maintenant au sujet de la formule utilisée pour le calcul du montant de la contribution fédérale.Cette formule est vraisemblablement très familière à quelques- uns d\u2019entre vous, mais peut être nouvelle pour d\u2019autres.D\u2019abord la formule est basée sur le coût actuel établi d\u2019année en année.La présente Loi ne fixe pas de plafond à la contribution fédérale comme c\u2019était le cas dans les propositions de 1945.En résumé, la formule comporte deux parties.Une province recevra 25% du coût, par tête, des services internes dans tout le pays plus 25% du coût, par tête, des services internes dans la province multiplié par sa population assurée.Cette formule est destinée à servir un but spécifique.Si le Gouvernement fédéral payait la moitié du coût actuel du programme dans chaque province, les provinces où le coût est plus élevé recevraient par comparaison beaucoup plus que les provinces où le coût est plus bas.Aussi, on estime, qu\u2019en 1956, si le Gouvernement fédéral avait contribué 50% du coût des programmes dans chaque province, les provinces auraient reçu les montants suivants par tête de population.Terre-Neuve .\u2026.eerercereeneeenenennnsçnene $ 6.12 Ile du Prince-Edouard cocoon 7,12 Nouveau-Brunswick recense 8.36 Nouvelle-FECaSse .\u2026.\u2026rrereeennn 9.02 QUÉDEC oceans 10.40 Manitoba ovis 11.00 OnNtATIO _.\u2026.\u2026csrcsrerrereenennrenrerserncenrerencenserescssanse 12.12 Saskatchewan \u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026reerceeneneentennnnnn 13.02 Alberta creer 13.30 Colombie-Britannique rer.14.26 La Colombie-Britannique aurait donc reçu $8.14 de plus par tête que Terre-Neuve.Si d\u2019un autre côté le Gouvernement fédéral avait payé 50% du coût national par tête ($22.84), cette contribution représenterait une très forte proportion du coût total dans les provinces de l\u2019est et une fraction du coût en Colombie-Britannique.~ sr 1400 GOYETTE : Terre-Neuve crccerreererreneneennnnnn ni 93% Ile du Prince-Edouard \u2026\u2026\u2026.\u2026\u2026\u2026\u2026.80% Nouveau-Brunswick nn 68% Nouvelle-EcoSSe nn 63% QUEBEC oes 55% Manitoba o.oo 52% Ontario wees 47% Saskatchewan 44% Alberta SR 43% Colombie-Britannique .oo.oovovvovooo 40% Mais lorsque les deux éléments sont combinés en une formule, le résultat est le suivant : ASSURANCE-HOSPITALISATION L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 À date, six provinces ont accepté en principe les propositions fédérales: Colombie- Britannique, Saskatchewan, Alberta, Terre- Neuve, Ontario et Ile du Prince-Edouard.Conclusion La Loi sur l\u2019assurance-hospitalisation et les services diagnostiques n\u2019est pas synonyme de médecine d\u2019état.Ce n\u2019est pas un premier pas vers la médecine étatisée, loin de là.Il est facile de confondre médecine d\u2019état et assu- rance-santé.C\u2019est un fait regrettable, car 25% du coût par 25% du coût par tête des services tête des services internes dans Province tout le pays Terre-Neuce \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026 5.71 Ile du Prince-Edouard .5.71 Nouveau-Brunswick .5.71 Nouvelle-Ecosse oer.5.71 QUEBEC veer averscercccrrree 5.71 Manitoba \u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026\u2026 5.71 Ontario \u2026\u2026\u2026\u2026rs 5.71 Saskatchewan 5.71 Alberta ns 5.71 Colombie-Britannique \u2026\u2026\u2026 5.71 Terre-Neuve, comme vous voyez, en 1956 aurait reçu $8.77 par tête, mais ce montant, si bas qu\u2019il paraisse, aurait représenté 72% du colt estimatif dans cette province; d\u2019un autre côté, la Colombie-Britannique aurait reçu $12.84 par tête mais ceci n\u2019aurait représenté que 45% du coût estimé.En général, en 1956, 4 provinces \u2014 Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan et Ontario \u2014 ont excédé la moyenne nationale et conséquemment auraient reçu moins que 50% de leur coût mais auraient reçu plus par tête que les autres provinces.Contribution internes dans fédérale par Proportion la province tête du coût 3.06 8.77 72 3.56 9.27 65 4.18 9.89 59 4.51 10.21 57 5.20 10.91 53 5.50 11.21 51 6.06 11.77 49 6.51 12.22 47 6.65 12.36 46 7.13 12.84 45 autant la profession médicale a raison de s'opposer fermement à la médecine d\u2019état qui enlève au médecin toute liberté professionnelle, autant elle se doit d\u2019encourager l\u2019élaboration de programmes qui respectent la médecine et le médecin.Sous le programme proposé d\u2019assurance-hospitalisation, le médecin et le patient restent libres: le patient libre de choisir son médecin et le médecin libre de pratiquer où il le désire, d\u2019accepter les patients qu\u2019il veut et d\u2019administrer le traitement qu'il juge le plus susceptible de guérir ou soulager son patient. LES VIRUS DE L\u2019INFLUENZA \" V.PAVILANIS, Professeur agrégé, Ecole d'Hygiène, chef de Section des Virus, Institut de Microbiologie et d\u2019Hygiène de l\u2019Université de Montréal.Dès la découverte de la bactériologie moderne on a commencé à trouver des bactéries causales de diverses maladies infectieuses.La grippe a été aussi le sujet de nombreuses recherches.Pendant la pandémie de 1889-91, Pfeiffer isola un microbe qu\u2019on appelle Hémo- philus influenzae et il croyait que ce microbe était l\u2019agent causal de la grippe.Mais pendant la pandémie de 1918-19, on a bien démontré que le bacille de Pfeiffer n\u2019est pas un agent causal mais seulement le microbe de sortie.Les travaux effectués après la première guerre mondiale ont montré que la grippe est causée par un virus filtrable.Le manque d\u2019animaux sensibles à cette infection a gêné l\u2019avancement de nos connaissances.Le plus grand progrès en ce qui concerne les recherches du virus grippal a été fait en 1933 par Smith, Andrewes et Laidlow.Ces savants anglais ont montré que le furet, inoculé avec les sécrétions nasales d\u2019un sujet atteint d\u2019influenza fait lui-même une maladie respiratoire typique.D'ailleurs, deux ans auparavant, un virus qu\u2019on reconnait maintenant comme un très proche parent du virus grippal À, a été isolé des cochons atteints d\u2019une maladie connue en Amérique comme influenza du pore ou «hog flu».La deuxième amélioration de technique a été faite en 1940 par Burnet qui a montré que le virus grippal se multiplie facilement et produit des lésions visibles chez l\u2019embryon de poulet.La même année Hirst, en travaillant dans les laboratoires Rockefeller à New-York, découvre que le virus grippal agglutine des globules rouges de poulet et d'homme.La découverte de Bur- net nous permet d'isoler facilement le virus grippal.Si on prélève le lavage de gorge, le gargarisat d\u2019un sujet atteint de l\u2019influenza et 1.Communication au XXVIIe Congrès de l\u2019A.M.L.F.C., Québec, septembre 1957, à la séance de la Société d\u2019Hvgiène et de Médecine préventive de la Province de Québec.qu\u2019on l\u2019inocule dans la cavité amniotique de l\u2019embryon de poulet âgé de 11 jours, le virus se multiplie dans la membrane amniotique et il sera libéré dans le liquide.Par la méthode de Hirst, grâce à l\u2019agglutination des globules rouges, on pourra facilement identifier le Virus.Déjà en 1936, en Amérique, une épidémie d\u2019influenza a été causée par un virus différent de celui isolé par Smith, Andrewes et Laidlaw.En 1940, Thomas Francis isole d\u2019une épidémie semblable un virus qui ressemble au virus grippal mais ne possède aucune parenté immu- nologique avec le virus isolé en 1933.Ce nouveau virus de 1940 a été appelé virus influenza B, le virus isolé en 1933 a été appelé virus influenza A.Déjà à ce moment là, on s\u2019est aperçu que la majorité des épidémies est causée par le virus influenza A et qu'on rencontre le virus influenza B surtout dans les cas sporadiques entre les épidémies.Au point de vue clinique, les deux maladies sont identiques.Nous connaissons encore deux virus qui se rapprochent aux virus grippaux mais n\u2019ont aucune parenté avec le virus À et B.En 1949, Taylor isole la souche «1233» qu\u2019on appelle le virus influenza C et le virus de Sendai isolé en 1952 au Japon est appelé virus influenza D.Ces deux derniers virus sont beaucoup moins répandus et importants que les virus influenza À et B.Les virus grippaux A, B, C et D représentent les types immunologiques distincts et on ne trouve aucune immunité croisée entre ces quatre types.Dès la découverte du virus, un grand effort a été fait pour trouver des moyens de prévenir l\u2019influenza.Dans une certaine limite cet effort a abouti à un succès.Le vaccin contre l\u2019influenza peut être produit avec le virus cultivé chez l\u2019embryon de poulet.Le liquide allantoïque d\u2019un œuf infecté sert comme source de virus.Le virus est concentré et rendu in- 1402 actif par le formol.Ce vaccin donne une protection jusqu\u2019à 80 pour cent, à condition que le vaccin soit fait avec le virus du même type antigénique, le virus de l\u2019épidémie en question.Ce vaccin s\u2019est avéré effectif pendant l\u2019épidémie de l\u2019influenza A en novembre 1943 et l'épidémie de l\u2019influenza B au printemps de 1946.Par contre, le même vaccin a été complètement inactif, au cours de l\u2019épidémie A en 1947.La raison est très simple.Le virus du type À qui a causé l\u2019épidémie de 1947 était immunologiquement différent des autres virus A isolés précédemment.Les virus qui ont été isolés après 1947 forment un groupe différent qu\u2019on appelle A-prime.La souche la plus représentative de ce type est A/FM1/47.Les expériences sur la composition antigénique des divers virus grippaux de type A ont montré qu\u2019il existe des différences antigéniques entre les souches isolées dans les années différentes.On a pu démontrer que, jusqu\u2019en 1956, au moins trois groupes distincts de virus A avaient existé: Swine, PR8 et FM1.D\u2019après Francis, le membre virulent du groupe Swine (influenza de porc) a probablement été la cause de la pandémie de 1917-18 et les recherches sérologiques de Davenport indiquent que ce type de virus influenza a persisté au moins 10 ans.Les virus isolés entre 1933 et 1946 forment le groupe PRS, et les souches isolées entre 1946 et 1956 forment le groupe FM1.Avec l\u2019apparition des nouveaux types antigéniques, les anciens disparaissent; pour cette raison, depuis 1946, on n\u2019isole plus de virus appartenant au groupe PRS.Dans le groupe B on a aussi observé des variations de composition antigénique.En 1954, on s\u2019est aperçu que les sujets vaccinés avec la souche B/Lee/40 ne sont plus protégés contre les nouveaux variants de la grippe B.À présent, on considère qu\u2019il existe au moins 2 groupes de virus B: Lee et GL/54.Chez les virus de type C et D, on n\u2019a pas observé de différences antigéniques entre les diverses souches.On peut évoquer au moins deux mécanismes qui produisent des changements antigéniques chez les virus influenza.Un d\u2019eux est la sélec- PAVILANIS: LES VIRUS DE L\u2019INFLUENZA L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 tion immunologique.I} est évident que la propagation continue et la circulation des virus dans une population partiellement immune peut donner des formes nouvelles à sa constitution antigénique à condition que ce procédé produise des changements et fasse une sélection des variants.Taylor, en 1949, et Archetti, en 1952, ont démontré par des expériences très élaborées, qu\u2019on peut produire artificiellement des changements dans la structure anti- génique des virus influenza A.Ces auteurs ont réalisé plusieurs passages de la souche PR8 chez l\u2019embryon de poulet en présence des im- munosérums contre les souches possédant une parenté antigénique avec le virus PRB8.Après quelques passages, ils se sont aperçus que le virus qui a subi ce traitement diffère antigéni- quement de la souche PR8.Les nouveaux caractères acquis sont restés même après plusieurs passages sans présence de l\u2019immunosé- rum.En se basant sur les travaux ci-mentionnés, Horsfall a proposé l\u2019hypothèse suivante: si une grande population de particules virales possédant un petit nombre de variants anti- géniques est capable d\u2019initier l\u2019infection chez un sujet qui possède une certaine immunité pour le virus parent, mais sans aucune immunité contre le variant, on doit s\u2019attendre à une sélection des variants.L\u2019autre mécanisme qui est responsable du changement antigénique du virus influenza dépend des caractères génétiques du virus.Les travaux de Burnet démontrent que plusieurs caractères fonctionnels des virus influenza sont contrôlés génétiquement.Quand on inocule simultanément deux souches différentes de virus influenza, les cellules sensibles produiront des formes de virus qui posséderont une combinaison des caractères des deux souches de l\u2019inoculum.Il est plus que probable que les variants antigéniques du virus grippal apparaissent comme le résultat d\u2019échange de caractères génétiques suivis d\u2019une sélection immunolog1- que.Les virologues s\u2019attendaient à des changements plus grands dans la structure antigé- nique des virus influenza.Or, en 1956, on s\u2019est L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 aperçu que les virus qui causent l\u2019influenza sont très différents de la souche A-prime (A/FMI/47).Ce groupe a été appelé « Dutch 56 » par les auteurs anglais.Les cas de l\u2019influenza qu\u2019on a observés au mois de janvier 1957, en Europe, en Amérique et en Asie, ont été causés par les virus possédant les caractères du groupe « Dutch 56».Les souches comme A/Hawai/56 et A/Denver/57 peuvent être considérées comme souches types de ce groupe.Au mois de janvier 1957, une épidémie est apparue au Nord de la Chine.Cette épidémie s\u2019est propagée en février à Shanghaï, en mars à Canton, en avril elle a atteint Hong-Kong où on a compté au moins 500,000 cas.Durant les mois qui ont suivi, l\u2019épidémie a fait des ravages en Formose, au Japon, aux Philippines, en Malaisie, en Indonésie, en arrivant aux Indes et au Pakistan.Au mois d\u2019août, elle atteignit l\u2019Afrique du Sud, l\u2019Algérie et le Maroc.Déjà au mois de juin, on observe les premiers cas de grippe asiatique aux Etats- Unis, surtout sur les bateaux de guerre qui viennent de l\u2019Extrême-Orient.Cette pandémie a déjà touché plusieurs pays d\u2019Europe, et, dernièrement, la grippe asiatique a atteint le Canada.L\u2019isolement des virus de cette épidémie a montré que le virus en question est un virus influenza A, mais immunologiquement différent des autres virus A connus, y compris le groupe « Dutch 56 ».Ce groupe, dont la souche-type est A /Japon/305/57, a été appelé virus de l\u2019influenza asiatique.La meilleure protection contre cette épidémie est le vaccin préparé avec le virus en cause.Mais ce vaccin protège seulement contre le virus asiatique.Pour donner la protee- tion contre tous les virus grippaux, le vaccin complet doit être composé des souches représentant tous les groupes immunologiques.Les souches proposées sont les suivantes: PAVILANIS: LES VIRUS DE L\u2019INFLUENZA 1403 A / Swine / 31, A / PR8/34, A / Denver / 57, A/Japon/57 et B/GL/54.Mais il est impossible de préparer rapidement de grandes quantités de cinq souches.Pour cette raison, les autorités des Etats- Unis aussi bien que celles du Canada ont proposé aux fabricants de vaccins de préparer le vaccin monovalent avec le type asiatique de 1957.Toutes les compagnies de produits biologiques aux Etats-Unis ainsi que l\u2019Institut de Microbiologie et d\u2019Hygiène de l\u2019Université de Montréal et les Laboratoires Connaught de l\u2019Université de Toronto, ont commencé immédiatement à préparer le vaccin contre la grippe asiatique.Il faut savoir que la fabrication d\u2019un nouveau vaccin grippal nécessite une réorganisation qui peut être comparée avec un tool up des usines de voitures quand elles changent de modèle.Les virus qui vont être incorporés dans le vaccin doivent être complètement adaptés à la culture sur l\u2019embryon de poulet.Cette adaptation est assez difficile.Aussi le nouveau virus demande-t-il des changements dans la technique déjà utilisée pour la préparation de vaccin antigrip- pal.À cause de cette adaptation inévitable, les laboratoires ci-haut mentionnés, même en ayant fait un effort énorme jusqu\u2019à présent, ne sont pas capables de préparer des quantités nécessaires de vaccin.À l\u2019Institut de Microbiologie, nous inoculons en ce moment 20,000 œufs par jour pour la préparation du vaccin antigrippal.À cette allure nous pourrons préparer au moins 50,000 doses de vaccin par semaine.Mais même ces quantités et celles que les Laboratoires Connaught et les maisons commerciales pourront produire ne suffiront pas pour vacciner la totalité de la population canadienne.Il faudra restreindre l\u2019utilisation du vaccin en faveur des groupes de population qui sont indispensables au fone- tionnement des services d\u2019utilité publique. QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR L\u2019ALLAITEMENT MATERNEL Bernard LARAMÉE Obstétricien de l\u2019Hôpital Maisonneuve (Montréal) Je cherche à m'expliquer, depuis un.certain temps, pourquoi une chose aussi naturelle que l\u2019allaitement maternel ne trouve pas auprès de nos mamans canadiennes-françaises toute la faveur qu\u2019il avait autrefois et qu\u2019il a encore auprès de certaines Européennes.J\u2019en suis venu à conclure que trois catégories de personnes sont à blâmer pour cet état de choses: 1.La patiente elle-même et avec elle j'inclus parents et amis qui d\u2019une façon générale s'imaginent que l\u2019alimentation artificielle est beaucoup plus simple, pour le moins aussi avantageuse pour le bébé et de toute façon beaucoup plus satisfaisante.L\u2019on ne cherche pas à approfondir davantage le problème.L'on oublie trop facilement que les neuf mois de la grossesse et les premiers mois de la vie d\u2019un enfant sont d\u2019une importance primordiale pour donner à celui-ci l\u2019équilibre complet, physiquement comme psychologiquement.L\u2019on a peur que cette façon d\u2019agir dérange non seulement des habitudes ou des sorties, mais encore déforme ce qui fait l\u2019objet d\u2019orgueil chez les unes et d\u2019envie chez les autres.La nature qui a pourtant bien fait ce qu\u2019elle a fait, a donné à ces organes un rôle bien défini et a permis qu\u2019après usage, ils reprennent leur rôle plastique.2.La seconde catégorie de personnes à blâmer, ce sont les médecins, qu\u2019ils soient accoucheurs ou pédiatres, ou les deux.Il y a un travail d\u2019éducation à faire d\u2019une façon prénatale: éducation physique, physiologique et psychologique de la patiente.Ceci prend du temps, et nous sommes malheureusement soit pressés, soit bousculés par des salles d\u2019attente pleines.Quand la plupart d\u2019entre nous ne sous-estiment, ou découragent complètement l'allaitement maternel.Parce qu\u2019il peut y avoir des complications pas toujours agréables à traiter: gerçures, gonflement des seins, abcès.Et il y a tellement de bons laits sur le marché, faciles à prescrire.à.La troisième catégorie de personnes à blamer, ce sont les infirmières, surtout celles qui travaillent aux pouponnières, et qui voudraient que tel enfant qui va au sein, engraisse autant durant ses premiers jours de vie qu\u2019un autre alimenté artificiellement.Sous couvert de rendre service à la patiente, elles leur diront un tas de choses bien plus propres à la décourager à nourrir qu\u2019à la stimuler à continuer.Là aussi, c\u2019est une question d\u2019éducation, de patience.Il s\u2019agit très souvent de primipares qui peuvent n\u2019avoir jamais eu de contact avec des bébés naissants, qui nourrissent pour la première fois.Elles n\u2019ont pas toujours la façon de se placer le bébé au sein.Tout ceci prend du temps, de la patience, de la compréhension, et les pouponnières sont pleines et le personnel souvent pas assez nombreux.Peut-être, un jour, enseignera-t-on aux étudiants en médecine les avantages de l\u2019allaitement maternel, la façon de procéder.Peut- être, un autre jour, les infirmières seront-elles guidées davantage en ce sens.Alors, il y aura lieu d\u2019espérer que le taux des patientes qui nourrissent au sein équivale celui de celles qui préfèrent le biberon, et même le dépasse.Mais quels sont donc les avantages de l\u2019allaitement maternel?Tls sont de deux ordres, tant pour la mère que l\u2019enfant, soit: physiques et psychologiques.Au point de vue physique.\u2014 Pour la mère.Durant les tétées, le système musculaire de l\u2019utérus se contracte vigoureusement.Ces contractions, même si elles sont un peu sensibles, permettent \u2018et l\u2019expulsion des caillots et aussi à l\u2019utérus de reprendre sa position normale, beaucoup plus facilement et rapide- L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 ment.Quant à l\u2019enfant, le lait qui lui vient de sa mère est sûrement le plus approprié à ses besoins et l\u2019enfant nourri au sein souffre rarement de troubles gastro-intestinaux, si fréquents durant les premiers mois de la vie.Il semble bénéficier d\u2019un état de santé beaucoup plus stable, immunisé qu\u2019il est contre les maladies de toutes sortes.Je connais pour ma part, certains dermatologues qui recommandent à leurs patientes souffrant d\u2019eczéma de nourrir leur enfant; aucun des enfants de celles à qui je l\u2019ai recommandé n\u2019a présenté plus tard de l\u2019eczéma.Le docteur Spock y voit un point de vue pratique.La mère, en allaitant son enfant, dit-il, évite de nombreuses heures de travail.En effet, elle n\u2019a pas de biberons à stériliser, ni de mélanges à préparer ou à cuire.Elle n\u2019a pas à s\u2019inquiéter si les biberons préparés sont bien conservés et son lait est à la température qu\u2019il faut.Tout est là, n\u2019importe où, n\u2019importe quand, prêt à servir.C\u2019est un avantage dans ce siècle de voyage.Le point de vue psychologique est certes le plus important.N\u2019ayant pas moi-même de formation ni surtout d\u2019autorité spéciale en ce domaine, je me permettrai de vous citer à larges traits Helen Deutsch, tout en y ajoutant quelques commentaires personnels.Entre autre, elle dit ceci: « Nous devons regarder la période des suites de couches comme intermédiaires entre la grossesse et la vie normale où le traumatisme de la séparation se trouve surmonté par la relation maternelle, débutante avec l\u2019enfant.Il semble que le désir de réunion soit en conflit dès le début avec le besoin de libération.La peur qui se manifeste s\u2019applique tantôt à la séparation d\u2019avec l\u2019enfant, tantôt à la perte du Moi, tantôt, l\u2019enfant est menacé par la vie, tantôt la mère par l\u2019enfant.L\u2019interaction de l\u2019amour de soi et de la sollicitude pour l\u2019enfant est indubitablement manifeste durant les jours heureux, mais pleins d\u2019angoisse des suites de couches.» «De cette interaction dépend en partie le sort de l\u2019allaitement.Tout le problème de cette première période de la vie du nouveau- né se concentre.sur cette question vitale.LARAMÉE: L\u2019ALLAITEMENT MATERNEL 1405 Ainsi, la psychologie de la période des suites de couches est-elle liée dès le début au problème de l\u2019allaitement.» C\u2019est peut-être une des raisons pour lesquelles il est toujours plus difficile pour une primipare de mener à bonne fin l'allaitement maternel, car le conflit entre le Moi et l\u2019enfant est certes plus fort chez elle que chez la multipare.Si l\u2019allaitement réussit, il court une grosse chance que le conflit entre le Moi et l\u2019enfant soit beaucoup moins grave et l\u2019adaptation à la nouvelle vie à trois beaucoup plus facile.Plus loin, Helen Deutsch dit: « Les femmes qui se consacrent réellement à l'allaitement de leurs enfants et qui ne regardent pas cette fonction comme un devoir secondaire, affirment qu\u2019elles se sentent particulièrement heureuses durant la période de l\u2019allaitement.Selon leur dire, leur contentement a un caractère direct et primitif.Ces femmes, au fond, durant cette période ne se préoccupent pas introspectivement d\u2019elles-mémes et leur contentement est entièrement fonction du bien- être de leur enfant Elles peuvent, en même temps, poursuivre dans une large mesure ce qui les intéressait auparavant, mais elles reconnaissent sincèrement qu\u2019elles n\u2019y consacrent ni autant de temps, ni autant d\u2019énergie qu\u2019auparavant.Elles doivent même d\u2019habitude se forcer pour continuer leurs anciennes activités.Nous pouvons comprendre ces femmes; leur énergie psychique coule vers l\u2019enfant en même temps que leur lait.Elles affirment également que, durant la lactation, elles sont plus sollicitées psychiquement par la fonction de reproduction que durant la grossesse.Ceci aussi est compréhensible.Au cours de la grossesse, elles se préoccupaient d\u2019une chose qui ressemblait à une imagination; maintenant, il s\u2019agit d\u2019un amour réel.Elles se sentaient attirées vers une introversion, maintenant, ce qui les attire est un acte réel de dévouement désintéressé.Le don physiologi- aue et le don psychologique coïncident chez ces femmes.Leur comportement général correspond au caractère de leur allaitement.Ou bien, elles sont féminines, passives en éro- 1406 tisme et généreuses en esprit maternel, ou bien elles donnent et reçoivent d\u2019une façon active matriarcale dans tout leur comportement.Pour ces deux types de femmes, la grossesse est d'habitude une attente positive, et l\u2019allaitement, une source de joie.D\u2019une façon paradoxale, la femme masculine, agressive, est très souvent une excellente nourrice, et ses conflits avec ses enfants ne commencent qu\u2019à l\u2019âge de leur indépendance.L\u2019allaitement est une réalisation dont elle est fière, et le fait que ses enfants dépendent d\u2019elle lui donne la sorte de satisfaction qu\u2019elle désire.Durant la période où elle sert activement la reproduction, elle est même portée à renoncer temporairement à bien d\u2019autres satisfactions.J\u2019al connu plusieurs femmes qui se réjouis- salent d\u2019abandonner leur travail scientifique pour faire des enfants et les nourrir.Plus tard, quand leurs enfants grandirent, elles devinrent des mères très exigeantes et impatientes, et le fait que leurs enfants demeuraient néanmoins manifestement sains au point de vue psychique prouve peut-être que la première période de la vie est la plus importante.» Après avoir exposé ce que je crois être les avantages de l'allaitement maternel, nous chercherons maintenant quelles sont les causes d\u2019échec précoce pour ensuite essayer de savoir comment y remédier.La cause la plus ordinaire est l\u2019état d\u2019anxiété de la patiente.Cet état d\u2019anxiété se manifeste rarement durant le séjour de la patiente à l'hôpital, alors que les médecins et les infirmières sont directement responsables de l\u2019état de santé du poupon, et se manifeste aussi rarement chez la multipare, même si elle allaite pour la première fois.Il arrive le plus souvent chez la primipare et les premiers jours de son retour à la maison, alors qu\u2019à la fois elle doit subir la réadaptation physique et physiologique et psychologique de son nouvel état de mère avec en plus la responsabilité quasi-totale de l\u2019état de santé du petit être.Cette responsabilité l\u2019écrase.D'ailleurs, à ce moment-là, la femme qui sait se détendre, qui se laisse guider par son \u2018ins- tinet de femme, de mère, qui ne cherche pas à raisonner tout ce qui se passé en elle, va trouver l\u2019allaitement beaucoup plus facile.LARAMÉE: L'ALLAITEMENT MATERNEL L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 Donc, si la détente est nécessaire pour la bonne marche d\u2019un accouchement qu\u2019il soit naturel ou non, elle reste la condition essentielle à la réussite de l\u2019allaitement.Il va sans dire que l\u2019état d\u2019esprit du mari à ce moment- là contribue énormément soit à la tension, soit à la détente de la patiente.L\u2019échec précoce de l\u2019allaitement maternel est souvent causé par les crevasses du mamelon qui peuvent être excessivement sensibles et constituer la porte de l\u2019infection, un mamelon infecté étant si facilement suivi d\u2019une mastite.Le principe directeur pour éviter les crevasses du mamelon est le suivant: le mamelon doit pénétrer profondément dans la bouche de l\u2019enfant.En ce faisant, trois conditions favorables à l\u2019allaitement sont réalisées: 1.La plus grande partie de l\u2019aréole et en particulier l\u2019orifice des canaux se trouve placée entre la base de la langue et le palais, la succion peut alors s\u2019exercer sur l\u2019aréole pressée entre la langue, le palais osseux, les muscles buccinateurs des joues et les lèvres.L\u2019aréole résiste bien à la succion, s\u2019il n\u2019en est pas de même pour le mamelon.2.Le réflexe de succion paraît stimulé par tout ce qui frotte le palais du bébé.3.Si le mamelon est suffisamment souple pour atteindre le fond de la bouche du bébé, les sinus galactophores parviennent au niveau des gencives, ils peuvent être exprimés et vidés de leur contenu par les mouvements de la mandibule.Lorsque nous observons un bébé qui tette, nous nous imaginons qu\u2019il aspire le lait des profondeurs de la glande, quand en fait, il ne fait qu\u2019attirer le mamelon suffisamment loin de la bouche et le maintenir dans cette position pour que les lèvres et les gencives atteignent les sinus.Si malgré toutes ces précautions, les crevasses s'installent, alors il vaut mieux, à ce moment-là suspendre la mise au sein du côté de la lésion jusqu\u2019à ce qu\u2019elle guérisse et y appliquer de la teinture de Benjoin.On recommande de vider le sein à l\u2019heure où le bébé aurait dû y venir.Pour ce faire, il vaut mieux faire de l\u2019expression manuelle, laissant de côté tout pompage artificiel.Nous en reparlerons d\u2019ailleurs plus loin. M L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 Quand la lésion est parfaitement guérie, l\u2019enfant est remis au sein, en prenant garde toutefois de ne l\u2019y laisser que cing minutes la première fois et d\u2019augmenter ensuite graduellement.Une autre source de lésions du mamelon est l\u2019engorgement des seins au début de la lactation.D\u2019une part, l\u2019engorgement ne permet pas au bébé d\u2019attirer le mamelon, d\u2019autre part, et ceci est plus important encore, écoulement du lait est entravé.Les deux éléments principaux de l\u2019engorgement sont l\u2019accumulation grandissante du lait et une vascularité plus abondante se manifestant par des veines plus dilatées, de la chaleur et de la rougeur.Dans certains cas, l\u2019engorgement est confiné presqu\u2019entièrement à la zone aréolaire.Le traitement est différent à ce moment-là de celui qu\u2019on emploie quand il s\u2019agit de tout le sein.Quand la zone aréolaire est impliquée, le bébé ne peut comprimer les sinus, la bouchée étant trop grosse, il est donc forcé de prendre ce qu\u2019il peut, c\u2019est-à-dire le seul mamelon qui subit à ce moment-là une pression très forte.D\u2019où possibilité de lésions.Le traitement sera donc ici de faciliter au bébé la préhension de l\u2019aréole de façon à ce qu\u2019il puisse comprimer les sinus sans trop de difficultés.Il faudra donc masser la zone aréolaire et exprimer le lait jusqu\u2019à ce que cette dernière soit amollie et permette ainsi un allaitement correct sans dommage au mamelon.Cette façon de procéder est même conseillée d\u2019une façon systématique au début, qu\u2019il y ait engorgement ou non.Quand l\u2019engorgement atteint le sein dans sa totalité, le tableau est un peu plus marqué.Les seins sont pleins, durs et sensibles.La peau est luisante et rouge.La patiente se plaint de douleurs locales, de même que de céphalées intermittentes.Le traitement doit d\u2019abord viser à soulager la patiente.Pour ce faire, la codéine et l\u2019aspirine sont recommandées aux quatre heures, quand c\u2019est indiqué.Des sacs de glace pour des périodes variables entre les boires donnent de coutume un soulagement symptomatique, probablement en tendant à dimi- LARAMÉE: L\u2019ALLAITEMENT MATERNEL 1407 nuer la vascularité.Certaines patientes sont soulagées toutefois par des compresses humides chaudes.L\u2019expression manuelle du lait, quand elle peut se faire, soulage énormément la patiente.Il arrive souvent de pouvoir inhiber partiellement cet engorgement si l\u2019on prescrit une dose de 15 mg de Stilbeestrol au moment du début du gonflement, suivis dans quatre heures de dix autres mg.A ce que nous venons de voir, la prévention de l\u2019engorgement reste un problème assez important.La méthode utilisée est basée sur le fait que, dans la lactation normale, le lait est périodiquement pressé à travers les canaux par un réflexe mécanique d\u2019expulsion.Des tubuli, il est exprimé dans les canaux galactophores, puis enfin vers les sinus galactophores situés sous l\u2019aréole.Il résulte de ce qui précède que vouloir vider les seins par un mécanisme imitant la succion est erroné; il convient donc d\u2019imiter autant que possile la force expulsatrice qui s\u2019exerce à l\u2019intérieur du sein.Ce sera donc par l\u2019expression manuelle.Cette expression manuelle doit, de plus, être entreprise dès que la sécrétion se manifeste, afin de maintenir un afflux suffisant de lait pour prévenir l\u2019engorgement.Pour réussir, cette expression doit être opérée fréquemment.En pratique, les infirmières n\u2019ont pas le temps et j'ajouterais ne sont pas assez initiées aux soins de l\u2019allaitement maternel pour opérer elles-mêmes cette manœuvre.Voilà pourquoi, pour ma part, je recommande à mes patientes de s\u2019exercer durant les dernières semaines de leur grossesse à exprimer le colostrum de leurs seins, ce qui: 1.leur permet de faire elles-mêmes l\u2019expression manuelle du lait s\u2019il y a menace d\u2019engorgement lors de la montée laiteuse, connaissant déjà la technique; 2.l\u2019expression du colostrum avant la naissance rend, paraît-il, le système canaliculaire plus élastique et facilite l\u2019écoulement ultérieur du lait.Voilà donc les quelques considérations sur l\u2019allaitement maternel.Elles ne représentent peut-être pas un intérêt scientifique extraordinaire pour la plupart d\u2019entre vous, si par contre, elles peuvent représenter un intérêt humain certain. VARIÉTÉS XXVII° CONGRÈS DE L\u2019ASSOCIATION DES MÉDECINS DE LANGUE FRANÇAISE DU CANADA QUÉBEC, SEPTEMBRE 1957 SÉANCE D'OUVERTURE ALLOCUTION DU DOCTEUR LUCIEN LaRUE, Président.Permettez-moi d\u2019abord, de remercier en votre nom, l\u2019Université Laval et la Faculté de Médecine qui nous prêtent si généreusement les facilités de ce nouveau Pavillon pour y tenir les assises du 27e Congrès de l\u2019Association des Médecins de Langue Francaise du Canada.Ce geste, posé spontanément par les autorités de l\u2019Université et de la Faculté de Médecine, constitue un hommage qu\u2019ils rendent à tous les médecins de langue française du pays.Je ne doute pas que les assises de ce congrès comme tous les précédents se dérouleront dans un climat de compréhension mutuelle, de libre discussion des idées, pour le bénéfice de tous ceux qui y participent.Ce n\u2019est pas mon intention de vous détailler le programme scientifique qui occupera nos journées: les noms de ceux qui apparaissent à ce programme sont connus de la plupart d\u2019entre vous et sont un sûr garant de la valeur scientifique des travaux qui sous seront présentés.Je tiens, cependant, à vous faire remarquer que l\u2019exécutif du Congrès a cru devoir placer au programme un symposium sur la psychiatrie et aussi un symposium sur l\u2019alcoolisme, parce que cette toxicomanie est presque liée à des déséquilibres psychiques préexistants qu\u2019elle vient aggraver.Le symposium sur la psychiatrie a pour but d\u2019attirer l\u2019attention de tous les auditeurs sur l\u2019un des problèmes de santé les plus importants de notre époque, à propos duquel, l\u2019opinion publique doit être alertée car si le public sait que la maladie physique est un grand malheur, il ne sait pas que la maladie mentale est une tragédie et nous rencontrons encore malheureusement dans nos milieux des gens qui parlent des maladies mentales avec un sourire et qui, dans certaines circonstances, se complaisent à nous raconter à ce sujet, des histoires qu\u2019ils sont seuls à trouver drôles et cela, parce qu\u2019ils sont ignorants quand ils ne sont pas eux-mêmes plus ou moins hypothéqués.Et principalement la prévention dans ce domaine doit de plus en plus nous préoccuper.Cette grande question de la santé psychique devra faire l\u2019objet de l\u2019attention de tous les médecins et ne doit pas demeurer uniquement le fait des médecins psychiatres.Ceux-ci doivent réfléchir, non seulement sur les maladies physiques, mais aussi sur les maladies mentales, sur leurs causes, et sur leurs conséquences, sur la raison de leur augmentation en nombre à un rythme effarant.\u201c La santé psychique compromise entraîne des tragédies, compromet la sécurité personnelle, la sécurité publique et parce qu\u2019évoluent, dans la société, et de plus en plus, des déséquilibrés à des degrés divers qui ne sont pas reconnus.Les accidents qui entraînent des morts ou qui créent des invalides pour le reste de leur vie deviennent de plus en plus nombreux.Nous devons nous demander pourquoi cette augmentation si rapide et si considérable.Elle tient à de multiples facteurs.Vous savez tous que la médecine, avec ses moyens d\u2019action puissants a diminué le champ d\u2019action de la L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 sélection naturelle, qu\u2019elle a augmenté la durée moyenne de la vie, avec des conséquences bien différentes quand il s\u2019agit de sujets qui sont encore capables de constituer un actif pour eux-mêmes et pour la société.En ce qui concerne ses causes, nous ne pouvons rien et c\u2019est notre responsabilité morale d\u2019en accepter les charges.Il ne peut être question pour nous de rester passifs et indifférents devant un dément sénile qui fait une broncho- pneumonie que les antibiotiques sont capables de guérir, ou devant un prématuré à qui on peut conserver la vie en le plaçant dans un incubateur, même si l\u2019on prévoit qu\u2019il est appelé à constituer une charge pour sa famille ou pour la société.Telle est un peu la situation qui se présente actuellement.Je n\u2019ai pas besoin de vous dire l\u2019importance que doit prendre la prévention dans un domaine comme celui-ci et l\u2019on peut se demander si nous protégeons suffisamment les cerveaux au moment de la naissance?est-ce que nous ne procédons pas trop vite?est-ce que la physiologie ne devrait pas reprendre la place qu\u2019elle a un peu perdue ?C\u2019est un grand problème que je soumets à votre attention.Nous avons certainement trop d\u2019infirmes de l\u2019esprit, trop de psychopathes constitutionnels, trop d\u2019épileptiques, et je peux vous affirmer que un certain nombre d\u2019entre eux portent au cerveau des lésions qui conditionnent leur vie anormale.On doit se demander quels sont les moyens a prendre pour prévenir pareil incident.Les moyens de prévention des maladies mentales, de plus en plus étudiés par tous les médecins et de mieux en mieux connus du grand public, devraient enrayer, dans une certaine mesure, cette augmentation du nombre des déséquilibrés à des degrés divers qui compromettent la sécurité publique, qui perturbent la vie en société et même l'harmonie familiale.Elle devrait diminuer le nombre des délinquants et celui de tous les insuffisants cérébraux qui sont dans tous les cas, des créateurs de taudis.Et l\u2019alcoolisme à propos duquel on a écrit qu\u2019il était un effet qui venait compliquer ces XXVIIz CONGRÈS DE L\u2019AM.L.FC.1409 multiples causes, est aussi un grand problème qui découle d\u2019une santé psychique plus ou moins compromise.C\u2019est pour ces raisons et pour bien d\u2019autres, que le temps ne me permet pas de vous dire ce soir et qui seront exposées, que nous avons voulu un symposium sur la psychiatrie et sur l\u2019alcoolisme.Les cicatrices dont un cerveau peut être porteur ne disparaissent pas avec les belles paroles, et les grands troubles du métabolisme de la cellule nerveuse doivent faire l\u2019objet de médications biologiques intenses.Ces problèmes sont des problèmes strictement médicaux, et j'ai cru devoir les porter à l'attention de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada.De grands efforts ont déjà été faits, mais l\u2019avenir demeure extrêmement sombre; nos grands hôpitaux psychiatriques ne suffisent plus à la tâche, les grandes cliniques neuro-psychiatriques créées, grâce à la collaboration des Ministères fédéral-provincial de la Santé, avec le concours de nos universités, elles aussi sont débordées.La société est appelée, si elle ne prend pas conscience de ce problème, à supporter des charges dont nous ne sommes pas encore capables de mesurer l\u2019étendue.La Faculté de Médecine de Québec qui comprend toute l\u2019importance de ce problème remanie, actuellement, ses cours sur les maladies mentales de sorte que tous ses étudiants, même ceux qui sont appelés à exercer dans d\u2019autres disciplines que la médecine psychiatrique, aient l\u2019opportunité de prendre une connaissance complète des maladies mentales et de ses moyens de prévention.C\u2019est une initiative qui veut maintenir et augmenter la qualité de la médecine.La construction de ce nouveau pavillon est un exemple.La qualité de la médecine est la préoceupa- tion de tous les esprits, de nos grandes universités françaises et anglaises.Elle se manifeste dans nos laboratoires de recherches, dans nos journaux médicaux, dans nos sociétés médicales, dans ces cours de perfectionnement qui se donnent régulièrement, dans la formation de nos infirmières, dans les études faites à 1410 l\u2019étranger, dans l\u2019exercice de la médecine elle- même, soit à la ville ou dans les campagnes les plus éloignées, car la Province de Québec est un immense pays, où le grand médecin praticien consciencieux protège la santé publique.Cette qualité de la médecine que nous voulons maintenir, j'espère que nous n\u2019aurons pas à la défendre, car l\u2019exercice de la médecine * XXVIIE CONGRÈS DE L\u2019'AMLF.C.L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 demande du temps et de la réflexion.Cette façon de travailler ne doit pas être modifiée; si par hasard elle l\u2019était, ce sera au détriment des malades eux-mêmes.Telles sont les réflexions que j\u2019offre aux congressistes au début de leurs journées d\u2019études et je déclare ouvert le 27e Congrès de l\u2019Association des médecins du Canada.ALLOCUTION DU PROFESSEUR F.DE GAUDART D'ALLAINES Délégué du Gouvernement français au XXVII° Congrès.Je suis heureux d\u2019apporter à votre Faculté et à votre Congrès les vœux et les souhaits affectueux de mon pays.Vous savez que, à chaque Congrès des Médecins de Langue Française du Canada, la France vous envoie un représentant.Moi-même, comme bon nombre d\u2019entre vous veulent bien encore s\u2019en souvenir, je suis déjà venu il y a 25 ans, à Ottawa, avec une mission identique.C\u2019est vous dire avec quelle joie j'ai le plaisir de rencontrer ici des amis de longue date et la Faculté de Médecine de Québec dont vous inaugurez ces nouveaux et superbes bâtiments où tout est parfaitement adapté à l\u2019Enseignement et à la Recherche, deux conditions pour avoir de bons médecins et une bonne médecine.Monseigneur le Recteur, vous avez bien voulu me recevoir aujourd\u2019hui d\u2019une façon toute particulière en me conférant le grade de Docteur Honoris Causa de la Faculté de Québec.Je vous en remercie très vivement ainsi que le Conseil de votre Université.C\u2019est pour moi un honneur dont je sens tout le prix.Permettez-moi de penser que ce soir sont auprès de moi, à mes côtés, deux médecins de chez vous qui ont bien voulu autrefois m\u2019honorer de leur amitié et dont le souvenir est inséparable, dans ma pensée, de tout ce qui touche à votre belle patrie: le doyen Arthur Rousseau, âme de votre Faculté à laquelle il a donné le meilleur de sa vie, et le doyen de la Faculté de Montréal, Harwood de Lot- birière, quelque peu mon parent et avec qui me liaient tant de souvenirs et tant d\u2019amis communs.Le titre que vous avez bien voulu m\u2019octroyer me fait un grand honneur et crée un lien de plus entre nos Facultés du Canada et de la France.Un lien de plus, car il y en a déjà bien d\u2019autres qui nous réunissent et en tout premier lieu les traditions communes.En effet, au milieu du rythme rapide des progrès extraordinaires réalisés tous les jours dans les sciences médicales, progrès que l\u2019on à parfois peine à suivre, vous demeurez les représentants, les disciples de la grande tradition de la civilisation méditerranéenne, comme nous de l\u2019autre côté de l'Atlantique.Cette civilisation latine et grecque dans laquelle l'homme dans sa dignité, dans ses devoirs et dans sa liberté, tient une place si importante.Ainsi donc renforcer les liens d\u2019amitié et de culture qui nous unissent et en créer d\u2019autres apparaissent comme un devoir impérieux et utile.Vous savez combien nos conférenciers aiment à venir dans vos Facultés car ils y rencontrent un auditoire de choix, des étudiants instruits et travailleurs, des praticiens curieux des derniers progrès scientifiques, et des maîtres avec qui nous aimons à discuter de nos problèmes communs.Ceci joint à l\u2019accueil si hospitalier, si amical, que nous recevons chez nous, explique que, pour tout dire en un mot, nous nous sentons ici en famille, et en communion de sentiments. L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 De même vos étudiants aiment à venir chez nous et nous avons depuis quelque deux ans, l\u2019heureuse chance de leur offrir des postes plus intéressants dans nos hôpitaux.En effet, le Collège de Médecine des Hôpitaux de Paris, sous l\u2019impulsion si marquée de son Secrétaire Général, le docteur Lam- bling, et avec l\u2019accord nécessaire des pouvoirs publics, a créé des postes de Résidents étrangers dans nos hôpitaux.La fonction de résident est donnée à des étudiants dont les titres sont exceptionnels et confère au titulaire les mêmes droits et les mêmes devoirs que ceux de nos Internes des Hôpitaux de Paris, future élite de notre corps médical.Grâce au travail obstiné de notre ami le Professeur Kourilsky, de Son Excellence l\u2019Ambassadeur de France et à MM.le Professeur Jobin, doyen de la Faculté de Québec, et Wildbrod Bonin, doyen de Montréal, la moitié des postes ainsi créés à été donnée aux étudiants canadiens et je dois dire que nous sommes enchantés des résultats déjà acquis dans les Hôpitaux de Paris.Ce travail doit être poursuivi et amplifié.J\u2019estime que, de même que nos Internes des Hôpitaux bénéficient de quatre années consécutives d\u2019Internat, le temps de séjour des x XXVIIE CONGRES DE L\u2019AMLF.C.1411 médecins résidents, fixé primitivement à une année, doit être augmenté.De même 1l paraît utile d\u2019accroître le nombre des postes de résidents en créant, dans nos grandes facultés de province, et je sais que déjà des pourparlers sont engagés pour le développement plus ample et plus fructueux de cette institution dont les résultats sont déjà très concluants.Enfin, il me paraît nécessaire d\u2019envisager pour l\u2019avenir un plus ample développement des liens culturels, sous la forme d\u2019échanges réciproques de professeurs et de conférenciers.Le développement de vos facultés de médecine, la valeur des travaux qui en sortent, l\u2019impulsion donnée à la Recherche Scientifique, me font estimer qu\u2019il y aurait intérêt à recevoir chez nous ceux d\u2019entre vous qui viendraient, par des conférences, nous entretenir de leurs travaux et nous exposer leur expérience.Ainsi en développant les liens acquis, et en créant de nouveaux échanges réciproques sur le plan culturel et amical, nous pourrons développer utilement les rapports franco-cana- diens pour notre bien commun.Le titre que vous venez de me conférer me crée le devoir agréable de me dévouer à cette tâche.* BANQUET DE CLOTURE ALLOCUTION DU DOCTEUR EMILE BLAIN, Directeur Général de l'Association.À l\u2019issue de ce dîner, l\u2019Association des Médecins de Langue Francaise du Canada se doit d\u2019acquitter une dette de reconnaissance envers tous ceux et celles qui ont contribué au succès de son vingt-septième congrès.En son nom, je remercie particulièrement les Docteurs Lucien LaRue, président, Pierre Jobin, secrétaire, Yves Rouleau, trésorier, et Jean-Marie Delage, secrétaire-adjoint.Nous savons tous ce qu\u2019une telle organisation exige de travail et de dévouement, et nous savons infiniment gré à ces officiers d\u2019avoir accepté cette tâche et de l\u2019avoir si bien remplie.Notre sincère témoignage de gratitude, également, à nos distingués hôtes d'honneur, nos délégués ou invités d\u2019outre-Atlantique, nos pré-idents de séances, nos rapporteurs scientifiques, nos congressistes, tant des Etats-Unis que du Canada et, enfin, à tous les autres collaborateurs anonymes dont le concours est si précieux et le rôle parfois si ingrat.Aux dames qui apportent toujours à ces réunions une note particulière de distinction, d\u2019élégance et de gaieté, nous offrons l\u2019hommage de notre respectueuse admiration. 1412 Le Congrès de Québec de 1957 aura été ce que nous en attendions tous: une réussite de première grandeur.x x En septembre dernier, nos assises annuelles avaient lieu dans l\u2019ouest canadien.Ceux qui eurent la bonne fortune d\u2019y participer se souviennent encore avec émotion de Jasper, Vancouver, Edmonton et Saint-Boniface et de l\u2019inoubliable réception qu\u2019on leur a faite partout.Ces belles choses n\u2019étaient pas dues au au hasard; des organisateurs locaux avaient travaillé d\u2019arrache-pied a leur préparation.En guise d\u2019appréciation pour cette magnifique collaboration, l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada est heureuse d\u2019offrir au principal responsable de cette réunion de l\u2019ouest un diplôme d\u2019honneur attestant la très haute qualité des services rendus.J'ai le plaisir d\u2019inviter le docteur Louis-Philippe Mousseau, d\u2019Edmonton, à venir chercher ce parchemin que nous lui remettons avec nos remerciements et l\u2019assurance de notre très reconnaissant souvenir.Trois autres collègues, les docteurs J.-P.Moreau et Richard-A.Poirier, tous deux d\u2019Edmonton, et Henri-E.St-Louis de Vancouver méritent également un diplôme d\u2019honneur pour les mêmes raisons.L'Association est fière de proclamer publiquement leur mérite, et leur octroie « in ab- sentia », un témoignage écrit de profonde considération.3 * * En vertu d\u2019une décision de notre Conseil, notre prochain congrès aura lieu dans l\u2019est du Canada, plus précisément à Saint-André- sur-Mer, au Nouveau-Brunswick, les 11, 12, 13 et 14 septembre 1958.Les officiers de ce XXVIIe CONGRÈS DE L\u2019AM.LF.C.L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 Congrès seront les Docteurs Georges-L.Du- mont, président, Jean Paul Carette, secrétaire, et François St-Laurent, trésorier, tous trois de Campbellton.Nos félicitations et nos meilleurs vœux de succès aux nouveaux élus.En leur nom, je vous invite tous à Saint-André- sur-Mer, en septembre prochain.Mesdames, Messieurs, comme vous pouvez le constater, l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada porte bien son nom, et elle poursuit ses activités dans toutes les parties du pays où il y a des médecins d\u2019expression française.L'esprit et la lettre de sa constitution veulent qu\u2019il en soit ainsi, et elle n\u2019a pas l'intention de s\u2019y dérober.Aussi longtemps qu\u2019il y aura dualité ethnique au Canada (et la chose n\u2019a pas l\u2019air à la ve:lle de cesser), il y aura place partout, en terre canadienne, pour les progrès et les manifestations de ses deux cultures.Les esprits sérieux et réalistes trouvent dans ce fait une source d\u2019enrichissement pour notre pays, et nous croirions manquer à notre devoir envers la communauté entière, si nous ne mettions cette source d\u2019enrichissement en valeur dans le domaine médical comme ailleurs.L\u2019A.M.L.F.C.prend pour acquis le droit des autres à leur identité et à leurs caractères propres dans le cadre de la nation canadienne; et elle entend fermement profiter sans entrave du même privilège, pour le plus grand bien de cette patrie commune, à laquelle nous sommes aussi attachés les uns que les autres.Puisse cette pensée inspirer les gestes de notre Association et contribuer à accroître sans cesse l'héritage, dont la ville de Québec, berceau de notre culture en Amérique, a été la première dépositaire. ALLOCUTION DU PROFESSEUR DELORE, Secrétaire Général de l'Association des Médecins de Langue Française d'Europe.Venir au Canada et d\u2019abord à Québec est pour tout Français, dès l\u2019enfance, un rêve qui se réalise aujourd\u2019hui pour moi.Il y a plus, Pour le représentant délégué de l\u2019'A.M.L.F.d\u2019Europe, il y a là une somme d\u2019enchantement et d\u2019émotion.Dans la foule des sentiments que j\u2019éprouve à cette heure, quelques uns dominent et d\u2019abord la gratitude envers les dirigeants du Congrès de l\u2019Association sœur pour m\u2019avoir convié et accueilli d\u2019une façon qui, dans une vie, laisse un souvenir inoubliable.Mes remerciements iront particulièrement à vous M.le Président du Congrès et au Secrétaire Général, le Docteur Jobin avec lequel, depuis six mois, j'ai échangé bien des lettres cordiales.Je dois ensuite vous dire ma joie d\u2019assister à une telle manifestation médicale et scientifique, et dans le cadre incomparable de cette cité où la tradition et la noblesse du passé s\u2019allient heureusement avec les nécessités de la technique et les audaces de l\u2019innovation.J\u2019ai deux messages à remplir.D'abord, j'ai l'honneur de représenter les Facultés de Médecine Françaises de province, et particulièrement celle de Lyon à laquelle J'appartiens.Le Conseil de ma Faculté et son Doyen le Professeur Hermann, vous expriment par ma voix, leur sympathie la plus spontanée.Est-il besoin de vous dire que, sans avoir le prestige et le rayonnement de la capitale parisienne, nos facultés de province et nos hôpitaux accueillent toujours avec empressement vos étudiants et jeunes médecins et que nous souhaitons vivement que les échanges s\u2019intensifient.Ce que nous vous demandons, c\u2019est que les intéressés et ceux qui les patronnent nous fassent savoir à l\u2019avance ce qu\u2019ils attendent de nous et les conditions d\u2019accueil qu\u2019ils désirent.J\u2019ai l'honneur de venir surtout parmi vous à un autre titre, celui de Secrétaire Général de l\u2019A.M.L.F.d\u2019Europe, délégué par son comité de direction pour le représenter à ce Congrès.J\u2019ai donc d\u2019abord le devoir de me tourner vers les dirigeants de l\u2019Association sœur et de les saluer tous en la personne du Directeur Général, le Docteur Blain.Qu'il me soit permis de préciser que mon Association est la mère des Congrès français de médecine, dont le ler a eu lieu à Lyon en 1894, et dont le XXXIème aura lieu à Paris du 16 au 18 octobre prochain.L\u2019A.M.L.F.d\u2019Europe a pour but essentiel de réunir tous les médecins parlant français et se réclamant de ce que nous appelons la médecine d\u2019expression francaise.Notre Association a groupé et groupe encore les plus grands noms de la médecine des pays d\u2019Europe de langue française.Dès l\u2019origine, il fut admis que les médecins canadiens français y avaient leur place.Ils y figurent dans le comité de direction.Le Professeur À.Le Sage, dont je salue la mémoire, faisait partie de notre Association, et aussi le Doyen Arthur Rousseau, le Docteur Arthur Vallée, le Professeur Vezina.Aujourd'hui, deux des vôtres appartiennent à notre comité de direction, le comité des treize: le Doyen Jobin et le Professeur Donatien Marion.Il y a là des signes qui prouvent combien nous tenons à maintenir les liens de famille avec l\u2019association-sœur du Canada.Je voudrais aussi vous dire combien nous apprécions votre substantielle revue L\u2019Union Médicale, et je salue à ce sujet le Docteur Amyot.C\u2019est pour moi, je le répète, un grand honneur d\u2019apporter à l\u2019Asociation canadienne le message fraternel, la sympathie et l\u2019estime de l\u2019Association d'Europe.Lorsqu\u2019on est de la même famille on cherche à se retrouver.Comment dès lors ne pas évoquer le Congres jumelé de 1934! C\u2019est à Québec que se tint le XXITIème Congrès de mon Association incorporé au XIIIème Congrès de l\u2019Association canadienne.Le président 1414 était le Professeur A.Paquet, avec comme adjoint, mon vénéré maître Emile Sergent.Tous les médecins d\u2019Europe qui participèrent à cette manifestation en ont gardé un souvenir indélébile.Le Président Paquet évoqua la mémoire de cet évêque et éducateur illustre, envoyé par la France, dont votre Université porte ici le nom.Il ajouta: « L'Université de Montréal et celle de Québec se sont alimentées à la médecine d\u2019expression francaise! ».Comment n\u2019aurions-nous pas désiré, vingt- trois ans après, reprendre cet exemple et jumeler un de nos congrès avec un des vôtres! Lorsqu'il y a deux ans et demi, à notre congrès d\u2019Alger, j'ai exprimé cette suggestion au Comité de Direction de mon Association, j'ai trouvé une approbation unanime, et notamment de la part de notre Doyen d\u2019âge le Professeur Lemierre qui, peu de jours avant sa mort, tenait encore chez lui une réunion consacrée à ce projet.Hélas, ce dernier n\u2019a pu se réaliser faute de moyens suffisants pour faire venir au Canada un nombre valable de congressistes européens.C\u2019est dans ces conditions qu\u2019est venu, seul, aujourd\u2019hui le Secrétaire général de l\u2019Association d'Europe.Notre Comité ne pourra oublier et la réaction si favorable que vous aviez manifestée au projet, et votre geste d\u2019invitation à l\u2019égard de son délégué.Notre prochain congrès, le XXXTème, aura lieu à Paris du 15 au 18 octobre.Nous nous réjouissons d\u2019y accueillir certains d\u2019entre vous, surtout le Doyen Bonin, le Professeur Donatien Marion et le Docteur Lessard.Quels que soient les sujets des rapports de nos congrès, les idées-forces de notre association s\u2019y sont toujours exprimées de la même façon par la bouche des présidents successifs: Sauvegarder la culture générale et l\u2019esprit clinique.Leur associer avec éclectisme les techniques nouvelles dont les données demandent à être interprétées.Assurer la permanence d\u2019une médecine de quahté, d\u2019une médecine de l\u2019homme complet.XXVIIe CONGRÈS DE L\u2019'AMLFC.L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 Or, n\u2019est-ce pas ce que vous-mêmes ici affirmiez?Et les allocutions lundi soir du Doyen Jobin et du Professeur Lemieux font écho d'une façon étonnamment semblable à ce que déclarent tous nos présidents de congrès! DS * * Ainsi, des deux côtés de l\u2019Atlantique, une pareille conception de la médecine s\u2019affirme.Elle traduit dans ce pays la survivance d\u2019une personnalité qui nous émeut, et qui sans doute confère au Canada le rôle singulier de chaînon entre deux continents.3 x * Mes chers collègues, appartenant à une génération qui dès avant sa 20ème année a été projetée dans l\u2019holocauste de la 1ère guerre mondiale, je suis de ceux qui pensent \u2014 intensément \u2014 que la grande œuvre c\u2019est d\u2019unir des hommes, de les unir autour de buts qui les élèvent parce qu\u2019ils les dépassent.Ici s\u2019accomplit grâce à vous un tel geste.S'il est vrai, comme l\u2019a écrit un de nos grands penseurs contemporains, Saint-Exu- péry, que « la France est pareille à un vaisseau qui navique dans la tempête et dans la nuit, mais tous feux allumés », je veux ajouter que ces feux ont le même éclat que ceux qui brillent ici.En pourrait-il être autrement ?Depuis trois siècles, vous avez voulu entretenir la flamme, garder ce que la France, selon un de vos écrivains, « a apporté un jour d\u2019éternel ».Comment cette « maintenance », alors que dans bien d\u2019autres pays, le creuset des assimilations uniformise en une génération ?Comment avez-vous pu garder le «réflexe français » ?C\u2019est que vous vous êtes appuyés d\u2019abord sur les vraies valeurs, les valeurs culturelles, et sur un idéal.C\u2019est cela, à nos yeux, le miracle canadien francais.Ici, la semence n\u2019est tombée ni sur le chemin, ni sur le roc, ni parmi les épines, mais dans la bonne terre! Chers Collègues de l\u2019A.M.L.F.du Canada, Je vous apporte les vœux les plus chaleureux L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 de l\u2019Association sœur d\u2019Europe, des vœux pour vos animateurs, des vœux d\u2019avenir, des vœux pour des relations de plus en plus étroites entre les deux associations.À ces vœux j\u2019ajou- * XXVIIe CONGRES DE L'AMLF.C.1415 terai, en considérant ce que vous avez réalisé et conservé, le témoignage de notre admiration et, pour votre œuvre, une certitude: celle de la pérennité.+ ALLOCUTION DU PROFESSEUR RAOUL KOURILSKY (de Paris) Docteur \u2018Honoris causa\u2019 de l'Université Laval.Avant que je ne quitte Paris, j'ai été expressément chargé par le Collège de Médecine, et par la Faculté de Médecine de Paris de vous apporter leurs vœux.Le Présient annuel du Collège, le Prof.Moreau et le Secrétaire Général permanent, qui est la cheville ouvrière et l\u2019âÂme de cette institution: le docteur Lambling; son Secrétaire adjoint que vous connaissez bien, notre ami Chigot, m\u2019ont délégué leurs pouvoirs, et je suis particulièrement reconnaissant au Président du 27° Congrès le docteur Lucien LaRue, de m\u2019avoir donné ce soir l\u2019occasion de remplir ma mission.Je propose tout d\u2019abord que nous saluions tous ensemble le Premier Ancien Président élu du Collège de Médecine.Il est ici parmi nous.Il n\u2019est autre que l\u2019éminent Collègue à qui le gouvernement français a confié cette année la délégation officielle au 27° Congrès; le plus charmant des amis et des hommes, le Professeur François de Gaudart- d\u2019Allaines.* * * C\u2019est en Bretagne à Saint-Briac, dans un joli petit port breton, pendant les vacances, que naquit le Collège de Médecine en 1950.Nous étions trois, le docteur Lambling, le docteur Ravina et moi-même, réunis par l\u2019amour de la Bretagne et, pour les deux derniers, par la passion de la navigation à voile \u2014 entre Fréhel et St-Malo.Nos vacances n\u2019étaient pas même une trêve.Les idées, que notre vie agitée à Paris refoulait au plan profond de nos consciences, redevenaient vivantes.Dans le calme de ce jour, elles s\u2019exprimèrent enfin! Notre ami Lambling était depuis longtemps préoccupé de faire participer, plus activement à l\u2019enseignement et aux relations extérieures, les Médecins des hôpitaux qui n\u2019appartenaient pas a la Faculté \u2014 Ainsi en était-il du docteur Ravina, alors Secrétaire Général de la Société Médicale des hôpitaux de Paris, et de moi-même, qui présidait le syndicat.Nous cherchions une voie sans la trouver \u2014 Fatigués nous laissämes errer nos souvenirs sans liens avec le sujet.Je leur racontai mon expérience canadienne, entremêlée de quelques anecdotes savoureuses que j'avais apprises chez vous \u2014 C\u2019est toujours un stimulant excessivement efficace pour l\u2019esprit \u2014 comme chacun de vous l\u2019a sûrement éprouvé.Il le fut encore cette fois! Ramenée par choc en retour à des réalités plus sérieuses, la conversation s\u2019orienta vers les conditions d\u2019exercice de la Médecine canadienne.J\u2019exposai à mes auditeurs, moins familiers que moi avec celle-ci, l\u2019institution des Collèges, que nos amis Donatien Marion, Blain, Trudel et tous les Membres du Conseil de l\u2019Association des Médecins de Langue fran- caise du Canada \u2014 m\u2019avaient maintes fois exposée.La situation n\u2019était pas la même en France \u2014 Nous cherchions des similitudes, nous esquissions des rapprochements.Tout à coup une étincelle jaillit entre nous trois: si l\u2019on créait à Paris un Collège de Médecine?Ce fut, je crois bien, le docteur Lambling qui formula l\u2019idée \u2014 Il y vit une solution de bien des problèmes, moi-même devinai la possibilité de régler un jour de Collège à Collège, l\u2019habilitation des études faites par les Médecins Canadiens en France. 1416 Quelque temps après, l\u2019acte juridique de l\u2019existence du Collège portait la signature du docteur Lambling, la mienne et celle de deux Collègues, l\u2019un chirurgien et l\u2019autre spécialiste des hôpitaux.Telle est, Mesdames et Messieurs, la très véridique histoire de la naissance du Collège de Médecine.Comme vous l\u2019avez vu un gène Canadien s\u2019était glissé parmi ses chromosomes.* * * Le docteur Lambling se dévoua si bien à sa tâche, que le Collège se développa rapidement.Le grand Maître des hôpitaux, l\u2019un des hommes les plus éclairés que nous aylons eu depuis longtemps à la Direction Générale de l\u2019Assistance Publique de Paris, le docteur Leclainche mit tout son pouvoir dans la balance.En\u2019 1952, tout étant prêt, j\u2019exposai devant le Collège la nécessité de créer des résidents à titre étranger dans les hôpitaux de Paris dont les premiers bénéficiaires fussent par priorité nos amis Canadiens.Pour favoriser le plus possible de nos Collègues avec cette notion, j\u2019obtins que soient successivement délégués pour la France au Congrès: en 1953 le docteur Marquezy, président du Collège; puis \u2014 quand la question fut presque mûre \u2014 en 1955, le docteur Chigot, qui depuis des années m\u2019assistait dans l\u2019orientation des chirurgiens à la Maison Canadienne.Il était de plus Secrétaire adjoint du docteur Lambling au Collège de Médecine et connaissait bien les réalités canadiennes.Pendant que nos Collègues prenaient contact avec vous et faisaient à leur tour avancer l\u2019idée dans les milieux médicaux et parmi nos Internes, ma tâche consista loin de vous et dans le silence à conquérir à l\u2019idée les Administrations françaises des Ministères de la Santé, de l\u2019Assistance Publique et de l\u2019Education Nationale, le Conseil Municipal et Général et enfin et surtout le Ministère des Finances.Vous connaissez la suite: lorsque les deux doyens du Québec, nos amis J.-B.Jobin et Bonin vinrent en France en 1956 avec la délégation de l\u2019Association des Mé- XXVIIE CONGRÈS DE L\u2019AMLFC.L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 decins de Langue Française du Canada, ils firent unc percée foudroyante ct l\u2019emportèrent.Leur détermination et leur vitesse me firent souvenir des merveilleuses descentes que J'avais vu faire aux hockeyeurs Canadiens \u2014 dans un des rares moments de loisir que je m'\u2019accordai au Canada \u2014 Chacun d\u2019eux eût pu paraphraser la trop célèbre phrase: Veni- Vaidi-Vici.Des équipiers de marque les relayèrent : M.Baillou, Ministre plénipotentiaire, sous- directeur à la Direction des Relations culturelles au Quai d\u2019Orsay, M.René Garneau, l\u2019Attaché culturel et de Presse du Canada en France, et le Dr Roussel, du Ministère de la Santé Publique à Paris; mais je ferai ailleurs le récit complet de cette victoire.C\u2019est entre les mains du Collège de Médecine, qui avait entre temps établi un projet complet de Résidence, et à la bonne garde de nos amis Lambling et Chigot, que fut déposée l'institution des résidents.Cependant qu'il me fallait encore surveiller pas à pas la ratification des actes, j\u2019obtins que soit envoyé en 1956, le Dr Bousser, président du syndicat des Médecins des hôpitaux de Paris, afin qu\u2019il connaisse le climat Canadien et qu\u2019un atout de plus s'ajoute à notre jeu.* * * Alors un phénomène remarquable se produisit.L'introduction des résidents canadiens en France se fit dans la simplicité et dans la cordialité.Aucune des craintes que certains nourrissaient ne se vérifia \u2014 La raison en est facile à comprendre \u2014 Le gène canadien introduit dès la naissance du Collège fit que l\u2019organisme adulte reconnut instantanément les siens \u2014 de même qu\u2019en biologic où une greffe est tolérée par le sujet adulte, si des cellules de la même souche ont été injectées à l\u2019embryon \u2014 ainsi que l\u2019a montré une récente et brillante expérience immuno- logique.L'expérimentateur franco-canadien a donc obtenu une magnifique confirmation que je livre ici, pour la première fois, à la Science.% * * L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 Mesdames, Messieurs, la Faculté de Médecine de Paris n\u2019aurait eu garde de me laisser partir sans m\u2019avoir donné raison de vous exprimer à son tour, toute sa sollicitude.Le Doyen Binet avant mon départ m'a fait mander et m\u2019a chargé de transmettre au Congrès ses souhaits les plus sincères et de vous dire que vous pouvez compter sur tous nos Collègues.Aussi suis-je heureux de féliciter au double nom de la Faculté de Médecine et du Collège, le Président du Congrès le docteur Lucien Larue de la brillante réussite de ce 27° Congrès et aussi le Secrétaire Général Pierre Jobin et son adjoint Jean-Marie Delage de la parfaite organisation \u2014 Nous savons tous ce que représente la tâche du Secrétaire Général et de son adjoint.Ils firent régner la bonner humeur, la précision, l\u2019efficacité.Ils ont été servis certes par le magnifique édifice de la nouvelle Faculté de Médecine, atout majeur, que Québec apporte à son tour au développement de la Médecine canadienne tout entière et dont nous ne saurons jamais assez le féliciter.* * * XXVIIE CONGRES DE L\u2019AMLF.C.1417 Mes Chers Amis, Vous tous qui êtes ici, Vous savez que vous pouvez compter en France sur des amitiés fidèles, actives, diligentes \u2014 Vous en connaissez déjà un certain nombre \u2014 Beaucoup d\u2019autres vont naître, maintenant que les échanges sont possibles sur des bases indiscutables.Les amitiés de trente ans que j'ai nouées avec la plupart d\u2019entre vous et auxquelles le Président Lucien LaRue faisait allusion, vont renaître entre d\u2019autres Français et d\u2019autres Canadiens.Nous sommes au prélude d\u2019une ère d\u2019échanges de Science, d\u2019esprit et de cœur entre Médecins canadiens et français.Chaque année de part et d\u2019autre la flamme sera entretenue.Faites confiance aux Français, plus nombreux que peut-être vous ne le pensez, qui ont pris comme devise cette phrase modeste, que vous connaissez bien, et qui dit tout: « Je me Souviens ». MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES LE CANCER DES COLON S ET DU RECTUM SON DIAGNOSTIC PRECOCE: RANCON D'UNE CURE RADICALE Antoine PETTIGREW, F.A.C.S.Le cancer du gros intestin y compris le rectum est aussi fréquent que celui de l\u2019estomac.Les fonctions de la partie inférieure du tractus intestinal sont celles de l\u2019absorption, de la rétention et de l\u2019évacuation.Toute interférence avec ces fonctions par une lésion qui irrite, ulcère et obstrue causera un changement vital dans l\u2019état de santé de l\u2019individu.L\u2019indigestion, la malnutrition, le changement dans les habitudes d\u2019évacuation intestinale; l\u2019anémie, les malaises et la douleur s'installent graduellement à mesure que la tumeur se développe.Les manifestations plus aiguës comme l\u2019obstruction, la péritonite et l\u2019hémorragie viennent habituellement plus tard et causeront la mort à moins que la lésion soit précocement traitée.Nous savons que pour toutes les régions de l\u2019organisme, le diagnostic précoce du cancer est d\u2019une importance capitale pour son traitement efficace.Il est classique de dire que le cancer des côlons ne se révèle d\u2019habitude que par une de ses complications, et le plus souvent par un iléus complet.C\u2019est une erreur, car l\u2019occlusion est toujours précédée de troubles dans la fonction colique, de crises coliques, d\u2019obstructions coliques incomplètes et passagères, premiers symptômes des néoplasmes coliques.Cette crise colique appartient à toutes les affections ulcéreuses du gros intestin, elle est due aux troubles vraisemblablement réflexes qu\u2019une lésion localisée apporte à la fonction colique.La douleur est spontanée; provoquée et fixe, elle a une valeur clinique considérable.Elle est soit passagère, soit permanente, elle n\u2019est parfois qu\u2019une sensation de gêne, de pesanteur ou au contraire très aiguë.La (Québec).palpation la réveille toujours au même point.Cette douleur fixe, celle de la lésion colique, est accompagnée par une autre douleur, celle- la intermittente et due aux troubles apportés à la fonction intestinale.Elle siège à distance du néoplasme, ce sont des coliques, des crampes.Au moment où la douleur s\u2019évanouit, les malades parfois sentent filtrer quelque chose au point douloureux, ils perçoivent aussi un bruit de glou-glou.Parfois même la contraction colique se traduit par une onde péristaltique visible sous la peau de l\u2019abdomen.Puis avec la douleur il y a arrêt dans la fonction intestinale, constipation de un ou deux jours avec ou sans émission de gaz, léger ballonnement abdominal, malaise général, petite ascension thermique et pouls rapide; tout ceci cesse après l\u2019émission d\u2019une selle liquide.Cette crise colique se répète plus ou moins souvent en augmentant d\u2019intensité.L'état général est peu bon entre les crises et il y a troubles digestifs.Puis la tumeur est un autre symptôme, mais n\u2019est pas souvent perçue.Si elle l\u2019est c\u2019est une tumeur nodulaire, de grosseur variable et irrégulière, mobile ou fixe selon le segment où elle s\u2019est développée; habituellement plus volumineuse à droite.Le côlon pelvien, si l\u2019anse est très longue et abdominale, peut descendre dans la fosse iliaque droite.Pour les tumeurs des côlons ascendants et descendants il y a le phénomène du ballonnement, signe des tumeurs lombaires.Les modifications des selles sont constantes, mais très variables.Il y a soit constipation soit diarrhée.Cette constipation durera six, huit ou dix jours avec stercorémie légère. L'Union Méd.Canada PETTIGREW: LE CANCER DES CÔLONS ET DU RECTUM Tome 86 \u2014 Déc.1957 La diarrhée est rebelle à toute médication.Les selles liquides sont soit glaireuses, teintées ou non de sang, soit noirâtres.Ces diarrhées incoercibles se produisent surtout lorsque le néoplasme est ulcéré et infecté; c\u2019est une signification clinique grave avec un pronostic opératoire grave.L\u2019hémorragie intestinale est un symptôme en réalité bien plus rare qu\u2019il n\u2019est écrit.La forme des selles solides est variable, et n\u2019est modifiée que dans les néo-coliques ou pelviens et recto-sigmoïdes.Elles seront rubanées ovillées ou filiformes.L\u2019évolution de ces cancers est progressive, il est impossible d\u2019en apprécier la durée, car des accidents aigus apparaissent le plus souvent.Ce sont d\u2019abord: L\u2019occlusion aiguë, succédant à une obstruction chronique, à un purgatif intempestif; cette occlusion sera d\u2019autant plus fréquente que le néo sera situé plus bas.Et puis l\u2019ascite se produira par généralisation péritonéale.Puis les fistules colo-vésicales apparaissent avec les perforations péricoliques suppurées.La terminaison se fait par l\u2019iléus aigu; la mort par cachexie famélique et stercorémie chronique ou par généralisation est moins fréquente.Le diagnostic du cancer des côlons se présente dans des circonstances bien différentes.A \u2014 Lorsqu\u201dil n\u2019existe que des troubles coliques.B \u2014 Lorsqu'il y a une tumeur intestinale.C \u2014 Lorsqu'il s\u2019est établi un iléus aigu.Dans le premier cas, c\u2019est en réalité le diagnostic étiologique de la crise colique qu\u2019il s\u2019agit de faire.Or, il est le plus souvent impossible, car quelle que soit la lésion colique, ulcère simple, tuberculose, sténose inflammatoire, bride péricolique, le syndrome est le même, seule la répétition fréquente des crises et l\u2019âge du malade permettront de soupçonner davantage le cancer.Aussi bien l\u2019important est-il de pouvoir affirmer l\u2019existence d\u2019une lésion localisée du côlon car quelqu\u2019elle soit cette lésion légitime la laparatomie exploratrice.Lorsqu\u2019il existe une tumeur colique, le diagnostic différentiel se fera entre le cancer, la 1419 tuberculose, les tumeurs inflammatoires, les côlites pariétales.Le cancer a comme caractères principaux sa dureté, son irrégularité, son volume moyen.La palpation abdominale doit être pratiquée sur le malade à plat, soit en position élevée du bassin, pour le côlon pelvien en particulier; la palpation combinée, recto-abdominale rend de très utiles services.De façon générale on peut dire que la tuberculose donne des tumeurs multiples et présente souvent une localisation recto-anale; que la tumeur formée par la côlite est cylindrique, régulière, segmentaire; quant aux tumeurs inflammatoires, elles sont d\u2019autant moins reconnues en général que le cancer colique se complique souvent en péricôlite.L\u2019argument de fréquence est important, car le cancer est de beaucoup la tumeur la plus fréquente des côlons et l\u2019âge est de même un excellent élément de diagnostic.Le diagnostic de cancer colique est parfois très simple, souvent les plus grandes hésitations sont permises.Avec les moyens de diagnostic maintenant à notre disposition, le cancer des côlons et du rectum peut être dépisté dans un grand pourcentage de cas, si l\u2019on analyse bien l\u2019ensemble des syptômes plutôt indéfinis mais reconnaissables qui nous indiqueront la pré- présence de cette lésion à son tout début.Ces méthodes de diagnostic sont simples: d\u2019abord le toucher rectal, la sigmoïdoscopie et le lavement barité précédé d\u2019une radio simple de l\u2019abdomen.La chirurgie offre le seul espoir de guérison mais un espoir fort excellent si le cancer est décelé très tôt.La tumeur cancéreuse des côlons progresse habituellement lentement.Cependant dans les cas malheureux tardifs où la guérison ne peut être espérée, un soulagement important peut être apporté par une opération palliative bien menée.Les statistiques nous montrent clairement que la faiblesse du traitement dépend du diagnostic tardif dû pour une large part à l\u2019absence ou au retard dans l\u2019usage de méthodes de diagnostic simples et effectives à la portée de tous. 1420 Sachons que plus de 40% des patients porteurs d\u2019un cancer des côlons et du rectum sont des incurables lorsque nous les voyons, à cause des métastases déjà installées ou d\u2019un envahissement local déjà trop étendu pour en permettre l\u2019extirpation.Par ailleurs le taux de guérison pour les autres 60% de cancéreux est très élevé.Il est vraiment surprenant en analysant tous ces cas, de constater que tant de patients se plaignant d\u2019hémorragie du rectum, de constipation opiniâtre, de crampes douloureuses de l\u2019abdomen aient reçu un traitement symptomatique sans bénéficier d\u2019un examen physique complet.Environ 20% des patients porteurs d\u2019un néo du rectum que nous voyons ont été soumis à une opération pour hémorroïdes, une cystocele, une rectocèle ou tout autre lésion sans le bénéfice d\u2019un examen local ou général.Que de découvertes ne fait on pas par le simple toucher rectal?\u2026 Tout patient porteur de cancer des côlons ou du rectum, peut avoir des hémorroïdes c\u2019est évident; mais c\u2019est une mauvaise habitude d\u2019opérer pour de telles lésions sans connaître l\u2019état général du patient et spécialement celui des côlons et rectum.Le changement dans les habitudes intestinales d\u2019évacuation est une indication formelle pour un examen complet plutôt qu\u2019un purgatif ou un parégorique.Nous savons que plusieurs cancers du rectum ou des côlons prennent origine dans des adénomes ou des polypes.Ces lésions précan- céreuses peuvent donner des symptômes ou rester silencieuses pour une longue période de temps, mais elles peuvent presque toujours être reconnues après un examen minutieux.Ce fait démontre l'importance d\u2019un examen médical périodoque qui devrait comprendre les plus simples recherches pour confirmer ou écarter la présence des lésions des côlons et du rectum.Un traitement approprié extirpera ces lésions et ainsi préviendra le développement de la tumeur cancéreuse.PETTIGREW: LE CANCER DES CÔLONS ET DU RECTUM L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 Les lésions d\u2019ulcère chronique telles la côlite ulcéreuse et l\u2019entérite ont des potentiels de malignité peut-être pas très marqués, mais cependant définis qui devraient être pris en considération pendant tout traitement si l\u2019on veut prévenir le cancer.Une maladie héréditaire, comme la poly- pose congénitale est d\u2019un intérêt extraordinaire.Elle est à caractère « mendelien » dominant et lorsqu\u2019elle est trouvée chez un individu, tous les membres de sa famille doivent être examinés.Eventuellement, les polypes dans ces cas subissent toujours une transformation cancéreuse et il est impératif de proposer une colectomie hâtive dès que le patient est vu.La littérature médicale par exemple rapporte des histoires de famille chez qui le cancer des côlons et du rectum et aussi le cancer d\u2019autres régions a été transmis également par les deux sexes; et ces histoires sont assez fréquentes pour attirer notre attention et donner du poids à une évaluation clinique sérieuse.La fréquence des multiples lésions cancéreuses des côlons et du rectum doit nous porter à pratiquer un sérieux examen dans tous les cas, même après qu\u2019un diagnostic de simple lésion a été fait; et obliger un tel patient à subir un examen de routine fréquent de tout le tractus intestinal après l\u2019ablation de la tumeur originale.La confiance des patients porteurs d\u2019un cancer du rectum et des côlons reste habituellement entière dans le premier médecin consulté.Les traitements symptomatiques de celui-ci sans un examen complet retarderont le jour du traitement curatif.Certains patients ont la malchance d\u2019avoir des lésions insidieuses ou à début silencieux, mais la plupart des lésions produisent des symptômes qui suggèrent la sagesse d\u2019un examen complet sans lacune.De tous les cancers qui affectent les humains, celui des côlons et du rectum a peut- être le meilleur pronostic, si les lésions sont demeurées locales.Notre insistance sur un examen physique de routine et une étude L'Union Méd.Canada PETTIGREW: LE CANCER DES CÔLONS ET DU RECTUM Tome 86 \u2014 Déc.1957 minutieuse du patient même avec des symptômes sugestifs seuls peut ne pas paraître intéressante tout d\u2019abord, mais avec de la persévérance elle vous paiera de riches dividendes.1421 Et voilà notre conclusion: d\u2019une histoire minutieuse suivie par un examen approfondi résultera un diagnostic précoce; et en retour d\u2019un traitement préventif, une cure radicale du cancer des côlons et du rectum.ANESTHÉSIE POUR AMYGDALECTOMIE CHEZ LES ENFANTS J.-M.BERGERON (Shawinigan).Depuis quelques années, les progres rapides en anesthésie comme en chirurgie d\u2019ailleurs ont poussé les anesthésistes à s\u2019intéresser davantage à l\u2019anesthésie potentialisée, à l\u2019hypothermie, à l\u2019hypotension contrôlée et a toutes ces techniques utilisées au cours des grandes interventions.Ceci a permis des interventions jusque là impossibles et cela a aidé aussi à sauver bien des vies.D\u2019autre part, le nombre de petites interventions reste considérable et si nous étudions un peu le nombre de cas opérés chaque jour, nous constatons que la majorité de notre travail se fait sur de tels cas, surtout dans les hopitaux de trois cents lits ou moins.Parmi ces petites interventions, l\u2019amygdalectomie chez les enfants est une des plus fréquente.Elle est en général considérée comme une intervention mineure.Il ne faudrait pas oublier tout de même qu\u2019à cause du nombre de cas faits quotidiennement, à cause du site opératoire, et à cause de l\u2019âge du patient, l\u2019anesthésie est souvent de première importance.En effet, chaque jour surtout de mai à septembre, il se pratique un nombre considérable d\u2019amygdalectomies; les parents profitent des vacances d\u2019été pour faire enlever les amygdales malades au cours de l\u2019hiver pré- cédent.En deuxième lieu le site opératoire étant situé sur les voies aériennes, il favorise plusieurs complications post-opératoires comme le signalent Sadove et Wyant (1) et l\u2019anesthésiste doit être très vigilant.En troisième lieu, ce sont pour la plupart des enfants de un à douze ans; nous savons que l\u2019anesthésie pédiatrique n\u2019est pas la plus facile, chaque cas présentant son problème particulier.Ce sont toutes ces raisons qui nous ont incités à traiter cette forme d\u2019anesthésie.Nous considérerons donc le plus brièvement possible, du temps pré-anesthésique, le mode d\u2019anesthésie que nous préférons actuellement et nous ajouterons quelques mots sur les soins post-anesthésiques et les complications possibles.PRÉ-ANESTHÉSIE Dans la majorité des cas d\u2019amygdalectomies chez les enfants, ces derniers arrivent à l\u2019hôpital le matin même.Le patient est donc vu très souvent à la salle d\u2019opération seulement.Nous faisons un examen sommaire, cœur et poumons, état de nutrition, mais ce n\u2019est pas suffisant.Il faut exiger en plus une formule sanguine et un temps de saignement et de coagulation.Un autre examen que nous devrions exiger plus souvent est la radiographie pulmonaire; il faut au moins l\u2019exiger si l\u2019enfant tousse ou si l'examen sommaire n\u2019est pas satisfaisant.Dernièrement un enfant est amené pour amygdalectomie et adénoïdectomie; motif: rhumes à répétition; une radio pulmonaire révèle un corps étranger intra-bron- chique. 1422 Une autre chose importante dans la pré- anesthésie est la prémédication.Nous sommes d\u2019accord avec plusieurs auteurs pour diminuer le choc psychique et l\u2019appréhension, car l\u2019amygdalectomie est souvent la seule expérience anesthésique et chirurgicale de l\u2019enfant.Si nous voulons des adultes pas trop nerveux et appréhensifs, traitons les délicatement au jeune age.Aujourd\u2019hui, beaucoup de substances sont à notre disposition.Les barbituriques par voie buccale ou rectale.Ils sont utilisés pour amener l'hypnose.Nous utilisons la posologie préconisée par Leigh et Belton (2).Parmi les opiacés ou leurs substituts, notre préférence va au démérol parce qu\u2019il déprime moins la respiration, et stimule moins le centre du vomissement.La codéine utilisée de six mois à trois ans, perd notre faveur à un Âge plus avancé, parce qu\u2019elle n\u2019enlève pas l\u2019appréhension.Les dérivés de la belladone nous donnent le choix entre l\u2019atropine et la scopolamine: depuis quelques années est venu s\u2019ajouter un produit d\u2019abord utilisé en gastrologie, le bromure de Méthanthéline ou banthine.Il peut être utilisé par voie orale ou parentérale.Nous utilisons l\u2019atropine après avoir donné un barbiturique pour amener l'hypnose.Dans les autres cas, où nous ne donnons qu\u2019un opiacé ou démérol, nous préférons la scopolamine à cause de l\u2019amnésie qu\u2019elle amène et de son action dépressive sur le cortex.Nous ne trouvons pas d\u2019inconvénient à l'utiliser en même temps que le pentothal même si le patient est un peu plus somnolent après l'intervention comme le signalent Hudon et Deschênes (3).Nous n\u2019avons pas d\u2019expérience avec la ban- thine.Burstein (4) signale que la banthine est très utile de par son action ganglionnaire sur les nerfs sympathiques et parasympathiques.De cette façon, en plus de bloquer les réflexes vaguaux, elle bloque les fortes décharges d\u2019adrénaline provoquées par l\u2019émotion et l\u2019appréhension.La dose serait de 1mg par année d\u2019age chez les enfants.Pour nous depuis quelques temps, nous utilisons la prémédication suggérée par Piché BERGERON: ANESTHESIE POUR AMYGDALECTOMIE L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 (5).Elle comprend phenergan, démérol et scopolamine, trois médicaments dont les propriétés se complètent et qui nous donnent ce que nous cherchons, hypnose, analgésie et amnésie sans nous donner de dépression trop marquée.Nous avons constaté que la dose d\u2019anesthésique requise semble moindre.La scopolamine chez les jeunes enfants demande un peu d\u2019attention, afin que les doses requises ne soient pas dépassées.Les cas d\u2019agitation ou d\u2019hyperthermie nous ont semblé en rapport avec un surdosage.ANESTHÉSIE Toutes les substances anesthésiques peuvent être utilisées pour une amygdalectomie comme pour un autre genre d\u2019opération.Sa- dove et Wyant (1) semblent donner leur préférence au cyclopropane.Par contre d\u2019autres trouvent qu\u2019il augmente le suintement capillaire.Nous l\u2019utilisons chez des adultes où le trichlorethylène semble insuffisant.Chez les petits enfants en bas de deux ans nous utilisons vinethène et éther sur masque et nous intubons quand l\u2019anesthésie est suffisante.Quand l\u2019enfant a plus de deux ans ou dès que nous pouvons trouver une veine, nous faisons l\u2019induction au pentothal suivie de suc- cinylcholine et nous intubons après avoir donné quelques bouffées d\u2019oxygène.Nous continuons ensuite avec protoxyde d'azote, oxygène et trichlorethylène.Le pentothal n\u2019est pas contre-indiqué chez les jeunes enfants et même les bébés comme le disent Hudon et Jacques (6).La seule difficulté est de trouver une veine.Nous injectons une dose minima de pentothal, facilitée par l\u2019emploi d\u2019une bonne prémédication.Nous utilisons en moyenne 25 mg.(lce à 214%) par année d\u2019âge; cette dose nous donne peu de dépression.Nous injectons ensuite 10 à 20 mg de succinylcholine, quantité suffisante pour nous donner un bon relâchement.Nous ne mélangeons par le curare avec le pento- thal, afin de donner la dose minima et suffisante de chacune des substances utilisées.L'utilisation de la succinylcholine nous permet une reprise hâtive de la respiration, ce L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 qui est très utile quand nous travaillons avec des chirurgiens rapides.Nous intubons l\u2019enfant systématiquement après une anesthésie locale du larynx avec de la cyclaine 5%.L\u2019intubation étant faite, nous combinons deux analgésiques, protoxyde d'azote et trichloréthylène avec oxygène que nous administrons avec une valve expiratrice de Leigh ou de Fink.Cette technique nous a donné à date de très bons résultats.Le patient n\u2019est pas anxieux, nous faisons l'induction d\u2019une façon rapide avec une quantité minime d\u2019agents.L\u2019anesthésie reste légère avec une bonne analgésie.La respiration redevient normale en cinq minutes.Avant l\u2019usage de la succinylcholine le C10 ou syneurin semblait le plus en faveur en oto-rhino-laryngologie à cause de son action plus courte que les curares du groupe D tubo (3) et aussi à cause de son action puissante et rapide sans effet secondaire nocif, comme le signalent Yordan, Mackrell et Stone qui l\u2019ont utilisé chez beaucoup de cardiaques (7).L\u2019emploi du Trichlorethylène nous donne de bons résultats; cependant nos premiers essais n\u2019étaient pas très satisfaisants, soit à cause d\u2019une induction insuffisante, soit à cause d\u2019un débit insuffisant ou trop fort.Conn Dyer et Ferguson (8) nous donnent de bons conseils à ce sujet.Ils nous disent que la température ambiante n\u2019a pas d\u2019effet sur la concentration des vapeurs contrairement à l\u2019éther, que l\u2019ouverture de la valve nous donne une augmentation de concentration jusqu\u2019à une certain niveau, mais qu\u2019il faut éviter le barbotage.De plus, un débit gazeux insuffisant ou trop grand peut diminuer la concentration des vapeurs.Il faut donc une certaine habitude avec l\u2019outillage que l\u2019on utilise, car les valves avec leurs indications peuvent ne pas nous donner les mêmes concentrations sur une machine Heibrink, une Boyle ou une Marrett, par exemple.Notre technique nous a permis de réduire l\u2019état de crainte et d\u2019appréhension avec cris et pleurs avant l\u2019anesthésie et aussi nous avons réduit les nausées et vomissements BERGERON: ANESTHÉSIE POUR AMYGDALECTOMIE 1423 post-opératoires à un niveau de 5 à 10% environ.Signalons cependant qu\u2019il faut éviter l\u2019emploi de l\u2019épinéphrine une heure avant ou après l\u2019anesthésie à cause du trichlorethy- lène, comme le signalent Bergner, Herd, Kline et autres (9).Deux autres points restent discutables dans cette technique, l\u2019intubation et l\u2019anesthésie locale avant l\u2019intubation.L\u2019intubation restera, je pense bien, toujours un peu discutée.Pender (10) nous en montre les avantages et désavantages chez les enfants.Nous croyons que les avantages l\u2019emportent, surtout depuis l\u2019emploi des curares à action courte, l\u2019intubation se faisant sans traumatisme et la respiration revenant à son rythme normal en quelques minutes.La vaporisation des cordes vocales et de l\u2019épiglotte avec un anesthésique local nous permet une anesthésie légère sans toux et sans signe d\u2019irritation laryngée; de plus à l\u2019extubation, elle prévient les spasmes.Certaines écoles ne font pas d\u2019anesthésie locale dans ces cas pour garder au larynx son moyen de défense naturel.L\u2019argument a de la valeur, mais nous croyons, qu\u2019une toilette pharyngée délicate et la position de drainage sont suffisantes pour nous permettre une extubation sans trouble.SOINS POST-ANESTHÉSIQUES Un certain nombre de complications sont possibles au cours ou après l\u2019amygdalectomie.Les plus fréquentes chez les enfants sont: a) l\u2019arrachement d\u2019une dent, les premières incisives étant peu solides.b) Le laryngo-spasme à cause des sécrétions.c) Les nausées et vomissements.d) Les pneumonies d\u2019aspiration, par liquide gastrique, sécrétions purulentes ou corps étranger.Elles sont plus rares et plus graves, apparaissant de quelques heures à quelques jours après l\u2019intervention.Ces complications peuvent être évitées si l\u2019anesthésiste est vigilant et s\u2019il obtient une bonne coopération pour les soins post-opéra- toires. 1424 Ce sont les cas qui demandent une grande surveillance avant le réveil complet.La position de drainage est nécessaire en décubitus latéral et Trendelenbourg léger.L\u2019aspiration douce des sécrétions est parfois nécessaire et doit être possible jusqu\u2019au réveil suffisant pour cracher.Si du sang ou sécrétions pénétraient dans les bronches, la toilette bronchique serait indiquée pour prévenir une pneumonie.L\u2019agitation, parfois possible, doit être calmée sans dépression avec un barbiturique rectal par exemple.Une fois l\u2019enfant un peu éveillé on l\u2019encouragera à cracher et à faire de bonnes inspirations.Nous avons voulu faire une petite revue de l\u2019anesthésie pour amygdalectomie chez les enfants en indiquant une technique que nous utilisons avec satisfaction.Elle n\u2019est sans doute pas parfaite, mais elle rendra peut- être service à quelques-uns.BIBLIOGRAPHIE 1.Max S.SADOVE et G.M.WYANT: Anesthesia for Tonsillectomy.Modern Medicine, 12: 127 (mars) 1957.2.M.D.LEIGN et M.K.BELTON : Pediatric Anesthesia.The Macmillan Co., édit., N.-Y., 1948.BERGERON: ANESTHESIE POUR AMYGDALECTOMIE L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 3.F.HUDON et J.-P.DESCHESNE: Essai sur l\u2019action curarisante du CIO en Oto-Rhino-Laryngologie et en Ophtalmologie.Laval Médical, 15: 1301 (déc.) 1950.4.Ch.L.BURSTEIN : Pediatric Preanesthesia Preparation.Anesthesiology, 14: 567 (nov.) 1953.5.Gilles PICHE: Considérations psychologiques et pharmacologiques de la pré-anesthésie chez les enfants.L\u2019Union Méd.du Canada, 85: 312 (mars) 1956.6.F.HUDON et S.JAQUES: Anesthésie en pédiatrie.Laval Médical, 15: 12 (janv.) 1950.7.E.COLON-YORDON, Th.N.MACKRELL et H.H.STONE: An Evaluation of the Use of Thiopental and Decamethonium Bromide for Rapid Endotracheal Intubation.Anesthesiology, 14: 255 (mai) 1953.8.A.W.CONN, A.E.DYER et JKW.FERGUSON: Factors affecting Trichlorethylene vapour concentrations: Gas.Anesth.Society Journal, 2: 178 (avril) 1955.9.Robert P.BERGNER, R.M.HERD, K.KLINE, D.LAWRENCE et Ch.E.HULTON: Nitrons Oxide Oxygen and Trichlorethylene for Office Dental Anesthesia.Anesthesiology, 15: 696 (novembre) 1954.10.J.W.PENDER: Endotracheal Anesthesia in Children, Advantages and Disadvantages.Anesthesiology, 15: 495 (septembre) 1954. CONGRÈS BILAN DE CONGRÈS François CLOUTIER, F.R.C.P.(C.), F.A.P.A.! Hôpital Notre-Dame Zurich, 1957.Une ville et une date.La ville: celle où Eugène Bleuler, un des plus grands noms de la psychiatrie contemporaine, a œuvré durant toute son existence.La date: le centenaire de la naissance de cet authentique savant, mort en 1939.Ce n\u2019est pas donc par hasard si cette charmante ville de la Suisse alemannique a été choisie pour siège du deuxième Congrès International de Psychiatrie.Ce n\u2019est pas par hasard non plus si le thème de cette rencontre a été la schizophrénie.Est- ce que la plupart des travaux de Bleuler n\u2019ont pas été consacrés à cette question dont il a tenté une synthèse encore valable aujourd\u2019hui?Le président du congrès était le propre fils de celui dont on cherchait ainsi à honorer la mémoire: le professeur Manfred Bleuler.Cette nomination n\u2019était pas qu\u2019un geste de courtoisie.Manfred Bleuler a remplacé son père comme professeur titulaire de psychiatrie et comme directeur de la clinique universitaire de Burgholzli.ORGANISATION MATÉRIELLE Ce n\u2019est pas facile d\u2019organiser un congrès de cette envergure.Les Suisses ont eu sept ans pour s\u2019y préparer.En effet le premier congrès international de psychiatrie avait eu lieu à Paris en 1950.Environ 2500 psychiatres, appartenant à une soixantaine de nations, se sont réunis.Seuls les Russes n\u2019étaient pas là.Ils s\u2019étaient vu retirer leur invitation par le comité de direction du congrès lors de l\u2019invasion de la Hongrie.Cette absence a entraîné le retrait des représentants des pays satellites.L'organisation, sur le plan matériel, était excellente.Certaines critiques ont pu être faites.Elles tiennent surtout à la difficulté pour une ville relativement petite d\u2019absorber 1.Délégué de la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal au Congrès International de Psychiatrie.(Montréal).un nombre considérable de délégués.Les salles de réunion étaient un peu trop dispersées, les amphithéâtres bondés, le système de traduction simultanée, insuffisant.Quelques participants ont été plus ou moins agréablement logés.Mais le soleil de Zurich, lorsqu\u2019il daignait se montrer, et la gentillesse de ses habitants faisaient oublier ces inconvénients mineurs.Les langues officielles étaient l\u2019allemand, le français, l\u2019anglais, l\u2019espagnol et l'italien.Les psychiatres sont-ils particulièrement polyglottes?Un bon nombre parlait trois de ces langues.Plusieurs communications ont pu être répétées par leurs auteurs dans d\u2019autres langues que les leurs.Pour assister à toutes les séances, il aurait fallu être doué du don de multilocation.Pendant les sept jours du congrès, il y en eut environ deux-cent-cinquante.C\u2019est dire que la majorité d\u2019entre elles avaient lieu en même temps.C\u2019était au congressiste de bonne volonté de choisir le sujet qui l\u2019intéressait dans une langue qui lui était accessible.Le matin était habituellement consacré à plusieurs séances plénières dans les langues officielles; l\u2019après-midi aux symposia et aux travaux des comités d\u2019ailleurs très actifs.Parallèlement aux séances, une section de films présentait des documents intéressants en particulier en psychiatrie infantile.Il faut également souligner la présence d\u2019une exposition d\u2019art psychopathologique extrêmement instructive.Les contributions françaises et bréziliennes ont été remarquées à juste titre.Un programme de visites d\u2019hôpitaux et de cliniques psychiatriques à Zurich ainsi qu\u2019aux environs, avaient aussi été mis au point.C\u2019était une occasion unique de comparer, sur le plan pratique, méthodes de traitement et organisations matérielles d\u2019un service à l\u2019autre.En somme, les occasions de s\u2019instruire, de mettre à jour ses connaisances, d\u2019évaluer ses 1426 résultats en regard de ceux de chercheurs de formation différente, n\u2019ont donc pas manqué au cours de ce congrès exceptionnel.TRAVAUX SCIENTIFIQUES Résumer un programme aussi chargé n\u2019est évidemment pas possible.Il y a intérêt cependant à donner une idée de la qualité des sujets présentés et à chercher à dégager les principales lignes de force qui soutenaient ces communications.La schizophrénie a été étudiée sous toutes ses faces: une véritable dissection.On s\u2019est interrogé, on s\u2019est étonné.On s\u2019est posé des questions auxquelles on a tenté de répondre.Il y eut plus de questions que de réponses.C\u2019était là un sujet à la fois trop limité et trop vaste.C\u2019était un sujet trop limité en ce sens qu\u2019on aurait aimé, au cours d\u2019un congrès qui réunissait les psychiatres du monde entier, aborder plusieurs problèmes au lieu d\u2019un seul.La psychiatrie d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019a-t-elle pas un besoin urgent de se définir par rapport aux autres spécialités médicales; de se ressaisir en absorbant officiellement, pour ainsi dire, les acquisitions de disciplines connexes comme la psychanalyse et la psychologie?Ne se pose- t'il pas quantité de problèmes pratiques qu\u2019il aurait été fructueux de discuter comme la formation des psychiatres, la structure à donner dans une communauté à l\u2019aide psychiatrique?C\u2019était un sujet trop vaste à cause de l\u2019importance prise par ce type de réactions psy- chopathologiques dans la médecine contemporaine, importance non seulement statistique mais en rapport avec la gravité du pronostic et l'insuffisance thérapeutique.Il suffit de penser que plus de la moitié de nos lits psychiatriques sont occupés par des schizophrènes pour mesurer l'urgence de la situation.De l\u2019ensemble des communications semblent se dégager quatre centres d\u2019intérêts: une ten: tative de clarification nosographique, l\u2019étude des acquisitions biologiques et biochimiques, l\u2019utilisation de nouveaux médicaments et enfin l\u2019évaluation de la psychothérapie comme méthode de traitement.CLOUTIER: BILAN DE CONGRES L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 Un nombre important de travaux se sont acharnés à définir la schizophrénie.Les problèmes étiologiques et héréditaires ont été évoqués.Les différentes théories sur la nature de cette maladie ont été revues.On peut se reporter si l\u2019on désire plus de renseignements dans ce domaine à un article déjà paru dans l\u2019Union Médicale, en novembre 1953, sur l\u2019évolution du concept de schizophrénie.ll semble que les écoles éuropéennes en général soient restées attachées à la classification de Bleuler qui divise la schizophrénie en quatre types: simple, hébéphrénique, paranoïde et catatonique.Les facteurs constitutionnels gardent une importance considérable.Les Américains plus pénétrés de psychanalyse, insistent sur les facteurs sociaux et voient la maladie dans une perspective psy- chopathologique: les mécanismes qui donnent lieu à la réaction priment la symptomatologie Plusieurs séances ont été consacrées à la biochimie de la schizophrénie.Elles ont rencontré beaucoup d\u2019enthousiasme.On a parlé de psycho-endocrinologie; on s\u2019est intéressé aux psychoses expérimentales et à l\u2019utilisation de la mescaline ou du L.S.D.Il n\u2019est pas douteux que beaucoup de psychiatres s\u2019enthousiasment davantage pour les recherches dirigées dans le sens pharmacodynamique plutôt que du côté des facteurs psychogéniques.En fait, peut-être faudrait-il distinguer dans les réactions que l\u2019on groupe sous le nom très général de schizophrénie, plusieurs types.Certains reconnaîtraient une origine organique qui reste à prouver bien entendu.Les autres manifesteraient surtout l\u2019influence d\u2019éléments émotionnels.Dans tous les cas, il faudrait tenir compte des intractions entre le physique et le psychique se jouant au sein d\u2019une personnalité malade.Les nouveaux médicaments groupés sous le nom de tranquillisateurs ou d\u2019ataractiques ont, comme on s\u2019en doute, fait l\u2019objet de plusieurs communications.Rien de sensationnel ou de particulièrement nouveau, n\u2019a été apporté dans ce domaine.En revanche, leur utilisation a L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 été précisée ainsi que leur association avec les variétés classiques de traitement.Pour ce qui est de l\u2019étude de la psychothérapie, elle a occupé un nombre imposant de congressistes tant au cours des séances plénières qu\u2019au cours des symposia.C\u2019est peut- être dans ce domaine d\u2019ailleurs que les rencontres ont pu être les plus riches.On peut en conclure que la psychothérapie a désormais pris une place de premier plan dans le traitement de la schizophrénie.Il s\u2019agit dans la plupart des cas de psychothérapies dérivées de la psychanalyse et modifiées suivant les auteurs.CONCLUSION Le deuxième Congrès International de Psychiatrie a été un succès.On ne peut s\u2019attendre à ce que de telles rencontres donnent lieu à des découvertes spectaculaires.Elles permettent cependant des mises au point essentielles en plus de faciliter des contacts personnels entre les différents délégués.Il est particulièrement stimulant de constater la vivacité de la psychiatrie de par le monde.Le prochain congrès, dans sept ans, aura probablement lieu à Montréal.C\u2019est dire que les psychiatres canadiens de langue française seront mis à contribution.Or il faut bien l\u2019avouer, la psychiatrie canadienne d\u2019expression française n\u2019existe pas sur le plan international.CLOUTIER: BILAN DE CONGRÈS 1427 On connaît très bien par contre, la psychiatrie canadienne de langue anglaise qui, d\u2019ailleurs, mérite largement cette reconnaisance.Cette insuffisance de notre psychiatrie est bien compréhensible.Elle est due au petit nombre de psychiatres, à une structure d\u2019enseignement qui est encore loin d\u2019être adéquate, à l\u2019absence d\u2019études post-scolaires qui permettent d\u2019étendre l\u2019influence d\u2019une université et également à l\u2019insuffisance d'institutions psychiatriques ou de services bien organisés dans les hôpitaux généraux.Il ne faut pas voir dans cette constatation autre chose qu\u2019une évaluation objective d\u2019une situation qui peut être modifiée.En effet, l\u2019opinion médicale s\u2019éveille à l\u2019idée psychiatrique.Le nombre de jeunes psychiatres a considérablement augmenté.Si un cadre peut leur être donné, sur le plan universitaire et hospitalier, il n\u2019y a aucune raison qu\u2019ils ne puissent se montrer actifs au point de vue scientifique.Nos confrères anglais ne demandent qu\u2019à collaborer.Il serait malheureux qu\u2019une organisation d\u2019envergure comme celle qui sera mise sur pied ne tienne pas compte, de par les circonstances, de notre médecine d\u2019expression française.Quel sera le bilan du prochain congrès international de psychiatrie? CORRESPONDANCE LETTRE DE SUISSE LA MÉDECINE SOVIÉTIQUE A QUARANTE ANS Au moment où URSS célèbre, dans l\u2019ivresse du «spoutnik», le 40me anniversaire de la Révolution de 1917, au moment où elle peut explorer pour la première fois la biologie interplanétaire, il nous parait utile de faire le bilan de la médecine soviétique et d\u2019apprécier dans quelle mesure elle a fait progresser nos connaissances physiologiques, cliniques et thérapeutiques.Nous le ferons en nous fondant sur les documents que nous avons recueillis au cours de deux récents voyages en Union soviétique.LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE Lorsqu'on aborde le problème de la recherche scientifique en URSS, on se rend mieux compte encore de l\u2019intégration complète du marxisme dans la vie du citoyen soviétique.La philosophie de Marx a imposé la disparition de la distinction entre science appliquée et science théorique; elle a imposé aussi la planification de la recherche scientifique à l\u2019échelle nationale.Les méthodes de recherches peuvent être les mêmes en Russie et chez nous, mais l\u2019attitude à l\u2019égard de la science, de son organisation, de sa planification est complètement différente.La science est hautement considérée en URSS car elle constitue un instrument puissant dans les mains du gouvernement pour atteindre les buts sociaux et économiques qu\u2019il s\u2019est assignés.Les savants soviétiques occupent une place de choix dans la société communiste et bénéficient de grands privilèges matériels.Le peuple s\u2019adresse avec beaucoup de respect et de déférence aux savants et parle toujours de l\u2019«académicien émérite», du «savant illustre», etc.Le contrôle de la recherche scientifique médicale est assuré par le Conseil scientifique du mimstère de la Santé publique qui, jusqu\u2019en 1953, comptait 120 membres, parmi lesquels les hommes les plus qualifiés de la science médicale soviétique.Chaque année, le Conseil scientifique nomme plusieurs commissions dirigées par des professeurs éminents.Ces commissions orchestrent l\u2019ensemble de la recherche scientifique sur le territoire soviétique, éliminant les sujets d\u2019études peu importants ou ne présentant pas d\u2019intérêt immédiat et contrôlant les aspects théoriques et pratique du travail fourni par les divers instituts.Elles ont réussi à coordonner, à planifier la science dans tout le pays, donnant ainsi à chaque institut une tâche précise à remplir au cours d\u2019un plan annuel ou quinquennal.Elles sont parvenues, ce qui nous semble contraire à une saine conception de la science médicale, à uniformiser la pensée médicale, en mettant au premer plan la primauté du dogme scientifique.C\u2019est dès ce moment que nos conceptions s'opposent, que le vocabulaire employé diffère suivant que l\u2019on est marriste ou « bourgeois ».Il est donc inutile de chercher querelle à nos confrères soviétiques, puisque nous ne parlons souvent pas le même langage.De temps à autre, le gouvernement soviétique fait la critique de la politique du Conseil scientifique et, en 1953, à l\u2019occasion de la nomination de nouveaux membres, le ministre de la Santé, M.Tretiakov précisa : « Ce Conseil est maintenant l\u2019organe suprême pour diriger à son gré la science médicale soviétique : c\u2019est lui qui donnera les mots d\u2019ordre à tous les orgamismes scientifiques du pays.Ses directives doivent résoudre le problème posé par le partir communiste aux savants soviétiques: occuper la première place dans la science mondiale.» L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 L\u2019application pratique des directives scientifiques élaborées par le Conseil du ministère est dévolue à l\u2019Académie des sciences médicales de URSS, organisme fondé en 1944 par le célèbre professeur Burdenko, créateur de la neuro-chirurgie soviétique.Cette Académie dirige l\u2019activité de 230 instituts hautement spécialisés qui groupent l\u2019élite médicale de l\u2019URSS; elle dispose de puissants moyens financiers et peut encourager tous les travaux qu\u2019elle juge opportuns, de manière très utile et très efficace.Quelle est l\u2019atmosphère de travail au cours des séances de l\u2019Académie des sciences médicales?Il faudrait avoir le talent de Koestler dans le Zéro et l\u2019Infini pour narrer les péripéties de la science médicale a la fin de la vie de Staline, au moment où le dictateur vieillissant était le jouet d\u2019une cour d\u2019adulateurs politiques et scientifiques.Les dirigeants, véritables dictateurs de la science médicale, avaient émis des directives précises : s\u2019en tenir à ce qui est essentiellement russe, ne pas se placer à la remorque de l\u2019étranger, mettre à l\u2019index certaines grandes disciplines scientifiques occidentales, comme la théorie cellulaire de Virchow ou les vues «idéalistes » des psychiatres ou des généticiens allemands et américains, miser tout l\u2019avenir de la médecine soviétique sur un seul nom: Pavlov, «qui constitue la base même de notre médecine et ouvre d\u2019immenses horizons à son développement ».Ces impératifs du peuple et du mims- tère étant ainsi nettement définis, les savants durent se mettre au pas, concilier l\u2019esprit scientifique, le nationalisme et le dirigisme afin de conserver des places privilégiées.Au cours de séances mémorables, des savants de réputation mondiale durent faire leur autocritique, s\u2019accuser de crimes imaginaires et furent emprisonnés pendant quatre ow cing ans.A la mort de Staline, libérés, purs lavés de leurs crimes, als furent réintégrés de plein droit dans leurs positions antérieures.Mars, à un certain âge, de pareilles injustices brisent une vie et les confidences de ces savants vous font passer un frisson dans le dos.RENTCHNICK : LETTRE DE SUISSE 1429 ORGANISATION DE LA SANTE PUBLIQUE Il est certain qu\u2019au moment de l\u2019arrivée des Soviets au pouvoir, la situation sanitaire de la Russie était très précaire et que ses habitants connaissaient à l\u2019état endémique des maladies telles que la variole, le typhus, la typhoide, la dysenterie notamment.De temps à autre, le choléra et la peste se mettaient également de la partie.La première guerre et ses suites devaient encore accentuer le caractère dramatique des épidémies en Russie.Les Soviets ont fait un très gros effort sami- tarre.Ils ont le droit d\u2019être fiers de leurs réa- lsations.Lors d\u2019une visite à Tachkent, dans l\u2019Ouzbekistan, aux confins de l\u2019Afghanistan et des Indes, nous avons été frappés par les statistiques qui nous ont été présentées.Avant 1918, on ne connaissait que la varrole, le typhus et la malaria; actuellement, les causes de la mortalité sont celles de tout pays cwvilisé, soit l\u2019artériosclérose, l\u2019hypertension, le cancer.Enfin, la chaire des maladies tropicales à l\u2019U- mwersité de Tachkent a été supprimée car elle ne se justifiant plus.Notons aussi à l\u2019actif du régime qu'il a su inculquer des notions d\u2019hygiène à un peuple qui les ignorart en grande partie.L\u2019effort des autorités soviétiques se porte maintenant sur la prophylaxie des maladies socrales, la tuberculose, le cancer, les maladies vénériennes, l\u2019alcoolisme, etc.Dans un état totalitaire où l\u2019individu wa pas seulement le droit, mars le devoir d\u2019être en bonne santé pour assurer une production constante, il est certain que des mesures prophylactiques très complètes peuvent être prises, qui seraient difficiles à faire admettre dans les pays occidentaux.Dans le domaine du cancer des organes génitaux, par exemple, les Soviétiques ont institué des contrôles collectifs dans les polycliniques d\u2019usines, dans les maternités: toutes les femmes, dès l\u2019âge de 30 ans, y sont soumises.La lutte contre le cancer est liée à une propagande intense auprès du public par le moyen d\u2019affiches, de brochures et de films qui expliquent en détail quels sont les symptômes précoces de la maladie cancéreuse.IL est 1430 certain que l\u2019intensité des contrôles préventifs a permis d\u2019obtenir une nette diminution des cas de cancers inopérables de l\u2019utérus grâce à ces diagnostics précoces.En matière de médecine sociale, le gouvernement soviétique a innové.Il a voulu que la médecine ne s\u2019exerce plus au cabinet privé du médecin, mais, au contraire, que le médecin soit à l\u2019usine, sur l\u2019emplacement de travail, afin de connaître tous les problèmes profes- stonnels de son malade.La médecine à l\u2019usine a pris un développement considérable.Nous avons visité des sanatoriums d\u2019usines installés en vue de combattre l\u2019hypertension.Les ouvriers dont la tension artérielle est trop élevée peuvent suivre un régime diétique et y passer la nuit, éviter de rentrer pour le repas de midi, bénéficier d\u2019heures de repos supplémentaires.Ils y sont soumis à certaïns traitements médicamenteux.La médecine soviétique veut éviter de faire de ces hypertendus des malades qu\u2019il faut hospitaliser; elle veut les maintemir dans leurs occupations professionnelles afin de les adapter à un rythme nouveau qui n\u2019augmentera pas leur hypertension.Nous ne savons pas encore quels sont les résultats de cette prophylaxie, mais l\u2019essai est intéressant.Comme tous les pays qui font leur grande révolution sociale, les Soviets ont d\u2019emblée voué un sown particulier a l\u2019enfance afin d\u2019assurer, avec la nouvelle génération, la pérennité de la conception de vie soviétique.D\u2019autre part, en accordant les droits d\u2019égalité aux femmes russes, les Soviets les associaient à leur nouvelle œuvre sociale et économique.La jemme enceinte, par exemple, bénéficie de mesures de faveur inconnues chez nous.Lorsque la femme soviétique devient enceinte, elle est prise en charge obligatoirement par une polyclinique du quartier qu\u2019elle habite: on veillera à ce que son travail soit rendu plus facile, que les heures supplémentaires soient supprimées et qu\u2019elle cesse son travail cing semaines avant l\u2019accouchement et ne le reprenne que six semaines après la délivrance, son salaire étant assuré pendant ces trois mois d'inactivité professionnelle.RENTCHNICK: LETTRE DE SUISSE L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 Par la suite, le gouvernement montrera beaucoup de sollicitude pour les nouveaux pe- its citoyens soviétiques, assurant avec ou sans l'accord des mères une bonne éducation com- mumiste qui en fera d\u2019ardents nationalistes, convaineus de la supériorité de leur mode de vie sur le nôtre et choqués, voire blessés, si l\u2019on s\u2019avise d\u2019établir des comparaisons.Enfin, autre innovation de médecine sociale soviétique, les soins médicaux ont été dispensés gratuitement, dès la Révolution de 1917, par des groupes de médecins praticiens et de spécialistes travaillant dans des hômiaux et des polycliniques seulement et dont le salaire est assuré par l\u2019Etat.Le libre choix du médecin n'existe pas, le malade étant lié à la polyclinique de son quartier.Seuls les privilégiés du régime (politiciens, écrivains, artistes, savants, notamment) peuvent demander des contribu- hions privées aux grands spécialistes, qui sont autorisés, dans ces cas, à exiger des honoraires.Alors que les Soviets ont fait un effort colossal dans les constructions architecturales impressionnantes, telles l\u2019Exposition permanente d\u2019agriculture, la nouvelle université, les grands hôtels, les gratte-ciels, le métro, les stades sportifs, ils ont complètement négligé les hôpitaux.Nous y avons trouvé une atmosphère « vieille Russie », avec des tapis, des fleurs à profusion, des petits salles de 8 ou 10 malades; dans certains cependant, les malades disposent d\u2019un casque écouteur radiophonique.Les hôpitaux ont été construits avant la révolution et leur équipement a été sommaire, surtout en ce qui concerne le matériel des salles d\u2019opérations.Contrairement à ce qui a été dit par une certaine propagande, la médecine soviétique ne nous a pas paru «déshumanrsée» et le contact entre médecins et malades nous a semblé excellent; les médecins ont la responsabilité de 12 ou 15 malades seulement.Ils ont le temps, au cours de l\u2019après-midi particulièrement, d\u2019avoir de longs entretiens avec leurs patients, ce qui leur permet de prendre connaissance de la personnalité entière des malades. L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 THEORIES ET REALISATIONS Pendant que la « science médicale bourgeoise décadente, non organisée, non plam- fide » (expression fréquemment rencontrée dans l\u2019organe officiel du mimstère de la Santé soviétique) réussissait à mettre sur pred, avec l\u2019aide de l\u2019industrie pharmaceutique privée, stimulée par une concurrence ampitoyable, un arsenal thérapeutique impressionnant (hormones, antibiotiques, ferments, vitamines), et à faire faire des progrès extraordinaires à la chirurgie du cœur et des poumons, les savants soviétiques se trouvaient dans l\u2019obligation d\u2019intégrer toute la médecine dans les lois de la physiologie de Pavlov (savant remarquable qui a découvert les réflexes conditionnés), accusant ainsi un retard considérable sur le plan de la thérapeutique en excluant volontairement les possibilités d\u2019échanges avec le monde occidental.Quelques principes simples régissent la, médecine soviétique contemporaine.Le premier principe est tabou: le système nerveux dom- ne toutes les causes de maladies, pour la raison suivante.La maladie correspond à la lutte - contre le milieu; cette adaptation au milieu ne peut se faire que par l'intermédiaire du système nerveux qui est nécessaire à l\u2019ajustement au milieu ambiant.Que l\u2019organisme soit malade ou non, il est soumis à l\u2019action du système nerveux central.Enfin, la prophylaxie s\u2019inscrit dans cette notion du milieu ambrant.Il faut s\u2019acharner à modifier l\u2019excitant externe (par la révolution sociale et économique qui doit réaliser les conditions paradisiaques); à faut s\u2019acharner à modifier le récepteur (sur le plan individuel, en assurant un nouveau type d'instruction et d\u2019éducation et, sur le plan humain général, en assurant à l\u2019espèce de nouveaux caractères héréditaires).La notion du « milieu » est la clé de voûte de la médecine soviétique.Elle permet de comprendre l\u2019importance que lui ont reconnue les généticiens soviétiques.Ayant négligé l\u2019aspect thérapeutique de la médecine moderne, les Soviétiques ont porté tout leur effort sur la prophylaxie.L\u2019ambition RENTCHNICK : LETTRE DE SUISSE 1431 de la médecine soviétique paraît démesurée: elle veut éliminer la prédisposition héréditaire à la maladie en modifiant certains caractères métaboliques ; ces modifications étant héréditaires, la nouvelle génération ne pourra «faire la maladie».Invoquant Pavlov, la nouvelle école soviétique veut transformer par voie héréditaire, certains réflexes conditionnés en réflexes inconditionnés, afin de corriger certains éléments constitutionnels des maladres ! On voit sur quel plan révolutionnaire se meut la médecine soviétique et l\u2019attrait qu\u2019elle peut exercer sur certains esprits sensibles aux virtuosités spéculatives.Sur le plan pratique, il faut reconnaître à la médecine soviétique des conceptions originales telles que la méthode psycho-prophylactique de l\u2019accouchement, qui, si elle n\u2019est pas la pa- macée, reste néanmoins une acquisition ampor- tante fondée sur les lois de Pavlov, les cures de sommeil pour le traitement de l\u2019hypertension et de l\u2019ulcère de l\u2019estomac (qui se sont soldées par un échec), la thérapeutique tissulaire de Filatov qui représente un apport incontestable à la médecine occidentale, bien qu\u2019une certaine résistance officielle se mam- feste encore, à tort probablement.Et c\u2019est tout! Sur le plan chirurgical, quelques techm- ques intéressantes ont été décrites et récemment un chirurgien soviétique a inventé un intéressant appareil pour les sutures de petites artères.Mais ce sont des cas asolés.Il va sans dire que les médecins soviétiques appliquent les traitements modernes tels qu\u2019ils ont été mis au point aux Etats-Unis et en Europe.Toute la thérapeutique moderne est de conception occidentale et nous croyons sincèrement que ce bilan de la médecine soviétique est objectif.CONCLUSIONS Qui pourrait nier l\u2019intérêt des théories et des réalisations médicales soviétiques?Elles sont le résultat et le témoin d\u2019une grande activité scientifique et médico-sociale, pour le moins originale.Mais elles démontrent une fois de plus l\u2019alliance antinomique de l\u2019abstrait et du concret si caractéristique du génie russe, 1432 même sous sa variante communiste.Elles démontrent également l\u2019opposition entre la médecine soviétique et la médecine occidentale; « notre » médecine a renoncé à se reconnaître comme une science théorique et c\u2019est dès ce moment qu\u2019elle a pu magnifiquement progresser au cours de ces cinquante dernières années.Elle est expérimentale dans son principe d\u2019investigation et souvent empirique dans la plupart de ses méthodes thérapeutiques.Les Soviets tentent de mettre sur pied un système unitaire cohérent, où tous les phénomènes se réduisent à l\u2019unité neurologique.La pathologie sera bientôt unique; ses mécanismes fonctionnent selon un schéma préétabli, qui peut aboutir à des expressions cliniques diverses.Il est certain que, en Occident également, des théories tentent d\u2019intégrer ou de réintégrer dans une doctrine les faits épars et dispersés de la médecine contemporaine.Mais, partant des faits, ils construisent une théorie qui sera une méthode de travail pouvant peut-être amener à rejeter cette théorie.Les Soviétiques, défendant un parti pris théorique, interprétent les fails et rejettent ceux qui me permettent pas de confirmer la théorie.Parfois, ils renonceront également à une théorie, non parce que les faits s\u2019y opposent, mais parce que sa portée métaphysique est en contradiction avec l'idéologie marxiste.* Il est difficile d\u2019émettre une opinion définitive sur la science médicale soviétique.Elle nous paraît avoir progressé umlatéralement sur le plan théorique avec de magnifiques tra- RENTCHNICK: LETTRE DE SUISSE - L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 vaux de biologie et de neurologie et sur le plan médico-social avec de telles réalisations de caractère prophylactique.Pour des raisons que nous ignorons, elle a négligé, volontairement ou non, sur le plan pratique, l'aspect thérapeutique de la médecine.Cette conclusion est-elle définitive ?Nous me le pensons pas.Les Soviétiques, qui viennent de montrer leurs réalisations dans le domaine des fusées, sont parfaitement capables, en mobilisant leur énergie sur le plan médical, de réaliser de belles découvertes médicales dans le domaine thérapeutique, en nous faisant faire un bond pardessus nos conceptions actuelles.Pays révolutionnaire par excellence, la Russie soviétique n\u2019évolue pas progressivement comme l\u2019Occident.Alors que nous avons connu progressivement le chemin de fer, puis la voiture, enfin l\u2019avion, nous avons été étonnés de voir avec quelle facilité le Soviétique prend l\u2019avion dans son pays pour de courts trajets, parce qu\u2019il n\u2019a pas développé son système routier, ni son industrie automobile.Enfin, une dernière conclusion s\u2019impose: en face de la prodigieuse organisation de la recherche scientifique industrielle et privée aux Etats-Unis, en face de l\u2019effort de coordination de la science médicale soviétique, nous continuons en Europe à faire de la recherche sur le mode artisanal, parce que les autorités politiques n\u2019ont pas compris encore l\u2019importance de la recherche scientifique médicale dans les hôpitaux et les laboratoires.Pierre RENTCHNICK.Copyright. ANALYSES Dans le but d\u2019uniformiser les indications bibliographiques qui accompagnent les analyses, afin de les rendre plus complétes et utilisables, on est prié de les inscrire dans l\u2019ordre suivant adopté par le « Quarterly Cumulative Index Medicus»: nom de l\u2019auteur, titre de l\u2019article, nom du périodique, le volume, la page, le mois (le jour du mois si le périodique est hebdomadaire), l\u2019année.Exemple: J.Beerens.\u2014 Tuberculose et démence précoce.« Ann.Med.Psychol.», 94: 1 (juin) 1938.MEDECINE J.B.HUDSON, A.V.CHOBANIAN et A.S.RELMAN.\u2014 Hypoaldosteronisme.(Hypo- aldosteronism.) \"The New Eng.J].Med.\u201d 257: 529 (sept.) 1957.On rapporte l\u2019histoire d\u2019un individu de 71 ans présentant de la dyspnée depuis une semaine, accompagnée d\u2019une sensation de serrement rétrosternal.L\u2019électrocardiogramme a révélé un bloc complet.Le sodium sérique était de 137 m.edq.°/00, le potassium de 5.0 m.eq., les chlorures de 107 m.eq.Le septième jour d\u2019hospitalisation, le malade présenta des convulsions durant lesquelles son pouls descendit à 10 à la minute.Lors de cet épisode, son sodium sérique était de 137 m.eq., son potassium de 6.8 m.eq.et ses chlorures 101 m.eq.La concentration du potassium sérique, déterminée a plusieurs reprises, demeurait vers 6.0 m.eq.Le patient fit plusieurs fois des arrêts cardiaques; les prélèvements pratiqués au cours de la stimulation cardiaque montraient des concentrations en potassium de 7.6 a 7.9 m.eq.°/oo de sérum.En discussion, les auteurs pensent que cette augmentation du potassium sanguin est causée par une déficience en aldostérone alors que les autres stéroïdes de la surrénale sont normaux, le dosage de l\u2019aldostérone urinaire étant très bas avant et après une restriction de l\u2019ingestion du sodium.Ce serait là un cas d\u2019hypoaldostéronisme pur.On ne peut toutefois déterminer si le + + y + défaut premier siège au cortex surrénalien ou provient d\u2019un défaut d\u2019un système régulateur extra-rénal encore inconnu.S.LAUZÉ.Irvin PAGE et Frederick STARE.\u2014 L'athérosclérose et les graisses dans l'alimentation.(Atherosclerosis and the fat content of the diet.) \u2018Circulation\u2019, 16: 163 (août) 1957.D\u2019après Page, l\u2019athérosclérose est une maladie à facettes multiples: notamment, on donne comme cause, l\u2019hérédité, la diète, l\u2019anatomie morphologique et chimique des parois des vaisseaux, la tension artérielle, le contenu lipidique du sang et le sexe.Certains auteurs affirment que cette maladie est épisodique, les plaques athéromateuses se formant rapidement en quelques jours ou quelques semaines; par la suite, l\u2019état de ces plaques peut demeurer stable, continuer à proliférer ou même peut disparaître au début si elles sont à un stade réversible comme certains l\u2019affirment.1.Relation entre l\u2019athérogenèse et le cholestérol: Est-ce que les normes établies pour le cholestérol actuellement sont biologique- ment optima ou sont-elles simplement une moyenne qui existe chez les Nord-Américains dont une large proportion est prédisposée à l\u2019athérosclérose ; 2.Relation entre le degré d\u2019acides gras non saturés et la quantité totale de gras ingérés dans une diète; 3.Relation qui existe entre la thrombose et certaines anomalies dans le mécanisme de la coagulation ; 4, À part les graisses, on a recherché quel rapport il existe entre l\u2019ingestion de protéines, carbohydrates, choline, pyridoxine, le soufre organique et l\u2019athérosclérose.a) Aspect épidémiologique.De 1940-1949: augmentation de 30 pour cent des morts par maladie coronarienne aux E.-U.Italie: 10 à 1434 16 pour cent de lésions cérébro-vaseulaires de plus qu\u2019aux E.-U.Aux Etats-Unis: trois fois plus de maladie coronarienne qu\u2019en Italie (50 - 54 ans).Si l\u2019on fait une comparaison entre les différents Etats, on trouve aussi qu\u2019il existe des différences notables.Deux auteurs ont conclu que le facteur diète est plus important que le facteur génétique: athérosclérose plus répandue chez ceux qui habitent au sud du Japon que chez les Hawaïens qui sont de même race; la même remarque s'applique aux Italiens, de Boston, en provenance de Naples et aux Napolitains eux-mêmes.b) Cholestérol.Les lipides du plasma varient concomitamment au cholestérol et n\u2019importe quel de ceux-ci peut représenter autant d'importance que le cholestérol.Gofman, qui a été le premier à publier la relation qui existe entre l\u2019athérosclérose et certaines lipoprotéines à basse densité, soutient qu\u2019il n\u2019existe pas toujours un rapport entre l\u2019augmentation de ces lipoprotéines et le cholestérol.c) Graisses.Ingestion augmentée de graisses et diète hypercalorique semblent ne pas faire varier le taux de lipoprotéines et de cholestérol en autant que l\u2019individu exerce une activité physique suffisante pour ne pas augmenter son poids.Les Trappistes et les Indiens Najavo ont une basse concentration sérique de cholestérol; chez ces deux groupes, on a trouvé 35 pour cent du total des calories provenant des graisses, mais que ces graisses étaient d\u2019origine végétale.dd) Acides gras non saturés.L\u2019ingestion des graisses végétales dans lesquelles une forte proportion des acides gras sont non saturés abaissent le taux de lipémie et de cholestérol.Hypothèse pour expliquer ce fait: 1.Le cholestérol est normalement estérifié avec des acides gras non saturés; si l\u2019apport en ces acides gras est insuffisant, le cholestérol s\u2019estérifie avec des acides gras saturés et sous cette forme, se déposerait dans l\u2019intima des vaisseaux; 2.la déficience en pyridoxine empêche la synthèse de l\u2019acide arachidonique ANALYSES L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 (acide gras essentiel) à partir de l\u2019acide lino- léique ; cette déficience équivaudrait à un apport insuffisant en acides gras non saturés.e) Coagulation et graisses.Augmentation de la coagulation du plasma lipémique in vitro semble être due à l\u2019existence d\u2019une thromboplastine incomplète.Augmentation des graisses dans la circulation amène des changements de la phosphatidyl éthanolamine.De plus, la fibrinolyse semble être inhibée par l\u2019hyperlipémie.f) Carbohydrates.Expérience sur le rat: un rat reçoit de l\u2019amidon et du cholestérol, un autre reçoit des sucres simples et du cholestérol.En Chine, où les gens consomment seulement 10 pour cent des calories à partir des graisses, on constate que le taux sérique des lipides est plus élevé que chez les Américains.g) Relation entre athéromatose et les protéines.L\u2019athéromatose est provoquée chez des singes nourris avec des protéines venant de la fève soya; pas d\u2019athéromatose quand les singes sont nourris avec caséine; les protéines de la fève soya sont des protéines pauvres en soufre organique.En conclusion.On peut affirmer que le facteur diète est très important mais que d\u2019autres facteurs athérogénétiques importants existent, ne serait-ce que pour mentionner l'hypertension.Gilles CÔTÉ.J.].CANARY, M.SCHAAF, B.J.DUFFY et L.H.KYLE.\u2014 Action de la réserpine par voie orale ou intramusculaire dans l\u2019hy- perthyroidie.(Effects of Oral and Intramuscular Administration of Reserpine in Thyrotoxicosis.) \u201cNew Eng.J].Med.\", 257: 435, 1957.Lorsqu\u2019on connaît l\u2019action bienfaisante de la réserpine dans le contrôle des patients agités et hyperactifs, il était normal de chercher à apprécier l\u2019action de ce médicament dans I'hyperthyroidie.Les auteurs ont traité 20 patients souffrant de maladie de Basedow en leur donnant des doses de réserpine variant de 0.75 à 4.0 mg.par jour pendant des pé- L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 riodes de 14 à 104 jours; de telles doses furent données à 10 patients de la clinique externe.Les 10 autres patients furent hospitalisés et reçurent le médicament par voie intramuseu- laire à la dose de 2.5 à 5.0 mg.à toutes les 6 ou 8 heures pour des périodes de 1 à 16 jours.Tous les patients qui reçurent la réserpine par voie orale furent améliorés et 4 patients devinrent euthyroïdiens malgré la persistance d\u2019une glande hypertrophiée.Les patients recevant la réserpine par voie intramusculaire eurent une amélioration plus rapide.Malgré l\u2019amélioration clinique, l\u2019utilisation de l\u2019iode radioactif et le niveau de l\u2019iode protéique ne furent pas modifiés et gardèrent l\u2019allure de l\u2019hyperthyroïdie.Jean-Marc BORDELEAU.CHIRURGIE D.O.FERRIS, T.E.LYNN, J.C.CAIN et A.H.BAGGENSTOSS.\u2014 Pancréatite postopératoire mortelle.(Fatal postoperative Pan- creatitis.) \"Ann.of Surg.\u201d, 146: 263 (août) 1957.La pancréatite aiguë est une complication occasionnelle grave et souvent mortelle de certaines opérations faites sur des viscères voisins ou éloignés.Les auteurs rapportent neuf cas de pancréatite aiguë postopératoire: 4 cas à la suite d\u2019interventions sur la vésicule et le cholédoque, un cas après une gastrectomie et quatre cas consécutifs à une résection transuréthrale de la prostate.Les signes cliniques sont apparus dans les premiers jours postopératoires, 5 fois le jour même et le troisième jour au plus tard dans 4 cas chez les neuf observations présentées.Ces signes étaient classiques: douleur abdominale, chute de la pression artérielle, choc, nausées, vomissements, fièvre et ballonnement.L\u2019amylase du sérum n\u2019était élevée que dans deux cas sur quatre cas, où on l\u2019a recherchée.L\u2019autopsie a été faite huit fois sur neuf décès.Dans sept cas, on a trouvé une association de nécrose du pancréas et de néphrose du néphron distal.Les auteurs ont cherché une explication plausible pour expliquer cette complication ANALYSES 1435 postopératoire.Dans trois cas, il y a eu traumatisme du pancréas; dans deux cas, il pourrait y avoir eu, lors de la sphinctéroto- mie transduodénale, une obstruction secondaire des canaux pancréatiques par œdème; avec chez l\u2019un de ces deux cas, possibilité d\u2019obstruction par le tube en T à longue branche.Les quatre cas observés après une résection transuréthrale de la prostate s\u2019expliquent plus difficilement.Il est vrai qu\u2019il s'agissait de malades âgés de plus de 70 ans, chez qui peut entrer en ligne de compte l'atteinte pancréatique par la médication, l\u2019anesthésie et la déshydratation.Chose remarquable, la pancréatite aiguë apparut dans ces quatre cas le jour même de l\u2019opération, ce qui a poussé Renner à penser que la résection de tissu prostatique libère des enzymes protéolytiques susceptibles de déclencher une pancréatite aiguë.Edouard DESJARDINS.B.B.CROHN.\u2014 Les indications chirurgicales dans l'iléite régionale.(Indications for surgical Intervention in regional ileitis.) \u2018A.M.A.Arch.of Surg.\u201d, 74: 305 (mars) 1957.Riche de 700 cas personnels, l\u2019auteur donne dans cet article certaines indications chirurgicales qui lui paraissent s\u2019imposer.Si parfois l\u2019iléite régionale semble guérir spontanément, ceci n\u2019est qu\u2019exceptionnel.Avant d\u2019aborder l\u2019aspect chirurgical, l\u2019auteur rappelle le traitement médical, à savoir une diète riche en protéines, vitaminothérapie et repos physique.L'auteur ne croit pas à l\u2019atteinte psychosomatique et il n\u2019a jamais constaté de guérison par la psychanalyse ou la psychothérapie.Avant de décrire les indications positives de la chirurgie, il étudie certaines contre-indications, telles que l\u2019iléojéjunite extensive, l\u2019iléite aiguë, l\u2019entérite muqueuse et l\u2019iléo-colite combinée.Les indications positives de la chirurgie sont: l\u2019iléite terminale ou régionale localisée, les fistules de la paroi abdominale, les fistules périrectales, les hémorragies, l\u2019occlusion intestinale, l\u2019iléite récidivante, la 1436 perforation et la persistance des phénomènes inflammatoires après une dérivation par iléo- transversostomie.L\u2019opération doit se faire pendant une période de repos, dans un intervalle de calme; la technique de choix semble être la dérivation avec exclusion, dite iléo-transversostomie.Malgré tout, il y a un grand nombre de récidives et celles-ci demeurent inexplicables.Edouard DESJARDINS.PNEUMOLOGIE A.D.RENZETTI, Jr., et W.R.PADGET.\u2014 Les effets aigus de la chlorpromazine sur la respiration chez l'homme.(The acute respiratory effects of Chlorpromazine in man.) \"J.Lab.and Clin.Med.\"\u201d, 50: 400 (septembre) 1957.Les auteurs ont voulu vérifier si la chlor- promazine est un dépresseur de la respiration chez sept sujets normaux et chez deux emphysémateux.La dose de chlorpromazine (Thorazine) injectée chez chaque malade fut de 25 mg.par voie intraveineuse ou de 50 mg.par voie intramusculaire.Cette injection fut suivie chez chaque malade d\u2019un état de somnolence ou de sommeil vrai en dedans de 15 à 30 minutes.Les variations fonctionnelles consistèrent en une diminution de la ventilation globale, en une augmentation de l\u2019espace mort et en une diminution notable de la ventilation alvéolaire.Chez 6 malades, la tension partielle du CO, augmenta dans le sang artériel.Faisant inhaler, chez quatre malades, une atmosphère gazeuse contenant 5 pour cent de CO» à la suite de l\u2019injection du médicament, les auteurs constatèrent une augmentation insuffisante de la ventilation alvéolaire et conclurent que la chlorpromazine a pour propriété de diminuer la sensibilité du centre respiratoire.Chez cinq malades ayant reçu le médicament par voie intraveineuse, il y eut une chute importante de la pression artérielle.Chez un de ces malades, la pression tomba à zéro et il fallut deux injections intraveineuses de néosynéphrine pour la maintenir à un ANALYSES L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 chiffre normal.Cette baisse de tension ne se produisit pas quand la chlorpromazine était administrée par voie intramuseulaire.En concluant, les auteurs insistent sur les dangers que peut comporter l\u2019administration de chlorpromazine chez les sujets qui doivent recevoir un dépresseur du système nerveux ou chez les sujets qui ont leur centre respiratoire déprimé, chez les emphysémateux par exemple.Charles LEPINE.M.BARIETY et J.POULET.\u2014 Résultats de la Viomycine.\u201cRevue de la Tub.\u201d, 21: 7 (janvier-février) 1957.Lorsque tous les antibiotiques classiques ont été employés avec insuccès, les auteurs recommandent l'usage de la Viomycine parce qu\u2019elle n\u2019aurait pas la toxicité qu\u2019on lui reconnaît dans la plupart des milieux.Le désaccord est vraiment remarquable.Les auteurs, eux, ont voulu contrôler ces prétentions et durant une période moyenne de trois mois, ils ont employé ce médicament chez 23 de leurs tuberculeux.Chez les animaux, expérimentalement, la viomycine est un médicament curatif, même s\u2019il l\u2019est moins que la streptomycine et l\u2019isoniazide.Elle est de plus non toxique.Chez l\u2019homme cependant, tout ne se passe pas aussi bien, la plupart des écoles la considèrent toxique.Quant à son efficacité, là aussi il n\u2019y a pas d\u2019unanimité.Il est maintenant intéressant de connaître les résultats obtenus chez les 23 cas rapportés avec de nombreux détails.Onze malades ont été véritablement améliorés, tandis que pour onze autres, l\u2019état général a été améliaré et les images radiologiques, ont connu une régression évidente.Trois autres ont eu des réactions allergiques pas tellement graves.Enfin, les 4 derniers n\u2019ont pas réagi favorablement.Ce sont des faits que nous ne pouvons tout de même pas ignorer venant de phtisiologues aussi avertis.Paul-René ARCHAMBAULT. L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 LEON UNGER.\u2014 L'usage et l'abus des tests cutanés dans les maladies allergiques du tractus respiratoire.(Use and Abuse of Skin Tests in Allergic Conditions of the Respiratory Tract.) Diseases of the Chest, 32: 21 (juillet) 1957.Il y a au moins 10 pour 100 de la population qui souffrent de maladies allergiques.Ces chiffres sont assez importants pour que l\u2019auteur encourage le médecin qui se spécialise dans les maladies thoraciques de même que le praticien à faire les principaux tests cutanés chez tous les malades suspects de maladies allergiques telles que l\u2019asthme bronchique, la rhinite spasmodique, la trachéite, la sinusite, etc.Si ce médecin n\u2019a pas tout le matériel nécessaire à ces nombreux tests, celui-ci devrait le diriger chez le spécialiste en allergie.Une fois le diagnostic définitivement posé, son malade devrait lui revenir pour continuer le traitement.La technique la plus souvent employée c\u2019est la scarification.On peut avoir recours à la voie sous-cutanée et il y en a d\u2019autres.Il faut bien se rappeler que ces tests cutanés ne sont pas infaillibles.Que de fois le diagnostic clinique ne concorde pas avec les tests.Il faut alors toujours penser au fait que peut-être dans le sang du sujet investigué, il y a présence de médicaments tels que les antihistaminiques, de l\u2019épiné- phrine, de l\u2019éphédrine.Ce qui vient fausser les résultats positifs.Puisque de nos jours, il est possible d\u2019étudier à fond les causes de l\u2019allergie, l\u2019auteur croit que le praticien, l\u2019interniste et surtout le spécialiste des maladies thoraciques ne de- vralent pas s\u2019abstenir de faire ces tests cutanés qui peuvent donner des résultats thérapeutiques remarquables, ces maladies sont si pénibles envers ceux qui en sont atteints.Nous aurions tort, en face d\u2019un simple diagnostic clinique, d\u2019instituer une médication symptomatique antiallergique avec ces médicaments tels que les antihistaminiques, les antibiotiques, l\u2019oxygène, la cortisone, l\u2019'ACTH et la prednisone.L\u2019auteur s\u2019éléeve contre de tels abus.Il faudrait plutôt chercher la vé- ANALYSES 1437 ritable cause déterminante de ces troubles allergiques.Paul-René ARCHAMBAULT.E.R.LEVINE.\u2014 Liquéfaction plus directe des sécrétions bronchiques par l'aérosolthéra- pie.(A more Direct Liquefaction of bronchial Secretion by Aerosol Therapy.) \"Diseases of the Chest\u2019, 31: 155 (fév.) 1957.Ce qui rend difficile notre tâche dans les maladies broncho-pulmonaires, ce sont les sécrétions bronchiques.Il nous faut lutter contre la viscosité plus ou moins marquée des sécrétions.Ces sécrétions irritent ou bloquent l\u2019arbre trachéo-broncho-pulmonaire.Il existe de nombreuses préparations qui contiennent entre autre de l\u2019iodure de potassium, du chlorure d\u2019ammonium; elles sont toutes capables de liquéfier ces sécrétions épaisses.Par contre, plusieurs de ces préparations contiennent des ingrédients nocifs qui provoquent de l\u2019irritation pharyngo-trachéo bronchique.Ces bronchorrhées sont le plus souvent chroniques et le volume de ces sécrétions mucopurulentes est parfois abondant.L\u2019auteur a pu traiter 96 cas atteints de ces maladies bronchiques.La méthode aérosol avec le Tergitol s\u2019est avéré excellente pour liquéfier les sécrétions bronchiques chez 66 de ses malades, alors que les résultats ont été bons chez les 30 derniers.Cette méthode est surtout recommandée chez les vieux asthmatiques, chez les emphysémateux et au cours des infections chroniques.Il faut toujours penser que si la quantité et la viscosité des sécrétions bronchiques augmentent, il s\u2019ensuit une aggravation de l\u2019infection et de l\u2019irritation des bronches.Ce qui favorise la toux et le bronchospasme.L\u2019âge des 96 malades variait entre 5 et 80 ans.Ils ont été traités durant une semaine à six mois.La fréquence quotidienne des traitements: 3 à 5 fois par jour.Pour obtenir une liquéfaction des sécrétions muco-purulentes et visqueuses de l\u2019arbre respiratoire, il faut savoir choisir le médicament.L'auteur nous suggère une formule idéale.I] nous en fait part.Paul-René ARCHAMBAULT. 1438 GASTRO-ENTÉROLOGIE R.RAYNAUD, P.MINICONI, C.IMBERT et A.COUSTAUT.\u2014 La valeur comparée du protéinogramme, du lipidogramme et du glucidogramme dans les cirrhoses.\u201cPathologie et Biologie\u201d, 32: 1601 (déc.) 1956.Dans toutes les cirrhoses, avec ou sans ictère, le protéinogramme met en évidence une chute de l\u2019albumine et une augmentation des globulines gamma.Le lipidogramme des cirrhoses sans ictère se caractérise habituellement par un taux normal ou élevé des lipoprotéines alpha, par une diminution des lipoprotéines bêta très rapides et rapides, par une augmentation des lipoprotéines bêta lentes et très lentes.Le lipidogramme des cirrhoses avec ictère se caractérise habituellement par une diminution importante des lipoprotéines alpha, par une augmentation des lipoprotéines bêta très rapides et rapides (sauf à la période terminale où les lipoprotéines bêta très rapides et rapides sont au contraire diminuées ou absentes), par un taux normal ou bas des lipoprotéines bêta lentes et très lentes.Le glucidogramme ne révèle aucune anomalie importante au cours des cirrhoses.Guy ALBOT.A.HUGUENIN, A.ALBOU, G.AKOUN.\u2014 Hépatite épidémique et purpura thrombo- cytopénique.\u2018La Sem.des Hôp.de Paris\u201d, 32: 4158 (30 déc.) 1956.Les auteurs rapportent le cas d\u2019un malade atteint d\u2019ictère épidémique bénin qui s\u2019est accompagné d\u2019un purpura important avec hémorragies cutanéo-muqueuses, lié à une thrombocytopénie à 18000, avec trouble de la maturation mégakaryocytaire et présence de thromboagglutinines de type allergique.L'évolution des deux syndromes a été bénigne et s\u2019est faite parallèlement en quelques jours vers la guérison confirmée par les ponc- tions-biopsies du foie.L\u2019éventualité d\u2019un purpura a rarement été signalée au cours des hépatites ictérigènes.Les auteurs rappellent les observations simi- ANALYSES L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 laires publiées en France ct dans les pays anglo-saxons.Ils essaient ensuite d'interpréter le mécanisme du trouble plaquettaire.Il n\u2019est vraisemblablement pas dû à l\u2019atteinte du parenchyme hépatique, car au cours des atteintes hépatiques les plus graves, (cirrhoses, ictères graves), il n\u2019y a pas de pla- quettopénie notable et les hémorragies relèvent de mécanismes différents.C\u2019est à l\u2019action du virus lui-même qu\u2019il convient d'attribuer la plaquettopénie: des faits analogues ont été observés au cours de maladies virales voisines, (mononucléose infectieuse, oreillons, rubéole, varicelle, ete.), et, bien qu\u2019il soit impossible d\u2019en fournir une preuve biologique certaine, on peut admettre l\u2019identité étiologique de l\u2019ictère et du purpura, en raison de leur apparition soudaine et simultanée, de leur intensité, de leur régression rapide et totale.Quant au mécanisme physiopathologique, il est difficile à préciser.Certes, l\u2019action de l\u2019agent agressif s\u2019est fait sentir dans la moelle sur la maturation du mégakaryocyte mais également dans le sang sur la plaquette par l'intermédiaire des thromboagglutinines mais les rapports de celles-ci avec l\u2019infection virale restent d\u2019interprétation délicate.Guy ALBOT.R.RAYNAUD, P.MINICONI, C.IMBERT et A.COUSTAUT.\u2014 La valeur comparée du protéinogramme, du lipidogramme et du glucidogramme dans les ictères.\u2018\u2019Pathologie et biologie\u201d, 32: 1951 (déc.) 1956.Le fractionnement électrophorétique des protéines, des lipoprotéines et des glucopro- téines a été pratiqué dans 24 ictères par hépatite, dans 11 ictères par obstruction cho- lédocienne, dans 4 ictères chroniques par cholostase intra-hépatique (dont deux parvenus au stade de cirrhose biliaire « primitive »), et dans 3 ictères symptomatiques d\u2019un cancer du foie.Les résultats permettent de comparer la valeur du protéinogramme, du lipidogramme et du glucidogramme dans les ictères. l\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 Le protéinogramme peut être utile pour résoudre le diagnostic étiologique d'un ictère récent, datant de moins de quinze jours.En revanche, le protéinogramme n\u2019a aucun intérêt pour le pronostic.Le lipidogramme est plus riche d\u2019enseignements que le protéinogramme.L\u2019hyperlipo- protéinémie bêta et la persistance d'une certaine quantité de bêta rapides sont en faveur d\u2019un ictère mécanique.Si l\u2019on répète le lipidogramme en cours d\u2019évolution, la non- réapparition des lipoprotéines alpha est en faveur d\u2019une obstruction cholédocienne, ou d\u2019une hépatite sévère, non améliorée par le traitement.La réapparition ou l\u2019augmentation progressive des lipoprotéines alpha permet d\u2019affirmer qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une hépatite en voie de résolution.Le lipidogramme a donc une valeur pronostique certaine.L'intérêt du glucidogramme est restreint.Tout au plus peut-il, dans certains cas d\u2019ictères obstructifs d\u2019origine cancéreuse, objectiver une hyperglucoprotéinémie alpha.Guy ALBOT.CARDIOLOGIE Frederick ELDRIDGE, Arthur SELZER et H.HULTGREN.\u2014 Sténose d'une branche de l'artère pulmonaire.Une cause additionnelle de soutfle continu à la région thoracique.(Stenosis of a Branch of the Pulmonary Artery.An Additional Cause ot Continuous Murmurs over the Chest.) \u201cCirculation\u201d, 15: 865 (juin) 1957.Les auteurs ont pris connaissance de 35 cas étudiés ou publiés.Dans cinq de ces cas, la présence d\u2019un souffle continu a été signalée.Les cinq cas qui sont l\u2019objet de la présente publication ont tous été soumis à un cathétérisme, qui révéla la présence de l\u2019anomalie, avec malformation associée dans tous les cas.Le souffle continu était présent dans deux cas.Son origine au siège de la constriction a été établie par l\u2019étude faite à ce niveau du gradient de pression dans toute la durée du cycle cardiaque et par la production d'un souffle continu chez le chien soumis a la ligature partielle d\u2019une branche de l'artère pulmonaire.ANALYSES 1439 La nature exacte de telles lésions est obscure; l\u2019obstruction partielle par thrombose ou embolie ou un défaut de développement congénital sont les possibilités les plus probables.Il n\u2019est aucunement établi qu\u2019une telle anomalie soit la cause d\u2019hypertension pulmonaire.Le fait que la sténose de la branche gauche de l\u2019artère pulmonaire puisse produire un souffle continu revêt une grande importance pratique si l\u2019on considère que plusieurs cas de souffle continu soumis à la chirurgie pour canal ne subissent pas au préalable les examens spéciaux pour confirmer le diagnostic.J.-M.LANOIE.ENDOCRINOLOGIE J.J.CANARY, M.SCHAAF, B.J.DUFFY et L.H.KYLE.\u2014 Effet de la réserpine dams les hyperthyréoses.(Effects of oral and intramuscular administration of Reserpine in thyrotoxicosis.) \"New Eng.J].Med.\u201d 257: 435, 1957.Croyant à l\u2019origine diencéphalique de l\u2019hyperthyroïdie, par l'intermédiaire de l\u2019'hypophyse antérieure, les auteurs tentent une thérapeutique à la réserpine, ce produit agissant sur cette zone du système nerveux central, produisant un effet tranquillisant.Une série de 20 patients a été étudiée.Le bilan biologique ainsi que l\u2019évolution clinique ont été évalués.En général, on note une amélioration notable des signes cliniques tels que ralentissement du pouls, gain de poids, disparition complète de palpitations, de la diaphorèse profuse, de l\u2019intolérance à la chaleur et de la dyspnée d\u2019effort.Les signes oculaires disparaissent dans certains cas ainsi que les signes cutanéomuseulaires.Cependant, le volume de la glande reste toujours le même.Les signes biologiques, P.B.1.et Uptake radioactif, changent peu et en général restent au chiffre préthérapie.L\u2019assertion que la réserpine peut agir au niveau du diencéphale pour atténuer l\u2019hyper- thyréose est infirmée.En effet, tous les signes de laboratoire restent inchangés, ce qui indique que le processus d\u2019hyperthyroidie continue \u2014 sua Eee À 1440 ANALYSES d\u2019évoluer.L'effet s\u2019est donc fait sentir ailleurs, possiblement à la périphérie, en neutralisant l\u2019action de l'hormone au niveau cellulaire ou en transformant la réceptivité cellulaire à l'hormone.Le fait que les hyperthyroïdiens sont très sensibles à l\u2019épinéphrine, et l\u2019analogie entre l\u2019hyperthyroïdie et l\u2019hyperactivité du sympathique font penser que l\u2019augmentation des catechol amines joue un rôle dans cette thyréose.La réserpine diminue l\u2019activité de certains centres diencéphaliques sympathiques.Une autre hypothèse est envisagée: la réserpine stimule la sécrétion d\u2019hormones cortico-surrénaliennes et l\u2019on sait que la cortisone améliore l\u2019hyperthyréose.De cette étude, les auteurs concluent que la réserpine a sa place dans le traitement des hyperthyréoses comme adjuvant dans le contrôle rapide de l\u2019état clinique et particulièrement dans la «crise thyroïdienne » postopératoire.L\u2019emploi de la réserpine comme seul agent thérapeutique est déconseillé.L\u2019emploi courant de ce médicament laisse supposer que des malades souffrant d\u2019hyper- thyréose non diagnostiquée et traités à la réserpine symptomatiquement peuvent avoir une symptomatologie très frustre et ne présenter qu\u2019un goitre.Des études complémentaires sont indiquées dans ces cas.André VIALLET.PEDIATRIE Otto POLLAK.\u2014 Développement de l'enfant et milieu familial.(Family Situation and Child Development.) \u2018Children\u2019, 4: 109 (sept.-oct.) 1957.L'auteur rapporte les difficultés dans l\u2019étude des problèmes de comportement de l\u2019enfant et surtout de l\u2019enfant adolescent.Le but visé par ce travail c\u2019est d\u2019arriver à un diagnostic et une thérapeutique tout en considérant la gamme des facteurs pathologiques qui peuvent déterminer les difficultés de réactions émotionnelles et de développement d\u2019un enfant.Ils ont suivi les concepts suivants: la famille, l\u2019interaction sociale, le rôle social, la socialisation, le conflit de culture.L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 Après avoir étudié les cas qui arrivaient à la Russell Sage Foundation, l\u2019auteur élabore 4 théorèmes: Le premier théorème s\u2019énonce ainsi.L'expérience de situations à interactions multiples parmi les membres de la famille donne l\u2019occasion à un enfant de choisir un modèle et une combinaison de modèle.D\u2019où le problème ne débute qu\u2019avec la connaissance approfondie de chaque membre, interaction de chaque membre avec l\u2019enfant et de l\u2019interaction de chaque membre entre eux.Le deuxième théorème.L'occasion de choisir parmi l\u2019univers des modèles a des limites qui dépassent toujours la famille, et l\u2019apprentissage peut se faire soit par expérimentation d\u2019action ou l\u2019incorporation de type modèle.Le troisième théorème.L'enfant qui adopte et adapte une caractéristique d\u2019un modèle le fait habituellement poussé par un mal-contentement de l\u2019enfant vers la personne choisie.Le quatrième théorème.Dans des familles où il y a concordance émotionnelle, le développement mental des enfants démontrera les mêmes degrés de pathologie ou de santé.Une fois ces théorèmes énoncés, l\u2019expérience seule pourra en démontrer la valeur.Service pE PéprATRIEe, Hôp.STE-J .-D'Arc.ANATOMIE PATHOLOGIQUE Louis ORCEL.\u2014 La notion d'atteinte seg- mentaire et de zones de cancérisation en pathologie cancéreuse hépato-biliaire.\u201cAnnales d'Anat.Pathol\u201d, 1: 329 (juillet- septembre) 1956.Ce travail est basé sur cinquante deux cas de cancers primitifs du foie, des voies biliaires et de la région vatérienne.Après une étude topographique de ces cancers et en particulier de leurs modalités d\u2019extension, l\u2019auteur critique les notions classiques de dif- L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 fusion lymphatique et sanguine qui ne suffisent pas à expliquer tous les faits.Il semble, en particulier, que tous les éléments tissulaires d\u2019une région et spécialement d\u2019épithélium de surface ainsi que des grandes annexes, soient frappés d\u2019emblée par la transformation néoplasique maligne comme le suggère très nettement l\u2019étude des épithé- liomas épidermoïdes métaplasiques.De plus, dans de nombreux cas, il n\u2019existe pas de délimination franche entre les cancers des voies biliaires extra et intra-hépatiques et l\u2019on identifie très fréquemment, à la périphérie des extensions intra-hépatiques des cancers biliaires, des images de transition avec le parenchyme.Aux notions classiques de transformation maligne par débauchage et substitution, l\u2019auteur préfère la notion de zone de cancérisa- on, suggérant une atteinte régionale plus ou moins large.Cette atteinte se ferait par poussée successives intéressant sur les voies biliaires, le foie et les formations vaseulo- nerveuses qui leur sont annexés, des territoires doués de propriétés biologiques communes.Guy ALBOT.J.DELARUE, J.MIGNOT et A.BULLIARD.\u2014 Etude sur la vascularisation des cancers du gros intestin.\u201cLa Presse Médicale\", 64: 2164 (déc.) 1956.Cette étude porte sur des pièces opératoires.La technique comporte une injection, par voie artérielle ou par voie veineuse, ANALYSES 1441 d\u2019une suspension de minium dans une solution de gélatine.Les pièces sont radiographiées, puis des fragments repérés d\u2019après les radiographies, sont coupés en série.Ces coupes de 0.5 mm.d\u2019épaisseur sont éclaircies au toluène après déshydratation et examinées à la loupe binoculaire stéréoscopique.Cette méthode n\u2019altère pas les tissus et permet d\u2019effectuer, après inclusion à la paraffine, des études histologiques sur coupes minces.Autour des cancers, il existe une hyperplasie du système vasculaire.Le réseau vasculaire néoformé montre des artérioles se terminant par des bouquets vasculaires réalisant une structure segmentaire qui correspond aux amas d\u2019éléments glandulaires néoplasiques.On constate dans le voisinage des pédicules vasculaires de ces tumeurs la présence d\u2019anastomoses artério-veineuses.Les modifications du système circulatoire des cancers ne peuvent être considérées comme le résultat d\u2019une simple réaction en rapport avec la croissance désordonnée des cellules tumorales.Tout permet de penser que le système circulatoire préexistant joue un rôle directeur qui imprime à la croissance des éléments néoplasiques une ordination différente de celle des tissus normaux, mais où l\u2019on retrouve une structure organoïde.La présence d\u2019anastomoses artério-veineuses dans le pédicule vasculaire des tumeurs semble indiquer que ces dispositifs régulateurs y jouent un rôle important.Guy ALBOT. SOCIÉTÉS LE COMITÉ D'ÉCONOMIE MÉDICALE DE L'ASSOCIATION DES MÉDECINS DE LANGUE FRANÇAISE DU CANADA Samedi, le 16 novembre dernier, le Comité d'économie médicale de l\u2019A.M.L.F.C.ouvrait la session 1957-1958 par une intéressante assemblée.Signalons, pour le rappeler à nos lecteurs, qu\u2019outre les membres nommés régulièrement par le Conseil de l\u2019A.M.L.F.C., des représentants d'organismes médicaux et des représentants des médecins praticiens assistent ponctuellement à toutes les séances qui ont lieu à tous les deux mois environ, au secrétariat de l\u2019Association.Les organismes représentés sont le Collège des Médecins et Chirurgiens, la Fédération des Sociétés Médicales et l\u2019Association des Bureaux Médicaux des Hôpitaux de la Province de Québec.Toute question d'importance soumise par la profession médicale recevra la meilleure attention du comité.Le Comité d\u2019économie médicale a tracé son programme de l\u2019année et a mis à son agenda les questions suivantes qu\u2019il étudiera pour ensuite présenter à qui de droit sa façon de voir et ses suggestions: a) le médecin praticien et l\u2019admission de ses malades dans les hôpitaux; b) la formation professionnelle du médecin en regard des besoins futurs d\u2019une population sans cesse croissante et d\u2019une évolution dans la pratique médicale; c) le médecin et l\u2019impôt sur le revenu.Une autre question où le Comité d\u2019économie médicale sera consulté est celle des principes de l\u2019assurance-santé.Actuellement, il existe un comité provincial d\u2019assurance-santé comprenant l'Association des Bureaux Médicaux des hôpitaux de la Province de Québec, la Fédération des Sociétés Médicales et le Comité provincial du Québec.Ce dernier est un organisme qui, tout en étant autonome dans les problèmes provinciaux, relève, comme filiale, de l\u2019Association des Médecins de Langue Française du Canada.Puis le Comité d\u2019économie médicale a jeté les bases du programme scientifique du 28e congrès de l\u2019A.M.L.F.C.Comme nous l\u2019avons déjà annoncé, dans la livraison antérieure, ce 28e congrès se tiendra à l\u2019hôtel Algonquin, à Saint-André-sur-Mer, Nouveau-Brunswick, les 11, 12 et 13 septembre 1958, sous la présidence du docteur Georges-L.Dumont, chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu de Saint-Joseph, à Campbellton, N.-B.VŒU DU COMITÉ D'ÉCONOMIE MÉDICALE Le 25 novembre 1957.Monsieur le docteur Eugène Thibault, Président de la Commission Canadienne d\u2019Accréditation des Hôpitaux, 4070, boulevard Lasalle, Verdun, P.Q.Monsieur le président, LI\u2019 Association des Médecins de Langue Française du Canada dont vous êtes le représentant auprès de la Commission verrait d\u2019un bon oeil que le ou les visiteurs qui vont dans les hôpitaux du pays en vue de leur classification, rencontrent séparément les médecins, ou en l\u2019occurence le Bureau Médical de l\u2019institution concernée.Ces médecins auront alors l\u2019occasion de soulever les questions jugées opportunes ou de demander les renseignements nécessaires pour leur information.Espérant que la Commission que vous dirigez donnera, par sa décision favorable, satisfaction a la profession médicale des hôpitaux, nous vous prions d\u2019agréer pour vous et pour vos collègues de la Commission l\u2019expression de nos sentiments les plus distingués.L'ASSOCIATION DES MÉDECINS DE LANGUE FRANÇAISE DU CANADA.par: H.Trudel, M.D.Secrétaire-Trésorier Général. L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL Séance du 23 avril 1957 Présidence du Dr Jean-Marie Roussel.Les devoirs et griefs du médecin envers la Cour.Dr Rosario FONTAINE.Le docteur Rosario Fontaine exposa d\u2019abord le point de vue médico-légal.Il traça rapidement le portrait du véritable médecin-témoin, ce qui n\u2019est pas si simple qu\u2019on peut le croire puisque l\u2019expertise ne dépend pas seulement de la compétence de l'expert et, de plus, le juge demeure toujours libre d'accepter ou de rejeter le témoignage de l\u2019expert.La première des qualités morales et intellectuelles de l\u2019expert est l\u2019honnêteté, ce qui en fera un serviteur de la vérité.Bien entendu, le jugement est aussi une de ses qualités essentielles.C\u2019est le jugement, précise le docteur Fontaine, qui lui permettra, au cours de son travail d\u2019expertise, de découvrir, dans l\u2019enchevêtrement complexe et apparemment désordonné des faits, le lien qui les unit, et d\u2019attribuer à chacun d\u2019eux la signification et l\u2019importance qui lui conviennent.Enfin, une autre qualité que doit posséder l\u2019expert, c\u2019est l\u2019impartialité.Ayant juré de dire la vérité, il ne se fera donc pas le porte- parole docile et aveugle de la partie qui a retenu ses services.De plus, le « médecin- expert» devra savoir «déposer» devant le tribunal, avec précision, tact et clarté, se souvenant toujours que son intervention dans le procès en cours n\u2019est légitimée que parce que le tribunal n\u2019a pas compétence scientifique.En effet, de conclure le docteur Fontaine : «Si le terrain des faits est solide, celui de l\u2019hypothèse est glissant et l\u2019expert prudent ne doit pas s\u2019y laisser entraîner trop loin, de peur d\u2019y tomber.» Le point de vue juridique.M.le juge Claude PREVOST.En effet, dit-il, le médecin qui comparaît devant les tribunaux du pays, à la demande SOCIÉTÉS 1443 de l\u2019une ou l\u2019autre des parties, pour faire part de ses constatations consécutives à des examens cliniques ou autres, est d\u2019abord un témoin.Mais il est un témoin d\u2019un genre spécial.Il n\u2019est pas appelé, comme les autres, à rapporter les faits ou choses perçues par ses sens sans autres commentaires, mais à interpréter ses constatations de faits et en tirer des conclusions que sa science ou son expérience l\u2019autorise à tirer.Le point de vue légal.Me Dollard DANSEREAU.Il s\u2019empressa de dire que médecins et avocats devraient faire bon ménage et qu\u2019il est regrettable de constater que médecins et avocats aient rarement le loisir de se rencontrer pour préparer une cause.En effet, continua- t-il, trop de médecins hésitent ou tardent à fournir à l\u2019avocat un diagnostic détaillé, pourtant indispensable dans une action en dommages-intérêts.De plus, un avocat a aussi le droit de savoir quand un client est guéri, pour en informer la Cour.Malheureusement, il doit parfois attendre longtemps pour être renseigné.En terminant, il souhaite l'établissement d\u2019un certain barème sur l\u2019invalidité, car actuellement les écarts sont parfois surprenants et fort embarrassants pour les juges et les avocats.Le point de vue médico-chirurgical.Dr Calixte FAVREAU.Le médecin, d\u2019ajouter le docteur Favreau, joue un rôle capital, puisque seul il a la compétence pour rechercher si les manifestations pathologiques alléguées sont réelles et trouvent leur cause dans le fait accidentel.Une fois cette question préalable résolue par l\u2019affirmative, le médecin a qualité pour fixer l\u2019importance dans le passé, le présent et l\u2019avenir, du dommage physique, anatomique et fonctionnel.Et, de conclure le docteur Fa- vreau, les griefs du médecin envers la Cour 1444 ne sont pas fondés, car le médecin qui se respecte est respecté par la Cour.Le point de vue neuropsychiatrique.Dr François CLOUTIER.Le psychiatre, dit-il, est l\u2019un des médecins les plus fréquemment demandés en Cour comme expert, car, en effet, il s\u2019occupe d\u2019une façon particulière du comportement humain.La psychiatrie a évolué d\u2019une façon tellement prodigieuse depuis une trentaine d\u2019années, que l\u2019on peut se demander si la loi et les institutions qui en découlent ont su ou ont pu tenir compte des découvertes les plus récentes.Le cas le plus patent est celui des fameuses règles dites de « McNaughton » qui datent de 1843.Or, dans les pays anglo-saxons en général, et en particulier au Canada, la responsabilité d\u2019un criminel s\u2019évalue d\u2019après ces formules désuètes.Et, d'ajouter le docteur Cloutier, en expertise civile, c\u2019est peut-être dans les accidents et les traumatismes crâniens que le rôle du psychiatre est le plus délicat, puisqu\u2019il lui faut tenter d\u2019évaluer le degré d\u2019incapacité et se demander jusqu\u2019à quel point l'accident peut être cause de la réaction psychiatrique.ee ++ Séance du ler octobre 1957 .Tenue à l'hôpital Saint-Luc Présidence du Dr Jean-Marie Roussel Les hyperplasies congénitales des capsules surrénales.Prof.Henri BRICAIRE Le professeur Henri Bricaire, des hôpitaux de Paris, dans une excellente présentation, discuta des hyperplasies congénitales des capsules surrénales.Il nota que plus de cent cas, à l\u2019heure actuelle, avaient été rapportés.Le but primordial dans ce syndrome consiste à redonner aux patients une vie aussi normale que possible.Le professeur Bricaire rapporta, par la suite, les résultats de quatre observations personnelles.Il discuta: SOCIÉTÉS L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 a) La forme virilisante.\u2014 Son observation portait sur un enfant de 15 ans qui présentait un syndrome de virilisation.Les analyses de laboratoires, consistant dans les différentes analyses des stéroïdes, étaient caractéristiques de ce syndrome.La thérapeutique à l\u2019aide d'hormones surrénaliennes, fit disparaître les caractères anormaux.En conclusion de cette première observation, le professeur Bricaire conclut qu\u2019il s'agissait d\u2019une hyperandrogénie réactionnelle à une insuffisance cortico-surré- nale.b) L\u2019hyperplasie avec insuffisance minéralo- corticoïde.Cette deuxième observation portait sur un enfant de 6 ans, présentant une puberté précoce; effectivement, ce garçon était une fille! ! De fait, malgré les apparences extérieures de la masculinité, il s\u2019agissait bien d'organes génitaux féminins.Les analyses de laboratoires montraient chez cette enfant une diminution du sodium, une augmentation du potassium et des chlorures normaux.L\u2019autopsie chez ce jeune enfant montra une hyperplasie surrénalienne.Il s\u2019agissait done cliniquement d\u2019une insuffisance minéralo-corticoï- de avec métabolites anormaux; il s\u2019agissait probablement de métabolites anti-minéralo- corticoïdes.c) La forme d\u2019hyperplasie avec hypertension.La troisième observation portait sur un enfant de 12 ans, présentant une pression artérielle à 180 sur 110.Cet enfant présentait une puberté précoce.Les altérations des stéroïdes étaient caractéristiques.Il s\u2019agissait done, en somme, de l\u2019hyperandrogénie avec hypertension artérielle.d) Dans la quatrième observation présentée par le Professeur Bricaire, il s\u2019agissait d\u2019une puberté précoce, mais harmonieuse, chez un jeune enfant.Le professeur ajouta qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une forme encore mal connue.En titre de conclusion des quatre excellentes observations, Monsieur Bricaire précise que l\u2019'hyperplasie des capsules surrénales montrait toujours un tableau polymorphe avec signes d\u2019androgénie.Il ajoute qu\u2019il s\u2019agissait, ni d\u2019une insuffisance surrénale de titre classique, ni L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 d\u2019un hyperfonctionnement, mais qu\u2019il s'agissait plutôt d\u2019une hyperplasie réactionnelle.Résultats chirurgicaux portant sur 500 cas de cancer du rectum.Prof.Gaudart d'ALLAINES Le deuxième travail scientifique de cette soirée fut présenté par le professeur Gaudart d\u2019Allaines, de Paris, qui nous présenta les résultats chirurgicaux dans le cancer du rectum.Ces résultats portaient sur un total de 500 cas.Il distingue une période datant de 1930 à 1946 et comportant 239 cas, une deuxième période, de 1946 à 1954, portant sur 158 cas, et, enfiin, une troisième période, de 1954 à 1957, portant sur 100 cas.Il mentionna que la voie haute pure représentait la tendance actuelle de la chirurgie.Il ajouta que la diffusion du cancer du rectum se faisait vers le haut et que, par conséquent, l\u2019enlèvement par le haut devait être large et que l\u2019enlèvement par le bas devait plutôt être restreint.En présence de métastases uniques, le professeur d\u2019Allaines informa l\u2019auditoire qu\u2019il opérait quand même et que, s\u2019il s\u2019agissait de métastases hépatiques, la résection de ces métastases s\u2019imposait.Dans ses résultats, Monsieur d\u2019Allaines nous informa que la mortalité immédiate n\u2019avait pas beaucoup changé, mais que, par contre, le nombre des patients opérés était plus grand et que la chirurgie devenait de plus en plus audacieuse.Les principales complications rencontrées à la suite de cette chirurgie du rectum sont: a) les troubles vésicaux qui surviennent surtout chez les patients âgés; b) l\u2019impuissance que l\u2019on peut rencontrer dans environ 10% des cas.Dans les résultats éloignés, les variations de pourcentage de guérison n\u2019ont pas beaucoup changé, mais, comme mentionné précédemment, le nombre des patients opérés est plus grand.Les cas de survie dans les opérations abdominales pures sont de 70%; dans les cas d\u2019opérations abdomino-sacrées, la survie est de 43% ; dans l\u2019opération de Babcock, la survie est de 31% et, enfin, dans les ampu- SOCIÉTÉS 1445 tations abdomino-périnéales, la survie est de 45%.Dans le cancer de l\u2019anus, cependant, le pronostic est plus mauvais que dans le cancer du rectum.Ici, les meilleurs résultats sont obtenus à l\u2019aide de la radiothérapie combinée à la chirurgie.La mortalité opératoire est moins grande, mais, cependant, les résultats éloignés sont à peu près les mêmes.La conclusion du professeur d\u2019Allaines, fut qu\u2019il fallait opérer largement les patients vus précocement.Li 3 I.Séance du 15 octobre Tenue à l'Hôpital Général de Verdun.Présidence du Dr L.-Philippe Bélisle.Etude de deux cas de diathèse hémorragique congénitale: hémophilie B (maladie de Christmas: hypoconvertinémie).Dr Jean-Guy LAURIN.« Les docteur Jean-Guy Laurin rappelle brièvement le mécanisme de la coagulation sanguine ainsi que la classification des maladies hémorragiques et les conditions dans lesquelles il existe une augmentation de la fragilité capillaire.Le premier cas qu\u2019il présenta était une enfant de 10 ans, suivie à l'hôpital Général de Verdun depuis 1951.Elle présentait des hémorragies spontanées et elle avait été étiquetée « hémophilie vraie».Mais, de fait, cette patiente présentait un déficit en P.T.C, ou maladie de Christmas.Son temps de coagulation était prolongé à 52 minutes et la con- sommatiecn en prothrombine était augmentée.Le docteur Laurin insiste sur le fait que, devant un syndrome hémophilique, il faut toujours indiquer quel est le facteur en cause, car ceci pourra faire varier la sanction thérapeutique qui en découle.En effet, dans une hémophile vraie, il faudra toujours utiliser du plasma frais, tandis que le plasma vieilli fera tout aussi bien dans la maladie de Christmas.Le deuxième cas présenté était une jeune fille de 12 ans, avec un syndrome d\u2019hémorra- 1446 SOCIÉTÉS gie spontanée.Son temps de prothrombine était à 17% et la thérapeutique par la vitamine K ne modifiait en rien le taux de prothrombine.Si, par contre, on ajoutait du sérum normal aù sérum du patient, on obser- valt une correction de la diathèse hémorragique.Il ne s'agissait donc pas d\u2019une insuffisance en prothrombine ou en accélérine.Donc, on s'était orienté rapidement vers une hypo- convertinémie.La sanction thérapeutique de cette condition était l\u2019utilisation de plasma.Le tolbutamide est-il en voie de supplanter l'insuline?Docteur LACHANCE Le docteur Lachance répondit à cette question par la négative.Il fit mention des différents agents oraux actuellement utilisés pour traiter le diabète et il nota que la moitié de ces agents sont déjà entrés dans l\u2019ombre.Les deux seuls qui demeurent en liste sont le mobénol et l\u2019orinase.Ces agents provoquent une action hypoglycémique cinq à huit heures après et leur action se prolonge pendant vingt- quatre heures.Chez les sujets normaux, l\u2019ori- nase n\u2019abaisse la glycémie que de 30%.L\u2019indication de ces médicaments est surtout pour le diabète sans complication.De plus, il faut toujours maintenir la diète.En conclusion, le rapporteur ajoute que l\u2019orinase est actuellement le concurrent le plus sérieux de l\u2019insuline dans le traitement du diabète et qu\u2019il peut être utilisé avec profit s\u2019il s\u2019agit d\u2019un diabète sans complication seulement.Considérations pratiques recueillies depuis onze ans sur le traitement chirurgical de la glande thyroïde.Dr J.-P.BOUSQUET.Le docteur J.-P.Bousquet rapporte les résultats portant sur 1,743 cas de thyroïdectomie accomplis à l\u2019hôpital de Verdun.113% étaient des hommes et 88.7% étaient des femmes.La mortalité était de sept cas, soit une moyenne de 4%.Le rapporteur fit la revue de 525 cas de cancer de la thyroïde sur 737 cas.Il nota des L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 récidives dans 1.5%, de l\u2019hypothyroïdie dans 10%, et de la tétanie dans .7% \u2014 un trauma au nerf laryngé dans 2%.En conclusion, le docteur Bousquet insiste sur le choix de l\u2019opération qui doit varier, suivant les cas.La thyroïdectomie bien faite est un traitement établi et sa mortalité est inférieure à 1% si elle est associée aux agents antithyroïdiens.Etude expérimentale sur le traitement des pseudarthroses.Dr L.JARRY.Les docteurs L.Jarry et Hans Uhthoff présentèrent ensuite un excellent travail basé sur l\u2019étude expérimentale faite sur le rat et intitulé « le traitement chirurgical des pseudarthroses par la technique des pétales ».Ils firent mention des causes multiples des pseudarthroses et firent la revue des traitements habituels, lesquels consistent: 1° \u2014 En la réduction et contact des fragments; 2° \u2014 en la créaction d\u2019un facteur ostéogénétique, et, 3° \u2014 en la fixation et l\u2019immobilisation des fragments.Ils mentionnèrent les désavantages du traitement d\u2019une pseudarthrose par le transplant.Dans la recherche d\u2019une technique dont la réponse ostéogénétique est la plus grande, les auteurs développèrent la technique des pétales.Cette technique, en effet, élimine les inconvénients de la prise du transplant.Ils emploient le terme « pétales» pour décrire un morceau d\u2019os qui est soulevé de la corticale à l\u2019aide d\u2019un ostéotome.Après avoir accompli plus de huit cents opérations chez le rat, les auteurs étaient en mesure de prouver la valeur ostéogénétique de cette technique.Dans les conclusions de leur travail, les rapporteurs démontrèrent qu\u2019ils pouvaient reproduire à volonté la pseudarthrose par la méthode appelée « interposition combinée ».Ils établirent, de plus, que la densité et la stabilité de l\u2019union est plus marquée du côté des pétales.Tout en insistant sur le fait qu\u2019il L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 est difficile de donner une expression mathématique ou constructive au traumatisme, les auteurs réussirent néanmoins à prouver que cette technique du traitement des pseudarthroses par les pétales est supérieure à la greffe dans ses résultats et que le pouvoir ostéogénétique est plus grand.Etude clinique sur tolbutamide et diabète sucré.Dr.G.CHAURETTE.Le docteur G.Chaurette rapporta l\u2019étude clinique portant sur 26 cas.Les critères pour l\u2019emploi du tolbutamide étaient: 1° \u2014 un poids idéal; 2° \u2014 un diabète contrôlable avec moins de 50 unités d\u2019insuline, et, 3° \u2014 un diabète non infantile.Les doses de tolbuta- mide requises étaient de un à trois comprimés par jour.SOCIÉTÉS 1447 En conclusion, le rapporteur fait mention que les bons résultats obtenus résultaient du fait que les patients avaient été bien choisis.En discussion de ce travail, le DOCTEUR GRATTON fit mention qu\u2019il ne fallait pas être trop libéral dans l\u2019usage du tolbutamide.Il souligna le fait que le mécanisme d\u2019action de ces agents était encore inconnu.A son tour, le DOCTEUR ROBILLARD insista sur le fait qu\u2019il n\u2019était pas prudent d\u2019employer le tolbutamide si plus de 40 unités d\u2019insuline étaient la dose requise pour contrôler le diabète en question.Il mentionna aussi la présence de troubles digestifs assez marqués chez plusieurs patients et même un cas d\u2019ulcère duodénal perforé.Le Secrétaire des séances, Gilles LEDUC.NOUVELLES CONFÉRENCES DU DOCTEUR P.DENIKER « De passage à Montréal, le docteur P.Deniker, de Paris, qui vient de recevoir un prix \u201cAlbert Lasker\u201d, a fait deux conférences, l\u2019une le 18 novembre à l\u2019Allan Memorial Institute, l\u2019autre le 19 à l\u2019Institut Albert Prévost.Dans ces deux occasions, le docteur Deniker a parlé des propriétés de la proclorpérazine (stémétil) et de l\u2019emploi de cette drogue en psychiatrie.Un prix \u201cAlbert Lasker\u201d fut également décerné au docteur Heinz E.Lehman pour ses travaux sur la chlor-promazine (largactil) et son emploi en psychiatrie.\u2014\u2014 L'ASSOCIATION DES FACULTÉS CANADIENNES DE MÉDECINE L\u2019Association des Facultés Canadiennes de Médecine a tenu sa quinzième assemblée annuelle, les 14 et 15 octobre 1957, à l\u2019Université de Montréal, sous la présidence du docteur J.W.Scott, de l\u2019AI- berta.De nombreux travaux ont été présentés ayant trait aux divers aspects de l\u2019enseignement médical.+ + A Tissue de l\u2019assemblée eurent lieu les élections qui donnèrent les résultats suivants: Président: le docteur L.G.Bell, de l\u2019Univ.du Manitoba; Vice-président: le docteur G.H.Ettinger, de l\u2019U.Queen\u2019s; Vice-président: le docteur Wilbrod Bonin, de l\u2019U.de Montréal; Secrétaire-trésorier: le docteur S.F.MacIntosh, de l\u2019U.MeGill ; Conseillers: les docteurs Jean-Baptiste Jobin, de I'U.Laval, et Chester Stewart, de I'U.Dalhousie.+ + LE DOCTEUR JEAN-MARIE ROUSSEL, VICE-PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ MÉDICO-LÉGALE Le docteur Jean-Marie Roussel, professeur titulaire de médecine légale à l\u2019Université de Montréal, a été élu vice-président de la Société Canadienne de Médecine Légale, lors de l\u2019assemblée annuelle qui vient d\u2019avoir lieu à l\u2019hôtel Sheraton-Mont-Royal de Montréal. 1448 CONFÉRENCE À DÉTROIT DU DOCTEUR JEAN-PAUL BOURQUE Le docteur Jean-Paul Bourque, professeur agrégé d\u2019urologie à l\u2019Université de Montréal et chef-con- joint du service d\u2019urologie de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, était le conférencier invité de la section de Détroit de l\u2019American Urological Association lors de sa réunion du 6 novembre 1957.La communication du docteur Bourque porta sur la chirurgie de la douleur vésicale.\u2014 L'ASSOCIATION CANADIENNE DES ANATOMISTES L'Association Canadienne des Anatomistes a tenu à Ottawa son premier Congrès annuel les 10 et 11 octobre 1957.L'assemblée a eu lieu en même temps que les réunions de la Canadian Physiological Society et la Canadian Pharmacological Society.Les docteurs L.Poirier, de l\u2019Université de Montréal, et M.Crevier, de l\u2019Université d'Ottawa, étaient au nombre des rapporteurs scientifiques.Le nouvel exécutif de l\u2019Association se compose des docteurs McLaren Thompson (Manitoba), président; Louis Poirier (Montréal), 1er vice-président ; M.Barr (London), 2e vice-président: J.Auer (Ottawa), secrétaire; C.H.Saunders (Dalhousie), trésorier.Les docteurs Pierre Jobin, de Québec, R.Altachul, de la Saskatchewan, Friedman, de Vancouver, D.C.Matheson, de Kingston, CP.Martin, de McGill, H.E.Rawlinson, d\u2019Alberta, et Alan Skinner, de London, ont été élus membres du Conseil de l\u2019Association.La prochaine assemblée annuelle aura lieu à Kingston.ee ee COLLOQUES DU DÉPARTEMENT DE RF- CHERCHES CLINIQUES DE L'HÔTEL-DIEU Jeudi, le 31 octobre 1957, le docteur Victor A.Drill, directeur des recherches biologiques de G.D.Searle & Co.de Chicago, était le conférencier invité du département de recherches cliniques de l\u2019Hôtel- Dieu de Montréal avec comme sujet: « Brological and clinical activity of newer steroïids, with particular reference to menstrual disorders, atherosclerosis and edema.» Le docteur John C.Beck, professeur agrégé de médecine à l\u2019Université McGill et directeur de 1'Unité métabolique de l\u2019hôpital Royal Victoria, a fait, sous les mêmes auspices, une coñférence intitulée: « Hypophysectomy in Cancer» et ce, à la date du 20 novembre 1957.SOCIÉTÉS L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ CANADIENNE- FRANÇAISE D'ÉLECTRO-RADIOLOGIE MÉDICALES La Société Canadienne-française d\u2019Electro-radio- logie médicales a tenu une réunion le 24 octobre 1957 à l'hôpital Sainte-Justine, alors que le programme se lisait: Docteur Mare DelVeechio: Pathologie osseuse du Jeune enfant; Docteur Gaston Robillard: Pathologie œsopha- gienne de l'enfant; Docteur Marc DelVecchio: Pathologie rénale de l\u2019enfant, et Docteur Gaston Robillard Pathologie colique de l'enfant.La Société s\u2019est réunie de nouveau le 2 novembre 1957, mais cette fois à l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jésus de Québec.Le programme de la séance comportait le discours du président sortant de charge, le docteur Albert Jutras, les rapports du trésorier, du secrétaire et de l\u2019archiviste, la mise en nomination et l\u2019élection des officiers pour 1957-59, des travaux scientifiques intitulés: Considérations sur les anomalies de la circulation pulmonaire décelables sur clichés simples, par le docteur André Lapointe ; Scintigraphie avec démonstration pratique, par les docteurs Henri Lapointe, Jean-Pierre Bernier; Difficultés diagnostiques, par les docteurs P-F.Côté, Guy Jacques et Maurice Drolet.Le docteur Mathieu Samson a été élu président de la Société.CONFÉRENCE DU DOCTEUR ROGER GOYETTE À L'ASSEMBLÉE ANNUELLE DES INFIRMIÈRES À l\u2019occasion de l\u2019assemblée annuelle de l\u2019Association des Infirmières de la Province de Québec, une séance a été consacrée à l\u2019étude des « nouveaux aspects de la santé au Canada ».Cette séance eut lieu le 7 novembre 1957, à l\u2019Auditorium de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, et le docteur Roger Goyette, d\u2019Ottawa, a été un des conférenciers invités.SOCIÉTÉ CANADIENNE DE PSYCHANALYSE Le XXe Congrès International de Psychanalyse.réuni à Paris, reconnut, le 1er août 1957, à la Société Canadienne de Psychanalyse, le statut officiel de L\u2019Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 Société constitutive de l\u2019Association Psychanalytique Internationale, avec responsabilité et compétence exclusives pour la formation de psychanalystes au Canada.Assemblée générale annuelle (Montréal, 5 octobre 1957) Le Conseil exécutif élu pour 1958 se compose de: docteur J.-B.Boulanger, président; docteur J.Au- freiter, vice-président; docteur M.C.M.Scott, secrétaire; M.A.Lussier, trésorier; docteur M.Prados et docteur A.W.MacLeod, conseillers.Réunion scientifique (Montréal, 17 octobre 1957) Le docteur J.Aufreiter présenta une communication intitulée: « Observations sur la Conscience ».BOURSIERS DE LA FONDATION MARKLE Deux médecins de Montréal ont reçu des bourses de la Fondation Markle pour leur permettre d\u2019enseigner et de se livrer à des recherches pendant une période de cinq ans.Il s\u2019agit des docteurs Aurèle Beaulne, de l\u2019Université de Montréal, et Robert O.Morgan, de l\u2019Université McGill.Chaque Université recevra au nom de ses boursiers $30,000, par versements annuels de $6,000.ee ++ CONFÉRENCE, À L'HÔTEL-DIEU, DU DOCTEUR HUGH STARKEY Le directeur du département de recherches cliniques de l\u2019Hôtel-Dieu, le docteur Jacques Genest, présenta comme conférencier invité au colloque du 13 novembre 1957 le docteur Hugh Starkey, bactériologiste et consultant en recherches de l\u2019hôpital des Vétérans de la Reine-Marie de Montréal.Le docteur Starkey avait choisi comme thème de sa causerie: «Problems of antibiotic therapy in hospitals.» BOURSIERS DE LA SOCIETE CANADIENNE DU CANCER On nous fait savoir que la Société Canadienne du Cancer a décerné deux nouvelles bourses d\u2019études et que les heureux récipiendaires sont les docteurs Pierre Chalut, de l\u2019Université de Montréal, et Bernard Skinner, de l\u2019Université McGill.LA SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE DE MONTRÉAL The Montreal Neurological Society a tenu une séance mercredi, le 23 octobre 1957 à lhôpital N.- Dame, dont voici le programme: NOUVELLES 1449 1.Deux cas de compression médullaire, par les docteurs Roma Amyot et Claude Gauthier.2.Ou il s'agissait d\u2019une tumeur d\u2019Elsberg, par le docteur Claude Bertrand.3.Un cas de paragangliome.4.Un cas de méningocèle cervical chez un adulte, par le docteur Gilbert Rinfret.6-6 + BOURSES CLAUDE - BERNARD En vue de promouvoir la recherche médicale au Canada, l\u2019Institut de Médecine et de Chirurgie expérimentale de l\u2019Université de Montréal décernera trois bourses d\u2019études à de jeunes Canadiens de talent qui envisagent une carrière scientifique.Le montant de chacune de ces bourses est fixé à $4,000 pour la première année et pourra être augmenté suivant les résultats des travaux et la valeur des candidats.ee ee PROGRAMME DES COURS DE MÉDECINE INTERNE À NOTRE-DAME Des cours de perfectionnement en médecine interne seront donnés à l\u2019hôpital Notre-Dame tous les lundis, jusqu\u2019au 12 mai 1958.Cette série comprend 7 cours sur l\u2019hématologie, 10 cours sur l\u2019électrocardiographie et 9 cours sur les maladies du métabolisme de l\u2019eau et des électrolytes.Les cours d\u2019hématologie seront donnés par le docteur Blandine Gosselin, qui traitera le 11 novembre, des isotopes dans la détermination du volume sanguin; le 18 nov., de la coagulation et des hémophilies; le 25 nov., du mécanisme de la formation et de la destruction du sang; le 2 déc, de la classification et du traitement des lymphomes; le 16 déc.des leucoses, et le 23 déc, de la chémothérapie.Les cours d\u2019électrocardiographie seront donnés par les docteurs Johnson, Rouleau et Gratton.Le cours du 6 janv.portera sur les appareils, les dérivations, de même que les bases physiologiques et physiques de l\u2019électrocardiographie; celui du 13 janv.et celui du 20 janv., sur l\u2019électrocardiogramme normal: celui du 3 février, sur les troubles du rythme: celui du 10 fév, sur les troubles de la conduction; celui du 17 février, sur les hypertrophies, celui du 26 fév.sur l\u2019infarctus du myocarde; celui du 3 mars, sur l\u2019insuffisance coronarienne et les troubles électrolytiques; enfin, celui du 10 mars, sur les mérites et les misères de l\u2019électrocardiographe.Les cours sur les maladies du métabolisme de l\u2019eau et des électrolytes, seront donnés par le docteur G.Weber, qui traitera, le 17 mars, de la biochimie et 1450 de la physiologie du métabolisme de l\u2019eau ; le 24 mars, de la pathologie de ce métabolisme ; le 31 mars, de la biochimie et de la physiologie du métabolisme du calcium et du phosphate ; le 7 avril, de la pathologie de ce métabolisme ; le 14 avril, de la biochimie, de la physiologie et de la pathologie du métabolisme du magnésium, du fer et du soufre ; le 21 avril, de la biochimie et de la physiologie du métabolisme de l\u2019iodine; le 28 avril, de la pathologie clinique du métabolisme de l\u2019iodine; le 5 mai, de la biochimie et de la physiologie du métabolisme du sodium, du phosphate et du chlore; enfin, le 12 mai, NOUVELLES L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 de la pathologie clinique du métabolisme du sodium, du potassium et du chlore.BOURSES LEDERLE Onze bourses Lederle de recherches ont été accordées à des Universités de la Nouvelle-Ecosse, du Québec, d\u2019Ontario et de la Saskatchewan.Parmi les récipiendaires, on note les noms de Mare Colonnier, d'Ottawa, pour l\u2019anatomie, de Christian Lamoureux, de Montréal, pour la biochimie, et d\u2019Yves Langlois, de Montréal, pour la physiologie.NECROLOGIE LE DOCTEUR HUBERT-D.BRASSARD A Roberval, le docteur Hubert-D.Brassard est décédé le 27 octobre 1957, à l\u2019âge de 78 ans.Né à Jonquière, le docteur Brassard avait fait ses études secondaires au Séminaire de Chicoutimi et il avait obtenu son diplôme en médecine de l\u2019Université Laval de Québec en 1905.Le docteur Brassard était le fondateur de l'hôpital Saint-Michel de Roberval dont il présida le bureau médical pendant nombre d\u2019années ; il fut également gouverneur du Collège des Médecins et Chirurgiens de la Province de Québec.Le docteur Brassard laisse trois fils médecins: les docteurs Paul, Raymond et Gaston Brassard, également de Roberval, à qui nous adressons nos plus sincères condoléances.aa LE DOCTEUR AIME FORTIN On nous annonce le décès du docteur S.-E.- Aimé Fortin, de Cabano, comté de Témis- couata.Le docteur Fortin obtint son doctorat en médecine de l\u2019Université Laval de Québec en 1919.LE DOCTEUR JOSEPH-ÉMILE LeBLANC Le 27 septembre 1957 est décédé à Boston à l\u2019âge de 67 ans le docteur J oseph-Emile Le- Blanc, de West Pubnico, N.-E.Après ses études secondaires au Collège Sainte-Anne de Church Point, le docteur LeBlanc obtint son doctorat en médecine en 1915 de l\u2019Université Dalhousie.Le docteur LeBlanc était un patriote militant et un protagoniste de la culture et de l\u2019histoire de l\u2019Acadie.Il fut pendant 30 ans vice-président de la Société l\u2019Assomption et il a été président de la division maritime de la Canadian Public Health Association.A son fils, le docteur Paul-E.LeBlanc, de Lyster, P.Q., nous offrons nos profondes sympathies.ee © LE DOCTEUR ALBERT GALLIOT Le docteur J.-Albert Galliot est décédé le 24 septembre 1957 à Notre-Dame de Lourdes, Manitoba, où il exerça la médecine de 1920 à sa retraite en 1947.Le docteur Galliot, né à Reims, étudia la médecine à l\u2019Université de Paris, où il obtint son doctorat en 1898. L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 ANGLO-FRENCH DRUG CIE ANNIHILEZ l'infection staphylococcique avec STANNOXYL, préparation contenant de l'étain et de l'oxyde d'étain chimiquement purs.POSOLOGIE: Adultes: 4 à 8 comprimés par jour.Enfants: 2 à 4 comprimés par jour.sTANNOx Em puissant TENIFUGE à raison de 18 à 30 comprimés par jour, 3 jours consécutifs.LTÉE, MONTRÉAL 18 LV 1452 LE DOCTEUR J.-A.BERTRAND La nouvelle du décès du docteur J.-A.Bertrand, de Macamic, Abitibi, vient de nous parvenir.Le docteur Bertrand était diplômé de l\u2019Université Laval de Québec, promotion 1919.NÉCROLOGIE L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 LE DOCTEUR NESTOR PERREAULT Le docteur Nestor Perreault, du Cap-de- la-Madeleine, diplômé en 1912 de l\u2019Univereité Laval de Québec, est décédé récemment.REVUE DES LIVRES Maladies - Vedettes \u2014 Maladies d'avenir, maladies quotidiennes, maladies d'exception.\u2014 Par Fred SIGUIER.Un vol.de 476 pages, avec 36 fig.(3.500 fr.).\u2014 Masson et Cie, édit., Paris, 1957.Depuis quelques années, le domaine de la médecine interne s\u2019est enrichi de la description de toute une série de maladies naguère encore considérées comme des curiosités.S'il est possible aujourd\u2019hui de les reconnaître et d\u2019opposer à leur pronostic souvent redoutable les remarquables ressources de la thérapeutique moderne, leur diagnostic reste néanmoins encore difficile: leur description demeure en effet disséminée dans des publications éparses et les praticiens ne sont pas familiarisés avec ce nouveau visage de la médecine.L\u2019ouvrage du docteur Siguier s\u2019appuie sur l\u2019expérience clinique et quotidienne d\u2019un service hospitalier brassant les exemples les plus variés de la pathologie générale.Il expose dans le style des présentations au lit du malade, et avec cette liberté et, parfois, cet humour qui ont valu à l\u2019auteur son succès de chroniqueur, l\u2019essentiel de ces chapitres ignorés ou mal connus de la pathologie.Un certain fil réunit quelques-unes de ces maladies d\u2019apparence disparates.I auteur s\u2019efforce de cerner ces dénominateurs communs, en particulier pour le groupe des colla- génoses.L\u2019ensemble forme une mise au point pratique en même temps qu\u2019un essai de synthèse sur l\u2019ensemble des « maladies-vedettes » suivantes: Les collagénoses (218 pages) : Le lupus érythémateux aigu disséminé ou lupo- viscérite maligne (53 p.).Les dermatomyosites (40 p.).La sclérodermie, maladie générale (25 p.).La périartérite noueuse ou maladie de Kussmaul (46 p.).Etude critique et essai de synthèse des collagénoses (54 p.).L\u2019artérite dite temporale ou maladie de Horton (35 p.).La pan-angéite diffuse nécrosante (22 p.).La maladie dite périodique (57 p.).Le syndrome de Læffler (29 p.).Le syndrome de Gougerot-Sjägren (32 p.).La maladie des thromboses veineuses récidivantes ou septicémie veineuse subaiguë de Vaquez (32 p.).Les hémorragies des hépatiques (34 p.).Les bronches distales dans la tuberculose pulmonaire.\u2014 Par P.SIMONIN, J.P.GRIL- LAT et A.SIMON.Un vol.de 110 pages, 38 radiographies (1000 fr), \u2014 Librairie Maloine, édit, Paris, 1957.L\u2019individualité anatomique et radiologique de la bronche distale se trouve confirmée par ses réactions propres au cours de la tuberculose pulmonaire.Son atteinte retient au- jourd\u2019hui l\u2019attention du phtisiologue; le développement de la chirurgie d\u2019exérèse et les méthodes de bronchographie permettant en effet une documentation accessible et des confrontations multiples.L\u2019atteinte des bronches distales est fré- L'Union Méd.Canada LVI Tome 86 \u2014 Déc.1957 HORMONOTHÉRAPIE TOTALE AMPOULES BUVABLES SIROP AROMATISÉ COMPOSITION Extraits totaux de sang: Extrait de foie de veau titré en vitamine Bis native; de taureau , titrés en fer Extrait spécial de levure de biére; de génisse | hémoglobinique: Extrait spécial de cuticules de céréales.de veau 'VITAMINE Bi2*% FER - HEMOGLOBINIQUE INDICATIONS THERAPEUTIQUES Déficience organique, Anémies, Asthénies des convalescents, des vieillards, des dyspeptiques, des néoplasiques, des déficients endocriniens et contre les insuffisances ovariennes, les retards de croissance et tous états de sidéropénie.POSOLOGIE: Ampoules buvables Sirop Adultes: 2 à 3 cuillerées à soupe par jour.Adultes: 2 ampoules par jour.Enfants: de 10 à 15 ans, 1 à 3 cuillerées à dessert; de 5 3 10 ans, 1 à 3 cuillerées à café; jusqu\u2019à 5 ans, 2 demi-cuillerées à café par jour.Enfants: 1 ampoule par jour.Sous l\u2019une ou l\u2019autre forme, HORMODAUSSE doit étre pris un quart d\u2019heure avant les repas après dilution dans V4 de verre d\u2019eau.Le médicament est bien supporté par le tube digestif et ne présente pas de contre-indication.PRÉPARÉ PAR LES LABORATOIRES DAUSSE, PARIS, FRANCE Représentants exclusifs au Canada 1454 quente pour ne pas dire constante puisqu\u2019on la retrouve dans près de 90% de tous les cas de tuberculose pulmonaire.Elle est précoce, puisque dès le début clinique de la lésion pulmonaire, avant même que l\u2019infiltrat ne s\u2019excave, on retrouve déjà les images d\u2019arrêt de la substance de contraste sur des bronches figées et décalibrées.L'aspect le plus fréquemment rencontré, sans doute le plus caractéristique, est celui de dilatation des bronches moniliformes donnant des images en « Crosne du Japon ».Il existe d\u2019autres types de déformation qui se rapprochent tous plus ou moins de cette dilatation moniliforme.Il existe une dépendance étroite entre les lésions bronchiques découvertes sur la bron- chographie et les lésions parenchymateuses mises en évidence sur la radiographie standard.Dépendance topographique dans la ma- Jorité des cas, c\u2019est également une dépendance pour la diffusion du processus bacillaire, qu\u2019il soit à point de départ parenchymateux ou plus exceptionnellement à point de départ bronchique.Lors de l\u2019évolution de la tuberculose pulmonaire, les bronches distales participent largement au processus d\u2019extension caséeuse ou de rétraction fibreuse.L\u2019exemple des lobites supérieures gauche et droite est particulièrement démonstratif.Il montre par ailleurs l\u2019importance du drainage des gros trones bronchiques et le rôle joué par le siphon de la bronche souche gauche ou du tronc intermédiaire droit.Les lésions bronchiques sont irréversibles.Lorsque l\u2019infection tuberculeuse est stoppée.Lorsque la lésion parenchymateuse a radio- logiquement disparu, l\u2019image de dilatation des bronches reste pour constituer sur le broncho- gramme le vestige et le témoin du processus éteint.Devant l'importance de ces constatations, devant l\u2019inocuité actuelle de la bronchogra- phie, il n\u2019est plus possible au phtisiologue de se passer des renseignements fournis par ce mode d\u2019investigation: Utile dans un bilan médical, il devient indispensable avant tout acte chirurgical.La connaissance de cette pathologie doit maintenant éviter de faire du REVUE DES LIVRES L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 tuberculeux guéri un bronchiteux chronique compromis dans son avenir fonctionnel.Lithiase de la voie biliaire principale.Par Pablo-L.MIRIZZI.Un vol.de 162 pages, avec 79 fig.(2.200 fr.).\u2014 Masson et Cie, édit., Paris, 1957.On connaît la réputation que s\u2019est acquise l\u2019auteur dans le domaine de la chirurgie biliaire.Il présente ici une monographie d\u2019ensemble sur la lithiase de la voie biliaire principale, où entre une grande part de son expérience personnelle et des travaux poursuivis à la clinique chirurgicale qu\u2019il dirige à la Faculté de Médecine de Cordoba.Cette étude s'attache principalement à montrer l\u2019intérêt de la cholangiographie opératoire.L'expérience de l\u2019emploi systématique de la cholangiographie opératoire, sans méconnaître la valeur ni négliger l\u2019utilisation des méthodes d\u2019information classiques, a prouvé à l\u2019auteur la supériorité d\u2019information de cette ressource objective, employée comme critérium physiologique.Dans les cas d\u2019interprétation difficile, elle donne des renseignements précis, et dans les cas graves elle permet de simplifier les manœuvres.Le mérite d\u2019une méthode d\u2019exploration est apprécié non seulement pour la précision des renseignements qu\u2019elle apporte comme aide au diagnostic, mais aussi en raison de la sûreté de l\u2019indication qu\u2019ele peut fournir dans le choix du procédé opératoire.Tous s'accordent à reconnaître que la chirurgie de la lithiase biliaire a eu une période critique qui cessa lorsque l\u2019on comprit que la maladie lithiasique était surtout une affection de la voie principale de l\u2019excrétion biliaire.Il persiste cependant encore un manque d'accord sur le procédé le meilleur de litho- tomie, et surtout sur celui du drainage après l'opération d\u2019une maladie dont le polymorphisme anatomo-pathologique est évident, et dans laquelle la localisation du ou des calculs est si variée.Aussi la connaissance diagnostique des divers états anatomiques et de leurs conséquences chirurgicales, longtemps négligée, apparaît-elle actuellement comme essen- L'Union Méd.Canada Tome 86 \u2014 Déc.1957 LVII SENS RENAE RENIN 77 ANDROGENHENONZVIRILISAN'E y 4 a ! gE i ts \u2014 À - i om A\\ TR fins, este | fe, A) Cy ; ; Co \u2018 A wes wan Whose Lob Sr Lan 0e ts N Ni hirsutisme, ni altération de la voix, ou autres signes de virilisation ne furent constatés aux doses indiquées.Même à très forte dose les manifestations de virilisation marquée sont exceptionnelles, ou, en tout cas, beaucoup moins accentuées qu\u2019avec la testostérone.AGE Etant anti-oestrogène et freinateur hypophysaire, l\u2019Androsta- lone est indiqué dans les dysménorrhées, la tension prémenstruelle et la congestion mammaire, les méno-métrorrhagies, les fibromes, l\u2019endométriose, la préménopause et la ménopause.POUR AUGMENTER LE POIDS CORPOREL L\u2019Androstalone est un stimulant efficace de l\u2019anabolisme protidique ADMINISTRATION SUBLARIALE PRESENTATIONS _ ee S Glossettes de 25 mg.Ç sien Pipimtaron pese prénigent riens aise] Flacons de 12, 100 (2) Cobain tdation | anatin nh Pointy Lomatsnvo et 5 0 0 CHEZ LA FEMME N « peur $0 my \u201cor MEAGRE FONTE nes == Boites de 3 comprimes AMENORONE Chisteron 0 me VOIE SUBLABIALE cUnins Poe
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