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L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2021, Collections de BAnQ.

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[" ADIEU 2020 Volume XXVIII, n?01 Montréal, janvier 2021 D enis ressent parfois un besoin de changement.Il a jonglé récemment avec l\u2019idée de déménager, mais il devrait alors quitter son beau logement de trois pièces et demie, avec trois fenêtres, qu\u2019il occupe depuis quelques années.Ce qui le dérange : « Je me croirais à Longueuil.Tout est loin, sauf le dépanneur.» Il pourrait retourner dans le quartier qu\u2019il habitait auparavant, « proche de tout », mais il devrait alors se contenter d\u2019un petit studio.Or, un changement qui arrivera bientôt le réjouit.Un ami lui a promis un petit chat ou, de préférence pour Denis, « une petite chatte blanche aux yeux bleus » qui viendra lui tenir compagnie.Denis est un homme discret et il fuit l\u2019agitation.« Je suis fier de porter les couleurs de L\u2019Itinéraire, mais je ne veux pas être une vedette.J\u2019ai ma photo dans le magazine, mais j\u2019aime bien être incognito et je ne veux pas d\u2019histoires avec personne.Dans le fond, je suis un solitaire.» Jeune adulte, Denis était fan de musique rock et heavy metal.Il a eu la chance d\u2019assister à de nombreux spectacles de ses groupes préférés qu\u2019il cite de mémoire : Slayer au Palladium en 1986, Alice Cooper à l\u2019auditorium de Verdun en 1987, AC/DC au Forum et encore Slayer à Verdun en 1988, Metallica au Forum en 1989, Iron Maiden en 1990 et 1991 et Kiss quatre fois entre 1996 et 2009.« En 1995, je suis allé au show Harley-Davidson à l\u2019auditorium de Verdun.Je me souviens surtout des belles filles qu\u2019on voyait là.» Denis a ensuite connu sa période ABBA et maintenant, il aime bien écouter à la radio les succès des années 70.Denis prend soin de sa santé, mais il craint les maladies.« J\u2019ai peur du cancer, de la bactérie mangeuse de chair, peur de me faire amputer une jambe ou de devenir aveugle à cause du diabète.Je veux rester camelot pour toujours et j\u2019ai peur de perdre la vue parce que je ne pourrais plus travailler.Dieu m\u2019a prêté la vie et la vue et je veux vivre autonome jusqu\u2019à 80 ans au moins.Même si je trouve la vie chiante des fois, je reste positif parce que je l\u2019aime quand même, la vie.» Camelot n° 1381  \u2022 Âge 52 ans Point de vente Christophe-Colomb / Jean-Talon L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Par Christine Barbeau ?Bénévole à la rédaction CARLA BRAGA Denis Bourgeois Nez Bouche Portons-le bien Pendant toute la durée de notre déplacement.18 façons inutiles de porter le couvre-visage LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef ALEXANDRA GUELLIL Journaliste responsable société LAURENT SOUMIS Journaliste-accompagnateur KARINE BÉNÉZET Journaliste responsable de la formation des participants CARLA BRAGA Création visuelle ALEXANDRE DUGUAY Gestionnaire de communauté IANIK MARCIL Collaborateur CHRISTINE BARBEAU, ANITA BARSETI, MARIE BRION, DANIELA ARANIBAR Bénévoles à la rédaction Illustration de la une SÉBASTIEN THIBAULT ADMINISTRATION ESTELA SOLORZANO Responsable de la comptabilité MARCELA CHAVES Adjointe comptable \u2013 Commis au dépot NANCY TRÉPANIER Adjointe administrative PASCALE PLANET Développement philanthropique \u2013 Médias sociaux DÉVELOPPEMENT SOCIAL CHARLES-ÉRIC LAVERY Chef du développement et de l\u2019impact social ISABELLE LACHARITÉ, THOMAS WAYLAND Intervenants psychosociaux MARILOU MAISONNEUVE Chargée de projet \u2013 Programmes autochtones et Café de la Maison ronde PIERRE TOUGAS Responsable du Café VANESSA TREMBLAY Chargée de projet \u2013 Distribution MATISSE LO GIUDICE Préposé à l\u2019entretien ménager CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Présidente JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Trésorier NICK KAMINARIS - Nuvei Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Administrateurs MIVILLE TREMBLAY EMNA BRAHAM SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit JEAN-CLAUDE NAULT - Camelot de L\u2019Itinéraire JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire DANIEL PRINCE - Représentant des camelots RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Interaction du quartier Community Council Peter-McGill Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difÏculté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 IMPRIMEUR SOLISCO 120, 10E RUE SCOTT (QUÉBEC) ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! L\u2019Itinéraire souhaite remercier pour leur contribution, tout à fait bénévole, à cette édition : Sébastien Thibault, illustrateur de talent pour l\u2019image forte que l\u2019on retrouve en couverture de ce premier numéro de l\u2019année 2021.Ont également gracieusement fourni des photos pour illustrer notre revue de l\u2019année, les photographes professionnels : David Himbert, Jacques Nadeau et Philippe-Olivier Contant.Nous soulignons également l\u2019apport de l\u2019agence Reuters qui, grâce à une entente avec l\u2019INSP, le réseau international des journaux de rue dont L\u2019Itinéraire est membre, nous donne accès, gratuitement, à plusieurs photos d\u2019actualités de partout au monde.Nous saluons leur générosité et en sommes reconnaissants.- La rédaction La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric Lavery, chef du développement et de l\u2019impact social à : c.e.lavery@itineraire.ca 514 597-0238 poste 222 C\u2019est une tradition : chaque première édition de l\u2019année, on remplace l\u2019éditorial qui occupe habituellement cette page par des souhaits de la part de toute l\u2019équipe à votre intention, chères lectrices et lecteurs.Mais cette année, nous changeons un peu la formule.On a procédé à une pige de mots qui entreront dans les souhaits que chacun et chacune d\u2019entre nous vous offrons.Bonne année 2021 ! Janvier 2021 Volume XXVIII, no 01 Ne sois pas derrière moi, je ne te vois pas.Ne sois pas devant, tu ne me voies pas.En toute amitié je te préfère à mes côtés.Luc Desjardins, directeur général et éditeur Merci de votre fidélité, de votre appui et de croire en L\u2019Itinéraire.Une chance qu\u2019on s\u2019a ! Josée Panet-Raymond, éditrice adjointe et rédactrice en chef Difficile d'être patient par les temps qui courent.On a hâte que tout cela se termine.On est plus près de la fin que du début, alors soyons patients encore un peu.Charles-Éric Lavery, directeur du développement et de l\u2019impact social Je vous souhaite d\u2019ouvrir votre cœur à l'espoir.Donnez de l'espoir aux moins favorisés.Estela Solorzano, chef de la comptabilité Une famille ne se mesure pas au nombre de membres, mais à l'union qui existe entre eux et à la maturité d\u2019affronter les difficultés.Je vous souhaite une année 2021 pleine d\u2019amour avec les vôtres.Marcela Chaves, commis aux dépôts Je vous souhaite amour et santé.Aimez, prenez soin de vous et partagez avec ceux qui en manquent.Nancy Trépanier, adjointe administrative On peut y percevoir une certaine noblesse, une forme de prouesse, mais c'est surtout pour sa force face à l'adversité que je nous souhaite collectivement courage pour 2021.Alexandre Duguay, gestionnaire de communauté et de contenu numérique Je souhaite à tous que nous retrouvons la chaleur humaine de nos proches (même à distance) dans cette période si froide.Pascale Planet, chargée de projets, Développement philanthropique- médias sociaux En riposte à 2020 et son vent de solitude, engageons 2021 sous le signe de l'entraide, clef de voûte de notre résilience.Karine Bénézet, journaliste responsable de la formation Je vous souhaite des passions, des silences ainsi que de la poésie, car la valeur des choses ne sont pas dans le temps qu'elles durent, mais dans l'intensité avec laquelle elles se produisent.Carla Braga, création visuelle Pour cette année 2021, je vous souhaite la confiance d\u2019accomplir tous vos projets et de vivre vos idéaux.Que les circonstances parfois difficiles de la vie ne vous empêchent pas d\u2019être vous- mêmes et de vous dépasser.Marilou Maisonneuve, chargée de projet- Programme autochtones Durant l\u2019an nouveau, prenez le plus grand soin de votre santé car elle dépasse même la beauté.Pierre Tougas, responsable du Café de L\u2019Itinéraire Merci d\u2019aider nos camelots, pour qui ont déplacerait des montagnes, afin que le soleil puisse les réchauffer de sa belle chaleur ! Isabelle Lacharité, intervenante psychosociale L\u2019espace d\u2019un moment, partager un peu de joie peut créer un horizon d\u2019espoir.Je nous souhaite, en 2021; joie, rires et sérénité.Vanessa Tremblay, chargée de projet \u2013 Distribution Votre solidarité aide à changer des vies.De leur part et de la nôtre, merci ! Laurent Soumis, journaliste accompagnateur Roun lanmen lavé ròt dit-on en Guyane sur l'entraide.Je souhaite des actions remplies de bienveillance envers les autres, envers nos camelots et envers vous-même.Alexandra Guellil, journaliste Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Remerciements Merci pour tout ! Milton Fernandes ADIEU 2020 8  Rond-point international 12  En toute liberté L\u2019année où les villes sont mortes Mathieu Thériault 27  Comptes à rendre Faire des divisions Ianik Marcil 28  Entrevue Jacques Nadeau : Regards sur une pandémie Mario Alberto Reys Zamora 32  Dans la tête des camelots Si vous n\u2019aviez qu\u2019une lettre à écrire.34  Ghislain Taschereau Soif de liberté Karine Bénézet 38  Lectures Au commencement, Victoire Roger Perreault 40  Chronique La femme derrière Entre chien et loup Pierrette 42  Bande dessinée Siou 43  Humour Marie-Ève Saucier 44  Détente Janvier 2021 Volume XXVIII, no 01 Mots de camelots 28 34 3 3 Zoom sur Denis Bourgeois 9 Daniel Prince 9 France Lapointe 9 Agathe Melançon 10 Manon Fortier 10 Nicole Giard 11 Daniel Grady 11 Céline Marchand 11 Maxine Timperley 23 camelots ont participé à cette édition 14 Alexandra Guellil À la une Cette année aura été particulière dans tous les sens du terme.Si la pandémie et les débats politiques ont monopolisé l\u2019actualité, d\u2019autres faits tout aussi importants sont passés sous le radar.L\u2019Itinéraire propose sa lecture de 2020. Traduction Alexandra Guellil ÉTATS-UNIS Laissés pour compte La nation Navajo, qui occupe le plus grand territoire autochtone américain dans le nord-est de l\u2019Arizona, le sud de l\u2019Utah et le nord-ouest du Nouveau-Mexique, a été durement frappée par la COVID-19.Dans la réserve, la vie quotidienne était déjà assez difficile avant l\u2019arrivée du virus.Au début de la pandémie, c\u2019est bien là-bas que l\u2019on trouvait le plus fort taux de personnes atteintes, poussant des organisations comme Médecins sans frontières à intervenir pour contrôler la propagation.Les directives pour demeurer en sécurité étaient simples : se laver les mains, porter un masque et garder ses distances avec les autres.Mais lorsque l\u2019eau est une denrée rare, il est difficile de suivre ces règles, car on ne peut pas se laver les mains régulièrement avec un accès réduit à l\u2019eau.De plus, en Arizona, le masque n\u2019est pas obligatoire, et en dehors de la réserve, son utilisation n\u2019est pas généralisée.Au 14 octobre, il y avait 10 780 cas confirmés dans la réserve soit près d\u2019un cas pour 30 personnes.Sans aide, la nation Navajo ne pourra pas combattre le coronavirus.Même si les difficultés actuelles sont le résultat d\u2019une accumulation de problèmes, quelques personnes ont entrepris des actions positives comme livrer des fournitures, lancer des campagnes de sociofinancement et de sensibilisation aux besoins de la communauté.Sur la réserve, chacun fait ce qu\u2019il peut pour s\u2019en sortir et rester optimiste, malgré tout.(Denver Voice / INSP) G I L E S C L A S E N Bonne et heureuse année Claudine J\u2019aimerais t\u2019offrir ma chère Claudine tous mes vœux de bonheur, de santé, de tendresse et d\u2019amour pour l\u2019année 2021 qui commencera d\u2019une bien étrange façon.En espérant que tout se rétablisse bientôt.Qu\u2019on n\u2019ait plus peur de s\u2019approcher les uns des autres, qu\u2019on retrouve la joie et la paix et qu\u2019on fasse de belles rencontres.Souhaitons-nous que ce virus qui rend les gens si individualistes et anxieux finira par disparaître et que nous retrouverons le goût de se réunir comme avant.Oui, Claudine est une cliente que j\u2019aime beaucoup.Elle est toujours souriante.Sa joie de vivre est contagieuse.Quand je la vois je me sens toujours heureuse.Elle me considère comme une amie, elle m\u2019apporte souvent des repas et me donne des cadeaux.Elle s\u2019inquiète pour moi.Quelquesfois il arrive qu\u2019elle me demande des conseils sur toutes sortes de sujets.On jase beaucoup ensemble.J\u2019espère qu\u2019elle vit cette pandémie sans trop de misère et que la solitude ne lui pèse pas trop.Car Claudine vit seule.Elle est retraitée et elle avait l\u2019habitude de faire beaucoup de bénévolat et on sait qu\u2019il y a beaucoup d\u2019activités qui sont annulées à cause de ce méchant virus.FRANCE LAPOINTE CAMELOT MONT-ROYAL / MENTANA Une femme de cœur ! J\u2019adresse mes vœux du Nouvel An à Patricia Viannay.C\u2019est une cliente occasionnelle qui m\u2019achète le magazine quand j\u2019ai un texte qui est publié dans la revue.C\u2019est une personne dévouée, à l\u2019écoute et très sensible.Je l\u2019ai connue quand mon fils était dans la même classe que sa fille et à travers mon bénévolat au POPIR, le comité de logement du Sud-Ouest de Montréal, dont je suis membre du conseil d\u2019administration depuis 2013.Je me souviens lorsque nos enfants étaient petits.Toutes les deux, nous avons accompagné la classe dans une sortie pour aller à la bibliothèque du quartier.Je la félicite pour son travail au POPIR qui consiste à participer à la table de concertation, à rencontrer des gens avec des problèmes de logement, à faire du travail de sensibilisation pour la cause, à animer les réunions du CA, etc.Je la remercie de m\u2019avoir appuyée quand j\u2019ai lancé la pétition pour les bacs de compost dans les huit logements et plus.Je lui souhaite une bonne et heureuse année 2021, une bonne santé, et la chance de réaliser ses rêves et ses projets personnels.Au niveau professionnel, je lui souhaite que le nombre de logements sociaux se multiplie, que les évictions diminuent et que la vie soit meilleure pour les locataires.AGATHE MELANÇON CAMELOT MÉTRO LIONEL-GROULX DANIEL PRINCE CAMELOT FABRE / MONT-ROYAL ET MASSON / 3E AVENUE Mes vœux pour Madame Cécile Je me suis posé la question : à qui pourrais-je souhaiter la bonne année, sans pour autant blesser ou oublier une personne spéciale ?Car pour moi, tous mes clients sont spéciaux.Ils m\u2019ont aidé à me relever, à reprendre confiance en moi, et en m\u2019encourageant à passer à travers les épreuves des derniers mois.Mon choix s\u2019est arrêté sur une cliente qui va fêter ses 102 ans ce mois-ci.Ça fait près de 15 ans que je lui vends le magazine.Elle est toujours souriante, très contente de me voir à mon point de vente.À chaque fois, elle s\u2019arrête pour me jaser pendant quelques minutes.Elle me demande toujours si les gens sont généreux et elle me souhaite de vendre toutes mes revues pour me remplir les poches.Elle prend aussi des nouvelles de ma mère.Parfois, elle me demande de partager un café avec elle.Elle me parle de son époque, de tous les gens qu\u2019elle a rencontrés dans la rue.Alors, ma chère Madame Cécile, je vous souhaite une bonne et belle année, remplie de santé et de joie pour 2021.Que cette année soit plus facile pour vous, pour que vous puissiez prendre vos marches et vaquer à vos activités.Je souhaite pouvoir aller vous livrer le magazine à la maison pendant encore de nombreuses années.9 itineraire.ca Janvier 2021 ROYAUME-UNI Un vaccin pour tous ?Alors que les vaccins potentiels contre le coronavirus continuaient d\u2019être testés, on se questionnait sur l\u2019opération logistique requise pour les administrer aux plus vulnérables.Les experts ont prévenu que les personnes touchées par l\u2019itinérance pourraient être exclues des personnes prioritaires.Le vaccin Pfizer / BioNTech, efficace à 95 % dans les essais, doit être stocké à -70º C, ce qui pourrait rendre difficile son accessibilité aux deux tiers de la population mondiale « en raison des problèmes de stockage et des lots importants ».Selon le Dr Nigel Hewett, directeur médical de l\u2019association caritative pour les sans-abri Pathway, « il faudrait que les personnes se rendent dans un lieu central pour être vaccinées ensemble », mais la priorité sera accordée en fonction de l\u2019âge et de la vulnérabilité clinique.« Il y aura donc un problème pour les patients sans-abri qui, bien que vulnérables, ne pourront pas se rendre au centre de vaccination.Il devra donc y avoir une option mobile.» À la mi-décembre, on estimait à 40 millions le nombre de doses du vaccin commandées par le gouvernement britannique.(The Big Issue UK / INSP) F L I C K R C R E A T I V E C O M M O N S L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau international des journaux de rue).Le Réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo. More Than a Customer We made it to 2021 ! I\u2019m very glad to see the year 2020 behind me.It\u2019s given me a lot to reflect on, what\u2019s been lost, but also the things that are important and sustain me.I highly value all the customers who have regularly supported me, but I would like to talk about one in particular who stands out : Savawwa.Savawwa first became my customer on the corner of Des Pins and Saint- Laurent about 10 years ago.Since then she\u2019s crossed my path there a couple of times a week.She\u2019s one of those people who\u2019s a bright light, shining goodwill on others.Savawwa\u2019s special for her kindness and generosity.She could buy L\u2019Itineraire from other vendors, but always buys from me.I really appreciate that loyalty.I also like that she doesn\u2019t just buy and go.She always stops to chat for several minutes, showing a sincere interest in how I\u2019m doing and what\u2019s happening in my life.In 10 years, she\u2019s come to know me pretty well.Savawwa was the person who encouraged me at a low point in my life.It was her guidance that inspired me to write my article Get Back on the Horse.At the same time she suggested that I return to support groups that I had quit.This is just a small example showing how she\u2019s been so much more than just a customer in my life.Savawwa, my wish to you for 2021 is the best of health as well as happiness and joy.May you be spiritually and mentally uplifted, especially after such a challenging 2020.Thank you from my heart for all the support you have given me over the years.Happy New Year Savawwa ! Happy New Year to all ! Y\u2019a pas que les cadeaux pour les Fêtes ! Je m\u2019appelle Maxine, je suis camelot au métro Joliette à Montréal.Je souhaite à tous mes clients la santé pour la nouvelle année, car c\u2019est le cadeau le plus précieux que la vie puisse nous donner.Vous savez, ce n\u2019est pas facile de vendre, quatre ou cinq heures, debout, immobile, en saluant chaque passant.Avec le froid de l\u2019hiver qui approche je risque de ne pas être au poste aussi souvent car, avec la pandémie, on ne peut plus vendre à l\u2019intérieur du métro.Socialiser avec vous va me manquer.J\u2019ai souvent de belles conversations avec plusieurs d\u2019entre vous.J\u2019ai des clients fidèles qui achètent chaque mois.Il y a une cliente en particulier qui m\u2019encourage énormément.Elle me parle en anglais.Elle me dit que je suis la meilleure vendeuse.On se faisait même une accolade avant la pandémie pour s\u2019encourager mutuellement, car les contrats de travail ne sont pas faciles pour elle non plus.Je lui souhaite beaucoup de succès et tout ce qu\u2019elle désire pour la nouvelle année.Ces vœux sont pour vous tous également, mes chers clients.J\u2019ai hâte de vous revoir dans le métro après le confinement.Moi aussi je veux faire un vœu pour la nouvelle année.J\u2019ai deux formations d\u2019études qui me tiennent à cœur en 2021.La première est une formation de pair aidante, et l\u2019autre, de mentor de rétablissement (deux formations similaires), à l\u2019Université de Montréal.Ces deux succès me permettront d\u2019aider les gens qui ont des problèmes de santé mentale, en particulier les entendeurs de voix, car j\u2019ai moi-même cheminé avec cette problématique.Et voilà ! C\u2019est un rêve que je veux réaliser.Bonne année à tous ! MAXINE TIMPERLEY CAMELOT MÉTRO JOLIETTE DANIEL GRADY VENDOR DES PINS / SAINT-LAURENT AND DE LA GAUCHETIÈRE / MANSFIELD CÉLINE MARCHAND CAMELOT MÉTRO SAINT-MICHEL / MASSON 2021, une année d\u2019espoir La dernière année a été difficile pour tous.Je voudrais donc remercier chaleureusement ma clientèle pour son encouragement et sa fidélité depuis notre retour en septembre.Ce texte est pour vous mes chers clients.Je vous souhaite une année 2021 pleine de promesses.Je veux surtout saluer ceux qui traversent cette pandémie tout seuls, j\u2019ai une pensée spéciale pour vous.En cette nouvelle année, je vous souhaite à vous et votre famille la chose la plus importe qui soit : la santé.Je vous souhaite aussi un regard sur la vie qui vous amènera à mieux apprécier ce qui est essentiel : l\u2019amour, nos êtres proches, le partage et la bienveillance.Je nous souhaite à tous de sortir de cette pandémie le plus sain d\u2019esprit possible.Espérons voir la fin de ce cauchemar cette année, avec un vaccin.En attendant de s\u2019en sortir, il faut prendre soin de soi.Il ne faut pas hésiter d\u2019aller chercher de l\u2019aide lorsqu\u2019on en a besoin.Par exemple, en se confiant à nos proches ou bien en appelant des lignes d\u2019écoute lorsque nous ressentons le besoin de relâcher nos angoisses et notre anxiété.Ce temps des Fêtes n\u2019a sans doute pas été le plus facile et on s\u2019en souviendra longtemps.Il est donc encore plus important que jamais de prendre soin de soi.Essayez de marcher, de bouger un peu et de profiter des petits plaisirs que la vie nous offre quand même.Pour 2021, je vous souhaite donc beaucoup d\u2019amour, d\u2019espoir et du réconfort à vous et vos proches.En souhaitant vous revoir en pleine forme bientôt.On va s\u2019en souvenir de 2020 !  Au début de l\u2019année, en 2020, j\u2019ai vendu beaucoup et presque tous mes clients m\u2019achetaient le livre : Sentinelles II, le recueil des meilleurs textes de camelots.J\u2019allais chez mes sœurs.En mars, ma cousine m\u2019avait emmenée voir sa mère à Saint-Sauveur et on a mangé au restaurant.Ma tante est décédée au mois d\u2019août mais on n\u2019a pas pu faire des funérailles car on ne pouvait pas faire de rassemblement.Pendant la pandémie j\u2019ai marché une heure et demi par jour, dans le parc Saint-Marc et sur la rue Saint-Charles à Longueuil.J\u2019ai été chez des amis et aussi chez ma voisine.À la maison je faisais des mots croisés, du ménage et j\u2019écoutais Trudeau à tous les deux jours et aussi Legault pour connaître le nombre de cas et de décès.J\u2019écoutais aussi de la musique pour garder le moral car parfois j\u2019avais le moral bas.Je regardais la télévision.Un de mes oncles de Saint-Lambert est mort de la COVID.Il m\u2019avait appelée deux semaines avant pour que j\u2019aille le voir.Le 8 septembre on a recommencé à travailler.En novembre, on a espéré que le nombre de cas allait descendre et qu\u2019on pourrait se réunir pour Noël.Mais beaucoup de monde n\u2019ont pas écouté les consignes et on a payé pour eux.Selon moi, trop de gens ont triché et sont allés dans les zones oranges.Mais pour la plupart d\u2019entre nous, on a eu des Fêtes tranquilles.En 2021, le vaccin s\u2019en vient.Je souhaite que ça aille mieux et que ça revienne à la normale.Je souhaite à mes clients de la santé, du bonheur et beaucoup de belles choses.NICOLE GIARD CAMELOT MÉTRO LONGUEUIL MANON FORTIER CAMELOT VILLAGE CHAMPLAIN ET MÉTRO HONORÉ-BEAUGRAND Une personne de talent parmi les autres  Il y a deux ans et demi j\u2019ai rencontré Claude Charlebois.En me voyant il pensait que j\u2019étais sa cousine, mais il n\u2019était pas sûr.Depuis un an il dit que je suis sa cousine.Il m\u2019a demandé si je connaissais Robert Charlebois, comme s\u2019il était sûr qu\u2019il faisait partie de ma parenté.Claude Charlebois est peintre.Il fait des tableaux.Il a déjà reçu une grande distinction pour son tableau Hommage à Riopel.Cependant il a de la difficulté à vendre ses œuvres et il travaille fort.Il n\u2019y a pas de richesse pour ce métier.De temps en temps il m\u2019achète le journal.J\u2019ai aussi un talent fou pour les arts en dessin, mais je ne le pratique presque pas.J\u2019ai fait un portrait de Robert Charlebois (que vous pouvez voir ici), après avoir suivi une formation en caricature donnée par Serge Chapleau, au Musée McCord grâce à l\u2019Itinéraire.Pour l\u2019année 2021, je souhaite tous les vœux nécessaires à M.Claude Charlebois pour sa réussite, autant de richesse qu\u2019il veut, de la joie de vivre dans son métier, de pouvoir continuer à peindre son amour des arbres et d\u2019être aimé.11 itineraire.ca itineraire.ca Janvier 2021 10 Janvier 2021 L\u2019année où les villes sont mortes Des milliers de victimes collatérales Sans verser dans le conspirationnisme, nous sommes nombreux en ce début d\u2019année à penser que le remède commence à être pire que le mal, que les victimes collatérales de cette guerre sanitaire s\u2019additionnent jour après jour.Pour ma part \u2014 et je suis loin d\u2019être le seul \u2014 je ne connais personne qui ait souffert gravement de la COVID-19, mais je connais des dizaines de personnes dont la vie a été complètement chamboulée, voire détruite, par les mesures mises en place pour y faire face.Pour prendre un seul exemple tout près de moi, ma fille a commencé son cégep à l\u2019automne 2019.Elle adorait ça.En dehors des cours, elle était présidente du comité environnement, impliquée à fond dans la vie de son association étudiante.Maintenant, tout se passe en ligne.Elle ne voit plus ses amis, ne s\u2019implique plus dans rien et trouve cela plate comme un Monopoly par un dimanche pluvieux, surtout quand tu perds la partie.Des collégiens ont commencé leur DEC en ligne et risquent de le finir de la même façon.Pour bien des nostalgiques, on se rappelle des années de cégep comme des plus belles de notre vie.Pas tant pour ce qu\u2019on y a appris, mais pour toute cette découverte de la liberté, de la vie associative, des manifs, des partys, de la camaraderie.Or, toute une cohorte risque de ne jamais pouvoir emmagasiner ces souvenirs qui nous suivent toute la vie.Quand disparaît le centre-ville Pour faire simple, disons qu\u2019au moins 600 000 personnes gravitaient chaque jour au centre-ville avant la pandémie.Désormais, il n\u2019y en a guère plus que 50 000.Alors qu\u2019on avait l\u2019habitude de voyager en « classe sardine » dans les transports en commun, on est désormais irrité, quand ce n\u2019est pas apeuré, dès qu\u2019un autre voyageur vient s\u2019asseoir sur le siège libre à côté de nous ! Pour les camelots de L\u2019Itinéraire, cette désertion de la ville et des transports publics est un véritable désastre.Alors que les grands froids arrivent, ils n\u2019ont plus le droit de vendre le magazine à l\u2019intérieur des stations de métro, au chaud, comme ils le faisaient depuis longtemps.Pire encore, l\u2019auraient-ils ce droit, que presque tous les clients réguliers sont aux abonnés absents et n\u2019achètent plus le magazine.Et quand enfin l\u2019un d\u2019entre eux se pointe le bout du nez, c\u2019est souvent pour s\u2019excuser parce qu\u2019il n\u2019a pas de liquide sur lui.Et le paiement par texto n\u2019est pas encore généralisé dans les mœurs.L\u2019enfer pour tout le monde Collectivement, nous tournons la page sur une année que personne d\u2019entre nous ne pensait vivre un jour.Quand ce cauchemar-démie prendra fin, plusieurs estiment que nous ne reviendrons plus en arrière.Beaucoup trop d\u2019entreprises ont réalisé qu\u2019ils pouvaient gonfler leurs profits en faisant travailler leur monde sans avoir à fournir des étages complets de tours à bureaux à des prix de fou.Des milliers d\u2019employés ont réalisé qu\u2019ils perdaient de 15 à 30 heures par semaine dans les transports sans recevoir un sou de plus, tout en dépensant beaucoup pour les restos et leur garde-robe.Était-ce vraiment ce que nous voulions ?Les géants du web ont pris davantage le contrôle sur nos vies, nos rapports sociaux, nos loisirs et nos relations sociales, sans qu\u2019on ne nous demande notre avis.Il y a plein d\u2019œuvres de « science-fiction » où les machines finissent par prendre le contrôle de nos existences jusqu\u2019au point où tout retour en arrière est impossible.Il manque une courbe Alors quand nous serons tous masqués, cachés derrière nos écrans, nous regarderons \u2014 qui sait \u2014 des documentaires en ligne sur la belle époque: celle où les immeubles des villes n\u2019étaient pas tous placardés, celle où on ne dégainait pas nos cellulaires chaque fois que des gens s\u2019amusent à proximité, celle où on se serrait la main et où s\u2019embrassait sans voir l\u2019autre comme une menace à notre santé.Alors j\u2019espère qu\u2019à ce moment-là, il ne sera pas trop tard pour ramener le balancier de l\u2019autre côté.Oui, comme tout le monde, je veux protéger le mieux possible la santé physique des plus vulnérables.Mais si on dressait chaque jour la courbe des cas de santé mentale des déstabilisées de la pandémie, en plus de celle des personnes infectées par la COVID-19, je ne sais pas trop laquelle des courbes serait la plus effrayante.Camelot Bernard / de l\u2019Épée par Mathieu Thériault On va se le dire, la maudite pandémie qui nous use tous à petit feu nous a appris une chose à la dure : les villes et leur centre-ville ne seront probablement plus jamais les mêmes.Les bars, restos, cinémas, gyms, salles de spectacles et autres sont à ce jour confinés, et on se demande combien de temps ils le resteront quand on sortira enfin de ce cauchemar.Oui la société s\u2019est adaptée, et le fameux mythe du télétravail est devenu une réalité pas mal plus vite que les sociologues ne l\u2019ont prédit.Souvent présentée comme un grand progrès social, l\u2019idée selon laquelle rien ne bat le confort et le bonheur de travailler sans avoir à quitter son foyer nous confronte maintenant au fait que c\u2019est peut-être un cadeau empoisonné.On ne peut pas faire disparaître en six mois une forme d\u2019organisation sociale établie depuis 200 ans sans que cela fasse d\u2019énormes dommages collatéraux.Reverrons-nous un jour le centre-ville de Montréal tel qu\u2019on le connaissait autrefois ?C\u2019est une vaste question, mais c\u2019en est une qui est particulièrement cruciale pour un magazine comme L\u2019Itinéraire et pour ses camelots.Les Stones incognito à Times Square Le printemps dernier, on se serait cru par moment dans un film apocalyptique ou une série de zombies.Au plus fort du premier confinement, il n\u2019y avait pratiquement plus personne en ville.Les Rolling Stones ont même tourné il y a quelques mois un vidéoclip dans les rues de New-York où on ne voyait personne.Pas un seul passant ! Et ce n\u2019est pas parce qu\u2019ils avaient sorti leurs gros billets pour faire disparaître tout le monde et avoir les rues juste pour eux.Les gens avaient disparu ! Les vidéos ne manquent d\u2019ailleurs pas pour nous montrer Times Square ou Venise sans un seul touriste.Comme si, du jour au lendemain, tout un chacun avait décidé d\u2019écouter Greta Thunberg et de réduire son empreinte écologique au maximum, en annulant tout voyage et le moindre déplacement.G R E T T A B L A N K E N S H I P | P I X A B A Y 12 itineraire.ca Janvier 2021 Cette année aura été particulière dans tous les sens du terme.On ne peut évidemment passer outre la crise sanitaire qui a bouleversé nos quotidiens en touchant de plein fouet les plus vulnérables.Si les débats politiques ont parfois pris une place démesurée, ceux qui tiennent à bout de bras le filet social comme le milieu communautaire, dont L\u2019Itinéraire fait partie, n\u2019ont pas la même lecture de 2020.D\u2019autres éléments sont passés sous le radar, d\u2019autres faits tout aussi importants qui auraient mérité plus d\u2019attention ou, tout au contraire, moins de bruit.revisitée par L\u2019Itinéraire Un drame à Mascouche a préoccupé les médias et indigné la population.Jaël Cantin, 33 ans, et mère de six enfants, a été tuée par son conjoint, Benoît Cardinal.D\u2019abord accusé de meurtre non prémédité, il sera par la suite reconnu coupable de meurtre au premier degré.Janvier 2020 a été le mois le plus chaud jamais enregistré sur la planète, très légèrement devant 2016.Le saviez-vous ?Dans les médias, les premiers jours de l\u2019année sont à saveur politique.Le 9 janvier, Nathalie Normandeau invoque l\u2019arrêt Jordan, pour demander la fin des procédures à son encontre.L\u2019ancienne ministre libérale a été arrêtée quatre ans plus tôt, accusée de fraudes, de complots, de corruption de fonctionnaires et d\u2019abus de confiance.Quelques jours plus tard, la plus haute Cour du pays refuse d\u2019entendre l\u2019ancien collecteur de fonds du Parti libéral, Marc Bibeau, qui souhaitait que les motifs des deux mandats de l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) ne soient pas divulgués, faisant ainsi suite à la perquisition de ses bureaux en 2016.Par ailleurs, Paul St-Pierre Plamondon se lance dans la course à la direction du Parti québécois.Côté célébrités, le Québec pleure « Maman Dion », la mère de Céline Dion.C\u2019était le 17 janvier.Les hommages sont vibrants et les funérailles se font dans l\u2019intimité familiale.Au même moment commencent des discussions à la Colline parlementaire autour du 3e lien reliant les rives du fleuve Saint-Laurent entre les villes de Québec et Lévis.Rappelons ici que le développement des transports collectifs et la mise en place d\u2019un plan vert pour protéger l\u2019environnement sont des engagements majeurs du gouvernement Legault.L\u2019autre drame qui a fait les manchettes s\u2019est produit le 8 janvier lorsque le Boeing 737 NG devant relier Téhéran (Iran) à Kiev (Ukraine) est abattu à la suite d\u2019une erreur de la défense anti-aérienne iranienne, peu après son décollage de Téhéran.Sur les 176 personnes à bord, 138 se rendaient au Canada et plusieurs d\u2019entre elles vivaient à Montréal.Il n\u2019y a eu aucun survivant.L\u2019écrasement a eu lieu au moment où la défense aérienne iranienne était en état d\u2019alerte, en raison de tensions grandissantes entre l\u2019Iran et les États-Unis.Du côté de la situation sanitaire, on parlait déjà d\u2019une saison grippale très inhabituelle comportant trois souches différentes qui circulaient au Québec.Aux environs du 20 du mois, commencent les audiences sur la demande d\u2019extradition vers les États-Unis de Meng Wanzhou, la dirigeante du géant chinois des télécoms Huawei arrêtée au Canada un mois plus tôt.Cette dernière est accusée d\u2019avoir contourné les sanctions américaines contre l\u2019Iran et volé des secrets industriels du groupe de télécom américain T-Mobile.Son arrestation en 2018 a provoqué une crise diplomatique sans précédent entre Ottawa et Pékin.En riposte, la même année, deux ressortissants canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, ont été arrêtés en Chine, accusés d\u2019espionnage.Journaliste responsable des dossiers société par Alexandra Guellil CHRIS WATTIE | STEPHANE MAHE | JENNIFER GAUTHIE | PHILIPPE OLIVIER CONTANT | REUTERS PHOTOMONTAGE : CARLA BRAGA 14 itineraire.ca Janvier 2021 Le 12 mars, le gouvernement demande aux Québécois revenant de l\u2019étranger de se placer volontairement en quarantaine afin de ralentir la propagation du coronavirus.Les événements de plus de 250 personnes sont annulés.La fermeture des écoles, cégeps, universités et garderies est décrétée pour deux semaines.Le 15 mars, François Legault annonce la fermeture jusqu\u2019à nouvel avis des bars, salles de cinéma, bibliothèques, discothèques, piscines et gymnases.Le 22 mars, tout doit fermer, y compris les centres commerciaux, entreprises non essentielles, ainsi que l\u2019Assemblée nationale et la Chambre des communes à Ottawa.Les gouvernements canadien et américain s\u2019entendent pour fermer la frontière aux voyageurs et ne laisser passer que les marchandises et produits essentiels.Les aéroports se vident, les vols sont annulés, le pays est en sourdine, on entre en crise sanitaire mondiale.Le 26 mars, un résident du CHSLD Herron reçoit un diagnostic de pneumonie et voit sa condition se détériorer.Il est testé positif à la COVID-19.S\u2019ensuit une série d\u2019événe- ments qui mèneront le milieu dans la tourmente.Le 27 mars, le gouvernement fédéral annonce qu\u2019il subventionnera 75 % du salaire des employés des petites et moyennes entreprises obligées de fermer à cause de la COVID-19.Notons que quelques jours plus tôt, il a instauré la Prestation canadienne d\u2019urgence, une prestation imposable de 2000 $ par mois attribuée pendant quatre mois au maximum à tous les travailleurs qui ont perdu partiellement ou entièrement leur revenu à cause de la pandémie.Le 28 mars, Québec met en place un contrôle des allées et venues dans huit régions.À la fin du mois, on dénombrait 2498 cas de COVID-19 et 22 décès.de 1990.Le Canadien Pacifique obtient finalement une injonction concernant le barrage à Kahnawake ordonnant aux manifestants de le lever.Pendant ce temps, plusieurs d\u2019entre eux sont arrêtés à Lennoxville.Le premier cas de coronavirus officiellement détecté au Québec remonte au 27 février.Il s\u2019agissait d\u2019une personne infectée qui revenait d\u2019un voyage en Iran.Par ailleurs, signalons qu\u2019on testait déjà depuis la mi-janvier et que les hôpitaux faisaient aussi des tests pour des pneumonies atypiques.Le premier du mois, le gouvernement fédéral, les communautés autochtones de la Colombie-Britannique et les Mohawks de Kahnawake concluent une entente de principe.Le barrage est démantelé pour être déplacé au pied du pont Mercier où ils entretiennent un feu pour exprimer leur solidarité envers les Wet\u2019suwet\u2019en.Les Micmacs lèvent leur barrage en Gaspésie.Le second cas de COVID-19 est détecté à Mont-Laurier le 5 mars, il s\u2019agissait d\u2019une personne revenant d\u2019un séjour en Inde.Quelques jours après, Danielle McCann, alors ministre de la Santé, annonce l\u2019ouverture de trois cliniques En avril, le moral des Québécois n\u2019était pas vraiment au top.Confinés à la maison, la statistique la plus trash de la pandémie tombe le 2 avril : 5518 cas soit 907 cas de plus que la veille.C\u2019est la plus forte augmentation en 24 heures.Le même jour, on tasse un peu les mauvaises nouvelles avec la nomination de Sophie Brochu à titre de présidente et directrice générale d\u2019Hydro-Québec.Elle devient la première femme à accéder à cette fonction.Le gouvernement poursuit la fermeture des commerces et des entreprises, justifiant cela par une courbe qui ne s\u2019aplatit pas encore suffisamment.Amateur ou non du Super Bowl, le 2 février est une date à graver dans le marbre.Ce jour-là, Laurent Duvernay- Tardif est devenu le premier joueur né au Québec à gagner le match ultime de la NFL.Dans les médias, la fierté québécoise se ressent et on découvre une personnalité atypique, qui a reçu la Médaille d\u2019honneur de l\u2019Assemblée nationale du Québec et su se positionner rapidement dans la lutte contre la COVID-19.Quelques jours après, la politique reprend le dessus dans les nouvelles.Le 6 février, François Legault accuse le premier ministre canadien Justin Trudeau « d\u2019insulter les Québécois » en acceptant que la somme de 125 000 $ d\u2019un programme fédéral attribuée à la commission scolaire English Montréal serve à financer un recours judiciaire contre la Loi 21 sur la laïcité.Deux jours après, le projet de loi 40 abolissant les commissions scolaires francophones est adopté sous bâillon.C\u2019est aussi en février que l\u2019humoriste Guy Nantel annonce qu\u2019il se présente à la chefferie du Parti Québécois.Au national, les lignes ferroviaires sont bloquées par des Autochtones.Les Mohawks érigent une barricade sur la voie ferrée à Candiac et les Micmacs celle de Listuguj pendant plusieurs jours, provoquant un arrêt du réseau.D\u2019autres communautés se joignent au mouvement d\u2019opposition au projet de construction de gazoduc en Colombie-Britannique.Lorsque le barrage de Belleville, en Ontario, est démantelé par la police provinciale, les Mohawks de Kanesatake décident de bloquer la route 344 à Oka.Plusieurs craignent que la pression fasse revivre la crise Le patron du comité d\u2019organisation des Jeux olympiques 2020 de Tokyo, Toshiro Muto, exprimait déjà son inquiétude sur la tenue des jeux face à ce qui était qualifié d\u2019épidémie de coronavirus et qui commençait à gagner de l\u2019ampleur en Chine.Inquiétude spécialisées dont le but principal sera de détecter les cas au Québec.Le 10 mars marque la traditionnelle publication du budget provincial qui prévoit des dépenses de 110,3 milliards $ dont 46,6 milliards $ en santé, 27 milliards $ en éducation et 16,7 milliards $ en environnement et services sociaux.Le gouvernement estime à 2,7 milliards $ le surplus.Le lendemain, Éric Martel, PDG d\u2019Hydro-Québec annonce qu\u2019il quitte son poste après cinq ans pour reprendre la direction de Bombardier.Le comédien et acteur, Ghyslain Tremblay est décédé de la COVID-19 le 7 avril.Il résidait à la maison l\u2019Étincelle à Verdun et était atteint de la maladie d\u2019Alzheimer.L\u2019autre perte qui a beaucoup marqué les esprits a été celle de la mère de Dominic Champagne, décédée du coronavirus.Le créateur du Pacte pour l\u2019environnement a su toucher les cœurs avec son texte qui a fait le tour des plateformes, La fin du monde dure dix minutes, levant ainsi le voile sur le peu de considération accordée aux familles des aînés, malades, isolés et confinés.Les points de presse des premiers ministres, ministres de la Santé et directeurs de la Santé publique, autant au provincial qu\u2019au fédéral, deviennent des rendez-vous quotidiens.Le ton est clair : on nous exhorte à rester chez nous et à limiter nos contacts.À ce stade-ci, Québec enregistre 628 cas sur son territoire.Pour la première fois depuis sa création, l\u2019organisme L\u2019Itinéraire ferme ses locaux le 16 mars 2020 et met en place la plus importante campagne de financement d\u2019urgence ainsi qu\u2019un plan d\u2019urgence d\u2019entraide visant à soutenir les camelots dans ces moments difficiles.Et nous autres ?C H R I S T I N N E M U S C H I | R E U T E R S M I K E B L A K E | R E U T E R S D A V I D H I M B E R T B L A I R G A B L E S | R E U T E R S 17 itineraire.ca 16 itineraire.ca Janvier 2021 Janvier 2021 Au 18 avril, le nombre de morts ne cesse d\u2019augmenter.À cette même date, des militaires des Forces canadiennes commencent à être déployés en renfort dans les CHSLD du Québec, durement frappés par le virus.C\u2019est aussi en avril qu\u2019un aréna de LaSalle a été reconverti en hôpital mobile de la Croix-Rouge canadienne, une première en sol québécois.Cet équipement servait habituellement en zone de guerre ou de catastrophe humanitaire.En vérité, la province a franchi le cap des 20 000 cas et des 1000 décès aux environs du 21 avril, même si quelques jours après, on parle d\u2019un plan de déconfinement des écoles et des garderies, alors que de nombreux enseignants commencent à comprendre que la session d\u2019automne risque probablement de se faire à distance pour plusieurs élèves.Le 28 avril, Québec annonce son plan de déconfinement de l\u2019économie.La plupart des entreprises fermées pourront rouvrir dans le courant des semaines à venir, tandis que les centres commerciaux, les restaurants, lieux de soins personnels, salles de spectacles et autres lieux de rassemblement restent fermés.L\u2019état d\u2019urgence sanitaire est renouvelé une nouvelle fois pour huit jours provoquant le maintien des mesures adoptées par décret et arrêtés ministériels.Côté sport, la nouvelle provoque encore le débat depuis le 24 mars : les Jeux olympiques de Tokyo sont reportés.Shinzo Abe, le premier ministre japonais, a annoncé à la télévision avoir conclu un accord avec le Comité international olympique en vue d\u2019un report d\u2019un an.Le 25 mai, George Floyd, un Afro-Américain est tué par un policier blanc, Dereck Chauvin, à Minneapolis aux États- Unis.Sa mort est survenue lors de son arrestation alors que le policier le maintenait au sol avec son genou sur sa nuque.« I can\u2019t breathe » ont été les derniers mots qu\u2019il a pu prononcer avant de pleurer sa mère.Toute la scène a été filmée par les passants provoquant de nombreuses manifestations à travers le globe, dont l\u2019une, à Montréal, qui a été organisée le 31 mai.Selon les organisateurs, il s\u2019agissait de la plus importante manifestation contre le racisme et les violences policières de la métropole.Ce phénomène a remis sur le devant de la scène tout le débat politique sur le racisme systémique dans les institutions publiques.Toujours en politique, André Boisclair, l\u2019ex-chef du Parti québécois, est accusé d\u2019agression sexuelle avec la participation d\u2019une autre personne et d\u2019agression sexuelle armée.Les actes qu\u2019on lui reproche auraient été commis en janvier 2014.Chez les travailleurs du réseau de la santé en première ligne, il y a des frustrations.Certains se sentent dépassés, voire sous-estimés.Sur les réseaux sociaux, le mouvement #Baslesmasques prend de l\u2019ampleur et met en image des travailleurs de la santé portant un masque, mais bâillonnés par leur hiérarchie.Du côté des enseignants et des parents, le moral n\u2019est pas non plus au rendez-vous.La fin de session est pesante sur les épaules de ceux et celles qui doivent faire l\u2019école à la maison à leurs adolescents ou garder leurs tout-petits tout en travaillant.Si certains encensent le télétravail, on commence à réaliser qu\u2019il existe une fracture numérique au Québec.Ce manque d\u2019accès à internet haute vitesse devient l\u2019enjeu politique, social et économique de l\u2019heure.Le gouvernement provincial débloque pour sa part un fonds de 150 M$ pour l\u2019internet haute vitesse en région.Mais là encore se pose la question de l\u2019accessibilité des services à des prix raisonnables.Le 11 mai, Dominique Anglade devient officiellement la première femme noire cheffe du plus vieux parti politique au Québec : le Parti libéral du Québec.Sa victoire est due au désistement de la course à la chefferie du seul autre candidat, Alexandre Cusson.Au milieu du mois, le gouvernement avise que les écoles de la région de Montréal ne rouvriront pas avant septembre, tandis que les commerces non essentiels ayant une porte sur l\u2019extérieur sont autorisés à rouvrir.Centres commerciaux, salons de coiffure, centre de physiothérapie, cliniques dentaires, musées, bibliothèques, ciné-parcs, campings, pourvoiries et marinas seront eux aussi autorisés à rouvrir sous certaines conditions.Le 3 avril, l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire sort, en plus de ses éditions désormais mensuelles, un Itinéraire Express de quatre à six pages.Chaque semaine, nous avons livré des nouvelles en phase avec l\u2019actualité, tout en vous parlant des répercussions de la pandémie sur nos camelots.Ce projet éphémère a duré jusqu\u2019en juillet 2020.L\u2019Itinéraire Express La « station de câlins » est une idée proposée par le Montréalais Alex Montagano.Fabriquée à partir d\u2019un cadre en bois avec du plastique épais, des manches et une paire de gants de laboratoire, l\u2019homme a créé cette invention pour embrasser ses parents en toute sécurité.Se rapprocher quand même C R O I X R O U G E C A N A D I E N N E C R O I X R O U G E C A N A D I E N N E J E A N - P I E R R E K A R S E N T Y | R A D I O C A N A D A D A V I D H I M B E R T Le 10 avril, que le gouvernement du Québec met en place un décret permettant de mobiliser les personnes travaillant dans le milieu de l\u2019éducation, afin qu\u2019elles soutiennent le réseau de la santé dans son combat contre la COVID-19.À cet instant, on annule le Festival d\u2019été de Québec, les Francos de Montréal et le Festival international de jazz de Montréal.On réalise que l\u2019on vivra un été peu festif et les artistes sont durement touchés.Du jamais vu.Certains interpellent désespérément les autorités, car ils passent entre les mailles des aides gouvernementales, alors que d\u2019autres tentent de créer autrement, notamment sur les réseaux sociaux.Mais les choses commencent petit à petit à se placer lorsque le 13 avril, le gouvernement annonce la réouverture des garages et des magasins vendant des plantes et des fleurs.Cela permet à plusieurs travailleurs de la construction de reprendre leurs activités sur les différents chantiers, tout en respectant les mesures sanitaires.DAVID HIMBERT Une grande icône de la chanson québécoise s\u2019éteint.Renée Claude est décédée des suites de la COVID-19 à 80  ans.L\u2019interprète de C\u2019est le début d\u2019un temps nouveau était atteinte de la maladie d\u2019Alzheimer depuis plusieurs années et vivait dans une résidence pour personnes âgées non autonomes.Elle ne parlait plus et ne reconnaissait plus ses proches.COURTOISIE 19 itineraire.ca 18 itineraire.ca Janvier 2021 Janvier 2021 La controverse entourant les liens de la famille Trudeau au groupe Unis (WE Charity) survient au moment où les conservateurs s\u2019approchent de la dernière ligne droite de la course à la direction de leur parti.Pour rappel, une enquête est menée pour déterminer si Justin Trudeau a enfreint la loi sur les conflits d\u2019intérêts en attribuant un contrat de plusieurs millions de dollars à l\u2019organisation UNIS.Peu de temps après, c\u2019est au tour de la gouverneure générale Julie Payette de faire l\u2019objet d\u2019allégations selon lesquelles elle aurait instauré une culture de travail nocive dans son équipe à Rideau Hall.Controverses Le 4 août, deux explosions se succèdent dans le port de Beyrouth.Les déflagrations sont provoquées par des tonnes de nitrate d\u2019ammonium stockées dans un hangar de la zone portuaire.Les dégâts humains et matériels sont considérables : on recenserait plus de 204 morts environ 6500 blessés et plusieurs disparus.Le Canada est profondément attristé par cette nouvelle.Au Québec, on est toujours dans la gestion de la crise sanitaire.Dès le 3 août, les salles de spectacles et de cinéma peuvent rouvrir sous certaines conditions.Quelques jours plus tard, le gouvernement annonce que les étudiants devront porter le masque dans les endroits communautaires à partir de la 5e année du primaire sans le rendre obligatoire dans les salles de classe.Plusieurs cégeps et universités annoncent que les sessions d\u2019automne 2020 et d\u2019hiver 2021 se tiendront à distance.À l\u2019aube de la seconde vague de la COVID-19, le gouvernement annonce son nouveau plan de lutte porté par Christian Dubé, dont la mesure phare est un engagement de 106 millions $ pour permettre l\u2019embauche de personnel et l\u2019ajout de ressources matérielles d\u2019ici le 30 septembre.Les formations accélérées des nouveaux préposés aux bénéficiaires se mettent en place, des discussions sur leurs salaires et conditions de travail font débat.En politique fédérale, on fait la connaissance d\u2019Erin O\u2019Toole qui succède à Andrew Scheer comme chef du Parti conservateur du Canada.On continue en juin avec les annonces gouvernementales sur la reprise progressive des activités, cette fois-ci avec la possibilité de s\u2019adonner à des sports d\u2019équipe pourvu que ce soit à l\u2019extérieur et dans le respect des mesures sanitaires.Les restaurateurs hors Montréal sont autorisés à rouvrir leurs salles à manger.À la mi-juin, Québec annonce que les rassemblements intérieurs de 50 personnes seront permis à partir du 22 juin en plus de créer un groupe d\u2019action sur le racisme, coprésidé par les ministres caquistes Nadine Girault et Lionel Carmant.On continue encore à déconfiner en vue des premières journées d\u2019été avec la réouverture des plages, salles de gym et arénas.Par ailleurs, la mise à jour économique prévoit un déficit de 14,9 milliards $ pour la province : un peu plus de 800 000 emplois ont été perdus depuis le début de la pandémie.Québec réinvestit dans la santé pour un total de 51,3 milliards $ et une dette de 222 milliards $.S\u2019en suit un remaniement ministériel au provincial en pleine crise sanitaire : Danielle McCann alors à la Santé devient ministre de l\u2019Enseignement supérieur, Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux, Sonia LeBel, présidente du Conseil du Trésor, Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice et Nadine Girault, ministre de l\u2019Immigration, de la Francisation et de l\u2019Intégration.Le directeur de la Santé publique, Horacio Arruda, annonce l\u2019ouverture des bars, des parcs aquatiques et des casinos le 25 juin.Cinq jours plus tard Québec annonce le port du masque obligatoire dans les transports en commun et lieux publics fermés.Visite impromptue : un rorqual à bosse, loin de son habitat naturel, a pu être observé dans les eaux montréa- laises du Saint-Laurent.Sa fin a été brutale puisqu\u2019il aurait été tué à la suite d\u2019 une collision avec un bateau, selon l\u2019avis du vétérinaire qui dirigeait son autopsie.Le 10 juin, on honore Andrée Lachapelle à titre posthume en lui décernant le prix de la meilleure interprétation féminine pour son rôle dans son dernier film Il pleuvait des oiseaux.A R C H I V E S L ' I T I N É R A I R E Alors que Montréal annonce, dès le 6 juillet, l\u2019obligation de porter un masque dans les lieux publics intérieurs et dans les commerces dès la fin du mois, la province est bousculée par une nouvelle vague de dénonciations d\u2019agressions sexuelles et physiques qui s\u2019enracine sur les réseaux sociaux, deux ans à peine après le mouvement #MeToo.Plusieurs célébrités et personnalités sont pointées du doigt par ces allégations publiées directement sur Instagram.Des pages sont créées pour inciter les victimes à témoigner, des récits violents et délicats sont publiés et des noms d\u2019agresseurs présumés sont publiés.Maripier Morin, Bernard Adamus, Yves-François Blanchet, Eli Bissonnette, Kevin Parent, Yann Perreau sont quelques-unes des célébrités visées par ces allégations.À Montréal, un campement improvisé s\u2019installe le long de la rue Notre-Dame dans Hochelaga-Maisonneuve.Les tentes deviennent les nouvelles maisons de plusieurs personnes qui n\u2019arrivent plus à se loger à Montréal, notamment en raison de la hausse fulgurante des loyers, mais aussi de l\u2019impossibilité de se trouver une place en refuge.Le campement, démantelé en décembre, prendra les allures d\u2019un petit village bien organisé où associations, intervenants psychosociaux, citoyens et organismes communautaires décideront même d\u2019y distribuer nourriture, vêtements et autres nécessités.Le 11 juillet, une alerte Amber, de plus de trois jours, a été déclenchée au Québec.Les sœurs Norah, 11 ans, et Romy Carpentier, 6 ans, sont retrouvées mortes dans un boisé de Saint-Apollinaire.On soupçonne leur père, Martin Carpentier de les avoir enlevées et assassinées.Porté disparu, pendant 12 jours, on le retrouve mort, quelques heures après les funérailles des petites, dans le même secteur où elles ont été tuées.L\u2019homme se serait suicidé.À ce moment-là, les langues se délient publiquement pour parler des effets de la pandémie sur la santé mentale.Au fédéral, le gouvernement Trudeau refuse de dévoiler des chiffres précis sur l\u2019ampleur des fraudes possibles à la Prestation canadienne d\u2019urgence (PCU) alors que des citoyens se font voler leur identité et leurs données personnelles.Plus tard, on apprendra que plusieurs citoyens ont été fraudés par des individus qui ont profité de leur identité pour recevoir sur des comptes frauduleux le versement mensuel de solidarité de 2000 $ et autres allocations parentales ou familiales.L A U R E N T S O U M I S | J P R Le climat social est toujours tendu : plusieurs manifestations sont organisées pour demander le définancement de la police dans la foulée du déboulonnement de la statue de John A.Macdonald, le premier premier ministre du pays, décrié pour sa politique d\u2019assimilation envers les peuples autochtones.21 itineraire.ca 20 itineraire.ca Janvier 2021 Janvier 2021 C H R I S T I N N E M U S C H I | R E U T E R S Deux jours suivant cette annonce, une manifestation anti-masque rassemblant de nombreuses personnes se tient à Montréal.On y dénonce les mesures sanitaires jugées arbitraires et on revendique la liberté de choisir le port du masque dans les lieux publics.Au hockey, après une saison de 362 jours, le Lightning remporte finalement la Coupe Stanley, malgré l\u2019absence de leur capitaine Steven Stamkos.Le 28 septembre, le Québec est chamboulé par le décès de Joyce Echaquan, une femme atikamekw de 37 ans.Peu avant sa mort à l\u2019hôpital de Joliette, elle a enregistré un Facebook Live dans lequel on entendait des travailleuses de la santé l\u2019insulter et lui lancer des propos discriminatoires.Sa mort est largement considérée comme le reflet du racisme anti-autochtone et systémique au Québec et au Canada.À la suite d\u2019un communiqué jugé insultant, la ministre responsable des Affaires autochtones, Sylvie d\u2019Amours, démissionne et est remplacée par Ian Lafrenière, l\u2019ancien chef de la Division des communications du SPVM.Sa nomination ne fait cependant pas l\u2019unanimité auprès de tous.Le 29 septembre a lieu le premier débat pour la présidentielle américaine entre Donald Trump et Joe Biden.À 35 jours de l\u2019élection, ce duel opposant les deux prétendants à la Maison-Blanche a été suivi en direct par des dizaines de millions d\u2019Américains.Gestion de la pandémie, économie, intégrité due à la fonction présidentielle, tous les thèmes ont été teintés d\u2019interruptions et d\u2019attaques personnelles.On retiendra que le candidat démocrate, Joe Biden, a qualifié son rival de « pire président que les États-Unis n\u2019aient jamais eu » et de « clown », lui demandant de « la fermer ».Par la suite, lors du débat opposant le vice-président Mike Pence et Kamala Harris, les réseaux sociaux désignent une mouche qui s\u2019était installée sur la chevelure blanche de Pence comme grande vedette de la soirée.Débat chaotique Québec est divisé en quatre zones d\u2019alerte : verte (vigilance), jaune (pré-alerte), orange (alerte modérée) et rouge (alerte maximale).Ces zones sont définies selon le nombre de cas de COVID-19 dans chacune des régions.Face à cette annonce, plusieurs demandent au gouvernement d\u2019être plus précis sur les conséquences liées au changement de couleur.Il aura fallu attendre la publication de documents de travail sur Twitter par l\u2019analyste en politiques publiques Patrick Dery pour que le gouvernement explique un peu plus sa démarche au public.Le vert dominera la province pendant très peu de temps.Le 15 septembre, la Montérégie, le Bas-Saint-Laurent, Chaudière-Appalaches et la région de Montréal passent au jaune, en mode pré-alerte, tout comme 75 % de la province.Cinq jours après, c\u2019est l\u2019orange qui domine largement avec plus de 400 cas par jour enregistrés.Six jours plus tard, Horacio Arruda annonce en point de presse que nous entrons dans la seconde vague.Quelques jours après le dépôt du projet de loi 66 devant relancer l\u2019économie du Québec, François Legault annonce le 28 septembre que la région de Montréal ainsi que celle de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches passeront au rouge à partir du 1er octobre et propose un défi aux Québécois.Les bars, les salles à manger, les salles de spectacles, les cinémas et les lieux de rassemblement resteront fermés pendant 28 jours, le temps que passe la deuxième vague.Alors que les entreprises sont encouragées à promouvoir le télétravail lorsque possible, le premier ministre rend obligatoire le port du masque pendant les manifestations.La tension est palpable jusque dans le milieu sportif.En soccer, l\u2019Impact de Montréal doit affronter le Toronto FC en MLS, le 29 août au Stade Saputo, dans un contexte marqué par les manifestations antiracistes initiées par la NBA.D\u2019ailleurs, le match a failli être reporté alors que les joueurs souhaitaient utiliser cette plateforme pour envoyer un message fort de solidarité contre le racisme systémique et les violences policières.À la fin du mois, le gouvernement canadien annonce qu\u2019il prolonge jusqu\u2019au 30 septembre la fermeture de ses frontières internationales.Le 25 août, le directeur de la Santé publique du Québec, Horacio Arruda, s\u2019est prêté au jeu de l\u2019entrevue avec notre camelot Yvon Massicotte laquelle a été publiée dans notre édition du mois d\u2019octobre et intitulée « Appelez-moi Horacio ».À cette occasion, il a salué l\u2019ensemble des mesures prises par l\u2019organisme pour protéger les camelots et leurs clients.Notons par ailleurs que c\u2019est aussi dans ces eaux-là que l\u2019organisme a mis en place sa plus importante période de formation de santé et sécurité au travail pour permettre aux camelots de vendre à nouveau le magazine papier dans la rue de façon sécuritaire.Le retour a eu lieu en septembre avec la reprise de l\u2019impression du magazine papier qui était, avant cela, uniquement disponible en ligne.Horacio Arruda à L\u2019Itinéraire D A V I D H I M B E R T M A R K U S S P I S K E | U N S P L A S H D A V I D H I M B E R T D A V I D H I M B E R T D A V I D H I M B E R T 23 itineraire.ca Janvier 2021 Le procès d\u2019Éric Salvail fait grand bruit après avoir plaidé non coupable aux accusations retenues contre lui.Pour rappel, l\u2019animateur est accusé de harcèlement, d\u2019agression sexuelle et de séquestration.Toujours en justice, c\u2019est aussi en novembre qu\u2019a eu lieu le procès contre la Loi sur la laïcité de l\u2019État, l\u2019ancien projet de loi 21.La mesure législative phare du gouvernement caquiste fait polémique, car ses opposants ont le sentiment d\u2019être exclus de la société québécoise.Côté politique, le 9 novembre, le Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE) critique le projet de tramway à Québec et ne le recommande pas, estimant que ce projet n\u2019était pas optimal pour la ville de Québec et invitant l\u2019administration Labeaume à retourner à la planche à dessin.Quelques jours plus tard, le gouvernement Legault annonce son Plan vert : 6,7 milliards $ seront alloués sur cinq ans pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.L\u2019objectif final étant de les réduire de 37,5 % d\u2019ici 2030.Le gouvernement s\u2019est aussi engagé à favoriser l\u2019électrification des transports.Les USA, tout comme le Québec, attendent fébrilement les résultats du vote présidentiel du 3 novembre.C\u2019est le 7 novembre 2020 que Joe Biden devient le 46e président des États-Unis et sa colistière Kamala Harris, la première femme afro-asiatique élue vice-présidente.Cette victoire représente tout un symbole pour la nouvelle génération américaine à la recherche de modèles dans une Amérique dramatiquement divisée par la présidence de Donald Trump.Victoire démocrate ! D\u2019un point de vue des finances, Éric Girard annonce que le déficit budgétaire pour la province sera de 15 milliards $.Les revenus seront de 118,7 milliards $ pour des dépenses de 127 milliards $, dont 1,8 milliard serviront à relancer l\u2019économie.Le Québec enchaîne les records de contamination et le nombre de décès ne cesse d\u2019augmenter.Alors que l\u2019Es- trie passe en zone rouge, on se questionne sur les mesures pendant le temps des Fêtes.Recevoir la famille ou ne pas la recevoir, fêter Noël en grand ou en petit comité, la tendance n\u2019était pas très encourageante et il était fort à parier que l\u2019effort devrait être plus que collectif pour éviter le pire.En arts et culture, une nouvelle fresque voit le jour, réalisée par l\u2019artiste Franco Égalité, avec la collaboration de Kevin Ledo.La murale rend hommage à l\u2019ex-président sud-africain Nelson Mandela, prix Nobel de la paix.Visible sur le mur de l\u2019Église Union United située sur Atwater, au coin de la rue Delisle, elle veut souligner sa visite à Montréal il y a 30 ans.Aussi, l\u2019artiste montréalaise d\u2019origine haïtienne, Rhodnie Désir devient la première personne noire, et la plus jeune, à remporter le Grand prix de la danse de Montréal pour son spectable Bow\u2019t Trail Rétrospek.Enfin, avec la fausse alerte de prise d\u2019otage du siège d\u2019Ubi- soft à Montréal, on découvre le swating.Ce phénomène qui prend de l\u2019ampleur repose sur les signalements malveillants à la police faits dans le seul but de faire intervenir le SWAT dans un lieu ciblé pour assister à la scène en direct, derrière son écran.Alors qu\u2019Ottawa décide une nouvelle fois de prolonger la fermeture des frontières internationales, la préoccupation du mois de décembre était centralisée autour du temps des Fêtes.D\u2019abord autorisées, à raison de deux rassemblements de moins de 10 personnes pendant quatre jours, les célébrations de Noël en dehors de la bulle familiale ont été annulées à cause du nombre de cas et de la situation sanitaire.Avec l\u2019augmentation des cas, des hospitalisations et des décès, au moment de mettre sous presse, de nombreux experts se prononçaient contre les rassemblements des Fêtes, invitant les Québécois à la prudence.Certains parlaient même d\u2019une possibilité de confinement plus intense dès les premiers mois de l\u2019année si la situation ne s\u2019améliore pas.En décembre, on parle beaucoup de vaccination contre la COVID-19.Alors que 21 % des Canadiens sondés par IPSOS se disent incertains de se faire vacciner, 16 % y sont réfractaires.On questionne évidemment la fiabilité et l\u2019efficacité du premier vaccin sorti le 9 décembre, Santé Canada approuvait le vaccin de Pfizer/BioNtech en un temps record en comparaison aux autres vaccins.Au-delà du nombre de vaccins qui seront attribués à chaque province, au prorata de leur population à risque, on parle beaucoup de la crainte d\u2019une législation poussant les citoyens à se faire vacciner.Seuls l\u2019Ontario et le Nouveau- Brunswick exigeaient clairement que les enfants et adolescents aient reçu certains vaccins pour pouvoir fréquenter l\u2019école, à moins d\u2019obtenir une dérogation pour des raisons médicales, de conscience ou croyances religieuses.Pour les autres provinces, comme le Québec, elles recommandent fortement la vaccination sans la rendre obligatoire.Notons aussi le décès du pianiste-compositeur André Gagnon, à l\u2019âge de 84 ans, le 3 décembre.Bien connu au Québec comme à l\u2019étranger, le musicien, chef d\u2019orchestre et arrangeur, a vendu quelque 3 millions de disques dans le monde au long de ses 62 ans de carrière.À l\u2019approche de l\u2019hiver, le campement de la rue de Notre- Dame est démantelé pendant une intervention policiére.Un incendie causé par une bougie a provoqué un changement de ton.380 lits sont proposés à l\u2019Hôtel Place Dupuis en plus d\u2019un endroit où entreposer leurs biens dans l\u2019ancien local du YMCA Hochelaga-Maisonneuve.La famille de L\u2019Itinéraire rend hommage à ses membres décédés cette année : Stéphane Avard, 52 ans, Bernard Leblanc, 64  ans, et Jacques Bond (Élizée), 71 ans, tous des camelots de longue date.Condoléances renouvelées aux familles ainsi qu\u2019à leurs clients fidèles.Le 2 octobre, la gouverneure générale Julie Payette prononce son discours du trône, suivi plus tard par l\u2019adresse à la Nation de Justin Trudeau.Le gouvernement fédéral demande aux Canadiens de faire preuve de prudence.À Montréal et dans la plupart des régions codées rouge, une série de mesures restrictives entrent en vigueur, supposément pour 28 jours.Le 5 du mois, tous les élèves dans les écoles secondaires doivent obligatoirement porter le masque et les sports pratiqués en groupe sont suspendus alors que les bars, restaurants et centres de conditionnement physique sont fermés.Dix jours avant ce qui devait être la fin des restrictions, elles sont finalement renouvelées pour une période indéterminée.Le 9 octobre, Paul St-Pierre Plamondon devient le nouveau chef du Parti Québécois avec 56,06 % des voix obtenues au troisième tour contre Sylvain Gaudreault.Quelques jours après débute le procès de Gilbert Rozon, accusé de viol et d\u2019attentat à la pudeur.Les actes qu\u2019on lui reproche remontent à 1980.Lors de son procès, le fondateur de Juste pour rire et ex-producteur de télé a livré une version des faits où c\u2019est lui qui aurait été une victime consentante lors d\u2019une relation sexuelle inattendue.Dans la nuit du 10 au 11 octobre, Olivier, cinq ans, et son petit frère, Alex, deux ans, sont retrouvés sans vie dans leur résidence située au cœur de Wendakec.Leur père, Michael Chicoine est accusé de les avoir tués.Le 30 octobre à Montréal, Sheffield Matthews, un homme noir de 41 ans est abattu par deux agents du SPVM, sur le chemin de la Côte-Saint-Luc.Les policiers, répondant à un appel d\u2019urgence pour intervenir auprès d\u2019un individu en crise sont accueillis par l\u2019homme qui se dirigeait vers eux, couteau à la main.Le lendemain, la soirée d\u2019Halloween a viré au cauchemar dans le Vieux-Québec lorsqu\u2019un homme vêtu d\u2019un costume médiéval a tué deux personnes et en a blessé cinq autres lors d\u2019une série d\u2019agressions au sabre japonais.Ces trois précédents événements ont remis les problèmes de santé mentale au cœur de l\u2019actualité.En réponse, le gouvernement annonce un investissement de 100 millions $, dont plus du tiers servira à réduire les listes d\u2019attente pour les services de santé mentale.Si cette annonce reste majeure, il faut rappeler qu\u2019elle s\u2019ajoute aux 31 millions $ du plan pour contrer la pandémie, à l\u2019enveloppe de 17,6 millions $ alloués aux organismes communautaires et aux 25 millions $ prévus pour la santé mentale des jeunes déployés à la fin du mois d\u2019octobre.Le mot commençant par N soulève l\u2019indignation lorsqu\u2019une professeure de l\u2019Université d\u2019Ottawa est violemment condamnée par des étudiants pour l\u2019avoir utilisé pendant l\u2019un de ses cours.Au Québec, le débat est disproportionné : certains prônent la liberté académique d\u2019utiliser ce mot que d\u2019autres considèrent comme une insulte, car lié à un passé esclavagiste et colonial encore douloureux.À Montréal, c\u2019est aux familles que revenait la décision finale de fêter ou non l\u2019Halloween.Les activités extérieures ont été privilégiées pour respecter les deux mètres de distanciation et éviter les rassemblements intérieurs avec des amis.Beaucoup de gens ont eu recours à des moyens imaginatifs pour distribuer les bonbons : tubes de PVC, perche à piscine, sac individuels disposés à qui le veut bien.Halloween créatif D A V I D H I M B E R T D A V I D H I M B E R T JUSTINE LATOUR | MILTON FERNANDES 24 itineraire.ca Janvier 2021 La « littératie numérique » \u2014 c\u2019est-à-dire la capacité à comprendre et interpréter des données quantitatives \u2014 est un véritable problème contemporain.Nous sommes inondés de données statistiques à tous les instants dans les bulletins de nouvelles.Taux de chômage ou d\u2019intérêt, ratio dette/PIB, température moyenne, sans compter les multiples sondages qui sont publiés quotidiennement.Or, une grande partie d\u2019entre nous sommes incapables de les lire correctement.Diviser c\u2019est comparer Un ratio ou un pourcentage n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019une comparaison.Par exemple, lorsqu\u2019on note que le taux de chômage est de 10 %, on compare les chômeurs aux personnes en emploi.À cet égard, le choix des deux « populations » comparées est important.Dans le cas du chômage, par exemple, une personne est considérée au chômage non pas uniquement parce qu\u2019elle est sans emploi, mais aussi parce qu\u2019elle est également apte à travailler et recherche activement un emploi.Cela peut paraître très technique, mais c\u2019est d\u2019une grande importance.Une personne au chômage n\u2019est pas une personne qui n\u2019est pas en mesure de travailler à cause de problèmes de santé, ni une mère ou un père en congé parental, ou un.e étudiant.e, par exemple.Lorsqu\u2019on compare, on choisit nécessairement arbitrairement les termes de la comparaison.Cet arbitraire est fondé par des critères scientifiques et méthodologiques, mais leur définition doit tout de même trancher sur certains choix, ultimement.Dans le cas du chômage, « se chercher activement un emploi », ça veut dire quoi ?Envoyer 25 CV par jour ?Faire 35 appels ?Ne pas faire de sieste en après-midi, question de ne pas rater un potentiel appel pour une entrevue ?Il y a quelques années, la chaîne de restauration rapide américaine A&W a mis sur le marché un hamburger d\u2019un tiers de livre de viande, pour concurrencer le célèbre quart de livre de sa concurrente McDonald\u2019s, au même prix que cette dernière.Autrement dit, le message marketing était : vous avez plus de viande chez nous pour le même prix.Ce fut un flop total.Pourquoi ?Parce qu\u2019en anglais, un tiers et un quart se disent respectivement a third et a quarter, laissant sous-entendre que trois est plus petit que quatre.Faire des divisions Discussions plus éclairées Depuis le début de la pandémie, ça s\u2019obstine sur les réseaux sociaux à propos des statistiques de nouveaux cas ou de décès.Particulièrement par rapport au pourcentage de décès.Est-ce qu\u2019ils se comparent à la grippe saisonnière, aux accidents de voiture ou aux suicides ?Mais on compare par rapport à quoi ?Est-ce qu\u2019on divise le nombre de décès par le nombre de cas de COVID diagnostiqués ?Ou par rapport à la population totale ?C\u2019est là un objet de chicanes interminables.Parce que, par exemple, le pourcentage de morts par suicide ou dus à la grippe sont calculés par rapport à la population totale.Mais les données sur les morts causées par la COVID le sont soit par rapport à la population totale soit au nombre de cas diagnostiqués.Ce qui peut paraître comme appartenant à un débat statistique est en fait politique.Les arguments visent, en effet, de part et d\u2019autre, à montrer que la COVID est une maladie grave ou, a contrario, qu\u2019elle n\u2019est qu\u2019« une grosse grippe ».L\u2019enjeu n\u2019est pas anodin.De part et d\u2019autre on cherche soit à minimiser les impacts de la pandémie, soit à conscientiser à sa gravité.Tout ça à coup de divisions arithmétiques.Des divisions qui créent.des divisions politiques.Les données statistiques ne sont jamais innocentes, apprenons à les utiliser avec discernement.Nos discussions collectives n\u2019en seront que plus éclairées et sereines.27 ?n° 153 ?Émilie Roberge ?chargée de concertation communautaire sur les surdoses à la TOMS et Mariana Racine Méndez ?organisatrice communautaire au RAPSIM des ressources qu\u2019elles fréquentent et de les isoler.Ces gestes comportent de biens grands risques et contribuent à les invi- sibiliser sans pour autant agir pour réduire l'itinérance.Reconnaître leur existence en tant que citoyen.ne à part entière et leur offrir plus de services mieux adaptés à ce dont ils et elles ont besoin serait beaucoup plus bénéfique.Augmentation de la présence policière : une solution ?En réponse à la présence de personnes en situation d\u2019itinérance dans leur quartier, plusieurs réclament une mobilisation policière accrue.Pour le RAPSIM et la TOMS cette approche est inacceptable et inefficace.En effet, les personnes autochtones, racisées et/ou marginalisées ont souvent vécu des expériences négatives avec la police et en gardent des séquelles.Le profilage social et racial par le SPVM est bien documenté.Appeler la police ne devrait jamais être la solution face aux désagréments vécus dans les rues surtout si aucun crime n\u2019a été commis.Ce réflexe mène à judi- ciariser les personnes ou les exposer à des abus et susciter plus d\u2019altercations dans l\u2019espace public.De plus, en utilisant leur voix et leur pouvoir, les personnes avec un logement ont une influence sur les orientations des villes et des arrondissements.En demandant une augmentation de la présence policière, c\u2019est des fonds publics qui seront dépensés en ce sens.Alors que le réel impact sur les conditions de vie de tou.te.s ne sera perceptible que si on dirige ces fonds vers des services.Quelques pistes d\u2019actions Vous avez une voix et la chance qu\u2019elle soit écoutée.Demandez plus de services, plus de financement pour des intervenant.e.s qualifiées.Modifiez vos relations avec les personnes en situation d\u2019itinérance.Faites preuve d\u2019empathie, offrez un sourire, un peu de monnaie ou un lunch si possible, créez une relation avec certaines personnes que vous croisez quotidiennement.Allez discuter avec la personne qui s\u2019installe devant votre commerce la nuit, voir s\u2019il est possible de prendre une entente avec celle-ci pour que ça ne nuise pas à votre clientèle mais tout en lui permettant de rester lorsque c\u2019est fermé par exemple.Vous pourriez être surpris.e.s des résultats.La cohabitation sociale est un enjeu complexe, certes, mais n\u2019oubliez pas que vous êtes du côté des privilégié.es.Depuis peu, la présence des personnes en situation d\u2019itiné- rance dans l\u2019espace public est de plus en plus visible.Parmi les discours qui émergent, celui de la peur et de l\u2019intolérance attire particulièrement notre attention.Le RAPSIM et la TOMS (Table des organismes communautaires montréalais de lutte contre le sida) jugent essentiel de rappeler une partie des réalités vécues.Nous faisons appel à votre empathie.L\u2019absence d\u2019espace privé Pour ceux et celles qui vivent l'itinérance, la distinction entre l\u2019espace public et l\u2019espace privé est mince, voire  inexistante.Ce qui veut dire que la majorité de leurs activités se déroulent dans les lieux publics, incluant tout ce que les personnes avec un domicile peuvent faire dans l\u2019intimité.Lorsque vous voyez une personne uriner, se changer, socialiser, etc., rappelez-vous que ces actions, qui peuvent être qualifiées d\u2019incivilités et leur valoir des constats d\u2019infractions, sont essentielles.Nous les faisons également, mais à l\u2019abri des regards.Tou.te.s citoyen.ne.s Les personnes en situation d\u2019itinérance sont des citoyen.ne.s à part entière de Montréal.Elles ont les droits d\u2019y exister et d'en occuper l\u2019espace public.Elles font partie de nos communautés et de nos quartiers.Elles ont une famille, des ami.e.s, une histoire passée, présente et future.Leurs besoins et envies doivent être pris en considération, au même titre que celles des personnes ayant un logement.Tout être humain mérite d\u2019être traité avec respect et considération, et ce, peu importe son statut social ou sa situation résidentielle.Le « pas dans ma cour » Les organismes communautaires en itinérance font face au phénomène du « pas dans ma cour ».Ce discours est souvent porté par les personnes ayant des logements ou par des commerçants qui ne veulent pas voir de personnes en situation d\u2019itinérance dans leurs quartiers.Souvent, ce discours fait surface lorsqu\u2019il est question de leur offrir des services dans un lieu donné.Pourtant, offrir des services ne fait qu\u2019améliorer les conditions de vie des personnes et, conséquemment, réduit cette détresse qui est si difficile à voir.De plus, on sous-entend un désir de déplacer ces personnes.De les déraciner de leur milieu d\u2019appartenance, de les éloigner Message aux personnes ayant un logement 1er janvier 2021 Chronique payée ÉCONOMISTE INDÉPENDANT Un compte rendu de Laurent Soumis, journaliste accompagnateur Une entrevue menée par Mario Alberto Reyes Zamora, camelot JACQUES NADEAU | COURTOISIE REGARDS SUR UNE PANDÉMIE Le 1er décembre dernier, le photographe du Devoir, Jacques Nadeau, lançait son cinquième livre : COVID : 100 jours de confinement.Durant les premiers mois du funeste printemps 2020, il a patrouillé les rues, les parcs et les CHSLD de Montréal à la recherche de visages qui témoignent de la tragique épreuve qui a frappé le Québec et le reste de la planète.Ces clichés témoignent tantôt de tristesse, tantôt de la peur de mourir.Souvent aussi d\u2019une extraordinaire joie de vivre et de survivre.Ils sont empreints d\u2019amour, parce que la vie est plus forte que tout.Et que le photographe aime ses sujets.On ne peut en douter.Il nous présente un ouvrage de 200 pages enrichi des propos de son frère Michel, ancien journaliste et vice-président de la Caisse de dépôt et de placement (CDPQ), de son ami, le ministre fédéral du Patrimoine Steven Guilbeault et de l\u2019homme de scène et militant écologiste, Dominic Champagne, qui signe un billet poignant sur la première vague qui a emporté sa mère.Mme Anne-Marie Boucher, 80 ans exhibe son style covidien avec panache. Dans le passé, Jacques Nadeau a visité la maison de campagne de la Maison du Père.Visiblement il ne regrette pas l\u2019expérience.« J'ai passé trois jours avec eux.Il faut les sortir de Montréal.» La solitude, grande faucheuse Tout au long de son expédition, le photographe a pu compter sur un ami pour conduire son automobile.« Je n\u2019aime pas conduire.Alors quand je sortais d\u2019un CHSLD, je m\u2019asseyais derrière et je travaillais mes photos.Il ne faut pas rester seul.» Surtout quand on côtoie l\u2019insupportable.Jacques Nadeau croit d\u2019ailleurs que l\u2019isolement a fait plus de victimes que le virus.« François Legault parle aux familles, à ceux qui votent.Pas à ceux qui sont tout seuls.Tous les jours, on a vu le trio Legault, Arruda et Dubé à la télé.De temps en temps, j\u2019aurais mis un psychologue à la place pour parler aux gens seuls et qui ont peur.Moi, il m\u2019arrive parfois dans la journée d\u2019avoir une petite période d\u2019angoisse.Up and Down.Alors, imaginez pour ceux qui vivent ça tous les jours, 24 heures par jour.» Quand la mort rôde Dès décembre 2019, Jacques Nadeau sentait que la maladie allait toucher le Québec et prendre des proportions mondiales.Sans trop vraiment savoir de quelle manière.« Je sentais la menace arriver comme un animal le sent dans la forêt.C\u2019était très désagréable comme sensation.» Le 10 mars, pour son journal, il couvrait le dépôt du budget provincial au Centre des congrès de Québec.Trois jours plus tard, avec l\u2019annonce du confinement, il abandonnait tout et décidait de faire un livre.« Je me promenais seul au centre-ville et je sentais cette présence.» La rédactrice en chef du Devoir a compris qu\u2019il valait mieux libérer le chasseur et le laisser traquer sa proie.Pour réussir son projet sans contaminer personne, le photographe savait qu\u2019il lui faudrait « se faire tester » plusieurs fois.À chaque nouvelle rencontre.« Ça fait pas mal, assure-t-il.Il y a des douleurs pires que le bâton dans le nez.Ici au Québec, on ne nous demande pas grand-chose.Porter le masque, un peu de distanciation et puis, des fois, le bâton dans le nez.Ailleurs, dans d\u2019autres pays, ils ont des tsunamis et des grenades qui sautent à côté de chez eux.Voyons donc ! » La pandémie enrichit En parcourant la ville, le photographe \u2013 pourtant Montréa- lais de longue date \u2013 s\u2019est étonné du nombre d\u2019itinérants dans la rue.« On pourrait faire un livre juste sur eux.Ils mangent vraiment une claque.J\u2019en ai jamais vu autant à Montréal.Ça me fait mal.Ce ne sont pas juste des sans-abri, ce sont des gens qui ont de la difficulté à s'adapter au système.La pandémie \u2013 c\u2019est plate à dire - mais ça va beaucoup aider les riches.La preuve: la bourse va super bien.» Jacques Nadeau a tout de même des réserves sur l\u2019ouverture de grands refuges, comme celui tout récent dans un hôtel du centre-ville.« C\u2019est une gaffe épouvantable.On met tout le monde dans le même environnement.Alors\u2026 Qu\u2019est-ce qu\u2019 ils font dans la journée\u2026 Devinez.Oui, ils ne mourront pas de froid, mais je crois qu\u2019 il faudrait plutôt les changer d\u2019environnement.» Dans son ouvrage, le photographe a choisi de ne pas faire de place aux complotistes et autres anti-masques.Leur accorde-t-on trop de publicité dans les médias ?« La seule chose qu\u2019on leur demande, c\u2019est de mettre un masque et de ne pas aller dans les partys tous ensemble.Alors, ils peuvent-tu arrêter de capoter ?» Il enrage de la stupidité des foules.« Je suis allé au bingo à Saint-Jean-sur-Richelieu.J\u2019ai parlé avec des madames qui m\u2019ont dit : \u2018non, non, il n\u2019y a pas de COVID.C\u2019est juste une grosse grippe\u2019.» Le bingo serait-il plus important que la vie humaine ?« Je ne sais pas comment ça marche » Après avoir tant montré, Jacques Nadeau semble en avoir encore beaucoup à dire.« Plus ça va, je me dis qu\u2019avant de partir je vais dire ce que je pense.Rendu à un certain âge (il a 67 ans), tu commences à dire : fuck off ! Ils feront bien ce qu\u2019 ils voudront avec ça.» « Je ne fais pas de la photo parce que j\u2019aime les kodaks.Je ne sais même pas comment ça marche ces affaires-là.(Rires) Mais celui qui l\u2019a inventé est vraiment fantastique.C\u2019est un instrument pour rencontrer du monde.Et dans mon cas, c\u2019est ça.» Puisqu\u2019il est considéré comme l\u2019un des meilleurs photographes de presse au pays, on peut croire que Jacques Nadeau sait un peu comment ça marche.Comme l\u2019entrevue a eu lieu en novembre (avant les nouvelles flambées de cas en décembre et l\u2019annulation des retrouvailles des Fêtes) le photographe juge qu\u2019on ne parle plus beaucoup des personnes âgées dans les CHSLD.« La seule chose qu'on a réglé dans les CHSLD, c\u2019est le salaire des préposés aux bénéficiaires.» Fanfreluche a.rencontré Au fil des rencontres, et avec sa lentille en bandoulière, Jacques Nadeau a fait quelques heureux.Et quelques heureuses, comme Kim Yaroshevskaya, 97 ans.Pour ceux qui s\u2019en souviennent, cette comédienne incarnait le personnage de Fanfreluche à la télévision-jeunesse de 1968 à 1971.Celle qui avait toujours « une histoire à raconter ».« J\u2019ai vraiment un sentiment très fort pour cette dame.J\u2019ai vraiment trippé avec elle.C\u2019est la plus grande expérience que j\u2019ai eue dans ma vie.» Le photographe a aussi rencontré une autre dame âgée de 85 ans qui a survécu deux fois à la COVID.« Sa fille m\u2019a dit que c\u2019est la famille qui la tient en vie.Elle me montrait les photos de ses enfants à travers la fenêtre.Elle était très fière.» Elle s\u2019appelle Jacqueline Sénécal.C\u2019est elle que Jacques Nadeau a choisie pour la page couverture de son livre.Parler des vraies affaires COVID ou pas, Jacques Nadeau dit avoir constaté que la solitude demeure la plus grande tristesse des personnes âgées.« Durant la crise, on a tout fait pour protéger les hôpitaux mais rien pour les CHSLD.Tout l\u2019automne, on a passé des semaines à parler de l\u2019Halloween et du congé de Noël.« Crisse ! On peut tu parler d\u2019autre chose.De la vie dans les CHSLD par exemple.C\u2019est pour ça que j\u2019ai fait le livre.» Douloureux la vingtaine de tests subis au cours de ses photoreportages ?Jacques Nadeau relativise : « Il y a des douleurs pires que le bâton dans le nez\u2026 dans d\u2019autres pays, ils ont des tsunamis et des grenades qui sautent à côté d\u2019eux\u2026 » Place du Canada, avril 2020  : un itinérant se promène dans le centre-ville désert de Montréal.Des proches aidants visitent leur parents à travers la vitre du CHSLD Vigi Mont-Royal.COVID-19 100 jours du grand confinement Jacques Nadeau Les éditions de l\u2019homme, 2020 «  J\u2019ai eu la chance de côtoyer M.Nadeau dans différents événements.Il est pour moi une référence incontournable dans le photojournalisme.J'adorais voir comment il travaillait sur le terrain et c'était pour moi un moyen d'apprendre le métier. » - Mario Alberto Reyes Zamora C A R L A B R A G A 31 itineraire.ca 30 itineraire.ca Janvier 2021 Janvier 2021 Il y a quelques mois, Agathe, camelot de L\u2019Itinéraire, avait suggéré comme activité de fin d\u2019année d\u2019écrire une lettre à ceux que l\u2019on aime.Une idée simple et tellement agréable.Alors si vous n\u2019aviez qu\u2019une lettre à envoyer, pour qui serait-elle ?Je l\u2019écrirais à ma famille.À ma sœur, mon père, ma mère, pour leur dire que je les aime et que je suis content d\u2019avoir passé du bon temps avec eux.Je suis seul en général, et ça me fait vraiment du bien de les voir sur une base régulière, chaque semaine.Le temps en famille est vraiment important pour moi.HUGO THERRIEN CAMELOT MÉTRO VIAU C\u2019est à ma fille et mes crapauds que j\u2019écrirais.La dernière année avant la COVID, on s\u2019est vu souvent.Et là, tout d\u2019un coup, ne plus voir mes petits-enfants, ma fille\u2026 Ça vient me chercher pas mal.Alors je lui écrirais que je l\u2019aime, d\u2019embrasser mes petits crapauds et que j\u2019ai hâte de les revoir.MICHEL DESJARDINS CAMELOT LA CORDÉE, RUE SAINTE-CATHERINE / PARTHENAIS J\u2019écrirais à Madame Girard.C\u2019est ma mère adoptive et une bonne personne.Sans elle, je n\u2019en serais pas là.Quand ma mère est morte, j\u2019ai été gardé par un garde-chasse.C\u2019était rough.J\u2019étais parti de travers et madame Girard m\u2019a donné de bonnes valeurs.Ça m\u2019a pris bien des années à comprendre ce qu\u2019elle voulait me transmettre.JEAN-PAUL LEBEL CAMELOT SAINT-DENIS / EMERY Je n\u2019ai pas vraiment de grands amis et j\u2019ai plus de famille, mais je pense que j\u2019enverrais une lettre à quelqu\u2019un que je veux aider.Sûrement à Jérémie [PAAS Action chargé de l\u2019entretien ménager à L\u2019Itinéraire].Je lui donnerais des conseils, je lui dirais de ne pas lâcher.YVES GRÉGOIRE PRÉPOSÉ À LA DISTRIBUTION C\u2019est vraiment très clair pour moi : j\u2019écrirais à ma cousine qui est aux Îles de la Madeleine.Depuis ma première opération à cœur ouvert, elle et toute sa famille m\u2019ont aidé psychologiquement, moralement, financièrement.Ma famille proche fait comme si je n\u2019existais pas, tandis qu\u2019elle, elle a toujours été là pour m\u2019aider et m\u2019encourager.C\u2019est une personne qui va bien, elle s\u2019aime et aime les autres.L\u2019avoir dans ma vie a vraiment fait une différence pour moi.GILLES LEBLANC CAMELOT BÉNÉVOLE À LA CUISINE Je l\u2019enverrais à mon amoureux.Je lui dirais que je l\u2019aime et que j\u2019ai hâte de le voir.D\u2019ailleurs, il faut que je lui en envoie une.Il veut que je lui écrive une lettre d\u2019amour\u2026 Je l\u2019ai commencée, mais c\u2019est difficile parce que c\u2019est la première fois que j\u2019en écris une.DIANE CURADEAU CAMELOT MÉTRO DE L\u2019ÉGLISE ET PHARMAPRIX WELLINGTON J\u2019écrirais à ma mère.Je l\u2019aime fort, même si je ne la vois pas souvent à cause de la pandémie.Elle me manque.Habituellement, je vais chez elle de temps en temps.Je lui dirais que j\u2019ai hâte de la serrer dans mes bras.J\u2019ai hâte de voir tout le monde en fait.Ça me manque beaucoup.SUZANNE LEBLANC CAMELOT RESTO VEGO SAINT-DENIS ET SAQ CRÉMAZIE / PAPINEAU Si vous n\u2019aviez qu\u2019une lettre à écrire\u2026 itineraire.ca itineraire.ca Janvier 2021 Janvier 2021 33 32 Ghislain Taschereau a le regard espiègle d\u2019un enfant qui s\u2019amuse des interdits, à la barbe de ses parents.Tout du moins, c\u2019est ce que laisse transparaître du haut de ses 57 ans le créateur des célèbres Bob Binette, Dave Ash ou Yasser Arafat lorsqu\u2019il se raconte en entrevue pour L\u2019Itinéraire.Plus encore, c\u2019est sa soif de plaisir et de liberté qui ressortent de ses anecdotes, de son parcours et de ses dernières créations : les Éditions de l\u2019individu et sa nouvelle collection de « romans de gare », Hilare Coquin.MARIE-CLAUDE MEILLEUR A L E X A N D R A G I L B E R T SOIF DE LIBERTÉ par Karine Bénézet Journaliste, responsable de la formation Rires libres Alors peut-on rire de tout ?Déjà, à l\u2019époque de TQS, en 1999, la diffusion de Dieu reçoit avait fait scandale.L\u2019indignation de membres de la communauté catholique avait mené l\u2019affaire jusqu\u2019à la censure.« Ils [TQS] avaient reçu quelques plaintes à cette époque et même des sacs pleins de merde (des vrais !).Mais si tu reçois deux plaintes, vas-tu considérer qu\u2019elles représentent deux millions d\u2019 individus ou 20 personnes ?» Donc, à la question peut-on rire de tout ?, la réponse pourrait être : oui, mais pas avec tout le monde.D\u2019ailleurs, l\u2019humour, c\u2019est entre amis que Ghislain Taschereau le consomme le plus.Et sans censure.« Entre humoristes, on fait des blagues assez crues.J\u2019aime dans leur intimité des personnes comme Martin Matte et Pierre Brassard qui me font beaucoup rire dans la vie de tous les jours.Des fois, c\u2019est quasiment plus que dans les spectacles parce qu\u2019on bascule dans des mondes interdits.» Et l\u2019humour que l\u2019auteur affectionne le plus est l\u2019absurde.Un style aux histoires extravagantes et dont les jeux de mots souvent poussés à l\u2019extrême se retrouvent dans sa nouvelle collection Hilare Coquin.« Dans cette collection, je pogne ma cheville d\u2019humour, je le campe dans des univers dont je vais pouvoir tordre les clichés à l\u2019excès.Mettons que je prenne la politique, le journalisme, la santé, les pompes funèbres\u2026 ce sont des mondes riches de clichés et de bêtises et si tu campes une histoire d\u2019amour là-dedans tu peux vraiment beaucoup t\u2019amuser.» Tel un moine-écrivain, Ghislain Taschereau s\u2019est cloîtré dans son appartement montréalais l\u2019automne dernier pour s'adonner pleinement à l\u2019écriture.Roi et maître Ghislain Taschereau a l\u2019avantage d\u2019être un touche-à-tout.Curiosité naturelle ou force de l\u2019expérience, le milieu de l\u2019humour n\u2019a plus de secrets pour lui.Et lorsqu\u2019il regarde son parcours, c\u2019est sans aucun doute à travers l\u2019écriture qu\u2019il trouve sa plus grande liberté créative et son plaisir.« Avec un film, t\u2019es dépendant de la prise de son, de l\u2019allure qui va être donnée à l\u2019 image\u2026 Alors que dans le roman, tu es roi et maître.Si tu veux que 10 000 personnes fassent du pouce sur l\u2019autoroute 20, tu l\u2019écris et ça existe.» Cette liberté n\u2019a pas de prix.D\u2019où la création de sa propre maison d\u2019édition : les Éditions de l\u2019individu, qui publie et republie ses ouvrages, dont sa dernière collection Hilare Coquin, écrite, promue et dirigée sans aucune contrainte extérieure.L\u2019auteur s\u2019accorde à dire que la littérature reste plus tolérante que le milieu humoristique qui accuse le coup d\u2019une censure de plus en plus vive.« Malheureusement, on s\u2019excuse pour rien.Mais l\u2019humour est une soupape.Les gens sont écrasés par les taxes et apprennent tous les jours les crosses que les gouvernements et les truands font, sans conséquence.T\u2019as besoin de te défouler à ce moment-là.Et s\u2019 il y a trop de susceptibilité, c\u2019est aussi parce que les diffuseurs n\u2019ont pas assez de couilles.» Aujourd\u2019hui, si des diffuseurs parfois frileux refusent un humoriste, il est toujours possible de se tourner vers YouTube, ajoute-t-il.Mais là, « soit ça fait rire les gens, soit tu te fais traiter de tous les noms.» En pleine session de dédicace de son dernier roman.L\u2019inimitable Dave Ash au parler franco américain hilarant.La photo a été prise en Arizona.A L E X A N D R A G I L B E R T Dans son garde-robe transformé en studio, Ghislain termine le montage d'un Arafat, toujours aussi populaire.E M M A N U E L L E F R A N C O E U R itineraire.ca Janvier 2021 35 Un brin justicier Viendra ensuite Le fou est roi.Un roman sérieux.« L\u2019histoire d\u2019un type qui se fait volontairement interner pour comprendre la folie, résume l\u2019auteur.Une bonne brique finalement jetée à la poubelle » après avoir ri à gorge déployée des critiques constructives, mais franchement très inattendues d\u2019un de ses amis qui finira par lui dire : « T\u2019es à ça de la caricature ».« J\u2019avais pas fait mes recherches comme il faut, s\u2019apercevra l\u2019auteur.Elles étaient basées sur les réalités des hôpitaux psychiatriques, mais de la vieille école, à l\u2019époque où « les gens étaient quasiment attachés.».C\u2019est avec TAG (pour tueur à gages) et Étoile tombante que Ghislain Taschereau revient en 2014 et 2015 ; un élan de romans noirs révélant un monde « putréfié par l\u2019argent et le narcissisme », comme le décrivait alors un article du Devoir.D\u2019ailleurs se décèle à travers ces œuvres une facette insoupçonnée de l\u2019ex-Bleu Poudre : l\u2019engagement social.Insoupçonnée, car « quand tu fais de l\u2019humour, on ne te demande pas en entrevue ce que tu penses des abris fiscaux ou du gouvernement, précise l\u2019auteur avant d\u2019ajouter que tant qu\u2019 il y aura de l\u2019argent sur cette Terre il n\u2019y aura ni équité ni justice sociale ».Pour les nostalgiques et amoureux de Specteur, mademoiselle Zelle et autres personnages rocambolesques, 2021 annonce la publication des deux derniers tomes de L\u2019Inspecteur Specteur, par les Éditions de l\u2019individu.Quant aux romans de la collection Hilare Coquin, le premier de la série, Les dents de l\u2019amour, est disponible depuis octobre 2020.Il faudra cependant attendre l\u2019automne prochain pour savourer le second.13 ans, c\u2019est long ! Trentenaires et moins, il y a fort à parier que le nom de Ghislain Taschereau suscite chez vous la réaction suivante : « ?».Par contre, celui des Bleu Poudre fait certainement émerger un « Ah, oui, bien sûr ! ».Rien d\u2019étonnant à cela.Car l\u2019auteur et humoriste a bel et bien marqué la culture québécoise d\u2019un rire indélébile, depuis ses premiers pas à l\u2019émission 100 limites en 1989 jusqu\u2019à la fin des Bleu Poudre en 1997.Sans oublier les fantastiques et érotiques aventures de L\u2019Inspecteur Specteur.Mais il s\u2019est aussi absenté de l\u2019avant-scène littéraire pendant 13 ans, après la publication de son quatrième roman, Diane la foudre.Treize ans, c\u2019est long.« Les gens peuvent facilement t\u2019oublier », exprime celui dont l\u2019un des premiers romans, L\u2019Inspecteur Specteur et le doigt de la mort, s\u2019est tout de même vendu à plus de 20 000 exemplaires en 1998 (rappelons qu\u2019au Québec, on parle de 2000 à 5000 exemplaires vendus pour accéder au statut de best-seller).Si en 13 ans le monde est passé à autre chose, Ghislain Taschereau, lui, n\u2019a pas chômé.Une grande part de son énergie a été consacrée à la création et à l\u2019orchestration de la websérie TVPT.TV, lancée par Radio-Canada en 2008.Ces capsules humoristiques de quatre minutes amorçaient la stratégie de « conquête » d\u2019internet par Radio-Canada et un retour à la télé de l\u2019humoriste.Malheureusement, la visibilité de ce travail a été tuée dans l\u2019œuf.« Les gens qui m\u2019avaient signé ont disparu quelques mois après, raconte l\u2019auteur.Ils ont été remplacés par un nouveau directeur qui n\u2019aimait pas vraiment ce que je faisais.» Essayez donc de googler « TVPT + Radio-Canada », vous trouverez quelques articles et gazouillis tout au plus.« Y\u2019a des gens qui connaissent à peu près tout ce que j\u2019ai fait dans la vie, mais pas ce projet.C\u2019est dire à quel point il a été écarté.» Vous souvenez-vous du groupe humoristique Les Bleu Poudre avec Pierre Brassard, Jacques Chevalier et Ghislain Taschereau, qui ont sévi de 1989 à 1997 ?Que dire de leur humour décapant, irrévérencieux, un peu baveux et de leurs personnages tout simplement désopilants : Bob Binette, Ginet Robidoux, Raymond Beaudoin, Jacques Chevalier-Longueuil et plusieurs autres.Dire que j\u2019ai regardé leurs émissions 100 limites et Taquinons la planète religieusement est un euphémisme.J\u2019adore ce genre d\u2019humour un peu beaucoup sale et méchant qui, malheureusement pour moi, a tendance à disparaître ; du fait peut-être d\u2019une forme de bien-pensance qui nous assujettit au politiquement ben trop correct à mon goût ou de ce que j\u2019ose appeler une « rectumtitude » politique.Combien de politiciens et artistes ont été égratignés par Raymond Beaudoin ?Les premiers exemples qui me viennent en tête : Michèle Richard à son mariage ou encore Pierre Elliott Trudeau, qui avait donné un bon coup de pied dans les roubignoles de cet hurluberlu.Souvenez-vous de Simon Durivage déguisé en Bob Binette et surtout de Ghislain Taschereau doublant Yasser Arafat.Tout simplement génial ! Ils ont aussi fait deux spéciaux de fin d\u2019année hallucinants.Faux bulletins de nouvelles, interviews trafiquées, doublages loufoques, tel était le genre d\u2019humour de cette joyeuse bande de têtes à claques.Et comme disait Yasser Arafat : Salut mes kârosses ! L\u2019ÉPOQUE DÉCAPANTE DES BLEU POUDRE Camelot Jean Coutu Beaubien / 28e Avenue par Christian Tarte L\u2019ORIGINE DE KÂROSSE Chez Ghislain Taschereau, la blague et les tours étaient une norme.Avec un père garagiste d\u2019un tout petit village du Centre- du-Québec, l\u2019auteur a vu défiler de vrais personnages ! « Toute la clientèle de mon père était faite de cultivateurs, conte-t-il.Ils avaient des bouilles, des façons de s\u2019exprimer\u2026 pour moi c\u2019était de la viande.Je m\u2019en suis servi pendant mes années de télé, pour donner à mes personnages une couleur propre à ce que j\u2019avais assimilé toute ma jeunesse.» C\u2019est ainsi que naîtra Karôsse, inspiré d\u2019un des clients du père de l\u2019auteur, qui employait toujours ce mot-là au point d\u2019en hériter comme surnom.Même s\u2019il a été longtemps absent du petit écran, Ghislain Taschereau n\u2019a pas chômé pour autant ! Les dents de l\u2019amour Ghislain Taschereau Éditions de l\u2019individu, 2020 L\u2019inspecteur Specteur et le doigt de la mort Ghislain Taschereau Éditions de l\u2019individu, 2020 S T U D I O G A R D E R O B E | G H I S L A I N T A S C H E R E A U J E A N - M A R T I N M I G N E A U L T L\u2019inoubliable Bob Binette en Père Noël, dans son habituel état second.TAG Ghislain Taschereau Éditions de l\u2019individu, 2014 itineraire.ca itineraire.ca Janvier 2021 Janvier 2021 37 36 Camelot à la distribution par Roger Perreault Au commencement, Victoire Ce livre est l\u2019autobiographie de la jeune Victoire au moment de son retour dans son village natal, en 1898.Après avoir passé sept ans dans un couvent, où on a tenté de la persuader de prendre le voile, alors qu\u2019elle n\u2019éprouve à cet égard aucun intérêt, alors qu\u2019elle ne souhaitait, comme elle nous le dira, qu\u2019acquérir une éducation, de l\u2019instruction devrait-on dire, que son modeste village natal ne pouvait lui offrir.L\u2019amour interdit Victoire vit avec son frère Josaphat, violoniste, mais « violoneux » pour gagner sa vie, à la suite de la mort de leurs parents, « partis.De façon atroce.De la pire des façons », dira-t-elle.De son côté, Josaphat, avec qui Victoire entretient depuis l\u2019enfance une très grande amitié, a vu se transformer cette amitié en un amour dévorant qu\u2019il tentera de lui communiquer par sa musique.Or, Victoire, que les années de couvent ont retirée de la réalité du monde, sent lentement se développer en elle de nouvelles sensations.Et plus tard, sur le point de succomber à l\u2019amour, elle se demandera à nouveau si cette musique n\u2019était pas « le prélude à quelque chose de grand [\u2026] » De ces deux orphelins incestueux vont naître Albertine, puis Gabriel, le mari de la Grosse Femme et le père de Jean-Marc, alias Michel Tremblay.Mais une fois le livre refermé, il subsiste une question.Comment se fait-il qu\u2019en aucun temps, l\u2019inceste ne soit abordé sinon par Rose, Violette, Mauve et leur mère Florence, des muses imaginaires qui enseigneront la musique à plusieurs des personnages de Tremblay.L\u2019auteur répondra à cette question en entrevue à Tout le monde en parle : « Les quelques fois où j\u2019ai eu à parler d\u2019un amour parfait, inconditionnel, je me suis servi de ce tabou.Je me suis dit : deux humains qui s\u2019aiment, quand il y a un tabou entre les deux, qu\u2019est-ce qui se passe ?Leur amour est tellement irrésistible qu\u2019 ils ne pensent même pas que c\u2019est tabou.» Merci à Guy A.Lepage de lui avoir demandé comment il avait réussi à rendre beau et poétique un amour incestueux.Par ailleurs, si l\u2019amour inconditionnel est au cœur de ce roman, Victoire ! revête d\u2019autres dimensions, dont celle de la religion.On peut alors voir dans le retrait de Victoire de sa sphère religieuse ainsi que le rôle que Tremblay fait jouer au curé dans sa fuite, une occasion pour l\u2019écrivain d\u2019encore une fois dénoncer le pouvoir et les agissements de certains membres de l\u2019Église et de défendre la place de femmes dans la société.Le tout avec la plus grande subtilité.Ce tabou, s\u2019il en est, ce doit, je pense, d\u2019être regardé avec les yeux du temps et des personnes impliquées, comme me l\u2019avait conseillé Serge Bouchard, anthropologue, mais aussi pourrait-on ajouter, philosophe et sociologue, que j\u2019ai un jour eu la chance de rencontrer et qui m\u2019avait alors fait comprendre l\u2019importance du contexte pour analyser une situation avec justesse.D\u2019un roman à l\u2019autre L\u2019univers de Michel Tremblay est riche de personnages complexes qui vont et viennent d\u2019un livre à l\u2019autre, passent d\u2019un roman à un autre, d\u2019un roman à une pièce de théâtre ou vice-versa.Victoire, pour ne parler que d\u2019elle, est un personnage que l\u2019on retrouve dans « La grosse femme d\u2019à côté est enceinte, Thérèse et Pierrette à l\u2019école des Saint- Anges ou encore Des nouvelles d\u2019Édouard, romans de la série des Chroniques du Plateau Mont-Royal.Mais dans ces derniers, ce n\u2019est pas d\u2019une jeune fille que l\u2019on parle, mais plutôt d\u2019une vieille femme qui vit rue Fabre avec toute sa famille.Victoire ! devient alors le début de tout, le roman à lire en dernier pour comprendre la genèse d\u2019un monde extraordinaire.Et des personnages, il y en a ! L\u2019édition sortie dans les années 90 de L\u2019univers de Michel Tremblay, Dictionnaire des personnages, en recensera déjà quelque 2170 répartis au travers de 44 ouvrages.En 2009, une mise à jour en ajoutera 890.C'est dire l\u2019abondance de l\u2019œuvre de l\u2019auteur.Cette petite plaquette, Victoire !, de 136 pages m\u2019a transporté.Elle m\u2019a replongé dans de si beaux souvenirs de lecture de l\u2019univers de Tremblay.Auteur, entre autres, de 38 romans, l\u2019ensemble du travail de Michel Tremblay lui a valu un nombre incalculable de prix et de titres prestigieux, de Chevalier de l\u2019Ordre des Arts et des Lettres de France en 1984 au Grand prix de francophonie de l\u2019Académie française en 2018, en passant par l\u2019Ordre des arts et des lettres du Québec, en 2015.L\u2019univers de Michel Tremblay est riche de personnages complexes qui vont et viennent d\u2019un livre à l\u2019autre, passent d\u2019un roman à un autre, d\u2019un roman à une pièce de théâtre ou vice-versa.Quel beau livre que ce dernier Michel Tremblay, Victoire !, publié en septembre dernier chez Leméac/Actes Sud.Un « livre ode » à la beauté ; la beauté de la campagne, celle des Hautes-Laurentides, de la vie, et, comme souvent dans l\u2019œuvre de l\u2019auteur, de la musique.Un roman sur le couple fondateur du monde de Tremblay et de ses personnages qu\u2019il aura pris plaisir à décortiquer et à comprendre lui-même au fil de l\u2019écriture.Victoire !, c\u2019est aussi une pensée adressée à l\u2019éditrice de l\u2019auteur, décédée en 2019, qui avait semé chez lui l\u2019idée de ce récit.C R E A T I V E C O M M O N S 38 itineraire.ca Janvier 2021 39 Janvier 2021 itineraire.ca J\u2019ai revu récemment le téléroman Entre chien et loup écrit par Aurore Dessureault Descôteaux.J\u2019ai lu sur elle, par curiosité.J\u2019ai découvert que cette femme avait fait de grandes choses que j\u2019ignorais, alors que j\u2019ai eu l\u2019occasion de parler avec elle lorsqu\u2019elle vendait son livre sur St-Narcisse pendant les ventes trottoir de Grand-Mère, petite ville de la Mauricie, dans les années 80.C\u2019est seulement maintenant que je me rends compte avoir rencontré une femme d\u2019exception d\u2019une grande simplicité.Tellement, qu\u2019à ce moment-là je n\u2019ai pas vu toute sa valeur.Je savais que son téléroman avait des cotes d\u2019écoute de trois millions, mais rien de plus.Il a d\u2019ailleurs joué pendant huit ans.J\u2019ignorais presque tout d\u2019elle qui vivait dans la même ville que moi, et ce, même si j\u2019étais fière de son succès et qu\u2019elle fasse connaître notre région.Engagée pour sa communauté Née en 1926, Aurore Dessureault Descôteaux n\u2019a pas fait de longues études.Elle a été à l\u2019école de rang de St-Narcisse, s\u2019est mariée jeune, a déménagé à Grand-Mère et a eu huit enfants.À cette époque, la religion prenait une grande place et les femmes étaient reléguées au second plan.Cela ne l\u2019a pourtant pas empêché de s\u2019engager dans sa communauté pour changer les choses.En 1969, elle est la première femme invitée à dire un sermon au Sanctuaire Notre-Dame du Cap-de-la-Madeleine, après avoir reçu la même année le prix de la Femme canadienne-française de l\u2019année par le magazine Châtelaine.À Grand-Mère, elle rend possible la création de la bibliothèque et aide celle d\u2019un centre de plein air et d\u2019un festival des artisans.Elle a également travaillé auprès des personnes âgées et à la télévision communautaire.Améliorer le sort des femmes Féministe, elle a été vice-présidente du comité féminin de la Confédération des syndicats nationaux, a collaboré à la fondation de l\u2019Association féminine d\u2019éducation et d\u2019action sociale de la paroisse Saint-Paul et en 1982, à la création d\u2019un centre de femmes.Même dans Entre chien et loup qui se passe en 1900, elle exprimait le désir d\u2019émancipation à travers ses personnages : les femmes de la famille Bernier qui étaient à la fois soumises aux pressions de la religion tout en les combattant pour vivre ce qu\u2019elles souhaitaient.Elle a également gardé son nom de famille, bien avant que cela devienne obligatoire par la loi, en 1981.L\u2019écrivaine Aurore Dessureault était également journaliste et écrivaine.Elle a rédigé des textes dans des journaux et des revues sur l\u2019histoire et les femmes, ainsi que trois pièces de théâtre, trois livres [dont un à ses frais], et un texte pour la radio.Passionnée d\u2019histoire, elle a réalisé une recherche auprès de 200 familles pour s\u2019informer de comment était la vie à cette époque.Enfin, elle écrira le téléroman historique Entre chien et loup.Débrouillarde, mais sans formation en scénarisation, il lui a fallu observer plusieurs séries télé pour en comprendre la mécanique, le minutage, le fonctionnement et finalement proposer le projet à Radio-Canada, deux ans avant la diffusion de Le temps d\u2019une paix.Son idée sera cependant refusée.Par ailleurs, de mauvaises langues disaient alors qu\u2019elle avait copié cette série télé alors que certains de ses personnages étaient nés dans des textes précédents.Ma mère et mes tantes étaient de son âge, mais aucune ne réalisait des choses comme elle, bien qu\u2019elles n\u2019aient eu que quelques enfants.Alors, je suis épatée de tous ses engagements.Il y a des gens qui réalisent de grandes choses sans s\u2019en vanter, pour apprendre et bâtir un monde meilleur.Des gens d\u2019une grande richesse qui mériteraient une plus grande reconnaissance.Alors qu\u2019on a tendance à remarquer des gens qui parlent plus qu\u2019ils n\u2019agissent ; selon mes connaissances, parce qu\u2019ils se sentent inférieurs et combattent cela en mentant.La femme derrière Entre chien et loup Texte à la mémoire d\u2019une femme admirable, Aurore Dessureault Descôteaux [1926-2015].Camelot Laurier / Chambord et métro Laurier par Pierrette C R E A T I V E C O M M O N S « Cher monsieur, êtes-vous confortable ?J\u2019espère que vous allez bien.Je vous souhaite bonne chance et du courage.Je vous souhaite aussi de la chaleur.Joyeux Noël » Les élèves des classes de 4e et 5e année de l\u2019école primaire Saint-Nom-de-Jésus dans Hochelaga- Maisonneuve ont créé à l\u2019intention de nos camelots de très jolies cartes personnalisées.Et le résultat va droit au cœur ! Leur enseignante, Josée Madore, est responsable de cette initiative.Dans les derniers mois, elle a constaté que les enfants ont été témoin dans leur quartier d\u2019inégalités sociales telles l\u2019itinérance et la pauvreté, et en ont été interpellés.Elle les a donc invités à écrire des vœux à nos camelots, qui, depuis un bon moment, en arrachent en raison de la pandémie.Les mots rédigés par les enfants étaient touchants, inspirants et ont certainement atteint leur cible.De la part des camelots et de toute l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire qui ont été émus par ce beau geste : un immense merci à Josée, à toutes les enseignantes, et surtout, aux élèves ! Des souhaits venus du coeur A L E X A N D R E D U G U A Y LUC DESJARDINS 41 itineraire.ca itineraire.ca Janvier 2021 Janvier 2021 40 Humoriste Marie-Ève Saucier Notre 2020 Ouf, quelle année mouvementée ! 2020 a brassé au point où je peux me permettre de débuter un article par « ouf ! 2020 m\u2019a donné envie de composer une revue de l\u2019année familiale.T\u2019sais, la carte avec la photo malaisante et le texte mal ponctué que les familles qui trippent ben trop sur le camping envoient à tout vent pour se penser bonnes ?Je suis rendue là et voici ce que ça donne.« Chers parents et amis, Bien que 2020 nous ait tiré autant de jus qu\u2019une toune de Yoko Ono, nous sommes heureux de vous rapporter les faits saillants de l\u2019année.Papa travaille fort, les enfants ont de bonnes notes et je canalise toujours mon exaspération en hurlant dans le garde-robe de ma chambre.Les chats sont encore en vie et notre cochon de compagnie a enfin réussi à mâcher un trou dans son lit à 150 piastres.Janvier a débuté sur une note assez raide lorsque Papa s\u2019est plaint d\u2019une douleur entre le pouce et l\u2019index.Au départ, je ne l\u2019ai pas pris au sérieux parce qu\u2019il a tendance à dramatiser les petits bobos.Je ne suis jamais tombée dans un volcan plein de lames de rasoir salées, mais je suis pas mal sûre que si ça arrivait, je ferais les mêmes sons que Papa quand il se fait un papercut.C\u2019est quand j\u2019ai vu son bras enflé comme s\u2019il benchait 400 depuis 1987 que j\u2019ai compris que c\u2019était sérieux.Papa avait une cellulite infectieuse.Ce n\u2019est pas l\u2019anecdote du siècle, mais ça ferait un bon sujet de chanson pour un retour des Frères à Ch\u2019val.Un autre mois, un autre drame : en février, le monde entier est secoué par les jokes plates du 29 février.Tous les internautes du globe font leur petite blague à la sauce \u201cAllô, Moi-Dans- Quatre-Ans !\u201d, sur les réseaux sociaux, causant le plus gros mal de tête collectif jamais enregistré à l\u2019échelle mondiale.Cette catastrophe nous aura au moins préparés à affronter la pandémie de COVID-19.Mars : Trois jours après le retour de la semaine de relâche, les écoles ferment et je deviens une autre personne.Je passe de la maman l\u2019fun qui vient te chercher à l\u2019arrêt d\u2019autobus à la madame épeurante qui t\u2019apprend l\u2019alphabet en oubliant de mettre un pantalon.Les 108 jours passés avec elle m\u2019ont fait me demander ce que j\u2019ai fait pour mériter une famille aussi parfaite.108 jours en confinement avec une quadragénaire qui découvre TikTok, c\u2019est assez pour mal virer.Ma famille est restée forte, ma famille est restée saine et surtout, ma famille est restée.Contrairement à plusieurs « amis » Facebook.On en a perdu beaucoup cette année.Avril : Alors que la courbe atteint son pic, plusieurs cerveaux croulent sous le stress.Des gens qui nous connaissent depuis toujours nous reprochent d\u2019avoir changé.Peu à peu, ils pensent qu\u2019on est devenus des moutons.Je ne vous cacherai pas que dès les premières accusations, le doute s\u2019est installé chez moi.Il m\u2019est arrivé de m\u2019embarrer dans la salle de bain pour inspecter mon corps, à la recherche de traces de laine et de sabots.Ce n\u2019est qu\u2019en mai que j\u2019apprendrai qu\u2019un mouton, c\u2019est un humain qui respecte les mesures sanitaires mises en place pour freiner la pandémie.Je remets en question mes croyances sur la provenance de la laine.Ce fut un mois très sombre qui a rendu juin et juillet jubilatoires avec l\u2019ouverture des camps d\u2019été.Après les vacances d\u2019août, les enfants ont enfin retrouvé leurs camarades de classe.En plus de reprendre mon souffle, j\u2019ai profité d\u2019un gros lousse de temps pour me pencher sur l\u2019opinion de mes anciens amis Facebook devenus conspirationnistes.Tout l\u2019automne, j\u2019ai « fait mes recherches ».« Faire ses recherches », c\u2019est consulter des sites internet louches, danser sans masque dans un centre d\u2019achats et faire des commentaires pleins de fautes durant les conférences de presse en direct du premier ministre.Si on a des questions, il suffit de crier « Lucie Laurier » trois fois devant un miroir pour faire apparaître les frères Tadros et leurs réponses de tout\u2019 croches.Cette année déstabilisante se termine avec le choc d\u2019apprendre que nous ne pourrons pas fêter Noël ensemble, chers parents et amis.Mais ne soyez pas fâchés.Soyez patients, soyez braves ; soyez bons.Une date, c\u2019est un chiffre classé par On-Ne-Sait-Qui.L\u2019amour, c\u2019est inexplicable.Intemporel.On n\u2019a pas besoin de date pour s\u2019aimer, de près ou de loin.Très bientôt, on se sautera dans les bras en disant ouf ! 43 itineraire.ca Janvier 2021 SIOU CAMELOT MONT-ROYAL / FULLUM BD publicité Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo de notre photographe bénévole Mario Alberto Reyes Zamora ?Bonne chance ! Grille numéro : 72658 1 2 8 3 4 5 4 5 6 7 7 5 8 9 2 8 3 4 7 4 8 9 2 9 5 1 6 6 2 2 1 8 4 7 7 4 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Solutions dans le prochain numéro Quantièmes Appuyés Ponces Exposeras Toilettes Habituels Balle Souplesse Voyageur Stabilisera Crénelas Neutralité étatique Informa Or Étain Terre entourée d\u2019eau Sèchent Que je rigole Écoulâtes Argon Noir de fumée Erbium Qu\u2019il coupât Infinif Débité Ruisseau Or Parasite Énerva Essaie horizontalement 1.Étendue de la juridiction d\u2019un officier de la cour.2.Brûler la végétation pour fertiliser le sol.- Allures.3.Larme.- Centrée.4.Émettre des tiges secondaires.- Avalé.- Chrome.5.Deux.- Spiritueux.- Titane.6.Calcaire pulvérisé et moulé.- Qualifie un frère.7.Transcription du monogramme grec du Christ.- Largeur d\u2019une étoffe.8.Symbole.- Petit.- Dans les .9.Vagabondons.- Détiennent.10.Robuste.- Bêtise.verticalement 1.Caractères septiques.2.Élucidera.3.Fête chrétienne.- Interjection marquant un sentiment vif.- Rigolé.4.Bouillonnement.5.Traitement.- Hep.- Issu.6.Psitt.- Dieu égyptien.- Unis.7.Arme.- Finassa.8.Action de renverser.- Atome.9.Juive rivale des pharisiens.10.Titre anglais.- Tour.11.Capable de se dresser.12.Alcaloïdes.Perses Espaces de temps Enleva Germandrée Confirmera Distille Inscription funéraire Espadon Sortie Expulser Caractère germanique Quantité Luth Largeur Cale Dans Prière Salve Autochtones Bourres Bleu Règle Radote Halera Langue Crie Signification Deux Vignobles Érigée T E U R N E E O E P E R S S S A S E U O T R M E E R O U A E T S E V T R I S L E O D S E A B T I E E N T I E R R A E N E R C U S E V A U C E R P E I T P A H E 4 6 5 3 6 9 2 1 3 4 5 7 8 5 7 3 9 2 8 6 1 4 1 8 4 6 5 7 9 2 3 3 5 8 4 9 2 1 6 7 4 6 7 8 1 5 2 3 9 2 1 9 3 7 6 4 8 5 9 2 1 7 4 3 8 5 6 8 3 5 2 6 9 7 4 1 7 4 6 5 8 1 3 9 2 - Décembre 2020 Merci pour tout ! Milton Fernandes détente DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte  : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : TORRÉFIÉ À MONTRÉAL 514 321-4121 \u2022 1 800 361-4121 CAFEBROSSARD.COM Bien emmitouflé dehors ou confortablement assis chez soi , quand le mercure descend, rien de mieux qu\u2019un bon café pour se réchauffer.M ARCHAND DE B O NHEUR , M ARCHAND DE CHALEUR ?! 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