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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
mardi 15 février 2022
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2022, Collections de BAnQ.

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[" MOIS DE L'HISTOIRE DES NOIRS Volume XXIX, n?04 Montréal, 15 février 2022 PAYEZ VOTRE MAGAZINE PAR TEXTO AUPRÈS D\u2019UN CAMELOT AUTORISÉ P U B L I C I T É L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Robert est né dans l\u2019est de Montréal.Dès l\u2019âge de 9 ans, il se met à entendre des voix.La médication de l\u2019époque n\u2019arrive pas à soulager son mal et c\u2019est à l\u2019âge de 14 ans qu\u2019il découvre que l\u2019alcool dissipe sa gêne et fait taire ses monstres.« J\u2019ai ressenti un relâchement, je n\u2019étais plus gêné, j\u2019entendais plus de voix, c\u2019était génial.Dans ma tête je venais de trouver la potion idéale contre mes cauchemars, les choses que je voyais bouger, tout le kit.» Sauf que tout cela le porte à la surconsommation d\u2019alcool et de drogues et de fil en aiguille, à la prostitution.À l\u2019âge de 16 ans, la famille déménage, loin de ses amis, de son école, de tout.« J\u2019ai trouvé ça difficile, ce qui fait que j\u2019ai augmenté ma consommation.» Plus tard, il rencontre une barmaid qui devient la mère de sa fille.Dès le début de sa grossesse, elle arrête tout et devient complètement sobre.Lui continue de consommer et elle lui lance un ultimatum : ses chums ou la famille.Il choisit ses chums et se retrouve dans la rue.Le goût de la drogue est trop fort.Heureusement que la Old Brewery Mission est là pour assurer le filet de sécurité.« Je buvais et je sniffais tout mon chèque.» A 50 ans, il aura fallu une overdose pour que commence sa nouvelle vie.Pris alors en charge par l\u2019hôpital Douglas et la maison Claude Laramée, il habite maintenant dans un appartement supervisé et grâce à une bonne médication et un suivi psychologique, il change, et tout ça fait partie de son passé.Il a peu de contact avec sa fille qu\u2019il croit mal informée sur la maladie dont il souffre.Souhaitons-lui qu\u2019elle découvre bientôt quel être d\u2019exception son père est devenu.A L\u2019Itinéraire, il fait partie d\u2019une grande famille où il se sent traité avec respect.« Ça comble un vide, je n\u2019ai pas le goût de boire, je n\u2019ai pas soif.» Ses clients sont des gens aimables et généreux.De plus, il garde un très bon contact avec son père.« Au moins je me dis, j\u2019ai mon père, je peux compter sur lui.» Robert est une source d\u2019inspiration par sa façon de raconter son parcours sans aucune pudeur, sans complexe, sans retenue.Sa détermination et sa grande résilience font de lui une personne remarquable.Je vous souhaite d\u2019avoir comme moi la chance de croiser Robert un jour.« C\u2019est possible d\u2019arrêter, même à 55 ans.Je veux communiquer mon expérience et ma réussite.» Camelot n° 1908 \u2022 Âge 55 ans Point de vente Métro Jolicoeur Robert Patenaude Par Anita Barsetti ?Bénévole à la rédaction CARLA BRAGA RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Charles-Éric Lavery, chef du développement et de l\u2019impact social à : c.e.lavery@itineraire.ca | 514 597-0238 poste 222 NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Mots de lecteurs VENTES PUBLICITAIRES 514 597-0238 poste 234 publicite@itineraire.ca Interaction du quartier Community Council Peter-McGill IMPRIMEUR SOLISCO 120, 10E RUE SCOTT (QUÉBEC) Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thi- vierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difÏculté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.P R I X J U D I T H - J A S M I N 2 0 2 0 F P J Q Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur ADMINISTRATION ESTELA SOLORZANO Responsable de la comptabilité JAVIER BERNAL Commis au dépot RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef ALEXANDRA GUELLIL Journaliste responsable société KARINE BÉNÉZET Journaliste responsable de la formation des participants SIMON BOLDUC Chargé de projet - Journalisme CARLA BRAGA Création visuelle Photo de La Une EMANUELLE BERNARDO Photomontage CARLA BRAGA DÉVELOPPEMENT PHILANTHROPIQUE ET RÉSEAUX SOCIAUX JOSÉE LABRECQUE Conseillère principale développement philanthropique PASCALE PLANET Gestionnaire de communauté DÉVELOPPEMENT SOCIAL CHARLES-ÉRIC LAVERY Chef du développement et de l\u2019impact social VANESSA TREMBLAY Chargée de projets \u2013 Distribution ISABELLE LACHARITÉ, THOMAS WAYLAND et MAUDE M.-ROMPRÉ Intervenants psychosociaux PIERRE TOUGAS Responsable du Café JEAN-CHRISTOPHE RUEL Coordonnateur service alimentaire PROGRAMME MAISON RONDE MARILOU MAISONNEUVE Chargée de projets DENIS DI TOMASSO Coordonnateur à la formation des participants JEANNE MARION Intervenante CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Présidente JESSICA MAJOR - Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L./ s.r.Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Trésorier NICK KAMINARIS - Nuvei Secrétaire EMNA BRAHAM Administrateurs MIVILLE TREMBLAY SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit JEAN-CLAUDE NAULT - Camelot de L\u2019Itinéraire JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire ROGER PERREAULT - Camelot de L\u2019Itinéraire DANIEL PRINCE - Représentant des camelots BÉNÉVOLES CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION, ANITA BARSETTI et JEAN TALBOT Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE et SYLVIE POIRIER Bénévoles à la révision On aime ça vous lire ! Vous nous dites souvent que vous aimez L\u2019Itinéraire, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement.15 février 2022 Volume XXIX, no 04 Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef Voici notre deuxième édition de février dédiée au Mois de l\u2019histoire des Noirs, que nous vous proposons avec fierté.Si, en anglais, on parle de Black History Month, en français il est autant question d\u2019Histoire avec un grand H que des récits de tous les jours et des grands exploits et accomplissements qui sortent de l\u2019ordinaire.Des histoires qui parlent de la réalité de nos concitoyens noirs, que beaucoup trop de gens ignorent encore aujourd\u2019hui.Par exemple, les cheveux des personnes afrodescendantes.Pendant des années \u2014 et encore de nos jours \u2014 beaucoup d\u2019hommes, mais surtout des femmes noires \u2014 cachaient leurs cheveux naturels sous des perruques ou les altéraient avec des lissages et des tressages pour répondre aux diktats de la société.Bien sûr, c\u2019est un choix personnel que d\u2019aucuns ne pourraient remettre en question, mais il faut dire que ces manipulations et produits utilisés ont souvent des effets dommageables sur la chevelure.Mais depuis les années 60, le phénomène d\u2019arborer fièrement leurs frisettes au naturel ou, selon le terme péjoratif à proscrire, leurs « cheveux crépus » prend de l\u2019ampleur.Assumer sa capillarité naturelle est devenu un symbole d\u2019affirmation de soi.Comme le dit si bien une interlocutrice que notre journaliste Alexandra Guellil a interviewée : « Mes cheveux sont importants, c\u2019est mon héritage et je suis fière de ce avec quoi je suis née.J\u2019ai appris à m\u2019aimer comme je suis, sans artifices [\u2026] ».Touche pas à mes cheveux ! Personnellement, je connais un jeune homme noir, musicien talentueux de son état, qui arbore un spectaculaire afro au naturel.Il porte sa chevelure imposante avec fierté et ça lui va bien.Plus qu\u2019un attribut capillaire, c\u2019est un véritable statement qui le distingue.Mais croyez-le ou non, y\u2019a toujours une personne (habituellement blanche) qui prend la liberté de lui mettre la main dans les cheveux.Petit message : il n\u2019aime pas ça.C\u2019est malaisant et irrespectueux, même si ce n\u2019est pas l\u2019intention au départ.Imaginez qu\u2019un étranger ou une simple connaissance vienne vous ébouriffer les cheveux\u2026 pas sûr que vous apprécierez ! Par ailleurs, les personnes afrodescendantes sont aussi souvent aux prises avec des problèmes de peau bien spécifiques à leur pigmentation.Décoloration, vitiligo, assèchement et autres problèmes dermatologiques sont encore mal compris par les médecins et spécialistes, de prédominance blanche.Mais cela est en train de changer tranquillement avec le recrutement accru de personnes de diverses origines dans les écoles de médecine.Mini-maisons : une bonne idée ou non ?Notre nouveau journaliste Simon Bolduc s\u2019est intéressé au phénomène des mini-mai- sons pour personnes en situation d\u2019itinérance, dans la foulée de l\u2019initiative proposée par Mike Ward en janvier.Proposition qui n\u2019a pas fait l\u2019unanimité à Montréal.Mais à Fredericton, la Ville a avalisé un projet de mini-maisons sur son territoire, qui a récemment accueilli ses premiers résidents.À lire et à suivre ! La réalité d\u2019un magazine Dans l\u2019édition précédente, nous avons publié un reportage dans la rubrique Dans l\u2019actualité qui parlait des conséquences de la contribution santé que le gouvernement Legault voulait imposer aux personnes non-vaccinées.On s\u2019est questionné sur l\u2019impact que cette taxe spéciale aurait eu sur les plus marginalisés.À la veille de la sortie de l\u2019édition du 1er février, Québec a décidé d\u2019annuler cette mesure.Ce sont les risques de publier des actualités lorsque nos deadlines sont plus longs que ceux des quotidiens ! Faut dire que le texte était fort intéressant, puisqu\u2019il soulevait des questions de droits et de légalité.Histoires de cheveux C A R L A B R A G A K A R E N E - I S A B E L L E J E A N - B A P T I S T E 10 33 3 Mots de camelots 3 Zoom sur Robert Patenaude 9 Bill Economou 9 Pierre Fournier 9 Maxime Valcourt 13 Diane Gariépy 13 Nicole Giard 13 Manon Fortier 8  Rond-point international 10  Dans l\u2019actualité Fredericton, N.-B.Les mini-maisons : solution à l\u2019itinérance ?Simon Bolduc 14  Chronique Vie de Daniel Prince - volet I Daniel Prince 24  Dans la tête des camelots Selon vous, pourquoi c\u2019est important d\u2019avoir un Mois de l\u2019histoire des Noirs ?22  Logement social Se loger avec dignité Karine Bénézet 26  Régions À Sept-Îles, on ne laisse personne dehors Simon Bolduc 33  Culture Cinéma afrocentrique Réécrire le monde Karine Bénézet 40  Mieux vaut en lire ! Roger Perreault 42  BD Norman Rickert 43  C\u2019t\u2019encore drôle Pier-Luc Ouellet 44  Détente 16 Alexandra Guellil Qu\u2019on les aime ou non, les cheveux bouclés naturellement type « afro », c\u2019est-à-dire sans tresses, mèches ou extensions, ne sont plus le seul critère de beauté des afrodescendants.Dans les années 1960, aux États-Unis, ce qui était le début du mouvement contemporain « Nappy » \u2014 [contraction des mots « natural » et « happy »] \u2014 avait pour vocation de libérer les chevelures des lissages, tressages et autres artifices pour s\u2019affirmer dans son unicité.Passé l\u2019effet de la mode, de plus en plus de femmes et d\u2019hommes refusent de défriser leurs cheveux et clament fièrement Black is beautiful ! E M A N U E L L E B E R N A R D O 15 février 2022 Volume XXIX, no 04 19 camelots ont participé à cette édition Traduction Alexandra Guellil L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau international des journaux de rue).Le Réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo.AUTRICHE Le droit à des funérailles dignes Même les enterrements doivent être programmés.« Autrefois, on s\u2019en occupait rapidement, explique le révérend Richard Weyringer.On accordait parfois très peu de temps pour ceux qui étaient morts seuls.» En 2018, la ville de Salzbourg a permis aux personnes qui vivaient \u2014 et finalement mouraient \u2014 dans la pauvreté d\u2019avoir une urne en guise de sépulture.Richard Weyringer et son frère, un diacre catholique, ont voulu profiter de cette opportunité.En collaboration avec Verena Wengler, responsable des enterrements à la Ville, ils ont créé un service approprié pour rendre hommage aux défunts.En juin dernier, une cérémonie a été organisée pour 18 personnes décédées dans l\u2019indigence.De telles cérémonies se tiennent quatre fois par année, permettant ainsi aux gens de rendre un dernier hommage à plusieurs défunts à la fois.La chapelle du cimetière est décorée discrètement, avec à l\u2019avant un socle blanc à hauteur de tête, divisé en niches individuelles pour y loger les urnes, chacune ornée d\u2019une plaque commémorative.Lors de la cérémonie, le révérend Weyringer prononce le nom de chacun des défunts.Les membres de la famille ou toute personne qui les ont connus peuvent s\u2019avancer et placer une bougie dans la niche.Si personne ne s\u2019avance, l\u2019hommage est rendu par l\u2019un des représentants des autorités locales.Contrairement aux cérémonies traditionnelles, les participants ne se connaissent pas et le deuil ne concerne pas seulement une personne.(TROTT-WAR / INSP) A S P H A L T 9 Les achats non-essentiels La tendance à toujours acheter nous joue des tours en nous faisant consommer à outrance pour des produits dont nous pourrions nous passer.C\u2019est comme dans la chanson Foule sentimentale d\u2019Alain Souchon : Oh la la la vie en rose Le rose qu\u2019on nous propose D\u2019avoir les quantités d\u2019choses Qui donnent envie d\u2019autre chose Aïe, on nous fait croire Que le bonheur c\u2019est d\u2019avoir De l\u2019avoir plein nos armoires Dérisions de nous, dérisoires On s\u2019endette de plus en plus en achetant à crédit.Le marketing dont se servent les commerces vont jusqu\u2019à nous créer des besoins que nous croyons indispensables, alors que nous n\u2019en avons pas vraiment besoin.Et ces produits sont souvent à prix raisonnables au premier abord, puis augmentent une fois l\u2019habitude prise.Pour pallier cette tendance que je qualifierais de tyrannique, on peut acheter de façon plus responsable en réfléchissant avant d\u2019acheter quelque chose.Une médaille pour Madame Bélanger Chaque matin, je prends une marche santé dans mon quartier.Et chaque matin, je rencontre Madame Bélanger qui prend sa marche, elle aussi.Elle est une ancienne infirmière, âgée de 82 ans.Vous souvenez-vous du 11 janvier dernier ?Il a fait une température ressentie de - 38 ° C.Madame Bélanger est tout de même sortie marcher, casquette sur la tête, vêtue de son petit manteau, pas de gants.J\u2019aime beaucoup jaser avec Madame Bélanger.Elle garde toujours son beau sourire.Elle n\u2019a pas eu la Covid, elle est en bonne santé et son moral est à toute épreuve.Elle ne se plaint jamais.Elle aime les températures froides autant que les températures chaudes.Les gens aiment bien lui parler et elle est gentille avec tout le monde.Les personnes âgées restent souvent dans leur chambre et ne font pas grand chose de leur journée.Je pense qu\u2019on vieillit plus vite comme ça.Pour vivre une belle retraite, il faut rester actif et voir du monde.Madame Bélanger fait du ménage dans la rue.Elle ramasse les papiers, les canettes et les bouteilles qui traînent.Ce n\u2019est pas pour les vendre : c\u2019est sa manière à elle de faire de l\u2019exercice.Elle sait que je fais de la récupération de métaux.Un jour, elle a vu une tige de métal qui traînait.Elle l\u2019a ramassée et elle est venue la porter dans mon camion.Une fois, je l\u2019ai vue avec une marchette et j\u2019ai cru qu\u2019elle commençait à perdre des forces.Mais deux jours plus tard, elle ne l\u2019avait plus.Je pense que Madame Bélanger mériterait une médaille de la ville pour sa contribution à la propreté et à la bonne humeur dans le quartier.En tout cas, moi je lui en donne une en pensée parce qu\u2019elle me fait du bien.Elle me rappelle ma mère que j\u2019ai perdue l\u2019année passée.MAXIME VALCOURT CAMELOT FLEURY / CHAMBORD, THÉÂTRES DU NOUVEAU MONDE ET DU RIDEAU VERT PIERRE FOURNIER CAMELOT PJC MONT-ROYAL / LANAUDIÈRE BILL ECONOMOU VENDOR ATWATER MARKET Being a vendor in all kinds of weather Neither snow nor rain nor heat nor gloom of night will keep me\u2026 from selling L\u2019Itinéraire at my appointed spot.That motto of the U.S.Postal services sure does apply to me, except maybe the gloom of night, because I only sell during the day.We vendors have to face all kinds of weather conditions during all four seasons.Some are easier than others, but let me tell you, it has been really cold these last few weeks ! It feels good to be appreciated at my usual post at the Atwater Market and across the street near the Brunet Pharmacy and the SAQ Liquor Store.With continued enthusiasm to write more and reach out, I\u2019ve met a few others that have supported me.Even though I\u2019m not allowed to work inside the Atwater Market, I can still see familiar faces outside near the doors or around the area.During the winter when it\u2019s cold and windy, I stand near Les Douceurs du Marché, but when it\u2019s milder it\u2019s easier to go across the street.The amount of time I stay outside depends on how cold it is during the day.When I need to go inside, it\u2019s usually to eat, warm up or go to the toilet.It\u2019s not always fun to be outside during the colder days.I tried to work during the busier days of the week, but unfortunately some of them happened to be the colder ones.I sacrificed to make more, but the hours were reduced.When Spring arrives, especially during Easter, it\u2019s a good time to work.A few weeks later when it becomes hot and humid, it can become difficult to make good money on certain days, especially on the weekends.Many people pass by and ignore me, having other things on their mind.I walk around sweating trying to make a sale and it can become a frustrating day, that\u2019s why I don\u2019t work on the weekends for a number of weeks.UKRAINE Un pays meurtri par huit ans de crise La guerre russo-ukrainienne a commencé en 2014 quand des manifestants pro-européens ont renversé le gouvernement de Victor Ianoukovitch, alors président et soutenu par Moscou.Cela a conduit à une escalade rapide d\u2019une crise qui a abouti à l\u2019annexion de la Crimée par la Russie et à la création de deux États dans l\u2019Est de l\u2019Ukraine protégés par la Russie.Ce sont les Républiques populaires de Donetsk et de Louhansk (RPD, RPL).Lorsque leur territoire a été consolidé avec l\u2019aide de la Russie l\u2019année suivante, plus de 10 000 personnes ont perdu la vie dans les combats.Depuis, le nombre de victimes ne cesse d\u2019augmenter.Depuis sept ans, cette guerre sur le territoire de l\u2019Ukraine se poursuit.Elle oppose les forces armées ukrainiennes à celles de la RDP et de la RPL, soutenues par la Russie.La dimension économique du conflit est principalement liée au fait que l\u2019Ukraine a perdu son statut de pays de transit du gaz russe vers l\u2019Union européenne, ce qui a coûté au pays environ 1 % de son PIB tout en créant des problèmes d\u2019approvisionnement en gaz.La dimension diplomatique quant à elle est étroitement liée aux tensions non résolues entre Moscou et l\u2019Occident.Elle se joue dans des arènes internationales telles que l\u2019Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui compte 57 membres, dont l\u2019Ukraine, la Russie, la France et l\u2019Allemagne.Elles ont, jusqu\u2019à présent, permis d\u2019éviter une escalade majeure de la guerre vers une crise humanitaire massive.(The Conversation / INSP) M A K S I M L E V I N | R E U T E R S itineraire.ca 15 février 2022 1 2 N E I G H B O U R S C O M M U N I T Y Entrepreneur social Marcel Lebrun Avec les froids glaciaux qu\u2019on connaît, offrir un toit aux personnes en situation d\u2019itinérance devient impératif.Tous les yeux sont tournés vers Fredericton, au Nouveau-Brunswick, où un projet novateur de mini-maisons vient d\u2019accueillir ses premiers résidents.Pour contrer le phénomène de l\u2019itinérance qui s\u2019aggravait d\u2019année en année, malgré les efforts déployés, le 12 Neighbours Community tente d\u2019offrir une solution à long terme.Un projet à surveiller.Apprendre et faire autrement Au nord de la ville, un terrain vague est en voie d\u2019être peuplé par 12 petites maisons et d\u2019un centre d'entrepreneuriat social, qui seront construits au cours de 2022.Douze, c\u2019est le chiffre magique qui se verra multiplié par huit pour atteindre 96 toits en 2024.Chaque micro-maison fait 10 pi.x 24 pi., est dotée d\u2019un balcon couvert, d\u2019une salle de bain, d\u2019une cuisine toute équipée, d\u2019un lit pour une ou deux personnes, d\u2019une salle à manger et d\u2019un espace de rangement, tel que présenté sur le site de 12 Neighbours Community, un projet porté par l\u2019entrepreneur social Marcel Lebrun.Ces habitations communautaires, M.Lebrun les cogite depuis plusieurs années.« J\u2019ai visité quelques villes en Amérique du Nord et j\u2019ai proposé une solution originale en m\u2019inspirant de ce que j\u2019ai vu.J\u2019ai voulu rassembler les ingrédients nécessaires pour non seulement fournir des maisons aux sans- abri, mais offrir une réelle opportunité pour qu\u2019ils puissent effectuer des changements dans leur vie », explique celui qui est bien connu à Fredericton.L\u2019idée fut donc de concevoir un projet qui brise le cycle de dépendance sociale des personnes en situation d\u2019iti- nérance et qui ne s\u2019inscrit pas dans une mesure d\u2019urgence.Un modèle qui offre une solution de longue durée à cette population qui est souvent de passage dans les refuges.« Une solution temporaire reste temporaire [.], l\u2019important ce n\u2019est pas de changer uniquement les circonstances, il faut un travail sur soi, que la personne change la vision qu\u2019elle a d\u2019elle- même », dit M.Lebrun.Des critères minimaux Les futurs locataires de ces mini-maisons sont des personnes identifiées lors du dénombrement de la population itinérante du Nouveau-Brunswick en 2018.La By-Name List recense les personnes sans-abri de Moncton, Saint-John et Fredericton, principalement.Cette liste sert au système d\u2019accès coordonné, qui permet la concertation des agents sociocommunautaires et les programmes de logements sociaux.« Toutes les instances concernées par l\u2019itinérance à Fredericton travaillent ensemble et ils connaissent les gens par leur nom et surtout, leur situation.Ce sont eux qui nous recommandent les gens.Après on les rencontre, on leur propose le projet [ de mini-mai- sons ] et ils peuvent dire oui ou non », dit le fondateur qui a récemment reçu le soutien financier de 1,4 millions $ du gouvernement provincial.De plus, le ministère du Développement social du N.-B.octroiera des suppléments de loyer à chacune des nouvelles unités de logement de la première phase du projet afin de s\u2019assurer que les locataires ne paient pas plus de 30 % de leur revenu en loyer.En ce qui concerne l\u2019accès à ces habitations, M.Lebrun ne voulait pas imposer davantage de critères, comme l\u2019obligation d\u2019un suivi psychosocial et d\u2019une démarche de réinsertion préalables, entre autres.Selon lui, il faut partir des besoins de la personne en lui offrant un espace positif où elle peut reprendre confiance.« Au 12 Neighbours, on ne demande pas aux personnes de nous raconter leur histoire.On les prend comme elles arrivent et on part de ça.» Parce que raconter son histoire pour justifier l\u2019aide dont on a besoin, quand elle est douloureuse, c\u2019est à chaque fois émietter une confiance fragile, selon lui.Fredericton, N.-B.Les mini-maisons : solution à l\u2019itinérance ?Repenser l\u2019accompagnement À Fredericton, c\u2019est le Housing First Services, découlant de la John Howard Society, un OSBL indépendant, qui est mandaté d\u2019offrir les services d\u2019accompagnement et de maintien en logement aux gens à risque ou en situation d\u2019itinérance.D\u2019ailleurs, M.Lebrun s\u2019y implique activement depuis quelques années.Si certaines des personnes qui intègrent la communauté des 12 voisins bénéficient d\u2019un soutien social préexistant, M.Lebrun a voulu néanmoins s\u2019éloigner de cette approche traditionnelle qui, d\u2019après lui, établit un rapport hiérarchique entre soignant et soigné.Le projet prévoit plutôt un type particulier d\u2019intervention qui implique des intervenants nommés community navigators.« On voulait de l\u2019horizontalité, comme des pairs-aidants en quelque sorte.» Ces intervenants ont comme rôle d\u2019accompagner les personnes en travaillant leurs objectifs personnels et en assurant la liaison avec les services sociaux, au besoin.« Bien entendu, il va y avoir aussi des ateliers et des services dans le centre d\u2019entrepreneu- riat social », ajoute M.Lebrun.Ensemble au même endroit Avant de donner son aval au projet, la Ville de Fredericton redoutait la concentration des 96 micro-maisons dans un même endroit.C\u2019est pourquoi la mairesse Kate Rogers et son équipe ont proposé un déploiement sur plusieurs lieux pour éviter une forme de ghettoïsation.« Les meilleures pratiques pour le logement social disent qu\u2019il faut éviter la concentration du parc locatif et favoriser une mixité sociale.M.Lebrun a vite répondu à cette préoccupation par la construction par étapes de 12 mini-maisons et progresser jusqu\u2019aux 96 demeures au fil des ans.On va suivre l\u2019évolution du projet avec M.Lebrun et s\u2019ajuster avec lui et son équipe au fur et à mesure », dit la mairesse de la troisième ville en importance dans la province.Bien que ce modèle puisse engendrer des craintes de débordements, Marcel Lebrun y voit plutôt une force qui permet de « tous les retrouver à la même place et de centraliser les services ».En dehors des inquiétudes soulevées, la mairesse reconnaît toutefois les avantages de construire au même endroit.« Le logement social, c\u2019est à la fois complexe, mais pas compliqué.Pas compliqué parce que c\u2019est essentiellement juste un toit.Et complexe parce que les personnes qui requièrent ce toit ont des besoins multiples.Ça nécessite un soutien qui doit être coordonné et on optimise le processus quand les personnes se retrouvent au même endroit.» Disperser les gens aux quatre coins de la ville implique d\u2019étendre davantage les services de proximité.Cette approche requiert des ressources financières et humaines qui ne sont pas toujours disponibles.C\u2019est pourquoi le modèle de communauté, qui peut accueillir entre 100 et 200 personnes, répondait à ces obstacles.11 itineraire.ca 10 itineraire.ca 15 février 2022 15 février 2022 Simon Bolduc Confinement en rappel Le Québec n\u2019était pas préparé à affronter la pandémie.Elle est trop longue.On dirait que le gouvernement ne sait pas ce qu\u2019il va faire.Il fait son possible.Les hôpitaux sont pleins à cause des personnes non-vaccinées qui se ramassent à l\u2019hôpital quand ils ont la COVID.Ils représentent à peu près 10 % de la population et 50 % dans les hôpitaux.Ça bloque le réseau de santé.Le couvre-feu était inutile.Pour les restaurants ça n\u2019avait pas d\u2019allure de fermer le 31 décembre avant le Jour de l\u2019An.Les restaurateurs étaient préparés à recevoir leur clientèle.Ce que je ne comprends pas c\u2019est qu\u2019ils rouvrent les écoles sans mettre de ventilation, ils ont eu de l\u2019argent pour ça, et que nous autres, on soit punis encore une fois.On est tannés.Horacio Arruda a fait son possible, moi je l\u2019aimais.Je sais qu\u2019il a fait des erreurs dans la première vague.Ça m\u2019a fait bien de la peine pour les CHSLD.Ils auraient pu peut-être sauver plus de monde.C\u2019est vrai qu\u2019on fait tous des erreurs.Il y en a qui savaient depuis février que ça viendrait ici, mais ils n\u2019étaient pas préparés.Il manquait des équipements de protection et du personnel de santé.En attendant on a bien hâte que ça rouvre ! Nous sommes tannés d\u2019être confinés, mais il faut que le nombre d\u2019hospitalisés diminue avant que ça rouvre.Ma nouvelle chevelure Ma nouvelle coiffure, c\u2019est une permanente africaine, et j\u2019ai eu bien des regards sur ma chevelure.Maintenant, je la vois presque partout, même dans les annonces à la télévision.À L\u2019Itinéraire, j\u2019ai eu beaucoup de félicitations.Le tout grâce à une Madame qui travaille en criminologie qui voulait m\u2019aider à faire arranger mes cheveux.Elle m\u2019a donné des sous, à vrai dire 50 $.L\u2019endroit où je suis allée la première fois, le résultat était : mes cheveux étaient secs et non frisés en permanente spirale.J\u2019ai dû la recommencer avec mon ancienne coiffeuse.La Madame, mon amie, en me voyant, m\u2019a redonné 50 $.Une dame noire m\u2019a regardée dans le métro, avec surprise, il me semble.Alors je me suis retournée avec un petit sourire.Mon intuition me disait qu\u2019elle pensait : Mais toi, tu es blanche ! Un Monsieur m\u2019a d\u2019ailleurs dit les mêmes paroles plus tard, j\u2019étais surprise à mon tour.Au Village Champlain trois femmes m\u2019ont regardée longuement.L\u2019une d\u2019elles flattait ses cheveux en me regardant.J\u2019étais toute fière de ma chevelure.Une de mes anciennes clientes continuait son chemin depuis le début de la pandémie sans me parler.Elle m\u2019a vue, elle m\u2019a fait un grand sourire et m\u2019a dit bonjour.L\u2019autre jour, quand il faisait vraiment froid, un monsieur noir se promenait en chantant : Il fait beau, il fait beau ! J\u2019aime bien son sens de l\u2019humour.Quand j\u2019étais jeune, j\u2019avais des amis d\u2019origine haïtienne qui venaient souvent chez moi.Ils m\u2019apprenaient le créole.On a eu pas mal de fun ! Je chantais la chanson : Ba moin en ti Bo de la Compagnie Créole.Bon Mois de l\u2019histoire des Noirs ! DIANE GARIÉPY CAMELOT MÉTRO ST-HENRI La vie n\u2019est pas toujours rose Je suis actuellement à la recherche d\u2019un logement.Quelle aventure ! Ce n\u2019est vraiment pas facile d\u2019en trouver à un prix abordable.Pour un 4 ½, ça peut coûter autour de 1 500 $ et plus par mois.L\u2019idéal serait que je trouve un loyer dans un HLM et qu\u2019il soit situé à Montréal ou à Longueuil, mais ils sont de moins en moins accessibles.La liste d\u2019attente est tellement longue\u2026 Ma démarche est très importante parce que c\u2019est rendu difficile pour moi d\u2019habiter chez quelqu\u2019un d\u2019autre et de ne pas avoir ma chambre à moi.La situation que je vis présentement est excessivement pénible.Elle me ramène à une période de ma vie que je n\u2019ai vraiment pas le goût de revivre.Surtout pas à mon âge.Ma famille aussi trouve très inquiétant ce qui m\u2019arrive.Il faut que j\u2019aie un chez-moi.Rester chez la blonde de mon fils était une solution de dépannage, mais cela fait plus de six mois que je couche sur un divan.Je rêve d\u2019aller vivre avec mon fils dans un logement assez grand pour recevoir son petit garçon une fin de semaine sur deux.Ça me rendrait tellement heureuse.Je garde espoir que tout se règle le plus rapidement possible.Je me dois de conserver un bon moral.C\u2019est primordial.Heureusement, je peux compter sur les intervenants de L\u2019Itinéraire qui sont toujours là pour nous épauler.NICOLE GIARD CAMELOT MÉTRO LONGUEUIL MANON FORTIER CAMELOT VILLAGE CHAMPLAIN ET MÉTRO HONORÉ-BEAUGRAND C\u2019est en aidant qu\u2019on s\u2019aide Ce que Marcel Lebrun retient de ce long processus de recherche et d\u2019élaboration, c\u2019est qu\u2019une personne qui ne croit pas en sa propre valeur ne peut pas s\u2019émanciper et sortir du cycle de la dépendance sociale.Se sentir utile, avoir quelque chose à offrir, c\u2019est le premier pas vers la réintégration en société, estime l\u2019entrepreneur social.C\u2019est d\u2019ailleurs la raison d\u2019être du centre d\u2019entrepreneu- riat social qui se situera à même la micro-communauté.Trois projets d\u2019économie sociale sont déjà prévus dans le centre qui sera construit plus tard cette année.On y prévoit un café, un comptoir alimentaire, une galerie d\u2019art ainsi qu\u2019une fabrique de mini-maisons destinées tant aux sans-abri qu\u2019à la communauté en général.Qu\u2019en pense-t-on à Montréal ?Plus près de chez nous, l\u2019humoriste Mike Ward a offert, à la fin de janvier, 25 mini-maisons à la Ville de Montréal, qui les a refusées.L\u2019administration Plante a jugé que ce n\u2019était pas une solution adaptée aux gens en situation d\u2019itinérance puisqu\u2019elle doit comprendre de l\u2019aide et de l\u2019accompagnement d\u2019intervenants psychosociaux sur le terrain.La mairesse a de plus évoqué le manque de ressources financières et humaines comme obstacles.Cette histoire a fait grand bruit non seulement parce que l\u2019offre vient d\u2019un humoriste bien connu, mais parce qu\u2019au moment de la proposition, on recensait déjà deux sans-abri morts de froid en début d\u2019année.A-t-on rejeté l\u2019offre trop rapidement ?Julien Montreuil, directeur adjoint de l\u2019organisme l\u2019Anonyme, aurait souhaité qu\u2019on examine la proposition plus longuement et, surtout, en impliquant les organismes ayant l\u2019expertise en matière d\u2019itinérance.« J\u2019aurais aimé qu\u2019on prenne le temps de se poser quelques questions de base : on a une offre, un certain nombre de mini-mai- sons, y \u2019a-t-il un terrain ?Est-ce que certains organismes communautaires pourraient porter le projet ?Qu\u2019est-ce qu\u2019ils en pensent ?», s\u2019interroge-t-il.Il reconnaît toutefois que le manque de ressources est un obstacle majeur au déploiement de projets comme celui-ci .L\u2019Anonyme parle en connaissance de cause puisqu\u2019elle a accueilli en décembre dernier les premiers résidents de son projet de maison de chambres dans Hochelaga- Maisonneuve, à quelques pas du campement démantelé de la rue Notre-Dame.Le projet a plusieurs similarités avec celui de M.Lebrun, notamment en ce qui concerne les critères pour y résider.L\u2019immeuble, autrefois une piquerie insalubre, a été complètement revampé et comporte aujourd\u2019hui 14 chambres.Ce projet à haut seuil d\u2019acceptabilité s\u2019appuie sur une approche de réduction des méfaits.« Le logement supervisé, ça marche pour un paquet de gens, estime Julien Montreuil.Mais y\u2019a une frange de la population pour qui ça ne marche pas.Qu\u2019est-ce qu\u2019on fait pour ces personnes exclues du réseau de la santé, des institutions, de la société en général ?Eh bien il faut créer du logement social sans trop de barrières, où les règles sont simples : tu payes le loyer et tu respectes les lieux et tes voisins », dit M.Montreuil.Le directeur adjoint est d\u2019ailleurs bien au fait de l\u2019initiative du 12 Neighbours Community.L\u2019Anonyme prévoit dupliquer son modèle de maison de chambres ailleurs dans les prochaines années, en misant sur l\u2019approche plus inclusive pour la communauté, comme à Fredericton.Julien Montreuil, directeur adjoint de l'organisme l'Anonyme, Sylvie Boivin et Axel Adam.Photo : MelanieDusseault Le centre d'entrepreneuriat social projeté par 12 Neighbours Community.Illustration tirée du site web : 12neighbours.com 12 itineraire.ca 15 février 2022 itineraire.ca 15 février 2022 13 Dès mes premiers instants, j\u2019ai dû me battre, comme je l\u2019ai fait tout au long de ma vie.Ma future maman venait à peine d\u2019accoucher d\u2019un deuxième enfant, qu\u2019elle est tombée enceinte de moi.Elle a essayé tout ce qu\u2019elle a pu pour avorter : bain chaud, vin rouge chauffé, bain de pied à la moutarde, soulever et déplacer des meubles\u2026 Après une semaine de ce manège, il était évident que je ne partirais pas.Elle a fini par m\u2019accepter.Aujourd\u2019hui, j\u2019ai 61 ans.Mes parents se sont séparés alors que je n\u2019avais que 3 ans.Je n\u2019ai aucun souvenir de mon père.Il paraît qu\u2019à mes 15 ou 16 ans, il aurait passé une fin de semaine à nous observer jouer, mes frères et moi.C\u2019est ce dimanche-là, il y a 45 ans, que je l\u2019ai rencontré pendant 20 minutes, à un terminus d\u2019autobus, pour la dernière fois.Monoparentale, ma mère, ne voulait pas perdre le contrôle sur nous et nous obligeait, mon frère et moi, les deux plus jeunes des trois enfants, à la vouvoyer.C\u2019était sûrement sa façon de maintenir son autorité.Je me souviens des volées qu\u2019elle nous donnait\u2026 Oui, à cette époque, nos parents nous corrigeaient.Mon frère était déjà placé en maison de réforme, raison pour laquelle elle nous avait à l\u2019œil.Ma relation avec le plus vieux de mes frères, Gaétan, décédé il y a quelques années maintenant, était pleine de complicité.Mais je dois avouer qu\u2019il me manipulait à sa guise.Quant à mon autre frère, Gilbert, nous étions toujours en compétition.Nous n\u2019avions que 13 mois de différence.Le début de ma descente aux enfers À mon premier déménagement, j\u2019avais 9 ans.Ma mère avait loué une maison à Blainville, dans les Basses-Laurentides.C\u2019est à cet endroit que mon frère aîné a commencé ses déboires avec la justice à cause de mauvaises fréquentations.Et moi, c\u2019est à cet endroit que j\u2019ai commencé à fumer la cigarette.Nous étions tellement isolés là-bas, sans voiture, que 11 mois plus tard, on déménageait de nouveau.À Saint-Eustache, mes petits méfaits ont commencé à leur tour, toujours pour les mêmes raisons : mon incapacité à dire non et ma peur de déplaire aux autres.Petits vols à l\u2019étage, consommation de drogue et tout le reste.Je me suis mis à en vendre à peine quelques mois plus tard.Ça marquera le début de ma descente aux enfers.Ma consommation de drogue me nuira avant le reste : manque de concentration, rejet de l\u2019autorité ; j\u2019étais dans ma bulle constamment, et avais de gros problèmes de comportement, surtout à l\u2019école.À l\u2019âge de 13 ans, je me suis inscrit dans un club de natation.J\u2019étais bon et ça aurait peut-être bien pu me mettre sur le droit chemin.Je nageais deux heures par jour, cinq jours par semaine.Quelques mois plus tard, je franchissais la distance de cinq kilomètres de nage en deux heures, cinq minutes et 20 secondes.Mais la consommation et mes influences auront raison de mon assiduité.Ma mère me poussera alors à entrer dans les cadets de l\u2019Air, un programme pour les jeunes dont la mission est de « favoriser l\u2019aptitude physique et de contribuer ainsi au développement de citoyens responsables », selon les termes d\u2019aujourd\u2019hui.Pour moi, c\u2019était plutôt un camp disciplinaire.Je ne m\u2019y sentais pas vraiment à ma place.Mais je devais apprendre à respecter l\u2019autorité, alors j\u2019y suis resté un an.Poussés à bout À l\u2019âge de 15 ans, j\u2019avais déjà de la barbe.Il était facile pour moi d\u2019entrer dans les bars et à la Régie des alcools (la SAQ à cette époque).Tous mes camarades de classe me demandaient de leur acheter un 10 onces de fort, et comme commission, je leur demandais une gorgée dans chaque bouteille que je ramenais d\u2019ailleurs à l\u2019école.Je peux vous dire que mes professeurs et surveillants ne m\u2019aimaient pas vraiment dans cet état.Mais un vendredi soir, je suis entré dans une brasserie.J\u2019y ai aperçu l\u2019un d\u2019eux avec d\u2019autres profs.Je me suis joint à eux.Ce soir-là, ils m\u2019ont payé une brosse.Mes professeurs, des adultes ! Je me souviens être rentré bien alcoolisé, aux petites heures.À l\u2019école, la situation n\u2019était pas toute rose.Un matin, dans le fond de la classe et dérangeant tous mes camarades en examen, le professeur m\u2019a repris à plusieurs reprises.Poussé à bout par mon insolence, il m\u2019a lancé une craie au visage, m\u2019a raté de peu et a poursuivi avec l\u2019efface du tableau noir.Il m\u2019a raté une seconde fois, et m\u2019a envoyé un dictionnaire ; il s\u2019apprêtait à me lancer une chaise, quand j\u2019ai ouvert la fenêtre et sauté du 2e étage.Ce jour, j\u2019ai considéré mon prof plus fou que moi.J\u2019ai 17 ans.Toujours à l\u2019école.Trois cours m\u2019intéressent alors : la menuiserie, l\u2019éducation physique et les mathématiques.C\u2019étaient les seules matières pour lesquelles je travaillais.Les autres heures d\u2019enseignement, je les passais en salle d\u2019activités ou dehors, à me « faire bronzer » avec des amis.Mon dernier bulletin de notes indiquera pourtant la moyenne dans toutes les matières.Je venais de comprendre, avec ces notes bien supérieures à mon niveau réel, qu\u2019aucun de mes professeurs ne souhaitait me revoir dans cette école.Cette année scolaire sera ma dernière.À suivre\u2026 DÈS MES PREMIERS INSTANTS VIE DE VOLET 1 Camelot SAQ Promenade Masson 14 15 itineraire.ca itineraire.ca 15 février 2022 Par Alexandra Guellil Journaliste responsable des dossiers société Qu\u2019on les aime ou non, les cheveux bouclés naturellement type « afro », c\u2019est-à- dire sans tresses, mèches ou extensions, ne sont plus le seul critère de beauté des afrodescendants.Dans les années 1960, aux États-Unis, ce qui était le début du mouvement contemporain « Nappy » \u2014 [contraction des mots « natural » et « happy »] \u2014 avait pour vocation de libérer les chevelures des lissages, tressages et autres artifices pour s\u2019affirmer dans son unicité.Passé l\u2019effet de la mode, de plus en plus de femmes et d\u2019hommes refusent de défriser leurs cheveux et clament fièrement Black is beautiful ! Mais, la texture des cheveux ne suffit pas à définir l\u2019identité afro-descendante.Et parfois, elle peut être échaudée par le manque de mélanine, ce pigment qui colore la peau, jusqu\u2019à causer des troubles qui se révèlent au su et au vu de tous, créant des complexes à cacher.Et si nous changions nos standards de beauté ?« Adolescente, quand j\u2019avais mon wave, je pensais que mes cheveux étaient comme ceux des Caucasiens, alors je les lavais tout le temps, trop souvent même, et je n\u2019avais pas les bonnes pratiques », se souvient la jeune femme de 31 ans.Résultat inévitable après quelques mois : Sabrina Larive a dû tout couper pour éviter les chutes de cheveux.Comme elle n\u2019assumait pas cette coupe trop courte à son goût, et qu\u2019elle craignait le regard des autres jeunes de son âge à un moment de l\u2019adolescence où l\u2019affirmation de soi passe à la trappe, elle est restée plusieurs années avec des mèches blondes et autres artifices sur la tête.Une fois ses études finies, Sabrina Larive a travaillé comme enseignante et a fait le tour des écoles de la Capitale-Nationale.Elle se faisait appeler « Madame Caramel » par les enfants plus petits.Ils contestaient, avec innocence sans doute, la couleur de sa peau qu\u2019ils ne considéraient « pas vraiment noire ».Et, avec sa coiffure qui changeait au gré de ses apprentissages autodidactes, l\u2019enseignante prenait le temps d\u2019expliquer sa couleur et son type de cheveux, toujours avec bienveillance.Comme plusieurs de ses amies, elle faisait venir ses produits capillaires des États-Unis et se déplaçait occasionnellement à Montréal pour des achats.« Dans mes classes, je voyais des enfants métissés avec des cheveux rasés et leurs parents se disaient désarmés, car ils ne savaient pas comment les coiffer.Certains enfants avaient leurs cheveux pognés ensemble ou des mèches.J\u2019ai donc lancé mon entreprise, Yafeh, pour proposer des produits à Québec.J\u2019ai aussi coiffé des clients, hommes et femmes, je me suis ajustée à la demande.Je voulais faire quelque chose pour aider les afrodescendants à s\u2019accepter tels qu\u2019 ils sont, avec leurs cheveux à l\u2019état naturel.» Au début, son entreprise n\u2019avait pas de plan d\u2019affaires.Sabrina Larive s\u2019est lancée dans le vide, avec des amis qui l\u2019ont aidée en communication ou comptabilité.« Mes cheveux sont importants, c\u2019est mon héritage et je suis fière de ce avec quoi je suis née.J\u2019ai appris à m\u2019aimer comme je suis, sans artifices et c\u2019est un sentiment qui s\u2019est affirmé encore plus quand j\u2019ai eu mes filles ici, au Québec.Oui, elles ont des cheveux différents de leurs amis, mais elles sont autant Québécoises qu\u2019eux.Je veux qu\u2019elles grandissent en aimant leurs cheveux, je veux faire partie de la solution », ajoute la Martiniquaise d\u2019origine.Quand elle était enfant, Sabrina Larive n\u2019aimait pas ses cheveux bouclés.La plupart du temps, elle les tressait.Hormis sa période « wave », une permanente qui l\u2019a réconcilié momentanément avec ses frisottis, ce n\u2019est qu\u2019en arrivant au Québec, dans la Capitale-Nationale, qu\u2019elle a décidé de porter ses cheveux au naturel.M U R I E L L E C L E R C MOIS DE L'HISTOIRE DES NOIRS 17 itineraire.ca 15 février 2022 Pour Maëlys Aïé, les cheveux afros ont longtemps rimé avec douleur.Cette Ivoirienne d\u2019origine, installée depuis plusieurs années à Trois-Rivières, a choisi de porter ses cheveux au naturel.Choix qui n\u2019est pas toujours compris dans son entourage, même au sein de sa propre famille.« J\u2019avais 7 ans quand ma mère m\u2019a défrisé les cheveux pour la première fois pour qu\u2019 ils soient plus malléables et gérables.Elle se défrisait aussi les cheveux et ignorait comment faire autrement.» La jeune femme se souvient de certaines remarques blessantes à son égard, la toute première fois qu\u2019elle est apparue sans extension.« J\u2019ai appris sur le tas, seule avec des influenceuses africaines, en lisant des articles scientifiques et sans couper mes cheveux.On m\u2019a demandé pourquoi je n\u2019étais plus aussi coquette, pourquoi je ne m\u2019arrangeais pas mieux ?On m\u2019a même proposé de l\u2019argent pour que je puisse aller me faire coiffer.On m\u2019a même dit que la forme de mes boucles faisait penser à du coton, ou à la laine de mouton, c\u2019était étrange de se faire dire cela, un peu comme quand on demande à toucher nos cheveux.» Malgré tout, Maëlys Aïé a tenu bon jusqu\u2019à se sentir pleinement heureuse dans cette transition au naturel.« Quand on te dit que tes cheveux sont trop durs ou \u201ccrépus\u201d, c\u2019est, je crois, qu\u2019 il y a une méconnaissance de son identité.La vision que l\u2019on a de soi change quand on se rajoute des extensions ou une perruque.» À 36 ans, Melissa Dubé-Quenum assume enfin ses cheveux au naturel.Fille d\u2019une Gaspésienne et d\u2019un Béninois, elle a grandi à Sept-Îles, à une époque où les produits capillaires adaptés à ses cheveux étaient bien plus rares qu\u2019aujourd\u2019hui.« J\u2019arborais la petite coupe afro, sans aucun produit et je me lavais les cheveux avec n\u2019 importe quel shampoing et c\u2019était l\u2019horreur quand je devais les démêler.J\u2019avais mal, rien qu\u2019en pensant au peigne.Et puis l\u2019afro était souvent mal perçu, on disait des choses méchantes sur moi, alors j\u2019ai accepté de me faire tresser.» Elle a réussi à passer au travers du secondaire grâce à une sœur missionnaire qui lui faisait des tresses collées à la tête.Puis elle a grandi et sans modèle de sa couleur de peau ou avec son type de cheveux dans son entourage, ce n\u2019était pas toujours facile de trouver une solution capillaire adaptée.« On a failli me raser la tête, car on n\u2019arrivait pas à me démêler les cheveux.Et après j\u2019ai découvert le défrisant qui rendait mes cheveux lisses et plats, mais j\u2019ai fini par en perdre et à faire des réactions aux produits chimiques : ça me grattait, ma peau réagissait mal et c\u2019était douloureux.».Par le bouche à oreille, elle a appris à maîtriser ses cheveux.Elle a fini par assumer ses boucles et est passée au naturel.Pour la coiffeuse Nancy Falaise, spécialisée dans les soins des cheveux frisés et bouclés, le retour au naturel peut être imagé comme une façon de retourner à soi.« La femme afrodescendante, les femmes aux cheveux frisés ont eu un déclic.Elles ont réalisé qu\u2019elles étaient belles au naturel, que ce soit avec leurs cheveux, la couleur de leur peau ou leurs formes », croit celle qui a lancé une pétition en pleine pandémie pour réclamer des cours de coiffure plus inclusifs dans les écoles.Si à Montréal, il est facile de trouver les bons produits dans les salons spécialisés, il reste encore du travail à faire pour cette coiffeuse qui regrette la méconnaissance autour des soins à donner aux cheveux bouclés dans les salons de coiffure.« Personne n\u2019enseigne dans les écoles de coiffure comment travailler avec les cheveux frisés ou bouclés.Plein de femmes noires ne savent pas coiffer leurs propres cheveux et plein de coiffeurs ne savent pas coiffer ces types de cheveux.Il est là le plus gros du travail à faire après la prise de conscience.» Pour Abisara Machold, fondatrice du salon InHairitance, s\u2019il y a aujourd\u2019hui plus de modèles qui servent d\u2019inspiration, il reste encore du chemin à faire.« Nos cheveux sont liés à notre histoire.Dans les temps précoloniaux, nos cheveux ont servi à définir notre ethnie et statut dans la société.Dû à l\u2019holocauste noir et l\u2019esclavage, notre savoir- faire a été perdu et remplacé par les techniques de lissage des cheveux bouclés naturels.La mémoire collective de cette histoire s\u2019exprime aussi dans les différentes façons de tresser, c\u2019est un héritage qui a survécu », raconte-t-elle.La tresseuse Tati Braz arrange les cheveux de son fils Akin, 7  ans, après avoir tressé un motif royal africain ancien, alors qu\u2019elle est assise avec sa fille Asantewa, 4 ans, également tressée par elle, à Sao Paulo au Brésil.Photo : Amanda Perobelli | Reuters P H O T O S C O U R T O I S I E Avec la fermeture des salons de coiffure au cours de la pandémie, certaines personnes ont été désarmées par rapport à l\u2019entretien de leur chevelure.« Certaines sont retournées au lissage, d\u2019autres ont continué d\u2019assumer leurs cheveux naturels en respectant un rituel capillaire ou en se procurant différents produits en ligne.Les personnes qui avaient l\u2019habitude de venir régulièrement au salon étaient peut-être surmenées au début mais elles ont fini par apprendre comment suivre une routine capillaire, mais surtout de créer un lien avec leurs couronnes », explique Mme Machold.Et à Nancy Falaise d\u2019ajouter que l\u2019effet de la pandémie n\u2019est pas uniquement capillaire.« Je ramasse à la petite cuillère certaines de mes clientes qui n\u2019ont plus été capables de s\u2019occuper de leurs cheveux sans venir au salon.Il y a un désespoir quant à la vie et cela affecte beaucoup la beauté des cheveux.Quand on ne se sent pas bien en dedans, ça se voit à l\u2019extérieur.» À chaque pays, sa façon de catégoriser les cheveux.Dans les communautés afrodescendantes, on ne peut parler de cheveux en faisant fi de l\u2019histoire coloniale et esclavagiste, cette période où les cheveux frisés ou bouclés étaient appelés cheveux « crépus », car assimilés à ce qui était laid, dur, difficile à coiffer ou en mauvais état.C\u2019était aussi une période où la tête des esclaves était rasée et où bien souvent les femmes devaient cacher leur chevelure sous des foulards, car les cheveux naturels dérangeaient ou n\u2019entraient pas dans la norme.Si à travers l\u2019histoire, les femmes au crâne rasé afrodescendantes ou non, n\u2019ont pas toujours eu bonne presse, la perte de cheveux et le fait de ne pas se coiffer ont longtemps été associés à l\u2019humiliation publique ou à une mauvaise réputation.Au fil des années, certaines femmes se sont émancipées de ces étiquettes et ont revendiqué leur liberté, soit en se rasant les cheveux, soit en refusant de les défriser, de les tisser ou de les tresser.De plus en plus, au Québec, certaines personnalités comme la chanteuse et présentatrice Marième Ndiaye, la danseuse Aïcha Bastien N\u2019Diaye ou la rappeuse Sarahmée s\u2019affichent avec leurs cheveux au naturel, qu\u2019ils soient courts, rasés ou en afro.Et ce, même si les débats perdurent sur le fait de se colorer les cheveux, naturellement ou non.La question capillaire concerne aussi les hommes afrodescendants et métisses qui sont de plus en plus nombreux à porter fièrement tresses, afro ou dreadlocks, n\u2019en déplaise aux idées préconçues de la beauté.Citons en exemple Eddy King ou Erich Preach, qui par leur présence devant les caméras, avec leurs cheveux au naturel, contribuent à changer les mentalités.Alors, elle s\u2019est auto-diagnostiquée, à force de recherches et de lectures sur le sujet.Si on connait un peu plus l\u2019hyperpigmen- tation \u2014 lorsque la peau noircit à certains endroits du corps \u2014 ou le vitiligo \u2014 la perte de mélanocytes de la peau entraînant une dépigmentation de différentes tailles \u2014 ce que Gina Delisime a au visage est moins connu.« Les endroits où ma peau paraît plus foncée, c\u2019est ma vraie couleur.Ce qui est pâle, c\u2019est mon problème.Et aucun spécialiste, au privé comme au public, n\u2019a pu m\u2019aider ou m\u2019orienter pour le traiter », regrette l\u2019ancienne membre des Forces armées canadiennes.« C\u2019est comme si mon problème n\u2019existait pas, comme s\u2019 il était invisible ou normal.On m\u2019a prescrit des nettoyants pour la peau, on m\u2019a fait des biopsies sans résultat et je continue à perdre mon pigment.Il fallait que je trouve un mot pour éviter les longues phrases et explications, pour m\u2019aider à comprendre ce que j\u2019avais sur le visage.» Les taches de Gina Delisime ont commencé à apparaître sur ses tempes.Au début, elle relativisait en espérant qu\u2019elles disparaissent à la longue, mais elles sont devenues plus envahissantes et plus visibles.Elles n\u2019ont aucune texture, sa peau reste lisse sans boutons ou cicatrices.Mais son teint n\u2019est plus uni, elle a deux couleurs de peau.Quand elle était en service dans l\u2019armée, le maquillage était proscrit et de toute façon, ça ne l\u2019intéressait pas.C\u2019est une amie qui l\u2019a introduite au fond de teint et depuis, quand elle en met, elle se sent belle et bien mieux dans sa peau, prête à affronter le monde et surtout le regard des autres.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui l\u2019a amenée à fonder Nagi Cosmetiques après ces neuf ans dans l\u2019armée.Elle voulait donner du choix aux femmes noires et métisses en leur proposant des produits cosmétiques de qualité, adaptés à leurs couleurs de peau.« J\u2019aime l\u2019 idée d\u2019avoir un teint uni.Avant de mettre du fond de teint, je n\u2019avais jamais réalisé à quel point la décoloration de ma peau jouait un rôle dans mon estime personnelle.Ce qui me dérange, c\u2019est le manque d\u2019uniformité.Si ma peau était pâle d\u2019accord, mais ce n\u2019est pas le cas.Je perds mon pigment.» Gina Delisime l\u2019admet, elle a un problème d\u2019estime qui n\u2019est pas réglé et qu\u2019elle patche par un fond de teint.Sans vouloir faire à tout prix l\u2019apologie du maquillage, elle souligne que l\u2019important, c\u2019est de se sentir bien avec soi, qu\u2019on en utilise ou non.La maman l\u2019admet : publier une photo d\u2019elle sans maquillage est comme une mise à nu d\u2019une part de sa vulnérabilité qu\u2019elle accepte de dévoiler pour cesser de minimiser ce type de problème.« Sans fond de teint, je ne me sens pas belle.J\u2019ai l\u2019air de la fille qui a full confiance en elle sur les réseaux sociaux, mais sans ça, j\u2019ai de la misère.Même mon fils ne comprend pas quand je sors sans maquillage, il me demande de me faire belle comme sur les photos.Je ne sais pas trop comment je devrais me sentir quand mon fils me dit cela, mais je peux aussi le comprendre parce qu\u2019 il voit que sa maman peut être de différentes couleurs.Et ça se voit, c\u2019est sur mon visage ! » Depuis quelques années, Gina Delisime fait de l\u2019hypo-pigmentation sur le visage : certaines zones de sa peau ébène deviennent plus pâles.Enfin, c\u2019est ce qu\u2019elle croit, car à ce jour, elle n\u2019a reçu aucun diagnostic officiel pour l\u2019attester.Cette histoire explique la raison pour laquelle des mots forts sont employés comme « une renaissance » ou « un voyage ».« C\u2019est une façon de se réapproprier tout un savoir capillaire qui représente aussi une célébration de son héritage », explique Mme Machold.Au Spa de boucles Inhairitance, elle « veut offrir des choix différents aux modèles standards de beauté et le but n\u2019est pas de convaincre que le naturel vaut mieux qu\u2019un autre style.Il n\u2019y a pas de look prédéfini pour être beau, belle ou professionnelles.C\u2019est important d\u2019assumer ses cheveux avec bienveillance, de comprendre leur propre parcours.La façon dont on parle de nos cheveux va souvent avec la façon dont on parle de soi, ce n\u2019est pas juste un sujet cosmétique, c\u2019est aussi un sujet politique.» C P A N T I N P H O T O S C O U R T O I S I E 21 itineraire.ca 15 février 2022 À la suite de son accouchement, une bactérie s\u2019est logée dans la jambe de Marilyn Mahotières.Pour éviter qu\u2019elle n\u2019atteigne son cœur, les médecins lui ont donné un cocktail de médicaments qui l\u2019a éprouvée.Son cathéter veineux était devenu sa moitié, à l\u2019hôpital comme à la maison.« On me disait que c\u2019était une maladie auto-immune, je n\u2019avais plus de système immunitaire.Quand les traitements se sont arrêtés, j\u2019ai commencé à avoir des plaques partout sur le corps, de la tête aux pieds.Ma peau est devenue rugueuse et grise, comme celle d\u2019un lézard.Ça se voyait que les médecins ne savaient pas ce que j\u2019avais, ils cherchaient, mais ils ne trouvaient aucune réponse, aucun traitement.Je me sentais comme un cobaye.» Celle qui travaille dans l\u2019événementiel, notamment en planification des mariages, a eu une période où elle ne supportait plus de porter certains types de vêtements.Il lui arrivait de se gratter tellement que toute sa peau était remplie de cicatrices.Et, sur les peaux noires et métisses, les cicatrices perdurent en raison de la production de sébum et de l\u2019assèchement de la peau qui sont plus importants.Elle fait donc de l\u2019hyperpigmentation et doit se maquiller pour camoufler ses défauts.Depuis deux ans, Marilyn Mahotières atténue son problème de peau grâce à des injections de Dupixent aux deux semaines, un médicament approuvé l\u2019année passée par Santé Canada.Avant ça, elle devait le payer intégralement.Montant de la facture mensuelle : 5000 $.Même si le renouvellement de l\u2019ordonnance est très sélectif et complexe, elle ne se voit plus vivre sans Dupixent.En plus de cela, la maman prend des compléments en vitamines pour rebooster son système immunitaire affaibli.« Tout cela joue sur l\u2019estime de soi.On se demande pourquoi nous, pourquoi on ne trouve pas de solution.J\u2019étais dépressive et j\u2019avais mal pour moi, mais aussi pour ma famille.L\u2019hiver, on est couverts, c\u2019est moins problématique, mais l\u2019été, en camisole, quand ta peau est tachée et qu\u2019on te regarde comme un extraterrestre, ça fait mal.» Dans certaines pharmacies, on peut trouver des produits qui permettent d\u2019atténuer les problèmes de peau.Première femme noire à avoir obtenu une franchise de Jean Coutu, la pharmacienne Beverly Salomon conseille souvent à ses clients afrodescendants de s\u2019hydrater beaucoup plus, soit en buvant de l\u2019eau, soit en achetant des crèmes de qualité et sans parfum pour le corps.« Il y a plus de choix en produits actuellement en pharmacie, l\u2019éventail de cosmétiques s\u2019est élargi.Si les solutions hydratantes ne fonctionnent pas, il faut consulter un professionnel.Mais avant de se tourner vers le cortisol, il faut réfléchir à l\u2019hydratation.On cicatrise moins bien et notre peau s\u2019assèche plus, on est aussi sensibles au soleil même si on a de la mélanine.On ne brûle pas, mais on a d\u2019autres dommages et il faut s\u2019en protéger », conseille la professionnelle.La copropriétaire de l\u2019Infirmerie JR, Joséphine Jouvin, insiste pour sa part sur l\u2019importance de différencier les questions pathologiques, comme le psoriasis ou l\u2019eczéma, des problèmes plus esthétiques qui donnent un autre aspect aux peaux noires et métisses.« Quand on comprend la différence liée à la couleur de peau, à la présence de mélanine et aux pigments, on comprend aussi que les traitements sont différents.Une femme qui a un problème d\u2019ovaires poly- kystiques peut faire plus de poils au visage.Si elle va dans un centre qui n\u2019est pas adapté, il se peut qu\u2019 il ne soit pas équipé en laser.Sur la femme noire et métisse, on ne peut utiliser qu\u2019un seul type de laser », vulgarise-t-elle.Une simple recherche internet permet de réaliser que lorsqu\u2019on parle de problème de santé, l\u2019imagerie médicale est encore très standardisée caucasienne.En fait, on ne montre quasiment pas la différence des corps et de la peau, alors même qu\u2019elle existe.Résultat : les spécialistes ne sont pas à l\u2019aise dans le traitement de certaines pathologies et les personnes afrodescendantes ou métisses n\u2019ont aucune conscience des problèmes de santé qu\u2019ils pourront avoir au cours de leur vie.Comme ces images n\u2019existent pas, leurs problèmes sont considérés comme invisibles.En décembre dernier, Chidiebere Ibe, un jeune étudiant nigérian en médecine a alerté la communauté médicale sur les réseaux sociaux.En publiant une série d\u2019illustrations révélant les corps des femmes, hommes et enfants afrodescendants et métisses, il a plaidé pour plus de représentativité dans les manuels médicaux et les revues scientifiques.« Je suis Noir et c\u2019est beau d\u2019être Noir.Illustrations de la diversité en médecine, il faut encourager cela », a-t-il écrit sur Twitter.« Je ne m\u2019attendais pas à ce que ça devienne viral, commente l\u2019étudiant interviewé sur NBC News et CNN.Je veux qu\u2019à chaque fois qu\u2019une personne effectue une recherche en ligne sur une maladie de peau ou un problème de santé, les premiers résultats proposent aussi des illustrations de personnes noires ou racisées.» Cette initiative fait suite à celle de 2020 lancée par Malone Mukwende, un étudiant en médecine au Royaume-Uni qui a publié sur la toile un manuel médical montrant comment les différents problèmes cutanés se manifestent sur les peaux foncées.Sur Instagram, on peut aussi suivre le compte Brown Skin Matters, lancé pendant le mouvement Black Lives Matter, qui expose les infections et maladies sur peaux noires et métissées.La plupart de nos intervenants ont mentionné avoir déjà eu de la difficulté à trouver un professionnel de la santé qui s\u2019y connaît en problèmes cutanés des peaux noires et métissées.D\u2019autres n\u2019ont pas voulu témoigner à visage découvert, trop complexés par leurs problèmes.Certains se faisaient même avertir par leur médecin de famille, lorsqu\u2019ils en avaient un, de redoubler de prudence pendant l\u2019hiver et de s\u2019assurer de prendre plus de vitamines et autres compléments pour éviter les problèmes de santé.Et, comme tous les autres services de santé au Québec, obtenir un rendez-vous avec un spécialiste en la matière est loin d\u2019être facile.Selon une étude publiée par des chercheurs affiliés aux Universités de Toronto et Vancouver en 2018, les photos dans les manuels de dermatologie nord-américains sont très peu diversifiées : plus de 70 % d\u2019entre elles montrent des peaux claires contre à peine 20 % de teints dits « moyens » et moins de 5 % de peaux noires.Ce manque de représentativité contribuerait au fait que plusieurs problèmes cutanés sont mal diagnostiqués, à la fois sur les peaux des personnes afrodescendantes, mais aussi sur celles des personnes autochtones, arabes ou asiatiques.Les médecins et spécialistes n\u2019ont aucune référence pour diagnostiquer des problèmes dermatologiques qui sont souvent associés et traités comme des maladies déjà connues comme l\u2019eczéma ou le vitiligo.Qui dit manque de représentativité et manque d\u2019accessibilité aux spécialistes et médecins dit inévitablement difficulté à estimer la prévalence de ce type de problèmes chez les personnes des minorités ethnoculturelles.Interviewée par L\u2019Actualité en juillet 2021, Catherine McCuaig, présidente de l\u2019Association canadienne de dermatologie admettait qu\u2019il y avait très peu de dermatologues de peau noire et de spécialistes des peaux foncées au pays.« Par les écoles de médecine, on tente de recruter, dès le niveau secondaire, des étudiants de différentes origines » pour favoriser la diversité et l\u2019égalité dans les comités, assurait-elle.D\u2019ailleurs, depuis septembre 2021, une série de six webinaires sur les manifestations cutanées sur les peaux de couleur sont mises à la disposition des dermatologues afin de les aider dans leurs diagnostics.Éruption cutanée due à la chaleur.23 itineraire.ca 22 itineraire.ca 15 février 2022 15 février 2022 Selon vous, pourquoi c\u2019est important d\u2019avoir un Slav Je me souviens de la pièce Sla-v présentée au TNM il y a deux ou trois ans.Ça avait fait du bruit parce que les acteurs étaient blancs et que la pièce parlait d\u2019esclavage.Peut-être que d\u2019avoir un Mois de l\u2019histoire des Noirs est important pour ne pas répéter ce genre d\u2019erreurs.MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRES DU NOUVEAU MONDE ET DU RIDEAU VERT Connaître tout l\u2019monde égal Ça me permet de connaître l\u2019histoire des Noirs.Mais j\u2019aimerais qu\u2019on fasse ça avec d\u2019autres communautés, la Chine, l\u2019Inde, par exemple, pour mieux connaître leur histoire et leur culture aussi.On devrait être égal avec tout le monde.LYNN CHAMPAGNE CAMELOT ONTARIO / CUVILLIER PROMENADE ONTARIO Satisfaire ma curiosité Moi, je n\u2019ai rien contre la culture de n\u2019importe quelle personne d\u2019ailleurs.Mais je ne connais pas les cultures des afrodescendants, pourtant elles datent d\u2019y a longtemps.Alors j\u2019aimerais ça m\u2019asseoir avec eux pour satisfaire ma curiosité.Je ne savais pas qu\u2019il y avait un Mois de l\u2019histoire des Noirs, mais en y réfléchissant, je trouve que c\u2019est très bien.ALAIN PERRIER CAMELOT MÉTRO BONAVENTURE Habituée à la mixité Moi j\u2019aime découvrir les cultures africaines depuis que je suis jeune.Mais on commence à peine à s\u2019intéresser à ces personnes et à les accepter.Pourtant ils sont là depuis longtemps\u2026 Mais moi, je viens de Montréal et j\u2019ai toujours été habituée à la mixité.Je me rappelle par contre qu\u2019avant, tu étais jugée par ta famille, ton entourage si tu sortais avec un Noir.Alors oui, c\u2019est important de souligner le Mois de l\u2019histoire des Noirs.CÉCILE CREVIER CAMELOT MARCHÉ METRO SAINTE-CATHERINE / MORGAN L\u2019ignorance Je suis resté chez des Haïtiens à deux reprises et c\u2019est là que j\u2019ai dépassé ma peur.L\u2019ignorance, ça fait partie du racisme.Avant ça, je ne savais pas comment aborder un Noir.À c\u2019t\u2019heure, j\u2019ai des amis haïtiens\u2026 Ce que je ne comprends pas, c\u2019est que la plupart ont peur de se faire rejeter.Ce qu\u2019on entend dans les médias sur la violence n\u2019aide pas.Alors je trouve ça important d\u2019avoir un Mois de l\u2019histoire des Noirs parce qu\u2019ils sont victimes de racisme, et c\u2019est un vrai problème.GAÉTAN VAILLANCOURT CAMELOT SAINTE-CATHERINE / SANGUINET Se rappeler Je me rappelle être allée au spectacle de Betty Bonifassi à Montréal.Il y avait des Noirs qui disaient qu\u2019elle chantait des chants d\u2019esclaves qui ne la concernaient pas directement.Moi je pense que même si une cause ne te concerne pas, tu peux la défendre quand même.Mais quand je regarde des films sur l\u2019esclavagisme, ça me fâche tellement.Je ne comprends pas comment on peut faire ça à quelqu\u2019un.Je pense alors que c\u2019est important de souligner l\u2019histoire des Noirs, autant que l\u2019histoire des Autochtones, d\u2019ailleurs, parce qu\u2019on a quand même une part de responsabilité et c\u2019est bon de se le rappeler.KARINE LIZOTTE CAMELOT MARCHÉ METRO FLEURY / FABRE Tirer des leçons Se rappeler l\u2019histoire des Noirs c\u2019est important parce que ça peut empêcher le racisme.Aussi parce qu\u2019on peut tirer des leçons qui peuvent nous aider nous, autant que la société.SUZANNE LEBLANC CAMELOT ONTARIO / ST-DENIS Mois de l\u2019histoire des Noirs ?itineraire.ca itineraire.ca 15 février 2022 15 février 2022 24 25 L\u2019itinérance en région il n\u2019y en a pas.Ou encore, elle est moins visible.C\u2019est ce qu\u2019on a l\u2019habitude d\u2019entendre lorsqu\u2019on parle du phénomène hors des grands centres et c\u2019est de moins en moins vrai.Si le nombre de demandes reste stable d\u2019année en année, les personnes qui franchissent la porte de Transit à Sept-Îles ne sont plus les mêmes.Du nouveau monde L\u2019organisme traite de plus en plus de gens qui vacillent entre itinérance chronique et épisodique, plus souvent qu\u2019autrement aux prises avec une santé mentale précaire.« Anciennement, la mission de Transit était axée sur la réinsertion des gens dans la société, explique le directeur de Transit David Leboeuf.Là on traite une forme d\u2019 itinérance chronique croissante.Du monde déconnecté, en psychose, on ne les prenait pas.La situation a empiré et on a dû revoir notre manière de faire.C\u2019est un petit milieu ici, ton nom tu le brûles vite.Les propriétaires de logements se parlent, et ont parfois des préjugés défavorables à leur endroit ».Défis d\u2019adaptation difficile puisque la cohabitation partagée entre six chambres et 12 résidents n\u2019est pas toujours harmonieuse.Entre les gens en situation d\u2019itinérance chronique et ceux en processus de réinsertion sociale s\u2019ajoutent des personnes qui ont toujours subvenu à leurs besoins et qui ont vu leur vie basculer par une série d\u2019événements.Ex-soudeur, David Leboeuf a vu des anciens collègues d\u2019usine arriver chez Transit dans la dernière année.« Ça m\u2019est arrivé d\u2019héberger des gens qui travaillent dans les shops, lance celui qui a lui-même déjà connu la rue dans le passé.Tu te sépares, tu te trouves pas de logement, tu décroches socialement et bang, tu te réveilles un matin et t\u2019as perdu tous tes repères ».Et chez les femmes À la maison Autour d\u2019Elle, on accueille de plus en plus de femmes qu\u2019on ne voyait pas auparavant.La pandémie y est certainement pour quelque chose.Au Québec, en 2021, 26 femmes ont perdu la vie dans un contexte de violence conjugale.Ces 26 tragédies ont sensibilisé des femmes qui ont réalisé qu\u2019elles étaient à risque.« La violence conjugale n\u2019a pas de classe sociale, toutes les femmes peuvent en être victimes.Mais comme on en parle davantage, les femmes la tolèrent moins et se dirigent vers les ressources comme la nôtre plus rapidement », explique Chantal Doiron, intervenante en prévention à la maison Autour d\u2019Elle, anciennement la Maison des femmes de Sept-Îles.David Leboeuf, directeur de Transit, à droite, et Alexandre Dumas, intervenant.Chantal Doiron, intervenante en prévention à la maison Autour d\u2019Elle.À Sept-Îles, on ne laisse personne dehors À la frontière du 50e parallèle, les ressources d\u2019hébergement d\u2019urgence doivent elles aussi se réinventer pour répondre aux besoins d\u2019une population vulnérable de plus en plus fragilisée par une pandémie impérissable.C\u2019est le cas de la maison Transit de Sept-Îles et de la maison Autour d\u2019Elle, deux organismes clés, témoins du visage que prend l\u2019iti- nérance et la violence domestique dans cette ville de 25 000 âmes.Par Simon Bolduc, chargé de projet - journalisme Sept-Îles C O U R T O I S I E T R A N S I T C O U R T O I S I E 27 itineraire.ca 15 février 2022 Changements de couleur Le code de couleurs, mis en place par le gouvernement Legault au printemps 2021, a obligé le milieu communautaire de première ligne à revoir ses manières de faire en continu.Évidemment, les ressources d\u2019hébergement n\u2019ont pas été épargnées.Si certaines régions ont connu un changement graduel du rouge au vert, comme Montréal, la Côte-Nord a plutôt oscillé entre le jaune, l\u2019orange, le rouge, retour au jaune, à l\u2019orange, sans compter la venue du variant Omicron apparu en fin d\u2019année.Variant qui est venu chambouler une stabilité qui semblait en voie d\u2019être acquise par la double vaccination.« Je me demande si le changement de couleurs nous a vraiment aidés, s\u2019interroge David Leboeuf au bout du fil, ce qui aurait été le mieux, ça aurait peut-être été de rester dans la même zone, même avec plusieurs restrictions ».Le directeur de Transit a finalement trouvé une formule passe-partout avec son équipe.Confinement en sous- groupe, accompagnement serré aux rendez-vous, lors de démarches, pour faire des courses, pour s\u2019assurer du respect des bulles.Cette formule a porté ses fruits, certes, mais elle a aussi mis à mal une petite équipe déjà épuisée par ces changements à répétition.« Ça commence à se stabiliser, mais avec les mesures sanitaires on a eu bien des protocoles à mettre en place, appuie Mme Doiron, comme de diminuer de moitié notre capacité d\u2019accueil, qui est passée de 12 à 6.» À tout cela s\u2019ajoute la fermeture des restaurants et des cafés où les gens mal pris ont l\u2019habitude de s\u2019y réchauffer.Avec des températures glaciales, ils ont été nombreux à se tourner vers des organismes communautaires ayant tout simplement nulle part où aller.Avec un nombre de places réduit de moitié, les ressources d\u2019hébergement d\u2019urgence comme la maison Transit et Autour d\u2019Elle n\u2019ont pas eu le choix de collaborer pour répondre à la demande.Personne dehors « En ce moment à Sept-Îles je peux t\u2019assurer que personne ne couche dehors », affirme David Leboeuf.En réduisant le nombre de lits, il est devenu inévitable pour ces deux ressources de se référer mutuellement des usagers quand la maison affiche complet.« On s\u2019adapte, on collabore, parce que le problème c\u2019est : On fait quoi quand on peut héberger six personnes et que la septième cogne à ta porte ?Il faut trouver une solution pour fournir un toit à cette personne-là, je ne vais pas puncher à 17 h si j\u2019ai encore quelqu\u2019un dans le bureau », image-t-il.Chantal Doiron et son équipe ont dû appeler celle de David Leboeuf à quelques reprises pour envoyer des femmes qui pouvaient correspondre avec les services de Transit.« C\u2019est rare qu\u2019on refuse des femmes, mais quand on n\u2019a plus de place, on va voir avec Transit si on peut envoyer celles qui n\u2019ont pas d\u2019enfant là-bas », dit l\u2019intervenante.Transit et la maison Autour d\u2019Elle ont également bénéficié du soutien du CISSS de la Côte-Nord pour héberger temporairement à l\u2019hôtel les futur.e.s résident.e.s en attente d\u2019un résultat de test de dépistage négatif obligatoire.Enfin, ces chambres en site non-traditionnel, gérées par le CISSS, ont de plus servi à loger des gens quand la ressource débordait.Se trouver un toit La crise du logement qui sévit dans plusieurs villes du Québec n\u2019a pas épargné la municipalité portuaire et minière, qui a la particularité d\u2019accueillir des travailleurs de passage.Cette population fluide pousse les propriétaires à louer à la semaine ou à des agences qui cherchent à loger leurs travailleurs.Selon les plus récentes données de la SCHL, le taux d\u2019inoccupation est passé de 10 % à 5,5 % en 2020 pour atteindre 5,8 % à l\u2019automne 2021.Le prix moyen d\u2019un studio frôle 525 $ par mois et un appartement à la semaine peut coûter 450 $.Le directeur de Transit a lui-même peiné à se trouver un appartement l\u2019année dernière.Et quand il l\u2019a quitté pour vivre avec sa conjointe, la propriétaire a décidé de le louer à une agence de placements.« On était beaucoup à postuler pour le même logement et la propriétaire me l\u2019a loué parce qu\u2019elle m\u2019a vu à la télévision lors d\u2019une entrevue.» Applications multiples et discrimination vont malheureusement de pair.« [Les propriétaires] ne prendront pas quelqu\u2019un en réinsertion sociale en craignant qu\u2019 il scrappe le logement, et ça c\u2019est quand ils ne le loue pas trois fois le prix à une de ces agences », dénonce David Leboeuf.Du logement social Alors on se loge comment à Sept-Îles quand on a un genou à terre ?« La particularité ici comparé à Baie- Comeau, par exemple, c\u2019est que le parc locatif de l\u2019Office municipal d\u2019habitation (OMH) de Sept-Îles n\u2019a pas de 3 et demi ou de studio, uniquement des gros logements pour des familles.Une personne seule dans un 6 et demi, on a déjà vu ça dans le passé, mais trop souvent ça arrivait que le locataire louait les autres chambres à des travailleurs en fly-in fly-out », informe le directeur.Actuellement, 57 personnes seules bénéficient du Programme de supplément au loyer (PSL) à travers l\u2019OMH septilien et une seule reste en HLM.L\u2019organisme Transit gère deux PSL mais la charge de travail est énorme et récurrente.« Si quelqu\u2019un quitte son logement il faut placer une autre personne, faire le lien avec le propriétaire, le bail.Ce serait plus simple d\u2019avoir nos propres appartements supervisés.» Ce projet de logements supervisés, Transit le chérit depuis plusieurs années.Construire un deuxième étage avec six logements supervisés, dont deux sous la charge du programme d\u2019éducation spécialisée du cégep de Sept-Îles, voilà l\u2019idée émise par un directeur à bout de souffle.Il avoue d\u2019ailleurs suspendre pour le moment beaucoup de projets pour permettre à l\u2019équipe, déjà fragile, de récupérer.Ce souhait de voir apparaître du logement social et supervisé, Chantal Doiron de la maison Autour d\u2019Elle le partage également.« Ça nous permettrait de placer les femmes en hébergement courte durée à long terme, et à les suivre plus longtemps.» Pour l\u2019instant, les deux acteurs sociocommunau- taires peuvent compter sur une population généreuse et solidaire.« Dans un petit milieu comme ici, on se tient les coudes serrés.Les gens de Sept-Îles sont toujours présents quand on a besoin d\u2019eux, en temps, en dons, en commandites.C\u2019est plate à dire, mais c\u2019est quand ça va mal, que ça va l\u2019mieux », philosophe le directeur.Une phrase tristement vraie, chantée en 1978 par un certain Plume Latraverse, qui plus que jamais trouve écho dans le contexte actuel.Salle commune de la maison Autour d'Elle.VSI M A I S O N A U T O U R D ' E L L E 29 itineraire.ca 28 itineraire.ca 15 février 2022 15 février 2022 «?Je l\u2019aime bien mon nouveau logement, il est beau.J\u2019étais tellement content lorsque j\u2019ai signé mon bail.Mes affaires étaient déjà préparées, même si j\u2019avais juste cinq sacs et ma TV.?» - Mario Saint-Denis «?Dès que je suis a rrivé dans mon ancienne ch ambre sur la rue Laval, j\u2019ai eu h âte de changer de place.Ça faisa it deux ans que j\u2019y étais.Il y avait des vendeurs [de drogue] autou r.Et la chambre était bien, mais j\u2019e ntendais tout le temps crie r.?» «?Chez moi, c\u2019est toujours propre et jamais rien ne traîne.On m\u2019a appris à être comme ça quand j\u2019étais jeune.J\u2019avais des parents sévères, moi.Mais ça m\u2019a servi pour réussir à avoir mon nouvel appartement.?» I S A B E L L E L A C H A R I T É Le froid arctique de ces dernières semaines nous le rappelle : avoir un toit est essentiel.Non seulement à la survie, mais aussi à la stabilité sociale et économique des personnes qui franchissent une étape cruciale de leur intégration sociale : sortir de l\u2019itinérance.Souvent jonché d\u2019obstacles, le parcours qui mène à un toit stable et digne est un travail effectué en coulisses à L\u2019Itinéraire.Et Mario Saint-Denis en témoigne.Camelot et rédacteur occasionnel, grâce à sa motivation et à une collaboration tissée serrée entre le Réseau de l\u2019Académie (RESAC) et les intervenants psychosociaux du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire, Mario est entré dans son nouveau studio le 29 janvier dernier.La patience de se loger « Quand les camelots demandent d\u2019entrer dans un logement subventionné, il faut tout d\u2019abord des papiers à jour, explique Isabelle Lacharité, intervenante psychosociale du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire.Et pour les camelots qui arrivent de la rue comme Mario, ramasser toute la paperasse peut prendre de deux à trois mois.Il faut que la personne soit patiente et très motivée.» Au regard de son expérience, l\u2019intervenante est formelle : « Mario Saint-Denis est un exemple parfait de réussite ».Comme lui, d\u2019autres camelots ont bénéficié de l\u2019accompagnement au logement qu\u2019effectue l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire, conjointement avec le Réseau de l\u2019Académie (RESAC), un OBNL qui offre des habitations à prix modique à des personnes à faible revenu ou à risque d\u2019itinérance.Mais à date, Isabelle n\u2019avait jamais vu « une personne aussi fiable que Mario.Alors, lorsqu\u2019il a fait la demande d\u2019accéder à un logement plus grand, elle a été immédiatement acceptée ».Logés, mais à quel prix « Je me rappelle d\u2019un camelot qui, en hiver, venait tôt le matin à L\u2019Itinéraire et allait s\u2019allonger, collé à la chaufferette de la salle de bain, parce qu\u2019il avait eu frette toute la nuit », raconte le directeur du développement et de l\u2019impact social de L\u2019Itinéraire, Charles-Éric Lavery.À L\u2019Itinéraire, une part des camelots vit encore l\u2019iti- nérance, qu\u2019elle soit visible, ou cachée comme la vivait Mario.Deux tiers de ceux qui ont un toit au-dessus de la tête occupent des maisons de chambre ou des logements privés ; une situation locative plus pénible qu\u2019autre chose lorsqu\u2019on doit assumer 100 % du loyer, explique M.Lavery : « Si ton loyer est de 600 $ et que ton aide sociale est de 628 $, il faut accepter de consacrer une majorité de tes revenus au logement.Surtout, tu acceptes de ne pas pouvoir te passer de l\u2019aide des organismes pour te nourrir, compléter tes revenus, etc.» Pour le dernier tiers des camelots en logement, ces derniers sont subventionnés ou sont à loyer modique, grâce à ces précieux partenariats avec le Réseau de l\u2019Académie et l\u2019Office municipal d\u2019habitation de Montréal (OMHM), qui offre un programme de subvention au logement, destiné aux plus précaires.« Un travail de longue haleine », précise Charles-Eric Lavery.Le Réseau de L\u2019Académie réserve au Groupe L\u2019Itinéraire 12 appartements répartis dans deux de leurs immeubles subventionnés, appelés Phase 5 et Phase 7.L\u2019 organisme peut y loger respectivement cinq et sept camelots.La phase 5 est un passage obligé.Il sert en quelque sorte de « tremplin » vers un logement durable.Pendant deux ans, les camelots doivent démontrer leurs aptitudes à gérer leur budget, tenir propre leur appartement, et vivre en collectivité avec le voisinage sur du long terme, comme l\u2019a fait Mario Saint-Denis.SE LOGER AVEC DIGNITÉ Par Karine Bénézet Journaliste, responsable de la formation Mario Saint-Denis et Shiva Firouzi, intervenante du RESAC.31 itineraire.ca 15 février 2022 «?Mon nouvel appartement est meublé.Même le lit est fourni.J\u2019avais vraiment hâte d\u2019y être.Je suis allé y dormir deux jours, une fin de semaine, parce que j\u2019avais déjà les clefs.On dort bien en ostie (rires).C\u2019était tellement relax.Je me sentais bien.?» - Mario Saint-Denis I S A B E L L E L A C H A R I T É Les malheureux événements qui ont bouleversé les communautés afrodescendantes ces dernières années ont également éveillé les consciences.Au Québec, c\u2019est surtout la mort de George Floyd au printemps 2020 qui a ravivé, à grande échelle, le débat sur les inégalités sociales qui touchent de plein fouet les communautés noires.Depuis, on évoque le profilage racial, le racisme systémique\u2026 Même si tous ne s\u2019accordent pas.Mais les inégalités sociales perdurent et les difficultés qu\u2019éprouve le milieu du cinéma afrodes- cendant à percer les petits et grands écrans en sont une conséquence directe.C\u2019est ce que constate le réalisateur montréalais Henri Pardo, dont le documentaire Dear Jackie sur la communauté noire du quartier montréalais de la Petite-Bourgogne a été primé aux dernières RIDM (Rencontres internationales du documentaire de Montréal).Amoureux et fier de ses racines haïtiennes, Henri Pardo est surtout profondément impliqué dans le changement de regard posé sur le cinéma afrocentrique et ceux qui le font.Dans une entrevue-fleuve, celui qui travaille en parallèle de son métier à établir le dialogue et des ententes entre ses collectifs de cinéastes afrodescendants et les hautes sphères de diffusion du Québec, partage sa vision des blocages et du chemin à parcourir pour la reconnaissance d\u2019un cinéma identitaire.Par Karine Bénézet Journaliste, responsable de la formation Les ressources ont des limites Charles-Éric Lavery est sans aucun doute satisfait des collaborations entre L\u2019itinéraire et ses partenaires.Il avoue cependant que les besoins sont criants, et que les ressources actuelles ont leurs limites.« Nous, on n\u2019a pas d\u2019intervenant attitré pour accompagner spécifiquement les démarches de logement.Et l\u2019équipe répond aussi à beaucoup d\u2019autres besoins : alimentaires, médicaux, administratifs, etc.» L\u2019Itinéraire accompagne 150 camelots vers l\u2019autonomie à l\u2019aide de seulement trois intervenants, précise le directeur.Alors « avoir une ressource dédiée permettrait de faciliter certaines démarches et surtout de développer d\u2019autres partenariats aussi humains que celui d\u2019avec le RESAC.» Il rappelle aussi réalistement qu\u2019 « il pourrait arriver quelque chose à Mario demain qui le ferait retomber dans la rue.» La ligne est toujours mince.Alors oui, « ça nous prendrait plus de ressources, même si notre approche actuelle a clairement fait ses preuves ».Et quand on parle de ressources, on parle aussi du nerf de la guerre : les subventions, sachant que « L\u2019Itinéraire ne reçoit aucune aide financière visant spécifiquement le travail de soutien au logement réalisé par les intervenants », conclut-il.32 itineraire.ca 15 février 2022 Je suppose que votre parcours dans le 7e art en tant qu\u2019afrodescendant n\u2019a pas dû être toujours facile.Ma période d\u2019études au conservatoire a été assez difficile en termes d\u2019exigence et de façon de travailler \u2026 à la dure.On casse, on moule ces jeunes adultes tout en jouant des pièces comme Othello.J\u2019ai dû réapprendre à aimer jouer en sortant de cette formation.Et ce n\u2019est que des années après que j\u2019ai constaté que ma culture n\u2019était pas incluse dans tout ça.Ce sentiment m\u2019a poursuivi tout au long de ma carrière.Les seuls moments où je me sentais enraciné, c\u2019était quand je jouais dans des projets plus proches de moi, qui me ressemblent.Est-ce pour ça que vous vous êtes orienté vers un cinéma afrocentrique ?J\u2019ai eu des rôles importants, en anglais, en français.J\u2019ai fait ce qu\u2019un acteur québécois fait.À un moment donné, j\u2019ai eu le désir de raconter mes propres histoires.Je me suis rappelé sur le tard que j\u2019étais allé au conservatoire pour être metteur en scène, pour diriger des comédiens.Mais je me suis laissé enrôler à la sortie : agent, contrats.Alors je me suis lancé dans un petit projet personnel, celui de jouer avec des frères.J\u2019ai donc appelé Didier Lucien et Frédéric Pierre (tous deux acteurs d\u2019origine haïtienne) pour leur proposer mon projet.Notre point commun, c\u2019est qu\u2019on était des comédiens afrodescendants qui ne jouaient jamais ensemble des frères, des oncles, des personnages avec des liens familiaux.Alors c\u2019était formidable.Avec ce premier pilote, j\u2019allais me promener chez les diffuseurs pour proposer un show où les quatre personnages principaux étaient des gars afrodescendants dans la trentaine qui dealent avec leurs vies.Comment ce projet a t-il été reçu par les maisons de production ?On a tout entendu : les personnages ne sont pas réalistes parce qu\u2019ils ne sont pas dans le milieu des gangs, de la dope.Pourtant, ils avaient tous des problèmes.L\u2019un était accusé de viol, l\u2019autre avait des problèmes de consommation depuis le décès de sa femme, l\u2019autre encore dealait avec quelqu\u2019un de malade et le dernier avait été abusé dans sa jeunesse.Mais les diffuseurs semblaient trouver que ce n\u2019était pas assez réaliste pour des personnages noirs.C\u2019était une histoire de perception.Puis ils pensaient que le public n\u2019était pas prêt à voir un show avec seulement des personnages noirs au premier plan et qu\u2019il ne serait pas fan de culture afrodescendante.Ma réplique à ça était : « qui ne connaît pas Michael Jackson, Prince, Beyoncé ou encore Dany Laferrière, qui est lu tout le temps ?» Et quand on demandait : « c\u2019est quoi le problème ?» la réponse était : le silence.Quel est le point de départ de votre parcours dans le cinéma ?On est en 1981.Le mur de Berlin est encore là, c\u2019est la fin de la guerre froide et comme gamins, on était habitué d\u2019entendre : guerre nucléaire et éradication de l\u2019humanité.Moi, j\u2019étais en 6e année.Une dame recrutait à l\u2019école de jeunes garçons pour participer à la création d\u2019une pièce sur la paix.On a intégré la troupe de théâtre avec quelques amis.Elle était composée d\u2019artistes de créations collectives qui nous permettaient d\u2019écrire nos chansons, d\u2019être sur scène et d\u2019apprendre la mise en scène.Elle était là pour changer le monde.C\u2019était un beau cadeau à donner aux enfants, la possibilité de réécrire le monde.Ça m\u2019est toujours resté dans le cœur, que l\u2019art peut servir quelque chose de grand.KARENE-ISABELLE JEAN-BAPTISTE David Rome et Malcom Odd, participants au programme de mentorat Encre Noire.Photo : Sarah El Attar Atelier de scénarisation et de réalisation du programme de mentorat Encre Noire.Photo : Sarah El Attar 34 itineraire.ca 15 février 2022 Plusieurs jeunes cinéastes afrodescendants ont eu accès au programme de mentorat Encre Noire, porté par Black Wealth Media, une plateforme de diffusion-production que vous avez fondée.La situation est donc plus facile pour ces jeunes qu\u2019elle ne l\u2019était pour ceux de votre génération ?Oui, la génération derrière nous voit les bienfaits de notre travail, même si elle ne sait pas toujours les discussions et négociations que nous avons eues avec les hautes sphères dirigeantes des diffuseurs comme Radio- Canada.Il y a aussi des événements malheureux qui ont déclenché des réflexions auprès de ces décideurs qui ne voulaient pas être du mauvais côté de l\u2019histoire : les polémiques autour de SLA-V ou la mort de George Floyd, par exemple.Vous parlez de discussions dans les hautes sphères des diffuseurs, qu\u2019est-ce qui a été abordé avec eux et à quel moment ont été engagé ces échanges ?Tous les Mois de l\u2019histoire des Noirs, il y a une grande volonté de faire des panels pour parler de la diversité à l\u2019écran.Un jour, collectivement, on a décidé de refuser ces panels-là, parce que c\u2019était du blabla.On en parlait, on en parlait, mais il n\u2019y avait aucune construction ou proposition pour pallier l'absence des afrodescendants à l\u2019écran et dans les sphères dirigeantes.On a donc amorcé des rencontres assez extraordinaires entre les dirigeants de Radio-Canada et notre collectif, qui était représenté par l\u2019association Black on Black Films, pour dire : « Ça a beau être le Mois de l\u2019histoire des Noirs, nous, on est là 365 jours par année et on veut laisser une marque derrière nous ».Évidemment, le blocage est toujours le même : l\u2019argent.Et il en faut pour faire une différence.Mais le portefeuille disponible, lui, ne bougeait pas.C\u2019était un point difficile.On a donc proposé de regarder premièrement ce qui se passait ailleurs.Un anthropologue culturel, James Oscar, travaillait avec nous et avait recherché du côté de l\u2019Angleterre les efforts d\u2019inclusion de la diversité qui avait été faits par le groupe Channel Four (chaîne de télévision publique britannique) et quel genre de vague de cinéastes ça avait provoqué.On parle de cinéastes comme Steve McQueen, dont le cinéma est exceptionnel, qui a proposé et réalisé Twelve Years a Slave en 2013 ou encore Small Axe (minisérie sortie en 2020 et dédiée à George Floyd et à tous les Noirs tués à travers le monde pour ce qu\u2019ils étaient).Cette étude a permis de démontrer qu\u2019on est des collègues rentables qui amènent un nouveau public, une nouvelle dramaturgie.Ça, c\u2019était deux ans avant SLA-V.Justement, la polémique autour de la pièce de Robert Lepage, a-t-elle réellement permis de faire bouger des choses ?Comment avez- vous vécu ce moment ?Pour moi, ç\u2019a été un moment vraiment difficile.J\u2019étais en écriture du documentaire sur la communauté afrodescendante de la Petite-Bourgogne (Dear Jackie, primé au RIDM 2021).Il faisait canicule ce jour-là.Moi, j\u2019essayais de mettre le spotlight sur des gens qu\u2019on n\u2019entend jamais et qui sont pourtant à Montréal depuis 200 ans et plus, pour certaines communautés.C\u2019est ça que j\u2019écrivais à l\u2019époque de SLA-V.Alors ça clashait totalement.SLA-V avait vraiment un tout un autre projet et les manifestants, qui étaient pour la plupart des universitaires en politique, sociologie, philosophie \u2014 des gars et des filles blindés \u2014 disaient que ça, c\u2019était une limite à ne pas franchir.De faire cette appropriation culturelle spécifique, les chants d\u2019esclaves, c\u2019était trop.Et d\u2019entendre le débat national et des chroniqueurs qui habituellement ne couvrent même pas la culture traiter les miens d\u2019égarés et de gens sans culture, c\u2019était dur.SLA-V a été super important.Notre résistance a été un déclencheur parce qu\u2019après ça, les institutions se sont dit : « OK, qu\u2019est-ce qu\u2019on fait ?» Tout d\u2019un coup, on s\u2019est fait appeler pour avoir des conseils.Le Québec est-il toujours aussi « monoculture » que vous le disiez en 2018 ?Quels sont les efforts d\u2019inclusion de la diversité à l\u2019écran que vous constatez aujourd\u2019hui ?Moi je suis pour un cinéma identitaire.Si j\u2019écris un personnage, il sera Haïtien, comme l\u2019acteur.Ça vient avec ses racines, sa situation, ses parents, etc.C\u2019est un courant.L\u2019autre courant, qui se fait beaucoup ici, c\u2019est le colorblind casting ; le principe de faire de la distribution de rôle sans regarder la couleur des gens.On ne regarde que les compétences.C\u2019est une chose fantastique, sauf que ça prive la trame narrative de l\u2019historique culturel et socioculturel de l\u2019acteur.Du côté anglo-canadien, ça ne se passe pas comme ça.Ils sont plus avancés.Par exemple, le racisme systémique est reconnu en Ontario.Alors le budget provincial prévoit une part pour lutter contre.C\u2019est dans la loi.Alors qu\u2019ici, même le profilage racial n\u2019est pas vraiment reconnu.Et quand on dit que ça existe, on se fait dire : « non, non, non ».Mais depuis que des gens en meurent, on nous croit un peu plus.Ici, on est clairement en retard par rapport au reste du Canada.Mais quand on le souligne, on se fait rétorquer que c\u2019est du multiculturalisme canadien et que le Québec est une société distincte.Moi je ne sais pas quoi répondre au fait que ce n\u2019est pas le projet de société du Québec d\u2019être multiculturel.Alors on doit continuer le combat.Et la solution, pour nous, c\u2019est de créer des œuvres marquantes, pertinentes, intégrées dans nos cultures, et Dieu sait qu\u2019il y a assez de cultures afrodescendantes pour conter ces histoires ; qui sont surtout de belles histoires.Il y a de quoi nourrir un public à l\u2019infini.Une scène du spectacle SL?V présenté au Théâtre du Nouveau Monde à Montréal.Photo : Facebook / Ex Machina O L A D I M E J I O D U N S I | U N S P L A S H 36 itineraire.ca 15 février 2022 En créant le programme de mentorat de jeunes cinéastes noirs émergents L\u2019Encre Noire et le collectif montréalais Black Wealth Media, aviez-vous à l\u2019esprit un « cinéma identitaire » afrodescendant ?Ce qu\u2019on voulait avec Black Wealth Media, c\u2019était avoir une plateforme de discussion, faire de la production cinématographique et avoir un programme de mentorat pour s\u2019occuper de la vague à venir.Le programme de mentorat a donné naissance à 10 premiers courts métrages, totalement différents.De nouvelles histoires sur notre spiritualité, notre rapport homme-femme, le rapport de la communauté afro-LGBTQ, comment c\u2019est vécu\u2026 Les jeunes qu\u2019on a accueillis devaient avoir un esprit entrepreneurial, parce qu\u2019il faut aller négocier de l\u2019argent et des moyens, que ce soit la vieille bagnole de ta grand-mère ou un 1000 $ pour nourrir ton équipe.Puis, on voulait leur donner la parole et la possibilité de créer des personnages qui montrent qu\u2019ils ne sont pas juste humains, mais surhumains.Parce qu\u2019il faut l\u2019être pour avoir résisté à 400 ans d\u2019histoire et être toujours en vie sans être complètement « génocidé » culturellement.Ensuite, on a fait des scénarios qui donnent l\u2019envie aux gens de comprendre la Jamaïque, d\u2019aller en Haïti, de comprendre le triangle de la traite négrière.Et faire ressortir ce que ç\u2019a apporté, la spiritualité qui a transcendé jusqu\u2019à nous et comment nous sommes liés aux ancêtres.Moi je demandais à ces jeunes des courts métrages à la Kino, avec les moyens du bord.Mais j\u2019ai 10 films de 15 minutes avec parfois même des effets spéciaux\u2026 Alors si ces jeunes sont capables de faire ça avec 1000 $ chacun et des mentors, qu\u2019est ce que ça donnerait s\u2019ils intégraient de pleins budgets, auxquels ils ont le droit ?Qu\u2019est-ce que ça prendrait pour leur permettre, s\u2019ils veulent poursuivre dans le 7e art, d\u2019accéder aux pleins budgets dont vous parlez ?D\u2019être capable de siéger sur des comités de sélection de jury, comme le Gala Québec Cinéma, sur le comité du fonds Bell, du Fonds Québecor, d\u2019être à l\u2019intérieur de Téléfilm ou de la Sodec\u2026 Moi, mon travail, c\u2019est d\u2019aller chercher des alliés.Et un allié, c\u2019est une personne qui va constater les manques de son organisation et qui va laisser sa place pour plus de représentativité.Ce sont des gens antiracistes.Pas juste des personnes qui se disent antiracistes parce qu\u2019elles n\u2019ont jamais dit de gros mots.On parle encore une fois de racisme systémique, de plus de 400 ans d\u2019histoire basée sur un système d\u2019exploitation des humains et des ressources naturelles de territoire.Il faut déconstruire ça.Ça prend du temps et de l\u2019audace, mais on n\u2019a pas le choix.Enfin, le colorblind casting ne suffit pas.Il faut la présence des afrodescendants aussi derrière la caméra, à des postes clefs.Particulièrement aux postes d\u2019auteurs et de réalisateurs et ensuite de chefs de département.Alors il faut expliquer aux chefs des départements eurodescendants actuels : « Donne tout ton savoir à ce jeune-là, pour que ce soit lui le prochain, parce qu\u2019 il n\u2019a pas pu faire L\u2019Inis (Institut national de l\u2019 image et du son).» On travaille bien sûr à ce qu\u2019ils puissent aller dans ces bonnes formations, mais on a aussi besoin de rattraper le temps passé.Un peu comme l\u2019a fait la Sodec (Société de développement des entreprises culturelles) lorsqu\u2019elle a réagi en faveur de la parité.Elle a dit : « c\u2019est fini, à partir de maintenant, les budgets, c\u2019est moitié hommes, moitié femmes ».Les gars disaient : « ouais, mais y a pas de femmes dans notre milieu »\u2026 Et finalement\u2026 Finalement, parlez-nous un peu de Dear Jackie, votre documentaire sur la communauté noire de la Petite-Bourgogne qui a remporté le prix Magnus Isaccson aux dernières rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM).Quelle histoire se cache derrière ?Ce documentaire est adapté d\u2019une idée, une fiction à l\u2019origine, que j\u2019ai écrite il y 25 ans.J\u2019ai toujours été passionné par l\u2019histoire de la Petite-Bourgogne.J\u2019ai découvert que Jackie Robinson (joueur américain de baseball ayant évolué dans la Ligue majeure de 1947 à 1956) avait commencé à Montréal, ce que représente le monde de la boxe, je suis un amoureux du Jazz depuis toujours, et dans une envolée, j\u2019ai conçu une histoire qui se déroulait sur deux époques dans la Petite-Bourgogne.Pour pouvoir faire ce film, j\u2019ai d\u2019abord dû me faire accepter par la communauté de la Petite-Bourgogne, parce que j\u2019étais un étranger sur ce territoire.Et pour y arriver, j\u2019ai fait beaucoup de bénévolat.J\u2019ai montré aux gens que je n\u2019étais pas là pour voler leurs histoires, que je voulais faire un film pour eux, pour qu\u2019ils soient fiers de leur communauté.Jackie Robinson à Montréal, date inconnue.Photo : Ronny Jaques / Library and Archives Canada / PA - licence CC Malcolm Odd et Lorna Kidjo.Participants au programme de mentorat Encre Noire.Photo : Sarah El Attar 39 itineraire.ca 15 février 2022 Merci à la coopérative des Librairies indépendantes du Québec pour sa participation à la réalisation de cette chronique.40 itineraire.ca 15 février 2022 par Roger Perreault Camelot Rachelle-Béry Fleury / Péloquin et SAQ Lajeunesse / Jarry Chroniques de jeunesse Guy Delisle Éditions Pow Pow, 2021, 160 pages Affaires de terre et patentes d'artiste Marc Séguin Leméac Éditeur, 2021, 144 pages Avant d\u2019aller à Pyongyang, à Shenzhen et à Jérusalem, Guy Delisle a vécu à Québec où, durant trois étés, il a travaillé dans la même usine de pâtes et papier que son père.Avec Chroniques de jeunesse, l\u2019auteur revient sur son expérience de gars de shop, dressant un portrait drôle et touchant du milieu ouvrier et de ses années formatrices en tant qu\u2019artiste.Cette auteure, à qui L\u2019Itinéraire s\u2019est intéressé pour l\u2019adaptation à l\u2019écran de son roman Je voudrais qu\u2019on m\u2019efface par Éric Piccoli, nous offre cette fois une fresque de notre territoire et traite de la transmission et de la fragilité de la vie, via l\u2019histoire de deux familles réunies dans une vieille maison.Voici un livre indispensable, un appel d\u2019air et d\u2019amour, où l\u2019existence valse avec la mort, où l\u2019on se souvient de ce que signifie « être vivant ».Femme Forêt Anaïs Barbeau-Lavalette Éditions Marchand de feuilles, 2021, 296 pages Morel Maxime Raymond Bock Le Cheval d\u2019août éditeur, 2021, 336 pages Dans ce roman social, historique, de mœurs et de luttes de classes, Bock décrit comment Montréal s\u2019est développé au cours de la deuxième moitié du 20e siècle.Il nous montre comment la construction du métro et celle du pont-tunnel Lafontaine, l\u2019aménagement des Îles pour la tenue d\u2019Expo 67, la multiplication des autoroutes urbaines et l\u2019édification des tours du centre- ville ont tour à tour contribué à détruire le Faubourg à m\u2019lasse, à défigurer la rue Notre-Dame, à priver le centre-ville de soleil et d\u2019espaces verts et à disloquer la famille Morel, entre autres effets pervers.Une autre façon de voir notre Montréal transformé.À propos de Marc Séguin Au moment d\u2019écrire ces lignes, Marc Séguin s\u2019était retiré de la vie publique.L\u2019itinéraire n\u2019a donc pas pu l\u2019interviewer sur sa vie et ses talents artistiques, d\u2019ailleurs reconnus très tôt dans sa carrière.Né à Ottawa en 1970, Marc Séguin est artiste.Il détient un baccalauréat en arts visuels de l\u2019Université Concordia à Montréal et démultipliera par la suite ses sens artistiques : peinture, gravure, poésie, roman, cinéma.Multidisciplinaire, ce sont d\u2019abord ses talents de peintre qui seront reconnus en 1997, à peine deux ans après sa toute première exposition, par le Prix Pierre- Ayot de la Ville Montréal et qui est décerné aux artistes de moins de 35 ans.Ces premiers tableaux de très grandes dimensions attireront l\u2019œil des collectionneurs et des critiques, qui le feront connaître au Québec, au Canada puis en France.Auteur, il a écrit une dizaine de livres : cinq romans, un recueil de poésie, un livre de chroniques, Affaires de terre et patentes d\u2019artiste, présenté dans cette édition, ainsi que trois livres d\u2019artiste, en plus d\u2019avoir collaboré à de nombreux autres projets.Sa première création littéraire, La foi du braconnier, publiée en 2009, lui mérite les Prix des collégiens et des librairies du Québec la même année.Son second roman, Hollywood, lui vaudra, deux ans plus tard, un Prix littéraire du Gouverneur général.Au théâtre, il s\u2019est fait idéateur et scénographe.Il a également signé une série documentaire intitulée L\u2019art de la chasse et réalisé deux films dont un drame psychologique en collaboration avec, entre autres, Denys Arcand et Gaston Lepage.Une belle palette artistique à découvrir.Patentes et chroniques Qui aurait cru que des chroniques d\u2019opinions rassemblées sous une même couverture puissent soulever autant d\u2019enthousiasme et de réflexions.En plus de rapprocher autrement un auteur et son lecteur.C\u2019est ce qu\u2019offre Marc Séguin avec son recueil de chroniques Affaires de terre et patentes d\u2019artiste, publié chez Leméac l\u2019an passé.Artiste aux talents multiples, Marc Séguin propose dans Affaires de terre et patentes d\u2019artiste, 37 chroniques choisies parmi celles publiées dans la section Débats de La Presse entre 2016 à 2020.Ses réflexions portent sur son quotidien.Il nous entretient de son potager, d\u2019aménagement du territoire agricole, d\u2019immigration, de gros bon sens.Il nous parle de sa relation avec ses enfants et des valeurs qu\u2019il veut leur transmettre, de la place de la culture dans la société, de tout, quoi ! Il nous informe même de ce qu\u2019il a demandé comme cadeau au père Noël juste avant la pandémie : que le monde cesse d\u2019être con ! Et vlan ! Ce livre est rafraîchissant en ce sens qu\u2019il rejoint tant les intérêts collectifs, qu\u2019individuels à travers la description des petites choses de la vie courante à utiliser pour prendre du recul, goûter à tous les instants de la vie et surtout, en prendre conscience.Ces chroniques sont de véritables moments d\u2019intimité volés pour être partagés en plus de donner à réfléchir.Ce touche-à-tout insiste pour que personne ne ferme les yeux quand on peut voir la réalité et sait se faire virulent à l\u2019occasion quand ce qu\u2019il voit le révolte.Il s\u2019attarde également à de gros morceaux de la société.Lors d\u2019une journée de pluie dont il profite pour lire des journaux, il s\u2019emportera sur ce qu\u2019est devenu le journalisme qu\u2019il dit « devoir être, encore et toujours des gardiens d\u2019une idée sociale ».Et compare ce milieu à celui de l\u2019Assemblée nationale.« On joue un peu avec la vérité, qu\u2019on fait plier à sa limite.Ça pue la partisanerie à plein nez.» Ça a quand même le mérite d\u2019être clair.Il nous assène du gros bon sens : « mes allégeances sont humanitaires avant d\u2019être partisanes ».Ça remet les choses à la bonne place tout d\u2019un coup.Il nous rappelle qu\u2019au milieu du marasme social, les choses importantes se noient parfois : « Peut-on svp continuer de parler des problèmes du système de santé ?Des manques urgents en éducation ?De vrais problèmes de société ?» Et je vous laisse sur votre appétit pour lire ce qu\u2019il pense de Donald Trump\u2026 Devenir boulimique de chroniques est le sort que réserve Marc Séguin à la lecture de ce recueil.Par là même, il vous mènera à d\u2019autres ouvrages de cette nature, parfois incontournables, comme Les yeux tristes de mon camion du désormais regretté Serge Bouchard. Humoriste Pier-Luc Ouellet La remise en forme J\u2019ai jamais été très en forme.Chaque fois que j\u2019arrive pour faire du sport, je me rends compte que ça ne me tente pas et je n\u2019en fais pas ; un grave syndrôme.Mais là, le printemps s\u2019annonce et je me dis qu\u2019il faudrait que je me mette en forme, question de pas passer mon été dans le parc à me rentrer le ventre.J\u2019ai donc fait appel à ma sœur, une véritable athlète de crossfit, pour cette mission.Elle a beau être ma petite sœur, j\u2019ai pas intérêt à l\u2019écoeurer, elle peut me transformer en pretzel dans le temps que ça prend pour dire « shake de protéines ».Toute fière d\u2019elle, elle me dit qu\u2019elle a trouvé un petit entraînement qui devrait être parfait pour me faire commencer en douceur, un truc vraiment très facile.Trente minutes plus tard, je suis affalé sur le divan à fixer le vide, ruisselant et espérant fort ne pas vomir.J\u2019ai les jambes en compote, aucune chance que je me rende à la salle de bain à temps.Toutefois, je n\u2019abandonne pas.Après tout, Rocky n\u2019aurait pas été Rocky s\u2019il avait abandonné au premier round parce qu\u2019il avait un p\u2019tit point sur le côté.Après quelques entraînements successifs couronnés d\u2019un succès mitigé, je me dis que je suis prêt pour un entraînement un peu plus corsé.Après tout, je déteste tellement faire de l\u2019exercice ! Aussi bien m\u2019arranger pour que ces minutes infernales soient aussi productives que possible.J\u2019entame l\u2019exercice du jour.Le principe est simple : 150 fois, je dois pousser des poids en faisant des squats, et chaque fois que j\u2019interromps mes répétitions, je dois faire des redressements assis.Assez vite, je me rends compte que je ne réussirai pas à suivre la cadence.Et comme je brise le rythme constamment, les redressements assis s\u2019accumulent, et mes abdominaux naissants (ils sont à peine au stade de fœtus pour être honnête) protestent.Je ne suis plus capable de faire des redressements assis, j\u2019ai l\u2019air d\u2019un bébé tortue tombé sur le dos et qui ne peut se relever.Me manque juste la paille dans le nez.Ma sœur m\u2019encourage, comme si j\u2019étais en train d\u2019accoucher : « pousse, pousse, pousse, t\u2019es capable ! ».Je comprends votre douleur, mesdames.Je réussis à terminer ma série, mais soudainement tout se met à tourner.Je m\u2019étends au sol, détrempé et étourdi.À ce stade, la seule chose qui m\u2019empêche de perdre connaissance, c\u2019est cette terrible envie de vomir qui m\u2019assaille.À la fois compatissante et morte de rire, ma sœur me met des compresses d\u2019eau froide sur le cou et me prend en photo pour rire de moi avec ma famille.Le yin et le yang.Finalement, peut-être que l\u2019entraînement c\u2019est pas pour moi.Mais bon, l\u2019entraînement en salle, ce n\u2019est pas la seule façon de se mettre en forme.Il paraît que privilégier les déplacements actifs est une bonne façon d\u2019y arriver.Le problème, c\u2019est que ça non plus ça ne marche pas pour moi.Il y a quelques années, j\u2019ai demandé une trottinette pour ma fête.Pas une trottinette électrique là, une bonne vieille trottinette à pied, question de faire de l\u2019exercice.Mon ex de l\u2019époque n\u2019était vraiment pas chaude à l\u2019idée.Déjà, voir son chum adulte faire de la trottinette en criant « ouiiiiiii » transformait ses ovaires en raisins secs.Mais aussi, elle connaissait mon manque de coordination (je ne cours pas, je trébuche vers l\u2019avant), et se doutait de comment ça finirait.Sûr de moi, je la rassure : « Je sais faire de la trottinette, il ne m\u2019arrivera rien ».Je dois justement aller chercher des médicaments à la pharmacie, quelle belle occasion d\u2019essayer ma trottinette pour la première fois ! En revenant de la pharmacie, j\u2019ai pris confiance, et je me mets à aller vite.Trop vite.J\u2019aperçois alors un large nid de poule se profiler devant moi.Trop tard pour l\u2019éviter.Comme un génie, je décide de mettre ma jambe à terre pour éviter la chute.Mais je vais tellement vite que ma jambe se tord et je m\u2019écroule au sol.Je suis affalé au milieu de la chaussée, ma trottinette gisant à mes côtés.J\u2019essaie de me lever, mais je ne réussis pas.Je rampe donc vers le trottoir en traînant ma monture derrière moi.Une dame qui a vu ma chute me demande si je suis correct.Trop fier pour demander de l\u2019aide, je la rassure; j\u2019ai juste besoin de quelques secondes et je vais retourner à la maison.J\u2019attends quelques minutes, et j\u2019essaie de nouveau de me relever.Ma jambe s\u2019affaisse.Oups.Finalement, je dois appeler mon ex, découragée, qui m\u2019amène à l\u2019hôpital.Verdict : ligaments du genou déchirés, tibia et coude cassés.Je pense que le sport c\u2019est pas pour moi.Je vais apprendre à accepter mon petit ventre à la place.P a r N a m r o n C a m e l o t P J C b o u l .M o n k / P h a r m a p r i x O u t r e m o n t n o r m a r t m u s i c @ y a h o o .c a itineraire.ca 15 février 2022 43 publicité Grille numéro : 67456 4 6 8 2 9 7 4 3 1 4 5 7 8 7 2 2 9 2 5 3 4 2 1 6 5 4 6 9 8 5 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Solutions dans le prochain numéro Fenêtres Végètes Dévoileraient Arbres Céréale Avive Commémoration Saison Égaliser Tour Arrêter Réussi Adjectif démonstratif Déroberai Brises Armature Écraserai Métro Largeur d\u2019une étoffe Prêtresse d\u2019Héra Mélodie Post- scriptum Règle Remettiez Que je plie À travers Zone industrielle Assombri Qui a rapport aux os de la main A R M V E T T R E N I R E N I D E Z I P L E A R I A I O P S V O L R E A I I H V E R T R R E R P A R N I V L E E R N E V E I N M E E P T E S C E S O S A U T R E 8 7 1 9 4 6 3 2 8 7 5 5 3 6 8 7 4 2 1 9 2 8 7 1 5 9 4 3 6 4 6 2 7 8 1 5 9 3 9 1 5 3 4 6 7 8 2 3 7 8 9 2 5 1 6 4 7 4 9 2 6 8 3 5 1 6 5 3 4 1 7 9 2 8 8 2 1 5 9 3 6 4 7 - 1er février 2022 horizontalement 1.Des Laurentides.2.Habitudes invétérées, néfastes.- Indium.3.Autochtone.- Mît à l'épreuve.4.Empyrées.- Croupi.5.Dialecte.- Dévidoir.- Note.6.Sanie.- Or.- Crampon métallique.7.Évitions avec adresse.- Dévêtus.8.Théâtre japonais.- Décore.- Adjectif démonstratif.9.Rivière d'Europe centrale.- Envol.- Ruisseau.10.Crochets doubles.- Conséquences.verticalement 1.Diminution du nombre des leucocytes du sang.2.Prononçons.3.Produit de dégradation des acides aminés de l'organisme.- Appris.- Nanoseconde.4.Île de France.- À cet endroit.- Ut.5.Agents chargés d'une mission secrète.6.Sorti.- Sentons mauvais.7.Explosif.- Lac d'Écosse.8.Article.- Travailleur social.- Conjonction.9.Tord.- Rugissement.10.À toi.11.Infirmas.- Scandalisé.12.Greffions.- Traditions.Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette photo ?Bonne chance ! Tergiverse Fêterai Suis Polissent Rigole Commodité Saliverais Mélanges Soldats de Napoléon Critiquer Rioté Arrêter Grand lac Éprouve Père Résine Reproches Évêque de Lyon Prononcés Titane Drogue Rad Dévêtue Dans la rose des vents Idem Placera Fixas Arbre Fromages blancs Amatie BP MILLER | UNSPLASH détente DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous voulez les distribuer vous-même ?Cochez ici : 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : Par Catherine Marcoux et Annie Savage, RAPSIM Vague d\u2019actions et de fermetures rotatives dans le réseau communautaire : une solidarité plus que nécessaire 15 février 2022 Chronique payée Les propos exprimés dans cette chronique n'engagent que les auteurs.permettre aux organismes communautaires de bien accomplir leurs missions ?Le Québec doit protéger son réseau d\u2019organismes communautaires qui contribuent chaque jour au développement d\u2019une société plus juste et égalitaire, fortifiant par leur travail notre filet social.Quand le filet a des trous, quand il commence à s\u2019effriter, on doit agir pour que personne ne passe entre les mailles.Quand le communautaire lance des cris d\u2019alarme, on doit écouter et agir pour maintenir et assurer l\u2019expansion des réponses développées par et pour les communautés.Pour assurer la pérennité du réseau communautaire, il faut reconnaître que les organismes sont les mieux placés pour témoigner des réalités vécues sur le terrain.La santé du milieu communautaire passe d\u2019abord par une écoute, une compréhension des besoins du milieu et une reconnaissance de leur autonomie.Face au manque de financement et à la non-reconnaissance du rôle des organismes d\u2019action communautaire autonome, nous devons nous faire entendre.À Montréal, le rendez-vous est donné le 22 février à 14 h 00 au parc Émilie-Gamelin (métro Berri) pour une manifestation d\u2019environ 2 km.Tous les détails sur la page Facebook du FRACA Montréal.Depuis longtemps, le milieu communautaire multiplie les cris d\u2019alarme et revendique année après année de meilleurs financements ainsi qu\u2019une meilleure reconnaissance de leur travail.« Dans le communautaire, on fait des miracles avec des peanuts », voilà une phrase que l\u2019on entend si souvent et qui témoigne hélas d\u2019une cruelle réalité.Mais à quel moment avons-nous accepté cette réalité comme étant la norme ?Le milieu de l\u2019itinérance, comme les autres secteurs communautaires de la santé et des services sociaux, doit composer avec des infrastructures inadéquates, la difficulté à recruter et à offrir des conditions salariales compétitives et un sous-finan- cement sévère alors que le travail qui est accompli quotidiennement est énorme.Chaque jour, les organismes agissent en prenant en considération les réalités multiples de l\u2019itinérance et adaptent constamment leurs actions en fonction des besoins qui émergent afin de la prévenir et la réduire.Nous l\u2019avons constaté au cours des deux dernières années, l\u2019argent existe et abonde lorsque des urgences surviennent.Les gouvernements n\u2019ont pas hésité à délier les cordons de la bourse pour fournir une aide plus que nécessaire pendant la pandémie.Pourquoi alors manquent-ils constamment de moyens pour Du 21 au 24 février, les organismes d\u2019action communautaire autonome de partout au Québec se préparent à une vague de quatre jours d\u2019actions et de fermetures rotatives dans la semaine, dans le cadre de la grande campagne nationale Engagez-vous pour le communautaire.Du jamais vu au Québec ! Le Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, qui prendra part à la manifestation du 22 février à Montréal, organisée par le FRACA Montréal (Front régional pour l\u2019action communautaire autonome), souhaite revenir sur le contexte qui amène cette mobilisation. Prenons soin de nous Le couvre-visage est toujours obligatoire.Même si vous êtes adéquatement vacciné."]
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