L'itinéraire, 1 janvier 2022, lundi 1 août 2022
[" Le vélo cargo gagne du terrain Florence K : Nueva vida Ne jugez pas sans connaître Volume XXIX, n?15 Montréal, 1er août 2022 PAYEZ VOTRE MAGAZINE PAR TEXTO AUPRÈS D\u2019UN CAMELOT AUTORISÉ Vé lo en ville Montréal Agglomération de Longueuil Laval B ZONE C ZONE C ZONE C ZONE C ZONE B ZONE A ZONE À Montréal, vous êtes en zone A Avec la refonte tarifaire métropolitaine, les nouveaux titres Tous modes vous donnent accès au métro, aux trains, aux bus et bientôt au REM partout dans la zone .A Nouvelle tarification En vigueur dès le 1er juillet.M élanie est née à Montréal en 1980 et elle vous dirait peut-être que c\u2019est l\u2019année où Paul Daraîche a lancé son premier album solo.Parce que si vous voulez voir des étoiles scintiller dans ses yeux, parlez-lui de musique country.Elle ne se fait pas prier pour vous énumérer ses idoles : son cousin Dwight Leroux, la famille Daraîche, France Joli, Nicole Dumont, Paul Dwayne, Guylaine Tanguay, Renée Martel, etc.La bonhomie de Mélanie et son sourire contagieux font qu\u2019il est très facile d\u2019entrer en contact avec elle; tous ses clients le reconnaissent et elle en retire une très grande fierté.Elle ne changerait pas de point de vente pour tout l\u2019or du monde.Mélanie avait une sœur jumelle, Mélissa.Avait\u2026 car elle est morte subitement à l\u2019âge de 20 ans d\u2019une embolie pulmonaire.Une énorme épreuve pour ses parents et pour elle-même.À cette époque, elle intègre son premier appartement, un affranchissement qui, hélas ! est brusquement interrompu en 2006 par une profonde psychose.Hospitalisée pendant deux ans et demi à l\u2019Institut Douglas, elle se souvient de cette période : « C\u2019était très souffrant.J\u2019étais constamment en délire.Je fuguais pour retourner chez ma mère, mais les policiers devaient me ramener à l\u2019Institut sur ordre de la cour ».Elle reconnaît aujourd\u2019hui que c\u2019était la meilleure chose à faire et que sa mère Ginette aurait été incapable de composer avec ses crises.Après l\u2019Institut, Mélanie a intégré une ressource intermédiaire pendant plusieurs années.Autour d\u2019elle s\u2019est tissé un filet de sécurité composé de son intervenante, et surtout d\u2019une cellule familiale aimante et harmonieuse, malgré la séparation de ses parents et le remariage de son père.Aujourd\u2019hui, elle contrôle sa maladie en gérant au quotidien sa médication et ses injections.Depuis 2019, elle a le grand bonheur d\u2019habiter un HLM et s\u2019approche maintenant de la fin de sa curatelle.En 2018, une connaissance lui parle de L\u2019Itinéraire.Dès qu\u2019elle y pose les pieds, elle se sent chez elle.Elle y a trouvé une autre famille, un travail et un encadrement psychosocial.Finies les heures à marcher sans but et l\u2019isolement dans lequel elle s\u2019était murée! Depuis quatre ans, le contact avec la communauté de L\u2019Itinéraire et de ses clients l\u2019aide à se mesurer à elle-même.Elle bâtit sa confiance, apprend de mieux en mieux à administrer l\u2019argent qu\u2019elle gagne, et travaille aujourd\u2019hui à réaliser ses rêves.Elle rêve d\u2019enregistrer un CD de chansons country et de chanter avec son cousin Dwight.Avoir un chat, un « Caramel » ou une « Mitaine » selon la couleur.« Là j\u2019suis bien, pis j\u2019vais être capable.J\u2019ai aussi le budget pour l\u2019adoption et les vaccins ! », ajoute-t-elle avec fierté.Enfin, elle rêve de faire un voyage aux Îles-de-la-Madeleine avec son père Éric, sa belle- mère Johanne et leur chien Ricky pour visiter leur famille nombreuse.Si vous la croisez, vous ne pouvez pas passer à côté de ce sourire si communicatif.Il fait tant de bien à ceux et celles qui la rencontrent.Camelot n° 1520 \u2022 Âge 42 ans Point de vente IGA rue Bannantyne Mélanie Noël Par Nicole Blais ?Bénévole à la rédaction PHOTOMONTAGE CARLA BRAGA L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.publicité RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec la direction de L\u2019Itinéraire à : direction@itineraire.ca | 514 597-0238 poste 228 Interaction du quartier Community Council Peter-McGill Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thi- vierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difÏculté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.P R I X J U D I T H - J A S M I N 2 0 2 0 F P J Q Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.IMPRIMEUR SOLISCO 120, 10E RUE SCOTT (QUÉBEC) On aime ça vous lire ! Vous nous dites souvent que vous aimez L\u2019Itinéraire, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement.NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur ADMINISTRATION VANESSA TREMBLAY Directrice - Opérations et ressources humaines ESTELA SOLORZANO Chef comptable JAVIER BERNAL Commis au dépôt SANDRINE PAPINEAU Adjointe administrative RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef YSEULT PICARD Journaliste dossiers société KARINE BÉNÉZET Journaliste responsable de la formation des participants SIMON BOLDUC Chargé de projet - journalisme CARLA BRAGA Création visuelle Composition de La Une CARLA BRAGA DÉVELOPPEMENT PHILANTHROPIQUE ET RÉSEAUX SOCIAUX JOSÉE LABRECQUE Conseillère principale développement philanthropique PASCALE PLANET Gestionnaire de communauté ACTION COMMUNAUTAIRE THOMAS WAYLAND Organisateur communautaire MAUDE M.-ROMPRÉ et SUZIE DIONNE Intervenantes psychosociales DANIEL PRINCE Responsable de la distribution SERVICE ALIMENTAIRE PIERRE TOUGAS Responsable du Café JEAN-CHRISTOPHE RUEL Coordonnateur du Service alimentaire MAUD THIMON Cuisinière et adjointe à la formation PROGRAMME MAISON RONDE ÉMILIE BEAUDET Chargée de projets ELIZABETH MURPHY Gérante du café ISABELLE SIMARD-LAPOINTE Intervenante à la formation et à l\u2019accompagnement CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Présidente NICK KAMINARIS - Nuvei Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Trésorier - Secrétaire EMNA BRAHAM Administrateurs SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire DIANE CURADEAU - Représentante des camelots BÉNÉVOLES CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION, ANITA BARSETTI, JEAN TALBOT et NICOLE BLAIS Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, LUCIE LAPORTE et SYLVIE POIRIER Bénévoles à la révision 1er août 2022 Volume XXIX, no 15 Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef Mots de lecteurs S\u2019adapter aux changements Montréal a subi de profonds changements dans ses infrastructures au cours des dernières années.Sa configuration, ses espaces citoyens, les sites de construction dans tous les arrondissements donnent à la ville un nouvel air.Parmi les modifications les plus importantes: le Réseau express vélo, qui a transformé non seulement le visage de la métropole, mais aussi la façon dont se déplacent ses citoyens.Il est indéniable que le vélo a de grands avantages économiques et des bénéfices certains sur la santé des centaines de milliers de cyclistes montréalais.Indéniable aussi côté environnemental.Il y a là-dedans du bon et du moins bon.La création de ces 184 km de voies cyclables partout sur le territoire montréalais ne s\u2019est pas faite sans heurts.Il a fallu sacrifier des voies réservées aux autos sur de grandes artères, dont la rue Saint-Denis, ce qui n\u2019a pas, bien sûr, fait l\u2019affaire de tout le monde, automobilistes et commerçants confondus.Et plus récemment, le tronçon cyclable qui passe devant l\u2019entrée des ambulances du CHUM a fait grincer des dents, au moment d\u2019écrire ces lignes.Espérons qu\u2019un accommodement aura été trouvé d\u2019ici peu.Changement de mentalité Il faut souligner par contre que, petit à petit, les mentalités changent.Les automobilistes sont plus sensibilisés et le partage de la route est désormais plus intégré dans leur conduite.Les cyclistes sont également plus nombreux à respecter le code de la route.Mais pas tous : combien brûlent des feux rouges, roulent à sens inverse, ne sont pas assez visibles quand il fait noir ou pédalent en zigzaguant dans le trafic ?Et combien de conducteurs estiment que la rue leur appartient et ne se soucient pas des cyclistes, qu\u2019ils frôlent avec leur voiture, klaxonnent et invectivent ?Il faut espérer que la situation s\u2019améliore.Déjà, les réaménagements rendent les déplacements à vélo plus sûrs et sécuritaires pour tous et diminuent le stress des automobilistes.Vélos cargo On vous parle dans ce numéro des vélos cargo qu\u2019on voit plus nombreux dans les quartiers centraux de la ville.Ces parents qui ont transformé leur montures, le plus souvent avec assistance électrique, en transporteurs capables d\u2019accommoder un, deux, voire trois gamins, en plus de l\u2019épicerie et autres denrées.C\u2019est génial ! Et vivement que ce mode de transport actif se répande non seulement à Montréal, mais aussi dans d\u2019autres villes du Québec.Mais il faut aussi réaliser que ce n\u2019est pas pour tout le monde.Tous n\u2019ont pas la capacité de se déplacer en vélo.Et qu\u2019en est-il des gens qui veulent magasiner en ville ?Et les personnes qui viennent de l\u2019extérieur et pour qui le transport en commun n\u2019est pas très accessible ?Disons que c\u2019est devenu plus compliqué pour beaucoup de gens.Or, si on veut sauver l\u2019environnement, il faut faire des choix.On est en train de s\u2019adapter.C\u2019est toujours ardu quand on fait des changements.Prenez par exemple Amsterdam, où le vélo règne en roi partout dans la ville depuis les années 70 et que l\u2019on cite comme modèle à l\u2019échelle mondiale.Le réaménagement avait été réclamé par les citoyens qui en avaient assez des accidents qui ont coûté la vie à des centaines d\u2019enfants en peu de temps.Eh bien il faut souligner que l\u2019acceptation des voies cyclables a néanmoins été difficile dans les premières années.Mais aujourd\u2019hui, c\u2019est plus de 60 % de la population des Pays-Bas qui enfourchent leur vélo pour se déplacer quotidiennement.Et de nombreuses villes dans le monde ont emboîté le pas.Les temps changent.On s\u2019adapte et on trouve les moyens de cohabiter le plus harmonieusement possible\u2026 faut-il espérer. 36 K R Y S T E L V M O R I N J E A N C L O U T I E R 3 27 Mots de camelots 3 Zoom sur Mélanie Noël 9 Serge Trudel 9 France Lapointe 9 Céline Marchand 33 Bill Economou 33 Gilles Bélanger 33 Bill Marven Joseph 13 Yseult Picard En milieu urbain, le vélo cargo avec assistance électrique gagne du terrain.À l\u2019instar de Copenhague au Danemark où une famille sur quatre en possède un, on commence à en voir à Montréal et dans d\u2019autres villes du Québec.Pourrait-il supplanter la voiture ?Ce n\u2019est peut-être pas pour demain, mais\u2026 qui sait ?8 Rond-point international 10 Dans l\u2019actualité Des campements de sans-abri autorisés à\u2026 Halifax Simon Bolduc 12 BD - À la sauce piquante d\u2019El Diablo 20 En toute liberté L\u2019obsession du risque zéro Mathieu Thériault 22 Mode de vie S\u2019adapter à la vanlife (partie 2) Karine Bénézet 27 Série métiers : Pilote du Saint-Laurent Connaître le fleuve par coeur Simon Bolduc 34 Dans la tête des camelots Quelle relation avez-vous avec le fleuve Saint-Laurent ?Quels souvenirs en gardez-vous ?36 Florence K : Nueva vida Jo Redwitch 40 Espace sciences Gabriel Lavoie 43 C\u2019t\u2019encore drôle Christian Vanasse 44 Détente 1er août 2022 Volume XXIX, no 15 17 camelots ont participé à cette édition À la une Traduction Yseult Picard Pour les plus pauvres, obtenir un avortement est quasi impossible Pour les plus pauvres, les avortements ont toujours été difficiles d\u2019accès.Bien qu\u2019ils soient légaux depuis 1973, les personnes à faible revenu ont toujours eu du mal à trouver un accès aux soins de santé.Les obstacles sont notamment le coût, la connaissance de la santé reproductive et l\u2019accès.Pour celles qui ne peuvent pas assumer le coût total d'un avortement, le D.C.Abortion Fund est un organisme à but non lucratif entièrement bénévole qui accorde des subventions aux femmes enceintes de la région de Washington et aux personnes qui se rendent dans le district.La diversité des lois sur l\u2019avortement en vigueur dans les États ajoute aux difficultés, en particulier pour les résidents de cette région.Comme les personnes vivant dans une grande pauvreté n\u2019ont pas ou peu accès aux soins de santé et aux assurances, il peut être difficile de détecter une grossesse et de se faire avorter à un stade précoce, selon le Dr Karen A.Scott, gynécologue- obstétricienne diplômée et fondatrice et propriétaire de Birthing Cultural Rigor, une société de conseil scientifique.Le suivi de ses règles ou de son ovulation n\u2019est tout simplement pas une priorité lorsqu\u2019on est confronté au stress et au traumatisme de l\u2019exclusion liée au logement, explique Mme Scott.De plus, les tests de grossesse sont également coûteux et difficiles à acheter, à administrer et à interpréter pour certaines femmes.(Street Sense Media) Nouvelle loi anti-sans-abri au Tennessee De nombreuses villes américaines font l\u2019expérience d\u2019une répression contre les sans-abri.Les personnes et les familles qui n\u2019ont pas d\u2019endroit sûr où se réfugier sont déplacées et n\u2019ont nulle part où aller.Dans l\u2019État du Tennessee, la situation est devenue extrême.Le 1er juillet dernier, une nouvelle loi a fait de l\u2019itinérance un crime « pour une personne qui campe sur l\u2019accotement, l\u2019emprise d\u2019une route nationale ou interétatique, sous un pont ou un viaduc ou dans un passage souterrain d\u2019une route nationale ou interétatique ».Il n\u2019existe pas assez d\u2019abris, et encore moins de logements, pour toutes les personnes en situation d\u2019itinérance.Juste avant d\u2019être mis en quarantaine en 2020 en raison de l\u2019épidémie de COVID-19, Nashville et sa région ont été dévastés par une série de tornades.Des quartiers étaient en ruines.En 2021, les tornades ont à nouveau frappé, au plus fort de la pandémie.Une fois de plus, les maisons des gens ont été détruites.« Les habitants du Tennessee se sont relevés.Une fois de plus, nous nous sommes portés volontaires les uns pour les autres », affirme la militante des droits au logement Vicky Batcher, également camelot pour le journal de rue The Contributor.C\u2019est pourquoi je suis en état de choc en apprenant que notre État a choisi de littéralement criminaliser les sans- abri sur les terres publiques, une loi qui pourrait potentiellement leur valoir six ans de prison.Elle demande : « Si nous pouvons tenir les trafiquants de drogue responsables des décès qu\u2019 ils causent, pourquoi ne pouvons-nous pas tenir les politiciens responsables du manque de logements abordables.Nous avons des lois qui protègent nos chiens contre la privation de nourriture et d\u2019eau par mauvais temps.Pourtant, nos dirigeants choisissent de créer des lois qui rendent la vie plus difficile pour les gens.À quel moment devons-nous nous lever et dire que cela ne fonctionne pas ?À quel moment allons-nous être traités dans le respect des droits de l\u2019Homme ?» (INSP) ÉTATS-UNIS Des manifestants se préparent à marcher du Washington Monument à la Cour suprême le 14 mai lors de la manifestation \" Bans Off Our Bodies \".Photo : Kaela Roeder C A R L O S B A R R | R E U T E R S Une ville incroyable Montréal est une ville lumière avec ses feux d\u2019artifice, ses terrasses, sa Ronde et ses beaux manèges.Le Vieux-Port est tout illuminé de ses beaux bateaux qu\u2019on peut même visiter.On aime Montréal pour son multi- culturalisme et sa grande diversité.C\u2019est notre fierté qu\u2019on ressent dans ses nombreux spectacles et festivals.Les Francofolies, Le Festival de Jazz, Nuits d\u2019Afrique.L\u2019été c\u2019est rempli de monde dans les rues.Ça grouille de partout.Ça crée une très belle ambiance.L\u2019air est à la fête.Dans le Vieux-Montréal il y a les touristes qui visitent les nombreuses boutiques de souvenirs remplies de merveilleuses œuvres artisanales.J\u2019aime beaucoup visiter le Jardin botanique et aussi me balader au parc Maisonneuve.Et même, près de mon point de vente, il y a le parc Morgan qui est de toute beauté.J\u2019adore y aller me reposer.Il y a un jet d\u2019eau et même des toilettes et des tables à pique-nique.De plus, Montréal regorge de petits marchés en plein air qui vendent des fruits, des légumes de saison, des fleurs et même du pain et des beignes.J\u2019ai hâte d\u2019avoir mon vélo pour pouvoir arpenter tous les beaux endroits.Et j\u2019ai bien l\u2019intention d\u2019aller à la Ronde, au cinéma et aux feux d\u2019artifice du samedi soir.J\u2019encourage tout le monde à faire comme moi.Bien profiter de cette belle ville que j\u2019aime.SERGE TRUDEL CAMELOT MÉTRO L\u2019ASSOMPTION Un gentil bénévole Un jour, j\u2019ai fait une promesse et aujourd\u2019hui je la tiens en espérant que les gens se responsabilisent plus.Je suis camelot, et ce travail exige de porter attention à ce qui nous entoure pour repérer les clients.Je vois du bon comme du mauvais dans toute l\u2019agitation urbaine.Alors qu\u2019un jour je travaillais sur mon spot habituel, une personne est apparue dans mon champ de vision.À mesure qu\u2019elle s\u2019approchait, j\u2019ai vu qu\u2019elle ramassait des déchets avec des pincettes et qu\u2019elle les mettait dans un grand sac.Je l\u2019ai saluée et j\u2019ai découvert une personne magnifique, gentille, généreuse.J\u2019ai senti qu\u2019elle avait la volonté de mettre du beau et du bon pour faire une différence, tout en étant désabusée devant la négligence de ce monde.C\u2019est fou combien il y a des gens tout à fait insouciants qui jettent leurs déchets sur le sol tous les jours même s\u2019il y a une poubelle juste à côté ! Cette personne fait un travail remarquable, embellit les ruelles, les rues, les trottoirs et les parcs de Montréal en ramassant sans relâche toutes les cochonneries jetées ça et là.Alors la prochaine fois, avant de jeter un emballage ou un bout de papier, pensez à cette personne.Faisons tous un effort pour entretenir notre ville.Vous n\u2019aimez pas ça, vous, marcher dans une belle ville propre ?Je dis régulièrement « Merci ! » à cette personne.En tenant ma promesse de la remercier ici, peut-être que vous aurez le goût aussi de la remercier ! Et effor- çons-nous de respecter nos rues, nos villes et la nature.CÉLINE MARCHAND CAMELOT PHARMACIE JEAN COUTU MASSON / SAINT-MICHEL ET MÉTRO LASALLE CÉCILE CREVIER CAMELOT MORGAN / SAINTE-CATHERINE Cet extrait provient d\u2019une chronique produite par le Réseau international des journaux de rue, rédigée par des personnes en première ligne du mouvement pour la justice en matière de logement, en Amérique et ailleurs.Le F dans le Montréal estival Montréal, je t\u2019aime pour ton immense Quartier des spectacles situé dans ton centre-ville et qui est très actif en cette période estivale.Tu offres tellement pendant l\u2019été à ceux qui savent où aller.Dans le Quartier des spectacles, il y a le Festival international de jazz pour les amateurs du genre musical.Pour ceux qui sont en amour avec la chanson francophone, il y a les Francos.Un autre élément important, ce sont les spectacles gratuits que tu nous donnes gracieusement, Montréal.Il y a aussi, sur l\u2019Île Notre-Dame, la F1, sur le circuit Gilles-Villeneuve.Montréal, tu as le sens de l\u2019humour ! Le Festival Juste pour Rire est pour toi et pour tes visiteurs.Et il y a L\u2019École Nationale de l\u2019humour d\u2019où sont sortis d\u2019excellents humoristes tels : Jean- Michel Anctil, Dominique et Martin et les Denis Drolet.Un autre festival en grande partie gratuit c\u2019est Montréal Complètement Cirque, place Émilie-Gamelin.Le Cirque du Soleil présente aussi son spectacle payant au Vieux-Port.Wow ! Dans ta partie est, l\u2019Orchestre Symphonique de Montréal joue sur l\u2019esplanade devant le Stade Olympique, ce concert-là est gratuit.Je t\u2019aime Montréal.Montréal, je t\u2019aime 9 itineraire.ca 1er août 2022 P H O T O M O N T A G E C A R L A B R A G A Deux parcs et deux espaces verts en bordure de route ont été ciblés par la capitale de la Nouvelle- Écosse pour permettre à plus de 30 personnes d\u2019installer leurs tentes comme lieu de résidence, faute de pouvoir se loger autrement.Les parcs Lower Flinn et Green Road, ainsi que des petits espaces sur les rues Barrington et Geary sont les zones qui ont été déterminées en fonction de plusieurs critères : elles sont toutes situées à au moins 50 mètres des garderies, écoles et terrains de jeux, entre autres.Même si le maire Mike Savage est conscient des préoccupations citoyennes que soulèvent cette décision, il s\u2019est dit convaincu que c\u2019était la voie à suivre.Bien qu\u2019imparfaite, elle s\u2019avère nécessaire pour répondre aux besoins des sans- abri, toujours plus nombreux dans cette ville qui traverse également une importante crise du logement.« Nous allons faire une différence », a-t-il lancé en conférence de presse, à la fin du mois de juin dernier.La ville d\u2019Halifax dénombre plus de 540 sans- abri, selon le collectif communautaire Permanent Accessible Dignified and Safer House (P.A.D.S).Plus de 600 personnes sont sans logement pour les 200 lits disponibles dans les divers refuges de la ville, selon l\u2019Affordable Housing Association of Nova Scotia.Simon Bolduc Été 2021 Un an auparavant, le sujet des campements avait fait la manchette lorsque les services policiers avaient démantelé et déplacé les tentes et les abris dans le parc Meagher.L\u2019intervention s\u2019était terminée sous les gaz lacrymogènes alors que campeurs et activistes ont tenté d\u2019arrêter le démantèlement.C\u2019est à ce moment que la Ville, qui renvoyait la compétence en matière d\u2019habitation au palier provincial, a décidé d\u2019agir.Et à Montréal ?Cette histoire n\u2019est pas sans rappeler le très médiatisé campement Notre-Dame en 2020 et l\u2019éphémère campement Hochelaga de 2021, qui ont tous deux été démantelés par les services policiers.« Les campements ne sont pas une solution durable ni sécuritaire pour répondre aux enjeux de l\u2019 itinérance à Montréal, a commenté Camille Bégin, du service des communications de la Ville de Montréal en lien avec l\u2019initiative d\u2019Halifax.Ils représentent de sérieux risques pour la sécurité surtout en raison du matériel inflammable souvent présent dans les campements ».Pour l\u2019organisateur communautaire au Réseau d\u2019aide aux personnes en situation d\u2019itinérance de Montréal (RAPSIM), Jérémie Lamarche, la question de la sécurité, et surtout des risques d\u2019incendie, représente un seul argument qui prime sur bien d\u2019autres en faveur des campements.« Quand on démantèle et qu\u2019on force les personnes à quitter le site, elles s\u2019 isolent encore plus, elles se cachent, elles vont peut-être perdre un réseau de soutien, dit M.Lamarche.En cas de surdose, d\u2019une crise, l\u2019 isolement qui découle des démantèlements est plus dangereux que le risque de feu ».Selon lui, c\u2019est un préjugé que de penser que ces personnes ne sont pas capables d\u2019assurer leur sécurité adéquatement, « une posture paternaliste ».Volonté politique Selon Jérémie Lamarche, c\u2019est un manque de volonté politique qui explique le refus de la ville d\u2019autoriser les campements sur certains sites.Les ressources existent, certes, mais elles sont insuffisantes, dit-il.« C\u2019est comme si on disait qu\u2019on en faisait déjà assez alors que non, clairement pas.Les personnes qui décident d\u2019aller en campement, c\u2019est parce que c\u2019est leur moyen à elles de répondre à leurs besoins qui ne sont pas répondus ailleurs », soutient Jérémie Lamarche du RAPSIM.Il se souvient qu\u2019en 2020, les campeurs et campeuses interrogés disaient que les refuges ne leur convenaient pas.Trop encadré, crainte de vols, cohabitation difficile, plusieurs obstacles légitimes, selon lui.S\u2019il avait le choix, il irait lui-même « camper plutôt que d\u2019aller dans un refuge ».D'autant plus que cet été, les refuges débordent.À ce sujet, la Ville de Montréal rappelle que « c\u2019est Québec qui finance les opérations des services d\u2019hébergement d\u2019urgence et des organismes qui œuvrent en santé et services sociaux ».Santé mentale Est-ce que la précarisation mène aux enjeux de santé mentale ou ce sont ces enjeux qui mènent vers la préca- risation ?L\u2019œuf ou la poule ?C\u2019est la question que se pose Jérémie Lamarche.Selon lui, il est trop facile de prétendre que les personnes en situation d\u2019itinérance s\u2019y retrouvent parce qu\u2019elles ont des problèmes de santé mentale, en dehors des déterminants sociaux et de leurs conditions de vie.La santé mentale se précarise à force, justement, d\u2019être stigmatisée, marginalisée et non tolérée, comme dans le cas des démantèlements de campement, soutient-il.Au contraire, le campement peut devenir un lieu de soutien, d\u2019échanges et d\u2019inclusion des personnes marginalisées qui n\u2019entrent pas dans les cases des services disponibles, selon M.Lamarche.« C\u2019est ce qu\u2019on voyait au campement Notre-Dame, il y a eu un réel réseau de solidarité qui s\u2019est mis en place.» Mais il déplore que dès que la Ville voit des campements autorisés et autogérés, on démantèle, on force les gens à s\u2019isoler, à se disperser et ça n\u2019aide certainement pas la santé mentale de ces personnes.Pour sa part, la relationniste Camille Bégin affirme que la Ville de Montréal « réitère l\u2019 importance de sortir de la logique saisonnière et d\u2019investir dans des ressources pérennes, à haut seuil d\u2019accessibilité et ouverte à l\u2019année en formule 24 / 7 ».Des campements de sans-abri autorisés à \u2026 Halifax Jérémie Lamarche Organisateur communautaire (RAPSIM) Le campement sur la rue Notre-Dame en 2020.Photo : Archives L'Itinéraire Pour faire face à la « crise de l\u2019itinérance » qui touche la ville, le conseil régional d\u2019Halifax a voté à l\u2019unanimité l\u2019autorisation de camper dans quatre de ses parcs et espaces verts.Une initiative que plusieurs groupes communautaires attendent à Montréal.11 itineraire.ca 10 1er août 2022 itineraire.ca 1er août 2022 En milieu urbain, le vélo cargo avec assistance électrique gagne du terrain.À l\u2019instar de Copenhague au Danemark où une famille sur quatre en possède un, on commence à en voir à Montréal et dans d\u2019autres villes du Québec.Pourrait-il supplanter la voiture ?Ce n\u2019est peut-être pas pour demain, mais\u2026 qui sait ?S T E F F E N M U L D B J E R G | U N S P L A S H Rue de Coppenhague.Photo?:?Steffen?Muldbjerg?|?Unsplash 13 itineraire.ca 1er août 2022 Des pistes plus sécuritaires et des vélos plus adaptés Par Yseult Picard | Responsable des dossiers société Chose certaine, il y a une augmentation de l\u2019utilisation du Réseau express vélo (REV) : environ 2 000 cyclistes empruntent quotidiennement la piste de la rue Saint-Denis, et cela grimpe parfois jusqu\u2019à 8 000.Un succès en termes d\u2019achalandage tout comme chez Bixi, chef de file du partage de vélo, qui dépasse le nombre de 50 000 déplacements quotidiens, selon les derniers chiffres.V É L O Q U É B E C Ce n\u2019est pas une illusion, d\u2019année en année, il y a beaucoup plus de cyclistes et autres conducteurs de transports alternatifs.Mais il faut être honnête : personne n\u2019aime se retrouver coincé dans les bouchons, faire des détours, tourner en rond pour du stationnement.Ces désagréments sont dus à un fait : le nombre de véhicules ne cesse d\u2019augmenter dans le Grand Montréal.Les plus récentes données de la Communauté urbaine de Montréal sur le parc automobile le confirment : plus de 50 000 automobiles et camions légers se sont ajoutés sur le territoire entre 2018 et 2020.Montréal fait donc face à un problème d\u2019espace pour les loger sans oublier les coûts individuels et collectifs qu\u2019ils engendrent.En Amérique du Nord, le Grand Montréal se positionne, avec Vancouver, au 5e rang des régions métropolitaines présentant la plus forte proportion de gens qui se rendent au travail en vélo (1,8 %), derrière les régions de Portland (2,4 %), d\u2019Ottawa (2,2 %), de San Francisco (2 %) et de Sacramento (1,9 %) 1.Dans son plus récent classement annuel, l\u2019organisation People for Bikes nommait Montréal première grande ville cyclable en Amérique du Nord.C\u2019est en 2020 que Julie Choquette , mère de deux jeunes enfants, a choisi le moyen de transport, autre que l\u2019automobile, parfait pour son mode de vie.L\u2019un qui lui permettrait de conduire ses enfants du parc à la garderie, de la piscine à l\u2019école, de faire les courses, et aussi, de se rendre à son travail : « J\u2019ai eu l\u2019occasion d\u2019acheter une voiture vraiment pas cher.J\u2019ai donc sauté sur l\u2019occasion pour la revendre et m\u2019acheter ce vélo cargo ».En effet, le vélo cargo à assistance électrique se présente comme une bonne solution de rechange à la voiture pour une famille.Il est parfait pour les trajets courts à l\u2019intérieur d\u2019un quartier, et il libère des déplacements fastidieux en ville dans les dédales des cônes orange, de la congestion et de la pollution.En effectuant ces courts mais fréquents déplacements, les familles « habitent » leurs quartiers et en plus, elles sont très visibles.L\u2019intérêt de Julie a fait d\u2019elle la première ambassadrice du Projet Cargo : roulez un vélo parrainé par une entreprise (contre une commandite à l\u2019achat, et un affichage de la compagnie sur votre vélo).Dans son cas, c\u2019est Dumoulin Bicyclettes, instigatrice du projet, qui marraine le vélo de Julie.Aujourd\u2019hui l\u2019entreprise compte d\u2019autres partenaires dans la promotion de ce mode de vie actif et responsable, dont la Caisse d\u2019économie solidaire Desjardins pour parrainer d\u2019autres clients comme Julie, qui souhaitent opter pour ce moyen de transport actif, mais aussi réduire le coût du vélo.À un prix variant entre 2 500 $ et 8 000 $, l\u2019achat d\u2019un vélo cargo avec assistance électrique comme celui-ci est certainement un investissement, mais l\u2019un qui en vaut la chandelle.Non seulement Julie n\u2019a plus de problème de stationnement, mais n\u2019a pas subi l\u2019augmentation du prix de l\u2019essence, des réparations coûteuses, ni reçu de contraventions, en plus de réduire son stress dû à la conduite en ville.« C\u2019est vraiment la meilleure option pour remplacer la voiture en ville.Ça m\u2019a vraiment permis de m\u2019enlever un poids sur les épaules quand je me demandais comment j\u2019allais faire pour me déplacer avec les enfants.» Chargée de la mobilisation chez Solon, organisme montréalais qui accompagne des quartiers et des groupes citoyens dans leurs projets de transition socio-écologique, Karine Théorêt travaille avec plusieurs regroupements qui mettent de l\u2019avant des actions concrètes pour changer nos façons de se déplacer.« Nous soutenons les projets citoyens qui proposent une façon d\u2019effectuer la transition vers un nouveau mode de vie, qui sont de véritables occasions de changer les choses, de perturber, de créer une rupture ».Pour sa part, Julie Choquette a d\u2019ailleurs l\u2019intention de se joindre à l\u2019initiative de vélopartage LocoMotion : « Lorsque mes enfants sont avec leur père, je ne me sers presque pas de mon vélo cargo, j\u2019utilise plutôt mon autre vélo.Alors il m\u2019arrive déjà de le prêter à mes voisins, à mes amis, c\u2019est sûr que je veux faire en sorte que d\u2019autres puissent en bénéficier ».1 Source : CMM Karine Théorêt, à gauche, chargée de la mobilisation?chez?Solon?travaille?avec?des comités de voisinage qui souhaitent partager leurs moyens de transport.Photos?:?Audrey?Mc?Mahon Julie Choquette avec son vélo cargo qu\u2019elle utilise été comme hiver.Photo : Fournie par Julie Choquette 15 itineraire.ca 14 itineraire.ca 1er août 2022 1er août 2022 Les aménagements réalisés dans les dernières années, tel que le Réseau express vélo (REV), ont de nombreux avantages pour les cyclistes, mais également pour l'ensemble de la population qui constatent plus de clarté dans le partage de la route.V É L O Q U É B E C M A T H I E U L A M A R R E Bien que les infrastructures s\u2019améliorent d\u2019année en année, ce ne sont pas encore toutes les pistes qui offrent un niveau de sécurité et de confort à la hauteur des attentes de Vélo Québec, ni des cyclistes, qui rêvent d\u2019un partage équitable des routes et d\u2019un réseau plus étendu.« Il y a encore des pistes seulement délimitées par de la peinture au sol, des zones où il est dangereux de recevoir une portière, et ce ne sont pas dans ces conditions-là que l\u2019on va encourager les familles à se lancer !, estime Mme Bebronne.Le REV est un projet de voies cyclables de 184 km qui relie différents points d\u2019intérêt sur l\u2019île de Montréal.Une fois achevé, ce réseau constitué principalement de voies protégées comptera 17 axes accessibles toute l\u2019année et permettra d\u2019atteindre l\u2019objectif visé de 15 % de déplacements utilitaires en vélo dans la métropole d\u2019ici 2027.Le développement de ces nouvelles infrastructures fait partie du « Plan Vélo » de la Ville de Montréal mis en branle sous l\u2019administration Plante.Celui-ci prévoit d\u2019ailleurs que tout réaménagement de rue est maintenant conçu en vue d\u2019une amélioration du partage de la route et d\u2019une meilleure visibilité et du respect de la signalisation.Toutes ces nouvelles adaptations sont désormais nécessaires dans les grandes villes, mais emmènent avec elles du mécontentement parce que cela demande à tout le monde de s\u2019ajuster.Autant chez les cyclistes que chez les automobilistes, on remarque des fautes de part et d\u2019autre dans le respect des règles de la route.« Il faut que les villes prennent acte de cette nouvelle réalité de la cohabitation de plusieurs types de véhicules sur la route, sans oublier les piétons, car les tensions et les problèmes de comportements sont souvent le résultat d\u2019 infrastructures qui ne sont pas à la hauteur », souligne Magali Bebronne.Certes, les vélos électriques permettent à une plus grande part de la population d\u2019utiliser le vélo comme moyen de transport alternatif à l\u2019automobile.Actuellement, la Ville de Montréal travaille à concevoir des voies cyclables qui peuvent accueillir tous les types de vélos autorisés, incluant les vélos électriques et les aides à la mobilité, telles que trottinettes électriques, remorques attachées aux vélos, gyropodes, girafes (barre de remorquage pour accrocher un vélo pour enfant), etc.Vélo Québec travaille toutefois de concert avec la SAAQ à limiter l\u2019accès aux scooters électriques qui ne sont pas des véhicules appropriés sur nos voies cyclables, étant donné les risques d\u2019accidents.« L\u2019assistance électrique pour aider à pédaler ce n\u2019est pas la même chose qu\u2019une poignée de scooter qui te permet d\u2019augmenter ta vitesse beaucoup plus rapidement », explique-t-elle.Magali Bebronne , directrice des programmes chez Vélo Québec, se réjouit de ces changements d\u2019habitudes alors que plus de gens se servent de leur vélo de façon plus utilitaire en semaine que seulement pour des balades en fin de semaine.« Avant nos infrastructures correspondaient à cette pratique-là avec des pistes le long du fleuve, et il fallait souvent faire des détours pour se rendre là où on voulait aller ».Aujourd\u2019hui grâce entre autres aux villes qui ont réalisé le potentiel du vélo et qui développent plus d\u2019infrastructures adéquates, cela vient élargir ce qu\u2019on peut faire à vélo : « Avant on considérait 5 à 7 km comme une distance acceptable, maintenant avec l\u2019électrification, couplé à des voies réservées, comme le REV, qui nous emmène en ligne droite vers le centre-ville et qui relie les quartiers, cela vient vraiment augmenter le potentiel de ce qui est faisable à vélo ! Et ça permet à un tas de gens de s\u2019y mettre, dont des personnes plus âgées, qui n\u2019avaient jamais envisagé de faire du vélo ! » 16 itineraire.ca 1er août 2022 450 $ 8 062 $ Adapter son propre vélo Bixi et ses vélos à assistance électrique (VAE) Coût annuel moyen d\u2019un vélo.Coût annuel (2022) moyen d\u2019une voiture multisegment neuve inclut la dépréciation du véhicule, l\u2019essence (20 000 km à 1,92 $ le litre), l\u2019entretien, l\u2019essence, les assurances, l\u2019immatriculation.Il est possible de transformer un vélo traditionnel en vélo électrique.La conversion coûte environ 1 500 $.Source : Radio-Canada, La vérité sur les vélos électriques, le 20 juin 2022.Pour les membres : 12 ¢ / minute Pour les usagers occasionnels : 30 ¢ / minute Demandez un code de déverrouillage dans l\u2019application BIXI, enfilez votre casque de vélo et préparez-vous pour une balade électrisante ! Les prix affichés n\u2019incluent pas les taxes.Source : Vélo Québec.Source : CAA-Québec. « La voiture prend trop d\u2019espace, les trottoirs ne sont pas assez larges pour tous les piétons que l\u2019activité commerciale apporte.Quand c\u2019est fermé aux voitures c\u2019est mieux ! » - Isidore, 24 ans « Je travaille ici depuis trois jours seulement et j\u2019adore mon boulot.On donne un service qui est apprécié, et les gens nous remercient.» - Benoit, chauffeur de navette électrique, un service gratuit offert par la SDC de l\u2019avenue Mont-Royal « Différents moyens de transport sur la même rue : je trouve ça fantastique ! C\u2019est même mieux que les années précédentes, c\u2019est encore plus convivial.Je ne sais pas comment les automobilistes se débrouillent, mais il y a moins de bruits de voiture, moins de pollution.» - Orly, 58 ans L\u2019avenue du Mont-Royal, piétonne pour un troisième été consécutif, s'est transformée en zones lenteur.Les cyclistes, planchistes et adeptes de la trottinette et du patin à roues alignées peuvent y circuler à condition de rouler lentement et de donner la priorité aux piétons en tout temps.Cela lui donne un air de véritable laboratoire de cohabitation des différents modes de transport actif.L\u2019Itinéraire a tâté le pouls des usagers de cette populaire artère.« Nous avons voulu créer un grand parc linéaire sur une avenue marchande : on a ajouté plus de 1 000 places assises et donné accès à tous les modes de transport sur roue en autant qu\u2019 ils respectent les piétons », explique Claude Rainville, directeur général de la Société de développement de l\u2019Avenue du Mont-Royal.Et pour avoir parlé avec plusieurs passants présents sur l\u2019avenue, l\u2019expérience semble s\u2019avérer concluante.Par ailleurs, les détracteurs que nous avons rencontrés s\u2019en prennent à l\u2019augmentation de l\u2019espace alloué aux cyclistes dans la ville : ils n\u2019apprécient pas voir leurs habitudes bousculées, et sont mécontents de partager l\u2019espace avec les piétons et les cyclistes.Ce qu\u2019on a le plus entendu : « C\u2019est infernal se stationner à Montréal ! » « Je n\u2019ai rien contre les vélos, mais les cyclistes ne sont pas obligés d\u2019être agressifs ! » « Chacun fait les efforts qu\u2019 il peut pour l\u2019environnement.Moi j\u2019ai choisi un véhicule avec un moteur hybride.» L\u2019idée n\u2019étant pas ici de diviser mais plutôt de rassembler autour d\u2019un objectif commun : favoriser une meilleure mobilité et fluidité des déplacements à travers nos villes.Il s\u2019agit d\u2019un travail très important que réalise présentement les experts en mobilité et urbanisme.Cycliste?de?route?depuis?toujours,?Nicolas?Basile?emprunte?davantage?les?voies?cyclables?depuis?qu\u2019il?est?à?Montréal.Photos?:?Fournies?par?Nicolas?Basile Nicolas Basile , Français d\u2019origine, circule à vélo à Montréal depuis plus de 15 ans.Aujourd\u2019hui père de deux enfants de 6 et 9 ans, il vit à Ahuntsic et fait tous ses déplacements à vélo sauf pour se rendre au travail.Pourquoi ?« Parce qu\u2019 il n\u2019y a pas de douche ni d\u2019endroits pour se changer.Sinon quand on est avec les enfants ou quand on va les chercher, on en profite pour faire les courses en chemin, se rendre aux activités sportives à vélo, et même des longues balades les fins de semaine.Avant on ne pouvait pas traverser l\u2019autoroute métropolitaine (A 40) en vélo, c\u2019était dangereux, maintenant, grâce au REV nous avons beaucoup moins de craintes de nous déplacer avec les enfants, le réseau est bon et sécurisé ».Concernant la cohabitation entre automobilistes et cyclistes, Nicolas Basile remarque : « C\u2019est peut-être un peu plus difficile au mois d\u2019avril quand les automobilistes doivent réapprendre à partager la route après l\u2019hiver, mais règle générale, 95 % des gens font attention, c\u2019est peut-être un 5 % des gens qui ont des altercations de temps à autre, mais ça c\u2019est partout.» Concernant certains assouplissements aux règles de circulation que pourrait apporter la Ville sur son territoire, Nicolas et d\u2019autres cyclistes suggèrent de permettre le virage à droite afin de rendre la circulation plus fluide.« Offrir un niveau de confort beaucoup plus grand à tous les usagers, c\u2019est ce qu\u2019 il faudra viser pour l\u2019avenir afin de continuer à promouvoir l\u2019usage du vélo », résume Magali Bebronne de Vélo Québec.La population augmente certes, mais l\u2019espace n\u2019augmente pas.Et le transport est responsable de 30 % des émissions de gaz à effet de serre.19 itineraire.ca 18 itineraire.ca 1er août 2022 1er août 2022 F R E E P I K T R Y M N I L S E N | U N S P L A S H Camelot rue Bernard / De l\u2019Épée par Mathieu Thériault itineraire.ca 1er août 2022 itineraire.ca 1er août 2022 Les propos exprimés dans cette chronique n'engagent que l'auteur.En juin dernier, Anaïs Perlot songeait à porter une plainte privée contre son ex-conjoint, dans une procédure judiciaire où elle chargeait une procureure, Me Julie-Anne Boutin, de partir en croisade contre les fabricants de sièges pour enfants dans les voitures.Histoire de vous situer, Mme Perlot est la mère de ce bambin nommé Cassius que son ex avait oublié dans sa voiture après avoir conduit ses deux plus vieux au soccer, mais oublié de déposer le petit à la garderie avant d\u2019aller travailler.À la fin de la journée, l\u2019enfant est mort d\u2019hyperthermie.Pour le dire crûment, il avait littéralement cuit à mort dans la voiture.C\u2019est le genre d\u2019histoire qui tient autant du fait divers que de la tragédie grecque et qui ne peut que susciter des larmes.Mais l\u2019émotion n\u2019est jamais bonne conseillère de la raison, particulièrement dans le domaine de la justice.Le risque zéro Il y a quelques années, une jeune ado avait été traînée à mort entre deux stations de métro, parce qu\u2019elle était trop fixée sur son cell pour réaliser qu\u2019elle entrait entre deux wagons plutôt qu\u2019entre deux portes.Suite à cette cause aussi, les parents avaient songé à saisir les tribunaux pour que la STM au complet modifie ses installations pour qu\u2019une autre mort semblable ne se produise pas.J\u2019écris peut-être ce texte parce que je n\u2019ai jamais vécu le traumatisme de perdre un être cher dans une mort accidentelle et absurde, mais en quoi est-ce plus juste de perdre un enfant ou un proche en pleine santé d\u2019un cancer, de la COVID ou frappé par la foudre ?La mort subite, les décès inexplicables, les accidents fatals ne sont jamais des histoires pour égayer le party.En revanche, je sais que je n\u2019ai pas non plus envie de vivre dans une société où tous les objets, tous les véhicules, toutes les installations ou finalement toutes les choses qui pourraient être impliquées dans un accident fatal soient munies de toutes les protections possibles et imaginables face au pire scénario catastrophique ou imbécile possible ?Un peu comme cette légende urbaine \u2014 ou non \u2014 voulant qu\u2019aux USA les fabricants de poussettes pour enfants doivent prévenir de retirer l\u2019enfant de la poussette avant de la replier et de la ranger, en réponse à une poursuite devant les tribunaux ayant donné gain de cause à un parent dont l\u2019enfant laissé dans sa poussette seul avait glissé et s\u2019était étranglé avec la sangle de la poussette.Car si on adapte toute la société au plus petit dénominateur commun de la connerie, gaffe, oubli ou accident ultime, jusqu\u2019où allons-nous repousser les frontières ?Le fantasme du risque zéro, ou la peur de la mort, a ses limites et j\u2019ai l\u2019impression que nous sommes en train de les franchir.Car on aura beau installer des barrières anti-suicide sur le pont Jacques- Cartier parce que c\u2019était à l\u2019époque « le plus populaire », les plus déterminés ne vont jamais changer de scénario ; ils vont juste changer de pont.Ça s\u2019appelle la vie et ça finit par la mort ; il y a bien peu que nous puissions y faire.Inversons les rôles Je comprends la mère d\u2019en vouloir, certainement à mort, à son ex qui a oublié l\u2019enfant du couple, dans la voiture.Une histoire pareille avec un chat ou un chien aurait, et a, aussi fait les manchettes.N\u2019ayons pas peur des mots, combien d\u2019entre nous se sont dits : « non mais quel cr\u2026 d\u2019 imbécile fait une chose pareille ?».Les proches des deux parties du couple ont probablement plus ou moins ouvertement fantasmé sur la mort de « l\u2019oublieur d\u2019enfant » pour noyer leur chagrin, mais c\u2019est justement pour ça que le système de justice existe.Parce que si tous les drames et tous les accidents se « réglaient » sur le coup du moment, de l\u2019accident ou de l\u2019émotion, le taux de meurtres augmenterait fort probablement assez dramatiquement.Bien sûr, je ne suis pas cette mère qui a perdu son enfant.Je sais par contre qu\u2019un oubli, presque en tous points semblables, a eu lieu quelque deux ans plus tard.Autre accident après lequel le père avait tenté de joindre l\u2019autre couple pour lui témoigner une sorte de solidarité.Est-ce une question hommes vs femmes, charge mentale, patriarcat ?Oui certainement cela entre dans l\u2019équation.Ce sont effectivement deux pères et non deux mères qui ont tragiquement oublié leur enfant dans leur voiture.Mais si on fouille les faits divers, il y aussi des cas où des bambins sont morts sous la garde de leur mère suite à des oublis ou des accidents qui nous font tous dire : « Non mais quelle cr\u2026 de ta\u2026 de mère ! » Peu importe la décision judiciaire, ces gens ne vivent-ils pas déjà avec une sentence de culpabilité et de remords à vie ?Même si j\u2019avais gardé vaguement souvenir de cette histoire déchirante, c\u2019est la relance du recours en justice quelque quatre ans plus tard qui m\u2019a plongé dans une réflexion sur l\u2019obsession du risque zéro dans la société aujourd\u2019hui.Mettons cartes sur table, j\u2019ai moi-même un enfant et je ne peux dire comment j\u2019aurais réagi si j\u2019avais appris un soir, par la police je présume, que sa mère ne rentrait pas du boulot parce qu\u2019elle avait oublié la petite dans l\u2019auto en allant travailler et que ma « puce » y avait laissé sa peau.Sauf qu\u2019un procès a bel et bien eu lieu et le père n\u2019a été reconnu coupable d\u2019aucun crime, d\u2019aucune négligence criminelle, d\u2019aucune faute.Un malheureux incident, un fatal oubli, une bourde sans nom, mais aucun crime ici.Même pas « l\u2019excuse » d\u2019un abus de substance ou d\u2019une maladie mentale, simplement le plus horrible des oublis dans la chorégraphie quotidienne d\u2019une routine parentale.L\u2019obsession du risque zéro 21 20 Dans l'édition du 1er juillet, Rythme nomade : Autrefois considérés comme des hippies quasi-itinérants, les nomades d\u2019au- jourd\u2019hui, qu\u2019ils le soient à temps plein ou à temps partiel, appartiennent à une communauté qui s'organise, interpelle et fait de plus en plus d\u2019envieux.Mais au-delà des images glamour sur fond de cocotiers et de vans parfois luxueusement aménagés, le nomadisme n\u2019est pas toujours rose.P a r t i e 2 PIERRE-NIC LESSARD Journaliste responsable de la formation Par Karine Bénézet Au Québec, les nomades numériques en van se mêlent aux adeptes de la vanlife saisonnière.Une tendance de toujours, alors assez discrète avant que les étés-covid fassent l\u2019objet d\u2019une médiatisation du mouvement, pas toujours sous son meilleur jour.On se rappelle les plages de Gaspésie prises d\u2019assaut par les vans aménagés et la caricature du vanlifer bougon dans le Bye Bye 2020.Dès 2021, bon nombre de municipalités touristiques ont alors fait le choix de réfléchir à des solutions d\u2019accueil durables des touristes nomades.De la Mauricie à la Côte-Nord, toutes les régions déclarent voir d\u2019un bon œil la communauté vanlife.Du côté des nomades, la multiplication des panneaux d\u2019interdiction de stationnement entre 22 h et 7 h dans la plupart des lieux convoités par les vanli- fers est parfois mal accueillie ; perçue comme un rejet, alors même qu\u2019ils respectent les principes de la vanlife que l\u2019on pourrait résumer en deux actions : encourager le commerce local et pratiquer le sans trace.Bien sûr, certains adeptes n\u2019ont pas suivi ces règles en 2020.D\u2019où la mauvaise étiquette généralisée à l\u2019ensemble de la communauté.Mais comme le dit le directeur de Tourisme Côte-Nord, Paul Lavoie, « Les avis sont peut-être mitigés sur la pratique de la vanlife, mais le problème, c\u2019est qu\u2019on entend parler que du 2 % de vanlifers qui n\u2019a pas d\u2019allure.» Dans les faits, « En 2020, on n\u2019était pas prêts à accueillir tout ce monde », déclare le directeur.Mais depuis, des solutions ont été déployées.En 2021, les municipalités de la Côte-Nord ont « ciblé des endroits où diriger les motorisés pour ne pas qu\u2019 ils se stationnent sur des territoires fragilisés.» De cette initiative est née une liste de stationnements ou campings de débordement qui permettent aux VR de passer la nuit légalement ; un défi quotidien pour toute personne qui voyage en véhicule aménagé en dehors des réseaux d\u2019hébergements touristiques traditionnels.Et les retombées économiques ont été immédiates pour les municipalités qui ont joué le jeu, explique M.Lavoie.« L\u2019aménagement de stationnements dédiés dans le village de Godbout, par exemple, a créé une rétention touristique.C\u2019est très appréciable.Surtout pour des petits villages qui n\u2019arrivent même plus à maintenir le dépanneur du coin ouvert.» Les stationnements de débordement sont de loin la principale action mise en place par les régions pour accueillir les vanlifers.Mais comme le dit Stéphanie Thibaud, directrice des communications de Tourisme Gaspésie : « On ne peut pas non plus faire la promotion de ces endroits, alors que notre mission est de promouvoir les réseaux d\u2019hébergement de nos membres.» Camping au Soleil Couchant, Grande-Vallée - Gaspésie.Photo : Pierre-Nic Lessard 23 itineraire.ca 22 itineraire.ca 1er août 2022 1er août 2022 L\u2019assaut de certaines plages de la région en 2020 n\u2019était pas une situation généralisée à l\u2019ensemble du territoire, signale Mme Thibaud.« Le portrait fait dans les médias\u2026 J\u2019en avais mal au cœur.On a travaillé très fort pour rétablir un message positif, et c\u2019était rendu que lorsqu\u2019on me demandait une entrevue, je disais : si vous êtes là uniquement pour brasser de la merde, on n\u2019est pas là pour vous aider.» Pour ne pas laisser croire que la Gaspésie ne voulait plus des vanlifers, la directrice a fait appel à Go-van pour passer un message : « On veut vous accueillir, mais il y a des règlements à respecter ».Puis, il y a l\u2019environnement.Un volet fortement travaillé.Très consciente des envies de nature, d\u2019authenticité et de beauté des lieux recherchés par les vanlifers, l\u2019organisme a publié une liste de membres du réseau qui offrent des emplacements particuliers avec « moins d\u2019espaces, moins de services et moins chers », en complément d\u2019une « brochure dédiée à la vanlife qui identifie par ville les différents services favorables au respect de l\u2019environnement : douches publiques, haltes routières, stations de vidange, aires de pique-nique ».La vanlife peut être un mode de vie volontaire, mais aussi forcé.En témoigne la crise des subprimes (prêts hypothécaires) en 2008 aux États-Unis.Alors que les gens n\u2019étaient plus en capacité financière de se loger, des centaines de véhicules aménagés stationnaient dans les rues de grandes villes de l\u2019ouest des États-Unis.Et si la crise du logement actuel nous menait vers une même destination ?Le professeur Louis Gaudreau de l'École de travail social de l\u2019UQAM nous livre son analyse personnelle.« J\u2019ai habité un an et demi dans l\u2019Ouest canadien et certains de mes amis vivaient dans leur van aménagé.Je pense que ça va se voir de plus en plus avec la flambée des prix de l\u2019 immobilier qui n\u2019a pas de bon sens pour les nouvelles générations.Mes amis en question ont acheté des vans parce qu\u2019ils n\u2019avaient pas les moyens de se loger autrement, à cause des loyers inabordables depuis des années déjà, de l\u2019autre côté du pays.» - Marie-Claude Vaillant, cofondatrice de Van Trotter Marie-Claude Vaillant V A N T R O T T E R « Avant L\u2019Itinéraire, j\u2019avais une mini- fourgonnette aménagée avec un petit lit et un petit frigo.À cette époque,les finances étaient un peu serrées et je ne pouvais pas me payer de logement.Le jour, j\u2019avais mon vélo pour me déplacer et la nuit, je me trouvais une place à stationner, souvent dans le Vieux-Montréal.C\u2019était assez simple de passer la nuit dans son camion à ce moment-là.Ç\u2019a duré trois ou quatre ans.Pour les douches, les toilettes et les repas, j\u2019allais dans les missions.En hiver, j\u2019avais une petite chaufferette que je branchais sur des prises extérieures.Mais quand il faisait trop frette, je préférais les dortoirs des refuges.» - Maxime Valcourt, camelot Théâtres du Nouveau Monde et du Rideau Vert En Gaspésie, la pointe est particulièrement prisée.Pour éviter les phénomènes de concentration que le réseau d\u2019hébergement ne peut pas toujours absorber selon les périodes, Tourisme Gaspésie pense à éparpiller les vanlifers sur le territoire, là où se trouvent « des pépites d\u2019or que personne ne connaît », souligne la directrice, tout en étirant la saison estivale.« On se donne comme défi d\u2019aller chercher de plus en plus de gens pour vivre la Gaspésie en mai, en juin et à l\u2019automne.» Un projet qui, selon elle, devrait également intéresser les télétravailleurs en van, qui disposeraient de terrains de camping plus tranquilles, avec vue sur la mer.« Il y a une cohabitation possible.La question à se poser, c\u2019est comment développer des produits et des offres adaptées à cette clientèle.» Une stratégie également développée par Tourisme Bas-Saint-Laurent.« On a toujours été une région d\u2019accueil », explique le directeur général Pierre Lévesque.Ce qu\u2019on souhaite c\u2019est que les vanlifers entrent dans les terres.Puis, certains ont peur qu\u2019 ils se déplacent dans des zones protégées, comme les plages.».Dans cette région, la Route des navigateurs est la plus fréquentée par les vanlifers.« Mais on a aussi tout l\u2019arrière-pays qui est intéressant.Donc on se demande comment les y amener sur les saisons d\u2019automne et de printemps, avec des stationnements adéquats où ils n\u2019auront jamais de problème.» Pour Julien Roussin-Côté, animateur de l\u2019émission La Belle Vie et fondateur du magazine et plateforme web culturelle Go-Van, « Avec la Covid, tout le monde s\u2019est garoché en van et je pense que tout le monde tend à s\u2019adapter.Ça prend certaines infrastructures, mais les municipalités sont ouvertes à l\u2019 idée et même les campings bougent dans ce sens ».Pour tous, « il faut que l\u2019éducation se fasse et que l\u2019offre s\u2019adapte ».Pointe Tracadigash, Carleton.Photo : Pierre-Nic Lessard « Le problème aujourd\u2019hui, c\u2019est que le logement est beaucoup trop cher et il y a moins de logements abandonnés.C\u2019est ce qui favorise l\u2019émergence de formes alternatives d\u2019habitations de dernier recours.On l\u2019a vu avec les campements.Certaines personnes n\u2019avaient plus d\u2019autres choix que de vivre en tente, mais aussi dans leur voiture.L\u2019augmentation du mode de vie nomade, type vanlife, combinée à la crise du logement pourrait nous diriger vers ça.C\u2019est de la spéculation, mais compte tenu des évolutions des prix du logement dans les villes, bien des gens risquent d\u2019être exclus du marché de l\u2019habitation.Les dynamiques résidentielles entre les États-Unis et Montréal se rejoignent.Les prix à San Francisco, New York ou même de Toronto ne sont pas ceux de Montréal, mais si elle est à la remorque, elle va dans le même sens.Alors il ne faudrait pas s\u2019étonner de voir des mouvements d\u2019habitations alternatives se produire ici aussi.» - Louis Gaudreau Maxime Valcourt S I M O N B O L D U C F O U R N I E P A R S I M O N P E L L E T I E R Série métiers 27 itineraire.ca 1er août 2022 1er août 2022 Chronique payée Les propos exprimés dans cette chronique n'engagent que les auteurs.Par Simon Bolduc | Chargé de projet, journalisme par Catherine Rainville, organisatrice communautaire au RAPSIM Nous sommes en pleine crise climatique.Les neuf dernières années font partie des 10 années les plus chaudes qui ont été enregistrées sur Terre.L\u2019urgence d\u2019agir se fait sentir.C\u2019est dans ce contexte que des projets sont de plus en plus mis en place dans nos quartiers pour les rendre plus écologiques et pour améliorer la qualité de vie des gens.Création de jardins communautaires, plantation d\u2019arbres et de végétation, décontamination de terrains, aménagement de pistes cyclables et de parcs, lutte contre les îlots de chaleur, etc.À première vue, toutes ces initiatives et ces projets semblent bénéfiques pour les personnes en situation de précarité et de marginalité urbaine.En effet, il est reconnu que celles-ci sont beaucoup plus touchées par les impacts négatifs des changements climatiques, dont les canicules.Elles sont aussi plus exposées aux différentes pollutions urbaines et cela affecte leur santé, par des maladies cardio-respiratoires par exemple.Nous pourrions même penser que ces personnes gagneraient le plus en bien-être et en qualité de vie par la transformation écologique de nos quartiers.Dans les faits cependant, les choses ne se passent naturellement pas comme ça.Bien que ces initiatives écologiques partent souvent d\u2019une bonne intention, elles peuvent nuire aux personnes défavorisées et marginalisées en les excluant encore davantage.Ce phénomène s\u2019appelle l\u2019éco-gentrification.Il s\u2019agit d\u2019une situation où, dans un secteur précis ou un quartier, des aménagements écologiques finissent par déplacer ou exclure la majorité des personnes défavorisées et marginalisées qui l\u2019habitent ou le fréquentent.Cela crée des pressions économiques.En effet, des personnes plus aisées de l\u2019extérieur fréquentent davantage ces endroits, devenus plus attrayants.Elles y déménagent et y amènent leurs habitudes de consommation.Cela augmente les loyers et les prix des biens et services.Tout devient plus cher et inaccessible.Cela augmente aussi le sentiment d\u2019exclusion.Des personnes, qui n\u2019étaient pas là avant, se mettent à fréquenter ces endroits à leur façon.Les personnes marginalisées sentent qu\u2019elles ne sont plus les bienvenues, qu\u2019elles ne « cadrent pas dans le décor ».Elles finissent par quitter d\u2019elles-mêmes.Enfin, l\u2019éco-gentrification peut entraîner de la judiciarisa- tion.Les aménagements écologiques viennent parfois avec plus de surveillance et de règlementations.Les nouveaux contrôles évacuent doucement les gens dont les habitudes ne correspondent pas avec le nouvel usage voulu de l\u2019endroit.Est-ce possible alors de verdir sans exclure ?Comment faire pour que les personnes défavorisées et marginalisées puissent réellement profiter des bénéfices des espaces plus verts et conviviaux ?Un verdissement inclusif, c\u2019est possible ! Les administrations, les entreprises et même les groupes citoyens n\u2019ont souvent pas conscience des effets d\u2019exclusion sociale de leurs initiatives écologiques.La solution à l\u2019éco-gentrification, c\u2019est avant tout la prise de conscience que les différentes interventions écologiques ont des effets sociaux et économiques.Ainsi ces initiatives pourront être réfléchies et orientées pour éliminer leurs effets négatifs.Un premier moyen incontournable sera alors de tenir compte positivement des réalités et des habitudes des personnes marginalisées et défavorisées dans la conception même du projet.On doit inclure et permettre les utilisations habituelles qu\u2019elles font de ces espaces, non pas les en empêcher.La participation de ces personnes (et des organismes qui les connaissent) est donc essentielle.Cela assure que leur voix soit vraiment entendue.Et que leur droit d\u2019occuper et d\u2019utiliser ces espaces sera respecté.Enfin, la création de nouveaux logements sociaux et le soutien financier aux organismes et aux petits commerces de proximité sont d\u2019autres moyens importants pour contrer les effets économiques.De la même façon, privilégier les projets plus petits, moins voyants et plus éparpillés attirera en moins grand nombre les personnes plus fortunées (que les projets de grande envergure).Verdir sans exclure, c\u2019est donc possible en préservant l\u2019abor- dabilité des quartiers et en incluant les personnes défavorisées et marginalisées au cœur du processus.Le verdissement pourra alors véritablement améliorer la qualité de vie de tous et de toutes.Comment verdir sans exclure ? J E A N C L O U T I E R Il faut remonter à 1640 pour que soit nommé le premier pilote du Saint-Laurent, Abraham Martin que Louis XIII a mis en poste pour éviter les nombreux naufrages qui se produisaient à l\u2019époque de la Nouvelle-France.Depuis maintenant quatre siècles que les capitaines qui s\u2019aventurent sur « ce grand cours d\u2019eau », comme l\u2019appelait les Iroquois, doivent céder les commandes aux pilotes brevetés du Saint-Laurent.Séparé en trois zones, des Escoumins à Québec, de Québec à Trois\u2013 Rivières et de Trois-Rivières à Montréal, chaque pilote est expert de son trajet.Et on comprend pourquoi : de 1851 à 1999, d\u2019importants travaux de dragage ont fait passer la profondeur du fleuve de 4,5 mètres à 11,3 mètres de profondeur entre Québec et Montréal.Et à certains endroits, le fleuve ne faisait pas 1 mètre de profondeur ! Entre les Escoumins et Québec, un chenal de 12,5 mètres a été creusé sur 25 kilomètres et le niveau de l\u2019eau peut fluctuer à des marées de presque 16 mètres.Le capitaine Simon Pelletier fait la route entre les Escoumins, le fjord du Saguenay et Québec depuis 25 ans.Après avoir navigué sur toutes les mers du monde, il décide, en 1994 d\u2019entreprendre le difficile parcours qui mène au titre de pilote du Saint-Laurent.L\u2019 itinéraire s\u2019est entretenu avec lui.Le fleuve Saint-Laurent est réputé pour être l\u2019un des cours d\u2019eau les plus difficiles à naviguer au monde.Ses forts et imprévisibles courants de marées, ses écueils, son chenal étroit, ses brouillards et la saison glaciale compliquent le trajet des marins qui l\u2019empruntent.Chaque bateau de plus de 100 mètres qui entre dans son embouchure pour se rendre à Québec, au Saguenay ou à Montréal doit accueillir à bord un pilote qui le connaît par cœur.Ils sont 76 au Québec à exercer le métier de pilote du Saint-Laurent.Simon Pelletier ne vient pas d\u2019une famille de matelots.Le fleuve, il l\u2019a adopté lorsqu\u2019il pêchait, adolescent, dans le fleuve à la hauteur de Saint-Constant.Une fois son secondaire terminé, il a mis le cap sur l\u2019Institut maritime du Québec à Rimouski, le seul centre de formation francophone en navigation en Amérique du Nord.Après quatre ans d\u2019études, de stage et de temps de mer comme cadet de navigation, il a gravi les échelons et a commencé à naviguer comme officier pour ensuite devenir capitaine.À 30 ans, le capitaine Pelletier avait déjà navigué vers l\u2019Italie, la France, l\u2019Espagne, le Portugal, en mer de Chine, à Hong-Kong, à Singapour, porté des pétroliers vers l\u2019Afrique, traversé le canal de Suez, et quoi encore ! Après une dizaine d\u2019années à faire le tour du monde, il a postulé pour devenir pilote pour la Corporation des pilotes du Bas Saint-Laurent.Après deux ans d\u2019apprentissage, sorte de probatoire, il obtient son brevet en 1996.« C\u2019est très rare de devenir pilote en bas de l\u2019âge de 35 ans, lance-t-il au bout du fil.J\u2019ai gradué à 32 ans après 15 ans de navigation, c\u2019est jeune ».Depuis 26 ans, il fait la route une semaine sur deux quand il n\u2019assume pas son rôle de président de l\u2019Association internationales des pilotes maritimes (AIPM), pour lequel il vient d\u2019être nommé pour un troisième mandat.29 itineraire.ca 28 itineraire.ca 1er août 2022 1er août 2022 T H I E R R Y R I C H A R D J E A N C L O U T I E R Si la profession a bien changé, notamment dû aux développements technologiques, Simon Pelletier est convaincu que ces nouveaux outils ne remplaceront jamais le pilote expérimenté.« Même si la fonction de pilotage automatique existe depuis 50 ans dans notre métier, il va toujours falloir une intervention humaine pour gérer les impondérables », explique-t-il.Le pilote venait d\u2019ailleurs de terminer une rencontre avec l\u2019Association internationale des pilotes maritimes sur l\u2019avenir de la profession en lien avec l\u2019auto- nomisation de conduite des véhicules.Même qu\u2019en dehors de tous ces outils disponibles, le pilote à ses points de repères visuels dont il se sert constamment dans sa profession.Des clochers d\u2019église alignés qui dictent les manœuvres à faire, une pointe de terre au loin qui donne la position exacte, une roche qui rappelle le danger, tous les pilotes du Saint-Laurent ont développé leurs repères au fil de l\u2019histoire.« Quand j\u2019embarque à Québec et que je veux passer au sud de l\u2019Île d\u2019Orléans, quand je vois le Complexe G se détacher de l\u2019hôtel Concorde, quand ils s\u2019éloignent, je peux tourner 50 degrés, offre en exemple le capitaine qui en a plusieurs autres comme celui-ci.C\u2019est un coup d\u2019œil qui nous donne toutes les informations qu\u2019on cherche, sans regarder les radars et les cartes électroniques ».Si le pilote Simon Pelletier donne l\u2019impression de toujours garder son sang froid, une qualité nécessaire pour naviguer, selon lui, il n\u2019en demeure pas moins que la mer est d\u2019une force incommensurable et peut vite devenir imprévisible.Deux souvenirs lui viennent en tête lorsqu\u2019on lui demande de nous raconter les frousses qu\u2019il a eues lors de ces périples autour du monde.Par exemple, en Méditerranée où les vagues sont entrées en synchronicité avec le mouvement du cargo : « On s\u2019est mis à tanguer de gauche à droite, le roulis a augmenté de manière exponentielle », relate-t-il.Seule manière de s\u2019en sortir ?Changer brusquement le cap ; une manœuvre difficile.« Toutes les alertes ont été déclenchées, mes mâts touchaient presque à l\u2019eau.Quand c\u2019est arrivé, il était quatre heures du matin.Ça réveille ».Et encore : « C\u2019était en mer de Chine.On passait un typhon et la basse pression est arrivée tellement soudainement que tous les ponts se sont soulevés, dit-il.On a entendu un bruit comme si le bateau allait imploser.Ça vibrait de partout.C\u2019était très impressionnant ! ».Dans les deux cas, zéro blessés, zéro dommages, rassure le pilote.Il rappelle que le taux d\u2019accidents maritimes par des pilotes brevetés est très faible, « 99,96 % ».Malgré la dangerosité du métier, les moments sublimes surpassent les quelques peurs vécues.Comme les levers de soleil sur le Saint-Laurent, surtout en partance de Québec vers les Escoumins, « le soleil frappe devant le bateau, un spectacle incroyable ».Il garde également en tête le pilotage d\u2019un des plus gros navires de croisière au monde, le fameux Queen Mary 2, qu\u2019il a accosté dans le port de Québec.Un mastodonte qui fait 345 mètres de long et 41 mètres de largeur, avec un tirant d\u2019eau de 10,3 mètres.Il peut transporter 3 090 passagers et a une capacité de chargement de 150 000 tonnes.« C\u2019est géant ! », dit Simon Pelletier.Monter à bord d\u2019un navire n\u2019est pas de tout repos ! Lorsqu\u2019un paquebot franchit les eaux à la hauteur des Escoumins, le pilote Simon Pelletier embarque dans un petit bateau qui va à sa rencontre.Au milieu de la mer, parfois le jour, parfois la nuit, il doit passer du bateau-relais au paquebot en agrippant une échelle qu\u2019il devra monter pour rejoindre l\u2019équipage à bord.« On réduit la vitesse entre 5 et 8 nœuds \u2014 environ 12 kilomètres à l\u2019heure \u2014 on se met à côté du bateau et je monte dans l\u2019échelle une fois que le bateau-relais est synchronisé sur lui », explique Simon Pelletier.Une étape qui n\u2019est pas sans rappeler un bon film d\u2019action à la James Bond.« Le plus périlleux c\u2019est l\u2019état du fleuve.Aux Escoumins, tu es en mer, il peut y avoir des vagues de quatre mètres et de forts vents.Il faut embarquer coûte que coûte, c\u2019est la partie dangereuse, dit calmement le pilote avant de poursuivre.L\u2019hiver amène son lot de problèmes, il peut y avoir de la neige et de la glace sur les échelles.On a des gros gants, des gros manteaux, c\u2019est plus difficile de faire la montée ».Une fois sur le pont, le pilote se joindra à l\u2019équipage issu de partout dans le monde, et où il s\u2019échange très peu de mots, en anglais, sinon ce qui est strictement nécessaire à la tâche.« On ne connaît pas toujours la compagnie ni le navire.On ne sait jamais à quoi s\u2019attendre.J\u2019ai rencontré beaucoup de Philippins, de Russes, d\u2019Ukrainiens, d\u2019Indiens\u2026» raconte Simon Pelletier.Il partagera la route avec l\u2019équipage pour un trajet qui dure en moyenne de 9 à 10 heures.Certains trajets sont plus longs et d\u2019autres plus courts, selon l\u2019état des eaux.Ils sont toujours deux pilotes à bord, surtout pour les chiffres de nuit : « On fait quatre heures chacun, on s\u2019échange le temps de pilotage comme ça ».Si la profession a bien changé, notamment dû aux développements technologiques, Simon Pelletier est convaincu que ces nouveaux outils ne remplaceront jamais le pilote expérimenté.30 itineraire.ca 1er août 2022 « On m\u2019a dit que c\u2019était un des diplômes d\u2019études collégiales des plus difficiles à terminer, dit l\u2019ancien intervenant.On était 68 au début et on est maintenant 22.C\u2019est le tiers qui va terminer le cours ».Apprendre par coeur les pièces du bateau, de la machinerie, dans un champ lexical nouveau, « en français et en anglais », un monde complètement inconnu pour lui il n\u2019y pas si longtemps.Pour l\u2019étudiant qui auparavant évoluait dans les sciences humaines, les mathématiques et les sciences pures ont été une grande montagne à franchir : « c\u2019est faisable, mais ça a été le plus gros défi de ma vie ».Et il faut connaître un peu de tout pour devenir cette personne de référence sur un bateau, perdu en mer, au milieu de nulle part.En plus de devoir compléter la Formation d\u2019urgence en mer (FUM), où on apprend le combat d\u2019incendie, comme un pompier, entre autres, le futur marin devra faire preuve de débrouillardise face à toutes sortes de situations.« Il faut que tu deviennes une personne à tout faire, dit Charles Smith.Si jamais tu ne peux pas tout faire, tu vas chercher un livre dans la vieille bibliothèque, tu ouvres la page qui correspond à ton problème et tu t\u2019organises avec les moyens du bord ».Par exemple : « Chercher un livre qui t\u2019explique comment gérer un cadavre\u2026 on a ça ».Il anticipe le métier en mer dur pour la vie de famille et la relation avec les proches.Mais quand il s\u2019ennuie et que, depuis le haut du pont, des dauphins attirent son attention, « c\u2019est le genre de show qui est trop beau pour regretter quoi que ce soit ».Charles Smith travaillait comme intervenant jeunesse à Montréal lorsqu\u2019il a décidé de plier bagage pour mettre le cap vers Rimouski.Bien qu\u2019il ait grandi au Mont Saint- Grégoire en Montérégie et ne provient pas d\u2019une famille de marins, il a senti l\u2019appel de la mer à 28 ans.Il s\u2019apprête à partir sur l\u2019eau pour compléter sa formation de base de quatre ans à l\u2019Institut maritime du Québec.Un stage de six mois qui le portera de Rimouski à Blanc- Sablon, au nord de Terre-Neuve.Il ajoutera des heures de navigation en mer, nécessaires comme élève-officier, avec un minimum requis de 365 jours sur l\u2019eau.« Je pars jusqu\u2019au mois de janvier sur le Bella Desgagnés pour distribuer du matériel aux communautés qui ne sont pas desservies par la route 138.C\u2019est un bateau très spécial au Canada, il est construit pour ce genre de missions.Il a un tirant d\u2019eau de quatre mètres pour aller dans les petits ports en eaux peu profondes », s\u2019enthousiasme l\u2019étudiant Charles Smith.À la suite de son parcours, il se présentera devant un inspecteur de Transports Canada et devra passer un examen oral pour obtenir son brevet d\u2019officier.33 32 itineraire.ca 1er août 2022 itineraire.ca 1er août 2022 Je me présente, Bill Je m\u2019appelle Bill Marven Joseph et j\u2019ai 34 ans.Je suis né en Haïti, à Miraguan.Je suis arrivé à 4 ans au Canada.Je suis venu en avion avec ma belle-mère, mon père était déjà ici.Il est mécanicien.Ma mère est restée en Haïti.Quand je suis arrivé, j\u2019habitais Montréal.J\u2019ai fait ma maternelle et ma première année à Montréal.Après je suis allé à Laval-des-Rapides.J\u2019ai une sœur, deux frères ici, une sœur et un frère en Haïti.Ils sont tous plus jeunes que moi.J\u2019ai souvent voyagé aux États-Unis.J\u2019ai de la famille là-bas, ici et en Haïti.J\u2019aimais aller aux USA.J\u2019aimais les sorties.On allait dans les parcs, il y avait des marchés dans les rues.Adolescent je faisais beaucoup de sport : du soccer, du basket, du skate et aussi de la bicyclette.Moi et mes amis on allait magasiner ou au cinéma.Adulte, à 22 ans j\u2019ai été en maison d\u2019hébergement à Terrebonne.J\u2019y suis resté un mois.Après je suis venu à Montréal dans des refuges.Un jour, j\u2019ai rencontré un travailleur social, il m\u2019a trouvé une chambre à la Maison Saint-Dominique.Ça fait huit ans que j\u2019habite là.Je suis bien là.J\u2019ai travaillé à l\u2019épicerie IGA comme emballeur et aussi chez Walmart comme commis de plancher.J\u2019ai été aide-con- cierge où j\u2019habite.Je m\u2019occupais de la désinfection à cause de la COVID.J\u2019ai intégré en début d\u2019année un programme d\u2019insertion pour être préposé à l\u2019entretien ménager à L\u2019Itinéraire.C\u2019est très bien et ce n\u2019est pas trop dur.C\u2019est une bonne job.Ça fait six mois que je travaille ici.BILL MARVEN JOSEPH PRÉPOSÉ À L\u2019ENTRETIEN MÉNAGER BILL ECONOMOU VENDORS AT ATWATER MARKET My life has changed A few years ago someone told me my life can change in 10 minutes.I didn\u2019t take it seriously at the time.My life seemed to be going the same way for many years.I would consistently come to the Atwater Market to work and chat with the same people and sometimes meet new ones.When I got home, I would be in a different environment.We would always speak Greek, often eat Greek food and watch Greek TV.For over a year before going to bed, I would play cards for an hour with my brother and father.Suddenly things changed on March 18, 2022, my father had a major heart attack that night.We didn\u2019t play cards and he slept in an armchair in his bedroom.We didn\u2019t know what was going on, that he actually had a heart attack.The next morning we drove him to the Montreal General Hospital to get examined.He spent 11 days in the hospital and I would go with my brother to see him everyday after work, except for one day when we were not working.I talked with as many doctors and personnel as possible and they tried what was best for him.I saw him alive for the last time around 9 a.m.at the Glen Site and thought he would survive the procedure.But he didn\u2019t make it, because of stenosis in his valve.On March 29, 2022, my life changed.Not only was I grieving, but for the next eight days, there were many preparations to be made, occupying my time.Afterwards it settled somewhat, but then there were other legal matters to be taken care of every week.I\u2019m not totally done, but hopefully before the end of August everything will be settled for him and anything that\u2019s needed for my mother.Now I\u2019m more responsible at home and have to make sure my brother and mother are doing okay.I can\u2019t take things for granted, because anything can occur suddenly.Des beaux rêves Je rêve d\u2019être une personne nouvelle et en pleine santé.Cette personne, elle serait joyeuse, elle croirait en un avenir heureux.Comme quand il y a des mauvaises nouvelles, par exemple, quand on entend parler de la guerre entre l\u2019Ukraine et la Russie.Je rêve que ça s\u2019arrête et que tout revienne à la normale.Dans mes rêves, j\u2019aurais beaucoup de succès dans mon travail.Je travaillerais dans la maintenance.Je travaillerais en équipe et j\u2019apprendrais à connaître d\u2019autres personnes comme moi.On ferait du ménage comme j\u2019ai fait quand j\u2019étais confiné.Je donnais un coup de main à la résidence et ça passait le temps.Ça me donnait beaucoup de confiance en moi-même.Comme ça les gens savaient que j\u2019étais capable de faire ce travail.Je rêve d\u2019avoir un vrai emploi comme ça.J\u2019ai appris à savoir ce qu\u2019était faire le ménage.Je passais le balai et la vadrouille, c\u2019est ce que je préfère.Je n\u2019aimerais pas laver les toilettes mais je l\u2019ai déjà fait quand il fallait.Pour mes vacances de rêve, je resterais à Montréal.Je prendrais le temps de lire le journal et je regarderais les sports (le hockey, le baseball, le football) à la télévision.Je prendrais des marches.GILLES BÉLANGER CAMELOT JEANNE-MANCE / RENÉ-LÉVESQUE Croisière Je me souviens d\u2019avoir fait du bateau dans le Vieux-Montréal plus jeune, des bateaux de croisière qui se promenaient autour de l\u2019île.On est allé voir Habitat 67.Les bateaux m\u2019ont toujours fascinée.J\u2019ai aussi pris le traversier à Tadoussac mais je n\u2019ai pas vu de baleines.J\u2019aime être sur l\u2019eau, même en pédalo.J\u2019aimerais pêcher un jour et sortir les monstres du fleuve.FRANCE LAPOINTE CAMELOT SAQ PAPINEAU / MONT-ROYAL Un joyau à préserver On est chanceux d\u2019être entouré d\u2019eau à Montréal, on devrait en prendre plus soin.C\u2019est tout un écosystème et c\u2019est important de le protéger.Le fleuve ne devrait pas seulement être vu comme une voie maritime, une ressource exploitable, mais comme un joyau à préserver.Les rorquals qui arrivent ici, par exemple, c\u2019est pas normal.Toute nature est sensible à ce que l\u2019humain fait.MARIO REYES ZAMORA PARTICIPANT À LA CUISINE Feux d\u2019artifice Vers la fin des années 80 je me souviens d\u2019avoir assisté à des feux d\u2019artifice près du chemin de fer, en face de La Ronde.C\u2019est un souvenir que j\u2019associe au Saint-Laurent, qui était juste devant nous.Ça me rappelle aussi une expérience sur l\u2019eau du fleuve, dans le Vieux-Port, où j\u2019avais fait le Saute-Mouton, un petit bateau qui fonce dans les vagues et qui nous éclabousse.Un beau souvenir ! JEAN-FRANÇOIS DAGENAIS CAMELOT MARCHÉ METRO ANDRÉ-GRASSET Pollution La pollution, la saleté, les déchets.J\u2019ai 70 ans, les normes environnementales ne sont plus les mêmes.La compagnie où je travaillais déversait son huile dans le fleuve.Plus jeune, je suis allé dans un camp de vacances à la hauteur de Sorel.Là, l\u2019eau était belle.Je me rappelle m\u2019y baigner et recevoir les vagues des paquebots.À Montréal, c\u2019est autre chose, mais c\u2019est mieux qu\u2019avant.YVON MASSICOTTE CAMELOT MÉTRO UNIVERSITÉ-DE-MONTRÉAL D\u2019Halifax à Montréal Je viens d\u2019Halifax et depuis toujours le fleuve c\u2019est l\u2019endroit où je vais pour respirer, c\u2019est mon go to.Quand je suis arrivée à Montréal, à Pierrefonds, j\u2019ai continué d\u2019aller sur le bord de la rivière des Prairies, mais ce n\u2019est pas pareil.L\u2019eau douce et l\u2019eau salée sont très différentes.L\u2019an dernier, j\u2019ai ramené d\u2019Halifax des algues et du sable à deux jeunes d\u2019ici, ils ont apprécié.Sinon j\u2019aime aller regarder les bateaux au Vieux-Port.TRACY MONTBOURQUETTE PARTICIPANTE À LA CUISINE Mon spot tranquille Un jour lorsque je revenais d\u2019un séjour dans le Bas-Saint-Laurent, j\u2019ai senti le besoin d'avoir accès au fleuve à Montréal, ce que certains endroits dans le Sud-Ouest permettent.Je me baignais dans le fleuve bien avant la création de la plage de Verdun.J\u2019ai ma petite roche, mon spot, je me sauce un peu, je lis, je fais des pique-niques, c\u2019est méditatif.NORMAN RICKERT CAMELOT MÉTRO MONK A N D R É C H I V I N S K I | C O M M O N S W I K I M E D I A Quelle relation avez-vous avec le fleuve Saint-Laurent ?Quels souvenirs en gardez-vous ?35 itineraire.ca 34 itineraire.ca 1er août 2022 1er août 2022 Les troubles de santé mentale sont complexes.Est-ce une question de faiblesse, une faute ou simplement une question de volonté ?La réponse à toutes ces questions est NON.Quand les gens portent des jugements, c\u2019est souvent par méconnaissance.Moi je trouve important de bien s\u2019informer, de se tenir au courant.J\u2019ai lu avec grand intérêt le premier livre de Florence K, Buena vida, écrit en 2015 et puis récemment son deuxième, Nueva vida, qui a paru en 2021.Pourquoi j\u2019ai choisi d\u2019écrire sur Florence K ?Parce que je m\u2019identifie beaucoup à elle.Je vis moi-même avec un sévère syndrome post-traumatique.C\u2019est dans ses tempêtes émotives que je m\u2019identifie vraiment.Mais surtout j\u2019admire la façon dont elle mène son combat contre la maladie mentale.Son livre, sa vie me donnent espoir qu\u2019on est capable d\u2019améliorer beaucoup d\u2019aspects de nos vies.D\u2019entrée de jeu, j\u2019avoue que je trouve Florence K extraordinaire de conjuguer sa condition de bipolarité avec une vie si remplie : être mère à la fois d\u2019un bébé et d\u2019une ado, étudier pour obtenir une maîtrise, être une musicienne, une animatrice à la radio, écrire des livres, et quoi encore ! Et le courage qu\u2019elle a de se livrer en toute transparence publiquement.Dès sa jeunesse Depuis sa jeunesse Florence baigne dans la musique, les tournées, « une vie de saltimbanque », puis devient musicienne à son tour.Une dizaine d\u2019albums aux influences latines à son actif, tout va pour le mieux, quand un diagnostic de bipolarité de type II vient bousculer son existence.La vie lui réservait encore des surprises et lui enseignerait des leçons constructives.Elle en parle dans Buena vida dans lequel elle livre un vif témoignage sur sa profonde dépression.On apprend aussi que Florence reste vulnérable a une nouvelle rechute et mène un véritable combat pour de ne pas tomber dans le précipice.Son diagnostic de bipolarité de type II lui tombe dessus tel un boulet de canon.Elle vit des périodes de dépression plus profondes, suivies de phases d\u2019hypomanie, mais qui sont moins graves que celle du type I.Certes elle est ébranlée, mais la musicienne ne courbe pas l\u2019échine, elle entreprend alors un grand virage, en retournant sur les bancs d\u2019école sans toutefois laisser sa carrière artistique de côté.Études et résilience Florence K termine actuellement une maîtrise en santé mentale et un bac en psychologie.Elle espère accéder au doctorat qui lui permettra de parfaire son parcours académique et pousser vers la recherche clinique en psychologie.Pour elle, il est primordial de continuer de relever des défis, ai-je constaté à la lecture de Nueva vida.Je trouve qu\u2019il faut beaucoup d\u2019audace pour foncer dans un tel projet ! Elle affirme par ailleurs : « [ \u2026] autant la maladie physique suscite la compassion, autant la maladie mentale dérange ».À lire Florence K, on ressent combien c\u2019est difficile de vivre avec sa condition, mais elle a décidé de ne jamais tomber dans l\u2019apitoiement, c\u2019est même le contraire.Elle écrit pour éveiller des consciences.L\u2019artiste parle de son trouble psychique sans tabou.Son récit fluctue entre ses périodes d\u2019hypo- manie et ses phases dépressives.Elle alterne entre ses highs, lorsque, par exemple, elle se lance dans des dépenses excessives et des comportements destructeurs.Achats impulsifs \u2014 dont l\u2019acquisition d\u2019une demeure de 675 000 $ \u2014 relations amoureuses souffrantes, Florence se livre sans tabous.Camelot métro Rosemont Par Jo Redwitch K R Y S T E L V M O R I N 37 itineraire.ca 36 itineraire.ca 1er août 2022 1er août 2022 Florence pose la question et y répond : La santé mentale : faiblesse ?Non.Une faute ?Non.Une question de volonté ?.Non.Elle dit aussi : « Au diable les jugements des autres, comprendre la maladie, c\u2019est prendre le contrôle ».Lorsqu\u2019on dit, et je parle en mon nom personnel, qu\u2019on est atteinte de maladie mentale, en général les gens ne comprennent pas tous les enjeux que ça implique.On vous catégorise sans même poser une seule question.J\u2019ai beaucoup d\u2019amis, mais peu d\u2019entre eux sont à l\u2019aise d\u2019en parler.Je dis souvent pour dédramatiser : J\u2019ai mes cartes de folles moi ! Mais de toute évidence ils ne veulent pas que j\u2019en rajoute.Certains me disent : Non non, t\u2019es pas si pire que ça.C\u2019est un peu du déni.Ils ne veulent peut-être pas admettre que je ne suis pas tout à fait normale, mais en vérité qui l\u2019est vraiment ?J\u2019aimerais tellement que les gens me posent des questions et s\u2019ouvrent davantage.C\u2019est déjà difficile de se l\u2019avouer et de l\u2019accepter.Quand votre entourage vous montre qu\u2019il n\u2019a pas d\u2019ouverture, on a tendance à se recroqueviller sur soi.Pour ma part, ça me pousse à lire davantage pour pouvoir peut-être un jour mieux l\u2019expliquer pour faire évoluer les mentalités sur la santé mentale.Je suis persuadée que de s\u2019ouvrir et de l\u2019expliquer dans ses mots aide énormément à l\u2019évolution des jugements de la société en général.Florence écrit : « Avec un bon diagnostic, dans une société sans peur, sans honte, sans sentiment de culpabilité, combien de vies auraient pu être sauvées ?Combien de suicides, de surdoses, d\u2019actes criminels auraient pu être évités ?» Elle prend la parole pour aider d\u2019autres personnes et dire que la santé mentale n\u2019est pas uniquement une affaire personnelle, mais une affaire de société.Je reconnais une absence de pudeur et une femme forte dans Nueva vida, et j\u2019espère qu\u2019elle nous réservera d\u2019autres livres qui vulgarisent aussi bien ce trouble encore trop peu connu.Merci à l\u2019auteure, la musicienne, la mère, et la femme qui m\u2019a aidée dans ma propre démarche.Merci Florence K de t\u2019ouvrir pour aider.J\u2019ai grandi en lisant ton livre.Florence doit composer avec la vie sous médication et être à l\u2019affût du moindre signe qui pourrait perturber son équilibre émotionnel.Son psychiatre, le Dr Génial, comme elle l\u2019appelle dans son livre pour préserver son anonymat, l\u2019accompagne dans sa démarche.« L\u2019effexor m\u2019aidait à déterrer des ressources insoupçonnées en grattant les derniers recoins de mon cerveau, ma petite pilule rouge me permettait d\u2019être fonctionnelle, d\u2019être capable de m\u2019extirper des cyclones de pensées négatives ».C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019un des aspects qui est venu me chercher dans son livre : ses cyclones de pensées négatives et destructives.Ça, ça me parle, parce que je vis exactement les mêmes symptômes : les sujets dans ma tête s\u2019entremêlent et ça ressemble drôlement à mes tempêtes cérébrales et psychiques.J\u2019aime comment elle a décidé de prendre sa condition et de la virer en opportunités.Par exemple, l\u2019ajout de nouvelles cordes à son arc avec des études plus poussées et une volonté d\u2019aller toujours plus loin dans la connaissance d\u2019elle- même en particulier et de l\u2019être humain en général.Florence relate qu\u2019elle démêle les fils des distorsions de son esprit et apprend à les recoller le mieux possible avec la réalité.Elle progresse lentement et reprend le contrôle de sa vie.Après avoir terminé son livre, on sent le résultat de ses efforts lorsqu\u2019elle écrit : « La publication de Nueva vida avait eu pour effet d\u2019alléger mes épaules d\u2019une tonne de briques, je pouvais parler de ce que j\u2019étais réellement, de ce que je vivais sans honte ni tabou ».Son parcours la mène finalement vers sa mission ultime : étudier dans la perspective d\u2019aider d\u2019autres personnes qui vivent avec les mêmes troubles de personnalité qu\u2019elle.Elle n\u2019a pas hésité une seconde à se mettre en situation de vulnérabilité devant ses fans, pour déstigmatiser les troubles de santé mentale.Autre objet de sa curiosité intellectuelle, Florence croit que la musique a sa place dans le processus psychologique.Selon l\u2019artiste et auteure, la musique et la psychologie se marient à merveille.« J\u2019ai pour hypothèse que la musique pourrait servir comme outil d\u2019autogestion chez les individus vivant avec un trouble bipolaire, en complémentarité avec un traitement psychothérapeutique.» Elle aimerait pousser les recherches sur le sujet et, qui sait ?combiner ces deux passions.Elle affirme que les implications cliniques de cette possibilité pourraient ratisser beaucoup plus large qu\u2019uniquement le trouble bipolaire.Personnellement, je crois que c\u2019est une approche qui vaut la peine d\u2019être explorée.Après la première vague de COVID-19, Florence est tombée enceinte.« Accompagnée du Dr Génial, je baissais ma médication de quelques milligrammes à la fois, mais chaque fois que l\u2019on baissait un peu plus mes doses, je revoyais la tempête s\u2019accrocher.» Elle savait que le sevrage serait difficile.Mais elle ajoute : « J\u2019ai perçu comme un échec flagrant le fait que malgré tous mes efforts, mes nombreuses tentatives de diminution et d\u2019arrêt de la médication coïncidaient avec le retour du monstre dans ma tête ».Finalement elle a pris la décision en fonction de ce qui était le mieux pour le fœtus.Selon elle, il existe peu d\u2019études sur la combinaison antidépresseurs et grossesse.D\u2019ailleurs Florence aimerait bien pallier ce manque un jour et faire de la recherche sur ce sujet car il est difficile pour les femmes enceintes de trouver le meilleur équilibre entre le traitement optimal et une exposition fœtale minimale.Quand le niveau d\u2019énergie est à son plus bas, différents moyens aident Florence à tempérer ses humeurs qu\u2019elle soit dans la tristesse ou une trop grande bouffée d\u2019énergie, elle le canalise avec des activités alternatives.Elle utilise notamment le yoga.« Lorsque quelque chose me fait du bien, ça devient ma raison de vivre, écrit-elle.Comme je n\u2019arrivais pas à modifier les circonstances anxiogènes de ma vie, le yoga était devenu pour moi LE remède.» Mais elle ajoute aussi différentes autres façons de canaliser ses énergies comme s\u2019occuper de son bébé et de son adolescente, étudier, chanter, être à la radio, et s\u2019occuper de façon générale.Je crois que de s\u2019occuper est un bon moyen de ne pas trop penser et de diminuer les bouffées d\u2019anxiété.En parlant de ses sphères de vie, l\u2019auteure écrit dans l\u2019épilogue : « Je ne crois pas avoir déjà été si bien qu\u2019aujourd\u2019hui entre l\u2019amour et le soutien de mon mari, l\u2019épanouissement de mon adolescente et la joie de mon bébé ».Elle se dit qu\u2019elle est un peu folle de replonger dans tout ce stress en parlant de son parcours universitaire, mais devant l\u2019adversité elle n\u2019a pas hésité à s\u2019exposer pour aider son prochain, se montrer à la face du monde.39 itineraire.ca 38 itineraire.ca 1er août 2022 1er août 2022 Camelot marché Metro chemin Chambly, Longueuil par Gabriel Lavoie Tout est science.Des confins de l\u2019univers à la nature qui nous entoure, dans la technologie de tous les jours en passant par la vie sur Terre, la science est partout.La blanchissement de la Grande Barrière de corail J A M E S G I L M O U R La Grande Barrière de corail australienne a été touchée par un blanchissement ou un dépérissement à 98 % depuis 1998.Cette barrière de corail est la plus importante au monde.Selon l\u2019article paru dans la revue Current Biology, « seulement 2 % de cet immense écosystème sous-marin a échappé au phénomène depuis le premier grand épisode de blanchissement en 1998, année la plus chaude de l\u2019histoire.Ce record a été battu à plusieurs reprises depuis.» Les vagues de chaleur marine qui provoquent ce blanchissement ne cessent d\u2019augmenter.La Grande Barrière a subi trois épisodes de blanchissement en raison des canicules de 2016, 2017, 2020.Cet écosystème de 2 300 km de long a montré des signes de guérison depuis la dernière vague de chaleur, mais son avenir demeure incertain.Les récifs coralliens abritent 25 % de la vie marine de notre planète.Si vous comparez la variété des espèces vivantes de ces récifs d\u2019une grande beauté, elle pourrait équivaloir à celle de la faune et de la flore de la foret d\u2019Amazonie ou de la Nouvelle-Guinée.On retrouve également des récifs coralliens au large de la Norvège et en Méditerranée.Les récifs coralliens ne représentent que 0,25 % de la superficie marine, mais abrite deux millions d\u2019espèces différentes qui vivent dans, sur et autour des récifs du monde.C\u2019est là que grandissent un quart des poissons des océans à travers la planète.Soulignons que cette biodiversité est fondamentale pour nous ! Nourriture, économie, pensez à toutes les espèces qui dépendent les unes les autres et les impacts catastrophiques sur la nature et sur l\u2019humanité si les récifs devaient mourir ! Un quart des récifs coralliens mondiaux ont subi des dommages irréparables.Deux tiers sont en danger de disparaitre, et tout cela à cause de l\u2019activité humaine.Sources : Radio-Canada et WWF France.Objet inconnu découvert dans la Voie lactée Un objet mystérieux a été découvert dans la Voie lactée, en janvier 2022.Cet objet, observé par des astronomes australiens, produit un puissant rayonnement électromagnétique trois fois par heure.Ce phénomène ne peut être vu que par un radiotélescope.D\u2019abord aperçues par un étudiant, ces ondes émises toutes les 18 minutes ont été observées par l\u2019astrophysicienne Natasha Hurley-Walker à l\u2019aide d\u2019un radiotélescope géant.Il faut comprendre que ce genre de lumière est invisible à l\u2019œil nu.Cet objet est à environ 4 000 années-lumière de la Terre et son rayonnement est extrêmement puissant.Selon les calculs de l\u2019équipe, la force et la fréquence des pulsations sont de l\u2019ordre de l\u2019inexplicable ! La fréquence de ce rayonnement n\u2019a jamais été observé, bien qu\u2019il existe des objets qui émettent des variations d\u2019ondes électromagnétiques, comme les pulsars.Le pulsar, contrairement à une étoile qui émet sa lumière de façon continue, la projette de façon périodique et régulière donc, par pulsations.Dans ce cas, c\u2019est la fréquence et la puissance du phénomène qui étonne les observateurs.Les protagonistes de cette découverte croient qu\u2019il pourrait s\u2019agir d\u2019un magnétar, soit une étoile qui émet des radiations électromagnétiques de haute énergie comme les rayons x et gamma, et qui relève du domaine théorique jamais observé auparavant.Quant à l\u2019astrophysicienne Natasha Hurley-Walker, elle croit qu\u2019il pourrait s\u2019agir d\u2019un objet entièrement nouveau, inconnu jusqu\u2019à maintenant.Du jamais vu ! Sources : Radio-Canada, Nature, Québec Science.Découverte en Égypte Des archéologues ont fait une incroyable découverte en mai dernier : une cache contenant 250 sarcophages et 150 statues de bronze dans la nécropole de Saqqarah à 15 km du plateau de Gizeh, site des célèbres pyramides.Le site de Saqqarah est connu pour la pyramide à degrés du pharaon Djéser.Ce chef d\u2019œuvre architectural est vieux de 4 700 ans, cette construction est l\u2019une des plus anciennes de l\u2019histoire de l\u2019humanité.Elle a été conçue par l'architecte Imhotep.Une statue représentant Imhotep a aussi été découverte, de même que celle de divinités comme Osiris, Isis, Hathor, Amon-min, Nefertoum et Anubis.De plus, on y a mis à jour des sarcophages avec des momies datant du 5e siècle avant Jésus-Christ.S\u2019ajoute aux trésors un papyrus en parfait état long d\u2019environ 9 mètres qui renfermerait des chapitres du livre des morts.Il sera restauré et analysé au Musée national de la civilisation égyptienne de la place Tahrir au Caire.Les pyramides d\u2019Égypte sont les constructions les plus colossales de l\u2019histoire de l\u2019antiquité.Les humains d\u2019aujourd\u2019hui auraient du mal à les bâtir, alors imaginez à l\u2019époque ! Chaque bloc qui constitue ces pyramides pèse plusieurs tonnes et a été taillé à la main avec un pic et une massue.La plus grande d\u2019entre toutes est la pyramide de Khéops.Elle s\u2019élève à 146 mètres, elle a une base de 230 mètres.Elle a nécessité 20 000 ouvriers et ce pendant 20 ans ! Les pyramides d\u2019Égypte sont en fait des sépultures de pharaons et autres personnages importants.Les pharaons les faisaient construire de leur vivant pour pouvoir aller rejoindre Râ, le dieu soleil, à leur mort.Sources : La Presse, Futura Science.41 itineraire.ca 40 itineraire.ca 1er août 2022 1er août 2022 VENEZ VOUS RAFRAîCHIR POUR LA CAUSE ! Et découvrez les spécialités à inspiration autochtone.à?Montréal L\u2019unique café autochtone Le?Café?de?la?Maison?ronde,?un?projet?de?L'Itinéraire,?a pour mission de favoriser la mixité sociale et l\u2019autonomisation?des?Autochtones?vulnérables.Café de la Maison ronde Square Cabot | Métro Atwater 2330, rue Sainte-Catherine Ouest Lundi au vendredi 9 h à 16 h Fermé?les?mercredis?et?les?fins?de?semaine itineraire.ca 1er août 2022 43 Humoriste Hygge-toé donc Des gens se font bousculer dans la file d\u2019attente, une caissière se fait engueuler, un employé derrière son guichet se fait crier des noms, ça râle à la moindre contrariété, maugrée au moindre retard, partout y a des étincelles, pis on dirait que n\u2019importe quoi peut faire déborder des vases déjà remplis de mèches trop courtes.Sale temps pour le vivre ensemble.Les exemples de colons irritables polluant la vie de tout le monde autour d\u2019eux avec leurs flatulences furieuses sont aussi variés que nombreux.Ils viennent dans toués grandeurs, toués couleurs, toués âges pis toués genres.Il y en a pour tous les dégoûts.Et tu peux en trouver partout même sans les chercher ou les demander, comme s\u2019ils te spottaient de loin avec leur radar à marde.Est-ce que c\u2019est la fin de la pandémie et le retour à l\u2019anormal ?La guerre qui gronde au loin ?C\u2019est le prix du gaz ou ben des fruits qui rend le monde fru ?Même l\u2019horizon est devenu lourd comme un spleen de Baudelaire.D\u2019après moi, la meilleure chose à faire c\u2019est d\u2019apprendre un mot danois : « Hygge ».Si je parle du Danemark, c\u2019est que, année après année, le peuple scandinave se classe au top des nations les plus heureuses selon l\u2019indice de bonheur du très sérieux World Happiness Report.Et le secret de leur philosophie joyeuse se trouve quelque part dans les mots qu\u2019ils utilisent.La langue des anciens Vikings est aussi fascinante qu\u2019étrange.« Udlændinge », comme ils disent à Copenhague.Une langue avec des mots à la fois intraduisibles et impossibles à prononcer pour un étranger.Par exemple, « Morgenfrisk » qui signifie à peu près la sensation de paix et de bien-être après une bonne nuit de sommeil, mais\u2026 le genre de nuit avec un petit quelque chose de plus, une impression de sérénité.T\u2019as pas juste bien dormi, t\u2019es « Morgenfrisk ».Ou encore « Arbejdglæde » qui se traduirait par la satisfaction, même la joie, qu\u2019on ressent quand on pratique un métier qu\u2019on aime.Dans la culture nordique, il est absurde que le travail ne serve qu\u2019à subvenir à nos besoins : on doit aussi être heureux à la job ! Et plus important encore pour les Scandinaves, il ne peut y avoir de bonheur individuel sans s\u2019occuper en même temps du bien commun ! « Fællesskabsfølelse » c\u2019est le mot qu\u2019ils ont choisi pour parler de l\u2019importance de la communauté, du collectif, de s\u2019occuper du bonheur du groupe avant le sien.Petit retour en arrière.Au 18e siècle, il y avait quelque chose de pourri au royaume du Danemark, comme disait Shakespeare.Guerre, épreuves, malheurs, tout le monde se faisait chier solide.Les Danois avaient la face aussi longue que leurs insupportables nuits d\u2019hiver.Pour passer au travers, ils ont alors inventé un mot, une stratégie de survie qui deviendra une philosophie partagée par d\u2019autres pays scandinaves : le « hygge ».Il s\u2019agit d\u2019une conception non matérialiste du bonheur qui consiste tout simplement à apprécier les petits moments du quotidien et les privilégier.Plutôt que se fâcher, s\u2019apitoyer et être affligés par tous les malheurs du monde, ils choisissent d\u2019« hyggeler », de simplement profiter du plaisir des petites choses, partager un repas entre amis, écouter la pluie tomber ou caresser la tête d\u2019un chat.Ou, c\u2019est d\u2019ailleurs la toute première règle du « hygge » : ils allument une bougie, qu\u2019ils nomment « lumière vivante » et la regardent doucement brûler.Les Danois sont les plus gros consommateurs de bougies au monde, plus de six kilos chacun par année.Par temps durs, en hiver comme en toute saison, leur philosophie reste la même : s\u2019arrêter pour profiter de la vie, apprécier les petits bonheurs quotidiens et s\u2019ouvrir aux autres.Ces ancêtres des Vikings, qui buvaient dans le crâne de leurs ennemis ne l\u2019oublions-pas, pratiquent aujourd\u2019hui un art de vivre qui a fait de leur pays l\u2019endroit où l\u2019indice de bonheur est le plus élevé au monde.Simplement.Et tout ça part d\u2019un mot.Tout le reste suit.Tu commences par « hyggeler ».Tu essaies le mieux possible de t\u2019arrêter et apprécier des choses simples, d\u2019être « arbejdglæde » à ta job, « fælless- kabsfølelse » avec les autres pis tu vas bien dormir et te réveiller « morgenfrisk ».Ça a l\u2019air « udlændinge », mais ça marche.Facque, « hygge » tout le monde ! Christian Vanasse Solutions dans le prochain numéro Petits Réformateur Perte de mâts Conjonction Dynamiques Touché Reine d\u2019Égypte Insuffisants Sapa Femelle Anneau Année Notâmes Apprit Aire de vent Id est Oeillet Présents Nébuleuse Âge Tibia Police Océan Existes Cantatrice Lie Possédés Chute D D C M S O R S E T E E R E E U S R B U M U E S E I E Q S C O T M A E S I M N A E M U T A G T E T E F E M N I I N E B R E I N C E I D V A A N A G T E I R E S 6 3 5 4 1 3 9 5 7 6 2 4 8 7 6 8 9 4 2 5 3 1 5 4 2 8 1 3 6 9 7 2 7 6 1 5 9 3 8 4 3 9 4 2 8 7 1 5 6 8 5 1 3 6 4 9 7 2 9 2 7 4 3 1 8 6 5 4 1 5 6 9 8 7 2 3 6 8 3 7 2 5 4 1 9 - 15 juillet 2022 Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette image ?Bonne chance ! Grille numéro : 67246 2 1 9 5 3 8 3 2 1 7 5 7 1 6 9 2 6 5 8 2 9 1 7 6 9 2 5 3 4 8 9 4 8 5 2 4 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.détente Dernier Étamera Boeufs Chagrin Du Nord et du Sud Contusion Proportionnels Pays Tromper Damées Grêle Déesse Essai Usuel Saint Chaise Bulbe Négation XXX Désert Lambin Brouilles En passant par Dotes Avancent Plante horizontalement 1.Bois.2.Irrégularité.- Dévêtu.3.Affirmerai.- Statue.4.Couchera.- Barre.5.Cour.- Lascif.6.Nymphe.- Parchemin.7.Lac d'Écosse.- Achevèrent.8.Tour.- Sépare deux pièces soudées.9.Entre-égorgés.- Ruisseau.10.Relatif à une matière grasse corporelle.- Amas.verticalement 1.Deltaplanes.2.Champion.- Lawrencium.- Rivière d'Irlande.3.Qualifie des tons grecs souvent appliqués au cinquième mode grégorien.- Terbium.4.Copiais.- Dieu d'Égypte.5.Qui renferme du sérum.- Diplôme.6.Étoile.- Écime.7.Embarras.- Personnage d'Alfred Jarry.8.Conjonction.- Confirmée.9.Ralentis.10.Pierres.11.Implantera.12.Dégouttèrent.- Coutumes.PEXELS DONS + CARTES-REPAS TOTAL DE MA CONTRIBUTION : $1 MODE DE PAIEMENT Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire Visa MasterCard Code de vérification de la carte (CVC) : l___l___l___l No de la carte : l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l___l Expiration / (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, rue Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K 2H9 No de charité de l\u2019organisme : 13648 4219 RR0001 JE VEUX M\u2019ABONNER AU MAGAZINE : Je m\u2019abonne pour une période de : 12 mois, 24 numéros (125 $ avec taxes) 6 mois, 12 numéros (65 $ avec taxes) Nom ou No de camelot (s\u2019il y a lieu) : JE FAIS UN DON DE : 40 $ 50 $ 75 $ 100 $ ou $1 JE VEUX ACHETER DES CARTES-REPAS : J\u2019offre cartes-repas à 6 $ chacune = $1 Vous?voulez?les?distribuer?vous-même?Cochez?ici?: 1 Pour respecter l\u2019écologie et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur notre site itineraire.ca IDENTIFICATION Mme M.Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : _ _l_ _l_ _ - _ _l_ _l_ _ Courriel : Téléphone : ( ) 514 597-0238, poste 228 \u2022 luc.desjardins@itineraire.ca Pour rejoindre notre service aux donateurs : Alcool et soleil : un très mauvais cocktail Boire une bière fraîche en terrasse ou un cocktail lors d\u2019un BBQ ou d\u2019une fête à la plage sous un soleil de plomb, les occasions de boire ne manquent pas pendant la saison estivale.Mais est-ce une bonne idée de se rafraîchir avec une boisson alcoolisée quand nous sommes exposés à une chaleur accablante ?La réponse est non.Et pour cause : l\u2019alcool est un vasodilatateur et un diurétique.Autrement dit, sous l\u2019effet de l\u2019alcool, les vaisseaux sanguins se dilatent provoquant au passage une sensation de chaleur.L\u2019alcool diurétique Sachant que les deux tiers de l\u2019organisme sont composés d\u2019eau, être en situation de déshydratation peut avoir des conséquences désastreuses.Et lorsque l\u2019on mêle l\u2019alcool aux fortes chaleurs, la déshydratation peut se faire sentir plus rapidement.C\u2019est un fait, l\u2019alcool déshydrate.Même le pastis dilué dans un grand verre d\u2019eau.Été comme hiver, la consommation d\u2019alcool entraîne une perturbation de la production et du rôle de l\u2019hormone antidiurétique (la vasopressine) qui régule les reins.Par extension, le système d\u2019élimination de l\u2019eau dans notre corps devient dysfonctionnel.Dans cette situation, on en perd trop.D\u2019où le côté diurétique que l\u2019on accorde à l\u2019alcool.En plus, la quantité d'eau qui est évacuée est généralement supérieure à celle ingérée dans la boisson alcoolisée.Cela renforce la déshydratation déjà provoquée par la consommation d\u2019alcool.Tous ces facteurs additionnés mènent au coup de chaleur ou à l\u2019hypothermie.Crampes, maux de tête, nausées, vomissements et étourdissements se font alors ressentir.Autre risque, une substance produite par le métabolisme de l\u2019alcool, l\u2019acétaldéhyde, augmente la sensibilité de la peau aux rayons ultraviolets du soleil.Pensez à boire.de l\u2019eau ! L\u2019alcool accentue les symptômes liés à la déshydratation : un assèchement de la bouche et de la peau, une intense et soudaine soif, des rougeurs sur le visage, une apathie anormale liée à la baisse du pouls.Pour rafraîchir le corps, il faut impérativement boire de l\u2019eau en quantité suffisante.L\u2019eau est à la fois indispensable pour compenser les pertes liquidiennes (sudation normale ou augmentée en cas de chaleur et d\u2019exercice physique).Enfin, si vous buvez de l\u2019alcool, il est important de consommer avec modération en alternant avec un verre d\u2019eau et de préférence dans des espaces ombragés et frais.Et il est recommandé d\u2019éviter la baignade après avoir bu.Envie d\u2019étancher votre soif de tout savoir sur le lien alcool et santé ?Pour connaître davantage les effets de la consommation d\u2019alcool sur votre santé et pour prendre des décisions éclairées quant à votre consommation personnelle, Éduc\u2019alcool a produit plus de 20 publications qui abordent des sujets aussi variés que L\u2019alcool et le corps humain | Les effets de la consommation abusive | La grossesse et l\u2019alcool L\u2019alcool et les aînés | L\u2019alcool et santé mentale | L\u2019alcool et les mélanges | L\u2019alcool et le sexe Obtenez ces brochures gratuitement.Commandez-les ou téléchargez-les à partir du site educalcool.qc.ca. ONaR EMPLITaVOTRERTASSE OUYQUESVOUSSSOYEZ Bas, Partout au Québec, on livre gratuitement) a 4 55 § \\.= pik 1 \u2018 = \\ n \u201cot =) { = ~ 2s a me.Wm - +7 w ; __ # Wr \u2014\u2014w ol \u201c .+d ë : N \u2014_< 7 \u2014 b hl ES -_- \u2014 = À TAN ve TT RT tay Bn ! \u2014 \u2014\u2014\u2014 «rer ee SA \u2014 Le - = me.\" = on = lar \u2014 TTT \u2014 = 7 EE ee ay wlll tes \u2014\u2014\".: == \u2014 \u2014 = 2 \u2014 += +f = == - aa _- pe a - of te = _ \u2014\u2014 =e aD TL = :=t rues Pa La \u2014\u2014 BROSSA LE dr res: ee PH RE ama a F\u2014\u2014 rm _ ha Cor ul mer\" Fans gps = aryl peg?nh wlan dap Sum \u2014-\u2014 CAFE TORREFIE A MONTREAL 514 321-4121 +1 800 361-4121 Hiri wink BROSSARD\"™ db *La livraison gratuite s'applique pour nl les commandes de 10 livres de café et plus."]
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