L'itinéraire, 1 janvier 2023, mercredi 1 mars 2023
[" Entrevues : Mères au front Marie-Ève Bédard Volume XXX, n?04 Montréal, 1er mars 2023 PAYEZ VOTRE MAGAZINE PAR TEXTO AUPRÈS D\u2019UN CAMELOT AUTORISÉ Répondez à des sondages.Influencez l\u2019avenir du transport collectif.mavoixmastm.info 300$ À GAGNER P U B L I C I T É On a été élevés par notre mère.Élever c\u2019est un bien grand mot.C\u2019était plus la présence d\u2019une adulte, mais sans l\u2019amour maternel qui vient avec.Enfants, Anne-Marie et sa sœur ont souvent changé d\u2019adresse suivant la mort de leur père.Après les premières années passées sur le Plateau Mont- Royal, sa mère et elles déménageront aux États-Unis pour ensuite revenir à Montréal, cette fois-ci sur la rue Cartier, dans le Centre-Sud.Ces années d\u2019instabilité rendront les amitiés difficiles et les points de repères inexistants.« Le dernier déménagement, ç\u2019a été le coup le plus dur.On était déboussolées, on faisait rire de nous à l\u2019école, les autres jeunes étaient cruels.Au début du secondaire, j\u2019allais pas bien pantoute.» Vers la fin de cette première année, elle rencontrera son premier chum.« Ma mère voulait me faire doubler mon année scolaire et m\u2019empêchait de le voir.C\u2019était la goutte qui a fait déborder le vase.» Un jour, un épisode violent éclate à la maison lorsqu\u2019elle revient de l\u2019école pour dîner chez elle.« Je suis partie de chez moi, j\u2019avais 14 ans ! Je suis passée en cour, on m\u2019a placée en foyer de groupe, une merveille.» À sa sortie du foyer, elle se sépare de son chum et se retrouve en appartement supervisé à 18 ans.Elle occupe quelques emplois en restauration, mais une connaissance lui propose une job de serveuse.Après un temps, elle donnera naissance à son fils et retournera dans le secteur de la restauration puisque l\u2019alcoolisme commence à s\u2019installer tranquillement.Au fil du temps, l\u2019alcool l\u2019empêchera de garder un emploi stable, elle s\u2019absente trop souvent.« À ce moment, un ami m\u2019offre une job comme serveuse dans un bar.Du déjà-vu pour moi.C\u2019est là que je suis tombée solidement dans la boisson.J\u2019avais Dr Budweiser et Dr Vin Maison pour soigner mes déprimes.De la scrap de marde ! » Anne-Marie touche le fond du baril et elle commence à faire du meeting.Elle y rencontre un camelot de L\u2019Itinéraire qui lui explique le fonctionnement du magazine.C\u2019est comme ça qu\u2019elle commencera à vendre L\u2019Itinéraire pour joindre les deux bouts.« J\u2019ai cogné à la porte de L\u2019Itinéraire pour l\u2019argent, mais ce que j\u2019ai trouvé ici, c\u2019est le réconfort, la famille, le bien-être, la tendresse, mais surtout l\u2019écoute.» Anne-Marie a besoin de se sentir utile et présente pour les autres.« La job de serveuse, c\u2019est un peu être psychologue pour les autres.» Les dernières années d\u2019isolement ont été difficiles.« J\u2019ai rechuté, j\u2019ai voulu mourir et j\u2019ai perdu beaucoup de poids.Cet automne, j\u2019étais en lendemain de brosse, j\u2019étais assise toute seule sur mon divan.Ma relation avec ma vie\u2026 ça n\u2019allait pas du tout.J\u2019ai appelé moi-même l\u2019ambulance et je suis entrée à l\u2019hôpital de mon plein gré.C\u2019est le plus beau cadeau que j\u2019ai pu me faire.» Depuis, Anne-Marie a passé son premier Noël sobre, son premier anniversaire depuis un bout, sobre et a récemment pris son jeton des AA pour ses trois mois d\u2019abstinence.« Je peux dire qu\u2019aujourd\u2019hui, en ce moment même, je me sens bien.» Camelot n° 1938 \u2022 Âge 58 ans Point de vente Métro Radisson et épicerie Valmont Mont-Royal / Fabre Anne-Marie Wiseman L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Par Simon Bolduc ADIL BOUKIND RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Le groupe communautaire L\u2019Itinéraire offre une formation d\u2019ADS+ à tous ses employé.e.s et y adhére en tant qu\u2019organisme.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec la direction de L\u2019Itinéraire à : direction@itineraire.ca | 514 597-0238 poste 228 ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! Interaction du quartier Community Council Peter-McGill Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difÏculté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.P R I X J U D I T H - J A S M I N 2 0 2 0 F P J Q Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.IMPRIMEUR SOLISCO 120, 10E RUE SCOTT (QUÉBEC) Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS On aime ça vous lire ! Vous nous dites souvent que vous aimez L\u2019Itinéraire, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement.NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Mots de lecteurs LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur ADMINISTRATION VANESSA TREMBLAY Directrice - Opérations et ressources humaines ESTELA SOLORZANO Chef comptable JAVIER BERNAL Commis au dépôt SANDRINE PAPINEAU Adjointe administrative RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef YSEULT PICARD Journaliste dossiers société KARINE BÉNÉZET Journaliste responsable de la formation des participants SIMON BOLDUC Chargé de projet - journalisme CARLA BRAGA Responsable de la création visuelle ALEXANDRINE SÉGUIN Stagiaire à la rédaction Photo de La Une CHARBEL TORBEY DÉVELOPPEMENT PHILANTHROPIQUE ET RÉSEAUX SOCIAUX JOSÉE LABRECQUE Conseillère principale développement philanthropique PASCALE PLANET Gestionnaire de communauté ACTION COMMUNAUTAIRE THOMAS WAYLAND Organisateur communautaire MAUDE M.-ROMPRÉ Intervenante psychosociale SANDRINE PLOURDE Stagiaire - intervenante psychosociale DANIEL PRINCE Responsable de la distribution SERVICE ALIMENTAIRE PIERRE TOUGAS Responsable du Café JEAN-CHRISTOPHE RUEL Coordonnateur du service alimentaire PROGRAMME MAISON RONDE ÉMILIE BEAUDET Chargée de projets MAUD THIMON Gérante du café ISABELLE SIMARD-LAPOINTE Agente de développement ALEXANDRA POIRIER et SHANA CAMILLO Intervenantes CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président NICK KAMINARIS - Nuvei Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Trésorière - Secrétaire EMNA BRAHAM Administrateurs SOPHIE RONDEAU - Avocate et doctorante en droit CHLOÉ FRESLON - Presidente URelles DIANE CURADEAU - Représentante des camelots JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire JOCELYNE CARRIER - Camelot de L\u2019Itinéraire SAMIR HALAIMIA - Camelot de L\u2019Itinéraire BÉNÉVOLES CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION, ANITA BARSETTI, JEAN TALBOT et NICOLE BLAIS Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, NICOLE BLAIS, LUCIE LAPORTE et SYLVIE POIRIER Bénévoles à la révision 1er mars 2023 Volume XXX, no 04 Vous tenez entre vos mains une édition aux sujets assez diversifiés dans laquelle on aborde plusieurs thèmes d\u2019actualité.Des femmes au front, la décriminalisation des drogues dures en Colombie-Britannique, le tabagisme, les évictions en temps de crise du logement, les sciences, l\u2019humour et le cinéma, il y a de quoi intéresser parmi les plus sélectifs de notre lectorat.Traditionnellement, l\u2019édition du 1er mars est consacrée en grande partie aux enjeux féminins et féministes, pour souligner la Journée internationale de la femme, le 8 mars.A-t-on encore besoin d\u2019une journée dédiée aux femmes en 2023 ?Je pense que la réponse est évidente.Oui ! Il faut une vigilance de tous les moments pour s\u2019assurer qu\u2019on ne perde pas nos acquis si durement gagnés.On en a un flagrant exemple avec le recul des droits des femmes dans un pays démocratique comme les États-Unis avec l\u2019interdiction de l\u2019avortement dans certains États américains.Les femmes sont depuis toujours ciblées par des actes de violences, qu\u2019elles soient conjugales ou sexuelles.Les femmes autochtones disparues et assassinées sont disproportionnellement nombreuses, un phénomène répandu partout en Amérique du Nord depuis trop longtemps.Mais avec les mouvements Me Too et Idle No More, les femmes prennent action, posent des gestes et exigent des changements et des redditions de comptes.Les femmes ne baissent pas les bras.Depuis plus d\u2019un siècle, elles luttent pour faire reconnaître leurs droits, pour qu\u2019on tienne compte de leurs voix, de leurs aspirations.Par ailleurs, des femmes comme Mères au front multiplient les actions pour protéger nos enfants de la crise climatique qui menace leur avenir.Notre journaliste Yseult Picard s\u2019est entretenue avec plusieurs d\u2019entre elles dont les cofondatrices Anaïs Barbeau-Lavalette et Laure Waridel.Pour elles, « la drive maternelle » conjuguée au pluriel et à grande échelle est un puissant moteur de changement.Dans ce même dossier, la journaliste Marie-Ève Bédard, correspondante à l\u2019étranger de Radio-Canada parle de la réalité, des défis et de la résilience des femmes qu\u2019elle rencontre dans les endroits les plus chauds de la planète.Un vibrant témoignage qui nous ouvre les yeux sur les conditions tellement difficiles que vivent les femmes en Ukraine, en Turquie et un peu partout dans le monde.Maudite cigarette ! Enfin, je me réjouis que notre camelot Yvon Massicotte ait pondu un article bien documenté sur son expérience de l\u2019arrêt de fumer.Accompagné d\u2019une infirmière clinicienne spécialisée du Centre de l\u2019abandon du tabac, il met les pendules à l\u2019heure et déboulonne des mythes sur ce qui se passe quand on arrête de fumer.D\u2019ailleurs, quelques membres de l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire se sont concertés pour arrêter de fumer le même jour.Ça fait maintenant un mois et elles tiennent bon ! Bravo à elles de se libérer de l\u2019esclavage de la cigarette.Moi, ça fait 15 ans et c\u2019est l\u2019une des plus grandes victoires de ma vie, puisque je fumais environ 25 cigarettes par jour.Une vraie libération ! Et je dis à qui veut l\u2019entendre, si moi, une vraie de vraie accro qui a fumé pendant 36 ans, a pu arrêter, n\u2019importe qui peut le faire aussi.Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef C A R L A B R A G A F I L M D U 3 M A R S R A D I O C A N A D A 18 27 Mots de camelots 3 Zoom sur Anne-Marie Wiseman 9 Agathe Melançon 9 Christian Tarte 9 Lynn Champagne 25 Sylvie Houle 25 Roger Perreault 25 Bill Economou 22 camelots ont participé à cette éditio n 14 Des urgences il y en a.Dans le secteur de la santé, de l\u2019éducation, sur le plan social, et de plus en plus en environnement, les femmes continuent de se mobiliser.La preuve : elles étaient deux en 2020, elles sont maintenant près de 10 000 membres de Mères au front, un mouvement de mères de sang, mais aussi de cœur, déterminées à ce que l\u2019on agisse de façon plus radicale pour protéger l\u2019avenir de nos enfants sur la planète.8 Rond-point international 10 Dans l\u2019actualité Devrait-on imiter la C.-B.?Simon Bolduc 12 BD - À la sauce piquante d\u2019El Diablo 23 En toute liberté On n\u2019est plus ici chez nous ! Mathieu Thériault 26 Chronique Ça brasse dans le métro ! Jo Redwitch 27 Entrevue Les soeurs Auxis Simon Bolduc en collaboration avec Manon Fortier 32 Dans la tête des camelots Achetez-vous plus le magazine ?34 Société Le diable est après moi ! Yvon Massicotte en collaboration avec Karine Bénézet 38 On se fait notre cinéma Agathe Melançon 40 Espace sciences Gabriel Lavoie 42 BD Siou 43 C\u2019t\u2019encore drôle Marie-Ève Saucier 44 Détente Yseult Picard P H O T O M O N T A G E C A R L A B R A G A 1er mars 2023 Volume XXX, no 04 Traduction Alexandrine Séguin Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), environ 250 000 Afghans ont fui vers le Pakistan après la prise du pouvoir par les talibans en août 2021.Mais l\u2019amnistie accordée aux personnes fuyant l\u2019Afghanistan et entrant au Pakistan, dont le visa valide a expiré, a pris fin en décembre 2022.Pour renouveler leur visa, ils doivent retourner en Afghanistan, un pays qu\u2019ils considèrent toujours comme dangereux.Une majorité de ceux qui ont fui craignait de se retrouver dans le collimateur des talibans.Il s\u2019agit de soldats, de juges, de journalistes, de défenseurs des droits de l\u2019homme et de ceux que les talibans méprisent : les chiites Hazaras, les LGBTQIA+, les musiciens et les chanteurs.Les immigrants économiques qui étaient sans travail en Afghanistan faisaient également partie des réfugiés.Selon Moniza Kakar, une jeune avocate des droits de l\u2019homme, basée à Karachi, les réfugiés afghans sont arrêtés dans tout le Pakistan.« Ils sont expulsés immédiatement dans d\u2019autres provinces, mais dans le Sindh, les Afghans arrêtés sont mis derrière les barreaux pendant des mois, maltraités dans les prisons, condamnés à des amendes, puis expulsés.» Me Kakar contribue à la libération des réfugiés afghans dans le Sindh au Pakistan : « Jusqu\u2019à présent, sur les 1400 personnes arrêtées (dont 200 femmes et 350 enfants), 600 ont été libérées et expulsées.» « Si une personne vit illégalement dans un pays, le gouvernement prend des mesures et traite avec elle conformément à la loi », a déclaré de son côté le ministre de l\u2019Information du Sindh, Sharjeel Memon, pour justifier les arrestations.« Personne n\u2019a été condamné à une peine de prison de plus de deux mois », a-t-il ajouté.Il a également nié que des enfants aient été incarcérés.Selon Me Kakar, près de 400 des Afghans emprisonnés ont été arrêtés à tort, car ils possédaient des documents valides qui leur permettaient de rester au Pakistan.Ils sont restés incarcérés pendant des mois jusqu\u2019à ce que leur cause soit entendue.« Certains Afghans arrêtés à Jacobabad ont été condamnés à six mois d\u2019emprisonnement ferme et à une amende de 5000 roupies (25 $ CAN) pour les hommes et de 1000 roupies (5 $ CAN) pour les mineurs et les femmes », a-t-elle déclaré, contredisant la déclaration du ministre Memon aux médias.« Pourquoi les mineurs ont-ils été condamnés à une amende alors que le gouvernement affirme qu\u2019 ils n\u2019ont pas été condamnés ou emprisonnés ?» Selon l\u2019avocate, le Pakistan n\u2019ayant pas adopté la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et son protocole de 1967, « qui empêche les États de punir les personnes qui entrent illégalement dans un pays », il peut invoquer la loi nationale de 1946 sur les étrangers pour punir et expulser les Afghans résidant illégalement au Pakistan.Amnistie internationale a exhorté le gouvernement pakistanais à mettre fin aux expulsions et à apporter son soutien aux réfugiés afin qu\u2019ils puissent vivre dans la dignité et sans crainte d\u2019être renvoyés en Afghanistan.( IPS / INSP ) PAKISTAN Les réfugiés afghans au Pakistan craignent d\u2019être expulsés R E U T E R S Le Musée des ondes Emile Berliner Je viens de découvrir le Musée des ondes Emile Berliner, situé au 1001, rue Lenoir à Saint-Henri.Son nom est celui de l\u2019inventeur du gramophone en 1888.L\u2019exposition occupe à la fois le corridor et deux locaux de la bâtisse.De l\u2019extérieur du bâtiment, rien ne fait penser qu\u2019il s\u2019y trouve une mine d\u2019or pour les passionnés de l\u2019histoire des gramophones, des disques, des vieilles radios et de l\u2019évolution des appareils de communications.J\u2019ai été surprise de découvrir qu\u2019avant le VHS, on pouvait écouter des films à partir d\u2019un disque.L\u2019historienne en a fait une démonstration en utilisant de vieux appareils de lecture et une télévision pour présenter un extrait d\u2019un épisode de Star Trek.Elle utilisait une méthode spéciale afin de manipuler le disque sans y toucher pour mieux le préserver.Personnellement, je me demande pourquoi, dans l\u2019histoire du film, avoir fait ce détour du disque vers le VHS pour ensuite retourner aux formats gravés que nous connaissons tels que le DVD et le Blu-ray.Le musée aborde aussi le rôle des satellites et l\u2019évolution de la radio jusqu\u2019à la webradio.Après la visite, nous recevons par courriel un document sur les satellites pour compléter le sujet.Je suis contente de mon expérience, d\u2019avoir lu beaucoup de panneaux d\u2019information et d\u2019avoir découvert plein de vieux appareils et assisté à des démonstrations ! Ce fut une sortie enrichissante et divertissante.Je ne suis pas une passionnée de la technologie, mais une curieuse de ce qu\u2019il y a à visiter dans un musée.Quelle sorte de café buvez-vous ?Êtes-vous amateurs de café ?Personnellement, depuis quelques années j\u2019ai développé un goût pour le café.C\u2019est arrivé drôlement parce qu\u2019avant, je me contentais d\u2019un bon vieux instantané, jusqu\u2019au jour où j\u2019ai découvert ce qu\u2019était vraiment un bon café.Je ne me rappelle pas exactement quand et où ça s\u2019est produit, mais j\u2019avais essayé un latte avec une dose supplémentaire d\u2019espresso.J\u2019ai ressenti le même effet qu\u2019Astérix quand il boit de la potion magique.Depuis ce jour, je suis devenu pas mal plus sélectif en ce qui a trait à ce divin breuvage.Fini le café « instant ».Avec le temps, j\u2019ai découvert les différentes méthodes d\u2019infusion comme le filtre, le piston (Bodum), le percolateur.Depuis quelque temps, pour mon premier café de la journée, j\u2019utilise la méthode italienne soit l\u2019espresso sur le feu.J\u2019en fais presque un cérémonial et je désire remercier ici mon bon ami et camelot Roger Perreault pour cette découverte.Ça peut prendre 10 à 15 minutes de préparation avant de pouvoir savourer ce nectar, mais juste l\u2019odeur qui imprègne la pièce vaut l\u2019attente.Et par la force des choses je dois vous avouer qu\u2019il m\u2019arrive de couper certaines dépenses pour pouvoir me payer cet élixir digne de ce nom.Par contre, ce sacrifice en vaut la peine.Ça peut vous paraître prétentieux, mais si jamais vous m\u2019invitez chez vous pour un café, je vais vous poser la question : « Quelle sorte de café buvez-vous ?» AGATHE MELANÇON CAMELOT MÉTRO LIONEL-GROULX CHRISTIAN TARTE CAMELOT PHARMACIE JEAN-COUTU 28E AVENUE / BEAUBIEN Dur d\u2019être une femme dans la rue Par le passé, j\u2019ai vécu un hiver dehors et, en ce moment même, je passe encore un hiver dehors.C\u2019est dur d\u2019être une femme dans la rue.C\u2019est pas pareil que pour un homme.Souvent, on pense qu\u2019en étant une femme, tout ce qu\u2019on peut offrir c\u2019est notre corps pour survivre.C\u2019est bien le contraire.Moi, j\u2019offrais et j\u2019offre d\u2019autres genres de services en plus de quêter.Mes services incluent pelleter, ranger des paniers à l\u2019épicerie, laver des cabarets dans un resto, etc.C\u2019est pas drôle d\u2019essayer de dormir dehors.On n\u2019a aucune tranquillité.C\u2019est pas trop pire si on peut se trouver un spot dans une bâtisse abandonnée.Mais, la plupart du temps c\u2019est solitaire et il faut utiliser les ressources disponibles aux alentours, par exemple une boîte de carton et des publisacs pour rester au chaud.Il faut dire que j\u2019ai eu recours à l\u2019alcool lors de mon premier hiver passé dans la rue.Mais pas en ce moment.J\u2019ai recours à la gang de L\u2019Itinéraire et autres points de services communautaires.J\u2019ai appris à faire confiance à ces services offerts par la société.Ils peuvent soulager nos bobos, du moins, certains.Je tiens d\u2019ailleurs à remercier L\u2019Itinéraire pour le soutien et la chance de vendre le magazine.Je remercie mes chères clientes et clients pour leur bons mots et la chaleur qu\u2019ils m\u2019apportent dans ces temps extra difficiles.Je suis vraiment reconnaissante.J\u2019ai hâte de vous voir.LYNN CHAMPAGNE CAMELOT PHARMACIE JEAN-COUTU VERDUN / 6E AVENUE 9 itineraire.ca 1er mars 2023 Simon Bolduc Il y a six ans, la Colombie-Britannique déclarait l\u2019état d\u2019urgence face à la crise des opioïdes qui a fait jusqu\u2019à aujourd\u2019hui quelque 12 000 morts.Une moyenne de 5,5 morts par jour.Pour répondre à cette épidémie de surdoses, les gouvernements provincial et fédéral changent de stratégie et optent pour la décriminalisation de certaines drogues dures.Toute personne en possession de moins de 2,5 grammes de crack, de cocaïne, d\u2019ecstasy (MDMA), d\u2019héroïne, de crystal meth, d\u2019opioïdes comme le fentanyl ou la morphine, n\u2019aura pas à craindre l\u2019arrestation et la confiscation de leur substance.Elles seront plutôt informées et dirigées vers des ressources de santé appropriées.Depuis le 31 janvier, avoir en sa possession certaines drogues dures n\u2019est plus criminel en Colombie-Britannique.Ce projet pilote, d\u2019une durée de trois ans, permettra à quiconque ayant plus de 18 ans d\u2019avoir de petites quantités de stupéfiants à des fins de consommation personnelle, sans craindre d\u2019être arrêté et d\u2019écoper d\u2019un dossier criminel.Décriminalisation des drogues Devrait-on imiter la C.-B.?D I A N A P O L E K H I N A | U N S P L A S 10 itineraire.ca 1er mars 2023 Ne pas se cacher Cette nouvelle approche vise à diriger le plus de personnes utilisatrices de drogues dures vers le réseau de la santé plutôt que vers le milieu carcéral.L\u2019approche médicale et préventive, plutôt que répressive, aura plusieurs effets positifs, croit un membre de l\u2019Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues (AQPSUD), lui-même consommateur qui a préféré témoigné sous le couvert de l\u2019anonymat.« La criminalisation a plusieurs impacts, dont la stigmatisation.Les gens se cachent, adoptent des comportements asociaux, ça les précarise nécessairement.S\u2019il faut que tu coures toute la journée pour avoir ta dope, que tu t\u2019 isoles pour la consommer et que tu as peur de te faire pogner, tu es invisibilisé.Ça peut vite devenir cahotique, la personne se met à risque et ça devient un terrain fertile pour les troubles mentaux, les risques de suicide, notamment », explique Francis*.Acceptabilité sociale Ce projet pilote adopté conjointement par la Colombie- Britannique et le gouvernement Trudeau sera observé par l\u2019ensemble des provinces du pays qui font face aux mêmes défis en matière d\u2019encadrement des drogues illégales et à la crise de surdoses \u2014 27 000 au pays depuis 2016.Le Québec n\u2019envisage pas d\u2019aller de l\u2019avant pour l\u2019instant, même si on compte presque 500 morts liés aux surdoses dans la dernière année.Une question d\u2019acceptabilité sociale, croit l\u2019un des membres interviewé de l\u2019 AQPSUD.« Pourquoi pas le Québec ?Les infrastructures médicales et sociales sont là, c\u2019est juste une question de perception dans la population, dit Charles*.On craint une banalisation et une augmentation de la consommation dans la population en général.Pourtant, l\u2019alcool est une des drogues les plus ravageuses et une des plus accessibles.Est-ce que tout le monde devient alcoolique parce que c\u2019est légal et disponible facilement ?» Pour lui, devenir accro à l\u2019héroïne n\u2019est pas un souhait pour personne : « C\u2019est pas vraiment un projet de carrière, tu ne souhaites pas ça à ton enfant, à ton ami, à ton frère ».Nécessaire mais pas suffisant Dans le cadre de ce projet pilote, une personne peut avoir en sa possession moins de 2,5 grammes de drogues dures.Cette limite est cumulative.Par exemple, un consommateur atteindrait la limite en ayant sur lui un gramme d\u2019héroïne, un gramme de cocaïne et 0,5 de crack.Certains organismes de la province de l\u2019Ouest du pays réclamaient d\u2019augmenter cette limite à 4,5 grammes puisqu\u2019elle n\u2019est pas représentative des consommateurs et consommatrices ciblés par le projet pilote.Cette limite n\u2019est pas représentative des réalités des consommateurs et consommatrices à risque, selon les deux membres de l\u2019AQPSUD.« J\u2019ai entendu récemment dans une conférence une docteure en dépendance parler des habitudes de ses patients, dit Charles.Elle disait que certains de ses patients faisaient un eight ball le matin pour déjeuner.Un eight ball c\u2019est le un huitième d\u2019une once de coke.Ça peut paraître intense, oui, mais elle n\u2019invente rien.C\u2019est vrai que certains consomment quatre-cinq grammes par jour, même plus.Forcément, tu risques d\u2019avoir plus que 2,5 grammes de coke sur toi, à un moment donné ou un autre de ta journée.Considérons que bien des gens sont polytoxicomanes et que la limite est cumulative.Deux grammes de poudre, un gramme de crack, tu dépasses la limite assez vite.» Les plus à risque de faire une surdose sont les personnes les plus précarisées, sans domicile fixe, ajoute Francis de l\u2019AQPSUD : « Si tu n\u2019as pas de place où rester, tu as bien plus de chances de te faire pogner avec plus que 2,5 grammes sur toi parce que tu traînes toujours ton stock avec toi, tu n\u2019as pas de stash.» Docteur, je consomme Tout un travail de sensibilisation est à faire au sein de la population en général, mais précisément dans le réseau de la santé, croit les deux membres de l\u2019AQPSUD, et consommateurs eux-mêmes, qui regorgent d\u2019histoires où ils se sont sentis eux-mêmes jugés, stigmatisés, infantilisés.La décriminalisation est un pas dans le bon sens, croient-ils, car elle permet d\u2019avoir une vraie discussion autour du problème et d\u2019apporter les réponses adéquates.« Quand mon ex-conjointe et moi on a eu un enfant, on commençait à consommer des opioïdes à la même époque, raconte Charles.On avait une job, un appart, et j\u2019estime que le milieu était très sain pour élever un enfant.Je me souviens qu\u2019une travailleuse sociale à l\u2019hôpital Saint-Luc a pris la mère à part et on a commencé à lui parler de la DPJ, qu\u2019on craignait pour la sécurité de l\u2019enfant et tous les autres préjugés qui pouvaient accompagner la perception qu\u2019on a des utilisateurs de drogues dures.» Même son de cloche pour Francis, qui raconte que certains médecins hésitent à lui donner certains médicaments dont il aurait besoin puisqu\u2019il a un profil addictif.Conséquence ?Il hésite fréquemment à s\u2019ouvrir sur ses habitudes de consommation lors d\u2019une visite médicale.* Nom fictif 11 itineraire.ca 1er mars 2023 22 EE A LA SAUCE PIQUANTE D'EL DIABLO CONTINUE TON DENTISIE TADORÉ \u2026 ce \u201d a Bon BAH PAS OUS AVEZ NE ASS BRE LE CHOIX.(Es FATT PLASIR À VA FAI OIR J .CA IN DE MONDE .) Tout CHANGER, a) ToN CANCER NEUE VA POUVOIR ACHETER À S UN DEUXIEME CHÂL el aS AVEC ONE™N ES ae PISCINE SUR Le RooPToF § LUN OR CT Hof\u201d 4 Bouse UF A LA RELANCE CoNTRIBUES PAS / / DE L'INDUSTRIE O = a Sois ET LA BIODIVERSITÉ ET Puis, XZ Ne TE REM ERCIE .TE FAIT UNE BONNE JE SUIS DÉCALÉ Bon ETRE.+ B c OK, GC (ce oer) ea PS TES PETES Ye USE PUR LE TAPAC ae EN A Lg DEF LLANCES : PP) RY Lox 6 oy FH : SAN CN e x p o s i t i o n Dialogue mère-fi lle illustré par Manon Barbeau et Anaïs Barbeau-Lavalette Photo : Justine Latour Photo : Éva-Maude TC Sélection d\u2019œuvres d\u2019art des collections Loto-Québec et BAnQ Entrée gratuite Jusqu\u2019au 4 juin 2023 à la Grande Bibliothèque Exposition présentée par Loto-Québec et BAnQ vous invitent Des urgences il y en a.Dans le secteur de la santé, de l\u2019éducation, sur le plan social, et de plus en plus en environnement, les femmes continuent de se mobiliser.La preuve : elles étaient deux en 2020, elles sont maintenant près de 10 000 membres de Mères au front, un mouvement de mères de sang, mais aussi de cœur, déterminées à ce que l\u2019on agisse de façon plus radicale pour protéger l\u2019avenir de nos enfants sur la planète.Nous avons discuté avec les deux fondatrices et trois piliers de l\u2019organisation.Les mamans « au front » d\u2019ici s\u2019activent, mais ne risquent pas leur vie, le « front » n\u2019est pas mortel.Les mamans « au front » de l\u2019Ukraine, du Moyen-Orient et d\u2019ailleurs, risquent leur peau.Sur les deux fronts, elles ont la même farouche détermination : sauver leurs enfants.Quant aux journalistes qui se déplacent dans ces zones pour rapporter l\u2019information, témoigner de ce qu\u2019elles voient, recueillir des informations de première main, celles-ci risquent aussi leur vie.Parmi elles, nous avons parlé avec Marie-Ève Bédard, journaliste, correspondante à l\u2019étranger de Radio-Canada depuis plus de 20 ans.Yseult Picard journaliste dossiers société Photo de la sculpture de l\u2019artiste Hayat Nazer Biographie du photographe Charbel Torbey Photographe libanais qui fait des séries de photos sur l'état actuel du monde à travers ses édifices, mais aussi les gens et leurs relations avec ce monde.Il a participé à de nombreuses expositions solo et collectives au Liban et ailleurs.Il a aussi gagné plusieurs concours, dont le prix de la francophonie pour sa photo du port de Beyrouth suite à l'explosion tragique du 4 août 2020. P H O T O S F O U R N I E S P A R M È R E S A U F R O N T Les mères crient ici leur colère et leur rage aux hommes d\u2019affaires, aux politiciens, responsables des décisions politiques et économiques.Elles ne supportent plus leurs hésitations, leurs petites chicanes alors qu\u2019il y a urgence.Quand elles discutent avec eux, surtout avec ceux qui ont aussi des enfants et des petits-enfants, elles leur rappellent qu\u2019ils devraient penser à leur avenir lorsqu\u2019ils investissent dans des projets, construisent des infrastructures ou accordent des « droits de polluer » aux entreprises.Ils ont laissé des compagnies empoisonner l\u2019Abitibi, des promoteurs construire des condos sans une pensée pour les logements sociaux, abattre les derniers arbres dans les villes pour faire de la place aux centres commerciaux.« Penser à l\u2019avenir de mes enfants, c\u2019est ce qui me faisait sentir la plus triste et la plus impuissante », explique la cinéaste et auteure Anaïs Barbeau-Lavalette, mère de trois enfants.« J\u2019en avais assez de me sentir seule face à ça, c\u2019est comme ça que j\u2019ai eu l\u2019 idée d\u2019appeler mon amie Laure (Waridel).» Les scientifiques font consensus.Ils le disent et le prouvent par des constats et des études depuis des années : ce qui nous attend comme changement dans les prochaines années n\u2019est pas rose.Ces femmes ont peur pour l\u2019humanité, mais surtout pour leurs enfants.Il y a deux ans, elles étaient deux.Elles sont maintenant 10 000 mères et alliées qui se mobilisent au Québec en tant que Mères au front.Que vous soyez mère ou non, si l\u2019avenir de nos enfants vous préoccupe, vous pouvez contribuer à amplifier ce sentiment d\u2019urgence face aux crises climatique et écologique.Plus nous serons nombreux.e.s à exiger plus d\u2019actions de la part de nos élu.e.s, moins ils pourront se dérober.- Mères au front 15 itineraire.ca 1er mars 2023 Laure Waridel est sociologue, spécialiste en environnement, cofondatrice d\u2019Équiterre, mère de deux enfants.Cette scientifique clame depuis 25 ans au Québec que l\u2019avenir est dans la consommation responsable et le développement équitable.C\u2019est ainsi que les deux femmes, bardées de diplômes et de réalisations, ont mis sur pied Mères au front.Bien vite, elles se rendent compte que leur message est universel : « La drive maternelle devient le moteur, observe Anaïs Barbeau-Lavalette.Nous nous sommes dit : Attends deux secondes ! Moi je suis toute seule et je ne sais pas quoi faire ?Toi tu es toute seule et tu ne sais pas quoi faire ?On n\u2019est donc pas toutes seules ! Ensemble ça devient plus facile d\u2019aller chercher des réponses, de demander des engagements, et de le faire au nom de nos enfants.» Dès sa création, Mères au front interpelle vigoureusement le gouvernement fédéral qui doit adopter une loi pour réduire les émissions de carbone comme demandé par les scientifiques.« On est les premiers à « recadrer » l\u2019urgence environnementale autour de ce que l\u2019on doit vraiment protéger : nos enfants », fait remarquer France Duquette, coordonnatrice à Mères au front.Le Canada a finalement adopté une première loi sur le climat en 2021 obligeant les députés à faire des efforts (et à rendre transparent le processus) pour atteindre la carboneutralité en 2050.Sauf qu\u2019ils n\u2019ont pas inscrit dans la loi le pourcentage de réduction qu\u2019ils comptaient exiger.Mères au front suit les recommandations du GIEC, la plus haute instance sur le climat, et demande une réduction des émissions de carbone de 65 % d\u2019ici à 2030.« C\u2019est une étape, mais malheureusement, si on en reste là avec cette loi, c\u2019est nettement insuffisant », disent les mères engagées qui portent toutes un cœur vert équarri pour signifier que l\u2019on ne doit plus faire de compromis en environnement.Elles portent aussi des habits noirs pour signifier que l\u2019heure est sombre.Les membres des groupes locaux s\u2019habillent aussi en noir lorsqu\u2019elles apparaissent en public pour se prononcer sur ce qui les touche directement : la protection d\u2019un boisé à Rosemère, les émissions d\u2019arsenic à Rouyn-Noranda, le développement immobilier à Trois-Rivières.De tels groupes « faciles à organiser », « il pourrait y en avoir littéralement partout dans le monde », estime Anaïs Barbeau-Lavalette.« Les solutions sont là, rappelle-t-elle, c\u2019est la volonté politique qui manque.Et pour nous, c\u2019est avec des actions que nous pourrons assurer un avenir sain et viable à nos enfants.» Chaque dimanche, vers 12 h 30, depuis le 3 avril 2022, Mères au Front Montréal fait un sit-in devant le bureau du premier ministre du Québec, à Montréal.Elles souhaitent ainsi lui rappeler, ainsi qu\u2019au gouvernement fédéral, que nous devons écouter la science.« Comme mères, on ne peut pas être insensibles au fait que le système en place est en train de détruire la santé, la qualité de vie et même la source de la vie sur Terre », dit Nathalie Ainsley, représentante de Mères au front Montréal.« Je me sens la première capable de me battre pour mes enfants, je les connais bien, je les ai mis au monde, c\u2019est sûr que je vais me mettre devant eux quoi qui se passe.Mais pour l\u2019environnement, c\u2019est comme si c\u2019était trop politique, en dehors de mes capacités, je ne suis ni une scientifique ni une politicienne », concède Anaïs Barbeau-Lavalette.« En gros, je sentais que je n\u2019avais pas les outils pour me battre, mais une fois qu\u2019on a mis le doigt sur l\u2019amour maternel, ça devient la seule légitimité qui est nécessaire pour aller au front ! » Même son de cloche du côté de Laure Waridel, corédac- trice du Pacte pour la transition et cofondatrice d\u2019Équiterre.Elle n\u2019a jamais eu l\u2019impression d\u2019être aussi entendue que depuis qu\u2019elle a aidé à mettre sur pied Mères au front : « Mon implication est ancrée dans le cœur, ancrée dans l\u2019amour.Ça fait plus de 30 ans que je suis impliquée dans le mouvement environnemental.J\u2019ai commencé quand j\u2019avais 15 ans, et j\u2019ai toujours utilisé les arguments scientifiques, économiques, fait appel au rationnel, et visiblement ça ne marche pas.» Elle est désolée de voir que sa compréhension scientifique des enjeux n\u2019a pas réussi à faire changer la ligne des partis au pouvoir.« Mon idée a toujours été d\u2019améliorer le contenu de mon message.Je me disais que plus j\u2019allais comprendre ce qui explique les changements climatiques, plus j\u2019allais approfondir, plus je serais une actrice de changement, mais ce n\u2019est malheureusement pas vrai.» France Duquette Nathalie Ainsley Laure Waridel Anaïs Barbeau-Lavalette 16 itineraire.ca 1er mars 2023 Deux ans après sa création, 10 000 membres forment 30 groupes de Mères au front et sont présentes dans 13 des 17 régions du Québec.« On apprend et on arrête d\u2019être intimidées par la façon de faire les choses en politique, car les enjeux sont finalement simples à comprendre », résume Anaïs Barbeau-Lavalette.Nous les femmes, on a souvent fait ce qu\u2019on pouvait : on a réduit notre empreinte écologique, on a transformé nos modes de vie, on ne fait plus de surconsommation, et puis, un moment donné on se rend compte que malgré ça, la course à la croissance économique sans fin est prônée par nos gouvernements.Seules, nous avons réalisé que ce qu\u2019on faisait ce n\u2019était clairement pas assez, et qu\u2019on n\u2019y arriverait jamais.On ne nous écoutait pas avant, pourtant on était des scientifiques.- Laure Waridel, cofondatrice d\u2019Équiterre et mère au front Les enfants de l'école Saint-Rédempteur dans le secteur de Hull à Gatineau ont remis cette chaise aux élus et à la présidente du Conseil, la mairesse France Bélisle : « En attendant qu\u2019on puisse voter, avec cette chaise, on dit aux élus.es \" pas besoin de dire que vous votez pour nous, faites juste regarder la chaise, il est là notre vote \" ».Ils ont aussi demandé à ce que la chaise soit bien en évidence pendant les rencontres.« Ce n\u2019est pas une décoration », ont spécifié les enfants.« De quel côté siègerez-vous ?» peut-on lire sur cette chaise que les jeunes ont décorée avec passion.Avec Marysa Nadeau, l'enseignante et Mère au front, ils n'ont pas compté les heures.« Les élèves m'ont aussi dit à plusieurs reprises comment cette œuvre était très chère à leurs yeux.C'était vraiment beau à voir.» « Nous sommes peut-être trop jeunes pour voter, mais nous sommes assez vieux pour comprendre que quelque chose de grave est en train de se passer.» Dix municipalités, dont Gaspé, Baie-Saint-Paul, Beloeil, La Prairie, Gatineau, Saint-Mathieu-de- Beloeil, Saint-Bruno, Victoriaville, Saint-Ferdinand, Stanbridge East, et l'arrondissement de Côte-des- Neiges-Notre-Dame-de-Grâce à Montréal ont déjà reçu une Chaise des générations lors de leur assemblée de conseil.Plusieurs chaises sont en préparation par les enfants actuellement et plusieurs dévoilements sont prévus au mois de mars et avril à Montréal et en régions.www.meresaufront.org Mères au front mènent des actions locales dans plusieurs régions, selon leur page Facebook. 18 itineraire.ca 1er mars 2023 R A D I O C A N A D A Comment font ces femmes pour survivre quand tout autour d\u2019elles s\u2019écroule, comme en Ukraine ?Dans un pays en guerre, les hommes sont partis au front, laissant les femmes seules.Mais elles savent qu\u2019elles doivent rester courageuses.En Ukraine, il y a aussi plusieurs femmes militaires au front.Sauf qu\u2019en discutant avec elles, je me suis rendu compte que ces femmes avaient été seules « au front » domestique toute leur vie.La vie les a rompues au combat.Ces femmes sont hyper fortes, en temps de guerre, mais aussi en temps de paix.J\u2019ai rencontré à Boutcha, en banlieue de la capitale Kyiv, une famille de trois générations de femmes qui vivent seules depuis toujours, même si des hommes sont passés dans leur vie.L\u2019arrière-grand-mère a eu un mariage d\u2019amour : c\u2019était magnifique de l\u2019entendre raconter la relation qu\u2019elle a eue avec son époux.Sauf que le couple travaillait à Tchernobyl, la ville même où un réacteur nucléaire a explosé.Il est mort peu de temps après, la laissant seule pour s\u2019occuper de leur fille.Il y a beaucoup de tels cas de femmes qui sont soit veuves ou divorcées en Ukraine et en ex-Union soviétique.D\u2019ailleurs, c\u2019est toute la vie qui est difficile dans l\u2019ex-URSS.Ce n\u2019est pas une vie qui prend soin de toi, de ta retraite, etc.Ils ont très, très peu de filet social, les pensions sont minuscules par rapport à ce que nous avons.La journaliste Marie-Ève Bédard (Radio-Canada / CBC) couvre, entre autres, les guerres à l\u2019étranger depuis de nombreuses années.Elle était au Liban en 2020 au lendemain de l\u2019explosion dans le port de Beyrouth (photo à la une du magazine).Depuis, elle s\u2019est rendue à plusieurs reprises en Afghanistan et en Ukraine.Peu encline à s\u2019épancher sur sa propre expérience ou de parler au « je », elle préfère donner la parole aux femmes qu\u2019elle a côtoyées lors de ses affectations.Elle a interviewé ces femmes qui vivent « au front », dans des zones de conflits majeurs.Elle nous explique ce qu'elles endurent dans ces conditions extrêmes.19 itineraire.ca 1er mars 2023 M A K S Y M T Y M C H Y K | U N S P L A S H Dans cette famille, les femmes ont géré leur vie complètement seules ; elles exercent des métiers difficiles, souvent traditionnellement masculins et peu payants.Si tu regardes les édifices dans lesquels elles vivent\u2026 En mars 2022, elles ont dû faire face à l\u2019arrivée brutale de soldats de l\u2019armée russe.Des centaines de civils ukrainiens ont péri dans leur banlieue.Dans un appartement sans électricité qu\u2019elles refusent de quitter, ces trois générations de femmes sont encore là.Elles se sont tenues ensemble.Et puis pendant que les hommes sont au combat ou sont tués, ce sont les femmes, dont plusieurs très âgées, qui ont dû subir les assauts des soldats russes pendant l\u2019occupation de mars dernier.Elles ont été intimidées, menacées, violées pendant qu\u2019elles « gardaient le fort ».Comment peuvent-elles supporter une telle suite de chocs ?La résilience ! Elles vivent toutefois des moments de bonheur, elles plaisantent entre elles, elles sont généreuses, elles vont se visiter, mais j\u2019ai aussi l\u2019impression qu\u2019elles se disent qu\u2019elles ne font que ça, survivre.Elles se retrouvent toutes à l\u2019extérieur pour faire la cuisine.À l\u2019intérieur, il fait bien trop froid.Ou autour du thé pour se donner un peu de courage, se remonter le moral.On peut dire que oui, ce sont des vies qui servent uniquement à passer au travers.C\u2019est à la chandelle que la mère, la grand-mère et l\u2019arrière-grand-mère préparent le goûter pour le jeune garçon de la famille, ou qu\u2019elles lui font faire ses devoirs pour qu\u2019il réussisse à l\u2019école.Comme bien des femmes ailleurs, les Ukrainiennes se tournent vers la jeune génération pour tenter de lui offrir un peu plus.Ces édifices sont typiques des appartements soviétiques, des blocs de béton, d\u2019une architecture austère.C\u2019est toujours ça le réflexe dans les populations déplacées : protégeons les enfants, protégeons leur avenir.Les gens qui sont soudainement confrontés au chaos, à court ou à long terme, sont obligés de décider pour leurs enfants : « C\u2019est pour eux qu\u2019on reste.C\u2019est pour eux qu\u2019on part.» Ils souhaitent bâtir mieux pour ceux qui les suivent.C\u2019est ce que les immigrants acceptent de faire aussi quand ils quittent leur pays : recommencer à zéro avec des diplômes souvent pas reconnus.C\u2019est pour les enfants qu\u2019ils le font.Pour les enfants, mais aussi pour les orphelins.20 itineraire.ca 1er mars 2023 I N S P Prenons l\u2019Angleterre : la pauvreté augmente énormément à cause de l\u2019inflation.Dans ce pays occidental, selon toi, les luttes des femmes sont-elles comparables ?Les statistiques prouvent que les femmes sont souvent les plus vulnérables, plus à risque de devenir pauvres que les hommes.Souvent ce sont des mères seules prises à la maison pour s\u2019occuper des enfants, qui ont dû sacrifier leur travail, parfois réorganiser des vies entières\u2026 Alors c\u2019est sûr que les femmes ont subi un recul pendant la pandémie.Depuis toujours, même dans les sociétés occidentales, ce sont les femmes seules qui se sont appauvries plus rapidement.Et en Angleterre, les filets de protection semblent de plus en plus ténus.Les femmes ont aussi moins de patrimoine accumulé.Et il y a moins de couches de sûreté pour une femme.Donc oui, quand on tombe dans une crise économique, ça risque de toucher les femmes de façon plus importante.Mais sur la résilience par rapport à la situation, je pense que les Anglais sont tous frappés de plein fouet et ça ne s\u2019améliore pas.Et à Détroit, aux États-Unis ?Je me rappelle, quand j\u2019étais à Une heure sur Terre, j\u2019étais allée à Détroit, une ville qui me fascine parce que c\u2019est à côté de chez nous, de l\u2019autre côté du pont.Tu es presque au Canada.Là-bas j\u2019aurais été tentée de faire le parallèle avec les zones de guerre, à voir l\u2019état de déliquescence de la ville, la destruction des édifices, les incendies, les squatters.C\u2019est un état de pauvreté et d\u2019abandon d\u2019une population sans services que tu ne peux pas imaginer dans un pays qui se dit la plus grande puissance mondiale, ou encore au Royaume-Uni qui ont été une puissance colonisatrice.Et à l\u2019heure où on se parle, il y a des gens qui ne se chauffent pas l\u2019hiver faute d\u2019argent, qui se demandent s\u2019ils vont utiliser la cuisinière au gaz pour cuire leur poulet.On fait le calcul pour voir combien ça coûte.On n\u2019en est pas encore rendu là, je pense, chez nous, même si je ne peux présumer pour les gens qui sont le plus dans le besoin au Canada.Mais quand on est rendu à faire ce calcul, c\u2019est que les choses vont très, très mal.Et on parle de gens qui travaillent, de gens qui gagnent leur vie.Des enfants ouïghours devenus orphelins.Autre cas déchirant.Des orphelins, dont les enfants ouïghours, cette minorité musulmane persécutée par la Chine, sont envoyés en Turquie, seuls.La journaliste explique ce qui pourrait les attendre.Très honnêtement, j\u2019ai du mal à être optimiste pour ces enfants-là.Quand on voit les enfants ouïghours qui se sont retrouvés dans la lointaine Turquie, qui ont été arrachés de leur pays pour les protéger et les mettre à l\u2019abri lorsque les parents disparaissent ou qu\u2019ils sont emprisonnés ou assassinés.En fait, les Ouïghours forment une communauté très militante et soudée à l\u2019extérieur de la Chine.Ces enfants-là ne sont pas complètement laissés à eux-mêmes, une communauté va en prendre soin.Mais ces enfants n\u2019ont connu que des conflits.J\u2019ai du mal à voir qu\u2019ils puissent grandir sans ressentiment, sans colère, sans haine.J\u2019espère que c\u2019est possible, vu ce qu\u2019ils ont connu, mais moi j\u2019ai du mal à l\u2019imaginer.21 itineraire.ca 1er mars 2023 P H O T O F O U R N I E P A R M A R I E - È V E B É D A R D Ce sont des situations qui échappent au contrôle d'une seule personne ou d'une seule famille.Est-ce que tu perçois que les gens s\u2019en remettent de moins en moins au politique pour régler les choses ?Oui, je sens que les gens sont déçus par la politique.Je pense qu\u2019ils ont cru que leur gouvernement pouvait leur apporter des solutions.Des gens militent encore au sein d\u2019organisations populaires civiles pour avoir un impact sur la politique et ils croient encore que, par la politique, ils peuvent prendre des décisions communes.Mais il y a aussi tous ces gens qui n\u2019y croient plus du tout parce qu\u2019ils ne se sentent pas représentés ni écoutés, parce qu\u2019il y a eu une perte de proximité avec le pouvoir.Alors oui, on sent que les gens sont de plus en plus en colère et désillusionnés, ça c\u2019est sûr.Qu\u2019en est-il de la situation des femmes en Afghanistan et en Iran ?Que font les femmes pour trouver le courage de continuer ?C\u2019est une question essentielle.Mais ce n\u2019est pas mon rôle d\u2019apporter ces réponses : je ne suis pas militante, pas politicienne, je ne fais pas partie d\u2019une organisation.Moi, je ne fais que témoigner pour ces femmes-là.Donc je peux parler de leur point de vue.Je crois qu\u2019effectivement il y a des circonstances où ça devient difficile de percevoir un quelconque espoir.Je pense aux femmes afghanes qui ont perdu tout droit de cité sur la scène publique.Et je sens le désespoir chez elles parce qu\u2019elles n\u2019ont plus de porte où frapper, les organisations internationales ayant toutes quitté.Donc plus de témoins.Chaque mois, chaque semaine, les talibans arrivent avec une nouvelle interdiction.Elles ne peuvent plus travailler, aller à l\u2019école au-delà de la sixième année, entre autres.C\u2019est difficile dans l\u2019immédiat de percevoir de l\u2019espoir pour elles.Par contre, si on regarde le mouvement des femmes iraniennes qui est aussi appuyé par des hommes depuis le début des manifestations (après la mort de la jeune Mahsa Amini arrêtée pour avoir mal porté le voile), il y a là une volonté sociale, je pense, qui relève d\u2019une grande partie de la population, de changer les choses et qui pèse assez lourd pour faire croire que oui, elles peuvent obtenir des changements.Marie-Ève Bédard en reportage en Afghanistan en juin 2022.Je ne sais pas, je ne pense pas parce que moi, c'est plutôt l\u2019effet inverse que ça a sur moi : ça me calme, le chaos me calme beaucoup.Ça rend mes idées plus claires et je gère très bien.Donc ce n\u2019est pas un coup d\u2019adrénaline que ça me donne.Ça me permet, oui, de rester éveillée de longues heures, ce qui est une bonne chose.Mais rester calme, c\u2019est aussi rester rationnelle dans les décisions que je prends et ça c'est important vu ce qui se passe.S\u2019il y a des gens qui sont surexcités, trop exaltés, il y a le risque de faire des erreurs et mal calculer, mais tant que je reste calme et rationnelle, j'arrive à fonctionner de façon assez raisonnable.22 itineraire.ca 1er mars 2023 Vous êtes locataires, de bons locataires croyez-vous.Depuis presque 15 ans.Votre loyer est toujours payé à temps, vous ne faites jamais de party, de bruit et de dérangement.Même quand les rats vous réveillent la nuit, vous posez une trappe sans mot dire, ramassez l\u2019immondice et c\u2019est fini.Vous ne voulez surtout pas faire de trouble et déranger le propriétaire.Sauf que\u2026 oups !, quand vous contestez son augmentation de 90 $ par mois, tout d\u2019un coup le « plan » a changé.Son fils a donc ben besoin du logement que vous occupez ! Et le 24 décembre à 15 h (tsé cette journée où rien ne pourrait vous stresser, genre Noël), votre proprio veut vous rencontrer pour vous dire que vous allez être à la rue dans six mois.Un toit comme un droit Pas besoin de faire un dessin, particulièrement dans un pays nordique comme le Canada.Avoir un toit sur la tête est vraiment un besoin primaire (comme se nourrir, se vêtir).À L\u2019Itinéraire comme ailleurs, on vous le confirmera, on va mourir ici de froid avant de mourir de faim.Même dans des conditions extrêmement misérables et difficiles, avec beaucoup, mais beaucoup d\u2019efforts, on peut combler le minimum vital si on a un endroit où dormir.Au propre comme au figuré, le logement pose les fondations de tous les autres droits humains ; impossible de gravir le moindre échelon quand on n\u2019a pas au moins l\u2019échelle.Pourtant, aucune loi ou aucune charte ne le protège, c\u2019est comme le droit le plus fondamental, mais le moins fondamental de tous ! Si vous ne le saviez pas, je vais vous confier un grand secret : la grande majorité des personnes que vous lisez dans ce magazine ne sont pas, ne sont plus ou n\u2019ont jamais été itinérantes.Dans le sens littéral de dormir dans la rue.Elles l\u2019ont déjà été, ont vraiment eu peur de le devenir ou savent juste trop bien ce que c\u2019est.Car croyez-moi, malgré tout ce qu\u2019on peut penser, être une personne sans-abri est un emploi physique et (surtout) mental à temps plus que plein.Donc, dans ces conditions, oubliez le temps ou les ressources même pour écrire un texte dans L\u2019Itinéraire.Même quand tu penses que ça va Dans mon cas, je pensais qu\u2019au moins cette partie-là de ma vie était réglée.Je ne suis vraiment pas riche, mais au moins j\u2019ai maintenant un salaire fixe, ma colocataire aussi.On vit au même endroit depuis plus de 12 ans avec une enfant (pratiquement née là) et un chien.Sauf qu\u2019on ne tient rien pour acquis et comme nous avons eu de nouveaux proprios l\u2019an dernier, on a été des caricatures de locataires soumis en donnant 12 chèques d\u2019avance et en ne rouspétant jamais devant toutes leurs intrusions / visites / inspections.Peine perdue.À les entendre, nos proprios sont les gens les plus cools en ville car ce sont des musiciens.Ils ont même pris la peine de venir livrer leur avis de mise à la rue en personne, 24 heures avant Noël, mais bon, ils trouvaient donc cela tellement plus humain que par la poste \u2026 Rassurez-vous, ils nous ont répété plusieurs fois que ce processus était aussi dur pour eux que pour nous (si jamais la banque saisit votre maison parce que vous êtes étouffés par les dettes, on en reparlera de la compassion des possédants).Cools et hipsters, ils le sont tellement que le fils en question, très bien logé par ailleurs juste en haut de nous, est impliqué dans une entreprise zéro déchets.Moi aussi j\u2019aime ça la tarte aux pommes et la vertu, mais en passant, les pauvres non plus ne sont pas des déchets.Même quand ils « disparaissent » et qu\u2019on ne les voit plus.Si ce texte vous semble hargneux et revanchard, essayez d\u2019imaginer que vous et vos proches n\u2019ayez aucune idée de l\u2019endroit où vous allez vivre le mois prochain.Nous sommes dans une société capitaliste, ce n\u2019est pas comme si les façons de faire du fric manquaient.Entre le « droit » aux profits des propriétaires et le droit fondamental au logement, il n\u2019y aura jamais de juste milieu.On se scandalise ici des USA où le droit à la santé est soumis au marché et où traiter un cancer peut se chiffrer presque en millions.Ce qui serait immoral question santé serait plus moral quand il est question du plus important déterminant de santé ?Les évictions et l\u2019itinérance ne seront jamais de bons investissements ! On n\u2019est plus ici chez nous ! Les propos exprimés dans cette chronique n'engagent que l'auteur.Camelot rue Bernard / De l\u2019Épée par Mathieu Thériault 23 itineraire.ca 1er mars 2023 1er mars 2023 Chronique payée Le RAPSIM, c\u2019est quoi ?L\u2019approche globale Au RAPSIM, on met de l\u2019avant la nécessité d\u2019une l\u2019approche globale en matière d\u2019itinérance : Pour la prévenir et la réduire, il faut intervenir sur les facteurs sociaux qui mènent à l\u2019exclusion sociale, incluant l\u2019accès au logement, la lutte à la pauvreté, l\u2019accès à des soins de santé exempt de discrimination et de stigmatisation et le droit d\u2019occuper l\u2019espace public ou d\u2019habiter un quartier peu importent son statut ou sa situation.Notre action s\u2019inscrit dans la lignée de la « Politique de lutte à l\u2019itinérance » adoptée par le gouvernement du Québec en 2014 et pour laquelle on s\u2019est battu pendant de nombreuses années.Cette politique reconnaît que l\u2019itinérance constitue un déni de droits et qu\u2019il est nécessaire d\u2019agir sur plusieurs axes tant pour prévenir que pour réduire l\u2019itinérance.Le Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) est le regroupement montré- alais en itinérance.Depuis 1974, nous défendons les droits des personnes en situation d\u2019itinérance ou à risque de l\u2019être.Nous regroupons plus d\u2019une centaine de membres communautaires qui travaillent auprès de ces populations : ressources d\u2019hébergement, centres de jour et de soir, logements sociaux avec soutien communautaire ; ressources actives en travail de rue et de milieu, en santé mentale, en réduction des méfaits, en insertion socioprofessionnelle ou en aide alimentaire.Notre action s\u2019appuie sur une équipe de travail ainsi qu\u2019un conseil d\u2019administration engagé.Nos interventions et représentations interpellent les trois paliers gouvernementaux : municipal, provincial et fédéral et sont alimentées de façon continue par les expériences et réflexions de nos membres, ancrés dans le quotidien et les besoins des personnes.Vous souhaitez en savoir davantage sur nos membres, nos publications et nos actions ?Nous sommes sur Facebook, Twitter et nous avons un site web ! Notre vision, nos valeurs Notre vision est transversale : nous devons prévenir et réduire l\u2019itinérance à travers une multiplicité d\u2019actions pour répondre à des besoins qui sont variés.Ça passe notamment par le développement de réponses locales et adaptées aux réalités des différents arrondissements et quartiers, le respect de l\u2019autonomie des groupes communautaires, une transparence et des processus équitables dans l\u2019orientation, l\u2019attribution et la reddition de compte des fonds publics, un financement à la mission, récurrent, à la hauteur des besoins et permettant une diversité de réponses adaptées aux besoins et réalités des différentes populations et le développement de continuums de réponses adaptées aux réalités et aux besoins des différentes communautés.Les droits de la personne sont au cœur de notre engagement : nous luttons pour des conditions de vie dignes, respectueuses des personnes en situation d\u2019itinérance et la reconnaissance de leur droit de cité. La femme que je suis devenue Avant 2015, j\u2019avais une vie stable : logement, finances, santé, emploi satisfaisant depuis 12 ans.En mai 2015, ma vie a basculé : plus de logement, plus de stabilité, plus de revenu, plus de santé.Quatre ans plus tard, j\u2019ai connu L\u2019Itinéraire qui m\u2019a aidée à me relever.Grâce à eux, je me sens vivante, utile et tellement fière de faire la vente du magazine.En plus, je participe à des activités qui m\u2019aident à m\u2019épanouir tout en m\u2019amusant.Ça me fait beaucoup de bien et j\u2019amasse de beaux souvenirs.En soi, L\u2019Itinéraire m\u2019apporte beaucoup en me permettant de payer ma chambre, ma nourriture et les soins requis par mon état physique.J\u2019espère habiter bientôt dans un HLM, ce que je ne pensais plus possible quand j\u2019ai tout perdu.Grâce à mes efforts et à ma persévérance, à mes clients qui me soutiennent depuis le début et à mes nouveaux clients, je peux maintenant envisager la liberté d\u2019avoir un vrai chez-moi.Ce sont mes clients qui me permettent de voir devant moi.Je rebâtis ma vie, ma personne, car j\u2019y travaille de tous les côtés, tant physique que psychologique et professionnel.J\u2019y mets du cœur et des heures.J\u2019aime tellement me voir où j\u2019en suis après les étapes que j\u2019ai franchies.Et ce n\u2019est pas fini, car j\u2019ai de la volonté et un esprit ouvert.Je veux continuer à suivre des cours, comme le yoga, la zumba et le tai-chi, pour évoluer et rencontrer des gens qui ont la même passion que moi.Ma confiance en moi est revenue.J\u2019ai retrouvé un sens à ma vie, de l\u2019assurance, de la joie de vivre, et mon sourire aussi est revenu.J\u2019ai grandi.Je suis déterminée, j\u2019ai plein de projets et je crois en ma force de les réaliser.Je suis fière d\u2019être là où je suis rendue et ce n\u2019est pas fini.À moi le Gémeaux ! En 2021, je rencontrais le réalisateur Éric Piccoli dans le cadre d\u2019une de mes entrevues.Il venait de remporter le Prix Gémeaux de l\u2019année pour la meilleure série produite pour les médias numériques.À la fin de l\u2019entrevue, fort agréable en passant, ce dernier nous a gentiment offert ses services à L\u2019Itinéraire si nous croyions ces derniers pouvaient nous être utiles.Je lui avais fait part de mon intérêt d\u2019assister à une journée de tournage.Cela l\u2019a conduit à me confier un petit rôle dans sa prochaine production, Je voudrais qu\u2019on m\u2019efface, saison 2, sur Télé-Québec.Nous avions convenu de nous rencontrer pour en discuter, mais ça ne fonctionnait pas toujours pour l\u2019un ou l\u2019autre.J\u2019ai eu la COVID, je me suis offert une plongée dans l\u2019escalier de secours de l\u2019édifice où j\u2019habite\u2026 Bref, bien des occasions manquées.Mon nouvel ami décide de me venir en aide et s\u2019improvise chauffeur-ac- compagnateur pour faire mes courses.Au fil de nos rencontres, il m\u2019a proposé un rôle de figurant actif.Voilà que je serai en gros plan pendant quelques minutes dans cette production.Le lancement a lieu ce début du mois de mars et j\u2019attends ma mise en candidature et ma victoire pour le Gémeaux du meilleur acteur de soutien\u2026 Ben quoi ?Un gars a le droit de rêver ! Qui aurait pu dire où un travail de camelot pour L\u2019Itinéraire me conduirait ?SYLVIE HOULE CAMELOT MARCHÉ METRO, SAINT-JOSEPH / CHAMBLY ROGER PERREAULT CAMELOT SAQ MASSON / 3E AVENUE ET SAQ ATELIERS ANGUS Perseverance Keeps Me Going After 17 years, I\u2019m still at L\u2019Itineraire, trying my best.This past year, in 2022, I made my highest earnings, breaking the record set in 2011, when I sold my first book named My Impressions of Greece along with the magazine.This book talks about my travels to Greece to see family, discover new interesting places and better understand life in that country.I published six books, but this one sold the most, reaching 700 copies.In 2022 I had the best December ever, breaking the record set in 2010, when the price of the magazine had recently changed from $ 2 to $ 3.Many customers have stayed loyal to me, which is nice, but there\u2019s one in particular named Sue Watterson, who has supported and loved me dearly for many years.Unfortunately, these past two years, she\u2019s been bedridden, but we continue to chat often over the phone and whenever it\u2019s possible, I go visit her at her apartment near the Atwater Market.Thank you Sue for being a good friend, for advising me and correcting my books.This winter, I\u2019m blessed to work once again inside the Atwater Market, but I sometimes go outside to work if it\u2019s too quiet inside.I enjoy seeing Tess, who is co-owner of Pure Horticulture, the only organic store in the Market, and two other managers working with her, Sylvain and Sophie.We often chat and I give them some coins from my pouch, because I prefer carrying more paper bills for convenience.There\u2019s also a security guy named Joseph, who walks around checking to see that everything is in order at the Market.I\u2019ve had some interesting conversations with him and look forward to talking with him more.I tend to change places while working, but have remained a good amount of time outside La Fromagerie, which is a fine cheese store.The owner Gilles and a worker named Patrick have appreciated me for a long time.I deeply thank everyone for helping me work in a great environment.BILL ECONOMOU VENDOR ATWATER MARKET 25 itineraire.ca 1er mars 2023 Être une femme et continuer de défendre son territoire dans les édicules du métro, y faut une sacrée paire de couilles.En dépit de mon insécurité, je continue de vendre mon magazine, à défaut de pouvoir contrôler le prix des aliments en épicerie.Morve au nez À Radisson, un homme dans la trentaine descend l\u2019escalier du métro.Clairement, il se dirige vers moi.Je l\u2019observe de loin, sa démarche sinueuse à travers la foule me porte à croire que le gars n\u2019est pas tout à fait sobre.Je l\u2019ai nommé « Morve au nez » pour une raison d\u2019influenza galopante, et aussi parce qu\u2019il tenait à bout de bras ses trois mouchoirs fripés comme si sa vie en dépendait.Avec son air négligé et sa chemise carreautée à moitié sortie de son pantalon, ça n\u2019augurait rien de bon.Arrivé près de moi, il se mouche bruyamment, et moi de lui répondre : « Hey ! T\u2019é pas sérieux ?Je ne veux pas avoir ta grippe, va te moucher plus loin ! » L\u2019homme est visiblement très fâché.D\u2019un pas précipité, il prend la poudre d\u2019escampette en criant quelques mots issus de la Sainte Bible.J\u2019ai peur un peu, mais je ne vais quand même pas me laisser contaminer.Le gars du dépanneur Une heure plus tard, un gars sort du dépanneur du métro en trombe.Le propriétaire du dépanneur lui saute carrément sur le dos et crie « Tu m\u2019as volé, arrête de me voler, rends-moi mon stock ! » Visiblement en colère, il empoigne le sac du malfaiteur et reprend le Mr.Freeze, les bonbons, et la liqueur subtilisés.Puis, il lui donne un coup de pied au cul avant de se retrancher dans son commerce.Le monde a viré fou, me dis-je ! En tant que femme, je ne me sens pas en sécurité.Ce n\u2019était pas la première fois que je faisais de tels constats.Le métro Radisson est très fréquenté, c\u2019est un bon spot, mais il n\u2019est pas rare de voir ce genre d\u2019incidents.Le coin regorge de personnes aux prises avec des troubles mentaux ou de toxicomanie.C\u2019est cependant la première fois que je vois un propriétaire de dépanneur sauter par-dessus son propre comptoir.Les métros sont équipés de caméras.Merci mon Dieu, sinon je ne pourrais pas y vendre mon Itinéraire.Mais, soyons réalistes.Avec la situation économique actuelle, le système de santé (mentale) est débordé.Notez que le métro Radisson est à côté d\u2019une urgence psychiatrique, Louis-Hyppolite Lafontaine pour ne pas la nommer.Il faut avoir beaucoup de courage pour ne pas être effrayée par toute ces personnes aux troubles multiples qui cherchent de l\u2019argent pour toutes sortes de raisons.Quoique je n\u2019ai rien contre, mais quand on est sur le terrain, on remarque que les guerres de territoires sont de plus en plus féroces.Et puis, les passants sont de plus en plus sollicités.Un vieux de la vieille Un gars dans la soixantaine se plante à environ six pieds devant moi.La barbe jaunie, le sel sur son pantalon et l\u2019odeur qu\u2019il dégage dénotent une certaine appartenance au milieu de l\u2019itinérance.C\u2019est un vieux de la vieille pour employer une expression qui convient à la situation.Au bout de trois minutes, j\u2019interviens en lui faisant face.« Excuse-moi mais je vends L\u2019Itinéraire et tu es placé juste devant moi, pourrais-tu aller derrière là-bas ?» Le vieux clochard ne se laisse pas impressionner.Il me crie dessus : « Décâlisse vieille chienne ! » Je ne recule pas, mais mon corps se met à trembler.Heureusement le gars de l\u2019entretien était dans le coin au moment de l\u2019incident.Il vient à ma rescousse et me demande si j\u2019ai besoin d\u2019aide.Nous nous éloignons un peu pour faire appel aux policiers du métro.Les constables arrivent, ils le déplacent ailleurs pour que je puisse continuer à vendre mon magazine.Mais ils font fi de ma peur et du fait que je tremble comme une feuille.Quand il n\u2019y a pas de sang, on dirait que personne ne pense aux dommages psychologiques.J\u2019avale un anxiolytique et reprend avec un sourire mon travail si important.Quoi qu\u2019il arrive, il faut continuer à manger, donc à travailler.Malgré le nombre d\u2019incidents violents, il ne faut pas cesser de vendre le magazine.Nous devons aider cet organisme qui vient en aide aux camelots dans le besoin.En cas de problèmes, les policiers se déplacent et interviennent.L\u2019un d\u2019entre eux m\u2019a confié qu\u2019ils étaient débordés et qu\u2019ils avaient pour ordre de déplacer le problème au lieu de le régler.Garder la paix c\u2019est ma priorité.Vu ma santé psychologique précaire, et mon état de stress post-traumatique, je dois être très vigilante car il en faudrait peu pour que je sois comme ceux que je redoute.Ça pourrait être moi qui fait des séjours à Hyppolite-Lafontaine et qui quête dans le métro.J\u2019ai plusieurs années de sobriété dans le corps, c\u2019est ce qui me garde la tête hors de l\u2019eau pour aujourd\u2019hui.Camelot métro Rosemont Par Jo Redwitch Ça brasse dans le métro ! Les propos exprimés dans cette chronique n'engagent que l'auteure.26 itineraire.ca 1er mars 2023 Lorsqu\u2019on pense à des religieuses, on a l\u2019image de sœurs pieuses, soumises, effacées.Mais pas les Soeurs Auxiliatrices.Non monsieur ! Elles sont les pionnières du travail social, des féministes avant l\u2019heure, dealant avec des paumés, des drogués et autres poqués de la vie.Et elles ne donnent pas leur place sur une patinoire comme joueuses de hockey non plus ! Les soeurs Auxis Simon Bolduc chargé de projet journalisme En collaboration avec Manon Fortier, camelot PJC Village Champlain 27 itineraire.ca 1er mars 2023 Les Soeurs Auxiliatrices ont mené plusieurs luttes sociales au Québec et à travers le monde.Arrivées à Granby il y a 75 ans, elles ne sont plus que six aujourd'hui.Six sœurs militantes dans la quatre-vingtaine qui poursuivent leur engagement social pour le droit des femmes et des personnes défavorisées, jusqu\u2019au bout, jusqu\u2019au dernier souffle.Notre camelot Manon Fortier s\u2019est entretenue avec l\u2019une d'entre elles, à la résidence Mont-Carmel à Montréal, où elles résident maintenant.Granby, avril 1949.Cinq femmes en tunique noire se déplacent en vélo dans les rues de la ville.Elles sont nouvellement installées dans une maison de la rue Leclerc, un petit quartier résidentiel.Ce sont les Soeurs Auxiliatrices.Féministes et militantes à l\u2019intérieur de l\u2019institution catholique, elles ont été de toutes les luttes sociales du Québec \u2014 et du monde \u2014 des sept dernières décennies.Elles ont surtout contribué à l\u2019essor des services sociaux et communautaires tels que nous les connaissons aujourd\u2019hui.Les soins à domicile, ce sont un peu elles.L\u2019ancêtre de la Régie de l\u2019assurance médicament du Québec ?Elles l\u2019avaient pensé et créé bien avant.Un centre de désintoxication ?Pensez à Drogue Secours, ce sont elles, en 1971.Ce sont aussi les Auxiliatrices qui ont développé le service des popotes roulantes en français.Il y a même une travailleuse sociale qui est devenue une vedette du hockey et qui a contribué à l\u2019essor du hockey féminin.Mais leur premier grand combat a été celui de mettre sur pied, et de faire accepter par le voisinage, une maison de transition pour les détenus de la prison de Cowansville, début des années 70.L\u2019histoire des « Auxis », comme elles s\u2019appellent entre elles, n\u2019en finit pas d\u2019étonner.Plus nombreuses par le passé, elles ne sont aujourd\u2019hui plus que six, octogénaires, et le chapitre des Soeurs Auxiliatrices du Québec s\u2019éteindra avec elles.Une rencontre Quand soeur Nicole Jetté n\u2019arrivait pas à joindre notre camelot Manon Fortier à L\u2019Itinéraire, elle est tout simplement venue en personne sonner à la porte.Heureux hasard, Manon y était ce jour-là d\u2019automne.Notre camelot, fascinée depuis longtemps par la vie des religieuses, a pu se poser au coin d\u2019une table avec Mme Jetté pour démystifier la vie de sœur, mais surtout, discuter féminisme et spiritualité.Manon raconte : « Même si la vie m\u2019a écrasée, j\u2019ai toujours eu le don de m\u2019en remettre, tel un chat qui retombe sur ses pattes.Je suis croyante pour une raison personnelle.Le mal, l\u2019opportunisme, la vie qui nous magane, les autres aussi, le mensonge, ce sont les modèles que j'ai connus dans ma famille.Je ne voulais pas ressembler à ma mère.Je voulais prendre une bonne direction, avoir de bonnes valeurs et bien réfléchir au chemin que j\u2019allais emprunter.La vie de sœur a commencé à m\u2019intriguer à cette époque puisqu\u2019elle m\u2019apportait beaucoup de réponses positives.Je n\u2019ai jamais concrétisé ce désir d\u2019entrer en communauté, malheureusement.» Ce fut le début d\u2019une longue conversation entre les deux femmes qui s\u2019est traduite par une autre rencontre, en février cette fois-ci, chez soeur Jetté.Voici quelques passages de ce long entretien.28 itineraire.ca 1er mars 2023 Soeur Nicole Jetté Crédit : Films du 3 mars Bonjour soeur Jetté.Dans quelles circonstances êtes-vous entrée chez les Auxiliatrices ?Comment avez-vous senti l\u2019appel ?Ouf ! On peut en avoir pour longtemps (rires).Après avoir eu ma sœur aînée, ma mère a mis deux ans avant d\u2019avoir un autre enfant, mon frère.Le clergé exigeait que les femmes aient des enfants chaque année.C\u2019est pourquoi ma mère s\u2019est vue refuser la communion parce qu\u2019elle n\u2019avait pas été enceinte immédiatement après cet accouchement.Moi, je suis née seulement 11 mois après mon frère.Elle ne voulait pas vivre le même rejet.Ma mère avait épousé un veuf qui avait déjà cinq enfants et j\u2019étais la petite dernière d\u2019une fratrie de huit, après ma sœur et mon frère.Quand je suis née, ma mère est allée à l\u2019église s\u2019agenouiller devant l\u2019autel pour demander à Marie, la femme de référence dans sa vie, de s\u2019occuper de moi.Elle n\u2019avait pas le temps.Alors dès ma naissance, je pense qu\u2019il y a quelque chose-là.Ma grand-mère paternelle voulait que je devienne sœur, ma mère non.Elle ne trouvait pas ça valorisant du tout après ce qu\u2019elle avait vécu avec les curés.J\u2019ai vécu plusieurs années en étant partagée entre ces deux avenues.J\u2019ai étudié, j\u2019ai fait mon école normale.Si j\u2019ai pu faire mes études, c\u2019est grâce à mon frère qui est resté sur la ferme pour aider et pour me permettre de m\u2019instruire.J\u2019avais une dette envers mon frère.Je voulais lui donner un montant d\u2019argent de manière symbolique.J\u2019ai donc trouvé un emploi comme enseignante en 7e année, dans un pensionnat à Granby.À cette époque je faisais partie d\u2019un groupe de spiritualité qui tournait autour du « discernement », prendre le temps de réfléchir, de respirer.Je cherchais à faire une retraite pendant le temps pascal avant d\u2019entrer en communauté religieuse l\u2019automne suivant.C\u2019est comme ça que j\u2019ai entendu parler des Soeurs Auxiliatrices de Granby, qui offraient des retraites individuelles.Je suis retournée enseigner un an par la suite et je me souviens qu\u2019après cette année scolaire j\u2019étais complètement vidée.Je m\u2019étais battue avec la direction pour offrir aux garçons de 11 à 15 ans, à qui j\u2019enseignais, quatre groupes adaptés à leurs besoins.Il fallait que ce que j\u2019enseigne ait du sens pour ces jeunes garçons qui étaient destinés à travailler sur la ferme.Comment est-ce que je pouvais leur enseigner quelque chose de réellement utile ?La direction n\u2019aimait pas le changement, mais j\u2019ai eu l\u2019appui des parents.Après cette année d\u2019enseignement, je suis retournée en retraite chez les Auxiliatrices.J\u2019avais apprécié mon expérience de retraite, alors je me disais : « pourquoi pas ?».J\u2019avais un contrat d\u2019enseignement en septembre, je ne pensais jamais devenir sœur.Mais un soir, j\u2019ai entendu les rires de la communauté rassemblée.Je me suis dit : « Ce rire-là, c\u2019est ça que je veux partager ».Je suis entrée en communauté sans savoir ce que les Soeurs Auxiliatrices faisaient, c\u2019est le rire qui m\u2019a attirée.En septembre je suis restée parmi elles.Quand j\u2019ai annoncé ça à ma mère, elle a éclaté en sanglots.Pour elle, la religion\u2026 Quand vous êtes venue nous voir à L\u2019Itinéraire en octobre, vous nous avez parlé des débuts des sœurs à Granby, notamment avec les ex-détenus de la prison de Cowansville.Quel rôle les Auxiliatrices ont-elles joué auprès d\u2019eux ?La communauté est arrivée à Granby en 1949 et la maison de transition, c\u2019était en 1974.Moi, je suis arrivée en 1964.Le pénitencier avait demandé à notre communauté d\u2019explorer les besoins pour mettre en place une maison de transition.C\u2019était un projet pilote qui devait inclure quatre résidents et durer six mois.Il n\u2019en existait pas beaucoup des maisons de transition, à l\u2019époque, au Québec.Il fallait faire l\u2019expérience.On travaillait avec du personnel des libérations conditionnelles à la maison mère.Est apparue à ce moment une longue lutte juridique avec les voisins qui ne « voulaient pas ça dans leur cour ».Les services correctionnels voulaient installer la maison de transition au centre-ville de Granby par la suite.C\u2019était la peur de la différence\u2026 Ç\u2019a duré sept ans, finalement.On s\u2019est battues ! Nous, on n\u2019a jamais eu l\u2019idée que notre maison devienne une maison de transition de façon permanente, c\u2019était uniquement un lieu pour faire un projet pilote.Moi j\u2019étais plus présente à l\u2019interne, on n\u2019avait pas énormément de personnel, j\u2019étais toujours avec eux.On me demandait souvent si j\u2019avais peur.Je me faisais respecter.Mais si on n\u2019arrivait pas à établir une relation de confiance, j\u2019avais le pouvoir de les retourner au pénitencier.Des soeurs Auxiliatrices dans le documentaire du réalisateur Maxime Faure.Crédit : Films du 3 mars 29 itineraire.ca 1er mars 2023 Qu\u2019est-ce qui vous occupe ces temps-ci ?Ça dépend de ce qui se passe dans mes journées.Comme aujourd\u2019hui, je suis avec vous.C\u2019est selon.Actuellement, dans la résidence Mont-Carmel 1, c\u2019est la lutte juridique qui m\u2019occupe.C\u2019est beaucoup de rencontres avec les résidents d\u2019ici, de contacts avec les avocats, avec les médias.Priez-vous tous les jours ?C\u2019est quoi prier ?C\u2019est ce que nous vivons ensemble, autour de la table ; on réfléchit au sens de la vie, c\u2019est un peu ça aussi, prier.On prend le temps, on respire.Chaque chose que je vis, je me questionne toujours sur ce que j\u2019ai à apprendre de cet événement.Je suis allergique à la « vérité », ce que je cherche, c\u2019est avancer dans ce qui est le plus vrai possible, pour moi.Avancer en confiance, honnêtement.Je réponds de cette manière, mais chacune de mes consoeurs répondrait de manière différente, même si on vit en communauté.Mais la prière, c\u2019est comment aller jusqu\u2019au bout du possible, aujourd\u2019hui, maintenant.J\u2019essaie de faire de mon mieux, là, au présent.On appelle d\u2019ailleurs un cadeau, un présent.Tu peux voir chaque journée comme un présent.Ça arrive de recevoir un cadeau et on se dit : « Voyons donc ! Qu\u2019est-ce que je vais faire de ça ?» C\u2019est un peu la même chose pour nous chaque jour.C\u2019est notre manière de voir ça.Ça répond à beaucoup de questionnements que j\u2019avais en lien avec la prière.Je pensais qu\u2019il fallait prier beaucoup.Je me rends compte que moi aussi, quand je me fais un café, par exemple, ou autre chose, je suis reconnaissante, c\u2019est comme prier.En vous écoutant, je suis normale dans l\u2019fond (rires).- Manon Fortier 1 Les six Sœurs Auxiliatrices habitent dans la résidence Mont-Carmel, où des procédures juridiques ont lieu entre les résidents et le nouveau propriétaire qui souhaite changer la vocation de la résidence, actuellement dédiée aux personnes âgées (RPA).Racontez-moi un peu les engagements de la communauté à travers les années ?Notre fondatrice, Eugénie Smet, faisait partie d\u2019un groupe de femmes qui se rencontraient régulièrement à Paris, au milieu du 19e siècle.Elles ont décidé de faire communauté.Le premier matin, on cognait à la porte : un homme demandait de l\u2019aide puisque sa femme venait d\u2019accoucher et il devait aller travailler pour subvenir aux besoins de la famille.Le premier geste de la communauté, c\u2019est ce qu\u2019on appelle aujourd\u2019hui les soins à domicile.Et c\u2019est encore ainsi dans toutes les communautés à travers le monde.Mais on n\u2019a pas de direction précise.Notre devise est : « Aider à tout bien, quel qu\u2019 il soit ».On était engagées auprès des veuves, des malades, des pauvres.Après, chacune d\u2019entre nous s\u2019engageait selon ses talents.Moi je suis dans les services sociaux.Je me suis impliquée chez Drogue Secours.J\u2019ai accompagné beaucoup de jeunes.J\u2019étais une adulte qui donnait confiance et qui rassurait la population.J\u2019ai eu la chance dans ma vie d\u2019avoir cette confiance à partager.Aimez-vous les unes les autres.C\u2019est ce que nous apprend l\u2019Évangile.Avez-vous des chicanes entre vous ?Comment réglez-vous vos conflits, lorsqu\u2019il y en a ?Comment prenez-vous vos décisions ensemble ?Notre spiritualité, c\u2019est ce qu\u2019on appelle le discernement.Ça veut dire que chacune de nous a un point de vue sur ce qui se passe.L\u2019important, c\u2019est de comprendre qu\u2019aucun point de vue ne domine l\u2019autre.C\u2019est comment on les met en commun pour découvrir quelque chose d\u2019autre.La vérité n\u2019est pas à l\u2019extérieur de nous, il faut la trouver pour soi, pour aujourd\u2019hui, pour demain.Cette démarche n\u2019est jamais terminée.Mais des fois, c\u2019est clair, on est humain, j\u2019ai moins de patience, je vais bousculer l\u2019autre.Mais chacune a son tempérament, son histoire, on réagit différemment.Des fois on est quelques jours sans se parler, on digère tout ça, et ça peut aussi être une tierce personne qui vient apporter quelque chose de nouveau dans la situation.C\u2019est vraiment une démarche, il faut apprendre ensemble.30 itineraire.ca 1er mars 2023 L\u2019Église est une institution conservatrice avec son lot de scandales.Par l\u2019éducation de votre mère, vos luttes féministes, vous auriez pu décider de vous engager ailleurs, dans une institution laïque, en dehors de la religion ?Dans les années 1970, je me faisais dire : « Nicole, pourquoi tu restes dans la communauté, les femmes intelligentes quittent.» Moi je répondais : « Pourquoi je me laisserais paralyser par l\u2019 institution.Si je quitte, je n\u2019ai plus de pouvoir pour que l\u2019Église se transforme.Si je reste à l\u2019 intérieur, je peux tenter avec les autres de changer les choses.Sortir, c\u2019est abandonner l\u2019Église à son sort, c\u2019est laisser l\u2019espace à l\u2019 institution patriarcale.» Je dis souvent qu\u2019il faut travailler comme des fourmis.Si les fourmis accaparent le solage de la maison, la maison ne restera pas là.C\u2019est encore cet aspect du discernement.Il faut faire la différence entre le curé, l\u2019institution, la verticalité, et les valeurs de l\u2019Église, horizontale, communautaire, de partage.Pourquoi l\u2019Église vous tolère ?Vous êtes rebelles, revendicatrices\u2026 Les communautés religieuses, au Québec, se consacraient à l\u2019enseignement, à la santé et à l\u2019éducation.Elles étaient les services communautaires de l\u2019époque.Dans les années 1960, la mentalité changeait.Peut-être, avant que je ne devienne sœur en 1964 ont-elles connu la persécution.Mais là où je suis arrivée, peut-être dans un point de bascule sociétal, les choses changeaient.Et on a toujours eu l\u2019appui des Soeurs Auxiliatrices à l\u2019international.Après 75 ans d\u2019engagement sur plusieurs fronts, vous êtes les dernières Sœurs Auxiliatrices au Québec.Est-ce que vous pouvez dire « mission accomplie », avant de partir ?Je pense qu\u2019avant tout, c\u2019est la mission de faire église, de devenir église, de devenir solidaire.Je crois qu\u2019au Québec, pas seulement notre communauté, les religieuses traditionnelles ont joué un rôle important.Ça s\u2019est transformé.Je crois que c\u2019est maintenant la responsabilité de l\u2019institution publique de soutenir le monde communautaire, de la solidarité sociale.Il faut peut-être que les communautés disparaissent pour que le gouvernement assume pleinement ses responsabilités au plan social.La philanthropie, par exemple, comment c\u2019est utilisé aujourd\u2019hui, ça désengage le gouvernement.C\u2019est aussi leur responsabilité de mettre un plafond.Au-delà de ce plafond, ce n\u2019est pas possible d\u2019avoir une société juste, c\u2019est la condition pour avoir un plancher.Parce que si je n\u2019ai pas de plafond, je n\u2019aurai jamais de plancher pour permettre à tout le monde de vivre dans la dignité.Comment est-on arrivé dans l\u2019état actuel où les pauvres doivent dire merci aux entreprises philanthropiques ?Moi, j\u2019ai énormément de difficulté avec ça.Parlez-moi un peu des macarons que collectionne votre consœur Suzanne Loiselle, que représentent-ils ?Les macarons sont les signes de notre solidarité à travers sept décennies de luttes sociales tant ici au Québec qu\u2019auprès des peuples opprimés d\u2019ailleurs.Ce sont les symboles de nos mémoires, de la dignité humaine.Les archives de nos engagements : syndical, de solidarité internationale, envers les marginalisés, le climat.On était sur tous les fronts.La marche mondiale des femmes, Du pain et des roses, en 1995, on y était ! C\u2019est tout ce que rappelle ces macarons.C\u2019est l\u2019histoire des luttes au Québec et dans le monde.Les carrés rouges et les têtes blanches, et ça continue aujourd\u2019hui avec la lutte juridique de Mont-Carmel, où habitent maintenant les six sœurs restantes de la communauté des « Auxis » au Québec.C\u2019est vrai ça, il faut un plafond.Pour avoir un plafond, il faut un plancher, ça va ensemble.- Manon Fortier 31 itineraire.ca 1er mars 2023 Plus enjoué ! Plus de femmes m\u2019achètent L\u2019Itinéraire.J\u2019ai juste deux hommes qui me l\u2019achètent : un chanteur et un chauffeur d\u2019autobus.C\u2019est peut-être à cause de moi.Je suis peut-être plus poli et enjoué quand je vends à des femmes.Mais je trouve de toute façon que les femmes sont plus généreuses que les hommes.MARIO SAINT-DENIS CAMELOT MÉTRO MCGILL Les femmes, plus difficiles Ma clientèle, je dois la reconstruire parce que je suis revenue sur Mentana après presque deux ans d\u2019absence.J\u2019ai toutes sortes de clients.Elle est mixte, puisqu\u2019il y a autant de personnes âgées que de jeunes.C\u2019est vraiment varié.La page couverture fait aussi une différence.Mais de manière générale, les femmes sont plus difficiles, je trouve.Elles vont choisir, selon le thème.Les hommes aussi, mais plus les femmes quand même.FRANCE LAPOINTE CAMELOT SAQ MENTANA / MONT-ROYAL Achetez-vous plus le magazine ?Les camelots nous parlent de leur clientèle.Moitié-moitié Dans tous les cas, mes clients me demandent si j\u2019ai écrit dans la revue que je vends.Du côté des femmes, elles sont à la retraite ou pas loin de l\u2019être ; disons, de la génération baby-boomers.Tout le monde m\u2019achète le magazine, parce que je suis là tous les jours.MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRES RIDEAU VERT ET DU NOUVEAU MONDE 32 itineraire.ca 1er mars 2023 Parce que je suis une femme ?Je n\u2019ai pas beaucoup de clients, mais ce sont souvent des femmes plutôt que des hommes.Mais dans mon coin, c\u2019est francophone et anglophone, alors ça diminue ma clientèle parce que certains parlent en anglais.Peut-être que j\u2019ai plus de femmes que d\u2019hommes qui achètent la revue parce que je suis une femme.DIANE CURADEAU CAMELOT MARCHÉ METRO DE L\u2019ÉGLISE Tous pareil Dans ma clientèle, il y a autant de femmes que d\u2019hommes de tous les âges.Les deux m\u2019achètent des magazines, quelques soient les thèmes et les unes.La seule chose qui change, c\u2019est que les plus âgés n\u2019aiment pas passer par le paiement par texto.RONALD CINQ MARS CAMELOT COIN ONTARIO / CHAMPLAIN Plus de femmes que d\u2019hommes Ma clientèle est majoritairement composée de femmes.Elles me demandent toujours si j\u2019ai écrit dedans.Ç\u2019a toujours été comme ça, quels que soient mes spots de vente.À Frontenac, j\u2019ai beaucoup d\u2019étudiantes de l\u2019École des Faubourgs qui m\u2019achètent le magazine, ainsi que des professeures.BENOIT CHARTIER CAMELOT MÉTRO FRONTENAC Plus de conscience sociale J\u2019ai plus de femmes qui achètent L\u2019Itinéraire.Je dirais que beaucoup ont entre 40 et 60 ans.Je pense que les femmes ont une plus grande conscience sociale.J\u2019ai aussi des hommes qui l\u2019achètent, mais ils sont minoritaires.Certaines de mes clientes me disent que la fin du mois est dure, mais elles me l\u2019achètent pareil.JEAN JEANNETTE DEVOST CAMELOT MONT-ROYAL / BERRI 33 itineraire.ca 1er mars 2023 Le diable est apres moi ! Yvon Massicotte Camelot ch.Côte-des-Neiges entre J.-Brillant et Queen Mary / métro Université-de-Montréal En collaboration avec Karine Bénézet Journaliste responsable de la formation 34 itineraire.ca 1er mars 2023 - Yvon Massicotte Je tousse à tout rompre, toute la journée.Faut absolument que j\u2019arrête de fumer.Je le sais ! Et ça fait longtemps que je me le répète.J\u2019ai trouvé ça tellement pénible la dernière fois que j\u2019ai essayé.Mais le voilà le fameux jour : le 9 juin 2022.Sans tambour ni trompette, c\u2019est aujourd\u2019hui que j\u2019arrête ! Après neuf mois d\u2019arrêt, Yvon Massicotte, camelot et ex-(gros) fumeur, s\u2019entretient pour la première fois avec une infirmière clinicienne en prévention et soutien à la cessation tabagique, Marie-Josée Paquet.Ensemble, ils déboulonnent certains mythes, décortiquent les réactions du cerveau face à la nicotine et autopsient ce meurtrier, le tabac, qui nuit à la santé d\u2019encore 12 % des Québécois.C\u2019est l\u2019heure du bilan pour Yvon.Il est 5 h et je me lève.Ce matin, malheur ! Plus de cigarettes.Évidemment, tous les dépanneurs sont fermés à c\u2019t\u2019heure-là.C\u2019est ce jour que je me suis décidé, pour la cinquième fois, le 9 juin dernier.Pour me mettre un peu de pression, je l\u2019ai dit à tout mon entourage, et à mes clients.Parce que orgueilleux et fier comme je suis, je me voyais mal abandonner, après l\u2019avoir crié sur tous les toits.Marie-Josée Paquet est infirmière clinicienne spécialisée en abandon du tabac pour le CIUSSS de l\u2019Est-de-l\u2019Île-de-Montréal.Elle exerce depuis 13 ans auprès d\u2019une centaine de patients avec ou sans problème de santé mentale, en suivi individuel et en animation de groupe en centre d\u2019abandon du tabac (CAT).35 itineraire.ca 1er mars 2023 Les trois premiers jours sont très difficiles à passer.C\u2019est comme quelqu\u2019un qui arrête de boire ses 12 bières par jour, du jour au lendemain.Le corps est en sevrage, il demande de la nicotine.L\u2019utilisation des substituts nicotiniques permet alors d\u2019accompagner le fumeur dans son sevrage en en diminuant les symptômes.Puis il y a de courtes actions : gomme, vaporisateur.En cas de rage, la personne va pouvoir calmer son envie avec cette courte action.Le cerveau reçoit sa nicotine, il est content.Actuellement, les timbres de nicotine combinés à un suivi en centre d\u2019abandon du tabac (CAT) sont les meilleures méthodes d\u2019arrêt reconnues.- Marie-Josée Paquet Poursuivi par le diable ! Cette fois, pas de substitut de nicotine.J\u2019ai décidé d\u2019arracher le pansement d\u2019un coup sec ! Sans aide.La première journée fut\u2026 pas si pire.Mais la troisième, je vous le dis, c\u2019est là que j\u2019ai fait connaissance avec le diable.Il ne me lâchait pas d\u2019une semelle, il me harcelait.Tellement, qu\u2019après ma journée de travail, je me suis couché tout de suite en arrivant chez moi pour arrêter de penser. La sixième journée a été semblable à la première.Le diable venait faire son tour, puis partait quelques minutes, pour mieux revenir, évidemment.Jour 11.Il est encore là ! Mais beaucoup moins insistant.On dirait qu\u2019il commence à comprendre.Il vient encore me visiter, mais juste quelques secondes, puis il s\u2019en retourne, bredouille.Je suis persuadé que cette fois, c\u2019est la bonne.Enfin, j\u2019espère ! Parce que l\u2019envie peut revenir n\u2019importe quand.J\u2019en sais quelque chose pour avoir repris pendant la pandémie après quatre années d\u2019arrêt.Mais là, je toussais tellement\u2026 pire qu\u2019autrefois ! Alors avant de souffrir d\u2019emphysème, ou d\u2019un cancer, je vais y penser à deux fois avant de rallumer une cigarette.Surtout que mon père, mes deux frères, et ma sœur sont décédés d\u2019un cancer du poumon.J\u2019ai des clients de 75 ans même de 80 ans qui décident d\u2019arrêter de fumer.Ils constatent rapidement être moins essoufflés.Puis quand on fume, les cils de nos poumons sont brûlés par la fumée.Mais au bout de 24 à 48 h, ils commencent à repousser.Alors on tousse, pour excréter tout ce qui est collé sur les poumons.- Marie-Josée Paquet Autres temps, autres mœurs J\u2019avais 8 ans lorsque le locataire d\u2019en haut de chez mes parents, un gars de 18 ans, m\u2019a donné ma première cigarette.Quelques années plus tard, vers 12 ans, j\u2019ai commencé à fumer près de cinq cigarettes par jour.Ma mère s\u2019en est aperçue et m\u2019a donné son autorisation.Elle aurait été un peu mal placée pour me l\u2019interdire, elle qui fumait même dans la chambre de mon père hospitalisé pour son cancer.Il faut dire que dans les années 60 beaucoup de monde fumait.On n\u2019en savait pas autant qu\u2019aujourd\u2019hui sur les dangers de la cigarette.Malgré ça, à mes 18 ans, j\u2019ai compris que fumer diminuait ma capacité physique alors que je commençais à pratiquer l\u2019haltérophilie.J\u2019ai donc décidé d\u2019arrêter.Premier échec.7 mythes et realites a connaltre li l Un fumeur qui n\u2019a pas l\u2019envie profonde d\u2019arrêter de fumer n\u2019y arrivera pas Vrai.Il faut le vouloir ! Depuis 2010 que je fais de l\u2019abandon tabagique, les clients qui m\u2019appellent et me disent : « mon médecin veut que j\u2019arrête de fumer », l\u2019importance pour eux d\u2019arrêter de fumer va se situer autour de trois, sur une échelle de 10.Dix étant une motivation absolue.Mais ceux qui m\u2019appellent et me disent : « je suis tanné, je suis plus capable », que ce soit pour une question d\u2019argent, de santé ou autre, leur motivation va monter à neuf voire 10.Ces gens-là ont plus de chance d\u2019y arriver parce qu\u2019ils veulent arrêter pour eux plutôt que pour les autres.Remplacer la cigarette par autre chose est une mauvaise idée Faux.Remplacer une dépendance par une autre est une mauvaise idée.Mais c\u2019est important de remplacer le plaisir ressenti en fumant par un autre plaisir qui nous fait autant de bien : un casse-tête, du sport\u2026 Derrière le fait de fumer, il y a un besoin à combler.La cigarette devient l\u2019amie des fumeurs qui s\u2019ennuient, certains vont s\u2019en servir pour gérer leur stress, d\u2019autres le font par habitude.La question à se poser est : qu\u2019est-ce qu\u2019on cherche à remplacer ?On peut alors jouer sur plusieurs tableaux pour contrebalancer, combler le besoin qui se cache derrière la cigarette.Les cigarettes de contrebande sont moins dangereuses pour la santé Faux.En 2010, quand j\u2019ai commencé à faire de l\u2019arrêt tabagique, on comptait 4000 produits chimiques dans une cigarette.En 2023, on est à environ 8000 produits chimiques.Les compagnies s\u2019assurent de créer de la dépendance.Ce qu\u2019ils veulent, c\u2019est que les gens deviennent accrocs.Mais tout ce qu\u2019on achète sur le marché noir est pire.Dans une cigarette de contrebande, il y a du tabac et tous ses produits, en plus d\u2019autres produits chimiques qu\u2019on retrouve sur les tablettes des supermarchés et qui sont encore ajoutés pour faire plus de volume.Tout ça dans l\u2019idée de couper le tabac et de faire plus de cigarettes avec la même quantité. Vers la trentaine, j\u2019ai décidé d\u2019arrêter une seconde fois, un peu plus d\u2019un an.Et encore là, une rechute provoquera un deuxième échec.Mes 54 ans sonnent.Je tousse déjà énormément.Un bon deux minutes chaque matin.Je décide encore une fois d\u2019essayer.Cette fois, j\u2019utilise des timbres de nicotine.C\u2019était un peu plus facile, mais à l\u2019heure du dîner, j\u2019en fumais tout de même une par jour.Chose à ne pas faire, par expérience.Après quatre mois, je retourne au point de départ.Troisième échec.On dit que les rechutes font partie du processus.Mais cette fois, je souhaite que ce soit la bonne.Le buzz, c\u2019est la nicotine.Elle met 10 secondes à se rendre au cerveau et à satisfaire des récepteurs d\u2019hormones de bonheur, de plaisir.Plus un fumeur fume, plus ses récepteurs de bonheur se transforment en récepteur de nicotine.La nicotine amène le cerveau à dépendre de ce produit pour produire des endorphines.C\u2019est ce qui crée la dépendance et habitue le fumeur à fumer encore et encore pour faire durer le sentiment de bien-être artificiel occasionné par les endorphines.- Marie-Josée Paquet La bonne ?À 65 ans, toujours les mêmes quintes matinales.J\u2019arrête quatre années, jusqu\u2019à la pandémie.Confiné trois mois de suite, je ne sais plus comment meubler mes journées.À la première bouffée, je deviens étourdi sans bon sens.C\u2019est le buzz ! Celui qui nous fait accrocher à cette drogue maudite.La première semaine avec beaucoup de retenue, je réussis à ne fumer que cinq cigarettes par jour, mais au bout d\u2019une semaine, je retombe très vite à 25 par jour.Quatrième échec.Vapoter est un bon moyen d\u2019arrêter la cigarette Vrai.Je reçois de plus en plus de demandes de gens devenus accroc à la vapoteuse et incapables d\u2019arrêter.Malheureusement, le Québec et le Canada ont autorisé certains produits.Outre ça, le message qui a été véhiculé, est que la vapoteuse peut aider à arrêter de fumer.Disons que pour un gros fumeur, pourquoi pas, mais il faut que ce soit momentané parce qu\u2019il y a énormément de produits chimiques dans les e-liquides.Encore plus s\u2019ils ne sont pas achetés dans une vraie boutique de vapotage.On recommande également de ne pas prendre de liquide avec des saveurs.La fraise, c\u2019est fait pour être mangé, pas inhalé.Puis, on préconise moins de concentration en nicotine.Surtout éviter les Juul qui fonctionnent comme des cartouches de nicotine compressée.Les gens, les jeunes surtout, capotent là-dessus parce que c\u2019est cool, ça ressemble à des cartouches USB\u2026 Mais fumer ça, c\u2019est comme fumer deux paquets par jour.De plus en plus de jeunes se retrouvent à l\u2019hôpital, avec des lésions pulmonaires graves, à cause du vapotage.RESSOURCES Informations, actualités et ressources utiles pour l\u2019abandon du tabac sur le site de Québec sans tabac à : quebecsanstabac.ca Arrêter de fumer fait prendre du poids Faux.La nicotine est un stimulant.Notre métabolisme est plus actif et éveillé quand on fume.C\u2019est la raison pour laquelle certaines personnes craignent de prendre du poids.Mais c\u2019est une fausse croyance.Parce qu\u2019on parle d\u2019un huit livres en moyenne.Certains nous rapportent avoir pris 25 kg.Si c\u2019est le cas, c\u2019est parce que la personne a compensé son plaisir de fumer par celui de manger.Et qu\u2019aime-t-on comme humain ?C\u2019est le gras, le sucre.Malheureusement, les personnes qui compensent ne vont pas le faire avec du brocoli ou de la carotte.La cigarette cause une dépendance aussi forte que l\u2019héroïne Vrai.La nicotine associée à tous les produits ajoutés dans les cigarettes rend plus accro.La nicotine est plus addictive que l\u2019héroïne ou la cocaïne.Fumer trois cigarettes par jour, c\u2019est comme ne pas fumer Faux.Rien qu\u2019une cigarette par jour est dommageable pour les poumons, le cœur et la peau. Camelot Métro Lionel-Groulx Agathe Melançon PHOTOS FOURNIES PAR MEDIAFILM ON SE FAIT NOTRE CINÉMA Le 13 septembre 2022, en Iran, une jeune femme de 22 ans, Mahsa Amini, est arrêtée et tuée parce qu\u2019elle avait une mèche de cheveux qui dépassait de son voile.En vertu de l\u2019article 638 du Code pénal islamique iranien, tout acte jugé « offensant » pour la décence publique est passible d\u2019une peine d\u2019emprisonnement allant de 10 jours à deux mois, ou de 74 coups de fouet.Une loi applicable aux filles dès l\u2019âge de neuf ans.La condition de la femme peut basculer du jour au lendemain.C\u2019est ce que nous fait comprendre le film Persépolis, de Marjane Satrapi qui s\u2019inspire de quatre bandes dessinées autobiographiques de cette dernière.Iranienne d\u2019origine, c\u2019est à travers son œuvre dessinée puis animée par Vincent Paronnaud qu\u2019elle raconte un extrait de sa vie.Marjane Satrapi a 8 ans lorsque son pays passe aux mains du régime islamique.Les événements répressifs qui suivront paraîtront irréels pour sa famille et ses proches, progressistes et révolutionnaires.Pourtant, le règne du Shah cédera sa place à celui de l\u2019intolérance.La jeune Iranienne se retrouvera en exil, en Autriche, forcée par ses parents de quitter son pays où les droits et particulièrement ceux des femmes ont été saccagés.On y voit une enfant devenir jeune adulte, rongée par la culpabilité d\u2019avoir laissé sa famille en Iran, par la honte d\u2019être Iranienne.À travers tout cela, elle vit son adolescence avec tous les défis que cela implique : l\u2019affirmation de soi, le besoin d\u2019appartenance, les premières amours\u2026 Fortement fragilisée, Marjane retourne dans sa famille pour retrouver sa santé mentale et reprendre sa vie en main.Réalisé en 2007, Persepolis est malheureusement encore d\u2019actualité.Les femmes n\u2019ont pas retrouvé leurs droits d\u2019avant la révolution.« N\u2019oubliez jamais qu\u2019 il suffira d\u2019une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question, disait Simone de Beauvoir.Ces droits ne sont jamais acquis.Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.» En 1979, les Iraniennes ont perdu le droit de s\u2019habiller comme elles le désiraient, de se maquiller, de tenir leur amoureux par la main avant le mariage.Pourtant, avant la Révolution islamique, elles avaient les mêmes droits que les femmes occidentales.PERSEPOLIS Persepolis Film d\u2019animation de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, France, 2007, 96 min 38 1er mars 2023 itineraire.ca Les recommandations, résumés et avis sont fournis gracieusement par Mediafilm.Envie de voir ou revoir ces films ?Allez droit aux vues en consultant le site ouvoir.ca.SUGGESTIONS Les cotes Mediafilm : Chef-d'oeuvre Remarquable Très bon Bon Moyen Pauvre Minable Cote Mediafilm Cote Mediafilm Cote Mediafilm Portrait de la jeune fille en feu Drame sentimental de Céline Sciamma, 121 minutes, France, 2019 Engagée pour faire le portrait de la fille d\u2019une comtesse bretonne, promise contre son gré à un noble milanais, une peintre doit composer avec le refus de poser de son modèle.Oeuvre délicate sur l\u2019éveil du désir, l\u2019émancipation féminine et l\u2019amour de l\u2019art.Une colonie Drame de Geneviève Dulude-De Celles, 103 minutes, Québec, 2018 Cote Mediafilm Vers 1850 en Nouvelle-Zélande, une Écossaise muette, mère d\u2019une fillette, délaisse le colon qu\u2019elle a épousé par correspondance pour entamer une liaison avec un voisin de ce dernier.Récit d\u2019une belle et moderne intensité romanesque.Apprentissage de l\u2019amour scruté avec acuité.Grande beauté formelle.Interprétation superbe.La Leçon de piano (The Piano) Drame sentimental de Jane Campion, 121 minutes, Australie, 1992 Une colonie, c\u2019est l\u2019éveil au monde d\u2019une adolescente réservée, au contact d\u2019une populaire élève de sa nouvelle école secondaire et d\u2019un compagnon de classe abénaquis.Un récit d\u2019apprentissage délicat et subtil.Cléo, une jeune chanteuse qui attend le résultat d\u2019un examen médical est obsédée par l\u2019idée de la mort.Une très belle œuvre pleine de nuances et de sensibilité.Cléo de 5 à 7 Drame psychologique d\u2019Agnès Varda, 90 minutes, France, 1962 Tout est science.Des confins de l\u2019univers à la nature qui nous entoure, dans la technologie de tous les jours en passant par la vie sur Terre, la science est partout.par Gabriel Lavoie Participant assistant-journaliste Camelot marché Metro Chemin Chambly, Longueuil ESPACE SCIENCE Décontamination naturelle des sols La révolution industrielle a propulsé la société dans le monde moderne qu\u2019on connaît aujourd\u2019hui.Une période qui a laissé des traces, notamment dans les sols contaminés par des matières toxiques comme le mercure, l\u2019arsenic, l\u2019antimoine et le tungstène.Et le nettoyage de ces sols est aujourd\u2019hui l\u2019un des défis environnementaux.Mais il nous reste beaucoup à apprendre sur la décontamination.Car si elle est coûteuse et longue, on sait aujourd\u2019hui qu\u2019elle peut aussi s\u2019opérer naturellement.C\u2019est ce qu\u2019a découvert John Parnell, professeur de géologie et de géologie pétrolière à l\u2019université d\u2019Aberdeen, qui a publié sur les sources d\u2019eau chaude du site de Aberdeenshire, en Écosse, qui ont permis de ramener à la surface des éléments toxiques du site.Ce nettoyage peut s\u2019observer également dans des sources chaudes comme celles de Yellowstone, où des croûtes orange et jaunes contenant des éléments nocifs que sont l\u2019arsenic, l\u2019antimoine et autres, bordent la source.Le site écossais, situé à Rhynie, à l\u2019ouest d\u2019Aberdeen, héberge le plus ancien écosystème au monde et renferme des plantes fossilisées, considérées comme les mieux préservées.Des plantes, des insectes, des champignons et d\u2019autres formes de vie qui vivaient dans un environnement riche en éléments toxiques, comme l\u2019arsenic, dans lequel des formes vivantes n\u2019auraient pas dû survivre.Et pourtant.Tous ces organismes datés d\u2019il y a 410 millions d\u2019années semblent avoir été conservés grâce aux sources d\u2019eau chaude.Les sources thermales du monde entier contiennent également un élément qui était pratiquement ignoré jusqu\u2019à récemment : le lithium.Les eaux de source fournissent un approvisionnement renouvelable de cet élément qui est actuellement fondamental pour les batteries rechargeables, notamment dans les véhicules électriques.Les sources chaudes pourraient donc avoir plus d\u2019un rôle à jouer dans l\u2019assainissement de l\u2019environnement.Source : INSP (Propos traduits et adaptés par Gabriel Lavoie).40 itineraire.ca 1er mars 2023 P H O T O M O N T A G E C A R L A B R A G A Organe sur puce ! Développer un nouveau médicament est laborieux et très coûteux, principalement à cause de l\u2019étape de tests pré- cliniques.Ces derniers permettent de tester, entre autres sur des animaux, l\u2019efficacité et la toxicité d\u2019un médicament avant qu\u2019il ne soit essayé sur l\u2019humain.Mais ces tests ont des limites parce que les méthodes ne permettent pas de reproduire la dynamique des tissus humains : le métabolisme d\u2019une souris ne réagit pas comme celui d\u2019un humain.Dans les années 1990 est née la microfluidique.Une discipline qui permet de reproduire les fluides humains, comme le sang, à l\u2019échelle microscopique.Aujourd\u2019hui les avancées dans ce domaine permettent de reproduire des organes sur puces.Comme le poumon sur puce capable d\u2019imiter l\u2019inspiration et l\u2019expiration d\u2019un vrai poumon, mais sur une petite plaque de la taille d\u2019une micropuce d\u2019ordinateur.Cette technique permet entre autres de voir comment un médicament se déplace dans le sang, comment une cellule reçoit des nutriments ou comment elle élimine des déchets.Une technologie plus éthique, plus rapide et moins coûteuse qui offre un fort potentiel d\u2019utilisation dans la recherche de demain.Source : The Conversation, Reconstituer des « organes sur puce », une voie vers de nouveaux médicaments ?, janvier 2023.Soigner avec des produits psychédéliques SITE PASSEPORT SANTÉ Le 12 décembre 2020, Santé Canada a publié un Avis d\u2019intention dans la Gazette du Canada afin d\u2019annoncer son intention de modifier le Règlement sur les aliments et drogues et le Règlement sur les stupéfiants, pour rétablir l\u2019accès potentiel à des drogues d\u2019usage restreint par le biais du Programme d\u2019accès spécial.Deux ans plus tard, l\u2019Alberta devient la première province à recourir à cette nouvelle réglementation.Ainsi, les drogues psychédéliques comme le LSD, la psilocybine (champignons magiques), la MDMA (ecstasy) et la DMT (ayahuasca) sont devenues légales au Canada pour traiter certains problèmes de santé mentale.Pour avoir le droit d\u2019utiliser ces substances, les médecins doivent en faire la demande à Santé Canada dans le cadre du Programme d\u2019accès spécial du fédéral, et uniquement pour traiter des urgences.Ils devront prouver l\u2019innocuité et l\u2019efficacité de la substance choisie, selon la maladie et l\u2019état clinique de l\u2019individu.Pour le moment, les drogues psychédéliques sont illégales dans la plupart des pays.Et si Santé Canada stipule que l\u2019utilisation de ces produits à des fins thérapeutiques est devenue légale, cela ne signe pas leur décriminalisa- tion future.Sources : The Conversation, Le Canada devient un chef de file dans le traitement des troubles de santé mentale par des psychédéliques, janvier 2023./ La Gazette du Canada, Partie II, volume 156, numéro 1.41 itineraire.ca 1er mars 2023 CAMELOT MONT-ROYAL / BORDEAUX Humoriste Marie-Ève Saucier Merci pour les droits 1918 et 1940 : Les femmes obtiennent le droit de vote aux élections fédérales et provinciales, à l\u2019exception des personnes d\u2019origine asiatique et autochtone.Quel cauchemar pour ces femmes qui ont dû se rendre au bureau de vote sans se perdre dans ce vaste univers en dehors du foyer pour faire un choix sociétal déterminant ! Les femmes asiatiques et autochtones devaient être tellement soulagées que le racisme existe ! Elles pouvaient rester à la maison pour torcher tout l\u2019monde en sacrant, loin de ces difficultueux bureaux de vote où une femme pourrait confondre une boîte de scrutin avec sa vulve ! 1964 : L\u2019obligation d\u2019obéissance des femmes à leur mari est abolie.Aaaaah, cette douce et rassurante soumission\u2026 Ce que je donnerais pour revenir en arrière pour ne plus avoir le droit de menacer mon conjoint de ne plus jamais me voir toute nue s\u2019il ne met pas ses verres sales dans le lave-vaisselle ! 1969 : Le gouvernement de Pierre-Elliott Trudeau introduit une loi qui décriminalise la contraception.Peu de gens le savent, mais le fantasme féminin le plus courant est de tomber enceinte à chaque relation sexuelle.Le deuxième est de regarder son conjoint avoir peur de perdre son érection en tentant d\u2019ouvrir un emballage de condom.Depuis 1969, le troisième est de crier après Pierre-Elliott Trudeau durant notre sommeil.1975 : Adoption de la Charte des droits et libertés de la personne, qui prévoit notamment que la discrimination basée sur le sexe est interdite au Québec.Cette Charte a arraché le droit à près de 20 millions de Canadiennes de passer leurs journées à écouter des reprises d\u2019Unité 9 sous prétexte qu\u2019elles n\u2019ont pas les compétences de se trouver une job dans ce monde d\u2019homme.1979 : Les Québécoises peuvent désormais prendre un congé de maternité de 18 semaines sans risquer de perdre leur emploi.Comme si nous donner le droit d\u2019avoir une job n\u2019était pas assez chien, on tourne le fer dans la plaie en nous enlevant l\u2019option de tomber enceinte pour la perdre.1983 : Une agression sexuelle commise par un conjoint est désormais reconnue comme un crime.Cette année marquait le 43e anniversaire de la mort du fantasme du gros chauffeur d\u2019autobus dépressif qui force la pauvre passagère à le payer en nature pour son trajet jusqu\u2019au métro Vendôme.Fini la fantaisie, car si on entre trop dans nos personnages, les voisins risquent d\u2019appeler la police.1988 : L\u2019avortement n\u2019est plus un crime au Canada.Encore aujourd\u2019hui, on dit aux victimes de viol qu\u2019elles ont probablement provoqué leur agresseur.Si une femme tombe enceinte en commettant le crime de la provocation, elle ne devrait pas être exonérée du crime de l\u2019avortement.Le gouvernement est en train de créer des criminelles qui pensent avoir le droit de choisir comment elles s\u2019habillent et à qui elles parlent, c\u2019est honteux ! 1996 : La Loi sur l\u2019équité salariale est adoptée.En plus d\u2019avoir la permission de travailler, on a le droit d\u2019être payées autant que les hommes ?J\u2019imagine que les travailleuses devaient être si reconnaissantes en apprenant la nouvelle qu\u2019elles se sont fait tatouer un pénis sur la vulve ! 2021 : La Loi sur le divorce est modifiée pour inclure la notion de violence familiale.La violence familiale doit être prise en compte durant le processus de divorce et pour déterminer le temps parental de chaque parent.La violence familiale englobe notamment l\u2019abus sexuel, physique, psychologique et financier.Vous saviez comme les femmes aiment manipuler pour gagner l\u2019amour de leurs enfants.Cette loi les empêche de passer pour le meilleur parent en entendant les plaintes de leurs enfants quand ils rentrent de chez leur père.Qu\u2019on en décrive les victoires ou les déboires, chaque événement relié à la discrimination me rend ironique.Bien que j\u2019aie un respect incommensurable pour ceux et celles qui ont fait évoluer la condition féminine, je ne comprendrai jamais pourquoi la société a fait en sorte que celles qui donnent la vie doivent toujours lutter pour être considérées comme des êtres humains.Nous sommes humains, peu importe ce qui se trouve dans nos sous-vêtements.Le féminisme me rend ironique.Bien que j\u2019aie un respect incommensurable pour ceux et celles qui ont fait évoluer la condition féminine, la colère et l\u2019incompréhension ont tendance à prendre le dessus.Pourquoi avoir dû lutter ?Pourquoi les femmes n\u2019ont pas toujours eu ces droits de base ?C\u2019est plus fort que moi : chaque fois qu\u2019on me parle des droits obtenus, je me tourne vers le sarcasme.Les propos exprimés dans cette chronique n'engagent que l'auteure.43 itineraire.ca 1er mars 2023 Solutions dans le prochain numéro Lombric Marqueras Établiras une structure formalisée Rigolera Cigare Raire Relative à la sueur Renflement d\u2019un os Ancien Plaisanter Proportionnel Corrigeasse Perroquet Aire de vent Largeurs Répudia Dieu solaire Signe musical Surenchéris Tamis Pariera Fondateur de l\u2019État soviétique Ouvre la fenêtre Note Palefrenier Midi Insectes T M P V U S D E A R E A S L I E S E R L A C N E S T R E R A R E L T A I F E V T E A R N S A S L E S B A D N I E R U S D O A R L E O L R I E N E I M S E A R S 7 3 6 9 5 8 1 2 4 5 1 8 4 3 2 6 9 7 2 9 4 6 7 1 5 3 8 9 4 3 2 8 5 7 6 1 6 5 1 7 9 3 8 4 2 8 2 7 1 6 4 9 5 3 1 6 9 3 2 7 4 8 5 3 7 5 8 4 9 2 1 6 4 8 2 5 1 6 3 7 9 - 15 février 2023 Prairie Chemineras Séparerais Marqueterie Semâmes Tailler en biseau Ébarber Ingurgitent A commercial Érodent Lien Arrivée Moiteurs Monnaie Nazi Our Réjoui Attaques Abri Humaniste hollandais Perturbées par un bruit de fond Orient Enzymes Colère Gemmée Buts Sélénium Nickel horizontalement 1.Qualifie une écriture littéraire slave du XIe siècle.2.Rendant extrême.3.Organisme mutant.- Qu'il rigole.- Soutirer.4.Cortège.- Pareils.5.Titre royal.- Individu.- Compagnie ferroviaire.6.Iséroises.- Signature.7.Rang.- Résines.- Pronom.8.Possédais.- Pièce.9.Relative à une membrane colorée.- Laize.10.Tour.- Rues.verticalement 1.Gonflerais.2.Cordage muni d'un nœud coulant.- Véhicule récréatif.3.Contemplerait.4.Soldat d'oncle Sam.- Gîte ou chien.5.Jaune.- Étain.6.Poème.- École d'administration.- Interjection d'enfant.7.Îlots.- Électronvolt.8.Titane.- Écossais.9.Met à part.- En santé.10.Drogues.11.Support de gros titres.- Coagule.12.Étouffées. Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette illustration ?Bonne chance ! détente 7 5 1 7 6 9 3 3 2 2 9 3 8 6 1 7 5 9 4 3 6 3 4 5 8 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.DIFFICILE @ ANGELINABAMBINA Le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire continue d\u2019être un acteur décisif dans la vie des camelots.Mais depuis les événements des dernières années, les ventes du magazine, les donations et le financement public ont chuté, poussant l\u2019organisme au bord de la précarité.Par ailleurs, les besoins d\u2019accompagnement des personnes marginalisées, souffrant de dépendance, de problèmes de santé mentale et en situation d\u2019itinérance ont explosé.C\u2019est pourquoi nous avons besoin de vous?! L\u2019Itinéraire poursuit sa mission d\u2019aider les camelots à se réapproprier leur vie.L\u2019Itinéraire poursuit sa ission d\u2019aider les participants à se réapproprier leur vie.Briser l\u2019isolement Développement de compétences Stages, formations et mentorat Services administratifs et judiciaires Aide alimentaire Revenus grâce à la rédaction et la vente du magazine Aide au logement Retour sur le marché du travail Estime de soi Soutien psychosocial autre montant : $ M.Mme Autre Chèque (au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire) Visa Numéro de la carte Signature de la personne titulaire de la carte Expiration (Mois, année) Mastercard Code de vérification de la carte (CVC) 75 $ 50 $ Je fais un don de Mode de paiement Identification Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103 rue Sainte-Catherine Est, 3e étage Montréal (Québec) H2K 2H9 * Pour respecter la planète et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur itineraire.ca Numéro de charité de l\u2019organisme: 13648 4219 RR0001 100 $ TORRÉFIÉ À MONTRÉAL 514 321-4121 \u2022 1 800 361-4121 CAFEBROSSARD.COM Bien emmitouflé dehors ou confortablement assis chez soi , quand le mercure descend, rien de mieux qu\u2019un bon café pour se réchauffer.M ARCHAND DE B O NHEUR , M ARCHAND DE CHALEUR ?! p u b l i c i t é Aidez-nous i t i n e r a i r e .c a m a r i o a l b e r t o r e y e s z a m o r a "]
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