L'itinéraire, 1 janvier 2023, samedi 15 avril 2023
[" Volume XXX, n?07 Montréal, 15 avril 2023 PAYEZ VOTRE MAGAZINE PAR TEXTO AUPRÈS D\u2019UN CAMELOT AUTORISÉ Répondez à des sondages.Influencez l\u2019avenir du transport collectif.mavoixmastm.info 300$ À GAGNER P U B L I C I T É L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.Gaëtan est un p\u2019tit gars de Longueuil, mais il est né sur le pont Jacques- Cartier.Oui, sur le pont ! L\u2019ambulance n\u2019a pas eu le temps de se rendre.« À l\u2019époque, il n\u2019y avait pas d\u2019hôpital sur la Rive-Sud.J\u2019suis né sur le pont Jacques-Cartier, au milieu de l\u2019accès pour aller à la Ronde.» Placé à l\u2019âge de sept jours, on peut dire que les situations d\u2019instabilité ont commencé tôt pour lui.« Mon enfance, je l\u2019ai passée de foyer en foyer.» On lui a finalement trouvé des parents adoptifs.À l\u2019école, c\u2019était difficile, sa santé précaire et son tempérament turbulent l\u2019empêchaient d\u2019étudier.Son souvenir d\u2019enfance le plus marquant est la crise d\u2019octobre 1970.Il avait 9 ans.« Lanctôt et compagnie [ felquistes, les auteurs de l\u2019enlèvement de Pierre Laporte ] étaient cachés chez le voisin.Il y a eu des coups de feu.Les traces de balles sont encore sur le mur de la maison.» Malgré plusieurs épreuves qu\u2019il a dû affronter, Gaëtan a plusieurs cordes à son arc ; Jeune adulte, il a travaillé au service des douanes de Postes Canada pendant 10 ans.Avec l\u2019aide de son collègue, un berger allemand, il vérifiait les colis et s\u2019assurait qu\u2019ils ne contenaient ni drogue ni substance dangereuse.Son chien le suivait partout, il a été son compagnon pendant neuf ans.Il a aussi joué une partie pour l\u2019équipe professionnelle de hockey de Boston, comme quatrième gardien de but pour un match.« Le lendemain de ma partie, je me suis fait frapper par un autobus.J\u2019avais les deux jambes et le bassin cassés.» Il est resté trois mois à l\u2019hôpital et a dû réapprendre à marcher.C\u2019est à la suite de cet épisode qu\u2019il a connu la rue.« J\u2019ai été dans la rue trois fois.Je connaissais bien les organismes au centre-ville de Montréal.Les centres d\u2019achat ont joué un grand rôle dans ma vie.C\u2019était des refuges le jour.J\u2019ai passé quelques nuits blanches, mais normalement je trouvais toujours une solution, souvent à la Maison du Père\u2026.» Il a ensuite occupé un emploi de concierge au centre commercial des Promenades Saint-Bruno.C\u2019est en aidant un de ses demi-frères à construire sa maison qu\u2019il a appris quelques notions de maintenance : « J\u2019en sais assez pour me débrouiller.Je sais comment faire un plancher.» Gaëtan est un collectionneur passionné.Depuis 30 ans, il accumule les bandes dessinées de Superman.Il a été fasciné à l\u2019adolescence par le premier film du héros.Les cartes de hockey font aussi partie de ses précieux trésors qu\u2019il a toujours gardés avec lui, même dans sa période d\u2019itinérance.Il y a environ cinq ans, il a connu L\u2019Itinéraire grâce à une amie qui est camelot.Après une période d\u2019arrêt, il a récemment décidé de revenir.Gaëtan est content de se retrouver sur un nouveau point de vente et d\u2019y découvrir de nouvelles personnes.Camelot n° 02093 \u2022 Âge 62 ans Point de vente Sainte-Catherine / Sanguinet Gaëtan Vaillancourt Par Marie Brion ?Bénévole à la rédaction CARLA BRAGA RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Le groupe communautaire L\u2019Itinéraire offre une formation d\u2019ADS+ à tous ses employé.e.s et y adhére en tant qu\u2019organisme.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec la direction de L\u2019Itinéraire à : direction@itineraire.ca | 514 597-0238 poste 228 ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! Interaction du quartier Community Council Peter-McGill Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difÏculté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.P R I X J U D I T H - J A S M I N 2 0 2 0 F P J Q Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.IMPRIMEUR SOLISCO 120, 10E RUE SCOTT (QUÉBEC) Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Mots de lecteurs On aime ça vous lire ! Vous nous dites souvent que vous aimez L\u2019Itinéraire, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement. 15 avril 2023 Volume XXX, no 07 Une pause des mauvaises nouvelles L\u2019idée de départ, c\u2019était de nommer cette édition 100 % bonnes nouvelles.Mais le 100 %, ça n\u2019existe pas.Une bonne nouvelle c\u2019est très souvent l\u2019issue d\u2019une mauvaise nouvelle, d\u2019une situation problématique ou d\u2019un événement triste.D\u2019où notre titre 99,9 % bonnes nouvelles.En fait, ce que nous souhaitions, c\u2019est de vous offrir une trêve des mauvaises nouvelles.De l\u2019Ukraine à l\u2019environnement en passant par l\u2019inflation galopante, on peut dire qu\u2019il n\u2019y a pas pénurie de nouvelles dures et déprimantes.Après le mauvais, le bon La majorité des articles présentés dans ce numéro relèvent d\u2019une situation négative : celui sur les Banquets de la solidarité est une réponse à l\u2019insécurité alimentaire et à la pauvreté.L\u2019histoire de Sophie Reis, auteure de Un cancer en cadeau est celle qui découle d\u2019une épreuve, à prime abord négative.Le reportage sur la très belle famille d\u2019accueil de Sainte-Julie n\u2019aurait pas eu lieu s\u2019il n\u2019y avait pas eu d\u2019enfants qui ont été abandonnés ou maltraités.C\u2019est ça la vraie vie.L\u2019ombre et la lumière.Le mal et le bien.Les mauvaises et les bonnes nouvelles.On ne vit bien sûr pas au pays des licornes, mais parfois, c\u2019est bon de prendre une pause de l\u2019actualité qui nous rentre dedans.Nous avons le choix de le faire en tant que magazine.Car il ne manque pas de médias qui rapportent quotidiennement, voire à chaque instant, des désastres, des catastrophes, des crimes, des guerres.Gratter le bobo Comme le dit si bien Éric Trottier, directeur général du quotidien Le Soleil (et ancien éditeur adjoint de La Presse) avec qui notre journaliste Simon Bolduc s\u2019est entretenu : le journalisme n\u2019est pas né que pour faire que de la nouvelle positive.Il précise que bien que les journaux en présentent souvent, ce sont sont des nouvelles secondaires.Le mandat d\u2019un média est de s\u2019intéresser aux bobos de la société, de les gratter, et d\u2019essayer de l\u2019éradiquer.Il dénonce par ailleurs comme étant un préjugé l\u2019affirmation que les mauvaises nouvelles servent à vendre de la copie.Un article intéressant à lire.Donc, le temps d\u2019un numéro de L\u2019Itinéraire, on se concentre sur les bonnes nouvelles.Notre santé mentale en a besoin par les temps qui courent.Bonne lecture.Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur ADMINISTRATION VANESSA TREMBLAY Directrice - Opérations et ressources humaines ESTELA SOLORZANO Chef comptable MARCELA CHAVES Commis au dépôt SANDRINE PAPINEAU Adjointe administrative RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef YSEULT PICARD Journaliste dossiers société KARINE BÉNÉZET Journaliste responsable de la formation des participants SIMON BOLDUC Chargé de projet - journalisme CARLA BRAGA Responsable de la création visuelle Composition de La Une CARLA BRAGA Photo Daniele Levis Pelusi | UNSPLASH DÉVELOPPEMENT PHILANTHROPIQUE ET RÉSEAUX SOCIAUX JOSÉE LABRECQUE Conseillère principale développement philanthropique PASCALE PLANET Gestionnaire de communauté LÉONIE SARREY Stagiaire ACTION COMMUNAUTAIRE THOMAS WAYLAND Organisateur communautaire MAUDE M.-ROMPRÉ Intervenante psychosociale SANDRINE PLOURDE Stagiaire - intervenante psychosociale DANIEL PRINCE Responsable de la distribution SERVICE ALIMENTAIRE PIERRE TOUGAS Responsable du Café JEAN-CHRISTOPHE RUEL Coordonnateur du service alimentaire PROGRAMME MAISON RONDE ÉMILIE BEAUDET Chargée de projets MAUD THIMON Gérante du café ISABELLE SIMARD-LAPOINTE Agente de développement ALEXANDRA POIRIER et JULIE CHARBONNEAU Intervenantes CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président NICK KAMINARIS - Nuvei Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Trésorière KATERINE CÔTÉ - CAE Secrétaire EMNA BRAHAM - Institut du Québec Administrateurs SOPHIE RONDEAU - Croix-Rouge canadienne CHLOÉ FRESLON - Presidente URelles DIANE CURADEAU - Représentante des camelots JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire JOCELYNE CARRIER - Camelot de L\u2019Itinéraire SAMIR HALAIMIA - Camelot de L\u2019Itinéraire BÉNÉVOLES CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION, ANITA BARSETTI, JEAN TALBOT et NICOLE BLAIS Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, NICOLE BLAIS, LUCIE LAPORTE et SYLVIE POIRIER Bénévoles à la révision C A R L A B R A G A S I M O N B O L D U C C A R L A B R A G A 26 34 Mots de camelots 3 Zoom sur Gaetan Vaillancourt 9 Daniel Grady 9 Jean-Guy Deslauriers 9 Robert Patenaude 32 Bill Economou 32 Nicole Giard 32 Gabriel Lavoie 18 camelots ont participé à cette éditio n L\u2019idée de départ, c\u2019était de nommer cette édition 100 % bonnes nouvelles.Mais le 100 %, ça n\u2019existe pas.Une bonne nouvelle c\u2019est très souvent l\u2019issue d\u2019une mauvaise nouvelle, d\u2019une situation problématique ou d\u2019un événement triste.D\u2019où notre titre 99,9 % bonnes nouvelles.8 Rond-point international 10 Dans l\u2019actualité Encore des mauvaises nouvelles Simon Bolduc 12 Lettre au jeune moi Roger Perreault 14 Société Des banquets de solidarité Karine Bénézet 19 Chronique Monsieur D.va mieux ! Jo Redwitch 24 Dans la tête des camelots Bonnes nouvelles ! 26 Régions Une famille à partager Simon Bolduc 31 Récit Gabriel Lavoie 34 Entrevue Bruno Marchand parle d\u2019itinérance Yseult Picard 40 Mieux vaut en écouter ! Karine Bénézet 42 BD Namronscopie 43 C\u2019t\u2019encore drôle Antoine Durocher 44 Détente L'équipe de la rédaction D A N I E L E L E V I S P E L U S I 15 avril 2023 Volume XXX, no 07 À la une L\u2019Itinéraire est membre du International Network of Street Papers (Réseau international des journaux de rue).Le Réseau apporte son soutien à près de 100 journaux de rue dans 35 pays sur six continents.Plus de 250 000 sans-abri ont vu leur vie changer grâce à la vente de journaux de rue.Le contenu de ces pages nous a été relayé par nos collègues à travers le monde.Pour en savoir plus, visitez insp.ngo.Textes adaptés par Yseult Picard B I G I S S U E ANGLETERRE Se restaurer soi-même « Restaurer des meubles, c\u2019est un peu comme se restaurer soi-même », déclare Jay Blades, l\u2019animateur de la très appréciée émission de la BBC The Repair Shop, au magazine de rue The Big Issue.« Celui que j\u2019accompagne aujourd\u2019hui est tout à fait d\u2019accord.» Après tout, Steve Wyatt, un ancien camelot de The Big Issue en est l\u2019incarnation vivante.Il a vendu le magazine de rue pendant près de trois ans alors qu\u2019il luttait pour vaincre sa toxicomanie.Puis, il a changé de vie pour devenir un restaurateur de meubles prospère, et maintenant l\u2019animateur de l\u2019émission et lui ont ouvert ensemble un nouveau magasin à Poole, dans le Dorset, \u2014 la dernière étape d\u2019un remarquable cheminement vers la rédemption.Qu\u2019est-ce qui a bien pu réunir ces deux hommes issus de mondes apparemment différents ?L\u2019amour de la restauration de tabourets éraflés, de chaises ébréchées et de tables défraîchies pour leur redonner leur splendeur d\u2019antan, bien sûr.« L\u2019une de nos principales motivations est d\u2019aller de l\u2019avant et de partager notre passion pour le mobilier », explique M.Wyatt.Jay Blades est du même avis : « Pour moi, l\u2019expérience commune est née de l\u2019amour du meuble et du fait que c\u2019est une voie à suivre pour faire face à toutes les complications de la vie.Je pense que l\u2019on sous-estime le fait que restaurer des meubles donne un but à ceux qui travaillent sur eux-mêmes.C\u2019est l\u2019objectif parfait.» Aucun des deux hommes n\u2019a suivi un chemin tout tracé vers le succès.L\u2019animateur Jay Blades a d\u2019ailleurs fait part de ses difficultés à surmonter la dyslexie et a même raconté sa propre expérience de sans-abri en 2015, lorsqu\u2019il a brièvement dormi dans sa voiture après s\u2019être séparé de sa femme.Wyatt, lui, a eu besoin de trouver de l\u2019argent pour nourrir sa dépendance et cela l\u2019a conduit à faire des allers-retours en prison et à suivre un traitement de désintoxication.La vente du magazine et la gestion de l\u2019argent qui en découle lui ont permis d\u2019acquérir des compétences commerciales qu\u2019il utilisera désormais dans son nouveau magasin.(Big Issue / INSP ) T R O T T - W A R ALLEMAGNE La prison attend les fraudeurs sans domicile fixe En Allemagne, de nombreux sans-abri vont en prison pour avoir utilisé les transports en commun sans payer.Sauf que souvent, ceux-ci n\u2019ont pas d\u2019autre choix : ils sont à court d\u2019argent, et ont du mal à franchir de longues distances qui les séparent les organismes d\u2019aide en raison de leurs pieds meurtris, parce que mal chaussés.Une personne victime de cette politique témoigne : « J\u2019ai 43 ans.J\u2019ai commencé à vivre dans la rue à l\u2019âge de 14 ans, et à partir de 16 ans, je l\u2019ai été en permanence pendant 14 ans.Vers 28 ans, j\u2019ai enfin trouvé un moyen de m\u2019en sortir.Aujourd\u2019hui, je fais des visites guidées sur le thème de l\u2019 itinérance dans ma ville natale d\u2019Essen.En plus, je donne des ateliers dans les écoles sur ce que c\u2019est de vivre dans la rue.Lorsqu\u2019ils m\u2019ont arrêté et que je suis passé devant le tribunal, le juge et le procureur m\u2019ont dit : \u201cVous ne pouvez pas continuer comme ça.Vous devez apprendre que cela a des conséquences.\u201d C\u2019est pourquoi j\u2019ai été immédiatement condamné à une peine de prison, alors que je n\u2019avais jamais eu d\u2019ennuis avec la police.C\u2019était censé être une mesure éducative.Comme l\u2019ordre d\u2019aller en prison ne pouvait pas être m\u2019être remis parce que je n\u2019avais pas d\u2019adresse fixe, un mandat d\u2019arrêt a été délivré contre moi.Un jour, la police est venue sous le pont où je dormais et m\u2019a dit : \u201cNous avons un mandat d\u2019arrêt contre vous.\u201d Les policiers n\u2019étaient pas contents de faire tout ce travail supplémentaire.Mandat d\u2019arrêt.Menottes.Prison.Tout ça parce que je ne pouvais pas marcher tellement j\u2019avais les pieds ensanglantés.».(Trott-war / INSP) La témérité fauche des vies ! Entre automobilistes, motocyclistes, cyclistes et piétons, il nous arrive couramment d\u2019entendre des échanges aux propos vulgaires et disgracieux.Un langage instinctivement utilisé comme outil de défense par les usagers, dans le seul but de se disculper, visant à tout prix à camoufler leurs fautes, leurs mauvaises habitudes de conduite et leurs indifférences.Ce détachement de la réalité, la rage au volant, entraîne souvent comme conséquences des blessures graves et fauche des vies.À la hauteur de leurs comportements et de leurs conduites erratiques, cette catégorie d\u2019utilisateurs de la route, le doigt d\u2019honneur comme drapeau, cherchent à rendre l\u2019autre responsable et punissable.Ils revendiquent leurs droits, transfèrent leurs malaises les uns sur les autres sans même considérer un instant et en toute humilité leur part de responsabilités.Je crois, tout comme Patrice, (un client à moi) que c\u2019est par l\u2019éducation, dès la maternelle, qu\u2019il faut impérativement s\u2019investir, afin de se débarrasser de ce côté de l\u2019humain nuisible et dangereux.La conduite erratique n\u2019a pas sa place sur la route.L\u2019ignorance n\u2019excuse personne.Les comportements à adopter pour une utilisation adéquate et sécuritaire nous concerne tous sans exception ! Bonne route et attention aux angles morts.JEAN-GUY DESLAURIERS CAMELOT PREMIÈRE MOISSON, PROMENADE MASSON ROBERT PATENAUDE CAMELOT MÉTRO BONAVENTURE Ti-Guy, un an déjà « Robinson a le disque, passe à Cournoyer, à Gainey, Gainey à Lafleur, Lafleur rentre dans la zone adverse, lance et compte ! Le troisième but de Lafleur ce soir ! Incroyable ! » Il était spectaculaire ce Guy Lafleur.Lorsqu\u2019il patinait à toute allure avec ses cheveux au vent, c\u2019était un joueur qui avait du charisme et du caractère.Il était déterminé.Moi, avec mes yeux de petit garçon, c\u2019était Guy Lafleur le meilleur.Je portais le même numéro de chandail que lui quand je jouais au hockey.Je ne comptais pas autant de buts que lui, mais bon ! C\u2019était sans aucun doute mon idole.Lorsque j\u2019étais sage toute la semaine le samedi soir, je pouvais regarder le hockey à la télévision avec le fameux commentateur René Lecavalier.J\u2019aimais ça, c\u2019était vraiment pour moi un beau cadeau de nous voir tous réunis en famille en train de regarder le hockey.Rien ni personne ne pouvait arrêter Guy Lafleur de compter des buts.Il a battu des records, ce Guy.C\u2019était le meilleur et il était aimé de tous.La foule était en délire lorsqu\u2019il comptait des buts.Pour moi c\u2019était très impressionnant, magique et féérique.Il était mon héros.Il y en a qui avaient comme idoles Spiderman ou Batman, mais moi, le mien, c\u2019était le « Démon Blond ».Spring Spring is finally here ! This means that the warm weather is not far away.Winter is difficult for me.I work outside.It\u2019s cold and I often have both feet in wet snow.And when it\u2019s cold, people don\u2019t stop as long to chat with me.Winter is fine up to Christmas, but after that I can\u2019t wait for it to end.Spring is not only good for the body but also for the soul.When spring comes, I feel reborn and refreshed.It\u2019s almost like there is a load off my back.I feel less agitated, less depressed.It\u2019s not that I feel negative towards people and society but spring brings a new level of comfort to me.Spring brings happiness to us.Fun times are ahead as we can escape winter blues.We will be able to enjoy outdoor activities after months of being stuck inside.Spring is a time to enjoy your lives.Spring opens the doors to our heart\u2019s desires.It is a season of renewal and optimism.Because spring in Quebec is so important to our well-being, it\u2019s important that it\u2019s not affected too deeply by climate change.The government, the industries and ordinary citizens must do everything in their power to limit the impact of global warming.The future of our planet depends on it.Let\u2019s hope that future generations will be able to enjoy spring as we do today.DANIEL GRADY VENDOR SAQ DES PINS / SAINT-LAURENT 9 itineraire.ca 15 avril 2023 Par Simon Bolduc Pourquoi les médias ne s\u2019intéressent pas assez aux bonnes nouvelles ?C\u2019est la question toute simple que L\u2019Itinéraire a posée à Éric Trottier, directeur général du quotidien Le Soleil et ancien éditeur adjoint et vice-président de La Presse.Quand on demande à quelqu\u2019un comment ça va et qu\u2019il répond « ça va », on passe son chemin.S\u2019il répond que ça ne va pas, on va le questionner et l\u2019écouter.Cette réponse a été donnée par un journaliste il y a quelques années lorsqu\u2019on lui a demandé pourquoi les médias couvraient davantage les mauvaises nouvelles que les bonnes.Vous en pensez quoi ?Ce n\u2019est pas bète comme réponse.Quand ça ne va pas bien, on n\u2019ose pas le dire, on va répondre « ça va bien » pour passer à autre chose.Si tu oses t\u2019ouvrir pour dire à la personne que ça ne va pas, elle va prendre le temps de t\u2019écouter, effectivement.Pourquoi les médias ne s\u2019intéressent pas aux bonnes nouvelles ?Premièrement, on en fait plein de bonnes nouvelles, même si c\u2019est de la nouvelle secondaire.Si tu lis les journaux, il y en a des nouvelles positives, mais ce ne sera pas la nouvelle au top.La vraie réponse à mon avis, c\u2019est que le journalisme n\u2019est pas né pour ça.Quand on me dit qu\u2019on ne fait pas assez de bonnes nouvelles, je réponds que c\u2019est plate, mais que ce n\u2019est pas notre mandat.Notre mandat est de nous intéresser aux bobos de la société.On gratte le bobo et on essaie de l\u2019enlever.Si c\u2019est possible de forcer ceux qui sont au pouvoir, qui nous gouvernent, ceux qui ont un impact dans la sphère publique, de trouver des solutions, on a fait notre travail.On est là pour mettre le doigt sur le problème et pour creuser dans le problème.Encore nouvelles ITI- ET- des mauvaises 10 itineraire.ca 15 avril 2023 Il y a le journalisme d\u2019actualités, le journalisme d\u2019enquête, qui sont plus critiques, mais que pensez-vous du journalisme de solution ?C\u2019est un type de journalisme qui traite du problème d\u2019un autre angle, qui n\u2019est pas de gratter le bobo, mais plutôt de mettre l\u2019accent sur les solutions.Certains grands médias, comme La Presse, entre autres, font plus souvent qu\u2019avant dans le journalisme de solution.À titre d\u2019ancien rédacteur en chef, ou même en ce moment au quotidien Le Soleil, est-ce que ça faisait partie des discussions autour de la table quand vous parliez de l\u2019orientation éditoriale du journal ?Le concept de journalisme de solution est apparu au début des années 2010.On a commencé à s\u2019y intéresser à La Presse à cette époque.On poussait nos journalistes à couvrir un sujet en proposant davantage de solutions aux problèmes.On leur disait : décortiquez le problème et faites un deuxième papier pour expliquer ce qu\u2019on pourrait faire pour corriger la situation.On a mis beaucoup l\u2019accent sur ce type de journalisme, on en faisait presque du marketing.Mais ç\u2019a une limite et personnellement, je ne suis pas fan.L\u2019incendie qui a fait sept morts à Montréal le mois dernier, imagine que tous les médias ne traitent pas l\u2019événement parce que c\u2019est négatif.Est-ce que la société s\u2019améliore pendant ce temps-là ?On continue d\u2019accueillir des touristes dans des locations illégales, dangereuses ?Il faut en parler, c\u2019est plate, mais c\u2019est grave.Un jeune est mort sous les balles il y a quelques semaines à Anjou.Il avait 18 ans, c\u2019est épouvantable.Je n\u2019ai pas de solutions, je ne suis pas un spécialiste des gangs de rue, de la jeune criminalité, mais il faut en parler pour que les autorités, à force d\u2019en parler, se disent qu\u2019ils n\u2019ont pas le choix que de régler le problème.Ça peut être l\u2019itinérance, la violence armée, les logements insalubres où on accueille les réfugiés ou les nouveaux arrivants, il faut en parler.Notre rôle premier n\u2019est pas de trouver la solution, c\u2019est de diagnostiquer le problème comme il faut pour que ceux au pouvoir aient la pression de le régler.Qu\u2019est-ce qu\u2019une bonne mauvaise nouvelle ?C\u2019est-à- dire une mauvaise nouvelle utile.versus une mauvaise nouvelle qui ne génère rien sinon que de la peur, du voyeurisme, des « clics » ?Ça n\u2019arrive pas que dans une réunion on se dise : Ok, on prend tel sujet parce que ça va pogner plus.La première considération est toujours l\u2019intérêt public.Aussi, les gens réclament plus de bonnes nouvelles, mais la réalité est tout autre.Avec le numérique aujourd\u2019hui, on voit qui nous lit, combien de temps les gens passent sur les articles après avoir cliqué dessus.Les gens veulent, et c\u2019est très rassurant ce comportement, qu\u2019on décortique des scandales, qu\u2019on dénonce des situations inacceptables.Ce sont sur ces histoires que les gens s\u2019attardent.Des histoires cutes, oui, c\u2019est lu, mais pas tant que ça.Quand on frappe des coups de circuit, c\u2019est quand on sort des gros scandales.C\u2019était le cas à La Presse, et ç\u2019a l\u2019est au Soleil.Le comportement des lecteurs est très clair, je ne sens pas de pression du lectorat pour qu\u2019on en sorte plus de nouvelles positives.Dans les sondages ça va sortir, mais ce n\u2019est pas vraiment ça qu\u2019ils veulent, les lecteurs en général.Un politicien comme Trump, par exemple, même pour un média de gauche, ça donne beaucoup de « clics ».En termes de business, c\u2019est un personnage qui doit « faire vendre » ?C\u2019est un préjugé.Je pense que personne, le soir de l\u2019élection de 2016, s\u2019est dit : « yess on va vendre de la copie ».Ce soir-là, j\u2019avais des journalistes qui pleuraient.Il a fallu que j\u2019en ramène à l\u2019ordre en leur disant que notre rôle ce n\u2019est pas d\u2019être pour ou contre, mais qu\u2019il fallait continuer de faire notre job.Évidemment, la course aux clics, ça existe, mais ce sont les plateformes qui n\u2019ont pas les moyens d\u2019avoir de vrais journalistes.Ils reprennent les histoires des autres, ils n\u2019ont pas les moyens de faire des enquêtes et de générer des vrais articles de fond.Oui, peut-être que certains grands médias québécois comme le Journal de Montréal et le Journal de Québec ont une tendance à être plus agressifs dans la présentation des histoires.Il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019ils ont 200 journalistes à peu près dans leur écosystème.Ça fait une maudite belle gang.Ils ont autour de 20 journalistes dans leurs équipes d\u2019enquête.C\u2019est un des journaux qui sort le meilleur journalisme d\u2019enquête en ce moment.Oui parfois, je regarde leur une, et je me dis qu\u2019ils sont allés un peu trop loin, que ce n\u2019est pas bon.Mais ce n\u2019est pas pour faire du clickbait, c\u2019est dans leur ADN, dans leur identité.Je suis dans le monde journalistique, évidemment, depuis plusieurs années.Je pense que tout le monde est à la recherche d\u2019une bonne histoire d\u2019intérêt public, puisque c\u2019est la base du journalisme, de notre métier.ITI- ITI- ET- ET- ITI- ET- 11 itineraire.ca 15 avril 2023 Lettre au jeune moi Camelot SAQ Masson / 3e avenue Roger Perreault Cher Roger, 15 ans, J\u2019espère que tu vas bien.C\u2019est moi Roger, 72 ans, qui t\u2019écris.C\u2019est tout un contrat que d\u2019avoir à m\u2019entretenir de la vie avec toi Roger, 15 ans.D\u2019une part parce que quand on s\u2019adresse à un jeune, on a tendance à lui faire la morale et d\u2019autre part, parce qu\u2019on tend à lui parler de soi et que cela ne peut avoir pour effet que de l\u2019ennuyer.Mais je vais quand même le faire.Écrire cette lettre, c\u2019est aussi une occasion pour moi de réfléchir sur ma vie, sur mes bons et moins bons coups.Je veux seulement partager avec toi ce que j\u2019ai appris au cours de mes 72 ans, en espérant que tu pourras en tirer quelques leçons pour ta propre vie.À 15 ans, tu arrives à l\u2019âge où tu as commencé à boire.Tu avais arrêté les études et tu travaillais dans une usine de textiles.Un jour après le travail, tu as suivi les plus vieux à la taverne et pris deux grosses bières.Ce fut le début d\u2019une dépendance avec laquelle tu te bats encore aujourd\u2019hui.Si je n\u2019ai qu\u2019une recommandation à te faire, c\u2019est de rester le plus loin possible de l\u2019alcool.L\u2019alcool pour toi a été un véritable fléau.Tu te disais que tu pouvais être raisonnable, mais tu n\u2019as jamais réussi à contrôler la quantité d\u2019alcool que tu buvais.À cause de tes problèmes d\u2019alcool, tu perdras plusieurs emplois intéressants.Tu t\u2019es même retrouvé pendant un certain temps dans la rue.Tu as pu t\u2019en sortir grâce aux organismes communautaires comme la Maison du Père et L\u2019Itinéraire.De plus, l\u2019alcool a certainement eu un impact négatif sur ta santé.Aujourd\u2019hui, je suis certain que ma vie aurait été beaucoup plus facile si je n\u2019avais jamais commencé à boire.Malgré tout, quand je regarde ma vie, je considère que tu as été chanceux.Plusieurs opportunités intéressantes se sont présentées à toi, comme d\u2019aller au cégep, après avoir terminé ton secondaire plus tard.Là, tu as été président de l\u2019Association des étudiants et tu es devenu gérant de la librairie coopérative.Tu as même été lecteur de nouvelles à CKSH TV à Sherbrooke.Un peu plus tard, tu arrêteras ta maîtrise en éducation physique pour prendre un poste à la Fédération de soccer du Québec.À ce titre, tu as donné des centaines de stages de formation et ce un peu partout dans le monde ; entre autres au Brésil, aux Bermudes, en Suisse, et en Belgique.Tu as même été invité par la Fédération française à faire un stage de formation d\u2019entraîneur à Monaco.À cette occasion, tu auras le plaisir de rencontrer le prince de Monaco.J\u2019ai une photo de toi avec lui prenant une coupe de champagne.12 itineraire.ca 15 avril 2023 Plus récemment, tu seras content d\u2019apprendre que j\u2019ai eu la chance de participer comme figurant dans un film d\u2019Éric Piccoli.Comme quoi, il n\u2019y a pas d\u2019âge pour profiter de la vie.Je suis certain que la vie va t\u2019apporter plein d\u2019opportunités intéressantes.Ce sera à toi de les saisir.Mais il va falloir que tu travailles vaillamment.J\u2019ai compris que c\u2019est dans l\u2019effort qu\u2019on obtient ce que l\u2019on désire.Il faut s\u2019accrocher et tout essayer pour réussir.N\u2019hésite pas à demander conseil ; pas pour qu\u2019on le fasse à ta place, mais pour te guider, pour t\u2019orienter.Finalement, je crois que toi aussi tu seras chanceux.Tu as, je l\u2019espère, hérité d\u2019une qualité qui va te permettre de passer à travers les moments difficiles de la vie : la résilience.Je m\u2019en suis rendu compte récemment.Depuis quelques années, j\u2019ai éprouvé plusieurs problèmes de santé \u2014 cancers du sein, du foie et des poumons, glaucome, deux hernies, et j\u2019en passe.Ce qui m\u2019a surpris c\u2019est que j\u2019ai réagi de façon très résiliente face à ces mauvaises nouvelles.Il semble que ce soit une qualité que je possède.Cette résilience t\u2019aidera toi aussi à vaincre les moments difficiles de la vie.Il est important de souligner que cela ne signifie pas que tu dois être toujours positif et optimiste, surtout dans les moments les plus difficiles.La résilience signifie plutôt trouver la force et la capacité de faire face aux difficultés, de se relever et de continuer à avancer malgré les obstacles.Peu importe ce que la vie t\u2019apportera, il faut que tu regardes ce que tu as fait de bien, que tu prennes conscience de tes réussites et de la façon dont tu t\u2019y es pris pour y arriver.Mais je pense que plus que tout, les solutions que tu apporteras aux problèmes que tu rencontreras devront venir de toi.Tu pourras accomplir tout ce que tu voudras si tu travailles dur.Mets l\u2019accent sur tes bons coups plutôt que sur tes échecs ; sur tes joies plutôt que sur tes peines.Tu dois prendre conscience de la bonne personne que tu es, de tes capacités, de tes forces et de tes ressources.Sois confiant et persévérant.Ne laisse jamais personne te dire que tu ne peux pas réaliser tes rêves.Enfin, ne perds jamais espoir.La vie peut être dure, mais elle est également remplie de moments merveilleux et de belles surprises.Garde toujours les yeux et le cœur ouverts, et tu verras que la vie peut être une aventure incroyable.Je te souhaite une vie heureuse, - Roger Roger lors d'un photoreportage dans le numéro du 15 août 2021 de L'Itinéraire.Photo : David Himbert 13 itineraire.ca 15 avril 2023 Karine Bénézet journaliste responsable de la formation Les municipalités revêtent officiellement le statut de « gouvernement de proximité » depuis 2017.Il existe cependant une forme connexe de « gouvernement » plus proche encore des populations : les Tables de quartier.Ces « bibittes », comme se plaît à les qualifier Yves Bellavance, coordonnateur de la Coalition montréalaise des Tables de quartier (CMTQ), « captent les besoins des habitants et contribuent à l\u2019amélioration de leur qualité de vie », depuis plus de 30 ans.Des « banquets de solidarité », dixit l\u2019écrivain Dany Laferrière, alimentés par les citoyens qui poussent Montréal à devenir plus juste et inclusive.Il suffit parfois de fermer son journal et de glaner les nouvelles près de chez soi pour découvrir une multitude d\u2019initiatives positives.C\u2019est ce que L\u2019Itinéraire a fait ; flâner dans les rues des quartiers à la découverte d\u2019une solidarité locale souvent très peu médiatisée.14 itineraire.ca 15 avril 2023 Notre-Dame-de-Grâce (NDG), 1942.Plusieurs organismes décident de se regrouper pour lutter contre la montée de la délinquance, trouble-fête du quartier.Le comité communautaire formé sera officialisé cinq ans plus tard.Il est aujourd\u2019hui considéré comme la toute première table de quartier de Montréal.Plus largement, l\u2019éclosion des Tables de quartier dans les années 1990 trouve sa raison d\u2019être en réaction à la pauvreté urbaine installée à partir des années 1960.Notamment à Québec après après l\u2019élection du P rogrès civique (PCQ) à la tête de la capitale, qui dirigea, 24 ans d\u2019affilée le développement économique à coup d\u2019évictions et de destruction de quartiers sans égard démocratique au mécontentement de groupes de citoyens.Cette période donnera d\u2019ailleurs naissance à la première étude sociologique sur la pauvreté urbaine : Une ville à vendre, mais aussi à la « phase de gestation du projet de conseil de quartier », peut-on lire dans La ville : laboratoire des enjeux démocratiques contemporains, publié en 2006 dans la revue Politique et Société.S\u2019ensuivront plusieurs chamboulements bien connus au Québec : bouillonnement politique des années 1970, le développement des régions et enfin, la fusion des villes et la décentralisation des pouvoirs.À Montréal surtout, les Tables de quartier se sont constituées à l\u2019image de l\u2019agglomération : « morceau par morceau et de quartier en quartier, dans la foulée des enjeux de réaménagements entre 1970 et 1990, souligne Yves Bellavance, de la CMTQ.Et chacune à sa manière de faire, de se solidariser, de se développer, de réseauter.» Pas besoin d\u2019être un quartier pauvre pour pouvoir former une Table de quartier.La présence de citoyens suffit.Outremont en est un bon exemple : « Il y a peu de pauvreté là-bas, précise Yves Bellavance, mais il y a quand même des enjeux, notamment interculturels, liés à la jeunesse et aux aînés.» À l\u2019opposé du spectre, le quartier Saint-Michel, au Centre-Nord de l\u2019Île de Montréal, est décrit par sa Table de quartier « Vivre Saint-Michel en santé » (VSMS) comme « l\u2019un des plus densément peuplés de Montréal et des plus défavorisés économiquement et socialement.» Si l\u2019on y retrouve une foule de ressources communautaires qui tentent de répondre aux besoins des Michelois.e.s : sécurité alimentaire, inclusion, etc., la Table de quartier complète l\u2019offre de services à travers des projets d\u2019envergure, comme celui de construction d\u2019une maison communautaire.« On pense souvent à la crise du logement en termes d\u2019habitations, introduit Gaëlle Guillaume, chargée du projet de ladite maison.Mais cette crise, poursuit-elle, ne touche pas que les citoyens.Elle touche aussi le tissu communautaire », et grandement, a-t-elle constaté avec surprise à sa prise de poste.« Rien qu\u2019en fin d\u2019année passée, il y a eu deux évictions majeures d\u2019organismes », illustre-t-elle.15 itineraire.ca 15 avril 2023 C\u2019est en réponse à ces risques d\u2019éviction que la maison communautaire doit sortir de terre au 8615, boulevard Saint-Michel.Élaborée par les citoyens en 2017, elle accueillera sept organismes qui œuvrent auprès des femmes, des jeunes, des 50 ans et plus, en éducation populaire, en soutien à la parentalité, et qui font face à l\u2019incertitude du lendemain.C\u2019est également une vocation inter- générationnelle que porte la future bâtisse.Les usagers, de 0 à 99 ans, bénéficieront de 60 places de CPE, d\u2019une cuisine collective, et d\u2019une salle multifonctionnelle.« Tous ces organismes pourront offrir et pérenniser leurs services auprès d\u2019une population qui en a fortement besoin, en ayant cet endroit sécurisé et adapté à leurs activités », réitère avec fierté la chargée de projet qui a bien hâte de voir les premières pierres du projet posées.La maison communautaire devait naître de la revitalisation de l\u2019ancienne piscine du parc George- Vernot, située à l\u2019angle de la 13e Avenue et du boulevard Robert, mais cette dernière était finalement trop vétuste.Quant au parc adjacent, il est en cours de réaménagement par l\u2019arrondissement qui y prévoit entre autres plus d\u2019espaces verts.Une bonne nouvelle quand on sait que le quartier Saint-Michel est aussi un îlot de chaleur composé de quadrilatères très minéralisés.On y marche sur du bitume, et l\u2019horizon n\u2019est certainement pas admiré pour sa verdure.C\u2019est la raison pour laquelle la Maison communautaire inclut un troisième volet environnemental dont on parle peu, spécifie Mme Guillaume : la résilience climatique.« Ce sera le premier bâtiment à émission carboneutre ».C\u2019est d\u2019ailleurs à cette étape qu\u2019en est le projet actuellement, celui du choix des matériaux, de l\u2019approvisionnement énergétique\u2026 Il y a très peu de végétation à Saint-Michel.Le quartier est enclavé entre deux carrières, des parcs industriels et commerciaux.Alors tant qu\u2019à faire un bâtiment collectif, autant qu\u2019 il s\u2019adapte à la réalité environnementale de ses usagers, les citoyens », conclut Gaëlle Guillaume.Si tout se déroule sans accroc, le projet devrait voir le jour d\u2019ici trois ans.16 itineraire.ca 15 avril 2023 En 2020 naissait le projet Hôpital solidaire de l\u2019hôpital Notre-Dame, qui, au moyen d\u2019une carte prépayée, permet aux personnes en insécurité alimentaire d\u2019accéder aux repas chauds de la cafétéria de l\u2019établissement.Si l\u2019initiative rappelle celle de la Carte proximité du Carrefour solidaire, c\u2019est parce que les deux organisations ont collaboré étroitement pour rendre possible ce projet en sécurité alimentaire pensé par Annie Marquez, coordonnatrice des 28 services alimentaires du CIUSSS Centre-Sud de l\u2019île de Montréal.La Carte proximité comporte un montant mensuel qui varie selon la taille du ménage, et avec laquelle un ménage peut faire des achats d\u2019aliments provenant directement des producteurs dans les marchés participants.L\u2019objectif du projet est double : améliorer l\u2019accès à des fruits et légumes tout en encourageant l\u2019approvisionnement en circuit court, sans intermédiaire.Source : carrefoursolidaire.org 17 itineraire.ca 15 avril 2023 « Ici, les bénéficiaires de la Carte solidaire mangent au milieu des familles, des employés, des patients, dit Annie Marquez.C\u2019est la même cafétéria pour tout le monde.» Par ailleurs, ce sont également des travailleurs du coin qui y mangent, sans trop l\u2019ébruiter d\u2019ailleurs.Simplement parce que le quartier compte peu de services alimentaires et, contre toute attente, parce que la bouffe de l\u2019hôpital Notre-Dame est bonne ! Il faut dire que ce sont des cuisiniers \u2014 des vrais \u2014 qui s\u2019affairent derrière les fourneaux.Et que les mets cuisinés sont souvent à base de produits durables et locaux, précise la coordinatrice qui veut par là même casser l\u2019image de l\u2019immangeable nourriture d\u2019hôpital.La cuisine de l\u2019hôpital, c\u2019est le cœur du projet d\u2019Hôpital solidaire, car « avec les cuisiniers et la cafétéria, on peut produire plus sans ajout de personnel », précise la coordinatrice.Une plus-value pour cette institution vouée à sa communauté.Ce ne sont pas toutes les personnes du quartier qui peuvent demander une carte Hôpital solidaire.« Il faut être référé par un professionnel de la santé » qui agit sur le territoire du CIUSSS Centre-Sud, explique Annie Marquez.« Nous, on partage l\u2019 information à tous les intervenants sur le territoire qui, lorsqu\u2019ils voient un client en insécurité alimentaire, peuvent nous le référer.» Ce que garde également en tête l\u2019instigatrice du projet, c\u2019est que, tant que le besoin de base de manger n\u2019est pas comblé, il ne sert à rien d\u2019entamer d\u2019autres démarches.On parle là de soins de santé.En accueillant toutes ces personnes, l\u2019hôpital espère alors (re) créer un lien de confiance avec les personnes dans le besoin.Une manière d\u2019influencer positivement la régularité des suivis médicaux.Comme en témoignait au début du projet une des bénéficiaires : « durant toute ma grossesse, j\u2019étais dans la rue, en rechute et me suis fait frapper par une auto.Je pouvais aller manger des repas chauds à la cafétéria, et ça m\u2019encourageait à venir plus souvent à mes rendez-vous médicaux.» Depuis juin 2021, et selon les derniers chiffres de début d\u2019année, « on compte plus de 1000 demandes de cartes, sachant qu\u2019une personne peut avoir besoin plusieurs fois de ce soutien alimentaire, et plus de 150 000 $ distribués », ajoute la coordinatrice.Les personnes touchées sont une partie du visage du Centre-Sud : troubles de santé mentale, dépendances, itinérance, familles en attente de renouvellement de permis de travail, beaucoup de femmes enceintes qui bénéficient du programme OLO (programme offert aux femmes enceintes qui vivent sous le seuil de la pauvreté afin que leurs bébés naissent en santé).La vocation communautaire de Notre-Dame rappelle finalement celle de l\u2019hôpital d\u2019antan qui était : un « établissement charitable où l\u2019on recevait les gens sans ressources ».Et la tendance se propage : « Nous avons eu un financement pour distribuer des cartes à des organismes communautaires qui œuvrent en itinérance, explique Mme Marquez au bout du fil ; 175 cartes en tout.» Ça, sans oublier le développement du même projet au sein de l\u2019Hôpital de Verdun, qui agit également sur le territoire du CIUSSS Centre-Sud.« Une implantation prévue pour le mois de mai », conclut la coordinatrice.18 itineraire.ca 15 avril 2023 Camelot métro Rosemont Par Jo Redwitch Monsieur D va mieux ! Le lendemain \u2026 Le lendemain, l\u2019homme âgé était assis devant son ordinateur convaincu qu\u2019il trouverait lui-même la solution à sa situation de santé, quand le téléphone sonna : « Monsieur, que faites-vous chez vous ?», lui a demandé le cardiologue.Ce dernier ne l\u2019a pas lâché.C\u2019est une question de vie ou de mort ! ».M.D.s\u2019est finalement rendu aux urgences de l\u2019Institut de cardiologie de Montréal.L\u2019équipe médicale avait été mise au courant.« Ils vous attendent ! » Enfin, le vieil homme a capitulé.Le chirurgien a procédé à une intervention visant à débloquer une artère coronarienne.Il est ressorti 24 heures plus tard, en signant des papiers pour refus de traitement ; prescription en main, il s\u2019en est retourné dans son petit appartement.Aider à tout prix Pendant ce temps, j\u2019ai mis ma vie de côté, j\u2019ai cuisiné pour deux et j\u2019ai fait au meilleur de mes connaissances.Je suis finalement tombée malade moi aussi.Avec le temps, des pompes, et de nouveaux médicaments, mon vieil ami s\u2019en est sorti\u2026 contrairement à moi.Notre malade s\u2019était habitué aux plats maison que je lui concoctais.Or, j\u2019ai dû cesser graduellement de tout faire à sa place afin qu\u2019il prenne des initiatives.Il n\u2019était pas content, mais je devais reprendre ma route.Finalement, il n\u2019est pas mort et a retrouvé un peu d\u2019autonomie.De mon côté, j\u2019ai pris conscience que lorsqu\u2019on aide quelqu\u2019un, il faut respecter les volontés de la personne, mais avant tout il est primordial de se respecter soi-même.Les demandes des autres sont souvent au-delà de nos capacités.Si je laisse les autres dépasser mes limites sans dire un mot, c\u2019est comme si j\u2019acceptais qu\u2019on abuse de moi.Personne d\u2019autre que moi ne sait exactement comment je me sens.Aujourd\u2019hui, je me choisis, un jour à la fois.J\u2019en ressors avec un sentiment de mission accomplie et de m\u2019aimer davantage.Et en plus, M.D.va mieux ! Pour ceux et celles qui ont suivi l\u2019affaire, Monsieur D.est l\u2019homme qui m\u2019a aidée dans le début de mon rétablissement, lorsque j\u2019ai arrêté de boire.Et pour ça, je me sens redevable envers lui.Dans mon article intitulé Vivre et laisser vivre, dans l\u2019édition du 15 novembre 2022, j\u2019expliquais comment j\u2019en étais venue à aider une personne âgée de 90 ans, gravement malade.Cet homme, têtu comme une mule, me disait : « Je ne veux pas mourir à l\u2019hôpital comme ceux du Covid ».Respecter son choix était capital.J\u2019ai accepté que j\u2019allais peut-être un beau jour découvrir son corps inerte.Plus les jours passaient, plus il souffrait et plus je me sentais impuissante.Son rythme cardiaque élevé et ses crachats jaunâtres l\u2019empêchaient même de dormir.De plus, sa nutrition se résumait à un bagel au beurre d\u2019arachide.Ce qui lui faisait perdre du poids et des forces.Après qu\u2019il ait été vu par un médecin généraliste, en clinique, j\u2019ai pris l\u2019initiative de lui faire de la soupe et cuisiner quelques plats afin de lui apporter une variété de nutriments en attendant son prochain rendez-vous.Ce qui semblait être une pneumonie au premier abord s\u2019est avéré être un œdème pulmonaire aigu.Le pneumologue était formel : il devait se rendre immédiatement à l\u2019hôpital le plus proche.Monsieur D.aussi était formel : « Pas question ».Ce qui se cache derrière les paroles Au fil de nos conversations, Monsieur D.m\u2019a fait quelques autres confidences : « Mes parents sont décédés tous les deux à la suite d\u2019une hospitalisation ».Depuis, il n\u2019a pas confiance au système de santé.C\u2019est pour dire comment des blessures non guéries peuvent perdurer dans le temps.Puis quelques semaines ont passé et nous avons eu la chance d\u2019accéder à un cardiologue.Le spécialiste qui visiblement était compétent n\u2019a pourtant pas su alléger les peurs de notre Monsieur D.« Allez à l\u2019urgence de l\u2019Institut de cardiologie tout de suite ! », lui a-t-il ordonné.Pour consulter l\u2019article du 15 novembre 2022, scannez le code bar ou rendez-vous à itinéraire.ca 19 itineraire.ca 15 avril 2023 Josée Panet-Raymond rédactrice en chef Il y a de ces personnes dont vous vous demandez où elles puisent leur dynamisme et leur énergie.Sophie Reis est de celles-là.Auteure de Un cancer en cadeau : apprendre comprendre et s\u2019outiller pour agir, un ouvrage qui se retrouve au top des lectures recommandées par les oncologues québécois, a rédigé son livre alors qu\u2019elle était en plein traitement pour un cancer du sein agressif.20 itineraire.ca 15 avril 2023 J U L I A M A R O I S Bien sûr, chaque personne vit son cancer différemment ; beaucoup de femmes se retrouvent complètement sur le carreau pendant la chimio, alors que d\u2019autres arrivent à mener une vie à peu près normale.Tout dépend de la personne, du cancer et de la nature des traitements.Dans le cas de Sophie Reis, elle a subi 12 rondes de chimiothérapie suivies de huit semaines de radiothérapie.De quoi jeter n\u2019importe qui à terre.Alors où a-t-elle pris cette énergie pour pondre une brique de plus de 600 pages, qui aborde tous les aspects physiques, psychologiques et émotifs du cancer ?« En fait, c\u2019est de l\u2019énergie de survie, précise-t-elle.Moi je suis une grande curieuse et je me suis dit que, tant qu\u2019à avoir des questions pour moi-même, je vais partager les réponses avec les autres.» Avec un bagage de 20 ans comme communicatrice, consultante en développement des affaires et alliances stratégiques, en tant que cofonda- trice de la plateforme de financement participatif La Ruche, en plus d\u2019avoir écrit le livre Guide des parents voyageurs, Sophie Reis était déjà dotée d\u2019une insatiable curiosité et d\u2019un besoin de savoir.Sans oublier un optimisme à tout épreuve, un pré-requis en quelque sorte pour passer à travers cette épreuve.« Quand j\u2019ai eu mon diagnostic, je savais non seulement que je m\u2019en sortirais, mais que je ferais quelque chose avec », ajoute l\u2019auteure.Ce n\u2019est pas que la survivante du cancer n\u2019a pas eu peur face à tout ce qui l\u2019attendait, la chimio et les effets secondaires, mais son parcours professionnel l\u2019a bien outillée pour surmonter ses appréhensions et naviguer dans ces eaux troubles.« J\u2019ai toujours été axée sur le mode solution dans mon travail.Tout ce qui ne rentrait pas dans les opérations courantes tombait sur mon bureau.Mon rôle était de rassembler les meilleurs talents pour faire arriver les choses qui n\u2019existaient pas auparavant.J\u2019ai utilisé la même mécanique pour faire mon livre.» C\u2019est ainsi que Sophie Reis a pris les choses en main et s\u2019est décrétée « P.D-G.de [ sa ] propre santé.» « À partir du moment où j\u2019ai reçu mon diagnostic, je me suis informée sur tout.Par exemple, quand on m\u2019a parlé de lymphoedème, je suis allée voir une spécialiste et je lui ai demandé de me dire tout ce qu\u2019 il fallait savoir là-dessus.Puis je me suis documentée, documentée et encore documentée ».Au fil de ses recherches, Sophie Reis a consulté plus de 100 médecins spécialistes.Le résultat est un ouvrage des plus complets qui se divise en trois parties : Apprendre (et vivre son cancer à sa façon) ; Comprendre pour prendre part à l\u2019action et S\u2019outiller en découvrant 100 conseils et thérapies complémentaires.On y aborde les traitements possibles, traditionnels comme complémentaires, on y offre une foule de ressources, en plus de répondre à toutes les questions auxquelles on ne pense pas nécessairement quand on est sous le choc d\u2019un diagnostic fraîchement asséné.Les informations fournies dans ce livre sont accessibles et bien vulgarisées.L\u2019auteure démystifie la chimiothérapie, son historique, les divers types de traitements, les effets secondaires de même que les nouvelles technologies.Elle parle de radiothérapie, des diverses interventions chirurgicales, d\u2019hormonothérapie, d\u2019immunothérapie, le tout avec clarté pour permettre de bien comprendre ce qui pourrait être difficile à démêler lorsque le moral et l\u2019énergie ne sont pas au rendez-vous.Sophie Reis a eu le privilège d\u2019avoir recours au casque réfrigérant pour éviter la perte de ses cheveux.« J\u2019ai gardé mes cheveux pendant mes traitements de chimio, et pour mes enfants, je n\u2019avais pas l\u2019air malade, ce qui a aidé grandement tant pour moi que pour eux.» 21 itineraire.ca 15 avril 2023 Une section bien importante dans ce livre est le chapitre dédié aux questions à poser lorsqu\u2019on reçoit un diagnostic de cancer, qui est fort utile pour les personnes qui sont déstabilisées ou qui sont intimidées par l\u2019idée de questionner les spécialistes.« Lors des rencontres avec l\u2019oncologue, il a tout au plus 45 minutes à vous consacrer, alors on ne pense pas toujours sur le coup aux questions et informations dont on a besoin », signale-t-elle.C\u2019est pourquoi elle a dressé des listes de questions de base, sur le plan de traitement et les types de traitements, entre autres.Elle propose également des ressources sur la participation aux recherches et études, et va même jusqu\u2019à faire des suggestions sur la logistique sur des besoins terre- à-terre comme le stationnement, les casiers, les accompagnateurs lors des traitements, etc.Et elle ajoute d\u2019ailleurs avec justesse : « L\u2019essentiel est d\u2019arriver à nos rencontres avec des questions et non des réponses : ce sont eux, les spécialistes, pas Google.» Puis, la notion de cadeau, suggérée par le titre du livre alors ?« Bon, précisons-le tout de suite : le cancer n\u2019est pas un cadeau, pas pour moi, pas pour personne », insiste Sophie Reis en ajoutant que les cadeaux sont en fait ceux qui découlent de cette expérience.« Les cadeaux ce sont tous les apprentissages, ce sont toutes de belles rencontres que j\u2019ai faites.La soro- rité aussi, la solidarité féminine avec des femmes qui ont vécu la même chose que moi, l\u2019un des premiers cadeaux dans mon aventure.Ce que je retiens aussi c\u2019est que j\u2019ai moins peur.Exemple: avant quand j\u2019étais en retard pour une réunion, ça me faisait paniquer.Maintenant je me pose la question : Est-ce que je vais mourir ?Est-ce que ma vie est en danger ?Avant, faire des choix me faisait peur, comme celui de changer d\u2019emploi », dit celle qui a tout laissé pour écrire ce livre.« Je me souviens d\u2019une femme qui venait de recevoir son diagnostic et à qui j\u2019ai dit : Ça va bien aller.Tu vas voir, il va y avoir des cadeaux avec ce que tu vis.Ce à quoi elle m\u2019a répondu : Mais attend ! Moi, je souffre, je ne la trouve pas drôle.Un an plus tard, elle m\u2019a dit qu\u2019elle avait tout à fait compris ce que je voulais dire.Elle a reconnu les cadeaux.» 22 itineraire.ca 15 avril 2023 D A V I D H I M B E R T Outre les aspects médicaux et scientifiques du cancer, l\u2019auteure propose une panoplie de thérapies complémentaires qui répondent aux besoins de bien-être émotionnel et spirituel.Dans la section S\u2019outiller on retrouve des informations sur le yoga, la méditation pleine conscience, la jardinothérapie, la musicothérapie, entre autres.Elle aborde même les chakras, le Qi Gong et parle également du tarot, précisant toutefois en début de chapitre que ce ne sont que des propositions qui font partie de diverses façons de se faire du bien.S\u2019il est une chose qui a permis à la survivante de passer à travers cette épreuve, c\u2019est l\u2019amour.L\u2019amour et aussi la gratitude.Ses soignantes étaient ses anges, et son médecin, son radio-oncologue d\u2019amour.Elle a manifesté et clame dans son livre sa gratitude pour l\u2019amour de ses enfants, de sa famille et toutes les personnes qui ont fait partie de son entourage.Son livre est un véritable cadeau d\u2019amour pour les femmes qui reçoivent un diagnostic afin qu\u2019elles comprennent mieux ce qui se passe, mais il l\u2019est aussi pour le personnel soignant, afin qu\u2019il se mettent dans leurs souliers.« J\u2019ai le privilège d\u2019être guérie (jusqu\u2019à preuve du contraire).Oui, l\u2019après-cancer a été difficile.Pendant deux ans, j\u2019ai travaillé sans arrêt, j\u2019ai occupé mon cerveau à faire ce livre, ce qui a facilité cette période de ma vie.» Désormais de retour à la santé, Sophie Reis donne des ateliers et conférences tout en poursuivant sa carrière de consultante en innovation et en développement des affaires.Elle s\u2019implique aussi activement auprès de l\u2019organisme gardetescheveux.org.Elle siège à divers conseils d\u2019administration et comités et est ambassadrice pour la Fondation du CHUM, entre autres.De l\u2019énergie à l\u2019état pur ! Quelques liens : uncancerencadeau.com https://www.instagram.com/uncancerencadeau/ https://www.facebook.com/uncancerencadeau/ 23 itineraire.ca 15 avril 2023 D A V I D H I M B E R T Trouver sa bonne nouvelle Si tu veux du positif dans ta journée, il faut alle r le chercher.Un bon samaritain qui sauve une dame, on ne lit p as ça souvent.On peut aussi se les créer, nos bonnes nouvelles.T out est dans la façon de regarder les choses.SYLVAIN PÉPIN-GIRARD PARTICIPANT AIDE-CUISINIER On chialerait moins Y a pas assez de bonnes nouvelles.Les médias parlent toujours de la même chose, pendant une semaine.S\u2019il y en a vait plus, on ne chialerait pas autant.J\u2019aimerais avoir de bonnes nouvelle s de ma ville, qu\u2019on parle plus des belles choses qui se font à Montréal, p ar exemple.MARIO ST-DENIS CAMELOT MÉTRO MCGILL Une société plus heureuse Ça change d\u2019avoir des bonnes nouvelles.Moi je me fie à Google pour m\u2019informer.Mais en général, c\u2019est dur de t rouver du positif.Je pense que les médias influencent l\u2019humeur d es gens.S\u2019il y avait plus de bonnes nouvelles ça donnerait une soc iété plus heureuse.PASCAL ST-LOUIS CAMELOT D\u2019IBERVILLE / ROSEMONT ET MÉTR O PIE-IX Bonnes nouvelles ! Et si les médias publiaient plus de bonnes nouv elles ou optaient pour des angles médiatiques plus p osi- tifs, quelles conséquences cela aurait sur votre vie ?Les camelots nous donnent leur opinion sur le s ujet.J A C Q U E L I N E M U N G U I A itineraire.ca 15 avril 2023 24 Le mauvais attire le mauvais Les mauvaises nouvelles entraînent les mauvaises nouvelles.Si on prend le sujet de l\u2019environnement, par exemple, les jeunes ne veulent plus faire d\u2019enfants à cause des catastrophes climatiques.Je comprends ça, ils entendent depuis toujours que notre boule va mal.Et depuis la pandémie, j\u2019trouve que les médias sont encore plus négatifs qu\u2019avant.En contrepartie, les jeunes sont plus conscients de ce qui les entoure qu\u2019avant.GABRIEL BISSONNETTE CAMELOT BERRI-UQAM Déjà comme ça Moi j\u2019ai assez de bonnes nouvelles dans ma vie, mais dans les médias, je trouve qu\u2019il n\u2019y en a pas tant.De toute façon, je ne lis plus jamais ni La Presse ni le Journal de Montréal, parce que justement, ce ne sont que des mauvaises nouvelles.Plus jeune, je lisais les journaux, une ou deux heures par jour, et c\u2019était déjà comme ça : des mauvaises nouvelles, mais ça occupait mon temps quand j\u2019étais hospitalisée.MÉLANIE NOËL CAMELOT MARCHÉS IGA BALLANTYNE ET WELLINGTON / MÉTRO VERDUN Plus de joie et d\u2019encouragements Dans les médias, on entend pas souvent parler des personnes comme nous, les camelots ; des personnes qui travaillent fort pour s\u2019en sortir.Ça nous encouragerait d\u2019entendre des histoires comme ça.Sinon, qu\u2019on nous parle plus de nature, d\u2019animaux, de belles choses.Je ne sais pas pourquoi on a toujours besoin de répéter les mauvaises choses qui se passent.Je pense que la société serait plus joyeuse avec plus de bonnes nouvelles.MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRES DU NOUVEAU MONDE ET DU RIDEAU VERT 25 itineraire.ca 15 avril 2023 P H O T O S S I M O N B O L D U C 26 itineraire.ca 15 avril 2023 Sainte-julie Accueillir des enfants en grande difficulté, leur donner un toit, de l\u2019amour, des soins, mais surtout, une famille.C\u2019est ce que Marie-Josée Whalen et André Desjardins font au quotidien depuis 10 ans.Pour eux, être une famille d\u2019accueil pour ces enfants du « système », c\u2019est avant tout une histoire de partage.- Simon Bolduc chargé de projet journalisme 27 itineraire.ca 15 avril 2023 Ce proverbe cher à Marie-Josée Whalen pourrait résumer la philosophie de vie qui règne sous son toit.Elle et son conjoint, André Desjardins, ont trois chambres dans leur demeure, qui sont destinées aux enfants placés en famille d\u2019accueil.Depuis une dizaine d\u2019années, ils ont senti cet appel après avoir élevé leurs deux enfants aujourd\u2019hui âgés de 25 et 22 ans.Une aventure humaine qui, au fil des années, aura transformé le modeste bungalow en grande maison labyrinthique où tout le monde a sa place.« C\u2019est la maison du quartier qui accueille tout le monde, tu sais « LE spot ».Quand mes gars étaient plus jeunes, c\u2019était ici que leur gang venait dîner, où on dépannait des parents mal pris.J\u2019en ai gardé beaucoup des jeunes à souper et à coucher ! », se souvient Marie-Josée.La comptable de formation n\u2019a pas exercé ce métier bien longtemps : « Après deux ans au travail, je suis tombée enceinte de mon plus vieux.J\u2019étais incapable de l\u2019envoyer en garderie, alors je suis restée avec lui.Les années passaient, j\u2019ai décidé d\u2019aller étudier en petite enfance et c\u2019est là que j\u2019ai eu la piqûre.J\u2019ai eu une garderie en milieu familial et aujourd\u2019hui, après mes enfants et la garderie, en tant que famille d\u2019accueil, je réalise que ça fait plus de 20 ans que je suis toujours avec des enfants.» Devenir famille d\u2019accueil, c\u2019est « l\u2019appel » qu\u2019elle a eu après des années à « dormir là-dessus ».Elle en a parlé à son conjoint.Une décision d\u2019équipe.« Il me dit toujours : \u201csi tu me dis que c\u2019est correct, c\u2019est correct\u201d, dit-elle.Il faisait la salle de bain à l\u2019étage un jour et on a reçu un appel pour une petite fille.Il avait presque terminé, mais on avait besoin d\u2019une chambre de plus.Il m\u2019a tout simplement répondu : \u201c pas de problème, je bouche la plomberie et j\u2019enlève les plywoods, et au diable la salle de bain\u201d ».Celui qui pourrait prendre sa retraite continue de travailler comme mécanicien-soudeur dans les raffineries de l\u2019est de Montréal.« Des choix de vie », comme il dit bonnement, pour s\u2019assurer que personne ne manque de rien.Travail d\u2019équipe « Quand on a pris cette décision, on voulait s\u2019assurer que nos enfants étaients corrects avec ça, dit Marie-Josée Whalen.On a attendu qu\u2019 ils soient assez grands pour comprendre.» Chaque enfant de parents souhaitant devenir famille d\u2019accueil est rencontré individuellement par une équipe composée d\u2019intervenants psychosociaux et de psychologues.Un processus d\u2019une durée d\u2019environ six mois de « formulaires et d\u2019enquêtes de gauche à droite », se rappelle-t-elle, pour s\u2019assurer que les enfants sont aptes à recevoir d\u2019autres enfants sous le même toit.« Ils étaient 100 % disposés à être « frères d\u2019accueil ».Ils sont exceptionnels.On en a accueillis des enfants plus difficiles qui faisaient crise par-dessus crise, et ils ont toujours bien géré ça.Ils n\u2019ont jamais porté un jugement sur un enfant qui est passé ici.Ce sont vraiment des grands frères.Dans leur vie en général, ça leur a apporté beaucoup, je pense.Ils ne mettent jamais quelqu\u2019un dans un coin.Le plus bizarre de la classe, ils vont aller vers lui », raconte Marie-Josée.Il faut dire que les quatre membres de la famille ont l\u2019adaptation facile.Sans cette capacité, « c\u2019est perdu d\u2019avance », selon elle.La famille qui accueille présentement deux enfants sait de quoi elle parle.D\u2019un moment à l\u2019autre, le téléphone sonnera pour leur annoncer la venue d\u2019un troisième enfant : « Le téléphone peut arriver le matin, et le soir, l\u2019enfant dort ici.» Une famille à partager « On mérite ce que l\u2019on partage.» Loïc et Charlie Ça semble rapide ?Le petit Loïc, 2 ans et demi, est arrivé âgé de trois jours.L\u2019équipe chargée de la protection de la jeunesse du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) est venue déposer le nouveau-né chez Marie-Josée et André\u2026 deux heures suivant l\u2019appel.Marie-Josée s\u2019en souvient comme si c\u2019était hier : « La chambre n\u2019était pas prête, je n\u2019avais rien pour un enfant que ça fait 72 heures qu\u2019 il est au monde.Il était 16 heures, je préparais le souper, l\u2019école venait de finir, et le téléphone a sonné.J\u2019ai dit à André qu\u2019est-ce qu\u2019on fait avec ça ?» Deux heures plus tard, Loïc arrivait dans sa nouvelle famille avec rien d\u2019autre que le porte-bébé et le linge qu\u2019il avait sur lui.« Je suis partie au Jean-Coutu, j\u2019ai pris le plus de couches que je pouvais, raconte-t-elle.Je ne me souvenais plus comment faire avec des poupons.Je te dis que ça te chamboule un horaire.Du jour au lendemain, j'étais debout aux quatre heures la nuit.J\u2019ai appelé les autres parents que je connaissais pour du linge.Avec les années, on s\u2019est bâti un réseau d\u2019entraide.» En arrivant, Loïc est devenu le petit frère chéri de Charlie, 11 ans, qui elle est dans la famille d\u2019accueil depuis l\u2019âge de 3 ans.« La plupart des enfants qui sont passés ici arrivent carencés.Charlie, explique Marie-Josée, était nourrie de sucre et n\u2019avait aucun cadre.Ç\u2019a été compliqué au début, il y avait beaucoup d\u2019opposition, mais avec le temps je trouve tellement qu\u2019on a bien réussi avec elle.» Elle se rappelle d\u2019une petite fille apeurée : « Quand je l\u2019ai prise dans mes bras, il y a eu un choc électrique, ç\u2019a été\u2026 juste Wow ! » Accueillir et adopter Au Québec, il existe deux catégories de familles d\u2019accueil : la banque mixte et la famille d\u2019accueil dite « régulière ».Les enfants catégorisés en banque mixte sont à haut risque d\u2019abandon et n\u2019ont que très peu de chances de revoir leurs parents biologiques.Ils sont à la recherche d\u2019une famille « d\u2019adoption » plutôt que « d\u2019accueil ».Les enfants placés en famille d\u2019accueil régulière, comme celle de Marie-Josée Whalen et d\u2019André Desjardins, peuvent faire un séjour à court, moyen, et rarement, à long terme.Ils sont considérés comme ayant de fortes chances de retourner dans leur famille biologique.Pour Charlie et Loïc, l\u2019histoire est toutefois différente.Pour la première fois en tant que famille d\u2019accueil, le couple s\u2019est lancé dans un processus d\u2019adoption.Toutes les conditions étaient réunies, dont la plus importante : la confirmation que la famille biologique n\u2019était pas en mesure de recevoir l\u2019enfant et ce, de manière définitive.Les papiers sont remplis, les dossiers sont complets, ils sont actuellement dans l\u2019attente d\u2019une décision officielle.28 itineraire.ca 15 avril 2023 Jusqu\u2019à 18 ans Si un enfant est placé en banque régulière, il se peut que le lien avec ses parents biologiques soit instable pendant des années, et ce, jusqu\u2019à l\u2019âge de sa majorité.Dans ce cas, l\u2019enfant ne sera pas placé en banque mixte pour l\u2019adoption et restera donc en famille d\u2019accueil toute sa jeunesse.« En dehors de la possibilité d\u2019adopter, comme famille d\u2019accueil régulière, on peut avoir un enfant jusqu\u2019à 18 ans, c\u2019est un projet de vie, dit-elle.La différence c\u2019est que l\u2019enfant ne porte pas ton nom et qu\u2019à 18 ans, si je fonctionnais by-the-book, je pourrais lui demander de partir puisqu\u2019 il serait majeur aux yeux du système.Je serais incapable de le faire même si je n\u2019étais plus en obligation de répondre à ses besoins.» Plein d\u2019histoires En 10 ans, les Whalen-Desjardins ont accueilli 12 enfants.Toutes et tous des enfants aux histoires et aux besoins différents.Comme famille d\u2019accueil régulière, il arrive qu\u2019ils doivent non seulement s\u2019occuper de l\u2019enfant, mais aussi des parents, avec l\u2019encadrement des services sociaux.Marie-Josée se souvient d\u2019une histoire particulièrement marquante : « J\u2019ai eu un petit garçon pendant neuf mois, le temps que la maman se prenne en main.J\u2019ai travaillé avec la maman, elle m\u2019appelait, je l\u2019aidais.Au début, elle me détestait.C\u2019est normal, j\u2019étais la personne qui prenait son enfant.Je l\u2019ai rassurée dès le départ.Je lui ai dit : \u201c Je ne te remplacerai jamais, je veux juste lui offrir une belle année, un beau Noël, une belle fête, et pendant ce temps, prends soin de toi.\u201d Dans son cas, c\u2019est une belle histoire.Au bout des neuf mois, il est reparti chez maman.Ça fait trois ans de ça et depuis ce temps, on est toujours invité à sa fête et on s\u2019appelle souvent.» Elle se souvient aussi d\u2019un ado qui est arrivé chez elle à 12 ans et qui en a 20 aujourd\u2019hui.Un passage rapide sous son toit, mais qui a été marquant pour elle et André : « Ce n\u2019était pas un enfant facile lui, oh non ! Aujourd\u2019hui, je le regarde aller de loin, on a gardé un contact.Il fait sa vie.En le suivant sur les réseaux sociaux, dans ses commentaires, ses réactions, je me dis qu\u2019 il est parti de chez nous avec quelque chose de positif.Je pense qu\u2019on a semé quelques graines qui ont germé.Il ne fait pas toujours les mauvais choix.» Elle raconte cette histoire sourire en coin, comme si elle était encore complice de cet ado mémorable au parcours houleux.Depuis un mois, la chambre servant à recevoir le troisième enfant est libre.Ils ont accueilli ce qu\u2019on appelle dans le jargon un « court terme », ce qui représente habituellement un passage de trois à quatre mois le temps que la famille biologique soit en mesure de reprendre l\u2019enfant.« Ça peut être les parents qui vont mieux, qui se stabilisent, où la grand- maman, par exemple, qui décide de prendre l\u2019enfant.C\u2019est toujours différent d\u2019un cas à l\u2019autre.Quatre mois, c\u2019est moins pire qu\u2019un enfant qui reste deux ans.C\u2019est difficile de se détacher, même si le CISSS nous répète toujours de ne pas s\u2019attacher aux enfants », confie-t-elle.29 itineraire.ca 15 avril 2023 Bigénérationnel Famille d\u2019accueil, c\u2019est vraiment le cas de le dire, puisqu\u2019en plus des enfants, réside avec eux la mère de Marie-Josée Whalen.La grand-maman, en quelque sorte, de tous les petits et moins petits qui passent ici.Une grand-mère de proximité, puisqu\u2019il suffit à Loïc de pousser la porte adjacente à la salle de jeu pour lui rendre visite.« On vit comme ça, tout le monde ensemble.Le matin je prends mon café et je vois mon petit Lou arriver », dit-elle.Marie-Josée se souvient qu\u2019après avoir parlé à André concernant la venue de Loïc, à trois jours, sa mère a été consultée immédiatement après : « Elle était partante, elle m\u2019a dit oui, let\u2019s go.Je ne pourrais pas faire ça sans soutien.Tout ça, c\u2019est peut-être cliché de le dire comme ça, mais c\u2019est avant tout une histoire de famille.» Le soutien du système Une chance qu\u2019elle a ce soutien puisqu\u2019elle se sent parfois seule au monde.Des ressources, il y en a très peu.Pour elle, il faut quelqu\u2019un qui soit prêt à aller au-devant des choses, qui n\u2019attende pas après le système et qui le fait par passion.Devenir famille d\u2019accueil, ça implique aussi de gérer les demandes de besoins particuliers, les conflits à l\u2019école, les rendez-vous médicaux, les loisirs, les bulletins, les rencontres de parents\u2026 « C\u2019est comme ton enfant, c\u2019est la même même gestion », Marie-Josée.Elle et André reçoivent régulièrement la visite d\u2019intervenants du CISSS de le Montérégie-Est qui font leur suivis habituels.Ils peuvent intervenir auprès de l\u2019enfant à la demande des familles.Outre le réseau de la santé et des services sociaux, la famille d\u2019accueil peut compter sur la Fédération des familles d\u2019accueil et des ressources intermédiaires du Québec (FFARIC).« C\u2019est une forme de syndicat.Ils m\u2019aident en ce moment à organiser une conférence de Nancy Audet, marraine de la Fondation des jeunes de la DPJ, explique Marie-Josée.Plus concrètement, ils m\u2019ont soutenue lorsque j\u2019ai demandé à ce que les intervenants revoient la cotation d\u2019un enfant en lien avec ses besoins.Son évaluation ne reflétait pas ses réels besoins.» Un soutien du réseau qui sera différent selon ce que l\u2019enfant demande en termes de ressources.Financièrement, Marie-Josée Whalen croit que le « salaire » qu\u2019ils reçoivent par enfant est loin de refléter la réalité.Il faut, considère-t- elle, avoir d\u2019autres moyens, ou dit autrement, « les moyens » : « Je connais plein de familles qui pourraient être de très bonnes familles d\u2019accueil, mais les moyens financiers ne sont pas au rendez-vous.Tu peux vouloir aider, mais tu ne le peux pas nécessairement.Il ne faut pas tirer le diable par la queue pour arriver, c\u2019est pas mieux.» Il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019elle et André se donnent à 100 % dans ce rôle, en dehors des obstacles et des méandres du système.Un « package deal » comme le dit Marie-Josée, qui implique de prendre l\u2019enfant comme il arrive et de faire de son mieux avec.30 itineraire.ca 15 avril 2023 Ma vie de jeune adulte Mes 18 ans ont été une révélation.Tout à coup je pouvais faire tout ce que je voulais, légalement, l\u2019autorité parentale n\u2019était plus valide.J\u2019ai commencé à travailler dans la restauration, j\u2019étais plongeur au début et par la suite bus boy et cuisinier.Puis, j\u2019ai vécu l\u2019expérience la plus excitante de toute ma vie : je suis parti à Banff sur un coup de tête sans avertir personne.Évidemment pendant tout ce temps je fréquentais les bars et, petit à petit, je consommais davantage de drogue et d\u2019alcool.L\u2019expérience de mon voyage à Banff a été révélatrice, les Rocheuses canadiennes sont magnifiques et surtout c\u2019était loin de chez moi ! Quand je suis arrivé là-bas j\u2019ai appelé ma mère et elle pleurait, elle s\u2019inquiétait pour moi, mais elle s\u2019est habituée parce que je suis reparti encore trois fois par la suite.J\u2019ai travaillé comme cuisinier pendant plusieurs mois et je me suis considéré comme chanceux de vivre dans ce paradis sur terre.Mon diagnostic À mes 22 ans, j\u2019ai fait une psychose.C\u2019est au cours de cette première hospitalisation, que j\u2019ai reçu un diagnostic de schizophrénie.J\u2019ai vécu une autre psychose par la suite.Au début, j\u2019ai été hébergé dans des résidences.J\u2019ai été pris en charge, mais j\u2019ai continué à consommer et de plus en plus.À un moment donné, j\u2019ai touché le fond du baril et j\u2019ai décidé de me prendre en main.Aujourd\u2019hui, j\u2019ai 12 ans d\u2019abstinence de drogue et d\u2019alcool.Je suis très impliqué dans le domaine de la santé mentale avec le communautaire et j\u2019ai la chance de recevoir une formation journalistique à L\u2019Itinéraire.Peu importe le vécu, aussi traumatisant qu\u2019il puisse être, il ne faut jamais abandonner ! La persévérance et la résilience peuvent nous mener sur des chemins insoupçonnés.Mon enfance Ma mère m\u2019a mis au monde quand elle avait 18 ans.Sans figure paternelle, elle a assumé seule la responsabilité de s\u2019occuper d\u2019un enfant en bas âge.Elle a porté mon enfance à bout de bras et elle s\u2019est battue pour me donner ce qu\u2019un parent doit donner à ses enfants.Dès mon plus jeune âge, j\u2019avais des symptômes d\u2019hy- peractivité, j\u2019étais un enfant turbulent et mon enfance a été tumultueuse, et pour moi, et pour ma mère.Elle a fait des pieds et des mains pour consulter des professionnels, qui, plus tard dans ma vie, m\u2019ont diagnostiqué TDAH (trouble déficitaire de l\u2019attention avec hyperac- tivité).À mes six ans, je suis placé dans une famille d\u2019accueil car ma mère est au bout du rouleau.Elle avait besoin de repos.Elle était trop jeune.J\u2019ai connu des familles et des centres d\u2019accueil une bonne partie de mon enfance et de mon adolescence.Mon adolescence Mon adolescence n\u2019a pas été bien différente de mon enfance en termes de difficultés, mais je peux dire qu\u2019une chose m\u2019a sauvé et c\u2019est sans équivoque : les cadets de l\u2019air ! Ils étaient très importants pour moi.Ils m\u2019ont appris la discipline, la droiture, l\u2019obéissance à l\u2019autorité, la débrouillardise.J\u2019ai appris la musique (le tuba dans la fanfare), j\u2019ai appris la survie en forêt, le secourisme, la marche militaire.Ainsi, J\u2019ai obtenu le grade de caporal et le titre de meilleur cadet de la musique deux années consécutives, ce qui n\u2019est pas rien ! Mais, cette période de ma vie m\u2019a fait connaître l\u2019alcool et la drogue.Comme la plupart des adolescents, j\u2019ai fait mes premières expériences avec des amis de mon âge et j\u2019ai tout de suite aimé ça.Je contestais l\u2019autorité parentale, je n\u2019écoutais pas à l\u2019école et j\u2019avais un mal de vivre que ces substances me faisaient oublier.Participant assistant-journaliste Camelot marché Metro, chemin Chambly Longueuil Par Gabriel Lavoie Récit 31 itineraire.ca 15 avril 2023 Une opportunité insoupçonnée En mai dernier, il y a presque un an, j\u2019ai eu la chance de faire un stage en journalisme à La Presse.J\u2019ai adoré mon expérience et j\u2019ai réalisé que c\u2019est ce que je voulais faire de ma vie.J\u2019en ai parlé à Josée, la rédactrice en chef de L\u2019Itinéraire, et elle m\u2019a offert un stage dans l\u2019équipe de la rédaction.J\u2019ai mon bureau à côté d\u2019eux, je les vois travailler et ils sont là pour m\u2019aider.J\u2019ai participé à une première réunion de la rédaction.Je les ai vus travailler ensemble et non pas individuellement.C\u2019est un vrai travail d\u2019équipe.Tous sont au courant du contenu du magazine qui est partagé de A à Z.J\u2019apprends les rudiments du métier dans le but de devenir compétent.Je veux recommencer à travailler normalement, comme tout le monde.Mais avant, je dois apprendre à écrire de façon efficace et à augmenter ma vitesse pour respecter les échéances.J\u2019organise mon travail de façon autonome et ça, c\u2019est important pour moi.On m\u2019attribue des tâches, mais je gère mon temps.Je rédige présentement la section « Espace sciences » du magazine.Récemment, j\u2019ai dirigé ma première vraie entrevue, un défi très stimulant.La maladie et la consommation abusive m\u2019ont éloigné du marché du travail mais depuis mon rétablissement, j\u2019ai appris à avoir une routine et à fonctionner normalement.Parfois la vie est difficile, mais il arrive aussi de belles choses insoupçonnées.Je me dis : « Peu importe ce que tu vis en ce moment, n\u2019oublie pas que ta patience finira par payer.Parfois, il faut vivre le pire pour avoir le meilleur.» GABRIEL LAVOIE CAMELOT MARCHÉ METRO, CHEMIN CHAMBLY À LONGUEUIL Determined to get things done This past year has been challenging for my household, because my father died in the spring of 2022 and things changed suddenly.Now we are three people living at home instead of four and the leader of the family is gone.I\u2019ve had to be strong and handle the legal procedures, which took some time to do, especially on my days off.I was determined and persistent to get things done, but the last thing to do was to see the notary.Now we\u2019re carrying on with life, my mother stays at home and does the cooking, cleaning and keeps in touch with family and friends.She doesn\u2019t cook all the special dishes as often like spanakopita, which is a spinach pie, pastitsio, which contains macaroni and meat sauce and gogges, which is a type of macaroni curled up by hand.I also help her sometimes to cook certain simpler dishes.My brother and I work selling L\u2019Itinéraire magazine five days a week at the Atwater Market.It\u2019s better for us to get out of the house and talk with different people for our state of mind.Three different friends Costa, Carl and Sylvain come to visit me while I\u2019m working and we have coffee together and chat for a while.I feel good while I\u2019m doing the job and strive to have a great day.I need to be there for my brother who has a lear-ning disability.I drive him to work and we comfort each other while working.Now that our father is gone, my brother feels the need to get out of the house more often than before and has increased his work hours.He feels more tired than me, because his legs hurt from past jobs.I have to be strong and focused, because my mother is getting older and is forgetting things.I have to make sure that the bills are being paid on time and keep important documents in a safe place.My mother has stopped doing the grocery shopping even before my father died, but I continue doing it every week with my friend Carl.For me to carry on and be strong is to believe in God, live right and help others.That\u2019s the only way I will live a fulfilling life.BILL ECONOMOU VENDOR AT ATWATER MARKET Un cocktail de tout et de rien Depuis la Covid, j\u2019ai l\u2019impression que beaucoup de choses ont changé.Il y a plus de violence.Il y a moins de monde dans les restaurants, plusieurs ont fermé.Ceux qui restent ferment de bonne heure.Les personnes sans-abri sont plus nombreuses.Il n\u2019y a pas assez de logements et ils sont chers.Un petit une pièce peut coûter presque mille dollars.Sur mon spot de vente il y a pas mal d\u2019action ! Plusieurs personnes quêtent, certains jouent de la musique, d\u2019autres dorment.Tous les prix ont augmenté : les fruits et les légumes sont plus rares à cause des problèmes climatiques aux États-Unis.Les banques alimentaires manquent de nourriture et sont obligées de rationner.Quand je vais magasiner, pas mal de tablettes sont vides, même dans les magasins ordinaires.J\u2019ai hâte à l\u2019été.Les activités vont recommencer, les festivals, les spectacles, le karaoké à la place Émilie-Gamelin.C\u2019est le temps des vacances, des pistes cyclables, des baignades et des promenades.On s\u2019amuse, quoi.En attendant, faut que je fasse le ménage des armoires\u2026 si ça me tente ! Petit secret entre nous : il y a des années que je passe tout droit pour le ménage ! NICOLE GIARD CAMELOT MÉTRO LONGUEUIL 32 itineraire.ca 15 avril 2023 En exclusivité dans L' Itinéraire ! NOUVEAU ! Frigo revit sous la plume de Francis Ouellette, populaire auteur de Mélasse de fantaisie.Sous forme de roman-feuilleton, suivez les tribulations du sympathique itinérant et des personnages bigarrés du Centre-Sud dans SIROP DE POTEAU.Dans les éditions du 1er du mois, à compter du 1er mai.Ne manquez pas ça ! Visite du maire de Québec à L\u2019Itinéraire Maire de Québec depuis un peu plus d\u2019un an, Bruno Marchand présidera le sommet sur l\u2019itinérance de l\u2019Union des municipalités du Québec qui se tiendra cet automne.En pleine campagne électorale pour la mairie de Québec, il n\u2019a pas hésité à se prononcer sur la question, chose que peu de maires ont fait avant lui.À l\u2019aube de sa visite en Finlande, au Danemark et en Suède en compagnie des maires de Granby et de Laval, il a fait un arrêt à L\u2019Itinéraire pour nous parler de ses objectifs.Le maire Bruno Marchand, maire du Québec en compagnie de Luc Desjardins, d.g.de L'Itinéraire.Yseult Picard journaliste dossiers société En 2018, la ville de Québec a recensé 545 personnes itinérantes dans la capitale.On connaîtra cette année l\u2019impact de la pandémie et de la hausse des prix des loyers sur l\u2019itinérance.Pourquoi avez-vous pris position officiellement sur l\u2019itinérance?J\u2019ai réalisé que ma vie avait du sens quand je travaillais à Centraide, en prévention du suicide.J\u2019ai fait une bonne partie de ma vie professionnelle dans le communautaire et le monde de l\u2019éducation où j\u2019étais « travailleur de corridor ».J\u2019intervenais auprès des élèves les plus vulnérables.J\u2019en suis sorti avec une certitude : certains enjeux sociaux ne sont pas des fatalités.L\u2019iti- nérance n\u2019est pas une fatalité.Concernant les politiques publiques, en quoi c\u2019est bon de se familiariser avec ce qui se fait ailleurs?C\u2019est intéressant d\u2019apprendre des autres pays.Si on voit qu\u2019on a pu faire des choses ailleurs, on l\u2019adaptera à nos villes.Les gens critiquent en disant : « nous ne sommes pas Paris, nous ne sommes pas la Finlande » \u2026 Bien sûr qu\u2019à Helsinki en Finlande, ce n\u2019est pas les mêmes règles, pas les mêmes pouvoirs, pas les mêmes habitudes, mais ils sont quand même partis de 3665 lits d\u2019urgence, dans les refuges dans les années 1970 [pour les placer en logement] à 170 lits d\u2019urgence en 2011.Pour moi ça montre que c\u2019est possible de prendre soin du monde.parle d\u2019itinérance Bruno Marchand itineraire.ca 15 avril 2023 35 L'objectif initial de la politique Housing First (Le logement d\u2019abord) lancé en 2008 était de créer 2500 nouveaux logements en Finlande.Il en a créé 3500.Le nombre de sans-abri de longue durée a diminué de plus de 35?% et à Helsinki, la capitale, il ne reste qu'un centre d'hébergement de nuit de 50 lits.Les températures hivernales peuvent descendre jusqu'à -?20°C.La politique est maintenant connue et appliquée dans plusieurs pays et consiste à faire passer rapidement les personnes sans domicile à un logement stable et à long terme, assorti d'un accompagnement.Plusieurs études et expériences montrent que cette politique permet de réduire considérablement les coûts d\u2019hospitalisation et de judiciarisation.Voir ce qui se fait ailleurs, ça permet d\u2019accélérer certains processus comme celui de l\u2019aménagement des rues autour des écoles.Je crois qu\u2019il y a plus de 250 rues à Paris qui ont été aménagées de façon à améliorer la sécurité, soit en empêchant la circulation, soit en créant des aires de jeux, soit en verdissant.Et c\u2019est ce qui va se faire ici.Donc leur exemple aura servi.Et puis ici aussi il y en a des histoires à succès : l\u2019organisme Porte-clés à Québec a sorti des dizaines de personnes de la rue en créant des ponts avec le logement, la santé mentale, le travail, l\u2019engagement social.Chez nous aussi il y a de bons exemples dont on peut s\u2019inspirer.En janvier dernier, je me suis rendu à Vancouver : c\u2019est catastrophique ce qu\u2019ils vivent là-bas dans le quartier Downtown Eastside, c\u2019est devenu hors de contrôle.Je trouve ça facile pour les politiciens d\u2019attendre que le problème s\u2019amplifie, qu\u2019il y ait une plus grande exposition médiatique, parce que ça donne la légitimité pour intervenir.Lorsqu\u2019il y a une crise, c\u2019est facile de débloquer des budgets parce qu\u2019il faut agir avec force.Moi je n\u2019y crois pas.Parce que le jour où on sera rendu là, on va pénaliser tout le monde, on aura attendu trop longtemps.Plus de gens sans-abri, c\u2019est plus de gens dans le besoin.Downtown Eastside est l\u2019un des quartiers les plus pauvres au Canada aux prises avec un grave problème d\u2019itinérance et de consommation d\u2019opioïdes.RUE ABRI DE NUIT LOGEMENT LOGEMENT DE TRANSIT H O U S I N G F I R S T 36 itineraire.ca 15 avril 2023 Vous avez vécu une situation difficile à Québec avec la fermeture de l\u2019organisme Le Local?Oui parce que les groupes communautaires ont trouvé ça dur, ça été une décision du CIUSSS, pas de la Ville.Finalement, la Ville a décidé de louer le sous-sol de l\u2019église Saint-Roch \u2014 reconnu comme un pilier dans la vie communautaire du quartier \u2014 pour en faire un futur lieu d\u2019accueil pour ces personnes, mais qui hébergera aussi d\u2019autres organismes.En attendant, on a d\u2019autres endroits dont La Cheminée nocturne qui a emménagé à l\u2019intérieur du Café rencontre.On peut dire que, toutes proportions gardées, la situation de l\u2019itiné- rance à Québec est similaire à celle de Montréal.Une situation qui amène plusieurs à tolérer qu\u2019il y ait des personnes dans la rue.Parce que les citoyens sont entre deux eaux : beaucoup d\u2019intolérants, mais aussi beaucoup de gens qui tolèrent la situation, mais qui sont malheureux parce qu\u2019ils voient les conséquences.Ils ont peur pour leurs enfants, par exemple.Une fois que la peur s\u2019installe, ça devient super dur de traiter les problèmes sociaux avec des réactions extrêmes.C\u2019est mieux d\u2019agir en amont avec respect, avec humanité, avec la lenteur que ça prend pour régler des enjeux sociaux de ce type et qui rendent la cohabitation difficile dans les quartiers.Ouvert en décembre 2020 au plus fort de la pandémie, Le Local était un lieu d\u2019accueil dit «?à haut seuil d\u2019acceptabilité?».Il était géré par le Projet Intervention Prostitution Québec (PIPQ) et logeait au sous-sol de l\u2019église Saint-Roch.Le maire Marchand veut convaincre le gouvernement du Québec d'agir plus efficacement pour diminuer l'itinérance dans les municipalités.37 itineraire.ca 15 avril 2023 D\u2019accord, mais concrètement, que devraient faire les municipalités?Une fois qu\u2019on a pris cet engagement politique de s\u2019occuper des sans-abri, après le reste suit.La question des coûts pour loger les sans-abri, c\u2019est un faux problème.Je pose la question : combien ça coûte présentement, les appels à la police, les services d\u2019ambulanciers, les coûts hospitaliers, la sécurité, les problèmes de santé, les refuges ?C\u2019est sûrement plus cher ou le même investissement qu\u2019un appartement.Et puis une fois que tu as un appartement tu peux être suivi, soutenu, tu peux te mettre en mouvement, te prendre en main.Nous, on a proposé sept mesures au ministre de l\u2019Habitation pour endiguer la pénurie de logements abordables.Ça ne suppose pas juste d\u2019en créer, ça suppose d\u2019arrêter d\u2019en perdre\u2026 et aussi de changer la loi concernant les unités d\u2019habitation accessoires.C\u2019est-à-dire que les gens pourraient transformer un garage en studio pour loger un proche par exemple, pour se créer une source de revenu additionnel.Ce n\u2019est pas la panacée, mais il faut une multitude de solutions pour pallier la crise actuelle dont celle de protéger des espaces déjà construits, qui pourraient être utilisés pour des logements abordables.La ville de Vienne en Autriche compte plus de 420?000 logements sociaux et communautaires, où habite 60?% de la population.À Montréal, une ville de taille semblable, on en compte 61?654, dont 34?% sont des HLM.Logements sociaux à Vienne.Que peuvent faire les municipalités et les quartiers face à l\u2019augmentation du nombre de personnes itinérantes?Les villes n\u2019ont ni rôle ni responsabilités légales de s\u2019occuper de l\u2019itinérance.Elles ne reçoivent aucun financement, on peut le voir dans le dernier dépôt du budget.Difficile pour le quartier de se prendre en main.Le quartier est à la merci de plus grand que lui.Ce qu\u2019il faut pour s\u2019assurer de traiter le problème en amont, c\u2019est un filet social, avec des groupes communautaires qui sont en mesure d\u2019aider le monde.Regardez les villes dans le monde qui réussissent : l\u2019exemple de Vienne est très intéressant.38 itineraire.ca 15 avril 2023 Pourquoi êtes-vous entré en politique?J\u2019ai toujours eu une relation amour-haine avec la politique.Amour parce que je crois qu\u2019elle a des leviers pour changer les choses.Haine parce que ce n\u2019est pas si facile que ça.Certains le font pour leur égo.Pour moi la vie n\u2019a de sens que si je contribue à quelque chose de plus grand que moi, à une communauté.Je pourrais travailler dans d'autres domaines.Je pourrais m\u2019épanouir ailleurs, mais les gens me reconnaissent du leadership, une capacité à mobiliser.Il faut que ça serve à quelque chose de bien, et puis mon parcours m\u2019a fait réaliser que faire de la politique municipale, c\u2019est un lieu extraordinaire pour changer les choses.Pourquoi un sommet sur l\u2019itinérance?Parce qu\u2019on est plus forts en groupe, parce qu\u2019on le vit tous\u2026 Quand des villes comme Granby sont aux prises avec des campements : tu fais quoi ?Quand la mairesse de Val-D\u2019or travaille avec une itinérance autochtone, quand Drummondville doit aussi composer avec de plus en plus de sans-abri, ils regardent dans leur coffre à solutions, et il n\u2019y a à peu près rien : il y a la police, mais la police tu ne la contrôles pas, elle est autonome et dans certaines villes ou villages c\u2019est la Sûreté du Québec.Si tu as de bons liens avec les CIUSSS, tu peux faire des choses intéressantes.Mais si tu n\u2019as pas de liens, c\u2019est autre chose, parce que dans certaines villes, la relation avec le CIUSSS peut être extraordinaire ou complètement pourrie.Lorsqu\u2019ils arrivent à faire des projets ensemble c\u2019est qu\u2019ils ne se préoccupent pas seulement de leur mission propre, ils apportent de vraies solutions.Les ressources ne seront jamais illimitées, l\u2019itinérance devrait être une priorité : ça suppose du logement, de l\u2019accompagnement, des mesures comme des travailleurs de rue, des groupes communautaires qui sont capables d\u2019accueillir, qui travaillent pour les aider à trouver leur voie, de trouver de la formation, d\u2019en faire des citoyens actifs, heureux.Quand le rapport sur les enfants de la DPJ est sorti, on a appris que sur 2000 « adultes » qui sortent chaque année, 666 risquent de devenir sans-abri.Comment se fait-il que personne ne s\u2019indigne ?Je ne comprends pas.En somme on les connaît déjà les coûts de l\u2019itinérance : l\u2019alcoolisme, la dépendance, et de nombreux problèmes de santé.Un individu qui contribue à quelque chose qui a du sens, déjà la communauté est plus forte, et ce, avant même qu\u2019il travaille ou paie des taxes.Celui-ci peut travailler quelques heures par semaine, s\u2019épanouir s\u2019il fait quelque chose qui a du sens pour lui.L\u2019être humain cherche à donner du sens à quelque chose qui est plus grand que lui, à contribuer.Moi je refuse de dire que ce n\u2019est pas possible pour tous de trouver cela.Au rendez-vous de l\u2019UMQ sur l\u2019itiné- rance en septembre, on va en parler, on va remettre ça à l\u2019agenda.Tous les maires vont être là, et on ne peut pas se permettre d\u2019attendre des années pour que ça change.39 itineraire.ca 15 avril 2023 40 itineraire.ca 15 avril 2023 par Karine Bénézet Journaliste, responsable de la formation Lâchez pas, les gars ! François Cardinal était un « élève désespérant » aux yeux de ses enseignants.Un cancre, disait-on à cette époque\u2026 révolue ?C\u2019est ce qu\u2019il raconte dans Lâchez pas, les gars !, ce même François Cardinal qui aujourd\u2019hui est éditorialiste respecté, éditeur adjoint et vice-président Information pour La Presse.Autant de titres qui n\u2019ont malgré tout jamais effacé la honte d\u2019avoir été un très mauvais écolier.Son histoire met la table à 11 autres récits de même acabit, portés par Marc Séguin, Stanley Vollant, Alexandre Taillefer\u2026 Une superposition de résumés de vie qui, sans prétention, démystifie l\u2019échec scolaire, le décrochage, rompt avec la notion de cancritude ; parle du rôle des adultes qui, un jour, réussissent (ou pas) à insuffler aux jeunes la motivation de persévérer.Une lecture qui fait du bien, et dans l\u2019air du temps : celui de questionner les méthodes d\u2019enseignements, de valoriser les expériences parascolaires, d\u2019inclure les atypies, de regarder autrement les méthodes d\u2019évaluation et de classification des élèves\u2026 Mais face à ce feel good se posent quelques bémols.Certes, l\u2019école ne sait pas toujours aider ses élèves à connaître et exprimer leur potentiel.Il serait cependant romanesque (bien qu\u2019agréable) de croire que la réussite ne tient qu\u2019à quelques bonnes rencontres bien timées, qu\u2019à la motivation d\u2019apprendre, ou qu\u2019au soutien de quelques profs encourageants.Ce serait écarter ceux et celles qui ne brillent pas, parce que englués dans la réalité systémique des inégalités sociales, de la culture de la pauvreté ou encore du mythe de la méritocratie.Alors qu\u2019ont en commun les raconteurs de Lâchez pas, les gars ?« Ils ont tous eu beaucoup de difficulté à l\u2019école, au point de décrocher pour plusieurs, que ce soit par rébellion, par ennui, pour cause d\u2019hy- peractivité, de pression ou d\u2019anxiété », peut-on lire sur la quatrième de couverture.Ils ont également, \u2014 pour la plupart \u2014 eu un socle social solide et stable pour grandir et s\u2019épanouir autrement qu\u2019à travers l\u2019offre scolaire.Cela dit, ce livre en est un à écouter, sans aucun doute ! Ne serait-ce que pour s\u2019inspirer des parcours sinueux, mais réussis des auteurs.Lâchez pas, les gars ! De François Cardinal, lu par Martin Larocque Éditions La Presse, musique et voix, 3 h 7 min Merci à Narra, la première et l\u2019unique plateforme québécoise dédiée au livre audio d\u2019ici pour sa participation à la réalisation de cette chronique.Ru Écrit et lu par Kim Thuy Éditions Libre Expression, 2021, 2 h 57 min Écrit sur un ton féminin, sensible et très original, Ru dénote un grand talent dans l\u2019art de raconter, où le souvenir devient prétexte tantôt au jeu, tantôt au recueillement.L\u2019ouvrage est composé de très courts textes liés un peu comme dans une ritournelle.Ru présente le récit intimiste d\u2019une survivante, oscillant entre le tragique et le comique, entre le prosaïque et le spirituel, qui contient toute la grandeur de la vie.Soigner du nord au sud Écrit et lu par Danielle Perreault Éditions Québec Amérique, 2021, 8 h 53 min Danielle Perreault a 9 ans la première fois qu\u2019elle souhaite s\u2019expatrier : son père s\u2019est fait offrir un poste à la nouvelle Université du Rwanda et, pour elle, c\u2019est tout décidé : ils partent en Afrique ! Mais son père, à sa grande déception, refuse.Dix ans plus tard, toujours attirée par l\u2019aventure, elle part enseigner au Togo.Elle reçoit un salaire de vingt dollars par mois, mais elle est logée, nourrie, et on lui fournit la mobylette.Que demander de plus ?! Il se voyait déjà - Aznavour et le Québec De Mario Girard, lu par Patrice Coquereau Éditions La Presse, 2021, 5 h 44 min En novembre 1948, un jeune artiste français de 24 ans débarque à Montréal.Il a pour nom Charles Aznavour.Poussé par Édith Piaf, il y vient avec son fidèle compagnon Pierre Roche dans l\u2019espoir de remplir un engagement parmi d\u2019autres.Alors qu\u2019il est boudé dans son pays d\u2019origine, la France, un véritable coup de foudre se produit entre lui et les spectateurs québécois.Cette improbable histoire d\u2019amour est celle que raconte le journaliste Mario Girard.La route de l'impossible Écrit et édité par Audrey Lessard, lu par Chantal Fontaine, Nicholas Charbonneaux 2022, 16 h 45 min Audrey est née sourde.Pourtant ses amis, pour la plupart, sont des personnes entendantes.Et depuis l\u2019enfance jusqu\u2019à ce jour, tous communiquent sans problème avec Audrey.Fille unique, ses parents se sont acharnés dès l\u2019âge de trois mois à lui dresser un programme qui la mènerait à pouvoir vivre dans le monde des entendants. Épisode 4 dans le magazine du 15 mars 2023 P a r N a m r o n C a m e l o t P J C b o u l .M o n k / P h a r m a p r i x O u t r e m o n t n o r m a r t m u s i c @ y a h o o .c a Humoriste 43 itineraire.ca 15 avril 2023 Les propos exprimés dans cette chronique n'engagent que l'auteur.Antoine Durocher Les oiseaux\u2026 Ah ! Le printemps ; le renouveau, la clarté, mais surtout\u2026 les oiseaux.À la fonte des neiges, les oiseaux reviennent profiter de la saison estivale avec nous.Les gens d\u2019ici et les oiseaux ne sont pas si différents lorsque l\u2019on s\u2019y attarde.On aime l\u2019eau, la nourriture, les grands espaces\u2026 pourquoi alors ai-je l\u2019impression que nous sommes si déconnectés de nos confrères et consœurs à plumes ?À quel moment dans l\u2019histoire, nos chemins se sont séparés ?Les oiseaux ont aussi des pattes Les humains marchent considérablement plus souvent que les oiseaux.Pourtant bipèdes, ces derniers ne sont que très rarement aperçus dans les espaces urbains dédiés aux piétons.ATTENTION ! Est-ce que tout bipède est piéton ?« Pas pour moi ! » m\u2019a répondu Jean Goglu, le propriétaire du Café L\u2019Épervier.« Si les municipalités traitaient les oiseaux comme des citoyens ou citoyennes, on verrait des pictogrammes d\u2019autruche dans les corridors scolaires !», dit-il en riant.La référence de M.Goglu m\u2019a aussi fait sourire.Certains oiseaux ne donnent cependant pas leur place en matière de marche.J\u2019estime que l\u2019autruche représente le bouc émissaire lorsque vient le temps d\u2019assumer l\u2019athlétisme d\u2019un plumé.Les autruches ont seulement quatre doigts, mais peuvent atteindre une vitesse de 90 km / h.À titre de comparatif, Usain Bolt, le sprinteur (humain) le plus décoré, a établi un record de vitesse à 44 km / h.Sans vouloir dénigrer le Jamaïcain, les faits sont les faits.L\u2019athlète court deux fois moins vite qu\u2019une autruche, mais gagne jusqu\u2019à 100 fois le salaire annuel du struthionidé.À 10 orteils de surcroît ! Nul besoin de mentionner que la possibilité quasi infinie de sponsors pour le sprinteur ne s\u2019applique pas au gros oiseau.Deux poids, deux mesures ?Les oiseaux se foutent de l\u2019ornithologie Certaines personnes font de l\u2019observation d\u2019oiseaux, quelques- unes fabriquent des mangeoires et d\u2019autres se plaisent à relaxer sur les chants et cris des différentes espèces.J\u2019ignore si les principaux intéressés sont au courant de cette forme d\u2019espionnage tolérée.C\u2019est une caractéristique propre aux humains de se divertir avec les paroles incompréhensibles d\u2019une autre espèce; aucun rouge-gorge ne commence sa journée avec Paul Arcand, aucune mésange ne chante du Céline.Les colibris n\u2019ont pas le temps pour TikTok.Les yeux les plus observateurs auront peut-être remarqué que les oiseaux ont toujours l\u2019air jeune.Effectivement, selon l\u2019Académie royale d'ornithologie du Canada, il est difficile de déterminer qui est l\u2019adulte entre deux geais bleus de même taille.Comment explique-t-on cette confusion ?La plupart des experts s\u2019entendent pour dire que grâce à leur taux d\u2019activité physique élevé, ces animaux planeurs restent fringants et sans rides jusqu\u2019à leur décès.La fontaine de Jouvence se trouverait-elle dans une mangeoire près de chez vous ?Sûrement ! Les oiseaux se contentent d\u2019un petit pain Au Québec, comme ailleurs, nous assumons sans réfléchir que le repas de prédilection du canard est le pain.Vraiment ?Si on se fie au principe économique de l\u2019offre et de la demande, on découvre que le pain semble être le seul produit offert.Les canards, eux, ne s\u2019en plaignent pas.Au contraire, se nourrir de pain gratuit et d\u2019eau représente pour eux la diète idéale.Les canards sont migrateurs, donc comme tout voyageur, les dépenses s\u2019accumulent.Ce sont ces vieilles personnes friandes d\u2019étangs et d\u2019oisiveté qui leur permettent, une miette à la fois, de soutenir ce train de vie et de passer l\u2019hiver au chaud.L\u2019hiver, les humains regardent la télé.Les oiseaux eux, préfèrent pour la plupart migrer vers le sud afin de laisser passer la saison morte.Un mouvement de population massif pourtant très peu médiatisé.À la télé, mis à part le canal météo, qui offre un contenu intéressant pour un cardinal frileux, la majorité des chaînes tardent à inclure les oiseaux dans leur programmation.Je verrais pourtant une occasion en or de transposer le concept de télé-réalité chez nos amis les oiseaux.À quand un Occupation Double : Nid d\u2019amour ?Chez les mâles : un perroquet, un harfang des neiges et un corbeau bien bruyant.Dans le nid des femelles : une chouette, un flamant rose et une colombe mal-lunée.Ajoutée à cela, une oie à l\u2019identité fluide.Quelques GoPro par-ci par-là et pour 500 dollars, on a une émission palpitante.Les marques de boissons énergisantes s\u2019entretueront pour la commandite ! Solutions dans le prochain numéro Érodais Nourriras Interviendrai Fonçât Sainte Fais flic flac Astrodômes Agrégera Calibrera Rigolé Que tu diffuses Joie de groupe Lieu de bagarres Montagne Placer ailleurs Argon Revenus Libertaires Lamier Vagabonder Arbre d?Afrique Éridan Petite nappe Aidée Nano- seconde Unau Venu de loin Id est Cuillères chirurgicales d?Afrique P O S U S A S I T S E E M A R E N S U C R E T T E S I E E N R E E M E T T E S N U I R A R I A N A S R L A L E E S R A L C A P T O E S T O E R A R R O T I E A I 2 5 6 4 3 1 9 7 8 4 8 9 2 7 6 3 1 5 7 1 3 5 8 9 4 6 2 9 6 2 3 5 4 1 8 7 3 7 5 8 1 2 6 4 9 1 4 8 9 6 7 2 5 3 5 2 3 6 9 8 7 3 1 8 9 1 7 4 3 5 2 9 6 3 7 1 2 5 8 9 4 - 1er avril 2023 horizontalement 1.Crierons sans motif.2.Remises à section d'une galerie dont le sol a gonflé.3.Excès.- Mesure agraire.4.Pichet.- Lettre grecque.- Qu'il rigole.5.Planète.- Escalier tournant en hélice autour d'un noyau.6.Générateur d'ondes électromagnétiques.- Note.- Actionné.7.Dans.- Monsieur.- Avalée.8.Do.- Cassants.9.Imitions.- Erbium.10.École d'administration.- Résine.- T'aventuras.verticalement 1.Débauchée.2.Auxiliaire scientifique.3.Joignis.- Sodium.4.Chaussette.- Arrivés.5.Champion.- Désinfecta.6.Élimais.- Dieu.7.Dernier.- Vestige.8.Irriteras.9.Série de coups.- Deux.10.Géants.- Céréales.11.Néon.- Changera de peau.12.Nazi.- Étables à cochons.Épisome Creux Fétide Raccommoder Glisseriez Métal Produiras Qui produit de la cire Décèlerions Imaginerait Frapperas Conjonction Lettre grecque Publiée Gaines Singe Étain Titane Cuivre Privée de quenottes Vous rendrez Non musulman ottoman Décampe Bien sûr Précède ré Do Subtile Armée Combat Iridium Théâtre Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette illustration ?Bonne chance ! détente 9 3 8 2 6 9 6 3 7 9 9 3 1 5 6 4 5 2 6 8 4 8 2 1 1 5 6 4 5 1 6 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.DIFFICILE AGATA | PIXABAY Le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire continue d\u2019être un acteur décisif dans la vie des camelots.Mais depuis les événements des dernières années, les ventes du magazine, les donations et le financement public ont chuté, poussant l\u2019organisme au bord de la précarité.Par ailleurs, les besoins d\u2019accompagnement des personnes marginalisées, souffrant de dépendance, de problèmes de santé mentale et en situation d\u2019itinérance ont explosé.C\u2019est pourquoi nous avons besoin de vous?! L\u2019Itinéraire poursuit sa mission d\u2019aider les camelots à se réapproprier leur vie.L\u2019Itinéraire poursuit sa ission d\u2019aider les participants à se réapproprier leur vie.Briser l\u2019isolement Développement de compétences Stages, formations et mentorat Services administratifs et judiciaires Aide alimentaire Revenus grâce à la rédaction et la vente du magazine Aide au logement Retour sur le marché du travail Estime de soi Soutien psychosocial autre montant : $ M.Mme Autre Chèque (au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire) Visa Numéro de la carte Signature de la personne titulaire de la carte Expiration (Mois, année) Mastercard Code de vérification de la carte (CVC) 75 $ 50 $ Je fais un don de Mode de paiement Identification Nom : Prénom : Adresse : Ville : Code postal : Courriel : Téléphone : ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103 rue Sainte-Catherine Est, 3e étage Montréal (Québec) H2K 2H9 * Pour respecter la planète et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur itineraire.ca Numéro de charité de l\u2019organisme: 13648 4219 RR0001 100 $ p u b l i c i t é Aidez-nous i t i n e r a i r e .c a m a r i o a l b e r t o r e y e s z a m o r a "]
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