Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
jeudi 15 juin 2023
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (23)

Références

L'itinéraire, 2023, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" PAYEZ VOTRE MAGAZINE PAR TEXTO AUPRÈS D\u2019UN CAMELOT AUTORISÉ Volume XXX, n?11 Montréal, 15 juin 2023 BIOSPHÈRE ACHETEZ EN LIGNE EXPÉRIENCE IMMERSIVE JEAN-DRAPEAU espacepourlavie.ca P U B L I C I T É L\u2019arrondissement de Ville-Marie reconnaît l\u2019excellent travail de l\u2019équipe du magazine L\u2019Itinéraire.« I just had to get away.There are no jobs in Kinngait.It\u2019s a small community and it\u2019s really hard to find work there.» C\u2019est ainsi que Nee-Ann Saila résume les raisons qui l\u2019ont poussée à quitter son village anciennement connu sous le nom de Cape Dorset.Là, les possibilités d\u2019emploi sont limitées pour une grande partie de la population de 1400 âmes.La jeune femme inuite de 29 ans est à Montréal depuis quatre ans.Débarquée dans la métropole sans plan précis autre que de trouver un boulot, Nee-Ann a connu des débuts plutôt difficiles dans le Sud.Ses premiers temps à Montréal ont été marqués par un choc culturel.Il aura fallu du temps et de l\u2019aide pour s\u2019ajuster.Nee-Ann avoue qu\u2019elle ne connaissait personne ici, outre le gars avec qui elle vivait à l\u2019époque.Mais cela n\u2019a pas duré.« Je suis devenue sans-abri.Oui, c\u2019était dur, mais j\u2019ai eu de l\u2019aide de ma communauté inuite, qui m\u2019a aidée à apprendre comment me débrouiller et survivre dans la rue.» Elle avoue qu\u2019elle a parfois le mal du pays.À Kinngait, Nee-Ann vivait entourée de ses neuf frères et sœurs.Mais celui de qui elle s\u2019ennuie le plus, c\u2019est de son fils qu\u2019elle a laissé aux bons soins de son père à elle, là-haut, dans le Nunavut.« Mon fils vient d\u2019avoir 10 ans, dit-elle avec mélancolie.Dès que je trouverai un bon travail, je vais le faire venir.Je tiens à ce qu\u2019il ait une bonne éducation.» Elle lui parle tous les jours par Zoom.« Il va commencer la 5e année, oh my God !, s\u2019étonne-t-elle.Mon papa dit qu\u2019il l\u2019aide beaucoup dans les tâches.» Ce qu\u2019il me manque aussi c\u2019est la saison de la pêche à l\u2019omble chevalier, sur la glace et de la chasse aux oies.« Le printemps, on y va en famille, et toutes nos prises, on les partage avec la communauté.» Il faut voir son visage s\u2019illuminer lorsqu\u2019elle évoque cette activité traditionnelle.Depuis un an, la jeune inuite vit en logement et a fréquenté le Centre de justice des premiers peuples de Montréal et l\u2019organisme Ivirtivik, qui l\u2019a référée à la Maison Ronde.Depuis un an aussi, Nee-ann est abstinente d\u2019alcool, le plus gros obstacle sur le chemin de ses rêves d\u2019une meilleure vie et d\u2019une carrière en comptabilité, dit celle pour qui les maths étaient la meilleure matière à l\u2019école.Déterminée, on l\u2019encourage à persévérer, accepter les mains tendues et à ne laisser rien ni personne l\u2019empêcher d\u2019atteindre ses objectifs.Participante au Programme Maison ronde Propos recueillis et traduits de l\u2019anglais par Josée Panet-Raymond SIMON BOLDUC RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Sainte-Catherine Est Téléphone : 514 597-0238 Télécopieur : 514 597-1544 Site : www.itineraire.ca ISSN -1481-3572 Numéro de charité : 13648 4219 RR0001 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale du Québec PARTENAIRES MAJEURS L\u2019Itinéraire EST MEMBRE DE Le groupe communautaire L\u2019Itinéraire offre une formation d\u2019ADS+ à tous ses employé.e.s et y adhére en tant qu\u2019organisme.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le magazine ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec la direction de L\u2019Itinéraire à : direction@itineraire.ca | 514 597-0238 poste 228 ÉCRIVEZ-NOUS ! courrier@itineraire.ca Des lettres courtes et signées, svp ! Interaction du quartier Community Council Peter-McGill Le journal L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difÏculté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, le journal de rue est vendu régulièrement par les camelots.Aujourd\u2019hui le magazine bimensuel est produit par l\u2019équipe de la rédaction et plus de 50 % du contenu est rédigé par les camelots.P R I X J U D I T H - J A S M I N 2 0 2 0 F P J Q Le Groupe L\u2019Itinéraire a pour mission de réaliser des projets d\u2019économie sociale et des programmes d\u2019insertion socioprofessionnelle, destinés au mieux-être des personnes vulnérables, soit des hommes et des femmes, jeunes ou âgés, à faible revenu et sans emploi, vivant notamment en situation d\u2019itinérance, d\u2019isolement social, de maladie mentale ou de dépendance.L\u2019organisme propose des services de soutien communautaire et un milieu de vie à quelque 200 personnes afin de favoriser le développement social et l\u2019autonomie fonctionnelle des personnes qui participent à ses programmes.Sans nos partenaires principaux qui contribuent de façon importante à la mission ou nos partenaires de réalisation engagés dans nos programmes, nous ne pourrions aider autant de personnes.L\u2019Itinéraire, ce sont plus de 2000 donateurs individuels et corporatifs qui aident nos camelots à s\u2019en sortir.Merci à tous ! Convention de la poste publication No40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103, Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2K 2H9 Prix de vente 1,50 $ 1,50 $ l\u2019achètent camelots Les paie l\u2019impression + coûts de production Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada.Les opinions exprimées dans cette publication (ou sur ce site Web) ne reflètent pas forcément celles du ministère du Patrimoine canadien.IMPRIMEUR SOLISCO 120, 10E RUE SCOTT (QUÉBEC) Nous tenons à remercier le ministère de la Santé et des Services sociaux de même que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal pour leur contribution financière permettant ainsi la poursuite de notre mandat.PRINCIPAUX PARTENAIRES DE PROJETS NDLR Nous nous réservons le droit de corriger et de raccourcir les textes Mots de lecteurs On aime ça vous lire ! Vous nous dites souvent que vous aimez L\u2019Itinéraire, que vous avez apprécié tel article, que vous aimez notre magazine.Eh bien, écrivez-nous pour nous le dire ! Cette section vous est réservée tout spécialement. 15 juin 2023 Volume XXX, no 11 Le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire reconnaît être situé en territoire autochtone, lequel n\u2019a jamais été cédé.Il reconnaît la nation Kanien\u2019kehá:ka comme gardienne des terres et des eaux sur lesquelles les membres de L\u2019Itinéraire se réunissent aujourd\u2019hui.Tiohtiá:ke / Montréal est historiquement connu comme un lieu de rassemblement pour de nombreuses Premières Nations, et aujourd\u2019hui, une population autochtone diversifiée, ainsi que d\u2019autres peuples, y résident.C\u2019est dans le respect des liens avec le passé, le présent et l\u2019avenir que nous reconnaissons les relations continues entre les peuples autochtones et autres personnes de la communauté montréalaise.J\u2019ai toujours eu de l\u2019admiration pour les peuples et cultures autochtones.Si plus jeune je les idéalisais et m\u2019en faisais une représentation un peu romancée, mes rencontres, dès l\u2019adolescence avec des ami.e.s inuit, anishnabe, mohawk, ojibway et même Coast Salish lorsque je vivais à Ottawa m\u2019ont permis d\u2019en avoir une idée plus réaliste.Les gens que j\u2019ai connus étaient tous marqués par les effets du colonialisme, les pensionnats, l\u2019exclusion.Certains d\u2019entre eux ont sombré dans l\u2019alcoolisme et la toxicomanie, d\u2019autres s\u2019en sont mieux tirés en poursuivant leurs études et en s\u2019épanouissant dans les arts, la musique, le travail.J\u2019ai grandi en étant témoin des grands préjugés et injustices qu\u2019on leur a infligés.J\u2019ai déjà assisté impuissante et très choquée au passage à tabac d\u2019un Autochtone vulnérable par deux policiers en pleine rue achalandée.Je partageais et je partage encore leur révolte et leur peine.J\u2019en ai entendu des méchancetés à leur égard dans ma jeunesse, et même encore aujourd\u2019hui, bien que les temps aient changé.Qu\u2019est-ce qui a changé ?On est de plus en plus nombreux à avoir laissé tomber des idées reçues.Parce qu\u2019on en sait beaucoup plus sur les peuples autochtones que dans le passé.On a appris que les Premières Nations et les Inuit forment 11 nations bien distinctes et que chacune a sa langue, ses traditions, ses particularités.On réécrit tranquillement les livres d\u2019histoire truffés de stéréotypes pour enfin admettre les voix des Autochtones.On lit autochtone, on écoute de la musique, des films et des balados autochtones.On voit de plus en plus d\u2019Autochtones à la télévision, au cinéma, jouer autre chose que des rôles typés.Les choses changent petit à petit.Mais il reste encore du chemin à faire.Faut se parler Je vous avoue que ce numéro dédié aux communautés autochtones n\u2019a pas été facile à faire.De la trentaine de perches tendues à des interlocuteurs autochtones, très peu ont répondu.Nos appels répétés à des journalistes autochtones à qui nous aurions aimé céder des pages n\u2019ont pas eu de retour.En cherchant à savoir pourquoi, les personnes qui nous ont répondu nous ont expliqué : les Autochtones sont fortement sollicités par les médias en juin, le mois qui leur est consacré et beaucoup moins le reste de l\u2019année.La pénurie de main-d\u2019œuvre touche aussi les communautés, tant les journalistes que les personnes chargées des communications.Ils se font toujours poser les mêmes questions par rapport aux problèmes sociaux, plutôt que de parler de la musique, de la réalisation ou de l\u2019œuvre qui les démarque.Si, à L\u2019Itinéraire nous avons établi une tradition en publiant un numéro « spécial Autochtones » tous les 15 juin depuis cinq ans, il faut dire que nous avons également parlé des artistes, politiciens, des causes et d\u2019autres sujets autochtones dans diverses éditions du magazine et nous continuerons de le faire.En conclusion, si on veut aller plus loin pour effectuer un plus grand rapprochement, une réelle réconciliation, il faut se parler, se voir et s\u2019entendre.Mutuellement et équitablement.Josée Panet-Raymond Éditrice adjointe et rédactrice en chef LUC DESJARDINS Directeur général et éditeur ADMINISTRATION VANESSA TREMBLAY Directrice - Opérations et ressources humaines ESTELA SOLORZANO Cheffe comptable MARCELA CHAVES Commis comptable SANDRINE PAPINEAU Adjointe administrative RÉDACTION JOSÉE PANET-RAYMOND Éditrice adjointe et rédactrice en chef KARINE BÉNÉZET Journaliste, cheffe de pupitre SIMON BOLDUC Chargé de projet - journalisme CARLA BRAGA Responsable de la création visuelle GABRIEL LAVOIE Participant aide-journaliste SIBYLLE BEAUNÉE Stagiaire à la rédaction ROSALIE VERMETTE Stagiaire en graphisme Composition de La Une CARLA BRAGA Photo STEVE DESCHÊNES DÉVELOPPEMENT PHILANTHROPIQUE ET RÉSEAUX SOCIAUX JOSÉE LABRECQUE Directrice - Développement philanthropique PASCALE PLANET Gestionnaire de communauté et contenu numérique ISABELLE SIMARD-LAPOINTE Agente de développement communautaire ACTION COMMUNAUTAIRE THOMAS WAYLAND Organisateur communautaire MAUDE M.-ROMPRÉ Intervenante psychosociale VINCENT OZROUT Intervenant psychosocial DANIEL PRINCE Responsable de la distribution SERVICE ALIMENTAIRE PIERRE TOUGAS Responsable du Café M.Paul JEAN-CHRISTOPHE RUEL Coordonnateur du service alimentaire PROGRAMME MAISON RONDE ÉMILIE BEAUDET Chargée de projets intérimaire - Programmes autochtones MAUD THIMON Gérante du Café de la Maison ronde JULIE CHARBONNEAU Intervenante psychosociale JENNY MILLS Intervenante psychosociale CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président NICK KAMINARIS - Nuvei Vice-président YVON MASSICOTTE - Camelot de L\u2019Itinéraire Trésorière KATERINE CÔTÉ - CAE Secrétaire EMNA BRAHAM - Institut du Québec Administrateurs SOPHIE RONDEAU - Croix-Rouge canadienne CHLOÉ FRESLON - Presidente URelles DIANE CURADEAU - Représentante des camelots JEAN-PAUL LEBEL - Camelot de L\u2019Itinéraire JOCELYNE CARRIER - Camelot de L\u2019Itinéraire SAMIR HALAIMIA - Camelot de L\u2019Itinéraire BÉNÉVOLES CHRISTINE BARBEAU, MARIE BRION, ANITA BARSETTI, JEAN TALBOT et NICOLE BLAIS Bénévoles à la rédaction PAUL ARSENAULT, NICOLE BLAIS, LUCIE LAPORTE et SYLVIE POIRIER Bénévoles à la révision 15 19 Mots de camelots 8 Krystal Brooks 8 France Lapointe 8 Agathe Melançon 12 camelots ont participé à cette éditio n S I B Y L L E B E A U N É E A M Y R O M E R Participant.e.s Maison ronde 3 Zoom sur Nee-Ann Saila 30 Manomikalak Uqittuq S I M O N B O L D U C Qu\u2019est-ce qui a changé ?On en sait beaucoup plus sur les peuples autochtones que dans le passé.On a appris que les Premières Nations et les Inuit forment 11 nations bien distinctes et que chacune a sa langue, ses traditions, ses particularités.On réécrit tranquillement les livres d\u2019histoire.On lit autochtone, on écoute de la musique, des films et des balados autochtones.Les choses changent petit à petit.Mais il reste encore du chemin à faire.10  Dans l\u2019actualité Un livre pour sortir de l\u2019oubli Simon Bolduc 12  Lettre au jeune moi Denis Bourgeois 15  Société Megaphone Vancouver honore les femmes autochtones tuées et disparues Josée Panet-Raymond 19  Culture Le théâtre pour guérir Sibylle Beaunée 24  Développement durable Rencontrer et raconter en bande dessinée Simon Bolduc 30  Chronique Memories of my childhood Manomikalak Uqittuq 31  Réflexions L\u2019enfant qui sommeille Jean-Guy Deslauriers 32  Dans la tête des camelots Tourisme autochtone, qu\u2019aimeriez-vous découvrir ?35  Tourisme autochtone Se rapprocher et se comprendre Rédaction de L\u2019Itinéraire en collaboration avec Tourisme Autochtone Québec 40  Mieux vaut en écouter ! Karine Bénézet 42  Montréalités d'ici Namron 43  C\u2019t\u2019encore drôle Christian Vanasse 44  Détente Équipe de la rédaction 15 juin 2023 Volume XXX, no 11 À la une S T E V E D E S C H Ê N E S De l\u2019espoir pour les Autochtones Je trouve ça affreux de voir ce que vivent les peuples autochtones que j\u2019observe à mon travail.Près de mon point de vente, ils couchent sur le trottoir, entassés, les uns à côté des autres.C\u2019est inhumain.Longtemps ils se sont fait exploiter, manipuler, en leur faisant croire que les échanges qu\u2019ils faisaient étaient bénéfiques.Je constate aussi qu\u2019il y en a qui sont autonomes, qui ont une bonne situation de vie.On dirait que c\u2019est tout ou rien.Ils sont plus nombreux qu\u2019avant sur le Plateau.Ils savent que les gens sont généreux.Ça fait pitié de les voir dépérir.Dans leur communauté, il y a des problèmes de consommation et de logements souvent surpeuplés.Il faudrait plus de développement selon leur concept de vie, autour de leur culture, de la chasse, de la pêche, du cercle de vie, le développement durable.Ça leur permettrait de développer des idées avant-gardistes pour surmonter leur détresse et s\u2019organiser.Certains s\u2019allient entre eux et fondent une grande famille où ils peuvent vivre ensemble.FRANCE LAPOINTE CAMELOT SAQ MENTANA / MONT-ROYAL Sentiment d\u2019impuissance Par un beau matin ensoleillé à mon point de vente, je salue une personne sans-abri.Elle s\u2019approche pour me raconter ses malheurs.Elle a été agressée deux fois, violée une fois et on lui a volé son cellulaire, tout cela en l\u2019espace d\u2019une semaine.Elle s\u2019est plainte à la police, selon ce qu\u2019elle m\u2019a raconté.Puis elle m\u2019a demandé quoi faire.J\u2019étais bouche bée.Je ne savais pas quoi lui répondre.Elle a flatté la tête du chien d\u2019une autre femme et elle est partie.En tant que camelot, je ne peux pas faire grand-chose pour elle, à part l\u2019écouter sans l\u2019interrompre.Par contre, en tant que militante du droit au logement, j\u2019ai suggéré au comité logement que je connais d\u2019afficher des slogans sur les pancartes disant que les logements sociaux peuvent sauver des femmes de ce genre de situation.Oui, il y a un projet sur la table pour des unités pour les femmes dans le secteur.C\u2019est une partie de la solution ! Comment prévenir que les femmes se retrouvent dans la rue ?Pourquoi ne pas augmenter les ressources pour qu\u2019elles puissent dormir en sécurité ?Comment sensibiliser et soutenir les hommes pour qu\u2019ils adoptent les bons comportements, quel que soit leur statut ?Existe-t-il des organismes pour le faire et si oui, sont-ils en nombre suffisant ?En tant que camelot et femme, le témoignage de la sans-abri m\u2019a bouleversée.Je ne suis pas formée pour accueillir de tels propos et je ne sais pas quoi en faire à part les écrire pour sensibiliser d\u2019autres personnes.Pour le droit au logement ! Pour le droit au respect ! Pour le droit aux ressources ! Pour le droit à la dignité ! Agissez donc pour que ça change pour le mieux en investissant de l\u2019argent dans la prévention et dans les solutions, cher gouvernement ! AGATHE MELANÇON CAMELOT MÉTRO LIONEL-GROULX KRYSTAL BROOKS PARTICIPANTE À LA CUISINE Ce qui se passe dans ma vie Je suis arrivée à L\u2019Itinéraire en décembre 2022.Je suis aide-cuisinière, et ça me plaît.Je m\u2019occupe des déjeuners un vendredi sur deux, de 8 h à 10 h, pour les camelots qui viennent manger au Café.Les autres jours de la semaine, je travaille de 11 h à 15 h, sauf la fin de semaine.J\u2019aime ça.J\u2019ai connu L\u2019Itinéraire par un programme de réinsertion.Avant, j\u2019ai fait du travail par téléphone pour la compagnie Maritz.Je posais des questions pour savoir si les gens étaient satisfaits des services des compagnies avec lesquelles l\u2019entreprise faisait affaire.Je suis retournée à l\u2019école pour finir mon secondaire à distance.J\u2019habite actuellement dans un centre de réadaptation.Ils m\u2019ont aidée pour mon inscription à l\u2019école.J\u2019ai une chambre là-bas depuis juin 2020.On est une dizaine.Mon bail finit le 20 juin et après j\u2019irai en appartement supervisé.J\u2019ai 32 ans et j\u2019ai un fils de 5 ans, qui vient de célébrer son anniversaire le 11 juin.Je suis née à Montréal et j\u2019ai toujours habité ici.Pour les vacances d\u2019été, quand j\u2019étais enfant, j\u2019allais chez ma grand-mère à Toronto.Ma mère est originaire de Trinidad, et Tobago, mon père est de la Jamaïque.J\u2019ai déjà visité la Jamaïque avec ma mère, j\u2019avais environ 20 ans.J\u2019ai beaucoup aimé la nourriture.Mon plat préféré est le ackee and saltfish.C\u2019est un mets de poisson salé avec des fruits des Caraïbes, avec des backes (une sorte de pain).J\u2019aime aussi la musique.J\u2019écris des chansons parfois.J\u2019étais dans une chorale à l\u2019église quand j\u2019étais jeune.Ce que je souhaite pour l\u2019instant, c\u2019est d\u2019avoir de bons résultats dans mes études et continuer de travailler à la cuisine de L\u2019Itinéraire.8 itineraire.ca 15 juin 2023 Nous aussi, cett e idée nous fait rêver.Qu\u2019il s\u2019agisse de la réduction des gaz à eff et de serre, de la promotion des langues et des cultures autochtones ou de la réinsertion sociale des jeunes, nous tenons à faire notre part.C\u2019est pourquoi nous soutenons, par nos dons et commandites, une vingtaine d\u2019organismes de diff érentes nations du Québec.hydroquebec.com Investir dans la collectivité pour maximiser notre impact social.P U B L I C I T É Par Simon Bolduc Dispersée sur les territoires du Nouveau-Brunswick, du Québec et du Maine, aux abords de la rivière Saint- Jean, la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk a presque « disparue de l\u2019histoire », selon l\u2019historien Camil Girard.Dépossédée de ses terres ancestrales à la fin du 19e siècle par le gouvernement canadien, et forcée de vivre en errance, elle « réapparaît » en 1987 alors qu\u2019elle est reconnue comme 11e nation autochtone du Québec.À la demande du chef conseiller en culture de la nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, Kevin Morais, c\u2019est un travail colossal que M.Girard et son collègue géographe Carl Brisson ont fait pour mener à terme l\u2019écriture d\u2019un important ouvrage sur l\u2019histoire de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, afin de « sortir ses membres de l\u2019oubli », comme le dit M.Girard.Depuis 35 ans, les membres de la Première Nation vivant en diaspora tentent de se réapproprier leur culture, leur histoire, leur territoire et sont des acteurs socioéconomiques importants dans la région du Bas-Saint-Laurent.Ce livre, Alliances et traités avec les peuples autochtones du Québec ; L\u2019histoire de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, vient sceller la mémoire collective des 1600 Wolastoqiyik vivant au Québec et participe à l\u2019effervescence que connaît la nation dans son processus de réappropriation identitaire.Organiser les archives Camil Girard n\u2019aurait jamais pensé terminer ce projet commandé par la nation Wolastoqiyik.Cet aboutissement, il le doit à deux facteurs : sa collaboration depuis 40 ans avec les Innus autour de différents projets mémoriels et « la confiance totale » que la communauté Wolastoqiyik lui a donnée pour plonger dans leurs archives.« Quand nous avons commencé à en parler, le chef Kevin Morais et moi autour de 2017, la possibilité d\u2019écrire l\u2019histoire d\u2019une première nation comme les Wolastoqiyik était un défi impensable, dit d\u2019entrée de jeu le professeur associé à l\u2019Université du Québec à Chicoutimi, Camil Girard.Les terres actuelles de leur communauté, à Cacouna et Kataskomiq, n\u2019ont pas d\u2019habitants.Ceux-ci sont répartis sur l\u2019ensemble du territoire.C\u2019est une réap- propriation culturelle en dehors du concept de réserve territoriale.Pendant 20 ans, la communauté a organisé ces archives, et ce fut le point de départ de nos recherches.» À travers les traités, les cartes, les œuvres de Champlain notamment, le défi a été de reconstruire l\u2019histoire à partir de la colonisation, au fil des alliances que les dénommés \u2014 à tort \u2014 Malécites ont conclues tant avec le Régime français que britannique.Un livre pour sortir de l\u2019oubli L\u2019historien Camil Girard et le géographe Carl Brisson ont écrit l\u2019histoire de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk à partir de 4000 documents d\u2019archive numérisés et fournis par ses membres.Un ouvrage qui vise à sortir de l\u2019oubli cette nation mieux connue sous le nom des Malécites, avant qu\u2019elle ne se réapproprie son nom en 2019.10 itineraire.ca 15 juin 2023 La grande découverte En 1603, raconte M.Girard, Samuel de Champlain établit la première alliance du 27 mai au 9 juin à Tadoussac avec les Algonquins, les Etchemins et les Montagnais.« L\u2019année d\u2019après, et c\u2019est ce qui est intéressant, on découvre qu\u2019 il se rend sur la rivière Saint-Jean et établit le même type d\u2019alliance avec les Wolastoqiyik qu\u2019 il rencontre et qui ont diverses appellations.Il conclura plusieurs alliances avec ces nations pour confirmer, d\u2019une certaine manière, la présence française sur le territoire », explique-t-il.Presentes plus de 100 ans sous le Régime français, c\u2019est au tour des Anglais de signer des traités avec les différents groupes Wolastoqey, en 1726.« Ce sont des traités d\u2019alliance obligés pour faire compétition à la France, selon Camil Girard.Mais les Wolastoqey ne sont pas belliqueux, ils s\u2019allient avec n\u2019importe qui pour prospérer.Ils sont, à l\u2019époque et encore aujourd\u2019hui, dans une zone frontière où il faut qu\u2019ils assurent la paix avec tous leurs partenaires.» C\u2019est dans ce contexte historique fragile, partagé entre les Régimes français et britannique, plus tard canadien, séparé à la fois par une frontière provinciale et internationale, sous tutelle d\u2019une Loi sur les Indiens annihilatrice que les Wolastoqey « disparaissent » de l\u2019histoire vers la fin du 19e siècle avant de connaître une renaissance en 1987.Pour Camil Girard, « cette renaissance, c\u2019est le vieux fonds de commerce des familles qui se sont senties oubliées et blessées par l\u2019histoire.» Renaître Le livre de Camil Girard et de Carl Brisson a été tiré à 2000 exemplaires, « un succès dans le monde académique », selon l\u2019historien.Il a également été offert à chaque membre de la communauté Wolastoqiyik du Québec.L\u2019impact de l\u2019ouvrage, selon l\u2019auteur, c\u2019est le constat que les 35 dernières années ont été marquées par le travail acharné de la communauté à se réappro- prier sa culture par divers moyens.« D\u2019abord, réseauter entre les membres était difficile pour eux sur le plan territorial, ç\u2019a été tout un défi et ce fut la première action à faire, lance-t-il.Ensuite, à Cacouna, par exemple, c\u2019était d\u2019élargir leur territoire et de développer la pêche sur le plan économique.Ils ont dû organiser les conseils de bande qui agissent dans un contexte complexe et difficile.S\u2019 inscrit ensuite dans ces actions le livre qui permet à chacun de se réapproprier, d\u2019une certaine manière, un discours, une synthèse de réflexion.» Zone frontière La zone frontière où se trouve la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk pose le défi d\u2019une reconstruction culturelle en apparence impossible.« Et ils le font ! », s\u2019étonne Camil Girard.Le livre sera prochainement publié en anglais et M.Girard s\u2019atttend à ce que les communautés Wolastoqey du Nouveau- Brunswick et du Maine collaborent à reconstruire l\u2019identité des « Malécites » dans l\u2019histoire extrafronta- lière du Québec, des États-Unis et des Maritimes.« C\u2019est fascinant les zones frontières puisqu\u2019elles sont des régions d\u2019échanges en continu, explique Camil Girard.Tu fais des échanges obligés d\u2019hommes, de femmes, de parents, d\u2019enfants, de toutes sortes de ressources, et le concept d\u2019alliance, peu importe avec qui, prend tout son sens dans ce contexte.Mais ça rend complexe la reconstruction historique.Je vous avoue honnêtement que, quand nous avons commencé, on ne pensait jamais s\u2019en sortir.C\u2019est ce qui est fascinant en recherche, ce qui nous attend est toujours surprenant.» Camil Girard, professeur et chercheur associé à l\u2019Université du Québec à Chicoutimi.Photo fournie par Camil G.La renaissance de 1987, c\u2019est le vieux fonds de commerce des familles qui se sont senties oubliées et blessées par l\u2019histoire.- Camil Girard 11 itineraire.ca 15 juin 2023 12 itineraire.ca 15 juin 2023 Lettre au jeune moi 6 ans avec le chien Mouski, 1974 1 an, 1969 Pharmaprix Jean-Talon / Christophe-Colomb Denis Bourgeois Cher Denis, À 1 an Mon p\u2019tit Denis, j\u2019ai juste le goût de te dire que plus tard, quand tu vas être grand, fais attention aux mauvaises personnes.Fais attention aux mauvais chiens.Et méfie-toi de tes parents.À 6 ans et demi à Saint-Mathieu-de-Belœil Ton chien Mouski ! T\u2019es heureux ! Tu fêtes Noël chez ta tante.Ce chien-là tu l\u2019as eu en cadeau, mais ton père l\u2019a échangé pour un chien mauvais, un wolamute, un malamute d\u2019Alaska mélangé avec du loup.C\u2019est à cause de lui si aujourd\u2019hui tu as peur des gros chiens.Tu lui en voudras toujours.Mouski va beaucoup te manquer, tu l\u2019aimais tellement.Mais le passé c\u2019est le passé.Même si ta tante te dit qu\u2019il faut pardonner dans la vie, tu n\u2019en es pas capable.Ton vieux boit.Il est colérique, violent.C\u2019est dur à vivre.Même tes sœurs se mettent de la partie pour te mener la vie dure.Vers l\u2019âge de 12 ans Quand tes parents se séparent, ton père part rester à Montréal avec tes sœurs.Tu habites avec ta mère et son chum.Ceux-ci ne se comportent pas bien du tout avec toi, le milieu est très malsain, vraiment toxique.À l\u2019école, tu te fais intimider, les filles se moquent de toi puis tu te laisses entraîner par des voyous.Tu as l\u2019impression que ta vie se résume à du rejet et à de l\u2019intimidation.Présentement, je m\u2019imagine dans la peau de Marty McFly dans le film Retour vers le futur.À l\u2019école, les filles vont même jusqu'à déchirer tes pantalons et ça t'a fait beaucoup de peine.Puis tu te mets à avoir de mauvaises fréquentations.Je dirais à ta mère de laisser son chum parce que c\u2019est un mauvais gars.Tu trouves tout de même le courage de demander à la police de te sortir de là, d\u2019aller dans un foyer d\u2019accueil.Malheureusement cela ne durera pas bien longtemps, parce qu\u2019à 14 ans, ils t\u2019ont placé avec ton père.Une autre étape difficile.Tu n\u2019aimes pas vivre à Montréal, en plus avec un père que tu n\u2019aimes pas et qui t\u2019inspire la peur.Tu dirais : « McFly, viens à son secours ! » Mais ce n\u2019est pas lui qui accourt, c\u2019est plutôt ta tante.Elle t\u2019accueille chez elle et comme elle n\u2019a pas de mari ni d\u2019enfant, elle agit comme une vraie mère.Tu sais, comme celles qui gâtent et donnent de l\u2019amour.Vous resterez ensemble dans un 5 et demi pendant 18 ans. 13 itineraire.ca 15 juin 2023 3 ans, 1971 19 ans, 1987 21 ans, 1989 À 18 ans T\u2019étais rockeur et tu avais des mauvaises fréquentations.À 19 ans T\u2019as une tête de bois.Tu réussis à terminer ton secondaire.À 21 ans, tu habites toujours chez ta tante Tu t\u2019achètes une télévision de 21 pouces.Tu travailles, tu fais de l\u2019argent.Ç\u2019a été une des plus belles périodes de ta vie.Tu fais l\u2019entretien ménager la nuit à la Gare Centrale et tu fais aussi de l\u2019ébénisterie pour la compagnie Transit.Tu as aussi travaillé pour Via Poste à Ville Saint-Laurent.Ici, j\u2019aurais un conseil à te donner.Si tu veux que ça fonctionne avec ta copine Manon, essaie de ne pas l\u2019appeler trop souvent.Parce que si tu es trop insistant, elle va se lasser de toi.J\u2019aimerais maintenant te dire que le Denis d\u2019aujourd\u2019hui est plus heureux et plus sociable.Il prend à cœur son métier de camelot et apprécie ce que L\u2019Itinéraire lui apporte.Et présentement, tout ce qu\u2019il désire c\u2019est de quitter le logement qu\u2019il occupe parce qu\u2019il n\u2019y est pas très heureux et retourner vivre sur la Rive-Sud, près du fleuve.Toute ma vie je me suis senti rejeté, il faut maintenant passer à autre chose.Je dois regarder en avant pour continuer et cesser de me considérer comme une victime.- Denis Titre valide à partir du 1er juillet 2023 TRANSPORT GRATUIT 65 ANS ET RÉSIDENTS DE L'AGGLOMÉRATION DE MONTRÉAL ZONE A Informez-vous dès maintenant des modalités pour vous procurer votre titre.stm.info/gratuite65 514 STM INFO P U B L I C I T É Chaque année, dans les rues du Downtown Eastside à Vancouver se déroule la Women\u2019s Memorial March, une marche en l'honneur des milliers de femmes, de filles, de personnes aux genres divers autochtones qui sont décédées ou portées disparues.L\u2019événement annuel qui se tient le 14 février depuis 1992 est une manifestation pour sensibiliser la population, mais aussi pour se souvenir.À ce jour, près de 1700 femmes et jeunes filles sont portées disparues ou ont perdu la vie dans l\u2019ensemble du pays, bien que les recherches menées par l\u2019Association des femmes autochtones du Canada suggèrent que ce nombre est plus proche de 4000.Nos collègues du magazine de rue Megaphone, \u2014 situé dans ce même quartier, peuplé d\u2019une population itinérante, largement autochtone et berceau de la crise des opioïdes \u2014 ont partagé avec nous une édition spéciale dédiée aux femmes autochtones intitulée Dear Sisters.En voici quelques extraits.D\u2019un magazine de rue à un autre PHOTOS AMY ROMER 15 itineraire.ca 15 juin 2023 Josée Panet-Raymond \u2022 Rédactrice en chef 16 itineraire.ca 15 juin 2023 Une participante à la marche arbore une empreinte de main peinte en rouge, devenue une représentation symbolique du racisme et de la violence systémiques qui touchent les femmes autochtones au Canada, aux États-Unis et ailleurs.Les empreintes de mains visent également à sensibiliser le public aux femmes et aux filles autochtones disparues et assassinées, ainsi qu\u2019à la culture du silence qui entoure la violence à l\u2019encontre des peuples autochtones.Un.e enfant qui participait à la marche rythmait ses pas au son du tambour.Une aînée faisait partie des milliers de personnes qui ont participé à la marche commémorative des femmes en février dernier.La foule a marché dans les rues du quartier Downtown Eastside, s\u2019arrêtant à divers endroits importants pour prier. TANYA GOEHRING Le magazine de rue Megaphone est vendu par des camelots à Vancouver et à Victoria en Colombie-Britannique.Il a comme mission de donner une voix et une opportunité économique aux sans-abri et aux personnes à faible revenu tout en renforçant le soutien communautaire pour mettre fin à la pauvreté.Cette année, Maryann Sundown (Crie) a marché seule.Elle voulait être pleinement présente et se sentir plus proche des femmes qui l\u2019ont précédée, alors qu\u2019un diagnostic de cancer en phase terminale l\u2019amène à penser à ses ancêtres et à se préparer à son dernier voyage.Sa lettre est une méditation sur ce que les femmes ont vécu avant de quitter la Terre, et sur la direction que Maryann prend elle-même.Dear Sisters, I walk alone today in memory of your life, your hopes and your dreams.I walk alone to remember your last moments of life.I walk alone to focus on your fears, your terror of being where you shouldn\u2019t be.Your feelings of regret and shame.Your feelings of being alone and helpless.Perhaps, feelings of being in a good place, a safe place, a fun place, not thinking of the dangers.So I walk alone to honour your spirit, to pray for your peace and sweet rest in eternity.Your people walk to honour your memory, to grieve for your lost presence.Now, you walk with your loving ancestors, as they welcome you with open arms, loving hearts and acceptance.I will walk alone soon to meet you in the spirit world and I know our paths will cross, and I look forward to meeting you with a hug.Hai Hai.- Maryann Sundown Chères sœurs, Je marche seule aujourd\u2019hui en souvenir de votre vie, de vos espoirs et de vos rêves.Je marche seule pour me souvenir de vos derniers moments de vie.Je marche seule pour me concentrer sur vos peurs, votre terreur d'être là où vous ne devriez pas être.Vos sentiments de regret et de honte.Vos sentiments de solitude et d\u2019impuissance.Peut-être, le sentiment d\u2019être dans un bon endroit, un endroit sûr, un endroit amusant, sans penser aux dangers.Je marche donc seule pour honorer votre esprit, pour prier pour votre paix et et votre doux repos dans l\u2019éternité.Votre peuple marche pour honorer votre mémoire, pour pleurer votre présence perdue.Maintenant, vous marchez avec vos ancêtres aimants, qui vous accueillent à bras ouverts, avec des cœurs aimants et de l\u2019acceptation.Bientôt, je marcherai seule pour vous rencontrer dans le monde des esprits.et je sais que nos chemins se croiseront.J'attends avec bonheur de vous rencontrer et de vous serrer dans mes bras.Hai Hai.- Maryann Sundown PUBLICITÉ De la fin des années 1800 jusqu\u2019en 1996, date de la fermeture du dernier pensionnat autochtone, plus de 150 000 enfants ont été arrachés à leurs familles.Après des décennies de ce qui est considéré comme un génocide culturel, les artistes autochtones se battent aujourd\u2019hui pour la survie de leur héritage.Omer St-Onge en fait partie.Sibylle Beaunée \u2022 Journaliste stagiaire PHOTO FACEBOOK | CARLA BRAGA Sur la scène de la Maison de la culture Ahuntsic, l\u2019Innu Omer St-Onge a dévoilé, devant un public d\u2019une cinquantaine de personnes, un récit poignant et empreint d\u2019émotion sous le nom de Utei : Récit d\u2019un survivant.L\u2019histoire qu\u2019il a racontée, c\u2019est la sienne.Une histoire qui débute de son enfance dans sa communauté de Maliotenam, sur la Côte Nord, de son vécu dans un pensionnat religieux à son retour dans une famille meurtrie par les blessures du passé.Un monologue qui parle sans filtre de violence sexuelle, d\u2019alcoolisme, de drogue, de suicide, mais qui souligne surtout une chose, la nécessité de soigner son âme pour avancer.Dans sa loge, après son spectacle, Omer St-Onge se livre sur toute la création de Utei : Récit d\u2019un survivant.Auparavant guide spirituel pour les Autochtones au sein de la Commission de vérité et réconciliation, il a été un témoin privilégié de la manière dont les traumatismes des personnes internées dans des pensionnats étaient traités.« Dès que les Autochtones disaient ce qu\u2019 ils avaient vécu, une somme de dédommagement était proposée, par exemple 12 000 $ pour un viol.S\u2019 ils acceptaient la somme, ils devaient ensuite signer une décharge et n\u2019avaient plus le droit de s\u2019exprimer sur leurs agressions.» Choqué, Omer St-Onge décide de ne pas signer les documents : « Je trouvais ça trop dur de ne pas pouvoir en parler, j\u2019avais besoin d\u2019expliquer ce qu\u2019on m\u2019a fait subir.» Il se tourne alors vers Xavier Huard, codirecteur artistique des productions Menuentakuan, pour adapter son vécu sous forme théâtrale.« J\u2019ai le don de la parole et je voulais vraiment le mettre à profit pour parler de mon histoire et de celle de ma communauté.Parce que lorsqu\u2019on parle, on guérit un morceau du puzzle.» Dans une ambiance délicate malgré la teneur du sujet, il rappelle également la nécessité de parler de ses traumatismes sur scène pour rendre hommage à ses proches perdus.« Je ne parle pas que de mon histoire.Je raconte le témoignage de tous ceux qui n\u2019ont pas pu s\u2019en sortir.» Une manière de s\u2019exprimer, mais aussi de se rappeler des bons souvenirs, comme des mauvais.« C\u2019étaient mes amis proches, on a commencé à jouer dans le boisé quand on était jeunes, à faire comme Tarzan, puis on a commencé à prendre de la drogue et de l\u2019alcool ensemble.Eux, ils n\u2019ont pas eu la chance de rester en vie.Si on n\u2019en parle pas, personne ne se souviendra d\u2019eux.» Rendre hommage est donc la raison pour laquelle Omer St-Onge s\u2019exprime sur scène, mais également pour rendre justice à l\u2019enfant qu\u2019il était.« Ce petit garçon, il se croyait mort et abandonné par le temps.Il a été chanceux de retrouver ses traditions.Je lui dirais : \u201cil va falloir que tu avances.Il va falloir que tu avances même si tu as souffert, parce que plus tard, tu vas pouvoir aider d\u2019autres personnes de notre communauté, d\u2019autres personnes qui sont allées dans les pensionnats\u201d.Je lui dirais : \u201creste debout, reste debout, reste debout\u201d », témoigne l\u2019artiste.Ce petit garçon en question, c\u2019est Omer St-Onge à l\u2019âge de 6 ans.Six ans, quand il est emmené par des prêtres dans un pensionnat religieux.Six ans, quand il est arraché à sa famille pour éviter que ses parents ne subissent des représailles.Six ans, quand on lui interdira de parler l\u2019innu-aimun.Âgé de 61 ans, celui-ci se rappelle avec exactitude son arrivée dans ce nouvel endroit avec son frère jumeau.« Ils nous ont fait entrer dans ce pensionnat et nous ont donné un nouveau nom.Le mien était 135 et mon frère 152.» À peine installé, Omer St-Onge exprime la rapidité à laquelle l\u2019enseignement religieux l\u2019a éloigné de sa culture.« J\u2019ai dit à mon frère que notre père allait venir nous chercher, mais au même moment, une religieuse m\u2019a lavé la bouche avec du savon.On a compris qu\u2019on n\u2019avait plus le droit de parler innu, mais mon frère et moi ne connaissions aucun mot français.» Il découvre alors un lieu austère où les « Indiens », comme les appelaient les religieux, sont synonymes de mal.« Je me souviens de ce tableau, il était tout rouge.On pouvait voir des Indiens qui étaient jetés dans les flammes de l\u2019enfer.Pour eux, être Indien c\u2019était le signe du mauvais, du démon.Moi, je voulais juste être un bon Indien.» En deux ans, Omer St-Onge aura vécu des violences physiques et sexuelles.Dans une ambiance sombre, accompagnée d\u2019une lumière rouge au-dessus d\u2019un lit sur lequel il est assis, l\u2019artiste plonge les spectateurs dans la terreur vécue par les enfants attendant avec peur l\u2019arrivée du prêtre dans la chambre.Tapant de son poing sur les lattes du lit, l\u2019écho des « boum, boum, boum » résonne dans un silence lourd.D\u2019un ton grave, Omer St-Onge relate des événements glaçants.« On avait tous peur qu\u2019 il entre et qu\u2019 il nous choisisse.Quand c\u2019était un autre enfant qui partait avec lui, on soufflait et on était tellement content de passer au travers.Jusqu\u2019à ce qu\u2019on entende les pleurs de notre ami, et on s\u2019en voulait tellement de ne pas être à sa place.Un jour, c\u2019est moi qui ai été choisi.» D\u2019une phrase, Omer St-Onge a provoqué l\u2019ahurissement du public.« Après m\u2019avoir agressé, il me disait que j\u2019avais la semence de Dieu en moi, puis il me donnait un sachet de bonbons.Au fil du temps, on pensait que c\u2019était sa façon de nous aimer.» Brisés par l\u2019enseignement et les agressions, Omer et son frère retournent chez leurs parents à 8 ans.En rentrant dans la maison, ce n\u2019est plus leur mère et leur père qui les attendent, mais deux individus rongés par l\u2019alcool. Omer St-Onge Photo : Sibylle Beaunée Omer St-Onge Photo : Productions-Menuentakuan 22 itineraire.ca 15 juin 2023 La caisse de bières au milieu du salon devient un membre à part entière de la famille.Quand ce ne sont plus les parents qui la vident, Omer et son frère s\u2019en chargent avec leurs amis.« Mes parents étaient trop saouls pour se rendre compte qu\u2019on en volait.Nous, on était tellement contents d\u2019en prendre.On partait avec nos copains et nos bières, on s\u2019 installait dans la forêt et on oubliait tous nos soucis.» Quand la bière ne suffit plus à soulager la douleur du passé, la drogue et l\u2019automutilation, la scarification prennent le dessus.Comme l\u2019explique Omer St-Onge, « la douleur était tellement immense que je faisais tout pour l\u2019oublier.Le pire, c\u2019est qu\u2019on en était tous victimes, que ce soit mes amis ou ma famille.On avait marqué mon âme au fer rouge.Pour ne plus penser à cette douleur, il fallait que je souffre autrement, que je ne sois plus conscient de mes actes ou de qui j\u2019étais ».Au fil du temps, la question du suicide commence à émerger dans l\u2019esprit de l\u2019artiste, qui se retrouve avec la corde au cou.« J\u2019avais juste un pas à faire pour que ça soit terminé, un pas et je ne souffrirais plus.Mais soudain une musique est sortie de nulle part et je l\u2019ai écoutée.» Ce son, qui lui semblait divin, était un passage de l\u2019album Dark side of the Moon de Pink Floyd, qui empêchera Omer St-Onge de commettre l\u2019irréparable.Une reprise en main qui l\u2019oblige à choisir la vie plutôt que la mort.Cela allait passer par un long chemin pour guérir les souffrances indélébiles de son âme.Pour espérer retrouver une vie libérée de tous ses démons, Omer St-Onge ne voit pas d\u2019autres choix que de pardonner aux auteurs de ses douleurs.Un par un, il prend le temps d\u2019exprimer les mots qui pèsent sur son cœur.Ses parents sont les premiers à qui il s\u2019adresse, à commencer par sa mère.« Maman, tu devais nous protéger.Quand tu nous as dit de partir ce jour-là avec ces hommes, tu nous as abandonnés.Tu devais nous protéger, tu aurais dû refuser qu\u2019 ils nous emmènent.Quand j\u2019ai voulu t\u2019expliquer ce qu\u2019 ils nous ont fait, pourquoi tu m\u2019as frappé et crié dessus ?Maman, je voulais juste que tu me dises que tu m\u2019aimes.» Dans un dernier souffle, alors qu\u2019il élève son regard vers le ciel, il soupire « je t\u2019aime maman ».Le même monologue est livré à son père.Une figure paternelle représentée comme un héros pour l\u2019enfant de 6 ans, qui s\u2019est transformé en un inconnu sombre et violent.« Toi qui nous frappais alors que tu étais censé prendre soin de nous\u2026 Je rêvais simplement que tu m\u2019apprennes à chasser et que tu m\u2019aimes comme tu m\u2019aimais avant qu\u2019 ils ne nous emmènent.» Avant de terminer de la même façon, « je t\u2019aime papa ».Enfin, c\u2019est à 135, son patronyme du pensionnat, qui incarnait l\u2019étau sombre attaché à lui, que Omer St-Onge adresse ses derniers mots.Récalcitrant mais toujours bienveillant, il libère dans l\u2019air les larmes de douleurs du passé, et poussant un nouveau soupir, il regarde de nouveau la pièce qui l\u2019entoure, sa nouvelle vie peut enfin débuter.Après sa prestation, Omer St-Onge discute avec le public et fait passer un message important.« En chaque Québécois, il y a un Autochtone.On est tous frères et sœurs quelque part.On est humains.» Par sa prise de parole, certains Autochtones le remercient de mettre leurs maux en avant, même si cela reste une minorité.« Certains viennent m\u2019écouter, mais c\u2019est tellement dur pour eux.C\u2019est une réalité qui est propre à eux.Il y a des gens qui sont venus du Lac Simon et qui ont vécu des traumatismes, ils nous disent merci de pouvoir en parler aux gens.Les gens doivent savoir.» Pour Omer St-Onge, il est important de continuer à véhiculer l\u2019histoire des communautés autochtones, mais aussi de prendre le pouls de la société pour se reconstruire.« On parle souvent de réconciliation, mais ce qu\u2019 il faut réellement, c\u2019est une reconstruction.Il faut que nos peuples se retrouvent et reconstruisent leurs relations.La réconciliation se fera naturellement durant cette étape.» Rêveur d\u2019une société où un jour, les Autochtones et les Québécois parviendront à avancer main dans la main, l\u2019artiste met un point d\u2019honneur à continuer d\u2019établir le lien avec ceux qui ne font pas partie de sa communauté.Parce que comme il le répète : « Devenons de bons ancêtres, ici et aujourd\u2019hui et surtout, prenons soin de nous.» © M e k y O t t a w a Dans le cadre du Mois national de l\u2019histoire autochtone Site web : jelisautochtone.ca @Jelisautochtone PUBLICITÉ Sabryna Godbout lors de sa visite du site Matakan.Photo : Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador 24 itineraire.ca 15 juin 2023 L\u2019idée, c\u2019est la chargée de projet en cultures et langues Sabryna Godbout qui l\u2019a eue au départ.Jeune Wendat qui se posait des questions sur sa propre langue et sa culture, elle est partie à la rencontre de trois nations pour découvrir, en premier lieu, leurs projets de développement durable, mais aussi, et surtout, pour s\u2019approprier à sa manière son identité autochtone.Au fil des quatre reportages transcrits en bandes dessinées et traduits en plusieurs langues autochtones, on la suit, accompagnée d\u2019Emmanuelle Dufour, de Jennifer Obomsawin et de Frédérique Gros-Louis, dans la communauté Mi'kmaq de Listuguj, en Gaspésie, à Manawan chez les Attikameks et enfin à Mashteuiatsh, avec les Pekuakamiulnuatsh.Catherine Béland, coordonnatrice en planification à l\u2019IDDPNQL, explique la vision de Sabryna Godbout quand elle a présenté le projet, en 2018 : « Elle a voulu représenter la vision holistique d\u2019après laquelle les Premières Nations conçoivent les choses.Elle a tout de suite eu l\u2019 image des quatre éléments : le feu, la terre, l\u2019air et l\u2019eau qu\u2019elle a associé aux sources d\u2019énergie : éolienne, hydroélectrique, solaire et de la biomasse.On a fait des recherches pour voir quelles communautés avaient des projets en développement durable avec ces types d\u2019énergie.Il manque une quatrième BD à sortir prochainement, et c\u2019est l\u2019élément de la terre avec un projet de bioénergie du côté de la nation Oujé-Bougoumou.» Cette conception holistique des Premières Nations, Sabryna Godbout l\u2019explique de la même manière en introduction de chacun des livres : « Chez moi, à Wendake, notre société de masques de médecine divise le cercle de la vie en cinq parties dont quatre d\u2019entre elles sont représentées par les couleurs suivantes : le blanc (le Nord), le rouge (l\u2019Est), le jaune (le Sud) et le bleu (l\u2019Ouest).Chaque division est également associée à diverses facettes de la création, dont le cycle de la vie (enfant, adolescent, adulte et aîné), le cycle des saisons (hiver, printemps, été et automne), le cycle lunaire, les quatre éléments de l\u2019être humain (spirituel, physique, émotionnel et mental), les quatre herbes sacrées (tabac, cèdre, sauge et foin d\u2019odeur) ou encore les quatre éléments de la terre (l\u2019air, la terre, le feu et l\u2019eau).Tout cela nous rappelle que notre monde agit selon un mouvement circulaire.» L\u2019Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador (IDDPNQL) a produit quatre bandes dessinées destinées à faire valoir les langues et les cultures autochtones à partir de projets originaux de développement durable implantés dans certaines communautés.Simon Bolduc \u2022 Chargé de projets, journalisme 25 itineraire.ca 15 juin 2023 Dans la première bande dessinée, on découvre le projet d\u2019énergie éolienne créé et géré par les trois communautés Mi\u2019Kmaq du territoire ancestral Gespe\u2019gewa\u2019gi.Sabryna Godbout va à la rencontre de membres des communautés qui lui expliquent le projet MESGI\u2019G UGJU\u2019S\u2019N, « Grand Vent » en français, qui consiste en 47 éoliennes pouvant générer une puissance de 150 mégawatts, dont Hydro-Québec est le principal client, et dont la communauté estime les retombées économiques à 200 millions de dollars d\u2019ici 2036.Le deuxième reportage se déroule sur le site éco- touristique géré par Tourisme Manawan, le projet Pisimw, en territoire atikamekw.Le projet Matakan Pisimw est un projet de séjour immersif dans la culture et la tradition atikamekws dans des chalets utilisant uniquement l\u2019énergie photovoltaïque.Sabryna Godbout s\u2019est également rendue à Mashteuiatsh au sein des Pekuakamiulnuatsh, les Innus du Nord, pour en apprendre plus sur un projet de trois minicentrales hydroélectriques installées sur les rivières Mistassibi, Ouiatchouan et Mistassini.Ces projets de minicentrales sur le Nitassinan, le territoire traditionnel, évitent notamment l\u2019inondation des terres par d\u2019énormes barrages hydroélectriques, comme à Péribonka, limitant toutes sortes de conséquences néfastes pour l\u2019environnement, dont la qualité de l\u2019eau par l\u2019augmentation du niveau de mercure.À venir sous peu est le quatrième reportage, cette fois-ci produit par Alaniss Matte, jeune Innue œuvrant à l\u2019IDDPNQL, et par Marjolaine McKenzie, qui remplace Sabryna Godbout aujourd\u2019hui à titre de chargée de projet en cultures et langues à l\u2019IDDPNQL. Marjolaine McKenzie qui travaille à l\u2019Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador a comme mandat, entre autres, de mettre à terme le projet de bande dessinée.Après, elle fera la tournée des écoles secondaires et des collèges dans les communautés pour faire la promotion des livres et encourager le monde à en apprendre plus sur ce qui se fait dans les autres communautés.Elle n\u2019avait pas entendu parler de l\u2019IDDPNQ avant que des membres de celui-ci aient passé une semaine chez elle, à Matimekush, à Schefferville pour faire des ateliers.Elle a réalisé que « c\u2019est large, le développement durable » et à quel point les initiatives des Premières Nations sont méconnues, des Autochtones comme des allochtones.« On parle beaucoup d\u2019environnement comme si ça s\u2019 inscrivait dans le futur, qu\u2019 il y avait des projets toujours à venir, dit Marjolaine McKenzie.En réalité, on ne se rend pas compte qu\u2019 il y a déjà des trucs bien installés.Les personnes sur le terrain, ça fait longtemps qu\u2019 ils sont là à vivre en harmonie avec la nature.Il y a une conversation dans le temps qui ne fonctionne pas.Le projet d\u2019hydroélectricité de Mashteuiatsh, je ne sais pas combien de fois je suis passée devant et je n\u2019avais aucune idée que ça existait, tout comme le projet de biomasse à Oujé- Bougoumou.On pense souvent dans les communautés que les Premières Nations sommes 10 ans en arrière.Mais regardez, la biomasse, c\u2019est moi qui se sent 10 ans en arrière chez nous à ne pas savoir que c\u2019est en train de se faire.» Dans une vision plus holistique du développement durable, Marjolaine McKenzie évoque la liaison incontestable entre le territoire, la langue et l\u2019identité.« Quand j\u2019ai compris que le territoire allait me réaligner avec mon identité et ma langue, c\u2019est là que j\u2019ai commencé à m\u2019intéresser au développement durable », dit-elle.Marjolaine McKenzie, chargée de projet en cultures et langues à l\u2019IDDPNQL.Photo : Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador 26 itineraire.ca 15 juin 2023 Alaniss Matte est adjointe administrative à l\u2019IDDPNQL.C\u2019est elle qui s\u2019est chargée des narrations de la dernière bande dessinée.Pour elle, ce support se rapproche de la culture orale importante des Premières Nations.« C\u2019est un bon moyen de raconter une histoire, c\u2019est quelqu\u2019un qui visite une autre communauté, qui en apprend sur leurs initiatives, et c\u2019est très visuel, dit Alaniss Matte.Ça m\u2019a aussi permis de faire des rencontres et des collaborations avec des illustrateurs, graphistes, traducteurs et narrateurs autochtones.» Marjolaine McKenzie abonde dans le même sens.Pour elle, la bande dessinée n\u2019est pas loin des contes et légendes de la culture autochtone : « C\u2019est un peu du storytelling sur papier.» Ce support de la bande dessinée a aussi comme objectif d\u2019être accessible et agréable à consulter.Alaniss Matte estime que le langage technique et politique des élus ne rejoint pas les jeunes des communautés comme celle d\u2019où elle vient, à Pessamit.« Ayant grandi dans les années 90, j\u2019entendais beaucoup le terme enjeu.C'étaient des enjeux avec les barrages, les caribous, mais pas nécessairement sur d\u2019autres sujets plus larges du développement durable.Ça restait très politique.Plus je vieillis, plus je me rends compte que ces sujets sont liés au développement durable.Le lien avec la tradition, le territoire, c\u2019est ça qu\u2019on met de l\u2019avant et qui rejoint le plus les jeunes », croit-elle.Elle salue les opportunités grandissantes pour des gens d\u2019aller vivre des expériences culturelles, elle qui n\u2019a pas grandi dans le « Nutshimit, dans la nature », et qui en avait même « peur » plus jeune.Alaniss et Marjolaine s\u2019apprêtent à partir sur la route pour présenter le fruit de cinq années d\u2019effort.Les BD seront surtout des outils pour permettre à la rencontre d\u2019avoir lieu et d\u2019aller plus loin dans l\u2019échange.« On va présenter les livres et on va laisser la discussion aller après.Juste dans la communauté de Manawan, quand on a appelé pour organiser la présentation, les gens ont tout de suite embarqué et organisé notre venue.Ils sont fiers de nous montrer leur projet de panneaux solaires », explique Mme McKenzie.Pour Catherine Béland, coordonnatrice à la planification à l\u2019IDDPNQL, les thématiques des livres sont le miroir des grands chantiers du développement durable.« On peut les réutiliser transversalement dans nos autres actions et projets, explique-t-elle.On essaie de garder ces outils-là vivants le plus qu\u2019on peut.» Les livres sont comme une « porte d\u2019entrée pour développer d\u2019autres sujets, comme l\u2019 identité ».27 itineraire.ca 15 juin 2023 Alaniss Matte est adjointe administrative à l\u2019DDPNQL et s\u2019est chargée de la narration de la 4e et dernière BD.Photo : Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador 28 itineraire.ca 15 juin 2023 L\u2019IDDPNQL a produit au fil des années plusieurs livres, en plus du plus récent projet de bandes dessinées.Au total, huit ouvrages destinés aux jeunes aux niveaux primaire et secondaire ont été réalisés.Traduit en plusieurs langues autochtones, dont l\u2019anishinabe, l\u2019atikamekw, le cri, l\u2019innu-aimun, le mi\u2019gmaw et le mohawk, ils abordent plusieurs thématiques en lien avec le développement durable : La vision des femmes, la parole des jeunes, la gestion des matières résiduelles, les changements climatiques, les métiers et les professions de l\u2019environnement, les habitats fauniques ou encore l\u2019importance de l\u2019eau racontée sur sept générations dans le livre Enseigne-moi l\u2019eau. P U B L I C I T É Lors d\u2019une visite au Café de la Maison ronde, l\u2019équipe de la rédaction a passé un moment à discuter avec Manomikalak, participant au programme de la Maison Ronde, de la vie dans sa communauté de Kangiqsujuaq et de ses projets futurs.On a parlé de son amour pour la pêche sur glace à l\u2019omble chevalier, du caribou qu\u2019il a chassé lors du rite de passage à son adolescence et de l\u2019importance de sa fratrie dans sa vie.L\u2019Itinéraire vous partage un texte qui raconte une anecdote d\u2019enfance.Kangiqsujuaq Situé sur la péninsule d\u2019Ungava Population : 837 La langue inuktitut y est parlée à 96 % Signifie : « la grande baie » Communauté la plus proche du site archéologique Qajartalik qui comporte des pétroglyphes de la culture Dorset.My name is Manomikalak Uqittuq but everybody calls me Manu.I come from a little village up north called Kangiqsujuaq.When I was still a kid my mother used to work for hunters for six-week shifts.My sister and I usually followed our mother so we could help her when she needed it.My sister Uttuqi and I used to go around to look for duck eggs so our mother could boil them for us.She was always proud when we found some.Once we strayed a bit far from our tent to find some eggs.Someone came to tell us that they saw a polar bears around the bay getting close to our tent.My sister and I, as we were young, never saw a polar bear before.We were really scared, so we started to walk quickly back.In fact it was more like running because we were afraid of the idea that the bears were getting closer every minute.When we got home, we ran to our bed and hid under our blankets.We didn\u2019t dare to move from there until the polar bears were gone far from us.It took us a long time to fall asleep because of the fear we had.This is a memory I have, recalling my childhood in the north.S I M O N B O L D U C Manomikalak Uqittuq Participant Programme Maison ronde 30 itineraire.ca 15 juin 2023 J\u2019ai mis des années à comprendre que les obstacles, les contrariétés et l\u2019adversité allaient me servir dans mes efforts pour devenir une personne plus forte, plus complète et confiante en elle-même.C.G.Jung l\u2019appelle « l\u2019enfant en nous ».C\u2019est lui qui définit notre personnalité, nos couleurs, nos perceptions, nos comportements.Mais c\u2019est aussi lui que nous négligeons, et pour ça, nous en payons le prix fort.L\u2019enfant en nous, celui que nous ignorons, nous manipule et nous fait agir et réagir de façon inconsciente.Notre incapacité à communiquer avec autrui cache et reflète nos expériences et nos blessures d\u2019enfance enfouies.L\u2019enfant en nous a été façonné, jour après jour, par les influences du monde extérieur.Je ne suis certainement pas un psychanalyste, mais je crois avoir compris une chose très importante : les émotions bougent de façon constante et ce mouvement émotionnel libère en moi des hormones qui correspondent à l\u2019émotion du moment, tels la dopamine, l\u2019adrénaline et le cortisol.Il est important comme être humain d\u2019apprendre à identifier ses émotions, d\u2019en connaître leur provenance et surtout de les vivre pleinement.J\u2019ai donné à l\u2019enfant qui sommeille en moi la place qui lui revient en toute légitimité.Son aide très précieuse me permet de traverser de façon beaucoup plus réfléchie les épreuves et les embûches que la vie me réserve et elle m\u2019offre une meilleure perspective de la vie en général.Cette symbiose que je vis aujourd\u2019hui avec l\u2019éveil de l\u2019enfant en moi me permet de mieux me connaître et de m\u2019apprécier à ma juste valeur.La vie n\u2019est pas facile, mais elle peut se traverser avec plus de souplesse.Il faut l\u2019affronter, oser, faire preuve d\u2019audace, ne pas avoir peur de se remettre en question, d\u2019éliminer ce qui empeste,de boycotter le nuisible.Être maître de soi, c\u2019est vivre pleinement son potentiel émotif.La fuite et le refoulement devraient être bannis de nos vies, à tout jamais.Rupture.Voilà un mot qui me donne le vertige.Un mot qui suggère le démantèlement de quelque chose.L\u2019abandon d\u2019autre chose.Moi, ça me fout la frousse.Ça me donne envie de me dégarnir, de m\u2019alléger au plus sacrant, de prendre la poudre d\u2019escampette, de courir, de m\u2019effacer au plus criant.Me soustraire à cette zone ombragée et nébuleuse aussi vite que mes jambes me le permettent.J\u2019ai nourri cette crainte de l\u2019abandon et du rejet de façon disproportionnée et déraisonnable pendant de nombreuses années.J\u2019étais bien conscient que c\u2019était la cause de mon mal-être et que cette peur avait pour seule fonction de nourrir le poids de ma souffrance.J\u2019étais complètement embourbé, enlisé dans mes pensées, inventant des événements, évitant les adieux, que je savais dans mon for intérieur n\u2019être que le fruit de mon imaginaire.J\u2019interprétais ces foutus adieux comme une forme de rejet et de disqualification.Je percevais ces « prends soin de toi », « longue vie à toi », « bonne chance » comme des belles phrases creuses toutes faites d\u2019avance, insignifiantes et sans valeur.La peur d\u2019avoir peur, d\u2019avoir mal, de souffrir émotionnelle- ment me paralysait.Qu\u2019il s\u2019agisse de relations amoureuses, professionnelles ou de relations d\u2019amitiés, je n\u2019ai jamais aimé la confrontation.Je m\u2019enfuyais à tire-d\u2019aile, à toute vitesse, pour me mettre à l\u2019abri, croyant mieux me protéger.L\u2019émotion est un mouvement constant qui fait partie de la vie et qu\u2019il ne faut pas ignorer.Moi je m\u2019en suis soustrait par peur du ridicule, par peur du jugement, par peur d\u2019être catalogué.J\u2019ai pris le large et je me suis égaré.Je suis naufragé des profondeurs froides, sombres et humides de l\u2019existence.C.G.Jung a dit : « L\u2019émotion apporte de la vérité, de la couleur, de la chaleur à notre vie et à nos relations.» J\u2019ai mis des années à comprendre que me dérober de mes responsabilités émotives était comme me rendre à une mauvaise adresse.Aussi bien me réfugier dans les égouts pluviaux de l\u2019angoisse.Camelot Première Moisson Promenade Masson Jean-Guy Deslauriers réflexions 31 itineraire.ca 15 juin 2023 Les camelots nous décrivent ce qu\u2019ils aimeraient découvrir des communautés autochtones, de leurs cultures, de leurs pratiques et traditions.Pour certains, le tourisme autochtone est d\u2019ailleurs un très bon moyen d\u2019apprendre à vivre ensemble.Moi, je ne connais pas beaucoup les communautés autochtones.Mes références viennent des films western, alors elles ne sont pas vraiment fiables.Je ne connais pas non plus grand-chose des autres communautés : chinoise, indienne, ou autre.Par contre, si je pouvais découvrir quelque chose, ce serait l\u2019art autochtone.J\u2019ai toujours trouvé ça intéressant et beau.DENIS BOURGEOIS CAMELOT JEAN-TALON / CHRISTOPHE COLOMB Moi j\u2019aimerais aller dans le Grand Nord, là où il fait jour 24 heures d\u2019affilée.Déjà parce que je ne connais pas du tout, et aussi pour apprendre la chasse avec les membres des communautés.J\u2019aimerais savoir comment ils mangent.Je suppose qu\u2019ils mangent du poisson, du phoque.Je n\u2019y ai jamais goûté.Puis je suis curieux de leurs langues.MAXIME VALCOURT CAMELOT THÉÂTRES DU RIDEAU VERT ET DU NOUVEAU MONDE On dit souvent qu\u2019on n\u2019a pas le droit d\u2019entrer dans toutes les réserves.Je trouverais le fun d\u2019organiser un petit séjour pour découvrir les communautés.Ça nous permettrait de changer d\u2019air, mais surtout de découvrir leurs jardins, leurs cultures.Leur façon de vivre, plus proche de la nature.Puis, je trouverais bien d\u2019apprendre à mieux vivre avec eux, d\u2019échanger avec eux et de nous accepter.FRANCE LAPOINTE CAMELOT SAQ MONT-ROYAL / MENTANA D R E E R W I N | U N S P L A S H 32 itineraire.ca 15 juin 2023 Je suis déjà allé à Kahnawake plusieurs fois.Je me rappelle avoir été très très bien accueillie.Les gens là-bas sont chaleureux.Puis, plus près de nous, je vais à la Maison ronde.J\u2019y ai déjà mangé.Le menu est vraiment bon.C\u2019est comme une forme de tourisme d\u2019aller manger là-bas.MANON FORTIER CAMELOT SHERBROOKE / LEPAILLEUR Moi, j\u2019aimerais voir leurs méthodes de chasse, de pêche, les pièges qu\u2019ils utilisent.Parce que j\u2019ai une image d\u2019eux, de leur manière de chasser d\u2019avant, mais je ne sais pas comment ça a évolué.C\u2019est ce qui m\u2019intéresse.Ce sont beaucoup les méthodes traditionnelles qui m\u2019intéressent aussi.YVON MASSICOTTE CAMELOT MÉTRO UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL ET CH.CÔTE DES NEIGES ENTRE QUEEN-MARY ET JEAN-BRILLANT L\u2019itinérance est un phénomène complexe qui éloigne les gens de la société.Elle n\u2019est pas différente chez les Premières Nations et les Inuit.Celle-ci les écarte de leur réalité.Elle est la cause d\u2019histoires, de drames et de tragédies que nous aimerions toutes et tous éviter.Comme ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et des Inuit, je suis déterminé à trouver des solutions avec les gens du milieu.L\u2019itinérance peut être visible ou non, mais elle ne doit pas être ignorée.Nous avons la responsabilité de ne pas exclure les personnes plus vulnérables.Il faut engager de grands moyens pour soutenir les membres des Premières Nations et les Inuit qui cherchent leur place dans notre société.En ce sens, nous avons déployé plusieurs initiatives afin de venir en aide aux personnes autochtones les plus vulnérables.Nous avons contribué au projet d\u2019achat d\u2019un bâtiment ouvert en tout temps de Projet Autochtones du Québec, qui permettra notamment d\u2019ajouter 42 places d\u2019hébergement d\u2019urgence.Celles-ci seront accessibles au réseau montréalais de soutien à l\u2019itinérance.Une aide importante sera également consacrée à l\u2019exploration de solutions mises de l\u2019avant par les milieux autochtones à l\u2019intention des personnes vulnérables à Montréal, dont les personnes itinérantes.Finalement, le Secrétariat aux relations avec les Premières Nations et les Inuit investit régulièrement des sommes importantes, en collaboration avec le ministère de la Santé et des Services sociaux, pour renforcer la capacité d\u2019intervention de ses partenaires auprès des personnes itinérantes.Nous avons soutenu des organismes travaillant à consolider l\u2019offre de services de proximité, dont Résilience Montréal, The Open Door, Exeko et le Centre d\u2019amitié autochtone de Montréal.Vous vous posez peut-être cette question : comment pourrais-je contribuer à cette cause?La réponse est simple : en posant de petits gestes comme celui que vous venez de faire en vous procurant une copie de L\u2019Itinéraire.Ensemble, j\u2019ai espoir que nous pouvons non seulement aider les personnes autochtones vivant en situation d\u2019itinérance dans les rues du Québec, mais aussi rendre notre société plus équitable, inclusive et unie.Ian Lafrenière Ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit MESSAGE LE MINISTRE RESPONSABLE DES RELATIONS AVEC LES PREMIÈRES NATIONS ET LES INUIT A N N O N C E P A Y É E débute par une Chaque grand rencontre moment créons les Nôtres ensemble Onhwa' Lumina WENDAKE QU.ÉBEC P U B L I C I T É Le tourisme favorise la protection des cultures autochtones, l\u2019autonomie des communautés, la protection des espaces naturels.Surtout, le tourisme encourage le rapprochement des peuples, la connaissance de l\u2019autre.Et loin d\u2019être conventionnel, faire du tourisme autochtone s\u2019apprend.Tourisme autochtone 35 itineraire.ca 15 juin 2023 Rédaction de L\u2019Itinéraire en collaboration avec Tourisme Autochtone Québec « Ma fille vit au Yukon, introduit Marie Brion avant de décrire son passage de trois jours à Manawan.Là-bas, les Autochtones font du bruit pendant la récolte des petits fruits pour éloigner les ours.Mais ils leur parlent aussi pour les remercier de partager leur nourriture.Ce sont des formes respectueuses de la nature que j\u2019apprécie.Je suis sensible aux cultures autochtones, à leur réalité, à leurs valeurs.Mais je ne connais que peu de choses.C\u2019est pourquoi avec l\u2019une de mes amies, Estelle, nous avons décidé d\u2019aller à Manawan pendant la longue fin de semaine des Patriotes.« Sur place, le sentiment de se sentir étrangères a très vite disparu, dès le deuxième jour.Mais pour la toute première fois, j\u2019ai réalisé ce que c\u2019est que d\u2019être en situation de minorité visible.On ne savait pas vraiment comment se comporter, on marchait sur des œufs.Heureusement, deux membres de la communauté qui travaillent à l\u2019auberge nous ont accompagnées.Ils ont fait le lien entre la communauté et nous à une période de l\u2019année où il n\u2019y avait pas encore d\u2019événements touristiques à voir, d\u2019activités ouvertes.Ce lien est essentiel pour rapprocher les allochtones et les Autochtones.C\u2019est entre autres ce que font les points d\u2019 informations touristiques : du lien.« Mieux préparée, je serais allée à Manawan pendant une période où tout est ouvert.Parce que je crois que le tourisme facilite la rencontre.Pour moi, c\u2019est un outil parfait de rapprochement.» Une opinion que partage Andrew Germain Gros-Louis, conseiller marketing et chargé d\u2019un projet de rapprochement pour Tourisme Autochtone, avec qui Marie Brion a conversé pour démystifier son expérience autochtone et passer en revue les comportements clés à adopter avant de se lancer dans du tourisme autochtone.Retour sur une discussion sincère et pleine d\u2019humilité.C\u2019est ce que conclut avec humilité Marie Brion, bénévole à la rédaction de L\u2019Itinéraire, après son passage touristique dans la communauté atikamekw de Manawan, située à 250 km au nord-ouest de Trois-Rivières.Une expérience riche en apprentissages dont elle a accepté de discuter avec Andrew Germain Gros-Louis de Tourisme Autochtone Québec.Conseiller marketing et chargé d\u2019un projet de rapprochement entre les communautés autochtones et allochtones, ce dernier lui a partagé conseils et exemples de bonnes pratiques à connaître avant de visiter une communauté autochtone, qu\u2019elle soit touristiquement structurée, ou non.MANO PHOTOGRAPHIE 36 itineraire.ca 15 juin 2023 J\u2019ai trouvé Manawan assez isolé, sûrement parce que nous sommes arrivées là-bas dans une période creuse.L\u2019auberge dans laquelle nous avons logé était vide.Il n\u2019y avait aucun touriste et encore moins d\u2019allochtones.Je ne me suis pas sentie la bienvenue.Il faut dire qu\u2019on y est allées sans s\u2019être ni organisées ni renseignées avant.Chacune des communautés, nonobstant la nation, vit une réalité différente.Alors, que ce soit pour visiter Manawan, Odanak, Wendake, la Basse-Côte-Nord, etc.la première étape, c\u2019est de bien s\u2019informer sur l\u2019histoire de la communauté où vous vous rendez.Ce sont des peuples millénaires qui ont vécu beaucoup de choses marquantes pour chacune des générations.Ils ont des raisons de réagir de différentes manières.Alors c\u2019est important de se renseigner, d\u2019ouvrir son esprit et de démontrer que vous êtes prêt pour la rencontre.Les communautés sont toujours prêtes à partager, mais si les gens ne sont pas informés de l\u2019essentiel, c\u2019est comme une perte de temps.Puis, elles sont tellement habituées à avoir des gens qui viennent pour prendre sans jamais redonner, que les communautés sont plus fermées face aux gens qui ne font pas l\u2019effort de se renseigner un minimum.TOURISME MANAWAN | MAYOKE 37 itineraire.ca 15 juin 2023 Ce qui est étrange, c\u2019est que le deuxième jour on se sentait moins intruses.Les communautés sont habituées de voir les gens passer juste une demi- journée.Alors lorsqu\u2019on reste plusieurs jours, ils s\u2019ouvrent tranquillement.Ils observent la personne arriver, et attendent de voir son ouverture.Votre séjour vous a sûrement permis de comprendre qu\u2019il faut être préparées et que vous êtes les bienvenues.Oui.J\u2019ai beaucoup appris de ce séjour.Aussi qu\u2019il aurait été préférable de pouvoir vivre des activités et des événements pour créer du lien.Il y a en effet de bonnes pratiques à avoir et les centres d\u2019informations touristiques peuvent les expliquer.Si le centre avait été ouvert, peut-être que la personne vous aurait proposé de revenir une prochaine fois ou vous aurait parlé des comportements à avoir.Par exemple, pour le contact, c\u2019est bien d\u2019utiliser des mots de base dans la langue de la communauté : kwei, pour bonjour, miigwetch pour merci, en langue atikamekw.Surtout que les communautés autochtones défendent leur langue, comme les Québécois le font face à l\u2019anglais.Comment fait-on pour savoir tout ça avant d\u2019aller visiter une communauté ?Ce serait bien de connaître ces détails avant.Ce n\u2019est pas difÏcile de se renseigner sur internet, avec des ouvrages comme Mythes et réalités sur les peuples autochtones ou encore des sites comme Espaces Autochtones, par exemple.Puis auprès des communautés directement aussi.En leur disant : « Je ne connais rien de votre histoire, mais je suis intéressée à la connaître.» Bien sûr, il y a des choses que l\u2019on crie haut et fort, d\u2019autres pas.Essayez de demander à des membres de la communauté de Manawan comment ils ont vécu certains événements historiques marquants.Alors que si vous voulez parler de déforestation sachant que les forêts dans lesquelles ils chassaient l\u2019orignal sont complètement rasées, ça, ils vont en parler.Se renseigner est donc important.Dans ce cas, quelle est leur perception du tourisme ?Leur perception est changeante.Pendant la pandémie, des infirmières de Joliette sont venues au camp Matakan, localisé sur une des îles de l\u2019immense lac Kempt à 40 min de bateau de Manawan, pour comprendre la réalité des communautés lorsque leurs membres se présentent à l\u2019hôpital.C\u2019est là que la vision du tourisme a changé.Et c\u2019est devenu un outil de rapprochement.Maintenant, pour chaque communauté, le tourisme porte une notion de durabilité, en ce sens que ça passe d\u2019une génération à l\u2019autre.Et si ça demeure économique, la vocation première du tourisme est de se faire entendre.Le mot tourisme n\u2019est pas le bon mot finalement ?Nous on parle d\u2019aller à la rencontre.Rencontre festive, rencontre culturelle, rencontre naturelle.Des rencontres toujours enrichissantes.C\u2019est une démarche de rapprochement et on le constate de plus en plus.L e s p r o p o s o n t é t é é d i t é s à d e s f i n s d e c o n c i s i o n .38 itineraire.ca 15 juin 2023 Un sondage Léger fait en janvier et février 2022 auprès de 2 002 personnes âgées de 18 ans et plus ayant voyagé au Québec au cours des cinq dernières années démontre, plus que jamais, que l\u2019intérêt envers les communautés et le tourisme autochtones est fort.Source : Les Québécois envoient un signal fort au tourisme autochtone.Tourisme autochtone Québec.faible connaissance aucune connaissance connaissance moyenne connaissance élevée des Québécois ont une opinion favorable des communautés autochtones des Québécois n\u2019ont jamais pratiqué une activité touristique et culturelle autochtone au Québec par le passé Malgré l\u2019intérêt, la méconnaissance de l\u2019offre touristique et culturelle autochtone au Québec persiste : Nipinapunan Poésie Alexis Vollant La femme-renard Beatrice Deer Illustrations de D.J.Herron NOUVEAUTÉS PUBLICITÉ Pour plus d\u2019informations : tourismeautochtone.com 40 itineraire.ca 15 juin 2023 par Karine Bénézet Journaliste, cheffe de pupitre Poésie en marche pour Sindy Sindy Ruperthouse, une femme de la Première Nation Abitiwinni de Pikogan disparue depuis presque 10 ans.Comme trop d\u2019autres.C\u2019est à elle(s) qu\u2019écrit Virginia Pese- mapeo Bordeleau : femme, autochtone, mère, artiste, peintre et poète.Des mots qui s\u2019adressent aussi aux pères et mères qui restent, qui attendent le « retour » de l\u2019enfant aimé \u2014 parce qu\u2019un voyage n\u2019existe pas sans retour, comme le dit l\u2019auteure.Les actes de violence trouveront réparation.C\u2019est ce que laisse sous-entendre Poésie en marche pour Sindy, qui est aussi un puissant texte de consolation de celles qui pleurent dans la douleur de l\u2019attente.À son extrémité s\u2019exprime avec force la colère ressentie dans le ventre des femmes autochtones, prises à leur insu dans l\u2019incompréhensible haine d\u2019une partie du monde envers elles.Autour du récit suintent la Terre-Mère, les combats latents et ceux à venir.Écouter les 76 pages de Poésie en marche pour Sindy revient à se faire parler de cœur à cœur.Un texte qui transperce et relie les femmes avec la plus grande des humanités et la plus sensible des voix.Un texte profondément méditatif, merveilleusement accompagné par la voix de l\u2019artiste multidisciplinaire Soleil Launière et une nature sonore, qui fige l\u2019auditeur dans une écoute vraie et incontournable.Poésie en marche pour Sindy De Virginia Pésémapéo Bordeleau, lu par Soleil Launière Éditions du Quartz, 2022, 18 min Merci à Narra, la première et l\u2019unique plateforme québécoise dédiée au livre audio d\u2019ici pour sa participation à la réalisation de cette chronique.Un silence pour un bruit De Natasha Kanapé Fontaine, lu par Soleil Launière Éditions Xyz, 2021, 6 h 35 min Nauetakuan : mot innu qui nous annonce qu\u2019un son, au loin, vient à nous.Comment l\u2019entendre, si tout, dehors comme dedans, vibre, bourdonne, crie ?Il faut, oui, faire silence.Perdue dans la ville, Monica cherche sa liberté en même temps que ses liens.Ses études en histoire de l\u2019art ne lui inspirent plus rien, le sens la fuit et le vide menace de l\u2019envahir pour de bon, fragilisant l\u2019armure qu\u2019elle se confectionne chaque jour.Pour pouvoir enfin déposer le lourd bagage dont elle a hérité, revenir en paix chez elle, à Pessamit, elle devra d\u2019abord apprivoiser les orages qui grondent en elle.Remonter le fil des routes et des rivières, leur courant tantôt allié, tantôt contraire, d\u2019un bout à l\u2019autre du continent.Retrouver la puissance qui se façonne une perle à la fois.J\u2019aimerais lui dire que j\u2019y arrive tant bien que mal, que je cherche les assises, les repères, les portes.J\u2019aimerais pouvoir toucher la peau du castor une nouvelle fois, sentir la brise se lever tout en recevant l\u2019odeur du feu et de la viande qui grille.Si je ferme les yeux, mon rêve disparaîtra.Le Baiser de Nanabush De Drew Hayden Taylor, lu par Charles Bender 2021, 10 h 45 min Rien ne se produit jamais dans la réserve anishnabe de Lac-aux-Loutres.Enfin, jusqu\u2019à l\u2019arrivée d\u2019un séduisant étranger aux cheveux blonds porté par une rutilante moto Indian Chief 1953.Les intentions du bellâtre sont d\u2019autant plus mystérieuses que celui-ci semble connaître la communauté sous toutes ses coutures.Si la cheffe Maggie tombe instantanément sous son charme, son fils Virgile est beaucoup moins enthousiaste.Aidé par son oncle Wayne, créateur d\u2019une forme d\u2019art martial autochtone, il tentera d\u2019éloigner l\u2019étranger de Lac-aux-Loutres \u2013 et de sa mère.Et on dirait que les ratons laveurs veulent en faire autant.Drôle, profonde, lumineuse et remplie d\u2019espoir, l\u2019histoire est servie par l\u2019incontestable talent de conteur et l\u2019humour qui ont fait la renommée de Taylor au Canada anglais.L\u2019édition originale anglaise (Motorcycles & Sweetgrass, Knopf Canada) a été finaliste au prix du Gouverneur général.Tiohtiá:ke Écrit et lu par Michel Jean Les Éditions Libre Expression, 2022, 4 h 9 min Élie Mestenapeo sort de prison après avoir purgé sa peine pour le meurtre de son père, un homme alcoolique et violent.Sa communauté innue de Nutashkuan l\u2019a banni.Il débarque à Montréal et se retrouve très vite dans la rue.Il y croisera des personnes d\u2019autres nations, Inuit, Cris, Atikamekw, venues comme lui s\u2019échouer dans la métropole, et il fera des rencontres déterminantes, qui l\u2019aideront à se reconstruire.Tiohtiá:ke, c\u2019est aussi la réalité de tous ces Autochtones qui se regroupent dans les villes pour reformer la communauté qu\u2019ils ont perdue.La seule chance de s\u2019en sortir réside parfois dans l\u2019attachement à des valeurs plus grandes que soi. P a r N a m r o n C a m e l o t P J C b o u l .M o n k / P h a r m a p r i x O u t r e m o n t n o r m a r t m u s i c @ y a h o o .c a Humoriste 43 itineraire.ca 15 juin 2023 Christian Vanasse Troisième solitude Les propos exprimés dans cette chronique n\u2019engagent que l\u2019auteur.Tsé que j\u2019ai déjà été un « p\u2019tit Saint-Jean Baptiste » ?Oh boy, je sais qu\u2019en disant ça, j\u2019ai l\u2019air du gars qui fait encore sa grocery chez Steinberg en passant par la Commission des Liqueurs, mais regarde, je suis né en 1969 dans le tout petit village de Saint-Nazaire d\u2019Acton.Un village tellement petit qu'on avait mis « Bienvenue » pis « Au revoir » du même bord de la pancarte.Un village d\u2019agriculteurs, blancs, francophones pis catholiques.Le wet dream de Mathieu Bock-Côté.Facque, quand j\u2019étais petit, la Saint-Jean Baptiste, c\u2019était une grosse affaire.Pis y avait une tradition qui était de prendre un jeune garçon avec des airs de chérubin, de l\u2019habiller semi-bé- daine avec une peau de mouton pis d\u2019le placer sur une balle de foin pour parader dans le village.Le wet dream de quelques curés de l\u2019époque.Mais c\u2019est pas la chose à retenir (ouais j\u2019sais, j\u2019prends toujours ben des détours dans mes histoires).La chose à retenir, c\u2019est qu\u2019un jour de Saint-Jean, sous un beau soleil de juin, j\u2019ai défilé dans mon village natal sur une plateforme tirée par un tracteur pis maudit qu\u2019j\u2019étais fier ! Fier de mes ancêtres, de mes contemporains, de tous ces « nous » qui célébraient l\u2019histoire et l\u2019héritage d\u2019un peuple fondateur auquel je me sentais appartenir; le peuple Québécois ! Celui qui avait inscrit le fait français dans ce coin d\u2019Amérique et me permettait de célébrer fièrement le 24 juin à Saint-Nazaire, St-Denis, Saint-Ours ou Saint-Polycarpe pis de l\u2019Île d\u2019Orléans jusqu\u2019à la Contrescarpe.Une fois adolescent, je me suis intéressé à l\u2019histoire et l\u2019héritage du deuxième peuple fondateur, celui qu\u2019entre nous on appelait « l\u2019autre solitude » : les anglais.Par la découverte des origines irlandaises de mon arrière grand-mère, j\u2019ai réalisé qu\u2019il y avait des racines anglophones dans ma famille, ma parenté, et que cette présence anglaise, irlandaise et écossaise était aussi inscrite partout sur le territoire, de Drummondville à Sherbrooke en passant par Warwick ou Acton-Vale, et que tout ça faisait aussi partie de mon identité.Enfin, à l\u2019âge adulte, j\u2019ai rencontré cet autre peuple fondateur, ce « peuple invisible » comme disait Richard Desjardins, la « troisième solitude » : les Premières Nations.Certains diraient qu\u2019y\u2019était à peu près temps\u2026 et ils auront raison.Ça m\u2019aura pris des années pour sortir de mon petit village natal, ce nombril confortable et réconfortant, et prendre conscience de l\u2019univers qui m\u2019entourait.Si je n\u2019ai pas honte du chemin que j\u2019ai parcouru, je regrette cependant d\u2019avoir pris tout ce temps pour découvrir les 11 nations avec qui je partage mes racines : Abénakis, Anishinaabe, Atikamekw, Cris, Hurons-Wendat, Innus, Inuits, Malécites, Micmacs, Mohawks et Naskapis.De la Matapédia au Témiscamingue en passant par l\u2019Abi- tibi, l\u2019Outaouais et la Manicouagan, Magog, Matane, Mégantic, Mascouche, Maniwaki, Coaticook, Shawinigan, Arthabaska, Kamouraska, Chibougamau, Chicoutimi, Tadoussac, Rimouski et des rives de la Yamaska jusqu\u2019à Natashquan.Ces peuples sont si profondément inscrits dans notre territoire qu\u2019ils lui ont même donné son nom : Kébek.Il y a une cinquantaine d\u2019années, par une belle journée de juin sur ma balle de foin, je croyais contempler le monde.Je n\u2019imaginais pas encore à quel point il était vaste, riche et qu\u2019il avait tant de choses à m\u2019apprendre.Mes premières Saint-Jean, j\u2019entendais du Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Ginette Reno ou Robert Charlebois.Mes suivants incluent Nanette Workman, Stephen Faulkner et Leonard Cohen.Maintenant, il me faut du Kanapé Fontaine, Elisapie et Samian.Aujourd\u2019hui, je ne peux célébrer la Fête nationale sans penser à toutes celles et ceux qui ont façonné mon identité et à qui je dois cette histoire et cette culture qui prennent racine bien avant moi, bien au-delà de mon village, et dont je suis plus que jamais curieux et avide de connaître et reconnaître l\u2019héritage et l\u2019histoire.Avec fierté, je vous dis : Merci, thank you, wliwni, tshinash- kumitin, tiawenhk, nakurmiik et miigwech. Solutions dans le prochain numéro Dernier Étamera Boeufs Chagrin Du Nord et du Sud Contusion Proportionnels Pays Tromper Damées Grêle Déesse Essai Usuel Saint Chaise Bulbe Négation XXX Désert Lambin Brouilles En passant par Dotes Avancent Plante B G C D I V A E T S T R E T N E S R P E T N E T S I E L N E T A S E S E S A P T R E I S F L U T E T E L E U R R E R E H M A O T M E I A L T N I S I I S R E G 1 7 3 8 2 9 5 4 6 6 8 5 3 4 7 2 9 1 2 4 9 1 6 5 8 3 7 8 9 6 5 3 4 7 1 2 7 2 4 6 9 1 3 8 5 3 5 1 2 7 8 9 6 4 4 6 8 7 5 3 1 2 9 5 1 2 9 8 6 4 7 3 9 3 7 4 1 2 6 5 8 - 1er juin 2023 d?angle d?Estrie Principal Enduirai de résine Faire des tours Coupelle Soupe Néon Reliefs Conceptua- listes Rainurage Plats de crabe Fleuve- égyptien Mesure d?angle Usèrent Néant Diana Cale Cri des bacchantes Sortis Flanc Seine Foyer Perroquet Meuble Érable À toi Partie du corps Note Municipalité d?Estrie Lettre grecque horizontalement 1.Ressentirions.2.Aristocratie.- Maison de campagne.3.Composition pour deux voix.- Allonge.4.Au.- Épicéa.5.Destruction.- Avant-midi.- Nanoseconde.6.Dénoncèrent.- Plutonium.7.Unité paysanne.- Flétriras.8.Rempli.- Lente.9.Intitule.- Note.10.Saison.- Mesureras des billots.verticalement 1.Ébauche préliminaire de l'endoderme.2.Croupirait.3.Groupe humoristique québécois disparu.- Fleur.4.Élément indiquant une fonction alcool.- Strontium.- Our.5.Ouellé.- Individus.6.Versus.- Ornée.7.Apprécier.- Instrument composé de deux branches assemblées à angle droit.8.Organe glandulaire.- Nord-nord- ouest.9.Personne qui vit d'un revenu provenant d'un investissement.10.Négliges.- Lancer avec force.11.Interjection.- Ivre.12.Nazi.- Députés.- Coutumes. Pouvez-vous trouver les sept différences dans cette illustration ?Bonne chance ! détente 9 7 9 8 3 5 1 1 3 4 7 8 7 8 1 9 5 2 4 7 1 3 6 2 3 8 2 5 4 7 7 2 8 1 6 5 3 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.DIFFICILE FREEPIK | TOUTOUS En tant que ministre des Relations Couronne-Autochtones, je m'engage à travailler aux côtés des peuples autochtones, dans un esprit de réconciliation, afin de faire progresser les priorités des peuples autochtones et leur autodétermination.Pendant trop longtemps, le Canada n'a pas reconnu la culture et les traditions des Premières Nations, des Inuits et des Métis.En tant que ministre, député, et Canadien, je reste déterminé à honorer nos promesses, afin de construire un Canada meilleur pour tous.- Ministre Marc Miller A N N O N C E P A Y É E Le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire continue d\u2019être un acteur décisif dans la vie des camelots.Mais depuis les événements des dernières années, les ventes du magazine, les donations et le financement public ont chuté, poussant l\u2019organisme au bord de la précarité.Par ailleurs, les besoins d\u2019accompagnement des personnes marginalisées, souffrant de dépendance, de problèmes de santé mentale et en situation d\u2019itinérance ont explosé.C\u2019est pourquoi nous avons besoin de vous?! L\u2019Itinéraire poursuit sa mission d\u2019aider les camelots à se réapproprier leur vie.L\u2019Itinéraire poursuit sa ission d\u2019aider les participants à se réapproprier leur vie.Briser l\u2019isolement Développement de compétences Stages, formations et mentorat Services administratifs et judiciaires Aide alimentaire Revenus grâce à la rédaction et la vente du magazine Aide au logement Retour sur le marché du travail Estime de soi Soutien psychosocial autre montant?: $ M.Mme Autre Chèque (au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire) Visa Numéro de la carte Signature de la personne titulaire de la carte Expiration (Mois, année) Mastercard Code de vérification de la carte (CVC) 75 $ 50 $ Je fais un don de Mode de paiement Identification Nom?: Prénom?: Adresse?: Ville?: Code postal?: Courriel?: Téléphone?: ( ) Postez votre coupon-réponse au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2103 rue Sainte-Catherine Est, 3e étage Montréal (Québec) H2K 2H9 * Pour respecter la planète et réduire ses frais postaux, L\u2019Itinéraire envoie le reçu d\u2019impôt une seule fois par année, au début de janvier suivant le don.Vous pouvez faire un don directement en ligne sur itineraire.ca Numéro de charité de l\u2019organisme?: 13648 4219 RR0001 100 $ P U B L I C I T É A N N O N C E P A Y É E Notre équipe est fière de s\u2019associer à L\u2019Itinéraire et salue la contribution essentielle des Premières Nations et des Inuit à la société du Québec.Kwe ! YY r- Z PI y/ > = 1, 4 ne + Wak es ond TT Re \"& Tw ax = LL fe, + nibs } x Yi 3 Cy IF 4 § = y 4 is ja, \"ki Ps Ly tt Ÿ Lar J R i
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.