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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Le Monde
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1991-09-03, Collections de BAnQ.

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[" 'I ¦ ¦ \u2022-.¦'.\u2022a ' : * f :V.'.V!r.;-:'^;;'.v-/^ , LA PRESSE.MONTRÉAL, MARDI 3 SEPTEMBRE 1991 .** '-'.ft .1 l'ancienne URSS Les dissolution tout en criant au ¦.l/< -< \u2022 î-, PAULE ROBITAILIE collaboration spéciale MOSCOU M^M^ e putsch du 19 août a fait \"Ha beaucoup de bruit mais il n'a produit rien de concret.Ce deuxième coup d'État (celui des démocrates) écrase la volonté du peuple non pas avec des chars d*assûut mais avec des plumes ».À la sortie du Palais des congrès du Kremlin, le colonel Nico-lai Petrouchenko est désemparé.« le voudrais bien lutter contre ça, mais que faire,?confie-t-il à La Presse, Vous ne pouvez vous imaginer comment il est désagréable d'assister aux obsèques de son propre pays.Et ce que je crains le plus, c'est que l'impérialisme américain n*a plus de contre-poids ».Comme plusieurs autres des 2000 députés du peuple de rURSS, le colonel Petrochenko est furieux.«Deux putçchs en deux semaines, et à chaque fois, on dit que Ton agit au nom du peuple sans lui demander son opinion » lance un député du Kazakhstan, frustré.Si les députés se sentent outrés» c'est qu'ils sont convaincus que Mikhaïl Gorbatchev et les 10 présidents des républiques qui s'y sont ralliés ont outrepassé leurs prérogatives en leur imposant une nouvelle union pour l'URSS.La séance du cinquième Congrès des députés du peuple devait faire longuement le point sur la situation du pays deux semaines après le putsch des conservateurs et devait aussi combler les postes de l'exécutif laisser vacant par les démissions des instigateurs du complot.Mais Gorbatchev et les présidents des républiques qui restent de la vieille union ont tout chambardé : ils demandent aux 2000 députés d'adopter une proposition qui jette les bases d'une nouvelle çntente, qui signe l'arrêt de mort de leur Assemblée et qui les congédie.Tout ça en trois jours.' * « C'est un choc.On ne s'attendait vraiment pas à ça », disait un député.Trente minutes après la présentation de la proposition, Gorbatchev suspendait la séance et c'en était de la matinée.Un député a dénoncé Tinconstitution-nalité d'une telle procédure.« Le pouvoir exécutif ne peut pas se substituer de la sorte au pouvoir législatif », lançait un autre.Mais Gorbatchev n'a pas fléchi et, en après-midi, malgré les protestations dans les corridors du palais, on ratifiait l'ordre du jour imposé.Les grandes vedettes de la politique soviétique, elles, étaient prudentes mais enthousiastes malgré tout.^ .\u2022 .\u2022 .L'ex-ministre des Affaires étrangères.Edouard Chevardnad-ze, confiait à La Presse que « si la proposition Gorbatchev est adoptée, il y aura une perspective de stabilisation.La dissolution des hautes instances de l'Union soviétique, le Soviet suprême et le Congrès des députés du peuple est inévitable.» Chevardnadze répète que tout cela était inimaginable il y a quelques semaines.M mais, voyez-vous, chacun de nous est différent maintenant ».L'économiste de renom Stanislas Chataline, l'auteur des 500 jours, est d'accord avec Chevardnadze.« Nous assistons non pas à un congrès de républiques mais plutôt à une convention d'États.» Même chose pour l'historien Afa-nassiev, proche conseiller de Gorbatchev au début de la perestroïka, un homme très respecté au sein de l'opinion publique : « Les principes de notre cohabitation se précisent chaque jour ».propre itutionnel y Cette femme au poing levé chante des hymnes anticommunistes, alors que les députés arrivent au Kremlin pour leur congrès extraordinaire.L'ex-président de la radio et de la télévision soviétiques, demis de ses fonctions par le président de Russie peu après le putsch du 19 août, était aussi présent.« Oui nous sommes réunis pour une dernière fois ici.Pourtant une seule chose est positive; ce sont les efforts pour maintenir une alliance économique.L'alliance politique, elle, mieux vaut ne plus y penser, elle est morte maintenant ».Tous, l'un après l'autre, réitèrent l'importance de la collaboration, du travail d'équipe en matière économique et militaire.«,Imaginez, si chacune des 15 républiques mettait la main sur des ogives nucléaires, la frousse qu'aurait l'humanité entière, disait Afanassiev.Les armes stratégiques devraient aller à la Russie».\u2022 ' Hier, les faucilles et les marteaux dessinés sur les murs du Palais des congrès du Kremlin devenaient anachroniques.La Russie PHOTO RtUTER prenait toute la place dans le hall.La place était remplie de photos de la victoire des « troupes » de Boris Eltsine sur les putschistes, ; les foules, les tricolores de la Russie et le président Eltsine, tout y était.Et les députés d'Asie centrale en habits traditionnels ne trouvaient plus leur place.?REPÈRES Corbatchev lance sa te Révolution constitutionnelle » en s'appuyant sur la Russie et le Kazakhstan PIERRE GLACHANT Agence t'rancc'Preise MOSCOU ¦ Mikhaïl Gorbatchev a lancé hier sa « Révolution constitutionnelle» devant le Congrès des députés soviétiques quand le président Nursultan Na-zarbaïev.du Kazakhstan, a proposé au nom de 10 républiques la création de nouveaux organismes de pouvoir fédé- II rai pour une période transitoire.Lisant une déclaration conjointe issue des discussions de dimanche et hier au Kremlin entre Gorbatchev et 11 républiques, Nazarbaïev a proposé tout d'abord la création d'un Conseil d'État réunissant le président soviétîtiùe et les responsables cl0s républiques pour décider de façon concertée Jes questions d'ordre intérieur ot extérieur «concernant les intérêts communs des républiques».Ces/nouveaux organes rendraient de facto caducs les organismes centraux éltis, à savoir le Soviet suprême (Parler ment soviétique) Cït leCpngi^ des députés ( Assemblée élarJÈ^e de l'URSS), deux.institutions contestées depuis longtemps ; pour leurs positions conserva-^ trices par les libéraux.Lescrf^^ tiques ont redpublé de force depuis l'échec di^xoup d'État.Il est d'ailleurs révélateur qiie Nazarbaïev 'ait à^uucun*; moment évoqué le Soviet stf-' prême, et n'ait mentionné le-Congrès des députés soviétiques que pour l'appeler'à s6qj; reconnaître que les iépubliV:'/ quQS;peuvent décifler seules;:;; des domaines intérieur, mais aussi extérieur, ne déléguant au Conseil d'Etat que les secteurs communs à toutes les républiques.Les 10 délégations républicaines ont adopté dès hier après-midi le principe de la déclaration conjointe.Le Conseil d'État supplante en fait le Conseil de la Fédération, un organisme de concertation avec les républiques mis en place au printemps 1990 par Gorbatchev, mais qui n'a jamais véritablement abouti à des décisions, mettant au contraire en exergue l'incapacité du centre et des républiques à s'entendre.Nazarbaïev a ensuite proposé, pour la «période de transition», de créer un Conseil de représentants où chaque république aura 20 députés recru-téis parmi les élus fédéraux et républicains et dont la nomination sera confirmée par leurs Parlements républicains.Son rôle sera de décider de «questions d'impbrtiit^ce.!cr'^ .constttutionneisqui>boulevo^' gàrie in(er-répubne«n iasr^,£ sent cômfiîgVéiàÔntfôWreW:; à contourner le-ParlOTCj^t^fé-y; v teneur 0u^eôttpd*Étatef'-iîe déral.Oanotèauc^làa'àVedce font r sentant^ paùtni les députés fé-déraux» èë'qui implique Ui^ selection draconienne des pàr*^ lenièhtàirês fédéraux actuels isa'if^lës\"républiques.La ma-noettvre permet aussi de faire l'économie de nouvelles Met- le ¦ f.tioiis parl^entaires dans pays.'>VJ^*'>av' \" Nazarbaïev a aussi jiroposé .la création d'un Corpité écono-mique inter-républicaln «avec deè représentants de toutes les républiques sur une base pari- .taire», autrement.dit même , .^ ., _______- avec les républiques non inté- fi^.yf'estimait âîiifei;; w moiqmn'en a pas fait?».En tardant9 reconnaître les Baltes,^ Bush a donné une chance à Gorbatchev Apencv Francc-Prc^sc KENNEBUNKPORT.Maine L e président George Bush a attendu une semaine avant d'annoncer que les États-Unis reconnaissaient l'indépendance des États baltes afin de donner le temps au président Mikhaïl Gorbatchev d'annoncer son accord, mais il lui a fait savoir qu'il ne pouvait attendre indéfiniment et qu'il irait de l'avant, hier.Un haut responsable américain a expliqué que Bush, qui n'avait pas voulu agir aussi rapidement que Içs pays européens, avait d'abord voulu annoncer la décision américaine vendredi dernier, mais qu'il avait reporté une conférence de presse à ce propos jusqu'à lundi à la demande de Gorbatchev.Le président Bush a estimé hier à Kennebunkport, où il achevait ses vacances, que l'attitude prudente des États-Unis avait peut-être contribué à l'acceptation par Gorbatchev de l'indépei^dance des pays baltes.Bush avait envoyé un câble à Gorbatchev mardi lui disant qu'il était préférable que le premier pas soit fait par Moscou.Le mes- sage précisait toutefois que Washington considérait l'indépendance de la Lituanie, de l'Estonie et de la Lettonie comme « inévitable», qu'il n'y avait «plus beaucoup de temps» pour la reconnaître et qu'il le ferait le vendredi.Ce jour-là.un collaborateur du président Gorbatchev a appelé à Washington le spécialiste de l'URSS au Conseil national de sécurité, Ed Hewett, pour lui dire qu'il fallait plus de temps à Moscou.Après consultation avec Bush, Hewett a répondu au téléphone :ïNous vous donnons jusqu'à lundi», selon le haut responsable.¦t ft Le Monde Autres informations Gorbatchev a envoyé un câble à Bush dimanche pour le remercier de son soutien, mais sans-mentionner la question balte.Mais quelques heures plus tard, dans une interview télévisée, le président soviétique affirmait que les républiques qui voulaient être indépendantes étaient libres.C'est ce dont Bush s'est félicite hier en annonçant l'établissement de.relations diplomatiques avec les États baltes.« Nous ne pouvions attendre indéfiniment», a déclaré le haut fonctionnaire, soulignant toutefois que Washington était toujours préoccupé par la question non résolue des frontières entre les États baltes et l'URSS.Le sous-secrétaire d'Etat adjoint pour les Affaires européennes, Curtis Kamman, devait quitter Washington hier soir pour les pays baltes avec une lettre officielle indiquant que les États-Unis les considèrent comme des Etats indépendants.Kamman doit aussi discuter avec les dirigeants baltes de la question des bâtiments diplomatiques américains dans les trois capitales et leur soumettre une liste de noms pour les postes d'ambassadeurs.I r.' 1' f t V r f : \\ ilÉbii sign^ avec les Etats baltes .les accorcn^e reconnaissance diplomaticiu^^^î * lÈ-i'J'' î< ; ' chev et le président russe Bons Eltsmé, auxquels il î ¦ i .canadienne \u2022 ' .yiLNWS t if.t^e ministre du Commerce èxtiéneur, Michael Wilson, a.signé||ier à Sfilniu^ les documents établissant des relaticuis diplomatique entre le Ca-J nada ét là Lituanie» l^ne des trois républiques bal-' tes qui viei}nent de proclamer leur indépendance de ' l'Union soviétique, *^.v.>./ ^ .^^' 4i.v > -^-II a affirmé qu*unè>Aide technique était le meîl-' leur moyen de soutenir la Lituanie dans sa transition vers l'indépend^Nce et de l'aider à se dégager \u2022d'Un demi-siècle d'itiSkration'à l'économie soviéti- remettra une lettre du premier ministre Brian MUl-C^ M' gue.1 : «Je pense que leur oriorité est de développer une infrastructure qui puuib soutenir l'entreprise et ac-cueillir les investissei^nts étrangers», a déclaré le ministre en confèrent de presse, après avoir rencontré le président llttÉnièn Vytautas Landsbergis, puis Iç premierinînistre Gedeminas Vagnorius.Wilson effectue une tournée de trois jmirs én Lî-^ tuanie, Lettonie et Estonie.H ira ensuite â.Moscou, i; rencontrer le président soviétique Mikhaïl Gorbat- \u2022 La délégation quMI dirige inclut des représentants des communautés baltes et des milieux d'affaires dur Canada, dont Téléglobe Canada, le Barreau, canà-;^^; dien et TAssociation des banquiers, qui ont offert | leur assistance technique.Wilson a indiqué qu'iK^i avait demandé à la Société pour l'expansion des ex-i portations de mettre de cô>:v2 Le premier ministre Vagnorius a exprimé sa graiî-Ç tude pour l'appui canadien à la lutte de la Lituanie> pour son indépendance, disant du Canada qu'il était r «un exemple à suivre».Mais la réaction populaire l'annonce de l'établissement de relations avec le Ca-> nada a été plus mesuré dans les rues de Vilnius, où-.l on se félicitait davantage de la reconnaissance^di*^; plomatique annoncée hier par les États-Unis.i Ottawa n'ouvrira pas immédiatement de repré-sentation diplomatique à Vilnius, a fait savoir Wil- ; son.Selon des fonctionnaires canadiens, Ottawa I aura plutôt un ambassadeur non-résidant, qui pour- ;' rait être l'ambassadeur du Canada en Pologne.*! 1 I I « ¦ I .j .1 .1.' m ¦ \\ 1 AN OuUattMC.- \\ AN*\".1 \"¦ .kl DE PLUS SI VOUS AVEZ AÏÏEINT 60 ANS ioaos Appetez-nous.Un de nos conseillers s'occupera de vous.¦» Montréal -centre-ville: (514)844-2050 ¦¦ ¦ t-800-361-8625 Laval: (514)687-7360 - Sillery-av.Maguire: (^18)681-1550 mm.PmonneUmenty moL.c'estkSNF SœiETÉ NATIONALE DE RDUCIE Au utvtct tfCi QuibKOlS dipuif plus M n «ns 1 \\- , ':.LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 3 SEPTEMBRE 1991 ¦ Éditorial Paul Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Mtsson Marcel Desjardins éditeur adjoint directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef \\ La Fête du travail, mais quel travail?Jamais une fête du travail n'aura été aussi désolante que celle que nous avons fêtée en fin de semaine.Non seulement parce qu'un trop grand nombre de Québécois et de Québécoises sont exclus du monde du travail.Mais aussi parce que l'on découvre que le chômage, encore élevé en raison de la récession dont nous sortons péniblement, ne se résorbera pas de façon satisfaisante quand les choses seront revenues à la normale.Le taux de chômage est toujours trop élevé au Québec.Bien sûr, il atteint des proportions intolérables au coeur d'une récession, mais il reste inacceptable dans les années de croissance.Et c'est ainsi qu'en juillet, au moment où le reprise était imperceptible, le taux de chômage atteignait 11,9 p.cent.Mais si les années qui viennent sont fastes, à moins d'un virage dont on ne connaît pas la forme, il redescendra au mieux à 9p.cent, pour regrimper dès que l'économie n'aura pas autant de vigueur.En somme, les années de reprise ne suffisent jamais plus à le ramener à un niveau décent.Est-ce normal?Absolument pas.De 1981 à 1990, avec des hauts et des bas, le Québec a eu un taux de chômage moyen de 11,3 p.cent.Le Québec serait vingt-troisième sur vingt-cinq, dans un classement des pays de l'OCDE.Seules l'Irlande et l'Espagne ont vu pire pendant la décennie.Le Québec est donc complètement en dehors de la norme.Est-ce évitable?Ce n'est hélas pas évident, parce que la tâche est énorme, presque insurmontable.Pour rétablir une certaine normale, il faut bien sûr remettre les chômeurs au travail, mais aussi créer des emplois pour l'armée de ceux qui, découragés, ne sont même plus considérés comme chômeurs.Aux problèmes classiques de l'économie canadienne, comme le manque de productivité, les rigidités, s'ajoutent les problèmes québécois: une situation politique qui a eu un coût, une structure industrielle vieillotte dont les changements font mal, des carences du système d'éducation, pour n'en nommer que quelques uns.Un modèle à suivre, ce serait l'Ontario, une économie voisine mais dont la performance n'a pourtant rien d'exceptionnel.Dans le même classement international, l'Ontario se classerait en effet au quatorzième rang sur vingt-cinq avec un taux de chômage qui serait exactement dans la moyenne.Mais pour que le Québec ramène son taux de chômage au niveau ontarien, entre 5 et 7 p% cent, et réussisse aussi à ramener autant de monde sur le marché ' du travail qu'on le fait en Ontario, il faudrait créer de 450,000 à 550,000 emplois.En plus de ceux qu'il faut créer pour absorber la croissance démographique.Le défi est énorme, car il faudrait, en fait, pendant dix ans, créer 100 000 emplois par année au lieu de 50 000.C'est l'ampleur de cette tâche qui suscite un découragement.D'autant plus grand qu'aucune recette magique ne permettra de le surmonter.D'abord, parce que le Québec est tributaire des politiques économiques canadiennes.Le Canada, malgré sa ta;!!e, est une économie plus que médiocre, au dix-neuvième rang dans le classement cité plus haut.Le Québec affiche tout simplement une performance canadienne, en pire.Face à ces obstacles formidables, le Québec n'a qu'un atout, et il n'est pas économique.Il s'agit du fait que les Québécois de divers milieux ont enfin découvert que ce chômage n'était pas normal.Cela a ouvert la voie à un courant qui ne veut plus accepter ce qui auparavant était perçu, avec fatalité, comme inévitable.Ce courant, d'abord d'inspiration social-démocrate, visible dans le monde coopératif et le monde syndical, a trouvé écho du côté des entreprises, comme le montre l'initiative du Conseil du patronat, d'organiser en septembre un Rendez-vous économique avec le monde syndical, coopératif, universitaire.Ce cri d'alarme d'un organisme qui n'a pas pour mandat traditionnel de lutter contre le chômage est révélateur de la gravité de la situation, mais aussi du changement des attitudes.Et c'est ce changement, parce qu'il préfigure une forme de concertation, qui peut nous permettre de quitter les sentiers battus et de nous attaquer à ce cancer qui ronge la société depuis deux décennies.Alain DUBUC I - \\ Les bonnes intentions de la rentrée omme les milliers d'élèves qui prennent cette semaine le chemin de l'école, le ministre Michel Page revient de vacances bourré de bonnes intentions.La rentrée de M.Page sera marquée par une double offensive, destinée à combattre la pauvreté et le décrochage, les deux tragédies du système scolaire québécois.Ces «plans d'action» doivent être annoncés d'ici la mi-septembre.On ignore pour le moment si Québec a vraiment décidé de prendre les grands moyens pour donner à l'école québécoise le coup de barre dont elle a besoin.En attendant, le seul fait que ces deux problèmes aient été dûment reconnus dans la capitale constitue en soi un motif d'optimisme.Pendant plusieurs années, Québec a fait l'autruche devant la gravité du phénomène de l'abandon scolaire.Tous les cris d'alarme étaient reçus avec des statistiques apaisantes, esti-.rnant l'ampleur du décrochage à «seulement» 26 p.cent.Le gouvernement a mis fin à cette insouciante guerre de chiffres en reconnaisant, il y a deux mois, ce que la CEQ lui disait depuis longtemps: soit que quatre jeunes Québécois sur dix ne se rendent pas au bout de leurs études secondaires.: Ce phénomène dramatique est étroitement lié à celui de la pauvreté.D'abord parce que les enfants de milieux pauvres ont plus de chances de se retrouver parmi les décrocheurs.Ensuite parce que le décrochage constitue une porte d'entrée directe vers le chômage et la perpétuation des inégalités sociales.Qui créeront de nouveaux décrocheurs et de nouveaux chômeurs.Pour rompre ce cercle vicieux, les bonnes intentions ne suffisent pas.On ne peut demander aux écoles de faire des miracles tout en les soumettant à un régime d'austérité, comme Québec l'a fait au printemps dernier.Des études américaines démontrent que chaque dollar investi dans l'éducation permet d'épargner près de 25 dollars en coûts de santé, de réadaptation et de redoublement scolaire.Reste à savoir si le gouvernement est prêt à mettre de côté ses objectifs comptables à courte vue, pour procéder à cet indispensable investissement.Ag des GRUDA va y At/wB m tfewe Tour * liï&te; mon OttLv; noos fer » \u2022 ¦ A -IF il w ¦ .r< v, $1 m DROITS RÉSERVÉS L'économie mondiale a court-circuité l'État-nation, qui a perdu le contrôle MARCEL ADAM our contrer l'affirmation de Jacques Parizeau à l'effet que l'option souverainiste du Parti québécois a été prophétique en ce qu'elle allait dans le sens de l'histoire, je citais samedi dernier une opinion qui tend à l'infirmer, exprimée par l'écrivain suisse Denis de Rougemont dans deux ouvrages publiés en 1972 et 1977.Voici que dans le numéro de juillet du magazine américain The Atlantic, un journaliste en poste à Paris, David Law-day, signe un remarquable article dans lequel il soutient Ja thèse de l'inadéquation de l'Etat-nation souverain dans l'Europe d'aujourd'hui.On remarquera que les autorités interrogées par l'auteur donnent raison à l'essayiste suisse en évoquant les récents développements au sein de la Communauté économique européenne (CEE).Le continent qui a inventé il y a deux siècles le concept moderne de pays ou d'État-na-tion s'interroge, dit Lawday, sur l'avenir de cette invention.Il cite l'historien anglais Eric Hobsbawm, selon qui l'Etat-nation n'est plus de taille dans une économie d'envergure mondiale.Il donne en exemple le cas de la France où le président François Mitterrand a tenté d'appliquer son programme socialiste à son arrivée au pouvoir, mais pour se voir forcé peu après de l'abandonner pour s'ajuster aux politiques économiques en cours dans le monde industriel.Pour cet universitaire, l'Etat-nation a perdu le contrôle.L'économie l'a court-circuité en devenant transnationale.L'auteur fait dire au politologue britannique David Marqua nd que la croissance de la Communauté économique européenne (CEE) a obligé les pays membres à reconnaître qu ils sont trop petits pour gérer séparément leurs propres politiques en matières économique, monétaire, environnementale et surtout de la défen-se.Ces domaines, qui ont toujours été les attributs jalousement préservés de la souveraineté étatique, seront mieux gérés au niveau de la CEE.Par aileurs, ajoute Mar-quand, les États européens demeurent trop centralisés ou trop gros pour développer efficacement leurs propres régions.Us sont tout simplement insensibles aux besoins locaux.Aussi les États européens sont-ils coincés entre la CEE et leurs régions intérieures \u2014 où chez plusieurs, surtout les plus vieilles, le sentiment d'appartenance est plus ancien et plus fort que celui voué au pays.Ce qui explique, qu'aujourd'hui, des régions sont de plus tentées de passer par-dessus leur gouvernement natio- nal pour s'en remettre à \\a CEE pour leur progrès futur.L'auteur remarque dans sa conclusion que les États-nations européens se transforment d'une manière à première vue paradoxale en se fractionnant de l'intérieur et en s'agglomérant avec d'autres pour former quelque chose de plus gros qu'eux.Quand M.Parizeau proclame que son option est la formule de l'avenir, on peut se demander s'il ne prend pas le rétroviseur pour une boule de crystal.L'expérience m'a appris qu'un commentateur ne devrait jamais conclure son texte avec une affirmation discutable qui, pour convaincre, devrait être soutenue par un argument qui se tient.Jeudi dernier j'ai dérogé à cette règle en terminant mon article en ces termes: «En vérité, c'est bien davantage de la Yougoslavie que de la Lituanie que Jacques Parizeau devrait tirer leçon.» Le lendemain, une jeune consoeur d'une station radio m'appelait pour me demander gentiement sur quoi je me basais pour faire cette affirmation.Me rappelant implicitement, du même coup, qu'il ne faut jamais faire une affirmation en l'air, qui n'est pas évidente pour tout le monde au moment de prendre congé de ses lecteurs.A plus forte raison quand elle semble comporter un sous-entendu troublant.Ce qui est le cas en l'occurrence.Car inviter à tirer leçon v de la Yougoslavie plutôt que de la Lituanie, c'est laisser entendre que la sécession éventuelle du Québec serait bien plus susceptible de se faire dans la violence que dans la paix et la tranquilité.Ce n'était pas ce que je voulais dire.Car je ne m'attends pas à ce que le Canada s'opposerait par la force à la sécession du Québec.(Ce oui ne veut pas dire que ce soit absolument exclu.On ne peut jamais prévoir avec certitude comment réagira la majorité du pays abandonné en cas de déclaration unilatérale d'indépendance).Ce que je suggérais en mentionnant le cas de la Yougoslavie c'est ceci.Comme le pouvoir central s'oppose par les armes à la sécession des Républiques en mal d'indépendance, la communauté internationale, qui redoute les conséquences de cette résurgence des nationalités pour la stabilité politique et la sécurité de l'Europe, ne s'est pas bousculée pour reconnaître les Républiques sécessionnistes.Ce oui signifie que lorsque la sécession ne résulte pas d'un accord entre les parties et Su'elle se fait dans une situa-on de conflit, en général les pays de la communauté internationale ne s'empressent pas de reconnaître l'existence de ces candidats au statut d'État souverain.\u2022 lis attendent que la situation se clarifie, beaucoup souhaitant - s'ils ne cherchent pas à faire, en sorte - qu'il n'arrive pas à l'Etat menacé de désintégration ce qu'ils n'aimeraient pas qu'il arrivât chez eux.r Ixi tx)îte aux lettres Quand l'exemple de l'abus vient de haut ¦ Dans l'édition du 15 août, :c journaliste Danny Vear a bien fait de nous rappeler comment Montréal verse des salaires scandaleusement exorbitants à ses cadres supérieurs.Quinze d'entre eux touchent annuellement plus de 100000$.Déjà épaulé par trois adjoints aussi grassement payés, le général-secrétaire atteint la cote la plus élevée sur le marché du mandarinat québécois: 133550$.Comment une administration \u2014 qui a claironné depuis longtemps son inspiration social-démocrate et dont les plus illustres représentants ont été naguère porte-parole des gagne-petits et de leurs luttes pour l'équité sociale \u2014 comment cette administration peut-elle justifier des salaires aussi extravagants sans ébranler la confiance et le respect de ses concitoyens oui vivent pour près de la moitié sous le seuil de la pauvreté, repoussés vers des emplois toujours plus précaires, régulièrement frappés par des hausses de loyer, d'hypothèques ou de taxes, et dont la qualité de vie est menacée par la criminalité et le racisme?Je reconnais avec bien d'autres que l'administration actuelle a initié des réformes importantes et urgentes au chapitre de la démocratie municipale, des politiques d'aménagement ou du soutien aux organismes de développement.Mais je crois que nos élu-e-s ont succombé à la tentation bureaucratique.Devant l'ampleur des problèmes à résoudre et des réformes à mettre en place, on s'est empressé de recruter à prix d'or ces mercenai- res de la nationale-technocratie.Pour éviter que ne se répètent d'autres erreurs flamboyantes \u2014 les pissotières, les places bétonnées et les fenêtres princières \u2014, que ne se perpétuent les forces d'inertie et les compétitions stériles dans les services, il va falloir que nos élu-e-s imposent leurs convictions et l'intérêt général des Montréalais aux stratégies des technocrates.Dans un texte dont j'ai beaucoup aimé le courage et l'honnêteté, monsieur Raymond Lé-vesque dénonçait dans vos pages il y a quelques semaines les abus et les ambitions carriéristes qui ont vidé le projet souverainiste de ses aspirations à la justice sociale.Je ne suis cependant pas d'accord avec mon-sicurs Lévesque lorsqu'il accuse les syndicats d'être les premiers responsables de ces abus pour avoir «créé des classes prévilégiées qui nous coûtent très cher».L exemple de l'irresponsabilité vient de plus haut.Si nos ordures ont empesté l'été montréalais, c'est bien sûr parce que les syndicats ont choisi ce moyen de pression pour forcer la générosité de la Ville.Mais c'est encore plus parce que le message de l'administration concernant sa capacité de payer ses employés est des plus ambigus.En effet, comment demander aux syndicats d'être raisonnables et de participer à des objectifs d'équité sociale quand les élus eux-mêmes permettent à leurs grands bureaucrates de s'enrichir si scandaleusement à nos dépens.Jean-Marc GAREAU LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 3 SEPTEMBRE 1991 Opinions B3 - -, », - >rz* II faut ramener les jeunes au centre du m.v \u2022 * \u2022 i scolaire LORRAINS MGÉ présidente de la Centrale de l'enseignement du Québec u moment où plus d'un rail-lion de jeunes reprennent le chemin de l'école, du cégep ou de l'université, en cette rentrée scolaire 1991-1992, une réflexion sur la finalité même de notre système d'éducation paraît inévitable et un vigoureux coup de barre, indispensable.Quelles qu'en soient les justifications, les explications et les raisons; quelles que soient les analyses que l'on pourrait en faire, il est une donnée que l'on ne peut contourner et qui porte en elle un verdict: au Québec, plus de 4 jeunes sur 10 ne terminent pas leur cours secondaire ou n'obtiennent pas leur diplôme de fin.d'études.On observe une baisse nette de la scolarisation, particulièrement chez les jeunes de 16 et 17 ans.L'écart s'accroît entre le Québec et les autres provinces.Et nous avons pratiquement effacé tous les acquis de la révolution tranquille.Ces vérités, si dérangeantes soient-elles tant pour les artisans de l'école que pour la société tout entière, nous renvoient, bien sûr, à nos pratiques psychopédagogiques et à notre organisation scolaire.Elles posent la question de l'évaluation des apprentissages.Elles posent également la question du contenu des programmes; des matières que l'on enseigne et de celles que l'on n'enseigne pas.Elles posent aussi la quesiton de l'horaire de la journée des élèves et celle du calendrier scolaire.Elles posent de plus la question des services dispensés aux jeunes en difficulté d'adaptation et d'apprentissage, à ceux qui vivent en milieux défavorisés ou qui sont issus des communautés culturelles, à la petite enfance et au préscolaire.Elles posent enfin la question des moyens que l'on donne à l'école pour remplir sa mission éducative.Tous ces aspects, toutes ces dimensions, il nous faudra les aborder sans détour, mais nous ne pouvons nous y limiter.Tout cela nous amène à poser tes questions, plus fondamentales, de l'importance de l'école dans la société, de la conception que l'on a de l'éducation et de la finalité de l'école.École et société On ne peut nier qu'après le cri d'alarme lancé par la CEQ l'an dernier sur le drame du décrochage scolaire, les questions d'éducation aient pris un peu plus d'importance qu'auparavant dans le débat public.Force nous est cependant de constater que l'éducation occupe peu de place sur le plan économique.Bien sûr, on compte beaucoup sur l'école pour former une main-d'oeuvre compétente et qualifiée, mais que d'efforts aurait-il fallu investir dans la formation professionnelle qui n'ont pas été consentis.Et au-delà de la formation professionnelle, n'a-t-on pas assisté à un désinves-tissement systématique et planifié des ressources financières de notre système d'éducation?L'éducation a également perdu beaucoup de son importance sur le Les élèves doivent apprendre à agir sur les réalités, à les transformer et à les façonner pour bâtir une société meilleure.plan social.L'engouement collectif qui portait littéralement l'école québécoise à l'époque du «qui s'instruit s'enrichit» est essoufflé.Pour beaucoup de jeunes, l'éducation n'est plus le moyen d'accéder à un mieux-être.Pour les parents, elle n'est plus, comme elle était, «le plus bel héritage qu'ils pourront jamais laisser à leurs enfants».Sur le plan politique, nous avons assisté à un inlassable déclin de l'importance de l'école sur la scène québécoise.Perçue davantage comme une obligation de dispenser un service que comme un ievierde tout premier ordre, i:édu-cation n'a pas fait l'objet d'un grand projet gouvernemental depuis des années et l'on ne se souvient pas du dernier message inaugural du gouvernement qui en traitait de manière substantielle.Certes, on recommence à en faire un enjeu politique mais il en faut tellement plus pour corriger les années de dévalorisation où éducation était associée à contraintes et à restrictions.Le syndrome de la médaille d'or Tout cela nous renvoie aussi à la conception que nous nous faisons de l'éducation.À tant vouloir réduire le rôle de l'école à celui d'une chaîne de montage dans laquelle on évalue la performance aux seuls résultats quantitatifs mesurables et chiffrables, on en est rendu à dénaturer la raison d'être de l'école qui est de former des êtres humains.L'école souffre du syndrome de la médaille d'or: on fabrique des têtes bien pleines, le plus rapidement possible, dans une course effrénée où la compétitivité et le rendement régnent en maîtres.On compare les élèves les uns aux autres sans tenir compte des spécifi-tés des uns et des autres; on compare les classes aux classes, les écoles aux écoles, les commissions scolaires aux commissions scolaires, les collèges aux collèges, le système public au système privé, en perdant totalement de vue ce que l'on attend de l'école.On a transformé le système d'éducation en une course à obstacles qui tient de moins en moins compte des caractéristiques des élèves, de leurs handicaps, du potentiel de chacun.Centrée sur la «performance» pure des plus forts, l'école en laisse de plus en plus sur le carreau et nous offre pour bilan une minorité primée et une majorité déprimée.Ce n'est pas ce qu'il faut attendre de l'école québécoise.On n'évalue pas un système éducatif à sa capacité de favoriser une élite au détriment de l'ensemble des jeunes.On évalue un système éducatif à sa capacité de faire progresser le plus grand nombre possible de jeunes, à les scolariser davantage, à les épanouir et à les développer.On l'évalue aussi à sa capacité de favoriser le progrès social et de faire éclore de nouvelles valeurs dans une société.Des valeurs telles que la protection et le respect de l'environnement, une conception plus égalitaire des rapports femmes/hommes, un attachement à la liberté et a la démocratie.On l'évalue enfin à sa capacité de respecter la réalité des jeunes qui le fréquentent et qu'il est censé servir.Or, c'est comme si la place qu'occupent les jeunes dans la société \u2014 et dans l'école \u2014 avait diminué avec leur nombre.« La productivité et la compétitivité engendrent la prospérité», clame le nouveau slogan du fédéral qui s'ingère de plus en plus dans l'éducation.Nul ne se préoccupe de savoir quels sont les besoins réels des jeunes eux-mêmes.C'est un peu comme si l'école n'avait pas à tenir compte de ce qu'ils sont mais uniquement de ce que d'autres voudraient qu'ils deviennent.L école n'est qu'un lieu d'acquisition des connaissances.Elle doit dispenser le savoir, évidemment.Un savoir de plus en plus complexe et diversifié.Mais elle est aussi un creuset social et elle ne peut se concevoir en dehors des jeunes eux-mêmes.* Car l'école n'est plus le seul lieu d'apprentissage.U existe tant d'autres lieux où les jeunes apprennent et découvrent; l'école hors-les-murs a pris une telle importance que l'établissement scolaire doit désormais devenir un carrefour social où se forment les agents de la société de demain.Nos élèves doivent y apprendre à agir sur les réalités, à les transformer et à les façonner pour bâtir une société meilleure.C'est quand l'école aura réussi à former ainsi le plus grand nombre possible de jeunes qu'elle sera devenue l'école de la réussite.11 faut ramener les besoins, les réalités.et les rêves des jeunes au centre de notre système scolaire.Etre anglais et pauvre au Québec (L'article qui suit a d'abord été publié le 30 juillet dernier dans le Hamilton Spectator.Son auteur est un poète; il est aussi membre du Groupe anti-pauvreté de Verdun.) PHILIP AMSEL_ Les Québécois jugent pour la plupart que tous les Anglais du Québec jouissent de larges moyens financiers ainsi que d'une grande indépendance.On considère généralement qu'ils détiennent beaucoup de pouvoirs et qu'ils peuvent aisément se trouver un emploi ici comme à l'extérieur de la province.Sûrement, en ces temps de récession, les membres plus fortunés de la minorité anglo-québécoise connaissent comme nous certaines difficultés, mais, en ce qui concerne les plus démunis d'entre eux, la réalité est tout autre.Les Anglais pauvres du Québec Lont les «Anglais oubliés».Ils sont oubliés de l'élite anglo-québécoise autant que de la majorité francophone.Ils vivent à l'écart dans les quartiers ouvriers de la métropole ou des petites villes de province, où ils tâchent de mener à bien leur existence malgré un double handicap.Les Anglo-Québécois des couches défavorisés jugent difficile d'évoluer â l'intérieur de notre société, tant à cause de leur condition que de la barrière linguistique.Leur faible niveau d'instruction et, pour le moins, leur indifférence â l'égard du français semblent constituer un obstacle à l'amélioration de leur situation économique.Ils doivent aussi faire face à la volonté gouvernementale provinciale de déprivatiser graduellement les services sociaux anglais dont ils dépendent, lî deviendra alors plus ardu d'obtenir des services en anglais.Le projet de loi 120 sur la réforme de nos services de santé prévoit en effet des changements en ce sens.Ainsi, les services offerts par le CSS Ville-Marie le seront dorénavant par les CLSc, où les services en anglais ne sont pas garantis.Le gouvernement n'est pas sans connaître ces problèmes.Les prestataires anglophones de la Sécurité du revenu auront le droit de rencontrer un agent qui s'exprime dans leur langue, mais il est néanmoins difficile pour eux de bénéficier de tous les services offerts, compte tenu que le gouvernement se préoccupe peu de rejoindre cette clientèle.On reproche aussi le fait qu'il est plus facile de suivre des cours de français financés par le gouvernement pour les nouveaux immigrants que pour les Anglais des classes défavorisées ou pour les travailleurs à faible revenu.Les groupes de défense pour les droits des assistés sociaux anglophones travaillent de concert avec ceux francophones.L'anglophone Coalition for the Rights of Welfare Recipients, qui regroupe de nombreux groupes d'assistés et groupes communautaires anglais, vient de se joindre au Front commun des personnes assistées sociales du Québec, un regroupement francophone provincial pour lu défense des droits des assistés sociaux.Les groupes anglophones peuvent maintenant présenter leurs revendications au palier provincial, car le Front commun est présentement engagé dans un processus consultatif avec les représentants du gouvernement.' Toutefois, cette nouvelle participation anglophone aux manifestations, notamment contre les réformes de la Loi 37, demeure faible.Nombre d'activistes anglophones ne se sentent pas à l'aise dans le milieu francophone même s'ils y sont bien reçus.Une barrière invisible se dresse chaque fois que ces deux groupes se réunissent.Par ailleurs, le sentiment de solidarité anglophone subsiste dans les quartiers ouvriers anglais (Pointe-St-Charles, Verdun et la majeure partie du sud-ouest montréalais).À St.Columba House, à Pointe-St-Charles, on offre différents services, tels repas, intervention, rembourrage de meubles, et on pu-uî5e un magazine mensuel.U y a aussi une clinique communautaire et un comptoir alimentaire.À Verdun, on peut trouver plusieurs groupes communautaires pour les résidants anglophones.Les églises font aussi leur part pour préserver la communauté anglophone en distribuant de la nourriture, des vêtements et en dispensant divers autres services.On ne change pas facilement les mentalités.Le temps où il fallait savoir l'anglais pour décrocher un emploi est révolu.Les Anglais pauvres du Québec doivent apprendre le français.Les groupes anglophones de défense pour les droits des assistés sociaux ne peuvent plus se contenter de lutter seulement pour leurs droits linguistiques; ils doivent s'associer de plus en plus aux groupes francophones.Beaucoup de compagnies anglaises ont fermé boutique ici.Le français est la langue du futur au Québec.Les discussions entourant la langue camouflent le véritable problème: la pauvreté.Que le Québec se sépare ou non, on doit régler ce problème.Les Anglo-Québécois des classes défavorisées doivent se faire entendre de leur gouvernement autant que de leurs compatriotes bien nantis.Ils doivent travailler main dans la main avec les groupes francophones pour défendre leurs intérêts communs.En fait, pour l'Anglais pauvre d'ici, la seule façon de se tailler une place dans le Québec de l'avenir, c'est de s'aider lui-même.( Traduit de I anglais par Pierre Mans eau) ah Le plus ancien restaurant de FRUITS DE MER Tradition et qualité depuis 1862 1657, rue Sainte-Catherine ouest Tel.: 932 6118 - Ferme le lundi Stationnement gratuit (1 h 30)-garage du Faubourg (entrée rue Guy) L'abolition des corporations dans le secteur de la santé i.C, C.R.La population vieillissante, le nombre croissant, de jeunes en difficulté, les maladies comme le SIDA et l'Alzheimer, l'encombrement des salles d'urgence, la croissance rapide des coûts du système constituent des facteurs qui exigent une réforme des services de santé.Le projet de loi 120 a abordé ces problèmes mais i 65, la séparation entre le secteur privé et le secteur public a été complétée.Un Conseil d'administration a été créé pour gérer l'exploitation des établissements tandis que les corporations devaient, par l'entremise de leurs conseils d'administration respectifs, gérer leur terrain, les bâtiments et autres biens.De plus, les corporations pouvaient élire quatre membres au conseils d'administration de l'établisse* ment.Non seulement les structures ont-elles fourni une continuité et une garantie des droits historiques des diverses communautés dans la participation à la ges- -tion de leur établissement mais elles ont maintenu .en vie l'intérêt du secteur privé dans ce que sont devenus des établissements largement financés par le gouvernement.Depuis 1972, des milliers de membres de corporations ont consacré leur temps, leurs efforts et leurs fonds à l'amélioration des hôpitaux, des centres d'hébergement pour personnes âgées, des centres de réadaptation, des centres de jeunes et des centres pour les handicapés.Un véritable sentiment d'appartenance à l'établissement, à titre de membre de la corporation, ajoute une grande force au réseau.Des idées pour l'amélioration, le développement;, la recherche et la formation ont souvent été inspi-rées par les membres de îs communauté et en colla-boration avec les professionnels, ont incité le gouvernement à maintes reprises à financer les services requis.Les gouvernements réagissent plutôt que d'initier.: Cette réaction est fréquemment générée par la pression exercée de la part des personnes intéressées aux fonctions de chaque établissement.Les résultats Si le gouvernement retire ou réduit l'intérêt des -membres de la corporation au sein de nos établisse- -ments de santé, sa tâche pourra en être facilitée; ; mais le résultat en sera un de médiocrité dans les \u2022 services que nous recevons.En vertu du projet de loi 120, le gouvernement prétend que les corporations demeurent.Mais pour faire quoi?En premier lieu, les corporations n'auront aucun conseil d'administration.11 est difficile d'imaginer une façon plus efficace d'abolir ces corporations que' de les savoir dépourvues de dirigeants.Deuxièmement, elles éliront trois membres au Conseil du Centre uniquement si le ministre autorise la corporation à le faire.Troisièmement, le projet de loi 120 prévoit que le conseil de l'établissement puisse initier la vente des biens de la corporation bien qu'il requiert ultime-ment la permission des membres de la corporation pour se faire.Le fait qu'une entité puisse vendre la propriété d'une autre avec ou sans la permission du propriétaire relève sûrement d'un nouveau concept.Nous avons demandé au gouvernement de permettre aux corporations dont les conseils sont demeurés actifs depuis 1972 de leur permettre de continuer.Nous avons demandé au gouvernement de confirmer la désignation de ces établissements afin qu'ils puissent élire des représentants aux conseils de l'établissement sans qu'une épée de Damoclès soit suspendue au-dessus de leur tète.Si le projet de loi 120 demeure inchangé, une corporation, en raison d'un caprice ministériel, pourrait voir son droit d'élire des membres au conseil d'exploitation révoque et si un juge de la Cour du Québec accepte une telle situation, aucun appel ne sera possible.La survie de chaque communauté au sein du Québec dépend, dans une certaine mesure, des forces de ses établissements dont l'excellence repose sur l'implication de la collectivité et la collaboration entre le gouvernement et lesdites communautés.Nos établissements ont su bien desservir tout le Québec et continueront de le faire.Un très simple amendement au projet de loi 120 témoignera qu'ils auront le pouvoir de la faire. B4 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 3 SEPTEMBRE 1991 # * » \u2022 * \u2022 services 2 «.Nous sommes 155 000 travailleurs et travailleuses de la fonction publique fédérale, membres de l'Alliance de la Fonction publique du Canada.Chaque jour, nous sommes à notre poste, dans tous les coins du pays.Nous inspectons les aliments que vous mangez, dispensons des services de counselling et des cours de recyclage, luttons contre le trafic des stupéfiants, exécutons des opérations de recherche et de sauvetage, expédions les chèques de pension et d'allocation familiale, prenons soin des anciens combattants, protégeons nos ressources et notre faune, assurons la surveillance des détenus dans nos prisons, voyons à l'application des normes en matière de santé, de sécurité et d'environnement, et contribuons à assurer la défense du pays.Et cela n'est qu'un échantillon des services que nous dispensons.Nous sommes fiers du travail que nous faisons, des services que nous dispensons.Il se pourrait toutefois que, d'ici quelques jours, nous soyons obligés de déclencher une grève nationale.Pourquoi?Parce que le gouvernement Mulroney, tente de regagner sa popularité sur le dos des membres de l'AFPC.On nous oblige à prendre position.Défense de nos droits 1 est bien vu sur le plan politique de s'attaquer aux \"fonctionnaires\".Examinons toutefois les faits.On comprime nos salaires depuis des années.Nous sommes nombreux et nombreuses à toucher moins que nos homologues du secteur privé.Nous avons essuyé les effets de trois programmes de contrôle des salaires en 15 ans.Le gouvernement admet d'ailleurs que nos augmentations ont été inférieures aux taux d'inflation et aux taux négociés dans le secteur privé au cours des sept dernières années.La sécurité d'emploi est chose du passé.Quelque 13 000 emplois ont été retranchés depuis 1984, et on ne voit pas la fin des réductions.L'effectif de la fonction publique fédérale est de nos jours inférieur en nombre à ce qu'il était en 1973.Par contre, la population s'est accrue de 4 millions depuis cette date.Ce sont les taux d'intérêt et un dollar élevés et non les traitements versés aux employé-e-s de l'État, qui ont fait grimper le déficit.En fait, exprimés en pourcentage, les coûts du personnel de la fonction publique fédérale par rapport à l'ensemble des dépenses de l'appareil gouvernemental, de 14 % qu'ils étaient en 1983-1984, ont chuté à 11,87 % aujourd'hui.Défense de la justice ¦ .'^.i: Que voulons-nous?Justice! La sécurité d'emploi, parce que les réductions effectuées par les conservateurs répondent à des impératifs politiques.L'équité salariale, parce que la moitié de nos membres sont des femmes qui occupent des postes sous-évalués.Des taux nationaux de rémunération, parce que le fait de travailler pour le compte du Gouvernement du Canada ne devrait pas avoir pour effet de créer des citoyens et des citoyennes de seconde zone.Le gouvernement réagit à ces revendications en gelant nos salaires cette année et en plafonnant les hausses des années à venir.Pour la seule année 1991, l'inflation nous fera perdre plus de six pour cent en revenu réel.Entre temps, le premier ministre et les membres de son Cabinet se sont accordés une augmentation de 3,78 % en janvier dernier.Ils ont par ailleurs octroyé aux cadres supérieurs des gratifications atteignant en moyenne 4,75 %.Défense des contribuables Nous nous élevons contre les pratiques du gouvernement qui gaspillent l'argent des contribuables.Les conservateurs ont de façon saisissante fait grimper à 5 milliards de dollars la note de la sous-traitance des services publics.Bonne quantité du travail sous-traité aurait pu être exécuté pius efficacement et à meilleur compte au sein de la fonction publique.La situation inquiète lebureau du Vérificateur général.EllepréoccupeégalementleComitédes comptes publics de la Chambre des communes.En tant que contribuable, elle ne devrait pas vous laisser indifférent non plus.Nous avons réclamé l'institution d'une vaste enquête parlementaire sur l'escroquerie de la sous-traitance.Defense des services m La demande de services va en s'accroissant.Le personnel et les ressources pour les dispenser se font cependant de plus en plus rares.Les réductions pratiquées par les conservateurs depuis des années nous ont laissés dans l'incapacité de donner à la population les services dont elle a besoin et qu'elle mérite.En notre qualité de pourvoyeurs et de pourvoyeuses de services sur la \"ligne de feu\", nous partageons les sentiments de frustration que font naître dans la population les retards, les files d'attente et les réductions de programmes.; Nous voulons conclure une entente équitable.Mais l'enjeu est ici plus important.Il y va de l'avenir d'une fonction publique efficace, à la défense duquel nous nous portons.Nous ne voulons pas faire la grève.Mais nous aurons recours à ce moyen d'action si on nous y contraint.Il est temps que quelqu'un tienne tête au gouvernement Mulroney et dise: \"Ça suffit comme ça!\" Quelqu'un doit se porter à la défense des services publics-Nôtre lutte vise le gouvernement, non la population.Pendant la grève, nous assurerons les services essentiels.Nous vous demandons de faire preuve de patience et de compréhension.Somme toute, en nous portant à la défense des services pMblics, nous nous portons du môme coup à la défense des droits de tous les citoyens et de toutes les citoyennes! m 155 000 travailleurs et travailleuses de la fonction publique fédérale, membres de l'Alliance de la Fonction publique du Canada.À la défense de nous tous et toutes.;-_-*-*- Selon un économiste ontarien, la réforme de l'aide sociale du Québec fait fausse route FRÉDÉRIC TREMBLAY Presse Canadienne QUf.BEC ¦ Selon l'un des principaux artisans de la réforme de l'aide sociale mise en vigueur cet été en Ontario, le gouvernement du Québec fait fausse route dans rapproche qu'il a adoptée à l'endroit de ses propres citoyens vivant de '/assistance financière de l'Etat.Auteur du rapport Relance, dont le gouvernement néo-démocrate de l'Ontario s'est largement inspiré pour revoir son programme d'assistance publique, l'économiste Allan Moscovitch estime que la réforme de l'aide sociale mise de l'avant l'an dernier au Québec est «basée sur certaines idées qui ne sont pas valables», et qui ne peuvent conduire qu'à l'échec.M.Moscovitch, professeur à l'université Carleton, à Ottawa, était de passage au Québec, la semaine dernière, dans le cadre du 5e Congrès sur la politique sociale au Canada, qui s'est tenu à Len-noxville, en Estrie.C'est le précédent gouvernement libéral de David Peterson qui lui avait commandé cette étude sur une réforme de l'aide sociale en Ontario.Dans une entrevue, l'économiste a exprimé l'avis que la théorie adoptée par Québec pour guider son action est fondée «sur une fausse notion», qui veut que plusieurs personnes vivant de l'aide sociale «ne veulent pas travailler» ou sont «des paresseuses».Il s'agit, selon M.Moscovitch, «d'anciens concepts» au sujet de la personne, qui ne sont pas de nature à permettre aux assistés sociaux d'améliorer leur sort.En réalité, juge-t-il, la «plupart des assistés sociaux» souhaitent travailler.En privilégiant l'approche punitive (pénalités financières), Québec ne peut contribuer qu'à créer de la «pauvreté en profondeur», croit M.Moscovitch, celle qui se manifeste par un plus grand nombre de sans-abri, dépendant des soupes populaires.Le gouvernement ontarien, à la lumière du rapport Relance de M.Moscovitch a, de son côté, fait le chemin en sens inverse du Québec.L'Ontario a intégré la notion de «besoin » au coeur de sa réforme pour déterminer l'aide devant être accordée aux prestataires, alors que Québec est passé de cette notion de besoin, au critère d'aptes et d'inaptes au travail.Autre différence signicative, l'Ontario a annulé la pénalité de 40 dollars qu'elle exigeait aux personnes vivant de l'aide sociale et partageant un appartement, alors qu'au Québec, on a décidé de leur imposer, depuis l'an dernier, une pénalité de 93 dollars.Le gouvernement ontarien a aussi éliminé de son programme d'aide sociale l'obligation des visites à domicile, qui ne sont plus que facultatives, au gré du prestataire.Élément important aussi, le gouvernement de l'Ontario a accepté Je principe d'«emploi approprié», au lieu de forcer le bénéficiaire à accepter n'importe quel type de travail qu'il pourrait être physiquement capable d'exécuter.Cependant, le principe reste à être défini ultérieurement.Au Québec, le bénéficiaire apte au travail est tenu de participer «aux mesures d'employabilité» mises de l'avant par le gouvernement, même si elles ne correspondent pas à ses attentes, faute de quoi son chèque de prestation est amputé mensuellement de 109$.L'Ontario, toujours sur la base du rapport Relance, a accepté d'augmenter le niveau de revenus non imposables touchés par un assisté social occupant un emploi à temps partiel.Cette mesure, souligne M.Moscovitch, est de nature «à réduire la barrière entre le travail et l'aide sociale».En fait, on évite ainsi, explique M.Moscovitch, que le prestataire d'aide sociale soit fortement tenté d'abandonner le marché du travail, après qu'il eut constaté que ses revenus totaux ont diminué à cause de son emploi.Autre gain pour les assistés sociaux en Ontario, la possibilité pour le bénéficiaire de déduire une plus large part de ses frais de garde.Une femme monoparentale, par exemple, aurait pu se décourager rapidement et laisser son emploi si elle s'était rendue compte que ses frais de garde lui font perdre tous les avantages financiers que pouvait lui procurer son nouvel emploi, signale M.Moscovitch.L'application de la réforme de l'aide sociale en Ontario se fait en deux étapes, la première ayant eu lieu le premier août dernier, la seconde aura lieu le 1er octobre prochain.Le gouvernement du premier ministre ontarien Bob Rae a accepté d'ajouter 216 millions de plus à son programme d'aide sociale pour permettre l'application de sa réforme, sur un budget total qui doit atteindre 5 milliards en 1991-92.Le gouvernement fédéral, un très mauvais payeur Presse Canadienne OTTAWA H Le gouvernement fédéral a dû débourser plus de 6,5 millions au cours du dernier exercice fiscal, uniquement pour n'avoir pas payé ses factures dans les délais prévus.Des données préliminaires révèlent que presque tous les ministères et organisations fédérales ont versé des pénalités, des intérêts sur soldes impayés et autres frais pour délais de paiement pendant l'année financière qui s'est terminée le 31 mars.C'est tout de même moins que les 7 millions qui ont été affectés au même poste pendant l'exercice fiscal précédent.Tous ces chiffres ont pu être obtenus en vertu de la Loi d'accès à l'information.Comme l'année précédente, c'est encore le ministère de la Défense qui arrive en tête des mauvais payeurs cette année.À lui seul il a dépensé 2,25 millions \u2014 à peu près la même somme que l'année d'avant \u2014 pour avoir omis de payer les services et le matériel qu'il s'était procurés dans les délais convenus.Six autres ministères ont encouru des frais de plus de 200 000$ pour le même motif: les Transports (près d'un million).Santé et Bien-Étrc Canada, Pêches et Océans, Approvisionnement et Services, Travaux publics et Environnement (218 000$).Même la Gendarmerie royale du Canada n'est pas à l'abri des retards.Résultat: 190 000$ de frais pour paiements tardifs.On aurait tort de croire que les ministères à vocation financière donnent l'exemple.Revenu Canada exige que les impôts soient payés dans les délais impartis, mais pour le dernier exercice fiscal, sa division de la taxation a dû débourser pas moins de 57 187 $ pour paiements en souffrance.Au ministère des Finances, la facture a été d'un peu plus de 11 000 $, contre un peu plus de 7000 $ pour le Conseil du trésor.LOCATION MOBILE FIXE LOCATION 95$ PAR |MOiS OU ACHAT: INCLUANTi - BATTERIE -CHARGEUR AC \u2022 ÉTUIS - 0 MOIS MINIMUM ANNULABLE SANS FRAIS ft PORTATIF MODÈLE 8000 RCC INC., 3350, Ire Rue, bureau 204, Saint-Hubert J3Y 9Z7 Bureau: (514) 676-9919 - Ligne Montréal: (514) 592-5535 Télécopie: (514) 676-4323_ & Bell Cellulaire Centre Ceùulom Plus ft LA PRESSE.MONTRÉAL.MARDI 3 SEPTEMBRE 1991 - B5 Changez les chefs et vous bouleversez la scène politique canadienne ¦ L'Institut Gallup a demandé récemment aux Canadiens d'indiquer pour qui ils voteraient si les trois grands partis fédéraux avaient des chers différents.Les résultats de ce sondage, effectué auprès d'un échantillon représentatif de Canadiens, indiquent que le changement de chef aurait un effet marginal sur la position des partis.«i \u2022\u2022\u2022\u2022 Il est important de rappeler, pour commencer, les résultats du plus récent sondage Gallup sur les préférences politiques des Canadiens, qui ont été publiés le 22 août.À ce moment-là, les résultats suivants ont été enregistrés: libéraux (39 p.cent), NPD (25 p.cent), conservateurs (13 o.cent), Reform Party (13 p.cent), Bloc Québécois (8 p.cent), autres partis (1 p.cent).Pour le sondage actuel, on a demandé aux Canadiens quel parti ils appuieraient si Joc Clark était de nouveau à la tète du Parti conservateur au lieu de Brian Mulro-ney.Si Ton omet les personnes indécises, les résultats d'aujourd'hui révèlent que M.Clark à la direction ferait passer l'appui donné aux conservateurs de 13 p.LA GESTION DU TEMPS I -il J-S \u2022 *r.r> \u2022'>-'\u2022\u2022 V.-.«tf ' chez Delta Toujours coincé, bousculé, à la 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s'ïS air ne doivent jamais cesser de se battre immei: reste été le premier, au plus fort de la bataille, en 1976, à accorder un pareil appui.Vf., : À ¦ La fameuse bataille que les Gens de Tair ont livrée, il y a quinze ans déjà, pour donner aux Québécois de langue française une présence confortable dans le monde de l'aviation, a porté fruits, mais elle n*est pas complètement gagnée.Le président de l'Association des Gens de l'air du Québec, M.Marcel Deschamps, promet de rester vigilant, il signale que la nouvelle conjoncture économique et le repli sur Toronto de certaines activités des lignes aériennes pourraient faire subir aux citoyens du Québec \u2014 et par conséquent au français \u2014 un certain recul.C'est certes dans ce contexte, indique-t-il, qu'il faut voir la récente décision du gouvernement l.;.du Québeè de renouveler son ap-*^*^|;pi|î financier à l'association.Le '-'-¦ ¦¦ ¦jy^ y.'i>.;ptli financier à l'association.Le .V -ù^U- Bourassa avait du Signalons que l'Association des Gens de l'air du Québec a constamment réuni, bon an mal an, depuis 1976, et sur une base volontaire, quelcjue 1500 membres de toutes disciplines qui versent une cotisation de 40$.Le nombre de personnes employées dans l'aviation civile, au Québec, est évalué à quelque 35000.L'Association n'est pas un syndicat, contrairement à la Canadian Airline Pilots Association, par exemple.C'est un simple groupe de pression.L'action des Gens de l'air, il est *rai, se fait aujourd'hui plus discrète et certains s'en étonnent.M.Deschamps a été, avec M.Roger Dcmers (ce dernier est aujourd'hui décédé), le fondateur de cette association à forte visibilité.11 explique que certaines activités des Gens de l'air sont devenues moins tapageuses mais qu'elles sont tout aussi importantes.Les 150000 $ que l'État accepte Marcel Deschamps;':::H.Ï^'rj^ verser annuellement à l'asso- : .-V.'*\"^: \" ' .'VV.*.¦\u2022¦v;:^ ^\u2022::V .V.!-\u2022 ' ^ '« ¦-' - .'¦- I.t \u2022 '¦'.t.* - ^1 \u2022V:, \u2022 \u2022r.1 '.\u2022 « r \u2022 * ¦ * \u2022 _ /- -v.t \u2022 -» \u2022 \u2022 ¦ \u2022t.f ¦ r « *.1 - r ¦ \"1 4, Avec Federal Express, c'est moins cher que vous croyez.j « Et la raison en est simple.Avec Federal Express, la garantie^ de livraison le lendemain matin, le service de dédouanement et la cueillette à fieure fixe sont compris dans le tarif.Chez nous, ces petits «extras» font partie intégrante de l'acheminement de vos envois.Il y a des façons .d'économiser de Targent.En utilisant nos boîtes à colis ou nos comptoirs de dépôt facilement accessibles, ou encore en allant vous-même déposer votre envoi à une succursole de Federal Express, vous bénéficiez d'une réduction de 3 $ sur le coût de la livraison au Canada et de 6 $ aux États-Unis ou à l'étranger*.Il ne s'agit pas là d'une offre pour un temps limité mais bien d'une économie de tous les jours.Pour épargner temps et argent, voilà quelques pas dans la bonne direction.1 800 GO FEDEX Le bon numéro.Que vous appeliez pour une cueillette, pour retracer un envoi ou pour toute autre raison, à Federal Express un seul numéro suffit : le I 800 GO FEDEX.Ne tardez plus à nous appeler.Car nous croyons qu'il est temps pour vous de constater que notre service hors pair est loin d'être hors de prix.Les messageries T Pour toute rn/ormition sur notre garantie, consulter notre Cuidc dci services On fait exprès pour être les meilleurs.\u2022 Sous réserve de certaines restrictions Voir notre Guide des services pour plus de détails T ciation, par exemple, servent, à l'interne, à faire fonctionner une sorte de service public, le Bureau de placement des employés de l'aviation des Gens de l'air.Le but avoué de cette action est de favoriser le progrès économique des Québécois dans le monde de l'aviation.Les Gens de l'air permettent ainsi à cent cinquante perronnes, annuellement, de se mettre en rapport avec 75 employeurs.Mais qu'en est-il, aujourd'hui, de la présence, du rayonnement du français dans cet univers plus ou moins anglo-américain de l'aviation civile?.Il faut se rappeler que le Québec revient de loin et que les choses ont évolué rapidement.Les débats lusqu'à l'adoption de certaines mesures réglementaires issues, à partir de 1976, d'un très long enchaînement de débals parlementaires, de commissions royales et de poursuites judiciaires, l'usage du français, dans le ciel \u2014 et sur une partie du sol \u2014 était formellement interdit par le gouvernement fédéral.Les pilotes canadiens-anglais, rappelle M.Deschamps, se permettaient même de semonccr publiquement une hôtesse, à bord, parce que celle-ci avait osé prononcer quelques mots dans la langue de Molière.' Le premier président de l'Association, M.Roger Demcrs, s'attaquait, dans des conférences, aux «groupes de fanatiques» des lignes aériennes qui «bloquent» l'intégration.11 parlait, dans ce contexte, d'un «colonialisme ou-trancier».À cette époque, 6 p.cent des pilotes seulement étaient de culiure française; le personnel au sol, les agents de bord étaient souvent unilingues anglophones.La résistance La force de la résistance au français s'est manifestée de la manière la plus éclatante lorsque le syndicat des pilotes canadiens, la Canadian Airline Pilots Association ( CALPA ) déclencha une grève illégale, en 1976, juste un peu avant les |eux Olympiques.Il voulait stopper le mouvement vers le bilinguisme qui s'annonçait déjà.Le minisire des Transports flti gouvernement Trudeau, M.Otto Lang, céda.Il émit une directive décrétant l'usage exclusif de l'anglais dans l'aviation.Le français dans Tair, disait la majorité, était «dangereux»; il sèmerait la confusion dans les esprits et provoquerait des accidents.^ j C'est celle directive cjue les j Gens de l'air, avec l'appui du député Serge loyal, ont combattue , par la suite, mais sans succès, devant les tribunaux.Les cours de justice, à l'exception d'un arrêté du juge Jules Deschénes, avaient conclu que la loi fédérale sur les langues ofJicielles n'était pas coercitive à cet égard.On tente aujourd'hui encore, au Parlement fédéral, d'apporter les amendements qui s'imposent pour renforcer la loi.Les choses se sont en quelque sorte réglées lorsqu'une commission royale en vint à la conclusion, après trois années d'enquête (en août 1979) que l'usage du français, dans le ciel québécois, somme toute, n'était pas périlleux, ne mettait pas la sécurité des gens en danger.Évolution Depuis la publication de ce rapport, souligne M.Deschamps, le nombre de personnes pouvant s'exprimer en français, dans les diver
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