La presse, 26 février 1992, B. Informations nationales
[" S.' t.LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 26 FÉVRIER 1992 Bibeau nie avoir favorisé des libéraux au Biodôme ÉRIC TROTTIER Hg$& cndaiit que le président de Wf^ la Régie des installations olympiques, Pierre Bibeau, réfutait catégoriquement être en conflit d'intérêts dans le dossier du Biodôme, le ministre de la Sécurité publique du Québec, Claude Ryan, a indiqué hier qu'il n'ordonnera pas d'enquête sur l'attribution des contrats de la RIO pour la construction du futur musée des sciences naturelles de la rue Pierrc-de-Coubertin.M.Ryan répondait ainsi à une question formulée en commission parlementaire, à Québec, par le député péquiste d'Ungava, Christian Claveau, au sujet de deux reportages récents du quotidien Le Devoir qui affirment que quatre firmes d'ingénierie et [d'architecture amies du gouvernement libéral auraient profité de la majorité des nouveaux contrats attribués pour la réalisation |du projet de 50 millions.Le ministre Ryan a indiqué [qu'il ne se penchera pas sur l'octroi des contrats de la RIO, tout simplement parce qu'il ne détient pas suffisamment d'informations lui faisant croire que les allegations du quotidien montréalais >ont fondées.«Je ne vais quand lême pas enquêter sur chacun tes organismes publics, sur la >ase du oui-dire, dans l'espoir de lécouvrir des irrégularités ou des : h oses illégales», a-t-il expliqué in substance.Le premier reportage du Devoir laissait entendre lundi que la transformation de l'ancien Vélo-Ironie en Biodôme coûtera 58 illions au lieu des 40 prévus au lépart, il y a deux ans.(La RIO ioutient de son côté que le musée :oûtera 50 millions, «pas un sou le plus», précise Pierre Bibeau.) Hier, le quotidien de la rue du îaint-Sacrcment revenait à la bharge et mettait directement en pause le président de la RIO, Pierre Bibeau, de même que son prédécesseur, Jean-Marc Bard, deux \u2022nciens militants très actifs au rLQ, les accusant d'avoir usé de leur influence pour favoriser les entreprises qui ont investi dans la caisse du Parti libéral.Interprétation erronée Les deux principaux intéressés ont tout nié.«Cet article est un tissu de mensonges; je suis prêt à jurer sur la Bible que tout est faux.Le journaliste qui a écrit cela n'a jamais vérifié ses informations auprès de moi ou de la RIO», a répliqué M.Bard, actuel président de la Société de l'assurance automobile du Québec.«Le Devoir fait une interprétation erronée des procès-verbaux de la RIO», a pour sa part soutenu Pierre Bibeau à La Presse.«Nous n'avons absolument rien à nous reprocher.|e n'étais même pas là quand on a choisi les premieres firmes d'ingénieurs et je ne fais pas partie du comité de gestion du Biodôme qui prend toutes ces décisions», a-t-il poursuivi.Le comité est représenté à moitié par la RIO et à moitié par la Ville de Montréal.«Je me demande bien pourquoi c'est la RIO qui est accusée, alors que toutes nos décisions en ce qui concerne le Biodôme ont été faites avec la Ville», ajoute Pierre Bibeau.M.Bibeau estime qu'il n'a pas à vérifier quelles firmes ont donné de l'argent au Parti libéral ou au Parti québécois, avant de leur offrir un contrat important.«le ne pense pas que la politique ait à voir avec ça.l'ai toujours fait bien attention à ne jamais faire de pressions sur qui que ce soit, justement parce que je savais que je deviendrais vulnérable en jouant à ce jeu, à cause de mon passé», a confié Bibeau, ex-cadre du PLQ et ancien conseiller personnel du premier ministre Bourassa.Enfin, Jean-Marc Bard croit qu'il est normal que la RIO ait accordé des contrats à des compagnies qui souscrivent au Parti libéral, puisque la plupart des entreprises le font pour les principaux partis politiques.«Si vous regardez dans les listes de donateurs du Parti québécois, vous allez probablement trouver les mêmes firmes», a-t-il lancé.BUDGET 92 ^ e casino à Montréal ?Pas si ûr, rugit Marc -Yvan Côté ends LESSARD fu bureau de La Presse ÏULBEC.e cabinet Bourassa est profondément divisé sur l'opportunité de donner le feu vert à iut projet de casino.En fait, au-lun dossier n'a encore été déposé evant le conseil des ministres, ni peme auprès des comités minis-:riels, la première étape du cheminement normal d'un tel projet.C'est ce qu'a indiqué hier à La 'resse une source au sein du msei 1 des ministres qui juge tout fait prématurées les hypothèses ir l'emplacement d'un tel casi-|o.«Il n'y a pas de décision de Irise et cette idée est très contrôlée », résume-t-on.Hier matin, devant les infprma-[ons voulant que le Palais.des >ngrès soit retenu comme em-llacement du futur casino, le mi-|istre responsable de la région de îuébec, Marc Yvan Côté, cra-hait littéralement le feu.«S'il y un casino, ce sera pour |harlevoix», a-t-il lancé sans dé-»ur, rappelant que c'est dans cet-région que l'idée avait germé, lit inhabituel, M.Côté s'était in-ité à une émission radiophoni-|' ie de la station CJRP hier matin, iur calmer les représentants du lilieu touristique de Charlevoix, les derniers venaient de promette une conférence de presse pour contester la décision que Québec semblait sur le point de prendre.«Ce dossier n'a jamais fait l'objet de discussions au conseil des ministres, ni même dans les comités ministériels», dé dire M.Côté, rappelant que ces démarches, incontournables, prennent plusieurs semaines.- Pointant du doigt son collègue du Tourisme, André Vallerand, et Loto-Québec pour faire circuler ces hypothèses, il a déclaré: «S'il y a des hommes politiques qui sont en train de se gourrer.ils mangeront.ce qu'il faut lorsqu'ils passeront au conseil des ministres et dans les comités.» Pour M.Côté, dans ce dossier «tout a toujours été très clair, on parlait de deux casinos, un dans Charlevoix et l'autre à Montréal».Au cabinet du ministre Vallerand, on se refusait hier à tout commentaire.On indique toutefois que le ministre a toujours parlé de deux expériences pilotes.Dans des entrevues à La Presse toutefois, à l'époque, il insistait sur l'implantation d'un tel casino à Montréal.D'autres sources signalent que le projet est beaucoup moins avancé que ne l'ont laissé entendre les médias.On allait jusqu'à préciser que le casino serait ouvert de midi a 2 h du matin, un genre de détail qui est loin d'être arrêté, explique-t-on.es pêcheurs de Terre-Neuve eulent s'en prendre à urs concurrents étrangers resse Canadienne /O/Z/V.Terre-Neuve ue ce soit en hissant des drapeaux du Canada ou en mpant les filets des vaisseaux |rangers, les pêcheurs de Terre-'uve se demandent quelle serait meilleure façon de livrer une icrre de la morue en haute mer.Acceptant mal qu'on réduise la |iantité de poissons qu'ils auront ; droit de capturer, alors que les alutiers européens peuvent peer sans être dérangés juste à [xtéricur des eaux canadiennes, Lisicurs affirment que le temps la diplomatie est terminé.)e serait une entreprise dange-ise, coûteuse et peut-être illéga-dans des eaux où personne n'accorde de faveur.Mais, selon l'avocat Donald Kerr, spécialiste du droit maritime, ce ne serait rien de tout à fait nouveau.Il a rappelé que, dans les années 1960, l'Islande avait déclaré qu'elle était prête à protéger sa zone économique.«Je crois que vous passez aux actes puis qu'ensuite vous persuadez les autres d'admettre la légitimité de vos gestes.Au début, on vous qualifie de fous, mais quelques années plus tard on admet tout cela.» Une manifestation pacifique sur les Grands Bancs a reçu lundi l'appui du ministre des Pêches, |ohn Crosbie, qui a annoncé une réduction importante des quotas de pêche à la morue.Ces quotas garderont les chalutiers à quai durant des mois.Rien pour contrer le chômage: la récession va durer longtemps, disent les chefs de parti d'après PC OTTAWA Lff incapacité du gouvernement conservateur de s'attaquer au problème du chômage constitue la principale critique qu'ont formulée hier soir le chef du Parti libéral Jean Chrétien, le leader NPD Audrey McLaughlin et le ministre des Finances de l'Ontario Floyd Laughren à l'endroit du budget déposé aux Communes par le ministre fédéral des Finances Dan Mazankowski.Quant au chef du fiioc québécois Lucien Bouchard, il affirme que ce budget prouve simplement que le gouvernement fédéral est au bout de son rouleau.M.Chrétien a souligné que si l'on excepte l'utilisation des fonds d'épargne-retraite pour l'achat d'une maison, qui avait été proposée par le Parti libéral, «ils ont décidé de ne faire absolument rien pour aider le million de chômeurs au Canada.Ça ne remet pas le Canada au travail du tout».« Nous pensions qu'après deux ans de récession, le moment était venu pour le gouvernement de faire quelque chose pour stimuler l'économie.Il choisit de ne rien faire.On accepte la proposition libérale sur l'habitation, mais d'un autre côté, on coupe dans l'habitation subventionnée.«Il semble que le niveau de chômage doive demeurer autour de 10 pour cent pendant encore un an; c'est tout à fait inacceptable.La récession va durer encore longtemps.Le gouvernement se contente de faire du rattrapage et, de surcroît, à un rythme très lent.» Mme McLaughlin abonde dans ce sens, puisque selon elle, «tout budget qui accepte que le nombre de chômeurs canadiens dépasse le million et demi est au départ voué à l'échec».Pour le NPD, il est inacceptable que la grille d'impôt favorise encore les mieux nantis tout en accroissant ia charge des personnes à faibles revenus.À l'exemple de son collègue libéral, néanmoins, Mme McLaughlin approuve la décision du gouvernement de permettre le retrait de 20 000 $ d'un fonds enregistré d'épargne-retraite pour l'achat d'une pre- PH0T0 CP Sous l'oeil réjoui du premier ministre Brian Mulroney, le ministre du Commerce international, Michael Wilson, félicite celui qui lui a succédé aux Finances, Don Mazankowski (à gauche).mière maison.«C'est un bon début, en particulier pour l'industrie de la construction de maisons.» Rien pour les provinces Pour le ministre des Finances de l'Ontario lui aussi, le budget d'Ottawa ne s'attaque pas vraiment au problème du chômage, et de plus, il n'apporte rien de bon aux provinces.«C'est un bon budget pour les gens aisés, qui ont déjà un travail, mais il n'y a rien dedans pour ceux qui doivent se battre pour trouver un emploi », précise M.Laughren.Même s'il admet que certaines mesures créeront de l'emploi \u2014 comme celle qui permet désormais aux consommateurs d'utiliser leur régime enregistré d'épargne-retraite pour acheter une maison \u2014 le ministre soutient que cela n'est pas suffisant.«En.Ontario, la mesure tou- chant l'épargne-retraite créera 4000 emplois.Or hier seulement, nous en avons perdu 2300 chez General Motors», a-t-il rappelé.«Pour les provinces, Ottawa ne fait rien, a-t-il poursuivi.Le budget permet à Ottawa de réduire son déficit, mais il soumet les déficits provinciaux à de fortes pressions en poursuivant le gel des programmes de transfert de paiements.Nous espérions que ces transferts seraient augmentés, mais nous ne nous faisions pas d'illusions.» Allocations familiales Enfin, de tous les leaders fédéraux, c'est Lucien Bouchard qui a le plus sévèrement critiqué l'exercice du ministre Don Mazankowski, en s'interrogeant tout particulièrement sur la nouvelle politique des conservateurs en matière d'allocations familiales.Ainsi, dit-il, les familles dont le revenu annuel combiné des parents dépasse 50 000 $ seront pénalisées par une réduction de leurs primes.«Ceux qui ont des enfants vont être pénalisés.On va favoriser les familles sans enfants.C'est une curieuse conception de la famille.» «C'est un budget qui, globalement, montre que le gouvernement fédéral est arrivé au bout de son rouleau.11 n'a aucune marge de manoeuvre pour s'attaquer à la crise économique que nous vivons.«Encore une fois, le gouvernement fédéral annonce une réduction de son déficit, alors qu'il n'a jamais réussi à le faire en sept ans.Et les dépenses ne sont pas coupées.On augmente le budget de l'armée.Je me demande vraiment pourquoi ils ont déposé un budget», conclut, le chef du Bloc québécois.Le milieu des affaires est satisfait du budget, les syndicats ne le sont pas » 4 * MARIO GILBERT mt SUZANNE DANSEREAU de la Presse Canadienne i les milieux d'affaires et le secteur manufacturier se disent satisfaits du budget Mazankowski, les syndicats, de leur côté, accusent le gouvernement conservateur de n'avoir rien fait pour les chômeurs et la relance de l'économie.«Il s'agit d'un budget truffé d'artifices, pour nous en mettre plein la vue, mais nous n'avons rien à nous mettre sous la dent», a commenté la première vice-présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.«Il n'y a rien pour stimuler l'économie, aucune mesure pour redonner confiance à la population.» La CSN, a-t-elle expliqué, aurait souhaité que le gouvernement fédéral intervienne plus directement dans l'activité économique canadienne.«En recherche et develop pement, par exemple, on investit 230 millions en cinq ans, ce qui constitue une goutte d'eau dans la mer.» Le président de la FTQ, Fern and Daoust, s'est dit déçu par le budget du ministre Mazankowski.«Nous nous attendions à une déclaration de guerre contre le chômage, mais le gouvernement avoue que le taux de chômage demeurera inéluctablement à environ 7'p.cent jusqu'en 1997.» M.Daoust déplore que le gouvernement n'ait pas profité du bud- c h get P°ur annoncer de hernana grands projets \u2014 travaux Daoust publics, transport, revita- lisation du patrimoine public, etc.\u2014 pour relancer l'économie et 1 emploi.« Il y a bien quelques petits coups de pouce (mesures fiscales pour les entreprises) mais pas de grands bonds en avant.» Le vice-président de la CEQ, Raymond lohnston, a accusé le gouvernement de faire preuve d'« insensibilité chronique face à la pauvreté».«Avec un taux de chômage dépassant 10 p.cent, l'essentiel de la stratégie de relance du gouvernement repose sur d'autres concessions fiscales aux entreprises, bien que cette stratégie fort coûteuse ait fait la preuve de son inefficacité.» Les porte-parole de la CEQ et de la FTQ ont d'autre part déploré d'une même voix la disparition du Conseil économique du Canada, M.Daoust dénonçant même l'« attitude vengeresse» du gouvernement envers cet organisme qui avait critiqué certaines mesures économiques des conservateurs, mais qui «avait aussi démystifié les incidences économiques de la souveraineté du Québec ».Mme Carbonneau, de la CSN, estime quant à elle que la disparition de ces organismes consultatifs indépendants constitue une menace à «la vie démocratique de la société canadienne».0 Habitations familiales Du côté du milieu des affaires, la réaction était plus enthousiaste, hier soir, surtout à cause de la réduction de 1 p.cent du taux d'imposition des bénéfices d'entreprises de fabrication et de transformation, de l'augmentation du taux d'amortissement des machines et du matériel, et la mesure permettant d'utiliser jusqu'à 20000$ de son REER pour l'achat d'une maison.Là-dessus, l'Association provinciale des constructeurs d'habitation du Québec (APCHQ) se réjouit bien sûr de la mesure du gouvernement.«11 s'agit d'un des meilleurs budgets depuis plusieurs années, puisqu'il réussit à réduire le déficit en contrôlant les dépenses gouvernementales, et alléger le fardeau fiscal des contribuables», a indiqué M.Renald lacques, président de l'APCHQ.Le directeur général de l'Association des manufacturiers du Québec, Richard Le Hir, a estimé que les mesures destinées aux manufacturiers «rejoignaient en gros les préoccupations et les recommandations exprimées plus tôt par l'AMQ».Il aurait cependant souhaité y voir des mesures de soutien à l'exportation.M.Le Hir se réjouit de 1*« effort sérieux» manifesté par le gouvernement conserva-teur pour restreindre le Richard Le Hir déficit, mais il demeure cependant sceptique lorsque le ministre des Finances prévoit un déficit au-dessous de la barre des 30 milliards (27,5 milliards) pour 1992-93.«11 est incapable de tenir ses promesses là-dessus.» Le président de la Chambre de commerce du Québec, Denis Mercier, trouve lui aussi * un peu trop optimistes les prévisions du mi: nistre Mazankowski en matière de déficit.«le suis perplexe quant à la possibilité d'atteindre un déficit de 27,5 milliards», a-t-il dit.Cela dit, M.Mercier estime qu'il s'agit-là d'un «très bon budget», aux mesures incitatives «pas énormes, mais dans la bonne direction».Au Conseil du patronat du Québec, on estime qu'il s'agit d'un budget «responsable, compte tenu du contexte économique et financier», a indiqué l'ex-président et maintenant administrateur au CPQ, Sébastien Allard \u2014 le président Ghislain Dufour est en voyage à l'étranger.M.Allard soutient que le budget prévoit des mesures encourageantes pour une certaine reprise économique.Le président de l'Ordre des comptables agréés du Québec, Alain Paris, estime lui aussi que la combinaison des mesures incitatives du budget fédéral «devrait créer un peu d'emplois».«Il s'agit d'un budget intéressant, compte tenu de la mince marge de manoeuvre qu'avait le gouvernement.» Les Canadiens ont assez souffert À la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, le vice-président pour le Québec, Michel Décary, s'est dit heureux que «le gouvernement ait compris qu'assez, c'est assez» (taxes).«11 est dommage que beaucoup de Canadiens aient souffert longtemps et inutilement.On ne peut refaire le passé, mais c'est un bon budget d'avenir.» Pour sa part, la Fédération canadienne des entreprises indépendantes (FCE1), qui regroupe 83000 petites et moyennes entreprises au Canada, a toutefois fait savoir qu'il y avait un «grand oubli» dans le budget: la TPS.La fédération aurait voulu qu'Ottawa réduise de un pour cent cette taxe sur les produits et services.«La TPS est LE problème qui freine la consommation ».faisait remarquer l'économiste Pierre Cléroux.Mais, mis à part cette critique, la Fédération se dit très satisfaite du budget.«C'est un bon budget», résumait hier M.Cléroux.La Fédération avait demandé à Ottawa de ne pas augmenter les taxes quelles qu'elles soient.Ce fut fait.Elle avait aussi demandé de réduire le fardeau fiscal des entreprises: ce sera fait en partie, pour celles qui sont dans le domaine manufacturier.b-:-\\- B2 r - LA PRESSE, MONTREAL, MERCREDI 26 FEVRIER 1992 La Presse Editorial Paul Desmarais president du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins éditeur adioint directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef La main de fer de Wilson, le gant de velours de Mazankowski A près les sept budgets de Michael Wilson, le technicien désincarné et maladroit, le gouvernement conservateur, pour la première fois depuis qu'il est au pouvoir, propose, enfin, le budget d'un politicien.En bon politicien, le nouveau ministre des Finances, Don Mazankowski jette de la poudre aux yeux et n'hésite pas à flirter avec le populisme.Mais un politicien, c'est aussi quelqu'un qui sait écouter, et qui sait vendre ses projets.Et ce sont ces qualités du nouveau ministre des Finances qui lui permettront peut-être de réussir là où Michael Wilson a toujours échoué.Sans provoquer l'allégresse, le budget déposé hier après-midi sera très certainement le moins impopulaire de tous les budgets conservateurs.Non seulement parce qu'il ne fait pas trop mal, mais parce que, pour la première fois, un ministre des Finances fédéral réussit à résoudre la quadrature du cercle, réduire le déficit et les impôts en même temps.Bien sûr, M.Mazankowski réussit ce tour de force parce qu'il récolte ce que son prédécesseur, Michael Wilson, a semé.Même si le gouvernement conservateur avait décidé de ne rien faire et de ne même pas déposer de budget cette année, l'élément central du budget, la baisse du déficit de 31,4 à 27,5 milliards, n'aurait pas été affecté.C'est là le résultat des quatre stratégies du ministre Wilson: des hausses d'impôt qui font encore mal, comme la TPS ou les surtaxes, un plan de compressions budgétaires considérables qui commence à peine à faire sentir ses pleins effets, la lutte presque obsessionnelle à l'inflation et sa retombée positive pour les finances publiques, la baisse des taux d'intérêt qui réduit enfin le service de la dette d'Ottawa et enfin, le pelleta-ge des problèmes fédéraux dans la cour des provinces.Ce budget, le vrai, ne change pas.C'est une toile de fond sur laquelle Don Mazankowski a appliqué une couche de vernis.Ou, si l'on veut, de la glace sur le gâteau trop peu sucré de son prédécesseur.Le nouveau ministre a plutôt plaqué un minibudget sur le vrai budget, qui jongle avec à peine un milliard, sur des dépenses de plus de 150 milliards.Les coupures, somme toute modestes, rapporteront $1,050 milliard cette année et $1,2 milliard l'an prochain.Et les réductions d'impôt, assez peu généreuses, coûteront $500 millions a l'État cette année, et un montant semblable pour les prestations aux familles.Mais cet exercice limité est beaucoup moins futile qu'il n'y paraît.Ces initiatives mineures rendent l'ensemble de l'exercice budgétaire acceptable.Elles fournissent l'enrobage qui fera peut-être passer la pilule amère de M.Wilson.M.Mazankowski y arrive en parlant le langage du monde ordinaire, en tenant compte des préoccupations des gens, leur peur de coupures dans les programmes sociaux, leur ras-le-bol face au fardeau fiscal, leur refus de se préoccuper de l'ampleur du déficit.C'est ainsi qu'il réintroduit une dimension sociale disparue du processus budgétaire avec une idée élégante, le dividende social, qui consiste à utiliser les économies de la Défense pour améliorer l'aide aux enfants.Il réussit également à illustrer de façon concrète, par la diminution de la surtaxe, le fait que la baisse du déficit est le seul chemin pour arriver à une baisse du fardeau fiscal.Il réussit enfin à annoncer des compressions budgétaires qui feront plaisir aux citoyens moyens, parce qu'elles frappent des dépenses qui sont en général perçues comme du gaspillage: frais de voyage, salaires des ministres, organismes consultatifs.Bref, par ces divers procédés, il rend acceptable ce qui ne l'était pas de la part de Michael Wilson.Et si les conservateurs avaient utilisé cette approche plus tôt, ils auraient peut-être réussi à assainir les finances publiques deux ou trois ans plus vite, en évitant de provoquer des crises inutiles, des levées de bouclier qui les forçaient à reculer et qui augmentaient leur impopularité.Il n'en reste pas moins que ces efforts communs des deux ministres des Finances marque le succès de la politique budgé- taire des conservateurs, mais pas le succès de leur politique économique.Pour la relance, ce budget, comme les précédents, n'apporte pas grand-chose.Il y a deux ans, M.Wilson n'avait pas vu qu'il entraînait le Canada dans une récession.L'an dernier, il croyait qu'elle était terminée.Cette année, M.Mazankowski propose des mesures, comme des baisses d'impôt pour les entreprises et une réduction de la surtaxe, qui auront un impact en 1993, quand la croissance sera revenue.Quant au programme qui permet l'utilisation des REER pour acheter une maison, il permettra peut-être la construction de 10000 logements, trois fois rien.Bref, a part la lutte acharnée à l'inflation, les conservateurs ont toujours peu à offrir.Mais sur le plan budgétaire, les données annoncées dans ce budget signifient qu'Ottawa, d'ici quelques années, aura réussi, enfin, à contrôler son déficit.De 27,5 milliard cette année, il devrait passer à 22,5 l'an prochain, à 14,5 dans deux ans.Si ces prévisions sont exactes, le succès est remarquable.Et tout indique que ces prévisions, à quelques nuances près, sont fiables.En 1991-92, malgré la profonde récession, le gouvernement fédéral a réussi à éviter un dérèglement de ses finances.Et maintenant, tous les outils qui permettront une baisse solide du déficit sont en place, les coupures sont faites, les taux d'intérêt sont bas, la TPS est là.Et c'est la un changement fondamental, essentiel pour l'avenir de l'économie canadienne.Si le plan financier conservateur est respecté, dans deux ou trois ans, parce que le ménage aura enfin été fait, Ottawa pourra sans doute commencer à réduire le fardeau fiscal et à songer au lancement de nouveaux programmes.Le paradoxe, c'est que si les sondages disent vrai, les conservateurs auront payé très cher leur acharnement à imposer la rigueur financière, et la probabilité est forte que ce soit un autre parti qui récolte les fruits du travail ingrat de ce gouvernement mal aimé.Alain dubuc Le Canada se remet dans la course à la compétitivité L e budget fédéral montre que la recession n'a pas fait dérailler le programme financier que Michael Wilson a élaboré en sept ans.Elle en a seulement retardé la réalisation.Les Américains n'ont pas cette chance.La recession a souligne la faiblesse de leurs finances publiques et de leur système fiscal.Nous pouvons donc mesurer le chemin qui leur reste a parcourir jusqu'au jour où le gouvernement peut aussi proposer une baisse des impôts dans un budget tout en prévoyant avec réalisme une disparition du déficit.Mais il n'y a pas lieu de nous rejouir de cette différence entre les deux pays car personne n'a jamais gagne quand son meilleur client subit des défaillances.Le déficit budgétaire des Etats-Unis pour l'année en cours représente 6,8 pour cent du produit intérieur brut \u2014 un peu plus que le déficit du Canada en 1984.Il a atteint ce seuil inquiétant parce que, pendant les années de vaches grasses, Washington n'est pas parvenu à définir une politique financière cohérente.* .Le président tirait dun côté et voulait stimuler l'économie en diminuant les impôts, alors que le Congres tirait de l'autre et voulait augmenter les impôts pour dépenser davantage.La compétitivité de .l'économie américaine a souffert de cette carence.Les chances sont minces que la campagne électorale actuelle de-bouche sur une politique saine et pratique.Il y a une différence fondamentale entre les deux partis politiques qui se sentent impuissants devant des électeurs qui refusent les augmentations d'impôts quand ils en ont l'occasion.Ce manque de réalisme pesé sur l'ensemble de l'économie.La compétitivité est un sujet très à la'mode \u2014 tant aux États-Unis qu'au Canada.Le meilleure moyen pour les pouvoirs publics d'aider a l'améliorer est de rendre leur fonctionnement le plus productif possible.Le niveau relativement élevé des impôts \u2014 comme au Canada \u2014 \"n'est pas important si le gouvernement offre des services de qualité.Ainsi, malgré des défauts importants, le financement des services de santé \u2014 à qualité égale \u2014 est un fardeau moins lourd pour le Canada que pour les Etats-Unis.Les chefs d'entreprises américains attendent avec inquiétude la solution qui sera finalement retenue pour rendre les services de santé plus équitables et plus rentables.Ils ne savent pas quelle sera leur contribution, ce qui augmente l'incertitude au sujet de avenir de leurs activités.Si l'on ajoute a cela qu'ils doivent aussi appréhender de nouvelles taxes et des hausses d'impôt, qui feraient partie d'une réforme en profondeur, on ne peut pas vraiment critiquer leur habitude de don-.ner plus d'importance aux profits a court terme qu'aux projets à long terme.Au Canada, les chefs d'entreprise n'ont plus ce souci au même degré.Comme on le voit dans le dernier budget, le gouvernement n'a plus besoin de faire des changements importants dans sa gestion et dans le système fiscal.Il peut limiter ses interventions au réglage fin qu'exige la conjoncture économique ou électorale.Le gouvernement fédéral a maintenant atteint un palier important pour la gestion de l'économie, ce que le Québec avait déjà fait il y a six .ou sept ans.Les entreprises québécoises sont donc dans une situation favorable par rapport à leurs voisins.La baisse de l'inflation et l'élimination prévue du déficit fédéral permettront aussi de renforcer la compétitivité des exportateurs canadiens.Quand il n'y aura plus le même besoin d'importer des capitaux pour aider a financer le déficit, le dollar canadien se stabilisera à un niveau qui représentera davantage le potentiel économique et commercial du Canada que les fluctuations des marchés financiers.Les industries de l'avenir ne risqueront plus d'être pénalisées par les exigences financières des pouvoirs publics.Il faudra des années avant que les Etats-Unis connaissent de nouveau une situation semblable.Cette difference entre les deux pays n'est pas sans danger.Au début des années 70, le Canada avait deja fait preuve de beaucoup de dynamisme dans les marches internationaux alors que les Etats-Unis traversaient une crise financière.Le pre-.sident Nixon n'avait pas hésite à simplement changer les règles du jeu pour garder les Etats-Unis dans la course.Le monde est maintenant plus convaincu qu'en 1971 de la nécessite \u2022 d'ouvrir les marchés a la concurrence étrangère, mais la concurrence est aussi devenue plus âpre.Des industries entières sont aussi menacées par de nouvelles technologies.La résistance à la «menace» étrangère est donc toujours aussi vive.La récession et la productivité défaillante ont avivé les sentiments protectionnistes dans beaucoup de milieux américains, à commencer par l'industrie automobile.Si Washington voit que le Canada commence a se montrer un concurrent redoutable dans des industries importantes, il pourrait de nouveau changer les règles du jeu \u2014 peu importe l'Accord de libre-échange qui nous lie.Frédéric WAGNIÈRE 3mL FAR CctJr&Fj Q&Jooveié De 'f/'W REPRISE DROITS RESERVES La boîte aux lettres Réduisez les taxes sur le tabac Monsieur Bourassa ¦ À l'approche de l'élaboration du nouveau budget 1992, je tiens à vous faire part de mes préoccupations et tout particulièrement, en ce qui touche les taxes sur le tabac.L'année dernière, la taxe provinciale sur le paquet de 25 cigarettes n été majorée de 50 cents, une augmentation considérable si on la compare avec le taux d'inflation.Le Québec est maintenant l'une des provinces qui taxent le plus le tabac malgré les avantages qu'il en retire en retombées économiques.En 1992, la Société pour la liberté des fumeurs appréhende à nouveau une hausse de taxes sur le tubac.La rationalité que présentait le gouvernement pour justifier ces augmentations de tuxes, à savoir la diminution de la consommation dans la population, ne tient plus.La politique de taxation sur les produits du tabac aura réussi à générer un réseau de distribution parallèle au réseau légitime de distribution, entraînant des pertes de revenus tant pour les divers commerçants que pour le gouvernement.Les chiffres officiels de consommation ne reflètent en rien la réalité.Alors que dans les médias on fait état d'une diminution de consommation domestique de l'ordre de 13 p.cent pour 1991, la consommation réelle n'a diminué que de façon marginale (1,8 p.cent) si on tient compte de l'augmentation de 173 p.cent des exportations vers les États-Unis dont 90 p.cent revient sous forme de contrebande (selon Douane Canada).De toute évidence la population qui a choisi de consommer ce produit légal n'entend pas se faire imposer un comportement auquel elle ne souscrit pas nécessairement.Ces consommateurs sont donc contraints, par les prix élevés du tabac au Québec, à s'approyisionner, sans grande difficulté, il faut admettre, sur le marché noir.(.) Enfin, considérant la situation économique de nos petits commerçants qui sont durement touchés et pour qui les revenus générés par la vente des produits du tabac comptent pour 70 p.cent de leur chiffre d'affaires et par le manque à gu-gner occasionné par le magasinage dans les États limitrophes du Québec, en bonne partie stimulé par des taxes sur le tabac très élevées, il est important de ne plus augmenter ces dites taxes.Il faudrait même les réduire.Luc-A DUMULONG Témoignage d'un chômeur ¦ Lorsqu'il y a annonce de mi- ses à pied dans les journaux ou à la télévision, tout le monde sympathise avec les travailleurs et leur famille.Mais cette sympathie ne dure que le temps de la nouvelle, soit jusqu'au jour où l'on annoncera la prochaine fermeture d'usine, ce qui fera oublier la première.\u2022 Pour celui qui est mis à pied, affronter cette dure réalité que sont les problèmes dits économiques ou technologiques n'était que trop peu souvent prévisible une année auparavant.Dorénavant, l'âge n'est plus un facteur de garantie d'emploi, tout au plus l'inquiétude est différente.En effet, les travailleurs de moins de trente ans sont bien souvent les moins protégés par une convention collective, leur ancienneté ne leur accordant que des droits partiellement sauvegardés face à l'ensemble des travailleurs mis à pied.Encore faut-il qu'ils travaillent dans un milieu syndique.Ce sont donc les plus débrouillards qui arriveront à s'en sortir.Pour les travailleurs de moins de quarante ans, l'idée de se recycler pourra être une solution à prendre en considération, pendunt qu'il en est encore temps.Certains impératifs entreront en ligne de compte: les enfants, qui probablement sont déjà « l'école, et le conjoint, qui travaille peut-être et qui devra pen- dant un certain temps être seul soutien financier de la famille et être un support moral pour le conjoint en apprentissage.Les autres pour qui la quarantaine est du passé, mais dont l'âge de la retraite est loin d'avoir sonné, vivent cette expérience d'une tout autre façon.Source de stress et de pression énorme, la nouvelle de leur mise à pied vient accaparer leurs projets établis depuis des années, mettant en péril temporairement ou définitivement leurs rêves d'une vie.Pour eux, malgré une meilleure protection de leur convention collective, la possibilité de trouver un nouvel emploi diminue au même rythme qu'augmente leur âge.(.) Peu importe son âge, chacun devrait tirer une leçon de cette expérience malheureuse.Ce n'est pas en se laissant aller qu'un travailleur pourra se sortir de cette situation.Il doit savoir puiser ses énergies au fond de lui, croire en ses possibilités et être ouvert d'esprit face à cet événement afin d'aller y chercher de nouvelles richesses qui lui permettront d'aller plus loin dans son cheminement personnel.Il n'en retrouvera pas pour autant son emploi, mais cette situation n'aura pas pour conséquences de miner son moral, sa santé et sa vie sociale et familiale.11 est possible, à mon avis, de sortir grandi de cette épreuve.Roland FRECHETTE Montréal V LA PRESSE, MONTRÉAL.MERCREDI 26 FÉVRIER 1992 B3 Opinions \u2014 * Le Canada malade de la politique symbolique L'auteur, qui est professeur au Département de science politique de l'Université de Montréal, prononçait récemment une conférence au Colloque Ontario-Québec: «A-t-on besoin, a-t-on envie de rester ensemble ?», organisé par le Collège universitaire Glendon, de l'Université York, à Toronto, conférence dont nous reproduisons le texte aujourd'hui.STÉPHANE DION Le transfert massif de responsabilités fédérales vers Québec pourrait être considéré comme une exigence démocratique si la population québécoise le réclamait de façon claire et non équivoque.La vérité est que la question du partage des pouvoirs, en soi, n'a jamais fait l'objet d'une préoccupation largement partagée par la population au Québec, jamais elle n'a même été l'un des thèmes d'une campagne électorale.Le fameux slogan \u2022< Ma it res chez nous» de la campagne de 1962 avait pour cible l'establishment anglophone privé et non le gouvernement fédéral.Le gouvernement Johnson ne s'est pas fait élire avec son slogan «égalité ou indépendance» pas davantage que la «souveraineté culturelle» n'a été le leitmotiv électoral de Robert Bourassa.C'est sur le thème du «bon gouvernement» que le Parti québécois a pris le pouvoir, en évitant tout débat sur son option.Et on pourrait poursuivre la démonstration jusqu'à la toute récente élection partielle dans la circonscription d'Anjou: le partage des pouvoirs n'est tout simplement pas un thème mobilisateur.Une contradiction intenable Avant l'échec du lac Mcech, Robert Bourassa a mené sa défense de l'accord sur le thème de la sécurité culturelle du Québec, il revendiquait des garde-fous, des protections supplémentaires, et non de nouveaux pouvoirs.On pouvait toujours penser que la clause de société distincte allait servir de levier pour obtenir de nouveaux pouvoirs, mais c'était bien improbable puisque l'accord précisait que la clause n'élargissait pas les compétences législatives de quelque organisme ou autorité que ce soit.On est bien loin des revendications tous azimuts du rapport Allaire, ce qui place d'ailleurs le gouvernement libéral dans une contradiction intenable: il ne peut sans se contredire affirmer a la fois que Mcech répondait aux intérêts du Québec et endosser le rapport Allaire.Dans le Québec de l'après lac Meech, alors que l'option souverainiste atteint un sommet de popularité, il est étonnant de constater à quel point l'opinion publique québécoise reste divisée sur l'opportunité de transférer à Québec de nouvelles compétences exclusives.A peine 54% des Québécois souhaitent que le gouvernement du Québec ait la responsabilité exclusive dans le domaine de la culture, 52% dans le domaine du social et 29% dans le domaine économique selon un sondage du Globe and Mail réalisé en avril 1991.On peut douter d'ailleurs de l'intensité de ces préférences.Au plus fort de la négociation constitutionnelle, on ne voit aucune La question de la langue est une grande mobilisatrice de foules au Québec.1 btt 1 PHOTOTHÈQUE L* Prêts* coalition forte se mobiliser pour le «rapatriement au Québec» de tel ou tel secteur.Au contraire, les intervenants du domaine de la culture ont réclamé en grand nombre le maintien de la présence fédérale.La culture était pourtant la cible par excellence du gouvernement du Québec.Le double financement, fédéral et provincial, mais aussi la crainte de dépendre des choix d'un seul gouvernement ont motivé cette résistance aux visées culturelles de Québec.Le social et la santé C'est dans le domaine du social et de la santé qu'on a entendu le plus de voix demandant la remise de toutes les responsabilités à Québec.Mais même là le mouvement est trop diffus pour qu'on puisse parler d'une coalition.Si d'ailleurs une telle coalition devait se former, elle serait immanquablement affaiblie par trois facteurs.Premièrement, elle se heurterait à l'objection du financement: l'avis général est que le Québec obtient davantage de ces programmes fédéraux qu'il n'y contribue.Deuxièmement, cette coalition serait divisée entre ceux qui veulent rapatrier les pouvoirs pour faire moins de social, et ceux qui au contraire espèrent ainsi faire plus et mieux.Les uns veulent échapper aux normes fédérales liant le financement à la gratuité et l'universalité des services.Les autres envisagent un programme social unifié, mieux adapté aux besoins du Québec.Mais ces derniers se tirent dans le pied car \u2014 et c'est la troisième contradiction \u2014, les politiques sociales supportent mal la décentralisation.Une dose de centralisation à l'échelle du pays est en effet le moyen d'éviter que les régions ne se livrent à une surenchère à la baisse en attirant les investisseurs par une moindre taxation, et donc par un faible volume de services sociaux.L'action du gouvernement central est nécessaire pour dissuader chaque région de chasser ses pauvres vers les régions voisines en offrant moins qu'elles.Par où couper L'attitude des Québécois vis-à-vis de la question du partage des pouvoirs rappelle celle des contribuables qui souhaitent des diminutions dans les dépenses publiques mais sont bien en peine d'indiquer où, dans quel service, il faut couper.Dans l'abstrait, les Québécois considèrent d'un oeil plutôt favorable l'idée d'un transfert de pouvoirs au bénéfice de leur gouvernement provincial \u2014 encore que l'appui pour un tel projet ne soit que de 55% selon le sondage du Globe and Mail cité plus haut.Mais dans la pratique, dossier par dossier, ils sont bien en peine d'identifier les secteurs importants où le retrait du gouvernement fédéral servirait leur intérêt.Plus le débat constitutionnel avance, moins la question du partage des pouvoirs est considérée du point de vue de la qualité des services offerts aux citoyens québécois.Cet aspect des choses a même été complètement perdu de vue.L'angle est plutôt celui de la réparation symbolique que le Canada doit au Québec après l'affront de Meech.La remise de nouveaux pouvoirs serait alors une manifestation de bonne volonté du Canada envers le Québec, la preuve tangible qu'il le reconnaît bien comme une société distincte.Le but est de calmer le profond sentiment de rejet que de nombreux Québécois éprouvent depuis l'échec du lac Meech, afin de les détourner de la tentation souverainiste.Nous voilà de plain-pied dans la politique symbolique.Un sentiment de rejet L'insécurité linguistique des francophones du Québec, leur confiance nouvelle dans leur capacité économique, cette combinaison n'était pas suffisante pour bâtir autour de l'idéal souverainiste une coalition qui ait les moindres chances de gagner un appui majoritaire au Québec.C'est le sentiment de rejet né de trois ans de tergiversations et de l'échec final du lac Meech qui a propulsé la cote de la souveraineté aux sommets où elle se maintient depuis l'entrée dans la nouvelle décennie.En fait, c'est la première fois que l'appui à la souveraineté atteint le seuil majoritaire depuis que l'on fait des sondages au Québec.11 est douteux que les populations du Québec et du Canada aient-compris grand-chose aux arguties juridiques du débat sur Meech.Mais elles ont retenu des idées simples.Les francophones du Québec ont compris que le reste du pays refusait de reconnaître le fait évident qu'ils forment une société distincte.Le reste du pays, lui, a compris que le Québec réclamait «quelque chose» que les autres provinces n'auraient pas, et que ce quelque chose serait placé au-dessus des droits humains reconnus dans la Constitution.C'est ainsi que deux populations se sont dressées l'une contre l'autre, à partir d'abstractions juridiques à forte charge symbolique.Depuis, les sensibilités sont à fleur de peau.C'est l'affront du lac Meech qui se perpétue quand un Premier ministre albertain s'en prend au bilinguisme officiel, quand des électeurs donnent leurs votes à de nouveaux partis ouvertement hostiles au fait français, quand injustement on brandit la crise d'Oka comme un acte d'accusation contre le Québec, quand une subvention accordée à Montréal scandalise des députés fédéraux \u2014 alors même que le Québec ne reçoit déjà pas sa part des programmes de développement régional \u2014, ou quand la nouvelle coqueluche de notre sport national refuse les millions qu'on lui offre pour jouer à Québec.Un moyen impraticable On propose d'accorder des gains substantiels au gouvernement du Québec en vue d'effacer cette série d'affronts et de sceller la réconciliation nationale.L'ennui est que ce moyen est impraticable.11 se heurte en effet au problème incontournable du statut des députés fédéraux québécois dans un fédéralisme asymétrique.En effet, le seuil de tolérance sera vite atteint au-delà duquel le reste du Canada exigera que les députés fédéraux québécois s'abstiennent de voter dans les domaines qui ne s'appliquent pas dans leurs circonscriptions.Cette perspective met profondément en cause le fonctionnement du régime parlementaire, car le gouvernement pourra en même temps détenir la majorité de la Chambre à l'occasion de certains votes, mais non pour d'autres, selon que les députés québécois seront habilités ou non à voter.Plus important, la présence du Québec sera considérablement amoindrie dans toutes les institutions fédérales, à commencer par le Cabinet.Aucun député québécois ne pourra bien sûr être nommé ministre dans les domaines consentis spécialement au gouvernement du Québec.On ne voit plus dans ces circonstances comment un premier ministre, un ministre des Finances, un président du Conseil du trésor, pourraient venir du Québec.De même, la présence des francophones dans la fonction publique fédérale et les sociétés de la Couronne devrait logiquement chuter.Autrement dit, l'influence du Québec sera au plus bas même dans les champs où l'action du gouvernement fédéral continuera à s'appliquer sur son territoire.C'est là un prix trop cher à payer.Des propositions La solution à la crise constitutionnelle ne passe pas par un transfert massif de pouvoirs.Elle réside à mon avis dans l'ensemble des garde-fous que l'on trouve dans l'accord du lac Meech et dans les propositions fédérales de l'automne dernier: l'enchâssement dans la constitution de l'entente spéciale sur l'immigration, un rôle dans la nomination des juges de la Cour suprême, une formule d'amendement avantageuse, l'encadrement du pouvoir de dépenser du gouvernement fédéral, le retrait du gouvernement fédéral dans certains domaines, une décentralisation de la gestion de la banque du Canada et du CRTC.le ne suis pas un chaud partisan de la notion de société distincte, clause vague dont on a pu dire à la fois qu'elle était une coquille vide et une arme pour démembrer le Canada.le tiens particulièrement à ce qu'il soit explicitement spécifié dans la Constitution que cette clause assigne à la législature du Québec la responsabilité de protéger et de promouvoir le caractère francophone de la province.Avec une telle précision, les dispositions de la loi 101 touchant la langue de travail et la langue de l'enseignement seraient mises à l'abri de toute invalidation par les tribunaux.Voilà qui répondrait au besoin de sécurité linguistique des francophones du Québec d'une façon compatible avec les droits reconnus à la minorité anglophone à l'article 23 de la Charte des droits et libertés.Insécurité linguistique La langue est un aspect très important, dont on a tort de minimiser l'importance dans le débat actuel.La défense de la langue française est la trame de fond du nationalisme québécois.Si le partage des pouvoirs n'a jamais été un thème mobilisateur, ce fut certainement le cas de la langue.L'insécurité linguistique a été le déclencheur de tous les élans de fièvre nationaliste depuis les grands rassemblements contre le «Bill 63».L'avertissement «ne touchez pas à la loi 101 » était visible partout à Montréal alors même que le Parti québécois cherchait encore à remiser son option souverainiste.Les dispositions de la loi 101 touchant la langue de travail et la langue d'enseignement sont vitales pour assurer aux prochaines générations une vie en français (surtout à Montréal).Le statut de ces dispositions demeure fragile au regard de la loi constitutionnelle de 1982.Les francophones du Québec s'identifient à leur gouvernement provincial davantage que les autres Canadiens.Mais on ne peut en conclure que leurs intérêts et leurs préférences, dossier par dos-sier, exigent une dévolution nias-; sive de pouvoirs vers ce gouvefne^ ment.La remise de Radio-Canada au gouvernement provinciar serait impopulaire.Que le ministè-i re des Communications du Que-bec ait perdu sa guerre de tranchées avec le gouvernement fédéral dans le dossier de là téléphonie n'a pas fait un pli aux citoyens du Québec, qui sont dans l'ensemble satisfaits de leur service téléphonique.On pourrait ajouter d'autres exemples.Le discours officiel au Québec est de dénoncer une société -distincte réduite à une clause symbolique.Mais en même temps, les transferts de pouvoirs sont réclamés au nom d'une reconnaissance collective, sans démonstration de leurs avantages concrets.Les Monsieur Jourdain sont'nombreux au Québec qui pratiquent la politique symbolique sans le savoir.¦ i i ?¦ fédéralisme asymétrique confédéraiisme ?L'auteur est professeur à la Faculté de droit de l'Université Laval.PATRICE GARANT m t idée confédérale est probalement wm un theme de fond qu'on perçoit déjà dans le «maitre chez-no us» de la Révolution tranquille.Au début des années 1960, il prend la forme discrète de la revendication du «Statut particulier» vers les années 65-70.Alors que la thèse fédéraliste reprend le dessus entre 1970 et 1975, l'idéal con-fédéraliste est fortement réanimé par le Mouvement souveraineté-association qui donnera naissance au Parti Québécois.L'idée originale de la souveraineté-association qui sera amplifiée par ce parti jusqu'au référendum.de 1980 est forcément empreinte de l'esprit confédéral.On retrouve des accents confédéralis-tes dans le rapport de la Commission sur l'Unité Canadienne (Pépin-Robarts) lorsqu'il est question d'un Conseil de la Fédération devant remplacer le Sénat.Ce Conseil aurait été composé de délégations des Etats fédérés et aurait eu des attributions importantes en matière de délégation de compétence entre le gouvernement fédéral et les provinces.Le rapport Allaire A partir des années 80 l'idée confédérale est en veilleuse, mais devant les avatars du fédéralisme dont les promesses de renouvellement déçoivent le Québec, on assiste après l'échec de l'Accord du Lac Meech a une recrudescence de la dynamique confédérale.Le rapport de la Commission Bélanger-Campeau baigne dans une équivoque voulue qui consiste à maintenir un certain suspense entre la souveraineté et le renouvellement du fédéralisme par un nouveau partenariat entre le Canada et le Québec.Enfin le rapport Allaire adopté très majoritaire- ment par le Parti Libéral du Québec en mars 91 lance le Québec dans une voie inédite et originale: celle de la construction d'une «nouvelle structure Canada-Québec».Dans les milieux fédéralistes hors-Québec plusieurs ont conclu que le rapport Allaire sortait de l'orthodoxie fédéraliste.Ce que propose Allaire c'est un nouveau fédéralisme très décentralisé.Ce qui est cependant moins clair c'est de savoir si l'esprit du rapport Allaire mène à un nouveau fédéralisme à deux ou à onze! Le rapport Allaire ne doit pas être relégué aux oubliettes; d'ailleurs, au Congrès de mars91, le P.L.Q.s'était engagea ce çiu'il y ait «un suivi rigoureux» (résolution adoptée par le congrès).L'union économique Le rapport considère que le maintien du fédéralisme est conciliablc avec la poursuite des «aspirations les plus légitimes» des Québécois.Mais cela ne sera possible que par «une réforme en profondeur du cadre politique et constitutionnel », réforme qui présuppose «l'autonomie politique de l'Etat québécois».Il vise «le renforcement de l'union économique canadienne», mais implique «le réaménagement de la structure politique canadienne».Cette réforme signifie que «l'État québécois s'engage résolument dans la voie devant le conduire à l'autonomie politique nécessaire à l'épanouissement de la société québécoise».Cet épanouissement exigera que le Québec exerce «sa pleine souveraineté» dans un grand nombre de champs de «compétence exclusive», affaires sociales, affaires urbaines, culture, éducation, habitation, loisirs et sports, politique familiale, politique de la main d'oeuvre, ressources naturelles, santé, tourisme, agriculture, assurance-chômage, communications, développement régional, énergie, environnement, industrie et commerce, langue, recherche et développement, sécurité publique, sécurité du revenu.Un super-État D'autres compétences pourraient être attribuées au super-État c'est-à-dire au gouvernement fédéral : défense et sécurité du territoire, douanes et tarifs, gestion de la dette commune, monaie, péréquation.Enfin une troisième catégorie de compétences seraient partagée «selon les compétences respectives de chaque niveau de gouvernement: affaires autochtones, fiscalité et revenu, immigration, institutions financières, justice, pêcheries, politiques étrangères, postes et télécommunications, transports.Cette dernière proposition est intéressante parce qu'elle amènera une concertation entre les partenaires plutôt qu'une dictature amicale d'Ottawa.La position constitutionnelle du P.L.Q.comprend le renforcement d'un union économique impliquant libre circulation, union douanière et monétaire, rétablissement de l'équilibre des finances publiques et encadrement du pouvoir de taxation de l'État central.Le caractère novateur de cette position constitutionnelle est encore plus évident lorsqu'on parle «d'une nouvelle structure Québec-Canada » en vue d'un «nouvel ordre politique et constitutionnel».Ce nouvel ordre comprendra une «nouvelle Constitution» intégrant le droit de sécession, une Charte des droits avec clause nonobstant.«en s'assurant que l'application de cette Charte soit cohérente avec le rapatriement prévu dans la présente réforme».Cela signifie, à mon avis, en cohérence avec le partage des compétences proposé, c'est-à-dire que la Charte canadienne ne s'appliquerait pas dans les champs de compétences exclusives du Québec, parce que dans la Constitution du Québec il y aura une Charte québécoise qui aura un veritable statut constitutionnel.Un nouvel ordre constitutionnel Ce nouvel ordre constitutionnel comprendra une nouvelle formule d'amendement avec un veto absolu pour le Québec.Il comprendra le maintien d'un Parlement élu au suffrage universel mais l'abolition du Sénat «en sa forme actuelle».Nous avions, devant la Commission Bélanger Campeau, proposé son remplacement par un Conseil confédéral paritaire Québec-Canada avec des attributions spéciales.Le nouvel ordre constitutionnel abolira le pouvoir fédéral de dépenser ainsi que l'attribution des pouvoirs résiduai-res au gouvernement fédéral.11 visera à «l'élimination des chevauchements de juridiction», réforme qui s'impose de toute urgence, il va sans dire.Le nouvel ordre constitutionnel inclura «la création d'un tribunal communautaire pour assurer le respect de la Constitution et l'application des nouvelles lois du ressort du nouvel Etat central».Ceci signifie l'abolition pour le Québec du moins de l'actuelle Cour suprême et son remplacement par une Cour suprême du Québec qui sera l'autorité suprême pour ce qui concerne la Constitution du Québec, la Charte québécoise et les lois du Québec.Quoi de plus conforme à la logique de la société distincte! Enfin le nouvel ordre politique comprendra «une réforme de la Banque du Canada pour assurer une représentation régionale», formule qui n'est pas sans intérêt.S'il n'y a pas «d'entente respectant la réforme proposée» le P.L.Q.engage le gouvernement à «proposer l'accès du Québec au statut d'Etat souverain» avec «aménagement d'une union économi- que gérée par des institutions confédérales».!.Une nouvelle structure L'essentiel de la réforme constitutionnelle proposée nous parait être l'émergence d'une nouvelle union politique et économique de type fédéral, mais à deux: «une nouvelle structure Québec-Canada».«pour établir un nouvel ordre politique et constitutionnel».Voilà la grande nouveauté qui implique «une réforme en profondeur du cadre politique et constitutionnel ».Strictement le Rapport Allaire est fédéraliste; mais s'il est réalisé dans le cadre de l'asymétrie constitutionnelle véritable, il nous parait que la nouvelle Union baignera inévitablement dans une ambiance confédérale.Nous aurons en présence trois blocs politiques:, une Fédération avec le Québec \u2014 Une.Fédé-rat ion sans le Québec \u2014 et le Québec qui sera devenue une Province-PLUS \u2014 Ce # n'est pas simple évidemment ! Voilà pourquoi je doute que le projet Allaire soit intégralement réalisable par l'asymétrie pure et simple.Gerald Beaudoin (le Sénateur) dans son Traité de Droit constitutionnel assimile le fédéralisme asymétrique au Statut particulier et le rejette car, écrit-il, «il mènerait tôt ou tard à la souveraineté-association, à deux Etats séparés» (1).Si ce dernier a raison, le rapport Allaire et l'asymétrie nous mène au confédéraiisme ou à- une formule mixte proche du confédéraiisme.Assisterons-nous au retour en force de la souveraineté- association par l'union sacrée des souverainistes et des fédéralistes fatigués en dehors des partis politiques, à un mouvement non partisan des nationalistes québécois qui veulen( conserver une forme d'union canadienne profondément renouvelée?(1) U Constitution du Canxto.1989.p.27.i i i B4 LA PRESSE, MONTREAL, MERCREDI 26 FEVRIER 1992 Les Cris prétendent posséder un droit de veto sur l'indépendance du Québec fe» 1729180^15 DENIS LESSARD du bureau de Ui Presse OUi HIC ¦ Les Cris ont un droit de veto sur l'accession du Québec à la souveraineté, le consentement de cette nation autochtone est nécessaire à tout changement de statut politique du Nord québécois.C'est ce que sont venus affirmer, hier, le grand chef du Conseil des Cris, Mattews Coon Corne, et le chef exécutif, Diotn Romeo Saganash, devant la commission parlementaire chargée de scruter l'impact de la souveraineté du Québec.Tranchant avec le témoignage houleux du chef de l'Assemblée des premières nations, Ovide Mercredi, à la même tribune, il y a deux semaines, la comparution des Cris s'est faite dans un climat plus serein.Du côté des parlementaires, on semblait décidé à éviter la répétition des incidents disgracieux survenus lorsqu'on avait tenté d'interdire aux autochtones de procéder à leurs cérémonies traditionnelles avant leur témoignage.Accueil sobre Hier, les députés se sont même levés, fait peu coutumier, lorsque les Cris ont récité, dans leur langue, leurs prières traditionnelles.D'un ton calme les Cris ont martelé leurs arguments, engageant une partie de bras de fer avec le porte-parole péquiste Jacques Brassard, pour qui il est «clair que le Québec devient souverain avec son territoire actuel».C'est une fois In souveraineté réalisée que le gouvernement du Québec pourra négocier avec les autochtones en considérant «comme un minimum» les dispositions de la constitution actuelle touchant les autochtones.« Les promesses, c'est la dernière chose qu'il faut évoquer quand on parle a un autochtone», de répliquer Diom Romeo Saganash, chef exécutif du Grand Conseil des Cris.Sur l'intégrité du territoire, la simple logique dit que si le territoire canadien peut être divisé pour tenir compte du droit des peuples à l'autodétermination, le territoire québécois ne peut faire l'objet d'un traitement différent.« Les Cris ont aussi un droit inaliénable à l'autodétermination, tout le monde le dit, vous serez forcés de discuter avec nous, à cause de ça», a lancé M.Saganash, brandissant une copie de la convention de la baie lames.Curieusement, auparavant, les Cris s'étaient employés à dénoncer l'entente conclue en 1975, soutenant qu'elle était bafouée par les deux paliers de gouvernement blanc et que jamais les autochtones n'y avaient abandonné leur juridiction sur les richesses naturelles du territoire concerné.Pour Christos Sirros, ministre délégué aux Autochtones, le désaveu de la communauté à l'endroit de la convention tranche lourdement avec l'admission du Grand Conseil qui, en 1983, reconnaissait que la convention «retenait et donnait une reconnaissance spécifique à plusieurs droits traditionnels qui se trouvaient appliqués, renforcés et protégés».Selon le Conseil, en 1983 la convention donnait aux Cris «des pouvoirs substantiels sur l'éducation, la santé, l'application des lois et la sécurité publique», tout en assurant des mesures sociales et «un financement substantiel».Progrès immenses En 1989, le chef du Grand Conseil, Mattews Coon Corne, avait même soutenu qu'avant la signature de la convention, «en 1972, les communautés cries étaient des rassemblements de cabanes et de tentes autour de postes de traite».«Les gens vivaient en forêt six ou huit mois par année et ne se rassemblaient que l'été.Les cabanes étaient surpeuplées, la tuberculose frappait et les malades et les handicapés restaient au poste de traite, sur l'aide sociale», avait dit alors le chef Coon Corne, de rappeler le ministre Sirros.Depuis 15 ans la population crie a doublé, et maintenant 60 p.cent des Cris ont moins de 25 ans.Pour le chef Coon Corne, si ces progrès sont indéniables, ils ne règlent en rien la négation des droits des autochtones qui veulent poursuivre leur mode de vie ancestral, fondé sur la chasse, la trappe et la pêche.Les coupes à blanc qui détruisent 500 kilomètres carrés par année sont fréquentes dans cette région, l'inondation de vastes territoire a fait disparaître le gibier tout en entraînant une hausse vertigineuse du taux de mercure dans les poissons.Pour les Cris, la convention de la baie lames a été signée a la vapeur.Même Joe Clark, chef de l'opposition aux Communes en 1976, avait dit que les autochtones «n'avaient pu négocier librement et que dans un environnement normal, ils n'auraient pas signé cette convention».Plusieurs étincelles sont apparues à la suite de l'entrevue accordée par le chef péquiste, Jacques Parizeau, au quotidien Le Soleil, la semaine dernière.M.Parizeau avait notamment déclaré qu'il ne servait à rien de discuter avec les autochtones pour l'instant.«On se reverra dans deux ans», avait-il laissé tomber, disant préférer attendre que ceux-ci soient «descendus des rideaux».« Les Cris comme peuple ont un choix à faire et on espère que vous, comme peuple démocratique et civilisé, vous allez permettre ça», de lancer M.Saganash au député Brassard.Selon lui, les propos du chef péquiste étaient carrément insultants.«Cela ne m'empêchera pas de dormir, le mépris n'aura qu'un temps», a-t-il prévenu.Théoriquement les Cris pourraient décider de constituer une province rattachée au Canada, a-t-il souligné, répondant aux questions du député libéral Cosmo Macciocia.Tout comme l'avait fait M.Saganash, Christos Sirros a évoqué les déclarations récentes du chef péquiste Jacques Parizeau, qui «a envoyé les autochtones se faire cuire un oeuf » et fermé la porte à une reprise du dialogue.VÊTEMENTS - \" aamt A ^Êf i /pors.a partirde-enoççidou^ club par pers en occ double (anciennement géré par le Delta) (514) 227-7777 Au choix, à un prix renversant*: \u2022 42 suites pouvant loger de 2 à 10 pers.** - 100 chambres (disp.avec foyer) - Spacieux studios et lofts** Club de santé, piscine, sauna et garage intérieur.* Avec ou sans forfait ski (à la nuit, à la semaine, au mois) ** Suites, studios, lofts (cuisine équipée, foyer, bain à tourbillon) CARRIERES ET PROFESSIONS LA FONDATION DU DIABETE JUVÉNILE CANADA_ ^TÉLÉ-DIABÈTE TOUT CE QUE VOUS VOULEZ SAVOIR SANS SAVOIR À QUI LE DEMANDER! 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Même le prix des chambres, confortables et récemment rénovées, se prend avec le sourire.La grande auberge.toute simple Ren«eignenu'nis:(r»l4)22*)-;r»H» \u2022 lléticrvaiion* : 1-800-363-2577 Aut.Bel Laurentidfs, sortie Sic-Marguerite (Sle-Àdèle) Il est absurde d'utiliser des policiers pour servir des contraventions aux fumeurs CILLES GAUTHIER ¦ Alors que la criminalité augmente, les policiers devraient-ils se voir confier la tâche de distribuer des contraventions à ceux qui ne respectent pas le règlement anti-tabac de la Ville de Montréal?Le président de la Fraternité des policiers de la CUMf Yves Prud'homme, lui-même fumeur, se posait hier la question et se demandait si les politiciens locaux n'ont pas perdu le sens des priorités.« Les élus ne se préoccupent pas des vrais problèmes, ajoutc-t-il.La tâche des policiers devient de plus en plus lourde et ces derniers INDUSIRIELIE-AIUANCE INVESTIT 1 DANS LA CAMPAGNE RÉUSSIR ENSEMBLE m f f - \u2014 M M.Raymond Garneau, président et chef de la direction de L'Industrielle-Alliance, remettait récemment à M.Gilles G.Cloutier, recteur de l'Université de Montréal, le premier versement de la contribution de 1 000 000 S du groupe L'Industrielle-Alliance à la campagne RÉUSSIR ENSEM5LE.Cet investissement est fait conjointement par L'Industrielle-Alliance Compagnie d'Assurance sur la Vie, le Trust Général du Canada et ses filiales, et 1ST, Société de services informatiques.La campagne de souscription conjointe de l'Université de Montréal, de l'École Polytechnique et de l'Ecole des Hautes Études Commerciales sera la seule menée par les trois établissements au cours des années 90.Afin de s'acquitter adéquatement des mission d'enseignement et de recherche que la société leur confie, l'Université de Montréal et les écoles affiliées doivent combler des besoins prioritaires de l'ordre de 75 000 000 $.De gauche à droite : MM.Roger P.Langlois, président de k] Foiniulion de l'École Polytechnique; Serge Saucier, président du conseil d'administration de l'Ecole des Hautes Etudes Commerciales; Gilles G.Cloutier, recteur de l'Université de Monfréo/; Raymond Garneau, president et chef de la direction de l'Industrielle-Alliance André Thompson, president et chef de la direction de 1ST.Société de services informatiques; Jean Denis Vincent, président et chef de la direction du Trust Général du Canada.Bureau de la compogne 3750.rue Jean-Bollon» Bureau 480 Montréal (Québec) H3Î 1P1 (514) 343-5688 RÉUSSIR ENSEMBLE doivent avant tout combattre la criminalité et répondre aux appels de service.«Ils ne fournissent pas», soutient-il, avant de rappeler que le nombre de vols de banque est passé de 309 en 1990 à 503 en 1991 et qu'au cours des six premiers mois de 1991, les voies de fait ont augmenté de 20,2 p.cent et les vols de véhicules de 18,3 p.cent.«Les élus ne consacrent pas assez d'argent à la sécurité publique», croit-il.Comment peut-on parler de police communautaire et, en même temps, dépêcher des policiers pour distribuer des contraventions à des fumeurs dans les restaurants, ajoute M.Prud'homme.«Les citoyens sont-ils lésés à ce point par les fumeurs contrevenants?» Avouant son vice, il demande également si le règlement et l'amende de 300$ qu'il prévoit pour une première infraction ne constitue pas une taxe déguisée pour les fumeurs.Selon lui, ces contraventions anti-tabac, comme celles qui punissent les infractions aux règlements de stationnement, devraient être émises par des personnes qui joueraient en quelque sorte des rôles de stagiaires au sein de la sécurité publique.\u2022 Le responsable du règlement anti-fumeur au comité exécutif, André Lavallée, faisait savoir ré- Bérubé à la SHDM ¦ Yves Bérubé, ex-ministre pé-quiste et maintenant vice-président exécutif de SNC-Lavalin, a été nommé président du conseil d'administration de la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM).11 ne recevra aucun rénumération pour remplir cette tâche.« Même pas de jetons de présence», a précisé un porte-parole de la SHDM, Robert Perron.La SHDM avait été fortement critiquée en décembre dernier lors de l'étude publique de son budget de 1992 par la Commission de l'aménagement et de l'habitation du conseil municipal.On a notamment reproché à son directeur général, Robert Cohen, de ne pas avoir présenté de comparaison entre le budget de 1991 et celui de 1992 et de ne pas avoir fourni tous les chiffres pertinents.comment que la Ville préparait un modèle de contravention pour ceux qui ne respectent pas l'interdiction de fumer dans certaines sections des restaurants par exemple, et que ces contraven- tions devraient être distribuées par les policiers.Ces derniers n'agiront que s'ils reçoivent une plainte d'un propriétaire d'établissement, expliquait hier M.Lavallée.91-92-087 en relations industrielles L'Université du Québec à Hull offre un programme de 2e cycle de 45 crédits en relations industrielles.Ce programme à temps complet ou à temps partiel s'adresse aux personnes qui désirent poursuivre une carrière dans l'un des domaines suivants: \u2022 GESTION DES RESSOURCES HUMAINES \u2022 RELATIONS DE TRAVAIL \u2022 POLITIQUES PUBLIQUES DU TRAVAIL Conditions d'admission Détenir un baccalauréat en relations industrielles ou dans un domaine connexe avec une moyenne de 3,0 sur 4,0 ou l'équivalent.Les étudiants dont la formation universitaire antérieure est différente des relations industrielles pourront se voir imposer une scolarité complémentaire de premier cycle en relations industrielles n'excédant pas 30 crédits.Demandes d'admission \u2022 Les personnes intéressées doivent présenter une demande d'admission avant le 15 avril 1992.Les demandes d'admission reçues après cette date ne seront évaluées que s'il reste des places disponibles.Renseignements: y.-., ft Monsieur André Beaucage Responsable du programme Maîtrise en relations industrielles Université du Québec à Hull Case postale 1250, succursale B Hull (Québec) J8X3X7 Téléphone: (819) 595-2357 Sans frais: (819> 1-800-567-1283 Sans frais: (418-514-613) 1-800-567-9642 Iff Université du Québec à Hull PLUS DE NOUVEAUTES, ENCORE PLUS DE CHOIX découvrez tous les nouveaux produits pour votre maison PORTES ET FENÊTRES CUISINES SALLES DE BAINS ÉLECTROMÉNAGERS FOYERS CHAUFFAGE CLIMATISATION DÉCORATION AMEUBLEMENT SYSTÈMES DE SON PLUS DE SPÉCIALISTES EN RÉNOVATION VENEZ RENCONTRER DES EXPERTS QUI RÉPONDRONT À VOS QUESTIONS CONCERNANT LA RÉNOVATION DE VOTRE MAISON, SON INTÉRIEUR COMME SON EXTÉRIEUR., y.\u2022 w- LE SALON DE ¦te, L'AMÉNAGEMENT PLUS o\\ O as hkô 1992 ^ i^y.-.-.-.v- D'ECONOMIE PROFITER DES SUPER RABAIS SALONS POUR ACHETER MAINTENANT \u2022 sur place 600 exposants \u2022 1200 entreprises offrant des prix réduits au maximum pour construire, rénover ou décorer votre maison FINANCEMENT HYPOTHÉCAIRE DISPONIBLE SUR PLACE PLUS DE 40 CONSTRUCTEURS REGROUPÉS DONT: mmm 1 m m i \u2022 Le Groupe Marcotte qui présente 2 maisons progressives» un concept audacieux d'habitation deviHe ou de banlieue 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clairement deviner ce qu'elle pense du projet du ministère des Transports du Québec: elle s'y oppose de toutes ses forces.La première audience du BAPE, qui a eu lieu à Brossard, n'avait pourtant pour but que de permettre aux personnes ayant demandé au ministre de l'Environnement la tenue d'audiences d'expliquer les motifs de leur requête et au ministère des Transports de présenter les grandes lignes de son projet.On sait que ce projet, tel que conçu par le ministère des Transports, se veut une solution permanente, sécuritaire et fiable au problème chronique de l'engorgement du pont Champlain aux heures de pointe.Il se traduirait notamment par l'ajout à l'estacade actuelle d'un pont enjambant la voie maritime du Saint-Laurent, d'un viaduc passant au-dessus de la chaussée sud de l'autoroute 10 dans les limites de Brossard et d'une voie réservée passant au-dessus d'un boulevard dans l'ile-des-Soeurs.Le tout, selon les estimations réalisées à ce jour, devrait être complété avant la fin de 1995 et coûterait 71 millions de dollars.Des résidants de l'île des Soeurs, dont quelques-uns représentaient des groupes de copropriétaires de condomimium, ont fait valoir que ce n'est pas tant le coût de ce projet que son impact sur leur qualité de vie qu'ils appréhendent.Certains ont dit craindre fortement les retombées polluantes du projet dans leur proche voisinage.Ils ont ainsi énuméré les rejets des poussières des\u201e moteurs diesel des autobus darfe leurs parterres, les mauvaises odeurs, le bruit et l'impact visuel des éventuelles structures routières.Au moins une personne s'est montrée inquiète du caractère «assez superficiel» du projet présenté par le ministère des Transports, ajoutant qu'elle craignait que l'estacade du pont Champlain ne soit pas suffisamment solide pour supporter très longtemps le poids d'une multitude d'autobus et celui des véhicules Nouveau remorqueur pour le pont Champlain GEORGES LA M ON ¦ A partir du 1er mars, c'est la firme Service de remorquage Saint-Hubert qui assurera le service de remorquage sur le pont Champlain.En confirmant le changement, hier à La Presse, M.André Hébert, directeur des opérations et de l'entretien à la Société des ponts Jacques-Cartier et Champlain, a indiqué que Service de remorquage Saint-Hubert «répondait à toutes les exigences contenues dans le contrat» avec la Société.Rappelons que Gravel Pontiac Buick, qui assurait le service avec l'aide de deux sous-traitants \u2014 Pierre Charcttc (côté sud du pont) et Remorquage Guy (côté nord) \u2014 avait avisé la Société de son refus d'acquitter sa redevance mensuelle de 5112$.Ce que la Société considérait comme un «bris de contrat».Notons que le contrat de trois ans ne comportait aucune clause de pénalité en cas de bris.À la suite du refus de Gravel Pontiac Buick, la Société des ponts a choisi de résilier le contrat pour le confier au Service de remorquage Saint-Hubert.Cette firme avait été le deuxième soumissionnaire lors de l'appel d'offres de la Société en juin 1991.Sa proposition de redevance mensuelle était d'environ 3000 $.Au Service de remorquage Saint-Hubert, situé au 7745, Chambly, à Saint-Hubert, on a refusé de donner des précisions sur le centre d'opération.«Pour le moment, je n'ai rien à vous dire de plus, a précisé la propriétaire, Mme Monique Bcau-vais, hier à La Presse.Communiquez avec André Hébert de la Société des ponts Jacques-Cartier et Champlain.» Rappelons que le contrat de remorquage exclusif du ministère des Transports du Québec prévoit que le centre d'opération de l'entrepreneur doit se situer «dans la région de Montréal dans un rayon d'au plus cinq kilomètres de l'accès le plus rapproché de son secteur de dépannage et de remorquage».d'entretien et de déneigement de l'ouvrage.Quelques intervenants ont souligné que, à leur avis, le ministère des Transports n'avait pas suffisamment examiné d'autres solutions.Et un homme \u2014 il s'agissait dans ce cas d'un résidant de Brossard\u2014 a avancé l'idée que la construction d'une ligne de métro jusqu'à Montréal serait de beaucoup préférable à l'aménagement de l'estacade.Certains, enfin, on reparlé du transport ferroviaire et particulièrement du trajet Montréal-Saint-Hilaire, qu'ils aimeraient bien voir renaître.Bien qu'il ait présenté un diaporama vantant les mérites de son projet, le ministère des Transports semblait réserver ses meil- leurs arguments pour un peu plus tard.La directrice des systèmes terrestres de transport collectif au sein du ministère, Mme Denise Gosselin, a effectivement répondu à plusieurs questions, mais il était manifeste qu'elle ne jugeait pas encore le moment venu de fournir une explication à la suite de chacune des objections soulevées.Pendant la pause-café, le maire de Brossard, M.Paul Leduc, a souligné de son côté que l'aménagement de l'estacade du pont Champlain est un projet important pour toute la Rive-Sud et qu'il est loin de désespérer dé le voir se réaliser.11 est vrai que tout n'a pas encore été dit sur ce projet : les audiences du BAPE ne sont en effet qu'à peine commencées: la première phase \u2014celle consacrée à l'information\u2014 s'est poursuivie hier soir et se poursuivra également demain et vendredi soir.Et ce n'est que lors d'une phase prochaine que les personnes intéressées pourront soumettre leur mémoires et leurs «commentaires».ALCOOL - DROGUE un problème dans ta vie?le Père Paul Aquin s j.veut t'aider (su) 229-3426 DEPUIS 1978 PAVILLON GRAND ÉLAK CP.119, Mt.Rolland, Que.JOR 1G0 NOUVELLE SALLE DE MONTRE DIRECTEMENT SUR L'INTRACOASTAL ACHETEZ LA FLORIDE! 1000$ taxes incluses ~* POMPANO BEACH CONDOMINIUM DE 1200 PI2.2 C.À C.2 S.D.B., BALCON 6X16 SUR L'EAU.SITE UNIQUE COIN ATLANTIC BOULEVARD.PLAGE À 2 PAS DU PROJET.OFFERT AUX CANADIENS FRANÇAIS.FILM VIDEO DISPONIBLE Venez nous rencontrer et découvrez nos meubles faits de bois, de cuir ainsi que d'autres matériaux nobles dont le style traditionnel et contemporain sauront s'harmoniser à votre décor.Pour célébrer avec nous, vous 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que sa femme et son avocat n'aient été informés de sa destination.M.Abo Shandi, qui s'était vu refuser le droit de réclamer le statut de réfugié au Canada, était incarcéré au Centre de détention Parthenais depuis le mois de novembre.Il était arrivé au pays le 18 octobre 1991.«Qu'est-ce que je vais devenir maintenant?» a demandé Dali-lah Abo Shandi, peu après avoir appris l'expulsion de son mari.«11 faut que je sois avec mon mari.C'est mon mari, après tout, ce n'est pas mon amant.Pourquoi je ne pars pas avec lui?» M.Abo Shandi avait soutenu en arrivant au Canada que sa vie était en danger en Algérie, où il vivait, à la suite d'une série de différends avec le leader de l'OLP, Yasser Arafat.À la fin de 1990, il avait notamment critiqué l'appui donné par Arafat à l'invasion irakienne au Koweït.«Si M.Abo Shandi est retourné en Algérie, c'est la fin pour lui », a déclaré Paul Duchow, son avocat.«Nous avions demandé qu'il soit envoyé dans un pays où sa vie ne serait pas en danger, comme le Maroc.Mais on refuse de nous dire où il a été expulsé.» Mutisme à Ottawa À Ottawa, le ministère de l'Immigration a observé le mutisme le plus complet au sujet de la destination de M.Abo Shandi.« |e ne peux que confirmer son expulsion », a déclaré Roger White, un porte-parole du ministère.«Mais je ne peux fournir aucun autre dotai! pour des raisons de sécurité.» Le mutisme d'Ottawa était partagé hier par les autorités du Centre d'Immigration Canada (C1C) de Montréal qui ont procédé à l'expulsion de M.Abo Shandi.«Ce matin, j'ai appelé au CIC pour savoir s'il y avait du nouveau dans le dossier de mon client, a déclaré M.Duchow.On m'a répondu que rien n'avait changé.Pourtant, sur l'heure du midi, Mme Abo Shandi m'appelait pour me dire qu'un compagnon de détention de son mari venait de lui apprendre que ce dernier venait de quitter Parthenais.Elle est dans un état très fragile.» A défaut de lui accorder le statut de réfugié, Me Duchow espérait que le gouvernement canadien expulse son client dans un pays «sûr» en compagnie de sa femme et de leur fils, Salleh, qui est né il y a quatre mois.Mme Abo Shandi a confirmé hier qu'elle était prêt à rejoindre son mari dans le pays où il se trouve, même en Algérie, mais pas à ses frais.Valcourt dit non «Avec quoi je vais payer mon voyage?a-t-elle demandé.Sûrement pas avec les 700 $ que je reçois par mois.C'est le gouvernement qui nous a mis dans cette merde.Qu'il s'arrange avec la facture.» Me Duchow suppose que son client a été retourné en Algérie.«Sinon, le gouvernement n'aurait pas eu de raison de taire sa destination», a-t-il dit.Le ministre de l'Immigration, Bernard Valcourt, avait refusé à M.Abo Shandi le droit de réclamer le statut de réfugié en invoquant un article rarement utilisé de la Loi sur l'immigration.Cet article stipule que tous les revendicateurs du statut de réfugié ont droit à une audition, sauf ceux qui représentent un «risque» pour la sécurité du Canada.Le gouvernement peut décider qu'un ressortissant étranger représente un « risque» pour le pays sans avoir à rendre publiques les informations qui lui ont permis d'arriver à cette conclusion.Selon la Fondation canado-pa-lestinienne et la Fédération cana-do-arabe, la décision de M.Valcourt est «motivée par des raisons politiques et reflète un sentiment anti-palestinien et anti-arabe qui frôle le racisme».Après que son mari eut été incarcéré à Parthenais, Mme Abo Shandi, qui est âgée de 28 ans, avait revendiquée pour elle-même le statut de réfugié.Sa première audition a été fixée au 25 mars.Son mari est âgé de 37 ans.Sinon, compose/, o Montréal.^e^S?-868ft ou.suns liais, le 1 800 563-8688.ptmhfc.O lttl 11 GfMft Mettrai hit.cîovs drtfa rèstnrés> Mme Abo Shandi et son fils, Salleh PHOTO PAUL-HENRI TALBOT, La Presse .>r-\\ H \u2022V Guy Corneau auteur do Père manquant fils manqué présente une conférence au benefice des leunus sans emploi ce Fils et filles du silence Comment guérir les blessures profondes laissées par une relation inadéquate avec le père Lundi 23 mars, à 20 h Tritorium.Cégep du Vieux-Montréal 255, rue Ontario Est (espace de stationnement disponible) » * 2 Billets en vente au prix de 30S (taxe incluse), à Intégration Jeunesse du Quebec.1212 Ontario Est.Pour réservation: (514) 598-7319 Deux prisonniers récidivent pendant leur congé JOCKEY ARCEL LAROCHE a Profitant depuis à peine quatre heures d'un congé humanitaire, dans le cadre d'un programme spécial de réinsertion sociale, deux spécialistes du vol à main armée n'ont pas tardé à récidiver, hier midi, en tentant de dévaliser une institution bancaire de Montréal.Michel Christin et Georges De Mendonsa, deux détenus du pénitencier de Sainte-Anne-des-Plai-nes, se retrouvent aujourd'hui dans de sales draps, soupçonnés par la police d'avoir profité de leur liberté provisoire pour commettre une tentative de vol qualifie-.Christin, un Montréalais de 39 ans, ainsi que son complice Georges De Mendonsa, un Lavallois de 31 ans, avaient pourtant de bonnes intentions, vers 8 heures hier mutin, lorsqu'ils ont quitté cette institution carcérale.Christin qui, depuis plus de 22 ans, a presque toujours été emprisonné pour des crimes allant de l'évasion à la fraude, en passant par les vols qualifiés, devait profiter d'un «congé humanitaire» de deux jours pour aller visiter sa parenté.\u2022 \u2022 \u2022 Quant à De Mendonsa, lui-aus-si condamné pour une série de vols qualifiés, il devait se rendre dans une maison de transition de Montréal pour y subir une évaluation d'une durée de trois jours.Le hasard a cependant voulu que Christin et De Mendonsa se retrouvent ensemble, vers l'heure du midi, hier, devant la succursale de la banque de Montréal située au 6 700, rue Saint-Hubert, dans le nord de Montréal.Pendant que son complice faisait le guet à l'extérieur, Christin s'est précipité dans la banque, armé d'un revolver de calibre .38 chargé à bloc.Reconnu comme l'individu qui avait cambriolé cette même succursale bancaire, le 15 janvier dernier, Christin a dû s'enfuir les.mains vides.Grâce à une description détaillée du voleur, les patrouilleurs du poste 43 de la CUM l'ont rapidement localisé, lui et son complice, en face du 6853, rue de Chateaubriand, à un coin de rue de la banque cambriolée.Christin et De Mendonsa ont été pris en charge plus tard par les enquêteurs de la section des vols qualifiés de la CUM, puis incarcérés en attendant de comparaître aujourd'hui, au Palais de justice de Montréal.SOUS -VETEMENTS POUR HOMME : 30% DE RA LES CLASSIQUES \u2022 LES CALEÇONS BOXEUR LES SLIPS MODE \u2022 LES COULEURS DERNIER CRI Caleçons classiques en coton côtelé de couleurs variées.Tailles 30 à 40.Ord.6 $.Solde 4,20 ch.Caleçons aux hanches en coton peigné.Jambes légèrement allongées.Tailles 32 à 42.Ord.8 $.Solde 5,60 ch.Accessoires pour homme, rayon 360.Caleçons boxeur classiques bien taillés.En coton blanc.Tailles 30 à 40.Ord.11 $.Solde 7,70 ch.Caleçons boxeur classiques bien taillés.En coton imprimé tartan ou cachemire.Tailles 32 à 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