La presse, 17 mars 1994, B. Politique
[" CAHIER Montréal, jeudi 17 mars 1994 Éditorial Opinions < AV.v, .//\u2022 m .-.sC^.j/f.'rA Avec le discours inaugural, Johnson doit donner une image de renouveau DENIS LESSARD du bureau de La Presse QUÉBEC Lïï emploi, la famille et surtout un nouveau départ; le premier ministre Daniel Johnson fera un autre pas, aujourd'hui, vers le déclenchement des élections générales.Aux yeux des libéraux, son « message inaugural », coup d'envoi de ses premières décisions en matière législative, doit être perçu comme le démarrage d'un tout nouveau gouvernement et faire oublier deux mandats qui ont eu plus que leur part de problèmes.Hier soir encore, Daniel Johnson mettait la dernière main aux fiches qui serviront de toile de fond à son discours de 30 minutes environ.Il évoquera la formation de son conseil des ministres, l'annonce de sa décision de contrer la contrebande de cigarettes et le congrès libéral de la fin de semaine dernière.Pendant près d'une heure, hier midi, il a demandé à ses ministres leurs dernières suggestions.Il s'est contenté d'opiner du bonnet devant la longue liste des propositions, sans que les principaux intéressés puissent être assurés que leurs attentes seraient satisfaites.Déjà hier, l'opposition péquiste attendait le gouvernement de pied ferme.lacques Brassard, député du Lac Saint-lean, a qualifié le discours d'aujourd'hui de «raccola-ge électoral», une «opération de marketing» que son parti promet de démasquer à chaque occasion.Pour M.Brassard, «personne n'est dupe devant cette manoeuvre électoraliste, surtout pas les électeurs».Quoi qu'il en soit, l'emploi et la famille resteront au sommet des priorités du gouvernement Johnson.Ces thèmes servent déjà de leitmotiv aux discours du nouveau premier ministre.Se dépêtrer des 400000 emplois En matière d'emploi, le premier ministre essaiera surtout de se dépêtrer des chiffres qui circulent, autour de l'engagement du PLQ de réduire de cinq p.cent le taux de chômage qui est actuellement de 12,5 p.cent, indiquaient hier des sources libérales.Pour les spécialistes, compte tenu de l'augmentation prévisible de la population active de l'ordre de un p.cent par année (selon les prévisions mêmes de Québec), un tel objectif supposerait la création de plus de 400000 emplois.Il s'agit d'une cible carrément irréaliste, disent unanimement le pa~ tronat et les syndicats.Sans avancer de chiffre précis, les informations disponibles hier portent à croire que M.Johnson tentera de ramener la barre autour du niveau fixé par ses conseillers lors de la publication du document Agir pour le Québec, c'est-à-dire 200000 nouveaux emplois durant son mandat.Cette prévision-là table toutefois sur Se niveau actuel de la population active, a déjà expliqué le responsable de la commission politique du PLQ, Thierry Vandal.Comme le veut la tradition, le message inaugural sera vague à souhait et, en cela, il ne différera guère du dernier livré par Robert Bourassa, en mars 1992.Dans ce discours, M.Bourassa s'était contenté de relever «l'essoufflement de l'État providence», une évidence compte tenu de l'état des finances publiques.En repoussant à un jeudi son message inaugural, M.Johnson sera seul sous les feux de la rampe dans les analyses de fin de semaine: la riposte, en Chambre, du chef péquiste Jacques Parizeau, ne pourra survenir que le mardi suivant.Cette réplique surviendra d'ailleurs la même semaine que la divulgation des crédits du gouvernement, autre élément susceptible de diluer l'impact des critiques de l'opposition.Tout le monde à Québec parle d'un discours du budget plus tôt que prévu, cette année ( il a traditionnellement lieu pendant la première moitié de mai): peut-être aussi tôt que la mi-avril, selon certaines sources.V^^Mm.mM Elvin Kyle Brown Le soldat Brown coupable Le Casque bleu a battu à mort un adolescent durant la mission de paix du Canada en Somalie d'après PC et CP PETAWAWA.Ontario Le Casque bleu Elvin Kyle Brown a été reconnu hier soir coupable d'homicide involontaire et de torture, un an jour pour jour après la mort d'un jeune Somalien à Belet Lien.Le soldat, originaire d'Edmon-ton, est demeuré au garde-à-vous, impassible, pendant que le jury, composé de cinq officiers supérieurs, prononçait le verdict.Le même jury doit maintenant déterminer la sentence qui sera imposée au soldat canadien.Les délibérations débutent aujourd'hui et le soldat est passible de l'emprisonnement à vie.Brown, âgé de 25 ans, subissait son procès relativement à la mort violente du jeune Somalien Shi-dane Arone, âgé de 16 ans, tué le 16 mars 1993 alors qu'il était détenu par le Régiment canadien aéroporté, en mission de maintien de la paix en Somalie.L'adolescent avait été jeté, pieds et poings liés, dans un bunker entouré de sacs de sable qui tenait lieu de cellule.Il avait été battu avec un bâton, un tuyau de métal, à coups de poings et à coups de pieds, et on lui avait brûlé la plante des pieds avec des cigarettes.Brown a admis qu'il avait frappé le jeune homme et lui avait donné des coups de pied, mais il avait prétendu au procès que c'était un de ses collègues qui avait porté les plus durs coups.Le jury n'a pas retenu l'accusation de meurtre non prémédité qui pesait contre lui mais a estimé que le rôle joué par Brown dans l'agression suffisait pour le trouver coupable d'homicide involontaire et de torture.À l'époque, Brown servait au sein du régiment de parachutistes dans le cadre de la force de maintien de paix de l'ONU.Cinq autres soldats et officiers ont été accusés de différents délits relatifs à cette affaire.Les autres procès sont prévus pour le courant du printemps et jusqu'à l'automne.Le procès de Brown, qui avait débuté le 7 février, a réuni 22 témoins \u2014 dont 20 appelés par la poursuite \u2014 et considéré une quarantaine d'éléments de preuve.Parmi ceux-ci, 16 photographies montrant Brown et un autre soldat (qui ne peut être identifié en raison d'une ordonnance partielle de non publica- tion) posent aux côtés du Somalien ensanglanté.Les témoignages ont mis en lumière certains faits troublants: \u2022\tUn officier supérieur, qui ne peut être identifié lui non plus, a admis avoir permis que des mauvais traitements soient infligés au prisonnier.\u2022\tLe capitaine Michael Sox, commandant du peloton de Brown, a admis qu'il avait transmis cette autorisation, sans savoir exactement ce qu'elle signifiait, a-t-il dit.\u2022\tBrown a déclaré qu'un autre soldat l'avait informé que le capitaine Sox avait ordonné que l'on batte Arone, et qu'un sous-officier avait asséné un coup de pied à la tête du prisonnier.\u2022\tUn caporal de faction dans le poste de commandement, à 25 mètres du bunker, a affirmé qu'il pouvait entendre le prisonnier crier, et qu'un autre sous-officier s'était soudain écrié: «Je me demande ce qu'ils lui font.» \u2022\tEnfin, une dizaine de soldats étaient passés devant le bunker et avaient été témoins des traitements infligés au prisonnier, mais aucun d'eux n'avait tenté d'intervenir ou alerté les autorités.Le chef du Parti québécois, M.Jacques Parizeau, a participé hier à une conférence de presse pour annoncer la création d'un groupe de travail sur l'économie et l'emploi.L'ex-minlstre Rodrigue Biron (* gauche) et le futur candidat péquiste Jean Campeau (i droite) en sont membres.\tphoto pc Des chiffres sans signification, c'est de la poudre aux yeux, dit Parizeau MARIO FONTAINE Le chef du Parti québécois, lacques Parizeau, n'a pas l'intention de se lancer dans une surenchère de chiffres avec Daniel lohnson quant à la création d'em-pjois.Agiter des chiffres qui n'ont aucune signification, c'est de la poudre aux yeux, et la population ne se laissera pas leurrer par une telle supercherie, prédit le leader souverainiste.Le PQ s'en tient donc à son objectif de créer le plus d'emplois le plus rapidement possible, afin de se rapprocher au maximum du plein emploi.En somme, permettre à chaque personne qui souhaite travailler de le faire.Les militants libéraux ont été plus précis lors de leur congrès du week-end dernier, promettant d'abaisser le taux de chômage de cinq points durant le prochain mandat libéral.Cela se traduirait par la création de 400000 emplois.Un objectif réaliste mais très difficile, devait commenter le premier ministre lohnson au terme du congrès.Les commentateurs se sont montrés, depuis, très sceptiques quant à la possibilité de remplir cette promesse.«Regardez à quel point les 400000 emplois de M.lohnson sont en train de faire boomerang.Les gens n'en sont plus là; ce n'est pas vrai qu'on arrive à les embobiner avec des affaires pareilles.|e n'ai jamais vu quelque chose qui normalement devait être une belle opération politique faire boomerang aussi vite», s'est exclamé M.Parizeau.Le tiers de notre économie repose sur les exportations, comment prévoir des années à l'avance ce que nos clients feront dans le futur, a-t-il fait valoir en annonçant la création d'un groupe de travail sur l'économie et l'emploi.Ce groupe a trois objectifs: aider le parti à formuler ses engagements électoraux dans ces domaines, penser aux mesures qu'une administration péquiste initierait immédiatement après une victoire électorale et prévoir celles de l'après-référendum.Diverses personnalités composent ce comité, présidé par M.Parizeau lui-même.Celui-ci s'est par ailleurs gaussé d'une manchette du Globe & Mail attribuant la baisse de 16 centièmes du dollar canadien, mardi, à l'explosion d'un pylône d'Hydro-Québec à Saint-Basile-le-Grand.Un signe de l'instabilité politique de la province à la veille des prochaines élections, ont diagnostiqué certains analystes de la Ville-Reine.Seize centièmes en un jour, ça arrive tout le temps, explique pour sa part M.Parizeau.L'Action démocratique ne renoncera jamais au contrat social pour les immigrants, dit Allaire Ce concept existe déjà depuis plusieurs années en matière d'aide pécuniaire MARIO FONTAINE Jean Allaire persiste et signe.Qu'importe le tollé, le chef d'Action démocratique du Québec maintient en effet son projet de contrat social qui impose des remboursements et des travaux communautaires aux immigrants ne s'intégrant pas au Québec français.«On ne reculera jamais là-des-sus.Ça protège l'immigrant et ça protège la société», a affirmé hier M.Allaire.Ce contrat, plaide-t-il, «est loin d'être une initiative déconnectée de penseurs sectaires mais bien plutôt le résultat d'une analyse rigoureuse de la situation de l'immigration au Québec».Adoptée il y a dix jours lors du congrès de fondation du parti, la proposition exige de chaque immigrant qu'il signe un contrat avec l'État dans lequel il s'engage à s'établir, à vivre et à prospérer en français au Québec.Un engagement d'honneur et non coerci-tif, d'assurer M.Allaire, néanmoins assorti de sanctions pour les contrevenants.Les responsables du parti se sont employés, hier, à démontrer que ce concept de contrat moral existe depuis déjà quatre ans au Québec, que les immigrants sont déjà tenus dans certains cas d'effectuer des remboursements à l'État.Les exemples donnés visaient essentiellement, toutefois, les immigrants dans une situation de détresse ayant été obligés de recourir à l'aide pécuniaire du gouvernement.\u2022 Au dire de Jean Allaire, cette proposition de contrat vise la clarté: «Nous avons le devoir de préciser aux candidats qui veulent venir chez nous qu'ici c'est en français que ça se passe, décla- Jean Allaire re-t-il.Nous avons également l'obligation de favoriser, dans la mesure de nos moyens, une intégration harmonieuse de nos immigrants.Pour nous, c'est clair, au Québec, ça prend un contrat social.» Les dirigeants de cette formation de la «troisième voie» trouvent que ce message a été très mal véhiculé dans les médias et assurent que l'immense majorité des Québécois approuve leur projet.Selon le président d'Action démocratique, Mario Dumont, cette réaction s'explique par le fait que le parti a dit la vérité sur un sujet tabou, contrairement aux autres formations.Et, promet M.Dumont, ce n'est pas la dernière fois que le PADQ va surprendre par sa franchise.Le Reform s'oppose au projet d'étendre la définition de famille aux gays MARIE-CLAUDE LORTIE du bureau de La Presse OTTAWA ontrairement aux blo-quistes, les réformistes sont vigoureusement opposés au projet libéral de changer la Loi canadienne sur les droits de la personne pour rendre illégale la discrimination contre les homosexuels.De plus, ils s'opposeront fermement à tout changement qui permettrait aux couples homosexuels d'avoir les mêmes avantages sociaux que les hétérosexuels.«le suis contre toute loi qui changerait l'unité familiale traditionnelle qui, à mon avis, est père-mère-enfants ou mère-enfants ou père-enfants.Je suis contre», a déclaré le bouillant député réformiste, Myron Thompson.«Je crois que notre position est uniforme et c'est que la famille c'est une homme, une femme, des enfants.Dès qu'on commence à parler de statut spécial pour certains, où est-ce 8u'on va ensuite?» a demandé >eborah Grey, leader en Chambre du parti réformiste.D'après Mme Grey, même si le gouvernement ne fait qu'amender la Loi canadienne sur les droits de la personne pour inclure l'orientation sexuelle dans la liste des motifs de discrimination condamnable \u2014 sans étendre précisément les avantages sociaux des couples traditionnels aux couples gay \u2014 les réformistes s'y opposeront.Les réformistes réagissaient ainsi à la recommandation faite par un groupe de députés libéraux, à la demande du ministre de la lustice, de changer la définition de la famille pour inclure les couples formés de gens du même sexe et leur donner ainsi accès aux mêmes avantages sociaux que les couples hétérosexuels.Le ministre avait demandé aux députés de se pencher sur les changements qui pourraient être apportés à la loi, afin de réaliser la promesse libérale d'amender la Loi sur les droits de la personne pour reconnaître la discrimination contre les homosexuels.D'après les députés, si le gouvernement amende la loi, il doit être conséquent avec lui-même et adapter les autres lois fédérales afin que celles-ci ne fassent pas de discrimination contre les couples non-hétérosexuels en s'en tenant à une définition «traditionnelle» de la famille.Ils proposent donc une nouvelle définition de la famille qui stipulerait simplement qu'il s'agit d'une unité sociale où les gens sont interdépendants à cause de liens financiers ou émotionnels.Le ministre de la justice, Al-lan Rock, n'a pas encore décidé s'il allait accepter cette recommandation mais il reconnaît le lien «logique» entre la fin de la discrimination contre les homosexuels et l'ouverture de la définition de ce qui constitue une famille.Certains députés libéraux, comme Tom Wappel et Don Boudria, sont fermement opposés à cette idée.Les bloquistes, par contre, saluent la décision du gouvernement libéral d'aller de l'avant et font remarquer que la Charte des droits du Québec interdit formellement depuis 1981 la discrimination en vertu de l'orientation sexuelle.Ces changements à la loi sont d'ailleurs inscrits dans le programme électoral du Bloc.« Je crois que c'est un bon signe (que les libéraux bougent en ce moment); on ne peut pas les blâmer d'avoir pris du temps: le Parlement ne siège Sue depuis quelques semaines.>n va voir ce qu'ils proposent», a déclaré le whip du bloc, Gilles Duceppe. B 2 LA PRESSE.MONTREAL, JEUDI 17 MARS 1994 Editorial Paul Desmarais président du conseil d administration Roger D.Landry président et editeur Claude Masson Marcel Desjardins editeur adjoint directeur de I information Alain Dubuc éditorialiste en chef Le crise de l'emploi (1): le choc d'une révolution industrielle Les sondages le disent, les politiciens le savent, les citoyens le vivent.Le principal problème auquel notre société a à faire face, c'est un inacceptable taux de chômage.Le Québec aurait besoin de créer de 450 000 à 500 000 emplois, dans les années à venir, pour ramener ce chômage à un niveau acceptable.Or, jusqu'à preuve du contraire, nous sommes incapables d'y arriver.Ce problème déborde largement nos frontières et confronte l'ensemble des pays industrialisés.Ce n'est pas pour rien que les ministres responsables de l'emploi des sept grands pays industrialisés se sont réunis, cette semaine, à Détroit.Cet effort de concertation, même s'il n'a pas donné des résultats tangibles, illustre cependant le fait que l'enjeu n'est pas local, mais bien global.Nous sommes au coeur d'un bouleversement économique et social tel que les économistes n'hésitent plus à parler d'une nouvelle révolution industrielle.Au Québec, le mot révolution est le plus souvent associé à un renouveau porteur de dynamisme, comme la Révolution tranquille.Et même si, dans bien des milieux économiques et politiques, on a tendance à applaudir à tout ce qui touche à la mon- \u2022\tdialisation des marchés, il faut plutôt s'attendre à des chocs brutaux, plus proches d'une catastrophe que d'un changement \u2022\tstimulant.Depuis une dizaine d'années, nous savions que l'innovation technologique forcerait d'importants changements.Mais très \u2022\tpeu de gens soupçonnaient leur portée réelle: on s'attendait à un choc comparable à celui du libre-échange avec les USA.Au sortir de la récession, en 1991, on a cependant découvert que les lois économiques auxquelles nous étions habitués ne fonctionnaient plus et que la croissance attendue ne s'accompagnait pas, comme d'habitude, d'une remontée du niveau des emplois.Le cas canadien n'était pas unique et le phénomène s'est reproduit dans l'ensemble des économies industrialisées.Cela a mené plusieurs économistes à conclure que le changement que nous traversions était peut-être similaire, par son ampleur, à la révolution industrielle qui a frappé l'Europe, il y a deux siècles, avec l'arrivée des machines et la domestication de l'énergie.Le déclencheur, cette fois-ci, provient des technologies de l'information.L'informatique et le microprocesseur ont déjà eu d'importants effets sur la production.Mais le véritable choc est dù à la rencontre de l'informatique et des communications, notamment grâce à la fibre optique, qui a décuplé la puissance des communications tout en réduisant leurs coûts.Cette explosion a, dans les faits, éliminé les distances physiques et aboli les frontières de façon plus profonde que le GATT et l'ALÉNA.Elle a redéfini les lois de la concurrence et de la localisation.On l'a d'abord vu avec la fluidité des marchés financiers.En plus d'exposer les entreprises à une concurrence étrangère, cette explosion des communications a permis l'éclatement des activités; une entreprise peut gérer ses dossiers en Amérique centrale, ou déplacer une partie de sa production en Asie.Avec cette ouverture, la concurrence s'exerce sans filtre à travers la planète.Personne n'y échappe, même pas GM ou IBM.Dans les grandes entreprises, les stratégies de rationalisation sont pla- nétaires, comme on l'a vu cet hiver, quand Proctor and Gamble a annoncé la fermeture d'une usine, à Montréal.Dans tous les cas, le résultat le plus tangible est le même: la perte d'emplois.Lorsque nos industries sont incapables de résister à cette concurrence, les fermetures d'entreprises ou la disparition de secteurs se traduisent en pertes d'emplois.Mais quand elles résistent avec succès aux pressions, le prix à payer se calcule encore en pertes d'emplois, en raison des fusions, des restructurations ou du contrôle des coûts.On peut parler de révolution, parce qu'il s'agit d'un changement profond, généralisé et irréversible.Ce sont des centaines de milliers de travailleurs qui sont menacés, dans l'industrie manufacturière traditionnelle, dans les ressources, dans le secteur public et les services.Et des centaines de milliers d'autres verront leur existence modifiée, forcés d'accepter des conditions moins favorables ou confrontés à la précarité.Et, il faut bien se le dire: dans la plupart des cas, les emplois que nous perdons maintenant, nous les perdons pour toujours.Le choc est d'autant plus terrible que cette mondialisation ne s'accompagne, pour l'instant, d'aucun des gains que l'on fait miroiter: elle élimine des emplois plus rapidement qu'elle ne permet d'en créer et les remplace par des emplois le plus souvent moins rémunérateurs.Voilà l'ampleur des enjeux auxquels nous sommes en butte.C'est un tableau très sombre, qui décrit sans doute le pire choc économique depuis un demi-siècle.Et, en conséquence, la pire crise que la plupart d'entre nous aient connue au cours de leur vie.Alain dubuc (Demain: Reagir ou disparaître) Le Bloc «pyromane» Depuis la reprise de la session, à Ottawa, il ne se passe pratiquement pas une journée sans que le Bloc québécois dénonce, souvent avec raison, la mollesse du gouvernement dans le dossier autochtone.Contrebande de cigarettes, trafic supposé de cocaïne, tirs mystérieux sur un hélicoptère militaire, gestion douteuse de fonds publics, menaces d'expuision contre de vieux citoyens de Kahnawake: notre opposition officielle ne rate pas une occasion de signaler à quel point Ottawa, et le contribuable moyen, se laissent manger la laine sur le dos.Vues à la pièce, les récriminations successives du Bloc ne sont pas sans fondement.Quand un gouvernement va jusqu'à soutenir qu'il ne s'est rien passé dans le ciel de Kanesatake, puisqu'il n'y a pas de traces de balles sur ses hélicoptères, il ne fait qu'inviter ses adversaires à lui taper dessus.Il n'existe sans doute aucun parti d'opposition au monde qui passerait outre à une aussi belle démonstration de bêtise et de négligence.Mais l'acharnement avec lequel le Bloc québécois enfourche le cheval autochtone est à la fois surprenant et dangereux.D'autant plus que ses attaques manquent de nuances, se contentant de dénoncer le dernier scoop médiatique et ne se bardant pas de trop de détails.Prenons l'affaire des expulsions, par exemple.L'éventualité que des gens perdent leurs maisons pour une raison de mauvaise filiation ethnique est odieuse et incompatible avec les principes fondamentaux d'une démocratie.Sauf que c'est cette même démocratie qui a parqué les Indiens dans des réserves, leur attribuant un statut héréditaire et associé à certains privilèges, notamment fiscaux.Toutes les relations entre la société dite blanche et les Amérindiens sont basées sur une définition ethnique \u2014 que le litige de Kahnawake ne fait que pousser à l'absurde.Mais ça, le Bloc québécois n'en parle pas.Comme il ne se casse pas trop la tète ! pour trouver de nouveaux modes de coexistence entre les Pre-' mières Nations et toutes celles qui les ont suivies sur le Nouveau Continent.Exception faite de quelques mentions, le programme du Bloc fait comme si les Amérindiens n'existaient , pas.De la part d'un parti souverainiste, qui doit bien entrevoir quelques petites étincelles autochtones à l'horizon d'un Qué-; bec indépendant, c'est un oubli de taille.En revanche, avec une application «pyromaniaque», les blo-quistes s'amusent à jeter de l'huile sur le feu.Il n'y a qu'à écou-.ter les tribunes publiques, qui s'alimentent quotidiennement aux discours du Bloc, pour voir à quel point la recette fonctionne.Est-ce cela que cherchent Lucien Bouchard et ses troupes?Bâtir leur capital politique sur la haine et l'intolérance?Ou .sont-ils simplement inconscients?Dans les deux cas, c'est dangereux\tAgnès GRUDA Un silence troublant L es juifs sont toujours prompts, avec raison, à dénoncer la propagande haineuse ou les préjugés dont ils sont victimes.On aurait pu espérer que leur expérience des effets pervers de la calomnie et de la démagogie les amènerait à ne ;pas tolérer celles-ci lorsqu'elles s'expriment dans leurs propres rangs.p Ce n'est malheureusement pas ce qu'on a pu observer, mardi, lors du passage d'Ariel Sharon à Montréal.Ardent partisan de la ligne dure face aux Arabes, cet ex-général et farouche adversaire du gouvernement de Yitzhak Rabin venait y solliciter l'appui, moral et financier, de la communauté juive au maintien des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés par Israël.On ne saurait contester aux juifs d'ici le droit d épouser ou de combattre les politiques qui sont débattues à Tel-Aviv.Mais ce vif intérêt pour l'avenir de la «mère-patrie» ne dispense pas d'avoir un minimum de rigueur et d'honnêteté intellectuelle face aux abus de langage du défenseur d'une des thèses en présence.Or, c'est ce qu'a fait M.Sharon en évoquant l'utilité de ces colonies pour recevoir éventuellement des juifs qui seraient «chassés de Montréal, Toronto ou Brooklyn»! Rien de moins! À en juger par l'accueil réservé à ces propos et p?r les nombreuses contributions versées à la « bonne cause», on n'a pas ressenti un grand malaise, dans l'assistance, devant une telle hypothèse, qui est aussi farfelue qu'injurieuse pour la majorité de leurs compatriotes nord-américains.On eût au moins espéré une mise au point de la part d'un leader de cette communauté reconnaissant le caractère ou-trancier de cet argument démagogique.Surtout, dans un contexte où il n'est plus besoin de démontrer que les juifs sont non seulement bien accueillis au Québec, mais qu'ils en sont une partie intégrante et qu'ils le resteront.GRAVIL (ÏÏAPéM vyy**?, ^ Yivicvtc & ut , mlSOHSFSoW/EHP&t WJv&e Itëfto^ DROITS RÉSERVES La boîte aux lettres Place des filles à l 'école ¦ Le 8 mars dernier, votre journaliste Michèle Ouimet produisait un excellent article sur la place des filles à l'école, soit la première.J'enseigne, depuis plus de vingt ans, et je vis en plein milieu de ce tourbillon social qui bouleverse nos sociétés: je remarque quotidiennement l'attention des filles dans la classe, l'énergie qu'elles déploient dans leurs travaux, la préparation des examens.Pas étonnant qu'elles dépassent leurs confrères et qu'elles les dépasseront encore plus dans l'avenir.Ceci m'amène à la réflexion suivante.L'humanité s'est privée, pendant des siècles, d'un incroyable potentiel de richesse: le maintien des femmes dans des conditions inférieures.Les ridicules préceptes des églises et curés de toutes sortes ont constitué un obstacle majeur au développement.Aujourd'hui encore, une partie importante, sinon la majeure partie de l'humanité, continue à se priver de cette richesse.Et plusieurs pays où dominent des éléments religieux mysogines vivent le drame du sous-déve-loppement (l'Iran et ses tristes mollahs demeure à date l'exemple le plus absurde de ce phénomène).On peut facilement en déduire la thèse suivante: l'émancipation des femmes n'est pas seulement la conséquence du développement social et économique: elle en est une CAUSE majeure.Quiconque par ignorance ou folie rejette un tel atout condamne sa société à la pauvreté et au sous-développement.Il s'agit d'un véritable colonialisme inté- domaine.Rendez-nous et ren-dez-vous ce service.Laissez la place, /Vf.Doré !\tNico,e Cher maire Dore, ¦ La décision du juge Val-mont Beaulieu, de la Cour provinciale, qui a autorisé le fils d'un marchand d'armes déjà condamne pour vente illégale d'armes à utilisation restreinte et pour fausse déclaration, à opérer le même commerce est une atteinte à la volonté de la société de contrôler les armes a feu.Il est capital, dans une société civilisée comme la nôtre, que la sécurité du public prime sur les intérêts commerciaux d'un homme d'affaires.Lorsque la sécurité du public est menacée, il faut s'assurer que l'utilisation d'un prête-nom ne vienne pas court-circuiter la nécessité de contrôler efficacement la circulation et la vente d'armes à feu comme le désire la très grande majorité de la population.Etant donne la menace potentielle à la sécurité publique des armes à feu.on est en droit de s'interroger sur la sagesse de laisser entre les mains de commerçants le contrôle de leur vente et de leur importation, surtout si les policiers ne peuvent efficacement encadrer l'attribution des permis d'exploitation de ce genre de commerce.La couronne doit porter ce jugement en appel.Si ce der-ner est toujours favorable au commerçant, c'est la loi et sa réglementation que l'on devra reviser pour qu'elles assurent vraiment la sécurité du public.Jean-Guy BRETON Lac Etchemin Opportunisme politique ¦ Il y a plus de de 15 ans, le Québec, par la loi 101, se donnait un instrument obligeant les immigrants à envoyer leurs enfants à l'école française.Les derniers rapports gouvernementaux démontrent la réussite de l'intégration des Néo-Québécois à notre culture.Malgré cette réussite sans équivoque, les membres du parti Action démocratique du Québec ne considèrent pas cet instrument suffisamment restrictif.En conséquence, il faudrait obliger, selon eux, les nouveaux venus à signer un contrat social dans lequel ils s'engageraient à vivre et à prospérer en français, sans quoi »!s devraient rembourser le coût de leur intégration.Il est assez étonnant qu'un parti se disant nationaliste et ne préchant pas.selon lui-même, l'orthodoxie péquiste propose une telle démarche.Je m'inquiète qu'une telle proposition n'ait subi que peu d'opposition de la part des militants du parti.Le Québec est-il si faible qu'il soit obligé d'imposer cette dictature de sa majorité?Si tel est le cas, l'indépendance en vaut-elle la peine?À mes yeux, l'Action démocratique de MM.Allaire et Dumont réfère davantage à l'opportunisme politique qu'à l'idéal démocratique auquel ils prétendent.Jean DUPONT Québec ¦ Le terme «cher» signifie dispendieux.|e suis propriétaire d'une petite maison, à Montréal, et j'ouvrais récemment l'enveloppe contenant mon compte de taxes.Un joli document était joint à mon compte, qui me vantait votre «saine administration».On m'indiquait une baisse des dépenses, une réduction du nombre d'employés, aucune augmentation dans le rôle d'évaluation et la fin de la taxe olympique.Cependant, quelle surprise: avec toutes ces baisses, mes taxes augmentent de 5%.Un tel document décrivant toutes ces baisses est presque fallacieux et d'une malhonnêteté intellectuelle qui représente bien l'image de votre gestion et de votre parti.Vous avez eu suffisamment d'années pour gérer adéquatement notre ville.Avec un tel constat d'échec, un gestionnaire éclairé aurait la décence de céder la place, lui et son parti, à de meilleurs gestionnaires et ne demanderait pas à être réélu.La majorité des autres municipalités au Québec ont maintenu ou réduit la facture totale des taxes de leurs contribuables.Vous avez la formule idéale pour chasser les vrais Montréalais de notre ville.Faites ce constat d'échec, monsieur le maire Doré, et quittez la vie politique.Vous avez sûrement des qualités et des habiletés qui peuvent être mises en valeur dans un autre Sécurité du public Jean-Pierre BIBEAU professeur d'économie rieur, celui d'une minorité de mâles passéistes qui bloque le développement. LA PRESSE.MONTREAL.JEUDI établit la nouvelle norme de qualité d'impression monochrome - précise et abordable - en adoucissant les courbes et en éliminant l'effet «d'escalier».ColorSmart - une percée dans la technologie de l'impression couleur L'imprimante HP DeskJet 560C comporte la nouvelle technologie ColorSmart brevetée de HP qui permet d'obtenir les meilleures couleurs possibles - avec un seul bouton.L'imprimante se règle automatiquement à chaque page, de la même manière qu'un appareil-photo automatique se règle pour donner la plus belle photo.Seule ColorSmart vous permet d'imprimer instantanément des couleurs vives et naturelles, à tout coup.Améliorez votre apparence en quelques minutes ; vous vous sentirez mieux pendant des années.Contrairement à d'autres fabricants d'imprimantes qui proposent une garantie de un ou deux ans, HP offre une garantie complète de trois ans sur ses nouvelles DeskJet, ce qui vous permet LA PRESSE.MONTREAL.JEUDI 17 MARS 1994 Les familles canadiennes sont au bout de leur rouleau, affirme une étude Presse Canadienne OTTAWA ¦ Les familles canadiennes se font «élastiques» pour s'adapter au marché du travail mais le milieu du travail, lui, ne s'adapte pas au contexte des nouvelles structures familiales.I\tci est l'essence d une nouvelle étude réalisée conjointement par le Conférence Board du Canada et l'Institut Vanicr de la famille, dans le cadre de l'Année internationale de la famille.Selon le coordonnateur de cette recherche, Allan Mirabelli, la structure des familles canadiennes a évolué au fil des ans, mais leur situation financière ne s'est guère améliorée.«Au lieu de travailler 45 a 50 heures par semaine, les parents travaillent maintenant entre 65 et 75 heures pour atteindre exactement le même niveau économique.Alors, ils travaillent deux fois plus fort et tout ce qu'ils ont à partager, c'est la fatigue quand ils rentrent chez eux.» II\ty a 30 ans, la plupart des familles canadiennes comptaient sur un seul salaire.Aujourd'hui, les familles a deux revenus constituent la norme.En 1991, bl ,2 p.cent des familles étaient des familles a deux revenus.Lu situation économique difficile a également déracine beaucoup de familles, constate le rapport publié hier et intitulé Les familles canadiennes.En fait, 50 p.cent des familles déménagent à tous les cinq ans en quête d'un emploi.Déracinées, isolées et surchargées, les familles canadiennes sont au bout de leur rouleau, car elles n'ont pas de réseau de soutien, a déploré M.Mirabelli.«Il faut qu'on redécouvre le sens de la communauté et le sens de l'entraide», croit-il.A ce sujet, la ministre de la Santé, Diane Marleau.croit que lu création d'un réseau national PHOTO CP Le directeur des communications de l'Institut Vanier, M.Allan Mirabelli, répond aux questions des journalistes.Il est entouré de la ministre de la Santé, Mme Diane Marleau, et du vice-président aux ressources humaines du Conférence Board, M.Prem Benimadhu.de garderies pourrait aider les parents a équilibrer leurs responsabilités familiales et professionnelles.«le pense que d'ici un an, nous serons prêts a déposer un projet de garderies», a-t-eile annonce.Même si le temps consacré aux activités familiales est devenu une denrée rare, l'importance de la famille demeure néanmoins une priorité pour une majorité de Canadiens.C'est le cas de 51 p.cent des Canadiens qui estiment que la famille prend de plus en plus d'importance dans leur vie.Quelque 36 p.cent admettent que la famille est devenue un peu plus importante dans leur vie.alors qu'un maigre 2 p.cent signalent que la famille est devenue moins importante à leurs yeux.La structure meme de la famille a changé.La famille nucléaire constituée de deux parents et un enfant ou plus représenté 47,8 p.cent des ménages canadiens.Mais ce type de famille typique des années 50 «n'est plus aujourd'hui qu'un modele parmi les autres», constate le rapport.Les couples mariés sans enfants comptent pour 29,3 p.cent des ménages, les ménages dont une femme est chef de famille monoparentale représentent 10.7 p.cent des ménages, alors que les couples en union libre avec enfants comptent pour 4,1 p.cent des ménagés.On rêve au mariage Ces bouleversements ne découragent pas pour autant les jeunes qui aspirent, comme leurs grand-parents, a se marier et à fonder une famille.Le budget Martin a eu peu d'effet sur la position des partis fédéraux ¦ L'appui aux divers partis fédéraux semble vouloir demeurer stable en mars, pour le troisième mois consécutif.Il ressort en effet du dernier sondage effectué par l'Institut Gallup sur ce sujet que la position des partis diffère très peu de celle qui avait été constatée en décembre dernier.Cela semble indiquer que le premier budget des libéraux, déposé aux Communes le 22 février, a eu très peu d'effet sur les intentions de vote de la population.Les données recueillies pour mars indiquent que 56 p.cent des électeurs voteraient pour le Parti libéral si des élections avaient lieu maintenant (cette proportion était de 58 p.cent en février).L'appui aux libéraux parait ainsi vouloir demeurer bien au-dessus de la part de 41 p.cent du vote populaire qu'ils avaient recueillie aux élections du 25 décembre 1993.De nouveau, ce mois-ci, le Re-form Party de Preston Manning occupe la deuxième place à l'échelle nationale, mais il vient SONDAGE GALLUP t»>t» \u2022 \u2022 \u2022 loin derrière les libéraux, puisqu'il n'est appuyé que par 17 p.cent des électeurs, sans changement par rapport à février et à peine deux p.cent au-dessous du pourcentage du vote populaire obtenu aux élections.Quant au Bloc québécois de Lucien Bouchard, il bénéficie de l'appui de 11 p.cent des électeurs sur le plan national (12 p.cent le mois dernier), mais de 47 p.cent au Québec.En ce qui concerne les conservateurs de (ean Charest et les néo-democrates d'Audrey McLaugh-lin, qui n'ont plus qu'un statut officieux aux Communes, c'est la première fois ce mois-ci qu'ils semblent reprendre un peu de terrain.Les conservateurs sont en effet appuyés par 8 p.cent des électeurs, en comparaison de 7 p.cent le mois dernier, et le NPD, par 6 p.cent, contre 4 p.cent en février.Les libéraux continuent de jouir d'une avance considérable dans les provinces de l'Atlantique (ils y bénéficient de l'appui de 67 p.cent des électeurs, contre lb p.cent pour les conservateurs) et en Ontario (65 p.cent contre 17 p.cent pour le Reform Party).Cet appui s'établit a 53 p.cent dans les provinces des Prairies (33 p.cent pour le Reform Party), à 44 p.cent en Colombie-Britannique (34 p.cent pour le Reform) et à 48 p.cent au Québec (47 p.cent pour le Bloc québécois).Les conclusions du sondage se fondent sur 1001 interviews effectuées entre les 7 et 13 mars 1994 auprès de Canadiens âgés de 18\tans et plus.Un échantillon de cette ampleur donne des résultats exacts à 3,1 p.cent près dans 19 cas sur 20.La marge d'erreur est supérieure pour les régions, en raison de l'importance moindre de l'échantillonnage; par exemple, les 268 interviews effectuées au Québec ont engendré une marge d'erreur de 6 p.cent dans 19\tcas sur 20.1 0 J CX U R S SEULEMENT PLUS SUR TOUS NOS MEUBLES DE LA SERIE TREVI ' Ç] Notre collection se distingue par les structures en métal forgé à motif de croisillons - peint d'un ton chaleureux cinabre et doré à l'ancienne.Le dessus en croisillons des tables et des consoles soutient une plaque de verre à bords biseautés.PRIX SPÉCIAL 99* PLATEAU IREVI AVEC SUPPORT 21 po h x 23 po 1 x 13 po p Cour.139 S PRIX SPÉCIAL 109* BANC TREVI 18 po h x 20 '/» po I \\ 14 h po p PRIX SPÉCIAL 89* TABLE D'APPOINT TREVI 22 '/: po h; plateau de 14 po Cour.129 S Cour.149 S ÉCONOMISEZ 25% ET PLUS SUR TOUT AUTRE MEUBLE DE LA SÉRIE TREVP Cour.79 $ à 399 S PRIX SPÉCIAL 59 J À 299 S o prix sont en vigueur lusqu'j 27 mars 1994.Demande/ notre catalogue gratuit.Nous acceptons MasterCard, Visa et American 1 xpress.Le centre Eaton de Montréal 844-8498 \u2022 Ville Mount-Roval Centre Rockhmd 344-4688 / Centre Fair\\'iew Pointe Claire 694-4266 \u2022 Les Promenades Saint-Bruno 441-0987 \t La Compaçjme dott\t\\vaysTJ Selon une enquête effectuee en 1992 auprès de 4000 étudiants du niveau secondaire, «ces derniers sont loin d'être désillusionnés quant au mariage», et ce même si plusieurs d'entre eux ont vécu une situation de divorce.Environ 8b p.cent des jeunes croient qu'ils se marieront pour la vie.Environ 86 p.cent des jeunes de 15 à 24 ans disent vouloir des enfants.On ne voit pas de mal à avoir des enfants hors du mariage.Au Québec.82 p.cent des a-dolescents étaient de cet avis alors que cette proportion est de 54 p.cent pour le reste du Canada.Par contre, parce qu'il en coûte cher pour elever des enfants, que les garderies sont chose rare et que «la grand-mère ne vit pas au coin de la rue», beaucoup de ces jeunes n'iront pas jusqu'au bout de leur rêve.La vie privée est menacée par les services électroniques, prévient le commissaire Phillips JIM BRONSKIU de la Presse Canadienne OTTAWA ¦ Des informations confidentielles sur les citoyens risquent de tomber entre de mauvaises mains, si le gouvernement saute les étapes dans son projet de fournir aux Canadiens divers services fédéraux par voie électronique, prévient le commissaire à la protection de la vie privée, M.Bruce Phillips.«La protection de la vie privée, à l'âge de l'information, c'est tout simplement le droit de contrôler l'information à notre sujet ».a déclaré M.Phillips mercredi dans un discours prononcé devant SCOAP, une association d'Ottawa qui s'intéresse à la technologie et à la circulation de l'information.Le gouvernement élabore un plan en vue de tirer parti des techniques modernes de télécommunications et de l'informatique pour donner à tous les Canadiens un accès facile à ses services, allant de l'information sur les cours offerts aux chômeurs aux ouvrages des bibliothèques fédérales.Ce projet rendra l'appareil gouvernemental plus pratique et fera économiser de précieux fonds publics, affirme Ottawa.Mais aux yeux de M.Phillips, la priorité, pour les fonctionnaires, devrait être de préserver les droits des citoyens, plutôt que de rendre les services moins chers et plus efficaces.A l'heure actuelle, les ministères détiennent tout un éventail de renseignements de nature confidentielle sur les Canadiens \u2014 des déclarations d'impôts aux demandes de prestations d'assurance-chô-mage.L'accès aux services gouvernementaux par voie électroni- que entraînerait vraisemblablement des transferts d'informations entre ministères.Et pour réduire les coûts du gouvernement fédéral, des entreprises privées pourraient être appelées à traiter des données ou à assurer certains services au public.«Cela ouvre un tout nouveau sujet de préoccupation pour des gens comme moi», a noté M.Phillips.Il a suggéré que les données devraient être colligées ou utilisées uniquement a une fin spécifique, après qu'on eut recueilli le consentement de la personne dont la vie privée est en jeu.Pour M.Phillips, l'autoroute électronique, qui promet de mettre bientôt des quantités phénoménales d'informations à la disposition instantanée de ses utilisateurs, recèle autant de promesses de progrès que de dangers potentiels.Des étudiants de régions rurales pourraient avoir accès aux bibliothèques des plus grandes métropoles; des patients pourraient consulter des spécialistes médicaux à l'aide de communications par télévidéo.« Mais je pense que vous vous opposeriez si vous constatiez que votre dossier médical, par exemple, s'est retrouvé dans la salle de nouvelles de votre station de télévision locale», a dit M.Phillips.L'informaticien amateur du voisinage pourrait s'introduire dans les dossiers scolaires d'un enfant, ou encore la déclaration de revenu d'un citoyen pourrait aboutir sur les bureaux d'un courtier en valeurs.«Ce sont toutes des possibilités, si nous ne bâtissons pas des systèmes dotés d'une bonne protection», a insisté M.Phillips.GIORGIO La Collection 94, exclusivement chez Holt Henfrew HOLTRENFREW SHbKBKookt m h» i \\ Mont u.nk, 842-3111 Ouvt*rl du lundi au mercredi de 10 li à 18 li.le* jeudi et vendredi «1»- IU li .« 21 II.It* «amedi de 9 h 30 à I 7 h et le dimamhe de midi à I 7 li b 8 la presse.montréal, 'çijd117 mars 1994 Finale régionale de la Montérégie 17-18-19 mars 1994 École secondaire Beaulieu 135, du Séminaire itf^ Saint-Jean-sur-Richelieu FORFAITS POUR 2 PERSONNES AU CAMP SPATIAL CANADA À LAVAL (Valeur approx.: 300 $ ch.) De plus, passez à la fusée Bell pour courir la cliance de gagner d'autres prix! ¦\tExpo ¦\tSCIENCES 1 Bell\tDécoupez ce bulletin de participation et déposez-le.dûment rempli, dans le baril de tirage spécialement identifié à votre Expo-sciences Bell, finale régionale.\t1 1 ¦ nom\tAge\t1 ADRESSE\t\t1 VILLE\tcode postal\t1 ¦ téléphone ( >\t\t1 Qui .lion (J'habilite r.utbcnunqur : (290x2) «(100 S) 125\t\t1 Lr concours e\\t en vigueur îusqu'au 24 avril 19^4.Pour ohirnir les rrglcments officiels ¦\tou un bulletin de participation, expédie/ une enveloppe preadressce et suffisamment affranchie à : _ Concours - Expo-sciences Bell*.425.Grande Allée est.Québec (QC) GlR 2J5.¦\tce COMMIS est Mtftl aux 12 à 20 ans inclusiument.\t\t1 J défaut de séduire le Canada par son option, Bouchard tentera de lui vendre sa biographie SUZANNE DANSEREAU de la Presse Canadienne TORONTO ¦ Si Lucien Bouchard ne peut pas séduire le Canada anglais avec son option politique, il essaiera de le faire avec sa personnalité, ses tripes et sa plume.Le chef du Bloc québécois entreprend une visite de deux jours à Toronto la semaine prochaine, dans le but de mousser la version anglaise de son autobiographie, intitulée On the Record.Sa maison d'édition, la firme Stoddart, présente l'affaire comme une opération de charme, et comme la première vraie chance pour les Canadiens anglais de connaître l'homme derrière l'option.«Il y a un vieil adage qui dit 'connaissez bien votre ennemi'», explique Sally Tindal, son agent littéraire chez Stoddart.«Cet homme est sérieux, son plan est défini et les Canadiens ont avantage à le connaître, même s'il est possible qu'ils aient à le combattre», ajoute-elle.Lors de son dernier passage à Toronto, au moment de la campagne référendaire de 1992, M.Bouchard avait prononcé un discours assez controversé devant les hommes d'affaires du Canadian Club, au cours duquel il avait été chahuté par un fédéraliste enragé.Cette fois, on veut éviter ce genre de chose et on souhaite que l'accent soit mis sur l'homme plutôt que sur la controverse.C'est pourquoi on a choisi de le faire participer à des entrevues personnalisées à la télévision, à la radio (l'émission Morningside à CBC et celle de Andy Barrie à la station privée de CFRB), et auprès d'équipes éditoriales.Mme Stoddart compte aussi emmener M.Le chef de l'opposition aux Communes, M.Lucien Bouchard, a de nouveau relancé le gouvernement, hier en Chambre, sur l'inopportunité de fermer le Collège militaire de Saint-Jean.Bouchard dans une librairie pour qu'il signe des autographes.La maison d'édition sait que le chef bloquiste est perçu de façon négative au Canada anglais.Mais d'une certaine façon, elle table sur ce facteur pour vendre au moins 10000 exemplaires \u2014et faire de On the Record un best-seller national.Sally Tindall croit que plus les Canadiens liront son livre, plus ils aimeront M.Bouchard.«Cet homme que les Canadiens aiment détester est, ironique- PHOTO PC ment, tellement aimable! lance-telle.Il est cultivé, instruit, sophistiqué, fasciné par une foule de choses.Et humble par dessus le marché.«Dommage qu'il ne soit pas notre premier ministre», ajoute-t-elle.Pour les Anglais On the Record est la version anglaise de A visage découvert, publié voilà environ deux ans au Québec.La seule différence est qu'il contient une introduction spécialement écrite pour les lecteurs anglophones, dans laquelle Lucien Bouchard propose un dialogue avec le reste du pays.Il explique ensuite le cheminement qui l'a poussé à fonder le Bloc québécois après avoir été ministre conservateur.Son départ du cabinet de Brian Mulroney aura probablement été l'un des gestes les plus mal perçus au Canada anglais, souligne son attachée de presse.Marthe Laurence.Alors qu'au Québec, on a compris que M.Bouchard s'était senti trahi par son gouvernement, au Canada anglais, son départ a étéinterprété comme une trahison envers son «ami» Brian Mulroney.Autres tournées La tournée du chef bloquiste doit éventuellement se poursuivre dans l'Ouest canadien.La maison d'édition est en train d'organiser des visites à Edmon-ton et à Vancouver, pour avril ou mai.Cela risque d'être intéressant, dans la mesure où M.Bouchard pénétrera dans le château-fort de son ennemi politique, Preston Manning.Le mois dernier, Lucien Bouchard s'est rendu à Washington, non pas pour mousser son livre, mais pour livrer son message «séparatiste».Selon Mme Tindal, c'est ce voyage qui a vraimé éveillé l'intérêt des Canadiens au phénomène Bouchard.«lusqu'à ce qu'il fasse ce voyage, les Canadiens n'avaient pas réalisé l'importance de cet homme, la réalité de son message.Ils doivent maintenant s'y attarder, parce que M.Bouchard risque de jouer un rôle-clé dans la définition d'un nouveau Canada.» Et plus ce rôle prendra de l'importance, plus son livre se vendra, calcule la maison d'édition.Le Reform veut protéger ses députés de l'alcoolisme et des problèmes matrimoniaux Presse Canadienne OTTAWA ¦ Le Parti réformiste est à rédiger un code de conduite destiné à aider ses députes à éviter les problêmes matrimoniaux ou d'alcoolisme pouvant entacher leur réputation et donner mauvaise presse au parti.Les membres d'un comité du caucus réformiste se demandent par ailleurs jusqu'à quel point un tel code peut discipliner le comportement des députés dans leur vie privée, a admis hier le leader de la formation, Preston Manning.Ce dernier a toutefois soutenu qu'il était important d'établir certains paramètres, à cet égard.«Lorsque j étais consultant, j'ai connu un lobbyiste de l'industrie énergétique qui rédigeait son propre guide parlementaire.Il n'y inscrivait que les problèmes matrimoniaux de ceux qu'il était appelé à rencontrer, ainsi que leurs problèmes financiers ou l'alcoolisme de certains», explique M.Manning.«Il estimait qu'il pouvait avoir accès à quiconque ou presque devant surmonter de tels problèmes.Il n'est un secret pour personne que ces problèmes sont des dangers dans notre profession.» M.Manning a précisé que les réformistes établiront des règles de comportement pour leurs députés, afin de les mettre en garde contre tout ce qui pourrait les empêcher de bien représenter leurs électeurs, notamment les drogues et l'alcool.Les réformistes tenteront également de se prémunir contre tout ce qui pourrait ternir leur réputation.Le vice-premier ministre Sheila Copps a pour sa part été renversée par les tentatives du Reform Party de discipliner le comportement de ses députés, jugeant l'idée «plutôt indiscrète».«Il est très difficile pour les partis politiques d'appliquer leurs dix commandements politiques parce que ces dix commandements ne sont pas toujours respectés.En réalité, il appartient à chacun de nous d'être franc et honnête dans notre vie.» Le député Ian McClelland, d'Edmonton, soutient pour sa part que le Reform Party ne tente pas de diriger la vie privée de ses membres.«Les conseils d'un code d'éthique ne sont que des affiches de prudence semées sur le sentier de la vie.Ils vous permettent d'être prudent lorsque vous abordez un virage trop abrupt.» Deboroh Grey, présidente du caucus réformiste, espère que ce code de conduite permettra d'éliminer les problèmes susceptibles de provoquer une crise politique.Un député réformiste dans le doute n'aurait qu'à se référer à ce code et à réclamer conseil de ses collègues.\\ ne prime sublime.Finition.Avec les hommages d'Estée Lauder.Cette collection vous offre une provision de dix jours de Complexe Réactivant Triple Action Fruition et six autres produits fabuleux d'Estée Lauder.Proposée gratuitement à l'achat de produits Estée Lauder d'une valeur de 19,50 $ ou plus.Venez chercher votre prime sublime au comptoir Estée Lauder entre le 3 et le 19 mars 1994.Une prime par personne.Offre en vigueur jusqu'à épuisement des stocks.Découvrez le secret que plus d'un million de femmes connaissent déjà Les femmes observent à l'unanimité des résultats spectaculaires: Fruition, le complexe enrichi d'acidulants alpha-hydroxy triples, 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