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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1996-12-21, Collections de BAnQ.

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[" B MontréaK samedi 21 décembre 1996 y c V Comment les Québécois ont-ils perçu Robert Bourassa?: page B 6 ÉDITORIAL / OPINIONS / POLITIQUE Ce qui resMi de Sainte-Cunégonde en 1968.On reconnaît, au centre-gauche, Pimposante église de Sainte-Cunégonde, construite en 1906, un an après Pannexion de la ^ municipalité à {Montréal, et qui est aujourd'hui un des derniers vestiges de Pépoque.B ouillon de culture 4 Sainte-Cunégonde Comment au tournant du siècle, cette petite cité s'était branchée sur Paris - T_ I I RECHERCHE UNIVERSITAIRE i André Pratte Rue Vinet, dans la Petite-Bourgogne.Entouré de maisons de ville et de HLM subsiste le vestige d'une autre époque.Voyez ces mots gravés dans la vieille pierre de la bibliothèque Georges-Vanicr : HÔTEL DE VILLE.Hôtel de ville ?À s'y promener par ce pùtin congelé de novembre, on a du mal à croire que la rue Vi-net fuc au tournant du siècle^ le coeur d'une petite ville florissante, Sarihte-Cunégonde.Encore plus difficile de crdirc que cette municipalité de 10 000 âmes, industrielle et industrieuse» fut à la même époi]ue le lieu d'un intense foisonnement culturel, suivant tahle à table les courants qui agitaient les cafifs parisiens.Que Salhte-Cunégonde fut « le foyer inattendu d'une ardente modernité-»»^ comme l'écrit le professeur de littérature Michel Plerssens dans un article que publiera prochainement la revue Etudes françaises.Plcrasens et l'étudiant Roherto Bçiurdi ont reconstruit le cheminement d'une petite revtie littéraire née à Sainte-Cuncgonde, L'Écho des icitnrs, qui choqua lc*s blcn-pensanis publiant entre 1891 et 189$ des texte» provocateurs, teintés d'éro- tisme.Victor Grenier.Cette photo a été publiée par La liasse en 1940 à roccasion de la mort de ilmprimeur et libraire.Et je te maudissais, et meurtrissais ta chair Ta chair de femme, ai des étreintes furieuses a-t-on pu lire dans un poème de Femand Clerget.Ou cet hommage à une femme qui sait.Fouetter d'un brusque appel mon désir qui s'endort Au gré de mon plaisir devenant sans effort Imaginez la réaction du curé de la paroisse ! En fouillant dans les bibliothèques et les archives, Pierssens et Benardi ont retrouvé bien plus que l'histoire de cette audacieuse revue.Ils ont retrouvé Sainte-Cunégonde, « C'était un milieu extrêmement vivant, raconte le professeur Pierssens.Toutes les traces de la vie théâtrale que nous avons découvertes, c'est tout à fait remarquable.Les gens faisaient du théâtre, des conférences, des débats.Et tout ça avec une sorte de patriotisme local : ces gens-là étaient à Sainte-Cunégonde, pas à Montréal.^ Hymne à la morphine V Les chercheurs ont aussi découvert des personnages fascinants en la personne des deux animateurs de la revue, Édouard-Zoti-que MassicoUc cl Victor Grenier.Tous deux fils de commerçant \u2014la littérature ne préoccupe donc pas seulement Xcs grands bourgeois \u2014 Massicotte et Grenier passeront leur vie à Sainte-Cunégonde.Le premier deviendra un citoyen honorable, responsable des archives Judiciaires de Montréal, m ardent défenseur de l'Église et de la Patrie ».On comprend pourquoi il voudra effacer les traces de sa Jeunesse littéraire, alors qu'il publiait sous pseudonyme des textes audacieux.Par exemple, dans L'Écho des jeunes, un hymne à la morphine : Déesse de l'illusion - Vier^ compatissante 'O toi si miséricùrdieuse \"Jeté k&W un culte.ToL 2 - Mo.21 OCT.-IOr.1895.Frb 11 Ccntt SOMMAIRE dniféh.^.Victor ORBAN Z*Ahui.-.-.Georgei OUDINOT K#« Veit».Georges ELCAR EmRè9é.^.^ AICX.GERBÉE Vim$*.\u2022«.«.\u2022«.M.Germain BEAULIEN Edouard CABRETTE êfitiOmLtgit.A.ELUVEDPAC Ldi Litres.A.G.Revues a/0umaux.KEEP PUSHING BmHtei ttartisin, N^t améUntn^ ete.L*ÊCHO Prix des Abonnements Pour toutes les parcies du Canada et des Etais-Unis, an ao, IQc.' V tîji IDOÙ, 2ioint les gens étaient informés de* ce qui se passait dans le reste du monde.On est tout à fait étonné de voir des comptes rendus de livres ou de revues apparaître dans VÉcho des jeunes ou ailleurs un mois et demi à peine après la parution à Paris ou à Bruxelles.>» ^ Voilà qui force à nuancer l'image longtemps dominante d'un Québec tout entier rural, arriéré, ignorant.Il est vrai que L'Écho des jeunes ne se répercuta pas longtemps.L'Église lui fera la lutte, le nationalisme arrachera les écrivains d'ici aux sty* les symboliste et décadentiste de cette fin de siècle.« Les jeunes vont être mobilisés par Tidée qu'il faut faire une littérature nationale, plus engagée politiquement », explique Pierssens.i ''^ S L'oubli * Témoigne de ce virage l'évolua tion du frère de Massicotte, qu| avait agrémenté la page converturc\" de L'Écho des jeunes du dessin d'uno-jeune femme légèrement vêtue.Lo dessinateur va se spécialiser dan^ l'illustration de la vie de la campai' gne, « des paysanes avec leur four-f che », dixit l'universitaire.^ Édouard-Zotique Massicotte deî: viendra donc un respectable archif visle, Victor Grenier ne s'intéresse-^ ra plus qu'au théâtre.Et la Horissante Sainte-Cunégonde sera annexée à Montréal, sombrant dans l'oubli.\\ M Dans les archives que mol et mon équipe dépouillons, nous sommes presque toujours les pre-î micrs à passer, raconte le cher*, cheur.À la Ville, au diocèse, nous avons ouvert je ne sais combien de, paquets que personne n'avait ja« mais touchés ! » Malgré ces recherches, Victot Grenier reste un personnage mysté^ rieux sur lequel Pierssens aimerait en savoir davantage : « Nous avons cherché ses descendants, mais nous ne les avons pas trouvés.Nou4« n'avons retrouvé ni sa correspond* dance ni les ouvrages qu'il recevait^ C'est probable qu'il y ait quelque* part des papiers.Peut-être qu'urt de vos kxteurs.?» -\u2014Y (l) Fierssens, M.Benardi, ^'L'Échode^^ jeunes :Vne avant-garde inachevée»*^ Étu desfhmt^k^U.X 1996.^ B2 LA PRESSE MONTRÉAL, SAMEDI 21 DÉCEMBRE 1996 E ditor ial André Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain DuBuc éditorialiste en chef ' ' , l'année du néolibéralisme ?1 n'est à peu près plus possible, pour un politicien, de réduire les dépenses ou de repenser un programme sans se voir coller au front l'étiquette de H néolibéral ».C'est l'insulte à la mode.Au départ, seuls quelques dirigeants syndicamc et quelques intellec-].tuels marxisants dénonçaient le « complot néoli-l>éral >»\u2022 Mais l'expression est maintenant dans toutes les tk).ilches.Jacques Parizeau l'utilise pour qualifier les poli-(tqvies budgétaires de Lucien Bouchard, les bons évêques ^(^iisent du terme, tout comme les groupes populaires ou m^ême le protecteur du citoyen.^^^^^H^M^ Dans la bouche de ceux qui remploient, le terme sert à dénoncer les tenants d'une nouvelle orthodoxie qui menacerait nos acquis et nos institutions.L'abus du terme nous plonge cependant dans une chasse aux sorcières et ramène le débat public à sa forme la plus primitive, le manichéisme, l'opposition primaire entre les méchants et les bons, entre ceux qui seraient les fossoyeurs de l'État et ses valeureux défenseurs.Comme c'est souvent le cas avec les débats d'idées au Québec, la façon dont on utilise le terme dénote une profonde ignorance* Accuser Jean Chrétien ou Lucien Bouchard d'être néo-lit^raux est aussi bête que de qualifier Jacques Parizeau {^y Lorraine Page d'être marxistes-léninistes.'i;;^c néolibéralisme est en efi'ct une doarine économique très précise, qui consiste à réduire de façon importante l'intervention de l'État et à prôner le retour absolu aux loiSLilu marché pour régulariser les activités économiques.Une cultiue économique que l'on retrouve à Hong-Kong, clans le thatcherisme britannique, ou dans les thèses de Newt Gingrich.On l'associe souvent à un autre courant Alain Dubuc conservateur, moins économique et plus sodal, le culte de l'individualisme dont on a vu les effets dans l'Amérique de Ronald Reagan.On trouve des échos de ce courant néolibéral dans le Reform Party, ou dans les politiques de Ralph Klein et de Mike Harris.Est-ce que les gouvernements Chrétien et Bouchard ont pris ce virage néolibéral ?En l'espace de six mois, le gouvernement Bouchard a lancé un programme de médicaments gratuits» imposé une loi sur l'équité salariale, instauré une nouvelle politique familiale, organisé un Sommet socio-économique avec les partenaires de l'État.De son côté, le gouvernement Chrétien défend mordicus son programme de santé public, tente de lancer un vaste programme de garderies, légifère sur les armes à feu et le ubac.1.Si nos dirigeants syndicaux ou leurs ténors, comme le professeiu- Léopold Lauzon, allaient faire un stage en Nouvelle-Zélande, en Grande-Bretagne ou en Suède poiu* décrire les affres du néolibéralisme dont ils sont viaimes, ils feraient rire d'eux.Mais conunent en est-on venu à accuser des politiciens comme Lucien Bouchard ou Bob Rae qui, au yeux de la si-lent majority américaine apparaîtraient conune de dangereux marxistes, d'appartenir au même courant que Newt Gingrich 7 Grâce aux vertus réduarices de l'amalgame.Les néolibéraux, les vrais, remettent l'État en cause.Les gouvernements qui nous dirigent réduisent le déficit, sabrent les dépenses, abandonnent certains programmes et remettent en cause des activités de l'État.Il suffit de sauter aux conclusions : faire des compressions, c'est affaiblir l'État, et donc vouloir sa disparition.C'est donc une manifestation de néolibéralisme.Et voilà.C'est ainsi qu'il n'est pas possible d'assainir les finances publiques ( autrement qu'en taxant les riches ), sans céder au dogme du néolibéralisme.j:*** Il est vrai qu'on a assisté à un virage des gouveipe-ments vers un certain conservatisme fiscal.La vraie question est de savoir si ces efforts de réduction du déficit menacent vraiment les fondements de l'État, et s'ils constituent ime rupture du contrat social auquel adhère une ms^orité de citoyens.La réponse est non.À moins de décrire comme néoHbé-raux les gouvernements socialistes d'Europe du Nord^et les gouvernements néo-démocrates des provinces canadiennes, ce qui n'est pas possible sans sombrer dans une paranoïaque théorie du complot.' *' Ces gouvernements, qui ont assaini les finances pûbji* qucs ou tentent de le faire, agissent de la sorte pour préserver l'État, pour lutter contre la paralysie de l'endettement, pour cesser d'être les otages des financiers qui leur ont prêté des milliards, pour retrouver une marge de manoeuvre, bref pour sauver les meubles et préserver ce que des années d'insouciance ont compromis.' Un vrai social-démocrate devrait être le premier à vouloir assainir les finances publiques, à moins de définir, conune le monde syndical et ses alliés le font implicitement, la social-démocratie conune un bar ouvert.; ' Il faut rappeler que ceux qui ont le plus menacé le fijet de sécurité sociale, ce sont ceux qui en ont abusé, ceux qui, par leurs batailles incessantes, ont empêché les gouvernements d'agir quand la rigueur financière aurait eu des effets moins brutaux.N'oublions pas que cela fait à peine trois ans que le monde syndical et ses alliés ont admis que le déficit constituait un problème.'V S'il y a une menace idéologique au Québec, ce n'est pas le néolibéralisme, qui n'a aucime prise sur un consensus très large des Québécois en faveur d'un État juste et généreux.La menace vient de ceux qui détournent le débat public pour défendre leurs propres intérêts, la menace du néo-corporatisme.\u2022 4 1;.Agnès Gruda sein : cet obscur obj et de combat ébut décembre, la Cour d'appel de l'Ontario a écrit un nouveau chapitre d'un roman qui a toutes les caractéristiques d'une oeuvre surréaliste : la saga des seins.Dans un Jugement divisé quant aux motifs, mais imanime quant au verdict, le -t» * tribunal a acquitté une femme auparavant condamnée pour indécence après s'être dénudée la poitri-.a»en plein centre-ville de Guelph, par une chaude jour-/i»ée d'été.Gwen Jacob a gagné sa bataille.Le tribunal affirme que les femmes, conrune les hommes, ont le droit d'exhiber leur buste au moment et à l'endroit qui leur plaît.Ce n'est pas la première fois qu'un tribunal opte pour le libre choix en cette matière.En 1993, la Cour provinciale de l'Ontario a acquitté cinq femmes qui avaient manifesté de façon éloquente leur appui à la cause de Mme Jacob.Ces jugements ne changeront pas grand-chose dans la vie quotidienne de la vaste majorité des femmes.Calcule ou pas, les citadines n'ouvriront pas massivement : leius chemisiers sur les boulevards.Car, au-delà de toutes ' les arguties des juges, la plupart des femmes auraient ain-, si l'impression d'enfreindre un tabou social qui fait par-.faitement leur affaire.\u2022 *\\ Si tes démêlés judiciaires semblent aussi coupés de la rivalité/ c'est qu'exception faite de quelques militantes ra- ' dicalçs, les femmes occidentales n'associent plus leurs droits à des droits vestimentaires.Autrefois, on a pu tra- , cer un signe d'équation entre le droit de vote et celui de porter un pantalon.Aujourd'hui, nos codes vestimentaires sont tellement souples qu'il est difficile d'y percevoir le \u2022 signe d'une domination mâle.- ' \"Nous sommes bien clianceuses.De l'Iran à l'Arabie Saoudite, en passant par l'Algérie et l'Afghanistan, les \u2022 femmes sont refoulées derrière des tissus opaques expri- - mafit lourdement leur eut d'oppression.À côté de leur situation, les revendications de Mme Jacob paraissent par-fititicment futiles.'r; jin Europe, le monokini est chose courante sur la plage.Mais le buste dénudé n'a pas sa place dans les cafés des Ghamps-Élysées.La bedaine masculine non plus, d'ailleurs.11 s'agit là de comportements acceptés et suivis par la majorité.Et qui n'ont rien à voir avec des questions d'égalité.Les usages vestimentaires sont différents en Amérique.Ôh peut, pour toutes sortes de raisons, vouloir les faire évoluer.Mais de là à mobiliser les tribunaux.Il n'y a qu'à ijre le jugement de la Cour d'appel ontarienne pour voir à quel point l'Ingérence judiciaire dans des domaines de cet cmre aboutit à des absurdités.- \u2022 Le* deux juges estiment que Gwen Jacob n'a commis aticune indécence en envoyant promener son chandail devant les badauds.Le geste n'avait aucune intention âexuelle, dit l'im ; par conséquent, il n'avait rien d'indé-(xm.L'intention sexuelle n'a rien à voir avec la notion ^indécence, dit l'autre, qui n'en conclut pas moins que le tti^utial de première Instance a mal estimé le seuil de tolérance de la société.,.Le premier argument est particulièrement Intéressant.Il présume qu'il suffit de vouloir désexualiser le sein pour y pjrvoilr.C'est oublier que la connotation sexuelle n'est ffB que dans le geste de celui qui montre, mais aussi dans c»eil de celui qui regarde.Dans notre société si sexuellement différenciée, la poitrine féminine constitue davantage un objet de convoitise que son pendant masculin.Et que si cet état de choses devait changer, il n'est pas sûr \u2022 que les femmes y gagneraient.'Bh attendant œ jour béni, Gwen Jacob et ses amies peuvent tou|ours aller te bal|{re contre les talibans.^ .4> 1 ' \t\t\t\t * ¦ ¦ n\tLA PRE\tSSE ET vous\t\t- - - .J .«¦ m ¦ Pour là nuit de Noël ! 7.* t 'il* Chaque année, à l'approche de Noël, on se demande bien quels souhaits différents, remarqués, nous pourrions offrir à nos parents, amis, collègues, clients.Et aussi quels cadeaux originaux nous pourrions bien remettre à nos proches : cadeaux pensés pour faire vraiment plaisir ou présents achetés à la hâte pour se débarrasser d'une corvée annuelle?Noèi suscite des sentiments ambivalents, selon que nous le subissons comme un pur produit commercial ou que nous croyons à cette fête de la Nativité.Comme tout autre anniversaire, Noël est un événement répétitif, routinier.Comment réussir à renouveler, année après année, cette célébration à la fois profane et religieuse?Nous pouvons solenniser Noël parce que c'est une fêle incontournable et obligatoire ; nous pouvons la célébrer par intérêt, par plaisir, par amitié, par affeaion pour les nôtres, par amour de la vie.Noël provoque des attitudes bien différentes, selon que nous vivons l'événement pour ce qu'il est fondamentalement ou pour ce qu'il est devenu au fli du temps.Tout est axé pour faire de la période des Fêtes le moment le plus heureux de toute Tannée : décorations, emballages, défilés, arbres, père Noét chansons, musique, concerts, récitals, surprises, partys de bureau, échange de cartes et de cadeaux, visites de la parenté et des amis, présence auprès des malades hos- fïltalisés et auprès des personnes âgées ogées dans les centres d'accueil.Mais c'est en même temps la période la plus triste de l'année durant laquelle les démunis matériellement et psychologiquement, les pauvres d'esprit et de coeur, les personnes seules, les blessés de la vie sont plus solitaires et dépouillés que jamais.Noël est une fête contra-diaolre qui oppose grande joie et profonde tristesse.Nous vivons dans une société de surconsommation ; nous pouvons à peu près tout nous procurer pour Nocl par rappon aux habitants vivant dans un grand nombre de pays sous-développés ou en voie de développement.Les riches deviennent plus riches et les pauvres deviennent plus pauvres.Pounant, ce sont souvent les personnes qui ont à peine de quoi subsister qui croient et qui s'accrochent aux valeurs de la vie tandis que les personnes qui possèdent les plus grands avoirs sont parfois celles qui sont les plus « déshéritées m, les plus désespérées ei les plus désemparées face aux véritables richesses et beautés de la vie.Noël est une fête qui nous empêche, qui bouleverse nos certitudes.Noél ne peut passer sans remuer notre confort intérieur.Noël matériel 7 Noël d'apparat, d'éclat, de faste?Noël humanitaire fait d'entraide, de partage, de solidarité ?,Noël spirituel, religieux?Noël nous confronte, nous Interpelle, nous force à faire des choix que nous préférerions ne pas avoir à faire.Dans moins de cent heures, le monde s'arrêtera.Pour une nuit, pour 24 heures, nous abandonnerons le train-train quotidien pour vivre l'Événement.Les préoccupations matérielles, sociales, politiques, économiques, les problèmes d'ici comme les crises qui affectent l'univers seront relégués au second plan pour faire place à l'Essentiel, à la Vie, au Bonheur, à l'Amour.Pour Le temps d'une paix, par une sôtte de consensus, les chicanes familiales, les litiges patronaux-syndicaux, - les confiits idéologiques cesseront.L'h'eiSre sera à la réconciliation et à la joie.Pour une nuit., Par une espèce de miracle, la haine, la jalousie, l'animosité, le ressentiment céderont à l'affeaion, à la bonté, à* la compréhension, à la tolérance.Ppur une nuit.' ' L'indifférence, l'hypocrisie, là critique, l'hostilité, la condamnation gratuite seront temporairement anéanties pour faire dominer la droiture, la franchise, la sincérité, la justice, la vérité.Poiu'une nuit.w*,» Le pessimisme social, le défaitisme collectif, le négativisme maladif, -les tendances alarmistes seront foutus à la porte pour emprunter la voie de Topii-misme, de la confiance, de TcnthousUs-mc, de l'espoir et de l'espérance.Pour une nuit.À l'arrogance, la suffisance, la vanité et l'orgueil succéderont la simplicifé, la modestie, l'humilité sinon canément une saine naïveté.Pour une nuit.Aux dénigrements colleaifs, aux rrié-sententes journalières, aux affrontements systématiques, qu'il sera rét?on-fortant d'entendre parler de pardon, de panage, de concorde, de fraternité, de solidarité, d'amitié, même d'Amour.Pour une nuit.Ce 25 décembre 1996, je vous le souhaite tellement unique et tellement beau pour uue nous nous mettions tous à rêver qu'il se prolonge et qu'il s'éternise.Je vous souhaite Ta plus belle niilt de NoëL Claude MASSON ^ Éditeur adjoint LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 21 DÉCEMBRE 1996 B3 Carte # ¦ ¦ de Slovénie 3 1 >¦'¦ ARÏS \u2014 L ubljana sous la neige, un décor de carte postale.C'était il y a trois semaines.La jolie petite capitale d'un tout petit pays < deux millions d'habitants ! ) était bien paisible dans l'hiver naissant.Dans le centre-ville historique, les monuments de style baroque autrichien sont .peints en rose, ocre, jaune, pistache, bleu ^poudre.Ravissant.Sur la route, entre l'aéroport et la ceinture industrielle, grise et soviétique de Ljubljana, de mignonnes petites églises se dressent sur les collines des villa-\"gtt, blanches avec des clochers sans préten-Uon.Elles ressemblent à des églises protes-'>tantes de campagne ; mais ne nous y trompons pas, la Slovénie est catholique .pure laine \u2014 en fait, plus catholique que ja- \u2022 ihais.Le plus gros événement, ces dernières années, fut la visite du pape à Ljubljana.Avec ime fierté bien légitime, nos amis ' Slovènes font remarquer qu'ici, ce sont à des écrivains plutôt qu'à des généraux qu'ont été dédiées les statues de la ville.Glorieuse exception.Napoléon Bonaparte, hai' partout en Europe centrale, mais vénéré ici parce que, ~ soùs son ( bref ) règne, on permit l'enseigne-jnent du slovène dans les écoles.Il a sa stèle?imposante, au centre d'im des beaux squares de la capitale.».,.par rapport au reste de l'ex-Yougoslavie, Ja Slovénie est comme l'enfant sage d'une fa-mille dysfonctionnelle qui aurait pris la porté en douce dès que la chicane eût commencé à vraiment mal tourner.N'ayant pas de frontière commune avec la Serbie et, surtout, ne cbritenant pas de minorité serbe, la Slovénie \u2022 ar pu tirer son épingle du jeu avec un mini-\u2022mum de violence et s'est retrouvée, sans > l'avoir réellement voulu, indépendante.' .C'était un vieux rêve, certes, mais plutôt flou, et si les Slovènes se plaignaient de toujours payer pour les autres ( la Slovénie était .de loin l'État le plus prospère de la fédération ), ce geiue de grief n'aurait pas entraîné de rupture radicale, n'eût été de la mauvaise toiu-nure des événements, avec l'agression serbe au Kosovo et le refus de la Serbie d'emprunter la voie de la démocratisation.( On en voit aujourd'hui les conséquences à Belgrade.) Dans une « vinoteka » où les haut-parleurs hurlent du « pop » américain bas de gamme, entre l'alcool de poire qu'on boit, à la mode slave, à l'apéritif, et un « sivi pinot » Slovène ( l'équivalent du pinot grigio italien ), un groupe de professeurs et d'informaticiens parlent avec modestie de leur nouveau pays, ce havre de paix de l'ex-Yougoslavie.L'exaltation nationaliste est trop forte à leur goût, quoiqu'elle n'ait rien à voir avec l'ethnocentrisme agressif de la Serbie, voire de la Croatie.Ils s'inquiètent aussi du pouvoir de la hiérarchie catholique sur le gouvernement.Avec une rare unanimité, on est passé du communisme à l'économie de marché, et personne ne remet en question la démocratisation des institutions.« Tout le monde veut être au centre », dit Dare.« C'est comme s'il n'y avait plus un communiste en ville ! » Ce qui sépare la droite de la gauche est la question du rôle de l'Église dans la vie civile, de même que l'attitude envers les « immigrés » du sud.L'Église prend sa revanche après avoir été si longtemps opprimée par le régime communiste, et réclame la restitution de ses biens.Par ailleurs, mine de rien, une petite xénophobie subtile s'installe.« On vérifie l'orthographe des noms pour voir s'il s'agit bien d'un « vrai » Slovène », dit Olga.Elle nourrit une sorte de nostalgie envers le reste de l'ex-Yougoslavie.« Sarajevo, c'était merveilleux.Plein de gens dans les Lysiane GAGNON rues, de l'animation tard le soir.Et la côte adriati-que t C'était notre Midi.Au Kosovo, on tombait dans un autre monde, avec ces grosses familles albanaises, l'atmosphère de bazar oriental.J'aimais cette diversité.La Slovénie est trop homogène.» C'est probablement un point de vue minoritaire, encore que chez les jeunes, il y a de nombreux efforts pour recréer des liens, notamment sur le plan musical.De toute façon, conune le dit un mathématicien marié à ime attachée d'ambassade, « la question ne se pose même pas de savoir si nous préférons être indépendants ou pas, compte tenu de ce qui est arrivé dans le reste de la Yougoslavie après la sécession w.Le pays est trop petit pour ne pas chercher à s'associer avec d'autres, mais pas assez gros pour envisager sans crainte l'adhésion à la Communauté européenne.( La Slovénie est sur la liste d'attente, après la République tchèque, mais avant la Turquie.) « Plusieurs craignent qu'on y perde notre identité », explique Danilo.La Slovénie est depuis longtemps dépendante de l'Autriche et de l'Allemagne.Chez les antiquaires du centre-ville, les marchandises sont affichées en deutschmarks plutôt qu'en dollars, et le fait est qu'avec la libre circulation des capitaux et des personnes, la Slovénie poiurait se voir submergée par ses puissants voisins : 60 millions d'Italiens, 88 millions d'Allemands.\u2022 .r - i- N'était-ce de la langue, peut-être aussi de la gentillesse de ses habitants, qui n'ont aucun passé impérial et sont conscients de leiu- place modeste dans le concert des nation^, l'étranger débarquant dans l'industrteuse Slovénie pourrait se croire en Suisse alémanique.Bosquets de conifères, montagnes enneigées, usines proprettes, rues calmée et nettes.Même la nourriture est viennot$e : charcuterie, viandes panées, crème, chocolat.Rien à voir avec la Croatie voisine, ses fruits de mer, ses piazzas animées, l'élégance naturelle de ses habitants, remarquablement beaux et grands.\" ' « La Slovénie est délicieusement ennuJBn-te », dit Nenad, un Croate exilé qui n'aère qu'à la fraternité sans frontières.« En Slovénie, on roule les trottoirs à cinq heureàS »/ dit Dunja, une autre exilée qui ne se refrouvc vraiment chez elle que sur la côte dalmate.Mais, contrairement à la Serbie et à J$ Croatie ombrageusement repliées sur lem passé, contrairement à la Bosnie dévastée,^ le pays s'ouvre avec ferveur à l'étranger.On sè réjouit de tenir encore ce mince couloir ouvert sur la mer, entre Trieste ( Italie ) et RÇe^ ka ( Croatie ).À l'hôtel, une fiche près du té-I léphone indique les codes d'accès à^jngÇ pays ( mais aucun pays de l'ex-Yougoslavie ne figure sur la liste ).Tous les enfants apprennent au moins deux autres langues^ à l'école ( d'abord l'anglais, ensuite X^^J.mand ).Les universitaires sont encourageC^ participer à des colloques à l'étranger-^faç; qu'à hauteur de 4 000 $ US, somme énonnea comparer avec ce qu'on octroie ailleius ).La Slovénie a sa ligne aérienne et un modeste réseau d'ambassades dont les employés sont aussi modestement payés.La Slovénie est devenue le refuge dé j'éx^ Yougoslavie.Mais, même si elle aurait.théft; riquement besoin de plus de citoyens, «c'est au compte-gouttes qu'elle mesure l'accès à'sa citoyenneté.Toujours cette peiu* du petit d'être submergé par les autres.' _ - ' ¦ \u2022 L'homme des tavemes ! Chantai Hébert du bureau de La Presse OTTAWA A insî donc, le premier ministre Jean Chrétien fréquente les tavemes de son comté de Saint-Maurice pour garder le contact avec la population ! À la lumière de cette révélation faite cette semaine au réseau TVA, dans le cadre d'une entrevue qui sera diffusée le 2 janvier, on com- Î>rend mieux la désinvolture avec aquelle le premier ministre a réagi aux angoisses manifestées par ses concitoyens, lors des récents town^ halls de Radio-Canada.Ce n'est, en effet, certainement pas dans les tavemes de Grand-Mère que M.Chrétien doit côtoyer souvent des professionnelles, trois \u2022 fois diplômées, qui désespèrent de ne jamais trouver un emploi et à qui il conseille de déménager.Ou \"encore des travailleuses de la santé à qui l'appauvrissement du système donne de moins en moins de moyens de soigner convenablement leurs patients.La circonscription de Saint-Maurice fait peut-être exception à la rè-.gle, mais presque partout au Canarda, les vraies tavernes sont .probablement un des rares endroits .publics où le premier ministre a \u2022 toutes les chances d'être du même âge que la moyenne des habitués, ^'ailleurs, pour décrire les concitoyens auxquels il se frotte au cen- .,trç commercial de Shawinigan . LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 21 DÉCEMBRE 1996 B 5 Plus en vue c.' Le gouvernement va «casser en deux» s'il déchire les contrats de travail du secteur public, préviennent des vétérans péquistes Denis Lessard du bureau de La Presse QUEBEC n Conseil des ministres divisé, des propositions improvisées, et des objectifs irréalistes : le gouvernement Bou-' chard s'est préparé unijoyeux retour du congé des Fêtes; en repoussant à février les inéluctables décisions dans la ronde de négociations avec les centrales du^ecteur public.-Pour les vétérans de ces psychodrames périodiques, il était clair dès le début que cette passe d'armes entre le gouvernement et les c^Ttrales allait être différente de toutes les autres.Bien sûr, il y a eu la guerre des nerfs habituelle, les rumeurs d'éleaions chuchotées aux médias pour effrayer des centrales conscientes qu'elles seraient laminées après une rééleaion du PQ, les rumeurs d'une loi d'exception, déjà prête dans le tiroir d'un avocat mandaté par Québec.Mais les règles habituelles ont vite été mises de côté quand, d'entrée de jeu, le premier ministre Bouchard a personnellement porté le ballon pour le gouvernement.Traditionnellement, les premiers ministres conservaient toujours dans leur manche l'as qu'ils devaient abattre sur la table pour finir la partie \u2014 et envoyaient au front, pour les premières escarmouches, les soldats habituels, les titulaires du Trésor et des Finances.Pas question pour Québec de déroger des objectifs de compressions, 1,4 milliard sur l'ensemble de la masse salariale pour 1997-1998, le passage obligé pour atteindre la cible de déficit, 2,2 milliards.Dans les coulisses, on entend aussi de plus en plus à Québec que les recettes des Fêtes ne seront pas au rendez-vous, ce qui laisse prévoir d'autres toiu^ de vis douloureux au printemps.Mais vite monté aux barricades, Lucien Bouchard fera bien de regarder derrière lui, en février.Plusieurs de ses ministres qui ont connu le cataclysme de 1982 risquent de lui faire défaut.Le gouvernement péquiste avait alors durement frappé les syndiqués du secteur pu- Vlte monté aux barricades, r Lucien Bouchard fera bien de regarder derrière lui, en février.blic des électeurs qui appuyaient le PQ dans une large mesure.Pour plusieurs, le parti doit toujours payer politiquement, 13 ans plus tard, le reniement de la signature des conventions préréférendaires.¦ '' .¦ ¦ ¦ ¦ ' La ligne dure Le gouvernement va « casser en deux » s'il doit à nouveau déchirer les conventions collectives, préviennent plusieivs vétérans péquistes.Aussi, Lucien Bouchard s'est retrouvé quasi isolé la semaine dernière devant le comité des priorités.Il s'agissait de préparer la délicate réunion du Conseil des ministres du lendemain, le jour même de ce qui aurait pu être l'ultime rencontre avec les centrales.Chez les partisans de la ligne dure, on retrouvait seulement Jacques Léonard, le faucon du Conseil du Trésor.et son patron, Lucien Bouchard.Tous les autres, y compris le titulaire des Finances, Bernard Landry, étaient au contraire d'avis qu'absolument tout devait être fait pour éviter l'affrontement et le recours à une loi d'exception.Chez certains chefs syndicaux, on ne cache pas avoir flairé des divergences ou des nuances chez les ténors du gouvernement.Signe évident de flottement, Bernard Landry \u2014 à qui n'échappe jamais une déclaration \u2014 a fait sauter le premier ultimatum du 9 décembre, quelques minutes après avoir entendu son patron le marteler à l'Assemblée nationale.Un autre poids lourd du gouvernement, Pauline Marois, a tout simplement demandé de ne plus siéger au Conseil du Trésor, refusant de participer à la dissection d'une convention qu'elle avait signée il y a à peine un an.Improvisation La séquence des propositions du gouvernement aux centrales laisse perplexe quant au plan de match.Douce ironie, la proposition initiale du gouvernement ressemblait davantage aux cataplasmes que, dans leurs discours, les politiciens réprouvent : un congé de cotisation au régime de retraite financé par les siuplus encaissés, une ponction de 6 % dans la masse salariale accompagnée d'une diminution du temps de travail équivalente, véritable cauchemar à mettre en place du point de vue de l'organisation du travail.À l'inverse, ce sont les centrales qui ont proposé une solution beaucoup plus intéressante pour Québec.La disparition de 15 000 postes, sans remplacement, est une aubaine pour le gouvernement et on comprend qu'il ait sauté à pieds joints sur l'avancée syndicale voulant que «4 l'argent de la retraite Dans le sens des aiguilles d'une montre, le premier ministre, Lucien Bouchard, le ministre des Finances, Bernard Landry, le président du Conseil du trésor, Jacques Léonard, la ministre de TÉducation, Pauline Marois et la présidente de la CEQ, Lorraine Page.serve aux retraites ».Québec vise des économies annuelles de un milliard en coût de main-d'oeuvre, une mesure récurrente.M.Bouchard rappelait cette semaine que les salaires des employés de l'État correspondaient au marché \u2014 les syndiqués du secteur public gagnent en moyenne 36 789 $, contre 29 164 $ pour les salariés du seaeur privé.Mais, depuis 1985, l'augmentation des deux courbes salariales a été parallèle.Le même premier ministre était prêt la semaine précédente à sabrer 6 % dans les salaires.Au gouvernement, on a reçu comme unp gifle le désaveu des centrales sur la première proposition.Puis on y a vu une bénédiction ; il devenait chaque jour plus évident qu'elle était inapplicable dans l'éducation et la santé et que jamais elle n'aurait produit les économies attendues par Québec, Le doute assombrit maintenant la seconde proposition, celle qui a fait l'objet d'une entente de principe la semaine dernière.Certains hauts fonctionnaires avouent être bien perplexes quant à la possibilité pour Québec d'atteindre la barre des 15 000 départs.Déjà, on a « écrémé » ceux qui étaient intéres- sés à quitter leur poste en profitant des programmes de l'an damier.Le gouvernement fédéral, de son côté, a eu du succès avec un programme « sur mesure » pour certains groupes, mais on ne parlait pas de dÀ*^* parts uniquement » volontaires t^lS'-surtout on en était pas à un (jQjlS* quième programme du même typerj \u2022 Aucun gain n'est possible dans l'éducation tant que les rapports enseignants / élèves ne seront pas réduits car tous les professeurs qui quitteront leur poste devront être remplacés.Reste la santé, théoriquement le secteur où les retraites seraient le mieux accueillies, 7 000 employés ( sunout à Montréal ) n'ayant pas de poste dans le réseau.Malmenés par les chambardements, ces groupes restent les plus ' réfractaires au scénario proposé par Québec.- - - S'il veut se faire les dents, le ministre Léonard pourrait tirer profil d'un projet qui existe déjà dans ses propres classeurs.Il y a quelque années, les hauts fonctionnaires dû Trésor avaient couché sur papier un plan détaillé pour faire passer tie -300 à 100 l'effectif du Conseil.« Après vous, M.Léonard », ne -manqueront pas de dire, sourire' aux lèvres, ses collègues moins rapides sur la détente.* L'effort de tous \u2022 .av \u2022 Cette semaine, M.Bouchard prô- * mettait que tous ceux qui tirent' leur revenu de l'État seraient con*\" vies à « une vaste corvée » pour '* sortir les finances publiques de ' l'ornière, des agents de la SQ, tra* ' ditionnellement oubliés dans ces\"^' opérations de compressions salaria^ les, jusqu'aux juges, en passant par ^* les élus et leurs employés.' De telles ambitions rendent ' presque inévitable une loi d'excep- * tion,car, tôt ou tard, il se trouvera ' un groupe qui refusera de rouvrir sa convention colleaive.À compter -de la mi-février, indique-t-on, le gouvernement commencera sérieusement à compter ses billes pour évaluer s'il devra « prendre ses res- ' ponsabilités >», selon la formule de * M.Bouchard.Après la cascade d'ultimatums, les grandes centrales» ' ont surtout gagné du temps à l'is-fM ' sue de cette première manche, r-Déjà, certaines travaillent à tirer' leurs marrons du feu.' Dans le réseau de l'éducation, les j paris étaient ouverts sur le moment T où Mme Lorraine Page de la CEQ\" se pointerait pour suggérer à Mme*» Pauline Marois des recettes de saii\"*-' ce pour rendre moins indigestes les compression envisagées.Et dès lundi matin, l'encre était à peine sèche sur l'entente, le téléphone -sonnait au cabinet du ministre de « l'Éducation : Mme Page sollicitait ' une rencontre avec Mme M£u-ois., En pat* F une anatysa économiqua ' des négociations entre le gouverne- ! ment et les syndiqués du secteur public.\u2022 Ml Brise bleue à Y Î.-P.-E.,1 » Pat Binns : « Chrétien ne peut plus s'imaginer gouverner seul ce pays, sans consulter» André Pépin CHARLOTTETOWN, l.P.E.¦ \u2022 ' Une petite brise bleue a soufflé sur l'Atlantique cet automne.À quelques mois des élections fédérales, les insulaires de lile-du'Prfnce-Édouard ont mis fin à un règrie libéral de dix ans, en portant Pat Binns.48 ans, à la tête de la plus petite province du Canada.n Nous avons prouvé que rien n'esta Impossible en politique.Les conservateurs, à l'échelle nationale, pei]^vcnt maintenant compter sur l'appui de quatre provinces, l'Al-bcrta, le Manitoba, l'Ontario et lile-du-Prince-Édouard.C'est un espoir pour Jean Charest », explique Pat BInns, 48 ans, fier de son reient exploit qui a surpris les observateurs.« Le Québec demeure énlgmati-que.sur la scenr fédérale, mais, qui ê sait, Jean Charest a très bien paru lors de la bataille référendaire », poursuit le nouveau premier ministre, dans une entrevue à La Presse, « Jean Charest a été très efficace au cours des derniers mois en travaillant à l'unité canadienne.Il est respecté partout et pourrait surprendre encore, comme nous l'avons fait ici, en passant d'un député à dix-huit H, insiste le nouveau premier ministre.Il a maintenant une confortable majorité, les libéraux n'ayant remporté que huit sièges et le NPD un seul.Gonflé par ce succès, il croit que les conservateurs peuvent sortir de l'ombre.M.BInns est très prudent concernant la question québécoise.« Je ne connais pas suffisamment la politique québécoise pour risquer une prévision, mais je crois, les sondages le démontrent, que Téleclorat québécois s'interroge >».La performance de Jean Charest lors du dernier référendum québécois pourrait lui permettre d'obtenir de nouveaux appuis des libéraux du Québec, du moins dans certaines régions, analyse M.Binns qui se dit amoureux du Québec, partU ulièrement de la capitale qu'il visite dès qu'il en a la chance.Savoir consulter Le premier ministre de Ttle-du-Prlnce-Édouard s'est entretenu déjà avec le premier ministre canadien « PluslMm cMdsionft sont piteos unHsMraloinont pv OItflwSf conMiKation avec Im provIncM », «tfirmo le nouveau premier ministre Pat BInns, rappelant que quatre provinces sont maintenant dirigées par des conservateurs capables de veHIer au Srain: TAIberta, le Manitolia, rOntario et lIle-du-Prince-Édouard.Jean Chrétien.« Je crois qu'au sujet de l'unité canadienne, nous pouvons nous assurer d'une saine collaboration.Mais M.Chrétien ne peut plus s'imaginer gouverner seul ce pays, sans consulter **, affirme le chef des insulaires.« Plusietirs décisions sont prises unilaiér», plaide-l-il, rappelant que quatre provinces sont maintenant dirigées par des conservateurs capables de veiller au grain.« Les prot>lemes de notre province sont les mêmes que ceux du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Ecosse\" et même du Québec ».croit ce premier ministre auiono- miste, jaloux des pouvoirs provinciaux.Il s'oppose sèchement au projet ^.d'une union politique des provirf-.^ ces de l'Atlantique.Encore davam/.tage à l'unification de sa province ^.avec le Nouveau-Brunswick, main-\" , tenant qu'im pont relie les deux., provinces.«Les insulaires sont;, fiers de leur autonomie.Le ponî^ croyons-nous, facilitera le dévelop-pement des petites entreprises.Lé\".\u2022 problème du chômage frappe toutes les provinces », dit-Il.Pat Binns est fier de l'élection d'un gouvernement conservateur .en Atlantique, mais il insiste pour dire qu'il n'est pas question d'ap-/ pliquer chez les insulaires des poil- V tiques restrictive à la Rdlph Klein ^' ou à la Mike Harris.« Les problé- \" [ mes ici sont différents.La province \"'^^ doit maintenir des programmes car\"^ le chômage est élevé, les besoins '\\ des familles nombreux.Nous sorp-mes fiers d'une politique fiscale','\" qui soustrait les vêtements à la taxe\"* provinciale >\u2022» dit ce premier ministre qui dirige une population équt-*?'.valenie à celle de la ville de Que-\"! ' bec.Une chose est claire, le chef cofi*^*,.servateur Jean Charest pourra*^* compter sur l'appui InconditionneT de Pal Binns en Atlantique.Le el>cf ; conservateur Bernard Valcourt, du*; Nouveau-Brunswick, multiplie de son côté les invitations à Jean Charest.Les tories seront donc à l'oeu-''' vre lorsque Jean Chrétien déc!en-|* chera des éloaions.a.' V B6# LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 21 DÉCEMBRE 1996 Plus Comment les Québécois ont-ils perçu Robert Bourassa ?RICHARD NADEAU DéparUmenl de sciences politiques.Université de Montréal Comment les Québécois ont-ils perçu Robert Bourassa à travers le temps ?Plus précisément, que nous enseignent les sondages sur l'image pu-.blique de celui qui a gouverné le Québec durant plus de quinze ans ?Bien qu'il existe, somme .^v toute, relativement peu de données sur l'image 'T 'publique de Robert Bourassa, nous tentons dans ¦ '^^ice texte de jeter un peu de lumière sur la façon :,';,^Mont les Québécois ont perçu son leadership du-\u2022-i'^rant les quinze années où il fut à l'avant-scène de \" r*.ia vie politique du Québec.< On a dit de Robert Bourassa qu'il fut un leader peu populaire, «/\u2022r^ Cette affirmation doit être nuancée.-.^-^jLe jeune leader du PLQ est, au mo-.-^ ment des éleaions d'avril 1970, un , chef qui jouit d'un assez grand suc- .r- ces d'estime.: Les sondages de l'époque mon- .-treni qu'il est nettement plus popu-.r laire que ses adversaires René Lé-,'^.vesque, Jean-Jacques Bertrand et \u2022'\"\u2022r.Caniil Samson (tableau 1 ).Cette Interprétation est corroborée par les '¦¦'0 politologues Lemieux, Gilbert et r i.Biais dans le chapitre de leur livre \u2022 \u2022fc.'Siir les éleaions de 1970 portcmt .' jf.sul\" la popularité des chefs.« Une \u2022 i.^.constante se dégage, écrivaient-ils à -, 'l'époque, la popularité de Bouras-.j'sa>» (Une élection de réalignement: \".f*>ré!ection du 29avril 1970, pl 16 ).Cette domination de Robert Bou-I **\" icissa sur ses opposants de la scène r ^ provinciale ne semble pas avoir été ' ¦»\u2022.ébranlée par la Crise d'octobre.Un ^ sondage mené par Maurice Pinard * au lendemain de cette crise révèle «.une domination très nette de Ro-\u2022- V'bert Bourassa ( tableau 2 ).Cet .avantage du chef libéral est égale-ment très manifeste à la veille des éleaions d'octobre 1973., J,, À ce moment-là, deux fois plus ^ d'éleaeurs le préfèrent à René Lé-.vcsque pour diriger le Québec ( tableau 1 ).La satisfaaion envers le gouvernement sortant ( 56 % ), la popularité de son chef et la polari-; sation des éleaions autour de l'en-' jeu de la souveraineté vont procu-'\"/rer au Parti libéral un triomphe ' ' ' éclatant le 29 oaobre 1973.r \u2022 \u2022 Là descente aux enfers Les années qui suivent marquent la descente aux enfers de Robert 'Boiuassa.En oaobre 1975, près de deux Québécois sur trois se mon- * trent insatisfaits de son gouvernement et sa propre popularité est en ^ chute libre.Ce mouvement ne fera \\que s'accentuer.À la veille des \\ éleaions du 15 novembre 1976, '.près de 70 % des éleaeurs se di-\\ sent insatisfaits du gouvernement - du Québec et, pour la première /fois, René Lévesque est préféré à t Robert Bourassa pour diriger le .Québec ( tableau 1 ).Quelques données de sondage permettent de mieux comprendre * la détérioration de l'image publi- \u2022 que de Robert Bourassa durant son \u2022 deuxième mandat.Ces données ' \u2022 Suggèrent que Robert Bourassa a ¦ été perçu comme un leader indécis ' et de moins en moins capable de .maintenir un lien de confiance avec * \u2022 la population.Durant cette période, *> * des allégations de favoritisme en- 'vcrs certains membres du PLQ et, ^'\u2022^éventuellement, envers M.Bouras-i\"sa et son entourage, trouvèrent un écho dans la population.Des sondages de l'IQOP ( novembre 1974 ) et de l'INCl ( novembre 1976 ) ^montrent que ces allégations semèrent le doute dans l'éleaorat et constituèrent un enjeu éleaoral significatif en 1976 ( voir Pinard et Hâmilion 1977 et Bernard 1976 ).^Ccs doutes sur l'intégrité du gouvernement se propagèrent sur un fond de crises linguistique et sociale.Les réponses obtenues à une question ouverte demandant aux répondants d'expliquer leur vote en 1976 indiquent que le style de gestion de M.Bourassa en cette période agitée dégageait une impression d'indécision et de faiblesse ( sondage de l'INCl, novembre 1976).Cette leaure des sondages est celle de Pinard et Hamilton dont l'importante étude sur les éleaions de 1976 comprend une section qui ¦ s'intitule précisément The Vi/eakness *cf Premier Bourassa's Leadership ( La \"* 'faiblesse du leadership du premier mi-' ^'fiisire Bourassa ).Leur interprétation -\"^«6'appuie entre autres sur les don-: «J'^tiées d'un sondage CROP réalisé en avril 1976.Ce sondage montre que n^'près de deux éleaeurs sur trois di- \u2022 /«saient n'avoir aucune confiance en .;Hj t i i i mCHEL DOIBEC Presse Canadienne, MARRAKECH « L'effet « domino » que redoute le Québec dans le dossier de Tamian-tc n'atteindra pas le Maroc.i Le ministre québécois des Relations internationales, Sylvain Si-manl a en effet annoncé hier au terme d'une visite de près d'une semaine au royaume chérifîen que l'Idée d'interdire l'amiante avait été écartée par les autorités marocaines sar la foi de rapports scientifiques établissant que « l'utilisation de ràmiante dans la construaion de conduites d'eau ne comporte aucun danger».- Le dossier de l'amiante constituait « l'élément clé >» de la visite de M.Simard^ venu assister à Mar-rackech à ime conférence ministérielle de la Francophonie.Cette mission s'inscrivait d'ailleurs dans le cadre de l'offensive lancée récemment au Maghreb par la minis-tfc déléguée aux Mines, Denise Carrier-Perreault, pour éviter que le Maroc, l'Algérie et la Tunisie < qui importent près de 4 % de la produaion québécoise ) n'imitent j|a France et ne «« bannissent » à 1«ur tour l'amiante.¦ fi a ¦ t ¦ f t t I « t ¦ t ¦ I ¦ ¦ semaine^ à Casablanca^ M3rrà!jbech et Rabat, le ministre Si-IçftajrttiÎL plaidé auprès des ministres \" \" ^\" *'^ns de l'Emploi et des Affai-sodales, de l'Environnement et ée la Santé publique pour une utilisation sûre de Tamiante et a fait valoir l'important savoir-faire du Ouébec en ccue matière.Le ministre était d'ailleurs accompagné d'un groupe de fonctionnaires québécois qui ont tenu ime réunion technique, hier, avec leurs confrères ma-focaimu En ' plus d'ouvrir le dialogue aderttlÂque siu* l'amiante, le ministre Simard a signé hier avec le Maroc îiriç entente de coopération en matlè^ d'environnement.Des accords dans les domaines de la formation professionnelle et de l'en* èeigncment supérieur devraient par ailleurs être conclus au cours des prochalÉis mois.\"\"^ GHANTAL HÉBCRT du bureau de La Presse, OTTAWA L'année postréférendaire n'a pas permis à Jean Chrétien de remonter dans l'estime des Québécois.Au contraire, trois ans après être devenu premier ministre, M.Chrétien ne réussit toujours pas à élargir la clientèle du PLC au Québec Selon un sondage CROP-La Presse réalisé entre le 12 et le 17 décembre auprès de 1002 électeurs, seulement trois Québécois sur dix sont satisfaits de la performance de Jean Chrétien comme premier ministre.C'est dans la même proportion, 33 %, que son parti aurait été appuyé au Québec si des élections fédérales avaient eu lieu en décembre, soit un score identique à celui remporté par le PLC lors de$ dernières éleaions générales et qui lui avait donné à peine une vingtaine de sièges.Ce sondage est précis à trois points près, 19 fois sur 20.Malgré la démission subite de son chef Michel Gauthier et les turbulences associées à cet événement, le Bloc boucle donc l'année solidement en tête du peloton politique fédéral au Québec avec 45 % des intentions de vote.Ce score fait état d'im glissement de six points des appuis de la formation souverainiste fédérale depuis le printemps dernier, mais les partis fédéralistes n'en profitent pas.Les quelques points de terrain perdu par le Bloc se dispersent dans le paysage politique, ajoutant des poussières ici et là à la mise de tiers partis comme les réformistes et le NPD.Près de la moitié des Québécois, 49 %, et la nujorité des francophones, 55 %, sont convaincus de l'utilité du Bloc Ces données constituent, à tous les égards, un résultat décevant pour le PLC puisqu'il met en doute la prétention de ses stratèges de doubler son nombre de sièges au Québec aux prochaines élections/ généralement attendues en 1997.Dans l'état actuel des choses, la formation de Jean Chrétien ne gruge aucun appui au camp souverainiste, lequel peut encore compter, malgré une crise de leadership, sur un appui substantiel pour le Bloc québécois.Quand le sondage a été réalisé, la formation souverainiste était sans chef et la course à la succession prenait à peine son envol.Le PLC ne réussit pas non plus à aller puiser de la nouvelle clientèle chez les fédéralistes.À 14 % dans les intentions de vote, le Parti conservateur de Jean Charest dispos^ aauellement du même niveau d'appuis que celui qu'il avait recueilli au Québec aux dernières élections générales.Enfln^ la popularité du PLC au Québec semble aller en tandem avec celle de son chef Jean Chrétien.Or, 61 % des Québécois se disent carrément insatisfaits de sa performance.Chez les francophones, ce pourcentage passe à 67 %\u2022 Parmi les diverses couches de la population, le premier ministre ne recueille l'approbation substantielle que des non-francophones ( 58 % ) et des éleaeurs âgés de 55 ans et plus ( 43 % ).Au moment où le sondage a été réalisé, le gouvernement Chrétien subissait le contrecoup de la performance très critiquée du premier ministre au cours des tawnhalh de fin d'année des réseaux Radio-Canada et CBC.La réaction publique à ces émissions spéciales réunissant des électeurs venus poser des questions au premier ministre a cependant été nettement plus forte dans le reste du Canada qu'au Québec \u2022 11*( \u2022 ¦ Satisfaction à Tégard de Jean Chrétien\t\t\t¦Wvt ' * * comme premier ministre\t\t\t \t\t\t \tSatisfaits\tInsatisfaits *\tNSP/PR';, \" .Total Québec -\ty 30%\t\t9% Réglons\t\t\t Montréal-métro\t36 \u2022 \u2022\t54 \u2022 .\t9 : Québec-métro\t\u2022 27\t\u2022 \u2022 - 67\tM r 6 \u2022' Ailleurs en prov.\"\t23\t67\t10 Langue ti^itsago\t\t\t Francophones\t24\t67\t9 Non-francophones\t58\t31\t11 'V: Seie\t\t\t Hommes\t32\t63\t5 Femmes\t28\t59\t13 Âge V\t\t\t» 18-34 ans' ;'\t25\t66\tg ' 35-54 ans\t25\t68\t8 ' 55 ans et plus\t43\t45\t Intention de vote fédéral\t\t\t¦ ¦ Bloc québécois\t11\t85 : ,\t\u2022 4 .Parti libéral\t70\t25 ¦\u2022>\t5 \u2022 \u2022 Parti conservateur\t18\t79\t Dihez-vous que vous êtes très satisfait, plutôt insatisfait ou très insatisfait de la performance de JeêiS\t\t\t Chrétien comme premier ministre du Canada?\t\t\t Mographte Limse .1 Évolution des intentions de vote des québécois au niveau fédéral (i99s-96) \tBQ\tPIC\tPC\tAutres 12-17 décambre 1996\t45\t33\t14\t8 22-27 mai 1996\t51\t35\t10\t4 11-17mars1996\t53 ,\t35\t8\t4 15-20 février 1996\t54\t33\t7\t6 18-23 janvier 1996\t55\t34\t5\t6 2-8 février 1995\t48\t42\t3\t7 Élections 25 octobre 1993 49\t\t33\t14\t4 \t^.\t\tk\t Intentions de vote au niveau fédéral I \tBO\tplc\tPC\t\" NPO\tpr:* .\u2022 Total Québec\t' 45%\t33%\t14%\t5%\t Régions\t\t\" *\t\t\t\u2014 - Montréal-métro\t41\t39\t13\t¦ 5\t1 .Québec-métro\t51\t27\t18\t3\t1 ; Ailleurs en prov.\t47\t28\t14\t6\t4 : Langue d*Msa|e\t¦\t\t\t\t\u2022 Francophones\t53\t25\t13\t5\t2 Non-francophones\t3\t76\t17\t3\t1 Sexe\t\t\t\t¦\t¦ Hommes\t' 44\t32\t14\t6\t3 Femmes\t45\t35\t14\t4\t1 : Age\t\t\t\t\t 18-34 ans\t53\t28\t8\t7\t3 35-54 ans\t54\t29\t11\t3\t1 55 ans et plus\t16\t50\t28\t4\t¦ ¦ 2 S'UyMitdesélectiom ftdMtiêufourdTiutmjCioidEi.pouriBqimIdnpartis suivants votertez-vous (ousêrtez-vous tenté de voter)? LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI 21 DÉCEMBRE 1996 Politique 4'aveiiir est à l'ouest Le Québec perd 5733 citoyens FRANÇOIS BERGER Si le Québec continue de perdre du poids dans la fédération canadienne et de connaître de fortes migrations vers les autres provinces.Il n'est pas seul dans cette situation^ selon les données publiées cette semaine par Statistique Canada.En fait, seules deux provinces» l'Aiberta et la Colombie-Britannique, ont fait des gains dans les échanges migratoires de l'été dernier entre les provinces ( l'!le-du-Prince-Édouard a aussi fait un gain, mais de quatre habitants seulement ).L'été est la principale période des déménagements et les dernières estimations démographi* ques de Statistique Canada portent sur Juillet, août et septembre.Les migrations interprovinciales favorisent l'ouest du pays depuis de nombreuses années, mais cette tendance s'est accentuée au delà du IIO^ degré de longitude ouest^ le méridien qui constitue la frontière entre la Saskatchew^an et TAlberta.L'avenir est à l'ouest, disent les Canadiens avec leurs pieds.Le Québec connaît l'exode le plus fort de sa population, avec une perte nette de 5733 personnes l'été dernier, mais le phénomène touche la plupart des autres provinces, dont rontario qui a perdu près de 2000 personnes dans les migrations interprovindales de Juillet à septembre.L'exode s'étend Jusqu'à la Saskatchewan qui connaît aussi un bilan négatif au profit surtout de sa \"voisine occidentale.Ce phénomène « suit l'évolution de la conjonaure économique », a indiqué hier Denis Boudreau, analyste chez Statistique Canada.Les gens ne font généralement que suivre les emplois là où ils se trouvent.Terre-Neuve est la province la plus lourdement touchée par rapport à la taille de sa population ( moins de 570 000 persoruies ), avec une perte de plus de 2600 personnes l'été dernier.Terre-Neuve est d'ailleurs la seule province canadienne à coimaftre depuis trois ans une perte de population en termes absolus, quand on tient compte des naissances, des décès, des migrations internationales et des mouvements de population entre les provinces.La population totale du Canada a dépassé les 30 millions ( 30 101 622 personnes ) le 1« octobre, selon l'agence fédérale des statistiques, ime hausse de 3,6 % depuis 1993.Toutes les provinces et territoires ont enregistré une augmentation, sauf Terre-Neuve.Cependant, le poids relatif de sept provinces sur dix diminue depuis trois ans.Le Québec qui se maintenait encore sur la ligne des 23 % de la population canadienne en 1993, est maintenant descendu à 24,6 %.En 1971, le Québec abritait près de 28 % des habitants du Canada.L'Alberta et surtout la Colombie-Britannique pèsent de plus en plus lourds dans l'ensemble canadien, avec respectivement 9,3 % et 12,9 % de la population totale.L'Ontario augmente aussi son poids relatif, qui atteint aujourd'hui 37,6 %, grâce essentiellement au fait que plus de la moitié des immigrants qui entrent au pays y élisent domicile.Les facteurs démographiques restent d'autre part largement défavorables au Québec qui n'accueille que 12 % de l'immigration internationale totale au Canada et ne représente que 22,6 % des naissances.Sur les 138 000 habitants que le Canada comptait de plus entre juillet et septembre derniers, seulement 17 358, ou 12,6%, vivaient au Québec \u20221 .Là télé au procès Muironey : la SRC échoue encore YVES BOiSVERT Comme prévu, la Société Radio-Canada a échoué dans sa tentative de faire retarder le procès civil de Brian Muironey en attendant qu'un tuge se prononce sur la validité du >annissement des caméras des salles d'audience.Le Juge Charles Gonthier, de la Cour suprême, a refusé hier la demande de sursis présentée par lasociélé d'État.La bonne administration de la Justice et les intérêts en jeu ne Justifient pas l'ordonnance de sursis demandée parla SRC, conclut le Juge.La SRC ira donc faire le débat de fond devant un Juge de la Cour supérieure cet hiver.La SRC estime que la règle de pratique de la Cour supérieure qui interdit les caméras Brian Muironey de télé viole la liberté d'expression et est de ce fait inconstitutionnelle.Le juge André Rochon, qui présidera le procès Muironey à compter du 6 janvier, d'accord pour dire que ce débat est sérieux, a refusé de l'entendre car il aurait retardé le procès opposant l'ancien premier ministre au gouvernement fédérah C'e^t le 13 janvier, au palais de justice de Montréal, que la Cour supérieure fixera un calendrier pour entendre la requête de la SRC.Le procureur général du Québec s'oppose à la télédiffusion des procès, et défendra la constitution-nalité de la règle de pratique.Parallèlement à cette affaire, le relationniste Gilles E.Néron, de Montréal, faisait savoir hier qu'il entend lui aussi déposer une demande pour permettre de faire entrer les caméras dans la salle d'au-dierKe lors de son procès à venir contre.la SRC, qu'il poursuit pour atteinte à sa réputation.GRAPHISME INFOGRAPHIE Inscription pour sossion HIvor 97 Formation proftsiioantlit «ivou colléfial kémvIVà m éifHrtta prurwii I*ai4t à ti f»rnution dAm^, (te.) M M fio et kane *t MQ.PROGRAMMI tiOUIlLE A la drni4Md«' ilti fit.tifttv ilti l>.t«Jil.frjphlvtnr ri ^nlo^'fafiftif |unil.'l«'\\.Formation Inttiitlvo \u2022 12 mol* ;l24Sh (A.t.C.tO«.49 ^ LU.tOMé) 1 l L U s î M A I M 1 N Court du soir \u2022 ISOIi (flHéf privé ffwei|Wl«Wl tt (iléfi \u2022 hriM 7417fS ttt).botil.Simt-UurNt, IM.388-5725 COLLÈGE SALETTE 388-5725 Francine Laloniie sera caniliilatCL à la ilirection tlu Bloc québécois CHANTAI HÉtCRT .Le peloton des aspirants à la direction du Bloc québécois continue de grossir.La députée bloquiste Francine Lalonde, déjà candidate au leadership contre Michel Gauthier l'an dernier, tentera de nouveau sa chance cette fois-d.Elle eh fera l'aïuionce officielle limdi à Montréal.Son arrivée dans la course est susceptible d'être l'élément déclencheur d'un débat parmi les candidats au leadership du Bloc stu l'indépendance relative de la formation fédérale par rapport aux positions du gouvernement pé-quiste, en particulier sur des sujets comme le virage budgétaire du gouvernement BoiKhard, son ob« Jectif de déficit zéro e| la promotion active de la souveraineté.Identinée à Taile social-démocrate du parti, Mme Lalonde a d'abord tenté de recruter l'ancien premier ministre Jacques Parizeau, dont les vues dissidentes par rapport à Lucien Bouchard sont connues sur ces questions, pour qu'il brigue la succession de Micliel Gauthier.Pour sa deuxième course, Mme Lalonde part avec ime longueur de retard siu son collègue député Gilles Duceppe, tant sur le plan de l'opinion publique que des appuis au sein du caucus.Ce dernier lui a en effet raflé au moins trois des députés qui l'avaient appuyée au leadership l'an dernier et a déjà rallié à sa cause une vingftine^: ses collègues fédéraux.éir La candidature de Frandn< 11-londe ne sera pas nécessairémMi ^ la dernière.Une autre députée du> Bloc, Pierreue Venne, dc^Sf^ig^ Hubert, multiplie aauelleihçht itt démarches en vue de se lancer**:* dans la course.Le conseiller pôtlb tique du Bloc, Daniel Turp, cnv|* y sage également de se mettre^ iu^ les rangs en Janvier.Il y a touJoOlk V des rumeurs faisant état de l'Inl^, rét du député péquiste Jèah ron.Jusqu'à présent, la sucee^siort '« de Michel Gauthier compte quatir; *.aspirants déclarés: les ex-m^i^tr^ péqutstes Yves Duhalme ci RodirT-gue Biron, le député bloquisi^ '.v j^uouvcrcz l'umour, Vënt\\%\\é, un compagnon ou une comp«3n«.'¦y Pour llndicatlf 514, composez le (514) 11.Pcxjr les autres indicatifs résionaLw, composez le 1-90(M51-7111.^ rnimit d'union de La F^esse vous donne accès è des centaines de messages.\u2022Le service est offert 24 heures sur fi4.#NAx£ devez êtres tQtit) de 18 ans et plus.dansfa phone pour les < C4tlfk régionauL Pour plus de renseignements ou pour enregistrer votre annonce qui.,, sera pubMe gratuitement dans la rubrique TRAJT D'UNtON de.- _ La Presse, composez le (514)761-7111.ANNONCE GRATUITE TOUS us JCUM KT SAMEMS OtANS 1 i\\ l*r «;k?»o. 1 t LES SOUS-^VETEMENTS HARVEYWOODg LES SOÛS-VÊTEMENTS^HUNT ET PROPRES DE JOE BOXER Exception : les autres modèles Joe Boxer.LESJCHAUSSETTES McGREG \u2022 LES CHAUSSETTES AMER -^JÉSSENTIALS ES CHAUSSETTES EKENDER \" xieption : les modèles offerts à 3 pour 15,99 $.ES CHAUSSETTES ES CHAUSSETTES s.s ¦ I ¦¦j PERSTAR t nos prix ordinalresr.homme, rayons 360 et 363.SoMi M vigiiwr It lundi 23 DImanclM 22 déMmbr»: 0 h à 17 h Lundi 23
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