La presse, 29 avril 1997, B. Élections
[" B Montréal, mardi 29 avril 1997 La Presse EDITORIAL / OPINIONS / PETITES ANNONCES Les libéraux mènent lamentent au C MICHÈLE OUIMET Alors que la campagne électorale en est à ses premiers jours, un sondage CROP-Radio-Canada-CBC-La Presse indique que les libéraux jouissent d'une confortable avance au Canada.Le Parti libéral récolte, après répartition des indécis, 44 % des intentions de vote, le Parti conservateur se tient loin derrière avec 20 %, suivi par le Parti réformiste ( 15 % ), le Nouveau Parti démo-cratique ( 11 % ) et le Bloc québécois 8 %.Le sondage a été réalisé du 17 au 22 avril auprès de 2541 Canadiens âgés de 18 ans et plus.La marge d'erreur est de 2 %, 19 fois sur 20.Les libéraux mènent partout au Canada, sauf en Alberta où les réformistes les devancent de deux points (31 % contre 29 % ) et au Québec où ils sont pratiquement à égalité avec les bloquistes ( 37 % pour le PLC versus 35 % pour le Bloc ).L'avance du Parti libéral varie d'une région à l'autre du pays.Fort en Ontario ( 54 % des intentions de vote ) et dans les provinces de l'Atlantique ( 45 % ), sa domination faiblit en Colombie-Britannique ( 40 % ) et dans les Prairies ( Manitoba et Saskatchewan ) ( 39 % ).« En 1993, les libéraux étaient déjà très forts en Ontario, explique le vice-président de CROP, Claude Gauthier.Ni les conservateurs ni les réformistes ne font beaucoup de gains dans cette province.Par contre, l'Atlantique a un grand besoin de l'aide fédérale et le Parti libéral est considéré, dans le sondage, comme le plus crédible pour régler les problèmes.» En Ontario et dans les provinces de l'Atlantique, les conservateurs sont les plus proches rivaux des libéraux : ils détiennent respectivement 18 % et 32 % des intentions de vote.Dans les Prairies et en Co lombie-Britannique, le Parti libéral est talonné par les réformistes qui recueillent 22 % et 30 % des voix.«< L'Ouest, c'est le fief des réformistes et leurs promesses de droite séduisent l'électoral, précise Claude Gauthier.Le F^rti libéral est, de toute façon, considéré comme la formation qui représente les provinces centrales, c'est-à-dire le Québec et l'Ontario.» Le vote conservateur est fragile: 60 % des répondants qui appuient le parti de Jean Charest affirment qu'ils pourraient changer d'idée d'ici les élections.Le Bloc et le Parti réformiste ont des appuis plus solides : seulement 40 % de leurs supporters disent qu'ils pourraient modifier leur vote d'ici le jour du scrutin, comparé à 53 % pour les libéraux.Plus de femmes ( 46 % ) que d'hommes (41%) appuient le Parti libéral qui va chercher la majorité de son electoral chez les 18-34 ans (48%).Plus les gens vieillissent, plus leur soutien aux libéraux faiblit : 43 % des 35-54 ans affirment qu'ils vont voter pour le PLC comparé à 39 % chez les 55 ans et plus.Les chefs Au Canada, Jean Chrétien domine nettement : 67 % des personnes interrogées considèrent qu'il est compétent (comparé à 51 % pour Jean Charest et 41 % pour Preston Manning ), 59 % trouvent qu'il est entouré d'une bonne équipe, alors que Preston Manning récolte 32 % et Jean Charest 25 %, et 44 % affirment qu'il comprend les préoccupations des gens ordinaires.Sur ce dernier point, par contre, il est ta- Sondage Radio-Canada - CBC- La Presse Intentions de vote des Canadiens au niveau fédéral S'il y avait des élections fédérales aujourd'hui au Canada, pour lequel des partis suivants voteriez-vous (ou seriez-vous tenté de voter)?\tParti libéral\tParti conservateur\tParti réformiste\tNP0\tBloc québéc Total Canada\t44\t20\t15\t11\t8 Région\t\t\t\t\t Atlantique\t45\t32\t7\t15\t- Québec\t37\t25\t1\t3\t35 Ontario\t54\t18\t16\t12\t- Man-Sask\t39\t15\t22\t22\t- Alberta\t29\t27\t31\t9\t- Colombie-B.\t40\t9\t30\t18\t- Sexe\t\t\t\t\t Hommes\t41\t21\t20\t8\t9 Femmes\t46\t19\t10\t14\t3 Âge\t\t\t\t\t 18-34 ans\t48\t16\t13\t12\t9 35-54 ans\t43\t20\t16\t10\t10 55 ans et plus\t39\t27\t17\t11\t5 lonné par Jean Charest ( 42 % ) et Preston Manning ( 40 % ).Jean Chrétien traîne la patte sur un seul point, celui de la confiance : 49 % des répondants affirment qu'il est digne de confiance, alors que Jean Charest récolle 51 % et Preston Manning 43 %.Jean Chrétien n'a pas convaincu grand monde lorsqu'il a affirmé.lors d'une émission télévisée, qu'il n'avait jamais promis d'abolir la TPS : près de 70 % des personnes interrogées au Canada croient qu'il n'a pas été honnête sur cette question.Les Canadiens hors Québec en ont soupe du Bloc : la moitié (51 %) d'entre eux sont prêls à changer leur vote si cela peut l'em- Infographie La Presse pêcher de devenir, de nouveau, l'opposition officielle à Ottawa.Les libéraux partent gagnants dans la tète des Canadiens.En effet, 70 % d'entre eux croient que le Parti libéral formera le prochain gouvernement, alors que seulement 8 % croient que ce sera le Parti conservateur, 3 % le Bloc, 3 % le NPD et 2 % le Parti réformiste.Des opinions divergentes MICHÈLE OUIMET Les Québécois et le reste du Canada ne partagent pas les mêmes idées.En effet, 85 % des Canadiens affirment que le débat sur la souveraineté du Québec fait du tort à l'économie du pays, une conviction partagée par 64 % des Québécois.Dans son sondage, CROP a émis 12 opinions et les personnes interrogées devaient indiquer si elles étaient d'accord ou en désaccord.Le Québec et le reste du Canada divergent d'opinion sur toutes les assenions émises par CROP, sauf une seule : le tiers des Canadiens hors Québec ( 34 % ) et des Québécois ( 36 % ) croient que « le gouvernement, quel que soit le parti au pouvoir, ne peut pas faire grand chose pour réduire le chômage ».Pour le reste les divergences sont importantes, quoique prévisibles Par exemple, 57 % des Québécois affirment que les députés du Bloc font du bon travail au Parlement, alors que 20 % des Canadiens hors Québec sont d'accord.Pour ce qui est des députés réformistes, 30 % des Québécois trouvent qu'ils travaillent bien, compa ré à 54 % pour le reste du Canada.« Tl est temps que le gouvernement fédéral accorde plus d'attention à la lutte contre le chômage qu'à la reduction du déficit » : \"77 % des Québécois sont d'accord, contre 66 % pour le reste du Canada.m Les politiciens qui préconisent le démantèlement du Canada ne devraient pas avoir le droit de siéger au Parlement », 67 % des Canadiens approuvent, comparé à 41 % des Québécois.Dans la même veine, 42 % des Canadiens et 77 % des Québécois disent qu'il est important pour « l'avenir du Canada de reconnaître dans la Constitution le Québec comme société distincte »».Le Québécois semblent plus sceptiques que leurs homologues canadiens : 77 % des personnes interrogées au Québec ne s'attendent pas vraiment à ce que les politiciens tiennent leurs promesses une fois élus, alors que cette opinion est partagée par 52 % des Canadiens.Même constat pour les promesses des libéraux: 31 % des Québécois croient qu'ils ont tenu leurs promesses, compare à 44 % pour leurs confrères canadiens.Sondage Radio-Canada - CBC- La Presse Parti le plus apte à s'occuper de divers problèmes ¦ Pourriez-vous me dire lequel des partis politiques fédéraux est le plus apte à s'occuper de chacun des problèmes suivants.Est-ce le Parti conservateur, le Bloc québécois, le Parti libéral, le NPD ou le Parti réformiste?CANADA \tParti\tParti\tNouveau parti\tParti\tAutres/NSP\tParti\tBloc\tParti\tAutres/NSP \tconservateur\tlibéral\tdémocratique\tréformiste\tm?\tconservateur\tquébécois\tlibéral\t/NRP Chômage\t13\t32\t11\t9\t34\t9\t16\t31\t44 Criminalité\t14\t28\t6\t17\t36\t7\t14\t31\t' 47 Immigration\t12\t32\t7\t12\t37\t8\t15\t33\t43 Unité canadienne et\t15\t35\t4\t7\t40\t13\t24\t28\t34 la question du Québec\t\t\t\t\t\t\t\t\t Déficit\t15\t34\t5\t13\t33\t9\t15\t34\t40 Contrôle des armes à feu\t13\t28\t7\t15\t37\t7\t12\t30\t51 Pauvreté\t10\t28\t18\t9\t36\t8\t17\t27\t46 \u2022 Réduction des taxes et impôts\t17\t25\t7\t16\t34\t12\t15\t26\t46 Maintien du système de santé\t13\t32\t15\t8\t31\t9\t16\t31\t45 Maintien des régimes de\t13\t31\t12\t9\t36\t9\t16\t31\t44 retraite (pensions) QUÉBEC L'unité nationale au centre des préoccupations MICHÈLE OUIMET C'est l'unité nationale, tout de suite après le chômage, qui constitue le principal problème au Canada.Lorsque CROP a demandé quel était « le principal problème auquel devait faire face le Canada à la veille des élections », 37 % des personnes ont spontanément répondu le chômage, 14 % l'unité nationale, 14 % le déficit, la dette et les finances publiques, 7 % l'économie en général, 4 % les services de santé, 3 % le leadership politique, 2 % les taxes, les impôts et l'éducation et 1 % la pauvreté, la criminalité, la violence, les programmes sociaux et l'environnement.En 1993.rappelle le vice-president de CROP, Claude Gauthier, l'unité nationale entrait dans la catégorie « autres » parce que trop peu de gens l'avaient mentionnée.Comment peut-on expliquer cette résurgence ?« C'est le référendum et ses suites » répond Claude Gauthier.CROP a ensuite lu une liste de problèmes et demande aux gens s'il était « très, assez, peu ou pas important du tout que le prochain gouvernement s'y attaque >».l.a moitié (SI %) dis personnes interrogées ont répondu que l'unité nationale riait tus importante, mais c'est U maint ici des services Sondage Radio-Canada CBC- La Presse Evolution des intentions de vote des Canadiens au niveau fédéral \tParti\tParti\tBloc\tN.P.D.\tParti \tlibéral\tconservateur\tquébécois\t\tréformiste Octobre 1993 (élections)\t41\t16 \u2022\t14\t7\t19 Mars 1994\t54\t8\t12\t8\t17 Octobre 1994\t52\t11\t12\t11\t14 Mars 1995\t55\t9\t14\t9\t13 Octobre 1995\t52\t12\t13\t10\t13 Avril 1996\t51\t11\t14\t10\t14 Octobre 1996\t50\t14\t13\t11\t11 Mars 1997\t47\t16\t12\t12\t12 Avril 1997 /CBC/SRC\t44\t20\t8\t11\t15 Sondages realises par tnuronics île santé qui a remporte la palme dans la préoccupation des Canadiens avec un score de 80 %, suivi par le chômage ( 79 % ), la pauvreté ( 66 % ), le déficit ( 65 % ).la criminalité ( 65 % ) et le maintien des régimes de retraite ( 56 % ).À la question : « Pourrie/vous me dire lequel des pari is politiques fédéraux est le plus apte à s'occuper de chacun des problèmes suivants », les libéraux dament largement le pion à tous les .nitres.CROP a soumis une lisle île dix Infographie Lj Presse problèmes, allant du chômage, à la criminalité en passant par l'immigration el l'imite canadienne.Sur tous ces points, sans exception, c'est le Parti libéral qui est considéré comme le plus compétent pour régler les problèmes, tant au Canada qu'au Quebec.Même sut la question île l'imite nationale, les libéraux dépassent les bloquistes au Québec.En effet, 28 \"«» îles répondants ont dit que le PI C serait le plus apte à trouver une solution, comparé a 24 % pom le B!o7 Editorial André Desmarais PRÉSIDENT DU CONSlilL D'ADMINISTRATION Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Pierre Gravel Un gros contrat ! La campagne électorale fédérale vient tout juste de commencer qu'elle suscite déjà deux questions que personne ne se posait il y a une semaine : la remontée des conservateurs dans les sondages au Québec est-elle aussi étonnante qu'elle paraît à première vue?S'agil-il d'un phénomène passager ou se tra-duira-t-elle en nombre de sièges au lendemain du vote ?L'étonnemenl devant cette performance tient à la négligence de plusieurs facteurs dont les effets se répercutent les uns sur les autres pour donner un résultat qui était pourtant prévisible.Des facteurs qui, faut-il préciser, ont beaucoup plus à voir avec des questions de personnalités et de conjoncture qu'avec le programme ou l'appareil du Parti conservateur.Les sondages des dernières années ont en effet indiqué que son chef, Jean Charest, est toujours demeuré largement plus populaire que son parti.Ce qu'on ignorait et qu'on sait maintenant, c'est que cette popularité est assez solide pour lui permettre, malgré le scepticisme que peut susciter son équipe, de détourner à son profit une bonne part de la sympathie que les Québécois refusent toujours à Jean Chrétien.Et que Gilles Duceppe n'arrive toujours pas à canaliser vers le Bloc comme Lucien Bouchard avait réussi à le faire en 1993.Ce phénomène de transfert en faveur de M.Charest d'une partie du vote d'opposition est plus particulièrement évident auprès des nationalistes modérés.Une clientèle acquise au Parti libéral sur la scène québécoise mais qui avait contribué à donner le pouvoir à Brian Mulroney.Et qui, malgré son flirt éphémère avec le Bloc, continue de rejeter la souveraineté et retourne d'instinct vers celui qui paraît une solution de rechange acceptable pour montrer son relus de Jean Chrétien.Un réaction qui semble d'autant moins risquée que, le Parti conservateur étant condamné à l'opposition, son programme n'a pas beaucoup d'importance.Reste à voir si cette tendance se maintiendra et résistera aux coups de boutoir conjugués du Parti libéral et du Bloc pour qui le PC devient la menace à combattre.Pour y arriver, ce parti devra surmonter des handicaps que la seule popularité de son chef aura peut-être du mal à faire oublier.Ne serait-ce que son incapacité de recruter des candidats prestigieux, le danger de voir son chef apprécié un peu partout mais pas assuré d'être réélu chez lui, la perspective, comme c'est le cas pour le Bloc, de n'avoir rien de mieux à proposer qu'une meilleure opposition à Ottawa.Et surtout l'efficacité, encore à démontrer, d'une machine électorale privée de l'appui tactique du PQ, qui avait si bien servi Brian Mulroney et si cruellement fait défaut la dernière fois.C'est un atout important d'avoir un chef bien positionné dans les sondages.Mais le double défi qui se présente aujourd'hui au PC sera d'abord de s'y maintenir maintenant que la vraie bataille est commencée.Puis de se doter rapidement des moyens suffisants pour que, le jour venu, celte bonne fortune se traduise en votes réels dans plusieurs circonscriptions.C'est alors seulement que l'on saura si son chef aura réussi, en grande partie grâce à Jean Chrétien, ce miracle de ressusciter un parti qu'on croyait fini.Ce n'est pas le nombre total d'électeurs québécois sympathiques à Jean Charest qui sera important.C'est le nombre de députés qu'il parviendra à faire élire.Et ça, c'est un gros contrat.Au fil des ans, Jean Charest est toujours largement plus populaire que son parti.okA c'est lfuu.tas faTitte uvj tour t>e mWIraRLoo-poor V\\0\\ô [fROTTtPLtl-JCW-i Les erreurs de Fujimori Le président péruvien Alberto Fujimori a finalement obtenu ce qu'il voulait.Les otages de la résidence de l'ambassadeur du Japon ont été libérés sans que le gouvernement ait jamais eu a négocier avec les terroristes guéva-ristes.Celui qui avait déjà porté un coup mortel au Sentier lumineux maoïste a ainsi ajouté les Tupac Amaru à son tableau de chasse.Mais sa victoire est un peu trop complète.Qu'il n'y ait aucun survivant parmi les terroristes signifie que le commando n'a jamais eu l'intention de faire des prisonniers.Bien entendu, on ne cherche pas à faire des prisonniers lorsque le souci principal est de libérer les otages sains et saufs.Mais, à moins d'un concours de circonstances extraordinaires, il est normal qu'au moins un ou deux terroristes échappent à la mort.Ce qui s'est passé à Lima fait penser que quelqu'un a donné l'ordre de tous les liquider.Du point de vue tactique, la liquidation des terroristes a constitué une erreur parce qu'on gagne toujours plus en faisant des prisonniers, qui peuvent se révéler une source importante de renseignements.Les Tupac Amaru ont beau être des terroristes aux abois \u2014 d'où la nécessité de frapper un grand coup en décembre dernier \u2014 on n'est jamais trop bien renseigné sur leurs activités et sur leurs sympathisants.En utilisant une violence excessive, le gouvernement encourage les derniers survivants du mouvement à éventuellement se réfugier dans la violence du désespoir, au lieu d'accepter d'avoir perdu la partie et de disparaître dans le décor.Il tend aussi à donner une certaine crédibi- Frédéric Wagnière lité aux thèses des mouvements d'extrême-gauche qui dénoncent la violence et l'oppression du régime.Malgré ces erreurs, la stratégie de M.Fujimori était la bonne, car on ne gagne rien, à la longue, en cherchant des compromis avec les terroristes.On ne fait qu'aggraver le problème parce qu'ot: annonce clairement au monde que ceux qui veulent obtenir quelque chose du gouvernement doivent le demander les armes à la main et que ceux qui restent dans la légalité auront les mains vides.Il est très clair qu'on ne peut rien obtenir du gouvernement de M.Fujimori par l'intimidation et le chantage.Donc le gouvernement doit maintenant montrer qu'il est possible d'obtenir des changements importants grâce à des revendications exprimées dans le cadre de la légalité.Selon tous les témoignages, par exemple, les conditions de vie dans les prisons sont atroces.Le gouvernement ne devrait pas attendre qu'il y ait de nouvelles réclamations ou un nouveau coup d'éclat d'un groupe quelconque de terroristes pour y remédier.Tant qu'il se croit représentatif de la démocratie et de la légitimité, il ne doit pas tolérer des conditions qui font penser aux pires dictatures de l'Amérique latine.L'ambition de M.Fujimori est de faire du Pérou un des pays modernes du pourtour de l'océan Pacifique.Il est prêt à utiliser des moyens économiques et politiques draconiens pour y parvenir.Sa réaction très énergique à la prise d'otages s'inscrit dans cette ligne, même si des erreurs ont été commises.Cependant, un État moderne ne peut pas accepter des erreurs grossières dans le comportement de ses forces de l'ordre ou dans son système carcéral sans essayer d'y remédier.L'ambition de M.Fujimori est de faire du Pérou un des pays modernes du pourtour de l'océan Pacifique.LA BOÎTE AUX LETTRES Un pays en or pour les criminels ¦ La Presse du 24 avril dernier nous apprenait qu'un jugement onta-rien, très favorable aux gros trafi-quants de drogue, allait avoir pour effet de faire cesser les plus grosses opérations policières contre les organisations criminelles.C'est incroyable et décourageant d'en être rendu là ! Mais nous récoltons ce que nous avons semé avec notre système judiciaire de type gruyère et noire Charte des droits qui protege mur à mur notre pègre toute puissante.L'honnête citoyen en prend pour son rhume dans notre beau pays.Nous avons vu, encore récemment, un petit caïd, qui venait de plaider coupable pour une petite affaire de drogue, recevoir une sentence de dix-neuf ans de pénitencier.Pourtant, presque en même temps, nous apprenions avec stupéfaction que de très gros noms de la mafia avaient été condamnés .« de petites peines, car ils avaient accepté de plaider cou-iblcs a des accusations réduites ! i es avocats de la couronne et de lj défense avaient fait un bon «ir.il \u2022 pour faire épargner de argent aux contribuables en évi- tin un long el coûteux procès ! Allan Rock Quelle belle parodie de la justice que ce cynique chantage de la part de bandits qui brassent des affaires de quinze milliards de dollars par année au Canada.En terminant, je souhaite bonne chance à M.Rock et à sa loi antimotards.Je suis convaincu qu'une armée d'avocats, à 400 S l'heure, a déjà trouvé toutes les failles qu'il faut pour la rendre inopérante, pendant que nos criminels sont morts de rire.Nos gouvernements, en cette période électorale, nous jettent de la poudre aux yeux et refusent toujours d'attaquer de front la toute puissante criminalité.Nous allons payer très cher cette complaisance envers les criminels.L'honnête citoyen se dit de plus en plus que c'est très payant d'être un criminel dans notre « beau » pays.Paul-André DESCHESNES Montréal Une erreur ¦ Vous mentionniez ( Presse, 20 avril ) que Daniel Johnson, père, a aboli le Conseil législatif.C'est une erreur.c'est Jean-Jacques Bertrand ! Marc FARIBAULT Montréal Agresssions : apprendre aux enfants à dire non Monsieur Dorais, m Dans un article fort intéressant et pertinent, paru dans La Presse du 1 1 mars dernier, vous faisiez état de l'importance de lever le silence sur l'agression sexuelle des garçons.En tant qu'organismes communautaires travaillant à la prévention de toutes formes d'abus commis envers les enfants, nous ne pouvons que renforcer ce message.Depuis plusieurs mois, les médias ont traité abondamment de l'agression sexuelle des enfants tout en laissant très peu de place à la prévention, à ses possibilités, à ses réussites.Cela explique sans doute en partie notre besoin de revenir sur votre paragraphe concernant la prévention, quand vous dites que « depuis des années, les messages de prévention transmis aux enfants en ce qui concerne l'agression sexuelle insistent sur leur faculté à dire non, etc.».Pourquoi insister sur le droit de dire non ?Parce qu'avant de pouvoir réagir face à un agresseur ou encore de pouvoir aller chercher de l'aide, il faut un préalable, que l'on soit un enfant ou un adulte : ce préalable, c'est la conviction profonde que nous avons le droit de le faire, le droit de refuser ce que l'agresseur nous fait vivre, le droit d'avoir de l'aide, bref le droit de dire non.Avoir le droit de dire non ne signifie pas que nous en avons l'obligation, ni que cela sera facile.Nous sommes d'accord avec vous quand vous dites que la majorité des agresseurs n'ont pas la « délicatesse » de prendre en considération le non des enfants.Mais nous savons aussi par experience, que dire non fait parfois la différence.C'est pourquoi il est impor- tant de continuer à parler aux enfants des diverses façons de dire non.De la même façon, même si nous savons que bien des adultes ne prennent pas les enfants au sérieux ou n'interviennent pas pour les aider, nous continuons à insister auprès des enfants pour qu'ils se confient à un adulte pour obtenir de l'aide.Cependant, la conscience de ces réalités exige de nuancer nos messages aux enfants et aux adultes.C'est ce que font les organismes Espace.Très humblement, les organismes Espace espèrent contribuer à aider les enfants, garçons ou filles, à s'affirmer et à apprendre qu'ils ont justement le droit de dire non, le droit de se sentir en sécurité et que seul l'agresseur est responsable des agressions qu'il commet.Francine GAGNON coordonnatrice Regroupement des équipes régionales Espace Les fleuristes sont plus que des livreurs de fleurs m Quoi de plus charmant que de recevoir des fleurs de personnes qui nous aiment.Quoi de plus décevant et humiliant quand ces fleurs, sauvages ou cultivées, nous arrivent sans que l'on puisse, par ignorance, les coiffer d'un nom.Fleuristes, étes-vous de simples livreurs de fleurs ?Vous devez être nos enseignants en ce domaine : nous renseigner, nous instruire.Vous me direz que tout le mon- de connaît les roses.Pas moi.Est-ce une « rose parisienne » ou une autre variété?Il y en a tant.Cette belle fleur rouge, qui me dit que c'est une azalée ?Quel beau lys rare ! Qui me dit que c'est un pyre-naicum ?Des tulipes ?Elles sont d'une variété étonnante.Laquelle ai-je reçue ?Nous ne voulons pas seulement connaître de ces fleurs leur origine phylogénétique, mais un peu de leur morphologie aussi.Leur nom quoi, accompagné de quelques particularités au besoin.C'est de l'enseignement en association avec le ministère de l'Agriculture, surtout l'horticulture ; pourquoi ne pas placer des autocollants sur une des tiges de chaque espèce de fleurs ?C'est renseigner et enseigner.Vous êtes parmi les spécialistes de la flore ; vous êtes plus que de simples livreurs de fleurs.En attendant, ami( e )s, prière de ne m'envoyer que des fleurs dont je connais exactement le nom.Fernand VAILLANCOURT Longueuil N.B.¦ La Presse accorde priorité sous cette rubrique aux lettres qui font suite à des articles publiés dans ses pages et se réserve le droit de les abréger.L'auteur doit être clair et concis, signer son texte, donner son nom complet, son adresse et son numéro Je téléphone.Adresser toute correspondance comme suit: La boite aux lettres, Lz Presse, 7, rue Saint Jacques.Montréal H2Y IK'J.i LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 29 AVRIL 1997 Opinions Entre la légalité et la moralité II est du devoir de l'État défaire la lumière sur les questions qui ont un impact sur la saine gestion des finances publiques.GUY CHEVRETTE /.auteur est ministre d'État des Ressources naturelles, ministre responsable du Développement îles régions et minisire responsable des Affaires autochtones.Certains d'entre vous pourraient croire, après avoir lu les commentaires de l'ex-ministre des Ressources naturelles du Québec, madame Lise Bacon, publiés ces derniers jours dans les principaux quotidiens du Québec ( La Presse, 22 avril ), que j'ai eu la conscience fragile en tentant d'éclaircir les faits qui m'avaient été rapportés et qui ont donné lieu à la Commission Doyon.La conscience fragile ?Et bien, soie î Je préfère qu'il en soit ainsi, quitte à heurter quelques Sensibilités.La crédibilité îles hommes et des femmes publiques, dont madame la sénat rice semble se soucier au plus haut point, ne peut qu'en sortir grandie.Si madame Bacon avait entendu et naines allégations ou lu certaines allirm.itions sur des coûts prohibitifs ou des façons de faire nuisibles à l'intérêt des citoyens et citoyennes du Québec, aurait-elle hésité un seul instani avant d'en faire part au premier ministre ?Et si oui, au nom de quoi ?Ne pas nuire à un adversaire politique, comme elle semble m'en attribuer le motif ?Je préfère croire que non.Les informations dont on me faisait part (n'apparaissaient trop lourdes de conséquences pour que je n'agisse pas.D'ailleurs, si je ne l'avais pas fait, sans doute me l'aurait-on reproché.À titre d'exemple, certains dirigeants d'Hydro-Québec m'avaient indiqué qu'ils avaient été forcés d'appliquer le programme des petits barrages.Qui aurait pu garder cette information pour lui?Par ailleurs, ces programmes ne généraient pas de retombées économiques pour les populations régionales ou locales et n'avaient pas été négociés avec les autorités d'Hy-dro-Québec pour tenir compte des besoins de l'offre et de la demande.Madame Bacon prétend qu'il s'agissait pour moi de nuire à des adversaires politiques en période pré-référendaire.C'est une présomption qui ne correspond en rien aux faits.La différence entre la légalité et la moralité J'accepte les conclusions du rapport de la Commission Doyon.Cela ne m'empêche pas de m'interroger sur les rapports entre la légalité et la moralité.À l'époque, il m'apparaissait anormal que la société d'État répare un barrage au coût de plus de 3 millions S et s'en départisse à moins de 400 000$, Encore aujourd'hui, je me pose la question : est-ce moral parce que c'est légal ?Est-ce normal qu'un promoteur puisse posséder 5, 6, 7 ou 8 mini-barrages avec une garantie d'achat pour 20 ans à un prix dépassant tous les coûts de production normaux de la société d'État ?C'est peut-être légal, mais est-ce moral ?Est-ce normal que l'exploitation d'une richesse naturelle ne génère aucune retombée pour les populations locales et régionales ?Est-ce normal que l'on n'ait pas Guy Chevrette négocié avec la société d'État, qu'on lui ail imposé l'achat de kilowatts/heures dont elle n'avait pas besoin pour répondre à la demande ?Ça peut être légal, mais est-ce moral ?Et faut-il se surprendre, dans un tel contexte, que les bénéfices nets aient constamment chuté, alors que le gouvernement du Parti libéral était au pouvoir, pour passer de 7,2%, au 31 décembre 1993, à 3,3 °o, au 31 décembre 1995 ?Le coût de la tenue d'une commission d'enquête 11 est vrai que 4 millions S pour terminer une commission d'enquête, c'est une grosse somme.Mais 4 millions $ pour mettre fin à des aberrations qui en ont coûté 75 millions S, je pense que c'est de l'argent bien placé.Investir dans une commission d'enquête a souvent l'avantage d'éviter des pertes monétaires beaucoup plus importantes.Madame la sénatrice Bacon est bien placée pour savoir qu'il est du devoir de l'État de faire la lumière sur les questions qui ont un impact sur la saine gestion des finances publiques.À titre d'exemple, la Commission Cliche, qui a siégé en 1974 et 1975, a coûîé 1 million S, ce qui était une grosse grosse somme pour l'époque.Mais elle a conduit à 20 ans de paix dans l'industrie de la construction et fait épargner des centaines de millions de dollars à la société québécoise.Les recommandations de la Commission Doyon entraîneront une plus grande rigueur et une meilleure cohérence dans la gestion des programmes gouvernementaux touchant l'énergie.Cela est difficile à comptabiliser, mais ce n'est pas rien.Je tiens aussi à souligner que certaines recommandations du rapport de la Commission Doyon sont conformes à certains éléments contenus dans la politique énergétique adoptée par le gouvernement, en novembre 1996.Le programme des mini-centrales sera donc appliqué de façon cohérente de manière à ce que l'ensemble des régions du Québec puisse en bénéficier et non pas seulement certains promoteurs.En outre, c'est par voie de négociation avec Hydro-Québec que nous allons bâtir le programme, comme nous l'avons fait dans le secteur de l'éolien.Aucun promoteur ne pourra parler d'un système qui constitue une mine d'or.J'aurais pensé que madame la sénatrice aurait profité de l'occasion pour répondre aux passages du rapport de la Commission qui la mettaient en cause, notamment concernant le projet de la firme Ja-nin inc.: « ( .) C'est plutôt la décision des fonctionnel ires et de la ministre de soutenir un projet manifestement mort-né qui s'avère problématique.» ( p.347 ) Ou alors, à la suite de la lettre au ton acerbe qu'elle écrivait a M.Richard Drouin, le 13 décembre 1993.ces commentaires des comniss.lires : « Il est vrai qu'il peut être opportun d'assurer des investissements et de favoriser le développement économique régional au moyen du programme de construction et d'exploitation de petites centrales, mais pas à n'importe quel prix.>» ( p.453 ) Ou encore, cette autre remarque des commissaires : « Il est.un domaine où l'empressement et l'insistance de Mme Bacon ont pu avoir des impacts particulièrement négatifs : la coordination des divers ministères impliques dans la politique d'octroi, tel que cela a été démontré précédemment.» ( p.550 ) Mais madame la sénatrice a préféré attaquer mon honnêteté et ma probité intellectuelle.C'est son choix.Je préfère vivre avec la conscience fragile qu'elle m'attribue et continuer à travailler avec le plus de rigueur possible à la gestion des deniers publics et de l'intérêt collectif.Les actionnaires d'Hydro-Québcc que sont les Québécois et les Québécoises nous demandent de le faire, non seulement dans la légalité, mais aussi dans le respect de la moralité publique.Malgré les embûches et le contexte économique difficile, après seulement quartorze mois, HydroQuébec a retrouvé la voie de la rentabilité.Faudrait-il s'en excuser ?SAAQ : une économie qui n'en est pas vraiment une MARC BELLEMARE L auteur est un avocat Je Québec spécialisé dans la défense des victimes du travail et de la route.Le 8 avril dernier, le ministre des Transports, M.Jacques Brassard, annonçait que la Société d'assurance automobile ( SAAQ ) allait retourner aux automobilistes québécois les 122 millions de surplus d'exploitation enregistrés en 1996.Une économie apparente de 30,00 S chacun qui, dans les faits, n'est que de 2,00 $, compte tenu de la hausse des droits d'immatriculation de 28,00 S annoncée dans le discours du budget du 25 mars dernier.Cette nuance de calcul n'apparaissait pas au texte présenté à la presse par le ministre.À bien y penser, il aurait sans doute été plus sage de laisser simplement les 28,00 $ dans les poches des automobilistes puisque cette baisse réelle de 2,00 $ se situe vraisemblablement bien en deçà de ce qu'il en coûtera en bureaucratie gouvernementale pour gérer ces nombreux échanges d'argent avec le citoyen.L'allocution du ministre était plutôt consacrée à louanger la bonne santé financière de la SAAQ et les « efforts des administrateurs (.) pour atteindre cette performance ».Il y soutenait qu'à partir des 1,12 milliard de revenus encaissés par la SAAQ, en 1996, les surplus de 122 millions avaient été obtenus « sans jamais négliger le service aux assurés et aux accidentés.» Il s'agit là d'une prétention simpliste, voire guignolesque.Dans un rapport fouillé qui lui fut soumis par le service de recherche et de législation du Barreau du Québec en mars 1996, on peut lire « (.) qu'il est impératif que soient uniformisés les régimes étatiques de compensation.La Loi sur l'assurance automobile fait figure de parent pauvre lorsque comparée à d'autres régimes d'indemnisation ».Le Barreau rappelait notamment le sort réservé aux victimes insatisfaites aux prises avec un Bureau de révision préjugé et inefficace dont tous les groupements d'accidentés réclament à hauts cris l'abolition depuis des lustres.Il dénonçait également l'absence de tout droit de retour au travail cl bien sûr la maigreur des indemnités.De fait, la SAAQ fait pitié, tant par le regime qu'elle administre que par son attitude condescendante et relâchée dans ses relations avec les bénéficiaires.Le Protecteur du citoyen rapportait dans son dernier rapport annuel que, d'avril 1995 à mars 1*)96, 662 plaintes ont été logées contre la SAAQ, soit cinq lois plus que le Régie des rentes du Québec et douze fois plus que la Commission des normes du travail.Pendant la même période, la CSST était blâmée à S 16 reprises, elle qui reçoit trois fois plus de réclamations que la SAAQ chaque année.Du côté de la Commission des affaires sociales, le tribunal administratif d'appel auquel s'adressent les victimes qui contestent les indemnités proposées par la SAAQ, 3 842 citoyens sont actuellement en attente d'un procès.Lors de sa conférence de presse, le ministre Brassaid a plutôt choisi de parler d'un sondage ( qui n'a pas intégralement été ren- du public ) selon lequel 85 % des nouveaux requérants seraient « satisfaits ou grandement satisfaits » des services de la SAAQ.D'abord, précisons qu'il n'y a rien de rassurant dans le fait qu'on ait une chance sur six d'être insatisfait des services de la SAAQ si on est victime d'un accident de la route.Ensuite, ces chiffres sont trompeurs.La majorité des victimes ne subissent que des blessures légères et temporaires qui n'entraînent qu'un bref arrêt de travail, n'empêchant pas le retour rapide au même emploi.Ces gens, qui n'ont en principe aucune raison d'être insatisfaits, font bien sûr partie des « bonnes » statistiques.Il en va tout autrement pour celles qui subissent des lésions neurologiques, orthopédiques ou psychiatriques graves entraînant une incapacité permanente de reprendre leur ancien travail.Le ministre n'a pas fourni de statistiques ventilées pour ce groupe précis de victimes chez qui le pourcentage d'insatisfaction est certainement beaucoup plus élevé.C'est surtout en fonction de sa capacité de satisfaire cette clientèle lourde que la performance de l'organisme doit être analysée.Or, elles constituent trop souvent les véritables victimes de la SAAQ, accablées par les examens médicaux humiliants incessants et interminables qu'elle exige, pénalisées dès le départ par une loi qui ne « garantit » aucune mesure de réadaptation et qui ne l'oblige pas au respect du diagnostic du spécialiste traitant, droits fondamentaux dont jouissent les victimes du travail depuis douze ans maintenant.D'autre part, lorsque le ministre Brassard vante la générosité du régime en disant qu'il a versé plus de 6 milliards de dollars en indemnités, depuis 1978, il méprise le jugement des Québécois qui savent fort bien qu'au cours des dix dernières années, elle a abusé sans relâche de son pouvoir de taxation, ne versant jamais aux victimes la totalité des sommes qui leur étaient en principe destinées.D'année en année, les surplus ei.tient versés dans la « reserve de Stabilisation », un énorme bas de laine dans lequel le gouvernement ne s'est pas gêné, depuis 19S4, pour piger 2,2 milliards pour des fins diverses, toutes plus étrangères les unes que les autres à la sécurité routière et à la réparation des dommages corporels.Difficile de prétendre que les Québécois n'ont pas été floués, la SAAQ ayant toujours maintenu que lesdites ponctions ne l'avaient nullement gêné dans la réalisation de ses mandats.Le fait que les tribunaux supérieurs aient reconnu la légalité de ces ponctions ne signifie pas qu'elles soient légitimes et acceptables au plan politique.Que ce régime public d'indemnisation soit plus avantageux que celui qui prévalait avant 1978 n'a pas non plus d'importance.La SAAQ n'a versé que 6 milliards en indemnités depuis sa création, soit 68 % des 8,8 milliards qu'elle aurait dû verser si elle n'avait pas refilé 2,2 milliards au gouvernement et conservé 582 millions dans sa réserve de stabilisation.Rappelons à cet égard que le gouvernement actuel, qui condamnait vertement cette mainmise sur le fonds d'indemnisation du temps où il était dans l'opposition, fut l'auteur du dernier « siphonnage » ( dixit Jean Garon ) de 325 millions, le 30 mars 1995.En avril 1996, le premier ministre Bouchard s'engageait devant l'Assemblée nationale à ne plus piger dans les réserves de la SAAQ.Or, quelques jours avant cette déclaration, la SAAQ avait affecté ses nouveaux surplus de l'année 1995 à cette fameuse réserve, la portant à 582 millions.Il semble que cette réserve ait été réduite aux alentours de 375 à 400 millions, au 31 décembre 1996, comme le confirmeront les états financiers de la SAAQ pour l'année 1996 qui seront rendus publics prochainement.Dans ce dossier, l'attitude du gouvernement n'en n'est pas à une fluctuation ni à une contradiction près.Pour illustrer ce phénomène troublant qui, encore aujourd'hui, discrédite l'ensemble de la gestion gouvernementale, il faut voir comment la SAAQ s'y est prise pour accumuler des profits aussi importants avec la bénédiction de ses administrateurs et des gouvernements tant libéral que pequiste qui se sont succèdes à Québec.En principe, cette réserve est prévue par la loi pour garantir la protection des assurés si des événements dramatiques et imprévisibles entraînaient une augmentation subite des engagements île la SAAQ.Telle situation ne s'elant pas présentée depuis 1978, les previsions de la SAAQ se sont avérées bien plus dramatiques que la réalité.En surestimant l'importance de ses obligations futures face aux accidentés, la SAAQ s'autorisait, au lil des années, à accumuler des surplus gigantesques.En principe, personne ne conteste le droit et même le devoir d'une corporation Jacques Brassard publique d'équilibrer son budget et même de présenter des surplus d'opérations.Mais si tel est le cas, les actionnaires doivent en profiter par le biais d'une ristourne ou d'un rabattement proportionnel des droits exigés.Il y va de l'équité, de la probité et surtout de l'image projetée par nos itistinitions.Compte tenu que, depuis plusieurs années, I » tarification imposée par la SAAQ ne correspond pas à ses véritables besoins, il apparaît essentiel qu'elle fasse l'objet d'un examen public annuel, comme celui impose i HydroQuébec.Le ministre n'a rien dit de ce qu'il entendait faire de ces surplus d'un demi milliard qui dorment toujours dans le bas de laine de la SAAQ.Sans doute juge-t-il que les automobilistes les plus taxes en Amérique du Nord n'ont pas besoin qu'on leur retourne promptement cette somme.La CSST.de son côté, n'a pas tarde à baisser le taux de cotisation des employeurs lorsqu'elle a présenté un surplus d'opération.Ce taux est passe de 2,75$ par 100,00$ de niasse salariale, en 1994, à 2,60$ pour l'année suivante el a 2,52 $, en 1996.Il est vrai que ies employeurs québécois ont un veritable poids politique, contrairement aux automobilistes et aux victimes de la route, mais on ne voll pas au nom de quel principe ils se verraient imposer des primes qui ne correspondent pas du tout à la situation financière île la SAAQ et à la protection qu'elle olfre.Sans doute M.Brassard croit-il que ce régime qu'il dit si intègre et si performant ne doit rien de plus aux victimes île la route.Sjmn doute est-il convaincu que la propagande publicitaire de la SAAQ qui a déjà commencé a envahir nos écrans de- télévision se chargera de nous laire oublier tout ça.Le ministre Brassard méprise le jugement des Québécois qui savent fort bien qu'au cours des dix dernières années, la SAAQ a abusé sans relâche de son pouvoir de taxation. fr - B 4 ?__LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 29 AVRIL 1997 Élections 97 EN BREF Une petite grippe ¦ Mauvais moment s'il en est un, le premier ministre Chrétien semble si- diriger tout droit vers une extinction cie voix.Après seulement 24 heures d'une campagne qui durera cinq semaines, le premier ministre avait déjà la voix passablement éraillée.Même son premier discours, très tôt hier matin, laissait paraître la fatigue des cordes vocales, « «C'est juste une petite grippe », a indiqué Jean Chrétien.Le premier ministre devra peut-être prendre exemple sur Daniel Johnson, dont l'épouse, Suzanne Marcil, lui fait régulièrement signe de boire de l'eau durant ses discours.Sondage B Un sondage ?Pas de commentaire, et cela vaut pour le reste de la campagne, a averti M.Chrétien.Pourtant, le chef libéral n'a pu cacher son enthousiasme devant un groupe de militants de l'Ile du Prince-Edouard réunis très tôt hier dans un hôtel de Charlottetovvn.« Un sondage indique une diminution de l'appui au Bloc.J'ai vu ce matin une possibilité que nous entrions, dans notre second mandat, dans le 21« siècle comme un pays uni.Le PLC seul peut faire élire des députés dans tous les comtés du pays.>» Le ministre Paul Martin s'est quant à lui montré plus loquace sur la question devant les journalistes.« Ce n'est que le début de la campagne, mais c'est un bon début, commente l'omniprésent ministre Martin.C'est très clair que les Québécois veulent un gouvernement qui va construire et non détruire.Et certainement pas une opposition qui va continuellement chialer et détruire tout ce que l'on peut faire pour l'économie.» PQ: objectif atteint ¦ Douze semaines après le lancement de sa campagne annuelle de financement, le Parti Québécois a réussi à atteindre son objectif annuel de 2,7 millions.Ati cours d'une opération spéciale qui a eu lieu dimanche dans les 125 circonscriptions du Québec, les militants péquistes ont souscrit 300 000 S dans les coffres du parti, ce qui lui a permis d'atteindre l'objectif qu'il s'était fixé.« Les forces vives du Parti québécois peuvent maintenant se mettre au service des candidates et candidats du Bloc québécois », affirme le premier vice-président du parti, M.Fabien Béchard, dans un communiqué transmis hier.Manning en Ontario ¦ Preston Manning a déclaré que ni les libéraux ni les conservateurs ne méritaient une deuxième chance, hier, lors de son passage dans la ville ontarienne de Brantford où a grandi la vedette de hockey Wayne Gretzky.« Si nous avions du cran, si nous avions quelque chose dans le ventre, si nous avions le courage de nos convictions ( .) le temps serait maintenant venu de sortir de nos ornières politiques pour trouver une nouvelle façon de faire », a dit le chef réformiste devant 200 personnes venues l'entendre lors d'un dîner.En dépit des nombreuses promesses des anciens gouvernements, la question de l'unité nationale n'est toujours pas réglée, les impôts demeurent trop élevés, il y a toujours du chômage ainsi qu'un déficit budgétaire, a dit M.Manning.« Électoralisme » ¦ La promesse faite hier par le premier ministre libéral.Jean Chrétien, de réinvestir 6 milliards dans le système de soins de santé sur une période de cinq ans est venue enlever des munitions au Nouveau Parti démocratique, qui se présente comme le défenseur des programmes sociaux au cours de la présente campagne électorale.La leader neo-démocrate Alexa McDonough a d'ailleurs accusé les libéraux de n'agir ainsi que par esprit électora-liste.« Les libéraux viennent de renforcer le cynisme que ressentent les gens de ce pays à l'égard de la politique », a-t-elle lancé lors d'un rassemblement auquel assistaient 75 bénévoles pour le NPD, à Van-cou ver-Kingsway.Encore l'amiante ¦ La ministre déléguée aux Mines, aux Terres et aux Forêts, Denise Carrier-Perreault, visitera trois pays d'Amérique latine, le Pérou, la Colombie et le Mexique, du 5 au 9 mai, dans le cadre d'une mission visant a réhabiliter l'amiante a la suite du choc causé par la décision de l.i Prance de bannir celle fibre.La ministre sera accompagnée de représeniants de l'Institut de recherche en santé et sécurité au travail (IRSST), de la Commission de la santé et de la sécurité au travail ( CSST ), du minisure de la S.mu- cl des Scrvurs sociaux, ainsi que de syndicats.Les pays visites importent du Québec près deal ooo tonnes d'amiante annuellement.m \u2022 * - .s ni IB M \\0.********* Preston Manning Calgary Southwest (1993) Manning (Ref).41 630 Sparrow
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