La presse, 4 juin 1997, Cahier A
[" Pléthore d'accidents biologiques 1500 employés d'hôpitaux montréalais ont été exposés à des liquides contaminés au cours des 20 derniers mois MARC THIBODEAU Des milliers d'employés du réseau hospitalier métropolitain ont été exposés au cours des derniers mois, lors d'accidents de travail, à des liquides biologiques, tels le sang ou le sperme, potentiellement porteurs du VIH ou des micro-organismes responsables de l'hépatite B ou C.C'est ce que révèle une récente étude réali- sée par la direction de la santé publique dë Montréal-Centre, dont La Presse a obtenu copie hier.L'étude fait état de 1 565 accidents survenus dans neuf hôpitaux de la région métropolitaine au cours des 20 derniers mois, où des personnes ont été mises en contact avec des liquides biologiques potentiellement contaminés.Il s'agit dans près de 75 % des cas de piqûres, par exemple lors de prises de sang, les infirmières étant les plus touchées.Le nombre d'incidents relevés dans ces établissements, que la régie refuse d'identifier, serait en fait deux fois plus important puisqu'une personne sur deux omettrait de les signaler à ses supérieurs.Dans environ 15 % des cas, les administrateurs des hôpitaux ont été incapables de déterminer la provenance du liquide biologique et, conséquemment, de définir s'il était contaminé ou non.Impossible du coup d'éta- blir si le travailleur touché court véritablement un risque.Plus encore, 20 % des personnes identifiées comme les « sources » des liquides en cause n'ont subi aucun test de dépistage à la suite des accidents.Pour le VIH et l'hépatite B, aucun test n'a été réalisé dans 25 % des cas, ce chiffre grimpant à 40 % pour l'hépati- Voir PLÉTHORE en A2 Usine de meubles rasée par les flammes PHOTOPC Une explosion suivie d'un incendie a fait un mort et dix blessés dans une Usine de meubles de Bécancour, hier après-midi.La victime, dont le corps a été retrouvé dans les décombres vers 19 h 45, serait l'un des patrons de l'usine de meubles Lemay.Les dix blessés sont des employés de l'usine ; six d'entre eux ont subi des brûlures très graves.L'explosion est survenue dans la section de la ponceuse.Le feu s'est vite propagé à toute l'usine.Deux édifices à logements, deux hangars, une grange et des voitures ont également été détruits.Voir nos informations en page Bl Gauthier invite le Bloc .» - / * à faire son autocritique MARIO FONTAINE Gilles Duceppe a beau s'attribuer le mérite de la performance du Bloc québécois au scrutin de lundi, reste que le vote souverainiste a chuté considérablement et qu'un bon examen de conscience^ s'impose, ont averti hier plusieurs ténors, dont Yves Duhaime et Michel Gauthier.« On a mangé toute une dégelée », il faut qu'on se regarde dans le miroir, qu'on fasse notre mea-culpa, a expliqué par exemple M.Gauthier.Il faut trouver pourquoi, ajoute-t-il, les appuis au BQ sont passés de 49,5 % des suffrages en 1993 à 38,2 % cette année.Ce phénomène va au-delà du prévisible, il faut en analyser les causes et faire en sorte qu'il ne se reproduise pas, pense M.Gauthier.Écarté de la direction du Bloc au profit de M.Duceppe, il estime que plusieurs facteurs peuvent être avancés et que son successeur n'a pas à assumer tous les problèmes de la campagne bloquiste.« Mais lui aussi, comme tout le monde, doit se regarder dans le miroir », soutient Michel Gauthier.Yves Duhaime n'est pas plus rassuré.Le Bloc a perdu un demi-million de voix et dix comtés dans ces élections, déplore M.Duhaime, ce qui permet aux li- Voir GAUTHIER en A2 Arrestation en Espagne d'un Canadien soupçonné d'avoir blanchi 120 millions ERIC CLÉMENT La police espagnole a mis la main au collet du Canadien Firmino Ta-vares, qu'elle relie à un blanchiment de 120 millions de dollars provenant du trafic de drogue.Il a été arrêté avec deux autres Canadiens, Leonardo Bisegna et Pierre Maurice Macarone, le 27 mai, soit le même jour que l'opération coup de poing menée par la Gendarmerie royale du Canada.Le projet Cervelle, mené contre un réseau international de trafic de drogue, a en effet permis de saisir 8,3 tonnes de haschisch et d'appréhender 31 personnes, dont Morris Mayers et ses principaux lieutenants, le 27 mai dernier à Montréal.Tavares ( frès connu des polices du monde entier, selon la GRC ), Bisegna et Macarone ont été arrêtés lors d'une intervention effectuée dans les villages de Santa Ponça et de Calvia, dans l'île de Majorque, Voir ARRESTATION en A2 Premier recul des souverainistes Lundi, le mouvement sécessionniste a connu sa première perte de terrain depuis Meech CHANTAL HÉBERT La victoire numérique importante du Bloc québécois aux élections de lundi cache une tout autre réalité : celle du premier recul marqué du mouvement souverainiste sur le terrain depuis l'échec de l'accord du lac Meech.Les résultats détaillés du vote montrent en effet que les candidats souverainistes ont obtenu une majorité absolue de voix dans Voir PREMIER en A2 Pléthore d'accidents biologiques PLÉTHORE / Suite de la page A l te C.Ces tests n'ont rien de superflu puisque l'étude souligne que près de 14 % des personnes identifiées comme sources étaient porteuses du VIH ou des micro-organismes responsables de l'hépatite B ou C.L'étude révèle par ailleurs que le traitement et le suivi des travailleurs touchés est déficient.Seulement 23 % des personnes exposées à un liquide biologique contaminé au VIH, soit 15 sur 64, ont effectivement subi les tests de dépistage recommandés 6, 12 et 26 semaines après l'accident.Le suivi est « encore pire » pour les travailleurs touchés par un liquide dont on ignore la provenance.Le docteur Pierre Roblllard, médecin coordonnâtes de l'équipe des risques biologiques en milieu de travail à la direction de la santé publique, estime que ce dernier point est particulièrement préoccupant.« Aucun cas de séro-conversion lié à un accident de travail n'a été enregistré à ce jour au Québec.Mais il est possible qu'il y en ait eu puisque l'on perd la trace de 75 % des travailleurs touchés par un liquide contaminé au VIH », note le spécialiste.Le phénomène est d'autant plus inquiétant qu'aucun traitement préventif, comme la tri-thérapie, n'a été offert à près de la moitié des 64 personnes touchées.C'est justement afin d'identifier de telles carences et de mieux quantifier le nombre d'accidents que la régie a mis en place en 1995 un projet-pilote de collecte de données par réseau électronique.Neuf établissements sont actuellement regroupés au sein du réseau, qui pourrait en compter prochainement une cinquantaine à l'échelle de la province.Bien que le nombre de cas relevés lors de l'étude de la régie soit élevé, le Dr Robillard note une nette amélioration par rapport aux résultats obtenus lors d'une étude similaire réalisée au début de la décennie auprès de cinq hôpitaux.« Il nous reste cependant beaucoup de chemin à faire », reconnaît le spécialiste, qui blâme le matériel, plutôt que le personnel ou les mesures préventives mises en place au cours des dernières années, pour expliquer le grand nombre d'accidents.Là encore, explique-t-il, les compressions budgétaires se font sentir.« Il existe, par exemple, des seringues « autocapuchonnan-tes » qui éliminent les risques de piqûre.Mais elles coûtent deux fois plus cher, alors on préfère le modèle traditionnel.Et les gens se piquent.» Gauthier invite le Bloc à faire son autocritique GAUTHIER / Suite de la page A1 béraux d'être à la tête d'un gouvernement majoritaire.« Je trouve nos appuis très faibles.On a eu un début de campagne atroce, ça s'est heureusement replacé dans les deux dernières semaines.Si le leadership de Gilles Duceppe est menacé ?C'est une question que je ne me pose pas : je n'ai pas été élu, c'est un problème qui ne me concerne pas », fait-il valoir.Battu par M.Duceppe à la course au leadership, celui qui a tenté de ravir Saint-Maurice à Jean Chrétien entend rester actif en politique, que ce soit au Bloc québécois, au PQ ou lors du prochain référendum, qu'importe le véhicule pourvu qu'il puisse travailler à la cause souverainiste.M.Duhaime s'abstient de dire s'il aurait été plus efficace que Gilles Duceppe au cours de la campagne électorale.Chose certaine, il n'aurait pas mené le même genre de bataille.« Lui et moi, on n'a pas la même personnalité », explique-t-il.Un des organisateurs de M.Duhaime à la course au leadership, Yvan Loubier, ne remet pas le leadership de Gilles Duceppe en question, mais demande des changements à l'équipe parlementaire du Bloc, notamment le retour de Michel Gauthier comme leader en Chambre.Chose certaine, le chef peut s'attendre à vivre des réunions houleuses au sein de son caucus.Pas un seul des 43 autres députés bloquistes élus lundi ne lui doit sa victoire.Au contraire, certains l'ont emporté malgré les erreurs commises par le leader durant la campagne électorale.Ce ne sont toutefois pas les Daniel Turp et Pierrette Venne, d'autres aspirants au leadership qu'il a battus, qui lui lanceront la première pierre.« Un bilan s'impose, croit M.Turp.M.Duceppe a mené une campagne difficile au début, mais qui a cependant connu une bonne fin.Il a montré qu'il peut diriger le Bloc dans les moments difficiles, il a été élu il y a quelques mois et dispose de la légitimité nécessaire.» Mme Venne s'attend pour sa part à ce qu'il y ait des récriminations au caucus dans un premier temps.Après tout, dix comtés ont été perdus, souligne-t-elle.Mais rien, prédit-elle, pour tout remettre en question.Les sou- verainistes ne doivent pas s'alarmer, 44 députés, c'est bon compte tenu de la mauvaise performance du chef en début de la campagne.« Ce n'est pas le Pérou, mais ce n'est pas une catastrophe non plus », assure Mm Venne.Francine Lalonde convient quant à elle qu'un examen critique s'impose, mais que ç doit se faire dans le calme, dans la sérénit et, surtout, au sein du groupe parlementaire et non sur la place publique.Elle aussi évite de s'en prendre directement au chef, mais estime qu'on n'a pas adopté la bonne stratégie de campagne qui aurait été, selon elle, d s'en prendre directement au plan B.« Ces ce que je proposais, mais je n'ai pas été élu ( au leadership ) et ce n'est pas ce qui a ét retenu », conclut Mme Lalonde.Premier recul des souverainistes PREMIER / Suite de la page AI moins d'une douzaine de circonscriptions du Québec.Au total, les électeurs québécois ont voté en majorité pour des partis fédéralistes dans 64 des 75 circonscriptions de la province.Cela signifie que, dans trois cas sur quatre, le Bloc a profité d'une division du vote accordé aux fédéralistes, principalement les conservateurs et les libéraux, pour faire élire des députés.Même dans les 11 comtés où les candidats souverainistes l'ont emporté par plus de 50 % des suffrages, leur majorité a souvent été considérablement grugée par rapport aux élections précédentes.Un cas typique : dans Mercier, à Montréal, la députée Francine Lalonde, qui l'avait emporté avec 59,9 % des voix en 1993, a vu sa part du vote chuter à 50 % et des poussières cette année.Globalement, ces résultats constituent un net recul par rapport aussi bien aux référendums de Chariottetown et d'octobre 1995 qu'aux élections fédérales de 1993.Lors du dernier scrutin fédéral, les députés du Bloc avaient été élus par une majorité absolue d'électeurs dans 44 des 54 comtés qu'ils avaient remportés.Et même si les Landry, Duceppe et Bouchard estiment qu'il ne faut pas faire de lien direct entre l'appui au Bloc et l'appui à la souveraineté, rien n'empêche qu'au référendum de 1995, les 50 circonscriptions fédérales qui se sont ralliées au OUI étaient, à deux exceptions près, représentées par des députés bloquistes à Ottawa.Cela dit, le premier ministre Jean Chrétien a tort de décrire les sièges qu'il a enlevés au Bloc au Québec comme une percée en bonne et due forme en territoire souverainiste.Pour l'essentiel, le PLC a défoncé des portes ouvertes.À l'exception de Saint-Maurice et d'Abiti- bi, toutes les circonscriptions québécois qui seront représentées par des libéraux dan la prochaine législature étaient restées fédé ralistesau référendum de 1995.Par comparaison, le mince butin du Parti conservateur au Québec est composé, dans quatre cas sur cinq \u2014 Sherbrooke, Chicouti mi, Richmond-Arthabaska et Shefford \u2014 d circonscriptions qui avaient opté en majorit pour le OUI au référendum.Parmi les comté arrachés par le PC au Bloc lundi, seul celu de Compton-Stanstead affichait des couleu fédéralistes en octobre 1995.Arrestation en Espagne d'un Canadien soupçonné d'avoir blanchi 120 millions ARRESTATION / Suite de lu page A l aux Baléares.Dans une note du ministère espagnol de l'Intérieur, obtenue par La Presse, il est indiqué que Firmino Tavares « utilisait une structure de blanchiment d'argent mise sur pied par un autre Canadien à New York et Montréal », et que cette structure aurait permis de blanchir 120 millions de dollars.La Brigade des crimes économiques et financiers de la police espagnole estime que Tavares a blanchi en Espagne 13 millions de dollars canadiens depuis septembre dernier.par l'intermédiaire d'une succursale bancaire située aux Baléares.D'autre part, selon la Direction générale de la police espagnole, le « Canadien d'origine portugaise » Firmino Tavares « canalisait toutes les opérations financières qui étaient effectuées ( par le réseau ) en Espagne ».La police espagnole a bloqué quatre comptes bancaires en Espagne, dans lesquels ont transité 6 millions de dollars américains, 25 millions de pesetas < 250 000 $ CAN ) et 320 000 $.Elle a aussi saisi un pistolet 9 mm parabellum.Selon le plumitif criminel, Tavares, âgé de 40 ans, a fait deux fois l'objet d'accusations criminelles au Québec.Chaque fois, il en est sorti indemne.La première fois en 1982, il a été libéré des accusations portées contre lui.Puis, en 1991, il a bénéficié d'un arrêt du processus après avoir été accusé de voies de fait.Leonardo Bisegna, âgé de 30 ans, â été condamné à 54 mois de prison en 1992, après avoir été appréhendé en janvier 1991 par la Sûreté du Québec dans le cadre d'une affaire de vols avec prise d'otages de directeurs de banque survenus en 1990, à Man-seau et à Rawdon.D'autre part, La Presse a appris que le projet Cervelle a également entraîné l'arrestatio d'un avocat, en Suisse, où le réseau aurai blanchi plusieurs millions de dollars.Le 27 mai, l'intervention policière s'est produite simultanément au Québec, en Ontario, en Colombie-Britannique ( un total de 110 perquisitions au Canada ), en Espagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en Suisse, au Pakistan et en Grande-Bretagne, au terme d'une enquête de quatre ans menée par la GRC.Selon la police espagnole, l'opération n'est pas terminée et pourrait donner d'autres résultats aux États-Unis et en Euro pe. LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 4 JUIN 1997 A3 Elections 97 Jean Chrétien minimise les dégâts Malgré la perte de 22 députés, il se réjouit d'avoir obtenu un gouvernement majoritaire GILLES TOUPIN SHAWINIGAN Le premier ministre réélu Jean Chrétien a minimisé la gravité du plongeon de 22 sièges de son parti lors du scrutin de lundi en faisant porter l'opprobre d'une telle contre-performance sur les coupes obligées qu'il a du faire dans les programmes sociaux pour mener la lutte contre le déficit.L'essentiel, selon l'appréciation extrêmement personnelle qu'il fait des résultats, c'est d'avoir obtenu 155 sièges, davantage que tous les partis d'opposition réunis.« Nous pouvons gouverner ! » a-t-il lancé alors qu'au cours des jours précédents il n'avait cessé de supplier les Canadiens de lui donner un « gouvernement fort ».Sur le trottoir devant la permanence du PLC de Saint-Maurice, hier matin à Shawinigan, et sous un soleil radieux, le chef du gouvernement, qui venait remercier ses organisateurs de comté avant de s'envoler pour Ottawa, a reconnu du bout des lèvres que le verdict des électeurs constituait une mise en garde à l'égard de ses politiques, notamment les diminutions des transferts aux provinces, qui ont forcé les gouvernements provinciaux à sabrer plusieurs programmes sociaux, dont les soins de santé.« C'est qu'il faut faire attention, a-t-il dit.Les coupures ont fait mal à certains endroits, c'est évident.Mais on n'avait pas vraiment le choix.Si nous ne le faisions pas, l'économie et les programmes sociaux auraient souffert encore plus au cours des années à venir.Nous avons fait ce qu'il fallait et nous avons gagné une majorité.Alors je suis très content.» Le chef libéral a ainsi davantage insisté auprès des journalistes sur le caractère historique et « inusité » de ce deuxième mandat consécutif du Parti libéral du Canada, une première depuis le premier ministre Louis Saint-Laurent, en 1953.M.Chrétien, qui a remporté la majorité de justesse avec 155 sièges sur 301, s'est aussi félicité de la progression fédéraliste au QuéDec, s'appropriant même les sièges des conservateurs de Jean Charest pour affirmer que le Bloc québécois avait perdu 10 sièges et que le vote fédéraliste avait gagné 11 sièges.« J'ai toujours cru, a affirmé le premier ministre, que s'ils ( les souverainistes ) tombaient en bas de 40 %, ce serait très bien.» La perte d'une dizaine de sièges par le Bloc québécois combinée à une baisse de 11 % de son éiectorat \u2014 ce qui le place à 38 % \u2014 sont pour le chef libéral « la grosse histoire de cette campagne », puisque cela donne un pourcentage de plus de 60 % pour l'option fédéraliste.Le chef libéral a également passé sous silence dans ses commentaires le phénomène de la régionalisation des partis politiques au Canada.Il a affirmé que la perte pour les libéraux de 22 sièges dans tout le Canada n'était rien en comparaison de la perte de 10 sièges pour le Bloc dans le seul Québec.En fait, alors que le score libéral dans l'Ouest canadien est anémique ( 15 sièges à l'Ouest de l'Ontario plus deux dans les Territoires ), le premier ministre a répété hier que son parti était le seul parti à avoir des sièges dans « toutes les régions » du Canada et que cela l'enchantait.Il a bien pris garde de ne pas utiliser le mot « province » en raison de la défaite par blanchissage de son équipe en Nouvelle-Ecosse.Quant à sa victoire remportée in extremis par une peu plus de mille voix dans son comté de Saint-Maurice aux dépens du bloquiste Yves Duhaime, M.Chrétien a mis cela sur le compte d'un emploi du temps trop chargé.« J'ai pas pu faire campagne électorale du tout dans le comté, a-t-il dit.Alors je comprends les gens qui n'ont pas pu me voir.J'étais partout dans le pays en tant que chef de parti.» Pourtant le député de Saint-Maurice avait affirmé en fin de semaine qu'il était suffisamment connu dans sa circonscription et qu'il n'avait pas besoin, pour se faire élire, d'y passer beaucoup de temps.Le premier ministre a aussi affirmé que son leadership n'était nullement menacé après cette courte victoire.« J'ai gagné une seconde majorité, a-t-il dit.Le Parti libéral sait que cela est toute une performance.» 11 a également renouvelé hier sa ferme intention de servir pendant toute la durée de son mandat.M.Chrétien, qui a un certain sens de l'histoire, souhaite ardemment entrer dans le XXIe siècle à la tête du Canada.Reste à savoir si ses collègues libéraux lui feront cette fleur.John Savage Frank McKenna Le succès des réformistes inquiète dans les Maritimes DENIS LESSARD NEWPORT, Rhode Island La montée du Parti réformiste au statut d'opposition officielle suscite de l'inquiétude à l'extérieur du Québec.Les premiers ministres des Maritimes, John Savage et Frank McKenna, ne cachaient pas hier leur inquiétude de voir ainsi ravivées les tensions et la flamme souverainiste au Québec.Les deux hommes qui avaient publiquement appuyé le Parti libéral, ont clairement reçu comme un avertissement la raclée subie par les troupes libérales dans les Maritimes.« Plusieurs s'inquiètent de la radicalisation qu'on peut prévoir avec le Reform », a résumé Lucien Bouchard hier en marge de la conférence annuelle des premiers ministre de l'Est du Canada et des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre.John Savage, le premier ministre de Nouvelle-Ecosse, était pessimiste, « choisir entre le Reform et le Bloc, c'est choisir entre le feu et la noyade.Ce sont des partis régionaux.J'ai des doute**, sérieux sur un parti aussi abrasif, c'est du fédéralisme destructeur, de commenter le politicien libéral.M.Manning dit qu'il faut briser des oeufs pour faire une omelette, je pense qu'il lait plus que briser des oeufs ».Selon le premier ministre conservateur de l'fle-du Prince-Édouard, Pat Binns, « l'Ouest ne veut pas adopter une attitude de confrontation à l'endroit du Québec, ce n'est pas inhabituel pour l'Ouest d'enregistrer un vote de protestation ».Frank McKenna, du Nouveau-Brunswick, souligne que le Parti réformiste a clairement été cantonné à l'Ouest du pays, tandis que le Bloc québécois a fait élire dix députés de moins qu'en 1993.L'élection du Parti réformiste « n'aide pas l'unité nationale ».Par ailleurs, selon John Savage, M.Manning a échoué à passer la frontière du Manitoba, mais, dé-plore-t-il aussi, Preston Manning « fait augmenter l'hostilité ».« Je pense que Manning et sa volonté messianique risque de passer à côté de la volonté d'un groupe important de la population.» Frank McKenna ajoute que « le Bloc et le Reform se nourrissent l'un l'autre ».Selon lui les compressions budgétaires expliquent la défaite des libéraux.M.Savage croit de son côté que les changements au régime d'assurance-chômage sont responsables de l'hécatombe libérale dans les Maritimes.Jean Chrétien s'est adressé aux journalistes, hier, au lendemain de dans Saint-Maurice, sur son adversaire bloquiste Yves Duhaime.PHOTOPC relativement serrée La saison change, changez-vous Faire corps avec ses dessous lejoby s'y connaît en dessous ! Laissez ses spécialistes vous galber en beauté Ion» de cliniques d'ajustement gratuites qui auront lieu les 5 et 6 juin de 14 h à 20 h aux deux adresses des Ailes de la Mode.Souffrir ?Ça non, jamais ! Rabais de 50% fur certains modèles LE8 AILES DE LA MODE MAIL CHAMPLAIN 6.72 45-37 I CAhrtLI OUn LAVAL bCH 4 5 A4^ LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 4 JUIN 1997 Élections 97 Duceppe croit «avoir remis le Bloc sur les rails» Le chef bloquiste s'attribue le mérite de la performance de son parti K ATI A GAGNON À l'issue d'une campagne marquée par les ratés de l'organisation bloquiste et les bourdes du chef, Gilles Duceppe s'attribue le mérite de la performance de son parti, qui a rem* porté 60 % des sièges au Québec, fait-il valoir, passant toutefois sous silence le pourcentage de votes tombé pour la première fois depuis 20 ans sous la barre des 40 %.S'il admet « certaines erreurs de parcours », M.Duceppe croit « avoir remis le Bloc sur les rails » durant les deux dernières semaines de campagne.Vous sentez-vous responsable des erreurs commises pendant cette campagne ?« Je me sens également responsable de cette victoire de 44 députés québécois, réplique-t-il.Quand on est chef, on doit prendre toutes les responsabilités.À 60 % des sièges gagnés, c'est une victoire pour les souverainistes.Le Bloc demeure la voix du Québec.» « Je suis convaincu que j'en ai fait ( des erreurs ) surtout sur le plan de l'image.Mais j'ai répondu aux questions, je ne me suis pas défilé comme M.Charest et j'ai démontré un grand sens démocratique, alors que M.Chrétien a répudié la démocratie.J'ai maintenu, dans une situation difficile, ce combat acharné », poursuit-il.Le chef bloquiste s'explique cependant mal ce qui s'est passé dans la forteresse souverainiste de Chicoutimi, enlevée à la surprise générale par les conserva- teurs.L'os majeur, admet M.Duceppe, aura été de définir la pertinence du Bloc aux yeux des électeurs.« Ça a été ardu », reconnaît-il, mettant sur le compte de la course au leadership conclue peu avant le déclenchement des élections une bonne partie des déboires que le Bloc a connus durant ces cinq dernières semaines.« À travers tout ça, ce que tout le monde a décrit comme une campagne pas facile à démarrer, ce replacement, ce deuxième souffle que les candidats et moi-même avons démontré a su nous permettre de remporter 44 comtés », dit-il, omettant de mentionner l'intervention controversée du premier ministre Chrétien, qui a largement contribué à alimenter le feu souverainiste.Le chef du Bloc avait du mal à cacher sa satisfaction de voir l'opposition officielle enlevée par les réformistes, ce qui devrait profiter à l'option souverainiste.« Je ne pense pas que ça soit souhaitable pour les Canadiens.C'est pas une bonne chose.Cela étant dit, un constat doit être fait : ça va démontrer qu'aucun de ces partis n'a de solution pour le Québec », dit-il.M.Duceppe ne s'inquiète pas non plus de la possibilité que la ligne dure adoptée par les réformistes à l'endroit du projet souverainiste démontre aux nationalistes mous la fragilité du projet de partenariat après un OUI référendaire.« Une fois que le OUI l'aura emporté, au Canada on dira : voilà, c'est fait.La situation va se modifier totalement.Quand on arrive sur le terrain du réalisme, des gens qui clamaient certaines choses commencent à regarder leur propre intérêt », conclut-il.PHOTO REUTERS Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, et son épouse, Yolande, ont manifesté leur joie après le dévoilement des résultats des élections, lundi soir.DES MAGASINS de BELOEIL et CAVENDISH Bouchard n'est pas pressé de déclencher des élections Le Québec a connu ses dernières élections fédérales, estime le premier ministre souverainiste DENIS LESSARD La baisse du Bloc québécois dans le suffrage exprimé lundi incite Lucien Bouchard à la prudence.Il n'y aura pas d'élections déclenchées avant l'automne 1998, la fin du mandat normal de quatre ans, a indiqué hier le premier ministre qui tire un enseignement du vote de lundi.Les électeurs « détestent » les scrutins hâtifs, lancés sans raison réelle.« Les gens -n'aiment pas cela, ils pensent que c'est un truc, que les politiciens tentent de prendre un raccourci pour obtenir un nouveau mandat.Les gens n'ont pas aimé cela en France, ni aux élections fédérales, et on doit entendre le message ici au Québec.Nous avons l'intention de respecter le mandat », a-t-il assuré, prenant soin de souligner que le PQ a été élu en septembre 1994.M.Bouchard a même rappelé qu'il arrivait « très souvent » qu'un gouvernement décide pour l'intérêt public d'ajouter un an au mandat traditionnel de quatre ans, de le prolonger jusqu'à la limite constitutionnelle de cinq ans.Le premier ministre, rencontré à l'aéroport de Dorval, d'où il devait s'envoler quelques minutes plus tard pour Newport au Rhode Island, pour la conférence annuelle des gouverneurs de Nouvel le-Angleterre et des premiers ministres de l'Est, a soutenu que l'arrivée du Parti réfomiste comme opposition officielle allait raviver la flamme souverainiste au Québec.« J'ai la conviction qu'il s'agit des dernières élections fédérales de l'histoire du Québec », a soutenu M.Bouchard qui a écarté du revers de la main la baisse significative des appuis au Bloc, qui passent de 49 % d'appuis en 1993 à 38 %.Pour lui, la polarisation du vote qui a permis aux réformistes de former l'opposition officielle montre que « le Canada réel tourne le dos à la notion des deux peuples fondateurs ».La montée du Reform signifie qu'une grande partie du Canada anglais exprime son refus de la spécificité québécoise.Si des Canadiens restaient réceptifs à l'idée de société distincte, les électeurs du Reform « viennent d'imposer un verrou qui empêche désormais tout consensus canadien véritable sur la reconnaissance concrète du peuple québécois », a déclaré M.Bouchard.Selon lui, le faible taux de participation au Québec, 70 % comparativement à 77 % au précédent scrutin, « explique en bonne partie les quelques pertes enregistrées par le Bloc».Lundi, insiste-t-il, les Québécois ne se sont pas prononcés sur la souveraineté, pas plus que sur leur appui au Parti québécois.Le Bloc conserve une « forte majorité » des comtés au Québec, 44 sièges sur 75, fait-il valoir.Devant le manque de clarté des enjeux, la faible participation, les 44 sièges conservés par le Bloc montrent que « la base souverainiste est très forte », estime M.Bouchard.PHOTOPC ' Lucien Bouchard et son épouse, Audrey, avant leur départ pour Newport, où le premier ministre assiste à la conférence des gouverneurs de Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de Test.« Le Québec devrait être un pays souverain quand nous entrerons dans le troisième millénaire » a-t-il soutenu.Selon lui, le résultat des élections démontre clairement que deux routes seulement s'offrent au Québec : devenir une province comme les autres ou un pays souverain.« Confuse » et sans enjeux, la campagne électorale s'est terminée sur un vote de protestation, analyse M.Bouchard, qui relève que les trois quarts des Québécois auront voté contre la réélection du gouvernement Chrétien.Pour lui, la baisse du Bloc n'a rien à voir avec les compressions décrétées par le gouvernement québécois.L'élection d'un député conservateur dans le fief souverainiste de Chicoutimi est vue « comme un accident de parcours ».Il faudra analyser davantage les résultats du vote, pense M.Bouchard qui reconnaît que le statut d'opposition officielle obtenu par le Bloc en 1993 était « une prime » qui conférait plus de visibilité à la thèse souverainiste.Désormais tiers parti, le Bloc « est dégagé de son obligation de se comporter comme un parti national et peut se concentrer sur la défense des intérêts du Québec ».À l'inverse, la nouvelle opposition réformiste « n'est pas amicale, c'est l'opposition la plus délibérément antiquébécoise qu'on puisse imaginer ».dira-t-il.Selon lui, bien des gens au Canada étaient mal à l'aise hier de voir une campagne « antiquébécoise » procurer 60 sièges et le statut d'opposition officielle au parti de Preston Manning.DANS TOUT LE MAGASIN MAINTENANT VENTES FINALES BELOEIL CAVENDISH LUNDI-MARDI 10h-18h, MERCREDI-JEUDI-VENDREDI 10h-21h, SAMEDI 9h- 18h, DIMANCHE 10h-17h LUNDI-MARDI-MERCREDI 10h-18h, JEUDI-VENDREDI 10h-21h, SAMEDI 9h-17h, DIMANCHE 10h-17h Nous acceptons les cartes Eaton, Visa.MasterCard et American Express.Désolés, aucun chèque.fui et ie9doN3rvre,r' (ouï?aut* oaç Do L'ivrogne sous le lampadaire J# ai passé la soirée des élections * comme la majorité des gens, devant ma télé.Notez que j'ai écrit devant, plutôt que rivée, vissée ou tétanisée.Il y a deux raisons à cela.D'abord le boss m'ayant donné congé pour la soirée, je n'ai pas eu à m'enchaîner à la télé pour suivre le hoquet des résultats.Mais il y a surtout que ces élections n'ont pas réussi une seule fois en 35 jours à me passionner.J'ai raté le gros de la course à cause du Festival des films de Cannes.Quand je suis revenue, tout était déjà terminé.Claire La-marche était sortie de l'hôpital, Parizeau et Duceppe, réconciliés, Preston Manning se défendait d'être le fanatique qu'il est et Jean Charest n'était déjà plus le wonder boy frisé qu'il sera sans doute à nouveau aux prochaines élections.Que je sois allée voter tient du miracle.Je connais au moins une douzaine de personnes dans mon entourage immédiat qui n'ont pas eu ce courage-là.Des gens de tous les âges et de toutes les allégeances qui, par indifférence, cynisme ou désillusion, n'en avaient rien à cirer des élections.Quand on pense qu'au Canada, ils sont environ 8 millions de désillusionnés sur les 1° millions en âge d'aller voler, on peut se demander ce qui va se passer si la tendance se maintient.Quelqu'un m'a raconté l'histoire d'un petit vieux qui est allé voter lundi.Personne ne lui a donné le mode d'emploi du bulletin de vote.Si bien que tout seul dans l'isoloir, le pauvre vieux n'a pas su quoi faire.Au lieu d'ouvrir son bulletin de vote et de tracer un X à côté du nom du candidat de son choix, il a omis de déplier le bout de papier.Résultat : il n'a voté pour personne sur un pan de papier noir et plié.À mesure que les noms et les comtés déboulaient au petit écran, je me suis rendu compte que j'étais aussi égarée que le petit vieux.Et plus la soirée avançait, plus le petit vieux en moi ressemblait à un ivrogne sous un lampadaire.Non seulement je voyais double, mais je ne voyais plus clair.À l'exception des chefs et de quelques candidats vedettes, je ne voyais aucun visage le moindrement familier.À l'écran, on me signalait que Sarmite Bulte venait d'être élu en Ontario.Sacré Sarmite, va ! Longtemps qu'on s'est pas vus.À l'écran toujours, j'apprenais que des êtres humains vivent et votent à West Koote-nay et à Brandon-Souris.Et moi qui croyais que le Canada manquait d'exotisme.De fois en fois, la soirée des élections fédérales me procure un désagréable sentiment de dépaysement.Je serais à Marseille ou en Moldavie, l'effet serait le même.Comment pourrait-il en être autrement quand tout au long de la soirée, vous voyez apparaître comme par enchantement des noms inconnus et des lieux dont vous n'avez jamais soupçonné l'existence ?Bernard Derome a beau répéter que c'est soir d'élections au pays, son pays est moins un pays qu'une succession d'îles à la dérive sur la carte électorale.Le dépaysement ne diminue pas avec l'arrivée des commentateurs.Au contraire.Le dépaysement dégénère en confusion à mesure que chacun interprète le vote à sa manière et forcément en annulant ce que le voisin vient de dire.Bientôt, le festival des arguments verse dans la cacophonie.On ne comprend rien.On se demande qui croire et surtout on sait d'avance que dans six mois ou un an, tous ces commentateurs vont changer d'idée et se contredire.Dans le fond, le soir des élections comme disait l'autre, il n'y a que les résultats qui comptent.C'est vrai.Le soir des élections, je m'accroche aux résultats comme un ivrogne s'accroche aux lampadaires : davantage pour me tenir debout que pour y voir clair.Le fils ( bien élevé ) du tyran Le maréchal Joseph-Désiré Mobutu était peut-être un tyran, un despote, un facho et un sale individu, il n'en demeure pas moins qu'il a bien élevé ses enfants.Collèges privés, formation religieuse stricte, souci de l'ordre et de la discipline, le tyran ne badinait pas avec l'éducation de sa progéniture.C'est du moins ce que j'ai appris à la suite de ma chronique sur Nzanga Mobutu, que la rumeur voulait vivant et planqué dans un peu -thouse à Montréal.Pour tout dire, j'ai appris une foule de choses depuis la parution de cette chronique.J'ai appris qu'en raison des bonnes manières inculquées par son tyran de père, Nzanga n'a jamais distribué de films euro-pornos.Il a même refusé avec un dédain princier d'acheter les droits d'Emmanuelle, ce classique erotique nimbé de vaseline.J'ai appris par la même occasion que Richard Le Hir est plus susceptible qu'une huître.Le député indépendant de l'Assemblée nationale est convaincu que j'ai écrit dans ce journal qu'il a été l'associé du fils Mobutu.Il halluciné ! Tout ce que j'ai écrit c'est que Le Hir a rencontré le fils Mobutu une fois ( il me l'a confirmé ) mais qu'il a toujours refusé de s'associer à lui.J'espère que c'est clair : RICHARD LE HIR N'A JAMAIS ÉTÉ L'ASSOCIÉ DE NZANGA MOBUTU.Et puisque nous y sommes, Nzanga Mobutu n'a jamais tenu boutique ni vendu des masques africains, avenue Laurier.Cela, je l'ai appris de la bouche furieuse du propriétaire d'Artefact International, l'unique boutique d'art africain de l'avenue.Depuis la parution de ma chronique, les clients d'Artefact sont sur les dents.Plusieurs d'entre eux menacerit de boycotter la boutique et de rendre leurs masques africains de peur de salir leurs blanches mains et d'être éclaboussés par le virus Mobutu.Qu'ils soient rassurés : vérification faite, le fils Mobutu n'a jamais mis les pieds à Artefact.La méprise tient au fait qu'il était copain avec un vendeur de bijoux de fantaisie en face.Copain et c'est tout.Voilà pour les mises au point.Pour ce qui est du reste, j'ai appris que toutes mes sources zaïroises parlaient à travers leur chapeau.Et que leur haine viscérale à l'endroit de Mobutu est inversement proportionnelle à leur besoin d'entretenir à tout prix la rumeur voulant que son fils vive encore à Montréal.Pas surprenant que tout le monde chez eux s'appelle Désiré.C'est le prénom de ceux qui prennent leurs désirs pour la réalité.C'est pourquoi la prochaine fois qu'un Zaïrois vous annonce en catimini que le fils Mobutu est en ville, dites-lui donc d'aller voir si j'y suis.« Le Reform Party, ce n'est pas le Canada » Daniel Johnson GILLES NORMAND dû bureau de La Presse.QUÉBEC Le chef de l'opposition libérale à Québec, Daniel Johnson, juge qu'il ne faut pas « démoniser l'ensemble du Canada » sous prétexte que le Reform Party constitue l'opposition officielle à la suite des élections de lundi.« Il y a une personne sur quatre seulement, dans le reste du Canada, qui a voté pour un parti extrémiste monolithique et aussi homogène que le Reform.Le Canada, c'est beaucoup plus complexe que cela », commente Daniel Johnson.Autrement dit, selon sa vision des choses, « trois électeurs sur quatre ont voté pour des partis fédéralistes qui, par écrit, dans leurs programmes politiques el par leur chef, ont indiqué qu'ils étaient disposé à travailler pour reconnaître le caractère distinct du Québec ».« Le Reform Party.ce n'est pas le Canada », estime le chel libéral provincial, selon qui seul le premier ministre Lucien Bouchard croit le contraire.« Evidemment, lui, il cherche toujours à diviser les Québécois entre eux et à les diviser contre les autres Canadiens », ajou-te-t-il.Selon M.Johnson, il suffit que regarder les résultats électoraux pour constater que le Canada de l'Atlantique, dans lequel il englobe le Québec, de même que l'Ontario, le Manitoba et l'Ouest canadien « sont des régions distinctes qui s'expriment démocratiquement et politiquement selon leurs particularités ».S'il reconnaît que le Parti libéral du Canada, notamment à travers certains ministres comme Doug Young, a payé le prix « de certains gestes difficiles qu'il a cru devoir faire », M.Johnson estime que le vote de lundi traduit « l'expression de régionalismes et de la variété qu'on retrouve au Canada ».Certains députés libéraux provinciaux ont appuyé des candidats dans celte campagne électorale.La députée de Saint-François, Monique Gagnon, s'en est pour sa part tenue à donner son appui à Jean Charest, évitant toute participation directe.« Une partie de mon organisation s'est impliquée », reconnaît la députée qui se dit un peu surprise de la quantité des partis reconnus.« Cela signifie qu'un premier ministre doit être capable de composer avec cela », dit-elle, refusant de préciser si elle en croit Daniel Johnson Jean Chrétien capable.Elle se dit persuadée qu'avec 20 députés, Jean Charest va pouvoir « faire un bon travail ».M.Charest représente un choix intéressant, croit-elle, et elle est loin d'être déçue des résultats.« Dans l'Estrie, il s'agit d'une belle victoire.Nous avons éliminé trois députés du Bloc québécois.» Le leader parlementaire de l'opposition libérale à Québec, Pierre Paradis, a aidé son frère Denis, qui est sorti victorieux de la lutte dans Brome-Missisquoi.« C'est une bonne terre bleue, très fertile pour les conservateurs.Mais la vague bleue est arrêtée chez nous, où nous avons privilégié une campagne de terrain.» Lorsqu'on invite Pierre Paradis à commenter le fait que les libéraux n'ont pas fait de percées dans les comtés francophones, il explique la situation par « les luttes à trois qu'il y avait un peu partout ».Il ajoute que le PLC avait « une grosse côte à remonter dans les régions francophones ».« En gros, en dehors de l'ouest de Montréal et l'Outaouais, les libéraux détenaient le comté de Jean Chrétien ( Saint-Maurice ), celui de Patrick Gagnon ( Bonaventure\u2014Gaspé\u2014 îles-de-Ia-Madeleine, et celui de mon frère ( Denis Paradis, dans Brome-Missisquoi ).C'est de là qu'ils partaient.» M.Paradis souligne que si les conservateurs n'ont pas obtenu un grand nombre de comtés au Québec ( cinq ), ils ont quand même obtenu un pourcentage intéressant d'appuis.« Ceux qui ne sont pas souverainistes purs et durs et qui avaient voté pour le Bloc en 1993, étaient beaucoup plus à l'aise de voter conservateur que libéral.Ce n'est pas évident de partir du Bloc pour voter libéral », explique M.Paradis en riant. LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 4 JUIN 1997 ?A 7 Élections 97 Suite de la page A 6 / Pontiac-Gatlneau-Labelle Libéral Robert Bertrand Homme d'affaires 44 ans Majorité: 6 919 Nord-Ouest (2 députés) Abitibi Libéral Guy St-Julien Avocat 57 ans Majorité: 2 408 Témiscamingue Bloc québécois Pierre Brien Administrateur 27 ans Majonté: 5 907 v Charest pourra retrouver une vie de famille VINCENT MARISSAL SHERBROOKE Même s'il avoue sans détour qu'il espérait recueillir plus de 20 sièges, la récolte de lundi soir permettra à Jean Charest de ne plus porter son parti sur ses seules épaules.Plus important encore, le jeune chef conservateur pourra désormais réorganiser sa vie pour passer plus de temps avec sa famille.Il serait faux de prétendre que Jean Charest jubilait hier matin, 12 heures après avoir vu son parti renaître de ses cendres.Calme et posé, il a accueilli le résultat du vote comme une bonne dose d'oxygène, autant pour son parti que pour sa vie privée.« Les prochaines années seront différentes; nous avons maintenant un caucus de 20 personnes, nous aurons les ressources qui vont avec, cela me permettra d'organiser ma vie différemment, j'aurai l'occasion de mieux connaître mes enfants.» Après la débâcle de 1993, Jean Charest a décidé de prendre la route à travers le Canada dans l'espoir de reconstruire son parti plutôt que de rester aux Communes et de rentrer tranquillement chez lui, à Hull, tous les soirs.Évidemment, il y a un « prix à payer » pour une famille, reconnaît le père de trois enfants tous âgés de moins de 14 ans.« Je ne souhaiterais à personne ce que j'ai vécu politiquement, a commenté hier M.Charest entre les murs de l'Université de Sherbrooke, où il a fait ses études de droit.Je l'ai fait parce que j'ai voulu le faire et ils ( la famille ) ont accepté les sacrifices, mais l'csi beaucoup demander.» À en juger par le piètre éiat du moral des troupes et du chef, dimanche soir, le scénario d'un autre désastre a très certainement effleuré l'esprit de Jean Charest et de son épouse, Michelle Dionne, qui l'a accompagné durant ces 36 jours de campagne.La famille était-elle prête à s'imposer de nouveau tous les sacrifices d'une nouvelle traversée du désert ?Jean Charest ne répond pas directement, mais ses déclarations au cours des derniers jours de la campagne laissent croire qu'il avait atteint la limite, ces trois dernières années, de ce que l'on peut « raisonnablement demander à sa famille ».Son épouse, quant à elle, a confié à La Presse que les trois dernières années ont été « très difficiles » et que la famille ne pouvait plus continuer à ce rythme.« Les enfants ont besoin de Jean, je ne peux pas remplacer le père », dit Mme Dionne.Si les conservateurs n'avaient pas retrouvé le statut de parti officiel, on peut tenir pour acquis que Jean Charest aurait tiré sa révérence.« À moins que les élections n'aient donné un gouvernement minoritaire », avance prudemment son épouse.photo reuters Faisant hier l'autopsie de la campagne électorale devant les journalistes, Jean Charest a admis que la déclaration de Jean Chrétien sur la règle référendaire du 50 % plus un a fait mal aux conservateurs.« Un pas très significatif » Heureux malgré tout de la performance de son parti, Charest soutient que la déclaration de Chrétien sur Vaprès-référendum était délibérée VINCENT MARISSAL SHERBROOKE Jean Charest a finalement admis hier ce qu'il s'évertuait à nier depuis une dizaine de jours : les déclarations de Jean Chrétien sur la règle du 50 % plus un et les charges de Preston Manning contre le Québec ont favorisé la remontée du Bloc au détriment du PC.M.Chrétien savait d'ailleurs ce qu'il faisait, a déclaré le chef conservateur.« Le pas n'est peut-être pas aussi grand que j'aurais souhaité, il est néanmoins très significatif ; je suis très satisfait de notre campagne », a indiqué M.Charest au cours d'une conférence de presse, hier à Sherbrooke.Rappelant que son parti revient de loin, Jean Charest estime avoir passé avec succès le « test » auprès de l'électoral canadien.« On a voulu faire la démonstration dans cette campagne que notre parti est capable de rejoindre l'ensemble de la population, a-t-il commenté.C'est le test en politique nationale.À défaut de pouvoir répondre à cette question, plus rien n'est possible.» Malgré une récolte modeste à travers le pays, Jean Charest fait une lecture positive des résultats, en particulier au Québec et en Ontario.« On a ramassé plus de 20 % des votes au Québec, se félicite-t-il.C'est un signe très positif pour le pays ; je souhaite de tout coeur que les gens de l'Ouest comprennent ce que ça veut dire.» La victoire d'André Harvey dans Chicoutimi n'est pas qu'un exploit, c'est aussi un message au reste du Canada, selon Jean Charest.« Il y a là un élément important, un signal important.Au Québec, nous avons cinq députés, c'est assez pour nous relancer.» Pour ce qui est de l'Ontario, M.Charest se réjouit d'avoir surpassé les réformistes, même si cette performance ne lui a apporté aucun siège.C'est l'histoire du Parti conservateur, tant cette année qu'en 1993 : il termine deuxième pour ce qui est du pourcentage de votes, mais dernier quant au nombre de sièges.Ce qui fait dire à Jean Charest que l'on peut « se faire un système qui nous évite des parlements fracturés tout en assurant une représentation plus équitable ».Non seulement son parti revenait-il de loin, mais il a dû aussi affronter au Québec et en Ontario les tactiques des libéraux et des réformistes, analyse M.Charest.À cet égard, la déclaration de Jean Chrétien sur un après OUI était délibérée, accuse M.Charest.L'ironie de la situation, c'est que le premier ministre a salué lundi soir l'apport du chef conservateur dans la bataille de l'unité nationale.« Il sait qu'il a beaucoup de difficultés au Québec à convaincre que le Canada est toujours le meilleur choix », dit M.Charest, tout en répétant que les intérêts du Canada passeront toujours avant la partisanerie si les souverainistes déclenchent un nouveau référendum.Dans leur analyse de la campagne, les conservateurs estiment par ailleurs que Preston Manning a délibérément aidé le Bloc avec ses publicités anti-Québec.« M.Manning est devenu une raison de voter pour le Bloc », affirme M.Charest.Quant à une alliance entre réformistes et conservateurs, une hypothèse qui sourit à certains tenants de la droite, M.Charest la rejette formellement.« M.Manning a clairement indiqué où il loge par rapport à un certain nombre de valeurs ; je ne ferai aucun compromis à ce chapitre, affirme-t-il.Il y a des choses dans ce pays auxquelles je crois profondément.» Jean Charest a rencontré hier matin ses trois députés de l'Estrie : David Price, Diane Saint-Jacques et André Bachand.Il réunira son caucus pour la première fois le 16 juin.C'EST PAS TOUS LES JOURS QU'UN CONCESSIONNAIRE VOUS OFFRE LE CHOIX! 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