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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Politique
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1998-02-12, Collections de BAnQ.

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[" EDITORIAL / OPINIONS L'EXPRESS POLITIQUE Un non positif ¦ Pour le ministre québécois des Affaires intergouvernementales canadiennes, Jacques Brassard, il y a un côté positif à la décision majoritaire des Communes \u2014 par le PLC et le Re-form \u2014 de défaire une motion du Bloc québécois qui soutenait que les Québécois ont le droit de choisir librement leur avenir.Le Parti conservateur,, le NPD et le Bloc il va de soi, ont appuyé cette motion, souligne M.Brassard.« Ce faisant, ils ont rejeté la procédure mise en oeuvre par le gouvernement fédéral en Cour suprême.C'est un gain qui vient élargir le consensus qui se renforce au Québec, au-delà des partis, sur le droit des Québécois de décider de leur avenir », observe M.Brassard.Il se réjouit aussi de l'adhésion du sénateur conservateur, Pierre-Claude Nolin, de se joindre au mouvement Pro-Démo-cratie \u2014 où se trouvait déjà son collègue Jean-Claude Rivest.M.Nolin a assuré l'appui de Jean Charest à la démarche, note M.Brassard.« On sait que l'opposition au droit à l'autodétermination des Québécois se limite maintenant au Parti libéral fédéral et au Reform Party », résume M.Brassard.Selon lui, toutefois, il ne serait pas utile d'avoir une motion similaire, pour dénoncer le renvoi fédéral en Cour suprême à l'Assemblée nationale.Pour M.Brassard, une position claire de l'Assemblée nationale n'ajouterait rien au débat puisque les partis, le PQ, le PLQ et l'ADQ, sont tous opposés au renvoi.Dans les coulisses au gouvernement, on indique qu'on ne voulait pas risquer de déstabiliser Daniel Johnson.Son désaveu, coïncidant avec celui de Claude Ryan de la démarche fédérale en Cour suprême, a valu bien des problèmes aux députés libéraux des circonscriptions anglophones.Denis Lessard Rexfor ne déménage pas ¦ Même si elle était avalée par la Société générale de financement, Rexfor n'aurait pas à déménager à Montréal, a soutenu hier le ministre des Finances, Bernard Landry.Le Conseil des ministres aura à trancher avant le budget du Québec sur l'avenir de sociétés d'État comme Rexfor et la Société québécoise d'initiatives agro-alimentaires (Soquia), que souhaite intégrer le président de la SGF, Claude Blan-chet.M.Landry est favorable au projet de mega-SGF, bien modeste par rapport au projet d'origine.Les minsitres responsables de Rexfor et Soquia, Guy Chevrette et Guy Julien, y sont fermement opposés.Le gouvernement n'a pas fait son lit, dit M.Landry.Mais les conseillers municipaux de Québec qui craignent des déménagements d'organismes s'inquiètent pour rien, « j'ai toujours été partisan de la Capitale nationale, rien dans ce projet ne diminuera l'emploi à Québec », de dire M.Landry.Toutefois, « cela ne garantit à personne son siège, il peut y avoir du mouvement de personnel, c'est sain, mais il n'y aura pas de diminution de personnel à Québec » insiste-t-il.Denis Lesaard Chevrette prolonge ses vacances m Le ministre d'État aux Ressources naturelles, Guy Chevrette, prolonge d'une semaine son s.-jour sur les plages de la Floride, continuant de réfléchir à son avenir politique.Au cabinet de M.Chevrette, on a reçu la consigne d'annuler toutes les activités du patron pour la semaine prochaine, alors qu'il devait au départ revenir au Québec en fin de semaine.S'il décide de continuer à occuper lés fonctions de ministre, M.Chevrette devrait en principe revenir entendre le président d'Hydro'-Québec André Caillé, qui se présentera en commission parlementaire les 24 et 25 février prochains.Katia Gaçnon - Autres informations pages B4 à Bll PHOTOPC Le sénateur conservateur Pierre-Claude Nolin a annoncé hier son adhésion au mouvement Pro-Démocratie.Sur la photo, le ténor du PC s'entretient avec la présidente du Mouvement national des Québécois, Mme Monique Vézîna.Nolin se joint à Pro-Démocratie avec la bénédiction de Charest CHANTAL HÉBERT Le mouvement d'opposition à l'intervention de la Cour suprême dans le dossier du droit à la sécession du Québec a gagné encore un peu de terrain fédéraliste hier.Une journée après avoir voté avec le Bloc québécois aux Communes pour réitérer le droit à l'autodétermination des Québécois, le chef conservateur, Jean Charest, a donné sa bénédiction à un de ses ténors qui a joint la coalition Pro-Démopratie, mise sur pied pour protester contre la décision fédérale de saisir la Cour de la question.Le sénateur Pierre-Claude Nolin, coprésident de la récente campagne électorale du PC, a rallié les rangs de l'organisme au cours d'une conférence de presse à Montréal.« Le Parti conservateur du Canada a entériné le droit à l'autodétermination du Québec et nous ne sommes jamais revenus là-dessus », a-t-il expliqué.Ce feu vert à ses membres en provenance de la direction d'une formation pancanadienne clairement identifiée au fédéralisme a pour effet de sortir un tant soit peu le groupe Pro-Démocratie du sérail souverainiste.À de très rares exceptions près comme l'ancien chef de cabinet de Robert Bourassa Jean-Claude Rivest, également sé- nateur conservateur, les groupes et individus associés à la coalition sont identifiés au clan souverainiste, la vaste majorité ayant milité ouvertement pour le OUI lors du dernier référendum.Hier, le sénateur Nolin a ainsi apposé sa signature au bas du manifeste du groupe en compagnie de la politologue Josée Legault et de l'écrivain Yves Beauchemin et sous l'oeil bienveillant de représentants du Mouvement national des Québécois et de la CSN.Ce faisant, le sénateur Nolin se défend de nuire au fédéralisme.Il estime que c'est plutôt le projet du gouvernement Chrétien d'amener la Cour suprême à baliser la volonté populaire des Québécois par l'entremise de la Constitution qui est susceptible d'entacher la cause canadienne au Québec.« Ils auraient dû y peqser avant d'aller en Cour suprême », affirme-t-il au sujet des brèches de plus en plus nombreuses qui résultent du renvoi dans le camp fédéraliste.Il ne faut pas s'attendre à ce que le Parti libéral du Québec emboîte le pas.Malgré les critiques acerbes adressées la semaine dernièïc aux auteurs du renvoi fédéral par les Claude Ryan et Daniel Johnson, il n'est pas question de s'enrôler officiellement dans ce genre de coalition.« Il y a une volonté nette qu'on n'embarque pas là-dedans », indique Ann Champoux, attachée de presse de M.Johnson.Quant à l'Action démocratique, son chef a décliné l'automne dernier l'invitation que lui avaient fait ses ex-alliés du camp du OUI de se joindre à Pro-Démocratie et maintient son refus.Même du côté des conservateurs fédéraux, l'opération ne fait pas nécessairement l'unanimité.Aux Communes mardi, la députation conservatrice, y inclus plusieurs élus de l'extérieur du Québec, a joint ses voix à celles du NPD et du Bloc pour réaffirmer le droit des Québécois à décider de leur avenir.Mais hier au bureau du chef conservateur, la nouvelle de l'arrivée du sénateur Nolin dans les rangs de Pro-Démocratie a provoqué des remous et le chef conservateur a dû préciser que son adhésion à la coalition « ne s'inscrivait pas dans une stratégie officielle du PC », expliquant qu'il préférait « mener sa propre barque ».Le renvoi fédéral sera entendu en Cour suprême à compter de lundi.Québec nomme | les six membres de la commission Nicolet DENIS LESSARD du bureau de La Presse, QUÉBEC| Le gouvernement a nommé hier les six personnes qui participeront à la commission présidée par Roger Nicolet en formant « un éventail très large de com* pétences », a soutenu hier l'ingénieur montréalais.M.Nicolet prévoit une pre* mière réunion « de prise de contact » demain ou lundi prochain.Le début des audiences prendra cinq ou six semaines de prépara* tions et il prévoit déjà deux bloc d'au moins quatre semaines d'audiences publiques, avant et après l'été, a-t-il indiqué hie* dans un entretien à La Presse.Son rapport doit être prêt pour la fin novembre, mais ce délai pourrait être légèrement reporté, indique-t-il.Tous le* commissaires participeront aux audiences publiques, mais (k pourra y avoir des sous-comitéè spécialisés pour traiter de questions plus complexes.L'un des six membres dési* gnés par Québec, hier, André Dicaire, avait toutefois accepté c£ mandat avec l'assurance qu'il s'agissait d'un engagement « à temps très partiel » qui ne l'empêcherait pas d'accepter d'autres responsabilités dans le secteur privé, soit un emploi dans le secteur de la haute technologie.M.Dicaire, président de la Régie de l'assurance-maladie jusqu'en décembre dernier, a été sous-ministre de la plupart des plus importants ministères à Québec, au Conseil du Trésor et à la Santé, notamment.Les autres spécialistes retenus, par Québec sont Hélène Denise professeur au département de-mathématiques et de génie industriel de l'École polytechni-: que ; Nicole Trudeau, avocate Claude Bernier, maire de Saint-» Hyacinthe ; Louis Cloutier, ingé-' nieur professeur de génie à Laval, et Armand Roy, militaire à' la retraite, commandant des forces terrestres de la Défense nationale pour le territoire du Québec.SONDAGE GALLUP Le PLC retrouve sa popularité La nouvelle année sourit à Jean Chrétien.Les libéraux fédéraux ont retrouvé la faveur des Canadiens après une brève baisse en décembre.Quelque 55 % des Canadiens auraient voté pouf' eux à la fin janvier, selon la mai-' son Gallup, un niveau semblable à ceux d'octobre et novem-; bre.En décembre, l'appui populaire des libéraux était descendu à 51 % et aux élections de juin, il se situait à 38 %.Les autres partis se maintien-i nent, sauf les conservateurs qui; baissent de 16 % à 13 % et les néo-démocrates qui passent de 10 % à 8 %.Les réformistes sont à 14 %, contre 13 % en décem-* bre, et le Bloc à 9 %, en hausse i d'un point de pourcentage.Près du tiers des Canadiens, 28 %, sont indécis.Les résultats de ce sondage sont basés sur 1002 entrevues téléphoniques avec des adultes, qui ont eu lieu entre le 22 et le 27 janvier.Un échantillon de cette taille est précis 19 fois sur 20, avec une marge d'erreur del 3,1 points de pourcentage.Déficit: Landry garde ses objectifs envers et contre tout .1 DENIS LESSARD du bureau de La Presse, QUÉBEC En dépit des factures de la crise du verglas, et de l'incertitude qu'elle fait peser sur les finances publiques, le ministre des Finances, Bernard Landry, soutient que toutes les cibles annuelles de déficit seront maintenues jusqu'au déficit zéro pour l'année financière 1999-2000/ Le déficit de l'année qui se termine sera de 2,2 milliards ; le prochain budget fera état d'un déficit de 1,2 milliard, comme prévu au plan de match du gouvernement, a insisté hier le ministre Landry.M.Landry compte rendre publics demain \u2014 avec une synthèse des opérations financières \u2014 des chiffres précis sur les conséquences du les hier.verglas sur finances publiques dans l'année financière qui se termine à la fin mars.« Je l'avais dit, hélas ! je ne m'étais pas trompé, les conséquences sont graves pour les finances publiques », a-il lancé Québec a pu gratter 200 millions de crédits non dépensés \u2014 périmes \u2014 dans les enveloppes des ministères.Cela a été fait « d'une manière non cruelle », a dit M.Landry qui, il y a trois semaines, parlait du « scalpel » des décideurs du Trésor, ce qui lui avait valu des frictions avec son collègue Jacques Léonard.Le reste de la facture, environ 200 autres millions, pourra s'éponger à partir des surplus encaissés à la fin de 1997, au moment où l'économie tournait plus vite que prévu.« On a eu alors une surprise positive de 200 à 300 millions », indique-t-il.L'objectif de 1,2 milliard pour 1998-1999 sera « plus difficile à atteindre, mais on a un plus long délai devant nous, expose le titulaire des Finances.On va atteindre nos objectifs c'est incontournable.On est la province la plus endettée du Canada per cap il a, on est la plus taxée per capita et cela a trop duré.» M.Landry, qui parle en privé de la seconde semaine de mars pour le mm dépôt de son budget, reconnaît que toute l'incertitude liée aux factures* du verglas l'embête passablement.Pour le moment, insiste-t-il, l'ob-* jectif quant au moment du dépôt reste le même.^\\ Sur le budget fédéral, annoncé pour le 24 février, M.Landry me en garde son homologue fédéraC » Paul Martin s'il était tenté de de*1 penser dans les champs de compé tence des provinces.« Cette tentfl tion est permanente et habituellement il n'y résiste pas.Pour le reste, le fardeau fiscal es très lourd », rappelle M.Landry'.; M.Martin devrait consacrer le plo* gros de sa marge de manoeuvre \u2014 les trois quarts, avait suggéré lu-cien Bouchard \u2014 à l'allégement du fardeau fiscal, a soutenu M.Lan dry. B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 12 FÉVRIER 1998 Editorial André Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef M Pierre Gravel La charrue devant les boeufs Il y a des évidences tellement criantes qu'on peut se demander pourquoi il devient parfois nécessaire de les rappeler.Comme la pertinence du vieux dicton suggérant de ne pas mettre la charrue devant les boeufs.Ou, en l'occurrence, d'attendre d'avoir établi ce qui n'a pas fonctionné pendant une crise avant d'en tirer les leçons pour l'avenir.nBBnnBHBHn C'est pourtant le rappel qu'a dû faire récemment la présidente de l'Union des MRC, Jacinthe Simard, étonnée par la précipitation du ministre de la Sécurité publique qui tient absolument à faire adopter, dès ce printemps, une loi forçant toutes les municipalités à se doter d'un plan de mesures d'urgence.Avant même que soient terminées les études de la commission Nicolet qui doit justement s'inspirer de la dernière catastrophe du verglas pour recommander des améliorations aux procédures actuelles en cas de sinistre.Après avoir projeté pendant un mois l'image d'un homme dépassé complètement par les événements et devant les critiques générales contre les responsables de la Sécurité civile, on peut comprendre que le ministre Bélanger veuille donner l'impression qu'il brûle de passer à l'action.Mais ce n'est pas une raison pour imposer à toute vitesse des hypothèses de solution qu'il faudra peut-être modifier, dans quelques mois, quand on aura une vue d'ensemble du problème.Il est probable qu'on devra forcer toutes les municipalités à envisager les pires éventualités.Et à adopter des dispositions pour y faire face, le cas échéant.Mais dans quel cadre général ?Selon quel partage d'autorité et de responsabilités entre elles, les MRC et les autres niveaux de gouvernement ?Sans tenir compte de la taille des villes et de la disparité des ressources ?En vertu de quelle compétence technique ou scientifique ?Comme si un même programme pouvait indistinctement s'appliquer en cas d'écrasement d'avion, d'inondation, d'incendie de BPC, de séisme, d'épidémie ou de déversement de produits toxiques ! On a vu, lors de la dernière crise \u2014 et dans combien d'autres cas ! \u2014 combien peuvent s'avérer irréalistes, voire néfastes, des décisions prises à Québec par des fonctionnaires enfermés dans leur tour d'ivoire.On a froid dans le dos rien qu'à penser à une loi qu'ils pourraient concocter pour imposer, d'en haut, à tous ceux qui travaillent au ras du sol des exigences qui ne collent pas à la réalité.Uniquement pour qu'on sente que le ministre a pris les choses en mains.Il serait évidemment naïf de s'attendre à ce que la commission Nicolet définisse des solutions miracles à tous les problèmes qui peuvent survenir.Mais, pour une fois qu'on se donne la chance de profiter d'une mauvaise expérience pour améliorer les choses, on pourrait au moins prendre le temps d'envisager toutes les pistes possibles en s'assurant que tous les intéressés seront conscients des enjeux.Et que, pour une fois, il seront associés, au départ, à Téiaboration des programmes qu'ils auront à appliquer.Ce serait la façon logique de procéder et il faut espérer que M.Bélanger entendra l'appel au bon sens lancé par la présidente des MRC.Son image de ministre bien déterminé à faire preuve de leadership en souffrira peut-être un peu.Mais ce n'est sûrement pas un délai de quelques mois qui y changera grand-chose.C'est pendant la crise du verglas qu'il fallait montrer qu'il était là.,-;- DRorrs RÉSERVÉS Comment devenir républicain LB Australie est en train de découvrir qu'il n'est * pas si facile de devenir une république.Une convention constitutionnelle siège actuellement à Canberra dans le but de remplacer la à reine par un président qui serait « un de ¦ nous ».OTMRnwBnw Mais la convention achoppe sur le mode d'élection du président, les uns voulant une élection populaire, les autres une élection par le Parlement ou encore la nomination du président par le premier ministre.Et beaucoup de partisans de l'élection b^^^Vfekl populaire sont prêts à voter pour le statu quo avec les monarchistes, plu-JBBMHf\" ' i tôt que d'accepter un mode peu démocratique.Un autre obstacle à l'adoption rapide d'un amendement constitutionnel est le fait qu'une première modification en appelle une autre pour maintenir la cohérence des textes.Ce qui entraîne que les diverses tendances politiques cherchent à profiter de l'occasion pour obtenir les amendements qui conviennent à leurs idées.Dans une dégénérescence du débat constitutionnel \u2014 que les Canadiens connaissent bien \u2014, on finit par perdre le fil d'une idée simple, dans un écheveau de revendications complexes.Le républicanisme des Australiens n'est pas uniquement une réaction au fait que leur chef d'État demeure aux antipodes, et que de plus en plus d'Australiens n'ont que des liens très ténus avec l'Angleterre, sa culture et ses traditions.Un régime républicain, avec un président australien, est vu comme un moyen de réveiller la conscience civique des citoyens et de faciliter la solution de problèmes lancinants, comme les relations avec les autochtones.Frédéric Wagnière Le remplacement de la reine par un président n'est que le début du problème, car la Constitution actuelle est imprégnée de principes qui vont de soi, lorsqu'on se réfère, même tacitement, à la monarchie anglaise.Il faudra notamment changer le préambule de la Constitution, qui mentionne la couronne britannique, ce qui serait incongru dans une Constitution républicaine.Mais beaucoup d'Australiens pensent qu'il faudra aussi le modifier pour conférer au président une grande partie du symbolisme, attaché depuis des siècles à la monarchie.Ce serait l'occasion d'affirmer les principes démocratiques et les valeurs communes que le président sera appelé à défendre.C'est ainsi que le préambule, qui ne fait pas partie de la Constitution, pourrait décrire, en quelques mots, l'esprit qui doit régner entre le président, son gouvernement et les citoyens, un équilibre que la monarchie a atteint, sans jamais le définir en détail.Les Australiens devront aussi décider s'ils veulent une charte des droits de l'homme et si elle devrait faire partie de la Constitution, comme au Canada, ou être une simple loi, comme en Nouvelle-Zélande.Le droit commun et la démocratie sont d'excellentes garanties des droits des citoyens.Mais il est possible d'abuser de l'un, comme de l'autre.Dans le système britannique, les droits de l'homme sont nés de la collaboration \u2014 et de la rivalité \u2014 entre le Parlement, les tribunaux et la couronne.Si la couronne disparaît, il est sage d'adopter une charte des droits, comme les Américains l'ont fait 15 ans après leur indépendance.Les Australiens espèrent toujours célébrer leur premier centenaire, en 2001, avec une nouvelle Constitution républicaine.Juste trois petites années, pour achever une telle oeuvre, il faut être optimiste ! Quoi qu'il en soit, leur travail sera du plus grand intérêt pour les Canadiens, le jour où ils auront de nouveau le courage d'aborder le débat constitutionnel.LA BOITE AUX LETTRES Merci à mon camelot a La présente a pour but de souligner le travail exceptionnel de mon camelot, Guillaume Leblanc, qui nous a assuré un service de livraison assidu, malgré les conditions climatiques difficiles de la semaine du 5 janvier, dans cette ville particulièrement touchée que fut St-Hyacinthe.- La lecture de mon quotidien était parfois le seul lien avec l'extérieur (je n'ai pas reçu mes autres journaux ) et je dois vous avouer que j'ai bien apprécié cet effort supplémentaire.Merci à La Presse.Merci à Guillaume, mon porteur ! Alain LARIVÉE Saint-Hyacinthe Le grand tribunal de la moralité ¦ Dans sa réponse à Claude Ryan quant à la pertinence de porter devant la Cour suprême les questions relatives au droit à la sécession du QUébec, le ministre Dion indiquait Jairement deux des raisons qui motivaient le geste du gouvernement fédéral.En premier lieu, signalait-il, le gouvernement fédéral tient à se voir confirmer le droit de ne pas u connaître comme suffisante aux fins de sécession une déclaration unilatérale de Québec, dans la mesure où serait ambiguë l'opinion de la population québécoise.M.Dion affirmait, entre autres, que les modalités de ce qui constituerait une prise de position claire sur la souveraineté québécoise ne faisaient pas consensus.L'autre aspect trouble de la séparation c^ue désire explorer le fé- déral concerne les questions pratiques découlant de la partition d'un Etat.M.Dion évoquait à cet effet les négociations virtuelles entre un gouvernement québécois muni d'un mandat clair de souveraineté et le « reste du Canada » et signifiait qu'il est important que le cadre juridique de telles négociations soit établi.Regardons les choses en face.Il est parfaitement évident qu'un référendum tenu dans un contexte perfide ne serait en aucun cas suffisant pour que le gouvernement du Québec proclame légitimement l'État sou-veraln.Par Stéphane Dion ailleurs, si rien n'est ambigu dans le processus d'expression de la volonté québécoise, rien ne justifierait l'intervention d'Ottawa.C'est donc une question technique que M.Dion veux poser à la Cour suprême, à savoir quelles circonstances rendraient un résultat ambigu.Or, il m'apparaît que la cour, qui n'est pas un élément législateur de notre système, ne peut que décider qu'une circonstance particulière est ambiguë ou non, mais pas élaborer un cadre précis de facteurs circonstanciels qui classifie-rait les situations telle qu'une loi le ferait.En somme, Ottawa s'en va se faire confirmer un droit évident, et je laisse le soin à d'autres d'expliquer pourquoi.Une chose est certaine, si l'occasion se présente pour 3u Ottawa fasse appel à un tel roit, alors il faudra un tribunal pour décider si la situation est am- biguë ou non.Et ce tribunal pourra difficilement être la Cour suprême du Canada.Maintenant, voyons l'autre dimension qui, semble-t-il, justifie autant l'initiative du gouvernement fédéral.M.Dion a raison de s'inquiéter de la manière dont se ferait la sécession du Québec car, comme il le dit, « ce serait la première fois qu'un ÉtSi démocratique moderne [.] entreprendrait de se scinder ».Se scinder, justement.Advenant que la population québécoise ait exprimé la volonté de se soustraire au Canada, reconnaîtrait-elle, à titre d'arbitre ou médiateur des négociations déterminant son lot, la Cour suprême du Canada ?Il me semble bien que non.Disons aussi l'indicible : c'est Ottawa qui nomme et qui paye les juges de la Cour suprême.Cela implique-t-il que les juges ont nécessairement un penchant pour les intérêts du Canada ?Non.Mais la fonction de juge au plus haut tribunal du pays n'implique pas, soit dit de façon réaliste, une impartialité parfaite.Ne nous leurrons pas, des problèmes comme celui que pose la possibilité de sécession du pays n'ont pas de réponse simple ou unique.Décider de ce qui est acceptable comme décider de ce qui est préférable relève du jugement, de l'interprétation et de la vision.Ottawa, par sa manoeuvre actuelle, est en train d'étiqueter neuf juges comme les pc ^seurs du pays.Ces neufs juges Claude Ryan dit Ottawa, détermineront les droits du Québec et du Canada.M.Ryan, de façon plausible, s'oppose à cette approche.N'est-il pas en effet plausible que la population décide elle-même des penseurs qui, pour elle, détermineront ses droits et en défendront la légitimité ?Car ces droits, réels ou fictifs, relèvent de la morale avant de relever de la science du droit.Et lorsqu'il est question de tels enjeux, on n'accepte que ce que l'on choisit.Christian RANGER Laval Un exemple à retenir a J'aimerais faire état de l'efficacité des policiers de Laval et de Montréal, lorsque je les ai appelés, récemment, pour les aviser qu'un homme était en train de se noyer dans la rivière des Prairies.Moi, j'étais du côté de Laval, alors que l'homme, lui, se trouvait du côté de Montréal.Il nourrissait les oiseaux.Vraisemblablement, il avait glissé à l'eau.Même si toutes les personnes qui ont été dépêchées sur les lieux avaient été plus rapides, personne n'aurait pu rien faire, car tout s'est passé trop vite.J'espère que cet événement servira d'exemple à tous ceux qui s'aventurent sur la glace en pensant que rien ne peut leur arriver.Marie CORMIER Laval-des-Rapides L'heure des questions a La tempête du siècle est terminée.Voici l'heure de se poser des questions.Doit-on refaire le réseau d'Hydro et remplir les garages municipaux de génératrices, au cas où ?Et si une pareille tempête ne se reproduisait que dans deux cents ans ?Le réseau aurait été refait deux ou trois fois de toutes manières et les génératrices seraient rouillées depuis belle lurette.Non.Les mesures déjà annoncées par Hydro-Québec pour accroître la robustesse de son réseau et améliorer la sécurité d'approvisionnement sont à la fois raisonnables, réalisables et suffisantes.Si on veut vraiment pallier la dépendance des citoyens face à l'électricité, ce n'est pas dans les garages municipaux qu'il faut mettre des génératrices, mais dans les garages ou les cabanons des citoyens.En effet, quel est le vrai, l'unique problème insoluble causé par une panne prolongée en hiver ?Le chauffage.On ne peut se priver de chauffage bien longtemps et même les thermopompes et la majorité des systèmes qui utilisent un combustible quelconque ont besoin d'au moins un moteur électrique pour fonctionner.Or, il n'en coûterait pas une fortune pour munir d'une petite génératrice chaque maison disposant d'une thermopompe, d'un chauffage à combustible ou d'un foyer à échangeur de chaleur.Bénéfice additionnel évident : la même génératrice pourrait aussi assurer, en alternance avec le chauffage, quelques autres fonctions essentielles remplies par l'électricité dans une maison.Et comme la génératrice pourrait servir de temps à autre \u2014 interruption programmée ou panne locale \u2014 elle serait maintenue en ordre de marche.Jean-Paul FONTAINE LongueiUI LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 12 FÉVRIER 1998 Hôpital : un mot passé de mode Notre-Dame résiste, mais l'Hôtel-Dieu et Saint-Luc ont succombé et s'identifient maintenant comme des « campus ».Vous croyiez bêtement que lorsqu'on est malade, on va à.l'hôpital ?Erreur.Pour le ministère de la Santé, le mot « hôpital » est passé de mode.À Sherbrooke, les hôpitaux ont été rebaptisés « sites ».C'est l'hôpital virtuel, insaisissable et intangible, flottant sur Internet.À Québec, la téléphoniste vous accueille en disant : « Bienvenue au CHUQ, pavillon CHUL ».Chuk-chul ! Chic choc ! Micmac ! À Montréal, les trois hôpitaux qui forment le CHUM seront dorénavant appelés « campus », l'étrange idée venant du fait qu'il s'agit d'hôpitaux universitaires.Voilà donc l'aboutissement logique d'une mentalité qui a transformé les patients en « bénéficiaires » et les soignants en « préposés », et qui a promulgué que les « bénéficiaires de l'urgence » seraient « triés » comme des lentilles, plutôt qu'« évalués » comme des êtres humains.L'hôpital ?Envolé ! Il est remplacé par un joyeux « campus » où s'épivardent une masse d'étudiants pas complètement formés, sous l'oeil distrait d'une poignée de professeurs.Bref, rien pour rassurer la « clientèle » ! Car y a-t-il pire perspective, pour le malade ou l'accidenté conduit à l'hôpital, que celle de « tomber » sur un interne \u2014 un résident qui en serait à sa première intervention ?Qui veut servir de cobaye à un étudiant en médecine ?Or, c'est précisément ce qu'évoque l'appellation « campus » ! En jetant au rancart l'appellation historique \u2014 « hôpital » vient du vieux français « hostel », hôtel \u2014, on élimine un concept familier et rassurant, au profit d'un mot qui évoque le brouhaha d'un campus universitaire.La bureaucratie du système est ainsi fidèle à elle-même.Elle montre une fois de plus la profondeur de son insensibilité aux réalités les plus élémentaires \u2014 et aussi de son mépris pour la langue, qui a depuis des siècles un mot clair et juste pour désigner l'endroit où les gens vont se faire soigner.Cette histoire est à la fois si significative et si rocambolesque qu'il vaut la peine de la raconter en P I P détail.uAll Tout découle d'un minuscule problème législatif qui aurait été facile à régler.La Loi sur les services de santé réserve l'appellation « hôpital » aux « établissements » ; or, avec la fusion, l'établissement devient le centre hospitalier.Donc, ses parties constituantes doivent être rebaptisées.N'importe quel esprit normal aurait tout de suite vu la solution : il faut amender la loi, pour que les parties constituantes d'un centre hospitalier puissent conserver leur appellation traditionnelle ! Cela se ferait en criant ciseaux : comme c'est une affaire de simple bon sens, tout le monde serait d'accord et il n'y aurait pas l'ombre d'un débat au Parlement.Ah ! Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?Alors donc, au lieu de changer la loi, on a décidé de changer les mentalités.Mao n'aurait pas dit mieux.À Sherbrooke, où les hôpitaux Saint-Vincent-de-Paul et Hôtel-Dieu sont maintenant appelés « site Bowen » et « site King » ( du nom des rues dans lesquelles ils sont situés ), la porte-parole du Centre universitaire de santé de l'Estrie admet que les gens s'obstinent à parler de « Saint-Vincent-de-Paul » et d'« Hôtel-Dieu », mais elle croit que les gens vont finir par s'y faire.On les aura à l'usure ! Lysiane À Montréal, on a pensé à utiliser le mot « pavillon », comme à Québec, mais l'affaire se compliquait du fait que les hôpitaux du nouveau CHUM ont déjà des pavillons ( par exemple, le pavillon Leroyer à l'Hôtel-Dieu, le pavillon Lachapelle à Notre-Dame ).D'où la trouvaille du siècle : ce seront f% des campus.Il y aura donc, à Montréal, le campus du cégep Dawson, le campus de l'UQAM, le campus de Saint-Luc, le campus de Concordia, le campus Notre-Dame, le campus du Vieux-Montréal, le campus Hôtel-Dieu, etc., toutes ces institutions ayant en commun le fait d'être peuplées d'étudiants.( Je me demande si les médecins résidents, qui ont tout de même quelques années d'études universitaires derrière eux, apprécient l'idée d'être associés à des cégépiens.) ( Signalons qu'au Centre hospitalier de l'Université McGill, le pendant anglophone du CHUM, on a refusé de s'« enfarger » dans les fleurs du tapis et dans les trous de la loi, et l'on a tout simplement conservé les appellations traditionnelles.) Alors qu'un amendement mineur à la loi aurait suffi, la bureaucratie de la santé a préféré aller contre le sentiment instinctif de l'opinion publique, et se lancer dans une opération coûteuse et compliquée.À l'heure où l'on comprime sauvagement dans les services aux malades, les institutions rebaptisées dépenseront des sommes considérables pour refaire l'affichage, l'adressage, la papeterie, etc.À l'heure où la priorité devrait être l'enseignement du français dans les écoles et l'amélioration générale de la langue écrite et parlée, l'Office de la langue française, qui devrait pourtant avoir d'autres chats à fouetter, s'est vue obligée de se pencher sur la question.L'avis de l'OLF tient en une dizaine de pages.Comme pouvait le prévoir n'importe quelle personne vaguement familière avec la langue, on affirme que le mot « site », pour désigner un hôpital, est fautif, puisque le mot « ne peut se référer qu'à l'endroit choisi pour construire un immeuble et non à l'immeuble lui-même ».Le mot « pavillon », par ailleurs, ne peut que semer la confusion.La rédactrice de l'avis, Christiane Loubier, laisse entrevoir entre les lignes, avec toute la prudence requise de la part d'une fonctionnaire, une nette préférence pour le mot « hôpital ».« On peut même avancer, écrit-elle, que la contrainte terminologique imposée par le vocabulaire administratif et sa réglementation est le facteur qui a le plus contribué à créer cette situation terminologique confuse.On pourrait également prédire que cela aura sans doute pour effet de faire sortir éventuellement le terme 'hôpital' de l'usage, du moins dans le vocabulaire de l'Administration.Sur le plan strictement linguistique, les hôpitaux maintenant fusionnés pourraient continuer de s'appeller 'hôpitatOt'vf Cela serait d'autant possible que les étàbDç-r.sements qui les chapeautent ne portent ja-.mais l'appellation 'hôpital'.(.) Mais il faudrait que le MSS modifie l'article 438 de la loi en soustrayant le terme 'hôpital' de la lis-le des termes réservés aux 'établissements'.» L'OLF a fait part de tout cela au sous-ministre adjoint à la coordination régionale du MSS, mais, écrit Mme Loubier, « cette démarche n'a eu aucune suite ».Opinions Pour sortir de l'impasse Des universitaires scrutent les enjeux, tant pour le Canada que pour le Québec, d'une nouvelle relation qui ne serait ni le statu quo ni la séparation GUY LAFOREST et ROGER GIBBINS La Presse publie ici de larges extraits de la conclusion du volume intitulé Sortir de l'impasse \u2014 les voies de la réconciliation, qui a été lancé hier.Oeuvre d'universitaires chevronnés, le volume a été publié sous l'égide de l'Institut de recherche en politiques publiques ( 1RPP ).La conclusion a été écrite par les politologues Guy Laforest et Roger Gibbins.Nous avons toutes les raisons de penser que le Canada est un endroit où il fait très bon vivre- Les citoyens de ce pays sont privilégiés à maints égards : leur pays est immense et riche en matières premières, leurs droits individuels sont bien protégés et leurs villes offrent une qualité de vie qui soutient la comparaison avec les autres zones urbaines de la planète.Pour ces motifs et pour bien d'autres raisons, le Canada mérite son enviable réputation internationale.Toutefois, après avoir étudié plusieurs régimes fédéraux, nous ne pensions pas et nous ne croyons toujours pas que le Canada possède un système politique à la hauteur de sa réputation à l'étranger.Notre régime politique est handicapé par plusieurs problèmes structurels.Nous estimons que le pouvoir exécutif discrétionnaire dont dispose le premier ministre du Canada est démesuré.Nous regrettons que les provinces soient absentes des mécanismes de sélection des juges des cours fédérales, et ce à tous les niveaux.Nous croyons aussi que la branche législative du gouvernement central fonctionne plutôt mal.La discipline de parti à la Chambre des communes étouffe la représentation régionale, tandis que nos sénateurs, choisis par le premier mi-nistre, ne reflètent pas adéquatement les intérêts des différents membres de la fédération.La Chambre des communes opère de manière déséquilibrée en vertu de l'absence d'une véritable menace à l'autorité du parti au pouvoir.L'ampleur de ces problèmes est considérablement accrue par l'incapacité de nos dirigeants et de nos institutions à trouver une solution durable à l'imbroglio constitutionnel canado-québécois.Nous persistons toutefois à penser que ces défauts n'ont pas été inventés par le débat autour de la souveraineté du Québec.Ils sont plutôt attribuables à la nature incomplète des réformes institutionnelles de la fin des années 1970 et du début des années 1980.(.) Au lendemain du référendum d'octobre 1995 au Québec, nous jugions qu'il était de notre devoir, en tant que professeurs d'université, de résister aux tactiques d'intimidation et de satanisation qui s'imposaient de plus en plus dans la sphère publique.Nous voulions promouvoir un véritable dialogue, fondé sur le principe du respect mutuel, entre des experts et des universitaires du Québec francophone et du Canada anglophone, entre des gens de l'Est et de l'Ouest du Canada, entre des personnes tellement qui avaient appuyé dif-lerentes options lors du référendum.Nous estimions à l'époque que toute forme de léger replâtrage du statu quo échouerait à dénouer l'impasse.Cela demeure la plus solide de nos convictions.L'approche qui s'impose actuellement, définie autour de la Déclaration de Calgary et d'un renvoi à la Cour suprême en guise de « Plan B », ne représente pas une solution adéquate à nos yeux.Elle ne remédiera pas aux lacunes de la constitution de 1867.Au Québec, de surcroît, elle ne parviendra pas à réinsuffler de la confiance dans la fédération canadienne.Un énoncé reconnaissant vaguement le caractère unique du Québec, dans un contexte politique fait de menaces de partition sur fond de condescendance morale, ne rétablira pas sur nos terres la paix politique et constitutionnelle.Par contre, si les études réunies dans le présent recueil ont pour effet d'écarter les scénarios idylliques à propos de l'état de la fédération, elles aboutissent au même diagnostic à l'égard des projets de souveraineté-partenariat formulés au Québec.La répétition automatique du scénario de 1994 1995 (référendum, négociations étalées sur un an, partenariat restructuré ) ne mènera pas plus à une solution satisfaisante.Notre rapport a été rédigé pas quelques-uns de nos meilleurs économistes, politologues et juristes.Les éléments suivants fournissent un bilan d'ensemble de leurs réflexions : ?Il faut procurer de l'espace aux différentes visions de la communauté politique qui s'affrontent dans le débat.Aucune vision ne saurait devenir hégémonique.C'est dans cette perspective que l'idée d'un partenariat multinational paraît utile.Elle ne fait ni vainqueurs ni vaincus.Elle prépare ainsi le terrain conceptuel pour des concessions ultérieures.?Il est possible de combiner les approches fédérale et confédérale.Les provinces majoritairement anglophones, le Québec et les peuples autochtones valorisent une forme d'association politique qui allie l'interdépendance et l'autonomie.L'autonomie confédérale peut être plus facilement accrue dans certains domaines, si ceux qui la désirent sont prêts à reconnaître la nécessité de renforcer l'interdépendance fédérale dans d'autres sphères.Tel est le langage des concessions réciproques et des Les principaux acteurs politiques devraient entrer dans l'univers des concessions réelles et réciproques.compromis.C'est aussi le langage de l'authentique partenariat.Il ne saurait y avoir en la matière de solution normale, de recette miracle dans l'art d'édifier une association.L'objectif consiste à trouver un équilibre prudent entre la justice et la stabilité.Les institutions fédérales et confédérales se prêtent plus facilement à des combinaisons quand des sentiments de confiance et de loyauté mutuelle sont bien enracinés dans la culture politique.?L'idée d'un partenariat dualiste symétrique se heurte à de sérieuses difficultés théoriques et pratiques.Toutefois, une nouvelle architecture institutionnelle peut incorporer le principe dualiste dans des secteurs névralgiques pour le Québec.En échange, le Québec doit accepter de se retirer de la gestion de ces chamos par ses partenaires canadiens.A cet égard, notre rapport étudie des domaines comme la politique de citoyenneté, la sécurité sociale, les chartes des droits et les relations internationales.Nous réitérons que, pour faire oeuvre originale et trouver une solution durable à l'impasse, les principaux acteurs politiques devront entrer dans l'univers des concessions réelles et réciproques.Il importe de noter que ces concessions devront être formulées sur deux plans.Il faudra y arriver non seulement dans les rapports entre le Québec et le reste du Canada, mais aussi dans les relations entre les camps souverainiste et fédéraliste au Québec.Cela nous permet d'apprécier l'ampleur du défi qu'auront d'abord à relever messieurs Bouchard et Chrétien.Tant que les principaux adversaires n'acceptent pas de se parler, de s'asseoir a la même table, les conflits ne peuvent se rapprocher du chemin de la résolution.De vraies discussions doivent avoir lieu pour préparer la voie à de vraies concessions.Nous recom- mandons d'abord que les premiers ministres du Canada et du Québec fassent une déclaration conjointe affirmant ce qui suit : 1.Ce fut une erreur que de rapatrier la Constitution en 1982 en dépit des objections du gouvernement du Québec et de l'Assemblée nationale, et sans consulter le peuple du Québec.2.Aucune nécessité historique ou théorique ne force le Québec à devenir un État souverain, indépendant.Voilà le type de concessions réciproques, faites par les promoteurs du fédéralisme et de la souveraineté, qui pourrait opérer une brèche dans le mur de l'impasse.Telle est donc notre première recommandation.Plusieurs communautés politiques se retrouvent bel et bien rassemblées au nord des États-Unis d'Amérique dans un pays qui s'appelle le Canada.Elles se perçoivent tantôt comme des provinces, des sociétés distinctes ou des nations.Nous ne voyons pas pourquoi il faudrait déconsidérer les différents patriotismes politiques qui s'expriment à Calgary, Montréal, Toronto ou Vancouver.Pourtant, on ne peut ignorer que l'impasse se cristallise autour d'un conflit entre des patriotismes.Ainsi, quand des perceptions de déloyauté se retrouvent dans toutes les facettes du débat canado-québécois, il faut se demander ce qui devrait être fait pour renouer un tant soit peu avec la confiance.À ce propos, nous en sommes arrivés à penser que les Canadiens et les Québécois ont besoin de rien de moins qu'une n invention de leurs institutions.Toutefois, il nous faudra bien plus qu'un nouveau document constitutionnel.Nous avons besoin de «< fonder » à nouveau notre pays, de le doter d'une nouvelle charte politique pour le XXI* siècle.Telle esd notre deuxième recommandation.Les pouvoirs, les institutions.les paliers de gouvernement doivent être refaçonnés pour refléter le caractère plurinational de notre partenariat, pour intégrer aussi les nouvelles réalités démographiques et économiques de l'Ouest sans négliger la situation originale du Québec, seule société majoritairement francophone en Amérique du Nord.Notre époque est celle du triomphe et de la démocratie.Pour asseoir une communauté politique sur de nouvelles fondations, il faut, dans un tel contexte, passer par la voie d'une assemblée constituante.Telle est notre troisième recommandation.Nous croyons qu'il est nécessaire de recourir à un moyen extraordinaire, tel le mécanisme de l'assemblée constituante, pour ramener le souffle de la confiante dans nos institutions politiques.L'initiative, en la matière, appartient au premier ministre du Canada et aux co-signataires de la Déclaration de Calgary.Après s'être entendus sur le principe même de la nécessité d'une assemblée constituante, ils devraient inviter le gouvernement du Québec à participer aux discussions visant à en établir les modalités et les échéanciers.La création d'une assemblée constituante ne troublerait pas le fonctionnement quotidien des gouvernements en place.Elle ne nuirait pas davantage au climat économique au pays, et ne susciterait pas des perceptions négatives dans les milieux financiers internationaux.Nous estimons qu'on y verrait une décision politique sage et prudente.Qui plus est, nous pensons qu'un tel geste aurait pour effet de redynamiser les Canadiens et les Québécois.Il s'agirait, bien sûr, d'un redoutable défi ; nous ne nous berçons pas d'illusions à ce propos.L'ampleur même de ce défi pourrait nous aider a quitter l'orbite des petitesses et du ressentiment qui empoisonnent nos vies politiques depuis trop longtemps.I e fruit du labeur de l'assemblée constituante devrait être soumis h l'approbation du peuple, au Québec et dans l'ensemble du Canada.Telle est notre quatrième recommandation.Le succès de cette opération n'est évidemment pas garanti.Nous croyons toutefoifc que certains échecs sont plus honoraires que d'autres.Nous pensons dé surcroît que si nos dirigeants parvenaient à sortir du cercle de la nu -fiance, le jeu en vaudrait la chandelle.Telles sont donc nos quatre recommandations.(.) L'impasse prend la forme d'un mur à l'allure menaçante.Il nous est possible toutefois de voir au-delà de cet horizon, et d'imaginei jusqu'à quel point nous en profiterions toutes et tous immensément si nos dirigeants et nos communautés se serraient enfin la main après avoir trouve une wriu-flle solution.(.) A2B B4 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 12 FÉVRIER 1998 Politique Les exportations d'amiante liminuent substantiellement GILLES NORMAND du bureau de La Presse, QUÉBEC \u2022 Lès exportations d'amiante ont diminué considérablement au cours des deux dernières années.De 512 000 tonnes qu'elles étaient en 1*95, les ventes à l'étranger sont passées à 505 000 tonnes l'année suivante et à 440 000 tonnes en 1997.\u2022 La aise économique et financière qui vient de frapper les pays d'Asie vient donner un autre choc à ce marché en péril.Le plus gros exportateur, Lab Chrysotile, de Thetford Mines, a négocié en 1997 la vente de 260 000.tonnes de produits de l'amiante à l'étranger, comparativement à 300 000 l'année précédente.Chez J.M.Asbestos, on parle d'une chute des exportations de l'ordre de 25% en deux ans.Selon le président Bernard Coulom-be, les exportations de cette compagnie sont passées de 230 000 tonnes en 1995 à 177 000 en 1996, puis à 150 000 tonnes en 1997.La décision toute fraîche du gouvernement de la Belgique de bannir les produits de l'amiante de son territoire, à l'exception de la chrysotile, est inquiétante.Pas tellement en terme de marché puisque ce pays importait quelque 15 000 tonnes de produits d'amiante ( environ 2 millions ) qu'en terme d'influence.C'est un neuvième pays européen à instau- rer une interdiction quasi totale.Comme cette décision sera effective après un arrêté royal, la France est officiellement le dernier pays a avoir décrété un bannissement total et sauvage de l'amiante sur son territoire.Ce qui explique pourquoi c'est contre la France qu'une plainte devrait être portée devant ï'OMC ( Organisation mondiale du commerce ).L'Allemagne et la France sont les plus influents des pays qui ont banni l'amiante en Europe.Le Royaume-Uni a entrepris en juin 1997 une démarche en vue de bannir l'amiante d'ici la fin de 1998, et l'Espagne voudrait le faire pour 2005.Le Conseil de l'Europe a adopté en janvier 1997 un rapport recommandant le bannissement de l'amiante, tandis que l'Union européenne examine la possibilité de bannir l'amiante au sein de l'Union tout en autorisant certaines exemptions.On espère d'une éventuelle décision de l'OMC qu'elle soit défavorable à la France et mette fin au vent de panique qui traverse l'Europe et risque d'atteindre le marché asiatique, le plus florissant avec 65% des exportations, dont 25% au Japon.Les pays d'Amérique latine et de l'Afrique du nord ont aussi exprimé quelques inquiétudes aux producteurs d'amiante québécois.« Seul le Canada \u2014 c'est un pays \u2014 peut inscrire une plainte à l'OMC.Il y a urgence d'agir », s'indigne la ministre Denise Carrier-Perreault.Les prochains mois seront cruciaux pour l'avenir de l'amiante GILLES NORMAND du bureau de La Presse, QUÉBEC L'industrie de l'amiante est en péril et tous ceux qui s'intéressent activement au dossier, au Québec, crient au secours en direction d'Ottawa, qui se refuse toujours à porter une plainte contre la France auprès de l'Organisation mondiale du commerce ( OMC )\u2022 À la proscription de plus en plus répandue de l'amiante en Europe, qui a entraîné une baisse importante des exportations d'amiante du Québec, s'ajoute maintenant la crise économique en Asie.Entre-temps, à Québec, la ministre déléguée aux Mines, aux Terres et aux Forêts, Denise Carrier-Perreault, accuse le gouvernement fédéral de jouer aux dés le sort de cette industrie et les quelque 2000 emplois directs qui s'y rattachent dans les régions de Thetford et d'Asbestos.Elle réclamé, elle aussi, que soit porté devant l'OMC le cas de la France, dernier pays à avoir banni de son territoire l'amiante sous toutes ses formes à compter du 1« janvier 1997.Les ministres Bernard Landry, Jacques Brassard et Denise Carrier-Perreault se sont adressés à leurs homologues fédéraux à plusieurs reprises, depuis un an, pour demander qu'une plainte soit portée contre la France devant l'OMC.Au cabinet du ministre du Commerce extérieur à Ottawa, Sergio Marchi, on explique qu'on veut exploiter à la limite la voie diplomatique pour inciter la France à réviser sa décision, laquelle risque d'avoir une influence néfaste énorme sur les pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine qui sont d'importants utilisateurs de fibres d'amiante.« Nous avons choisi de poursuivre jusqu'au bout le processus de discussion entamé avec la France.Le gouvernement fédéral doit gérer avec responsabilité ses relations extérieures.La France veut encore envoyer une délégation ( en mars ) au Québec et nous estimons que le dialogue doit se poursuivre », a expliqué à La Presse la responsable du dossier au cabinet du ministre Marchi, Mme Leslie Swartman.« S'il n'y a pas de résultats, a-t-elle ajouté, nous aurons alors l'option de nous adresser à l'OMC.» La ministre Carrier-Perreault estime que «< le sort de l'industrie de l'amiante va se jouer au cours des prochains mois ».« Si l'organisme mondial de règlement des différends commerciaux devait condamner le geste de la France, on estime qu'il serait encore possible d'endiguer la vague de bannissement de l'amiante qui menace très sérieusement de s'éten- dre à toute l'Europe », explique la ministre.Ce qui permettrait peut-être, également, d'apaiser l'inquiétude que les exportateurs perçoivent déjà auprès de leur clientèle asiatique, comme le fait observer le vice-président aux ventes chez Lab Chrysotile, Jean-Marc Lemonde.Mais si aucune plainte n'est portée devant l'OMC, on craint sérieusement pour l'avenir de l'amiante.Dans deux mois, il sera trop tard, a indiqué cette semaine dans une conférence téléphonique le président de Lab Chrysotile, Jean Dupé-ré, a-t-on rapporté.Son concurrent, Bernard Cou-lombe, président de J.M.Asbestos, est du même avis.« Au risque de paraître défaitiste, l'industrie de l'amiante est en état d'urgence et elle court un danger absolument réel.Nous ne croyons pas que la voie diplomatique soit aussi prometteuse que semble le croire Ottawa.Si une plainte n'est pas portée maintenant devant l'OMC, c'est toute l'Europe qui va bannir l'amiante », soutient M.Coulombe.Pour leur part, les syndicats CSD, Métallos ( FTQ ) et Métallurgie ( CSN ), se sont dits « outrés, déçus et indignés » par la décision d'Ottawa de ne pas défendre la causé de l'amiante devant l'OMC.Us l'ont fait savoir dans un communiqué conjoint.Une entente signée sans la participation des Cris est jugée illégale NORMAN DEL1SLE de la Presse Canadienne.QUÉBEC Une entente signée entre les gouvernements de Québec et d'Ottawa pour financer l'éducation chez la nation crie viole les droits des autochtones, vient de statuer le juge Jean-Jacques Croteau, de la Cour supérieure.Le volumineux jugement de 68 pages; rendu la veille, a été déposé hier par le leader cri Roméo Saga-nash devant la commission parlementaire qui étudiait à l'Assemblée nationale le plan de développement d'Hydro-Québec.Se basant sur ce jugement, M.Saganash en a profité pour rappeler que le Canada ou le Québec « ne peuvent agir unilatéralement dans l'exécution de leurs obligations et engagements pris en vertu de la Convention de la baie James et du Nord québécois ».Le jugement Croteau déclare « inopérante et inapplicable » une entente signée en avril 1996, d'une part par les ministres Ron Irwin et Stéphane Dion, représentants du gouvernement canadien, et d'autre part par Pauline Marois et Jacques Brassard, représentants du gouvernement québécois.Cette entente déterminait les modalités du versement de l'aide financière que les deux gouvernements fournissent à la commission scolaire crie pour l'éducation des jeunes autochtones.M.Saganash a rappelé hier que cette entente outrepassait les dispositions de la Convention de la baie James voulant que les Cris participent, dans un comité triparti te, à l'élaboration des règles budgétaires pour le fonctionnement de leur commission scolaire.Voyant que l'entente avait été signée sans leur participation, les Cris ont porté l'affaire devant la Cour supérieure qui vient de leur donner raison.Le juge Croteau a expliqué, dans le jugement, que « les Cris dépendent entièrement des gouvernements pour le financement de leur système d'éducation.Ils n'ont pas, comme les autres commissions scolaires, la possibilité de taxer ».La Convention de la baie James, qui prévoit la participation des Cris à la fixation des règles budgétaires, « semble être l'expression d'un compromis juridique et politique » qu'il faut respecter.« Ce jugement aura beaucoup d'autres implications, a commenté M.Saganash, devant les députés de la commission parlementaire.La Convention de la baie James est un mariage à trois.Toutes les décisions qui ont un impact sur les droits et les intérêts des Cris sur le territoire doivent être prises avec le consentement des Cris.Il faut faire les choses à trois.» Ce jugement aura des implications en matière de développement du territoire, un territoire où Hydro-Québec entretient plusieurs projets de barrages sur diverses rivières de la baie James ou de la baie d'Hudson, a-t-il expliqué.Notre nouveau plan d'économie résidentiel Simplitef tient sur 3 lignes 4i AucunMinimum d'interurba.n requ.s.¦ LA PRESSE, MONTRÉAL.JEUDI 12 FÉVRIER 1998 B 5 Politique Pro-Démocratie a demandé du financement à Ottawa Presse Canadienne À la recherche de financement, le mouvement Pro-Démocratie a frappé à la porte du gouvernement fédéral.Il n'a toujours pas eu de réponse, a déclaré le secrétaire général de la CSN, M.Pierre Pa-quette, en conférence de presse hier.Il a expliqué que Pro-Démocratie s'était adressé à Ottawa parce que c'était toute la démocratie canadienne qui était menacée par le renvoi à la Cour suprême sur la légalité d'une déclaration unilatérale de souveraineté.Pro-Démocratie, créé en décembre dernier, compte maintenant environ 200 membres.M.Paquette a déclaré que le mouvement avait demandé à la population de participer à son financement.Il a également demandé une contribution financière à une cinquantaine d'associations, au gouvernement du Québec et au gouvernement fédéral et aux partis politiques à Québec et Ottawa.Il a déclaré que Québec était toujours à étudier une demande de financement de 30 000 $.Les états généraux sur la souveraineté ne suscitent à peu près plus d'intérêt VINCENT MARISSAL du bureau de La Presse, OTTAWA Présentés par le Bloc québécois en septembre dernier comme le coeur de la réplique souverainiste au plan B d'Ottawa, les états généraux de la souveraineté ne sont plus aujourd'hui qu'un vague projet aux yeux même des principaux intéressés.Ébranlé par la volumineuse production de lettres du ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion, le mouvement souverainiste cherchait à la fin de l'été dernier une stratégie pour contre-attaquer.Le chef bloquiste, Gilles Ducep-pe, qui sortait au surplus d'une campagne difficile, avait alors proposé lors du conseil général de son parti de tenir des « états généraux de la souveraineté ».À l'époque, le projet était déjà plutôt flou, mais on savait que le grand rassemblement serait précédé de tournées régionales pour aboutir quelque temps avant les élections provinciales.De floue, l'idée de Gilles Ducep-pe est devenue depuis pratiquement invisible.Même le chef du Bloc ne semble pas très bien savoir maintenant quand et avec qui il tiendra ses états généraux.Ce ne sera certainement pas avant les prochaines élections provinciales, a-t-il indiqué récemment à La Presse, contredisant les plans de septembre.Cela dépendra aussi des autres acteurs souverainistes, dont, au premier chef, le Parti québécois et le groupe Partenaires pour la souveraineté.Vérifications faites, le PQ n'a pas entendu parler d'états généraux depuis que l'idée est sortie en septembre et, de toute façon, cela ne fait absolument pas partie de ses plans pour le moment, indique-ton à la direction du parti.Du côté des Partenaires pour la souveraineté, formés notamment des grandes centrales syndicales.d'artistes et d'intellectuels, on a bien d'autres chats à fouetter pour le moment.« États généraux, ça fait pompeux, ça fait 1970 », confie à La Presse Monique Vézina, porte-parole des Partenaires pour la souveraineté.Pour relancer les troupes, il y a d'abord un travail de labourage et d'ensemencement à faire, ajoute Mme Vézina.« Nous avons un plan d'action, les politiques ont aussi un plan d'action, reprend-elle.Je pense que l'on a peut-être réduit les ambitions et les rêves du plan politique, mais nous pensons que nous devons aller au rythme de nos instances régionales pour remobiliser les personnes.» Le grand rassemblement souverainiste attendra au moins jusqu'au printemps 1999, conclut Monique Vézina.C'est aussi ce que croit le président de la CSN, Gérald Larose, qui a lui aussi demandé que le projet soit reporté à plus tard.M.Larose aime bien l'idée, mais pas pour tout de suite.« Il y a un problème de timing, de momentum, dit-il, on n'est pas dans un contexte où l'urgence est créée.» Pour le moment, le Bloc mettra, donc le plus gros de ses énergies dénoncer le renvoi du gouverne-r ment Chrétien devant la Cour suprême, cause qui débute lundi à Ottawa.\u2022 - Le chef bloquiste et ses députés prévoient d'ailleurs une semaine fort chargée.Dès lundi matin, ils tiendront une conférence de presse sur les marches du plus haut tribunal, pour répéter que l'« avenir du peuple québécois doit se décider par les Québécois et non par neuf juges nommés par Ottawa ».Dans les heures qui suivront, M.Duceppe enverra huit de ses députés dans les différentes capitales! provinciales pour lancer « un appel à la démocratie ».Gilles Duceppe prendra ensuite la parole devant des diplomates-étrangers en poste à Ottawa avant .de se rendre à Montréal, vendredi, pour un grand rassemblement en/ présence de Lucien Bouchard au* Palais des congrès.% Deux politologues proposent leurs «voies de la réconciliation » LIA LÉVESQUE de la Presse Canadienne Un partenariat Québec-Canada nouveau genre pourrait devenir acceptable et même souhaitable aux yeux du Canada.C'est la thèse que défendent deux éminents politologues, professeurs et observateurs de la scène politique canadienne, Roger Gib-bins de l'Université de Calgary et Guy Laforest de l'Université Laval, dans un ouvrage collectif qu'ils ont codirigé.C'est l'Institut de recherche en politiques publiques qui a eu l'idée de cet ouvrage auquel ont collaboré 13 auteurs, « Sortir de l'impasse: les voies de la réconciliation ».Cette réconciliation entre le Québec et le Canada serait fondée sur quatre piliers, selon MM.Laforest et Gibbins : D'abord, chacun devra faire des concessions.« Ça doit fait mal à l'un et faire mal à l'autre », résumait M.Laforest, lors d'une rencontre de presse.Ainsi, le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, devrait publiquement admettre que le rapatriement unilatéral de la constitution, en 1982, contre la volonté du Qué- bec, a été une erreur.Le premier ministre du Québec Lucien Bouchard, de son côté, devrait admettre que l'indépendance du Québec n'est pas une nécessité historique.Deuxièmement, les institutions canadiennes devraient carrément être repensées, ainsi que la charte politique du pays.Troisièmement, c'est une assemblée constituante qui serait chargée de réinventer ces institutions et charte.Quatrièmement, des consultations référendaires devraient être tenues tant au Québec qu'au Canada pour faire approuver les conclu- sions de cette assemblée constituante.Le politologue Gibbins pense qu'il serait possible de « vendre » cette formule de partenariat confé-dératif au Canada anglais en y expliquant que le Québec serait ainsi libéré du Canada et que le Canada serait ainsi libéré du Québec.C'est cette formule, selon lui, qui s'approcherait le plus du concept du Québec indépendant dans un Canada fort.Ce partenariat supposerait que le Québec ne serait plus représenté à la Chambre des communes ni au Sénat.En revanche, le gouverne- ment fédéral n'aurait plus de direct dans les affaires québécoises^ L'espace commun, dans ce partenariat confédératif, serait à la fois politique et économique.Il serait géré par des accords, par une Chambre intergouvernementale ou une Chambre des provinces.En conférence de presse, les co** directeurs de l'ouvrage ont défendu le réalisme de leur proposition, ar-.guant que les autres solutions ont été essayées en vain.«< Les solutions timides ont fait leur temps », concluait le professeur Gibbins.Voir des extraits de l'ouvrage .- «r en page B 3 ¦ En voici une quatrième pour vous abonner instantanément et en tout temps.\u2022 888 l BELL Profitez-en aussi pour en savoir plus sur les autres rabais offerts en tout temps et partout dans le monde.Vous pouvez aussi vous abonner sur Internet au www.bell.ca/simplitel fi 6 \u2014_ LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 12FÉVRTER 1998 FAIMS PERSANS \\l IIIIMKM I> ACHETÉS DE SCHWARTZ, LEVITSKf, FELDMAN IRC.SYNDIC DE FAILLITE 60% 70% K RABAIS SIR RM TRES RAS lin H TRIS LES JOIIS Weaver & Weaver vend tout son stock de tapis.Apportez vos coussins, vos échantillons de couleurs et 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