La presse, 1 avril 1998, B. Politique
[" B Montréal, mercredi 1\" avril 1998 Politique La Presse EDITORIAL / OPINIONS \"Tous les avantages d'une sportive utilitaire, les défauts en moins» $\u2022 /mois 24 mois ?flC3459' \"24 mois, versements initial de 3450 S ou échange équivalent.Taxes, transport et préparation en sus.20 000 km par année.430£ uou!.METROPOLITAIN Est / (514) 725-9394 L'EXPRESS POLITIQUE Le budget intéresse moins ¦ À peine plus de la moitié des Canadiens, 54 %, ont pris connaissance du dernier budget fédéral, alors qu'ils étaient 67 % et 83 % à s'y être intéressés en 1995 et 1996 ( 52 % en 1997), selon la maison Gallup.L'allocution de Paul Martin a toutefois été mieux accueillie: parmi les intéressés, 48 % croient qu'il renforcera l'économie du pays et 34 % qu'il lui sera néfaste, alors que l'an dernier, 38 % le jugeaient positif et 45 % négatif pour l'économie canadienne.Seules 1995 et 1982 ont vu davantage de répondants estimer le budget plus favorable que défavorable.Les Ontariens ( 57 % contre 21 % ) sont les plus enthousiastes, et les Québécois ( 30 % contre 50 % ) les plus durs envers le budget du 24 février.Les résultats de ce sondage sont basés sur 1003 entrevues téléphoniques avec des adultes, qui ont eu lieu entre le 18 et le 24 mars.Un échantillon de cette taille est précis 19 fois sur 20, avec une marge d'erreur de 3,1 %.Au Québec, pour 269 entrevues, la marge d'erreur est de 6 %.I Le PLC loin en tête ¦ Les libéraux améliorent encore leur popularité auprès des Canadiens : ils auraient recueilli 58 % des voix si les élections avaient eu lieu à la fin mars, un point de plus qu'en février, sept de plus qu'en décembre et 20 de plus qu'aux élections du 2 juin, scion la maison Gallup.L'effet Charest n'a pas joué contre les conservateurs, qui affichent 14% ( 13% en février), alors que les réformistes grimpent de 12 % à 14 %, que le NPD baisse de 9 % à 6 % et que le Bloc québécois chute de 9 % à 7 % ( 35 % à 30 % au Québec ).Les libéraux l'auraient emporté dans toutes les régions, avec une avance de 37 points sur le NPD dans les Maritimes, de 27 % sur le Bloc au Québec, de 49 % sur le PC en Ontario, et de 13 et 21 points sur le Parti réformiste dans les Prairies et en Colombie-Britannique.Les données relatives à la méthodologie de ce sondage sont rigoureusement identiques à celles du sondage décrit plus haut, sur le dernier budget fédéral.Une idée «prématurée» ¦ Les députés libéraux du Québec espèrent que leurs efforts porteront fruit.Ils ont exercé d'intenses pressions auprès du gouvernement pour qu'il adoucisse l'impact du projet de loi antitabac en créant un fonds de transition.Le ministre de la Santé, Allan Rock, a souligné hier que la création d'un tel fonds était une option parmi d'autres.« Cette idée d'un fonds est l'une de plusieurs possibilités et nous étudions toujours cette question », s'est-il contenté de dire à la sortie du Conseil des ministres, jugeant l'affaire « prématurée ».Selon un député, qui a voulu garder l'anonymat, l'idée d'un fonds de transition de 100 millions fait son chemin.Le premier ministre Jean Chrétien et le ministre Rock seraient tous les deux d'accord.Mais M.Rock, critiqué de toutes parts au sujet du programme de compensation des victimes de l'hépatite C, trouverait que le moment est mal choisi pour en faire l'annonce.L'application de la Loi sur les langues bat de Goldbloom dénonce V effet des transformations de V appareil fédéral GILLES TOUPIN du bureau de La Presse, OTTAWA La transformation de l'appareil gouvernemental fédéral engendre la détérioration des droits linguistiques des minorités francophones et anglophones au Canada.Le constat est brutal mais il est néanmoins au coeur du bilan fait hier par le commissaire aux langues officielles, Victor Goldbloom.Lorsqu'Ottawa transfère des pouvoirs aux provinces, lorsqu'il conclut par exemple des ententes avec les provinces sur la main-d'oeuvre ou sur le logement social, lorsqu'il privatise Pétro-Canada et NavCan ou encore lorsqu'il met de l'avant une nouvelle stratégie de programmation de Radio-Canada, il ne fait rien pour assurer que les grands principes du programme des langues officielles soient maintenus.Devant cette situation, le commissaire Victor Goldbloom a lancé hier un cri d'alarme en disant qu'il était « temps de renverser la vapeur » et de faire cesser l'affaiblissement graduel des droits linguistiques et des pouvoirs du gouvernement fédéral dans le domaine des langues officielles.Il a reproché aux institutions publiques ou privatisées d'avoir fait du respect des droits linguistiques un simple volet de la gestion des ressources humaines plutôt « qu'une valeur nationale qui transcende ».M.Goldbloom a même critiqué la déclaration de Calgary parce qu'elle ne contenait pas de reconnaissance spécifique des minorités de langue officielle.Après sept ans à la tête de la Commission des langues officielles.le Dr Goldbloom, ayant rempli son mandat, a ainsi rendu public son dernier rapport annuel en affirmant qu il le faisait avec l'intention claire de « secouer le gouvernement ».Son constat accablant sur « l'affaiblissement cumulatif des droits communautaires et individuels », résultant des modifications internes et structurelles de l'appareil fédéral, l'a convaincu de recommander qu'un groupe de travail soit créé pour « élaborer les stratégies, les politiques et les critères nécessaires pour que tous les ministères, organismes et sociétés d'État reconnaissent et appliquent intégralement la Loi sur les langues officielles ».Le Dr Goldbloom souhaite que le rapport final de ce groupe de travail soit rendu public au plus tard dans huit mois.Le commissaire aux langues officielles a commencé à se pencher sur les problèmes inhérents aux transferts de pouvoirs lorsque le gouvernement fédéral a délégué ses res- ponsabilités dans le domaine de la formation de la main-d'oeuvre.Selon lui, de mauvaises habitudes se sont installées.« Les critères fédéraux sur les langues officielles devaient normalement continuer à être respectés après les transferts mais il n'en fut rien en raison de l'absence de mécanismes susceptibles de redresser les manquements aux règles.» En ce qui concerne la grande question des transferts linguistiques du français vers l'anglais ou vice versa, M.Goldbloom a souligné que l'assimilation était un problème réel et qu'il se devait de s'en inquiéter.Il souhaite que l'on donne aux communautés victimes de l'assimilation les moyens pour contrecarrer celle-ci.Mais encore là, M.Goldbloom affirme qu'il n'a pas une vue « fiable » de la situation, en raison de l'imprécision des statistiques en la matière.Coup dur pour les réformistes Les libéraux ont fait une percée lundi, au coeur du bastion réformiste de la Colombie-Britannique, en remportant l'élection partielle dans la circonscription de Port Moody-Coquitlam, à l'est de Vancouver.Le nouvel élu, Lou Sekora (en compagnie de sa fiancée sur le photo), qui est depuis longtemps maire de la municipalité de Coquitlam, l'a emporté sur le candidat réformiste Jim Cunnningham par près de 1000 voix.La population a voté dans une proportion d'environ 36 pour cent.Les réformistes avaient remporté ce siège avec 7400 voix de majorité aux éiectiohs fédérales de l'an dernier.PHOTO PC Mauvais présage pour Marining Chantai Hébert Le décalage horaire aidant, la première élection complémentaire du nouveau mandat Chrétien, laquelle a vu basculer un siège réformiste dans le camp libéral, est passée largement inaperçue lundi.À l'heure où les résultats en provenance de Port-Moody\u2014 Coquitlam en banlieue de Vancouver sont parvenus au centre du pays, les grands téléjournaux étaient passés et la plupart des gens étaient au lit.Une chance pour Preston Man- ning, qui avait besoin de temps pour se composer un visage serein.Pour le chef réformiste, ce revers ne pouvait survenir à un pire moment.A l'heure où la droite canadienne est en effervescence, il s'en trouvera plusieurs pour voir dans ce qui s'est produit lundi un mauvais présage pour l'avenir de M.Manning, et pour cause.Au déclenchement de l'élection, suscitée par le départ pour raisons familiales de la députée sortante, tout indiquait une victoire facile pour les réformistes.D'abord, Port-Moody\u2014Coquitlam était un bastion du parti, remporté sans grande difficulté au fil de deux élections générales.Pour aider, la campagne allait se dérouler dans une période de visibilité sans précédent pour M.Manning.Pour la première fois, il allait pouvoir profiter de son siège de chef de l'opposition officielle à Ottawa pour mettre en évidence en période électorale les talents de sa formation et les lacunes du gouvernement.Par la suite, le hasard allait fournir au chef réformiste des sujets ap- paremment en or.C'est en grande partie pour épater la galerie du comté de Port-Moody\u2014Coquitlam que les réformistes ont passé le dernier mois enveloppés dans le drapeau canadien à tenter d'imposer davantage d'unifoliés aux Communes.Le budget Martin allait leur permettre de souligner le peu d'appétit des libéraux pour les baisses d'impôts.Et puis, en attribuant un siège de la Colombie-Britannique au Sénat à un de ses partisans de longue date, le premier ministre Chrétien poussait l'obligeance jusqu'à inviter à une charge à fond de train réformiste contre le favoritisme politique.Avec le départ de Jean Charest, le portrait était complet puisque tous les feux de la rampe se tournaient vers Preston Manning.Au plan fédéral, le Parti réformiste domine le paysage de la Colombie-Britannique et voilà que son chef pouvait faire figure d'homme de la situation, celui vers lequel toutes les forces anti-libérales allaient se tourner.C'est tout le contraire qui s'est produit.Car, contrairement au vote réformiste, l'appui des autres partis d'opposition est resté stable lundi.En juin dernier, le parti conservateur avait récolté environ 5% des suffrages dans Port-Moody\u2014Coquitlam, ce qui fut de nouveau le cas.Le NPD, qui présentait un candidat moins prestigieux qu'en juin et qui faisait campagne pendant une période mouvementée pour le gouvernement néo-démocrate à l'échelle provinciale, a quand même conservé presque 17% des suffrages contre un score de 19% aux élections générales.En clair, ce qui s'est passé, c'est que les libéraux, aidés par un candidat populaire localement, sont carrément allés rafler la mise des réformistes.Et un millier de personnes, dont le vote aurait pu sauver la situation, ont préféré appuyer un candidat conservateur voué à la défaite plutôt que de se tourner vers les réformistes.Alors que M.Manning se voyait comme un aimant, les électeurs à tendance conservatrice de Port-Moody\u2014Coquitlam l'ont traité comme un repoussoir.Jardinage Place aux nouveautés.à la Place du Marché?Procurez-vous en primeur les nouveautés de 1998 ainsi que des espèces rares de plantes, annuelles, vivaces et d'arbustes.ET PLUS ENCORE ! SALON FLEURS, PLANES ETJARD1N5 DH 3 AD 5 AVRIL PÀLÀIS DES CONGRES DE MONTRÉAL s B 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 1\" AVRIL 1998 Editorial André Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef En l'absence de marge de manoeuvre c budget du ministre Bernard Landry déposé hier témoigne des grandes ambitions du gouvernement du Québec, mais révèle l'absence de toute marge de manoeuvre.M.Landry n'est pas en manque d'imagination, mais de ressources financières.Le troisième budget Landry a le mérite d'identifier les problèmes les plus épineux de l'économie du Québec : un fardeau fiscal trop lourd et une faiblesse chronique des investissements privés.Mais, faute de moyens, le ministre doit se contenter de lancer des réformes qui ne prendront effet que dans deux ou trois ans.¦i i mi.m Ce budget est ainsi davantage une liste d'intentions, de réformes à venir, comme en témoigne l'avalanche de documents déposés hier, qu'une liste de mesures de corrections réelles et immédiates.Philippe Dubuisson Sur le plan de la fiscalité, le budget ne change rien à la facture d'impôt des particuliers et des entreprises.Pour les particuliers, M.Landry se contente d'une vague promesse, soit d'allouer aux réductions des impôts la plus large part des surplus qui seront dégagés après l'an 2000.Pour les PME, le budget annonce une réduction en deux étapes de la taxe sur la masse salariale, mais seulement à compter de juillet 1999.À n'en pas douter, ce budget ne peut être taxé d'électoral iste tellement il renferme peu de mesures immédiates pour les particuliers et les entreprises.Tout au plus, M.Landry dresse la table pour des jours meilleurs, mais nous convie au repas dans seulement deux ans, le temps nécessaire qu'il lui faudra pour préparer et servir un plat de résistance.Sur le plan des investissements, le gouvernement du Parti québécois a recours à ses vieux réflexes interventionnistes.Incapable d'établir un climat plus favorable à l'investissement privé en décrétant un moratoire sur tout projet de référendum sur la souveraineté ou en rendant sa fiscalité plus compétitive, il annonce une révision de la mission des sociétés d'État dans le cadre du dépôt d'une politique économique en quatre volets intitulée Objectif Emploi.Ainsi, la Société générale de financement verra sa mission élargie en accueillant en son sein les sociétés d'État Soquem, Soquip, Soquia et Rexfor.Québec investira 400 millions par année pendant les cinq prochaines années dans le nouveau consortium qui gagnera en cohésion, estime le gouvernement.M.Landry se défend bien d'avoir recours aux vieux réflexes interventionnistes des années 60 et 70.La nouvelle SGF aura un rôle de catalyseur, dit le ministre, et non d'initiateur de projets.Ainsi, elle accompagnera le secteur privé en prenant des participations minoritaires et temporaires dans divers projets d'investissements.Si tel est le cas, la nouvelle mission dévolue à la SGF est bienvenue.Mais c'est à l'usage que l'on verra.Pour encourager les firmes multinationales à investir davantage au Québec, le gouvernement crée aussi Investissement-Québec, qui ïegroupe la Société de développe- ment industriel et des ressources du ministère de l'Industrie et du Commerce.Seule mesure concrète pour encourager l'investissement étranger : la promesse d'aucune hausse d'impôt sur le revenu, la masse salariale et le capital des grandes entreprises pendant 10 ans, à compter de juillet 99, pour les investissements majeurs.II faut accorder de bonnes notes au gouvernement, par ailleurs, pour son projet de relance du secteur financier montréalais dans le cadre de sa nouvelle politique économique.Il y a longtemps que Montréal s'est fait damer le pion par Toronto au chapitre des transactions boursières et de la gestion des fonds communs de placement.Les nouvelles mesures pour encourager le développement des Centres financiers internationaux et la gestion des portefeuilles étaient depuis longtemps attendues.Sur le plan social, Québec annonce une série de mesures modestes qui totalisent 50 millions, en 1998-99, pour combattre le chômage chez les jeunes et alléger l'endettement des étudiants qui doivent assumer le remboursement de prêts.L'ironie, c'est que ce même gouvernement a réduit pas plus tard que la semaine dernière de 60 millions le programme des prêts et bourses, à l'occasion du dépôt des crédits.Encore une fois, en l'absence de marge de manoeuvre, on prend d'une main pour redonner de l'autre.Parce qu'il garde le cap sur la réduction du déficit, qu'il adopte des hypothèses économiques prudentes et qu'il n'accroît pas le fardeau fiscal des contribuables, ce budget sera bien accueilli par les marchés financiers.Les bonnes nouvelles, selon le calendrier électoral, seront annoncées à l'occasion d'un énoncé budgétaire, à l'automne, ou du prochain budget, dans un an.Frédéric Wagnière Des comptes transparents Avec le budget de Bernard Landry, le jour où le Québec ne vivra plus de ses déficits esl proche.Il aura fallu plus de 20 ans pour s'apercevoir que le train de vie du Québec dépassait ses moyens et pour y remédier.Il est donc normal que le gouvernement cherche à prévenir une nouvelle descente aux enfers.¦¦¦¦¦¦¦vnHHi L'adoption de nouvelles règles comptables par le gouvernement doit empêcher que l'on répète les erreurs du passé et faciliter la bonne gestion des fonds publics et des nombreux intérêts économiques de l'État.Ces mesures, qui mettront le Québec à l'avant-garde au Canada \u2014 et dans le monde \u2014 sont la continuation de 30 ans d'efforts pour introduire plus de rigueur dans la gestion de l'État.En fait, le gouvernement ne fait que suivre les recommandations du vérificateur général, dont le mandat est de veiller a ce que la gestion des fonds publics soit conforme aux volontés de l'Assemblée nationale et d'aider celle-ci à formuler des lois et des directives politiques cohérentes.Ainsi, le vérificateur général joue un rôle de premier plan dans l'élaboration d'une politique budgétaire non déficitaire.Si le gouvernement et l'Assemblée nationale veulent éviter les déficits à l'avenir, ils doivent bénéficier d'une comptabilité fiable et transparente.Or, les normes comptables d'hier ne sont plus assez précises et rigoureuses pour tenir compte de la réalité beaucoup plus complexe de l'économie et des marchés d'aujourd'hui.Le résultat de cette nouvelle transparence sera, par exemple, d'augmenter le dette publique de plusieurs milliards de dollars.Or il ne s'agira pas de nouvelles dettes, car le gouvernement n'assumera pas de nouvelles obligations envers quiconque, et ces dettes n'ont nullement été cachées jusqu'à présent.Il n'y avait tout simplement pas de consensus sur la façon de définir la dette.Mais avec de nouvelles normes comptables, tout le monde parlera des mêmes chiffres.Il sera aussi plus difficile pour le gouvernement de lancer la province dans des politiques alléchantes mais difficilement réalisables.Les projections que l'on fera sur l'ensemble des retombées du projet révéleront plus volontiers ses failles et ses dangers inhérents.Cette transparence est tout particulièrement importante pour le Québec, dont une bonne partie de la dette est financée à l'étranger.Si les Québécois ne parviennent pas à se mettre d'accord sur des chiffres importants, comme le montant de la dette par exemple, les investisseurs étrangers se méfieront.Même si leur instinct leur dira que le Québec est sûr, ils réclameront des taux d'intérêt un peu plus élevés pour y placer leur argent.Et cela ne concerne pas seulement ceux qui envisagent d'acheter des obligations du gouvernement ou d'Hydro-Québec, mais aussi ceux qui veulent faire des placements directs dans l'économie, voire y apporter de nouvelles technologies.Il est difficile de chiffrer les retombées économiques d'une bonne comptabilité.Il est certain que la crise financière dans le Sud-Est asiatique a fait ressortir un des dangers de la mondialisation.Une image extérieure très orthodoxe peut dissimuler une multitude de pratiques très différentes, dont certaines sont peu recommandables ou frauduleuses.À ce taux-là, les désavantages dus au climat ou au niveau des salaires, dont le Québec peut souffrir, deviennent soudain peu importants.C'est une vérité à La Palisse de dire que les déboires économiques et financiers du Québec SU cours des deux dernières décennies, sont dus a une mauvaise gestion.Et il est beaucoup plus facile de inoiiiicr du doigt les erreurs du |» >s^« qœ d'éviter celles qui nous guettent a l'avenir.Mais il est certain que l'adoption de nouvelles règles comptables permettra de mieux saisir les occasions les plus avantageuses.S in \t\t \t\t LA BOITE AUX LETTRES Consternée et indignée ¦ Je suis consternée par les différents articles que j'ai pu lire concernant le film de la cinéaste Manon Barbeau, Les enfants du Refus global.Consternée et indignée.On y laisse entendre que les enfants des signataires du Refus global auraient été les victimes des convictions et des engagements de leurs pa-reiits.C'est une généralisation bien hâtive et bien malheureuse à partir de quelques cas, sans doute douloureux, mais qui ne sauraient représenter l'ensemble des enfants des automatistes.On y laisse entendre aussi que les enfants des signataires qui ne se sont pas exprimés dans ce film auraient soit refusé, soit préféré ne pas y figurer.Pour ma part, j'ai été interviewée pour ce film par Manon Barbeau en tant que fille de Thérèse Renaud et Fernand Leduc, deux des 16 signataires de Refus global.J'ai expliqué dans cet entretien que j'ai eu une enfance heureuse, dans un milieu culturellement favorisé et que je suis toujours restée très proche de mes parents.Ce témoignage n'a pas été retenu.Nathalie Pe-trowski, dans l'édition du 11 mars de La PrtSSi, parle de «< loi du silence au pays du Refus global, une loi qui priverait ces enfants devenus adultes de leur liberté de parole et, en fin de compte, de leur droit d'exister ».Si quelqu'un m'a privée de parole, ce ne sont pas mes parents.Manon Barbeau a certainement fait un film très poignant sur sa relation avec son père et sa mère, mais n'a pas le droit, surtout en connaissance de cause, de généraliser et de faire l'amalgame avec le mouvement artistique ei de pensée.Je trouve tout ceci très insultant pour nombre des signataires de Refus global, et pour mes parents, bien sûr.Isabelle LEDUC Paris Jean Charest ne se bat plus pour des idées ¦ Jean Charest n'a pas le courage de ses opinions.Par contre, il a l'opportunisme de ses ambitions.Jean Charest ne se bat plus pour des idées, il se vend pour un titre que des sondages-yoyo ( ils montent et ils descendent en fonction d'une position devant les caméras plutôt que d'une position politique ) lui font miroiter.Jean Charest passe donc à l'ennemi qu'il combattait pourtant si vigoureusement.Il se fait même appuyer par Jean Chrétien, son rival de toujours.On croit rêver.Les députés libéraux en mal de leader font donc élire à leur tête la popularité au lieu de choisir les idées.C'est une mauvaise farce.Imaginez en France M.Philippe Séguin, actuel chef du RPR en déroute et virulent opposant de l'extrême droite, qui deviendrait chef du Front national pour redorer l'image de ce dernier et devenir premier ministre.Et les journalistes de calculer le pourcentage des voix qu'aurait tel parti s'il avait tel chef au lieu d'analyser le fond du discours et l'essence des idées.Tant qu'à y être, messieurs les « analystes » politiques, combien récolterait Céline Dion si elle était cheftaine du Parti réformiste au Québec?Jean Charest déçoit donc par son manque d'intégrité et de fidélité.Mais de cela, on dirait que les gens s'en foutent.Pascal HENRARD Montréal :4 Jean Charest Les intérêts des Québécois sont en péril ¦ Approché depuis quelques semaines par un Parti libéral en manque de leader et encouragé « un tantinet » par l'intelligentsia du Parti conservateur a poursuivre sa carrière politique sous d'autres cieux, Jean Charest, est néanmoins un conservateur et un fédéraliste jusque dans l'âme.Devenant chef du Parti libéral et emmenant avec lui quelques compagnons de route fédéraux, il pourrait diriger le Québec très prochainement.C'est possible.Aussi, imaginons, et c'est une hypothèse qui n'est pas si saugrenue, que le Parti conservateur prenne le pouvoir à la prochaine élection fédérale.Vous voyez le scénario ! Selon l'influence que Jean Charest et ses copains auront au sein du Parti libéral, le prochain gouvernement du Québec défendrait de moins en moins les intérêts des Québécois et de plus en plus ceux du Canada de façon à en venir à accepter un jour quelque chose en dessous de l'accord du lac Meech, tout juste l'entente de Calgary, pour glisser dans le giron constitutionnel canadien.Impossible ?Qui aurait pu prévoir la venue de Jean Charest au Québec, drapé d'une vertu messianique ! Benoit SÉVIGNY Montréal N.B.¦ La Presse accorde priorité sous cette rubrique aux lettres qui font suite à des articles publiés dans ses pages et se resenc le droit de les abréger.L'auteur doit être clair et COncb w gner son texte, donner son nom complet, son adresse et son numéro de téléphone.Adressir toute correspondance comme suit: La boite au\\ lettres, La Presse.7, rue Saint¦\u2022Jaunies.Montréal H2Y IK9.Les textes peuvent également être achemines par fax au 2X54Xlf> ou par email à l'adresse: edito
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