La presse, 4 juillet 1999, Cahier A
[" 7DA0102A0704 Page A1/4juillet 7DA0101A0704 ZALLCALL 67 00:54:42 07/04/99 B 1 3 4 6 http://lapresse.infinit.net Montréal, R dimanche 4 juillet 1999 60 ¢ TAXES EN SUS RÉGION EST DE QUÉBEC 65 ¢ / ÎLES - DE - LA - MADELEINE 1 $ / 1384, boul.Labelle, Blainville Tél.: (450) 430-1460 2759477 Redécouvrez le pur plaisir de conduire.Votre concessionnaire Audi sur la Rive-Nord 115e année No 249 50 pages, 4 cahiers La Personnalité de la semaine Dr Mimi Belmonte page A12 Témoins du siècle Clairette : qui peut nous dire quand finit l'enfance?page A6 Lectures d'été La saga des flics du 87e page B5 Baseball page S3 Un médiateur spécial pour les infirmières?La FIIQ songerait à cette solution pour sortir de l\u2019impasse MARIE-CLAUDE GIRARD Comme prévu, les infirmières ont poursuivi la grève hier, défiant la loi spéciale qui leur ordonnait de rentrer au travail à 16 h sous peine de sanctions coûteuses pour les budgets de la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec.Les dirigeantes syndicales de la FIIQ songent de plus en plus à inviter un médiateur spécial pour dénouer le conflit, d\u2019après la Presse Canadienne.Cela pourrait d\u2019ailleurs faire l\u2019objet d\u2019une recommandation du bureau de la FIIQ aujourd\u2019hui au conseil fédéral, à Dorval.Les 600 délégués feront le point sur les effets de la loi 72 et discuteront de la position à adopter.Vendredi soir, la présidente de la Fédération, Jennie Skene, a indiqué que l\u2019exécutif recommandera de poursuivre la grève.Le directeur général du Conseil pour la protection des malades, Me Voir UN MÉDIATEUR en A2 Autres textes en page A2 PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse © « On est des hors-la-loi depuis 25 minutes ! » ont noté en après-midi des grévistes devant le centre hospitalier Charles-LeMoyne, à Greenfield Park.La loi 72, adoptée avant-hier par l\u2019Assemblée nationale, prévoyait le retour au travail des infirmières pour 16 heures, hier.Le voyage fantastique d\u2019Edwin Sabillon De l\u2019héroïne et de la cocaïne synthétiques d\u2019ici 10 ans! RICHARD HÉTU collaboration spéciale, NEW YORK Vêtu d\u2019un jeans et d\u2019un T-shirt jaune, un garçon de 13 ans est arrivé seul à New York dimanche dernier à bord d\u2019un autobus en provenance de Miami.Il avait 24 $ en poche et, pour tout bagage, un sac de papier contenant du linge de rechange, un certificat de naissance et trois biscuits.Il était autour de 14 h lorsque Edwin Sabillon, originaire du Honduras, a fait ses premiers pas dans la grande ville étrangère.Vingt-quatre heures plus tard, son histoire allait attendrir le coeur endurci de tous les New-Yorkais, y compris celui du maire Rudolph Giuliani, qui n\u2019a pourtant pas l\u2019habitude de sympathiser avec les hors-la-loi.En sortant de la gare d\u2019autobus de Washington Heights, un quartier situé dans le nord de Manhattan, Edwin a eu le souffle coupé, comme la plupart des nouveaux arrivants à New York.La hauteur des buildings, le tohu-bohu de Broadway, l\u2019absence de verdure, tout l\u2019étonnait, tout l\u2019émerveillait, raconteront plus tard les policiers.Sans savoir où ses pas le menaient, Edwin a erré pendant des heures dans la ville.Vers 20 h 30, il s\u2019est retrouvé à la hauteur d\u2019un carrefour dangereux du Bronx, où un chauffeur de taxi de 35 ans, originaire de la République dominicaine, l\u2019a aperçu.Le garçon a souri à l\u2019homme, s\u2019est approché de sa voiture et lui demandé combien coûtait une course à l\u2019aéroport LaGuardia.Comme le feu de circulation passait du rouge au vert, Jose Basora, le chauffeur de taxi, a dit au gamin de monter.Et Edwin Sabillon de se mettre tout de go à raconter à Basora une histoire fantastique.Le garçon aux grands yeux bruns est à la recherche de son père, Grevis Sabillon, qui vit et travaille à New York.Il y a un peu plus d\u2019un mois, il a quitté le Honduras, où l\u2019ouragan Mitch a dévasté son village et tué sa mère, Angela Enamorado, de même que son unique frère, Alexander, âgé de 14 ans.Edwin précise que son père lui a viré 200 $ pour effectuer le trajet entre San Francisco de Yojoa Cortez, où il vivait chez des amis, et New York.Il s\u2019est mis en route le 22 mai dernier, a-t-il dit à Basora, avant de décrire un voyage de 37 jours et 5000 kilomètres digne des aventures de Huckleberry Finn.Le gamin a fait du stop le long de la côte hondurienne.Il a déjoué la vigilance des autorités frontalières du Guatemala et du Mexique.À Matamoros, il a plongé dans le Rio Grande pour atteindre le Texas.De là, il a sauté sur un train de marchandises qui l\u2019a conduit à Miami, où il a réussi à convaincre les employés d\u2019un restaurant cubain de lui payer un billet d\u2019autobus pour New York.Jose Basora, qui a immigré aux États-Unis il y a dix ans, est plus qu\u2019ému par le récit d\u2019Edwin.I l veut aider son passager à retracer son père.Mais celui-ci ne se trouve pas aux abords de l\u2019aéroport LaGuardia, où il avait donné rendez-vous à son fils pour les journées du 24, 25 et 26 juin, explique Edwin.Après avoir fait en Voir LE VOYAGE en A2 ANDRÉ CÉDILOT D\u2019ici dix ans, l\u2019héroïne et la cocaïne devraient être remplacées par des drogues synthétiques moins coûteuses, mais procurant sensiblement les mêmes sensations aux millions d\u2019usagers du Canada et des États- Unis.C\u2019est la projection que fait le commissaire adjoint de la GRC, René Charbonneau, responsable de la lutte antidrogue au pays.« Dans un proche avenir, les drogues de synthèse devraient supplanter l\u2019héroïne et la cocaïne traditionnellement fabriquées à partir de produits organiques comme le pavot et les plants de coca », a-t-il dit à La Presse.Selon lui, des spécialistes (chimistes, biologistes, toxicologues, etc.) travaillant pour les grandes organisations criminelles des États- Unis, du Mexique et de l\u2019Europe de l\u2019Est cherchent depuis un bon moment la recette miracle qui permettra de produire entièrement en laboratoire l\u2019héroïne et la cocaïne vendues sur le marché noir.L\u2019officier de la GRC voit plusieurs explications à ce changement.D\u2019abord, les trafiquants n\u2019auront plus à tenir compte de la situation intérieure des pays producteurs, où sévissent à l\u2019occasion guerres civiles, coups d\u2019État et arrestations massives.Ils ne seront plus soumis aux exigences de leurs fournisseurs, tout en éliminant les énormes risques liés au transport de la drogue, puisque celle-ci sera fabriquée sur place.Les substances servant à produire l\u2019héroïne et la cocaïne de synthèse seront également plus facilement accessibles Voir DE L\u2019HÉROÏNE en A2 PHOTO AFP Edwin Sabillon, 13 ans.181 JOURS AVANT L\u2019AN 2000 INDEX Petites annonces - index C5 - immobilier C5 - marchandises C6 - emplois C7 - automobile C7 à C9 - affaires C9 Arts et spectacles B2 à B10 - horaire spectacles B10 - horaire télévision B2 - Festival de jazz B6, B7 Bandes dessinées C6 Décès C9 Êtes-vous observateur C5 Génies en herbe B11 Feuilleton C8 Horoscope C7 Laporte Stéphane A5 Le bridge C7 Le monde A10 Loteries A2, A4 Mots croisés C5, S10 Robitaille Louis-B.A8 Sciences C10 Têtes d\u2019affiche C4 Tabloïd Sports - Michel Blanchard S5 SANTÉ Quand la musique devient un remède - Cahier C MÉTÉO Ciel variable Max.30, min.204 Cahier Sports, page 16 7LP0202A0704 Page A2/4juillet 7LP0201A0704 ZALLCALL 67 00:54:31 07/04/99 B Suites de la une A 2 R LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 4 JUILLET 1999 Un médiateur spécial pour les infirmières UN MÉDIATEUR / Suite de la page A1 Paul Brunet, a confirmé hier que Mme Skene l\u2019a appelé vers la fin de la semaine pour parler de la possibilité que le Conseil agisse comme médiateur dans les négociations que le syndicat souhaite reprendre avec le gouvernement.Le Conseil avait déjà fait cette proposition aux parties.Mais pour le syndicat, il faudrait qu\u2019un médiateur extraordinaire puisse agir concrètement.« Nous serions prêtes à avoir un médiateur qui a un pouvoir de décision, pas un médiateur qui va nous faire passer un mois sur une banquette et qui ensuite n\u2019aura pas de pouvoir pour faire appliquer les mécanismes qui auront été convenus », a déclaré Mme Skene à Québec vendredi soir.« Un arbitrage du type que l\u2019on accorde aux policiers ou aux pompiers serait une solution », dit-elle, rappelant que les infirmières avaient refusé le processus habituel de médiation, « une perte de temps », selon elle.Les possibilités de rapprochement sont plus grandes qu\u2019elles ne paraissent au premier coup d\u2019oeil, estime pour sa part M.Brunet.« Tout le monde a eu ce qu\u2019il voulait.M.Bouchard tenait à une loi spéciale pour s\u2019opposer à la grève illégale.Il l\u2019a eue.Les infirmières ont dit qu\u2019elles défieraient la loi.Elles l\u2019ont fait.Maintenant, il serait temps de s\u2019asseoir et de passer aux vraies affaires.» En présence d\u2019un médiateur indépendant, les deux parties risquent d\u2019agir davantage dans l\u2019intérêt du public, croit M.Brunet.En attendant, pourrait-on arrêter de klaxonner autour des hôpitaux ?demande-t-il.« Il y a des malades qui ont besoin de dormir.» Le concert des klaxons était toujours aussi frénétique autour des hôpitaux visités hier.Vers 16 h, l\u2019atmosphère était particulièrement fébrile devant l\u2019hôpital Saint-Luc, où les grévistes ont fait le décompte des dernières secondes avant l\u2019application de la loi spéciale.« On est des hors-la-loi depuis 25 minutes ! » notaient plus tard des grévistes devant le centre hospitalier Charles-LeMoyne, à Greenfield Park.« Je veux que tous les patients soient traités comme le premier ministre l\u2019a été.C\u2019est pour ça que je suis sortie piqueter, confie Lucie Tremblay, infirmière aux urgences.On n\u2019a rien à perdre.Si ça ne change pas, moi je m\u2019en vais.» Plusieurs de ses compagnes de travail songent à quitter la profession, dit-elle.Lessivée, elle a goûté aux heures supplémentaires « forcées » jusqu\u2019à l\u2019épuisement, parce qu\u2019il n\u2019y a personne d\u2019autre pour travailler.« Si on me force à rentrer, je vais rentrer à genoux », confie la rage au coeur, Céline, une infirmière de 26 ans d\u2019expérience.« On n\u2019est pas des petites Florence Nightingale ni des petites filles soumises.On est des femmes.On a souvent des enfants.Plusieurs sont des mères seules.Le plus frustrant, c\u2019est qu\u2019on n\u2019est pas reconnues pour ce qu\u2019on fait.» La FIIQ souhaite que le salaire des infirmières soit à parité avec celui des travailleurs sociaux.Mais le stress, la charge émotive, les responsabilités ne sont pas comparables, tranche Mme Tremblay, qui n\u2019en revient pas de devoir se retrouver la pancarte à la main, défiant une loi spéciale.« Qu\u2019ils nous comparent avec les autres infirmières.» Après la CEQ, la FTQ, la CEQ et une série d\u2019association et organismes, la Fédération autonome collégiale a donné hier son appui aux infirmières.L\u2019association qui regroupe 4000 professeurs de cégep estime que la loi 72 est antisyndicale parce qu\u2019elle vise directement, « de façon basse et mesquine, les représentants élus de la FIIQ ».Avec la collaboration de la Presse Canadienne Les infirmières de la Cité de la Santé déclenchent la grève à leur tour La popularité du gouvernement est en baisse depuis l\u2019hiver Le Parti libéral devance le Parti québécois dans les intentions de vote, d\u2019après un sondage Léger et Léger réalisé pour le Journal de Montréal et le Globe and Mail.Si des élections avaient eu lieu entre le 17 et le 29 juin, en plein conflit avec les infirmières, 44,4% des répondants auraient voté pour le Parti libéral contre 41,9% pour le Parti québécois et 12,3% pour l\u2019Action démocratique.En février, un sondage CROP constatait que le PQ conservait environ le score des élections avec 43%.Le PQ conserve l\u2019appui des francophones à 49,5% tandis que le PLQ récolte l\u2019adhésion de 39,6% d\u2019entre eux.Ces données s\u2019apparentent aux résultats d\u2019un sondage SOM réalisé entre le 18 et le 22 juin derniers.Ainsi, 48,7% des gens se disent satisfaits du gouvernement contre 49,2% d\u2019insatisfaits.L\u2019appui à la souveraineté est minoritaire avec 44,3% pour et 55,7% contre.Une majorité de 62,3% ne croit pas à la victoire des souverainistes lors d\u2019un prochain référendum.Et ils sont aussi nombreux à croire qu\u2019un résultat tant négatif que positif à un nouveau référendum ne réglera pas la question de l\u2019avenir politique du Québec.D\u2019ailleurs, la moitié des répondants ne veulent plus de référendum sur la souveraineté.Par contre, s\u2019il devait y en avoir un d\u2019ici cinq ans et qu\u2019on était sûr qu\u2019il serait gagnant, 49,8% souhaiteraient qu\u2019il ait lieu contre 46,4% qui s\u2019y opposent.Par ailleurs, le sondage Léger et Léger révèle que les libéraux fédéraux sont plus populaires que le Bloc québécois au Québec, avec 44,2% des intentions de vote contre 39,5%.L\u2019enquête a été réalisé auprès de 1005 adultes québécois.La marge d\u2019erreur est de plus ou moins 3,1 points de pourcentage, 19 fois sur 20.MARIE-CLAUDE GIRARD Sans se soucier de l\u2019adoption d\u2019une loi spéciale censée obliger les infirmières affiliées à la FIIQ à retourner hier au travail, les infirmières de la Cité de la Santé de Laval ont décidé vendredi de débrayer à leur tour.dès demain.Bien que le syndicat ait obtenu un mandat de grève le 21 juin, les infirmières de la Cité de la Santé ne sont toujours pas en grève.C\u2019est qu\u2019elles avaient convenu d\u2019offrir des services essentiels à 90 % (plutôt que 50 %) dans les unités dites « compressibles », autres que les urgences et les soins intensifs.Mais en raison du manque d\u2019effectifs, elles n\u2019arrivaient pas à fournir ces 90 %, explique la présidente du syndicat, Louise Paquette.Tout au plus arrivait-on à 70 ou 80 % du personnel requis.« L\u2019employeur roule en deçà des services essentiels sans être pénalisé », fait-elle remarquer.« Tant qu\u2019à être dans l\u2019illégalité », les syndiqués ont décidé de réviser leur interprétation des services essentiels sous les 90 %.Dans les faits, ceux-ci pourraient se rapprocher des 50 % vécus ailleurs.Ainsi, dès demain, les 979 infirmières de la Cité rejoindront la majorité des grévistes, à moins que le conseil fédéral de la FIIQ ne modifie sa position aujourd\u2019hui.Onze chirurgies électives seront annulées demain.Les cliniques de consultations externes seront fermées, mais les urgences et les soins intensifs devraient fonctionner comme à l\u2019habitude.Une salle d\u2019opération et les services d\u2019endoscopie seront disponibles pour les cas urgents, d\u2019après Mme Paquette.Le voyage fantastique d\u2019Edwin Sabillon LE VOYAGE / Suite de la page A1 vain le tour de l\u2019aéroport à plusieurs reprises, le chauffeur de taxi décide de conduire Edwin à un poste de police du Bronx.À leur tour, les flics sont ébaubis par l\u2019histoire du jeune Hondurien.Le lendemain matin, ils convoquent une conférence de presse à laquelle assistent le maire Giuliani et son chef de police, Howard Safir.Le maire annonce que la Ville prendra en charge Edwin jusqu\u2019à ce que son père soit retrouvé.Pas question de renvoyer l\u2019immigrant illégal dans son pays.« Nous allons tout faire pour l\u2019aider », dit Giuliani.Mardi matin, les New-Yorkais apprennent les détails de l\u2019aventure extraordinaire d\u2019Edwin dans les journaux.À la une, le Daily News publie un titre approprié : Incredible Journey.Et toute la ville de tomber sous le charme de ce gamin au courage et à la détermination admirables.Mais Edwin Sabillon a autant d\u2019imagination que de courage et de détermination.En fin de soirée, mardi, il avoue aux policiers avoir inventé de grands pans de son histoire.Sa mère n\u2019a pas été emportée par l\u2019ouragan Mitch, elle a abandonné son enfant à l\u2019âge de trois mois.Son père ne vit plus à New York, il est mort du sida en octobre dernier.En mai dernier, Edwin a bel et bien fait le trajet entre le Honduras et la Floride, mais c\u2019était pour aller rejoindre une tante.Malheureux chez elle, il a fugué le 24 juin dernier en profitant de la générosité des bons Samaritains du restaurant cubain de Little Havana.Selon la grand-mère d\u2019Edwin, qui a pris soin de lui au Honduras, le garçon n\u2019a pas encore accepté la mort de son père, dont les funérailles ont eu lieu dans son village natal.L\u2019adolescent est aussi intelligent que troublé.Qu\u2019adviendra-t-il de lui ?Au moment de mettre sous presse, la Ville de New York et le consulat du Honduras n\u2019avaient pas encore décidé si l\u2019enfant sera renvoyé dans sa parenté (en Floride ou au Honduras) ou placé dans un foyer d\u2019accueil à New York.Quant aux New-Yorkais, ils n\u2019en veulent pas au petit Hondurien de les avoir menés en bateau.Sa vérité est encore plus tragique que son mensonge.De l\u2019héroïne et de la cocaïne synthétiques d\u2019ici 10 ans! DE L\u2019HÉROÏNE / Suite de la page A1 sur le marché légal.Seconde raison, et non la moindre, la tendance à la consommation de drogues synthétiques prend de plus en plus d\u2019ampleur, surtout chez les jeunes.Qu\u2019on pense seulement à tous les stimulants de type amphétamine comme l\u2019ecstasy, si populaire dans les raves.De son côté, Internet regorge d\u2019informations pour quiconque veut en savoir plus sur ce phénomène et, au besoin, monter son propre laboratoire.« Les drogues de synthèse sont en pleine progression.Elles seront le cauchemar des années à venir », confirme l\u2019Observatoire géopolitique des drogues à Paris.Les experts estiment le nombre d\u2019adeptes à 30 millions, comparativement aux 140 millions d\u2019usagers de la marijuana et du haschisch.La planète compterait 8 millions d\u2019héroïnomanes et 13 millions de cocaïnomanes.Les drogues de synthèse sont particulièrement prisées en Europe et aux États-Unis, particulièrement sur la côte Ouest, d\u2019où partent plus souvent qu\u2019autrement les changements culturels et technologiques qui frappent l\u2019Amérique du Nord.Le Québec n\u2019échappe pas à ce courant populaire.Depuis quelques années, la mise en marché de l\u2019ecstasy, par exemple, est sous le contrôle des Hells Angels.Il y a deux semaines, la GRC a mis au jour à Sainte-Julie un laboratoire clandestin capable de produire 750 000 de ces dangereuses petites pilules.De quoi fournir tous les raves qui se tiennent au Canada en une année ! Vendus de 40 à 50 $ chacun, les comprimés d\u2019ecstasy accentuent les facultés sensorielles.Une consommation régulière risque de causer de graves troubles du comportement.Une simple dose combinée à l\u2019alcool peut être fatale.Tout cela incite M.Charbonneau à rappeler l\u2019urgence pour les différents gouvernements, et en particulier ceux des États-Unis et du Canada, d\u2019harmoniser leurs lois de façon à mieux combattre le trafic de drogue, incontestable vache à lait des membres du crime organisé.DEMAIN DANS LA PRESSE Vitara de Suzuki : intéressant Pour apprécier le Vitara de Suzuki, il faut l\u2019évaluer en tant que véhicule utilitaire sport.Ce Suzuki est assemblé sur un châssis dont la rigidité et la robustesse peuvent subir toutes sortes d\u2019abus en conduite hors route.Cette version cadette du Grand Vitara n\u2019est pas propulsée par un moteur V6 plus puissant et sa livrée est plus dépouillée.Malgré tout, notre chroniqueur Denis Duquet a apprécié l\u2019équilibre général de ce véhicule en plus de son prix de vente tout de même raisonnable.À lire demain dans le cahier automobile.QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net À la lumière de ce qui se passe dans les négociations avec les infirmières, avezvous l\u2019impression que le Québec va connaître un automne chaud avec les employés de l\u2019État?Avez-vous l\u2019intention d\u2019assister à l\u2019un des spectacles donnés dans le cadre du 20e Festival de jazz de Montréal?À cette question posée hier, le pourcentage des réponses obtenues a été: Oui: 42 % Non: 58 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n\u2019a aucune prétention scientifique.Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 h à 11 h Rédaction : (514) 285-7070 Promotion : (514) 285-7100 Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi de 8 h 00 à 17 h 30 Décès, remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30 Grandes annonces Détaillants : (514) 285-6931 National, TéléPlus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 Comptabilité Grandes annonces : (514) 285-6892 Les petites annonces : (514) 285-6900 La Presse est publiée par: La Presse, Ltée, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9.http://lapresse.infinit.net Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuter.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.Envois de publication canadienne - Contrat de vente numéro 0531650» Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518.LOTERIES La quotidienne à trois chiffres : 2-0-9 à quatre chiffres : 3-2-9-7 6/49: 2-5-11-15-31-36 le complémentaire 41: avec extra 623878 INSOLITE Métier: éleveur de cafards Pour sortir de la crise économique qui frappe son pays depuis deux ans, un homme d\u2019affaires thaïlandais a eu une idée originale : il a ouvert un élevage de cafards.Il gagne ainsi quelque 20 000 baths par mois en vendant ses cafards aux pêcheurs, dans ses deux fermes près de Bangkok, selon le journal Matichon Daily.Chaque insecte est vendu 4 baths.« C\u2019est un peu plus cher qu\u2019un appât artificiel.Mais les poissons aiment ça, et c\u2019est riche en protéines », souligne l\u2019homme d\u2019affaires, Somkiat Phanmanee, 33 ans.\u2014 Associated Press 7LP0301A0704 A-3 dimanche 7LP0301A0704 ZALLCALL 67 00:57:01 07/04/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 4 JUILLET 1999 A 3 PHOTO JEAN-CLAUDE TALIANA, collaboration spéciale La police de Brossard a procédé tard vendredi soir à une descente dans une présumée maison de débauche dans un motel du boulevard Taschereau.Elle a procédé à l\u2019arrestation de 29 personnes, dont la tenancière des lieux, âgée de 41 ans, ainsi que le tenancier, âgé de 62 ans.Neuf femmes et 20 hommes arrêtés dans une partouse à Brossard RAYMOND GERVAIS La police de Brossard a mis fin tard vendredi soir à une partouse à laquelle participaient 29 personnes dans un motel de Brossard, sur la Rive-Sud de Montréal.Neuf femmes et 20 hommes ont été appréhendés dans une suite nuptiale du motel Best Western, au 7746, boulevard Taschereau, transformée en maison de débauche.À 23 h 15, une quarantaine de policiers de Brossard ont fait irruption dans la suite 102 du motel, où se déroulait une orgie.Plusieurs des participants se sont fait prendre les « culottes baissées », étant nus ou partiellement vêtus.Les tenanciers recrutaient leur clientèle par une annonce placée dans deux hebdomadaires montréalais, distribués gratuitement dans les dépanneurs.Moyennant une somme de 100 $, les clients pouvaient avoir des relations sexuelles de 21 h jusqu\u2019au lever du jour.Ceux qui le désiraient apportaient de l\u2019alcool.Un homme de 62 ans (Maurice) et une femme de 41 ans (Danielle), présumés tenanciers de la maison de débauche, ont été arrêtés sur place, en même temps que les 27 clients, dont l\u2019âge s\u2019échelonne de 36 à 62 ans pour les femmes et de 24 à 65 ans pour les hommes.Tandis que les policiers procédaient à la razzia, d\u2019autres agents de Brossard ont perquisitionné aux domiciles respectifs du tenancier et de la tenancière, à Montréal.Ils y ont saisi une somme de 19 000 $ en devises canadiennes et américaines.L\u2019enquête avait été amorcée il y a quatre mois par le détective Pierre Bergeron, de la police municipale de Brossard, à la suite d\u2019une information indiquant qu\u2019il y avait une maison de débauche au motel.Les policiers de Brossard ont infiltré le groupe et fait de l\u2019observation.Leur enquête a révélé que l\u2019orgie, qui n\u2019est pas sans rappeler les réunions du club l\u2019Orage, qui a fait les manchettes l\u2019an dernier à Montréal, avait lieu tous les vendredis soir au même endroit.L\u2019enquête a de plus démontré que des femmes, qui participaient aux ébats sexuels où tout était permis, étaient payées et devenaient ainsi des prostituées.L\u2019ameublement de la chambre du motel était composé d\u2019un lit double, d\u2019un sofa, d\u2019une baignoire à remous.Des miroirs étaient fixés autour de la baignoire.Afin de créer une ambiance, les tenanciers modifiaient l\u2019éclairage avec des ampoules de couleur et des chandelles.À l\u2019arrivée des agents, la maison de débauche faisait salle comble puisque les tenanciers fixaient à 30 le nombre de personnes admises.Les femmes appréhendées sont toutes de Montréal, tandis que les hommes venaient d\u2019aussi loin que de l\u2019Outaouais et de la région des Bois-Francs pour participer à l\u2019événement.L\u2019agent Linda Delaplante, de la police de Brossard, a indiqué hier que le groupe comptait des clients qui participaient fréquemment aux rencontres.Compte tenu du grand nombre d\u2019arrestations, les policiers de Brossard avaient demandé aux municipalités de Longueuil et de Saint- Hubert leur assistance pour obtenir deux fourgons cellulaires additionnels afin de transporter tout ce beau monde au poste de police.Les personnes arrêtées comparaîtront par voie de sommation le 26 août au palais de justice de Longueuil.Les présumés tenanciers seront accusés d\u2019avoir tenu une maison de débauche, tandis que les clients seront accusés de s\u2019être trouvés dans une maison de débauche.Julie Payette partage l\u2019espace avec les enfants malades MARTINE ROUX Julie Payette a atterri sur une autre planète, hier, en rendant visite aux enfants malades des hôpitaux Sainte- Justine et Montreal Children\u2019s.Une horde de journalistes sur ses talons, l\u2019astronaute montréalaise passait d\u2019un lit à l\u2019autre en multipliant les sourires et les autographes.À la fois médusés et intimidés par la présence de l\u2019astronaute \u2014 et par l\u2019impitoyable regard des lentilles des caméras \u2014, les enfants semblaient tout de même ravis de partager un morceau d\u2019étoile avec si illustre visiteuse.« Ils ne me connaissent pas toujours ! raconte-t-elle.Mais les jeunes aiment les astronautes.Je leur montre la fusée rouge sur mon uniforme et ça suffit pour établir un lien avec eux.Il y a toujours un point commun, un intérêt dont nous discutons.» Julie Payette a souligné à plusieurs reprises le courage exemplaire des enfants malades.« Les gens nous disent souvent que nous sommes courageux, nous les astronautes.Mais ce n\u2019est rien en comparaison de la somme de courage que déploient ces jeunes pour vaincre la maladie et surmonter la souffrance.» Sandy Borges, « bientôt 12 ans », a déjà rêvé de se faire astronaute.Si elle a dû couper court à cette ambition en raison d\u2019un problème de diabète, elle n\u2019en était pas moins enchantée de la visite de l\u2019astronaute.« C\u2019est bien qu\u2019elle prenne du temps pour venir nous voir.» La jeune femme tenait à saluer chacun des enfants rencontrés.Elle a d\u2019ailleurs écarté journalistes et caméras pendant la majeure partie de sa tournée dans les hôpitaux pédiatriques.« J\u2019avais déjà visité les enfants à Sainte-Justine il y a quelques années.Je voudrais le faire plus souvent, que ça devienne une habitude, mais mon horaire m\u2019en empêche.Au moins, ça apporte un peu de joie dans leur journée.» Julie Payette a beau être revenue début juin d\u2019une mission de 10 jours dans l\u2019espace, son horaire a encore de quoi donner le vertige : « l\u2019après-mission » comprend notamment une tournée de six villes canadiennes, amorcée mercredi dernier.Six millions de kilomètres plus tard, a-t-elle l\u2019impression d\u2019avoir accédé à un statut de.vedette ?« Pas du tout ! Le rôle d\u2019ambassadrice vient un peu avec cet emploi, qui est unique.J\u2019aime simplement rencontrer des jeunes et leur dire : voici ce que j\u2019ai fait, voici pourquoi j\u2019aime mon travail.Le vol spatial n\u2019a rien changé, sinon que j\u2019ai maintenant une meilleure histoire à raconter ! » Dehors, devant l\u2019hôpital, des parents éberlués s\u2019arrêtaient net en l\u2019apercevant.« Mais vous êtes.Incroyable ! Et, dites-moi, comment dort-on dans l\u2019espace ?» Et voilà notre astronaute polyglotte qui s\u2019extasie, en italien pour les besoins de la cause, sur les beautés terrestres et sur celles de.Rome, qu\u2019elle promet de saluer au passage lors de son prochain voyage spatial ! PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse © Julie Payette a fait plusieurs heureux dont la jeune Marie-Claude Garceau, à qui elle a remis un poster dûment autographié ! Le culte de l\u2019attente des feux d\u2019artifice VALÉRIE DUFOUR Bien avant l\u2019explosion des premières couleurs des artificiers de la Suisse, les deux rives du fleuve Saint-Laurent se remplissent de chaises, de tables pliantes, de glacières et de vie.Pour certains, la présentation des feux d\u2019artifice est devenue un véritable culte.Robin Sourdou, Ginette Bourbonnais et Mireille Sourdou ne cachaient pas leur enthousiasme, car hier après-midi, ils avaient réussi à s\u2019installer à un endroit habituellement fort convoité.Le trio n\u2019a pas manqué un spectacle pyrotechnique depuis trois ans, beau temps, mauvais temps.« Au début, on ne comprenait rien, ce n\u2019était que des couleurs dans le ciel, raconte Mireille.C\u2019est avec le temps que nous avons appris à reconnaître les fusées, à voir si le rythme était bon avec la musique.Maintenant, on apprécie le travail des artificiers.» Les gens qui s\u2019installent à chaque représentation au pied du pont Jacques- Cartier se connaissent, car ils ont tendance à retourner au même endroit.« C\u2019est un rituel, on rencontre toujours les mêmes gens », constate Nicole Durand, adepte des feux d\u2019artifice depuis six ans.Encore plus que les explosions, elle apprécie l\u2019atmosphère amicale qui règne dans la rue.Même son de cloche chez Roger et Micheline Fleury, qui assistent fidèlement à l\u2019événement depuis 15 ans avec leur famille.« J\u2019aime voir exploser les couleurs », explique leur petit-fils de sept ans, Guillaume.Dans un coin du parc de stationnement, quelques motorisés sont déjà arrivés de Beauharnois depuis midi.Henriette Tremblay, Marie-Paule Myre et Florian Tremblay sont des habitués de la rue Notre-Dame.Depuis cinq ans, ils ne manquent pas une explosion.« On aime ça ! C\u2019est quelque chose de beau qu\u2019on ne voit nulle part ailleurs », explique Marie- Paule Myre.Pour meubler leurs longues heures d\u2019attente (les représentations commencent à 21 h 30), les spectateurs s\u2019adonnent aux mots croisés, à la lecture ; ils jouent aux cartes ou discutent de tout et de rien.« On règle les problèmes du monde entier », lance à la blague Florian Tremblay, confortablement installé sous l\u2019auvent de son motorisé.Fernand Chartrand est également un inconditionnel de la foule de la rue Notre- Dame depuis quatre ans.Mieux connu sous le nom de Ding Ding, Fernand se déguise en clown et amuse les plus jeunes.« Je viens ici parce que j\u2019aime les enfants », confie le retraité.Quand ils me voient, ils ne regardent plus le ciel.» L\u2019International Benson & Hedges fête son 15e anniversaire cette année.Chaque spectacle pyrotechnique attire en moyenne 200 000 personnes sur les deux rives du Saint-Laurent, le pont Jacques- Cartier et à La Ronde.PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse © Fernand Chartrand met la touche finale à son maquillage de Ding Ding pendant que les spectateurs arrivent. 7LP0401A0704 A4 DIMANCHE 7LP0401A0704 ZALLCALL 67 00:57:46 07/04/99 B A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 4 JUILLET 1999 Les héros de l\u2019horreur VALÉRIE DUFOUR La nuit est tombée depuis quelques heures déjà.Le temps est maussade et froid.La frégate de la marine canadienne Ville de Québec approche de Halifax, son port d\u2019attache.Soudain, le cap change et les moteurs s\u2019activent.Le vol 111 de Swissair vient de s\u2019écraser au large de Peggy\u2019s Cove et le navire est appelé à la rescousse pour repêcher les survivants.Du moins, c\u2019est ce que l\u2019équipage croit.À bord, tous se préparent à recevoir les rescapés dans le hangar à hélicoptère.Quatre sections sont installées : l\u2019accueil, l\u2019identification, l\u2019acheminement aux civières et même un coin où les blessés mineurs pourront se réchauffer en prenant du café.Peu avant minuit, sous une pluie glaciale, le Ville de Québec commence ses recherches dans la zone où l\u2019avion s\u2019est abîmé.Le personnel est dispersé sur les ponts supérieurs.Les marins scrutent l\u2019eau, mais l\u2019insupportable odeur d\u2019essence laisse présager le pire.Dans le ciel, des aéronefs et des hélicoptères éclairent leur travail en lançant des fusées.Tout à coup, la petite embarcation que le bateau avait envoyée en éclaireur s\u2019immobilise.Puis, un des membres crie : « Il y a quelque chose qui ressemble à des intestins ! » Le mot d\u2019ordre est lancé, l\u2019opération passe du sauvetage à la récupération.L\u2019espoir se transforme en résignation.« On a su qu\u2019il n\u2019y avait personne à sauver dès le premier morceau que nous avons repêché », se souvient Debbie Cadwell, commis comptable et mère de trois enfants.« Il commence à faire jour.La mer est un immense dépotoir, témoigne le commis d\u2019administration Fernande Boudreau dans son journal de bord.Lorsque je regarde dans l\u2019eau près du bateau, je vois de petits morceaux de chair se mêler aux algues.(.) C\u2019est effrayant.Moi qui aime regarder la mer pour relaxer et prendre de l\u2019énergie, je ne sais pas si je pourrai le faire à nouveau.» Durant 48 heures, l\u2019équipage du Ville de Québec s\u2019activera à ramasser les détritus et les restes humains du vol 111, à récupérer les disparus pour soulager les familles.Collés ainsi au désastre, les militaires ont réalisé à quel point l\u2019impact avait été solide.« Il y avait plein de petites tablettes dont on se sert pour manger en avion, raconte Éric Dumas, manoeuvrier qui a travaillé sur l\u2019eau avec les plongeurs.Elles étaient remplies de restes humains.Il y avait même des morceaux de dent qui avaient pénétré le fuselage.» Les plongeurs et manoeuvriers des petites embarcations ramenaient à bord du Ville de Québec tout ce qu\u2019ils trouvaient.Chaque découverte était alors triée et classée.Certaines surprennent les marins, d\u2019autres les touchent profondément.« Un sac de marque Timberland vert est arrivé à bord comme neuf, se rappelle Jennifer Amirault, alors affectée au triage.On ne comprenait pas pourquoi ce sac n\u2019avait pas été éventré, alors qu\u2019il n\u2019y avait aucun survivant.» Selon Debbie Caldwell, les membres de l\u2019équipage ont été particulièrement perturbés par le repêchage des jouets et des vêtements d\u2019enfant.« J\u2019ai vu un de nos pompiers fondre en larmes en voyant un petit chapeau.» Éric Dumas avoue lui aussi que c\u2019est ce qui l\u2019a marqué.« Il y avait un immense cercle décoloré dans l\u2019eau.On croyait que c\u2019était de l\u2019essence.On s\u2019est arrêté en plein milieu, c\u2019était rouge vin, comme si des corps avaient été passés à la déchiqueteuse.En plein centre, il y avait un petit avion.Je me suis imaginé le parent qui serrait son enfant et qui savait qu\u2019ils n\u2019allaient pas s\u2019en sortir.» M.Dumas est convaincu que son travail a aussi aidé la population en général.« On ne voulait pas que les restes humains se ramassent sur les plages et soient retrouvés par des enfants.» Après deux jours sans sommeil, l\u2019équipage du Ville de Québec est revenu à Halifax, relayé par d\u2019autres bateaux de la marine canadienne.Rencontres de spécialistes en stress post-traumatique, cauchemars et flash-back ont été monnaie courante pendant les premiers mois.Le commandant du Ville de Québec, Gregory Aikins, a lui aussi patrouillé les lieux de l\u2019écrasement sur la frégate Halifax.Pendant 21 jours, son navire a sillonné le secteur et dirigé les mouvement d\u2019une vingtaine d\u2019autres bateaux civils et gouvernementaux.Chargé d\u2019immenses congélateurs, le Halifax a coordonné les recherches sous l\u2019eau et en surface.« C\u2019était difficile pour l\u2019équipage de vivre avec ça », raconte l\u2019officier originaire de Montréal.À l\u2019instar de plusieurs marins, Gregory Aikins avoue avoir mal dormi dans les mois qui ont suivi l\u2019intervention maritime.Presque un an plus tard, les marins sont encore hantés par l\u2019écrasement.Même s\u2019ils sont convaincus d\u2019avoir aidé les parents des 229 victimes à tourner la page sur cette tragédie, des images et des odeurs resteront collées à jamais dans leur esprit.Toujours, ils se souviendront de ce soir du 2 septembre 1998, où, dans une ambiance quasi apocalyptique, ils ont vu la mer engloutir ses victimes.PHOTOS PIERRE McCANN, La Presse© Jennifer, Éric et Debbie se souviennent avec émotion des premières heures qui ont suivi Le commandant du Ville de l\u2019écrasement du vol 111 de Swissair.Derrière eux, le hangar qui servait de morgue.Québec, Gregory Aikins.Le manoeuvrier Éric Dumas tient le gouvernail du Ville de Québec lors de son arrivée à Montréal, vendredi soir.Célébrités.50e anniversaire de mariage de Thérèse Trottier et Jacques Godin.Nous sommes très fiers de vous et nous voulons vous exprimer tout notre amour.Lucie, Monique, André, Anne et Isabelle Noces d\u2019or \u2014 50 ans Le 16 juillet 1949, Georgette Quesnel et Maurice Thérien unissent leur destinée à l\u2019église des Saints- Anges à Lachine.Ils ont eu 4 enfants et 6 petitsenfants.L\u2019événement fut souligné au Rustik le 3 juillet.Il y a 40 années, c\u2019est-à-dire, le 4 juillet 1959, en l\u2019église Ste-Elizabeth, à 10 h 30, Thérèse Houle unissait sa vie à René Marcil.Félicitations Mamie d\u2019Amour ! Papa, du haut du Ciel, continue de veiller sur ta fidèle Thérèse.De ta famille agrandie, Chantal, Élaine, Stéphanie, Julia et Cécilia.Célébrités.Pour plus de renseignements 285-6999 ou 285-7274 Appels interubains sans frais: 1 (800) 361-5013 2767429 Les plongeurs et manoeuvriers des petites embarcations ramenaient à bord du Ville de Québec tout ce qu\u2019ils trouvaient.SUPER SOLDE CAMPING TENTES ! I 2 places - double t o i t plein.64,99 $ I 4 places - double t o i t plein.89,99 $ I 3 places - a / grand vestibule.99,99 $ I 5 places - coutures scellées .129,99 $ I 8 places 10 x 14 pi avec 2 vestibules, coutures scellées, 2 portes, double toit plein 2 chambres.299,99 $ Tentes de haute gamme I 70 x 90 po a / vestibule, arceau en aluminium, coutures scellées .159,99 $ I 3-4 places, 2 portes / 2 vestibules, garantie à vie .259,99 $ I SACS DE COUCHAGE I Sac 3 lb poly.19,99 $ I Sac rect.0°C .25,99 $ I 3M thinsulate 5°C .39,99 $ I Sac momie -10°C.49,99 $ I Sac polarguard -20°C .119,99 $ Plusieurs autres modèles ! I Tout pour le camping ! Sac à dos, réchauds, lanternes, matelas, canots, etc.2766685 Plus de 25 tentes en exposition ! 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Fin juin, début juillet, c\u2019est vraiment le festival des fêtes nationales.En un peu plus de deux semaines, on a droit à quatre fêtes nationales.La fête du Québec, le 24 juin.La fête du Canada, le 1er juillet.La fête des États-Unis, le 4 juillet.Et la fête de la France, le 14 juillet.Comme nous, on est Québécois, on fait partie du Canada, on appartient aux Américains, et on se prend pour des Français, on n\u2019arrête pas de fêter.On fête les quatre en ligne ! We are the world, stie ! Qu\u2019elles soient françaises, américaines, canadiennes ou québécoises, toutes les fêtes nationales finissent par se ressembler.Grosso modo, c\u2019est la même affaire, partout dans le monde.Le citoyen a congé.Il est content.Et il prend une brosse.Il y a cependant quelques petites différences entre chacune des fêtes nationales, révélant les caractères distincts de chacun des peuples.Voici une étude comparée des quatre fêtes nationales que nous connaissons le mieux : Le 24 juin, les Québécois font un petit feu d\u2019artifice.Le 1er juillet, les Canadiens font un gros feu d\u2019artifice.Le 14 juillet, les Français font un énorme feu d\u2019artifice.Le 4 juillet, les Américains bombardent un pays ! Le 14 juillet, les Français défilent sur les Champs-Élysées.Le 4 juillet, les Américains défilent à Times Square.Le 1er juillet, les Canadiens défilent sur la colline parlementaire.Le 24 juin, les infirmières dressent des piquets de grève devant les hôpitaux ! Le 14 juillet, les Français commémorent la prise de la Bastille.Le 4 juillet, les Américains commémorent l\u2019adoption de la déclaration d\u2019indépendance de leur pays.Le 1er juillet, les Canadiens commémorent la Confédération.Le 24 juin, les Québécois commémorent leur premier joint fumé sur la montagne ! Le 14 juillet, les Français chantent La Marseillaise.Le 4 juillet, les Américains chantent God Bless America.Le 1er juillet, les Canadiens chantent le Ô Canada.Le 24 juin, les Québécois chantent En revenant de Rigaud ! Le 14 juillet, les Français sont très très fiers d\u2019eux-mêmes.Le 4 juillet, les Américains sont très fiers d\u2019eux-mêmes.Le 1er juillet, les Canadiens sont un peu fiers d\u2019euxmêmes.Le 24 juin, les Québécois sont fiers de Céline Dion.Le 24 juin, le premier ministre du Québec distribue les poignées de main à tous les Québécois.Le 1er juillet, le premier ministre du Canada distribue les poignées de main à tous les Canadiens.Le 14 juillet, le président de la France distribue les poignées de main à tous les Français.Le 4 juillet, le président des États-Unis distribue les cigares à toutes les Américaines ! Le 14 juillet, les Français revêtent leur costume national : béret et baguette sous le bras.Le 4 juillet, les Américains revêtent leur costume national : sandales avec des bas et bermudas à carreaux (c\u2019est d\u2019ailleurs étonnant pour un peuple, dont le pays s\u2019appelle les États-Unis, d\u2019aimer autant les carreaux !).Le 1er juillet, les Canadiens revêtent leur costume national : sandales avec des bas et bermudas à carreaux (les Canadiens ont le même costume national que les Américains sauf qu\u2019ils l\u2019achètent en solde !).Le 24 juin, les Québécois se mettent tout nus ! Le 14 juillet, des avions à réaction volent dans le ciel français.Le 4 juillet, des fusées volent dans le ciel américain.Le 1er juillet, des F-18 volent dans le ciel canadien.Le 24 juin, des mouches noires volent dans le ciel québécois ! Le 4 juillet, les Américains fêtent en écoutant Ricky Martin.Le 1er juillet, les Canadiens fêtent en écoutant Paul Martin.Le 14 juillet, les Français fêtent en écoutant Jacques Martin.Le 24 juin, les Québécois fêtent en écoutant Francis Martin ! Le 14 juillet, les Français respectent une minute de silence, à la mémoire de leurs anciens combattants.Le 4 juillet, les Américains respectent une minute de silence, à la mémoire de leurs anciens combattants.Le 1er juillet, les Canadiens respectent une minute de silence, à la mémoire de leurs anciens combattants.Le 24 juin, les Québécois respectent une minute de silence, à la mémoire des Nordiques ! Le 14 juillet, dans son discours à la nation, Jacques Chirac cite le général de Gaulle.Le 4 juillet, dans son discours à la nation, Bill Clinton cite John F.Kennedy.Le 24 juin, dans son discours à la nation, Lucien Bouchard cite René Lévesque.Le 1er juillet, dans son discours à la nation, Jean Chrétien cite le Vagabond ! Le 4 juillet, les Américains vont au cinéma voir Star Wars, l\u2019histoire d\u2019un peuple qui contrôle l\u2019univers.Le 14 juillet, les Français vont au cinéma voir Astérix, l\u2019histoire d\u2019un peuple qui résiste à l\u2019envahisseur.Le 24 juin, les Québécois vont au cinéma voir Elvis Gratton, l\u2019histoire d\u2019un colon ! Le 14 juillet, plusieurs immigrants acquièrent la nationalité française.Le 4 juillet, plusieurs immigrants acquièrent la nationalité américaine.Le 1er juillet, plusieurs immigrants acquièrent la nationalité canadienne.Le 24 juin, aucun Québécois n\u2019a la nationalité québécoise ! Enfin, le lendemain du 14 juillet, les Français restent chez eux parce qu\u2019ils sont malades.Le lendemain du 4 juillet, les Américains restent chez eux parce qu\u2019ils sont malades.Le lendemain du 1er juillet, les Canadiens restent chez eux parce qu\u2019ils sont malades.Le lendemain du 24 juin, les Québécois s\u2019en vont aux États-Unis se faire soigner ! Bonne fête au monde entier ! Le centième anniversaire d\u2019Antonio Barrette RAYMOND GERVAIS L\u2019Association des Barrette d\u2019Amérique est en fête à Joliette depuis vendredi.Les Barrette tiennent à souligner le centième anniversaire de naissance de feu Antonio Barrette, ex-premier ministre du Québec, ministre du Travail pendant 16 ans et député de Joliette de 1936 à 1960.Hier après-midi, le ministre des Transports, Guy Chevrette, a présidé la cérémonie officielle marquant la désignation de l\u2019autoroute Antonio-Barrette, le tronçon de la route 31 qui relie Joliette à l\u2019autoroute 40.Le ministre a ensuite procédé au dévoilement du monument Antonio-Barrette au parc Lanaudière à Joliette, qui a été rebaptisé Antonio- Barrette en hommage au politicien qui a marqué la région durant 24 ans.Cet espace vert avait été créé et financé par Antonio Barrette en 1937.Jeune député, M.Barrette avait décidé de créer ce parc afin de lutter contre le chômage chronique qui sévissait encore dans la région à la suite de la grande crise économique.Autodidacte, grand homme politique, innovateur en matière de santé des travailleurs, médiateur chevronné et grand diplomate, Antonio Barrette a dorénavant un monument en plein coeur de la région qu\u2019il a servie, pour rappeler sa contribution à la société québécoise et au développement de Lanaudière.Le monument est l\u2019oeuvre du sculpteur montréalais Jules Lasalle.Lors d\u2019un banquet qui s\u2019est déroulé hier soir à l\u2019école Thérèse-Martin de Joliette, la juge Claire Barrette-Joncas de la Cour supérieure a été proclamée « Personnalité de l\u2019année 1999 » afin de souligner sa carrière de juriste dans le domaine du droit ainsi que son implication sociale.Vendredi, une exposition de photographies inédites d\u2019Antonio-Barrette au Musée d\u2019art de Joliette, intitulée : Images d\u2019un homme politique et de son milieu, Antonio Barrette, a été inaugurée par la mairesse de Joliette, Danielle Laferrière.PHOTOTHÈQUE LA PRESSE Au début de janvier 1960 le nouveau premier ministre du Québec, Antonio Barrette, donne sa première conférence de presse.PHOTOTHÈQUE LA PRESSE Antonio Barrette se présente pour une réunion du Conseil des ministre à la fin de juin 1966.Soeur Blondin béatifiée ÇA CHAUFFE!SOLDE SURPLUS DE STOCK RABAIS JUSQU\u2019À 70% Notre PLUS GRAND SOLDE À CE JOUR! 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J\u2019ai passé sept jours couchée ! Malâaade ! » Elle en rit encore ! C\u2019est George Guétary qui l\u2019avait amenée à Montréal.Elle avait déjà un nom, ou plutôt un prénom, comme c\u2019était la mode à l\u2019époque.En 1949, Clairette avait 11 ans de métier sur les planches.« Mais ma feuille de route commence vraiment en 1940, avec La Fille du puisatier.C\u2019est Pagnol qui m\u2019a découverte.Vous vous rendez compte ! Un rôle entre Raimu et Fernandel, les deux monstres sacrés ! » Clairette chanteuse faisait des tournées avec la grande star de l\u2019époque, Reda Caire, un Égyptien dont les femmes étaient folles.Avec sa troupe, elle parcourt la France, la Suisse, l\u2019Afrique du Nord.« Je me revois encore, assise dans les gares, avec ma petite valise, j\u2019étais toute mince, près des paniers dans lesquelles on transportait les costumes et les décors.Il fallait attendre les trains, qui n\u2019étaient jamais à l\u2019heure, à cause des ponts bombardés.Je revois encore Reda Caire, dans son grand manteau, qui me disait : « Ah ! On a voulu faire l\u2019artiste ! Eh bien ! c\u2019est ça ! » Eh oui ! Il fallait vouloir faire ce métier.» À ses débuts, elle chantait sans micro.Elle se souvient très bien d\u2019avoir entendu un chanteur utiliser un micro pour la première fois : « C\u2019était Jean Sablon.Il n\u2019avait pas de voix, celui-là ! » Pour cette confidence, c\u2019est le provençal, la vieille langue occitane, qui refait surface : « celui-là » devient « aquèou », tout naturellement.« Les racines, tu peux courir, ça reste ! C\u2019est comme l\u2019enfance.Qui peut nous dire quand ça finit ?» Et les souvenirs remontent.« À cause de la guerre, je me suis retrouvée bloquée en Suisse pendant sept mois.Impossible de retraverser la frontière.Ça m\u2019a permis de tourner un film avec Pierre Dudan.Manouche.Un bide terrible, en Europe et ici, mais un succès extraordinaire en Nouvelle-Zélande.Et puis, j\u2019ai tourné aussi La Bonne Étoile, avec Fernandel, Andrex, Carette.» Quand un film est projeté dans une ville, Clairette est engagée pour chanter.« Toujours dans les mêmes boîtes.J\u2019ai été très fidèle à mes boîtes ! » À Paris, pendant un an, elle sera de la distribution de Mamzelle Printemps, une opérette avec Jeanne Sourzat et Armand Bernard.Clairette travaille des deux côtés de l\u2019Atlantique.« J\u2019ai traversé 40 fois l\u2019océan ! Ma première traversée en avion, c\u2019était en 1969.Avant ça, j\u2019avais fait 14 voyages sur le Liberté, et ensuite huit sur le France.Je donnais un spectacle pendant la traversée, alors on me déclassait en première ! » Enfin, elle se fixe à Montréal, ouvre sa célèbre boîte, Chez Clairette.Elle fait aussi un peu de télé, joue Marius, avec Ovila Légaré.L\u2019aventure de sa boîte va durer dix ans, et quatre de plus ensuite à la Butte Saint-Jacques, à chanter et à faire des auditions de jeunes artistes, à leur donner des conseils, leur mettre le pied à l\u2019étrier.« Câline ! Vous savez combien j\u2019en ai fait débuter ?Charlebois en premier ! Diane Dufresne aussi, et Pierre Létourneau, et Michel Girouard, qui n\u2019avait que 17 ans.Et France Castel, et Claude Dubois, et le copain Sylvain Lelièvre.Mais lui, c\u2019est de la famille ! Et puis il y a ma petite soeur, Danièle.Vous savez qu\u2019elle chante au Casino ?» Les meilleurs souvenirs de Clairette, ce sont tous ces artistes, à leurs débuts, ceux qui l\u2019avaient surnommée la Mère supérieure.« Vous savez, ici, ils sont terribles ! C\u2019est un nid de talents, le Québec ! Mais c\u2019est trop petit.Alors, il n\u2019y en a qu\u2019une poignée qui font de la télévision.» Cet été, pour fêter le 50e anniversaire de sa carrière montréalaise, la Mère supérieure va accompagner un groupe de touristes d\u2019Horizon 2000 dans sa Provence natale.« Pour mes 80 ans, avec ma petite soeur Danièle et son mari Roberto, je vais retrouver le chemin de la Treille, au pied du Garlaban, la montagne des derniers chevriers.» Montréalaise, Clairette l\u2019est totalement.Mais la Provence est toujours là, dans l\u2019accent qui chante.Les racines.PHOTO ROBERT NADON, La Presse Les meilleurs souvenirs de Clairette, ce sont tous les artistes, à leurs débuts, ceux qui l\u2019avaient surnommée la Mère supérieure.Un autre pas vers la «privatisation» de la pollution Des entreprises sont autorisées à mesurer la qualité de l\u2019air, de l\u2019eau et des sols BRUNO BISSON Le ministère de l\u2019Environnement du Québec (MEQ) a fait un pas de plus vers le transfert complet de ses responsabilités en matière de contrôle environnemental, plus tôt cette semaine, en lançant son « programme d\u2019accréditation d\u2019échantillonnage » qui s\u2019étendra aux entreprises travaillant dans la collecte de données sur la qualité de l\u2019air, de l\u2019eau et des sols.Dans le cadre de la déréglementation en cours depuis quelques années au MEQ, ce programme vise à attribuer à un certain nombre d\u2019entreprises des accréditations qui certifieront à la fois leur compétence et l\u2019intégrité de leur travail d\u2019échantillonnage pour fins de surveillance environnemental.Dans un entretien accordé à La Presse, Michel Simard, chef du service d\u2019accréditation du Centre d\u2019expertise en analyse environnementale du Québec (CEAEQ), a expliqué que le programme, échelonné sur trois ans, visera dans un premier temps les firmes travaillant à la collecte de données sur la qualité de l\u2019air, et en particulier, les mesures ponctuelles des émissions des cheminées.L\u2019implantation de ce programme devrait prendre 18 mois, a-t-il expliqué.Après quoi, le CEAEQ, qui gère le programme, enchaînera avec un programme d\u2019accréditation semblable dans les secteurs des sols contaminés et sédiments, et en troisième lieu, dans celui de l\u2019eau.Vocabulaire abscons Dans un communiqué au vocabulaire abscons diffusé mercredi, le MEQ affirme que « cette forme de gestion partenariale s\u2019insère dans la vague d\u2019intégration des exigences normatives internationales de gestion de la qualité et de gestion environnementale ».Ce que cela signifie en langage commun, c\u2019est que le MEQ crée ainsi un réseau d\u2019entreprises privées qui prendront la relève de ses propres techniciens qui collectaient naguère les données sur les rejets (dans l\u2019air, le sol ou l\u2019eau) des entreprises, ou qui entretiennent les bases de données nécessaires au fonctionnement de services publics comme la distribution d\u2019eau potable, à titre d\u2019exemple.Depuis plusieurs années, le MEQ a graduellement perdu la part la plus significative de son personnel scientifique et technique au profit d\u2019autres organismes gouvernementaux, et a abandonné le rôle de « chien de garde » de l\u2019environnement qui n\u2019incombe plus à personne, aujourd\u2019hui, dans le secteur public.Cette métamorphose du MEQ a favorisé l\u2019approche dite « d\u2019autocontrôle », qui veut que ce soit les entreprises elles-mêmes qui effectuent le suivi, et les interventions qui en découlent, sur leurs activités néfastes pour l\u2019environnement.Cette approche a eu des résultats jugés encourageants dans l\u2019industrie des pâtes et papiers, qui a redressé son bilan environnemental de manière significative sur une période de 10 ans.Au cours de la même période, toutefois, cinq autres secteurs industriels importants et très polluants qui devaient s\u2019engager dans la même voie ont, pour leur part, eu des résultats mitigés.Quand résultats il y a eu, dans les faits.En lançant son nouveau programme, le MEQ étend la philosophie d\u2019autocontrôle à un grand nombre d\u2019entreprises, tous secteurs confondus, tout en réduisant considérablement le rôle qu\u2019il aura à y jouer.En fait, le MEQ n\u2019exercera désormais plus son contrôle direct que sur les entreprises spécialisées dans la collecte de données et l\u2019analyse de ces données.Par analogie, le MEQ s\u2019engage ainsi dans une démarche semblable à celle du monde de l\u2019assurance, qui « accrédite » des garages pour évaluer les dommages à un véhicule, dans le cadre d\u2019une réclamation d\u2019assurance automobile.Dans cet exemple, un garage dont le personnel serait mal formé, ou qui ne produirait pas des évaluations de dommages bien fondées, se verrait retirer l\u2019accréditation des assureurs.Selon M.Simard, les entreprises qui seront accréditées par le CEAEQ \u2014 organisme qui n\u2019est luimême pas entièrement de nature publique \u2014 devront démontrer à sa satisfaction leurs compétences, étant soumises deux fois par année à des « audits » sur leurs lieux de prélèvements.À titre d\u2019exemple, une entreprise retenue par un industriel pour prélever des échantillons d\u2019air à la sortie de ses cheminées et en analyser la qualité, devra se plier aux critères techniques rigoureux du CEAEQ, et produire des résultats au moins similaires à ceux qui auront été observés dans des échantillons témoins pris par cet organisme de contrôle.Photothèque Armand Trottier, La Presse © Cette scène rafraîchissante a été croquée lors d\u2019un déversement d\u2019huile à Longueuil en 1994. 7LP0701A0704 A7 DIMANCHE 7LP0701A0704 ZALLCALL 67 00:56:38 07/04/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 4 JUILLET 1999 A 7 General Motors prévoit transférer à Oshawa la production d\u2019un modèle assemblé aux USA Presse Canadienne TORONTO General Motors songe à transférer la production d\u2019une de ses usines d\u2019assemblage américaines à l\u2019un de ses centres de production d\u2019Oshawa, à l\u2019est de Toronto.Le constructeur automobile a l\u2019intention de transférer d\u2019ici trois ans la production du modèle Grand Prix, un véhicule de taille moyenne actuellement assemblé à Fairfax, au Kansas, à l\u2019usine no 2 d\u2019Oshawa, afin de combler le vide laissé par la suppression progressive de la Chevrolet Lumina, a annoncé ce weekend un porte-parole de GM-Canada.« S\u2019il se concrétise, ce projet permettra d\u2019assurer un avenir plus stable et d\u2019éviter des licenciements », a déclaré le porte-parole de GM, Tony LaRocca.M.LaRocca précise toutefois que le fabricant ne s\u2019attend pas à ce que le déménagement donne lieu à un troisième quart de travail ou permette la création de nouveaux emplois, à moins d\u2019une très forte augmentation de la demande.L\u2019usine no 2 emploie environ 2900 travailleurs qui l\u2019an dernier ont construit 230 000 modèles Buick Century et Regal sur deux quarts de travail.GM déménagera la production de la Chevrolet Lumina de l\u2019usine no 1 à l\u2019usine no 2 le 19 juillet après une fermeture de deux semaines.Le constructeur y terminera la production de la Lumina en 2002 pour le marché américain.Les concessionnaires canadiens n\u2019offriront plus la Lumina cet automne.GM a assemblé environ 85 000 modèles Grand Prix à l\u2019usine de Fairfax l\u2019an dernier.Le fabricant croit que l\u2019usine no 2 d\u2019Oshawa sera ainsi en mesure de produire un nouveau modèle Grand Prix.Le centre de production de Fairfax est le premier candidat en lice pour la fabrication de véhicules compacts ou de taille moyenne dans le cadre du projet Epsilon de GM.Cette décision dépend toutefois de la conclusion d\u2019ententes entre GM et ses employés de Fairfax, ainsi qu\u2019avec la municipalité et l\u2019État.Tom Hoar, président du local 222 des Travailleurs canadiens de l\u2019automobile (TCA) à Oshawa, s\u2019attend à ce que le transfert proposé fasse l\u2019objet de discussions pendant les négociations qui débuteront ce mois-ci entre GM-Canada et les TCA.Quebecor et Southam négocient une alliance pour la publicité Presse Canadienne TORONTO Les chaînes de journaux Quebecor et Southam étudient la possibilité de conclure une entente qui permettrait à Quebecor \u2014 qui a acheté récemment Sun Media \u2014 d\u2019avoir accès au marché de Southam à Vancouver et à Halifax, et de bénéficier ainsi d\u2019une diffusion publicitaire d\u2019un océan à l\u2019autre.Si l\u2019accord est conclu, Quebecor pourra vendre des annonces dans l\u2019un des journaux de Southam à Vancouver \u2014 probablement le Vancouver Sun \u2014 et peut-être dans le Halifax Daily News de Southam, en Nouvelle-Écosse.Quant à la chaîne Southam, elle pourrait ajouter le London Free Press, propriété de Quebecor en Ontario, à son réseau national de publicité.Avec l\u2019acquisition de Sun Media, Quebecor possède maintenant des journaux dans la plupart des grandes villes canadiennes, notamment à Montréal, Ottawa, Toronto, Winnipeg, Calgary et Edmonton, mais elle n\u2019est pas encore présente dans les provinces de l\u2019Atlantique ou en Colombie-Britannique.La chaîne Southam a pour sa part le monopole du marché à Vancouver avec le Sun et The Province, et son Halifax Daily News a pour unique rival le Chronicle-Herald, un journal indépendant appartenant à une entreprise familiale.David Radler, directeur général adjoint de la division Southam du groupe Hollinger, confirme qu\u2019il examine la possibilité d\u2019une entente avec Quebecor.« S\u2019ils sont en mesure de nous prouver qu\u2019ils peuvent apporter des revenus additionnels à nos journaux, je serais stupide de refuser », dit-il.Le président de Sun Media, Paul Godfrey, précise que le projet d\u2019une stratégie nationale de publicité était déjà à l\u2019étude avant l\u2019acquisition par Quebecor, et que plus i e u r s p o s s i b i l i t é s s o n t présentement examinées.Les annonceurs trouvent plus simple et plus intéressant de n\u2019avoir à donner qu\u2019un seul coup de fil pour avoir accès à toutes les grandes villes canadiennes, explique-t-il.Le réseau publicitaire Southam rejoint des douzaines de journaux publiés dans les plus grandes villes du pays, ainsi que dans certaines municipalités moins importantes de la plupart des provinces.Si l\u2019entente est conclue et que Quebecor a la possibilité de vendre des annonces dans ces marchés additionnels, cela pourrait l\u2019aider à attirer des annonceurs plus importants, dit Patrick Walshe, vice-président de HYPN, une entreprise de gestion de médias.Southam a comblé un vide publicitaire l\u2019an dernier en lançant le quotidien National Post à Toronto, où la chaîne de journaux n\u2019était pas présente.Le Globe and Mail, qui était le seul quotidien national avant l\u2019arrivée du Post, s\u2019est ainsi retrouvé avec un concurrent.La course aux lecteurs et aux annonceurs s\u2019est intensifiée dans les journaux avec les récents changements de propriétaires.Cette bataille a atteint un point culminant à Toronto entre le Toronto Star de Torstar, le National Post de Southam, le Toronto Sun de Quebecor et le Globe and Mail de Thomson Corp.L\u2019importance du tirage et le volume des annonces servent à déterminer qui est le gagnant.La concurrence est excellente pour les annonceurs, souligne M.Walshe.Quebecor a vendu à Torstar quatre journaux du sud de l\u2019Ontario appartenant à Sun Media.Torstar a ensuite réorganisé son service publicitaire de façon à vendre des annonces pour ses cinq quotidiens en même temps, et a lancé une campagne publicitaire intitulée « Bigfoot » pour prévenir les annonceurs.Les annonceurs s\u2019intéressaient déjà à cette région à forte densité de population, dit M.Walshe, mais c\u2019est plus simple pour eux maintenant que les journaux sont regroupés.PHOTO PC Les discussions reprennent Les agents de bord et la direction d\u2019Air Canada reprennent les négociations demain, trois jours seulement avant le déclenchement possible d\u2019une grève ou l\u2019imposition d\u2019un lock-out.Une porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique, Catherine Louli, a expliqué hier que la décision, rendue mercredi dernier, du ministère du Travail avait eu pour effet de rapprocher les deux parties et de les ramener à la table de négociations.Le ministère a décidé de ne pas imposer un processus de conciliation.« Cela ne peut qu\u2019avoir un effet positif », a-telle déclaré, hier.Si aucun accord n\u2019intervient dans les prochains jours, la compagnie pourrait décréter un lock-out ou le syndicat déclencher la grève dès 12h01 le jeudi 8 juillet.2763289 Trois parcs au Nunavut après quatre ans de négos Presse Canadienne OTTAWA Au terme de quatre ans de négociations, le cabinet fédéral et les Inuits ont ratifié une entente prévoyant la création de trois parcs nationaux \u2014 Sirmilik, Auyuittuq et Quttinirtaaq \u2014 sur le nouveau territoire du Nunavut, a rapporté hier le Ottawa Citizen.Les noms choisis pour désigner les parcs sont en inuktitut et illustrent les principales caractéristiques de ces régions nordiques.Le parc national Auyuittuq \u2014 « là où la neige ne fond jamais » \u2014 a servi de décor au tournage d\u2019un film de James Bond, « The Spy Who Loved Me », en 1977.Le cascadeur doublant l\u2019acteur Roger Moore, qui jouait le célèbre agent 007, faisait du ski au sommet d\u2019une montagne avec un parachute.La région isolée où se trouve le parc national Quttinirtaaq \u2014 « au sommet du monde » \u2014 avait attiré l\u2019ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau et quelques amis, pour une randonnée en canot sur la rivière Ruggles.Le parc national Sirmilik \u2014 « terre de glaciers » \u2014 est réputé pour sa réserve d\u2019oiseaux sur l\u2019île Bylot, un lieu de nidification pour l\u2019oie des neiges.Au printemps, on peut aussi y voir le magnifique narval, un mammifère à la longue défense torsadée.« Les Inuit seront ainsi reliés au reste du Canada », souligne Paul Amagoalik, l\u2019un des négociateurs inuit de l\u2019entente.« Les parcs mettront en valeur des choses qui n\u2019existent nulle part ailleurs au monde.\u2019 La ministre du Patrimoine, Sheila Copps, se rendra à Pond Inlet, sur l\u2019île de Baffin, au mois d\u2019août, à l\u2019occasion de la signature officielle de l\u2019entente entre l\u2019Association Qikiqtani et Parcs Canada.Les parcs immenses ajouteront environ 80 000 kilomètres carrés au réseau national des parcs.Selon un délégué inuit, l\u2019entente s\u2019accompagnera d\u2019une subvention de plus d\u2019un million, qui sera utilisée entre autres pour former des gestionnaires inuit pour les parcs.Le partage du contrôle des parcs entre les Inuit et le gouvernement fédéral constituait l\u2019un des obstacles aux négociations.L\u2019entente prévoit que toutes les décisions seront soumises au gouvernement fédéral, mais que la gestion des parcs sera assurée par des comités conjoints.Les Inuits conserveront leurs droits de chasse, qui sont protégés par l\u2019entente sur le territoire du Nunavut.Bob Gamble, premier négociateur pour le gouvernement fédéral, précise que lorsque l\u2019entente aura été signée par la ministre Copps, Ottawa aura un an pour adopter une législation afin d\u2019officialiser la création des trois parcs.L\u2019établissement officiel des parcs représente une étape importante pour le Nunavut, qui souhaite développer une industrie de l\u2019écotourisme.Les visiteurs pourront y faire de la motoneige et des promenades en traîneaux à chiens, pratiquer le ski de fond, remonter les fjords en kayak et observer des troupeaux de boeufs musqués.Les chasseurs pourront même prendre des dispositions pour chasser l\u2019ours polaire. 7LP0801A0704 A 8 Dimanche 7LP0601A0704 ZALLCALL 67 01:01:34 07/04/99 B Actualités A 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 4 JUILLET 1999 Survivre àMoscou Débrouillardise et sens de l\u2019humour sont les deux qualités indispensables à la vie dans la capitale russe Charles Côté MOSCOU Du trapèze au bitume CHARLES CÔTÉ MOSCOU Alexandre Stenaïev, 50 ans, est un jeune retraité très actif.Né à Moscou, il a fait le tour du monde avec le cirque Bolchoï, où il était trapéziste pendant 26 ans.Sa retraite chèrement gagnée dans la haute voltige, il l\u2019a perdue dans les dédales de la haute finance internationale.En août 1998, le rouble a perdu 75 % de sa valeur, et l\u2019inflation s\u2019est mise en branle.Ce printemps, ses 400 roubles par mois ne valaient plus que 25 dollars canadiens.Alors Alex est devenu chauffeur.« C\u2019est cette auto qui me nourrit », dit-il en saluant de la main, comme si c\u2019était une partenaire de trapèze.Il a acheté sa mini-fourgonnette Toyota à l\u2019autre bout de la Russie, à Vladivostok.Fabrication japonaise, conduite à droite, de la place pour six passagers.L\u2019hiver dernier, Alex a gagné sa vie en livrant des fleurs un peu partout à Moscou \u2014 il y a des stands à tous les coins de rue.Sa fourgonnette est beaucoup mieux chauffée que la moyenne des Lada.Comme des milliers de véhicules moscovites, la fourgonnette d\u2019Alexandre Stenaïev se transforme aussi en taxi.À Moscou, quand vous levez le bras pour arrêter un taxi, c\u2019est le plus souvent un particulier qui s\u2019arrête et vous demande où vous allez.Si c\u2019est sur son chemin, un prix est négocié \u2014 entre 20 et 50 roubles, de quoi acheter une douzaine de litres d\u2019essence \u2014 et vous montez.« Avant, on ne pouvait pas s\u2019improviser chauffeur, comme je le fais.Il fallait obtenir toutes sortes d\u2019autorisations.Maintenant, on le fait, c\u2019est tout.» Pour Alex, le problème le plus urgent est de nourrir la Russie.« Quand j\u2019étais jeune, beaucoup de choses étaient produites ici, localement.» Les préoccupations d\u2019Alex rejoignent celles d\u2019Alek, 37 ans.Depuis quatre ans, il vend des sacs, des jeans, des piles au marché de Podolsk, une ville de 200 000 habitants, pleine d\u2019industries en déclin, située à 50 km au sud de Moscou.Électricien, Alek dit ne plus avoir de travail.Sa vie était meilleure sous le régime communiste.« J\u2019avais plus d\u2019occasions de faire de l\u2019argent, parce qu\u2019il se faisait beaucoup plus de construction », explique- t-il, l\u2019haleine chargée d\u2019alcool en ce début d\u2019après-midi.Le problème le plus urgent en Russie, selon lui est d\u2019améliorer l\u2019agriculture.« Si nous avons une bonne agriculture, nous allons importer moins de nourriture.Nous ne devrions pas dépendre autant de l\u2019étranger pour nous nourrir.» D\u2019ailleurs, il dit exhorter ses enfants, un garçon de 6 ans et une fille de 11 ans, à devenir fermiers.Des produits locaux En fait, la dévaluation du rouble en août 1998 a eu des effets positifs sur la production locale.Les petites fermes ont produit la moitié de la nourriture consommée par les Russes en 1998, avec officiellement seulement 3 % des terres agricoles \u2014 mais plus probablement 15 %, la majorité de la production tournant au noir.En 1999, les petites fermes nourriront sans doute encore plus de Russes, en dépit de la baisse attendue des récoltes à cause de la météo.Avant la crise, avec leur devise gonflée aux hormones, les Moscovites consommaient du poulet importé de Finlande.Moscou était la ville la plus chère au monde après Tokyo.Aujourd\u2019hui, les Russes se rabattent sur les produits locaux.On retrouve le même phénomène dans l\u2019automobile.Les modèles produits localement, soit par les compagnies russes, soit par les sociétés étrangères comme Renault, qui inaugurait le mois dernier sa première chaîne de montage en Russie, ont retrouvé la faveur du public.Tout n\u2019est pas rose à Moscou, loin de là, mais comme le dit Tatiana, 42 ans, qui vient de lancer son petit commerce : « Les affaires sont OK.» Elle a quitté son poste dans l\u2019usine d\u2019équipement électrique et mécanique de Podolsk, où elle assurait le contrôle de la qualité, pour un stand d\u2019ustensiles de cuisine du marché de Podolsk.« Nous vivons décemment ici, affirme-t-elle, il n\u2019y a pas de problèmes urgents.» D\u2019un côté, il y a les statistiques.Les chiffres catastrophiques d\u2019un pays en faillite.Chaque année, il y a 700 000 morts de plus qu\u2019il n\u2019y a de naissances en Russie.La tuberculose est presque endémique.L\u2019alcoolisme, entre autres maux, a réduit l\u2019espérance de vie des hommes à 61 ans.En 1996, 35 000 Russes, des hommes surtout, sont morts d\u2019empoisonnement à l\u2019alcool frelaté.Le sort des femmes, surtout les plus âgées, n\u2019est pas plus enviable.Souvent veuves, elles doivent vivre avec une pension ridicule (30 $ par mois), dans un pays où l\u2019inflation devrait atteindre 50 % cette année.De l\u2019autre côté, il y a tous ces Moscovites qui se débrouillent tant bien que mal pour survivre, et qui réussissent souvent assez bien.La plus grande partie de leurs revenus échappent au fisc, donc aux statistiques.Ils ont la chance de vivre dans la capitale, par où passe une bonne partie de l\u2019argent russe, le propre comme le sale.Les Moscovites qui ont réussi au terme d\u2019années d\u2019attente interminables à obtenir des appartements sous le régime soviétique les conservent aujourd\u2019hui.Ils paient quelques dollars par mois pour le chauffage et l\u2019électricité.Les parties communes des édifices sont complètement délabrées, mais les logements sont décents, quoique minuscules.Moscou compte encore peu de grands supermarchés de style occidental, mais on trouve de la nourriture partout, dans des petits magasins, dans des étals installés dans les nombreux tunnels piétonniers.Si la vie est chère, du moins il n\u2019y a pas de pénurie.Le travail récompensé Victor Gousev a 63 ans.Depuis 18 ans, il enseigne la clarinette et le saxophone dans la meilleure école de musique de Russie, le collège Gnesins, à Moscou.Et il est extrêmement fier de son travail, de ses étudiants, de ses contacts avec des amis musiciens à l\u2019étranger.Fier et digne, il est gêné de parler de la vie de tous les jours, de la difficulté de survivre au milieu d\u2019une crise économique permanente.En plus de son travail au collège, il enseigne aussi la musique dans une école, et il donne des cours privés.Dans ses temps libres, il joue dans un quartette de jazz et fait du bénévolat dans des orphelinats, où il présente avec d\u2019autres musiciens un spectacle où chaque animal est représenté par un instrument.Il a préféré ne pas nous recevoir dans sa maison de la banlieue de Moscou.« Elle est en rénovation, mais je n\u2019ai jamais le temps, alors c\u2019est un chantier », dit-il.Sa maison lui sert aussi d\u2019atelier : Victor répare des clarinettes.« J\u2019en ai acheté une 200 $ et je l\u2019ai réparée.Maintenant, je pourrais la vendre 2000 $.» Deux boulots Tout cela mis ensemble \u2014 deux boulots, cours privés et réparations \u2014 et Victor réussit gagner 300 $ américains par mois, environ 440 $ canadiens.Sa femme, Larissa, 60 ans, une scientifique à la retraite, reçoit 500 roubles par mois, soit environ 30 $ canadiens « C\u2019est bon pour trois jours ! » ironise-t-elle.« Depuis 1993, c\u2019est pas possible de vivre d\u2019une pension.» Cependant, elle dit ne pas s\u2019inquiéter pour ellemême.« Moi, je vais survivre, je n\u2019ai pas besoin de grand-chose.Mais mes enfants.Je ne veux pas qu\u2019ils soient au chômage.» Ensemble, pour le moment, Victor et Larissa ont assez de revenus pour mener une vie satisfaisante.tant qu\u2019il y aura la musique.« Maintenant, je vis mieux, assure Victor.Si je travaille plus, je gagne plus.Si un homme veut travailler dur, il va bien vivre.Mais les musiciens pop gagnent beaucoup plus.Et tout ce qu\u2019ils font, c\u2019est porter des vêtements à paillettes et chanter : \u2018Je t\u2019aime et tu ne m\u2019aimes pas\u2019.Mais c\u2019est comme ça partout ! » « Maintenant, je m\u2019intéresse moins aux vêtements et à la mode, concède-t-il.À Moscou, aujourd\u2019hui, il y a des magasins qui vendent des cravates à 200 $.Moi, ça ne m\u2019intéresse pas.Je dépense beaucoup pour la musique.» Inégalités effarantes Victor est comme bien des Russes : ce n\u2019est pas la misère qui le tenaille, c\u2019est plutôt le sentiment d\u2019injustice devant les inégalités effarantes qui règnent aujourd\u2019hui sur leur pays.En fait, il y a deux classes de citoyens en Russie : ceux qui conduisent des Lada, et les « nouveaux Russes », ceux qui pilotent, le pied au plancher, les Mercedes les plus luxueuses avec une insolence qui leur attire des sarcasmes.Une des blagues qui circulent à Moscou : Un nouveau Russe achète une Mercedes, la plus grosse et la plus chère.Une semaine après, il retourne voir son vendeur et demande le même modèle, la même couleur.« Qu\u2019est-il arrivé à l\u2019autre ?» demande le vendeur.« Le cendrier était plein », répond le client.« Sous le régime communiste, tout le monde avait le même revenu, affirme Victor, sauf peut-être à l\u2019orchestre national et au Bolchoï.Au Bolchoï, on avait le même salaire qu\u2019un vice-ministre.À l\u2019époque, on ne se sentait pas pauvre.Aujourd\u2019hui, tous les musiciens gagnent la même chose, mais le vice-ministre gagne 10 fois plus.» PHOTOS MARION PIEKAREC, collaboration spéciale Victor Gousev est professeur de musique à Moscou.«Maintenant, je m\u2019intéresse moins aux vêtements et à la mode, dit-il.Il y a des magasins qui vendent des cravates à 200$.Moi, ça ne m\u2019intéresse pas.Je dépense beaucoup pour la musique.» «Maintenant, je vis mieux.Si je travaille plus, je gagne plus.Si un homme veut travailler dur, il va bien vivre.» Moscou se refait une beauté sous le règne du controversé maire Iouri Loujkov.Cette année, on fête le grand poète Alexandre Pouchkine, à l\u2019occasion du 200e anniversaire de sa naissance.La ruée vers les datchas CHARLES CÔTÉ MOSCOU La datcha russe, c\u2019est un peu comme le chalet dans les Laurentides dans les années 50.Pas isolé, on ne peut y rester l\u2019hiver, mais on s\u2019y précipite dès l\u2019arrivée des beaux jours pour fuir la ville et ses désagréments.« La saison commence en avril ou en mai », dit Victor Gousev, un professeur de musique de 63 ans qui a hérité de la datcha qu\u2019il avait construite avec son père, à 60 kilomètres au nord de Moscou.Autour d\u2019une pièce principale qui sert à la fois de salon et de chambre à coucher, une grande véranda où l\u2019on cuisine et l\u2019on boit le thé délicieux que la femme de Victor, Larissa, 60 ans, prépare dans son samovar.Comme la plupart des datchas, celle de Victor et Larissa est construite en planches de bois aplanies sur un seul côté, donnant à l\u2019ensemble un petit air familier de maison en bois rond.Elle repose au milieu d\u2019un jardin de 800 mètres carrés, planté de fraises, framboises, concombres et oignons, parsemé de tulipes et de pivoines, à l\u2019ombre de pommiers et poiriers.« Ici, j\u2019ai mes propres produits biologiques », se vante Victor.Un petit garage, une « bécosse » et un deuxième bâtiment, plus petit mais mieux isolé et équipé d\u2019un poêle au charbon complète le domaine des Gousev.Le quartier où sont installés Victor et Larissa a été loti après la dernière guerre, pour les ouvriers d\u2019une usine d\u2019équipement agricole voisine, aujourd\u2019hui à l\u2019abandon.« L\u2019usine rejetait ses déchets à la rivière.Ce qu\u2019il y a de bon avec la crise, c\u2019est que l\u2019usine est fermée et ne pollue plus », remarque Victor, qui dit ne pouvoir appuyer aucun parti politique sauf le Parti vert.« Par contre, ici, nous avons de la très bonne eau », dit-il en actionnant la pompe électrique de son puits.Victor et Larissa assurent que leur potager n\u2019est pas une question de survie, mais de détente.Mais pour bien des Russes, la récolte de la datcha permettra de passer l\u2019hiver suivant.DEMAIN : Le spectacle politique russe PHOTO MARION PIEKAREC, collaboration spéciale Viktor et Larissa Gousev passent les fins de semaines et les vacances dans leur datcha des environs de Moscou.PHOTO MARION PIEKAREC, collaboration spéciale Alexandre Stenaïev LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 4 JUILLET 1999 A 9 PRIX EN VIGUEUR DU JEUDI 8 AU DIMANCHE 11 JUILLET 1999, DANS LA LIMITE DES STOCKS Tous les gros appareils ménagers Maytagm sont en solde RÉFRIGÉRATEUR MAYTAG DE 18,5 PI* 4 demi-tablettes en verre trempé, réglables.2 hydrateurs à humidité contrôlée et couvercle en verre, v 80872.Aussi en noir sur noir et amande sur amande MAYTAG MAYTAG Rabais 70$ LAVE-VAISSELLE MAYTAG À système de lavage par gicleurs sur 6 niveaux et commandes à effleurement.n° 97112.Aussi en amande et noir surensemble CUISINIÈRE AUTONETTOYANTE MAYTAG DE 30 POUCES À éléments serpentins et programmateur électronique.M» 27712.Aussi en amande ENSEMBLE MAYTAG EN EXCLUSIVITÉ CHEZ SEARS Laveuse.2 vitesses et agitateur Load Sensor*c.14 cycles dont 'lavage main'.*> 37482.Sécheuse.6 cycles à commande 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toujours dans les pays limitrophes, a indiqué hier à Genève le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).Le HCR a enregistré vendredi 23 800 nouveaux retours au Kosovo à partir des camps d\u2019Albanie (14 900), de Macédoine (6 000) et du Monténégro (2 900).L\u2019agence de l\u2019ONU recensait 128 000 réfugiés en Albanie, 32 900 en Macédoine, 27 400 au Monténégro et 21 000 en Bosnie-Herzégovine.Avant le début de l\u2019intervention de l\u2019OTAN, le 24 mars, le HCR avait en outre estimé à 124 000 le nombre de Kosovars ayant fui la province vers d\u2019autres pays d\u2019Europe.À Pristina, capitale du Kosovo, l\u2019enjeu du retour à la sécurité oppose l\u2019ancienne guérilla albanaise, qui revendique la responsabilité de la future police, et l\u2019administrateur de l\u2019ONU Bernard Kouchner, opposé à la mainmise d\u2019une faction.Les slogans et drapeaux de l\u2019Armée de libération du Kosovo (UCK) étaient nombreux dans la nuit de vendredi à Pristina, lors d\u2019une manifestation qui a réuni des milliers d\u2019Albanais en faveur d\u2019un Kosovo albanais et indépendant.Le chef politique de l\u2019UCK Hashim Thaçi, acclamé par la foule, a pris soin de ne pas prononcer le mot indépendance, officiellement toujours rejetée par la communauté internationale au profit d\u2019une autonomie au sein de la Yougoslavie.Mais l\u2019UCK indépendantiste, seule en piste alors qu\u2019Ibrahim Rugova et ses modérés ne se sont toujours pas manifestés trois semaines après l\u2019arrivée des troupes de l\u2019OTAN, a prouvé avec éclat le soutien populaire à ses objectifs.La mort de deux Albanais, abattus par des soldats britanniques qui se sentaient menacés par les tirs d\u2019armes automatiques qui ont ponctué la manifestation, n\u2019a pas gâché la grande fête pro-UCK.Les ambitions de l\u2019ancienne guérilla pour laquelle M.Thaçi prévoit « une réorganisation politique » rencontrent de plus en plus d\u2019écho au sein de l\u2019OTAN.Outre les hommages remarqués sur le terrain du chef de la Force de paix (KFOR), le général britannique Michael Jackson, les diplomates de l\u2019Alliance distillent ces derniers jours sur un ton nouveau des louanges à propos du rôle de l\u2019UCK dans la campagne contre Belgrade.Bernard Kouchner, nouvellement nommé administrateur provisoire de l\u2019ONU au Kosovo, a d\u2019autres projets pour le rôle de l\u2019ancienne guérilla.Le secrétaire d\u2019État français à la Santé, un médecin de 59 ans, a dit dès sa désignation par le secrétaire général de l\u2019ONU Kofi Annan : « Ma première pensée va aux victimes et à ceux qui attendent notre aide (.) Nous devons penser à ceux qui reviennent, aux réfugiés, qui découvrent leurs maisons brû lées.C\u2019est une situation d\u2019urgence ».Ces réfugiés continuent à rentrer en grand nombre, autorisant la fermeture hier en Macédoine de l\u2019un des grands camps, Brazda, près de Skopje, qui avait accueilli jusqu\u2019à 30 000 Kosovars.Le choix de M.Kouchner a été accueilli avec réserve à Belgrade, où l\u2019agence officielle Tanjug l\u2019a décrit comme une personnalité « controversée ».Tanjug a rappelé que M.Kouchner avait milité en faveur de la campagne de bombardements contre la Yougoslavie.Le gouvernement du président Slobodan milosevic n\u2019a pas commenté directement le choix de M.Kouchner, se concentrant sur une tentative de désamorcer le conflit avec le Monténégro, qui a soutenu l\u2019Occident tout au long de la crise du Kosovo.Belgrade est prêt à « mettre de côté » son différend avec le président monténégrin Milo Djukanovic « au nom de l\u2019unité de la fédération yougoslave », selon des sources proches du pouvoir citées par le quotidien Politika.ÉTATS-UNIS Pakistan-Cachemire n Le président Clinton doit rencontrer aujourd\u2019hui le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif pour discuter de la situation au Cachemire.« Le président s\u2019est entretenu à deux reprises au téléphone avec M.Sharif et il a parlé également une fois avec le premier ministre indien Atal Behari Vajpayee », a indiqué un porte-parole de la Maison-Blanche.« Ils ont tous estimé que la situation était dangereuse et pouvait s\u2019aggraver si elle n\u2019était pas réglée rapidement », a ajouté le porte-parole.De violents combats ont eu lieu hier entre l\u2019armée indienne et des éléments armés infiltrés au Cachemire, faisant 23 tués dans les rangs indiens.d\u2019après AFP ÉGYPTE Israël n Le président égyptien, Hosni Moubarak, a réaffirmé qu\u2019il faisait confiance au nouveau premier ministre israélien, Ehud Barak, pour faire progresser la paix au Proche-Orient.Dans un entretien à la chaîne de télévision France 3, M.Moubarak a assuré que M.Barak irait « de l\u2019avant » dans la mise en oeuvre d\u2019accords conclus avec les Palestiniens en octobre dernier à Wye Plantation, près de Washington, mais gelés par son prédécesseur Benjamin Netanyahu.M.Barak, un travailliste élu le 17 mai, devrait présenter son gouvernement au parlement la semaine prochaine et il est assuré d\u2019obtenir une large majorité.d\u2019après AFP ALLEMAGNE Manifs kurdes n Environ 5000 Kurdes ont manifesté en Allemagne contre la condamnation à mort mardi par un tribunal turc du chef rebelle kurde Abdullah Ocalan.À Munich, Stuttgart (sud), Mannheim (centre-ouest) et Hambourg (nord), les manifestants se sont dispersés sans incident.Plusieurs attentats au cocktail-molotov ont été perpétrés contre des intérêts turcs en Allemagne, pour la quatrième nuit consécutive depuis la condamnation à mort du chef du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).L\u2019Allemagne compte sur son territoire quelque 2,3 millions de Turcs, dont plus de 500 000 Kurdes.d\u2019après AFP KOWEIT Élections n L\u2019opposition a enregistré un large succès aux dépens des candidats pro-gouvernementaux aux élections législatives qui ont eu lieu au Koweit.L\u2019opposition libérale et islamiste a obtenu sept sièges sur dix dans les cinq circonscriptions où le dépouillement des bulletins de vote a été achevé.Deux autres opposants indépendants ont été élus dans ces cinq circonscriptions, sur les 25 que compte le pays, alors que les candidats pro-gouvernementaux n\u2019ont remporté qu\u2019un seul siège, selon les résultats partiels diffusés par la télévision d\u2019État.d\u2019après AFP IRAK Raids aériens n L\u2019Irak a renouvelé un appel à la Ligue arabe à intervenir pour arrêter les frappes américanobritanniques au-dessus du nord et du sud de l\u2019Irak.L\u2019appel est contenu dans une lettre adressée par le représentant de l\u2019Irak auprès de la Ligue arabe, Sultan al-Chaoui, au secrétaire général de la Ligue Esmat Abdel Méguid.Les États-Unis et la Grande- Bretagne disposent en permanence d\u2019avions de combat sur des bases en Arabie Saoudite, au Koweit et en Turquie.Les chasseurs américains et britanniques survolent régulièrement le nord et le sud de l\u2019Irak pour surveiller les zones d\u2019exclusion aérienne instaurées par les Alliés après la guerre du Golfe (1991) et que Bagdad n\u2019a jamais reconnues.d\u2019après AFP D\u2019autres Russes en route vers le Kosovo d\u2019après AFP MOSCOU Quatre des cinq navires russes devant transporter au Kosovo des troupes et des équipements ont quitté hier le port de Sébastopol sur la mer Noire pour les côtes grecques, a annoncé le ministère russe de la Défense.Les quatre navires ont embarqué des troupes au port voisin de Touapse, qui, une fois débarquées en Grèce devront rejoindre le Kosovo par la route avant d\u2019intégrer la force internationale de paix (KFOR) dans la province yougoslave, a précisé le ministère.Selon des responsables militaires russes, la voie maritime a été choisie par Moscou pour son moindre coût.Mais, selon des responsables américains, cités hier par le New York Times, la Bulgarie, la Hongrie et la Roumanie ont refusé à la Russie leur espace aérien pour le transport de ses contingents.Pour l\u2019OTAN, il est nécessaire de mieux définir la participation russe à la KFOR avant que Moscou ne puisse renforcer sa présence au Kosovo, avaient précisé ces responsables.Des sources militaires russes ont affirmé que Moscou avait l\u2019intention d\u2019envoyer quelque 3600 hommes avant la mi-août pour renforcer le contingent de 200 à 300 hommes déjà présents à l\u2019aéroport de Pristina, qu\u2019il a occupé par surprise le 11 juin.Dès le début de la semaine dernière, la Russie avait envoyé sur place trois gros transports de troupes Il-76 avec des dizaines d\u2019hommes.Le porte-parole du ministère russe de la Défense a annoncé que son pays devait envoyer à Pristina aujourd\u2019hui deux autres transports de troupes Il-76 avec une centaine de parachutistes chacun et quatre autres les deux jours suivants, a indiqué hier l\u2019agence Interfax.Les agences russes n\u2019ont jusqu\u2019à présent pas donné d\u2019informations sur l\u2019interdiction faite aux avions militaires de Moscou de survoler plusieurs pays voisins de la Yougoslavie.Mais pour le New York Times, des centaines de renforts russes n\u2019ont pas été autorisés à rejoindre le Kosovo ce week-end à la suite de la décision de la Hongrie, de la Roumanie et de la Bulgarie de leur interdire leur espace aérien.Ces trois pays ont pris leur décision après consultation avec les responsables américains et le commandement de l\u2019OTAN, avait ajouté le New York Times.Selon le journal, les responsables américains ont annoncé qu\u2019ils ne souhaitaient plus avoir de surprises de la part de la Russie.PHOTO AP Des orangistes au centre-ville de Portadown se disent victimes de l\u2019Armée républicaine irlandaise.Des barbelés pour les orangistes d\u2019après AFP PORTADOWN La route de campagne qui descend de l\u2019église de Drumcree vers Portadown est coupée par un portail de fer.Des soldats sont postés derrrière, prêts à fermer le passage à une manifestation protestante par le quartier catholique de cette ville d\u2019Ulster.En contrebas de la route, les champs ont été transformés à coups de pelleteuse en bourbier de terre retournée, le ruisseau a été creusé, puis sur 50 mètres s\u2019étend un réseau infranchissable de rouleaux de fils de fer tranchant, de barbelés tendus entre des piquets couchés en tous sens.Portadown, ville à 80 % protestante, est le berceau des opposants au partage du pouvoir avec les catholiques.La manifestation de la loge de l\u2019ordre d\u2019Orange promet cette année de servir de tribune à tous ceux qui sont décidés à torpiller les propositions faites vendredi par Tony Blair et Bertie Ahern à l\u2019issue d\u2019une semaine de vaines négociations sur l\u2019application de l\u2019accord de paix.Plus de 10 000 manifestants sont attendus par un déploiement militaro-policier jamais vu à Portadown, où depuis cinq ans, les parades annuelles orangistes dégénèrent en affrontements avec la communauté catholique nationaliste.L\u2019enjeu \u2014 ou le prétexte \u2014 est une portion du parcours de la manifestation qui, sur moins d\u2019un kilomètre, prétend traverser deux rues catholiques, ce que re fusent farouchement leurs résidents et que leur ont interdit les autorités.Mais les orangistes plaident leur droit à honorer une tradition centenaire en empruntant ce chemin dans un quartier à l\u2019origine exclusivement protestant.Les catholiques de leur côté s\u2019affirment agressés par une manifestation identitaire qui, musique en tête, hymnes sectaires et blasons paramilitaires en étole, prétend s\u2019approprier leur territoire.« C\u2019est comme un viol », affirme Nuila, une jeune mère de famille de Garvaghy road, qui estime que le déploiement exceptionnel des forces de l\u2019ordre est « une excellente chose ».Le Grand maître de l\u2019ordre d\u2019orange, Robert Saulters, a appelé au calme.Mais c\u2019est des extrémistes protestants que la police craint des violences orchestrées, en prévision desquelles ont été déployés 1300 soldats en Irlande du Nord, dont 400 à Portadown.Hier soir, quelques centaines d\u2019orangistes commençaient à se rassembler autour de l\u2019église de Drumcree, où s\u2019est tenu un service religieux, et un responsable local du Sinn fein, Brendan MacCionnaith, qualifiait la situation de « tendue ».Une femme a été blessée lors d\u2019incidents qui ont opposé des orangistes, en route pour leur église, à un groupe de catholiques qui sortaient de la messe.La coïncidence du passage des orangistes avec la sortie de la messe était « malheureuse », a soupiré le commissaire Berie Carson, qui va passer la nuit à protéger les abords de l\u2019église catholique, au sein d\u2019un dispositif police-armée.PHOTO AP Une catholique et ses enfants passent à côté des barbelés qui les séparent des orangistes. 7LP1101A0704 A-11 dimanche 7LP1101A0704 ZALLCALL 67 01:00:48 07/04/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 4 JUILLET 1999 A 11 L\u2019agitateur-militant Kouchner, proconsul de l\u2019ONU au Kosovo Louis-Bernard Robitaille collaboration spéciale PARIS Beau couronnement de carrière pour Bernard Kouchner, éternel jeune homme de 59 ans qui agace beaucoup de monde mais peut se vanter d\u2019un combat ininterrompu de 30 ans en faveur des droits de l\u2019homme et, d\u2019une certaine manière, d\u2019avoir inventé « l\u2019ingérence humanitaire ».Le premier « proconsul » de l\u2019ONU, désigné vendredi pour gouverner cet étrange protectorat de la communauté internationale sur le Kosovo, est un cas.Des principaux candidats au poste d\u2019« administrateur civil » de cette « province serbe » dévastée, Kouchner était le plus atypique.Le ministre néerlandais ou l\u2019actuel premier ministre finlandais avaient des profils plus classiques.Idem pour la très sympathique radicale italienne Emma Bonino, plus originale, mais au parcours « humanitaire » plus rectiligne.Il y a des personnalités politiques brillantes qui ont toute leur vie souffert de ce qu\u2019on pourrait appeler le « délit de sale gueule » : ils avaient la barbe trop forte ou une mine antipathique.Kouchner, lui, aurait toujours plutôt souffert du « délit de belle gueule ».À tout près de 60 ans, il a l\u2019air d\u2019en avoir 45, ce qui n\u2019est jamais bon en politique.De la totalité de la classe politique française, il est de loin celui qui, depuis 1970, est le plus souvent allé vraiment sur le terrain des guerres civiles et des grands désastres humanitaires en prenant de vrais risques \u2014 mais rien de tout cela n\u2019a réussi à lui enlever cette allure de fils de bonne famille un peu dandy, de golden boy rasé de près et habillé chez les tailleurs à la mode.Bernard Kouchner a beau avoir accumulé quelques années de maquis ou de champs de bataille, il a toujours l\u2019air de sortir de son appartement cossu situé face au Luxembourg.Son mariage avec une journaliste vedette de la télé, Christine Ockrent, sa fréquentation de stars, ont achevé de le condamner aux yeux de certains.D\u2019où le mauvais jeu de mots, très abusif, à son égard : « un tiers-mondiste, un tiers mondain ».Comme un tas de gens de sa génération en France, Kouchner a fait ses premières armes au sein de l\u2019Union des étudiants communistes au milieu des années soixante.« Il était déjà très drôle, dandy et insupportable », se rappelle un ami de l\u2019époque.Mais il avait quelque chose de particulier : aux éternelles palabres de la gauche intellectuelle, il avait très tôt préféré l\u2019action.Son « Mai 68 » à lui a consisté à fuir Paris.pour la guerre du Biafra, avec cinq autres médecins français.Sous l\u2019autorité du CICR dans un premier temps.Mais l\u2019agité Kouchner trouve rapidement intolérable la pesante neutralité de la Croix- Rouge, qui impose à tous ses personnels un silence intégral sur les horreurs qu\u2019ils côtoient.Il fonde aussitôt un Comité contre le génocide au Biafra.Ce sera la base de Médecins sans frontières, fondé en 1971, et dont il sera le très médiatique président jusqu\u2019en 1979, date à laquelle il part en claquant la porte et fonde Médecins du monde.Au-delà des querelles et des intrigues, Bernard Kouchner peut être considéré comme l\u2019un des inventeurs de l\u2019idée d\u2019« ingérence humanitaire » qu\u2019il défendra de manière (trop) flamboyante depuis le Vietnam jusqu\u2019à la Bosnie en passant par l\u2019Érythrée ou l\u2019Afghanistan.Secrétaire d\u2019État ou ministre de Mitterrand de 1988 à 1993, il devient aussitôt par la télévision l\u2019une des personnalités politiques les plus populaires en France, tout en continuant sa campagne en faveur de l\u2019« ingérence », notamment dès le début de la guerre en ex-Yougoslavie en 1991.On le verra aller passer Noël sous les bombes serbes à Dubrovnik, en compagnie de la ministre italienne de la Culture.C\u2019est lui qui organisera le voyage éclair (très risqué) à Sarajevo, à l\u2019époque entièrement encerclée par les Bosno- Serbes.Bernard Kouchner, malgré ses qualités médiatiques, n\u2019est pas un simple produit des médias.Véritable vedette de la politique, ou du moins des sondages de popularité, Kouchner n\u2019a jamais réussi quand il s\u2019est agi de la vraie politique française.Il échoue à se faire élire député (avec le soutien du PS) en 1988.Trop brillant, incapable de résister à la tentation d\u2019enfoncer ses contradicteurs, il manque de vrais alliés dans le milieu, mais pas d\u2019ennemis.La fantaisie lui prend après 1993 de faire copain avec une autre vedette « socialiste » des médias, mais version affairisme : Bernard Tapie.Quand il tente à nouveau de se faire élire dans la circonscription que celui- ci vient d\u2019abandonner (pour cause.de prison), il échoue lamentablement.Et c\u2019est par une série de coïncidences qu\u2019il est in extremis appelé au sein du gouvernement Jospin, en juin 1997, en tant que secrétaire d\u2019État à la Santé.Il fait bien le travail, mais il est sous la tutelle de la très autoritaire ministre Martine Aubry.Il est frustré, mais cela ne l\u2019empêche pas, curieusement, de redevenir le champion toutes catégories des sondages de popularité.Pour celui qui avait incarné la nouvelle aide humanitaire et plaidé pour l\u2019intervention occidentale dès le début des guerres de Yougoslavie, cette nomination au Kosovo constitue une belle consécration.Et en même temps un défi presque surhumain, face à une situation inédite dans l\u2019Histoire.Flanqué d\u2019un adjoint américain et de quatre « commissaires » (trois Européens et un Néo-Zélandais), Kouchner doit administrer le protectorat de l\u2019ONU sur un Kosovo complètement dévasté, toujours partie intégrante de la Serbie mais soumis de fait à la pression de l\u2019UCK indépendantiste.Il arrive dans un pays où la quasi-totalité de l\u2019administration (serbe) s\u2019est effondrée.Où il faut empêcher les Kosovars de massacrer les Serbes qui n\u2019ont pas encore fui, convaincre les réfugiés serbes de revenir, sans pour autant pouvoir leur garantir la place qu\u2019ils occupaient dans l\u2019administration.Au Kosovo, non seulement une bonne partie des infrastructures et de l\u2019habitat sont en ruine, mais il n\u2019y a plus de forces de l\u2019ordre régulières, encore moins de policiers (il en faudra 3000 à brève échéance).On ne sait même plus quel code civil ou pénal on appliquera (les lois yougoslaves ?).Pour la première fois dans l\u2019Histoire, une armée d\u2019occupation est chargée d\u2019assurer un protectorat au nom de la démocratie et avec des méthodes démocratiques.Dans un climat de haines mortelles entre les Kosovars et ce qu\u2019il reste de la minorité serbe.L\u2019agitateur d\u2019idées et le militant exemplaire \u2014 qui un moment rêvait de se présenter à la présidence en France \u2014 devra montrer ses qualités de gouvernant.Dans une situation impossible.La France va placer le IIIe millénaire sous le signe de l\u2019art immédiat ANNE-MARIE ROMERO Le Figaro, PARIS La France a choisi les artistes pour porter le XXIe siècle sur les fonts baptismaux.Elle en a sélectionné 250, musiciens, chorégraphes, plasticiens, cinéastes, paysagistes, architectes, auxquels elle a confié la mise en scène du passage du siècle et les innombrables manifestations qui se dérouleront, tout au long de l\u2019année prochaine en France, en Europe aussi, puisque l\u2019une d\u2019entre elles aboutit à Barcelone.Elles sont bien trop nombreuses pour être toutes citées.On en retiendra trois, qualifiées d\u2019emblématiques : le 31 décembre à Paris, sur les Champs-Élysées, la « Méridienne verte » de Dunkerque à Barcelone et les manifestations autour du thème de la Beauté à Avignon.Mais Catherine Trautmann, la ministre de la Culture, a surtout donné le ton de l\u2019an 2000 français.Si l\u2019Allemagne a choisi la solennité et la grandeur \u2014 la reconstruction de Berlin, sa capitale historique, et une exposition universelle \u2014, si le Royaume-Uni préfère s\u2019inscrire dans l\u2019éternité avec l\u2019érection d\u2019un monument, la France, elle, « préfère l\u2019art ».« Le XXIe siècle, a-t-elle dit, sera humain.» Et sera artistique ?C\u2019est ce qu\u2019elle pense, estimant que si le cap du XXe siècle avait été placé sous le signe de la science, on ne peut décemment plus, aujourd\u2019hui, faire de triomphalisme autour de la seule notion de « progrès ».« La science ne suffit plus.La création, au contraire, est à l\u2019origine de tout depuis 30 000 ans.L\u2019art reste le meilleur de toutes les civilisations.» Jeux de mots Car l\u2019art, revu par Catherine Trautmann, c\u2019est d\u2019abord l\u2019art immédiat, celui des initiatives locales, des réseaux, du partenariat.C\u2019est une nébuleuse de créations pluridisciplinaires, dont aucune n\u2019a pour mission d\u2019émerger vraiment.Ainsi, le spectacle de la nuit de la Saint-Sylvestre à Paris, Aux portes de l\u2019an 2000, confié à Patrick Bouchain, réunira 14 créateurs autour du thème \u2014 symbolique, comme la plupart des manifestations annoncées hier \u2014 de la roue du temps qui passe.L\u2019avenue des Champs-Élysées, fermée à la circulation, accueillera donc 14 grandes roues empruntées pour un soir au monde de la fête.Roues du mouvement perpétuel, créées par Jean-Luc Wilmouth, Ange Leccia, Jacques Simon, Claude Krespin, Rudy Ricciotti, parmi d\u2019autres, elles seront animées de personnages d\u2019acrobates, d\u2019images virtuelles, de nacelles.Certaines jouent autour des mots, comme la « roue-âge » de Gilles Rhode, faite d\u2019un jeu d\u2019engrenages, d\u2019autres évoquent de vieilles légendes, comme la roue de feu d\u2019Alfredo Arias, une tradition espagnole, qui, en l\u2019occurrence brûlera « les monstres du millénaire passé ».La Méridienne verte, elle, n\u2019est pas un spectacle mais un monument relativement pérenne puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une immense allée d\u2019arbres.Monument à la gloire de la nature, conçu à partir d\u2019une idée de l\u2019architecte Paul Chemetov, elle reliera Dunkerque à Barcelone.Sur 955 kilomètres, 10 000 parcelles publiques ou privées, 337 communes, 20 départements, huit régions, plus la Generalitat de Catalogne et l\u2019ONF, elle est le prototype de l\u2019opération de partenariat.Les arbres seront plantés le 25 novembre prochain, « à la Sainte- Catherine, tout prenant racine », comme chacun sait.Et le 14 juillet 2000, on sera invité à pique-niquer le long de cette voie qui réunira \u2014 encore un symbole ! \u2014 la ville et la campagne.Désirs et extases Dernière manifestation emblématique : La Beauté à Avignon, qui se déroulera d\u2019avril à septembre 2000.Pourquoi Avignon ?Parce que la cité des Papes sera, l\u2019an prochain, la capitale européenne de la culture.Et pourquoi la Beauté ?Parce que cette valeur, longtemps oubliée au profit de la fonctionnalité, devient une nécessité pressante dans notre vie quotidienne, particulièrement dans l\u2019aménagement de la ville, historique ou nouvelle.Des articles ont donc été appelés à réaménager, temporairement ou durablement, certaines parties d\u2019Avignon, dans le souci d\u2019illustrer des formes nouvelles de la beauté, au risque de surprendre.C\u2019est ainsi que le styliste arlésien Christian Lacroix sera chargé de pavoiser la cité à la manière de Sienne pour la fête du Palio et que le plasticien Jeff Koons réalisera une oeuvre éphémère pour l\u2019entrée de la ville.Mais d\u2019autres créations sont appelées à demeurer : une piste de skateboard, un terrain de boules, un pavillon gourmand.La Beauté ne peut pas ignorer le palais des Papes qui, pour l\u2019occasion, ouvrira 22 salles au public \u2014 dix de plus qu\u2019à l\u2019accoutumée.Il proposera un parcours associant installations sonores, arts visuels, cinéma, mode et peinture classique autour de sentiments évoquant les lieux : rêveries, inquiétudes, égarements, violences, peurs ou séductions, désirs charnels ou extases spirituelles.La Beauté, enfin, est transformation, elle est reconquête du corps.Entre deux expositions, les visiteurs pourront aller se faire « embellir », dans la Maison des métamorphoses.Là, une vingtaine de créateurs d\u2019avant-garde, coiffeurs, visagistes, maquilleurs, accessoiristes, leur feront découvrir que leur corps aussi est un territoire d\u2019expressions et peut se métamorphoser, en accord avec la mutation des critères esthétiques.Un ange déchu nommé Jonathan Aitken VERA MURRAY collaboration spéciale LONDRES Un bel homme dans la cinquantaine, vêtu d\u2019un costume superbement coupé, provenant de chez le meilleur couturier de Londres, a été amené la semaine dernière directement du Old Bailey, tribunal principal de Londres, à la prison de Belmarsh, aux environs de la capitale.Il venait d\u2019être condamné à 18 mois de prison ferme pour avoir menti sous serment.Une sentence bien légère, vu que la peine maximum prévue pour ce genre de crime est de quatre ans.Il est difficile de croire qu\u2019il y a encore quelques années, Jonathan Aitken, ce riche fils de famille éduqué dans les meilleures écoles du pays, député conservateur depuis 1974, entré au gouvernement en tant que premier secrétaire du ministère des Finances, sous John Major, en 1992, était considéré comme un « prime-minister-in-themaking », un des grands espoirs du Parti conservateur.Son crime ne témoigne pourtant pas d\u2019une très grande intelligence.En 1995, la chaîne de télévision Granada et The Guardian, un quotidien de gauche, ont accusé le ministre Aitken d\u2019avoir personnellement bénéficié des contacts qu\u2019il avait eus avec la famille royale saoudienne.Il s\u2019agissait d\u2019empêcher les Américains de souffler aux firmes britanniques un contrat de vente d\u2019armes de plus de 4 milliards de livres à l\u2019Arabie Saoudite.Des sommes d\u2019argent importantes auraient été transférées dans son compte en Suisse.Jonathan Aitken a rétorqué aux allégations en lançant un procès en diffamation contre ses accusateurs.Il mâchait si peu ses mots à l\u2019époque que beaucoup étaient prêts à croire à son innocence : « Il me revient d\u2019éradiquer de notre société le cancer du journalisme qui fausse et dénature systématiquement la vérité ! » clamait-il en donnant sa démission du gouvernement.Devant le tribunal, il s\u2019agissait à un moment d\u2019élucider les circonstances d\u2019une fin de semaine passée deux ans auparavant au Ritz, à Paris, en compagnie d\u2019un prince saoudien.C\u2019est là que Aitken s\u2019est empêtré dans un « petit » mensonge en prétendant que son séjour à Paris n\u2019avait été que mondain, que sa femme avait été avec lui au Ritz et que c\u2019est elle qui avait payé en espèces la note de 2500 livres.Elle était arrivée à Paris le samedi soir après avoir laissé en Suisse leur fille Victoria, qui allait y commencer ses études.Présente au début du procès, la femme d\u2019Aitken a rapidement quitté l\u2019Angleterre (elle a ensuite demandé la séparation et ensuite le divorce, qui a eu lieu en 1998).Aitken a eu la très mauvaise idée de soumettre au tribunal une déclaration écrite de sa fille Victoria, âgée alors de 16 ans, confirmant sa version des faits.Mais grâce à des développements souvent rocambolesques, Granada et The Guardian ont réussi à prouver que la femme d\u2019Aitken n\u2019était jamais allée à Paris, que la déclaration de sa fille avait été fabriquée de toutes pièces et que la note du Ritz avait été réglée par un ami et ancien associé d\u2019Aitken, Said Ayas, conseiller de la famille royale saoudienne.Le repentir Jonathan Aitken s\u2019est retrouvé avec les frais du procès et des dommages à payer, et un autre procès pour faux serment en vue.Aitken a alors adopté en public une attitude de profond repentir.Pendant une période, on l\u2019a même vu dans une église londonienne servir du café aux fidèles après la messe.Des amis ont alors rapporté qu\u2019il travaillait sur un livre de mémoires « rempli de spiritualité », intitulé Mort d\u2019un ministre, naissance d\u2019une âme.Un comportement qui lui a peut-être épargné une sentence plus lourde, mais qui ne lui a pas évité la prison.La joie du peuple devant la chute d\u2019un personnage bien né, riche et arrogant donne presque des frissons.Dans un taxi londonien, j\u2019ai entendu l\u2019animateur d\u2019une tribune téléphonique poser à ses auditeurs la question suivante : « Que va-t-il arriver selon vous quand des codétenus vont insister pour jouer à papa et maman avec Jonathan ?» Avant de déblatérer sur les maladies qu\u2019il pouvait attraper dans les douches du pénitencier.Le chauffeur de taxi était plié en quatre.Tout le monde semble aussi être d\u2019accord pour dire que le divorce d\u2019Aitken n\u2019est qu\u2019un autre subterfuge.Avant de faire banqueroute \u2014 il avait officiellement plus de 5,5 millions de dollars de dettes \u2014, il avait réussi à vendre sa maison de campagne et à déposer l\u2019argent dans un compte en Suisse.Il avait également transféré la propriété d\u2019un appartement, habité par sa mère, à cette dernière.Lors du divorce, sa femme s\u2019était vu attribuer la quasi-totalité de leurs biens communs, y inclus leur immense résidence londonienne.Mais puisque sa femme était absente, Aitken a continué à y habiter jusqu\u2019à la veille de sa condamnation.Il a aussi continué à conduire la grosse Jeep familiale dont il n\u2019était plus légalement propriétaire.Et, bien qu\u2019officiellement sans un sou, il a récemment donné une fête somptueuse pour célébrer les 18 ans de ses filles jumelles.Ses anciens amis de collège et d\u2019université se sont fait abondamment interviewer par la presse durant le dernier procès.La palme de la plus belle citation revient à un de ses camarades de classe du collège d\u2019Eton, là où les sang bleu et les plus riches des nouveaux riches font éduquer leurs fils.« Déjà à l\u2019époque, Jonathan était trop malin.Nous pensions tous qu\u2019il finirait au gouvernement ou en prison.Il ne nous était jamais venu à l\u2019idée qu\u2019il pourrait faire les deux ! » Mais l\u2019histoire a une morale : Aitken s\u2019est réinscrit à l\u2019Université d\u2019Oxford, dont il détient déjà un diplôme en droit.Il va étudier la théologie à sa sortie de prison, en vue de devenir curé.« Député, il prenait bien soin de sa circonscription, a constaté un éditorialiste, il pourrait prendre bien soin de ses paroissiens.» Et un post-scriptum plutôt pathétique.Le jour de la condamnation, Lady Aitken, la mère de Jonathan, âgée de 88 ans, a vendu sa version de l\u2019histoire à un tabloïd londonien, afin de se payer un nouveau système d\u2019arrosage de jardin dans sa maison à Ibiza, en Espagne, a-t-elle dit.Elle s\u2019est ensuite rendue au tribunal « pour soutenir moralement son fils ».PHOTOTHÈQUE LA PRESSE Jonathan Aitken veut maintenant devenir curé. A 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 4 JUILLET 1999 La personnalité de la semaine Tl n 'est pas de succès qui se mérite s'il n 'est construit sur l'excellence La Presse André Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef PHOTO PIERRE CÔTE Le Presse « Il faut donner aux enfants le courage de faire face à la vie à part entière.Nous leur donnons un enseignement de la maladie qui est aussi une préparation à la vie.Ils ne peuvent pas prendre de vacances de leur diabète.Mais ils doivent savoir qu'ils peuvent faire du sport, étudier, vivre pleinement.» SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ / SEMAINE DU 4 JUILLET 1999 Dr Mimi JEAN-PAUL SOULIE Pendant plus de 40 ans, le Dr Mimi Belmonte a déployé toutes ses énergies au service de la cause des enfants diabétiques.À la fois pédiatre, endocrinologue et pédagogue, elle a réussi à créer une véritable complicité entre les différentes personnes impliquées auprès d'un jeune diabétique, la famille, parents, frères, soeurs, les médecins, les infirmières.Elle a découvert, en étudiant à Montréal, à Toronto, puis à Boston, qu'un moment privilégié pour créer les meilleures conditions d'adaptation des jeunes malades et de tout leur entourage à leur état était la participation de tous à une colonie de vacances.« Il faut donner aux enfants le courage de faire face à la vie à part entière, dit le Dr Bel-monte.Nous leur donnons un enseignement de la maladie qui est aussi une préparation à la vie, une vie qui leur demande beaucoup de discipline.Ils ne peuvent pas prendre de vacances de leur diabète.Mais ils doivent savoir qu'ils peuvent faire du sport, étudier, vivre pleinement.Plusieurs des moniteurs du camp sont des diabétiques, tout comme le sont de grands joueurs de baseball, des champions de tennis, des comédiens célèbres.» Il faut aussi enseigner aux parents, souvent catastrophés et très mal préparés à faire face à la maladie de leur enfant.C'est pour répondre à tous ces besoins que le camp Carowanis est né en 1958, à Sainte-Agathe-des-Monts.Deux cent vingt-cinq enfants et leur famille y sont reçus chaque été pour six semaines, et, pour les très jeunes enfants, pendant une longue fin de semaine.Il est bien spécifié qu'aucun enfant, aucune famille, ne sont refusés pour des raisons financières.Le Dr Belmonte, qui a pris sa retraite il y a un an, occupe toujours la présidence de la Fondation pour enfants diabétiques, un organisme qui subventionne la recherche sur le diabète et qui aide au financement du camp Carowanis.Pour son apport imminent dans la lutte contre le diabète et au service de la recherche scientifique sur cette terrible maladie, le Dr Mimi Belmonte vient de recevoir le grade d'Officier de l'Ordre du Canada.La Presse souligne l'apport scientifique et médical du Dr.Belmonte en la nommant Personnalité de la semaine.Toujours très active, jouissant, à 73 ans, d'une excellente santé, le Dr Mimi Belmonte continue à servir des repas, une demi-journée par semaine, à l'église Saint-Patrick, dont elle a été marguillère pendant 17 ans.« C'est la Soup Kitchen.Je fais des sandwichs pour des vagabonds.Nous servons de 150 à 250 personnes.Je suis également membre du conseil de pastorale de ma paroisse, à l'ÎIe-des-Soeurs.Je voyage aussi.J'ai eu une très belle vie, une vie qui est, je crois, une belle histoire canadienne », dit-elle en riant.«J'ai eu une très belle crois, une belle histoire canadienne», dit-elle en riant.Mimi Belmonte est née en 1926 à Montréal.Son père était un ingénieur italien, immigrant arrivé au Canada trois ans plus tôt.« Il avait l'intention de continuer son voyage jusqu'en Californie, raconte le Dr Belmonte.Mais il a rencontré maman, Marie-Ange Beaudoin, fille d'un marchand général de Pointe-Saint-Char-les.» Mimi sera leur seule enfant.Elle commence ses études en français, et elle est à l'académie Saint-Urbain quand la guerre éclate.Sa mère meurt, et trois semaines plus tard, son père est interné : le Canada et l'Italie sont en guerre.« Je me souviens toujours de la gentillesse des .religieuses de la Con- VZ£, Ufie Vie QUI est, U grégation de Notre- 1 * Dame, comment elles m'ont soutenue avec beaucoup de délicatesse.Papa est resté dix mois dans les camps de concentration.Mais il est sorti plus vite que beaucoup d'autres Italiens, internés pendant deux ou trois ans, grâce à l'aide de son avocat et du député Brooke Claxton.» Quand son père est libéré, il envoie sa fille au Montréal High School, il veut qu'elle apprenne l'anglais.« Pourtant, il n'aimait pas beaucoup les Britanniques, se souvient Mimi Belmonte.Mais c'est au Montréal High que j'ai été encouragée à poursuivre mes études, à faire ma médecine, et ça, mon père était bien d'accord.» Père et fille vivront ensemble jusqu'à la mort, à 87 ans, de l'entrepreneur en construction.« Je ne me suis jamais mariée, dit Mimi Belmonte, parce que je n'ai jamais trouvé quelqu'un d'aussi intéressant que mon père, d'aussi cultivé, d'aussi intelligent.» De son travail à l'Hôpital pour enfants de Montréal, le Dr Belmonte garde le souvenir d'une organisation très humaine.« C'est un des premiers hôpitaux à avoir engagé des travailleuses sociales pour s'occuper des familles.» Auteur de deux livres destinés aux parents d'enfants atteints de diabète et de fibrose kystique, tous deux publiés en français et en anglais, le Dr Belmonte n'en a pas fini avec les études.En 1963, son père est retourné pour la première fois en Italie, et elle a fait connaissance avec sa famille à Turin.« Cette découverte m'a marquée.J'ai visité Rome, nous avons été reçus au Vatican par Jean XXIII, peu de temps avant sa mort.Je suis retournée sept ou huit fois en Italie, mais j'en ai assez de parler l'italien mal ou seulement à peu près.Cet été, je vais étudier un mois à Florence, à l'école Michelange, avec un groupe de l'Université Concordia.» Infatigable, le Dr Belmonte poursuit ses études.SI a\" Hydro Québec Encore plus que du talent, de l'intelligence, même du génie, l'excellence naît de l'effort.\u2014 II.ALCAN BANQUE NATIONALE a f«Mt PMSer tre.ent Salut Bonjour Du lundi au vendredi de 6 h à 9 h m « i Chaque lundi à 8 h 35, pendant les vacances de Guy Mongrain, Benoît Johnson s'entretient avec la personnalité la semaine.TVA i "]
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