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Titre :
Mainmise
Réponse québécoise à l'underground californien qui exerçait alors un puissant magnétisme culturel sur la jeunesse rebelle du monde entier, Mainmise a été le principal et le plus durable des porte-étendards de la culture hippie au Québec. [...]

Mainmise est une revue bimestrielle, puis mensuelle, publiée à Montréal de 1970 à 1978. Parmi les principaux porte-étendards québécois de la culture hippie d'influence américaine, la revue offre une incursion dans le mode de vie et les aspirations de la jeunesse séduite par le rock, la poésie et les plaisirs sensuels et psychédéliques véhiculés par la contre-culture des années 1960 et 1970.

La première équipe est constituée de Jean Basile Bezroudnoff, journaliste culturel au Devoir et hippie notoire, Georges Khal, animateur radio à CKGM, Kenneth Chalk, professeur à l'université Sir George Williams, Linda Gaboriau, animatrice radio à CKGM, Christian Allègre et Denis Vanier. Se joindront à eux, au cours des années, Michel Bélair, Liliane Lemaître-Auger, Rolland Vallée, Guy Latulipe, Daniel Vincent, Merrily Paskal, Gérard Lambert, Michel Bogos, Paul Chamberland, Raôul Duguay et Claude Péloquin.

Comme membre associé de l'Underground Press Syndicate, Mainmise a, pour une modique contribution annuelle, accès à une banque de textes et d'images produite par un réseau de publications contre-culturelles principalement américaines. Plusieurs des textes sont traduits en français; c'est le cas surtout d'articles thématiques et spécialisés. Les éditoriaux, chroniques et textes de création sont en grande partie des créations originales.

Le mouvement de la contre-culture auquel s'alimente Mainmise est diffusé à partir des États-Unis, et est relayé ailleurs dans le monde, particulièrement en Europe. Il s'attaque aux institutions établies qui, selon ses adeptes, transmettent la tradition et le conformisme : école, famille, Église et système politique. La subversion sociale prendrait les chemins épars de la transformation de la conscience individuelle, de la spiritualité et des religions orientales, du rejet de la recherche d'intérêts pécuniaires, ainsi que de la lutte au contrôle de l'information, le tout facilité par une expérimentation de plaisirs sensoriels artificiels.

La drogue, la libération sexuelle, le féminisme, l'écologie, l'école alternative, la musique rock, le syndicalisme et l'autogestion sont les principaux sujets qui alimentent les pages de Mainmise, alors que l'utopie et la pensée magique en colorent l'approche.

D'abord présentée en format poche, la revue adopte en 1973 la forme du magazine, puis celle du tabloïd à partir de l'automne 1975. Ces changements entraînés par des considérations financières et de mise en marché, ainsi que des tentatives de distribution sur le marché européen, ne permettront pas à Mainmise de surmonter ses difficultés budgétaires récurrentes, mais la revue survit tout de même jusqu'en 1978. Cette même année, la revue Le Temps fou viendra combler le vide laissé par la défunte Mainmise.

Après avoir oscillé autour de 8000 exemplaires pendant les premières années de vie de la revue, le tirage de Mainmise aurait atteint son apogée à l'automne 1973 avec 23 000 ou 26 000 exemplaires.

MOORE, Marie-France, « Mainmise, version québécoise de la contre-culture », Recherches sociographiques, vol. 14, no

WARREN, Jean Philippe, « Fondation et production de la revue Mainmise (1970-1978) », Mémoires du livre / Studies in Book Culture, vol. 4, no

Éditeur :
  • Montréal :Payette et Payette,1970-1978
Contenu spécifique :
août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

Mainmise, 1973, Collections de BAnQ.

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C'est le début d'un temps nouveau au Labyrinthe avec l'arrivée d'importations provenant de tous les coins du monde.Des tuniques de Chine, des robes et gilets brodés d'Afghanistan, chemises et blouses des Indes, des sacs en cuir et des caftans du Maroc, des capes, blouses et ponchos du Mexique, des disques de l'Angleterre et les dernières nouveautés d'Europe.486 ouest, Ste-Catherine (à quelques pas à l'est du Carré Phillip) ) SHAMPOOINGS AUX HERBES ORGANIQUES NATURELLES ET LOTIONS DE RINÇAGE CONDITIONNANTES MAINTENANT EN VENTE DANS TOUS LES MAGASINS D'ALIMENTS NATURES AU QUÉBEC DISTRIBUÉS AU QUÉBEC PAR NUTRI - SANTÉ.> TERREBONNE, P.Q.TÉLÉPHONE (5141 666-9844 les | il* kklil* -niv lu 'i I h 's infinies limilcv l< >r< min 5 i ml 7092 marquette montréal votre heure est la nôtre ! On vous attend Des crises, il y en a partout.À quelque niveau que ce soit, chaque jour, ou presque, en amène une nouvelle.Celle que nous vivons à Mainmise de ce temps-ci est pourtant différente de toutes les autres.S'il y a crise à Mainmise, elle n'est surtout pas due aux motifs habituels: on sait ce qu 'on a à faire et, surtout, on est prêt à le faire.Le bobo n 'est pas là.Le bobo, c'est qu'on doit vous vendre un journal parce qu'il faut payer pour le faire.Le hobo c 'est que, dans le système dans lequel on vit.Mainmise est aussi considérée comme une entreprise qui doit rendre des comptes à ses créanciers.Pendant trois ans, ou presque, on s'en est tiré en coupant les cheveux en quatre; maintenant, ce n'est plus possible.Ce n'est tellement plus possible que pour la Nième fois on a cru devoir fermer boutique.Au lieu de vous le dire en trois ou quatre lignes comme on le fait d'habitude, on a préféré vous donner une image claire et nette de la situation en faisant un Mainmise-bilan, un Mainmise qui montre ses fessés.La situation est critique, vous en jugerez vous-mêmes, et vous êtes à peu près les seuls à pouvoir y remédier.On espère que vous vous rendrez compte de l'urgence; si Mainmise vous est néces-' sa^re, vous nous aiderez.On sait que vous n 'êtes pas riches, mais si tout le monde s'y met, on en sortira.(Envoyez vos deux, si ouplait!) Au lieu d'investir dans Loto-Québec, aidez-nous « poser les assises d'an monde viable.Hon.C'est fait, vous le savez; Mainmise risque de disparaître.D'après nous, c'est grave.Pas pour notre job, mais bien plutôt pour ce que Mainmise représente.S'il est question d'une crise à Mainmise, c'est que, dans le fond, après trois ans et 25 numéros, on n'a pas encore compris l'importance et la singularité du "-tournage" québécois.Même en mourant, même en explosant, même en gagnant la super-loto ou en recevant une bourse du Conseil des Arts, Mainmise ne fera jamais la manchette des journaux officiels.Aucune concurrence possible avec le scandale du Watergate ou celui de' I'VSECO; on passera toujours après les "scandales officiels" ou les résultats des parties des Expos.Pourtant, nous autres on pense qu'on est aussi important que tout cela.Pas question d'éto-trip ou de trip de puissance; non, simplement qu'on est persuadé de travailler à un niveau qui, un jour ou l'autre, apparaîtra à tout le monde (!) comme une des seules solutions possible.Qu'on envisage le monde sous un éclairage direct (faits scientifiques, écologie et diverses pollutions, systèmes politiques et économiques) ou encore en faisant appel à l'analogie (le début de l'ère du Verseau, la théorie des cycles temporels, la mythologie) le monde qu'on connaît est en train de péter et de s'écrouler sur ses bases.Tout est dans tout et tout se tient.En détruisant les bases précaires d'un équilibre naturel, le monde est en train de s'ensevelir dans les déchets qu'il sécrète et bientôt la loi naturelle et cosmique fera en sorte que la terre elle-même, par une sorte de réaction organique, rétablisse l'ordre des choses.Ça, ça se sent déjà et une partie du travail qu'on a fait depuis le début visait directement la mise en oeuvre de solutions de survie.Ce qu 'il nous reste à faire maintenant c'est de passer au stade de l'organisation; de planifier des cellules organiques totalement indépendantes fondées sur un ordre nouveau.On a encore du travail et du matériel pour au moins 25 autres numéros.Nous, on est prêt à fonctionner.Ce qui nous manque, c'est votre réponse.On l'attend.Ce numéro 26 est donc conçu comme une sorte de bilan retraçant globalement les prises de position de Mainmise sur divers sujets.On y retrouvera, bien sûr, la chronique de Pierrot Léger définie dans cette optique précise du .Mainmise qui montre ses fesses: une autre de Georges h liai qui, en gros, trace une sorte de schéma directeur regroupant les "visions" de Mainmise; un portrait général de l'attitude de Mainmise face aux /arts brossé à gros traits par Michel Bélair.Enfin Jean Basile écrit un petit adieu puisqu'il se détache de Mainmise, tout en restant lié à nous par bien des points.dependant, le gros du numéro est consacré à un rapport de Marie-France Thériault sur Mainmise.Présenté d'abord comme une thèse del Licence à l'VQVAM, ce texte, ley plus long que nous ayons jamais\ publié, fait le tour de ce qu'a tenté j d'être Mainmise pendant ces trois L années.Retraçant les positions de j Mainmise sur à peu près tous les I sujets possibles, ce gros rapport \ donne une idée asssez juste de ce qu 'a pu représenter la création du premier magazine underground québécois.On trouvera aussi des bilans financiers, des graphiques, des chiffres en colonnes et en paquets qui eux aussi, à leur manière, décrivent exactement la situation de VOTRE magazine.Guy Latulippe et Rolland Vallée, quittant l'anonymat de la facturation, de l'administration et de la mise en marché, ont pris leurs plus beaux mots pour essayer de vous expliquer tout ça.Enfin, comme on croit aux choses dont on parle, on a.tiré Mainmise au l-King et on a consulté le Tarot et l'astrologie pour voir ce que l'avenir nous réservait.Toutefois, pour nous, la situation est claire; ce n 'est que par vous, par votre participation, qu'on réussira à s'en sortir.On est prêt.C'est à vous de donner la réponse: on espère qu'elle sera bonne! * 1 MAINMISE Pourquoi je quitte MAINMISE par Jean Basile-Bezroudnoff Il s'agit de ne pas s'attacher, ni aux êtres ni aux choses.Aussi fort travaille-t-on à leur procurer un peu de vie, il arrive un instant où l'organisme possède une existence qui n'appartient plus à personne.Trois ans après avoir participé à la fondation de MAINMISE, après 25 numéros de travail, de patience, il est bon que je ne sois plus l'homme à tout faire d'une plante qui peut se passer désormais de tuteur.La crise, l'une des plus importantes jamais traversée par MAINMISE, a eu pour premier effet de nous prouver à tous que, loin de vouloir mourir, la centrale d'énergie, que nous nous sommes trouvés être, voulait vivre au contraire.Cette volonté de continuer, cette volonté de vivre est très certainement ce qu'il y a de plus significa- ' tif.J'ai administré MAINMISE pendant trois ans.Je le dis sans fausse modestie mais non plus sans prétention: le travail a été dur et cela excuse bien des fautes que j'ai commises.Un journal périodique n'a aucune chance de survie s'il n'est appuyé par une grosse organisation politique ou financière.MAINMISE I MAINMISE a commencé avec quelques milliers de dollars.La somme investie directement n'a pas excédée $15,000.En fait le principal soutien aura toujours été les lecteurs.Cela, en soi, prouve le bien fondé des idées dont MAINMISE a été et continuera d'être l'amplificateur.Avant tout autre chose, que nos lecteurs anonymes soient remerciés.À l'annonce, dans le numéro 25, de nos graves difficultés financières, un correspondant anonyme nous a envoyé une lettre d'insultes qui se terminait par "Le malheur des uns fait le bonheur des autres".Par contre nous avons eu des téléphones et nous avons reçus une aide mo-deste mais qui effaçait la méchanceté gratuite de la lettre dont il est question plus haut.Si MAINMISE avait disparu ce n'aurait pas été un malheur; que notre correspondant se rassure! Ce qui est malheureux, c'est que trop de gens se laissent aller à leur besoin suicidaire de détruire.Ce que je crois Ainsi que nous Pavons toujours prétendu, MAINMISE n'appartient à personne.C'est pourquoi, quittant M AIN MISE, je le quitte sans aucun regret.Faire le bilan de cette expérience demanderait trop de place pour l'instant.Du moins, il me faut dire que ce bilan est totalement positif.Les milieux des "freaks" n'est pas toujours ce que je pourrais souhaiter.Il suffit de se promener sur la rue Saint-Denis, devant les terrasses des cafés pour voir de quelle nonchalance, de quelle insouciance il peut être fait.Mais qu'importe! L'important, c'est assurément que les idées préconisées et diffusées par MAINMISE me paraissent, aujourd'hui comme hier, non seulement bonnes mais les seules valables pour que, si la catastrophe nous arrive, elle nous arrive du moins nous le sachant.Ce que l'on appelle la "Contre-culture" ne devrait pas porter de nom Sans doute, on y peut trouver des "idées" précises; généralement la "Contreculture" est bien plutôt un état d'esprit, une sorte de grâce qui a frappé quelques-uns, au détour d'un tab d'acide.Ces quelques-uns se sont multipliés lentement mais sûrement.Non contente de vivre, la "Contre-culture" prospère et beaucoup plus profondément qu'on veut bien le croire.C'est tout ce qui compte.Dix ans, au fond, c'est si peu.Bientôt apparaîtront les oeuvres, les commentaires, les analyses.Elles commencent à poindre.Lorsque le Conseil des arts nous a refusé une petite subvention, la seule chose que 4 MAINMISE nous n'avons pas pu lui pardonner, c'est de n'avoir pas compris que le "psychédélisme" portait une oeuvre à venir et que nous en faisions partie à notre mesure.Après donc toute une "carrière" dans l'Établissement, après des ouvrages publiés, après trois ans de travail sur le tas, je tiens donc à apporter ce simple témoignage de vie.Si je l'amène avec un peu d'emphase, c'est qu'il est bon que ceux qui ont aujourd'hui dix huit ou vingt ans sachent qu'il y a des "vieux freaks", que ces "vieux freaks" continuent leur chemin tout droit, avec trop peu de pouvoir réel pour tenter d'éclaircir une route qui paraît, par certains soirs de méditation, bien sombre, mais avec assez de foi et de confiance pour que tout ce qui a été fait et conquis serve à quelque chose.Les centrales d'information Qu'on ne dise pas, par conséquent, que je quitte MAINMISE parce que je désespère de MAINMISE.Journaliste de profession, j'ai toujours cru à l'immoralité profonde et impardonnable d'un journal qui "appartient" à quelque-un ou à quelque-chose.Je crois, au plus profond de mon coeur et de ma raison, qu'un journal, pour faire ce qu'il y a à faire, ne doit pas avoir de propriétaire.Au fond, je n'ai pas du tout le sentiment de "quitter" MAINMISE.Mon administration, avec ses bons et ses mauvais côtés, s'efface tout naturellement devant d'autres énergies dont la jeunesse, la bonne foi, le courage et l'honnêteté morale, face aux phénomènes que nous traversons, sont les premiers garants que MAINMISE restera avant tout à la disposition d'une catégorie de Québécois qui, pour être aujourd'hui encore minoritaire, représente l'élément le plus vivant, le plus imaginatif et le plus courageux de notre Société, ainsi que les années à venir nous le prouverons.Que tous en soient sûrs! Mon éloignement de l'administration, les distances que je prends visà-vis du contenu sont donc mon témoignage pour la liberté de la presse.Une fois créé, une fois ses lecteurs trouvés, un journal n'a plus besoin d'un "patron" et moins encore de quelque-un qui le possède pour toujours.La liberté m'est trop chère pour que je ne souhaite pas - ardemment que MAINMISE, en tant qu'organisme vivant, soit libre et libre des hommes qui le font.MAINMISE 5 il En bref, le MAINMISE que je quitte est un MAINMISE bien libre et bien vivant, même si les difficultés administratives sont importantes.La passation des "pouvoirs" est, de fait, une autre preuve de vie et un garant de liberté pour le futur.Un journal n'existe pas parce qu'il a de belles photos en couleurs, du beau papier glacé, beaucoup de publicité et des articles achetés ici et là à coup de dolalrs.Un journal existe parce qu'il a trouvé SES lecteurs qui l'alimentent de leur énergie et le défendent quand cela est nécessaire.Je puis dire que MAINMISE a SES lecteurs.Maintenant que je suis concerné moins directement, je dois aussi dire ce qui suit bien carrément: au-delà des divergences nécessaires, au-delà des insuffisnaces de ce que nous faisons, VOUS, lecteurs, prenez bien conscience de l'importance de MAINMISE pour notre milieu.Fonder et maintenir en vie un magazine comme celui-ci est un acte de volonté qui mérite un peu de considération.Nous devons tous faire que MAINMISE grandisse; cela ne se peut que si nous nous intéressons à lui, en lui en demandant beaucoup sans pourtant lui en demander trop.Le dollars mensuel qui est notre cotisation a une valeur symbolique qui dépasse de loin la valeur marchande d'un billet de banque.Vous devez tous comprendre le fait que j'abandonne le poste de directeur de MAINMISE comme une preuve que personne chez nous ne veut capitaliser ni sur l'argent ni sur la gloire.Je pose cet acte en pleine conscience, sachant que ceux qui me succèdent aujourd'hui feront de même quand le jour sera venu.Pour nous tous, sans exception ce qui doit prospérer, c'est l'organisme et non pas nous, pris individuellement.Tout pousse, d'ailleurs, selon un ordre naturel dont il serait vain et dangereux de modifier le cours.Je considère que la période de fondation, qui a porté plus ou moins ma marque, nécessitait une sorte de chaleur toute dirigée vers l'intérieur dans le début que le germe, bien protégé, puisse croître selon son rythme naissant.La période qui va suivre, je la vois comme moins fermée", plus ouverte vers 6 MAINMISE l'extérieur.Cette différence de style ne changera en rien le fond du travail que nous avons entrepris.Des remerciements La crise grave que vient de traverser MAINMISE a, malgré tout, porté ses fruits.Nous avons pu constater l'attachement de certains de nos collaborateurs.Comment ne pas remercier Raymond Lavallée, l'un de nos premiers amis et comment ne pas remercier Pierrot Léger?Comment ne pas remercier aussi notre imprimeur qui a toujours accepté, et qui accepte encore, de nous faire confiance pour la simple raison qu'il sent, chez nous et chez nos lecteurs, une énergie qu'il n'est pas bon d'assassiner?Comment ne pas remercier tous ceux qui nous ont envoyé un chèque ou un billet de banque pour nous aider à sortir de la mauvaise passe?Si j'avais douté une seconde du bien fondé de ce nouvel âge qu'il nous appartient de faire sortir de cet boue qui nous entoure, comme un bel arbre vert porteur de fruits futurs moins amers que ceux que l'on nous propose aujourd'hui, tous ces témoignages absolument désintéressés m'aurait remis sur le droit chemin de la confiance et du sourire.Comment ne pas remercier tous ceux qui ont accepté de travailler pour peu de salaire et beaucoup d'heures de présence à la confection des 25 premiers numéros de MAINMISE?Je tiens enfin à m'excuser auprès de tous ceux que j'ai blessés, soit en refusant un article, soit en écartant un dessin, soit en ne prenant pas le temps nécessaire pour répondre à leur attente, à leurs interrogations.MAINMISE 7 Le futur Quelques journalistes facétieux se sont amusés à me traiter de gourou.Je n'en suis pas un et ne souhaite pas en être un.Je suis un freak bien ordinaire qui désire, comme tout un chacun, trouver sa part de paix et d'illumination.Si l'on sait regarder, les signes sont si abondants que Ton se demande comment il est parfois possible de résister aux évidences.En pleine crise, deux lecteurs inconnus m'ont donc envoyé un petit cadeau.C'est une simple raineau de mousse odoriférante contenu dans une petite boîte de bois de grange, elle-même enveloppée de grosses feuilles d'une quelconque plante des champs.Je ne savais pas que j'avais, , perdus en plein milieu de la Beauce, deux génies bienfaisants du nom de Angelina et Zabulon.Par quelle inspiration m'ont-ils envoyé ce message, je ne le saurai sans doute jamais; du moins j'en ai compris le sens.Le voici.L'un des rêves que nous avons toujours caressés ici, est la création d'un MAINMISE rural, autre centrale d'énergie plus modeste formellement qu'un magazine citadin et fatalement sujet à polémique.Quittant le MAINMISE urbain, je vais donc m'attacher à mettre sur pied cette arche de Noé où tous les oiseaux seront blancs.Quand on y réfléchit, l'on voit que, loin de nous avoir écrasés, la présente crise nous aura permis au contraire de trouver le courage de créer une autre petite chose.TE1 est la loi de ceux qui savent se laisser porter par la grande vague de la vie.A tous donc, merci et mes excuses pour le peu qu'il m'a été permis de faire.Ne lâchez pas et ne lâchez jamais MAINMISE.Apprenons à être les enfants de Dieu à chaque joint que nous fumons, à chaque caresse donnée ou reçue, à chaque tranche de bon pain que nous mangeons.Que la grâce musicale de l'Univers emporte nos âmes jusqu'à faire concurrence aux étoiles.Jean Basile-Bezroudnoff 8 MAINMISE Il était une fois des mutants qui firent Mainmise sur.par Georges Khal Si an me demandait de résumer Mainmise ou de préciser son utilité dans un milieu tel que le nôtre, je dirais que Mainmise, aujourd'hui que nous en sommes à un petit bilan, est un manuel de pilotage, un manuel pratique et théorique et qu'il continuera de l'être.C'est, en effet, le dernier projet de notre époque que d'enseigner aux mutants de la race le vol aérien et la danse cosmique.Vol et danse ne sont pas ici des métaphores ni de vagues images littéraires pour amateurs d'idées nobles.Il faut que l'on comprenne une fois pour toute la terrible importance des années à venir: il ne s'agit pas de redresser des torts, il ne s'agit plus de progresser dans la technique.Il n'y a plus qu'une seule cause: la TRANSFORMATION, la MUTATION.Qui dit MUTATION, dit guerre.Comprenons ceci et comprenons-le bien: la guerre n'est pas finie, la guerre n'est pas commencée, la guerre s'en vient.Sans exemple dans l'histoire, ce dernier conflit planétaire ne sera pas que politique, il sera essentiellement d'ordre cosmique.L'Humanité aura à choisir entre la PESANTEUR et la GRÂCE.Devenir léger comme l'aigle ou lourd comme le rat.Le signe du Verseau dans lequel nous entrons est un signe d'AIR Le corps qui danse est un corps qui se meut dans l'air, qui veut devenir aussi mobile que l'air.L'avion que la race inventa au XXe siècle nous prouve à jamais que même la matière dense peut s'élever, voler et planer dans l'élément aérien.MAINMISE 9 ¦ Je ne dirai pas quue nous sommes des oiseaux, je dirai que nous pouvons devenir des anges.C'est là une simple question d'évolution planétaire.L'organisme physique et psychique des humains est un-ensemble de matière et d'esprit qui progresse dans le temps et qui, à certaines époques précises, est requis de SAUTER à un nouveau stage d'organisation.Enfants du Cosmos, nous avons une destinée dans le cosmos.Le conflit se situe à ce niveau: ou bien nous devoris devenir des anges-dieux, ou bien nous devons rester bien sagement des "hommes".On vous, dira d'un ragard sévère: qui veut faire l'ange fait la bête.La colère de Dieu dans une main et l'épée-mitraillette de l'autre, ceux qui s'occupent de nous, ceux qui "savent", les grand-prêtres de la culture et de la religion officielles vous apprendront que "nous sommes nés pour un petit pain", que quiconque veut s'élever au-dessus de la condition humaine commet le crime impardonnable de Prométhée, que quiconque veut se métamorphoser en papillon cosmique répète le geste diabolique de Lucifer.ETc, etc.Et pourtant, que la montagne est belle et qu'il est doux de se promener dans Jes nuages.Pourquoi ne serions-nous pas appelés à la perfection?pourquoi ne pourrions-nous pas nous revêtir du corps de lumière dont parlent les mythologies et les contes de fée?Qui allons-nous croire, les fées et les arbres ou les manuels d'économie politique et les paroles colériques de dirigeants speedés?10 MAINMISE É Laissons parler un savant qui a tourné: "En mythologie, un dragon hideux et monstrueux monte la garde devant l'Arbre de Vie.Le prêtre en nous voit un tel monstre comme l'incarnation du Mal et nous ordonne de nous en éloigner pour la sécurité de notre même.William Blake prétend qu'un tel dragon n'existe que dans le cerveau humain ainsi que le prêtre.Lorsque les plus braves des héros passent outre aux interdictions et jettent leur vie au vent pour parvenir au but, ils rencontrent le dragon et se rendent compte qu'il n'est qu'un fantôme construit de toute pièce par leur propre peur et leurs doutes.Ils poussent alors le décor de carton-pâte qui s'écroule dans un nuage de poussière et ils entrent dans le royaume." (J.C.Pearce) C'est là toute la prétention de Mainmise, tout son propos: vous dire, nous dire qu'après le stage de l'homme existe celui de l'ange-oiseau.Le Royaume est disponible à tous ceux qui veulent y pénétrer.À une seule condition: vaincre la gravité, maîtriser la bête en nous, apprendre à voler.On nous accusera de péché mortel et cette accusation viendra autant des bien-pensants politiques, nationalistes que religieux.On vous dira: "tu't prends pour un aut', t'essaie de péter plus haut que l'trou".Systématiquement, on essaiera de rabaisser sous tous les prétextes vos efforts d'envolée.On vous enfermera dans toutes les catégories pour vous interdire de muter.On vous dira: "tu es ceci, donc tu ne peux pas t'occuper de faire cela.T'es un animal donc tu peux pas voler; t'es un homme donc tu peux pas devenir dieu; t'es québécois donc tu peux pas devenir universel; y'a des travailleurs dans les usines donc tu peux pas t'occuper de ton corps pour le parfaire; y'a des gens qui meurent au Vietnam donc tu peux pas perdre ton temps à t'élever l'esprit; t'es rien qu'ça donc essaie pas d'être aut'chose".Alors quoi?alors OSER.Rien d'autre: OSER.Avoir l'audace de croire que Moscou, Peking, Washington, Rome, Ottawa, QueBEC ne sont pas les uniques sources de vérité, avoir l'audace de s'en remettre à d'autres directives, celles qui viennent du coeur et que murmurent les étoiles, avoir l'audace de prendre toute sa vie en main et ne plus croire ceux qui parlent en colère et qui MAINMISE 11 exigent au nom de leur morale et de leurs théories que vous vous taisiez.Un seul coucher de soleil anéantit de toute sa splendeur la férocité totalitaire et dictatoriale des hommes; une seule chanson des Beatles, "Here comes the Sun", réduit au néant les dogmes religieux et les théories politiques.Sentez une fois dans votre vie, comprenez avec chaque cellule de votre corps que vous avez toute la planète derrière vous et toutes les étoiles devant vous.Ne croyez pas les "savants" lorsqu'ils essaient de vous faire croire que la matière est morte ou les prêtres lorsqu'ils vous enseignent que l'univers est une illusion.Prenez une pierre dans vos mains, agenouiliez-vous devant la terre, regardez au ciel et reprenez la grande prière de Teilhard de Chardin: "Je te 7 T salue, Matière".La seule humilité est celle qui nous fait pleurer d'admiration et de tendresse devant le spectacle du monde.Dieu est une Mère, et le seul enfer celui que les hommes se créent dans leurs villes et dans leurs têtes."La perfection est l'utilisation de tous les modes de conscience; c'est comprendre que l'Arbre de Vie et 12 MAINMISE l'Arbre de la Connaissance sont les jumeaux issus d'une même racine.La perfection, c'est oser embrasser l'univers lui-même en tant que notre seule et véritable dimension, c'est oser voler le feu des dieux, marcher sans peur sur l'eau et le feu, guérir, réclamer beaucoup en temps de disette, regarder bien en face son désir et devenir ce que nous avons besoin d'être." Mainmise veut faire revivre la mythologie, toutes les mythologies, réapprendre aux humains qu'ils sont issus des dieux et qu'ils doivent retourner aux dieux, faire comprendre à chacun de nous qu'il est le SLUL maître de sa destinée, que chacun est libre de choisir sa voie, que la seule rédemption consiste à se consacrer corps et âmes aux autres, qu'il faut devenir le chien de ceux qui vous entourent, mourir à soi-même pour se métamorphoser en papillon, croire véritablement que c'est l'amour qui fait bouger les étoiles et les planètes.L'Univers sera ce que vous en faites dans votre tête.Si vous voyez le diable dans les choses, alors vous vivrez l'enfer; si vous voyez la beauté partout malgré les horreurs des humains, alors vous vivrez dans l'extase d'un paradis perpétuellement présent.Si vous renoncez à tout pouvoir personnel, alors les forces de l'univers vous protégeront.Le policier et le soldat ne pourront plus vous atteindre.Un seul tremblement de terre, et l'édifice arro- gant des impérialismes humains s'écrasera dans toute sa lourdeur.Une seule fleur et son parfum, et vous saurez qui sont les véritables maîtres de l'univers et de notre planète."Savez-vous", disait Napoléon à Fontanes, "ce que j'admire le plus au monde?C'est l'impuissance de la Force à fonder à quelque chose.Il n'y a que deux puissances au monde: le Sabre et l'Esprit.À la longue, le Sabre est toujours vaincu par l'Es-prit .Ne soyons donc plus jamais tristes, car nous en sommes pas seuls et, surtout, nous sommes ensemble.Mainmise est et doit rester un chaînon joyeux au sein de la grande chaîne d'énergie que tous nous sommes.Georges Khal Il y a bien des façons de nous aider Le fait principal acquis que MAINMISE n'a pas l'intention de rester dans le trou, il reste à trouver les moyens de faire sortir MAINMISE du trou.Comme on vous l'a déjà dit, on s'est agité pas mal et différents plans d'action sont mis en oeuvre.Trois de ces moyens d'action passent directement par vous, les lecteurs.1) Une simple petite donation nous aide grandement.N'importe quoi! On apprécie l'argent mais on apprécie aussi le geste.Après la parution du numéro 25, on a reçu beaucoup de téléphone et aussi des cotisations.Il faut que ça continue encore un moment.2) Nous avons constitué un énorme dossier pour le Conseil des arts du Canada.Nous pensons que là aussi vous avez un rôle à jouer.Il vous suffit de remplir la formule spéciale imprimée un peu plus loin.Si on en reçoit quelques milliers (dont la vôtre, ne l'oubliez pas), ça rendra notre dossier plus impressionnant encore.3) Nous avions quelques 467 abonnés au numéro 6, nous en avons maintenant plus de , 1800.Sans ces abonnés, nous ne vous cachons pas que nous n'existerions peut-être déjà plus.Les abonnés sont les actionnaires de MAINMISE.Comment ces 1800 abonnés peuvent nous aider à sortir du trou?Tout simplement en abonnant une autre personne.Si les 1800 abonnés posent ce geste, cela provoquera chez nous une entrée de fonds de quelques $13,000.Ça ferait une bonne partie des difficultés arrangées.Un abonnement annuel coûte $7, On comprend que l'argent est rare et que c'est ennuyant d'aller acheter un coupon de poste.C'est tellement important pour nous que vous le fassiez quand même qu'on vous le demande instamment.14 MAINMISE Voici nia contribution pour aider à la survie de MAINMISE I ) je vous envoie $.pour le soutien immédiat du magazine.Faire parvenir 1589 St-Denis, Montréal 129.?2) Je suis un abonné de MAINMISE et j'abonne la personne suivante pour la durée de un an ( 12 numéros), à compter du numéro.(marque/ ici le numéro à partir duquel vous désire/, que l'abonnement commence.NOM.ADRESSE.VILLE .-.PRÉNOM .>.CODE POSTAI.PROVINCE.?Si vous n'avez pas d'argent (on sait ce que c'est), retournez-nous au moins la pétition ci-dessous.La présente est pour appuyer la demande du Magazine MAINMISE faite au Conseil des arts dans le but d'obtenir une subvention, laquelle lui est nécessaire pour pouvoir survivre.Je suis un lecteur de MAINMISE et je crois que, même si je ne partage pas toujours les opinions exprimées, ce magazine participe à la créativité québécoise.NOM.ADRESSE.VILLE.DATE.:.PRÉNOM .CODE POSTAL.PROVINCE.____ SIGNATURE .Merci.MAINMISE 15 MAINMISE: TROIS ANS lb MAINMISE Ca fait presque trois ans qu'on est là.Trois ans qu'on fait c'qu'on a à faire; qu'on fait c'qu'on peut faire.Il s'en est écrit des choses dans Mainmise depuis les débuts.De fait, on a essayé d'aborder tous les problèmes et toutes les situations concrètes auxquels la nouvelle culture doit faire face.Et aussi de déboucher sur un ordre nouveau.Pourtant, trois ans, ça fait déjà long et c'est pourquoi on a pensé faire ce numéro-bilan en nous reservant d'abord et avant tout d'un matériau extérieur à Mainmise.Ce matériau, c'était au départ une thèse de Licence présenté à l'UduQ • Rédigé par Marie-France Thériault, «Mainmise; trois ans de recherche» compose l'essentiel de ce numéro.Nous le publions, après avoir effectué quelques coupures, parce que nous pensons qu'il donne une idée assez juste du travail que nous avons tenté de faire.Si vous êtes là depuis le début, vous reconnaîtrez sans doute des «vieux trips ; pour les autres, pour les «nouveaux», ça vous permettra de situer plus facilement l'action que nous entendons poursuivre. Il est impossible de faire l'historique de la revue Mainmise sans faire celui de la contre-culture, contre-culture qui n'est pas née au Québec mais qui s'y est implantée et qui s'y développe.C'est vers le milieu des années '60 que la contre-culture a commencé à apparaître aux Etats-Unis sur les campus universitaires, à Berkeley, Haight-Ashbury, à New York, mais aussi à Berlin, à Londres, à Amsterdam, à Paris et à Tokyo.Les tenants de la contre-culture voient eux-mêmes l'origine de ce mouvement comme une réaction contre la guerre au Viet-anm (MM-1), comme un refus des valeurs traditionnelles mensongères et comme «l'affirmation du moi» (Reich).Il n'y eut pas de manifestation éclatante de la contre-culture au Québec; ce qui ne signifie pas qu'elle n'y soit pas vivante.C'est en octobre 1970 que parut le premier numéro de Mainmise rédigé «sous l'autorité bienveillante de Pénélope».Six personnes formaient alors le comité rédactionnel de la revue.Les deux seuls «membres-fondateurs» de la revue qui y sont encore à titre de permanent sont Jean Basile-Bezroudnoff et Georges Khal.Lors de la première publication, Jean Basile était à l'emploi du journal Le Devoir depuis 10 ans.Il devait le quitter quelques mois plus tard, ayant adopté totalement les idées de la contre-culture et ne pouvant les exprimer dans le cadre du service Arts-et-Lettres de ce journal étant donné le public auquel il s'adressait.Mais il faut souligner que c'est à la suite de plusieurs tentatives dans ce journal et à cause des limites qui lui sont inhérentes que Jean Basile et ses amis créèrent Mainmise.Nous venons de souligner le problème du «public» de la contre-culture.Pourquoi la contre-culture ne pouvait-elle pas s'adresser aux lecteurs du Devoir?Jean Basile nous dit que c'était une impossibilité temporelle en ce sens que les idées de la contre-culture venaient trop vite.Parler de Buckminster Fuller, du rock, en tant que phénomène culturel, de la sexualité intégrée, en 1970 dans les pages artistiques du Devoir, paraissait alors révolutionnaire et l'acceptation de ces mêmes données comme fait culturel important de notre société y est encore aujourd'hui très difficile.Le public du Devoir est formé en grande majorité de gens «sérieux» pour qui le culturel est souvent associé au divertissement et qui préfèrent l'orchestre symphonique au rock, le théâtre dit classique au théâtre de recherche, le cinéma traditionnel au cinéma underground, un tableau de Van Gogh à une affiche publicitaire de Seven-Up.Ce public «non-sérieux», Mainmise allait le trouver en grande majorité chez les jeunes bien que Mainmise soit «pour tout le monde».Jean Basile souligne toujours qu'il est à peu près impossible de connaître avec exactitude quel est le lecteur de Mainmise: «du petit garçon de 14 ans qui veut se rallier à quelque chose, se comprendre, s'insérer dans un milieu à l'homme de 50 ans, qui veut comprendre son fils ou sa fille».Nous verrons plus longuement au chapitre de l'organisation de l'action le fonctionnement de la revue Mainmise et nous tenterons, en conclusion, d'apporter quelques hypothèses explicatives sur le «public» et le contenu de Mainmise.1Un regard global sur le monde C'est ici que la note préliminaire prend toute son actualité.C'est en effet au niveau de l'analyse de la situation qu'elle se réalise et à l'organisation de l'action qu'elle s'explique.Les finalités de l'action nous montreront la portée, et par là, les limites qui sont imposées à une revue de ce genre.L'étude des valorisations ayant trait aux valeurs objectivées a été conduite presque exclusivement à partir des 20 numéros de la revue.Nous disons presque exclusivement parce que les résultats de chacun des paliers et des modes d'expression des valorisations ont été soumis à Jean Basile et que celui-ci a, à l'occasion, apporté des précisions ou encore des rectifications.Nous ferons toujours part de la source des valorisations.Il est bien entendu que ce n'est pas la totalité des articles de Mainmise (plus de 4,500 pages) qui a retenu notre attention.Les numéros 1,2,3,5,6,18,19,20, 8 numéros donc, ont été répertoriés en entier.Certains articles des 12 autres numéros qui nous paraissaient significatifs par rapport à notre sujet ont été retenus.D'autres, qui n'apportaient pas d'éléments neufs pour la bonne compréhension furent abandonnés.En terme de pages, nous en avons couvert près de la moitié.En terme de contenu, nous croyons avoir réussi à saisir l'esprit, l'essentiel du discours sans dépasser le seuil de la saturation.Il est à noter que, par contenu, nous entendons, presque toujours sauf indication contraire, le contenu des textes.Mainmise ne saurait, nous en sommes conscients, se limiter aux mots, aux phrases.La photo, le dessin y sont des éléments tout aussi importants et tout aussi significatifs.Nous n'avons mené aucune étude nous permettant de relever le contenu propre de ces images et le rôle spécifique qu'elles peuvent jouer à l'intérieur de la revue mais nous ne croyons pas que cette étude aurait été révélatrice d'un autre point de vue différent de celui des textes, bien que très révélatrice de la conception générale et globale que peut avoir l'équipe Mainmise d'une revue.A- Here and Now > Il faut souligner, dès le départ, les difficultés que nous avons eues à «diviser» et à «classer» les thèmes selon les différents paliers et ce, pour deux raisons inhérentes au contenu même de la revue.La première est que Mainmise refuse la «linéarité», la logique du début qui commande une fin, la vision de l'économique ou de l'écologie comme spécialisations, l'évaluation en soi d'un événement, d'un élément, pour adopter le «simulsens», la relativité totale des faits et évaluations, l'élément non plus évolutif, linéaire, mais l'élément catastrophique.La deuxième est que pour Mainmise, tout est culturel, au sens anthropologique.La culture devient la civilisation et la technologie est aussi culturelle que l'écologie.• Le palier écologique L'écologie est une des préoccupations importantes de Mainmise.Ce n'est pas tant la beauté de la campagne qu'il faut préserver ou les villes qu'il faut sauver de la pollution mais c'est la relation entre l'homme et son habitacle qu'il faut repenser, y compris la relation polluante.La terre est considérée comme un vaisseau spatial, avec ses limites de moyens, d'énergies, d'espace que l'homme s'acharne à détruire.Ces moyens, ces énergies, cet espace sont irremplaçables; si l'homme les détruit, il deviendra impossible d'échapper à la destruction en retour de l'homme par la terre.On ne peut manipuler impunément l'environnement en l'obligeant à s'adapter à l'homme.•'L'homme peut se protéger et s'isoler des effets immédiats de ses actions sur ou contre l'environnement.Mais nous savons que cette protection est loin d'être complète» (MM5).18 MAINMISE La terre fournit les «quatre ressources naturelles essentielles: l'eau, la terre, la végétation et les autres formes animales».La terre est donc en plus de l'habitacle de l'homme, son nourricier.«La terre nourrit l'homme, on ne peut échapper à cette nécessité.Notre existence est de la terre à la terre.Il faut la connaître, l'aimer, savoir comment la traiter.La survie de milliards d'humains dépend de la production de nourriture» (MM2).Tout est pollué ou polluant sur cette planète.«La comédie musicale la plus connue, après HAIR, se nomme Pollution.(.) Un des premiers propos d'une Société alternative est de lutter efficacement contre la pollution» (MM2).La stratosphère est polluée par les avions supersoniques, l'atmosphère par les autos et les industries, la terre par les produits chimiques toxiques, l'eau par les centrales électriques, ou nucléaires et les industries de transformation, les aliments par des agents cancérigènes.C'est au niveau écologique que se joue l'avenir de l'Homme et c'est à ce palier que l'on retrouve la vision la plus catastrophique.Le point-limite à ne pas dépasser dans le temps est la décennie 70.Le seuil d'irréversibilité sera atteint en 1980 et une famine généralisée frappera la terre à la fin du siècle.C'est maintenant ou jamais (Stevens).La pollution ne se restreint donc pas à la ville mais s'étend sur les campagnes et la mer.«Pour échapper à la nausée», nous dira-t-on, il faut entrer dans une culture où l'écologie soit une valeur de base» (MM11).La grande concentration de population dans les villes est expliquée par les nécessités de l'économie et c'est la technologie qui permettra d'y mettre fin.Mais en attendant que cette technologie mette fin à la concentration urbaine, la contre culture admet le principe de la décentralisation à l'intérieur même des villes comme dans le choix de leur emplacement (MM2), La rénovation urbaine ne devrait plus être laissée à des spécialistes, à des planificateurs professionnels: ce sont les citoyens eux-mêmes qui sont «les mieux placés pour voir et respecter les particularités de leurs quartiers MM5).C'est «un processus d'improvisation démocratique au niveau des quartiers» (MM5) qui doit remplacer la planification professionnelle.La contre-culture a souvent été qualifiée de retour aux valeurs traditionnelles du 19e siècle et ce, surtour à cause de son attachement pour la petite entreprise et son «retour à la terre».On trouve en effet dans Mainmise un bon nombre d'articles sur les fermes, l'organisation communale rurale et sur les jardins.Ce «retour à la terre» ne se fait pas pour revenir à la «grande noirceur» mais bien pour échapper à la ville et à ses obligations tout en étant un «retour à la Terre».C'est en fonction de l'homme et de sa santé, de l'homme et de sa technologie, de l'homme et de son économie, de l'homme et de sa culture.Un des objectifs de la presse parallèle, dont Mainmise, est de remplacer le nationalisme politique par le nationalisme écologique» (MM3).Ce nationalisme écologique serait, à la grandeur de la nation, la réalisation du slogan «Le but visé est de se suffire à soi-même» (MM11).Par exemple, l'exploitation hydro-électrique de la Baie James et du Labrador pollue les rivières du Québec et cette exploitation est faite au profit des Américains qui achètent cette énergie sans subir la pollution.• Le palier démographique C'est surtout la démographie comprise comme "amélioration de la condition du mieux-être physique de la population» (Dion et De Seve) qui retient surtout l'attention de Mainmise.L'alimentation est surtout vue en rapport avec le problème de la pollution.Comment se garder en bonne santé si on ingurgite des produits toxiques dans la grande majorité des aliments que l'on consomme?Aux citadins qui tiennent à demeurer citadins, Mainmise propose les MAINMISE légumes-nains que l'on peut faire pousser dans son appartement et leur conseille de s'approvisionner dans les boutiques d'aliments naturels, de s'orienter vers une diète naturelle et végétarienne, (Denis Vanier).Aux citadins en passe de devenir ruraux ou aux ruraux nouvellement établis, on offre un plan, des techniques pour cultiver un potager où l'on pourra ainsi «se procurer tous les légumes que l'on désire sans avoir à craindre les produits chimiques» (Michel Cousineau).On voit que le «retour à la terre» permet à l'homme actuel de se procurer une alimentation saine où les produits naturels cultivés aux engrais organiques remplacent les produits synthétiques ou cultivés aux engrais chimiques.La pollution est un problème en ce qu'elle met la vie de l'Homme en danger ainsi que plus immédiatement sa santé.L'air que l'on respire à la campagne est aussi pollué mais c'est un moindre mal.Il n'y a pas que l'alimentation qu'il faille réhabiliter.Il y aussi le bon fonctionnement physique du corps.Mainmise publie une série d'exercices qui permettront de revitaliser le corps ainsi que de nombreux articles revalorisant les soins corporels.Un des slogans de Mainmise: «Conservons-nous en bonne santé.Au fond, MAINMISE est un manuel de bonne santé.(MM8).Si l'on remet ce slogan dans son contexte immédiat, à la suite d'un éditorial expliquant la politique qui sous-tend le choix des textes publiés, il devient évident qu'il ne s'agit pas là exclusivement de bonne santé physique mais aussi de bonne santé morale.Si on le replace dans le cadre plus large de ce numéro de la revue où un «Guide conscient pour l'usage des drogues» (MM8) est publié, ce slogan revêt alors une signification particulière.On verra plus loin la «métaphysique» des drogues pour la contre-culture mais il convient d'étudier sous ce chapitre le «physique» des drogues.Ce «Guide conscient» est une petite encyclopédie des drogues actuellement en circulation: ce qui va du LSD à la colle, en passant par l'héroïne et l'alcool.«La dope peut être un danger» et ce danger réside dans la méconnaissance des drogues; Mainmise publie donc cet article qui donne pour chacune des drogues, la classification (hallucinogène, barbiturique, etc.) le danger physique au niveau de la stricte consommation («surdose») comme au niveau de l'accoutumance, et ce, «sans jugement moral».Il souligne par exemple le danger d'infection, d'hépatite (MM3), de lésions au cerveau, etc.Si ce guide conscient est un résumé, on peut dire que de mêmes informations sont données chaque fois, ou à peu de chose près, qu'il est question des drogues.A un niveau plus «démographique», la contre-culture constate qu'il «y a trop d'être humains et [que] le problème empire de jour en jour.» Il faudrait que la «population soit réduite de moitié au moins» (MM9) sinon «la surpopulation nous mènera droit au suicide en provoquant la mort de l'hôte» (MM5).La terre a ses limites: nous rejoignons ici directement le palier écologique et le palier technologique puisque l'on souligne qu'il y a contradiction entre «parler de détruire les machines» et «parler de nourrir les populations affamées».Il faut apprendre à «mieux maîtriser la technologie» (MM5).• Le palier économique «Nous sommes aujourd'hui au seuil du "Communisme» et non pas du socialisme.Que l'économie soit «nationalisée» ou «planifiée» ne nous intéresse plus» (MM5).«Dans une Compagnie incorporée, le souci de l'être humain diminue en proportion directe de la taille et de l'âge de l'entreprise et du remplacement du fondateur par des experts en droit, gestion et finances.Corrolaire: plus l'équipe de gestion financière est efficace, plus vite le souci de l'humain est remplacé par le souci du profit» (MM5).La contre-culture rejette tout système économique qui aurait pour base le profit.Dès qu'une compagnie travaille en fonction du profit, elle oublie les valeurs humaines de base, elle en arrive à oublier l'homme.Ainsi les mega-corporations, privées ou nationalisées sont responsables de la pollution de la biosphère et de la mauvaise qualité des produits alimentaires auxquels elles injectent des produits chimiques « pour produire PLUS VITE, une PLUS GRANDE quantité de produits puis vendre les produits de qualité INFÉRIEURE à un MEILLEUR prix».Dans le cas de la pollution, comme de l'alimentation, les compagnies adopteront des politiques plus humaines lorsque celles-ci seront devenues rentables ou que les gouvernements pourront les y obliger.«Fort des conseils et de l'approbation des actionnaires qui les contrôlent (.), ces structures de pouvoir ont la main haute sur les emplois, sur les lois et sur le pays.Leur pouvoir est financier, il est sans frein»(Ste-vens).Ce sont donc les compagnies qui détiennent effectivement le pouvoir dans la société: «Le roi est idiot» (Stevens).Nous y reviendrons au palier politique.Après avoir constaté que l'on vit actuellement en société d'abondance, Mainmise en déduit que l'insécurité dont souffrent les gens n'est pas due à une pénurie possible mais à un pouvoir d'achat restreint.Ce n'est par la «restriction» du pouvoir d'achat qui est ici mise en cause mais bien le fait même de devoir acheter continuellement, de devenir «les forcenés de la job et de notre pouvoir d'achat», d'où une «insécurité artificielle et arbi- -traire surtout» (MM1).C'est la société de consommation qui est en cause, «l'obsolescence planifiée», la «publicité de Madison Avenue».«La technologie semble avoir trahi l'humanité».Mais cette situation ne saurait durer éternellement.«(.) une crise monétaire grave (celle qui commença le 17 août 1971) allait jeter, une fois de plus, à la face du monde la fragilité du système américain.Cette prise n'est certes pas un élément isolé, survenu au hasard.C'est au contraire le signe d'un malaise profond: celui de l'Establishment.(.) Désormais il nous est permis de croire que l'étincelle qui provoquera la destruction du monde éclatera à l'intérieur du système, le grand système capitaliste des Corporations.» et «À la fin de la dernière décennie, il était évident que les corporations géantes perdaient rapidement leur actualité ou leur raison d'être par la faute des progrès technologiques».Ce qui ne signifie pas qu'il faille s'en remettre uniquement au principe auto-destructeur de la machine: «La notion de drop-out et de confiance tranquille dans le Cosmos peut être séduisante mais la prémisse d'une telle position (à savoir: attendre que ça arrive) repose sur des sables statistiques mouvants».Si la contre-culture rejette un système économique basé uniquement sur le profit, la société de consommation, le socialisme, elle n'accepte pas non plus les mythes de cette économie comme celui qui veut qu'une «économie sans cesse grandissante soit un signe de santé.C'est un cancer,» dira-t-elle.Si la société nord-américaine est aujourd'hui au seuil du communisme, la contre-culture veut le «dépasser»: «La Transformation ira au-delà de l'ordre socialiste, au-delà de toute structure rigide, fixe et linéaire » (Stevens).La propriété privée n'est nullement remise en cause de façon qualitative mais plutôt de façon quantitative.Ce sont les corporations géantes qui accusent tous les défauts et non pas la petite entreprise qui, elle, reste humaine ainsi que la production coopérative, ou artisanale.Pour la contre-culture,' le distributeur exploite et le producteur et le consommateur, ceci étant dit dans le cas de la petite production.• Le palier de la stratégie sociale «Une société est un groupe d'être Inégaux qui s'organisent pour répondre à des besoins communs.(.) L'inégalité doit être considérée comme la première loi MAINMISE 21 de la science des matériaux sociaux, que ce soit dans les sociétés humaines ou autres.» La contre-culture constate l'échec des sociétés humaines et porte le diagnostic suivant: c'est que la loi de l'inégalité a été ignorée dans ces sociétés.Ce n'est pas à l'inégalité qu'il faut tendre puisque c'est une impossibilité naturelle mais à une société juste où chacun des individus a une chance et une possibilité égale de prouver son génie ou de se ridiculiser.La contre-culture refuse la notion de stratification sociale parce qu'elle est, par essence, linéaire.Adopter ce principe signifie «définir les autres en fonction de ce qu'ils font (.) ou en fonction de ce qu'ils sont par rapport aux autres » alors qu'un homme doit «se définir par ce qu'il est, dans l'immédiat» (MM3).Dans cette société linéaire «où les styles de vie des gens sont déterminés directement par le profit financier», «le succès se définit par la façon que l'on a de manipuler les autres dans le but de devenir plus riche et d'augmenter son pouvoir personnel» ou par «l'accession à une position respectable dans l'ordre établi».La seule division sociale que la contre-culture semble accepter est celle entre l'Establishment et le Mouvement.L'Establishment étant «l'ensemble de la population qui est fondamentalement linéaire plutôt que simulsensorielle.C'est l'Ordre établi par rapport au Mouvement.On appelle l'Establishment: la structure du pouvoir des corporations, le complexe militaire-industriel, la majorité silencieuse, etc.En général ceux qui ont plus de 40 ans en 1970.» et le Mouvement: «l'ensemble de la population non-linéaire et simulsensorielle.Le Mouvement évolue de lui-même avec la Transformation.En général, les moins de 30 ans en 1970.L'Establishment s'y oppose.Communément appelé: les-moins-de-trente-ans, Woodstock Nation, la révolte-de-la-jeunesse, la génération d'aujourd'hui, etc.» L'Establishment a un pouvoir financier sans frein qui s'exerce sur la main d'oeuvre et la législation et le Mouvement a un pouvoir économique qui repose sur la consommation.Le Mouvement n'a aucun pouvoir politique parce qu'il n'est pas organisé et qu'il refuse comme telle l'organisation politique.Jean Basile précise dans une entrevue que c'est de «l'opportunisme historique» que de diviser la société par catégories d'âge.On ne peut affirmer que les moins-de-trente-ans sont automatiquement pour le Mouvement pas plus que les plus-de-quarante-ans ne se rangent tous sous la bannière de l'Establishment: c'est simplement que chacun des mouvements trouve sa majorité dans chacun de ces deux groupes d'âge.La lutte des classes n'a aucune place dans l'analyse de la situation faite par la contre-culture.Si on souhaite «l'abolition des classes», celles-ci ne sont jamais définies.L'action des syndicats «d'autrefois» «qui luttaient contre la direction des entreprises pour améliorer le sort des travailleurs (.), qui obtinrent ainsi des augmentations de salaire, la sécurité d'emploi, et autres bénéfices, qui opposent le droit de grève au droit de propriété» est vue comme la classique lutte des classes de Marx».Le syndicat a suivi la même courbe que l'entreprise: il est devenu une entreprise capitaliste.«À la lumière de cette évolution, les syndicats n'ont plus aucun intérêt, ni actualité, aux yeux des générations du Mouvement» (Stevens).La division sociale en strates ou en classes est donc totalement étrangère à la contre-culture.Les disparités, les inégalités sociales, les privilèges et les revenus, ne sont absolument pas déterminants de l'identité d'un individu: On est ce qu'on est dans l'immédiat».Les privilèges ne sont pas analysés en termes économiques mais avant tout en termes d'accès à l'information: «L'accès privilégié à l'information (.) conduit à une conception sociale basée sur une structure verticale. cette structure verticale correspond une hiérarchisation et de nous-mêmes et de nos besoins» (MM11).Plus le contrôle de l'information sera accentué, plus la structure de la société sera verticale.• Le palier politique Ce palier étant «central dans l'ordre des préoccupations», Mainmise n'ayant à peu près pas produit d'articles immédiatement politique de façon structurée et organisée, nous avons dû faire une lecture attentive pour retrouver les valorisations politiques.En effet, c'est toujours dans un contexte englobant la société entière, le système sans précision qualitative, l'Establishment ou dans un contexte d'actualité relié à un point précis que l'on peut découvrir ce que la contre-culture pense du politique, de l'appareil d'Etat ou encore de la politique.a) Le système politique Lorsque Mainmise affirme «Le gouvernement, c est-à-dire nous, aura besoin de vous» en s'adressant aux agronomes, on ne sait trop si elle parle du gouvernement actuel qui représente ou devrait représenter les citoyens ou encore si ce futur signifie aussi un gouvernement futur.Il y a donc là trois possibilités: c'est au reste du discours de nous indiquer quelle est la «bonne».Mainmise ne croit pas que le système politique canadien soit autonome, indépendant des Etats-Unis et affirme que «notre destin dépend de celui de nos voisins», et ce, sans jugement de valeur, en ce sens que pour la contre-culture les «frontières nationales sont désuètes.Au lieu de gouvernements divisés, un système d'informations mondial unira les peuples de la Terre» dans un monde où tous seront devenus adeptes de la nouvelle culture.Dans ce système d'informations mondial, les frontières politiques n'existeront plus.Elles seront remplacées par des «frontières naturelles et culturelles» dans un «pluralisme culturel et individuel, réuni par une sorte de grande tribu mondiale».b) Les valeurs politiques «La «politique», issue d'un système que nous réprouvons, nous pue au nez».Pour Mainmise, la politique se résume à un jeu de «gangsters» contre «gangsters», chaque «gang» ayant ses supports financiers et se disputant pour la prise du pouvoir.C'est une guerre entre les différents groupes qui évoluent au sein même de l'Establishment, ce corps politique et social, fondé sur la loi et l'ordre».Ce système est superlégaliste et élitiste: «Sous le couvert de la démocratie, tout notre système politique est conçu pour subsister, en tant que supersystème élitiste, sur l'énergie «votée» par les individus» (MM6).La démocratie actuelle n'est donc qu'un masque chargé de cacher l'élitisme de notre société.«La démocratie se trouve dans un cul-de-sac» (MM1).Le pouvoir politique repose actuellement sur l'information.«C'est donc bien celui qui a les faits à sa disposition, (en d'autres termes, ('INFORMATION) qui possède virtuellement tous les privilèges» (MM 11).«Un gouvernement démocratique sera celui qui redonnera à chacun l'usage de la technologie (.) Le gouvernement Trudeau se substitue électroniquement au Peuple».Pour pouvoir fonctionner, ce pouvoir politique reposant sur la technologie qui permet l'information, a installé un système, une société, reposant sur la peur, car le pouvoir, c'est être capable de tuer quelqu'un ou de le jeter en prison parce qu'il n'obéit pas à l'autorité établie» (MM5).La peur, c'est «cette méfiance de soi et des autres qui pousse les gens à.invoquer l'autorité et à tolérer la domination de ses agents sur leur vie».La peur n'est pas le seul fondement du fonctionnement du pouvoir politique, il y a aussi les frustrations sexuelles car: «Frustrez un individu sexuellement, isolez-le dans son monde de culpabilité sexuelle, et vous le manipu- 22 MAINMISE lerez comme vous l'entendez, en lui tendant, sans jamais lui donner, le fruitdéfendu».(MM6).La contre-culture constate que la valeur la plus importante pour l'Etablishment est individuelle : «c'est la propriété ».La société actuelle est basée «sur une répartition du pouvoir, qui, finalement n'est qu'une répartition de l'argent».Mainmise affirme que les «jeunes semblent vouloir ne rien savoir des idéologies (.) En bref, ils se foutent complètement de qui dirige le pays où ils sont, pourvu qu'on les laisse en paix».Mais attention, on pourrait interpréter de multiples façons cette phrase ainsi sortie de son contexte: ces jeunes, ce sont les jeunes nomades, ceux qui parcourent le monde, ceux qui suivent la voie des Indes et non pas les «jeunes» en général.Nous verrons par la suite s'il y a lieu de généraliser cette vision.En résumé: il y a dégoût pour «la» politique.La démocratie n'existe pas en fait.Elle existera quand la technologie sera remise au Peuple.Le pouvoir politique est une répartition de l'argent et pour fonctionner, il s'appuie sur la peur et les frustrations sexuelles alors que le pouvoir doit avoir comme seul but la Paix et la Liberté» (Stevens).Si la politique «pue au nez» de Mainmise, celle-ci ne s'en désintéresse pas totalement.Après les élections d'octobre 1972, Mainmise a publié un article-bilan (MM 18) des résultats où l'on constatait la vulnérabilité du régime politique et voyait la réélection du gouvernement Trudeau comme un moindre mal.Sa mise en minorité le rend «plus intéressant qu'avant et on souhaite qu'il continue un petit bout de chemin», parce que le gouvernement Trudeau est ouvert aux jeunes et que sa politique prouve qu'il a adopté les «grandes données politiques du Mouvement «même s'il fait erreur en basant sa politique sur le bilinguisme et le biculturalisme.Wagner étant contre les grogues, Stanfield faisant partie de l'English Power et ne comprenant rien «aux aspirations nationales et culturelles du Québec», Trudeau devenait le choix logique bien qu'il soit «fasciné par le fascisme électronique».Le gouvernement possède de fait le pouvoir électronique.Le fascisme électronique est dû aux computeurs.Trudeau le sait qui contrôle les postes-clé de l'information.Son désintérêt des Postes, du cinéma et son intérêt pour les cables et le video, les projets Perspectives-Jeunesse et Initiatives Locales montrent assez que le gouvernement Trudeau est fasciné par la «Cité Electronique» mais c'est dans l'application, la direction de ces politiques que le gouvernement Trudeau aura un choix à faire: devenir fasciste ou réaliser de fait l'Utopie.Dans un autre article, Mainmise dit que le «gouvernement Trudeau n'a jamais été un espoir de justice politique mais il a pu être un espoir de justice sociale» (MM15).Doit-on comprendre que Mainmise n'a pas cru vraiment que le gouvernement Trudeau réaliserait l'Utopie, que le choix proposé était tout à fait théorique?Le gouvernement Trudeau seralt-il donc effectivement sur la voie du fascisme?Il faut voir la solution de cette énigme, de cette contradiction dans le jeu même de la politique: «Après tout, le devoir d'un gouvernement est TOUJOURS de se faire ré-élire» ce qui revient, d'un autre côté, à accepter que le «pouvoir électronique» a ses limites.Au niveau provincial, «On souhaite aussi que le parti québécois commence à s'intéresser ouvertement à l'aventure qui est celle de tous les cheveux longs, dope comprise», parce que «les freaks québécois sont avant tout québécois», et ce, bien que l'un des objectifs de la presse parallèle, soit de «remplacer le nationalisme politique par le nationalisme écologique».Au niveau municipal, il n'y a que le FRAP qui a retenu l'attention de Mainmise.Ce parti politique est vu comme étant une «forme de réaction populaire à la crise d'aliénation qui secoue les habitants des métropoles nord-américaines» (Gaboriau) dont Montréal.Le FRAP a travaillé «pour réaliser l'utopie urbaine ici au Québec» car ses «principes s'inspirent de ceux de l'avant-garde de la pensée politique contemporaine» c'est-à-dire «participation aliénation, décentralisation centralisation, imporvi-sation démocratique planification bureaucratique, pro- duction coopérative consommation excessive, c'est-à-dire, activité passivité, activité passivité au niveau du quartier».J/~ c) L'appareil étatique La contre-culture croit que dans le système politique actuel, la fonction législative n'existe plus comme telle; c'est la fonction administrative qui l'a remplacée: «Mais le vote a perdu son sens: toutes les décisions gouvernementales, d'une incroyable complexité, sont prises par l'élite technocratique; le parlement et le peuple n'ont plus en fait que l'Illusion de prendre des décisions, fonction que leur assurait pourtant la théorie démocratique».C'est probablement en ce sens qu'il faut comprendre qu'un adepte de la contre-culture puisse être utile en décrochant un poste gouvernemental.Le pouvoir judiciaire, lui, semble avoir trahi les citoyens en servant non plus leurs intérêts mais ceux du Pouvoir et de la Finance.d)Le jeu «La Chambre des Communes et le Sénat [américains] sont déjà en proie à l'influence financière de l'Establishment par le système des antichambres et la subvention des candidats.(.) La Présidence américaine est la plus puissante des positions politiques et un Président qui ne serait pas soumis entièrement à l'Establishment présenterait un danger sérieux pour l'économie des grandes corporations en apportant des changements» sans profits «au bénéfice du peuple.».«Fort des conseils et de l'approbation des actionnaires qui les contrôlent (.) ces structures de pouvoir ont la main haute sur les emplois, sur les lois et sur le pays.Leur pouvoir est financier; il est sans frein».Ces deux citations de Stevens se rapportent aux Etats-Unis, mais la note de présentation de l'article nous assurait qu'il «serait faux, cependant de lire ce texte à la lettre.(.) Nous pouvons aisément remplacer le nom d'un Gouverneur d'Etat par le nom d'un de nos premiers ministres (.)».On ne saurait donc, à ce niveau, parler d' interaction .L'évaluation de la contre-culture ne tient pas compte des outputs comme étant des décisions politiques mais comme une législation venant entériner des décisions déjà prises par le pouvoir financier.Le système politique ne sert pas les intérêts des citoyens car non seulement le feedback n'existe pas vraiment mais il peut devenir illégal.«Ainsi les démonstrations de rue sont interdites dès qu'elles se présentent AVANT TOUT comme un FEEDBACK.De même les grogues psychédéliques sont une réponse à une pression psychologique dans une culture qui, tout en plaidant par sa Constitution pour le droit de la Liberté et de l'Individu, a peur de la Liberté et de l'Individu».Dans le cas de la législation sur la marijuana par exemple, le gouvernement Trudeau (.) ne fait qu'exprimer son complexe paternaliste».«La déclaration de Munroe [t3sur la marijuana] est pire qu'un geste de crainte, c'est une lâcheté devant l'opinion».L'insistance du gouvernement à combattre la marijauna plutôt que les autres drogues s'expliquerait par le fait que «l'héroïne, le speed, les downers, les barbituriques, tout ça qui est bien pire que la marijuana est un bénéfice pour l'Establishment qui les fabrique et qui les vend.Car, ne l'oublions pas, la marijuana est sans doute la seule dope qui ne rapporte pas d'argent à l'Etat et à ceux qui le gouvernent».Dans d'autres domaines de la «Cité électronique», ie gouvernement a pris des décisions qui allaient dans le sens de la contre-culture.Par exemple, la création du Videographe qui «bouchait un trou» mais, Mainmise se demande «pourquoi votre Gouvernement [Trudeau] tue-t- MAINMISE 23 il en même temps toute possibilité réelle de participation populaire en tuant toute possibilité réelle de FEEDBACK dans son videographe?», ou encore dans lé cas de Perspectives-Jeunesse et d'Initiatives Locales, «pourquoi [ces initiatives] toutes deux de nature multi-dimensionnelles ne deviennent en fait que des programmes politiques?».La réponse se trouverait dans le fait que le gouvernement Trudeau n'est pas démocratique et ne croit pas à la participation populaire.Il délaisserait donc les imputs au profit des outputs.Une déclaration comme «Nous n'aimons plus le système dans lequel on nous force de vivre» renforcerait l'impression que donne Mainmise de croire à une impossibilité de participation au système politique actuel, à une impossibilité de feedback du système social sur le système politique.e) Les règles du jeu On sait déjà que la contre-culture croit la démocratie dans un cul-de-sac.Les structures politiques et sociales n'ont plus aucun sens» «Jjusqu'à maintenant, la conscience démocratique était préservée du fait que le peuple avait le pouvoir de renverser le gouvernement.Mais ceci n'est plus possible depuis que le gouvernement s'est approprié le monopole des armes les plus meurtrières et peut à n'importe quel moment s'assurer le contrôle des services de transport et de communications.Le peuple ne peut plus que voter.Mais le vote a perdu son sens: toutes les décisions gouvernementales, d'une incroyable complexité sont prises par l'élite technocratique: le parlement et le peuple n'ont plus que l'illusion de prendre des décisions» (MM1).Le devoir d'un gouvernement étant TOUJOURS de se faire réélire» la justice politique ne saurait exister.C'est ainsi que «dans un choix possible entre une dite-élection et le bannissement de tous les politiciens, la plupart des anarchiques réalistes opteront pour la seconde solution (MM18).Mainmise a une vision assez négative des politiciens: «Si l'homme choisit l'anéantissement, qu'il continue donc à laisser son sort entre les mains des politiciens» (MM3).Ceux-ci sont inutiles et leur disparition ne causera aucun tort: «Enlevons les politiciens de tous les pays et envoyons-les dans une fusée vers le soleil; il ne mourra pas sur terre une personne de plus si les réseaux d'énergie, la machinerie industrielle et les systèmes de production sont maintenus intacts» (Fuller).«Ce que nous voulons, c'est qu'il n'y ait jamais plus d'hommes politiques mais des administrateurs conscients» (MM14).parce que «nous sommes parfaitement conscients qu'il faut une organisation partout.mais certainement pas une organisation démocratique dans le sens que l'on donne à la Démocratie aujourd'hui: 50 pour cent plus 1».Le système démocratique tel que conçu jusqu'à maintenant, i.e., régime politique, régime électoral, procédures parlementaires, les politiciens et les technocrates, la centralisation, la planification, n'intéresse Mainmise que de façon négative.La seule possibilité de valorisation positive que l'on pourrait retrouver serait que le système parlementaire ne fonctionne plus et que ce soit l'élite technocratique qui prenne en fait les décisions, étant donné qu'un administrateur conscient est jugé plus efficace qu'un politicien.Un pas en avant vers la réalisation du projet politique de la contre-culture?Étant donné l'élitisme de cette société, étant donné que l'élite technocratique n'est pas «consciente» au sens où Mainmise l'entend, (i.e.humaine) bien qu'en dernier ressort, c'est l'élite financière, le pouvoir financier qui prend les décisions, nous ne croyons pas justifié d'admettre que cette technocratisation du politique puisse être jugée positive.Les frontières nationales sont désuètes.Il y a dégoût pour la politique.La démocratie n'exsite pas.Elle existera quand la tecnhologie sera remise au Peuple.Le MAINMISE pouvoir politique est une répartition de l'argent au service du pouvoir financier et pour fonctionner, il s'appuie sur la peur et les frustrations sexuelles.Les décisions gouvernementales sont prises par l'élite technocratique.Le pouvoir décisionnel l'emporte sur le pouvoir consultatif.Les hommes politiques mènent à l'anéantissement, ils doivent être remplacés par des administrateurs conscients.B- Contre-culture et nouvelle culture Avant de s'attacher à la compréhension du phénomène de la nouvelle culture, voyons en quoi elle est contre-culture, en se souvenant que la contre-culture ne s'attaque pas seulement à la culture.• La famille Pour la contre-culture, la famille traditionnelle est «patriarcale, autoritaire et linéaire» (Stevens).Elle ne peut correspondre aux besoins de la contre-culture.Ce n'est pas la structure du couple ou de la famille elle-même qui est en jeu mais bien la façon dont ce couple et cette famille ont été jusqu'ici conçus.Un mariage «à deux», pas plus que toute autre forme de mariage, ne saurait reposer sur l'autorité d'un des deux conjoints, sur la propriété privée du mari sur la femme et l'enfant.La famille ne sera, dès lors, qu'un «combat entre l'homme et la femme» où chacun se déteste mutuellement, où les enfants ne sont «qu'une arme servant à la guerre perpétuelle qui existe, de fait, entre eux».Le couple, où les rôles sexuels sont abolis, où l'égalité n'existe plus entre un homme et une femme ayant'chacun une aire d'activités précisée mais bien entre deux êtres humains, ce couple, donc, peut arriver à être une structure familiale de base où les «enfants sont considérés comme des êtres humains et non pas comme une propriété ou comme un jeu.Leurs enfants ne seront plus jamais libres, ou moins «masculin» ou moins «féminin», qu'ils ne le sont de par leur caractère propre».Le couple, structure de base de la famille traditionnelle n'est donc pas rejeté ici.Il doit être repensé et revécu avec toutes lés idées de la contre-culture.Le couple n'est pourtant pas la seule forme de mariage envisagé par la contre-culture.Elle propose aussi les communes, les mariages de groupes, mariages à 3, à 4, à 6, etc.C'est à chacun de choisir la forme de mariage qui lui convient, selon la nature des relations qu'il veut entretenir avec les autres.Si dans la majorité des textes de Mainmise traitant de la famille, la possibilité est laissée à chacun de choisir sa forme de mariage, un texte souligne que le mariage à deux, la structure familiale actuelle, est une «barrière que construit autour de vous l'Etablissement pour se protéger» MM6), car «cette institution qui exprime les besoins logiques (la sécurité matérielle, le sexe, la vie en commun, la protection des enfants) est récupérée par la Société qui la contrôle absolument à des fins de puissance.C'est la loi du «diviser pour régner».• L'école Si l'on parle peu de la famille comme institution de socialisation, l'école, par contre, est avant tout envisagée sous cet angle.On dira d'elle que ce «n'est pas un endroit où l'on peut apprendre.Essentiellement c'est une prison» (MM1).«A la base, la fonction de l'école est essentiellement conservatrice: enseigner des techniques établies, transmettre des valeurs des générations antérieures et empêcher que ces dernières ne soient sérieusement remises en question».«Le rôle des écoles est de préparer la jeunesse à fonctionner dans la société en tant qu'êtres humains intégrés.Traditionnellement, les écoles offraient trois sortes de leçons: (.) une série de comportements.MAINMISE (.) valeurs morales et religieuses, (.) un ensemble d'informations objectives».En plus de cette fonction de socialisation, l'école a un rôle économique à jouer: «la haute éducation nord-américaine (.) a basé son système d'éducation en vue du marché production-consommateur de type capitaliste» (MM20).«Sa première fonction est de déformer les étudiants pour les taire entrer dans les moules et les rôles des mécanismes économiques d'une société technologique».Ce rôle économique de l'école se retrouve dans les formes mêmes qu'elle adopte pour «remplir le cerveau d'informations»: informations fragmentées qui correspondent à la spécialisation des machines, la classe devient une usine où la bureaucratie et la hiérarchie sont les maîtres, l'architecture académique est totalitaire et il n'y a «aucune différence entre les universités, les hôpitaux, les prisons, les casernes.Ces édifices existent pour trier les gens selon les besoins du système économique et, «La classe est un endroit où il faut se battre.Se battre pour une bonne note, un sourire du professeur, une bourse, un diplôme, le pouvoir (.) Ce jeu s'appelle aussi Capitalisme, il isole la personne du contrôle de sa production, du sens de son travail (.) Toutes les institutions du Capitalisme opèrent en ce sens: conquête, domination, exploitation».L'école est responsable de l'insécurité qu'éprouve toute personne face à l'obligation d'acheter que la société lui impose.«Ceffe insécurité [quant au pouvoir d'achat] ne peut se maintenir qu'avec l'aide sine qua non d'Un énorme et solide système d'éducation dont le seul but est de nous faire accepter cet état de tait, l'évidence du malheur, et d'y croire».• L'église et la spiritualité Nous n'avons retrouvé qu'une phrase dans Mainmise se rapportant à l'Eglise catholique et elle concerne la surpopulation dans le monde; la voici: «S'élever contre l'Eglise catholique ou toute autre institution qui préconise une politique trop souple en regard de cette question » (MM9); deux autres concernent la judeo-chrétienté qui a «ramolli les esprits et les coeurs» et qui a étouffé l'Occident et a causé son sous-développement spirituel et une dernière qui affirme que «les diktats spirituels qui menacent de tuer en nous toutes autres perspectives spirituelles sont un danger».«Beaucoup de religions sont structurés sur le modèle d'une famille artificielle (.) et patriarcale.(.) Maintenant qu'elles sont devenues des structures linéaires géantes, les religions organisées endossent l'imposition de l'ordre par la force et, de ce fait, aident et encouragent la structure du pouvoir corporatif.La loi de EST, qui s'applique aux méga-Corporations, s'applique aussi aux méga-Eglises.(.) L'Eglise-Corporation s'éloigne de Dieu et ne sert plus que l'état des profits et pertes».A la religion, Mainmise veut substituer la spiritualité: spiritualité de l'être, du corps, du Cosmos par le yoga, le Tai Chi le Tarot, le I Ching, le Zen, Hare Krishna, le Maharishi pour n'en citer que quelques-uns.C'est à une rééducation spirituelle que convie la contre-culture plutôt qu'à l'adoption d'une religion linéaire, à la spiritualité té au cours de se faire une religion de quelque chose, de redécouvrir le sens religieux de toute chose.«La nouvelle sadhana occidentale de son côté repose sur trois points principaux: l'état intérieur où se cherche le contact avec l'existence une et sans nom; le développement sensoriel (.); enfin, les rapports humains en tant que source d'extase et de mystère».• Le sentiment national Le nationalisme politique est à remplacer par le nationalisme écologique.Les frontières politiques sont à remplacer par des frontières naturelles et culturelles.Le bi-culturalisme et le bilinguisme sont des impossibilités.Les frontières nationales sont désuètes.Mainmise n'entend pas se restreindre au Québec et orienter spécifiquement son action sur le Québec: à la question «Allez-vous vous engager maintenant que le Québec est en danger?» à la suite de la crise d'octobre, Mainmise a répondu: Il est évident que le Québec est en danger.Mais le Canada est aussi en danger.Mais le monde entier est aussi en danger.Les hommes sont aussi en danger.La pollution est un danger».Nous pourrions voir là une indication du remplacement du problème politique par le problème écologique.Mais s'agit-il de nationalisme?Au numéro 20, Mainmise se dit un «magazine québécois qui, sans prétendre à l'exclusivité, espère et veut représenter une portion importante de l'énergie québécoise», mais sans «rajouter des «critiques» à toutes les critiques qui se font déjà.En fait, on croit mieux servir la pensée québécoise en donnant des informations générales même si elles sont un peu «internationales» que de commencer à dire de untel ou de unetelle ou de çi ou de ça, ce qu'on en pense» (MM16).«Notre sol naturel est ici» mais «pour nous l'identité québécoise ne se définit pas par une optique politique, ni par un graphique d'évolution économique, mais bien par l'addition de toutes nos centrales d'énergie».«Pour nous, libérer le Québec veut dire transformer d'abord le Québec en centrales d'énergie positive.Libérer le Québec veut dire libérer notre énergie».«Face à l'Europe latine, face aux États-Unis, le Québec est une alternative.Car il s'inscrit dans la grande marche de la contre-culture américaine sans le tas de fumier qui pollue les États-Unis.Selon nous, le Québec est plus qu'une quelconque alternative parmi d'autres.Le Québec est l'alternative.Le Québec, c'est l'alternative utopique».Nous avons cru nécessaire de reproduire toutes ces citations sur la vision du Québec que peut avoir Mainmise pour bien comprendre que son «nationalisme» se limite à la détermination du Québec comme cadre de travail immédiat (le Québec: alternative utopique) sans accepter la prédominance, par exemple, des idées spécifiquement québécoises sur les idées générales, internationales de la contre-culture.«Car un Américain utopique vaut mieux qu'un Québécois accroché à sa tuque».Mais les freaks québécois ne sont-ils pas, avant d'être freaks, québécois?Les frontières nationales ne sont-elles pas désuètes?et le nationalisme?«L'électricité relie la communauté humaine entière dans une seule tribu.Résultat: l'individualisme et sa forme collective, le nationalisme, croulent sous les effets d'une telle érosion».«Les media électroniques ont créé un village global où tous les murs entre les peuples, ies arts, les cultures s'écroulent comme les murs de Jéricho».Il ne semble donc pas que la vision «proprement culturelle» du sentiment national aide à éclairer la vision politique mais qu'elle contribue plutôt à renforcer notre impression qu'il y a là contradictions.Ces contradictions que l'on peut relever, à ce niveau de l'analyse de Mainmise sont dues, croyons-nous, au fait que Mainmise travaille dans et sur le milieu québécois et que dès lors elle ne peut rejeter le nationalisme.Se voulant le reflet d'un genre de vie, il ne lui est pas possible d'oublier la spécificité québécoise de ce genre de vie et l'internationalisme devient un objectif futur, bien que les conditions objectives de cet interntionalisme existent déjà grâce à la technologie.C'est peut-être à ce niveau que l'on peut relever le plus grand hiatus provoqué par l'idéalisme de la contre-culture.Si l'on refuse les frontières nationales, il ne faut pas oublier pour autant qu'elles 26 MAINMISE existent.Mainmise, plus réaliste à ce niveau, tente d'intégrer le nationalisme québécois.• La culture officielle «La culture se transforme en déodorant du capitalisme: «l'art libéral», un appareil orthopédique fasciste.» «L'ancienne culture est comme un oignon: un mur de défense construit autour d'un mur de défense construit autour d'un mur de défense construit autour d'un mur de défense construit autour de rien».«Les arts ne sont plus qu'un jeu de l'esprit, confronté à un autre jeu de l'esprit.Les arts sont pleins d'arrières pensées, tortueux.Le détail y est surimportant et l'on n'attache jamais assez d'importance à la place d'une virgule.L'oeuvre est jugée «bonne» ou «mauvaise» au niveau de son exécution, c'est-à-dire le degré de perfection de son style.L'art appartient, évidemment, aux spécialistes.Les autres ne sont là que pour jouer le nécessaire spectateur.C'est donc en termes essentiellement négatifs que l'on traite de la culture officielle, bien que la contre-culture envahissent la culture officielle (ou est-ce le contraire?): on constate que «Ça s'active quand même pas mal.au point que l'on se demande parfois ce que la presse overground peut bien couvrir en fait d'activités culturelles, tout devenant peu à peu underground».(MM19) Si la contre-culture a une conception négative de la culture «officielle», «libérale», elle ne tente pas moins de la comprendre, de l'expliquer.Cette explication se retrouve dans la technologie qui lui a donné naissance et qui l'a véhiculée: l'imprimé.«dans tous les pays industrialisés, les générations d'avant la Deuxième Guerre subissaient, dans leurs années de formation, l'empreinte du manuel scolaire.L'image des lettres imprimées en rang bien ordonnés et serrés à travers la page, moulait l'esprit des jeunes».«Les personnes qui sont surtout des lecteurs ou qui dépendent d'une culture orientée vers l'imprimé, culture de l'ordre établi, suivent nécessairement une «ligne de pensée» séquentielle où chaque mot suit chaque mot».La culture de l'ordre établi, au sens anthropologique cette fois, est toute imprégnée de cette linéarité et est basée sur des concepts linéaires.«Par exemple: des chaînes de montage», la «ligne politique» (.) une ligne de conduite déterminée, (.) la hiérarchie (.) le blanc et le noir (.), couleurs correctes pour les occasions d'importance », etc.• La Contre-culture «Il faut qu'une culture prenne naissance, soit fabriquée et vécue par quelqu'un, quelque part, avant d'être transmise.Et si l'on regarde autour de soi, l'on peut voir qu'il y a, en effet, une nouvelle culture en train de naître, et de grandir un peu partout».«Reconnu partout et de tous, ce non-conformisme soudain a pris l'Establishment par surprise: il a provoqué un nombre impressionnant de théories.Les plus connues sont: la menace d'une guerre atomique, les guerres chroniques au Sud-Est asiatique, un trop grand libéralisme des instances supérieures, les conflits raciaux, l'agitation et la subersion communiste, les provocations des anarchistes, le L.S.D.et le culte des drogues, la faillite de la religion, la corruption du gouvernement, la Mafia, les manifestations étudiantes, l'aliénation, la pornographie, la pilule, Freud, la décadence de la famille, etc.Toutes ces théories peuvent, jusqu'à un certain point, rendre compte de la situation, mais la transformation radicale dans la nature de la nouvelle génération s'explique beaucoup mieux par l'émergence de l'environnement électronique».En effet, «ce nouvel environnement fait tomber en désuétude les schémas mentaux dont se servait l'homme littéraire pour codifier la réalité».«C'est l'entrée sensorielle simultanée de l'information qui compose en grande partie le régime mental formateur du conditionnement électronique.Un entourage «tout-aé-la-fois» amène un nouveau mode de perception, une fusion globalisante ou «mixage sensoriel» que nous appellerons ici: le «simulsens».«Tous ceux qui sont nés dans un environnement électronique et qui furent conditionnés à la conscience simulsensorielle entretiennent des rapports avec le Mouvement», avec la nouvelle culture.La condition objective de cette nouvelle culture est donc l'existence même de la technologie qui permet l'automation qui «est une nouvelle étape de l'évolution, une façon radicalement nouvelle de penser et de vivre, avec notre système nerveux transporté à l'extérieur de nous-mêmes» (Fuller).Pour être transmise, cette nouvelle culture rendue possible par la technologie, a besoin de nouveaux moteurs.«Les drogues psychédéliques renforcent, amplifient et accélèrent le mixage sensoriel, elles n'en sont pas la cause» )Stevens).«La dope a donné naissance à une CULTURE».Ces citations nous montrent que la contre-culture elle-même peut difficilement établir les liens entre ces trois phénomènes.En reformulant ces citations, on pourrait arriver à ceci: C'est la dispersion de la drogue dans certaines catégories sociales qui a permis au rock de construire la Nouvelle culture, née de l'environneemnt électronique.Quoiqu'il en soit, les deux moteurs, drogue et rock, restent deux phénomènes intrinsèquement liés pour la contre-culture.«On dit que pour bien écouter un disque de rock, il faut être stone.Si vous ne l'avez jamais fait, écoutez-les quand même en essayant de libérer votre esprit de tout sens critique.et expérez.E.S.P.E.R.E.1.»(Pénélope ).• Les drogues «La marijuana est devenue un phénomène authenti-quement culturel (.) La moralité en prend un coup, de même que le système des valeurs traditionnelles» (MM2).«La culture et la consommation de la plante «cannabis» a ceci d'étonnant.qu'elle touche à la fois l'économie, le contrôle de la communication, le politique, la santé nationale et le bien-être social, la psycho-sociologie, la métaphysique et même la criminologie, mais quoi qu'on en dise, elle n'affecte pas l'homme dans son identité».(MM13).Il y a plusieurs sortes de drogues: les hallucinogènes, les barbituriques, les amphétamines, les speeds, les opiates, les sous-produits du pétrole, etc.Chacune d'elles a des effets spécifiques.Le propos initial de Mainmise était de parler «de la drogue sans majuscule sans M.D., etc.Ce qui interressait Mainmise, c'était «ce qui vient après la drogue » mais ce projet a dû être changé étant donné qu'il devenait «de plus en plus évident, en ce qui concerne la dope, que ce qu'il y a de plus urgent à faire est l'éducation » )MM8).«Quand les enfants de douze ans liront ce manuel, avant de renifler leur première bouffée de colle, nous aurons gagné une manche».S'il y a actuellement un «problème» de la drogue, il est essentiellement dû à l'attitude de l'Establishment qui est contre ceux qui prennent de la dope.Voici comment Mainmise explique cette attitude et ce problème: «D'une part, l'alcool est une drogue et l'Etablissement ne fait aucune propagande anti-alcool.La propagande anti-drogue serait destinée à retarder la légalisation de la marijuana.Cette propagande anti- MAINMISE 27 ¦ ¦V drogue conduit une partie des jeunes vers des drogues plus dangereuses en leur disant qu 'il ne peut en être autrement.L'Établissement n'a jamais été aussi féroce pour les barbituriques, les speeds qu'il ne l'est pour la marijuana».A ceci, Mainmise apporte deux explications: c'est l'Établissement qui produit et vend les barbituriques, les speeds, les tranquilisants et c'est aussi l'Établissement qui les consomme quotidiennement.L'illégalité des psychédéliques ne couvre que les agissements de la pègre qui semble contrôler le marché, d'où des prix exhorbitants et une qualité incontrôlée, souvent douteuse et même dangereuse.La Commission Le Daln n'offrait pas d'espoir avant même sa publication: «son rapport final (.) sera un volumineux ouvrage présentant toute la matière scientifique contemporaine et tout un éventail de recommandations différentes, mais sans offrir aucune suggestion d'action à court terme.Les gens instruits pourront absorber un kilo de connaissances».Revenons à la «métaphysique des drogues».La marijuana a un effet «psycho-sociologique»: le pot affaiblit le conditionnement social et contribue à amener chez ceux qui s'en servent un état d'esprit complètement différent et nouveau» (MM5).Les drogues psychédéliques sont une méthode pour mener à bien le voyage sur le chemin de.l'illumination, mais encore là, il faut distinguer entre ces drogues car «l'héroïne et les autres opiates (qui sont le plus sur chemin vers un attachement) peuvent difficilement servir de route vers l'illumination étant donné que l'héroïne et la cocaïne réduiront les gens à l'impuissance face à l'oppression extérieure» (Baba Ram Oass).Le recours à la cocaïne et à l'héroïne peut s'expliquer par l'éducation qui «peut rendre les gens plus conscients de leur insatisfaction.Le besoin des paradis artificiels, à la longue, est un échec.L'aura imaginaire de vitalité et de puissance est balayée devant la réalité de la mort et de la dépendance» (MM7).La contre-culture se refuse à porter un jugement «paternaliste» sur les différentes drogues: ce «Guide conscient» contient la plupart des renseigneemnts utiles, sans jugements moraux ou autres (merci papa), mais sans complaisance non plus».Il n'en reste pas moins que certaines drogues semblent mieux répondre que d'autres au projet de la nouvelle culture.Ainsi nos avons vu comment la marijuana peut avoir un rôle psychosociologique.Le L.S.D.a sensiblement ce même rôle; d'autres, le STP, par exemple, ou encore le PCP qui «peut provoquer une paranoïa aiguë, probablement pire que celle provoquée par les speeds» ne peuvent s'inscrire dans le projet global de la contre-culture.La contre-culture reconnaît aussi une valeur mystique à certaines drogues: «Étudier l'histoire des hallucinogènes, c'est étudier l'histoire des religions, donc l'histoire des civilisations dans le monde» (MM16).Par exemple: «Le peyote, tout comme l'Amanite-tue-mouche.a été et est encore aujourd'hui une «drogue religieuse».Pourtant, de grandes différences existent entre les différents types de drogue: ainsi le coca n'est qu'un don de Dieu, alors que le peyote EST CE DIEU, ce qui le rapproche du champ socio-culturel couvert par l'Amanite-tue-mouche, qui est le FILS DE DIEU» (MM 18).Par exemple, «Si le LSD peut être considéré, avec Leary, comme le SACREMENT de la Nouvelle culture, la marijuana serait, par sa légèreté et à l'ouverture d'esprit».Au deuxième numéro, on signale que l'usage de la marijuana ne se restreint pas aux jeunes et que les adultes en fument aussi.Dès lors, elle devient «de drogue mystique qu'elle était pour les jeunes» une «drogue dispensatrice de plaisir» au même titre que l'alcool.En entrevue, Jean Basile soulignait que le pot avait perdu, même pour les jeunes, cette valeur mystique, ceci parce qu'il était passé dans la vie quotidienne, qu'il était maintenant «normal» de fumer.Même l'illégalité de la marijuana ne l'a pas empéhée d'avoir une influence sur la publicité de la culture «officielle», la politique et c'est maintenant un phénomène culturel avec lequel il faut compter.Et ceci, même en Union soviétique.Un article souligne que l'usage de la marijuana et du haschish s'est propagé en URSS et que le «Soviet Suprême vient d'introduire de nouvelles et sévères lois concernant l'usage des narcotiques» (MM 20).«Selon les observateurs, le problème de l'alcool et le problème de la dope proviennent essentiellement du profond ennui qui submerge la vie russe communiste».• Le rock Nous avons vu que le rock est le deuxième moteur de la contre-culture.C'est le rock qui a été et qui est encore le principal véhicule des idées de la contre-culture.«La musique rock suit une évolution logique.Cette évolution est le reflet d'une véritable culture fondée aussi bien sur l'évolution des techniques musicales et électroniques que sur l'évolution de la Conscience de la génération de ceux qui font le rock» (MM 6).«Le rock est une affaire sérieuse, complexe.Il englobe à peu près toutes les données de la vie actuelle (.) Le rock est la première musique qui a réussi pleinement à exprimer le présent humain en taisant appel à l'intelligence par les paroles et au physique par le son» (MM 3).Ce sont surtout ces deux caractères rock, i.e.le rock reflet d'une conscience et le rock comme engagement sensoriel complet qui en font un phénomène culturel si important.«Le rock peut être un simple divertissement.Il peut être une protestation sociale.Il peut faire appel à la virtuosité ou, au contraire, à la plus pure intériorité.Il n'y a pas de domaines, temporels ou spirituels, que le rock n'a pas explorés ou n'explorera» (MM 2).Mainmise offre peu de théorie rock comme telle.Il nous faudrait la retrouver en lisant les centaines de «critiques» de disques ou de concerts rock faites par Pénélope.Travail auquel nous avons renoncé.Ces quelques citations suffisent, croyons-nous, à situer le rock dans le contexte de la nouvelle culture comme élément primordial sans lequel la contre-culture ne serait pas ce qu'elle est.Ces «critiques» que Pénélope publie régulièrement à partir du numéro six sont une source, pour les adeptes de la contre-culture, de renseignement sur l'évolution de la formation d'un groupe, sur son évolution musicale et sur son évolution de conscience.La plupartdu temps, le disque est mis en comparaison avec les autres disques du groupe.En introduction aux «Éléments pour une rockothèque de base», Pénélope affirme «J'ai tenu compte des mes goûts.Mais je n'ai pas abusé de ma puissance.Une certaine objectivité a régné quand je me suis mise à l'élaboration de cette liste».C'est aussi dans cet esprit que les «critiques» sont faites.Le rock, donc, participe pleinement à la «nouvelle sadhana occidentale».Mystique du rock?tout comme la drogue, le rock fait partie du tout global, et ce tout global n'exclue pas le mysticisme, au contraire.«Le rock demande toujours la participation du public».«C'est une musique qui, au-delà de l'oreille, s'adresse au corps global.Le corps global est celui d'un danseur qui reçoit le son dans son oreille, laquelle le transmet au cerveau, qui transforme ce son en une série d'impulsions nouvelles expliquant aussi bien les yeux que le mouvement des pieds.» «Le rock est une architecture sexuelle, en érection constante.» • La sexualité Nous avons vu que le mariage à deux comme à plusieurs ne saurait reposer, pour la contre-culture sur MAINMISE 29 des valeurs sexuelles imposées par la société.C'est à chacun de trouver «sa commune», sa forme propre de vie.La réévaluation de la vie familiale ne peut se faire sans une réévaluation de la vie sexuelle et « réévaluation de la vie sexuelle fait partie, tout comme la drogue, de la révolution culturelle que nous vivons.Pratiquement chaque homme et chaque femme devraient se poser, une fois pour toute, les grandes questions de base concernant sa vie sexuelle» (MM 5) «Le DROIT pour deux ou pour plusieurs personnes de s'aimer les unes les autres, et d'exprimer cet amour en termes physiques, tel est le sens profond des mouvements de libération sexuelle.La société établie appelle ça de la pornographie» (MM 6) Mainmise c'est attaqué à tous les tabous sexuels: rôles sexuels préjugés, sexualité en-dehors du mariage monogamie, homosexualité masculine et féminine, inceste, masturbation, pornographie, pour tenter une démystification et revaloriser la vie sexuelle, lui redonner sa place dans «la pleine réalisation de sa personnalité».En un mot, Mainmise tente d'annihiler chez les individus toutes les frustrations sexuelles que la société leur impose.«En fait, la répression de nos profonds désirs sexuels a été inventée, puis maintenue par une Société qui a su installer son pouvoir sur nos frustrations sexuelles.».Les évidences biologique, anatomique, psychologique, physiologique et socio-culturelle prouvent que «la bisexualité est une chose parfaitement naturelle» (MM 2).«Mais il existe aussi des homosexuels exclusifs» et ils «sont sans doute la minorité cultureliement la plus affamée du monde», ils sont victimes des tabous de la société hétéro-sexuelle et ont été oppressés par ses lois jusqu'au Bill Omnibus.La sexualité hors des cadres du mariage légal et la monogamie sont aussi des valeurs que la société a imposées et qui mènent directement à la frustration sexuelle.Il est primordial de souligner ici que Mainmise tente de réhabiliter la sexualité aussi bien par les textes qu'elle publie sur les homosexuels, sur le droit féminin à l'orgasme, sur les mariages de groupe, sur le yoga tantrique, sur les films pornographiques que par les images: photos et dessins qui servent aussi bien d'illustrations à ces textes qu'à d'autres ou qui constituent en soi une prise de position.La bande dessinée a, ici, un grand rôle à jouer.• Le féminisme Le féminisme de Mainmise est indissociable de la conception de la famille et de la sexualité.En voulant abolir la propriété de l'homme sur la femme et l'enfant et en voulant abolir les rôles sexuels, Mainmise préconise implicitement la libération de la femme mais celle-ci ne doit pas se faire contre les hommes.La femme doit se libérer avec les hommes, dans un esprit plus large, celui de la libération de l'espèce humaine.La libération de la femme est une nécessité reconnue qu'il reste à faire individuellement.• Les arts Nous avons vu la conception que se fait Mainmise des arts «officiels».Par rapport à cette évaluation, l'art, pour la contre-culture «tend à exprimer des jeux où se rejoignent l'émotion, la réalité physique et les sensations.Le.détail n'a aucune importance; seul compte l'effet global.(.) L'environnement est aussi important que LA chose: musique, stéréo, tévé, conversation.L'oeuvre est jugée «bonne» ou «mauvaise» selon l'intensité du trip.Il n'y a aucune distinction entre l'acteur et le spectateur.L'art est ce qui arrive avec les Hommes, tout le temps».C'est donc à un art englobant que nous sommes confrontés, un art où le physique et la sensibilité sont aussi importants que l'intellect.La contre-culture estime que: «tout ce que nous avons appelé art jusqu'à aujourd'hui n'est en fait que les rebuts de la culture précédente.La nécessité nous pousse à inventer de nouveaux environnements, de nouveaux services, et l'art nous oblige à percevoir, à devenir conscients de ces nouveaux environnements inventés par nécessité.(.) La tâche de l'artiste est de nous donner de nouveaux modèles de perception qui nous permettent de nous relier à l'univers» (McLuhan).Ce sera aussi la tâche de la radio de la nouvelle culture.La radio underground est une nouvelle forme de radio qui se veut, .«un vrai medium, i.e.un appareil intermédiaire qui transmet sans censure les événements directement de leur source aux auditeurs.Daans ce contexte, la radio cesse d'être un commerce et elle devient un service public et un art» (Gaboriau).La radio de la Nouvelle culture se veut un Art, situé hors de l'engagement politique pour aboutir à une révélation de l'homme libéré à la recherche de la Nature, de la Beauté et, pourquoi pas le Bonheur, et ce, par rapport à la radio de la Nouvelle politique.• La nouvelle culture Dans ces 20 premiers numéros, Mainmise a publié 2 critiques de la contre-culture: l'une venant de l'intérieur et l'autre de l'extérieur.Abbie Hoffman dénonce les valeurs de «paix et musique» lorsque la répression existe.Cette critique a été faite lors du Festival Woodstock et est rapportée par Hoffman dans son livre Woodstock Nation.«Le parti communiste québécois (marxiste-léniniste) entend, dans un pamphlet, stigmatiser la Nouvelle culture nord-américaine.Ce pamphlet, devrait être distribué aux spectateurs lors de la première montréalaise de HAIR.Une intervention brutale de la police n'a pas permis aux étudaints désignés de distribuer ce tract.C'est pourquoi nous le publions» (MM 2).Ce tract dénonce le «paix et amour», la nouvelle culture en général comme étant un produit d'exportation américain, un produit impérialiste «qui empêche les jeunes Québécois de profiter de leur culture patriotique et de s'en inspirer pour la lutte présente» (MM 2).2/Sorganiser Nous avons déjà émis l'hypothèse, que Mainmise, produit-action d'une collectivité, ait elle-même comme action, comme objectif, d'inciter ses lecteurs à l'action La seule action effective que l'on peut conférer à la collectivité Mainsimise est de publier Mainmise qui, par son contenu, peut provoquer ou ne pas provoquer une action chez ses lecteurs.Le lecteur aura une réaction, soit positive, soit négative ou restera passif et indifférent devant le contenu de la revue.C'est la réceptivité ou la non-réceptivité du lecteur qui fera qu'il adoptera ou .rejettera les idées et les moyens proposés pour réaliser ces idées.Il nous est donc à peu près impossible d'analyser son rôle effectif ou ses actions réelles à ce deuxième niveau; Mainmise étant le produit d'une collectivité non-organisque qui s'est réunie pour promouvoir des idées par, ce medium qu'est la publication d'une revue.Main- 30 MAINMISE NOUS VOULONS METTRE LA MUSIQUE ET LA VÉRITÉ DAIMS NOS CALEÇONS i mise ne fait que proposer des moyens d'action adopta-bles.Pour tenter de saisir ces deux niveaux, nous diviserons ce chapitre de l'organisation de l'action en deux parties, l'une ayant pour suejt les individus regroupés pour la publication de Mainmise et l'autre Mainmiset3, ou le contenu de Mainmise.Au premier niveau, il faudrait voir comment la collectivité s'organise pour publier Mainmise, ce qui comprend les objectifs propres à Mainmise comme revue, les moyens dont elle dispose pour cette publication, les modes d'action et les rapports de la collectivité avec les organismes politiques.Au deuxième niveau, il faudrait voir comment la contre-culture, dont Mainmise, s'organise pour atteindre ses objectifs, ce qui comprend les moyens d'action dont elle dispose en regard des valorisations apportées à l'analyse de la situation, le mode d'action de ces moyens, non pas seulement au niveau effectif mais aussi au niveau hypothétique, les rapports avec les organismes politiques et les stratégies.A- Les stratégies pour la publication La première question que l'on peut se poser ici est pourquoi Mainmise?On peut trouver une réponse, fournie par la collectivité elle-même, dans les éditoriaux de la revue.«MAINMISE est d'abord et avant tout, une revue d'INFORMATIONS.Cela veut dire: pas d'ego-trips.Le premier but que nous nous sommes fixés vue la carence des moyens d'information officiels, est donc de rendre disponible un matériel qui nous parait devoir être transmis, par un moyen ou un autre».Notre but «C'est évident: tourner le monde.(.) Augmenter l'expérimentation originale québécoise.Prouver à la Société québécoise que notre Culture va dans le sens de la vie.» «Nous avons fait MAINMISE parce que nous ressentions violemment le besoin de défricher les nouvelles allées de la nouvelle culture».«Le propos de MANMISE est, évidemment de travailler en collaboration avec tout le monde à l'établissement de ce Québec électronique».«Nous avons voulu faire de MAINMISE le reflet, aussi fidèle que possible, de la vie: ou plutôt celui de NOTRE genre de vie (.) Nous les [les idées] transmettons en souhaitant qu'elles vous ouvrent de nouvelles voies de réflexions».«Parmi nos buts, il en est un qui nous est cher: la légalisation de la marijuana (.) Cependant la dope n'a jamais été et ne sera jamais notre objet premier (.) Le premier but de MAINMISE continue d'être la remise en valeur de la liberté individuelle sur tous les plans».Voilà donc les principaux objectifs de la revue Mainmise, revue «fondamentalement d'espèce underground».Comme telle, elle suit les «quelques règles de base de la presse parallèle» (MM 3): «1) Informer la tribu et dénoncer le système.2) Se transoformer selon les besoins du milieu.Disparaître si nécessaire.3) Appeler les choses par leurs noms.4) Remplacer le professionnalisme par les moyens du bod.Le courage remplace les agences de presse.L'imagination remplace les budgets.5) Renoncer à toute publicité qui n'est pas directement serviable à la tribu.6) Servir de lien entre les différentes organisations de la tribu.7) Remplacer le nationalisme politique par le nationalisme écologique.8) Durer.» Ces règles de base circonscrivent les liens qui unissent Mainmise à la «tribu».Mais, quelle est-elle?«Dans sa définition la plus large, l'Underground comprendrait toutes les minorités techniques, politiques et culturelles.Plus couramment, on comprend par Underground les forces radicales qui participent à la Nouvelle Révolution, telle qu'elle a vu le jour aux États-Unis: Yippies, Hippies, Panthères Noires et Panthères Blanches, les militants révolutionnaires et les révolutionnaires pacifistes».De façon plus «québécoise», Mainmise trouve ses alliés dans les «cheveux longs» qui achètent la revue et dans les différentes organisations qui travaillent au Québec comme le groupe Mutation, par exemple, qui a présenté dans les pages de Mainmise un cahier d'information sur le cannabis.C'est dans la rubrique «Branchez-vous» et «Québec électrique» que l'on retrouve cette tribu.«Cette rubrique n'est pas de la publicité.Elle s'adresse à tous ceux qui participent d'une façon ou d'une autre à la formation d'un Québec parallèle», comprenant les commerces, les services et les annonces personnelles.Mainmise publie, de façon assez régulière, une liste d'adresses utiles» qui comprend, entre autres, l'ACEF, l'Armé du Salut, l'Association des locataires, le Centre du planning familial, des cliniques, des coopératives de toutes sortes, Drogue-Secours, le Centre de la femme, des Services juridiques.Jean Basile souligne que ces associations sont, au niveau des idées, des alliés, mais qu'à aucun moment, il ne pourrait compter sur l'extérieur pour venir en aide à Mainmise, financièrement ou autrement.Mainmise fait, à ce niveau, cavalier seul.Il dit encore que la publicité que l'on retrouve dans les pages n'influence pas le contenu de la revue et respecte la règle 5.Les seuls vrais alliés de Mainmise sont ses lecteurs.• Le mode d'action Il n'y a pas beaucoup à dire du mode d'action de la collectivité à ce niveau très pragmatique de la publication.Mainmise est une entreprise légale, qui a son patron légal, son gérant de banque à qui il faut soumettre les états financiers mensuellement et des créanciers qui font partie de l'Establishment., Ses murs n'abritent aucun commerce illégal et si Mainmise préconise la légalisation de la marijuana, elle n'est pas encore devenue le pusher numéro 1 de Montréal.Certes, Mainmise est fait par une «bande de drogués qui ont toujours le joint aux lèvres» qui doivent se «recycler non plus comme citoyens mais bien comme criminels» mais la revue n'est pas encore vendue avec un joint en prime!.C'est au niveau du contenu et des moyens d'action proposés à ce niveau que nous pourrons discuter plus longuement du mode d'action de Mainmise en tant que membre de la contre-culture et non pas au niveau de la publication^ •L'orientation de l'action pour la publication de Mainmise La première année de sa parution, Mainmise a obtenu du Conseil des Arts du Canada une subvention de $6,000.00, subvention qui lui fut refusée la deuxième année.Mainmise s'est aussi adressée à Manpower, dans le cadre des Initiatives locales, pour obtenir de l'argent.Nous résumons le récit de ces deux demandes et refus que donne Mainmise au numéro 10.Le titre de ce texte: «de l'argent.mais pourquoi faire?».«Quand on a commencé MAINMISE, on pensait participer, à notre façon, à la créativité collective québécoise.(.) On a pensé que le Conseil des Arts du Canada était fait pour aider la créativité québécoise.On lui a demandé de l'argent.(.) On comptait sur le Conseil des Arts, parce que l'argent qu'il donne, c'est notre argent, pas le sien et parce que MAINMISE veut veut pas, représente un peu de la créativité québécoise.(.) Et puis on a reçu la letitre que vous pouvez lire en face.On ne nous dit pas NON, bien sûr.On dit: attendez.Comme on ne peut pas attendre, ça veut dire: MOURREZ.(.) on s'est adressé à MANPOWER.On a appris qu'il y avait quarante millions de $$$ pour les chômeurs.32 MAINMISE .On pouvait employer 15 personnes cet hiver pour faire de la recherche, 15 personnes à cheveux longs.(.) Le type [de Manpower] nous a répondu que c'est facile de trouver du travail, même avec des cheveux longs.(.) On aurait bien aimé savoir qui faisait partie des Comités qui jugent les projets, à MANPOWER et au Conseil des arts.Pas question.C'est un secret.Ça parait qu'ils aiment pas le sexe, ni la droille au Fédéral Nous si.» La réponse à la question posée par ce texte se trouve sur la couverture du dos de ce numéro: «Grâce à cette subvention, on voulait diminuer le prix de MAINMISE (.) de 25 sous, montant de votre créativité québécoise personnelle».Aux numéros 13, 15, 16 et 17, la page de présentation de la revue comporte, à quelques variantes près, cette phrase: «MAINMISE n'est pas subventionné par le Conseil des Arts du Canada (Robert Èlie s'y opposant) MAINMISE ne tait pas partie des projets INITIATIVES LOCALES ni des projets non-politiques (Pelletier dixit) PERSPECTIVES-JEUNESSEO impôts.Au numéro 19, on raconte comment la saisie faite chez les sous-distributeurs pour payer $580.00 d'impôt que Mainmise devait, a failli entraîner la fermeture.Les rapports que Mainmise entretient avec les agences fédérales, pour sa publication, sont donc avant tout financiers.Ce sont les agences distributrices de subvention et celles à qui il faut rendre des comptes qui retiennent l'attention.Nous verrons plus loin quel sont les autres rapports que Mainmise peut entretenir avec les autres agences gouvernementales ou politiques.• L'Orientation de l'action La nouvelle culture a deux pôles d'attraction: le présent et le futur, la société parallèle et l'Utopie, le Village global, le Tout-Terre.Si l'on se rapporte à la définition déjà donnée de l'Underground, on comprendra facilement qu'il puisse y avoir plusieurs conceptions tant au niveau du contenu que des prioriéts, de cette nouvelle culture.Le problème est posé dans Mainmise dès le premier numéro: «L'éternelle question se posa -lors d'un congrès de et sur l'underground : : à quoi s'attacher en premier, est-ce aux institutions socio-économiques ou à la conscience individuelle, au monde matériel ou au monde spirituel, ou aux deux simultanément».Il y a trois voies celle de la Nouvelle Culture, celle de la Nouvelle Politique et une autre que l'on pourrait appeler Nouvelle Dialectique.La Nouvelle Politique «se propose de fournir au peuple les armes au moins théoriques pour la Révolution socio-économique».La Nouvelle Culture se veut un Art, situé hors de l'engagement politique, pour aboutir à une révélation de l'homme libéré à la recherche de la Nature, la Beauté, et pourquoi pas, le Bonheur».La nouvelle Dialectique serait la réconciliation de ces deux pôles.Mainmise met, sans aucun doute, l'accent sur la liberté et la conscience individuelle: «Leur but [à ceux de la nouvelle culture] est d'arriver à la paix universelle par la recherche de la paix personnelle.Pour libérer une nation, il faut libérer l'individu» (MM 1).«Le premier but de MAINMISE continue d'être la remise en valeur de la liberté individuelle sur tous les plans» (MM 7).«Mais le but en vaut la peine, puisqu'il n'est rien de moins que la liberté individuelle et, au-delà, la liberté collective» (MM 20).«Elles [les expériences de la contre-culture] tendent toutes à une réorganisation de la vie spirituelle et de la vie matérielle vers un mieux-être de l'individu dirigé vers l'avènement du Monde Futur» (MM 3).«Pour la première fois dans l'Histoire, l'homme possède les instruments de sa libération intérieure.Et je pense que l'on doit se libérer intérieurement avant d'essayer de se libérer sur les autres plans« (MM 5).«Étudier de nouveaux styles de vie, voilà notre travail ainsi que l'exploration de moyens de changer le monde intérieur de chacun» (MM 9).Le but immédiat de la nouvelle culture et de Mainmise est donc la liberté individuelle et la liberté collective est le but médiat.«Quoi faire en attendant que le Messie arrive?Être conscient, Célébrer, Manger, Réfléchir, Respirer, Méditer, Générer, Dormir, Aimer, Vivre nu» (MM 5).bien que: «Aujourd'hui, attendre [que ça arrive] c'est se diriger lentement vers la mort» (MM 6.bien que: «Il existe maintenant une nouvelle priorité, une nouvelle cible, le bien-être du Tout-Terre.L'intérêt premier est le sol, les saisons, la température, la vie primitive, les cycles nourriciers, la biologie, la nutrition, la chimie, la physique, l'astronomie, la cybernétique, les hallucinogènes, les cultures mondiales, l'art mondial, la paix mondiale, l'amour mondial, la liberté mondiale» (MM 6).bien que: «Pour réussir, il faut que la révolution embrasse en même temps la société et l'âme humaine.Libération sociale et libération psychique» (MM 5).parce que: «Si l'histoire mélancolique de la révolution depuis le début du siècle nous enseigne quoi que ce soit, c'est la futilité d'une politique qui se concentre uniquement sur le renversement des gouvernements, des classes dominantes ou des systèmes économiques.Ce genre de politique n'aboutit finalement qu'à reconstruire les tourelles et les tours de la citadelle technocratique» (MM 5).«Ce qui nous intéresse, c'est l'abolition des roles sexuels, des classes et des rapports aliénés qui tuent l'humanité et qui empêchent l'épanouissement de nos potentiels.Nous ne nous demandons même plus si le prolétariat va «prendre le pouvoir» des mains de la bourgeoisie; ce que nous voulons c'est la disparition et la dissolution complète de l'État, des Classes, et du Pouvoir lui-même pour qu'enfin, après des millénaires de domination, d'exploitation, l'aliénation et d'oppression, chaque humain ait le pouvoir de contrôler sa vie de tous les jours» (MM 5).Au niveau individuel, personnel, la contre-culture veut ébranler la perception que chacun se fait de soi, remettre ce «je» en question.Un de ses buts précis est de réduire la peur chez chaque individu ainsi que de vivre une nouvelle forme de vie où «toute activité humaine, les arts, les sciences, la politique, etc.ne vaut que si le but final est de trouver l'illumination» (MM 18).Que disent toutes ces citations?L'accent est sans contredit mis sur l'individu qui arrivera par une libération intérieure à une libération extérieure, et sur les individus, qui arriveront par la somme de leurs libérations individuelles à la libération collective.Cet individu doit se libérer pour jouir du présent et être en mesure de jouir du futur.Une fois admise la nécessité de cette libération individuelle, la contre-culture semble différer quelque peu sur l'organisation de cette liberté collective.Dans «EST» (MM 6) on affirme que jouir du présent individuellement ne suffit pas, qu'il faut s'intéresser aussi à l'écologie, à la démographie, à la technologie, au politique, à l'économie et au culturel.Au numéro cinq, on affirme que les deux niveaux de libération doivent être simultanés et que l'un est aussi important que l'autre mais à aucun moment les niveaux de libération extérieurs à la conscience individuelle ne sont prérequis pour cette libération intérieure individuelle.Celle-ci devient, dès lors, le moyen, la condition sine qua non de la libération sociale et globale.MAINMISE 33 B- Les objectifs Il est essentiel de rappeler ici que Mainmise, le contenu de Maimmise est lui-même un moyen d'action visant à une libération individuelle sur tous les plans en assurant la diffusion des idées de la novuelle culture.a) L'écologie Les moyens proposés par Mainmise sont au niveau de «l'action politico-sociale de réduire le gaspillage et les sous-produits.Des lois très sévères pour le contrôle du DDT et autres pesticides doivent être instaurées.Qu'on mette en lumière la complicité de certains scientifiques, les industries de pesticides et autres qui s'opposent à cette législation.Des amendes très sévères contre les industries qui polluent l'air et l'eau.Il faut mettre les combustibles à base de pétrole hors de circulation.Explorer toutes les sortes d'énergies non polluantes, le pouvoir solaire.(.) Déterminer des méthodes pour réutiliser tous les déchets de la ville et instaurer une nouvelle pensée anti-gaspillage» et au niveau de la communauté «de ne pas utiliser le DDT et autres, de diminuer le nombre d'autos en circulation (.)» de faire ses propres engrais, d'éviter le gaspillage du papier, de l'eau, de la lumière, etc.L'artisanat reste une porte ouverte pour toute révolution anti-polluante et il faudra "travailler avec toutees sortes de milieux politiques et les sensibiliser aux problèmes de l'environnement».Les moyens proposés renvoient donc surtout au palier politique pour la législation, au palier économique pour les industries polluantes et l'artisanat et au palier culturel pour la nouvelle pensée anti-gaspillage.Chaque personne prise individuellement n'a que le pouvoir d'arrêter sa propre participation à la pollution.b) La démographie C'est la santé qui retient le plus d'attention de Mainmise: alimentation saine, bonne condition physique mais aussi la surpopulation.Mainmise propose «de vraies alternatives en ce qui concrene la nourriture» en révélant la présence des produits chimiques dans la nourriture, en proposant des substitus sains, en recommandant à ses lecteurs de cultiver leurs propres aliments à l'aide d'engrais naturels, ou en s'approvisionnant aux boutiques d'alimentation naturelle.La solution de la famine se trouve dans les outils technologiques qui «libéreront la société postrévolutionnaires du manque de nourriture».Au niveau de la qualité des drogues sur le marché, Mainmise recommande les «kits d'analyse» mais surtout la légalisation de toutes les drogues et leur vente par une régie publique qui contrôlerait ainsi la bonne qualité.Pour réduire la population, la contre-culture préconise de «légaliser l'avortement, d'encourager la stérélisa-tion (.) de supprimer les déductions d'impôts sur le revenu.S'élever contre l'église catholique ou toute autre institution qui préconise une politique trop souple en regard de cette question (.) Examiner d'autres structures sociales et d'autres formes de mariage, tels les mariages de groupes».Les moyens proposés renvoient au palier économique en dénonçant l'utilisation des produits chimiques et en préconisant la culture personnnelle, au palier technologique pour la famine, au palier politique pour la légalisation des drogues et de l'avortement et au palier culturel pour combattre l'Église catholique et chercher de nouvelles formes de mariages.c) L'économie La contre-culture rejette tout système économique qui a pour base le profit et qui oublie les valeurs humaines.Elle rejette les grandes corporations mais non la petite entreprise.Ce sont les grandes corporations qui 34 Nous avons l'intention de construire un Tibet électrique détiennent le pouvoir.La contre-culture rejette aussi la société de consommation, le socialisme.Il faut donc limiter les pouvoirs des corporations et revenir à la petite entreprise humaine, à la production coopérative et à la production artisanale qui «est une option politik qui tend à faire sauter tout le système économique contemporain».«Le but de la Transformation est de libérer la Vie en jetant à bas la structure du pouvoir corporatif qui corrompt et pollue les systèmes des supports de vie».Ce moyen économique rejoint donc les buts écologiques.«Se suffire à soi-même» est un des buts-moyens de Mainmise pour contrer l'emprise de l'économie: «les efforts qui sont dirigés vers l'élaboration et l'établissement de moyens alternatifs de subsistance et de vie (.) sont des efforts révolutionnaires».La rubrique «Branchez-vous» répond à ce besoin: «Mangez, habillez-vous, lisez, écoutez de la musique, faites l'amour entre nous».Il faut acheter chez «les commerces qui (.) emploient des freaks et font bon accueil aux freaks, [qui] pratiquent des tarifs raisonnables, il faut utiliser les services «de plomberie de menuiserie et d'impression, [etc.] des freaks qui travaillent».Enfin, il faut épargner, partager et boycotter le gaspillage.Mainmise publie au numéro 18 une petite bande dessinée: Après un refus du ministère du Bien-Étre social, un jeune va dévaliser une épicerie.Il ne faudrait pas tant voir là l'apologie du recours à la violence mais plutôt l'importance qu'accorde Mainmise à ce ministère pour venir en aide aux «défavorisés» et la responsabilité sociale de ce ministère face à la délinquance.d) La stratification sociale Mainmise refuse le concept même de stratification sociale parce qu'il est linéaire, parce qu'il est déterminé directement par le profit financier.Le moyen d'abolir la stratification sociale est donc d'abolir ce système économique basé sur le profit financier.La conception verticale de la société est due à l'accès privilégié à l'information, le moyen de revenir à une conception horizontale est de libérer l'information.«La liberté de l'homme technologique passe par la libération de son cerveau électronique».Les moyens préconisés Ici se rapportent donc au palier économique et au palier politique.e) La politique Nous avons vu que Mainmise juge cette société superlégaliste.Aussi «un diplôme en droit devient la meilleure arme d'attaque pour changer cette société».Cette société est aussi répressive.Mainmise publie donc un texte de la Ligue des Droits de l'homme: «Face à la police, vous devez connaître vos droits».Pour combattre ce système politique, la contre-culture doit s'appuyer, aux États-Unis, sur la Constitution (Mainmise ne spécifie pas sur quelle constitution on doit s'appuyer au Canada) parce qu'elle «fournit une structure à l'intérieur de laquelle des hommes libres, en relation libre, peuvent trouver le moyen de vivre en paix avec le strict minimum d'organisation sociale, nécessaire à assurer la continuité de l'appareil technique vital» (MM 6).Au niveau politique, la contre-culture doit adopter la résonnance modulaire, les «tactiques de la mangouste» et les «tactiques granulaires».La résonnance modulaire «ne consiste pas seulement pour les gens de la contre-culture à s'infiltrer et à saboter.Ces tactiques sont désuètes.Le EST imprègne l'Establishment et le dissout.Aussi sensible qu'un chasseur de l'âge de pierre, le EST a une conscience absolue de la vraie nature de l'Establishment.Bien plus que par imitation, car le EST ne doit pas seulement imiter, il agit par empathie et se met a la fréquence vibratoire de l'Establishment».On peut, dès lors, appliquer la tactique de la mangouste qui consiste en une série de feintes qui force l'adversaire à attaquer jusqu'à ce que la mangouste prenne l'initiative de l'attaque finale qui sera décisive.La tactique granulaire consiste à circonscrire un «champ délimité, un foyer d'énergie servant à atteindre un objectif limité mais suffisamment important pour renverser le courant».C'est ainsi, par exemple, que les forces de la contre-culture pourraient se concentrer en Californie et «mettre en commun leurs dollars, leurs idées, et leurs énergies physiques pour obtenir un vote massif pour un candidat authentique du Mouvement à un poste clef.(.) Chaque pays a un choix logique».On fonderait ainsi le «premier Territoire Libre» en Californie.On souligne que «les gens du Mouvement doivent se mettre à voter parce que le processus électoral est la dernière des voies pacifiques disponibles».La date limite pour cette action légale est 1976, aux États-Unis.Après 1976, ce sera ou la Société alternative, (la contre-culture qui aura vaincu) ou l'État policier, et les «partisans du Mouvement auront à faire face à la mort.On devra chercher à l'intérieur du Mouvement les moyens pour éviter que le sang ne coule», mais d'ici là, il est impossible pour la contre-culture de fonder un parti politique parce que «c'esf une activité fortement linéaire.(.) Pour cette raison, les candidats du Mouvement doivent se présenter comme Indépendants (.) En choisissant pour qui voter, le Mouvement doit, en dernière analyse, se baser sur les vibrations personnelles du candidat».C'est ainsi qu'à Montréal, le FRAP est intégré à la contreculture.Son objectif est limité et doit le rester: «Les membres qui croient à la réalisation de l'Utopie urbaine à partir de l'animation des entités cohérentes et maniables que sont les quartiers, résistent aux visions globales.Ceux qui résistent à la radicalisation générale du manifeste restent dans un sens plus fidèles aux principes de base du FRAP.Les manifestes les plus humains peuvent apparaître théoriques à celui qui est aux prises avec sa situation quotidienne.Il faut, d'abord, vivre soi-même de réelles améliorations économiques et culturelles.Ensuite, il sera possible de rêver, et même de réaliser le meilleur des mondes de l'an 2001.» Nous avons vu que Mainmise a une opinion mitigée des associations populaires comme moyens d'action.Elles peuvent parfois être efficaces (législation sur la marijuana) mais elles ne doivent pas se contenter de surveiller le pouvoir.Elles doivent l'exercer.Mainmise, comme collectivité, ne participe à aucune association populaire.Étant donné que c'est sur l'information que repose le pouvoir politique et que l'accès à l'information reste un privilège, «c'esi* de votre combat pour le branchement de tout le monde sur toute l'information que dépend finalement la mise en place d'une société alternative versus en État policier».(MM 11).C-Le culturel a) La famille Étant donné que la famille traditionnelle est patriarcale, autoritaire et linéaire, étant donné que c'est une barrière que construit l'Establishment, la structure familiale est à repenser.Le mariage de groupe devient la meilleure façon dé détruire cette barrière et présente d'énormes avantages: 36 MAINMISE «ces avantages sont certainement matériels; mais plus encore psychologiques.Enfin, et sur le plan social, ces familles de groupes qui partagent non seulement les revenus mais aussi les idées, qui ressentent ensemble les soucis et les joies (.) sont à même de travailler à l'établissement d'une société plus authentiquement communiste».Mais, pour vivre la famille non-linéaire sous quelle que forme que ce soit, il faut redéfinir les rôles sexuels.b) L'école L'école est une prison qui a une fonction conservatrice et qui répond aux besoins du système économique.Il y a, actuellement, deux façons d'éviter de subir «le grand lavage de cerveau».La première est de rejeter le système.Il faut alors s'instruire seul chez soi; ou former des communes, des tribus nomades, souterraines ou marines, ou encore créer une université libre comme le Rochdale College inc., qui est une «anti-institution d'auto-éducation» où l'éducation «est centrée sur la personne humaine et sur ses besoins, ses goûts, ses aspirations » (MM 20).La deuxième façon est d'obtenir des «diplômes subversifs à l'université officielle».Ces diplômes sont obtenus en droit, en géographie et études forestières, en administration d'hôpital, en éducation, en génie, en division sanitaire, en éducation physique, en architecture, en agriculture ».Envisagés avec une nouvelle mentalité, ces cours peuvent être du plus grand intérêt pour la Tribu et le Mouvement».Il serait pourtant vain de croire que l'on puisse entrer à l'université dans le but de la changer: «Bien que des efforts soient tentés sporadiquement, la réforme de l'université n'est pas possible tant que la Société dont elle découle ne se réforme pas» (MM 2).La technologie permet maintenant d'envisager l'éducation d'une nouvelle façon: La révolution électronique commence à ramener l'éducation à la maison.Les enfants de 2, 3, 4 ans ont droit aujourd'hui à la télévision à des cours quotidiens remplis de couleurs, de musique et de mouvement» (Chalk).Voici les réformes que la contre-culture aimeraient voir se réaliser dans le système d'éducation: ¦ 1) L éducation spontanée - prendre part aux activités de la société - doit redevenir la méthode normale d'éducation.2) On devrait faire disparaître les écoles secondaires et remplacer leurs fonctions sociales par des centres communautaires pour la jeunesse.3) Le cours collégial devrait suivre au lieu de précéder l'entrée dans une profession.4) Les éducateurs devraient surtout se soucier d'amener les étudiants à profiter des occasions indirectes d'éducation que peuvent fournir les activités de la société (c'est-à-dire, l'éducation dans la rue) plutôt que de se faire exploiter par elles.5) Le but de la pédagogie élémentaire jusqu'à l'âge de 12 ans devrait être celui de retarder la «socialisation» et de protéger et assurer la croissance libre de l'enfant - qu'écrasent et aliènent complètement les exigences et les pressions de famille et de communauté qui ne s'en occupent pas assez.» c) L'église Étant donné que l'Église est une «méga-corporation», qu'elle est une de ces institutions qui menacent de tuer toute perspective spirituelle par ses diktats et qu'elle n'a pas fourni de «discipline de croissance dont le but serait de guider l'homme dans sa marche inconsciente vers la Connaissance et l'Extase», la contre-culture se détourne de la religion au sens traditionnel pour trouver des valeurs spirituelles et religieuses, comprises dans cette nouvelle sadhana occidentale.Un des moyens est l'usage des psychédéliques qui à court terme peuvent raffermir votre foi dans la possibilité d'une illumination, foi suffisante pour poursuivre, ensuite, une purification systématique».D'autres moyens se trouvent dans toutes ces religions que nous avons énoncées au chapitre culturel.d) Le sentiment national Le Québec est plus qu'une quelconque alternative parmi d'autre.Le Québec est l'alternative utopique.Si l'on met cette phrase en rapport avec celle-ci: «le Québec entier peut être considéré comme l'Underground du Canada», ce serait donc le Québec qui serait le choix logique de l'application de la tactique granulaire pour le Canada, comme la Californie est le choix logique pour les États-Unis.Le Québec deviendrait alors un moyen d'atteindre l'objectif final: L'Utopie.Par contre, nous avons vu que Mainmise ne veut pas se restreindre au Québec et orienter son action exclusivement sur le Québec.La solution aux contradictions du nationalisme de Mainmise existe donc, théoriquement, à l'intérieur même des textes publiés mais aucun article publié jusqu'ici ne l'a relevée et envisagée sous cet angle.e) La culture officielle La contre-culture ou «nouvellesculture est le moyen de combattre cette culture devenue un appareil orthopédique fasciste et un mur de défense.On reconnaît donc implicitement un rôle à la culture officielle.Elle ne s'explique pas uniquement par les idées.Elle a une fonction corrective et défensive.f) La nouvelle culture La nouvelle culture doit se répandre librement et rapidement.C'est elle qui apporte les fondements de la Société alternative: les valeurs hum;aines, la liberté individuelle.Le rock a été jusqu'ici le meilleur véhicule de cette nouvelle culture.La contre-culture doit pourtant se servir de tous les moyens qui sont aé sa portée.Par exemple, «c'est dans les écoles que se fait le grand lavage de cerveau.C'est là où il faut rejoindre nos frères et nos enfants.Si les professeurs leur apprennent à vivre au lieu de mourir lentement, notre culture aura plus de chances de survie» (MM 2).Il faut aussi créer «une vraie radio underground québécoise» ; «idéalement, nous pouvons considérer qu'il y a place à Montréal pour trois sortes de radio Underground: une radio illustrant les orientations de la Nouvelle Culture: retour à la vie en commune, spiritualité, paix, libération.Une radio de la Nouvelle Politique, pro-révolutionnaire et radicale.Une troi-sieéme forme de radio est possible, sinon souhaitable, qui ne jouerait que du Hard-Rock» (MM 2).La presse underground est aussi un moyen de faire circuler les idées de la nouvelle culture.g) Les drogues Nous avons vu que le «pot affaiblit le conditionnement social et contribue à amener chez ceux qui s'en servent un état d'esprit complètement différent et nouveau .«La dope est une arme radicale pour la libération des esprits».• Pour les jeunes, la marijuana est avant tout un moyen presque mystique de changer un ordre considéré comme moribond».•La drogue, sans sociologue, parce que nous avons eu le courage de le faire, a été la clé du passage que nous sommes en train de faire».Les drogues sont donc un moyen à deux niveaux: premièrement elles renforment.amplifient et accélèrent MAINMISE 37 1 1 If »____ _j a_—J 38 le mixage sensoriel», facilitent donc la libération de l'esprit et, deuxièmement, elles mènent les individus sur le chemin de l'illumination.Le rôle des drogues au premier niveau n'est à peu près jamais contesté.C'est en affaiblissant le conditionnement social, que les drogues sont les plus libératrices.Elles permettent alors d'envisager la société sous un nouvel angle ainsi que sa personnalité, son «je».Une fois les contraintes sociales annihilées, l'individu redevient lui-même et.n'a de comptes à rendre qu'à lui-même.Plusieurs bandes dessinées publiées dans Mainmise illustrent ce fait.Une d'elles, par exemple, illustre un «voyage» involontaire d'une secrétaire au LSD.Après celui-ci, elle se libère de son patron en se réfugiant au Carré Saint-Louis.Au deuxième niveau, l'unanimité est moins grande.«Les drogues psychédéliques sont une UPAYA qui semble, de prime abord, devoir tenir des infinies promesses.Mais, si l'on travaille sérieusement avec ces drogues, et pour un temps assez long, on s'aperçoit que la méthode peut, elle aussi, avoir une fin.Rendu à ce point, cependant, l'individu peut être tellement attaché à son expérience d'être «high», qu'il ne veuille plus continuer son chemin vers l'Illumination en cherchant d'autres méthodes.Si cela est, il devient malhonnête avec lui-même.Une telle tactique est une stratégie à court terme, au mieux; au pire, cette stratégie finit par produire un flot d'émotions négatives».«Une purification complète nécessitera, évidemment, l'abandon de l'usage des psychédéliques.Il arrive souvent que les psychédéliques aient cette fonction de renforcement dans la toi même si le «coup» qu'ils donnent soit, parfois, d'un niveau astral assez bas».«Parce que les psychédéliques sont un agent extérieur à vous-même, leur usage tend subtilement à vous renforcer dans les sentiment que vous-même n'êtes pas suffisant par vous-même.Finalement, au bout de la route, vous vous rendrez compte forcément que vous êtes ASSEZ par vous-même, et tout au long du chemin».h) La sexualité «La liberté sexuelle n'est donc pas isolée de cette liberté de l'individu».«En effet, il n'est pas possible de hausser son niveau de conscience, sans hausser sonniveau de conscience sexuelle».«Cette première revendication [le droit à l'orgasme] est la première base sur laquelle pourra s'édifier, plus tard, toute autre revendication de type politique ou social».La libération sexuelle est donc une donnée de base pour la contre-culture: Le plaisir sensuel et sexuel est l'un de ces droits fondamentaux, aussi bien pour l'homme que pour la femme que pour l'enfant».La libération sexuelle permet donc de hausser le niveau de conscience, de libérer l'esprit, tout comme les drogues.Élargir la famille, combattre la monogamie imposée et l'unisexualité, bref la libération sexuelle, nécessite des moyens.Mainmise en donne quelques-uns: pratiquer le nudisme avec ses amis, toucher, embrasser ses amis, avoir une bonne méthode contraceptive, ne pas être égoïste, participer à des mouvements de libération sexuelle ou en créer, etc.Mainmise donne autant des «recettes», des techniques, que des «ciés» pour arriver à la libération sexuelle.Deux artioles sur un Front de libération homosexuelle ont été publiés dans Mainmise et plusieurs entrefilets.Ces articles visent à remplir un objectif proposé dans le Manifeste du Front de libération homosexuelle, c'est-à-dire, «Nous devons nous éduquer et éduquer les autres homosexuels».Les moyens proposés à ce niveau sont de: •a) Dire honnêtement ce que l'on est, être présent partout, s'initier avec des frères à la défense, ainsi MAINMISE qu'à la politique active.b) éduquer patiemment l'Établissement hétérosexuel c) Tourner nos autres frères homosexuels, prêcher, comprendre, pardonner, accepter d) Réveiller l'homosexuel latent qui dort chez certains.L'homosexuel latent est un obstiné.Il faudra essuyer bien des revers.Continuez d'être heureux, soyez gentils, persévérez dans la parole franche et dans l'action libre.e) Assez de théâtre.Nous ne voulons plus être des comédiens.Nous pouvons commencer à être MAINTENANT.» Mainmise publie aussi une lettre dans laquelle «l'auteur raconte la difficulté qu'elle a eue de parvenir à une relation sexuelle satisfaisante pour elle et son partenaire.Toute femme selon elle devrait revendiquer son droit à l'orgasme».En plus de raconter ses difficultés, l'auteur raconte les moyens qui lui ont permis de se libérer sexuellement.Au numéro 19, Mainmise annonce la parution du mensuel Québécoises Deboutte et souligne l'orientation féministe de ce journal qui pourra aider à faire une organisation politique de la femme québécoise et «entend être, également, un instrument de liaison entre divers groupes».• La pornographie est une arme radicale pour la libération des corps» (MM 7).On trouve relativement peu d'articles dans Mainmise qui traitent de la sexualité mais les articles traitant d'autres sujets sont souvent illustrés de photos que l'on pourrait qualifier soit d'erotiques, soit de pornographiques.C'est donc plus par les images, le visuel, que par les mots que Mainmise entend aider à la libération sexuelle.Au deuxième numéro, un éditorial donne les principaux buts-moyens de la contre-culture: «Mais voici, basiquement, ce que nous pensons: 1) Ne jamais affronter de face.Le courage viril, la vantardise sont des pitreries bien dignes de l'ère du Poisson.2) N'être pas compliqué.Pas de grands mots.Action modeste mais continue.Avant de penser au monde, commencer par tourner sa concierge.3) Communiquer avec ses frères et avec ses soeurs.Confronter systématiquement le résultat de ses recherches.4) Quelle que soit sa paranoïa (et les raisons de sa paranoïa) personnelle, ne pas rester seul.Chercher sa commune élective.La trouver et participer.5) Régler ses problèmes personnels.Combattre pour le droit légal de fumer ou cesser de fumer.Ne pas fourrer, ou fourrer exactement comme on a envie de fourrer.Si tout le monde y pense, on ne manquera pas de partenaires.6) Ne pas se couper du monde straight.Le séduire, lui expliquer, se défendre contre lui mais ne pas l'attaquer.7) Ne pas singer les straight en prétendant, entre nous, avoir le privilège de la vérité.8) Créer, individuellement ou collectivement.Mais créer.Essayer de créer».(MM 2).3/La nouvelle vie Depuis le début de ce travail.Nouvelle culture et contre-culture ont été employés pour signifier un seul et même phénomène.A priori, il ne semble pas que cette terminologie soit gratuite mais qu'elle corresponde plutôt à deux moments dans le cheminement de Mainmise.L'un des termes est négatif et indique un refus, l'autre est positif et indique un effort de création.Les trois valeurs politiques retenues semblent, a priori, capables de rendre compte de ces deux phénomènes inhérents à Mainmise.En plus de ces deux approches d'un même phénomène, il faut retenir deux catégories qui ne sont pas temporelles: le Here and Now et l'Utopie.Il faudra tenir compte de ces critères pour comprendre Mainmise.A- Conception de l'autorité • La forme d'autorité pour la contre-culture «Le besoin traditionnel d'autorité hiérarchisée (.) n'est qu'une éminescence de la famille patriarcale, autoritaire et linéaire».(Stevens).La contre-culture refuse l'autorité hiérarchisée.Celle-ci est une conséquence directe de la linéarité.Mainmise constate que les institutions linéaires sont pour la plupart autoritaires.C'est ainsi que la famille, telle que conçue jusqu'à maintenant et qui est la première source de l'autorité, est refusée; ainsi que l'école qui prolonge les rapports autoritaires et l'Église qui est aussi organisée selon le principe de la famille autoritaire et linéaire.Pour Mainmise, il est impossible de concevoir un rassemblement quelconque de personnes qui ne font pas partie du Mouvement sans «qu'immédiatement chacun se glisse à son rang, avec, en téte, quelqu'un pour donner des ordres.Quand ils sont coincés dans un vrai problème, alors ils appellent un expert» (MM 3).Au niveau politique, le pouvoir est estimé autoritaire et linéaire.L'autorité repose sur la peur et les frustrations sexuelles pour se perpétuer.«C'est la méfiance de soi et des autres qui pousse les gens à invoquer l'autorité et à tolérer la domination de ses agents sur leur vie».La peur explique donc que les gens continuent à accepter l'autorité mais n'explique pas la source, les fondements, la légitimité de l'autorité.C'est le contrôle accentué de l'information qui explique actuellement les fondements de l'autorité.Fondements mais non pas légitimité, car la nouvelle culture veut remettre au peuple le contrôle et l'utilisation de la technologie et des computers.L'Underground est composé d'individus et de groupes «qui entretiennent et professent des idées d'amélioration ou d'élimination de l'autorité établie» (MM 5).Il est donc clair que la contre-culture refuse l'autorité établie, l'autorité de l'Establishment linéaire, mais non pas toute forme d'autorité.• La forme d'autorité pour la nouvelle culture «Le Mouvement (.) ne peut avoir ni chef autoritaire, ni disciples soumis (.) La notion historique du leadership se transforme désormais en aura individuelle, champ d'influence et charisme».«Le fondement de l'autorité ne_£era plus la force mais une certaine forme d'attraction et d'influence.L'autorité échouera de façon naturelle à ceux que l'on écoulera (.) L'autorité s'era une façon individuele de faire le bien».(Stevens) C'est, encore ici, la non-linéarité qui explique ce refus et l'acceptation d'une autre forme d'autorité, basée sur la personne humaine.La nouvelle culture refuse l'organisation comme principe, comme mode de vie: «Le Mouvement n a pas de structure propre.Il s'identifie simplement au développement biologique de l'Homme dans l'Univers.C'est donc un phénomène naturel, essentiellement libre, dans.lequel les gens se rassemblent sans qu'il soit besoin d'aucune organisation.On comprend donc qu'il n'existe pas de dans le sens hiérarchique du monde linéaire, au sein du Mouvement».MAINMISE 39 VOUS FAITES PARTIE OU BIEN DE LA SOLUTION OU BIEN DU PBOBLËME Le refus de l'organisation explique donc le refus de l'autorité linéaire et l'acceptation d'une autorité charismatique, naturelle, vient du fait qu'il est impossible pour la nouvelle culture de nier que certaines personnes exercent plus d'attraction et ont plus d'influence que d'autres: «Les gens conscients rayonnent d'énergie.Ce rayonnement ouvert est unique: on ne peut le contrefaire ni le simuler».(Baba Ram Dass) C'est un peu le principe du gourou que l'on retrouve ici.Ce dernier est un guide, un catalyseur, un principe directeur.Ce n'est pas seulement une relation physique avec une personne, ce peut être une relation spirituelle avec quelque chose.La différence entre un maître et un gourou?«Un maître vous montre le chemin.Le gourou est le chemin».C'est donc le principe du guide que la nouvelle culture entend substituer à la notion d'autorité et ce guide est, physiquement, une personne qui correspond aux vibrations de chacun.«Autorité (.) reprendra son sens étymologique, c'est-à-dire «Discipline personnelle».(Est) Ces guides ne doivent pourtant, à aucun moment, former une élite et un genre à part.Ce n'est que lorsqu'on a à faire la preuve qu'on est un chef qu'on devient un chef.Si l'aura naturelle est reconnue, alors le Navigateur n'est pas obligé d'être le Capitaine».Cette notion d'influence naturelle explique que la nouvelle culture ne veut pas, au niveau politique, de chefs représentatifs mais des Indépendants et que le choix d'un candidat est déterminé par les «vibrations personnelles» de chacun.Plus spécifiquement, la nouvelle culture croit que l'autorité, le pouvoir, repose essentiellement sur l'information et que ce sont les hommes politiques en place qui seuls peuvent en faire un usage politique et maintenir ainsi leurs privilèges.Si les hommes politiques remettent le contrôle et l'utilisation de la technologie et de computers au peuple, leur rôle sera réduit à celui de guide: «En donnant toute l'information qu'il possède, un député, un ministre ou un premier ministre invite ainsi tout le monde à critiquer ses actions et cela ne peut qu'améliorer l'efficacité de son administration.L'autorité ne peut être anonyme».(MM11) Cette notion d'influence naturelle peut aussi expliquer que, dans le projet de la nouvelle culture, les hommes politiques seront remplacés par des administrateurs conscients.Il y a ici une contradiction entre le Here & Now que l'on retrouve dans le texte 11— EST» et l'Utopie, telle que définie généralement dans Mainmise.La nouvelle culture est conscieente du fait qu'elle doive maintenir, au début, une forme quelconque de gouvernement mais elle aspire à la disparition du Pouvoir et de l'Etat sans passer par un état de transition, tout en considérant qu'il faut un minimum d'organisation.Ainsi, les règles de la démocratie, c'est-à-dire, le parlementarisme, le principe majoritaire du 50% + 1, «la», politique, ne contribuent pas, selon la nouvelle culture, au bon fonctionnement politique de la société, tout au contraire, elles contribuent à ralentir et à alourdir celui-ci.C'est donc plus la «personnalité» de «celui qu'on écoute» qui lui confère une certaine forme d'autorité que le poste qu'il occupe.Personne ne peut «détenir» l'autorité car elle serait ainsi extérieure à la personne et serait imposée à d'autres.Il semble que pour la nouvelle culture, la légitimation de l'autorité aille au-delà de la personnalisation de l'autorité car, encore ici, il y a deux termes d'impliqués, alors que l'autorité est une aura individuelle, une émanation personnelle.Pourtant, on a vu que la nouvelle culture reconnaît entièrement les principes politiques émis dans la Constitution américaine et considère que la société est telle, ujourd'hui, parce que ceux-ci ont été «oubliés» et que ce sont les grandes corporations qui ont fait dévier le pouvoir politique de son rôle premier qui serait le respect de la personne humaine.Et ceci, bien que: «Si, parmi les droits considérés par la Déclaration d'Indépendance comme inhérents à la nature humaine que tout pouvoir se doit de respecter, figurent en bonne place le droit à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur, nulle mention n'en est faite dans la Constitution.On y trouve par contre, en filigrane, le droit à la propriété privée».(Mastana) Cette Déclaration d'Indépendance affirme aussi que «Si un gouvernement, qu'elle qu'en soit la forme, vient à méconnaître ces fins, le peuple a le droit de le modifier ou de l'abolir et d'instituer un nouveau gouvernement qu'il fondera sur de tels principes et dont il organisera les pouvoirs selon telles formes, qui lui'apparaîtront les plus propres à assurer sa sécurité et son bonheur».(Becker) Peut'on conseiller à la nouvelle culture de s'appuyer davantage sur la Déclaration d'indépendance que sur la Constitution?C'est cette dernière et ses amendements qui semblent permettre l'actuel fonctionnement politique de la société américaine où prime la notion de profit sur la personne.Que la nouvelle culture s'appuie sur la Déclaration d'Indépendance ou sur la Constitution, on peut en déduire que la légitimité de l'autorité se retrouvera dès lors d'un type charismatique ou «rationnel-légal».Tout porte à croire que c'est à une légitimité charismatique que la nouvelle culture tend, aussi serait-il plus justifié de croire que la nouvelle culture aura à établir une nouvelle forme de gouvernement si elle arrive au pouvoir politique.On peut conclure, en reprenant les termes du Document de Travail que le droit de commander de façon légitime est reconnu à une personne, que sa décision est estimé juste si elle se conforme aux critères d'excellence de la nouvelle culture et que c'est la reconnaissance des dons personnels de certains hommes politiques qui règle l'exercice de l'autorité.• L'extension de l'autorité pour la contre-culture Pour la contre-culture, le pouvoir, c'est être capable de tuer quelqu'un ou de le jeter en prison parce qu'il n'obéit pas à l'autorité établie».(MM5) On reconnaît donc au pouvoir actuel une autorité illimitée sur la personne humaine où l'obéissance de cette dernière est une condition sine qua non de son existence.S'il ne faut pas prendre cette phrase à la lettre et puisqu'aucun contexte ne l'explique, on peut en retenir que la contre-culture conçoit la politique comme étant machiavélique.Plusieurs autres valorisations qui ont été rapportées au niveau politique confirment cette tendance.• L'extension de l'autorité pour la nouvelle culture Nous avons vu que la nouvelle culture rappelle «le caractère inaliénale de la personne humaine».Au niveau écologique, c'est l'habitacle de l'Homme qu'il faut sauver; au niveau démographique, c'est sa santé et sa survie; au palier économique, c'est le primat du profit sur l'humanité qui est dénoncé; au palier technologique, c'est l'utilisation de la technologie pour alléger son fardeau et permettre la démocratie véritable; au niveau culturel, c'est la pleine réalisation de sa personnalité.Ce principe directeur doit donc, normalement, se retrouver au niveau politique.Celui-ci doit être au service de l'homme, de l'individu.Pourtant, les rapports entre la politique et l'individu sont rarement élaborés.L'accent est mis sur la liberté individuelle et c'est le principe rousseauiste de l'addition des différentes fractions de la souveraineté qui fonde la soouveraineté du peuple.La nouvelle culture réclame le droit à la liberté individuelle et à la libération individuelle sur tous les plans.La somme de ces libertés et libérations individuelles mènera à la liberté et à la libération collectives.L'analogie avec Rousseau doit pourtant s'arrêter là car il n'y a, dans Mainmise, à peu près pas d'indication sur la façon de découvrir la volonté générale: d'une part, Mainmise refuse la démocratie telle qu'entendue jusqu'à MAINMISE 41 décisionnel (mais non pa au sens d'exécutif ou de législatif) plutôt que le pouvoir consultatif.Le projet de la nouvelle culture repose donc essentiellement sur la nécessité d'un consensus général préalable sur les principaux points qu'elle a jusqu'à maintenant exposés.C'est ici, d'ailleurs, qu'il est important de discuter du mode d'action des moyens proposés.Nous avons vu que les deux moteurs de la nouvelle culture sont en même temps deux moyens d'action importants: les drogues doivent permettre à l'esprit de s'ouvrir pour accepter le message global du rock.Dans un premier temps, ce message serait divisif par rapport à l'autorité établie puisque la légitimité même de l'exercice et des fondements de l'autorité semble être mise en cause.Dans un deuxième temps, c'est-à-dire une fois que la nouvelle forme de légitimité aura été acceptée par tous, ils seront intégratifs.Cette hypothèse repose sur le fait que, dès maintenant, ces moyens forment un consensus et sont utilisés - souvent pour aplanir et oublier des difficutés, voire même des tensions et conflits.On peut, en effet, croire que les drogues, la sexualité et tous les autres moyens de libération individuelle proposés maintenant seront la base même de cette Utopie, que le respect de la personne humaine, de l'Homme nouveau sera la norme du «bien» et du «mal».Bref, si ces moyens devaient permettre d'atteindre le but fixé, ils seront cause du consensus et base de la volonté générale, puisque peur, frustrations sexuelles, méfiance de soi et des autres devraient alors avoir disparu: «Réduire cette peur, c'est non seulement réduire la dépendance des gens sur l'autorité et le consentement qu'ils donnent à la supporter, c'est aussi élargir la confiance mutuelle nécessaire au bon fonctionnement des choses sans qu'intervienne l'autorité.» La nouvelle culture tendra donc à remplacer le fonctionnement autoritaire par la confiance mutuelle.Pourtant, dans ce même numéro de Mainmise d'où est extraite cette dernière citation, on trouve aussi cette phrase: «Nous approchons d'un nouveau genre d'existence, un monde post-civilisation dont les points les plus saillants seront des séries d'intégration de plus en plus larges à tous les niveaux, du purement politique et éconmique au purement psychique.Cette nouvelle existence comportera des contrôles sur toute notre vie qui seront beaucoup plus étendus que ceux des cultures précédentes.Pourtant, la nature de ces contrôles et leur fonctionnement nous LIBERERONT, non seulement de l'esclavage économique mais aussi de l'esclavage idéologique, culturel et émotif».Ce serait donc davantage la forme, la nature et le but de l'autorité que l'autorité elle-même que la nouvelle culture entend changer.Pourtant rien n'indique ici la source de ces contrôles.Qui les exercera?La «volonté générale», le «consensus», les «administrateurs conscients», la «discipline personnelle»?Retenons simplement que quoi qu'il en soit, qui parle de contrôle et d'intégration le fait par rapport à un cadre social et que c'est sur celui-ci qu'il faudra s'attacher pour comprendre les mécanismes de l'autorité.Cette intégration qui appelle des contrôles nouveaux et accrus est déjà commencée: «L'intégration sur une grande échelle que nous pouvons constater dans tous les domaines humains n'est pas autre chose que la plus grande révolution de l'histoire» en ce qu'elle implique «un retour chez l'homme à certains traits fondamentaux de comportement et de caractère qui avaient été complètement submergés durant la période anarchique de l'histoire qu'on appelle la civilisation» (MM5).Ce qui est impliqué ici, c'est que la société actuelle n'a pas de guide autre que le profit, ne poursuit pas un but humanitaire alors que le monde post-civilisation aura comme but la libération de l'homme.Qualifier d'anarchi-que cette période de l'histoire rappelle aussi que ce monde post-civilisation sera «ordonné».Ce que nous avons dit, jusqu'à maintenant, de la conception de l'extension de l'autorité reste à niveau plus général que politique, même s'il est possible d'y décou- vrir une intention politique.Cette conception cerne davantage le caractère privé, les libertés individuelles que le rapport entre le privé et le public puisqu'il reste impossible de savoir qui exercera le contrôle et de quelle façon.Les tenants de la nouvelle culture réclament le droit d'utiliser leur corps et leur esprit librement, sans intervention de l'autorité établie: le citoyen a le droit d'assumer complètement ses responsabilités» et le droit d'être aussi informés que l'autorité établie, droit qui mènera à la fin de cette forme d'autorité.«L'information permet au Pouvoir en place de travailler anonymement dans le but évident d'accroître encore ses possibilités de contrôle.(.) La liberté de l'homme technologique passe par la libération de son cerveau électronique».C'est le caractère anonyme et la source de l'autorité qui sont ici discutés plutôt que l'autorité elle-même.La nouvelle culture refuse de concevoir un monde où l'autorité, où le pouvoir, serait dépersonnalisée car alors il ne saurait y avoir de relation entre cette Autorité et le peuple.Il faut aussi établir un parallèle entre ce refus des contrôles accrus exercés par le «Pouvoir» en place et rendus possibles grâce à l'information et la nécessité reconnue de contrôles accrus dans la société alternative.Ce serait donc, encore ici, la source et lès buts des contrôles plus que leur existence même qui sont dénoncés par la nouvelle culture.Il semble donc que ce soit l'Homme, l'individu qui prime «dans la conscience morale» de la nouvelle culture.Mais ce primat indique-t-il que la nouvelle culture parle de tous les hommes, de tous les individus ou uniquement de ce nouvel homme de la nouvelle culture?Ce consensus qui semble être une donnée première pour la réalisation du projet tient-il compte de la possibilité de «déviances», de désaccord?Qui primera alors?L'individu ou la société alternative?En parlant de l'Homme universel, sans classe, la nouvelle culture se refuse toute possibilité de discussion à ce niveau.Que fera-t-elle des «fractions de souveraineté» qui pourraient lui être opposées?Il semble que la simple idée qu'une personne «consciente» puisse s'opposer au projet de la nouvelle culture soit impossible: le but final poursuivi, l'Utopie, ne peut laisser personne indifférent et l'opposition ne viendrait pas de ce but lui-même, puisque tout le monde aspire à être libre et heureux, mais du fait que la conscience n'a pas été secouée, qu'il reste à ébranler et à détruire l'ancienne conscience, à concevoir de nouvelle façon cette liberté et ce bonheur.• L'autorité a Mainmise et dans la nouvelle culture Les problèmes maintes fois soulevés se représentent lorsqu'ilfaut comparer les intentions et les valorisations de la nouvelle culture aux comportements effectivement suivis.Mainmise est pensée et fabriquée par un groupe restreint qui s'est réuni autour d'un personnage central, fondateur de la revue.La première équipe de Mainmise était surtout composée de rédacteurs.Ils formaient un groupe d'amis où la notion d'autorité était absente.Les projets individuels de chacun les ont peu à peu éloignés de la revue et Jean Basile, «patron légal» est resté seul comme permanent au niveau rédactionnel.Il a été progressivement entouré d'une équipe administrative.C'est maintenant la forme d'autorité préconisée, c'est-à-dire le leadership d'un personnage charismatique, compétent et à forte personnalité, que l'on retrouve à Mainmise.Lorsque Mainmise affirme que «le directeur «légal» actuel est Jean Basile-Bezroudnotf.Ça ne veut pas dire qu'il est le patron.Il y a sept personnes qui participent à plein temps à MAINMISE.Ce ne sont même pas eux les patrons.Chez nous, il n'y a que des travailleurs» 42 MAINMISE Je suis l'oeilî Je suis entendre! Je suis nez! Je tourne.Je suis branelié! c'est ce principe de collaboration qui est affirmé.Lorsqu'on dit que "Cinq ans nous ont paru une bonne période de travail pour un «patron légal».Après ça, il y en aura un autre, et, par conséquent un nouveau MAINMISE» (MM21).c'est le principe de l'influence, de l'aura individuelle qui est reconu.\ La nouvelle culture ne saurait avoir de «chef autoritaire» ni de «disciples soumis».Le Mouvement n'est pas une organisation.Aussi on ne peut parler de choix des leaders.Ceux-ci, Leary, Rubin, Baba Ram Dass, Hoffman, par exemple, se sont imposés d'eux-mêmes et ont été accueillis par le Mouvement ou rejetés (Hoffman aux élections américaines de '72).Il est à peu près impossible de parler du comportement de la nouvelle culture au niveau positif de l'autorité.Tout ce que nous pourrions faire serait de reprendre les déclarations de principe sans pouvoir affirmer qu'elles sont effectives.B- Le changement Nous avons déjà pu constater au chapitre de la conception de l'autorité que la nouvelle culture pourrait facilement être qualifiée d'humaniste.Pour la nouvelle culture elle-même, cet humaniste prend un sens particulier: «Après deux millions d'année de gestation dans le sein de l'ignorance non-dangereuse, l'humanité entière vient d'être accouchée, vient de naître».L'humanisme commence donc à peine.Il est entièrement à faire, à penser.En reprenant l'analyse de la situation, il y a une autre constante qui se dégage de chacun des paliers: c'est le changement.Il faut un changement aux niveaux écologique, démographique, technologique, économiqe, politique et culturel et chacun de ces paliers a déjà atteint un degré différent de changement.Pour la nouvelle culture, tout est changement et tout est en changement.«Ce qui se déroule présentement n'est rien moins que la Transformation de toutes choses.La Transformation comprend la révolution (.) La seule constante fixe est le changement».«Si la révolution peut être définie comme une accélération qualitative des changements dans le tissu social, si la révolution est le processus qui engendre un ensemble fondamentalement nouveau de rapports sociaux, économiques et politiques et si la transformation de ces rapports s'accompagne de nouvelles valeurs morales et de nouvelles façons de vivre, alors nous sommes tous en ce moment en plein milieu d'une révolution».(MM5) Il est donc clair que pour la nouvelle culture nous vivons actuellement une période de révolution, le début d'une nouvelle ère qui amène la fin des civilisations, puisque celles-ci sont basées sur la stabilité.Il faut accepter cette nouvelle loi de l'univers: «Rien ne s'arrête, rien ne se répète.Tous les systèmes sont temporaires.Il n'y a rien à quoi s'accrocher (.) Le seul mode de vie possible repose sur l'acceptation de ce mouvement sans fin».Le changement, ce mouvement sans fin, n'est pas nouveau.Il a toujours été, mais les hommes n'ont pas su le reconnaître et l'accepter.Il a été au contraire nié et toute la société actuelle est basée sur cette négation du changement.Pour la nouvelle culture, il n'est pas question de «valoriser» le changement: c'est une donnée avec laquelle il faut compter car rien ne peut arrêter le changement.Le changement n'est pas l'évolution.C'est la conception linéaire qui le présente ainsi.Le changement est la «Transformation» et la «Transformation est le changement éternel toujours changeant».Pourtant, le changement peut être «bon», ou «mauvais».Pour la société en général, un bon changement sera Alors que le vaillant chevalier de l'autorité en place classe l'inoffensif dragon qu'est "la menace de la drogue", notre société croule sous le poid des problèmes oubliés: pollution de l'air, éducation, désarmement, explosion de la population, etc.Quelle génération va hériter de ces problèmes?MAINMISE 43 troisième personne du verbe latin «être».En ce dernier sens, dit-il, «EST signifie ce qui EST, l'instant présent ICI et MAINTENANT».Son projet de la société future est basé sur la négation quantitative de ce qui est maintenant; les grandes corporations capitalistes seront remplacés par de petites entreprises humaines.Alors que dans le FRAP et l'UTOPIE , le projet futur est basé sur la négation qualitative de ce qui est maintenant: les grandes corporations seront remplacées par de petites entreprises coopératives.Aussi, (a petite entreprise, élément du passé, est valorisée en fonction des qualités humaines qu'on lui accorde.Le retour à la terre, à la vie tribale et communale repose sur le même humanisme.Dans la perspective du Here & Now», la commune rurale est la «centrale d'énergie» par excellence car elle peut vivre avec un minimum de relation avec cette société rejetée.Dans la perspective de l'Utopie, la somme de plusieurs de ces communes formera des communautés qui seront la base de l'organisation sociale: autarcie, simplicité, pleine responsabilité de toutes les étapes du schéma cybernétique, en fonction de l'homme.L'attachement pour les cultures primitives s'explique aussi par les valeurs humaines dont elles sont empreintes.Ces cultures sont simulsensorielles avant même l'avènement de l'électronique car elles n'ont pas été touchées par l'imprimé mais leurs possibilités sont limitées.Le néo-tribalisme implique un nouveau style de vie qui, de par les possibilités de communication offertes par l'électronique, le dépasse tout en gardant les éléments humains.Il semble donc que ce n'est pas parce que ces éléments sont rattachés au passé qu'ils sont retenus par la nouvelle culture mais parce qu'ils ressortent à l'humanisme.Les deux constantes dégagées à chacun des paliers sont donc intrinsèquement liées: la nouvelle culture implique un changement humaniste.On peut donc résumer ainsi la conception du changement pour la nouvelle culture: la société est à refaire.La Transformation a commencé et il faut l'orienter vers l'Utopie pour que le changement soit positif et soit un processus continu.L'origine du changement se trouve dans la conscience de l'Homme.Il y a une seule catégorie privilégiée, le présent, mais «deux sous-catégories» tout aussi importantes: le présent et le futur.Il y a pourtant quelques questions sur la conception générale du changement qui restent en suspens.Par exemple, si le changement est le résultat de la conscience et s'il y a actuellement une révolution dans toute la société, est-ce à dire qu'il y a un changement dans toutes les consciences?Comment cette révolution peut-elle se faire, en ce moment, alors qu'il est clairement établi que c'est l'Establishment qui a le pouvoir, aussi bien financier que politique et que celui-ci s'oppose au changement.Il est dit, d'une part, que les jeunes de la nouvelle culture ne veulent pas construire de plans pour l'avenir et de l'autre que la démocratie est le droit de participer à la définition de l'avenir.Est-ce qu'une fois ce droit acquis, l'avenir, le futur deviendra plus important pour ces adeptes de la nouvelle culture et ne sera plus de ressort des seuls penseurs?Il est toujours impossible de répondre à ces questions aussi bien qu'à celles que nous nous posions au chapitre de l'autorité, sur la nature de l'humanisme de la nouvelle culture.Nous aurons à fournir une explication ou, du moins, une tentative d'explication de ce fait.Il est, en effet, significatif que ce qui nous apparaît comme étant les données de base de la nouvelle culture, (le changement et l'humanisme) soit finalement la cause des plus grandes difficultés d'interprétation.C- Mainmise vs Mainmise À ce niveau de l'analyse comme aux autres, il sera indispensable de dissocier la collectivité Mainmises comme organisation et le contenu de la revue Mainmise.44 192 IK'iiv I rues in fail littles pour un iiu'illeui* |iol La man quo vous avez acheter n'est pas touiours ties forte (par exempte: la Rimouski Gold ou la St Hyacinthe Greeni.Voici deux méthodes pour en augmenter le coefficient de stonage: 1) Mettre une ou deux onces de mari dans une grosse boite de conserve.A|Outcr deux ou trois cuillères à table d'eau tcognac whisky ou vin pour les connaisseurs) Refermer la boite hermétiquement Enfouir la boite un pied sous terre ou la placer dans un coin sombre et humide.Au bout d'une semaine, faire sécher la mari sous une lampe quelconque.Mélanger Fumer.WOW 2) Remplir une boite il' il 1' I l'i avec de la glace sèche.Saupoudrer la mari sur la glace.Refermer la boite Laisser tramer 48 heures (la glace ne devient pas liquide mais s'évapore) Retirer, se cher si nécessaire fumer WOW encore plus celui qui ira dans le sens de la vie», de l'Amour, de la Paix et de la Justice.Mais tout changement, même positif pour la société peut avoir des conséquences négatives pour l'individu: «Tour changement a son prix.(.) Si ce changement se produit trop rapidement, il peut vous surprendre et vous être néfaste» Le changement ne peut se faire sans produire chez chacun une réaction, sans que chacun en subisse les contrecoups.«Aujourd'hui, tout le monde parle de changement.(.) Mais, jusqu'ici, les psychologues ont complètement ignoré l'impact de cette accélération dans la vie intérieure de chacun, par exemple, sur sa capacité de raisonner».Ce que la nouvelle culture tente de faire, c'est d'intégrer ce changement, en faire un mod e vie, et travailler à ce que ce changement n'ait plus que des aspects positifs.C'est en continuant à nier le changement ou en le subissant que celui-ci a une portée négative.• La nature du changement «L'énorme révolution sociale et politique qui bouleverse présentement la planète à un rythme d'accélération accéléré et donc irréversible, n'est qu'un effet secondaire de la révolution protonde qui s'opère dans la conscience que l'Homme a de lui-même».Ce changement a donc toujours été mais il est actuellement beaucoup plus rapide que jamais, et ce, parce que le changement dans la conscience de l'homme est lui-même plus rapide: La révolution est dans votre tête.Vous êtes la révolution» (MM5) C'est donc dans la conscience de l'Homme que l'on doit chercher les causes de ce changement accéléré.La conscience linéaire est la conscience traditionnelle.Les institutions sociales, culturelles, politiques ou économiques sont des entités fixes, stables, bien définies et les concepts utilisés pour les comprendre sont à leur image: rigides et structurés.Cette linéarité, rappelons-le, est le propre d'une société conditionné par l'imprimé, par le un-à-la-fois ».La nouvelle conscience, résultat de l'environnement et du conditionnement électronique, du «tout-à-la-fois» ne peut plus se satisfaire des limites imposées par la linéarité.Sans la rejeter, il faut l'intégrer, en faire un des nombreux outils disponibles, mais ses concepts ne peuvent plus être appliqués à cette société en transformation.Encore ici, il faut remarquer que le développement de la technolgie produit un changement dans la conscience de l'Homme, changement qui produit en retour une «révolution» dans la société.Avant de continuer, il importe de faire un petit lexique des termes exprimant le changement pour la nouvelle culture.L'évolution ne semble pas avoir de place dans le vocabulaire de la nouvelle culture- La révolution peut être un concept linéaire qui implique le changement d'un ordre structuré en un autre ordre structuré: «Si l'histoire mélancolique de la révolution depuis le ¦début du siècle nous enseigne quoi que ce soit, c'est la futilité d'une politique qui se concentre uniquement sur le renversement des gouvernements, des classes dominantes ou des systèmes économiques.Ce genre de politique n'aboutit finalement qu'à reconstruire les tourelles et les tours de la citadelle technocratique».Elle peut aussi être un concept non-linéaire qui décrit la situation actuelle de la société.La transformation est un concept non-linéaire qui diffère de la révolution de façon qualitative et quantitative.«Dans le nouvel univers des changements continus, les processus de transformation du Tout-Terre noient toute forme rigide et fixe de structure: il n'y a pas de nouvel ordre sinon un nouvel ordre de changements continus».MAINMISE «La Transformation transforme et continue de transformer.Elle ne s'arrête pas».SI la nouvelle culture privilégie le «processus continu» au «renversement», il ne faut donc pas s'étonner de ce qu'elle considère l'aspect dynamique des institutions politiques comme étant primordial et que la «structuration» de la société lui apparaisse dépassée: il n'y aura pas de nouvelle structure et pas de nouvel ordre: «Toutes les révolutions antérieures visaient à atteindre un nouvel état d'équilibre.Nous assistons présentement à un nouveau genre de révolution dont l'objectif n'est pas un nouvel équilibre mais le désordre social lui-même.C'est la première fois, dans le domaine social, qu'on admet que le changement continuel en soi est une forme d'équilibre et que c'est seulement dans le désordre que l'on trouve l'ordre».Il est donc évident que pour la nouvelle culture nous sommes actuellement en phase de transition et que cette transformation étant irréversible, il ne reste qu'à l'accepter.Les gens du Mouvement ont compris ce fait et «évoluent d'eux-mêmes avec la Transformation» alors que l'Establishment s'y oppose.La non-structuration, le désordre de la transformation n'impliquent pas que celle-ci soit anarchique.La Transformation a besoin de Transformateurs et de timoniers.Ces derniers sont les «gens de l'EST qui ont la compétence pour naviguer à travers les configuration» changeantes de la Transformation.Principes moteurs du Mouvement, ils ne sont toutefois ni chefs, ni supérieurs« et les transformateurs sont «ceux qui devancent la Transformation».Ce sont les timoniers et les transformateurs qui feront que le changement sera positif et pour la société et pour la conscience individuelle.Il ne faut manquer de souligner la différence dit qualitative et quantitative entre la révolution et la transformation.Pour la nouvelle culture, la révolution ne s'attaque qu'aux instances économiques et politique d'une formation sociale, l'instance idéologique demeurant à peu près inchangée.La révolution remplace un ordre fixe par un ordre fixe.La Transformation ne renverse pas, c'est un processus continu et la Transformation n'oublie aucune inscante.Le changement révolutionnaire serait donc limité alors que le changement transformateur serait global.La révolution serait extérieure et la transformation inhérente aux choses.S'agit-il d'une mauvaise compréhension de la dia-liectique marxiste?d'un rejet de ses conséquences?Le marxisme est-il directement associé aux sociétés socialistes?Pour la nouvelle culture, la Transformation comprend la révolution «mais notre révolution sera tout à fait nouvelle» alors que pour les marxistes, la révolution, basée sur la lutte des classes comprend la transformation.• La catégorie privilégiée Depuis le début de ce travail, les expressions «Here & Now et «Utopie» ont été fréquemment employées et il a été spécifié qu'elles n'étaient pas que temporelles.Le «Here & Now» correspond au moment présent, à ce désir de réaliser chaque jour de sa vie une petite partie de l'Utopie qui ne peut être réalisée pleinement dès maintenant.On peut essayer de regrouper sommairement sous le thème du «Ici et maintenant» toutes les valorisations que nous avons pu retrouver à l'analyse de la situation et les moyens d'action précis et concrets qui ont été proposés pour remédier à cette situation.En ce sens, le «Here & Now» rendrait compte aussi bien du phénomène nouvelle culture que contre-culture.Sous l'Utopie, pourraient se ranger la grande majorité des objectifs qui ont été exposés.L'Utopie couvrirait ainsi le phénomène nouvelle culture exclusivement.Au niveau des objectifs propres à Mainmise, on retrouve la réalisation du Québec parallèle, formé des "centrales d'énergie" et la réalisation du Québec alterna- tif.Le "parallélisme" est la possibilité de vivre "ici et maintenant" les données de base de la nouvelle culture et "l'alternative" est la volonté d'étendre ce Québec parallèle à la totalité du territoire, de réaliser une partie de l'Utopie.Le Québec utopique n'est pas l'Utopie car elle sera seulement lorsque toutes les sociétés auront réussi à réaliser leurs parties d'Utopie, c'est-à-dire, lorsqu'elles seront disparues comme entités politiques entourées de frontières politiques.Ce Québec parallèle nous intéresse particulièrement en ce qu'il reflète une insertion d'une nouvelle culture dans une ancienne.Les gens de la nouvelle culture veulent vivre pleinement et entièrement le présent.La «cohabitation» est ou doit être pacifique.«Il ne faut pas se couper du monde straight.Il faut le séduire, lui expliquer, se défendre contre lui, mais ne pas l'attaquer».Cette nouvelle culture représente, pour ses adeptes, le présent tel qu'il est ou tel qu'il devrait être.C'est ce dernier conditionnel qui pousse les tenants de la nouvelle culture à construire un Québec parallèle où les principes généraux sont adoptés par les citoyens de ce Village.C'est la forme de cette conception du changement qui se traduit le mieux par le drop-out Quiconque (.) bâtit sa vie en acceptant la loi du changement ne peut plus s'appuyer sur ces stériles accessoires que sont familles, amis, statut social, propriété.Il ne peut donc plus fonder sa vie sur une stratégie, un système, une philosophie, en concevant des plans pour l'avenir ou en se remémorant le passé».C'est ici le primat du présent sur le passé et le futur qui est affirmé.Il semble bien pourtant que si la nouvelle culture valorise davantage le présent que le futur, c'est en fonction de ce dernier, de l'Utopie future et qu'à Mainmise, on conçoive effectivement des plans pour l'avenir.Aussi pourrait-on déduire qu'il y a une seule catégorie privilégiée: le présent, avec deux orientations différentes: le présent et le futur.La combinaison présent-présent serait le fait de la grande majorité des tenants de la nouvelle culture, de sa «majorité siliencieuse», alors que la combinaison présent-futur serait le fait de ses «penseurs».Ainsi Stevens voit les années 1950-2000 comme une période de transition.La décennie 70 en est le point crucial de «non-retour» pour enrayer la pollution, l'année '76, l'année critique qui décidera de l'orientation générale de la société et du combat de la nouvelle culture, de sa victoire ou de sa défaite.Pour Pénélope, il est désormais impossible de contrecarrer le projet de la nouvelle culture: «On ne mettra pas notre Avenir en prison.Car dans l'évolution de notre monde, ce passage se fera aujourd'hui ou demain».Il est difficile de spécifier quelle importante a le passé pour la nouvelle culture.Les valeurs humaines qu'on accorde à la petite entreprise, le retour à la terre et à la vie communale, l'attachement aux cultures primitives ne traduisent pas nécessairement un retour aux anciennes valeurs et un désir de ressusciter le passé.Comme la nouvelle culture veut trouver de nouveaux styles de vie, il est important de chercher à savoir quelles sont les Mvotiv a Von s qui la pousse à reprendre des éléments culturels ou sociaux qui sont aujourd'hui considérés comme dépassés.Une économie basée sur la petite entreprise à l'heure du stade monopolistique d'Etat par exemple, semble anachronique.Pour la nouvelle culture, c'est la forme d'économie par excellence parce qu'elle permettra aux relations humaines de s'épanouir à l'intérieur du lieu de travail et qu'une telle entreprise sera consciente de ses responsabilités sociales.C'est le refus de la nationalisation, de la planification et de la bureaucratisation.Pourtant, si nous avons dépassé le stade du socialisme et si nous sommes au seuil du comunisme, la production coopérative serait beaucoup plus apte à permettre aux relations humaines de se développer que la production par petite entreprise.Encore ici, c'est «t3EST» contre le FRAP et l'UTOPIE».Stevens donne deux définitions de EST: la première, Electronic Social Transformation et la deuxième, la MAINMISE 47 • Le sentiment de compétence Pour étudier le sentiment de compétence que /Mainmise peut avoir d'elle-même, il importe de se rapporter à ses objectifs.Mainmise se veut une revue d'informations complémentaires qui soit le reflet du genre de vie de la nouvelle culture et qui travaille à l'établissement du Québec électrique en incitant d'autres individus ou d'autres groupes à l'action.a) Mainmise, revue d'information Lorsque Mainmise se dit revue d'informations, c'est une politique de subjectivité consciente qui est adoptée.Cette subjectivité consciente se retrouve et dans le choix des textes publiés et dans le contenu même de ces textes.Pour Mainmise, informer s'oppose à critiquer.Les textes publiés ne porteront pas de jugements paternalistes, moraux ou autres.Les faits sont dits et c'est à chacun de choisir en pleine connaissance et selon ses critères.On tentera de cerner les difficultés, les erreurs, le côté négatif d'une question, tout aussi bien que le côté positif.Mainmise ne veut pas devenir une bible.A ce niveau, la collectivité qui publie Mainmise croit avoir réussi à atteindre un degré de détachement face aux sujets traités et à présenter ces textes sans ego-trips .L'ego collectif se retrouve régulièrement dans les éditoriaux signés Pénélope ou Mainmise, et peut parfois se déceler dans certains textes mais le lecteur sera alors averti qu'il s'agit d'un jugement et non plus d'informations.-Mainmise, revue d'informations complémentaires Il n'est pas question pour Mainmise de vouloir «brosser un tableau complet ou partiel des problèmes sociaux auquels la société dont elle fait partie est confrontée».Mainmise constate que les media d'information rendent compte, de très bonne façon, de ces phénomènes: la vie économique, politique, culturelle d'une société trouve toujours bonne place dans les journaux ou à la radio et à la télévision et il suffit d'acheter un certain nombre de journaux ou de revues pour pouvoir se faire une idée assez juste de ces phénomènes.Pourtant, ces media laissent un vide au niveau de la contre-culture.Ils ne veulent ou ne peuvent, de par leur linéarité, saisir l'ampleur de la nouvelle culture et ses conséquences.Aussi Mainmise s'est-elle engagée à combler ce vide.Les media officiels ne sont pas vraiment un «service».Mainmise veut être un instrument au service de la tribu.Mainmise ne veut pas parler de tout ce dont les journaux ou postes de télévision ont parlé: ce serait une inutile répétition.Mainmise veut apporter une facette nouvelle à un événement qui a été rapporté par les autres media, ou traiter un sujet ignoré de ceux-ci mais ne veut pas réinterpréter .Mainmise informe.Les rédacteurs de la revue sont conscients des lacunes qui peuvent exister à ce niveau et elles sont attribuées à la faiblesse des ressources au niveau des moyens d'action.b) Mainmise, reflet d'un genre de vie En se disant «reflet», Mainmise implique qu'elle entend rendre compte de ce qui est, de ce qui existe, indépendamment d'elle.Mainmise se situe donc par rapport à la nouvelle culture comme un lieu où chaque membre de la tribu peut retrouver ce qui arrive chez les autres membres, qu'ils soient au Québec ou en Californie.La plupart des articles de Mainmise, sur les communes, le rock, les drogues par exemple, répondent à cette intention.Mainmise incite d'autres groupes à l'action tout en limitant son action concrète à la publication d'une revue.Étant donné les moyens disponibles, cette «limite» devient vite envahissante et cette action suffit à occuper à plein temps (travail et loisirs) plusieurs personnes.En se donnant comme but d'inciter à l'action, Mainmise, encore une fois, se situe par rapport à la nouvelle culture comme un lien entre ce qui est (reflet) et ce qui devrait être (par l'action des autres), entre le «Here & Now et l'Utopie.Mainmise travaille à l'établissement du Québec électronique i Ce n'est pourtant que lorsque les quatre conditions précédentes sont remplies que Mainmise peut prétendre à travailler à l'établissement du Québec électronique.On retrouve en effet dès lors le schéma cybernétique complet: ce qui est (input), reflet (output), action des autres (feedback).C'est à partir du bon fonctionnement de ce schéma qu'on commence à s'interroger sur le sentiment de compétence ou d'incompétence propre à Mainmise.Ce n'est donc pas tant les problèmes de la société dont elle fait partie qui intéressent-Mainmise mais plutôt les problèmes auxquels les membres de la nouvelle culture sont confrontés et les efforts qu'ils réalisent pour les résoudre.À ce niveau, la collectivité Mainmise se croit très compétente.Ces objectifs ont été fixés à la création de la revue et elle croit les avoir tous remplis.• Le sentiment de confiance En tant que revue, nous avons vu que Mainmise n'a pas de rapports autres que financiers avec les organismes gouvernementaux, sauf dans le cas de la Commission Le Dain en 1970.Tous ces rapports se sont soldés par un échec: refus de subventions, saisie des impôts et inaction du gouvernement après le rapport Le Dain.Il ressort de ces échecs que Mainmise a plus un semtiment de frustration qu'un sentiment de défiance face au système politique, bien que les deux coexistent et soient intimement liés.Le sentiment de défiance de Mainmise peut difficilement être dissocié de celui de la nouvelle culture en général, contrairement aux deux autres sentiments retenus.Pour la compétence et la puissance, Mainmise se reconnaît un rôle distinct de celui de la nouvelle culture.Pour la confiance, étant donné que Mainmise n'a pas d'action politique directe en tant que collectivité, ce sentiment rejoint celui de la nouvelle culture en général.«Il ne suffit plus de surveiller le pouvoir, il faut l'exercer».«On ne va pas faire de politique mais on va chéquer».Si nous avons pu relever une contradiction entre ces deux phrases, au niveau de la conception de la participation, nous pouvons aussi contater qu'elles sont liées par un même sentiment de défiance envers le système politique.Pourtant, si «ce sentiment résulte de l'évaluation de la capacité du système politique et de ses agents de réaliser les valeurs auxquelles adhère la collectivité et les objectifs auxquels elle accorde la priorité» (Dion et De Sève), ce constat devrait être nuancé.Ni Mainmise, ni la , nouvelle culture n'adhèrent aux valeurs du système politique mais elles confèrent à ce système politique une certaine capacité d'absorber leurs propres valeurs.Quand Mainmise reconnaît que P.E.Trudeau adhère aux grandes idées de la nouvelle culture et qu'elle s'inquiète de la façon dont il les met en oeuvre, elle accorde au système politique la possibilité de faire élire des adeptes de la contre-culture.La «Lettre ouverte à M.Trudeau sur le fascisme électronique» donne au seul chef du gouvernement la responsabilité du futur.Celui-ci adopte les idées de la nouvelle culture.Aussi, quand Mainmise dit qu'elle «n'a jamais été un ami du régime Trudeau» ce n'est pas aux valeurs du régime Trudeau qu'elle s'oppose mais à la méthode employée par celui-ci.Les valeurs communes à la nouvelle culture et à P.E.Trudeau sont nettement celles qui tiennent au progrès technologique alors que les valeurs divergentes sont celles qui tiennent au contrôle de la technologie et à son utilisation.C'est donc au niveau de la hiérarchie des valeurs que Trudeau et la contre-culture diffèrent.Quand Stevens préconise les tactiques de la réson-nance, de la mangouste et la tactique granulaire pour que la nouvelle culture s'empare du pouvoir politique, c'est qu'il croit d'une part être en mesure d'imprégner l'Establishment des valeurs du Mouvement et d'autre part, que les fondements du système politique sont aptes à en réaliser les objectifs, si quelques changements mineurs sont apportés au régime politique.43 MAINMISE Ce dernier est vu de façon essentiellement négative mais il n'est pas tenu responsable de la «déviance» des hommes politiques.Ce sont ces derniers qui ont accepté que la notion de profit prime sur l'Homme, qui ont accepté que le pouvoir financier ait la main haute sur le pouvoir politique, sur la Constitution."Le citoyen se sent impuissant et ambivalent devant son gouvernement puisque n'importe quelle erreur de ce dernier au niveau international fait de lui le destructeur du citoyen et non plus son protecteur.Et lorsque ce même citoyen veut protester, ce sont les bâtons des policiers qui lui répondent».Il est donc clair que la nouvelle culture a un sentiment de défiance très marqué envers les hommes politiques mais qu'elle considère que le système politique pourrait s'accommoder de ses valeurs.Ce jugement doit toutefois être nuancé car le sentiment de défiance ne se définit pas de la même façon pour tous les tenants de la contre-culture.Mainmise a une position ambiguë étant donné la personnalité du premier ministre et son rôle de politicien.Stevens croit qu'en changeant les hommes politiques, la société pourra s'appuyer sur la Constitution qui sera intégrée à la Transformation.Gaboriau ne croit ni aux agents politiques ni au régime, ni au système.Pour elle, toute la structure politique est à repenser sous l'angle de la participation totale.Mainmise, Stevens et Gaboriau sont des penseurss de la nouvelle culture.Sans vouloir discuter de leur représentativité, le ton de leurs articles laisse entendre que tous les tenants de la nouvelle culture ne pensent pas comme eux, et même, que le politique n'a pas beaucoup d'importance pour une grande majorité.Ce désintérêt du politique pourrait marquer aussi bien une confiance qu'une défiance.Étant donné que la plupart des valeurs politiques du système ne sont pas partagées par la nouvelle culture, il est évident que le drop-out est une marque de défiance, un refus de participer au «mai du siècle».Nous n'avons pourtant aucune donnée en main qui nous permettrait de vérifier s'il y a ou non compréhension des mécanismes d'opération et des fins du politique.Il est pourtant curieux de constater qu'à tous les paliers, Mainmise propose des moyens d'action politiques, et veut sensibiliser les milieux politiques aux divers problèmes.S'il y a tentative de sensibilisation, c'est donc dire qu'il existe, au préalable, un sentiment que «tout n'est pas perdu et qu'il est encore possible que les agents politiques prennent conscience des véritables problèmes.Vue sous l'angle de l'Utopie, la défiance envers le politique est encore plus nette et mieux définie.Elle devient négation et rejet total.Le système politique doit disparaître et laisser la place à un système d'information mondial, à des administrateurs conscients.La» politique n'a qu'une place infime dans ce projet.Conclusion: grouillez-vous S'il est relativement simple d'identifier la rationalité pour Mainmise en tant qu'organisation vouée à la publication d'une revue, il n'en va pas de même du contenu de la revue.Nous avons pu relever au cours de ce travail plusieurs contradictions.Ces contradictions ont un dénominateur commun: elles tiennent toutes aux deux orientations données à la catégorie temporelle privilégiée: le présent et le futur, le «Here & Now» et l'Utopie ainsi qu'à l'alternative relevée par Linda Gaboriau: atteindre cette Utopie par la conscience individuelle ou les conditions matérielles.À Mainmise, on a choisi: la conscience iindividuelle prime.Pour la contre-culture en générai, telle que vue dans Mainmise, c'est aussi la libération individuelle qui domine: elle est condition sine qua non.Une condition nécessaire peut-elle déterminer une rationalité?C'est de l'aveu de la contre-culture que l'on pose la libération individuelle comme condition, pourrait-elle être le véritable objectif pour la plupart des membres de la nouvelle culture?Nous avons vu que les moyens d'action retenus sont ceux qui impliquent un petit nombre d'individus ou une seule personne face aux autres.Les moyens d'action politique impliquant une organisation sont délaissés.Si l'objectif primordial est la libération individuelle, il y a alors correspondance entre les positions et les actions et la rationalité est nettement culturelle.Si l'objectif est la libération globale et l'objectif médiat la libération individuelle, la correspondance est alors moins nette.Les moyens d'action politique impliquant une organisation, les moyens économiques une «nouvelle mentalité», les moyens d'action écologique impliquant un droit de regard sur les entreprises privées ne semblent pas avoir la première place dans les réalisations de la nouvelle culture.Le People's Party» n'a pas présenté de candidats.On connaît les difficultés que rencontrent les head shops et si des mesures écologiques sont prises, ce n'est pas la nouvelle culture qui en porte la seule responsabilité.En somme, la vision catastrophique que l'on retrouve à plusieurs paliers de l'analyse de la situation ne semble pas porter les membres de la nouvelle culture à agir rapidement sur et dans cette société.On retrouve plutôt un travail individuel hors de cette société.MAINMISE 49 Pour une petite compréhension des gros sous.Si vous êtes comme moi, vous ne devez absolument rien comprendre aux chiffres, surtout aux rangées bien soignées de chiffres aussi impressionnants que mystérieux.Je suis donc allé trouver notre brave Rolland pour me faire expliquer des mots savants que "pro forma", "situation bancaire" et autres merveilles du monde de la comptabilité.Après avoir réprimé un certain sourire, celui qu'on réserve aux non-initiés, Rolland m'expliqua.D'abord, que signifie "pro forma"?Un bilan pro forma est un papier comptable préparé par des spécialistes en la matière, qui présente une extrapolation sur une période d'une année de la situation financière d'une entreprise et de ses activités comptables.Ce bilan se fait à partir des données disponibles du passé de l'entreprise et projette un profil de la situation future.Par exemple, si "nous avons vendu entre cinq et huit pommes par mois dans les douze mois précédents, il est possible de "prévoir" que dans les douze mois à venir nous vendrons 6 Vi pommes par mois A ussi simple que ça.Le mot clé est "profil".D'après les tendances du passé, il y a moyen de tracer un profil du futur.Que siginfie pratiquement pour Mainmise le bilan pro forma présenté ici ?Premier point: si le bilan pro forma actuel se révèle vrai, on peut espérer que, dans un an, la revue aura traversé le pire de la crise financière présente et pourra rétablir un fonctionnement normal de l'entreprise.Deuxièmement, d'après les chiffres.Mainmise aurait besoin d'une injection assez considérable de capital pour les mois d'août et septembre '73.Ce qui veut dire que nous attendons de l'aide de l'extérieur, c'est à dire vous les abonnés, vous les lecteurs qui en sommes êtes notre moyen de vivre ainsi que notre raison.De l'aide venant aussi d'investisseurs, du Conseil des Arts, etc.Autres détails de lecture du bilan: d'après la section pertes & profits, on voit que de Septembre 73 à mai 74 nous devons vendre un minimum de 17,000 exemplaires par mois; que nous devons obtenir $2,500.de publicité par numéro; qu'il doit y avoir une fréquence de $600.d'abonnements par mois.Quant au profit net par mois, il est bien évident qu'il sera absolument très minime.(Rolland sourit avec ces mots "absolument" et "minime" qui reviennent assez souvent.) Gros soupir: sans injection de capital on risque de ne pas suivre le profil du pro forma, de ne pas équilibrer nos entrées & sorties, ce qui nous ramène au point GO sans avoir touché le canonique &200.D'après la page des frais d'administration, il ressort que nous ne devons sous aucun prétexte dépasser la limite de $1635.par mois.Ce qui signifie que nous travaillons vraiment avec le minimum (encore) de frais possibles.Pour ce qui est des salaires (ici, nous sourions tous les deux), personne n'en touche vraiment de régulier.On essaie de subvenir au plus pressé, loyer, électricité, café, cigarettes, crème glacé, la Ronde une fois par année.La page de la situation bancaire indique que si on s'en tient au pro forma (sourire et soupir), nous devrions pouvoir générer des profits et sortir éventuellement du proverbial trou rouge pour passer dans le noir.D'après le bilan au 31 mai 73, on ne vaut pas grand chose financièrement lorsqu'on considère que le $24,000.à notre actif n'est autre que notre inventaire, le stock des anciens numéros invendus, (avis aux amateurs d'anciens numéros.) Rolland me regarde l'air sérieux et dit: grosso modo (ça lui arrive des fois d'utiliser le latin a part pro forma), on se demande comment on peut fonctionner, comment on a réussi à tenir le coup jusqu'ici.Chers lecteurs, vous êtes la réponse.50 i MAINMISE Magazine Main-Mise 1589 St-Denis Montréal Bilan au 31 mai 1973.Actif • Disponibilités: Argent en caisse Comptes recevables Moins: réserve pour créances douteuses Inventaire 29,959.81 2,995.98 2,160.56 26,963.83 24,013.76 53,138.15 Immobilisations: Ameublement Équipement Amélioration locative Roulant 8,114.00 6,384.44 2,635.75 300.00 17,434.19 Count Amort.Acc.1,622.80 6,491.20 1,376.88 5,007.56 527.15 2,108.60 100.00 200.00 3,626.83 13,807.36 13,807.36 66,945.51 Exigibilités: Découvert à la banque Déduction à la source Comptes à payer PASSIF 746.55 1,540.70 28,494.53 30,781.78 Passif à long terme: Billet I.B.M.Billet Payette Simms Billet Banque Toronto Dominion i 6,078.46 8,400.00 10,000.00 24,478.46 Capital: Solde au 31 mai 1973 < 11,685.27 $66,945.51 Préparé selon les documents vérifiés et les renseignements obtenus.Gilles Sirois MAINMISE 51 SITUATION BANCAIRE PRO FORMA Juin Jull.Août Sept.Oct.1»7S 1973 1973 1973 1973 $ $ $ S S Banque - Début 1,414.—6,931.) (9,536.) (14,541.) (14,446.) Recettes Comptes à recevoir du 31 mai 1973 5,000.4,000.3,000.3,000.3,000.Publicité 1,000.1,000.1,000.2,500.Abonnements 600.400.400.600.600.Ventes revues 3,500.7,000.7,000.7.750.5,600.8,900.11,400.11,600.13,850.Déboursés Comptes à payer du 31 mai 1973 8,000.6,200.5,900.700.800.Déduction à la source 270.250.250.250.250.Billet IBM 500.500.500.500.500.Billet Payette Simms 400.400.400.400.400.Banque Toronto-Do 200.200.200.200.200.Coût de production 2,490.1,840.7,040.7,340.7,340.Distribution 580.300.300.300.300.Publicité 300.300.300.300.750.Frais administration 1,205.1,515.1,515.1,515.1,515.13,945.11,505.16,405.11,505- 12,055.Banque - Solde (6,931.) (9,536.) (14,541.) (14,446.) (12,651.) (1 Nov.Dec.Janv.Fév.Mars Avril Mal 1973 1973 1974 1974 1974 1974 1974 $ $ S $ S $ $ 2,651.(10,206.) (7,561.) (7,516.) (7,271.) (5,526.) (5,531.) 3,000.3,000.f 2,500.2,500.2,500.2,500.2,500.2,500.2,500.600.600.600.600.2,100.600.600.8.500.8,500.8,500.8,500.8,500.8,500.8,500.14,600.14,600.11,600.11,600.13,100.11,600.11,600.400.400.200.250.250.500.500.500.500.500.500.580.400.400.400.400.400.400.400.200.200.200.200.200.200.200.7.840.7.840.7,840.7,840.7,840.7,840.7,840.300.300.300.300.300.300.300.750.550.600.600.600.850.600.1,515.1,515.1,515.1,515.1,515.1,515.1,515.12,155.11.955.11,555.11,355.11,355.11,605.11,435.10.206.) (7,561.) (7,516.) (7,271.) (5,526.) (5,531.) (5,366.) BILAN PRO FORMA Actif Disponibilités Juin 1973 S ¦lull.1973 $ Août 1973 S Sept.1973 $ Oct.1973 S Comptes à recevoir 33,172.32,598.29,524.29,462 27,150.Moins: Provision 9,120.9,240.9,480.9.600.24,052.23,358.20,164.19,982: 17,550.Inventaire 26,060.27,410.28,760.30,510.32,210.50,112.50,768.48,924.50,492.49,760.Immobilisations 13,807.13,807.13,807.13,807.13.807.63,919.64,575.62,731.64,299.63,567.Passif Exigibilités Avances bancaires 6,931.9,536.14,541.14,446.12,651.Déductions à la source 1,540.1,290.1,040.790.540.Comptes à payer 26,010.25,310.19,710.19,960.19.660.34,481.36,136.35,291.35,196.32,851.Dette à long terme Billet IBM 5,580.5,080.4,580.4,080.3,580.Billet Payette Simms 8,000 7,600.7,200.6,800.6,400.Billet Toronto Do.9,800.9,600.9,400.9,200.9,000.57,861.58,416.56,471.55,276.51,831.Capital Surplus 6,058.6,159.6,260.9,023.11,736.63,919.64,575.62,731.64,299.63,567.ai Nov.Dec.Janv.Fév.Mars Avril Mai 1973 1973 1974 1974 1974 1974 1974 S S S $ * $ $ 24,088.21,0*26.20,964.20,902.20,840.20.778.20.176.9,720.9,840.9,960.10,080.10,200.10,320.10,440.14,368.11.186.11,004.10,822.10,640.10,458.10,276.33,910.35,610.37,260.38.910.40,560.42,210.43.860.48,278.46.796.48,264.49,732.51,200.52,668.54.136.13,807.13,807.13,807.13,807.13,807.13,807.13.807.62,085 60.603.62,071.63,539.65,007.66,475.67,943.10,206.7,561.7,516.7,271.5,526.5,531.5.366.290.40.40.40.40.40.40.19,260.18,910.18,710.18,710.18,960.18,710.18,710.29,756.3.080.2,580.2,080.1,580.1,080.580.6,000.5,600.5,200.4,800.4,400.4,000.3,600.8,800.8,600.8,400.8,200.8,000.7,800.7,600.47,636.43,291.41,946.40,601.38,006.36,661.35,316.14,449.17,312.20,125.22,938.27,001.29,814.32,627.62,085.60,603.62,071.63,539.65,007.66,475.67,943. 2 Juin Jul), Août Sept.Oct.1973 1973 1973 1973 1973 S $ $ $ S Revenus Publicité 1,000.1,000.1,000.2,500.2,500.Abonnements 600.400.400.600.600.Ventes-revues 7,000.' 7,000.7,000.8,500.8,500.Coût de production Imprimerie 5,200.5,500.5,500.6,000.6,000.Rédaction 1,640.1,640.1,640.1,640.1,640.Photographies 200.200.200.200.200.Composition 650.Moins: Revues 7,840.7,840.7,840.7,840.7,8 non vendues 2,050.1,350.1,350.1,750.1.700.5,640.5,990.5.990.6.090.6,140.Distribution Poste 300.300.300.300.300.Salaire 280.580.300.300.300.399.Publicité Frais voyage 100.100.100.100.100.Promotion 72.74.74.62.62.Disques 200.200.200.200.200.372.374.374.362.362.Frais administration 1,635.1,635.1,635.1,635.1.635.Profit avant publi- cité non allouée 373.101.101.3,213.3,163.Publicité 450.450.Profit net 373.101.101.2.763.2.713.Nov.1973 $ Dec.1973 $ Janv.1974 $ Fév.1974 $ Mars 1974 t Avril 1974 $ Mal 1974 $ 2,500.600.8,500.2,500.600.8,500.2,500.600.8,500.2,500.600.8,500.2,500.2,100.8,500.2,500.600.8,500.2,500.600.8,500.6,000.1,640.200.11,600.6,000.1,640.200.11,600.6,000.1,640.200.11,600.6,000.1,640.200.13,100.6,000.1,640.200.11,600.6,000.1,640.200.11,600.6,000.1,640.200.7.840.1,700.7,840.1,700.7,840.1,650.7,840.1,650.7,840.1,650.7,840.1.650.7,840.1,650.6,140.6,140.6,190.6,190.6,190.6,190.6,190.300.300.300.300.300.300.300.300.300.300.300.300.300.300.100.62.200.100.62.100.62.100.62.100.62.100.62.100.62.362.162.162.162.162.162.162.1,635.1,635.1,635.1,635.1.635.1,635.1,635.3.163.450.3,363.500.3,313.500.3,313.500.4,813.750.r3,313.500.3,313.500.2.713.2,863.2,813.2,813.4,063.2,813.2.813.PERTES ET PROFITS PRO FORMA I FRAIS ADMINISTRATION PRO FORMA 55__ Juin Juil.Août Sept.Oct.Nov.Dec.Janv.Fêv.Mars Avril Mai 1973 1973 1973 1973 1973 1973 1973 1974 1974 1974 1974 1974 S $ S S S $ S S S S % $ FRAIS ADMINISTRATION Chauffage: payé par le propriétaire Loyer 330.330.330.330.330.330.330.330.330.330.330.330.Téléphone 150.- 150.150.150.150.150.150.150.150.150.150.150.Électricité 25.25.25.25.25.25.25.25.25.25.25.25.Salaire 750.750.750.750.750.750.750.750.750.750.750.750.Papeterie 10.10.10.10.10.10.10.10.10.10.10.10.Location Équipement 25.25.25.25.25.25.25.25.25.25.25.25.Honoraires Porf.100.100.100.100.100.100.100.100.100.100.100.100.Mauvaises créances 120.120.120.120.120.120.120.120.120.120.120.120- Frais banque 125.125.125.125.125.125.125.125.125.125.125.125.1,635.1,635.1,635.1,635.1,635.1.635.1,635.1,635.1,635.1,635.1.635.1.635. Il était une fois dans les Laurentides par Pierrot Léger *.absolument d'accord.Moé, personnellement, je donne (sans aucune espèce de faux-mérite personnel) le cachet "symbolique" que je touche grâce à VOUS-qui-m'aimez pour cette chronique, je le donne donc à MIANMISE.Fondamentalement, c'est ma contribution contré la LOTO-QUÉBEC, en faveur de la LOTO-MAINMISE.Mais faites-en autant ma gagne de cibouères, envoyez vot' "2" et volez-en un aut' dans la poche de vot' père si y'est cont' nous aut' .surtout si y'est juge.*N'ayant pas la classe de dialecticien comme notre camarade Marie-Francine Thériault - qui analyse plus loin ce qu'on peut dorénavant appeler "L'AFFAIRE MAINMISE-QUÉBEC", j'rn'en vas donc VOUS parler d'aut' chose (ha! ces poètes populistes!) *Je m'ennuie beaucoup de ma femme ma blonde notre costumière de la "GANG DU QUÉBEC-DIGUYDOU" (avec ses soeurs Hélène, Odette et Louise) Crie-Cri, MIEL-DE-LUNE selon la très belle chanson de Denis "LOUP ARDENT" Boucher, enfin "Y aura-t-il jamais quelqu'un non pas à ta place mais à ta suite un jour?.(à peu près ca dans les dernières lignes d'"EMBÂRKE MON AMOUR C'EST PAS UNE JOKE!"), eh! bien! C'EST FAIT, C'EST ELLE, en tant que sa personnalité de Chris-tiane a autant d'originalité qu'en eut, en a, en garde vis-à-vis moé FRANC1NE TELLIER C'est comme ça que j'aime Crie-Cri avec ses défauts et qualités comme les miens donc! Ce n'est pas seulement une déclaration d'amour en public, MAINMISE c'est un mariage que je lui fais en ces lignes même/ sachant d'elle tout le courage qu'elle a de savoir de moi que j'appartiens d'abord à mon ami le Québec-entier.Je suis bandé et j'ai hâte de (nous) faire l'amour.*".septième chronique: à l'extérieur de ce monde, et depuis toujours, un couple aux douze violences et aux quatre tendresses voyageait de nulle part en n'importe où".(PAUL CHAMBLRLAND, in "la barre du jour"/ l'édition-de-la-date-que-j'ai-jamais-su).*I1 était donc une fois dans les LAURENTIDES.(J'avais pourtant trouvé un fil-pour-te-prendre de pensée que j'éprouve de la misère à retrouver).Ha! Oui! Malgré le "-burn" de Gilles Mathieu de "La Butte (du même nom)" contre mon masochisme intellectuel d'anarchiste irrécupérable même pour le PQ -bien que je voterai POUR aux prochaines et vous tous autant que moé je l'espère; malgré la déception que nolis a causée à CHARLOT et PIERROT la désaffection {encore hypothétique) de Marcel Paquin du "SALOON" de Val-Morin.*malgré tout, je dois dire que "au secours Super-Graine" (c'est Char-lot dont le phallus réclame joyeusement une nymphette que je me ferai le plaisir de partager.avec lui pis moé pis elle pis nos trois), je dois dire: *que Vie Cotroni m'a déjà DONNÉ cent dollars ($100.00) pour mes enfants chéris Martin et Marie-Yseult une vielle de Noël où le boum non fonctionnel, que j'étais dans le temps, désespérait de leur donner -avec ma femme leur mère Yoyo, des surprises de Noël comme j'aime MAINMISE 57 toujours en recevoir quand c'est mon tour; *que Frank Cotroni n'est pas du tout la mafia qu'on pense mais homme beaucoup moins CHIEN que Robert Bourassa -et son serin politique Jérôme Choquette; *que le temps des fausses histoires et des faibles, est terminé - hei! Chariot! j'ai hâte d'aller fumer un bon joint de pot; donc, que le temps va bientôt revenir -ce temps qu'on a trop chassé, où mes camarades journalistes de la presse officielle vont bientôt révéler BEAUCOUP PLUS DE CHOSES ENCORE que ce qui fait graduellement pourrir le régime-en-place et son agent double Y VON DU PU IS dont je révélerai en primeur certaines crapuleries politiques au cours des prochaines élections québécoises/ j'ai choisi mon comté: le plus anglophone et le plus capita-,liste du Québec, Montréal-WESTMOl)'NT, où je serai candidat du CRÉDIT SOCIAL ELEKTRIK (oh! yâ!).*Bon.L'année qui vient pour nous à (et de) MAINMISE a beaucoup d'importance.Il y a la survivance de cette aventure essentielle dont la plus belle marque de noblesse est d'être apolitique tout en sachant s'engager dans les vertus essentielles "pour la grandeur de l'Homme" (salut Pélo-Lindbergh).je parle encore de MAINMISE.*S'il n'y avait pas eu Pélélope-Basile et son (leur) magazine/ il n'y aurait pas eu d' "EMBARKE MON AMOUR C'EST PAS UNE JOKE!"; s'il n'y avait pas eu, au-delà de Francine, PEDRO RUBIO-DUMONT(\d "Casa Pedro", l'"As-sociation espagnole-casanous", le "Torre Molino", etc., etc.), il n'y aurait pas eu moi.S'il n'y avait pas eu tout ça, il n'y aurait pas eu Charlotte Chariot / ainsi de suite.*Quoi dire de plus sinon que je veux une photo de la plotte sale à Dupuis dans cette page; que je suis un peu fatigué, mais que je vous reviendrai plus en forme que jamais dans le numéro de septembre; que.*J'AI BESOIN DETOÉ AUTANT QUE MAINMISE A BESOIN DE MOÉ * signé: "C'est clair?" 58 MAINMISE Pour une connaissance magique de l'univers par Michel Bélair Si on part en disant que tout est pollué, on n'a pas fini de partir! Et surtout, on n'a pas fini" d'arriver à une sorte de cul-de-sac généralisé.Dans le "monde des zarts-zolliciels", c'est à peu près ce qui se produit.Si à Mainmise les Zarts n'ont jamais joué un grand rôle, c'est que la notion même de l'Art et de la Clue(avec un grand Q) nous ennuyait plutôt.Pourquoi?Parce qu'on pense que les Arts et la Culture sont devenus la propriété du Pouvoir au lieu de se transformer en propriété collective.Parce qu'on pense que les Arts et la Culture sont devenus des sortes de divan-lit" en faux vernis dans lequel s'effouère une trop grande part de l'énergie créatrice québécoise.Parce qu'on pense que, là aussi, tout est fucké.Non mais, c'est vrai! À quoi ça sert! À quoi ça sert de parler de l'Opéra du Québec ou d'une salle de théâtre quelconque comme le fait La Presse ou Le Devoir! On sait (quand on le sait pas on devine!) comment tout cela fonctionne et on sait surtout, SURTOUT, que cela n'a pas grand chose à voir avec les implications de la nouvelle culture.De toute façon, tout cela se tient tellement ensemble que déjà sans même qu'on ait eu à se forcer, ça fait partie d'un autre monde.Là, dans ces contrées caverneuses-zé-obscures des profondeurs de la culture officielle, les idées véhiculées par Mainmise sont des données marginales (prononcez mouillé, du bout des lèbres).Comme si Mainmise n'était pas, aussi, un magazine "culturel".Comme si, précisément, la nouvelle culture n'était pas basée sur une révolution culturelle.Sur une reprise 60 MAINMISE en main globale de toutes les énergies possibles.Sur l'actualisation la plus concrète possible de toutes les manifestations de la Créativité, de l'Imagination et de l'Intuition.Dans le fond, on pense que la Créativité ne devrait pas être, d'abord et avant tout, le fait de ce que l'on appelle les "arts d'interprétation".Une culture (surtout la nouvelle), ça ne se construit pas personne interposé; ça se travaille, ça se modèle à tous les jours.C'est le fait de tout le monde parce que ça véhicule des valeurs de vie quotidiennes et ordinaires.Dans le fond (encore plus creux) on pense qu'une véritable définition du mot culture passe par une appropriation d'abord individuelle puis ensuite collective de la Créativité.Quand les Zarts seront devenus des habitudes de vie, on reparlera de la culture officielle.Quand on cessera de relayer la responsabilité de l'acte créateur à des amuseurs publics, quand on cessera de déléguer notre pouvoir de création comme on délègue notre pouvoir politique, on pourra sans doute re-commencer à parler des Arts.C'est pourtant loin d'être fait.D'ici là, les compagnies artistiques continueront à vivre avec des millions de dollars empruntés au fond public.D'ici là, elles continueront de verser près de la moitié de leur budget en frais d'administration.C'est propre, propre, propre.C'est officiel.ET surtout, ça fait bien vivre.Plus on y repense et plus une comparaison s'impose.Autant l'Amérique du Nord toute entière est devenue une sorte de Rome moderne, autant le monde des zarts ressemble aux jeux du cirque de la même époque.On peut y lire les même symptômes de décadence et de fausses dorures.Le même réflexe de satisfaction.Il est facile d'y déceler des valeurs communes comme la complaisance, la répétition et le conservatisme.Comme dans la Rome antique, c'est là une façon comme une autre d'installer la philosophie du Law and Order.En monopolitisant la définition même de l'énergie créatrice et en l'imposant presque, en allant jusqu'à fixer dans des formes établies toute expression possible de la créativité collective, les deux Rome en arrivent à la même stérilité.À une différence près; il ne traîne plus de falques de sang dans le sable de l'arène.MAINMISE 61 L'arène est d'ailleurs devenue toute propre aujourd'hui.À travers les siècles, on a appris à se laver.Il s'agit maintenant d'une question de rouages et de leviers.Plus on descend vers la chambre des commandes, plus on apprend à manipuler la machine en place.Si on replace tout cela dans l'optique de la Cité électronique, on peut encore dire que le computer, c'est-à-dire la banque d'informations "culturelles", est encore contrôlé par une infime minorité.Comme dans la théorie politique de l'information, la collectivité n'a pas accès aux leviers de commande.N'étant autorisée à se manifester que par un canal de feed-back déjà défini au départ, la communauté québécoise se doit de réaliser qu'elle a déjà, là aussi, hypothéqué le contrôle de son droit de regard.Qu'est-ce qui reste?Comme dans toutes les sphères de l'activité humaine, il reste à re-construire.Il reste à reconstruire à partir d'éléments organiques et naturels, au rythme de la rythmique naturelle et du souffle de la respiration de la planète.Il reste à canaliser en réseaux d'énergies créatrices tous les faux défoulements collectifs par procuration.À habiter le monde d'une conscience créatrice qui ne sera plus en contradiction avec les faisceaux d'énergie que nous en recevons.Il reste à faire en sorte que, pour de bon, l'Imagination prenne le pouvoir.Faut pourtant pas s'illusionner.Pour nous, la propriété individuelle et collective de la créativité ne passe par une réforme interne ou par un changement de gouvernement ou de système politique.Encore plus qu'ailleurs, la "libération" des arts et de la culture passe par une démarche personnellle.Dans la logique interne de la nouvelle culture, la créativité repose en fait sur une sorte de marche vers la connaissance.Connaissance magique du monde et connaissance naturelle de l'univers sont en ce sens des expressions identiques de la même réalité.Si les zarts en viennent un jour à tourner, ils ne seront plus alors que l'une des formes de cette connaissance.En attendant, il faut réaliser que tout cela ne se fera pas tout seul.La "révélation abrupte" du Zen s'applique difficilement à l'ensemble d'une collectivité et c'est bien plus par un travail constant que l'on risque d'arriver à des résultats concrets.Ce travail constant, c'est celui de l'apprentissage et de l'initiation.C'est celui d'une approche consciente des mystères de l'univers et de la connaissance de l'Énergie.(Un petit flash: les mystères grecs.Plein de monde dans un sentier, la pleine lune; une éclaircie dans la forêt, un cercle autour du feu, des étincelles qui montent.) Dans ce contexte, l'art redevient un phénomène populaire qui n'est plus la propriété exclusive de ces faux démiurges que l'Occident a affublé du nom de créateur.62 MAINMISE Dans ce contexte, la créativité se respire comme l'air qui nous entoure.Il n'est plus question de promotion sociale ou des jeux du cirque; l'Utopie se conjugue au rythme du plus grand dénominateur commun.Comme dirait l'autre, c'est pas fait! Surtout si on regarde ce qui se passe un peu partout autour de nous.Il y a un monde, profond comme une éternité d'encre, entre l'état actuel des choses et une connaissance magique de l'univers.Ce fossé là ne se comblera pas tout seul; il faudra le remplir ou encore en creuser un autre tout aussi profond et large dans lequel on pourra couler les bases d'une nouvelle approche de la réalité.La Créativité, L'Imagination, l'Intuition, ça se cultive! Ça se travaille.Comme tout le monde en a un petit tas qui dort quelque part, il s'agit de l'activer, de ré-apprendre à faire fonctionner tout cela.Fini la délégation de pouvoir; il faut passer aux actes.Aux actes créateurs.C'est possible, c'est même nécessaire.Si tout le monde prépare sa petite insurrection dans son coin, si tout le monde se lance à l'assaut de sa "paresse", le premier pas sera déjà fait.Il ne restera plus qu'à essayer de canaliser tous ces premiers pas afin d'en faire une démarche collective cohérente.Il ne faut plus attendre; le temps presse.Here and Now! À qui le tour?Michel Bélair MAINMISE Un petit scrapbook de M a in Mise Depuis sa fondation, "les grands médias" ont parlé de Main Mi se.La plupart du temps en bien, ce dont nous les remercions.Un certain nombre de personnes, sont entrés chez nous et ressorties pour des raisons diverses.Les pages qui suivent sont un petit résumé de nos activités vues à travers les autres critiques et photographes.Il y a sans doute beaucoup plus de choses sur Main Mise que les documents modestes qui sont publiés ici.Mais nous n'avons jamais tenu un dossier sur nous-mêmes.En particulier, il ne nous est évidemment pas possible de publier les documents audio-visuels dont les émissions de télévision.Nous remercions donc les journalistes "Officiels" qui ont oien voulu se pencher sur notre cas.Leurs articles nous ont aidé en aidant la décision du magazine. 66 MAINMISE MAINMISE 67 Ouabet, U S»UI1.wwwdl M man 1*71 -Hi les m(^^ts MAINMISE/Commentaire-Evénement Un plaidoyer pour IU.T.O.P.I.E.Vous avez peut-être entendu parler de cette sérieuse licence de publicité qui, dans le non moins sérieux Journal "Le Monde', avait fait paraître une photo d'Albert Einstein avec ces mois: "Il avait les cheveux longs".En France, quelques mois plus tôt.de jeunes chevelus, ouvriers et étudiants, s'étaient suicidé parce qu'on leur avait refusé le droit de conserver leurs cheveux.Partout dans le monde, en Grèce comme en Turquie, au Népal comme en Italie, des gouvernements, des polices l'attaquent ft la jeunesse: "Ils sont sales, ils consomment des drogues, y a pas moyen de distinguer un gars d'une fille ! Sont toujours en train de fllner." LA SOLIDARITE DES FORCES REPRESSIVES Quand la police de Québec chasse les 'vagabonds" de la Place d'Armes ou ailleurs, — "les touristes américains, y l'aiment pas ça voir des sales qui traînent tout partout" — quand la police de Montréal harcèle les jeunes du Carré Saint-Louis, elles se rendent solidaires de tnutes les forces répressives, sans se douter que les "crottés'' ont déjà commencé de créer un autre univers, de se regrouper pour lutter contre l'anéantissement.Quand les Hell's Angels, devant la caméra de "Gimme Shelter', assassinent un jeune Nnir au festival d'Aï-tamont, ils accentuent ft leur manière la confusion d'un grand public peu enclin ft différencier motard* et hippies, drnp-outs et ohiecteurs de conscience, communards" et parasites, "Playboy" et "Scanlan's", Manseau et Woodstock.Ce qui étonne le plus cependant, rest de voir des journalistes perpétuer la même confusion.Dans le dernier numéro de 1 indépendantiste revue "Point de mire", on peut lire un article de Louis-B.Nelson, "Pop et pot: le napalm culturel des USA" où il est écrit notamment: "le système White Standard General Oil Motors (WSGOMI s'accommode de la révolte de sa jeunesse: comment il l'encourage sans en avoir l'air k fumer du pot.à cracher sur le drapeau américain, à gueuler contre le système électoral, k écouter de la musique pop.k s'habiller comme elle le veut, pour mieux la faire rentrer dans le rang, en fin de compte — ou pour mieux pousser i la "marginalisation" la poignée de fantaisistes qui ont vraiment cru au "nouveau rêve américain'' made hy Columbia Records." NORMAN MAILER ET AIRY HOFFMAN A un certain niveau — qui est celui de "Life" ou de •Penthouse" — monsieur Nelson a raison.Sait-il cependant que c'est aussi aux hippies qu'on doit les premières luttes contre la pollution, les premières campagnes con-tre l'empoisonnement des aliments, etc.Qu'on ne l'y méprenne pas Andy Warhol n'est pas Allan Ginsberg «t Norman Mailer, Abby Hoffman I En octobre dernier, au moment où le Québec sombrait dans la folie, il s'est produit un autre événement dont on n'a pas beaucoup parié, la naissance de "Mainmise" (1), "organe québécois de ta pensés magique, du rock international et du gay savoir".Le troisième numéro vient tout juste de paraître.Enfin paraissait une revue édité* au Québec qui allait expliquer overground ce que des milliers de personnes vivent underground, de moins en moins cependant-.Une revue qui allait — objectivement, mais d'une manière complète — informer.Des le premier numéro, le lecteur est mis en garde: "MAINMISE est d'abord et avant tout una revue dlN-FORMATION.Cela vaut dire pu d'ego-trips." Voilà pourquoi les rédacteurs de la revu* ont 'renoncé aux textes d'imagination au profit des études, des enquêtes".* O* MOL & d'abord de l'utilitaire."Mainmise" est un organe d'information consommable — ou "maniable'' pour reprendre le mot de Pénélope.Objet culturel de consommation, la revue nous présente des articles aussi différents que la traduciion de l'opéra-rock des Who, 'Tommy", la façon la plus pratique pour un débutant de cultiver son jardin (au sens littéral), de pratiquer le yoga tantnque de se défendre légalement quand nn est arrêté, d'apprêter la cuisine naturiste, etc.A coté de cela, les réflexions de Timothy leary (le pape de l'acide), de Fuller (le constructeur du dome géodési-que k Expo 67).de Marshal McLuhan sur la culture, etc."JUST LIKE A WOMAN" Essentiellement."Mainmise est une revue descriptive, non pas normative.Ici on ne prêche aucune morale — même si tout comportement suppose une altitude morale préalable — on ne dit pas au lecteur "Fumez du pot.allez vivra en commune, ayez des relations sexuelles k plusieurs, etc." On se limite k rapporter des expériences qui, bien sûr, dans l'esprit des organisateurs, recèlent une certaine exemplarité.Je pense ici au témoignage émouvant de cette jeune femme ("Just like A Woman") qui raconte le long cheminement qu'elle a dû faire avant de parvenir ft l'orgasme, au manifeste publié par le Front de libération homosexuel.Dam 'Mainmise", aucun sujet tabou, car pour parvenir A l'accomplissement de aoi-méme.il faut explorer tous les domaines de I* conscience (et de l'inconscient).Car la contre-culture — employons ce mot k défaut d'un autre auaceptible de la remplacer un jour — «M liaaaJtaaêe: plus de separation entre loisirs at travail.entre jour et nuit, entre hommes et femmes, entre le corps et l'esprit.Sur le plan de la présentation visuelle, on constate que les rédacteurs de 'Mainmise" ont tout fan.dans la meilleure tradition mcluhénienne.pour bouleverser nos habitudes de lecture changement du caractère typographique, modification du matériel photographique, etc.Certains lecteurs se sont scandalisés de retrouver dans "Mainmise" autant de traductions de textes d'abord parus dans les journaux underground américains.Où est le mal?La culture parallèle, k l'opposé de l'autre, est planétaire, libre et muttidi ment tonnelle.Die reconnaît comme sien tout ce qui vise k l'avènement de l'homme nouveau, fils de IU.T.O.P.I.E.et vivant 2001.REINTERPRETE*.FOUR LES QUEBECOIS Mainmise", comme Robert Charlebois et l'inforne, le Frère André et Maurice Richard, Sainte-Anne de Beaupré et la Bolduc.Oh pu au sens ou il faudrait y voir renaître quelque retour k une quelconque mythologie nationaliste, mais davantage au sens où cette revu* a su réinterpréter pour les gens d'ici un phénomène d'abord né au coeur d'une civilisation anglo-saxonne hyper-technicisée Comme dit si bien Michel Trahan: "Au Québec, noua avons le même soleil qu'en Californie, le Vietnam en moins .* A "Mainmise ".on va même plus loin dans un texte de Pénélope, la déesse tutéUire de l'équipe, pubbé dans le no 3, il eat écrit: "L* Québec, au-desk des erreurs de son vieux clergé, eat un* terre de haute aptritualité at nous aommes actuellement tes plus aptes au inonda ft devenir ce Tibet électronique dont parle notre cher Fuller".Dans l'esprit des membres de l'équipe de "Mainmise", c'est par une aptitude Immédiate k adhérer aux grandes idées de la contre-culture qui fait de cette Terre-Québec un lieu de prédilection.Depuis Karl Marx surtout, s'est élaboré un corps de doctrine révolutionnaire visant k une transformation radicale de l'homme et des rapports des hommes entre eux.Chez Marx, l'expression de cette révolution est politico-économique: bouleversons le régime politique, qui est 11 métaphysique que se donne la classe dominante, et nous parviendrons k transformer les rapporta économiques, qui sont des rapports de maîtres ft esclaves.Depuis lors, la pensée et l'action politiques ont visé ou ft s'opposer ft Marx (pragmatisme capitaliste) ou ft prolonger ses thèses ft leurs ultimes limites.L'idéal de Marx, surtout le jeune Marx encore Imprégné de la philosophie de Hegel et du romantisme allemand, était bien de réaliser l'avènement de l'Homme nouveau"; mais il faut croire que l'incarnation stalinienne de ce rêve n'a pas eu les suites que lui prévoyait Marx.Aujourd'hui, tout est encore ft faire.Cependant, pour "Mainmise", "sans politique et sans parti" (Charie-hois).la véritable révolution vient tout juste de s'amorcer.Potentiellement, il existe une conscience révolutionnaire chez ceux qui fument ou qui dropent.chez ceux qui vivent en communes, chez ceux qui s'adonnent au yoga tantnque, chez ceux qui suivent un régime naturiste, etc.INVENTER UNE FRATERNITE NOUVELLE Au fond, Marx avait raison quand il prédisait que les premières révolutions s'accompliraient dans les pays industrialisés, il s'est seulement trompé sur le moment: Aux USA, depuis 1963; en France, depuis Mai 68; au Québec, depuis.Dans nos sociétés occidentales où la culture parallèle est en train d'opérer ta révolution totale, on retrouva toujours au point de départ une opposition politique: guerre du Vietnam aux USA, lutte pour l'indépendance au Québec, révolte contre la bureaucratie gouvernementale en France et ailleurs, etc.Très tôt cependant, ta révolution underground a dépassé le cadre strictement politique pour s'adresser k tous les secteurs d'activité de l'individu.Savoir manger pour ne pas s'empoisonner, savoir faire l'amour sans anéantir son partenaire, savoir écoutée I* musique pour élargir ses perceptions, savoir tourner pour retrouver son moi sont autant de manière* par lesquelles 1 homme entre en contact avec les autres hommes et avec l'univers.Si la culture parallèle eat invention d'une fraternité nouvelle, n'oublions pas que, dans un premier temps, elle constitue la destruction la plus radicale du dualisme manichéen issu de la civilisation judéo-chrétienne."L'homme de l'ancienne culture, écrit encore Pénélope dans le no 3.est assez vain.Il veut absolument qua l'avènement d'un meilleur monde passe par ses plana.Noua lavons qu'il n'en est rien et qu'il ,ira lU*n**r*ie d'impasse en impasse.Il convient de définir en termes raisonnables notre destin et de le dévouer su monde".A cette mise «n garde, s'ajoute cette autre remarqua de Pénélope TJ existe un Village global hiiéTiéj vm.fanage en réduction du Village global dont MAINMISE est une expression préalaNe forcément imparfaite".I vanna* IEAUUEU P.S.J'oubliais, ai ce r/eat pu encore fait, il vous faut tes tre LIVRES tt main mise Vvec lui disparaît un des quelles trop rares écrivains ma-eurs que le Québec ait eu.Mainmise 5 près un Spécial Pot (numéro >, la revue Mainmise vient de ublier son cinquième numéro .).Il s'agit en gros d'un collage Munissant des citations de iuckminster Fuller (le concep-?ur du Pavillon USA de l'Expo 7), Timothy Leary (le plus cé-èbre propagandiste du LSD), kllen Ginsberg (l'un des poètes > es plus importants de la Beat Génération, avant de devenir m porte-parole de la 'nouvelle •ulture), de Jean Rostand, Teilhard de Chardin, Elridge rieaver (leader des Black Panthers, 'exilé' à Alger), Vlarcuse ("L'Homme unidi-nensionnel ", le penseur que ¦ertains voient à l'origine de la évolution manquée de mai .968 à Paris), Jerry Rubin et Vbbie Hoffman (deux des principaux Leaders du Youth In-ernational Party, des Yippies), rfarshall McLuhan (The Me- dium is the Massage, The Mechanical Bride, The Gutemburg Galaxy et autres), pour ne nommer que ces quelques noms.Comme on voit, les referents sont de taille.Il n'est pas question d'ouvrir un débat sur le fond, mais sur les applications.Pour les uns, le culturel est subordonné au politique; pour les gens de Mainmise, le culturel est la donnée la plus importante.C'est en détruisant la culture bourgeoise sclérosante et en remplaçant celle-ci par une nouvelle culture, ouverte à tous, qu'ils réussiront à transformer le politique.C'est un point de vue très défendable et il est heureux que des idéologies divergeantes se côtoient.Depuis le premier numéro, la lecture de Mainmise m'a toujours semblé intéressante, bien que son combat se situe en-dehors des contingeances nationales (ou nationalistes).C'est une revue résolument internationaliste et axée sur une lutte de libération globale de l'homme dans quelque pays qu'il se trouve.Pour ma part, je crois qu'il faut d'abord se créer un pays, ce que nous, Québécois, n'avons pas encore, c'est-à-dire se libérer d'abord des structures qui nous paralysent en tant que peuple avant de libérer les hommes de tous les pays.Il est cependant vrai que chacun doive se libérer soi-même d'abord C'est aussi une question de point de vue.D'un autre côté, il est assez significatif que la majeure part des textes publiés par Mainmise provienne de l'extérieur du Québec.Tant qu'il n'est pas un pays, le Québec est presque obligatoirement voué à un repli sur soi plutôt qu'à une ouverture au monde, tandis que les Américains, peu importent leur divergeances et leurs luttes qui inévitablement les mènent à la guerre civile, ont au moins un pays à eux.Il n'est à peu près pas possible pour nous d'avoir une vue d'ensemble des problèmes de la planète quand nous luttons pouce par pouce pour nous conquérir une parcelle de territoire.De nier les structures telles qu'elles existent ne change rien au fait quel les existent.Le problème du Québec en tant que Québec ne préoccupe pas les gens de Mainmise et ne peut guère, selon leus point de vue, les préoccuper.Une polémique ne peut donc porter que sur les applications.Nul, en effet, ne contestera, à moins d'avoir un cerveau sclérosé (ce que nous avons à peu près tous, ne vous faites pas d'illusions), le bien-fondé d'une lutte de libération, quelle qu'elle soit, si elle correspond aux aspirations profondes d'un peuple, si elle correspond aux aspirations profondes de chaque individu pris en tant qu'individu.Les effets nocifs de la publicité se font sentir dans chacune de nos manifestations, et c'est aussi contre quoi Mainmise lutte.La publicité vise en effet à rendre chaque individu le plus conforme possible à l'ensemble, lui enlevant par là tous ses ressorts.La présence de Mainmise, dans une société telle que la nôtre, ne saurait être qu'inquiétante et c'est bien ainsi.Je n'arrêterai pas de lire cette revue même si, pour ma part, le combat commence ailleurs.(1) - Mainmise est un magasine publié par Pénélope.Rédaction et administration: 3S1, rue Emery, Montréal 129.Téléphone: 843-47*2.37 70 MAINMISE PAGE 6 l\A MIE DES AR\S LITTERATURE U.T.O.P.I.E.et PROSPECTIVE par Pierre Labelle Il y a quelque temps, les Grands Ballets Canadiens présentaient à la Place des Arts le ballet rock TOMMY sin une .nusique du groupe anglais les WHO.J'ai acheté le "programme de la soiree et je me suis rendu compte qu'on m'avait vendu un petit livre, tor mat "livre de poche" mais qu'en réalité il s'agissait d'une assez étrange revue portant discrète ment le titre MAJNMISEU) en petit caractère rouge sur lond noir.La première partie est con sacrée à TOMMY mais ensuite on y parle de la drogue, de la violence, de la pornographie, de la musique rock et de l'U.T.O.P.I.E.Ce n'était pas la première fois que je voyais ce mot écrit de cette façon et chaque fois utilisé d'une façon non "laroussienne" à l'intérieur du vocabulaire rock de certains jeunes "hippies" intel lectuels.J'ai rencontré Jean Basile et George Call, deux des six rédacteurs de cette revue nouveau genre et nous avons parlé de Marcuse, de McLuhan, de l'amour, des préoccupations de la jeunesse et j'ai appris que I'éc3rt des géné rations (generation gap) se rétrécissait de plus en plus et que ce rétrécissement, car il ne s'agit pas nécessairement d'un rapproche ment, se faisait dans l'U.T.O.P.I.E.Basile me cite Marcuse et j'ap-prendsque l'U.T.O.P.I.E.c'est ce qui doit arriver demain: l'élabo ration d'un monde nouveau et meilleur.Jamais avant l'avènement de la "flower generation" n'avons-nous tant entendu pat 1er d'un monde meilleur lempli d'amour.A tant parler d'amour aujourd'hui, il y en aura sûrement un peu plus dans le monde de demain qu'il y en avait dans celui d'hier.Tous ces jeunes tournés vers un monde meilleur m'ont rappelé un philosophe français, Gaston Berger, qui a mis de l'avant uni nouvelle discipline qu'il a appel la prospective, l'U.T.O.P.I.E di gens réalistes.D'.nlleurs si < voulair résumer ce qu'est la pn pective on pourrait dire que c' de la science fiction réaliste.H exemple, si le groupe Planète I l'étude du réalisme fantastique, prospective ferait plutôt l'étui, du réalisme futuriste, c'est à-di l'étude de phénomènes qui 01 aujourd'hui une actualité et qi.sont susceptibles de s'amplifie dans l'avenir.En I9(:r:>,Clermon) Pépin fondai ici le Centre d'Etudes Prospective du Québec dont il est encore h-président.J-ont partie de ce yrou pe des spécialistes multi discipli naires qui étudient des phenomè nés .ictuels comme le biuit, les mass media, etc.Leur démarche n'a pnécessairement poui oojct iinm itiat de bâtit un monde meil-leui mais plutôt de fournir des jalon- .1 ceux qui en feiont l'édi ficatio-i.On essaie de voir de quell' façon évoluera le monde de de"i.iin et en fonction de ceci on pe;e prévoir des modalités de travail Dans le premiei cahiei du Centie d'Etudes Prospectives du QuébfC, LE BRUIT(2).on étudie ce phénomène que l'on considère comme la quati ième pollution du monde- moderne après celle de l'air, de l'eau et des déchets.Après une longue et exhaustive étude du bruit en tant que phénomène actuel ci amplifié, le livre se termine ;ur une recommandation uniq^,;: "Nous recommandons la convocation d'une assemblée groupant les personnes intéressées à lutter contre le bruit! ! acuité auditive a baissé de trois unités par rapport à celle de mon grand-père.Suis-je en train de devenir sourd?Il semblerait cependant que les effets du bruit sont beaucoup plus psychologi I ques que physiques.Alors-là, je me suis demandé si nous n'étions pas tous en train de devenir fous.C'est à ce moment-là que je me suis rappelé avoir lu quelque part que l'homme ne pau pas vivre dans l'isolence absolu.Il s'agirait donc de pouvoir choisir moi-, même mes sources de bruit mais est-ce encore possible quand les.Montréalais vont passer leurs beaux dimanches après-midis d'été sur le Mont-Royal pour s'entendre déverser à plein haut-parleurs un concert stéréophonique de "grande musique"' Comme si on ne pouvait plus laisser chanter les petits oiseaux en paix.(1) MAINMISE octobre 1970 Les Messageries du jour.(2) LE BRUIT 1970 Les Presses Universitaires de Montréal.qui sont ces personnes inté-•es à lutter contre le bruit?lourrais peut-être lépondre à i tous ceux qui ne sont pas rds mais si je regarde d'un i plus près la composition du >upe qui a préparé ce premier hier sur le bruit je m'aperçois je pour chacun d'eux le bruit uncertain intérêt professionnel, ¦pt personnes ont rédigé les ¦xteset plusieurs autres ont par-icipé aux discussions préliminai-es.J'y ai donc lu les considéra-ions sur le sujet de Raymond e Bourdais un ingénieur à la j il le de Montréal, d'un hygiéniste t physicien Antoine Aumont, lie l'urbaniste Jacques Simard et de l'architecte Michel Leblanc, \lnrmand Cazelais trace la carte liographique du bruit du Québec •l le tout est colligé et présenté
de

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