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Mainmise
Réponse québécoise à l'underground californien qui exerçait alors un puissant magnétisme culturel sur la jeunesse rebelle du monde entier, Mainmise a été le principal et le plus durable des porte-étendards de la culture hippie au Québec. [...]

Mainmise est une revue bimestrielle, puis mensuelle, publiée à Montréal de 1970 à 1978. Parmi les principaux porte-étendards québécois de la culture hippie d'influence américaine, la revue offre une incursion dans le mode de vie et les aspirations de la jeunesse séduite par le rock, la poésie et les plaisirs sensuels et psychédéliques véhiculés par la contre-culture des années 1960 et 1970.

La première équipe est constituée de Jean Basile Bezroudnoff, journaliste culturel au Devoir et hippie notoire, Georges Khal, animateur radio à CKGM, Kenneth Chalk, professeur à l'université Sir George Williams, Linda Gaboriau, animatrice radio à CKGM, Christian Allègre et Denis Vanier. Se joindront à eux, au cours des années, Michel Bélair, Liliane Lemaître-Auger, Rolland Vallée, Guy Latulipe, Daniel Vincent, Merrily Paskal, Gérard Lambert, Michel Bogos, Paul Chamberland, Raôul Duguay et Claude Péloquin.

Comme membre associé de l'Underground Press Syndicate, Mainmise a, pour une modique contribution annuelle, accès à une banque de textes et d'images produite par un réseau de publications contre-culturelles principalement américaines. Plusieurs des textes sont traduits en français; c'est le cas surtout d'articles thématiques et spécialisés. Les éditoriaux, chroniques et textes de création sont en grande partie des créations originales.

Le mouvement de la contre-culture auquel s'alimente Mainmise est diffusé à partir des États-Unis, et est relayé ailleurs dans le monde, particulièrement en Europe. Il s'attaque aux institutions établies qui, selon ses adeptes, transmettent la tradition et le conformisme : école, famille, Église et système politique. La subversion sociale prendrait les chemins épars de la transformation de la conscience individuelle, de la spiritualité et des religions orientales, du rejet de la recherche d'intérêts pécuniaires, ainsi que de la lutte au contrôle de l'information, le tout facilité par une expérimentation de plaisirs sensoriels artificiels.

La drogue, la libération sexuelle, le féminisme, l'écologie, l'école alternative, la musique rock, le syndicalisme et l'autogestion sont les principaux sujets qui alimentent les pages de Mainmise, alors que l'utopie et la pensée magique en colorent l'approche.

D'abord présentée en format poche, la revue adopte en 1973 la forme du magazine, puis celle du tabloïd à partir de l'automne 1975. Ces changements entraînés par des considérations financières et de mise en marché, ainsi que des tentatives de distribution sur le marché européen, ne permettront pas à Mainmise de surmonter ses difficultés budgétaires récurrentes, mais la revue survit tout de même jusqu'en 1978. Cette même année, la revue Le Temps fou viendra combler le vide laissé par la défunte Mainmise.

Après avoir oscillé autour de 8000 exemplaires pendant les premières années de vie de la revue, le tirage de Mainmise aurait atteint son apogée à l'automne 1973 avec 23 000 ou 26 000 exemplaires.

MOORE, Marie-France, « Mainmise, version québécoise de la contre-culture », Recherches sociographiques, vol. 14, no

WARREN, Jean Philippe, « Fondation et production de la revue Mainmise (1970-1978) », Mémoires du livre / Studies in Book Culture, vol. 4, no

Éditeur :
  • Montréal :Payette et Payette,1970-1978
Contenu spécifique :
janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

Mainmise, 1974, Collections de BAnQ.

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Adresses utiles LE MAGAZINE MAINMISE.1589.Si Oen.%, Monireal 129, 813 47Ç PUBLICITE CARTE DE TARIF: TARIF USUEL Deadline: le 15 de chaque mois.Couverture "4: Couverture *2 & "3: Dernière page: Toutes les autres pages: La moitié d'une page: Le quart d'une page: Le huitième d'une page: I 4 color process only ) sur Kromokoie.1 insertion S 420.00 - noir et blanc 1 insertion S 235.00 - noir et blanc 1 insertion S 175.00 I insertion S 145.00 S 85.00 S 45.00 S 25.00 ( page de droite: $ 150.00 ) ( page de droite: S 90.00 I ( page de droite: S 50.00 | ( page de droite: S 30.00 } Tarif préférentiel: CONTRAT DE PLUS DE SIX MOIS.Couverture *4: Couverture *2 & *3: Dernière page: Toutes les autres pages : La moitié de la page: Le quart de la page: Le huitième de la page: 1 insertion S 360.00 $ 215.00 S 165.00 $ 130 00 S 80.00 $ 40.00 S 20.00 ( page de droite: S 140.00 ) ( page de droite: $ 85 00 ) ( page de droite: S 45.00 ) ( page de droite: S 25.00 ) A.C.E.F., 84 est, Notre-Dame.259-6991 Armée du Salut, 1620 ouest Notre-Dame.935-7425 Association des Locataires.428 est, boul.St-Joseph.849-3211 F.L.F.Centre de la Femme.523-3260 Centre Communautaire, 3553 St-Urbain .842-8836 Centre du Planning Familial.75 est, Sherbrooke.527-3679 Clinique Communautaire de Centre Ville.3611 rue St-Denis.844-1056 Clinique Dentaire de.l'Université de Montréal.843-6750 Clinique Ste-Famille, 3658 Ste-Famille .843-5255 Clinique St-Jacques.1211 Parc Lafontaine.523-6221 Clinique St-Jean-Baptiste, 4220 Drolet.842-9759 Clinique Westmount.4424 ouest, Ste-Catherine.932-3338 Communication Québec.310 ouest, Ste-Catherine.270-1551 Community Media, 535 est, Viger.849-2351 Coop d'Alimentation Naturelle.61 est, Marie-Anne.843-4593 Coop de Déménagement, 3459 St-Hubert 522-1872 Drogue-Secours, 3278A rue Hudon.527-8619 Christine L'Heureux : 843 - 4792.Mainmise présente Comix No.3 7 GoTLiS B(?£TE£HER MANDey-KA L 'Écholde$ Savanes (Pilote underground) En vente partout à $1.00 /On a réuni en z-.quelques-uns des meillei.textes que MM a publiés sur Q la marijuana.On a rajouté des O textes inédits.Tu trouveras G ià-dedans tout ce qu'ii iaut x savoir (et ne pas savoir) sur X ton passe-temps favori: la Q •¦Iture, la récoite, les recettes Ç •ne, le reportage, le C 8 y*ZC»i ,^'.jt.3 tac, et on avait l'air toutes les deux, dans le silence du matin, de deux personnages d'une pièce de Michel Tremblay.Puis ma mère m'a dit Bonne nuit et elle est allée se coucher.Il était 5 hr 10 minutes a.m.Je restai seule dans la cuisine.Puis j'ai décidé d'aller prendre une marche.Je m'habillai, puis j'ai dit à ma mère avant de partir que j'allais me promener, elle me demanda d'être raisonnable, je lui ai répondu oui, et je suis sortie quand même, parce que pour moi, je ne veux pas que être raisonnable existe.Le vieux chemin était beau, je ne peux pas décrire comment, et la lune était orangée comme un soleil d'Ouest à l'aurore, c'était euphorique! Puis je marchai encore, vis-à-vis chez Aider, je me suis mise à me parler, et je me disais que s'il y.avait des gens, qui me regardaient marcher là, au soleil levant, en train de me parler toute seule, ils devaient me prendre pour une folle, parce que ça ne se fait pas, marcher dès l'aube sur une petite rue tranquille et de se parler, pour le monde tu es considérée comme une folle.NON!, je voudrais leur crier non.mais à quoi ça servirait, puisque tout le monde se lèverait et ferait leur petite 20 MAINMISE Cher bouée, je considère votre part comme étant d'une nécessité absolue et je vous envoie ma faible piastre de temps de disette.Excusez le style; à force de faire des applications.xxxxxx \ journée bien comme les autres, travailleraient parce qu'il le faut si tu veux manger demain, et tu veux manger demain, pour vivre!.mais pourquoi vivre?'?Bandes d'inconscients, bandes de fous! C'est vous, les véritables fous, les véritables cons, ce n'est pas moi! Puis un chien s'est mis à japper après moi, je n'avais pas peur de lui, je ne le voyais pas, puis tout-à-coup, je l'ai vu, il était là, qui jappait et qui grognait en me regardant d'un air méchant, puis un son de'voix de femme appelait le chien, je lui ai dit; "Faites-le rentrer s.v.p.votre chien madame, j'ai peur" le chien est rentré.Après ça en repensant à tout ça, j'ai ri.J'ai pensé que la bonne femme elle devait flipper en crisse à cause que pour tout le monde normal, ce n'était pas normal de me voir là à cette heure là.Puis je fis un U-turn dans le vieux chemin.Je re- gardai sur la route deux.TI y avait quelqu'un, je voulais savoir qui c'était, j'ai pris le petit chemin à côté de chez Perron et je me mis à marcher en direction de la route 2.Un peu dépassé la moitié du petit chemin la personne était assez proche de moi, je veux dire assez proche pour que si je lui crie il m'entende.Je lui ai demandé qui il était et il m'a répondu: "Pourquoi?" je lui ai redemandé et il m'a répondu c'est Robert.Il avait l'air croche, il avait l'air de ne plus MAINMISE 21 On s'appelle la "Shoppe".On eat u ne gagne d1artistes en herbe qui t rava liions en/atelier sur la rue S aint-christophe pas loin de la Pla ce Dupuls.On paye le loyer ensemb le, on mange ensemble, on acheté e n geee notre matériel, ca coûte be n moins cher, on s'apprend toute s orte de belles choses les uns les autres.Si ca vous tente de vous j oindre à nous, on vous attend tout e la journée ou ben le soir (ca dé pend des nuits l) Passez donc au 1567 de la rue St*-chr istophe ou be n téléphonez à 526-0248.Groupe de musiciens cherche maison isolée; a louer, dans un rayon de vingt mille "maximum de Montréal.A ppelez Stéphane à 667-0383.savoir où aller, mais je le voyais qui venait vers moi, je me mis à marcher vite' pour me cacher de lui, puis quand je ne le vis plus, je me mis à courir, courir, courir.jusqu'à chez St-Aubin, j'avais peur.Je voulais courir, aller quelque part à l'abri parce je ne savais pas s'il faisait parti de mon monde ou de l'autre.L'autre monde, ou tout le monde vit égoiste-ment chacun pour soi, ou, si ton voisin coule au lieu de lui enovyér une bouée de sauvetage, tu le regardes caler.Je ne savais pas et j'ai eu peur.Puis, j'ai commencé à me resaisir quand je fus devant chez Vallée, je me mis à marcher doucement, plus lentement en prenant des grandes respirations par le nez et en expirant tout ce volume d'air pur par la bouche et je recommençai, toujours jusqu'à chez moi.Devant chez moi, j'ai s regardai au plus loin que je pouvais, pour voir si je ne verrais pas Robert, mais je ne le vis pas.Et je suis rentrée, et depuis que je suis rentrée je n'arrête pas d'écrire, je ne sais pas quelle heure il est.Tout ce que j'ai écrit est arrivé tel quel, mais en plus intense, imagine, dix millions de fois plus intense.Down d'acid.Si j'ai écrit tout ça, c'est parce que, même si je suis stoned, je suis consciente de ce qui arrive.ODILE.22 MAINMISE 24 MAINMISE Introduction à un traité de thermo-dynamique habituellement abordé sous l'angle du mysticisme juif par Michel Bélair MAINMISE éjà, le simple fait de parler de la Kabbale est un phénomène bizarre en soi.Pourquoi ressortir des placards toute une tradition qui remonte à des temps immémoriaux?Pourquoi faire appel, en 1974 et dans un contexte comme celui que nous connaissons, à un système d'abord et avant tout considéré par la majorité comme une technique débouchant directement sur la magie?La meilleure façon de répondre à tout cela est de poser des liens, d'établir les filiations qui s'imposent d'elles-mêmes à travers les siècles et qui rejoignent des noms aussi différents que ceux de YHWH, Adam, Timothy Leary, des techniques d'approche aussi éloignées que le Yi-King, le Tarot et la Neurologique à travers un but commun qui est celui de l'Eveil de la Conscience.A l'origine, la Kabbale était d'abord cela: un manuel pratique.Un guide d'utilisation.Une sorte de dépliant explicatif livré avec une machine toute neuve dont il faut apprendre à se servir: cette "machine", c'est le Corps.Kabbale signifiait en vieil hébreux "Tradition" "Transmission".En regardant ce qui s'est passé à .travers les siècles, on peut aujourd'hui parler de "T-radition secrète".D'une tradition secrète qui peut encore pour les hommes de 1974 prendre l'allure d'une Révélation.Une histoire compliquée En essayant de démêler ce qu'est et ce qu'a été la Kabbale, on s'aperçoit tout de suite qu'il s'agit d'une histoire compliquée.Les spécialistes se chicanent encore pour savoir d'où vient la Kabbale; de fait, la question de ses origines estd'une importance capitale puisque de la réponse à cette question on peut mettre en relief trois Kabbales complètement différentes.La première, la Kabbale "officielle" pourrait-on dire, peut presque prendre le nom de Kabbale rab-binique.C'est celle qui est encore enseignée et commentée par les rabbins juifs et qui se rattache directement au corps de doctrine du judaisme.Rattachée en bloc à la mystique juive, la Kabbale considérée sous cet angle se pose comme une série de commentaires divers éparpillés à travers quelques centaines de livres écrits tout aussi bien du temps de Moïse et d'Abraham qu'au Moyen-Age.Nous reviendrons d'ailleurs un peu plus loin sur cet aspect historique et sur les livres qui composent la Kabbale "officielle".La deuxième Kabbale est celle que le sens commun a retenu et qui est aussi appelée la Kabbale "pratique".Pratique parce qu'elle débouche sur des techniques d'incantation et de communication avec ' le surnaturel.C'est là que l'on retrouvera par exemple la description des pentacles qui reviendront plus tard dans l'alchimie et dans toutes les approches magiques de l'univers.On peut aussi parler d'une^troisième Kabbale, d'une sorte de Kabbale secrète qui date des premiers âges de l'humanité et qui est en fait un traité de thermo-dynamique qui fait penser aux plus brillantes illuminations de Jung et de Thimoty Leary.Pourtant, ce qu'il y a de plus étrange, c'est qu'il n'y a en fait qu'une seule Kabbale.C'est la que l'histoire se complique.Ce qui se passe en fait c'est que, au cours des âges, on a pu assister au procédé encore courant de nos jours du tirage de la couverte sur son bord.MAINMISE Il n'y a qu'une Kabbale, c'est-à-dire un ensemble de textes datant de périodes diverses.Le problème qui s'est posé est lié directement à l'aspect physique des caractères hébraïques dans lesquels les textes les plus anciens sont écrits.Ce qu'il y a de compliqué, c'est que ces caractères n'ont strictement rien a voir avec un alphabet; ce sont des lettre-nombres qu'il faut savoir lire à partir d'un code d'interprétation bien précis.Cette question des lettre-nombres est en fait au coeur du problème.Tous les livres que l'on peut lire sur la Kabbale sont d'accord là-dessus: ces fameux caractères hébreux ne peuvent être lu qu'à partir d'un code.Clairement, cela signifie que chacune des lettres de tout document kabbalistique doit être lue d'abord séparément puis ensuite en relation avec celles qui sont dans son entourage immédiat.Tous les conflits, toutes les différences d'approche sont dus à ce simple fait.Lorsque l'on s'est mis à traduire la Genèse, (qui est un des premiers documents kab-balistiques) et tous les autres textes sacrés, on s'est mis à traduire des mots.et du même coup on a perdu la signification véritable du message.Il faut préciser tout de suite que cette présentation des faits ne se retrouve pas partout.La plupart de ceux qui se sont intéressés à la Kabbale admettent ce principe de base du problème des lettre-nombres mais ils s'en tiennent habituellement à la traduction acceptée par tout le monde.Ce qui a pour résultat immédiat de rattacher toute la Kabbale au mysticisme juif traditionnel.Or, ce sont là deux choses complètement différentes l'une de l'autre."Les 22 graphes utilisées comme lettres dans l'alphabet hébreux sont en fait 22 noms propres utilisés originellement pour désigner différents états ou différentes structures de l'énergie cosmique qui est en fait l'être et le paraître de tout ce qui existe.Même s'ils correspondent à des nombres, des symboles et des idées, ces 22 caractères dépassent toute catégorisation; ils ne peuvent être distribués parmi les choses afin de les représenter puisqu'ils sont ces mêmes choses.Le décodage de tout texte kabbalistique implique donc tout autre chose qu'une transposition de Aleph, Bayt, Ghimel.en A,B.C.; il s'agit beaucoup plus de pénétrer dans un monde inconnu qu'il reste à comprendre en expérimentant ce langage pour ce qu'il est vraiment." (Carlo Suarès) Tableau des 22 graphes originelles 3 J 7 n 1 t n b Alcph Bayt V»yt Ghimel " Pallet Hay Vav or WW Zayn Hhayt Tayt 1 a 3 4 5 6 7 8 9 ,> \ h \ X \ s I_X- Û y ?1 1 '* I 1 1 Yod Kaf Khaf Lamrncd N Mem ' \ Noun " \ \ N Sammekh S \ • Ayn -S!- Pay Phay Tsadde 1 10 30 S© '60 \ à, 1 r 1 V N S N î r Qpf ! Rayih Seen Sheen final Khaf final Mem final Noun final Phay final Tsadde 1O0 SCO 300 400 500 600 Too 800 900 28 MAINMISE f Signification des graphes pour la Kabbale "secrète" ALEPH: no 1 L'idéfinissable pulsation vie-mort conçue au niveau du cosmos tout entier; le principe abstrait de tout ce qui est et de tout ce qu n'est pas.BAYT (ou BETH): no 2 J L'archétype même de tout contenant; le support physique sans lequel rien n'est possible.GHIMEL: no 3 J Le mouvement organique de chaque Bayt animé par Aleph.DALLET: no 4 7 L'existence physique, la réponse à la vie, à tout ce qui, dans la nature, est organiquement actif par suite de l'action de Ghimel.HAY: no 5 VAV: no 6 SAYN: no 7 HHAYT: no 8 TAYT: no 9 n r n L'archétype de la vie universelle.Quant cette dernière prend forme par Dallet, elle permet de jouer le jeu de l'existence dans une coopération entière avec la pulsation originelle qu'est Aleph.L'agent fertilisateur.La copulation.La résultante de l'action de Hay sur Dallet.Le résultat de chaque imprégnation vitale: ce nombre ouvre la porte à toutes les possibilités de possibles.Le lieu du "stockage" de toute l'énergie indifféren-tiée, de la susbstance non encore structurée.Le stade le moins développé de l'énergie qui s'oppose à Zayt qui en est la forme la plus librement réalisée.L'archétype de l'énergie féminine originelle; elle tire sa vie de Hayt et lui donne graduellement la structure de base dont elle a besoin.• Les neuf lettres qui suivent, du YOD (10) au TSADE (90) décrivent le processus des neuf archétypes dans leur existence factuelle; leurs projections concrètes sont toujours des multiples de 10.Les neuf multiples de 100 expriment les archétypes dans leur exaltation cosmique.Le nombre 1000 est écrit avec un Aleph amplifié (A-leph signifie d'ailleurs "mille" en hébreux courant) mais il s'emploie peu souvent.C'est l'expression d'un pouvoir suprême, de l'énergie cosmique totale, insaisissable.Les multiples de 10 et de 100 sont donc l'action concrète des archétypes à deux niveaux: le niveau physique, matériel et concret que nous connaissons (10) et le niveau cosmique qui implique l'interaction des archétypes à un degré beaucoup plus global (100).MAINMISE 29 D'une part, il est question d'une sorte de transmission plus ou moins brouillée au sujet des énormes forces mises en jeu par la simple existence de la race humaine: de l'autre, d'une suite d'envolées mystico-religieuses sur la distance entre l'homme et son créateur anthropomorphiquement désigné sous le nom de Dieu.D'un côté, il s'agit d'en arriver à une pleine compréhension du devenir de la race humaine qui se réalise dans un état intérieur que la Genèse appelle YHWH: de l'autre côté, ce même état YHWH est divinisé et séparé à jamais de son seul lieu de réalisation possible par une série de considérations d'ordre moral.C'est encore Carlo Suarès qui précise ce point; "La Kabbale (qui parmi des milliers de manuscrits comprend aussi la Genèse et d'autres fragments bibliques) s"oppose violemment à toute projection de l'esprit concernant l'essence de la vie, car toute projection est une image vague se fondant sur des symboles encore plus vagues.La Kabbale a existé bien avant Abraham et n'appartient donc à aucune tradition.Malgré les affirmations des prétendus experts, la Kabbale n'est pas une mystique ni un système occulte quelconque; c'est une façon de penser qui se base sur des postulats indivisibles, qui se développe selon la technique de l'analogie et dont notre monde moderne aurait tout avantage à prendre connaissance." Avant de plonger aans cette Kabbale "secrète' qui est un véritable traité de cosmo-énergétique éminemment pratique de nos jours, il importe d'abord de faire le tour de l'acceptation traditionnelle de la Kabbale.1: la Kabbale "juive" ous les livres, que l'on peut trouver sur la Kabbale la rattachent au mysticisme juif.A la tradition juive même si l'on réfère au sens du mot Kabbale.Historiquement, les kabbalistes représentent pour la religion juive traditionnelle une sorte de courant marginal à côté des livres sacrés comme la Tora et le Talmud.Les écrits kabbalistiques sont en ce sens considérés comme des résultats de l'exil du peuple juif tout au long de l'histoire; comme des tentatives plus ou moins désespérées d'une exégèse de type messianique.Le judaisme traditionnel commence pourtant à admettre la valeur de certaines manifestations de la Kabbale; il n'en a pas toujours été ainsi.Aujourd'hui, des théologiens juifs, comme Scholem qui est un des grandes autorités dans la matière, soulignent de plus en plus les apports positifs de la Kabbale jusque là considérée par l'orthodoxie juive comme une sorte de mouvement souterrain.A un tel point que, passant du rejet à l'acceptation presque complète, on prend de plus en plus1 l'habitude d'incorporer la Kabbale à la doctrine religieuse et mystique du "peuple de Dieu".L'incorporation est toutefois lourde de conséquences puisqu'elle vise des oeuvres s'échelonnant sur plus d'une vingtaine de siècles, la Kabbale étant un mouvement qui plonge ses racines jusqu'aux premiers âges de l'humanité.A travers tous ces écrits se dessinent toutefois des points de repères comme les Séphirots, l'En-Sof, l'Adam-Kadmon.Même considérée sous l'angle d'un mysticisme marginal, la Kabbale présente à ce niveau des thèses intéressantes sur les rapports entre l'homme et le cosmos à travers une symbolique extrêmement ri- 30 MAINMISE Comme il serait impossible de résumer ici les principales idées de la Kabbale puisque cela supposerait deux numéros complets de MM (au moins) nous nous attacherons surtout à l'Adam-Kadmon.L'Adam-Kadmon, c'est l'homme.L'homme originel.Le Corps de l'Univers incarné dans le corps de l'homme.Archétype même de la race humaine, l'Adam-Kadmon est en quelque sorte la forme prise par une articulation particulière de l'énergie cosmique.Lieu de rencontre des dix "réalités supérieures" que sont les Séphirots, il n'est en fait que l'image la plus parfaite de l'humanité.La race à son état pur, originel.Avant de voir ce que sont les séphirots, on peut ici tracer un pont avec la Kabbale "secrète" afin de mieux comprendre le cadre général de toute l'affaire.Au tout début des débuts, les "trois Kabbales" s'entendent: il n'y avait rien et il y avait toutes les possibilités de possibles.Puis, pour la Kabbale "secrète" que représente Carlo Suarès, le processus éternel de l'énergie en mouvement s'est retrouvée dans une séquence de l'espace-temps lui permettant par le fait même d'intérioriser cette énergie; un germe en est sorti: la vie.Il ne s'agit pourtant pas de la vie perçue dans son caractère de pulsion première d'énergie continue, ni de la vie saisie sous son caractère d'existence dans un continuum précis, mais bien de l'ensemble des deux; l'un n'est pas possible sans l'autre.Sans que l'un joue "contre-avec" l'autre.Le lieu de cette rencontre est l'Homme.Ou l'Adam-Kadmon si on veut; l'archétype de la race humaine.En lui se retrouvent et l'énergie vitale, le souffle, et le contenant même de cette énergie vitale symbolisé dans et par le Corps.L'Adam-Kadmon c'est l'univers: le Cosmos tout entier puisant au rythme de l'énergie.Le Tout.En lui se retrouvent toutes les formes possibles; c'est la personnification même de l'éternel jeu cosmique entre la masse et l'énergie.(Le "pont" se termine ici).Dans toutes les représentations de l'Adam-Kadmon, on retrouve les Séphirots; on peut cependant dire que cela est venu par après.Il faut d'abord saisir l'Adam-Kadmon comme une incarnation de l'Univers avant d'y retrouver, à des points fixes, la mise en forme de quelques unes des particularités du conflit-enjeu entre la masse et l'énergie.Les Séphirots représentent en fait la totalité des situations "terrestres" entourant l'Adam-Kadmon.On les reproduit souvent sous la forme de sphères de lumière, ce qui laisse penser qu'elles originent ou plus justement qu'elles ressemblent aux sphères parfaites qu'on retrouve chez Platon.Elles sont au nombre de dix et leur influence sur la Kabbale se fit sentir de façon décisive à partir du Xlllème siècle.Des passages entiers du Zohar, un livre fondamental de la Kabbale, leur sont consacrés; ce sont des éléments fondamentaux de la Kabbale "traditionoellle", des manifestations concrètes de la divinité.Elles sont en fait des incarnations de la divinité en acte.MAINMISE Les séphirots se retrouvent donc dans l'Adam-Kadmon puisqu'elles sont le sens intime de tout ce que peut représenter l'Univers.(Certains kabbalistes "pratiques" du Moyen-Age en ont fait des démiurges, des anges et des démons.) C'est à ce moment que la Kabbale traditionnelle s'est mise à agir un peu en mystique puisque les livres de cette époque et de par après ne font plus mention que de discussions profondes sur la nature des Séphirots, faisant un peu penser aux débats schlolastiques qui ont suivis les premiers âges du christianisme.Les Séphirots laissent le champs libre à plusieurs interprétations et elles sont riches d'un symbolisme qu'on a abondem-ment commenté à travers tous les manuscrits kab-balistiques du Moyen-Age.Il y a aussi un autre élément de la Kabbale traditionnelle qui est devenu extrêmement important avec le Moyen-Age; il s'agit de l'En-Sof.C'est l'Infini, le Néant total, le mouvement et l'absence de mouvement, la vie et la mort; c'est le possible et l'impossible, le Rien et le Tout.Ici aussi on peut faire un lien avec la Kabbale "secrète" puisque l'En-Sof se rapproche beaucoup de l'Aleph c'est-à-dire de ce principe de l'énergie vitale en perpétuel état de mouve- EN-SOF MONDE D'EMANATION MONDE DE CRÉATION MONDE DE FORMATION MONDE D'ACTION UNIVERS ment qui correspond à la première lettre-nombre de l'alphabet hébreux.On retrouve ce rapprochement dans un passage du Zohar.Pour certains kabbalistes, l'Aleph représente les quatre mondes kabbalisti-ques, c'est-à-dire toute la distance possible existant en l'Energie brute et cette incarnation de la matière que nous sommes.C'est la théorie des quatre sphères enveloppant la Terre; en remontant à l'origine de ces sphères les kabbalistes du Moyen-Age, par exemple, en vinrent à ébaucher toute une mystique basée sur les transformations du Néant et de l'Energie.Il peut être extrêmement révélateur de rapprocher cet En-Sof d'autres concepts que l'on retrouve un peu partout à travers l'histoire de l'humanité, du Néant total des boudhistes à l'en-soi des existentialistes; on y retrouvera toujours cette même présence de l'Infini informel moteur de toute action et de toute forme possible.La Kabbale traditionnelle c'est évidemment beaucoup plus que ce plus que bref aperçu; c'est une doctrine extrêmement riche en symboles qui atteignent à des hauteurs mystiques particulièrement étonnantes et qui fascinent encore quand on les lit aujourd'hui.Mais comme on ne se trouve pas ici entre les quatre bords de page d'une encyclopédie Grolier, on peut passer à autre chose.32 MAINMISE pratique" aradoxalement la Kabbale "pratique" est celle que l'on connait le moins.A partir de hautes spéculations métaphysiques, certains kabbalistes en sont arrivés à des méthodes concrètes pour s'approprier les pouvoirs de l'Adam-Kadmon originel.Ces pouvoirs ce sont ceux des Séphirots: ils concernent directement toute l'activité humaine.Celui qui en détient la clef détient la clef de l'Univers par Je biais du Pouvoir total sur la création.Historiquement, on explique la naissance de la Kabbale pratique en référant à la condition qui a été faite aux Juifs tout au long de l'histoire.Emprisonnés dans des ghettos, mis au banc de la société, certains kabbalistes des premiers siècles et du Moyen-Age en sont venus à mettre sur pied une doctrine ésotérique qui allait permettre aux Juifs de se libérer de leurs bourreaux.Cette doctrine devint bientôt une technique pratique fondée sur la puissance lumineuse des Séphirots.Les kabbalistes "pratiques", en référant aux symboles premiers des lettre-nombres, débouchèrent et rapidement sur la magie.Leur principal thème est celui du Golem une sorte de créature venue du Néant et créée de toutes pièces.Ce Golem est l'archétype même de l'être vengeur; c'est lui qui allait mettre fin aux tourments du peuple Juif en écrasant impitoyablement les persécuteurs.On retrouve là une influence messianique qui ne surprend certes pas quand on voit le sort réservé aux Juifs à travers tout le Moyen-Age.Toutefois, la magie pratique de la kabbale est le fait de sectes fermées et on y retrouve le langage des sociétés secrètes alors que le "message" global de la kabbale "secrète" fait référence à la solution d'un problème qui concerne l'humanité toute entière et qui est le fait de la naissance véritable de la race humaine.Il faut noter toutefois que certains kabbalistes font des rapports constants avec la Kabbale pratique, le Golem y étant vu, aussi, comme l'être nouveau, comme un espèce de sur-homme qui fait un peu penser à celui de Neitschez. 3: la Kabbale " secrète" troisième aspect de la K èlui qui séduit le plus aujourcf r dans chacun des princip , pourvu que l'on n'y cherch| ntatoires ou de glorificati Pour la Kabbale "secrète", i e ni de formule quelconque' rgence de la situation.Ici, tci se très simple: si l'Energie b dans le continuum espace-sons et si la forme même di t être vue comme la Vie, il Lie l'on prenne conscience d* tout du fait que la race humé Qu'une conjugaison particuli' ^-énergie.Sur la planète mêr ?vie ont pris possession de la je; si elles n'ont pas survéc ^îs su s'adapter à la règle du ^ équilibre fondamental entre; omplémentaires et contradic sont représentées par dei originel; l'Aleph et le Yod.D mouvement insaisissable e le contenant, l'archétype mi Sut ce qu'elle recèle de fixité f sus de l'existence.a Kabbale est une soi, mrmet à l'esprit de dever\ }ur remonter jusqu'à le de de la genèse de la pénétrer dans une sphèf e conscience où n'exis que cet enjeu fondan ntre la vie-mort et l'exil |tte pulsion vie-mort, c'est l'A une incarnation, le process .L'Aleph c'est le principe a\[ et de tout ce qui n'est pas.ntale de l'Univers qui véh |ibilités.de vie que de probab est la projection physique, celle qui lui permet de prem temps donné.C'est donc ^.Là réside précisément toui Sre nécessaire et vital de ce: peut ouvrir une paranthèse ont tiré le mot anglais Goc t compréhensible en ce set leph dans un espace-temp.n événement d'importanc ent qui cadre bien avec If Stégorie mentale que les hor jur la Kabbale "secrète", il n n|utôt un drame éternel; celui eph et Yod.34 Pour la Kabbale "secrète", l'Énergie première s'est généré une résistance propre.Cette résistance à l'énergie s'est incarnée dans le principe même du contenant; le Bayt.À un niveau cosmique (200), ce Bayt s'est incarné dans une étincelle de vie et a l'échelle terrestre (20), il a pris pied sur la planète dans le corps de l'homme.C'est ici qu'on peut voir l'Adam-Kadmon comme le réceptacle, comme la représentation même de toute l'énergie du cosmos.Tout se retrouve en lui, son corps est le corps du monde.Pourtant, avec cet Adam-Kadmon, le "passage" n'est pas encore fait; cette mise en forme de la vie se doit de prendre véritablement racine dans la Terre qui la porte.Cette jonction d'où sortira l'homme vivant et non plus archétype est racontée dans le Genèse.C'est l'histoire du serpent.C'est lui qui représente le lien avec la Terre et avec tout le passé de la Terre: c'est le contact le plus physique, le plus "sensué" qu'on puisse imaginer avec la planète.Il est facile en plus de voir dans ce serpent l'archétype même des grands sauriens, les anciens maîtres de la planète.Une forme de vie devant succéder à l'autre, le mythe de l'Eden est en fait une cérémonie de passation de pouvoirs.Tous les éléments sont en place: la vie elle-même (AlephtYod), une forme pour la contenir (l'hommê-Bayt) et un lieu particulier avec ses caractéristiques propres (la Terre et ses anciens maîtres).Il ne s'agit plus que de faire> passer le courant en évitant tout danger de "court-circuit" pour que l'état YHWfl se réalise dans l'équilibre.! Ce conflit est peut-être ce qu'il y a de plus actuel et de plus éminemment concret dans la Kabbale secrète.Quand on le rapproche des découvertes les plus récentes, on peut se rendre compte qu'il recoupe beaucoup de choses.Il fait penser aux théories de Vélikovsty sur l'Univers ou encore à ta simple présence de ce tourbillon absolument sans forme et sans direction qu'est l'énergie cosmique; monde de toutes les possibilités le cosmos est la vie même qui n'a pas encore pris forme.A un autre niveau, passant du macrocosme au microcosme, le conflit primordial de la Kabbale "secrète" renvoie aussi à la structure de l'ADN, cette molécule première dont on vient à peine d'établir la synthèse et qui apparaît comme l'archétype de base de la mise en forme de la vie humaine.Ce sont là deux illustrations claires de la présence de l'enjeu entre l'Aleph et le Yod: d'un côté l'énergie, de l'autre le principe même de toutes les formes que peut prendre cette énergie.Ce que raconte la Kabbale "secrète" est en fait l'histoire de la race et des dangers qui la menacent.C'est une sorte de glorification et de mise en garde; glorification de l'union des deux principes et mise en garde contra la prépondérance de l'un ou de l'autre.MAINMISE 35 C'est la raison pour laquelle la Kabbale est une oeuvre d'aujourd'hui pour des initiés comme Carlo Suarès.Pour lui, cette révélation primordiale qu'a toujours été la Kabbale a une signification d'autant plus présente de nos jours que le conflit entre l'Aleph et le Yod est éternel.Dans "Le décodage de la Genèse", Suarès se fait très explicite; à la lumière de la situation actuelle, il affirme que la race humaine court à sa perte.L'équilibre est rompu.Le Yod jouit d'une importance trop grande par apport à l'Aleph.Le Yod, la forme prise par l'énergie, la résistance même à l'énergie vitale, c'est l'existence par rapport à la vie.C'est ce temps d'arrêt trop long qui prend d'abord la forme de la stabilité pour ensuite figer et anéantir tout mouvement possible.Suarès compare la race humaine à un foetus qui, appelé à la vie, veille d'abord à assurer sa préservation; si la coquille qui entoure l'oeuf est trop mince, la vie ne "passe" pas, si elle est trop épaisse, elle étouffe.Nous en sommes au point où la coquille est devenue trop lourde, trop bien structurée dans son immobilisme pour laisser filtrer le moindre souffle regénérateur.Ces affirmations, Suarès ne les pose pas en moraliste.Il les tire plutôt de la Genèse qu'il re-traduit en appliquant à la lettre, c'est le cas de le dire, le code des lettres-nombres.Dans son livre, Suarès reprend chacun des chapitres de la Genèse et il en dégage la signification première qui n'a strictement rien à voir avec les bondieuseries et les contes de fées qu'on en tire habituellement.Pour lui, la Genèse est un livre d'initiés qui cherche d'abord à transmettre le message; celui du conflit et de la tension entre l'Aleph et le Yod.Chacune de ces "révélations" est tirée du texte original qu'on semble s'être acharné à mal traduire.On en aura un exemple à travers le texte qui-suit où Suarès parle de la première lettre de la Genèse.Et c'est ce qui fait la véritable différence entre "-les" Kabbale(s).Les "deux autres", malgré leurs élans et leurs intuitions brillantes, ne sont toujours que des commentaires sur la traduction acceptée.Même là, quand parfois des passages se recoupent, quand des ponts s'établissent d'eux-mêmes, les commentaires qu'on a fait sur eux dans la longue histoire de la Kabbale tendaient inlassablement à tout rattacher à la mystique juive traditionnelle et à l'idée de Dieu.36 "Vous comme moi, nous sommes assis quelque part et nous avons conscience de ce qui nous entoure au moment présent; c'est l'aspect extérieur de la première lettre-nombre de la Genèse, le Bayt.Notre esprit fonctionne à l'intérieur de notre psychée ce qui ne nous empêche pas, au moment présent, d'avoir conscience de notre corps.Notre pensée est en ce sens le contenant de notre conscience de notre corps.Notre pensée est en ce sens le contenant de notre conscience.Nous sommes des entités de plus en plus faites de ces contenants et malgré la vie qu'il y a en nous, nous nous identifions de plus en plus à ces contenants-conditionnements.Nous pouvons cependant en faire le tour en regardant ce que sont ces conditionnements extérieurs.C'est toute la recherche intérieure signifiée par l'emploi du Bayt.Ce Bayt initial sera toujours une barrière sinon une ouverture, un rocher protecteur ou alors la dissolution même de toute définition de nous-même.Le fait de savoir que nous sommes ce Bayt, ce contenant de la vie, ce corps, peit réussir à nous libérer de nous-même.Une des vérités fondamentales qu'on retrouve dans la Genèse est que la vie, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du corps est non-mesurable et non-connaissable.Si nous comprenons ce que cela implique vraiment, nous nous connaissons: le Bayt est ce que nous sommes." Si l'on met en parallèle ce petit extrait à propos de la première lettre du premier mot du premier chapitre de la Genèse avec la traduction qu'on en donne habituellement, on voit tout le fossé qui sépare la Kabbale "secrète" des deux autres.Il ne saurait être question ici d'un vers signifiant: "Au début Dieu créa le ciel et la terre".Au contraire, le premier vers de la Genèse fait appel à un contexte et à une Révélation beaucoup plus vaste.La Vie est partout.C'est une pulsion que rien n'arrêtera; c'est plutôt lorsque l'on cherche à la conserver et à la reproduire qu'on arrive à la détruire.La vie et la mort ne sont que deux articulations d'une même et unique réalité.L'histoire que raconte la Genèse est précisément centrée sur ce conflit-enjeu entre l'Aleph et le Yod que Suarès présente comme des "partenaires-contre" engagés dans une entreprise qui n'a ni commencement ni fin; au niveau de cette lutte, la vie humaine n'est qu'une possibilité actualisée.En ce sens, elle a à respecter la tension fondamentale entre les deux principes et Suarès montre que la particularité de la race humaine est précisément là: dans cette conjugaison de l'Aleph et du Yod qui peut et doit faire surgir YHWH.¦ MAINMISE Ce YHWH est une notion extrêment importante qui n'a encore une fois rien à voir avec le Yawé ou le Jéhova de la Bible.Il s'agit du même mot, mais il ne signifie aucunement une déité abstraite: le YHWH qu'on retrouve dans le texte est la race humaine ayant réalisé la jonction.En reprenant la signification de chacune des lettres (Yod-Hay-Vav-Hay) Suarès montre que c'est là un ensemble de lettres qui traduit une jonction particulière et totale de ces deux entités que sont le Corps et l'Esprit, les deux se fécondant mutuellement dans une union caractéristique.Lorsque cette intégration des deux composantes premières se réalise, l'homme atteint le stade YHWH, YHWH est en lui.On pourrait citer aussi le cas de Elohim, que la Bible traduit aussi par Dieu alors que c'est en fait un processus qui met en mouvement les fonctions organiques du corps une fois réalisée la synthèse entre l'Aleph et le Yod, entre l'Energie et sa projection dans le temps.Il s'git donc en fait d'un traité de thermodynamique.La Kabbale "secrète" est en ce sens à mettre en parallèle avec "Neurologique" de Timothy Leary.On y retrouve cette même présence de la "science-fiction" comme l'appelait Leary, sauf qu'ici le scénario date de plusieurs milliers d'années.Pourtant, le parallèle est troublant.Si on se souvient de la fin de "Neurologique" (MM29), Leary échaf-faude une théorie selon laquelle le système nerveux est une structure d'accueil à la vie, une sorte de réceptacle pouvant prendre toutes les formes possibles selon l'environnement extérieur auquel il est soumis.Pour Leary, il est évident que ce système nerveux "adaptable" aux conditions n'est pas origi- MAINMIS naire de la planète: il vient du cosmos, de ce générateur de toutes les formes possibles.Le système nerveux n'est qu'une des incarnations possibles du Tout énergétique qu'est le Cosmos.On saisit tout de suite le rapport entre ces deux "théories" séparées par quelques milliers d'années; en changeant les noms, en remplaçant le mot "cosmos" par le concept de l'Aleph, en voyant le système nerveux comme le Yod, on arrive exactement à la même réalité.On pourrait en déduire tout de suite que le Bayt est le corps, c'est-à-dire cette modulation particulière de la vie étant donné l'environnement extérieur de la planète Terre et que l'Elohim est en quelque sorte le signal du départ, le clic qui a fait commencer, à un moment ou à un autre, l'histoire de la race humaine.Le parallèle est plus que troublant.En lisant Suarès, on s'aperçoit que le décodage systématique des 22 graphes de l'alphabet hébreux correspond à l'histoire globale de ce processus de l'Energie en mouvement incarné dans un espace-temps donné, dans cette forme précise qu'est le Corps réalisant la synthèse des deux principes que sont l'Aleph et le Yod.Au même titre que le "Neurologique" de Leary, la Kabbale risque donc d'être un instrument pratique pour les années qui viennent et qui verront soit l'extinction de la race par suite de son repliement sur elle-même (i.e.) la coquille ou encore le non-dépassement des quatre imprint larvaires signalés par Leary) soit son développement dans une synthèse nouvelle qui redéfinira les normes mêmes de tout le problème.37 CO 00 > L'homme nouveau "Même si l'Aleph vit en nous, nous marchons plans la plus grande noirceur et plutôt que de revivre comme des êtres neufs sans passé et sans futur nous partageons des existences médiocres.C'est que nous avons été conditionné à "mal penser" en empêchant l'Aleph en nous de fonctionner.Encore plus que cela; si nous croyons que la Révélation peut venir de quelqu'un (qu'il porte le nom d'Abraham, Moise, Jésus, Mahomet ou qui que ce soit) nous donnons encore plus prise à la désillusion car quoi qu'on lise, quoi qu'on croit, il s'agit toujours d'une perception que nous avons de l'expérience de quelqu'un; ce ne sont là que des projections n'ayant rien à voir avec notre propre réalité.Les seules vérités que l'on peut trouver, nous ne les trouvons jamais qu'en nous-même." (Suarès) m e cette phrase, on peut en déduire que, pour la Kabbale "secrète", il ne saurait être question d'un corps de doctrine ou d'une mystique quelconque.Chacun est responsable de la Révélation: l'homme nouveau ne peut originer que de la propre conscience qu'il a de lui-même et du conflit-enjeu entre l'Aleph et le Yod.C'est la raison pour laquelle des instruments comme le Tarot et le Yi-King peuvent è-tre des compléments à la Kabbale même si, en gros, leur impact, leur signification et le cadre de leur préoccupation semble moins global.En voyant l'importance fondamentale accordée au Corps, à ce réceptacle de l'énergie vitale qu'est l'Aleph, on ne peut s'empêche de penser aussi à l'alchimie.Dans ce cas, le rapprochement semble plus concret.Il faut dire que, historiquement, plusieurs experts font dériver l'alchimie de la Kabbale.On y retrouve du moins des préoccupations similaires et la synthèse qui est à la base de l'ouvre alchimique reproduit presque mot pour mot la jonction positive de l'Alepn et du Yod à ce moment précis où le YHWH habite l'homme.Puisque nous en sommes aux rapprochements, il faudrait souligner que la distinction faite ici entre les "trois Kabbales" est tout à fait arbitraire.La Kab- bale "pratique" peut être considérée comme une tentative concrète pour atteindre à l'état de YHWH et le Golem, une fois éliminé son petit côté Frankenstein, peut fort bien ressembler à l'homme nouveau.De même les très hautes spéculations de ce que nous avons appelé la Kabbale "traditionnelle'' concernent en fait un champs d'analyse auquel on a accolé, par suite de l'influence des courants religieux, le nom de Dieu; pourtant, si dans la multitude des oeuvres qui composent la Kabbale on remplace ce Dieu et toutes les déductions qu'on a faites sur son essence, on peut en arriver à saisir la dimension globale de cette interrogation que représente la synthèse de l'Aleph et du Yod.C'et encore Suarès qui précise ce point.MAINMISE 39 "Chacun de nous a un choix à faire et ce choix doit être fait en toute liberté.Nous pouvons, si nous le voulons, vivre comme une race animale développée qui a cessé d'avancer sur l'échelle de l'évolution et continuer à fonctionner à l'intérieur des limites des condi*onnements que nous connaissons et de l'accumulation des automatismes appris à travers l'Histoire.La plupart du temps nous limitons notre conception de l'être à des patterns qui nous semblent satisfaisants: NOTRE culture, NOTRE mode de vie, NOS traditions, NOTRE système moral, NOTRE façon de penser héritée du passé, et nous essayons de trainer tout cela dans un éternel futur.En maintenant ces attitudes (avec l'aide des systèmes sociaux, des religions et des systèmes scolaires que nous nous sommes donnés) nous sommes en train de tuer l'humanité-à-naître que nous portons tous en nous.Nous rejetons la Révélation.Notre rigueur morale et notre religiosité ne sont que des hypocrisies.Il y a un choix, un choix difficile.A l'intérieur des cadres de ce choix, l'homme cessera de dénaturer la féminité dans le but de gratifications sexuelles, en enlevant à la femme toute égalité, /"exploitant et la dominant à tous les niveaux en imposant au monde un type de société exclusivement maie.Le choix implique que l'on dépasse tout cela.Nous devons rejeter tous les conditionnements psychologiques imprimés en nous par la société, par la traditon et par le passé.Ce choix est difficile; il implique que chacun soit d'abord responsable de lui-même.C'est pourtant la seule façon de faire passer la Révélation La seule façon de faire naître la véritable humanité." Y-a-t-il une meilleure façon de terminer cet apreçu sur un ensemble de textes qu'on dit encore "ésotériques" et nébuleux?40 MAINMISE On pourrait croire que le cycle cultural ne commence qu'au printemps.En fait, celui-ci commence en janvier, avec l'achat des graines et la préparation des semis intérieurs.C'est de ces deux choses que je parle ce mois-ci, en espérant avoir donné toutes les informations nécessaires.On peut toujours acheter ses plants en boites mais on s'expose alors à une mauvaise qualité de ceux-ci, à un cout désagréable et à une pauyreté des variétés disponibles sur le marché.Il vaut donc toujours mieux de partir ses plants chez soi: Semis Intérieurs Trois conditions sont essentielles à l'évolution de la graine: il faut que celle-ci soit normalement constituée, parfaitement mûre et douée de vitalité.La vitalité de la graine consiste en son pouvoir germinal if, certaines graines ne conservant celui-ci que peu de temps — angélique, ombellifères en général—, d'autres, le conservant des siècles — lotus sacré des Indes etc.Il vaut toujours mieux acheter ses graines chez un bon pépiniériste ou grainetier que de se servir de celles qu'on a récoltées (sauf dans le cas des fleurs), certaines réclamant des traitements préalables spéciaux, refroidissements etc.De même, il vaut toujours mieux acheter les graines dans la région où Ton habite car elles ont plus de chances d'être adaptées au milieu.Les catalogues de semences sont en général disponibles fin-janvier.On classe généraleemnt les plantes en fonction de leur durée de vie: il y a les plantes annuelles, bisannuelles, plurian-nuelles et vivaces ou pérennes.Les vivaces rustiques sont celles qui supportent l'hiver québécois sans protection spéciale (au contraire des non-rustiques qui exigent un pailiis ou d'autres soins).Les conditions nécessaires à la germination sont au nombre de cinq: présence d'air, d'eau, de lumière et de chaleur: bon état du terreau employé.Air: L'endroit où l'on garde les semis doit être bien ventilé mais jamais exposé aux courants d'air.Eau: L'humidité des boites à semis doit être gardée constante.Des arrosages lé- gers et réguliers sont préférables à des arrosages abondants suivis de périodes de sécheresse.Lumière: L'endroit où sont placées les boîtes à semis doit être bien ensoleillé.Les bords de fenêtres sont un mauvais endroit où placer les semis: la lumière y est trop diffuse, l'air, trop sec, et la tempréature, trop élevée.Certaines espèces (dont l'herbe-qui-rend-fou) réclamant 18 heures de lumière par jour, on peut toujours s'équiper d'un néon spécial (qui fournit aussi de la chaleur).Chaleur: La température générale de germination est de 65-70 F.Cependant, quand les plantules ont formé deux feuilles, elle peut varier entre 50-60 F., la nuit, et 70-75 F., le jour.Matériel de base Terreau, mousse de tourbe, sable, débris de pots cassés ou gravier, boîtes de bois de 3-6 pouces de haut, morceaux de verre ou de plastique, pots de tourbe, arrosoir à trous super-fins ou jet à brume et boyau d'arrosage, semoirs en plastique et néon spécial.À noter que c'est en janvier que les prix sont les plus bas pour tous les articles de jardinage.Étapes 1.Préparer le terreau en mélangeant 1 fois de terre, Vi fois de mousse de tourbe et 1 : fois de sable.Ce mélange doit être léger, poreux et bien drainé.2.Remplir le fond des pots ou des boîtes à ensemencer de débris de pots cassés ou de gravier puis du terreau préparé jusqu'à W pouce du bord.Tremper les pots dans de l'eau jusqu'à ce que la terre en soit tout imbibée.3.À l'aide d'un morceau de bois, tracer des sillons léger de - Va de pouce, espacés de 2 pouces.Semer les graines à l'aide d'un semoir en plastique et couvrir très légèrement d'un mélange de terre et de mousse de tourbe.Pour les graines moyennes et grosses, le principe est de couvrir d'une épaisseur faisant trois fois la taille de la graine; pour la semence très fine (lavande, tabec), ne pas couvrir.4.Couvrir les pots et boîtes de semis de morceaux de verre ou de polyethylene ou de plastique.Ceux-ci seront retirés quand les plantules en approcheront.5.Deux à trois semaines après la germination, transplanter les plantules, soit en pots de tourbe (tomates, aubergines etc.), soit en boîtes (poireaux, choux d'été etc.) contenant un mélange d'I parité de terre, 1 partie de mousse de tourbe et 13 de partie de sable.On peut aussi se servir du terreau précédemment employé.Laisser 2-3 pouces de distance entre les plants, dans tous les sens.Presser la terre sur les racines qui doivent être bien enfouies dans le sol.La tranplantation favorise le développement des racines.Pour permettre la réadaptation des plantules, garderr ceux-ci à l'ombre quelques jours puis les remettre au soleil.6.La transplantation à l'extérieur commence, pour la plupart des plantes vers la mi-mai et se poursuit jusqu'à la deuxième semaine de juin.Plus tard, les plants se trouvent à rater le rythme de montée de la saison.7.Pendant tout le temps des semis, voir à ce que les conditions plus haut cités — air, eau, lumière, chaleur — soient bien respectées.Conseils généraux • On peut stériliser le terreau à l'eau bouillante avant l'emploi.Cela diminue les risques de maladies et d'infestation d'insectes.• Jusqu'à leur emploi, les graines doivent être conservées dans un endroit sec et à l'abri de l'air.•A cause des phénomènes d'antagonisme, de phytotoxie et de compétition, il vaut toujours mieux ne jamais semer deux sortes de graines dans une même boîte (voir à ce sujet et sur le cycle de vie de la plante le très beau livre de L.Guyot, "La Biologie Végétale", Que sais-je?492, $1.45).MAINMISE 41 •Prévoir un budget de 5.00-S50.00 pour l'achat des graines et autres matériel (tout dépendant de la grandeur du jardin qu'on va faire et du nombre de variétés cultivées).•La maladie la plus fréquente des semis est la Fonte.Elle est due principalement à un mauvais drainage, une mauvaise circulation d'air et un manque de soleil.• L'eau employée pour arroser les plants doit toujours être à la température de ceux-ci.Le matin, juste avant le lever du soleil, est le meilleur moment du jour pour arroser.On peut aussi arroser le soir, une heure après le coucher du soleil (quand les plants ne sont plus chauds).•Ne jamais laisser les boîtes de semis en contact direct avec le sol.Toujours les surélever, tant pour la chaleur que pour la circulation d'air.•Toujours réserver un temps de repos (d'obscurité) aux semis.Liste des principales plantes à semer intérieurement Herbes: absinthe, Angélique, Basilic, Estragon, Lavande, Marjolaine, Romarin, Thym, Herbe-qui-rend-fou.Légumes: Aubergine, Céleri, Chou d'été, Gombo, Piments, Tomates (plusieurs variétés).L'asperge et la rhubarbe ne commencent à produire que la troisième année, l'artichaut produit en général la deuxième.Fruits: Alkékenge, Bleuets de jardin.Fraisiers sans coulants, Tomates jaunes.Fleurs: Pour arbustes fruitiers et fleurs, consulter un catalogue.Pour une première année: Aubergine, Chou d'été,Piments, Poireaux, Tomates, Basilic, Estragon, Marjolaine et Thym sont plus spécialement recommandés.Il vaut toujours mieux obtenir beaucoup de peu que rien de beaucoup.Couche chaude, couche froide, serre.Si l'on dispose de trop peu de place à l'intérieur pour transplanter ses plants, on peut toujours installer ceux-ci, dépendant du besoin en chaleur, en couche chaude (constituée d'une bonne épaisseur de fumier couverte de 8-10 pouces de bon sol préparé) ou froide (constitué de 8-10 pouces de sol préparé.) Les couches sont gardées sous chassis ou sous des plastiques montés sur des rectangles de bois.On peut aussi se construire, avec du 2X4, du plastique et de [l'imagination, une serre.Dans les trois cas, voir à la bonne orientation des semis par rapport au soleil.Note: Ne jamais laisser les plants en couche chaude car dès que les racines de ceux-ci atteignent le fumier — dont le rôle est de fournir de la chaleur, — elles brûlent.C'est le temps de.• Nourrir les oiseaux qui, en ce temps de l'année, n'ont rien à se mettre sous le bec.A cet effet, le sapin de Noël peut ser-vir: après l'avoir mis'au milieu du jardin, on en coupe quelques branches — orientation sud-est — et on place là des gobelets de graines de sésame ou de tournesol.Le sapin sert d'abri aux oiseaux qui, dès le printemps, contribueront à détruire les graines de mauvaises herbes et les insectes.•Semer des graines de "pieds d'alouette" qui fleuriront en mars-avril.On peut de même couper des branches de buissons à "minous" qui, mises dans l'eau, ne tarderont pas à fleurir.•Si l'on a mis des bulbes en pots en automne pour floraison intérieure, c'est le temps d'aller voir s'ils ont commencé à germer.Si oui, il faut les amener à la chaleur au plus tôt.C'est tout pour ce mois-ci.Il sera question le mois prochain du travail de préparation et d'aménagement du jardin (plan, méthodes etc.).Carottement vôtre.42 MAINMISE Rêveries sur le Corps et Janvier, mois du Capricorne.Le poisson-chèvre.Sous-bassement de tout l'édifice.Le plus terre des signes de Terre.La matière première.Au début.L'enfance.Voici au hasard de leurs apparitions des rêveries et des techniques; organisation de la fête, célébration de ce que nous sommes, dans le différent et le semblable.Tous les humains ont une seule chose en commun: le corps.Ce vieil ami, cette chère maîtresse.Je rêvais que je flottais en liberté dans le grand éther, et je vis l'univers qui flottait lui aussi pas très loin de moi et qui s'était rapetissé à la grandeur d'une pomme.Alors un ange la prit dans ses mains, me l'apporta et me dit: de ceci tu dois manger.Et je mangeai le monde.Emerson Deux citations qui se rencontrent et se font l'amour explosent dans une mutation.Dans le coin gauche, weighing quelques millions d'années, citation d'Octavio Paz: "Le corps n'a jamais cru au progrès.Sa religion n'est pas le futur mais ('aujourd'hui." Dans le coin droit, weighing tout le poids de la misère humaine que personne n'a jamais pu réfuter, citation de Baudelaire: "Le seul progrès consiste dans la disparition des traces du péché originel." Le corps et l'Innocence.Ce que crie à tue-tête Rouseau, Marx, Freud, Brown, et toute une humanité qui est tannée de souffrir: nous sommes innocents par nature, nous ne sommes pas obligés de vivre comme nous le faisons.LE GRAND MENSONGE.LA GRANDE ILLUSION.A la recherche du temps perdu.Pourquoi l'enfance est-elle heureuse ou supposée l'être?Que veut dire: redevenir des enfants?Les enfants n'ont pas honte de leurs corps.Mais la famille et la société se chargent de la leur apprendre assez rapidement.La névrose collective se transmet assez bien merci et vous.Mais il n'est pas écrit dans les nuages et sur les arbres qu'on doive en rester là.Bien aux contraires; demandez aux oiseaux et aux abeilles.Bon, alors on se pose la question: y a-t-il moyen de retourner à l'innocence du paradis et que mange cette bébite là en hiver.Objection: le paradis c'est un mythe et y'en-a-assez-de-mêmes sans en ajouter d'autres.Réponse 1) Houses of the Holy de Led Zeppelin; réponse 2) le paradis n'est pas un mythe au sens symbolique, poétique et ben cute.La race humaine après des millénaires de sueurs physiques mentales a trouvé les données technologiques et psychologiques du Jardin.Checkez avec les Amérindiens.La Terre.Le corps.Point besoin d'aller nulle part.Même pas besoin de jardiner.Certains indiens refusaient l'agriculture parce qu'ils ne voulaient pas déchirer et blesser "le corps de terre-mère".Ben oui y'a des fous d'même.Comprendre la Terre.Le Corps.Transformer le regard que nous en avons.Comprendre l'extase.46 MAINMISE hniques sacrées de la Chai La sensualité ne doit pas dominer le spirituel et le spirituel ne doit pas dominer la sensualité.Une personne libre exprime dans sa sensualité les qualités spirituelles de la raison, et dans sa raison la puissance élémentaire de la passion.Goethe. le corps vu et raconté par un québécois bE CORPS VÉTU DE MOTS EDITIONS OU JOUR Un itinéraire québécois.Celui de Jean-Claude Dussault.Dans les années cinquante, il se mêle aux automatisas et y découvre Marx et Freud qui remettent toute la société en question et dénoncent l'aliénation sous toutes ses formes.Voyage à Paris plus tard, et c'est la grande découverte de la Tradition universelle, la grande Symbolique cosmique.Lecture de Spengler et de Guenon.Ce dernier l'emporte dans sa tête: condamnation de l'époque et retour à l'approfondissement par l'intériorité.Voyage aux Indes, comme pour confirmer sa nouvelle vision de la Tradition et de l'Hindouisme.Retour à Montréal et, au début des années soixante, redécouverte de Marx et Freud à travers les oeuvres de Marcuse et de Norman O.Brown.C'est la démystification de notre civilisation; défaire le GRAND MENSONGE de notre civilisation qui nie l'Homme et qui en fait le fruit de refoulement.Nécessité de la purification.Il publie alors POUR UNE CIVILISATION DU PLAISIR.Il y cite Brown, Marcuse, Alan Watts, et Duvignaud dont il reprend l'intuition de son POUR ENTRER DANS LE XXe SIÈCLE: l'abandon de nos vieilles structures de pensée pour renaître.Par la suite, il publie 500 MILLIONS DE YOGI, qui est le fruit de son voyage aux Indes.Il y expose le système hindouiste et en montre l'incroyable rigueur et logique.A la base: la volupté d'être; mais cette volupté est niée par la distraction mentale, les grilles intellectuelles du refoulement, le pognage.C'est la redécouverte du corps comme porte de sortie à l'illusion et l'ignorance; redécouvrir dans son corps que la séparation est illusion, que le corps est relié à chaque instant et d'un seul coup à tout le reste de l'univers et que percevoir ces liens cosmiques c'est faire pénétrer la volupté d'être.Nous sommes faits pour le bien-être, et seule l'agitation mentale empêche ce bien-être.En 1972, publication du CORPS VÊTU DE MOTS.Un des livres québécois les plus importants.C'est la synthèse entre les dénonciations occidentales de l'aliénation (Marx, Freud, Marcuse, Brown), la grande Tradition symbolique, l'Hindouisme, le Bouddhisme.C'est un théorème parfait qui mène des ténèbres de notre condition mentale et sociale à la grande libération dans la jouissance cosmique.Table des matières: corps uto-pique, corps d'enfance, corps fantasmé, corps subtil, corps de désir, corps de culture, corps politique, corps de jouissance.Que signifie "vêtu de mots"?Le corps de l'enfant est une géographie et une topologie du plaisir: chaque caresse y laisse une marque.La famille et la sociétâoblige l'enfant à délaisser le plaisir et à construire à partir de cette énergie aliénée une super-structure mentale de MOTS qui remplacent le plaisir perdu.C'est dans cette condition mentale aliénée et désastreuse que vit l'adulte qui a perdu la notion de volupté (sauf dans l'orgasme rapide du coït).L'adulte a oublié qu'il a un corps; il ne vit plus que dans l'agitation mentale.Retrouver la volupté, c'est retrouver le corps de l'enfant, cesser de croire que l'individualité (toute mentale) est une condition "normale" de vie, et retomber dans la grande solidarité cosmique où tout est relié à tout sans couture.Faire taire la tête et laisser vibrer librement le corps aux rythmes cosmiques et voluptueux qui le traversent de part en part.Il faut se débarasser des notions occidentales de volontarisme, de dévotion, d'individualité propre, notions qui n'ont mené qu'aux guerres sanglantes et à une féroce aliénation sociale.Dieu n'est pas un monsieur barbu qui nous "guette" de là-haut, mais une énergie impersonnelle et cosmique qui pénètre tout puisqu'elle est tout.La misère et le malheur viennent de l'illusion de l'individualité, croire qu'on est un, seul, perdu dans tout ça.L'individualité séparée est une condition d'ignorance qui voile la volupté d'être, qui cache la jouissance cosmique.Dussault n'est pas tendre pour l'occident.Il dénonce la notion d'un dieu personnel qui ne nous apporte que l'intolérance guerrière, la dévotion aliénée et puritaine, les guerres et la misère sociale.Le christianisme qui se dit religion d'amour n'en a été qu'une de haine et de puritanisme: convertir les païens ou l'infidèle, nier le corps, le torturer, le battre.Parfaite aberration.C'était nier les fondements même de la vie qui se situent dans le corps, nier le flot de l'énergie cosmique impersonnelle dans nos corps qui la transforment en jouissance et volupté.Redécouvrir le corps, c'est déconstruire d'abord les structures mentales qu'y ont greffées la famille et la société.Désapprendre l'aliénation.Retrouver le cosmos et son grand buzz.Percevoir, c'est découvrir et on découvre jamais que ce Qu'on est, on ne découvre jamais que son propre corps.48 MAINMISE Voici quelques citations du Corps vêtu de mots.Le corps de par sa nature même est accordé au rythme universel des êtres et des choses, substance informée par une conscience organique dont on,a vu qu'elle était coexistente à toute forme de vie, étant en somme la vie même.Le corps est en communication immédiate avec tout ce qui vit; son activité essentielle est la jouissance, en deçà et au-delà de toutes les superstructures psychiques qui le constituent en corps de malheur.La sensation est essentiellement constituée d'un échange énergétique qui est à la source même du plaisir.Le corps, plus que l'esprit, participe à l'universalité et à la splendeur de l'être.Le corps d'enfance est fait d'une participation sans résistance au cours des événements énergétiques qui forment l'existence, fait d'un sentiment de plénitude qu'on a qualifié d'OCÉANIQUE et qui s'identifie à l'image et à la présence de la mère.Le corps de l'enfant est un corps MARQUÉ.L'ensemble des marques, qui sont à proprement parler les zones érogènes, constitue un réseau de significations qui est le caractère premier de l'individu, sa lettre ou son chiffre.Cette inscription, cette lettre première est à la fois la marque, le souvenir, l'évocation du plaisir déjà éprouvé et donc possible, et le lieu d'un manque, d'un vide, d'une absence.Le refoulement est à l'origine non seulement de notre vie mentale mais de l'individualité même.Et à plus forte raison, à l'origine de toutes les formes sociales.L'inscription dans le corps de l'enfant de la TOPOGRAPHIE de la jouissance.Le corps devient ainsi littéralement langage, la lettre qui se forme à chaque ouverture érogène du corps en étant à la fois l'obturation et la réalisation, trace réactivable et transmissible.Le corps de l'homme est un CORPS VÊTU DE MOTS.Il n'y a pas deux ou trois sortes d'existences, mais une seule et tous les phénomènes qui se produisent à un niveau sont les répondants exacts des phénomènes de tous les autres niveaux.C'est pourquoi chaque niveau d'existence offre sa propre voie de réalisation de l'universalité, c'est-à-dire sa propre voie d'accès à la volupté d'être.La configuration physique épouse la forme même du corps de désir.Le corps est le lieu par excellence de la connaissance que nous pouvons avoir de nous-mêmes et du monde.L'intuition est le langage du corps dans la pensée.Travailler sur les éléments matériels (c'est-à-dire faire oeuvre scientifique), c'est agir sur soi-même et DÉVOILER la nature, c'est se découvrir soi-même.Ainsi, tout l'enseignement taoiste porte sur la nature dite "inconsciente": les arbres, les fleuves, les montagnes, etc.La contemplation de la nature a pour but de faire vivre à l'adepte, en dehors de toute connotation psychique, son appartenance universelle au-delà de sa réalité phénoménale, les deux aspects ne constituant qu'une seule et même chose.Dans l'optique traditionnelle, la nature physique et le corps étaient considérés comme le seul véritable champ de transformation de l'être.Le désir est, en Tin de compte, la forme même de l'être.Et le paradis n'est finalement que la projection extra-terrestre du désir.La quête fondamentale de l'érotisme, c'est la reconstitution de l'unité perdue.Le corps y cesse d'être un morceau de réalité isolé pour redevenir un tout.Le plaisir recherché toute la vie est, en un sens le schéma mental d'un mouvement vers la réunion cosmique, union qui ne peut se réaliser que dans et par le corps.Trouver une voie de retour à la simplicité, à la volupté de l'être, dans la jouissance d'une plénitude qui a constitué le fond le plus constant de la quête humaine; atteindre à la jouissance SANS PEUR ET SANS SÉPARATION.Les mouvements de contestation de contre-culture s'alimentent à des fantasmes de caractère féminin se rattachant à une quête de chaleur humaine et de sécurité globale qui nous reporte à la double image de la Mère-Nature.C'est la grande aventure des RETROUVAILLES DU CORPS, à laquelle se livre une partie importante de la jeunesse contemporaine.La lutte contre la culture oppressive représente une marche inverse de celle de la civilisation (construite sur le refoulement), c'est-à-dire une tentative pour retrouver le corps, le sensible, le concret (la voie de la volupté universelle) derrière le voile devenu trop opaque des symboles et du langage.C'est une lutte contre l'esprit humain tel qu'il s'est constitué, une remontée dans l'échelle de l'hérédité, non pas tant vers l'abolition de l'humanité aue vers une nouvelle forme d'humanité.Il faut imaginer une culture qui referait le chemin du corps perdu vers une plus grande liberté, liberté rendue concrète par une plus grande.accessibilité au plaisir des sens et à une plus grande participation à l'allégresse naturelle de tous les êtres.Le fondement même de l'érotisme est le rapport entre deux ou plusieurs corps qui se découvrent et se transforment les uns les autres.Les principaux termes de cette réconciliation avec le corps et avec la nature (au fond la même chose) sont l'expansion des sens, l'ouverture aux rapports concrets avec les autres corps et la recherche d'une volupté perdue par suite de l'envahissement d'une activité mentale désorbitée: mettre fin à l'agitation mentale.Le corps lui-même est aujourd'hui menacé d'étouffement dans un corset qui se prend pour la réalité.C'est sur le modèle d'enfance que l'homme doit refaire son corps, pour une vie qui n'en soit pas une d'accablement et d'agonie, mais de volupté.Si l'on peut dire, à partir de nos rêves les plus profonds, que l'homme tend vers le plaisir sans limites et le bonheur, l'organisation politique tend, avec la même constance, vers la puissance, la possession du monde, parce qu'elle a comme moteur l'agressivité et la peur.Le caractère ténébreux de l'institution politique rend compte du fait que plusieurs sociétés traditionnelles considéraient la politique comme une arène où "les forces du mal" pouvaient se livrer un combat échappant aux règles ordinaires de justice et d'équité.L'Homme universel représenterait le corps total de l'humanité dont chaque individu ne serait qu'une cellule, la cohésion entre les cellules étant assurée par l'érotisme qui tend à conserver la substance vivante et l'agréger en unités toujours plus grandes.C'est là le véritable modèle politique du monde.La nouvelle culture a le souci d'établir le jeu au centre même' de l'activité de l'homme, selon une intuition qui remonte aux plus vieilles institutions humaines.La réalisation du corps de jouissance.L'homme éclairé, dont la conscience embrasse l'univers, a pour corps l'univers.Le corps est pour chacun de nous le point de rencontre avec l'universel et c'est par lui et non par l'esprit (que nous avons vu émerger du corps comme un système abstrait d'actions-réactions) que nous sommes reliés à l'universalité de l'être, à l'Homme universel.Il s'agit d'éveiller dans le corps (subitl et grossier) l'énergie créatrice, c'est-à-dire de faire jaillir de ce noeud qu'est le corps dans le système énergétique la force cosmique qui anime l'univers.L'exemple le plus spontané d'une telle action est celui de la fission de l'atome dégageant une incommensurable énergie.Le but visé est l'illumination, c'est-à-dire la désintégration de l'individualité dans la volupté d'être.Ce monde sensible est notre réalité première; c'est dans notre corps que se célèbre la béatitude de l'être et que se produit l'illumination de la conscience cosmique.A l'image de la conscience universelle l'énergie elle-même est lumière."Ceux qui ne veulent par reconnaître la nature divine du phallus, qui ne comprennent pas l'importance du rite sexuel, qui considèrent l'acte d'amour comme vil et méprisable ou comme une simple fonction physique, sont sûrs d'échouer dans leur tentative de réalisation matérielle ou spirituelle.Ignorer le caractère sacré du phallus est dangereux, tandis qu'en le vénérant on obtient le plaisir et la libération." Shanda Purana C'est par la réalisation dans la jouissance du désir qui nous constitue comme pures singularités erotiques que nous pourrons peut-être retrouver la voie de la volupté universelle et vivre libérés, le corps .désormais ouvert au jeu de l'existence, dévêtu de l'illusion des mots de ce que Nietzsche appelait "l'universalité du non-vrai, du mensonge, folie et erreur qui sont les conditions de monde intellectuel et sensible." Ce que l'art tend à produire sur le plan individuel ou collectif, la jouissance le réalise sur le plan cosmique et universel.C'est la quête perpétuelle de l'homme et son seul pressentiment nous est déjà lumière et raison de vivre.MAINMISE 49 est Tout Une introduction à la pensée de Stanley Keleman: Stanley Keleman écrit comme il parie et parle comme il écrit Ce qu'il dit vaut d'être entendu parce que c'est à point, réfléchi et vécu.Autant quand il parle de son expérience à lui que de la nôtre.Il écoute comme il parle et parle comme il écoute, il partage.Les gens s'ennuient rarement pendant ses conférences, lis sentent qu'il aime ce qu'il fait, qu'il y croit Ce qui dans sa pensée est intéressant est l'accent mis par lui sur la tendance naturelle qu'a le corps à faire ce qui est bon pour lui-même.StJ^lijf Keleman ne prescrit jamais.Il regarde, écoute, aide les gens à sentir, lés invitant à regarder, écouter et sentir en retour.Tout ceci peut paraître compliqué.En fait, c'est très simple.Dans son introduction au livre récent de Keleman, "ta sexualité, le Moi et la survie", Peter Marin note que si pour Freud, la réalité était affaire d'adaptation, pour Reich, de santé, pour Keleman, elle est essentiellement affaire l'équilibre.Pour lui, en effet, la réalité se définit d'abord ne un processus évolutif, une sorte de terré rencontre perpétuel entre ce qui est en-dedans (li l'âme) et au-dehors (les autres, te monde).La réalh avant tout ce qu'un être est en voie de devenir et ce, à tÉÉ; les niveaux de son existence.Les vraies chances de changement et de révolution sont dans les individus; d'où ses attaques contre la Culture.Car s'il respectffaH technologie, il n'a dans fa preuve scientifique ou logique qu'une confiance limitée.C'est ainsi qu'on peut soul|||| relever des contradictions dans sa pensée.En fait§|||l contradictions ne sont qu'apparentes car la contradiction est part intégrante du processus vital dont il se réclame.Il a à son crédit les oeuvres suivantes: "La sexualité, le Moi et la survie", Lodestar Press, 71 (dont nous reproduisons des extraits), "Les concepts bio-énergétiques du grounding".Lodestar Press, 70, ef'Todtmoos", Kairos Press, 70.J'ai, dans ma façon de voir le réel, une loi strictejjSZ laquelle je ne déroge jamais: si je suis en contact avec moi-même, je suis en contact avec le monde.La relation que j'ai avec mol-même est la même que celle que j'ai avec lui (pareille et parallèle à lui).Je suis mon cdrps avant tout.C'est mon principe de vie et de travail.L'important est de se débarasser de cette idée idiote: "J'ai un corps".La tête n'est pas le centre du corps, tout le corps est un centre.Le corps n'est au service d'aucune partie du corps.Quelque point de vue qu'on adopte à propos de la question de savoir si l'homme est une entité spirituelle dotée d'un corps, ou une entité physique dotée d'un esprit, on ne peut, en effet, mettre en doute le fait que le processus vital d'un être crée une stricture (laquelle est, en fin de compte, le processus vital lui-même).L'homme est avant tout processus vital en tant que corps.La psyché correspond toujours exactement à ce qu'un être est physiquement.Sa gestuelle particulière est l'expression propre de la psyché d'un être.Pour moi, le contenu ou les causes d'un conflit d'ordre psychique n'en sont jamais le facteur essentiel.La qualité du mouvement général du corps, voilà le facteur essentiel.Tout conflit d'ordre émotif chez un être équivaut à une distorsion de son mouvement physique profond.C'est, en tout cas, mon point de vue.Le corps n'est-il pas le pont entre le passé historique, la réalité d'aujourd'hui et le futur "qui se fait déjà"! Je vois donc l'affaire de la vie comme étant le processus unique exprimé, s'exprimant, à travers le déroulement (les cycles) de la vie du corps.Si nous réalisions la vérité que nous sommes nos corps, tolérerions-nous plus longtemps les tortures émotives qui nous sont, dans notre civilisation, infligées chaque jour et qui cherchent à tuer peu à peu, au nom de l'Ordre et de la Raison, le flot d'énergie et d'émotions qui est en nous?Supporterions-nous une minute de plus cet environnement violent créé par la culture technilogique qui nous infirme chaque jour?En fait, nous ne tolérons cette torture et ces blessures que par le refus de nous-mêmes en tant que corps.Je traduis, moi, la phrase: "Dieu est mort" par.' 'Le Corps est moit".- ^,: Gui dit organisme vivant, dit sexualité.Notre fonctionnement sexuel est l'indicateur précieux (et précis) de notre harmonie ou disharmonie de fonctionnement.En autant que notre sexualité ne s'accomplit pas, nous sommes infirmes.Le mouvement biologique de base d'un être tend vers un accomplissement génital et sexuel.C'est de cette MAINMISE façon que nous sommes grounded (n.d.t: j'ai essayé, mais en vain, de traduire le mot "grounded" en français; j'emploie donc le mot anglais dans l'article).Grounding signifie être sur la terre, en contact avec elle, aussi bien qu'être soi-même la terre en relation avec le monde et les autres.Le contraire de grounding, c'est (a fuite.C'est la négation du grounding (par ignorance, peur ou refus) qui nous coupe de nous-mêmes et de la nature.Dans notre civilisation, la tête a été plus que victorieuse à prendre le contrôle du coeur.Le coeur doit se réorienter.Car aussi longtemps que nous négligerons le sol et les racines, nous serons en conflit.Je parle ici bien sûr du soi de vie qu'est la sexualité.Où alors situer le centre?En fait, le centre n'est pas situable puisque c'est l'amour.Le mouvement de l'homme vers l'accomplissement de sa sexualité est son mouvement vers l'accomplissement de sa vie, de la vie.La plupart d'entre nous cherchons à découvrir la vie d'une manière "intellectuelle".C'est le blocage numéro un.Le "Je dois comprendre" est exactement le mécanisme qui dit: "Je ne peux être avant d'avoir compris." Est-ce atttsj que procède la vie?Bien sûr que non.La vie est faite d'événements mécaniques.Malheureusement, trop souvent, nous croyons qu'il y a plus de sens aux processus mécaniques qu'à la vie elle-même.C'est une absurdité.La psychologie n'est pas la vie.On a du monde une vision tout à fait différente quand on pense biologiquement plutôt que techniquement Dans sa théorie de la relativité, Einstein insiste sur l'importance de l'observateur par rapport à l'événement observé.Toute la vie est affaire de relations des choses et des êtres entre eux.Si nous ne sommes pas en contact avec notre propre nature, comment pouvons-nous alors percevoir quoi que ce soit clairement?Si nous sommes distordus intérieurement, il est bien évident que toute notre perception du monde le sera aussi.Malheureusement, nous considérons notre vie émotive et biologique comme un animal stupide et le traitons en conséquence, comme si le corps n'avait pas son intelligence à lui.Pour moi, les vies physique et spirituelle du corps répondent pourtant au même patron d'énergie.Ce qu'est le grand patron, Dieu seul le sait mais de vivre en ce patron, d'en être conscient, d'y être sensible, j'ai beaucoup plus de respect pour la vie et je comprends qu'elle dépasse de loin nos petits moi et qu'elle les dépassera toujours.C'est que la vie est en elle-même assez intelligente pour nous vivre.Souvent même, malgré nous.Un des plus grands problèmes que j'ai eu dans ma vie fut de retrouver l'intégrité de mes processus instinctuels de sorte que je puisse arriver à connaître la vérité, J'en suis venu à la conclusion que plus je suis vivant, plus je connais la vérité.La conscience du flot vital en moi, voilà déjà une grande vérité.Plus l'organisme se perçoit lui-même, moins nous avons à chercher la vérité.Bien des choses deviennent évidentes d'elles mêmes dans la conscience de son processus de vie.Plus nous sommes capables de percevoir de tout le corps, plus nous avons de chances de percevoir la vérité.La recherche d'une chose en laquelle croire ne se produit chez une personne que lorsqu'il y a manque de sensibilité chez elle.Un organisme bien en vie sait en quoi il croit Quand le corps d'une personne est sensible, personne ne peut lui dire comment expérimenter le monde.Personne ne peut prétendre lui apprendre la vérité parce que la vérité, elle en vit déjà.Le corps ne ment jamais.Ce que j'entends par une vision bio-énergétique de ta vie, c'est qu'il y a une énergie biologique qui travaille sans cesse dans le corps humain et qui a ses racines -dans la grande énergie cosmique.Energie cosmique Une aussi bien qu'unique et dont la manifestation, dans la sphère humaine, est d'abord celle du fonctionnement biologique.L'homme est son énergie et son corps est la première manifestation de celle-ci.Quand je dis, moi: "Je suis mon corps", c'est avec le sentiment profond que mes processus de pensée participent de la même fonction biologique que mon' corps.C'est par mon corps, à travers lui et en lui que je suis enraciné dans le Cosmos.Tout ce qui compromet l'unité physique de mon corps le devise et m'est donc aliénatoire.Chez une personne, le premier signe de division sont les contractions musculaires spécialisées (chroniques).Chaque contraction musculaire obéit en effet à deux impératifs:Te premier: je me contracte pour survivre; le seeend: il me faut risquer la mort pour y échapper.Je me contracte aujourd'hui dans l'espoir de vivre demain.Les contractions musculaires doivent être vues comme un moyen de défense.Elles doivent être aussi vues comme des moyens d'expression déficients, en ce qu'elles limitent nécessairement le champ de la conscience.Car il est évident que lorsque des circuits de fonctionnement entiers du corps ont acquis l'habitude d'une contraction musculaire spécialisée, on n'est pas aussi ouvert au monde qu'on peut l'être quand le corps entier est libre.C'est un choix qui nous fut et nous est encore imposé par la culture: réduire son mouvement au nom de sa survie.Mais dans ce choix qui nous est imposé, le flot vital en nous se trouve brisé.Nous croyons libérer l'esprit en mettant le corps en esclavage.En fait c'est vers une érotisation, une sensibilisation de tout le corps qu'il faut idéalement tendre tout au cours de sa vie.Plus nous sommes en contact avec nous-mêmes, plus nous trouvons de magie dans nos vies.La sécurité est une illusion.Tout dans la nature nous crie qu'il n'y a pas une Chose telle que la sécurité.Tout mouvement est entre contraction et expansion, négation et affirmation.C'est entre ces deux pôles que nous nous mouvons.Si vous vous rendez compte (je ma façon de travailler, vous savez que mon but est de vous amener à expérimenter le monde par vous-mêmes, à expérimenter que le mouvement amène beaucoup plus de plaisir que la contraction musculaire chronique.Pourtant, dès qu'on accepte le flot vital en soi, on accepte aussi le fait de la mort inhérente à chaque mouvement en soi.On voit généralement la mort corruueune chose horrible justement parce qu'on ne vit pas assez au présent.Un organisme en vie rte craint pas la mort.Il sait qu'il s'accomplit qu'il MAINMISE 5) mplit sa vie, la vie qui lui est donnée.Ce sont les gens qui vivent mal qui pensent constamment à la mort Toute contraction piofonde brise donc le flot vital.Elle ralentit les processus métaboliques et crée un état relativement statique.Ce qui s'exprime dans le phantasme courant: "J'ai arrêté le temps, j'ai donc accédé à l'éternité." Le rôle profond de la contraction est justement d'arrêter plus ou moins le temps, de rejeter l'expérience présente, de créer une expérience statique dans laquelle on se croira à l'abri.Alors, on interprète cette structure statique comme une de survie.D'abord en rapport avec une situation particulière et, par extension, à une survie éternelle.De ce point de vue, on ne perçoit plus l'univers comme dynamique.Les états de contraction musculaire chronique amènent à une relation détachée, "intellectuelle" avec le ¦p au lieu d'une relation sjaj»||^8exuelle.Bien sûr, la contraction joue un rôle positif en autant qu'elle sert, comme je l'ai déjà dit, de mécanisme de défense dans les situations difficiles ou impossibles.Mais ce rôle de la contraction n'est positif qu'en autant et aussi longtemps que son but en est un de survie.Dès que ce but est atteint ou dépassé, elle devient negative et comme telle, devr; être abandonnée.Par opposition à ces états de contraction, il y a états de vie fondamentaux qui sont; l'état de vibration l'état de pulsation et celui de circulation (stream).Ainsi, le sens de vibration s'est approfondi chez quelqu'un, autres le perçoivent comme pulsation.Si c'est l'état pulsation qui s'est réalisé, alors on devient conscient duJBt vital (circulation) en soi, lequel se manifeste - pour donner deux de ses formes les plus courantes - dan^^l^ation du sang et la respiration.Le rythme, à mesure qu'il s'approfondit chez un être libère de plus en plus de sentiments de plaisir et de sécurité et ceux d'approfondir son identité et sa participation au monde et aux autres.L'acquisition chez lui du rythme xprime le sentiment d'être dans le droit chemin et en mmunion avec 1a nature.Ces trois états fondamentaux d'être, vibration, pulsation et circulation, n'ont rien à voir avec une simple excitation.Ils conduisent en fait à la capacité de sentir.Et les sentiments n'émergent pas du vide, ils sont le résultat de la mise en mouvement, en circulation, du flot vital en soi.Ces trois états sont les états fusionnant Htaue l'homme vit et la terre sur laquelle il le vit.Notre façon de voir le monde dépend essentiellement de la qualité de notre vie physique.Etre en vie, c'est la même chose qu'être instinctif.Une personne qui vit sensuellement-sexuellement s'oriente automatiquement vers le réel et est capable d'une grande somme de travail et de création.I WÊ Le plaisir n'est jamais (ne devrait, en tout cas, jamais être) une fuite de la douleur.Disons que c'est une excroissance naturelle d'un état organique d'unité et d'harmonie.La joie est le sentiment éprouvé par un être conscient de sa croissance et de sa vie.Nous qui nous vroyons des dieux parce que nous avons créé un monde, nous sommes pris en fait à notre propre piège en essayant de profiter de notre création plutôt que de faire notre bonheur de ta seule présence du créateur se manifestant dans nos actes de création.Toute structure est un processus vital ralenti ou fcfWfi Tout mouvement détruit et construit en même temps, au même instant.Une fois qu'on a compris que la vie est un processus biologique, l'organisme est son propre temps.Nous pouvons même en arriver à pouvoir examiner l'espace de vie de notre corps et de ceux des autres.Ainsi, il est très facile alors de voir chez une personne très rigide, qui agit par contrainte, ou paranoïaque, qu'elle rétrécit son temps et son espace de vie.Ce que je veux dire, c'est que nous ne vivons pas dans le temps et dans l'espace mais que nous sommes le temps et l'espace.Le déploiement de l'organisme n'est pas une chose qui se produit d'abord dans t'espace, c'est une chose qui déploie son propre espace.On peut trouver ces idées "intellectuelles"; en fait, elles sont pragmatiques.Disons, jËemple, que vous travaillez avec une personne.Si vous z du sentiment pour elle, vous verrez comment s'établira entre elle et vous une relation espace-temps particulière.Si vous essayez de lui imposer votre temps, si vous insistez, alors c'est que vous essayez, pour quelque raison que ce soit, de l'emprisonner dans votre espace-temps, au lieu de lui permettre ou de lui faire découvrir son propre espace de vie.Si vous n'essayez pas de vous imposer, vous verrez comment cette personne s'ouvrira.C'est que vous lui donnez la chance de se manifester librement dans son identité.C'est la liberté que nous donnent les gens de nous manifester, ainsi qui nous permet d'approfondir notre identité.En fait, une personne n'est jamais sans identité ni ne l'a jamais perdue vraiment Ce n'est que le manque d'espace vital, refusé ou nié par soi-même ou les autres, qui donne parfois l'illusion qu'on a pu perdre son identité.Les expériences de découverte de moi-même me sunt, dans ma vie, toujours arrivées quand j'ai su m'abandonner.Ce que je faisais alors était de permettre à mon processus d'énergie de me pénétrer plus profondément et de m'apprendre ainsi à le vivre dans un angle nouveau.Se servir de ses émotions signifie, d'un côté, s'exprimer, de l'autre, savoir s'abandonner à une relaxation profonde.C'est ainsi que quand on commence une forme nouvelle d'exercice ou de travail, on ne devrait jamais se' limiter à une expression qui penche tout d'un côté.Ainsi ne jamais procéder avec trop de sérieux, sans jamais se permettre la moindre folie, ou avec trop de folie, sans jamais se permettre du sérieux.On ne doit de même jamais craindre dans l'expression de soi-même l'incoordination ou le manque de grâce pas plus qu'on ne doit craindre d'exprimer sa puissance.Toute activité qui amène au monde puis en retire, créant un rythme équilibré dans lequel le corps s'épand puis se contracte, est un processus normal.Tout rituel dogmatique est un piège.52 MAINMISE Une des premières choses à accepter dans la découverte de sa sensibilité est l'incertitude.Le seul acte de se tenir debout n'implique-t-il pas à lui seul une instabilité très grande! Etre vivant suppose un système d'énergie qui n'établit jamais qu'une forme transitoire.Chaque pas est une chute.\M-'M Quand on voit le corps comme un processus vital, on voit qu'il n'est pas conçu en relation stable avec la terre.L'échec de la psychanalyse est du à son incapacité à modifier les structures du corps.Non que la psychanalyse soit sans valeur mais parce que la conscience n'est pas le but premier de la vie.Le but premier de la vie, c'est d'être en vie.La conscience suit le corps.Beaucoup de gens confondent l'analyse et la pénétration des choses.Ce n'est pas parce qu'on a divisé une chose qu'on l'a nécessairement comprise et pénétrée.WÈÈà L'homme a appris à dominer, et la femme, et Ce faisant, il s'est pourtant coupé de ses racine' compensation pour cet abus est de faire de la femme idéal, non comme une personne sexuelle mais comme une créature imaginée.Le but poursuivi ainsi est de couper la sexualité de la vie et de faire de l'autre une personne spirituelle.Je prends ici le mot "spirituel" dans son religieux le pire.Car quelle est la fonction d'une religion sinon de nous rapporter les expériences de vie profjpfés d'un autre?La plupart des religions, sinon toutes, essaient de nous révéler les mystères de la vie en nous disant ce qu'ils sont, non en nous faisant le mystère de la vie.Si nous considérons la spiritualité comme un développement bio-énergétique du progrès humain, alors, les concepts spirituels jouent naturellement leur rôle.Pour ma part, je ne crois à aucune technique de salut et que, si seulement les gens étaient -lus attentifs à leur propre vie intérieure, à ce qu'ils peuvent expérimenter par eux-mêmes, dans la situation où ils se trouvent, ils auiaient conscience de l'essence de la vie.Comment en sommes-nous venus à perdre nos corps?Je vois deux causes principales à cette perte.La première: la philosophie qui nous a appris plus ou moins directement à vivre pour le futur.Oans cette façpn de voir, la "récompense" ne vient jamais qu'après l'acquisition d'une discipline.Nous croyons que la gratification différée est le prix nécessaire de la civilisation.Il n'y a certes pas de mal à prévoir et à bâtir l'avenir mais si l'avenir devient un but en lui-même, le but de l'existence, alors nous perdons contact avec ie monde.La deuxième façon dont nous ayjons perdu nos corps est l'effort que nous faisons de vivre les images de ce que nous voudrions être idéalement mais que nous ne sommes ni ne serons jamais.Un sentiment de culpabilité signifie toujours: "Je ne suis pas moi".D'attribuer la culpabilité à l'éducation ou à la morale d'une personne, c'est ne rien dire.La culpabilité est l'expression de l'incapacité d'une personne d'être elle-même.Le seul péché, le seul doute, la seule question proviennent toujours de cette incapacité.Une fois qu'on a saisi l'idée que tous autant que nous sommes en tant que corps serqns toujours incomplets, alors on réalise qu'il doit toujours^ avoir en soi un sentiment d'incompléture Alors seulement on accepte l'énigme et le mystère.L'Ancien Testament ne dit-il pas: "L'homme est une promesse, il n'est pas encore"! Si on veut se connaître soi-même, il faut alors cesser de bouger.Mais si on veut être soi-même, l'action est le seul moyen d'y arriver.C'est un choix que beaucoup d'entre nous font aujourd'hui sans vraiment en connaître les fermes.Nous voulons nous connaître nous-mêmes et cceptons des disciplines qui nous disent que c'est dans la '-n acquiert cette connaissance.Peut-être, matWBn n'esfljamais soi-même ainsi.Etre soi-même et s'exprimer exige du mouvement même si ce mouvement ien faire (on peut être très créatif à ne rien Etre vraiment qui l'on est exige que l'on accepte le risqué* de ne pas savoir ce qu'on est.Une certaine ignorance est souvent nécessaire.On oublie trop facilement qu'il y a nde différence entre savoir ce qu'on est et l'être.ns la circulation de l'énergie intérieure une orte d'illumination.L'intensité du flot vital vibrant itivenîent en lui-même dans le corps l'illumine tout «r de l'intérieiïr^JLy a une luminosité et une translueidité exprimant la qualité de l'être d'une personne, de sa vie, de son amour.Cette luminosité exprime ce qu'est cette personne, ce qu'elle devient ^ ^HkH On a l'habitude de représenter les saints avec un halo autour de la tête.Qu'est ce halo sinon le champ d'énergie en expansion d'une personne en quête de son être?C'est quand nous intervenons dans notre façon d'être 'que nous sabotons nous-mêmes le flot vital qu'est l'expression de notre propre vie et de la vie qui nous entoure.Cette lumière, c'est le champ de force julour de nous.^^r£iMÉ^I^a^jlliMI Bien sûr, les champs de force des corps sont invisibles, ce qui n'empêche pas que la plupart des gens en soient conscients de temps à autre.Je crois qu'en fait, une personne n'a pas à être lucide.Il lui suffit de connaître par contact, ce qui est une forme de lucidité à un autre niveau.Si vous doutez de cela, regardez une personne profondément en amour.Il y a une espèce de télépathie physique entre elle et la personne qu'elle aime.Les gens qui sont en contact profond avec la nature et les autres savent; ils savent ce avec quoi ils sont en contact qu'ils puissent ou non l'exprimer verbalement ou en images.Beaucoup de gens sont au courant de la circulation de l'énergie et de la lumière en eux.Mais si cette information ne se concrétise pas dans leur vie émotive, si elle n'est pas ajustée à leur vie biologique dans toutes ses manifestations, à quoi sert-elle?La mise en mouvement de cette énergie est essentielle à la retrouvailles de ses sentiments, à leur expression.Aussi longtemps que nous essaierons d'extirwji le sentiment de la conscience humaine, ou vice-versa, nous devons alors nous résoudre à ce que le monde continue de mal tourner.MAINMISE 53 L'eau, "On ne la forme, le corps: la peut guère douter que notre forme aquatique du corps corps soit un fleuve organisé" Novalis 5 THEODORE *S SCHWENK ic! U f 1*J j sensible RÉFAŒ Bv> C'CoUSTf AU Un anthropologue comparait toutes les données accumulées de la connaissance humaine aux hiéroglyphes des Egyptiens: il ne fut possible de décoder et d'interpréter ces signes obscurs qu'une fois trouvée la fameuse "pierre de Rosette" sur laquelle était gravé le même texte en hiéroglyphe, en grec et en hiératique.Cette table gravée devint le centre du déchiffrement des hiéroglyphes et assura aux traducteurs une base possible sur laquelle travailler.Selon l'anthropologue, c'est justement cette pierre de Rosette qu'il nous manque: comment intégrer toutes nos données dans un champ unitaire qui les expliquerait toutes et les justifierait toutes.Une très vieille voix du passé nous dit que cette table de décodage existe et qu'elle existe même sous nos yeux et dans nos yeux: le corps.Comme le corps est le seul point indiscutablement commun à toute l'humanité, ce ne serait pas là une hypothèse si farfelue.Du reste, le corps dans son fonctionnement agit comme une machine à déchiffrer qui transforme les données de la sensation en une qualité de perception.Dincoup le corps serait la table des matières de l'univers?Resterait plus qu'à le prouver.Un savant qui se spécialisa dans l'étude de l'eau, Théodore Schwenk, a fait la preuve.Dans un livre trippant saspeupu, LE CHAOS SENSIBLE, il expose un examen approfondi des propriétés de l'eau et de son expression dans le mouvement.Voici le résumé de son intuition.L'eau étant l'élément passif par excellence, il devient l'élément le plus sensible.C'est dans l'eau que naissent les formes, c'est l'eau qui exprime le mieux le mouvement.Un baton plongé dans l'eau et retiré inaugure toute une séries de déformations de l'élément aquatique qui livre à l'oeil l'image de mouvements en transformations.Des lignes, des sphères, des spirales, des arabesques, se composant toutes dans un tableau éblouissant.Les illustrations dans le livre de Schwenk sont l'aspect le plus important.Ce livre parle à l'oeil et nous convainct d'autant mieux.Le spectacle de la genèse des formes dans l'eau semble appeler les sens à se reconnaître et se regarder dans l'eau.Comme dit Cousteau: "La pesanteur, ie le comprenais soudain, c'était le péché originel, commis le jour où les premiers êtres sortirent de la mer, et la rédemption ne viendrait que lorsque nous y retournerions, comme l'ont déjà fait les mammifères marins." Il y a les eaux terrestres et il y a les eaux célestes, dixit les primitifs.Selon Schwenk, "ces phénomènes qui se produisent dans l'eau et dans l'air, on peut les concevoir comme étant les lettres d'une écriture, d'un grand alphabet naturel qu'il importe d'apprendre à lire." Par exemple qu'est-ce que la vague?"II y a deux espèces de vagues bien différentes.Dans ie ruisseau: la forme de la vague demeure sur place mais de l'eau toujours neuve coule à travers cette forme.Dans le lac: la forme de la vague progresse sur la surface; l'eau, par contre, demeure à la même place." Les propriétés des vagues et des mouvements dans l'eau ont cette propriété d'être incroyablement "sensible" à tout ce qui les entoure."L'eau fonctionne un peu comme un organe des sens: elle perçoit les chocs les plus infimes et Réalise aussitôt, entre les deux antagonistes (sa propre pesanteur et la force du choc) un équilibre mobile, rythmique." C'est ici que Schwenk entreprit une expérience assez étonnante.Il voulut mesurer la sensibilité de l'eau aux événements célestes, comme les effets de la lune et du soleil.La voici racontée par l'auteur.54 MAINMISE L'eau, organe sensoriel de la terre Comme nous l'avons expliqué, les surfaces de démarcation à l'intérieur de l'eau courante sont « sensibles ».Elles réagissent aux moindres changements du milieu, tantôt en s'écartant, tantôt en se rapprochant, tantôt en ondulant selon des rythmes précis.L'eau est toujours prête à former de ces surfaces en nombre incalculable ; elle n'est donc pas la masse amorphe et inanimée qu'on y voit communément.Elle est subdivisée en une infinité de membranes sensorielles mouvantes, aptes à percevoir tout ce qui se passe dans leur entourage.Loin de s'enfermer en elle-même, l'eau laisse accéder en elle toutes les impulsions du dehors.Elle est le milieu impressionnable par excellence.Elle est même si sensible qu'elle ne se borne pas à répondre aux modifications de son entourage immédiat ; elle reçoit aussi, comme nous allons le voir, les influences subtiles, impondérables, en provenance des confins de l'univers.Cette affirmation peut d'abord paraître très osée.Mais des expériences qui ont été faites sur ce sujet montrent que l'eau peut réellement percevoir des changements dans la position des corps célestes du système solaire.Par exemple, lorsqu'on agite un récipient plein d'eau, on crée au sein du liquide, nous l'avons dit, des surfaces internes qui glissent les unes sur les autres.Dès que le récipient revient au repos, cette genèse de surfaces prend fin, en même temps que cesse toute sensibilité ; l'organe percepteur se referme.L'eau secouée engendre les formes multiples que nous avons décrites plus haut.Il en est de même quand l'eau se meut librement dans la nature.Il ressort de tout ceci que ce n'est pas seulement l'acte d'agiter de l'eau dans des récipients qui 1' « ouvre » en tant qu'organe percepteur ; d'autres sorte» de mouvements ont le même résultat.Parmi la grande multiplicité des « constellations » de planètes (conjonctions, oppositions, etc.) et des expériences qu'on a instituées à leur sujet, nous allons choisir une éclipse totale de soleil.On dispose une série de flacons identiques, à demi remplis d'eau.Pendant la journée de l'éclipsé, on les agite l'un après l'autre d'une façon rythmique, à des intervalles de temps égaux, (par exemple un quart d'heure), en ne prenant chaque flacon qu'une fois.C'est-à-dire qu'on « ouvre », à chaque fois, la sensibilité de l'eau, dans un seul flacon, aux influences provenant de l'état momentané du ciel.La réceptivité prend fin dès qu'on ramène l'eau au repos.C'est donc, à chaque fois, un aspect nouveau du ciel qui s'inscrit dans l'eau : d'abord le lent cheminement de la lune vers le soleil, puis le début de l'éclipsé, puis le maximum d'obscurcissement du soleil, puis enfin, le lent éloignement de la lune.'A la fin de cette série d'opérations, on a toute une collection de flacons identiques qui ont été secoués à toutes les phases successives du phénomène astronomique, et ces phases y sont toutes inscrites.Comment mettre cette impression en évidence ?— Il existe plusieurs méthodes, dont nous n'exposerons que la suivante : dans l'eau de chaque flacon, après l'expérience, on fait germer des semences de blé, ce qui demande des jours ou des semaines.Ces graines ont été immergées à la même heure, le même jour, dans des conditions absolument identiques.La croissance des épis de blé va permettre de déceler les différences qualitatives entre ces diverses eaux, primitivement semblables.L'épi d'un flacon poussera plus vite que l'épi d'un autre flacon, en un temps égal.On mesure les longueurs d'accroissement pour chacun des flacons et cela donne une idée du déroulement de l'éclipsé de soleil.L'eau qui a été < ouverte > au moment même de l'éclipsé ne permet pas aux épis de croître autant que l'eau « ouverte » avant et après ce phénomène cosmique.En réunissant les longueurs des épis, on établit une courbe de croissance.On peut également établir des courbes de cette sorte pour d'autres constellations de planètes, mais elles prennent, à chaque fois, des caractères nouveaux, en fonction des astres considérés.(1) On a fait d'autres expériences par la méthode de la c montée capillaire dynamique » inaugurée par L.Kolisko.Le résultat ici encore, c'est que la qualité de l'eau change selon le moment (constellation) où on l'a secouée.Bien entendu, l'empreinte reçue par l'eau d'un flacon serait aussitôt perdue, si l'on secouait ce flacon une seconde fois, car on 1' « ouvrirait » alors à un nouvel état du ciel.Mais quelle est la signification de tout ceci dans l'économie de la nature ?Un ruisseau, qui coule en murmurant gaiement sur des cailloux, engendre une infinité de petits tourbillons et de surfaces internes, qui sont autant d'organes sensoriels ouverts sur le ciel, percevant le « fleuve » du devenir cosmique.L'eau étant absorbée ensuite par toutes les créatures terrestres, plantes, animaux et hommes, elle leur transmet les impressions reçues et les diffuse de toutes parts.Ainsi, grâce à l'eau mouvante, le monde terrestre a la possibilité de mêler sans cesse à sa vie le fleuve changeant des événements cosmiques.Secteur de l'èclipse centrale.«y \ !0* Y J i'ne éclipse de soleil s'inscrit dans l'eau mouvante (courbe de croissance des plantes).(1) Pour les mathématiciens, signalons que les résultats de cette expérience sont obtenus scion les lois les plus strictes de la statistique On pourra en lire les détails dans l'ouvrage de l'auteur : « Grundlugi:- der Potenzforschung » ten français : Fondements 'd'une recherche des dilutions.) MAINMISE 55 Si l'on examine les formes obtenues dans l'eau on peut les répartir selon des catégories qui nous livre toute une géométrie symétrique et esthétique des mouvements de l'eau.Dans cette géométrie merveilleusement sublime apparaît l'identité de ces formes aquatiques avec les formes de la biosphère, paysages et organismes."Ainsi, l'élément liquide contient par avance les formes de mouvement dont les êtres vivants se servent pour édifier leur corps." Si l'organisme vient de l'eau, il en a donc encore les propriétés.Or comme nous sommes faits de 80% d'eau."La circulation du sang chez l'homme et chez les animaux supérieurs montre bien que la nature d'un être s'exprime dans les courants rythmiques qui le traversent." Chaque organisme animal exprime dans sa forme et sa construction une forme particulière de l'eau.L'organisme humain, selon Schwenk, les représente toutes: il est le résumé le plus complexe et le plus complet de la géométrie des formes aquatiques.11 est la clé des formes puisqu'il est issu de ces formes.Puisque les astres influent sur l'eau, ils nous influent aussi grâce aux liquides qui nous traversent."L'eau mouvante reçoit la force des constellations planétaires et les transmet au sol, ainsi qu'à toutes les créatures terrestres.Le devenir céleste, le monde des eaux et les animaux qui y vivent, forment un tout.Les animaux marins rendent seulement visibles les forces célestes qui pénètrent leur élément.Mais les créatures de la terre ferme participent également à ce vaste circuit, grâce aux courants liquides dont ils sont parcourus." Nous sommes donc un code chiffré, l'expression visible et charpentée de forcés naturelles, cosmiques, solaires et terrestres, qu'il ne tient qu'à nous de savoir lire en laissant les formes parler à nos sens.Ainsi que la musique séduit nos oreilles, ainsi la forme d'un visage plait à nos yeux.Le corps aussi parle: dans la danse et le mouvement.Le corps humain a le pouvoir de créer par lui-même, dans l'espace, les formes d'où il est issu."Grâce à des mouvements accomplis par le corps humain pris dans sa totalité, on peut réaliser un art du mouvement qui prend le corps humain comme moyen d'expression, eh concordance avec les lois de sa genèse dans l'alphabet cosmique.C'est la plénitude des gestes primordiaux, étheriques, toujours en mouvement, manifestés aux yeux par le corps humain tout entier." L'univers est une danse rythmée et le résultat de cette danse céleste c'est la forme humaine."Que nous parlions de l'eau courante ou de l'air mouvant, de la formation des organes ou des mouvements du corps humain, du langage, de la danse rythmée, ou encore des mouvements ordonnateurs des astres, — tout témoigne d'une seule et même réalité: celle des gestes primordiaux de l'ALPHABET COSMIQUE, celle du Verbe universel qui engendre l'homme et la nature en utilisant un seul élément: le MOUVEMENT." o o.S E e « a V S g i Quiconque a fait du yoga connaît l'importance que joue la position du corps dans les asanas.Rien de vague dans ces positions: le corps doit prendre exactement une pose précise, ou du moins y tendre.Ce n'est pas pour rien.Le corps est comme Une roche dans le courant des énergies ambiantes et cosmiques, et, selon telle ou telle position, engendrera des remous ou des vagues différentes.Même chose pour les chakras ou les glandes importantes de l'organisme.Elles aussi agissent comme des roches dans le courant de l'énergie qui parcourent la colonne vertébrale et la moulent de différentes façons.56 Morphologie comment lire les formes lecture des signes grande loi de l'analogie le langage des formes chaque forme transporte sa propre signification ' le corps en tant que machine à décoder l'univers le corps issu de l'univers en est le résumé, l'index, la table des matières, la reproduction microminiaturisée parfaite l'univers se crée un corps conscient capable de le lire un cycle qui va du même au même identité par exemple entre la lumière et l'oeil l'oeil est l'organe que se crée la lumière pour se percevoir elle-même l'oreille, la main, le nez, tout est expression d'un sens Porte d'entrée au langage des formes: elles se répètent partout.Il n'y a aucune différence de quoi que ce soit à quoi que ce soit.Chaque discipline est moulée selon les mêmes formes; il n'y a aucune différence entre ce que racontent la biologie, la physique, la géographie, l'astronomie, la neurologie, l'histoire, la psychanalyse, la mythologie, l'anatomie, la mystique, l'alchimie, etc.Les mêmes formes et les mêmes sens se retrouvent partout.Tout est relié.Il n'y a qu'une seule histoire, nous-mêmes, ra- contée d'autant de façons qu'il y a d'entités conscientes.L'unir vers est une gigantesque machine, un énorme conte de fée, un super drame moral, une colossale oeuvre, d'art, etc.L'Univers est parfaitement symétrique à lui-même.Voici quelques exemples de penseurs et de savants qui utilisèrent cette méthode de déchiffrement des signes sensibles et de l'analogie entre les formes.La nature est une mer de formes: une feuille, un rayon de soleil, un paysage, l'océan.Toutes ces choses partagent en commun la beauté.Emerson La beauté est la manifestation des lois secrètes de la nature.Sans la révélation de la beauté, ces lois nous seraient à jamais demeurées inconnues.Goethe.MAINMISE 57 Connaître, c'est déchiffrer la signature des choses.Le point de départ de toute morphologie est que le monde est un immense texte à lire.L'univers est un langage chiffré qu'il faut apprendre à lire.Le mot "légende", vient du latin "legen-da": choses à lire.Cette position est le point de vue du primitif et de l'ésotérique.Notre mentalité moderne la nie, elle qui prétend que le langage est un ensemble ARBITRAIRE de symboles, sans signification en soi.Mais tout cela est battu en brèche.Lin des meilleurs écrivains français de l'heure, Michel Foucault, démolit complètement l'absurdité contemporaine dans un très beau livre: LES MOTS ET LES CHOSES.Il y retourne à la tradition occulte de la doctrine des SIGNES en tant que SIGNATURES DES CHOSES.L'univers en tant que texte à déchiffrer.La question se pose donc: comment allons-nous déchiffrer les signes et les marques des choses, selon quelle méthode ou critères?LA RESSEMBLANCE, l'identité de forme entre les choses."C'est la ressemblance qui organise le jeu des symboles, permet la connaissance des choses visibles et invisibles.Le monde s'enroule sur lui-même: la terre répète le ciel, les visages se mirent dans les étpiles, et l'herbe enveloppe dans ses tiges les secrets qui servent à l'homme." L'univers est son propre miroir; et le lieu privilégié où se rencontrent toutes les ressemblances, toutes les analogies, toutes les sympathies, c'est le corps de l'homme où se fusionnent la terre et le ciel en inversant leurs rapports.C'est un problème fascinant que la question des signatures: que chaque chose porte sur elle-même, dans sa forme, sa signification première.Pour trouver la ressemblance entre deux choses, "il faut que les similitudes enfouies soient signalées à la surface des choses; il est besoin d'une MARQUE VISIBLE DES ANALOGIES INVISIBLES.Il n'y a pas de ressemblance sans signature.C'est pourquoi le visage du monde est.couvert de blasons, de caractères, de chiffres, de mots obscurs, de hiéroglyphes." "Chercher le sens, c'est mettre à jour ce qui se ressemble.Chercher la loi des signes, c'est découvrir les choses qui sont semblables.La nature est un jeu des signes et des ressemblances.Connaître sera donc interpréter: Aller de la marque visible à ce qui se dit à travers elle.La nature elle-même est un vaste espace à interpréter; ici et là, il faut relever les signes et peu à peu les faire parler.Comme les signes naturels sont liés à ce qu'ils indiquent par le profond rapport de ressemblance, la nature et le verbe peuvent s'entrecroiser à l'infini, formant pour qui sait lire comme un grand texte unique." Par la loi de l'analogie et le principe des correspondances, les processus cosmiques et la nature des principes cosmiques s'expriment et se révèlent dans les fonctions, structures et caractéristiques de l'être humain.Autres grands lecteurs de formes.Elie Faure dont l'oeuvre maîtresse s'intitule L'ESPRIT DES FORMES.Oswlad Spen-gler dont le sous-titre de son DECLIN DE L'OCCIDENT est: Esquisse d'une MORPHOLOGIE de l'histoire universelle: c'est probablement l'auteur qui porte la méthode de la lecture des formes le plus loin.Rudolf Steiner, savant et mystique, qui mit sur pied toute une science spirituelle qui permettait de déchiffrer en termes de mystique cosmique les formes des éléments naturels.Jung.Freud.Goethe.Léonard de Vinci."L'Adoration des Mages constitue ainsi un abrégé du système du monde, une traduction en formes vivantes des principes suprêmes qui règlent la vie du cosmos.Il faut savoir lire dans cette écriture secrète, dans cette graphie des formes qui, chez Léonard, est toujours chargée d'une haute signification." Marcel Brion Les Amérindiens et leur langage de signes.Les sourds-muets.58 MAINMISE Le corps issu de la mère et de la mer On trouve cette méthode chez Sandor Ferenczi, un des premiers disciples de Freud.Ferenczi, dans se; recherches, se tourne un jour vers la biologie (point de départ de la psychanalyse de toute façon) et y applique la lecture des signes inconscients découverte par la méthode psychanalytique au niveau des mots ou de l'hystérie physique.Il va "interroger" les formes de l'organisme humain et leur demander de raconter leur histoire de même que l'analyste fait parler son patient et redécouvre son histoire à travers une lecture des mots.Il part du principe aussi que l'histoire et l'individu répète l'histoire de la race.Si cela est vrai au niveau psychologique, ce doit l'être d'autant plus au niveau physique.Et Ferenczi débouche sur cet incroyable panorama historique: dans le corps humain se 'rouve inscrit TOUTE l'histoire de l'évolution animale, depuis le début.Prenons un exemple d'un tel genre de lecture que Ferenczi appelle: la bio-analyse.Le mécanisme de la naissance humaine fait sortir l'embryon formé d'un milieu liquide protecteur (ventre de la mère) pour le déposer dans l'espace terrestre et aérien.Ce mouvement ou ce scénario rejoint celui de l'évolution animale où la vie se crée des organismes d'abord dans l'océan pour ensuite les éjecter à la surface extérieure sur la terre où ils doivent se réadapter complètement et vivre un autre genre d'existence.Du poisson, à l'amphibie, au mammifère, à l'homme."Ferenczi nous met en présence de ce qui vit en nous obscurément, depuis la nuit des temps, de ce qui est inscrit dans notre corps, dans nos mythes.Biologie, histoire naturelle, embryologie, physiologie, s'animent de significations qui vont nous rattacher au passé le plus reculé de notre espèce." N.Abrams Les grandes catastrophes de l'évolution animale, l'histoire du milieu planétaire de la vie est inscrite en grandes lettres symboliques et formelles sur et dans nos corps.Non seulement la catastrophe mais aussi la volupté et l'extase du début: le sein chaud et parfait de la mère.C'est là tout le ressort et le tremplin de l'évolution de la génitalité.Car que signifient les organes génitaux et leurs mécanismes de rencontre?Quelle histoire originelle et cosmique nous racontent-ils?Ferenczi voit dans le phénomène sexuel la tentative de l'organisme humain de se créer des formes qui le feraient revenir à cet état bienheureux du début.Cette tentative toujours partiellement contrée se renouvela constamment en se complexifiant davantage.Un grand moulage dans l'espace / temps de cette énergie primaire, source du plaisir, du bien-être, cherchant à s'exprimer coûte que coûte malgré l'énorme résistance du milieu réel, cherchant désespérément à se former un organisme qui enfin satisferait à son désir premier de retrouver le bien-être du début.Cette tentative débouche dans la sexualité retirée de son but de reproduction et épanouie dans un langage de tout le corps cherchant à caresser de ses mains la surface d'un autre corps, à y déposer partout la bouche.La sexualité comme jeu et rite.Ferenczi voit là génitalité comme des jeux d'eaux et des jets de liquides.Son livre Thalassa est un petit .chef d'oeuvre d'analyse et d'analogie organique.Thalassa veut dire mer en grec, et c'est bien effectivement l'histoire de la mer et de la mère qu'il nous raconte."La possession de véritables organes génitaux, le développement dans le corps maternel et l'expérience vécue de la grande catastrophe d'assèchement constituent une unité biologique inséparable; en dernière analyse ceci pourrait être la cause de l'identité symbolique de l'utérus maternel avec l'océan et la terre d'une part et, de l'autre, l'identité de la verge avec l'enfant et le poisson." C'est là donner un rôle dans l'évolution de l'espèce même et dans la forme de l'organisme même, aux aspirations et aux mouvements instinctuels.Contrairement à Darwin qui confiait la mutation des formes au hasard.Le grand projet de la psychanalyse est de retrouver les sources premières de l'énergie qui s'exprime, lorsqu'elle est déformée ou refoulée, en névroses.Ferenczi n'en fait pas moins pour l'évolution organique.A la recherche du temps perdu, car au début était le désir.O grande âme, il est temps que tu te formes un corps.MAINMISE Le corps est une plante végétale qui s'exprime dans l'orgasme Wilhelm Reich est un autre célèbre "lecteur de formes".Le thème central de son oeuvre est la fonction bio-énergétique de l'excitabilité et de la motricité des substances vivantes.Il s'intéressa d'abord aux sciences naturelles (ayant passé toute sa jeunesse sur une ferme) avant de se concentrer sur la "psychiatrie".Ce qui l'intéressait, c'était le problème de "l'énergie ins-tinctuelle", ou plutôt la formulation bio-énergétique des questions de base de la psychiatrie.Le péché originel était biologique.Sa découverte fondamentale: la fonction de la concentration plasmique dans l'orgasme.Ou plus simplement: le corps se comporte comme une vessie remplie d'eau et qui se contracte à un moment de haute tension pour décharger et expulser du liquide; l'orgasme mâle et femelle en était l'exemple le plus évident et le plus mystérieux.Une fois posé cette fonction simple et primordiale de l'organisme, il en arriva plus tard à y relier le projet de se débarasser du préjugé humain qui interdisait une préoccupation directe avec les émotions bio-physiques qui parcourent et influent l'organisme.Son projet: harmoniser l'animal humain à sa biologie naturelle et à son environnement naturel.L'homme était défini par sa biologie et ce qu'essayaient d'exprimer les fonctions de ses organes.Reich en arriva à découvrir une énergie ambiante dans l'espace qui se concentrait à l'intérieur des organismes vivants et qu'il était possible aussi de capter.Il l'appela l'orgone.Le problème du corps et de l'affectivité se résumait à un problème physique de manipulation sage et efficace des fluides énergétiques qui traversent l'organisme et le moulent.Sa méthode: fonctionner avec l'orgone.L'intuition la plus importante de la biophysique orgonomique, dès ses débuts, était que le vivant "fonctionne" tout simplement, que la fonction vivante était l'essence de la vie et qu'elle n'avait pas de "sens" ou de "but" au-delà d'elle-même.La recherche d'un sens et d'un but à la vie n'était que le résultat d'un organisme humain qui se raidissait et s'armait contre la fonction vivante et la remplaçait par des formules rigides.L'être vivant qui ne se refuse pas aux courants de la vie en lui ne cherche pas un sens ou un but à son existence tout simplement parce qu'il fonctionne spontanément et que l'expression même de sa vie est son seul sens, sens qui est inscrit dans les manifestations de la vie et identique à elle.Le cancer social venait de la peste émotive qui niait ou refusait de percevoir les pulsations physiques de la vie: "Sans une inhibition ou interdiction psychique, on n'aurait jamais pu faire dévier l'énergie sexuelle.L'orgasme est une fonction naturelle; le potentiel orgasmique est la capacité de se laisser aller au flux de l'énergie biologique sans inhibition, la capacité à décharger complètement toutes les excitations sexuelles accumulées dans une série de contractions involontaires et agréables du corps." Le corps comme la plante a une fonction végétative que Reich posait à la base du phénomène de vie.Cette fonction s'exprimait par deux pôles simples: contraction et expansion; angoisse et plaisir.L'émotion, le mouvement hors, était l'expression physique et psychologique de ce mécanisme simple.Tout le "sens" de la fonction de là vie était contenu dans son expression visible et surtout sensible.Il n'y a pas de "sens" à uriner ou à or-gasmer: il n'y a pas que le plaisir du geste qui s'accomplit spontanément et sans interdiction.La vie n'avait qu'un seul but: elle-même.Reich ne faisait pas parler ses patients.Il les regardait simplement et observait comment ils se tenaient.Leur posture et ce qu'elle révélait de bloquage physique de l'énergie naturelle lui révélaient la source et la clé de leur problème.Reich "lisait" le corps nu de ses patients et y relevait les traces de l'armure émotionnelle, le raidissement chronique de certains muscles, certaines régions qui finissaient par créer une "posture", une forme du "caractère".LA FONCTION VEGETATIVE Exemple de la vessie "La vie comme la musique n'a de sens qu'à l'extérieur des mots.La musique (et l'artiste) confirme cette proposition de la "bio-orgone-physique" que le vivant, au-delà des mots et indépendamment d'eux, a son propre langage expressif." "Il s'agit d'aller et de pénétrer dans les fonctions des profondeurs biologiques et d'en déduire le fonctionnement du vivant.Le réflexe de l'orgasme par son expression de don et d'abandon est une clé qui nous permet de comprendre les processus primaires naturels qui, au-delà de l'individu et de la vie elle-même, s'ancrent dans l'énergie cosmique.Dans l'orgasme, l'organisme essaie constamment de réunir ensemble la bouche et l'anus, si importants au point de vue de l'embryon.La fonction vivante répond d'elle-même à l'énigme des liens qui relient l'animal et la plante à l'énergie cosmique (orgone).Le cosmos s'exprime dans les fonctions de la vie et surtout dans les mouvements expressifs de l'orgasme.DANS L'ORGASME, LE VIVANT N'EST RIEN D'AUTRE QU'UN MORCEAU DE NATURE QUI PALPITE." 60 MAINMISE La forme d'un objet est le "diagramme" des formes qui l'ont façonné.Un des plus célèbres mais aussi un des moins connus Lecteurs de formes fut un eminent savant anglais au nom résonnant d'Arcy Wentworth Thompson.Il publia en 1917 une énorme brique intitulée: On Growth and Form: Croissance et Forme.C'était l'aboutissement de toute la science du XIXe siècle et sa réfutation complète.La nature n'était pas une série d'événements énergétiques s'emboitant au hasard selon des lois arbitraires et capricieuses; la nature était l'expression de plus en plus complexe d'une forme de base qui se moulait dans les organismes selon les particularités du milieu naturel.Sa brique était une synthèse de la biologie, la zoologie, l'anatomie, la physiologie, la géométrie, l'algèbre, la chimie, la physique, le génie, la philosophie des formes.Tout était dans la Forme qui s'exprimait à travers la multiplicité des Croissances.C'est du pur Walt Disney par moment ou une vision Art Nouveau des sciences naturelles.L'oeuvre de Thompson, à qui a le courage de la lire, est comme une valium mentale qui fait taire le désespoir de la position intellectuelle qui refuse toute logique à l'univers ou qui le cherche ailleurs que dans les formes naturelles.Même pas besoin de lire son oeuvre, au fond, on n'a qu'à feuilleter et se laisser prendre par les illustrations: tout y est."C'est l'action des forces qui détermine la forme de toute portion de matière, vivante ou morte, ainsi que les changements de formes qu'on peut déceler dans ses mouvements et dans sa croissance.Bref, la forme d'un objet est le "diagramme" des forces qui l'ont façonné.La Morphologie, science des formes, n'est pas seulement l'étude des choses matérielles et de leurs formes, mais s'intéresse aussi à leur aspect dynamique, cherche à interpréter en termes de forces les opérations de l'Energie." Tout le génie d'un pont est contenu dans l'anatomie d'un os.Une cathédrale dans un cristal de neige. Formes et forces.A celui qui douterait que le monde soit autre chose qu'un délire de formes que façonnent des forces, suggérons un livre remarquable de René Huyghe paru en 1971: FORMES ET FORCES.C'est LA brique, LA synthèse de tous les domaines de la forme.Encore ici, c'est l'illustration du livre qui nous parle le plus: paysages, coquillages, microphotographies de cellules et de molécules, chefs-d'oeuvre de l'architecture, de la sculpture, de la peinture, dessins géométriques, photos de fleurs, etc.Toutes les formes se ressemblent et indiquent l'ouvrage de Forces."Formes el Forces ne sont en définitive que des phases différentes d'une réalité ultime, l'Énergie, qui les emporte dans son rythme universel.Mais ce rythme, à son tour, est entraîné par le phénomène novateur de i Evolution, qui poursuit une marche ascendante de la matière à la vie, et de la vie à l'esprit." Huyghe est un des grands lecteurs de formes de notre civilisation et son énorme livre, si abondamment illustré, est comme une immense grammaire des formes dans la matière.A lire; à regarder surtout; pour retrouver le sens de notre appartenance intime à ce monde des formes et des forces dont nous ne sommes que l'aboutissement et la plus brillante illustration. * - Ni? Sexe et Nourriture: Nourriture et Sexe.Dans les* mythes égyptiens et hindus, l'univers se mange lui-même.Il ne subsiste qu'en se prenant lui-même.Il ne subsiste qu'en se prenant lui-même comme nourriture.Le nourrisson et le sein de la mère.Le corps se nourrit de soleil, d'eau, d'air.L'identité entre l'acte sexuel et l'acte de manger.Plaisir oral."Identification, introjection, incorporation, c'est manger.Le plus vieux et le plus vrai langage est celui de la bouche.La question qu'est-ce que le corps, est la question qu'est-ce que manger: prenez, mangez,; ceci est mon corps.Du point de vue du PR ANA, la respiration, rien n'existe qui ne soit pas nourriture.Celui qui médite sur le Soi Universel comme la mesure de l'espace entre la terre et le ciel et comme identique avec le Soi, mange de la nourriture dans tous les mondes, tous les ê-tres, tous les sois." NO.Brown "Manger est la forme de la chute.La femme m'a donné et j'ai mangé.Manger est la forme du sexe.L'a copulation est copulation orale; lorsque les Arandas se demandent l'un l'autre, "As-tu mangé?" ils veulent dire, "As-tu baisé?" Manger est la forme de la guerre.Le sang humain est la vie et la nourriture délicieuse du guerrier.Manger est la forme de la rédemption.Nous devons manger à nouveau du fruit de l'arbre de connaissance afin de retomber dans l'innocence." N.O.Brown L'Arbre n'est autre que l'Homme.Toute chair est comme l'herbe, et toute magnificence de la chair est comme la fleur de l'herbe. Alchimie Le corps se transforme, c'est connu.On peut l'affermir, le perfectionner.L'ennui, c'est les limites qu'on impose à ce perfectionnement.Jusqu'où peut-on aller?L'immortalité?Physique?Certaines techniques alchimiques le prétendent.Par exemple, une secte des Indes, les Siddhis affirment dans leurs doctrines de Tantra Siddha Yoga que "on ne peut atteindre la libération seulement qu'à partir du corps; d'où la nécessité pour le corps de demeurer en santé et ferme.Mais, (ajoute l'auteur occidental qui examine les Siddhis), l'idéal suprême de l'école Siddha, aussi bien au Nord qu'au Sud des Indes, c'est la liberté, la santé parfaite et l'immortalité TOUTES OBTENUES DANS CETTE VIE." Sans aller jusque là, c'est quand même une formidable porte ouverte sur l'univers et TACTION qu'on peut y faire.Travail de cuisine, au fond.Patiemment appliquer les recettes psychologiques et physiques telles que transmises.Pour l'Occident fasciné par l'action et les gestes à poser, il y là matière à plus grande fascination.Les Siddhis dans leurs techniques et dans leurs écrits opèrent la synthèse de la médecine, la magie, le yoga etl'alchimie.Il n'y a plus de distinctions; il n'y a que le corps et son VOYAGE vers la perfection.Voici des conseils succints tels que donnés par un Siddhi, en 1968, à Madras.Nourriture 1.Mange/ seulement lorsque vous avez faim.2.Ne mangez jamais lorsque vous êtes fatigué ou troublé émotivement.3.Mâchez soigneusement votre nourriture et mélangez-y bien la salive.4.Entre les repas, ne manger que des fruits frais ou des jus de fruits.5.Si possible, toujours manger des fruits frais et des légumes crus.(Note: au Kébek nous ne vivons pas aux Indes ni sous le même climat; un ajustement s'impose de toute évidence.Les conseils précédents ne sont pas donnés en tant que régime à suivre mais bien pour indiquer l'importance première que prend la nourriture dans tout effort d'alchimie ou de transformation personnelle.You are what you eat.) Sommeil 6.Prenez au moins huit heures de sommeil par jour.Le meilleur sommeil est avant minuit.Dormez la fenêtre ouverte, nu, la tête orientée vers le nord, les pieds légèrement plus haut que la tête.Soleil 7.Prenez souvent des bains de soleil; mais ne vous y exposez pas trop par séance.Respiration 8.Respirez profondément, rythmiquement, lentement, régulièrement et d'une façon détendue.Soyez conscient de la vitesse et du rythme , de votre respiration.Marche 9.Marchez au moins deux heures chaque jour.Sexe.10.Il est bénéfique de faire l'amour régulièrement et fréquemment.Cependant, soyez le maître et non l'esclave de votre vie sexuelle.II n'y a aucun mal à pratiquer le sexe oral-génital; au contraire, la chose est souvent désirable.Imaginez-vous en tant que le créateur Siva et votre partenaire comme la Sakti, i.e.l'énergie.Qu'elle se couche sur vous et boive votre sperme, et vous, buvez les décharges de son plaisir.Attitudes mentales 11.N'abandonnez jamais.Ne soyez jamais oisifs.Gardez toujours une attitude joyeuse et positive.Il n'y a pas de mal à satisfaire un désir si la satisfaction détruit ce désir.Ne supprimez aucun désir par la force.La libération est toujours avec vous, ici et maintenant.Si vous ne pouvez croire en Dieu, cela ne fait rien.Croyez en vous-même, en votre existence.Trouvez la source d'où vous venez.MAINMISE 65 Robinson Crusoe et la découverte de la mutation corporelle solaire L'homme, la femme, le corps, la terre, les éléments, le soleil.Le seul problème est de régler les rapports intimes de toutes ces variables.Rien d'arbitraire ici: tout nous est donné directement.Le corps est tout ce qu'il y a de moins vague: c'est la précision même.En 1967 a paru un roman français admirable qui examine le mécanisme des rapports entre ces variables.C'est l'histoire reprise et transformée de Robinson Crusoé qui se retrouve seul sur son île, qui s'ingénie à la faire fructifier en bon occidental qu'il est, qui rencontre le noir Vendredi qu'il essaie de civiliser en en faisant un esclave docile, et qui finalement redécouvre la volupté du monde et des éléments à travers la mentalité primitive et spontanée de Vendredi.Ce roman de Michel Tournier s'intitule: Vendredi ou les Limbes du Pacifique.C'est en fait notre histoire: la redécouverte du monde et du corps, la réintégration de la splendeur des éléments terrestres et célestes.Comment le corps nu au soleil peut endosser l'habit doré de la jubilation première et élémentaire.(Tournier précise que son roman est un essai pour une sexualité non génitale.C'est exactement cela.) En voici quelques extraits tirés du journal de Robinson au moment où celui-ci amorce sa métar-morphose et sa mutation solaire.Encouragé par Vendredi, il s'exposait nu désormais au soleil.D'abord apeuré, recroquevillé et laid, il s'était épanoui peu à peu.Sa peau avait pris un ton cuivré.Une fierté nouvelle gonflait sa poitrine et ses muscles.De son corps rayonnait une chaleur à laquelle il lui semblait que son âme puisait une assurance qu'elle n'avait jamais connue.Il découvrait ainsi qu'un corps accepté, voulu, vaguement désiré aussi — par une manière de narcissisme naissant — peut être non seulement un meilleur instrument d'insertion dans la trame des choses extérieures, mais aussi un compagnon fidèle et fort.— Ce matin, debout avant le jour, chassé de ma couche par une angoisse lancinante, j'ai erré parmi les choses désolées par la trop longue absence du soleil.Une lumière grise tombant également d'un ciel livide effaçait les reliefs, décomposait les couleurs.Je suis monté jusqu'au sommet du chaos en luttant de tout mon esprit contre la faiblesse de ma chair.Il faudra prendre garde désormais à ne m'éveiller que le plus tard possible avant le lever du soleil.Seul le sommeil permet d'endurer le long exil de la nuit, et sans doute est-ce là saraisond'être.Suspendue au-dessus des dunes du levant, une chapelle ardente rougeoyait où se préparaient mystérieusement les fastes de l'héliophanie.J'ai mis un genou à terre et je me suis recueilli, attentif à la métamorphose de la nausée qui m'habitait en une attente mystique à laquelle participaient les animaux, les plantes et même les pierres.Quand j'ai levé les yeux la chapelle ardente avait éclaté, et c'était maintenant un grand reposoir qui encombrait la moitié du ciel de sa masse ruisselante d'or et de pourpre.Le premier rayon qui a jailli s'est posé sur mes cheveux rouges, telle la main tutélaire et bénissante d'un père.Le second rayon a purifié mes lèvres, comme avait fait jadis un charbon ardent celles du prophète Isaïe.Ensuite deux épées de feu ayant touché mes épaules, je me suis relevé, chevalier solaire.Aussitôt une volée de flèches brûlantes ont percé ma face, ma poitrine et mes mains, et la pompe grandiose de mon sacre s'est achevée tandis que mille diadèmes et mille sceptres de lumière couvraient ma statue surhumaine.— Soleil, délivre-moi de la gravités Lave mon sang de ses humeurs épaisses qui me protègent certes de la prodigalité et de l'imprévoyance, mais qui brisent l'élan de ma jeunesse et éteignent ma joie de vivre.Quand j'envisage au miroir ma face pesante et triste d'hyperboréen, je comprends que les deux sens du mot grâce — celui qui s'applique au danseur et celui qui concerne le saint —¦ puissent se rejoindre sous un certain ciel du Pacifique.Enseigne-moi l'ironie.Apprends-moi la légèreté, l'acceptation riante des dons immédiats de ce jour, sans calcul, sans gratitude, sans peur.Soleil, rends-moi semblable à Vendredi.Donne-moi le visage de Vendredi, épanoui par le rire, taillé tout entier pour le rire.Ce front très haut, mais fuyant en arrière et couronné d'une guirlande de boucles noires.Cet œil toujours allumé par la dérision, fendu par l'ironie, chaviré par la drôlerie de tout ce qu'il voit.Cette bouche sinueuse aux coins relevés, gourmande et animale.Ce balancement de la tête sur l'épaule pour mieux rire, pour mieux frapper de risibilité toutes choses qui sont au monde, pour mieux dénoncer et dénouer ces deux crampes, la bêtise et la méchanceté.Mais si mon compagnon éolien m'attire ainsi à lui, n'est-ce pas pour me tourner vers toi?Soleil, es-tu content de moi?Regarde-moi.Ma métamorphose va-t-elle assez dans le sens de ta flamme?Ma barbe a disparu dont les poils végétaient en direction de la terre, comme autant de radicelles géotropiques.En revanche ma chevelure tord ses boucles ardentes comme un brasier dressé vers le ciel.Je suis une flèche dardée vers ton foyer, un pendule dont le profil perpendiculaire' définit ta souveraineté sur la terre, le style du cadran solaire sur lequel une aiguille d'ombre inscrit ta marche.Je suis ton témoin debout sur cette terre, comme une épée trempée dans ta flamme.66 MAINMISE — Sur le miroir mouillé de la lagune, je vois Vendredi venir à moi, de son pas calme et régulier, et le désert de ciel et d'eau est si vaste autour de lui que plus rien ne donne l'échelle, de telle sorte que c'est peut-être un Vendredi de trois pouces placé à portée de ma main qui est là, ou au contraire un géant de six toises distant d'un demi-mille.Le voici.Saurai-je jamais marcher avec une aussi naturelle majesté?Puis-je écrire sans ridicule qu'il semble drapé dans sa 'nudité?Il va, portant sa chair avec une ostentation souveraine, se portant en avant comme un ostensoir de chair.Beauté évidente, brutale, qui parait faire le néant autour d'elle.— Suis-je en train de revenir au culte du soleil auquel s'adonnaient certains païens?Je ne crois pas, et d'ailleurs je ne sais rien de précis sur les croyances et les rites véritables de ces légendaires « païens > qui n'ont peut-être jamais existé que dans l'imagination de nos pasteurs.Mais il est certain que flottant dans une solitude intolérable qui ne me donnait le choix qu'entre la folie et le suicide, j'ai cherché instinctivement le point d'appui que ne me fournissait plus le corps social.En même temps, des structures construites et entretenues en moi par le commerce de mes semblables tombaient en ruine et disparaissaient.Ainsi étais-je amené par tâtonnements successifs à chercher mon salut dans la communion* avec des éléments, étant devenu moi-même élémentaire.La terre de Speranza m'a apporté une première solution durable et viable, bien qu'imparfaite et non sans danger.Puis Vendredi es*, survenu et, tout en se pliant apparemment à mon règne tellurique, il l'a miné de toutes les forces de son être.Pourtant il y avait une voie de salut, car si Vendredi répugnait absolument à la terre, il n'en était pas moins aussi élémentaire de naissance que je l'étais moi-même devenu par hasard.Sous son influence, sous les coups successifs qu'il m'a assenés, j'ai avancé sur le chemin d'une longue et douloureuse métamorphose.L'homme de la terre arraché à son trou par le génie éolien n'est pas devenu lui-même génie éolien.Il y avait trop de densité en lui, trop de pesanteurs et de lentes maturations.Mais le soleil a touché de sa baguette de lumière cette grosse larve blanche et molle cachée dans les ténèbres souterraines, et elle est devenue phalène au corselet métallique, aux ailes miroitantes de poussière d'or, un être de soleil, dur et inaltérable, mais d'une effrayante faiblesse quand les rayons de l'astre-dieu ne le nourrissent plus.— Je le regarde s'arracher en riant à l'écume des vagues qui le baignent, et un mot ma vient à l'esprit : la vénusté.La vénusté de Vendredi.Je ne sais pas exactement ce que signifie ce substantif assez rare, mais cette chair luisante et ferme, ces gestes de danse alentis par l'étreinte de l'eau, cette grâce naturelle et gaie l'appellent irrésistiblement sur mes lèvres.Ceci n'est que l'un des fils d'un écheveau de significations dont Vendredi est le centre, et que je cherche à démêler.Un autre indice est le sens étymologique de Ven- dredi.Le vendredi, c'est, si je ne me trompe, le jour de Vénus.J'ajoute que pour les chrétiens, c'est le jcur de la mort du Christ.Naissance de Vénus, mort du Christ.Je ne peux m'empêcher de pressentir dans cette rencontre, évidemment fortuite, une portée qui me dépasse et qui effraie ce qui demeure en moi du dévot puritain que je fus.Un troisième fil m'est fourni par le souvenir des dernières paroles humaines qu'il me fut donné d'entendre avant lé naufrage de la Virginie.Ces paroles qui sont en quelque sorte le viatique spirituel que m'accordait l'humanité avant de m'abandonner aux éléments, elles auraient dû s'imprimer en lettres de feu dans ma mémoire.Hélas, il ne m'en revient que des bribes confuses et incomplètes! C'était, n'est-ce pas, les prédictions que le capitaine Pieter Van Deyssel lisait — ou prétendait lire — sur les cartes d'un tarot.Or le nom de Vénus est revenu plusieurs fois dans ses propos si déconcertants pour le jeune homme que j'étais.N'avait-il pas annoncé que devenu ermite dans une grotte, j'en serais arraché par la survenue de Vénus?Et cet être sorti des eaux ne devait-il pas se transformer en archer tirant ses flèches vers ie soleil?Mais ce n'est pas ce qui m'importe le plus.Je revois confusément sur une carte deux enfants — des jumeaux, des innocents — se tenant par la main devant un mur qui symbolise la Cité solaire.Van Deyssel avait commenté cette image en parlant de sexualité circulaire, close sur elle-même, et il avait évoqué le symbole du serpent qui se mord la queue.Or s'agissant de ma sexualité, je m'avise que pas une seule fois Vendredi n'a éveillé en moi une tentation sodomite.C'est d'abord qu'il est arrivé trop tard : ma sexualité était déjà devenue élémentaire, et c'était vers Speranza qu'elle se tournait.Mais c'est surtout que Vénus n'est pas sortie des eaux et n'a pas foulé mes rivages pour me séduire, mais pour me tourner de force vers son père Ouranos.Il ne s'agissait pas de me faire régresser vers des amours humaines, mais sans sortir de l'élémentaire de me faire changer d'élément.C'est chose faite aujourd'hui.Mes amours avec Speranza s'inspiraient encore fortement des modèles humains.En somme, je fécondais cette terre comme j'aurais fait une épouse.Vendredi m'a contraint à une conversion plus radicale.Le coup de volupté brutale qui transperce les reins de l'amant s'est transformé pour moi en une jubilation douce qui m'enveloppe et me transporte des pieds à la tête, aussi longtemps que le soleil-dieu me baigne de ses rayons.Et il ne s'agit plus d'une perte de substance qui laisse l'animal triste post coitum.Mes amours ouraniennes me gonflent au contraire d'une énergie vitale qui me donne des forces pour tout un jour et toute une nuit.S'il fallait nécessairement traduire en termes humains ce coït solaire, c'est sous les espèces féminines, et comme l'épouse du ciel qu'il conviendrait de me définir.Mais cet anthropomorphisme est un contresens.En vérité, au suprême degré où nous avons accédé, Vendredi et moi, la différence de sexe est dépassée, et Vendredi peut s'identifier à Vénus, tout de même qu'en peut dire en langage humain que je m'ouvre à la fécondation de l'Astre Majeur.— La pleine lune répan'd une lumière si vive que je puis écrire ces lignes sans le secours d'une lampe.Vendredi dort, couché en boule à mes pieds.L'atmosphère irréelle, l'abolition de toutes choses familières autour de moi, tout ce dénuement donnent à mes idées une légèreté, une gratuite qu'elles rachètent par leur fugacité.Cette méditation ne sera qu'un souper de lune.Ave spiritu, les idées qui vont mourir te saluent! Dans le ciej désastre par son rayonnement, le Grand Luminaire Halluciné flotte comme une goutte gigantesque et glaireuse.Sa forme géométrique est impeccable, mais sa matière est agitée d'un tourbillonnement qui évoque une création intestine en plein travail.Dans sa blancheur albumineuse de vagues figures se dessinent pour disparaître 'lentement, des membres épars se joignent, des visages sourient un instant, puis tout 'se résout en remous laiteux.Bientôt les tourbillons accélèrent leur rotation au point de paraître immobiles.La gelée lunaire semble prendre, par l'excès même de sa trémulation.Peu à peu les lignes enchevêtrées qui s'y dessinent se précisent.Deux foyers occupent les pôles opposés de l'œuf.Un jeu d'arabesques court de l'un à l'autre.Les foyers deviennent des têtes, l'arabesque la conjonction de deux corps.Des êtres semblables, des jumeaux sont en gestation dans la lune, des gémeaux naissent de la lune.Noués l'un à l'autre, ils remuent doucement, comme s'éveillant d'un séculaire sommeil.Leurs mouvements qui paraissent d'abord de molles et rêveuses caresses prennent un sens tout opposé : ils travaillent maintenant à s'arracher l'un à l'autre.Chacun lutte avec son ombre, épaisse et obsédante, comme un enfant avec les humides ténèbres maternelles.Bientôt ils choient l'un de l'autre, ils se dressent ravis et solitaires, et ils reprennent à tâtons le chemin de leur intimité fraternelle.Dans l'œuf de Léda fécondé par le Cygne jupitérien, les Dioscures sont nés, gémeaux de la Cité solaire.Ils sont plus intimement frères que les jumeaux humains, parce qu'ils se partagent la même âme.Les jumeaux humains sont pluranimes.Les Gémeaux sont unanimes.Il en résulte une densité inouïe de leur chair — deux fois moins pénétrée d'esprit, deux fois moins poreuse, deux fois plus lourde et plus chair que celle des jumeaux.Et c'est de là que viennent leur éternelle jeunesse, leur inhumaine beauté, n y a en eux du verre, du métal, des surfaces brillantes, vernissées, un éclat qui n'est pas vivant.C'est qu'ils ne sont pas les chaînons d'une lignée qui rampe de génération en génération à travers les vicissitudes de l'histoire.Ce sont des Dioscures, êtres tombés du ciel comme des météores, issus d'une génération verticale, abrupte.Leur père le Soleil les bénit, et sa flamme les enveloppe et leur confère l'éternité.Un petit nuage né de l'occident vient obnubiler l'œuf de Léda.Vendredi dresse vers moi un visage égaré, et prononce plusieurs phrases incohérentes d'une voix extraordinaireraent rapide, puis il retombe dans son sommeil, les jambes peureusement repliées vers son ventre, les poings fermés, posés de part et d'autre de sa tête noire.Vénus, le Cygne, Léda, les Dioscures.je tâtonne à la recherche de moi-mênie dans une forêt d'allégories.MAINMISE 67 la danse Les primitifs ne croyaient pas leurs mythes, leur religion.Ils les dansaient, ils la dansaient.Sam Keen Selon Nietzsche, la parfaite expression de l'humanité, son point d'évolution le plus haut, c'est la danse cosmique.Selon Gurdjieff, la danse est le plus vieux langage, le point commun à toutes les traditions sacrées.l'esprit de légèreté le langage musical du corps le premier langage de tout le langage des formes la danse ne prétend rien et n'emprisonne personne c'est l'expression la plus libre la moins agressive 68 MAINMISE Dans leur disque Dark side of the moon, les Pink Floyd ont cette phrase mystérieuse à la fin de la chanson du même nom: mais la lune éclipse le soleil.Si on décode, le "mais" saute aux yeux: le soleil agit sur nous mais la lune aussi a son pouvoir sur nous, d'autant plus grand qu'elle est le premier corps céleste, le plus près.Dans le roman 2001 qu'écrivit Arthur Clarke après le film, l'Intelligence galactique dépose un monolithe sur la terre et un identique dans la lune; une fois les singes évolués jusqu'à l'homme moderne et que celui-ci va sur la lune et découvre le monolithe, ce dernier agit comme un signal qui annonce à l'Intelligence que l'homme est prêt à la les rencontrer.Près de Jupiter.Evidemment le symbole lunaire est très intéressant d'autant plus que les deux fiers à bras de la planète s'y sont rendus, chacun à sa façon et chacun sur son hémisphère.Sommes-nous prêts à digger ce qui se trouve sur et dans la lune?Faisons le compte: les Américians et tout ce qu'ils représentent déposent mécaniquement un homme sur la partie ensoleillée de la lune; les Russes et tout ce qu'ils représentent déposent mécaniquement un robot sur la face toujours cachée et ténébreuse de la lune.Toute une génération (en fait leurs enfants) se met tout à coup à avoir "la tête dans la lune".Littéralement.Invisiblement.Par leur seule conscience.La lune, aimant puisant.Au sens électrique et scientifique du mot.C'est les médecins et leurs constatations qui nous l'ont prouvé du reste, répétant en cela ce que les femmes et les primitifs nous ont dit depuis toujours.Toutes les plantes, nous affirment les bio-zoologues, vibrent aux rythmes changeants de la lune.La plante humaine aussi.La lune provoque des marées autant sur l'océan que dans notre sang, notre océan intérieur comme précisent les alchimistes.La lumière de la pleine lune (qui n'est autre des rayons soleils qui pénètrent dans l'espace de l'hémisphère qui lui tourne le dos) nous parvient polarisée.Polarisée veut dire comme en politique: séparée en gauche et droit.La lumière du soleil nous parvient la nuit par l'intermédiaire du miroir de la lune, dans une vibration à deux pôles très distincts et probablement en tension.En Astrologie, la lune c'est le Cancer.Le Crabe qui émerge de la profondeur des eaux, attiré par l'aimant de la lune.Comme dans le Tarot.Le Cancer c'est aussi la maladie du même nom, condition de notre époque, malaise de vivre qui se traduit par une prolifération incontrôlée et incontrôlable des cellules.Maladie américaine, cancer de la planète; c'est du reste leur signe zodiacal puisque nés le 4 juillet 1776.Les premiers à se rendre sur la lune.Les plus violents aussi et depuis Nixon les plus pourris.La lune a deux effets.Elle engendre les corps parfaits (selon l'alchimie de tous les pays) et les monstres les plus terribles (voir Amérique).Quels fluides mystérieux la lune touche-t-elle dans nos corps?Que signifie-t-elle dans la vie de l'animal humain?Supposons que Pink Floyd, Arthur Clarke, les primitifs, les mystiques, les femmes, l'alchimie, l'astrologie et la mythologie disent vrais.Et que l'expression probablement immémoriale "a-voir la tête dans la lune" soit LITTERALEMENT vraie.Et que Cyrano de Bergerac, l'auteur du XVIe siècle, dise vrai lorsqu'il raconte qu'il s'est rendu en plein XVIe siècle sur la lune et qu'il y a rencontré d'autres personnages célèbres.Supposons.Pratiquement cela voudrait dire qu'il y a effectivement moyen de léviter sa conscience jusqu'à la lune et d'y PERCEVOIR véritablement d'autres personnes, c'est à dire d'autres consciences qui s'y sont rendus aussi.Du reste on précise dans certaines traditions que c'est à l'intérieur de la lune que se passe le snow, le vrai show.(A ce propos, lorsque dans une des missions Apollo on déposa des sismographes à la surface lunaire pour y enregistrer les vibrations provoquées par la chute de très haut du vaisseau lunaire vide, les sismographes vibrèrent pendant plus de quarante minutes comme si la lune était une sphère creuse.) La lune représentée l'affectivité.Le contrôle aussi.Ça peut aller de l'agression totale jusqu'à la douceur extatique.Les mystères initiatiques de plusieurs traditions avaient lieu par nuit de pleine lune.Les danses sacrées sous la lune dans les rites dionysiaques et orgiastiques.On peut allonger la liste indéfiniment de ce qu'on raconte sur la lune.Question d'examen de fin d'année: qu'est-ce qu'un lunatique?dites pourquoi.The lunatic is on the grass the lunatic is in my head I'll see you on the dark side of the moon.All that is now, all that is gone, all that's to come and everything under the sun is in tune but the sun is eclipsed by the moon.Pink Floyd MAINMISE 69 îrTa comment l'abriter.Un accent très fort est mis sur l'aspect nourriture.Produire sa nourriture soi-même et non pas être parasite des autres formes de vie animale.Osiris enseigne l'agriculture, le mystère du grain planté en terre, dont on s'occupe amoureusement et qui donne éventuellement une plante qui nourrit.Le corps a besoin de se sourrir de formes vivantes et non pas de viandes mortes ou pourries.Toute une'science et une vision du corps est impliqué ici, radicalement différente de l'approche du chasseur.L'agriculteur devient un être paisible, qui transmue pour ainsi dire sa conscience par un mode de vie concret, des pratiques précises, un rapport sacré avec la terre qui le nourrit ainsi.Aujourd'hui, précise Denis, on ne comprend plus rien à la nourriture.On a complètement oublié que le premier grand art fut la création et la préparation de sa propre nourriture: le miracle de l'agriculture, du grain.On ne sait plus que les Plantes ont des âmes, une énergie vitale qui peut passer en nous, et que notre oragnisme transmue et assimile.Que notre conscience à la suite de notre organisme peut évoluer grâce à l'énergie contenue dans les plantes, surtout le blé.Les premiers Egyptiens, guidé par Osiris, entreprirent toute une amélioration et transmutation de leur race, basée sur cet art sacré de l'agriculture et la nourriture.Ils possédaient une science très précise des différents fluides qui traversaient les règnes minéral et végétal.Du reste, toute cette science, on peut l'admirer et la contempler d'un seul coup en regardant la Grande Pyramide (les deux autres ne sont que de faibles copies).Tout le secret de cette pyramide est dans sa Forme et ce qu'elle peut signifier à la conscience humaine.La forme cristalline, la forme parfaite du règne minéral, la forme faite pour durer 70 polarités dans la nature, il ne s'agit pas d'en rejeter une partie ou d'en exclure d'autres.Il n'y a qu'à combiner dans un rapport harmonieux les différentes tendances de la création.La Grande Pyramide représentait cette harmonie et'céleste et terrestre.Le point, la ligne, ie triangle et ie carré se combinaient en surfaces et volumes pour donner ce résumé le plus parfait et symétrique de l'univers.Pour qui savait aussi que sous cette pyramide visible s'en projetait une autre identique qui vibrait en polarité avec la première, le sens de l'univers devenait transparent.Le KA chez les Egyptiens était cette partie évolutive et instinctive de l'organisme qui faisait qu'un chat est un chat et un humain un humain.Comme une espèce de double qui définissait l'organisme et que ce dernier pouvait manipuler.Surtout chez l'humain, on pouvait faire évoluer ce KA, le perfectionner.Le KA était une espèce de clé (qui se dit Ké), un Code à comprendre.Et lorsqu'on arrivait à fusionner son KA individuel avec le super-KA céleste, on aboutissait à une sorte de perfection d'harmonie.Or avait le choix entre être parasite de son K A ou le nourrir et s'en occuper, l'évoluer ou l'épuiser.Au sujet du KA-Code, Denis fait cette mise au point amusante sur la réincarnation.Chaque humain a son code, sa clé, son chiffre; disons au hasard pour quelqu'un le chiffre 345.À chaque période ou cycle où existe un organisme au code 345, la conscience de cette personne pourra se resouvenir des autres existences de ce 345, puisqu'elle vibre au même rythme.Et même pourra avoir des aperçus sur 344 ou 346 puisqu'elle en est assez près.La mémoire dé l'univers fonctionne aussi comme tout le reste: vibrations et harmonie.MAINMISE Il n'y a pas de limites à une conscience et un corps qui oni réussi à comprendre et vivre les lois de l'harmonie.Ces personnes deviennent l'image ambulante de l'Intelligence supérieure et sa manifestation parfaite.Ces personnes rayonnent littéralement une énergie bienfaisante et toute la création vibre avec eux.Elles s'approchent d'une pierre ou d'une plante et entrent en communication avec elles.Le corps devient une espèce de machine magique qui capte l'énergie ambiante et la retransmet.Plus rien ne leur résiste, elles deviennent l'égal et le protecteur des animaux, aucune mauvaise vibration ne se dégagent d'elles.Comme nous sommes loin de tout ça, soupire Denis.Mais nous sommes à l'ère du Verseau, le retour aux sources, littéralement, le retour à la source d'eau.L'image du fleuve.Le Nil qui arrose tout le corps de l'Egypte comme le sang irrigue le corps.Denis se lève et m'emmène dans une autre pièce : surprise : au centre, une grande pyramide de bois dont le côté mesure 8 pieds.On eut y entrer et s'y installer confortablement.Kesçéça, fais-je.C'est une histoire en deux parties, me répond Denis.D'abord, la forme Pyramidale a des pouvoirs particuliers à cause de sa forme justement.Ses parfaites proportions ainsi que sa symétrie en font un transformateur privilégié des énergies ambiantes ou cosmiques; (on se souviendra qu'il en avait été question dans MM 27).Deuxièmement, Wilhelm Reich.Il avait découvert qu'existait autour et en nous, diffuse partout, une énergie vitale qu'il appela Orgone.Cette énergie, c'était l'envers de l'énergie mortelle et destructive qu'avait découvert Einstein dans le noyau de l'atome.L'énergie que Reich avait découverte, nous cernant de toute part, en était une vitale.Il y avait même moyen de l'accumuler et de s'y "baigner".Chaque organisme, de par sa construction, était un accumulateur de cette énergie orgone.Reich décida donc de bâtir des accumulateurs d'orgone.Sans entrer dans les détails techniques, il découvra qu'une couche de matière organique agissait comme un aimant et un amplificateur d'orgone.Et de plus, qu'une couche métallique laissait pénétrer l'orgone d'un côté mais l'empêchait de passer de l'autre.Il construisit donc des boîtes faites de bois, et "tapissée" de métal à l'intérieur.La boite attirait et amplifiait l'orgone qui pénétrait à travers le métal; mais comme l'orgone ne pouvait plus ressortir, au bout d'un certain temps, il y avait une accumulation assez forte d'orgone à l'intérieur de la boîte.Il n'y avait plus qu'à pénétrer et laisser le corps emmagasiner l'énergie accumulée, le corps étant lui-même la couche organique par excellence.Denis sourit.Reich cependant n'avait pas eu l'intuition de la forme, que la forme de la boîte était aussi importante que sa fonction.Pour celui qui connaît les propriétés de la forme pyramidale, il n'y avait qu'à relier les deux et à construire un accumulateur d'orgone à forme pyramidale.J'en prends un bain tous les jours en fin d'après-midi, heure d'accumulation maximale.J'y entre, je m'étends, je fais le vide mental et je m'endors.Lorsque je me réveille un peu plus tard, je sais que mon corps a fait le plein et n'a pas besoin de plus.Il ne s'agit pas de passer des heures là-dedans; le corps ne peut en prendre qu'une certaine quantité et pas plus; selon ses besoins.Que se passe-t-il lorsque tu demeures éveillé?Dans ces cas-là, je pars dans un trip, je vois des choses, comme dans un rêve en plein état d'éveil.Réaliser, comprendre, exprimer, c'est créer.Tout réaliser sans rien détruire c'est cultiver une terre féconde irradiée de soleil et fertilisée pour le Nil pour semer et récolter sa nourriture Tout comprendre sans rien détruire c'est élever avec des pierres une montagne de savoir si parfaite qu'elle matérialise toutes les forces créatrices La pyramide illumine qui pénètre sa noirceur La pyramide rend la voix juste à qui écoute son silence La pyramide est l'éternel présent pour celui qui renaît dans son harmonie Les sens: portes de l'univers Les sens portes sur l'univers, la vie, ce qui nous entoure, sa sphère.si Ton nettoyait les portes de la perception, tout nous apparaîtrait tel qu'il-est, c'est-à-dire infini.Blake nous sommes une plante notre corps est un arbre des racines, un tronc, des branches, des feuilles, des fruits, des graines la plante a des sens les sens de la plante humaine transmuent le monde en volupté regardez un coucher de soleil, magez un fruit, respirez une rose, touchez un visage aimé, écoutez une flute "Le changement du régime sensoriel (dans l'initiation chamani-que) équivaut à une sacralisation de toute l'expérience sensible: par ses sens mêmes, le chaman découvre une dimension de la réalité qui reste inaccessible aux non-initiés." Eliade ".nostalgie d'un Paradis perdu, soif de connaître, PAR LES SENS MEMES, aussi bien la divinité que les zones inaccessibles de la réalité.En d'autres termes, on pourrait dire que l'homme primitif désire rencontrer le sacré incorporé et par conséquent FACILEMENT ACCESSIBLE, et ceci explique la hiérophani-sation du Cosmos, le fait que n 'importe quel objet peut incorporer le sacré." Eliade "Le sacré aussi a sa technologie.Chez les primitifs (et aussi les civilisés), la vie religieuse entraîne un usage sacré des sens.D'une .façon générale, il n'a pas d'expérience religieuse sans l'intervention des sens.Artaud a transformé "le long, immense, et raisonné dérèglement de tous les sens" de Rimbaud, en une méthode: C'est à travers la peau que la métaphysique doit rentrer dans nos cerveaux." Jan Kott Les deux pièges du corps: matérialisme et puritanisme.Le matérialisme.Le considérer comme un vulgaire objet qu'on peut traiter n'importe comment et abuser de toutes les façons.La pornographie.Se gaver au boutt*.Fourrer au lieu de faire l'amour.Traiter le corps comme le monde contemporain traite la planète.Le puritanisme.Considérer le corps comme mauvais, taré, diabolique, quelque chose dont on doit se garder, se défendre, se priver.Rejeter la génitalité du corps, avoir honte d'être nu, rougir de- vant des animaux qui copulent.Le puritanisme est le responsable direct et immédiat de la pornographie.Le puritain sera d'autant plus choqué par la pornographie qu'elle expose sa vision cachée et secrète de la sexualité.La pornographie n'existe que lans les sociétés répressives qui se donnent des airs de civilisés et dévots.Ces sociétés sont le fléau de la planète et la plus grande négation de la vie que la mentalité humaine puisse concevoir.72 MAINMISE Le Corps et l'Arbre de Vie.Le Corps de rhomme est l'Arbre de Vie.Cet Arbre est l'image et l'analogue de l'absolu, l'univers, l'être humain.Ses racines pénètrent profondément dans la Terre et ses plus hautes branches rejoignent le ciel.L'Homme est au point de rencontre entre la terre et le ciel.Il est un arbre en miniature.L'Arbre est l'image de la création.C'est un diagramme objectif des principes opératoires de l'Univers.C'est le résumé des lois qui gouvernent le monde et leurs interactions.C'est le modèle de l'ordre universel.Tout organisme ou organisation est une imitation de son plan.L'homme en est l'exemple principal.Il est le microcosme du macrocosme.Son être est la réplique exacte jusque dans les plus petits détails du cosmos au-dessus de lui.Ainsi que l'homme est l'image de la création, ainsi la création se reflète dans l'homme.Cette ressemblance intime nous permet d'étudier ce qui est en bas en examinant ce qui est en haut.Ce qu'on ne peut observer en haut, on peut le déduire en observant ce qui est en bas.CE QUI EST EN HAUT EST AUSSI EN BAS; CE QUI EST EN BAS EST AUSSI EN HAUT.De plus, le corps de l'homme est un arbre renversé.La tête et les cheveux de l'homme sont ses racines; c'est par là qu'il se nourrit; son corps est le tronc; son sexe et ses pieds sont les branches et les fruits de l'arbre.Ainsi que le fruit de l'arbre en contient la beauté et la graine, ainsi le sexe de l'homme et de la femme contient la graine et l'enfant.La douceur et le goût du fruit qui entoure la graine est l'image du plaisir qui entoure l'acte sexuel des humains.Nous avons la tête dans le ciel, c'est-à-dire que nous avons nos racines dans la terre.Nous avons les pieds dans la terre, c'est-à-dire que nous avons les branches et les feuilles dans le ciel.Le ciel et la terre se renversent dans leur manifestation terrestre.Ce qui est en haut est en bas.La terre contient le ciel et le ciel contient la terre.Par les pieds et le sexe, nous sommes en contact avec le ciel; par la tête et les bras, nous sommes en contact avec la terre.Cette symétrie est le propre de l'univers.Le renversement de la symétrie aussi.Ce qui est le plus loin de nous est aussi ce qui est le plus près.Tout est dans la forme.Le secret est dans la formé.MAINMISE 73 .¦• i Petit ma del'appr Combien de fois n'avons-nous pas entendu dire à quelqu-un: "Mais bien sûr que je suis un dieu! Est-ce que nous n'en sommes pas tous?" En supposant que quelqu'un se prenne au sérieux et apprenne vraiment comment gagner aux jeux et comment changer le cours du destin.Il y a six chapitres à ce petit manuel du savoir-vivre divin.En voici les deux premiers: Table des matières Chapitre premier: Des hommes et des Dieux.1.Le fléau de la stupidité.2.Où vous situez-vous?a fies loups solitaires b) les suiveux c) les activistes d) les gens à-la-mode Commentaire et Analogie.e) les dieux endormis f) les dieux éveillés.3.Le réveil.Chapitre second: Les Principes d'Opération.L Les garanties.a) Dieu est une mère.b) Chut!.pas devant les enfants! c) Silence = Mouvement.2.Les patrons protecteurs.a) Dieu est une mère (variation).b).Chut!.pas devant les enfants (variation)! c) Silence: Mouvement (variation).Chapitre premier: Des hommes et des Dieux.Le fléau de la stupidité Il n'est certes pas très aimable de traiter quelqu'un de "stupide".Pourtant, ce ne sont pas les gens stupides qui manquent sur cette planète.Une personne stupide est une personne en état de "s-tupeur".Elle ignore ce qui se passe autour d'elle autant qu'elle ne peut comprendre comment ses propres actes et attitudes déterminent tout ce qui lui arrive.Et, aussi longtemps que cette personne croit que ses malheurs sont uniquement dûs à la malchance, son sort ne peut guère s'améliorer.La stupidité est souvent appelée "le péché de l'orgueil intellectuel".C'est le châtiment de l'aveuglement qui atteint les hommes et les sépare des Dieux.L'erreur majeure d'une personne stupide est de croire qu'elle sait tout.Cela la laisse sans aucune motivation d'apprendre quoi que ce soit de nouveau.Les jugements-éclairs sont une forme courante employée pour mesurer la force de motivation d'une personne.Où vous situez-vous?Les jugements-éclairs sont les premières impressions reçues de l'observation des patrons superficiels de comportement.Ces impressions sont généralement vagues et ne peuvent donc être logiquement défendues.Plus tard, pourtant, elles se révèlent toujours exactes.Il y a un nombre de patrons qui permet de catégoriser les gens en cinq groupes distincts.Ces patrons sont établis en fonction de la force de motivation des gens.Parfois, des gens passent d'un groupe à l'autre mais sans vraiment changer leurs habitudes profondes.La plupart des gens qui lisent ces lignes font partie du groupe des "dieux endormis".Les cinq groupes principaux de gens sont: a) les loups solitaires biles suiveux c) les activistes d) les gens à-la-mode e) les dieux endormis ou éveillés.74 MAINMISE tuel nti-dieu Les loups solitaires On les reconnaît à six traits de caractère: a) ils sont inconscients de la méchanceté et de la cruauté du monde, et n'en sont pas dérangés b) ils sont inconscients de la souffrance des autres et semblent froids et sans sentiments c) ils n'ont aucun respect pour eux-mêmes et mentent à tour de bras d) ils n'ont aucun respect pour les autres e) ils sont incapables de se mettre en accord avec qui ou quoi que ce soit f) ils sont seuls, pleins d'insécurité, inquiets, mais sans jamais l'admettre.Les loups solitaires semblent sans honte, insolents et cruels.Tout ce qu'ils disent "sonne" négatif.Certains sont malicieux.D'autres semblent doués pour empêcher quoi que ce soit de bien d'arriver.Les loups solitaires, toujours occupés à tirer le maximum du "pire des mondes" n'ont jamais le temps d'apprendre.Ils n'ont aucune motivation à se rendre meilleurs.i Les suiveux Les suiveux sont toujours vaguement insatisfaits mats n'ont jamais rien de mieux à proposer.11 leur reste toujours un doute.Comment t'aimes ça ici?— Je.je ne sais pas." S'ils rencontrent des activistes ou des gens à-la-mode, ils les suivent jusqu'à leur ressembler.S'ils rencontrent un dieu, ils deviennent eux-mêmes des dieux.Leur motivation peut être faible ou forte.Les activistes On les reconnaît à trois traits de caractère principaux: a) ils sont très conscients de la méchanceté du monde et la craignent b) ils croient qu'ils ont trouvé la solution et passent tout leur temps à courir après elle c) ils ne sont pas vraiment en accord.Il y a deux types d'activistes: a) les membres de ligues, clubs ou associations qui ramassent des choses et sont adeptes de disciplines mais ne font jamais rien b) les utopistes qui se cherchent une tribune où exposer leurs théories de salut du monde.Ils invoquent la transcendance de la société mais, en fait, n'en connaissent ni a, ni b.Les activistes ont peur d'aider les individus.Ils préfèrent les sacrifier à leur "cause".Leur motivation est faible et ils apprennent difficilement.Les gens à-la-mode Ces membres du "jet set" présentent les mêmes traits de caractères que les activistes, plus quatre: d) ils sont arrogants e) ils entourent de mystère leurs sources d'information et ne "nomment" jamais personne f) ils sont difficiles à convaincre parce qu'ils ont toujours à moitié raison g) ils refusent de s'engager et parlent plutôt de "s'en sortir".Les gens à-la-mode ne savent pas écouter.Tout ce que vous leur dites, ils vous répondent qu'ils le savaient depuis le début."Mais tout le monde sait ça!", répondent-ils.Ils se considèrent trop "au-dessus" des choses pour avoir de bonnes manières comme de se lever quand une femme entre, être ponctuel ou téléphoner pour avertir qu'on ne sera pas au rendez-vous donné.Les gens à-la-mode sont beaux, intelligents, talentueux et pleins de projets pour "tourner" le monde.Mais ils n'y arrivent jamais.C'est que leur contact avec le réel est trop faible.Aussi faible que leur motivation.Commentaire Les membres des ligues, clubs ou associations semblent "rangés".Les utopistes de gauche, eux, "déplacés".Comparés aux gens à-la-mode, les uns autant que les autres ressemblent à des chenilles.Leur style de vie est différent.Les deux groupes sont hautement éclairés intellectuellement et ont appris à éliminer tout conflit d'ordre émotif.Cependant, leur paix intérieure n'est qu'une illusion puiqu'elle repose avant tout sur leur non-engagement.Ils veulent sauver l'humanité mais oublient toujours qu'ils en sont part intégrante.Des années s'écoulent souvent avant qu'ils fassent quelque progrès.MAINMISE 75 Analogie Un groupe d'explorateurs a déjà aperçu le sommet de la montagne qu'ils cherchent à gravir lorsque l'orage éclate.Au lieu de revenir sur leurs pas, les explorateurs trouvent abri dans une maisonnette chaude, confortable et bien approvisionnée en vivres.Ils s'y installent en attendant un changement de climat.Celui-ci ne se produit jamais.Car, ainsi qu'un habitant du pays vient le leur apprendre, il y a toujours un orage vers le sommet d'une haute montagne.Les dieux Il y a des gens dont les sens sont en parfaite harmonie avec l'univers.Ils reconnaissent l'existence des grands cycles périodiques et comprennent les lois du "prendre et donner" qui modèlent nos existences.Ces gens semblent capables de modifier la réalité d'une manière incompréhensible au commun des mortels.Ou bien ils ont des "entrées" là-haut, ou bien ils savent vraiment ce qui se passe.Ces gens, ce sont les dieux.Un dieu est un dieu dans le plein sens du mot.Certains sont nés avec la connaissance de ce qu'ils sont.D'autres ont acquis cette connaissance en cours de route.Cela leur donne le pouvoir de modeler leurs vies et celles des autres.Un air de confiance en soi et d'autorité entoure ces gens comme un nuage.Les dieux sont attirants, en santé, pleins de force vitale et capables de dépenser des sommes considérables d'énergie sur de longues périodes de temps.Alors pourquoi certains dieux semblent-ils malhonnêtes et capricieux?Pourquoi nous déçoivent-ils souvent en n'étant pas à la hauteur de ce qu'ils promettaient?Pourquoi même certains dieux sont-ils carrément malicieux?C'est qu'il va deux sortes de dieux: les endormis et les conscients.Les dieux endormis Les dieux endormis savent qu'ils sont doués de pouvoirs spéciaux et qu'ils peuvent accomplir des choses que la plupart des gens ne pourraient accomplir.Leur problème est qu'ils n'ont jamais été capables de déterminer ce qu'ils font et comment ils le font.Pas plus qu'ils n'ont jamais pu prouver quoi que ce soit, ni aux autres, ni à eux-mêmes.Ils ont peur d'en parler à quelqu'un: ils ne veulent pas avoir l'air ridicule ou passer pour fous.Les dieux endormis semblent poursuivis par plus que leur part de malchance.Au moment où tout commence à bien aller pour eux, ils perdent le contrôle des forces qu'ils ont libérées.Ou bien, acculés au pied du mur, frustrés, ils libèrent des forces négatives qui viennent tout détruire.Les dieux endormis sont des "têtes dures".Ils ont peur qu'un "oui" les entraîne trop loin.Il leur faudrait changer tout de leur manière de vivre.Et puis, est-ce qu'ils auraient la force d'aller jusqu'au bout?Plutôt que de risquer l'échec, ils s'en prennent à ceux qui essaient de les conseiller et repoussent avec colère la main qui se tend vers eux.Il ne suffit pourtant que d'un claquement de doigt pour les réveiller.Les dieux éveillés Un dieu accomplit son premier pas vers la conscience quand il prend connaissance de ce qu'il est.Une vague d'énergie le traverse alors.Les volets et les cadenas sautent et tout ce qu'il a appris et expérimenté commence à se réaliser en lui.Il éprouve un étrange sentiment d'essouflement à mesure qu'il se sent approcher de l'état de liberté de ses sensations.Il commence à intégrer les informations à mesure qu'elles se présentent à lui.Les vieux concepts se renversent.Les vieilles façons de penser, les défectuosités de sa vision de la réalité lui tombent des yeux comme des écailles et il commence à comprendre le pourquoi et le futur de toute chose.(Consciemment il oublie les aperçus de sa vie intérieure pour les stocker dans les banques de sa mémoire d'où il les tirera quand il en aura besoin.) D'ici, il n'y a qu'un pas vers la réalisation du sens plein de la vie.76 MAINMISE L'éveil lin dieu devient pleinement conscient quand il remplit les prescriptions suivantes: a) sa parole est instinctivement douce, calme et jamais abusive b) il dit toujours ce qui est vrai et n'a pas de rancune c) tous ses actes sont basés sur l'amour des autres et le travail ne lui fait pas peur d) il accepte de souffrir pour ses idéaux qu'il poursuit avec grande ferveur e) il donne sans compter et n'attend jamais rien en retour.Un dieu à la motivation la plus grande, le plus grand sentiment d'urgence et le chemin le plus court.Quand un dieu devient conscient, il regarde son maître dans les yeux et tous deux se sourient comme des amants heureux.Chapitre second: Les Principes d'Opération.Il y a sur cette terre un groupe de gens caractérisés par cinq comportements précis: a) si vous leur demandez l'heure, leur réponse dépend du fait qu'ils se sont levés du bon ou du mauvais pied b) ils ne peuvent prendre de décisions rationnelles ou être fidèles jusqu'au bout à celles qu'ils ont prises c) ils ne peuvent prendre les ordres d'un autre sans qu'on doive constamment les rappeler à l'ordre d) à n'importe quel moment ils peuvent décider de passer outre les plus élémentaires des mesures de sécurité e) ils ne pensent qu'à eux-mêmes et n'ont aucune manière.Ces gens, on les appelle des "enfants".Ce sont eux qui possèdent le monde.Les enfants sont des enfants.C'est-à-dire qu'ils sont irresponsables et ne devraient se voir confier aucune responsabilité ou tâche dépassant leur force d'entendement.C'est le premier devoir d'un dieu de se protéger lui-même, et ces "enfants", contre un mauvais usage du pouvoir.Les garanties - Les enfants haïssent la peur.Ils ne sont pas assez forts pour la manipuler.Heureusement pour eux la peur s'efface mais ils paniquent aux premiers signes de retours de celle-ci.La panique est un sentiment pire que la peur.Elle rend physiquement laid.Les "enfants" y réagissent sauvagement, aveuglément.Le résultat en est ordinairement une catastrophe générale.Se sentant coupables, les "enfants" se vengent sur le "démon" qui les a provoqués et rendus ridicules.Pour éviter de telles situations, il est fortement recommandé à l'apprenti-dieu de se prémunir grâce aux comportements de défense suivants: a) Dieu est une mère, b) Chut!.pas devant les enfants! c) Silence = mouvement.Dieu est une mère In dieu a avec son entourage des liens semblables à ceux qu'une mère a avec son enfant.C'est le devoir d'une mère de nourrir et défendre son enfant, de l'élever et de le corriger jusqu'à ce qu'il soit assez vieux pour se débrouiller.Elle donne à l'enfant ce dont il a besoin: l'amour, le respect, la direction.L'enfant doit se souvenir de donner ce qu'il peut.Dieu est une mère.Il peut arriver qu'un enfant sorte du bon chemin et mette en danger, et lui-même, et les autres.Dans ce cas, c'est aussi le devoir d'une mère de le remettre à sa place.Il se peut qu'elle ait, pour ce faire, à se servir de la force.De la force, jamais de la violence.Elle ne juge pas, elle ne punit pas.Elle ne se sert de sa force que pour protéger l'enfant et les autres.Dieu est une mère.77 MAINMISE Chut!.pas devant les enfants! Un enfant est, par définition, incapable de comprendre les voies des dieux et des adultes.Il est tout simplement trop informe, physiquement, émotionnellement et intellectuellement, pour saisir les implications de ce qu'il voit ou entend, ou les motifs et le but des actions.Le manque de compréhension engendre la confusion et l'hostilité.Il faut donc voir à ce que les affaires importantes ne se traitent qu'entre dieux et jamais devant les enfants.Au travail comme au jeu, les dieux dépensent une énergie trop grande pour y exposer l'enfant.Cette énergie peut lui être néfaste.Un tort irréparable peut être causé à l'enfant.Le scandale finit tôt ou tard par stigmatiser le dieu qui s'oublie lui-même.Chut!.pas devant les enfants! Silence: Mouvement.Un dieu est un éclaireur qui s'avance en territoire ennemi.Il sait se fondre au décor environnant et ne reste jamais trop longtemps à la même place.Il n'attire pas l'attention par des manifestations exagérées.Il sait que les habitants du pays regardent toute agitation aves suspicion.C'est son devoir d'éviter les confrontations inutiles.Un éclaireur ne trahit jamais lorsqu'il est pris.S'il se perd, il marche jusqu'à ce qu'il trouve un point de repère.S'il fait une erreur, il dissimule ses traces et s'estompe.Silence = Mouvement.Les patrons protecteurs Un comportement de défense doit se concrétiser en une action instantanée, automatique et instinctive.Cela se fait en trois temps: , a) en lisant la description, il faut prendre chaque mot exactement pour ce qu'il est.b) il faut interpréter le concept qui s'y trouve dans tous les sens possibles.c) enfin, il faut chercher et trouver le souvenir d'une situation similaire et la faire coïncider avec la description actuelle.L"'image" alors produite signifie que le patron vient de passer du conscient à l'inconscient où il exige moins d'attention.Le surplus d'énergie libérée est employé par l'organisme comme "charge".Le processus est sûr.Si le résultat escompté fait défaut, le patron original revient à la conscience.Cela permet au dieu de situer son erreur et de la corriger (l'apprenti-dieu a droit à quelques erreurs.) Dieu est une mère (variation) Si un enfant tombe dans un danger, la faute en revient à la mère.Quelque part il y a eu négligence.Si elle veut punir, c'est par elle-même qu'elle devrait commencer à le faire.Quand une mère recourt à la force, c'est comme si elle se confessait publiquement de négligence.Cela la blesse plus que l'enfant, ce qui est dans l'ordre des choses.C'est quand un enfant est exposé à la confusion — soit par manque d'information, soit délibérément, pour masquer une situation — qu'il devient malicieux.Il n'est pas de pire crime pour un dieu que de créer délibérément, de la confusion chez un enfant.Le dommage accompli dépasse toute forme de calcul et celui qui en est responsable ' mérite ce qui lui arrive.Dieu est une mère! Parfois, un dieu doit intervenir dans le redressement de l'enfant d'un autre.En ce cas, il a tous les droits d'être irrité vis-à-vis de la mère de cet enfant.Dieu est une mère! Chut!.pas devant les enfants! (variation) Il vient un moment où un dieu se voit forcé de démontrer publiquement sa force.Dans ce cas, il devrait prétendre a la chance, ou alors, s'effacer.La "couverture" la plus efficace pour un dieu est celle d'être chanteur ou acteur.Il "joue un rôle", ce qui a pour avantage d'accroître l'efficacité de son action.En effet, la dramatisation lui permet des choses que la vie réelle admet difficilement.Tout le monde sait que cé n'est qu'un jeu.Chut!.pas devant les enfants! Silence = Mouvement (variation) Un dieu est un expert.S'il se trompe, il ne s'arrête pas pour se demander pourquoi il s'est trompé ou qui est à blâmer.Il ne veut pas désillusionner ceux qui croient qu'il est maître de ce qu'il fait.Cela créerait aussi de la confusion chez ceux qui ne savent pas pourquoi il s'est arrêté.Il ne faut jamais accuser les autres de ses propres erreurs.Paderewski était un brillant pianiste.Personne, malgré tous les efforts fournis, ne pouvait rivaliser avec un jeu aussi parfait.Avec la découverte du phonographe, on enregistra le maître et tout ce qu'on put découvrir sur son art, c'est que le vieil expert jouait note après note.Silence = Mouvement.78 MAINMISE Intermédia Avec la participation de Germain B., Michel Bélair et Georges Khal Emerson, Lake, Palmer Je m'étais toujours demandé de quoi aurait l'air dans un voyage astral ou dans la randonnée après la mort, la grande porte centrale où l'on est supposé rencontrer "le gardien du seuil".Le concert d'Emer-son.Lake & Palmer, au Forum dimanche, le 9 décembre, m'en a donné une idée.Derrière la scène, s'élevaient deux immenses colonnes de toile blanche, hautes de 50 pieds, qui se rejoignaient au sommet pour former un demi cercle sous lequel s'inscrivait un énorme cercle de toile blanche aussi.Imaginez le light show qu'on a fait là-dessus.A la base de cet énorme portail, il y avait évidemment la scène avec les 40 tonnes d'équipement de ces trois gentlemen anglais.Emerson a à sa disposition: un orgue électrique un piano (un "-grand"), un piano électrique, un clavecin, un gros Moog, un petit Moog portatif.Lake, toujours debout et droit comme une chandelle, ne bouge jamais, se contentant de glisser sur sa Base et de chanter quand nécessaire (il y va aussi quelquefois de petits solos sur guitare acoustique).Palmer, lui, est installé sur un trône démesuré, entouré probablement du plus gros set-up de batterie du rock; derrière lui deux moyens gongs, et un gros gong; le tout surélevé sur une mini-scène.Lorsque les trois s'y mettent, et ils s'y mettent souvent, le son est d'une telle intensité qu'on a vraiment envie de se boucher.les oreilles et d'écouter la musique à travers la colonne MAINMISE 81 vertébrale et le corps, qui, soit dit en passant, sont de meilleurs organes audios que les oreilles, surtout lorsque l'intensité dépasse 90 décibels et que les tympans sont écrasés par la masse du son.La colonne vertébrale enregistre beaucoup mieux la basse que l'oreille, et, de plus, a cet avantage de ne pas gricher.E.L.& P., on aime ou on aime pas.C'est du gros gros bruit, très très bien joué.Il serait difficile de dépasser les trois au niveau de la technique.Emerson vient du classique et connaît tous les secrets du clavier.Il pourrait jouer les yeux fermés, à l'envers, de dos à l'instrument, c'est ce qu'il fait du reste à quelques occasions.Lake chante très bien avec une belle voix de velours, et manie sa Base aussi bien que Entwistle des Who (Çà, c'est LE compliment).Et ce.cher Palmer, exhibitionniste qui a bien raison de l'être, ce doit, être une réincarnation de troubadour du moyen-âge qui rêva un jour d'un instrument à percussion qui serait si gros et qu'il manierait si bien, que toute la foule des enfants et des filles entreraient en délire à l'entendre.Au fond, Palmer devrait jouer nu, en érection, les cheveux longs jusqu'aux fesses, le corps huilé et reluisant.Cette histoire de troubadour revenu, je l'ai ressenti plusieurs fois à travers le concert.D'autant plus facilement que E.L.&P.ont une conception classique et symphonique du rock et qu'on retrouve dans leur musique toute la tradition musicale de l'occident, du grégorien au moderne.Quelle différence y a-t-il entre un groupe de troubadours itinérants du Moyen-Age, jouant du luth, de la flute, du tambourin, de la viole, dansant, chantant, et ces trois énergu-mènes à cheveux longs se démenant sur scène moderne?Tout est semblable, plus l'électricité et l'intensité.Jouer pour cinquante personnes, ça peut toujours aller.Mais pour vingt mille, il faut mettre du jus, beaucoup de jus.Sautons rapidement aux conclusions énormes, et disons sans sourciller, que toute la musique rock est une réincarnation massive des musiciens et troubadours du Moyen-âge, revenus nous chanter et nous dire que l'univers préfère encore la danse et le chant et la musique à toutes les autres idioties de l'humanité qu'on appelle le progrès, le sérieux, le refoulement et autres niaiseries Occidentales du genre.(J'avais amené mon cousin de 14 ans au concert; c'était son premier grand concert au Forum, avec un grand groupe international, les haut-parleurs de vingt pieds, le light show histérique, tout' le kit.On s'est enfilé trois joints de québécois juste avant l'entrée sur scène des trois musiciens.Il en est resté bouche bée.Après le concert, j'ai regardé ses yeux rougis et je me suis rendu compte en voyant ce visage parti et éberlué que ce jeune cousin venait de traverser son initiation countracoul-tourelle.Ça m'a rappelé la mienne: LEZ ZEPPELIN au mçme Forum.La magie de la musique n'a pas changé depuis l'antiquité.Sa force et son pouvoir sur la conscience demeurent toujours aussi efficaces.Mystère des sons comme dit Gosselin.Cé pas une joke comme dit Pier- ¦ BBHBBDHHHI rot.) ianoaapaaacQannpnnnin,,""""F'BWni'inF1 fuiwwfuihwww^ Un succès à l'Outremont.Enfin à Montréal on a pu assister à un spectacle de choix et ce à un prix populaire.Ça se passait le 1er décembre au cinéma Outremont, une salle plaine à craquer attendait impatiamment la très belle Pauline Julien.Les musiciens arrivent, ils en-tamment une mélodie, les spectateurs s'agitent , les applaudissements, Pauline entre en scène c'est l'orage, c'est le début d'un spectacle qui sera plein en et soutenu jusqu'à la dernière minute.Pauline a interprété ses plus grands succès, elle a chanté Vigneault, elle a terminé le spectacle par une pièce de son desnier disque sur étiquette Zodiaque (Pour mon plaisir- ZOZ 6014.) À mon avis la qualité du son était un facteur premier de réussite de ce spectacle (il me sera très difficile à l'avenir d'aller écouter une série de sons garochés au centre sportif de l'Université de Montréal).Réellement le Cinéma Outremont se prête merveilleusement bien à ce genre d'expérience.Je pouvais distinguer parfaitement chaque instrument et la voix de Pauline, épousait, cosmologiquement le bon travail de ses musiciens.Il y avait un "feedback" très intéressant ce soir-là, la salle du cinéma Outremont semblait regrouper une grande famille, j'ai constaté un désir d'une plus grande participation du public (d'ailleurs 'un jeune homme a tenté d'amorcer un dialogue avec Pauline et elle de répondre: les rendez-vous sont après le sepctacle.Ce soir là j'ai compris que la Terre promise c'est au Québec, les gens veulent vivre libre de choisir d'aimer de construire de donner.Vivre et laisser vivre avec la participation de plus de gens possibles, fini les tabous, les empêchements, les privations, les menaces, les' problèmes de cul, la religion, la politique, la police et les 222.C'est le moment de la libération, nous sommes tous pareils, nous ne sommes plus des étrangers, je suis comme je suis et tu es comme tu es, ensemble nous allons vivre notre vie comme jamais.Merci Pauline, tu nous donnes de plus en plus le goût du Q.Il ne faut surtout pas manquer les prochains spectacles à l'Outremont.Les Séguin le 12 janvier Félix Le-clerc le 25 janvier.Ce sont des rendez-vous à ne pas manquer.Peut-être verrons-nous des Charlebois, des Dufresne et l'avenir nous le dira.ROMAIN 82 MAINMISE THE WHO: Un live show."live" La réputation des WHO n'est plus à faire.Aussi vieux, aussi solidement établis que les Rolling Stones ou les Beatles, chacun de leurs concerts est un événement en soi.De fait, on a l'impression qu'il n'y a presque rien à rajouter sur eux tellement on en a parlé depuis ce succès monstre que fut Tommy.Pourtant, à lés revoir le 2 décembre au Forum, on peut presque dire que les WHO n'ont finalement pas beaucoup changé.Aussi démonstratifs qu'en 1965 alors qu'ils soutenaient les Mods contre les Rockers au cours de la guerre des plages de Brighton, ils n'ont finalement pas beaucoup perdu de cette agressivité fondamentale qui les caractérisait el qui ressort de façon si évidente dans leur musique.Même que depuis ce temps, les WHO se sont particularisés encore davantage.Plus "heavy" qu'à leur premiers jours peut-être, ils ne sont plus aussi démonstratifs mais leur musique contient de moins en moins de périodes d'accalmie, de ces trips aérés qu'on sentait encore après leurs premiers long-jeux.Plus "rai-des", plus sonores qu'avant, on sent encore chez eux les dons "sympho-niques" de Peter Townshend mais ils se mêlent de plus en plus à une pâte musicale plus dense, plus épaisse et moins construite.Bien sûr, les WHO n'en sont pas encore à faire du bruit pour du bruit, mais on peut noter que leur style, en concert du moins, n'a pas beaucoup évolué.Ils présentent surtout de ces piècees que l'on joue toujours aux premiers moments d'un concert afin de bien accrocher le public; pourtant, plus le concert du 2 décembre avançait, plus il se ressemblait.Il n'y a donc pas eu de moment "fort" malgré tout un système de son quadrapho-nique agrémenté de nombreuses séquences enregistrées; alors qu'on aurait pu s'attendre à quelque chose de neuf avec quelques pièces de "Qua-drophenia", c'est à peine si les bruits de "tempête cosmique" annoncé par Townshend réussisaient à créer une mince différence avec tout le restant.Il ne faudrait toutefois pas croire que le récital de décembre fut un flop; au contraire.Le Forum était plein à craquer et l'atmosphère était absolument délirante.Keith Moon et Peter Townshend, en particulier, avaient l'air tout à fait "déchaînés" et chacun de leurs gestes produisait une réaction en chaîne dans la salle.Pour ne pas rester à part, RogerDal-trey s'est alors mis à jeter les micros par terre et à donner des coups de pids dans les moniteurs de son; ce fut le succès instantané pendant que John Entwistle, lui, continuait sagement à tirer des sons incroyables de sa guitare.La foule reconnaissant les WHO d'antan se mit à hurler de satisfaction.Encouragés peut-être par tout cela, les WHO donnèrent un très long rappel.et continuèrent le party dans leur chambre d'hotel ou, au cours d'une "petite soirée intime", ils ont complètement démoli une chambre de l'hôtel Champlain, téléviseur, lit rideaux et tapis compris : facture, $6,500.Comme quoi les spectateurs ne sont parfois pas les seuls à finir une soiréee de concert "en beauté".Un super-show québécois en préparation Le Centre sportif de l'Université de Montréal est devenu une sorte de tremplin depuis depuis deux ou trois ans.C'est là qu'on a vu Gentle Giant et même Pink Floyd lors de son premier voyage ici.On pourrait citer aussi le cas de Genesis qui a fait un ravage il y a à peine quelques mois.Cette réputation risque de s'étendre encore mais à un niveau tout à fait québécois cette fois-ci.On parle beaucoup depuis quelques temps de la possibilité d'un super-show québécois à l'Université de Montréal.Les productions Perle, qui avaient fait venir Alain Stivelle en octobre, sont en fait à préparer le "super-show".Le seul problème, la seule raison pour laquelle tout cela n'est pas encore définitif c'est qu'on cherche un commanditaire.Pourquoi un commanditaire?Tout simplement parce qu'on voudrait faire de ce concert, une sorte de concert populaire auquel le plus de gens possible pourraient assister.Le prix des billets serait fixé à $1.50 et on pourrait y entendre des groupes québécois qui "montent" comme Manège, Octobre, Cockroach, Harmonium, Man Made et même Said et Dido qui n'ont toutefois pas donné de réponse définitive.L'idée est lancée et il faut admettre qu'elle est intéressante.Avec la collaboration d'un peu tout le monde, il serait important que des groupes d'ici puissent se faire connaître surtout que la qualité de certains d'entre eux est vraiment assez étonnante.Ceux qui ont pu entendre Manège en première partie de Exseption savent déjà ce qu'un tel concert pourrait donner.De toute façon, même si rien n'est encore confirmé de façon officielle, on sait déjà que le concert aurait lieu débui février.Pour une fois que la qualité semble devoir envahir une salle de concert, qu'elle est québécoise en plus et que, ô exception,^ prix des billets n'est pas prohibitif, il faut espérer que l'idée prendra forme.MAINMISE 83 La Terre des Hommes et le Paysage intérieur de Pierre Dansereau Pierre Dansereau est probablement notre plus grand écologiste, et le "notre", ici, englobe le Canada tout en indiquant l'origine québécoise et française.Son dernier livre LA TERRE DES HOMMES ET LE PAYSAGE INTÉRIEUR (Leméac, 1973) le confirme amplement.C'est une oeuvre de synthèse qui relie au thème central de l'écologie des formes vivantes de la planète toutes les données accumulées des sciences naturelles, humaines, économiques, politiques et cybernétiques.Loin d'être une avalanche d'informations brutes, son livre a cette qualité précieuse de la simplicité qui éclaire tous ces domaines de la connaissance d'une lumière franche et nouvelle.C'est une redécouverte de l'habitat naturel et humain dont l'extraordinaire complexité est rédemptée par une incroyable sagesse de gestion.Des milliards de variables et tout cela fonctionne avec une régularité mille fois millénaires.Sauf l'homme.Le grand destructeur pour ne pas dire le grand cave.Selon Dansereau, l'homme dans ses rapports avec la terre et ses paysages apporte cette variable énorme (et désastreuse, trop souvent) du "paysage intérieur".C'est le regard qui crée la chose, c'est bien connu, et quel abysse sépare l'Esquimau qui contemple tendrement un flocon de neige et le citadin moderne mâchant distraitement son hamburger.Perdu le lien qui relie la conscience de l'homme à«f la gigantesque entreprise planétaire qu'on nomme "biosphère".Perdu la symbiose entre la planète-mère et l'humain-fils."Il est plus tard que nous pensons.Le besoin de bâtir un rrtonde nouveau est maintenant une nécessité, et non plus l'Utopie qu'il aurait pu sembler en 1914 ou même en 1939.Il y a là une oeuvre de l'imagination, ET L'IMAGINATION PÉNÉTRE DANS DES DIMENSIONS CACHÉES." Il s'agit de redécouvrir les mécanismes miraculeux (quasi) qui permettent l'existence et la survie sur cette planète de milliards d'individus avec leurs besoins et leurs désirs.Nous avons toutes les données en main pour l'effectuer cette redécouverte.En voici un tableau aussi étonnant qu'essouflant."En s'isolant de l'ambiance naturelle, l'homme urbanisé endure ou choisit les objets et les activités qui constituent son monde réel.Ceci veut dire qu'il puise à même de vastes ressources, en fait, celles du monde entier.Dans un bureau d'administrateur, la structure de l'édifice sera de fer (miné à Schefferville, Québec, processé et fondu à Pittsburgh, Pennsylvanie), le ciment viendra des carrières de calcaire du Vermont, le sable des plages du lac Champlain, le marbre du Pérou.Les fournitures du bureau comprendront du nickel du Sudbury, de l'étain de la Bolivie, du séquoia de la Californie, de l'acajou de Costa-Rica, de l'ivoire du Congo, de l'or d'Afrique du Sud, et des matières plastiques du New-Jersey.Tapis d'Iran, cuir espagnol, fer forgé italien, coussins de soie japonaise.Sur le mur une peinture française ou une gravure esquimaude; le pupitre parsemé de papiers venant de plusieurs pays, le verre et les céramiques sont vénitiens, portugais.Etc., etc.En cherchant à voir ces objets au-delà de leur location actuelle, à travers le transport et les transformations qu'ils ont subi et jusqu'à l'origine des matières brutes dont ils sont formés, on aperçoit les nombreux écosystèmes qui les ont produits (et perdus) : forêts, mines, troupeaux, scieries, usines, ouvriers, conducteurs, mineurs sales, hommes de fournaise, agricul- m Q4NSERMJ m TERRE DES HOMMES ET LE PAYSAGE IN 1 Kml teurs, cueilleurs, tisserands, boutiquiers, etc.Ce grand mouvement centripète implique un énorme flux d'énergie, depuis les processus géologiques et biologiques qui ont permis l'accumulation des ressources, à travers les nombreuses transformations par la photosynthèse, la mise en réserve, la croissance, la differentiation et la décomposition.Ainsi une niche (le bureau d'un homme d'affaires) dans un écosystème énormément complexe, (Montréal) tire sa substance de la plus grande variété possible de sources." Contrastons ce tableau avec un autre écosystème refermé sur lui-même."Au niveau des investissements, une ferme traditionnelle, par exemple dans le Québec au début de ce siècle, manifestait une indépendance et une suffisance remarquables.L'eau était tiré d'un puits artésien.Les maisons et leurs dépendances étaient construites avec des pierres, du gravier et du sable d'origine locale et/ou avec du bois du boisé de ferme qui servait également de combustible.Les meubles et les objets domestiques étaient de même tirés de ressources indigènes.Les nourritures fondamentales, comme le sucre d'érable, la farine, les fruits et les légumes, les oeufs, le beurre, le lait et la viande étaient produits sur la ferme.La laine et le cuir étaient disponibles pour le vêtement, et même le lin pour la toile." L'homme est un facteur trop important de l'écologie planétaire pour ne pas chercher à transformer radicalement la conscience qu'il a de l'écosystème planétaire où il habite."Il vaut la peine de jeter un regard en-arrière sur l'abattage rituel du caribou par les Indiens du Québec qui évoquent d'une façon très élaborée le consentement de l'animal vivant avant de le sacrifier.C'EST PRÉCISÉMENT DE TELLES FAÇONS DE DÉCLOISONNER NOTRE COMPORTEMENT QU'IL NOUS FAUT DANS UNE SOCIÉTÉ POST-fNDUSTRIELLE." Mais le temps presse."L'austérité s'en vient.La disette, le stress social et économique se resserrent autour de nous.Il est plus tard que nous croyons." Dansereau lance un cri à notre société et lui demande de reviser ses objectifs et de faire face de plein pied à la "joyeuse austériité à laquelle j'ose rêver et qui ne peut guère être basée que sur le consentement." Sa dernière note est d'ordre pratique."Est-ce trop espérer que le Canada se lance dans une entreprise de leadership à ce point de vue?Les dangers de l'unilatéralisme sont bien connus de tous ceux qui ont opté pour le bien commun.Mais les risques NOBLES sont les seuls qui vaillent la peine d'être pris." 84 MAINMISE Tripper sur des baleines (sans corset!) À bien y penser, on peut vraiment tripper sur n'importe quoi.Ce qui compte, au fond, c'est la nécessaire vérité ce que l'on fait.A première vue, quand un gars de Radio-Canada nous a appelé l'autre jour pour nous parler d'un film qui allait être présenté à "La flèche du temps" (le 6 janvier) on s'est dit que le monde avait juste à regarder leur télé: surtout que le film en question traitait des baleines.Pourtant, le gars en question s'est mis à être convaincant; très convaincant.Résultat; on est allé visionner le film et le moins qu'on puisse dire, c'est que le gars (Denis Latendresse) avait raison d'insister.Le film parle d'un bonhomme étrange qui s'appelle Paul Sponge.Et des baleines, ou plutôt des épau-lards de la région de l'ile de Victoria.Bizarre.Très.Le gars, Sponge, est un savant reconnu qui a travaillé longtemps à l'Université puis ensuite à l'Aquarium de Vancouver.où il s'est fait mettre à la porte parce qu'il était en train de s'arranger pour faire libérer les dauphins et les baleines en captivité.Il a finalement réussi à se toruver un poste comme directeur de recherches d'un projet sur les épaulards et il vit, avec une bande de freaks "scientifiques", sur une petite ile au nord de l'Archipel de Victoria.Son gros trip, c'est qu'il est arrivé à faire la preuve que les épaulards étaient des êtres particulièrement intelligents.Tellement intelligents d'après lui que la complexité de leur cerveau dépasse celui de l'être humain.Sponge pose en effet au départ que l'Homme est persuadé de représenter le sommet de l'évolution.Autant lorsqu'il pense à la planète que lorsqu'il fait référence au Cosmos tout entier, l'homme moderne est habitué de considérer qu'il représente le fin du fin, le boutte du boutte.D'après Sponge, c'est de la foutaise.Sur notre planète même il y a des êtres vivants qui sont peut-être rendus par mal plus loin que nous; ce sont les épaulards.Sponge a démontré que l'homme est sorti des mers il y a environ 4 millions d'années alors que les épaulards eux sont d'abord sortis des eaux.pour y revenir depuis 125 millions d'années.D'après ses recher- ches, les épaulards ont "abandonné la partie sur la terre ferme" au moment où les premiers mammiphères ont commencé à se servir de leur nageoires qui sont devenus des bras puis des mains c'est à dire des organes préhensiles qui ont conditionné directement le développement de l'espèce humaine en l'axant sur l'extériorité et la domination de la matière.Comme si les épaulards avaient tout de suite "décroché", avant même qu'il soit question de dropper, leur race a comme choisi de "travailler" à un autre plan.Ce qui permet à Sponge et à son groupe d'avancer tout cela, c'est qu'ils ont dressé un dossier assez complet sur les épaulards et sur leur mode de communication.Parce que les baleines parlent.Et de façon particulièrement intelligente en plus.Leur système de communication est extrêmement complexe et ressemble un peu, si la comparaison n'était pas limitative pour eux, à une sorte de système de radar auquel on aurait rajouté la télévision.Concrètement, les épaulards arrivent à se transmettre des informations tridimensionnelles sur la situation exacte des bancs de poisson et sur la conformation générale du fond de la mer.Si il n'y avait que cela, ce serait déjà énorme.U y a en fait beaucoup plus que cela et le respect de Sponge pour les épaulards peut faire songer à beaucoup de choses.Comme par exemple au fait que tous les savants qui se sont interressés aux baleines ou aux dauphins ont tout laissé tomber à un moment donné et sont devenus des mystiques.Il y a parfois des réalités que l'on ne peut approcher sans en être complètement transformé.Quand on rajoute à cela le poids de toutes les mythologies qui parlent des dauphins et des peuples de la mer, on ne peut qu'être troublé.En acquérant un peu de respect pour ce qui l'entoure, l'homme arrivera peut-être un jour à se rendre compte de l'incroyable patience de ceux qui partagent le globe terrestre avec lui.À ce moment là, il sera peut-être encore temps de parler au monde.MAINMISE 85 SCiëriCË FKïiOn Qui peut dire où vont les dieux?1- L'adoration des mages La comète est-elle entrée dans vos coeurs?Et le ciel illuminé a-t-il fait lever dans vos esprits une lumière venant d'un ailleurs impérissable?Toutes ces théories sur elle qui vient de tant de millions d'années! Et son noyau est-il matière ou gaz?Les hommes ont écouté la déesse Raison et ont braqué sur l'astre les bras multipliés de la déesse.Et voilà qu'ils sauront qu'ils ne savent rien; que cette lumière est comme la queue de l'ombre.Il y a longtemps que les hommes ont été fascinés par les comètes.Jadis on faisait des prières et des prophéties.Aujourd'hui, on fait encore des prières et des prophéties mais on appelle cela des raisonnements et des informations qu'on s'empresse d'offrir à la déesse Raison et repue la déesse attend que les hommes comprennent un jour qu'elle n'était que la fille de la Folie et du Chaos.Mais cela c'est une autre histoire Une comète qui serait une femme Il y a un très beau roman de science-fiction écrit par une femme; LE SANG DES ASTRES par N-C Henneberg.C'est l'histoire d'une comète.Dans quelques millions d'années des dimensions s'interpénétrent; celles des fantômes et des lutins; celles des forces élémentaires et des magiciens etc.Un être de feu s'est échappé dans la dimension du temps humain et matériel.Une salamandre, une femme de feu ou plutôt un feu féminin qui rêvait de liberté.Et cette flamme à pris corps et derrière elle les mondes et l'univers brûlent.Des hommes brûlent d'amour et d'autres se consument en vain.Roman poétique si on veut.Henneberg reprend les vieux mythes de la femme fatale et les actualisent dans un style à mi-chemin de l'épopée et la la légende.Des chevaliers de l'espace et des dames moitié humaines, moitié ondines.Les éléments se combattent; eau contre feu, air et terre s'enlacent.On sent au fond de ce roman une force venue du fond des temps et pour qui sait écouter et voir, des visions attendent.3- Entre bien et mal Henneberg a aussi écrit un autre roman qui s'appelle LA PLAIE.C'est considéré comme un des premiers space-opéras.Toutes ses facultés visionnaires se font jour et nous voyons les hommes aux prises avec l'ombre destructrice qui avilit et torture et détruit toute innocence.Une force noire s'empare peu à peu de l'univers et le rend au chaos.Mais l'humanité se défend et des êtres nouveaux naissent; des mutants.Des ê-tres faibles et fragiles qui possèdent, sans l'avoir cherchée, une force en eux.Les uns guérissent, d'autres se promènent dans le temps, d'autres percent les esprits et le plus inconscient d'entre eux peut changer la trame de l'univers.On va de galaxie et de mondes affreux en mondes effrayants.Et sur le plus terrible d'entre eux aura lieu la confrontation finale entre la force noire et les forces nouvelles.4- La déesse à l'oeuvre ou la raison du plus fort Henneberg nous parle malgré ses visions d'horreur d'un monde qui semble pourtant avoir un sens.Un monde où sont réapparus les esprits et les dieux.Aujourd'hui comme le dit Jung: "Il n'y a plus de dieux que nous puissions évoquer pour nous aider.Les grandes religions du monde souffrent d'une anémie croissante, parce que les divinités secourables ont déserté les bois, les rivières, les montagnes, les animaux, et que les hommes-dieux se sont terrés dans notre inconscient.Notre vie présente est dominée par la déesse Raison qui est notre illusion la plus grande et la plus tragique.C'est grâce à elle que nous avons "-vaincu la Nature" .Nous considérons toujours encore qu'il est naturel que les hommes se querellent, et luttent pour affirmer chacun sa supériorité sur l'autre.Comment 8b MAINMISE peut-on parler de "victoire sur la nature"?(in L'homme et ses symboles).Oui, nous avons chassé les dieux et les esprits en adorant la déesse Raison et nous lui avons offert les royaumes abandonnés par ces dieux et ces esprits.Et la déesse a vomi ce trop plein de matière qu'elle ne peut gouverner car elle sait bien que les hommes-dieux la regardent du fond de l'inconscient.Et trop de pouvoir l'ont rendu malade et sa maladie qu'elle prend pour une promesse, elle l'a donnée à sa Mère premièrerla Nature.Et les bois se calcinent, et les montagnes pourrissent et les rivières se polluent.Et plus profondément encore pour ceux qui se croient ses maîtres, les hommes se multiplient et ne comprennent rien à cette multiplication.Après avoir adoré le veau d'or, les juifs se cognaient la poitrine et se disaient "qu'avons-nous fait?'" et imploraient le pardon de Dieu.Et nous nous faisons des rapports et des documents et des bilans que nous offrons à la Déesse.Et elle ne peut nous répondre; nous ne voulons pas entendre la jeune soeur qu'elle a toujours tenue sur son sein: la sagesse.Mais l'écouter, cela voudrait dire que l'Occident a perdu, que notre civilisation ne fut que l'erreur recommencée du Paradis.Cela voudrait dire que ce monde qui nous était promis, nous n'avons pas sur le gérer comme un bon intendant.Que nous n'avons été que des jardiniers maladroits et qu'au lieu des roses nous avons fait pousser et cultiver l'ivraie.5- Toujours la mort Ah! comme la tentation est grande de ne pas nous aimer.Nous qui nous sommes tellement aimés.Civilisation de Narcisses laids.Mais où croyez-vous donc que les dieux sont allés?Espérez-vous comme tant d'orgueilleux que tout a disparu?Que les dieux ne ressuscitent pas alors qu'un Dieu est venu affirmer le contraire?Comme vous voyez et comme ses fidèles me le diront, je n'adore pas la déesse Raison.Je la respecte cependant et ce n'est pas sans danger qu'on se passe d'elle.Mais à se tenir sur la pointe des pieds on ne reste pas longtemps debout comme dit le Tao par LaoSteu interposé.Et pour avoir marché sur la pointe des pieds nous avons cru être des oiseaux.Et nous avons pondu des bombes atomiques.Nous croyons tenir l'Enfer dans nos mains et jouer le jeu de l'Apocalypse et nous nous sommes arrogés le droit de détruire ce que Dieu nous avait donné.Nous avons pris la place du Destructeur de formes faute de savoir vraiment créer.Comme le Destructeur doit ricanner.Mais ces dieux et ces esprits reviennent dans les rêves et nous indiquent la voie royale du Dedans.Et parfois dans certains récits ou dans des poèmes d'hommes et de femmes inconnus on sent revivre un monde qui renait de ses cendres.Il y a au fond de nous et de chacun d'entre nous un dieu caché que la raison respecte et ce dieu envoie aux hommes des songes et des visions.Non, nous ne deviendrons pas des Dieux mais Dieu sera notre allié fidèle si nous savons lui donner notre allégeance au plus profond de nous, là où il attend notre témoignage.Je sais bien que de tels propos ont mauvaise presse aujourd'hui et que la naïveté des uns nourrit l'orgueil des autres.Mais "comme tout changement doit commencer quelque part, c'est l'individu isolé qui en aura l'intuitition et le réalisera.Ce changement ne peut germer que dans l'individu, et ce peut è-tre dans chacun d'entre nous.Personne ne peut se permettre d'attendre, en regardant autour de soi, que quelqu'un d'autre vienne accomplir ce qu'il ne veut pas faire.(.) peut-être vaudrait-il la peine que chacun s'interroge, en se demandant si son in- conscient ne saurait pas quelque chose qui serait utile à tous.La conscience semble assurément incapable de nous venir en aide." (Jung in op.cit.).Ecouter son inconscient, qu'est-ce que cela veut dire?Pour les uns ce sera se laisser aller à la douceur du plaisir, pour d'autres ce sera le labyrinthe des fantasmes, pour d'autres encore la montée de la violence et tant d'autres choses.Comment nous y reconnaître?Alors ce sera sans doute le temps d'écouter la voix de la raison.Oui la raison sera servante si vous avez renoué avec son Maître.Et maintenant pour bien finir cet article un peu sermonneur, voici la légende de St-Christophe: Christophe était un homme d'une force incroyable.Et conscient de sa force il décida de l'offrir à celui qui serait plus fort que lui.Il alla d'abord chez le roi.Mais il s'aperçut que le roi avait peur de l'évêque.Il alla donc chez l'évêque.Mais il s'aperçut que l'évêque avait peur du diable.Il alla donc chez le diable.Mais il s'aperçut que le diable avait peur de Dieu.Il voulut aller trouver Dieu mais ne le vit point.Il s'installa près d'une rivière et utilisa sa force pour traverser les hommes d'une rive à l'autre.Et il passa la rivière de nombreuses fois en attendant qu'un jour Dieu vienne à lui.Et un soir ou un matin un enfant vint et lui demanda de passer la rivière.Christophe avait passé toutes sortes de gens sur ses épaules et s'engagea dans l'eau.Et plus il avançait, plus le poids se faisait lourd.Et plus ses pieds s'enfonçaient.Arrivé au milieu de la rivière, il s'aperçut bien qu'il ne pourrait arriver de l'autre côté.Il s'arrêta et regarda cet enfant qui souriait sur son épaule.Et l'enfant lui dit: "Tu m'as trouvé".Et Christophe comprit.Germain B.EL TOPO Un conte philosophique et mystique sous des dehors de western mexicain.Tout a été dit sur ce film, tous les superlatifs employés.De chef d'oeuvre à "le meilleur film jamais tourné".Il ne reste vraiment plus rien à dire sur ce film, sinon qu'il est extraordinaire et qu'il faut aller le voir.Dommage que l'Ou-tremont ne le programme qu'à minuit les fins de semaine.On aimerait bien pouvoir le voir le soir ou l'après-midi, en semaine.Peut-être que la direction de l'Outremont devant .le succès du film, assuré de toute façon, le programmera à des heures plus abordables pour ceux qui ne sont pas toujours libres à minuit.MAINMISE 87 EL TOPO, c'est la taupe qui creuse dans la terre à la recherche du soleil et lorsqu'elle le trouve enfin, elle est aveuglée.Jodorowski, qui a écrit le scénario, composé la musique, joué le premier rôle et fait la mise en scène, découpe son film sur certains titres de la Bible.Genèse, Psaumes, Prophètes, Apocalypse.Le titre Genèse n'apparaît qu'après le premier quart d'heure du film; on en déduit donc que le début du film est aussi la suite de l'Apocalypse.Car dans ce film, la fin rejoint le début, c'est un cycle complet qui donne tout son sens au film et qui séduit tant le spectateur.EL TOPO, c'es l'histoire du père et du fils, la chute et la rédemption.Entre ces deux moments, la rencontre de la femme.Le père abandonne son fils pour la femme.Elle l'envoit se mesurer aux quatres maîtres du désert.Son double (de la femme), une femme habillée de cuir noir, à voix d'homme et lesbienne, l'enverra aux enfers.Il en ressort avec une naine qui lui fera un fils.A la fin ses deux fils se rejoignent, pour repartir à zéro.Si tout cela est un peu brumeux, cà l'est volontairement.Il est préférable de ne pas connaître l'histoire pour en recevoir tout l'impact au premier visionnement.Et ensuite le revoir deux ou trois fois ou plus pour approfondir les différentes étapes et les milliers de symboles que Jodorowski nous garroche au visage.Toute se trouve dans ce film, tous les comportements, tous les sentiments.Une violence pure et sans pitié, l'amour, la haine, l'homosexualité fuckée telle que pratiquée par les bandits et les policiers, l'homosexualité noble du père et de son fils qu'il retrouve vingt ans plus tard, les deux femmes qui s'aiment dans le désert alors que le diable noir féminin lèche les plaies de la compagne d'EI topo, etc., etc.Allez voir ce film et ensuite réunissez-vous à plusieurs, fumez quelques joints, et décodez le film.Vous en aurez au moins pour quatre heures de discussion passionnée qui vous donneront l'occasion d'éclair-cir vos propres symboles et de mieux voir dans les sentiers ténébreux de l'aventure intérieure et de l'Odyssée sousterraine et céleste que nous faisons tous.88 MAINMISE « L'ancien Mainmise est une véritable encyclopédie de I a culture parallèle.Avoir la collection complète dans votre bibliothèque est une véritable mine de renseignements.C'est le moment de compléter votre collection, ou d'abonner un(e) ami(e).ZONE.PROVINCE.Il reste aussi quelques exemplaires pour chacun des numéros: $1.50 O O Comix no.1 ($1.00) O Comix no.2 ($1 00) 0 Dope ($250) Embarke mon amour Je m'abonne a MAINMISE pour une période de 24 mois ($12.00) O 12 mois ($ 7.00) O 6 mois ($ 4.00) O 12 mois ($ 8.50) O(outre-mer) 7 0 12 O 17 8 O 13 O 18 9 O 14 O 19 10 O 15 O 20 11 O 16 O O o 0
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